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fraude fiscale maroc

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African Training and Research

Centre in Administration for Development

‫اﻟﻤﺮآﺰ اﻹﻓﺮﻳﻘﻲ ﻟﻠﺘﺪرﻳﺐ‬ ‫و اﻟﺒﺤﺚ اﻹداري ﻟﻺﻧﻤﺎء‬

Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement

Fiscal.2010

Séminaire sur la réforme des politiques fiscales axées sur l’innovation et la modernisation des institutions en charge de la collecte et de la gestion du patrimoine public (Comment améliorer les recettes des Etats africains grâce à un système de collecte fiscal plus adapté et à travers une saine gestion des finances publiques)

Thème - L’évasion fiscale en Afrique - cas du Maroc : sortes d’évasion et comment la maîtriser ?
par
Monsieur Abdelhamid HASSOUNE,

29 Novembre – 1er Décembre 2010 Hôtel Intercontinental – Tanger (Maroc)

2 . les administrations fiscales s’intéressent aussi bien à comprendre les manifestations de ce phénomène et ses causes. d’évasion et plus largement d’évitement de l’impôt ne sont pas toujours clairement délimités.cas du Maroc : sortes d’évasion et comment la maîtriser ? Introduction Les stratégies d’évasions et de fraudes se diversifient. Au niveau international. le terme de « fraude » est souvent utilisé pour faire référence à l’ensemble des cas de non respect. par un contribuable. Pour réduire les coups de cette bataille inégale. Dans certains pays notamment la France. de créer des distorsions de concurrence et des inégalités au détriment des contribuables honnêtes et de générer de leur part des frustrations et un mécontentement justifié. Les contours d’une définition précise des notions de fraude.Thème . Le rôle de l’administration fiscale étant justement de lutter contre de tels comportements qui altèrent le contrat social. l’OCDE a popularisé la notion « d’indiscipline fiscale ». il y a toujours un décalage entre les moyens de frauder et le contrôle fiscal. Ces comportements ont pour conséquence d’impacter négativement des ressources disponibles pour le financement des services publics indispensables à la collectivité nationale. au moment où elle démantèle des pratiques . De fait. « l’ingénierie en matière d’évasion fiscale » se met en marche et plante de nouvelles pratiques de fraude et d’évasion fiscale. I. de ses obligations fiscales et sociales.L’évasion fiscale en Afrique .Typologies et mécanismes de la fraude 1-Notions de l’évasion fiscale Plusieurs concepts sont aujourd’hui utilisés dans la littérature ou le débat public pour caractériser l’attitude qui consiste à ne pas être en règle par rapport à ses obligations en matière de fiscalité. se complexifient et s’internationalisent. En effet l’administration agit après coup. Eviter l’impôt est devenu plus facile dans le contexte actuel marqué par une grande liberté et rapidité de circulation des capitaux et par le développement du commerce électronique.

on ne peut étudier le phénomène de la fraude ou de l’évasion sans évoquer la notion de l’économie souterraine. 1. lorsqu’elle s’appuie sur des techniques illégales où dissimule la portée véritable de ses opérations.Une dimension financière. L’évasion. comme l’optimisation ou encore l’évasion. . 2007 3 . sont souvent associées voire assimilées d’autres types de comportements. qui relève de la fraude. Il est clair que ces définitions comportent plusieurs limites. elle remet en cause la légitimité du pouvoir. tout en restant dans la légalité.Une dimension sociale. décidé à contourner la loi pour éluder le paiement de l’impôt .De plus. 1.Une dimension politique. en utilisant éventuellement ses failles ou son imprécision…pour réduire les prélèvements dus. elle entre alors dans la catégorie de l’optimisation.1 Eléments de définition1 Les concepts retenus pour caractériser ce phénomène objet de notre intervention sont : -L’irrégularité fiscale regroupe l’ensemble des cas où le contribuable n’a pas respecté ses obligations. l’évasion s’apparentera à la fraude. il est souvent difficile de faire la part entre une certaine habileté du contribuable dans l’interprétation de la législation. Le point commun entre ces différentes formes d’évitement de l’impôt étant la perte de recettes pour l’Etat. de bonne foi ou de mauvaise foi. S’il a recours à des moyens légaux. et une réelle malhonnêteté. Le Conseil des prélèvements obligatoires. -L’optimisation ou l’évasion consiste à tirer parti des possibilités offertes par la législation. elle va à l’encontre de la justice et de l’équité . sans que la frontière entre ces différents concepts ne soit toujours très clairement établie. . -La fraude suppose un acte intentionnel de la part du contribuable. à la notion de fraude. elle représente une perte de ressources pour l’Etat ou les collectivités locales .2 Dimensions de la fraude fiscale au Maroc Trois dimensions caractérisent la fraude fiscale : . qu’il ait agi de façon volontaire ou involontaire. En fait. A l’inverse. 1 La fraude aux prélèvements obligatoires et son contrôle (rapport). L’économie souterraine regroupe l’ensemble des activités légales mais non déclarées aux administrations fiscales ainsi que l’ensemble des activités illégales qui génèrent des revenus dans l’économie. Par ailleurs.

