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Cours Croissance et développement, Licence AES

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Croissance et Développement

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Croissance et Développement
Examen : 2 questions sur deux heures. L’une basique et l’autre sur une réflexion. Bibliographie :    Jean-Claude Vérez, « Pauvretés dans le monde », édition ellipses, 2007 Guellec & Ralle, « Les nouvelles théories de la croissance », édition La Découverte, collection repères www.pnud.com, rapport mondial sur le développement humain.

Plan du cours : Chapitre I : La mesure et les indicateurs de la croissance Chapitre II : Les modèles et les facteurs de la croissance Chapitre III : La mesure et les indicateurs du développement Chapitre IV : Les inégalités du développement dans le monde Chapitre V : Les théories du développement

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A.Closse

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Chapitre 1 : La mesure et les indicateurs de la croissance
Les premiers économistes qui se posent la question de la croissance sont les économistes classiques. Les classiques libéraux : Adam Smith, fin 18e siècle. Le libéralisme économique n’est pas opposé à l’Etat. L’opposant aux classiques libéraux est Malthus, sa préoccupation est le fait que la population croit à un rythme supérieur que la croissance de production. Il pense que nous ne sommes pas dans l’hypothèse des rendements croissants. Plus la croissance démographique est élevée, plus on va vers l’état stationnaire qui va engendrer de la paupérisation. A partir de la moitié du 19e on a d’autres classiques qui vont être opposés aux libéraux, se sont des socialistes et le plus célèbre d’entre eux est Karl Marx. Il considère que le système capitalisme ne peut pas se passer de la croissance. Il pense que le capitalisme est voué à disparaitre. Si la croissance est limitée, les profits sont moins nombreux. Sauf que cette logique va amener le capitalisme à sa propre mort parce qu’on n’arrive pas à consommer tout ce qui est produit. Beaucoup plus récemment les auteurs qui se sont intéressés à la croissance sont ceux qui suivent Keynes, qui est contemporain de la crise de 1929. La problématique Keynésienne n’est plus à la mode aujourd’hui mais elle l’était dans les années 1990. L’idée est que pour la croissance soit régulière, il faut non pas comprimer les dépenses de consommation mais faire en sorte que les ménages consomment, il faut les accélérer pour éviter une crise de surproduction. On a les néokeynésiens et les nouveaux classiques. Les néokeynésiens sont pour un état régulateur. Ce qui distingue les keynésiens des néokeynésiens ce ne sont pas des économistes qui accepteraient d’aller au-delà des dépenses actuelles. Les nouveaux keynésiens veulent un état régulateur mais il ne doit pas être trop interventionniste. ‘Courbe de Laffer’
Recettes fiscales

0%

100 % Taux d’imposition

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I-

La mesure de la croissance
1- Définition

« Précis d’économie international », édition ellipses, ouvrage de Jean-Claude Vérez. Le PIB mesure la somme des valeurs ajoutées pour une économie nationale au cours d’une année civile. C’est un indicateur statistique. Une partie des valeurs ajoutées n’est pas déclarée, une partie n’est pas quantifiée parce qu’on ne les intègre pas. Il faut prendre en considération les échanges qui passent entre les différents pays. Toutes les frontières ne sont pas fiables. Il y a des trafics de drogues, d’armement et de plus en plus d’organes. Dans les pays dans lesquels les instituts statistiques n’existent pas ou ne sont pas fiables ou sont corrompus, sont problématiques pour le PIB. Le PNB sont les valeurs ajoutées qui sont créées par les entreprises françaises alors que le PIB c’est toutes les entreprises sur le territoire français. Le taux de croissance d’une économie dépend de deux facteurs. Le premier est le taux d’accroissement du nombre d’heures travaillées. Le second facteur est le taux d’accroissement de la production horaire. Autrement dit la productivité de la population active. Le PIB est soit global, soit il est rapporté au nombre d’habitants mais quand on prend le PIB par habitant deux problèmes se posent. Selon les pays il existe des taux d’inflation différents. Le PIB par habitant est comparé en PPA (Parité du Pouvoir d’achat). C’est une technique qui permet de limiter les écarts de l’inflation ou de taux de change entre les pays. 2- Le PIB Mondial L’idée est de comparer des indicateurs entre pays avec des taux de change différents. Exemple : Un panier de 100 $ aux USA. En 2006, 100 $ = 80 €. Sur place on a le taux de change suivant 1 $ = 0,8 €. L’américain achète le même panier 90 € en France. Parce que entre autre le taux de change n’est pas le même. Taux de PPA 90/100 = 0,9 € pour 1 $. Niveau général des prix français est > de 12,5 Indice relatif (90/80) x 100 = 112,5 % %. Pour comparer les prix du même panier de produits, on va procéder à la parité de pouvoir d’achat et on va dire que le taux de PPA est de 90/100 c'est-à-dire 0,9 € pour 1 $. Si l’américain le paye 90 à Paris alors qu’aux US il paye 80, il le paye plus cher pour un pourcentage de 12,5 %. Cela peut refléter un taux de change différent ou être considéré comme le fait que les prix français sont plus élevés que les prix américains. Exemples de comparaison des PIB et PPA : En 2007 PIB (en milliards de $) 13 750 USA 3 200 Chine

PPA (en milliards de $) 13 750 7 096

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En 2007, le monde a un PIB de 65 000 milliards de $ en PPA. Les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) représentant un PIB de 38 500 milliards de $ en PPA. L’UE à 27 représente un peu moins de 15 000 milliards de $ en PPA. Quatre instruments : politiques budgétaire, monétaire, fiscale, des revenus (revenus du capital et revenus du travail). La politique économique est au service de la croissance. Le PIB Français en de 2 000 milliards $ en PPA. Le mieux pour la France est de suivre une politique économique européenne plutôt que nationale. L’essentiel de la croissance économique repose sur le capital humain, les dépenses dans l’éducation, la recherche, le développement… La Chine investit dans les dépenses technologiques au point où se demande si l’Europe pourra rattraper son retard. Quelques points de repères : La Chine est la 2ème puissance mondiale en PPA. L’inde est la 4ème puissance. L’Allemagne arrive après. Cinq pays représentent la moitié du PIB mondial : les Etats-Unis, la Chine, L’Inde, le Japon et l’Allemagne. Il y a des pays qui pourraient disparaitre ça ne changerait rien quant à la lecture du PIB. Beaucoup de pays ne représentent pas 1 % du PIB. 3- Le PIB par habitant en PPA

Classement des pays :
Le Luxembourg a le PIB par habitant en PPA le plus grand : 79 500 $. Norvège, Singapour, Koweit : 47 800 $ USA : 45 600 $ La France avec 33 600 $ est 15ème. La Chine est au 80ème rang : 5 383 $ par habitant. L’Inde : 2 753 $ PIB/Hab Les quinze ou vingt derniers pays ont un PIB inférieur à 1 000 $.

II-

Les déterminants de la productivité

Pour le moment, la démarche n’est pas de développement mais de croissance. Quels sont les déterminants de la croissance ? 4 facteurs sont essentiels :  L’épargne et l’investissement  L’éducation et la qualité de la main d’œuvre  L’allocation optimale des ressources  La recherche et le développement

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1- L’épargne et l’investissement En macroéconomie il y a une équation qui consiste à noter I = S. I comme investissement, S comme épargne. Il y a un lien entre I et S. Production par travailleur

