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GENERALITES, PHOTOELASTICIMETRIE I. INTRODUCTION Quand un solide composé d'un matériau photoélastique est soumis & des efforts, ses propriétés optiques varient proportionnellement aux déformations induites: le matériau est dit biréfrin- gent. C'est pourquoi la photoélasticimétrie est une méthode de mesure optique permettant de visua- liser globalement les déformations d'un solide. Lorsqu’un matériau photoélastique est mis en charge et observé au travers d’un polatiscope, on observe des franges colorées dont la couleur est représentative de "état de contrainte. La photoélasticité est I’étude des effets sur la lumiére des contraiates ou des déformations appliquées a des corps élastiques. La photoélasticimétrie est la technique expérimentale servant A mesurer les contraintes par photoélasticité, Pour mesurer fes contraintes, on utilise plusieurs procédés: + on peut réaliser une reproduction plane de la forme a étudier, découpée dans un maté- riau photoélastique. Ce modele est observé par transparence et placé entre des filtres polarisants (transmission) + on peut également recouvrir une structure réelle avec une mince couche de produit photoélastique (réflexion). La structure n’étant pas transparente, en général, on en rend la surface réfiéchissante AY aide d'une peinture ou d’une colle chargée de poudre métallique. La lumiére traverse le revétement photoélastique, est réfiéchie et traverse une seconde fois le revétement. Les filtres polarisants sont placés cote 3 cte. IL LUMIERE POLARISEE Un rayon lumineux & un instant donné est assimilable a l'ensemble de deux vibrations sinusoi- dales perpendiculaires entre elles qui se propagent suivant une troisitme direction qui leur est perpendiculaire, Certains corps (polariseur) ont la propriété de ne laisser passer qu’une seule composante de cette vibration. A la sortie d'un iel cosps, la lumiace est polarisée suivant une direction appelée direction de polarisation. Le plan qui contient la direction de polarisation et la direction de propagation est appelé plan de polarisation, IIL BIREFRINGENCE Certains corps naturels présentent le phénomene de biréfringence. Une tumiére plane qui les traverse ne se propage pas A la méme vitesse suivant que le plan de polarisation est paralléle & Yune ou l’autre des deux directions perpendiculaires propres au corps biréfringent. Le phéno- mine de biréiringence caractérise un retard optique entre deux composantes sans modification des plans de polarisation, La plupart des corps transparents isotropes, normalement non bi ingents, le deviennent Photoélasticimétrie lorsqu'ils sont soumnis & des déformations ou des contraintes. C'est la birégfringence acciden- telle, phénoméne plus ou moins important selon {a nature du corps. Les matériaux utilisés en photoélasticimétrie ont une biréfringence accidentelle trés importante. Le retard optique 6 entre les deux composantes, exprimé en longueur, est le méme pout toutes les couleurs du spectre du moins a I’échelle de précision qui intéresse les phénoménes photoé- lastiques. Par contre, pour un méme retard en longueur, le retard en phase est d’autant plus important que la longueur d’onde est courte, I est inversement proportionnel & la longueur d’onde: ® and a Iv. LOIS FONDAMENTALES DE LA PHOTOELASTICITE Considérons les deux cas cités précédemment (transmission ou réflexion): * nous avons un modéle auuquel nous appliquons des forces. Celles-ci créent des con- traintes. [I nous faut connattre les relations qui lient les contraintes et la biréfringence accidentelle. * une structure étant recouverte d'un revétement photoélastique, celui-ci, de bas module, subit les déformations identiques & celles de la structure. II nous faut done connaitre les relations qui lient les déformations et la biréftingence accidentelle. Ces deux relations sont linéaires. celle qui est relative aux conteaintes est la loi de Maxwell et celle qui conceme les déformations est la loi de Neumann, Le retard optique 6 d’une des composantes de la Jumiére par rapport & l'autre est proportionnel a l’épaisseur de matidre traversée b et, suivant le cas, A la différence des contraintes principales ou a la différence des déformations principales: Maxwell: 8 = Cb(o, -o) ® Neumann: 8 = Kb(€,~€5) © Dans la relation (2), 6 et b étant des longueurs, on voit que Ca la dimension de Vinverse d’une contrainte. Cette constante C est caractéristique du matériau