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rapport sur la communication financière

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l’Enass

Ecole nationale d’assurances

Communication financière et environnement réglementaire
Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ?

Fabien MATUSZAK

Le contenu de cette thèse professionnelle n'engage que son auteur, la responsabilité de l'Enass - Institut du Cnam ne pourrait être engagée à ce titre.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance

Communication financière et environnement règlementaire

Remerciements

Je remercie avant tout AXA et mon responsable, Hubert JUMEL, de m’avoir donné cette opportunité de suivre le cursus du MBA Management de l’entreprise d’assurance. Le suivi de cette formation répond au besoin d’accompagnement que j’ai ressenti pour renforcer des compétences professionnelles acquises jusqu’à présent sur le terrain. Je tâcherai de mettre à profit ce riche enseignement dans le cadre de mes missions.

Je remercie également les professionnels qui m’ont accordé de leur temps et aidé dans ma réflexion sur ce thème de la communication financière : Monsieur Emmanuel du BOULLAY, Président de la société FINCA 1 Monsieur Etienne BOUAS-LAURENT, Directeur de la communication financière, GIE AXA Monsieur Edouard SALUSTRO, Commissaire aux comptes - Cabinet SALUSTRO Monsieur Christian JACQ, Directeur souscription Financial Lines, AXA CS Madame Lien-Phuong NGUYEN, Service Normes et Etudes, AXA France

Merci à mon équipe pour son soutien et son professionnalisme durant cette période.

Enfin, une affectueuse pensée pour ma femme qui a du supporter un mari parfois peu accommodant dans ces moments difficiles. Merci pour ton appui et tes encouragements. A notre petit titou …

Les prises de position dans cette thèse sont personnelles et ne reflètent pas forcément l’opinion des personnes interrogées.

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Société de conseil en gouvernance.

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le mettre en confiance et le fidéliser. mais aussi la comparaison entre les établissements. Satisfaire le client par une gamme de produits diversifiés et adaptés. Il s’agit d’accroître la discipline de marché par la transparence de l’information transmise aux assurés. aux investisseurs et aux autorités de contrôle. La deuxième partie de ce mémoire est consacrée aux différents textes et règlements en la matière. La difficulté pour les établissements est de déterminer une communication transparente sur leur approche des risques et les moyens mis en œuvre pour rassurer les investisseurs. les entreprises affichent leur ambition de valoriser au mieux leur image économique par la publication d’information relative aux produits. les sociétés d’assurance ou de réassurance évoluent dans un environnement règlementaire de plus en plus dense et contraignant. le régulateur. mais aussi aux perspectives plus stratégiques de leur positionnement et de leur développement sur le marché. En imposant un cadre commun aux sociétés d’assurance et de réassurance. aux résultats. Cependant. Ces informations permettent d’éclaircir leur stratégie. mais informe également la concurrence. Ceci est d’autant plus important pour les sociétés que la communication financière apparaît maintenant comme un élément de la chaîne de valeur de l’entreprise. L’établissement devra prendre en considération le principe d’importance relative selon lequel l’information est dite importante si son omission ou si son [in]exactitude modifie ou influence l’appréciation ou la décision de son utilisateur. Les conséquences pour améliorer la communication financière des sociétés ne sont pas neutres sur leurs systèmes d’information et la structure de leur organisation. L’accent est mis sur la directive Solvabilité II. Deux réformes importantes concernent ces sociétés : Solvabilité II et les IFRS phase II. En adoptant une communication financière pertinente et transparente. en une décennie. il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. l’actionnaire ou par le client. rassurer l’actionnaire participatif par des chiffres stables. le régulateur cherche à fluidifier l’information vers le marché. elle est devenue. tels sont les enjeux de la communication financière. mais aussi délivrer une information institutionnelle de qualité auprès des autorités de tutelle. L’avantage comparatif que pourrait avoir une société d’assurance par rapport à ses Page 3 sur 88 . qu’elle soit imposée par le législateur.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse Bien que la communication financière soit un concept relativement récent en France pour les sociétés d’assurance ou de réassurance. plus particulièrement avec le troisième pilier dont l’objectif est de renforcer les mécanismes de marché et le contrôle fondé sur les risques. l'objet de risques juridiques et médiatiques accrus alors que les progrès de la gouvernance et de la transparence n'ont jamais été aussi réels. Pour ce faire.