Y1 Y0

K0

K1

Biens d’équipement par travailleur

Les économistes disent que s’il n’y a pas S, on ne peut pas investir. Les pays en développement sont doublement victime, il existe de l’épargne mais le taux n’est pas élevé. L’autre problème est que quelque soit ce niveau d’épargne, ce n’est pas déposé dans les circuits officiels car il n’y a pas de confiance dans ces réseaux. Celui qui veut investir doit d’abord au préalable constituer sa propre épargne. C’est un problème institutionnel. La variable qui essaie d’équilibrer I = S est le taux d’intérêt. Qui fixe le taux d’intérêt ? La banque centrale fixe le taux directeur c'est-à-dire l’argent qu’elle prête aux banques commerciales. Le taux directeur actuellement est bas. Aujourd’hui, on peut emprunter autour de 4 %. Est-ce que les dépenses de l’état, son déficit budgétaire, a des conséquences sur la capacité d’épargne du pays ? Oui, à cause des impôts. Le taux de fiscalité augmente. Lorsque la fiscalité pèse d’avantages sur les contribuables, les ménages épargnent moins. Les entreprises trouvent des aident plus difficilement. Il ne faudrait pas que l’épargne se raréfie avec le taux de chômage, les perspectives de croissance sont de plus en plus rares. L’hypothèse de croissance est une hypothèse farfelue. On arrivera jamais à avoir du 2,5 de croissance d’ici à 2018. 2- L’éducation et la qualité de la main d’œuvre On a d’autant plus de chance de pouvoir progresser que si notre main d’œuvre est qualifiée. Est-ce que la France accueille des entreprises du monde entier ? Oui, la qualité de la main d’œuvre française est un atout. On dit souvent que les français travaillent peu, mais ils travaillent plus productivement. C’est un atout considérable. La France a la conception. Il est donc important de former la main d’œuvre. Dans les indicateurs du chômage nous sommes le pays où le taux de chômage sur une longue durée est le plus élevé. Les personnes non formées sont inemployables. L’investissement dans l’éducation de la main d’œuvre est incontournable. Il y a 15 % d’illettrés en 6ème. Le privé prend le relai pour combler les lacunes. L’idée est de tenter de substitué les financements privés à des financements publics à travers les prêts étudiants. Page | 5
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Le dilemme pour les entreprises des hautes technologiques est soit il faut payer les formations et il faut remplacer le salarié en formation. Le problème est comment faire pour que la main d’œuvre reste dans le top en termes de qualification ? Soit le salarié se forme sur son temps de travail, c’est inacceptable pour l’entrepreneur, soit il se forme seul, c’est inacceptable car il faut travailler en dehors du travail. Le problème de la main d’œuvre persiste et persistera encore longtemps. Ça pose un problème de financement. 3- L’allocation optimale des ressources On est passé d’une économie agricole à une économie industrielle et à une économie des services. L’agriculture n’a pas perdu de la productivité malgré la perte de main d’œuvre. Dans l’économie de service il y a des services dits traditionnels (restaurant, coiffeur par exemples), il y a à côté les services sophistiqués où on retrouve la programmation informatique, multimédia, les conseils juridiques, l’éducation et le secteur médical. Comment répartir la main d’œuvre puis les investissements pour chacun des secteurs cités ? Est-ce que la France doit moins investir dans l’agriculture, dans l’industrie ? Au niveau de l’UE, le premier budget est la politique agricole commune. Plus de 4 euros sur 10 concernent l’agriculture. La population active agricole représente moins de 3 % de la population active totale. Le budget de la politique agricole commune va être de 30 % (au lieu de 43 %). Est-ce que c’est optimal ? Est-ce que le fait d’être plus productif explique la baisse agricole ? L’idée de l’Europe est de mettre moins dans l’agriculture et mettre plus dans l’éducation. 4- L’évolution des technologies et les dépenses en recherche et développement Ces dépenses en recherche et développement concernent le service public et privé. Il s’agit de dépenses pour assurer l’innovation. Il y a un accroissement des dépenses parce qu’il est admis aujourd’hui que la croissance économique repose sur un concept développé par Becker qui est le capital humain qui correspond au stock des connaissances disponibles. Il peut être alimenté par des connaissances nouvelles pour s’accroitre. Ces connaissances sont sources d’innovation. La croissance relève des processus de l’investissement dans le capital humain. Quand on parle de connaissance on ne parle pas de formation « diplôme », de compétences. On parle de l’ensemble des connaissances. Cette problématique couvre autant le monde l’information que l’entreprise. L’état peut financer cet accès à la connaissance sinon c’est à l’entreprise de payer. Aux Etats-Unis les dépenses de recherche et de développement sont plus assurées par le secteur privé. En France par le secteur public. Tout au sommet des connaissances il y a les chercheurs, les processus d’innovations (exemple : l’Oréal). Cette approche à pris une ampleur importante dans les années 1980. On ne parlait pas encore de pays émergents comme aujourd’hui. La question qui est posée est que ces dépenses ne sont plus exclusives aux pays industrialisés très riches. Il y a un contexte qui renforce l’idée qu’il faut être le premier. On peut considérer qu’il y a une typologie suivante :  Les pays créateurs, innovateurs  Les pays suiveurs  Les pays consommateurs ou importateurs

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Sur l’échelle planétaire, la France n’est pas leader. On a tendance par être dépassé par des pays asiatiques. Peut-on être le premier ou innovateur dans tous les domaines ? Si on est un très grand pays, pourquoi pas ! Pour la France, il est hors de question de pouvoir se spécialiser ou être innovateur dans tous les secteurs. Est-ce que la difficulté est d’être le premier ou d’y rester ? La difficulté c’est d’y rester. Une position acquise dans un domaine ne signifie pas que cette position sera gardée. La question des contre façons ou la question des brevets est ambigu. A partir du moment où on a un processus de création, comment rémunérer le créateur ? Quand on a un brevet on est en situation de monopole. Celui qui copie n’a fait aucun investissement, celui qui a fait un investissement n’a pas de retour. Il n’y a pas de solution puisqu’il n’y a pas de législation respectée.

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Chapitre 2 : Les modèles de la croissance
A partir des facteurs comment articuler les investissements dans le pays, comment financer ces investissements ? Quel modèle de croissance peut-on mettre en place pour avoir une croissance régulière et élevée ? Il y a les modèles traditionnels de la croissance et les nouvelles théories de la croissance.

I-

Les théories traditionnelles de la croissance

Pour comprendre ces théories, il faut distinguer les théories post keynésienne et les théories néoclassiques1. Dans l’univers post keynésien (postérieur à Keynes2). L’économie capitaliste ne peut se réguler par elle-même. Dans l’univers Keynésien ce qui est essentiel c’est l’épargne car elle permet de financer les investissements. Mais en même temps, chez Keynes l’épargne pose un problème majeur parce que ce qui est épargné est consommé par définition. Si je pose Y = C + S. Y est un revenu (en 2008, 50 % des français disposaient de 1580 € de revenu par mois). C est la consommation et S l’épargne Si je pose 1580 = 1500 + 80. Il faut ramener C/Y et S/Y : propensions moyennes à consommer ou à épargner. On sait que C/Y + S/Y = 1. Si j’ai 1000 = 800 = 200, alors 800/1000 = 0,8 (80 % du revenu consommé) 800/1000 + 200/1000 = 0,8 + 0,2 = 1 Or chez Keynes ce qui est essentiel, la demande effective, pour la croissance économique c’est justement la consommation. Si les ménages ne consomment pas alors les entreprises vont voir leurs débouchés se rétracter, elles vont décider de moins investir. Si j’ai des problèmes de débouchés, j’investis moins et de fait il y a moins de création d’emplois. La seule stratégie n’est pas de baisser les salaires. Des auteurs qui vont se réclamer de Keynes qu’on appelle des post Keynésien vont reprendre à leur compte la problématique keynésienne. Il s’agit de Harrod et Domar. 1- Le modèle Harrod – Domar Ces deux auteurs vont développer leur approche à partir de trois variables :  Le taux de croissance effectif ou taux de croissance réel : c’est celui qu’on constate, le taux de croissance du PIB.

1 2

1870 Britannique, 1929

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Le taux de croissance garantie : celui qui assure l’équilibre entre l’épargne et l’investissement  Le taux de croissance naturel : taux de croissance qui assure le plein emploi Est-ce que ces trois taux de croissance vont être égaux ? Pour ces auteurs, le fait que les trois taux puissent être à l’équilibre relève d’une très faible probabilité. Il n’y a pas surprise à ce qu’il y ait des déséquilibres en économies. Il n’y a rien de surprenant à ce qu’il y ait du taux de chômage. S=I Derrières les dépenses d’investissement on retrouve les entreprises. Derrière les capacités d’épargne on retrouve les ménages. Quand les entreprises investissent elles anticipent leurs débouchés, leur chiffre d’affaire. Derrière le salaire, il n’y a pas uniquement le prix du travail, c’est aussi un revenu qui peut être épargné ou consommé. Le taux de croissance n’est pas forcément garanti, l’équilibre S = I n’est pas garanti. Si on suppose que les deux taux correspondent, qui nous dit que ces taux permettent d’embaucher ceux qui veulent travailler ? Il est plus vraisemblable qu’il y ait une différence entre l’offre et la demande. Il y a une partie des salariés qui peuvent ne pas être satisfaits. Rien ne garanti que les besoins de financement des entreprises soient équilibrés tout comme l’épargne. L’idéal serait une croissance équilibrée mais c’est peu probable. Ce modèle est donc plutôt pessimiste. 2- Le modèle de Solow Auteur néoclassique. Pour lui la croissance dépend de deux facteurs :  La quantité de travail disponible (dimension démographique importante)  Le progrès technique L’hypothèse de Solow est qu’en règle générale les rendements sont décroissants. Pour contrecarrer les rendements décroissants la seule solution était de pouvoir innover, inventer, assurer les progrès techniques. Pour Solow ces progrès techniques s’imposent aux entreprises. Toutes les entreprises ne créent pas des progrès techniques. Selon l’auteur, les progrès techniques sont exogènes. Est-ce qu’il y a une preuve selon laquelle les progrès techniques pourraient trouver des périodes fast ? Non, au fur et à mesure que l’humanité avance, les progrès techniques se multiplient. Le modèle de Solow est un modèle optimiste. Quelle est la condition que la croissance soit maintenue ? La clé est de dire que la croissance peut être auto entretenue à condition que les entreprises investissent toujours plus demain qu’hier. Investir dans le travail et le capital. L’OST puis le travail à la chaîne ont tenté de réduire l’activité pour être plus productif. Cette perspective n’est plus de fait. Aujourd’hui l’idée n’est pas de déresponsabiliser mais d’enrichir les tâches. Les entreprises doivent investir dans le capital technique, technologique. Il est donc nécessaire qu’une partie de la population soit tournée vers l’innovation pour fabriquer de nouvelles machines, de nouveaux procédés, il faut assurer le progrès technique. Pour favoriser les progrès techniques qui sont dans les entreprises il faut des

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capacités de financement c'est-à-dire qu’il faut pouvoir investir. Il faut dégager des capacités d’épargne. Il faut des dépenses dans le capital, il faut que les entreprises puissent investir dans des processus de recherche et développement notamment, pour investir il faut des moyens de financement, ces moyens de financements renvoient à l’épargne.

