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Spiritualité musulmane

Pages d’Ibn Al Qayyim


Sagesses (Fawâ’id), Étapes des cheminants (Madârij), La demeure des deux
exils (Dâr al hijratayni)
 
 
 

    

F : Fawâ’id
M : Madârij
D : Dar al-hijratayni

Éléments de biographie :

Contexte historique
• Taqlîd :
Ibn al-Qayyim écrit ainsi en son temps déjà : « Par Dieu, c’est une période de grand trouble1
(fitna) qui a englobé tous les aspects de la vie qui a aveuglé (les gens) ; une période qui a
frappé les cœurs et les a alors fermés ; une période dans laquelle ont été éduqués les jeunes et
ont vieilli les plus âgés, alors le Coran était délaissé. Mais tout cela a été dans la prédestinée
de Dieu. Et lorsque ce trouble est devenu général, et que la catastrophe a été immense – à tel
point que les gens ne purent plus connaître de situation autre que celle-ci, désastreuse –, et
que la science ne pouvait avoir que ces traits (de décadence), celui qui voulait élever la voix
de la vérité était devenu pour les gens le fauteur de trouble ; ils lui ont tendu des cordes sur sa
route et ont lancé sur lui des ogres ; ils l’ont traité d’ignorant, de vantard et d’entêté et ont dit
à leurs frères : “Attention, celui-ci voudrait faire changer votre religion ou répandre le
mal.”2 »3

1
Trouble, fitna, il veut dire en fait l’état de décrépitude de toute la société musulmane, car la fitna est l’état
anormal, trouble.
2
En référence au verset coranique Ghâfir 40/26.
1
1. Introduction : pourquoi le cheminement
(D) Le croyant a à chaque moment deux exils :
• L’un à Dieu, par la demande, l’amour, la servitude, le fait de s’en remettre à Lui, de
revenir à Lui, de se soumettre à Lui, de Le craindre, d’espérer en Lui, et d’aller vers
lui, de se protéger par Lui.
• L’autre à Son Prophète (a), à travers ses (le croyant) mouvements et ses repos aussi
bien dans les aspects intérieurs qu’extérieurs.

1.1. Le retour (inâba) à Dieu : le voyage


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(F) Le retour à Dieu (inâba) est l’assiduité (‘akafa ) du cœur4 vers Dieu, comme lorsque
le corps est appliqué (dans son adoration) dans la mosquée et ne la quitte pas. Et la réalité de
cela est l’assiduité du cœur pour l’amour de Dieu, l’assiduité dans Son évocation par Sa
grandeur. C’est aussi l’assiduité des membres par Son obéissance en toute sincérité et le fait
de suivre le Prophète (a). Et celui dont le cœur n’est pas assidu envers Dieu seul, il l’est
alors avec les différentes idoles, comme le dit le prophète Ibrâhîm :
« Et quelles sont ces idoles auxquelles vous vous attachez ? » [Coran 21/52]
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(F) Les gens, dans ce monde, sont tous préparés à un voyage. Et tout voyageur chemine vers
son but (dhâ‘in > S), en observant des haltes. Et celui qui veut Dieu et l’au-delà chemine vers
Dieu et s’arrêtera chez Lui. Telle est sa préoccupation première (himma) durant son voyage et
son terme est :
« Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ; entre donc parmi Mes
serviteurs, et entre dans Mon Paradis. » [Coran 89/27]
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La femme du Pharaon avait demandé :


« Seigneur, construis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis. » [Coran 66/11]
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3
Ibn Qayyim al-Jawziyya, I‘lâm al-muwaqqi‘în, t. 1 p. 8.
4
‘akafa : marque l’assiduité du cœur, de la personne, la retraite, le fait d’être absorbé par l’objet du culte.
2
Elle avait demandé la demeure auprès de Lui, avant de la demander dans le Paradis. Oui,
choisir le voisin avant la demeure.
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(D)
L’être humain, depuis sa maturité, est en voyage vers son Dieu. Et la durée de son voyage est
toute sa vie que Dieu lui a prescrite. Les jours et les nuits sont alors autant d’étapes dans son
voyage. Étapes qu’il traverse l’une après l’autre.
Le clairvoyant est celui qui place chaque étape devant ses yeux, en s’efforçant de la traverser
sain et sauf et gagnant (ghânim). Il ne pense pas qu’il a devant lui une longue vie, son cœur
s’endurcirait alors, il retarderait alors les œuvres de bien jusqu’à les manquer. Au contraire, il
pense que chaque prochaine étape risque d’être la dernière, et il s’y prépare en conséquence
en la traversant avec le meilleur de qu’il peut faire.
Cela ne cessera d’être sa règle (da’buhu &J^) jusqu’à ce qu’il traverse toutes les étapes de sa
vie. Alors, ses efforts seront loués et il sera content de ce que Dieu lui aura réservé le jour du
besoin et de la carence en bonnes œuvres des hommes.
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Ensuite les gens dans ce voyage de la vie sont de deux catégories :


• Une catégorie qui voyage vers la demeure de la peine. Chaque étape traversée les
rapproche d’autant de cette demeure et les éloigne de la demeure de la récompense de
Dieu. Ils auront traversé ces étapes dans la colère et le courroux divin, dans le fait
d’avoir considéré comme ennemis Ses Envoyés, Ses rapprochés ainsi que Sa religion.
Ils auront essayé d’éteindre la lumière de Dieu, combattant Son appel, et érigeant tout
autre appel contraire.