l’antiétatisme.5% s’étaient déclarées déficitaires . L’évaluation reste une tâche complexe vu qu’il est difficile d’évaluer les dissimulations. Les études et réflexions menées sur le système fiscal marocain depuis la mise en œuvre du Programme d’Ajustement Structurel n’ont abordé qu’accessoirement l’évaluation de la fraude fiscale. politiques. le refus des contraintes. en 1989. ainsi il est difficile d’affirmer que tel ou tel facteur est prédominant parmi la longue liste de ceux qui sont traditionnellement avancés comme. En 2009. Le déficit global s’élevait à 2. alors qu’il est primordial de bien analyser et cerner le phénomène afin d’y répondre par une stratégie adaptée dont les contrôles et les sanctions sont un élément nécessaire mais insuffisant. Causes techniques : Les causes techniques de la fraude résident dans la complexité du système fiscal et dans la difficulté d’évaluation de la matière imposable par l’inspecteur des impôts.août. Au Maroc les statistiques officielles en 1985 indiquaient que sur 8780 entreprises assujetties à l’impôt sur les bénéfices . Le nombre d’entreprises déficitaires représente 40%. l’idéologie. Causes de la fraude fiscale au Maroc Plusieurs approches ont été développées pour expliquer et relater les causes de la résistance à l’impôt. et le poids de la pression fiscale D’une manière générale. septembre 2010) 4 . portant sur 13518 déclarations saisies par voie informatique a montré que 40% des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (22000 en 1989) se déclarent déficitaires et 15% déclarent un résultat d’exploitation nul. les flux illicites de capitaux transférés aux paradis fiscaux dans les pays en développement représentent une perte annuelle comprise entre 500 et 800 millions de dollars (in La fraude comme art gestionnaire. 2 Selon la Banque mondiale.7 milliards de DHS soit 1. les mentalités. l’inadaptation du système fiscal. les causes de la fraude au Maroc peuvent être regroupées en causes techniques.L’examen de la dimension2 de la fraude fiscale nous amène à en évaluer l’ampleur.4787 soit 54. 2. économiques et morales. In : défis sud n° 96.Bimestriel .3 du PIB. par exemple. Les études et les débats sur la fraude tournent souvent très vite autour des questions de contrôles ou de sanctions. une étude menée par le FMI. le goût du risque. la conjoncture économique.

