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Procédure pénale Notes de cours de 2009-2010

MASTER 1
CARRIERES JUDICIAIRES ET SCIENCES CRIMINELLES
PREMIER SEMESTRE

Jean Danet

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Le procès pénal
Sommaire Introduction 1 La qualité de partie au procès.

2 L’examen préalable et l’orientation du dossier pénal.

3 La composition pénale et la CRPC.

4 L’information ou instruction préparatoire.

5 Les nullités de l’enquête et de l’instruction.

6 Les mesures privatives ou restrictives de liberté prises durant l’instruction. 7 Les caractères fondamentaux de l’audience de jugement. 8 La procédure d’audience devant le correctionnel et la cour d’assises. Aperçus. tribunal

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Présentation du cours

Ce cours de 36 heures proposé en master 1 fait suite à celui donné en licence qui portait sur les principes généraux de la procédure pénale et sur l’enquête.

Vous avez la possibilité de choisir des TD en Procédure pénale. Ils seront enseignés par deux praticiens, un magistrat du parquet, avocat général à la Cour d’appel de Paris M. Jacques Bruneau, enseignant associé, et un avocat spécialisé en pénal, Me Patrick Letertre.

Présentation des séances de TD

Séance 1 Présentation des acteurs de la procédure
Attention !!!! Un exercice sera demandé pour la première séance de TD

Présentation, Type d’exercices, et de contrôle continu, Bibliographie,

Statistiques, Présentation des mutations successives de la procédure depuis 1993, L’importance de la loi Perben II et des réformes votées depuis lors.

26 juillet 2005. Séance 2 L’orientation du dossier Le traitement en temps réel. 12 décembre 2005. L’orientation et la politique d’orientation du parquet. .4 (Notamment les Lois des 21 juin 2004. Présentation du code qui en résulte Exercice oral : 1) Présenter les différents acteurs possibles du procès pénal avec une définition de chacun d’eux et une présentation succincte de leur fonction et statut. Exercice écrit : note de synthèse sur les documents conseillés et reproduits. l’intérêt de l’instruction. 23 janvier 2006. 5 mars 2007. 2) Présenter les différents modes de traitement des délits avec leurs caractéristiques essentielles en vous aidant du tableau fourni et 3) en donnant ce que représente en statistique chaque mode de traitement. Le tout en construisant des tableaux ou schémas que vous exposerez à vos camarades. l’opportunité des poursuites. la note de synthèse pourra sous réserves de l’accord des chargés de TD être rendue en séance 3 ou 4. Compte tenu de l’importance du travail demandé. 10 août 2007).

deux exposés (l’un pour et l’autre contre) suivis d’un débat.5 Exercice oral : « Faut-il un débat contradictoire autour de la décision d’orientation du dossier ? » A partir du texte proposé cidessous et des documents conseillés à la lecture et reproduits. .

entre audience normale et CRPC? Débat contradictoire entre tenants des deux propositions. Synthèse des critiques portées à cette procédure et inventaire des réponses qui peuvent y être apportées ? Exercice écrit : Dissertation : La CRPC peut elle être une procédure efficiente et respecter les droits des parties ? Exercice oral : La procédure de CRPC pourrait-elle être étendue à tous les crimes et délits reconnus ou faut-il imaginer une procédure nouvelle d’audience pour les crimes et délits graves reconnus. . Le cas échéant. troisième exposé pour soutenir une autre position.6 Séance 3 La CRPC Analyse de la procédure au regard des principes fondamentaux de l’Article préliminaire du CPP et de l’Article 6 de la CEDH.

2) faites le point sur l’évolution et 3) l’intérêt du statut de témoin assisté. Exercice écrit : Commentaire de l’arrêt du 28 mars 2006 ou du 6 mars 2007. Exercices oraux : 1) Commenter l’article 80-1-1 du CPP résultant de la loi du 5 mars 2007 . .7 Séance 4 Témoin assisté et mis en examen Les notions de témoin assisté et de mis en examen Les droits du témoin assisté et du mis en examen. 3 exposés.

par son pouvoir normatif apporter les correctifs qui s’imposent au droit positif ? Un exposé en faveur de l’une et l’autre position.8 Séance 5 Les nullités Les types de nullités. les nullités dans la jurisprudence. . Exercice écrit : Etablir une note de synthèse sur l’évolution de la jurisprudence de la chambre criminelle relative aux écoutes téléphoniques concernant un avocat. ou la chambre criminelle peut-elle. les nullités dans le code. La procédure et la purge des nullités La sanction des nullités Exercices oraux proposés : L’arrêt Matheron c/ France de la CEDH illustre-t-il la nécessité d’une réforme de la théorie des nullités en droit interne.

Exercice oral : La loi du 5 mars 2007 (sa modification de l’article 144 du CPP ainsi que la création du mécanisme prévu par l’article 221-3 nouveau du CPP) suffit-elle à corriger les défauts de la procédure pénale française en matière de détention provisoire ? Exposé pro et contra . B. tenir compte des modifications apportées par la loi du 5 mars 2007).9 Séance 6 Détention provisoire et délai raisonnable Le contrôle du délai raisonnable sur la détention provisoire Le champ de la détention provisoire La procédure de mise en détention Exercice écrit : note de synthèse à partir de documents conseillés à la lecture et reproduits (N.

Et les perspectives d’une entrée des caméras dans les enceintes judiciaires. l’utilisation du dossier lors de l’instruction d’audience. Exercice écrit : Commentaire des articles 145 alinéa 6 et 199 du CPP résultant de la loi du 5 mars 2007 sur la publicité des audiences relatives à la détention provisoire. Exercice oral : Exposé des différentes règles afférentes à ces questions de l’oralité des débats et de la publicité en montrant les évolutions des textes et de la pratique ainsi que les effets conjoints de ces évolutions. . le huis clos et ses nouveaux critères dans la loi du 9 mars 2004 et celle du 5 mars 2007. l’enregistrement des dépositions à l’audience (loi du 9 mars 2004). Ou « de l’influence de textes mineurs sur le déroulement de l’audience ».10 Séance 7 Les caractères fondamentaux de l’audience Oralité des débats et publicité La publicité des audiences de fond et de procédure. les questions des parties et du président. le rôle du président d’assises et de correctionnelle dans le déroulement des débats. Le lien entre ces textes et les principes du procès équitable.

.11 Séance 8 Le débat contradictoire et la comparution personnelle des parties Analyse des nouveaux textes relatifs à la comparution en correctionnelle et à la procédure de défaut aux assises. 2) sur les règles de comparution en correctionnelle et le principe du contradictoire. Exercice écrit : commentaire des deux décisions suivantes : l’arrêt de la CEDH du 6 mai 2002 et l’arrêt de l’Assemblée Plénière de la Cour de Cassation du 2 mars 2001 (un seul commentaire commun des deux décisions). de leur genèse (jurisprudence de la CEDH et de la cour de cassation) et réflexion sur les modifications à en attendre. Exercice oral : 2 Exposés proposés 1) sur la compatibilité entre le principe du contradictoire et l’oralité des débats.

12 Séance 9 L’intime conviction et la motivation des décisions de cours d’assises Qu’est ce que l’intime conviction ? Comment la définir ? Quel est son rapport avec la question de la motivation des décisions ? Quelle comparaison peut-elle être faite entre l’intime conviction et l’absence de doute raisonnable ? Exercice oral : Plaidoyer pour et contre la possible motivation des décisions de cours d’assises. * * * . Exercice écrit : Dissertation : les jurés et l’intime conviction.

Pour pouvoir faire de même. Ce qu’il peut être : Il peut d’abord vous donner les grandes lignes de la matière. On peut en cours exposer les éléments de la réflexion sur les thèmes que nous aborderons plus spécialement et apprendre à aborder une question de procédure.13 L’objectif pédagogique du cours : Ce qu’il ne peut pas être : tout traiter en cours. Les enjeux de la matière ensuite. . dans des manuels représente entre 900 et 1200 pages ! ! ! Un exposé même incomplet du droit positif sur tous les sujets serait absurde. Apprendre à être autonome dans votre réflexion et savoir vous diriger dans l’univers du procès pénal. des conséquences pour les justiciables (c’est aussi de libertés individuelles qu’il est question et de bonne ou mauvaise justice). L’exposé complet de la matière. demain. Il n’est pas question d’être déconnecté des questions de justice. Les notions fondamentales. On ne comprend la procédure que si on comprend ce qui se joue et comment ça se joue. par vous-même. en action. Vous sortiriez du cours en ayant une vue totalement faussée de la matière.

A ce sujet. respecter et répondre avec habileté et pertinence aux arguments de l’autre.14 L’objectif pédagogique des TD Ce qu’ils ne doivent pas être : une leçon particulière en plus du cours. à construire une argumentation par oral. un lieu d’où l’on sort bien content si on a pu éviter d’avoir à prendre la parole. les documents contiennent des conseils de lecture en plus des documents reproduits. un lieu où l’on va avec crainte. un lieu où l’on apprend à lire la documentation. à écouter. y compris les chargés de TD. Le TD doit être un lieu où l’on apprend à débattre. La prise de conscience aussi que toutes les opinions peuvent être soutenues et débattues. des notes de synthèse (tellement nécessaires pour les concours !) des dissertations. un lieu où l’on apprend la complexité (à cent lieues des simplismes de certains médias sur la justice) à utiliser ses lectures. Ce qu’ils peuvent être : Pour la préparation. à consolider ses connaissances en écoutant les autres. . D’où les exercices oraux proposés : beaucoup d’exercices autour du pour et du contre. Les TD de procédure ne peuvent négliger la question de leur propre procédure ! ! ! On y fera évaluer aussi sa capacité à l’écrit par des exercices corrigés. l’apprentissage de présentation synthétique aussi : la durée des interventions orales sera très strictement encadrée. en l’état. voire à pousser un peu la recherche sans perdre de temps. Le choix de proposer beaucoup d’exercices sous la forme de deux exposés « le pour et le contre » se veut l’apprentissage d’un principe fondamental du procès mais plus largement de l’élaboration de la décision : le contradictoire. pas réalisable. à l’exploiter. Des commentaires d’arrêts. On a exclu les cas pratiques qui supposeraient une connaissance plus approfondie de la procédure et l’utilisation de dossiers ce qui n’est.

21 éd. Economica. Desportes et L. Lazerges-Cousquer. Objectif droit. E. 2 éd. Précis Dalloz. Guinchard et J. S. Litec. Levasseur. Pradel. Edition 2008. première édition. Bouloc. G. Traité de procédure pénale. . Buisson. 2007. 2007. Procédure pénale. Procédure pénale. G. ou édition suivante si parue. Stefani. J. Vergés. 2008/9 Cujas.15 Les outils ou la bibliographie Bibliographie Générale : Usuels absolument nécessaires pour les TD : Code de procédure pénale 2010 Dalloz ou Litec Un manuel parmi beaucoup et notamment: F. 2009. 14ème éd. B. Litec 4éd. Procédure pénale. Procédure pénale.

Cadiet.). Droit européen des droits de l’homme. Tome II Procédure pénale. Decocq Dictionnaire de la justice. 2006 . F. 2001. 2001. Lazerges (Dir. PUF. Sudre Droit international et européen des droits de l’homme..16 Traités et autres ouvrages à consulter Traités : R. 5e éd. Saint. Le guide de la défense pénale. Renucci. LGDJ.L. Angevin et A. F. L. Vitu. PUF. Dir H. Dir Y. PUF. F. PUF 2004 Autres manuels et ouvrages J. Mayaud Jurisclasseur de procédure pénale. Traité de droit criminel. 2007 C. Figures du parquet. Merle et A.Pierre. M. Encyclopédies et dictionnaires Encyclopédie Dalloz. Rassat. Dalloz. Traité de procédure pénale. Dir.

RPDP Revue de droit pénal et de criminologie.Giudicelli-Delage et C. J. Etats de droit. Dalloz. 2008. Gallimard. AJP Revue pénitentiaire et de droit pénal. pour une défense pénale critique. Lazerges (Dir. RICPTS Revue trimestrielle des droits de l’homme. RSC Droit pénal. RTDH .17 G . RDPC Revue internationale de criminologie et de police scientifique. Justice pénale. PUF.). 2 éd. J. Défendre. le tournant. DP AJ Pénal. Danet. Folio. Regards sur la justice. 2004. Coll. 2006. Danet. La victime sur la scène pénale en Europe. Revues : Revue de science criminelle et de droit pénal comparé.

3) Il est aussi le temps de l’explicitation des enjeux plus larges. des pratiques. 2) Le temps du cours est d’abord celui de l’explication détaillée du droit positif. mais elles n’ont pas besoin d’être exhaustives.18 Le cours Une seule nécessité : on vient en cours avec son code ! Les temps du cours : 1) A l’écran : les notes de cours. de la jurisprudence (le sens d’une évolution. elles sont au code et vous pouvez donc les retrouver. des précisions sur ce qui fait problème à partir de vos questions). L’idéal : le temps 3 serait le plus souvent possible celui de la troisième heure du cours. Pas de références d’arrêts sur les questions qui ne font pas débats depuis longtemps. Le temps du débat aussi. des textes. Vous pouvez prendre des notes. . des indications de bibliographie.

19 L’examen Pour les étudiants qui ne suivent pas les td. Ce ne sont pas des questions de cours mais plutôt de synthèse. ou une dissertation ou un commentaire d’arrêt ou une mini note de synthèse. un oral. des questions du même type. bref des exercices que vous aurez fait en td. Le contrôle continu : un écrit. deux questions en deux heures ou deux heures trente. Pour les étudiants ayant choisi TD. une participation .

Citons les plus importantes des réformes de cette décennie qui le plus souvent touchent à la fois la procédure et le fond du droit pénal : La loi n°2000-516 du 15 juin 2000 sur la présomption d’innocence et les droits des victimes. Ce ne sont pas les subdivisions du code. et ce qui fait débat. ou ce qui émerge. je vous propose de commencer tout simplement par deux commentaires : le commentaire du sommaire de ce cours. en espérant qu’elle ait une unité. Pour vous faire prendre conscience de ce que la procédure pénale bouge beaucoup. Commentaire du sommaire. Et le commentaire de la table des matières du CPP. La loi n°2001-1062 du 15 novembre 2001 sur la sécurité quotidienne. . La loi n° 2002-1094 du 29 août 2002 d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure. La loi n°2202-307 du 4 mars 2002 modifiant la loi renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes. Ils sont les instruments de la politique criminelle. Pourquoi cette présentation. cette organisation des titres du cours ? Pour souligner les tendances.20 En guise d’introduction En guise d’introduction à ce cours de procédure pénale qui vient pour les étudiants ayant fait leur cursus à Nantes après un cours de droit processuel et un premier semestre de procédure pénale. En même temps que le droit pénal et notamment le droit pénal spécial.

. La loi n°2007-291 du 5 mars 2007 sur l’équilibre de la procédure pénale.21 La loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice (dite Perben I). La loi n° 2003-87 du 3 février 2003 relative à la conduite sous l'influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants. La loi n°2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme. La loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. La loi n° 2005-47 du 26 janvier 2005 relative aux compétences des juridictions de proximité. La loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure. La loi n°2003-495 du 12 juin 2003 renforçant la lutte contre la violence routière. La loi n°2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité (dite Perben II). La loi n° 2003-88 du 3 février 2003 visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste. antisémite ou xénophobe. La loi n°2005-1549 du 12 décembre 2005 sur la récidive. La loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance. La loi n°2006-399 du 4 avril 2006 sur la prévention et la répression des violences au sein du couple ou contre les mineurs. La loi constitutionnelle n° 2003-267 du 25 mars 2003 relative au mandat d'arrêt européen.

R.). Elle innove depuis les juridictions (T.22 La loi n° 2007-1198 du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs. Elle revient sur certaines des innovations de la loi du 15 juin 2000 tel le double regard du juge d’instruction et du JLD sur la détention.P. Elle la contourne par les pouvoirs donnés à la police en phase d’enquête. La loi n°2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Elle crée d’abord. On pense à la contumace.P. L’importance de la loi du 9 mars 2004 pour le procès pénal : un aggiornamento Presque tout l’objet de notre programme a fait l’objet de modifications.A. Prenons l’une des plus importantes d’entre elles et voyons comment s’y prend le législateur pour réformer la procédure. par le mandat de recherche.P. en passant par les infractions (le «contrat ») ou les peines (le stage de citoyenneté).A. Citons ici la responsabilité pénale des personnes morales. Importance de la diversité de ses modifications.. et de nouveaux pouvoirs donnés au JLD qui vont peut-être permettre de retarder . les procédures (C.. et l’intervention de l’avocat en début de garde à vue repoussée en certains cas.C. C. l’application des lois de prescription dans le temps ou la contrainte par corps. procédures d’exception en matière de criminalité organisée). Elle réforme des textes «anciens ». Elle tire un bilan de certaines innovations du nouveau code pénal. les mandats et leur exécution. (tout est relatif en droit pénal) en tout cas des textes qui n’avaient pas été touchés dans les dernières années.

Elle retouche certaines dispositions. Elle intègre la norme internationale au droit interne avec le mandat d’arrêt européen et la jurisprudence européenne avec notamment les règles de comparution ou l’abrogation du délit d’offense à chef d’état étranger. pour filer jusqu’au bout la métaphore empruntée à la couture. Elle simplifie certains dispositifs procéduraux. et corrige de ci de là. Ainsi en est-il de la composition pénale créée en 1999 qui venait d’être modifiée en 2002. de traquer les temps morts. d’éviter les contretemps. à l’application de circonstances aggravantes de racisme. d’articuler par exemple jugement de fond et exécution des peines ou de prévoir par avance la sanction de l’échec d’une peine alternative. elle les rationalise avec le souci louable. Mais elle prolonge parfois l’esprit de la loi du 15 juin 2000 en achevant la juridictionnalisation de l’application des peines. Elle «reprise » même pourrait-on dire. des retouches effectuées par de précédentes lois. Elle légalise des pratiques jusque là non écrites et je pense bien sûr à la retenue.23 voire éviter l’ouverture d’informations en matière délictuelle et par là même retarder ou empêcher l’exercice des droits qui y sont attachés. la loi du 3 février portant aggravation des peines punissant les infractions à caractère raciste antisémite ou xénophobe. la loi Perben I de septembre 2002. Elle codifie le droit de l’extradition. la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure et celle du 12 juin 2003 sur la violence routière. On pense à des quanta d’amendes corrigés. . au FNAE ou au juge de proximité. pourtant très récentes. d’anticiper les échecs. mais presque obsessionnel de gagner du temps.

des rôles. des hiérarchies. adaptés aux technologies nouvelles afin de rechercher. et accroître la répression. Il en résulte une autre organisation de l’espace et du temps judiciaire très marquée par les nouvelles technologies. dans l’ordre judiciaire. la loi Perben II.24 Elle accroît la répression en augmentant le quantum de peines encourues pour d’assez nombreuses infractions ou en ajoutant des circonstances aggravantes pour d’autres. grignoter les réformes précédentes. chacune des deux faisant suite à une loi de programmation1 Elle entend donner à la police judiciaire et à la justice pénale des outils rénovés. intégrer la norme internationale. elle est d’une certaine façon le pendant de la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure. En cela. poursuivre. rationaliser. Elle se veut un aggiornamento de la justice pénale comme d’ailleurs son titre le dit explicitement. un titre dont on doit souligner qu’il ne vise pas seulement la criminalité organisée. les retoucher. L’unité de temps et de lieu du procès pénal se défait tandis que la cartographie des compétences judiciaires se complexifie avec à la clé de véritables déplacements des enjeux et donc une nouvelle distribution des pouvoirs. notre droit et notre procédure pénale poursuivent une mutation qui les amène à se penser toujours plus comme en charge d’assurer une réponse au . on le voit. réformer. codifier. a recours à toutes les techniques de la réforme. légaliser. les repriser. les contourner. Plus que jamais avec cette loi. tirer des bilans. La loi Perben II est donc à la fois un texte très politique et très technique. juger et sanctionner les auteurs d’infraction avec plus d’efficacité. Innover. simplifier.

C’est parfois l’évolution d’une criminalité ou les mouvements d’opinion autour d’une délinquance précise (terrorisme. huit autres textes ont depuis lors touché la procédure. C’est parfois une affaire telle celle d’Outreau qui les a générées. Le conseil constitutionnel n’a accepté d’y maintenir le vol en bande organisée qu’avec une réticence exprimée dans une réserve d’interprétation. la notion de «criminalité organisée » dessine-t-elle de manière transversale à la classification tripartite des infractions de nouveaux fléaux qui justifient le recours à des procédures d’exception. avec l’espoir explicite d’en finir à terme avec les «classements secs » non motivés. fichier judiciaire des délinquants sexuels). D’autres sont annoncés sans compter une réforme vraisemblable de la carte judiciaire qui touchera la procédure pénale en tout cas sa pratique. Mais la liste des infractions qui y sont rattachées ne semble pourtant pas évidente. Mais.25 risque d’insécurité. . Le traitement des délits est diversifié avec un élargissement de la palette de réponses susceptibles d’y être apportée en amont ou non des poursuites. Lisons ensemble la table des matières du CPP telle qu’elle se présente aujourd’hui dans ses grandes masses et nous allons au passage signaler les parties sur lesquelles nous nous attarderons. avec des procédures d’exception conçues pour affronter les risques perçus comme majeurs par le législateur. suivi socio-judiciaire. récidive). Le blanchiment n’y a été introduit qu’au cours des débats parlementaires et la corruption en est encore étrangement absente. C’est parfois l’évolution de la technologie (l’économie numérique). cette mission de répondre et prévenir le risque d’insécurité marque aussi profondément le temps de l’application et de l’exécution des peines. violences dans le couple). 1 Lois n° 2002-1094 du 29 août 2002 d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure et n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice. Ainsi. Et cependant malgré l’ampleur de cette réforme. le temps d’après la prison aussi. avec le contrôle socio-pénal (sorties de prison aménagées. Ce sera demain celle de la récidive D’Evrard à l’été 2007. ou l’évolution de l’institution judiciaire (juges de proximité) ou celle de la politique criminelle (prévention.

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PREMIERE PARTIE LEGISLATIVE
Article préliminaire (important, à lire, relire et méditer ! !)

Titre préliminaire De l’action publique et de l’action civile
(Voici les deux « actions » qui sont celles de nos acteurs de la procédure, du moins ceux qui vont être à l’origine du procès pénal, par l’étude desquels nous débuterons.)

Livre premier De l’exercice de l’action publique et de l’instruction

Titre premier Des autorités chargées de l’action publique et de l’instruction
(Un mot d’explication historique sur ce découpage)

Chapitre premier de la police judiciaire Voir cours L3 Chapitre 1 bis Des attributions du Garde des sceaux ministre de la justice Chapitre 2 Du ministère public

Titre deuxième Des enquêtes et des contrôles d’identité
(Voir cours L3)

Titre troisième Des juridictions d’instruction
C’est l’une des parties importantes du cours.

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Livre deuxième Des juridictions de jugement Titre premier De la cour d’assises Titre deuxième Du jugement des délits
Ici encore, allons voir dans le détail, car on y trouvera beaucoup de nouveautés relatives (2004 notamment) qui vont nous intéresser.

Titre troisième du jugement des contraventions

Livre troisième Des voies de recours extraordinaires Livre quatrième De quelques procédures particulières
C’est de l’humour législatif ! ! ! Car vous n’avez pas moins de 26 titres ! ! ! Lisons-les ! Qu’en conclure ? Il y a des procédures d’exception, une série de codes dans le code qu’on ne peut pas oublier.

Livre cinquième Des procédures d’exécution
Important mais nous ne ferons qu’une rapide incursion si nous en avons le temps à propos de l’audience d’application des peines.

SECONDE

PARTIE

REGLEMENTS

D’ADMINISTRATION

PUBLIQUE ET DECRETS EN CONSEIL D’ETAT
La partie réglementaire, nous ne l’utiliserons qu’assez peu.

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En revanche ne négligez pas les annexes ! ! Avec bien sûr la CESDH et les arrêts cités de la CEDH. C’est 140 pages de code tout de même dans l’édition Dalloz ! Avec le pacte international, la charte des droits fondamentaux Et l’ordonnance de 1945 sur les mineurs (qui concerne aussi la procédure)

29 1. par le ministère public et elle a pour objet l’application de la loi pénale à l’auteur de l’infraction afin de réparer le dommage qu’il a causé à la société. son objet : la réparation du dommage personnel que lui a causé cette infraction. La qualité de partie au procès. au nom de la société. L’action civile Elle est ouverte à la victime d’une infraction pénale devant une juridiction répressive. L’action publique Elle est exercée. SECTION PUBLIQUE 1 LES DEMANDEURS A L’ACTION Le parquet ou ministère public SECTION 2 LES DEMANDEURS A L’ACTION CIVILE Les victimes La place particulière des associations Article 2-1 et suivants CPP .

tantôt conjointe à celle du MP .30 SECTION 3 LA PLACE PARTICULIERE DE CERTAINES ADMINISTRATIONS Des « substituts extérieurs » ou « parquets-bis » Une action publique tantôt concurrente.

Le ministère public apparaît logiquement comme l’acteur principal de la procédure. Elle se définit selon le Vocabulaire Capitant comme celle qui est exercée au nom de la société par le ministère public et qui a pour objet l’application de la loi pénale à l’auteur de l’infraction afin de réparer le dommage qu’il a causé à la société. peu à peu. Mais entre les deux. du procès pénal. si l’en est. Nous avons aussi parfois un trouble à l’ordre public avec le cas échéant un dommage causé à une ou plusieurs victimes. ont pris leur place 1) Certaines administrations 2) Certaines associations Aussi verrons-nous tout ceci en trois sections distinctes: Cf. .31 Avant tout exercice de l’action publique. son objet : la réparation du dommage personnel que lui a causé cette infraction. l’action civile qui désigne celle qui est ouverte à la victime d’une infraction pénale devant une juridiction répressive. acteur central. Deux « actions » vont pouvoir être engagées : 1ère action : celle destinée à sanctionner l’atteinte à l’ordre public et à l’intérêt général. La victime est un acteur secondaire de la procédure pénale. 2ème action. partie principale au procès pénal. de quoi dispose-t-on ? D’un dossier de police le plus souvent et en tout cas de l’information selon laquelle des infractions peuvent être imputées à une ou à plusieurs personnes connues ou non. écrans précédents Commençons par le parquet. nous avons deux séries d’acteurs qui.

Article 34. Organisation Revoyez le détail de ce qu’est le ministère public auprès des différents juridictions mais retenez l’essentiel : un parquet par TGI. pouvoir de plus en plus encadré cependant. Certes il existe des limites à ce caractère hiérarchisé du parquet: le pouvoir propre du chef de parquet : poursuivre ou refuser de poursuivre.32 SECTION PUBLIQUE 1 LES DEMANDEURS A L’ACTION Le parquet ou ministère public Présent auprès de toutes les juridictions répressives. Caractère indivisible : explication . Conséquences de ce caractère hiérarchisé : Article 30 du CPP loi du 9 mars 2004 : le pouvoir du garde des Sceaux. Les membres du MP (Ministère public) sont nommés par décret du président de la république. 35 et 36 du CPP : formules plus insistantes sous la forme Perben II Des sanctions disciplinaires possibles. ainsi que la liberté de parole à l’audience. L’avis du CSM n’est qu’un avis simple et encore pour les PG. Le parquet près la cour de cassation n’a pas l’autorité hiérarchique sur les parquets des cours d'appel (c'est un parquet général spécial. de droit commun ou d’exception (Art. un parquet général au niveau de chaque cour d’appel. nommés en conseil des ministres. la réforme de la constitution de l’été 2008 n’a rien changé à cela. La composition d’un parquet. 32 CPP). Un caractère hiérarchisé. le ministère public est composé de magistrats. mais ces magistrats tant qu’ils occupent ces fonctions ne sont pas des juges. ce n’est pas lui qui saisit la Cour de cassation. il est partie jointe). Donc des postes très politiques surtout dans certaines juridictions. le tout sous l’autorité du garde des Sceaux. d’instruction ou de jugement. il n’est pas requis d’avis du tout ! Nota bene.

Pal. Voyons maintenant quelles sont les questions qui ont été soulevées ces dernières années à propos du Parquet et les réponses qui y ont été faites. Tout ceci. 1998. Crim. 41 et 42 et le PG peut saisir la chambre de l’instruction pour engager des poursuites disciplinaires contre des membres de la police judiciaire. 8. D’abord le fait que cet accusateur soit magistrat et soumis à l’autorité hiérarchique du pouvoir exécutif fait débat. depuis la saisine jusqu’à la fin. en certains cas avec le JAP. ne vise que les juges et non pas le représentant de l'accusation ou celui de la défense. avant de terminer par les perspectives de réforme. 1992: Dr. accrus récemment (en 2004 avec le mandat de recherche) . RG proc. il va avoir un rôle très actif tout au long de l’instruction. Rebut. il peut accomplir tous actes d’enquête en crime ou délit flagrant. obs. La garantie du droit à un tribunal indépendant et impartial. _ 33. 99. crim. Magistrats du parquet. no 1. 1998: Bull. 96. recevoir les plaintes et les dénonciations . crim. 6 mai 1996: Bull. Maron. D. Chron. Existe-t-il un problème d’impartialité ? Extraits du code Dalloz Expert 2008 sur cette question : _ b. celle que l’on pouvait déjà faire il y a trente ans à quelques nuances près.33 Fonctions : Poursuivre. c’est la présentation classique du parquet. constater les infractions. § 1. C’est lui qui est chargé de l’exécution des peines ou plutôt de leur mise à exécution en concurrence désormais. Crim. pénal 1993. de l'affaire dont elle est saisie. 1999. En gros. Petites affiches 1997. 246. 461. le parquet dispose de pouvoirs au niveau de l’enquête. 102. no 187. Com. Il dirige la police judiciaire Art. 3 nov. EDH. note . Conv. Aucune atteinte à l'indépendance et à l'impartialité de la chambre d'accusation ne résulte du fait que le représentant du ministère public présent lors du prononcé de l'arrêt ait précédemment connu. Chron. Article 31 Pour cela. Gaz. note Yildirim. note Buisson. note Josserand 6 janv. il est vrai. Impartialité fonctionnelle du parquet. énoncée à l'article 6. 1998. en tant que juge d'instruction. 1. 79. Procédures 1998. Comm.

Comm. crim. JCP 2003. crim. obs. Dr. Ou devant la cour d'assises statuant en appel. no 370. pr. D. crim. Crim. A les supposer établis. ne vise que les juges et non pas le représentant de l'accusation. 10 déc. Conv. al. § 1. . pénal 1998. EDH. 2266. § 1. Conv. Aucune disposition de loi n'interdit à un magistrat du ministère public de requérir successivement contre le même accusé devant la chambre d'accusation et devant la cour d'assises.. AJ pénal 2005. Selon l'art. La garantie du droit à un tribunal indépendant et impartial. Pan. Sur l’évolution du parquet depuis 2004. 2004. 290. Crim. 1998: préc. 2052. 2. ministère public soit représenté devant la juridiction de renvoi par le magistrat ayant siégé lors des débats de la juridiction dont la décision a été cassée. pr. cf. 2003. note 33. obs. peut. EDH. D. crim. obs. énoncée à l'art. obs. 23 nov. 619. 935. JCP 2005. 1987. des faits étrangers à la conduite de l'action pénale concernant la procédure en cours. 26. 2001: Bull. no 253 24 mai 2005: Bull. préliminaire. Crim. 1966: Bull.34 Doucet. 662 C. pénal 1998. obs. pour attribuer à un autre tribunal la connaissance de l'affaire. no 106. IV. Impartialité personnelle du parquet. pén. Bull. Somm. 19. le tournant ». 40. 2006. Enderlin. Il en résulte que ne peut participer au jugement d'une affaire un magistrat qui en a connu en qualité de représentant du ministère public. le ministère public ne décidant pas du bien-fondé de l'accusation en matière pénale. crim. EDH.. no Aucune disposition légale n'interdit que le 103. Pradel. sans que puisse être invoquée une violation de l'article 6 Conv. 21 mai 2003: Bull. et de l’art. pén. D. _ 34. D. no 152. 6. 19 mars 1998: Bull. 20 mars 1996: Bull. note Renucci. Le magistrat qui a occupé les fonctions du ministère public auprès d'une cour d'assises dont l'arrêt a été cassé. IR. 2006 J. Dr. Crim. Comm. crim. Danet . 2551. 1967. ne constituent pas un motif. no 124. Somm. Crim. Maron. 5 déc. RSC 2005. no 266. toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal indépendant et impartial. EDH et l'art. en l'espèce les conditions déloyales dans lesquelles une action pénale aurait été exercée contre l'intéressé au cours d'une précédente poursuite devant la même juridiction. Maron.. au sens de l'art. J. le moyen pris de la partialité éventuelle de ce magistrat est inopérant. IV. C. Crim. 6. 6 Conv. documents annexes aux notes de ce cours : Extraits de « Défendre » 2 éd. 85. crim. Danet Extrait de « justice pénale. 1986: Pradel. exercer les mêmes fonctions devant la cour d'assises de renvoi. Crim. 6 janv.

nécessité d’un préjudice directement causé par l’infraction . Vous lirez les développements de J Pradel sur la justification des prérogatives pénales contenues dans l’action civile [l’intérêt de la partie lésée. la détermination de la sanction mieux cernée grâce à la victime] et de la compétence civile donnée à la juridiction pénale (simplification de la procédure !.Article 2 mais le législateur a élargi un peu la portée de ce principe Article 3 alinéa 2 Cf. Ainsi les créanciers ou le cessionnaire qui peut agir devant la juridiction civile mais pas pénale. il y faudrait des heures. réparation complément de peine). économie de temps pour la victime. c’est net Mais son action n’en est pas moins très complexe : action en réparation mais aussi action vindicative. Caractère accessoire de l’action civile : il faut qu’il existe une infraction pénale punissable Nécessité d’un préjudice certain qui peut prendre la forme d’une perte de chance. assouvir son besoin de vengeance). A la lecture de l’art. l’intérêt de la justice pénale.. (en terme d’opportunité des poursuites (contra rapport Magendie) recherche des preuves la victime sert le procès).35 SECTION 2 LES DEMANDEURS A L’ACTION CIVILE Les victimes Je ne vais pas traiter ici de l’action civile dans toutes ses dimensions. S’agissant des personnes physiques. Il faut bien avoir à l’esprit qu’elles sont à la fois toutes présentes et toutes contestables et que d’ailleurs elles ne parviennent pas à convaincre nombre de nos voisins chez qui la victime n’a rien à faire dans le procès pénal. Mais on a admis l’intervention volontaire de l’assurance subrogée dans les droits de . 1 du CPP. (faciliter la preuve de son préjudice. Disons d’abord que la victime a un rôle secondaire. accidents de la circulation aujourd’hui des applications diverses Nécessité d’un préjudice personnellement souffert par la victime. mais là encore des extensions aux héritiers dans divers cas Exclusion des demandeurs faisant état d’un préjudice d’autrui ou collectif ou social.

Pas d’intérêt susceptible de fonder une action civile collective destinée à défendre un quelconque intérêt collectif. au regard de la mission confiée par la loi à certaines associations ainsi que pour les associations sportives. S’agissant des personnes morales Les syndicats vont être autorisés à agir s’ils invoquent un intérêt professionnel et collectif distingué du préjudice individuel et du préjudice social. les associations ne représentaient que leurs membres alors que les syndicats étaient légalement investis de la charge de représenter une profession. En certains cas le législateur a donné aux associations le droit d’agir. Pas besoin de démontrer un préjudice direct ou indirect causé par l’infraction à l’intérêt dont l’association a la charge par ses statuts. de la sécurité sociale ou du fonds de garantie et de l’Etat et les collectivités publiques pour les fonctionnaires victimes. 2-1 à 2-21 et dans des lois particulières. Idem pour les ordres professionnels. Droit d’action s’exerçant à l’instar de l’action publique sur le fondement d’un intérêt général. Dans l’un et l’autre catégorie il s’y ajoute parfois la condition tenant à l’autorisation de la victime. Ces textes sont au tout début du CPP Art. Puis des assouplissements. Mais la règle générale demeure. Voir aussi sur l’exemple récent du conseil général de Vendée Crim 19 12 2006 (doc JD 2007 J104) La place particulière des associations Article 2-1 et suivants du CPP Au départ une hostilité de principe de la jurisprudence à voir les associations se constituer partie civile devant la juridiction répressive pour y faire valoir un préjudice directement causé par une infraction à l’intérêt collectif qu’elles défendaient. en matière de chasse. Elles peuvent bénéficier d’un texte leur reconnaissant le droit d’agir ou d’intervenir. Pour la jurisprudence en 1913.36 la victime. Il faut cependant distinguer plusieurs cas de figures un peu différents. Il faut qu’elles soient régulièrement . Dans d’autres cas un droit d’intervention parfois.

la défense du droit des femmes à la contraception et à l’avortement. Droit d’intervention Ici. En matière 2-3 de défense de l’enfance martyrisée et des mineurs victimes d’agression sexuelle 2-9 de défense des victimes du terrorisme 2-12 de lutte contre la délinquance routière 2-15 de défense de victimes d’un accident survenu dans les transports collectifs . on a un droit seulement d’intervention au procès pénal déjà engagé par la victime ou le ministère public.B. Il s’agit 2-5 résistants et déportés 2-11 défense des anciens combattants et victimes de guerre Et beaucoup de textes spéciaux dans d’autres codes. S’y ajoute une condition tenant à la durée de vie de l’association 5 ans. la lutte contre les infractions de presse en matière de racisme et d’apologie des crimes de guerre. N. Nous sommes ici très près de l’action donnée aux syndicats. Droit d’action encore mais cette fois subordonné à la démonstration de ce que les faits ont causé un préjudice direct ou indirect à la mission remplie par l’association.37 déclarées à la date des faits et avoir pour objet de lutter contre les comportements incriminés. Elles peuvent donc ainsi déclencher l’action publique. Ce sont les droits prévus aux Articles 2-1 en matière de racisme et discriminations 2-2 de violences sexuelles et atteintes graves aux personnes 2-4 de crimes contre l’humanité 2-6 de discriminations fondées sur le sexe et les mœurs 2-8 de discriminations à l’égard des malades et handicapés 2-10 de lutte contre l’exclusion sociale 2-13 de défense et protection des animaux 2-14 de défense de la langue française Outre la lutte contre le tabagisme.

moralité famille. on l’a dit. tranquillité des immeubles et culture (archéologie). les animaux. la liberté et égalité (discriminations. Corps humain. Qu’y trouve-t-on ? De tout Toute sorte d’intérêts sociaux que ces associations sont censées protéger.38 2-16 de stupéfiants 2-17 de défense des droits et libertés lutte contre les sectes 2-18 de défense des victimes d’accident s du travail 2-19 de défense des maires 2-20 de locataires et propriétaires d’immeubles 2-21 de protection archéologique Avec parfois. ces textes sont à examiner avec beaucoup d’attention quand on a à les mettre en œuvre ! ! ! Il est bien difficile au plan des intérêts pris en compte de trouver des lignes directrices. bref un mille feuille ! ! ! Danger ! ! ! . consommateurs. sectes) environnement. l’exigence de l’accord de la victime à leur intervention Bref. fédérations de pêcheurs. Des conditions exigées un peu différentes.

39 SECTION 3 LA PLACE PARTICULIERE DE CERTAINES ADMINISTRATIONS Des « substituts extérieurs » ou parquets-bis Une action publique tantôt concurrente. C’est une position ancienne qui concerne des domaines de haute technicité dans lesquels on estimait que les OPJ et APJ seraient moins compétents. Sauf exception le PR peut exercer l’action publique avant que le fonctionnaire n’agisse. L’argument est plus faible aujourd’hui avec la constitution de groupes pluridisciplinaire comme les G. délits douaniers ou fiscaux) de sanctions. tantôt conjointe à celle du MP Certains fonctionnaires se voient confier par la loi un droit d’action publique limité à quelques infractions limitativement énumérées qui n’entrent pas dans la compétence’ de droit commun du PR. tant dans l'intérêt de l'Etat que dans celui des autres propriétaires de bois et forêts relevant du régime forestier (2). Nous verrons que cela a des conséquences en termes d’infractions car nous avons des infractions spéciales qui s’ajoutent aux infractions de droit commun (ex.R. Action concurrente : l’administration peut engager l’action publique indépendamment du PR. les poursuites en réparation de tous délits et contraventions commis dans ces bois et forêts. En tout cas on a là des substituts extérieurs encore appelés par les praticiens « procureurs-bis ». Et il peut requérir à l’audience dans un sens contraire à l’administration. Pour plusieurs raisons : l’action publique du PR demeure possible soit concurremment à cette action spéciale soit conjointement.I. Elle est aussi destinée à permettre la réparation des dommages d’intérêt général dont ces administrations ont la charge. C’est une action publique spéciale qui est ainsi confiée à l’administration. . Exemples Eaux et forêts Article L153-1 L'administration chargée des forêts exerce. Et enfin l’administration peut transiger avant ou après le jugement sur le « délit spécial ».

2004-204. est imprescriptible. le directeur départemental de l'équipement ou son délégué peut exposer l'affaire ou être entendu à l'appui de ses conclusions. 33. Article L116-5 Lorsque les infractions concernent la voirie nationale. devant le tribunal correctionnel et la cour d'appel.. ainsi que les frais des mesures provisoires et urgentes que l'Administration a pu être amenée à prendre. I) Pour les affaires dans lesquelles des agents de l'administration des douanes ont été requis en application des I et II de l'article 28-1 du Code de procédure pénale. Ceux-ci peuvent faire citer les prévenus et les personnes civilement responsables par des agents de l'Administration. En cas d'infraction touchant à la fois au régime fiscal et au régime économique de l'alcool. au nom de cette administration. Contributions indirectes Action publique d’une nature particulière dit la Jpdce de la cour de cassation Article L 235 LPF L'Administration instruit et défend sur l'instance portée devant le tribunal. le service désigné par décret est seul chargé des poursuites. Article L116-6 L'action en réparation de l'atteinte portée au domaine public routier. (Alinéa créé à compter du 1er octobre 2004. Art.40 Les actions et poursuites sont exercées. sans préjudice du droit qui appartient au ministère public près les tribunaux de grande instance et les cours d'appel. Article L116-8 En matière d'infractions relatives à la police de la conservation du domaine public routier national. notamment celle tendant à l'enlèvement des ouvrages faits. les fonctions de Ministère public près le tribunal de police peuvent être remplies par le directeur départemental de l'équipement ou par l'agent désigné par lui pour le suppléer. le ministre chargé de la voirie routière peut transiger avec les justiciables tant qu'un jugement définitif n'est pas intervenu. IV 207. Voirie routière Article L116-4 Les infractions à la police de la conservation du domaine public routier peuvent être poursuivies à la requête du directeur départemental de l'équipement ou du chef du service technique intéressé. L. le ministère . 9 mars 2004. Les personnes condamnées supportent les frais et dépens de l'instance. par les ingénieurs de l'Etat chargés des forêts.

à l'exception du contentieux relatif aux déductions. ici compétence exclusive de l’administration. S’il s’agit de délits. les dispositions de l'article L. les infractions n’étant pas comme c’est le cas en matière de contraventions punies seulement de sanctions fiscales mais aussi de sanctions pénales. qui est l’action douanière distincte des deux autres. Poursuite à la seule diligence du directeur des services fiscaux. Le PR est seul compétent pour exercer l’action publique . Et assimilée Article L234 LPF Les infractions relatives à l'application des taxes sur le chiffre d'affaires et taxes assimilées à l'importation sont poursuivies et jugées selon la procédure et par les tribunaux compétents en matière douanière. Action conjointe On la rencontre en matière douanière. Article 343 code des douanes 1. Ce fait va faire naître une action publique. L'action pour l'application des peines est exercée par le Ministère public. Dans ce cas.41 public exerce l'action publique et l'action pour l'application des sanctions fiscales. le PR peut exercer l’action fiscale accessoirement à l’action pénale (autrement dit pas la première sans la seconde). Enfin le PR recouvre une compétence exclusive pour poursuivre les infractions pénales dans les hypothèses où les agents des douanes ont été saisis dans le cadre de l’article 28-1 du CPP c’est à dire ont exercé des pouvoirs de police judiciaire. le ministère public ne pouvant intervenir que si une peine d ‘emprisonnement est encourue. il garde le pouvoir de l’opportunité des poursuites même si l’action fiscale est engagée par les douanes. à la liquidation et au recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée perçue par l'administration des douanes et droits indirects sur les produits pétroliers. Le caractère conjoint de leur pouvoir tient à ce qu’on a là une double action qui naît d’un même fait. Il peut ouvrir une information pour infraction pénale et douanière. . Il en est de même: 1° Des infractions relatives à l'assiette. 248 du présent livre relatives au droit de transaction ne sont pas applicables. une action civile et une action fiscale.

2339-1 à L. «3o Les infractions relatives à la protection des intérêts financiers de l'Union européenne. Or. et les dispositions de l'article 350 ne sont pas applicables. 2005. I) Dans ces mêmes procédures. L. II) L'administration des douanes ne peut exercer l'action pour l'application des sanctions fiscales dans les procédures dont ses agents ont été saisis en application des I et II de l'article 28-1 du Code de procédure pénale. (L. (3 créé. peuvent être habilités à effectuer des enquêtes judiciaires sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge d'instruction. ces Art. pén. «2o Les infractions en matière de contributions indirectes. Cette action est.» — V. «4o (L. Art. 2339-11 et L. A cette fin. 99-515. Ces agents ont. compétence sur l'ensemble du territoire national. du C.42 2. no 2005-1550 du 12 déc. — C. L'action pour l'application des sanctions fiscales est exercée par l'administration des douanes. défense in C. pris après avis conforme d'une commission dont la composition et le fonctionnement sont déterminés par décret en Conseil d'État. 18) «Les infractions prévues par les articles L. 33-I. elle est informée de la date de l'audience par l'autorité judiciaire compétente. no 2004-204 du 9 mars 2004. spécialement désignés par arrêté des ministres chargés de la justice et du budget. App. L. 23 juin 1999. Des agents des douanes de catégories A et B. Art. l'administration des douanes exerce l'action en paiement des droits et taxes compromis ou éludés. d'escroquerie sur la taxe sur la valeur ajoutée et de vols de biens culturels. 2004) «Ils sont compétents pour rechercher et constater: «1o Les infractions prévues par le code des douanes. que recouvre l’article 28 –1 I et II du CPP ? Pas mal de choses : Voir indications données en cours. Art. 3. no 99-515 du 23 juin 1999) I. 2004-204. entrant en vigueur le 1er oct. le Ministère public peut l'exercer accessoirement à l'action publique. vo Armes et munitions. III 207.. (Alinéa créé à compter du 1er octobre 2004. pour l'exercice des missions prévues par le présent article. dans ces cas. pén. 2353-13 du code de la défense. 9 mars 2004. Art. prévue à l'article 377 bis. exercée par le Ministère public.. 28. 33. (blanchiment) .. «5o Les infractions prévues par les articles 324-1 à 324-9 du code pénal. 28-1 (L. Art.

