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Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa

www.larotonde.ca Édition du 24 janvier 2011 – Volume LXXVIII No 15

La Rotonde

Dossier » Le bilinguisme à l’U d’O


À LA CROISÉE DES CULTURES
Quand le français et l’anglais s’entremêlent et évoluent sur un
même campus...
le 24 janvier 2011

Catherine Cimon
Julien Paquette
actualites@larotonde.ca

Dossier bilinguisme
Actualités
L’argent dans les poches des francophones

La répartition des fonds octroyés par le gouvernement de l’Ontario laisse présager que le bilinguisme prendra dorénavant une plus grande place à l’U d’O. Photo de Mark Colletti

Antoine Trépanier guisme prendra une grande place. argent provient de l’U  d’O ainsi que
Outre l’argent attribué aux pro- de l’aide gouvernementale. »
La répartition de la subvention de

A
près de multiples démarches grammes et aux enseignants, plus L’Université a également innové
de la direction de l’Université de 775 000 $ est attribué au soutien pour l’année scolaire 2011-2012. La 4 millions $ du gouvernement McGuinty
d’Ottawa, le gouvernement de des cours à petits effectifs. De plus, nouvelle bourse d’accès aux études
l’Ontario lui a finalement octroyé en l’U  d’O dépense environ 440  000  $ en français fera son entrée pour les
2009 des fonds supplémentaires de dans le recrutement. nouveaux étudiants. Les anciens ne Nouveaux cours, programmes, professeurs 1 325 000 $
4 millions de dollars « pour soutenir pourront avoir droit à cette bourse
de façon permanente les coûts réels Une nouvelle bourse d’études puisqu’elle servira à attirer les nou-
du bilinguisme ». veaux étudiants. « On s’entend, c’est Soutien des cours à petits effectifs 775 000 $
En 2008, la Commission perma- Dans ce rapport, on constate que une bourse de recrutement », relate
nente des affaires francophones et des des 4 millions $ reçus, l’U d’O a attri- M.  Séguin. Les anciens étudiants Ajout aux collections de la bibliothèque 500 000 $
langues officielles a recommandé à la bué environ 365  000  $ aux bourses pourront tout de même avoir recours
direction de l’U d’O de faire pression d’études. Cet argent appuie du même aux bourses linguistiques offertes
sur le gouvernement provincial de coup les millions de dollars attribués actuellement, jusqu’à la fin de leurs Bourses d’études 365 000 $
l’Ontario en vue d’obtenir un finan- par l’augmentation des frais de sco- études. « On voulait tout simplifier,
cement supplémentaire pour le bilin- larité. Notons que, selon les données il n’y aura que cette bourse au ni-
guisme sur le campus. Selon les infor- de l’U  d’O présentées lors de la réu- veau linguistique, offerte par l’Uni- Activités de recrutement ciblé 230 000 $
mations obtenues, ces fonds auraient nion du Bureau des gouverneurs du versité  », mentionne le directeur
été transférés il y a plus d’un an. 22 novembre 2010, « chaque hausse de l’aide financière. Il explique que Activités de maillage avec les écoles secondaires 210 000 $
Le bureau du vice-recteur aux étu- de droits de scolarité a été suivie d’un « cette bourse obligera les étudiants
des a fourni à La  Rotonde la répar- investissement dans l’aide financière, à prendre un minimum de cours en
tition de ce montant d’argent (voir de l’ordre de 30 % des hausses », pou- français ». Appui aux étudiants des cycles supérieurs 200 000 $
encadré). On peut voir que plus d’un vait-on lire dans le document officiel. Au point de vue financier, l’U d’O,
million de dollars a été attribué aux Au bureau de l’aide financière et des avec l’aide gouvernementale, injecte-
nouveaux cours et au corps professo- bourses, on se réjouit de l’argent attri- ra près de 10 millions $ sur trois ans Numérisation d’ouvrages en français 145 000 $
ral des différents programmes. Alors bué aux étudiants francophones. « Il pour cette bourse uniquement. « C’est
que le rapport de planification straté- y a beaucoup de sous qui sont donnés, une dépense très importante, mais on Développement de matériel pédagogique en français 140 000 $
gique « Vision 20/20 » sera lancé en juste au premier cycle, on parle de était prêts à prendre le risque parce
automne 2011, les initiatives prises 31 millions de dollars, c’est beaucoup, qu’on considère que c’est vraiment
jusqu’à présent par l’administration explique Normand Séguin, directeur une bourse de recrutement », conclut Médiatisation de différents outils 110 000 $
Rock laissent présager que le bilin- de l’aide financière et des bourses. Cet M. Séguin. Source: Cabinet du vice-recteur aux études

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le 24 janvier 2011 Actualités
Dossier bilinguisme

Offre de cours : les francophones désavantagés


La Rotonde a obtenu des documents de l’Université d’Ottawa démontrant des faiblesses au niveau de l’offre de cours en français, particulièrement dans les facultés de
génie et de sciences. L’administration du recteur Allan Rock maintient qu’il y a des « lacunes » et « des défis », mais des échos dans les corridors nous disent que l’Université
canadienne n’est pas aussi bilingue qu’elle le prétend.
Antoine Trépanier compte tenu des investissements de l’Univer- qu’[elle] allait devoir prendre le cours en an- un peu déstabilisé. « Il faudrait vérifier. C’est
sité. On peut d’ailleurs constater que l’étudiant glais ». La Rotonde n’a pas été en mesure de difficile de répondre à cette question de fa-
Dans les faits, de 2005 à 2009, la Faculté de ne peut faire que deux années en français dans recueillir les propos des doyens des Facultés çon très, très précise. Ce qu’on peut dire c’est
génie serait passée d’une offre de cours en plusieurs programmes de ces facultés. de génie et de sciences à cet effet. qu’historiquement, ça n’a pas été vérifié dans
Le vice-recteur aux études, François Houle, Le vice-recteur aux études voit dans l’accès les dernières années, mais environ 45  % des
explique que les facultés de « sciences et de gé- restreint aux cours en français un manque de cours sont donnés en français, donc c’est un
nie sont des cas un peu différents [des autres communication des Facultés. « Si on ne peut bon pourcentage  », a-t-il finalement laissé
facultés] ». Il mentionne également que le fac- pas offrir les cours en français, pour des rai- tomber. M. Houle admet toutefois qu’il y a des
teur historique joue un rôle important dans le sons de nombre d’étudiants ou de ressources, défis au niveau de « toutes les offres de cours
bilinguisme des divers programmes. « Histo- il faudrait qu’au moins l’étudiant le sache clai- en ce moment ». Selon nos sources, l’offre en
riquement, c’étaient des programmes offerts rement », déplore celui qui était doyen de la français n’a pas augmenté et dans certains cas,
en anglais ici à l’U  d’O, dit-il. Depuis une Faculté des sciences sociales avant d’être em- comme en sciences, elle a même régressé.
vingtaine d’années, on a commencé à vouloir bauché comme vice-recteur. Selon lui, « c’est Mise en place par le Sénat de l’U  d’O au
développer l’aspect francophone de ces pro- l’ambiguïté qu’il faut évacuer à ce moment-ci printemps 2008, la Commission permanente
grammes-là. On a surtout développé la Facul- où les étudiants peuvent ne pas être conscients des affaires francophones et des langues offi-
té des sciences et un peu celle de génie. » des limites qu’ont certains programmes quant cielles a recommandé à l’équipe du vice-rec-
à l’offre de cours et à l’offre de programme en teur aux études François Houle d’élaborer un
Des étudiants mécontents français ». plan quinquennal afin de s’assurer que tous
les cours obligatoires de l’institution soient
Plusieurs étudiants ont manifesté leur mé- Plus de francophones, offerts en français et qu’il y ait une meilleure
contentement à La  Rotonde du fait qu’ils ne moins de cours offerts ? offre de cours optionnels pour que l’étudiant
pouvaient faire leurs études dans la langue puisse compléter son cheminement scolaire
de Molière. Une ancienne de la Faculté des Questionné à savoir s’il y a une augmen- en français « et ce, dans tous les programmes
sciences explique qu’elle était inscrite dans un tation du choix de cours en français propor- de premier cycle », peut-on lire. M. Houle co-
cours en français et qu’«  une semaine avant tionnelle à l’augmentation de la population préside cette commission avec le vice-recteur
que la session ait commencé, on [l]’a avisée étudiante francophone, le vice-recteur semble aux ressources, Victor Simon.

Population étudiante anglophone vs francophone


2005- 2006- 2007- 2008- 2009- 2010-
Étudiants 2006 2007 2008 2009 2010 2011*
Anglophones 23 206 23 954 24 767 25 146 26 304 27 285
français annuelle de 71 à 66  cours. Du côté
de la Faculté des sciences, le portrait ne sem- Francophones 10 370 10 429 10 781 11 098 11 618 12 307
ble guère mieux. Après avoir passé de 112 à
116  cours en français de 2005 à 2008, voilà Pourcentage de francophones 30,89 % 30,33 % 30,33 % 30,62 % 30,64 % 31,08 %
qu’on est revenu plus bas que la case départ
avec une offre de 111  cours en français pour Étudiants 33 576 34 383 35 548 36 244 37 922 39 592
l’année 2008-2009. Selon nos sources, cette
*Données en cours de calcul
régression est anormale et «  décevante  »

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Le bilinguisme vu par les étudiants


Antoine Trépanier patibles avec le cheminement espéré. «  Dans bilinguisme. » que fonctionne généralement en français. C’est
ma  mineure en administration des arts, trois En contrepoids, Josée Ménard, étudiante bilingue, mais la langue de fonctionnement est
Le bilinguisme à l’Université d’Ottawa ne se des cours auxquels je me suis inscrite en pen- de 4e année en études internationales et lan- le français, avance Pierre St-Jacques, étudiant
limite pas à l’administration. Comment les sant que c’étaient des cours en français se sont gues modernes, considère que le bilinguisme à à la maîtrise en science politique. Il y a vrai-
« clients », ces étudiants qui suivent des cours, avérés être des cours bilingues ou majoritaire- l’U d’O n’est pas aussi noir qu’on le considère. ment un biais positif pour le français, je dirais. »
qui consomment des produits à la cafétéria ou ment en anglais », explique-t-elle tout en main- « Je suis consciente qu’il doit y avoir des lacu- M. St-Jacques maintient toutefois qu’« en géné-
encore à la librairie, voient-ils le bilinguisme à tenant que la « coordonnatrice du programme nes, mais moi je trouve ça vraiment bien qu’on ral, le personnel de l’Université est très compé-
l’Université? s’adresse la plupart du temps à la classe en an- puisse prendre un cours soit en anglais ou en tent au niveau linguistique », mais qu’au niveau
Dès qu’on parle de bilinguisme entre étu- glais ». français, puis faire les examens dans la langue du Centre universitaire et de la cafétéria, « c’est
diants, on saute vite aux conclusions : les anglo- François Charbonneau, professeur à l’École de notre choix », témoigne celle qui étudie éga- nettement moins bilingue ».
phones ne parlent pas le français, les francopho- d’études politiques de l’U  d’O, ne voit pas en lement en espagnol à l’U d’O. Pour François Charbonneau, l’institution
nes doivent toujours se soumettre à leur langue. quoi l’étudiant francophone est gagnant dans ottavienne se doit de prioriser cet enjeu lin-
Cette réalité se traduit également dans les salles un tel cas. « Le pire des scénarios, c’est de don- Les cycles supérieurs ouvrent la voie guistique et culturel. «  Le thème de la dualité
de cours et lors des événements « bilingues », où ner des cours bilingues, ça se fait en droit, par linguistique passionne moins aujourd’hui qu’il
le français est vite laissé de côté pour que soit exemple. Souvent, dans les faits, ces cours se Les cycles supérieurs, quant à eux, tendent y a trente ans, parce qu’aujourd’hui, tout ce qui
employée la « langue de la majorité ». donnent seulement en anglais, explique-t-il. Le vers le bilinguisme. Du moins, c’est le cas de nous préoccupe c’est de ne pas vendre des bou-
Dans un échange de courriels avec La  Ro- drame avec notre institution, c’est que c’est sou- l’École d’études politiques qui oblige les étu- teilles en plastique sur le campus plutôt que de
tonde, Audrey Labrie, étudiante à la Faculté des vent seulement les étudiants francophones qui diants anglophones à suivre au moins un cours s’intéresser à des vrais problèmes », conclut ce
arts, affirme qu’on ne lui offre pas de cours com- sont aux barricades pour défendre le projet de en français. « Le Département de science politi- dernier.

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Actualités le 24 janvier 2011

Dossier bilinguisme

Les professeurs doivent être bilingues


Antoine Trépanier dans leur langue seconde, il faut s’assurer
avec la collaboration de Julien Paquette que la qualité de la langue soit là. »
Pour François Houle, vice-recteur aux étu-
Les enseignants de l’Université d’Ottawa ne peu- des, les services en place ne font que favori-
vent avoir leur permanence s’ils ne maîtrisent ser l’apprentissage de la langue seconde chez
pas les deux langues officielles de l’institution. les professeurs. «  Ce qui est essentiel, c’est
C’est du moins un des règlements adoptés par qu’on les appuie très fortement pour qu’ils
l’institution afin de faire respecter ses normes de apprennent la langue d’enseignement le plus
bilinguisme. rapidement possible », explique-t-il.
C’est notamment le cas de Natalie Mania-
tes, nouvelle enseignante en communication Le règlement est-il respecté?
à l’U  d’O. Ayant longtemps habité à Toronto,
Mme Maniates n’est pas parfaitement à l’aise en Dans le Règlement sur le bilinguisme à
français. L’Université l’a embauchée à titre d’en- l’Université d’Ottawa (1974), on demande aux
seignante à temps partiel. «  [Le Département enseignants de maîtriser parfaitement l’une des
de communication] avait besoin de quelqu’un deux langues officielles et d’avoir des connais-
pour enseigner les relations publiques en fran- sances passives de l’autre. « Quand j’ai été em-
çais, mais qui détenait aussi mon expérience », bauchée, c’était requis, j’ai dû me faire évaluer,
raconte Mme  Maniates, qui a travaillé comme etc., raconte Louise Bouchard, professeure en
relationniste pour le premier ministre Stephen sociologie. Je ne sais pas si on l’a fait avec tous
Harper. les professeurs de l’Université, parce que je
En revanche, les enseignants ne maîtrisant constate que dans certains départements, il y a
pas l’une des deux langues officielles ont main- des enseignants unilingues anglophones, alors
tenant des ressources pour atteindre un niveau il doit y avoir deux poids, deux mesures. » En
acceptable de bilinguisme. théorie, selon les informations obtenues, les
Natalie Maniates a donc maintenant recours enseignants bilingues deviennent permanents
aux services linguistiques offerts par l’U  d’O. après deux ans d’enseignement dans l’institu-
«  Je suis contente de tous les services offerts tion. « On a certainement un des corps profes-
par l’Université, j’ai suivi des cours avec d’autres soraux les plus bilingues au Canada. Cela dit,
enseignants et c’était vraiment bien, c’est très ce n’est pas tous les profs, loin de là, qui peu-
pratique », explique-t-elle. vent enseigner dans les deux langues », affirme
C’est à l’Institut des langues officielles et M. Houle. Photo de Mark Colletti
du bilinguisme (ILOB) de l’U d’O qu’on trou- Lors de l’embauche de Mme Maniates, le Dé-
ve de l’aide pour l’apprentissage d’une langue
seconde. « On offre des cours de groupe, du
partement de communication n’a procédé à
aucun test de bilinguisme. « Je n’ai pas passé de
Langue de correspondance des professeurs*
tutorat, c’est possible aussi pour eux d’aller test, je pense qu’ils étaient confiants. J’ai passé
faire des sessions en immersion, il y a aussi quelques entrevues avec le Département et ils Français 477
un service de réviseur et de correcteur pour
leurs notes de cours et leurs examens », ex-
ont aimé l’expérience que j’avais en relations
publiques », affirme cette dernière. Le vice-rec-
Anglais 799
plique Huguette Bourgeois, coordonnatrice teur aux études maintient quant à lui que « les Total (professeurs à temps plein) 1276
de la formation linguistique pour le corps doyens doivent s’assurer que les enseignants *En date du 1er octobre 2010
professoral à l’ILOB. Mme  Bourgeois men- aient les compétences [linguistiques] pour en-
tionne que si les professeurs «  enseignent seigner ».

