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Mercredi 22 Octobre 2008.

Discours préparé à l’occasion de la sortie du livre « La Garaye, une école à Dinan ».


N’ayant pas choisi de lire un texte entièrement préparé, certains propos ont été
oubliés, changés à l’oral par rapport aux notes préparatoires. Ces lignes permettront
aux personnes, qui n’ont pu être présentes, d'avoir une idée de ce qui s'est dit à ce
moment là…

« Publier ce livre, c’était un défi. Pour le mener à bien il fallait être soutenu et bien
entouré, mais plutôt que de remercier les principales personnes qui m’ont aidé en
énonçant une liste, nous allons les retrouver en remontant en avril 2007.

C’est le moment où l’aventure autour de ce livre a vraiment commencé. J’avais


demandé à Nathalie Odot et Florence Rocaboy des services du patrimoine de
la Ville de chercher des documents, sur les origines de l’école pour faire un travail
dans la classe de CM2 dont j’ai la responsabilité à La Garaye. Elles me rendent une
épaisse documentation en avril 2007. On y trouve surtout des extraits de
délibération du conseil municipal et un « acte de naissance » de l’école signé par le
ministre Aristide Briand (1907) que le maire René Benoit m’avait déjà fait
parvenir il y a quelques années.
En juin 2007, avec les collègues de l’école et l’association de parents nous
organisons une grande fête pour rassembler les élèves des différentes époques de
l’école et célébrer le centenaire de La Garaye. De mon côté, je monte une exposition
historique (panneaux, objets, photos de classe…). De nombreuses personnes font
part de leurs souvenirs ce jour là et une ambiance très chaleureuse se dégage de ces
moments de retrouvailles .
Au début de l’été 2007 avec l’aide de Maryvonne Durand, Yvon Le Corre et
Christian Jouquand, qui passent une journée à Saint-Brieuc aux archives
départementales, les recherches progressent. J’ai alors déjà écrit une cinquantaine
de pages d’un documents dont la destination pourrait être les parents ou les
anciennes élèves de l’école. Christian Jouquand me pousse à partir de ces pages
à publier un article dans la revue du Pays de Dinan pour laquelle il collabore.

A l’automne 2007, j’entreprends une « expédition » d’un an pour trouver tout ce


qui manque dans cette histoire. Des personnes ouvrent leur porte pour évoquer
leurs souvenirs, prêtent de précieux documents (photos, cahiers…), répondent à mes
demandes de renseignements. Sans elles, ce livre ne serait pas aussi vivant et
derrière chaque nom cité pour un prêt de documents, c’est une belle rencontre, un
agréable moment partagé… J’ai fini par connaître tous les détails de l’histoire de
certaines anciennes enseignantes. Je tiens d’ailleurs à préciser que je n’habitais pas
à Dinan au moment de la seconde guerre mondiale contrairement à ce qu’ont pu
croire certaines personnes avec qui j’ai parlé de cette période … J’explore les
archives des différents services de la Ville où j’ai toujours rencontré une grande
disponibilité. Je commence par les archives municipales où Roger Vincent m’a
grandement facilité les recherches. On m’avait dit que je ne trouverai rien !!! C’est
vrai qu’il n’y a pas de dossier « école de la Garaye » mais si on va fouiller dans les
rubriques « asile de l’enfance », « guerre 14-18 », « correspondances »…c’est une
vraie mine de renseignements. Aux services techniques, Sébastien Chotard m’a
communiqué des photos et des plans intéressants. La lecture de la presse sur
microfilms et sur papier apporte des éléments indispensables. L’équipe de la
Bibliothèque s’est montrée très à l’écoute. Mais attention, l’abus de la lecture de
microfilms est nuisible à la santé des yeux, je l’ai vérifié. Déchiffrer les pages du
cahier de patronage retrouvé au presbytère a été aussi un terrible exercice !
Première évidence à ce moment là: les morceaux du puzzle se mettent en place et il y
a matière à faire un livre (au total, plus de 2500 documents seront numérisés). Une
autre évidence : je peux faire une croix sur mon temps libre pendant un bon
moment. J’oublie qu’il peut exister d’autres lectures possibles que celles qui se
rattachent à ce livre … J’adopte un nouveau rythme de travail où les journées
commencent souvent à 5 h le matin avant d’aller à l’école…où un week-end devient
une aubaine car cela plus de temps pour bien avancer…ou pour écrire 10 lignes
après avoir dépouillé des documents qui ne mènent à rien !
Si pour faire un livre il faut travailler dur, il faut aussi trouver un éditeur. La
rencontre avec Loïc-René Vilbert, Bibliothécaire de la Ville de Dinan, apporte la
réponse. Il me fait confiance (la seule censure, c’est mon auto censure). Il pose les
bases matérielles du projet avec un grand réalisme. Un soutien financier de la ville
est nécessaire, il est acquis avec le soutien immédiat de la Ville de Dinan et de son
maire René Benoit, enthousiasmé par l’idée de ce livre.