considéré. Dans la pratique, on mesure C en Brewsters. cette unité correspond 4 un retard de I Angstroem provoqué par une contrainte de 1 bar lorsque la lumiére traverse 1 mm d’épaisseur du matériau photoélastique: = 10-2 4) 1 Brewster = 10-1 @ Quant & la constante K, elle n’a pas de dimension. Elle s’exprime par un nombre indépendant des unités choisies. Par exemple pour I'araldite K = 0,08. Suivent les applications que nous aurons & considérer, nous utiliserons les relations (2) ou (3). Pout la théorie que nous expliquons dans ce qui suit, nous considérons seulement le cas d'une épaisseur e observée par transparence. V. DISPOSITIF EXPERIMENTAL Le dispositif expérimental est schématisé sur la Fig. 1. Photoétasticimétrie Eprouvette ‘Source tumineuse Fig. 1. UL comprend une source luminense, un polariscope constitué par un polariseur et un anelyseur (qui sont en fait deux polariseurs pour lesquels les plans de polarisation sont placés perpendi- culairement I’un par rapport & l'autre) et une éprouvette transparente biréfringente accidentelle d’épaisseur b. positif expérimental. V.1 ETUDE DU RAYON LUMINEUX OBSERVE Si léprouvette n’est pas chargée ou si elle est absente et si les polariseurs sont parfaits, nous devrons observer une extinction complate du rayon lumineux. En fait, nous observerons un fond blew foncé et J"intensité du rayon lumineux transmis sera minimale lorsque le polariseur et l’analyseur seront placés & 90° I*un par rapport & l"autre. Nous souhaitons maintenant calculer l'intensité lumineuse regue par l'observateur lorsque l'éprouvette est chargée. L'axe du premier polariseur est paralléle 2 Ox. Les composantes de l’onde polarisée A la sortie du polariseur sont (cf. ): x= cost O yao Elle se présente a I’entrée du corps photoélastique avec une inclinaison du plan égale a B par rapport & l'un des axes OX du corps biréfringent: X = cosBeosat mi ¥ = -sinBcosat Elle subit un retard g en traversant le corps photoélastique. On 2 donc & la sortie: =" Photoélasticimétrie Observateur Analyseur Eprouvette Polariseur Source lumineuse Fig. 2. Repéres de calcul de Y'intensité. [ x cosBeos wr — 2) U 2. ” - 9) sinpcos(r + 2) En revenant aux axes primitifs, nous aurons alors: xs cosarcos? + cos2psinenrsin @) ye sin2Bsin$ sinar Liaxe du second polariseur étant croisé avec le premier, seule passe la composante suivant Oy. Lamplitude de ’onde est alors: sin2Bsin& ®) 2 et l'intensité lumineuse varie comme le carré de cette valeur: sin?2Bsin?g O) Dans le cas ol la source Iumineuse est monochromatique de longueur d’onde 2 et si I’éprou- vette est chargée (les contraintes principales dans le plan de l'éprouvette sont , et 63), l'inten- sité lumineuse observée sera donc proportionnelle &: Photoélasticimétrie 4 he sin? 2Bsin? (a, ~03) any ‘08 Gest l'angle que fait une direction principale des contraintes ou des déformations (matériau isotrope) sur I’éprouvetie avec une direction de polarisation. Cette intensité jumineuse peut tre nulle pour deux raisons (franges noires pour une source lumineuse monochromatique): + si B=0 ou B=), c’est-adire lorsque les polariseurs sont paralléles aux directions principales des contraintes. Dans ce cas, les franges noires observées sur |’ éprouvette sont appelées isoclines, Elles dépendent de la direction de polarisation des pola- riseurs, » sido = e = KC. Si l'on connait la valeur de C (qui dépend uniquement du maté- riau éwdié, de la longueur d’onde du rayon Jumineux émis et de I'épaisseur de V'éprouvette) ainsi que I’ ordre k de ta frange considérée, on peut obtenir la différence des contraintes principales, Dans le cas d’une lumiére bianche, les franges auront des couleurs dépendant de la valeur de k. C’est pourquoi les franges d’ordre k entier sont appelées isochromes. Susqu’a l'ordre 3, les franges auront les couleurs suivantes: k=0 Noir kel Passage Rouge A Bleu k=? Passage Rouge a Vert ke3 Passage Rouge & Vert REFERENCES {1 Encyclopédie Vishay d'analyse des contraintes, Ed. Vishay-Micromesures. [2] MM. Frocht, Photoelasticity. Toute remarque sur ce texte doit étre communiquée & : Christophe BACON Laboratoire de Mécanique Physique Fax : 05 56 84 69 64 ‘Version éditée le 12/12/01. Photoéiasticimétrie FLEXION D’UNE POUTRE A INERTIE VARIABLE 1-INTRODUCTION Quand un solide composé d’un matériau photoélastique est soumis & des efforts, ses proptiétés optiques varient proportionnellement aux déformations induites: le matériau est dit biréfringent, Crest pourquoi la photoglasticimétrie est une méthode de mesure optique permettant de visualiser globalement les déformations d’un solide. Lorsqu’un matériau photoélastique est mis en charge et observé au travers dun polariscope, on observe des franges colorées dont la couleur est représentative de I’état de contrainte(ef. annexe Photoélasticimétrie [1][2]). 