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PROVENCE ALPES COTE D'AZUR REPUBLIQUE FRANCAISE Etablissement Public Loi du 3.1.1924 CHAMBRE D’AGRICULTURE PROVENCE
PROVENCE ALPES COTE D'AZUR REPUBLIQUE FRANCAISE Etablissement Public Loi du 3.1.1924 CHAMBRE D’AGRICULTURE PROVENCE

PROVENCE ALPES COTE D'AZUR

REPUBLIQUE FRANCAISE

Etablissement Public Loi du 3.1.1924

CHAMBRE D’AGRICULTURE PROVENCE ALPES COTE D'AZUR

Maison des agriculteurs – av Henri Pontier - Tél. : 04 42 17 15 00 – Fax : 04 42 17 15 01

Etude de la biomasse agricole et de première transformation mobilisable en région PACA

Juin 2009

Avec la contribution des Chambres d'Agriculture de la région Provence Alpes Cotes d'Azur

et la participation financière de

Alpes Cotes d'Azur et la participation financière de Etude de la biomasse agricole et de première

SOMMAIRE

A.

CONTEXTE, OBJECTIF ET METHODOLOGIE

 

4

1.Contexte

de

l'étude

4

2.Objectifs

de

l'étude

4

3.Contenu de l'étude et méthodologie

 

5

3.1.Les produits étudiés

5

3.2.Méthodologie d'étude

7

B.

PAILLES DE CEREALES

12

C.

PAILLES DE RIZ

25

D.

MENUES PAILLES DE CEREALES

 

31

E.

HUILES VEGETALES PURES ET DIESTER

39

F.

PLANTES ENTIERES (MISCANTHUS, SWITCHGRASS, CANNE DE PROVENCE,

)

45

G.

PAILLES ET RESIDUS D'ARRACHAGE DE PLANTES A PARFUMS

49

H.

RESIDUS DE TAILLE ET ARRACHAGE ARBORICULTURE

64

I.

RESIDUS DE TAILLE ET ARRACHAGE VITICULTURE ET RAISIN DE TABLE

75

J.

LES SUBSTRATS ISSUS DE CULTURES HORS SOL

87

K.

LES DECHETS VEGETAUX ISSUS DES CULTURES HORS-SOL MARAICHERES

96

L.

EFFLUENTS D'ELEVAGE (BOVINS, PORCINS ET VOLAILLES)

102

M.

LAINE D'OVINS

111

N.

ECARTS DE TRIAGE

 

118

O.

SOUS PRODUITS DES CAVES VINICOLES

122

P.

SOUS PRODUITS DES DISTILLERIES VINICOLES

131

Q.

EFFLUENTS ET RESIDUS DES MOULINS A HUILE D'OLIVE

138

R.

EFFLUENTS

DE

FROMAGERIES

151

S.

RESIDUS DES INDUSTRIES DE LA PARFUMERIE

 

162

T.

BOUES DE STATION D'EPURATION

166

U.

SYNTHESE

176

1.Tableau synthétique

176

2.Produits similaires pour une valorisation énergétique

183

2.1.Les produits combustibles

183

2.2.Les produits méthanisables

183

3.Produits facilement disponibles et produits nécessitant une organisation particulière

184

4.Répartition géographique des différents produits

186

4.1.Les produits combustibles

186

4.2.Les produits méthanisables

195

5.Organisations les mieux appropriées pour une valorisation énergétique

201

5.1.Unités collectives

201

 

5.2.Unités

individuelles

202

 

6.Traduction énergétique de la biomasse régionale

 

202

7.Disponibilité des produits à court et moyen terme

209

PREAMBULE

Cette étude de potentiel a été réalisée sous maîtrise d'ouvrage de la Chambre Régionale d'Agriculture, dans le cadre de l'Observatoire Régional de l'Energie et du Document Orientation Stratégique de l'ETAT. Celle-ci a bénéficié d'un co-financement ADEME et Région au titre de l'accord cadre "Etat-Région-ADEME". Un cofinancement des Chambres d'Agriculture a aussi été mobilisé.

Elle s'inscrit dans une série d'études ayant pour objet de quantifier les potentiels de production d'énergie à partir de toutes les sources d'énergies renouvelables.

Plusieurs techniciens de Chambres départementales d'Agriculture ont contribué à la réalisation de ce travail ; ils ont réalisé l’inventaire départemental de la biomasse agricole ainsi que l’animation de groupe d’experts par filières et la rédaction des fiches :

Chambre d'Agriculture des Alpes de Haute Provence : Guy Chailan Chambre d'Agriculture des Hautes Alpes : Béatrice Bourgade Chambre d'Agriculture des Alpes Maritimes : Monique Bassoleil Chambre d'Agriculture des Bouches du Rhône : Julien Garcia et Rémi Mouton Chambre d'Agriculture du Var : Christine Pourriere Chambre d'Agriculture de Vaucluse : Gérard Gazeau

L'étude a été coordonnée et animée par Christian Charbonnier (Chambre d'Agriculture des Alpes de Haute Provence) pour le compte de la Chambre Régionale d'Agriculture PACA. Marie Thèrèse Arnaud (Chambre régionale d'Agriculture de PACA) a assuré la coordination administrative et le suivi technique de l'étude.

Un comité de pilotage de l'étude a été constitué pour suivre le déroulement et la validation de l'étude. Ce comité de pilotage regroupe les organismes suivants :

Conseil Régional PACA : NINON Sébastien ADEME : VIGNE Bernard DRIRE PACA : FREDEFON Franck DRAF PACA : LEVERT Jacques L'ensemble des Chambres d'Agriculture de PACA

A. CONTEXTE, OBJECTIF ET METHODOLOGIE

1. Contexte de l'étude

La région Provence Alpes Côte d'Azur produit (toutes origines confondues) moins d'énergie électrique que ce qu'elle en consomme. Les unités de production régionales, même si elles sont diversifiées (hydraulique, charbon, pétrole), ne suffisent pas à satisfaire la consommation. La diversification des sources et des ressources énergétiques est actuellement un enjeu national fort. Deux grands champs de préoccupations ont été réaffirmés par le Grenelle de l’environnement : le déficit de production énergétique et le besoin en énergies renouvelables. La région PACA doit et peut s'inscrire dans cet enjeu.

La Direction Régionale de l'Industrie et de la Recherche en collaboration avec l'ADEME et le Conseil Régional PACA a lancé un vaste travail dont l'objectif est d'évaluer le potentiel régional de production d'énergie renouvelable. Quatre origines sont actuellement évaluées : hydroélectricité, photovoltaïque, éolien et biomasse.

Dans le cadre de l'évaluation du potentiel de production d'énergie à partir de la biomasse, les responsables du projet au sein de la DRIRE ont sollicité d'une part le service forêt de la DRAF (Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt) afin d'évaluer le potentiel de mobilisation de la biomasse forestière, et d'autre part, le réseau des Chambres d'Agriculture de PACA pour une évaluation sur le potentiel de la biomasse d'origine agricole (animale et végétale).

La biomasse en général, et plus particulièrement la biomasse agricole, peut représenter une ressource non négligeable. La diversité de la biomasse agricole (origines, quantités et qualités) rend l'évaluation relativement complexe dans le cadre d'une mobilisation énergétique. Celle-ci est toutefois nécessaire pour pouvoir imaginer et mettre en place les outils et leviers capables de faire émerger une filière durable et économiquement viable.

2. Objectifs de l'étude

L'objectif principal de l'étude est d’abord de faire un état des lieux des différentes sources de biomasse d'origine agricole susceptibles de produire de l'énergie. Ensuite, il s'agit aussi d'évaluer de manière objective et réaliste le potentiel de valorisation de cette biomasse dans le cadre de deux principales filières : la combustion et la méthanisation. L'évaluation de la biomasse valorisable doit être réalisée sans compromettre les filières de valorisation déjà existantes et en préservant le retour au sol des matières organiques.

Au-delà de la production d'énergie de masse (centrale de co-génération, méthanisation, …) il est aussi important d'avoir une approche territoriale et d'envisager les potentiels d'utilisation au travers d'unités plus restreintes (réseau de chaleur, chauffage de serre, distillerie de plantes à parfums, …). Pour cette approche l'objectif de l'étude n'est pas de définir les conditions techniques ou la pertinence de la mise en place des unités de production. Il s'agit exclusivement d'évaluer le potentiel de mobilisation des produits issus de l'agriculture dans le cadre d'une production d'énergie.

L'étude répond, pour chaque produit considéré, aux questions suivantes :

- Le produit a-t-il des caractéristiques physico-chimiques permettant une production d'énergie (en fonction des connaissances actuelles) ?

- Quelle quantité de produit est mobilisable dans la région (avec une échelle territoriale au mieux cantonale) ?

- Quelles sont les conditions techniques et éventuellement organisationnelles permettant la mobilisation du produit ?

La première finalité du projet est de donner des éléments quantitatifs et qualitatifs qui pourront être utilisés dans le cadre de l'observatoire régional de l'énergie.

Dans un contexte de production d'énergie renouvelable, il nous a semblé opportun de considérer aussi certains produits agricoles pouvant être utilisés comme agro-matériaux.

3.

Contenu de l'étude et méthodologie

3.1. Les produits étudiés

Deux grandes filières de productions d'énergie à partir de la biomasse ont été considérées : la combustion et la méthanisation.

De manière très schématique, la combustion permet d'utiliser des produits secs (humidité maximum de l'ordre de 30 à 40 %). La méthanisation permet d'utiliser des produits humides voire liquides (lisiers, boues).