Dossier bilinguisme

Les associations étudiantes à l’assaut du bilinguisme


Antoine Trépanier politique, la FEUO a su réajuster le tir. «  Les résidences où le français est pratiquement ab- C’est vraiment le double de la tâche d’une asso-
critiques ont fait changer les choses, je pense sent. Souvent on voit des affiches mal traduites ciation étudiante régulière », explique le nou-
L’Université d’Ottawa s’engage à être bilin- que le fait d’avoir un conférencier comme Ro- et les étudiants se plaignent qu’il y a des exa- veau commissaire aux affaires universitaires.
gue, certes, mais les différentes associations méo Dallaire qui fait une présentation en fran- mens mal traduits », relate Charles Rose, em- Les deux employés s’entendent pour dire
sur le campus aussi doivent suivre la parade, çais, puis en anglais, montre à quel point la ployé au Centre de bilinguisme. que la GSAED fonctionne en tout temps dans
ou encore mettre sur pied des initiatives pour FEUO travaille pour être bilingue », commente Le Centre offre d’ailleurs plusieurs outils à les deux langues, sauf dans les bureaux de l’as-
encourager ce statut. La Rotonde a fait un lé- M. Clim. Il mentionne toutefois qu’il y a « tou- ceux désirant maîtriser une langue seconde. sociation, où le français est en avance. «  Ici
ger survol du bilinguisme des deux principales jours place à l’amélioration  », notamment au «  On organise des tables de discussion pour dans les bureaux, on est pas mal tous à l’aise

«
les débutants, les intermédiaires et les person- en français  », relate Jonathan Duguay. Selon
nes un peu plus à l’aise  », souligne M.  Rose. Mike Fancie, « les rencontres formelles se font
D’ailleurs, le Centre de bilinguisme prépare ac- vraiment dans les deux langues ».
tivement sa campagne « Unis contre la discri- M. Duguay explique également que l’U d’O
Je ne veux pas basher l’administration, je sais qu’ils font des efforts, j’ai parlé avec certains membres, et je sais que mination linguistique ». « On lance la deuxiè- a mis en place des services très utiles pour les
oui, il y a de la reconnaissance, qu’il y a des lacunes, mais de là à dire que l’Université est bilingue, personnellement, me vague de promotion [cette semaine]. Paige étudiants à la maîtrise. « Le Service d’appui au
en tant qu’étudiante et en tant que membre de la Fédération étudiante, non, je ne le crois pas. » [Galette] travaille très fort avec nous pour que succès scolaire offre de l’aide aux étudiants à
la campagne ait du succès », explique M. Rose. la maîtrise et au doctorat pour ce qui est de la
- Paige Galette rédaction de thèses et de travaux », mentionne
Et la GSAED? ce dernier.
associations étudiantes du campus. niveau de l’affichage, une constatation que par- Ce qu’il revendique le plus, toutefois, c’est
«  Au niveau de la FEUO [Fédération étu- tage Mme Galette. « Honnêtement, est-ce qu’on « En tant que Fédération étudiante, on met un service de traduction pour les étudiants.
diante de l’Université d’Ottawa], on est dans est totalement bilingue? Non, pas du tout. Est- tout en place pour que les membres de l’As- «  Un service de traduction pour toutes les
le même dossier que l’administration, on se ce qu’on fait des efforts pour l’être? Oui tout le sociation soient servis dans la langue de leur associations sur le campus serait vraiment bé-
proclame “Fédération étudiante en français” et temps! » rétorque-t-elle. choix », explique Mike Fancie, coordonnateur néfique. On s’entraide entre associations, mais
on fait tout l’effort possible pour avoir l’aspect aux activités politiques et aux communications s’il y avait vraiment juste un centre de traduc-
bilingue », lance Paige Galette, vice-présidente Des initiatives intéressantes à l’Association des étudiants diplômés de l’Uni- tion central, ça aiderait vraiment », explique le
aux communications à la FEUO. versité d’Ottawa (GSAED). commissaire. Il croit d’ailleurs qu’une collabo-
Dans un article publié l’année dernière, Au Centre de bilinguisme, service géré par Pour Jonathan Duguay, le bilinguisme est ration avec l’École de traduction et d’interpré-
La  Rotonde faisait état du non-bilinguisme la Fédération étudiante, on s’entend pour dire une question de ressources. « Pour nous, ici à la tation pourrait être une solution. «  Je pense
de la FEUO en ce qui concerne les conféren- qu’il y a beaucoup de lacunes sur le campus. GSAED, c’est tout un défi que de traduire tou- qu’on peut vraiment faire quelque chose de
ciers. Pour Brandon Clim, étudiant en science « Il y a beaucoup de problèmes au niveau des tes nos communications, nos procès-verbaux. bien à long terme », conclut-il.

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le 24 janvier 2011 Actualités
Vox-Pop Dossier bilinguisme
L’U d’O est-elle bilingue?
Catherine Cimon et Mark Colletti

Les défis d’Allan Rock


Après avoir étudié sur un campus majoritairement francophone, travaillé dans un
gouvernement «  bilingue  » et obtenu un poste à la tête d’une université dont la
population étudiante est majoritairement anglophone, le recteur de l’Université
d’Ottawa, Allan Rock, rêve d’une université parfaitement bilingue. La Rotonde
l’a rencontré.
Rachel Dubonovski, psychologie, 4e année
Certaines parties sont bilingues, comme l’administration, ce qui est bien, Antoine Trépanier AR : (Silence) Mon monde est ici, AR  : Selon les sondages qu’on
mais d’autres non. Pas les services, mais tout le côté social de l’Université ; je ne suis pas dans les facultés quo- a faits l’année passée, la chose qui
les activités, les shows, ne sont définitivement pas bilingues. La  Rotonde  : Pour vous, c’est tidiennement et je ne vis pas la vie est la mieux connue de l’Univer-
quoi le bilinguisme à l’Univer- d’un étudiant. Alors, possiblement je sité, au sein de la population cana-
sité d’Ottawa? ne vois pas les choses comme vous. dienne, c’est que nous sommes bi-
Allan Rock  : Ce n’est pas seu- D’après moi, d’ici, c’est une institu- lingues. C’est mieux connu que la
lement d’avoir l’occasion de parler tion bilingue. Mais je suis pleine- qualité de nos chercheurs, que le
soit en anglais ou en français, c’est ment conscient qu’il y a beaucoup fait qu’on a une faculté de droit, de
également l’opportunité de pouvoir de chemin à faire avant qu’on arrive médecine; c’est mieux connu que
apprendre une deuxième langue avec une offre de cours appropriée. les autres faits saillants de notre
même si on est unilingue, comme On a des lacunes, on a des défis. Et institution.
je l’ai fait quand j’étudiais ici. C’est comme François [Houle, vice-rec-
aussi être dans un environnement teur aux études] vous a expliqué, LR : Dans les faits, est-ce que
où on peut entendre le français et sans doute, on est au travail pour l’U d’O est une université bilin-
échanger avec des gens d’une autre trouver des solutions et combler ces gue?
culture. J’ai beaucoup appris et je lacunes. Nous avons demandé de AR : Oui! Yes! Est-ce qu’on a réa-
considère que c’était une expérience notre gouvernement provincial, il lisé à 100 % notre rêve? Pas encore.
enrichissante de grandir dans ce y a 18 mois, plus d’argent pour nos On va continuer à lutter vers ce
Céline Courchesne, criminologie et études des femmes, 3e année contexte, même si je parlais juste programmes en français et pour le qu’on a en tête comme idéal et on va
J’essaie de me dire que oui, et en fait je crois qu’elle est bilingue. Certains anglais à l’époque. Après mes an- bilinguisme. Nous avons réussi, ils réussir, mais pas encore. On a des
endroits sont bilingues, mais c’est certain que d’autres le sont moins. En gé- nées comme étudiant à l’U  d’O, je nous ont donné quatre  millions de problèmes et des lacunes à combler,
néral, je crois que l’Université d’Ottawa est une institution bilingue. me suis senti comme quelqu’un qui plus. (Voir détails en p. 2) c’est clair. Mais on va continuer
avait au moins une autre dimension, parce qu’on croit au rêve et à l’idéal
un autre sens ou une autre perspec- LR : À titre de recteur, quel- comme à quelque chose de vraiment
tive. les actions entreprenez-vous valable.
sur le campus en ce qui a trait
LR  : Vous avez été ministre au bilinguisme?
au niveau fédéral, comment AR : J’appuie mon équipe qui tra-
comparez-vous le bilinguisme vaille quotidiennement pour amé-
de l’U d’O à celui du gouverne- liorer les choses. Nous prenons nos
ment? responsabilités au sérieux. Nous
AR  : On dit de notre gouverne- sommes conscients que c’est un
ment qu’il est bilingue. Ce n’est pas fardeau considérable que de
vrai. On a un gouvernement où on a fournir des services [dans les
deux langues en parallèle. On publie deux langues]. Alors nous
les documents en anglais et en fran- sommes là quotidienne-
çais. On a, je suppose, le droit de ment pour nous assurer de
Amalia Savva, étudiante spéciale parler les deux langues, mais pour respecter cette responsabi-
Non, non. Je ne trouve pas, parce que j’ai commencé en administration la plupart, c’est un service public lité et d’améliorer nos pro-
publique en 2007 et, par exemple, quand j’ai commencé, il y avait beaucoup anglophone, on travaille la plupart grammes et services.
de textes en anglais parce que les professeurs assumaient que les étudiants du temps en anglais. Mais ici, sur
francophones étaient capables de lire en anglais, alors que l’inverse ne serait le campus, c’est complètement dif- LR : Au niveau de la
pas possible. On n’assumerait pas que des étudiants anglophones puissent férent. Selon moi, c’est vraiment un promotion et de l’ima-
lire des textes en français. environnement bilingue. Regardez ge, est-ce vraiment
par exemple le Bureau des gouver- le bilinguisme de
neurs et le Sénat, on a des anglo- l’institution
phones autour de la table, mais on qui res-
a des discussions en français et les sort?
anglophones comprennent, ils ont
le droit de s’exprimer en anglais et
tout le monde comprend. Alors on
a l’utilisation des deux [langues] en
même temps avec un groupe anglo-
phone, francophone et allophone.
Alors c’est vraiment quelque chose
de spécial qu’on a ici.

LR : Vous parlez d’une admi-


nistration francophone, mais
Ilwad Farah, développement international et mondialisation, la population étudiante reste
2e année majoritairement anglophone
D’après ce que j’ai vu récemment, oui. Je n’utilise pas trop les services avec un pourcentage de 70  %.
ici, plus ceux en ligne, mais à mon bureau à Desmarais, les gens sont bi- Il y a aussi les cours offerts en
lingues, alors lorsque je pose une question en français, c’est correct. français qui sont insuffisants.
Sommes-nous si bilingues que
ça, M. Rock? Photo d’ Anne Dandord Dussault

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Actualités le 24 janvier 2011

Entrevue
Traduire la profession de Marc Charron Ce jeudi à 20h00
à l’AGORA
Marc Charron enseigne à l’Université d’Ottawa depuis 2007 dans le programme de
traduction. La Rotonde s’est entretenue avec celui qui maîtrise à la fois l’anglais, BLEUS a. VERTS
JAUNES a. ROUGES
le français et l’espagnol pour qu’il parle de son cheminement comme professeur et qu’il
partage quelques pensées sur le bilinguisme. Soyez-y !

ERRATUM
Dans « Encore une réunion expéditive » en page 3 de l’édition du
17 janvier, on aurait dû lire que la motion présentée par Sarah Jayne
King au Conseil d’administration du 16 janvier a été adoptée. Il
aurait aussi dû être précisé que les membres du CA s’étant opposés à
cette motion ne l’ont fait que pour la deuxième partie de la motion,
laquelle visait à donner la responsabilité au CA de prendre position si
tout contrat d’une durée de plus d’un an devrait être signé lors d’une
entente avec la Fédération étudiante. Toutes nos excuses.
- La rédaction

La vraie vie. Sans plus attendre.

Photo de Mark Colletti


Julien Paquette projets. J’aime bien m’abreuver ça va de soi. On peut difficilement
d’autres formes de savoir pour faire imaginer une institution bilingue
La Rotonde  : Parlez-nous un avancer mes propres connaissan- sans aucun programme où l’on
peu de votre parcours acadé- ces. explique le passage d’une langue
mique. à l’autre. Surtout en contexte ca-
Marc Charron  : J’ai fait un LR : Quelles sont vos métho- nadien.
baccalauréat en études linguis- des d’enseignement?
tiques à l’Université McGill avec MC  : Ce qui compte pour moi, LR  : En quoi la traduction
l’équivalent d’une mineure en étu- c’est de pouvoir discuter de façon contribue-t-elle au bilinguis-
des hispaniques. Par la suite, j’ai critique des travaux que je donne me selon vous?
entamé une maîtrise en littérature aux étudiants. Je trouve important MC  : Très honnêtement, je ne
comparée, mais j’ai abandonné de clairement faire comprendre aux peux pas dire que la traduction en
après quelques mois pour fina- étudiants que la traduction ne se li- tant que telle y contribue. Enfin, Les gens compétents peuvent aller
lement faire une maîtrise en tra- mite pas à la reproduction fidèle des elle y contribue dans le sens où des plus loin, plus rapidement.
duction ici à l’École de traduction textes, que dans certains contextes, étudiants vont devoir parfaire leur Je démarre dès maintenant avec
et d’interprétation de l’Université les choses peuvent changer. maîtrise de leur langue seconde. ma propre entreprise Collège Pro!
d’Ottawa. Par la suite, puisqu’il C’est surtout une démarche indivi-
n’existait pas de doctorat en tra- LR  : Pourquoi avoir choisi duelle, en fait.
duction ici, je suis allé faire un l’Université d’Ottawa? • Je reçois la meilleure formation en gestion de l’entreprise
doctorat à l’Arizona State Univer- MC  : Deux grands aspects de LR  : En terminant, quelle offerte aux étudiants
sity où l’on m’avait dit qu’il serait l’Université d’Ottawa m’ont at- est la chose la plus drôle qui • J’aurai une longueur d’avance pour obtenir un emploi
possible de faire des études hispa- tiré  : d’abord, les programmes de vous soit arrivé depuis que plus tard, parce que j'aurai déjà prouvé ce que je peux faire
niques dans le domaine de la tra- cycles supérieurs. Également, la vous enseignez ici?
• Je suis un leader au sein de ma communauté
duction. Quand ils ont annoncé la possibilité d’enseigner des cours MC : Une des choses amusantes,
création d’un programme de maî- de traduction de l’espagnol vers le c’est d’avoir eu à chanter la chanson • Je m’investis dans quelque chose dont je profite dès maintenant
trise à l’Université de Montréal, je français. La présence de la troisiè- thème des Jeux de la traduction avec
suis revenu au Canada. me langue m’attirait beaucoup. des collègues. C’était sur l’air de la
chanson de Gerry Boulet « Les yeux
1-800-465-2839
LR  : Comment étiez-vous LR  : Croyez-vous que l’art du cœur  ». Ça ressemblait un peu
collegepro.com
comme étudiant? de la traduction est impor- à  : «  aujourd’hui je vois la vie avec
MC : J’étais curieux, je pense que tant dans une institution bi- les yeux du p’tit traducteur ». C’était
c’est ce qui me caractérise le plus. lingue? dans une soirée qui commençait à Apprenez-en plus dès maintenant sur les postes de gérant et sur
J’ai tendance à embrasser plusieurs MC : Ça me paraît fondamental, ce moment-là à être bien arrosée! les stages en entreprise qui sont offerts dans votre région!

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le 24 janvier 2011 Actualités
Convention collective des chargés de cours

Les syndiqués votent en faveur d’un mandat de grève


Melly Wells positions. Comme la grève n’est pas une si- pour un maximum de 10  heures de travail més qui avaient obtenu un poste d’assistant,
tuation à laquelle l’Université souhaite être rémunéré par semaine, n’est plus convenable mais qui n’avaient pas reçu de bourse de
Le Syndicat des étudiants ouvriers confrontée, le mandat encourage fortement selon lui puisqu’il n’a pas suivi l’augmenta- l’Université. En contrepartie, ces étudiants
(SCFP-2626) et l’administration de l’Uni- la partie patronale à trouver des ententes ra- tion des frais de 4,3 % en 2010. Prévoyant une pouvaient être subventionnés par un four-
versité d’Ottawa renégocient actuellement pidement. nouvelle augmentation en 2011, le syndicat nisseur externe de l’U d’O, ce qui les empê-
la convention collective des assistants d’en- désire obtenir une augmentation équivalente chaient de devenir membres du Syndicat.
seignement, qui est échue depuis le 31 août Des propositions qui ne manquent pas pour ses membres. «Cette situation empêchait le SCFP-2626
2010. L’efficacité est une autre demande impor- de protéger ces étudiants, car ils n’étaient
Le SCFP-2626 représente plus de 3800 as- Le SCFP-2626 a fait plusieurs propositions tante : «  Nous désirons améliorer l’efficacité pas considérés comme membres de l’orga-
sistants d’enseignement, correcteurs et autres à l’administration de l’U d’O pour renouveler du syndicat, en augmentant la rapidité des nisation», précise Félix Grenier. À la suite
étudiants employés de l’U d’O. La première ren- la convention collective. Ces propositions sont délais des griefs », explique M. Grenier, selon des négociations du mois de décembre, cette
contre entre les deux parties a eu lieu le 25 juin regroupées autour de trois grands thèmes qui les délais sont actuellement confus et peu- situation a changé, et ils sont maintenant
2010, pour échanger des propositions. D’autres principaux, soit l’équité salariale, l’efficacité et vent s’étirer sur une longue période de temps. syndiqués.
rencontres ont suivi en août, puis il a été conve- la sécurité d’emploi. Le président du Syndicat Sa requête vise aussi à diminuer leur durée. Les négociations ont, semble-t-il, com-
nu que le contrat serait modifié. des étudiants ouvriers, Félix Grenier, définit mencé à être efficaces à la dernière réunion
Puisque aucun terrain d’entente n’a été ainsi ces requêtes : Celle de l’équité salariale Maintenant syndiqués qui s’est terminée le 3 décembre dernier.
trouvé dans les mois qui ont suivi, un conci- signifie l’ajustement du salaire des assistants L’aide du conciliateur, ainsi que le vote du
liateur a été intégré au processus de négo- à l’augmentation des frais de scolarité. Le sa- Enfin, toujours selon Félix Grenier, une mandat de grève du 15 novembre, auraient
ciation en novembre dernier afin de tenter laire d’un assistant, fixé à environ 37 $ l’heure confusion existait pour les étudiants diplô- accéléré les pourparlers.

«
de satisfaire les deux parties. Le 15 du même Les négociations des quatre jours de dé-
mois, à la réunion du Comité de négociations cembre dernier auraient donc permis au
du Syndicat, les membres du SCFP-2626 ont SCFP-2626 de satisfaire quelques-unes de
voté en faveur d’un mandat de grève afin de Comme la grève n’est pas une situation à laquelle l’Université leurs demandes. Les prochaines rencontres
déclencher un arrêt de travail si les négocia- de négociation des deux parties sont prévues
tions ne progressaient pas. souhaite être confrontée, le mandat encourage fortement la partie les 3 et 4 février. De son côté, la partie patro-
Ce mandat devient donc un puissant ar- nale de l’Université d’Ottawa s’abstient de
gument du SCFP-2626 et démontre à l’em- patronale à trouver des ententes rapidement. » tout commentaire pour le moment. Un dos-
ployeur sa volonté de se battre pour ses sier à suivre.