II-

Les nouvelles théories de la croissance
1- Les hypothèses

Romer3 Lucas (SCHUMPETER) On se situe aux débuts des années 1980. Les néoclassiques sont appelés aujourd’hui nouveaux libéraux. Dans la littérature les nouveaux classiques peuvent apparaitre sous le sigle NEC. Pourquoi passe-t-on des anciennes théories aux nouvelles théories qualifiées de croissance endogènes ? Les néoclassique vont être confronté à des critiques de leur niveau de taux croissance pour la raison suivante : si on respecte les mêmes conditions (population qualifiée, mêmes technologies…) pourquoi dans un espace la croissance est-elle plus forte que dans un autre espace ? Il ne faut pas regarder du côté exogène mais endogène c'est-à-dire des facteurs sur lesquels on travaille plus que d’autre d’un côté. Peut être que le capital humain est supérieur d’un côté… un ouvrier qualifié ou un ingénieur n’a peut être pas les mêmes compétences dans un contexte que dans un autre. Il y a des variables sur lesquelles on peut agir. On travaille sur ces variables. Il y a trois facteurs essentiels :  Le capital physique : l’un des premiers auteurs était un économiste autrichien, Schumpeter. Pour lui, un vrai entrepreneur est un entrepreneur innovateur, celui qui n’innove pas est un entrepreneur suiveur. On peut dépasser l’hypothèse des rendements décroissants et lui substituer l’hypothèse des rendements constants. Il faut un capital physique d’aujourd’hui qui remplace le capital physique d’hier. Pourquoi les nouveaux économistes reviennent sur cette thèse et la développent ? Le progrès technique n’est plus une donnée exogène mais devient une donnée endogène. L’un des principaux initiateurs est Paul Romer qui est nouveau keynésien, en face de lui on retrouve Robert Lucas chez les nouveaux classiques. Ils vont endogénéiser le progrès technique. On peut les provoquer à partir des deux autres formes de capital. Le capital public c'est-à-dire par l’appui de l’Etat. A côté il y a le capital humain  Le capital humain : l’auteur de cette approche est Gary Becker qui a développé cette idée dès les années 1960. En tant que salarié on veut être capable de suivre l’évolution technologique. Initialement chez Becker ce capital humain est individuel. Il appartient ou pas à la personne d’investir dans le capital humain. Le financement de l’investissement du capital humain repose sur l’individu, est de nature privée.  Le capital public : monopoliser pour financer les dépenses d’éducation, de formation, de recherche et de développement
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Learning by doing

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Il y a un débat de fond entre ceux qui pensent que l’Etat peut participer et ceux qui pense que ça relève d’un comportement individuel. La tendance européenne est une tendance qui consiste à faire reporter les investissements sur les épaules individuelles de chacun d’entre nous. Partout dans les états européen on a un état qui recul. 2- Les sources endogènes de la croissance Becker, Barro. Le modèle de Romer repose sur l’accumulation des connaissances. Cela vient de Arrow qui a développé le ‘Learning By Doing’ (apprentissage par l’action). C’est l’idée qu’on apprend avec l’expérience. Ce sont à la fois les connaissances théoriques et pratiques. Au-delà de notre formation initiale il y a la formation professionnelle et il faut agir sur les deux leviers. Et à côté agir sur comment capitaliser les expériences et les connaissances. Cette accumulation des connaissances a une productivité privée mais aussi sociale. Cette productivité sociale mérite que l’on puisse faciliter, favoriser l’accumulation des connaissances. Romer ne fait que réhabiliter le rôle de l’Etat puisque l’accumulation des connaissances à une productivité sociale il faut tout faire pour le favoriser. Avec Romer, il y a un retour au rôle de l’Etat dans la dépense publique. Il est possible qu’une société dégage une stratégie collective. Alors il serait possible que la formation soit élevée au rang de biens collectifs. Un bien collectif à trois caractéristiques :  Il est non exclusif : tout le monde peut y accéder  Il est non rival : si je l’utilise je n’empêche quiconque de l’utiliser ou de le consommer  Il est à externalité positive : le fait de consommer de l’information ou de l’éducation sans poser de problème à quelqu’un, ça n’engendre pas un aspect négatif pour la société. Comment dans une société peut-on déterminer si oui ou non la formation ou autre a ou pas le caractère d’un bien collectif ? L’Etat 3- Le rôle de l’Etat dans la croissance de long terme En réhabilitant le capital public les auteurs de la croissance endogène ont en partie réhabilité le rôle de l’Etat. Faut-il ou non que l’Etat intervienne dans la vie économique ? Les économistes acceptent le fait que l’Etat puisse intervenir. Le monopole naturel : il s’agit d’activités pour lesquelles seul l’Etat peut financer les investissements nécessaires. Exemple : les chemins de fer. Aucun entrepreneur d’ordre privé a la couverture financière pour investir dans un tel réseau. Seul l’Etat peut le faire. En termes de déplacement, de transport de marchandises, les axes de communications sont des axes porteurs pour les échanges de marchandises et le transport des personnes. Ce type d’investissement peut être rattaché aux infrastructures publiques, les transports aériens et les infrastructures qui permettent d’accéder à des services. Selon certains auteurs comme Barro, ces infrastructures publiques sont des variables endogènes. Le rôle de l’état dans le développement des infrastructures est un rôle essentiel. La différence entre les économistes comme Barro et certains ex keynésiens, Barro ne dit pas que cela peut être compatible avec du déficit budgétaire ou de la dette. Il s’agit de financer des infrastructures Page | 11
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utiles à la croissance. Si l’état n’était pas intervenu, qui l’aurait fait ? Il y a derrière presque une contrainte, une obligation à l’Etat. La seconde catégorie de biens pour lesquels l’état peut intervenir est les biens publics. Qui détermine qu’un bien est un bien public ? Ca ne peut pas être le marché. La notion de bien public est indissociable des choix collectifs. L’environnement est un bien public. L’éducation peut également être élevée au rang de bien public. Le fait de faire un choix collectif sur un bien public signifie qu’il faut faire un choix décroissant : quel est le bien public prioritaire ? Il y a un débat en France sur le bouclier fiscal, au cours de cette année le bouclier fiscal a permis de verser 690 millions d’€. Pour pouvoir financer les biens publics il faut regarder du côté de la fiscalité.

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Chapitre 3 : De la croissance au développement humain et au développement durable
La croissance est analysée à travers le PIB. C’est un indicateur utile pour mesurer la croissance mais pas utile pour mesurer le développement d’un pays au sens du développement humain (éducation, santé). Deux économistes, Haq & Sen, se posent la question de la finalité de la croissance économique. Est-ce que croissance économique = développement humain au sens accès à la santé, à l’éducation ? Non pour les pays en développement. Mais c’est plus compliqué. Il n’y a que dans ces pays où certains se voient refuser l’accès à la santé ou à l’éducation. Le problème est le fait qu’il n’y a pas de corrélation égale à 1 entre croissance et développement. Nous avancer mais il reste beaucoup de familles qui n’y ont pas accès. Malgré ceci globalement on progresse mais il reste 1 milliard environ qui n’ont pas accès à l’alphabétisme et mangent à leur faim. Cette problématique a des conséquences sur des questions politiques, de régime politique. Malheureusement ceux qui sont dépourvu d’accès à la santé sont ceux qui sont le plus dépourvu d’accès à leurs droits civiques. Il y a également la problématique migratoire. Le monde n’est pas développé au sens du développement humain mais vient se greffer le développement durable. Comment nourrir ceux qui sont mal nourris, comment faire en sorte que les gens profitent de la santé, de la nourriture ? La croissance se fait aujourd’hui en se préoccupant de l’environnement. Il faut trouver les solutions pour satisfaire les questions de développement humain et de développement durable ? Cette problématique de développement durable et humain ne concerne plus que des pays du Nord ou du Sud, elle concerne les deux espaces. Le développement durable nous concerne tous. Les clivages ne sont plus des clivages Nord-Sud, ce sont des clivages planétaires.

