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Le rôle de la concentration des entreprises dans le développement depuis

le milieu du XIXè siècle.

Processus économique général consistant dans l’augmentation régulière


de la taille des entreprises, notamment grâce à des rachats et des fusions
avec d’autres entreprises, la concentration a toujours été au cœur de la
dynamique du capitalisme. Depuis le début du capitalisme industriel, on a
assisté à une extraordinaire croissance de la concentration d’entreprises.

I) évolution de la concentration depuis le XIXe siècle.

1) Hétérogénéité fin 19è

2) poursuite et intensification au XXe.

II) conséquences de cette concentration.

Jusque dans les années 1860-1880, le tissu productif de la plupart


des pays en voie d’industrialisation est constitué de Petites et Moyennes
entreprises. Mais lors de la grande dépression de la fin de ce siècle, la
concurrence accrue pousse les entreprises à chercher à contrôler les
marchés par des pratiques oligopolistiques (offre détenue par un nombre
restreint de producteurs ou de vendeurs). On assiste alors à une première
grande vague de fusions ou d’ententes horizontales, c'est-à-dire de
regroupements d’entreprises dans le même secteur sous une nouvelle
raison sociale ou sous une raison sociale déjà existante. Or depuis la fin du
XIXe siècle, on ne compte pas moins de cinq vagues importantes de
fusions-acquisitions. Il est souvent affirmé que la grande entreprise se
rencontre davantage dans el pays ayant connus un développement
industriel tardif, il n’est donc pas étonnant que les deux premières vagues
soient essentiellement américaine, car en effet, à al fin du XIXe, le
territoire des usa a connu un fort développement en réseaux de transport et
de télécommunication. La conséquence de cette extension étant que des
entreprises régionales en situation de monopole se retrouvent en
concurrence sur un marché devenu national. D’où la naissance du trust,
(ensemble d’entreprises regroupées sous une direction unique et qui exerce
une domination sur un secteur ou une partie de l’économie). En 1882 naît
la célèbre Standard Oil of Ohio (Esso) sous l’impulsion de J. Rockefeller,
puis en 1889 General Electric voit le jour suivie en 1890 d’American
Tobacco. Cependant, la crise de 1893 alliée à la loi antitrust freine cette
expansion. Mais dès 1894, une parade fut trouvée, celles de la création de
holdings. Le résultat fut la fusion de plus de 4000 entreprises en 275
groupes. Ces fusions étaient majoritairement horizontales. La deuxième
vague correspond à la période 1922-1929 appelée Prosperity. C’est une
période durant laquelle le transport, la consommation de produits durables,
les médias atteignent leur apogée et où les fusions concernent des secteurs
plus variés. Les entreprises de taille plus modeste se sont développées et
ont entamé des fusions elles aussi.
Cependant, de l’autre côté de l’atlantique, ces fusions-acquisitions se sont
développées. Tout d’abord en Allemagne,( qui est le premier pays
européen à avoir connu la formation d’empires industriels) où les
producteurs ont réglé le problème de surcapacité en matière de charbon et
d’acier en suivant une sorte de concentration horizontale. Durant cette
même période, en France la concentration dans les domaines de la
sidérurgie, les mines, l’industrie chimique, textile, s’accroît, tandis que la
déconcentration fait rage dans les secteurs alimentaires et du bâtiment.

De la fin du XIXe siècle à 1970, la concentration se développe partout.


Cette période est celle de la production et de la consommation de masse,
on assiste à des concentrations à la fois verticale, horizontale et
conglomérale comme celle du groupe ATT (matériel téléphonique, jambon
sous cellophane et cours pas correspondance). Cependant, en 1950, la loi
antitrust est renforcée à tel point qu’il est presque impossible d’effectuer
des concentrations horizontales, d’où le développement des concentrations
verticales et conglomérales. Cette dernière est très affectionnée en bourse.
Toutefois, à partir du milieu des années 70, les PME et TPE voient leur
part augmenter dans la production et les exportations. Cela est notamment
dû au fait que ces entreprises sont très créatrice en matière d’emploi,
contrairement aux grandes entreprises qui pratiquent des politiques de
dégraissage massif depuis quelques années. Ainsi naît la doctrine glorifiant
les PME et TPE, celle du « Small is beautiful » (Schumacher) qui établie
que la sortie de la crise passe par la mise en place de structures de
production de taille limitée qui seraient très flexibles et s’adapteraient plus
facilement à des marchés de plus en plus fluctuant.
Les deux dernières vagues de concentration s’inscrivent dans des contextes
de conflits (chocs pétroliers, guerre du golfe, attentats de New-York) qui
les ont ralentis. La forte ouverture du marché international et les
opérations de dérèglementation ont poussé les entreprises traditionnelles à
s’adapter à un marché qui devient de plus en plus mondial. En europe, le
marché commun met fin à certain monopoles nationaux qui pour survivre
doivent se nationaliser ou alors opérer de vastes démarches de fusions-
acquisitions, comme celle de France Télécom-Orange en France.