Consciente de cet état de fait. les coûts supportés par le contribuable et découlant de la complexité des opérations de paiement des prélèvements pèsent sur l’attitude du contribuable par rapport à ses obligations fiscales. Ainsi. Au Maroc. Au Maroc. Par rapport à la complexité du système fiscal. la D. Par ailleurs. Les choix politiques d’octroi des avantages fiscaux et le poids fort des groupes de pression dans la de décision fiscale ont attisé la tendance à la fraude. Causes politiques Pour sa stabilité le système politique fait recours aux recettes fiscales pour financer les exigences de son environnement en termes de dépenses publiques. plus l’incitation à la fraude sera forte. d’ériger la fraude en un délit pénal comme le proposait le projet de loi gouvernemental sur la réforme fiscale. à l’instar des actions menées au niveau international. de la croissance de leur volume et du caractère incessant de leur modification. pour la réduction progressive des dérogations fiscales et la consolidation d’une certaine l’équité fiscale. IS. Ceci justifie le fait que les parlementaires marocains avaient refusé. l’administration fiscale marocaine œuvre. depuis quelques années. l'importance démesurée des exonérations et la relative complexité de la législation fiscale. Ces coûts comprennent le 5 . Il y a lieu de rappeler brièvement que l’histoire du Maroc a connu des cas de non consentement à l’impôt. en 1982. des recommandations de différents organismes internationaux préconisant la simplification et la stabilisation de la norme fiscale. L'adoption de dispositions communes a permis l'avènement du code général des impôts en 2007.G. Causes économiques : La situation économique du contribuable affectée par la conjoncture économique commande souvent son comportement en matière fiscale et peut l’inciter à la fraude. A ce sujet. le niveau de prélèvement constitue un facteur important dans l’incitation à la fraude. Le système fiscal a connu des aménagements se traduisant par la diminution du nombre d'impôts et de taxes.L’obscurité du droit fiscal se nourrit effectivement de la multiplication des textes. Plus le niveau d’un prélèvement est élevé.I est entrée dans un processus de simplification du système actuel autour de trois principaux impôts (IR. TVA). La problématique de la fraude et de l'évasion fiscale a été facilitée par la multiplicité des taux d'imposition. par la diminution des taux d'imposition et la réduction progressive des mesures dérogatoires.

Aussi n’est-il pas nécessaire de s’interroger sur la nature même de cette fraude et sur les différents moyens qu’utilisent les contribuables fraudeurs pour éviter l’impôt. Du consentement de l’impôt a la bonne gouvernance fiscale (Mémoire). Les normes sociales : lorsque le citoyen croit que l’indiscipline fiscale est une pratique courante. le cas échéant. Différence individuelle : Les individus qui ne se conforment pas aux obligations fiscales sont souvent de contribuables égoïstes ayant une attitude positive à l’égard de la fraude fiscale et une attitude négative à l’égard de l’administration fiscale. 3 BENJELLOUNE Samir. les frais encourus parce qu’il faut.impots. ainsi que les considérations psychologiques et morales des contribuables . Les principales raisons de ces comportements peuvent être classées comme suit3 : L’équité : Le comportement du contribuable est influencé par deux sentiments.finances.gov. faire appel à un comptable et les coûts indirects qui découlent de la complexité de la réglementation fiscale . − Les normes sociales et culturelles. le système fiscal. la probabilité qu’il ne respecte pas lui‐même les obligations fiscales serait plus grande . − Les interactions avec les pouvoirs publics et l’appréciation des contribuables envers l’administration fiscale.ma 6 . In : http://intranet. voire les politiques publiques en général.temps nécessaire pour se conformer aux formalités. à savoir que le système le traite injustement par rapport aux autres et que le gouvernement fait très peu avec les recettes collectées . Causes morales et psychologiques : Plusieurs facteurs comportementaux ou psychologiques ont été identifiés comme ayant un impact sur les comportements des contribuables vis-à-vis de leurs obligations fiscales : − La perception des politiques faite de la lutte contre la fraude . Mécontentement à l’égard de l’autorité fiscale traduisant une faible adhésion à l’impôt.