Les produits étudiés pourront être utilisés soit dans des unités industrielles de production d'énergie (électricité, chaleur, vapeur, …), soit dans des unités plus restreintes (chauffage de serre, chauffage de bâtiments, production de vapeur pour la distillation des plantes à parfums).

Une liste de produits a été définie en commun au niveau régional ; elle est jointe ci-après. Il s’agit de produits répondant aux critères suivants :

- caractéristiques physico-chimiques permettant la production d'énergie,

- quantité

ou

volume

suffisant

pour

économiquement viable,

permettre

une

valorisation

techniquement

et

- produits non utilisés par ailleurs et pour lesquels il est envisageable de mettre en place une filière de valorisation énergétique.

Les produits étudiés sont classés selon trois origines agricoles :

- les produits et co-produits issus des activités de productions végétales (pailles, bois de taille, cultures dédiées, …),

- les produits et co-produits issus des activités d'élevage (effluents d'élevage, laine d'ovins, …),

- les produits et co-produits issus des activités de première transformation (fromageries, caves vinicoles, moulins oléicoles, …),

- les boues de stations d'épuration.

Compte tenu de la proximité de certaines boues de station d'épuration (liquides à pâteuses) avec certains effluents d'élevage (lisiers, fumiers de bovins), il est proposé d'inclure les boues urbaines dans le cas où elles sont complémentaires à un autre produit pour une valorisation (cas des petites communes rurales pour une installation de méthanisation).

Tableau n° 1 : Liste des produits étudiés

Produit

Descriptif sommaire

Filière

Pailles de céréales

Paille de blé dur, orge, triticale,

Combustion

Pailles de riz

Pailles de riz.

Combustion

Menues pailles

Résidus de récolte de céréales et oléo protéagineux constitués de pailles brisées et de graines

Combustion

Huiles végétales

Huiles issues de la trituration de graines de colza et de tournesol

Combustion

Plantes entières

Cultures dédiées à la production de combustible (miscanthus, switch grass, canne provence)

Combustion

Pailles et résidus d'arrachage de plantes à parfums

Pailles après distillation ou plantes après arrachage

Combustion

Résidus de taille et arrachage arboriculture

Bois de taille et arbres arrachés

Combustion

Résidus de taille et arrachage viticulture

Sarments et vignes arrachées

Combustion

Les substrats issus des cultures hors-sol

Substrats organiques (tourbes et fibres de bois) sur lesquels sont enracinées les cultures (tomates, fraises)

Combustion

Les déchets végétaux issus des cultures hors- sol

Résidus végétaux des cultures hors sol type tomate ou fraise (pieds de tomate après récolte)

Méthanisation

Effluents d'élevage bovins, porcins et volaille

Effluents liquides ou pâteux (hors fumier des ovins, caprins et équins)

Méthanisation

Laine d'ovins

Laine d'ovins utilisable pour la production de matériaux d'isolation

Isolation

Ecarts de triage

Déchets de parage ou les écarts d'épluchage des légumes traités en 4ème gamme ont été associés aux écarts de triage proprement dits

Méthanisation

Effluents vinicoles et marcs de raisin

Effluent liquide dont les teneurs en matières organiques peuvent être importantes

Méthanisation

Résidus des distillations vinicoles

Différents types de résidus issus des distillations vinicoles

Combustion /

Méthanisation

Effluents et résidus des moulins à huile d'olive

Margines pures, grignons secs, grignons entiers (margine + grignon)

Combustion /

Méthanisation

Effluents de

Effluent liquide dont les teneurs en matières organiques peuvent être importantes

 

fromageries

Méthanisation

Résidus d'extraction de l'industrie de la parfumerie

Résidus organiques issus des différents procédés d'extraction des essences nécessaires à la fabrication de parfums.

Combustion

Boues de stations d'épuration

Effluents liquides ou pâteux (complément / méthanisation)

Méthanisation

3.2.

Méthodologie d'étude

La méthodologie de l'étude est basée sur l'implication croisée de deux niveaux de compétences :

- une ou plusieurs Chambres d'Agriculture ont été désignées comme référent régional pour chacun des produits ou des types de production,

- un référent pour chaque département.

Les référents produits ont la charge de réunir à l’échelle de la région les informations nécessaires à la constitution de chacune des fiches produits. Pour cela, ils se sont appuyés sur des données bibliographiques, statistiques ou des entretiens avec des experts. Ces experts issus ou non du réseau des Chambres d'Agriculture ont permis de définir et de valider les conditions techniques de production et de valorisation des produits identifiés.

Tableau n° 2 : Départements référents produits

Filière

Chambre d’agriculture référent

Grandes cultures

CA 04 et CA 13 pour le riz

Elevage

CA 05

Plantes à Parfums

CA 04

Viticulture

CA 83, CA 84 et CA 13

Arboriculture

CA 84 et CA 13

Horticulture

CA 83 et CA 06

Maraîchage sous serre et de plein champ

CA 13 et CA 84

Boues de station d'épuration

CA 04

Dans chaque département, un référent département a été désigné. Ce référent avait la charge d'expertiser les fiches produits et de les amender ou de les moduler en fonction des données relatives à son département. Suivant les produits et l'intérêt des Chambres d'Agriculture, des fiches départementales ont été rédigées par les référents départementaux.

Enfin, l'animateur régional a réalisé la mise en cohérence de chacune des fiches et a réalisé la synthèse de l'étude.

La majeure partie de l'étude est donc constituée de fiches produits. La synthèse finale n'étant là que pour compléter certaines approches (énergie notamment) et limites constatées lors du déroulement de l'étude.

Les données qui ont permis de réaliser les estimations de production et de valorisation de la biomasse d'origine agricole sont pour en grande partie issues des bases de données statistiques du recensement agricole 2000 et complétées par les statistiques annuelles (2006 ou 2007). Ces données ont été fournies par la DRAF PACA. Nous tenons à remercier les agents de ce service pour leur disponibilité et la célérité avec laquelle ils ont répondu à nos différentes requêtes.

Les différents critères et coefficients de valorisation ont été définis au niveau régional et adaptés à chaque département ou région agricole.

Afin de faciliter la lecture et retrouver facilement les informations, chaque fiche est constituée sur le même schéma :

-

le contexte général de la filière,

 

-

l’organisation locale ou régionale de la production,

 

-

les

procédés

d'obtention

du

produit

et

le

calendrier

de

production

(productions

saisonnières),

 

-

les caractéristiques physiques et énergétiques du produit,

 

-

la localisation des gisements en surface et le tonnage produit (échelle cantonale issue du RGA 2000 ou des données annuelles),

-

les filières d'utilisation actuelles ou prévisibles des produits (usages concurrents),

 

-

l’évolution probable et la pérennité des filières de production,

 

-

les quantités qu'il est possible de collecter sur la région,

-

les éléments d'accompagnement nécessaires pour la mise en place des filières de production ou d'utilisation de la biomasse (unités industrielles, unités locales),

-

lorsqu'ils existent, les éléments de prix d'achat ou de vente existants.

 

Les données chiffrées et les représentations graphiques ont été réalisés à l'échelle cantonale. Cette échelle permet une couverture optimale de la région et une adaptation des conditions pédoclimatiques de production.

La suite de l'étude est constituée des différentes "fiches produits". A l'issue de ces fiches, une synthèse sur les aspects énergétiques est proposée.

Carte n°1 : Noms et n° INSEE des cantons de la région PACA

Alpes de haute Provence

INSEE des cantons de la région PACA Alpes de haute Provence Hautes Alpes Etude de la

Hautes Alpes

de la région PACA Alpes de haute Provence Hautes Alpes Etude de la biomasse agricole et

Alpes Maritimes

Alpes Maritimes Bouches du Rhone Etude de la biomasse agricole et de première transformation mobilisable en

Bouches du Rhone

Alpes Maritimes Bouches du Rhone Etude de la biomasse agricole et de première transformation mobilisable en

Var

Var Vaucluse Etude de la biomasse agricole et de première transformation mobilisable en région PACA Chambre

Vaucluse

Var Vaucluse Etude de la biomasse agricole et de première transformation mobilisable en région PACA Chambre

B. PAILLES DE CEREALES

Contexte général de la filière

Les céréales à pailles sont les premières cultures en surface de la zone d'étude. Les cultures de céréales à pailles sont pour l'essentiel du blé dur, de l'orge, du blé tendre et du triticale. On retrouve aussi quelques cultures de seigle et de petit épeautre.

En 2000, la surface implantée en céréales à pailles sur la région PACA était de plus 106 000 hectares.

Les destinations principales des céréales sont d'une part l'alimentation humaine (blé dur, blé tendre et petit épeautre) et d'autre part l'alimentation animale (orge, triticale et seigle).

Le blé dur est la céréale à pailles prépondérante sur le territoire. Cette céréale est principalement utilisée pour la semoulerie (fabrication de pâtes alimentaires).

La grande majorité des structures de collecte des céréales (silos) est implantée et organisée pour gérer le stockage et la commercialisation du blé dur. Cette culture est le support d'une véritable économie locale (approvisionnement, production, collecte, stockage, …).

Les blés durs de la région PACA sont reconnus comme étant de qualité supérieure et bénéficient d'une image de marque très positive. La qualité des blés provient en grande partie du contexte pédoclimatique particulier "entre mer et montagne". La faible pluviométrie combinée à un ensoleillement exceptionnel permet d'obtenir des blés durs exempts de maladies et de mycotoxines avec des teneurs en protéines à la fois élevées et stables. Revers de la médaille qualitative, les rendements sont plus faibles que dans les autres régions françaises. Sur les zones équipées de réseaux (Val de Durance, Pays de Forcalquier, Verdon, basse Durance) ou irrigables (vallées de la Durance, vallée du Rhône et Camargue), l'irrigation permet d'améliorer les rendements tout en conservant la qualité des produits.