L’hiver arrive, période propice à l’écriture et aux recherches dans des endroits où
l’on est bien au chaud comme les Archives départementales ( 6 journées entières).
Après une longue enquête je retrouve les archives de l’architecte Alain Blanchot.
Un détour par le cimetière et un moment d’émotion à la découverte de la tombe de
la directrice qui exerçait au moment de la guerre 14-18. Le gardien m’a réservé un
excellent accueil, content d’aider quelqu’un ne venant pas dans de tristes
circonstances ! Les documents arrivent sans cesse, pas une semaine sans des
courriers, des coups de fils, des mails. La résolution de « l’énigme Frélicot » (la
directrice démise de ses fonctions en 1942) va me prendre beaucoup de temps…

Au printemps 2008, la recherche de l’argent nécessaire pour la publication va


dévorer mon temps. Il faut concevoir un dossier, l’ adresser aux mécènes potentiels.
C’est le moment des déceptions, beaucoup de refus. Heureusement il y a aussi des
rencontres avec des gens formidables. Le mécénat ce n’est pas l’achat d’un espace
publicitaire qui vous rapporte, c’est un don. Et là je tiens à remercier l’Amicale
Laïque de Dinan et son président Marcel Bidan ; la direction du magasin
Bricomarché, Taden, représentée par M. Malécot (trop discret !), M.
Montagnon (passionné de Dinan) et M. Street, son associé qu tiennent un
cabinet d’ assurances ; la société Apologic Informatique, Taden, et son représentant
Marc Ginguené ; Catherine et Didier Lechien qui n’ont pas mis 5 minutes à se
décider, c’était comme une évidence d’aider à la parution de ce livre…
Il s’agissait alors de passer à la conception d’une plaquette pour lancer la
souscription. C’est le début du travail avec l’entreprise dinannaise « Caractères
graphiques ». Charles Josselin est le plus connu des souscripteurs puisqu’il est
ancien ministre (mais aussi ancien parent d’élève !). Il a été la première personne à
répondre par une généreuse et encourageante souscription. Plusieurs centaines de
souscripteurs permettront ainsi d’assurer la parution de l’ouvrage, leur
engagement a été primordial. La diffusion de l’information a été également très
importante. L’Association des parents d’élèves de La Garaye a donné un
coup de main à plusieurs reprises. L’aide d’autres bénévoles (comme Maryvonne
Durand et Marie-Noël Alix) a été importante.
Le site Internet a été mis en place avec l’aide d’Emma Fortat.
La presse locale a joué un rôle (Nancy Faucon, Le Petit Bleu ; Jean-Valéry
Héquette, Ouest-France, un très bon article qui donnait envie de lire le livre ;
CODI- Info, quelques lignes dans la revue du conseil général, une revue
pédagogique : La Classe… ).
L’ été vient enfin et c’est la relecture du manuscrit, les corrections. Là, Marie-
Agnès Gaillot et Maryvonne Daniel ont fait un énorme travail ! Que de temps
passé mais jamais de temps perdu. Leur participation a permis d’avoir au final un
livre mieux structuré, plus clair, plus précis. Enfin le travail sur la maquette s’est
déroulé sur 6 semaines. C’était la dernière touche (celle qu’il ne fallait pas manquer)
et de l’avis de tous, c’est assez réussi ! Avec un peu de recul voilà ce qui m’a plu dans
cette réalisation : on a voulu avec Loïc-René Vilbert que ce livre soit beau ; nous
sommes ainsi passés de 200 à 208 pages pour le même prix et nous avons choisi un
papier de meilleure qualité afin que le résultat soit plus satisfaisant. J’aime ce
moment où un projet a été bien conçu sur le plan financier et où on a ce soucis d’être
dans la recherche de la qualité et non pas dans celle du profit, de la rentabilité à
court terme. Le travail, en particulier mené avec mes deux correctrices, m’a obligé à
être rigoureux, à avoir un soucis permanent d’objectivité…
Par exemple il était nécessaire de montrer l’importance des religieuses de la Sagesse
qui pendant 50 ans ont tenu cette école et de dire qu’elles ont fait un sacré travail…
C’est un hommage à tous les pionniers de l’éducation des jeunes enfants à Dinan.
Dans le même ordre d’idée c’est un hommage à l’école publique, l’école de la
république, à la laïcité… C’est un travail qui rassemble des gens de divers horizons,
qui les réunit autour d’un lieu symbolique de la ville : une de ses écoles. J’ai le
sentiment de m’être rendu utile en permettant aux écoles publiques de mieux
connaître leurs racines et ce n’est peut-être pas fini…

Demain ? Ce travail de mémoire n’est qu’à son début (n’oubliez pas de lire la
postface !)… Il y a beaucoup de traces sur l’école des garçons (qu’on a connue sous le
nom d’Honoré Le Dû) et j’ai déjà rassemblé de la documentation sur les écoles de
Chauffepieds, La Ruche , Les Fontaines… A ce propos y a-t-il un écrivain pour
prendre le relais ? une équipe?
Concernant le livre, j’attends vos réactions (par courrier, sur Internet). Si le résultat
vous plait, je compte sur vous pour en être les ambassadeurs auprès de vos amis,
dans vos associations… »

Richard Fortat. Le 22 octobre 2008 .