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Procédure pénale Notes de cours de 2009-2010

MASTER 1
CARRIERES JUDICIAIRES ET SCIENCES CRIMINELLES
PREMIER SEMESTRE

Jean Danet

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Le procès pénal
Sommaire Introduction 1 La qualité de partie au procès.

2 L’examen préalable et l’orientation du dossier pénal.

3 La composition pénale et la CRPC.

4 L’information ou instruction préparatoire.

5 Les nullités de l’enquête et de l’instruction.

6 Les mesures privatives ou restrictives de liberté prises durant l’instruction. 7 Les caractères fondamentaux de l’audience de jugement. 8 La procédure d’audience devant le correctionnel et la cour d’assises. Aperçus. tribunal

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Présentation du cours

Ce cours de 36 heures proposé en master 1 fait suite à celui donné en licence qui portait sur les principes généraux de la procédure pénale et sur l’enquête.

Vous avez la possibilité de choisir des TD en Procédure pénale. Ils seront enseignés par deux praticiens, un magistrat du parquet, avocat général à la Cour d’appel de Paris M. Jacques Bruneau, enseignant associé, et un avocat spécialisé en pénal, Me Patrick Letertre.

Présentation des séances de TD

Séance 1 Présentation des acteurs de la procédure
Attention !!!! Un exercice sera demandé pour la première séance de TD

Présentation, Type d’exercices, et de contrôle continu, Bibliographie,

Statistiques, Présentation des mutations successives de la procédure depuis 1993, L’importance de la loi Perben II et des réformes votées depuis lors.

Séance 2 L’orientation du dossier Le traitement en temps réel. Le tout en construisant des tableaux ou schémas que vous exposerez à vos camarades. 23 janvier 2006. 10 août 2007). la note de synthèse pourra sous réserves de l’accord des chargés de TD être rendue en séance 3 ou 4. l’intérêt de l’instruction. L’orientation et la politique d’orientation du parquet. 2) Présenter les différents modes de traitement des délits avec leurs caractéristiques essentielles en vous aidant du tableau fourni et 3) en donnant ce que représente en statistique chaque mode de traitement. Exercice écrit : note de synthèse sur les documents conseillés et reproduits. Présentation du code qui en résulte Exercice oral : 1) Présenter les différents acteurs possibles du procès pénal avec une définition de chacun d’eux et une présentation succincte de leur fonction et statut.4 (Notamment les Lois des 21 juin 2004. Compte tenu de l’importance du travail demandé. 5 mars 2007. l’opportunité des poursuites. . 26 juillet 2005. 12 décembre 2005.

deux exposés (l’un pour et l’autre contre) suivis d’un débat.5 Exercice oral : « Faut-il un débat contradictoire autour de la décision d’orientation du dossier ? » A partir du texte proposé cidessous et des documents conseillés à la lecture et reproduits. .

entre audience normale et CRPC? Débat contradictoire entre tenants des deux propositions. . troisième exposé pour soutenir une autre position. Synthèse des critiques portées à cette procédure et inventaire des réponses qui peuvent y être apportées ? Exercice écrit : Dissertation : La CRPC peut elle être une procédure efficiente et respecter les droits des parties ? Exercice oral : La procédure de CRPC pourrait-elle être étendue à tous les crimes et délits reconnus ou faut-il imaginer une procédure nouvelle d’audience pour les crimes et délits graves reconnus.6 Séance 3 La CRPC Analyse de la procédure au regard des principes fondamentaux de l’Article préliminaire du CPP et de l’Article 6 de la CEDH. Le cas échéant.

. 2) faites le point sur l’évolution et 3) l’intérêt du statut de témoin assisté. Exercices oraux : 1) Commenter l’article 80-1-1 du CPP résultant de la loi du 5 mars 2007 . Exercice écrit : Commentaire de l’arrêt du 28 mars 2006 ou du 6 mars 2007.7 Séance 4 Témoin assisté et mis en examen Les notions de témoin assisté et de mis en examen Les droits du témoin assisté et du mis en examen. 3 exposés.

8 Séance 5 Les nullités Les types de nullités. les nullités dans le code. Exercice écrit : Etablir une note de synthèse sur l’évolution de la jurisprudence de la chambre criminelle relative aux écoutes téléphoniques concernant un avocat. La procédure et la purge des nullités La sanction des nullités Exercices oraux proposés : L’arrêt Matheron c/ France de la CEDH illustre-t-il la nécessité d’une réforme de la théorie des nullités en droit interne. par son pouvoir normatif apporter les correctifs qui s’imposent au droit positif ? Un exposé en faveur de l’une et l’autre position. ou la chambre criminelle peut-elle. les nullités dans la jurisprudence. .

Exercice oral : La loi du 5 mars 2007 (sa modification de l’article 144 du CPP ainsi que la création du mécanisme prévu par l’article 221-3 nouveau du CPP) suffit-elle à corriger les défauts de la procédure pénale française en matière de détention provisoire ? Exposé pro et contra . tenir compte des modifications apportées par la loi du 5 mars 2007).9 Séance 6 Détention provisoire et délai raisonnable Le contrôle du délai raisonnable sur la détention provisoire Le champ de la détention provisoire La procédure de mise en détention Exercice écrit : note de synthèse à partir de documents conseillés à la lecture et reproduits (N. B.

Exercice oral : Exposé des différentes règles afférentes à ces questions de l’oralité des débats et de la publicité en montrant les évolutions des textes et de la pratique ainsi que les effets conjoints de ces évolutions. les questions des parties et du président. Le lien entre ces textes et les principes du procès équitable. Ou « de l’influence de textes mineurs sur le déroulement de l’audience ». le rôle du président d’assises et de correctionnelle dans le déroulement des débats. Et les perspectives d’une entrée des caméras dans les enceintes judiciaires. l’enregistrement des dépositions à l’audience (loi du 9 mars 2004). l’utilisation du dossier lors de l’instruction d’audience. le huis clos et ses nouveaux critères dans la loi du 9 mars 2004 et celle du 5 mars 2007. Exercice écrit : Commentaire des articles 145 alinéa 6 et 199 du CPP résultant de la loi du 5 mars 2007 sur la publicité des audiences relatives à la détention provisoire.10 Séance 7 Les caractères fondamentaux de l’audience Oralité des débats et publicité La publicité des audiences de fond et de procédure. .

11 Séance 8 Le débat contradictoire et la comparution personnelle des parties Analyse des nouveaux textes relatifs à la comparution en correctionnelle et à la procédure de défaut aux assises. Exercice écrit : commentaire des deux décisions suivantes : l’arrêt de la CEDH du 6 mai 2002 et l’arrêt de l’Assemblée Plénière de la Cour de Cassation du 2 mars 2001 (un seul commentaire commun des deux décisions). de leur genèse (jurisprudence de la CEDH et de la cour de cassation) et réflexion sur les modifications à en attendre. 2) sur les règles de comparution en correctionnelle et le principe du contradictoire. . Exercice oral : 2 Exposés proposés 1) sur la compatibilité entre le principe du contradictoire et l’oralité des débats.

* * * .12 Séance 9 L’intime conviction et la motivation des décisions de cours d’assises Qu’est ce que l’intime conviction ? Comment la définir ? Quel est son rapport avec la question de la motivation des décisions ? Quelle comparaison peut-elle être faite entre l’intime conviction et l’absence de doute raisonnable ? Exercice oral : Plaidoyer pour et contre la possible motivation des décisions de cours d’assises. Exercice écrit : Dissertation : les jurés et l’intime conviction.

L’exposé complet de la matière. demain. en action. . Apprendre à être autonome dans votre réflexion et savoir vous diriger dans l’univers du procès pénal. dans des manuels représente entre 900 et 1200 pages ! ! ! Un exposé même incomplet du droit positif sur tous les sujets serait absurde. Les enjeux de la matière ensuite. Les notions fondamentales. Ce qu’il peut être : Il peut d’abord vous donner les grandes lignes de la matière. On peut en cours exposer les éléments de la réflexion sur les thèmes que nous aborderons plus spécialement et apprendre à aborder une question de procédure. Pour pouvoir faire de même. par vous-même. des conséquences pour les justiciables (c’est aussi de libertés individuelles qu’il est question et de bonne ou mauvaise justice). On ne comprend la procédure que si on comprend ce qui se joue et comment ça se joue. Vous sortiriez du cours en ayant une vue totalement faussée de la matière.13 L’objectif pédagogique du cours : Ce qu’il ne peut pas être : tout traiter en cours. Il n’est pas question d’être déconnecté des questions de justice.

les documents contiennent des conseils de lecture en plus des documents reproduits. . Ce qu’ils peuvent être : Pour la préparation. On a exclu les cas pratiques qui supposeraient une connaissance plus approfondie de la procédure et l’utilisation de dossiers ce qui n’est. à consolider ses connaissances en écoutant les autres. un lieu d’où l’on sort bien content si on a pu éviter d’avoir à prendre la parole. respecter et répondre avec habileté et pertinence aux arguments de l’autre. Le choix de proposer beaucoup d’exercices sous la forme de deux exposés « le pour et le contre » se veut l’apprentissage d’un principe fondamental du procès mais plus largement de l’élaboration de la décision : le contradictoire.14 L’objectif pédagogique des TD Ce qu’ils ne doivent pas être : une leçon particulière en plus du cours. A ce sujet. un lieu où l’on va avec crainte. voire à pousser un peu la recherche sans perdre de temps. l’apprentissage de présentation synthétique aussi : la durée des interventions orales sera très strictement encadrée. y compris les chargés de TD. à construire une argumentation par oral. La prise de conscience aussi que toutes les opinions peuvent être soutenues et débattues. Le TD doit être un lieu où l’on apprend à débattre. des notes de synthèse (tellement nécessaires pour les concours !) des dissertations. un lieu où l’on apprend à lire la documentation. en l’état. Les TD de procédure ne peuvent négliger la question de leur propre procédure ! ! ! On y fera évaluer aussi sa capacité à l’écrit par des exercices corrigés. Des commentaires d’arrêts. pas réalisable. un lieu où l’on apprend la complexité (à cent lieues des simplismes de certains médias sur la justice) à utiliser ses lectures. à l’exploiter. à écouter. D’où les exercices oraux proposés : beaucoup d’exercices autour du pour et du contre.

Levasseur. B. Buisson. Procédure pénale. Précis Dalloz. Pradel. Guinchard et J. G. Objectif droit. 21 éd. 2007.15 Les outils ou la bibliographie Bibliographie Générale : Usuels absolument nécessaires pour les TD : Code de procédure pénale 2010 Dalloz ou Litec Un manuel parmi beaucoup et notamment: F. G. Procédure pénale. Desportes et L. Stefani. Edition 2008. J. E. ou édition suivante si parue. 2009. . Vergés. Bouloc. Traité de procédure pénale. Litec 4éd. première édition. Procédure pénale. Economica. Procédure pénale. 2 éd. 2008/9 Cujas. Litec. 2007. Lazerges-Cousquer. S. 14ème éd.

Merle et A. Dir Y. Encyclopédies et dictionnaires Encyclopédie Dalloz. Dir. Dir H. 2007 C. Vitu. Mayaud Jurisclasseur de procédure pénale. Cadiet.L. F.Pierre. Decocq Dictionnaire de la justice. Renucci. Le guide de la défense pénale.). LGDJ. Tome II Procédure pénale. Traité de procédure pénale. Lazerges (Dir. F. 2006 . Traité de droit criminel. Figures du parquet. Sudre Droit international et européen des droits de l’homme. Rassat. M.16 Traités et autres ouvrages à consulter Traités : R. Angevin et A. PUF. Saint. 2001. F.. Dalloz. Droit européen des droits de l’homme. PUF 2004 Autres manuels et ouvrages J. PUF. 5e éd. 2001. PUF. L.

DP AJ Pénal.17 G . Folio. le tournant. RPDP Revue de droit pénal et de criminologie. 2004. RICPTS Revue trimestrielle des droits de l’homme. 2008. J. RSC Droit pénal. Justice pénale. Danet. Revues : Revue de science criminelle et de droit pénal comparé. Danet. Gallimard. Dalloz. 2 éd. RTDH . pour une défense pénale critique. RDPC Revue internationale de criminologie et de police scientifique.). PUF. Lazerges (Dir. J.Giudicelli-Delage et C. 2006. Défendre. Etats de droit. Regards sur la justice. Coll. AJP Revue pénitentiaire et de droit pénal. La victime sur la scène pénale en Europe.

des textes. 2) Le temps du cours est d’abord celui de l’explication détaillée du droit positif. elles sont au code et vous pouvez donc les retrouver. des indications de bibliographie. mais elles n’ont pas besoin d’être exhaustives.18 Le cours Une seule nécessité : on vient en cours avec son code ! Les temps du cours : 1) A l’écran : les notes de cours. des pratiques. L’idéal : le temps 3 serait le plus souvent possible celui de la troisième heure du cours. de la jurisprudence (le sens d’une évolution. 3) Il est aussi le temps de l’explicitation des enjeux plus larges. des précisions sur ce qui fait problème à partir de vos questions). Vous pouvez prendre des notes. Pas de références d’arrêts sur les questions qui ne font pas débats depuis longtemps. . Le temps du débat aussi.

deux questions en deux heures ou deux heures trente. Ce ne sont pas des questions de cours mais plutôt de synthèse. un oral. ou une dissertation ou un commentaire d’arrêt ou une mini note de synthèse. une participation . Le contrôle continu : un écrit. Pour les étudiants ayant choisi TD. bref des exercices que vous aurez fait en td. des questions du même type.19 L’examen Pour les étudiants qui ne suivent pas les td.

La loi n°2202-307 du 4 mars 2002 modifiant la loi renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes. En même temps que le droit pénal et notamment le droit pénal spécial. Commentaire du sommaire.20 En guise d’introduction En guise d’introduction à ce cours de procédure pénale qui vient pour les étudiants ayant fait leur cursus à Nantes après un cours de droit processuel et un premier semestre de procédure pénale. La loi n°2001-1062 du 15 novembre 2001 sur la sécurité quotidienne. Et le commentaire de la table des matières du CPP. je vous propose de commencer tout simplement par deux commentaires : le commentaire du sommaire de ce cours. ou ce qui émerge. Ce ne sont pas les subdivisions du code. Pour vous faire prendre conscience de ce que la procédure pénale bouge beaucoup. La loi n° 2002-1094 du 29 août 2002 d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure. . et ce qui fait débat. cette organisation des titres du cours ? Pour souligner les tendances. en espérant qu’elle ait une unité. Citons les plus importantes des réformes de cette décennie qui le plus souvent touchent à la fois la procédure et le fond du droit pénal : La loi n°2000-516 du 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence et les droits des victimes. Ils sont les instruments de la politique criminelle. Pourquoi cette présentation.

La loi n° 2003-87 du 3 février 2003 relative à la conduite sous l'influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants.21 La loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice (dite Perben I). La loi n°2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme. La loi n°2005-1549 du 12 décembre 2005 sur la récidive. La loi constitutionnelle n° 2003-267 du 25 mars 2003 relative au mandat d'arrêt européen. La loi n°2003-495 du 12 juin 2003 renforçant la lutte contre la violence routière. La loi n°2007-291 du 5 mars 2007 sur l’équilibre de la procédure pénale. La loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. La loi n° 2005-47 du 26 janvier 2005 relative aux compétences des juridictions de proximité. La loi n° 2003-88 du 3 février 2003 visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste. La loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure. antisémite ou xénophobe. La loi n°2006-399 du 4 avril 2006 sur la prévention et la répression des violences au sein du couple ou contre les mineurs. La loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance. La loi n°2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité (dite Perben II). .

Elle crée d’abord. Elle tire un bilan de certaines innovations du nouveau code pénal..P. en passant par les infractions (le «contrat ») ou les peines (le stage de citoyenneté). On pense à la contumace. (tout est relatif en droit pénal) en tout cas des textes qui n’avaient pas été touchés dans les dernières années. La loi n°2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. l’application des lois de prescription dans le temps ou la contrainte par corps.A.P. Prenons l’une des plus importantes d’entre elles et voyons comment s’y prend le législateur pour réformer la procédure. Elle la contourne par les pouvoirs donnés à la police en phase d’enquête.A.R. et de nouveaux pouvoirs donnés au JLD qui vont peut-être permettre de retarder . Elle innove depuis les juridictions (T.).. L’importance de la loi du 9 mars 2004 pour le procès pénal : un aggiornamento Presque tout l’objet de notre programme a fait l’objet de modifications. Elle réforme des textes «anciens ».P. Elle revient sur certaines des innovations de la loi du 15 juin 2000 tel le double regard du juge d’instruction et du JLD sur la détention. et l’intervention de l’avocat en début de garde à vue repoussée en certains cas.C. Importance de la diversité de ses modifications. C. les mandats et leur exécution. procédures d’exception en matière de criminalité organisée).22 La loi n° 2007-1198 du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs. Citons ici la responsabilité pénale des personnes morales. par le mandat de recherche. les procédures (C.

d’articuler par exemple jugement de fond et exécution des peines ou de prévoir par avance la sanction de l’échec d’une peine alternative. d’éviter les contretemps. Ainsi en est-il de la composition pénale créée en 1999 qui venait d’être modifiée en 2002. Elle «reprise » même pourrait-on dire. au FNAE ou au juge de proximité. des retouches effectuées par de précédentes lois. Elle intègre la norme internationale au droit interne avec le mandat d’arrêt européen et la jurisprudence européenne avec notamment les règles de comparution ou l’abrogation du délit d’offense à chef d’état étranger. pour filer jusqu’au bout la métaphore empruntée à la couture. .23 voire éviter l’ouverture d’informations en matière délictuelle et par là même retarder ou empêcher l’exercice des droits qui y sont attachés. et corrige de ci de là. d’anticiper les échecs. pourtant très récentes. Elle retouche certaines dispositions. la loi Perben I de septembre 2002. la loi du 3 février portant aggravation des peines punissant les infractions à caractère raciste antisémite ou xénophobe. Elle légalise des pratiques jusque là non écrites et je pense bien sûr à la retenue. de traquer les temps morts. la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure et celle du 12 juin 2003 sur la violence routière. Elle simplifie certains dispositifs procéduraux. à l’application de circonstances aggravantes de racisme. elle les rationalise avec le souci louable. Mais elle prolonge parfois l’esprit de la loi du 15 juin 2000 en achevant la juridictionnalisation de l’application des peines. On pense à des quanta d’amendes corrigés. Elle codifie le droit de l’extradition. mais presque obsessionnel de gagner du temps.

tirer des bilans. des hiérarchies. dans l’ordre judiciaire. adaptés aux technologies nouvelles afin de rechercher. Plus que jamais avec cette loi. L’unité de temps et de lieu du procès pénal se défait tandis que la cartographie des compétences judiciaires se complexifie avec à la clé de véritables déplacements des enjeux et donc une nouvelle distribution des pouvoirs. grignoter les réformes précédentes. des rôles. réformer. Il en résulte une autre organisation de l’espace et du temps judiciaire très marquée par les nouvelles technologies. Elle se veut un aggiornamento de la justice pénale comme d’ailleurs son titre le dit explicitement. juger et sanctionner les auteurs d’infraction avec plus d’efficacité. rationaliser. En cela. les repriser. Innover. la loi Perben II. a recours à toutes les techniques de la réforme. La loi Perben II est donc à la fois un texte très politique et très technique. poursuivre. et accroître la répression. chacune des deux faisant suite à une loi de programmation1 Elle entend donner à la police judiciaire et à la justice pénale des outils rénovés. notre droit et notre procédure pénale poursuivent une mutation qui les amène à se penser toujours plus comme en charge d’assurer une réponse au . les retoucher. elle est d’une certaine façon le pendant de la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure. intégrer la norme internationale.24 Elle accroît la répression en augmentant le quantum de peines encourues pour d’assez nombreuses infractions ou en ajoutant des circonstances aggravantes pour d’autres. légaliser. les contourner. codifier. simplifier. on le voit. un titre dont on doit souligner qu’il ne vise pas seulement la criminalité organisée.

. Ce sera demain celle de la récidive D’Evrard à l’été 2007. violences dans le couple). récidive). Mais la liste des infractions qui y sont rattachées ne semble pourtant pas évidente. la notion de «criminalité organisée » dessine-t-elle de manière transversale à la classification tripartite des infractions de nouveaux fléaux qui justifient le recours à des procédures d’exception. Lisons ensemble la table des matières du CPP telle qu’elle se présente aujourd’hui dans ses grandes masses et nous allons au passage signaler les parties sur lesquelles nous nous attarderons. suivi socio-judiciaire. D’autres sont annoncés sans compter une réforme vraisemblable de la carte judiciaire qui touchera la procédure pénale en tout cas sa pratique. C’est parfois l’évolution de la technologie (l’économie numérique). huit autres textes ont depuis lors touché la procédure. ou l’évolution de l’institution judiciaire (juges de proximité) ou celle de la politique criminelle (prévention. avec des procédures d’exception conçues pour affronter les risques perçus comme majeurs par le législateur. C’est parfois l’évolution d’une criminalité ou les mouvements d’opinion autour d’une délinquance précise (terrorisme. 1 Lois n° 2002-1094 du 29 août 2002 d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure et n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice. fichier judiciaire des délinquants sexuels). cette mission de répondre et prévenir le risque d’insécurité marque aussi profondément le temps de l’application et de l’exécution des peines. Le blanchiment n’y a été introduit qu’au cours des débats parlementaires et la corruption en est encore étrangement absente. Mais. Le traitement des délits est diversifié avec un élargissement de la palette de réponses susceptibles d’y être apportée en amont ou non des poursuites. Ainsi. le temps d’après la prison aussi.25 risque d’insécurité. Et cependant malgré l’ampleur de cette réforme. avec le contrôle socio-pénal (sorties de prison aménagées. Le conseil constitutionnel n’a accepté d’y maintenir le vol en bande organisée qu’avec une réticence exprimée dans une réserve d’interprétation. C’est parfois une affaire telle celle d’Outreau qui les a générées. avec l’espoir explicite d’en finir à terme avec les «classements secs » non motivés.

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PREMIERE PARTIE LEGISLATIVE
Article préliminaire (important, à lire, relire et méditer ! !)

Titre préliminaire De l’action publique et de l’action civile
(Voici les deux « actions » qui sont celles de nos acteurs de la procédure, du moins ceux qui vont être à l’origine du procès pénal, par l’étude desquels nous débuterons.)

Livre premier De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

Titre premier Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction
(Un mot d’explication historique sur ce découpage)

Chapitre premier de la police judiciaire Voir cours L3 Chapitre 1 bis Des attributions du Garde des sceaux ministre de la justice Chapitre 2 Du ministère public

Titre deuxième Des enquêtes et des contrôles d’identité
(Voir cours L3)

Titre troisième Des juridictions d’instruction
C’est l’une des parties importantes du cours.

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Livre deuxième Des juridictions de jugement Titre premier De la cour d’assises Titre deuxième Du jugement des délits
Ici encore, allons voir dans le détail, car on y trouvera beaucoup de nouveautés relatives (2004 notamment) qui vont nous intéresser.

Titre troisième du jugement des contraventions

Livre troisième Des voies de recours extraordinaires Livre quatrième De quelques procédures particulières
C’est de l’humour législatif ! ! ! Car vous n’avez pas moins de 26 titres ! ! ! Lisons-les ! Qu’en conclure ? Il y a des procédures d’exception, une série de codes dans le code qu’on ne peut pas oublier.

Livre cinquième Des procédures d’exécution
Important mais nous ne ferons qu’une rapide incursion si nous en avons le temps à propos de l’audience d’application des peines.

SECONDE

PARTIE

REGLEMENTS

D’ADMINISTRATION

PUBLIQUE ET DECRETS EN CONSEIL D’ETAT
La partie réglementaire, nous ne l’utiliserons qu’assez peu.

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En revanche ne négligez pas les annexes ! ! Avec bien sûr la CESDH et les arrêts cités de la CEDH. C’est 140 pages de code tout de même dans l’édition Dalloz ! Avec le pacte international, la charte des droits fondamentaux Et l’ordonnance de 1945 sur les mineurs (qui concerne aussi la procédure)

au nom de la société.29 1. L’action civile Elle est ouverte à la victime d’une infraction pénale devant une juridiction répressive. SECTION PUBLIQUE 1 LES DEMANDEURS A L’ACTION Le parquet ou ministère public SECTION 2 LES DEMANDEURS A L’ACTION CIVILE Les victimes La place particulière des associations Article 2-1 et suivants CPP . La qualité de partie au procès. L’action publique Elle est exercée. son objet : la réparation du dommage personnel que lui a causé cette infraction. par le ministère public et elle a pour objet l’application de la loi pénale à l’auteur de l’infraction afin de réparer le dommage qu’il a causé à la société.

30 SECTION 3 LA PLACE PARTICULIERE DE CERTAINES ADMINISTRATIONS Des « substituts extérieurs » ou « parquets-bis » Une action publique tantôt concurrente. tantôt conjointe à celle du MP .

2ème action. . La victime est un acteur secondaire de la procédure pénale. écrans précédents Commençons par le parquet. acteur central.31 Avant tout exercice de l’action publique. Nous avons aussi parfois un trouble à l’ordre public avec le cas échéant un dommage causé à une ou plusieurs victimes. Elle se définit selon le Vocabulaire Capitant comme celle qui est exercée au nom de la société par le ministère public et qui a pour objet l’application de la loi pénale à l’auteur de l’infraction afin de réparer le dommage qu’il a causé à la société. son objet : la réparation du dommage personnel que lui a causé cette infraction. Mais entre les deux. de quoi dispose-t-on ? D’un dossier de police le plus souvent et en tout cas de l’information selon laquelle des infractions peuvent être imputées à une ou à plusieurs personnes connues ou non. peu à peu. du procès pénal. l’action civile qui désigne celle qui est ouverte à la victime d’une infraction pénale devant une juridiction répressive. ont pris leur place 1) Certaines administrations 2) Certaines associations Aussi verrons-nous tout ceci en trois sections distinctes: Cf. Le ministère public apparaît logiquement comme l’acteur principal de la procédure. si l’en est. Deux « actions » vont pouvoir être engagées : 1ère action : celle destinée à sanctionner l’atteinte à l’ordre public et à l’intérêt général. nous avons deux séries d’acteurs qui. partie principale au procès pénal.

Article 34. Conséquences de ce caractère hiérarchisé : Article 30 du CPP loi du 9 mars 2004 : le pouvoir du garde des Sceaux. Le parquet près la cour de cassation n’a pas l’autorité hiérarchique sur les parquets des cours d'appel (c'est un parquet général spécial. Organisation Revoyez le détail de ce qu’est le ministère public auprès des différents juridictions mais retenez l’essentiel : un parquet par TGI. Donc des postes très politiques surtout dans certaines juridictions. Certes il existe des limites à ce caractère hiérarchisé du parquet: le pouvoir propre du chef de parquet : poursuivre ou refuser de poursuivre. pouvoir de plus en plus encadré cependant. 32 CPP). 35 et 36 du CPP : formules plus insistantes sous la forme Perben II Des sanctions disciplinaires possibles. le tout sous l’autorité du garde des Sceaux. de droit commun ou d’exception (Art. il est partie jointe). mais ces magistrats tant qu’ils occupent ces fonctions ne sont pas des juges. Caractère indivisible : explication . ainsi que la liberté de parole à l’audience. ce n’est pas lui qui saisit la Cour de cassation. le ministère public est composé de magistrats. Les membres du MP (Ministère public) sont nommés par décret du président de la république. nommés en conseil des ministres. la réforme de la constitution de l’été 2008 n’a rien changé à cela. d’instruction ou de jugement. un parquet général au niveau de chaque cour d’appel. La composition d’un parquet.32 SECTION PUBLIQUE 1 LES DEMANDEURS A L’ACTION Le parquet ou ministère public Présent auprès de toutes les juridictions répressives. Un caractère hiérarchisé. il n’est pas requis d’avis du tout ! Nota bene. L’avis du CSM n’est qu’un avis simple et encore pour les PG.

96. Crim. c’est la présentation classique du parquet. Gaz. celle que l’on pouvait déjà faire il y a trente ans à quelques nuances près. Crim. 102. D. Aucune atteinte à l'indépendance et à l'impartialité de la chambre d'accusation ne résulte du fait que le représentant du ministère public présent lors du prononcé de l'arrêt ait précédemment connu. C’est lui qui est chargé de l’exécution des peines ou plutôt de leur mise à exécution en concurrence désormais. Chron. 6 mai 1996: Bull. Procédures 1998. constater les infractions. note Josserand 6 janv. 1998. La garantie du droit à un tribunal indépendant et impartial. no 1. le parquet dispose de pouvoirs au niveau de l’enquête. crim. accrus récemment (en 2004 avec le mandat de recherche) . énoncée à l'article 6. 246. 99. Magistrats du parquet. _ 33. en tant que juge d'instruction. 3 nov. note Buisson. il va avoir un rôle très actif tout au long de l’instruction. depuis la saisine jusqu’à la fin. 1999. EDH. no 187. Impartialité fonctionnelle du parquet. Conv. Rebut.33 Fonctions : Poursuivre. Maron. note Yildirim. Com. Existe-t-il un problème d’impartialité ? Extraits du code Dalloz Expert 2008 sur cette question : _ b. 461. § 1. 1998: Bull. 1. Petites affiches 1997. Voyons maintenant quelles sont les questions qui ont été soulevées ces dernières années à propos du Parquet et les réponses qui y ont été faites. il peut accomplir tous actes d’enquête en crime ou délit flagrant. D’abord le fait que cet accusateur soit magistrat et soumis à l’autorité hiérarchique du pouvoir exécutif fait débat. recevoir les plaintes et les dénonciations . Tout ceci. avant de terminer par les perspectives de réforme. il est vrai. en certains cas avec le JAP. Pal. Comm. 1992: Dr. RG proc. Il dirige la police judiciaire Art. obs. crim. En gros. 79. 8. 41 et 42 et le PG peut saisir la chambre de l’instruction pour engager des poursuites disciplinaires contre des membres de la police judiciaire. note . ne vise que les juges et non pas le représentant de l'accusation ou celui de la défense. de l'affaire dont elle est saisie. Chron. Article 31 Pour cela. 1998. pénal 1993.

Conv. 2.. crim. Enderlin. Somm. J. Danet Extrait de « justice pénale. JCP 2005. Crim. no 266. 26. pour attribuer à un autre tribunal la connaissance de l'affaire. 6. 40. 20 mars 1996: Bull. et de l’art. 6. note Renucci. au sens de l'art. IR. EDH et l'art. 10 déc. Le magistrat qui a occupé les fonctions du ministère public auprès d'une cour d'assises dont l'arrêt a été cassé. Comm.. en l'espèce les conditions déloyales dans lesquelles une action pénale aurait été exercée contre l'intéressé au cours d'une précédente poursuite devant la même juridiction. 290. C. Maron. D. pénal 1998. La garantie du droit à un tribunal indépendant et impartial. 2052. obs. 85. crim. Selon l'art. 6 Conv. D. 1966: Bull. Crim. Dr. no Aucune disposition légale n'interdit que le 103. 5 déc. sans que puisse être invoquée une violation de l'article 6 Conv. Aucune disposition de loi n'interdit à un magistrat du ministère public de requérir successivement contre le même accusé devant la chambre d'accusation et devant la cour d'assises. crim. ne constituent pas un motif. JCP 2003. § 1. Impartialité personnelle du parquet. no 152. pén. § 1. peut. Somm. énoncée à l'art. 19 mars 1998: Bull. 19. 6 janv. EDH. le ministère public ne décidant pas du bien-fondé de l'accusation en matière pénale. obs. A les supposer établis. Maron. ne vise que les juges et non pas le représentant de l'accusation. 1998: préc. Ou devant la cour d'assises statuant en appel. 619. no 253 24 mai 2005: Bull. IV. cf. 2001: Bull. no 124. 2004. documents annexes aux notes de ce cours : Extraits de « Défendre » 2 éd. 23 nov. pén. Conv. obs. Crim. crim. 2266. AJ pénal 2005. 1986: Pradel. D. pr. Pradel. le moyen pris de la partialité éventuelle de ce magistrat est inopérant. 21 mai 2003: Bull.. 2006 J.34 Doucet. Crim. 2006. crim. Crim. . Pan. Bull. toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal indépendant et impartial. Danet . IV. pr. EDH. le tournant ». D. no 106. _ 34. obs. préliminaire. Dr. ministère public soit représenté devant la juridiction de renvoi par le magistrat ayant siégé lors des débats de la juridiction dont la décision a été cassée. pénal 1998. 1967. Il en résulte que ne peut participer au jugement d'une affaire un magistrat qui en a connu en qualité de représentant du ministère public. EDH. RSC 2005. 2003. obs. al. Crim. crim. note 33. 2551. Comm. des faits étrangers à la conduite de l'action pénale concernant la procédure en cours. 935. exercer les mêmes fonctions devant la cour d'assises de renvoi. 662 C. Sur l’évolution du parquet depuis 2004. 1987. crim. Crim. no 370.

il y faudrait des heures. nécessité d’un préjudice directement causé par l’infraction . assouvir son besoin de vengeance). A la lecture de l’art.35 SECTION 2 LES DEMANDEURS A L’ACTION CIVILE Les victimes Je ne vais pas traiter ici de l’action civile dans toutes ses dimensions. réparation complément de peine). Vous lirez les développements de J Pradel sur la justification des prérogatives pénales contenues dans l’action civile [l’intérêt de la partie lésée. l’intérêt de la justice pénale. Ainsi les créanciers ou le cessionnaire qui peut agir devant la juridiction civile mais pas pénale. Mais on a admis l’intervention volontaire de l’assurance subrogée dans les droits de . (faciliter la preuve de son préjudice. la détermination de la sanction mieux cernée grâce à la victime] et de la compétence civile donnée à la juridiction pénale (simplification de la procédure !. Il faut bien avoir à l’esprit qu’elles sont à la fois toutes présentes et toutes contestables et que d’ailleurs elles ne parviennent pas à convaincre nombre de nos voisins chez qui la victime n’a rien à faire dans le procès pénal. S’agissant des personnes physiques.Article 2 mais le législateur a élargi un peu la portée de ce principe Article 3 alinéa 2 Cf. Disons d’abord que la victime a un rôle secondaire.. c’est net Mais son action n’en est pas moins très complexe : action en réparation mais aussi action vindicative. accidents de la circulation aujourd’hui des applications diverses Nécessité d’un préjudice personnellement souffert par la victime. économie de temps pour la victime. 1 du CPP. Caractère accessoire de l’action civile : il faut qu’il existe une infraction pénale punissable Nécessité d’un préjudice certain qui peut prendre la forme d’une perte de chance. (en terme d’opportunité des poursuites (contra rapport Magendie) recherche des preuves la victime sert le procès). mais là encore des extensions aux héritiers dans divers cas Exclusion des demandeurs faisant état d’un préjudice d’autrui ou collectif ou social.

En certains cas le législateur a donné aux associations le droit d’agir. Ces textes sont au tout début du CPP Art. les associations ne représentaient que leurs membres alors que les syndicats étaient légalement investis de la charge de représenter une profession. Pas besoin de démontrer un préjudice direct ou indirect causé par l’infraction à l’intérêt dont l’association a la charge par ses statuts. Elles peuvent bénéficier d’un texte leur reconnaissant le droit d’agir ou d’intervenir. Puis des assouplissements. Pour la jurisprudence en 1913. Dans l’un et l’autre catégorie il s’y ajoute parfois la condition tenant à l’autorisation de la victime. Droit d’action s’exerçant à l’instar de l’action publique sur le fondement d’un intérêt général. en matière de chasse. 2-1 à 2-21 et dans des lois particulières. au regard de la mission confiée par la loi à certaines associations ainsi que pour les associations sportives. Il faut qu’elles soient régulièrement . de la sécurité sociale ou du fonds de garantie et de l’Etat et les collectivités publiques pour les fonctionnaires victimes. S’agissant des personnes morales Les syndicats vont être autorisés à agir s’ils invoquent un intérêt professionnel et collectif distingué du préjudice individuel et du préjudice social. Idem pour les ordres professionnels.36 la victime. Mais la règle générale demeure. Voir aussi sur l’exemple récent du conseil général de Vendée Crim 19 12 2006 (doc JD 2007 J104) La place particulière des associations Article 2-1 et suivants du CPP Au départ une hostilité de principe de la jurisprudence à voir les associations se constituer partie civile devant la juridiction répressive pour y faire valoir un préjudice directement causé par une infraction à l’intérêt collectif qu’elles défendaient. Il faut cependant distinguer plusieurs cas de figures un peu différents. Pas d’intérêt susceptible de fonder une action civile collective destinée à défendre un quelconque intérêt collectif. Dans d’autres cas un droit d’intervention parfois.

Il s’agit 2-5 résistants et déportés 2-11 défense des anciens combattants et victimes de guerre Et beaucoup de textes spéciaux dans d’autres codes. S’y ajoute une condition tenant à la durée de vie de l’association 5 ans. la défense du droit des femmes à la contraception et à l’avortement. Elles peuvent donc ainsi déclencher l’action publique. Nous sommes ici très près de l’action donnée aux syndicats. Droit d’intervention Ici.37 déclarées à la date des faits et avoir pour objet de lutter contre les comportements incriminés. la lutte contre les infractions de presse en matière de racisme et d’apologie des crimes de guerre. on a un droit seulement d’intervention au procès pénal déjà engagé par la victime ou le ministère public. En matière 2-3 de défense de l’enfance martyrisée et des mineurs victimes d’agression sexuelle 2-9 de défense des victimes du terrorisme 2-12 de lutte contre la délinquance routière 2-15 de défense de victimes d’un accident survenu dans les transports collectifs . Droit d’action encore mais cette fois subordonné à la démonstration de ce que les faits ont causé un préjudice direct ou indirect à la mission remplie par l’association.B. N. Ce sont les droits prévus aux Articles 2-1 en matière de racisme et discriminations 2-2 de violences sexuelles et atteintes graves aux personnes 2-4 de crimes contre l’humanité 2-6 de discriminations fondées sur le sexe et les mœurs 2-8 de discriminations à l’égard des malades et handicapés 2-10 de lutte contre l’exclusion sociale 2-13 de défense et protection des animaux 2-14 de défense de la langue française Outre la lutte contre le tabagisme.

tranquillité des immeubles et culture (archéologie). Des conditions exigées un peu différentes. Qu’y trouve-t-on ? De tout Toute sorte d’intérêts sociaux que ces associations sont censées protéger. la liberté et égalité (discriminations. bref un mille feuille ! ! ! Danger ! ! ! . ces textes sont à examiner avec beaucoup d’attention quand on a à les mettre en œuvre ! ! ! Il est bien difficile au plan des intérêts pris en compte de trouver des lignes directrices.38 2-16 de stupéfiants 2-17 de défense des droits et libertés lutte contre les sectes 2-18 de défense des victimes d’accident s du travail 2-19 de défense des maires 2-20 de locataires et propriétaires d’immeubles 2-21 de protection archéologique Avec parfois. sectes) environnement. consommateurs. Corps humain. moralité famille. on l’a dit. l’exigence de l’accord de la victime à leur intervention Bref. les animaux. fédérations de pêcheurs.

tant dans l'intérêt de l'Etat que dans celui des autres propriétaires de bois et forêts relevant du régime forestier (2).39 SECTION 3 LA PLACE PARTICULIERE DE CERTAINES ADMINISTRATIONS Des « substituts extérieurs » ou parquets-bis Une action publique tantôt concurrente. . C’est une position ancienne qui concerne des domaines de haute technicité dans lesquels on estimait que les OPJ et APJ seraient moins compétents. tantôt conjointe à celle du MP Certains fonctionnaires se voient confier par la loi un droit d’action publique limité à quelques infractions limitativement énumérées qui n’entrent pas dans la compétence’ de droit commun du PR. C’est une action publique spéciale qui est ainsi confiée à l’administration. délits douaniers ou fiscaux) de sanctions. Pour plusieurs raisons : l’action publique du PR demeure possible soit concurremment à cette action spéciale soit conjointement. les poursuites en réparation de tous délits et contraventions commis dans ces bois et forêts. L’argument est plus faible aujourd’hui avec la constitution de groupes pluridisciplinaire comme les G.R. Sauf exception le PR peut exercer l’action publique avant que le fonctionnaire n’agisse. Et enfin l’administration peut transiger avant ou après le jugement sur le « délit spécial ». Action concurrente : l’administration peut engager l’action publique indépendamment du PR.I. Et il peut requérir à l’audience dans un sens contraire à l’administration. En tout cas on a là des substituts extérieurs encore appelés par les praticiens « procureurs-bis ». Elle est aussi destinée à permettre la réparation des dommages d’intérêt général dont ces administrations ont la charge. Nous verrons que cela a des conséquences en termes d’infractions car nous avons des infractions spéciales qui s’ajoutent aux infractions de droit commun (ex. Exemples Eaux et forêts Article L153-1 L'administration chargée des forêts exerce.

par les ingénieurs de l'Etat chargés des forêts. le ministère . le service désigné par décret est seul chargé des poursuites. les fonctions de Ministère public près le tribunal de police peuvent être remplies par le directeur départemental de l'équipement ou par l'agent désigné par lui pour le suppléer. Les personnes condamnées supportent les frais et dépens de l'instance. Voirie routière Article L116-4 Les infractions à la police de la conservation du domaine public routier peuvent être poursuivies à la requête du directeur départemental de l'équipement ou du chef du service technique intéressé. 9 mars 2004.. (Alinéa créé à compter du 1er octobre 2004. notamment celle tendant à l'enlèvement des ouvrages faits. au nom de cette administration. ainsi que les frais des mesures provisoires et urgentes que l'Administration a pu être amenée à prendre. Ceux-ci peuvent faire citer les prévenus et les personnes civilement responsables par des agents de l'Administration. le ministre chargé de la voirie routière peut transiger avec les justiciables tant qu'un jugement définitif n'est pas intervenu. I) Pour les affaires dans lesquelles des agents de l'administration des douanes ont été requis en application des I et II de l'article 28-1 du Code de procédure pénale. IV 207. En cas d'infraction touchant à la fois au régime fiscal et au régime économique de l'alcool. L. Article L116-5 Lorsque les infractions concernent la voirie nationale. Art. est imprescriptible. Article L116-6 L'action en réparation de l'atteinte portée au domaine public routier. Contributions indirectes Action publique d’une nature particulière dit la Jpdce de la cour de cassation Article L 235 LPF L'Administration instruit et défend sur l'instance portée devant le tribunal.40 Les actions et poursuites sont exercées. 2004-204. Article L116-8 En matière d'infractions relatives à la police de la conservation du domaine public routier national. 33. devant le tribunal correctionnel et la cour d'appel. sans préjudice du droit qui appartient au ministère public près les tribunaux de grande instance et les cours d'appel. le directeur départemental de l'équipement ou son délégué peut exposer l'affaire ou être entendu à l'appui de ses conclusions.

Dans ce cas. L'action pour l'application des peines est exercée par le Ministère public. S’il s’agit de délits. à l'exception du contentieux relatif aux déductions. Le PR est seul compétent pour exercer l’action publique . Enfin le PR recouvre une compétence exclusive pour poursuivre les infractions pénales dans les hypothèses où les agents des douanes ont été saisis dans le cadre de l’article 28-1 du CPP c’est à dire ont exercé des pouvoirs de police judiciaire. 248 du présent livre relatives au droit de transaction ne sont pas applicables. Le caractère conjoint de leur pouvoir tient à ce qu’on a là une double action qui naît d’un même fait. Action conjointe On la rencontre en matière douanière. Et assimilée Article L234 LPF Les infractions relatives à l'application des taxes sur le chiffre d'affaires et taxes assimilées à l'importation sont poursuivies et jugées selon la procédure et par les tribunaux compétents en matière douanière. Poursuite à la seule diligence du directeur des services fiscaux. le ministère public ne pouvant intervenir que si une peine d ‘emprisonnement est encourue. à la liquidation et au recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée perçue par l'administration des douanes et droits indirects sur les produits pétroliers. Ce fait va faire naître une action publique. Article 343 code des douanes 1. une action civile et une action fiscale.41 public exerce l'action publique et l'action pour l'application des sanctions fiscales. ici compétence exclusive de l’administration. il garde le pouvoir de l’opportunité des poursuites même si l’action fiscale est engagée par les douanes. . le PR peut exercer l’action fiscale accessoirement à l’action pénale (autrement dit pas la première sans la seconde). Il peut ouvrir une information pour infraction pénale et douanière. qui est l’action douanière distincte des deux autres. les infractions n’étant pas comme c’est le cas en matière de contraventions punies seulement de sanctions fiscales mais aussi de sanctions pénales. les dispositions de l'article L. Il en est de même: 1° Des infractions relatives à l'assiette.

2339-1 à L. 99-515. «2o Les infractions en matière de contributions indirectes. I) Dans ces mêmes procédures. (L. pén. L. d'escroquerie sur la taxe sur la valeur ajoutée et de vols de biens culturels. Art. App. no 2005-1550 du 12 déc. (3 créé. no 2004-204 du 9 mars 2004. 2004-204. 28. (Alinéa créé à compter du 1er octobre 2004. du C. 28-1 (L. vo Armes et munitions. l'administration des douanes exerce l'action en paiement des droits et taxes compromis ou éludés. entrant en vigueur le 1er oct. 18) «Les infractions prévues par les articles L.42 2. A cette fin. le Ministère public peut l'exercer accessoirement à l'action publique. Ces agents ont. Cette action est. Art. Or.» — V. spécialement désignés par arrêté des ministres chargés de la justice et du budget. peuvent être habilités à effectuer des enquêtes judiciaires sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge d'instruction. Art. elle est informée de la date de l'audience par l'autorité judiciaire compétente. pén.. 33. 23 juin 1999. 2339-11 et L. (blanchiment) . 2353-13 du code de la défense.. no 99-515 du 23 juin 1999) I. défense in C. compétence sur l'ensemble du territoire national. L. «3o Les infractions relatives à la protection des intérêts financiers de l'Union européenne. II) L'administration des douanes ne peut exercer l'action pour l'application des sanctions fiscales dans les procédures dont ses agents ont été saisis en application des I et II de l'article 28-1 du Code de procédure pénale. Des agents des douanes de catégories A et B. ces Art. pris après avis conforme d'une commission dont la composition et le fonctionnement sont déterminés par décret en Conseil d'État. Art. 9 mars 2004. pour l'exercice des missions prévues par le présent article. — C. 3. que recouvre l’article 28 –1 I et II du CPP ? Pas mal de choses : Voir indications données en cours.. «5o Les infractions prévues par les articles 324-1 à 324-9 du code pénal. prévue à l'article 377 bis. dans ces cas. exercée par le Ministère public. «4o (L. 33-I. III 207. 2004) «Ils sont compétents pour rechercher et constater: «1o Les infractions prévues par le code des douanes. 2005. Art. L'action pour l'application des sanctions fiscales est exercée par l'administration des douanes. et les dispositions de l'article 350 ne sont pas applicables.