La plupart des céréales à pailles destinées à l'alimentation animale sont produites et stockées directement par les éleveurs. Il existe toutefois des filières locales de vente de céréales à destination des éleveurs locaux ou régionaux.

Au-delà de la production de grains qui est la raison d'être de la filière céréales, ces cultures permettent aussi de produire des pailles. La production et la destination des pailles dépendent du type de culture.

Les destinations principales des pailles de céréales sont :

l’enfouissement au sol après broyage

la litière animale après pressage

l’alimentation animale après pressage

Toutes les pailles de céréales n'ont pas les mêmes caractéristiques et ne se prêtent pas à toutes les destinations. Les pailles d'orge sont, par exemple, préférées lorsqu'il s'agit d'alimentation animale. Pour la réalisation de litières animales tous les types de pailles peuvent être utilisés mais une certaine préférence est donnée par les éleveurs locaux aux pailles qu'ils produisent sur l'exploitation.

Nous verrons dans la partie consacrée aux usages locaux des pailles que ces éléments ont guidé les choix qui ont permis de définir le potentiel collectable de paille.

Organisation de la production

Comme nous venons de le voir, il existe deux grandes destinations des céréales produites localement : l’alimentation humaine et l’alimentation animale. Ces deux grandes destinations sont aussi la base de l'organisation de la production.

Céréales destinées à l'alimentation animale

Les céréales destinées à l'alimentation animale sont en grande partie produites sur les exploitations agricoles qui en ont le besoin (élevages). Sans dire qu'il existe une autosuffisance alimentaire, les systèmes d'élevage locaux sont relativement extensifs et utilisent les ressources alimentaires les plus proches. La grande majorité des exploitations d'élevages herbivores disposent à la fois de surfaces en herbe (prairies naturelles et parcours) et de terres labourables. Les terres labourables sont utilisées pour produire des prairies temporaires (sainfoin, luzerne) et des céréales. Les céréales les plus utilisées sur les exploitations sont l'orge et le triticale. Ces céréales sont les mieux adaptées à l'alimentation des herbivores (ovins et bovins) mais aussi des monogastriques (porcs). Les pailles des céréales produites sur les exploitations d'élevage sont récupérées pour constituer la litière des animaux et plus rarement pour l'alimentation des animaux (fibres).

Pour les élevages ne disposant pas de surfaces suffisantes de céréales, les achats sont réalisés auprès d'organismes stockeurs. En fonction des situations et des caractéristiques des élevages, ces céréales peuvent être brutes ou préparées (farines). Bien qu'il existe des structures importantes de fabrication d'alimentation du bétail dans la zone, la production locale de céréales secondaires ne suffit pas à satisfaire la demande et une partie des céréales destinées à l'alimentation animale provient d'autres régions françaises. Les élevages qui ne sont pas autosuffisants en céréales ont en général mis en place des systèmes d'élevage n'utilisant pas ou utilisant peu de paille (lisiers, plein air intégral). L'achat de paille sur les exploitations déficitaires se fait localement (exploitations voisines) ou par l'intermédiaire d'un courtier transporteur.

Les élevages utilisateurs de pailles de céréales sont surtout présents sur les secteurs de montagne (Hautes Alpes, Alpes de Haute-Provence et Alpes Maritimes). Sur la Provence, la Crau et la Côte d'Azur les élevages sont souvent à l'extérieur la plus grande partie du temps et l'utilisation de pailles pour la litière est peu fréquente.

Céréales destinées à l'alimentation humaine

Le blé dur est la principale céréale à pailles destinés à l'alimentation humaine. Les surfaces consacrées à cette culture sont sans commune mesure avec celles plantées avec les autres céréales à pailles (blé tendre et petit épeautre).

Les agriculteurs producteurs de blé dur sont en général spécialisés dans les productions végétales. Quelques exploitations d'élevages cultivent aussi des surfaces en blé dur mais dans la grande majorité, les producteurs de blé dur sont spécialisés.

Pour la récolte des céréales, certaines exploitations agricoles disposent de matériel en propriété ou CUMA (Coopérative d'Utilisation du Matériel Agricole), les autres font appel à des prestataires de service (Entreprises de Travaux Agricoles).

La structuration de la production est réalisée autour des organismes de collecte. Ces organismes sont soit coopératifs, soit privés. Leur capacité de stockage est fonction de leur périmètre d’activité. On compte 11 organismes stockeurs d'importance sur la région PACA. Ils collectent, stockent, et mettent en marché le blé dur produit. Ces structures disposent des moyens humains et matériels pour assurer le transport, le triage et le stockage des céréales.

Il existe par ailleurs une semoulerie sur Marseille (semoulerie Bellevue/Panzani) et une autre en Savoie (Alpina Savoie) qui travaillent avec les organismes stockeurs régionaux. Une partie du blé dur produit sur la région est exporté vers l'Italie ou le Magrheb. On note aussi la présence de deux structures commerciales expéditrices sur Marseille

Tableau n° 3 : Les principales structures de collecte de céréales en région PACA

Nom de la structure

 

Siège

Groupe Semence Services

04

Manosque

Etablissement Garcin

04

Valensole

Coopérative de Forcalquier

04

Forcalquier

Alpesud

05

Laragne-Monteglin

Coopérative Agricole Sud Céréales

13

Arles

Coopérative de Saint Etienne du Grés

13

St- Etienne du Grés

S.C.A du Sud Vaucluse

84

Apt

S.C.A de Bollène Barjac

84

Bollène

Céréalis

84

Orange

Vaute Frères S.A

84

Bédarrides

S.A.S Provence Languedoc

84

Avignon

Compte tenu des surfaces actuellement en place, plus de 56 000 hectares sur la zone d'étude, la filière blé dur est une filière économique majeure. Ce poids économique induit aussi une dynamique et un savoir faire important de la part des agriculteurs et des organisations économiques ou professionnelles agricoles.

Description des procédés d'obtention du produit

Sur la zone d'étude la récolte des céréales s'échelonne entre la fin du mois de mai à la fin du mois de juillet ou les premiers jours d'août.

Lors de la récolte des céréales, l'agriculteur choisit le devenir des pailles. S'il souhaite enfouir les pailles au sol, un système de broyage est mis en action sur la moissonneuse batteuse. Ce système permet le broyage direct des pailles par la moissonneuse elle-même. Les pailles sont aussi éparpillées et réparties sur la plus grande largeur pour faciliter l'enfouissement.

Si l'agriculteur choisit d'exporter les pailles de la parcelle, la moissonneuse batteuse dépose au sol un andain de paille qui pourra être repris. Les pailles seront alors pressées et mises en botte.

Les pailles qui ne sont pas enfouies sont systématiquement emballées puis stockées (bord de champ ou hangar spécifique).

Le choix d'un enfouissement des pailles de céréales n'est pas systématique sur la zone d'étude. Plusieurs critères sont pris en compte pour réaliser ce choix. Le premier reste bien évidemment le besoin de paille pour l'élevage présent sur l'exploitation ou la possibilité de vente des pailles. Le second critère est plus complexe et réside dans la possibilité de gestion agronomique des pailles enfouies.

Le contexte pédoclimatique local (sec et chaud) ne permet pas toujours une gestion facile des résidus de cultures. En effet, les phénomènes de dégradation des résidus de cultures peuvent être très limités en cas d'absence de pluviométrie après la récolte. La présence de pailles non dégradées en quantité trop importante entraîne des difficultés pour le travail du sol et peut, dans les situations extrêmes, induire des mauvaises levées sur les cultures suivantes. Afin de limiter ces nuisances, certains agriculteurs pratiquaient un brûlage des pailles (destruction des souches de maladies, de ravageurs et des graines de mauvaises herbes). Cette pratique a aujourd'hui disparu pour des raisons réglementaires. Le brûlage des pailles de céréales devait être réalisé assez rapidement après la récolte à une période où le feu est interdit par arrêté préfectoral. Au-delà de cette réglementation applicable à tous, la conditionnalité des aides PAC interdit le brûlage des résidus de cultures de céréales et oléo protéagineux. Cette mesure vise à favoriser le retour au sol des pailles et, de ce fait, soutenir le taux de matières organiques des sols.

Caractéristiques physiques et énergétiques du produit

Les pailles de céréales sont constituées de parois végétales qui représentent de 60 à 85 % de la matière sèche. Ces parois sont composées de 50 % de cellulose vraie, 25 % d'hémicellulose et de 10 % de lignine. Le reste des éléments constitutifs sont des matières minérales.

Après récolte des grains de céréales, les pailles qui ne sont pas destinées à l'enfouissement se trouvent sous forme d'andain qu'il est nécessaire de reprendre à l'aide de presses.

Les différents types de bottes de pailles présentes sont décrits ci-dessous.

Tableau n° 4 : Caractéristiques des bottes de pailles

Presses

Caractéristiques

des

Dimensions des bottes

Poids moyen

bottes

Presse petites bottes

Presse petites bottes 1 m x 0,5 m x 0,5 m 50 kg

1

m x 0,5 m x 0,5 m

50 kg

Presse bottes rondes

Presse bottes rondes Diam 1,5 m à 2 m x 1,5 m 200 à 300 kg

Diam 1,5 m à 2 m x 1,5 m

200

à 300 kg

Presse grosses bottes

Presse grosses bottes 2 m x 0,9 m x 1,2 m 300 à 400 kg

2

m x 0,9 m x 1,2 m

300

à 400 kg

Tous les différents types de presses sont présents sur la zone d'étude et correspondent à des utilisations particulières.

