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Faculté de Philosophie & Lettres

Département des Arts et Sciences de la Communication


Cours de M. P. Durand « Théorie critique de l’information » – COMU0025-1
Daisy Boulanger, Sarah Caughey, Virginie Van Leeuw,
Ishu Anand, Patrick Bartholomé, Adrien Devreux, Nicolas Mignolet.

Ce document est consultable en ligne au format PDF à l’adresse :


http://sites.google.com/site/journauxdisparus/

JOURNAUX ET PÉRIODIQUES BELGES


D’INFORMATION GÉNÉRALE
DISPARUS DEPUIS 1980
Bref état des lieux et présentation de quelques cas
La partie du travail confiée à notre groupe consistait à identifier les principaux
journaux francophones belges d’information générale disparus au cours des trente
dernières années (ca 1980-2010), à rechercher les circonstances de ces disparitions, à
tâcher d’en comprendre les causes dans le contexte plus vaste de la « fin des journaux
et de l’avenir de l’information » (cf. l’ouvrage éponyme de Bernard Poulet).

Approche quantitative

D’après l’ouvrage déjà ancien de Jean Gol1, la presse quotidienne belge comptait 92 titres en 1898, 82 en
1945 et 42 en 1969. Ils ne sont plus que 27 aujourd’hui2, du moins si l’on considère comme des journaux
réellement différents les multiples éditions régionales (portant ou non un titre commun) au sein d’un même
groupe de presse, à peine plus d’une quinzaine dans le cas contraire.

1
Jean Gol, Le monde de la presse en Belgique, CRISP, Bruxelles, 1970, p.121, cité par Jean-Philippe Legrand dans Rôle social et
fonction journalistique des dessinateurs dans la presse quotidienne national en Communauté française, mémoire présenté sous la direction
de Melle et MM. les professeurs D. Bajomée, J.M. Klinkenberg et J.P. Duchesne en vue de l’obtention du grade de licencié en
Information et Communication, Liège, ULg, inédit, 1998.
Consulté le 12/4/2010 sur http://www.dessindepresse.com/59-presse-belge-par-jean-philippe-legrand-en-1998.html.
2
CIM, « Étude Tactique Presse 2008/2009 », consulté sur http://www.cim.be/audi2009/fr/d/index.html le 12/4/2010.

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Si à cette baisse du nombre de titres on ajoute la diminution constante du tirage3 et donc de la diffusion et
du lectorat de chaque titre, on prend la mesure du déclin quantitatif de la presse quotidienne depuis 30 ans et au-
delà.
Enfin, un travail de recherche effectué par Laurence Mundschau4, portant sur un corpus historique
composé des ultimes éditoriaux des derniers numéros de 52 hebdomadaires d’information générale belges
francophones « décédés » – ce sont les termes de l’auteur – après-guerre (1950-2000), permet d’inférer également
un ordre de grandeur du nombre de périodiques d’information générale disparus.

Contexte social et historique récent

Après la deuxième guerre mondiale, la société belge s’était d’abord reconstruite autour de ses « piliers »
traditionnels : gauche/droite, chrétien/laïque, socialiste/libéral, ouvrier/employé, etc., ainsi que des inclusions et
exclusions possibles entre chacun de ces termes : ouvrier chrétien ou laïque, socialiste donc laïque, libéral donc
non-ouvrier, etc. Chacun de ces « piliers » possédait son parti, sa mutuelle, sa coopérative, son syndicat, sa presse,
etc.
Mais depuis cette époque, les cartes se sont peu à peu brouillées : le monde a cessé d’être binaire depuis la
chute du mur de Berlin (1989), entraînant avec elle la fin des idéologies (quand ce n’est pas la fin de l’Histoire,
selon certains) ; la baisse de la pratique religieuse et la déchristianisation de l’Occident se sont accélérées ; la part
relative5 de la main-d’œuvre ouvrière dans les statistiques de l’emploi n’a cessé de diminuer, entraînant sans doute
une diminution de la conscience de classe ouvrière, accentuée par l’émergence de l’individualisme, de l’idéal
néolibéral de la réussite personnelle, de la méritocratie, de l’esprit d’entreprise personnel (rendu possible ou
facilité par les NTIC, l’ouverture des frontières, l’imaginaire du village global et de l’économie mondialisée).

3
- 1,88 % en 2007 par rapport à 2006 pour les quotidiens francophones, - 1,48 % tous journaux belges confondus, derniers
chiffres CIM disponibles sur http://www.jfb.be/home2.asp?ID=32, page consultée le 12/4/2010.
4
« Demain ne meurt jamais. Ultimes parutions et discours autoréférentiel (la presse belge francophone, 1950-2000) »,
dans Questions de communication, n°14, 2008, pp. 263-282, 449-450. Non consulté.
5
Evolution de la répartition de l’emploi en ouvriers et employés en Wallonie (source ONSS)

1974 1992
Nombres Pourcentages Nombres Pourcentages
Ouvriers 481899 56,1 325966 39,4
Employés 376730 43,9 501967 60,6
Emploi total 858465 100,0 827701 100,0

In Matéo Alaluf, « Le travail et les travailleurs ne sont plus ce qu’ils étaient », in Wallonie. Atouts et références d’une Région, sous la
direction de Freddy Joris, Gouvernement wallon, 1995. Consulté en ligne le 7/4/10 sur http://www.wallonie-en-
ligne.net/1995_Wallonie_Atouts-References/1995_ch08-2_Alaluf_Mateo.htm.

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La mutation et les problèmes de la presse

Dans ce contexte, la presse belge, qui en 1950 était essentiellement une presse d’opinion, plutôt
conservatrice, a vu s’estomper au fil des années une partie de ses raisons d’être idéologiques et sociopolitiques.

« La presse d’opinion ne semble pas avoir compris que le monde changeait. Et, avec lui, le rapport de l’homme à
l’opinion et à l’engagement. La presse d’opinion n’a pas pu suivre cette évolution, et encore moins la précéder (...).
La disparition totale de la presse d’opinion est-elle donc programmée dans les gènes d’une société postindustrielle,
individuelle, consensuelle et dépourvue de lieux de débat ? »6

À ce phénomène sociologique se sont ajoutés des problèmes économiques propres au secteur de la presse
(réduction en euros constants de l’aide publique à la presse, transfert du marché de la publicité vers la télévision,
augmentation des tarifs postaux…) ou des innovations technologiques portant des incidences sur la façon de
fabriquer l’information ou de la consommer : l’accès du grand public à l’Internet dès 1995 en Belgique, et à
présent (2010) l’émergence explosive de l’Internet mobile.
Aujourd’hui, « 30.000 lecteurs de la presse quotidienne francophone belge payante disparaissent chaque
année », constate Jean-Jacques Jespers en 20107. Le business model de Girardin lancé avec le journal La Presse en
1836 et repris ensuite universellement, semble avoir progressivement cessé de fonctionner depuis l’après-guerre.
Les médias sont devenus des produits industriels comme les autres et à ce titre sont gérés par des managers qui
leur appliquent les mêmes règles de gestion qu’à tout produit, à commencer par l’impératif de rentabilité. Il n’est
plus imaginable, par exemple, dans une économie néolibérale du type de celle que nous connaissons
actuellement, que les comptes d’une business unit déficitaire soient apurés pendant 45 ans par un don annuel de 1
à 1,5 million d’euros venu d’un actionnaire, au nom d’une idéologie, ainsi que ce fut le cas pour La Cité.