pour le contribuable fraudeur. les bénéfices indirectement transférés. En matière d’impôt sur le revenu. Le mécanisme des prix de transfert. Les fausses justifications : Une deuxième grande catégorie de fraude. bien connu des multinationales. consiste à manipuler les prix des transactions entre filiales d’une même entreprise afin de diminuer l’imposition dans le pays de production et/ou de destination. ils comportent souvent une dimension internationale et s’inscrivent dans des structures de groupe elles-mêmes complexes. Prix de transfert : L’internationalisation des activités économiques a conduit les entreprises à agir de plus en plus indépendamment des frontières. La loi marocaine prévoit que Lorsqu'une entreprise a directement ou indirectement des liens de dépendance avec des entreprises situées au Maroc ou hors du Maroc. pour les grandes entreprises. consiste. Le bénéfice sera donc déclaré dans ce paradis fiscal où il sera peu ou pas taxé. du pays de production. Les montages sur les droits d’enregistrement visent également à échapper au paiement des droits de mutation. notamment à travers des donations d’immeubles. Le développement des montages : A l’inverse des catégories précédentes. filiale qui le revendra à une autre branche de l’entreprise dans un troisième pays à un prix surfacturé. d’autant que.3. une marchandise ou un service est exporté à un prix sous-évalué vers une filiale installée dans un paradis fiscal ou autre pays à bas taux d’imposition. plus élaborée. soit par tout autre moyen. à chercher à travestir la réalité de sa situation de façon à minorer le montant d’impôt normalement dû. la dernière grande catégorie de fraude est beaucoup plus sophistiquée : de complexité extrêmement élevé. soit par voie de majoration ou de diminution des prix d'achat ou de vente. sont rapportés au résultat fiscal et /ou au chiffre d’affaires déclarés. Ainsi. mécanismes de la fraude Les mécanismes de fraude vont des actions les plus simples aux montages les plus complexes La dissimulation ou la minoration de recettes et sous facturation : Il s’agit d’occulter à l’administration fiscale l’existence d’une activité économique ou la perception d’un revenu. les montages visent souvent à tenter d’échapper à l’imposition des plus-values. 7 .

la rapidité des échanges. Au niveau de l’administration fiscale marocaine. la TVA et les droits d’enregistrement ont permis de dégager les procédés des irrégularités frauduleuses les plus fréquents : • Les fraudes sur les comptes de gestion en matière de l’Impôt sur les bénéfices et TVA les procédés de fraude constatés sont : La minoration des produits. la concurrence fiscale. et l’échange d’informations est extrêmement limité. les bénéfices indirectement transférés. Plus que jamais. surtout lorsqu’il s’agit de fraude fiscale. le secret bancaire perdure. l'administration peut en limiter le montant ou déterminer la base d'imposition de l'entreprise par comparaison avec des entreprises similaires ou par voie d'appréciation directe sur la base d’informations dont elle dispose. et face à l’internationalisation et à la mobilité croissante de l’activité économique. Les cas de fraude constatés lors des vérifications des comptabilités en matière de L’impôt sur les bénéfices. 8 . l’opacité juridique et bancaire ou bien encore les nouvelles technologies sont autant d’éléments qui constituent les principaux ingrédients de ce phénomène qui touche tous les pays et qui affecte particulièrement les budgets publics et sociaux. taux d’amortissement élevé. Compte tenu de la diversité des législations fiscales. sont déterminés par comparaison avec ceux des entreprises similaires ou par voie d’appréciation directe sur la base d’informations dont dispose l’administration. le recouvrement et le contrôle de l’impôt) s’est suffisamment adaptée ou non.. la question est de savoir si l’administration fiscale (dont les missions restent la gestion. la faible fiscalité qui est appliquée dans certains territoires.les anomalies et irrégularités de l’actif: immobilisations fictives. l’évaluation fictive des stocks et travaux en cours. il est toujours possible de monter des sociétés écran. le contrôle fiscal des opérations internationales est nécessaire. Paradis fiscaux La liberté de circulation des capitaux.En vue de cette rectification. la majoration ou les minorations des achats. provisions non justifiées. la comptabilisation de charges fictives non liées à l’exploitation. • La fraude sur les comptes du bilan : . Et que Lorsque l'importance de certaines dépenses engagées ou supportées à L’étranger par les entreprises étrangères ayant une activité permanente au Maroc n'apparaît pas justifiée. qui restent nationales. Paradis fiscaux et judiciaires existent toujours..