Les petites bottes sont souvent réservées pour les élevages de petites capacités (cheptel faible ou peu équipés) ne disposant pas de système de levage ou de bâtiments modernes. Ce type de bottes tend à disparaître

Les bottes rondes sont souvent rencontrées sur des exploitations d'élevage. Ces bottes doivent être manipulées avec des chargeurs mais si nécessaire peuvent aussi être roulées par un seul homme pour les opérations de distribution. La forme cylindrique des bottes n'est pas propice au transport et au stockage (perte de place et instabilité).

Les grosses bottes rectangulaires sont actuellement les bottes les plus fréquemment rencontrées sur la zone d'étude. Ces bottes doivent obligatoirement être manipulées à l'aide d'un chargeur. Elles permettent une optimisation du transport et du stockage. Sur terrain plat, le stockage des grosses bottes peut être réalisé sur une hauteur de 6 à 7 mètres. Ce sont les caractéristiques du chargeur qui limitent la hauteur de stockage.

Tableau n° 5 : Caractéristiques énergétiques du produit

 

TEP / tonne*

kWh / tonne*

CH 4 / tonne*

Paille de blé dur

0,397

3 580 à 4 140

220 m 3

* Les valeurs énergétiques indiquées ci-dessus sont issues de recherches bibliographiques. Les différentes valeurs de TEP, kWh et CH 4 ont été convertis en considérant que 1 kWh = 86 x 10 -06 TEP = 0,0857 m 3 de CH 4 .

1 tonne de paille = 2,3 stères de bois = 420 litres de fuel

Localisation des gisements en surface et tonnage produit

En 2000, les surfaces consacrées aux céréales à pailles (hors riz) sur la zone d'étude étaient de 106 000 hectares.

Carte n°2 : Répartition des surfaces en céréales à pailles sur la zone d'étude (ha - 2000)

céréales à pailles sur la zone d'étude (ha - 2000) 55 979 hectares de blé dur

55 979 hectares de blé dur ont été implantés en 2007 sur la zone d'étude. Ces surfaces sont concentrées sur le delta du Rhône (plus de 10 000 ha), la vallée de la Durance et sur les plateaux de part et d'autre de la vallée (voir carte n°2 ci-après). Le plateau de Valensole représente à lui seul près de 9 000 hectares de blé dur. A noter que 1 200 hectares sont dispersés sur des cantons qui comptent moins de 100 hectares. Ils ne seront pas comptabilisés dans notre étude ce qui laisse un potentiel de 54 727 hectares.

Comme nous l'avons vu dans la partie consacrée à l'organisation de la production, le blé dur est destiné à l'alimentation humaine et les autres céréales à pailles sont soit autoconsommées sur les exploitations d'élevage soit vendues pour alimenter un circuit court en alimentation animale (orge et maïs).

Compte tenu de ces éléments, nous proposons de ne retenir que les pailles de blé dur comme potentiellement utilisables dans le cadre d'une valorisation énergétique à grande échelle. Ceci permet de limiter la concurrence sur l'utilisation des pailles par les élevages.

En termes de production de blé dur, la zone d'étude est marquée par une différence de potentiel. Les rendements de blé dur sont fortement marqués par la possibilité d'irrigation. Les blés irrigués ont un potentiel de production de l'ordre de 5 à 6 tonnes de grains par hectare. Les blés au sec ont un potentiel de l'ordre de 3 tonnes de grains par hectare. Afin d'adapter au mieux la production de paille par canton, nous avons tenu compte de ces éléments.

Carte n°3 : Répartition des surfaces en blé dur sur la zone d'étude (ha - 2007)

surfaces en blé dur sur la zone d'étude (ha - 2007) La méthode de calcul pour

La méthode de calcul pour définir la production de paille a été la suivante :

Surface en blé dur du canton

X

Rendement moyen de grains du canton

X

0,5

= Quantité de paille produite

Compte tenu du potentiel de production, des variétés utilisées et des pratiques locales (hauteur de coupe, pertes lors du pressage, …), le rapport entre la production de grains et la production de paille est de 0,5 : 1 tonne de grain = 0,5 tonne de pailles. Ce coefficient a été déterminé par un comité d'experts sur les bases d'observations locales.

La carte ci-après montre les quantités de pailles de blé dur produites par canton.

Carte n°4 : Quantités de pailles de blé dur par canton (tonnes de matière brute)

de pailles de blé dur par canton (tonnes de matière brute) Au total, la production de

Au total, la production de paille de blé dur sur la zone est estimée à 102 224 tonnes brutes, soit 86 890 tonnes de matières sèches en considérant que la teneur en matières sèches des pailles de blé dur est de 85 % (15 % d'humidité).

Filières d'utilisation actuelles ou prévisibles des pailles de blé dur (usages concurrents)

Actuellement, les pailles de blé dur sont soit enfouies soit exportées. Il n'est pas possible de définir avec précision la part des pailles qui retourne au sol et la part exportée.

Le choix d'enfouissement ou d'exportation se fait au cas par cas en fonction de la situation locale de l'exploitation agricole. La présence sur l'exploitation ou la disponibilité de matériel de pressage, de chargement (en propriété, en CUMA, en entreprise de travaux agricoles), la proximité d'une autoroute ou d'élevages acheteurs de pailles guident le plus souvent ce choix.

Commercialisation de la paille

La vente de paille de blé dur est une activité rentable (si le matériel est amorti ou géré collectivement) qui permet d'apporter un complément de revenu appréciable.

Sur la zone d'étude coexistent actuellement deux méthodes de commercialisation des pailles de blé dur. Soit les agriculteurs les vendent eux-mêmes à des éleveurs, soit ils vendent les pailles à des intermédiaires transporteurs qui eux se chargent de la revente aux éleveurs.

La première méthode se rencontre surtout sur les secteurs où l'élevage est proche. Le rayon d'approvisionnement dépasse rarement plus de 50 à 100 km. Il est quelquefois possible que la paille soit vendue "au champ", l’éleveur se chargeant alors du pressage et du transport. La paille de blé

dur n'ayant pas une bonne appétence, ce type d'échanges se fait surtout lors des périodes de sécheresse où les éleveurs sont à la recherche de produits fibreux permettant d'assurer les équilibres alimentaires des animaux.

La seconde méthode est certainement la plus répandue. Les agriculteurs pressent et stockent la paille en bord de champs ou dans des hangars. La paille est ensuite vendue au gré de la demande à des intermédiaires transporteurs. Ces intermédiaires sont Français ou Italiens. Il existe, en effet, une tradition de vente de fourrage mais aussi de paille avec le Piémont italien et la vallée du Pô. La région PACA est depuis très longtemps un passage privilégié entre la France et l'Italie et la paille est revendue dans les élevages d'engraissement italiens.

Il est difficile d’estimer précisément l'impact possible de la mise en place d'une filière de valorisation énergétique des pailles sur les filières existantes de vente, mais nous pouvons toutefois indiquer deux éléments :

- Concernant la filière italienne, il est envisageable d'assister à une certaine baisse de l’export vers l’Italie (coût du transport), mais la valorisation locale des pailles apparaît préférable pour limiter le transport routier.

- D'une manière générale, nous avons choisi d'exclure les autres céréales et de ne tenir compte que des surfaces en blé dur ce qui permet de limiter la concurrence sur l'utilisation des pailles pour les élevages.

Retour des pailles au sol

La question du maintien du taux de matières organiques des sols est une question importante dans le cadre de la mise en place d'une filière de valorisation des pailles. Nous pouvons retenir un critère empirique, également pris en compte dans d'autres situations géographiques et qui nous donne une marge de sécurité suffisante. Ce critère est le suivant :

Le critère d'exportation des pailles de blé dur proposé est de 1/3 (33%), ce qui peut être traduit de la manière suivante : exportation des pailles de blé dur une année sur trois.

Toutefois, il nous paraît important, si une filière de valorisation est mise en place, de suivre avec précision l'évolution des sols et d’accompagner les agriculteurs afin de les conseiller et corriger si besoin les prélèvements de paille. Ce travail devra être conduit par des organismes agricoles intégrés dans la filière valorisation.

Les éléments permettant de juger de la fiabilité de ce critère sont les suivants :

- Evolution actuelle de la matière organique des sols de la zone. L'évolution de la matière organique des sols dans les résultats d’analyses pratiquées depuis plusieurs années, ne montre pas de diminution ou d'augmentation des taux. Les constats de terrains réalisés ne témoignent pas d'une éventuelle chute du taux de matières organiques.

- Assolement et rotation des cultures. De manière caricaturale, il existe deux grands systèmes de rotation des cultures : le système irrigué et le système sec. La rotation des cultures en système irrigué est basée sur une succession de cultures à fort potentiel (maïs, blé dur, légumes, pois protéagineux). Le blé dur est généralement implanté après une tête d'assolement (maïs, légumes ou pois) et ne revient pas plus de deux fois sur la rotation. Les résidus des autres cultures de la rotation sont systématiquement restitués au sol, ce qui garantit le maintien du taux de matières organiques. La rotation des cultures en système au sec est basée sur un nombre de cultures moins important et sur des successions plus longues. Sur les plateaux où des plantes à parfums sont implantées, la rotation est de type 8 à 10 ans de plantes à parfums et 3 à 5 ans de cultures annuelles. Les cultures annuelles sont, pour l'essentiel, du blé dur, des prairies temporaires de sainfoin, de la jachère et éventuellement du colza. Il est possible de rencontrer des successions longues de culture de blé dur (4 à 5). Toutefois, les conseils agricoles et agronomiques préconisent de ne pas dépasser 3 cultures de blé dur successives.

