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Dictionnaire Étymologique

de la

Langue Française

DU MEME AUTEUR

LIBRAIRIE HACHETTE ET C'"

Rutebeuf (dans la Collection des Grands Écrivains français).

LiftRAIRIE CHAMPION

Revue de philologie française. Paraît depuis 1887. Tables à la

fin des tomes X et XX.

LIBRAIRIE LE SOUDIER

Grammaire raisonnée de la langue française, préface de Gaston

Paris.

Notions d'histoire de l'orthographe.

Cours de grammaire française, en collaboration avec M. Gou-

gère, directeur d'École normale.

Grammaire classique du français.

1811-13. Coulommiers. Imp. Paul BRODARD. P12-13.

Ui CLE DAT

Professeur à l'Université de Lyon.

Dictionnaire Étymologique

de la

Langue Française

TROISIEME EDITION REVUE, CORRIGEE

Ouvrage couronné par VAcadémie française

PARIS

(1

V

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LIBRAIRIE HACHETTE ET G'^

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, "79

191

Tous «Iroils de traduction, de reproduction

et d'adaptation réservés pour tous pays.

PREFACE

Lorsque Auguste Brachet a fait son dictionnaire

étymologique, qui, avec celui de Scheler, a mis à la portée du grand public les premières découvertes des

romanistes, les études de phonétique française com-

mençaient seulement à se développer, et c'est le point

de vue phonétique, alors nouveau, qui devait prévaloir dans la conception d'un pareil livre.

Aujourd'hui il n'en est plus ainsi; il y a des ouvrages

spéciaux, facilement accessibles, et si la discussion

phonétique des mots conserve naturellement son impor-

tance dans les livres d'érudition, Ihistoire des sons doit

nécessairement céder le pas, dans un dictionnaire de

vulgarisation, à l'histoire des sens.

C'est pourquoi il nous a semblé indispensable de

classer les mots par familles, parfois même de rap-

procher les mots de familles différentes, mais de sens

analogues. Chaque groupe se trouve placé, suivant les

cas, sous le mot qui offre la forme la plus simple ou sous le dérivé qui se présente le premier dans l'ordre

alphabétique. Mais comme chaque mot figure à son rang alphabétique, sauf à être suivi, quand il y a lieu, d'un simple renvoi, il est toujours facile de se retrouver.

Le renvoi ne préjuge pas la question de dérivation, il

VI

PRÉFACE

avertit seulement que le mot est expliqué dans l'article

visé.

Ce sont les mots d'origine gréco-latine qui forment

les familles les plus nombreuses i ; pour en faire saisir la

filiation, il est souvent nécessaire d'indiquer le supin

du verbe latin à côté de l'infinitif, et de donner deux

cas du même nom, surtout pour les noms neutres. Lorsqu'un cas suffit, c'est l'accusatif qui est indiqué,

en grec comme en latin (sauf, suivant l'usage, pour les

noms féminins de la première déclinaison), parce que

les formes françaises se rattachent en principe à l'accu-

satif.

Quant aux mots qui ne viennent ni du grec ni du latin

et qui se présentent isolément ou avec un très peiit

nombre de dérivés, il nous a paru suffisant de marquer

leur origine par un terme général, tel que germanique

ou celtique, en mentionnant à l'occasion, pour les mots

germaniques, la forme actuelle allemande ou anglaise.

Nous transcrivons les mots grecs en caractères latins,

e et d représentant Vêta et ïoméga. Pour comprendre les transformations que les sons grecs et latins ont subies, il est indispensable de les reproduire avec leur

véritable valeur. Toutes les letti'es se prononcent, e n'est jamais muet, il n'y a pas de voyelles nasales (par

exemple an sonne comme a suivi d'une n) ; au se prononce

aw, ai comme l'interjection aïe. Le c a la valeur Ar, même

devant e, i, et g est aussi toujours dur.

L'm latin se

prononce ou, le jf comme un y, le v comme un li; anglais.

Enfin, pour se rendre compte de la formation populaire

des mots d'origine latine, il faut placer l'accent tonique

comme les Latins, c'est-à-dire presque toujours sur la

pénultième; dans les mots de formation populaire, la

place de l'accent français indique sauf de rares excep-

tions celle de l'accent latin. Étant donné le mot latin luna^

qui a produit le français lune, si on dit luna comme on

1. Lorsque le français remonte au grec par rintermédiaire du latin, nous donnons de préférence le mot grec, à moins que la forme latine ne

Boit nécessaire pour cotnprendrç la forme française.