La mutation du lecteur

De son côté, le militant-lecteur s’est peu à peu mué en lecteur-consommateur. Un consommateur qu’il
faut donc séduire, au prix du recours à certaines techniques de marketing, vécues parfois comme des
compromissions par les rédactions militantes comme par les actionnaires-éditeurs institutionnels. À terme,
l’éloignement entre les éditeurs « idéologiques » et leurs journaux était donc programmé : soit que ces éditeurs
finissent par rechigner à soutenir, par les cotisations des militants, les journaux chroniquement en difficulté, soit

6
Question posée par Frédéric Antoine (UCL) en ouverture d’un colloque le 27/1/1996 à l’UCL, prolongé par l’ouvrage
rédigé sous sa direction : Coupures de presse. Disparition de La Cité et survie des médias d’opinion, Louvain-la-Neuve, Academia-
Bruylant, 1996.
7
Postface de Jean-Jacques Jespers in Marie-Thérèse Coenen et al., La Cité, 45 années de combat quotidien, Bruxelles, Centre
d’Animation et de Recherche en Histoire Ouvrière et Populaire (CARHOP) – Centre de recherche et d’information
sociopolitiques (CRISP), 2010
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que devant la baisse d’intérêt du public pour les journaux, ces éditeurs recentrent leurs moyens d’action sur
d’autres objectifs, soit que les journaux vendent leur âme en tout ou en partie sous la pression des réalités
économiques, perdant ainsi le soutien de leur éditeur. Dans tous les cas, par insuffisance de financement, les
journaux d’opinion ont soutenu de plus en plus mal la comparaison, du point de vue de l’attractivité visuelle ou
générale, avec les périodiques plus commerciaux, et cela quelles que soient les qualités intellectuelles et
journalistiques intrinsèques des uns et des autres.
Le lecteur-consommateur est également devenu toujours moins friand d’articles militants, jugés arides ou
ennuyeux, et de plus en plus demandeur d’entertainment. En réponse, l’infotainment, auxquels se prêtent mieux les
techniques de la télévision, apparaît toutefois comme l’un des derniers essais de l’information pour continuer
d’exister sous le regard du public, même si ces nouveaux atours d’un goût douteux dont elle se pare évoquent
d’ultimes tentatives de séduction, aussi désespérées que pathétiques.

La baisse du pluralisme risque de n’inquiéter personne

La disparition de la presse d’opinion contribue certes à la baisse de pluralisme. Mais devant la diminution
plus générale de l’engagement, qui se manifeste par la désaffection du public pour les journaux d’opinion, pour
l’affiliation aux syndicats, aux mouvements de jeunesse, aux partis, on peut se demander qui cela va encore
inquiéter dans un monde où les valeurs collectives sont toujours plus démonétisées. L’émergence d’une nouvelle
société d’individus isolés mais symbiotiques grâce aux NTIC, et plutôt tribalisés que mobilisés, reste à démontrer.
S’il elle s’avère, un nouveau modèle de fabrication et de consommation de l’information reste à inventer pour
cette société nouvelle.
Mais en attendant cette épiphanie, les pages qui suivent se contenteront de présenter une brève histoire du
déclin et de la fin de La Wallonie, Le Matin, Le Peuple, L’Instant, La Cité, Le Pourquoi Pas ?, Le Vif, Le Rappel.
Citons aussi pour mémoire la disparition8 le 30 juin 1974 des trois derniers journaux francophones de
Flandre : Le Matin, La Flandre Libérale et La Métropole, qui avaient été rachetés par Rossel en 1966 et maintenus à
bout de bras en dépit d’un désintérêt croissant du lecteur flamand et d’une radicalisation linguistique et politique
de son environnement culturel.

8
Lire à ce sujet Steve Vanhassel, Le Matin (1894-1974) : Vie et mort d’un quotidien francophone à Anvers, mémoire présenté sous
la direction du Prof. Jean-Claude Vantroyen en vue de l’obtention du titre de licencié en Communication, Information et
Journalisme, Bruxelles, inédit, 1998. Consulté le 7/4/10 sur http://www.webgate-be.net/matin/index.html.
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ÉTUDES DE CAS

LE JOURNAL SYNDICAL LA WALLONIE


Introduction – Historique de sa création
Le journal La Wallonie est né officiellement le 17 décembre 1923. Il lui aura fallu près de vingt ans pour
arriver à officialiser son nom, sa lignée éditoriale, sa rédaction. Les prémisses de ce journal sont liées à la création
d’une antenne liégeoise du journal Le Peuple, vers 1900. Implanté à Bruxelles depuis 1885 et créé par le POB
(Parti Ouvrier Belge), Le Peuple décide donc de créer son antenne liégeoise et d’insérer une page sur la Cité
ardente dans son quotidien. Mais le 9 septembre 1919, Le Peuple décida de créer un supplément de deux pages
wallonnes sous le nom Le Peuple de Liège.
Un article d’Isi Delvigne, intitulé « La Wallonie socialiste », amènera l’envie aux métallurgistes de créer un
quotidien local à part entière. Le 1er décembre 1920, paraît dès lors le premier numéro de La Wallonie socialiste,
même s’il reste dans la continuité du Peuple de Liège. Ce n’est que le 6 mars 1924 que le journal prend le nom de
La Wallonie, voulant se démarquer de son « père » bruxellois et affirmer son indépendance.
L’engouement de voir apparaitre un journal liégeois édité par la Fédération des métallurgistes de la FGTB,
qui serait donc un journal du syndicat, était tel qu’il fut donc finalement mis sur pied. Dès lors, un accord fut
trouvé entre les deux journaux. Le but de cette création était d’être profondément enraciné en Wallonie et donc
de créer un journal dans lequel les ouvriers de gauche pourraient se reconnaître. Les métallurgistes n’avaient rien
pour s’exprimer avant la naissance de La Wallonie. Ils pouvaient acheter une page dans un autre journal, mais eux
voulaient exister à part entière en éditant leur propre journal.
La majorité des parts du journal étaient détenue par les métallurgistes de la FGTB. Le président de la
Fédération des métallurgistes devenait automatiquement directeur du journal. C’était donc une structure très
syndicale. L’implication des métallurgistes était telle que c’était la coopérative fondée par la Fédération des
métallurgistes qui banquait lorsque les comptes n’étaient pas équilibrés à la fin de l’année.
C’est dans un immeuble de la rue de la Régence à Liège que l’équipe rédactionnelle était installée. Dans
cette équipe, on retrouve de grands noms tels que Léon Troclet, Georges Truffaut, et même George Simenon
qui venait quelquefois écrire des piges pour le journal. La Wallonie était éditée à Liège, dispatchée à Bruxelles et
un peu ailleurs, mais c’est surtout à Liège qu’on s’y intéressait.
En 1925, Isi Delvigne décida d’installer une station radio au sein même du journal. C’était une grande
première en Wallonie d’émettre un programme radio à partir des locaux d’une rédaction. Le poste fut appelé
« Radio-Wallonie » en référence au journal. Des nouvelles régionales et nationales ainsi que des programmes
musicaux étaient émis. Isi Delvigne y voyait un apport budgétaire du plus haut intérêt grâce à la diffusion de la
publicité.

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Lignée rédactionnelle et structure du journal
La Wallonie était un quotidien, fournissant deux éditions le dimanche. Il comportait une dizaine à une
vingtaine de pages et il y avait 32 pages au moins une fois par semaine. Le journal couvrait comme points focaux
le bassin industriel liégeois, mais aussi les bassins de Verviers, Huy et Waremme.
Sa lignée rédactionnelle ne se voulait pas d’être un journal socialiste uniquement. Seul l’éditorial amenait
un point de vue socialiste sur un fait d’actualité ; les autres articles n’étaient pas axés sur le socialisme. La
Wallonie était donc considérée comme un journal d’information générale.