Pilier 3. Mots clés : Communication financière. Système d’information. Solvabilité II. Gouvernance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire concurrents doit cependant être correctement intégré dans la gouvernance de l’entreprise. Page 4 sur 88 . Assurance. IFRS. Réglementation. D’où la nécessité pour les administrateurs d’être correctement informés sur les enjeux de la communication financière. avec une réglementation toujours en mouvance.

.......... 2 Plus concrètement …...........................................................................................................................................Communiquer sur des données comptables standarisées .... 61 Chapitre 7 ........ 2 Principes de la réforme ................................................ parfois contradictoires ........................................ 3 IFRS phase 2 en bref .................. 66 8.............. 62 7................................................ 45 5........... 1 Présentation des IFRS............................ 57 6..... 2 Chaîne de valeur et communication financière .............................................................................................................................................................. 25 3................................................. 29 Synthèse 1ère partie ........... 12 1........... 15 Chapitre 2 .. 59 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? ........................ 10 1........................... 10 1..................... 2 Ce que la communication financière n’est pas ....................... 27 3.............Principes généraux de la communication financière .............................................................................. 34 Chapitre 4 .......................... 64 Chapitre 8 ........................................................................... 4 L’organisation de la communication financière ....................... 54 6.......... 50 Chapitre 6 ............ 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? ................ 68 8.......................................................... 20 Chapitre 3 ..... 4 Pilier III : la communication financière de demain .........Le rôle des systèmes d’information............. 3 Structure de la réforme ................................................................................. 3 Le code des assurances................................ 38 Chapitre 5 ......... 17 2........................... 54 6.................................. 25 3.......................................................................................................... 58 Synthèse 2ème partie .................Les autres dispositions règlementaires ........................Un concept relativement récent ............... 36 4.................................. 1 Directive « Transparence »............................................................................................. 4 Le règlement général de l’AMF ..........................Des objectifs multiples.........Un état des lieux contrasté.............................. 1 Définition de la communication financière .............. 3 Une évolution progressive dans le style de communication ................. 62 7................ 17 2.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Sommaire Introduction .............. 70 Page 5 sur 88 ............................................................................................. une nécessité pour bâtir sa communication financière...........................................................................Directive européenne Solvabilité II............ 63 7....................... 2 Les principes de la communication financière ................. 9 Chapitre 1 ... 1 Présentation de la réforme ................................................... 1 Trop d’information tue l’information. 1 Les cibles de la communication financière ... 5 La 8ème directive européenne .................... 35 4........................ 51 6............ 35 4................................................... 7 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière................................................................................... 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : .......................... 66 8... 11 1..... 1 Les trois notions d’information financière ................. 32 2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière .. 3 Le calendrier........................ 44 5... 4 Une communication révolutionnée par Internet ................................ 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) ...... 2 Normes spécifiques à l’information financière ................................. 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? ...................................... 51 6................ 44 5.................................................................................... 26 3............................................................... 35 4.......................... 2 Les enjeux de la communication financière .........................

................. 81 Conclusion ..................................... 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration...................... 75 9......................... 76 9.. 74 9.................... 76 9................. 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? ................................................................................... 4 La responsabilité en droit des sociétés . 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux ............... 82 Table des matières détaillée..................................... 84 Principales références documentaires.................................. 72 Chapitre 9 ........................................ 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration..................... 87 Page 6 sur 88 ........................................... 74 9........ 80 Synthèse 3ème partie ...CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 8.....Le conseil d’administration : garant de l’efficacité du système ? .......................................................................................................................... 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration............................................................