- Evolution lente de la matière organique des sols au sec. Sur les secteurs secs (sans irrigation), la plupart des sols sont des argilo-calcaires assez lourds, où le taux de matières organiques n'évolue pas ou peu. Les conditions climatiques sèches et chaudes sont largement responsables de cela. En effet, dans les climats méditerranéens, la minéralisation des matières organiques est bloquée en été par manque d'eau. Cette minéralisation se réalise essentiellement pendant les périodes pluvieuses au printemps et à l'automne.

Le retour au sol des pailles peut nuire aux cultures qui vont suivre par le biais de problème d’ordre sanitaire, de problème de levée, de problème lié à leur décomposition. L’agriculteur doit raisonner la restitution des pailles au sol. Ces situations sont fréquentes dans les sols de Camargue où le taux d'humidité important des sols bloque les dégradations des matières organiques.

Les opérations de broyage et de déchaumage bien conduites vont par contre accélérer le processus de décomposition des pailles. Les conditions climatiques qui vont suivre la récolte vont aussi jouer un rôle important sur l’évolution de la paille. Bien contrôlée, la restitution de la paille au sol va avoir un effet bénéfique sur sa structure et sa texture et donc sur sa fertilité.

Les matières organiques améliorent les propriétés physiques du sol. Les pailles moins fermentescibles, ont un effet moins intense mais plus prolongé que les engrais verts. Les matières organiques stimulent l’activité biologique des sols.

Autant d'éléments qui plaident en faveur d’un retour au sol des pailles.

Mais l’incorporation des pailles au sol n’est pas si évidente en climat méditerranéen. Sa décomposition est lente et une surabondance aura l’effet inverse à celui recherché. Il faut donc trouver un compromis. C’est pour quoi le chiffre de 33% de paille valorisable en énergie combustible a été retenu.

Évolution probable et pérennité de la filière de production

La production de blé dur dans la zone a connu une forte évolution entre les années 1990 et 2000. Cette évolution est la conséquence d'une volonté de soutenir la filière blé dur au niveau français et européen. En 2000 les surfaces en blé dur sur la zone étaient de 61 200 hectares. Avec la réforme de la politique agricole commune en 2003, la mise en place du principe de découplage des aides a entraîné une diminution des surfaces emblavées. Les surfaces en 2007 ne sont que de 55 989 hectares. Cette baisse est surtout sensible sur les Alpes de Haute Provence. Cette évolution s'explique par un arrêt de production sur des secteurs à faibles potentiels. Ces secteurs n'étaient pas des producteurs traditionnels de blé dur et pratiquaient cette culture car l'aide financière à la surface était intéressante. A partir de 2005, nous avons assisté à un recentrage des surfaces en blé dur sur les zones traditionnelles de production.

Cette évolution à la baisse des surfaces en blé dur ne devrait pas continuer dans les années à venir. En effet, le marché du blé dur est relativement stable malgré les fluctuations à la hausse ou à la baisse des prix ces dernières années. Cette stabilité vient essentiellement de la proximité des utilisateurs (semoulerie sur Marseille) et de la possibilité d'export vers les pays du Maghreb et l'Italie.

Les inconnues les plus importantes sur l'évolution des surfaces resteront d'une part, les facteurs climatiques et, d'autre part, les soutiens financiers. Ces dernières années (2003 – 2006) ont été marquées par des phénomènes de sécheresse qui ont fortement impacté le potentiel de production. Ces sécheresses à répétition sont en partie responsables de la baisse des surfaces. Par ailleurs les contraintes de plus en plus importantes imposées par les économies et le prix de l’eau sont susceptibles d’avoir des conséquences sur la production des grandes cultures.

Concernant les soutiens financiers, une nouvelle politique agricole commune est en cours de discussion au niveau européen et français. Suivant les choix qui seront réalisés dans les prochains mois nous pouvons assister à une baisse sensible de la production ou un maintien. Le principe du découplage total des aides aux grandes cultures qui est maintenant acté pourrait, s'il est pris à la lettre, avoir des conséquences importantes sur la rentabilité des cultures de blé dur. Comme

souvent dans ces situations, ce sont d'abord les régions les plus fragiles qui subiront les premières diminutions de surfaces.

Le blé dur est une filière majeure et particulièrement bien adaptée au contexte régional. Il n'existe pas de production mieux adaptée pour le secteur.

L’analyse conjointe de l’ensemble de ces éléments, permet d’envisager l'avenir de cette production de manière sereine. La mise en place d'une valorisation des pailles ne pourrait que contribuer au maintien de la filière. Il faudra toutefois être attentif aux choix de la nouvelle politique agricole commune, à l'évolution des coûts de fertilisation, ainsi qu’à l'intérêt que pourrait avoir une meilleure utilisation des pailles dans la fertilisation des cultures.

Quantités qu'il est possible de collecter sur la région

Compte tenu des différents éléments exposés précédemment, il est possible de définir le tonnage de paille de blé dur qu'il est envisageable de collecter et valoriser sur la zone d'étude.

Nous avons vu dans la partie consacrée à la production de paille de blé dur que cette production est estimée à 102 224 tonnes brutes, soit 86 890 tonnes de matières sèches.

Si l'on applique le taux de prélèvement maximum permettant de garantir un maintien du taux de matières organiques (33 %), il est possible d'envisager que 33 735 tonnes de paille brute (28 654 tonnes de matières sèches) puissent être collectées annuellement sur la région.

28 654 tonnes de paille de blé dur correspondent à 15 918 hectares de blé dur (rendement moyen de 1,8t/ha).

L'ensemble des données qui ont permis d'aboutir à ces chiffres est décrit ci-après.

- Surface en blé dur en 2007 = canton pris en compte si surface en blé dur supérieure à 100 ha

- Rendement grain = rendement différencié suivant la situation pédoclimatique et les possibilités d’irrigation. Rendement de 3 à 5 t/ha.

- Rendement paille = rendement grain x 0,50 En théorie, le rdt grain = rdt paille (données Blé tendre) mais il est nécessaire de tenir compte du fait que les pailles de blé dur sont plus courtes, qu'il y a des pertes liées à la hauteur de coupe et au ramassage.

- Quantité paille brute = Surface en blé dur 2006 x Rendement paille

- Quantité paille MS = Quantité paille brute x 85 % 85 % de MS

- Quantité paille valorisable brute = Qté paille brute x 0,33 33 % valorisable

Tableau n° 6 : Données retenues pour évaluer le potentiel de collecte des pailles de blé dur

Code

INSEE

Canton

Surface

retenue

Rdt grain

t/ha

Productionde

paille tonne

Qté valorisable tonne de MB

Qté valorisable tonne de MS

 

ha

de MB

0403

BANON

 

328,24

3

 

492

 

163

 

139

0410

FORCALQUIER

1 079,63

4

2 159

 

716

 

608

0414

MEES (LES)

1 549,39

4

3 099

1

027

 

873

0415

MEZEL

 

577,18

3,5

1

010

 

335

 

285

0416

MOTTE-DU-CAIRE (LA)

 

225,63

3

 

338

 

112

 

95

0417

MOUSTIERS-SAINTE-MARIE

 

703,30

3

1

055

 

350

 

297

0419

PEYRUIS

 

389,00

5

 

973

 

322

 

274

0420

REILLANNE

 

868,37

4

1

737

 

576

 

489

0421

RIEZ

3

324,82

3

4

987

1

653

1

405

0423

SAINT-ETIENNE-LES-ORGUES

 

192,09

3

 

288

 

96

 

81

0427

SISTERON

 

374,14

3

 

561

 

186

 

158

0429

VALENSOLE

4

098,87

2,8

5 738

1

902

1

617

0430

VOLONNE

 

569,33

4

1 139

 

377

 

321

0431

DIGNE-LES-BAINS-OUEST

 

236,58

3

 

355

 

118

 

100

0432

MANOSQUE-SUD-EST

 

343,89

5

 

860

 

285

 

242

0433

MANOSQUE-SUD-OUEST

 

161,69

5

 

404

 

134

 

114

0497

DIGNE-LES-BAINS

 

135,14

3

 

203

 

67

 

57

0498

MANOSQUE

 

392,81

5

 

982

 

326

 

277

1301

AIX-EN-PROVENCE-NORD-EST

 

153,35

3,5

 

268

 

89

 

76

1302

AIX-EN-PROVENCE-SUD-OUEST

 

359,88

3,5

 

630

 

209

 

177

1303

ARLES-EST

 

755,82

3,2

1

209

 

401

 

341

1306

BERRE-L'ETANG

 

221,20

2,8

 

310

 

103

 

87

1307

CHATEAURENARD

 

352,33

3

 

528

 

175

 

149

1308

CIOTAT (LA)

 

6,75

2,8

 

9

 

3

 

3

1309

EYGUIERES

 

670,34

3

1

006

 

333

 

283

1310

GARDANNE

 

228,08

2,8

 

319

 

106

 

90

1312

LAMBESC

1

202,37

3,5

2

104

 

698

 

593

1326

ORGON

 

316,4

3

 

475

 

157

 

134

1327

PEYROLLES-EN-PROVENCE

1

223,79

3,5

2

142

 

710

 

603

1328

PORT-SAINT-LOUIS-DU-RHONE

 

707,93

3,2

1

133

 

375

 

319

1330

SAINTES-MARIES-DE-LA-MER

 

401,90

3,2

 

643

 

213

 

181

1331

SAINT-REMY-DE-PROVENCE

 

942,12

3

1

413

 

468

 

398

1333

TARASCON

2

211,84

4

4

424

1

466

1

246

1334

TRETS

1

091,21

3,5

1

910

 

633

 

538

1351

PELISSANNE

 

532,42

3

 

799

 

265

 