Pour l'exercice des missions mentionnées aux I et II. Toutefois.DOBKINE. Point de vue no 19 (la création d'une nouvelle force de police judiciaire: la douane judiciaire). . … BIBL. 2004) «III. (contrefaçon) «7o Les infractions connexes aux infractions visées aux 1o à 6o. ils n'ont pas compétence en matière de trafic de stupéfiants. Les unités temporaires agissent sous la direction du procureur de la République ou du juge d'instruction mandant. y être habilités personnellement en vertu d'une décision du procureur général. D. VI. (Abrogé par L. suspendue ou retirée dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État… V.» IV. La décision d'habilitation est prise par le procureur général près la cour d'appel du siège de leur fonction. ils peuvent dans ce cas exécuter des commissions rogatoires du juge d'instruction. Les agents de l'administration des douanes mentionnés aux I et II ne sont pas compétents pour effectuer des enquêtes judiciaires lorsque les faits ont été constatés en application des dispositions du code des douanes. Le procureur de la République ou le juge d'instruction désigne le chef de chaque unité qu'il constitue. Elles ont compétence sur toute l'étendue du territoire national. 2001. à compter du 1er oct. les agents des douanes sont placés sous la direction du procureur de la République. conformément aux dispositions du présent code. . «Toutefois. le procureur de la République ou le juge d'instruction territorialement compétent peut constituer des unités temporaires composées d'officiers de police judiciaire et d'agents des douanes pris parmi ceux mentionnés au I. 33-I. sous réserve des dispositions du II. 716-11 du code de la propriété intellectuelle.43 «6o Les infractions prévues aux articles L. pour mener des enquêtes judiciaires et recevoir des commissions rogatoires.» II. 716-9 à L. Les agents des douanes désignés dans les conditions prévues au I doivent. Elle est accordée. no 2004-204 du 9 mars 2004. sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la chambre de l'instruction du siège de leur fonction dans les conditions prévues par les articles 224 à 230. Art. Pour la recherche et la constatation des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-40 du code pénal (stupéfiants) et des infractions qui leur sont connexes.

sur plainte ou sur dénonciation. Deux exceptions qui sont à connaître: l’incompétence territoriale ne pourra pas être soulevée devant la cour de cassation pour la première fois. à tout moment et à toute hauteur de la procédure. que les juridictions doivent relever d’office. c’est à dire que l’atteinte aux droits de la . I La compétence L’Essentiel : 1) C’est une question d’ordre public. Cependant. et cette nullité appartient à la catégorie des nullités substantielles d’ordre public. il nous faut d’abord examiner deux questions préalables à l’orientation du dossier. 2) Chacune des parties a le droit de l’invoquer à tout moment et à toute hauteur de la procédure sous réserves d’exceptions. et l’incompétence matérielle ne pourra pas l’être devant le tribunal correctionnel si une correctionnalisation a été acquise au temps de l’instruction toutes parties étant présentes (voir l’article 469 alinéa 4 CPP et les limites à cette exception). Le plus souvent opérée dans le cadre du « traitement en temps réel ».44 2 L’examen préalable et l’orientation du dossier pénal. L’orientation du dossier pénal est aujourd’hui une question importante en raison de la diversité des réponses pénales qui peuvent être apportées par le Ministère public à un délit et de la concurrence entre procédures de poursuites ou alternatives aux poursuites. les questions de la compétence et de la recevabilité. La notion d’orientation a l’immense mérite de faire apparaître ce moment discret mais déterminant du processus pénal. instaurée par le législateur. c'est-àdire du mode essentiel de relation entre la police et le parquet sur les enquêtes menées par la police de son initiative. cette orientation ne relève pas d’une procédure contradictoire et souligne la place centrale occupée par le Parquet entre la phase policière et la phase judiciaire. toute juridiction ayant le devoir de vérifier sa compétence. Exemple récent : Crim 15 nov. 3) La sanction de l’incompétence est la nullité. L’orientation du dossier ne saurait en effet constituer un moyen de les éluder. bull n°289. 2006.

Deux cas de figure sont ensuite à distinguer : les infractions commises en France et celles commises à l’étranger. Pour le jugement du délit d'abandon de famille prévu par l'article 227-3 du code pénal. les deux premiers liens de rattachement sont concernés (il n’existe ici ni arrestation ni détention). le siège de l’entreprise détentrice du véhicule pour les contraventions aux règles relatives au chargement ou à l’équipement du véhicule ou encore aux réglementations relatives au transport terrestre (Art. comment les dossiers les concernant vont-ils être attribués à telle ou telle juridiction ? Ils vont être rattachés à un ressort d’une juridiction. le ressort et le lien de rattachement : Le ressort (c’est une portion de territoire sur laquelle s’exerce cette compétence) et le lien de rattachement de l’infraction à ce ressort.45 défense n’est pas une condition nécessaire de cette nullité (voir le cours sur les nullités). Pour les personnes morales.52. La compétence territoriale : Il existe une compétence territoriale ordinaire. et un lien de rattachement particulier. matérielle. le lieu de résidence de l’une des personnes soupçonnées d’avoir participé à cette infraction. des dérogations de plus en plus nombreuses et d’importance à ses règles. S’agissant de la compétence territoriale ordinaire. . dans les matières criminelles et correctionnelles. au nombre de quatre (articles 43. est également compétent le tribunal du domicile ou de la résidence de la personne qui doit recevoir la pension. Pour les infractions commises en France ou réputées commises en France (sur ce point revoir le cours de droit pénal général sur l’application de la loi pénale dans l’espace). la contribution. et 382 du CPP) : le lieu de commission de l’infraction. on distingue sous cette question de la compétence. le lieu de détention d’une de ces personnes même lorsque cette détention est « effectuée » pour une autre cause. En matière contraventionnelle. les subsides ou l'une des autres prestations visées par cet article. et personnelle. le lieu d’arrestation d’une de ces personnes. 4) Traditionnellement. Les liens de rattachement pour les personnes physiques sont. les liens de rattachement (Article 706-42 du CPP) seront le lieu de commission de l’infraction ou le lieu où la personne morale a son siège. 522 CPP). et des solutions en cas de conflit. même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause et enfin ajouté par la loi du 9 mars 2004. deux notions sont ici à l’œuvre. trois problèmes : la compétence territoriale.

bien au-delà du seul domaine de l’instruction mais aussi aux rapports étroits analogues à ceux visés par la loi. d’une part. l’appréciation de la connexité est soumise au contrôle de la cour de cassation. On va proroger la compétence territoriale d’une juridiction pour l’un de ces deux motifs. La prorogation. et c’est le cas de l’association de malfaiteurs : on juge tous les faits commis par la même bande dans le même dossier quelque soit le lieu de leur commission et ceci bien sûr devant une juridiction compétente pour l’un de ces faits. L’indivisibilité n’est pas définie par la loi. Elle n’est pas très facile à dissocier de la connexité. Il existe de nombreuses dérogations à ces règles : la prorogation. 15 mars 2006. est quant à elle. . La connexité (voir Article 203 du CPP) est un lien étroit entre deux ou plusieurs infractions. La liste n’est pas posée par la cour de cassation comme limitative. la compétence en matière d’instruction après la loi du 5 mars 2007. La notion définie par la loi à l’article 203. la plénitude de juridiction de la Cour d’Assises. ou au lien créé par le recel. Pour autant. l’une étant la cause des autres. le renvoi. visée à l’article 382 pour le jugement des délits : la compétence du tribunal correctionnel s'étend aux délits et contraventions qui forment avec l'infraction déférée au tribunal un ensemble indivisible. la question de la compétence des juridictions françaises relève ici encore des règles de l’application de la loi pénale dans l’espace (voir cours de droit pénal général) mais il s’agit ensuite de définir LA juridiction répressive qui va connaître de l’infraction commise à l’étranger et qui peut être jugée en France.46 Pour les infractions commises à l’étranger. au lien de causalité entre les infractions. (des infractions ont été commises par plusieurs personnes. a été élargie par la jurisprudence. et visée à l’article 382 du CPP pour le jugement des délits. Quels sont les effets de cette connexité en termes de compétence? Elle justifie la jonction de procédures établies distinctement. ici sans unité de dessein. définie comme une extension de la compétence d’une juridiction (Vocabulaire juridique Capitant) peut être due à la connexité définie à l’article 203 du CPP ou à l’indivisibilité entre des infractions. dont une a été arrêtée en un lieu qui va définir la compétence et où les autres personnes arrêtées seront jugées avec elle). la compétence concurrente des juridictions spécialisées. découlant d'une unité d'auteur ou d'une unité de faits frauduleux. pourvoi 05-83556. On peut résumer la jurisprudence rendue en ce domaine en disant qu’elle résulte d'une relation particulièrement étroite entre les différentes infractions. L’indivisibilité. Voir pour un exemple récent : Crim. à l’unité de dessein. Elle tient à l’ unité de temps ou de lieu. Ici. aux effets identiques. les liens de rattachement sont multiples et sont énoncés à l’article 693 du CPP qui en son second alinéa prévoit la compétence subsidiaire de Paris.

. Et attendu que l'arrêt est régulier en forme . pour le surplus.. Attendu qu'il n'importe que l'arrêt confirmatif attaqué fonde la compétence des lois et juridictions françaises sur des considérations partiellement erronées dès lors qu'il résulte de l'ordonnance du magistrat instructeur.. a ordonné le renvoi de l'intéressé devant le tribunal correctionnel de Strasbourg . Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que Dominique X.. que cette ordonnance a été confirmée par l'arrêt attaqué . le 12 octobre 2004. en tout état de cause. "alors que Dominique X. que la compétence territoriale des juridictions du ressort du tribunal de grande instance de Strasbourg ne pouvait.. Les moyens étant réunis . soutenait. que. sont indivisibles de ceux de recel de visa indûment obtenu et usage dudit visa qui auraient été commis à Strasbourg par Fidanka Z. résulter de la seule constatation par le magistrat instructeur de la présence à Strasbourg d'une détentrice d'un visa frauduleusement délivré par la mission diplomatique française à Sofia . que ces faits... REJETTE le pourvoi . procuré frauduleusement et habituellement des visas autorisant l'entrée et le séjour d'étrangers en France . renvoyant Dominique X.. a été mis en examen le 12 octobre 2001 par le juge d'instruction de Strasbourg des chefs de fourniture frauduleuse habituelle de documents administratifs et aide au séjour irrégulier pour avoir. dans son mémoire (p. 203. En cet état .. dans les locaux de l'ambassade de France à Sofia durant la période précitée. et pour lesquels celle-ci se trouve également renvoyée devant le tribunal correctionnel de cette ville . 591 et 593 du Code de procédure pénale . ambassadeur de France en Bulgarie du mois de mai 1999 à courant 2001. D'où il suit que les moyens doivent être écartés . 382. 10 et 11). une ordonnance dudit juge d'instruction a prononcé un non-lieu du chef d'aide au séjour irrégulier et. devant le tribunal correctionnel de Strasbourg du chef de fourniture frauduleuse habituelle de visas autorisant l'entrée et le séjour d'étrangers en France. commis sur le territoire bulgare. la chambre de l'instruction n'a pas légalement justifié sa décision" ..47 Sur le second moyen de cassation.. "en ce que l'arrêt attaqué a retenu la compétence territoriale des juridictions du ressort du tribunal de grande instance de Strasbourg .. pris de la violation des articles 52. entre les mois de janvier et de mars 2000.. qu'en ne répondant pas à cette articulation essentielle du mémoire de Dominique X.

48 La plénitude de juridiction de la Cour d’assises (article 231 du CPP) : la cour a compétence pour connaître de toutes les infractions dont elle est saisie même s‘il s’avère qu’elle n’aurait pas dû être territorialement compétente. Marseille. en 2004 en matière d’infractions de pollution maritime (article 706-109 CPP). en matière de délinquance « écofi » c'est-à-dire économique et financière (article 705 CPP). Ces huit pôles comprennent une section du parquet spécialisée. du renvoi pour cause de sûreté publique (Article 665 CPP l’initiative en incombe au seul PG près la cour de cassation). toutes situées à Paris. La compétence concurrente ou exclusive des juridictions spécialisées. va dessaisir une juridiction au profit d’une autre pour des raisons de « bonne justice ». Les articles 706-73 et 706-74 du CPP donnent compétence concurrente de celles des juridictions normalement compétentes pour l’enquête. Les huit pôles interrégionaux sont situés à Paris. Il existe un sixième motif de renvoi. Rennes. l’instruction et le jugement à huit pôles interrégionaux et ceci en matière de criminalité et de délinquance organisée pour les dossiers d’une grande complexité et en matière économique et financière pour les dossiers d’une très grande complexité (en ce domaine. Lyon. Le renvoi : Ici. Le mouvement a ici débuté en 1986. Lille. la cour de cassation à qui ce contentieux est en principe attribué. . Un mouvement plus complexe s’est affirmé avec la loi du 9 mars 2004 à propos de la criminalité et de la délinquance organisée. et des formations d’instruction et de jugement spécialisées. Nancy et Fort de France. C’est le cas de la suspicion légitime (article 662 CPP). Il a consisté à donner une compétence concurrente aux juridictions de droit commun et à des juridictions d’instruction et de jugement spécialisées en matière de terrorisme (Articles 706-17 CPP). le renvoi à la juridiction du lieu de détention qui a perdu de son intérêt depuis la loi du 9 mars 2004 qui en a fait un lien de rattachement. la compétence en matière d’application et d’exécution des peines dans le domaine du terrorisme. des juridictions d’instruction et de jugement spécialisées sont concurremment compétentes avec les juridictions de droit commun sur le ressort de plusieurs TGI. Ce mouvement se poursuit mais sur le mode d’une compétence exclusive puisque la loi du 23 janvier 2006 sur le terrorisme (article 706-22-1) confie aux seules juridictions parisiennes. C’est le fameux « pôle antiterrorisme » dont les médias vous parlent parfois. les dossiers complexes pouvant déjà être traitées par les juridictions spécialisées « écofi » de l’article 705 du CPP). Bordeaux. du renvoi pour cause d’interruption du cours de la justice ou d’impossibilité de constituer la juridiction normalement compétente (Article 665-1 CPP) et du renvoi dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice (Article 665 al 2 CPP). la poursuite. Le mouvement s’est poursuivi en d’autres domaines : en 1994.

La compétence matérielle appelle de moindres développements. ont une compétence territoriale sur plusieurs TGI. d’auto saisine possible de leur part. et on notera ici ce que nous reverrons ensuite : il n’existe pas. . 11 mai 2006. Dans certains TGI. dont nous verrons plus loin la compétence matérielle. En principe. très brièvement. Dalloz. S’agissant du tribunal correctionnel ou de police. Ces pôles. Quelle que soit la décision de ce juge. La création de ces pôles et la question de leur compétence ne va pas sans complexifier la phase d’ouverture de l’instruction comme nous le verrons dans la leçon qui lui sera consacrée. elle est fondée sur la distinction tripartite des infractions. et la chambre de l’instruction ne peut s’en saisir elle-même. Le Décret n°2008-54 du 16 janvier 2008 contient la liste des 91 pôles de l’instruction prévus par l’article 52-1 CPP. S’agissant de la compétence du juge d’instruction. IR. Ici. p. Ajoutons qu’elle a en tout état de cause toujours le pouvoir de « régler de juges d’office et même par avance » (Article 659 CPP). sauf infractions commises à l’audience. c’est la chambre de l’instruction qui tranche (Article 658 CPP). La solution des conflits de compétence territoriale au niveau de l’instruction. Faute de dessaisissement volontaire. Mais. seul le ministère public peut prendre l’initiative d’une procédure de dessaisissement. La jurisprudence a eu l’occasion de rappeler qu’aux termes de ces textes. elle n’envisage les choses que sous la forme d’une saisine par le parquet aux fins de dessaisissement du juge d’instruction non spécialisé au profit du juge d’instruction du pôle interrégional. les juges d’instruction sont regroupés au sein de pôles de l’instruction (Article 52-1 CPP). Si nous sommes devant un conflit négatif ou positif entre juridictions qui ne sont pas de même nature ou ne relèvent pas de la même cour. la loi du 9 mars 2004 a repris partiellement ce système pour résoudre les conflits de compétence (Article 706-77 et 78 CPP). des recours existent portés selon les cas devant la chambre de l’instruction (le juge d’instruction spécialisé est dans le ressort de la même Cour que celui à qui on demande de se dessaisir) ou devant la chambre criminelle (il est dans le ressort d’une autre cour d’appel). Crim. leur compétence est fixée par les faits dont ils sont saisis. ou négatif (personne ne se reconnaît compétent). 1705. la loi du 5 mars 2007 a donné une compétence exclusive aux pôles pour les instructions criminelles et ils demeurent compétents en cas de requalification en cours d’instruction.49 La compétence territoriale en matière d’instruction après la loi du 5 mars 2007. on distingue : le dessaisissement volontaire sur requête du Procureur (Article 663 CPP) qui met fin au conflit et le règlement de juges en cas de conflit positif (chacun des juges d’instruction refuse de se dessaisir). si nous sommes devant un conflit positif entre juridiction de même nature et qui relèvent d’une même cour d’appel. En matière de délinquance et de criminalité organisée. c’est la chambre criminelle de la cour de cassation qui tranche. c'est-à-dire procéder à un règlement de juges afin de résoudre ou éviter un conflit.

accessoire. la compétence étendue à l’indemnisation civile. les juridictions des mineurs). Ces causes légales d’extinction atteignent en réalité l’exercice de l’action et non pas le droit d’action lui-même. Voyons tout d’abord les causes d’extinction de l’action publique. avec cependant certaines limites : il arrive que le législateur impose au juge répressif de renvoyer une exception au juge naturel de celle ci. ou dit autrement s’il existe des causes légales d’extinction de l’une ou de l’autre. Nationalité.mil. la transaction si l’administration dispose du pouvoir de mettre en mouvement l’action publique ou l’exécution d’une composition pénale (voir la leçon suivante). Ces exceptions à la règle selon laquelle le juge de l’action est le juge de l’exception sont puisées dans le droit civil (Droit réel immobilier. Ce sont la prescription de l’action publique. Quant à la compétence personnelle des juridictions pénales. On les trouve énumérées à l’article 6 al. Etat civil) et dans le droit public (tout ce qui ne relève pas de la compétence ouverte par l’article 111-5 du CP). Nous rappellerons seulement ici les principales questions soulevées par la prescription de l’action publique dont on commencera par rappeler que la loi l’exclue en ce qui concerne les crimes contre l’humanité (Article 213-5 CP) et certains crimes du code de justice militaire (Article 94 alinéa 2 C. et il s’agit alors seulement de l’exercice de l’action ou elles peuvent être liées à « l’action » des parties (le décès de la personne mise en cause. Nous retrouvons ici encore l’extension de compétence pour connexité et indivisibilité.) . la plénitude de juridiction de la Cour d’assises et la prorogation de compétence du tribunal correctionnel pour juger les contraventions. le retrait de la plainte si elle est un préalable obligé aux poursuites comme par exemple en matière de diffamation. loi d’amnistie). un obstacle aux poursuites. Elles peuvent encore tenir à l’action antérieure du juge (l’autorité de chose jugée). Elles peuvent être liées à la volonté du législateur (abrogation de l’incrimination. Toutefois l’article 10 du CPP envisage distinctement la question de la prescription de l’action civile. on doit ici préciser que le principe constitutionnel d’égalité devant la justice ne fait pas obstacle à la création de juridictions spécialisées en fonction de la personne du prévenu (ex. II La recevabilité Ici. Et enfin. la question est de savoir si l’action publique et l’action civile sont recevables. Le juge de l’action est d’abord juge de l’exception. ne devrait pas connaître une cause particulière d’extinction. 1 du CPP. Normalement l’action civile.50 Ici encore il existe de nombreuses prorogations de compétence matérielle. just.

L’écoulement du délai de prescription de l’action publique va entraîner l’acquisition de la prescription et par suite l’irrecevabilité de l’action publique. citons les infractions en matière de stupéfiants (article 706-31 CPP) ou de terrorisme (article 706-25 CPP).). Depuis 1791. 51. à savoir garantir la sécurité juridique en fixant un terme aux actions. Le délai n’inclut pas le « dies a quo » mais il inclut le « dies ad quem ». 22 oct. L’inaction de la partie poursuivante doit être sanctionnée. Mais on compte aujourd’hui de très nombreux délais d’exception. Le coupable a craint pendant tout le temps de la prescription la justice et ce temps a été pour lui non pas un vrai temps de liberté mais comme celui d’une peine s’il n’a pas réitéré. S’agissant de délais plus courts. délai : 3 mois.En fait. sous forme de quelques postulats : L’opinion ne nécessite plus un jugement. de 3 ans pour les délits et de 10 ans pour les crimes (Articles 7. mais aussi du rapport de la société au temps. délai : 20 ans pour les crimes et certains délits et 10 ans pour d’autres délits. continue ou d’habitude va décider du point de départ du délai. La prise en compte de la nature de l’infraction instantanée. on peut les résumer comme suit. mettre les défendeurs potentiels à l'abri de plaintes tardives peut-être difficiles à contrer. 8 et 9 CPP). A cette occasion la CEDH a même exprimé ce que sont à son sens les finalités de la prescription. S’agissant de délais plus longs. à l’espace. . plus longs que les délais de droit commun ou plus courts. Les preuves ont dépéri et la justice sera impossible à rendre. U. l’évolution des modes de preuve conduisent à les repenser. Quoiqu’il en soit il est important de noter que la CEDH a considéré le mécanisme de la prescription comme compatible avec le droit à un tribunal consacré par l’article 6-1 de la convention) (CEDH. le trouble causé à l’ordre public est éteint. certaines atteintes aux personnes (article 706-47 CPP). Il faut noter que des délais de prescription dans les affaires d'atteinte à l'intégrité de la personne sont un trait commun aux systèmes juridiques des Etats contractants. les délais de droit commun de la prescription de l’action publique sont de 1 an pour les contraventions. On en donnera ici quelques exemples. et empêcher l'injustice qui pourrait se produire si les tribunaux étaient appelés à se prononcer sur des événements survenus loin dans le passé à partir d'éléments de preuve auxquels on ne pourrait plus ajouter foi et qui seraient incomplets en raison du temps écoulé. délai : 30 ans pour les crimes et 20 ans pour les délits. citons la matière des délits à la loi électorale et les délits de presse. arrêt Stubbings c/ R. Ces délais ont plusieurs finalités importantes. La victime ne réclame plus vengeance. 1996. Ces fondements ont connu selon les époques des succès divers et il est certain que l’évolution des mentalités.51 La prescription de l’action publique a plusieurs fondements assez mal distinguées et parfois mêlés dans des expressions vagues telle « la grande loi de l’oubli ».

52 Le législateur comme la jurisprudence a, au fil du temps, prévu en de nombreux cas le report du point de départ du délai de prescription soit par exemple en raison de la personnalité de la victime (mineurs) ou de la nature clandestine de l’infraction ou son caractère continué. Sans pouvoir entrer ici dans des analyses qui relèvent davantage du droit pénal spécial, disons que ces reports du point de départ du délai de prescription soulèvent de très vives polémiques et que la difficulté de trouver des règles qui fassent consensus et soient en même temps aussi générales que possible, est bien réelle, malgré les études parlementaires qui ont pu être menées. Voir notamment à cet égard « Pour un droit de la prescription moderne et cohérent » JJ. HYEST, Président, H. PORTELLI et R. YUNG, rapporteurs, Sénateurs, Commission des lois, Mission d’information sur le régime des prescriptions civiles et pénales, Les rapports du Sénat, n°333, 2006-2007. Voir à propos du droit pénal des affaires, les préconisations du rapport déposé par M. Jean-Marie Coulon, La dépénalisation des affaires, 2008 (version PDF à la documentation française) qui préconise de poser comme point de départ intangible de la prescription, la commission des faits et d’allonger les délais. Voir enfin, « La prescription de l’action publique », in « Prescription, amnistie, grâce » coll. Y. Le Gall, J . Danet, S. Grunvald, M. Herzog-Evans, rapport au GIP mission Recherche Droit et justice, mai 2006 et Dalloz coll. Textes et documents 2007. La prorogation du délai de prescription qui survient du fait de l’interruption ou de la suspension, est un principe qui n’a jamais été remis en cause. Il est essentiel de bien en comprendre les effets pour saisir les limites du mécanisme de prescription dans notre droit. L’interruption, c’est l’arrêt du cours de la prescription pour des causes définies par la loi et cet arrêt efface rétroactivement le délai écoulé antérieurement (Voc. Juridique Capitant). Le délai de prescription repart de zéro. Cet arrêt peut intervenir autant de fois que l’on veut. En pratique, cela signifie qu’une instruction contre un crime qui se prescrit par dix ans, peut demeurer ouverte un demi-siècle ou plus sans que l’action publique ne se trouve prescrite si le juge ou les juges successifs qui sont en charge du dossier prennent soin d’interrompre régulièrement le délai de prescription de telle sorte que dix ans ne viennent pas à s’écouler entre deux causes d’interruption. Une telle précaution peut aujourd’hui tout à fait se justifier si on espère par exemple un jour pouvoir découvrir l’identité d’une personne qui a laissé sur la scène du crime son empreinte génétique. Tout acte d’instruction ou de poursuite, mais pas de simples actes d’enquêtes, interrompt la prescription selon les articles 7 à 9 du CPP. La jurisprudence, dans le souci manifeste de sauver des affaires parfois graves (Cf. l’affaire « Emile Louis ») de la prescription a tendance à se montrer très ouverte dans la définition des actes d’instruction et de poursuites : citation, réquisitoire, jugement avant dire droit, « remise de cause », transmission au procureur d’un dossier par une autorité indépendante tel que le conseil de la concurrence, actes d’une autorité judiciaire étrangère,

53 une instruction donnée par le procureur à un OPJ quelle qu’elle soit, et récemment une demande faite à l’expert avec intention manifestée d’audiencer à nouveau, etc. Tout acte d’instruction y compris ceux qui sont faits par des OPJ pendant l’instruction sur commission rogatoire ou celui qui est accompli au cours d’une procédure incidente devant la chambre de l’instruction interrompt la prescription. Et la Jurisprudence accepte comme interruptifs des actes irréguliers si l’irrégularité est découverte par des actes subséquents ou si elle est couverte ultérieurement. La portée de l’interruption est générale quant aux personnes impliquées, auteurs et complices connus ou non, poursuivis ou pas et elle est spéciale quant aux faits reprochés : la poursuite contre X pour homicide involontaire n’interrompt pas la prescription de l’action publique contre Y pour meurtre sur la même victime « les faits étant distincts » (Crim. 2 février 1993 bull n°55). En revanche, on notera l’effet contagieux de l’interruption sur les faits connexes, non encore prescrits à l’accomplissement de l’acte interruptif. L’effet de l’interruption est donc, on l’a compris, de faire courir un nouveau délai, mais encore faut-il préciser que c’est un délai de droit commun, sauf en matière de presse. La suspension est un arrêt temporaire du cours de la prescription. Au contraire de l’interruption, elle n’anéantit pas le délai écoulé. C’est l’application de la maxime civiliste « La prescription ne court pas contre celui qui a été empêché d’agir ». Il existe différentes causes légales de suspension. On citera par exemple la qualité de président de la République. La question de la prescription de l’action publique pose aujourd’hui dans la pratique de la procédure pénale de réelles difficultés. Les très nombreuses réformes législatives parfois sur les conditions de la prescription d’un même type d’infractions, notamment les infractions sexuelles commises sur mineurs exigent des praticiens une vigilance toute particulière notamment pour l’application de ces lois dans le temps. Elle conduit à des délais de prescription distincts de plusieurs décennies pour des faits commis à quelques jours d’intervalle. La prescription constitue donc un véritable enjeu de politique criminelle. Les auteurs du rapport sénatorial cité plus haut ont retenus diverses recommandations pour construire un droit de la prescription « moderne et cohérent ». Il n’est pas inutile de les rappeler ici : 1. Conserver le caractère exceptionnel de l'imprescriptibilité en droit français, réservée aux crimes contre l'humanité. 2. Veiller à la cohérence du droit de la prescription, en évitant des réformes partielles. 3. Préserver le lien entre la gravité de l'infraction et la durée du délai de la prescription de l'action publique afin de garantir la lisibilité de la hiérarchie des valeurs protégées par le code pénal, en évitant de créer de nouveaux régimes dérogatoires.

54 4. Allonger les délais de prescription de l'action publique applicables aux délits et aux crimes, en fixant ces délais à cinq ans en matière délictuelle et à quinze ans en matière criminelle. 5. Consacrer dans la loi la jurisprudence de la Cour de cassation tendant, pour les infractions occultes ou dissimulées, à repousser le point de départ du délai de prescription au jour où l'infraction est révélée, et étendre cette solution à d'autres infractions occultes ou dissimulées dans d'autres domaines du droit pénal et, en particulier, la matière criminelle. 6. Établir, pour les infractions occultes ou dissimulées, à compter de la commission de l'infraction, un délai butoir de dix ans en matière délictuelle et de trente ans en matière criminelle, soumis aux mêmes conditions d'interruption et de suspension que les délais de prescription. 7. Fixer l'acquisition de la prescription au 31 décembre de l'année au cours de laquelle expirent les délais de prescription. Extrait de « Pour un droit de la prescription moderne et cohérent » JJ. HYEST, Président, H. PORTELLI et R. YUNG, rapporteurs, Sénateurs, Commission des lois, Mission d’information sur le régime des prescriptions civiles et pénales, Les rapports du Sénat, n°333, 2006-2007.

Voyons maintenant les causes légales d’extinction de l’action civile. S’agissant de la prescription, l’article 10, alinéa 1 du CPP dispose : « Lorsque l'action civile est exercée devant une juridiction répressive, elle se prescrit selon les règles de l'action publique. Lorsqu'elle est exercée devant une juridiction civile, elle se prescrit selon les règles du code civil. »

L’action civile devant les juridictions répressives, accessoire est donc atteinte par les causes d’extinction de l’action publique. L’action en réparation devant les juridictions civiles (maladroitement confondue avec l’action civile par l’utilisation de l’adverbe « elle »dans la seconde phrase de l’article 10 CPP) se prescrit selon les règles du code civil.

Jusqu’en 1980, il existait une solidarité des prescriptions pénale et civile. Elle n’a été maintenue qu’en matière de presse. Aujourd’hui, l’action en réparation devant la juridiction civile se prescrit selon les règles de prescription civile c’est à dire 10 ans (2270-1CC) et, lorsque le dommage est causé par des tortures et des actes de barbarie, des violences ou des agressions sexuelles commises contre un mineur, l'action en responsabilité civile est prescrite par vingt ans. La dissociation de cette solidarité avait pour but d’éviter que les prescriptions de l’action publique de droit commun ne viennent à pénaliser les victimes de faits délictueux (prescription de droit commun de 3 ans) par rapport à des victimes de simples quasi-délits

de nombreux délais spéciaux allongés ont été édictés en matière pénale. Quelques autres obstacles aux poursuites doivent encore être cités : Cas de plainte préalable à l’action publique (particulier ou administration). l’irrecevabilité de la constitution de partie civile peut tenir au défaut de plainte simple préalable depuis la loi du 5 mars 2007 (article 85 CPP). être satisfaite par paiement. abandonner ses droits. En disposant ainsi de son droit d’exercer l’action civile et de mettre en mouvement l’action publique.55 civils. une décision judiciaire préalable à l’action publique (Article 61 CPP) destinée à éviter les poursuites « en gigogne » à des fins dilatoires ou encore le cas ou la poursuite est soumise à autorisation d’une institution (les parlementaires) et enfin les immunités. On notera ici qu’à côté du droit de transiger de certaines administrations habilitées à exercer l’action publique qui éteint l’action publique. Enfin. le maire. En matière délictuelle. sous réserve de l’exécution des mesures qu’il propose et de l’homologation du procureur provoque l’extinction de l’action publique. compensation. Nota bene : le choix par le parquet d’alternatives aux poursuites n’empêche pas le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile. ce qui n’empêchera pas dans la pratique que le contentieux sur ces questions soit soulevé plus tard à tort ou à raison par une partie ou. la prescription est suspendue au profit de la « victime ». la dissociation n’a plus nécessairement de logique ou en tout cas de cohérence générale. La partie civile peut en effet disposer de son droit. Pendant ce temps. par la juridiction. avec ou sans l’accord selon les cas du Procureur de la république. est apparu en 2006 (loi du n° 2006-396 du 31 mars 2006 et étendu en 2007 (loi n°2007-297 du 5 mars 2007) un « droit de transiger » pour les maires sur les infractions ayant causé un préjudice aux biens de la commune qui en réalité s’apparente à une forme de composition pénale au sens où le maire propose la réparation du dommage ou l’exécution d’un travail non rémunéré et qui est homologuée par le Procureur. novation. avis préalable à l’action publique (fisc et infractions militaires). on l’a vu pour la compétence. ou enfin exercer l’action civile et être là au procès mais ne pas user de son droit à réparation ou de façon symbolique (1 euro). (sauf matière électorale ou presse) les plaintes avec constitution de partie civile ne sont plus recevables qu’après décision du parquet de ne pas poursuivre ou si trois mois se sont écoulés depuis le dépôt de plainte sans que des poursuites aient été engagées par le parquet. Les questions de compétence et de recevabilité étant levées ou en tout cas ayant normalement été examinées. transaction. La disposition du droit d’action civile est une cause d’extinction qui lui est spécifique. Mais comme depuis cette réforme. voyons comment se présente la décision d’orientation du dossier? .

Le magistrat du parquet peut faire convoquer la personne soupçonnée par l’officier de police judiciaire pour une audience devant le tribunal correctionnel. plutôt que de poursuivre d’orienter la procédure vers une alternative aux poursuites ou classer sans suite.277 et s. « La poursuite. peut-être définie comme l’accès procédural par lequel une partie à la procédure. On a voulu depuis quelques années rationaliser l’action des parquets en imaginant le traitement en temps réel des procédures pénales. ou une convocation pour une date ultérieure devant le tribunal correctionnel par procès verbal. .) consiste pour le parquet à apporter une réponse judiciaire immédiate à une procédure pénale qu’un officier de police judiciaire lui présente par téléphone. D’autant que le ministère public peut aussi décider. Sur le « TTR » ou traitement direct lire aussi : B. ce moment est essentiel. PUF. exerçant son action. Dans la plupart des cas en matière de délits. Etrillard. est la bienvenue car. la comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. La réussite du traitement en temps réel repose sur la qualité de ce contact téléphonique à partir duquel le magistrat du parquet va prendre sur-le-champ sa décision: le défèrement devant lui de la personne gardée à vue pour ouvrir une information judiciaire. mais plutôt au su du dossier. qui fait ressortir cette phase de la procédure un peu fondue dans le paysage du Code de procédure pénale. 2007. saisit une juridiction d’instruction ou de jugement. Il peut aussi prescrire la poursuite de l’enquête ou son classement. première étape du procès pénal. » (Cf. ouvrant ainsi le procès pénal. C’est la « décision d’orientation » comme la nomment ces auteurs et cette dénomination. la décision d’orientation va être prise non pas tant au vu du dossier comme au temps où le ministère public recevait les dossiers et prenait sa décision d’orientation après en avoir pris connaissance. p. 3/03. Bastard et C. Une justice dans l’urgence : le traitement en temps réel des affaires pénales. de gendarmerie ou des douanes doivent signaler au parquet toutes les infractions constatées par leurs services. dans la pratique. Pour cela le Ministère public et/ ou la victime vont devoir faire des choix. pour lui proposer une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou lui faire proposer une procédure alternative aux poursuites. Guinchard et Buisson n°1325). et tenant compte de l’état du dossier et des finalités qu’ils poursuivent. dépôt de plainte et interpellation) les services de police. guidés par des exigences légales.56 III La décision d’orientation. Mouhanna. de médiation par exemple ou de composition pénale. Décision d’orientation et traitement en temps réel. Quel que soit le type de procédure (flagrant délit. « Des relations du ministère public avec la police judiciaire en France : étude du traitement en temps réel des procédures pénales » Revue internationale de criminologie et de police scientifique. Ce « schéma organisationnel standardisé » (C. à partir de ce qu’il en sait. de ce que dans le cadre du traitement en temps réel on le lui en dit.

reclassement assuré. en pratique. mettre en œuvre une procédure alternative ce qui n’exclut pas qu’en cas d’échec les poursuites soient reprises. 2° Soit de mettre en œuvre une procédure alternative aux poursuites en application des dispositions des articles 41-1 ou 41-2 . Faible préjudice. Guinchard et Buisson parlent d’une « poursuite différée ». l’absence d’élucidation demeure la première cause de classement. personnalité du prévenu. Mais ce sont là des motifs qui ne constituent pas le véritable exercice de l’opportunité des poursuites en ce sens que le ministère public ne peut pas échapper au classement. 3° Soit de classer sans suite la procédure dès lors que les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient.57 C’est donc ici d’abord l’exercice de l’opportunité des poursuites encadré aujourd’hui par les règles posées à l’article 40-1 . le procureur de la République territorialement compétent décide s'il est opportun : 1° Soit d'engager des poursuites . on peut classer les motifs de ces classements en trois grandes catégories. Les motifs peuvent être d’ordre légaux : l’infraction ne semble pas constituée. Ici les infractions sont poursuivables mais ne seront pas poursuivies. ou enfin classer sans suite. » A l’alternative ancienne. indemnisation de la victime et souvent tout cela à la fois ou deux ou trois de ces . Ils peuvent être d’ordre factuels : les faits ne sont pas élucidés ou personne ne peut se voir imputer les faits alors même qu’il y a eu des suspects mais qui ont été mis en l’état hors de cause. L’article 41-1 du CPP dispose : « Lorsqu'il estime que les faits qui ont été portés à sa connaissance en application des dispositions de l'article 40 constituent une infraction commise par une personne dont l'identité et le domicile sont connus et pour laquelle aucune disposition légale ne fait obstacle à la mise en mouvement de l'action publique. l’action publique est éteinte. classer ou poursuivre. On le sait. Il existe en revanche de véritables motifs tenant à l’opportunité des poursuites. A la suite de Messieurs Guinchard et Buisson. Ces dossiers ne sont pas des affaires poursuivables. faible gravité. 1) Le classement sans suite est une décision purement administrative sur laquelle le parquet peut revenir tant que la prescription n’est pas acquise.41-1 et 41-2 du CPP. il existe une cause d’irresponsabilité de la seule personne poursuivables. s’est substitué un choix entre trois solutions qui semblent bien hiérarchisées : poursuivre immédiatement. et en ce sens M.

Quel est le but général poursuivi ? Tout d’abord apporter une réponse à une infraction et éviter si possible le classement sans suite de toute affaire poursuivable. classer sans suite après l’absence d’exécution d’une alternative aux poursuites (Article 41-1 dernier alinéa). d’un stage de citoyenneté ou d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Quelles sont les finalités assignées à ces alternatives ? Pour celles définies à l’article 41-1 du CPP. mettre fin au trouble résultant de l’infraction. social ou professionnel). s’il en était besoin.58 critères. la demande . le recours auprès du procureur général contre le dit classement (Article 40-3 CPP) et l’ordre de poursuivre que le garde des Sceaux peut adresser par écrit au Procureur (Article 30 alinéa 2). conduisent le parquet à cette décision. la demande de régularisation au regard de la loi ou du règlement. De ce point de vue. On est à divers égards avec la composition pénale aux frontières de l’exercice des poursuites au point que sa spécificité vaut à la composition pénale d’être analysée en termes statistiques par exemple à part des autres alternatives (voir son analyse leçon suivante). L’article 41-1 définit six procédures alternatives aux poursuites distinctes que l’on se contentera ici d’énumérer : le rappel à la loi qui pourra être oral ou écrit. la volonté du législateur ne laisse pas place au doute et le soin depuis plusieurs années pris à diversifier ces alternatives en serait. Guinchard et Buisson évoquent une « alternative punitive » (Guinchard et Buisson page 718 n°1369). l’existence ici d’une sanction sous formes d’une ou de plusieurs mesures ne permet pas de la dissocier en termes de finalités de celles qui peuvent être assignées aux poursuites. Depuis le 1 janvier 2008. l’orientation vers une structure sanitaire sociale ou professionnelle avec accomplissement à ses frais d’un stage. 2) Les alternatives aux poursuites. M. contribuer au reclassement de l’auteur des faits». La finalité de la composition pénale prévue à l’article 41-2 et qui est également proposée à l’auteur « tant que l'action publique n'a pas été mise en mouvement » est de nature différente . d’une formation dans un service ou un organisme sanitaire. le Procureur de la république a l’obligation dans tous les cas de motiver un classement sans suite (Article 40-2 CPP) et il ne peut. la meilleure preuve. sauf élément nouveau. le texte en cause les énonce clairement : « assurer la réparation du dommage causé à la victime. d'un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants. Elle n’exclut pas la dimension rétributive de la sanction. Il existe plusieurs mécanismes de nature et d’utilisation très différents pour contrebalancer le pouvoir du Procureur de classer sans suite : la constitution de partie civile. Il s’agit ici pour le parquet « préalablement à sa décision sur l’action publique » de choisir la mise en œuvre de l’une des procédures alternatives aux poursuites définies aux articles 41-1 et 41-2 du CPP. (notamment d'un stage de responsabilité parentale.

sociale ou psychologique s’agissant d’infractions commises dans le cadre intrafamilial. mettre en mouvement l’action publique. La mise en mouvement de l’action publique va prendre diverses formes. La juridiction d’instruction ou de jugement saisie. la mesure de composition pénale n’a pas été exécutée etc. la régularisation pas faite. Il pourra requérir un non-lieu ou une relaxe ou un acquittement mais ne sera pas nécessairement suivi. A L’ouverture d’une information chez un juge d’instruction est. Quels sont les situations qui peuvent conduire à ouvrir l’information en matière de délictuelle ? . de son initiative. L’information peut être ouverte sans qu’il y ait la moindre identification de la personne impliquée. L’acte de poursuite saisit la juridiction et exclut que le parquet puisse par exemple décider d’ouvrir une information (Crim. Il est certain que le rappel à la loi qui constitue aujourd’hui la procédure alternative la plus usitée. bien particulière et dont les spécificités seront étudiées dans la leçon suivante. soit après avoir tenté une procédure alternative aux poursuites qui a échoué. la demande de résider hors du domicile conjugal et de faire l'objet d'une prise en charge sanitaire. la médiation avec éventuel engagement de réparer. on le sait. n’est qu’une réponse pénale minimale. il ne peut plus revenir sur son choix (Article 388 CPP). il est important de noter que la mise en mouvement de l’action publique met fin au pouvoir lié à l’opportunité des poursuites. et de très loin. le parquet ne peut plus mettre fin aux poursuites. obligatoire en matière criminelle et facultative en matière de délits. l’instruction peut être évitée sous certaines conditions (Articles 8-1 et 8-2 de l’ordonnance du 2 février 1945) et le parquet peut saisir directement la juridiction de jugement. Soit directement. La composition pénale (article 41-2 CPP) constitue la septième forme d’alternative aux poursuites. (le stage n’a pas été effectué.) le ministère public peut.59 de réparation. La grande distinction passe justement d’abord entre les cas où le parquet va ouvrir une information chez un juge d’instruction et les cas où il va saisir une juridiction de jugement. A ce stade.20 février 2007. Autrefois obligatoire pour les mineurs en matière de délits et de contraventions de 5ème classe. Elle sera alors ouverte contre X… et deviendra peut-être une information ouverte « contre X devenu « untel ». tout juste plus effective que la signification d’un classement sans suite. Pourvoi 0689229). L’action publique une fois exercée. 3) Les poursuites ou l’exercice de l’action publique.

plus restreintes en l’état. C’est là une situation qui fait dire qu’on est en présence d’une compétence « variable » du tribunal correctionnel en ces différentes formations (Guinchard et Buisson). B L’orientation du dossier correctionnel estimé en état par le parquet. C’est la procédure simplifiée appelée aussi « Ordonnance pénale délictuelle » ou « Ordonnance pénale ». le tribunal correctionnel d’une demande d’homologation d’une peine qu’il a proposé à la personne mise en cause laquelle l’a acceptée. poursuivre celle-ci et se dispenser de l’ouverture d’une information. compte tenu des pouvoirs dont la police et lui-même disposent en phase d’enquête. En matière correctionnelle. 1) Le procureur peut saisir en certains cas.60 Les indices recueillis ne sont pas suffisants pour saisir une juridiction de fond et les éléments de preuve manquants ne peuvent être obtenus que par la voie coercitive. Cette procédure a vu son champ modifié à trois reprises en 2004. En l’état actuel des textes (Article 495 CPP). sur le dossier. Des auteurs ou complices n’ont pas été interpellés et il faut pouvoir poursuivre tout le monde à la fois avec peut-être nécessité et possibilité d’une détention provisoire de ceux qui ont été mis en cause. par requête. Et que dans bien des cas. (Articles 495. lorsque le parquet estime d’une part devoir poursuivre et d’autre part que le dossier est en état d’être jugé. le parquet préfère aujourd’hui. L’enquête préliminaire de droit commun ne permettrait pas d’y parvenir. C’est donc une appréciation qui tient essentiellement à des questions relatives à la preuve et à l’usage nécessaire de la coercition. Il n’en reste pas moins que le nombre d’informations ouvertes à l’initiative du parquet en matière délictuelle n’a cessé de diminuer ces dernières années. 2) Il peut saisir pour certaines infractions. . Ou bien les faits sont complexes et nécessitent une analyse que l’enquête ne permettrait pas. par une ordonnance pénale portant relaxe ou condamnation. et 2007 depuis son extension en 2002 de la matière contraventionnelle à la matière délictuelle. plusieurs solutions s’offrent à lui en fonction du type d’infractions. son champ d’application est le suivant : « 1° Les délits prévus par le code de la route et les contraventions connexes prévues par ce code .à 495-6 CPP). C’est la procédure de comparution après reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) (Articles 495-7 à 495-16 CPP). le président du tribunal d’une requête aux fins de statuer sans débat préalable. Nous l’étudierons en détail dans la prochaine leçon avec la composition pénale. 2005.

l’Assemblée Nationale avait voté une disposition reprenant cette préconisation. l’article 495 du CPP se termine ainsi : « Le ministère public ne peut recourir à la procédure simplifiée que lorsqu'il résulte de l'enquête de police judiciaire que les faits reprochés au prévenu sont établis et que les renseignements concernant la personnalité de celui-ci. une demande de dommages et intérêts ou de restitution. ou a fait directement citer le prévenu avant qu'ait été rendue l'ordonnance prévue à l'article 495-1 . (…) En outre. les homicides involontaires. voir leçon suivante) un champ élargi couvrant tous les délits sauf exceptions particulières (des délits du droit du travail ou des manquements aux règles d’hygiène et de sécurité entraînant des blessures involontaires ou des homicides involontaires) ou communes à la CRPC (délits de presse. ». 3421-1 du code de la santé publique . au cours de l'enquête. Bernard Saugey (Rapport n°209 tome 1) s’y est opposé au motif que « si l’ordonnance pénale a montré son utilité dans le traitement de contentieux extrêmement simples (tels que les infractions au code de la route). » Le législateur a édicté des limites à son champ d’application : « 1° Si le prévenu était âgé de moins de dix-huit ans au jour de l'infraction . 4° Le délit d'usage de produits stupéfiants prévu par le premier alinéa de l'article L. 126-3 du code de la construction et de l'habitation.61 2° Les délits en matière de réglementations relatives aux transports terrestres . Dans le cadre de la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures. Le Sénat par la voix de son rapporteur sur ce texte M. » Enfin. la procédure de l’ordonnance pénale modifie l’équilibre entre le rôle du juge du siège. les délits politiques et les délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale). Cette dernière condition est destinée à assurer l’individualisation de la peine dont le principe est affirmé à l’article 132-24 du CP. Le rapport remis au garde des Sceaux le 30 juin 2008 par la commission présidée par M. le recteur Guinchard préconisait de donner à la procédure simplifiée (comme d’ailleurs à la CRPC. 5° Le délit prévu par l'article L. . elle n’est pas nécessairement adaptée pour des contentieux plus complexes. sont suffisants pour permettre la détermination de la peine. 3° Si le délit prévu par le code de la route a été commis en même temps qu'une contravention ou qu'un délit d'homicide involontaire ou d'atteinte involontaire à l'intégrité de la personne. 2° Si la victime a formulé. et notamment ses charges et ses ressources. 3° Les délits prévus au titre IV du livre IV du code de commerce pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue .

62 qui ne peut se prononcer que sur la base du dossier transmis. Depuis la loi du 9 septembre 2002. (Article 393 et s. il lui a semblé qu’une question de cette nature dépassait de loin le champ d’un texte de simplification du droit ». le seuil de la peine encourue est abaissé à six mois. par un OPJ ou un APJ ou si la personne est détenue pour une autre cause par le chef de l’établissement pénitentiaire. la convocation par officier ou agent de police judiciaire (COPJ) est (Article 390-1 CPP) devenue le mode poursuite le plus usité. il saisira ce tribunal dans sa formation collégiale ou au contraire dans sa formation statuant en juge unique (voir la leçon sur le tribunal correctionnel) mais il peut le saisir de diverses manières et nous sommes là encore sur un choix d’orientation et sur le mode d’exercice de l’action publique. qui peut être donnée dans le cadre du traitement direct. (…) En tout état de cause. 3) Le Procureur peut enfin saisir le tribunal correctionnel aux fins de jugement et là encore. l’affaire en état d’être jugée et les charges suffisantes. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer. c) La comparution immédiate. Elle prend la forme d’un exploit d’huissier délivré à la requête du ministère public. En matière de délit flagrant. Les délits faisant encourir dix ans d’emprisonnement et vingt ans en cas de récidive peuvent être jugés dans ce cadre. Il est vrai qu’elle présente l’avantage de « valoir citation à personne ». la citation directe est devenu très minoritaire (20% des saisines du TC selon M. CPP) consiste pour le parquet à choisir de faire comparaître immédiatement devant le tribunal correctionnel une personne à qui il vient de notifier les faits qui lui sont reprochés. dans le cadre du traitement en temps réel des affaires pénales. a) Le mode de poursuite le plus usité il y a encore deux décennies. (Article 397-6 du CPP) les . Son champ est défini par l’article 395 du CPP. Le prévenu se voit convoqué sur instructions du Procureur. Elle demeure pourtant le mode de saisine ordinaire du TC utilisable pour tous les délits (Article 390 CPP). Sont exclus de son champ d’application. un recours systématisé à la procédure de l’ordonnance pénale pourrait affecter la qualité de la justice. La peine encourue doit être de deux ans d’emprisonnement au moins. (…) En raison de la façon de travailler imposée aux magistrats du parquet. non seulement selon les cas. excluant ainsi le risque d’une procédure de jugement par défaut. b) Créé en 1985. et celui du parquet. il n’existe plus de limite supérieure de peine encourue. n°1203). dont l’analyse se fonde nécessairement sur le travail parfois excessivement rapide des enquêteurs.

Elle vaut « citation à personne ». le plus souvent à l’issue d’une garde à vue. Elle est peu utilisée. l’information sur son droit à l’assistance d’un avocat. les délits politiques ou d’infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. (Crim 6 déc. L’exercice simultané de deux modes d’exercice des poursuites rendu possible. La comparution doit en principe avoir lieu le jour même (Article 395 CPP) mais si la réunion du tribunal s’avère impossible. . la réalisation d’une enquête sociale et enfin l’avis à la victime de la date de l’audience (Article 393-1 CPP). sont exclus de son champ d’application. d) La convocation par procès-verbal (Article 394 CPP). A l’instar de la comparution immédiate. l’information sur les faits qui lui sont reprochés. 2005. lequel peut aussitôt sa désignation consulter le dossier et s’entretenir avec le prévenu. entachée d’illégalité est le support nécessaire de cette saisine. Applicable aux délits quelle que soit la peine encourue. elle permet au parquet de solliciter du juge des libertés et de la détention un placement sous contrôle judiciaire.63 délits de presse. Bull. n°76). Jurisprudence Le non-respect des dispositions de l’article 803-3 du CPP entraîne en cas de comparution immédiate la nullité de la saisine du tribunal correctionnel car la rétention du prévenu. Elle passe aussi par un défèrement. 26 mars 2008. les délits politiques et les infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. Bull. L’enchevêtrement des convocations. et le procureur notifie à la personne mis en cause les charges retenues contre elle et la date de l’audience. Cette orientation suppose (Article 393 CPP) d’une part le défèrement devant le procureur de la République aux termes de la garde à vue et en tout cas dans le délai de 20 heures à compter de la levée de cette garde à vue (Article 803-3 CPP qui précise les conditions de cette retenue). n°321) ce qui n’est pas le cas en revanche de la garde à vue (Crim. le recueil des déclarations du mis en cause s’il en fait la demande. le Procureur peut saisir le juge des libertés et de la détention pour voir ordonner le placement en détention provisoire du prévenu jusqu’à sa comparution qui doit intervenir dans le troisième jour ouvrable suivants (Article 396 CPP). les délits de presse.

2006. .cit. la chambre criminelle (Bull. l'une en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et l'autre. Par une décision du 14 octobre 2008. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer (op. 4 oct. n°244). en vue de l'audience correctionnelle avant même l’échec de la CRPC. par officier de police judiciaire. Le législateur est venu en 2009 balayer cette construction jurisprudentielle. la chambre criminelle acceptait en revanche que le ministère public saisisse la juridiction correctionnelle selon l'un des modes prévus par le premier de ces textes lorsque. il renonce à proposer une peine dans les conditions prévues à l’article 495-8 du CPP (en l’espèce en raison d’une grève des avocats). en bref avant que la CRPC n’ai échoué (Crim. après la délivrance d'une convocation en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. n°208) avait donc rejeté le pourvoi contre une décision annulant la convocation par procèsverbal ainsi que le jugement du tribunal correctionnel subséquent au motif que le procureur de la République avait fait délivrer concomitamment deux convocations pour les mêmes faits. Bull. n°1241) deux fers au feu. l’information et six modes de saisine du tribunal correctionnel bien différents au plan de leur conditions et de leur déroulement processuel. n°219). La saisine du tribunal résultant de cette convocation en justice est caduque si la personne accepte la ou les peines proposées et que celles-ci font l'objet d'une ordonnance d'homologation. La chambre criminelle avait déduit de la rédaction de l’article 495-12 du CPP qu’il ne pouvait concomitamment saisir le tribunal correctionnel selon l’un des modes prévu par le Code de procédure pénale avant que le prévenu ait déclaré ne pas accepter la ou les peines proposées ou que le président du tribunal ait rendu une ordonnance de refus d’homologation. six procédures alternatives aux poursuites qui poursuivent des finalités différentes mais ont ceci en commun d’être des réponses pénales données en amont des poursuites et six modes d’engagement des poursuites. le parquet a donc le choix en matière délictuelle entre un peu plus d’une douzaine d’options. Au total. Dans une décision du 29 octobre 2008 (Bull.64 La jurisprudence a rapidement tranché la question de savoir si le ministère public peut avoir comme l’écrivent M. La loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures est venu ajouter un article 495-15-1 au CPP qui prévoit : La mise en œuvre de la procédure prévue par la présente section [la CRPC]n'interdit pas au procureur de la République de procéder simultanément à une convocation en justice en application de l'article 390-1.

65 Commentaire de l’Annuaire statistique de la justice 2009 Les chiffres analysés sont ceux de 2006. 101. véritable alternative au classement sans suite.000 en 2006 soit 9%. elles permettent de traiter en 2006. L’évolution est à suivre. Sans doute faut-il se garder de ce genre de « transvasements » mais il est indéniable que l’explication de la diminution des classements sans suite est. sociales et professionnelles continuent de progresser doublant presque sur cinq ans.24%).000 en 2005 à 50. S’agissant du rappel à la loi. au mois partiellement. Les médiations pénales régressent. Les 550.000 dossiers soit 8. (+6. là. . La CRPC et l’Ordonnance pénale sont les grandes gagnantes au jeu de la concurrence entre procédures de poursuites.000 poursuites devant les T. Le chiffre est désormais loin d’être négligeable. C’est à partir de l’ensemble de ces chiffres qu’il faut comprendre l’amélioration du taux de réponse pénale qui en 2006 a dépassé légèrement la barre des 80%. Si l’on agrège CRPC et composition pénale.La Comparution immédiate est en légère diminution en chiffre relatif (8. les injonctions thérapeutiques régressent sur trois ans mais les orientations vers les structures sanitaires. A elles deux.La CRPC. .5%.000 en 2006).5% en un an). . dont on pouvait dire en 2008 sans prendre de risque qu’elle n’était pas à son niveau de croisière en 2005. soit +8. sa progression continue (240. et absolu. 130. .000.000 en un an. la composition pénale a poursuivi sa croissance entre 2005 et 2006 passant de 40. Les réparations mineurs progressent très lentement. . Parmi les procédures alternatives.2% de la réponse pénale (poursuites et alternatives). Le rappel à la loi représente 51% de toutes les alternatives.000) mais les ordonnances pénales progressent et passent de 20% à 22.54% (+ 24.000.000 à 51.Les citations directes restent (en légère baisse) aux alentours de 18% (99. elles en viennent à représenter tout près d’un tiers des poursuites. a tout simplement presque doublé et passe de 27. qui partagent le fait de ne s’appliquer qu’en cas de reconnaissance des faits et accord du mis en cause. en diminution légère au plan relatif et absolu.C.Et la convocation sur PV du procureur régresse à 2.6% sur un an par rapport à 2005) se répartissent comme suit: .Les convocations sur PV d’OPJ ou d’APJ représentent 38. De 2002 à 2006 sa progression équivaut à 74% de la diminution des classements sans suite sur la même période.36% du total.

Si l’on agrège CRPC et composition pénale. Le chiffre est désormais loin d’être négligeable. jusqu’ici. Mais les chiffres relatifs à l’utilisation de telle ou telle procédure rappelés ci-dessus sont des moyennes qui cachent de grandes disparités. Or. On pourrait relever de pareils écarts. n°1237) au point d’ailleurs que la mission d’information sur les procédures accélérées de jugement en matière pénale installée au Sénat s’était interrogée sur le point de savoir si la création de la CRPC ne devait pas emporter suppression de la composition pénale (Rapport d’information sur les procédures accélérées de jugement en matière pénale. Sénat. 1400 pour 8.66 3 La composition pénale et la CRPC Pourquoi étudier. la Roche-sur-Yon. Enfin. Eléments statistiques.000). Sur l’ensemble des juridictions on trouve sans difficulté des écarts de 1 à 100. voire 150 sur l’usage proportionnel de cette procédure (exemple Bordeaux 46 compositions pénales pour 40. .2% de la réponse pénale (poursuites et alternatives). Il est donc important de comprendre ce qui se joue de si nouveau dans ces deux procédures. en une même leçon. La triple rupture tient à notre sens au fait d’une part que la mise en œuvre de ces deux procédures suppose la reconnaissance de culpabilité par le mis en cause. son absence totale. dans les uns. Les deux procédures possèdent trois points communs qui constituent une triple rupture au plan culturel dans notre procédure et qui explique les mouvements d’humeur divers avec lesquels elles ont été accueillies.000 affaires poursuivables. qui partagent le fait de ne s’appliquer qu’en cas de reconnaissance des faits et accord du mis en cause. D’autre part. 101. les procédures de jugement au fond n’avaient jamais été construites à partir de ce critère. La présomption d’innocence semblait même l’interdire d’autant que l’aveu n’est jamais une preuve absolue de culpabilité. et dans les autres. choisi de poursuivre ? C’est que la CRPC a été instauré ainsi que le rappelle M. au contraire. la rupture tient encore au fait que ces deux procédures reposent sur l’acceptation par le mis en cause des mesures (la composition pénale) ou des peines (la CRPC) qui lui sont proposées par le ministère public. elles permettent de traiter en 2006. Desportes et Mme LazergesCousquer « dans le sillage de la composition pénale » (op. cit. Il en est de même pour la CRPC. l’office du juge est singulièrement restreint : il valide ou homologue l’accord passé entre le parquet et le mis en cause mais ne peut modifier les termes de l’accord qui lui sont soumis. 2005). voire l’opposition caractérisée de certains magistrats ou avocats à ces innovations quelques années après leur création.000 dossiers soit 8. une procédure qui se situe en amont des poursuites et une autre qui suppose que le parquet ait. L’analyse des statistiques de la composition pénale démontrent par exemple pour des tribunaux ayant la même activité pénale. des usages de l’ordre de 1 à 20.

les délits de presse. Volff. 559) a au contraire pu être décrite par une doctrine récente et bénéficiant donc de plus de recul comme une procédure hybride et relativement souple (Desportes et Lazerges-Cousquer op. Comme pour la CRPC. la critique de J. l’article 470-4-2 du code de commerce issu de la loi n°2005-882 du 5 août 2005. « la composition pénale. 2006. Les délits d’homicides involontaires. toujours censé être susceptible d’amélioration ou seulement d’adaptation à des besoins qui sont ceux de la gestion des contentieux et de leur traitement. le rapport de la commission Guinchard (proposition n°63) suggérait de faire sauter la limite tenant à la peine d’emprisonnement encourue et de viser tous les délits tout en conservant les exclusions citées ci-dessus. Mars-avril 2000. Cependant. 2007. On doit aussi relever que cette nouvelle procédure institué par la loi n°99-515 du 23 juin 1999.67 I La composition pénale. un essai manqué » Gaz. 2002. A la différence de la CRPC. Avant de justifier ce dernier qualificatif par l’examen des pratiques judiciaires. et prévue par l’article 41-2 du CPP n’a pas fait l’objet de moins de sept modifications en dix ans (2001. ainsi que le cas échéant. il semblait de la lecture de l’article 41-2 qu’elle n’était applicable qu’aux personnes physiques. dispose que la composition pénale est applicable aux personnes morales qui reconnaissent avoir commis un ou plusieurs délits prévus au titre IV du livre IV relatifs à la transparence et aux pratiques restrictives de concurrence pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue ainsi que. n°1177 et 1179). une ou plusieurs contraventions connexes. cit. une ou plusieurs contraventions connexes. S’agissant des personnes concernées. 2005. la composition pénale ne peut être proposée que tant que l’action publique n’a pas été mise en mouvement (Article 41-2 al. avait pu être présenté comme une procédure lourde et complexe (Cf. son déroulement. La composition pénale qui. . D’abord défini sous la forme d’une liste d’infractions. notamment. et 2009) ! Elle illustre parfaitement la nouvelle forme de législation qui s’installe et qui relève moins de l’érection d’une norme processuelle que de la gestion d’un « process » au sens technique et industriel du terme emprunté à la langue anglaise.1 CPP) Le champ d’application. Disons également que c’est aussi là le champ d’application de la CRPC à une exclusion près (voir infra). et les délits politiques sont exclus de ce champ. Pal. son champ d’application. sa finalité. il a été élargi par la loi du 9 mars 2004 aux délits punis à titre de peine principale d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure à cinq ans. le cas échéant. et ses suites. 2004. Elle est alors proposée par un fonctionnaire de l’administration concernée et seule la mesure d’amende de composition peut être proposée. il nous faut nous arrêter sur ce caractère hybride en examinant. p. à sa naissance.

pour une période maximale de six mois . il est exclu que puisse être proposée à la personne qui reconnaît avoir commis un délit. 3° Remettre son véhicule. notamment au sein d'une personne morale de droit public ou d'une personne morale de droit privé chargée d'une mission de service public ou d'une association habilitées. En fait. 6° Accomplir au profit de la collectivité. Il est donc clair que le champ d’application de la composition pénale est depuis sa création un univers en expansion. Le montant de cette amende. qui ne peut excéder le montant maximum de l'amende encourue.68 D’abord réservée aux majeurs. 2° Se dessaisir au profit de l'Etat de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou qui en est le produit . Son versement peut être échelonné. 5° Remettre au greffe du tribunal de grande instance son permis de chasser. 4° Remettre au greffe du tribunal de grande instance son permis de conduire. pour une période maximale de six mois. Article 41-2 CPP extrait. selon un échéancier fixé par le procureur de la République. la composition pénale peut sous réserves de modalités particulières dont l’assistance obligatoire d’un avocat être proposée désormais aux mineurs de plus de treize ans depuis la loi n°2007-297 du 5 mars 2007 (article 7-2 de l’ordonnance n°45174 du 2 février 1945. il faut bien dire que sous ce mot. à l'intérieur d'une période qui ne peut être supérieure à un an . 1° Verser une amende de composition au Trésor public. 2006 et 2007. La composition pénale étant une alternative aux poursuites. pour une période maximale de six mois . est fixé en fonction de la gravité des faits ainsi que des ressources et des charges de la personne. La liste reproduite ci-dessous des mesures qui peuvent être proposées en matière correctionnelle s’est également allongée en 2002. 2004. un travail non rémunéré pour une durée . l’exécution d’une peine. la loi se cache à peine de réintroduire d’une part nombre de sanctions qui s’analysent en pénologie comme des peines complémentaires et que l’amende de composition comme le travail non rémunéré masquent difficilement leur étroite parenté avec la peine d’amende et le TIG. à des fins d'immobilisation . Le législateur a donc choisi une terminologie assez neutre : la mesure. Les mesures.

la ou les victimes de l'infraction désignées par le procureur de la République ou ne pas entrer en relation avec elles . un stage de citoyenneté . 16° Se soumettre à une mesure d'activité de jour consistant en la mise en œuvre d'activités d'insertion professionnelle ou de mise à niveau scolaire soit auprès d'une personne morale de droit public. un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants . le domicile concerné étant alors celui de la victime . si nécessaire. le cas échéant. lorsqu'il apparaît que . 7° Suivre un stage ou une formation dans un service ou un organisme sanitaire. sociale ou psychologique . pour une durée qui ne saurait excéder six mois. 17° Se soumettre à une mesure d'injonction thérapeutique. 12° Ne pas quitter le territoire national et remettre son passeport pour une durée qui ne saurait excéder six mois . 15° Accomplir. social ou professionnel pour une durée qui ne peut excéder trois mois dans un délai qui ne peut être supérieur à dix-huit mois . selon les modalités définies aux articles L. son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité. 8° Ne pas émettre. à l'exception des lieux dans lesquels la personne réside habituellement . le cas échéant à ses frais.69 maximale de soixante heures. s'abstenir de paraître dans ce domicile ou cette résidence ou aux abords immédiats de celui-ci. 13° Accomplir. pour une durée de six mois au plus. 3413-4 du code de la santé publique. dans un délai qui ne peut être supérieur à six mois . soit contre ses enfants ou ceux de son conjoint. faire l'objet d'une prise en charge sanitaire. concubin ou partenaire. le ou les coauteurs ou complices éventuels désignés par le procureur de la République ou ne pas entrer en relation avec eux . ou par la personne ayant été liée à elle par un pacte civil de solidarité. 14° En cas d'infraction commise soit contre son conjoint. dans le ou les lieux dans lesquels l'infraction a été commise et qui sont désignés par le procureur de la République. résider hors du domicile ou de la résidence du couple et. 3413-1 à L. ainsi que. des chèques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés et ne pas utiliser de cartes de paiement . les dispositions du présent 14° sont également applicables lorsque l'infraction est commise par l'ancien conjoint ou concubin de la victime. pour une durée qui ne saurait excéder six mois. le cas échéant à ses frais. 11° Ne pas rencontrer ou recevoir. pour une durée qui ne saurait excéder six mois. soit auprès d'une personne morale de droit privé chargée d'une mission de service public ou d'une association habilitées à mettre en œuvre une telle mesure . 9° Ne pas paraître. 10° Ne pas rencontrer ou recevoir.

70 l'intéressé fait usage de stupéfiants ou fait une consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques. et celui de la validation par le juge. En tout état de cause. celui de la proposition du parquet. avec l'accord de la victime. Autrement dit. Les discussions parlementaires avaient donc conduit dans le souci que la proposition ne puisse être faite contre l’obtention d’aveux ou qu’en tout cas la composition pénale ne soit pas acceptée dans le contexte de grande vulnérabilité psychologique que . suppose que la reconnaissance des faits soit effective au moment où il fait cette proposition. La proposition du parquet peut être faite soit directement par le procureur soit par l’intermédiaire d’une « personne habilitée » : un délégué du procureur ou un OPJ. Cette réparation peut consister. Lorsque la victime est identifiée. Deux temps se dégagent. les mesures qui peuvent être proposées. la proposition doit être écrite et signée d’un membre du parquet. S’il s’agit d’un OPJ. tant que l'action publique n'a pas été mise en mouvement. si la composition pénale est utilisée à propos de faits ayant causé un dommage. la composition pénale prétend pouvoir traiter dans le même temps de la réponse pénale et civile. En matière contraventionnelle. le procureur doit aussi proposer au mis en cause de réparer le dommage subi par la victime. les mesures qui peuvent leur être proposées dans ce cadre sont d’une part celles de l’article 41-2 mais aussi des mesures spécifiques au caractère éducatif plus marqué (Article 7-2 de l’ordonnance du février 1945) et en tout état de cause la durée d’exécution des mesures ne doit pas dépasser un an. L’article 41-2 du CPP prévoit que « le procureur de la République. Et lorsque la composition pénale est proposée à un mineur elle doit aussi être présentée aux représentants légaux du mineur. L’exécution de la mesure ne présentant pas de caractère processuel particulier. le procureur de la République doit également proposer à ce dernier de réparer les dommages causés par l'infraction dans un délai qui ne peut être supérieur à six mois. peut proposer… une composition pénale à une personne physique qui reconnaît avoir commis un ou plusieurs délits » et cette formulation. et sauf si l'auteur des faits justifie de la réparation du préjudice commis. et que la victime est identifiée. Le déroulement de la procédure Le texte de l’article 41-2 du CPP paraît simple et ne pas beaucoup laisser place à l’imagination. préciser la nature et le quantum des mesures proposées et être jointe à la procédure. définies à l’article 41-3 du CPP sont évidemment plus restreintes (notamment pour les contraventions des quatre premières classes). en la remise en état d'un bien endommagé par la commission de l'infraction. Il informe la victime de cette proposition. implicitement. Quant aux mineurs.

la répétition de l’échec enregistré en 1995 quand le Conseil constitutionnel avait déclaré non conforme à la Constitution (CC. 3 de l’Ordonnance du 2 février 1945). elles constituent des sanctions pénales . que dans le cas où elles sont prononcées par un tribunal. L’OPJ peut donc proposer la composition pénale durant la garde à vue dans les conditions citées plus haut. même avec l'accord de la personne susceptible d'être pénalement poursuivie. La loi du 9 septembre 2002 a supprimé cette restriction. L’article 41-2 al. l’article 41-2 prévoit la mise ne mouvement de l’action publique « sauf élément nouveau » L’accord de la personne sur la composition pénale et sur les mesures qui lui sont proposées est recueilli par procès verbal (sur son contenu voir l’article R15-33-40 du CPP) signé par elle et par le procureur ou la personne habilitée qui lui a fait la proposition de composition. L’article R15-33-39 du CPP dispose que la personne à qui est proposée une composition pénale peut demander à disposer d'un délai de dix jours avant de faire connaître sa décision. le lieu de proposition dépend essentiellement de l’identité de la personne qui propose la composition : procureur.4 CPP). dans la logique des procédures alternatives aux poursuites. ne peuvent.71 constitue une mesure de garde à vue à exclure la possibilité de proposer la composition pénale durant la garde à vue. que le prononcé et l'exécution de telles mesures. OPJ. L’accord du mineur et de ses représentants légaux doit quant à lui être recueilli en présence d’un avocat (Article 7-2 al. intervenir à la seule diligence d'une autorité chargée de . s'agissant de la répression de délits de droit commun. La première phase était pour l’essentiel identique à celle que nous venons de voir à propos de la composition pénale. Le législateur de 1999 avait estimé nécessaire de préciser. La validation de la composition pénale. N°95360 du 2 février 1995) une procédure dénommée « injonction pénale ». Avant de se déterminer sur la proposition qui lui est faite la personne peut donc consulter un avocat et bénéficier pour ce faire de l’Aide Juridictionnelle. Le Conseil constitutionnel avait jugé : « Considérant que certaines mesures susceptibles de faire l'objet d'une injonction pénale peuvent être de nature à porter atteinte à la liberté individuelle . médiateur. La personne mise en cause n’a pas obligation de se déterminer aussitôt que la proposition lui est communiquée. Cette phase de la procédure était nécessaire pour éviter en 1999. que « la composition pénale peut être proposée dans une maison de justice et du droit » (Article 41-2 al. En réalité.3 dispose quant à lui que la personne à qui est proposée une composition pénale est informée qu'elle peut se faire assister par un avocat avant de donner son accord à la proposition du procureur de la République. En cas de refus des mesures proposées par la personne mise en cause. délégué. mais le législateur n’avait pas prévu d’intervention du juge après proposition et acceptation de l’injonction. Déc.

alors que dans le même temps la loi en question donnait compétence au juge de proximité pour valider les compositions pénales. Et la décision du juge n’est susceptible d’aucun recours (Article 41-2 al. ». Le juge compétent peut en matière délictuelle être tout juge du tribunal ou tout juge de proximité exerçant dans le ressort du tribunal (Article 41-2 CPP). le législateur a en revanche estimé nécessaire d’ouvrir la possibilité au mineur et à ses représentants légaux d’accéder au juge. 20 novembre 2007. L’action civile demeure ouverte et la partie civile. Deux cas sont à envisager. n°07-82808) a jugé que « lorsque l'auteur des faits a donné son accord aux mesures proposées par le procureur de la République. seul le juge des enfants est compétent (Article 7-2. l'intéressé n'exécute pas intégralement les mesures décidées ». S’il refuse de valider. Ces mesures ne sont pas susceptibles d’exécution forcée. Des délais d’exécution plus longs que ceux initialement prévus peuvent être accordés pourvu qu’ils demeurent inférieurs à ceux prévus par la loi à l’article 41-2 du CPP. est compétent le juge du tribunal de police ou le juge de proximité (article 41-3 CPP) et s’agissant des mineurs. la proposition de composition devient caduque. ni par les praticiens comme une phase contradictoire. ni par le législateur. Le procureur avise l’intéressé et la victime de cette exécution constatée. La chambre criminelle (Crim. Cette possibilité d’accès au juge a été supprimée par cette loi. Le parquet ne peut donc pas reprendre en quelque sorte sa proposition une fois celle-ci acceptée et doit saisir le président du tribunal pour validation. une fois la validation intervenue. Il ne peut modifier les mesures proposées et acceptées. 2 février 1945). l’audition par le juge de la personne mise en cause était de droit. Les articles R15-33-49 à R15-33-60 du CPP précisent type de mesure par type de mesure les conditions de leur exécution. L’action publique s’éteint. En matière contraventionnelle. La fin de la composition pénale. ce dernier est tenu de saisir le président du tribunal aux fins de validation de la composition et ne recouvre la possibilité de mettre en mouvement l'action publique que si ce magistrat refuse de valider la composition ou si. Lorsque le champ d’application de la composition pénale a été étendu aux mineurs par la loi du 5 mars 2007.4 Ord. Avant la loi du 9 septembre 2002. et que les décisions des juges d’entendre les parties le sont tout autant.6). Il est nécessaire de préciser qu’avant la loi de 2002. Il reste que le juge peut décider avant de prendre sa décision de procéder à l’audition de l’auteur des faits et de la victime assistés le cas échéant de leurs conseils. ce sont les deux seules possibilités du juge saisi. Les mesures ont été exécutées. dont le préjudice n’a pas nécessairement été connu ou pris en compte ou pu être . L’exécution des mesures. Valider ou refuser de valider. La phase de validation n’est pas conçue. al. Et il avertit de cette saisine l’auteur des faits et la victime. ce qui constitue une étrange conception de la proximité.72 l'action publique mais requièrent la décision d'une autorité de jugement conformément aux exigences constitutionnelles ci-dessus rappelées . les demandes d’audition formées par les justiciables étaient très rares. L’audition est de droit.

La notification de l’homologation de la mesure se fait par écrit ou . pour de plus amples développements. Les mesures n’ont pas été totalement exécutées. L’information de l’auteur sur ses droits et notamment celui d’être assisté d’un conseil. l’article 41-2 du CPP ne suffit pas à enfermer la composition pénale dans un corset strict qui dessinerait un nouveau rituel spatiotemporel dans notre procédure. mai 2004. laissant ou non place à une individualisation. Les auteurs peuvent être convoqués collectivement pour se voir proposer la composition pénale ou bien être reçus seuls sur rendez-vous par le délégué. Dans le second cas. Les mesures proposées sont très diversement variées selon les modèles. Une enquête sociale sur l’auteur est tantôt systématique. assorties ou non de délais pour leur exécution. L’harmattan. dans une maison de la justice et du droit ou au palais de justice. Selon les modèles. Les décisions de composition pénales exécutées sont inscrites au seul Bulletin n°1 du casier judiciaire pour une durée de trois années sauf nouvelle condamnation criminelle ou correctionnelle ou composition pénale. Les acteurs sont tantôt les délégués du procureur. La composition pénale peut être proposée sur le lieu de l’infraction s’agissant des CEA ou à la gendarmerie. les dossiers avec des victimes sont exclus ou au contraire intégrés dans le champ de la composition pénale. mais si une partie des mesures a été exécutée. Grunvald. Dans tous les cas d’échec de la composition pénale.196 et J. il est tenu compte du travail non rémunéré qui a déjà été accompli ou des sommes déjà versées. Dans une salle d’audience ou dans le bureau du membre du parquet. p. Danet et S. 200 pages). tantôt les officiers de police. Nous avons relevé pas moins de 13 variables autour desquelles des choix différents ont pu être faits. effectuée par oral ou par écrit. à juge unique. L’action civile demeure ouverte sous les formes rappelées cidessus. tantôt exclue. Danet et S. On peut d’abord sonder l’auteur sur son éventuel intérêt pour une telle proposition afin limiter les refus ultérieurs. (CF. L’article 41-2 prévoit comme en cas de refus des propositions la mise en mouvement de l’action publique. les actes tendant à sa mise en œuvre ou à son exécution interrompent la prescription de l’action publique. Pratique des parquets et judiciaire. les délégués prennent ou non l’initiative d’organiser un contact entre auteur et victime. est plus ou moins précoce. statuera sur les intérêts civils au vu du dossier de composition pénale ou utiliser la procédure civile d’injonction de payer en produisant l’ordonnance de validation à l’appui de ses demandes et de leurs justificatifs. tantôt le personnel du greffe.73 réparé par le mis en cause peut délivrer une citation devant le tribunal correctionnel qui. Grunvald « Brèves remarques tirées d’une première évaluation de la composition pénale » AJP. J. C’est qu’en effet. « La composition pénale Une première évaluation». Elles peuvent le cas échéant avoir pour conséquence une inscription au FIJAIS ou un retrait de points du permis de conduire. 2005. La délégation donnée aux délégués par le procureur pour la proposition des mesures peut-être ouverte ou fermée. L’observation du terrain révèle une variété surprenante de modèles procéduraux construits par les juridictions qui ont fait choix d’utiliser la composition pénale. La proposition peut-être faite immédiatement suite au constat de l’infraction ou plus tard.

même si pour certains ils relèvent de la sociologie du droit et à ce titre n’entrent pas dans son champ d’étude. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer l’opinion selon laquelle la CRPC n’est pas un « plaider coupable ». au gré de leurs besoins et de leurs contraintes. les juridictions ont. 2004. Papadopoulos. Les notes. du côté de l’exercice des poursuites. Les refus de validation sont rares. c’est d’une part que la mise en œuvre de cette procédure a été précédé dans toutes les juridictions qui l’ont adopté d’une phase de préparation et de discussion entre parquet et siège. on lira I.74 à l’occasion d’un nouvel entretien. La CRPC a été instituée par la loi n°2004-204 du 9 mars 2004 et vient donc. Cette procédure s’en distingue à beaucoup d’égards et au surplus elle s’inscrit dans un système processuel très différent. construit des modèles assez différents de composition pénale. En tout cas la dénommer « plaider coupable » ne la rend pas plus lisible aux yeux des justiciables auprès desquels il n’est peut-être pas utile d’entretenir la confusion entre séries télévisuelles américaines et réalité judiciaire française. PUF. il était relevé des taux très importants d’acceptation de la composition pénale par les justiciables et des taux d’exécution également très satisfaisants notamment au regard des taux de recouvrements des amendes classiques. coll. Elle s’en distingue cependant par quatre caractères principaux : . ceci afin d’éviter de multiplier les risques de refus de validation. Ces modèles sont plus ou moins centrés sur un objectif de simplification ou de normalisation tandis qu’au contraire d’autres entendent utiliser cette procédure pour atteindre des objectifs pédagogiques ou de meilleure individualisation des sanctions. Le résultat est tangible. sur les types de dossiers qui lui seraient dédiés et les mesures qui seraient proposées. le texte français. Ces paramètres qui s’inscrivent aujourd’hui dans les indicateurs quantitatifs d’évaluation des politiques publiques et notamment ceux de la LOLF ne sauraient être ignorées du juriste. instaurer une procédure qui par le rôle nouveau qu’elle confie au parquet et par le fait qu’elle suppose une reconnaissance de culpabilité s’approche beaucoup de la composition pénale. On le voit. sur plusieurs tribunaux. (Sur le plaider coupable. fut-il à la française. Des juges du siège prennent connaissance des dossiers avant l’acceptation de la composition par l’auteur et d’autres ne conçoivent même pas qu’il puisse en être ainsi. Ce qui doit enfin être noté. Nous partageons avec M. Le plaider coupable : la pratique américaine. II La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou CRPC. Enfin dans l’étude menée en 2002.

La voie de l’appel est ouverte contre les décisions d’homologation. la nature et le quantum de la ou des peines sont déterminés conformément aux dispositions de l'article 132-24 du code pénal. La CRPC peut être utilisée pour juger les délits punis à titre de peine principale d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure à cinq ans. Les peines prononçables en CRPC. Le rapport de la commission Guinchard (proposition n°62) suggérait de faire sauter la limite tenant à la peine d’emprisonnement encourue et de viser tous les délits tout en conservant les exclusions citées ci-dessus. L’intervention du juge donne ici lieu obligatoirement à une audience. . on doit en déduire que cette procédure peut aussi concerner une personne morale dont le représentant sera convoqué dans les conditions prévues de manière générale à l’article 706-43 du CPP. On ne saurait ici confondre le champ d’application de la CRPC (sauf exclusions les délits punis d’amende ou de peines de 5 ans et moins d’emprisonnement) avec les peines susceptibles d’être prononcées dans ce cadre. les délits politiques et les délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale sont exclus de son champ (Articles 495-7 et 495-16 du CPP). sa durée ne peut être supérieure à un an ni excéder la moitié de la peine d'emprisonnement encourue. Selon la circulaire d’application du 2 septembre 2004.75 Le parquet ne peut déléguer son pouvoir de proposition. la CRPC n’est pas applicable aux mineurs (Article 49516 du CPP) et le texte de l’article 495-7 du CPP visant « la personne » qui reconnaît avoir commis un délit. elle permettrait aussi de juger les contraventions connexes reprochées à l’auteur du délit. Le champ d’application. la CRPC donne lieu sous réserve d’homologation au prononcé de peines exécutoires et qui peuvent être des peines d’emprisonnement. Il peut également proposer qu'elle fasse l'objet d'une des mesures d'aménagement énumérées par l'article 712-6. et même si la loi ne le prévoit pas expressément. les délits de presse. Lorsqu'est proposée une peine d'emprisonnement. dite audience d’homologation. Les trois premiers alinéas de l’article 495-8 du CPP limitent ainsi qu’il suit les peines qui peuvent être proposées à la personne qui reconnaît les faits dans ce cadre processuel : « Le procureur de la République peut proposer à la personne d'exécuter une ou plusieurs des peines principales ou complémentaires encourues . Le procureur peut proposer qu'elle soit assortie en tout ou partie du sursis. Les délits d’homicides involontaires. S’agissant de l’auteur du délit. Faisant suite à l’exercice des poursuites. sans autre précision.

la CRPC a échoué du fait du refus de l’intéressé ou du refus d’homologuer du juge. » La procédure de CRPC n’échappe donc pas à la nécessaire individualisation des peines.cit. par un autre mode. le placement à l'extérieur ou le placement sous surveillance électronique. Si. il faudra « reciter » c'est-à-dire délivrer un nouvel acte de poursuite. La limitation prévue par le texte aux peines susceptibles d’être prononcées peut s’entendre de deux manières. mais. « La saisine du tribunal résultant de cette convocation en justice est caduque si la personne accepte la ou les peines proposées et que celles-ci font l'objet d'une ordonnance d'homologation. l’échec survient à moins de dix jours de l’audience. la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures autorise désormais le procureur à saisir le tribunal et à engager une CRPC (Article 49515-1 CPP). il précise à la personne s'il entend que cette peine soit immédiatement mise à exécution ou si la personne sera convoquée devant le juge de l'application des peines pour que soient déterminées les modalités de son exécution. interprétation qui est celle de la circulaire du 2 septembre 2004. l’audience initialement prévue devant le tribunal correctionnel à la suite d’une citation directe ou d’une convocation en justice pourra se tenir si.76 Si le procureur de la République propose une peine d'emprisonnement ferme. Soit comme la volonté du législateur de réserver cette procédure à des faits de gravité limitée qui. Non seulement. notamment la semi-liberté. son montant ne peut être supérieur à celui de l'amende encourue. » . mais il peut choisir d’y recourir d’office ou à la demande de l’intéressé ou de son avocat (Article 495-7 et 495-15 CPP). S’il s’y refuse. op. Dans le cas contraire. il n’est pas tenu de faire connaître sa décision. le fait d’accéder à la demande de la défense de recourir à une CRPC n’empêche pas le ministère public de conserver sous la réserve énoncée ci-dessus le bénéfice d’un autre mode de poursuite. Afin d’éviter que cette demande ne masque des intentions dilatoires. bien sûr la CRPC est en cours à la date de l’audience prévue ou si elle a abouti. la convocation à l’audience du tribunal correctionnel sera caduque. n°141) les poursuites vers la CRPC. mais qui laisse perplexe sur l’égalité des justiciables devant la loi pénale. ou ne fasse perdre à la justice sa célérité. Soit comme la volonté du législateur de voir prononcées des peines allégées en raison de la reconnaissance des faits. quel que soit le mode de poursuites ne justifierait pas une peine d’emprisonnement supérieure à un an. Le délai entre la citation et la comparution doit être respecté et l’existence d’une CRPC en cours durant ce délai risquerait de nuire aux droits de la défense. ou même une stratégie de défense et la peine. on l’a dit dans la précédente leçon. Alors que les poursuites sont engagées. le procureur peut donc choisir de faire « bifurquer » (Desportes et LazergesCousquer. et sur le bien fondé de ce lien posé apriori entre le choix d’une procédure et la peine prononcée. L’initiative du recours à la CRPC est réservée au parquet. Lorsqu'est proposée une peine d'amende. plus de dix jours avant cette audience. Elle peut être assortie du sursis. L’initiative de la procédure et son contexte. accédant à la demande de la défense.

4 et5 CPP). Mais il s’expose alors à ce que le parquet le présente au juge des libertés et de la détention afin de voir ordonner son placement sous contrôle judicaire ou. y compris parfois au sein d’un même parquet. l’assistance d’un avocat est obligatoire (choisi ou commis d’office) (Article 495-8 al. En réalité. notamment la semi-liberté. Elle comporte deux phases bien distinctes. seul un magistrat du parquet peut proposer la CRPC et il n’est même pas question ici comme la circulaire d’application l’envisageait de faire demander par un OPJ. par exemple en fin de garde à vue et avant le traitement direct à l’intéressé s’il serait susceptible d’accepter une CRPC (ce qui se pratique pour la composition pénale nous l’avons vu). le placement à l'extérieur ou le placement sous surveillance électronique »Article 495-8 CPP). d’une part. La circulaire du 2 septembre 2004 semblait exclure toute « négociation » de la peine entre le parquet et la défense. l’enquête sociale est ici obligatoire (Article 41 CPP). tout en convenant implicitement que de leur dialogue. il peut arriver que la défense apporte aux parquets des éléments de personnalité qui justifient voire imposent de reconsidérer la peine proposée. les praticiens rapportent des pratiques fort différentes sur la teneur du dialogue entre parquet et défense et sa plus ou moins grande proximité avec ce qui serait une négociation. Dès cette phase de la procédure. le prévenu peut demander à bénéficier d’un délai de dix jours pour donner sa réponse (Article 495-8 al. préciser « s'il entend que cette peine soit immédiatement mise à exécution ou si la personne sera convoquée devant le juge de l'application des peines pour que soient déterminées les modalités de son exécution. L’aléa du mode d’exécution de la peine d’emprisonnement ferme est donc également supprimé. Pour se déterminer. la peine proposée pouvait évoluer puisqu’elle recommandait de ne faire figurer au procès verbal que le dernier état de la proposition. s’il « propose une peine d'emprisonnement ferme ». L’avocat peut consulter le dossier. Devant le Procureur de la république. à titre exceptionnel. conduit à devoir les prendre en compte. Bien entendu. Répétons-le. et l’article 132-24 du CP rappelé à l’article 495-8 du CPP. Le Conseil d’Etat a par arrêt du 26 avril 2006 annulé sur ce point les dispositions de la circulaire. Comme en matière de comparution immédiate. C’est en sa présence que sont recueillies sur procès-verbal d’une part la reconnaissance des faits qui lui sont reprochés par l’intéressé. Pour le reste. Sa nouvelle comparution devant le procureur doit alors intervenir dans un délai compris entre dix à vingt jours à compter de la décision du juge des libertés et de la détention. le mis en cause dispose d’une information importante : le parquet doit.5 du CPP). son placement en détention provisoire. la ou les peines proposées par le magistrat du parquet et l’acceptation ou le refus de l’intéressé. Enfin. ce dernier peut après avoir entendu la proposition du procureur s’entretenir avec son conseil hors la présence du procureur.77 Faut-il alors penser la CRPC comme une forme d’exercice des poursuites alternatif ? Le déroulement de la procédure. .

que. il a été voté par l’Assemblée nationale une disposition par laquelle la possibilité était offerte aux juges du siège de moduler à la baisse la peine proposée par le procureur de la République et acceptée par le prévenu. la situation de la victime ou les intérêts de la société justifient une audience correctionnelle ordinaire . Préalablement à cette décision binaire.C.(Rapport de M. reconnaît les faits qui lui sont reprochés et accepte la ou les peines proposées par le procureur de la République. le juge n’a d’autre choix que d’homologuer ou de refuser d’homologuer. que la personne. seul le président du tribunal de grande instance peut homologuer cette proposition . sous cette réserve. d'autre part. n°1578 A. qu'il lui appartient à cet effet de vérifier la qualification juridique des faits et de s'interroger sur la justification de la peine au regard des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur .Extrait 107. est bien remplie. Blanc. la personnalité de l'intéressé. et la reconnaissance libre et sincère de culpabilité de l’intéressé (Article 495-9 du CPP).N. C. Décision n°2004-492 du 2 mars 2004) n’a fait que souligner le fait que l’homologation ne saurait être une décision plus ou moins formelle (réserve au considérant n°107 ci-dessous). qui font valoir qu’elle est contraire à l’esprit même de la procédure (qui repose sur l’acceptation par le prévenu de la peine proposée par le procureur de la République) ». les dispositions contestées ne portent pas atteinte au principe de séparation des autorités chargées de l'action publique et des autorités de jugement . d'une part. il a en revanche le devoir de vérifier la réalité des faits et leur qualification juridique. qu'il pourra refuser l'homologation s'il estime que la nature des faits. . que cette ou ces peines sont justifiées au regard des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur (Article 495-11 du CPP). E. Une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel (C. Le Sénat a fait obstacle à cette modification arguant de ce qu’elle était contestée par les magistrats du parquet. C’est ici la vérification de ce que les poursuites sont bien justifiées et de ce que la condition de la CRPC. Encore doit-on signaler qu’à l’occasion de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures. si la peine est proposée par le parquet et acceptée par l'intéressé. que. doit. qu'il ressort de l'économie générale des dispositions contestées que le président du tribunal de grande instance pourra également refuser d'homologuer la peine proposée si les déclarations de la victime apportent un éclairage nouveau sur les conditions dans lesquelles l'infraction a été commise ou sur la personnalité de son auteur . quant à elle être motivée par les constatations. la reconnaissance des faits. Considérant. Décision n°2004-492 du 2 mars 2004. Sa décision qui prend la forme d’une ordonnance. 1er avril 2009).78 La phase d’homologation. en présence de son avocat.C. Comme pour la validation de la composition pénale. en premier lieu.

