FLUIDISATION – PERTES DE CHARGE EN COLONNES GARNIES

I - FLUIDISATION 1 – La manipulation
Le but de cette partie du TP est d’observer les phénomènes rencontrés lors de la fluidisation d’un lit de silice. L’étude de la granulométrie permettra dans un premier temps de caractériser les particules qui vont constituer le lit fluidisé. On relèvera la perte de charge de l’air et la hauteur du lit en fonction du débit de gaz envoyé dans la colonne. On observera la mise en suspension du lit (fluidisation) et l’entraînement du solide.

2 – Généralités sur la fluidisation
a – Le phénomène Définition La fluidisation est une méthode de mise en contact entre un fluide et un solide. Ce contact peut se faire en lit fixe, mobile, fluidisé ou transporté. Considérons une couche de particules solides sphériques identiques reposant sur une grille poreuse horizontale à l’intérieur d’une colonne. On fait circuler à contrecourant un fluide (en l’occurrence un gaz) à travers la couche dans le sens ascendant. On note alors la variation de la chute de pression ∆ P (perte de charge due à la poussée exercée sur les particules) en fonction du débit de fluide.

∆P

S

H

U
(m/s)

BTS - 03/12/11

Le lit se dilate et possède une mobilité analogue à celle d’un liquide : le système est fluidisé. on note que la ∆ P reste pratiquement constante et le mouvement des particules solides s’amplifient.Q (m3/h) U = vitesse apparente du fluide dans la colonne : U (m/s) = Q S Aux faibles débits de gaz. La vitesse correspondant à ce changement de situation est appelée vitesse minimale de fluidisation. Apparaît ici une autre vitesse limite : la vitesse d’entraînement. et l’entraînement des particules.03/12/11 . appelé lit fixe. Si on augmente encore le débit de gaz. La perte de charge devient suffisante pour équilibrer la pression due à la gravité agissant sur les grains du lit. On assiste à une augmentation de la hauteur de la couche. Si on augmente encore le débit de gaz. BTS . et donc à sa vitesse apparente. les particules commencent à se déplacer à l’intérieur de la colonne. Log ∆ P ∆ P= Mg S Lit fixe Lit fluidisé Entraînement des particules QF QE Log Q  La fluidisation est donc un état intermédiaire entre l’état des particules au repos. Deux valeurs limites en sont caractéristiques : la vitesse minimale de fluidisation (mise en suspension du lit) et la vitesse d’entraînement des solides hors de la colonne. Pour un certain débit de gaz. on observe que les particules sont entraînées par le gaz et commencent à quitter la colonne. Ceci correspond au cas de l’étude des pertes de charge en milieu poreux. On atteint la mise en suspension des particules ou mise en fluidisation du lit. on note que ∆ P augmente et est directement lié au débit du gaz.

La surface supérieure du lit est parfaitement définie et le mouvement du solide est faible et régulier.  apparition de fentes par lesquelles le fluide passe de façon privilégiée : renardage.  le diamètre des bulles atteint quasiment le diamètre de la colonne : pistonnage. est à peu près définie. Il est difficile de distinguer la limite supérieure du lit fluidisé. le lit est constitué de deux pseudo-phases (une phase gaz et une phase solide très dense) : fluidisation turbulente. La surface du solide. On distingue différents régimes d’écoulement suivant le débit de fluide :  expansion homogène du lit à partir de la vitesse minimale de fluidisation : fluidisation homogène. Il y a alternance entre le passage de grosses bulles et le mouvement du solide (phase dense). Les fluctuations de pression au sein de la colonne sont très importantes.Lit fixe Lit fluidisé Lit transporté Régimes d’écoulement L’état fluidisé est complexe à décrire.  formation de bulles au niveau du distributeur qui viennent éclater en surface : bullage. bien qu’un peu tourmentée. Fluidisation homogène Renardage Bullage Pistonnage Fluidisation BTS .03/12/11 turbulente .  A forts débits de gaz et avant l’entraînement des solides.