Semaine des clubs

Une semaine d’effervescence sur le campus


Catherine Cimon

La semaine dernière, le Centre universitaire


s’animait pour accueillir les activités de pro-
motion des clubs de l’Université d’Ottawa. Des
kiosques étaient présents partout au premier
étage du Centre et, une première cette année,
dans le sud du campus, au pavillon EITI.
Jesse Root, coordonnateur des clubs de la
Fédération étudiante, explique que cette se-
maine, en début de semestre et en plein milieu
de l’année, était une occasion de recrutement
idéale pour les clubs. L’organisation de l’évé-
nement a commencé vers le début du mois de
décembre, selon M. Root, mais ne consistait
presque exclusivement qu’à louer l’espace et
les kiosques, les clubs étant responsables du
reste des détails organisationnels, tels que les Photo de Vincent Rioux
La Semaine des clubs, qui s’est déroulée du 17 au 21 janvier, a été une initiative populaire auprès des étudiants.
dépliants, affiches et autres outils publicitai-
res.
Selon Amy Hammett, vice-présidente aux discrimination. selon Amy Hammett, qui dit avoir reçu de vice-présidente aux affaires étudiantes affir-
affaires étudiantes, l’événement dont l’or- bons commentaires quant à la présence de me que cette ressource est particulièrement
ganisation n’exige que de très faibles coûts Deux nouveautés la Semaine des clubs dans le sud du campus appréciée par les clubs, qui ont pu profiter
continue à être populaire auprès de la popu- cette année. de ses nombreux atouts au courant de la se-
lation étudiante année après année. Pour l’événement de cette année, la Fé- Tel que souligné par Mme Hammett, les maine pour confectionner leurs outils publi-
Jesse Root et Amy Hammett s’accordent dération étudiante de l’Université d’Ottawa clubs bénéficiaient aussi cette année de la citaires. Mme Hammett a précisé avec entrain
aussi pour dire que tous les clubs le désirant (FEUO) a innové en plaçant des kiosques nouvelle venue en matière d’optimisation qu’un concours est actuellement organisé
avaient avec la Semaine des clubs une occa- au pavillon EITI de l’U d’O. Cette initiative des ressources techniques, la photocopieuse parmi les clubs pour trouver un nom pour la
sion de faire la promotion de leur groupe, sans a été très populaire auprès des étudiants récemment offerte aux clubs par la FEUO. La photocopieuse.

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Actualités le 24 janvier 2011

Dossier bilinguisme

CHUO, station radio aux langues multiples


Julien Paquette réunies dans la programmation d’une même qui anime l’émission l’Express Country tous les d’avoir une radio bilingue pour une univer-
station de radio peut cependant être déstabi- jeudis matin depuis bientôt vingt ans adore le sité bilingue. » Le diplômé de l’U d’O ajoute
Dans le cadre de son dossier sur le bilinguis- lisante pour les auditeurs. À ce sujet, Étienne fait que le contenu de la CHUO soit aussi varié : qu’en plus de promouvoir les deux langues
me, La  Rotonde s’est entretenue avec Étienne Dubuc dit comprendre que les changements « Il y en a pour tous les goûts! » officielles, le 89,1 FM réserve aussi une pla-
Dubuc et David Dufour de la radio communau- fréquents et subits de la langue parlée en on- De son côté, Charles Campbell, bénévole ce importante aux musiciens qui désirent
taire CHUO pour discuter de leur contribution des peuvent surprendre, surtout dans le cas à CHUO en tant que participant à l’émission acquérir plus de visibilité : « C’est super de
au bilinguisme dans la communauté universi- des auditeurs radiophoniques occasionnels. Le Macaque chaud, apprécie le fait d’avoir faire jouer des artistes émergents franco-
taire de l’U d’O. Cependant, il affirme que leur programmation une radio bilingue, surtout sur le campus phones sur les ondes de CHUO. »
horizontale, où les contenus francophones et de l’Université d’Ottawa : « C’est important
Le bilinguisme, oui; anglophones sont toujours aux mêmes heures,
le multiculturalisme, aussi aide à rendre les choses plus claires et simples :
« Quand tu prends le temps d’écouter réguliè-
David Dufour, directeur du contenu musical rement, tu comprends rapidement comment on
francophone, admet d’entrée de jeu trouver fonctionne. »
très important d’avoir une radio bilingue dans
la région d’Ottawa : « Ce n’est pas qu’au Qué- Un statut non acquis
bec qu’il y a des francophones, ces gens-là (les
francophones hors Québec) aussi ont droit à des Interrogé sur les contraintes rencontrées en
émissions dans leur langue. » Sur le plan mu- travaillant dans les deux langues, M. Dubuc se
sical, la contribution de CHUO au bilinguisme fait très clair.  «  [Travailler dans les deux lan-
consiste à faire valoir autant la musique franco- gues] me faisait peur au début, mais ça se passe
phone qu’anglophone. exactement comme dans une radio unilingue,
La mission de M. Dufour est d’amasser quo- avoue-t-il. Le bilinguisme ne change rien. » De
tidiennement une bonne quantité de contenu plus, il déclare être très surpris de l’effort de bi-
musical francophone, contenu qui, selon lui, linguisme fourni par les employés et les béné-
est beaucoup moins connu que celui du côté voles.
anglophone. « Beaucoup d’artistes ne sont pas Pour sa part, David Dufour promet de conti-
conscients qu’il y a des francophones hors Qué- nuer d’offrir de la musique francophone de qua-
bec, il faut constamment aller chercher ce conte- lité aux auditeurs. Il considère que dans un pays
nu », confie l’employé de CHUO. bilingue comme le Canada, l’anglais peut facile-
Quant à la grande variété de cultures repré- ment s’imposer. « Il faut maintenir la place du
sentées à CHUO, surtout dans le programme français, c’est un travail constant. C’est comme
de la fin de semaine, Étienne Dubuc, directeur l’hôpital Montfort, ils ont dû se battre pour le
de la programmation, se dit très fier d’offrir une garder », rappelle-t-il.
voix à ces différentes communautés. «  Ils ont
un moment où ils peuvent s’informer sur ce qui Des animateurs fiers du fait bilingue
se passe dans leur communauté, dit-il. Ça leur
permet de garder contact avec leur musique et L’animateur d’expérience Robert Guindon se Photo libre de droit
leur culture. » dit très fier et bien heureux de faire partie de ce CHUO offre aux auditeurs des émissions en anglais, en français et même dans plu-
Une grande variété de langues et de cultures projet et de contribuer à ce bilinguisme. Celui sieurs autres langues.

Campagne marketing de l’Université d’Ottawa

De l’affichage illégal dans les rues de Sherbrooke


L’Université d’Ottawa forcée de retirer ses affiches posées sur des poteaux
Catherine Cimon comme illégales qui ont dû être en- ont poussé l’Université d’Ottawa maine. mais que l’U d’O ne s’attendait pas
levées par rapport au nombre to- à enfreindre une loi municipale, Vincent Lamontagne a aussi à ce que des affiches soient posées
Jeudi dernier, l’Université tal de 850, la plupart des affiches M. Lamontagne tenait d’abord à expliqué qu’il n’avait pas vrai- sur des poteaux  : «  Ce n’est pas
d’Ottawa recevait une menace ayant été posées sur des babillards préciser qu’  «  illégal est un grand ment d’opinion concernant la une stratégie de l’Université d’Ot-
d’amende de la part de la ville de ou encore dans des commerces  : mot » et que « ce n’est pas [l’Uni- faute commise par Diffusart. Par tawa », a-t-il commenté.
Sherbrooke pour avoir affiché il- « Je crois que c’est seulement 15 % versité] qui met en œuvre la cam- ailleurs, il a ajouté que l’Univer- De son côté, Serge Paquin affirme
légalement des panneaux publi- des 850 affiches, environ 150, qui pagne  ». Le mandat est en effet sité d’Ottawa avait déjà effectué de que la loi qui interdit l’affichage sur

«
citaires vantant ses programmes avaient été installées sur des po- les poteaux de la ville de Sherbrooke
de maîtrise et de doctorat dans les teaux. » est une réglementation qui est en
environs des institutions scolaires Vendredi, Vincent Lamontagne place depuis longtemps et qu’il avait
postsecondaires. et Serge Paquin s’entendaient pour été surpris d’apprendre qu’un tel délit
Les autorités administratives de dire que l’Université d’Ottawa Serge Paquin affirme que la loi qui interdit l’affichage sur avait été commis par l’Université d’Ot-
la capitale de l’Estrie ont envoyé s’était montrée très ouverte à la tawa. M. Paquin commentait ainsi la
un avertissement à l’Université ca- coopération avec la ville de Sher- les poteaux de la ville de Sherbrooke est une règlementation façon de faire de l’U d’O : «  [L’Uni-
nadienne qui les enjoignait de re-
tirer dans les 24 heures les affiches
brooke pour régler le problème
dans les plus brefs délais. Moins qui est en place depuis longtemps et qu’il avait été surpris versité d’Ottawa] aurait pu au moins
s’informer. C’est un peu du sans-gêne
posées sans autorisation. En effet,
cet affichage est illégal en vertu
de 24  heures après l’avertisse-
ment, les affiches publicitaires de
d’apprendre qu’un tel délit avait été commis par l’Université de leur part. » Le président du conseil
exécutif de la Ville de Sherbrooke
du règlement municipal, selon le
président du comité exécutif de la
l’Université d’Ottawa avaient ef-
fectivement disparues du zonage
d’Ottawa. » ajoutait que le délit était d’autant plus
surprenant que l’U d’O est une insti-
ville, Serge Paquin. où elles étaient considérées com- tution universitaire de renom.
Vincent Lamontagne, responsa- me illégales. Néanmoins, Vincent Lamon-
ble des relations avec les médias plutôt délégué à la compagnie Dif- pareilles campagnes de publicité tagne ne croit pas que l’incident
de l’Université d’Ottawa, a quant À qui la faute? fusart, qui est externe à l’U d’O et qui consistent à viser certains sec- a entaché d’une quelconque ma-
à lui insisté sur le pourcentage qui a, selon M. Lamontagne, plus teurs stratégiques, ici les environs nière la réputation de l’Université
peu élevé des affiches considérées Questionné sur les raisons qui de 20 ans d’expérience dans le do- des institutions postsecondaires, d’Ottawa.

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le 24 janvier 2011 Actualités
Main pleine Il était une fois…
Dans le cadre du dossier bilinguisme de cette semaine, voici un aperçu de ce que
Ne manquez pas la
Bilinguisme géographique La Rotonde rapportait sur le sujet il y a de cela pas si longtemps… réunion des bénévoles
Catherine Cimon pour rendre le bilinguisme officiel au sein de
l’organisation, mais, qu’étonnamment, aucun mardi à 14 h 30,
au 109, rue Osgoode!
Esprit de conquête service de traduction n’était disponible lors
Catherine Cimon, du congrès et que les procès verbaux ainsi que
Chef de pupitre Actualités, Le 18 décembre 1940 : « Le Canada oc- les documents n’étaient donc pas disponibles
actualites@larotonde.ca cupe en réalité le second rang parmi les pays en français lorsque originalement en anglais.
de langue française de l’univers  », affirmait La  Rotonde lançait donc un appel à tous les
W.L. Mackenzie King le 12 novembre 1940. Le journaux francophones pour qu’ils puissent Ont participé à cette édition :
La Rotonde a mené un sondage éclair au cours
journaliste Achille Boivert commençait ainsi faire front commun devant la Presse universi-
de la semaine pour savoir ce que les étudiants
pensaient du bilinguisme à l’Université d’Ot-
son appel au soulèvement des Canadiens fran- taire canadienne et réclamer à celle-ci qu’elle Philippe Dumas
çais dans lequel il critiquait vivement l’esprit s’acquitte en pratique de son mandat de bilin-
tawa. Il en est selon moi ressorti, à la lumière
des réponses variées recueillies, que le véri-
de soumission des francophones du Canada guisme. Siniša Šindik
considérés comme des cerfs par les anglopho-
table problème en ce qui a trait au statut du
bilinguisme de notre merveilleuse Université
nes. Il rappelait en effet que « le premier mi-
nistre n’[avait] pas dit que le Canada [était] un
Douze vérités sur le non-bilinguisme
à l’Université d’Ottawa
Philippe Pépin
canadienne est que l’on ne sait pas vraiment
en quoi consiste le véritable bilinguisme.
pays bilingue et [que] les Canadiens de langue
française [constituaient] un nombre impo- Le 13 décembre 1962  :  «  L’Université
Jean-Thomas Tremblay
Concerne-t-il uniquement l’administration et
les services dont bénéficient les étudiants du
sant  ». Cette idée démontrait selon lui par-
faitement que les Canadiens français étaient
d’Ottawa, une expression frappante de la
dualité culturelle canadienne  », disait Hugh
Stéphanie Déborah Jules
campus ou encore l’offre de cours égalitaire
du côté francophone et anglophone?
reconnus comme une partie intégrante du Ca-
nada, mais pas comme une ressource respec-
McLennan, professeur à l’Université McGill
et récipiendaire de cinq prix du gouverneur
Audrey Labrie
Et même si toutes ces composantes étaient
appliquées sur le campus, est-ce que, encore
table représentée de façon égalitaire au sein
de l’élite socio-économique. Il invitait donc les
général. Suite à cette introduction, l’auteur de
l’article, Jacques Lefebvre, énonçait 12 vérités Catherine Blanchard
là, nous pourrions bel et bien considérer
l’Université d’Ottawa comme complètement
bilingue?
Canadiens français à sortir de leur servage et
à s’imposer en tant que chefs de file dans les
sur la situation du français à l’U  d’O dont  :
« La grande majorité des étudiants bilingues Anaïs Elboujdaïni
Étant une femme pragmatique, je crois
fermement que non. Pour moi, une univer-
contextes sociaux, économiques, politiques,
administratifs et internationaux. Il souhaitait
à l’U d’O portent un nom français. La plupart
des étudiants Canadiens anglais refusent obs- Laurent Bouchard
que ceux-ci retrouvent l’esprit de conquête de tinément de s’exprimer en français  », «  au
sité qui se targue d’être bilingue ne doit pas
l’être seulement dans son système adminis-
leurs ancêtres. grand conseil de la Fédération, les discussions Melly Wells
se font la plupart du temps en anglais. », « la
tratif ou encore à travers des services offerts,
mais doit aussi refléter son bilinguisme par la
Bilinguisme à la Faculté de médecine est à toutes fins pratiques Sara Pedroso
Presse universitaire canadienne? unilingue » et «  la plupart des gradués [sic]
composition même de son cheptel étudiant,
Canadiens français de l’U  d’O ont une assez
qui devrait compter 50 % d’étudiants ayant le
Le 30 janvier 1953  :  La  Rotonde rap- bonne connaissance de la langue anglaise.
français comme langue d’usage et 50 % d’an-
glophones.
portait que lors du congrès national annuel Tandis que les étudiants Canadiens anglais De toute l’équipe de
Je suis une grande utopiste, je le sais : je ne
de la Presse universitaire canadienne, qui se
tenait à Montréal à l’Université McGill, une
réussissent à graduer [sic] sans pouvoir dire
deux mots de suite en français. Le bilinguisme, La Rotonde, merci!
prétends pas que c’est une réalité qui devrait
motion avait été adoptée plus tôt dans l’année ça n’existe que pour les Canadiens français ».
être mise en pratique ou encore qui soit vrai-
ment possible et je ne suis pas en train d’es-
sayer de dire que ma vision idéale de l’Univer-
sité serait un tel état des choses, mais je crois Revue de presse universitaire
qu’il devrait en être ainsi pour que l’Université
Catherine Blanchard et modeste. Il était membre des équipes de
d’Ottawa puisse se dire bilingue. Après tout, le
football et de rugby au Lower Canada Col- Des étudiants en médecine
terme bi-lingue veut dire une parité entre les
lege et faisait aussi partie de différents pro- dans les rues d’Edmonton
deux langues, non?
grammes de bénévolat. C’est pourquoi peu The Gateway
J’irai par ailleurs plus loin en affirmant
de personnes croient qu’il y aurait un lien
qu’il est impossible pour moi que l’Univer-
avec des groupes criminels. Un nouveau programme à l’Université de
sité d’Ottawa réussisse à devenir parfaitement
l’Alberta envoie les résidents en médecine
bilingue sans que sa population étudiante ne
Un professeur de mathématiques re- dans les salles d’urgence, les refuges et les
le soit elle-même, car lorsqu’un groupe est
tourne au travail après sa suspension cliniques du centre-ville d’Edmonton afin
prédominant sur un autre, il est normal qu’il
The Manitoban d’offrir des services de santé à la commu-
prenne plus de place aux dépens de la minori-
nauté.
té, que ce soit dans l’offre de services ou dans
Gabor Lukacs, professeur de mathémati- Ce nouveau cours optionnel est ouvert
les activités.
Première victime d’un homicide ques à l’Université du Manitoba, a engagé aux résidents en médecine familiale, en psy-
Concrètement, on peut observer ce phéno-
de l’année 2011 en novembre dernier des poursuites judi- chiatrie, en médecine interne et en méde-
mène de « bilinguisme » à l’échelle du Canada
The Link ciaires contre son employeur. Le professeur cine d’urgence. Dre  Kathryn Dong, une des
qui, tout comme l’U d’O, se dit bilingue et où,
souhaitait en effet se prononcer contre une fondatrices du programme, affirme que le
tout comme à l’Université canadienne, il n’y
Le 12 janvier dernier, Jason Peagram, un décision de l’administration d’octroyer à cours est né d’un désir de faire face à des
a rien de plus faux. Pour ceux qui ont voyagé
étudiant à l’École de gestion John Molson un étudiant son doctorat alors que celui-ci problèmes uniques vécus par les sans-abri.
un peu dans l’Ouest du pays, il n’est pas dif-
de l’Université Concordia, est décédé suite à n’avait pas rempli les exigences nécessaires. Certains troubles de santé sont propres à ce
ficile de comprendre rapidement que le fran-
une blessure par balle au niveau du cou. Il avait ensuite été suspendu après avoir vio- groupe social, en comparaison avec des pa-
çais y occupe très peu de place et que l’on se
La police a affirmé que Peagram avait été lé l’anonymat de l’étudiant en mentionnant tients dits typiques. On a donc voulu mettre
retrouve, en tant que francophone, dans une
entendu avec un autre homme dans son ap- son nom en cour alors que l’affaire passait l’accent sur les facteurs sociaux contribuant
position intimidante de minorité linguistique,
partement le soir du meurtre. Les deux indi- en justice pour révision judiciaire. à la santé.
derrière le mandarin. « Deux poids, deux me-
vidus ont quitté l’édifice vers 22 h 45 et c’est Le 11 janvier dernier, Lukacs est retourné Le programme a deux buts. On veut
sures », me direz-vous, « ce n’est pas compa-
à ce moment que la victime a été abattue. au travail, chaleureusement accueilli par ses d’abord offrir une meilleure accessibilité
rable à l’Université d’Ottawa  ». Oh, que oui!
La victime a été retrouvée sur le capot collègues et étudiants. Le professeur tient à aux services de santé pour les groupes défa-
Sauf que sur notre campus, ce n’est pas dans
d’une voiture. Puisqu’elle saignait à profu- souligner qu’il ne retourne pas à l’Univer- vorisés, particulièrement aux toxicomanes
l’ouest que le fait français est écrasé par l’an-
sion, elle a été transportée à l’hôpital géné- sité pour démontrer à l’administration que et aux sans-abri, en plus d’offrir une expé-
glais, mais bien au sud, notamment à SITE
ral de Montréal où l’on a constaté sa mort. celle-ci avait raison, mais pour être présent rience enrichissante aux étudiants.
dans les facultés de génie.
Même si des témoins ont affirmé avoir vu pour ses élèves. Dre Dong ajoute que les nouveaux méde-
Bien entendu, l’Université d’Ottawa n’est
l’agresseur s’enfuir dans une voiture, aucun Une pétition en ligne a été signée par près cins doivent apprendre à interagir de façon
quand même pas comparable aux deux soli-
suspect n’a encore été identifié. de 100 sympathisants de Lukacs. Parallèle- respectueuse avec des patients dans le be-
tudes de notre pays, mais on y retrouve à plus
Un site internet a été créé à la mémoire de ment, des mathématiciens de partout dans soin afin d’obtenir des réponses honnêtes
petite échelle le même malaise linguistique
Peagram. Des collègues de classe, des pro- le monde ont envoyé des lettres au recteur qui permettront un traitement approprié.
provoqué par la cohabitation parfois difficile
fesseurs, de même que des amis et membres de l’Université, David Barnard, afin de lui Cinq résidents participent actuellement
de deux langues qu’on nous présente comme
de la famille y ont partagé leurs souvenirs expliquer que cette décision de l’adminis- au programme. Sa viabilité dépendra du
étant « égales », mais qui ne le sont qu’admi-
concernant le défunt. tration concernant le doctorant serait né- financement qui, pour l’instant, assure son
nistrativement dans les faits et sur papier.
Peagram était connu comme étant calme faste pour la réputation de l’institution. maintien pour une durée de trois ans.