225

1352

PENNES-MIRABEAU (LES)

 

232,92

2,8

 

326

 

108

 

92

1395

ISTRES

 

170,67

2,8

 

239

 

79

 

67

1397

AIX-EN-PROVENCE

2

369,02

3,5

4

146

1

374

1

168

1398

ARLES

6

402,76

5

16 007

5

306

4

510

8302

BARJOLS

 

567,42

2,8

 

794

 

263

 

224

8305

BRIGNOLES

 

445,02

3,5

 

779

 

258

 

219

8309

COTIGNAC

 

167,35

3

 

251

 

83

 

71

8311

DRAGUIGNAN

 

104,31

2,8

 

146

 

48

 

41

8316

LORGUES

 

106,82

2,8

 

150

 

50

 

42

8319

RIANS

1764,96

5

412

4 1

 

463

1

243

8320

ROQUEBRUSSANNE (LA)

 

338,63

3,5

 

593

 

196

 

167

8321

SAINT-MAXIMIN-LA-SAINTE-B

 

637,42

5

594

1 528

 

449

8326

TAVERNES

 

497,52

2,8

 

697

 

231

 

196

8336

CRAU (LA)

 

114,33

3,5

 

200

 

66

 

56

8337

MUY (LE)

 

105,47

3,5

 

185

 

61

 

52

8401

APT

 

919,33

2,5

149

1 381

 

324

8402

AVIGNON-NORD

 

52,04

4

 

104

 

35

 

29

8404

BEAUMES-DE-VENISE

103,64

3

 

155

52

44

8405

BEDARRIDES

1 552,55

5

3

881

287

1 1

094

8406

BOLLENE

1 947,35

5

4

868

614

1 1

372

8407

BONNIEUX

194,23

3

 

291

97

82

8408

CADENET

979,57

2,5

1

224

406

345

8409

CARPENTRAS-NORD

306,28

4

 

613

203

173

8410

CARPENTRAS-SUD

535,23

3

 

803

266

226

8411

CAVAILLON

103,72

4

 

207

69

58

8412

GORDES

799,89

2,5

1

000

331

282

8413

ISLE-SUR-LA-SORGUE (L')

762,90

5

1

907

632

537

8416

ORANGE-EST

484,83

3,5

 

848

281

239

8417

ORANGE-OUEST

1 145,15

5

2

863

949

807

8418

PERNES-LES-FONTAINES

432,89

3

 

649

215

183

8419

PERTUIS

1 733,20

2,5

2

167

718

610

8420

SAULT

253,43

2,5

 

317

105

89

8422

VALREAS

586,21

3

 

879

291

248

8497

AVIGNON

256,37

4

 

513

170

144

8499

ORANGE

625,94

5

1

565

519

441

TOTAL REGION PACA

54 727,00

 

102 224

33 887

28 804

Carte n°5 : Répartition géographique des pailles de blé dur collectables (tonnes de MB)

des pailles de blé dur collectables (tonnes de MB) Etude de la biomasse agricole et de

Eléments d’accompagnement nécessaires pour la mise en place des filières de production ou d’utilisation

La récolte des pailles de céréales sur les exploitations spécialisées n’est pas toujours assurée faute d’équipement matériel nécessaire, ce qui explique le broyage inclus dans l’opération de récolte des grains. Les éleveurs qui sont équipés pour le pressage et l’enlèvement achètent parfois les pailles à proximité de leur exploitation pour compléter leur propre réserve. Mais ce sont souvent des entreprises agricoles qui achètent la paille au champ, la conditionnent et en assurent la vente.

La mise en place d’une filière "paille pressée" destinée à une valorisation énergétique suppose un accompagnement. Elle nécessite aussi des investissements en matériels, par le biais d’une CUMA par exemple, ainsi qu’une organisation des chantiers de récolte. En effet la paille doit être enlevée le plus tôt possible après la moisson pour laisser place aux travaux de mise en place de la prochaine culture.

Concernant le stockage de la paille après pressage, il est envisageable de stocker les bottes de pailles en bord de parcelle pendant 1 à 2 mois (tas bâchés). Ensuite les pailles doivent être évacuées et stockées sur des aires prévues à cet effet. Protégées des intempéries, les bottes de pailles peuvent être conservées pendant plusieurs mois.

Eléments de prix d’achat ou de vente existante

Actuellement le prix de vente de la paille conditionnée en grosse bottes est de 0,05 € le kg soit 50 € de la tonne pressée et chargée, soit de 100 à 250 € de l’hectare selon les rendements.

La paille plein champ non conditionnée est négociée aux alentours de 15 € de l’hectare sur le plateau de Valensole.

Conclusions sur la collecte des pailles de céréales

La zone d'étude possède un réel potentiel en paille de céréales pour la valorisation énergétique.

Seules les pailles de blé dur représentent un réel intérêt pour cette filière. Les pailles des autres céréales sont soit enfouies, soit exportées pour l'alimentation et le paillage des animaux.

La filière blé dur est bien structurée; les agriculteurs sont accompagnés dans leurs démarches et dans leur choix par des organisations économiques et professionnelles.

Considérant les filières actuelles d'utilisation de pailles (vente pour l'élevage), nous avons choisi d’exclure du plan d’approvisionnement les pailles des céréales autres que celles de blé dur et donc de restreindre le potentiel mobilisable aux surfaces de blé dur (65 % des surfaces de céréales).

De plus, le critère de valorisation retenu (33 %) doit permettre de garantir un maintien du taux de matières organiques dans les sols.

En conclusion de cette étude, la quantité de paille de blé dur qu'il est possible de collecter sur la zone d'étude est de 33 500 tonnes brutes (28 500 tonnes de matières sèches). Cette quantité correspond à 15 900 hectares de blé dur.

C.

PAILLES DE RIZ

Contexte général de la filière

Avec 70% de la production nationale de riz, les Bouches du Rhône se placent au premier rang de l’hexagone. Cultivé en Camargue, le riz occupe plus d’un tiers des surfaces céréalières. La culture du riz est coûteuse mais reste cependant indispensable pour le maintien du milieu naturel préservé de Camargue. Les aides provenant de l’Etat et de l’Union Européenne contribuent à assurer la pérennité de la filière, notamment des 120 exploitations rizicoles de la région. La culture du riz subit un handicap climatique par rapport aux autres régions rizicoles européennes et le rendement de la zone Camargue est inférieur d'une tonne par hectare à celle des autres zones de production. Le riz biologique représente 4 % de la récolte totale. Son rendement, de 3,9 tonnes/ha est un peu plus faible que celui du riz conventionnel de 5,4 tonnes/ha.

Les producteurs sont organisés en syndicat. Les Groupes SOUFFLET (un des leaders européens du riz) et SUD CEREALES ont signé un protocole d'accord visant à construire en commun un outil industriel d'étuvage et d'usinage du riz.

Celui-ci est le fruit d'un long processus lié à l'évolution du marché, et de la volonté des acteurs camarguais (en particulier du Groupe SUD CEREALES) d'adapter la réponse à la demande et d'intégrer la réforme de la PAC, comme en témoigne la contractualisation de 100 % de la production des adhérents.

SUD CEREALES, coopérative céréalière généraliste implantée aux Angles près d'Avignon, regroupe plus de 4 000 adhérents. Elle réalise un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions d'euros et collecte en Camargue 60 000 tonnes de paddy (riz directement après récolte).

La complémentarité des savoir-faire permet la maîtrise de toute la filière (de la rizière au rayon), atout majeur tant au plan commercial qu'en matière de traçabilité.

Pour les riziculteurs, étroitement associés au projet, c'est la garantie d'un débouché stable et pérenne qui s'offre à eux.

Procédés d'obtention du produit et du calendrier de production (productions saisonnières)

La moisson a lieu en septembre-octobre. Les engins sont munis de roues cages ou de chenilles qui empêchent l’embourbement sur des parcelles très souples.

Lors de la récolte, l'agriculteur choisit le devenir des pailles. S'il souhaite enfouir les pailles au sol, un système de broyage est mis en action sur la moissonneuse batteuse. Ce système permet le broyage direct des pailles par la moissonneuse elle-même. Les pailles sont aussi éparpillées et réparties sur la plus grande largeur pour faciliter l'enfouissement.

Si l'agriculteur choisit d'exporter les pailles de la parcelle, la moissonneuse batteuse dépose au sol un andain de paille qui pourra être repris. Les pailles seront alors pressées et mises en botte.

Le choix d'un enfouissement des pailles n'est pas systématique. Le critère principal est complexe et réside dans la possibilité de gestion agronomique des pailles enfouies (la paille de riz se dégrade assez lentement).

La présence de pailles non dégradées en quantité trop importante entraîne des difficultés pour le travail du sol et peut, dans les situations extrêmes, induire des mauvaises levées sur les cultures suivantes. Afin de limiter ces contraintes, les riziculteurs pratiquent un brûlage des pailles. Ce brûlage permet de limiter les quantités de paille présentes sur la parcelle et, dans certaines situations, peut aussi avoir un effet sanitaire (destruction des souches de maladies, de ravageurs et des graines de mauvaises herbes).

Le brûlage est réalisé assez rapidement après la récolte selon les autorisations préfectorales. Mais cette pratique est menacée d'interdiction.

Caractéristiques physiques du produit

Les pailles de riz sont constituées de parois végétales qui représentent de 60 à 85 % de la matière sèche. Ces parois sont composées de 50 % de cellulose vraie, 25 % d'hémicellulose et de 10 % de lignine. Le reste des éléments constitutifs sont des matières minérales.