On le caractérise par sa porosité ou fraction de vide : ε = Volume du vide = 1 − Vparticules Volume du lit Vlit Au repos : εO = 1− ρs H o× S m avec m = masse de solide chargé dans la colonne (Kg) ρ s = 2600 Kg/m3 S = section de la colonne = ΠD2 Π(0.0177 m2 4 4 Masse volumique du lit La masse volumique du lit est fonction de la porosité de ce lit. Au repos : ρo = m S × Ho Q S avec Ho = hauteur initiale du lit Vitesse du fluide Vitesse superficielle : U = Vitesse interstitielle : U S = c – Applications industrielles Opérations physiques  transport de solides  ségrégation des poudres  séchage. granulation épuration des eaux  anhydre phtalique  combustion du charbon calcination des carbonates  Avantages de la fluidisation  facilité de transport et de manutention (contrôle automatique des opérations) BTS .15 )2 = =0. adsorption Réactions  oxydation de l’éthylène  craquage catalytique des HC  gazéification du charbon  traitements biologiques    ε×S Q mélange ou brassage de solides enrobage.b – Caractéristiques des lits fluidisés Porosité du lit Un milieu poreux est un corps solide qui contient des cavités.03/12/11 .

15U 1.25 ρ0. H : épaisseur du lit à traverser).mélange intensif des particules (isotherme) grande surface d’échange (a = 2000 à 3000 m2/m3)  uniformisation du milieu : température et/ou concentration uniforme liés au brassage des solides  circulation facile des deux fluides  expansion du lit permet d’éviter les problèmes de colmatage Inconvénients de la fluidisation  nécessité d’une granulométrie de taille presque uniforme et d’une masse volumique constante (sinon il y a ségrégation des particules) fonctionnement à des pressions faibles (# Patm) mélange rapide du solide  temps de séjour non uniforme attrition des particules (changement de granulométrie) érosion des canalisations encombrement technologique   3 – Equations générales a – Ecoulement au travers d’un milieu poreux Dans une canalisation droite : U2 L ∆P =λ ρ 2 D avec λ= 64 en régime laminaire (Re<2000) Re λ≅ 0.03/12/11 . D’où.25U 1. en laminaire : ∆P=k µUH d2 µ0.75 ρ0. BTS .25 d 1.75 H µ0. de leur mode d’empilement et donc de la porosité du lit.32 en régime turbulent Re 1/ 4 Dans un lit poreux. ∆ =' P k b – Vitesse provoquant la fluidisation On détermine la vitesse à laquelle intervient la fluidisation en égalisant la pression due à la gravité et la pression due à la perte de charge du fluide. la fluidisation intervient en régime laminaire. k • de diamètre D = 1 d . La vitesse du fluide est alors égale à U =εU s .25 k et k’ sont des constantes dépendant de la forme des particules. d étant le diamètre des grains. on assimile le milieu à une série de petits canaux : τ H • de longueur L = × (τ : coefficient de tortuosité.85 H ∆ =' P k en turbulent : (expérimentalement : ) d 1. Dans les cas les plus usuels.

Si on augmente progressivement le débit de gaz à partir du moment où la fluidisation est commencée. Elle est fonction de la porosité ε . D’où µU (1−ε) En égalant les deux expressions de la pression. d’où ∆ ≅ρ . on ne peut plus considérer que ∆ ≅ρ . ∆ ρ H. On peut donc écrire la vitesse du fluide U sous la forme (en multipliant les deux fractions par H) : C te ε3 U= × H 1− ε Comme H ne peut qu’augmenter. lorsque U augmente.On établit que : k =200 ε3ϕ2 avec (1−ε) ϕ : facteur de forme de la particule (= 1 pour des sphères. d. µUH (1− ) ε ∆ =200 P D’où la perte de charge : ϕ2ε3d 2 La pression due à la pesanteur est égale au poids apparent du solide divisé par la section du lit : ∆P= solide diminuée de la poussée d’Archimède. c’est à dire que la fraction de vide ε doit augmenter.005 ϕ2ε3d 2 . Par suite. = 0. la masse volumique du fluide peut être négligée devant celle du lit. il vient : ∆ρg =0. Une augmentation de H correspond à une diminution équivalente de ∆ ρ . g. On a ρ S = m = Cte. mais les phénomènes sont voisins. d – Entraînement des particules Vitesse limite de chute d’une particule placée dans un fluide : BTS .4 pour des blocs broyés) ε : fraction de vide dans le vide. ∆ H = Cte. µ(1− ) ε c – Expansion du lit La hauteur du lit H rend compte de l’expansion du lit. ϕ et µ restent constant. P H ρ Mg S V ρ S ρ s avec M = lit (ρ − f )= H ∆ . La phase continue ρ ρ étant gazeuse. qu’il en aille de même de dilate à perte de charge ∆ P constante. On compare la hauteur du lit fluidisé H à la hauteur Ho du lit au repos : M = s(1− 0 )SH 0 = s (1− )SH ρ ε ρ ε ⇒ H =H 0 1−ε0 1−ε H Considérons un système donné de fluidisation en phase gazeuse dans lequel la seule variable possible est le débit de gaz. ρ En phase liquide. Le lit se 1− ε .005 g ∆ρd 2ϕ2ε3 .03/12/11 ε3 . il faut. Soit : ∆ = ∆ g. masse réelle du U =0.