à compter du 1er oct. le procureur de la République ou le juge d'instruction territorialement compétent peut constituer des unités temporaires composées d'officiers de police judiciaire et d'agents des douanes pris parmi ceux mentionnés au I. «Toutefois. Art.43 «6o Les infractions prévues aux articles L. VI. D. . Les unités temporaires agissent sous la direction du procureur de la République ou du juge d'instruction mandant. ils peuvent dans ce cas exécuter des commissions rogatoires du juge d'instruction. 2004) «III. 716-9 à L. 33-I. (Abrogé par L. sous réserve des dispositions du II. y être habilités personnellement en vertu d'une décision du procureur général. 716-11 du code de la propriété intellectuelle.» IV. Elle est accordée. Pour la recherche et la constatation des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-40 du code pénal (stupéfiants) et des infractions qui leur sont connexes.DOBKINE. 2001. Les agents des douanes désignés dans les conditions prévues au I doivent. conformément aux dispositions du présent code. La décision d'habilitation est prise par le procureur général près la cour d'appel du siège de leur fonction. Toutefois. suspendue ou retirée dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État… V. les agents des douanes sont placés sous la direction du procureur de la République.» II. Elles ont compétence sur toute l'étendue du territoire national. … BIBL. . Le procureur de la République ou le juge d'instruction désigne le chef de chaque unité qu'il constitue. Point de vue no 19 (la création d'une nouvelle force de police judiciaire: la douane judiciaire). ils n'ont pas compétence en matière de trafic de stupéfiants. Pour l'exercice des missions mentionnées aux I et II. (contrefaçon) «7o Les infractions connexes aux infractions visées aux 1o à 6o. pour mener des enquêtes judiciaires et recevoir des commissions rogatoires. Les agents de l'administration des douanes mentionnés aux I et II ne sont pas compétents pour effectuer des enquêtes judiciaires lorsque les faits ont été constatés en application des dispositions du code des douanes. sous la surveillance du procureur général et sous le contrôle de la chambre de l'instruction du siège de leur fonction dans les conditions prévues par les articles 224 à 230. no 2004-204 du 9 mars 2004.

I La compétence L’Essentiel : 1) C’est une question d’ordre public. que les juridictions doivent relever d’office. et cette nullité appartient à la catégorie des nullités substantielles d’ordre public.44 2 L’examen préalable et l’orientation du dossier pénal. instaurée par le législateur. Cependant. il nous faut d’abord examiner deux questions préalables à l’orientation du dossier. les questions de la compétence et de la recevabilité. 2006. L’orientation du dossier pénal est aujourd’hui une question importante en raison de la diversité des réponses pénales qui peuvent être apportées par le Ministère public à un délit et de la concurrence entre procédures de poursuites ou alternatives aux poursuites. sur plainte ou sur dénonciation. bull n°289. Exemple récent : Crim 15 nov. L’orientation du dossier ne saurait en effet constituer un moyen de les éluder. et l’incompétence matérielle ne pourra pas l’être devant le tribunal correctionnel si une correctionnalisation a été acquise au temps de l’instruction toutes parties étant présentes (voir l’article 469 alinéa 4 CPP et les limites à cette exception). toute juridiction ayant le devoir de vérifier sa compétence. à tout moment et à toute hauteur de la procédure. Le plus souvent opérée dans le cadre du « traitement en temps réel ». c'est-àdire du mode essentiel de relation entre la police et le parquet sur les enquêtes menées par la police de son initiative. 2) Chacune des parties a le droit de l’invoquer à tout moment et à toute hauteur de la procédure sous réserves d’exceptions. Deux exceptions qui sont à connaître: l’incompétence territoriale ne pourra pas être soulevée devant la cour de cassation pour la première fois. c’est à dire que l’atteinte aux droits de la . 3) La sanction de l’incompétence est la nullité. cette orientation ne relève pas d’une procédure contradictoire et souligne la place centrale occupée par le Parquet entre la phase policière et la phase judiciaire. La notion d’orientation a l’immense mérite de faire apparaître ce moment discret mais déterminant du processus pénal.

. Pour les infractions commises en France ou réputées commises en France (sur ce point revoir le cours de droit pénal général sur l’application de la loi pénale dans l’espace). S’agissant de la compétence territoriale ordinaire. Pour les personnes morales. En matière contraventionnelle. trois problèmes : la compétence territoriale.45 défense n’est pas une condition nécessaire de cette nullité (voir le cours sur les nullités). le lieu de résidence de l’une des personnes soupçonnées d’avoir participé à cette infraction. La compétence territoriale : Il existe une compétence territoriale ordinaire. comment les dossiers les concernant vont-ils être attribués à telle ou telle juridiction ? Ils vont être rattachés à un ressort d’une juridiction. le siège de l’entreprise détentrice du véhicule pour les contraventions aux règles relatives au chargement ou à l’équipement du véhicule ou encore aux réglementations relatives au transport terrestre (Art. dans les matières criminelles et correctionnelles. au nombre de quatre (articles 43. le lieu de détention d’une de ces personnes même lorsque cette détention est « effectuée » pour une autre cause. Deux cas de figure sont ensuite à distinguer : les infractions commises en France et celles commises à l’étranger. matérielle. des dérogations de plus en plus nombreuses et d’importance à ses règles. même lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause et enfin ajouté par la loi du 9 mars 2004. 522 CPP). et des solutions en cas de conflit. la contribution. on distingue sous cette question de la compétence. deux notions sont ici à l’œuvre. Les liens de rattachement pour les personnes physiques sont. Pour le jugement du délit d'abandon de famille prévu par l'article 227-3 du code pénal. les liens de rattachement (Article 706-42 du CPP) seront le lieu de commission de l’infraction ou le lieu où la personne morale a son siège. le lieu d’arrestation d’une de ces personnes. 4) Traditionnellement. est également compétent le tribunal du domicile ou de la résidence de la personne qui doit recevoir la pension.52. les subsides ou l'une des autres prestations visées par cet article. et personnelle. et 382 du CPP) : le lieu de commission de l’infraction. les deux premiers liens de rattachement sont concernés (il n’existe ici ni arrestation ni détention). et un lien de rattachement particulier. le ressort et le lien de rattachement : Le ressort (c’est une portion de territoire sur laquelle s’exerce cette compétence) et le lien de rattachement de l’infraction à ce ressort.

pourvoi 05-83556. d’une part. la compétence concurrente des juridictions spécialisées. l’une étant la cause des autres. et c’est le cas de l’association de malfaiteurs : on juge tous les faits commis par la même bande dans le même dossier quelque soit le lieu de leur commission et ceci bien sûr devant une juridiction compétente pour l’un de ces faits. . définie comme une extension de la compétence d’une juridiction (Vocabulaire juridique Capitant) peut être due à la connexité définie à l’article 203 du CPP ou à l’indivisibilité entre des infractions. La connexité (voir Article 203 du CPP) est un lien étroit entre deux ou plusieurs infractions. aux effets identiques. La prorogation. la question de la compétence des juridictions françaises relève ici encore des règles de l’application de la loi pénale dans l’espace (voir cours de droit pénal général) mais il s’agit ensuite de définir LA juridiction répressive qui va connaître de l’infraction commise à l’étranger et qui peut être jugée en France. 15 mars 2006. la compétence en matière d’instruction après la loi du 5 mars 2007. On va proroger la compétence territoriale d’une juridiction pour l’un de ces deux motifs. Il existe de nombreuses dérogations à ces règles : la prorogation. La notion définie par la loi à l’article 203. dont une a été arrêtée en un lieu qui va définir la compétence et où les autres personnes arrêtées seront jugées avec elle).46 Pour les infractions commises à l’étranger. Elle n’est pas très facile à dissocier de la connexité. et visée à l’article 382 du CPP pour le jugement des délits. visée à l’article 382 pour le jugement des délits : la compétence du tribunal correctionnel s'étend aux délits et contraventions qui forment avec l'infraction déférée au tribunal un ensemble indivisible. ou au lien créé par le recel. Voir pour un exemple récent : Crim. Quels sont les effets de cette connexité en termes de compétence? Elle justifie la jonction de procédures établies distinctement. Elle tient à l’ unité de temps ou de lieu. a été élargie par la jurisprudence. (des infractions ont été commises par plusieurs personnes. L’indivisibilité n’est pas définie par la loi. bien au-delà du seul domaine de l’instruction mais aussi aux rapports étroits analogues à ceux visés par la loi. découlant d'une unité d'auteur ou d'une unité de faits frauduleux. est quant à elle. le renvoi. au lien de causalité entre les infractions. Ici. La liste n’est pas posée par la cour de cassation comme limitative. L’indivisibilité. Pour autant. la plénitude de juridiction de la Cour d’Assises. à l’unité de dessein. les liens de rattachement sont multiples et sont énoncés à l’article 693 du CPP qui en son second alinéa prévoit la compétence subsidiaire de Paris. l’appréciation de la connexité est soumise au contrôle de la cour de cassation. ici sans unité de dessein. On peut résumer la jurisprudence rendue en ce domaine en disant qu’elle résulte d'une relation particulièrement étroite entre les différentes infractions.

REJETTE le pourvoi . que ces faits. le 12 octobre 2004.. soutenait. pris de la violation des articles 52. qu'en ne répondant pas à cette articulation essentielle du mémoire de Dominique X. entre les mois de janvier et de mars 2000. D'où il suit que les moyens doivent être écartés . 382.... procuré frauduleusement et habituellement des visas autorisant l'entrée et le séjour d'étrangers en France .. pour le surplus. 203.. en tout état de cause. sont indivisibles de ceux de recel de visa indûment obtenu et usage dudit visa qui auraient été commis à Strasbourg par Fidanka Z. que la compétence territoriale des juridictions du ressort du tribunal de grande instance de Strasbourg ne pouvait. une ordonnance dudit juge d'instruction a prononcé un non-lieu du chef d'aide au séjour irrégulier et. la chambre de l'instruction n'a pas légalement justifié sa décision" . En cet état . a ordonné le renvoi de l'intéressé devant le tribunal correctionnel de Strasbourg .. renvoyant Dominique X. et pour lesquels celle-ci se trouve également renvoyée devant le tribunal correctionnel de cette ville . Attendu qu'il n'importe que l'arrêt confirmatif attaqué fonde la compétence des lois et juridictions françaises sur des considérations partiellement erronées dès lors qu'il résulte de l'ordonnance du magistrat instructeur.. Les moyens étant réunis . "alors que Dominique X. "en ce que l'arrêt attaqué a retenu la compétence territoriale des juridictions du ressort du tribunal de grande instance de Strasbourg . commis sur le territoire bulgare. Et attendu que l'arrêt est régulier en forme .. que.. résulter de la seule constatation par le magistrat instructeur de la présence à Strasbourg d'une détentrice d'un visa frauduleusement délivré par la mission diplomatique française à Sofia . dans les locaux de l'ambassade de France à Sofia durant la période précitée. 10 et 11). Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que Dominique X.. ambassadeur de France en Bulgarie du mois de mai 1999 à courant 2001.47 Sur le second moyen de cassation.. que cette ordonnance a été confirmée par l'arrêt attaqué .. a été mis en examen le 12 octobre 2001 par le juge d'instruction de Strasbourg des chefs de fourniture frauduleuse habituelle de documents administratifs et aide au séjour irrégulier pour avoir. devant le tribunal correctionnel de Strasbourg du chef de fourniture frauduleuse habituelle de visas autorisant l'entrée et le séjour d'étrangers en France. 591 et 593 du Code de procédure pénale . dans son mémoire (p.

du renvoi pour cause de sûreté publique (Article 665 CPP l’initiative en incombe au seul PG près la cour de cassation). Le renvoi : Ici. C’est le cas de la suspicion légitime (article 662 CPP). Les articles 706-73 et 706-74 du CPP donnent compétence concurrente de celles des juridictions normalement compétentes pour l’enquête. du renvoi pour cause d’interruption du cours de la justice ou d’impossibilité de constituer la juridiction normalement compétente (Article 665-1 CPP) et du renvoi dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice (Article 665 al 2 CPP). l’instruction et le jugement à huit pôles interrégionaux et ceci en matière de criminalité et de délinquance organisée pour les dossiers d’une grande complexité et en matière économique et financière pour les dossiers d’une très grande complexité (en ce domaine. va dessaisir une juridiction au profit d’une autre pour des raisons de « bonne justice ». en 2004 en matière d’infractions de pollution maritime (article 706-109 CPP). . La compétence concurrente ou exclusive des juridictions spécialisées. Le mouvement s’est poursuivi en d’autres domaines : en 1994. Ces huit pôles comprennent une section du parquet spécialisée. la cour de cassation à qui ce contentieux est en principe attribué. toutes situées à Paris. les dossiers complexes pouvant déjà être traitées par les juridictions spécialisées « écofi » de l’article 705 du CPP). en matière de délinquance « écofi » c'est-à-dire économique et financière (article 705 CPP). et des formations d’instruction et de jugement spécialisées. Le mouvement a ici débuté en 1986. le renvoi à la juridiction du lieu de détention qui a perdu de son intérêt depuis la loi du 9 mars 2004 qui en a fait un lien de rattachement. Marseille. Il a consisté à donner une compétence concurrente aux juridictions de droit commun et à des juridictions d’instruction et de jugement spécialisées en matière de terrorisme (Articles 706-17 CPP). Ce mouvement se poursuit mais sur le mode d’une compétence exclusive puisque la loi du 23 janvier 2006 sur le terrorisme (article 706-22-1) confie aux seules juridictions parisiennes. Lyon. la poursuite. Bordeaux. des juridictions d’instruction et de jugement spécialisées sont concurremment compétentes avec les juridictions de droit commun sur le ressort de plusieurs TGI. C’est le fameux « pôle antiterrorisme » dont les médias vous parlent parfois. Il existe un sixième motif de renvoi. Nancy et Fort de France. Lille. Rennes. Un mouvement plus complexe s’est affirmé avec la loi du 9 mars 2004 à propos de la criminalité et de la délinquance organisée. Les huit pôles interrégionaux sont situés à Paris. la compétence en matière d’application et d’exécution des peines dans le domaine du terrorisme.48 La plénitude de juridiction de la Cour d’assises (article 231 du CPP) : la cour a compétence pour connaître de toutes les infractions dont elle est saisie même s‘il s’avère qu’elle n’aurait pas dû être territorialement compétente.

seul le ministère public peut prendre l’initiative d’une procédure de dessaisissement. c'est-à-dire procéder à un règlement de juges afin de résoudre ou éviter un conflit. Ces pôles. les juges d’instruction sont regroupés au sein de pôles de l’instruction (Article 52-1 CPP). . La création de ces pôles et la question de leur compétence ne va pas sans complexifier la phase d’ouverture de l’instruction comme nous le verrons dans la leçon qui lui sera consacrée. 11 mai 2006. leur compétence est fixée par les faits dont ils sont saisis. sauf infractions commises à l’audience. Ajoutons qu’elle a en tout état de cause toujours le pouvoir de « régler de juges d’office et même par avance » (Article 659 CPP).49 La compétence territoriale en matière d’instruction après la loi du 5 mars 2007. des recours existent portés selon les cas devant la chambre de l’instruction (le juge d’instruction spécialisé est dans le ressort de la même Cour que celui à qui on demande de se dessaisir) ou devant la chambre criminelle (il est dans le ressort d’une autre cour d’appel). p. Le Décret n°2008-54 du 16 janvier 2008 contient la liste des 91 pôles de l’instruction prévus par l’article 52-1 CPP. Faute de dessaisissement volontaire. Crim. En matière de délinquance et de criminalité organisée. d’auto saisine possible de leur part. Ici. la loi du 9 mars 2004 a repris partiellement ce système pour résoudre les conflits de compétence (Article 706-77 et 78 CPP). elle est fondée sur la distinction tripartite des infractions. Quelle que soit la décision de ce juge. on distingue : le dessaisissement volontaire sur requête du Procureur (Article 663 CPP) qui met fin au conflit et le règlement de juges en cas de conflit positif (chacun des juges d’instruction refuse de se dessaisir). Si nous sommes devant un conflit négatif ou positif entre juridictions qui ne sont pas de même nature ou ne relèvent pas de la même cour. dont nous verrons plus loin la compétence matérielle. très brièvement. En principe. S’agissant du tribunal correctionnel ou de police. c’est la chambre criminelle de la cour de cassation qui tranche. c’est la chambre de l’instruction qui tranche (Article 658 CPP). S’agissant de la compétence du juge d’instruction. ou négatif (personne ne se reconnaît compétent). IR. et la chambre de l’instruction ne peut s’en saisir elle-même. si nous sommes devant un conflit positif entre juridiction de même nature et qui relèvent d’une même cour d’appel. ont une compétence territoriale sur plusieurs TGI. la loi du 5 mars 2007 a donné une compétence exclusive aux pôles pour les instructions criminelles et ils demeurent compétents en cas de requalification en cours d’instruction. La jurisprudence a eu l’occasion de rappeler qu’aux termes de ces textes. La solution des conflits de compétence territoriale au niveau de l’instruction. et on notera ici ce que nous reverrons ensuite : il n’existe pas. 1705. Mais. Dalloz. elle n’envisage les choses que sous la forme d’une saisine par le parquet aux fins de dessaisissement du juge d’instruction non spécialisé au profit du juge d’instruction du pôle interrégional. Dans certains TGI. La compétence matérielle appelle de moindres développements.

50 Ici encore il existe de nombreuses prorogations de compétence matérielle. Ces exceptions à la règle selon laquelle le juge de l’action est le juge de l’exception sont puisées dans le droit civil (Droit réel immobilier. Nationalité. Le juge de l’action est d’abord juge de l’exception. le retrait de la plainte si elle est un préalable obligé aux poursuites comme par exemple en matière de diffamation.) . Ce sont la prescription de l’action publique. Nous rappellerons seulement ici les principales questions soulevées par la prescription de l’action publique dont on commencera par rappeler que la loi l’exclue en ce qui concerne les crimes contre l’humanité (Article 213-5 CP) et certains crimes du code de justice militaire (Article 94 alinéa 2 C. la compétence étendue à l’indemnisation civile. la question est de savoir si l’action publique et l’action civile sont recevables. 1 du CPP. Et enfin. II La recevabilité Ici. avec cependant certaines limites : il arrive que le législateur impose au juge répressif de renvoyer une exception au juge naturel de celle ci. Elles peuvent encore tenir à l’action antérieure du juge (l’autorité de chose jugée). Etat civil) et dans le droit public (tout ce qui ne relève pas de la compétence ouverte par l’article 111-5 du CP). on doit ici préciser que le principe constitutionnel d’égalité devant la justice ne fait pas obstacle à la création de juridictions spécialisées en fonction de la personne du prévenu (ex. ou dit autrement s’il existe des causes légales d’extinction de l’une ou de l’autre. ne devrait pas connaître une cause particulière d’extinction. Voyons tout d’abord les causes d’extinction de l’action publique. la plénitude de juridiction de la Cour d’assises et la prorogation de compétence du tribunal correctionnel pour juger les contraventions. un obstacle aux poursuites. Quant à la compétence personnelle des juridictions pénales. Elles peuvent être liées à la volonté du législateur (abrogation de l’incrimination. Nous retrouvons ici encore l’extension de compétence pour connexité et indivisibilité. accessoire. les juridictions des mineurs). just. et il s’agit alors seulement de l’exercice de l’action ou elles peuvent être liées à « l’action » des parties (le décès de la personne mise en cause. On les trouve énumérées à l’article 6 al. Toutefois l’article 10 du CPP envisage distinctement la question de la prescription de l’action civile. loi d’amnistie). Normalement l’action civile. Ces causes légales d’extinction atteignent en réalité l’exercice de l’action et non pas le droit d’action lui-même.mil. la transaction si l’administration dispose du pouvoir de mettre en mouvement l’action publique ou l’exécution d’une composition pénale (voir la leçon suivante).

22 oct. de 3 ans pour les délits et de 10 ans pour les crimes (Articles 7. mettre les défendeurs potentiels à l'abri de plaintes tardives peut-être difficiles à contrer. citons la matière des délits à la loi électorale et les délits de presse. S’agissant de délais plus longs. on peut les résumer comme suit. U. à l’espace. 1996.51 La prescription de l’action publique a plusieurs fondements assez mal distinguées et parfois mêlés dans des expressions vagues telle « la grande loi de l’oubli ». Mais on compte aujourd’hui de très nombreux délais d’exception. plus longs que les délais de droit commun ou plus courts. Ces délais ont plusieurs finalités importantes. A cette occasion la CEDH a même exprimé ce que sont à son sens les finalités de la prescription. citons les infractions en matière de stupéfiants (article 706-31 CPP) ou de terrorisme (article 706-25 CPP). Quoiqu’il en soit il est important de noter que la CEDH a considéré le mécanisme de la prescription comme compatible avec le droit à un tribunal consacré par l’article 6-1 de la convention) (CEDH. La victime ne réclame plus vengeance.). . 8 et 9 CPP). La prise en compte de la nature de l’infraction instantanée.En fait. arrêt Stubbings c/ R. l’évolution des modes de preuve conduisent à les repenser. les délais de droit commun de la prescription de l’action publique sont de 1 an pour les contraventions. Le coupable a craint pendant tout le temps de la prescription la justice et ce temps a été pour lui non pas un vrai temps de liberté mais comme celui d’une peine s’il n’a pas réitéré. Il faut noter que des délais de prescription dans les affaires d'atteinte à l'intégrité de la personne sont un trait commun aux systèmes juridiques des Etats contractants. mais aussi du rapport de la société au temps. S’agissant de délais plus courts. 51. sous forme de quelques postulats : L’opinion ne nécessite plus un jugement. Le délai n’inclut pas le « dies a quo » mais il inclut le « dies ad quem ». Depuis 1791. certaines atteintes aux personnes (article 706-47 CPP). à savoir garantir la sécurité juridique en fixant un terme aux actions. le trouble causé à l’ordre public est éteint. L’inaction de la partie poursuivante doit être sanctionnée. et empêcher l'injustice qui pourrait se produire si les tribunaux étaient appelés à se prononcer sur des événements survenus loin dans le passé à partir d'éléments de preuve auxquels on ne pourrait plus ajouter foi et qui seraient incomplets en raison du temps écoulé. délai : 20 ans pour les crimes et certains délits et 10 ans pour d’autres délits. L’écoulement du délai de prescription de l’action publique va entraîner l’acquisition de la prescription et par suite l’irrecevabilité de l’action publique. continue ou d’habitude va décider du point de départ du délai. On en donnera ici quelques exemples. Ces fondements ont connu selon les époques des succès divers et il est certain que l’évolution des mentalités. délai : 30 ans pour les crimes et 20 ans pour les délits. Les preuves ont dépéri et la justice sera impossible à rendre. délai : 3 mois.

52 Le législateur comme la jurisprudence a, au fil du temps, prévu en de nombreux cas le report du point de départ du délai de prescription soit par exemple en raison de la personnalité de la victime (mineurs) ou de la nature clandestine de l’infraction ou son caractère continué. Sans pouvoir entrer ici dans des analyses qui relèvent davantage du droit pénal spécial, disons que ces reports du point de départ du délai de prescription soulèvent de très vives polémiques et que la difficulté de trouver des règles qui fassent consensus et soient en même temps aussi générales que possible, est bien réelle, malgré les études parlementaires qui ont pu être menées. Voir notamment à cet égard « Pour un droit de la prescription moderne et cohérent » JJ. HYEST, Président, H. PORTELLI et R. YUNG, rapporteurs, Sénateurs, Commission des lois, Mission d’information sur le régime des prescriptions civiles et pénales, Les rapports du Sénat, n°333, 2006-2007. Voir à propos du droit pénal des affaires, les préconisations du rapport déposé par M. Jean-Marie Coulon, La dépénalisation des affaires, 2008 (version PDF à la documentation française) qui préconise de poser comme point de départ intangible de la prescription, la commission des faits et d’allonger les délais. Voir enfin, « La prescription de l’action publique », in « Prescription, amnistie, grâce » coll. Y. Le Gall, J . Danet, S. Grunvald, M. Herzog-Evans, rapport au GIP mission Recherche Droit et justice, mai 2006 et Dalloz coll. Textes et documents 2007. La prorogation du délai de prescription qui survient du fait de l’interruption ou de la suspension, est un principe qui n’a jamais été remis en cause. Il est essentiel de bien en comprendre les effets pour saisir les limites du mécanisme de prescription dans notre droit. L’interruption, c’est l’arrêt du cours de la prescription pour des causes définies par la loi et cet arrêt efface rétroactivement le délai écoulé antérieurement (Voc. Juridique Capitant). Le délai de prescription repart de zéro. Cet arrêt peut intervenir autant de fois que l’on veut. En pratique, cela signifie qu’une instruction contre un crime qui se prescrit par dix ans, peut demeurer ouverte un demi-siècle ou plus sans que l’action publique ne se trouve prescrite si le juge ou les juges successifs qui sont en charge du dossier prennent soin d’interrompre régulièrement le délai de prescription de telle sorte que dix ans ne viennent pas à s’écouler entre deux causes d’interruption. Une telle précaution peut aujourd’hui tout à fait se justifier si on espère par exemple un jour pouvoir découvrir l’identité d’une personne qui a laissé sur la scène du crime son empreinte génétique. Tout acte d’instruction ou de poursuite, mais pas de simples actes d’enquêtes, interrompt la prescription selon les articles 7 à 9 du CPP. La jurisprudence, dans le souci manifeste de sauver des affaires parfois graves (Cf. l’affaire « Emile Louis ») de la prescription a tendance à se montrer très ouverte dans la définition des actes d’instruction et de poursuites : citation, réquisitoire, jugement avant dire droit, « remise de cause », transmission au procureur d’un dossier par une autorité indépendante tel que le conseil de la concurrence, actes d’une autorité judiciaire étrangère,

53 une instruction donnée par le procureur à un OPJ quelle qu’elle soit, et récemment une demande faite à l’expert avec intention manifestée d’audiencer à nouveau, etc. Tout acte d’instruction y compris ceux qui sont faits par des OPJ pendant l’instruction sur commission rogatoire ou celui qui est accompli au cours d’une procédure incidente devant la chambre de l’instruction interrompt la prescription. Et la Jurisprudence accepte comme interruptifs des actes irréguliers si l’irrégularité est découverte par des actes subséquents ou si elle est couverte ultérieurement. La portée de l’interruption est générale quant aux personnes impliquées, auteurs et complices connus ou non, poursuivis ou pas et elle est spéciale quant aux faits reprochés : la poursuite contre X pour homicide involontaire n’interrompt pas la prescription de l’action publique contre Y pour meurtre sur la même victime « les faits étant distincts » (Crim. 2 février 1993 bull n°55). En revanche, on notera l’effet contagieux de l’interruption sur les faits connexes, non encore prescrits à l’accomplissement de l’acte interruptif. L’effet de l’interruption est donc, on l’a compris, de faire courir un nouveau délai, mais encore faut-il préciser que c’est un délai de droit commun, sauf en matière de presse. La suspension est un arrêt temporaire du cours de la prescription. Au contraire de l’interruption, elle n’anéantit pas le délai écoulé. C’est l’application de la maxime civiliste « La prescription ne court pas contre celui qui a été empêché d’agir ». Il existe différentes causes légales de suspension. On citera par exemple la qualité de président de la République. La question de la prescription de l’action publique pose aujourd’hui dans la pratique de la procédure pénale de réelles difficultés. Les très nombreuses réformes législatives parfois sur les conditions de la prescription d’un même type d’infractions, notamment les infractions sexuelles commises sur mineurs exigent des praticiens une vigilance toute particulière notamment pour l’application de ces lois dans le temps. Elle conduit à des délais de prescription distincts de plusieurs décennies pour des faits commis à quelques jours d’intervalle. La prescription constitue donc un véritable enjeu de politique criminelle. Les auteurs du rapport sénatorial cité plus haut ont retenus diverses recommandations pour construire un droit de la prescription « moderne et cohérent ». Il n’est pas inutile de les rappeler ici : 1. Conserver le caractère exceptionnel de l'imprescriptibilité en droit français, réservée aux crimes contre l'humanité. 2. Veiller à la cohérence du droit de la prescription, en évitant des réformes partielles. 3. Préserver le lien entre la gravité de l'infraction et la durée du délai de la prescription de l'action publique afin de garantir la lisibilité de la hiérarchie des valeurs protégées par le code pénal, en évitant de créer de nouveaux régimes dérogatoires.

54 4. Allonger les délais de prescription de l'action publique applicables aux délits et aux crimes, en fixant ces délais à cinq ans en matière délictuelle et à quinze ans en matière criminelle. 5. Consacrer dans la loi la jurisprudence de la Cour de cassation tendant, pour les infractions occultes ou dissimulées, à repousser le point de départ du délai de prescription au jour où l'infraction est révélée, et étendre cette solution à d'autres infractions occultes ou dissimulées dans d'autres domaines du droit pénal et, en particulier, la matière criminelle. 6. Établir, pour les infractions occultes ou dissimulées, à compter de la commission de l'infraction, un délai butoir de dix ans en matière délictuelle et de trente ans en matière criminelle, soumis aux mêmes conditions d'interruption et de suspension que les délais de prescription. 7. Fixer l'acquisition de la prescription au 31 décembre de l'année au cours de laquelle expirent les délais de prescription. Extrait de « Pour un droit de la prescription moderne et cohérent » JJ. HYEST, Président, H. PORTELLI et R. YUNG, rapporteurs, Sénateurs, Commission des lois, Mission d’information sur le régime des prescriptions civiles et pénales, Les rapports du Sénat, n°333, 2006-2007.

Voyons maintenant les causes légales d’extinction de l’action civile. S’agissant de la prescription, l’article 10, alinéa 1 du CPP dispose : « Lorsque l'action civile est exercée devant une juridiction répressive, elle se prescrit selon les règles de l'action publique. Lorsqu'elle est exercée devant une juridiction civile, elle se prescrit selon les règles du code civil. »

L’action civile devant les juridictions répressives, accessoire est donc atteinte par les causes d’extinction de l’action publique. L’action en réparation devant les juridictions civiles (maladroitement confondue avec l’action civile par l’utilisation de l’adverbe « elle »dans la seconde phrase de l’article 10 CPP) se prescrit selon les règles du code civil.

Jusqu’en 1980, il existait une solidarité des prescriptions pénale et civile. Elle n’a été maintenue qu’en matière de presse. Aujourd’hui, l’action en réparation devant la juridiction civile se prescrit selon les règles de prescription civile c’est à dire 10 ans (2270-1CC) et, lorsque le dommage est causé par des tortures et des actes de barbarie, des violences ou des agressions sexuelles commises contre un mineur, l'action en responsabilité civile est prescrite par vingt ans. La dissociation de cette solidarité avait pour but d’éviter que les prescriptions de l’action publique de droit commun ne viennent à pénaliser les victimes de faits délictueux (prescription de droit commun de 3 ans) par rapport à des victimes de simples quasi-délits

(sauf matière électorale ou presse) les plaintes avec constitution de partie civile ne sont plus recevables qu’après décision du parquet de ne pas poursuivre ou si trois mois se sont écoulés depuis le dépôt de plainte sans que des poursuites aient été engagées par le parquet. est apparu en 2006 (loi du n° 2006-396 du 31 mars 2006 et étendu en 2007 (loi n°2007-297 du 5 mars 2007) un « droit de transiger » pour les maires sur les infractions ayant causé un préjudice aux biens de la commune qui en réalité s’apparente à une forme de composition pénale au sens où le maire propose la réparation du dommage ou l’exécution d’un travail non rémunéré et qui est homologuée par le Procureur. abandonner ses droits. voyons comment se présente la décision d’orientation du dossier? . On notera ici qu’à côté du droit de transiger de certaines administrations habilitées à exercer l’action publique qui éteint l’action publique. Quelques autres obstacles aux poursuites doivent encore être cités : Cas de plainte préalable à l’action publique (particulier ou administration). on l’a vu pour la compétence. La disposition du droit d’action civile est une cause d’extinction qui lui est spécifique. compensation. la dissociation n’a plus nécessairement de logique ou en tout cas de cohérence générale. être satisfaite par paiement. ou enfin exercer l’action civile et être là au procès mais ne pas user de son droit à réparation ou de façon symbolique (1 euro). la prescription est suspendue au profit de la « victime ». transaction. En disposant ainsi de son droit d’exercer l’action civile et de mettre en mouvement l’action publique. Mais comme depuis cette réforme. par la juridiction. avec ou sans l’accord selon les cas du Procureur de la république. ce qui n’empêchera pas dans la pratique que le contentieux sur ces questions soit soulevé plus tard à tort ou à raison par une partie ou. l’irrecevabilité de la constitution de partie civile peut tenir au défaut de plainte simple préalable depuis la loi du 5 mars 2007 (article 85 CPP). En matière délictuelle. La partie civile peut en effet disposer de son droit. Les questions de compétence et de recevabilité étant levées ou en tout cas ayant normalement été examinées. de nombreux délais spéciaux allongés ont été édictés en matière pénale. avis préalable à l’action publique (fisc et infractions militaires). novation. le maire.55 civils. Nota bene : le choix par le parquet d’alternatives aux poursuites n’empêche pas le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile. sous réserve de l’exécution des mesures qu’il propose et de l’homologation du procureur provoque l’extinction de l’action publique. Pendant ce temps. Enfin. une décision judiciaire préalable à l’action publique (Article 61 CPP) destinée à éviter les poursuites « en gigogne » à des fins dilatoires ou encore le cas ou la poursuite est soumise à autorisation d’une institution (les parlementaires) et enfin les immunités.

Guinchard et Buisson n°1325).277 et s. 2007. Bastard et C. mais plutôt au su du dossier. Sur le « TTR » ou traitement direct lire aussi : B.56 III La décision d’orientation. ce moment est essentiel. de gendarmerie ou des douanes doivent signaler au parquet toutes les infractions constatées par leurs services. p. dans la pratique. La réussite du traitement en temps réel repose sur la qualité de ce contact téléphonique à partir duquel le magistrat du parquet va prendre sur-le-champ sa décision: le défèrement devant lui de la personne gardée à vue pour ouvrir une information judiciaire. « La poursuite. Il peut aussi prescrire la poursuite de l’enquête ou son classement. . D’autant que le ministère public peut aussi décider. Mouhanna. Le magistrat du parquet peut faire convoquer la personne soupçonnée par l’officier de police judiciaire pour une audience devant le tribunal correctionnel. « Des relations du ministère public avec la police judiciaire en France : étude du traitement en temps réel des procédures pénales » Revue internationale de criminologie et de police scientifique. la décision d’orientation va être prise non pas tant au vu du dossier comme au temps où le ministère public recevait les dossiers et prenait sa décision d’orientation après en avoir pris connaissance. » (Cf. à partir de ce qu’il en sait. de ce que dans le cadre du traitement en temps réel on le lui en dit. est la bienvenue car. saisit une juridiction d’instruction ou de jugement. Ce « schéma organisationnel standardisé » (C. PUF.) consiste pour le parquet à apporter une réponse judiciaire immédiate à une procédure pénale qu’un officier de police judiciaire lui présente par téléphone. Dans la plupart des cas en matière de délits. première étape du procès pénal. Une justice dans l’urgence : le traitement en temps réel des affaires pénales. Quel que soit le type de procédure (flagrant délit. Décision d’orientation et traitement en temps réel. et tenant compte de l’état du dossier et des finalités qu’ils poursuivent. plutôt que de poursuivre d’orienter la procédure vers une alternative aux poursuites ou classer sans suite. dépôt de plainte et interpellation) les services de police. Pour cela le Ministère public et/ ou la victime vont devoir faire des choix. 3/03. ou une convocation pour une date ultérieure devant le tribunal correctionnel par procès verbal. Etrillard. guidés par des exigences légales. de médiation par exemple ou de composition pénale. On a voulu depuis quelques années rationaliser l’action des parquets en imaginant le traitement en temps réel des procédures pénales. exerçant son action. la comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. peut-être définie comme l’accès procédural par lequel une partie à la procédure. pour lui proposer une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou lui faire proposer une procédure alternative aux poursuites. ouvrant ainsi le procès pénal. C’est la « décision d’orientation » comme la nomment ces auteurs et cette dénomination. qui fait ressortir cette phase de la procédure un peu fondue dans le paysage du Code de procédure pénale.

reclassement assuré. Guinchard et Buisson parlent d’une « poursuite différée ». classer ou poursuivre. il existe une cause d’irresponsabilité de la seule personne poursuivables. 2° Soit de mettre en œuvre une procédure alternative aux poursuites en application des dispositions des articles 41-1 ou 41-2 .57 C’est donc ici d’abord l’exercice de l’opportunité des poursuites encadré aujourd’hui par les règles posées à l’article 40-1 . Mais ce sont là des motifs qui ne constituent pas le véritable exercice de l’opportunité des poursuites en ce sens que le ministère public ne peut pas échapper au classement. Ils peuvent être d’ordre factuels : les faits ne sont pas élucidés ou personne ne peut se voir imputer les faits alors même qu’il y a eu des suspects mais qui ont été mis en l’état hors de cause. Il existe en revanche de véritables motifs tenant à l’opportunité des poursuites. s’est substitué un choix entre trois solutions qui semblent bien hiérarchisées : poursuivre immédiatement. l’absence d’élucidation demeure la première cause de classement. Ces dossiers ne sont pas des affaires poursuivables.41-1 et 41-2 du CPP. faible gravité. mettre en œuvre une procédure alternative ce qui n’exclut pas qu’en cas d’échec les poursuites soient reprises. personnalité du prévenu. et en ce sens M. on peut classer les motifs de ces classements en trois grandes catégories. Faible préjudice. » A l’alternative ancienne. On le sait. Les motifs peuvent être d’ordre légaux : l’infraction ne semble pas constituée. A la suite de Messieurs Guinchard et Buisson. le procureur de la République territorialement compétent décide s'il est opportun : 1° Soit d'engager des poursuites . 3° Soit de classer sans suite la procédure dès lors que les circonstances particulières liées à la commission des faits le justifient. l’action publique est éteinte. indemnisation de la victime et souvent tout cela à la fois ou deux ou trois de ces . en pratique. 1) Le classement sans suite est une décision purement administrative sur laquelle le parquet peut revenir tant que la prescription n’est pas acquise. ou enfin classer sans suite. Ici les infractions sont poursuivables mais ne seront pas poursuivies. L’article 41-1 du CPP dispose : « Lorsqu'il estime que les faits qui ont été portés à sa connaissance en application des dispositions de l'article 40 constituent une infraction commise par une personne dont l'identité et le domicile sont connus et pour laquelle aucune disposition légale ne fait obstacle à la mise en mouvement de l'action publique.

58 critères. l’existence ici d’une sanction sous formes d’une ou de plusieurs mesures ne permet pas de la dissocier en termes de finalités de celles qui peuvent être assignées aux poursuites. L’article 41-1 définit six procédures alternatives aux poursuites distinctes que l’on se contentera ici d’énumérer : le rappel à la loi qui pourra être oral ou écrit. M. la demande de régularisation au regard de la loi ou du règlement. On est à divers égards avec la composition pénale aux frontières de l’exercice des poursuites au point que sa spécificité vaut à la composition pénale d’être analysée en termes statistiques par exemple à part des autres alternatives (voir son analyse leçon suivante). Quelles sont les finalités assignées à ces alternatives ? Pour celles définies à l’article 41-1 du CPP. le recours auprès du procureur général contre le dit classement (Article 40-3 CPP) et l’ordre de poursuivre que le garde des Sceaux peut adresser par écrit au Procureur (Article 30 alinéa 2). social ou professionnel). la demande . La finalité de la composition pénale prévue à l’article 41-2 et qui est également proposée à l’auteur « tant que l'action publique n'a pas été mise en mouvement » est de nature différente . classer sans suite après l’absence d’exécution d’une alternative aux poursuites (Article 41-1 dernier alinéa). 2) Les alternatives aux poursuites. d’un stage de citoyenneté ou d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière. mettre fin au trouble résultant de l’infraction. Il existe plusieurs mécanismes de nature et d’utilisation très différents pour contrebalancer le pouvoir du Procureur de classer sans suite : la constitution de partie civile. Il s’agit ici pour le parquet « préalablement à sa décision sur l’action publique » de choisir la mise en œuvre de l’une des procédures alternatives aux poursuites définies aux articles 41-1 et 41-2 du CPP. la meilleure preuve. s’il en était besoin. la volonté du législateur ne laisse pas place au doute et le soin depuis plusieurs années pris à diversifier ces alternatives en serait. De ce point de vue. d’une formation dans un service ou un organisme sanitaire. l’orientation vers une structure sanitaire sociale ou professionnelle avec accomplissement à ses frais d’un stage. le texte en cause les énonce clairement : « assurer la réparation du dommage causé à la victime. conduisent le parquet à cette décision. Elle n’exclut pas la dimension rétributive de la sanction. le Procureur de la république a l’obligation dans tous les cas de motiver un classement sans suite (Article 40-2 CPP) et il ne peut. Quel est le but général poursuivi ? Tout d’abord apporter une réponse à une infraction et éviter si possible le classement sans suite de toute affaire poursuivable. d'un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants. Depuis le 1 janvier 2008. (notamment d'un stage de responsabilité parentale. sauf élément nouveau. Guinchard et Buisson évoquent une « alternative punitive » (Guinchard et Buisson page 718 n°1369). contribuer au reclassement de l’auteur des faits».

La mise en mouvement de l’action publique va prendre diverses formes. Autrefois obligatoire pour les mineurs en matière de délits et de contraventions de 5ème classe. bien particulière et dont les spécificités seront étudiées dans la leçon suivante. la demande de résider hors du domicile conjugal et de faire l'objet d'une prise en charge sanitaire. la médiation avec éventuel engagement de réparer. la régularisation pas faite.) le ministère public peut. L’action publique une fois exercée.59 de réparation. mettre en mouvement l’action publique. et de très loin. Soit directement. il ne peut plus revenir sur son choix (Article 388 CPP). on le sait. tout juste plus effective que la signification d’un classement sans suite. L’information peut être ouverte sans qu’il y ait la moindre identification de la personne impliquée. la mesure de composition pénale n’a pas été exécutée etc. Il pourra requérir un non-lieu ou une relaxe ou un acquittement mais ne sera pas nécessairement suivi. obligatoire en matière criminelle et facultative en matière de délits. A L’ouverture d’une information chez un juge d’instruction est.20 février 2007. La grande distinction passe justement d’abord entre les cas où le parquet va ouvrir une information chez un juge d’instruction et les cas où il va saisir une juridiction de jugement. Il est certain que le rappel à la loi qui constitue aujourd’hui la procédure alternative la plus usitée. Pourvoi 0689229). soit après avoir tenté une procédure alternative aux poursuites qui a échoué. La juridiction d’instruction ou de jugement saisie. sociale ou psychologique s’agissant d’infractions commises dans le cadre intrafamilial. n’est qu’une réponse pénale minimale. de son initiative. A ce stade. l’instruction peut être évitée sous certaines conditions (Articles 8-1 et 8-2 de l’ordonnance du 2 février 1945) et le parquet peut saisir directement la juridiction de jugement. le parquet ne peut plus mettre fin aux poursuites. Elle sera alors ouverte contre X… et deviendra peut-être une information ouverte « contre X devenu « untel ». il est important de noter que la mise en mouvement de l’action publique met fin au pouvoir lié à l’opportunité des poursuites. 3) Les poursuites ou l’exercice de l’action publique. (le stage n’a pas été effectué. La composition pénale (article 41-2 CPP) constitue la septième forme d’alternative aux poursuites. L’acte de poursuite saisit la juridiction et exclut que le parquet puisse par exemple décider d’ouvrir une information (Crim. Quels sont les situations qui peuvent conduire à ouvrir l’information en matière de délictuelle ? .

(Articles 495. le parquet préfère aujourd’hui. et 2007 depuis son extension en 2002 de la matière contraventionnelle à la matière délictuelle. par requête. son champ d’application est le suivant : « 1° Les délits prévus par le code de la route et les contraventions connexes prévues par ce code . En l’état actuel des textes (Article 495 CPP). plus restreintes en l’état. 1) Le procureur peut saisir en certains cas. 2005.60 Les indices recueillis ne sont pas suffisants pour saisir une juridiction de fond et les éléments de preuve manquants ne peuvent être obtenus que par la voie coercitive. Des auteurs ou complices n’ont pas été interpellés et il faut pouvoir poursuivre tout le monde à la fois avec peut-être nécessité et possibilité d’une détention provisoire de ceux qui ont été mis en cause. C’est la procédure de comparution après reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) (Articles 495-7 à 495-16 CPP). C’est donc une appréciation qui tient essentiellement à des questions relatives à la preuve et à l’usage nécessaire de la coercition. par une ordonnance pénale portant relaxe ou condamnation. Cette procédure a vu son champ modifié à trois reprises en 2004. L’enquête préliminaire de droit commun ne permettrait pas d’y parvenir. Nous l’étudierons en détail dans la prochaine leçon avec la composition pénale. C’est là une situation qui fait dire qu’on est en présence d’une compétence « variable » du tribunal correctionnel en ces différentes formations (Guinchard et Buisson). 2) Il peut saisir pour certaines infractions. Ou bien les faits sont complexes et nécessitent une analyse que l’enquête ne permettrait pas. B L’orientation du dossier correctionnel estimé en état par le parquet. le tribunal correctionnel d’une demande d’homologation d’une peine qu’il a proposé à la personne mise en cause laquelle l’a acceptée. . sur le dossier. poursuivre celle-ci et se dispenser de l’ouverture d’une information. Et que dans bien des cas.à 495-6 CPP). lorsque le parquet estime d’une part devoir poursuivre et d’autre part que le dossier est en état d’être jugé. plusieurs solutions s’offrent à lui en fonction du type d’infractions. En matière correctionnelle. Il n’en reste pas moins que le nombre d’informations ouvertes à l’initiative du parquet en matière délictuelle n’a cessé de diminuer ces dernières années. le président du tribunal d’une requête aux fins de statuer sans débat préalable. compte tenu des pouvoirs dont la police et lui-même disposent en phase d’enquête. C’est la procédure simplifiée appelée aussi « Ordonnance pénale délictuelle » ou « Ordonnance pénale ».