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Arts et culture
le 24 janvier 2011

Catherine Dib
culture@larotonde.ca

Dossier bilinguisme

La bibliothèque Morisset : une mission complexifiée Les clubs bilingues, utopie


ou possibilité?
par une réalité restrictive Catherine Dib

Au-delà du cliché des organisations Sigma Pi et


autres Omégas que nous offrent l’industrie du
film, les clubs de l’Université d’Ottawa désirent
offrir à la populace estudiantine des occasions
de s’investir. Avec la Semaine des clubs, qui
avait lieu du 17 au 21 janvier principalement au
Centre universitaire, l’intérêt autant pour l’im-
plication parascolaire que pour l’enrichissement
du curriculum vitae est ressuscité entre les murs
de l’U d’O. Les quelques clubs à la vocation plus
culturelle sont pourtant majoritairement anglo-
phones. Est-ce limitatif pour les étudiants fran-
cophones?
Après sondage, bon nombre des clubs appro-
chés étaient principalement anglophones, mais
on peut toutefois faire un lien avec la demande,
qui laisse à désirer. « Je ne sais pas comment ça
a évolué, mais on visionne principalement des
films en anglais, explique Wayne Sawtell prési-
dent du club Cinema academica, qui permet le
visionnement hebdomadaire d’un film à teneur
sociale ou politique. On a quelquefois des films
en langue étrangère, mais c’est vraiment une
question des gens qui se sont investis dans le
club. On peut certainement en montrer s’il y a
une demande!  » Dans le cas du Club des rats
de bibliothèque, la présidente, Thea Klinger,
justifie l’unilinguisme par le biais de l’écrasante
majorité anglophone : « On lit juste en anglais,
il n’y a pas assez de francophones pour justifier
la lecture d’un roman en français et personnelle-
ment, j’aurais beaucoup de misère! »
La Ligue d’improvisation étudiante univer-
sitaire (LIEU) a subi une situation quelque peu
sombre durant les dernières années. « Les clubs
devaient être uniquement bilingues, il y a deux
ans de cela. Étant uniquement francophone, on
Jean-Thomas Tremblay seulement les publications dites savantes tion universitaire, l’interface Érudit, parrainé ne pouvait donc pas obtenir les mêmes privilè-
s’avèrent plus rares dans la langue de Molière, en partenariat par l’Université Laval et l’Uni- ges que les clubs », explique Marie-Josée Ran-
La bibliothèque Morisset, véritable lieu de mais leur retard, en ce qui a trait à l’inévitable versité de Montréal, voit sa banque d’abonnés ger, présidente du comité exécutif de la LIEU.
pèlerinage pour les étudiants de l’Université entreprise de numérisation, est probant. En croître continuellement. La direction est éga- En n’étant pas reconnue comme club à cause
d’Ottawa à la recherche du divin savoir, est effet, alors que les maisons d’édition évoluant lement ouverte aux suggestions des étudiants. de son unilinguisme, la LIEU n’avait pas accès
un carrefour dynamique où se rassemblent dans un contexte anglo-saxon ont, depuis plu- À ce sujet, Mme Carrier lance: « Si ça existe, on aux finances et aux salles octroyés par la Fédéra-
quotidiennement des centaines de têtes, à rai- sieurs années, établi leur pénates dans l’envi- va l’acheter. » tion étudiante de l’Université d’Ottawa (FEUO).
son de deux millions de visites par année. On ronnement parfois hostile que représente la « C’était une de nos frustrations l’année passée,
compte difficilement, au terme de sa carrière publication à l’ère numérique, leurs pendants Des services en évolution car on savait qu’on n’était pas le seul groupe uni-
étudiante, le nombre de soirées interminables francophones accusent un retard considé- lingue, mais les autres avaient accès aux services
passées à s’attaquer, au fil d’ambitieuses croi- rable dans leur effort de conversion au livre Si le contenu disponible à la bibliothèque de la FEUO en tant que clubs », déclare-t-elle.
sades, aux piles de bouquins qui s’accumulent électronique. Morisset témoigne d’un indéniable déséqui- Mme Ranger précise par contre que ce quiproquo
exponentiellement sur l’un des convoités pu- libre, l’équipe met les bouchées doubles pour en matière du bilinguisme des clubs est mainte-
pitres. À la lumière du dossier sur le bilinguis- The social science library garantir l’accessibilité des services dans les nant résolu. « C’est super récent cette ouverture
me, il convient de s’interroger sur la présence deux langues officielles, la priorité étant ac- des clubs pour les trucs unilingues, on est donc
qu’occupe la langue française dans tous ces Hôte des ouvrages de référence de cinq fa- cordée au français. La  Rotonde a profité de admissible pour être un club, dit-elle. Je l’ai
ouvrages de référence que l’on ingère dans le cultés, la bibliothèque Morisset comporte une l’entretien pour questionner Mme Carrier sur appris en décembre donc je n’ai pas fait de de-
cadre de ses recherches. intense concentration d’écrits liés aux différen- les changements prévus à la bibliothèque afin mande. Mais on va le faire éventuellement par
tes sphères de la science sociale. Mme Carrier d’améliorer lesdits services. rapport aux bilans financiers que j’aurai. »
Des frontières imposées affirme que puisque l’usage de l’anglais pré- Le prochain plan de développement du Des fois, comme dans le cas du Collectif de
par le monde de l’édition domine dans plusieurs disciplines enseignées campus, s’échelonnant de 2012 à 2017, soit musique d’Ottawa (CMO), qui invite tous les
à l’U  d’O, il serait aberrant pour la direction immédiatement après la complétion du étudiants à jouer d’un instrument et à prendre
Rencontrée par La  Rotonde la semaine de la bibliothèque d’ignorer cette réalité. Si nouvel édifice des sciences sociales, prévoit part régulièrement à la célébration du mercredi
dernière, Hélène Carrier, directrice de la bi- un effort constant de promotion de la langue l’agrandissement des aires d’études, un chan- midi au Centre universitaire, la langue n’est
bliothèque Morisset, affirme que l’institution française est fourni par l’équipe d’acquisition gement des plus nécessaires. De plus, la créa- même plus un enjeu: « La plupart d’entre nous
sous son égide présente une collection de plus des ouvrages, responsable de l’achat de plus tion d’une application pour iPhone pourrait se sommes bilingues dans le collectif  », déclare
de deux millions d’ouvrages, dont environ de 50  000 items annuellement, Mme  Carrier concrétiser à moyen terme. Les plus utopistes Patrick Weldon, directeur artistique du CMO.
20  % sont disponibles en langue française. insiste sur l’importance de se conformer aux seront peut-être pris à rêver à la création d’un « Il y a plusieurs langues parlées, mais on ne se
Selon elle, cette proportion, au premier coup exigences des professeurs et des programmes tel programme afin de corriger les nombreu- concentre pas beaucoup sur la langue comme
d’œil plutôt alarmante, reflète avec précision qu’ils chapeautent. ses lacunes qui caractérisent la promotion du telle, du moment que tu as du rythme, on peut
la présente réalité du monde de l’édition. Non Signe de l’évolution du milieu de la publica- bilinguisme ailleurs sur le campus. se connaître! »

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le 24 janvier 2011 Arts et culture
Dossier bilinguisme

Réunir les deux solitudes dans la festivité


Catherine Dib nes, mais le groupe de travail avait témoigne l’agente de programma- rester près des étudiants! » ajoute-t- de cérémonies parlant seulement
constaté qu’il y avait réellement un tion. Soulignons que le Salon fran- elle. en anglais  », confirme Alexandre
Comme Marie-Soleil Pinsonnault, besoin auquel répondre  », précise cophone, projet qui ne s’est concré- Chaput. Il reste que bien que l’ini-
agente de programmation en fran- Mme Pinsonnault. Ainsi, le poste a été tisé qu’après belle lurette, ouvrira ses La Fédération étudiante : tiative d’organiser des événements
çais du Service de vie communau- créé expressément pour la cause et portes au rez-de chaussée du Centre to French or not to French? dans la langue de Voltaire soit ins-
taire (SVC), l’a si bien exprimé au Marie-Soleil Pinsonnault l’a comblé universitaire le 14 mars prochain. crite à l’agenda du v.-p., les efforts
cours d’une entrevue avec La  Ro- avec pour mandat, parmi d’autres, L’espace remplira le rôle de carrefour «  Ça a toujours été un défi, c’est ne sont souvent pas conciliés avec
tonde, l’Université d’Ottawa peut de mettre sur pied une program- pour la vie culturelle francophone et certain», affirme d’entrée de jeu la réponse des francophones en ma-
être appréhendée comme étant un mation créant une synergie entre accueillera plusieurs types d’événe- M. Chaput lorsqu’il est interrogé sur tière de participation. « J’ai souvent
microcosme du Canada par son bi- la communauté de l’Université et la ments, tels que des discussions, des les enjeux du bilinguisme. Il avait en cette discussion avec mes collègues
linguisme et son multiculturalisme. communauté francophone de la ré- concerts et d’autres activités. Quoi- effet constaté, même avant son in- et la question demeure, car les étu-
Au-delà de l’unilinguisme ordonné gion de la capitale. que les événements initiés par la- vestiture en tant que v.-p. aux acti- diants ne se pointent souvent pas
d’un cours magistral et du bilinguis- « On tente de consulter régulière- dite branche sont divers et multiples, vités sociales, que les francophones au rendez-vous lorsqu’il y a des évé-
me obligatoire des documents diffu- ment les étudiants et les commen- l’agente de programmation en fran- étaient souvent les laissés-pour- nements uniquement en français »,
sés par l’institution, la vie étudiante taires sont assez positifs. Il y a eu un çais du SVC estime qu’il y a toujours compte des événements culturels, explique-t-il.
s’avère la sphère idéale pour tâter le besoin exprimé pour un espace fran- place à l’amélioration : « Ce n’est pas notamment des concerts qui ponc- Toutefois, le phénomène récent
pouls de ce bilinguisme en mouvance cophone, auquel on a répondu avec une question de rester passif quand tuaient l’année scolaire de septem- d’une densité accrue de specta-
perpétuelle. Ainsi, bien qu’il y ait une la création du Salon francophone », tous les besoins sont comblés, il faut bre à avril. « J’ai déjà vu des maîtres teurs pour la Ligue d’improvi-
forte volonté d’établir et de conso- sation étudiante universitaire
lider ce convoité bilinguisme de la (LIEU) prouve le contraire, tel que
part des multiples agents culturels le mentionne M. Chaput. Aussi,
du campus, les faits sont sujets aux aux dires du v.-p., le plus grand
changements et aux caprices d’une succès en ce qui concerne l’inté-
population estudiantine dynamique, rêt des étudiants se trouve cette
comme Alexandre Chaput, vice-pré- année dans la personne de Roméo
sident aux activités sociales de la Dallaire, ses conférences ayant fait
Fédération é���������������������
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tudiante de l’Univer- salle comble à deux reprises. « Ce
sité d’Ottawa (FEUO) et Marie-Soleil fut un grand succès car c’était un
Pinsonnault ont pu le constater à tra- événement éducationnel avec un
vers leur mandat respectif. conférencier parfaitement bilingue
qui est un vrai héros canadien  »,
Des carrefours francophones déclare Alexandre Chaput avec
à travers le campus enthousiasme. Sans compter que
chaque langue détenait respective-
La branche francophone du SVC ment une conférence un jour après
est relativement jeune, ayant pris l’autre. Mais il ne faut pas pour
racine suite à une recommandation autant croire que les événements
d’un groupe de travail sur les pro- dissociant les deux communautés
grammes et les services en français sont prônés : « D’après moi, il fau-
durant l’année universitaire. «  Ma drait trouver des événements d’en-
collègue Jane Cyr [agente de pro- Photo de Julie-Anne Lapointe vergure qui viendraient rejoindre
grammation du SVC] organisait Le concert Fedstock du début de l’année fait partie des activités bilingues organisées par la FEUO. les deux langues parlées », conclut
quelques événements francopho- M. Chaput.

Lancements
Mehdi Cayenne Club : éclairage sur Luminata The Glass Chain se déchaîne
Anaïs Elboujdaïni Une chose est certaine : Luminata est surtout Stéphanie Déborah Jules sont persuadés que c’est la création d’un réseau
le fruit de la collaboration très professionnelle uni et fort qui permet de percer dans le monde
Le 18 janvier dernier, c’est une foule des d’artistes de la région, dont Olivier Fairfield Jeudi dernier a eu lieu au Mercury Lounge le artistique et insistent beaucoup sur l’esprit de
plus hétéroclites qui a accueilli le lancement (réalisateur), Pier-Luc Clément et Philippe Char- lancement de disque du groupe électronique collaboration entre artistes.
du premier album du Mehdi Cayenne Club, bonneau (qui, avec Fairfield, sont au cœur de émergent The Glass Chain. The Glass Chain, c’est un nom pas comme les
Luminata. «  Quand tu vois des gens de 10 E-Tron Records). S’ajoutent au Mehdi Cayenne La scène du Mercury Lounge accueillait qua- autres pour un groupe hors du commun. Nico-
à 77 ans de toute confession et que tous ces Club Usaman Ali Khan et Michelle Pinard. tre autres musiciens cette même soirée, le tout las et Evan, étudiant respectivement la géogra-
gens ont un sourire sur le visage […] tu peux accompagné par la projection d’un film pro- phie et l’architecture à l’Université d’Ottawa, ont
te dire que nous avons réussi à toucher les Contact amoureux duit par un artiste émergent. Ainsi, un verre à souvent, entre la création de morceaux, des dis-
cœurs », raconte Mehdi Hamdad, initiateur la main, la foule pouvait bouger au rythme de cussions sur la planification des villes. Cette ac-
du projet. Son amour des mots et de la mu- Sa vision du bilinguisme est d’abord celle la musique électrisante de The Glass Chain ac- tivité les lie au groupe d’architectes également
sique maîtrisée a su enflammer la foule par d’un état des choses. « Le bilinguisme, c’est compagnée des accents de la basse, de tambours nommé The Glass Chain, qui se réunissait en
des sons hypnotiseurs. une réalité, confie Mehdi. Moi, je suis bilin- et de percussions, tout en visionnant le film, mis 1920 pour discuter de planification urbaine.
Luminata, c’est 13 titres, dont huit étaient gue parce que je parle le français et parce en sourdine, afin de laisser place à la voix en- Le lancement du groupe du même nom a
à l’origine des textes de slam de Hamdad. que je parle l’anglais, non pas un mélange voûtante d’Alie Lavoie, une amie commune des donc été une réussite. Effectivement, la foule
« Ce premier album est la synthèse de mes étriqué des deux. » Le musicien précise qu’il membres. Cette dernière, selon leur plan, de- multiculturelle présente était en accord avec
développements artistiques du milieu du se tient loin des débats politiques entourant vrait rejoindre le groupe suite au lancement. le dessein premier du groupe  : la diversité.
slam, du théâtre et de la musique, mais est la question, et qu’il est d’abord et avant tout The Glass Chain tend vers la création d’une
aussi le travail d’une scène [musicale] en « un amoureux de la langue », et que ce n’est Architecture et musique musique qui soit accessible à tous, quels que
plein essor  », précise-t-il. «  C’est peut-être pas par souci de « politesse politique » qu’il soient l’endroit d’où viennent les spectateurs,
la lumière intérieure que chacun dégage, s’exprime autant en français qu’en anglais. C’est sur un bateau qu’est née l’amitié qui est leur envie du moment ou même leurs goûts
c’est peut-être la première lueur que voit Pour Hamdad, le plus important est à l’origine de ce groupe. Ses créateurs, Nico- musicaux. Ainsi, la soirée a été au goût de tous
le prisonnier rescapé de prison, c’est peut- ailleurs : « [Notre] travail, en tant qu’artis- las Parent et Evan Mullen, se sont rencontrés grâce à la fusion de styles musicaux : des mor-
être aussi la lumière qu’on découvre dans la te, est de parler à l’intelligence créative des en 2004 et, mus d’une passion commune, ont ceaux de jazz et de lounge accompagnaient les
création », confie Hamdad, levant un peu le humains au cœur du fonctionnement de la fondé le groupe The Glass Chain. Bien qu’ils ne cinq morceaux principaux du disque au son
voile sur le sens de l’album. vie. » Photo de Benoit Brunet Poirier soient que deux pour l’instant, Nicolas et Evan électronique.