La perte de charge est alors proportionnelle au débit au carré. la fraction de vide ε reste constante. Pour une valeur supérieure à QE. A partir d’une certaine valeur de débit QF correspondant à une perte de charge ∆P = augmente légèrement. le lit de particules prend une certaine expansion mais reste immobile : ε S Mg par suite du gonflement S Mg du lit. La perte de charge diminue ensuite en fin de dilatation de la couche par suite du tassement du lit fixe et descend même au dessous de la valeur pour S Si l’on augmente encore le débit de fluide. La courbe représentative BCD a la forme d’un S caractérisant une transitoire instable. Cette droite est obtenue pour un lit fluidisé idéal. du fait de la non-idéalité du lit. la perte de charge ne croît plus que très lentement avec le débit et devient plus grande que l’atteindre à nouveau. A Lit fixe O QF QD QE Log Q Lit fluidisé Entraînement des particules BTS . la ∆ P reste constante et égale à Log ∆ P Mg . B C D ∆ P= Les points B et D ne sont pas définis de façon précise : ils sont fonction du tassement de la couche. Pour des valeurs de débits de plus en plus élevées. il y a entraînement des particules. le lit ne change pas de forme et les particules restent immobiles . Mg . On assiste notamment à un phénomène d’hystérésis lorsqu’on E effectue l’expérience à des débits de fluide décroissants.03/12/11 . les particules sont entraînées par le fluide. e – Courbes ∆ X et H = f (Qfluide) Pour de faibles débits de fluide. on observe une droite inclinée vers le haut (DE’) ou vers le bas. ainsi que pour séparer et classer les particules selon leurs dimensions et leurs masses volumiques. ou bien une E’ ligne courbe. Cette propriété est mise à profit pour le transport pneumatique ou hydraulique des solides. On obtient donc une droite de pente 2 (OAB). Le fluide circule à travers le lit suivant un régime laminaire. comme l’indique la loi de Poiseuille. c’est à dire constitué de particules sphériques ne présentant aucune interaction entre elles.en laminaire (formule de Stockes) : en turbulent (formule de Newton) : ρs −ρ f  U =gd 2  18 µ    U= 3gd ( ρs − ρ f ) ρf Lorsque la vitesse dépasse cette vitesse limite. En réalité. On a une droite horizontale DE correspondant à la fluidisation avec S expansion du lit (ε et H augmentent constamment avec le débit Q).

Porosité ε 1.03/12/11 .0 ε Lit fixe QF F Lit fluidisé QE Entraînement des particules Log Q BTS .