3
• La deuxième catégorie voyage vers Dieu et vers la demeure de paix. Ils sont de trois
sortes : ceux qui se sont faits du tord à eux-mêmes, ceux qui auront ménagé leurs
efforts, et ceux qui devancent tous par les œuvres de bien. Ces trois catégories se
tiennent prêts à voyager vers Dieu, savent qu’ils y reviennent, mais se différencient
entre eux par la quantité et la qualité de bonnes œuvres qu’ils prendront avec eux
comme provisions pour leur voyage, ainsi que par la vitesse de leur traversée.
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« Ensuite, Nous avons donné l’Écriture en héritage à Nos serviteurs que Nous avons élus. Il en est
parmi eux qui se sont fait tort à eux-mêmes, d'autres qui ont ménagé leurs efforts, et d'autres qui,
avec la permission de Dieu, surpassent (tous les autres) par leurs bonnes actions. Telle est la grâce
infinie. » [Coran 35/32]
« Celui qui s’est fait du tord à lui-même » n’a rien pris comme provision, ni en quantité ni
en qualité, ou si peu, pour qu’il puisse arriver au but de son voyage. Au contraire, il a pris
comme provisions ce qui lui nuirait dans son voyage. Il trouvera alors sa rétribution lors de
l’arrivée ultime.
« Celui qui a ménagé ses efforts » n’a pris de provision pour sa route que le strict nécessaire,
et n’a pas pris avec lui ce qui lui serait nuisible. Il est gagnant à coup sûr, mais aura perdu
beaucoup en délaissant les opportunités de gagner plus.
« Ceux qui ont devancé tout le monde » par quantité d’œuvres de bien réalisés, connaissant
la valeur des biens qu’ils pourraient gagner auprès de Dieu. Ils considèrent comme perte ce
qu’ils auraient pu gagner et qu’ils n’auraient pas pris soin de réaliser. Ils n’économiseront
aucun effort, aucune œuvre, ils vendront tout ce qu’ils ont, car ils savent que le jour venu, au
lieu désigné, le dirham qu’ils auront donné vaudra 7 fois plus, 10 fois plus, 700 fois plus. Ce
sont des connaisseurs de la route, et ils ont une bonne expérience de la vente. Ils voudraient,
s’ils le pourraient, vendre leurs habits qu’ils portent et la plus petite chose qui leur reste pour
les retrouver là-bas. Ce sont ceux-là qui ont devancé tous les autres par les œuvres de bien
qu’ils ont réalisées. Ils considèrent comme perte le temps qui pourrait passer sans qu’ils
l’investissent dans une œuvre de bien.
Cette catégorie se divise en deux parties : les pieux (0&J) et les rapprochés ("&0!?).

1.2. Dix choses perdues sans aucun intérêt


Ceux-là qui voyagent vers Dieu, aussi bien ce qui se sont ménagés que ceux qui les ont devancés, ont
fait attention à ne pas perdre dix éléments. Et cela afin de parfaire leur voyage :

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(F) Dix choses perdues sans aucun intérêt :
1. Une science acquise sans l’appliquer.
2. Une œuvre qui ne serait pas sincèrement adressée à Dieu, ni en conformité avec Ses
prescriptions.
3. Des biens dont ils ne donneraient aucune aumône, n’en jouissant pas dans ce monde et
ne la présentant pas pour l’au-delà.

4
4. Un cœur vide de l’amour de Dieu et de Sa passion, ainsi que de l’intimité (uns T'J)
auprès de Lui.
5. Un corps inhibé de Son adoration et de Sa servitude.
6. Un amour qui ne s’embarrasse pas des limites de Son agrément ni de Ses
prescriptions.
7. Un temps dont on ne profiterait pas pour rattraper des obligations non accomplies, ou
pour en saisir les opportunités de faire bonne œuvre de piété ou de rapprochement.
8. Une pensée qui se perd là où elle n’en tire aucun bien.
9. Être au service de ce qui ne le rapprocherait pas de Dieu, ni d’en récolter un retour de
bien pour l’assainissement de [la pratique] de la religion.
10. La peur et l’espoir de celui dont la destinée est entre les Mains de Dieu, et qui ne peut
pour lui ni mal ni bien, ni vie ni résurrection.
Tout cela entraîne un gâchis de vie.
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Et une perte encore plus grande que toutes celles énoncées, et qui sont à l’origine de toute
perte : la perte du cœur et celle du temps. En effet, la perte du cœur provient de la préférence
accordée à cette vie sur l’au-delà. Et la perte du temps provient de l’espérance d’une vie plus
longue (tûl al-amal ?M 4"6). Tout le mal provient dans le fait de suivre ses penchants et cette
espérance en la vie plus longue. Et tout le bien provient dans le fait de suivre la voie (guidée)
et de se préparer à la rencontre [de Dieu] à chaque moment.
Et le plus étrange, c’est celui qui s’adresse à Dieu pour la réalisation d’un besoin, et qui ne
s’adresse pas à Lui pour vivifier son cœur de la mort de l’ignorance et de l’éloignement, et ne
Lui demande pas de le guérir de la maladie des désirs terrestres et des ambigüités.
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5
2. Aller vers où : vers l’amour de Dieu
2.1. Aimer Dieu, être aimé par Dieu : hadith al walî