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Le bilinguisme... évolution
dualité linguistique
1874
1874
U
n nouveau programme d’étude est introduit
au Collège d’Ottawa (anciennement le
Collège Bytown) par le père supérieur Joseph-
Henri Tabaret. La réforme cherche à atténuer la
frustration de certains élèves anglophones qui
rencontrent des difficultés en salle de classe en
raison de leurs compétences restreintes en français. Pour éviter que plusieurs
ne quittent l’institution pour l’Ottawa Collegiate Institute, qui vient d’ouvrir
dans la région, les cours sont désormais offerts uniquement en anglais. Les
textes en grec et en latin ne sont traduits qu’en anglais, alors qu’ils l’étaient
autrefois aussi en français. « The English student must know the English grammar, and the French
sufficiently to understand it when read. The French student must know
grammar and the English grammar » 

1848
- Prospectus des conditions d’admission au Commercia

L
1901
e Collège Bytown, qui deviendra plus tard l’Université d’Ottawa, ouvre
ses portes aux garçons francophones et anglophones. En donnant
une place aux deux langues dans cette institution d’enseignement,
le fondateur Mgr Joseph-Eugène-
V oyant que les élèves anglophones continuent à
quitter le Collège d’Ottawa pour fréquenter son
concurrent malgré la réforme ayant accordé une grande
Bruno Guigues, premier évêque du place à l’anglais dans l’enseignement, les dirigeants
diocèse catholique de la petite ville de redonnent tranquillement une place à la langue
Bytown, souhaite réconcilier les deux française dans l’institution. Le nombre de francophones
communautés linguistiques en leur continue d’augmenter pendant que les anglophones
permettant de partager un quotidien. se font plus rares, mais les tensions linguistiques sont

«
toujours présentes.
1848 1901
 En réunissant ainsi, dès leur première jeunesse, ceux des nationalités diverses qui
devront un jour diriger l’opinion publique, on contribue puissamment à raffermir
l’union parmi les catholiques et à diminuer ces préjugés funestes qui divisent ces
deux peuples si bien faits pour s’estimer l’un l’autre. »
- Père Joseph-Henri Tabaret, directeur du Collège d’Ottawa (1864)
Photos de Mark Colletti
n d’une 1974
L e Règlement sur le bilinguisme est adopté
à l’Université d’Ottawa. Celui-ci garantit qu’une place
sera accordée au bilinguisme dans toutes les sphères

1974
de l’Université  : les programmes, l’administration,
les services, le corps professoral, les employés et
la vie étudiante. L’accent est désormais mis sur le
développement de programmes bilingues et la qualité
de ces derniers.

1965
L a Loi
l’Université
d’Ottawa 1965
de

est adoptée, ce qui


oblige notamment
l’institution à «  favoriser
le développement 2011
L a population étudiante anglophone

1965
du bilinguisme ». Il s’agit de la première fois dans l’histoire
de l’Ontario qu’un texte officiel est publié en français et en est plus nombreuse que la population
anglais. À cette époque, 54,6 % des étudiants de l’Université étudiante francophone depuis les années 1970,
sont francophones et 45,4 %, anglophones. et l’Université doit
désormais développer des
mécanismes pour freiner
l’écart entre les deux

«
h language
w the French groupes linguistiques.

2011
 Dans cette institution, il y aura toujours
al Course (1884) de la place pour les jeunes catholiques de
langue française et de langue anglaise.
[…] L’Université d’Ottawa […] est fière
de se dévouer aux intérêts de tous les catholiques
et plus particulièrement des Canadiens français
qui constituent la majorité de ses étudiants. »

«
- Jean-Charles Laframboise, recteur (1948)

1948  On a des problèmes et des lacunes à combler, c’est

À l’occasion des 100  ans du Collège d’Ottawa, le journal montréalais


Le Devoir et des personnalités publiques nationalistes accusent
clair. Mais on va continuer parce qu’on croit au rêve
et à l’idéal comme à quelque chose de vraiment

1948
valable. » 
l’Université d’être devenue un « foyer d’anglicisation ». Les articles et les - Allan Rock, recteur (2011)
lettres d’opinion se multiplient, ce qui force l’administration à revoir sa
gestion des deux langues d’usage. Certaines matières comme la médecine
et les sciences sont enseignées en anglais seulement.
1 2

Parce qu’une image vaut mille mots...


La Rotonde a fait le tour du campus afin d’analyser la qualité de l’affichage qui, dans les
faits, se doit d’être bilingue. Le verdict? Les affiches dites « officielles » de l’administration
sont traduites dans les normes, alors que celles des associations étudiantes et des commerces
présentent bien des lacunes...

4
3

1) Même les plus petits détails ne passent pas inaperçus, 90 Université. 2) Affiche publicitaire du Défi
hivernal par la FEUO, « aidez-nous à garder la chaleur l’intérieur », Centre universitaire. 3) Portraits
Now, un commerce qui n’affiche qu’en anglais, Centre universitaire. 4) Affiche du bureau de la FEUO

5
annonçant qu’y sont offerts les « service étudiantes », pavillon Roger-Guindon. 5) Affiche de station-
nement de l’U d’O : « En vigeur », rue Osgoode. 6) Deux affiches, une en français et l’autre en anglais,
faites à la main par des étudiants, Centre universitaire.
Photos de Julie-Anne Lapointe
le 24 janvier 2011 Arts et culture
Exposition

Histoire de famille, histoire de fantôme


Audrey Labrie qui peut être réalisé en partie par la
photographie, mais qui est renforcé ici
Le 20 janvier dernier, la galerie Mont- par le roman visuel de l’artiste. Cette
calm accueillait la famille Quesnel et réflexion sur le temps qui sépare les
plus précisément Cœur d’argile, une générations et la présence possible de
exposition de Christian Quesnel. fantômes est bien sûr romancée, mais
Dans le cadre de la réalisation de son l’artiste a bien réussi à recréer une
roman graphique, l’artiste expose les ambiance particulière, comme si les
planches qui se retrouvent dans son photos et les objets ayant appartenu
roman et les objets datant d’une autre aux ancêtres étaient profondément
époque qu’il a récupérés d’une mai- imprégnés de leur âme.
son ancestrale. L’exposition met donc en lumière
le processus de recherche ainsi que
Inspiration du passé les trouvailles de Christian Quesnel,
ce qui rend l’événement artistique
L’idée qui donnerait naissance à la quelque peu confus, car les planches
création de Quesnel a émergé à l’achat sont exposées sans les bulles qui rap-
d’une maison qui appartenait à une portent les paroles des personnages.
famille du même nom que l’artiste. Il n’y a donc pas de récit intelligible
Puis, après trois années de recherche sauf si l’on a préalablement parcouru
dans les archives et de rencontres avec le roman de Quesnel.
les membres de cette famille, Quesnel Bref, si vous aimez les histoires de
a pu réaliser son projet dont le but familles ou les récits où la présence
est de réunir le passé et le présent des ancêtres «hante» les maisons,
de différentes générations des deux vous serez ravi de visiter cette expo-
familles Quesnel. Une des planches Photo courtoisie de Coeur d’argile sition. Nonobstant, Cœur d’argile
illustre la fille de l’artiste portant une Les planches de Christian Quesnel évoquent le passé et le présent de sa famille... et d’une autre famille peut s’avérer peu stimulant pour l’in-
longue robe noire qui dit avoir un ami qui porte son nom. tellect et laisser quelque peu stoïque.
imaginaire; Quesnel la présente com- l’intérieur de l’espace de la galerie se passé, d’autres fois le présent ou alors récits, tournant autour de la maison, En effet, le concept n’est pas mauvais
me un prêtre qui a vécu son enfance trouve la reproduction de la chambre un amalgame de temps, de lieux ou du magasin général des Quesnel et du pour une bande dessinée; l’exposition
dans cette maison. «  Cette double principale de la maison où est décé- des membres des familles Quesnel. village de Saint-André-Avellin. aurait donc été plus intéressante si
planche illustre bien mon intention dée Hélène Séguin, la femme de Lio- L’artiste utilise des textures aux mo- elle avait suivi la même trame narra-
d’abolir les distances du temps et de nel Quesnel. Les meubles ancestraux, tifs d’arabesques rappelant des tapis- La machine à rattraper le temps tive que le livre.
l’espace », souligne l’artiste. le lit en bois massif et les draps blancs series anciennes, des lettres au papier
Plusieurs sujets sont traités, tels brodés accueillent la projection d’un jauni ou des fleurs en papier préfabri- En retraçant le parcours de ses an- Où? Galerie Montcalm, 25, rue
que la mort, les loisirs et les évé- dessin de la femme Quesnel gisant quées qu’il intègre aux planches afin cêtres, Quesnel fait plus que rappeler Laurier, Gatineau
nements familiaux importants qui dans son sang. de créer un univers bien à lui. Le livre leur existence, il grave leur passage et Quand? Jusqu’au 6 mars
touchent la religion catholique. À Les planches évoquent parfois le et l’exposition sont divisés en petits leur histoire dans le temps, processus

Opéra

Opération Flûte enchantée


Du 28 janvier au 6 février, des étudiants se produiront dans le fameux opéra de Mozart, Die Zauberflöte
Philippe Pépin même auteur qui se concentrent plutôt sur les chance d’être extrêmement bien assistés par sonnaliser leur performance : « Mon costume
relations humaines  », explique la très impo- nos cadres. » de monstre est assez lourd, affirme jovialement
Tous aux abris! La colère terrible consumera sante Barbara Heath, étudiante à la maîtrise en En toile de fond, les dialogues se dérouleront M. Yantzi. Étant beaucoup plus grand que mon
bientôt le coeur de la reine... Heureusement, la chant et interprète de la reine de la nuit. « Les en anglais : les spectateurs pour qui l’allemand homologue de l’autre distribution, la démarche
lugubre femme ne dirige pas le Commonwealth, gens ne savent pas à quel point ils connaissent est obscur pourront donc suivre le déroule- que j’adopterai sur scène variera donc considé-
mais bien la nuit dans le célèbre singspiel La La Flûte enchantée, ajoute Jonathan Yantzi, ment de l’histoire malgré l’absence de sous-ti- rablement! »
Flûte enchantée (Die Zauberflöte) de Mozart. étudiant en science politique qui joue Monos- tres. Il est intéressant de noter que Mozart, à
La glauque aristocrate se lancera à la poursuite tatos. Mon personnage est très amusant à in- la demande du librettiste Schikaneder, a écrit La maçonnerie fantastique
de sa fille bien-aimée dans l’Auditorium des an- terpréter, tout comme beaucoup d’autres rôles cette pièce en allemand et non en italien, lan-
ciens du 28 janvier au 6 février, sous la tutelle dans la pièce; la passion et l’amour de ce que gue de l’aristocratie et de l’opéra au Siècle des Membre soupçonné de l’Ordre de la franc-
de l’École de musique de l’Université d’Ottawa. nous accomplissons, de ce que nous jouons va lumières. L’emploi de la langue allemande a maçonnerie, Wolfgang Amadeus Mozart aurait
La production, dirigée par la célèbre mezzo-so- certainement se refléter dans nos représenta- ainsi rendu la pièce plus accessible aux autres parsemé son œuvre de symboles allant en ce
prano Sandra Graham, mettra de l’avant deux tions ». classes sociales. sens. En effet, l’ouverture de La Flûte enchan-
distributions distinctes habillées par le Dépar- tée serait calquée sur le mythique rythme des
tement d’arts visuels, le tout agrémenté de la Chanter les pissenlits par la racine La cerise sur le sundae trois coups donnés par le candidat maçon à la
musique de l’orchestre de l’Université sous la du département des arts visuels porte de la loge maçonne à l’occasion de son
baguette de Christian Paquette, étudiant de Les sections chantées de La Flûte enchantée initiation. Mlle Heath soutient de son côté que
quatrième année au baccalauréat en musique. sont interprétées en allemand, ce qui a repré- Assistés par Sandra Graham, les étudiants le style des costumes serait d’inspiration ma-
senté un réel défi pour les artistes. «  On dit du Département d’arts visuels se sont affairés à çonne; le culte aurait-il ainsi quelques héritiers
Un fun noir avec Mozart qu’il faut comprendre ce qu’on dit et ressentir l’élaboration des costumes des acteurs. « C’est à l’Université?
ce que l’on joue, souligne Mlle Heath. Malgré vraiment merveilleux, on peut vraiment vivre
Ce qui nous marquera de la pièce? « Ce sera mes cours de diction d’allemand, je prépare l’expérience du personnage, l’avoir dans la
Où? Auditorium des anciens, Centre uni-
l’aspect ludique de l’oeuvre, sa forme fantas- mon rôle depuis plus d’une année! » M. Yantzi peau  » complimente Mlle Heath. Ces déguise-
versitaire
tique, racontée de façon légère mais sérieuse, complète : «  Chanter une langue est très dif- ments, aux allures excentriques et colorées, of-
Quand? Du 28 janvier au 6 février à 19h
contrairement à beaucoup d’autres opéras du férent de parler la langue; nous avons eu la frent également l’occasion aux joueurs de per-

culture@larotonde.ca www.larotonde.ca • 15
Arts et culture le 24 janvier 2011

Mots à maux Critiques


Cupcakes new-yorkais
et macarons parisiens Enter the void La carte et le territoire de Michel
Houellebecq
Luminata par Mehdi Cayenne Club