» Les formes de l’audience d’homologation : publique mais sans présence obligatoire du procureur. elle se voit réduite ici à présenter sa demande de réparation après homologation d’une peine qui a été proposée et acceptée en amont.C. une vraie place dans l’instruction et l’audience de fond de jugement des délits. 2004) que l’audience correctionnelle suscite et auquel la partie civile peut par ces questions participer. Le conseil d’Etat suspendit l’exécution des deux circulaires sur ce point par ordonnances de référé du 11 mai 2005. sans participer à la phase pénale du procès qui s’est déroulé devant le procureur. Dalloz. Danet. Ce feuilleton juridico-législatif qui dura presqu’un an démontre à quel point l’institution de nouvelles procédures n’est pas si aisée. Le législateur avait prévu une audience en chambre du conseil c'est-à-dire sans caractère public. Lorsque la victime ne s’est pas constitué partie civile l’article 495-12 du CPP prévoit que « le procureur de la République doit l'informer de son droit de lui demander de citer l'auteur des faits à une audience du tribunal correctionnel statuant conformément aux dispositions du quatrième alinéa de l'article 464. La vérification du juge de la réalité des faits et de la sincérité de l’aveu n’aura pas grand-chose à voir avec « l’aveu-récit » (sur cette notion. c’est la place de la victime dans cette procédure. Le tribunal statue alors sur les seuls intérêts civils. Les pratiques des parquets furent différentes. Etats de droit. faire l’objet d’une audience publique. L’obligation posée par . Par une nouvelle circulaire. Le texte initial était muet. le garde des Sceaux maintint sa position estimant même que l’avis de la Cour de cassation ne s’imposait pas aux juridictions. au vu du dossier de la procédure qui est versé au débat. sauf circonstances particulières nécessitant le huis clos. Le conseil constitutionnel avait censuré cette disposition comme non conforme à la constitution (C. la chambre criminelle estima au contraire qu’en application de l’article 32 du CPP. La loi du 26 juillet 2005 soumise au Conseil constitutionnel fut déclarée conforme à la constitution. 2éd. le ministère public devait être présent à cette audience d’homologation qui est une audience d’une juridiction répressive. Une proposition de loi fut alors déposée aboutissant au vote du texte rappelé ci-dessus. Décision n°2004-492 du 2 mars 2004) « le jugement d’une affaire pénale pouvant conduire à une privation de liberté doit. La victime peut aussi présenter sa demande par lettre recommandée selon les formes prévues à l’article 420-1 du CPP (Article 495-13 du CPP). J. » L’article 495-9 du CPP modifié par la loi n°2005-847 du 26 juillet 2005 dispose : « la présence du procureur de la République à cette audience [l’audience d’homologation] n'est pas obligatoire ». cette question énoncée cidessus sous ses aspects juridiques cachait un problème de pratiques. Dans un avis n° 005 0004 P du 18 avril 2005. Ce qui fait aussi l’une des particularités de la CRPC au regard de la culture judiciaire française. En fait. nous renvoyons à nos développements dans « Défendre ».79 La place de la victime. coll. Dans sa circulaire du 2 septembre 2004 le garde des Sceaux soutenait que cette présence n’était pas nécessaire. dont elle sera avisée de la date. Habituée à tenir et depuis plus longtemps qu’on ne le dit parfois. pour lui permettre de se constituer partie civile.

le tribunal correctionnel selon l'une des procédures prévues par l'article 388 ou requiert l'ouverture d'une information. le ministère public est présent. saisi d'une requête en homologation. Il n’est pas suspensif. le procureur de la République saisit. Articulation des deux phases.80 l’article 495-9 de présenter « aussitôt » l’acceptation de la peine. La CRPC devait être une procédure rapide. Le législateur a ouvert la voie de l’appel contre les seules ordonnances d’homologation au prévenu. au parquet sur appel incident et à la partie civile. le procureur de la République peut la retenir jusqu'à sa comparution devant le tribunal correctionnel ou le juge d'instruction. les poursuites sont reprises ou se poursuivent sur les convocations déjà effectuées sous les réserves visées ci-dessus. elle ne peut aggraver la peine. sauf élément nouveau. si la réunion du tribunal n'est pas possible le jour même. la personne concernée obligeait et oblige le plus souvent à faire tenir par le siège des audiences d’homologation qui sont différentes des audiences pénales à juge unique auxquelles par principe. » L’homologation pourra donc désormais intervenir dans le mois suivant la proposition et l’acceptation de la peine. devant le président du tribunal de grande instance ou le juge délégué par lui la personne. Les dispositions du présent alinéa sont applicables y compris si la personne avait demandé à bénéficier d'un délai et avait été placée en détention provisoire en application des dispositions des articles 495-8 et 495-10. sauf appel incident du ministère public. Les suites d’un échec. La loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures a tout en maintenant ce principe ouvert une brèche dans la conception d’une CRPC aux deux phases accolées. La cour d’appel évoque l’affaire et statue sur le fond et. Dès le projet de loi qui a institué la CRPC. L’exigence faite au parquet d’être présent à ces audiences d’homologation aboutissait à faire de la CRPC une audience « chronophage » là où les parquets et le ministère de la justice avaient espérer des gains de temps. la proposition de peine du procureur et l’homologation de la peine acceptée se suivraient sans délai. conformément aux dispositions de l'article 395 . il est fait application des dispositions de l'article 396. il avait été prévu que les deux phases. L’article 495-12 prévoit alors : « Lorsque la personne déclare ne pas accepter la ou les peines proposées ou que le président du tribunal de grande instance ou son délégué rend une ordonnance de refus d'homologation. Lorsque la personne avait été déférée devant lui en application des dispositions de l'article 393. En cas de refus par l’intéressé de la peine prononcée. L’appel. Elle a ajouté au premier alinéa de l’article 465-9 du CPP la phrase suivante : « Si la personne n'est pas détenue. Conclusion . comme en cas de refus d’homologation. elle peut être convoquée devant le président du tribunal de grande instance ou le juge délégué par lui dans un délai inférieur ou égal à un mois. Ce qu’exprime l’adverbe « aussitôt ». qui doit avoir lieu le jour même.

Il va de soi que les modifications qui pourraient intervenir sur la question du champ d’application de ces procédures donneront des indications importantes sur la manière selon laquelle. La CRPC plus « garantiste » que la composition pénale et bien plus encore que l’OP délictuelle est celle des trois procédures qui paradoxalement aura suscité le plus de défiance de la part de la défense.81 La composition pénale et la CRPC sont encore bien trop récentes pour que l’on puisse tirer un bilan définitif de leur acclimatation à la procédure pénale française. . Elles sont incontestablement en concurrence avec les autres modes de poursuite et notamment avec l’ordonnance pénale délictuelle. La fréquence pour l’une et l’autre des modifications législatives intervenues depuis leur création témoigne de certains tâtonnements mais aussi de la volonté de les adapter autant que nécessaires aux besoins de procédures rapides. Elles ont suscitées de fortes réticences. à l’avenir leur concurrence se développera et sur les usages respectifs qu’en feront les juridictions à supposer sur ce plan qu’une certaine uniformité se fasse jour ce qui en l’état est loin d’être acquis.

la durée moyenne est passée de 17.781 se terminent par des non-lieux.374 mises en examen pour des infractions principales qualifiées . L’effectif stagne depuis 2004. Nous avons réservé pour les deux leçons qui suivent d’une part l’étude des restrictions et privations de liberté qui peuvent être mises en œuvre en cours d’instruction et d’autre part l’étude des nullités qui peuvent affecter enquête et instruction. une progression plus forte (de 20. p.7 mois à 20.2 mois. car le nombre de mises en examen par affaire au réquisitoire introductif est très stable : dans trois cas sur quatre.111) tandis que les qualifications « délits » baissent elles aussi légèrement mais depuis trois ans déjà (de près de 27. 4éd. En chiffres absolus. on emploiera dans cette leçon indifféremment les notions d’instruction ou d’information. La notion d’instruction « préparatoire » sert à distinguer cette phase du procès de l’instruction qui sera menée à l’audience de jugement. La durée moyenne des instructions pour autant progresse de manière continue. Pour 11. Et pour 10.82 4 L’information ou instruction préparatoire « L’information est la phase de la procédure au cours de laquelle le juge d’instruction recherche s’il existe des charges permettant de renvoyer un individu devant une juridiction de jugement. Dictionnaire de droit pénal général et procédure pénale. Par souci de simplicité. on a dénombré 49. Le nombre des affaires terminées est passé en 2006 en dessous de son niveau de 2002. ellipses. L’instruction est peut-être à la veille d’une réforme qui bousculera le paysage de notre procédure pénale si le choix de supprimer la fonction de juge d’instruction se confirmait. ce n’est semble-t-il pas en raison du nombre de personnes impliquées.5 mois à 23. Quelques données statistiques extraites de l’annuaire statistique de la justice 2008 Il existe 609 postes budgétaires de juge d’instruction. L’étude des dispositions relatives à l’instruction telles que nous les connaissons aujourd’hui pourrait justifier un cours complet à elle seule. Beziz-Ayache. on compte un dossier dans lequel l’infraction principale est qualifiée crime pour trois dans lesquels elle est qualifiée délit. les qualifications « crimes » ont augmenté de 2002 à 2005 et baissent en 2006 (8.6 mois). La courbe du nombre des mises en examen suit celles du nombre d’instruction en légère décrue. 7.000 à 24. Cette phase est le plus souvent appelée instruction ou instruction préparatoire ». Si on peut penser que la complexité des affaires instruites s’accroît. Avec en matière de crimes. Au réquisitoire introductif. on a zéro ou une mise en examen. En cinq ans.000 mises en examen.936). appelée instruction d’audience. en 2006. Dans les affaires terminées en 2006.141). (A. Autant dire que cette leçon n’a d’autre prétention que de présenter les notions de base permettant à l’étudiant d’en comprendre les lignes de force.796 affaires sans mise en examen au réquisitoire introductif.

la création des pôles de l’instruction a modifié sensiblement les règles relatives à la saisine initiale du juge d’instruction et à la désignation du juge. Pour la même raison. en décision de clôture. La loi n° 2007-291 du 5 mars 2007 a modifié assez profondément les règles de l’ouverture de l’information en créant des pôles de l’instruction.6%. Les nonlieux pour article 122-1 du code pénal (irresponsabilité pour trouble mental) diminuent encore et passent sous la barre des 200 par an. L’ouverture d’une information à l’initiative du ministère public pose en effet deux questions simples : comment le ministère public ouvre-t-il l’information ? Et comment le juge d’instruction est-il désigné ? Cette dernière question supposant que dans une juridiction.83 crimes au réquisitoire introductif (et 37. on a. semble assez stable (entre 31% de renvois aux assises en 2002 et 29% de renvois en 2006). sinon. le réquisitoire introductif doit être. Extrait de « Bref commentaire de quelques chiffres de l’annuaire 2008 » AJ pénal juin 2009 I L’ouverture de l’information. soit à un phénomène de surqualification à l’ouverture de l’information. le choix du juge ne se pose pas. ce qui ne préjuge pas de la réforme de la procédure pénale qui pourrait intervenir d’ici là. Parce que le juge d’instruction ne saurait s’autosaisir (Article 80 du CPP).290 transmissions aux cours d’assises majeurs ou mineurs ce qui renvoie. signé et daté à peine de nullité ce qui implique qu’il soit écrit.400 sur 49. il faut rappeler ici les conditions dans lesquelles la plainte avec constitution de partie civile va provoquer l’ouverture d’une information. Les mis en examen sont des hommes à 88%. Enfin. en chiffres relatifs. évidemment. âgés de moins de trente ans à 51. La loi n ° 2009-526 du 12 mai 2009 a reporté l’entrée en vigueur de la collégialité au 1er janvier 2011. Ce dispositif est entré en vigueur le 1er mars 2008. le réquisitoire doit obligatoirement déterminer les faits . selon la jurisprudence. il existe plusieurs juges d’instruction car. Le réquisitoire introductif ou « réquisitoire à fin d’informer » est l’acte par lequel le procureur de la république demande à un juge d’instruction d’informer sur des faits.100 mises en examens dans les affaires terminées en 2006). La différence entre la qualification au réquisitoire introductif et le renvoi. seuls compétents pour connaître des crimes et des affaires faisant l’objet d’une cosaisine en raison de leur gravité ou de leur complexité (Article 52-1 du CPP). Trois mis en examen sur quatre sont renvoyés devant le tribunal correctionnel (37. En tout cas. soit plus probablement à une pratique de correctionnalisation massive. 3.760 pour des délits). et étrangers à proportion de 14%. Il devait être transitoire jusqu’au 1er janvier 2010 date à laquelle la loi prévoyait l’instauration de la collégialité pour instruire dans toutes les informations.

L’ouverture d’une information peut aussi survenir à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile. c'est-à-dire tendant à ce qu’il n’y ait pas lieu à poursuivre. ils ne peuvent admettre aucune qualification pénale ». Des dispositions règlementaires organisent cette compétence concurrente et le règlement des difficultés qu’elle peut susciter. La loi du 5 mars 2007 a ajouté la possibilité pour le parquet de prendre dès ce stade des réquisitions de non-lieu. L’auteur du réquisitoire introductif. alinéa 1er du CPP : « Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut en portant plainte se constituer partie civile devant le juge d'instruction compétent… » et l’article 86 du CPP dispose quant à lui que « le juge d'instruction ordonne communication de la plainte au procureur de la République pour que ce magistrat prenne ses réquisitions ». A quel procureur revient-il de prendre le réquisitoire introductif lorsque l’affaire relève de la compétence d’un pôle ? L’article 80 II du CPP prévoit comme en matière d’enquête la compétence concurrente du procureur territorialement compétent au regard des dispositions de droit commun de l’article 43 du CPP et celle du procureur près le tribunal pourvu d’un pôle. Il le fera le plus souvent par référence aux pièces jointes (procès-verbaux d’enquête préliminaire ou de flagrance ou une dénonciation par exemple) mais l’acte en lui-même mentionne les qualifications retenues en l’état par le parquet et les textes d’incrimination applicables. « dans le cas où il est établi de façon manifeste. si la plainte ne lui semble pas suffisamment motivée ou justifiée. d’entendre la partie civile ou l’inviter à produire tout pièces utiles à l’appui de sa plainte mais il ne peut ensuite prendre des réquisitions de non informer que si. que les faits dénoncés par la partie civile n'ont pas été commis »(Article 86 al. Hors ces hypothèses. de l’avis du parquet. On parlera dans le second cas de « réquisitoire contre X ». à supposer ces faits démontrés. « Le réquisitoire peut être pris contre personne dénommée ou non dénommée » (Article 80 al.2 du CPP).4). Le procureur peut demander au juge d’instruction. le cas échéant au vu des investigations qui ont pu être réalisées à la suite du dépôt de la plainte ou en application du troisième alinéa. les faits ne peuvent légalement comporter une poursuite ou si. la partie civile a ainsi pu mettre en mouvement l’action publique et sa plainte avec constitution de partie civile produit les mêmes effets que le réquisitoire . « pour des causes affectant l'action publique elle-même.84 dont il entend saisir le juge d’instruction. La désignation d’une personne au réquisitoire introductif suppose que. Article 85. Mais la désignation d’un individu ou d’une personne morale dans le réquisitoire introductif ne s’impose pas au parquet. il existe à son encontre des indices graves ou concordants rendant possibles sa mise en examen et cette appréciation aura ultérieurement quelques conséquences en termes de droits de la défense.

aux termes de la loi. contenir la manifestation non équivoque de ce que son auteur entend se constituer partie civile. La loi n°2007-291 du 5 mars 2007 a cependant institué une condition préalable en matière délictuelle. celles-ci pourront bénéficier du statut de témoin assisté (Voir infra) (Article 113-2 du CPP). (sauf matière électorale ou de presse) à la recevabilité des plaintes avec constitution de partie civile : elles ne sont plus recevables qu’après notification d’une décision du parquet de ne pas poursuivre ou si trois mois se sont écoulés depuis le dépôt de plainte simple sans que des poursuites aient été engagées par le parquet (Article 85 al. elle n’a pas obligation de désigner les personnes soupçonnées d’être les auteurs de ces faits. Cette question s’est évidemment compliquée d’une part du fait de la création des 91 pôles de l’instruction (Article 52-1 du CPP) dont les juges sont seuls compétents pour connaître des dossiers criminels (en cosaisine ou pas) et d’autre part de l’élargissement des cas de cosaisine. . contre-pouvoir important au pouvoir d’apprécier l’opportunité des poursuites donné au parquet. voire. emporter la désignation de juges situés dans un pôle d’instruction (Articles 80 II et 118 du CPP). Formellement la plainte peut prendre la forme d’une simple lettre. doit lui-même être encadré et il l’est notamment par le mécanisme de la consignation : la partie civile qui met en mouvement l’action publique et qui ne bénéficie pas de l’aide juridictionnelle voit mettre à sa charge la consignation d’une certaine somme d’argent en garantie du paiement de l'amende civile susceptible d'être prononcée à sa charge au titre d’une procédure abusive ou dilatoire (article 88 à 88-2 et177-2 du CPP). le cas est rare. Ce droit accordé à la partie civile. Comme le réquisitoire introductif. bien entendu. La désignation du juge d’instruction. Le plus simple pour présenter la situation à laquelle on aboutit est de distinguer deux séries de cas : 1) La désignation d’un seul juge d’instruction est possible. cosaisine qui doit. Mais si elle les nomme. il n’y a pas lieu à cosaisine. mais elle doit en revanche.85 introductif. Le parquet en effet ne prend pas en cette hypothèse un réquisitoire introductif mais des réquisitions aux fins d’informer. Elle doit préciser les faits qui vont délimiter la saisine du juge mais non rapporter leur preuve.2 du CPP). d’une déclaration orale dont le juge fera dresser procès-verbal par son greffe. et il n’est pas nécessaire qu’elle leur donne des qualifications juridiques ou vise les textes d’incrimination. selon la jurisprudence.

La désignation du juge d’instruction est également confiée au Président du TGI (Article 83 al. Ce n’est pas une collégialité. . Le dossier est alors transmis pour désignation d’un juge du pôle compétent territorialement. pour ordonner une mise en liberté d'office et pour rendre l'avis de fin d'information prévu par l'article 175 et l'ordonnance de règlement. Toutefois. le juge d'instruction chargé de l'information coordonne le déroulement de celle-ci. or. . Il a seul qualité pour saisir le juge des libertés et de la détention. siège du pôle Soit d’office. 1 du CPP). s’il n’existe qu’un seul juge dans ce TGI.s’il n’existe qu’un seul juge d’instruction dans le TGI : il est évidemment désigné. » - 1er cas La cosaisine est décidée en ouverture d’information. l'information peut faire l'objet d'une cosaisine selon les modalités prévues par le présent article ». - 2éme cas La cosaisine est décidée en cours d’information.s’il existe plusieurs juges d’instruction dans le TGI (avec ou sans pôle). Définition de la cosaisine : un ou plusieurs juges d’instruction sont adjoints à celui qui est chargé de l’information. sauf en matière criminelle. Nota bene : en matière criminelle. ce dispositif est nécessairement mis en œuvre par le président d’un TGI doté d’un pôle. 2) Il y a lieu à cosaisine. Article 83-1 al.86 . Article 83-2 du CPP : « En cas de cosaisine. soit par avance en établissant un « tableau de roulement » qui désigne un juge pour instruire les affaires donnant lieu à réquisitoire introductif durant telle période. par hypothèse.1 CPP) « Lorsque la gravité ou la complexité de l'affaire le justifie. Il y procède soit dossier par dossier à leur réception. cet avis et cette ordonnance peuvent être cosignés par le ou les juges d'instruction cosaisis. car celle-ci relève de la compétence d’un juge d’instruction d’un pôle. il n’y a pas de pôle. Elle est décidée par le président du Tribunal. Soit sur réquisitions du ministère public (celui de son tribunal ou d’un tribunal dépourvu de pôle estimant la cosaisine souhaitable). (Article 83-1) Rappel : les cas de cosaisine sa désignation et son effet.

4 du CPP). le 26 mars 2007.. puis le président du pôle désigne au sein de celui-ci le juge chargé de l’instruction et le ou les juges adjoints. le 13 novembre 2006. 188 à 190. a excipé de la nullité de la procédure en faisant valoir que. une ordonnance de mise en accusation de trois personnes devant la cour d'assises des mineurs et de renvoi d'une quatrième devant le tribunal correctionnel . sur réquisitions du ministère public ou sur requête des parties privées. compétente en ce cas. L’opération est complexe et se déroule en plusieurs temps : le juge initialement saisi se « dessaisit au profit du pôle » et adresse à ce pôle la copie du dossier.. 6 de la Convention européenne des droits . 80.. Mais sur le second moyen de cassation. 81. 83. le Président de la chambre de l’instruction ou la Chambre saisie par lui tranchent.87 Elle est décidée par le président du Tribunal siège d’un pôle. 178. avisé le 12 mars 2007. pris de la violation des articles préliminaire. de vérifier en outre que la cosaisine « est indispensable à la manifestation de la vérité et à la bonne administration de la justice » (Article 83-1 al. 2 et 83-2 dernier alinéa du CPP) sauf si toutes les dispositions légales ont été éludées (Crim. 26 février 2008. Le juge alors véritablement dessaisi envoie son dossier aux juges désignés (Article D31-1 du CPP). un réquisitoire de réouverture de l'information sur charges nouvelles et requis "qu'il plaise à Madame le juge d'instruction rouvrir le dossier d'information n° 1/04/53" . mis en examen le 11 mai 2007. Attendu que Joël X. On notera que si l’information est ouverte dans un tribunal sans pôle. il y a donc lieu à dessaisissement de la juridiction saisie au profit de la juridiction siège du pôle territorialement compétent (une cosaisine n’étant possible qu’au siège d’un pôle). 177. 175. d'une part. 591 à 593 du code de procédure pénale.. Soit à la demande du juge chargé de l’information Soit avec l’accord de ce juge.. 179. n°51) en encadré ci-dessous. 181. 26 février 2008 N° de pourvoi: 07-87865 Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que le juge d'instruction a rendu. B. Si l’information est ouverte dans un TGI sans pôle. a délivré. de ce qu'une empreinte génétique relevée lors de l'enquête appartenait à Joël X. En cas de refus de la cosaisine par le président ou de silence pendant un mois suite à la demande qui lui a été présentée ou si le juge en charge de l’instruction refuse la cosaisine. le juge d'instruction n'a pas été régulièrement désigné dans les conditions prévues par l'article 83 du code de procédure pénale . d'autre part. le réquisitoire aurait dû être pris sur le seul fondement de l'article 80 du code de procédure pénale et que.. il appartient à la chambre de l’instruction. Crim. La désignation du juge d’instruction est une mesure d’administration judiciaire non susceptibles de recours (Articles 83 al. que le procureur de la République.

excès de pouvoir . si le mis en examen ne peut contester le mode de désignation d'un juge d'instruction par le président du tribunal ou son remplaçant tel que prévu à l'article 83. le magistrat qui le remplace. pour chaque information. que le réquisitoire du 26 mars 2007 ait pu être valablement qualifié de "réquisitoire introductif" par l'arrêt attaqué. en toute hypothèse. l'arrêt. le juge d'instruction de Chartres saisi par l'acte du 26 mars 2007 est celui-là même qui aurait été compétent en vertu de l'article 52 du code de procédure pénale si un réquisitoire à fin d'informer avait été délivré au visa de l'article 80 du même code" . après . la chambre de l'instruction a violé les articles 83. "1°) alors qu'il résulte des règles posées par les articles 175 et suivants du code de procédure pénale que le juge d'instruction qui. Vu l'article 83 du code de procédure pénale .. "4°) alors que. a compétence pour désigner. les pouvoirs que détient le juge d'instruction en vertu de l'article 81 dudit code ne lui permettent de procéder à des actes d'instruction que s'il a été régulièrement saisi en application de l'article 80 du même code . en l'absence de tout acte de désignation. été saisi que d'une nouvelle information. accomplis dans le cadre de la poursuite d'une information close. pour écarter l'argumentation du demandeur et dire la procédure régulière. en cas d'empêchement. notamment. que la cassation aura lieu sans renvoi . le juge qui en sera chargé .88 de l'homme. pour les besoins du raisonnement. la chambre de l'instruction n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations et a.. que le dernier alinéa de l'article 83 du code de procédure pénale dispose que les désignations sont des mesures d'administration judiciaire . néanmoins. 175. en recourant à la procédure des articles 188 à 190 du code de procédure pénale. qui constitue un acte d'administration judiciaire. sur les réquisitions du procureur de la République. "aux motifs qu"en procédant conformément aux dispositions des articles 188 à 190 du code de procédure pénale le procureur de la République a cependant éludé l'application des dispositions de l'article 83 du code de procédure pénale relatives à la désignation du juge d'instruction par le président du tribunal . et consacré l'excès de pouvoir du juge d'instruction . alinéa 1. 181 et 188 à 190 du code de procédure pénale . lorsque l'information ne peut être réouverte pour charges nouvelles en application des articles 188 à 190 code de procédure pénale.qu'en validant les actes du juge d'instruction. et ordonné le retour de la procédure au juge d'instruction . lequel était dessaisi. contrairement à ce que soutient le demandeur. et en ordonnant de surcroît le retour de la procédure à ce même juge d'instruction incompétent. 179. que. non désigné et n'a. qu'en décidant du contraire. que la cassation interviendra sans renvoi" . pas instruit sur le fondement d'un réquisitoire introductif aux fins d'ouverture d'une nouvelle information. ne sont plus d'ordre public . manque de base légale. la chambre de l'instruction a violé les articles 175. est définitivement dessaisi de l'ensemble de la procédure dans laquelle il ne peut plus accomplir valablement d'acte . "2°) alors que. rend une ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement. le juge d'instruction n'a. ce qui lui interdisait de rouvrir l'information close et de la poursuivre . qu'il s'ensuit que les parties ne peuvent se plaindre de l'absence de désignation du juge d'instruction . lorsqu'il existe dans un tribunal plusieurs juges d'instruction. une fois encore. rouvre une précédente information dont il a été totalement dessaisi par une ordonnance de renvoi devant une juridiction de jugement devenue définitive et commet ainsi un excès de pouvoir . au surplus. seul le président du tribunal ou. Attendu qu'il résulte de ce texte que. le 11 mai 2007 et son interrogatoire du 13 juin 2007. même en admettant. du code de procédure pénale. distincte de la précédente. y compris la mise en examen de Joël X. Attendu que. violé les articles susvisés . défaut de motifs. que tel n'est pas le cas en l'espèce . des dispositions d'ordre public telles la compétence ou l'organisation des juridictions avaient été méconnues . qu'en refusant d'annuler l'ensemble des actes accomplis par le magistrat instructeur après avoir constaté qu'il avait instruit dans la même procédure dont il avait pourtant été définitivement dessaisi sans avoir été ressaisi pour poursuivre cette information. ces règles. "3°) alors que. "en ce que l'arrêt attaqué a refusé d'annuler l'ensemble des actes accomplis par le juge d'instruction et tous les actes subséquents. la chambre de l'instruction a également violé les articles précités . concernant la compétence. il est en revanche fondé à soulever l'incompétence du juge d'instruction qui. qu'une nullité pourrait cependant être encourue si. que. bien qu'il n'ait pas le pouvoir de le faire au regard d'un réquisitoire qualifié "d'introductif". 179 et 181 du code de procédure pénale. qu'en rejetant la requête aux fins d'annulation après avoir pourtant constaté que le juge d'instruction avait poursuivi une information définitivement clôturée.

L’essentiel. op. et ceux qui sont visés dans les documents qui leur sont annexés (les PV d’une enquête préliminaire ou de flagrance.1 du CPP à la suite de la loi du 15 juin 2000. la chambre de l'instruction a méconnu le sens et la portée du texte susvisé et du principe ci-dessus énoncé . Les chambres de l’instruction peuvent. Il peut sans difficulté instruire contre eux et contre « tous autres qui viendraient à être découverts et qui seraient auteurs ou complices ». Il a pu être saisi de faits par un réquisitoire contre une personne dénommée et découvrir que celui qui était visé par ce réquisitoire avait des complices ou coauteurs. aller plus loin et l’art. Mais attendu qu'en se déterminant ainsi. pourvu qu’elle respecte les droits de la défense. le procureur de la République s'est substitué au président du tribunal en désignant le juge chargé d'instruire. alors qu'en prenant un réquisitoire visant à tort les articles 188 à 190 du code de procédure pénale. Guinchard et Buisson. ceux qui sont visés au réquisitoire introductif ou dans la plainte avec constitution de partie civile et clairement énoncés. le juge d’instruction a obligation d’instruire et d’instruire à charge et à décharge comme le rappelle l’article 81 al. 202 al 1 du CPP leur permet d’étendre les poursuites par requalification ou mise en examen complémentaire à tous les faits qui « résultent de la procédure » au delà de ceux qui sont dans l’acte de saisine ou ses annexes (par exemple des PV arrivés depuis le dernier réquisitoire supplétif). les parties ne peuvent se plaindre de l'absence de désignation du juge d'instruction . c’est le principe de la saisine in rem. En revanche. le dernier alinéa dudit article disposant que les désignations sont des mesures d'administration judiciaire.89 avoir énoncé qu'en procédant conformément aux dispositions des articles 188 à 190 du code de procédure pénale. Dans notre procédure. quant à elles. la séparation des autorités de poursuite et d’instruction constitue un principe fondamental (Voir cependant sur la relativité de ce principe. L’extension de la saisine en cours d’information. Cette précision législative traduit assez bien le malaise qui depuis plusieurs années a touché l’institution qu’est le juge d’instruction. Cette prohibition a pour conséquence que le juge d’instruction ne peut instruire que sur les faits dont il est saisi. D'où il suit que la cassation est encourue . si elle est possible suit des règles précises. cit. La saisine in rem. S’agissant des personnes. Le juge est saisi des faits qui figurent dans sa saisine et pas d’autres faits. Cela veut dire aussi qu’il est saisi des faits et non pas des personnes. n°147). Quels sont les faits qui sont inclus dans la saisine ? Initialement. sa saisine n’est pas limitée. documents versés par la partie civile). C’est de ce principe que découle la prohibition de l’auto saisine du juge d’instruction. le procureur de la République a éludé les dispositions de l'article 83 du même code relatives à la désignation du juge d'instruction par le président du tribunal. . retient que. II L’étendue de la saisine du juge.

saisi de faits de viol et de corruption de mineur. Obligation d’informer à charge et à décharge Art. par la nécessité de donner la possibilité de permettre au procureur d’apprécier l’opportunité de prendre un réquisitoire supplétif sur les faits nouveaux. perquisition et saisies) (parmi de nombreux arrêts. sa saisine se trouve donc élargie aux faits qu’il vise. L’évidence est telle qu’aucun texte ne l’énonce. Lorsque la saisine provient de . Les actes d’information qui seraient accomplis par le juge à propos de faits non compris dans sa saisine seraient nuls. il a à sa disposition tout l’éventail de l’orientation pénale. jusqu’où alors peut-il aller dans ce recueil sans sortir de sa saisine ? Les actes et investigations peuvent se justifier par l’urgence. La détermination de l’étendue de la saisine du juge quant aux faits donne lieu à un contentieux qui relève de l’appréciation souveraine des chambres de l’instruction.90 Ajoutons que le visa des faits au réquisitoire et leurs qualifications pénales matérialisent les faits dont le juge d’instruction est saisi (Crim. comment le juge peut-il obtenir l’extension de sa saisine? Il communique aussitôt au parquet (Art. ou encore transmettre les pièces à son collègue territorialement compétent. op. ou s’il les a découverts lors d’investigations. n°260). cit. 80 alinéa 3) les plaintes ou PV qui les constatent. Crim 6 février 1996. 81 al 1 L’obligation d’informer ne fut jamais discutée lorsque le juge d’instruction est saisi par le parquet. La correctionnalisation est une forme d’exception à cette règle. ces informations sur les faits nouveaux.17 juillet 1984. Si le juge reçoit du parquet un réquisitoire supplétif. étant rappelé qu’il a le devoir de rechercher toutes les qualifications possibles et de retenir chaque fait « sous la plus haute acception pénale dont il est susceptible » (Crim. 3 du CPP): il peut soit faire droit à sa demande et requérir au juge d’informer (réquisitoire supplétif). 10 mai 2001. le juge. la chambre criminelle relevant toutefois les erreurs manifestes d’appréciation (voir sur ce point Desportes et Lazerges-Cousquer. Le juge est en revanche libre de qualifier ces faits (sauf exception : délits de presse) et donc de procéder à leur requalification. Quelles solutions pour le parquet lorsqu’il est saisi par le juge de faits nouveaux et que ce dernier souhaite se voir délivrer un réquisitoire supplétif qui étende sa saisine ? (Art. Mais s’il a reçu par auditions. n°1697). soit ordonner une enquête. ne peut mettre en examen la compagne du mis en examen pour abstention volontaire d’empêcher un crime alors que le juge n’est pas saisi de ces faits). Le juge peut instruire sur les circonstances aggravantes des faits même si elles n’ont pas été visées. soit saisir la juridiction de jugement ou procéder à l’une des mesures alternatives des articles 41-1 à 41-3. Bull. et le tout dans des vérifications sommaires ce qui exclut les actes coercitifs (garde à vue. Bref. soit requérir l’ouverture d’une information distincte. n°95-84041). Lorsqu’il découvre des faits nouveaux. 80 al.

les faits ne peuvent légalement comporter une poursuite ou si.3 mars 2009. ils ne peuvent admettre aucune qualification pénale. et ce malgré une jurisprudence incertaine. elle n’est plus discutée depuis l’arrêt Laurent Athalin (Crim. n°1706) estiment que le refus d’informer doit aussi pouvoir être opposé par le juge en cas de réquisitoire introductif du parquet. à l’article 86 al. En permettant au parquet de prendre ab initio des réquisitions de non-lieu ouvrant donc au juge la possibilité des les suivre et de se dispenser d’instruire. Avant la loi du 5 mars 2007. cit. pour des causes affectant l'action publique elle-même. 8 déc. Crim. Le procureur de la République ne peut saisir le juge d'instruction de réquisitions de non informer que si. la Chambre criminelle estimait que « le seul examen abstrait de la plainte » ne pouvait suffire à justifier un refus d’informer (pour un arrêt récent. n°185). Dans le cas où le juge d'instruction passe outre. 1907. 20 juin 2006. le cas échéant au vu des investigations qui ont pu être réalisées à la suite du dépôt de la plainte ou en application du troisième alinéa.207).91 la plainte avec constitution de partie civile. Et on doit en déduire que le juge ne peut pas refuser d’informer dans les cas où le parquet ne peut prendre de telles réquisitions. Article 86 al. que les faits dénoncés par la partie civile n'ont pas été commis. Le procureur de la République peut également prendre des réquisitions de non-lieu dans le cas où il est établi de façon manifeste. pourvoi n°0884521). n°1647. 1 p.4 du CPP cité plus haut qui énonce les conditions sous lesquelles le parquet peut prendre des réquisitions de refus d’informer.4 du CPP. D. Elle est formulée aujourd’hui. op. il doit statuer par une ordonnance motivée. 1906. Bull. La loi du 15 juin 2000 a quant à elle inscrit à l’article 81 du CPP l’obligation pour le juge d’instruire à charge et à décharge. bien maladroitement. à supposer ces faits démontrés. L’obligation d’informer devait prendre la forme d’actes d’instruction. III Les parties à l’information. Desportes et LazergesCousquer. . De nombreux auteurs (Guinchard et Buisson. le législateur de 2007 modifie ainsi la portée de l’obligation d’informer (Crim.

délivrer un mandat d’arrêt ou en matière de criminalité organisée pour décider une infiltration ou une sonorisation. peut vouloir être avisé des interrogatoires et confrontations (article 119 du CPP) et est avisé par les OPJ des commissions rogatoires qui leur sont confiées (Article 151 CPP). pour contraindre un témoin à comparaître. 2 du CPP). De nombreux textes imposent au juge d’instruction de solliciter ses réquisitions notamment en matière de détention provisoire ou de contrôle judiciaire. partie à la procédure ce qui n’empêche pas qu’il dispose des droits accordés au gardé à vue. »(Article 82 al. Le procureur peut aussi prendre l’initiative de réquisitions et à tout moment « requérir du magistrat instructeur tous actes lui paraissant utiles à la manifestation de la vérité et toutes mesures de sûreté nécessaires. il est un interlocuteur permanent du juge d’instruction. . Il doit être avisé des transports sur les lieux. al.2 du CPP). l’habitude a été prise de les désigner sous l’expression « parties privées » par opposition au ministère public. Il a un droit de regard permanent sur la procédure qu’il peut se faire communiquer en permanence (Article 82 al. il peut saisir directement la chambre de l’instruction s’il n’est pas répondu par le juge à une demande de mise en liberté (Article 148 du CPP) et. Il peut interjeter appel de toute ordonnance du juge (Article 185 du CPP) et à cet égard soulignons déjà que son droit est plus étendu que celui des parties privées (voir infra). il n’en dispose pas moins de droits qui sont allés se renforçant au fil des réformes. La notion de « personne mise en cause » est une notion doctrinale sous laquelle on entend désigner les deux statuts processuels de « personne mise en examen » et de « témoin assisté ». saisir le président chambre de l’instruction d’une demande d’examen de l’ensemble de la procédure lorsqu’ une détention provisoire dure depuis plus de trois mois et que la fin de l’instruction n’est pas annoncée (Article 221-3 du CPP).92 L’essentiel. Le procureur de la République. Il peut encore demander l’annulation d’un acte d’information (Articles 170 et 173. Parce que le mis en examen et la partie civile se sont vus à bien des égards accordés les mêmes droits et qu’ils ne sont pas sur un pied d’égalité avec le parquet. Ce suspect qui peut dans le cadre d’une commission rogatoire être placé en garde à vue n’est pas non plus. une personne peut être soupçonnée. Il convient alors de se reporter aux dispositions relatives à l’enquête. Comme le détenu. Si le témoin assisté n’est pas considéré comme partie à la procédure. à ce stade. en cours d’information. Le procureur de la République est une partie nécessaire au procès disposant de droits spécifiques. En un mot.1 du CPP). Le simple témoin n’est pas partie à la procédure. depuis la loi du 5 mars 2007. Par ailleurs.

et . On a compris que le juge d’instruction dispose encore d’une large marge de manœuvre pour décider du moment de la mise en examen. De même que cette convocation. Si le juge ne prononce pas la mise en examen. La mise en examen parce qu’elle ouvre des droits ne saurait être tardive et l’existence d’indices « graves et concordants » si elle n’oblige pas le juge à une mise en examen immédiate l’empêche en tout cas d’entendre ou faire entendre la personne en cause comme simple témoin (Article 105 du CPP). le juge d’instruction notifie à une personne qu’il existe « des indices… rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer. En cas de mise en examen. Le statut de témoin assisté. et recueil de ses observations. même s’il ouvre des droits ne saurait aboutir à priver celui qui en bénéficie des droits accordés au mis en examen et l’article 113-6 al.93 La personne « mise en examen ». comme auteur ou comme complice. Elle l’est aujourd’hui par le contentieux de l’annulation qui permet à la personne mise en examen de contester l’existence des indices (article 80-1 et 174-1 du CPP) mais aussi depuis la loi du 5 mars 2007 par le contentieux de l’appel. Les indices graves ou concordants la rendent possibles mais non obligatoires. La « première comparution » peut aussi faire suite à une convocation à cette fin (Article 80-2 du CPP). Mais elle peut être entendue comme témoin assisté. se doit d’être précisément encadrée. les indices graves et concordants n’interdisent qu’une audition en qualité de témoin mais permettent toutes autres sortes d’investigations et même le placement en garde à vue pourvu qu’il ne donne pas lieu à audition. Les formes de la mise en examen. la personne bénéficie des droits du témoin assisté. Par la phase de mis en examen. à la commission des infractions dont il est saisi » (Article 80-1 al.1er du CPP ouvre au témoin assisté la possibilité de demander sa mise en examen qui est alors de droit. Une personne déférée au juge à la fin d’une garde à vue ou après exécution d’un mandat d’arrêt ou d’amener ne peut être mise en examen que dans le cadre de ce qu’on appelle « une première comparution ». Seul un juge d’instruction (celui qui est en charge du dossier ou l’un de ses collègues délégataire du premier) peut mettre en examen. La mise en examen ne pourra être prononcée qu’après notification des charges. Le refus du juge de revenir sur une mise en examen quand l’information aurait révélé l’inconsistance ou la fragilité des indices peut être porté par le mis en examen devant la chambre de l’instruction (Article 81-1-1 du CPP). La mise en examen ne saurait être prématurée et les indices doivent être « graves ou concordants » au sens d’un seul indice grave ou de plusieurs indices concordants (article 80-1 du CPP).1er du CPP). la mise en examen parce qu’elle mine la présomption d’innocence (l’affirmation par un juge du siège de l’existence d’indices). Créatrice de droit mais tout aussi stigmatisante que l’était la notion d’inculpé. Saisi in rem et non in personam. Le réquisitoire nominatif n’emporte pas et surtout ne vaut pas mise en examen. c’est donc à lui d’informer l’intéressé des accusations portées contre lui et ceci pour respecter les dispositions de l’article 6-3 de la CESDH. le déroulement de la première comparution est très précisément organisé par l’article 116 du CPP.

le témoin assisté peut être entendu par un OPJ à sa demande (Article 152 al. le droit de demander des investigations. Ici encore seul un juge peut notifier ce statut. Cette disposition est peu utilisée. C’est un statut hybride. 6 août 2008. et pour l’entendre quand la personne est mise en cause dans un réquisitoire (Article 113-1 du CPP) ou lorsqu’elle fait l’objet d’un mandat (Article 122. Vue d’ensemble sur les droits du mis en examen. A ce droit d’être assisté d’un avocat aux interrogatoires et confrontations (Articles 114.2 du CPP). L’article 117 du CPP ménage cependant quelques rares exceptions où l’interrogatoire sera possible en cas d’urgence. voir sur ce point Crim. Comme son nom l’indique. n°171) qu’en cette qualité lorsque la personne est visée dans une plainte simple ou avec constitution de partie civile ou dans une audition de victime. l’interrogatoire du mis en examen sera ou non possible. de contester les expertises dont les conclusions lui sont notifiées (Article 167 du CPP). al. Ils sont le résultat d’un combat qui s’est ouvert en 1897 lorsque la défense a pu assister l’inculpé (nom d’alors du mis en examen) dans le cabinet du juge. tandis que l’autre partie demeure ouverte à l’instruction (et sur ces faits là. le témoin assisté bénéfice de droits que n’a pas le témoin et notamment de celui d’être assisté d’un avocat. de présenter ses observations avant la clôture de l’information. sont celles de l’annulation ou du retrait de la mise en examen ou de la perte du statut de mise en examen à la suite du renvoi d’une partie du dossier. entre partie à la procédure qu’il n’est pas et simple témoin qu’il n’est plus puisque mis en cause. Le témoin assisté. la personne en cause n’est pas . Mais à l’inverse du mis en examen. La mise en examen d’une personne déjà entendue comme témoin assisté est moins lourde au plan des formes et peut-être orale ou écrite (Article 113-8 du CPP). le tout sans être tenu au secret de l’instruction.1 et 2 du CPP) et ne peut l’entendre ou la faire entendre (Article 152 CPP.120) et de communiquer librement avec lui en détention (145-4 du CPP) se sont ajoutés ceux d’accéder gratuitement au dossier de la procédure y compris sous sa forme numérique (Article 114). de réclamer sa clôture (article 175-1 du CPP). Le juge doit l’accorder d’office en plusieurs hypothèses : à défaut de mise en examen.7 du CPP).94 selon la situation de la défense. le droit de se taire ou de mentir (le mis en examen ne prête pas serment). Bull. le droit d’appel des ordonnances juridictionnelles du juge qui doivent lui être notifiées. de demander l’annulation de la procédure. Les autres hypothèses.3 du CPP) en cas de mise en cause par un témoin ou lorsqu’il existe des indices rendant vraisemblables que la personne ait pu participer à la commission des infractions dont le juge est saisi. celui d’être entendu par un juge et non par un OPJ (article 152). En quel cas le statut de témoin assisté peut-il ou doit-il être accordé ? Le juge peut l’accorder (Article 113-2 al. Le juge doit l’accorder à la demande de l’intéressé avant toute comparution (Article 113-2 al. marginales.

mais on doit signaler certains droits qui lui sont spécifiques tel celui en matière de crimes et d’atteintes aux personnes d’être avisé de l’état d’avancement du dossier tous les six mois. elle a accès au dossier. la partie civile ne peut être entendue comme témoin. Vue d’ensemble de ses droits. des modalités de ce droit et de la possibilité d’être assistée d’un avocat (Article 80-3 du CPP). la mise en examen n’est pas prononcée. Lors d’une première audition ou par lettre.95 mise en examen). Toute victime (en tout cas supposée telle) des faits instruits par le juge doit être informée par lui de l’ouverture de l’information. Vue d’ensemble sur ses droits. Il peut former des demandes d’annulation. le juge devra donner à la partie civile diverses informations sur ces droits (Article 89-1 du CPP). » Il est donc un enquêteur au sens large du terme. IV Les pouvoirs d’investigation et leur contrôle L’article 81 al. peut poser des questions ou présenter des observations (Article 120 du CPP). à tous les actes d'information qu'il juge utiles à la manifestation de la vérité. voire tous les quatre mois (Article 90-1 du CPP). Il peut encore demander une contre-expertise (Article 167 du CPP). La partie civile. Au stade de l‘instruction déjà ouverte. d’accéder au dossier. Il ne dispose pas du droit de demander toutes investigations mais il peut demander à être confronté avec ceux qui le mettent en cause (Article 82-1 du CPP). Ou enfin lorsqu’après première comparution. il peut en demander la clôture (Article 175-1 du CPP) Il reçoit notification des ordonnances de règlement (Article 183 du CPP) et peut faire valoir ses observations sur appel d’une ordonnance de non-lieu devant la chambre de l’instruction (Article 197-1 du CPP). la constitution de partie civile est dite incidente ou par intervention. Elle ne prête donc pas serment et n’est pas tenue au secret de l’instruction. Il instruit à charge et à décharge. Comme le témoin assisté.1 du CPP dispose que « Le juge d'instruction procède. Elle n’est soumise à aucune forme particulière sinon d’effectuer une déclaration d’adresse qui peut être celle de son conseil. La plupart de ses droits sont décalqués de ceux du mis en examen. conformément à la loi. Elle a le droit d’être assistée d’un avocat (et c’est même une obligation si elle est mineure) (Article 706-50 du CPP).2 du CPP). qui doit être avisé de toute audition . Il ne prête pas serment. La simple lecture de l’article 81 et de la table des matières du code donne une idée des actes qu’il peut . de poser des questions et de présenter des observations aux auditions et confrontations. de son droit de se constituer partie civile. il est informé de la fin de l’information (Article 175 du CPP). Ses droits sont pour l’essentiel énumérés à l’article 113-3 du CPP : droit d’être assisté d’un avocat. Pas plus que la personne mise en examen. Elle a le même droit général de critique et d’intervention dans l’instruction que le mis en examen. lui non plus (Article 113-7 du CPP). elle peut être entendue par un OPJ à sa demande (Article 152 al.

le juge doit respecter les principes directeurs de la procédure pénale et ne pas recourir à des moyens prohibés. interceptions de correspondance (Articles 100 à 100-7 du CPP). Le contrôle de la conduite des investigations est en premier lieu un contrôle administratif. Les contrôles juridictionnels sont plus importants. peut se faire communiquer le dossier à tout moment a toujours pu solliciter l’exécution d’investigations. aux articles 175-1. parade d’identification etc. auditions ou interrogatoires (Articles 101 et suivants du CPP). 81 et 82-1 du CPP). il peut intervenir à l’initiative du président de la chambre de l’instruction en d’autres à l’initiative des parties. Le juge doit lui répondre s’il n’entend pas y faire droit dans les cinq jours (nota bene : le délai est plus court que celui d’un mois par lequel le juge doit répondre aux parties privées. perquisitions. qui prend la forme d’un pouvoir général de surveillance confié au président de la chambre de l’instruction (Article 220 du CPP). infra). supra) par une ordonnance motivée dont le parquet peut faire appel. 82CPP . dotées depuis la loi du 15 juin 2000 d’un droit général de demander des investigations. déloyaux. supra). les parties privées ont comme le procureur un recours en cas de refus opposé par le juge à ces demandes (Cf.96 accomplir ou faire accomplir : enquêtes de personnalité sur la personne poursuivie ou sur la victime (Article 81 et 81-1 du CPP) transports. Le secret professionnel de l’avocat fondé sur la protection des droits de la défense lui est notamment opposable. Au-delà de son obligation d’instruire à charge et à décharge. En certains cas. Enfin. saisies (articles 92 à 99 du CPP). L’exécution sollicitée. le parquet peut saisir directement la chambre de l’instruction (et là. ou attentatoires aux droits de la défense. Mais il en est beaucoup d’autres : reconstitution. L’article 175-2 lui fait obligation d’instruire dans un délai raisonnable mais l’absence de sanctions au dispositif prévu à cet article ôte toute effectivité à ce rappel du législateur. Sa discrète pratique en rend bien difficile le bilan. expertises (Articles 156 à 169-1 du CPP). Il peut aujourd’hui participer à l’exécution des actes qu’il requiert Art. expertise ou contre expertise de droit en certains cas ou domaines (Articles 167-1 et 706-47-1 du CPP). Les lois du 15 juin 2000 et du 5 mars 2007 ont. Mais il ne semble pas que ce nouveau contrôle ait jusqu’ici été beaucoup utilisé en pratique. et d’autres encore spécifiques à la matière de la criminalité organisée. il n’y a pas de filtre à l’appel comme pour les appels des parties privées sur le refus du juge de suivre leurs demandes. Si le juge ne répond pas. organisés un contrôle sur l’ensemble de la procédure. ou en cas de détention provisoire supérieure à trois mois. Au fil du temps sa liberté a été encadrée et il doit aussi procéder à certains actes : auditions régulières de la personne mise en examen si elle en fait la demande (Article 82-1 du CPP). Le parquet. a-t-on dit. cf. en raison de la durée de la procédure. cf. mais qui est enfermé dans des délais et des formes précises (Articles 175. 221-1 à 221-3 du CPP.