Les autorités fiscales sont appelées à accorder une attention plus grande aux facteurs qui déterminent le comportement des contribuables afin qu’ils puissent ensuite concevoir et mettre en oeuvre un ensemble de réponses plus efficace — à savoir des réponses qui s’attaquent aux causes sous-jacentes de l’indiscipline et non aux symptômes.. assorti de sanctions pour lutter contre la fraude fiscale. le contrôle fiscal devrait être conçu comme un outil d’accompagnement du développement de l’entreprise.La lutte contre la fraude fiscale au Maroc Bien que les contrôles demeurent un outil fondamental et nécessaire de lutte contre l’indiscipline fiscale. la comptabilité informatisée et d’une manière générale la dématérialisation de l’économie constituent de véritables opportunités de fraude. Le cadre législatif du contrôle fiscal s'appuie sur un dispositif important de moyens légaux. dettes et autres créanciers. II. s’opère dans le cadre des dispositions légales prévues par le Code Général des Impôts. Ainsi. la tâche des fraudeurs est incroyablement facilitée à cause de la généralisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) au sein de notre économie et de notre société. dissimulation du CA et de recettes au titre des comptes courants des associés. on ne peut guère espérer les neutraliser à l’aide d’une stratégie à composante unique — en particulier une stratégie basée exclusivement sur la vérification et l’exécution de la loi. En fait. Les technologies de l’information et de la communication peuvent faciliter la fraude fiscale. On citera : 9 . 1. Le commerce électronique et l’internet. lui offrant en plus un service d’audit fiscal.La stratégie du contrôle fiscal Le contrôle fiscal ne peut être une finalité en soi. L’administration fiscale doit définir une politique de contrôle fiscal responsable et acquérir (ou conquérir) les moyens de pilotage de sa politique. en vue d’instaurer le civisme fiscal et lutter contre la fraude fiscale. A ce titre.- les anomalies et irrégularités du passif : provisions non justifiées. les facteurs qui sous-tendent le comportement des contribuables dans un domaine de risque particulier sont souvent complexes. la concurrence loyale entre les entreprises et réaffirmer l’égalité des citoyens devant l’impôt. il procède d’une vision globale qui contribue à instaurer la transparence dans les obligations commerciales. Le dispositif législatif La mission de contrôle fiscal au Maroc. adopté en 2007.

Le contrôle de comptabilité et de la situation fiscale d’ensemble permettant de s’assurer du bien-fondé et de la sincérité des déclarations souscrites par le contribuable . . . .Le droit de constatation : Il s’agit de contrôle sur place de la facturation et de l’existence matérielle des éléments physiques de l’exploitation pour rechercher les manquements aux obligations prévues par la législation en vigueur.Le paiement obligatoire par chèque au-delà de 10. la limitation de la durée du contrôle. 10 .000 DHS pour une meilleure traçabilité des transactions opérées par les contribuables . . l’obligation de motiver les redressements. Le dispositif organisationnel La configuration des structures de contrôle fiscale marocaine en vigueur est orientée « client » prenant en considération les exigences de la marche de modernisation entamée par la DGI depuis quelques années.Les sanctions pécuniaires ou pénales applicables en cas de manquement aux obligations fiscales. la procédure contradictoire en matière de contrôle et le recours devant les commissions d’arbitrage et devant les tribunaux. ces structures sont réparties en distinguant la Direction inter-préfectorale des vérifications de CASABLANCA et les différents Services Régionaux des vérifications des Directions Régionales à travers le Royaume.Le renforcement du droit de communication qui permet de recueillir tout renseignement utile à l’assiette et au contrôle de l’impôt .La réglementation de la facturation en ce qui concerne le contenu et la chronologie de son établissement . sur le plan géographique. le législateur a prévu des garanties en faveur des contribuables. . . . notamment le droit à la prescription fiscale.L’affichage obligatoire de l’article de la taxe professionnelle et la mention obligatoire de l’article des patentes lors des ventes en tournées..Le recensement pour l’identification de nouveaux contribuables ou la régularisation de la situation fiscale des contribuables existants .Le droit de visite sur place conçu en matière de la taxe professionnelle qui permet de constater sur place les moyens d’exploitation du contribuable. Pour contrebalancer les prérogatives dévolues à l’administration. Les structures régionales de la DGI L’évolution des structures du contrôle fiscal est marquée par la restructuration des services régionaux des vérifications en fonction de la population cible de la région. Ainsi. . le droit d’aviser le contribuable du contrôle avant toute intervention sur place.