La solidité financière des entreprises est en effet la garantie qu’elles pourront tenir leurs engagements envers les assurés. explique en partie la mutation de la relation entre la société émettrice et le marché. De manière générale. Page 7 sur 88 . portant davantage sur le fonds de la communication financière. Ces changements. la communication financière est maintenant positionnée au cœur de la stratégie des sociétés d’assurance. Aussi. La conséquence est une modification du mode de transmission des informations financières. qu’il soit national. à la fois sur le fonds de l’information financière que transmettent les sociétés. le principe du pilier III vise à renforcer les mécanismes de marché et le contrôle fondé sur les risques : il s’agit d’accroître la discipline de marché en garantissant la transparence de l’information transmise aux assurés. longtemps considérée comme un simple moyen de livrer une information sur les performances passées de l’entreprise. aux investisseurs et aux autorités de contrôle. En effet. Dans ce contexte. qui est en train de se mettre en place. L’évolution du contexte règlementaire. vidéo conférence) permettent d’atteindre des destinataires de plus en plus variés et nombreux. mais également sur la forme par laquelle cette information est diffusée. doivent être mis en parallèle de la multiplication des supports d’information développés depuis la fin du XXème siècle. dans un environnement règlementaire de plus en plus dense ? La réforme Solvabilité II. que ce soit dans leurs relations avec les assurés. Dans le domaine de l’assurance ou de la réassurance. conference call. Ce contrôle est d’autant plus important que l’assurance constitue le seul secteur économique dans lequel il y a une inversion du cycle de production : l’assureur fixe en effet le prix de vente de sa prestation (c’es à dire la prime) alors que le prix de revient de cette dernière lui est encore inconnu. en matière de placements ou dans leur gestion.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Introduction L a communication financière joue un rôle essentiel dans la transparence des marchés et constitue un élément clé pour instaurer une relation de confiance entre les acteurs du marché et une entreprise. européen. par le biais de chiffres et ratios principalement. Mais l’environnent lié à la communication financière a subi au cours de ces dernières années de profonds changements. comment une compagnie d’assurance doit-elle organiser sa communication financière pour faire face à ces enjeux. les compagnies doivent se conformer à une législation française et européenne très abondante. impose en effet une nouvelle forme de communication financière qui est définie dans le troisième pilier du projet. voire international. les nouvelles technologies (Internet. Autrement dit une évolution sur la forme et la manière de communiquer. avec une réactivité et vitesse de diffusion de l’information toujours plus fortes.

elles le sont en revanche par l’ensemble de cet environnement règlementaire. sa mise en œuvre. étant donné que les sociétés cotées sont soumises à la fois au règlement général de l’Autorité des marchés financiers et aux normes IFRS. les bases de son fonctionnement. Pour faire preuve d’objectivité la plus grande.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Bien qu’encore peu documentée pour le moment. Pour répondre à cette question les propos développés dans ce mémoire sont organisés en trois parties. ce mémoire replacera les enjeux de la communication financière telle que définie dans les réformes et la règlementation en cours. mais également sur la gouvernance des entreprises avec les rôles et responsabilités des administrateurs dans les entreprises. Une des difficultés rencontrée dans ce travail est qu’entre le moment où le thème de ce mémoire a été défini et sa finalisation. notamment sur les aspects règlementaires et les conséquences de la crise financière actuelle. La première partie expose le cadre et les principes de la communication financière. A noter qu’ils porteront avant tout sur les sociétés d’assurance ou de réassurance faisant appel public à l’épargne. Ce thème doit également être mis au regard des réflexions en cours sur les IFRS phase II. quant à elle. L’accent sera mis sur les conséquences dans le domaine des systèmes d’information. cette partie du projet traite pleinement ces aspects transformation et mutation de la communication financière pour les sociétés d’assurance en France et en Europe. de définir ce qu’est la communication financière. en dépassant le concept théorique. La dernière partie dressera un constat sur les enjeux et les impacts pour les sociétés d’assurance et de réassurance de cet environnement règlementaire. La deuxième partie. d’en comprendre ses objectifs. Le périmètre couvert ici va au delà du cadre purement assurantiel développé dans le pilier trois de Solvabilité II. sera consacrée à l’environnement règlementaire impactant les sociétés d’assurance et de réassurance en matière de communication financière. le contexte économique a profondément changé. Bien qu’elles ne soient pas représentatives en nombre par rapport à l’ensemble du marché. Il s’agira. Page 8 sur 88 . avec pour conséquence les débats et réactions « à chaud » qui en découlent.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière Page 9 sur 88 .