Les causes possibles du déclin du journal


Le déclin de ce journal s’est fait au fur à mesure. De moins en moins d’exemplaires étaient édités, pour
arriver à une publication de moins de 20.000 exemplaires à la fin des années 1980.
Selon Paul Gruselin, il subsistait depuis le départ un problème de journalistes trop peu nombreux. La
qualité était touchée par ce manque d’effectifs. Ce facteur de manque d’effectifs et donc de moindre qualité a eu
des répercussions sur le journal. Il y avait également une grosse concurrence avec le journal La Meuse et un
lectorat vieillissant où le journal n’a pas réussi à renouveler ce lectorat avec un public plus jeune. De plus, pour
ceux qui étaient encore intéressés par le journal, c’est-à-dire les pensionnés, il leur revenait trop cher. L’évolution
des mentalités a également conduit à la perte de La Wallonie car les valeurs engagées étaient de moins en moins
marquées.
À la fin des années 1980, une tentative de renouveler le journal fut entreprise avec l’ajout de bandes
dessinées, notamment. Le journal est également passé à la couleur pour être en phase avec la publicité. Il y avait
des remontées d’achats du journal lorsque des mouvements sociaux prenaient place tels que des grèves, ce qui
marquait une certaine sensibilité par rapport au journal.

La naissance du journal Le Matin


Le journal Le Matin naît en mars 1998. Il résulte de la fusion entre La Wallonie et Le Peuple. Cette fusion
s’explique par une filiation idéologique où Le Peuple était le grand journal socialiste, édité à Bruxelles et Charleroi.
Concernant sa lignée rédactionnelle, le journal Le Matin a misé sur le style du journal français Libération.

LE PEUPLE, DE 1885 À SA CHUTE


En avril 1885, des groupements politiques belges sont réunis en congrès à Bruxelles et décident la création
du Parti Ouvrier Belge. Le vœu fut émis de voir apparaître un quotidien à 2 centimes, chargé de défendre les
idées et la politique du Parti Ouvrier Belge. Ce fut donc la création du Peuple, un journal de très petit format qui
ne compte que quatre pages, le premier numéro parut le samedi 12 décembre 1885. Vers 1891, le format avait été
agrandi et le journal se vendait à 3 centimes, mais ce prix trop modique ne permettait pas de faire un journal bien

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informé. Ainsi, Louis Bertrand eut-il l’idée audacieuse d’éditer un « grand » Peuple à 5 centimes et un plus petit,
L’Écho du Peuple, à 2 centimes.
L’année 1894 marqua le départ du grand développement de la presse socialiste. C’était l’année glorieuse
des premières élections législatives, 28 députés socialistes entrèrent au Parlement. Dès lors, le tirage ne cessa
d’augmenter et on multiplia les éditions régionales destinées aux grandes régions de la Wallonie : Liège, Borinage,
Namur-Dinant. L’édition liégeoise, elle, parut sous le titre En Wallonie.
La rédaction se renouvela et des signatures de collaborateurs éminents, belges et étrangers, se retrouvaient
dans les colonnes du journal. Citons, Fernand Demany, Emile Vandervelde, Louis de Brouckère, Jean Jaurès…
En ce qui concerne la direction du Peuple, elle fut assumée par Jean Volders, Louis Bertrand, Louis de Brouckère
à qui succédèrent en 1910 Joseph Wauters, Ernest Mandel, Victor Larock, et bien d’autres encore. Il faut
également souligner l’importance du nombre de journalistes qui sont passés par les bureaux du Peuple, rue des
Sables à Bruxelles, c’était un véritable lieu de stage et de formation, avant de poursuivre ailleurs, en particulier au
journal Le Soir.
Au cours de cette première partie d’existence Le Peuple mena de multiples campagnes parmi lesquelles
celles en faveur du suffrage universel, il se fera également dénonciateur et mena une campagne contre les
abominations congolaises et contre le pouvoir de Léopold II.
L’invasion du pays par les troupes allemandes vit Le Peuple suspendre sa publication à la veille de leur
entrée dans Bruxelles. Et ce n’est qu’à la proclamation de l’Armistice en 1918 que Le Peuple reprit sa publication,
mais au prix d’énormes difficultés. En effet, l’occupant avait laissé les ateliers du journal dans un triste état. Dès
la reprise les dirigeants décidèrent d’éditer à Liège un Peuple de Liège, qui remplaça l’édition d’avant-guerre En
Wallonie sous la direction d’Isi Delvigne.
En 1928, L’Avenir du Borinage fusionna avec Le Peuple, ce fut un apport de quelques milliers de lecteurs en
plus qui exigea un effort financier pour adapter les locaux et le matériel. Joseph Wauters s’était donné pour but
de porter le capital à 5 millions la veille de sa mort en 1929. C’est en son hommage que le Congrès du Parti
Ouvrier belge décida la création du Fonds Joseph Wauters, sous l’appellation « Pour que le Peuple lise », destiné
à fournir l’équipement de la presse socialiste du pays.
L’invasion allemande du 10 mai 1940 entraîna à nouveau la suspension de la parution du Peuple dont le
dernier numéro est daté du 15 mai 1940. Mais sous la conduite de Léon Delsinne, ancien rédacteur du Peuple, on
édita un Peuple clandestin, dont l’importance grandit au fil des années. D’autre part une commission de
réorganisation de la presse socialiste siégea pendant la guerre pour préparer la reparution des journaux
francophones socialistes après la libération du territoire. Le rapport de la commission de réorganisation proposait
de considérer Le Peuple comme un organe politique à Bruxelles et La Wallonie comme organe de défense
syndicale à Liège. C’est ainsi que Le Peuple fut le premier journal à paraitre à Bruxelles dès le 4 septembre 1944
sous la direction de Léon Delsinne et de Victor Larock. Les conditions matérielles de fabrication étaient
déplorables mais Le Peuple put compter, dans ses moments difficiles, sur les puissants moyens techniques du
journal Le Soir.