La sélection des contribuables qui feront l'objet d'une vérification s’effectue moyennant une batterie de critères tels que. elle est chargée également de la conception d’études monographiques et de fiches d’information générale d’aide et d’assistance au contrôle . Les structures centrales de contrôle de la DGI La généralisation de l’organisation basée sur le principe de la gestion par portefeuille a été concrétisée par la création. au niveau central. . 11 . deux Directions des Grandes Entreprises de CASABLANCA et de RABAT sont chargées de la gestion et du contrôle des entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est égal ou supérieur à 50millions de DH et des sociétés de crédit et de banque.Complétant la vision de la gestion adaptée au profil des usagers. la réalisation d’enquêtes fiscales utiles à la programmation.une division du suivi des vérifications régionales et des recours.une division de la programmation. dont les missions et attributions sont résumées ainsi : . les recoupements dont dispose l’administration fiscale. Elle se subdivise en trois divisions. les organismes financiers privés et publics et les établissements stables d’entreprises étrangères. ou ayant fait l’objet de requêtes ainsi que de l’élaboration de notes et de fiches d’harmonisation des méthodes d’approche ou procédures . les résultats des vérifications antérieures. les dénonciations appuyées de justifications valables. etc. chargée de l’examen régulier des documents du contrôle. de la Direction du Contrôle Fiscal qui intègre toutes les tâches fonctionnelles liées aux différentes étapes de la vérification. notamment les sociétés de groupes. des compagnies d’assurance et de réassurance. l’établissement et le suivi de l’exécution des programmes de contrôle . des recoupements et des monographies ayant pour mission de procéder à la collecte et au recoupement d’informations. .une division des vérifications Nationales ayant pour missions le contrôle des comptabilités des entreprises présentant un enjeu financier important. de l’étude approfondie de dossiers présentant un intérêt particulier. des établissements stables des sociétés étrangères et établissements publics ainsi que des sociétés de bourse et les OPCVM. Cette entité intervient sur tout le territoire national. à la formulation des pourvois de l’administration fiscale devant la commission nationale du recours fiscal et l’étude des décisions de cette dernière . elle veille également au suivi des recours devant les commissions locales de taxation. l’évolution anormale des indicateurs de performance de l’entreprise ou par comparaison avec ceux des activités similaires.

soit par un examen de l’ensemble de la situation fiscale. développer la coopération et l’échange électronique de renseignements avec les partenaires internes et internationaux. Le degré de transparence est mesuré aussi bien par la conformité aux obligations fiscales que par les résultats du contrôle. Collecte et exploitation de l’information Pour réussir ses interventions. Il suffit 12 .un contrôle sur pièces initié par les services d’assiette dont l’objet vise à s’assurer que les déclarations fiscales souscrites par les assujettis ne présentent pas d’irrégularités apparentes. Ce contrôle permet également l’identification des contribuables défaillants au regard de leurs obligations déclaratives et de paiement de l’impôt . Pour cela.Par ailleurs. Les structures chargées actuellement des opérations de recensement physiques des immeubles et des locaux professionnels peuvent faire office de brigades mobiles chargées des enquêtes et de la collecte des renseignements. coiffée par une structure centrale d’analyse et de synthèse et équipée de technologies d’informations appropriées et d’autre part. une programmation ponctuelle est prévue et concerne essentiellement les cessions et les cessations d’entreprises dont l’enclenchement du contrôle revêt un caractère urgent pour sauvegarder les intérêts du Trésor. Dans ce cadre le système de quantification des travaux de vérification mis en place est basé sur une série d’indicateurs synthétiques de performance. l’administration fiscale doit mobiliser le bon renseignement. La maîtrise et la rationalisation de la gestion du contrôle fiscal sont l’objectif principal de la mise en œuvre de contrats-objectifs par structure et l’évaluation des résultats par la quantification des indicateurs de performance. Pour remplir sa mission en la matière. . elle doit d’une part se doter de structures d’enquête et de collecte de renseignements à l’échelle régionale. Les contribuables qui se conforment à la loi bénéficient d’un traitement différencié. 2 Les actions et les mesures envisagées Le système d’analyse risque : pour une meilleure programmation du contrôle L’usage des outils d’analyse de risque (risk management) permet de classer les contribuables selon le degré de transparence fiscale. . l’administration fiscale recourt généralement à deux formes de contrôle : un contrôle sur pièces et un contrôle sur place.un contrôle approfondi matérialisé. s’agissant de revenu global des personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu. soit par une vérification de comptabilité sur place lorsqu’il s’agit d’entreprises.