Chapitre 1. Elle est pour une part imposée par la réglementation (publication de comptes en particulier) et pour une autre réalisée sur une base volontaire (communiqués. qu'elle soit interne. les analystes financiers. Dès lors. En effet. dans un marché où l’information n’est pas également répartie (comme le postule la théorie des signaux 3 ).UN CONCEPT RELATIVEMENT RECENT Ce premier chapitre présente le contexte et l’environnement de la communication financière. les dirigeants d'une entreprise disposant notamment d'une information supérieure à celle de ses pourvoyeurs de fonds. investisseurs potentiels. La théorie des signaux se fonde sur le fait que l'information est inégalement partagée ou asymétrique. C’est une information porteuse d’un contenu qui prend une valeur par le fait d’être transmise à un récepteur. ils ont recours au signal. 2008 . Pour ce faire. présentations aux analystes. Une définition plus précise de la communication financière est donnée dans l’ouvrage Vernimmen 2 : « La communication financière concerne essentiellement les sociétés cotées. la capacité à fournir au marché une bonne lisibilité via une information précise et crédible est un élément essentiel pour la valorisation du titre (baisse du coût du capital) et la flexibilité financière de l’entreprise. C’est pourquoi les grandes sociétés se Edition Dalloz. La communication financière pourrait se définir comme étant une activité d'information et de promotion de l'image financière de l'entreprise. mais aussi en convaincre le marché. Il s’agit de la transmission par la société au marché (actionnaires. C'est une technique de communication qui permet aux entreprises. une politique de communication efficace est nécessaire : les dirigeants doivent non seulement prendre des décisions justes. mais aussi les salariés. Une définition de ce concept sera tout d’abord donnée afin de cadrer les propos et faciliter la compréhension de cet exposé. à savoir les actionnaires. une attention particulière sera portée sur les aspects règlementaires. 3 2 Page 10 sur 88 . qui met en évidence l'importance de la crédibilité du signal. consiste pour une entreprise (et de manière générale) à délivrer une information à ses différents partenaires. en présentant les principaux textes s’appliquant aux sociétés d’assurance. interne ou externe à la société.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 1 . analystes. externe. 1. mais aussi les acteurs régulant ce secteur. agences de notation) et plus généralement au grand public d’informations financières la concernant. incite à s'interroger sur la perception qu'auront les investisseurs de toute décision financière (et non sur sa seule portée objective). institutionnelle. corporate ou bien financière. et de véhiculer l’image de la société. 1 Définition de la communication financière La communication. les investisseurs institutionnels et individuels. Cette théorie. de rassurer leurs différents partenaires. décision financière porteuse de conséquences financièrement négatives pour son initiateur au cas où ce signal se révèlerait erroné. sur les choix qu’elles effectuent. surtout celles cotées sur un marché financier. roadshows) dans le but de donner au marché une meilleure visibilité de la société et de ses projets. Pour mieux en appréhender le déroulé.

il n’en demeure pas moins que les principes généraux et les enjeux de la communication financière décrits un peu plus loin restent valables et applicables à l’ensemble des sociétés du secteur. Elle porte sur des éléments essentiellement comptables et financiers : le compte de résultat. tout en développant des outils de communication permettant d’entretenir des relations de long terme avec eux. 1. Dit autrement. l'annexe et le tableau de flux ou de financement. Page 11 sur 88 . pour ses assurés ? La réponse est oui. Même si par la suite les propos de ce papier seront plus spécifiques aux sociétés d’assurance ou de réassurance cotées sur un marché. C’est la représentation des données économiques et financières de l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire sont dotées de services de communication financière et que des agences spécialisées dans le domaine se sont développées ». promouvoir son image et exprimer ses valeurs auprès des investisseurs et autres parties prenantes. Comme l’évoque le paragraphe ci-après. soit dans un espace acheté spécialement pour cette occasion. Cependant l’information n’est pas suffisante pour donner une vue globale de la société. est vue comme un moyen de la communication financière et une forme de diffusion de l’information financière. L’information financière peut-être assimilée à la matière première de la communication. mais pourtant différentes : l’information financière et la publicité financière. soit dans un journal ou un site Internet spécialisés. élément devenu central pour les analystes financiers et investisseurs. il est important de préciser deux autres expressions souvent assimilées à la communication financière. La publicité financière. l’information financière est progressivement devenue communication financière. 2 Ce que la communication financière n’est pas Ce thème étant relativement nouveau pour les sociétés d’assurance. la communication financière est un processus intégré dans la stratégie de l’entreprise qui vise à mieux connaître la société et ses dirigeants. la communication financière peut-elle se limiter aux seules sociétés d’assurance ou de réassurance cotées ? Une mutuelle d’assurance n’est-elle pas obligée de transmettre des informations sur son activité et ses résultats pour les acteurs du marché de l’assurance. La communication financière recouvre donc une réalité plus vaste que l’information financière et la publicité financière. les enjeux et impacts en matière de communication financière de cette réforme concernent l’ensemble des sociétés d’assurance ou de réassurance. le développement et l’amélioration de techniques destinées à augmenter la marge de manœuvre d’une entreprise Cependant. Et comme le précisera le chapitre dédié à Solvabilité II. le bilan. quant à elle. encore moins si l’entreprise se place dans une vision prospective. La communication financière est donc la mise en œuvre. à un instant donné.