I-

La répartition des pays selon l’indicateur de développement humain
1- Les éléments constitutifs de l’IDH

Il y en a trois. Un qui concerne la santé, plus précisément la durée de vie, l’indicateur retenu est l’espérance de vie à la naissance. Le second est un élément qui concerne l’éducation à travers le niveau de l’instruction. Ce niveau d’instruction repose sur le taux d’alphabétisation des adultes (personnes de 15 ans et +) qui compte dans le niveau d’instruction pour deux tiers, et le dernier tiers repose sur le taux brut de scolarisation combiné. C’est le taux brut de scolarisation pour tous les niveaux d’enseignements (primaire, secondaire, supérieur). Alphabète : être capable de lire, comprendre et calculer l’équivalent d’une dizaine de lignes d’un magazine banal. Ensuite le troisième élément est le niveau de vie mesuré par le PIB par habitant en PPA. Chacun des éléments compte pour un tiers, l’IDH est la somme de ces trois sommes. Cet indicateur est compris entre 0 et 1. Aucun pays n’arrive à 1, aucun n’a 0.

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Rapport sur le développement humain 2009 (PNUD) NORVEGE NIGER 0,971 0,340 IDH 80,5 50,8 Espérance de vie Taux d’alphabétisation des 99,0 28,7 adultes de 15 ans et plus TB combiné de 98,6 27,2 scolarisation PIB par habitant en PPA 53 433 627 (USD) L’intérêt de cet indicateur est qu’il faut désagréger. Le PNUD a l’issue des travaux de Hossein a intégré l’indicateur dans ses classements et on peut regrouper les pays selon leur niveau de statut de développement humain. NIVEAU DE DEVELOPPEMENT HUMAIN Faible Moyen Elevé Très élevé INTERVALLE IDH 0,340 ; 0,499 0,511 ; 0,798 0,803 ; 0,895 0,902 ; 0,971 NOMBRE DE PAYS 24 74 45 38

RANG DES PAYS 159 à 182 84 à 158 39 à 83 01 à 38

2- La hiérarchie des pays sur la base de l’IDH L’ONU, le 08 septembre 2000, a défini pour l’horizon 2015 ‘les objectifs du millénaire pour le développement’. Il s’agit d’éradiquer la pauvreté absolue, promouvoir l’éducation, réaliser des progrès dans l’enseignement primaire universelle, promouvoir légalité des sexes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé, combattre le Sida, combattre le paludisme, assurer la durabilité de l’environnement… est-ce qu’il a ya de fortes divergences entre le PIB et l’IDH ? Oui. Divergences entre revenus et IDH PIB par habitant en PPA ($) 22 935 14 690 11 222 8 135 4 562 2 600

Les Pays L’Arabie Saoudite Russie Bulgarie Thaïlande Guatemala Vietnam

IDH 0,843 0,817 0,840 0,783 0,704 0,725

Comment peut-on améliorer les indicateurs ? Quel est le lien entre les trois indicateurs ? Ceux qui sont déterminés sont la santé et l’éducation. Pour augmenter ces indicateurs que faut-il ? De la croissance. Elle est d’autant plus possible qu’on a une amélioration dans l’éducation et la santé mais il faut des moyens. On voit mal comment un indicateur peut enclencher les deux Page | 14
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autres d’où l’appel de l’ONU qui consiste à drainer les moyens pour que les pays les plus pauvres puissent augmenter leurs indicateurs. La croissance repose sur une main d’œuvre peu cher mais compétitive. Comment les pays majoritairement en développement peuvent-ils aller au-delà de leurs indicateurs actuels ?

II-

La croissance du PIB induit-elle un meilleur développement humain et durable ?

Pour des économistes on doit dissocier croissance et développement humain. Ces économistes s’inscrivent dans l’économie du développement en tant que discipline. Il faut dissocier l’économie du développement en tant que discipline ainsi que l’économie de développement comme caractéristique d’un niveau économique d’un pays X ou Y. 1- La croissance distincte du développement L’un des premiers économistes qui développe la distinction entre la croissance et le développement est François Perroux en 1964. La croissance est l’augmentation du niveau de production et de la productivité. Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population. On peut arriver à un troisième concept : la politique de développement. Que signifie la politique de développement et en quoi est-elle efficace ? Pour que toute politique de développement soit efficace elle doit répondre à deux conditions :  Accélérer la croissance du PIB  De quelle manière ce PIB permet d’atteindre des objectifs de développement (exemple : comment nourrir convenablement une population ?) La croissance ne parvient pas à régler la question de la pauvreté. Comment se fait-il que nous ne soyons pas capables de vivre en dehors de la solitude, isolement, dépendance… ? Cela signifie que le fait d’être dans les dix premiers pays internationaux du développement du PIB permet de répondre à la question. La question de la croissance ne suffit pas. Toute la population marginalisée, dans une situation d’exclusion, de précarité cette question montre qu’on n’arrive à atteindre à une solution. Les niveaux de richesses peuvent être compatibles avec les niveaux de pauvreté et de facto personne n’est à l’abri de ce souci de la pauvreté. Il y a un phénomène de paupérisation qui va s’enclencher avec la nouvelle réforme des retraites. Nous ne sommes pas à l’abri de la précarité et plus encore de la pauvreté. Dans les pays en développement, le problème est de savoir si on peut manger tous les jours. D’un point de vue théorique, il y a un des derniers prix Nobel d’économie, Stiglitz, qui avait développé les questions essentielles pour les économies en développement en tant que pays et des questions plus générales. Il disait en 2002 que dans les déterminants de la croissance deux choses ou trois sont essentielles. Un il faut agir sur l’investissement. Pour investir il faut de l’argent, c’est le micro crédit. On s’est aperçu que dans les pays en développement les plus pauvres remboursaient plus rapidement que les autres. Si ces micros crédits sont efficaces. L’épargne modeste doit permettre de faciliter l’activité. Une fois qu’on a investi il faut tenter Page | 15
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d’accroitre la productivité. Si la productivité est supérieure on entre dans l’accumulation du capital. Une partie permet d’investir dans l’activité. La seconde idée est respecter la stabilité macroéconomique. On est dans une économie en développement et il est nécessaire de respecter les indicateurs macroéconomiques. Il faut éviter autant que possible l’inflation. C’est aussi avoir une politique de taux de change qui ne pénalise pas l’économie. La politique monétaire ne doit pas être une politique fantaisiste ou laxiste. Il faut aussi respecter la fiscalité. On se retrouve face à un problème entre la fiscalité déclarée et la corruption. Tout cela ne doit pas se faire au dépend du capital naturel. Il y a une dimension contraignante supplémentaire. Enfin, la quatrième problématique est : est-ce qu’il faut que l’état soit acteur de cette politique ? Oui. Mais quel Etat ? Si c’est un état qui a les clés de la corruption c’est une catastrophe. L’état n’a pas de légitimité. On a un problème de gouvernance. Il faut mettre en place des politiques d’aides qui ne permettent pas la corruption (infrastructures par exemple). Il y a une autre réflexion : la question démographique. C’est une question culturelle. Le fait ou pas d’avoir des enfants est une question culturelle. Dans certains pays ne pas avoir d’enfants c’est presque un crime. L’idée selon laquelle le nombre d’enfants est considéré comme une richesse mérite de s’y arrêter. Derrière un enfant il y a une force de travail. Dans des pays où la force de travail est l’essentiel les enfants sont très importants. Pour autant, il serait important que la croissance démographique soit encadrée. L’une des règles essentielles est que les femmes pour faire face à cette problématique puissent accéder à l’alphabétisation. Cela offre une position d’autorité. Cela permet de mieux faire face à des problèmes de santé, d’alimentation. C’est la problématique importante de l’eau. Le rapport entre les acteurs internationaux et les pays en développement. Dans les acteurs internationaux on retrouve les états, les firmes multinationales qui ont des politiques de marketing extrêmement puissantes. Le problème c’est que par définition elles sont multi et donc pas sous la coupe d’une seule nation. Il faudrait avoir une gouvernance mondiale. Il y a des avancés mais il reste de nombreux problèmes. 2- Les divergences entre le PIB/habitant, l’IDH et l’empreinte écologique Quand on traite la question de l’empreinte écologique, on évoque la notion de développement par les OGM et qui évalue l’impact de la consommation d’une population donnée selon la surface des sols et des océans nécessaires pour la produire et pour assimiler les déchets qu’elle génère. L’empreinte ainsi défini peut dépasser la bio capacité c'est-à-dire la capacité de la terre à produire des ressources et à absorber ces rejets. Si l’empreinte dépasse la bio capacité cela signifie que les capacités régénératrices de la planète sont dépassées. Il faut 1,3 planète pour absorber l’impact des activités humaines.