II – PERTES DE CHARGE EN COLONNES GARNIES 1 – La manipulation Le but de cette partie du TP est d’étudier les pertes de charge subies par un fluide dans des colonnes à garnissage travaillant à contre-courant eau-air.03/12/11 Sortie Liquide . Il constitue la phase continue. soit en empilement régulier. On cherchera le point de charge et d’engorgement de colonnes de garnissages divers pour différents débits d’eau en faisant varier à débit d’eau constant le débit d’air. A contre-courant circule un liquide qui ruisselle en cascade jusque dans le bas de la colonne sous l’influence de la gravité (phase dispersée). On caractérisera la zone de fonctionnement des colonnes et on comparera l’influence du garnissage. Ces corps de garnissage sont étudiés pour offrir le maximum de volume et de surface d’échange. Il en résulte un renouvellement permanent de la surface de contact entre les deux phases et donc un très bon contact (meilleur échange de matière et de chaleur entre les 2 phases tout au long de la colonne). au dessus d’une grille support. On envoie dans le bas de la colonne un fluide qui s’échappe ensuite par le haut. 2 – Généralités sur les colonnes à garnissage a – Description Une colonne à garnissage est un cylindre vertical rempli de différentes petites pièces que l’on dispose soit en vrac. Entrée Liquide Sortie Gaz D H Garnissage Entrée Gaz Grille support BTS . Le garnissage a pour effet de disperser la phase qui descend en un grand nombre de gouttelettes.

porcelaine. carbone ou plastique : d h=d . en vrac ou rangés de façon ordonnée . en métal ou céramique (très grande performance) : Selles de Berl et Intalox (∆ faible.de Raschig.de Pall. acier.de Lessing (surface d’échange plus élevée) : d h=d . en céramique.b – Types de garnissage Anneaux.03/12/11 . Sulzer) c – Caractéristiques des garnissage Surface par unité de volume : a(m2 / m3)= S garnissage Vgarnissage BTS . surface de contact élevée) Grilles Garnissages spéciaux (Multinik.

la perte de charge est proportionnelle au carré du débit de gaz : ∆ P % G2 A débit de liquide constant : BTS . poids faible et durée de vie élevée. 3 – Ecoulement des fluides a – Pertes de charge Représentons l’évolution de la perte de charge d’une colonne ∆ P en fonction du débit de gaz G.03/12/11 . en laissant fixe le débit de liquide L : Log ∆ P L2 > L1 Point d’engorgement B2 B1 L0 (garnissage sec) Point de charge A2 A1 Zone de fonctionnement optimal (50 à 70 % de G engorgement ) G charge (L1) G engorgement (L2) Log G A débit de liquide nul.Degré de vide : ε = Vvide Vtotal Critères d’un bon garnissage : grande surface par unité de volume (a ) vide élevé pour permettre des débits de fluide plus importants sans pour autant avoir une ∆ P grande (ε ) conditions technologiques : empilement régulier pour éviter les chemins préférentiels des fluides.

- - pour des débits de gaz faibles. pour une certaine valeur de G. Quand on continue à augmenter G. par distillation ou par extraction liquide-liquide. b – Diagramme de fonctionnement On peut tracer pour une colonne le diagramme de fonctionnement : L L2 L1 Engorgement Charge c – Applications industrielles G Les colonnes à garnissage sont quelquefois employées dans l’industrie. pour séparer les constituants d’un mélange par absorption. Il y a accumulation de liquide au sommet de la colonne. la perte de charge augmente plus rapidement jusqu’à une deuxième discontinuité appelée point d’engorgement. Par rapport aux colonnes à plateaux. L’échange des constituants entre les phases se fait d’autant mieux que l’on a une grande surface de contact et une bonne turbulence. concurremment avec les colonnes à plateaux. les colonnes à garnissage présente un certain nombre d’avantages : BTS .03/12/11 . Les colonnes à garnissage réalise un contact continu : les phases sont en contact dans toute la colonne. Il y a augmentation de la rétention liquide dans la colonne. ∆ P % G2. on observe un changement de pente : c’est le point de charge.

   prix moins élevé par unité de volume.Stockage ettoyage du poste N . Les principaux inconvénients sont les suivants :  faible flexibilité : l’efficacité d’une colonne à garnissage diminue rapidement lorsqu’on s’éloigne des conditions optimales de fonctionnement. faible perte de charge (d’où leur intérêt en distillation sous vide). rétention peu importante.03/12/11 Dosage Pesée . BTS .  faible efficacité des colonnes à grand diamètre (difficulté d’assurer un écoulement uniforme du fluide dans le garnissage).

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