13 . pour une population cible ou pour des listes de critères. directement ou par le biais de leurs établissements stables : le secret du renseignement ne doit pas se poser et l’échange d’informations doit être automatique. la DGI entend substituer le système d’analyse risque aux méthodes traditionnelles de programmation des vérifications. des permis d’habiter. construites autour des propositions faites par les gestionnaires des dossiers. La dématérialisation des déclarations fiscales et des paiements en cours de réalisation doit pouvoir fournir des masses de données à croiser pour détecter les omissions et les incohérences. deux modules principaux de la programmation ont été conçus : • Le module PGV en charge de la prise en compte du processus de programmation. un ensemble de contribuables avec une estimation préalable de probabilité de non-conformité (scoring). Par ailleurs. le plus souvent insuffisamment étayées. financières et bancaires réalisées à l’étranger par les résidents au Maroc et sur les multinationales qui opèrent au Maroc. Le module SAR doit fournir. Le rapprochement de toutes ces données permettra d’accroître le volume des renseignements à exploiter. des abonnements en eau et en électricité.dans ce cas de transformer le statut d’agent recenseur en agent enquêteur ou agent en renseignements fiscaux. du suivi des fiches de renseignement. l’administration fiscale doit s’ouvrir sur ses partenaires en interne et en international en vue de mener des actions conjointes et complémentaires de contrôle et d’échange de renseignements pour lutter contre l’informel et les fraudes fiscales complexes. des propositions remontées vers l’administration centrale et de l’analyse de la pertinence des critères de sélection . elle pourra faire valoir le droit de communication des renseignements sur toutes les opérations commerciales. ainsi. La programmation La mobilisation du renseignement est une étape décisive pour la sélection des dossiers à vérifier. des attestations et autorisations administratives d’exercer. Par le biais de l’assistance administrative. A cet effet. • Le module SAR en charge d’effectuer les analyses de risques à partir d’une liste de critères ou à partir d’une population cible. La prise en charge de la gestion des droits d’enregistrement et la fiscalité locale par le SIT et basée sur l’exploitation des autorisations de construire.

avant de se lancer dans des vérifications individuelles. Chaque année. Ils sont ensuite affectés au contrôle fiscal où ils sont en doublure sur des dossiers. au cœur des préoccupations des pouvoirs publics. la DGI a lancé un appel d’offre pour l’acquisition d’outils plus génériques de datamining ou de business intelligence pour permettre une approche plus progressive dans la mise en place d’un système d’Analyse Risques. La problématique de la fiscalisation du secteur informel réside dans la délimitation de son champ et l’appréhension de ses causes et ses manifestations. l’administration devra s’appuyer sur des équipes de vérificateurs experts et crédibles. La fiscalisation de l’économie informelle Le phénomène de l’informel est. Pour couvrir l’ensemble du tissu fiscal. Pour le patronat. l’informel s’entend aussi des entreprises identifiées auprès de l’Administration et du RC et qui pratiquent de la sous facturation. pendant une période allant de six mois à une année. avec des vérificateurs chevronnés. car il est responsable de l’enlissement de la base imposable et du maintien des taux d’imposition élevés sur les unités organisées. le département des ressources recrute des cadres de haut niveau.A cet effet. notamment en matière de politique et d’administration fiscales. 14 . les outils de l’analyse risque de contrôle du remboursement de la TVA sont élaborés et un planning de déploiement au niveau des services déconcentrés est arrêté. tout en bénéficiant d’un retour d’expérience. Améliorer l’organisation et la qualité du contrôle fiscal Pour réaliser ces objectifs. il est nécessaire d’augmenter l’effectif des vérificateurs et de doter les Directions Régionales de brigades de vérification. incontestablement. elle couvre les activités licites et illicites non identifiées auprès du fisc. L’administration favorisera également le contrôle d’assiette en assurant des formations et un encadrement approprié aux gestionnaires des dossiers présentant le profil adéquat. de la CNSS et ne disposant pas de registre de commerce (RC). leur assure une formation théorique et des stages pratiques d’au moins deux années dans les services d’assiette. Par ailleurs. Leur présence constituera un facteur essentiel de dissuasion. La dimension de l’informel est variable et extensible selon l’observateur ou l’analyste. formés dans toutes les disciplines en rapport avec le droit des affaires et sensibles aux valeurs d’engagement et d’éthique. Pour l’administration en général.