jusque dans le milieu des années soixante dix.  La libéralisation des économies Elle se caractérise par la privatisation des économies et le développement des marchés financiers. Dans le secteur de l’assurance. dans le cadre des publications légales.fin 1980 a été marquée par des évolutions majeures dans l’environnement économique.3. Cabinet CCAS. Elles diffusaient des données surtout comptables. l’autre sur la modernisation des activités financières (2 juillet 1996). Le tableau ci-après illustre la situation sur le marché de l’assurance en France. avec les principaux compétiteurs présents à fin 2007. 3 Une évolution progressive dans le style de communication 1. Le désengagement de l’Etat dans le financement de l’économie et l’assouplissement de la réglementation bancaire ont conduit à l’essor des marchés financiers. la mondialisation des marchés financiers et la part croissante des investisseurs étrangers sur le marché français. surtout. un engouement qui est allé croissant. pour la plupart d’entre elles. Deux directives européennes ont été transposées en France : l’une portant sur les services d’investissement (10 mai 1993). qui ont modifié le mode de communication financière des entreprises. Au début des années 1980 les marchés ont connu. Ce mouvement s’est poursuivi jusque dans les années quatrevingt dix. ni de donner des prévisions ou objectifs sur les résultats futurs.2 Des facteurs exogènes à la base du changement La période des années fin 1970 . au minimum en termes de communication financière. en France. portant adaptation du Code des assurances à l’ouverture du marché européen. 1. aussi bien macro que micro.3. une information chiffrée donc. les sociétés s’en tenaient. des investisseurs ou encore des analystes financiers. et il n’était pas d’usage d’établir des comptes consolidés. il était peu fréquent de parler d’information prospective. avec pour conséquence une plus grande intermédiation financière. 4 Cf.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 1. a rendu obligatoire l’établissement de comptes consolidés par tous les groupes d’assurance 4 . c’est la loi du 31 décembre 1989 qui. L’assurance et la communication financière en 1994. Page 12 sur 88 . Ces principaux facteurs sont : la libéralisation des économies.1 Les pratiques anciennes de l’information financière En France. les privatisations ont été initiées en France après la vague de nationalisations de 1982.  La mondialisation des marchés financiers Autre facteur ayant influencé sur la manière de communiquer : la fin des frontières entre les marchés financiers. aussi bien de la part des émetteurs de valeurs mobilières que des investisseurs. En Europe. que ce soit vis-à-vis des actionnaires. Les analystes devaient les constituer eux-mêmes à partir des comptes sociaux des entités et de leurs filiales .