97 Les parties privées ont. L’avocat de la partie civile peut. tandis que le parquet peut saisir directement la chambre de l’instruction. d’une partie civile ou d’un autre mis en examen (Article 82-2 du CPP). rappelons-le conquis en 1993 puis par la loi du 15 juin 2000. Un recours est possible sur la décision du juge. ou procédé à tous actes (expertises. peuvent ainsi demander qu’il soit procédé à leur interrogatoire ou audition. Les pratiques de certains présidents de chambres de l’instruction sont si restrictives des droits des parties privées que la chambre criminelle a du annuler certaines de leurs décisions pour excès de pouvoir. et non pas seulement en la forme. . Le mis en examen et la partie civile peuvent demander à ce que leur avocat soit présent à un transport sur les lieux. le droit de demander l’exécution de tout acte d’instruction. qu’il soit ordonné la production d’une pièce. quant à lui. à l’audition d’un témoin. La rupture d’égalité entre parquet et parties privées est ici manifeste. demander comme le parquet tout acte permettant d’apprécier la nature et l’importance des préjudices ou de recueillir des renseignements sur la victime. à une confrontation. compléments d’expertise). Il existe une procédure pour formaliser la demande et le juge doit y répondre par ordonnance motivée dans le délai d’un mois (Article 81 alinéas 9 et 10 du CPP) susceptible d’appel. de « filtrer » au fond. demande qui n’est pas ouverte à la défense (Article 81-1 du CPP). à l’audition d’un témoin. les parties privées doivent quant à elles saisir de leur appel le président de la chambre de l’instruction qui décide ou non en opportunité de saisir la chambre par une ordonnance insusceptible de recours. Ainsi. Elle est justifiée en théorie par le fait que le juge doit conserver pour l’essentiel la maîtrise de l’instruction et en pratique par le souci d’éviter l’asphyxie des chambres de l’instruction sous ce type d’appel. y compris le témoin assisté. Mais cet appel est aux termes de l’article 186-1 du CPP porté devant le président de la chambre de l’instruction qui a charge par une ordonnance insusceptible de recours. ces appels des parties privées sur des refus d’actes. contre expertise. un transport. Les parties.

examen. Contrôle Fixation de consignation.1 CPP).3 du CPP) Ordonnances de refus de complément d’expertise et contre expertise (Article 186 al. -Principaux droits d’appel des parties privées : des droits limités.1 du CPP). Recevabilité de CP Civile (87 CPP) Détention judiciaire et Irrecevabilité de partie civile. tantôt communs.98 Vue d’ensemble sur le droit d’appel des parties -Droit d’appel général du ministère public contre toutes les ordonnances juridictionnelles du juge d’instruction (Article 185 al. tantôt particuliers et parfois filtrés. Ce droit est ouvert au procureur général (Article 185 al. (Article 186-3 du CPP).2 CPP). Refus de remise en cause de la mise en statuer sur un chef de prévention. Ordonnance de mis en accusation Filtré Ordonnances de refus d’actes . Ordonnance de règlement omettant de judiciaire (voir leçon suivante). Appels du Mis en examen des Appel de la Partie civile des ordonnances ordonnances Article 186 CPP Non filtré Droit d’appel commun : Ordonnances rendues sur la compétence (Article 186 al. Ordonnance de renvoi « disqualifiante » c'est-à-dire procédant à une disqualification de crime en délit. Ordonnance de refus de restitution (Article 99 du CPP).

dans le cadre de la saisine du juge. Elle a alors été sollicitée (Cf.99 V L’exécution déléguée. La forme de la commission rogatoire est définie aux articles 151 et 155 du CPP. qui en avise dans ce cas le procureur de la République. Il existe donc deux formes d’exécution : l’exécution personnelle et l’exécution déléguée. Article 151 al. supra).1 du CPP Le juge d'instruction peut requérir par commission rogatoire tout juge de son tribunal. il peut cependant en application des dispositions de l’article 151 du CPP déléguer leur exécution. peut être générale (« tous actes utiles à la manifestation de la vérité ») ou spéciale. L’exécution déléguée Elle est depuis plusieurs décennies devenue habituelle et c’est donc le plus souvent par commission rogatoire que le juge d’instruction travaille. c'est-à-dire l’acte par lequel le juge donne mission à un autre juge ou. La délégation. au sens où le délégataire doit respecter la saisine du juge mais. la chambre criminelle admet que les OPJ qui découvrent des faits étrangers à la saisine du juge. de procéder aux actes d'information qu'il estime nécessaires dans les lieux où chacun d'eux est territorialement compétent. l’exécution peut être spontanée ou faire suite à une demande des parties. puissent procéder à des investigations en application des règles de flagrance. Mais certains des pouvoirs du juge d’instruction . à distinguer d’une réquisition ou d’un dessaisissement. C’est une sorte de délégation de pouvoirs. plus fréquemment à un OPJ de procéder à des investigations n’est pas un acte juridictionnel et elle n’est donc pas susceptible d’appel mais seulement d’une demande d’annulation. Ils établiront sur ces faits étrangers des procédures incidentes. il ressort que si le juge d’instruction a bien le monopole des actes d’investigation ce qui lui permet « si les nécessités de l’instruction l’exigent …de se transporter… sur toute l’étendue du territoire national » (Article 93 du CPP). Le juge d’instruction ne peut pas délivrer de commissions rogatoires générales. 81 et 93 du CPP. Des articles 49. La commission rogatoire en ellemême. Dans les deux cas. tout juge d'instruction ou tout officier de police judiciaire.

A l’inverse. 154du CPP). Depuis la loi du 15 juin 2000. VI Le règlement de l’information. confronter un mis en examen ou un témoin assisté à d’autres personnes. Parce que le juge d’instruction est indépendant. effectuer une perquisition dans un local protégé (tel un cabinet d’avocat par exemple).100 ne sont pas susceptibles de délégation aux OPJ : mettre en examen. Jusque là. Au sens où l’on dit d’une affaire qu’elle doit être réglée tôt ou tard. La loi du 5 mars 2007 l’a complexifiée encore (quatre temps) pour la rendre plus contradictoire. il existe une possibilité pour les parties privées (y compris le témoin assisté) de demander la clôturer de l’instruction (voir supra). Les OPJ ont en revanche des pouvoirs exclusifs qui peuvent être utilisés pendant l’exécution d’une commission rogatoire et qu’ils ne tiennent pas de leur juge déléguant : la garde à vue (Art. La clôture est aujourd’hui devenue une véritable procédure à elle-seule. La clôture de l’instruction est aussi appelée « phase de règlement ». Mais ces gardes à vue qui interviennent dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire sont contrôlées par le juge délégant. On va dire en pratique « ce dossier est au règlement » pour signifier qu’on attend le réquisitoire de règlement qui précèdera l’ordonnance de règlement. elle s’effectuait en deux temps pour qu’elle ne surprenne pas. il peut ne pas apprécier les choses comme le parquet ou les parties privées qui estiment que l’information pourrait être clôturée et estimera devoir poursuivre son instruction. . interroger un mis en examen. délivrer un mandat. il peut décider de clôturer alors qu’une partie a relevé appel d’une de ses ordonnances ou sans avoir mis en examen une personne visée au réquisitoire introductif. placer quelqu’un sous le statut de témoin assisté.

Ses causes peuvent être diverses : des charges insuffisantes. Son autorité : elle n’éteint pas l’action publique. Elle a une autorité absolue et définitive si elle est motivée en droit. Le tout. sous réserve de l’appel du ministère public et de la partie civile. quels sont les choix ouverts au juge dans la phase de règlement? Il peut rendre une ordonnance de non lieu à suivre. la personne détenue est libre. . Avec cependant une exception : la fraude (à la démence par exemple) ou la révélation d’un fait qui transforme la qualification d’un délit en crime qui. Le non lieu peut être total ou partiel. à leur tour. Et la partie civile peut être condamnée si elle a mis en action l’action publique à une amende civile sur réquisitions du parquet. » Quelle est la fonction de l’ordonnance de règlement ? « Vider la saisine » du juge c’est à dire examiner tous les faits dont il est saisi et dire s’il existe contre la ou les personnes mises en examen des charges constitutives d’infraction dont il doit déterminer la qualification juridique. un ou des auteurs inconnus. elle peut demander la restitution des objets saisis et à être indemnisée d’une détention provisoire. A partir de là.101 Le schéma de la clôture 1 temps avis de 175 CPP 2éme temps 3éme temps 4éme temps ↑ ↓ ↓ [1er délai (1mois si détenu] [2ème délai10 jours si un [l’ordonnance de règlement [3 mois si pas de détenu] détenu. en précisant les éléments à charge et à décharge concernant chacune des personnes mises en examen. un moi sinon ] motivée* est possible] Le PR prend ses réquisitions Copie aux parties qui. (copie au PR) et demandes d’actes Témoin assisté idem Réquisitions du Pr et/ou observations complémentaires des parties possibles Plus de demandes d’actes possibles Témoin assisté idem er * « Cette motivation est prise au regard des réquisitions du ministère public et des observations des parties qui ont été adressées au juge d'instruction en application de l'article 175. font leurs observations. Ses effets : le juge est dessaisi. une ordonnance de renvoi ou une ordonnance de mise en accusation. 177 al 1 et 182 al 1 CPP). du coup n’est pas prescrit alors que c’est ce motif de droit qui avait conduit sur la base d’une qualification délictuelle au non lieu. il existe un fait justificatif ou l’action publique est éteinte. aucune qualification juridique ne peut être retenue. elle n’est plus mise examen ou n’est plus témoin assisté. L’ordonnance de non lieu (Art.

la personne contre qui le juge va peut-être continuer d’instruire. Elle met fin à la détention provisoire. que le prévenu bénéficie du statut de « repenti » (loi du 9 mars 2004). Le renvoi peut-être partiel.102 Elle a une autorité relative et provisoire si elle est motivée en fait : toute personne non citée à la procédure peut faire l’objet de poursuites et selon la jurisprudence la plus récente ce serait le cas même si elle a été entendue comme témoin (Crim. L’ordonnance de renvoi précise. si elle n’a pas. l’ordonnance avise le prévenu de ce qu’il a obligation de faire connaître ses changements d’adresse avec une sanction à cette obligation : S’il ne le fait pas. devant le tribunal correctionnel. Le mandat d’arrêt conserve sa force exécutoire et si le mandat d’amener ou de recherche cesse de pouvoir recevoir exécution. Le renvoi suppose en tout cas pour le juge d’avoir interrogé le mis en examen sur le fond ou d’avoir au moins recueilli ses explications lors de la première comparution. 188 du CPP). La réouverture est possible contre des personnes mises en examen et la jurisprudence l’a étendu aux personnes visées dans une plainte. Enfin. le juge peut leur substituer un mandat d’arrêt. Et en ce cas. 22 01 1997) ce qui est une solution sévère pour les témoins et pas très sécurisante. . Depuis la loi du 9 mars 2004. pour ce qui reste à instruire. signalons l’exception de la réouverture sur charges nouvelles (rare) (Art. La décision rendue contre lui serait contradictoire et le délai d’appel court alors du jour où elle est prononcée. tous les vices de la procédure sont purgés (voir leçon sur les nullités). sauf maintien en détention motivé par le juge d’instruction. si c’est le cas. la citation à l’adresse fournie en dernier lieu vaut citation à personne. Seul le parquet peut la requérir et la notion de charges nouvelles ne signifie pas la découverte de faits nouveaux mais de faits inconnus ou connus mais la portée n’était pas connue. Supra). parfois le tribunal pour enfants si le mis en examen est mineur. Par l’ordonnance de renvoi. le législateur a ouvert la possibilité de faire appel de l’ordonnance de renvoi en correctionnelle lorsque le mis en examen ou la partie civile estiment que les faits sont criminels (Article 186-3 CPP). En contrepartie de l’impossibilité de soulever sauf exception l’incompétence matérielle du tribunal correctionnel au profit de la Cour d’assises. le statut de mis en examen a celui de témoin assisté (Cf. L’Ordonnance de renvoi Il s’agit d’un renvoi devant le tribunal de police (rare en pratique).

Ce système était présenté comme une compensation à l’absence de recours ordinaire contre les décisions de Cour d’assises. et dans la pratique. prénoms.103 L’Ordonnance de Mise en accusation La loi du 15 juin 2000 a modifié le système ancien qui ne permettait pas au juge d’instruction de renvoyer un mis en examen devant la Cour d’assises et qui l’obligeait à saisir la Chambre de l’instruction qui. Cette motivation est prise au regard des réquisitions du ministère public et des observations des parties qui ont été adressées au juge d'instruction en application de l'article 175. » Brève conclusion sur les caractères de l’instruction Procédure de type inquisitoire donc cela pourrait vouloir dire : secrète. avait le pouvoir de rendre un arrêt de renvoi devant la Cour d’assises. Elle est aussi devenue de plus en plus complexe. mais désormais les auditions sont en matière criminelle enregistrées. Ainsi le législateur a-t-il voulu mettre fin à la mauvaise habitude pris bien avant l’informatisation des tribunaux de reprendre par un copier/coller dans l’ordonnance de renvoi les termes du réquisitoire définitif. ils sont bien réels. seule. de façon précise. il sera si facile de lui substituer une institution qui d’emblée fasse mieux. beaucoup considèrent que le secret de l’instruction n’a jamais été effectif. Elle est encore largement écrite. dénoncés avec force par exemple à l’occasion de l’affaire d’Outreau. elle s’est faite plus contradictoire. le mandat d’arrêt lancé contre un mis en examen en fuite peut recevoir exécution. Article 184 CPP : « Les ordonnances rendues par le juge d'instruction en vertu de la présente section contiennent le nom. Rien ne dit pour autant que malgré ses défauts. A peine de nullité. les ordonnances de renvoi et de mise en accusation doivent non seulement être motivées avec précision mais au surplus ces motifs doivent répondre aux réquisitions et observations qui ont été échangées entre le ministère public et les parties privées durant la phase de règlement. Elles indiquent la qualification légale du fait imputé à celle-ci et. date. Depuis la loi du 5 mars 2007. elle doit contenir l’exposé des faits. Elle peut l’être par une ordonnance de mise en accusation prise par le juge d’instruction et susceptible d’appel (Art. lieu de naissance. Le contrôle judiciaire et le mandat de dépôt criminel continuent de produire leurs effets. en précisant les éléments à charge et à décharge concernant chacune des personnes mises en examen. La création de l’appel en matière criminelle a conduit le législateur à simplifier les conditions de la saisine de la Cour d’assises. De moins en moins secrète et depuis le XIXème siècle. domicile et profession de la personne mise en examen. . Progressivement. 181 CPP pour les faits criminels et connexes). écrite et non contradictoire. la qualification légale. les motifs pour lesquels il existe ou non contre elle des charges suffisantes. l’identité de l’accusé et s’il bénéficie de la qualité de repenti.

L’opacité relative qui en résulte nourrit sans aucun doute le contentieux. parce que l’instruction ne peut conduire à la vérité. Difficilement admises. la jurisprudence ajoute dans ce contexte ses propres concrétions qui déforment l’édifice législatif. a. n°2005). Livre cinquième. sur certains contentieux. Il est d’abord nécessaire de clarifier certaines notions tenant à l’existence de cas de nullités.689 et 768). sous l’apparente simplicité d’une typologie binaire. parce que la justice pénale ne peut conserver son nom qu’à la condition de les observer ? » (F. 493). alimenter les préventions voire les soupçons de l’opinion à l’encontre de la justice pénale. Elle peut. p. . Garraud. la situation faite aux nullités de l’enquête et de l’instruction rend toujours aussi actuelle l’inquiète interrogation de Faustin Hélie. Elle est source d’insécurité juridique pour l’ensemble des justiciables. Le code de procédure criminelle de 1958. en réalité laissé au juge la possibilité de construire un système complexe articulant les conditions qui déterminent les cas de nullités avec les conditions déterminant le prononcé de la nullité (Cf. 1885. témoigne d’une incapacité législative à stabiliser et clarifier ce système Bien plus. Hélie. Au milieu du XIXème siècle. Faustin Hélie plaidait ainsi en faveur de la nécessité de sanctionner clairement de nullité la violation de certaines règles de procédure pénale : « N’y a-t-il pas dans toutes les procédures des règles qui ne sauraient être impunément violées. Desportes et Lazerges-Cousquer op. cit. 1845.104 5 Les nullités de l’enquête et de l’instruction. §445. Rappelons d’abord que l’article 171 du CPP vise la violation « de toute disposition de procédure pénale » expression qui doit s’entendre comme une disposition légale. Paris. La typologie des nullités et son évolution La situation actuelle de notre droit est le résultat de stratifications législatives dont l’histoire débute avec le code d’instruction criminelle (Voir R. Les causes de nullité des procédures d’enquête et d’instruction et les conditions de leur mise en œuvre constituent une question complexe dont l’étude laisse une impression d’opacité sinon entretenue du moins acceptée avec une résignation tout juste contrite par un législateur qui abandonne au juge la maîtrise du système. de 1975 à nos jours. Précis de droit criminel. et parfois décevantes au plan des effets pour ceux qui s’en prévalent. aux stratifications législatives. délicates à mettre en œuvre. et notamment la défense. La dernière période. L’analyse des conditions de leur mise en œuvre révèle une défiance des juges devant des demandes toujours soupçonnées d’être des moyens dilatoires de la défense. Traité de l’instruction criminelle. p.

Elle prescrit à peine de nullité la rédaction d’un procès verbal en matière de CRPC (article 495-14) et soumet à autorisation et à peine de nullité les infiltrations et perquisitions en matière de criminalité organisée (706-83 et 706-92 du CPP). la distinction entre nullités textuelles et virtuelles subsiste mais elle s’efface derrière la question de la nature de ces nullités qui peuvent être les unes et les autres qualifiées par le juge de nullités d’ordre public ou au contraire d’intérêt privé. prononcées sans autre condition. Il n’existe plus de liste des nullités textuelles. encore appelées « substantielles ». et d’autres qui ne le sont pas mais qui existeraient en puissance et sont donc « virtuelles ». « Nullités textuelles » et « nullités virtuelles ». la loi du 15 juin 2000 avait créé de nouveaux cas de nullités textuelles aux articles 80-1.105 Nullités textuelles ou nullités virtuelles. recouvraient les unes et les autres à l’origine des nullités d’ordre public. apparaissent et disparaissent au gré des réformes multiples de la procédure pénale. A titre d’exemple. La mise en œuvre des nullités textuelles est. Les réformes successives de 1975 et de 1993 (lois du 4 janvier et du 24 août 1993) et leur interprétation jurisprudentielle aboutissent finalement à ruiner en grande partie l’intérêt de la distinction initiale entre nullités textuelles et substantielles. nature qui conditionne leur prononcé. . Mais surtout. 82-1 et 77-2 et 137-1 notamment. d’élargir le champ des annulations aux formalités jugées « substantielles » même si elles n’ont pas été prescrites par le législateur « à peine de nullité ». Elles sont disséminées dans le code. elle aussi. suspendue à la qualification jurisprudentielle et à l’existence d’un grief en cas de nullités d’intérêt privé. La distinction entre des nullités « textuelles ». le législateur ne fait donc rien d’autre que d’affirmer qu’elle n’est pas secondaire. en présence d’une nullité textuelle ou virtuelle qualifiée par le juge d’intérêt privé. relevée très tôt par la jurisprudence. Il dispense certes le juge de dire que la violation de cette règle peut être sanctionnée de nullité en l’écrivant lui-même dans la loi. la violation de la règle de procédure n’est sanctionnée par l’annulation que si l’existence d’un grief aux intérêts de celui qui l’invoque est établie. Sous l’empire du code de procédure pénale de 1958. Mais il lui laisse toute latitude pour qualifier cette nullité et la soumettre ou non à la condition d’un grief. est née de la nécessité. La loi dite Perben II du 9 mars 2004 supprime en abrogeant les alinéas 2 à 4 de l’article 77-2 la nullité d’actes d’enquête effectués sans que le juge des libertés et de la détention ait été saisi alors qu’une demande sur les suites données à une garde à vue a été formée. expressément visées par le code de procédure. Lorsqu’il prescrit une règle de procédure pénale à peine de nullité aujourd’hui.

y compris la Cour de cassation. n°1265). toute juridiction.).106 Cette situation s’analyse comme la résultante de plusieurs facteurs : des initiatives législatives d’inspiration contradictoires prises en 1975 et 1993. Procédure pénale. à l’exception de l’inculpation tardive. En 1975. 1991. » . 2éd. Elle laissait au juge le soin de sanctionner les violations d’autres formalités substantielles d’intérêt privé sous la condition d’un grief. le législateur avait voulu soumettre l’ensemble des nullités. et enfin la volonté remarquable de la Cour de cassation de demeurer le maître des équilibres entre intérêts individuels et intérêts collectifs. Ce système simple mais « sévère » (Guinchard et Buisson. n’a jamais été suivi par la chambre criminelle qui a continué de juger que les nullités qu’elle qualifiait d’ordre public devaient être prononcées sans grief à prouver. Le nouveau législateur la jugeait trop large et lui reprochait une conception trop extensive de l’ordre public. entre les principes généraux de la procédure et les nécessités de la répression. le refus par les législateurs successifs d’adopter les systèmes cohérents qui ont pu leur être proposés et qui visaient à la sécurité juridique (Voir notamment les propositions de Mme M. Nullités d’ordre public ou nullités d’intérêt privé. Le législateur semble avoir depuis lors renoncé à exprimer une théorie claire des nullités de la procédure pénale. La loi du 4 janvier 1993 introduit dans le code une liste de nullités textuelles qui étaient toutes qualifiées par le législateur d’ordre public et sans grief à prouver. Article 802 du CPP (rédaction issue de la loi du 24 août 1993) « En cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d’inobservation des formalités substantielles. Système clair qui superposait exactement la distinction ancienne de nullités textuelles et virtuelles avec celle plus récente de nullité d’ordre public et d’intérêt privé.L. Rassat Propositions de réforme du Code de procédure pénale 1997 et précédemment celles de la commission Justice pénale et droits de l’homme dit projet Delmas-Marty. qui est saisie d’une demande d’annulation ou qui relève d’office une telle irrégularité ne peut prononcer la nullité que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts de la partie qu’elle concerne. La liste fut supprimée par la loi du 24 août suivant. à la condition d’un grief. La mise en état des affaires pénales. Il n’affirme nulle part expressément dans la loi l’existence de nullités d’ordre public et c’est le pouvoir exécutif qui précise à la suite de la loi du 24 août 1993 par voie de circulaire que « la loi nouvelle ne remet pas en cause la jurisprudence de la cour de cassation relative aux nullités d’ordre public » (Circulaire du 24 août 1993 article 802 CPP point 5). Litec. entre les droits de la défense et l’efficacité de la police et de la justice.

Elle consiste à dire que sa rédaction permet aussi de concevoir l’atteinte requise comme inhérente à la violation dénoncée.107 Une lecture littérale de l’article 802 du CPP placé dans à la fin du CPP parmi des « Dispositions générales » conduirait pourtant à soumettre les nullités d’ordre public à l’emprise de ce texte et donc à la condition de l’existence d’un grief. n°434. Rassat. tout comme d’ailleurs celle de l’article 171 du CPP qui relatif aux nullités de l’information dispose : « Il y a nullité lorsque la méconnaissance d'une formalité substantielle prévue par une disposition du présent code ou toute autre disposition de procédure pénale a porté atteinte aux intérêts de la partie qu'elle concerne ». Selon la formule de la chambre criminelle et sur un exemple récent : Crim. espèce par espèce. La jurisprudence s’est effectivement engagée dans ce subtil distinguo. grief qui devrait s’apprécier in concreto. 182 ou encore Crim 2 mai 2002 pourvoi . C’est le cas pour certaines des nullités de la garde à vue telle la notification des droits (Parmi une très abondante jurisprudence. Bull. n°582 et M. En certains cas la chambre criminelle affirme à propos d’une nullité d’intérêt privé qu’elle « porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ». n°2017). Merle et Vitu. op. sa rédaction ambiguë peut encore laisser place à deux interprétations. Grief à prouver ou « atteinte nécessairement portée aux intérêts concernés ». 30 avril 1996. Bull. n°1267. tome 2 procédure pénale. Crim 10 mai 2000. n°738. Ou si l’on préfère elle considère qu’elle est en présence d’une irrégularité qui fait « intrinsèquement grief » (Desportes et Lazerges-Cousquer. op. » S’agissant des nullités d’intérêt privé auxquelles l’article 802 s’applique donc seulement. le soin d’apprécier en fait l’existence d’un grief. PUF 2001. L.) estime que l’annulation implique la preuve d’un grief causé au demandeur. 11éd. 5éd. Deux arguments militent en ce sens : l’article 802 ne les écarte pas et il vise tout à la fois le cas d’une juridiction saisie d’une demande d’annulation et celui d’une nullité relevée d’office « formule qui ne peut viser que les nullités d’ordre public » (Cf. cit. Pradel Procédure pénale. Crim.) n’enferme pas l’article 802 dans cette conception d’un grief à prouver dans chaque espèce. Comment faut-il entendre l’expression « a porté atteinte » ? La première interprétation (Voir notamment en ce sens J. Bull. La seconde interprétation (Guinchard et Buisson. Bien entendu cette interprétation conduit à confier à chaque juridiction y compris à la Cour de cassation expressément visée par le texte. Telle violation d’une formalité substantielle peut alors être considérée comme portant nécessairement atteinte aux intérêts de la partie concernée. n°182. cit.) Telle n’est pas l’interprétation jurisprudentielle qui considère que l’article 802 ne s’applique pas aux nullités qu’elle déclare d’ordre public. Traité de procédure pénale. 2003. Cujas. 187 « Les dispositions de l'article 77-1 du Code de procédure pénale sont édictées dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice […] et leur méconnaissance est constitutive d'une nullité à laquelle les dispositions de l'article 802 dudit Code sont étrangères. Cujas. Traité de droit criminel. 14 oct.

cit. est un facteur de célérité en sauvant des procédures qui ne méritent pas toujours d’être anéanties » (J. Rép. cit. Il arrive qu’à propos d’une nullité textuelle (Articles 82-1. op.). 2001.453). et doit-elle en conséquence être sanctionnée sans qu’il soit besoin de satisfaire aux conditions de l’article 802 ? La nullité estelle d’intérêt privé ? Mais alors peut-on considérer que la violation de la formalité en cause porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ? Enfin si tel n’est pas le cas. Les « ressources » qu’il suppose. sauf l’hypothèse où elle ressort d’une « circonstance insurmontable ». Il encourage évidemment le contentieux même si « la Cour de . Pénal Dalloz. que par les personnes poursuivies dans des procédures d’urgence et défendues par des avocats non spécialisés. A chaque nouvelle nullité. Le grief recouvre le plus souvent une atteinte aux droits de la défense. La nullité est-elle d’ordre public. estimant qu’il n’y a pas en l’espèce de préjudice pour le demandeur » et si « l’article 802.cassation utilise massivement l’article 802. En réalité. elle disparaît derrière son admission « par principe » (en ce sens M. la chambre criminelle . CPP. 10 CPP). ce système produit des effets non recherchés. Il sera donc écarté lorsqu’il y « a été pallié de sorte que les droits de la défense ont été assurés dans des conditions équivalentes à celles prévues par la loi ou en tout cas suffisantes » (Desportes et Lazerges-Cousquer op. Pradel. Encore ajoute-t-elle que cette notification tardive doit être sanctionnée pour porter nécessairement atteinte aux droits du gardé à vue. la réserve des « circonstances insurmontables » renvoie au cas de force majeure. On en citera deux exemples. fév. n°21). Apprécié globalement.il une violation ayant causé grief à celui qui l’invoque ? Cette cascade d’enjeux auxquels les praticiens sont donc directement exposés ouvre en apparence tous les espoirs y compris bien sûr celui d’un revirement de jurisprudence. Le système n’est pas à l’abri de formulations confuses ou d’interprétation délicate. soulevée à propos de la violation d’une formalité substantielle s’attache donc de multiples enjeux auxquels seule la Chambre criminelle apportera réponse définitive. Il n’est pas économe de la peine des juridictions. cit. sans nier pour autant l’existence d’un grief. le juge et in fine celui de la cour de cassation reconnaîtra-t. « Nullités de procédure ». la charge de la preuve de ce grief n’est pas seulement renversée. n°2020) ou lorsque la méconnaissance de la procédure est demeurée sans conséquences. ou lorsque l’avocat. Il est également injuste au sens où il n’est pas également mobilisable par les justiciables. On présume alors en quelque sorte une renonciation implicite de la part de la défense à se prévaloir de la nullité. Il peut être alors tentant de dire qu’ici « la charge de la preuve du grief est renversée » et que ce sont là des « nullités avec présomption simple de grief qui rejoignent le contentieux de l’ordre public » (En ce sens M. intellectuelles et matérielles seront plus facilement mobilisées par ceux qui sont mis en cause à propos d’infractions économiques et financières faisant l’objet d’une information judiciaire. n°435. n°738. op. 82-2 et 81 al. Rassat.108 n°01-88. Guerrin.). le grief étant inhérent à la violation de la règle. voire la partie concernée était présente lors de l’accomplissement de l’acte irrégulier et n’a pas protesté. L. Pour le reste.

la chambre de l'instruction prononce par les motifs repris au moyen.. laquelle faisait en l'espèce grief à ses intérêts. qu'ils ajoutent qu'en l'espèce. lequel doit comprendre toutes les pièces de la procédure. épouse S. que les juges retiennent qu'ont ainsi été violées les dispositions de l'article 116 du Code de procédure pénale qui imposent que l'avocat puisse consulter sur-le-champ le dossier. Rejette . Mais attendu qu'en se déterminant ainsi alors que la demande formée par l'avocat de la partie civile ne répondait pas aux exigences légales et que la personne mise en examen n'avait pas renoncé à se prévaloir de la méconnaissance de cette formalité substantielle.. Attendu que. doit être présentée dans les formes prévues par le dixième alinéa de l'article 81 dudit Code. le 30 septembre. » Il n’est pas toujours aisé de savoir à la lecture d’un arrêt de rejet sur un pourvoi du ministère public si la chambre criminelle alors même qu’elle affirme qu’une violation porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ne fonde pas essentiellement sa solution sur les arguments factuels relevés par la cour d’appel et qui selon elle établissaient un grief. pour rejeter la demande d'annulation de l'interrogatoire de première comparution de Françoise P. Crim. pris de l'irrégularité de sa mise en examen et de son placement en détention provisoire. alinéa premier. a nécessairement porté atteinte aux droits de la défense. présenté par Franck C. l'arrêt attaqué relève que le rapport d'expertise …n'a pas été porté à la connaissance de l'avocat de Franck C. d'une pièce de la procédure. 11 mai 2004. la demande écrite et motivée d'une partie civile tendant à ce qu'il soit procédé en présence de son avocat à l'interrogatoire d'une personne mise en examen. 11 mai 2004 Bull. pour faire droit au moyen de nullité. la chambre de l'instruction a justifié sa décision. la chambre de l'instruction a méconnu le sens et la portée des textes susvisés et des principes cidessus énoncés.. 29 janvier 2003. par des motifs qui établissent que l'absence de mise à la disposition de l'avocat de Franck C. et 82-2 du Code de procédure pénale. Bull n°22 Attendu que. lors de la mise en examen de ce dernier. Attendu qu'il résulte des articles 82-1. cette omission a constitué une atteinte caractérisée aux droits de la défense. qu'à peine de nullité. déterminante dans la mise en examen.109 répondant à un moyen qui lui proposait de voir dans la violation de la formalité en cause une nullité portant nécessairement atteinte aux intérêts de l’auteur du pourvoi préfère constater en l’espèce le grief non sans avoir auparavant pris soin de caractériser la formalité de substantielle (Crim. n°114. Crim.. Bull. n°114). Attendu qu'en prononçant ainsi.

696-36 (nullités des extraditions obtenues par le gouvernement français). telle l’interdiction faite au juge d’instruction de participer au jugement des affaires dont il a connu en sa qualité de juge d’instruction (Art. Les nullités textuelles Principales nullités textuelles de l’enquête et de l’instruction. al.. Contrôle d’identité. 696-10 (procès-verbal du Procureur général en matière d’extradition de droit commun). 706-92. les exemples ne manquent pas où la nullité textuelle sonne comme une contrepartie (quelque peu illusoire. 698-1. . Articles 49 al 2 (nullités subséquente à l’instruction : participation du juge d’instruction au jugement des affaires pénales dont il a eu à connaître). d’un avocat ou d’un magistrat). 81 (forme des demandes d’actes des parties privées). on peut dire que le choix du législateur de prévoir expressément des nullités concerne les domaines les plus sensibles pour les libertés. perquisitions. témoin anonyme. 698-1 (procédure en matière militaire)706-35(perquisitions en matière de traite des être humains etc. Il s’agit parfois de souligner l’importance accordée à une disposition sensible pour les relations entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire telle la dénonciation ou l’avis du ministère de la défense exigée par la loi pour que l’action publique puisse être mise en mouvement en matière d’infractions imputables à des militaires ou gendarmes en service (Art. Dans d’autres cas.2 du CPP) et elles ont parfois leur réplique postérieure : la même disposition a été prise en 2000 pour le juge des libertés et de la détention (Art. 706-60(conditions d’audition d’un témoin anonyme). 100-7 (mise sous écoute de la ligne téléphonique d’un parlementaire. 137-1 du CPP). 76 (décision du juge des libertés en matière de perquisitions). mise en examen.). Le choix de les inscrire dans la loi peut ressortir de quelques explications assez logiques. 706-83. 80-1 (conditions de fond de la mise en examen). 59 al. défèrement en comparution immédiate. Certaines nullités sont « d’origine » au sens où on les trouve dans le Code de Procédure pénale de 1958. Ici la qualité de nullités d’ordre public semble bien expliquer leur caractère textuel.110 Apprécié au travers de chacune de ses composantes. le système s’il ne révèle pas une cohérence absolue permet cependant de relever quelques grands traits caractéristiques de chacune des catégories de nullité. 495-14 (procès verbal dressé par le procureur en matière de CRPC). Les nullités textuelles relèvent d’époques différentes. on l’a vu en raison de la portée de la notion de nullité textuelle) accordée lors d’innovations procédurales jugées par certains inquiétantes au moins à l’époque de leur création.2 (Perquisitions) . écoutes téléphoniques.2 du CPP). 706-93 (perquisitions en matière de délinquance organisée). procédures d’exception en matière de criminalité organisée. 137-1 (participation du juge de la liberté et de la détention au jugement des affaires dont il a connu) 393 al 4 (formalités du défèrement par le procureur de la République). droit de la presse. Il peut s‘agir enfin de rassurer les juges lorsque de nouveaux droits sont . 49 al. 78-3 (rétention en vue d’un contrôle d’identité).

Elle avait ainsi clairement opté pour une nullité d’intérêt privé. restreignant par ailleurs le champ temporel de la notion de défense à la phase judiciaire et à la condition d’une désignation. Ce qui n’exclut pas que la nullité en question puisse dans la pratique être invoquée par une autre partie privée à qui elle fait grief comme c’était le cas dans l’arrêt du 11 mai 2004 cité plus haut où une personne mise en examen reprochait à la partie civile de n’avoir pas respecté les formes d’une demande d’interrogatoire du mis en examen en la présence de son avocat. La chambre de l’instruction pour rejeter le moyen d’annulation relevait tout à la fois que les avocats à l’époque où les conversations avaient été retranscrites n’avaient pas été désignés dans le dossier.111 accordés aux justiciables qui introduisent une nouvelle dose discrète d’accusatoire dans la phase d’instruction. ou aux formes substantielles des actes de procédure. On en donnera quelques exemples récents. Bull.) peut à tout le moins le laisser espérer même s’il n’est pas formellement précisé que la nullité doit être prononcée « sans qu’il soit nécessaire de rechercher si elle a fait grief au requérant ».) échangées entre des personnes ultérieurement mises en examen et leurs avocats est-elle une nullité d’ordre public ? La réponse donnée par la cour de cassation dans une décision du 21 mai 2003 (Pour une synthèse des nullités d’ordre public dans la jurisprudence d’avant 1993. Les nullités d’ordre public Les nullités d’ordre public recouvrent traditionnellement les règles touchant à l’organisation et à la composition des juridictions. C’est ici l’intérêt d’une bonne administration de la justice qui est en cause. 100-5 CPP. à leur compétence. La retranscription n’est possible que « s’il apparaît que son contenu et sa nature sont propres à faire présumer la participation de cet avocat à une infraction ». à l’exercice des pouvoirs des juridictions et de leurs auxiliaires. n°129) Le réquisitoire introductif ne peut être annulé que s'il ne satisfait pas en la forme aux conditions essentielles de son existence légale et le procureur de la République peut requérir l'ouverture d'une information au vu de tous renseignements dont il est . 5 juin 2002. que la mise en examen du requérant ne reposait pas sur le contenu de ces conversations et qu’il n’avait subi ni même allégué aucun grief. Sa décision est cassée. cf. n°583. la retranscription doit être annulée. op. cit. Merle et Vitu. La qualification de nullité d’ordre public donnée ou refusée par la jurisprudence aux nullités soulevées méritent évidemment la plus grande attention. Hors cette hypothèse. Un réquisitoire introductif peut-il être annulé lorsqu’il est ouvert pour « pallier la crainte d’une infraction future » et la nullité est-elle alors d’ordre public ? C’était la conception retenue par une chambre de l’instruction dont la décision est cassée (Crim. en prescrivant à peine de nullité des formes précises pour l’exercice de ces nouveaux droits. Globalement la catégorie ne s’étend pas bien au contraire. La nullité prise de l’irrégularité des interceptions téléphoniques (art. Il semble bien s’agir d’une nullité auxquelles les dispositions de l’article 802 sont ici étrangères.

ne peut conduire à son annulation que s'il en est résulté une atteinte aux intérêts d'une partie. la notification tardive de droits(Crim. 1996. Bull. n°182. Civ 2ème 23 janv. 182 ou encore Crim 2 mai 2002 pourvoi n°01-88. ). Bull. Civ. J. n°74 .112 destinataire. Bull. la garde à vue et les perquisitions. Pradel. On ne doit donc pas trop compter sur la théorie des nullités pour faire respecter le secret de l’instruction qui n’aurait ainsi rien à voir avec une bonne administration de la justice ! Le caractère d’ordre public des nullités ne va décidément pas de soi. n°69. Ainsi. n°174. En 1996 (Crim 25 janvier 1996. 258. Ainsi en matière de jugement. Bull. L’information du procureur sur le placement en garde à vue (Crim 10 mai 2001. D. Somm. Bull. Cette dernière avait certes relevé l’irrégularité mais refusait l’annulation des auditions au motif qu’aucun aveu n’était passé dans l’une et que les autres concernaient deux avocats qui . n’avait-elle pas été annulée par une chambre de l’instruction. n°51). celui du prévenu qui se plaint de ne pas avoir eu la parole le dernier tant la preuve concrète du grief en l’espèce serait d’ailleurs difficile à exiger ! Mais n’est-on pas alors justement devant une nullité qui pourrait être qualifiée d’ordre public ? N’est-ce pas d’abord dans le but d’une bonne administration de la justice que la règle s’impose ? La plupart des hypothèses où la chambre criminelle retient « l’atteinte nécessairement portée aux intérêts de la personne concernée ». C’est là une lecture restrictive des règles d’ordre public en matière de réquisitoire introductif alors que cet acte n’est pas susceptible de recours. la chambre criminelle a estimé que la violation du secret de l'instruction. Encore faut-il parfois que les prévenus mènent leurs recours jusque devant la Cour de cassation pour obtenir satisfaction. non pas postérieure mais concomitante à l'accomplissement d'un acte de la procédure. par des policiers agissant sur commission rogatoire. intéresse aujourd’hui les contrôles d’identité et à leur suite les placements en rétention. 248 obs. l’audition de trois personnes . 30 avril 1996. diffusée sans son consentement. filmée. la mise en œuvre du droit à l’entretien avec un avocat (Crim 9 Mai 1994. 2 n°13. Bull. 2 n°108) ont été retenus comme des violations qui portent nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée. Les nullités d’intérêt privé et l’atteinte nécessairement portée aux intérêts du requérant Il est des cas où il serait difficile de contester que la violation de la règle procédurale a « nécessairement porté atteinte » aux intérêts de celui qui s’en prévaut. En l’espèce un mis en examen recherchait la nullité d’une garde à vue enregistrée. Civ. 1996. Crim 10 mai 2000. n°119) le dépassement de la durée totale de la garde à vue (Crim 13 fév. obs. Bull. Bull. y compris lorsqu’il s’agit de garde à vue successives (mais à suivre) et indépendantes (Crim 17 mars 2004. Coste ).453 ). en qualité de témoins alors que nommément visées dans une plainte avec constitution de partie civile et sans notification des droits prévus aux articles 104 et 152 alors en vigueur. c’est à dire des situations où le déséquilibre entre les pouvoirs de la police et les droits de la personne concernée est le plus grand. 2003 Bull. 24 avril 2003. AJ pénal 2004 p.

Tout se passe comme si l’extension des contrôles d’identité de type administratif sur réquisition du procureur (Extension de la période de temps et des types d’infractions recherchées récemment voulue par le législateur de 2001 et 2003 ) emportait « nécessairement » si l’on ose dire des contrôles d’identité de masse qui justifieraient tout aussi « nécessairement » l’allégement des contraintes d’information au procureur. L’arrêt est cassé (Crim 14 nov. Absence de renonciation à la nullité. cit. Avant d’examiner les conditions procédurales de l’annulation des actes d’enquête et d’instruction. 2004. . n°238. La renonciation a posteriori est largement ouverte. Civ. S’agissant des nullités virtuelles ou substantielles. Au point qu’il est permis de se demander parfois si son étude ne relève pas davantage de la politique pénale que de la matière processuelle. la partie concernée peut renoncer à s’en prévaloir (Article 172 du CPP) mais cette renonciation doit être expresse et ne peut être donnée qu’en présence de son avocat ou ce dernier dûment appelé.).113 avaient « nécessairement connaissance de leurs droits ». ne relève certes pas selon la seconde chambre civile de circonstances insurmontables mais de « circonstances particulières justifiant l’existence d’un délai matériellement incompressible ». mais qu’en revanche. N°70. Sur la mise en œuvre des nullités de l’enquête et de l’information. La qualification des nullités demeure une question délicate. 2001 Bull. AJ pénal 2004. p. L’omission des formalités requise à l’article 104 « porte atteinte » aux droits de la personne concernée est-il discrètement réaffirmé en oubliant d’ailleurs l’adverbe « nécessairement ». il ne saurait permettre de couvrir les nullités d’ordre public qui par hypothèse ne portent pas atteinte à une partie déterminée. La seconde chambre civile de la Cour de cassation est parfois amenée à connaître de moyens de nullité soulevés devant le premier président de la cour d’appel par des personnes étrangères placées en rétention. n°2025). condition visée par l’article 172 (Desportes et Lazerges-Cousquer. difficilement prévisible au regard de seuls critères juridiques. Dans une telle espèce le retard apporté à l’information du Procureur sur le placement en garde à vue de nombreuses personnes interpellées lors d’un contrôle d’identité fondé sur l’article 78-2-2. Il va de soi que la partie qui renonce à telle formalité comme la loi l’y autorise ne peut ensuite se prévaloir de la nullité tenant à ce qu’elle n’a pas été accomplie. L’arrêt les présente comme faisant disparaître « l’atteinte portée aux intérêts du gardé à vue » sans que le lien entre les deux questions ne soit plus étayé (Civ 2ème 19 fév. op. Il est enfin des cas où le législateur par souci de simplification de la procédure ouvre aux parties la possibilité de renoncer par avance à un droit. Bull. Il faut encore ajouter que la nullité ne pourra être soulevée qu’à la condition qu’il n’y ait pas été renoncé. La doctrine considère quant à elle que le texte même s’il ne les vise pas doit aussi s’appliquer aux nullités textuelles pourvu un grief est nécessaire au prononcé de la nullité. La circulaire du 1er mars 1993 entendait qu’il soit aussi possible de renoncer sur la base de cette disposition à invoquer une nullité d’ordre public. 160).

114

Vue d’ensemble. Le cercle de ceux qui peuvent invoquer une nullité est large, et sous la pression des décisions de la CEDH, la chambre criminelle a dû admettre la recevabilité des demandes d’annulation dirigées contre des pièces extraites d’un autre dossier d’instruction et versées au débat d’une procédure, admettant finalement que l’exigence d’un procès équitable l’exigeait (Crim.8 juin 2006, Bull. n°166).