Catherine Dib
Chef de pupitre Arts et culture
culture@larotonde.ca

Bien des lecteurs mettraient cette déclara-


tion en doute, mais notre Université, en tant
qu’institution, baigne dans le bilinguisme
ainsi que dans les enjeux périlleux que ce type
d’auto-affirmation engendre. Certains sont
nécessairement plus confrontés à cette réalité
que d’autres. Pas plus tard que la semaine pas-
sée, un professeur a évoqué à la blague la schi-
zophrénie que le corps professoral peut vivre Sara Pedroso
en ayant tour à tour à orchestrer des classes Laurent Bouchard
dans l’une ou l’autre des langues et en ayant à Philippe Dumas Un album entier, accompli, comble et intégral.
composer avec le caractère changeant de ces La carte et le territoire, roman paru pendant Pour des artistes qui disent «  ne pas savoir
classes mêmes. Certains voient cette particu- Une odyssée post-mortem entrecoupée de la rentrée littéraire et récipiendaire du fameux travailler » cet album bilingue reflète un tra-
larité de l’Université comme un handicap, ra- flashbacks résume succinctement cette der- Prix Goncourt, est le plus récent livre de Mi- vail marqué, qui assurera à l’ensemble un fu-
lentissant toute procédure qui serait normale- nière production signée Gaspar Noé. L’histoi- chel Houellebecq. Membre de la royauté lit- tur succès certain. Ce bijou musical promet de
ment unilingue et créant de la discorde entre re est simple : nous suivons Oscar, un dealer téraire française, il explore dans ce dernier plaire aux goûts les plus hétérogènes; l’album
les diverses communautés. D’autres, comme tokyoïte, joué par Nathaniel Brown. Celui-ci roman la place de l’art et des artistes dans la Luminata, réalisé par Olivier Fairfield, est
le recteur Allan Rock, estiment que c’est le s’avère avoir un destin funeste dès les premiè- société, la mort et, comme dans La possibilité d’une innovation manifeste, reflétant un art
point vendeur de l’Université et que cela per- res minutes du film, puisqu’il se fait abattre d’une île, un de ses romans précédents, il ima- authentique et pur. Tous peuvent s’accrocher
met autant d’apprivoiser le bilinguisme que par la police en tentant de faire disparaître gine le futur de la France et de l’humanité. et embarquer à bord de l’odyssée électrique
de se développer dans ce cadre – un fantasme sa drogue dans les toilettes. La suite du film Le récit suit l’artiste Jed Martin, son évolu- que nous propose Mehdi et compagnie. Les
utopique tout droit sorti des pages de Candide nous suggère ensuite ce qui pourrait suivre tion, ses amours et sa relation avec son père. chansons nous transportent et nous trans-
de Voltaire. sa mort; on y entrevoit principalement la vie C’est son étude sur les métiers qui l’amènera à percent, nous bercent et nous dérèglent. Avec
Après tout, c’est l’université « canadienne », de sa sœur effeuilleuse. Le synopsis ne relève rencontrer l’auteur Michel Houellebecq, dont des titres tels « Les zamers zindiens », « Un
alors par extension, on peut l’appréhender pas du génie, mais le montage est irrévocable- il réalisera le portrait. L’artiste finira ensuite canadien errant » et une nouvelle édition ori-
comme un modèle à échelle réduite de notre fa- ment une démonstration ambitieuse de dex- sa vie très riche et seul ; une vie qu’il n’aura en ginale d’« Amazing Grace », Luminata est sûr
buleuse nation, telle qu’elle est illustrée dans la térité inégalée. fait pas vraiment vécue. de transporter les corps dansants, vibrants
célèbre publicité Molson de I AM CANADIAN. Le film de A à Z est un plan subjectif de La carte et le territoire est un livre super- dans d’autres paysages, vers des contrées ca-
Qui plus est, on a irrémédiablement tendance la vision d’Oscar, où l’on est témoin de tout, bement échafaudé. Sa narration légère nous nadiennes et lointaines. Cet album reflète une
à se complexer, malgré nos deux langues, et même de ses clignements d’yeux. L’atmos- mène sans jamais s’acharner et sa prose claire mosaïque musicale et poétique, une sorte de
cette identité patriotiquement canadienne qui phère est à la fois sombre, psychédélique et évoque une recherche et une patience dont métissage de sons et de genres musicaux qui
brandit son bâton de hockey tout en arrosant teintée de lumières fluorescentes. Le résultat Houellebecq a rarement fait preuve. L’auteur, penchent vers le rock, le funk, le folk, le blues,
de sirop d’érable son gigot de castor, un dico incroyable donne presque le vertige et crée ayant manifestement abandonné son fiel et le progressif, armés de textes pénétrants,
Larousse et un dico Oxford sous le bras. On de l’inconfort. On peut y ajouter une spirale usuel, ne s’imagine plus polémiste; la crudité bilingues et épicés… au piment de Cayenne?
va naturellement aller vers le pays auquel no- de pornographie, passant du plus sordide à et la violence sont moins présentes dans ce li- À écouter : pour une soirée entre vieux co-
tre précieuse langue est attachée; du côté des l’œdipien. vre que dans ses œuvres précédentes. pains, autour d’un feu ou dans une cabine en
anglos on fait des partys à la USA dignes d’un On aime : le buzz généré par le film depuis On aime  : La prose équilibrée, les œuvres bois rond. À ne pas écouter : pour étudier en
vidéo clip de Miley Cyrus, alors que du côté sa projection au Festival de Cannes en 2009. du personnage principal, Michel Houellebecq! vue d’un examen, vos pensées seront inévita-
franco, bien que nous ayons nos protégés, nous On n’aime pas : la surutilisation du clignote- On aime moins : Le name-dropping constant, blement transportées par la musique. Pour les
nous mordons les doigts le moment venu de les ment épileptique qui donne la nausée au spec- certaines irrégularités de style, la résolution fans  : des arrangements musicaux de Mala-
voir se faire juger en France. On n’a qu’à jeter tateur. un peu au ralenti. jube, et du son percutant des Black Keys.
un coup d’œil à la manière dont on redoute le
verdict d’Incendies, récemment lancé en Fran-
ce. On brandit fièrement la francophonie telle
Calendrier culturel du 24 au 30 janvier
la Liberté voletant au-dessus de la foule du ta- Troupe d’opéra de l’Université d’Ottawa– Die
sur le campus Autres
bleau d’Eugène Delacroix sans nécessairement Zoberflöte
prôner nos propres héros. Certes, cette bébête Coups-Francs Résolution 2011
Quand? Les 28 et 29 janvier à 19 h, le 30 jan- Quand? Le 27 janvier à 21 h 30
à la raie parfaite qu’est notre premier ministre Quand? Le 24 janvier à 19 h 30
vier à 14 h Où? Cinéma Mayfair, 1074, rue Bank, Ot-
compte nécessairement trop sur nos cousins Où? Agora, Centre universitaire
Où? Auditorium des anciens, Centre univer- tawa
culturels pour être porté à développer les per- sitaire
les du milieu artistique; cet attachement à dif- Ciné-débat : If Only I were an Indian
férents héritages entraîne un développement Quand? Le 24 janvier à 16 h La pornographie des âmes
dichotomique du bilinguisme. Pourtant, la lan- Où? Pavillon Desmarais, pièce 3120 ARTS VISUELS Quand? Du 27 au 29 janvier à 20 h
gue ne nous condamne pas nécessairement à Denise Tremblay – Aux frontières de l’abs- Où? ���������������������������������������
Salle Studio du CNA, 53, rue Elgin, Ot-
une culture en particulier, comme le prouvent Défi hivernal traction tawa
ces chers Belges. Quand? Du 24 au 29 janvier Quand? Jusqu’au 4 février
On a déjà dit que la tragédie du Canada, Où? Un peu partout sur le campus Où? La Nouvelle Scène, 333, avenue King Ed- THÉÂTRE
c’est qu’on aurait pu avoir la culture britan- ward, Ottawa Feu la mère de Madame et Un bain de mé-
nique, la cuisine française et la technologie Festival de neige nage
américaine, mais on a eu la culture améri- Quand? Du 24 au 27 janvier Disparus Quand? Jusqu’au 19 février
caine, la cuisine britannique et la technologie Où? Un peu partout sur le campus Quand? Jusqu’au 5 septembre 2011 Où? Théâtre de l’Île, 1, rue Wellington, Gati-
française. Pourquoi sommes-nous incapables Où? Le Musée canadien de la guerre, 1, place neau
de l’appeler la culture canadienne ? Il faut ces- Midi-découverte  : Devrait-on fermer Face- Vimy, Ottawa
ser de nous confondre et d’ironiser sur notre book ?
sort sordide afin de tenter de s’affirmer dans Quand? Le 25 janvier à 12 h Christian Quesnel – Cœurs d’argile
notre combat. L’homme Invisible de Patrick Où? Agora, Centre universitaire Quand? Jusqu’au 6 mars
Desbiens pourrait bien être non seulement Où? Galerie Montcalm, 25, rue Laurier, Ga-
franco-ontarien, mais canadien. Arrêtons de Concert Chasse-galerie – La loi des cactus tineau
nous complaire dans notre héritage linguisti- Quand? Le 26 janvier à 20 h
que et profitons du potentiel d’enrichissement Où? Bistro 1848, Centre universitaire
que présente la présence des deux langues. Bi-
linguisez-moi ça !

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Sports
le 24 janvier 2011

Vincent Duquette
sports@larotonde.ca

Dossier bilinguisme

Le sport à l’U d’O : le meilleur exemple de bilinguisme sur le campus?


Vincent Duquette de l’équipe de hockey féminine, Yanick Evola. francophones. « Il y a certains postes où le bi- bilinguisme est un critère recherché par l’Uni-
Je pense que nous retrouvons beaucoup de bi- linguisme n’est pas une qualité essentielle, mais versité quand vient le temps d’embaucher ses

L
es équipes sportives démontrent une belle linguisme au niveau du sport comparativement quand nous avons le choix entre deux candidats entraîneurs, mais je ne pense pas que c’est à
ouverture d’esprit quant aux athlètes ne peut-être aux autres secteurs. » de même qualité, nous choisissons celui qui est cause de cela qu’ils m’ont choisi. »
parlant qu’une seule des langues officiel- Selon le directeur du Services des sports, Luc bilingue », affirme Luc Gélineau. Ce dernier ré-
les du pays. Les entraîneurs et les athlètes tra- Gélineau,  ça « reflète un peu la philosophie de vèle qu’il y a certains sports où le critère du bi- Problème(s) de discrimination?
vaillent en symbiose dans le but d’intégrer tout l’Université, mais dans le domaine du sport, il linguisme est plus difficile à respecter, mais qu’il
le monde à la philosophie de l’équipe. Ils tentent faut faire des efforts absolument incroyables fait tout ce qui est en son pouvoir pour recruter Quand un entraîneur doit faire face à plu-
à tous les jours de développer une chimie entre pour maintenir le bilinguisme dans nos équipes le meilleur entraîneur bilingue possible. sieurs athlètes qui s’expriment dans une langue
les joueurs, si importante à la réussite d’une sportives ». C’est un peu ce qui s’est produit lors de l’em- différente, il doit s’assurer que tout le monde est
équipe sportive, et ce, sans discrimination lin- bauche de Yanick Evola, qui en est à sa première satisfait dans ce milieu bilingue. Par contre, les
guistique. Entraîneur bilingue saison à la barre de l’équipe de hockey féminine. problèmes de discrimination linguistique entre
Le succès des équipes sportives à l’U d’O est vs entraîneur unilingue Il doit constamment échanger avec ses joueu- les athlètes et les entraîneurs sont pratiquement
dû au travail collectif entre anglophones et fran- ses en français et en anglais même si sa langue inexistants dans les sports de l’U d’O. Luc Géli-
cophones. Les échanges entre étudiants de lan- Lorsque vient le temps de choisir un entraî- maternelle est le français. Par contre, Evola a neau, qui siège au Services des sports depuis de
gues différentes sont nombreux sur le campus, neur pour une équipe sportive à l’U d’O, le bilin- fait ses études universitaires dans la langue de nombreuses années, n’a jamais eu à faire face à
mais le sont encore plus dans le sport. « Dans le guisme est assurément un critère d’embauche Shakespeare dans le but de parfaire son anglais. de tels problèmes, mais il arrive parfois que cer-
sport, les athlètes passent des heures et des heu- important. Il permet non seulement aux en- C’est ce qui lui permet maintenant d’enseigner tains clans se forment au sein des équipes. « Le
res ensemble et doivent échanger dans les deux traîneurs de communiquer leur message dans ce sport dans une grande université. Evola n’est hockey masculin et le football sont plus sujets à
langues et il faut s’adapter quand on coache la langue de leur choix, mais aussi de recruter pourtant pas convaincu que le bilinguisme a eu la formation de clans, mais nous n’avons jamais
une équipe sportive, affirme l’entraîneur-chef plus facilement au Québec et dans les villes un impact sur son embauche : « C’est sûr que le eu de plaintes. Les entraîneurs sont générale-
ment très sensibles à tout ce qui est discrimina-
toire », ajoute-t-il. Le directeur du Services des
sports trouve même bizarre qu’il n’ait jamais
reçu de plainte, puisque au niveau des équipes
nationales, on allègue souvent la discrimina-
tion comme raison du manque de francophones
dans les équipes. Il reste que les entraîneurs et
les membres du Services des sports restent sen-
sibles à la discrimination au niveau de la langue
et que le bilinguisme est raisonnablement ac-
cepté à Ottawa.

Étudier dans les deux langues :


un avantage pour les athlètes de l’U d’O

Même si un étudiant francophone provenant


du Québec ou des provinces maritimes doit dé-
bourser beaucoup plus en frais de scolarité en
Ontario que s’il avait étudié dans sa province
d’origine, il peut tout de même apprendre
l’anglais à son rythme tout en poursuivant son
éducation dans sa langue maternelle. Ainsi, les
équipes peuvent recruter des joueurs d’un bout
à l’autre du pays et créer une diversité cultu-
relle intéressante au sein du club. « Au hockey
féminin, nous jouons dans la division québé-
coise et le fait que je sois bilingue peut faciliter
le recrutement au Québec, quelque chose qu’il
n’y avait pas ici avant moi, sauf quand Miguel
[Filiatrault] était l’entraîneur-chef de l’équipe
en 2009-2010  », révèle Evola. Gélineau abon-
de dans le même sens : « L’entraîneur va, sans
aucun doute, influencer le recrutement […] Si
nous ne trouvons pas l’entraîneur désiré lors du
processus d’embauche, nous essayerons d’in-
fluencer son entourage et les composantes avec
lesquelles il doit travailler. »
Toutefois, il est plutôt difficile de contrôler
tout ce qui se passe hors du terrain ou de la pati-
noire pour les entraîneurs et les coordonnateurs
des sports à l’U d’O. Lorsqu’il faut ajouter le bi-
linguisme à l’équation, le problème est loin de
se simplifier. Luc Gélineau confirme que «  plu-
sieurs facteurs incontrôlables vont à l’encontre
du bilinguisme, puisque le but premier d’une
équipe sportive est de recruter les meilleurs
Photo de Mark Colletti joueurs possibles pour remporter le plus de vic-
Les longues heures qu’exigent les séances d’entraînement des Gee-Gees permettent aux francophones et aux anglo- toires possibles ».
phones de tisser des liens solides.

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Sports le 24 janvier 2011

Dossier bilinguisme

Le trio IBM : synonyme de diversité culturelle


Kyle Ireland, Luc-Olivier Blain et Matthieu Methot proviennent de milieux bien différents. Pourtant, ils constituent l’une des meilleures lignes d’attaque
au Canada tout en étant des éléments importants de la troupe de Dave Leger. Vincent Duquette a recueilli les impressions de ces trois
gaillards qui se complètent parfaitement, tant sur la glace que hors glace.
Vincent Duquette

Kyle Ireland est originaire de Rosetown en


Saskatchewan, alors que Matthieu Methot,
lui, est un Franco-Ontarien né à Ottawa.
De son côté, Luc Blain est né à Longueuil
au Québec. Dès le départ, ils ont très peu de
ressemblances. Ils ont tous joué au hockey à
des niveaux distincts et dans des ligues dif-
férentes. Alors pourquoi l’entraîneur-chef
de l’équipe, Dave Leger, a-t-il décidé de les
jumeler? C’est une question qui reste sans
réponse, mais les trois joueurs ne cachent
pas la confiance qu’ils éprouvent les uns en-
vers les autres.
« Nous avons une très bonne chimie, Matt
[Methot] possède un excellent lancer, [Luc]
Blain est un très bon passeur et je suis un
peu le travaillant de la ligne », confirme Ire-
land lorsque interrogé sur les succès de son
trio. « Nous sommes trois joueurs qui peu-
vent remplir différents rôles, et plusieurs
stratégies d’équipe tournent autour de no-
tre trio et de notre production offensive  »,
ajoute Matt Methot, le capitaine de la for-
mation.

Leger, le visionnaire

Dave Leger a effectué un travail de recru-


tement incroyable durant la saison morte en
recrutant des joueurs qui comprennent la
philosophie de l’équipe. De plus, il a su ju-
meler ces trois joueurs sans vraiment savoir
ce qui se produirait.
Ireland avait une certaine crainte au dé-
but de la saison parce qu’il est le seul des
trois qui ne s’exprime pas en français.
«  J’étais sûr qu’ils parlaient dans mon dos Photo de Mark Colletti
quand ils parlaient en français et je devais
toujours leur demander de me répéter ce L’une des meilleures lignes d’attaque au pays : Kyle Ireland, Matthieu Methot et Luc Blain.
qu’ils venaient de se dire entre eux », révèle vement aux autres sports qu’il faut qu’on
le jeune homme de 21 ans. Blain, le francophone converti s’arrange pour se comprendre en équipe  »,
«  C’est un peu notre dicton au sein de ajoute Methot lorsqu’il parle des joueurs Brève
l’équipe. Nous n’avons jamais eu de pro-
blème entre francophones et anglophones
Même si Luc Blain a disputé toute sa car-
rière junior avec les Saguenéens de Chicou-
d’origine francophone qui parlent anglais.
Tout comme Luc Blain, Kyle Ireland adore
Des Gee-Gees démontrent leur
depuis que je suis ici; nous avons un but
commun qui nous permet de solidifier no-
timi, il se débrouille très bien en anglais. Il
a même complété un cours en anglais avec
vivre dans une communauté bilingue. Origi-
naire de Rosetown, une petite ville de 2200 ha-
générosité
tre esprit d’équipe malgré les différences succès la session passée et a l’intention de bitants en Saskatchewan, Ireland a eu tout un Même si les athlètes qui pratiquent un sport ici
linguistiques  », confie Matt Methot qui en répéter l’expérience dans le futur. « Ça m’a choc culturel en déménageant dans la grande à l’Université d’Ottawa doivent composer avec
est à sa troisième année avec le Double  G. beaucoup aidé d’aller jouer [à Nanaimo en région de la capitale nationale, qui compte un horaire surchargé, ils trouvent quand même
Ce dernier mentionne aussi que les franco- Colombie-Britannique] l’année passée et je environ 800 000 habitants. «  C’est une belle le moyen de participer à des campagnes de fi-
phones de l’équipe adorent pratiquer leur n’ai aucun problème à m’exprimer en an- expérience, les francophones sont les joueurs nancement dans le but d’aider les personnes
anglais avec les joueurs anglophones et que glais », affirme l’athlète de 6 pieds 3. « Nous les plus drôles de l’équipe! De toute manière, atteintes de maladies graves. C’est ce que la bas-
c’est sensiblement la même chose pour les avons tellement une grande population nous sommes tous Canadiens  », affirme-t-il ketteuse Hannah Sunley-Paisley, la hockeyeuse
anglophones. de francophones dans l’équipe comparati- avec un sourire aux lèvres. Michelle Snowden ainsi que d’autres athlètes
tenteront de faire au sein du groupe Join the Fi-
ght : Cuts for Cancer.
Ce groupe, composé majoritairement d’ath-
lètes féminines, aura la tâche d’amasser d’ici le
Une ligne productive et disciplinée 28 janvier des fonds pour la Société canadienne
du cancer. C’est pourquoi elles incitent la popu-
Après 21 parties, le trio IBM a amassé 42 buts à lui seul et continue d’améliorer ses statistiques à tous les matchs. De plus, c’est un trio très discipliné, puisqu’il n’a lation étudiante à donner généreusement pour
leur cause tout en les remerciant pour leur ap-
qu’une vingtaine de punitions mineures à sa fiche. « Nous ne sommes pas qu’une ligne de talent, nous sommes aussi trois gars qui travaillons extrêmement fort à pui.
toutes les présences sur la glace. Depuis le début de la saison, la chimie est là et nous espérons que ça va se poursuivre », affirme le cadet du trio, Luc-Olivier Blain. Les membres du groupe se couperont aussi
les cheveux lors du match de basketball mascu-
Cette ligne, qui travaille autant qu’une quatrième ligne, mais qui marque beaucoup de buts tout en obtenant de nombreuses occasions de marquer, continue lin du 28 janvier dans le but de les offrir à l’orga-
de faire tourner les têtes partout où elle passe. Elle poursuit d’ailleurs sa lutte contre le trio d’Alexandre Picard-Hooper des Redmen de l’Université McGill pour nisme Locks of Love. Cet organisme collecte les
l’obtention du titre de la ligne d’attaque la plus productive au pays. Le trio IBM a cumulé 114 points depuis le début de la saison contrairement à 119 pour le cheveux pour la confection de perruques pour
les personnes atteintes de cancer qui doivent
trio de Picard-Hooper. suivre des traitements de chimiothérapie.-Vin-
cent Duquette

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le 24 janvier 2011 Sports
Volleyball féminin