Les avantages attendus de ce regroupement d’entreprises avaient été


signalés par Smith dans La richesse des nations : « de meilleures
machines, une plus grande dextérité et une division et distribution du
travail mieux entendues(…) sont cause que pour exécuter une pièce
quelconque, il ne faut qu’une moindre quantité de travail. ». Ainsi, la
réunion sur un même lieu d’un certain nombre de travailleurs est le moyen
privilégié d’obtenir des économies d’échelles liées à la taille de
l’établissement.
Les entreprises abandonnent la logique industrielle au profit de la logique
financière qui est à l'avantage des actionnaires. Les premiers à subir de
cette " nouvelle politique économique " sont les consommateurs et les
salariés. Les consommateurs se retrouvent désavantagés du fait de la
grande taille de l’entreprise, le prix d’achat va être plus élevé. Ensuite, les
licenciements qui accompagnent les concentrations font baisser le pouvoir
d’achat des consommateurs. Enfin, les concentrations peuvent être un
danger pour la concurrence et donc pour le choix du consommateur. Au
niveau des entreprises, la concentration a pour objectif la recherche d'une
meilleure compétitivité donc d'une meilleure rentabilité. Les entreprises
qui se « concentrent » adoptent donc des stratégies de croissance externe.
L'avantage de ce type de stratégie consiste à atteindre rapidement une
masse critique pouvant permettre la réalisation d'économies d'échelle et de
minimiser les coûts d'apprentissage. Toutefois, les organisations
deviennent difficiles à diriger, et la lourdeur des structures ainsi que les
difficultés d'adaptation peuvent être source d'inefficacité.
Au niveau macro-économique, la concentration permet aux entreprises de
faire face à la concurrence des grands groupes étrangers. En matière de
balance extérieure, de compétitivité de l'économie nationale et de conquête
des marchés extérieurs, les effets des concentrations sont souvent très
positifs. Notons toutefois que les concentrations aboutissent souvent à des
effets de domination pouvant aboutir à des tendances quasi-
monopolistiques susceptibles de nuire à la stabilité des prix. Les règles du
marché peuvent donc être faussées.
Sur le plan social, les concentrations s'accompagnent toujours, et
malheureusement de restructurations. Les fusions, les fusions-absorptions,
les scissions, conduisent souvent à la mise en place de plans sociaux et de
licenciements. En revanche, certaines grandes unités peuvent investir,
créer de nouvelles activités, de nouvelles unités de production, de vente, ce
qui comporte des effets tout à fait positifs sur l'emploi.
Sur le plan juridique, les problèmes de pouvoir et les luttes d'influence se
posent souvent dans les entreprises concentrées, et ceci dans la mesure où
les actionnaires minoritaires n'ont guère les moyens de se faire entendre.

Pendant les 30 Glorieuses, les entreprises pouvaient se développer par


elles-mêmes du fait d’une forte demande donc les concentrations étaient
techniques et la croissance interne étaient au rendez-vous. Mais à partir des
années 1960 cette société de consommation fut remise en question. Les
valeurs de la société ont changé et le marché devint saturé. On est passé à
une société de consommation. Cependant, comme nous l’avons vu,
certaine de ses concentration sont très pauvres en matière de création
d’emploi et quelques fois destructrices d’emplois (logique de
Schumacher), il peut donc en résulter une montée du chômage.
Pour aller plus loin sur les conséquences, on peut reprendre la théorie
keynésienne : les licenciements vont provoquer une baisse du pouvoir
d’achat donc une baisse de la demande. Pour faire face à cette baisse de la
demande, les entreprises vont effectuer de nouvelles concentrations
financières d'où de nouveaux licenciements et la mise en place d'un cercle
vicieux. Ce cercle pervers (la concentration entraîne les licenciements qui
entraînent elle-même les concentrations) a des conséquences économiques
et sociales désastreuses. Ainsi l’écart entre riches (actionnaires) et pauvres
(les chômeurs) ne peut que s ‘accroitre. On peut conclure que les
concentrations entraînent plus d’inconvénients que d'avantages.

A priori, la concentration exerce des effets positifs car les grandes


entreprises sont sources d’innovations, donc de croissance économique. En
effet, même si leur rôle n’est pas négligeable, les PME ne sont pas
importantes dans les innovations car celles-ci exigent des capitaux et des
techniques que seules les grandes entreprises peuvent se payer. Cependant,
le groupement d’entreprises exerce essentiellement des effets négatifs car,
comme nous l’avons vu, il entraine la quasi disparition de la concurrence,
moteur de croissance selon certains libéraux. Par ailleurs il pénalise les
consommateurs car il aboutit à des situations de monopoles dans lesquelles
un seul offreur peut imposer son prix à des milliers d’acheteurs

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