Crim.8 juin 2006, Bull. n°166 …Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que les investigations effectuées sur commission rogatoire dans le cadre d'une information ouverte à Draguignan, le 4 janvier 2004, à la suite de l'incendie volontaire d'un véhicule dont le conducteur avait été gravement brûlé, ont révélé que ces faits étaient liés à un trafic de cannabis ; qu'au vu d'un rapport de police accompagné de procèsverbaux établis dans la procédure criminelle, le procureur de la République de Draguignan a ouvert, le 8 mars 2004, une nouvelle information pour trafic de stupéfiants ; que le juge d'instruction, saisi des deux dossiers, a ordonné ultérieurement, à plusieurs reprises, le versement, dans cette procédure, de pièces de l'information portant sur les faits criminels ; Attendu que, pour rejeter le moyen d'annulation, proposé par Bulent et Levent X..., mis en examen dans la seule information pour trafic de stupéfiants, et pris de l'irrégularité du réquisitoire introductif, en ce qu'il serait fondé sur des actes accomplis dans la procédure distincte sur des faits dont le juge d'instruction n'était pas saisi, l'arrêt attaqué constate qu'au cours de l'exécution de la commission rogatoire délivrée dans le dossier criminel, destinée à rechercher les causes et à identifier les auteurs de l'incendie volontaire, les investigations conduites par les policiers, notamment les auditions auxquelles ils ont procédé, ont révélé que ces faits auraient eu pour origine un différend financier opposant les protagonistes d'un trafic de stupéfiants organisé à Fréjus par un dénommé Chrys Z... ; que ces éléments ont fait l'objet d'un rapport de police, auquel étaient joints des procès-verbaux établis en exécution de ladite commission rogatoire, qui a été communiqué au procureur de la République, lequel a décidé d'ouvrir une nouvelle information pour infractions à la législation sur les stupéfiants ; que les juges, rappelant que Bulent et Levent X... n'ont fait l'objet d'aucune mesure coercitive et n'ont pas même été visés ou concernés par les actes accomplis dans le dossier criminel, retiennent qu'ils ne sont, dès lors, pas recevables à contester la régularité de certains d'entre eux ; Attendu qu'en l'état de ces seuls motifs, l'arrêt attaqué n'encourt pas la censure dès lors que, d'une part, les demandeurs n'allèguent pas avoir été privés de la possibilité de contrôler une atteinte à l'un de leurs droits qui aurait été commise dans la procédure distincte à laquelle ils n'ont pas été partie et que, d'autre part, il n'est pas établi que les éléments provenant d'une autre information et versés dans la procédure ayant donné lieu à leur mise en examen ont été illégalement recueillis ; D'où il suit que le moyen, en partie nouveau et comme tel irrecevable, en ce qu'il critique la régularité, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne

115 des droits de l'homme, d'interceptions de communications téléphoniques, non contestée par les demandeurs devant la chambre de l'instruction, ne saurait être accueilli ; Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ; REJETTE les pourvois ;

Mais les mécanismes multiples de filtre, de purge et de forclusion témoignent d’une volonté de limiter fortement leur mise en œuvre. Il ne s’agit plus seulement, comme avant 1993, d’éviter que dans les affaires criminelles les nullités de l’information ne puissent être discutées devant la Cour d’assises, mais de conforter le plus souvent l’instruction tout en évitant autant que possible la saisine de la juridiction d’appel. Des nullités soulevées par qui ? Durant l’instruction (Article 170 du CPP), la nullité des actes ou pièces de la procédure insusceptibles d’appel de la part des parties peuvent être sollicités par le juge d’instruction, le procureur de la république, par les parties et depuis la loi du 9 mars 2004 par le témoin assisté. La mise en œuvre des nullités suppose un intérêt à agir largement ouvert mais aussi la qualité pour agir (voir sur cette distinction délicate en ce domaine Desportes et Lazerges-Cousquer, op. cit. n°2028 et 2029). Ce sont là les conditions de recevabilité de la demande en annulation. Si l’intérêt à agir ne soulève guère de difficultés, la qualité pour agir nécessite qu’on en précise le sens et les limites. Pour être recevable en sa demande d’annulation, la partie privée, la partie civile ou le témoin assisté doit faire la démonstration de ce qu’il est « concerné » par la nullité, c'est-àdire que l’acte en cause soit de ceux qui se rapporte aux faits lui sont reprochés (ou pourraient l’être, pour le témoin assisté) ou de ceux qui se rapportent aux faits déterminant sa constitution de partie civile. Cette condition est déduite de la lecture des articles 171 et 802 du CPP. Au surplus, la règle dont la violation est invoquée doit avoir pour objet de préserver les droits du requérant. Ce sera nécessairement le cas d’une règle d’intérêt public, mais si la règle est posée pour protéger un intérêt privé, la jurisprudence exige la démonstration de ce que le requérant a été « personnellement victime » de l’irrégularité (Crim. 15 février 2000, Bull. n°68). Crim. 15 février 2000, Bull. n°68 …Attendu qu'il résulte de l'arrêt et des pièces de la procédure qu'à la suite de la découverte du corps de Y..., atteint de deux balles de fort calibre, le juge d'instruction de Montpellier a délivré à la gendarmerie, le 12 décembre 1997, une première commission rogatoire pour déterminer les circonstances du meurtre, puis, le 25 décembre 1997, une nouvelle commission rogatoire en vue de " sonoriser, à l'occasion de la perquisition qui y sera effectuée, le domicile de Z... ", domicile que l'auteur présumé, prénommé X..., était susceptible de fréquenter ; Que, le lendemain, les officiers de police judiciaire ont procédé à une perquisition

116 dans l'appartement de Z..., avec l'assistance de gendarmes du groupe d'observation et de reconnaissance de Versailles, qui y ont mis en place un équipement permettant de capter et d'enregistrer à distance les conversations ; qu'une nouvelle perquisition effectuée le 28 décembre a permis l'interpellation de X..., lequel a été mis en examen pour homicide volontaire le 30 décembre 1997 ; Attendu que, pour rejeter la requête en annulation de la commission rogatoire du 25 décembre 1997, des opérations de sonorisation et de toute la procédure subséquente, déposée par l'avocat de X... après la notification de l'avis de fin d'information, l'arrêt énonce que " le magistrat instructeur était en droit, au visa tant de l'article 81 que des articles 100 et suivants du Code de procédure pénale, d'autoriser, par une commission rogatoire technique, l'opération de sonorisation d'un appartement " et que les officiers de police judiciaire, qui ont agi dans un cadre légal défini par le juge d'instruction, " n'ont provoqué ni la venue de X... dans les lieux, ni les conversations qu'il y a librement entretenues avec Z... " ; Attendu qu'en cet état, le demandeur ne saurait se faire un grief de ce que la perquisition du 26 décembre 1997, qui ne pouvait avoir d'autres fins que la recherche d'objets utiles à la manifestation de la vérité, était irrégulière, dès lors que seul celui qui en est personnellement victime a qualité pour invoquer une violation des règles de procédure, portant atteinte à l'intimité de la vie privée ; D'où il suit que le moyen n'est pas recevable ;

La partie qui soulève la nullité doit être victime de l’irrégularité. Celle-ci ne peut avoir été commise au préjudice d’un tiers. Malgré la jurisprudence de la CEDH (CEDH 24 août 1998, Lambert c/France, JCP 1999-I-105n°45, obs. Sudre., D. 1999, Somm. Com. P.271 obs. Renucci, Rsc 1999 p. 393 obs. Koering-Joulain), la cour de cassation a continué de juger sans qualité pour contester une interception de conversations téléphoniques la partie qui n’est pas concernée par les conversations et à qui la ligne n’est pas attribuée (Crim. 14 nov. 2001, Bull. n°238.) avant de procéder, sur ce point précis, à un revirement de jurisprudence (Crim. 15 janvier 2003, Bull. n°10). Il reste que sur d’autres exemples la jurisprudence de la chambre criminelle peut susciter des réserves par exemple quand elle l’a conduit à considérer qu’un prévenu n’a pas qualité pour invoquer la nullité de l’audition d’un témoin qui l’a mis en cause (Crim. 9 nov. 2004, Bull. 276, AJ pénal, janvier 2005, p. 31). Ainsi que le relève la doctrine, certaines décisions entretiennent parfois la confusion entre les notions d’intérêt à agir, de qualité pour agir et de grief (Desportes et Lazerges-Cousquer, op.cit. n°2033).

Devant qui sont soulevées les nullités de l’enquête et de l’instruction?

deux situations doivent être distinguées.n°152). 2004. En cas de saisie directe du tribunal. Enfin.n°226. A partir de là. Girault). 10 juillet 2002. les parties sont irrecevables à soulever un moyen de nullité. Ni les dispositions de l’article 174. l’article 206 du CPP invite aussi les chambres de l’instruction en cas de découverte d’une nullité à la relever d’office mais elles ne peuvent le faire que dans les cas où elle sont saisies de l’entier dossier de la procédure. le délai de l’article 175 expiré. 174 et 175 du CPP issus des lois de 1993.). la jurisprudence interprète l’article 385 du CPP de telle sorte que le tribunal ne peut soulever d’office les nullités même d’ordre public. L’expiration du délai prévu par l’article 173-1 rend irrecevable la présentation par la partie concernée des moyens de nullité pour lesquels elle est forclose (Crim.n°79). Le système est fondé sur trois objectifs : les nullités doivent être soulevées le plus tôt possible. Quand peuvent-elles être soulevées? Les articles 173-1. l’ordonnance de renvoi emporte purge des nullités. 175). La purge organisée par l’article 174 n’est pas paralysée par les délais ouverts à l’article 173-1(Crim. n°130). 10 juillet 2002Bull. 2000. 2003. 2002 et 2004 placent les parties et plus encore leurs conseils devant de lourdes responsabilités quant à la mise en œuvre en temps utile des demandes de nullités.4 avril 2002. à la seule exception des nullités tirées de l’incompétence des juridictions (Voir par exemple. chaque saisine de la chambre de l’instruction doit être utile et donc purger toutes les nullités pouvant être soulevées par quelque partie que ce soit. Bull. AJ pénal. p. 10 déc. Chaque interrogatoire ultérieur lui ouvre un délai de six mois pour invoquer les nullités des actes qui lui sont antérieurs (art 173-1). n°152 et 11 juin 2002 Bull.120 note C. L’avis de l’article 175 fait courir un délai durant lequel des nullités peuvent être soulevées mais à condition que ces moyens ne se heurtent pas à une autre cause d’irrecevabilité tirée par exemple de l’article 173-1 ou 174 (Crim. les délais . chaque partie doit faire état des moyens de nullité concernant les actes accomplis jusque et y compris sa première comparution dans les six mois de la notification de sa mise en examen. Saisi après clôture d’une information. pour présenter une requête en annulation (art.117 Si les parties et le témoin assisté doivent en cours d’instruction saisir la chambre de l’instruction seule compétente pour examiner une demande d’annulation d’un acte ou d’une pièce. Bull. Toute saisine de la chambre de l’instruction d’une requête en nullité déclenche pour chaque partie le devoir de proposer tous les moyens de nullité de la procédure qui lui est transmise après quoi elle est irrecevable à le faire sauf le cas où elle n’aurait pu les connaître (art. Hors le cas de réquisitoire supplétif et de poursuite de l’instruction. la procédure doit être purgée de toute nullité. 30 mai 1996. 174). Crim. Devant le tribunal correctionnel. l’avis de fin d’instruction ouvre pour chaque partie un mois ou de trois mois selon les cas. et à la fin de l’instruction. ni celles de l’article 175 ne rendent à nouveau recevables ces moyens (Crim. Bull.

Elle estime en effet qu’il résulte de l’article 174 du CPP que « l’irrégularité d’un acte de procédure n’entraîne l’annulation d’autres actes postérieurs qu’à la condition que ces derniers aient pour support nécessaire l’acte annulé » (Crim 10 déc. En un mot toutes les purges et forclusions se cumulent (Voir sur ces questions Ch. 4 fév. Seule la chambre de l’instruction est invitée par l’article 206 à relever d’office tout moyen de nullité même après l’avis de l’article 175 (Crim.). 2004 n°203-31 à36 et 203. p. Comm. Voir aussi Crim. Le retrait ou la cancellation des actes touchés par la nullité sera ainsi limité.et du même auteur « Un toilettage progressif et personnalisé : les nullités de l’instruction après l’entrée en vigueur de la loi du 4 mars 2002 » Dr. 6 mai 1998. 2003. Droit et pratique de l’instruction préparatoire. n°92).52. pénal 2004. 153 et 10 juillet 2002 préc. Non seulement la qualification des moyens des nullités et l’appréciation des griefs rendent difficilement prévisibles les résultats des demandes d’annulation mais leur mise en œuvre est devenue pour les parties privées au cours de l’instruction une technique complexe dans laquelle elles doivent se défier de toute inattention voire des stratégies de leurs adversaires. 2002 Chron.). L’étendue de l’annulation est décidée par la chambre de l’instruction (article 174 al 2 et 206 CPP) sous le contrôle de la cour de cassation. Devant le tribunal correctionnel. 193 cassant une décision d’une chambre des appels correctionnels annulant une garde à vue et à sa suite la procédure d’enquête et la citation). Encore doit-on ajouter que le dépôt de conclusions au début de l’audience suffit à satisfaire à cette exigence (Crim. 75. la jurisprudence a largement tempéré les conséquences de ce principe. 38). n°313. 1994. 2003 Bull. pourvoi n°04-84. 2003. 10 déc. La chambre de . leur annulation sera évitée (Crim. qu’elles ont un « autre support ».876). AJ pénal 2004. Si l’annulation d’un acte emporte annulation de tous les actes qui en dérivent Et sûrement pas de ceux antérieurs. la chambre criminelle estime que les juges du fond sont tenus de rechercher si les actes postérieurs en relation avec l’acte annulé ne trouvaient pas leur support dans des actes réguliers (Crim. Sur les effets de l’annulation Les conséquences des décisions d’annulation sont également laissées par le législateur pour l’essentiel à l’appréciation du juge. (Crim.118 ouverts par l’article 173-1 ne survivant pas à l’expiration du délai de l’article 175 (Crim. 4 janvier 2005. Bull. Bull. Bien plus. 75). 243 ). Dr. l’utilisation de plus en plus fréquente des procédures d’urgence exige de la défense une réactivité remarquable si elle veut faire sanctionner les violations des formalités substantielles . Guéry. lorsque le dossier n’a pas donné lieu à information. 15 oct. elle doit en tout cas soulever le moyen in limine litis. 2004. 5éd. Dès lors que des actes ou des pièces pourtant en relation directe avec un acte annulé trouvent aussi leur source ailleurs dans la procédure. Dalloz Action. pénal nov. 6 mai 2003 Bull. 4 oct. Bull.

. de renvoyer le dossier au même juge d’instruction ou à tel autre. Les conséquences des nullités qu’elles soient d’ordre public ou d’intérêt privé sont donc le plus souvent ainsi largement atténuées par le souci manifeste de sauver tout ce qui peut l’être des poursuites.119 l’instruction peut à la suite d’une annulation décider souverainement d’évoquer.

La garde à vue ayant été examinée au début de ce cours à propos de l’enquête préliminaire. ce mandat va pouvoir . I Les mandats coercitifs. Ils sont à la source de mesures privatives ou restrictives de droit. Aucun seuil en revanche n’est prévu lorsqu’il est délivré par le juge d’instruction. il est réservé aux enquêtes portant sur des crimes et délits faisant encourir trois ans d’emprisonnement au moins. des mesures privatives ou restrictives de liberté peuvent être prises qui. 2 dernière phrase du CPP). La lecture de ces dispositions démontrent d’emblée que tous les mandats ne sont pas coercitifs.120 6 Les mesures privatives ou restrictives de liberté prises durant l’instruction. Il est certain que l’affaire dite d’Outreau a suscité le débat en raison pour l’essentiel des questions de détention provisoire. pour indispensables qu’elles puissent être en certains cas. Et il est donc logique qu’il puisse être « décerné à l'égard d'une personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction ». constituent l’un des points forts du débat public sur la justice pénale. Délivré par le procureur au cours de l’enquête de flagrance ou préliminaire. 2815 à 2828). Le cadre de ce cours ne permet pas de traiter des règles spécifiques à la détention provisoire des mineurs (Voir sur ce point. avant de présenter les dispositions qui seront examinées à l’automne 2009 dans le cadre du débat sur la loi pénitentiaire. Les principes de nécessité et de proportionnalité visés à l’article 5 de la CESDH sont ici centraux. puisque c’est là le critère du placement en garde à vue. L’essentiel.4 du CPP) même s’il peut être décerné à l’encontre d’une personne contre laquelle il existe des indices graves ou concordants (Article 122 al. c'est-à-dire les articles 122 à 136. Durant l’instruction. Les mandats coercitifs sont également énumérés et définis à l’article 122 du CPP. Le mandat de comparution a en effet « pour objet de mettre en demeure la personne à l'encontre de laquelle il est décerné de se présenter devant le juge à la date et à l'heure indiquées par ce mandat » (Article 122 al. Inscrit au fichier des personnes recherchées. Le mandat de recherche (Articles 122 à 124 et 134 du CPP) créé par la loi du 9 mars 2004. nous allons ici nous pencher en un premier temps les mandats et plus précisément les mandats coercitifs qui peuvent être pris dans le cadre de l’instruction.3 du CPP). le contrôle judiciaire et la détention provisoire. n’est pas spécifique à l’instruction. En un second temps nous examinerons. « Il est l'ordre donné à la force publique de rechercher la personne à l'encontre de laquelle il est décerné et de la placer en garde à vue » (Article 122. Desportes et Lazerges-Cousquer. La loi du 9 mars 2004 a procédé à une large réécriture des dispositions du Code de Procédure pénale relatives aux mandats. al.

Autant dire qu’il s’agit donc de personnes mises en examen ou qui potentiellement peuvent l’être. Le mandat d’amener est « l'ordre donné à la force publique de conduire immédiatement devant lui [le juge d’instruction] la personne à l'encontre de laquelle il est décerné » (Article 122 al. elle peut faire l’objet d’un mandat de recherche alors pourtant qu’il existe contre elle des indices graves ou concordants. où elle sera reçue et détenue. Il ne pourra être délivré contre une personne visée dans un réquisitoire introductif ou supplétif. Le mandat d’arrêt est quant à lui «l'ordre donné à la force publique de rechercher la personne à l'encontre de laquelle il est décerné et de la conduire devant lui après l'avoir.3 du CPP). Le mandat d’amener et le mandat d’arrêt sont les mandats propres à l’instruction. le juge d’instruction devra lui substituer un mandat d’arrêt et il devient caduc au règlement du dossier.121 provoquer l’interpellation et le placement en garde à vue. d'amener ou d'arrêt peut être décerné à l'égard d'une personne à l'égard de laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer. S’agissant du mandat d’arrêt. Mais on doit noter que si une personne n’est pas visée dans un réquisitoire. conduite à la maison d'arrêt indiquée sur le mandat. y compris si cette personne est témoin assisté ou mise en examen » (Article 122 al. » (Article 122 al. Elle pourra ainsi être placée en garde à vue et entendue avant. le mandat de dépôt pouvant aussi être pris par la juridiction de jugement. Elle peut donc être visée par une ordonnance de renvoi ou de mise en accusation. le cas échéant. à la commission d'une infraction. comme auteur ou complice. le mandat d’arrêt conservant sa force exécutoire après le règlement. Bien qu’ils soient délivrés contre des personnes contre lesquels il existe des indices graves ou concordants.6 du CPP). la recherche vaut (Article 134 du CPP) à la personne concernée d’être considérée comme mise en examen. sauf bien entendu non lieu (Articles 179 et 181 du CPP). le cas échéant. Mais comme pour le mandat de recherche. trois autres conditions sont requises : Une peine de prison doit être encourue pour les faits dont est suspecté celui qui en fait l’objet.5 du CPP). la personne concernée doit être en fuite ou résider hors du territoire national et l’avis préalable du procureur (Article 131 du CPP). Le critère relatif aux personnes à l’encontre desquelles ces mandats peuvent être délivrés coïncide avec celui d’une possible mise en examen ou du témoin assisté : « Le mandat de comparution. d’être présentée au juge. Demeurée infructueuse. La validité des deux mandats n’est pas la même. et s’il a été pris avant un tel réquisitoire. lorsque les mandats d’amener ou d’arrêt sont . Mais cette présentation n’est nullement obligatoire. les mandats d’amener et d’arrêt ne font pas de ceux-là des parties à la procédure ce qui ne leur ouvre donc pas les droits correspondants.

. Les conditions de mise à exécution des deux mandats (interpellation. Toutefois. La liberté est la règle.122 demeurés infructueux. Le contrôle judiciaire et la détention provisoire peuvent être pris durant l’information mais ils ne sont autorisés qu’à l’encontre des personnes mises en examen. même pour les mis en examen et quelque soient les faits qui leur sont reprochés. présentation) qui conduisent nécessairement à une présentation au juge mandant sont minutieusement organisées (Article 135-2 du CPP). transfèrement. dans la réalité. Aussi le législateur affirme-t-il clairement que contrôle judiciaire et détention provisoire doivent être exceptionnels (Article 137 du CPP). Les statistiques ne sont pas très convaincantes sur le respect. Aux termes de l’article 122. « Le mandat de dépôt peut être décerné à l'encontre d'une personne mise en examen et ayant fait l'objet d'une ordonnance de placement en détention provisoire. lorsque la procédure doit passer d’un juge près un tribunal sans pôle à un pôle ou l’inverse (Articles 87 III et 397-2 et 397-7 du CPP). la détention provisoire n’est possible selon ce texte que s’il est démontré que les objectifs qu’elle poursuit ne peuvent être atteints par le contrôle judiciaire. Le mandat de dépôt au contraire des mandats d’amener et d’arrêt ne présente pas de réelle autonomie : il est étroitement lié à la procédure de placement en détention provisoire et c’est dans ce cadre qu’il convient de l’étudier. l’article 134 du CPP prévoit que la personne concernée est considérée comme mise en examen. Au surplus. dernier alinéa. la création de pôles de l’instruction a nécessité l’organisation de mesures de contrôle judiciaire et de détention provisoire à titre conservatoire. » II Le contrôle judiciaire et la détention provisoire. Ce mandat permet également de rechercher ou de transférer la personne lorsqu'il lui a été précédemment notifié. des vœux du législateur. Il est l'ordre donné au chef de l'établissement pénitentiaire de recevoir et de détenir la personne à l'encontre de laquelle il est décerné. rétention.

07% en 2006.123 Quelques statistiques extraites de l’annuaire statistique de la justice 2008 Pour 49.3 en 2006. 592 personnes placées en détention provisoire (durée moyenne. Dans 20% des cas. Elle est en 2006 de 6. Près d’un millier de détentions provisoires concernent des mineurs (crimes et délits).3 mois). Légère amélioration donc pour ce qui concerne la durée des détentions provisoires imputables à l’instruction qui rompt en tout cas avec un cycle de 5 années d’augmentation. le taux des détentions provisoires sur les mises en examens diminue légèrement et s’établit à 39. la durée moyenne de détention provisoire totale est de 26. 5.7 et elle est stable pour les mineurs.4 mois) ont vu clôturé l’instruction qui les concernait par un non-lieu en 2006.000 contrôles judiciaires et 10. à 9. Les deux types de détention ont baissé en 2006 de 8 à 10%.9 mois en 2005. elle était passée sur la même période de 14 à 16.500 condamnations après détention provisoire pour crime. le chiffre des mesures prises ab initio étonne : 7. Le nombre de requêtes en indemnisation de détention provisoire est passé de 365 en 2002 à 640 en 2006 et le nombre des affaires restant à juger à ce titre par les premiers présidents a doublé en cinq ans (615 en 2006). il faut ajouter les 12.6 mois). En matière correctionnelle. elle était passée de 5. L’instruction a eu naguère sa part de responsabilité dans l’augmentation des durées totales de détention provisoire. Elle n’est pas la seule.47% en 2005 mais 36 . Elle était passée de 6.909 détentions dans des affaires transmises au tribunal correctionnel et 837 au Tribunal pour enfants). en augmentation constante depuis 2001 (24. Dans l’un et l’autre cas. elle est de 15. L’audiencement devant les juridictions de jugement en est aussi largement responsable et de ce point de vue les choses ne s’arrangent pas. aux 20. En 2006.9 mois. C’est la détention provisoire correctionnelle qui avait augmenté le plus en chiffres absolus et relatifs.7 en 2005.700 détention provisoire. En matière correctionnelle.387 détentions .7 mois pour les mineurs.4 mois.100 mises en examen effectuées dans les affaires terminées sur l’année 2006. chiffre moyen depuis cinq ans. pour 40.810 en 2005). Il baisse pour retrouver son niveau de 2003 (19. Le nombre de détentions provisoires comptabilisées dans les affaires terminées chaque année avait augmenté constamment sur les dernières années (+25% en 5 ans). En matière criminelle.211). 8 pour les majeurs.200 mesures de détention provisoire (20. 82% des détentions provisoires concernent des délits ou des crimes correctionnalisés (14. La durée moyenne des détentions provisoires à l’ordonnance de clôture a diminué en 2006. Elle est de 3. pour les majeurs.700 mesures de contrôle judiciaire et 19.1 mois en 2001 à 8. on comptait 25. On l’attendait peut-être plus important.97% en 2002. la détention provisoire dépasse les trois années.1 mois. En termes d’évolution.047 détentions provisoires imputables à l’instruction (durée moyenne : 6. Elle est à 7. Sur 2.2 mois en 2001 à 7.

l’examen statistique témoigne que le contrôle judiciaire talonne la détention provisoire mais sans la dépasser. Son champ d’application dépasse toutefois celui auquel cette finalité ferait penser (une alternative à la prison) puisqu’il est aussi applicable aux personnes morales (Article 706-45 du CPP). Notion. 137-2. en pratique.4 mois). Le champ d’application. 1) Le contrôle judiciaire. La procédure de placement sous contrôle judiciaire. On ne s’étonnera donc pas que sur l’ensemble des détentions provisoires. 13. Le contrôle judiciaire peut être décidé par le juge d’instruction « en tout état de l’instruction » (Article 137-2 et 139 du CPP) après réquisitions du ministère public.900 sont d’une durée supérieure à 4 mois. Mais le législateur n’a pas organisé ici de débat contradictoire comme on en rencontrera lorsqu’il s’agira pour le juge des .124 provisoires imputables à la comparution immédiate (durée moyenne : 0. le contrôle judiciaire est très représentatif d’une époque où le législateur était soucieux de construire par une politique criminelle active des alternatives à la peine de prison. Extrait de « Bref commentaire de quelques chiffres de l’annuaire 2008 » AJ pénal juin 2009. Institué par une loi n°70-643 du 17 juillet 1970. Il ne peut être décidé que si l’infraction pour laquelle la personne concernée est mise en examen fait encourir à une personne physique une peine d’emprisonnement correctionnel au moins. Il n’est pas applicable en matière d’infractions militaires et de presse. De même que les alternatives aux peines de prison n’ont pas toujours. S’il est en effet une mesure restrictive de liberté décidée à titre de mesure de sûreté ou pour les nécessités de l’instruction. Le contrôle judiciaire est régi par les articles 137. 138 à 143 du CPP qui pour certains ont été remaniées à de très nombreuses reprises. été utilisées à cette fin mais bien plutôt comme un mode de diversification des autres peines. Les conditions du contrôle judiciaire. Mais 10.275 d’entre elles durent moins d’un mois. il avait explicitement pour objectif d’éviter le recours à la détention provisoire en étant pensé comme une alternative à celle-ci.

que la mise en liberté intervienne pour des motifs de droit (sa durée) ou de fait lorsqu’il s’agit notamment de protéger la partie civile de certains risques (Article 144-2 du CPP). ou sur demande de l’intéressé ou du procureur. soit à l’occasion d’une mise en liberté. n°2661 à 2675).2 du CPP). constitue l’une des mesures de contrôle judiciaire (138 al2 11° et 142 du CPP). La mainlevée du contrôle judiciaire. Et la chambre de l’instruction peut aussi. Dans tous les cas la décision sera motivée. soit à des associations de contrôles judiciaires ou des enquêteurs de personnalité. L’effectivité du contrôle sera confié soit aux services de police et de gendarmerie. Bien entendu le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention peuvent aussi faire suivre une détention provisoire d’un contrôle judiciaire.3 du CPP). La demande formée par le mis en examen est enfermée dans des formes précises (Articles 148-6 et 148-7 du CPP) et le juge dispose de cinq jours pour y répondre (Article 140 al. n°2204. à des services éducatifs.125 libertés et de la détention de décider une détention provisoire. cit. s’agissant des mineurs. Ce dernier peut aussi être le demandeur à la mainlevée. décider un contrôle judiciaire. Le cautionnement. assez peu pratiqué. sur appel d’une ordonnance du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention. La surveillance électronique en cause s’effectue selon les modalités prévues aux articles R18-2 et R5710 à R57-35. alléger ou renforcer le contrôle judiciaire en modifiant les mesures auxquelles le mis en examen est soumis (Article 137 al. C’est la règle dite de l’unique objet (Voir sur ce point Guinchard et Buisson. 2° à savoir l’assignation à résidence. op. Notons enfin que la loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 a introduit la surveillance électronique comme mode possible. Desportes et . avec l’accord de l’intéressé. Les ordonnances rendues en matière de contrôle judiciaire peuvent faire l’objet d’un appel du parquet. personnes physiques. Bull n° 179) Les mesures de contrôle judiciaire. elles se sont diversifiées au fil des réformes et on renverra sur ce point à la lecture de l’article 138 du CPP et l’analyse qui en est faite dans les traités (voir notamment Desportes et Lazerges-Cousquer. Le contrôle judiciaire est exécutoire nonobstant toute voie de recours (Crim 8 juillet 2004. le juge d’instruction peut aménager. du mis en examen mais non des parties civiles (Articles 185 et 186 du CPP). Le juge des libertés et de la détention peut néanmoins choisir le placement sous contrôle judiciaire au lieu et place de la détention provisoire (Article 145 al. de la mesure de contrôle judiciaire prévue à l’article 138 alinéa 2. soit sur un appel du parquet après refus d’envisager ou de placer en détention provisoire. Au nombre de dix-sept aujourd’hui. En ce cas d’ailleurs la chambre de l’instruction ne pourra juger quelque question étrangère que ce soit au contrôle judiciaire. Le juge d’instruction peut ici encore d’office ou sur demande de l’intéressé ordonner la mainlevée du contrôle judiciaire après avoir pris l’avis du parquet. ou encore au service pénitentiaire d’insertion ou de probation ou enfin. D’office.2 du CPP).

5 du CPP) et en matière correctionnelle. La fin du contrôle judiciaire par la détention provisoire. sauf si le mis en examen avait déjà été placé en détention et avait été placé sous contrôle judiciaire. La détention provisoire n’est alors pas subordonnée au respect des conditions de fond ordinaires prévues par l’article 144 du CPP. Son inexécution expose celui qui se « soustrait volontairement à ses obligations » au placement en détention provisoire (Article 141-2 du CPP). al. En fin d’instruction. Il peut même sous certaines conditions être maintenu par le jugement de condamnation du tribunal correctionnel jusqu’à ce que la décision devienne définitive et donc pendant l’instance d’appel (Article 471 du CPP). La fin du contrôle judiciaire et la fin de l’information. décider de se réserver cette question (Article 207 al 1 du CPP). Le contrôle judiciaire peut alors excéder de quatre mois sa durée normale maximale (Article 145-1 et 145-2 du CPP). c’est le juge des libertés et de la détention qui est ici compétent pour la décider. Nous examinerons dans une leçon prochaine les règles de la détention provisoire qui peut être ordonné en matière de comparution immédiate et nous nous en tiendrons ici à la détention provisoire décidée en cours d’information mais qui peut se prolonger jusqu’au prononcé de la décision définitive sur le fond. Ajoutons que comme en matière de détention provisoire (Voir infra) la chambre de l’instruction peut statuant sur le contrôle judiciaire décider plutôt que laisser compétence au juge d’instruction pour gérer la suite du contrôle judiciaire.126 Lazerges-Cousquer n°2697 et 2142 et 2164). 3) La détention provisoire de l’information. Durant l’information. la mesure se poursuit même de droit à l’égard de ceux qui font l’objet d’une ordonnance de mise en accusation (Article 181 al. le juge d’instruction peut maintenir le contrôle judiciaire jusqu’à la comparution devant le tribunal (Article 179. La notion de détention provisoire et son évolution La détention provisoire tient son nom de la loi du 17 juillet 1970 et s’appelait auparavant « détention préventive » tandis qu’on parlait alors d’un inculpé (nom d’alors du mis en examen) en « liberté provisoire » Et le Code d’instruction criminelle .2 du CPP). La détention sera enfermée dans les mêmes limites de durée maximale que si elle avait été décidée initialement. Le contrôle judiciaire n’est pas à l’inverse de la détention provisoire enfermé dans des limites maximales de durée.

Le placement en détention provisoire.). C’est dire que l’institution est héritière d’une procédure inquisitoire. à l’extraire de ce contexte inquisitorial est manifeste lorsqu’on tente de rendre compte des nombreuses réformes qui s’y sont attaché. sa durée. avait critiqué ce choix législatif du code d’instruction criminelle et en 1947 encore Donnedieu de Vabres souhaitait séparer « les fonctions d’inquisiteur et celles de juges ». Ces multiples réformes ont peu à peu constitué autour de la question de la détention provisoire une procédure complexe et « quasi-autonome » (Desportes et LazergesCousquer. L’initiative de cette question et de la procédure qui s’en suit peut tenir au procureur de la République ou au juge d’instruction. C’était retirer à la juridiction d’instruction du premier degré l’un de ses trois pouvoirs. la procédure de son prononcé. il . Garraud. Tour à tour. n°2703) au sein de la procédure d’information. Garçon. qui peuvent l’un et l’autre ou l’un ou l’autre estimer la détention nécessaire. de rejeter les demandes de mise en liberté et de prolonger la détention. des infractions qui la font encourir. La loi du 15 juin 2000 a constitué une importante rupture dans le droit de la détention provisoire en instituant un juge des libertés et de la détention (que nous désignerons désormais par l’acronyme utilisé par les praticiens « JLD »)ayant le pouvoir de placer en détention provisoire. les recours et les contrôles dont elle fait l’objet et le juge qui la prononce ( pour une vue d’ensemble de la question voir récemment Desportes et Lazerges-Cousquer. Si le juge d’instruction estime la détention injustifiée. n°2702 et s. Si celui-ci partage cette vue. il va saisir le juge des libertés et de la détention. Or. ponctuées de régressions. Le procureur de la République s’il estime la détention nécessaire va saisir le juge d’instruction de réquisitions en ce sens. La difficulté à l’encadrer. Faustin Hélie et d’autres après lui. Quand et par qui le JLD est-il saisi ? La question de la détention provisoire peut se poser au moment même d’une mise en examen ou plus tard lorsque se révèle telle ou telle circonstance concernant la personne mise en examen. celui du placement en détention provisoire (aux côtés du pouvoir d’enquêter et du pouvoir juridictionnel de renvoyer devant le juge du fond). dès le XIXème siècle. le législateur a modifié le champ des personnes susceptibles de faire l’objet de détention provisoire. ses motifs. mais à l’évidence le cycle des réformes n’est pas achevé.127 de 1808 prévoyait qu’en matière criminelle la « détention préventive » était de principe et d’une durée illimitée. tout au long des XIXème et XXe siècles.

Et surtout cette saisine n’est possible qu’en cas de mise en examen pour crime ou délit puni de dix ans d’emprisonnement et sous réserve que la détention ait pour objectif de protéger le mis en examen. à la suite de la modification intervenue par la loi du 9 septembre 2002 sur le choix du législateur précédent (loi du 15 juin 2000). L’article 137-3 du CPP précise que toute décision du JLD qui prononce. qu’elle doit être « l’unique moyen » de parvenir à ces objectifs. disposition fondamentale en matière de détention provisoire énonce ces finalités non sans avoir rappelé auparavant. C’est dire qu’ils ne doivent pas pouvoir être atteint par un contrôle judiciaire. très large : il suffit que la mise en examen soit intervenue pour un crime ou un délit puni de trois ans d’emprisonnement ou plus ce qui recouvre aujourd’hui la plus grande part des délits visés au code pénal. Depuis la loi du 5 mars 2007. Ainsi posée la question du placement en détention provisoire sera tranchée à partir de l’examen des conditions de fond suivantes. et ce depuis la loi du 15 juin 2000. Le champ de la détention provisoire est aujourd’hui. la détention provisoire peut être décidée selon l’article 137 du CPP pour « les nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté ». Le parquet immédiatement informé de cette décision peut dans tous les cas en faire appel.128 peut par décision motivée soit laisser la personne en liberté soit la placer sous contrôle judiciaire. Même si sa durée sera imputée sur celle de la peine. Comme le contrôle judiciaire. Mais l’article 137-4 al. la détention provisoire ne saurait être justifiée par les faits reprochés fussent-ils parfaitement établis et reconnus. 4°à 7° du CPP).1 du CPP lui ouvre aussi en certains cas une autre voie : la saisine directe du juge des libertés et de la détention. Les conditions de fond de la détention. . prévenir le renouvellement de l’infraction ou mettre fin à l’ordre public (objectifs énumérés à l’article 144. l’article 144 pose une exigence supplémentaire : il doit « être démontré. au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure qu’elle constitue l’unique moyen » de parvenir à l’un de ces objectifs. dont il convient de rappeler ici qu’elle fait suite aux travaux parlementaires tenus après l’affaire dite d’Outreau. Cette saisine directe suppose d’abord que le parquet ait précisé dans ses réquisitions qu’il envisageait en cas de refus de placement en détention cette saisine directe. garantir son maintien à la disposition de la justice. L’article 144 du CPP. maintient ou prolonge une détention doit « comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le caractère insuffisant des obligations du contrôle judiciaire et le motif de la détention par référence aux seules dispositions des articles 143-1 et 144. » La décision du JLD est donc enfermée dans des motifs précis qui recouvrent des finalités assignées à la détention.

La détention provisoire constitue à la fois un choc psychique pour ceux qui la vivent. 7° Mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l'ordre public provoqué par la gravité de l'infraction. Le dernier motif tenant au trouble à l’ordre public a depuis toujours suscité la controverse et une réelle défiance de la défense pour le caractère imprécis de la notion. Ce trouble ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l'affaire. 4° Protéger la personne mise en examen . Ces éléments connus de tous les praticiens de la justice conduisent le législateur à faire en sorte que soit prises en . Il est certain que les trois premiers motifs relèvent de préoccupations tenant à l’instruction (les nécessités de l’instruction) tandis que les quatre suivants relèvent plutôt de mesures de sûreté (tendant à éviter la commission de nouvelles infractions pas nécessairement d’ailleurs par celui qui est en détention lorsqu’il s’agit de le protéger). tant en raison de l’incarcération elle-même que des conditions de celle-ci. en le qualifiant « d’exceptionnel et persistant ». le présent alinéa n'est pas applicable en matière correctionnelle. Ces objectifs assignés à la détention provisoire sont limitatifs. les circonstances de sa commission ou l'importance du préjudice qu'elle a causé. 6° Mettre fin à l'infraction ou prévenir son renouvellement . et un choc social susceptible d’avoir de lourdes répercussions sur un parcours de vie. distinction pour le moins délicate. 5° Garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice . notamment la première fois. celui du détenu et ceux de ses proches. en le rattachant exclusivement à « la gravité de l'infraction. 3° Empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices . 2° Empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille . les circonstances de sa commission ou l'importance du préjudice qu'elle a causé » et enfin en 2007 en précisant qu’il «ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l'affaire ». Le législateur a donc voulu encadrer de motif en excluant son usage en matière correctionnelle.129 Les sept motifs de détention provisoire de l’article 144 du CPP 1° Conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité . Toutefois.

Si le JLD n’envisage pas de détention. à la dignité de la personne ou aux intérêts d’un tiers). il va sous les conditions de fond et de forme étudiées ci-dessus prendre une ordonnance de placement en détention provisoire et un mandat de dépôt. S’il envisage la mise en détention. Après avoir entendu le ministère public et la défense. S’il estime la détention provisoire nécessaire. Le « débat contradictoire » et la décision qui lui fait suite sont en principe publics depuis la loi du 5 mars 2007 (Article 145 al. il doit l’informer qu’elle ne pourra intervenir qu’après un débat contradictoire. Le JLD peut lui-même vouloir reporter le débat (article 145 al. doit entendre ses observations. Le « débat contradictoire ». Pour les jeunes majeurs (moins de vingt et un ans au temps de l’infraction) mis en examen pour des infractions faisant encourir une peine égale ou inférieure à cinq ans (Article 81 al. à la sérénité des débats. risque d’atteinte à la présomption d’innocence. Ces audiences n’ayant pas de régularité d’heure . Le JLD à qui la personne mise en examen est présentée suite à sa saisine. sous quelques exceptions (criminalité organisée. La décision de placement en détention n’interviendra qu’après un « débat contradictoire » dont les formes sont précisées à l’article 145 du CPP. le JLD va donc trancher. risque d’entrave aux investigations. Quelle que soit la cause du report. Il ne faut pas cependant se représenter cette publicité comme celle des audiences correctionnelles. Cette assistance obligatoire a été instaurée par la loi du 5 mars 2007. délai à l’intérieur duquel devra intervenir le débat contradictoire.7 à 10 du CPP) s’il souhaite que des vérifications soient effectuées sur la personnalité du mis en examen ou sur les faits. la personne est remise en liberté sous les réserves vues plus loin. le JLD peut prescrire une incarcération provisoire pour une durée de quatre jours. Le seul recours contre l’ordonnance d’incarcération provisoire est le référé-liberté que nous verrons plus loin. qu’elle a le droit de demander un délai pour préparer sa défense et qu’elle sera nécessairement assistée par l’avocat de son choix ou un avocat désigné d’office à ce débat. une enquête de personnalité devra être menée et pour les parents de mineurs de seize ans (Article 145-5 du CPP) la recherche préalable des éventuelles mesures destinées à éviter que la détention du parent ne place le mineur en situation de danger est requise.6 du CPP). Pratique judiciaire.7 du CPP).130 compte la situation personnelle du mis en examen.

L’exécution de la détention provisoire. 11 décembre 2008). C’est en tout cas le juge d’instruction qui pour l’essentiel qui est en charge de cette exécution. fréquentée par la presse. 53 à D. En charge du contrôle des détentions provisoires. elles ne sont pas.69 du CPP ne donnent pas une exacte image des questions qui se posent en ce domaine. ce qui ne manque pas de poser de sérieuses questions à la défense qui ne peut être en ce cas à la fois devant le JLD et aux côtés du mis en examen. Elles peuvent se tenir dans le cabinet du JLD et non pas en salle d’audience et la jurisprudence a même admis que la porte de ce cabinet puisse être fermée durant le débat dès lors que le public n’est pas empêché d’entrer ! (Crim. inscrit aujourd’hui à l’article 716 du CPP et jamais respecté.131 et de jour. et lorsqu’un groupe de onze juges d’instruction décida en fin 2008 de visiter la prison de la Santé et faire savoir à la grande presse qu’ils n’en « pouvaient plus d’incarcérer dans ces conditions ». les détentions provisoires ne sont pas nécessairement exécutées près du juge d’instruction ni du domicile ou de la famille du détenu. Bull. les juges d’instruction n’ont jamais véritablement investis ces pouvoirs. sauf à ce que la défense l’organise elle-même. ni par un public d’habitué. sauf à ce qu’elle en soit spécialement avertie. Quant au « principe de l’emprisonnement individuel » prévu depuis 1875. Le débat peut aujourd’hui se tenir en ayant recours à la visioconférence (Article 706-71 du CPP) par exemple lorsque la personne est détenue pour autre cause. Millot Libération. Le juge d’instruction. en capacité de visiter les prisons. Autant dire que la publicité de ce débat sera en bien des cas très formelle. dans l’espoir d’empêcher des communications entre co-mis en examen peut « disperser » ceux-là dans différentes maisons d’arrêt (Article D56-2 du CPP). n°157). le Sénat vient de voter le 6 mars 2009 son report à au cinquième anniversaire de la date de publication de la loi . Il n’en reste pas moins que des règles précises et parfois vécues comme très contraignantes par la défense régissent la désignation de l’avocat par le détenu (Article 115 du CPP). Le juge peut selon des limites prévues à l’article 145-4 interdire les communications du détenu avec ses proches voire le placer à l’isolement (D56-1 du CPP). Les règles qui gouvernent l’exécution de la détention provisoire telles qu’elles figurent aux articles 714 à 716 du CPP et D. La visioconférence ici comme en matière d’audience de fond modifie plus qu’on ne le pense le rituel du contradictoire. Exécutées dans les maisons d’arrêt qui concentrent seules la surpopulation carcérale au contraire de maisons centrales et des centres de détention. un de ses organes dans un article intitulé « A la Santé. des juges inquiets d’incarcérer » commençait par « C’est rare pour ne pas dire inédit… » (O. Ces dispositions ne sauraient concerner la défense (Article 716 dernier alinéa du CPP) dont les droits doivent être préservés durant la détention et notamment le droit de communiquer librement. 18 juin 2008.

les indications particulières qui justifient en l'espèce la poursuite de l'information et le délai prévisible d'achèvement de la procédure. lorsque la durée de la détention provisoire excède un an en matière criminelle ou huit mois en matière délictuelle. et sous des périodicités diverses. requête n°39364/05. 5éme section) dans lequel la France est condamnée pour violation des articles 3 et 13 de la Convention relatifs aux transfèrements. que la loi permet des prolongations de la détention sous des formes assez voisines de celles du placement initial. On peut aussi résumer les dispositions prévues à l’article 145-2 du CPP sous forme d’un tableau (ci –dessous). à la mise à l'isolement et aux fouilles corporelles. La durée de la détention provisoire pendant l’information.132 pénitentiaire discutée à l’automne 2009. A ce stade le parquet ne peut saisir directement le JLD. la France se voit condamner par la CEDH sur le fondement de diverses dispositions de la CESDH pour les conditions dans lesquelles s’exécute la détention provisoire. Certes. Seule la voie de l’appel lui est ouverte contre un refus par le juge d’instruction d’envisager de prolonger la détention et de saisir le JLD. survenus durant plusieurs années de détention provisoire. On peut résumer le dispositif législatif en disant que tout titre de détention a une durée de validité limitée. 9 juillet 2009. La prolongation est en tout cas décidée par le JLD après avis du parquet et sur saisine du juge d’instruction. On lira notamment l’édifiant arrêt rendu le 9 juillet 2009 (Affaire Khider c/ France. Il est important de souligner que les durées légales maximales atteignent jusqu’à 3 ans et quatre mois pour un certain type de délit et quatre ans et huit mois pour certains crimes. L’avocat de la défense est dûment convoqué au débat contradictoire et le JLD doit (Article 145-3 du CPP) exposer dans son ordonnance de prolongation. que la durée totale de détention provisoire est enfermée dans une double contrainte : celle du délai raisonnable et surtout celle de durées maximales complexes car soumises à divers régimes et exception. nécessité et proportionnalité de la privation de liberté. et il faut y insister la situation des détenus aura été revues à plusieurs reprises mais l’un des enseignements de l’affaire d’Outreau est précisément de montrer que ce n’est pas là une garantie suffisante pour éviter des prolongations de routine. Cette question est évidemment celle où de subtils compromis tentent de concilier sécurité publique et protection de la liberté individuelle. . En attendant.