PREFACE

VII

prononce il pluma, avec ii français et en appuyant sur

la dernière syllabe, on profère un mot barbare, qui n'a

jamais appartenu à aucune langue; si on dit louna en

appuyant sur la première syllabe comme dans le fran-

çais lune, et en donnant à Va sa valeur latine, on a

l'avantage de prononcer comme faisaient les Latins, à

très peu de chose près, et comme les Espagnols et les Italiens prononcent encore le même mot.

Bien que les mots français viennent souvent de formes

latines altérées par le langage populaire, nous donnons

toujours aux mots latins la forme classique, c'est celle qui importe pour la généralité des lecteurs; d'ailleurs

ceux qui s'intéressent à la phonétique sauront bien par

exemple que, si naître « se rattache » au classique nasci,

il ne peut dériver que d'une forme populaire *nascere.

Il ne faul pas chercher dans ce livre des définitions,

mais seulement, sauf exception, des éléments histo-

riques de définitions. S'il est utilisé pour l'enseigne-

ment, comme nous le souhaitons, nous concevons très

bien un exercice qui consisterait à faire établir par les élèves la définition d'un mot, en parlant de l'étymologie,

et en précisant les modifications diverses que l'usage a

introduites dans la signification première. On apprendra

vite à connaître les conditions générales du dévelop-

pement des sens des mots. En les étudiant de près, on a pu réduire à quatre les procédés logiques de trans- formation '. Ce sont d'abord 1' « extension » et la « res-

triction », qui, en supprimant ou en ajoutant une parti-

cularité, créent des acceptions s'appliquant à un plus

grand nombre ou à un moins grand nombre d'objets;

c'est par restriction que, du sens général de plume

(d'oiseau) on a tiré l'acception de « plume d'oie, taillée

pour écrire », c'est par extension que, du sens de

« instrument pour écrira » fait avec une plume d'oie, on

a passé au sens de (v instrument quelconque pour

1. Bévue de philologie française, t. IX, 1895, p. 49, et, doux ans après.

M. Michel Bréal dans son Essai de sémantique (librairie Hachette).

VIII

PREFACE

écrire ». D'autre part, il y a connexion logique entre

la cause et l'effet, le tout et la partie^ le contenant et le contenu, le signe et la chose signifiée, etc., et c'est

par « connexion » qu'un même mot verre désignera

une matière, un objet fait de cette matière et le contenu

de cet objet (boire un verre d'eau). Enfin la <' comparai-

son » est une source inépuisable d'acceptions nou-

velles : une feuille de papier s'appelle ainsi par compa-

raison avec l'épaisseur de la feuille d'arbre, etc.

C'est seulement dans les cas particulièrement difficiles

que nous nous attachons à montrer la filiation des

acceptions. Partout ailleurs, nous comptons sur la

collaboration du lecteur; ainsi le simple rapprochement

de front et

de fronton suffira, je

pense,

à suggérer

l'image qui explique le sens du second de ces mots, et,

en se reportant à l'article du préfixe com-, on aura

l'explication de confronter. Il importait en effet de réduire

au minimum le volume de ce livre, et c'est ce qui nous

a fait aussi négliger complètement les mots qui peuvent

vraiment se passer d'interprétation, comme la presque

totalité des adverbes en -ment et un bon nombre de

verbes commençant par le préfixe re-. Pour les formes

composées en général, quand nous ne signalons pas

spécialement l'acception particulière qui résulte du

préfixe, c'est qu'elle est évidente par elle-même, ou au

contraire qu'elle n'apparaît pas. Le préfixe a pu mar-

quer à l'origine un détail secondaire que nous ne dis-

tinguons plus avec sûreté. Souvent, d'ailleurs, il ne fait

quaccentuer une idée déjà incluse dans la racine, ce

quon exprime inexactement en disant qu'il a une valeur

« augmentative », il n'augmente que les idées conformes

à sa propre signification*.

Nous aurons dit l'essentiel quand nous aurons ajouté

que, faute de pouvoir entrer dans les développements

I. Les différents préfixes sont mentronnés et étudiés à leur rang alpha-

bétique. Pour les suffixes nous nous permettons de renvoyer à notre

Grammaire historique (Paris, Garnier), § 201-209 et 214-251, et à notre Grammaire classique (Paris, Le Soudier), § 214-218 et 227-264.