Bernard Saugey (Rapport n°209 tome 1) s’y est opposé au motif que « si l’ordonnance pénale a montré son utilité dans le traitement de contentieux extrêmement simples (tels que les infractions au code de la route). 3421-1 du code de la santé publique .61 2° Les délits en matière de réglementations relatives aux transports terrestres . voir leçon suivante) un champ élargi couvrant tous les délits sauf exceptions particulières (des délits du droit du travail ou des manquements aux règles d’hygiène et de sécurité entraînant des blessures involontaires ou des homicides involontaires) ou communes à la CRPC (délits de presse. au cours de l'enquête. et notamment ses charges et ses ressources. elle n’est pas nécessairement adaptée pour des contentieux plus complexes. . 3° Si le délit prévu par le code de la route a été commis en même temps qu'une contravention ou qu'un délit d'homicide involontaire ou d'atteinte involontaire à l'intégrité de la personne. 5° Le délit prévu par l'article L. 3° Les délits prévus au titre IV du livre IV du code de commerce pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue . ». (…) En outre. sont suffisants pour permettre la détermination de la peine. l’Assemblée Nationale avait voté une disposition reprenant cette préconisation. les homicides involontaires. Cette dernière condition est destinée à assurer l’individualisation de la peine dont le principe est affirmé à l’article 132-24 du CP. 126-3 du code de la construction et de l'habitation. Le rapport remis au garde des Sceaux le 30 juin 2008 par la commission présidée par M. Dans le cadre de la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures. une demande de dommages et intérêts ou de restitution. les délits politiques et les délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale). Le Sénat par la voix de son rapporteur sur ce texte M. le recteur Guinchard préconisait de donner à la procédure simplifiée (comme d’ailleurs à la CRPC. l’article 495 du CPP se termine ainsi : « Le ministère public ne peut recourir à la procédure simplifiée que lorsqu'il résulte de l'enquête de police judiciaire que les faits reprochés au prévenu sont établis et que les renseignements concernant la personnalité de celui-ci. 4° Le délit d'usage de produits stupéfiants prévu par le premier alinéa de l'article L. 2° Si la victime a formulé. » Enfin. la procédure de l’ordonnance pénale modifie l’équilibre entre le rôle du juge du siège. » Le législateur a édicté des limites à son champ d’application : « 1° Si le prévenu était âgé de moins de dix-huit ans au jour de l'infraction . ou a fait directement citer le prévenu avant qu'ait été rendue l'ordonnance prévue à l'article 495-1 .

Il est vrai qu’elle présente l’avantage de « valoir citation à personne ». un recours systématisé à la procédure de l’ordonnance pénale pourrait affecter la qualité de la justice. Son champ est défini par l’article 395 du CPP. la convocation par officier ou agent de police judiciaire (COPJ) est (Article 390-1 CPP) devenue le mode poursuite le plus usité. dont l’analyse se fonde nécessairement sur le travail parfois excessivement rapide des enquêteurs. Depuis la loi du 9 septembre 2002. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer. Sont exclus de son champ d’application. la citation directe est devenu très minoritaire (20% des saisines du TC selon M. En matière de délit flagrant. Le prévenu se voit convoqué sur instructions du Procureur. et celui du parquet. dans le cadre du traitement en temps réel des affaires pénales. Les délits faisant encourir dix ans d’emprisonnement et vingt ans en cas de récidive peuvent être jugés dans ce cadre. l’affaire en état d’être jugée et les charges suffisantes. non seulement selon les cas. (…) En raison de la façon de travailler imposée aux magistrats du parquet. (Article 397-6 du CPP) les . qui peut être donnée dans le cadre du traitement direct. c) La comparution immédiate. a) Le mode de poursuite le plus usité il y a encore deux décennies. n°1203). (Article 393 et s. il saisira ce tribunal dans sa formation collégiale ou au contraire dans sa formation statuant en juge unique (voir la leçon sur le tribunal correctionnel) mais il peut le saisir de diverses manières et nous sommes là encore sur un choix d’orientation et sur le mode d’exercice de l’action publique. b) Créé en 1985. excluant ainsi le risque d’une procédure de jugement par défaut. 3) Le Procureur peut enfin saisir le tribunal correctionnel aux fins de jugement et là encore. (…) En tout état de cause. le seuil de la peine encourue est abaissé à six mois. CPP) consiste pour le parquet à choisir de faire comparaître immédiatement devant le tribunal correctionnel une personne à qui il vient de notifier les faits qui lui sont reprochés. il n’existe plus de limite supérieure de peine encourue. par un OPJ ou un APJ ou si la personne est détenue pour une autre cause par le chef de l’établissement pénitentiaire. Elle prend la forme d’un exploit d’huissier délivré à la requête du ministère public. il lui a semblé qu’une question de cette nature dépassait de loin le champ d’un texte de simplification du droit ».62 qui ne peut se prononcer que sur la base du dossier transmis. Elle demeure pourtant le mode de saisine ordinaire du TC utilisable pour tous les délits (Article 390 CPP). La peine encourue doit être de deux ans d’emprisonnement au moins.

L’exercice simultané de deux modes d’exercice des poursuites rendu possible. les délits politiques ou d’infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. d) La convocation par procès-verbal (Article 394 CPP). 2005. A l’instar de la comparution immédiate. 26 mars 2008. Elle est peu utilisée. entachée d’illégalité est le support nécessaire de cette saisine. Elle vaut « citation à personne ». les délits politiques et les infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. L’enchevêtrement des convocations. la réalisation d’une enquête sociale et enfin l’avis à la victime de la date de l’audience (Article 393-1 CPP). Jurisprudence Le non-respect des dispositions de l’article 803-3 du CPP entraîne en cas de comparution immédiate la nullité de la saisine du tribunal correctionnel car la rétention du prévenu. le plus souvent à l’issue d’une garde à vue. La comparution doit en principe avoir lieu le jour même (Article 395 CPP) mais si la réunion du tribunal s’avère impossible. n°321) ce qui n’est pas le cas en revanche de la garde à vue (Crim. Bull. Elle passe aussi par un défèrement. le recueil des déclarations du mis en cause s’il en fait la demande. l’information sur les faits qui lui sont reprochés. le Procureur peut saisir le juge des libertés et de la détention pour voir ordonner le placement en détention provisoire du prévenu jusqu’à sa comparution qui doit intervenir dans le troisième jour ouvrable suivants (Article 396 CPP). et le procureur notifie à la personne mis en cause les charges retenues contre elle et la date de l’audience. n°76). Cette orientation suppose (Article 393 CPP) d’une part le défèrement devant le procureur de la République aux termes de la garde à vue et en tout cas dans le délai de 20 heures à compter de la levée de cette garde à vue (Article 803-3 CPP qui précise les conditions de cette retenue). elle permet au parquet de solliciter du juge des libertés et de la détention un placement sous contrôle judiciaire. Bull.63 délits de presse. les délits de presse. l’information sur son droit à l’assistance d’un avocat. lequel peut aussitôt sa désignation consulter le dossier et s’entretenir avec le prévenu. Applicable aux délits quelle que soit la peine encourue. (Crim 6 déc. sont exclus de son champ d’application. .

Bull. Au total. n°1241) deux fers au feu.64 La jurisprudence a rapidement tranché la question de savoir si le ministère public peut avoir comme l’écrivent M. la chambre criminelle acceptait en revanche que le ministère public saisisse la juridiction correctionnelle selon l'un des modes prévus par le premier de ces textes lorsque. La loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures est venu ajouter un article 495-15-1 au CPP qui prévoit : La mise en œuvre de la procédure prévue par la présente section [la CRPC]n'interdit pas au procureur de la République de procéder simultanément à une convocation en justice en application de l'article 390-1. en vue de l'audience correctionnelle avant même l’échec de la CRPC. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer (op. il renonce à proposer une peine dans les conditions prévues à l’article 495-8 du CPP (en l’espèce en raison d’une grève des avocats). n°219). l’information et six modes de saisine du tribunal correctionnel bien différents au plan de leur conditions et de leur déroulement processuel. par officier de police judiciaire. 4 oct.cit. en bref avant que la CRPC n’ai échoué (Crim. la chambre criminelle (Bull. La chambre criminelle avait déduit de la rédaction de l’article 495-12 du CPP qu’il ne pouvait concomitamment saisir le tribunal correctionnel selon l’un des modes prévu par le Code de procédure pénale avant que le prévenu ait déclaré ne pas accepter la ou les peines proposées ou que le président du tribunal ait rendu une ordonnance de refus d’homologation. Dans une décision du 29 octobre 2008 (Bull. Le législateur est venu en 2009 balayer cette construction jurisprudentielle. . n°208) avait donc rejeté le pourvoi contre une décision annulant la convocation par procèsverbal ainsi que le jugement du tribunal correctionnel subséquent au motif que le procureur de la République avait fait délivrer concomitamment deux convocations pour les mêmes faits. après la délivrance d'une convocation en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. l'une en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et l'autre. Par une décision du 14 octobre 2008. six procédures alternatives aux poursuites qui poursuivent des finalités différentes mais ont ceci en commun d’être des réponses pénales données en amont des poursuites et six modes d’engagement des poursuites. n°244). La saisine du tribunal résultant de cette convocation en justice est caduque si la personne accepte la ou les peines proposées et que celles-ci font l'objet d'une ordonnance d'homologation. 2006. le parquet a donc le choix en matière délictuelle entre un peu plus d’une douzaine d’options.

36% du total. les injonctions thérapeutiques régressent sur trois ans mais les orientations vers les structures sanitaires. sociales et professionnelles continuent de progresser doublant presque sur cinq ans.65 Commentaire de l’Annuaire statistique de la justice 2009 Les chiffres analysés sont ceux de 2006.000 en 2006 soit 9%. Le rappel à la loi représente 51% de toutes les alternatives.000 dossiers soit 8.000 à 51. elles en viennent à représenter tout près d’un tiers des poursuites.La CRPC. la composition pénale a poursuivi sa croissance entre 2005 et 2006 passant de 40. en diminution légère au plan relatif et absolu.000 en un an. dont on pouvait dire en 2008 sans prendre de risque qu’elle n’était pas à son niveau de croisière en 2005. au mois partiellement. véritable alternative au classement sans suite. La CRPC et l’Ordonnance pénale sont les grandes gagnantes au jeu de la concurrence entre procédures de poursuites. Les 550. S’agissant du rappel à la loi.C. là. L’évolution est à suivre. qui partagent le fait de ne s’appliquer qu’en cas de reconnaissance des faits et accord du mis en cause.Les citations directes restent (en légère baisse) aux alentours de 18% (99. A elles deux.Les convocations sur PV d’OPJ ou d’APJ représentent 38. Si l’on agrège CRPC et composition pénale. elles permettent de traiter en 2006.5% en un an).000.000 poursuites devant les T.2% de la réponse pénale (poursuites et alternatives).000 en 2006). 130. . et absolu. sa progression continue (240. .000. De 2002 à 2006 sa progression équivaut à 74% de la diminution des classements sans suite sur la même période. Les médiations pénales régressent.6% sur un an par rapport à 2005) se répartissent comme suit: . a tout simplement presque doublé et passe de 27.24%).Et la convocation sur PV du procureur régresse à 2.000) mais les ordonnances pénales progressent et passent de 20% à 22.La Comparution immédiate est en légère diminution en chiffre relatif (8. Sans doute faut-il se garder de ce genre de « transvasements » mais il est indéniable que l’explication de la diminution des classements sans suite est. Le chiffre est désormais loin d’être négligeable. soit +8. Les réparations mineurs progressent très lentement. .5%. Parmi les procédures alternatives.54% (+ 24. (+6. C’est à partir de l’ensemble de ces chiffres qu’il faut comprendre l’amélioration du taux de réponse pénale qui en 2006 a dépassé légèrement la barre des 80%. 101. .000 en 2005 à 50. .

. qui partagent le fait de ne s’appliquer qu’en cas de reconnaissance des faits et accord du mis en cause. 1400 pour 8. Desportes et Mme LazergesCousquer « dans le sillage de la composition pénale » (op. les procédures de jugement au fond n’avaient jamais été construites à partir de ce critère. Sur l’ensemble des juridictions on trouve sans difficulté des écarts de 1 à 100. La présomption d’innocence semblait même l’interdire d’autant que l’aveu n’est jamais une preuve absolue de culpabilité. en une même leçon. elles permettent de traiter en 2006. Sénat.2% de la réponse pénale (poursuites et alternatives). cit. L’analyse des statistiques de la composition pénale démontrent par exemple pour des tribunaux ayant la même activité pénale. 101. voire l’opposition caractérisée de certains magistrats ou avocats à ces innovations quelques années après leur création. la rupture tient encore au fait que ces deux procédures reposent sur l’acceptation par le mis en cause des mesures (la composition pénale) ou des peines (la CRPC) qui lui sont proposées par le ministère public. jusqu’ici. la Roche-sur-Yon. Il en est de même pour la CRPC. Le chiffre est désormais loin d’être négligeable. une procédure qui se situe en amont des poursuites et une autre qui suppose que le parquet ait. Eléments statistiques.000 affaires poursuivables. Les deux procédures possèdent trois points communs qui constituent une triple rupture au plan culturel dans notre procédure et qui explique les mouvements d’humeur divers avec lesquels elles ont été accueillies. Enfin. On pourrait relever de pareils écarts. Or. D’autre part.000).000 dossiers soit 8. Il est donc important de comprendre ce qui se joue de si nouveau dans ces deux procédures. son absence totale. Mais les chiffres relatifs à l’utilisation de telle ou telle procédure rappelés ci-dessus sont des moyennes qui cachent de grandes disparités. et dans les autres. dans les uns. La triple rupture tient à notre sens au fait d’une part que la mise en œuvre de ces deux procédures suppose la reconnaissance de culpabilité par le mis en cause. choisi de poursuivre ? C’est que la CRPC a été instauré ainsi que le rappelle M. au contraire. n°1237) au point d’ailleurs que la mission d’information sur les procédures accélérées de jugement en matière pénale installée au Sénat s’était interrogée sur le point de savoir si la création de la CRPC ne devait pas emporter suppression de la composition pénale (Rapport d’information sur les procédures accélérées de jugement en matière pénale. des usages de l’ordre de 1 à 20.66 3 La composition pénale et la CRPC Pourquoi étudier. Si l’on agrège CRPC et composition pénale. l’office du juge est singulièrement restreint : il valide ou homologue l’accord passé entre le parquet et le mis en cause mais ne peut modifier les termes de l’accord qui lui sont soumis. voire 150 sur l’usage proportionnel de cette procédure (exemple Bordeaux 46 compositions pénales pour 40. 2005).

Avant de justifier ce dernier qualificatif par l’examen des pratiques judiciaires. n°1177 et 1179). il nous faut nous arrêter sur ce caractère hybride en examinant. D’abord défini sous la forme d’une liste d’infractions. cit. à sa naissance. un essai manqué » Gaz. La composition pénale qui. sa finalité. . Elle est alors proposée par un fonctionnaire de l’administration concernée et seule la mesure d’amende de composition peut être proposée. Comme pour la CRPC. toujours censé être susceptible d’amélioration ou seulement d’adaptation à des besoins qui sont ceux de la gestion des contentieux et de leur traitement. il a été élargi par la loi du 9 mars 2004 aux délits punis à titre de peine principale d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure à cinq ans. 2006. On doit aussi relever que cette nouvelle procédure institué par la loi n°99-515 du 23 juin 1999.67 I La composition pénale. 2002. p. Disons également que c’est aussi là le champ d’application de la CRPC à une exclusion près (voir infra). il semblait de la lecture de l’article 41-2 qu’elle n’était applicable qu’aux personnes physiques. son champ d’application. la composition pénale ne peut être proposée que tant que l’action publique n’a pas été mise en mouvement (Article 41-2 al. une ou plusieurs contraventions connexes. Cependant. une ou plusieurs contraventions connexes. 2004. A la différence de la CRPC. ainsi que le cas échéant. Volff. « la composition pénale. les délits de presse. Mars-avril 2000. l’article 470-4-2 du code de commerce issu de la loi n°2005-882 du 5 août 2005. dispose que la composition pénale est applicable aux personnes morales qui reconnaissent avoir commis un ou plusieurs délits prévus au titre IV du livre IV relatifs à la transparence et aux pratiques restrictives de concurrence pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue ainsi que. le cas échéant. Les délits d’homicides involontaires. le rapport de la commission Guinchard (proposition n°63) suggérait de faire sauter la limite tenant à la peine d’emprisonnement encourue et de viser tous les délits tout en conservant les exclusions citées ci-dessus. et ses suites. notamment. Pal. 2005. et les délits politiques sont exclus de ce champ. avait pu être présenté comme une procédure lourde et complexe (Cf. et prévue par l’article 41-2 du CPP n’a pas fait l’objet de moins de sept modifications en dix ans (2001. et 2009) ! Elle illustre parfaitement la nouvelle forme de législation qui s’installe et qui relève moins de l’érection d’une norme processuelle que de la gestion d’un « process » au sens technique et industriel du terme emprunté à la langue anglaise. 559) a au contraire pu être décrite par une doctrine récente et bénéficiant donc de plus de recul comme une procédure hybride et relativement souple (Desportes et Lazerges-Cousquer op. son déroulement.1 CPP) Le champ d’application. 2007. la critique de J. S’agissant des personnes concernées.

La composition pénale étant une alternative aux poursuites. à l'intérieur d'une période qui ne peut être supérieure à un an . il faut bien dire que sous ce mot. Article 41-2 CPP extrait.68 D’abord réservée aux majeurs. un travail non rémunéré pour une durée . il est exclu que puisse être proposée à la personne qui reconnaît avoir commis un délit. la loi se cache à peine de réintroduire d’une part nombre de sanctions qui s’analysent en pénologie comme des peines complémentaires et que l’amende de composition comme le travail non rémunéré masquent difficilement leur étroite parenté avec la peine d’amende et le TIG. Les mesures. 3° Remettre son véhicule. 6° Accomplir au profit de la collectivité. 5° Remettre au greffe du tribunal de grande instance son permis de chasser. la composition pénale peut sous réserves de modalités particulières dont l’assistance obligatoire d’un avocat être proposée désormais aux mineurs de plus de treize ans depuis la loi n°2007-297 du 5 mars 2007 (article 7-2 de l’ordonnance n°45174 du 2 février 1945. est fixé en fonction de la gravité des faits ainsi que des ressources et des charges de la personne. Son versement peut être échelonné. La liste reproduite ci-dessous des mesures qui peuvent être proposées en matière correctionnelle s’est également allongée en 2002. qui ne peut excéder le montant maximum de l'amende encourue. pour une période maximale de six mois . selon un échéancier fixé par le procureur de la République. 2006 et 2007. à des fins d'immobilisation . Le législateur a donc choisi une terminologie assez neutre : la mesure. En fait. pour une période maximale de six mois. 1° Verser une amende de composition au Trésor public. l’exécution d’une peine. 2° Se dessaisir au profit de l'Etat de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou qui en est le produit . notamment au sein d'une personne morale de droit public ou d'une personne morale de droit privé chargée d'une mission de service public ou d'une association habilitées. Il est donc clair que le champ d’application de la composition pénale est depuis sa création un univers en expansion. pour une période maximale de six mois . 4° Remettre au greffe du tribunal de grande instance son permis de conduire. 2004. Le montant de cette amende.

15° Accomplir. un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants . soit auprès d'une personne morale de droit privé chargée d'une mission de service public ou d'une association habilitées à mettre en œuvre une telle mesure . 12° Ne pas quitter le territoire national et remettre son passeport pour une durée qui ne saurait excéder six mois . des chèques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés et ne pas utiliser de cartes de paiement . le cas échéant. à l'exception des lieux dans lesquels la personne réside habituellement . 10° Ne pas rencontrer ou recevoir. pour une durée qui ne saurait excéder six mois. son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité. faire l'objet d'une prise en charge sanitaire.69 maximale de soixante heures. selon les modalités définies aux articles L. dans le ou les lieux dans lesquels l'infraction a été commise et qui sont désignés par le procureur de la République. soit contre ses enfants ou ceux de son conjoint. 7° Suivre un stage ou une formation dans un service ou un organisme sanitaire. résider hors du domicile ou de la résidence du couple et. 13° Accomplir. 9° Ne pas paraître. ou par la personne ayant été liée à elle par un pacte civil de solidarité. pour une durée qui ne saurait excéder six mois. ainsi que. 3413-4 du code de la santé publique. si nécessaire. pour une durée de six mois au plus. le cas échéant à ses frais. 8° Ne pas émettre. sociale ou psychologique . 16° Se soumettre à une mesure d'activité de jour consistant en la mise en œuvre d'activités d'insertion professionnelle ou de mise à niveau scolaire soit auprès d'une personne morale de droit public. la ou les victimes de l'infraction désignées par le procureur de la République ou ne pas entrer en relation avec elles . lorsqu'il apparaît que . un stage de citoyenneté . concubin ou partenaire. pour une durée qui ne saurait excéder six mois. 3413-1 à L. 11° Ne pas rencontrer ou recevoir. 17° Se soumettre à une mesure d'injonction thérapeutique. les dispositions du présent 14° sont également applicables lorsque l'infraction est commise par l'ancien conjoint ou concubin de la victime. 14° En cas d'infraction commise soit contre son conjoint. dans un délai qui ne peut être supérieur à six mois . le domicile concerné étant alors celui de la victime . le cas échéant à ses frais. social ou professionnel pour une durée qui ne peut excéder trois mois dans un délai qui ne peut être supérieur à dix-huit mois . le ou les coauteurs ou complices éventuels désignés par le procureur de la République ou ne pas entrer en relation avec eux . s'abstenir de paraître dans ce domicile ou cette résidence ou aux abords immédiats de celui-ci.

et celui de la validation par le juge. Autrement dit. et que la victime est identifiée. avec l'accord de la victime. Il informe la victime de cette proposition. La proposition du parquet peut être faite soit directement par le procureur soit par l’intermédiaire d’une « personne habilitée » : un délégué du procureur ou un OPJ. Deux temps se dégagent. peut proposer… une composition pénale à une personne physique qui reconnaît avoir commis un ou plusieurs délits » et cette formulation. la composition pénale prétend pouvoir traiter dans le même temps de la réponse pénale et civile. et sauf si l'auteur des faits justifie de la réparation du préjudice commis. celui de la proposition du parquet. L’article 41-2 du CPP prévoit que « le procureur de la République. le procureur doit aussi proposer au mis en cause de réparer le dommage subi par la victime. suppose que la reconnaissance des faits soit effective au moment où il fait cette proposition. en la remise en état d'un bien endommagé par la commission de l'infraction. En tout état de cause. Lorsque la victime est identifiée. S’il s’agit d’un OPJ. Et lorsque la composition pénale est proposée à un mineur elle doit aussi être présentée aux représentants légaux du mineur.70 l'intéressé fait usage de stupéfiants ou fait une consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques. L’exécution de la mesure ne présentant pas de caractère processuel particulier. la proposition doit être écrite et signée d’un membre du parquet. le procureur de la République doit également proposer à ce dernier de réparer les dommages causés par l'infraction dans un délai qui ne peut être supérieur à six mois. Cette réparation peut consister. définies à l’article 41-3 du CPP sont évidemment plus restreintes (notamment pour les contraventions des quatre premières classes). tant que l'action publique n'a pas été mise en mouvement. Le déroulement de la procédure Le texte de l’article 41-2 du CPP paraît simple et ne pas beaucoup laisser place à l’imagination. préciser la nature et le quantum des mesures proposées et être jointe à la procédure. Quant aux mineurs. si la composition pénale est utilisée à propos de faits ayant causé un dommage. Les discussions parlementaires avaient donc conduit dans le souci que la proposition ne puisse être faite contre l’obtention d’aveux ou qu’en tout cas la composition pénale ne soit pas acceptée dans le contexte de grande vulnérabilité psychologique que . les mesures qui peuvent leur être proposées dans ce cadre sont d’une part celles de l’article 41-2 mais aussi des mesures spécifiques au caractère éducatif plus marqué (Article 7-2 de l’ordonnance du février 1945) et en tout état de cause la durée d’exécution des mesures ne doit pas dépasser un an. En matière contraventionnelle. les mesures qui peuvent être proposées. implicitement.

OPJ. le lieu de proposition dépend essentiellement de l’identité de la personne qui propose la composition : procureur. Cette phase de la procédure était nécessaire pour éviter en 1999. N°95360 du 2 février 1995) une procédure dénommée « injonction pénale ». L’accord du mineur et de ses représentants légaux doit quant à lui être recueilli en présence d’un avocat (Article 7-2 al. intervenir à la seule diligence d'une autorité chargée de . délégué. elles constituent des sanctions pénales . mais le législateur n’avait pas prévu d’intervention du juge après proposition et acceptation de l’injonction. dans la logique des procédures alternatives aux poursuites. médiateur. En réalité. La validation de la composition pénale.4 CPP). la répétition de l’échec enregistré en 1995 quand le Conseil constitutionnel avait déclaré non conforme à la Constitution (CC. Le législateur de 1999 avait estimé nécessaire de préciser. L’OPJ peut donc proposer la composition pénale durant la garde à vue dans les conditions citées plus haut.71 constitue une mesure de garde à vue à exclure la possibilité de proposer la composition pénale durant la garde à vue. La première phase était pour l’essentiel identique à celle que nous venons de voir à propos de la composition pénale. 3 de l’Ordonnance du 2 février 1945). l’article 41-2 prévoit la mise ne mouvement de l’action publique « sauf élément nouveau » L’accord de la personne sur la composition pénale et sur les mesures qui lui sont proposées est recueilli par procès verbal (sur son contenu voir l’article R15-33-40 du CPP) signé par elle et par le procureur ou la personne habilitée qui lui a fait la proposition de composition. ne peuvent. même avec l'accord de la personne susceptible d'être pénalement poursuivie. La loi du 9 septembre 2002 a supprimé cette restriction. que « la composition pénale peut être proposée dans une maison de justice et du droit » (Article 41-2 al.3 dispose quant à lui que la personne à qui est proposée une composition pénale est informée qu'elle peut se faire assister par un avocat avant de donner son accord à la proposition du procureur de la République. que dans le cas où elles sont prononcées par un tribunal. que le prononcé et l'exécution de telles mesures. La personne mise en cause n’a pas obligation de se déterminer aussitôt que la proposition lui est communiquée. L’article 41-2 al. Déc. En cas de refus des mesures proposées par la personne mise en cause. s'agissant de la répression de délits de droit commun. L’article R15-33-39 du CPP dispose que la personne à qui est proposée une composition pénale peut demander à disposer d'un délai de dix jours avant de faire connaître sa décision. Avant de se déterminer sur la proposition qui lui est faite la personne peut donc consulter un avocat et bénéficier pour ce faire de l’Aide Juridictionnelle. Le Conseil constitutionnel avait jugé : « Considérant que certaines mesures susceptibles de faire l'objet d'une injonction pénale peuvent être de nature à porter atteinte à la liberté individuelle .

20 novembre 2007. l'intéressé n'exécute pas intégralement les mesures décidées ». la proposition de composition devient caduque. L’audition est de droit. Avant la loi du 9 septembre 2002. Il reste que le juge peut décider avant de prendre sa décision de procéder à l’audition de l’auteur des faits et de la victime assistés le cas échéant de leurs conseils. Il est nécessaire de préciser qu’avant la loi de 2002. En matière contraventionnelle. ni par le législateur. n°07-82808) a jugé que « lorsque l'auteur des faits a donné son accord aux mesures proposées par le procureur de la République. une fois la validation intervenue. seul le juge des enfants est compétent (Article 7-2. ni par les praticiens comme une phase contradictoire. Les mesures ont été exécutées.6). L’action publique s’éteint. alors que dans le même temps la loi en question donnait compétence au juge de proximité pour valider les compositions pénales. Le parquet ne peut donc pas reprendre en quelque sorte sa proposition une fois celle-ci acceptée et doit saisir le président du tribunal pour validation. Lorsque le champ d’application de la composition pénale a été étendu aux mineurs par la loi du 5 mars 2007. ce dernier est tenu de saisir le président du tribunal aux fins de validation de la composition et ne recouvre la possibilité de mettre en mouvement l'action publique que si ce magistrat refuse de valider la composition ou si. Et la décision du juge n’est susceptible d’aucun recours (Article 41-2 al. ». dont le préjudice n’a pas nécessairement été connu ou pris en compte ou pu être . La phase de validation n’est pas conçue. Il ne peut modifier les mesures proposées et acceptées. Deux cas sont à envisager. Le juge compétent peut en matière délictuelle être tout juge du tribunal ou tout juge de proximité exerçant dans le ressort du tribunal (Article 41-2 CPP). ce sont les deux seules possibilités du juge saisi. le législateur a en revanche estimé nécessaire d’ouvrir la possibilité au mineur et à ses représentants légaux d’accéder au juge. Les articles R15-33-49 à R15-33-60 du CPP précisent type de mesure par type de mesure les conditions de leur exécution. L’exécution des mesures. l’audition par le juge de la personne mise en cause était de droit. Et il avertit de cette saisine l’auteur des faits et la victime. La chambre criminelle (Crim. Cette possibilité d’accès au juge a été supprimée par cette loi. La fin de la composition pénale.72 l'action publique mais requièrent la décision d'une autorité de jugement conformément aux exigences constitutionnelles ci-dessus rappelées .4 Ord. Valider ou refuser de valider. Le procureur avise l’intéressé et la victime de cette exécution constatée. est compétent le juge du tribunal de police ou le juge de proximité (article 41-3 CPP) et s’agissant des mineurs. Ces mesures ne sont pas susceptibles d’exécution forcée. et que les décisions des juges d’entendre les parties le sont tout autant. S’il refuse de valider. al. 2 février 1945). Des délais d’exécution plus longs que ceux initialement prévus peuvent être accordés pourvu qu’ils demeurent inférieurs à ceux prévus par la loi à l’article 41-2 du CPP. L’action civile demeure ouverte et la partie civile. les demandes d’audition formées par les justiciables étaient très rares. ce qui constitue une étrange conception de la proximité.

Nous avons relevé pas moins de 13 variables autour desquelles des choix différents ont pu être faits. à juge unique. statuera sur les intérêts civils au vu du dossier de composition pénale ou utiliser la procédure civile d’injonction de payer en produisant l’ordonnance de validation à l’appui de ses demandes et de leurs justificatifs. L’information de l’auteur sur ses droits et notamment celui d’être assisté d’un conseil. Pratique des parquets et judiciaire. 200 pages). Grunvald. (CF. les dossiers avec des victimes sont exclus ou au contraire intégrés dans le champ de la composition pénale. La délégation donnée aux délégués par le procureur pour la proposition des mesures peut-être ouverte ou fermée.73 réparé par le mis en cause peut délivrer une citation devant le tribunal correctionnel qui. Elles peuvent le cas échéant avoir pour conséquence une inscription au FIJAIS ou un retrait de points du permis de conduire. tantôt les officiers de police. effectuée par oral ou par écrit. Dans le second cas. La notification de l’homologation de la mesure se fait par écrit ou . C’est qu’en effet. il est tenu compte du travail non rémunéré qui a déjà été accompli ou des sommes déjà versées. pour de plus amples développements. dans une maison de la justice et du droit ou au palais de justice. Dans tous les cas d’échec de la composition pénale. Une enquête sociale sur l’auteur est tantôt systématique. La proposition peut-être faite immédiatement suite au constat de l’infraction ou plus tard. 2005. « La composition pénale Une première évaluation». les délégués prennent ou non l’initiative d’organiser un contact entre auteur et victime. L’observation du terrain révèle une variété surprenante de modèles procéduraux construits par les juridictions qui ont fait choix d’utiliser la composition pénale. tantôt exclue. Danet et S. L’action civile demeure ouverte sous les formes rappelées cidessus. J. Les mesures proposées sont très diversement variées selon les modèles. laissant ou non place à une individualisation. tantôt le personnel du greffe. assorties ou non de délais pour leur exécution. Selon les modèles. Danet et S. les actes tendant à sa mise en œuvre ou à son exécution interrompent la prescription de l’action publique. est plus ou moins précoce. On peut d’abord sonder l’auteur sur son éventuel intérêt pour une telle proposition afin limiter les refus ultérieurs. mais si une partie des mesures a été exécutée. l’article 41-2 du CPP ne suffit pas à enfermer la composition pénale dans un corset strict qui dessinerait un nouveau rituel spatiotemporel dans notre procédure.196 et J. Les auteurs peuvent être convoqués collectivement pour se voir proposer la composition pénale ou bien être reçus seuls sur rendez-vous par le délégué. La composition pénale peut être proposée sur le lieu de l’infraction s’agissant des CEA ou à la gendarmerie. Les décisions de composition pénales exécutées sont inscrites au seul Bulletin n°1 du casier judiciaire pour une durée de trois années sauf nouvelle condamnation criminelle ou correctionnelle ou composition pénale. L’article 41-2 prévoit comme en cas de refus des propositions la mise en mouvement de l’action publique. mai 2004. Les acteurs sont tantôt les délégués du procureur. Grunvald « Brèves remarques tirées d’une première évaluation de la composition pénale » AJP. p. Dans une salle d’audience ou dans le bureau du membre du parquet. L’harmattan. Les mesures n’ont pas été totalement exécutées.

coll. Desportes et Mme Lazerges-Cousquer l’opinion selon laquelle la CRPC n’est pas un « plaider coupable ». Elle s’en distingue cependant par quatre caractères principaux : . les juridictions ont. instaurer une procédure qui par le rôle nouveau qu’elle confie au parquet et par le fait qu’elle suppose une reconnaissance de culpabilité s’approche beaucoup de la composition pénale. construit des modèles assez différents de composition pénale. (Sur le plaider coupable. Le plaider coupable : la pratique américaine. Ces modèles sont plus ou moins centrés sur un objectif de simplification ou de normalisation tandis qu’au contraire d’autres entendent utiliser cette procédure pour atteindre des objectifs pédagogiques ou de meilleure individualisation des sanctions. Nous partageons avec M. PUF. sur les types de dossiers qui lui seraient dédiés et les mesures qui seraient proposées. En tout cas la dénommer « plaider coupable » ne la rend pas plus lisible aux yeux des justiciables auprès desquels il n’est peut-être pas utile d’entretenir la confusion entre séries télévisuelles américaines et réalité judiciaire française. sur plusieurs tribunaux. II La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou CRPC. Le résultat est tangible. même si pour certains ils relèvent de la sociologie du droit et à ce titre n’entrent pas dans son champ d’étude. du côté de l’exercice des poursuites. au gré de leurs besoins et de leurs contraintes. Ces paramètres qui s’inscrivent aujourd’hui dans les indicateurs quantitatifs d’évaluation des politiques publiques et notamment ceux de la LOLF ne sauraient être ignorées du juriste. on lira I. il était relevé des taux très importants d’acceptation de la composition pénale par les justiciables et des taux d’exécution également très satisfaisants notamment au regard des taux de recouvrements des amendes classiques. Les notes. Cette procédure s’en distingue à beaucoup d’égards et au surplus elle s’inscrit dans un système processuel très différent.74 à l’occasion d’un nouvel entretien. Enfin dans l’étude menée en 2002. le texte français. Des juges du siège prennent connaissance des dossiers avant l’acceptation de la composition par l’auteur et d’autres ne conçoivent même pas qu’il puisse en être ainsi. Papadopoulos. On le voit. Ce qui doit enfin être noté. 2004. Les refus de validation sont rares. c’est d’une part que la mise en œuvre de cette procédure a été précédé dans toutes les juridictions qui l’ont adopté d’une phase de préparation et de discussion entre parquet et siège. La CRPC a été instituée par la loi n°2004-204 du 9 mars 2004 et vient donc. fut-il à la française. ceci afin d’éviter de multiplier les risques de refus de validation.

la CRPC n’est pas applicable aux mineurs (Article 49516 du CPP) et le texte de l’article 495-7 du CPP visant « la personne » qui reconnaît avoir commis un délit. Le procureur peut proposer qu'elle soit assortie en tout ou partie du sursis. Le rapport de la commission Guinchard (proposition n°62) suggérait de faire sauter la limite tenant à la peine d’emprisonnement encourue et de viser tous les délits tout en conservant les exclusions citées ci-dessus. et même si la loi ne le prévoit pas expressément. L’intervention du juge donne ici lieu obligatoirement à une audience. sans autre précision. Selon la circulaire d’application du 2 septembre 2004. les délits de presse. On ne saurait ici confondre le champ d’application de la CRPC (sauf exclusions les délits punis d’amende ou de peines de 5 ans et moins d’emprisonnement) avec les peines susceptibles d’être prononcées dans ce cadre. on doit en déduire que cette procédure peut aussi concerner une personne morale dont le représentant sera convoqué dans les conditions prévues de manière générale à l’article 706-43 du CPP. La voie de l’appel est ouverte contre les décisions d’homologation. dite audience d’homologation. sa durée ne peut être supérieure à un an ni excéder la moitié de la peine d'emprisonnement encourue. elle permettrait aussi de juger les contraventions connexes reprochées à l’auteur du délit. Les trois premiers alinéas de l’article 495-8 du CPP limitent ainsi qu’il suit les peines qui peuvent être proposées à la personne qui reconnaît les faits dans ce cadre processuel : « Le procureur de la République peut proposer à la personne d'exécuter une ou plusieurs des peines principales ou complémentaires encourues .75 Le parquet ne peut déléguer son pouvoir de proposition. Les délits d’homicides involontaires. Les peines prononçables en CRPC. . S’agissant de l’auteur du délit. Il peut également proposer qu'elle fasse l'objet d'une des mesures d'aménagement énumérées par l'article 712-6. La CRPC peut être utilisée pour juger les délits punis à titre de peine principale d’une peine d’amende ou d’une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure à cinq ans. Faisant suite à l’exercice des poursuites. la nature et le quantum de la ou des peines sont déterminés conformément aux dispositions de l'article 132-24 du code pénal. les délits politiques et les délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale sont exclus de son champ (Articles 495-7 et 495-16 du CPP). Lorsqu'est proposée une peine d'emprisonnement. Le champ d’application. la CRPC donne lieu sous réserve d’homologation au prononcé de peines exécutoires et qui peuvent être des peines d’emprisonnement.

la convocation à l’audience du tribunal correctionnel sera caduque. interprétation qui est celle de la circulaire du 2 septembre 2004. « La saisine du tribunal résultant de cette convocation en justice est caduque si la personne accepte la ou les peines proposées et que celles-ci font l'objet d'une ordonnance d'homologation.76 Si le procureur de la République propose une peine d'emprisonnement ferme. le fait d’accéder à la demande de la défense de recourir à une CRPC n’empêche pas le ministère public de conserver sous la réserve énoncée ci-dessus le bénéfice d’un autre mode de poursuite. ou ne fasse perdre à la justice sa célérité. il faudra « reciter » c'est-à-dire délivrer un nouvel acte de poursuite. Alors que les poursuites sont engagées. Afin d’éviter que cette demande ne masque des intentions dilatoires. op. la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures autorise désormais le procureur à saisir le tribunal et à engager une CRPC (Article 49515-1 CPP). » La procédure de CRPC n’échappe donc pas à la nécessaire individualisation des peines. il n’est pas tenu de faire connaître sa décision. son montant ne peut être supérieur à celui de l'amende encourue. accédant à la demande de la défense. par un autre mode. » . l’échec survient à moins de dix jours de l’audience. n°141) les poursuites vers la CRPC. l’audience initialement prévue devant le tribunal correctionnel à la suite d’une citation directe ou d’une convocation en justice pourra se tenir si. mais qui laisse perplexe sur l’égalité des justiciables devant la loi pénale. Soit comme la volonté du législateur de réserver cette procédure à des faits de gravité limitée qui. la CRPC a échoué du fait du refus de l’intéressé ou du refus d’homologuer du juge. mais. on l’a dit dans la précédente leçon. le procureur peut donc choisir de faire « bifurquer » (Desportes et LazergesCousquer. Dans le cas contraire. Soit comme la volonté du législateur de voir prononcées des peines allégées en raison de la reconnaissance des faits. et sur le bien fondé de ce lien posé apriori entre le choix d’une procédure et la peine prononcée. ou même une stratégie de défense et la peine. bien sûr la CRPC est en cours à la date de l’audience prévue ou si elle a abouti. S’il s’y refuse. Elle peut être assortie du sursis. Si. Non seulement. La limitation prévue par le texte aux peines susceptibles d’être prononcées peut s’entendre de deux manières. L’initiative de la procédure et son contexte. L’initiative du recours à la CRPC est réservée au parquet. quel que soit le mode de poursuites ne justifierait pas une peine d’emprisonnement supérieure à un an. mais il peut choisir d’y recourir d’office ou à la demande de l’intéressé ou de son avocat (Article 495-7 et 495-15 CPP). Le délai entre la citation et la comparution doit être respecté et l’existence d’une CRPC en cours durant ce délai risquerait de nuire aux droits de la défense. plus de dix jours avant cette audience. le placement à l'extérieur ou le placement sous surveillance électronique. notamment la semi-liberté. Lorsqu'est proposée une peine d'amende. il précise à la personne s'il entend que cette peine soit immédiatement mise à exécution ou si la personne sera convoquée devant le juge de l'application des peines pour que soient déterminées les modalités de son exécution.cit.

notamment la semi-liberté. Devant le Procureur de la république. la peine proposée pouvait évoluer puisqu’elle recommandait de ne faire figurer au procès verbal que le dernier état de la proposition. Dès cette phase de la procédure. le placement à l'extérieur ou le placement sous surveillance électronique »Article 495-8 CPP). s’il « propose une peine d'emprisonnement ferme ». Comme en matière de comparution immédiate. Sa nouvelle comparution devant le procureur doit alors intervenir dans un délai compris entre dix à vingt jours à compter de la décision du juge des libertés et de la détention. tout en convenant implicitement que de leur dialogue.4 et5 CPP). seul un magistrat du parquet peut proposer la CRPC et il n’est même pas question ici comme la circulaire d’application l’envisageait de faire demander par un OPJ. L’avocat peut consulter le dossier.77 Faut-il alors penser la CRPC comme une forme d’exercice des poursuites alternatif ? Le déroulement de la procédure. à titre exceptionnel. l’enquête sociale est ici obligatoire (Article 41 CPP). ce dernier peut après avoir entendu la proposition du procureur s’entretenir avec son conseil hors la présence du procureur. Répétons-le. Elle comporte deux phases bien distinctes. L’aléa du mode d’exécution de la peine d’emprisonnement ferme est donc également supprimé. le mis en cause dispose d’une information importante : le parquet doit. Mais il s’expose alors à ce que le parquet le présente au juge des libertés et de la détention afin de voir ordonner son placement sous contrôle judicaire ou. En réalité. le prévenu peut demander à bénéficier d’un délai de dix jours pour donner sa réponse (Article 495-8 al. et l’article 132-24 du CP rappelé à l’article 495-8 du CPP. préciser « s'il entend que cette peine soit immédiatement mise à exécution ou si la personne sera convoquée devant le juge de l'application des peines pour que soient déterminées les modalités de son exécution. conduit à devoir les prendre en compte. par exemple en fin de garde à vue et avant le traitement direct à l’intéressé s’il serait susceptible d’accepter une CRPC (ce qui se pratique pour la composition pénale nous l’avons vu). . Pour se déterminer. les praticiens rapportent des pratiques fort différentes sur la teneur du dialogue entre parquet et défense et sa plus ou moins grande proximité avec ce qui serait une négociation. y compris parfois au sein d’un même parquet. son placement en détention provisoire. Bien entendu. Le Conseil d’Etat a par arrêt du 26 avril 2006 annulé sur ce point les dispositions de la circulaire. La circulaire du 2 septembre 2004 semblait exclure toute « négociation » de la peine entre le parquet et la défense. Pour le reste. C’est en sa présence que sont recueillies sur procès-verbal d’une part la reconnaissance des faits qui lui sont reprochés par l’intéressé. d’une part. Enfin. la ou les peines proposées par le magistrat du parquet et l’acceptation ou le refus de l’intéressé. l’assistance d’un avocat est obligatoire (choisi ou commis d’office) (Article 495-8 al.5 du CPP). il peut arriver que la défense apporte aux parquets des éléments de personnalité qui justifient voire imposent de reconsidérer la peine proposée.

N. Préalablement à cette décision binaire. les dispositions contestées ne portent pas atteinte au principe de séparation des autorités chargées de l'action publique et des autorités de jugement . Sa décision qui prend la forme d’une ordonnance. la personnalité de l'intéressé. seul le président du tribunal de grande instance peut homologuer cette proposition .Extrait 107. Comme pour la validation de la composition pénale. en présence de son avocat. 1er avril 2009). qui font valoir qu’elle est contraire à l’esprit même de la procédure (qui repose sur l’acceptation par le prévenu de la peine proposée par le procureur de la République) ». d'une part. doit. C’est ici la vérification de ce que les poursuites sont bien justifiées et de ce que la condition de la CRPC. E. n°1578 A. Blanc. il a en revanche le devoir de vérifier la réalité des faits et leur qualification juridique. reconnaît les faits qui lui sont reprochés et accepte la ou les peines proposées par le procureur de la République. le juge n’a d’autre choix que d’homologuer ou de refuser d’homologuer. quant à elle être motivée par les constatations. est bien remplie.C.(Rapport de M. Encore doit-on signaler qu’à l’occasion de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures. Le Sénat a fait obstacle à cette modification arguant de ce qu’elle était contestée par les magistrats du parquet. que la personne. que. si la peine est proposée par le parquet et acceptée par l'intéressé. qu'il pourra refuser l'homologation s'il estime que la nature des faits. et la reconnaissance libre et sincère de culpabilité de l’intéressé (Article 495-9 du CPP). la reconnaissance des faits. il a été voté par l’Assemblée nationale une disposition par laquelle la possibilité était offerte aux juges du siège de moduler à la baisse la peine proposée par le procureur de la République et acceptée par le prévenu. Décision n°2004-492 du 2 mars 2004) n’a fait que souligner le fait que l’homologation ne saurait être une décision plus ou moins formelle (réserve au considérant n°107 ci-dessous). Décision n°2004-492 du 2 mars 2004. sous cette réserve. la situation de la victime ou les intérêts de la société justifient une audience correctionnelle ordinaire . que. qu'il lui appartient à cet effet de vérifier la qualification juridique des faits et de s'interroger sur la justification de la peine au regard des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur . Une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel (C. .78 La phase d’homologation. Considérant. que cette ou ces peines sont justifiées au regard des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur (Article 495-11 du CPP). d'autre part. C.C. en premier lieu. qu'il ressort de l'économie générale des dispositions contestées que le président du tribunal de grande instance pourra également refuser d'homologuer la peine proposée si les déclarations de la victime apportent un éclairage nouveau sur les conditions dans lesquelles l'infraction a été commise ou sur la personnalité de son auteur .