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Abû Hurayra rapporte qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu (a) dire :


« Dieu, le Très-Haut, dit : “Je proclamerai la guerre à celui qui prend comme ennemi l’un de
Mes waliy. Et il n’est point de meilleure chose par laquelle Mon serviteur se rapprochera de
Moi que par ce dont Je lui ai fait obligation. Et Mon serviteur ne cessera de se rapprocher de
Moi par les actes surérogatoires (nawâfil) jusqu’à ce que Je l’aime. Lorsque Je l’aimerai, Je
serai son ouïe par laquelle il entendra, sa vue par laquelle il verra, sa main par laquelle il
appréhendera, ses pieds par lesquels il marchera. Et s’il Me sollicite, certes Je lui
accorderai, et s’il Me demande protection, certes Je le protègerai. {Et Je n’ai jamais hésité à
faire quelque chose comme Je le fais en prenant la vie du croyant, lui, détestant la mort, et
Moi, détestant lui faire mal.} » [Bukhârî (6021), Ahmad (24997)]

2.2. Voyager vers Dieu, vers Son amour !


(M) L’amour est la nourriture des cœurs, le repas des âmes. C’est le souffle de la vie, et celui
qui en est privé peut être compté parmi les morts. C’est la lumière, et celui qui la perd est
alors dans l’océan des obscurités. C’est le remède, et celui qui ne l’a pas, voit son cœur
attaqué par toutes les maladies. C’est la jouissance, et celui qui n’a pu l’avoir verra sa vie
toute entière tristesse et soucis.
L’amour est la vie de la foi, des œuvres, des stations et des situations qui, s’il venait à
manquer, elles seraient comme des corps sans vie. L’amour emmène les cheminants vers des
contrées qu’ils n’atteindraient autrement que par des efforts exténuants. Et il les fait arriver à
des demeures qu’ils n’auraient jamais rejoint sans lui. Et leur permettrait de bénéficier de
positions de sincérité qu’ils n’auraient jamais pu, sans lui, y entrer. Il est le véhicule de ces
gens [les cheminants] qui les amène toujours auprès de l’Aimé. Il est la voie droite qui les fait
arriver à leurs demeures par la voie la plus courte.
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Par Dieu, ces gens auront gagné l’honneur de la vie ici-bas et de l’au-delà, parce qu’ils ont de
la proximité avec leur Aimé la meilleure part. Ainsi Dieu a décidé, le jour où Il a distribué les
parts de chacun selon Sa volonté et Sa sagesse, que toute personne sera avec celle qu’elle aura
aimée au jour dernier. Quelle félicité alors embrassera les aimants.
Par Dieu, ces gens, alors qu’ils sont sur leurs lits, dépasseront les autres qui œuvrent. Et
surpasseront de beaucoup d’étapes ceux qui sont arrêtés sur leur chemin.
(M) Lorsque l’arbre de l’amour est planté dans le cœur, qu’il est ensuite irrigué par l’eau de
sincérité et par l’attachement à suivre le bien-aimé (Prophète), il donnera alors toute sorte de
fruits à chaque saison, par la volonté de Dieu, arbre aux racines enfoncées dans la profondeur
du cœur, et dont les branches sont reliées à Sidratu l-muntahâ5 (wUBVW l;).

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Si l’amour venait à disparaître (s’annuler), alors serait annulé toutes les étapes de la foi (îmân)
et du mieux-faire, de l’excellence (ihsân). Et toutes les stations du cheminement vers Dieu
seraient en panne. Parce que l’amour est l’âme de toute étape et de toute station et de
toute œuvre.
Si l’une d’entre elles venait à en manquer, alors elle mourait, sans âme et sans vie. Et sa
relation aux œuvres est du même type que la sincérité pour elles. Plus que cela, l’amour est la
réalité de la sincérité, encore plus, il est l’islam en réalité, car ce dernier est la soumission, en
toute humilité, amour et obéissance à Dieu. Celui qui est dépossédé de l’amour, est
complètement dépossédé de l’islam. L’amour est en vérité la réalité6 (vérité) de
l’attestation de foi qu’il n’y a de dieu que Dieu…