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L’empreinte écologique en 2006 Pays Chine Inde Russie USA Congo Nouvelle Zélande Koweït Bio capacité 0,85 0,37 6,33 4,43 2,66 12,04 0,52 Déficit ou réserve 0,05, réserve limitée - 0,02 1,27 - 0,64 - 0,03 4,91 - 1,07

La Nouvelle Zélande comme la Russie ont une bio capacité élevée et une empreinte également très élevée. Le Koweït a une bio capacité très limitée. Dans l’ensemble, a part quelques exceptions, les pays en développement sont bien placés quant à l’empreinte écologique par contre les pays occidentaux et pétroliers ont une très forte empreinte écologique. Ces pays ont besoin de ressources beaucoup plus importantes pour leur objet de production et les objets de consommation. En 2001, la consommation de pétrole par habitant était proche de 11 litres par jour aux USA et au Canada. Les autres pays industrialisés 5 litres par jour. La moyenne mondiale est de 2 litres par jour. Pour le reste du monde moins d’un litre par jour. Il ya une pression sur la nature différente selon les pays. Il y a la nécessité de gestion de l’externalité négative sur l’environnement. Forum pour d’autres indicateurs de richesses (collectif FAIR) en 2009, 20 % de la population mondiale utilisait 80 % des ressources naturelles. Les émissions de CO2 par habitant aux USA sont 12 fois supérieures à ce qu’elles devraient être pour atteindre un niveau mondial et durable équitable. Enfin, du fait du réchauffement climatique 230 millions de personnes subiront des migrations forcées d’ici à 2050. Enfin, l’empreinte écologique de la population mondiale dépasserait de 44 % la bio capacité de la planète. D’abord, René Dumont a publié en 1973 un ouvrage, « L’utopie ou la mort ». Il dénonçait l’agriculture productiviste qui ne protège pas les sols et l’environnement. Favorable au contrôle démographique. Enfin, il a été favorable aux économies d’énergie. Nous sommes confrontés à un problème d’économie politique. Il n’y a aucune raison que la problématique se résout par elle-même car il faut avoir accès à l’information pour que la population donne sa confiance. On entre dans un débat d’économie public : principe du pollueur – payeur, « trop de taxe tue la taxe ». Trois interrogations : croissance économique ? Oui, IDH ? Empreinte écologique ? Quels arbitrages ? Théories des Lobby qui défendent les idées de certaines catégories socio professionnelles et qui empêchent la reconversion de certaines professions qui pourraient diminuer la pollution. Dilemme : va-t-on rechercher à augmenter notre bien être matériel sans se soucier du bien être social et environnemental ?

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3- Au-delà du PIB, mesurer le progrès mais aussi la richesse authentique et le bien être des Nations Il y a en 2009 un CE, les deux prix Nobel ont réfléchit à la fois sur les performances économiques et le progrès social. En quoi cette performance est source de progrès social ? Ils ont proposé de nouveaux indicateurs : indice de bien être, économique durable (IBED), IBEE (indice bien être économique) c’est un indice qui repose sur plusieurs variables monétaires ou non, exemple : revenu, les inégalités de revenu, chômage, les patrimoines dont culturel, social, naturel.

III-

L’évolution de la typologie des pays

On a des pays du Nord et du Sud, débat Nord / Sud. Pays du Tiers Monde, pays émergents. L’ONU lance en 1961 la décennie du développement car dans les années 1960 on est dans un contexte de décolonisation donc il y a des nouveaux pays indépendants. Souvent des pays au Sud. C’est pays cherchent à rattraper les pays du Nord. Ils prennent des chemins divers : développement accéléré du côté du Sud Est en revanche marginalisation du côté de l’Afrique. Dans les années 1980, certains pays vont subir des crises financières importantes, souvent associées à une crise d’endettement. On les distingue des crises monétaires, des taux de change, bancaire, taux de change monnaie dont le taux de change varie en permanence et la monnaie ne se stabilise pas avec une monnaie extérieure. La crise bancaire et lorsque le système bancaire ne fait plus face à ses devoirs. 1- La typologie actuelle Typologie à 4 éléments :  Les pays développés ou industrialisés : Canada, Etats-Unis, Japon, UE, Corée du Sud  Les pays émergents : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud  Pays en développement ou sous développés : Amérique du Sud, Asie, Afrique  Pays moins avancés : Asie du Sud, Afrique, Amérique du Sud PIB/hab : 1 000 $ Faible niveau de développement du capital humain Faible diversification de la structure économique Ce sont des petits pays. Il y a eu dans les années 1960 avec Alfred Sauvy l’idée de pays du Tiers Monde. L’idée de Tiers Monde est une analogie avec le tiers état au Moyen Age et après. La société française avant la révolution de 1789 comprend la noblesse, le clergé et le tiers état. Dans les années 1960, on est en pleine guerre froide entre les Etats-Unis (pays capitalistes) et l’URSS et la Chine (pays socialistes). Il y a une troisième catégorie de pays qui ne veulent pas suivre ces schémas, ce sont les pays non alignés. On va les appeler pays du Tiers Monde. Dans un premier temps ces pays vont être considérés comme des pays du Sud. Nous allons ensuite entrer dans les débats Nord Sud avec un Nord riche, industrialisé et un Sud en Page | 18
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développement. L’un des pays qui a joué un rôle essentiel est Cuba avec Castro mais aussi l’Egypte avec Nasser. Dans le cadre de ces pays certains vont commencer à s’industrialiser. On va avoir une autre typologie entre pays industrialisés, nouveaux pays industrialisés et pays non industrialisés. Les NPI ne forment pas un groupe homogène. On va y distinguer les dragons asiatiques, les tigres asiatiques et les jaguars. Les dragons sont la Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong-Kong. Les tigres sont la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines. Les jaguars sont le Mexique et le Brésil. Dans une perspective marxiste on parle du centre et de la périphérie. Le centre étant les pays industrialisés occidentaux, capitalistes et les périphéries étant les pays qui sont sous le poids dominant des pays du centre. La thèse marxiste est de dire que finalement le capitalisme à une contrainte majeure qui est de faire en sorte que tous les pays sont contraints de se diriger vers une économie de marché capitaliste parce qu’il y a des pressions, des violences fortes mais aussi que la contradiction du capitalisme (être capable de produire toujours plus) explique la nécessité que tous les autres pays soient à leur tout capitalistes. Nous sommes confrontés à des crises de surproduction car il n’y a pas assez de ménages qui peuvent consommer. Jusqu’à aujourd’hui Marx et Lénine ont tort. Avant le capitalisme les crises étaient des crises de sous consommation. Ici les biens sont trop nombreux. Les pays passant d’un régime à un autre sont des pays en transition. Ce concept depuis la chute du mur de Berlin est un concept « dépassé ». 2- L’actualité des pays émergents Le concept est évolutif. On ne peut pas considérer que les pays émergents soit un bloc homogène. Le concept est né dans les années 1980 au moment où dans les pays en développement on a constaté un marché boursier émergent. Dans ce marché boursier émergent on y trouve des entreprises locales et nationales mais aussi des IDE (une multinationale investit en créant une filiale à l’étranger et y amène des technologies, de l’expérience…), des flux d’investissements en portefeuille (on apporte du capital). Certains pays vont avoir un marché boursier qui va exploser d’autres non. Ceux qui sont dans ce créneau vont progressivement de venir des pays émergents. On constate une croissance régulière de leur PIB. Il y a une croissance de leurs exportations de produits manufacturés. On constate des flux internationaux de capitaux. Il y a eu à la fin des années 1990 l’Argentine et le Brésil qui ont connu des crises financières importantes suite à l’émergence de leurs marchés financiers, puis les pays d’Asie du Sud Est puis la Turquie (1999 et 2001), la Russie(1998). Les principaux pays émergents du début du siècle sont l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et la Turquie. L’ensemble de ces pays représente 50 % de la population mondiale. Mais deux d’entre eux forment 40 % de la population mondiale, c’est l’Inde et la Chine. Le PIB par habitant en PPA en 2004 en Inde est de 3 139, en Argentine 13 298.