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En 1946, Le Peuple repris l’impression du Monde du Travail (qui n’était en fait que Le Peuple sous un titre
propre à la principauté de Liège), et du journal Le Travail de Verviers.
En 1960, lors de son 75e anniversaire, Le Peuple manifesta dans un éditorial du 10 et 11 décembre sa
fidélité au socialisme, et proclama qu’il reconnaissait le PSB comme la seule association qui défende cet idéal.
Cependant le PSB n’avait pas les moyens matériels de maintenir le quotidien en vie. Et puisque l’argent se
trouvait surtout à la Prévoyance sociale, la grande compagnie d’assurances, c’est Henri Lemaire qui sera, depuis
1955, le grand patron du Peuple.
Au sein de la presse socialiste francophone, des négociations étaient également en cours depuis plusieurs
années pour promouvoir une collaboration technique et rédactionnelle. Elle aboutit en 1968, avec un accord
entre Le Peuple, Le Monde du Travail, Le Travail, Le Journal-Indépendance, Vooruit et Volksagzet. Cette « Union des
journaux socialistes » allait naître en 1969, les buts de l’opération étaient étrangement vagues, il n’était question
que de coordination entre les cinq journaux, tandis qu’on insistait sur la personnalité de chacun d’eux. Chacun
voulait garder la haute main sur sa boutique. Cette époque est celle du déclin du Peuple et celle de la dégradation
générale des positions occupées par la presse écrite. La montée en puissance de la télévision y est pour beaucoup,
ainsi que l’inflation de la masse salariale, le doublement du prix du papier entre 1972 et 1976, et le vieillissement
et les besoins du lectorat. Il y avait là une nécessité d’accrocher les jeunes générations. Tous ces éléments se
conjuguaient pour précipiter la fin du vieux Peuple, cependant il allait encore survivre cinq ans après l’apparition
de l’« Union des journaux socialistes », jusqu’à la crise de 1974. Edmond Leburton, Premier ministre de 1973 à
1974, se retrouve alors face à la faillite imminente du Peuple et était obligé de se retourner vers les syndicalistes
maîtres du Journal-Indépendance, son but était de sauver le titre Le Peuple, de garder le contenu socialiste et de
sauvegarder le plein emploi, quitte à opérer une fusion avec le quotidien syndical et à transférer l’impression à
Gosselies. C’est pourquoi le numéro du 30 septembre 1974 est mélancolique, il est le dernier conçu dans la
vénérable imprimerie de la rue des Sables. Les deux titres conservaient, en théorie, leur personnalité. Mais la crise
de 74 fit perdre toute confiance et on reparlait déjà de faillite en 1976, c’est par un miracle que Le Peuple continua
d’être assuré de 1977 à 1978. Et c’est le lundi 14 mai 1979, lors d’un conseil d’administration que la décision
tomba : la fin du Peuple était fixée au 31 décembre. Dans le dernier numéro, André Cools et Edmond Leburton
s’expriment. Ils parlent du manque de lecteurs mais aussi du manque d’enthousiasme et des nombreuses erreurs
des gestionnaires. Et ils terminent en disant que « le vieux Peuple » subsistera dans le Hainaut, mais que le titre Le
Monde du Travail disparaît.
En 1985, un numéro spécial du Peuple célébrait le centième anniversaire du journal, ou du moins de son
titre. Mais fin d’année, un accord fut conclu : il équivalait à encastrer Le Peuple et Le Journal dans La Nouvelle
Gazette, avec un tronc de pages communes. Cependant, les titres absorbés devaient garder une diffusion de
minimum 10.000 quotidiens. Lors de la énième crise du Peuple en 1996-1997, son tirage était tombé en dessous
du seuil fixé par la convention de 1985, et il ne pouvait plus compter sur l’aide à la presse. Ainsi, le 30 juin 1997
eut lieu la fusion des deux sociétés, la Socopresse (La Wallonie) et Nouvelle Presse démocratique socialiste (Le
Journal-Le Peuple). Apparut dès lors Le Matin, un projet d’Yvon Toussaint et de René Piron qui avait couvé le

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projet mais qui n’en verra jamais sa parution. Le Matin se leva le 24 mars 1998 et se situait au 127 du boulevard
Emile Jacquemin, le premier numéro fut signé du rédacteur en chef Fabrice Jacquemart. La rédaction du journal
était étoffée, elle était compartimentée en différentes rubriques avec des rédacteurs en chefs d’édition et des
chefs de services.
A la veille de la sortie du nouveau journal Le Matin, en mars 1998, la longue histoire du Peuple fit l’objet
d’une relation de circonstance, en deux articles signés Robert Falony. Le Peuple a disparu après 112 ans et trois
mois d’existence.

L’INSTANT, « L’HEBDO DES ANNÉES NONANTE »


L’Instant était un news magazine (hebdomadaire d’actualité) qui avait été créé en septembre 1990 et qui a
disparu en avril 1993. L’Instant publia surtout des articles de société avec des « unes » accrocheuses et
provocatrices. Ses slogans étaient : « Sérieux et pas chiant » et « L’hebdo qui ose » et il avait comme spécificité
d’être un magazine belge, didactique et proche de ses lecteurs qui se démarquait du Vif, trop français. Les sujets
politiques y étaient restreints mais on y trouvait, par contre, diverses chroniques et une large partie culturelle. Il y
avait aussi beaucoup de photographies avec une typographie dynamique (L’Instant employait 5
maquettistes… Le Vif, deux seulement). Dans l’ombre de L’Instant, on nomme souvent Michel Henrion qui
travaillait au sein de parti socialiste. Il était le porte-parole et le conseiller de Guy Spitaels. Michel Henrion, qui
était un ami de Daniel Weekers, avait l’intention de créer un hebdomadaire général pour concurrencer Le Vif qui
avait racheté le Pourquoi pas ? Henrion cherchait les fonds nécessaires mais, sans l’accord du parti socialiste et de
Guy Spitaels, L’Instant n’aurait jamais vu le jour. Les trois acteurs principaux qui injectèrent les capitaux de départ
étaient :
1) La Société régionale d’investissement pour la Wallonie (SRIW) : cette société investit à long terme
dans des entreprises pour favoriser le développement économique en région wallonne.
2) Le groupe Deficom de Daniel Weekers, actuel patron de BeTV.
3) Newsco, société éditrice (dont 40% sont dans les mains des Editions Mondiales) c.-à-d. le groupe Louis
Croonen connu sous le nom « The Press » (The Press était dès 1984 une filiale du groupe français Les
Editions Mondiales et le Groep Brussel Lambert).

Newsco devint la société éditrice de L’Instant ; Louis Croonen, son administrateur délégué et éditeur
responsable. La rédactrice en chef en serait Christine Laurent, la compagne de Michel Henrion. Elle se trouvait
donc à la tête de ce nouvel hebdomadaire, partiellement financé par son compagnon. Mais L’Instant ne devait pas
être trop gauchiste ! Christine Laurent souhaita donc une rédaction d’horizons différents, ce qui ne plaisait guère
à Guy Spitaels qui trouvait les journalistes trop indépendants d’autant plus qu’il avait largement participé au
financement via Weekers et Croonen. L’objectif de départ était de vendre 45 000 exemplaires par semaine mais
avec 30 000, le magazine était auto-suffisant. Au début, L’Instant se vendait bien mais durant les années 91, 92 et
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93, le marché de la publicité subit une grave crise (précipitée par la guerre du Golfe). Chaque semaine, les ventes
de l’hebdomadaire baissèrent, pour arriver à 15 000 exemplaires. La publicité ne compensait plus le manque à
gagner. La conséquence en fut aussi cruciale que rapide… il n’y avait plus d’argent ! L’Instant devait donc être
recapitalisé le plus rapidement possible. Le groupe The Press était d’accord de mettre l’argent sur la table mais un
nouveau problème surgit alors. Le groupe Weekers (ami d’Henrion), non seulement ne voulait pas réinjecter de
l’argent mais souhaitait revendre ses parts (suite aux mauvaises affaires mais également à la séparation de Laurent
et d’Henrion). Croonen se voit donc dans l’obligation de racheter les parts de Weekers (il refuse en effet, un
autre partenariat) et dans l’impossibilité de recapitaliser. Ceci dit, les objectifs de l’hebdomadaire étaient, dès le
départ, bien insuffisants et son autopromotion, bien mauvaise. De plus, il arborait sa couleur politique de
manière bien trop prononcée. Christine Laurent aurait voulu une ligne éditoriale plus classique, dans la lignée des
autres journaux. Il y eut des querelles à ce sujet, à la rédaction. Rajoutez à cela le trou dans la caisse… et le tour
était joué ! Le groupe Roularta a toujours prétendu qu’il n’y avait pas de place pour ces deux hebdomadaires et
c’est Le Vif qui triompha. En 1993, le groupe VNU rachète le groupe The Press affaibli par l’affaire
Weekers. L’Instant, de par ses difficultés financières et éditoriales, se trouve dans une situation périlleuse d’autant
plus que VNU refuse toute connotation politique. Ce fut une excellente opportunité pour Roularta que de
racheter L’Instant puisque VNU voulait s’en débarrasser à tout prix. Il ferma directement le titre mais engagea
Christine Laurent et sa garde rapprochée pour booster les ventes du Vif. En effet, il appréciait tout
particulièrement le côté piquant et choquant qui avait animé L’Instant.