Les Gee-Gees s’emparent du 2e rang


Vincent Duquette des bonnes équipes de la province, Ottaviennes. le fait que les visiteuses ont donné
les Gee-Gees n’ont pas donné un La milieu de terrain Kelsie En- du fil à retordre à Ottawa en début
L’équipe de volleyball de l’U  d’O match facile aux Lions de York. Ces glish a récolté 16 attaques marquan- de match, le Double G a su prendre
a connu tout un week-end d’acti- dernières ont remporté les deux tes dans la victoire, ce qui lui a valu son envol en fin de première man-
vité. Disputant deux parties devant premières manches assez facile- le titre de joueuse du match. « Nous che et remporter un match facile au
leurs partisans, les Gee-Gees ont ment, mais Ottawa ne s’en est pas avons super bien joué en équipe, les compte de 3 à 0.
remporté deux victoires consécu- laissé imposer. L’entraîneur-chef filles s’encourageaient les unes les Avec cette victoire, les Gee-Gees
tives contre les Rams de Ryerson de l’équipe, Lionel Woods, a appelé autres; c’était juste incroyable  », a dépassent maintenant les Gaels de
et les Lions de York. Les deux par- un temps d’arrêt fructueux en début déclaré Kelsie English après la vic- Queen’s au 2e rang de la division Est
ties se sont suivies, mais ne se sont de troisième manche, ce qui a mis toire de son équipe. des SUO avec une fiche de dix victoi-
pas ressemblées puisque la victoire la table pour l’une des plus belles res et seulement quatre revers. De
de samedi acquise aux mains des victoires de la saison. La troisième Une victoire qui propulse plus, Ottawa n’a toujours pas perdu
Lions au compte de 3 à 2 a permis manche, remportée facilement par le Double au 2e rang à domicile cette saison, ce qui semble
aux Gee-Gees de battre la meilleure Ottawa, a permis aux Gee-Gees de de la division faire plaisir à Kelsie English : « L’am-
équipe de la division. Le match de retrouver une certaine confiance biance est très bonne ici [au pavillon
dimanche a été beaucoup plus facile qu’elles avaient perdue tôt dans le «  J’étais un peu inquiet par rap- Montpetit], nos parents et nos amis
pour Ottawa qui a disposé des Rams match. Le Gris et Grenat n’a plus port à l’émotion que nous avions sont présents à nos matchs et ça nous
au compte de trois manches à zéro. jamais regardé en arrière et a rem- ressentie lors du match contre York, aide beaucoup. »
porté le match au compte de trois mais je pense que les filles ont très Les Gee-Gees disputeront quatre
Remontée spectaculaire manches à deux dont une quatrième bien répondu à l’appel. » C’est ce que matchs de suite sur la route avant
du Double G manche parsemée de longs échan- l’entraîneur Lionel Woods racontait de revenir au pavillon Montpetit le
ges qui s’est finalement terminée après la victoire facile de son équipe 9 février pour disputer leur dernier
Même si elles affrontaient l’une avec un pointage de 31‑29 pour les contre les Rams de Ryerson. Malgré match en saison régulière. Photo de Vincent Duquette

Tirs de barrage
La Rotonde reçoit…un smash dans la face!
Dans le cadre du dossier sur le bilinguisme, La Rotonde présente une entrevue bilingue avec Claudia Séguin, joueuse de quatrième année de
l’équipe de volleyball. En plus d’être la libéro de l’équipe, Claudia est aussi un lectrice assidue des « Tirs de barrage ». Espérons qu’elle sera contente de
lire sa propre entrevue!
Photo de Vincent Duquette

Vincent Duquette you jump on the hardwood floor to re- mais ça n’a pas vraiment de lien. Je l’ai mis là
turn services or smashes? LR: Comment vois-tu l’importance un match et j’avais bien joué donc j’ai gardé la
La Rotonde  : Qu’y a-t-il de différent CS: Yeah! I have a couple of bruises on my d’avoir beaucoup de Franco-Onta- même habitude.
lorsque l’équipe joue à domicile? hips and on my knees but the feeling of get- riens au sein des équipes sportives de
[NDLR  : Les Gee-Gees sont invaincues ting an up and a kill is worth the risk of get- l’U d’O? LR: Why did you choose to wear the
à domicile depuis le début de la saison] ting bruises! My sister and I even compare our CS : Je pense que ça aide au niveau du number 11?
Claudia Séguin : Je pense que c’est à cau- bruises sometimes to find out which one has recrutement parce qu’on peut recruter des CS: I didn’t at first. When I was playing
se de nos fans. Tu es plus confortable quand the biggest! athlètes du Québec et ça aide à bien accueillir club volleyball, I was wearing the number 8
tu joues chez toi. les francophones qui veulent venir étudier à but when I got here, the number was already
LR: Arrive-t-il que des gens te de- l’Université d’Ottawa. taken. In the choice of numbers, number 11
LR: How would you describe the Eng- mandent pourquoi tu ne portes pas un was one of them, so I took it. During my third
lish twins [jumelles English]? chandail de la même couleur que tes LR: Do you have a nickname? year, the number was free again and they of-
CS: Extremely excited. They bring a lot of coéquipières ? CS: “Clau”, I would say. At first, English fered it to me but I had already chosen the
excitement to the game and every point seems CS : Ça arrive assez souvent. En gros, c’est people have difficulty saying my name, so I number 11 so I decided not to change it, and
like the last point of the game. que je peux remplacer une joueuse en défen- think “Clau” is the best of both worlds. I don’t regret it!
sive sans que le coach appelle une substitu-
LR: Est-ce qu’elles se sont bien inté- tion. Comme ça, l’arbitre sait que j’ai le droit LR : As-tu un rituel d’avant-match? LR: Qui est la joueuse la plus bruyan-
grées à l’équipe malgré qu’elles soient de changer de position en défensive. CS  : Je mets toujours mon chandail de te de l’équipe?
des nouvelles recrues? match sur le troisième banc. Les libéros com- CS: Dans la chambre, Laura et Kathryn
CS : Oui, les vétérans ont vraiment aidé à LR: Do you take English classes? mencent leur réchauffement une heure avant sont très bruyantes. Elles sont toujours en
bien les intégrer à l’équipe. En plus, elles sont CS: I only take French classes. I once tried tout le monde. train de raconter des blagues et taquiner
francophones, alors nous avons un lien plus to see if an English class would fit better into les joueuses. Par contre, sur le terrain, nous
fort. Elles sont aussi faciles à diriger. my schedule but it never happened. I am kind LR : Pourquoi le troisième banc ? sommes plus des joueuses qui voulons ré-
of happy about it because I am not that com- CS : Je ne sais pas vraiment, ma fête c’est pondre de leurs actes plutôt que de parler à
LR: Does it hurt sometimes when fortable in English, especially in writing! le 3 janvier [NDLR : Bonne fête en retard !], l’adversaire.

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Sports le 24 janvier 2011

Plan de match Basketball féminin


Première défaite en sept matchs
Je suis bilingual
Vincent Duquette,
Chef de pupitre Sports
sports@larotonde.ca

Dans le cadre de mon travail, je me suis


rendu compte cette semaine à quel point le
fait d’être bilingue est un atout et même un
privilège. Le bilinguisme est un des points Photo de Vincent Rioux
forts de l’Université d’Ottawa et il est im- Vincent Rioux Cyr s’est illustrée sur le tableau de pointage Lions. La joute s’est finalement décidée en
pressionnant de voir à quel point les gens en y allant d’une performance de 15 points. prolongation par la marque de 75 à 67.
autour de nous veulent apprendre une lan- L’équipe de basketball féminine de l’U d’O, qui Malgré que les Lions se situaient tout juste Malgré une avance de 13  points à la demie
gue seconde. Évidemment, il y a toujours n’a pas subi de défaite depuis le 26 novembre, derrière Ottawa au classement avant la joute, el- pour la formation de Sparks, la perte prématurée
des personnes bornées qui ne veulent rien entamait la fin de semaine avec la ferme inten- les se sont fait battre à plate couture en étant in- de Sunley-Paisley en deuxième demie est venue
savoir de la langue française, mais c’est aus- tion de poursuivre sa séquence de victoires de capables d’arrêter Sunley-Paisley et compagnie. porter un dur coup à Ottawa qui s’est retrouvée
si comme ça avec l’anglais dans certains en- cinq matchs. À l’horaire, la jeune équipe affron- Après la joute, la fringante recrue Émilie Cyr complètement dépourvue dans la bouteille. De
droits au Québec. Je n’ai pas grand-chose à tait les Lions de l’Université York vendredi soir mentionnait combien les performances comme fait, la grande numéro 21 s’est fait expulser du
dire à propos de ces personnes-là parce que et se mesurait aux Voyageurs de l’Université celles-ci sont importantes pour sa confiance. match au tout début du quatrième quart en rai-
je crois qu’elles se pénalisent elles-mêmes Laurentienne le lendemain au pavillon Mont- « Ça fait du bien au moral! Ces temps-ci, son de sa cinquième faute personnelle.
en ayant ce manque d’ouverture. petit. ça va mieux dans les pratiques et je pense «  Découragée et épuisée  », voilà ce qu’avait
Par contre, dans le monde du sport (et spé- que ça a paru dans la partie. Ma blessure au à dire la garde de deuxième année Kayte Cha-
cialement à l’U d’O), les athlètes sont extrême- York anéantie tibia prend du mieux grâce aux nouveaux se après la rencontre : « L’absence de grandes
ment ouverts à apprendre une seconde langue. traitements d’acuponcture que je subis. Ce joueuses a été un élément qui n’a pas joué en no-
L’entraîneur-chef de l’équipe de hockey fémi- Par les temps qui courent, les Gee-Gees re- soir, nous avons été avantagées par le très tre faveur en fin d’engagement. Nous étions tous
nine, Yanick Evola, mentionnait que les athlètes présentent une équipe de haut calibre dans la bon travail défensif de Kim [Cupid] qui s’est des gardes sur le terrain et ça a mis le désordre
passent énormément de temps ensemble et que division Est des Sports universitaires de l’Onta- assurée de couvrir la meilleure joueuse chez dans notre rotation défensive. »
le mélange entre francophones et anglophones rio. On n’a qu’à le demander aux Lions de l’Uni- l’adversaire. », a-t-elle indiqué après la vic- Cette défaite vient mettre un terme à
incite les athlètes à vouloir parfaire une langue versité York. La dégelée que le Gris et Grenat toire. la séquence de six  victoires d’affilée pour
seconde. Je trouve que c’est une excellente atti- leur a infligée en fait foi. L’équipe locale n’a lais- l’équipe. La dernière défaite remontait au
tude à préconiser chez les athlètes à l’U d’O. La sé aucune chance aux visiteuses en remportant Une blessure subie la veille 26 novembre alors que l’équipe s’était incli-
communauté est bilingue, les sports sont bilin- facilement la partie par le compte de 79 à 42. empêche Gilbert de jouer née face aux Thunderwolves de l’Université
gues, les informations sont bilingues et même Comme à l’habitude, l’entraîneur Andy Lakehead.
les cours sont bilingues, alors pourquoi ne pas Sparks a profité de son avantage dans la Après avoir dominé outrageusement les Un match d’envergure attend le Gris et Gre-
utiliser toutes ces commodités à son avantage? bouteille en tout début de match pour cas- Lions, le Gris et Grenat avait comme ad- nat mercredi prochain alors que les Ravens de
Il y a cependant des gens qui auraient in- ser les reins de l’adversaire. Durant la pre- versaires les Voyageurs de l’Université Lau- Carleton –  meilleure équipe de la division de
térêt à peser leurs mots quand vient le temps mière demie, le Double G a inscrit 47 points rentienne le lendemain. Incommodée par l’Est des Sports universitaires de l’Ontario – se
de discuter du nombre de francophones au et n’en a accordé seulement que 17. Hannah une douleur accrue au bras, Jenna Gilbert frotteront aux Sunley-Paisley et compagnie à
sein des équipes de hockey à l’U  d’O, mais Sunley-Paisley a mené le bal chez Ottawa en n’a pu prendre part au match samedi soir. l’occasion de la cinquième représentation an-
aussi des équipes de la LNH à Montréal et à inscrivant un total de 24  points durant le Selon Andy Sparks, Gilbert se serait blessée nuelle de la Classique de la capitale présentée à
Ottawa. Je ne comprends pas l’obsession des match. La garde de première année Émilie la veille lors d’une vilaine chute face aux la Place Banque Scotia.
partisans des Canadiens à vouloir toujours
plus de Québécois au sein de leur équipe.
Même si plusieurs Québécois connaissent
beaucoup de succès dans la Ligue nationale Basketball masculin

Les Gee-Gees se contentent de deux points


de hockey, ça ne veut pas dire qu’ils seraient
aussi efficaces à Montréal. Tout dépend de
la philosophie de l’équipe. Un hockeyeur de
la Colombie-Britannique va peut-être mieux
cadrer dans le système de l’équipe qu’un Vincent Rioux Dans la défaite, Warren Ward s’est illustré en qu’on lui en redonne la chance. C’est ce qu’il
joueur provenant du Québec. C’est quelque inscrivant 23 points et en étant un joueur domi- n’a pas manqué de faire contre les Voyageurs
chose de normal et de compréhensible. De Les victoires se font difficiles à obtenir pour nant. Ward semble retrouver son rythme de l’an qui avaient fait le voyage depuis Thunder Bay.
plus, il ne faut pas oublier que les Franco- l’équipe de basketball masculine de l’U d’O de- dernier depuis la reprise des activités en 2011. Berhanemeskel a offert une performance écla-
Ontariens, les Franco-Manitobains et les puis le début de la campagne. Les hommes de Depuis le début de la saison, il affiche un taux tante en enfilant 18  points et en aidant son
Néo-Brunswickois, par exemple, sont aussi James Derouin avaient l’occasion de monter de 14,5 points par partie, en deçà de ce à quoi il équipe à remporter le match par le compte de
des membres de la magnifique communauté au classement en fin de semaine alors que les nous avait habitués les années précédentes. 87 à 84.
francophone du Canada. Il n’y a pas que les Lions de l’Université York et les Voyageurs de Quant à lui, la recrue Johnny Berhane- Pour un deuxième soir de suite, le garde Ya-
Québécois qui s’expriment en français! l’Université Laurentienne étaient de passage meskel s’est fait couvrir étroitement en dé- cob Issayas a joué un rôle important pour son
Les Gee-Gees se distinguent des autres équi- au pavillon Montpetit. Les deux équipes ayant fensive. Les Lions ont limité le talentueux équipe. Il a offert une solide performance de
pes de hockey au Canada par le nombre élevé seulement deux points de plus que les Gee-Gees garde à six points au cours du match. Yacob 12 points en plus de convertir sur trois lancers
de francophones au sein de leurs équipes interu- au classement, c’était l’occasion rêvée pour De- Issayas s’est illustré en enfilant neuf points du centre-ville dans des moments opportuns.
niversitaires, spécialement en hockey masculin. rouin de faire un bond dans la division Est des et s’est fait louanger par son entraîneur Voilà ce que le principal intéressé avait à
La moitié de l’équipe est composée de Québé- Sports universitaires de l’Ontario. après la joute. Issayas représente un joueur dire après la victoire  :  «  Ça fait du bien de
cois, de Franco-Ontariens et d’anglophones qui de deuxième plan au sein de l’équipe. Tou- savoir que j’ai aidé l’équipe à obtenir cette
viennent d’un peu partout au Canada. De plus, Ottawa s’effondre au quatrième quart tefois, les partisans pourraient assister à victoire ce soir. D’autant plus que ce gain est
le capitaine Matt Methot s’exprime très bien l’éclosion de ce jeune garde dans les matchs très important pour nous. Depuis le début
dans les deux langues. Que veut-on de plus? Il Malgré une avance de 11  points à la demie, à venir. de la saison, je travaille fort dans les prati-
est évident que l’Université d’Ottawa s’anglicise l’attaque du Gris et Grenat est devenue amor- ques et je sais que je suis capable de conver-
de plus en plus et qu’il est déplorable pour nous, phe au quatrième quart et l’équipe a laissé les Le Gris et Grenat rallie ses troupes tir sur mes chances depuis le centre-ville.
étudiants francophones, de voir nos choix de visiteurs filer avec la victoire par la marque fi- contre les Voyageurs J’ai confiance en moi et l’équipe a confiance
cours diminuer de jour en jour. nale de 68 à 73. en moi et c’est ce qui compte. »
Par contre, les sports sont un exemple à sui- « Nous avons perdu notre avance parce que Les Gee-Gees avaient 24  heures pour digé- L’équipe de Derouin devra maintenant se
vre quand vient le temps de faire la promotion l’équipe a arrêté de jouer en défensive. Nous rer la défaite subie aux mains des Lions, car le préparer en vue d’affronter ses rivaux de tou-
du bilinguisme à l’Université. À tous les matchs, avons accordé 26  points lors du dernier quart lendemain, les Voyageurs de l’Université Lau- jours, les Ravens de l’Université Carleton, le 26
nous pouvons voir un anglophone donner une en raison de nos carences défensives.  Néan- rentienne étaient de passage au pavillon Mont- janvier à l’occasion de la Classique de la capitale
accolade à un francophone après un bon jeu. moins, nous avons eu une belle contribution de petit. qui se tiendra à la Place Banque Scotia. L’équipe
Pour moi, c’est ça le bilinguisme : être capable quelques joueurs dont Yacob [Issayas] ce soir », Lorsque Johnny Berhanemeskel connaît à l’autre bout du canal Rideau trône présen-
de travailler conjointement même si nous ne indiquait James Derouin suite au revers de son une performance ordinaire dans un match, tement au premier rang de la division Est des
parlons pas la même langue. équipe. il s’assure de le faire payer à l’adversaire dès Sports universitaires de l’Ontario.