2-BUT DU TP. Le but de ce T-P. est de déterminer le vecteur contrainte agissant en différents points d’une poutre & inertie variable constituée d’un matériau biréfringent. La premiére étape consistera en la détermination de la caractéristique du matériau permettant Pobtention du cisaillement maximum sur une frange isochromatique d’ordre connu. On utilisera pour cela des éprouvettes sollicitées par un chargement mécanique simple et pour esquelles I’état de contrainte est connu théoriquement: traction uniaxiale et flexion-quatre- points. Les vecteurs contraintes en différents points dune poutre & inertie variable seront ensuite déterminés a partir de mesures expérimentales, de considérations théoriques et du cercle de Mohr. 3-PRINCIPE ET DISPOSITIF EXPERIMENTAL Le principe et les lois de la Photoélasticité sont étroitement liges a des phénoménes optiques, lumiere polatisée, biréfringence, trajets optiques, champ de contraintes(planes), direction principale des contraintes L’€prouvette d’essai est soumise & une charge par lintermédiaire d’un cadre placé entre un polariseur et un analyseur Toutes ces données, indispensables pour la compréhension de ce TP, sont évoquées dans annexe Photoélasticimeétrie. 4-ETUDE EXPERIMENTALE 4-1 DETERMINATION DE LA VALEUR DE C Toutes les éprouvettes utilisées dans ce T.P, seront constituées du méme matériau et auront la méme épaisseur, La premigre étape consiste done déterminer la valeur de C. Pour cela, nous allons effectuer des repérages d’ordres de franges sur des éprouvettes pour lesquelles l'état de contraintes est connu. Flexion d’une poutre & Inertie variable 4-1-1 Traction uniaxiale \éprouvette est solficitée en traction uniaxiale et la force appliquée F est mesurée a l'aide d'un dynamométre, Trois mesures seront effectuées jusqu’é lordre 3. La connaissance théorique de I’état de contraintes en « traction pure » permet de déterminer ‘Ac (différence des contraintes principales) en fonction de Fet de S, (section de l’éprouvette soumise A la traction puis de calculer la valeur de C. L’erreur commise sera estimée. 4-1-2 Flexion-quatre-points L’éprouvette est cette fois sollicitée en flexion-quatre-points et la force globale F appliquée est mesurée. Une analyse Rdm du systéme permet de déterminer en tout point Aven fonction du moment fléchissant Mr, du moment quadratique I de la poutre. En un point judicieusement choisi sur I’éprouvette et sur une frange d’ordre 3 (pourquoi ?) calculer la valeur de C. L’erreur commise sera estimée. 4-2 POUTRE A JNERTIE VARIABLE Une poutre, dite poutre a inertie variable, est sollicitée a son extrémité par une force F mesurée a |’aide d’un dynamométre (cf. Fig. 1). Pour l’essai, une force de 25 daN sera choisie. Fig. 1. Poutre a inertie variable. Le but est de chercher le vecteur contrainte en différents points M(x,y) ayants comme abscisses x = 7 cm ou x = 12 em et situés sur une frange isochromatique d’ ordre k a préciser. (On va déterminer en premier lieu les composantes de ce vecteur pour une facette de normale, soit o,, et o,,. Flexion d’une poutre a Inertie variable Pour chaque point, on calculera: La tel que tga =y/x 2. Ao caleulé a partir de Vordre de frange : Ao=kC 3. La photoélasticimétrie ne donnant que la différence des contraintes, on utilisera _BExy = = 2bh* expression théorique (Rdm) deo,,: 9, - La propriété d’invariance du tenseur des contraintes permet de caleuler le rayon du cercle de Mohr en ce point. - On admet qu’en chaque point M une « isostatique » passe par l’extrémité O de la poutre (point de chargement), Cette droite est done une direction principale en M . Rappel : Vu du centre du cercle la distance angulaire entre I'axe 6, du plan de Mohr et le point du cercle représentatif de la facette X est 2a. les éléments précédents permettent de tracer le cercle de Mohr au point M et de déterminer la composante 6, . A partir des cercles de Mohr obtenus pour plusieurs points M, on tracera les vecteurs contraintes sur un plan de I’éprouvette a ’échelle 1:1. Commentaires et conclusions ? Fait le 5/07/07. F. Gillaizeau Flexion d’une poutre a Inertie variable