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Brésil Taux de croissance annuel moyen 1998 – 2007 (%) Taux d’exportation* en 2006 Dette publique en % du PIB Réserve de change (milliards de dollars) 2,7

Russie 5,6

Inde 7

Chine 9,4

15 45 195

20 6 535

23 58 313

40 18 1 842

*Taux d’exportation = taux d’exportation des marchandises(X) / PIB Taux d’importation = M / PIB Taux d’ouverture = X + M / PIB

IV-

Les écarts de pauvreté dans le monde

« Les pauvretés dans le monde », J.C. Vérez. Qu’est-ce que la pauvreté ? Il y a différentes pauvretés. 1- La pauvreté monétaire dans le monde Diagramme en forme de « coupe de champagne ». Le haut représente les hauts revenus. Pour l’année 2000 le revenu moyen en PPA dans le monde est de 5 333 $, le revenu médian est de 1 700 $. En 2006 le revenu médian en France est de 1 560 € par mois. En 2000, 80 % de la population mondiale avait un revenu inférieur au revenu moyen ce qui représentait 450 $ par mois. Le revenu moyen des 20 % les plus riches est environ 50 fois plus élevé que le revenu moyen des 20 % les plus pauvres. Dans les pauvres on distingue les pauvres et les extrêmes pauvres. La pauvreté correspond à 2 $ par jour, l’extrême pauvreté correspond à 1,25 $ par jour. Il y a 2 milliards d’individus dans le monde qui on 2 $ par jour. Les coefficients de GINI mesurent la concentration des revenus (coefficient de 1 à 100). Quand le coefficient est supérieur à 50 on fait parti de la catégorie d’inégalité des revenus élevés. Pour le monde le coefficient de GINI est égal à 67. Le record est de 72,2 en Afrique Subsaharienne. Une toute minorité possède la majorité de la richesse. Pour les pays de l’OCDE a revenu élevé le coefficient de GINI est égal à 36,8. A la fin du 20ème siècle la banque mondiale avait calculé le nombre de personnes disposant d’un dollar par jour pour vivre. En Afrique Subsaharienne il y avait 315 millions de personnes, en Asie de l’Est 279 millions, en Asie du Sud 488 millions, Amérique Latine et Caraïbes 57 millions, Europe centrale et orientale 97 millions, Afrique du Nord et Proche Orient 6 millions. Total 1 milliard 169 millions de personnes en 1999, 2000. Etude en 2005 qui prévoit le nombre d’extrêmes pauvres en 2015, si la distribution des revenus reste constante il resterait 700 millions d’extrêmes pauvres. En revanche, si les revenus des pauvres augmentent deux fois Page | 20
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plus vite que le revenu national en 2015 il y en aurait 440 millions. Le fait d’agir sur la problématique du revenu c’est une question traitée en France. Une partie de la valeur ajoutée va vers le capital et l’autre vers le travail. Le bouclier fiscal est un outil en faveur des entreprises qui se développent, font des profits. 2- Les multiples pauvretés Il y a des gens non pauvres d’un point de vue monétaire mais pauvres d’un point de vue capital humain, pas avoir d’emploi. Analphabétisme, difficultés à l’emploi, privation des droits civiques, non accès à la santé, la pauvreté sociale ou relationnelle, la pauvreté migratoire. Il n’y a pas une mais des pauvretés, elles ne sont pas identiques ni à travers le temps ni à travers l’espace, à travers les expériences. Il y a des expériences, des représentations et des perceptions diverses de la pauvreté. On peut avoir des systèmes de solidarités. Il y a une représentation de la pauvreté enfoui par l’approche morale (approche consciente ou non qui inclus des valeurs religieuses). Il y a la problématique de l’altruisme sauf qu’il y en a du bienveillant et du malveillant (on ne fait pas un geste pour l’autre, on attend quelque chose en retour). La pauvreté pour l’économiste est la pauvreté monétaire, la pauvreté pour le sociologue est les systèmes d’assistance aux pauvres. Le psychologue social va s’intéresser aux représentations sociales de la pauvreté. L’historien va aborder le rapport social de la pauvreté. Il y a la pauvreté humaine qui est la suite de l’IDH, c’est l’IPH (indicateur de pauvreté humaine). Il y a une différenciation sur l’espérance de vie. Le niveau d’instruction : l’analphabète est privé de tout. Il y a la pauvreté sociale ou relationnelle. On a deux types d’isolement : voulu ou subi. Solitude voulue ou solitude subi. Cette solitude peut amener à l’exclusion ou à la marginalisation. Il y a plusieurs causes : liée à la famille (décès, divorce, parent isolé), liée aux conditions naturelles (inondations, cyclones, séismes, tsunamis), les causes politiques (attentats, conflits armées, génocides). Cette pauvreté si elle était mesurée ne serait pas au même niveau selon les sociétés. Plus les sociétés sont riches, plus la rentabilité à l’isolement augmente. Pauvreté des conditions de vie. Ça concerne les conditions de logement et les conditions relatives au confort du logement (eau chaude, mètre carré par personne…). Il y a les équipements (biens durables ou pas), pouvoir recevoir des amis. La pauvreté administrative est complémentaire de la pauvreté monétaire. Concerne les bénéficiaires des dispositifs d’aides sociales. Il y a l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. En 2004 au sens monétaire il y a avait 3 millions de français pauvres et en 2005 3 millions de français allocataires de minima sociaux. La pauvreté migratoire. C’est voyager, circuler.

Conclusion du chapitre : La croissance ne rime pas de fait avec le développement ni humain ni durable. La typologie des pays est évolutive et insatisfaisante. La croissance mondiale ne doit pas masquer les pauvretés. Dans une perspective de bien être, de progrès social, de justice il n’est pas acquis que la richesse monétaire soit suffisante.

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Chapitre 4 : Les acteurs de l’économie internationale et la problématique de la gouvernance
Si la croissance ne permet pas le développement, il faut orienter la croissance pour qu’elle puisse accroitre le développement. Les acteurs clés de l’économie internationale sont les états des pays riches, des fonds souverains, les firmes multinationales, la société civile (ceux qui ne relèvent pas de la puissance publique, politique et dont l’objectif n’est pas lucratif) comme les ONG (les syndicats, communautés, associations, mouvements altermondialistes). Ce sont des acteurs qui pèsent sur l’économie internationale. Ensuite il y a des acteurs particuliers qui relèvent d’espaces de non gouvernance : les réseaux informels. Si l’informel existe, ça pose les problèmes des prélèvements fiscaux et sociaux et surtout l’état n’a plus de recettes. Le problème c’est quand l’informel se déplace dans les réseaux clandestins mafieux, ça devient alégal. Entre les deux il y a les paradis fiscaux qui sont ni illégal ni informel mais font parti de la non gouvernance.

I-

Les firmes multinationales

Elles ont un rôle essentiel dans les échanges internationaux. Elles sont au cœur des flux de capitaux et elles ont une mobilité de la main d’œuvre. 1- Le poids croissant des firmes multinationales Une FMN est une entreprise qui possède des filiales qu’elle contrôle complètement ou en partie dans plusieurs pays voire même à l’échelle mondial mais dont la gestion et l’administration sont centralisées. Elles se forment et croissent par annexion d’entreprises, rachat, fusion ou autres alliances stratégiques. Outre des transferts de technologie, elles génèrent des transferts de capitaux. Elles peuvent imposer des prix, exerce du lobbying auprès des gouvernements, représenter un contre pouvoir. Parmi les filiales il va y en avoir une « holding » qui va s’occuper de l’épargne et de l’investissement et des crédits. Elle le fera pour tout le groupe. D’après la CNUCED, en 2005, 77 000 entreprises seraient des multi internationale. Dans les 500 premières, 200 sont américaines, 150 d’origine européenne, 60 d’origine japonaise. Elles contrôlent 770 000 filiales. C’est à travers leurs IDE que l’on mesure leur rôle dans l’économie mondiale. En 1982, les IDE entrants étaient estimés à 58 milliards de dollars courants. En 2008, on est passé à 1 697 milliards. Les IDE sortants en 1982 27 milliards, en 2008 1 858 milliards. En pourcentage du PIB ces IDE étaient de 10 % en 1990, 27 % en 2005. Quelques pays prédominent : Etats-Unis, France, Chine, Allemagne, Royaume-Uni.