L’obligation posée par . » Les formes de l’audience d’homologation : publique mais sans présence obligatoire du procureur. Ce feuilleton juridico-législatif qui dura presqu’un an démontre à quel point l’institution de nouvelles procédures n’est pas si aisée. Etats de droit. faire l’objet d’une audience publique. Le législateur avait prévu une audience en chambre du conseil c'est-à-dire sans caractère public. la chambre criminelle estima au contraire qu’en application de l’article 32 du CPP. Dans un avis n° 005 0004 P du 18 avril 2005. Décision n°2004-492 du 2 mars 2004) « le jugement d’une affaire pénale pouvant conduire à une privation de liberté doit. Par une nouvelle circulaire. Le tribunal statue alors sur les seuls intérêts civils. le ministère public devait être présent à cette audience d’homologation qui est une audience d’une juridiction répressive. 2004) que l’audience correctionnelle suscite et auquel la partie civile peut par ces questions participer. au vu du dossier de la procédure qui est versé au débat. Dalloz. coll. Le conseil d’Etat suspendit l’exécution des deux circulaires sur ce point par ordonnances de référé du 11 mai 2005. Danet. Ce qui fait aussi l’une des particularités de la CRPC au regard de la culture judiciaire française. une vraie place dans l’instruction et l’audience de fond de jugement des délits. En fait.79 La place de la victime. le garde des Sceaux maintint sa position estimant même que l’avis de la Cour de cassation ne s’imposait pas aux juridictions. dont elle sera avisée de la date. La vérification du juge de la réalité des faits et de la sincérité de l’aveu n’aura pas grand-chose à voir avec « l’aveu-récit » (sur cette notion. cette question énoncée cidessus sous ses aspects juridiques cachait un problème de pratiques. » L’article 495-9 du CPP modifié par la loi n°2005-847 du 26 juillet 2005 dispose : « la présence du procureur de la République à cette audience [l’audience d’homologation] n'est pas obligatoire ». La loi du 26 juillet 2005 soumise au Conseil constitutionnel fut déclarée conforme à la constitution. Le texte initial était muet. sans participer à la phase pénale du procès qui s’est déroulé devant le procureur. 2éd. Lorsque la victime ne s’est pas constitué partie civile l’article 495-12 du CPP prévoit que « le procureur de la République doit l'informer de son droit de lui demander de citer l'auteur des faits à une audience du tribunal correctionnel statuant conformément aux dispositions du quatrième alinéa de l'article 464. J. Une proposition de loi fut alors déposée aboutissant au vote du texte rappelé ci-dessus.C. La victime peut aussi présenter sa demande par lettre recommandée selon les formes prévues à l’article 420-1 du CPP (Article 495-13 du CPP). Dans sa circulaire du 2 septembre 2004 le garde des Sceaux soutenait que cette présence n’était pas nécessaire. nous renvoyons à nos développements dans « Défendre ». Habituée à tenir et depuis plus longtemps qu’on ne le dit parfois. Le conseil constitutionnel avait censuré cette disposition comme non conforme à la constitution (C. elle se voit réduite ici à présenter sa demande de réparation après homologation d’une peine qui a été proposée et acceptée en amont. pour lui permettre de se constituer partie civile. sauf circonstances particulières nécessitant le huis clos. c’est la place de la victime dans cette procédure. Les pratiques des parquets furent différentes.

si la réunion du tribunal n'est pas possible le jour même. le tribunal correctionnel selon l'une des procédures prévues par l'article 388 ou requiert l'ouverture d'une information. au parquet sur appel incident et à la partie civile. Conclusion . Ce qu’exprime l’adverbe « aussitôt ». sauf appel incident du ministère public. la proposition de peine du procureur et l’homologation de la peine acceptée se suivraient sans délai. Dès le projet de loi qui a institué la CRPC. il avait été prévu que les deux phases. Le législateur a ouvert la voie de l’appel contre les seules ordonnances d’homologation au prévenu. devant le président du tribunal de grande instance ou le juge délégué par lui la personne. le ministère public est présent. sauf élément nouveau. La cour d’appel évoque l’affaire et statue sur le fond et. La loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures a tout en maintenant ce principe ouvert une brèche dans la conception d’une CRPC aux deux phases accolées. elle ne peut aggraver la peine. L’appel. le procureur de la République peut la retenir jusqu'à sa comparution devant le tribunal correctionnel ou le juge d'instruction. qui doit avoir lieu le jour même. L’exigence faite au parquet d’être présent à ces audiences d’homologation aboutissait à faire de la CRPC une audience « chronophage » là où les parquets et le ministère de la justice avaient espérer des gains de temps. » L’homologation pourra donc désormais intervenir dans le mois suivant la proposition et l’acceptation de la peine. Il n’est pas suspensif. saisi d'une requête en homologation. il est fait application des dispositions de l'article 396.80 l’article 495-9 de présenter « aussitôt » l’acceptation de la peine. les poursuites sont reprises ou se poursuivent sur les convocations déjà effectuées sous les réserves visées ci-dessus. le procureur de la République saisit. elle peut être convoquée devant le président du tribunal de grande instance ou le juge délégué par lui dans un délai inférieur ou égal à un mois. comme en cas de refus d’homologation. L’article 495-12 prévoit alors : « Lorsque la personne déclare ne pas accepter la ou les peines proposées ou que le président du tribunal de grande instance ou son délégué rend une ordonnance de refus d'homologation. La CRPC devait être une procédure rapide. Articulation des deux phases. la personne concernée obligeait et oblige le plus souvent à faire tenir par le siège des audiences d’homologation qui sont différentes des audiences pénales à juge unique auxquelles par principe. Lorsque la personne avait été déférée devant lui en application des dispositions de l'article 393. Les dispositions du présent alinéa sont applicables y compris si la personne avait demandé à bénéficier d'un délai et avait été placée en détention provisoire en application des dispositions des articles 495-8 et 495-10. En cas de refus par l’intéressé de la peine prononcée. conformément aux dispositions de l'article 395 . Les suites d’un échec. Elle a ajouté au premier alinéa de l’article 465-9 du CPP la phrase suivante : « Si la personne n'est pas détenue.

Il va de soi que les modifications qui pourraient intervenir sur la question du champ d’application de ces procédures donneront des indications importantes sur la manière selon laquelle. Elles ont suscitées de fortes réticences.81 La composition pénale et la CRPC sont encore bien trop récentes pour que l’on puisse tirer un bilan définitif de leur acclimatation à la procédure pénale française. à l’avenir leur concurrence se développera et sur les usages respectifs qu’en feront les juridictions à supposer sur ce plan qu’une certaine uniformité se fasse jour ce qui en l’état est loin d’être acquis. . La CRPC plus « garantiste » que la composition pénale et bien plus encore que l’OP délictuelle est celle des trois procédures qui paradoxalement aura suscité le plus de défiance de la part de la défense. La fréquence pour l’une et l’autre des modifications législatives intervenues depuis leur création témoigne de certains tâtonnements mais aussi de la volonté de les adapter autant que nécessaires aux besoins de procédures rapides. Elles sont incontestablement en concurrence avec les autres modes de poursuite et notamment avec l’ordonnance pénale délictuelle.

Par souci de simplicité. p. Autant dire que cette leçon n’a d’autre prétention que de présenter les notions de base permettant à l’étudiant d’en comprendre les lignes de force. 4éd. 7. la durée moyenne est passée de 17. Dans les affaires terminées en 2006. en 2006.2 mois. Si on peut penser que la complexité des affaires instruites s’accroît. Dictionnaire de droit pénal général et procédure pénale.5 mois à 23.000 mises en examen. L’instruction est peut-être à la veille d’une réforme qui bousculera le paysage de notre procédure pénale si le choix de supprimer la fonction de juge d’instruction se confirmait. La durée moyenne des instructions pour autant progresse de manière continue. on compte un dossier dans lequel l’infraction principale est qualifiée crime pour trois dans lesquels elle est qualifiée délit. Nous avons réservé pour les deux leçons qui suivent d’une part l’étude des restrictions et privations de liberté qui peuvent être mises en œuvre en cours d’instruction et d’autre part l’étude des nullités qui peuvent affecter enquête et instruction. on emploiera dans cette leçon indifféremment les notions d’instruction ou d’information. Quelques données statistiques extraites de l’annuaire statistique de la justice 2008 Il existe 609 postes budgétaires de juge d’instruction.781 se terminent par des non-lieux. appelée instruction d’audience. La notion d’instruction « préparatoire » sert à distinguer cette phase du procès de l’instruction qui sera menée à l’audience de jugement. Au réquisitoire introductif. une progression plus forte (de 20.141). Beziz-Ayache. L’effectif stagne depuis 2004. ellipses. les qualifications « crimes » ont augmenté de 2002 à 2005 et baissent en 2006 (8.6 mois). La courbe du nombre des mises en examen suit celles du nombre d’instruction en légère décrue. L’étude des dispositions relatives à l’instruction telles que nous les connaissons aujourd’hui pourrait justifier un cours complet à elle seule. Avec en matière de crimes. Cette phase est le plus souvent appelée instruction ou instruction préparatoire ». Le nombre des affaires terminées est passé en 2006 en dessous de son niveau de 2002.82 4 L’information ou instruction préparatoire « L’information est la phase de la procédure au cours de laquelle le juge d’instruction recherche s’il existe des charges permettant de renvoyer un individu devant une juridiction de jugement. Et pour 10.111) tandis que les qualifications « délits » baissent elles aussi légèrement mais depuis trois ans déjà (de près de 27.7 mois à 20. on a dénombré 49.936). ce n’est semble-t-il pas en raison du nombre de personnes impliquées.374 mises en examen pour des infractions principales qualifiées . car le nombre de mises en examen par affaire au réquisitoire introductif est très stable : dans trois cas sur quatre. En cinq ans.796 affaires sans mise en examen au réquisitoire introductif.000 à 24. Pour 11. En chiffres absolus. on a zéro ou une mise en examen. (A.

100 mises en examens dans les affaires terminées en 2006). La loi n ° 2009-526 du 12 mai 2009 a reporté l’entrée en vigueur de la collégialité au 1er janvier 2011. évidemment. Parce que le juge d’instruction ne saurait s’autosaisir (Article 80 du CPP). Les mis en examen sont des hommes à 88%. Enfin. semble assez stable (entre 31% de renvois aux assises en 2002 et 29% de renvois en 2006). La loi n° 2007-291 du 5 mars 2007 a modifié assez profondément les règles de l’ouverture de l’information en créant des pôles de l’instruction. ce qui ne préjuge pas de la réforme de la procédure pénale qui pourrait intervenir d’ici là. Ce dispositif est entré en vigueur le 1er mars 2008. le réquisitoire doit obligatoirement déterminer les faits . Le réquisitoire introductif ou « réquisitoire à fin d’informer » est l’acte par lequel le procureur de la république demande à un juge d’instruction d’informer sur des faits. soit plus probablement à une pratique de correctionnalisation massive. En tout cas. seuls compétents pour connaître des crimes et des affaires faisant l’objet d’une cosaisine en raison de leur gravité ou de leur complexité (Article 52-1 du CPP). soit à un phénomène de surqualification à l’ouverture de l’information.400 sur 49. le réquisitoire introductif doit être.290 transmissions aux cours d’assises majeurs ou mineurs ce qui renvoie. âgés de moins de trente ans à 51.760 pour des délits).6%. la création des pôles de l’instruction a modifié sensiblement les règles relatives à la saisine initiale du juge d’instruction et à la désignation du juge. signé et daté à peine de nullité ce qui implique qu’il soit écrit. Trois mis en examen sur quatre sont renvoyés devant le tribunal correctionnel (37. on a. le choix du juge ne se pose pas. selon la jurisprudence.83 crimes au réquisitoire introductif (et 37. Il devait être transitoire jusqu’au 1er janvier 2010 date à laquelle la loi prévoyait l’instauration de la collégialité pour instruire dans toutes les informations. Extrait de « Bref commentaire de quelques chiffres de l’annuaire 2008 » AJ pénal juin 2009 I L’ouverture de l’information. L’ouverture d’une information à l’initiative du ministère public pose en effet deux questions simples : comment le ministère public ouvre-t-il l’information ? Et comment le juge d’instruction est-il désigné ? Cette dernière question supposant que dans une juridiction. 3. il existe plusieurs juges d’instruction car. en décision de clôture. Les nonlieux pour article 122-1 du code pénal (irresponsabilité pour trouble mental) diminuent encore et passent sous la barre des 200 par an. La différence entre la qualification au réquisitoire introductif et le renvoi. et étrangers à proportion de 14%. sinon. Pour la même raison. il faut rappeler ici les conditions dans lesquelles la plainte avec constitution de partie civile va provoquer l’ouverture d’une information. en chiffres relatifs.

L’ouverture d’une information peut aussi survenir à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile. les faits ne peuvent légalement comporter une poursuite ou si. que les faits dénoncés par la partie civile n'ont pas été commis »(Article 86 al. alinéa 1er du CPP : « Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut en portant plainte se constituer partie civile devant le juge d'instruction compétent… » et l’article 86 du CPP dispose quant à lui que « le juge d'instruction ordonne communication de la plainte au procureur de la République pour que ce magistrat prenne ses réquisitions ». la partie civile a ainsi pu mettre en mouvement l’action publique et sa plainte avec constitution de partie civile produit les mêmes effets que le réquisitoire .2 du CPP). si la plainte ne lui semble pas suffisamment motivée ou justifiée. « dans le cas où il est établi de façon manifeste. L’auteur du réquisitoire introductif. La désignation d’une personne au réquisitoire introductif suppose que. le cas échéant au vu des investigations qui ont pu être réalisées à la suite du dépôt de la plainte ou en application du troisième alinéa. Il le fera le plus souvent par référence aux pièces jointes (procès-verbaux d’enquête préliminaire ou de flagrance ou une dénonciation par exemple) mais l’acte en lui-même mentionne les qualifications retenues en l’état par le parquet et les textes d’incrimination applicables. Des dispositions règlementaires organisent cette compétence concurrente et le règlement des difficultés qu’elle peut susciter. La loi du 5 mars 2007 a ajouté la possibilité pour le parquet de prendre dès ce stade des réquisitions de non-lieu. Mais la désignation d’un individu ou d’une personne morale dans le réquisitoire introductif ne s’impose pas au parquet. « pour des causes affectant l'action publique elle-même. ils ne peuvent admettre aucune qualification pénale ».84 dont il entend saisir le juge d’instruction. Le procureur peut demander au juge d’instruction. c'est-à-dire tendant à ce qu’il n’y ait pas lieu à poursuivre. de l’avis du parquet. il existe à son encontre des indices graves ou concordants rendant possibles sa mise en examen et cette appréciation aura ultérieurement quelques conséquences en termes de droits de la défense. A quel procureur revient-il de prendre le réquisitoire introductif lorsque l’affaire relève de la compétence d’un pôle ? L’article 80 II du CPP prévoit comme en matière d’enquête la compétence concurrente du procureur territorialement compétent au regard des dispositions de droit commun de l’article 43 du CPP et celle du procureur près le tribunal pourvu d’un pôle. d’entendre la partie civile ou l’inviter à produire tout pièces utiles à l’appui de sa plainte mais il ne peut ensuite prendre des réquisitions de non informer que si. Hors ces hypothèses.4). On parlera dans le second cas de « réquisitoire contre X ». « Le réquisitoire peut être pris contre personne dénommée ou non dénommée » (Article 80 al. Article 85. à supposer ces faits démontrés.

Ce droit accordé à la partie civile. Mais si elle les nomme. voire. La loi n°2007-291 du 5 mars 2007 a cependant institué une condition préalable en matière délictuelle. selon la jurisprudence. le cas est rare. La désignation du juge d’instruction. . d’une déclaration orale dont le juge fera dresser procès-verbal par son greffe. aux termes de la loi. elle n’a pas obligation de désigner les personnes soupçonnées d’être les auteurs de ces faits. il n’y a pas lieu à cosaisine. bien entendu. emporter la désignation de juges situés dans un pôle d’instruction (Articles 80 II et 118 du CPP). Formellement la plainte peut prendre la forme d’une simple lettre. Le plus simple pour présenter la situation à laquelle on aboutit est de distinguer deux séries de cas : 1) La désignation d’un seul juge d’instruction est possible. Comme le réquisitoire introductif. contre-pouvoir important au pouvoir d’apprécier l’opportunité des poursuites donné au parquet. contenir la manifestation non équivoque de ce que son auteur entend se constituer partie civile. doit lui-même être encadré et il l’est notamment par le mécanisme de la consignation : la partie civile qui met en mouvement l’action publique et qui ne bénéficie pas de l’aide juridictionnelle voit mettre à sa charge la consignation d’une certaine somme d’argent en garantie du paiement de l'amende civile susceptible d'être prononcée à sa charge au titre d’une procédure abusive ou dilatoire (article 88 à 88-2 et177-2 du CPP). celles-ci pourront bénéficier du statut de témoin assisté (Voir infra) (Article 113-2 du CPP). cosaisine qui doit. Le parquet en effet ne prend pas en cette hypothèse un réquisitoire introductif mais des réquisitions aux fins d’informer.85 introductif. (sauf matière électorale ou de presse) à la recevabilité des plaintes avec constitution de partie civile : elles ne sont plus recevables qu’après notification d’une décision du parquet de ne pas poursuivre ou si trois mois se sont écoulés depuis le dépôt de plainte simple sans que des poursuites aient été engagées par le parquet (Article 85 al. mais elle doit en revanche. et il n’est pas nécessaire qu’elle leur donne des qualifications juridiques ou vise les textes d’incrimination. Cette question s’est évidemment compliquée d’une part du fait de la création des 91 pôles de l’instruction (Article 52-1 du CPP) dont les juges sont seuls compétents pour connaître des dossiers criminels (en cosaisine ou pas) et d’autre part de l’élargissement des cas de cosaisine.2 du CPP). Elle doit préciser les faits qui vont délimiter la saisine du juge mais non rapporter leur preuve.

soit par avance en établissant un « tableau de roulement » qui désigne un juge pour instruire les affaires donnant lieu à réquisitoire introductif durant telle période. l'information peut faire l'objet d'une cosaisine selon les modalités prévues par le présent article ». Nota bene : en matière criminelle. sauf en matière criminelle. La désignation du juge d’instruction est également confiée au Président du TGI (Article 83 al. 1 du CPP). Soit sur réquisitions du ministère public (celui de son tribunal ou d’un tribunal dépourvu de pôle estimant la cosaisine souhaitable). par hypothèse. Le dossier est alors transmis pour désignation d’un juge du pôle compétent territorialement. - 2éme cas La cosaisine est décidée en cours d’information. il n’y a pas de pôle. Elle est décidée par le président du Tribunal. pour ordonner une mise en liberté d'office et pour rendre l'avis de fin d'information prévu par l'article 175 et l'ordonnance de règlement. » - 1er cas La cosaisine est décidée en ouverture d’information. cet avis et cette ordonnance peuvent être cosignés par le ou les juges d'instruction cosaisis. Il y procède soit dossier par dossier à leur réception. le juge d'instruction chargé de l'information coordonne le déroulement de celle-ci.1 CPP) « Lorsque la gravité ou la complexité de l'affaire le justifie.86 . Toutefois. (Article 83-1) Rappel : les cas de cosaisine sa désignation et son effet. ce dispositif est nécessairement mis en œuvre par le président d’un TGI doté d’un pôle. car celle-ci relève de la compétence d’un juge d’instruction d’un pôle. . 2) Il y a lieu à cosaisine. s’il n’existe qu’un seul juge dans ce TGI.s’il n’existe qu’un seul juge d’instruction dans le TGI : il est évidemment désigné. siège du pôle Soit d’office. Définition de la cosaisine : un ou plusieurs juges d’instruction sont adjoints à celui qui est chargé de l’information. . Article 83-1 al.s’il existe plusieurs juges d’instruction dans le TGI (avec ou sans pôle). Article 83-2 du CPP : « En cas de cosaisine. Ce n’est pas une collégialité. Il a seul qualité pour saisir le juge des libertés et de la détention. or.

26 février 2008 N° de pourvoi: 07-87865 Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que le juge d'instruction a rendu. le 13 novembre 2006. 178. avisé le 12 mars 2007. Soit à la demande du juge chargé de l’information Soit avec l’accord de ce juge. sur réquisitions du ministère public ou sur requête des parties privées. de vérifier en outre que la cosaisine « est indispensable à la manifestation de la vérité et à la bonne administration de la justice » (Article 83-1 al. 2 et 83-2 dernier alinéa du CPP) sauf si toutes les dispositions légales ont été éludées (Crim.87 Elle est décidée par le président du Tribunal siège d’un pôle. Le juge alors véritablement dessaisi envoie son dossier aux juges désignés (Article D31-1 du CPP). le 26 mars 2007. d'autre part... 181.4 du CPP). compétente en ce cas. Si l’information est ouverte dans un TGI sans pôle. il appartient à la chambre de l’instruction. Attendu que Joël X. le Président de la chambre de l’instruction ou la Chambre saisie par lui tranchent. Mais sur le second moyen de cassation. d'une part. de ce qu'une empreinte génétique relevée lors de l'enquête appartenait à Joël X.. 188 à 190. 6 de la Convention européenne des droits . mis en examen le 11 mai 2007. 83. La désignation du juge d’instruction est une mesure d’administration judiciaire non susceptibles de recours (Articles 83 al. puis le président du pôle désigne au sein de celui-ci le juge chargé de l’instruction et le ou les juges adjoints. 591 à 593 du code de procédure pénale. a délivré. le juge d'instruction n'a pas été régulièrement désigné dans les conditions prévues par l'article 83 du code de procédure pénale . Crim.. 80. une ordonnance de mise en accusation de trois personnes devant la cour d'assises des mineurs et de renvoi d'une quatrième devant le tribunal correctionnel . En cas de refus de la cosaisine par le président ou de silence pendant un mois suite à la demande qui lui a été présentée ou si le juge en charge de l’instruction refuse la cosaisine. 175.. L’opération est complexe et se déroule en plusieurs temps : le juge initialement saisi se « dessaisit au profit du pôle » et adresse à ce pôle la copie du dossier. 26 février 2008. n°51) en encadré ci-dessous. 81. pris de la violation des articles préliminaire. que le procureur de la République. B. On notera que si l’information est ouverte dans un tribunal sans pôle.. 177. a excipé de la nullité de la procédure en faisant valoir que. 179. le réquisitoire aurait dû être pris sur le seul fondement de l'article 80 du code de procédure pénale et que. il y a donc lieu à dessaisissement de la juridiction saisie au profit de la juridiction siège du pôle territorialement compétent (une cosaisine n’étant possible qu’au siège d’un pôle). un réquisitoire de réouverture de l'information sur charges nouvelles et requis "qu'il plaise à Madame le juge d'instruction rouvrir le dossier d'information n° 1/04/53" .

concernant la compétence. seul le président du tribunal ou. "aux motifs qu"en procédant conformément aux dispositions des articles 188 à 190 du code de procédure pénale le procureur de la République a cependant éludé l'application des dispositions de l'article 83 du code de procédure pénale relatives à la désignation du juge d'instruction par le président du tribunal . y compris la mise en examen de Joël X. que. pour les besoins du raisonnement. 175. ces règles. il est en revanche fondé à soulever l'incompétence du juge d'instruction qui. la chambre de l'instruction a violé les articles 83. après . et consacré l'excès de pouvoir du juge d'instruction . accomplis dans le cadre de la poursuite d'une information close. et ordonné le retour de la procédure au juge d'instruction . 179 et 181 du code de procédure pénale. les pouvoirs que détient le juge d'instruction en vertu de l'article 81 dudit code ne lui permettent de procéder à des actes d'instruction que s'il a été régulièrement saisi en application de l'article 80 du même code . excès de pouvoir . qu'en refusant d'annuler l'ensemble des actes accomplis par le magistrat instructeur après avoir constaté qu'il avait instruit dans la même procédure dont il avait pourtant été définitivement dessaisi sans avoir été ressaisi pour poursuivre cette information. manque de base légale. sur les réquisitions du procureur de la République. l'arrêt. notamment. distincte de la précédente. a compétence pour désigner. des dispositions d'ordre public telles la compétence ou l'organisation des juridictions avaient été méconnues . bien qu'il n'ait pas le pouvoir de le faire au regard d'un réquisitoire qualifié "d'introductif". en recourant à la procédure des articles 188 à 190 du code de procédure pénale. en cas d'empêchement. et en ordonnant de surcroît le retour de la procédure à ce même juge d'instruction incompétent. lorsqu'il existe dans un tribunal plusieurs juges d'instruction. le magistrat qui le remplace. non désigné et n'a. rend une ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement. une fois encore. ce qui lui interdisait de rouvrir l'information close et de la poursuivre . qu'en décidant du contraire. "4°) alors que. lorsque l'information ne peut être réouverte pour charges nouvelles en application des articles 188 à 190 code de procédure pénale. que le réquisitoire du 26 mars 2007 ait pu être valablement qualifié de "réquisitoire introductif" par l'arrêt attaqué. la chambre de l'instruction n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations et a. "2°) alors que. le 11 mai 2007 et son interrogatoire du 13 juin 2007. pas instruit sur le fondement d'un réquisitoire introductif aux fins d'ouverture d'une nouvelle information. "1°) alors qu'il résulte des règles posées par les articles 175 et suivants du code de procédure pénale que le juge d'instruction qui. qu'en rejetant la requête aux fins d'annulation après avoir pourtant constaté que le juge d'instruction avait poursuivi une information définitivement clôturée. qu'il s'ensuit que les parties ne peuvent se plaindre de l'absence de désignation du juge d'instruction . que tel n'est pas le cas en l'espèce . qu'une nullité pourrait cependant être encourue si.. néanmoins. rouvre une précédente information dont il a été totalement dessaisi par une ordonnance de renvoi devant une juridiction de jugement devenue définitive et commet ainsi un excès de pouvoir . Attendu que. le juge d'instruction de Chartres saisi par l'acte du 26 mars 2007 est celui-là même qui aurait été compétent en vertu de l'article 52 du code de procédure pénale si un réquisitoire à fin d'informer avait été délivré au visa de l'article 80 du même code" . "3°) alors que. la chambre de l'instruction a également violé les articles précités . en l'absence de tout acte de désignation. "en ce que l'arrêt attaqué a refusé d'annuler l'ensemble des actes accomplis par le juge d'instruction et tous les actes subséquents. 181 et 188 à 190 du code de procédure pénale . 179. été saisi que d'une nouvelle information. alinéa 1. Vu l'article 83 du code de procédure pénale . la chambre de l'instruction a violé les articles 175.qu'en validant les actes du juge d'instruction. violé les articles susvisés . si le mis en examen ne peut contester le mode de désignation d'un juge d'instruction par le président du tribunal ou son remplaçant tel que prévu à l'article 83. lequel était dessaisi. défaut de motifs. que le dernier alinéa de l'article 83 du code de procédure pénale dispose que les désignations sont des mesures d'administration judiciaire . en toute hypothèse. qui constitue un acte d'administration judiciaire. que la cassation aura lieu sans renvoi . le juge d'instruction n'a.. Attendu qu'il résulte de ce texte que. du code de procédure pénale. que la cassation interviendra sans renvoi" . pour écarter l'argumentation du demandeur et dire la procédure régulière. ne sont plus d'ordre public . au surplus. contrairement à ce que soutient le demandeur. le juge qui en sera chargé . même en admettant. que.88 de l'homme. est définitivement dessaisi de l'ensemble de la procédure dans laquelle il ne peut plus accomplir valablement d'acte . pour chaque information.

la chambre de l'instruction a méconnu le sens et la portée du texte susvisé et du principe ci-dessus énoncé . L’extension de la saisine en cours d’information. 202 al 1 du CPP leur permet d’étendre les poursuites par requalification ou mise en examen complémentaire à tous les faits qui « résultent de la procédure » au delà de ceux qui sont dans l’acte de saisine ou ses annexes (par exemple des PV arrivés depuis le dernier réquisitoire supplétif). Mais attendu qu'en se déterminant ainsi. La saisine in rem. op. le procureur de la République s'est substitué au président du tribunal en désignant le juge chargé d'instruire. quant à elles. les parties ne peuvent se plaindre de l'absence de désignation du juge d'instruction . n°147). Guinchard et Buisson. En revanche. le procureur de la République a éludé les dispositions de l'article 83 du même code relatives à la désignation du juge d'instruction par le président du tribunal. le dernier alinéa dudit article disposant que les désignations sont des mesures d'administration judiciaire.1 du CPP à la suite de la loi du 15 juin 2000. Quels sont les faits qui sont inclus dans la saisine ? Initialement.89 avoir énoncé qu'en procédant conformément aux dispositions des articles 188 à 190 du code de procédure pénale. le juge d’instruction a obligation d’instruire et d’instruire à charge et à décharge comme le rappelle l’article 81 al. Cette précision législative traduit assez bien le malaise qui depuis plusieurs années a touché l’institution qu’est le juge d’instruction. la séparation des autorités de poursuite et d’instruction constitue un principe fondamental (Voir cependant sur la relativité de ce principe. Les chambres de l’instruction peuvent. documents versés par la partie civile). D'où il suit que la cassation est encourue . . aller plus loin et l’art. si elle est possible suit des règles précises. c’est le principe de la saisine in rem. C’est de ce principe que découle la prohibition de l’auto saisine du juge d’instruction. II L’étendue de la saisine du juge. Il peut sans difficulté instruire contre eux et contre « tous autres qui viendraient à être découverts et qui seraient auteurs ou complices ». pourvu qu’elle respecte les droits de la défense. retient que. L’essentiel. alors qu'en prenant un réquisitoire visant à tort les articles 188 à 190 du code de procédure pénale. Le juge est saisi des faits qui figurent dans sa saisine et pas d’autres faits. Cette prohibition a pour conséquence que le juge d’instruction ne peut instruire que sur les faits dont il est saisi. ceux qui sont visés au réquisitoire introductif ou dans la plainte avec constitution de partie civile et clairement énoncés. cit. Il a pu être saisi de faits par un réquisitoire contre une personne dénommée et découvrir que celui qui était visé par ce réquisitoire avait des complices ou coauteurs. et ceux qui sont visés dans les documents qui leur sont annexés (les PV d’une enquête préliminaire ou de flagrance. sa saisine n’est pas limitée. S’agissant des personnes. Cela veut dire aussi qu’il est saisi des faits et non pas des personnes. Dans notre procédure.

L’évidence est telle qu’aucun texte ne l’énonce. il a à sa disposition tout l’éventail de l’orientation pénale. Bref. comment le juge peut-il obtenir l’extension de sa saisine? Il communique aussitôt au parquet (Art. le juge. Bull. saisi de faits de viol et de corruption de mineur. et le tout dans des vérifications sommaires ce qui exclut les actes coercitifs (garde à vue. op. 80 alinéa 3) les plaintes ou PV qui les constatent. La correctionnalisation est une forme d’exception à cette règle. la chambre criminelle relevant toutefois les erreurs manifestes d’appréciation (voir sur ce point Desportes et Lazerges-Cousquer. n°260). par la nécessité de donner la possibilité de permettre au procureur d’apprécier l’opportunité de prendre un réquisitoire supplétif sur les faits nouveaux. Le juge est en revanche libre de qualifier ces faits (sauf exception : délits de presse) et donc de procéder à leur requalification. ne peut mettre en examen la compagne du mis en examen pour abstention volontaire d’empêcher un crime alors que le juge n’est pas saisi de ces faits). 81 al 1 L’obligation d’informer ne fut jamais discutée lorsque le juge d’instruction est saisi par le parquet. n°1697).17 juillet 1984. 80 al. sa saisine se trouve donc élargie aux faits qu’il vise. Lorsque la saisine provient de . Obligation d’informer à charge et à décharge Art. Quelles solutions pour le parquet lorsqu’il est saisi par le juge de faits nouveaux et que ce dernier souhaite se voir délivrer un réquisitoire supplétif qui étende sa saisine ? (Art. Mais s’il a reçu par auditions. Lorsqu’il découvre des faits nouveaux. Le juge peut instruire sur les circonstances aggravantes des faits même si elles n’ont pas été visées. n°95-84041). cit. soit requérir l’ouverture d’une information distincte. ou s’il les a découverts lors d’investigations. 10 mai 2001. Crim 6 février 1996. Les actes d’information qui seraient accomplis par le juge à propos de faits non compris dans sa saisine seraient nuls. soit saisir la juridiction de jugement ou procéder à l’une des mesures alternatives des articles 41-1 à 41-3. perquisition et saisies) (parmi de nombreux arrêts. étant rappelé qu’il a le devoir de rechercher toutes les qualifications possibles et de retenir chaque fait « sous la plus haute acception pénale dont il est susceptible » (Crim. La détermination de l’étendue de la saisine du juge quant aux faits donne lieu à un contentieux qui relève de l’appréciation souveraine des chambres de l’instruction. ces informations sur les faits nouveaux. ou encore transmettre les pièces à son collègue territorialement compétent. soit ordonner une enquête.90 Ajoutons que le visa des faits au réquisitoire et leurs qualifications pénales matérialisent les faits dont le juge d’instruction est saisi (Crim. Si le juge reçoit du parquet un réquisitoire supplétif. jusqu’où alors peut-il aller dans ce recueil sans sortir de sa saisine ? Les actes et investigations peuvent se justifier par l’urgence. 3 du CPP): il peut soit faire droit à sa demande et requérir au juge d’informer (réquisitoire supplétif).

Avant la loi du 5 mars 2007. pour des causes affectant l'action publique elle-même. pourvoi n°0884521). 1906. la Chambre criminelle estimait que « le seul examen abstrait de la plainte » ne pouvait suffire à justifier un refus d’informer (pour un arrêt récent. La loi du 15 juin 2000 a quant à elle inscrit à l’article 81 du CPP l’obligation pour le juge d’instruire à charge et à décharge. et ce malgré une jurisprudence incertaine.3 mars 2009. à l’article 86 al. que les faits dénoncés par la partie civile n'ont pas été commis. Elle est formulée aujourd’hui. Bull. Et on doit en déduire que le juge ne peut pas refuser d’informer dans les cas où le parquet ne peut prendre de telles réquisitions. le cas échéant au vu des investigations qui ont pu être réalisées à la suite du dépôt de la plainte ou en application du troisième alinéa. les faits ne peuvent légalement comporter une poursuite ou si. cit. . ils ne peuvent admettre aucune qualification pénale. 8 déc. bien maladroitement.4 du CPP. il doit statuer par une ordonnance motivée. Le procureur de la République ne peut saisir le juge d'instruction de réquisitions de non informer que si. n°185). Article 86 al. le législateur de 2007 modifie ainsi la portée de l’obligation d’informer (Crim.207). n°1647. 1907. elle n’est plus discutée depuis l’arrêt Laurent Athalin (Crim. Crim. III Les parties à l’information. 1 p. Le procureur de la République peut également prendre des réquisitions de non-lieu dans le cas où il est établi de façon manifeste. En permettant au parquet de prendre ab initio des réquisitions de non-lieu ouvrant donc au juge la possibilité des les suivre et de se dispenser d’instruire. D. 20 juin 2006. Desportes et LazergesCousquer. De nombreux auteurs (Guinchard et Buisson. op. n°1706) estiment que le refus d’informer doit aussi pouvoir être opposé par le juge en cas de réquisitoire introductif du parquet.91 la plainte avec constitution de partie civile. à supposer ces faits démontrés. Dans le cas où le juge d'instruction passe outre. L’obligation d’informer devait prendre la forme d’actes d’instruction.4 du CPP cité plus haut qui énonce les conditions sous lesquelles le parquet peut prendre des réquisitions de refus d’informer.

»(Article 82 al. De nombreux textes imposent au juge d’instruction de solliciter ses réquisitions notamment en matière de détention provisoire ou de contrôle judiciaire.92 L’essentiel. Il convient alors de se reporter aux dispositions relatives à l’enquête.2 du CPP). La notion de « personne mise en cause » est une notion doctrinale sous laquelle on entend désigner les deux statuts processuels de « personne mise en examen » et de « témoin assisté ». Parce que le mis en examen et la partie civile se sont vus à bien des égards accordés les mêmes droits et qu’ils ne sont pas sur un pied d’égalité avec le parquet. Il peut encore demander l’annulation d’un acte d’information (Articles 170 et 173. peut vouloir être avisé des interrogatoires et confrontations (article 119 du CPP) et est avisé par les OPJ des commissions rogatoires qui leur sont confiées (Article 151 CPP). Si le témoin assisté n’est pas considéré comme partie à la procédure. pour contraindre un témoin à comparaître. 2 du CPP). partie à la procédure ce qui n’empêche pas qu’il dispose des droits accordés au gardé à vue. il n’en dispose pas moins de droits qui sont allés se renforçant au fil des réformes. Par ailleurs. En un mot. al. Le procureur de la République est une partie nécessaire au procès disposant de droits spécifiques. Il peut interjeter appel de toute ordonnance du juge (Article 185 du CPP) et à cet égard soulignons déjà que son droit est plus étendu que celui des parties privées (voir infra). il est un interlocuteur permanent du juge d’instruction. Le procureur peut aussi prendre l’initiative de réquisitions et à tout moment « requérir du magistrat instructeur tous actes lui paraissant utiles à la manifestation de la vérité et toutes mesures de sûreté nécessaires. Comme le détenu. Ce suspect qui peut dans le cadre d’une commission rogatoire être placé en garde à vue n’est pas non plus. délivrer un mandat d’arrêt ou en matière de criminalité organisée pour décider une infiltration ou une sonorisation. il peut saisir directement la chambre de l’instruction s’il n’est pas répondu par le juge à une demande de mise en liberté (Article 148 du CPP) et. .1 du CPP). Le simple témoin n’est pas partie à la procédure. à ce stade. l’habitude a été prise de les désigner sous l’expression « parties privées » par opposition au ministère public. en cours d’information. Le procureur de la République. Il a un droit de regard permanent sur la procédure qu’il peut se faire communiquer en permanence (Article 82 al. une personne peut être soupçonnée. saisir le président chambre de l’instruction d’une demande d’examen de l’ensemble de la procédure lorsqu’ une détention provisoire dure depuis plus de trois mois et que la fin de l’instruction n’est pas annoncée (Article 221-3 du CPP). depuis la loi du 5 mars 2007. Il doit être avisé des transports sur les lieux.

Une personne déférée au juge à la fin d’une garde à vue ou après exécution d’un mandat d’arrêt ou d’amener ne peut être mise en examen que dans le cadre de ce qu’on appelle « une première comparution ». et recueil de ses observations. et .93 La personne « mise en examen ». se doit d’être précisément encadrée. Les indices graves ou concordants la rendent possibles mais non obligatoires. Elle l’est aujourd’hui par le contentieux de l’annulation qui permet à la personne mise en examen de contester l’existence des indices (article 80-1 et 174-1 du CPP) mais aussi depuis la loi du 5 mars 2007 par le contentieux de l’appel. Le réquisitoire nominatif n’emporte pas et surtout ne vaut pas mise en examen. La mise en examen ne pourra être prononcée qu’après notification des charges. Créatrice de droit mais tout aussi stigmatisante que l’était la notion d’inculpé. Saisi in rem et non in personam. Si le juge ne prononce pas la mise en examen. La mise en examen ne saurait être prématurée et les indices doivent être « graves ou concordants » au sens d’un seul indice grave ou de plusieurs indices concordants (article 80-1 du CPP). la personne bénéficie des droits du témoin assisté. comme auteur ou comme complice. les indices graves et concordants n’interdisent qu’une audition en qualité de témoin mais permettent toutes autres sortes d’investigations et même le placement en garde à vue pourvu qu’il ne donne pas lieu à audition. la mise en examen parce qu’elle mine la présomption d’innocence (l’affirmation par un juge du siège de l’existence d’indices). De même que cette convocation. En cas de mise en examen.1er du CPP). Par la phase de mis en examen. La « première comparution » peut aussi faire suite à une convocation à cette fin (Article 80-2 du CPP). Seul un juge d’instruction (celui qui est en charge du dossier ou l’un de ses collègues délégataire du premier) peut mettre en examen. le déroulement de la première comparution est très précisément organisé par l’article 116 du CPP.1er du CPP ouvre au témoin assisté la possibilité de demander sa mise en examen qui est alors de droit. La mise en examen parce qu’elle ouvre des droits ne saurait être tardive et l’existence d’indices « graves et concordants » si elle n’oblige pas le juge à une mise en examen immédiate l’empêche en tout cas d’entendre ou faire entendre la personne en cause comme simple témoin (Article 105 du CPP). Mais elle peut être entendue comme témoin assisté. c’est donc à lui d’informer l’intéressé des accusations portées contre lui et ceci pour respecter les dispositions de l’article 6-3 de la CESDH. le juge d’instruction notifie à une personne qu’il existe « des indices… rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer. Les formes de la mise en examen. à la commission des infractions dont il est saisi » (Article 80-1 al. même s’il ouvre des droits ne saurait aboutir à priver celui qui en bénéficie des droits accordés au mis en examen et l’article 113-6 al. On a compris que le juge d’instruction dispose encore d’une large marge de manœuvre pour décider du moment de la mise en examen. Le refus du juge de revenir sur une mise en examen quand l’information aurait révélé l’inconsistance ou la fragilité des indices peut être porté par le mis en examen devant la chambre de l’instruction (Article 81-1-1 du CPP). Le statut de témoin assisté.

marginales. de présenter ses observations avant la clôture de l’information. et pour l’entendre quand la personne est mise en cause dans un réquisitoire (Article 113-1 du CPP) ou lorsqu’elle fait l’objet d’un mandat (Article 122.7 du CPP). l’interrogatoire du mis en examen sera ou non possible. A ce droit d’être assisté d’un avocat aux interrogatoires et confrontations (Articles 114. La mise en examen d’une personne déjà entendue comme témoin assisté est moins lourde au plan des formes et peut-être orale ou écrite (Article 113-8 du CPP). Bull. celui d’être entendu par un juge et non par un OPJ (article 152). Le juge doit l’accorder à la demande de l’intéressé avant toute comparution (Article 113-2 al. al.3 du CPP) en cas de mise en cause par un témoin ou lorsqu’il existe des indices rendant vraisemblables que la personne ait pu participer à la commission des infractions dont le juge est saisi. le tout sans être tenu au secret de l’instruction. Le témoin assisté. 6 août 2008. Vue d’ensemble sur les droits du mis en examen. Comme son nom l’indique. En quel cas le statut de témoin assisté peut-il ou doit-il être accordé ? Le juge peut l’accorder (Article 113-2 al. Le juge doit l’accorder d’office en plusieurs hypothèses : à défaut de mise en examen.2 du CPP). Ils sont le résultat d’un combat qui s’est ouvert en 1897 lorsque la défense a pu assister l’inculpé (nom d’alors du mis en examen) dans le cabinet du juge. le droit de demander des investigations.1 et 2 du CPP) et ne peut l’entendre ou la faire entendre (Article 152 CPP. le témoin assisté bénéfice de droits que n’a pas le témoin et notamment de celui d’être assisté d’un avocat. le droit d’appel des ordonnances juridictionnelles du juge qui doivent lui être notifiées. Les autres hypothèses. Mais à l’inverse du mis en examen. Cette disposition est peu utilisée. sont celles de l’annulation ou du retrait de la mise en examen ou de la perte du statut de mise en examen à la suite du renvoi d’une partie du dossier. la personne en cause n’est pas . de réclamer sa clôture (article 175-1 du CPP). entre partie à la procédure qu’il n’est pas et simple témoin qu’il n’est plus puisque mis en cause. L’article 117 du CPP ménage cependant quelques rares exceptions où l’interrogatoire sera possible en cas d’urgence. le témoin assisté peut être entendu par un OPJ à sa demande (Article 152 al. C’est un statut hybride. tandis que l’autre partie demeure ouverte à l’instruction (et sur ces faits là. le droit de se taire ou de mentir (le mis en examen ne prête pas serment).120) et de communiquer librement avec lui en détention (145-4 du CPP) se sont ajoutés ceux d’accéder gratuitement au dossier de la procédure y compris sous sa forme numérique (Article 114). voir sur ce point Crim.94 selon la situation de la défense. Ici encore seul un juge peut notifier ce statut. de demander l’annulation de la procédure. de contester les expertises dont les conclusions lui sont notifiées (Article 167 du CPP). n°171) qu’en cette qualité lorsque la personne est visée dans une plainte simple ou avec constitution de partie civile ou dans une audition de victime.

Elle a le droit d’être assistée d’un avocat (et c’est même une obligation si elle est mineure) (Article 706-50 du CPP). d’accéder au dossier. elle peut être entendue par un OPJ à sa demande (Article 152 al. mais on doit signaler certains droits qui lui sont spécifiques tel celui en matière de crimes et d’atteintes aux personnes d’être avisé de l’état d’avancement du dossier tous les six mois. elle a accès au dossier. » Il est donc un enquêteur au sens large du terme. Ses droits sont pour l’essentiel énumérés à l’article 113-3 du CPP : droit d’être assisté d’un avocat. Au stade de l‘instruction déjà ouverte. des modalités de ce droit et de la possibilité d’être assistée d’un avocat (Article 80-3 du CPP). Lors d’une première audition ou par lettre. la mise en examen n’est pas prononcée. La partie civile. Vue d’ensemble sur ses droits. Il instruit à charge et à décharge.95 mise en examen). Elle ne prête donc pas serment et n’est pas tenue au secret de l’instruction. Il ne dispose pas du droit de demander toutes investigations mais il peut demander à être confronté avec ceux qui le mettent en cause (Article 82-1 du CPP). La simple lecture de l’article 81 et de la table des matières du code donne une idée des actes qu’il peut . La plupart de ses droits sont décalqués de ceux du mis en examen. IV Les pouvoirs d’investigation et leur contrôle L’article 81 al. Il peut encore demander une contre-expertise (Article 167 du CPP). Elle a le même droit général de critique et d’intervention dans l’instruction que le mis en examen. la constitution de partie civile est dite incidente ou par intervention.2 du CPP). la partie civile ne peut être entendue comme témoin. conformément à la loi. il est informé de la fin de l’information (Article 175 du CPP). de poser des questions et de présenter des observations aux auditions et confrontations. Pas plus que la personne mise en examen. il peut en demander la clôture (Article 175-1 du CPP) Il reçoit notification des ordonnances de règlement (Article 183 du CPP) et peut faire valoir ses observations sur appel d’une ordonnance de non-lieu devant la chambre de l’instruction (Article 197-1 du CPP). Ou enfin lorsqu’après première comparution. Il peut former des demandes d’annulation.1 du CPP dispose que « Le juge d'instruction procède. Elle n’est soumise à aucune forme particulière sinon d’effectuer une déclaration d’adresse qui peut être celle de son conseil. qui doit être avisé de toute audition . Toute victime (en tout cas supposée telle) des faits instruits par le juge doit être informée par lui de l’ouverture de l’information. Il ne prête pas serment. Comme le témoin assisté. à tous les actes d'information qu'il juge utiles à la manifestation de la vérité. le juge devra donner à la partie civile diverses informations sur ces droits (Article 89-1 du CPP). peut poser des questions ou présenter des observations (Article 120 du CPP). Vue d’ensemble de ses droits. de son droit de se constituer partie civile. voire tous les quatre mois (Article 90-1 du CPP). lui non plus (Article 113-7 du CPP).