LA CITÉ, 45 ANNÉES DE COMBAT QUOTIDIEN


En 1950, dans le système de « piliers » de la Belgique de l’après-guerre évoqué en introduction de ce
document, les personnes formant le groupe social identifié au Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) se sentaient
minorisées à la fois comme ouvriers dans la monde catholique et comme catholiques dans un monde ouvrier
largement affidé au socialisme. Cette mouvance chrétienne de gauche ressentit donc le besoin d’avoir elle aussi
son journal, capable de diffuser et de défendre ses valeurs face à celles de la presse de l’époque, soit catholique
mais très conservatrice9, soit de gauche mais socialiste et anticléricale, soit très régionale.
C’est donc sous l’impulsion du MOC, des Mutualités chrétiennes, de la CSC10, et du cardinal Josef Cardijn,
fondateur de la JOC11 qu’est créée au début de 1950 une ASBL « ayant pour objectif de diffuser les idées
sociales-chrétiennes » par l’édition d’un nouveau journal. Son projet est également de « défendre la dignité des

9
À cette époque, l’Index librorum prohibitorum existe encore, et c’est par les valves au fond des églises que les paroissiens
prennent connaissance des titres de la « bonne presse », la seule qu’un chrétien est moralement autorisé à lire.

10
Centrale des Syndicats Chrétiens.
11
Jeunesse Ouvrière Chrétienne : un mouvement de jeunesse fondé en 1925 en Belgique par le cardinal Cardijn et
rapidement internationalisé. Ce mouvement existe encore : www.joc.be.

p. 10/20
travailleurs et d’éduquer la classe ouvrière ». La Belgique étant à cette époque déchirée par « l’Affaire royale », les
fondateurs attendent stratégiquement la fin de l’année 1950 et l’apaisement des tensions avant de publier le
numéro 1 de leur nouveau journal : La Cité.
Ce démarrage est marqué par un grand idéalisme, une grande générosité et par un non moins grand
amateurisme journalistique, éditorial et managérial. En effet, dès le début de La Cité, les finances ne sont pas
équilibrées et ce sera le même problème lancinant qui l’accompagnera pendant ses 45 années d’existence. Car le
modèle économique classique de la presse ne s’applique qu’imparfaitement à La Cité. Certes, son prix de vente
est inférieur à son prix de revient, comme c’est le cas de tous les journaux, mais la différence est mal compensée
par les autres sources classiques de financement de la presse :
• Les ventes de publicité sont faibles
• L’aide à la presse n’existe pas encore
• La Cité ne possède pas sa propre imprimerie, qui lui permettrait d’effectuer des travaux
bénéficiaires pour compte de tiers. Au contraire, son imprimerie est une structure indépendante,
la SA SOFADI, détenue également par la mouvance sociale-chrétienne, qui est supposée assurer
l’impression du journal à prix coûtant. Ce prix sera toutefois constamment contesté par les
directions successives de La Cité et la SOFADI ne se montrera jamais assez transparente sur ce
point.
• Le solde à financer est donc assuré pour moitié par la CSC, le quart restant par les Mutualités
Chrétiennes et le reste par ÉPÉCÉ12.

« La Croix Rouge »
Ce sobriquet affublait (et honorait sans doute aussi l’engagement de sa rédaction) un journal qui s’est
caractérisé tout au long de son histoire par son idéalisme simultanément de gauche et chrétien, par la finesse et
l’indépendance de ses analyses, même vis-à-vis du PSC13 et de l’Église, par ses prises de position, très souvent
reprises par la presse écrite et télévisuelle. « La Cité, le journal le plus cité » est un slogan qui a soutenu sa
publicité mais reflétait aussi une réalité. Le plus cité, certes, mais l’un des moins achetés : un tirage de 18.000 au
lancement, qui ne dépassera jamais 27.000 (1960) et ne cessera ensuite jamais de baisser lors d’un lent déclin,
secoué de brefs rebonds, et suivi d’une interminable agonie.
La Cité est aussi un journal de participation : 85 % des ventes se font par abonnements. Le courrier des
lecteurs est énorme et reçoit toujours une réponse, adressée personnellement si elle n’est pas retenue pour
publication. De nombreuses collaborations rédactionnelles bénévoles de haute tenue contribuent à la valeur du
journal.
Pourtant, en 1970, le tirage est tombé à 14.500 exemplaires.

12
Économie Populaire de Ciney – une chaîne d’épiceries coopératives aujourd’hui disparue.
13
Parti Social Chrétien, devenu Centre Démocrate Humaniste (CDH).
p. 11/20
L’aide à la presse apparaît en 1973 et apporte à des finances chroniquement déficitaires une bouffée
d’oxygène bienvenue mais insuffisante. Pendant des années, la CSC va éponger les pertes du journal à raison de 1
à 1,5 million d’euros par an ! Notons que les instances socialistes devront se livrer aux mêmes renflouements
chroniques pour leurs journaux, évoqués ailleurs dans ce document, et avec en fin de compte la même
conclusion fatale.
Au cours des années septante, La Cité encourt des critiques pour sa ligne éditoriale ambiguë : oscillant
entre unitarisme belge et régionalisme wallon (alors que ses bailleurs de fonds sont dirigés par des Flamands), se
montrant ni pour ni contre le PSC, le Vatican, la femme au foyer ou libérée, Israël ou les Palestiniens, etc.
En 1980, La Cité arrête la composition au plomb (linotype) et démarre la photogravure. Dans la foulée, en
1981, on évoque pour la première fois la possibilité de faire appel à des graphistes professionnels pour réviser la
mise en page. C’est dire qu’un amateurisme certain fait toujours partie de la culture d’entreprise.
Mais les ventes ne cessent de baisser et en 1983, La Cité en est réduite à supprimer ses éditions régionales,
diminuer sa pagination, réduire les salaires.
En 1985, l’équipe en place lance une nouvelle formule largement inspirée de Libération et de son format
tabloïd, en espérant doper les ventes. L’embellie a lieu mais très brève et l’année suivante les Mutualités
Chrétiennes décident de diminuer leur soutien financier, tandis que l’aide à la presse, proportionnelle aux ventes
diminue continuellement. C’est également en 1986 qu’intervient un événement qui va consommer la chute de La
Cité : la fusion avec Le Rappel racheté à Robert Hersant par le MOC afin de réaliser des économies d’échelle. Les
lecteurs du Rappel n’adhérant pas à la nouvelle formule, le journal s’effondre et entraîne La Cité dans sa chute. Le
31 décembre 1987, la direction décide de passer d’une formule quotidienne à un hebdomadaire « en attendant ».
Cet hebdo est lancé en trois semaines sans aucune étude de marché ; son projet tient sur une note de 10 lignes.
Les ventes stagnent toujours à 2500 exemplaires en 1989 et la CSC éponge toujours les dettes. La Cité est
l’hebdomadaire d’information le plus subsidié de toute la presse belge. Ses recettes publicitaires sont 79 fois
inférieures à celles du Vif.
Le journal traîne comme il l’a fait tout au long de son histoire les conséquences d’une fidélité absolue en
ses engagements humanistes, à son esprit critique, à sa lecture marginale des événements, toutes positions
commercialement dangereuses et portant à traiter des sujets austères, donc peu attirants pour les lecteurs. Ces
choix s’opposent également, sans pouvoir l’affronter, à la montée d’une professionnalisation de la gestion,
devenue purement managériale, des entreprises de presse, considérées dorénavant essentiellement comme des
entreprises, fabriquant un produit, dont il se trouve que c’est un journal.
Il doit sa si longue survie à l’engagement individuel, à la conviction et à la générosité extraordinaire des
personnes qui l’ont porté à bout de bras. Une position inconfortable et qui leur a peut-être trop longtemps
masqué les yeux…
Une dernière convulsion de La Cité agonisante a lieu à la mi-95, une sorte de semi-fusion avec Télépro
Magazine, sans lendemain : La Cité disparaît six mois plus tard dans une relative indifférence médiatique, le
28/12/95. Son dernier numéro emporte dans la tombe un dossier sur… l’avenir de la presse d’opinion.

