Vous êtes sur la page 1sur 1

24 HEURES

VIVRE DANS Vitry


LE VAL-DE-MARNE

ARCUEIL
Un millier
de militaires
Hospitalisé à cause
vont arriver
O N le sait, la grande
restructuration des
services de la Défense est en
d’une panne d’ascenseur
U
marche. Si la dissolution de NE PANNE d’ascenseur La gardienne confirme : « Je suis dé-
quatre-vingt-trois sites a été peut avoir des consé- solée pour ce monsieur mais ça dé-
annoncée sur le territoire, quences fâcheuses. Un pend de la société de réparation. Il y
quelques mouvements auront homme de 46 ans, résidant à Vitry, a quelques jours, ils se sont rendu
également lieu au fort de avenue Lucien-Français, a dû être compte qu’ils n’avaient pas changé
Montrouge, à Arcueil. D’une hospitalisé six jours cette semaine à la bonne pièce. Résultat, il a fallu en
part, 130 militaires et civils l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. recommander une autre et mainte-
d’un laboratoire de la Atteint de drépanocytose, une mala- nant attendre qu’elle arrive. En plus,
Direction générale de die héréditaire qui touche les glo- en pleine période de vacances sco-
l’armement (DGA) rejoindront bules rouges et perturbe le transport laires, je suppose que la société de
les services provinciaux de d’oxygène, toute activité physique réparation est en effectif réduit… »
cette même direction. D’autre prolongée lui est fortement décon- Une panne qui a des conséquences
part, la mairie d’Arcueil a seillée. Reste que ce père d’un enfant sur les autres locataires : « Je connais
appris, du ministère de la de 19 ans habite au cinquième étage des personnes âgées qui sont blo-
Défense, l’arrivée par vagues d’un immeuble privé d’ascenseur de- quées chez elle depuis la panne, ex-
successives « de puis… trois semaines. « Je n’en peux plique la gardienne. Mais on ne peut
1 000 personnes provenant plus, concède Philéas. Je suis obligé qu’attendre les réparateurs. Ils doi-
probablement de Balard de limiter mes sorties pour éviter une vent venir cet après-midi (NDLR : hier
(XVe arrondissement de nouvelle crise. Ce n’est pas une vie. après-midi). »
Paris) » au fort de Montrouge. Je suis invalide à 80 %. Pour moi, I Un cas similaire à Créteil.
Ceci pour laisser tous ces efforts, c’est une souf- 18 étages sans ascenseur depuis une
probablement place aux france. » semaine, c’est la mésaventure qui ar-
états-majors des trois armes rive aux habitants d’un immeuble de
qui devraient être regroupés
Sa maladie lui interdit Créteil, place Salvador-Allende.
tout effort VITRY, HIER. Une panne d'ascenseur empoisonne la vie des « Depuis un dégât des eaux au
dans le futur « Pentagone à la locataires de cet immeuble et notammant de Philéas Bifouti, 6e étage, les trois ascenseurs sont
française » du quartier de Surtout, le locataire s’agace des gravement malade. (LP/V.V.) bloqués, explique ce locataire. Et le
Balard. pannes à répétition. « J’habite dans syndic attend le remboursement de
C. N. cet immeuble depuis deux ans et un travail, je suis animateur dans un balle. « L’office me dit d’aller voir la l’assurance du propriétaire de l’ap-
l’ascenseur tombe en panne réguliè- centre d’hébergement social pour gardienne. La gardienne me dit partement sinistré pour commencer
VITRY-SUR-SEINE rement. En général, ça ne dure pas personnes alcooliques. » d’écrire à l’office ou alors qu’elle n’ar- les travaux. Cela peut prendre des se-
plus de deux ou trois jours mais, à Selon les locataires, dans cet im- rête pas d’appeler la société qui ré- maines. J’habite au 17e étage, je mets
Des routiers chaque fois, pas question pour moi meuble de neuf étages géré par pare les ascenseurs, s’agace Philéas. vingt minutes pour arriver en bas… »
de rester sagement à la maison. J’ai l’OPHLM, chacun se renvoie la Mais en attendant, rien ne bouge. »
belges V.V.

manifestent
Fontenay-sous-Bois
L E SIÈGE de l’entreprise de
transports Giraud a reçu
la visite d’une trentaine de
salariés belges hier. En
provenance d’un site basé à
Izegem, ils sont venus
Mario, Miguel et Sabah
protester contre un plan social
qui prévoit 74 licenciements
outre-Quiévrain. Soutenus par
trois syndicats belges
découvrent la vie en Palestine
représentés dans la société, les Naplouse
grévistes ont été reçus par la De notre envoyé spécial
direction. Cette dernière a