Mais il en est beaucoup d’autres : reconstitution. expertises (Articles 156 à 169-1 du CPP). qui prend la forme d’un pouvoir général de surveillance confié au président de la chambre de l’instruction (Article 220 du CPP). 82CPP . en raison de la durée de la procédure. supra) par une ordonnance motivée dont le parquet peut faire appel. ou attentatoires aux droits de la défense. et d’autres encore spécifiques à la matière de la criminalité organisée. infra). il peut intervenir à l’initiative du président de la chambre de l’instruction en d’autres à l’initiative des parties. expertise ou contre expertise de droit en certains cas ou domaines (Articles 167-1 et 706-47-1 du CPP).96 accomplir ou faire accomplir : enquêtes de personnalité sur la personne poursuivie ou sur la victime (Article 81 et 81-1 du CPP) transports. Les contrôles juridictionnels sont plus importants. peut se faire communiquer le dossier à tout moment a toujours pu solliciter l’exécution d’investigations. interceptions de correspondance (Articles 100 à 100-7 du CPP). le parquet peut saisir directement la chambre de l’instruction (et là. saisies (articles 92 à 99 du CPP). le juge doit respecter les principes directeurs de la procédure pénale et ne pas recourir à des moyens prohibés. supra). 81 et 82-1 du CPP). 221-1 à 221-3 du CPP. Le juge doit lui répondre s’il n’entend pas y faire droit dans les cinq jours (nota bene : le délai est plus court que celui d’un mois par lequel le juge doit répondre aux parties privées. il n’y a pas de filtre à l’appel comme pour les appels des parties privées sur le refus du juge de suivre leurs demandes. L’article 175-2 lui fait obligation d’instruire dans un délai raisonnable mais l’absence de sanctions au dispositif prévu à cet article ôte toute effectivité à ce rappel du législateur. Mais il ne semble pas que ce nouveau contrôle ait jusqu’ici été beaucoup utilisé en pratique. les parties privées ont comme le procureur un recours en cas de refus opposé par le juge à ces demandes (Cf. ou en cas de détention provisoire supérieure à trois mois. mais qui est enfermé dans des délais et des formes précises (Articles 175. Sa discrète pratique en rend bien difficile le bilan. a-t-on dit. En certains cas. Enfin. L’exécution sollicitée. cf. Le parquet. auditions ou interrogatoires (Articles 101 et suivants du CPP). dotées depuis la loi du 15 juin 2000 d’un droit général de demander des investigations. perquisitions. déloyaux. Au-delà de son obligation d’instruire à charge et à décharge. aux articles 175-1. Les lois du 15 juin 2000 et du 5 mars 2007 ont. Le secret professionnel de l’avocat fondé sur la protection des droits de la défense lui est notamment opposable. Le contrôle de la conduite des investigations est en premier lieu un contrôle administratif. Au fil du temps sa liberté a été encadrée et il doit aussi procéder à certains actes : auditions régulières de la personne mise en examen si elle en fait la demande (Article 82-1 du CPP). parade d’identification etc. organisés un contrôle sur l’ensemble de la procédure. cf. Si le juge ne répond pas. Il peut aujourd’hui participer à l’exécution des actes qu’il requiert Art.

le droit de demander l’exécution de tout acte d’instruction. y compris le témoin assisté. Ainsi. d’une partie civile ou d’un autre mis en examen (Article 82-2 du CPP). ou procédé à tous actes (expertises. contre expertise. Un recours est possible sur la décision du juge. compléments d’expertise). quant à lui. et non pas seulement en la forme. Il existe une procédure pour formaliser la demande et le juge doit y répondre par ordonnance motivée dans le délai d’un mois (Article 81 alinéas 9 et 10 du CPP) susceptible d’appel. les parties privées doivent quant à elles saisir de leur appel le président de la chambre de l’instruction qui décide ou non en opportunité de saisir la chambre par une ordonnance insusceptible de recours. rappelons-le conquis en 1993 puis par la loi du 15 juin 2000. de « filtrer » au fond. peuvent ainsi demander qu’il soit procédé à leur interrogatoire ou audition. à l’audition d’un témoin. un transport. Mais cet appel est aux termes de l’article 186-1 du CPP porté devant le président de la chambre de l’instruction qui a charge par une ordonnance insusceptible de recours. qu’il soit ordonné la production d’une pièce. . tandis que le parquet peut saisir directement la chambre de l’instruction. ces appels des parties privées sur des refus d’actes.97 Les parties privées ont. Les parties. à l’audition d’un témoin. Le mis en examen et la partie civile peuvent demander à ce que leur avocat soit présent à un transport sur les lieux. Elle est justifiée en théorie par le fait que le juge doit conserver pour l’essentiel la maîtrise de l’instruction et en pratique par le souci d’éviter l’asphyxie des chambres de l’instruction sous ce type d’appel. demander comme le parquet tout acte permettant d’apprécier la nature et l’importance des préjudices ou de recueillir des renseignements sur la victime. La rupture d’égalité entre parquet et parties privées est ici manifeste. demande qui n’est pas ouverte à la défense (Article 81-1 du CPP). à une confrontation. Les pratiques de certains présidents de chambres de l’instruction sont si restrictives des droits des parties privées que la chambre criminelle a du annuler certaines de leurs décisions pour excès de pouvoir. L’avocat de la partie civile peut.

Ordonnance de mis en accusation Filtré Ordonnances de refus d’actes .1 du CPP).3 du CPP) Ordonnances de refus de complément d’expertise et contre expertise (Article 186 al. Recevabilité de CP Civile (87 CPP) Détention judiciaire et Irrecevabilité de partie civile. Appels du Mis en examen des Appel de la Partie civile des ordonnances ordonnances Article 186 CPP Non filtré Droit d’appel commun : Ordonnances rendues sur la compétence (Article 186 al. tantôt particuliers et parfois filtrés. Ordonnance de refus de restitution (Article 99 du CPP). Contrôle Fixation de consignation.98 Vue d’ensemble sur le droit d’appel des parties -Droit d’appel général du ministère public contre toutes les ordonnances juridictionnelles du juge d’instruction (Article 185 al. -Principaux droits d’appel des parties privées : des droits limités. examen. Ordonnance de règlement omettant de judiciaire (voir leçon suivante).2 CPP). Refus de remise en cause de la mise en statuer sur un chef de prévention. Ordonnance de renvoi « disqualifiante » c'est-à-dire procédant à une disqualification de crime en délit.1 CPP). (Article 186-3 du CPP). Ce droit est ouvert au procureur général (Article 185 al. tantôt communs.

il ressort que si le juge d’instruction a bien le monopole des actes d’investigation ce qui lui permet « si les nécessités de l’instruction l’exigent …de se transporter… sur toute l’étendue du territoire national » (Article 93 du CPP). Des articles 49. plus fréquemment à un OPJ de procéder à des investigations n’est pas un acte juridictionnel et elle n’est donc pas susceptible d’appel mais seulement d’une demande d’annulation. la chambre criminelle admet que les OPJ qui découvrent des faits étrangers à la saisine du juge. Il existe donc deux formes d’exécution : l’exécution personnelle et l’exécution déléguée. La commission rogatoire en ellemême.99 V L’exécution déléguée. c'est-à-dire l’acte par lequel le juge donne mission à un autre juge ou. peut être générale (« tous actes utiles à la manifestation de la vérité ») ou spéciale. La délégation. supra). Elle a alors été sollicitée (Cf. Dans les deux cas. 81 et 93 du CPP. à distinguer d’une réquisition ou d’un dessaisissement. au sens où le délégataire doit respecter la saisine du juge mais. L’exécution déléguée Elle est depuis plusieurs décennies devenue habituelle et c’est donc le plus souvent par commission rogatoire que le juge d’instruction travaille. il peut cependant en application des dispositions de l’article 151 du CPP déléguer leur exécution. dans le cadre de la saisine du juge.1 du CPP Le juge d'instruction peut requérir par commission rogatoire tout juge de son tribunal. l’exécution peut être spontanée ou faire suite à une demande des parties. puissent procéder à des investigations en application des règles de flagrance. de procéder aux actes d'information qu'il estime nécessaires dans les lieux où chacun d'eux est territorialement compétent. La forme de la commission rogatoire est définie aux articles 151 et 155 du CPP. qui en avise dans ce cas le procureur de la République. Le juge d’instruction ne peut pas délivrer de commissions rogatoires générales. Ils établiront sur ces faits étrangers des procédures incidentes. Mais certains des pouvoirs du juge d’instruction . C’est une sorte de délégation de pouvoirs. tout juge d'instruction ou tout officier de police judiciaire. Article 151 al.

il peut ne pas apprécier les choses comme le parquet ou les parties privées qui estiment que l’information pourrait être clôturée et estimera devoir poursuivre son instruction. Depuis la loi du 15 juin 2000. elle s’effectuait en deux temps pour qu’elle ne surprenne pas. Parce que le juge d’instruction est indépendant. . Au sens où l’on dit d’une affaire qu’elle doit être réglée tôt ou tard. il peut décider de clôturer alors qu’une partie a relevé appel d’une de ses ordonnances ou sans avoir mis en examen une personne visée au réquisitoire introductif. placer quelqu’un sous le statut de témoin assisté. 154du CPP). La loi du 5 mars 2007 l’a complexifiée encore (quatre temps) pour la rendre plus contradictoire. VI Le règlement de l’information. On va dire en pratique « ce dossier est au règlement » pour signifier qu’on attend le réquisitoire de règlement qui précèdera l’ordonnance de règlement. A l’inverse. confronter un mis en examen ou un témoin assisté à d’autres personnes. délivrer un mandat. effectuer une perquisition dans un local protégé (tel un cabinet d’avocat par exemple). La clôture est aujourd’hui devenue une véritable procédure à elle-seule. La clôture de l’instruction est aussi appelée « phase de règlement ». il existe une possibilité pour les parties privées (y compris le témoin assisté) de demander la clôturer de l’instruction (voir supra). Les OPJ ont en revanche des pouvoirs exclusifs qui peuvent être utilisés pendant l’exécution d’une commission rogatoire et qu’ils ne tiennent pas de leur juge déléguant : la garde à vue (Art. Jusque là.100 ne sont pas susceptibles de délégation aux OPJ : mettre en examen. interroger un mis en examen. Mais ces gardes à vue qui interviennent dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire sont contrôlées par le juge délégant.

Ses effets : le juge est dessaisi. aucune qualification juridique ne peut être retenue. . Avec cependant une exception : la fraude (à la démence par exemple) ou la révélation d’un fait qui transforme la qualification d’un délit en crime qui. elle peut demander la restitution des objets saisis et à être indemnisée d’une détention provisoire. Son autorité : elle n’éteint pas l’action publique. la personne détenue est libre. Ses causes peuvent être diverses : des charges insuffisantes. Le non lieu peut être total ou partiel. il existe un fait justificatif ou l’action publique est éteinte. Le tout. font leurs observations. Elle a une autorité absolue et définitive si elle est motivée en droit. elle n’est plus mise examen ou n’est plus témoin assisté. L’ordonnance de non lieu (Art. en précisant les éléments à charge et à décharge concernant chacune des personnes mises en examen. 177 al 1 et 182 al 1 CPP). » Quelle est la fonction de l’ordonnance de règlement ? « Vider la saisine » du juge c’est à dire examiner tous les faits dont il est saisi et dire s’il existe contre la ou les personnes mises en examen des charges constitutives d’infraction dont il doit déterminer la qualification juridique. (copie au PR) et demandes d’actes Témoin assisté idem Réquisitions du Pr et/ou observations complémentaires des parties possibles Plus de demandes d’actes possibles Témoin assisté idem er * « Cette motivation est prise au regard des réquisitions du ministère public et des observations des parties qui ont été adressées au juge d'instruction en application de l'article 175. à leur tour. du coup n’est pas prescrit alors que c’est ce motif de droit qui avait conduit sur la base d’une qualification délictuelle au non lieu. Et la partie civile peut être condamnée si elle a mis en action l’action publique à une amende civile sur réquisitions du parquet. sous réserve de l’appel du ministère public et de la partie civile. un ou des auteurs inconnus. A partir de là. quels sont les choix ouverts au juge dans la phase de règlement? Il peut rendre une ordonnance de non lieu à suivre. un moi sinon ] motivée* est possible] Le PR prend ses réquisitions Copie aux parties qui. une ordonnance de renvoi ou une ordonnance de mise en accusation.101 Le schéma de la clôture 1 temps avis de 175 CPP 2éme temps 3éme temps 4éme temps ↑ ↓ ↓ [1er délai (1mois si détenu] [2ème délai10 jours si un [l’ordonnance de règlement [3 mois si pas de détenu] détenu.

Depuis la loi du 9 mars 2004. devant le tribunal correctionnel. si elle n’a pas. le juge peut leur substituer un mandat d’arrêt. L’Ordonnance de renvoi Il s’agit d’un renvoi devant le tribunal de police (rare en pratique). si c’est le cas. pour ce qui reste à instruire. . La décision rendue contre lui serait contradictoire et le délai d’appel court alors du jour où elle est prononcée. Elle met fin à la détention provisoire. parfois le tribunal pour enfants si le mis en examen est mineur. tous les vices de la procédure sont purgés (voir leçon sur les nullités). La réouverture est possible contre des personnes mises en examen et la jurisprudence l’a étendu aux personnes visées dans une plainte. sauf maintien en détention motivé par le juge d’instruction. la personne contre qui le juge va peut-être continuer d’instruire. Et en ce cas. L’ordonnance de renvoi précise. le législateur a ouvert la possibilité de faire appel de l’ordonnance de renvoi en correctionnelle lorsque le mis en examen ou la partie civile estiment que les faits sont criminels (Article 186-3 CPP). Par l’ordonnance de renvoi. Le mandat d’arrêt conserve sa force exécutoire et si le mandat d’amener ou de recherche cesse de pouvoir recevoir exécution. que le prévenu bénéficie du statut de « repenti » (loi du 9 mars 2004). 22 01 1997) ce qui est une solution sévère pour les témoins et pas très sécurisante. l’ordonnance avise le prévenu de ce qu’il a obligation de faire connaître ses changements d’adresse avec une sanction à cette obligation : S’il ne le fait pas. 188 du CPP). Supra). le statut de mis en examen a celui de témoin assisté (Cf. Le renvoi suppose en tout cas pour le juge d’avoir interrogé le mis en examen sur le fond ou d’avoir au moins recueilli ses explications lors de la première comparution.102 Elle a une autorité relative et provisoire si elle est motivée en fait : toute personne non citée à la procédure peut faire l’objet de poursuites et selon la jurisprudence la plus récente ce serait le cas même si elle a été entendue comme témoin (Crim. Le renvoi peut-être partiel. la citation à l’adresse fournie en dernier lieu vaut citation à personne. En contrepartie de l’impossibilité de soulever sauf exception l’incompétence matérielle du tribunal correctionnel au profit de la Cour d’assises. Enfin. Seul le parquet peut la requérir et la notion de charges nouvelles ne signifie pas la découverte de faits nouveaux mais de faits inconnus ou connus mais la portée n’était pas connue. signalons l’exception de la réouverture sur charges nouvelles (rare) (Art.

il sera si facile de lui substituer une institution qui d’emblée fasse mieux. les ordonnances de renvoi et de mise en accusation doivent non seulement être motivées avec précision mais au surplus ces motifs doivent répondre aux réquisitions et observations qui ont été échangées entre le ministère public et les parties privées durant la phase de règlement. » Brève conclusion sur les caractères de l’instruction Procédure de type inquisitoire donc cela pourrait vouloir dire : secrète. le mandat d’arrêt lancé contre un mis en examen en fuite peut recevoir exécution. elle doit contenir l’exposé des faits. Le contrôle judiciaire et le mandat de dépôt criminel continuent de produire leurs effets. Rien ne dit pour autant que malgré ses défauts. Progressivement. mais désormais les auditions sont en matière criminelle enregistrées. Elle peut l’être par une ordonnance de mise en accusation prise par le juge d’instruction et susceptible d’appel (Art. écrite et non contradictoire. Cette motivation est prise au regard des réquisitions du ministère public et des observations des parties qui ont été adressées au juge d'instruction en application de l'article 175. Elles indiquent la qualification légale du fait imputé à celle-ci et. l’identité de l’accusé et s’il bénéficie de la qualité de repenti. elle s’est faite plus contradictoire. 181 CPP pour les faits criminels et connexes). Elle est encore largement écrite. Article 184 CPP : « Les ordonnances rendues par le juge d'instruction en vertu de la présente section contiennent le nom. les motifs pour lesquels il existe ou non contre elle des charges suffisantes. Ce système était présenté comme une compensation à l’absence de recours ordinaire contre les décisions de Cour d’assises. domicile et profession de la personne mise en examen. seule. ils sont bien réels. de façon précise. avait le pouvoir de rendre un arrêt de renvoi devant la Cour d’assises. A peine de nullité. et dans la pratique.103 L’Ordonnance de Mise en accusation La loi du 15 juin 2000 a modifié le système ancien qui ne permettait pas au juge d’instruction de renvoyer un mis en examen devant la Cour d’assises et qui l’obligeait à saisir la Chambre de l’instruction qui. lieu de naissance. la qualification légale. . De moins en moins secrète et depuis le XIXème siècle. Ainsi le législateur a-t-il voulu mettre fin à la mauvaise habitude pris bien avant l’informatisation des tribunaux de reprendre par un copier/coller dans l’ordonnance de renvoi les termes du réquisitoire définitif. Elle est aussi devenue de plus en plus complexe. prénoms. beaucoup considèrent que le secret de l’instruction n’a jamais été effectif. en précisant les éléments à charge et à décharge concernant chacune des personnes mises en examen. dénoncés avec force par exemple à l’occasion de l’affaire d’Outreau. Depuis la loi du 5 mars 2007. date. La création de l’appel en matière criminelle a conduit le législateur à simplifier les conditions de la saisine de la Cour d’assises.

104 5 Les nullités de l’enquête et de l’instruction. La dernière période. p. Traité de l’instruction criminelle. Au milieu du XIXème siècle. 493). . aux stratifications législatives. L’opacité relative qui en résulte nourrit sans aucun doute le contentieux. p.689 et 768). 1845. en réalité laissé au juge la possibilité de construire un système complexe articulant les conditions qui déterminent les cas de nullités avec les conditions déterminant le prononcé de la nullité (Cf. Elle peut. Livre cinquième. Les causes de nullité des procédures d’enquête et d’instruction et les conditions de leur mise en œuvre constituent une question complexe dont l’étude laisse une impression d’opacité sinon entretenue du moins acceptée avec une résignation tout juste contrite par un législateur qui abandonne au juge la maîtrise du système. L’analyse des conditions de leur mise en œuvre révèle une défiance des juges devant des demandes toujours soupçonnées d’être des moyens dilatoires de la défense. Desportes et Lazerges-Cousquer op. parce que l’instruction ne peut conduire à la vérité. Elle est source d’insécurité juridique pour l’ensemble des justiciables. 1885. parce que la justice pénale ne peut conserver son nom qu’à la condition de les observer ? » (F. Paris. §445. Garraud. délicates à mettre en œuvre. de 1975 à nos jours. Rappelons d’abord que l’article 171 du CPP vise la violation « de toute disposition de procédure pénale » expression qui doit s’entendre comme une disposition légale. La typologie des nullités et son évolution La situation actuelle de notre droit est le résultat de stratifications législatives dont l’histoire débute avec le code d’instruction criminelle (Voir R. cit. sur certains contentieux. a. Précis de droit criminel. Le code de procédure criminelle de 1958. n°2005). sous l’apparente simplicité d’une typologie binaire. témoigne d’une incapacité législative à stabiliser et clarifier ce système Bien plus. la jurisprudence ajoute dans ce contexte ses propres concrétions qui déforment l’édifice législatif. et notamment la défense. alimenter les préventions voire les soupçons de l’opinion à l’encontre de la justice pénale. Difficilement admises. Il est d’abord nécessaire de clarifier certaines notions tenant à l’existence de cas de nullités. Hélie. la situation faite aux nullités de l’enquête et de l’instruction rend toujours aussi actuelle l’inquiète interrogation de Faustin Hélie. Faustin Hélie plaidait ainsi en faveur de la nécessité de sanctionner clairement de nullité la violation de certaines règles de procédure pénale : « N’y a-t-il pas dans toutes les procédures des règles qui ne sauraient être impunément violées. et parfois décevantes au plan des effets pour ceux qui s’en prévalent.

encore appelées « substantielles ». Mais il lui laisse toute latitude pour qualifier cette nullité et la soumettre ou non à la condition d’un grief. La distinction entre des nullités « textuelles ». recouvraient les unes et les autres à l’origine des nullités d’ordre public. expressément visées par le code de procédure. relevée très tôt par la jurisprudence. Mais surtout. la violation de la règle de procédure n’est sanctionnée par l’annulation que si l’existence d’un grief aux intérêts de celui qui l’invoque est établie. Lorsqu’il prescrit une règle de procédure pénale à peine de nullité aujourd’hui. la loi du 15 juin 2000 avait créé de nouveaux cas de nullités textuelles aux articles 80-1. Il dispense certes le juge de dire que la violation de cette règle peut être sanctionnée de nullité en l’écrivant lui-même dans la loi. Sous l’empire du code de procédure pénale de 1958. suspendue à la qualification jurisprudentielle et à l’existence d’un grief en cas de nullités d’intérêt privé. apparaissent et disparaissent au gré des réformes multiples de la procédure pénale. elle aussi.105 Nullités textuelles ou nullités virtuelles. et d’autres qui ne le sont pas mais qui existeraient en puissance et sont donc « virtuelles ». 82-1 et 77-2 et 137-1 notamment. est née de la nécessité. nature qui conditionne leur prononcé. en présence d’une nullité textuelle ou virtuelle qualifiée par le juge d’intérêt privé. d’élargir le champ des annulations aux formalités jugées « substantielles » même si elles n’ont pas été prescrites par le législateur « à peine de nullité ». A titre d’exemple. . prononcées sans autre condition. Elle prescrit à peine de nullité la rédaction d’un procès verbal en matière de CRPC (article 495-14) et soumet à autorisation et à peine de nullité les infiltrations et perquisitions en matière de criminalité organisée (706-83 et 706-92 du CPP). La mise en œuvre des nullités textuelles est. le législateur ne fait donc rien d’autre que d’affirmer qu’elle n’est pas secondaire. Elles sont disséminées dans le code. Il n’existe plus de liste des nullités textuelles. Les réformes successives de 1975 et de 1993 (lois du 4 janvier et du 24 août 1993) et leur interprétation jurisprudentielle aboutissent finalement à ruiner en grande partie l’intérêt de la distinction initiale entre nullités textuelles et substantielles. « Nullités textuelles » et « nullités virtuelles ». la distinction entre nullités textuelles et virtuelles subsiste mais elle s’efface derrière la question de la nature de ces nullités qui peuvent être les unes et les autres qualifiées par le juge de nullités d’ordre public ou au contraire d’intérêt privé. La loi dite Perben II du 9 mars 2004 supprime en abrogeant les alinéas 2 à 4 de l’article 77-2 la nullité d’actes d’enquête effectués sans que le juge des libertés et de la détention ait été saisi alors qu’une demande sur les suites données à une garde à vue a été formée.

et enfin la volonté remarquable de la Cour de cassation de demeurer le maître des équilibres entre intérêts individuels et intérêts collectifs. Elle laissait au juge le soin de sanctionner les violations d’autres formalités substantielles d’intérêt privé sous la condition d’un grief.). Ce système simple mais « sévère » (Guinchard et Buisson. Le nouveau législateur la jugeait trop large et lui reprochait une conception trop extensive de l’ordre public. à l’exception de l’inculpation tardive. entre les principes généraux de la procédure et les nécessités de la répression. entre les droits de la défense et l’efficacité de la police et de la justice. La mise en état des affaires pénales. Nullités d’ordre public ou nullités d’intérêt privé. » . y compris la Cour de cassation. En 1975. Il n’affirme nulle part expressément dans la loi l’existence de nullités d’ordre public et c’est le pouvoir exécutif qui précise à la suite de la loi du 24 août 1993 par voie de circulaire que « la loi nouvelle ne remet pas en cause la jurisprudence de la cour de cassation relative aux nullités d’ordre public » (Circulaire du 24 août 1993 article 802 CPP point 5). 2éd. 1991. La liste fut supprimée par la loi du 24 août suivant. le législateur avait voulu soumettre l’ensemble des nullités.L. le refus par les législateurs successifs d’adopter les systèmes cohérents qui ont pu leur être proposés et qui visaient à la sécurité juridique (Voir notamment les propositions de Mme M. La loi du 4 janvier 1993 introduit dans le code une liste de nullités textuelles qui étaient toutes qualifiées par le législateur d’ordre public et sans grief à prouver. Le législateur semble avoir depuis lors renoncé à exprimer une théorie claire des nullités de la procédure pénale. Système clair qui superposait exactement la distinction ancienne de nullités textuelles et virtuelles avec celle plus récente de nullité d’ordre public et d’intérêt privé. qui est saisie d’une demande d’annulation ou qui relève d’office une telle irrégularité ne peut prononcer la nullité que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts de la partie qu’elle concerne.106 Cette situation s’analyse comme la résultante de plusieurs facteurs : des initiatives législatives d’inspiration contradictoires prises en 1975 et 1993. n’a jamais été suivi par la chambre criminelle qui a continué de juger que les nullités qu’elle qualifiait d’ordre public devaient être prononcées sans grief à prouver. toute juridiction. Article 802 du CPP (rédaction issue de la loi du 24 août 1993) « En cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d’inobservation des formalités substantielles. Procédure pénale. n°1265). Litec. Rassat Propositions de réforme du Code de procédure pénale 1997 et précédemment celles de la commission Justice pénale et droits de l’homme dit projet Delmas-Marty. à la condition d’un grief.

n°738. n°2017). 182 ou encore Crim 2 mai 2002 pourvoi . Deux arguments militent en ce sens : l’article 802 ne les écarte pas et il vise tout à la fois le cas d’une juridiction saisie d’une demande d’annulation et celui d’une nullité relevée d’office « formule qui ne peut viser que les nullités d’ordre public » (Cf. Bull. La jurisprudence s’est effectivement engagée dans ce subtil distinguo.) Telle n’est pas l’interprétation jurisprudentielle qui considère que l’article 802 ne s’applique pas aux nullités qu’elle déclare d’ordre public. La seconde interprétation (Guinchard et Buisson. Bull. 11éd. sa rédaction ambiguë peut encore laisser place à deux interprétations. 2003. op. Crim. L. » S’agissant des nullités d’intérêt privé auxquelles l’article 802 s’applique donc seulement. Bien entendu cette interprétation conduit à confier à chaque juridiction y compris à la Cour de cassation expressément visée par le texte. Elle consiste à dire que sa rédaction permet aussi de concevoir l’atteinte requise comme inhérente à la violation dénoncée. Cujas. Traité de procédure pénale. n°182.107 Une lecture littérale de l’article 802 du CPP placé dans à la fin du CPP parmi des « Dispositions générales » conduirait pourtant à soumettre les nullités d’ordre public à l’emprise de ce texte et donc à la condition de l’existence d’un grief. tome 2 procédure pénale. n°582 et M. En certains cas la chambre criminelle affirme à propos d’une nullité d’intérêt privé qu’elle « porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ». le soin d’apprécier en fait l’existence d’un grief. Rassat. PUF 2001. cit. espèce par espèce. 30 avril 1996. Ou si l’on préfère elle considère qu’elle est en présence d’une irrégularité qui fait « intrinsèquement grief » (Desportes et Lazerges-Cousquer. op.) n’enferme pas l’article 802 dans cette conception d’un grief à prouver dans chaque espèce. Pradel Procédure pénale. Merle et Vitu. C’est le cas pour certaines des nullités de la garde à vue telle la notification des droits (Parmi une très abondante jurisprudence. Bull. Telle violation d’une formalité substantielle peut alors être considérée comme portant nécessairement atteinte aux intérêts de la partie concernée. Cujas.) estime que l’annulation implique la preuve d’un grief causé au demandeur. n°1267. Selon la formule de la chambre criminelle et sur un exemple récent : Crim. Traité de droit criminel. Grief à prouver ou « atteinte nécessairement portée aux intérêts concernés ». cit. 14 oct. Crim 10 mai 2000. 5éd. n°434. 187 « Les dispositions de l'article 77-1 du Code de procédure pénale sont édictées dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice […] et leur méconnaissance est constitutive d'une nullité à laquelle les dispositions de l'article 802 dudit Code sont étrangères. Comment faut-il entendre l’expression « a porté atteinte » ? La première interprétation (Voir notamment en ce sens J. tout comme d’ailleurs celle de l’article 171 du CPP qui relatif aux nullités de l’information dispose : « Il y a nullité lorsque la méconnaissance d'une formalité substantielle prévue par une disposition du présent code ou toute autre disposition de procédure pénale a porté atteinte aux intérêts de la partie qu'elle concerne ». grief qui devrait s’apprécier in concreto.

A chaque nouvelle nullité. Pradel. Encore ajoute-t-elle que cette notification tardive doit être sanctionnée pour porter nécessairement atteinte aux droits du gardé à vue. le grief étant inhérent à la violation de la règle. la réserve des « circonstances insurmontables » renvoie au cas de force majeure. voire la partie concernée était présente lors de l’accomplissement de l’acte irrégulier et n’a pas protesté. cit.cassation utilise massivement l’article 802. sauf l’hypothèse où elle ressort d’une « circonstance insurmontable ». op. n°2020) ou lorsque la méconnaissance de la procédure est demeurée sans conséquences.). estimant qu’il n’y a pas en l’espèce de préjudice pour le demandeur » et si « l’article 802. intellectuelles et matérielles seront plus facilement mobilisées par ceux qui sont mis en cause à propos d’infractions économiques et financières faisant l’objet d’une information judiciaire. Pour le reste. n°21). n°435. Il sera donc écarté lorsqu’il y « a été pallié de sorte que les droits de la défense ont été assurés dans des conditions équivalentes à celles prévues par la loi ou en tout cas suffisantes » (Desportes et Lazerges-Cousquer op.il une violation ayant causé grief à celui qui l’invoque ? Cette cascade d’enjeux auxquels les praticiens sont donc directement exposés ouvre en apparence tous les espoirs y compris bien sûr celui d’un revirement de jurisprudence. La nullité est-elle d’ordre public. L. Rassat. ce système produit des effets non recherchés. Il peut être alors tentant de dire qu’ici « la charge de la preuve du grief est renversée » et que ce sont là des « nullités avec présomption simple de grief qui rejoignent le contentieux de l’ordre public » (En ce sens M. cit.).453).108 n°01-88. Il n’est pas économe de la peine des juridictions. le juge et in fine celui de la cour de cassation reconnaîtra-t. « Nullités de procédure ». n°738. elle disparaît derrière son admission « par principe » (en ce sens M. fév. Il est également injuste au sens où il n’est pas également mobilisable par les justiciables. 2001. est un facteur de célérité en sauvant des procédures qui ne méritent pas toujours d’être anéanties » (J. et doit-elle en conséquence être sanctionnée sans qu’il soit besoin de satisfaire aux conditions de l’article 802 ? La nullité estelle d’intérêt privé ? Mais alors peut-on considérer que la violation de la formalité en cause porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ? Enfin si tel n’est pas le cas. soulevée à propos de la violation d’une formalité substantielle s’attache donc de multiples enjeux auxquels seule la Chambre criminelle apportera réponse définitive. Rép. Il arrive qu’à propos d’une nullité textuelle (Articles 82-1. que par les personnes poursuivies dans des procédures d’urgence et défendues par des avocats non spécialisés. Apprécié globalement. la charge de la preuve de ce grief n’est pas seulement renversée. Le système n’est pas à l’abri de formulations confuses ou d’interprétation délicate. Guerrin. 82-2 et 81 al. CPP. En réalité. Les « ressources » qu’il suppose. sans nier pour autant l’existence d’un grief. la chambre criminelle . op. On en citera deux exemples. Pénal Dalloz. Le grief recouvre le plus souvent une atteinte aux droits de la défense. On présume alors en quelque sorte une renonciation implicite de la part de la défense à se prévaloir de la nullité. cit. 10 CPP). Il encourage évidemment le contentieux même si « la Cour de . ou lorsque l’avocat.

lequel doit comprendre toutes les pièces de la procédure. lors de la mise en examen de ce dernier. Crim. Attendu qu'en prononçant ainsi. Bull n°22 Attendu que. pour rejeter la demande d'annulation de l'interrogatoire de première comparution de Françoise P. Crim. n°114. n°114). 11 mai 2004. 11 mai 2004 Bull. cette omission a constitué une atteinte caractérisée aux droits de la défense. présenté par Franck C. que les juges retiennent qu'ont ainsi été violées les dispositions de l'article 116 du Code de procédure pénale qui imposent que l'avocat puisse consulter sur-le-champ le dossier. épouse S. Attendu qu'il résulte des articles 82-1. la chambre de l'instruction a méconnu le sens et la portée des textes susvisés et des principes cidessus énoncés. pris de l'irrégularité de sa mise en examen et de son placement en détention provisoire. d'une pièce de la procédure. la demande écrite et motivée d'une partie civile tendant à ce qu'il soit procédé en présence de son avocat à l'interrogatoire d'une personne mise en examen. doit être présentée dans les formes prévues par le dixième alinéa de l'article 81 dudit Code.. l'arrêt attaqué relève que le rapport d'expertise …n'a pas été porté à la connaissance de l'avocat de Franck C. la chambre de l'instruction a justifié sa décision..109 répondant à un moyen qui lui proposait de voir dans la violation de la formalité en cause une nullité portant nécessairement atteinte aux intérêts de l’auteur du pourvoi préfère constater en l’espèce le grief non sans avoir auparavant pris soin de caractériser la formalité de substantielle (Crim.. » Il n’est pas toujours aisé de savoir à la lecture d’un arrêt de rejet sur un pourvoi du ministère public si la chambre criminelle alors même qu’elle affirme qu’une violation porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée ne fonde pas essentiellement sa solution sur les arguments factuels relevés par la cour d’appel et qui selon elle établissaient un grief. Attendu que. le 30 septembre. qu'à peine de nullité. pour faire droit au moyen de nullité. a nécessairement porté atteinte aux droits de la défense. laquelle faisait en l'espèce grief à ses intérêts. et 82-2 du Code de procédure pénale. la chambre de l'instruction prononce par les motifs repris au moyen. Rejette . par des motifs qui établissent que l'absence de mise à la disposition de l'avocat de Franck C.. 29 janvier 2003. alinéa premier. qu'ils ajoutent qu'en l'espèce. Bull. Mais attendu qu'en se déterminant ainsi alors que la demande formée par l'avocat de la partie civile ne répondait pas aux exigences légales et que la personne mise en examen n'avait pas renoncé à se prévaloir de la méconnaissance de cette formalité substantielle. déterminante dans la mise en examen.

706-92. Il s’agit parfois de souligner l’importance accordée à une disposition sensible pour les relations entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire telle la dénonciation ou l’avis du ministère de la défense exigée par la loi pour que l’action publique puisse être mise en mouvement en matière d’infractions imputables à des militaires ou gendarmes en service (Art. 495-14 (procès verbal dressé par le procureur en matière de CRPC). témoin anonyme. mise en examen. Les nullités textuelles relèvent d’époques différentes. 137-1 (participation du juge de la liberté et de la détention au jugement des affaires dont il a connu) 393 al 4 (formalités du défèrement par le procureur de la République). Dans d’autres cas. al. d’un avocat ou d’un magistrat). Articles 49 al 2 (nullités subséquente à l’instruction : participation du juge d’instruction au jugement des affaires pénales dont il a eu à connaître). 49 al. Les nullités textuelles Principales nullités textuelles de l’enquête et de l’instruction. 706-60(conditions d’audition d’un témoin anonyme). 706-83. Ici la qualité de nullités d’ordre public semble bien expliquer leur caractère textuel. Le choix de les inscrire dans la loi peut ressortir de quelques explications assez logiques. telle l’interdiction faite au juge d’instruction de participer au jugement des affaires dont il a connu en sa qualité de juge d’instruction (Art. le système s’il ne révèle pas une cohérence absolue permet cependant de relever quelques grands traits caractéristiques de chacune des catégories de nullité. on peut dire que le choix du législateur de prévoir expressément des nullités concerne les domaines les plus sensibles pour les libertés. 706-93 (perquisitions en matière de délinquance organisée). Contrôle d’identité. Il peut s‘agir enfin de rassurer les juges lorsque de nouveaux droits sont . perquisitions. 80-1 (conditions de fond de la mise en examen).. 137-1 du CPP). 78-3 (rétention en vue d’un contrôle d’identité). Certaines nullités sont « d’origine » au sens où on les trouve dans le Code de Procédure pénale de 1958. droit de la presse. 81 (forme des demandes d’actes des parties privées). procédures d’exception en matière de criminalité organisée.). écoutes téléphoniques. les exemples ne manquent pas où la nullité textuelle sonne comme une contrepartie (quelque peu illusoire.110 Apprécié au travers de chacune de ses composantes.2 du CPP). 59 al. 100-7 (mise sous écoute de la ligne téléphonique d’un parlementaire. 698-1. 698-1 (procédure en matière militaire)706-35(perquisitions en matière de traite des être humains etc. défèrement en comparution immédiate.2 (Perquisitions) . . 76 (décision du juge des libertés en matière de perquisitions). 696-36 (nullités des extraditions obtenues par le gouvernement français).2 du CPP) et elles ont parfois leur réplique postérieure : la même disposition a été prise en 2000 pour le juge des libertés et de la détention (Art. on l’a vu en raison de la portée de la notion de nullité textuelle) accordée lors d’innovations procédurales jugées par certains inquiétantes au moins à l’époque de leur création. 696-10 (procès-verbal du Procureur général en matière d’extradition de droit commun).

) peut à tout le moins le laisser espérer même s’il n’est pas formellement précisé que la nullité doit être prononcée « sans qu’il soit nécessaire de rechercher si elle a fait grief au requérant ». Elle avait ainsi clairement opté pour une nullité d’intérêt privé. 100-5 CPP. Il semble bien s’agir d’une nullité auxquelles les dispositions de l’article 802 sont ici étrangères. C’est ici l’intérêt d’une bonne administration de la justice qui est en cause. Hors cette hypothèse. La qualification de nullité d’ordre public donnée ou refusée par la jurisprudence aux nullités soulevées méritent évidemment la plus grande attention. Bull. cf. Globalement la catégorie ne s’étend pas bien au contraire. n°583. la retranscription doit être annulée. restreignant par ailleurs le champ temporel de la notion de défense à la phase judiciaire et à la condition d’une désignation.111 accordés aux justiciables qui introduisent une nouvelle dose discrète d’accusatoire dans la phase d’instruction. Sa décision est cassée. n°129) Le réquisitoire introductif ne peut être annulé que s'il ne satisfait pas en la forme aux conditions essentielles de son existence légale et le procureur de la République peut requérir l'ouverture d'une information au vu de tous renseignements dont il est . que la mise en examen du requérant ne reposait pas sur le contenu de ces conversations et qu’il n’avait subi ni même allégué aucun grief.) échangées entre des personnes ultérieurement mises en examen et leurs avocats est-elle une nullité d’ordre public ? La réponse donnée par la cour de cassation dans une décision du 21 mai 2003 (Pour une synthèse des nullités d’ordre public dans la jurisprudence d’avant 1993. op. à leur compétence. La chambre de l’instruction pour rejeter le moyen d’annulation relevait tout à la fois que les avocats à l’époque où les conversations avaient été retranscrites n’avaient pas été désignés dans le dossier. à l’exercice des pouvoirs des juridictions et de leurs auxiliaires. cit. La nullité prise de l’irrégularité des interceptions téléphoniques (art. On en donnera quelques exemples récents. 5 juin 2002. Ce qui n’exclut pas que la nullité en question puisse dans la pratique être invoquée par une autre partie privée à qui elle fait grief comme c’était le cas dans l’arrêt du 11 mai 2004 cité plus haut où une personne mise en examen reprochait à la partie civile de n’avoir pas respecté les formes d’une demande d’interrogatoire du mis en examen en la présence de son avocat. ou aux formes substantielles des actes de procédure. Les nullités d’ordre public Les nullités d’ordre public recouvrent traditionnellement les règles touchant à l’organisation et à la composition des juridictions. en prescrivant à peine de nullité des formes précises pour l’exercice de ces nouveaux droits. La retranscription n’est possible que « s’il apparaît que son contenu et sa nature sont propres à faire présumer la participation de cet avocat à une infraction ». Un réquisitoire introductif peut-il être annulé lorsqu’il est ouvert pour « pallier la crainte d’une infraction future » et la nullité est-elle alors d’ordre public ? C’était la conception retenue par une chambre de l’instruction dont la décision est cassée (Crim. Merle et Vitu.

En l’espèce un mis en examen recherchait la nullité d’une garde à vue enregistrée. 1996.453 ). Encore faut-il parfois que les prévenus mènent leurs recours jusque devant la Cour de cassation pour obtenir satisfaction. n’avait-elle pas été annulée par une chambre de l’instruction. Cette dernière avait certes relevé l’irrégularité mais refusait l’annulation des auditions au motif qu’aucun aveu n’était passé dans l’une et que les autres concernaient deux avocats qui . J. 2003 Bull. Bull. C’est là une lecture restrictive des règles d’ordre public en matière de réquisitoire introductif alors que cet acte n’est pas susceptible de recours. Pradel. Bull. n°174. par des policiers agissant sur commission rogatoire. L’information du procureur sur le placement en garde à vue (Crim 10 mai 2001. c’est à dire des situations où le déséquilibre entre les pouvoirs de la police et les droits de la personne concernée est le plus grand. 2 n°108) ont été retenus comme des violations qui portent nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée. Bull. 1996. Somm. D. obs. Bull. On ne doit donc pas trop compter sur la théorie des nullités pour faire respecter le secret de l’instruction qui n’aurait ainsi rien à voir avec une bonne administration de la justice ! Le caractère d’ordre public des nullités ne va décidément pas de soi. Bull. Crim 10 mai 2000. la garde à vue et les perquisitions. Les nullités d’intérêt privé et l’atteinte nécessairement portée aux intérêts du requérant Il est des cas où il serait difficile de contester que la violation de la règle procédurale a « nécessairement porté atteinte » aux intérêts de celui qui s’en prévaut. Bull. 24 avril 2003. Bull. Civ. Ainsi en matière de jugement. n°51). ne peut conduire à son annulation que s'il en est résulté une atteinte aux intérêts d'une partie. diffusée sans son consentement. Coste ). n°69. n°119) le dépassement de la durée totale de la garde à vue (Crim 13 fév. n°182. 30 avril 1996. l’audition de trois personnes . y compris lorsqu’il s’agit de garde à vue successives (mais à suivre) et indépendantes (Crim 17 mars 2004. AJ pénal 2004 p. Ainsi. 248 obs. Civ. 258. filmée. non pas postérieure mais concomitante à l'accomplissement d'un acte de la procédure. n°74 . la notification tardive de droits(Crim. 182 ou encore Crim 2 mai 2002 pourvoi n°01-88. En 1996 (Crim 25 janvier 1996. celui du prévenu qui se plaint de ne pas avoir eu la parole le dernier tant la preuve concrète du grief en l’espèce serait d’ailleurs difficile à exiger ! Mais n’est-on pas alors justement devant une nullité qui pourrait être qualifiée d’ordre public ? N’est-ce pas d’abord dans le but d’une bonne administration de la justice que la règle s’impose ? La plupart des hypothèses où la chambre criminelle retient « l’atteinte nécessairement portée aux intérêts de la personne concernée ». ). Bull. 2 n°13. la chambre criminelle a estimé que la violation du secret de l'instruction. intéresse aujourd’hui les contrôles d’identité et à leur suite les placements en rétention.112 destinataire. en qualité de témoins alors que nommément visées dans une plainte avec constitution de partie civile et sans notification des droits prévus aux articles 104 et 152 alors en vigueur. Civ 2ème 23 janv. la mise en œuvre du droit à l’entretien avec un avocat (Crim 9 Mai 1994.

L’arrêt est cassé (Crim 14 nov. condition visée par l’article 172 (Desportes et Lazerges-Cousquer. mais qu’en revanche. Bull. Il est enfin des cas où le législateur par souci de simplification de la procédure ouvre aux parties la possibilité de renoncer par avance à un droit. La seconde chambre civile de la Cour de cassation est parfois amenée à connaître de moyens de nullité soulevés devant le premier président de la cour d’appel par des personnes étrangères placées en rétention. 160). Avant d’examiner les conditions procédurales de l’annulation des actes d’enquête et d’instruction. La circulaire du 1er mars 1993 entendait qu’il soit aussi possible de renoncer sur la base de cette disposition à invoquer une nullité d’ordre public. Civ. Dans une telle espèce le retard apporté à l’information du Procureur sur le placement en garde à vue de nombreuses personnes interpellées lors d’un contrôle d’identité fondé sur l’article 78-2-2. difficilement prévisible au regard de seuls critères juridiques. L’omission des formalités requise à l’article 104 « porte atteinte » aux droits de la personne concernée est-il discrètement réaffirmé en oubliant d’ailleurs l’adverbe « nécessairement ». il ne saurait permettre de couvrir les nullités d’ordre public qui par hypothèse ne portent pas atteinte à une partie déterminée. Sur la mise en œuvre des nullités de l’enquête et de l’information. AJ pénal 2004. N°70. L’arrêt les présente comme faisant disparaître « l’atteinte portée aux intérêts du gardé à vue » sans que le lien entre les deux questions ne soit plus étayé (Civ 2ème 19 fév. La qualification des nullités demeure une question délicate. Au point qu’il est permis de se demander parfois si son étude ne relève pas davantage de la politique pénale que de la matière processuelle. 2004. p. La doctrine considère quant à elle que le texte même s’il ne les vise pas doit aussi s’appliquer aux nullités textuelles pourvu un grief est nécessaire au prononcé de la nullité. Tout se passe comme si l’extension des contrôles d’identité de type administratif sur réquisition du procureur (Extension de la période de temps et des types d’infractions recherchées récemment voulue par le législateur de 2001 et 2003 ) emportait « nécessairement » si l’on ose dire des contrôles d’identité de masse qui justifieraient tout aussi « nécessairement » l’allégement des contraintes d’information au procureur. Absence de renonciation à la nullité. la partie concernée peut renoncer à s’en prévaloir (Article 172 du CPP) mais cette renonciation doit être expresse et ne peut être donnée qu’en présence de son avocat ou ce dernier dûment appelé. Il va de soi que la partie qui renonce à telle formalité comme la loi l’y autorise ne peut ensuite se prévaloir de la nullité tenant à ce qu’elle n’a pas été accomplie. La renonciation a posteriori est largement ouverte. 2001 Bull. n°2025). . ne relève certes pas selon la seconde chambre civile de circonstances insurmontables mais de « circonstances particulières justifiant l’existence d’un délai matériellement incompressible ».113 avaient « nécessairement connaissance de leurs droits ». Il faut encore ajouter que la nullité ne pourra être soulevée qu’à la condition qu’il n’y ait pas été renoncé. n°238. S’agissant des nullités virtuelles ou substantielles. cit.). op.

114

Vue d’ensemble. Le cercle de ceux qui peuvent invoquer une nullité est large, et sous la pression des décisions de la CEDH, la chambre criminelle a dû admettre la recevabilité des demandes d’annulation dirigées contre des pièces extraites d’un autre dossier d’instruction et versées au débat d’une procédure, admettant finalement que l’exigence d’un procès équitable l’exigeait (Crim.8 juin 2006, Bull. n°166).