5
Sidratu l-muntahâ : en référence au verset coranique (L’Etoile 53/14), littéralement le Lotus de la limite, c’est
la limite que l’ange Gabriel ne put dépasser en s’approchant de Dieu, lors de l’ascension nocturne du Prophète
Muhammad.
6
Le même mot haqîqa sert à rendre les deux notions en français, réalité et vérité, à cause de leur proximité si
grande !
7
2.3. Être aimé de Dieu
Parce que Dieu aime ceux qui se sont rapprochés de Lui, qui L’ont préféré à tous et L’ont aimé, qu’Il
proclame haut et fort, que celui qui les prend pour ennemi, ou encore plus qui les combat, Dieu le
combattra. Dieu prend leur défense, Il est leur Protecteur. S’attaquer aux aimés de Dieu, à Ses protégés,
c’est s’attaquer à Dieu. Et celui qui le fait ne verra jamais la tranquillité et la paix dans ce monde,
encore moins dans l’autre.
Être aimé de Dieu, c’est « voir par Sa vue, entendre par Son ouïe, appréhender par Sa main,
aller par Sa volonté. » Et dans une autre version, il est ajouté : « Je serai son cœur par lequel
il perçoit [les choses], et sa langue par laquelle il parlera ! »
Telle est la rétribution de celui qui a orienté sa vie vers Dieu, a accompli ses obligations et s’est encore
efforcé de plaire à Dieu et de recevoir Son agrément. Un tel homme sera promu par Dieu au degré de
Ses élus. Cet homme, parvenu à ce troisième niveau du mieux faire (ihsân) adorera Dieu en tout lieu et
tout instant, comme s’il Le voyait ; il sentira encore plus cette présence divine qui le guidera vers le
bien, vers le beau, qui lui fera connaître ce qu’il ne savait pas. Extrême rapprochement de Dieu qui
l’illuminera de Sa lumière. Il verra bien plus par son cœur que par ses yeux !
Son désir sera Dieu, il n’aimera que ce que Dieu aime, il ne préfèrera que ce que Dieu a commandé et
recommandé. Il sera serviteur de Dieu dans les faits ainsi que dans son intimité.
L’imam Shawkânî,7 en commentant ce hadith, note que « parmi les manifestations de l’amour de
Dieu à Son serviteur, c’est d’exaucer ses demandes et de le faire aboutir à la connaissance de ce
qu’il ne savait pas auparavant (…) Dieu lui donnera une âme transparente, une foi forte, une
vision bien profonde, une pureté du cœur. »

2.4. Étape de l’amour


45  3+

(M) C’est l’étape8 durant laquelle il y a une concurrence acharnée entre les prétendants. Et
vers elle se sont tendus les efforts des œuvrants. Et pour sa connaissance les premiers se sont
préparés. Et pour elle, les aimants se sont consumés. Et par sa brise, se sont rafraîchis les
adorants.
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(& 3 70v UV,'

(M) Par Dieu, cette marchandise [l’amour] n’est pas devenue méprisable pour qu’elle se
vende sans prix, elle n’est pas devenue si abondante que les gens l’achèteraient alors au
moins-disant. Au contraire, elle a été présentée à la vente à qui dit plus cher ? Elle n’a pu être
vendue qu’au prix élevé du sacrifice suprême. Alors, les gens sont revenus en arrière, et n’est
resté en lice que les [véritables] aimants cherchant qui, parmi eux, arriverait à payer le prix.
La marchandise a alors fait le tour de leurs mains jusqu’à ce qu’elle tombe entre les mains de
ceux-là :

7
L’imam Muhammad Ibn ‘Alî Ibn Muhammad Shawkâni (savant yéménite illustre 1171-1250 G ) a consacré un livre
entier sur ce hadith, appelé £ "Œ  e" ³ -  e" 0Y
8
Ibn Al-Qayyim, Madârij as-sâlikîn.
8
« Humbles envers les croyants et durs envers les négateurs. » [Coran La Table 5/54]
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« Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion, Dieu fera alors venir d’autres
hommes qu'Il aimera et qui L'aimeront, humbles envers les croyants et durs envers les négateurs,
qui combattent dans le sentier de Dieu, ne craignant aucun blâme. Telle est la grâce de Dieu. Il la
donne à qui Il veut. Dieu est Immense et Omniscient. [Coran La Table 5/54]
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Lorsque les prétendants à l’amour sont devenus nombreux, il leur a été demandé de présenter
les arguments montrant la sincérité de leur prétention. Chacun a alors produit son argument. Il
leur fut dit alors que leurs prétentions ne sauraient être prises au sérieux que par la preuve de :
« Dis-leur : si vous prétendez aimer Dieu, suivez-moi, alors Dieu vous aimera. » [Coran 3/31]
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La majeure partie des gens se retirèrent et n’en est resté que très peu, ceux qui aiment le
Prophète (a) dans ses actes, paroles et comportement. Il leur a été ensuite demandé d’attester
leurs preuves par :
« Qui combattent dans le sentier de Dieu, ne craignant aucun blâme. »
De ceux-là, beaucoup revinrent en arrière, et ne restèrent que les combattants.
Il leur fut dit alors que les biens et les vies des aimants ne leur appartiennent pas, alors venez
au serment d’allégeance :
« Dieu a acheté des croyants leurs vies leurs biens, et ils auront alors le Paradis. » [Coran Le
Repentir 9/111]
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Lorsqu’ils ont vu la Grandeur de l’acheteur, la valeur du prix, et la majesté de Celui qui dirige
la vente, ils ont alors distingué la grandeur de la marchandise et quel est son honneur. Ils ont
alors remarqué qu’ils seraient lésés en la vendant à tout autre que Dieu. Ils ont alors conclu le