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II-

Les états, les fonds souverains et les acteurs de la société civile
1- Les états

La crise de 2008 a eu l’avantage de montrer que les états ont retrouvé un certain rôle. Avant, les états avaient une influence sur l’économie internationale mais ils les dirigent, régulent difficilement. La mondialisation fait que la compétitivité est difficile. La crise de 2008 a redoré le blason des états car s’ils n’avaient pas agit rapidement en concertation et pris les décisions prises, nous aurions aujourd’hui une crise plus importante que la crise de 1929. L’Europe a injecté 500 milliards d’euros, la Chine a relancé son activité avec 460 milliards de dollars et les américains ont injectés 750 milliards de dollars. Ce sont les états qui ont empruntés pour renflouer les banques qui devaient les rembourser. Aujourd’hui ce qui pénalise la plupart des états sauf la Chine c’est le poids des déficits accumulés et donc le poids de la dette. Leur rôle consiste à limiter le déficit, à limiter les dépenses. Les Etats-Unis et la Chine sont les pays qui ont le plus de poids dans le paysage international. Les Etats-Unis restent la première puissance économique en termes de PIB. Ensuite, sur les 500 premières FMN, 200 sont américaines. Dans ces FMN il y a des FMN dans l’innovation, dans la haute technologie… Ce sont également une puissance militaire. La banque centrale américaine crée le dollar qui est impliqué dans 89 % d’actions de change alors que l’euro est impliqué à 37 %. La Chine a une économie compétitive qui se développe dans un cadre politique particulier qui est le parti communiste chinois. Ce parti a réussi à sortir une Chine pauvre à la Chine d’aujourd’hui. La monnaie chinoise est sous évaluée de 30 voire 40 %. Cela lui permet d’être compétitif. 2- Les fonds souverains Il s’agit de fonds c'est-à-dire de budgets qui sont placés et investis par les états qui ont la capacité de constituer ces fonds. Ils reçoivent des niveaux élevés de recettes en matière d’exportation ou se sont des états qui peuvent constituer des fonds souverains car ils ont des excédants budgétaires. Il ne s’agit pas des avoirs des banques centrales (réserves d’une économie internationale). C’est une anticipation sur le moyen long terme. Il y en avait 5 en 1970, 75 en 2009. En 2008 leur gestion est estimée entre 3 000 et 4 000 milliards de dollars. A peu près 50 % de ces fonds viennent du moyen orient, ensuite d’Asie Orientale, puis des pays européens. Il y a des fonds financés ou qui proviennent d’excès budgétaires (recettes supérieures aux dépenses). Les réserves en or sont estimées à 5 100 milliards. Le PIB mondial en 2007 est de 48 800 milliards de dollars. La capitalisation boursière mondiale est de 50 800 milliards. Une partie des fonds souverains sont originaires des pays musulmans. Certains ont tendance à confondre ces fonds souverains avec les finances islamiques. Cette finance islamique est une finance qui doit respecter la tradition musulmane et dans cette tradition l’activité primaire est régie par les règles de la sharia. Elle introduit des notions d’équités, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas les notions d’efficacité. Des comportements sont interdits : le prêt à intérêt, la thésaurisation (ne pas utiliser son argent), le hasard est condamné, en revanche l’esprit de Page | 23
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l’entrepreneur ou le commerce eux sont encouragés. Une fois le profit acquis la finance islamique préconise un partage équitable des gains et des risques entre l’investisseur et l’entrepreneur. L’ensemble du marché islamique est estimé en 2008 à 700 milliards de dollars. Sont concernés les pays du golfe Persique et ceux d’Asie du sud est (Arabie Saoudite et Malaisie). 3- Les acteurs de la société civile Les organisations de la société civile : OSC. Quand on parle de société civile on parle d’un espace qui n’est pas celui du parti politique mais des acteurs individuels ou regroupés en associations qui n’ont pas d’objectif lucratif. Ce qui caractérise le mieux ces acteurs se sont les syndicats et les ONG. D’après une organisation il y aurait environ 7 300 ONG dans le monde dont certaines sont connus notamment Greenpeace. En quoi les ONG représentent-elles un contre pouvoir ? Ils peuvent en représenter un qui n’est pas à balayer. Greenpeace est capable de mener des actions pour que certains états ne fassent pas n’importe quoi. Ça peut faire reculer des décisions politiques. Les acteurs de la société civile peuvent exercer des pratiques de lobbying. En France il y a un lobby viticole. Les entreprises peuvent financer un parti politique qui va aller dans le sens de nos intérêts. Ce n’est pas illégal.

III-

Les espaces de non gouvernance

1- Les paradis fiscaux C’est légal. Il s’agit d’échapper à toute réglementation fiscale, de facto, à toutes réglementations souveraines. Ils sont apparus à la fin du 19ème siècle, on les appelle aussi des places off-shore. Ces paradis fiscaux posent un problème majeur : parmi les capitaux qui circulent rien ne nous interdit de penser que circulent des capitaux provenant d’activités mafieuses. Il y a plusieurs critères et catégories de paradis fiscaux. Critères : taxation faible ou nulle pour les non résidents (Cuba, Tanger au Maroc, Croatie, Afrique du Sud) ; secret bancaire renforcé (Cambodge et Monténégro) ; procédure d’enregistrement relâchée (Seychelles, Tunisie, Jordanie, Malte) ; liberté totale des mouvements de capitaux (Luxembourg)… Les sources de profit et les lieux où ils sont placés peuvent être différents. Est-ce que ça contribue à l’instabilité financière internationale ? Oui, car ils ne font l’objet d’aucune gouvernance. Personne ne peut le réglementer. Ensuite, du fait de l’absence de la gouvernance ils ne sont pas surveiller. Personne n’interdit de considérer qu’ils peuvent spéculer. Enfin, l’argent sale peut devenir « argent propre » sans réglementation, sans surveillance.

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2- Les fonds alternatifs (Hedge Funds) Ce sont des fonds d’investissement. Ce sont des fonds de couverture ou des fonds de protection contre des fonds spéculatifs. Il s’agit de fonds qui utilisent des produits dérivés (crédit swaps). La révolution technologique a modifié ces produits. Ils sont très diversifiés et que l’effet boule de neige existe d’autant que ils sont conçus essentiellement pour des rentabilités élevées. 3- Les réseaux informels, clandestins, mafieux ou criminels Les activités informelles ou activités non déclarées n’apparaissent pas dans les statistiques officielles mais elles créent malgré tout de la valeur ajoutée. L’économie au noir (ensemble des activités qui génèrent un revenu non déclaré aux autorités publiques) est un élément de ces activités informelles. Il y a l’économie au noir au sens stricte qui est l’économie criminelle. L’économie au noir au sens stricte est une économie légale mais les activités sont dissimulées au fisc ainsi qu’aux organismes sociaux et on y trouve le travail au noir souvent occasionnel, le travail au noir organisé et la non déclaration partielle de la production. L’économie criminelle appartient à l’univers illégal. Il y a l’économie de la drogue, la contrebande, les jeux de hasard interdits, la prostitution. Il y a toujours une trace, une possibilité de remonter d’atteindre des données statistiques du fait que ceux qui perçoivent des revenus illégaux ou allégaux sont des individus qui consomment. Le produit criminel brut mondial représenterait 2,5 à 5 % du PIB mondial. Des questions vis-à-vis des responsables ou des partis politiques se posent. Comment financer officiellement les partis politiques ? Est-ce que les organisations sont en hausses ? Peut-être et certainement oui. D’abord les trafics de drogue se multiplient, il y a de la contrefaçon. Ensuite, il y a la criminalité économique criminalité d’affaire. Cette criminalité utilise les nouvelles technologies d’informations. Il y a également les escroqueries (sur les crédits par exemple). Les facteurs qui favorisent la criminalité organisée :  la déréglementation des marchés financiers  l’accroissement des flux internationaux de capitaux illicites dans le contexte des nouvelles technologies  l’effondrement des états communistes Le crime organisé n’est pas nouveau mais il a pris une envolée. Dernièrement on a constaté le trafic des organes. Derrière ce trafic il y a les progrès en matière de médecine sur les questions de procréation. Des questions d’éthique se posent. L’augmentation de la population et une pauvreté qui ne recule pas vraiment laissent la porte ouverte à ce type d’organisation.

IV-

Quelle gouvernance mondiale ?

C’est compliqué car il y a une pluralité des acteurs. Les mettre d’accord n’est pas simple. Ensuite certains relèvent de la sphère publique, d’autres de la sphère privée. Enfin, certains sont légaux et d’autres illégaux. Page | 25
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1- Les origines de la notion de gouvernance Ce terme remonterait du 13ème siècle du côté de la théorie de l’entreprise et au sein de cette théorie les règles qui associent les dirigeants et leurs actionnaires. Cela signifierait l’action, la manière ou le fait de gouverner. Beaucoup plus tard, après la chute du mur de Berlin, Willy BRANDT crée une commission sur la gouvernance qu’il désigne comme « la somme des différentes façons dont les individus et les institutions (publiques comme privées) gèrent leurs affaires communes ». Vingt ans après, GRAZ distingue trois niveaux de transfert d’autorité :  Celui où prévôt la sphère publique  Les sphères publiques et privées cohabitent, exemple : les agences privées de notation  La sphère privée (club privé, lobby) 2- La gouvernance mondiale relève-t-elle des acteurs privés ? On pourrait dissocier trois catégories d’autorités :  Les autorités de marché : les acteurs stratégiques sont les FMN, les cabinets comptables et les uns comme les autres ont dépassé le cadre de la frontière nationale. Il y a une démarche transnationale. Ces FMN comme ces cabinets comptables savent que des places sont plus privilégiées que d’autres. On doit dissocier le fait que les lieux de production ne sont plus les lieux de décision.  Les autorités morales : ce sont les mouvements sociaux internationaux dont les ONG qui veulent stopper la prolifération des armes de destruction massives. C’est considéré comme une autorité morale.  Les autorités illicites : ce sont les mafias qui violent les lois nationales et internationales. Les organisations criminelles s’appuient sur des communautés ou diasporas qui sont partout. La gouvernance réclame une régulation internationale. Le FMI essaye de renforcer la régulation internationale. Les deux écoles de pensées restent les mêmes. Oui pour certains à la régulation internationale car les acteurs privés ont du poids économiques. Mais le problème est comment instaurer cette régularisation. Il n’y a pas aujourd’hui d’institution qui peut se prévaloir d’être l’institution régulant l’économie internationale. Non pour d’autres car par principe il y a avant tout des comportements qui tente de satisfaire son propre intérêt. Il est impossible d’avoir un système de régulation internationale. La question économique est comment essayer d’atteindre le plus de croissance ? Est-ce que la croissance et le développement se portent mieux avec ou sans régulation ?