133 Durée de la détention provisoire Durée de validité du titre initial de DP Matière correctionnelle 4 mois Matière criminelle 1 an Durée de validité du titre prolongeant la DP 4 mois 6 mois Durée légale maximale –Principe 4 mois 2 ans Durée légale maximaleRégimes d’exception- 1 an -peine encourue supérieure à 5 ans ou -déjà condamnée à une peine criminelle ou correctionnelle ferme supérieure à un an 3 ans 2 cas Peine encourue supérieure à 20 ans de réclusion ou détention criminelle Ou poursuites pour un crime en tout ou partie commis hors du territoire national __________________________ 2 ans -peine encourue supérieure à 5 ans ou prévenu déjà condamné à une peine criminelle ou correctionnelle ferme supérieure à un an et poursuivi pour une infraction en tout ou partie commise hors du territoire national ou certaines infractions punies de 10 ans 4 ans 2 cas -Peine encourue supérieure à 20 ans de réclusion ou détention criminelle Et poursuites pour un crime en tout ou partie commis hors du territoire national -Poursuites pour plusieurs crimes ou pour certains crimes 3 ans association de malfaiteurs terroristes Article 706-24-3 CPP Nombre de débats contradictoires minimum pour une durée maximale 2à8 Durée de l’allongement exceptionnel (Art.145-1 et 145-2) qui peut être prononcé par la Chambre de l’instruction 2à5 4 mois 8 mois .

La mise en liberté résulte le plus souvent d’une demande formée par l’intéressé ou son conseil au juge d’instruction et en certains cas directement à la chambre de l’instruction. 222 et 223 du CPP prévoient diverses hypothèses sous lesquelles la chambre de l’instruction peut statuer sur la détention provisoire. Cependant. le dépassement de la durée maximale de la détention ou en tout cas l’arrivée au terme de l’effet du mandat de dépôt et alors que la prolongation n’est pas demandée ou enfin parce que certains délais n’ont pas été respectés soit par la chambre de l’instruction soit par la chambre criminelle. 221-3.134 La décision de remise en liberté. En théorie (Article 147 al. Il est statué sur ces demandes sans débat contradictoire. leur refus. C’est essentiellement des appels d’ordonnances rendues en matière de détention provisoire qu’elle est saisie d’autant que c’est la seule voie de recours ouverte contre elles. Elle peut encore être la conséquence de l’annulation de pièces qui étaient le support nécessaire du mandat de dépôt qui se trouve annulé comme par exemple l’annulation d’un interrogatoire de première comparution. S’agissant des demandes formées par le détenu et sa défense. cette contrainte demeure assez théorique. le reste étant de l’appréciation souveraine des chambres de l’instruction). Ces demandes. le contrôle très réduit exercé par la chambre criminelle sur cette dernière question (le défaut de réponse ou l’erreur de droit dans l’appréciation du délai. au regard de la gravité des faits reprochés à la personne mise en examen et de la complexité des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité ». L’article 144-1 du CPP l’impose même lorsque les conditions de la détention provisoire énoncées à l’article précédent ne sont plus remplies ou lorsqu’elle « excède une durée raisonnable. La mise en liberté de la personne placée en détention provisoire peut résulter du d’un motif de droit : le non-lieu. . il faut bien reconnaître leur usage rare en pratique.2 du CPP) le Procureur peut aussi solliciter la mise en liberté. les appels qu’ils génèrent constituent le plus gros du contentieux des chambres de l’instruction. La mise en liberté peut être prononcée d’office par le juge d’instruction ou par le JLD ou encore la chambre de l’instruction après avis du parquet. Si les articles 201. La procédure devant la chambre de l’instruction relative à la détention provisoire. elles sont enfermées dans des formes précises à peine d’irrecevabilité de la demande (Article 148-6 et 148-7 du CPP).

l’appel en ce domaine n’étant pas suspensif. Divers délais de 10 à 20 jours imposent à la chambre de l’instruction une célérité qui peut expliquer pour partie certains dysfonctionnements. C’est qu’en effet. en matière de référé-détention. D’autant que la sanction du nonrespect de ces délais est la remise en liberté (Article 194 al. Si le principe est celui de la comparution personnelle de la personne concernée pourvu qu’elle en ait fait la demande. l’appel la saisit de la question de la détention provisoire telle qu’elle se posait au juge de premier degré. infirme une ordonnance de mise ne liberté ou de refus de prolongation (Article 207 du CPP). la chambre examinera l’appel en temps utile . s’il estime la demande de l’appelant justifiée. Pour tenter de corriger ce danger lorsque finalement la détention s’avère pouvoir être évitée. Enfin. ce que l’on appelle l’effet dévolutif de l’appel lui permet de rendre son arrêt à une date postérieure au terme du délai légal de la détention tel qu’il résultait de l’ordonnance frappée d’appel. En revanche. le principe est ici encore devenu celui de la publicité de l’audience (Article 199 du CPP). de l’appel. la décision d’incarcérer ou de mise en liberté reçoit exécution immédiate. En la matière. enserrée dans de stricts délais. effet de pilori médiatique) se produisent dans les jours suivants l’incarcération. par le Premier président de la cour pour le référé détention. le président (ou la chambre) peut infirmer l’ordonnance qui lui est soumise. les appelants peuvent être le parquet (Procureur ou procureur général) (Article 185 du CPP) et la personne mise en examen (Article 186 du CPP).135 On se tiendra à brosser ici les grandes lignes de la procédure en vigueur devant elle. Les motifs d’impartialité qui ont justifié que le référé-détention soit porté devant le Premier Président de la cour auraient tout aussi bien justifié la même solution pour le référé détention. ce principe subit de plus en plus d’exceptions et tend de plus en plus à prendre la forme de la visioconférence (Article 199 et 706-71 du CPP). Il s’agit dans l’un et l’autre cas (Article 187-1 du CPP pour le référé-liberté et 187-3 du CPP pour le référé-détention) de pouvoir provoquer l’examen en urgence par le président de la chambre de l’instruction voire de la chambre (Article 187-2 du CPP) pour le référé-liberté. le premier président peut déclarer l’appel sur la décision de mis en liberté suspensif. Après une courte phase de mise en état. . Un « fait divers » malheureux a quant à lui amené le législateur de la loi du 9 septembre 2002 à créer son pendant : le référé-détention ouvert au bénéfice du parquet. le législateur par la loi du 15 juin 2000 a institué une procédure de référé-liberté au bénéfice de la personne placée en détention provisoire. la chambre de l’instruction peut se réserver le contentieux de la détention provisoire quand elle décerne mandat de dépôt. 3 du CPP). La partie civile n’y est pas recevable. la chambre de l’instruction examine l’appel et depuis la loi du 5 mars 2007. Dans le référé-liberté. Comme en matière de contrôle judiciaire. perte d’emploi. Le président de la chambre de l’instruction est en effet amené à connaître de l’appel qu’il a d’abord écarté en référé-liberté. les effets négatifs d’une détention provisoire (choc psychologique. sinon. Or.

Le maintien en détention est de plein droit en matière criminelle. par ordonnance distincte spécialement motivée. Mais elle est enfermée indirectement dans le délai de comparution du prévenu ou de l’accusé devant le tribunal correctionnel ou la Cour d’assises. Et la sanction du non respect de ces délais est la remise ne liberté. maintenir le prévenu en détention ou sous contrôle judiciaire jusqu'à sa comparution devant le tribunal. Le projet d’assignation à résidence. la détention n’est enfermée directement que dans la règle du délai raisonnable dont le CEDH tend à assurer le respect faute par la chambre criminelle d’exercer un contrôle effectif (voir supra). un pas important de plus dans l’imagination d’une alternative à la prison telle que nous la connaissons. 4°. Le projet de loi pénitentiaire discuté au parlement en 2009 comporte la création d’un dispositif dénommé « assignation à résidence sous surveillance électronique » qui deviendrait une mesure de sûreté autonome. le juge d'instruction peut. ». En réalité ce qui le rendrait plus « attractif » au sens de plus facilement accepté par les personnes qui le subiraient teint à ce que la durée de son exécution s’imputerait sur une peine d’emprisonnement ferme. A n’en pas douter. Le délai calculé à compter de la date de l’ordonnance de renvoi est de deux mois qui peut être prolongé de deux mois encore (quatre mois au total) en matière correctionnelle (Article 179 du CPP) et il est de un an susceptible d’une prolongation de six mois à compter de la date à laquelle la décision de mise en accusation est définitive (article 181 du CPP). Dans tous les cas. Cette largesse du législateur n’a qu’un effet : les délais de comparution en Cour d’assises sont souvent trop longs et aucun moyen n’est pris pour y remédier. l’article 179 du CPP dispose « L'ordonnance de règlement met fin à la détention provisoire ou au contrôle judiciaire … Toutefois. 5° et 6° de l'article 144. entre contrôle judiciaire et détention provisoire.136 La poursuite de la détention provisoire après le règlement de l’information En matière correctionnelle. ni par le trouble à l’ordre public que le temps de l’information et les résultats de l’information elle-même sont censés avoir apaisé. Mais nul ne peut prétendre dire pour quels résultats ? . L'ordonnance de maintien en détention provisoire est motivée par référence aux 2°. l’autonomie du dispositif étant censée le rendre plus attractif que l’actuel contrôle judiciaire sous surveillance électronique. Le maintien en détention en fin d’instruction ne saurait en effet se justifier par les nécessités de l’instruction.

l’article 143 devient l’article 142-4 et. II. « Cette mesure oblige la personne à demeurer à son domicile ou dans une résidence fixée par le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention et de ne s’en absenter qu’aux conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat. si les obligations du contrôle judiciaire ou de l’assignation à résidence avec surveillance électronique ne permettent pas d’atteindre ces objectifs. présumée innocente. Extraits du texte adopté par le Sénat en première lecture (urgence déclarée) De l’assignation à résidence avec surveillance électronique Article 37 I. si la personne est mise en examen pour une infraction punie de plus de sept ans d’emprisonnement et pour . 137. Elle peut également être exécutée sous le régime du placement sous surveillance électronique mobile. par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la personne mise en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel d’au moins deux ans ou une peine plus grave. à l’aide du procédé prévu par l’article 723-8. il est rétabli une sous-section 2 ainsi rédigée : « Sous-section 2 « De l’assignation à résidence avec surveillance électronique « Art. si celles-ci se révèlent insuffisantes. avec l’accord ou à la demande de l’intéressé. « À titre exceptionnel. 142-5. être assignée à résidence avec surveillance électronique. « Cette obligation est exécutée sous le régime du placement sous surveillance électronique. – L’article 137 est ainsi rédigé : « Art. elle peut être astreinte à une ou plusieurs obligations du contrôle judiciaire ou. demeure libre. – Toute personne mise en examen. – L’intitulé de la section 7 du chapitre Ier du titre III du livre Ier est ainsi rédigé : « Du contrôle judiciaire. – Les sous-sections 2 et 3 de la section 7 du chapitre Ier du titre III du livre Ier deviennent respectivement les sous-sections 3 et 4.137 Loi pénitentiaire. « Toutefois. » III. après cet article 142-4. en raison des nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté. elle peut être placée en détention provisoire. à l’aide du procédé prévu par l’article 763-12. de l’assignation à résidence et de la détention provisoire ». – L’assignation à résidence avec surveillance électronique peut être ordonnée.

142-12. 142-9. modifiée ou révoquée par les juridictions d’instruction et de jugement selon les mêmes modalités que le contrôle judiciaire en application des articles 148-2. 201. 397-3. 145. « Cette mesure peut être levée. – Un décret détermine. « Art. – L’assignation à résidence avec surveillance électronique est décidée par ordonnance motivée du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention. « Art. Elle peut être prolongée pour une même durée selon les modalités prévues au premier alinéa de l’article 142-6. – L’assignation à résidence avec surveillance électronique est assimilée à une détention provisoire pour son imputation sur une peine privative de liberté. le cas échéant les articles 763-12 et 763-13. – L’assignation à résidence est ordonnée pour une durée qui ne peut excéder six mois. sans débat contradictoire. « Art. les horaires de présence au domicile ou dans les lieux d’assignation peuvent être modifiés par le chef d’établissement pénitentiaire lorsqu’il s’agit de modifications favorables à la personne mise en examen ne touchant pas à l’équilibre de la mesure de contrôle. – Les juridictions d’instruction et de jugement peuvent prononcer. Le chef d’établissement informe le juge d’instruction de ces modifications. 142-7. par ordonnance statuant sur une demande de mise en liberté. – En cas de non-lieu. conformément à l’article 141-2. « Art. en tant que de besoin. 142-8. 272-1. 695-35. les modalités d’application de la présente sous-section. « Art. qui statue après un débat contradictoire conformément aux dispositions de l’article 145. 148-6. – Le deuxième alinéa de l’article 139 et les articles 140 et 1413 sont applicables à l’assignation à résidence avec surveillance électronique. « La personne peut être en outre astreinte aux obligations et interdictions prévues par l’article 138. » . 142-11. Les articles 723-9 et 723-12 sont applicables et. « Art. « Elle peut également être décidée. 213.138 laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. maintenue. le juge d’instruction exerçant les compétences attribuées au juge de l’application des peines. 696-20 et 696-21. 695-36. une assignation à résidence avec surveillance électronique dans les cas prévus par les articles 135-2. – Avec l’accord préalable du juge d’instruction. « Art. 148. 695-34 et 696-19. 221-3. sans que la durée totale du placement dépasse deux ans. « La personne qui ne respecte pas les obligations résultant de l’assignation à résidence avec surveillance électronique peut faire l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’amener et être placée en détention provisoire. 272-1. 142-10. conformément aux dispositions de l’article 716-4. relaxe ou acquittement. 142-13. la personne placée sous assignation à résidence avec surveillance électronique a droit à la réparation du préjudice subi selon les modalités prévues par les articles 149 à 150. 142-6. comme mesure alternative à la détention provisoire. « Art.

la CRPC ou la composition pénale. En matière de CRPC. il a donc exigé que l’audience d’homologation soit publique.139 7 Les caractères fondamentaux de l’audience de jugement Avant d’étudier plus précisément le déroulement des divers types d’audience devant le tribunal correctionnel et devant la cour d’assises. l’ordonnance pénale. étudiés plus tôt. C’est donc à la fois l’audience de jugement et le prononcé de la décision qui sont en cause. Le conseil constitutionnel a pour sa part reconnu le principe de publicité qui se fonde sur la lecture combinée des articles 6. le prononcé d’une peine privative de liberté soit exclu (Article 495-1 al. 8.2 du CPP). et aussi le principe d’immutabilité du litige. en revanche. Notion C’est évidemment une garantie essentielle du procès équitable. 9 et 16 de la DDHC de 1789 mais il a limité l’exigence constitutionnelle d’une audience publique de jugement des affaires pénales à la seule hypothèse où la privation de liberté est encourue. l’extension du champ de la procédure d’ordonnance pénale délictuelle peut trouver ici sa limite. . Si donc le législateur pourrait supprimer le caractère public des audiences du tribunal de police sans encourir les foudres du conseil constitutionnel. ce serait à la condition que comme aujourd’hui. l’oralité. il est nécessaire de nous arrêter un moment sur les caractères fondamentaux de l’audience de jugement. S’il est possible de l’étendre à tous les délits. Leur examen nous permettra de mieux comprendre comment les nouveaux modes de traitement des délits. composent avec certains de ces caractères fondamentaux. la comparution personnelle qui tous subissent à notre époque des mutations. Ce principe proclamé dans toutes les grands textes internationaux l’est notamment à l’article 6§1 de la CESDH « toute personne a droit a ce que sa cause soit entendue publiquement » et « le jugement doit être rendu publiquement ». Nous retiendrons ici la publicité. Le principe de publicité.

La CEDH quant à elle a jugé qu’une procédure d’ordonnance pénale qui ne respecte à aucun moment le principe de publicité violait l’article 6§1 de la convention (CEDH. 1 mars 2007 27. que. France. Considérant que constitue une décision juridictionnelle l'homologation ou le refus d'homologation par le président du tribunal de grande instance de la peine proposée par le parquet et acceptée par la personne concernée . arrêt du 22 février 1984. faire l'objet d'une audience publique . Considérant qu'il résulte de la combinaison des articles 6. 12. La publicité des débats comme celle du prononcé du jugement protège les justiciables contre une justice secrète échappant au contrôle du public et constitue ainsi l'un des moyens de contribuer à préserver la confiance dans les tribunaux. à savoir le procès équitable. Selon sa jurisprudence. § 26. Par la transparence qu'elle donne à l'administration de la justice. le droit de chacun à ce que sa cause soit « entendue publiquement » implique par principe le droit à une « audience ». Suisse. série A no 74.140 Extrait de la décision du Conseil constitutionnel n°2004-492 du 4 mars 2004 à propos de la CRPC. affaire Erkan Orhan c/ Turquie. le caractère non public de l'audience au cours de laquelle le président du tribunal de grande instance se prononce sur la proposition du parquet. qu'il s'ensuit que doivent être déclarés contraires à la Constitution les mots : " en chambre du conseil " à la fin de la première phrase du second alinéa de l'article 495-9 nouveau du code de procédure pénale . 1 mars 2007). … En ce qui concerne le grief tiré de la méconnaissance du principe de publicité des débats : 117. même lorsqu'aucune circonstance particulière ne nécessite le huis clos. arrêt du . 118. affaire Erkan Orhan c/ Turquie. par suite. dont la garantie compte parmi les principes de toute société démocratique (voir Sutter c. 9 et 16 de la Déclaration de 1789 que le jugement d'une affaire pénale pouvant conduire à une privation de liberté doit. méconnaît les exigences constitutionnelles ci-dessus rappelées . p. que cette homologation est susceptible de conduire à une privation de liberté d'un an . Gautrin et autres c. sauf circonstances particulières nécessitant le huis clos. 8. La Cour rappelle que la publicité des débats judiciaires constitue un principe fondamental consacré par l'article 6 § 1 de la Convention. Extraits de CEDH. elle aide à atteindre le but de l'article 6 § 1.

Ni le tribunal de police qui a délivré l'ordonnance pénale ni le tribunal correctionnel qui s'est prononcé sur l'opposition n'ont tenu d'audience. l'irrégularité commise ne doit pas entraîner l'annulation de la décision. Le requérant n'a jamais eu la possibilité de comparaître personnellement devant les magistrats appelés à le juger. par exemple. Il s’applique y compris lorsque ces juridictions statuent avant dire droit sur le fond. La solution a paru être remise en cause par deux arrêts de la chambre criminelle. Bull n°135 et 136. pp.680). La Cour constate également que l'absence d'audience devant le tribunal correctionnel a été débattue par la Cour constitutionnelle. La chambre criminelle avait estimé que « si c'est à tort que l'affaire a été débattue en chambre du conseil et non pas en audience publique. dès lors qu'il n'est pas établi. le juge d'instance pouvait. à la lumière de ce qui précède. D. laquelle a considéré que celle-ci n'était pas compatible avec le droit à un procès équitable et les droits de la défense. la Cour considère qu'il y a eu violation de l'article 6 § 1 de la Convention en ce que la cause du requérant n'a pas été entendue publiquement par les juridictions saisies de son affaire. Dès lors. Serre c. 15 juin 1999. qu'elle ait porté atteinte aux intérêts du demandeur ». CEDH 2000-II). La procédure d'opposition devant le tribunal correctionnel se déroulait également sans audience lorsqu'elle était formée contre une ordonnance portant sur une condamnation à une amende légère ou lourde ou à une interdiction temporaire d'exercer une profession et un métier ou une saisie. en correctionnelle. émettre une ordonnance pénale sur la seule base du dossier. ni même allégué. et Stefanelli c. le principe de publicité est posé pour toutes les juridictions de jugement (Article 306 du CPP) pour la cour d’assises. no 29718/96. 30. (Article 400 du CPP) pour le Tribunal Correctionnel et (Article 535 du CPP) pour le tribunal de police. France. p. 29. selon les dispositions pertinentes de l'ancien code de procédure pénale. En l’état. 1999 note Mayer et Chassaing. La nullité tenant au défaut de publicité de l’audience était-elle devenue une . § 21. Elle prend en considération ce constat ainsi que l'absence de disposition sur l'ordonnance pénale dans les nouveaux codes pénal et de procédure pénale. pour certaines catégories d'infractions. le requérant n'a bénéficié d'une audience devant les juridictions internes. 29 septembre 1999. Recueil des arrêts et décisions 1998-III. La Cour note que. § 42. 31. no 35396/97. sans tenir d'audience. SaintMarin. si nécessaire. Le tribunal correctionnel statuait sur la seule base du dossier et de l'avis écrit du procureur de la République qu'il pouvait entendre. La Cour relève qu'à aucun stade de la procédure. 1023-1024. à tout le moins ambigus dans leur formulation trop générale (Crim. sur une demande de mise en liberté du détenu déjà renvoyé devant elles. L’exigence de publicité est d’ordre public et sa violation emporte donc la nullité de la décision en cause. § 19. 28.141 20 mai 1998.

2 et 3 du CPP. Il est certain que le procès pénal constitue pour les médias un « produit » attractif dont la valeur marchande est constituée par sa diffusion précédée de publicités. la solution s’expliquait par le fait que le relèvement constituait une mesure de faveur rendue généralement en chambre du conseil (Article 703 du CPP) et que « la méconnaissance du principe fondamental de la publicité des débats constitue une cause de nullité sans qu’il soit nécessaire à celui qui l’invoque d’établir la preuve du grief ». il n’en reste pas moins que l’ouverture des audiences aux médias audiovisuels modifie profondément le rituel . de ceux qui sont destinés à informer le public. 1 du CPP). Les premiers. Maurice Papon) ne serait-ce qu’en raison des chefs de poursuites tenant à des crimes contre l’humanité. Quelque soient les mérites des « produits médiatiques » en cause et leur valeur informative ou pédagogique. elle commence de l’être de manière plus large en correctionnelle et aux assises débouchant sur des montages et des diffusions par les chaînes de télévision. en fonction de la taille de la salle d’audience et des contraintes de sécurité. voire la possibilité d’enregistrer le procès (Article 308 al.1 du CPP).142 nullité d’intérêt privé ? Tel n’était pas le sens de l’arrêt et encore moins sa portée. qui existe en d’autres pays. le principe demeure aujourd’hui la prohibition des enregistrements audiovisuels ou sonores (Article 308 al. à usage judiciaire. Il suffit que le public puisse accéder à la salle d’audience de jugement pour que la publicité soit satisfaite et il va de soi que cette possibilité s’entend de manière relative. Depuis plusieurs années. S’agissant de l’enregistrement des procès pénaux. Mais il fallut toutefois que le rapport annuel de la cour de Cassation vienne préciser que rendues à propos de demandes de relèvement d’une astreinte prononcée par une juridiction pénale en matière d’urbanisme.fr/rapports-publics ). S’agissant des enregistrements destinés à l’information du public. Comment cette publicité est-elle assurée? Par la présence possible du public à l’audience de jugement. Si elle a été utilisée pour quelques procès dont la dimension historique n’échappe à personne (Procès Klaus Barbie. en ligne sur le site www. la réflexion sur l’ouverture des audiences pénales aux médias. 8 décembre 1983. la possibilité de reproduire les débats dans la presse. Prettoc/Italie).ladocumentationfrancaise. il faut bien distinguer ceux qui sont à usage strictement judiciaire et qui par exemple vont permettre par exemple de disposer en appel de l’enregistrement d’une déposition faite en première instance question qui ne concerne pas le principe de publicité. du 22 février 2005. La publicité du jugement n’impose pas sa lecture intégrale et la jurisprudence de la CEDH a depuis longtemps admis une simple lecture du dispositif de la décision voire une remise au greffe de celle-ci dès lors que le public puisse y accéder (CEDH. ce qui n’est jamais un argument péremptoire. sont prévus par les dispositions de l’article 308 al. La loi n° 85-699 du 11 juillet 1985 (voir articles L221-1 et suivants du Code du patrimoine) autorise l’enregistrement aux fins de constituer des archives historiques. suscite en France des débats et même des travaux (Voir le rapport de la commission présidée par Madame le Premier Président Linden.

et s’agissant des infractions sexuelles. la mémoire collective du procès pénal et que de là. ou dans la mesure jugée strictement nécessaire par le tribunal. l’exception au principe de publicité des audiences de jugement porte le nom un peu désuet de « huis clos ». totalement ou partiellement tant en matière correctionnelle que criminelle. le huis clos est de droit pour la partie civile qui est en réalité maître de la publicité des débats et du huis clos au sens ou ni l’une ni l’autre ne peuvent être décidées sans son accord (Article 306 al. Une première exception légale.3 du CPP). un premier cas de huis clos doit être noté qui concerne les affaires impliquant des mineurs. En matière correctionnelle. il est possible. le législateur a modifié les dispositions de l’article 400 du CPP mais n’a pas touché à l’article 306 qui lui concerne la Cour d’assises. Hors les cas où le huis clos est de droit. tant le procès pénal que la dignité de ceux qui y participe peuvent en être affectés. à défaut d’une véritable diversité. Il s’en suit aujourd’hui un manque d’uniformité dans l’expression des critères. il n’est pas de droit. En 2004. Les exceptions au principe. lorsque les intérêts des mineurs ou la protection de la vie privée des parties au procès l'exigent. » En droit interne.143 judiciaire. de l'ordre public ou de la sécurité nationale dans une société démocratique. Il est alors motivé sur les critères assez larges énoncés par le législateur aux articles 306 et 400 du CPP. le tribunal a en ces matières comme dans les autres la charge de trancher sur les demandes de huis clos selon les critères énoncés par la loi . . En matière criminelle. L’article 6§1 de la CEDH offre une large possibilité aux Etats d’introduire des exceptions au principe mais pour le seul déroulement des débats. Article 6§1 seconde phrase de la CESDH « Le jugement doit être rendu publiquement. mais l'accès de la salle d'audience peut être interdit à la presse et au public pendant la totalité ou une partie du procès dans l'intérêt de la moralité. qui n’est toutefois pas satisfaisante. lorsque dans des circonstances spéciales la publicité serait de nature à porter atteinte aux intérêts de la justice.

mineure au moment des faits. est devenue majeure au jour de l'ouverture des débats et qu'elle en fait la demande. la sérénité des débats. L’oralité De nombreuses affaires. s'oppose à cette demande. Article 400 du CPP (Tribunal correctionnel). Toutefois. que les débats auront lieu à huis clos. Dans ce cas. Le jugement sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique. sauf s'il existe un autre prévenu qui est toujours mineur ou qui. alinéa 4. en . sauf s'il existe un autre accusé qui est toujours mineur ou qui. Lorsque le huis clos a été ordonné. Les audiences sont publiques. Lorsque les poursuites sont exercées du chef de viol ou de tortures et actes de barbarie accompagnés d'agressions sexuelles. L’instruction orale menée à l’audience de jugement modifie parfois fondamentalement la « lecture » au sens propre et figuré qui avait été faite du dossier par les différentes parties.144 Article 306 (Cour d’assises) Les débats sont publics. mineure au moment des faits. est devenue majeure au jour de l'ouverture des débats et qu'elle en fait la demande. médiatisées. en constatant dans son jugement que la publicité est dangereuse pour l'ordre. Lorsque le huis clos a été ordonné. le tribunal peut. le président peut interdire l'accès de la salle d'audience aux mineurs ou à certains d'entre eux. ordonner. en certains cas l’importance du dossier écrit. L'arrêt sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique. la cour le déclare par un arrêt rendu en audience publique. illustrent régulièrement cette évidence : l’oralité des débats est un principe essentiel qui relativise. Les dispositions du présent article sont applicables devant le tribunal pour enfants si la personne poursuivie. mineur au moment des faits et devenu majeur au jour de l'ouverture des débats. s'oppose à cette demande. Néanmoins. Les dispositions du présent article sont applicables devant la cour d'assises des mineurs si la personne poursuivie. le huis clos est de droit si la victime partie civile ou l'une des victimes parties civiles le demande . dans les autres cas. le huis clos ne peut être ordonné que si la victime partie civile ou l'une des victimes parties civiles ne s'y oppose pas. mineur au moment des faits et devenu majeur au jour de l'audience. la dignité de la personne ou les intérêts d'un tiers. qu’il résulte ou non d’une information. celui-ci s'applique au prononcé des arrêts qui peuvent intervenir sur les incidents contentieux visés à l'article 316. à moins que la publicité ne soit dangereuse pour l'ordre ou les mœurs. par jugement rendu en audience publique. L’intime conviction des juges. celui-ci s'applique au prononcé des jugements séparés qui peuvent intervenir sur des incidents ou exceptions ainsi qu'il est dit à l'article 459.

La partie civile n’a nulle obligation de comparution en personne. 23 juin 2004 n°166 et Crim 3 juin 2009. L’audience de fond rejoint alors. Si les parties peuvent apporter aux débats des pièces écrites. et les experts doivent pouvoir être interrogés. Si le système du témoin anonyme qui s’est introduit à peu près dans toutes les législations ces dernières années est accepté y compris par la CEDH. que la personne renvoyée aux assises ou en correctionnelle puise être confrontée avec ce témoin anonyme (706-61 du CPP) et encore avec une restriction sur la force probatoire de ces témoignages anonymes (Article 706-62 CPP. a subi une grande évolution sous la pression de la CEDH. posé par l’article 410 du CPP. « Le prévenu régulièrement cité à personne doit comparaître à moins qu'il ne fournisse une excuse reconnue valable par la juridiction devant laquelle il est appelé ». Le dossier écrit de police ou d’instruction a été lu par le président et les parties y ont eu accès. la loi admet aussi. le modèle accusatoire. . L’écrit est cependant présent lors de l’instruction d’audience au support de l’oral. L’oralité des débats assure aussi leur caractère contradictoire. Il est en réalité très relatif et subit de plus en plus d’exceptions. au moins par ce principe d’oralité des débats. c’est à la condition qu’il puisse être entendu. la constitution de partie civile par lettre recommandée et la décision sur intérêts civils est alors contradictoire. D’autant que la loi assure une immunité pénale pour les paroles prononcées à l’audience (Article 41 de la loi du 29 juillet 1881). On doit pouvoir interroger les enquêteurs. c’est à la condition qu’elles soient contradictoirement échangées et qu’elles puissent donc faire l’objet d’un débat oral. les témoins. Le principe de comparution personnelle du prévenu devant le Tribunal Correctionnel.2 du CPP) (voir parmi de nombreux arrêts Crim. et sans limitation depuis la loi du 15 juin 2000. Certes le principe de comparution demeure. pourvoi n°08-83665).145 correctionnelle comme aux assises va devoir se forger à partir de cette administration orale des preuves. Le principe apparaît comme le corollaire de celui de l’oralité. La comparution personnelle des parties. En matière correctionnelle et de police. La jurisprudence a rappelé récemment que le témoin cité par le prévenu qui n’a pas été entendu en première instance doit être entendu par la cour d’appel (Article 513 al. Elle peut être représentée par son conseil. dans tous les cas.

il doit être entendu s'il en fait la demande ». Il convient de noter que dans cette hypothèse l’avocat exerce tous les droits de la défense (notamment il participe aux débats et peut interroger les témoins. Mais le tribunal peut souhaiter la comparution personnelle et le législateur lui a dans un grand nombre de cas ouvert la possibilité de le faire respecter même sous la contrainte. Enfin quel que soit le mode de citation et la peine encourue. Seule la voie de l’appel lui sera ouverte et non celle de l’opposition. experts etc. est entendu dans sa plaidoirie et le prévenu est alors jugé contradictoirement (Article 411 du CPP). le prévenu non comparant et non excusé peut être jugé et le jugement rendu contre lui sera contradictoire à signifier.146 S’il a été cité à personne ou s’il est établi qu’il a eu connaissance de la citation le concernant. S’il n’a pas été cité à personne ou s’il n’est pas démontré qu’il a eu connaissance de la citation.) alors que dans les hypothèses précédentes. En effet. a laissé place à une procédure de jugement par défaut de même nature qu’en matière délictuelle. l’avocat qui se présente pour assurer la défense du prévenu doit être entendu s'il en fait la demande (Article 412 du CPP). Mais le tribunal peut préférer renvoyer l’affaire et le prévenu sera alors cité à nouveau par le ministère public. et s’il ne comparaît pas. Mais si elle décide de retenir l’affaire. 310). « si un avocat se présente pour assurer la défense du prévenu. le tribunal peut ordonner le renvoi de l'affaire et. Le prévenu n’est pas pour autant privé en pareil cas de la possibilité de se défendre. il était seulement entendu en sa plaidoirie. le prévenu peut. par lettre adressée au président du tribunal et qui sera jointe au dossier de la procédure. Bull. « Si un avocat est présent pour assurer la défense des intérêts de l'accusé. Selon le second alinéa de l’article 379-3 du CPP. la cour peut aussi décider de renvoyer l’affaire en décernant un mandat d’arrêt contre l’accusé (Article 379-2 du CPP). ici encore l’accusé absent ne perd pas pour autant le droit de faire assurer sa défense. L'avocat du prévenu. demander à être jugé en son absence en étant représenté au cours de l'audience par son avocat ou par un avocat commis d'office. décerner mandat d'amener ou mandat d'arrêt (Article 410-1 du CPP). En effet. le prévenu n’est encore pas dénué du droit de se défendre. à l'exception des . Le principe de comparution personnelle devant la cour d’assises a subi lui aussi des évolutions pour tenir compte de la jurisprudence européenne. La vieille procédure de contumace. qui peut alors intervenir au cours des débats. si la peine encourue est supérieure à deux ans d’emprisonnement. la procédure se déroule conformément aux dispositions des articles 306 à 379-1. par décision spéciale et motivée. très sévère pour l’accusé en fuite et très contraignante. Et la chambre criminelle a précisé que les conclusions déposées par cet avocat étaient recevables (Crim 12 déc. le dernier alinéa de l’article 410 prévoit que dans ces cas de figure. L’accusé absent. 2006. puisque.

et ce même s’il le demande.cit. Saas. 2265 et s. AJP. fév. 6 mars 2002. n° 166) à condition bien entendu de respecter les droits de la défense. . s’applique aux juridictions de jugement. situation originale qui peut se rencontrer lorsqu’un mouvement social revendique une action qualifiée d’infraction et que d’autres personnes que celles poursuivies demandent à l’être avec elles. Au contraire des juges d’instruction. 31 mai 2005. 2006 Mattei c/ France.82). obs. Crim.( Pour une illustration récente. 2278 et s. 2008. ce qui signifie que la juridiction de jugement sont saisies des faits visés à la prévention. Elles ont en revanche l’obligation d’envisager toutes les qualifications possibles notamment avant de relaxer ou d’acquitter (Crim. 7 fév. 2007. Le contrôle de cette question a pu faire l’objet d’appréciations différentes par la chambre criminelle et la CEDH (Crim. Bull. p. Bull. les juridictions de jugement sont saisies in personam et pas seulement in rem. en matière de fauchage de cultures d’OGM. n°464 et s. n°38). » A cette évidente exception. Le prévenu doit avoir été mis en mesure de s’expliquer (sans qu’il soit pour autant exigé qu’il ait accepté de s’expliquer) (Crim. L’immutabilité du litige Le principe de l’interdiction de l’auto-saisine. pourvoi n°06-80108). 2007.147 dispositions relatives à l'interrogatoire ou à la présence de l'accusé. sur lesquels elles ont obligation de statuer.13 fév. cet accusé sera rejugé. des dispositions relatives à l'interrogatoire ou à la présence de l'accusé. C. Saisie in rem. et 2288 et s. mais qu’elles ne sont pas tenues par les qualifications donnée à ces faits par le parquet ou les juridictions d’instruction. ce qui signifie que la juridiction de jugement ne peut juger celui qui n’est pas renvoyé devant sa juridiction dans l’affaire dont il est saisi.). Saisie in personam. dérivé du principe de séparation des autorités de poursuite et de jugement affirmé à l’article préliminaire du CPP. Il est donc clair que les dispositions actuelles de notre droit interne tendent à permettre à la fois le maintien du principe de la comparution personnelle et sa conciliation avec le droit de se défendre avec l’assistance d’un avocat (sur ces questions voir Guinchard et buisson op. les débats se déroulent donc comme si l’accusé était présent. Arrêté après condamnation. et CEDH 19 déc.

de ne pas ajouter aux faits dont ils sont saisis et. d'informer le prévenu du changement de qualification projeté et de l'inviter à s'expliquer. Sur le fond 1.. Marie-Hélène D. le versement de fonds au mouvement nationaliste dirigé par le même François F... Sur ce dernier point. sous la menace de représailles.. Attendu que. pour déclarer les prévenus coupables du second de ces délits ainsi que de complicité du premier. a eu la visite d'André-Noël Fillippeddu.. elles doivent statuer sur tous les faits dont elles sont saisies et peuvent appliquer des qualifications qui n'avaient pas été préalablement retenues par l'acte de poursuite ou par la juridiction d'instruction. le numéro de téléphone où il pourrait appeler Marie-Hélène D. pourvoi n°01-85243 …Les moyens étant réunis . Le Gouvernement 22. d'une part. Jacques A. Le Gouvernement souligne qu'en droit interne les juges du fond ont la possibilité de requalifier les faits pour remédier au caractère erroné d'une qualification initiale. et dès lors que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention.. .....148 Crim... et Dominique E... la cour d'appel a caractérisé en tous ses éléments chacune des infractions distinctes qu'elle a sanctionnées .... que Marie-Hélène D. Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme . le Gouvernement indique que la Cour de cassation contrôle l'existence de garanties procédurales visant à . exploité par Jacques A. dont les prévenus avaient été entièrement informés lors de leur comparution devant le tribunal correctionnel.. I . François F... étant saisies in rem.. la veille de l'attentat. lui avait demandé de recevoir de la part de François F. l'arrêt attaqué retient que. Par ces motifs. d'autre part.Sur le pourvoi de Dominique E. 6 mars 2002.. D'où il suit que les moyens ne peuvent être admis . à la condition pour les juges du fond. que les juges ajoutent que Dominique E. Attendu qu'à la suite de l'attentat ayant provoqué la destruction du golf du domaine de Spérone... ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste et pour participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme . avait fourni à Jacques A. Attendu qu'en l'état de ces énonciations procédant de son appréciation souveraine... et qui a exigé.. dont elle était la compagne. contre l'arrêt du 11 mars 1999 : Le REJETTE . Il précise que les juridictions de jugement. . CEDH 19 décembre 2006 Mattei c/ France …B.

que la requalification des faits n'a pas porté atteinte aux droits de la défense de la requérante. en temps utile. 23. la Cour a également jugé que les moyens de défense auraient pu être différents de ceux choisis pour contester l'action principale si les requérants avaient eu connaissance de la requalification des faits. l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe suivant : « Attendu que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification. Le Gouvernement rappelle que dans l'arrêt Pélissier et Sassi c. Il ne conteste pas que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste en complicité de ce délit soit intervenue au cours du délibéré de la cour d'appel. à titre principal. 26. Se référant à l'affaire Balette c. le Gouvernement expose. représentée par les avocats de son choix devant les . il précise que la Cour a jugé qu'en matière pénale les juges « doivent s'assurer que les accusés ont eu l'opportunité d'exercer leurs droits de défense d'une manière concrète et effective. depuis 2001. la Cour n'a pas contesté le pouvoir de requalification des juges mais a conclu à une violation de l'article 6 §§ 1 et 3 a) et b) en raison du non respect des droits de la défense. il estime toutefois que les moyens de défense de la requérante n'auraient pas été différents de ceux choisis pour contester la tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste. Enfin. 24. en étant informés. que dans l'ordonnance du juge d'instruction du 17 juin 1999. c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à leur charge et sur lesquels se fonde l'accusation. Belgique (déc. le Gouvernement souligne que. Il précise que les faits matériels sur lesquels la cour d'appel s'est appuyée pour qualifier l'aide ou l'assistance et condamner la requérante du chef de complicité de tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste ont été établis de manière détaillée tant dans le réquisitoire définitif du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris en date du 14 juin 1999. CEDH 1999-II). de la cause de l'accusation. Il relève néanmoins que. Le Gouvernement affirme ensuite que la Cour de cassation a tiré les enseignements de la jurisprudence de la Cour telle qu'elle résulte de la l'arrêt Pélissier et Sassi c. Le Gouvernement se réfère à de nombreux arrêts de la Cour de cassation pour illustrer cette jurisprudence.. 27. no 48193/99. France ([GC]. 24 juin 2004). et dans le jugement du tribunal de grande instance de Paris du 8 mars 2000. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée ». la Cour a considéré que les dispositions de l'article 6 de la Convention n'imposaient aucune forme particulière quant à la manière dont l'accusé devait être informé de la nature et de la cause de l'accusation portée contre lui. En l'espèce. mais. qu'elle mentionne.149 assurer le respect des droits de la défense en cas de requalification des faits. 25. France précité. France précité. dans la même décision. Elle a également considéré que la complicité ne constituait pas un simple degré de participation à l'infraction principale et a ajouté que le principe d'interprétation stricte du droit pénale interdisait d'éluder les éléments spécifiques de la complicité. Il considère en effet que la requalification a été purement formelle et n'a apporté aucun élément supplémentaire ou différent aux faits et circonstances compris dans la poursuite initiale et soumis à l'appréciation du juge. no 25444/94. Le Gouvernement estime également que la requalification des faits n'a pas porté atteinte aux droits de la requérante. c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». dans l'arrêt Pélissier et Sassi c.

28. Il souligne en effet que la requérante. 2. A titre subsidiaire. à savoir la participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme. du réquisitoire définitif du 14 juin 1999. n'a nullement rappelé cette règle et s'est bornée à affirmer que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention ». Elle partage l'explication donnée par le Gouvernement français concernant les nouvelles limitations résultant de la jurisprudence de la Cour sur l'article 6 de la Convention et notamment sur le fait que « les juges sont désormais tenus d'informer le prévenu du changement de qualification projeté et de l'inviter à s'expliquer ». et que ce débat juridique et factuel sur les éléments spécifiques . à l'instar du Gouvernement. le Gouvernement relève que la requalification des faits n'a pas conduit à alourdir la peine encourue par la requérante. Elle considère. que les juges doivent s'assurer que les accusés ou prévenus ont eu l'opportunité d'exercer les droits de la défense d'une manière concrète et effective. que ses défenseurs. le Gouvernement estime que la deuxième infraction pour laquelle la requérante a été jugée. Il affirme par conséquent que la requérante ne peut se prévaloir d'aucun préjudice. tant lors des auditions et des confrontations que des débats devant les juges de première instance et d'appel. du jugement du tribunal de grande instance du 8 mars 2000 et des conclusions déposées le 26 mars 2001 devant la cour d'appel. France précitée. Toutefois. Elle relève en effet que. Il cite à cet égard des passages du procès verbal de première comparution du 17 décembre 1996. n'est qu'une pure affirmation. Par ailleurs. Il relève que l'ensemble des faits et leur qualification juridique ont été discutés et contestés par la requérante. contrairement à l'affaire Pélissier et Sassi c. la Cour de cassation. 30. 32. de discuter contradictoirement le bien-fondé de l'accusation pénale dirigée contre elle et de présenter sa défense. qui avait été condamnée à titre principal à quatre années d'emprisonnement en première instance a vu sa peine réduite à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis simple en appel. la requérante considère que le point de vue exprimé par le Gouvernement. en temps utile de la cause de l'accusation tant sur les faits matériels que sur la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée. elle souligne que. La requérante ne conteste pas la possibilité dont disposent les juges du fond de modifier la qualification des faits poursuivis mais s'interroge sur les limitations apportées à ce pouvoir. La requérante note. justifiait à elle seule la condamnation. en étant informés. s'il est exact d'affirmer que la Cour de cassation mentionne depuis 2001 l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe cité par le Gouvernement. Enfin. dans l'arrêt du 6 mars 2002 la concernant. au contraire. tant sur les éléments matériels qu'intentionnels de l'infraction. auraient à l'évidence insisté sur l'élément intentionnel de la complicité par aide ou assistance. s'ils avaient été informés de cette requalification. la Cour de cassation n'a pas appliqué la jurisprudence Pélissier et Sassi c. France précitée. 31. dans son arrêt du 6 mars 2002. tout au long de la procédure.150 juridictions. Elle insiste également sur le fait que le principe d'interprétation stricte du droit pénal interdit d'éluder les éléments spécifiques de la complicité. selon lequel ses moyens de défense n'auraient pas été différents si elle avait été informée de la requalification envisagée. La requérante 29.

Les dispositions de l'article 6 § 3 a) n'imposent aucune forme particulière quant à la manière dont l'accusé doit être informé de la nature et de la cause de l'accusation portée contre lui. La portée de cette disposition doit notamment s'apprécier à la lumière du droit plus général à un procès équitable que garantit le paragraphe 1 de l'article 6 de la Convention. lorsqu'un tel droit leur est reconnu en droit interne. ce qui. Ainsi. La Cour observe néanmoins. est une condition essentielle de l'équité de la procédure. La Cour rappelle que les dispositions du paragraphe 3 de l'article 6 montrent la nécessité de mettre un soin particulier à notifier l' « accusation » à l'intéressé. la Cour constate que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit a été effectuée au moment du délibéré de la cour d'appel. une information précise et complète des charges pesant contre un accusé. elles doivent s'assurer que les accusés ont eu l'opportunité d'exercer leurs droits de défense sur ce point d'une manière concrète et effective. 33. la requérante insiste sur l'étroite et nécessaire connexité entre les deux infractions pour lesquelles elle était poursuivie et considère par conséquent que l'infraction de participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme ne pouvait se justifier sans reconnaissance de culpabilité pour le fait de complicité de tentative d'extorsion de fonds. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée (Pélissier et Sassi c. de la cause de l'accusation.151 de la complicité aurait permis d'obtenir sa relaxe au titre de la complicité. Enfin. 3. les notions d'aide ou assistance apportées par la requérante à l'entreprise criminelle ont été évoqués et même débattus. 35. c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à leur charge et sur lesquels se fonde l'accusation. et donc la qualification juridique que la juridiction pourrait retenir à son encontre. 38. l'article 6 § 3 a) reconnaît à l'accusé le droit d'être informé non seulement de la cause de l'accusation. elle relève notamment que le jugement du tribunal . Elle réfute par conséquent l'affirmation du Gouvernement selon laquelle la requalification des faits a été purement formelle. L'acte d'accusation jouant un rôle déterminant dans les poursuites pénales. Appréciation de la Cour 34. France précité. § 51). en étant informés. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée. Elle s'oppose par conséquent à l'affirmation du Gouvernement selon laquelle sa condamnation pour la seconde infraction justifiait à elle seule la condamnation prononcée. peut faire douter du respect des garanties de l'article 6 et des principes susmentionnés. France précité. Si les juridictions du fond disposent. En matière pénale. En l'espèce. §§ 52-54). 36. Il existe par ailleurs un lien entre les alinéas a) et b) de l'article 6 § 3 et le droit à être informé de la nature et de la cause de l'accusation doit être envisagé à la lumière du droit pour l'accusé de préparer sa défense (Pélissier et Sassi c. de la possibilité de requalifier les faits dont elles sont régulièrement saisies. en tant que tel. La requérante souligne également qu'elle n'a jamais conclu au cours de la procédure à « l'inexistence d'une tentative d'extorsion de fonds » mais simplement affirmé depuis sa première comparution qu'elle y était personnellement étrangère. en temps utile. c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à sa charge et sur lesquels se fonde l'accusation. qu'à des stades antérieurs de la procédure. 37.