9
serment (vente bay‘a %3,&) de l’agrément (ridwân) en toute satisfaction en disant : « Par Dieu,
nous n’accepterons ni séparation ni démission.9 »
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Lorsque la vente a été conclue et que la marchandise a été livrée, il leur fut dit : « Du moment
que vos vies et vos biens sont à Nous, Nous vous les rendons encore plus grands et plus
nombreux que ce que vous avez donné. »
« Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier de Dieu, soient morts. Au contraire, ils
sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur que Dieu leur a accordée,
et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints ; ils ne connaîtront
aucune crainte et ne seront point affligés. » [Coran 3/169-170]
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9
En rapport avec la célèbre parole de ‘Umar à Abû Bakr lorsqu’il fut élu calife.
10
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(M) Les niveaux de l’amour


Et la dernier niveau de l’amour est ce qualificatif de « serviteur » que Dieu emploie pour désigner Ses
élus, les Envoyés et Prophètes, et parmi eux le dernier des Prophètes, Muhammad.
(M) 9. La servitude (at-ta‘abbud 3) : le serviteur (3)est celui dont l’Aimé est maître de
son amour. Il se destine à son Aimé, intérieurement et extérieurement. C’est par ce qualificatif
que Dieu a appelé la meilleure des créatures, le prophète Muhammad ainsi que les prophètes
envoyés avant lui.
« Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur (Muhammad), de la Mosquée Al-
Harâm à la Mosquée Al-Aqsâ dont Nous avons béni l'alentour. » [Coran 17/1]
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« Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur… » [Coran 2/23]
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« Et quand le serviteur de Dieu s'est mis debout pour L'invoquer… » [Coran 72/19]
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Concernant Jésus :
« Il (Jésus) n'était qu’un serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions désigné
en exemple aux Enfants d'Israël. » [Coran 43/59]
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11
3. Conseils de route
3.1. La méconnaissance du chemin amène à la fatigue
6&* 7 89 :;
(F) La méconnaissance du chemin, de sa difficulté et de son objectif entraînent une grande
fatigue avec peu de gain :
1. Il se peut que cette personne s’efforce d’accomplir des surérogatoires (nawâfil) en
perdant des obligations,
2. ou en forçant ses membres à l’accomplissement [des rites] sans que le cœur n’y
participe,
3. ou que le cœur participe mais dans une adoration non-conforme,
4. ou une préoccupation (himma %p) insuffisante pour amener la personne à son objectif,

5. ou une œuvre qu’elle n’a pas protégée de ses risques dévastateurs durant son
accomplissement ou après,
6. ou une œuvre accomplie sans qu’elle ait vu l’aide [de Dieu], et n’a pu la rendre sincère
à Dieu,
7. ou une œuvre dans laquelle elle n’a pas vu son insuffisance, ce qui l’aurait poussé,
après cela, à s’excuser de ce peu d’effort,
8. ou une œuvre à laquelle elle n’a pas donné sa mesure dans son accomplissement, alors
qu’elle pense qu’elle l’a bien faite.
Tout cela fait que le fruit de l’œuvre est bien faible, malgré la grande quantité de fatigue
déployée. Que Dieu aide au meilleur accomplissement (tawfîq).
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12
3.2. La route vers Dieu et ses obstacles
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(F) Lorsqu’une personne veut commencer son cheminement à Dieu Très Haut, lui
apparaissent alors des fausse pistes et des obstacles.
1. Elle est abusée d’abord par les désirs, le pouvoir, les demeures, les désirs de la chair
et des habits. Si elle s’y arrête, alors le cheminement s’interrompt.
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2. Si elle les refuse et ne s’arrête pas et est sincère dans sa demande, elle sera alors
éprouvée par la vue des nombreux disciples, les bises sur les mains, les places
réservées dans les assemblées, la célébrité, qu’elle soit l’objet de demande
d’invocations et de bénédictions et toutes choses comparables. Si elle s’y arrête, alors
le cheminement vers Dieu s’interrompt, et telle sera sa rétribution10.
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3. Si au contraire, elle les refuse et ne s’y arrête pas, elle sera alors éprouvée par les
miracles et prodiges et les visions qu’elle aura. Si elle s’y arrête, alors le
cheminement vers Dieu s’interrompt, et telle sera sa rétribution.
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4. Si au contraire, elle les refuse et continue sa route, elle sera éprouvée par ses états
intérieurs comme cette orientation vers Dieu, l’éloignement des biens de ce monde,
la jouissance de se trouver seul avec Dieu. Si elle s’y arrête, alors le cheminement vers
son objectif s’interrompt.
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5. Si au contraire, elle les refuse et continue en visant ce que Dieu veut d’elle et ce qu’Il
aime d’elle, de sorte que ce cheminant devienne Son serviteur qui s’arrête à ce qu’il
désire et agrée de lui, là où il est, à l’endroit désiré et de la manière désirée, qu’elle ait
été fatiguée ou non, qu’elle ait goutée au plaisir de la route ou en ayant souffert, que
cela lui ait demandé d’être avec les gens ou qu’elle en était isolée, qu’elle n’ait point
choisi pour elle-même hormis ce que son Maître lui a choisi, observant Ses