p. 12/20
LE POURQUOI PAS ?, L’HEBDO SATIRIQUE
Naissance et essor
Le Pourquoi pas ? est né de la collaboration entre trois écrivains dont la belgitude et le talent sont reconnus
outre nos frontières. Cette trinité se compose de l’académicien Louis Dumont-Wilden et ses deux acolytes
Georges Garnir et Léon Souguenet.
Né en 1910, dans le cadre d’une exposition – sa vocation n’était pas de s’inscrire dans une durée – ,
l’hebdomadaire a acquis ses lettres de noblesse dans l’espace médiatique avec sa ligne rédactionnelle se voulant
l’écho humoristico-satirique de l’actualité.
Sur le marché des hebdomadaires de l’époque, le Pourquoi Pas ? traite de l’actualité principalement
politique. Son contenu rédactionnel affichait clairement l’engagement politique et les prises de position
importantes de son comité rédactionnel.
Le succès de l’hebdo ne déclinera pas avant de nombreuses années. Durant la seconde guerre mondiale, de
nombreux nouveaux titres firent leur apparition. Parmi ceux-ci, L’Europe Magazine (ex-Europe-Amérique), que
nombreux considèrent comme le premier magazine d’actualité internationale.
C’est dans ce contexte de guerre mondiale que la liberté d’expression et l’ouverture de l’information sur le
monde prennent leur envol.
Malgré l’émergence de nombreux nouveaux lancements aux lendemains de la Libération, le Pourquoi Pas ?
restera, après la guerre, le principal hebdomadaire belge.
Il s’avère être le seul capable de conserver l’intérêt et l’attention de ses lecteurs.
L’hebdo satirique marquera l’opinion politique et culturelle et ce jusqu’au milieu des années soixante.
Pour Ewald Matthys : le Pourquoi Pas ? se positionnait avant tout comme un hebdo politique, qui n’hésitait
d’ailleurs pas à afficher des prises de position importantes. Or, durant les années septante, le public commence à
douter des ministres et du monde politique en général14.

La reprise en pleine crise


C’est précisément aux alentours de 1973 que le Pourquoi Pas ? change de main.
Il est cédé à Jean-Marie Josi qui, avec son « Master of Business Administration », est affairé au milieu des
assurances et entrepreneur très actif sur le plan politique de l’époque.
Après cette reprise et la crise politique que traverse la Belgique dans les années 70 – suite à la
Fédéralisation de la Belgique – , Jacques Schepmans, journaliste au Pourquoi pas ? depuis 1965 et père de
Françoise Schepmans, actuelle Présidente du groupe MR au Parlement francophone bruxellois, prend la
direction de l’hebdo.

14
« Ewald Matthys, acteur et témoin privilégié de la scène médiatique belge », interviewé par Luc Eekhout in Backstage,
dossier spécial : « La presse, une épopée à travers les siècles ».
p. 13/20
Le magazine adopte alors, dans les années 80, un ton plus belliqueux. Ce style plus agressif sera mal reçu
par les lecteurs qui attendaient de l’hebdomadaire plus d’objectivité. C’est alors que Le Vif, né en 1983 à
l’initiative de Jacques Dujardin, ancien rédacteur en chef du Pourquoi Pas ? et désormais ennemi intime de
Schepmans, cherche à se faire une place sur le marché des hebdomadaires alors dominé par le Pourquoi Pas ?
Le fait est que sur un point de vue publicitaire, il n’y a place que pour un seul hebdomadaire sur le marché en
Wallonie et les ventes du Pourquoi Pas ?, ainsi que ses recettes publicitaires, chutent d’année en année. Jacques
Schepmans avait pour habitude de dire que le journaliste devait rester fidèle à lui-même et ne pas laisser son
rédacteur en chef ou le service publicité écrire à travers lui15.

La fin d’un hebdo


C’est ainsi qu’en 1989, le titre est absorbé, selon un procédé de phagocytose (adhésion : la couverture du
Vif/L’Express reprend le logo du Pourquoi Pas ? en bas de page – ingestion : intégration tendue de l’équipe
rédactionnelle du Pourquoi Pas ? – digestion : disparition définitive du titre), par Le Vif/l’Express.
Aujourd’hui, on regrettera l’absence d’une vraie presse satyrique dans le paysage de la presse belge. Les
seuls titres disponibles – Le Père Ubu et Pan – étant de droite et de piètre qualité, rivalisent piteusement avec ce
qu’était le Pourquoi Pas ?

LE VIF, « L’UNION FAIT LA FORCE »


Historique
Le 24 février 1983, Le Vif voit le jour et fait partie d’une société anonyme appelée « Le Vif Magazine ».
Il est créé par le groupe Roularta à l’initiative de Jacques Dujardin et Gérald Jacoby. À cette époque, ces deux
personnes sont assez connues vu que le premier est ancien rédacteur en chef du Pourquoi Pas ? et le second n’est
autre que le responsable de la communication chez Sobemap (Société Béninoise de Manutentions Portuaires).
Le Vif, audacieux, déclare la guerre à l’hebdo de Jacques Schepmans, Le Pourquoi Pas ? Ce dernier avait
pour lui 63 années d’existence et détenait le monopole sur son terrain. Donc, Le Vif est conscient que la lutte
s’annonce difficile et qu’au niveau publicitaire le marché francophone est limité. C’est le leader, Le Pourquoi Pas ?,
qui rafle la majorité des contrats vu qu’à cette époque, Le Vif n’est qu’un jeune suiveur. Malgré son infériorité
financière et numérique, Le Vif continue à y croire. Et, par exemple, pour se démarquer de son rival, il forge un
ton nouveau qui sera plus moderne. Ou encore, il distribue des abonnements gratuits pour les salles d’attentes.
Malgré ses efforts, un an après sa naissance, Le Vif atteint « seulement » 135 000 lecteurs. Ce chiffre est
ridicule et infime en comparaison à son adversaire. Le Pourquoi Pas ? ne se sent pas menacé mais rassuré, lui qui
compte plus de 300 000 lecteurs dans ses rangs. La suite de l’histoire du Vif ne va pas en s’arrangeant : le nombre
de tirages fléchit vu le marché limité (4 millions de francophones belges) et la rude concurrence.

15
Témoignage de Michel Ghesquière.
p. 14/20
Le 7 février 1986, une décision capitale et lourde de conséquences tombe : Le Vif (de Jacoby et Dujardin)
s’allie à L’Express (dont le rédacteur en chef est Yann de l’Écotais). La nouvelle machine de guerre Le
Vif/L’Express se concrétise et fera prochainement parler d’elle. Notons que ce rapprochement est le fruit d’un
partenariat à parts égales entre le groupe Roularta (Belgique) et le groupe L’Express (France).
Une dernière remarque, le 6 janvier 1989, Le Vif/L’Express est fier d’englober son ennemi des premiers
temps Le Pourquoi Pas ? Discrètement, quelques titres de couverture lui seront empruntés ainsi qu’une série de
journalistes.

Le « comment » et le « pourquoi » de cette fusion


Gérald Jacoby, Jacques Dujardin (Le Vif) et Christian d’Epenoux, reporter au service monde de L’Express
ont été les deux protagonistes de cette union soudaine. Mais ce rapprochement était bien sûr calculé et l’objectif
était double :
• Le Vif veut faire de l’ombre au Pourquoi pas ? Ce dernier tient une bonne cadence et se vend à 54
000 exemplaires tandis que Le Vif ne cesse de voir son chiffre baisser et ne parvient plus à
dépasser la barre des 30 000 exemplaires. L’Express International quant à lui arrive à 19 500
exemplaires. En additionnant les ventes du Vif et de L’Express, la somme est intéressante pour
se maintenir sur le marché. Il y a bien sûr d’autres avantages pour Le Vif, comme le prestige des
deux titres fusionnés, l’ouverture à un domaine plus international, la qualité de l’information et
le volume rédactionnel. Ce coup de pouce lui était nécessaire car, faute de moyens financiers, il
n’aurait pas pu se développer autant.
• L’Express a lui aussi de la suite dans ses idées. Il veut développer son titre hors de la France et
augmenter ses recettes grâce à l’apport de la publicité belge.