La paille de riz se diffère des autres pailles de céréales par une teneur en silice plus importante (18 à 20%) ce qui lui confère des propriétés différentes. Elle a une appétence faible pour les animaux, elle a un pouvoir absorbant plus faible (mauvaise litière à l’état brut) et elle est biodégradée plus lentement dans les sols.

Cette différence est également un atout pour certaines utilisations comme l’isolation. Les pailles de riz sont plus isolantes que les autres pailles et elles résistent mieux aux ravageurs (rongeurs) et au feu.

Après récolte des grains, les pailles qui ne sont pas destinées à l'enfouissement se trouvent sous forme d'andains que l’on reprend à l’aide d’une presse si on veut les exporter ou bien les brûler.

Les caractéristiques des bottes de pailles sont identiques à celles observées pour les céréales à pailles. La seule différence est l'absence de bottes cylindriques.

Pour une valorisation énergétique les caractéristiques énergétiques des pailles de riz ne diffèrent pas de celles des autres pailles de céréales.

Le PCI est de l’ordre de 4 000 KWh/t et la quantité de cendres est faible. Cependant la haute teneur en silice contribue à une plus forte production de mâchefer qui peut endommager les chaudières.

Tableau n° 7 : Caractéristiques énergétiques du produit

 

TEP / tonne*

kWh / tonne*

CH 4 / tonne*

Paille de riz

0,345

4 000

343 m 3

* Les valeurs énergétiques indiquées ci-dessus sont issues de recherches bibliographiques. Les différentes valeurs de TEP, kWh et CH 4 ont été convertis en considérant que 1 kWh = 86 x 10 -06 TEP = 0,0857 m 3 de CH 4 .

Localisation des gisements en surface et tonnage produit (échelle cantonale)

Seuls 5 cantons produisent du riz en région PACA. Il s’agit des cantons d’Arles-Est et Arles, de Châteaurenard, de Port-Saint-Louis-du-Rhône, et des Saintes-Maries-de-la-mer.

Ils représentent en 2007 une surface de 12 204 ha avec un rendement moyen de 5,2 tonnes de riz par hectare.

Ce qui se traduit par une production de paille à 15 % d’humidité de 50 770 tonnes.

La méthode de calcul se base sur un ratio paille/grain de 0,7. On considère donc que 70 % de la paille sur pied est mécanisable, les 30 % restant sont les déchets perdus au sol. On ne tient pas compte ici du retour de matière organique au sol, cette pratique étant très peu pratiquée compte tenu des caractéristiques physiques décrites auparavant.

Concernant le canton de Châteaurenard, la production de riz affectée à ce canton est due à une ou plusieurs exploitations dont le siège social est sur le canton de Châteaurenard mais dont les cultures de riz sont implantées en Camargue.

Carte n°6 : Répartition des surfaces en riz sur la zone d'étude (ha - 2007)

des surfaces en riz sur la zone d'étude (ha - 2007) Filières d'utilisation actuelles ou prévisibles

Filières d'utilisation actuelles ou prévisibles des produits (usages concurrents)

Une étude, commanditée par la maison du riz et financée par la Région Languedoc Roussillon et l’ADEME, a été réalisée courant 2007 et 2008 par l’INRA de Montpellier. Cette dernière a montré que 80% de la paille de riz était brûlés sur champs et que seulement 20% étaient enfouis et exportés.

La composition chimique de la paille de riz est un frein à son enfouissement car sa haute teneur en silice la rend peu dégradable dans le sol.

La production est évaluée en tonnage brut à environ 50 000 t sur le bassin de production (Camargue), en production de matière sèche cela revient à environ 43 000 t/an.

La fin prochaine des autorisations de brûlage des pailles de riz a incité le questionnement sur ses possibles voies de valorisation.

Au delà de la valorisation énergétique sous forme de combustible, des essais d’utilisation en tant qu’isolant thermique ont été réalisés. Cette voie de valorisation est encore très confidentielle et seuls 5 ou 6 bâtiments ont profité de ces essais. Pour être reconnue comme matériau de construction à part entière la paille de riz (comme la paille de blé) doit satisfaire à une batterie de tests pratiqués par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment).

D’autres expérimentations sont en cours comme son utilisation dans la fabrication d’un matériau composite similaire au plastique ou encore comme source de lignine dans la papeterie.

L’alimentation animale est aussi possible mais la paille doit être broyée et mélangée à de la paille de céréale pour être plus digeste et plus absorbante.

Evolution probable et la pérennité des filières de production

La filière est stable voire en progression. Malgré des surfaces relativement faibles en France, la riziculture est une culture importante et nécessaire au maintien de l'écosystème particulier de la Camargue.

La production de riz bénéficie de soutien sous forme d'aides (couplées et découplées). Comme pour les grandes cultures et particulièrement les céréales, la disparition de l'obligation de mise en jachère d'une partie de la production devrait permettre le maintien de la production.

Le riz français bénéficie d'une image assez positive même si peu de consommateurs savent que la France métropolitaine produit du riz.

Quantités qu'il est possible de collecter sur la région

Les quantités collectables représentent la part de paille brûlée. Selon l'étude de l'INRA de Montpellier 80% des surfaces de riz sont brûlés après récolte. Le tonnage collectable pourrait donc être estimé à 40 616 tonnes de paille (15% d’humidité).

Tableau n° 8 : Données retenues pour évaluer le potentiel de collecte des pailles de riz

   

Surface

 

Production

   

Code

INSEE

Canton

2007

ha

Rdt grain

t/ha

de paille

tonnes

Qté valorisable tonnes de MB

Qté valorisable tonnes de MS

1303

ARLES-EST

 

162

5,2

 

676

 

540

 

459

1307

CHATEAURENARD

 

185

5,2

 

770

 

616

 

523

1328

PORT-SAINT-LOUIS-DU-RHONE

1

480

5,2

6

157

4

925

4

186

1330

SAINTES-MARIES-DE-LA-MER

 

870

5,2

3

619

2

895

2

461

1398

ARLES

9

507

5,2

39 549

31 640

26 894

TOTAL REGION PACA

12 204

 

50 770

40 616

34 524

Carte n°7 : Répartition géographique des pailles de riz collectables (tonnes de MB)

géographique des pailles de riz collectables (tonnes de MB) Eléments d'accompagnement nécessaires pour la mise en

Eléments d'accompagnement nécessaires pour la mise en place des filières de production ou d'utilisation

Le principal facteur d'accompagnement pour la mise en œuvre de filières de production d'énergie réside pour l'essentiel dans l'organisation du pressage et d'un prix d’achat suffisamment attractif et garanti.

Concernant l'organisation du pressage, les éléments à prendre en compte sont semblables à ceux observés pour les pailles de blé dur.

L’organisme collecteur de la production de riz pourrait servir d’intermédiaire entre les riziculteurs et les acheteurs potentiels de paille.

Eléments de prix d’achat ou de vente existante

Il n'existe pas de prix de vente de la paille de riz. La paille est le plus souvent brûlée au champ et les producteurs sont plus dans une démarche d'élimination que dans une démarche de valorisation. Toutefois, l'exportation des pailles de riz nécessite des coûts de mise en œuvre. Le pressage des pailles et la mise en tas en bord de champ sont des opérations qui nécessitent un matériel spécifique (tracteur + presse + chargeur). Le coût de pressage (sans main d'œuvre) est estimé à 3 à 5 € par botte soit environ 6 à 10 € par tonne de paille. Il s'agit là d'un prix sans rémunération de la main d'œuvre, sans frais de rassemblage des bottes (mise en tas) sans prise en compte de la valeur intrinsèque du produit.

Pour intégrer une filière de valorisation énergétique la paille de riz, comme la paille de blé dur doit dégager un minimum de revenu pour les agriculteurs. Le prix de la paille de blé dur peut être utilisé comme référence haute (50 € par tonne).

Conclusions

La valorisation de la paille de riz en tant que source d’énergie semble plus facile que les autres pailles de céréales. Sa restitution au sol est difficile et la pratique du brûlage sur champ a une durée de vie limitée.

La production est très concentrée dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Il existe aussi des rizières dans la région Languedoc Roussillon. Cette concentration permet d'envisager des modes de valorisation relativement économes en transport.

L’existence d’une filière de production structurée sur une zone relativement petite peut être également un atout.

La présence de pailles de blé dur potentiellement disponibles dans le même secteur ne fait qu'appuyer la potentialité dans ce secteur.

D.

MENUES PAILLES DE CEREALES

Contexte général de la filière.

Les menues pailles sont des résidus issus du battage (moisson) des céréales. Elles se composent de débris de pailles, de glumes, et d’une part non négligeable de graines de mauvaises herbes ou de débris grains de céréales.

Ces menues pailles ne sont pas récupérées et retournent au sol. La société Thierart a mis au point un récupérateur de menues pailles. Cet outil mis au point récemment a obtenu le prix de l’innovation en 2006. Sa commercialisation est à ce jour encore confidentielle, mais sa vulgarisation est en cours et devrait se développer ces prochaines années.

Au delà de la récupération de matières végétales l'intérêt du récupérateur de menues pailles est de limiter le réensemencement de la parcelle en mauvaises herbes. Le récupérateur permet de diminuer le retour au sol des graines de mauvaises herbes jusqu’à 97 %. Cette récupération permet de limiter les repousses et de faciliter la gestion des mauvaises herbes pour la culture suivante (diminution des utilisations d'herbicide, des passages mécaniques – hersage). La réduction des intrants permet une baisse des charges de mécanisation et des charges de culture.

L’ensemble des céréales à pailles produites sur la région pourraient être concernées ; soit plus de 100 000 hectares sur la région PACA

Procédés d'obtention du produit et du calendrier de production (productions saisonnières)

Sur la zone d'étude la récolte des céréales s'échelonne entre la fin du mois de mai et le mois d’août pour les zones alpines.