M
ARIO enchaîne les dribbles devant une
reconnu que « le dialogue
nuée de gamins déchaînés, ballon de
s’est noué. La procédure
basket en main, avant que ce solide
légale en Belgique suit son
gaillard ne les laisse gagner à la fin. En une mati-
cours. Le problème de
née, il est passé du jeu de l’épervier à celui de la
dialogue local, qui venait en
balle aux prisonniers, dont il a expliqué la règle à
partie des lois différentes entre
ses hôtes dans un mélange d’anglais et de dessins.
la France et la Belgique, est
D’ordinaire, cet étudiant en licence de mathéma-
réglé », a assuré Tarek Hosni,
tiques économiques exerce ses talents d’anima-
président de Giraud
teur à Fontenay-sous-Bois. Mais cette fois, chan-
International.
gement de décor. Mario, comme Miguel et Sabah,
(A vec AFP.)
deux autres membres de l’association de quartier
RIP (Résister, Insister, Persister), a posé ses valises
CHOISY-LE-ROI en Israël et en Palestine pour deux semaines. Tous
trois ont répondu présents à une autre association,
Désamiantage Génération Palestine, qui a emmené dans ses ba-
d’une maison gages une cinquantaine de jeunes, histoire qu’ils
se fassent une idée du conflit israélo-palestinien
avant travaux sur le terrain. « Nous avions déjà fait des ren-
contres sur ce thème, raconte Miguel, 28 ans, bap-
L E CHANTIER de la
« maison éconologique »
devait débuter en juillet mais
tisées elles aussi RIP, cette fois pour Réunir Israël-
Palestine. Alors, quand l’opportunité de venir ici
il a été reporté à septembre. nous a été donnée, nous n’avons pas hésité. » Ici,
Lors des premiers travaux, de c’est Naplouse, au cœur de la Cisjordanie. Une NAPLOUSE, CISJORDANIE, LE 21 JUILLET. Une centaine d’enfants participent à des
l’amiante a été détecté dans ville de 400 000 âmes qui appartient à ses habi- activités sportives et culturelles. Mario gère les jeux. (LP/N.J.)
cette maison qui appartient à tants le jour, aux militaires israéliens la nuit. Cette
l’Opac. Ce pavillon de 85 m2 semaine encore, les incursions de l’armée étaient les enfants y retournent pourtant, souvent inca- « De toute façon, nous ne venons pas pour im-
doit être reconverti en une quotidiennes. pables d’évoquer autre chose. « Ils ont besoin de se poser nos méthodes mais pour nous adapter à la
« maison verte », modèle défouler, constate Mario. Plus que chez nous. Il y a culture locale », prévient Miguel, qui participe en
Un quotidien pesant aussi d’énormes contrastes avec, d’un côté, des ga- parallèle à un autre projet d’animation dans la
d’écoconstruction. Une
réduction de deux tiers de la Le matin, une centaine d’enfants de toutes les mins très renfermés et, de l’autre, certains qui n’ar- banlieue de Dakar (Sénégal), où il sera en août.
facture de gaz et d’électricité : zones de la ville répondent présent au camp d’été rêtent jamais. » Autre difficulté, tradition musul- En Palestine, il en a « pris plein la gueule. Plein
tel est l’objectif de cette qui leur est proposé. Et, quand Mario gère les acti- mane oblige, « filles et garçons ne jouent pas de choses se passent ici, j’ai besoin d’encore un
transformation. Les travaux vités sportives, Miguel et Sabah, 21 ans, pilotent le toujours ensemble », note Sabah. Mais, en dépit peu de recul et de temps pour tout ingérer. »
seront réalisés par des travail manuel. « C’est bien ça, t’as tout compris ! », d’un quotidien pesant, les bambins s’éclatent. « On voit le quotidien de ces gens, déracinés
stagiaires apprentis de l’Afpa. lâche Miguel à un petit garçon en pleine concen- « Un enfant reste un enfant, constate Sabah. En pour certains, qui vivent des difficultés perma-
Après le désamiantage en tration, l’encourageant d’une pichenette sur la cas- France aussi, j’ai vécu des situations avec, par nentes et on ne les sent pas déprimés », s’étonne
août, le chantier devrait quette. Le principe : réaliser un dessin à partir des exemple, des petits qui ont du mal à aller vers les Sabah. « J’imaginais une zone désertique, raconte
débuter mi-septembre. lettres du mot paix. « On a voulu essayer de les autres. Mais c’est vrai qu’ici, ils sont proportionnel- Mario. En fait, c’est plein de ville et plein de vie. »
faire sortir du conflit », décrypte Miguel. Un à un, lement plus nombreux. » Nicolas Jacquard
II SAMEDI 26 JUILLET 2008