Crim.8 juin 2006, Bull. n°166 …Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que les investigations effectuées sur commission rogatoire dans le cadre d'une information ouverte à Draguignan, le 4 janvier 2004, à la suite de l'incendie volontaire d'un véhicule dont le conducteur avait été gravement brûlé, ont révélé que ces faits étaient liés à un trafic de cannabis ; qu'au vu d'un rapport de police accompagné de procèsverbaux établis dans la procédure criminelle, le procureur de la République de Draguignan a ouvert, le 8 mars 2004, une nouvelle information pour trafic de stupéfiants ; que le juge d'instruction, saisi des deux dossiers, a ordonné ultérieurement, à plusieurs reprises, le versement, dans cette procédure, de pièces de l'information portant sur les faits criminels ; Attendu que, pour rejeter le moyen d'annulation, proposé par Bulent et Levent X..., mis en examen dans la seule information pour trafic de stupéfiants, et pris de l'irrégularité du réquisitoire introductif, en ce qu'il serait fondé sur des actes accomplis dans la procédure distincte sur des faits dont le juge d'instruction n'était pas saisi, l'arrêt attaqué constate qu'au cours de l'exécution de la commission rogatoire délivrée dans le dossier criminel, destinée à rechercher les causes et à identifier les auteurs de l'incendie volontaire, les investigations conduites par les policiers, notamment les auditions auxquelles ils ont procédé, ont révélé que ces faits auraient eu pour origine un différend financier opposant les protagonistes d'un trafic de stupéfiants organisé à Fréjus par un dénommé Chrys Z... ; que ces éléments ont fait l'objet d'un rapport de police, auquel étaient joints des procès-verbaux établis en exécution de ladite commission rogatoire, qui a été communiqué au procureur de la République, lequel a décidé d'ouvrir une nouvelle information pour infractions à la législation sur les stupéfiants ; que les juges, rappelant que Bulent et Levent X... n'ont fait l'objet d'aucune mesure coercitive et n'ont pas même été visés ou concernés par les actes accomplis dans le dossier criminel, retiennent qu'ils ne sont, dès lors, pas recevables à contester la régularité de certains d'entre eux ; Attendu qu'en l'état de ces seuls motifs, l'arrêt attaqué n'encourt pas la censure dès lors que, d'une part, les demandeurs n'allèguent pas avoir été privés de la possibilité de contrôler une atteinte à l'un de leurs droits qui aurait été commise dans la procédure distincte à laquelle ils n'ont pas été partie et que, d'autre part, il n'est pas établi que les éléments provenant d'une autre information et versés dans la procédure ayant donné lieu à leur mise en examen ont été illégalement recueillis ; D'où il suit que le moyen, en partie nouveau et comme tel irrecevable, en ce qu'il critique la régularité, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne

115 des droits de l'homme, d'interceptions de communications téléphoniques, non contestée par les demandeurs devant la chambre de l'instruction, ne saurait être accueilli ; Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ; REJETTE les pourvois ;

Mais les mécanismes multiples de filtre, de purge et de forclusion témoignent d’une volonté de limiter fortement leur mise en œuvre. Il ne s’agit plus seulement, comme avant 1993, d’éviter que dans les affaires criminelles les nullités de l’information ne puissent être discutées devant la Cour d’assises, mais de conforter le plus souvent l’instruction tout en évitant autant que possible la saisine de la juridiction d’appel. Des nullités soulevées par qui ? Durant l’instruction (Article 170 du CPP), la nullité des actes ou pièces de la procédure insusceptibles d’appel de la part des parties peuvent être sollicités par le juge d’instruction, le procureur de la république, par les parties et depuis la loi du 9 mars 2004 par le témoin assisté. La mise en œuvre des nullités suppose un intérêt à agir largement ouvert mais aussi la qualité pour agir (voir sur cette distinction délicate en ce domaine Desportes et Lazerges-Cousquer, op. cit. n°2028 et 2029). Ce sont là les conditions de recevabilité de la demande en annulation. Si l’intérêt à agir ne soulève guère de difficultés, la qualité pour agir nécessite qu’on en précise le sens et les limites. Pour être recevable en sa demande d’annulation, la partie privée, la partie civile ou le témoin assisté doit faire la démonstration de ce qu’il est « concerné » par la nullité, c'est-àdire que l’acte en cause soit de ceux qui se rapporte aux faits lui sont reprochés (ou pourraient l’être, pour le témoin assisté) ou de ceux qui se rapportent aux faits déterminant sa constitution de partie civile. Cette condition est déduite de la lecture des articles 171 et 802 du CPP. Au surplus, la règle dont la violation est invoquée doit avoir pour objet de préserver les droits du requérant. Ce sera nécessairement le cas d’une règle d’intérêt public, mais si la règle est posée pour protéger un intérêt privé, la jurisprudence exige la démonstration de ce que le requérant a été « personnellement victime » de l’irrégularité (Crim. 15 février 2000, Bull. n°68). Crim. 15 février 2000, Bull. n°68 …Attendu qu'il résulte de l'arrêt et des pièces de la procédure qu'à la suite de la découverte du corps de Y..., atteint de deux balles de fort calibre, le juge d'instruction de Montpellier a délivré à la gendarmerie, le 12 décembre 1997, une première commission rogatoire pour déterminer les circonstances du meurtre, puis, le 25 décembre 1997, une nouvelle commission rogatoire en vue de " sonoriser, à l'occasion de la perquisition qui y sera effectuée, le domicile de Z... ", domicile que l'auteur présumé, prénommé X..., était susceptible de fréquenter ; Que, le lendemain, les officiers de police judiciaire ont procédé à une perquisition

116 dans l'appartement de Z..., avec l'assistance de gendarmes du groupe d'observation et de reconnaissance de Versailles, qui y ont mis en place un équipement permettant de capter et d'enregistrer à distance les conversations ; qu'une nouvelle perquisition effectuée le 28 décembre a permis l'interpellation de X..., lequel a été mis en examen pour homicide volontaire le 30 décembre 1997 ; Attendu que, pour rejeter la requête en annulation de la commission rogatoire du 25 décembre 1997, des opérations de sonorisation et de toute la procédure subséquente, déposée par l'avocat de X... après la notification de l'avis de fin d'information, l'arrêt énonce que " le magistrat instructeur était en droit, au visa tant de l'article 81 que des articles 100 et suivants du Code de procédure pénale, d'autoriser, par une commission rogatoire technique, l'opération de sonorisation d'un appartement " et que les officiers de police judiciaire, qui ont agi dans un cadre légal défini par le juge d'instruction, " n'ont provoqué ni la venue de X... dans les lieux, ni les conversations qu'il y a librement entretenues avec Z... " ; Attendu qu'en cet état, le demandeur ne saurait se faire un grief de ce que la perquisition du 26 décembre 1997, qui ne pouvait avoir d'autres fins que la recherche d'objets utiles à la manifestation de la vérité, était irrégulière, dès lors que seul celui qui en est personnellement victime a qualité pour invoquer une violation des règles de procédure, portant atteinte à l'intimité de la vie privée ; D'où il suit que le moyen n'est pas recevable ;

La partie qui soulève la nullité doit être victime de l’irrégularité. Celle-ci ne peut avoir été commise au préjudice d’un tiers. Malgré la jurisprudence de la CEDH (CEDH 24 août 1998, Lambert c/France, JCP 1999-I-105n°45, obs. Sudre., D. 1999, Somm. Com. P.271 obs. Renucci, Rsc 1999 p. 393 obs. Koering-Joulain), la cour de cassation a continué de juger sans qualité pour contester une interception de conversations téléphoniques la partie qui n’est pas concernée par les conversations et à qui la ligne n’est pas attribuée (Crim. 14 nov. 2001, Bull. n°238.) avant de procéder, sur ce point précis, à un revirement de jurisprudence (Crim. 15 janvier 2003, Bull. n°10). Il reste que sur d’autres exemples la jurisprudence de la chambre criminelle peut susciter des réserves par exemple quand elle l’a conduit à considérer qu’un prévenu n’a pas qualité pour invoquer la nullité de l’audition d’un témoin qui l’a mis en cause (Crim. 9 nov. 2004, Bull. 276, AJ pénal, janvier 2005, p. 31). Ainsi que le relève la doctrine, certaines décisions entretiennent parfois la confusion entre les notions d’intérêt à agir, de qualité pour agir et de grief (Desportes et Lazerges-Cousquer, op.cit. n°2033).

Devant qui sont soulevées les nullités de l’enquête et de l’instruction?

L’expiration du délai prévu par l’article 173-1 rend irrecevable la présentation par la partie concernée des moyens de nullité pour lesquels elle est forclose (Crim. la jurisprudence interprète l’article 385 du CPP de telle sorte que le tribunal ne peut soulever d’office les nullités même d’ordre public. l’avis de fin d’instruction ouvre pour chaque partie un mois ou de trois mois selon les cas. 2004. L’avis de l’article 175 fait courir un délai durant lequel des nullités peuvent être soulevées mais à condition que ces moyens ne se heurtent pas à une autre cause d’irrecevabilité tirée par exemple de l’article 173-1 ou 174 (Crim. 174 et 175 du CPP issus des lois de 1993. 175).). Bull. le délai de l’article 175 expiré. Toute saisine de la chambre de l’instruction d’une requête en nullité déclenche pour chaque partie le devoir de proposer tous les moyens de nullité de la procédure qui lui est transmise après quoi elle est irrecevable à le faire sauf le cas où elle n’aurait pu les connaître (art. Ni les dispositions de l’article 174. chaque saisine de la chambre de l’instruction doit être utile et donc purger toutes les nullités pouvant être soulevées par quelque partie que ce soit. Chaque interrogatoire ultérieur lui ouvre un délai de six mois pour invoquer les nullités des actes qui lui sont antérieurs (art 173-1). Quand peuvent-elles être soulevées? Les articles 173-1. p. pour présenter une requête en annulation (art. l’ordonnance de renvoi emporte purge des nullités. les délais . 2000. deux situations doivent être distinguées. Hors le cas de réquisitoire supplétif et de poursuite de l’instruction.120 note C. 30 mai 1996. la procédure doit être purgée de toute nullité. La purge organisée par l’article 174 n’est pas paralysée par les délais ouverts à l’article 173-1(Crim. Le système est fondé sur trois objectifs : les nullités doivent être soulevées le plus tôt possible. Girault). les parties sont irrecevables à soulever un moyen de nullité. 2002 et 2004 placent les parties et plus encore leurs conseils devant de lourdes responsabilités quant à la mise en œuvre en temps utile des demandes de nullités. n°152 et 11 juin 2002 Bull.n°79). et à la fin de l’instruction. n°130). Crim. Enfin. 10 déc. 10 juillet 2002Bull. 2003. Saisi après clôture d’une information.4 avril 2002. Bull.n°226. A partir de là. AJ pénal. Devant le tribunal correctionnel. 10 juillet 2002.117 Si les parties et le témoin assisté doivent en cours d’instruction saisir la chambre de l’instruction seule compétente pour examiner une demande d’annulation d’un acte ou d’une pièce. 174). ni celles de l’article 175 ne rendent à nouveau recevables ces moyens (Crim. l’article 206 du CPP invite aussi les chambres de l’instruction en cas de découverte d’une nullité à la relever d’office mais elles ne peuvent le faire que dans les cas où elle sont saisies de l’entier dossier de la procédure. chaque partie doit faire état des moyens de nullité concernant les actes accomplis jusque et y compris sa première comparution dans les six mois de la notification de sa mise en examen. à la seule exception des nullités tirées de l’incompétence des juridictions (Voir par exemple.n°152). En cas de saisie directe du tribunal. Bull.

). la chambre criminelle estime que les juges du fond sont tenus de rechercher si les actes postérieurs en relation avec l’acte annulé ne trouvaient pas leur support dans des actes réguliers (Crim. 2003. Elle estime en effet qu’il résulte de l’article 174 du CPP que « l’irrégularité d’un acte de procédure n’entraîne l’annulation d’autres actes postérieurs qu’à la condition que ces derniers aient pour support nécessaire l’acte annulé » (Crim 10 déc. leur annulation sera évitée (Crim. 193 cassant une décision d’une chambre des appels correctionnels annulant une garde à vue et à sa suite la procédure d’enquête et la citation). 2003. 2004. 15 oct. la jurisprudence a largement tempéré les conséquences de ce principe. L’étendue de l’annulation est décidée par la chambre de l’instruction (article 174 al 2 et 206 CPP) sous le contrôle de la cour de cassation.52. 38). Dès lors que des actes ou des pièces pourtant en relation directe avec un acte annulé trouvent aussi leur source ailleurs dans la procédure. 2003 Bull. 4 fév. l’utilisation de plus en plus fréquente des procédures d’urgence exige de la défense une réactivité remarquable si elle veut faire sanctionner les violations des formalités substantielles . n°92). 153 et 10 juillet 2002 préc. pénal 2004. pourvoi n°04-84. Dr. 2004 n°203-31 à36 et 203. 75). Bull. Seule la chambre de l’instruction est invitée par l’article 206 à relever d’office tout moyen de nullité même après l’avis de l’article 175 (Crim. 10 déc. Droit et pratique de l’instruction préparatoire. 2002 Chron. La chambre de . p. 4 janvier 2005. Devant le tribunal correctionnel. lorsque le dossier n’a pas donné lieu à information.et du même auteur « Un toilettage progressif et personnalisé : les nullités de l’instruction après l’entrée en vigueur de la loi du 4 mars 2002 » Dr. pénal nov. 6 mai 1998. Bull.876). 243 ). Encore doit-on ajouter que le dépôt de conclusions au début de l’audience suffit à satisfaire à cette exigence (Crim. Dalloz Action. Non seulement la qualification des moyens des nullités et l’appréciation des griefs rendent difficilement prévisibles les résultats des demandes d’annulation mais leur mise en œuvre est devenue pour les parties privées au cours de l’instruction une technique complexe dans laquelle elles doivent se défier de toute inattention voire des stratégies de leurs adversaires. Comm. Sur les effets de l’annulation Les conséquences des décisions d’annulation sont également laissées par le législateur pour l’essentiel à l’appréciation du juge. elle doit en tout cas soulever le moyen in limine litis. Bien plus. AJ pénal 2004. 5éd.118 ouverts par l’article 173-1 ne survivant pas à l’expiration du délai de l’article 175 (Crim. 6 mai 2003 Bull. Si l’annulation d’un acte emporte annulation de tous les actes qui en dérivent Et sûrement pas de ceux antérieurs. 1994. Bull. 75. Voir aussi Crim. 4 oct. (Crim.). n°313. qu’elles ont un « autre support ». Le retrait ou la cancellation des actes touchés par la nullité sera ainsi limité. Guéry. En un mot toutes les purges et forclusions se cumulent (Voir sur ces questions Ch.

. de renvoyer le dossier au même juge d’instruction ou à tel autre.119 l’instruction peut à la suite d’une annulation décider souverainement d’évoquer. Les conséquences des nullités qu’elles soient d’ordre public ou d’intérêt privé sont donc le plus souvent ainsi largement atténuées par le souci manifeste de sauver tout ce qui peut l’être des poursuites.

Desportes et Lazerges-Cousquer. avant de présenter les dispositions qui seront examinées à l’automne 2009 dans le cadre du débat sur la loi pénitentiaire.4 du CPP) même s’il peut être décerné à l’encontre d’une personne contre laquelle il existe des indices graves ou concordants (Article 122 al. La lecture de ces dispositions démontrent d’emblée que tous les mandats ne sont pas coercitifs. ce mandat va pouvoir . nous allons ici nous pencher en un premier temps les mandats et plus précisément les mandats coercitifs qui peuvent être pris dans le cadre de l’instruction. « Il est l'ordre donné à la force publique de rechercher la personne à l'encontre de laquelle il est décerné et de la placer en garde à vue » (Article 122. pour indispensables qu’elles puissent être en certains cas. La garde à vue ayant été examinée au début de ce cours à propos de l’enquête préliminaire. puisque c’est là le critère du placement en garde à vue. La loi du 9 mars 2004 a procédé à une large réécriture des dispositions du Code de Procédure pénale relatives aux mandats. Aucun seuil en revanche n’est prévu lorsqu’il est délivré par le juge d’instruction. Le mandat de recherche (Articles 122 à 124 et 134 du CPP) créé par la loi du 9 mars 2004. n’est pas spécifique à l’instruction. Durant l’instruction. 2815 à 2828). Les mandats coercitifs sont également énumérés et définis à l’article 122 du CPP.3 du CPP). En un second temps nous examinerons. des mesures privatives ou restrictives de liberté peuvent être prises qui. Les principes de nécessité et de proportionnalité visés à l’article 5 de la CESDH sont ici centraux. c'est-à-dire les articles 122 à 136. Inscrit au fichier des personnes recherchées. I Les mandats coercitifs. 2 dernière phrase du CPP). il est réservé aux enquêtes portant sur des crimes et délits faisant encourir trois ans d’emprisonnement au moins. constituent l’un des points forts du débat public sur la justice pénale. Et il est donc logique qu’il puisse être « décerné à l'égard d'une personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction ». Le cadre de ce cours ne permet pas de traiter des règles spécifiques à la détention provisoire des mineurs (Voir sur ce point. Ils sont à la source de mesures privatives ou restrictives de droit.120 6 Les mesures privatives ou restrictives de liberté prises durant l’instruction. al. L’essentiel. Délivré par le procureur au cours de l’enquête de flagrance ou préliminaire. Il est certain que l’affaire dite d’Outreau a suscité le débat en raison pour l’essentiel des questions de détention provisoire. Le mandat de comparution a en effet « pour objet de mettre en demeure la personne à l'encontre de laquelle il est décerné de se présenter devant le juge à la date et à l'heure indiquées par ce mandat » (Article 122 al. le contrôle judiciaire et la détention provisoire.

d’être présentée au juge. Autant dire qu’il s’agit donc de personnes mises en examen ou qui potentiellement peuvent l’être. à la commission d'une infraction. Le mandat d’amener et le mandat d’arrêt sont les mandats propres à l’instruction. Le mandat d’arrêt est quant à lui «l'ordre donné à la force publique de rechercher la personne à l'encontre de laquelle il est décerné et de la conduire devant lui après l'avoir. le juge d’instruction devra lui substituer un mandat d’arrêt et il devient caduc au règlement du dossier.3 du CPP). comme auteur ou complice. » (Article 122 al.121 provoquer l’interpellation et le placement en garde à vue. d'amener ou d'arrêt peut être décerné à l'égard d'une personne à l'égard de laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer. le cas échéant. Elle peut donc être visée par une ordonnance de renvoi ou de mise en accusation. trois autres conditions sont requises : Une peine de prison doit être encourue pour les faits dont est suspecté celui qui en fait l’objet. la recherche vaut (Article 134 du CPP) à la personne concernée d’être considérée comme mise en examen. Le mandat d’amener est « l'ordre donné à la force publique de conduire immédiatement devant lui [le juge d’instruction] la personne à l'encontre de laquelle il est décerné » (Article 122 al. elle peut faire l’objet d’un mandat de recherche alors pourtant qu’il existe contre elle des indices graves ou concordants. sauf bien entendu non lieu (Articles 179 et 181 du CPP). Mais on doit noter que si une personne n’est pas visée dans un réquisitoire. où elle sera reçue et détenue. la personne concernée doit être en fuite ou résider hors du territoire national et l’avis préalable du procureur (Article 131 du CPP). Il ne pourra être délivré contre une personne visée dans un réquisitoire introductif ou supplétif. et s’il a été pris avant un tel réquisitoire. S’agissant du mandat d’arrêt. Mais cette présentation n’est nullement obligatoire. le mandat de dépôt pouvant aussi être pris par la juridiction de jugement.5 du CPP). La validité des deux mandats n’est pas la même. Demeurée infructueuse. lorsque les mandats d’amener ou d’arrêt sont . le cas échéant. les mandats d’amener et d’arrêt ne font pas de ceux-là des parties à la procédure ce qui ne leur ouvre donc pas les droits correspondants.6 du CPP). Le critère relatif aux personnes à l’encontre desquelles ces mandats peuvent être délivrés coïncide avec celui d’une possible mise en examen ou du témoin assisté : « Le mandat de comparution. le mandat d’arrêt conservant sa force exécutoire après le règlement. Elle pourra ainsi être placée en garde à vue et entendue avant. conduite à la maison d'arrêt indiquée sur le mandat. y compris si cette personne est témoin assisté ou mise en examen » (Article 122 al. Mais comme pour le mandat de recherche. Bien qu’ils soient délivrés contre des personnes contre lesquels il existe des indices graves ou concordants.

lorsque la procédure doit passer d’un juge près un tribunal sans pôle à un pôle ou l’inverse (Articles 87 III et 397-2 et 397-7 du CPP). même pour les mis en examen et quelque soient les faits qui leur sont reprochés. Au surplus. dans la réalité. Le mandat de dépôt au contraire des mandats d’amener et d’arrêt ne présente pas de réelle autonomie : il est étroitement lié à la procédure de placement en détention provisoire et c’est dans ce cadre qu’il convient de l’étudier. Les statistiques ne sont pas très convaincantes sur le respect. . » II Le contrôle judiciaire et la détention provisoire. « Le mandat de dépôt peut être décerné à l'encontre d'une personne mise en examen et ayant fait l'objet d'une ordonnance de placement en détention provisoire. Aux termes de l’article 122. la détention provisoire n’est possible selon ce texte que s’il est démontré que les objectifs qu’elle poursuit ne peuvent être atteints par le contrôle judiciaire. Le contrôle judiciaire et la détention provisoire peuvent être pris durant l’information mais ils ne sont autorisés qu’à l’encontre des personnes mises en examen. présentation) qui conduisent nécessairement à une présentation au juge mandant sont minutieusement organisées (Article 135-2 du CPP). Il est l'ordre donné au chef de l'établissement pénitentiaire de recevoir et de détenir la personne à l'encontre de laquelle il est décerné. la création de pôles de l’instruction a nécessité l’organisation de mesures de contrôle judiciaire et de détention provisoire à titre conservatoire. La liberté est la règle. Toutefois. rétention. l’article 134 du CPP prévoit que la personne concernée est considérée comme mise en examen. transfèrement.122 demeurés infructueux. Aussi le législateur affirme-t-il clairement que contrôle judiciaire et détention provisoire doivent être exceptionnels (Article 137 du CPP). des vœux du législateur. dernier alinéa. Les conditions de mise à exécution des deux mandats (interpellation. Ce mandat permet également de rechercher ou de transférer la personne lorsqu'il lui a été précédemment notifié.

Elle n’est pas la seule.1 mois en 2001 à 8. 8 pour les majeurs.3 en 2006. Elle est à 7.97% en 2002.387 détentions .123 Quelques statistiques extraites de l’annuaire statistique de la justice 2008 Pour 49. Le nombre de détentions provisoires comptabilisées dans les affaires terminées chaque année avait augmenté constamment sur les dernières années (+25% en 5 ans).07% en 2006.500 condamnations après détention provisoire pour crime. elle est de 15. Légère amélioration donc pour ce qui concerne la durée des détentions provisoires imputables à l’instruction qui rompt en tout cas avec un cycle de 5 années d’augmentation. la détention provisoire dépasse les trois années.2 mois en 2001 à 7.3 mois). En matière criminelle. Sur 2. Elle était passée de 6. il faut ajouter les 12.1 mois. 592 personnes placées en détention provisoire (durée moyenne. elle était passée sur la même période de 14 à 16. chiffre moyen depuis cinq ans. L’instruction a eu naguère sa part de responsabilité dans l’augmentation des durées totales de détention provisoire. On l’attendait peut-être plus important.200 mesures de détention provisoire (20.700 détention provisoire. La durée moyenne des détentions provisoires à l’ordonnance de clôture a diminué en 2006.7 en 2005. L’audiencement devant les juridictions de jugement en est aussi largement responsable et de ce point de vue les choses ne s’arrangent pas.211). la durée moyenne de détention provisoire totale est de 26. elle était passée de 5. on comptait 25. C’est la détention provisoire correctionnelle qui avait augmenté le plus en chiffres absolus et relatifs.810 en 2005). pour les majeurs. En termes d’évolution. Il baisse pour retrouver son niveau de 2003 (19.4 mois. aux 20. 5. pour 40. 82% des détentions provisoires concernent des délits ou des crimes correctionnalisés (14.100 mises en examen effectuées dans les affaires terminées sur l’année 2006.7 mois pour les mineurs. en augmentation constante depuis 2001 (24. En 2006. le chiffre des mesures prises ab initio étonne : 7.9 mois en 2005.000 contrôles judiciaires et 10. En matière correctionnelle. à 9. Elle est de 3. En matière correctionnelle. le taux des détentions provisoires sur les mises en examens diminue légèrement et s’établit à 39.700 mesures de contrôle judiciaire et 19.909 détentions dans des affaires transmises au tribunal correctionnel et 837 au Tribunal pour enfants).4 mois) ont vu clôturé l’instruction qui les concernait par un non-lieu en 2006.7 et elle est stable pour les mineurs.47% en 2005 mais 36 . Dans l’un et l’autre cas. Dans 20% des cas. Les deux types de détention ont baissé en 2006 de 8 à 10%. Le nombre de requêtes en indemnisation de détention provisoire est passé de 365 en 2002 à 640 en 2006 et le nombre des affaires restant à juger à ce titre par les premiers présidents a doublé en cinq ans (615 en 2006).9 mois.047 détentions provisoires imputables à l’instruction (durée moyenne : 6. Elle est en 2006 de 6.6 mois). Près d’un millier de détentions provisoires concernent des mineurs (crimes et délits).

Institué par une loi n°70-643 du 17 juillet 1970. Les conditions du contrôle judiciaire. La procédure de placement sous contrôle judiciaire.4 mois). Mais 10. le contrôle judiciaire est très représentatif d’une époque où le législateur était soucieux de construire par une politique criminelle active des alternatives à la peine de prison.900 sont d’une durée supérieure à 4 mois. il avait explicitement pour objectif d’éviter le recours à la détention provisoire en étant pensé comme une alternative à celle-ci. Notion. Le contrôle judiciaire peut être décidé par le juge d’instruction « en tout état de l’instruction » (Article 137-2 et 139 du CPP) après réquisitions du ministère public. l’examen statistique témoigne que le contrôle judiciaire talonne la détention provisoire mais sans la dépasser. On ne s’étonnera donc pas que sur l’ensemble des détentions provisoires. Il ne peut être décidé que si l’infraction pour laquelle la personne concernée est mise en examen fait encourir à une personne physique une peine d’emprisonnement correctionnel au moins. Le contrôle judiciaire est régi par les articles 137. Extrait de « Bref commentaire de quelques chiffres de l’annuaire 2008 » AJ pénal juin 2009. Le champ d’application. S’il est en effet une mesure restrictive de liberté décidée à titre de mesure de sûreté ou pour les nécessités de l’instruction. 137-2. Mais le législateur n’a pas organisé ici de débat contradictoire comme on en rencontrera lorsqu’il s’agira pour le juge des . De même que les alternatives aux peines de prison n’ont pas toujours.124 provisoires imputables à la comparution immédiate (durée moyenne : 0. 13.275 d’entre elles durent moins d’un mois. 138 à 143 du CPP qui pour certains ont été remaniées à de très nombreuses reprises. 1) Le contrôle judiciaire. Son champ d’application dépasse toutefois celui auquel cette finalité ferait penser (une alternative à la prison) puisqu’il est aussi applicable aux personnes morales (Article 706-45 du CPP). été utilisées à cette fin mais bien plutôt comme un mode de diversification des autres peines. en pratique. Il n’est pas applicable en matière d’infractions militaires et de presse.

Bull n° 179) Les mesures de contrôle judiciaire. n°2661 à 2675). que la mise en liberté intervienne pour des motifs de droit (sa durée) ou de fait lorsqu’il s’agit notamment de protéger la partie civile de certains risques (Article 144-2 du CPP). ou encore au service pénitentiaire d’insertion ou de probation ou enfin.125 libertés et de la détention de décider une détention provisoire. Le contrôle judiciaire est exécutoire nonobstant toute voie de recours (Crim 8 juillet 2004. Le juge des libertés et de la détention peut néanmoins choisir le placement sous contrôle judiciaire au lieu et place de la détention provisoire (Article 145 al. s’agissant des mineurs. soit à des associations de contrôles judiciaires ou des enquêteurs de personnalité. C’est la règle dite de l’unique objet (Voir sur ce point Guinchard et Buisson. cit. soit sur un appel du parquet après refus d’envisager ou de placer en détention provisoire. Dans tous les cas la décision sera motivée. constitue l’une des mesures de contrôle judiciaire (138 al2 11° et 142 du CPP). à des services éducatifs. La surveillance électronique en cause s’effectue selon les modalités prévues aux articles R18-2 et R5710 à R57-35. La mainlevée du contrôle judiciaire. Bien entendu le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention peuvent aussi faire suivre une détention provisoire d’un contrôle judiciaire. op. Notons enfin que la loi n°2002-1138 du 9 septembre 2002 a introduit la surveillance électronique comme mode possible.2 du CPP). D’office. n°2204. 2° à savoir l’assignation à résidence. personnes physiques. soit à l’occasion d’une mise en liberté. L’effectivité du contrôle sera confié soit aux services de police et de gendarmerie. En ce cas d’ailleurs la chambre de l’instruction ne pourra juger quelque question étrangère que ce soit au contrôle judiciaire. Le juge d’instruction peut ici encore d’office ou sur demande de l’intéressé ordonner la mainlevée du contrôle judiciaire après avoir pris l’avis du parquet. le juge d’instruction peut aménager.3 du CPP). Et la chambre de l’instruction peut aussi. assez peu pratiqué. La demande formée par le mis en examen est enfermée dans des formes précises (Articles 148-6 et 148-7 du CPP) et le juge dispose de cinq jours pour y répondre (Article 140 al. avec l’accord de l’intéressé. elles se sont diversifiées au fil des réformes et on renverra sur ce point à la lecture de l’article 138 du CPP et l’analyse qui en est faite dans les traités (voir notamment Desportes et Lazerges-Cousquer. ou sur demande de l’intéressé ou du procureur. décider un contrôle judiciaire. Desportes et . Les ordonnances rendues en matière de contrôle judiciaire peuvent faire l’objet d’un appel du parquet. Ce dernier peut aussi être le demandeur à la mainlevée. de la mesure de contrôle judiciaire prévue à l’article 138 alinéa 2.2 du CPP). alléger ou renforcer le contrôle judiciaire en modifiant les mesures auxquelles le mis en examen est soumis (Article 137 al. sur appel d’une ordonnance du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention. Le cautionnement. Au nombre de dix-sept aujourd’hui. du mis en examen mais non des parties civiles (Articles 185 et 186 du CPP).

Il peut même sous certaines conditions être maintenu par le jugement de condamnation du tribunal correctionnel jusqu’à ce que la décision devienne définitive et donc pendant l’instance d’appel (Article 471 du CPP).5 du CPP) et en matière correctionnelle. La notion de détention provisoire et son évolution La détention provisoire tient son nom de la loi du 17 juillet 1970 et s’appelait auparavant « détention préventive » tandis qu’on parlait alors d’un inculpé (nom d’alors du mis en examen) en « liberté provisoire » Et le Code d’instruction criminelle . Ajoutons que comme en matière de détention provisoire (Voir infra) la chambre de l’instruction peut statuant sur le contrôle judiciaire décider plutôt que laisser compétence au juge d’instruction pour gérer la suite du contrôle judiciaire. Le contrôle judiciaire peut alors excéder de quatre mois sa durée normale maximale (Article 145-1 et 145-2 du CPP). la mesure se poursuit même de droit à l’égard de ceux qui font l’objet d’une ordonnance de mise en accusation (Article 181 al. décider de se réserver cette question (Article 207 al 1 du CPP). sauf si le mis en examen avait déjà été placé en détention et avait été placé sous contrôle judiciaire. le juge d’instruction peut maintenir le contrôle judiciaire jusqu’à la comparution devant le tribunal (Article 179.2 du CPP). En fin d’instruction. al. Nous examinerons dans une leçon prochaine les règles de la détention provisoire qui peut être ordonné en matière de comparution immédiate et nous nous en tiendrons ici à la détention provisoire décidée en cours d’information mais qui peut se prolonger jusqu’au prononcé de la décision définitive sur le fond. Son inexécution expose celui qui se « soustrait volontairement à ses obligations » au placement en détention provisoire (Article 141-2 du CPP). Le contrôle judiciaire n’est pas à l’inverse de la détention provisoire enfermé dans des limites maximales de durée. Durant l’information. La fin du contrôle judiciaire et la fin de l’information. c’est le juge des libertés et de la détention qui est ici compétent pour la décider. 3) La détention provisoire de l’information.126 Lazerges-Cousquer n°2697 et 2142 et 2164). La détention sera enfermée dans les mêmes limites de durée maximale que si elle avait été décidée initialement. La fin du contrôle judiciaire par la détention provisoire. La détention provisoire n’est alors pas subordonnée au respect des conditions de fond ordinaires prévues par l’article 144 du CPP.

Or. Si celui-ci partage cette vue. Garraud. il . les recours et les contrôles dont elle fait l’objet et le juge qui la prononce ( pour une vue d’ensemble de la question voir récemment Desportes et Lazerges-Cousquer. Le procureur de la République s’il estime la détention nécessaire va saisir le juge d’instruction de réquisitions en ce sens. la procédure de son prononcé. à l’extraire de ce contexte inquisitorial est manifeste lorsqu’on tente de rendre compte des nombreuses réformes qui s’y sont attaché. C’est dire que l’institution est héritière d’une procédure inquisitoire. La loi du 15 juin 2000 a constitué une importante rupture dans le droit de la détention provisoire en instituant un juge des libertés et de la détention (que nous désignerons désormais par l’acronyme utilisé par les praticiens « JLD »)ayant le pouvoir de placer en détention provisoire. Si le juge d’instruction estime la détention injustifiée. avait critiqué ce choix législatif du code d’instruction criminelle et en 1947 encore Donnedieu de Vabres souhaitait séparer « les fonctions d’inquisiteur et celles de juges ».). n°2702 et s. ses motifs. Faustin Hélie et d’autres après lui. sa durée. Ces multiples réformes ont peu à peu constitué autour de la question de la détention provisoire une procédure complexe et « quasi-autonome » (Desportes et LazergesCousquer. L’initiative de cette question et de la procédure qui s’en suit peut tenir au procureur de la République ou au juge d’instruction. Tour à tour. mais à l’évidence le cycle des réformes n’est pas achevé. ponctuées de régressions. des infractions qui la font encourir.127 de 1808 prévoyait qu’en matière criminelle la « détention préventive » était de principe et d’une durée illimitée. Quand et par qui le JLD est-il saisi ? La question de la détention provisoire peut se poser au moment même d’une mise en examen ou plus tard lorsque se révèle telle ou telle circonstance concernant la personne mise en examen. Le placement en détention provisoire. tout au long des XIXème et XXe siècles. C’était retirer à la juridiction d’instruction du premier degré l’un de ses trois pouvoirs. n°2703) au sein de la procédure d’information. le législateur a modifié le champ des personnes susceptibles de faire l’objet de détention provisoire. celui du placement en détention provisoire (aux côtés du pouvoir d’enquêter et du pouvoir juridictionnel de renvoyer devant le juge du fond). il va saisir le juge des libertés et de la détention. qui peuvent l’un et l’autre ou l’un ou l’autre estimer la détention nécessaire. de rejeter les demandes de mise en liberté et de prolonger la détention. Garçon. dès le XIXème siècle. La difficulté à l’encadrer.

L’article 137-3 du CPP précise que toute décision du JLD qui prononce. . Les conditions de fond de la détention. l’article 144 pose une exigence supplémentaire : il doit « être démontré. prévenir le renouvellement de l’infraction ou mettre fin à l’ordre public (objectifs énumérés à l’article 144. Mais l’article 137-4 al. C’est dire qu’ils ne doivent pas pouvoir être atteint par un contrôle judiciaire. » La décision du JLD est donc enfermée dans des motifs précis qui recouvrent des finalités assignées à la détention. disposition fondamentale en matière de détention provisoire énonce ces finalités non sans avoir rappelé auparavant. très large : il suffit que la mise en examen soit intervenue pour un crime ou un délit puni de trois ans d’emprisonnement ou plus ce qui recouvre aujourd’hui la plus grande part des délits visés au code pénal. Depuis la loi du 5 mars 2007. Cette saisine directe suppose d’abord que le parquet ait précisé dans ses réquisitions qu’il envisageait en cas de refus de placement en détention cette saisine directe. dont il convient de rappeler ici qu’elle fait suite aux travaux parlementaires tenus après l’affaire dite d’Outreau. Le champ de la détention provisoire est aujourd’hui. la détention provisoire peut être décidée selon l’article 137 du CPP pour « les nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté ». Le parquet immédiatement informé de cette décision peut dans tous les cas en faire appel. et ce depuis la loi du 15 juin 2000. Même si sa durée sera imputée sur celle de la peine. Comme le contrôle judiciaire. Ainsi posée la question du placement en détention provisoire sera tranchée à partir de l’examen des conditions de fond suivantes.128 peut par décision motivée soit laisser la personne en liberté soit la placer sous contrôle judiciaire. 4°à 7° du CPP). à la suite de la modification intervenue par la loi du 9 septembre 2002 sur le choix du législateur précédent (loi du 15 juin 2000). la détention provisoire ne saurait être justifiée par les faits reprochés fussent-ils parfaitement établis et reconnus. au regard des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure qu’elle constitue l’unique moyen » de parvenir à l’un de ces objectifs. L’article 144 du CPP. Et surtout cette saisine n’est possible qu’en cas de mise en examen pour crime ou délit puni de dix ans d’emprisonnement et sous réserve que la détention ait pour objectif de protéger le mis en examen. garantir son maintien à la disposition de la justice.1 du CPP lui ouvre aussi en certains cas une autre voie : la saisine directe du juge des libertés et de la détention. qu’elle doit être « l’unique moyen » de parvenir à ces objectifs. maintient ou prolonge une détention doit « comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le caractère insuffisant des obligations du contrôle judiciaire et le motif de la détention par référence aux seules dispositions des articles 143-1 et 144.

notamment la première fois. 6° Mettre fin à l'infraction ou prévenir son renouvellement . tant en raison de l’incarcération elle-même que des conditions de celle-ci. 7° Mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l'ordre public provoqué par la gravité de l'infraction. Toutefois. le présent alinéa n'est pas applicable en matière correctionnelle. Ces objectifs assignés à la détention provisoire sont limitatifs. Il est certain que les trois premiers motifs relèvent de préoccupations tenant à l’instruction (les nécessités de l’instruction) tandis que les quatre suivants relèvent plutôt de mesures de sûreté (tendant à éviter la commission de nouvelles infractions pas nécessairement d’ailleurs par celui qui est en détention lorsqu’il s’agit de le protéger). Le législateur a donc voulu encadrer de motif en excluant son usage en matière correctionnelle. et un choc social susceptible d’avoir de lourdes répercussions sur un parcours de vie. les circonstances de sa commission ou l'importance du préjudice qu'elle a causé. distinction pour le moins délicate. Ce trouble ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l'affaire. La détention provisoire constitue à la fois un choc psychique pour ceux qui la vivent. 4° Protéger la personne mise en examen . celui du détenu et ceux de ses proches. 3° Empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices . les circonstances de sa commission ou l'importance du préjudice qu'elle a causé » et enfin en 2007 en précisant qu’il «ne peut résulter du seul retentissement médiatique de l'affaire ».129 Les sept motifs de détention provisoire de l’article 144 du CPP 1° Conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité . Ces éléments connus de tous les praticiens de la justice conduisent le législateur à faire en sorte que soit prises en . en le rattachant exclusivement à « la gravité de l'infraction. Le dernier motif tenant au trouble à l’ordre public a depuis toujours suscité la controverse et une réelle défiance de la défense pour le caractère imprécis de la notion. 2° Empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille . en le qualifiant « d’exceptionnel et persistant ». 5° Garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice .

à la dignité de la personne ou aux intérêts d’un tiers). risque d’entrave aux investigations. Quelle que soit la cause du report. la personne est remise en liberté sous les réserves vues plus loin. Ces audiences n’ayant pas de régularité d’heure . Il ne faut pas cependant se représenter cette publicité comme celle des audiences correctionnelles. il va sous les conditions de fond et de forme étudiées ci-dessus prendre une ordonnance de placement en détention provisoire et un mandat de dépôt. Pratique judiciaire. à la sérénité des débats.6 du CPP). sous quelques exceptions (criminalité organisée. le JLD peut prescrire une incarcération provisoire pour une durée de quatre jours. le JLD va donc trancher. La décision de placement en détention n’interviendra qu’après un « débat contradictoire » dont les formes sont précisées à l’article 145 du CPP. délai à l’intérieur duquel devra intervenir le débat contradictoire. Après avoir entendu le ministère public et la défense. Pour les jeunes majeurs (moins de vingt et un ans au temps de l’infraction) mis en examen pour des infractions faisant encourir une peine égale ou inférieure à cinq ans (Article 81 al. qu’elle a le droit de demander un délai pour préparer sa défense et qu’elle sera nécessairement assistée par l’avocat de son choix ou un avocat désigné d’office à ce débat. Le JLD à qui la personne mise en examen est présentée suite à sa saisine. S’il estime la détention provisoire nécessaire. Le JLD peut lui-même vouloir reporter le débat (article 145 al. risque d’atteinte à la présomption d’innocence. une enquête de personnalité devra être menée et pour les parents de mineurs de seize ans (Article 145-5 du CPP) la recherche préalable des éventuelles mesures destinées à éviter que la détention du parent ne place le mineur en situation de danger est requise. Si le JLD n’envisage pas de détention. Le « débat contradictoire » et la décision qui lui fait suite sont en principe publics depuis la loi du 5 mars 2007 (Article 145 al. il doit l’informer qu’elle ne pourra intervenir qu’après un débat contradictoire.7 du CPP). Le « débat contradictoire ». doit entendre ses observations. Cette assistance obligatoire a été instaurée par la loi du 5 mars 2007. Le seul recours contre l’ordonnance d’incarcération provisoire est le référé-liberté que nous verrons plus loin. S’il envisage la mise en détention.130 compte la situation personnelle du mis en examen.7 à 10 du CPP) s’il souhaite que des vérifications soient effectuées sur la personnalité du mis en examen ou sur les faits.

Il n’en reste pas moins que des règles précises et parfois vécues comme très contraignantes par la défense régissent la désignation de l’avocat par le détenu (Article 115 du CPP). en capacité de visiter les prisons. En charge du contrôle des détentions provisoires. 11 décembre 2008). ce qui ne manque pas de poser de sérieuses questions à la défense qui ne peut être en ce cas à la fois devant le JLD et aux côtés du mis en examen. Quant au « principe de l’emprisonnement individuel » prévu depuis 1875. L’exécution de la détention provisoire. un de ses organes dans un article intitulé « A la Santé. ni par un public d’habitué. n°157). 53 à D. fréquentée par la presse. Les règles qui gouvernent l’exécution de la détention provisoire telles qu’elles figurent aux articles 714 à 716 du CPP et D. dans l’espoir d’empêcher des communications entre co-mis en examen peut « disperser » ceux-là dans différentes maisons d’arrêt (Article D56-2 du CPP). le Sénat vient de voter le 6 mars 2009 son report à au cinquième anniversaire de la date de publication de la loi . les détentions provisoires ne sont pas nécessairement exécutées près du juge d’instruction ni du domicile ou de la famille du détenu. Exécutées dans les maisons d’arrêt qui concentrent seules la surpopulation carcérale au contraire de maisons centrales et des centres de détention. C’est en tout cas le juge d’instruction qui pour l’essentiel qui est en charge de cette exécution. Le débat peut aujourd’hui se tenir en ayant recours à la visioconférence (Article 706-71 du CPP) par exemple lorsque la personne est détenue pour autre cause. inscrit aujourd’hui à l’article 716 du CPP et jamais respecté. Le juge d’instruction. sauf à ce qu’elle en soit spécialement avertie. elles ne sont pas.131 et de jour. La visioconférence ici comme en matière d’audience de fond modifie plus qu’on ne le pense le rituel du contradictoire. Elles peuvent se tenir dans le cabinet du JLD et non pas en salle d’audience et la jurisprudence a même admis que la porte de ce cabinet puisse être fermée durant le débat dès lors que le public n’est pas empêché d’entrer ! (Crim. des juges inquiets d’incarcérer » commençait par « C’est rare pour ne pas dire inédit… » (O. sauf à ce que la défense l’organise elle-même. Autant dire que la publicité de ce débat sera en bien des cas très formelle.69 du CPP ne donnent pas une exacte image des questions qui se posent en ce domaine. Le juge peut selon des limites prévues à l’article 145-4 interdire les communications du détenu avec ses proches voire le placer à l’isolement (D56-1 du CPP). 18 juin 2008. et lorsqu’un groupe de onze juges d’instruction décida en fin 2008 de visiter la prison de la Santé et faire savoir à la grande presse qu’ils n’en « pouvaient plus d’incarcérer dans ces conditions ». les juges d’instruction n’ont jamais véritablement investis ces pouvoirs. Ces dispositions ne sauraient concerner la défense (Article 716 dernier alinéa du CPP) dont les droits doivent être préservés durant la détention et notamment le droit de communiquer librement. Bull. Millot Libération.

survenus durant plusieurs années de détention provisoire. que la durée totale de détention provisoire est enfermée dans une double contrainte : celle du délai raisonnable et surtout celle de durées maximales complexes car soumises à divers régimes et exception. L’avocat de la défense est dûment convoqué au débat contradictoire et le JLD doit (Article 145-3 du CPP) exposer dans son ordonnance de prolongation. Il est important de souligner que les durées légales maximales atteignent jusqu’à 3 ans et quatre mois pour un certain type de délit et quatre ans et huit mois pour certains crimes. On peut aussi résumer les dispositions prévues à l’article 145-2 du CPP sous forme d’un tableau (ci –dessous). La durée de la détention provisoire pendant l’information. à la mise à l'isolement et aux fouilles corporelles. Certes. requête n°39364/05. 5éme section) dans lequel la France est condamnée pour violation des articles 3 et 13 de la Convention relatifs aux transfèrements. et il faut y insister la situation des détenus aura été revues à plusieurs reprises mais l’un des enseignements de l’affaire d’Outreau est précisément de montrer que ce n’est pas là une garantie suffisante pour éviter des prolongations de routine. Seule la voie de l’appel lui est ouverte contre un refus par le juge d’instruction d’envisager de prolonger la détention et de saisir le JLD. La prolongation est en tout cas décidée par le JLD après avis du parquet et sur saisine du juge d’instruction. nécessité et proportionnalité de la privation de liberté. les indications particulières qui justifient en l'espèce la poursuite de l'information et le délai prévisible d'achèvement de la procédure.132 pénitentiaire discutée à l’automne 2009. . On lira notamment l’édifiant arrêt rendu le 9 juillet 2009 (Affaire Khider c/ France. que la loi permet des prolongations de la détention sous des formes assez voisines de celles du placement initial. Cette question est évidemment celle où de subtils compromis tentent de concilier sécurité publique et protection de la liberté individuelle. 9 juillet 2009. lorsque la durée de la détention provisoire excède un an en matière criminelle ou huit mois en matière délictuelle. et sous des périodicités diverses. On peut résumer le dispositif législatif en disant que tout titre de détention a une durée de validité limitée. En attendant. la France se voit condamner par la CEDH sur le fondement de diverses dispositions de la CESDH pour les conditions dans lesquelles s’exécute la détention provisoire. A ce stade le parquet ne peut saisir directement le JLD.