Les menues pailles se collectent grâce à la mise en place d’un appareillage sur l’arrière de la moissonneuse batteuse. Une vis sans fin entraîne les menues pailles. Les menues pailles étant plus légères que les pailles, elles sont dirigées vers une trémie de 3 à 5 m 3 selon les modèles. Lorsque la trémie est pleine, les menues pailles sont déposées en bout de champ pour un chargement futur.

Sans récupérateur les menues pailles tombent au sol en même temps que les pailles. Trop petites et légères pour être récoltées, elles restent au sol.

Les volumes récupérés correspondent environ à 35 a 50% du volume de paille, soit de 0,5 à 2 tonnes par hectare selon l’espèce et le rendement. Pour nos calculs nous retiendrons le chiffre 40% du volume de paille.

Les menues pailles peuvent être ensuite soit récupérées en vrac, en balles, en granulés ou en briquettes selon la destination choisie. Elles peuvent servir de litière, de complément alimentaire, être utilisées en agro- industrie, plasturgie, textile ou en combustion.

Caractéristiques physiques et énergétiques du produit

Les menues pailles sont constituées de résidus de pailles et de graines. Les caractéristiques physiques sont proches des pailles de céréales.

Tableau n° 9 : Répartition des différentes matières constitutives des menues pailles

 

Menue paille de blé - %

Menue paille d’orge - %

Menue paille de colza - %

Grosse paille

11,8

5,9

3,8

Petite paille

14,5

77

24,6

Grains

3,0

3,0

3,6

Glumes

68,7

9,8

64,0

Poussières

2,0

4,0

4,0

Taux humidité

10,9

11,1

12,0

Sources : centre de développement des énergies renouvelables (CDER)

Tableau n° 10 : Valeur énergétique de menues pailles comparée à d’autres produits

 

TEP / tonne*

kWh / tonne*

CH 4 / tonne*

Menues pailles céréales

0,365

4

233

363

m 3

Menues pailles colza

0,362

4

198

359

m 3

Sources : centre de développement des énergies renouvelables (CDER) * Les valeurs énergétiques indiquées ci-dessus sont issues de recherches bibliographiques. Les différentes valeurs de TEP, kWh et CH 4 ont été convertis en considérant que 1 kWh = 86 x 10 -06 TEP = 0,0857 m 3 de CH 4 .

1 ha de menues pailles équivaut à 3 stères de bois ou encore 520 litres de fuel

Localisation des gisements en surface et tonnage produit (échelle cantonale)

La localisation des gisements de menues pailles est basée sur celles des productions de céréales à pailles (blé dur, orge, triticale, blé tendre et riz).

Les céréales sont produites sur l’ensemble de la région PACA. Pour évaluer les quantités de menues pailles nous ne retiendrons que les cantons qui comptabilisent plus de 100 hectares de céréales (RGA 2000).

Contrairement aux pailles de céréales nous n'avons pas exclu les secteurs d'élevage. Les menues pailles ne sont pas actuellement récoltées pour l'alimentation ou les litières animales. Nous avons donc considéré que les menues pailles pouvaient être récupérées sur l'ensemble des exploitations agricoles. Il s'agit bien d'une hypothèse de travail car nous savons aussi que la récupération de ce type de produit nécessitera une évolution importante des pratiques et des investissements en matériel.

Carte n°8 : Répartition des surfaces en céréales (dont le riz) sur la zone d'étude (ha - 2000)

(dont le riz) sur la zone d'étude (ha - 2000) Filières d'utilisation actuelles ou prévisibles des

Filières d'utilisation actuelles ou prévisibles des produits (usages concurrents)

Actuellement les menues pailles ne sont pas récoltées et retournent directement au sol. Elles fournissent certes de la matière organique mais ensemencent aussi les sols en mauvaises herbes. Lors de la moisson, les graines de mauvaises herbes sont le plus souvent à maturité et le battage des céréales entraîne une certaine dissémination de ces espèces.

Si la récolte des menues pailles est techniquement possible et utilisable elle peut avoir un rôle important sur l’agriculture durable grâce à une diminution d’utilisation de produits phytosanitaires ; c’est l’un des résultats des études conduites par le constructeur du récupérateur de menues pailles. Le gain financier est estimé à 35 € de l’hectare.

Deux éléments peuvent toutefois être en défaveur de la récupération des menues pailles. La première concerne la diffusion de cette technique et les investissements nécessaires. Estimé aux alentours de 10 000 €, l'investissement est relativement coûteux eu égard au développement du marché qui risque d’évoluer lentement L'équipement en série de moissonneuses-batteuses est envisageable mais dépend des stratégies des différents constructeurs.

Le second élément en défaveur de la récupération des menues pailles concerne les plantes messicoles. Comme leur nom l'indique ces plantes sont des plantes régulièrement retrouvées dans les champs de céréales. Les plantes messicoles emblématiques et les plus connues sont le coquelicot et le bleuet. Considérées comme des mauvaises herbes par les agronomes et les agriculteurs, ces plantes sont en voie de disparition dans la plupart des zones agricoles de France et

de la région PACA. Les techniques de désherbages mécaniques et chimiques sont en grande partie responsables de cette diminution. Dans certaines zones de la région (Parcs Naturels Régionaux du Luberon et du Verdon), des mesures agro-environnementales ont été mises en place pour maintenir la présence de plantes messicoles dans les champs de céréales. Le développement de la récupération des menues pailles devra, dans un souci d'agriculture durable, intégrer aussi cette dimension.

Evolution probable et pérennité des filières de production

Les évolutions probables des filières de productions (céréales à pailles et riz) sont les mêmes que celles indiquées dans les fiches respectives.

Concernant la filière de récupération des menues pailles, cette dernière ne pourra se développer qu'avec l'appui technique des organismes agricoles. Des démonstrations et des expérimentations devront être réalisées avant une diffusion et l'appropriation de cette technique par les agriculteurs.

Il est actuellement très difficile de donner une évolution possible de la filière. Gageons toutefois que la présence d'un débouché économique grâce à une valorisation énergétique permettrait de faire émerger et de développer cette technique.

Quantités qu'il est possible de collecter sur la région

Compte tenu du parcellaire nous avons estimé les quantités facilement mobilisables à 50% des quantités produites soit 73 167 tonnes brutes à 10 % d’humidité.

Il s'agit d'une estimation grossière permettant de donner un chiffre. Comme nous l'avons vu plus haut, le réel potentiel valorisable ne peut être finement apprécié qu'après des expérimentations et un accompagnement technique et financier.

Tableau n° 11 : Données retenues pour évaluer le potentiel de collecte des menues pailles

Code

 

Surface céréales et riz retenue

Production totale menues pailles tonnes de MB

Quantité mobilisable menues pailles tonnes de MB

INSEE

Canton

0403

BANON

 

914

1

129

564

0404

BARCELONNETTE

 

197

 

243

122

0405

BARREME

 

212

 

262

131

0407

ALLOS-COLMARS

 

105

 

130

65

0408

DIGNE-LES-BAINS-EST

 

190

 

235

117

0410

FORCALQUIER

1

943

2

400

1 200

0411

JAVIE (LA)

 

174

 

215

107

0412

LAUZET-UBAYE (LE)

 

214

 

264

132

0413

MANOSQUE-NORD

 

119

 

147

73

0414

MEES (LES)

2

363

2

918

1 459

0415

MEZEL

1

016

1

255

627

0416

MOTTE-DU-CAIRE (LA)

1

337

1

651

826

0417

MOUSTIERS-SAINTE-MARIE

 

928

1

146

573

0418

NOYERS-SUR-JABRON

 

304

 

375

188

0419

PEYRUIS

 

712

 

879

440

0420

REILLANNE

1

365

1

686

843

0421

RIEZ

4

661

5

756

2 878

0422

SAINT-ANDRE-LES-ALPES

 

185

 

228

114

0423

SAINT-ETIENNE-LES-ORGUES

 

499

 

616

308

0426

SEYNE

 

509

 

629

314

0427

SISTERON

1

189

1

468

734

0428

TURRIERS

 

308

 

380

190

0429

VALENSOLE

4

989

6

161

3 081

0430

VOLONNE

1

180

1

457

729

0431

DIGNE-LES-BAINS-OUEST

 

825

1

019

509

0432

MANOSQUE-SUD-EST

 

654

 

808

404

0433

MANOSQUE-SUD-OUEST

 

281

 

347

174

0497

DIGNE-LES-BAINS

 

262

 

324

162

0498

MANOSQUE

 

603

 

745

372

0503

ASPRES-SUR-BUECH

 

681

 

841

421

0504

BARCILLONNETTE

 

115

 

142

71

0505

BATIE-NEUVE (LA)

1

138

1

405

703

0507

CHORGES

 

626

 

773

387

0508

EMBRUN

 

479

 

592

296

0509

GAP-CAMPAGNE

 

609

 

752

376

0511

GUILLESTRE

 

218

 

269

135

0512

LARAGNE-MONTEGLIN

1

192

1

472

736

0515

ORPIERRE

 

335

 

414

207

0516

RIBIERS

 

230

 

284

142

0517

ROSANS

 

431

 

532

266

0518

SAINT-BONNET-EN-CHAMPSAUR

1

443

1

782

891

0519

SAINT-ETIENNE-EN-DEVOLUY

 

396

 

489

245

0520

SAINT-FIRMIN

 

236

 

291

146

0521

SAVINES-LE-LAC

 

165

 

204

102

0522

SERRES

1

013

1

251

626

0523

TALLARD

 

818

1

010

505

0524

VEYNES

 

337