Les dix premiers groupes d’assurances en France à fin 2007 Cotisations en milliards d'euros Consolidé AXA CNP Crédit Agricole Assurances (Prédica / Pacifica) AGF BNP Paribas Assurance Generali France Groupama Covéa (GMF . Bruxelles.0 0.7 10. comme aux Etats-Unis).1 8.7  Investisseurs étrangers La présence croissante des investisseurs étrangers dans le capital des sociétés et l’économie françaises a été une conséquence des deux thèmes évoqués précédemment.2 1.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ces deux textes ont libéralisé les conditions de fourniture de services d’investissement et aboli les frontières entre les marchés nationaux et les différents marchés financiers. 1.5 14.7 0. Amsterdam.8 En France Vie Dommages 15. Page 13 sur 88 .3 3.9 12.9 15.MAAF . mais il apparaît important ici d’avoir une vue d’ensemble des différents textes et principaux acteurs encadrant la réglementation dans le domaine de la communication financière.1 2. Ce mouvement se retrouve à l’échelon mondial avec une circulation croissante des capitaux et l’émergence de grandes zones financières.5 6. ou encore un contact direct avec la direction générale de l’entreprise où ces investisseurs ont placé leurs fonds.MMA) Sogecap ACM Source : FFSA 93. Lisbonne) a fusionné avec le New York Stock Exchange.7 11.8 7.1 5.2 17.0 1. 5 Début 2007 Euronext (regroupement des bourses européennes de Paris.0 6. Le Comité consultatif de la législation et de la réglementation financière (CCLRF) tout d’abord donne un avis sur l’ensemble des projets de textes normatifs (loi.3 4.0 4.5 24.9 18.4 8. ces investisseurs ont joué un rôle dans le renforcement et la professionnalisation de la communication financière des entreprises.6 31.3 19.3 8. De part les moyens dont ils disposent et leur origine (essentiellement anglo-saxonne). ordonnance.5 25.3 Une communication soumise à la puissance des règlementations La deuxième partie de ce mémoire traitera en détail des aspects règlementaires en matière de communication financière pour les sociétés d’assurance.4 6. En exigeant notamment une information rapide et régulière (par exemple la trimestrialité des résultats.2 7.3. une interpénétration des marchés boursiers et financiers de plus en plus forte 5 .

L’AMF a pour mission de veiller à la protection de l’épargne investie en valeurs mobilières ou à tout autre placement faisant appel public à l’épargne. 7 La SEC a été créée en 1934. les institutions de prévoyance régies par le Code de la sécurité sociale. arrêté. organisme indépendant qui a notamment pour mission de veiller à ce que les sociétés d’assurances et réassurance respectent les dispositions législatives et réglementaires qui leur sont applicables et les engagements contractuels qui les lient à leurs assurés ou adhérents. L’affaire Enron aux Etat-Unis a fait prendre conscience aux milieux financiers que les marchés n’étaient pas encore assez matures. Les sociétés d’assurance soumises à la supervision de cet organisme sont les entreprises d'assurance françaises et des succursales d'entreprises d'assurance non communautaires. avec l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Mais le fait majeur réside dans la mondialisation croissante des règlementations. financier et des assurances. Au niveau des marchés financiers également. Cette loi de sécurité financière a prévu la fusion de la Commission de contrôle des assurances (CCA) et de la Commission de contrôle des mutuelles et des institutions de prévoyance (CCMIP) en une commission de contrôle unique appelée Commission de contrôle des assurances. 727-2 du Code rural. Page 14 sur 88 . qui a été effectivement mise en place en juillet 2004. les organismes de tutelle se sont organisés en France. pouvoir d’enquête . pourvoir d’injonction. des mutuelles et des institutions de prévoyances (CCAMIP). et aux Etats-Unis. ainsi que les organismes de tête des groupes d’assurance. La loi soumet également au contrôle de l'ACAM. Trois exemples : SOX. pouvoir de contrôle de l’information . La loi du 15 décembre 2005 n°20051564 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de l'assurance a changé sa dénomination en Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles. avec la Securities Exchange Commission (SEC) 7 . alors que la multiplication des moyens 6 La loi du 1er août 2003 de sécurité financière a modifié l'organisation du contrôle prudentiel du secteur de l'assurance qui avait été mise en place par la loi n° 89-1014 du 31 décembre 1989. Solvabilité II. Le secteur de l’assurance est supervisé par l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM) 6 . de mutuelles et d’institutions de prévoyance. pouvoir d’agrément . les mutuelles régies par le Code de la mutualité. IFRS. Elle dispose pour exercer ses missions d’un ensemble de dispositions : pouvoir règlementaire . ainsi que règlement européen et directive européenne) à portée générale dans le domaine bancaire. pour mettre en place des règles tendant à renforcer les obligations d’information de la part des émetteurs sur le marché des actions. tout investisseur doit avoir accès à la même information de base avant toute décision d’investissement sur une société cotée. les institutions de retraite supplémentaire régis par le même Code et les organismes régis par l'article L. les entreprises de réassurance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire décret. Sa mission première est de protéger les investisseurs et l’intégrité des marchés à partir d’un principe simple : qu’il soit institutionnel ou individuel.