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le 24 janvier 2011 Sports
classements

Hockey féminin SUO Est Meilleures marqueuses Les trois étoiles de la semaine

1
PJ V D PTS PP PC BC PJ B P PTS
Volleyball féminin
McGill 13 13 0 0 26 57 17 21. Fannie Desforges 14 6 6 12
»Kelsie English
Montreal 16 7 7 2 16 49 53 19. Kayla Hottot 14 7 3 10
L’une des deux jumelles English a connu une grande
Concordia 14 6 6 2 14 36 45 6. Blair Kitlar 14 3 5 8 performance au filet lors du match de samedi opposant les
Ottawa 14 6 7 1 13 29 44 22. Erika Pouliot 14 4 1 5 Gee-Gees aux puissantes Lions de York. English a réussi pas
Carleton 13 3 6 4 10 35 47 8. Michelle Snowden 14 1 4 5 moins de 16 attaques marquantes en plus d’être très alerte
en défensive. Grâce à sa magnifique performance, elle a
14. Alicia Blomberg 14 2 2 4
obtenu le titre de joueuse du match et son équipe a réussi
à vaincre la meilleure équipe de la division Est des Sports

2
universitaires de l’Ontario.
Volleyball : SUO Est Classement SIC (en date du 18 janvier 2011)
Athlétisme
PJ V D PTS PP PC 1. Trinity Western »Ashlea Maddex
York 13 11 2 22 35 19 2. UBC Même si l’on n’entend pas beaucoup parler d’Ashlea
Ottawa 14 10 4 20 33 20 3. Laval Maddex en 2010-2011, l’athlète originaire de Baylon
Queen’s 12 9 3 18 31 15 4. Manitoba en Ontario a réalisé toute une performance lors d’une
Toronto 14 5 9 10 22 32 5. Montreal
compétition disputée à l’Université St-Lawrence dans
l’état de New York. Elle a remporté les épreuves de la
CMR 13 4 9 8 14 32 6. Brandon
course de haies de 55 mètres et du saut en longueur
Lakehead 15 2 13 4 22 41 7. Calgary en plus de terminer troisième au sprint de 55 mètres
Ryerson 13 1 12 2 8 37 8. Alberta chez les femmes..

3
9. St. Mary’s
Hockey féminin
10. McGill
»Fannie Desforges
Desforges connaît tout un début de saison avec les
Hockey masculin SUO Est Meilleurs marqueurs Hockey masculin Gee-Gees et deux excellentes performances de sa part
PJ V D DP PTS BP BC No Joueur PJ B P PTS lors des matchs de la fin de semaine auront permis à
McGill 23 21 0 2 44 125 54 90. Luc Blain* 23 14 30 44 son équipe de remporter deux victoires consécutives.
UQTR 23 15 7 1 31 89 78 77. Kyle Ireland* 23 17 22 39
Sa meilleure production offensive est survenue lors du
match de samedi contre les Stingers de Concordia où
Nipissing 24 14 7 3 31 87 79 63. Matt Methot 21 14 22 36
elle a inscrit deux buts tout en y ajoutant une mention
Carleton 22 13 7 2 28 83 56 71. Dominic Jalbert* 21 7 19 26 d’aide. Elle a aussi donné la victoire à son équipe en
Concordia 23 12 10 1 25 93 104 88. Matt White* 22 5 7 12 tirs de barrage lors de la partie de dimanche contre les
Ottawa 23 10 10 3 23 83 99 10. Patrick Burns 22 2 8 10 Ravens de Carleton en déjouant deux fois la gardienne
Queen’s 22 10 10 2 22 80 95 14. Steve Blunden* 11 2 7 9 de but adverse.
Toronto 22 8 8 6 22 67 83 19. Carl Hayes* 22 4 4 8
Ryerson 22 7 15 0 14 65 96 13. Austin Krahenbil* 21 2 3 5
CMR 24 2 21 1 5 56 127 21. Paul Forster 22 2 3 5
* Joueurs recrues

Hockey masculin

Douce revanche pour les Patriotes


Siniša Šindik une telle chose se produire. » À mi-chemin dans le deuxième vingt, les Pa- jeté une douche d’eau froide sur les joueurs
La première période a donné droit à du triotes ont creusé l’écart lorsque Jean-Philippe d’Ottawa quand ils ont repris une avance de
Moins d’une semaine après avoir servi une le- beau jeu de part et d’autre. Ottawa a eu les Roy-Vallières marquait son premier but de la trois buts moins d’une minute après le but
çon de hockey aux Patriotes de l’Université du meilleures chances de marquer, mais chaque saison. Le quatrième trio des Gee-Gees compo- de Blain. Les Trifluviens ont retourné le fer
Québec à Trois-Rivières (UQTR) en les bat- fois le gardien adverse Vincent Lamontagne sé de Paul Forster, Lucas Bini et Jamie Collins a dans la plaie avec un sixième but avant la fin
tant 6‑1 à leur domicile, les Gee-Gees ont subi a fermé la porte. Les deux formations ont eu tenté de renverser la vapeur quand Collins a fait de la rencontre. Ils mettaient ainsi un terme
le même sort samedi soir au Complexe sportif l’occasion d’évoluer à cinq contre trois, mais dévier un tir de la ligne bleue de Darren Miller à une séquence de trois défaites. Tandis que
en s’inclinant par la marque de 6‑2. Le Double aucune d’entre elles n’a réussi à tirer profit de pour réduire l’écart à 3‑1. Or, tout juste avant la le Double G s’inclinait pour la deuxième fois
G n’a jamais réussi à prendre son rythme; il la situation. Le premier tiers semblait donc fin de la deuxième période, l’UQTR a fait mal au en deux matchs, lui qui avait perdu dimanche
se débrouillait d’ailleurs sans les services de tirer à sa fin avec une égalité de 0‑0, mais les Gris et Grenat en inscrivant son quatrième but. dernier aux mains des Stingers de Concordia.
Dominic Jalbert et Matthieu Methot, qui pre- visiteurs ont inscrit deux buts rapides avec Les Gee-Gees revenaient sur la patinoire en Blain a abondé dans le sens de Leger au terme
naient l’avion en direction des Universiades quatre minutes à faire à l’engagement pour début de troisième avec une lourde tâche, soit du revers des siens : « C’est décevant comme
de Turquie, Methot ayant été invité à la der- prendre les devants. Les Gee-Gees ont pour- celle de combler un déficit de trois buts. Luc- résultat. Notre trio a essayé de faire du mieux
nière minute. Dave Leger n’était pas très satis- tant eu 16  tirs contre 10, et neuf chances de Olivier Blain a compris le message en comp- qu’il pouvait, nous avons eu des chances de
fait de la performance offerte par ses joueurs : marquer contre trois seulement pour l’UQTR. tant le deuxième but des siens très tôt dans marquer, mais ça ne fonctionnait pas; ce qui
«  Nous avons accordé six  buts à cinq contre Les Patriotes ont été plus opportunistes que la période. Il enfilait ainsi son 13e de la pré- est vraiment inacceptable c’est d’accorder six
cinq. Je ne m’attendais vraiment pas à voir leurs homologues ottaviens. sente campagne. Cependant, les Patriotes ont buts à cinq contre cinq. »

sports@larotonde.ca www.larotonde.ca • 21
le 24 janvier 2011

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PHOTO DE LA SEMAINE
Opinions
NOUS VOULONS VOUS LIRE!

La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses


et commentaires de ses lecteurs et lectrices. La
Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres,
ni à justifier leur non-publication. Nous nous
réservons la possibilité de réduire la longueur
des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos
lettres, veuillez nous envoyer un courriel.

redaction@larotonde.ca

« Les spéciales du Pivik », un exemple des nombreuses fautes retrouvées sur les affiches et panneaux com-
merciaux du campus de l’Université d’Ottawa. Faites-nous parvenir des photos amusantes ou insolites afin qu’elles

SUR LE WEB
Commentaire sur le site internet de La Rotonde concernant
soient publiées dans cet espace en envoyant un courriel à redaction@larotonde.ca.

Commentaire sur le site internet de La Rotonde concernant Commentaire sur le site internet de La Rotonde concernant
l’article « Chartwells sur le campus jusqu’en 2013 », publié l’article « uoZone seul maître à bord », publié le10 janvier : l’éditorial « Allô, la culture? », publié le 6 décembre :
le 10 janvier :
Patt Hate dit : Melanie McKay dit : Yassine Mansour dit :
11 janvier 2011 à 0 h 28 min 14 janvier 2011 à 0 h 38 min 10 janvier 2011 à 4 h 25 min

Si seulement la bouffe de Chartwell’s était aussi appétissante que l’ima- Je voudrais apporter des précisions et fournir quelques statistiques ré- La culture que vous essayez d’appeler repose en paix. Peut-être de-
ge liée à cet article… centes à cet article au sujet d’uoZone. vriez-vous libeller votre article « R.I.P la Culture »?
D’ailleurs, l’an passé, Rock n’avait-il pas remis très sérieusement en uoZone doit en effet devenir l’unique porte d’entrée vers les outils enli- L’Université d’Ottawa est prospère et soucieuse de satisfaire aux re-
doute le renouvellement de ce contrat? gne de l’Université, dont InfoWeb, pour tous les étudiants et étudiantes vendications étudiantes, à tel point que le jeunisme exacerbé (qui fait
et ce, au plus tôt le 24 janvier 2011. Ce changement n’a pas eu lieu hier la norme aujourd’hui) ainsi que la récréation permanente ont fini par
le 12, tel que mentionné dans l’article. Il reste donc encore quelques s’emparer de la culture. Partout, on ne cherche qu’à flatter la paresse et
jours avant ce changement. Un courriel a été envoyé en novembre à les passions basses. L’euphorie démocratique et la « facebookisation
cet effet. Un avis concernant ce changement est également affiché en » de l’éducation ont mis les médiations hors-jeu, et la curiosité intellec-
ce moment sur la page d’accès à InfoWeb. Ce dernier fait mention de la tuelle au piquet. Tout est fait pour éviter à l’appréhension des choses de
Suivez-nous mi-janvier. Peut-être est-ce la raison pour la confusion dans les dates.
Au moment d’écrire ce commentaire, tout porte à croire que la date du
passer par l’approfondissement de la langue. Rien n’est plus dérisoire
que de promouvoir le bilinguisme si la maîtrise d’une langue ou d’une
partout sur larotonde.ca 24 sera maintenue. autre est absente.
Depuis l’automne 2009, le nombre moyen d’accès quotidiens a beau- Cela dit, j’ai été aussi heureux d’apprendre que la FEUO incarnait la
le Web! coup augmenté. Entre septembre et décembre 2010, le nombre moyen résistaance étudiante. La Fédération incarne non pas la résistance
d’accès quotidiens à uoZone a grimpé pour s’établir à 15,793, si on étudiante mais la résistance à l’intérêt étudiant, et elle le montre très
ne tient pas compte des jours fériés et des fins de semaine où l’utilisa- bien aujourd’hui. Sa politique de bricolage est sans avenir. Ce n’est
tion des outils enligne est très faible. Le 5 janvier dernier l’achalandage pas l’obstination brûtale à l’administration qui fera avancer les choses.
d’uoZone a atteint un niveau record avec 36,000 accès en une seule Ils veulent pourfendre, non comprendre. D’ailleurs, leur violence dé-
journée! mocratique contraste ironiquement avec leur angélisme auto-satisfait:
Visitez le www.larotonde.ca pour lire d’autres réactions ou commenter Notre argent qui finance le communautarisme au campus sous forme
les articles parus dans une de nos éditions. NB : La Rotonde se Cordialement, de clubs privés, personne ne s’en soucie? Cette fièvre technologique
qui rabougrit nos capacités de concentration, (en tout cas la mienne),
réserve le droit de publier dans son édition papier tout commentaire et Coordonatrice uoZone personne pour en parler? Personne pour leur dire que la culture n’est
le nom de l’auteur apparaissant sur le site internet. Bureau du registraire pas « cliquable »?

Sondage sur le web


Oui (67%, 10 Votes)
Est-ce que l’Université
d’Ottawa est une
institution bilingue? Non (33%, 5 Votes) Nombre de votes: 15
en date du dimanche 23 janvier, 23 h

22 • www.larotonde.ca
le 24 janvier 2011

Éditorial
le 24 janvier 2011 • Vol. LXXVIII No.15

109, rue Osgoode


Ottawa (Ontario)
K1N 6S1
613 421 4686

Bilingue depuis 1848 RÉDACTION

Rédactrice en chef
Julie-Anne Lapointe
redaction@larotonde.ca
Un siècle et demi se sont écoulés depuis offerts en anglais seulement, nombreux ble des deux langues officielles. Toutefois, les Secrétaire de rédaction
la fondation du Collège Bytown, qui allait sont ceux qui, en fin d’études, ne croient autres, les « réalistes » (ou les « pessimistes », Anne Danford Dussault
éventuellement devenir l’Université d’Ot- plus à l’idée du bilinguisme. comme le diront certains), s’entendront sur revision@larotonde.ca
tawa telle qu’on la connaît, l’Université Si la situation actuelle du bilinguisme une chose : on ne verra jamais à l’U d’O une Adjoints à la secrétaire
canadienne. Si le fondateur de celui-ci, Mgr à l’U  d’O en inquiète plusieurs, d’autres dualité linguistique partagée équitablement. de rédaction
Joseph-Eugène-Bruno Guigues, avait un peignent un portrait plus optimiste de cel- Il y aura toujours des facteurs sociologiques, Katy Le Van
Fortunat Nadima
rêve de « réconcilier les anglophones et les le-ci… Oui, la population étudiante franco- géographiques, politiques, économiques pour
francophones » en leur donnant l’occasion phone n’a jamais été aussi nombreuse dans déséquilibrer le partage des deux langues. Actualités
de fréquenter un même établissement d’en- l’histoire de l’U  d’O. Oui, l’administration Doit-on alors affirmer que l’Université Catherine Cimon
seignement, on doit se demander s’il aurait dit travailler plus fort que jamais pour faire n’est pas bilingue pour autant? Non. Les (Chef de pupitre)
actualites@larotonde.ca
été satisfait de l’évolution de la dualité lin- grossir le bassin d’inscriptions en français. communications officielles faites par l’admi- Julien Paquette
guistique à l’Université depuis toutes ces Toutefois, pour que le bilinguisme ait sa nistration se font dans les deux langues. Les (Adjoint)
années… place dans une institution comme l’Univer- affiches officielles dispersées un peu partout nouvelles@larotonde.ca
Bien que les anglophones et les franco- sité d’Ottawa, le ratio francophone-anglo- sur le campus aussi. Le personnel de l’Uni- Arts et Culture
phones partagent encore leur quotidien phone doit augmenter considérablement. versité doit prouver qu’il se débrouille dans Catherine Dib
après toutes ses années, les lacunes du sta- Et vite. les deux langues. Bien sûr, on ne peut passer culture@larotonde.ca
tut « bilingue », servant aujourd’hui d’outil En ce sens, la nouvelle bourse pour les sous silence les lacunes au niveau des asso-
Sports
de marketing pour l’Université, sont tou- étudiants francophones est une initiative ciations étudiantes qui, faute de ressources, Vincent Duquette
jours bien présentes, tout comme les frus- qui doit être accueillie chaudement par ceux distribuent souvent du matériel unilingue sports@larotonde.ca
trations des étudiants. qui croient au bilinguisme à l’U  d’O. L’ad- ou encore abominablement traduit. On est
Étudier en français, en anglais, ou dans ministration doit recruter les francopho- donc loin de la perfection, mais loin aussi Section Opinions
redaction@larotonde.ca
les deux langues officielles dans une même nes. Et si, pour ce faire, elle désire se vanter d’une institution unilingue fermée à l’idée
institution : voilà une idée qui ne peut être de son statut bilingue et des avantages de d’encourager la langue minoritaire. Web
critiquée. Les étudiants peuvent améliorer ce dernier, elle devra mettre les bouchées Au cours des dernières semaines, La Ro- Antoine Trépanier
web@larotonde.ca
leur langue seconde ou décider d’opter pour doubles pour ne pas décevoir ceux qui ar- tonde a rencontré plusieurs acteurs du cam-
un cheminement dans une seule des deux riveront à Ottawa en pensant que les deux pus afin de saisir le pouls du bilinguisme à Directeur de la production
langues. C’est du moins l’argument que pré- langues officielles y sont présentes de façon l’Université d’Ottawa. Étudiants, profes- Buildman Biyong
sente l’Université aux nouveaux arrivants équitable. seurs, membres de l’administration, recteur production@larotonde.ca
et aux futurs inscrits. Malheureusement, la Là se trouve d’ailleurs une des probléma- et employés, ils ont été nombreux à avouer Directeur artistique
réalité est loin d’être telle que décrite par tiques à la base du bilinguisme  : le concept que le bilinguisme n’est pas chose acquise Mark Colletti
ces derniers. d’équité. Le bilinguisme signifie-t-il qu’une sur le campus actuellement. « Je suis pleine- direction.artistique@larotonde.ca
Ce que l’Université ne dit pas, c’est que importance équivalente doit être donnée aux ment conscient qu’il y a beaucoup de chemin
Photographie
l’offre de cours est extrêmement limitée deux langues? Qu’en plus d’avoir des affiches à faire avant qu’on arrive avec une offre de Vincent Rioux
pour les étudiants qui décident d’étudier aux textes écrits en anglais et en français, cours appropriée. On a des lacunes, on a des
en français. Que ce soit par le manque de l’Université devrait s’assurer que les servi- défis », a même avoué le recteur Allan Rock. ÉDITIONS ET VENTES
flexibilité des horaires, les faibles compé- ces, les cours, le nombre d’étudiants inscrits Si les deux langues ont leur place dans Directeur général
tences linguistiques des professeurs obligés et la langue d’usage concourent à la création l’institution depuis 1848, force est d’ad- Pascal Justin Boyer
d’enseigner dans une langue qu’ils peinent d’un bilinguisme parfaitement symétrique? mettre que, quel que soit leur pourcentage direction@larotonde.ca
à maîtriser et l’impossibilité, dans certains Les bornés, qui croient en un bilinguisme d’utilisation et les défis à surmonter, l’Uni-
Publicité
programmes, de compléter son programme utopique, répondent oui. Oui, l’Université versité est bilingue. Ou plutôt… imparfaite- Edgar Donelle
en français en raison de cours obligatoires devrait miser sur une représentation équita- ment bilingue. Accès Média
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diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour
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