10
C’est-à-dire que la rétribution attendue de sa part était cette célébrité et ses conséquences. Elle les a eu alors
dans ce monde, qu’elle n’en attende rien dans l’au-delà.
13
prescriptions et les appliquant dans la mesure de ses possibilités, que sa personne lui
importe peu de telle façon qu’elle priorise l’agrément de son Maître sur son propre
repos et jouissances.

Tel est enfin le serviteur qui sera arrivé au bout de son chemin sans que quelque contingence
l’ait interrompu.
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3.3. Cheminer par le cœur d’abord


(F) Sache que le serviteur empruntant le chemin, traversera les étapes par son cœur et sa
préoccupation (himma), non par son corps. Parce qu’en vérité la piété est celle des cœurs, non
celle des membres. Dieu dit :
« Ainsi celui qui donne l’importance aux rites institués par Dieu, c’est cela la piété des cœurs. »
[Coran 22/32]
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« Ni la chair, ni le sang de ces animaux [sacrifiés] n’arrivent à Dieu11, mais c’est la piété qui Lui
arrive. » [Coran 22/37]
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Et le Prophète dit : « La piété se trouve ici », tout en indiquant sa poitrine. [Muslim]
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Ainsi tout islam apparent qui ne pénètrerait pas dans la réalité interne de la foi ne saurait être
profitable à l’individu, jusqu’à ce qu’il soit accompagné par une foi intérieure. Et toute foi

11
N’arrivent à Dieu : au sens n’ont d’importance pour Dieu.
14
interne dont l’individu n’est pas conforme avec les lois musulmanes externes n’est pas utile,
malgré le degré qu’elle peut atteindre.
Si le cœur est lacéré par l’amour et la crainte et que cela ne soit pas accompagné par
l’obéissance aux ordres et ne convient pas aux aspects formels, cela ne le sauverait pas de
l’enfer. De même, s’il accomplissait tous les aspects formels de l’islam sans que dans son
intimité il n’y ait la réalité de la foi, cela ne le sauverait pas de l’enfer.
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En connaissant cela, les cheminants sincères vers Dieu et la Dernière demeure sont de deux
catégories :
1. Une partie qui a utilisé le temps resté après les obligations avec des actes
surérogatoires (nawâfil) où le corps est impliqué12, œuvres qui sont devenues leur
exercice régulier, sans qu’ils s’impliquent outre-mesure dans les œuvres du cœur,
même s’ils en pratiquent un peu. Mais toute leur volonté est orientée vers la
multiplication des œuvres du corps.
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2. L’autre partie va utiliser le temps qui lui reste après les obligations et les
recommandations (sunan) pour assainir plutôt les cœurs et se consacrer à Dieu,
protéger ses sentiments et volontés. Toute la force de leur adoration est dirigée vers les
activités du cœur comme assainir l’amour, la crainte, l’espérance, comment s’en
remettre à Dieu (tawakkul), retourner à Lui. Ils ont vu que la plus petite part qu’ils
vivent dans leurs cœurs est plus aimée à eux que beaucoup d’œuvres corporelles.
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12
Œuvres impliquant le corps : comme la prière salât, le jeûne siyâm, le pèlerinage hajj. Œuvres impliquant la
fortune : la zakât et le pèlerinage hajj. Œuvres impliquant la langue et les yeux : lecture du Coran, dhikr…
Œuvres impliquant le cœur : amour …
15
Lorsque viennent les œuvres surérogatoires, commence alors le choix difficile. S’il est
possible de les accomplir, le problème est résolu. Sinon, le cheminant regarde le plus
profitable et le plus aimé auprès de Dieu, est-ce l’accomplissement de ces surérogatoires
comme donner à manger à l’affamé, ou orienter le perdu, ou guérir le blessé etc. dans ce cas,
il faut prioriser l’œuvre surérogatoire la plus bénéfique.
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3.4. La porte du tawfîq est fermée par 6 facteurs


(F) Shaqîq Ibn Ibrâhîm al-Balkhî13 a dit :
« La porte du tawfîq14 se ferme aux humains par six facteurs :
1. Quand ils oublient de remercier Dieu en s’occupant de Ses dons,
2. Quand ils désirent acquérir des connaissances tout en délaissant toute application,
3. Quand ils tombent rapidement dans l’erreur et qu’ils ajournent la repentance,
4. Quand ils s’illusionnent par le compagnonnage des saints sans les suivre dans leurs
comportements,
5. Quand ils voient les biens de ce monde qui s’éloignent d’eux, alors qu’ils courent
après,
6. Quand ils savent que l’au-delà s’approche d’eux, mais qu’ils s’en détournent.
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4. Vers l’amour de Dieu