PREFACE

VA.

techniques, nous avons dû écarter les étymologies trop

controversées. Depuis les études étymologiques de

Diez, depuis le dictionnaire de Littré et celui de Dar- mesteter, Hatzfeld et Thomas, les revues spéciales ont

publié de nombreuses recherches de détail, souvent fort

ingénieuses, enregistrées dans le dictionnaire étymolo-

gique de Kôrting, et dans celui de Meyer-Lûbke, en cours de publication. Notre rôle était plus modeste,

nous devions nous en tenir aux étymologies les moins

douteuses et à celles qui ne sont guère contestables; à

ce titre, il nous a semblé que nous pouvions faire état

de la distinction des deux verbes « passer » proposée

par nous dans le tome XIV de la Revue de philologie française.

ce qui touche l'histoire des mots à l'époque

En

grecque et à l'époque latine, le Dictionnaire étymologique

latin de Bréal et Bailly n'a pas cessé de rendre des

services; nous avons aussi tiré grand profit de celui

d'Aloïs Walde (2« édition 1910) et du dictionnaire éty-

mologique grec d'Emile Boisacq, en cours de publica-

tion. Sur ce terrain spécial, nous avons eu un guide

excellent, c'est notre collègue M. Cuny, de la Faculté

des Lettres de Bordeaux, qui a bien voulu revoir avec

soin notre manuscrit et

nos épreuves ; nous

lui

devons les corrections les plus utiles, et nous ne sau- rions trop le remercier de son inlassable obligeance.

Nous sommes aussi très reconnaissant à M. Paul Por-

teau de sa très active collaboration pour la correc-

tion des épreuves et l'amélioration du texte.

Décembre 1913.

L. Clédat.

J'ai utilisé pour cette nouvelle édition les remarques

critiques qu'on a bien voulu me communiquer ou que

j'ai relevées dans les comptes-rendus. Je remercie parti- culièrement MM. E. Bourciez, A. Dauzat, P. Barbier fils. Toutefois, je n'ai pas cru devoir m'arréter au repro-

X

PREFACE

che d'avoir dépassé le but et d'avoir fait, en même temps

qu'un dictionnaire étymologique du français, un diction-

naire étymologique des mots latins et grecs passés en

français.

J'ai voulu remonter aussi haut qu'il se pouvait, et je

m'en tiens, sur ce point, à l'avis du meilleur des juges,

M. Antoine Thomas, qui m'écrivait : « Votre livre fera

pénétrer dans les masses des notions d'étymologie latine

et grecque qui sont comme la parure de l'étymologie

française. »

L. C.

DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

DU FRANÇAIS

A, prép., vient du latin ad que l'on retrouve sous sa forme latine, comme préfixe, dans les mots savants (ou qui ont

subi une influence savante) tels que adjacent, adjuger, etc.

Ce mot marque la direction vers (dans l'espace ou dans le

temps, au propre ou au figuré), d'où par connexion les idées

de rapprochement, de proximité et même de coïncidence

(aller à Paris, de dix heures à midi; être à Paris, déjeuner

à midi) et aussi celles d'appropriation, de possession, d'uti-

lisation (chapeau à plumes, verre à boire, ce livre est à lui,

travail fait à la main).

Le préfixe a- (correspondant à ad-), accompagné ou non

du redoublement de la consonne qui suit ou sous la forme

savante ad-, marque aussi la direction vers ou la tendance, au propre et au figuré : affoler, rapprocher de l'état de folie,

rendre fou; aborder, aller au bord; atterrir, aller à terre;

apporter, porter vers, tandis que emporter = porter loin de.

A- préfixe. Il y a trois préfixes a-, celui qui est signalé

dans l'article précédent, celui qui est signalé dans l'article

suivant, et un troisième, d'origine grecque, a- ou an- dit pri- vatif, dans amoral, anarchie, par exemple. Le plus fréquent,

de beaucoup, est le préfixe a = ad-.

On remarquera que le préfixe grec a- ou an- a le même

sens que le préfixe latin dit in négatif. L'opposition qui existe

entre immoral et le néologisme amoral ne tient donc pas au

préfixe. Lorsqu'on a formé immoral, le mot pouvait logique-

ment signifier : qui

n'a pas de loi morale, ou : qui n'a pas

2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

[Abolir

une conduite morale.