133 Durée de la détention provisoire Durée de validité du titre initial de DP Matière correctionnelle 4 mois Matière criminelle 1 an Durée de validité du titre prolongeant la DP 4 mois 6 mois Durée légale maximale –Principe 4 mois 2 ans Durée légale maximaleRégimes d’exception- 1 an -peine encourue supérieure à 5 ans ou -déjà condamnée à une peine criminelle ou correctionnelle ferme supérieure à un an 3 ans 2 cas Peine encourue supérieure à 20 ans de réclusion ou détention criminelle Ou poursuites pour un crime en tout ou partie commis hors du territoire national __________________________ 2 ans -peine encourue supérieure à 5 ans ou prévenu déjà condamné à une peine criminelle ou correctionnelle ferme supérieure à un an et poursuivi pour une infraction en tout ou partie commise hors du territoire national ou certaines infractions punies de 10 ans 4 ans 2 cas -Peine encourue supérieure à 20 ans de réclusion ou détention criminelle Et poursuites pour un crime en tout ou partie commis hors du territoire national -Poursuites pour plusieurs crimes ou pour certains crimes 3 ans association de malfaiteurs terroristes Article 706-24-3 CPP Nombre de débats contradictoires minimum pour une durée maximale 2à8 Durée de l’allongement exceptionnel (Art.145-1 et 145-2) qui peut être prononcé par la Chambre de l’instruction 2à5 4 mois 8 mois .

les appels qu’ils génèrent constituent le plus gros du contentieux des chambres de l’instruction. elles sont enfermées dans des formes précises à peine d’irrecevabilité de la demande (Article 148-6 et 148-7 du CPP). L’article 144-1 du CPP l’impose même lorsque les conditions de la détention provisoire énoncées à l’article précédent ne sont plus remplies ou lorsqu’elle « excède une durée raisonnable. La mise en liberté de la personne placée en détention provisoire peut résulter du d’un motif de droit : le non-lieu. au regard de la gravité des faits reprochés à la personne mise en examen et de la complexité des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité ». La mise en liberté résulte le plus souvent d’une demande formée par l’intéressé ou son conseil au juge d’instruction et en certains cas directement à la chambre de l’instruction.2 du CPP) le Procureur peut aussi solliciter la mise en liberté. le reste étant de l’appréciation souveraine des chambres de l’instruction). le dépassement de la durée maximale de la détention ou en tout cas l’arrivée au terme de l’effet du mandat de dépôt et alors que la prolongation n’est pas demandée ou enfin parce que certains délais n’ont pas été respectés soit par la chambre de l’instruction soit par la chambre criminelle. La mise en liberté peut être prononcée d’office par le juge d’instruction ou par le JLD ou encore la chambre de l’instruction après avis du parquet. En théorie (Article 147 al. S’agissant des demandes formées par le détenu et sa défense.134 La décision de remise en liberté. il faut bien reconnaître leur usage rare en pratique. 221-3. Si les articles 201. Cependant. . cette contrainte demeure assez théorique. Elle peut encore être la conséquence de l’annulation de pièces qui étaient le support nécessaire du mandat de dépôt qui se trouve annulé comme par exemple l’annulation d’un interrogatoire de première comparution. La procédure devant la chambre de l’instruction relative à la détention provisoire. 222 et 223 du CPP prévoient diverses hypothèses sous lesquelles la chambre de l’instruction peut statuer sur la détention provisoire. leur refus. le contrôle très réduit exercé par la chambre criminelle sur cette dernière question (le défaut de réponse ou l’erreur de droit dans l’appréciation du délai. Ces demandes. C’est essentiellement des appels d’ordonnances rendues en matière de détention provisoire qu’elle est saisie d’autant que c’est la seule voie de recours ouverte contre elles. Il est statué sur ces demandes sans débat contradictoire.

la chambre de l’instruction examine l’appel et depuis la loi du 5 mars 2007. sinon. s’il estime la demande de l’appelant justifiée. Un « fait divers » malheureux a quant à lui amené le législateur de la loi du 9 septembre 2002 à créer son pendant : le référé-détention ouvert au bénéfice du parquet. Dans le référé-liberté. Le président de la chambre de l’instruction est en effet amené à connaître de l’appel qu’il a d’abord écarté en référé-liberté. la chambre de l’instruction peut se réserver le contentieux de la détention provisoire quand elle décerne mandat de dépôt. Les motifs d’impartialité qui ont justifié que le référé-détention soit porté devant le Premier Président de la cour auraient tout aussi bien justifié la même solution pour le référé détention. enserrée dans de stricts délais. Après une courte phase de mise en état. perte d’emploi. Enfin. les appelants peuvent être le parquet (Procureur ou procureur général) (Article 185 du CPP) et la personne mise en examen (Article 186 du CPP). les effets négatifs d’une détention provisoire (choc psychologique. Divers délais de 10 à 20 jours imposent à la chambre de l’instruction une célérité qui peut expliquer pour partie certains dysfonctionnements. le premier président peut déclarer l’appel sur la décision de mis en liberté suspensif.135 On se tiendra à brosser ici les grandes lignes de la procédure en vigueur devant elle. de l’appel. Si le principe est celui de la comparution personnelle de la personne concernée pourvu qu’elle en ait fait la demande. D’autant que la sanction du nonrespect de ces délais est la remise en liberté (Article 194 al. En la matière. le législateur par la loi du 15 juin 2000 a institué une procédure de référé-liberté au bénéfice de la personne placée en détention provisoire. Il s’agit dans l’un et l’autre cas (Article 187-1 du CPP pour le référé-liberté et 187-3 du CPP pour le référé-détention) de pouvoir provoquer l’examen en urgence par le président de la chambre de l’instruction voire de la chambre (Article 187-2 du CPP) pour le référé-liberté. la chambre examinera l’appel en temps utile . ce que l’on appelle l’effet dévolutif de l’appel lui permet de rendre son arrêt à une date postérieure au terme du délai légal de la détention tel qu’il résultait de l’ordonnance frappée d’appel. l’appel la saisit de la question de la détention provisoire telle qu’elle se posait au juge de premier degré. Or. en matière de référé-détention. . par le Premier président de la cour pour le référé détention. le principe est ici encore devenu celui de la publicité de l’audience (Article 199 du CPP). effet de pilori médiatique) se produisent dans les jours suivants l’incarcération. La partie civile n’y est pas recevable. la décision d’incarcérer ou de mise en liberté reçoit exécution immédiate. 3 du CPP). Pour tenter de corriger ce danger lorsque finalement la détention s’avère pouvoir être évitée. En revanche. le président (ou la chambre) peut infirmer l’ordonnance qui lui est soumise. C’est qu’en effet. ce principe subit de plus en plus d’exceptions et tend de plus en plus à prendre la forme de la visioconférence (Article 199 et 706-71 du CPP). Comme en matière de contrôle judiciaire. infirme une ordonnance de mise ne liberté ou de refus de prolongation (Article 207 du CPP). l’appel en ce domaine n’étant pas suspensif.

l’autonomie du dispositif étant censée le rendre plus attractif que l’actuel contrôle judiciaire sous surveillance électronique. 4°. ni par le trouble à l’ordre public que le temps de l’information et les résultats de l’information elle-même sont censés avoir apaisé.136 La poursuite de la détention provisoire après le règlement de l’information En matière correctionnelle. Et la sanction du non respect de ces délais est la remise ne liberté. maintenir le prévenu en détention ou sous contrôle judiciaire jusqu'à sa comparution devant le tribunal. la détention n’est enfermée directement que dans la règle du délai raisonnable dont le CEDH tend à assurer le respect faute par la chambre criminelle d’exercer un contrôle effectif (voir supra). Le maintien en détention en fin d’instruction ne saurait en effet se justifier par les nécessités de l’instruction. Mais elle est enfermée indirectement dans le délai de comparution du prévenu ou de l’accusé devant le tribunal correctionnel ou la Cour d’assises. un pas important de plus dans l’imagination d’une alternative à la prison telle que nous la connaissons. L'ordonnance de maintien en détention provisoire est motivée par référence aux 2°. le juge d'instruction peut. 5° et 6° de l'article 144. Le maintien en détention est de plein droit en matière criminelle. Le projet de loi pénitentiaire discuté au parlement en 2009 comporte la création d’un dispositif dénommé « assignation à résidence sous surveillance électronique » qui deviendrait une mesure de sûreté autonome. En réalité ce qui le rendrait plus « attractif » au sens de plus facilement accepté par les personnes qui le subiraient teint à ce que la durée de son exécution s’imputerait sur une peine d’emprisonnement ferme. A n’en pas douter. Le projet d’assignation à résidence. par ordonnance distincte spécialement motivée. Dans tous les cas. l’article 179 du CPP dispose « L'ordonnance de règlement met fin à la détention provisoire ou au contrôle judiciaire … Toutefois. ». Cette largesse du législateur n’a qu’un effet : les délais de comparution en Cour d’assises sont souvent trop longs et aucun moyen n’est pris pour y remédier. entre contrôle judiciaire et détention provisoire. Mais nul ne peut prétendre dire pour quels résultats ? . Le délai calculé à compter de la date de l’ordonnance de renvoi est de deux mois qui peut être prolongé de deux mois encore (quatre mois au total) en matière correctionnelle (Article 179 du CPP) et il est de un an susceptible d’une prolongation de six mois à compter de la date à laquelle la décision de mise en accusation est définitive (article 181 du CPP).

142-5. « Toutefois. après cet article 142-4. « Cette mesure oblige la personne à demeurer à son domicile ou dans une résidence fixée par le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention et de ne s’en absenter qu’aux conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat. par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la personne mise en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel d’au moins deux ans ou une peine plus grave. – Toute personne mise en examen. de l’assignation à résidence et de la détention provisoire ». – L’intitulé de la section 7 du chapitre Ier du titre III du livre Ier est ainsi rédigé : « Du contrôle judiciaire. demeure libre. avec l’accord ou à la demande de l’intéressé. à l’aide du procédé prévu par l’article 763-12. en raison des nécessités de l’instruction ou à titre de mesure de sûreté.137 Loi pénitentiaire. si les obligations du contrôle judiciaire ou de l’assignation à résidence avec surveillance électronique ne permettent pas d’atteindre ces objectifs. « À titre exceptionnel. elle peut être astreinte à une ou plusieurs obligations du contrôle judiciaire ou. » III. « Cette obligation est exécutée sous le régime du placement sous surveillance électronique. Extraits du texte adopté par le Sénat en première lecture (urgence déclarée) De l’assignation à résidence avec surveillance électronique Article 37 I. – L’article 137 est ainsi rédigé : « Art. à l’aide du procédé prévu par l’article 723-8. être assignée à résidence avec surveillance électronique. – L’assignation à résidence avec surveillance électronique peut être ordonnée. si celles-ci se révèlent insuffisantes. l’article 143 devient l’article 142-4 et. si la personne est mise en examen pour une infraction punie de plus de sept ans d’emprisonnement et pour . – Les sous-sections 2 et 3 de la section 7 du chapitre Ier du titre III du livre Ier deviennent respectivement les sous-sections 3 et 4. 137. il est rétabli une sous-section 2 ainsi rédigée : « Sous-section 2 « De l’assignation à résidence avec surveillance électronique « Art. présumée innocente. Elle peut également être exécutée sous le régime du placement sous surveillance électronique mobile. II. elle peut être placée en détention provisoire.

« Art. le cas échéant les articles 763-12 et 763-13. 695-34 et 696-19. 142-8. – L’assignation à résidence avec surveillance électronique est décidée par ordonnance motivée du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention. comme mesure alternative à la détention provisoire. « Art. conformément aux dispositions de l’article 716-4. en tant que de besoin. Le chef d’établissement informe le juge d’instruction de ces modifications. « Art. « Art. 142-10. 142-7. « La personne qui ne respecte pas les obligations résultant de l’assignation à résidence avec surveillance électronique peut faire l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’amener et être placée en détention provisoire. 148-6. relaxe ou acquittement. les modalités d’application de la présente sous-section. – En cas de non-lieu. maintenue. 221-3. 201. – Avec l’accord préalable du juge d’instruction. 272-1. 142-11. – L’assignation à résidence est ordonnée pour une durée qui ne peut excéder six mois. par ordonnance statuant sur une demande de mise en liberté. 397-3. « Elle peut également être décidée. « Cette mesure peut être levée. modifiée ou révoquée par les juridictions d’instruction et de jugement selon les mêmes modalités que le contrôle judiciaire en application des articles 148-2. 148. sans que la durée totale du placement dépasse deux ans. sans débat contradictoire. 696-20 et 696-21. – Le deuxième alinéa de l’article 139 et les articles 140 et 1413 sont applicables à l’assignation à résidence avec surveillance électronique. conformément à l’article 141-2. 142-9. – Un décret détermine.138 laquelle le suivi socio-judiciaire est encouru. une assignation à résidence avec surveillance électronique dans les cas prévus par les articles 135-2. « Art. 695-35. qui statue après un débat contradictoire conformément aux dispositions de l’article 145. 142-12. 145. 272-1. « La personne peut être en outre astreinte aux obligations et interdictions prévues par l’article 138. – L’assignation à résidence avec surveillance électronique est assimilée à une détention provisoire pour son imputation sur une peine privative de liberté. Elle peut être prolongée pour une même durée selon les modalités prévues au premier alinéa de l’article 142-6. 142-6. Les articles 723-9 et 723-12 sont applicables et. le juge d’instruction exerçant les compétences attribuées au juge de l’application des peines. la personne placée sous assignation à résidence avec surveillance électronique a droit à la réparation du préjudice subi selon les modalités prévues par les articles 149 à 150. » . « Art. – Les juridictions d’instruction et de jugement peuvent prononcer. « Art. les horaires de présence au domicile ou dans les lieux d’assignation peuvent être modifiés par le chef d’établissement pénitentiaire lorsqu’il s’agit de modifications favorables à la personne mise en examen ne touchant pas à l’équilibre de la mesure de contrôle. 213. « Art. 142-13. 695-36.

8. l’extension du champ de la procédure d’ordonnance pénale délictuelle peut trouver ici sa limite. Le principe de publicité. ce serait à la condition que comme aujourd’hui. Leur examen nous permettra de mieux comprendre comment les nouveaux modes de traitement des délits. il a donc exigé que l’audience d’homologation soit publique. En matière de CRPC. la CRPC ou la composition pénale.2 du CPP). C’est donc à la fois l’audience de jugement et le prononcé de la décision qui sont en cause. . composent avec certains de ces caractères fondamentaux. il est nécessaire de nous arrêter un moment sur les caractères fondamentaux de l’audience de jugement. l’ordonnance pénale. le prononcé d’une peine privative de liberté soit exclu (Article 495-1 al. et aussi le principe d’immutabilité du litige. Le conseil constitutionnel a pour sa part reconnu le principe de publicité qui se fonde sur la lecture combinée des articles 6.139 7 Les caractères fondamentaux de l’audience de jugement Avant d’étudier plus précisément le déroulement des divers types d’audience devant le tribunal correctionnel et devant la cour d’assises. en revanche. Si donc le législateur pourrait supprimer le caractère public des audiences du tribunal de police sans encourir les foudres du conseil constitutionnel. Notion C’est évidemment une garantie essentielle du procès équitable. Nous retiendrons ici la publicité. 9 et 16 de la DDHC de 1789 mais il a limité l’exigence constitutionnelle d’une audience publique de jugement des affaires pénales à la seule hypothèse où la privation de liberté est encourue. la comparution personnelle qui tous subissent à notre époque des mutations. étudiés plus tôt. Ce principe proclamé dans toutes les grands textes internationaux l’est notamment à l’article 6§1 de la CESDH « toute personne a droit a ce que sa cause soit entendue publiquement » et « le jugement doit être rendu publiquement ». S’il est possible de l’étendre à tous les délits. l’oralité.

France. Extraits de CEDH. le droit de chacun à ce que sa cause soit « entendue publiquement » implique par principe le droit à une « audience ». 9 et 16 de la Déclaration de 1789 que le jugement d'une affaire pénale pouvant conduire à une privation de liberté doit. dont la garantie compte parmi les principes de toute société démocratique (voir Sutter c. La CEDH quant à elle a jugé qu’une procédure d’ordonnance pénale qui ne respecte à aucun moment le principe de publicité violait l’article 6§1 de la convention (CEDH. 118. p. méconnaît les exigences constitutionnelles ci-dessus rappelées . affaire Erkan Orhan c/ Turquie. Gautrin et autres c. arrêt du . La Cour rappelle que la publicité des débats judiciaires constitue un principe fondamental consacré par l'article 6 § 1 de la Convention. que cette homologation est susceptible de conduire à une privation de liberté d'un an . qu'il s'ensuit que doivent être déclarés contraires à la Constitution les mots : " en chambre du conseil " à la fin de la première phrase du second alinéa de l'article 495-9 nouveau du code de procédure pénale . faire l'objet d'une audience publique . Par la transparence qu'elle donne à l'administration de la justice. le caractère non public de l'audience au cours de laquelle le président du tribunal de grande instance se prononce sur la proposition du parquet. La publicité des débats comme celle du prononcé du jugement protège les justiciables contre une justice secrète échappant au contrôle du public et constitue ainsi l'un des moyens de contribuer à préserver la confiance dans les tribunaux. série A no 74. Considérant qu'il résulte de la combinaison des articles 6. affaire Erkan Orhan c/ Turquie. Considérant que constitue une décision juridictionnelle l'homologation ou le refus d'homologation par le président du tribunal de grande instance de la peine proposée par le parquet et acceptée par la personne concernée . 12. par suite. elle aide à atteindre le but de l'article 6 § 1. à savoir le procès équitable. 8. même lorsqu'aucune circonstance particulière ne nécessite le huis clos. 1 mars 2007). Selon sa jurisprudence. arrêt du 22 février 1984. § 26. que.140 Extrait de la décision du Conseil constitutionnel n°2004-492 du 4 mars 2004 à propos de la CRPC. … En ce qui concerne le grief tiré de la méconnaissance du principe de publicité des débats : 117. Suisse. 1 mars 2007 27. sauf circonstances particulières nécessitant le huis clos.

Serre c. sans tenir d'audience. 15 juin 1999. à tout le moins ambigus dans leur formulation trop générale (Crim. 30. La Cour note que. pp. L’exigence de publicité est d’ordre public et sa violation emporte donc la nullité de la décision en cause. Recueil des arrêts et décisions 1998-III. pour certaines catégories d'infractions. sur une demande de mise en liberté du détenu déjà renvoyé devant elles. émettre une ordonnance pénale sur la seule base du dossier. no 35396/97. qu'elle ait porté atteinte aux intérêts du demandeur ». 28. le requérant n'a bénéficié d'une audience devant les juridictions internes. p. 29.680). le juge d'instance pouvait. La nullité tenant au défaut de publicité de l’audience était-elle devenue une . La Cour constate également que l'absence d'audience devant le tribunal correctionnel a été débattue par la Cour constitutionnelle. laquelle a considéré que celle-ci n'était pas compatible avec le droit à un procès équitable et les droits de la défense. ni même allégué. § 42. La Cour relève qu'à aucun stade de la procédure. Dès lors. 1023-1024. CEDH 2000-II). § 19. En l’état. dès lors qu'il n'est pas établi. selon les dispositions pertinentes de l'ancien code de procédure pénale. 31. Ni le tribunal de police qui a délivré l'ordonnance pénale ni le tribunal correctionnel qui s'est prononcé sur l'opposition n'ont tenu d'audience. La chambre criminelle avait estimé que « si c'est à tort que l'affaire a été débattue en chambre du conseil et non pas en audience publique. la Cour considère qu'il y a eu violation de l'article 6 § 1 de la Convention en ce que la cause du requérant n'a pas été entendue publiquement par les juridictions saisies de son affaire. SaintMarin.141 20 mai 1998. et Stefanelli c. La procédure d'opposition devant le tribunal correctionnel se déroulait également sans audience lorsqu'elle était formée contre une ordonnance portant sur une condamnation à une amende légère ou lourde ou à une interdiction temporaire d'exercer une profession et un métier ou une saisie. France. 1999 note Mayer et Chassaing. en correctionnelle. l'irrégularité commise ne doit pas entraîner l'annulation de la décision. Il s’applique y compris lorsque ces juridictions statuent avant dire droit sur le fond. si nécessaire. § 21. (Article 400 du CPP) pour le Tribunal Correctionnel et (Article 535 du CPP) pour le tribunal de police. à la lumière de ce qui précède. Le tribunal correctionnel statuait sur la seule base du dossier et de l'avis écrit du procureur de la République qu'il pouvait entendre. le principe de publicité est posé pour toutes les juridictions de jugement (Article 306 du CPP) pour la cour d’assises. Le requérant n'a jamais eu la possibilité de comparaître personnellement devant les magistrats appelés à le juger. 29 septembre 1999. La solution a paru être remise en cause par deux arrêts de la chambre criminelle. Bull n°135 et 136. no 29718/96. par exemple. D. Elle prend en considération ce constat ainsi que l'absence de disposition sur l'ordonnance pénale dans les nouveaux codes pénal et de procédure pénale.

à usage judiciaire. Les premiers. 1 du CPP). 8 décembre 1983.ladocumentationfrancaise. voire la possibilité d’enregistrer le procès (Article 308 al. sont prévus par les dispositions de l’article 308 al. du 22 février 2005. elle commence de l’être de manière plus large en correctionnelle et aux assises débouchant sur des montages et des diffusions par les chaînes de télévision. qui existe en d’autres pays. ce qui n’est jamais un argument péremptoire. il faut bien distinguer ceux qui sont à usage strictement judiciaire et qui par exemple vont permettre par exemple de disposer en appel de l’enregistrement d’une déposition faite en première instance question qui ne concerne pas le principe de publicité. Comment cette publicité est-elle assurée? Par la présence possible du public à l’audience de jugement. S’agissant de l’enregistrement des procès pénaux. Quelque soient les mérites des « produits médiatiques » en cause et leur valeur informative ou pédagogique. suscite en France des débats et même des travaux (Voir le rapport de la commission présidée par Madame le Premier Président Linden. la solution s’expliquait par le fait que le relèvement constituait une mesure de faveur rendue généralement en chambre du conseil (Article 703 du CPP) et que « la méconnaissance du principe fondamental de la publicité des débats constitue une cause de nullité sans qu’il soit nécessaire à celui qui l’invoque d’établir la preuve du grief ». Il est certain que le procès pénal constitue pour les médias un « produit » attractif dont la valeur marchande est constituée par sa diffusion précédée de publicités. de ceux qui sont destinés à informer le public. en fonction de la taille de la salle d’audience et des contraintes de sécurité. Mais il fallut toutefois que le rapport annuel de la cour de Cassation vienne préciser que rendues à propos de demandes de relèvement d’une astreinte prononcée par une juridiction pénale en matière d’urbanisme. Maurice Papon) ne serait-ce qu’en raison des chefs de poursuites tenant à des crimes contre l’humanité. en ligne sur le site www. la possibilité de reproduire les débats dans la presse.2 et 3 du CPP.fr/rapports-publics ). Prettoc/Italie). il n’en reste pas moins que l’ouverture des audiences aux médias audiovisuels modifie profondément le rituel . S’agissant des enregistrements destinés à l’information du public.1 du CPP). Si elle a été utilisée pour quelques procès dont la dimension historique n’échappe à personne (Procès Klaus Barbie.142 nullité d’intérêt privé ? Tel n’était pas le sens de l’arrêt et encore moins sa portée. le principe demeure aujourd’hui la prohibition des enregistrements audiovisuels ou sonores (Article 308 al. Depuis plusieurs années. La publicité du jugement n’impose pas sa lecture intégrale et la jurisprudence de la CEDH a depuis longtemps admis une simple lecture du dispositif de la décision voire une remise au greffe de celle-ci dès lors que le public puisse y accéder (CEDH. La loi n° 85-699 du 11 juillet 1985 (voir articles L221-1 et suivants du Code du patrimoine) autorise l’enregistrement aux fins de constituer des archives historiques. Il suffit que le public puisse accéder à la salle d’audience de jugement pour que la publicité soit satisfaite et il va de soi que cette possibilité s’entend de manière relative. la réflexion sur l’ouverture des audiences pénales aux médias.

un premier cas de huis clos doit être noté qui concerne les affaires impliquant des mineurs. Les exceptions au principe. à défaut d’une véritable diversité. mais l'accès de la salle d'audience peut être interdit à la presse et au public pendant la totalité ou une partie du procès dans l'intérêt de la moralité. et s’agissant des infractions sexuelles.143 judiciaire. l’exception au principe de publicité des audiences de jugement porte le nom un peu désuet de « huis clos ». ou dans la mesure jugée strictement nécessaire par le tribunal.3 du CPP). En matière correctionnelle. totalement ou partiellement tant en matière correctionnelle que criminelle. En matière criminelle. la mémoire collective du procès pénal et que de là. le tribunal a en ces matières comme dans les autres la charge de trancher sur les demandes de huis clos selon les critères énoncés par la loi . En 2004. lorsque les intérêts des mineurs ou la protection de la vie privée des parties au procès l'exigent. . Hors les cas où le huis clos est de droit. tant le procès pénal que la dignité de ceux qui y participe peuvent en être affectés. » En droit interne. le législateur a modifié les dispositions de l’article 400 du CPP mais n’a pas touché à l’article 306 qui lui concerne la Cour d’assises. lorsque dans des circonstances spéciales la publicité serait de nature à porter atteinte aux intérêts de la justice. Une première exception légale. il n’est pas de droit. il est possible. Il s’en suit aujourd’hui un manque d’uniformité dans l’expression des critères. qui n’est toutefois pas satisfaisante. Article 6§1 seconde phrase de la CESDH « Le jugement doit être rendu publiquement. L’article 6§1 de la CEDH offre une large possibilité aux Etats d’introduire des exceptions au principe mais pour le seul déroulement des débats. Il est alors motivé sur les critères assez larges énoncés par le législateur aux articles 306 et 400 du CPP. le huis clos est de droit pour la partie civile qui est en réalité maître de la publicité des débats et du huis clos au sens ou ni l’une ni l’autre ne peuvent être décidées sans son accord (Article 306 al. de l'ordre public ou de la sécurité nationale dans une société démocratique.

Lorsque les poursuites sont exercées du chef de viol ou de tortures et actes de barbarie accompagnés d'agressions sexuelles. le président peut interdire l'accès de la salle d'audience aux mineurs ou à certains d'entre eux. en . la dignité de la personne ou les intérêts d'un tiers. en certains cas l’importance du dossier écrit. dans les autres cas. alinéa 4. Les dispositions du présent article sont applicables devant la cour d'assises des mineurs si la personne poursuivie. L'arrêt sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique.144 Article 306 (Cour d’assises) Les débats sont publics. le tribunal peut. s'oppose à cette demande. s'oppose à cette demande. Dans ce cas. mineur au moment des faits et devenu majeur au jour de l'ouverture des débats. que les débats auront lieu à huis clos. est devenue majeure au jour de l'ouverture des débats et qu'elle en fait la demande. L’intime conviction des juges. Lorsque le huis clos a été ordonné. mineure au moment des faits. en constatant dans son jugement que la publicité est dangereuse pour l'ordre. celui-ci s'applique au prononcé des jugements séparés qui peuvent intervenir sur des incidents ou exceptions ainsi qu'il est dit à l'article 459. sauf s'il existe un autre prévenu qui est toujours mineur ou qui. L’instruction orale menée à l’audience de jugement modifie parfois fondamentalement la « lecture » au sens propre et figuré qui avait été faite du dossier par les différentes parties. Les dispositions du présent article sont applicables devant le tribunal pour enfants si la personne poursuivie. Le jugement sur le fond doit toujours être prononcé en audience publique. à moins que la publicité ne soit dangereuse pour l'ordre ou les mœurs. par jugement rendu en audience publique. Lorsque le huis clos a été ordonné. L’oralité De nombreuses affaires. médiatisées. ordonner. Article 400 du CPP (Tribunal correctionnel). Toutefois. mineure au moment des faits. est devenue majeure au jour de l'ouverture des débats et qu'elle en fait la demande. celui-ci s'applique au prononcé des arrêts qui peuvent intervenir sur les incidents contentieux visés à l'article 316. illustrent régulièrement cette évidence : l’oralité des débats est un principe essentiel qui relativise. mineur au moment des faits et devenu majeur au jour de l'audience. le huis clos est de droit si la victime partie civile ou l'une des victimes parties civiles le demande . la sérénité des débats. le huis clos ne peut être ordonné que si la victime partie civile ou l'une des victimes parties civiles ne s'y oppose pas. sauf s'il existe un autre accusé qui est toujours mineur ou qui. la cour le déclare par un arrêt rendu en audience publique. Néanmoins. qu’il résulte ou non d’une information. Les audiences sont publiques.

la loi admet aussi. et sans limitation depuis la loi du 15 juin 2000. Le dossier écrit de police ou d’instruction a été lu par le président et les parties y ont eu accès. La comparution personnelle des parties.2 du CPP) (voir parmi de nombreux arrêts Crim. posé par l’article 410 du CPP. 23 juin 2004 n°166 et Crim 3 juin 2009. « Le prévenu régulièrement cité à personne doit comparaître à moins qu'il ne fournisse une excuse reconnue valable par la juridiction devant laquelle il est appelé ». c’est à la condition qu’il puisse être entendu. En matière correctionnelle et de police. que la personne renvoyée aux assises ou en correctionnelle puise être confrontée avec ce témoin anonyme (706-61 du CPP) et encore avec une restriction sur la force probatoire de ces témoignages anonymes (Article 706-62 CPP. Il est en réalité très relatif et subit de plus en plus d’exceptions. le modèle accusatoire. La jurisprudence a rappelé récemment que le témoin cité par le prévenu qui n’a pas été entendu en première instance doit être entendu par la cour d’appel (Article 513 al. les témoins. Certes le principe de comparution demeure. On doit pouvoir interroger les enquêteurs. L’oralité des débats assure aussi leur caractère contradictoire. c’est à la condition qu’elles soient contradictoirement échangées et qu’elles puissent donc faire l’objet d’un débat oral.145 correctionnelle comme aux assises va devoir se forger à partir de cette administration orale des preuves. Si le système du témoin anonyme qui s’est introduit à peu près dans toutes les législations ces dernières années est accepté y compris par la CEDH. et les experts doivent pouvoir être interrogés. au moins par ce principe d’oralité des débats. L’audience de fond rejoint alors. La partie civile n’a nulle obligation de comparution en personne. . D’autant que la loi assure une immunité pénale pour les paroles prononcées à l’audience (Article 41 de la loi du 29 juillet 1881). Le principe apparaît comme le corollaire de celui de l’oralité. la constitution de partie civile par lettre recommandée et la décision sur intérêts civils est alors contradictoire. a subi une grande évolution sous la pression de la CEDH. Si les parties peuvent apporter aux débats des pièces écrites. Le principe de comparution personnelle du prévenu devant le Tribunal Correctionnel. pourvoi n°08-83665). dans tous les cas. L’écrit est cependant présent lors de l’instruction d’audience au support de l’oral. Elle peut être représentée par son conseil.

ici encore l’accusé absent ne perd pas pour autant le droit de faire assurer sa défense. il était seulement entendu en sa plaidoirie. et s’il ne comparaît pas. par lettre adressée au président du tribunal et qui sera jointe au dossier de la procédure.) alors que dans les hypothèses précédentes. « si un avocat se présente pour assurer la défense du prévenu. Et la chambre criminelle a précisé que les conclusions déposées par cet avocat étaient recevables (Crim 12 déc. Mais le tribunal peut préférer renvoyer l’affaire et le prévenu sera alors cité à nouveau par le ministère public. S’il n’a pas été cité à personne ou s’il n’est pas démontré qu’il a eu connaissance de la citation. l’avocat qui se présente pour assurer la défense du prévenu doit être entendu s'il en fait la demande (Article 412 du CPP). Le prévenu n’est pas pour autant privé en pareil cas de la possibilité de se défendre. le prévenu peut. qui peut alors intervenir au cours des débats. Selon le second alinéa de l’article 379-3 du CPP. la cour peut aussi décider de renvoyer l’affaire en décernant un mandat d’arrêt contre l’accusé (Article 379-2 du CPP). est entendu dans sa plaidoirie et le prévenu est alors jugé contradictoirement (Article 411 du CPP). la procédure se déroule conformément aux dispositions des articles 306 à 379-1. L'avocat du prévenu. En effet. « Si un avocat est présent pour assurer la défense des intérêts de l'accusé. par décision spéciale et motivée. décerner mandat d'amener ou mandat d'arrêt (Article 410-1 du CPP). très sévère pour l’accusé en fuite et très contraignante. experts etc. 2006. Il convient de noter que dans cette hypothèse l’avocat exerce tous les droits de la défense (notamment il participe aux débats et peut interroger les témoins. à l'exception des . le dernier alinéa de l’article 410 prévoit que dans ces cas de figure. Enfin quel que soit le mode de citation et la peine encourue. En effet. Mais si elle décide de retenir l’affaire. 310). le prévenu non comparant et non excusé peut être jugé et le jugement rendu contre lui sera contradictoire à signifier. a laissé place à une procédure de jugement par défaut de même nature qu’en matière délictuelle. Seule la voie de l’appel lui sera ouverte et non celle de l’opposition. La vieille procédure de contumace. Le principe de comparution personnelle devant la cour d’assises a subi lui aussi des évolutions pour tenir compte de la jurisprudence européenne.146 S’il a été cité à personne ou s’il est établi qu’il a eu connaissance de la citation le concernant. le tribunal peut ordonner le renvoi de l'affaire et. il doit être entendu s'il en fait la demande ». demander à être jugé en son absence en étant représenté au cours de l'audience par son avocat ou par un avocat commis d'office. Mais le tribunal peut souhaiter la comparution personnelle et le législateur lui a dans un grand nombre de cas ouvert la possibilité de le faire respecter même sous la contrainte. Bull. si la peine encourue est supérieure à deux ans d’emprisonnement. le prévenu n’est encore pas dénué du droit de se défendre. L’accusé absent. puisque.

2006 Mattei c/ France. Arrêté après condamnation. et CEDH 19 déc. sur lesquels elles ont obligation de statuer. ce qui signifie que la juridiction de jugement ne peut juger celui qui n’est pas renvoyé devant sa juridiction dans l’affaire dont il est saisi. 2265 et s. mais qu’elles ne sont pas tenues par les qualifications donnée à ces faits par le parquet ou les juridictions d’instruction.( Pour une illustration récente. AJP. 7 fév. Saas. n°38). dérivé du principe de séparation des autorités de poursuite et de jugement affirmé à l’article préliminaire du CPP.147 dispositions relatives à l'interrogatoire ou à la présence de l'accusé. Il est donc clair que les dispositions actuelles de notre droit interne tendent à permettre à la fois le maintien du principe de la comparution personnelle et sa conciliation avec le droit de se défendre avec l’assistance d’un avocat (sur ces questions voir Guinchard et buisson op. n° 166) à condition bien entendu de respecter les droits de la défense. cet accusé sera rejugé. Bull.82). 2008. pourvoi n°06-80108). 6 mars 2002.cit. situation originale qui peut se rencontrer lorsqu’un mouvement social revendique une action qualifiée d’infraction et que d’autres personnes que celles poursuivies demandent à l’être avec elles. des dispositions relatives à l'interrogatoire ou à la présence de l'accusé. 2007. ce qui signifie que la juridiction de jugement sont saisies des faits visés à la prévention. Le prévenu doit avoir été mis en mesure de s’expliquer (sans qu’il soit pour autant exigé qu’il ait accepté de s’expliquer) (Crim. Bull. les débats se déroulent donc comme si l’accusé était présent. en matière de fauchage de cultures d’OGM. Au contraire des juges d’instruction. Saisie in personam. et 2288 et s.13 fév. 2278 et s. L’immutabilité du litige Le principe de l’interdiction de l’auto-saisine. obs. Saisie in rem. s’applique aux juridictions de jugement. et ce même s’il le demande. n°464 et s. les juridictions de jugement sont saisies in personam et pas seulement in rem.). p. 2007. Le contrôle de cette question a pu faire l’objet d’appréciations différentes par la chambre criminelle et la CEDH (Crim. Elles ont en revanche l’obligation d’envisager toutes les qualifications possibles notamment avant de relaxer ou d’acquitter (Crim. » A cette évidente exception. . C. 31 mai 2005. fév. Crim.

le versement de fonds au mouvement nationaliste dirigé par le même François F. étant saisies in rem.. Sur le fond 1. le numéro de téléphone où il pourrait appeler Marie-Hélène D. exploité par Jacques A... Par ces motifs. Il précise que les juridictions de jugement. .. Attendu que. le Gouvernement indique que la Cour de cassation contrôle l'existence de garanties procédurales visant à . Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme . Le Gouvernement 22.. et Dominique E. François F.. . et qui a exigé... a eu la visite d'André-Noël Fillippeddu. d'autre part. Attendu qu'en l'état de ces énonciations procédant de son appréciation souveraine.. Le Gouvernement souligne qu'en droit interne les juges du fond ont la possibilité de requalifier les faits pour remédier au caractère erroné d'une qualification initiale... la veille de l'attentat. la cour d'appel a caractérisé en tous ses éléments chacune des infractions distinctes qu'elle a sanctionnées . que Marie-Hélène D.... Marie-Hélène D.. à la condition pour les juges du fond. lui avait demandé de recevoir de la part de François F. de ne pas ajouter aux faits dont ils sont saisis et.. D'où il suit que les moyens ne peuvent être admis . d'une part. ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste et pour participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme . sous la menace de représailles. contre l'arrêt du 11 mars 1999 : Le REJETTE .. Attendu qu'à la suite de l'attentat ayant provoqué la destruction du golf du domaine de Spérone... pourvoi n°01-85243 …Les moyens étant réunis .. CEDH 19 décembre 2006 Mattei c/ France …B. 6 mars 2002.148 Crim. Sur ce dernier point. elles doivent statuer sur tous les faits dont elles sont saisies et peuvent appliquer des qualifications qui n'avaient pas été préalablement retenues par l'acte de poursuite ou par la juridiction d'instruction.. d'informer le prévenu du changement de qualification projeté et de l'inviter à s'expliquer. Jacques A. que les juges ajoutent que Dominique E. dont elle était la compagne.Sur le pourvoi de Dominique E.. avait fourni à Jacques A... et dès lors que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention. l'arrêt attaqué retient que.. I . dont les prévenus avaient été entièrement informés lors de leur comparution devant le tribunal correctionnel.. pour déclarer les prévenus coupables du second de ces délits ainsi que de complicité du premier..

25. Le Gouvernement estime également que la requalification des faits n'a pas porté atteinte aux droits de la requérante. 26. Se référant à l'affaire Balette c. France ([GC]. Le Gouvernement affirme ensuite que la Cour de cassation a tiré les enseignements de la jurisprudence de la Cour telle qu'elle résulte de la l'arrêt Pélissier et Sassi c.. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée ». no 25444/94. France précité. dans la même décision. depuis 2001. 27. 23. à titre principal. Le Gouvernement se réfère à de nombreux arrêts de la Cour de cassation pour illustrer cette jurisprudence. le Gouvernement souligne que. France précité. no 48193/99. mais. le Gouvernement expose. en temps utile. que dans l'ordonnance du juge d'instruction du 17 juin 1999. l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe suivant : « Attendu que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification. Enfin. 24 juin 2004). Il ne conteste pas que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste en complicité de ce délit soit intervenue au cours du délibéré de la cour d'appel. de la cause de l'accusation. Il considère en effet que la requalification a été purement formelle et n'a apporté aucun élément supplémentaire ou différent aux faits et circonstances compris dans la poursuite initiale et soumis à l'appréciation du juge. Elle a également considéré que la complicité ne constituait pas un simple degré de participation à l'infraction principale et a ajouté que le principe d'interprétation stricte du droit pénale interdisait d'éluder les éléments spécifiques de la complicité. c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à leur charge et sur lesquels se fonde l'accusation. Le Gouvernement rappelle que dans l'arrêt Pélissier et Sassi c. qu'elle mentionne. la Cour a considéré que les dispositions de l'article 6 de la Convention n'imposaient aucune forme particulière quant à la manière dont l'accusé devait être informé de la nature et de la cause de l'accusation portée contre lui. il précise que la Cour a jugé qu'en matière pénale les juges « doivent s'assurer que les accusés ont eu l'opportunité d'exercer leurs droits de défense d'une manière concrète et effective. Il relève néanmoins que. représentée par les avocats de son choix devant les . En l'espèce. CEDH 1999-II). 24. Belgique (déc. il estime toutefois que les moyens de défense de la requérante n'auraient pas été différents de ceux choisis pour contester la tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste. c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». la Cour n'a pas contesté le pouvoir de requalification des juges mais a conclu à une violation de l'article 6 §§ 1 et 3 a) et b) en raison du non respect des droits de la défense.149 assurer le respect des droits de la défense en cas de requalification des faits. en étant informés. dans l'arrêt Pélissier et Sassi c. que la requalification des faits n'a pas porté atteinte aux droits de la défense de la requérante. Il précise que les faits matériels sur lesquels la cour d'appel s'est appuyée pour qualifier l'aide ou l'assistance et condamner la requérante du chef de complicité de tentative d'extorsion de fonds en relation avec une entreprise terroriste ont été établis de manière détaillée tant dans le réquisitoire définitif du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris en date du 14 juin 1999. la Cour a également jugé que les moyens de défense auraient pu être différents de ceux choisis pour contester l'action principale si les requérants avaient eu connaissance de la requalification des faits. et dans le jugement du tribunal de grande instance de Paris du 8 mars 2000.

Elle considère. Il affirme par conséquent que la requérante ne peut se prévaloir d'aucun préjudice. Elle insiste également sur le fait que le principe d'interprétation stricte du droit pénal interdit d'éluder les éléments spécifiques de la complicité. A titre subsidiaire. France précitée. à l'instar du Gouvernement. contrairement à l'affaire Pélissier et Sassi c. le Gouvernement estime que la deuxième infraction pour laquelle la requérante a été jugée. Par ailleurs. 28. dans l'arrêt du 6 mars 2002 la concernant. tout au long de la procédure. que ses défenseurs. n'a nullement rappelé cette règle et s'est bornée à affirmer que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention ». de discuter contradictoirement le bien-fondé de l'accusation pénale dirigée contre elle et de présenter sa défense. du jugement du tribunal de grande instance du 8 mars 2000 et des conclusions déposées le 26 mars 2001 devant la cour d'appel. la Cour de cassation. au contraire. Toutefois. dans son arrêt du 6 mars 2002. s'ils avaient été informés de cette requalification. Elle relève en effet que. tant lors des auditions et des confrontations que des débats devant les juges de première instance et d'appel. 31. France précitée. 2. du réquisitoire définitif du 14 juin 1999. la Cour de cassation n'a pas appliqué la jurisprudence Pélissier et Sassi c. Il relève que l'ensemble des faits et leur qualification juridique ont été discutés et contestés par la requérante. qui avait été condamnée à titre principal à quatre années d'emprisonnement en première instance a vu sa peine réduite à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis simple en appel. que les juges doivent s'assurer que les accusés ou prévenus ont eu l'opportunité d'exercer les droits de la défense d'une manière concrète et effective. tant sur les éléments matériels qu'intentionnels de l'infraction. La requérante 29. à savoir la participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme. justifiait à elle seule la condamnation.150 juridictions. elle souligne que. Il cite à cet égard des passages du procès verbal de première comparution du 17 décembre 1996. 30. selon lequel ses moyens de défense n'auraient pas été différents si elle avait été informée de la requalification envisagée. le Gouvernement relève que la requalification des faits n'a pas conduit à alourdir la peine encourue par la requérante. la requérante considère que le point de vue exprimé par le Gouvernement. en étant informés. Elle partage l'explication donnée par le Gouvernement français concernant les nouvelles limitations résultant de la jurisprudence de la Cour sur l'article 6 de la Convention et notamment sur le fait que « les juges sont désormais tenus d'informer le prévenu du changement de qualification projeté et de l'inviter à s'expliquer ». n'est qu'une pure affirmation. La requérante ne conteste pas la possibilité dont disposent les juges du fond de modifier la qualification des faits poursuivis mais s'interroge sur les limitations apportées à ce pouvoir. 32. auraient à l'évidence insisté sur l'élément intentionnel de la complicité par aide ou assistance. en temps utile de la cause de l'accusation tant sur les faits matériels que sur la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée. La requérante note. et que ce débat juridique et factuel sur les éléments spécifiques . Enfin. s'il est exact d'affirmer que la Cour de cassation mentionne depuis 2001 l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe cité par le Gouvernement. Il souligne en effet que la requérante.

Elle réfute par conséquent l'affirmation du Gouvernement selon laquelle la requalification des faits a été purement formelle. en temps utile. l'article 6 § 3 a) reconnaît à l'accusé le droit d'être informé non seulement de la cause de l'accusation. La requérante souligne également qu'elle n'a jamais conclu au cours de la procédure à « l'inexistence d'une tentative d'extorsion de fonds » mais simplement affirmé depuis sa première comparution qu'elle y était personnellement étrangère. L'acte d'accusation jouant un rôle déterminant dans les poursuites pénales. la requérante insiste sur l'étroite et nécessaire connexité entre les deux infractions pour lesquelles elle était poursuivie et considère par conséquent que l'infraction de participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme ne pouvait se justifier sans reconnaissance de culpabilité pour le fait de complicité de tentative d'extorsion de fonds. La portée de cette disposition doit notamment s'apprécier à la lumière du droit plus général à un procès équitable que garantit le paragraphe 1 de l'article 6 de la Convention. France précité. ce qui. Elle s'oppose par conséquent à l'affirmation du Gouvernement selon laquelle sa condamnation pour la seconde infraction justifiait à elle seule la condamnation prononcée. 36. de la possibilité de requalifier les faits dont elles sont régulièrement saisies. Il existe par ailleurs un lien entre les alinéas a) et b) de l'article 6 § 3 et le droit à être informé de la nature et de la cause de l'accusation doit être envisagé à la lumière du droit pour l'accusé de préparer sa défense (Pélissier et Sassi c. Appréciation de la Cour 34. En matière pénale. les notions d'aide ou assistance apportées par la requérante à l'entreprise criminelle ont été évoqués et même débattus. la Cour constate que la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit a été effectuée au moment du délibéré de la cour d'appel. est une condition essentielle de l'équité de la procédure. peut faire douter du respect des garanties de l'article 6 et des principes susmentionnés. Les dispositions de l'article 6 § 3 a) n'imposent aucune forme particulière quant à la manière dont l'accusé doit être informé de la nature et de la cause de l'accusation portée contre lui. elles doivent s'assurer que les accusés ont eu l'opportunité d'exercer leurs droits de défense sur ce point d'une manière concrète et effective. c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à leur charge et sur lesquels se fonde l'accusation. 3. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée (Pélissier et Sassi c.151 de la complicité aurait permis d'obtenir sa relaxe au titre de la complicité. France précité. elle relève notamment que le jugement du tribunal . en étant informés. et donc la qualification juridique que la juridiction pourrait retenir à son encontre. 37. lorsqu'un tel droit leur est reconnu en droit interne. 35. en tant que tel. de la cause de l'accusation. En l'espèce. La Cour rappelle que les dispositions du paragraphe 3 de l'article 6 montrent la nécessité de mettre un soin particulier à notifier l' « accusation » à l'intéressé. mais aussi de la qualification juridique donnée à ces faits et ce d'une manière détaillée. §§ 52-54). Enfin. qu'à des stades antérieurs de la procédure. § 51). c'est-à-dire des faits matériels qui sont mis à sa charge et sur lesquels se fonde l'accusation. 38. une information précise et complète des charges pesant contre un accusé. 33. La Cour observe néanmoins. Si les juridictions du fond disposent. Ainsi.