Le Vif étant de Belgique et L’Express de France, on peut aisément imaginer que leur partenariat n’était pas
toujours évident. De plus, et ce qui n’arrangeait en rien la situation, il y avait un va-et-vient permanent au niveau
des responsables du magazine. Cela bien sûr avait des répercussions sur le contenu des articles. Mais pire encore,
les lecteurs étaient exaspérés et se plaignaient de ces changements incessants qui portaient atteinte à l’image du
Vif/L’Express.
Alors, voyant l’aura du titre se dégrader, Le Vif/L’Express va s’accompagner d’un supplément Weekend.
Il s’agit d’un magazine complémentaire porté essentiellement sur les loisirs et destiné à un public plus féminin.
Grâce à cette initiative, les annonceurs continueront à investir dans cet hebdo qui a su rester « dans le coup ». Les
rédacteurs en chef de ce complément culturel seront successivement : Christine Laurent, Valérie Colin, Corinne
Le Brun, à nouveau Christine Laurent.
Quant à Jacques Dujardin, il ne pu se résoudre à accepter cette nouvelle situation. Il quittera le journal en
avril 1986 et le nouveau rédacteur en chef sera Charles Turquin.

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LE RAPPEL, CATHO MAIS CONSERVATEUR EN DIABLE
Le Rappel a été lancé le 10 janvier 1900 à Charleroi à l’initiative de plusieurs grandes familles catholiques de
la région (en particulier les Drion du Chapois, Misonne et Dumont de Chassart). Le journal succède à L’Union de
Charleroi (1859) et est alors édité par la Société de presse catholique de l’arrondissement de Charleroi.
Le Rappel est d’abord dirigé par Alphonse Hardy, ancien directeur de la Dépêche de Liège et du Journal de
Bruxelles, puis par Léon Ransy. En mai 1920, Ransy décède inopinément. Jean Valschaerts, engagé au Rappel
comme journaliste en août 1919, le remplace à la direction. Pendant plus d’un demi-siècle, Valschaerts jouera un
rôle de premier plan dans la presse carolorégienne.
Par les positions de son directeur, Le Rappel s’allie au catholicisme réactionnaire. Par certains de ses traits, y
compris le public auquel il s’adresse, le journal s’apparente également au catholicisme conservateur. (Selon
William Ugeux, le journal apparaît à l’époque comme le porte-parole de la « bourgeoisie traditionaliste et littéraire » du
Hainaut.)
En 1958, Valschaerts confie la rédaction du Rappel à Paul Vandromme, qui en devient le directeur en 1971.
En 1984, le Français Robert Hersant, magnat de la presse, fait l’acquisition du Rappel. Avec ses éditions
belges de Nord-Éclair à Mouscron, Tournai et Mons, Robert Hersant compte ainsi couvrir toute la province du
Hainaut et y mettre à mal les titres du groupe Rossel. Mais en 1986, Hersant change de stratégie et cherche à se
débarrasser du quotidien carolo. Il trouve alors un repreneur : François Martou, président du MOC (Mouvement
Ouvrier Chrétien). En effet, l’acquisition du Rappel et de ses éditions locales L’Écho du Centre et Le Journal de Mons,
lui permettrait d’établir des synergies rédactionnelles et de fournir au Rappel des pages produites par La Cité
(quotidien démocrate chrétien, soutenu par le MOC). Elle gonflerait par ailleurs les recettes publicitaires (celles
du Rappel et de ses éditions locales s’élèvent, pour 1986, à 50,5 millions de francs tandis que celles de La Cité à 22
millions). Hersant cède donc Le Rappel et L’Écho du Centre, mais conserve cependant Le Journal de Mons. La société
Winandy, filiale de l’ÉPÉCÉ (Économie Populaire de Ciney), une des branches du MOC, finance l’achat et
conclut un accord rédactionnel et industriel avec La Cité.
En janvier 1987, Carl Vandoorne prend la direction du Rappel (Pol Vandromme est confirmé dans ses
fonctions d’éditorialiste). Le mois suivant, Le Rappel et L’Écho du Centre adoptent le format et la mise en page de
La Cité, dont ils constituent désormais des éditions régionales. Vingt pages fournies par La Cité sont désormais
communes aux trois quotidiens, auxquelles les deux titres hennuyers ajoutent 12 pages spécifiques. Enfin, sur le
plan publicitaire, Le Rappel et L’Écho du Centre sont intégrés à l’UJB (Union des Journaux belges).
Les aspects sociologiques propres au marché des médias ayant été minimisés au profit des arguments
économiques, l’opération s’avère rapidement un échec. L’agence NCM (qui a redessiné La Cité en format tabloïd
et qui a été associée à l’harmonisation graphique du Rappel et de L’Écho du Centre) avait déjà mis le doigt sur les
problèmes :
• Les lectorats des deux titres sont fondamentalement différents : d’un côté rural et vieux pour Le
Rappel et L’Écho du Centre, de l’autre plutôt jeune et urbain pour La Cité.

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• Les graphismes et les politiques rédactionnelles sont radicalement différents.
• Les conditions de rapidité dans lesquelles s’est déroulée l’opération font que l’on constate certaines
tensions entre les deux équipes ainsi qu’une attitude d’indifférence réciproque.
• Enfin, comme le souligne sévèrement l’agence NCM : « aucune stratégie globale n’a été mise sur pied,
notamment financièrement, pour permettre au Rappel et à L’Écho du Centre de négocier ce virage difficile en
conquérant un public adapté ».
Concrètement, les lecteurs du Rappel vont, par exemple, se plaindre de la disparition du tiercé belge et
français dans leur gazette. Ou encore, les informations hennuyères sont parfois limitées pour laisser place à des
informations « services » indispensables (cf. annonces notariales, programme des cinémas). Pour compenser, Le
Rappel augmente son nombre de pages le vendredi et le samedi, ce qui provoque un dépassement budgétaire par
rapport à ce qui était convenu avec l’imprimerie Sofadi. En quatre mois, la note s’élève à 15 millions de francs.
Le comité de direction, réuni le 26 avril 1987, décide alors de réduire le nombre de pages des trois titres. Le
Rappel/L’Écho du Centre a perdu la moitié de ses lecteurs.
Le 1er juin 1987, la société éditrice du Rappel fait aveu de faillite. Le lendemain, le journal barre sa « une »
d’un « ADIEU », imprimée sur fond noir. (La Cité y consacre son « fait du jour » le surlendemain).
Selon Jos Schoonbroodt (rédacteur en chef puis directeur de La Cité), la réduction de l’aide publique, les
transferts des recettes publicitaires vers la télévision et l’augmentation des tarifs postaux hypothèquent la
rentabilité des sociétés éditrices.
Le 6 juin 1987, les curateurs choisissent le groupe namurois Vers l’Avenir pour reprendre Le Rappel (pour 7
millions de francs), qui reparaît déjà le 9 juin sous sa nouvelle bannière. Quant à L’Écho du Centre, il est racheté
par Robert Hersant pour 2 millions de francs et devient une édition locale de Nord-Éclair.
Le Rappel disparaît finalement le 31 décembre 1999 et devient Vers l’Avenir-Le Rappel. Le titre paraît depuis
le 2 janvier 2000 à Philippeville.

p. 17/20
BIBLIOGRAPHIE
Partie générale
Matéo Alaluf, « Le travail et les travailleurs ne sont plus ce qu’ils étaient », dans Wallonie. Atouts et références d’une
Région, sous la direction de Freddy Joris, Gouvernement wallon, 1995. Consulté en ligne le 7/4/10
sur http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_Wallonie_Atouts-References/1995_ch08-2_Alaluf_Mateo.htm.