C'est le second sens qui lui a été

donné, et, lorsqu'on a voulu exprimer la première idée, on

a formé un mot nouveau avec le préfixe grec. Mais la diffé-

rence

de sens tient uniquement à la valeur donnée à

« moral » dans l'un et l'autre mot.

Ab-, abs-, préfixe latin qui marque éloignement, au propre

ou au figuré. C'est le même mot que le préfixe grec apo-. Il

peut avoir la forme a-, dans aversion par exemple, et av- dans

les mots français d'origine populaire tels que avant, avorter.

Abandonner, d'origine germanique, signifie propre-

ment : livrer au pouvoir de

Le mot contient le préfixe a-

venant de ad.

Abaisser, v. bas.

Abasourdir, u. balourd.

Abatage, abatis, abattoir,

abattre, u. battre-.

Abbé, féminin abbesse, dérivé abbaye, se rattache, par

l'intermédiaire du grec et du latin, à

un mot syriaque;

formes latines : abbatem, abbatissa, abbatia. Du sens de

« ecclésiastique gouvernant un monastère )>, on a passé,

par extension, à celui de a ecclésiastique », et ensuite, par

restriction, à celui de « vicaire »

(par opposition au mot

curé). Autre dérivé, d'origine savante : abbatial.

Abcès, V. céder ^.

Abdication , abdiquer , v.

dire 3.

Abdomen, v. dé à jouer 2.

Abéeé, abécédaire, noms formés avec les premières

lettres de l'alphabet (v. ce mot).

Abeille, diminutif, sous la forme provençale, du mot latin apem, nominatif apis, qu'on retrouve dans les dérivés savants apiculture, apiculteur. La forme française a été

aveille, et on a eu aussi avette. Cf. ache.

Aberration, v. errer 1.

Abhorrer, v. horreur.

Abîme, mot savant d'origine gréco-latine. Il se rattache

au mot grec abusson (sans fond). Le verbe dérivé abîmer

signifie proprement : plonger dans un abîme; puis, par

affaiblissement extensif, mettre en mauvais état.

Abject, V. jeter '^.

Abjurer, v. jurer '^.

Ablatif, ablation, u.o^rir 2.

Ablette, v. aube.

Ablution, u. déluge.

Abnégation, v. ne. Aboi, aboiement, v. bayer.

Abolir, emprunté au latin abolere, contient le préfixe ab-

Acacia]

du français.

3

et, croit-on, le radical qui se trouve dans adolescent et qui

signifie grandir. Le sens propre est : empêcher de grandir,

détruire. Dérivé abolition. Le même radical est joint au

préfixe ad- dans adolescent et adulte dont l'un est propre-

ment le participe présent et lautre le participe passé d'un

passé en français, et qui signifie : aller

verbe qui n'a pas

en grandissant.

Avec le préfixe pro- le latin avait formé le mot prolem

signifiant « qui grandit devant, lignée », d'où prolifique (*pro-oli-fique) = qui produit une lignée, fécond (sur le com-

posant -fiqucy V. faire '), et prolifère, v. ojfrir^. Autre dérivé :

prolétaire (doù prolétariat), désignant celui qui ne donne à

lEtat que des enfants, l'homme du peuple.

On soupçonne une parenté entre ces mots et la famille

du mot aliment.

Abominable, abomination, abominer, contiennent le

préfixe ah- et le mot latin omen, génitif ominis, qui signifie :

présage. Abominer, c'est proprt écarter un présage fâcheux,

d'où détester.

Abonder, u. onde.

Abonner, u. borne.

Aborder, v. bord. Aborigène, v. orient.

Aboucher, v. bouche.

Aboutir, v. bouter-.

Aboyer, v. bayer. Abréger, v. bref. Abreuver, v. boire.

Abréviation, y. bref.

Abri

et abriter, origine

douteuse. Abricot, v. cuire.

Abroger, i'. rogations.

Abrupt, v. rompre.

Abrutir, v. brut.

Absent, v. êlre^.

Abside, latin absida (cercle, voûte), d'origine grecque.

Absinthe, latin absinthiam^ grec apsinthion. Absorber, latin absorbere, proprt avaler, supin absorp-

tiim; résorber, avaler de nouveau; dérivés : absorption, résorption.

Absoudre, v. soluble.