§ 60) qu'elle n'a pas à apprécier le bien-fondé des moyens de défense que la requérante aurait pu invoquer si elle avait eu la possibilité de débattre de la complicité de tentative d'extorsion de fonds. La Cour souligne également que la requérante a été aussi poursuivie et condamnée pour l'infraction de participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme. évoqué cette possibilité [de requalification]» (Pélissier et Sassi c. l'article 6 § 1 dans ses visas et reprend l'attendu de principe précisant « que s'il appartient aux juges répressifs de restituer aux faits dont ils sont saisis leur véritable qualification. depuis 2001. au cours des débats. Santoni. la requérante a été condamnée pour . France. Toutefois. elle considère tout d'abord qu'on ne peut pas affirmer que la requalification a été sans incidence sur la condamnation au motif. pris ensemble ou isolément. la Cour ne saurait admettre que les éléments spécifiques de la complicité soient éludés. § 56). mais relève simplement qu'il est plausible de soutenir que ces moyens auraient été différents de ceux choisis afin de contester l'action principale. § 59). Ainsi. précité. 39. ne pouvait suffire à garantir le respect des dispositions de l'article 6 § 3 a) de la Convention (Pélissier et Sassi c. compte tenu de la « nécessité de mettre un soin extrême à notifier l'accusation à l'intéressé » et du rôle déterminant joué par l'acte d'accusation dans les poursuites pénales (arrêt Kamasinski c. c'est à la condition que le prévenu ait été mis en mesure de se défendre sur la nouvelle qualification envisagée ». aient. Par ailleurs. précité. En conséquence. Soulignant son attachement au principe de l'interprétation stricte du droit pénal. Santoni. ce qui implique clairement une participation directe et non une simple complicité de la requérante dans l'opération projetée. tout comme dans l'affaire Pélissier et Sassi c. avec F. En effet. la Cour estime qu'aucun des arguments avancés par le Gouvernement. 40. la Cour ne saurait souscrire aux arguments développés par le Gouvernement. A cet égard. qui est sensible à l'argument du Gouvernement selon lequel la Cour de cassation mentionne. Autriche. France. qu'en l'espèce. la Cour considère qu'il n'est pas établi que la requérante a eu connaissance de la possibilité de requalification des faits en complicité de tentative d'extorsion de fonds. elle note. France (précitée. 41. la Cour de cassation a considéré que « la requalification des faits de tentative d'extorsion de fonds en complicité de ce délit n'a en rien modifié la nature et la substance de la prévention dont les prévenus avaient été entièrement informés lors de leur comparution devant le tribunal correctionnel ».152 correctionnel du 8 mars 2000 évoque clairement « l'assistance » portée par la requérante à F. France. En tout état de cause. la Cour ne saurait déduire des éléments relevés qu'ils se rattachent forcément à la notion de complicité et non à celle de participation. Dans le même sens. précité. la Cour. Concernant le contenu de la requalification. qu'en tout état de cause. la Cour relève également que la notion de complicité n'a pas été évoquée en elle-même à des stades antérieurs et « qu'il n'apparaît pas que les magistrats composant la cour d'appel ou le représentant du ministère public. au vu de l'ensemble de ces éléments et compte tenu de la particularité des éléments constitutifs des deux infractions retenues contre la requérante. § 55). elle note que ce même jugement a également établi que la requérante avait « pris une part personnelle active dans les faits visés par la poursuite » et qu'ils avaient été. 42. la Cour rappelle qu'on ne peut soutenir que la complicité ne constitue qu'un simple degré de participation à l'infraction (Pélissier et Sassi c. série A no 168). relève. « les maîtres d'œuvre de cette opération ». Quant aux peines prononcées à l'encontre de la requérante. arrêt du 19 décembre 1989.

153 participation à une entente en vue de préparer des actes de terrorisme puisqu'on ne peut spéculer sur la peine qui aurait été effectivement prononcée si la requérante avait pu se défendre utilement sur la nouvelle qualification retenue de complicité de tentative d'extorsion de fonds. combiné avec le paragraphe 1 du même article. l’obligation d’informer exclut par hypothèse la possibilité d’ajouter aux faits de l’ordonnance ou de l’arrêt de mise en accusation et donc aussi la comparution volontaire. qui prescrit une procédure équitable… En matière correctionnelle. à la suite de la requalification. elle relève qu'effectivement la peine prononcée par la cour d'appel. passant de quatre années d'emprisonnement à trois années d'emprisonnement dont une avec sursis. n°370). la requérante n'ayant « pas été condamnée dans les cinq années précédant les faits. En matière criminelle. il ne sera possible d’ajouter aux faits compris dans la prévention que si le prévenu a accepté expressément d’être jugés sur des faits ou des circonstances aggravantes non compris dans la poursuite (Crim. Toutefois. . 1994 Bull. non visé à la citation dès lors qu’il en a été informé et mis en mesure de s’expliquer et en étant assisté d’un avocat (Article 132-16-5 du CP). n°2910 et Guinchard et Buisson n°2269). le législateur (loi n°2005-1549 du 12 décembre 2005). la Cour souligne que la peine prononcée en appel a été motivée par « l'état de santé actuel de l'intéressée » et par ses antécédents judiciaires. est plus clémente que celle prononcée par le tribunal correctionnel. Il est évident que la frontière entre la requalification par ajout et celle des faits de la prévention peut donner lieu à débat (voir sur ces questions Desportes et Lazerges-Cousquer. 43. Eu égard à tous ces éléments. Partant. Afin de faciliter l’application des dispositions relatives aux peines minimales désormais encoures par les prévenus en état de récidive. a ouvert la possibilité au tribunal de soulever d’office l’état de récidive légale du prévenu. pour crime ou délit de droit commun. il y a eu violation du paragraphe 3 a) et b) de l'article 6 de la Convention. L’état de récidive légale soulevé d’office. Enfin. la Cour estime qu'une atteinte a été portée au droit de la requérante à être informée d'une manière détaillée de la nature et de la cause de l'accusation portée contre elle. La requalification n’est pas possible en matière de presse. 44. 22 nov. ainsi qu'à son droit à disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense. à une peine de réclusion ou d'emprisonnement ».

si elles posent moins de problèmes et suscitent moins de contentieux. En réalité. I Rappel sur le tribunal correctionnel. En matière de délit flagrant.3du CPP). Rappelons-en les traits essentiels. (Article 397-6 du CPP) les délits de presse. la comparution immédiate et le cas de connexité entre les délits qui relèvent du juge unique et d’autres qui n’en relèvent pas (Article 398-1 du CPP). Sa forme la plus simple. le juge unique n’a cessé de voir ses compétences s’élargir. le seuil de la peine encourue est abaissé à six mois. le tribunal correctionnel statuant à juge unique est compétent lorsque seuls les intérêts civils sont en jeu et pour les délits énumérés à l’article 398-1 du CPP. Les délits faisant encourir dix ans d’emprisonnement et vingt ans en cas de récidive peuvent être jugés dans ce cadre. Avant de présenter les grands traits de la procédure d’audience. il nous faut ici rappeler brièvement que le tribunal correctionnel va présenter des formes différentes auxquelles sont liées des compétences variables. l’affaire en état d’être jugée et les charges suffisantes.154 8 La procédure d’audience devant le correctionnel et la cour d’assises. Le juge unique ne peut prononcer de peine d’emprisonnement supérieure à cinq ans (Article 3982 du CPP dernier alinéa). il n’existe plus de limite supérieure de peine encourue. les . Aperçus. Sont exclus de son champ d’application. du CPP). Nous avons vu dans la leçon sur l’orientation des procédures que les poursuites pouvaient en certains cas prendre la forme d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel (Articles 393 et s . La peine encourue doit être de deux ans d’emprisonnement au moins. tribunal La complexité des règles de procédure applicables à la phase d’information ne doit pas laisser penser que le déroulement de l’audience correctionnelle serait laissé à la fantaisie des parties ou des juges. les règles de procédure applicables à l’audience de jugement correctionnel sont tout aussi minutieuses et il n’est pas question de pouvoir ici les présenter d’autre façon que sommaire. En l’état. Depuis la loi du 9 septembre 2002. Son champ est défini par l’article 395 du CPP. La forme classique du tribunal correctionnel est la forme collégiale prévue à l’article 398 du CPP : « Le tribunal correctionnel est composé d'un président et de deux juges » dont l’un peut être un juge de proximité. Mais ce texte prévoit quelques exceptions à cette compétence : la détention provisoire. Même hors ces cas et alors qu’il est compétent. le juge unique peut préférer renvoyer le jugement de l’affaire devant la juridiction collégiale pour divers motifs et notamment la complexité de l’affaire (Article 398-2 al.

la réalisation d’une enquête sociale et enfin l’avis à la victime de la date de l’audience (Article 393-1 CPP). lequel peut aussitôt sa désignation consulter le dossier et s’entretenir avec le prévenu. l’information sur les faits qui lui sont reprochés. Il faut ici distinguer le cas particulier d’une citation directe devant le tribunal correctionnel à l’initiative de la partie civile. En cette hypothèse. le président du tribunal correctionnel va devoir procéder à certaines vérifications et formalités : vérification de l’identité du prévenu (Article 406 du CPP). l’information sur son droit à l’assistance d’un avocat. le procureur peut saisir le juge des libertés et de la détention pour voir ordonner le placement en détention provisoire du prévenu jusqu’à sa comparution qui doit intervenir dans les trois jours ouvrables suivants (Article 396 CPP). Avant que ne s’ouvrent les débats.155 délits politiques ou d’infractions dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale. le recueil des déclarations du mis en cause s’il en fait la demande. le . les éventuelles demandes de renvoi seront examinées. II Les règles de procédure de l’audience correctionnelle. statistiquement rare. experts et interprètes. vérification de la présence ou de l’absence des différents intervenants : prévenu. partie civile présente ou constituée par lettre. Les audiences correctionnelles ne sont donc pas uniformes de par les formes diverses que le tribunal prend et selon qu’il est saisi ou non en comparution immédiate. lecture de la citation que le prévenu a déjà reçu. il doit être compris par le juriste débutant que les règles de procédure en cause vont avoir à organiser le procès dans ces situations très distinctes. Mais il faut bien comprendre que la pratique judiciaire aboutit de facto à une plus grande diversité encore. La comparution doit en principe avoir lieu le jour même (Article 395 CPP) mais si la réunion du tribunal s’avère impossible. Cette orientation suppose (Article 393 CPP) d’une part le défèrement devant le procureur de la République aux termes de la garde à vue et en tout cas dans le délai de 20 heures à compter de la levée de cette garde à vue (Article 803-3 CPP qui précise les conditions de cette retenue). et le cas échéant témoins. Au début de l’examen de chaque affaire. Quoi de commun entre l’audience d’un tribunal correctionnel qui va examiner plusieurs dizaines de dossiers en un long après midi et celles qui sur un « procès de catastrophes » aux multiples parties civiles vont se tenir sur plusieurs mois ? Sans plaider plus que nécessaire pour la prise en compte de cette dimension sociologique.

la pratique consiste plutôt à procéder à la lecture des témoignages écrits figurant au dossier et c’est là incontestablement une limite factuelle à l’oralité des débats.156 tribunal doit lors de la première audience fixer une consignation (tout comme le juge d’instruction le fait en cas de plainte avec constitution de partie civile. si le président la lui confie. voir leçon sur l’instruction) à la charge de la partie civile (Article 392-1 du CPP) et doit donc renvoyer l’examen au fond à une prochaine audience. faute de quoi le principe d’oralité serait mis à mal.2 du CPP dispose que « les témoins cités par le prévenu sont entendus dans les règles prévues aux articles 435 à 457. Le président mène cet interrogatoire à l’aide de la connaissance qu’il a du dossier écrit et objecte le cas échéant tel ou tel élément tiré du dossier écrit aux réponses du prévenu. hormis les dépositions des témoins qu’il est prévu d’entendre. L’instruction d’audience au tribunal correctionnel est menée par le président du tribunal. Les auditions de témoin sont encadrées par les nombreuses dispositions prévues aux articles 435 à 457 pour le tribunal et 513 du CPP pour la cour d’appel. La cour tranche avant tout débat au fond. ». Si le prévenu peut faire citer devant le tribunal correctionnel les témoins de son choix. La jurisprudence . Devant la chambre des appels correctionnels. voire l’un de ses assesseurs. Le ministère public peut s'y opposer si ces témoins ont déjà été entendus par le tribunal. Cet interrogatoire mené par le président sera suivi des questions du ministère public et des avocats des parties privées qui depuis la loi du 15 juin 2000 peuvent poser leurs questions directement au prévenu après avoir demandé la parole au président (Article 442-1 du CPP). Il peut lire tel ou tel extrait du dossier et solliciter les commentaires du prévenu. tel que l’absence d’un interprète alors que le prévenu ne parle pas suffisamment la langue française (Article 407 du CPP). Rappelons que le renvoi est également de droit en comparution immédiate (Article 397-1 du CPP) et il peut enfin s’imposer pour des motifs qui empêchent l’exercice des droits de la défense. l’article 513 al. La cour d’appel doit statuer sur l’opposition à audition du témoin. Le président a « la police de l’audience et la direction des débats » (Article 401 du CPP). En appel. L’instruction d’audience doit commencer par l’interrogatoire du prévenu (Article 442 du CPP) avant que les témoins ne puissent être entendus. Le renvoi s’imposera encore si le délai de dix jours qui doit séparer la citation de la comparution n’a pas été respecté et que la partie en cause demande le renvoi (Article 553 du CPP). l’instruction d’audience débute obligatoirement par le rapport d’un des conseillers de la cour sur l’affaire (Article 513 du CPP).

Crim. L’audition des témoins anonymes et des agents infiltrés sont organisés par l’article 706-61 du CPP et suppose évidemment le truchement de dispositifs techniques permettant la déposition et l’interrogatoire du témoin par les parties et notamment la défense mais sans que soit révélée leur identité.157 de la CEDH (12 février 2004. La procédure a charge de poser les règles qui vont s’appliquer lorsque des incidents de procédure surgissent ou lorsque des exceptions sont soulevées par les parties. le tribunal correctionnel doit statuer sur la difficulté ou l’exception soulevée (Article 459 du CPP) et le principe posé par le même texte est celui de la jonction au fond de l’incident ou de l’exception.). les témoins doivent déposer oralement et l’article 452 du CPP les autorise exceptionnellement à s’aider de notes. Il serait fastidieux de vouloir énumérer les motifs d’incidents qui peuvent surgir au cours d’une audience correctionnelle. Entendus sous serment (Article 466 du CPP). chaque partie devant être invitée à s’expliquer sur l’incident ou l’exception en cause. mais dans le même jugement. Cela n’empêchera pas que la gestion de l’incident ou de l’exception à l’audience prend la forme d’une procédure dans le procès. Les témoins peuvent aussi être confrontés. sur des demandes d’expertise ou suppléments d’information encore que la contradiction instaurée au . ils doivent déposer spontanément avant de se voir poser quelque question que ce soit (Article 454 du CPP). 13 février 2008. Les experts peuvent aussi être entendus à l’audience après avoir prêté serment (Article 168 du CPP). Morel c/ France et 8 novembre 2005 De Sousa c/ France) et celle de la chambre criminelle contrôlent les motivations des refus et la chambre criminelle censure en tout cas les refus d’audition de témoin opposés par les cours d’appel lorsque le témoin n’a pas été entendu en première instance donnant ainsi une effectivité au droit d’interroger ou faire interroger les témoins à charge ou à décharge (parmi de nombreux arrêts. ce qui signifie que le tribunal tranchera l’incident ou l’exception certes avant de trancher le fond. Bull. médiatisés. n°38. Bref aperçu sur les exceptions et incidents d’audience. sur des demandes de renvoi et notamment du juge unique vers la formation collégiale. Disons à titre d’illustration que les plus fréquents peuvent porter sur la publicité des débats dans des procès sensibles. Dans les deux cas. Ils peuvent quitter l’audience après leur déposition sauf décision contraire du président (Article 452 du CPP) notamment en vue d’une confrontation avec un autre témoin. En tout cas.

l’incompétence territoriale ou matérielle d’une juridiction. D’autres exceptions doivent être soulevées par les parties et l’article 385 al. la personne civilement responsable. ou sur la violation des règles de compétence. lorsqu’il n’y a pas eu ouverture d’une information. le prévenu. Nous retrouvons là les exceptions tenant à l’existence d’un obstacle à l’action publique telle la prescription. L’instruction d’audience terminée. 6 du CPP exige qu’elles le soient avant toute défense au fond.158 niveau de la clôture de l’instruction rendent logiquement ce type d’incidents plus rares. l’article 460 du CPP prévoit que « la partie civile est entendue en sa demande. d’autres exceptions pourront être soulevées par les parties à tout stade de la procédure. Les exceptions en cause sont bien entendu les exceptions de nullité tenant à l’enquête. la détention provisoire peut donner lieu à contentieux. telle la plainte préalable lorsqu’elle est exigée par les textes. Nous ne reviendrons pas sur les causes d’extinction de l’action publique déjà étudiées. l’ordre de prise de parole en appel est le même qu’en première instance (plutôt que suivre l’ordre des appels). Le prévenu ou son avocat auront toujours la parole les derniers. On se souvient en effet que la clôture de l’instruction a pour effet de « purger » le dossier de toute nullité. « in limine litis ». s'il y a lieu. d’empêcher qu’elles ne puissent être invoquées. présentent leur défense. c'est-à-dire de les couvrir. ce qui concrètement implique le dépôt de conclusions écrites ou la présentation d’observations orales avant l’interrogatoire au fond du prévenu et la règle vaut en première instance comme en appel. le défaut d’une plainte préalable lorsqu’elle est nécessaire à la mise en mouvement de l’action publique et en matière de presse la nullité de la citation qui en raison des exigences particulières et complexes de la loi du 29 juillet 1881 peuvent se rencontrer plus fréquemment qu’en droit commun. » Depuis la loi du 15 juin 2000. En différentes hypothèses. Enfin. . et. L’irrecevabilité de l’exception tenant à ce qu’elle n’a pas été présentée avant toute défense au fond empêchera qu’elle puisse être valablement présentée pour la première fois en cassation. Des exceptions de procédure doivent être relevées d’office par le tribunal. ce sont les exceptions d’ordre public. le ministère public prend ses réquisitions. La partie civile et le ministère public peuvent répliquer. ou à son exercice.

Bull. C’est parfois juste avant le délibéré. a au fil du temps souhaité que l’attention des justiciables (condamnés ou relaxés. la même disposition ne se retrouve pas à propos de la procédure d’appel correctionnelle et la chambre criminelle leur refuse cette intervention qu’il s’agisse d’un appel du ministère public sur une relaxe ou d’un appel du prévenu sur une condamnation (Crim 9 mars 2005. puisqu’il arrive qu’il se tienne « sur le siège » c'est-à-dire à l’audience. n°58-1270 du 22 déc. ceci afin de pouvoir utilement délibérer sur cette hypothèse. Bull. qu’ils soient informés de certains de leurs droits. Le jugement sur le fond sera prononcé publiquement (Article 400 al. 19 janvier 2005. Le prononcé du jugement tend à devenir un exercice de pédagogie à la fois important et difficile en ce que le législateur.4 du CPP) a-t-on vu dans la leçon précédente. Le jugement. sous les meilleures intentions. Il peut être rendu le jour même des débats ou à une audience tenue à une date ultérieure dont les parties sont avisées (Article 462 du CPP) et en ce cas d’ailleurs le délibéré pourra se tenir entre les deux dates. En effet alors que la loi du 15 juin 2000 leur a ouvert (Article 380-6 du CPP) le droit d’exercer en appel les droits de la partie civile « même lorsqu’il n’a pas été fait appel de la décision sur l’action civile ». et même en audience collégiale. Certains auteurs préconisent la modification de l’article 515 du CPP pour mettre les deux procédures d’appel en harmonie et accroître ainsi les droits de la partie civile devant la chambre des appels correctionnels.159 Les parties civiles sont ici traitées différemment en appel devant la chambre des appels correctionnels et devant la cour d’assises. la clôture des débats intervient devant le tribunal correctionnel à la fin de la dernière plaidoirie ou de la dernière déclaration du dernier prévenu. et Crim. . et après avoir entendu les plaidoiries que le président devra demander au prévenu s’il accepterait d’effectuer une peine de Travail d’intérêt général pour le cas où elle serait prononcée. La décision prise à la majorité des voix en formation collégiale ne permettra pas de connaître quoi que ce soit des délibérations dont le secret doit être gardé « religieusement » selon le serment prêté par les magistrats (Article 6 Ord. n°26). Sans formalisme. avec le cas échéant les auditeurs de justice qui ont alors voix consultative. il ne concerne que les seuls membres de la formation de jugement. Tenu en chambre du conseil ou à l’audience. prévenus ou parties civiles) soient attirée sur certaines conséquences du jugement. Il n’existe pas non plus de formalisme excessif autour du délibéré. n°86. 1958).

Avis obligatoire donné au prévenu sur le sursis avec mise à l’épreuve (obligations. Ces informations et avertissements pourront être repris par le greffier du BEX (bureau de l’exécution des peines) qui peut être amené à délivrer une convocation devant le juge de l’application des peines (D 48-2 du CPP). Avis en cas de condamnation à une peine d’amende sur la diminution du montant de la peine d’amende en cas de règlement rapide de celle-ci sans que celui-ci fasse . la solennité et la certitude de la délivrance de ces avis et informations sont assurées. Avis obligatoires sur le suivi socio-judiciaire lorsqu’il est prononcé (obligations. du consentement nécessaire du prévenu au placement et sur les conséquences d’un refus (Article 13136-12 du CP). Avis et informations au prévenu et à la partie civile à la suite du jugement Au prévenu condamné Avis facultatif sur les conséquences d’une récidive (Article 132-20-1 du CP) Avis obligatoire donné au prévenu présent sur les conséquences d’une nouvelle condamnation en cas de sursis (Article 132-29 du CP).160 Effectués par le président juste après la lecture du dispositif de la décision. possibilité de commencer un traitement en prison) (131-36-1 à 131-36-4 du CP. information sur la possibilité de commencer un traitement pendant l’exécution de la peine ferme avant de le poursuivre au titre de la mise à l’épreuve une fois libéré (Article 132-45-1 du CP). les justiciables soient très aptes à comprendre et retenir le sens de ces avertissements. condamnation non avenue en cas de respecte des obligations (132-40 du CP). Il ressort de l’examen de ces avis que la mutation de la pénalité et la création de dispositifs d’aide aux victimes et de mesures de sûreté ont généré cette phase de pédagogie. et que sous le coup de l’émotion provoqué par la décision. injonction de soin. informations sur les conséquences du refus de sa part de se soumettre à une injonction de soins. Avis en cas de placement sous surveillance électronique mobile. en tout cas d’information nécessaire à la suite de la décision du tribunal correctionnel. Il va sans dire que la défense à charge le plus souvent de reprendre encore ces avis et informations et de les expliciter. Il n’est pas sûr en revanche que cet exercice tenu par le président après lecture du dispositif de la décision soit très productif.

161 obstacle aux voies de recours. (Article 707-3 du CPP) Avis de convocation devant le JAP remis à l’issue de l’audience en certains cas. Avis le cas échéant, par le président, le greffier ou une personne habilitée au prévenu présent de son inscription au FIJAIS et des obligations qui en découlent. Avis au prévenu condamné au titre de l’action civile à des dommages-intérêts du droit de la victime, passé un délai de 2 mois à compter de la décision définitive de faire recouvrer ceux-ci par le fonds de garantie des victimes, et des majorations qui s’en suivent. (Article 474-1 du CP). Au prévenu relaxé Avis de la possibilité d’être indemnisé du préjudice résultant de l’éventuelle détention provisoire (Article 149 du CPP). A la partie civile Information sur la possibilité de saisir la CIVI (Article 706-15 et D48-3 du CPP)

L’essentiel des mentions que doit comprendre le jugement du tribunal correctionnel est précisé aux articles 485 et 486 du CPP. En réalité, il faut dire que lorsque le jugement n’est pas frappé d’appel, il demeurera le plus souvent sous la forme minimaliste du dispositif, c'est-à-dire de la peine, inscrite sur la couverture du dossier. La pratique judiciaire se situe ici assez loin des textes.

Les différentes formes du jugement correctionnel au regard de la comparution du prévenu et ses conséquences sur les voies de recours. Le jugement contradictoire ou réputé contradictoire peut être frappé d’appel par le prévenu dans le délai de dix jours à compter de son prononcé. Le jugement contradictoire à signifier peut être frappé d’appel par le prévenu dans le même délai mais calculé à compter de sa signification Le jugement par défaut est seulement susceptible d’opposition par le prévenu, ouverte dans un délai de dix jours à compter de sa signification La loi du 9 mars 2004 a abouti à réduire strictement les hypothèses de jugement

162 par défaut. Les hypothèses de jugement contradictoire impliquent toujours la certitude de ce que le prévenu avait connaissance de l’audience et a pu avoir connaissance du jugement par son conseil. Toutes les autres situations s’analysent désormais comme des jugements contradictoires à signifier. Jugement contradictoire à l’égard du prévenu. Principales hypothèses. - prévenu comparant à l’audience et présent au prononcé du jugement - art. 411 al. 2 du CPP: prévenu non comparant mais représenté par son avocat à sa demande. - article 410 : prévenu non comparant, un avocat s’est présenté et a été entendu après avoir déposé des conclusions ce qui laisse présumer un mandat de représentation (Crim. 14 oct. 2008, Bull. n°207). -Article 416 du CPP le prévenu non comparant en raison de son état de santé et qui est entendu à son domicile et peut être représenté à l’audience par un avocat.

Jugement contradictoire à signifier à l’égard du prévenu. Principales hypothèses - Article 413 du CPP Le prévenu était présent à l’appel de la cause mais non comparant au débat et au prononcé du jugement. (Crim 26 avril 2006, Bull. n°113) -Art. 498 du CPP Après débat contradictoire, le prévenu n'était pas présent ou représenté à l'audience où le jugement a été prononcé, mais seulement dans le cas où elle-même ou son représentant n'auraient pas été informés du jour où le jugement serait prononcé ; -Article 498 et 412 al.2 Pour le prévenu qui a été jugé en son absence, mais après audition d'un avocat qui s'est présenté pour assurer sa défense, sans cependant être titulaire d'un mandat de représentation signé du prévenu ; -Article 498 et 411 Le prévenu est non comparant, il a demandé à être représenté, mais son avocat n’est pas présent. -Article 498 et 410 Le prévenu cité à personne ou dont il est établi qu’il a eu connaissance de la citation est non comparant, non excusé. -Article 179-1 du CPP Prévenu cité à sa dernière adresse déclarée à l’issue de l’information ne comparaît pas. Jugement par défaut à l’égard du prévenu. Principales hypothèses -Article 412-1 CPP. Le prévenu qui n’a pas été cité à personne et dont il n’est pas établi qu’il ait eu connaissance de la citation ne comparaît pas et aucun avocat ne s’est présenté pour lui.

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III La procédure d’audience devant la cour d’assises. Notions de base.

Avant l’ouverture de la session de la cour d’assises et donc des débats relatifs à quelque affaire que ce soit inscrite à cette session, diverses formalités auront été effectuées : Les pièces à conviction et le dossier auront été transférés au siège de la cour d’assises, (article 270 du CPP), l’accusé s’il est détenu aura été transféré à la maison d’arrêt du lieu où se tiennent les assises (article 269 du CPP) le président aura procédé à son interrogatoire non pas sur le fond mais à un interrogatoire destiné à s’assurer de son identité, de ce que la mise en accusation lui a été signifié, de ce qu’il a un défenseur (article 272 à 277 du CPP). C’est au terme de cet interrogatoire tenu hors la présence du conseil que le président peut estimer devoir ordonner un supplément d’information (article 283 et 284 du CPP), les parties se seront signifiées la liste des personnes qu’elles veulent faire entendre comme témoins ou comme experts (article 281 du CPP). Chaque accusé se sera vu signifier la liste des jurés de session (article 282 du CPP) mais aussi une copie gratuite du dossier (article 279 du CPP).

A l’oralité et à la publicité des débats, il faut ajouter ici le principe de la continuité des débats (Article 307 du CPP) qui exclut que comme en correctionnelle il puisse être délibéré à une date qui ne suivrait pas les débats. Ici, les débats et le délibéré se suivront et ne seront suspendus que « pendant le temps nécessaire au repos des juges, de la partie civile et de l’accusé ».

La juridiction de la cour d’assises est complexe. Trois organes ont en effet chacun des fonctions et des pouvoirs précis : le président, la Cour composée du président et des assesseurs, et la cour d’assises composée de la Cour et du jury. Les premières phases du déroulement d’un procès d’assises lui sont pour l’essentiel spécifiques et très solennelles. Après avoir vérifié l’identité de l’accusé (article 294 du CPP), le président qui à ce stade est entouré de ses deux seuls assesseurs, va procéder au tirage au sort du jury de jugement mais, en droit, c’est la cour qui procède à la formation de ce jury et qui décide d’ailleurs s’il y a lieu au tirage au sort d’un jury supplémentaire (Article 296 al.2 du CPP). Les articles 297 à 302 du CPP organisent minutieusement la récusation des jurés par le ministère public et la défense y compris lorsqu’en cas de pluralité d’accusés la défense ne se met pas d’accord pour exercer les récusations.

.. le président de la cour d’assises a la police de l’audience. à la suite de critiques tenues contre les débats menés devant des cours d’assises. « Le procès d’assises après la réforme. Rôle du président. Il a aussi le pouvoir de direction des débats et ce n’est pas le fait que depuis la loi du 15 juin 2000. le discours suivant : "Vous jurez et promettez d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X. avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre. et de conserver le secret des délibérations. de vous décider d'après les charges et les moyens de défense. ni ceux de la société qui l'accuse. Chacun des jurés.) C’est récemment que le prérapport de la commission Léger reprend. Après le cas échéant qu’il ait été statué sur les nullités entachant la phase antérieure de la procédure (formalités antérieures à l’ouverture des débats puisque les nullités de l’instruction sont quant à elles purgées). le ministère public et les avocats des parties puissent poser directement leurs questions (Article 312 du CPP) qui a modifié cette situation. Même si aussitôt après cette réforme. debout et découverts. même après la cessation de vos fonctions". répond en levant la main : "Je le jure". l’ordre dans lequel les témoins et les experts seront entendus.164 Le serment des jurés article 304 du CPP « Le président adresse aux jurés.. suivant votre conscience et votre intime conviction. pp. Il concerne l’ordre des débats et notamment la question de savoir si les faits seront examinés avant la personnalité de l’accusé ou l’inverse. Regards sur les pratiques ». 289-309. de vous rappeler que l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter . ni ceux de la victime . le jury est constitué. laissant les parties poser directement leurs questions et demeurant quant à eux dans un rôle silencieux. de ne trahir ni les intérêts de l'accusé. l’idée de placer le président dans un rôle d’arbitre silencieux. Il est certain que le rôle du président est en tout état de cause délicat puisque s’il doit interroger l’accusé. de n'écouter ni la haine ou la méchanceté. 2003. « il a aussi le devoir de ne manifester son opinion sur la culpabilité » (Article 328 du CPP). Revue de science criminelle et de droit pénal comparé. les débats vont pouvoir s’ouvrir. appelé individuellement par le président. certains présidents ont tenté l’expérience d’une véritable cross examination. ni la crainte ou l'affection . Comme le président du tribunal correctionnel. de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration . . Le pouvoir de direction des débats du président de la cour d’assises dépasse largement la simple question de l’interrogatoire de l’accusé. cette expérience n’a guère duré (Voir sur ce point. n°2. » A la suite de ce serment.

A leur suite le ministère public en ses réquisitions et la défense en sa ou ses plaidoiries. La clôture des débats est ici plus formalisée. C’est elle qui statue sur les demandes de huis-clos (Article 306 al. les jurés et les parties étaient autres n’est jamais utilisé de nos jours. l’audition des témoins et des experts. la cour d'assises estime nécessaire l'examen d'une ou plusieurs pièces de la procédure. L’article 346 du CPP prévoit là aussi la réplique mais elle est fort peu usitée et en tout état de cause l’accusé ou son avocat doivent toujours avoir la parole en dernier (Article 346 du CPP). en principe. le principe est ici que la cour et le jury vont délibérer sans le dossier d’instruction. une décision qui est motivée sous la forme des réponses apportées par la cour et le jury réunis aux questions qui sont. Une procédure exceptionnelle est cependant envisagée au dernier alinéa de cet article pour le cas où. la partie civile ou son avocat mais aussi les éventuelles associations autorisées par le législateur à exercer les droits de la partie civile sont entendues. sans le jury. les demandes afférentes à la détention provisoire ou au contrôle judiciaire. au cours de la délibération. posées dans les termes de la décision de mise en accusation (Article 348 du CPP). sur la durée. Le risque de voir considérer qu’au travers de cet exercice le président a manifesté son opinion serait très élevé ! La lecture des questions constitue le second temps fort de cette clôture. qui statue après la décision rendue sur l’action publique sur les intérêts civils (article 371 du CPP). on le sait. . D’une part au contraire de ce qui se passe en correctionnelle. Le dossier est donc remis entre les mains du greffier. A noter que cet article prévoit encore la possibilité pour le président de « résumer les moyens de l'accusation et de la défense.165 Le président a aussi un pouvoir discrétionnaire (article 310 du CPP) qui lui permet de « prescrire toutes mesures qu’il croit utiles pour découvrir la vérité ». Disons succinctement que les pouvoirs propres de la Cour concernent en premier lieu les incidents contentieux (Article 316 du CPP) qui peuvent se présenter. le président ne conservant avec lui que l’arrêt de mis en accusation (Article 347 du CPP). Sans entrer plus avant dans le détail des règles qui concernent ces débats. y compris les exceptions de nullité qui peuvent concerner les formalités antérieures à l’ouverture des débats ou les incidents contentieux de l’audience (Article 305-1 du CPP) et au jugement desquels on n’imagine pas associer les jurés mais qui doivent être tranchés par une collégialité. L’usage de cette possibilité est rarissime. Aux termes de l’instruction d’audience. Pouvoirs de la Cour. » Cet alinéa hérité d’un temps où les rapports entre le président. un droit minutieux attaché pour l’essentiel à permettre aux principes d’oralité d’être pleinement respecté ce qui est d’autant plus nécessaire que les jurés ne sont pas des magistrats professionnels. 2 du CPP) statue sur les demandes de renvoi (Article 343 du CPP). précisons seulement que là aussi le code de procédure pénale et la jurisprudence ont construit. C’est elle enfin. La cour d’assises en l’état de notre droit rend.

lorsqu'elle est invoquée. Chaque circonstance aggravante fait l'objet d'une question distincte. Article 349 Chaque question principale est posée ainsi qu'il suit : "L'accusé est-il coupable d'avoir commis tel fait ?" Une question est posée sur chaque fait spécifié dans le dispositif de la décision de mise en accusation.166 Les articles 349 à 352 précisent les divers types de questions qui peuvent être posées par le président à la Cour et au jury et dont la teneur peut donner lieu à incident contentieux. il existe une troisième forme de questions qui sont les questions subsidiaires et qui elles. recouvrent l’hypothèse d’une requalification d’un fait visé bien entendu au dispositif de l’acte de mise en accusation. Les questions principales vont ainsi décomposer soigneusement les faits et les circonstances aggravantes des faits spécifiés dans le dispositif de la décision de mise en accusation. L’existence d’une éventuelle cause d’irresponsabilité pénale invoquée comme moyen de défense conduira à poser en une seule fois ou pour chaque fait. Ce sera par exemple la situation lorsque les débats nécessitent d’envisager une requalification d’un fait poursuivi sous la qualification de meurtre en coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner. ne poser qu'une seule question . Ce sont là des questions spéciales. du code pénal selon lequel n'est pas pénalement responsable la personne qui . 122-3. une question sur ce point. avec l'accord des parties. Cette méthode doit évidemment permettre le strict respect de la saisine in rem. 122-5 (premier et second alinéas) et 122-7 du code pénal. selon les cas. 122-2.. chaque fait spécifié dans le dispositif de la décision de mise en accusation fait l'objet de deux questions posées ainsi qu'il suit : "1° L'accusé a-t-il commis tel fait ? "2° L'accusé bénéficie-t-il pour ce fait de la cause d'irresponsabilité pénale prévue par l'article . Enfin. Il en est de même. ?" Le président peut.. 122-4 (premier et second alinéas).. de chaque cause légale d'exemption ou de diminution de la peine.. La cour et le jury peuvent se prononcer sur l’existence de circonstances aggravantes qui n’étaient pas visées dans la décision de mise en accusation et ont été invoquées durant les débats. Article 349-1 Lorsque est invoquée comme moyen de défense l'existence de l'une des causes d'irresponsabilité pénale prévue par les articles 122-1 (premier alinéa).

la cour statue dans les conditions prévues à l'article 316. Deux dernières formalités importantes restent à effectuer par le président. qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? ". La loi ne leur fait que cette seule question. Sauf si l'accusé ou son défenseur y renonce. le président pose une ou plusieurs questions spéciales." C’est peu dire que la notion d’intime conviction donne lieu parfois à des critiques fondées sur des contre sens. Le président donne lecture de l’instruction aux jurés selon les termes de l’article 353 du CPP. Article 350 S'il résulte des débats une ou plusieurs circonstances aggravantes. sans subir ni pression ni influence. Les magistrats qui jugent en correctionnelle jugent également en leur intime conviction. il est donné lecture des questions posées en application du présent article. cette notion s’opposant à un système de preuves légales vers lequel il est difficile d’envisager vouloir revenir. . les preuves rapportées contre l'accusé.167 concernant la cause d'irresponsabilité pour l'ensemble des faits reprochés à l'accusé. sur leur raison. non mentionnées dans l'arrêt de renvoi. instruction qui est affichée en outre dans la chambre des délibérations : L’instruction de l’article 353 du CPP " La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus. le président doit poser une ou plusieurs questions subsidiaires. Article 351 S'il résulte des débats que le fait comporte une qualification légale autre que celle donnée par la décision de mise en accusation. Article 352 S'il s'élève un incident contentieux au sujet des questions. dans la sincérité de leur conscience. n’exclut nullement une décision fondée sur la raison et non sur l’émotion. elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher. L’intime conviction qui signifie que chaque juge doit se déterminer « dans la sincérité de sa conscience ». quelle impression ont faite. notamment par ceux qui pensent que la notion ne concernerait que la cour d’assises voire les seuls jurés. elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve . et les moyens de sa défense.

Là aussi. (Article 354 du CPP). Il résulte donc de cette exigence qu’à supposer que les magistrats professionnels votent en défaveur de l’accusé. Il y a là un peu de vrai. dans laquelle nul ne pourra pénétrer. La lecture des articles 355 à 365 du CPP démontrent le contraire. La délibération sur la peine commence par la lecture des dispositions du code pénal et notamment de l’article 132-24 sur les fonctions ou finalités de celle-ci. rejoignant ainsi l’opinion de nombreux auteurs. Il invite le chef du service d'ordre à faire garder les issues de la chambre des délibérations. Les praticiens et notamment les avocats ont l’habitude de dire que le délibéré est la boîte noire des magistrats tandis que l’entretien avec le client est la boîte noire des avocats. le cas échéant. pour quelque cause que ce soit. en indiquant. l’essentiel à retenir concerne d’abord les majorités sous lesquelles sont prises les décisions. Le président déclare l'audience suspendue. Toute décision défavorable à l’accusé se forme par une majorité renforcée de huit voix en première instance et dix en appel sur un nombre de vois respectif de douze et quinze voix (les jurés sont neuf en première instance et douze en appel). il faut tant en première instance qu’en appel une majorité de jurés qui partagent cette opinion pour que la décision défavorable à l’accusé soit prise (cinq en première instance sur neuf et sept en appel sur douze). le ou les locaux dans lesquels il doit demeurer. le rapport déposé par la commission Léger préconise la motivation des arrêts d’assises. Le délibéré. le législateur place le degré d’exigences de motivation à son plus bas niveau. Les peines de réclusion criminelle à perpétuité et de trente ans de réclusion lorsqu’elles constituent la peine . il lui enjoint de ne pas quitter le palais de justice pendant la durée du délibéré.168 La notion ne doit pas être non plus confondue avec le fait qu’en réduisant les arrêts de cour d’assises à la réponse par oui ou non à des questions et à la fixation éventuelle d’une peine en cas de condamnation. et invite le chef du service d'ordre à veiller au respect de cette injonction. Les magistrats professionnels ne sont donc quant à eux jamais maîtres du vote. le président fait retirer l’accusé de la salle d’audience et si l'accusé est libre. sans autorisation du président. Ce n’est pas pour autant que « l’intime conviction » cesserait d’être la mesure du devoir des juges. Mais cela ne signifie pas que le délibéré n’est pas organisé. S’agissant de la délibération sur la culpabilité. Enfin.

par bulletins écrits et par scrutins distincts et successifs. sur les causes d'irresponsabilité pénale. Les bulletins blancs. Article 358 Le président dépouille chaque scrutin en présence des membres de la cour et du jury qui peuvent vérifier les bulletins. Article 356 La cour et le jury délibèrent. Article 355 Les magistrats de la cour et les jurés se retirent dans la chambre des délibérations.". puis votent. Il constate sur-le-champ le résultat du vote en marge ou à la suite de la question résolue. à cet effet. sur le fait principal d'abord. marqué du timbre de la cour d'assises et portant ces mots : "sur mon honneur et en ma conscience. Article 357 Chacun des magistrats et des jurés reçoit. les bulletins sont brûlés. et s'il y a lieu. Section I : De la délibération de la cour d'assises. sur les questions subsidiaires et sur chacun des faits constituant une cause légale d'exemption ou de diminution de la peine. .. Toute autre décision sur la peine se forme à la majorité absolue des votants. sont comptés comme favorables à l'accusé.. Il écrit à la suite ou fait écrire secrètement le mot "oui" ou le mot "non" sur une table disposée de manière que personne ne puisse voir le vote inscrit sur le bulletin. qui le dépose dans une urne destinée à cet usage. Il remet le bulletin écrit et fermé au président.169 maximale encourue ne peuvent être prononcée que par les mêmes majorités renforcées que pour la culpabilité. Immédiatement après le dépouillement de chaque scrutin. un bulletin ouvert. ma déclaration est . sur chacune des circonstances aggravantes. Article 359 Toute décision défavorable à l'accusé se forme à la majorité de huit voix au moins lorsque la cour d'assises statue en premier ressort et à la majorité de dix voix au moins lorsque la cour d'assises statue en appel. ou déclarés nuls par la majorité. le vote se poursuit en éliminant à chaque tour la peine la plus forte ayant recueillie au moins une voix au tour de scrutin précédent jusqu’à ce qu’une majorité absolue se soit formée. Ils n'en peuvent sortir qu'après avoir pris leurs décisions. La décision se forme ainsi par élimination des votes minoritaires en faveur des peines les plus élevées. Lorsque cette majorité ne s’est pas formée après deux tours de scrutin.

Lorsque la cour d'assises prononce une peine correctionnelle. La décision sur la peine se forme à la majorité absolue des votants. elle déclare l'accusé non coupable. de l'article 132-19-1 du même code. elle délibère aussi pour déterminer . Si elle a répondu négativement à la première question ou positivement à la seconde question. ainsi que. de l'article 132-18-1 et. lorsqu'elle est affirmative. le maximum de la peine privative de liberté encourue ne peut être prononcé qu'à la majorité de huit voix au moins lorsque la cour d'assises statue en premier ressort et qu'à la majorité de dix voix au moins lorsque la cour d'assises statue en appel. elle peut ordonner à la majorité qu'il soit sursis à l'exécution de la peine avec ou sans mise à l'épreuve. Article 361-1 Si. si les faits ont été commis en état de récidive légale. à ce troisième tour. Article 362 En cas de réponse affirmative sur la culpabilité. La cour d'assises délibère également sur les peines accessoires ou complémentaires. Si elle a répondu positivement à la première question et positivement à la seconde question portant sur l'application des dispositions du premier alinéa de l'article 122-1 du code pénal. Dans les cas prévus par l'article 706-53-13. Si. Si. en continuant à écarter la peine la plus forte. et séparément pour chaque accusé. Si le maximum de la peine encourue n'a pas obtenu cette majorité. le cas échéant. La cour d'assises délibère alors sans désemparer sur l'application de la peine. Toutefois. la cour d'assises a répondu positivement à la première question et négativement à la seconde question. aucune peine n'a réuni la majorité des suffrages. après deux tours de scrutin. elle déclare l'accusé coupable.170 Article 360 La déclaration. il est fait application des articles 706-129 et suivants relatifs à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Les mêmes règles sont applicables en cas de détention criminelle. Le vote a lieu ensuite au scrutin secret. il est procédé à un troisième tour au cours duquel la peine la plus forte proposée au tour précédent est écartée. jusqu'à ce qu'une peine soit prononcée. le président donne lecture aux jurés des dispositions des articles 132-18 et 132-24 du code pénal. constate que la majorité de voix exigée par l'article 359 au moins a été acquise sans que le nombre de voix puisse être autrement exprimé. aucune peine n'a encore obtenu la majorité absolue des votes. le président peut faire procéder à un nouveau vote. lorsqu'il est fait application des dispositions de l'article 349-1. il est procédé à un quatrième tour et ainsi de suite. il ne peut être prononcé une peine supérieure à trente ans de réclusion criminelle lorsque la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité et une peine supérieure à vingt ans de réclusion criminelle lorsque la peine encourue est de trente ans de réclusion criminelle. Article 361 Au cas de contradiction entre deux ou plusieurs réponses.

Article 364 Mention des décisions prises est faite sur la feuille de questions. .171 s'il y a lieu de se prononcer sur le réexamen de la situation du condamné avant l'exécution de la totalité de sa peine en vue d'une éventuelle rétention de sûreté conformément à l'article 706-53-14. s'il ne peut signer. qui est signée séance tenante par le président et par le premier juré désigné par le sort ou. Article 365 Les réponses de la cour d'assises aux questions posées sont irrévocables. la cour d'assises le déclare coupable et l'exempte de peine. ou si l'accusé est déclaré non coupable. par celui désigné par la majorité des membres de la cour d'assises. Article 363 Si le fait retenu contre l'accusé ne tombe pas ou ne tombe plus sous l'application de la loi pénale. la cour d'assises prononce l'acquittement de celui-ci. Si l'accusé bénéficie d'une cause d'exemption de peine.

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