4.1. Aimer Dieu, c’est quoi ?
(D) L’amour partagé entre les hommes est de trois sortes :
• Un amour des choses naturelles, comme celui de l’affamé pour la nourriture,
l’assoiffé pour l’eau. Cet amour n’entraîne ni glorification ni vénération.
• Un amour de miséricorde et de tendresse comme celui qu’éprouvent les parents pour
leurs enfants. Celui-ci aussi n’entraîne pas de glorification ou vénération.
• Un amour de proximité et d’affection. Comme l’amour des proches entre eux.

13
Al-Balkhî est un mystique perse (m. en 194H/810G), disciple du grand maître Ibrâhîm Ibn Adham
14
Tawfîq : c’est la guidance de Dieu et Son aide qui font arriver au but que l’on s’est destiné.
16
Ces 3 catégories d’amour qui peuvent exister ne sont pas l’amour visé par Dieu dans certains
des versets coraniques. Et la présence de cet amour n’entraîne pas l’associationnisme de
l’amour avec Dieu. C’est ainsi que l’on a vu le Prophète (a) aimer le miel, les boissons
sucrées et fraîches, l’épaule, aimer ses épouses et notamment Khadîdja et ‘Âïsha, aimer ses
compagnons, et parmi eux le plus aimé Abû Bakr.
Mais l’amour qui ne saurait être porté que pour Dieu Seul, s’il venait à être associé avec
l’amour d’autre chose serait de l’associationnisme impardonnable, c’est l’amour attaché à
une servitude, entraînant la vénération, la soumission, la pleine obéissance et la
préférence privilégiée donnée à l’objet de cet amour.
Cet amour-là ne saurait être donné qu’à Dieu Seul. C’est cet amour qui est décrit par Dieu
dans son Livre lorsqu’Il dit :
« Il est des gens qui prennent d’autres divinités en dehors de Dieu qu’ils aiment comme ils aiment
Dieu. Mais les croyants vouent à Dieu encore plus d’amour. » [Coran 2/165]
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C’est donc un amour partagé, par les associateurs, entre leurs divinités et Dieu.

Ce qui est demandé aux hommes, c’est cet amour, qui est l’objet de l’appel des Envoyés de
Dieu, et qui devrait être la dernière parole prononcée par le croyant. Si cela s’avérait le cas,
alors il entrerait au Paradis, car cela signifierait sa reconnaissance et sa confession de cet
amour pour Dieu seul.
Le prophète Muhammad (a) a dit que parmi les invocations du prophète Dâwûd (David), il y avait
celle-ci :
« Ô Mon Dieu, je Te demande Ton amour, l’amour de ceux qui T’aiment, l’amour de toute
action qui me ferait parvenir à Ton amour. Seigneur, fais que Ton amour soit plus cher pour
moi que ma propre personne, ma famille, et l’eau fraîche ». [Tirmidhî (3412)]
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Toutes les œuvres réalisées par le croyant ne sont en vérité que des outils et des moyens pour
arriver à cet amour, et toutes les étapes ne sont que des instruments pour lui, que des causes
pour l’obtenir, le compléter et le protéger des impuretés et des faiblesses (maladies).
L’amour est l’axe autour duquel tourne la roue de la joie dernière, il est l’âme de la foi,
le tronc de l’arbre de l’islam. Et pour lui, Dieu a révélé le Livre.

(D) Il y a une remarque qu’il faut absolument observer : la préférence donnée à l’aimé est de deux
sortes :
• Préférer son Aimé aux autres, dans l’attente d’une rétribution de sa part. C’est donc
une référence assortie d’un retour meilleur que celui donné par soi. C’est une
préférence mercantile, qui est quand même valable.
• Préférer son Aimé par pur amour, et non en vue d’un retour. Tel est l’amour
sincère qui le porte à la préférence. C’est un amour porté pour Lui-même. Ceci ne
peut être compris que par les âmes transparentes, sensibles, non les autres, peu
sensibles, épaisses.