Abstenir, v, tenir -. Abstraire, u. traire *.

Abstrus, V. intrus.

Absurde, v. sourd.

Abus, abuser, abusif, v. us.

Acabit, origine inconnue.

Acacia, forme latine d'un mot grec, signifie proprt plante

à piquants, v. aigre. Un bon nombre de noms de fleurs ont

été faits sur le modèle de ce mot. Le pétunia est une fleur

semblable à celle du pélan ou tabac {v. tabac). La plupart de

ces noms en -ia sont faits sur des noms de personnes :

4

DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

[AcCOUrir

Bégon, intendant général de St-Domingue au commence-

ment du xviii" siècle, a donné son nom au bégonia; c'est en

rtionneur du père Gamelli, botaniste du xviii® siècle, que le

camélia a été ainsi nommé par Linné; le dahlia conserve le nom du botaniste suédois Dabi, du môme siècle, et le fuchsia

celui de Fucbs, botaniste bavarois du xvi" siècle; le gar-

dénia a été ainsi nommé en l'honneur du botaniste écossais

Garden, xviii'' siècle. Hortense, femme de l'horloger célèbre

Lepaute, du même siècle, a donné son nom à l'hortensia, et

Magnol, botaniste français mort en 1715, a eu les honneurs

du magnolia. Le paulownia est ainsi nommé en l'honneur

de la fille du tsar Paul P*"; le zinnia, du botaniste Zinn.

Académie signifie proprt jardin d'Académos, Platon

tenait école; d'où, par comparaison, outre le sens scolaire du mot, le sens de « société littéraire », et celui de : établis-

sement où l'on pratique certains arts (musique, danse, équi-

tation); dérivés : académicien, académique.

Acajou, mot portugais d'origine brésilienne.

Acanthe, v. aigre.

Acariâtre, origine inconnue. Le mot a d'abord signifié

fou, ce qui a suggéré l'idée de le rattacher à saint Acaire,

qu'on invoquait pour la guérison des fous. Le suffixe -âtre,

latin -astrum, d'origine grecque, a pris une valeur péjorative :

marâtre, blanchâtre, etc.

Accabler signifie proprt : écraser sous des projectiles. Le

mot est formé du préfixe a- et du bas grec katabolê, qui dési-

gnait une machine de guerre ; comparez catapulte et para-

bole.

Accalmie, v. calme. Accaparer, u. arrhes et ca-

pahle 1.

Accéder, v. céder ^.

Accélérer, v. célérité.

Accent, V. chant.

Accepter, v. capable"^.

Accès, accessible, accessit,

V. céder ^.

Accident, v. choir 2.

Acclamer, v. calendes 2.

Acclimater, v. cligner, Accointance, v. connaître. Accolade, v. col.

Accommodation , accom-

moder, v. mode 3. Accompagner, v. pain.

Accomplir, v. plein.

Accord, accorder, v. cœur.

Accort, origine italienne, accorto. V. régir ^\

Accoster, v. côte. Accoter, origine inconnue.

Accoucher, u. lieu.

Accouder, u. coude.

Accoupler, v. apte 2, Accourir, v. courir.

Ad-]

DU FRANÇAIS.

5

Accoutrer, origine incon-

nue.

Acculer, u. cul.

Accumuler, u. comble.

Accoutumer, v. coutume.

Accréditer, i\ croire.

Accroc, accrocher, u. croc. etc., v. aigre.

Accuser, u. chose.

Acerbe, acéré, acétate.

Accroire, v. croire. Accroître, v. croître.

Accroupir, i'. croupe.

Accue 11 r, V. lire^.

Achalander, v. chaloir. Acharner, v. chair. Achat, v. cap *.

Ache, origine latine, apium, l'herbe aux abeilles, v. abeille.

Acheter, v. cap *.

Achever, v. cap 3.

Achoppement, v. chopper.

Acide, acier, v. aigre.

AeolYte, mot d'origine grecque, akolouthon, qui signifie

proprt u suivant ».

Aconit, grec akoniton.

Acoquiner, v. coquin.

Acoustique, d'origine grecque, signifie proprt relatif à

l'audition.

Acquérir, acquêt, v. quérir. Acquiescer, v. coi.

Acquisition, v. quérir. Acquitter, u. coi.

Acre, mesure agraire, est d'origine germanique, ail. mod.

acker, champ, v. agraire.