prévoit. il existe une loi qui vise à promouvoir l’honnêteté fiscale. Etablir des relations de confiance avec les partenaires La promotion du civisme fiscal est le principe même de la fiscalité consistant à obtenir des contribuables le paiement spontané de leurs impôts. d’envisager des déclarations rectificatives. le projet de la loi de finances pour l’année budgétaire 2011 prévoit un taux de 15% en matière de l’impôt sur les sociétés pour la Très Petite Entreprise (TPE) dont le chiffre d’affaires hors taxe réalisé est inférieur à 2. Par ailleurs. Le civisme fiscal peut être obtenu en : ● ● Renforçant la transparence des actions de l’administration pour instaurer des liens basés sur la confiance . l’imposition des revenus acquis et des opérations effectuées à compter de la date de leur identification. au risque de multiplier les régimes d’imposition.000. ce dernier. Simplifiant les procédures pour rendre accessible la matière fiscale aux contribuables et obtenir une application uniforme de la loi par l’ensemble des services fiscaux . 15 .S’il est utile de concevoir un support législatif pour attirer les unités informelles vers l’économie organisée. sans majoration d’assiette ni de paiement pour les entreprises identifiées et qui pratiquent de la sous-facturation. en Allemagne. afin d’encourager la fiscalisation de l’économie informelle. dans de nombreux pays on assiste à l’émergence d’un nouveau concept. le projet de la Loi de Finances pour l’année budgétaire 2011. ● Proscrivant les ● Instituant un conciliateur chargé de la négociation des bases d’imposition résultant d’une évaluation administrative ou de redressements fiscaux . offrant ainsi une sécurité juridique aux redevables . celui de « Voluntary compliance ». d’autre part. A titre d’exemple. pour l’intégration des contribuables exerçant dans l’informel. La réflexion pourra s’orienter en direction d’un régime de réhabilitation fiscale des unités non identifiées. L’expérience menée avec les promoteurs immobiliers peut être généralisée à d’autres organisations professionnelles. d’une part et.000 de dirhams. régularisations fiscales des situations antérieures quand des changements de doctrine fiscale interviennent. Ainsi. doit différencier entre toutes les dimensions composites de l’informel. Aujourd’hui. et afin d’encourager la formalisation pour les TPE qui viennent volontairement régulariser leur situation.

En Millions de DH Recettes totales Année 2008 Année 2009 Droits recouvres suite a vérification Année 2008 Année 2009 2008 % 2009 % 117 819 104 953 3 454 4 434 2. s’est améliorée de manière significative en passant de 2. la modernisation de l'administration fiscale pour améliorer l'efficacité du contrôle a eu pour résultat le bon comportement des entreprises au niveau des déclarations parallèlement à l'augmentation du rendement du contrôle.2% 16 .9%en 2008 à 4. en 2009 Rendement du contrôle par rapport aux recettes des impôts gérées par la D. on constate que la part du contrôle dans les recettes gérées par la DGI.9% 4. l'amélioration de l'efficience du système fiscal. En effet et à titre d’exemple.2%.I.G.CONCLUSION L'effort soutenu pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscale sous forme d'actions concrètes visant la réduction de l'informel.

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