17
4.2. Délaisser ses passions pour Dieu pour ne vivre que son
amour
(F) Se détourner de ses propres passions pour Dieu pour ne vivre que son amour, là est le
sens et l’ultime objectif de la vie de ceux que Dieu aime.
En effet, cela permet d’échapper à Son châtiment et de bénéficier de Sa miséricorde. Mais ce
qui est auprès de Dieu et Ses trésors, la jouissance de Sa proximité, la passion [pour le voir],
la joie et le ravissement de Sa présence ne peuvent se trouver dans un cœur qui est aussi
habité par un autre que Lui, même si ce croyant était parmi les gens de grande adoration,
d’ascétisme15 (zuhd) et de science.
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Parce que Dieu refuse de mettre Ses trésors dans un cœur habité aussi par une autre que
Lui et dont la préoccupation (himma) est attachée à autrui.
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Mais Dieu donne Ses trésors dans un cœur qui voit la pauvreté comme richesse auprès de
Dieu, la richesse plutôt pauvreté sans Lui, qui voit fierté l’humiliation avec Dieu, et
humiliation la fierté sans Lui.
Et de manière générale, celui qui dit aimer Dieu ne voit la vie que par Lui et avec Lui, et la
mort et la douleur, la préoccupation et la tristesse lorsqu’il n’est pas avec Lui. Celui-là a deux
paradis : un premier paradis anticipé dans ce monde qu’il vit dans son cœur, et un autre
ajourné pour le Jour de la rétribution.
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15
En fait le zuhd est plutôt le détachement des biens de ce monde, qui devient visible par l’ascétisme.
18
4.3. N’être rattaché qu’à Dieu
(F) Le serviteur ne cessera d’être coupé de Dieu jusqu’à ce que sa volonté et son amour se
rattachent à la Face de Dieu. Nous voulons dire par rattacher le fait que l’amour soit porté
pour Lui Seul et que rien ne saurait lui faire barrage. Et que sa connaissance soit rattachée à
Ses Noms et Ses attributs et Ses Faits et ne soit pas obstruée Sa lumière par l’obscurité de la
négation de Ses attributs. Comme ne saurait obstruer la lumière de l’amour l’obscurité de
l’associationnisme. Et que l’évocation de Dieu soit rattachée à Lui, Glorifié soit-Il, alors le
voile de l’insouciance (ghafla) entre l’évoqueur et l’Évoqué se dissipera…
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Il accomplira alors l’adoration16 parce qu’il lui a été ordonné de le faire et qu’il a (ensuite)
aimé, et s’éloignera de l’interdit parce que cela lui a été signifié et qu’il a (ensuite) détesté.
C’est cela rattacher l’œuvre à Son ordre et Sa prescription et enlever toute autre attache qui
serait liée à des bienfaits que l’on retirerait ici-bas…
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Sa pauvreté et son dénuement doivent aussi être rattachés à Dieu seul, comme sa peur, son
espoir, sa joie et sa satisfaction ainsi que son plaisir Lui sont seul rattachés.
Il ne craint alors personne d’autre que Lui, et n’attendra d’espoir de personne d’autre que Lui,
et ne sera pleinement heureux de personne d’autre que Lui ni pleinement content d’autre que
de Lui.
Même s’il peut lui arriver d’avoir de la joie et du contentement avec des êtres créés, mais la
joie pleinement ressentie, la pleine satisfaction, le plaisir intégral, la plus grande gratification,
la plus chère chose au monde, la quiétude du cœur, tout cela ne devrait être ressenti que par la
grâce du rattachement à Dieu. Et toute autre chose qui appuierait ce rattachement et y aiderait
devrait nous procurer de la joie et de la satisfaction, et toute autre chose qui voilerait cela
devrait entraîner plutôt tristesse, malaise, et trouble du cœur. Il n’y a donc de véritable joie ni
de pleine satisfaction que par Lui, et par ce qui y amène et y aide.
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16
Littéralement l’obéissance (at-tâ‘a % Y)

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Pour cette raison, Dieu a flétri ceux qui se réjouissent des biens de ce monde et de ses atours,
et a ordonné de se réjouir véritablement de Sa grâce, de Sa miséricorde, c’est-à-dire l’islam, la
foi ainsi que le Coran, comme l’ont expliqué les Compagnons et leurs successeurs.
[Référence aux versets coraniques suivants :
« Dis, c’est de la grâce de Dieu et Sa miséricorde qu’ils doivent se réjouir. C’est bien plus précieux
que ce qu’ils amassent. » [Coran Yûnus 10/58]
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Sommaire
1. Introduction : pourquoi le cheminement ............................................................................. 2
1.1. Le retour (inâba) à Dieu : le voyage ............................................................................ 2
.1.2 Dix choses perdues sans aucun intérêt ........................................................................ 4
2. Aller vers où : vers l’amour de Dieu ................................................................................... 6
2.1. Aimer Dieu, être aimé par Dieu : hadith al walî .......................................................... 6
2.2. Voyager donc vers Dieu, vers Son amour ! ................................................................. 6
2.3. Être aimé de Dieu ........................................................................................................ 8
.2.4 Étape de l’amour .......................................................................................................... 8
3. Conseils de route ............................................................................................................... 12
3.1. La méconnaissance du chemin amène à la fatigue .................................................... 12
3.2. La route vers Dieu et ses obstacles ............................................................................ 13
3.3. Cheminer par le cœur d’abord ................................................................................... 14
.3.4 La porte du tawfîq est fermée par 6 facteurs ............................................................. 16
.4 Vers l’amour de Dieu ........................................................................................................ 16
• Aimer Dieu, c’est quoi ? ............................................................................................... 16
• Délaisser ses passions pour Dieu pour ne vivre que son amour.................................... 18
• N’être rattaché qu’à Dieu .............................................................................................. 19

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Centres d'intérêt liés