Acre, acrimonie, v. aigre.

AcPO-, mot composant d'origine grecque, apparenté à la

famille latine des mots aigre, aigu, et qui exprime l'idée de

pointe, extrémité. On le trouve dans acropole, proprt ville

haute, V. police i, dans acrostiche, v. ce mot, dans acrobate,

dont le sens propre est : qui marche sur la pointe du pied, V. venir. Dérivés d'acrobate : acrobatie, acrobatique, cf.

funambule au mot ambulance.

Acropole, v. acro- et police 1.

Acrostiche, d'un mot composé grec. Sur la première

partie, v. acro-, la seconde signifie « vers » et se retrouve dans

hémistiche (demi-vers) et distique (réunion de deux vers).

Le premier sens d'acrostiche est : commencement de vers;

puis on a donné ce nom à une pièce de vers caractérisée par

le choix spécial de la première lettre de chaque vers.

Acte, V. agir i *' 3_

Acteur, actif, v. agir 3. Action, V. agir i " ^,

Actuel, v. agir 3.

Ad-, préflxe, v. à, préposi-

tion.

6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

[Affable

Adage, mot savant d'origine latine, adagium.

Adagio, v. aisance.

Adapter, v. apte 1.

Addition, u. dé à jouer 2.

Adepte, v. apte'^.

Adhérer, adhérent, adhérence, adhésion, mots

savants, du verbe latin adhœrere, supin adhœsain, et de ses dérivés. Nous n'avons pas le verbe simple « hérer » ni

d'autres composés, mais du composé avec le préfixe in-

dérive le participe adjectivé inhérent, et du composé avec

co- l'adjectif correspondant cohérent (avec incohérent, incohérence) et le substantif d'état cohésion. Sur le supin du verbe simple s'était formé un fréquen- tatif lalin qui est notre verbe hésiter, proprt adhérer par

intermittence, balancer, dérivé hésitation.

Adieu, V. dieu 1.

Adipeux, mot savant d'origine latine : adipem, graisse.

Adjacent, v. gésir.

Adjectif, V. jeter '^.

Adjoindre, v. joindre^.

Adjudant, v. aider. Adjuger, v. jurer^.

Adjurer, v. jurera. Adosser, v. dos.

Admonester, v. moniteur.

Adolescent, v. abolir.

Adonner, v. dé à jouer *.

Adopter, u. opter. Adorer, v. oral.

Adjuvant, v. aider. Admettre, v. mettre 2.

Administrer, v. moindre'^ "-.

Admirer, v. mirer.

Adouber, v. dauber.

Adoucir, v. doux. Adresser, adroit, v. régir ^.

Adulation, aduler, mots savants d'origine latine, adu-

latlonem, adalari.

Adulte, V. abolir.

Adultère, D. autre ^. versité, v. vers^.

Advenir, adventice, v. ve-

Adversaire, adverse, ad-

Aérer, aérien, aérolithe,

nir.

Adverbe, v. parole *.

aéronaute, aérostat, v. air.

Affable se rattache au verbe latin affari (préfixe ad- -{-fari,

parler).

1. Le verbe simple signifie parler, et le composé avec le

préfixe ad- : adresser la parole à. Affable = h qui on peut

adresser la parole, comme abordable = qu'on peut aborder.

Le composé avec ex-, effari, exprimer par la parole, nous a

laissé ineffable, proprt « qui ne peut pas être exprimé ». Au composé avec le préfixe prœ- se rattache préface, discours

préliminaire.

Affable]

du français.

7

2. Le participe passé fatum du verbe simple s'employait

substantivement avec le sens de « ce qui a été dit, annoncé,

ce qui est inévitable ». Et nous avons emprunté au latin ou

formé plusieurs dérivés de ce substantif : fatal, fatalité, fatalisme, fataliste, fatidique (sur ce dernier, v. dire-). Feu,

adjectif, latin populaire *fatulum, « qui a accompli son des- tin )).

3. Le participe présent, précédé du préfixe négatif sous sa

forme française en-, ou sous sa forme latine in-, a produit

infant (qui nous vient par l'Espagne et qui désigne spécia- lement le puiné de la famille royale) et enfant. Ces mots

signifient proprt : qui ne parle pas encore (dérivés : enfan-

tillage, enfantin, enfanter et les mots savants infanticide,

infantile;. L'enfance est originairement l'âge où on ne par