Frédéric Antoine (sous la dir. de), Coupures de presse. Disparition de La Cité et survie des médias d’opinion, Louvain-la-
Neuve, Academia-Bruylant, 1996.

Marie-Thérèse Coenen et al., La Cité, 45 années de combat quotidien, Bruxelles, Centre d’Animation et de Recherche
en Histoire Ouvrière et Populaire (CARHOP) – Centre de recherche et d’information sociopolitiques (CRISP),
2010.

Jean-Philippe Legrand, Rôle social et fonction journalistique des dessinateurs dans la presse quotidienne national en Communauté
française, mémoire présenté sous la direction de Melle et MM. les professeurs D. Bajomée, J.M. Klinkenberg et
J.P. Duchesne en vue de l’obtention du grade de licencié en Information et Communication, Liège, ULg, inédit,
1998. Consulté le 12/4/2010 sur http://www.dessindepresse.com/59-presse-belge-par-jean-philippe-legrand-en-
1998.html.

Bernard Poulet, La fin des journaux et l’avenir de l’information, Paris, Gallimard, Le Débat, 2009.

Steve Vanhassel, Le Matin (1894-1974) : Vie et mort d’un quotidien francophone à Anvers, mémoire présenté sous la
direction du Prof. Jean-Claude Vantroyen en vue de l’obtention du titre de licencié en Communication,
Information et Journalisme, Bruxelles, ULB, inédit, 1998. Consulté le 7/4/10 sur http://www.webgate-
be.net/matin/index.html.

Entretien avec Manuela Hollanders, ex-journaliste de L’Echo, devenue attachée de presse de Codic, avril 2010.

Entretien avec Bernard Poulet, février 2010.

La Wallonie
Entretien avec Paul Gruselin le 8 avril 2010, journaliste, secrétaire de rédaction de Joseph Coppé puis rédacteur
en chef de La Wallonie, de 1973 à la fin des années 1980.

Histoire du journal « La Wallonie » : quotidien d’information illustré ; Le spécial Cinquantenaire, Liège, 1969.

Le Peuple
Pascale Delfosse, Réformisme et presse ouvrière, Bruxelles, Labor, coll. « Dossier Média », 1979.

T. Dhanis et al., Information et pouvoir, Bruxelles, les Editions Vie Ouvrière, coll. « Semaines Sociales Wallonnes »,
1976.

Robert Falony, Requiem pour la presse socialiste, Bruxelles, Couleur livres, coll. « Question de société », 2010.

Institut Emile Vandervelde, Dossier presse socialiste, Bruxelles, Institut Emile Vandervelde, 1979.

p. 18/20
L’Instant
Entretien le 23 mars 2010 avec Fabrice Jacquemart, ex-rédacteur en chef adjoint de L’Instant.

Jean-François Dumont, Benoît Grevisse, Gabriel Ringlet, La presse écrite en Belgique, Bruxelles, Kluwer, 2001.

Dossier conseillé par Catherine Lanneau, professeur d’histoire de la presse à l’Université de Liège, La presse, une
épopée à travers les siècles, réalisé par Luc Eeckhout en février 2000 et consulté sur le site suivant le 24 mars 2010 :
http://www.ipb.be/upload/album/ap_115.pdf.

La Cité
Marie-Thérèse Coenen et al., La Cité, 45 années de combat quotidien, Bruxelles, Centre d’Animation et de Recherche
en Histoire Ouvrière et Populaire (CARHOP) – Centre de recherche et d’information sociopolitiques (CRISP),
2010.

Correspondance avec Marie-Cécile Royen, journaliste au Vif/L’Express, ex-journaliste de La Cité, avril 2010.

Entretien avec André Ruwet, rédacteur en chef du mensuel Imagine, ex-journaliste de La Cité, avril 2010.

Le Pourquoi Pas ?
« Le Pourquoi Pas ? se refait une beauté » , in Pub, Bruxelles, vol. 10, n° 5, 6 mars 1985, p. 3.

Luc Eekhout, « Backstage dossier spécial : la presse, une épopée à travers les siècles », février 2000, IP (régie
publicitaire belge), page http://www.ipb.be/upload/album /AP_115.pdf consultée le 20/03/2010.

Charles Bricman, « Jacques Gevers raconte son histoire au "Vif"… et moi la mienne », blog On a des choses à se
dire, page http://blog.pickme.be/2010/02/18/jacques-gevers-raconte-son-histoire-au-vif-et-moi-la-
mienne/#more-1897 consultée le 06/04/2010.

Savasorda, « Media onder de loep », in Jood Actueel, Anvers, n° 13, 12 février 2008, pp. 28-30.

Le Vif
Charles Bricman, « Jacques Gevers raconte son histoire au "Vif"… et moi la mienne », blog On a des choses à se
dire, page http://blog.pickme.be/2010/02/18/jacques-gevers-raconte-son-histoire-au-vif-et-moi-la-
mienne/#more-1897 consultée le 04/04/2010.

Jean-François Dumont, Benoît Grevisse, Gabriel Ringlet, La presse écrite en Belgique, Bruxelles, Kluwer, nouvelle
édition, 2001.

Jacques Gevers, Stéphane Renard, « Vingt ans/Spécial anniversaire », Le Vif/L’Express, n°2700, avril 2003, pp.
47-57.

Jacques Gevers, « Le Vif/L’Express : vie d’un hebdo, mort d’un projet », La matière et l’esprit, revue
multidisciplinaire de l’Université de Mons-Hainaut, n° 12-13, Emotocratie : émotion, médias et pouvoir, de nov. 2009 –
av. 2010.

p. 19/20
Le Rappel
Marie-Thérèse Coenen et al., La Cité, 45 années de combat quotidien, Bruxelles, Centre d’Animation et de Recherche
en Histoire Ouvrière et Populaire (CARHOP) – Centre de recherche et d’information sociopolitiques (CRISP),
2010.

Le Rappel. Charleroi, La Presse – De Pers, no. 20, 1958.

René Campé, Marthe Dumont, Jean-Jacques Jespers, Radioscopie de la presse belge, Verviers, Marabout, 1975.

Ouvrages non consultés


*Lionel Bertelson, La presse d’information. Tableau chronologique des journaux belges, 2e éd., Bruxelles, Institut pour
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*Jean Gol, Le monde de la presse en Belgique, Bruxelles, CRISP, 1970.

*P. Joye, La presse et les trusts en Belgique, Bruxelles, Société populaire d’édition, 1958.

*Sophie Mathelart, avec la collab. d’Eliane Gubin, Pour l’histoire des médias en Belgique. Bibliographie de 1830 à nos
jours, Bruxelles, Centre d’Etudes et de Recherches sur les Médias en Europe, ULB, 1994.

*Laurence Mundschau, « Demain ne meurt jamais. Ultimes parutions et discours autoréférentiel (la presse belge
francophone, 1950-2000) », dans Questions de communication, n°14, 2008, pp. 263-282, 449-450.

*P. Plumet, La presse quotidienne belge de la Libération, Louvain-Bruxelles, Nauwelaerts, (coll. « CIHC, cahiers », n°
98, 1985.

*Els Witte, Jan Craeybeckx, La Belgique politique de 1830 à nos jours. Les tensions d’une démocratie bourgeoise, Anvers-
Bruxelles, Labor, coll. « Archives du futur », n° 72, 1987.

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