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Chapitre 5 : Les théories du développement
Il y a chez les économistes des économistes du développement. Depuis 50 ans, les politiques de développement ne se sont pas améliorées.

I-

La pensée en économie du développement

Quatre temps : le temps des fondements (période de décolonisation), le projet tiers-mondiste, le libéralisme (années 1980, 1990) c’est ce qu’on appelle le consensus de Washington, le post consensus. 1- La phase d’après guerre C’est une période de reconstruction. Le contexte du côté des pays du Sud est de colonisation. Les stratégies de développement s’appuient sur des politiques interventionnistes de l’état, politiques publiques. Plusieurs pistes sont proposées. Les étapes de la croissance de Rostow, il faut commencer à investir dans l’agriculture à condition que celle-ci dégage un surplus. La main d’œuvre qui n’y travaille plus va dans l’industrie. Ce déplacement est possible que dès lorsque l’agriculture atteint une certaine productivité. Dans le secteur tertiaire, avec le développement des services, une partie de la main d’œuvre du secteur industriel se dirige dans ce secteur et une partie de la main d’œuvre agricole vient dans les deux autres secteurs. La population active dans les pays industrialisés est inférieure à 5 % de la population totale. Rostow considère qu’il est possible d’avoir des stratégies de développement qui consistent de passer d’un système à l’autre. Ce qui peut être reproché à cette approche est d’une part son caractère normatif. Les pays comme Singapour, Taiwan n’ont pas suivit ce développement. L’essentiel de cette période d’après guerre c’est un rôle accordé à l’état et un rôle accordé aux institutions. Pourquoi ? Les auteurs sont dans une démarche post-keynésienne. Keynes démontre que le marché n’est pas auto régulateur. Rappel : Classiques :  Libéraux (Adam SMITH en 1776, RICARDO, SAY) il faut une concurrence pure et parfaite  Socialistes (MARX) ne croient pas au marché auto régulateur Néoclassiques : En 1870, des auteurs vont fustiger les pensées marxistes. (WALRAS) L’état ne doit pas trop intervenir. Contre son intervention dès lors qu’on dépasse les fonctions régaliennes. Il peut intervenir pour combattre les monopoles, pour l’armée, la justice. Si on respecte on doit avoir Page | 27
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un équilibre sur les différents marchés (biens et services, travail et capitaux). Modèle d’équilibre général par Walras. Keynes : 1929, première grande crise financière. Parmi les acteurs celui qui peut dépasser les contraintes c’est l’état. Une fois sortie de la crise, l’état doit se retirer. Nouvelle école classique : Ils se réclament des néoclassiques. Ils sont contre l’intervention de l’état sauf pour justice, police, armée. Nouveaux keynésiens : Ils se réclament de la mouvance keynésienne. Ils restent favorable à une intervention de l’état mais limité, encadré. Les stratégies d’après guerre sont des stratégies interventionnistes. On est dans une pensée qui s’inspire de la réflexion keynésienne. La croissance économique et le développement ont besoin du rôle de l’état. On est dans la pensée post keynésienne. Les marchés sont imparfaits, dans nos décisions il y a des aléas, des incertitudes. On peut atteindre le point d’équilibre mais c’est l’exception. Incertitude => risque => instabilité. Il faut donc rechercher des règles institutionnelles ou institutionnalisées. Parmi les institutions il y a la macro institution qu’est l’état. 2- La phase des années 1970 - 1980 Dans cette période le modèle de régulation étatique est remis en cause. On retrouve les principes fondamentaux de l’économie de marché. Ces principes vont s’incarner à travers le consensus de Washington. Ce consensus consiste à proposer des stratégies de développement qui sont essentiellement fondées sur le libéralisme économique, le libéralisme monétaire, le libéralisme commercial. Le socle de la stratégie de développement est le libéralisme. Les institutions de Bretton Woods qui sont le FMI et la banque mondiale ont été créées dans le cadre de l’après guerre. Le libéralisme économique ce sont les fondamentaux de la pensée néoclassique. Le libéralisme monétaire : faire en sorte que d’autres monnaies peuvent entrer sur le marché national. Le libéralisme commercial : ouvrir les frontières sinon on refuse d’importer. Cette période va aboutir à des mesures pour les pays en déficit plutôt drastiques : programme d’ajustement structurel (PAS). Même sous contrainte on peut faire des choix rationnels. Pour certains pays il faut commencer par réduire les dépenses pour pouvoir se développer. 3- La phase post consensus de Washington C’est une volonté de redonner un peu de crédit aux institutions et donc de redonner du crédit aux micros institutions et à la macro institution qui est l’état. Cette volonté se fait suite à la période précédente mais aussi la volonté de pouvoir octroyer de la part des bailleurs de fond Page | 28
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des aides si et seulement si l’état et les institutions affichent une bonne gouvernance. Il faut une remise en cause de deux fléaux qui sont la corruption et le poids de l’économie informelle. L’économie informelle est un véritable fléau puisque plus elle est présente moins les recettes fiscales sont élevées. La corruption : il y a une volonté d’instaurer des institutions garantes de la bonne gouvernance. Il est très difficile de restaurer une confiance lorsque les gens ont toujours vécu dans la corruption. Toute aide financière passe par un contrat de non corruption.

II-

Les référents théoriques en économie du développement
1- Les questionnements des théories économiques du développement

Il s’agit de réflexions d’économistes qui se disent comment mettre en place une stratégie de développement efficace. Quel type de développement ? Sur quel pilier ? Comment les sociétés se forment-elles et comment évoluent-elles ? La France a été une société en développement. Ces sociétés suivent-elles un trend de croissance avec des degrés divers de développement ? Quel est le rôle des mentalités et des institutions dans le processus de développement ? La question de la répartition du revenu. La problématique se pose a fortiori quand il n’y a pas de mécanisme de redistribution. Les écarts et les inégalités sont plus forts sans ces mécanismes. Depuis une quinzaine d’années, les théories économiques du développement sont revenus sur les fondamentaux. Les personnes qui y travaillent reviennent sur des problématiques comme le commerce international. Il faut réfléchir sur la méthode pour s’insérer sur le commerce international. Ensuite, l’un des facteurs de la croissance est le facteur du capital humain. C’est source de progrès technique, innovation. L’économie du développement est donc obligée d’y revenir. La question de la maitrise des nouvelles technologies est très importante. Il faut investir dans les infrastructures pour cela il faut des moyens.

Hypothèses ou postulats ?
Comment l’économiste doit-il affronter l’interrogation sur le développement ? Doit-il être dans une démarche mono ou pluridisciplinaire ? L’économiste doit être humble et accepter d’avoir une démarche pluridisciplinaire d’où il doit émettre des hypothèses plutôt que des postulats.

La portée du terrain et théorie formelle
Si on ne connait pas le terrain c’est difficile de faire de l’économie du développement. Il ne faut pas opposer au terrain la théorie formelle qui peut adopter une démarche déductive. Elle est de l’ordre de la démonstration logique, mais la théorie formelle doit être confrontée au terrain. Il faut également différencier croissance et développement.

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2- Rationalité substantive, limitée ou située ? En quoi une décision est rationnelle ? En quoi l’acte de corruption est un acte rationnel ? L’auteur de l’approche de la rationalité substantive s’appelle SIMON. Il l’attribue à l’analyse néoclassique qu’il dissocie de la rationalité limitée qui concerne davantage les sciences humaines. On peut également évoquer à côté de cette rationalité, la rationalité située ou contextuelle. La rationalité substantive est le principe de la théorie néoclassique parce que c’est le point de départ de tous les comportements et des décisions de l’agent individuel dès lors que celui-ci dispose de l’information nécessaire. En fonction de l’information on fait ou pas le choix. Il faut avoir accès à l’information et tenter d’avoir la meilleure information. La rationalité limitée au sens de SIMON est limitée non par choix mais par contrainte. Ce n’est pas non plus le fait qu’on soit irrationnel. Il s’agit d’un contexte dans lequel toutes les informations nécessaires ou éléments utiles pour prendre la décision on ne les a pas. La rationalité située ou contextuelle. Il faut prendre en considération la situation ou le contexte de l’action. Par exemple en ASS l’acteur est soumis à des contraintes communautaires. Ces contraintes se superposent à la logique individualiste maximisatrice (sous contrainte je maximise). La décision ne peut être prise que dans le contexte on se situe. 3- Le rôle des institutions Pourquoi l’économie du développement en a besoin ? Pour réduire l’asymétrie d’information, les incertitudes, les risques… on doit recourir aux institutions. Plus loin que l’asymétrie d’information il y a la sélection adverse et plus loin de cela il y a l’aléa moral (pouvoir d’influence). Pour éviter ces comportements il faut des sanctions. Pour avoir des sanctions il faut des institutions. Autant l’école que le mariage sont des institutions. Derrière on retrouve la théorie du contrat. Le problème est qu’il faut faire attention à ce que cela ne se transforme pas en bureaucratie tatillonne.

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