Soulignant son attachement au principe de l'interprétation stricte du droit pénal. la requérante a été condamnée pour . qu'en l'espèce. précité. la Cour. mais relève simplement qu'il est plausible de soutenir que ces moyens auraient été différents de ceux choisis afin de contester l'action principale. l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe précisant « que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification. Dans le même sens. France (précitée. 39. En effet. France. § 56). ce qui implique clairement une participation directe et non une simple complicité de la requérante dans l'opération projetée. série A no 168). Ainsi. la Cour considère qu'il n'est pas établi que la requérante a eu connaissance de la possibilité de requalification des faits en complicité de tentative d'extorsion de fonds. c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». 40. au vu de l'ensemble de ces éléments et compte tenu de la particularité des éléments constitutifs des deux infractions retenues contre la requérante. La Cour souligne également que la requérante a été aussi poursuivie et condamnée pour l'infraction de participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme. la Cour estime qu'aucun des arguments avancés par le Gouvernement. évoqué cette possibilité [de requalification]» (Pélissier et Sassi c. pris ensemble ou isolément. tout comme dans l'affaire Pélissier et Sassi c. France. avec F. Toutefois. ne pouvait suffire à garantir le respect des dispositions de l'article 6 § 3 a) de la Convention (Pélissier et Sassi c. depuis 2001. elle note. Par ailleurs. qu'en tout état de cause. Autriche. la Cour rappelle qu'on ne peut soutenir que la complicité ne constitue qu'un simple degré de participation à l'infraction (Pélissier et Sassi c. arrêt du 19 décembre 1989. « les maîtres d'œuvre de cette opération ». § 60) qu'elle n'a pas à apprécier le bien-fondé des moyens de défense que la requérante aurait pu invoquer si elle avait eu la possibilité de débattre de la complicité de tentative d'extorsion de fonds. la Cour ne saurait admettre que les éléments spécifiques de la complicité soient éludés. la Cour relève également que la notion de complicité n'a pas été évoquée en elle-même à des stades antérieurs et « qu'il n'apparaît pas que les magistrats composant la cour d'appel ou le représentant du ministère public. relève. 42. compte tenu de la « nécessité de mettre un soin extrême à notifier l'accusation à l'intéressé » et du rôle déterminant joué par l'acte d'accusation dans les poursuites pénales (arrêt Kamasinski c. Santoni. elle considère tout d'abord qu'on ne peut pas affirmer que la requalification a été sans incidence sur la condamnation au motif. la Cour de cassation a considéré que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention dont les prévenus avaient été entièrement informés lors de leur comparution devant le tribunal correctionnel ». aient. la Cour ne saurait déduire des éléments relevés qu'ils se rattachent forcément à la notion de complicité et non à celle de participation. précité.152 correctionnel du 8 mars 2000 évoque clairement « l'assistance » portée par la requérante à F. § 59). Santoni. A cet égard. En tout état de cause. qui est sensible à l'argument du Gouvernement selon lequel la Cour de cassation mentionne. précité. Quant aux peines prononcées à l'encontre de la requérante. Concernant le contenu de la requalification. elle note que ce même jugement a également établi que la requérante avait « pris une part personnelle active dans les faits visés par la poursuite » et qu'ils avaient été. § 55). au cours des débats. 41. France. la Cour ne saurait souscrire aux arguments développés par le Gouvernement. En conséquence.

pour crime ou délit de droit commun. . la Cour estime qu'une atteinte a été portée au droit de la requérante à être informée d'une manière détaillée de la nature et de la cause de l'accusation portée contre elle.153 participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme puisqu'on ne peut spéculer sur la peine qui aurait été effectivement prononcée si la requérante avait pu se défendre utilement sur la nouvelle qualification retenue de complicité de tentative d'extorsion de fonds. est plus clémente que celle prononcée par le tribunal correctionnel. ainsi qu'à son droit à disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. 44. 1994 Bull. passant de quatre années d'emprisonnement à trois années d'emprisonnement dont une avec sursis. a ouvert la possibilité au tribunal de soulever d’office l’état de récidive légale du prévenu. Eu égard à tous ces éléments. la Cour souligne que la peine prononcée en appel a été motivée par « l'état de santé actuel de l'intéressée » et par ses antécédents judiciaires. Partant. Afin de faciliter l’application des dispositions relatives aux peines minimales désormais encoures par les prévenus en état de récidive. il ne sera possible d’ajouter aux faits compris dans la prévention que si le prévenu a accepté expressément d’être jugés sur des faits ou des circonstances aggravantes non compris dans la poursuite (Crim. En matière criminelle. qui prescrit une procédure équitable… En matière correctionnelle. L’état de récidive légale soulevé d’office. elle relève qu'effectivement la peine prononcée par la cour d'appel. n°2910 et Guinchard et Buisson n°2269). 22 nov. l’obligation d’informer exclut par hypothèse la possibilité d’ajouter aux faits de l’ordonnance ou de l’arrêt de mise en accusation et donc aussi la comparution volontaire. combiné avec le paragraphe 1 du même article. à une peine de réclusion ou d'emprisonnement ». le législateur (loi n°2005-1549 du 12 décembre 2005). La requalification n’est pas possible en matière de presse. n°370). Toutefois. la requérante n'ayant « pas été condamnée dans les cinq années précédant les faits. Il est évident que la frontière entre la requalification par ajout et celle des faits de la prévention peut donner lieu à débat (voir sur ces questions Desportes et Lazerges-Cousquer. 43. à la suite de la requalification. Enfin. il y a eu violation du paragraphe 3 a) et b) de l'article 6 de la Convention. non visé à la citation dès lors qu’il en a été informé et mis en mesure de s’expliquer et en étant assisté d’un avocat (Article 132-16-5 du CP).

I Rappel sur le tribunal correctionnel. Son champ est défini par l’article 395 du CPP. Avant de présenter les grands traits de la procédure d’audience. le tribunal correctionnel statuant à juge unique est compétent lorsque seuls les intérêts civils sont en jeu et pour les délits énumérés à l’article 398-1 du CPP. le seuil de la peine encourue est abaissé à six mois.3du CPP). La forme classique du tribunal correctionnel est la forme collégiale prévue à l’article 398 du CPP : « Le tribunal correctionnel est composé d'un président et de deux juges » dont l’un peut être un juge de proximité. Nous avons vu dans la leçon sur l’orientation des procédures que les poursuites pouvaient en certains cas prendre la forme d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel (Articles 393 et s . (Article 397-6 du CPP) les délits de presse. Les délits faisant encourir dix ans d’emprisonnement et vingt ans en cas de récidive peuvent être jugés dans ce cadre. le juge unique peut préférer renvoyer le jugement de l’affaire devant la juridiction collégiale pour divers motifs et notamment la complexité de l’affaire (Article 398-2 al. les règles de procédure applicables à l’audience de jugement correctionnel sont tout aussi minutieuses et il n’est pas question de pouvoir ici les présenter d’autre façon que sommaire. En réalité. le juge unique n’a cessé de voir ses compétences s’élargir. Le juge unique ne peut prononcer de peine d’emprisonnement supérieure à cinq ans (Article 3982 du CPP dernier alinéa). les . Depuis la loi du 9 septembre 2002. Rappelons-en les traits essentiels. si elles posent moins de problèmes et suscitent moins de contentieux. Mais ce texte prévoit quelques exceptions à cette compétence : la détention provisoire. tribunal La complexité des règles de procédure applicables à la phase d’information ne doit pas laisser penser que le déroulement de l’audience correctionnelle serait laissé à la fantaisie des parties ou des juges. du CPP). la comparution immédiate et le cas de connexité entre les délits qui relèvent du juge unique et d’autres qui n’en relèvent pas (Article 398-1 du CPP).154 8 La procédure d’audience devant le correctionnel et la cour d’assises. Sont exclus de son champ d’application. Même hors ces cas et alors qu’il est compétent. il nous faut ici rappeler brièvement que le tribunal correctionnel va présenter des formes différentes auxquelles sont liées des compétences variables. Aperçus. En l’état. il n’existe plus de limite supérieure de peine encourue. Sa forme la plus simple. La peine encourue doit être de deux ans d’emprisonnement au moins. l’affaire en état d’être jugée et les charges suffisantes. En matière de délit flagrant.

Il faut ici distinguer le cas particulier d’une citation directe devant le tribunal correctionnel à l’initiative de la partie civile. vérification de la présence ou de l’absence des différents intervenants : prévenu. Avant que ne s’ouvrent les débats. Mais il faut bien comprendre que la pratique judiciaire aboutit de facto à une plus grande diversité encore. La comparution doit en principe avoir lieu le jour même (Article 395 CPP) mais si la réunion du tribunal s’avère impossible.155 délits politiques ou d’infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. partie civile présente ou constituée par lettre. et le cas échéant témoins. le président du tribunal correctionnel va devoir procéder à certaines vérifications et formalités : vérification de l’identité du prévenu (Article 406 du CPP). les éventuelles demandes de renvoi seront examinées. En cette hypothèse. Les audiences correctionnelles ne sont donc pas uniformes de par les formes diverses que le tribunal prend et selon qu’il est saisi ou non en comparution immédiate. la réalisation d’une enquête sociale et enfin l’avis à la victime de la date de l’audience (Article 393-1 CPP). II Les règles de procédure de l’audience correctionnelle. l’information sur les faits qui lui sont reprochés. experts et interprètes. il doit être compris par le juriste débutant que les règles de procédure en cause vont avoir à organiser le procès dans ces situations très distinctes. Au début de l’examen de chaque affaire. l’information sur son droit à l’assistance d’un avocat. lecture de la citation que le prévenu a déjà reçu. le . Cette orientation suppose (Article 393 CPP) d’une part le défèrement devant le procureur de la République aux termes de la garde à vue et en tout cas dans le délai de 20 heures à compter de la levée de cette garde à vue (Article 803-3 CPP qui précise les conditions de cette retenue). statistiquement rare. le procureur peut saisir le juge des libertés et de la détention pour voir ordonner le placement en détention provisoire du prévenu jusqu’à sa comparution qui doit intervenir dans les trois jours ouvrables suivants (Article 396 CPP). lequel peut aussitôt sa désignation consulter le dossier et s’entretenir avec le prévenu. Quoi de commun entre l’audience d’un tribunal correctionnel qui va examiner plusieurs dizaines de dossiers en un long après midi et celles qui sur un « procès de catastrophes » aux multiples parties civiles vont se tenir sur plusieurs mois ? Sans plaider plus que nécessaire pour la prise en compte de cette dimension sociologique. le recueil des déclarations du mis en cause s’il en fait la demande.

Le président mène cet interrogatoire à l’aide de la connaissance qu’il a du dossier écrit et objecte le cas échéant tel ou tel élément tiré du dossier écrit aux réponses du prévenu. Le ministère public peut s'y opposer si ces témoins ont déjà été entendus par le tribunal. Devant la chambre des appels correctionnels. Le président a « la police de l’audience et la direction des débats » (Article 401 du CPP). L’instruction d’audience doit commencer par l’interrogatoire du prévenu (Article 442 du CPP) avant que les témoins ne puissent être entendus. Le renvoi s’imposera encore si le délai de dix jours qui doit séparer la citation de la comparution n’a pas été respecté et que la partie en cause demande le renvoi (Article 553 du CPP). l’instruction d’audience débute obligatoirement par le rapport d’un des conseillers de la cour sur l’affaire (Article 513 du CPP). Il peut lire tel ou tel extrait du dossier et solliciter les commentaires du prévenu. La cour tranche avant tout débat au fond. tel que l’absence d’un interprète alors que le prévenu ne parle pas suffisamment la langue française (Article 407 du CPP). l’article 513 al. Rappelons que le renvoi est également de droit en comparution immédiate (Article 397-1 du CPP) et il peut enfin s’imposer pour des motifs qui empêchent l’exercice des droits de la défense. Les auditions de témoin sont encadrées par les nombreuses dispositions prévues aux articles 435 à 457 pour le tribunal et 513 du CPP pour la cour d’appel. Si le prévenu peut faire citer devant le tribunal correctionnel les témoins de son choix. faute de quoi le principe d’oralité serait mis à mal. La cour d’appel doit statuer sur l’opposition à audition du témoin. hormis les dépositions des témoins qu’il est prévu d’entendre. voir leçon sur l’instruction) à la charge de la partie civile (Article 392-1 du CPP) et doit donc renvoyer l’examen au fond à une prochaine audience.2 du CPP dispose que « les témoins cités par le prévenu sont entendus dans les règles prévues aux articles 435 à 457. si le président la lui confie. la pratique consiste plutôt à procéder à la lecture des témoignages écrits figurant au dossier et c’est là incontestablement une limite factuelle à l’oralité des débats. Cet interrogatoire mené par le président sera suivi des questions du ministère public et des avocats des parties privées qui depuis la loi du 15 juin 2000 peuvent poser leurs questions directement au prévenu après avoir demandé la parole au président (Article 442-1 du CPP). voire l’un de ses assesseurs. ». La jurisprudence . L’instruction d’audience au tribunal correctionnel est menée par le président du tribunal. En appel.156 tribunal doit lors de la première audience fixer une consignation (tout comme le juge d’instruction le fait en cas de plainte avec constitution de partie civile.

n°38. ils doivent déposer spontanément avant de se voir poser quelque question que ce soit (Article 454 du CPP). Il serait fastidieux de vouloir énumérer les motifs d’incidents qui peuvent surgir au cours d’une audience correctionnelle. ce qui signifie que le tribunal tranchera l’incident ou l’exception certes avant de trancher le fond. Crim. mais dans le même jugement. 13 février 2008. sur des demandes d’expertise ou suppléments d’information encore que la contradiction instaurée au . Disons à titre d’illustration que les plus fréquents peuvent porter sur la publicité des débats dans des procès sensibles.157 de la CEDH (12 février 2004. les témoins doivent déposer oralement et l’article 452 du CPP les autorise exceptionnellement à s’aider de notes. le tribunal correctionnel doit statuer sur la difficulté ou l’exception soulevée (Article 459 du CPP) et le principe posé par le même texte est celui de la jonction au fond de l’incident ou de l’exception. Cela n’empêchera pas que la gestion de l’incident ou de l’exception à l’audience prend la forme d’une procédure dans le procès. Les témoins peuvent aussi être confrontés. Entendus sous serment (Article 466 du CPP). chaque partie devant être invitée à s’expliquer sur l’incident ou l’exception en cause. Bull. L’audition des témoins anonymes et des agents infiltrés sont organisés par l’article 706-61 du CPP et suppose évidemment le truchement de dispositifs techniques permettant la déposition et l’interrogatoire du témoin par les parties et notamment la défense mais sans que soit révélée leur identité.). En tout cas. Bref aperçu sur les exceptions et incidents d’audience. La procédure a charge de poser les règles qui vont s’appliquer lorsque des incidents de procédure surgissent ou lorsque des exceptions sont soulevées par les parties. Les experts peuvent aussi être entendus à l’audience après avoir prêté serment (Article 168 du CPP). Dans les deux cas. médiatisés. Morel c/ France et 8 novembre 2005 De Sousa c/ France) et celle de la chambre criminelle contrôlent les motivations des refus et la chambre criminelle censure en tout cas les refus d’audition de témoin opposés par les cours d’appel lorsque le témoin n’a pas été entendu en première instance donnant ainsi une effectivité au droit d’interroger ou faire interroger les témoins à charge ou à décharge (parmi de nombreux arrêts. sur des demandes de renvoi et notamment du juge unique vers la formation collégiale. Ils peuvent quitter l’audience après leur déposition sauf décision contraire du président (Article 452 du CPP) notamment en vue d’une confrontation avec un autre témoin.

158 niveau de la clôture de l’instruction rendent logiquement ce type d’incidents plus rares. telle la plainte préalable lorsqu’elle est exigée par les textes. En différentes hypothèses. d’empêcher qu’elles ne puissent être invoquées. le prévenu. Le prévenu ou son avocat auront toujours la parole les derniers. . la détention provisoire peut donner lieu à contentieux. l’article 460 du CPP prévoit que « la partie civile est entendue en sa demande. c'est-à-dire de les couvrir. l’incompétence territoriale ou matérielle d’une juridiction. et. ce sont les exceptions d’ordre public. l’ordre de prise de parole en appel est le même qu’en première instance (plutôt que suivre l’ordre des appels). le défaut d’une plainte préalable lorsqu’elle est nécessaire à la mise en mouvement de l’action publique et en matière de presse la nullité de la citation qui en raison des exigences particulières et complexes de la loi du 29 juillet 1881 peuvent se rencontrer plus fréquemment qu’en droit commun. On se souvient en effet que la clôture de l’instruction a pour effet de « purger » le dossier de toute nullité. » Depuis la loi du 15 juin 2000. L’instruction d’audience terminée. présentent leur défense. le ministère public prend ses réquisitions. « in limine litis ». La partie civile et le ministère public peuvent répliquer. Nous retrouvons là les exceptions tenant à l’existence d’un obstacle à l’action publique telle la prescription. lorsqu’il n’y a pas eu ouverture d’une information. s'il y a lieu. Nous ne reviendrons pas sur les causes d’extinction de l’action publique déjà étudiées. L’irrecevabilité de l’exception tenant à ce qu’elle n’a pas été présentée avant toute défense au fond empêchera qu’elle puisse être valablement présentée pour la première fois en cassation. ce qui concrètement implique le dépôt de conclusions écrites ou la présentation d’observations orales avant l’interrogatoire au fond du prévenu et la règle vaut en première instance comme en appel. d’autres exceptions pourront être soulevées par les parties à tout stade de la procédure. ou sur la violation des règles de compétence. Les exceptions en cause sont bien entendu les exceptions de nullité tenant à l’enquête. D’autres exceptions doivent être soulevées par les parties et l’article 385 al. Des exceptions de procédure doivent être relevées d’office par le tribunal. ou à son exercice. la personne civilement responsable. 6 du CPP exige qu’elles le soient avant toute défense au fond. Enfin.

il ne concerne que les seuls membres de la formation de jugement. Le prononcé du jugement tend à devenir un exercice de pédagogie à la fois important et difficile en ce que le législateur. et Crim. avec le cas échéant les auditeurs de justice qui ont alors voix consultative. C’est parfois juste avant le délibéré. Il peut être rendu le jour même des débats ou à une audience tenue à une date ultérieure dont les parties sont avisées (Article 462 du CPP) et en ce cas d’ailleurs le délibéré pourra se tenir entre les deux dates. Le jugement sur le fond sera prononcé publiquement (Article 400 al. et même en audience collégiale.4 du CPP) a-t-on vu dans la leçon précédente. sous les meilleures intentions. a au fil du temps souhaité que l’attention des justiciables (condamnés ou relaxés. et après avoir entendu les plaidoiries que le président devra demander au prévenu s’il accepterait d’effectuer une peine de Travail d’intérêt général pour le cas où elle serait prononcée. Le jugement. La décision prise à la majorité des voix en formation collégiale ne permettra pas de connaître quoi que ce soit des délibérations dont le secret doit être gardé « religieusement » selon le serment prêté par les magistrats (Article 6 Ord. Bull. 19 janvier 2005. Tenu en chambre du conseil ou à l’audience. n°58-1270 du 22 déc. la clôture des débats intervient devant le tribunal correctionnel à la fin de la dernière plaidoirie ou de la dernière déclaration du dernier prévenu. n°86. Certains auteurs préconisent la modification de l’article 515 du CPP pour mettre les deux procédures d’appel en harmonie et accroître ainsi les droits de la partie civile devant la chambre des appels correctionnels. puisqu’il arrive qu’il se tienne « sur le siège » c'est-à-dire à l’audience. Il n’existe pas non plus de formalisme excessif autour du délibéré. . 1958). qu’ils soient informés de certains de leurs droits. prévenus ou parties civiles) soient attirée sur certaines conséquences du jugement. Bull. Sans formalisme.159 Les parties civiles sont ici traitées différemment en appel devant la chambre des appels correctionnels et devant la cour d’assises. la même disposition ne se retrouve pas à propos de la procédure d’appel correctionnelle et la chambre criminelle leur refuse cette intervention qu’il s’agisse d’un appel du ministère public sur une relaxe ou d’un appel du prévenu sur une condamnation (Crim 9 mars 2005. ceci afin de pouvoir utilement délibérer sur cette hypothèse. En effet alors que la loi du 15 juin 2000 leur a ouvert (Article 380-6 du CPP) le droit d’exercer en appel les droits de la partie civile « même lorsqu’il n’a pas été fait appel de la décision sur l’action civile ». n°26).

la solennité et la certitude de la délivrance de ces avis et informations sont assurées. possibilité de commencer un traitement en prison) (131-36-1 à 131-36-4 du CP. Avis en cas de condamnation à une peine d’amende sur la diminution du montant de la peine d’amende en cas de règlement rapide de celle-ci sans que celui-ci fasse . Avis et informations au prévenu et à la partie civile à la suite du jugement Au prévenu condamné Avis facultatif sur les conséquences d’une récidive (Article 132-20-1 du CP) Avis obligatoire donné au prévenu présent sur les conséquences d’une nouvelle condamnation en cas de sursis (Article 132-29 du CP). Ces informations et avertissements pourront être repris par le greffier du BEX (bureau de l’exécution des peines) qui peut être amené à délivrer une convocation devant le juge de l’application des peines (D 48-2 du CPP). du consentement nécessaire du prévenu au placement et sur les conséquences d’un refus (Article 13136-12 du CP). information sur la possibilité de commencer un traitement pendant l’exécution de la peine ferme avant de le poursuivre au titre de la mise à l’épreuve une fois libéré (Article 132-45-1 du CP). Il n’est pas sûr en revanche que cet exercice tenu par le président après lecture du dispositif de la décision soit très productif. injonction de soin. Il ressort de l’examen de ces avis que la mutation de la pénalité et la création de dispositifs d’aide aux victimes et de mesures de sûreté ont généré cette phase de pédagogie. et que sous le coup de l’émotion provoqué par la décision. Avis obligatoire donné au prévenu sur le sursis avec mise à l’épreuve (obligations. condamnation non avenue en cas de respecte des obligations (132-40 du CP). Il va sans dire que la défense à charge le plus souvent de reprendre encore ces avis et informations et de les expliciter.160 Effectués par le président juste après la lecture du dispositif de la décision. Avis en cas de placement sous surveillance électronique mobile. informations sur les conséquences du refus de sa part de se soumettre à une injonction de soins. Avis obligatoires sur le suivi socio-judiciaire lorsqu’il est prononcé (obligations. en tout cas d’information nécessaire à la suite de la décision du tribunal correctionnel. les justiciables soient très aptes à comprendre et retenir le sens de ces avertissements.

161 obstacle aux voies de recours. (Article 707-3 du CPP) Avis de convocation devant le JAP remis à l’issue de l’audience en certains cas. Avis le cas échéant, par le président, le greffier ou une personne habilitée au prévenu présent de son inscription au FIJAIS et des obligations qui en découlent. Avis au prévenu condamné au titre de l’action civile à des dommages-intérêts du droit de la victime, passé un délai de 2 mois à compter de la décision définitive de faire recouvrer ceux-ci par le fonds de garantie des victimes, et des majorations qui s’en suivent. (Article 474-1 du CP). Au prévenu relaxé Avis de la possibilité d’être indemnisé du préjudice résultant de l’éventuelle détention provisoire (Article 149 du CPP). A la partie civile Information sur la possibilité de saisir la CIVI (Article 706-15 et D48-3 du CPP)

L’essentiel des mentions que doit comprendre le jugement du tribunal correctionnel est précisé aux articles 485 et 486 du CPP. En réalité, il faut dire que lorsque le jugement n’est pas frappé d’appel, il demeurera le plus souvent sous la forme minimaliste du dispositif, c'est-à-dire de la peine, inscrite sur la couverture du dossier. La pratique judiciaire se situe ici assez loin des textes.

Les différentes formes du jugement correctionnel au regard de la comparution du prévenu et ses conséquences sur les voies de recours. Le jugement contradictoire ou réputé contradictoire peut être frappé d’appel par le prévenu dans le délai de dix jours à compter de son prononcé. Le jugement contradictoire à signifier peut être frappé d’appel par le prévenu dans le même délai mais calculé à compter de sa signification Le jugement par défaut est seulement susceptible d’opposition par le prévenu, ouverte dans un délai de dix jours à compter de sa signification La loi du 9 mars 2004 a abouti à réduire strictement les hypothèses de jugement

162 par défaut. Les hypothèses de jugement contradictoire impliquent toujours la certitude de ce que le prévenu avait connaissance de l’audience et a pu avoir connaissance du jugement par son conseil. Toutes les autres situations s’analysent désormais comme des jugements contradictoires à signifier. Jugement contradictoire à l’égard du prévenu. Principales hypothèses. - prévenu comparant à l’audience et présent au prononcé du jugement - art. 411 al. 2 du CPP: prévenu non comparant mais représenté par son avocat à sa demande. - article 410 : prévenu non comparant, un avocat s’est présenté et a été entendu après avoir déposé des conclusions ce qui laisse présumer un mandat de représentation (Crim. 14 oct. 2008, Bull. n°207). -Article 416 du CPP le prévenu non comparant en raison de son état de santé et qui est entendu à son domicile et peut être représenté à l’audience par un avocat.

Jugement contradictoire à signifier à l’égard du prévenu. Principales hypothèses - Article 413 du CPP Le prévenu était présent à l’appel de la cause mais non comparant au débat et au prononcé du jugement. (Crim 26 avril 2006, Bull. n°113) -Art. 498 du CPP Après débat contradictoire, le prévenu n'était pas présent ou représenté à l'audience où le jugement a été prononcé, mais seulement dans le cas où elle-même ou son représentant n'auraient pas été informés du jour où le jugement serait prononcé ; -Article 498 et 412 al.2 Pour le prévenu qui a été jugé en son absence, mais après audition d'un avocat qui s'est présenté pour assurer sa défense, sans cependant être titulaire d'un mandat de représentation signé du prévenu ; -Article 498 et 411 Le prévenu est non comparant, il a demandé à être représenté, mais son avocat n’est pas présent. -Article 498 et 410 Le prévenu cité à personne ou dont il est établi qu’il a eu connaissance de la citation est non comparant, non excusé. -Article 179-1 du CPP Prévenu cité à sa dernière adresse déclarée à l’issue de l’information ne comparaît pas. Jugement par défaut à l’égard du prévenu. Principales hypothèses -Article 412-1 CPP. Le prévenu qui n’a pas été cité à personne et dont il n’est pas établi qu’il ait eu connaissance de la citation ne comparaît pas et aucun avocat ne s’est présenté pour lui.

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III La procédure d’audience devant la cour d’assises. Notions de base.

Avant l’ouverture de la session de la cour d’assises et donc des débats relatifs à quelque affaire que ce soit inscrite à cette session, diverses formalités auront été effectuées : Les pièces à conviction et le dossier auront été transférés au siège de la cour d’assises, (article 270 du CPP), l’accusé s’il est détenu aura été transféré à la maison d’arrêt du lieu où se tiennent les assises (article 269 du CPP) le président aura procédé à son interrogatoire non pas sur le fond mais à un interrogatoire destiné à s’assurer de son identité, de ce que la mise en accusation lui a été signifié, de ce qu’il a un défenseur (article 272 à 277 du CPP). C’est au terme de cet interrogatoire tenu hors la présence du conseil que le président peut estimer devoir ordonner un supplément d’information (article 283 et 284 du CPP), les parties se seront signifiées la liste des personnes qu’elles veulent faire entendre comme témoins ou comme experts (article 281 du CPP). Chaque accusé se sera vu signifier la liste des jurés de session (article 282 du CPP) mais aussi une copie gratuite du dossier (article 279 du CPP).

A l’oralité et à la publicité des débats, il faut ajouter ici le principe de la continuité des débats (Article 307 du CPP) qui exclut que comme en correctionnelle il puisse être délibéré à une date qui ne suivrait pas les débats. Ici, les débats et le délibéré se suivront et ne seront suspendus que « pendant le temps nécessaire au repos des juges, de la partie civile et de l’accusé ».

La juridiction de la cour d’assises est complexe. Trois organes ont en effet chacun des fonctions et des pouvoirs précis : le président, la Cour composée du président et des assesseurs, et la cour d’assises composée de la Cour et du jury. Les premières phases du déroulement d’un procès d’assises lui sont pour l’essentiel spécifiques et très solennelles. Après avoir vérifié l’identité de l’accusé (article 294 du CPP), le président qui à ce stade est entouré de ses deux seuls assesseurs, va procéder au tirage au sort du jury de jugement mais, en droit, c’est la cour qui procède à la formation de ce jury et qui décide d’ailleurs s’il y a lieu au tirage au sort d’un jury supplémentaire (Article 296 al.2 du CPP). Les articles 297 à 302 du CPP organisent minutieusement la récusation des jurés par le ministère public et la défense y compris lorsqu’en cas de pluralité d’accusés la défense ne se met pas d’accord pour exercer les récusations.

ni la crainte ou l'affection . le ministère public et les avocats des parties puissent poser directement leurs questions (Article 312 du CPP) qui a modifié cette situation. 2003. Revue de science criminelle et de droit pénal comparé. ni ceux de la victime . ni ceux de la société qui l'accuse. cette expérience n’a guère duré (Voir sur ce point. « Le procès d’assises après la réforme. « il a aussi le devoir de ne manifester son opinion sur la culpabilité » (Article 328 du CPP). même après la cessation de vos fonctions". le discours suivant : "Vous jurez et promettez d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X. Il concerne l’ordre des débats et notamment la question de savoir si les faits seront examinés avant la personnalité de l’accusé ou l’inverse. certains présidents ont tenté l’expérience d’une véritable cross examination. n°2. Comme le président du tribunal correctionnel. Il est certain que le rôle du président est en tout état de cause délicat puisque s’il doit interroger l’accusé. Chacun des jurés... appelé individuellement par le président. Regards sur les pratiques ». . l’idée de placer le président dans un rôle d’arbitre silencieux. Il a aussi le pouvoir de direction des débats et ce n’est pas le fait que depuis la loi du 15 juin 2000. Même si aussitôt après cette réforme. de vous rappeler que l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter . et de conserver le secret des délibérations. de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration . suivant votre conscience et votre intime conviction. » A la suite de ce serment. les débats vont pouvoir s’ouvrir. pp. à la suite de critiques tenues contre les débats menés devant des cours d’assises. Après le cas échéant qu’il ait été statué sur les nullités entachant la phase antérieure de la procédure (formalités antérieures à l’ouverture des débats puisque les nullités de l’instruction sont quant à elles purgées). le président de la cour d’assises a la police de l’audience.164 Le serment des jurés article 304 du CPP « Le président adresse aux jurés.) C’est récemment que le prérapport de la commission Léger reprend. l’ordre dans lequel les témoins et les experts seront entendus. avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre.. debout et découverts. de n'écouter ni la haine ou la méchanceté. Rôle du président. répond en levant la main : "Je le jure". de ne trahir ni les intérêts de l'accusé. Le pouvoir de direction des débats du président de la cour d’assises dépasse largement la simple question de l’interrogatoire de l’accusé. de vous décider d'après les charges et les moyens de défense. 289-309. le jury est constitué. laissant les parties poser directement leurs questions et demeurant quant à eux dans un rôle silencieux.

posées dans les termes de la décision de mise en accusation (Article 348 du CPP). . qui statue après la décision rendue sur l’action publique sur les intérêts civils (article 371 du CPP). A leur suite le ministère public en ses réquisitions et la défense en sa ou ses plaidoiries. sans le jury. A noter que cet article prévoit encore la possibilité pour le président de « résumer les moyens de l'accusation et de la défense. au cours de la délibération. Une procédure exceptionnelle est cependant envisagée au dernier alinéa de cet article pour le cas où. C’est elle enfin. les demandes afférentes à la détention provisoire ou au contrôle judiciaire. précisons seulement que là aussi le code de procédure pénale et la jurisprudence ont construit. le principe est ici que la cour et le jury vont délibérer sans le dossier d’instruction. La cour d’assises en l’état de notre droit rend. L’article 346 du CPP prévoit là aussi la réplique mais elle est fort peu usitée et en tout état de cause l’accusé ou son avocat doivent toujours avoir la parole en dernier (Article 346 du CPP). en principe. » Cet alinéa hérité d’un temps où les rapports entre le président. le président ne conservant avec lui que l’arrêt de mis en accusation (Article 347 du CPP). un droit minutieux attaché pour l’essentiel à permettre aux principes d’oralité d’être pleinement respecté ce qui est d’autant plus nécessaire que les jurés ne sont pas des magistrats professionnels. y compris les exceptions de nullité qui peuvent concerner les formalités antérieures à l’ouverture des débats ou les incidents contentieux de l’audience (Article 305-1 du CPP) et au jugement desquels on n’imagine pas associer les jurés mais qui doivent être tranchés par une collégialité. C’est elle qui statue sur les demandes de huis-clos (Article 306 al.165 Le président a aussi un pouvoir discrétionnaire (article 310 du CPP) qui lui permet de « prescrire toutes mesures qu’il croit utiles pour découvrir la vérité ». Sans entrer plus avant dans le détail des règles qui concernent ces débats. Le risque de voir considérer qu’au travers de cet exercice le président a manifesté son opinion serait très élevé ! La lecture des questions constitue le second temps fort de cette clôture. la cour d'assises estime nécessaire l'examen d'une ou plusieurs pièces de la procédure. Aux termes de l’instruction d’audience. les jurés et les parties étaient autres n’est jamais utilisé de nos jours. l’audition des témoins et des experts. Pouvoirs de la Cour. sur la durée. on le sait. la partie civile ou son avocat mais aussi les éventuelles associations autorisées par le législateur à exercer les droits de la partie civile sont entendues. Disons succinctement que les pouvoirs propres de la Cour concernent en premier lieu les incidents contentieux (Article 316 du CPP) qui peuvent se présenter. La clôture des débats est ici plus formalisée. une décision qui est motivée sous la forme des réponses apportées par la cour et le jury réunis aux questions qui sont. D’une part au contraire de ce qui se passe en correctionnelle. Le dossier est donc remis entre les mains du greffier. 2 du CPP) statue sur les demandes de renvoi (Article 343 du CPP). L’usage de cette possibilité est rarissime.

ne poser qu'une seule question . Article 349-1 Lorsque est invoquée comme moyen de défense l'existence de l'une des causes d'irresponsabilité pénale prévue par les articles 122-1 (premier alinéa). Il en est de même. chaque fait spécifié dans le dispositif de la décision de mise en accusation fait l'objet de deux questions posées ainsi qu'il suit : "1° L'accusé a-t-il commis tel fait ? "2° L'accusé bénéficie-t-il pour ce fait de la cause d'irresponsabilité pénale prévue par l'article . du code pénal selon lequel n'est pas pénalement responsable la personne qui . Enfin. il existe une troisième forme de questions qui sont les questions subsidiaires et qui elles. 122-3. une question sur ce point. de chaque cause légale d'exemption ou de diminution de la peine. Cette méthode doit évidemment permettre le strict respect de la saisine in rem. ?" Le président peut. Article 349 Chaque question principale est posée ainsi qu'il suit : "L'accusé est-il coupable d'avoir commis tel fait ?" Une question est posée sur chaque fait spécifié dans le dispositif de la décision de mise en accusation.. Les questions principales vont ainsi décomposer soigneusement les faits et les circonstances aggravantes des faits spécifiés dans le dispositif de la décision de mise en accusation. Chaque circonstance aggravante fait l'objet d'une question distincte. Ce sont là des questions spéciales.. 122-5 (premier et second alinéas) et 122-7 du code pénal..166 Les articles 349 à 352 précisent les divers types de questions qui peuvent être posées par le président à la Cour et au jury et dont la teneur peut donner lieu à incident contentieux. 122-2. L’existence d’une éventuelle cause d’irresponsabilité pénale invoquée comme moyen de défense conduira à poser en une seule fois ou pour chaque fait. recouvrent l’hypothèse d’une requalification d’un fait visé bien entendu au dispositif de l’acte de mise en accusation. 122-4 (premier et second alinéas). Ce sera par exemple la situation lorsque les débats nécessitent d’envisager une requalification d’un fait poursuivi sous la qualification de meurtre en coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner. selon les cas. avec l'accord des parties. lorsqu'elle est invoquée.. La cour et le jury peuvent se prononcer sur l’existence de circonstances aggravantes qui n’étaient pas visées dans la décision de mise en accusation et ont été invoquées durant les débats.

Le président donne lecture de l’instruction aux jurés selon les termes de l’article 353 du CPP. Sauf si l'accusé ou son défenseur y renonce. non mentionnées dans l'arrêt de renvoi. Deux dernières formalités importantes restent à effectuer par le président. la cour statue dans les conditions prévues à l'article 316. Article 351 S'il résulte des débats que le fait comporte une qualification légale autre que celle donnée par la décision de mise en accusation. et les moyens de sa défense. il est donné lecture des questions posées en application du présent article. n’exclut nullement une décision fondée sur la raison et non sur l’émotion. sur leur raison. le président pose une ou plusieurs questions spéciales. elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve . cette notion s’opposant à un système de preuves légales vers lequel il est difficile d’envisager vouloir revenir. Article 352 S'il s'élève un incident contentieux au sujet des questions. L’intime conviction qui signifie que chaque juge doit se déterminer « dans la sincérité de sa conscience ».167 concernant la cause d'irresponsabilité pour l'ensemble des faits reprochés à l'accusé." C’est peu dire que la notion d’intime conviction donne lieu parfois à des critiques fondées sur des contre sens. instruction qui est affichée en outre dans la chambre des délibérations : L’instruction de l’article 353 du CPP " La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus. quelle impression ont faite. elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher. Article 350 S'il résulte des débats une ou plusieurs circonstances aggravantes. Les magistrats qui jugent en correctionnelle jugent également en leur intime conviction. les preuves rapportées contre l'accusé. sans subir ni pression ni influence. dans la sincérité de leur conscience. notamment par ceux qui pensent que la notion ne concernerait que la cour d’assises voire les seuls jurés. La loi ne leur fait que cette seule question. . qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? ". le président doit poser une ou plusieurs questions subsidiaires.

pour quelque cause que ce soit. le ou les locaux dans lesquels il doit demeurer. Le président déclare l'audience suspendue. Les magistrats professionnels ne sont donc quant à eux jamais maîtres du vote. le rapport déposé par la commission Léger préconise la motivation des arrêts d’assises. Toute décision défavorable à l’accusé se forme par une majorité renforcée de huit voix en première instance et dix en appel sur un nombre de vois respectif de douze et quinze voix (les jurés sont neuf en première instance et douze en appel). rejoignant ainsi l’opinion de nombreux auteurs. Il y a là un peu de vrai. Là aussi.168 La notion ne doit pas être non plus confondue avec le fait qu’en réduisant les arrêts de cour d’assises à la réponse par oui ou non à des questions et à la fixation éventuelle d’une peine en cas de condamnation. Ce n’est pas pour autant que « l’intime conviction » cesserait d’être la mesure du devoir des juges. Mais cela ne signifie pas que le délibéré n’est pas organisé. S’agissant de la délibération sur la culpabilité. le président fait retirer l’accusé de la salle d’audience et si l'accusé est libre. La délibération sur la peine commence par la lecture des dispositions du code pénal et notamment de l’article 132-24 sur les fonctions ou finalités de celle-ci. dans laquelle nul ne pourra pénétrer. Il invite le chef du service d'ordre à faire garder les issues de la chambre des délibérations. l’essentiel à retenir concerne d’abord les majorités sous lesquelles sont prises les décisions. et invite le chef du service d'ordre à veiller au respect de cette injonction. sans autorisation du président. il lui enjoint de ne pas quitter le palais de justice pendant la durée du délibéré. il faut tant en première instance qu’en appel une majorité de jurés qui partagent cette opinion pour que la décision défavorable à l’accusé soit prise (cinq en première instance sur neuf et sept en appel sur douze). en indiquant. (Article 354 du CPP). Les praticiens et notamment les avocats ont l’habitude de dire que le délibéré est la boîte noire des magistrats tandis que l’entretien avec le client est la boîte noire des avocats. le cas échéant. Les peines de réclusion criminelle à perpétuité et de trente ans de réclusion lorsqu’elles constituent la peine . La lecture des articles 355 à 365 du CPP démontrent le contraire. le législateur place le degré d’exigences de motivation à son plus bas niveau. Enfin. Il résulte donc de cette exigence qu’à supposer que les magistrats professionnels votent en défaveur de l’accusé. Le délibéré.

Il écrit à la suite ou fait écrire secrètement le mot "oui" ou le mot "non" sur une table disposée de manière que personne ne puisse voir le vote inscrit sur le bulletin. sur chacune des circonstances aggravantes. à cet effet. sur les causes d'irresponsabilité pénale. un bulletin ouvert. Article 355 Les magistrats de la cour et les jurés se retirent dans la chambre des délibérations. La décision se forme ainsi par élimination des votes minoritaires en faveur des peines les plus élevées.169 maximale encourue ne peuvent être prononcée que par les mêmes majorités renforcées que pour la culpabilité. ou déclarés nuls par la majorité. Ils n'en peuvent sortir qu'après avoir pris leurs décisions. Section I : De la délibération de la cour d'assises. sur les questions subsidiaires et sur chacun des faits constituant une cause légale d'exemption ou de diminution de la peine. Les bulletins blancs. Article 356 La cour et le jury délibèrent. Il remet le bulletin écrit et fermé au président. Toute autre décision sur la peine se forme à la majorité absolue des votants. sont comptés comme favorables à l'accusé. Article 359 Toute décision défavorable à l'accusé se forme à la majorité de huit voix au moins lorsque la cour d'assises statue en premier ressort et à la majorité de dix voix au moins lorsque la cour d'assises statue en appel. Lorsque cette majorité ne s’est pas formée après deux tours de scrutin. par bulletins écrits et par scrutins distincts et successifs. sur le fait principal d'abord. les bulletins sont brûlés. Il constate sur-le-champ le résultat du vote en marge ou à la suite de la question résolue.".. ma déclaration est . Article 357 Chacun des magistrats et des jurés reçoit. et s'il y a lieu. le vote se poursuit en éliminant à chaque tour la peine la plus forte ayant recueillie au moins une voix au tour de scrutin précédent jusqu’à ce qu’une majorité absolue se soit formée.. puis votent. Article 358 Le président dépouille chaque scrutin en présence des membres de la cour et du jury qui peuvent vérifier les bulletins. Immédiatement après le dépouillement de chaque scrutin. . qui le dépose dans une urne destinée à cet usage. marqué du timbre de la cour d'assises et portant ces mots : "sur mon honneur et en ma conscience.

Si.170 Article 360 La déclaration. après deux tours de scrutin. Si elle a répondu négativement à la première question ou positivement à la seconde question. si les faits ont été commis en état de récidive légale. lorsqu'elle est affirmative. lorsqu'il est fait application des dispositions de l'article 349-1. Les mêmes règles sont applicables en cas de détention criminelle. il est fait application des articles 706-129 et suivants relatifs à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. La décision sur la peine se forme à la majorité absolue des votants. Si. jusqu'à ce qu'une peine soit prononcée. et séparément pour chaque accusé. Article 361 Au cas de contradiction entre deux ou plusieurs réponses. aucune peine n'a réuni la majorité des suffrages. ainsi que. aucune peine n'a encore obtenu la majorité absolue des votes. Le vote a lieu ensuite au scrutin secret. le président donne lecture aux jurés des dispositions des articles 132-18 et 132-24 du code pénal. Si le maximum de la peine encourue n'a pas obtenu cette majorité. il est procédé à un troisième tour au cours duquel la peine la plus forte proposée au tour précédent est écartée. le cas échéant. le maximum de la peine privative de liberté encourue ne peut être prononcé qu'à la majorité de huit voix au moins lorsque la cour d'assises statue en premier ressort et qu'à la majorité de dix voix au moins lorsque la cour d'assises statue en appel. de l'article 132-18-1 et. La cour d'assises délibère également sur les peines accessoires ou complémentaires. Lorsque la cour d'assises prononce une peine correctionnelle. elle déclare l'accusé coupable. constate que la majorité de voix exigée par l'article 359 au moins a été acquise sans que le nombre de voix puisse être autrement exprimé. il ne peut être prononcé une peine supérieure à trente ans de réclusion criminelle lorsque la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité et une peine supérieure à vingt ans de réclusion criminelle lorsque la peine encourue est de trente ans de réclusion criminelle. de l'article 132-19-1 du même code. à ce troisième tour. Toutefois. Article 362 En cas de réponse affirmative sur la culpabilité. Si elle a répondu positivement à la première question et positivement à la seconde question portant sur l'application des dispositions du premier alinéa de l'article 122-1 du code pénal. la cour d'assises a répondu positivement à la première question et négativement à la seconde question. en continuant à écarter la peine la plus forte. le président peut faire procéder à un nouveau vote. elle déclare l'accusé non coupable. elle peut ordonner à la majorité qu'il soit sursis à l'exécution de la peine avec ou sans mise à l'épreuve. Dans les cas prévus par l'article 706-53-13. La cour d'assises délibère alors sans désemparer sur l'application de la peine. Article 361-1 Si. il est procédé à un quatrième tour et ainsi de suite. elle délibère aussi pour déterminer .

ou si l'accusé est déclaré non coupable. Si l'accusé bénéficie d'une cause d'exemption de peine. Article 364 Mention des décisions prises est faite sur la feuille de questions. . la cour d'assises prononce l'acquittement de celui-ci. qui est signée séance tenante par le président et par le premier juré désigné par le sort ou. s'il ne peut signer. Article 365 Les réponses de la cour d'assises aux questions posées sont irrévocables.171 s'il y a lieu de se prononcer sur le réexamen de la situation du condamné avant l'exécution de la totalité de sa peine en vue d'une éventuelle rétention de sûreté conformément à l'article 706-53-14. la cour d'assises le déclare coupable et l'exempte de peine. par celui désigné par la majorité des membres de la cour d'assises. Article 363 Si le fait retenu contre l'accusé ne tombe pas ou ne tombe plus sous l'application de la loi pénale.

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