4 Une communication révolutionnée par Internet Il est évident que de nos jours internet a donné une nouvelle dimension à l’environnement économique et financier des sociétés. très rapidement. qui a notamment renforcé la transparence des procédures. un service télématique (le minitel. Il s’agit de renforcer la fiabilité et la transparence de l’information comptable et financière transmise par la société : le CEO et le CFO 8 doivent certifier exactes. le 30 juillet 2002. par l’utilisation du courrier électronique. sous peine de poursuite pénale. Page 15 sur 88 . Le terme révolution. avec le rapport sur le contrôle interne 9 . internet qui a permis la mondialisation des échanges en ligne par la mise en réseau des ordinateurs entre eux. mais de constater que la donne a bel et bien changé en matière de communication financière pour les entreprises. fidèles et sincères les informations contenues dans le rapport d’activité de leur compagnie. Ces deux textes. avec des impacts majeurs sur leur manière de communiquer. Mais ils peuvent aussi entrer en contact directement avec les sociétés. se justifie pour deux raisons. Internet regroupe quatre avantages pour une société d’assurance en matière de diffusion d’information pour le public : la rapidité. 1. centraux dans la deuxième partie de ce mémoire. Le projet de réforme Solvabilité II avec le pilier 3 cherche. La première est que les internautes peuvent accéder à la même information financière (écrite ou visuelle) diffusée partout dans le monde à partir d’un simple clic de leur ordinateur. illustrent bien l’implication de plus en plus forte du régulateur dans la vie des sociétés d’assurance. L’introduction des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) en 2005 a pour volonté de garantir un degré élevé de transparence et de comparabilité des rapports financiers des sociétés cotées. à renforcer la discipline de marché par une exigence élevée en termes de transparence des sociétés d’assurance. quant à lui. Cf. un texte très contraignant pour les sociétés cotées aux Etats-Unis. Il ne s’agit pas ici de débattre sur cet état de fait. ancêtre d’internet) dans les années quatre-vingt en France et au milieu des années quatre-vingt-dix.Ce principe a été transposé en France avec la Loi de Sécurité Financière du 1er août 2003. A la suite de ce scandale. deux parlementaires américains (le démocrate Paul Sarbanes et le représentant Mike Oxley) ont fait adopter par le Congrès.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire d’information laissait présager une plus grande sécurité. souvent utilisé à propose d’Internet. 8 9 Respectivement Chief Executive Officer et Chief Financial Officer. avec une information actualisée quasiment en temps réel . Une brève rétrospective permet d’illustrer le passage d’une communication assurée par les médias et la presse écrite dans les années cinquante / soixante. qu’elles soient ou non américaines. pour plus de détail chapitre 6 page 54.

Mais la rapidité que permet internet. Page 16 sur 88 . qui doivent maintenant avoir une communication financière active. Le destinataire devra bénéficier de la même fiabilité sur l’information diffusée10 . avec une information accessible économiquement pour les cibles concernées. Internet est donc un moyen majeur dans la relation de l’entreprise avec des actionnaires. infra) définit l’information règlementée et les dispositions communes concernant la diffusion et l’archivage de cette information qui doit être conservée au moins cinq ans sur le site internet de l’entreprise. mais également mise à disposition à moindre coût pour l’entreprise (en effet internet s’impose progressivement comme source d’économies d’échelle). des investisseurs. Comme le précise son règlement général.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - l’universalité. l’Autorité des marchés financiers (cf. Ce premier chapitre a mis en avant les mutations de la communication financière et leurs impacts pour les sociétés d’assurance. la permanence. avec une information disponible pour tous les publics à travers le monde . volontaire. caractéristique essentielle de toute communication. l’économie. 10 La Commission des opérations de bourse (prédécesseur de l’AMF) préconisait dans sa recommandation du 3 mai 1999 « que les règles relatives à la diffusion de l’information financière s’appliquent également à la diffusion sur internet » pour les sociétés cotées sur un marché règlementé. maîtrisée et ciblée. des analystes toujours plus demandeurs d’information et de transparence. ne doit pas nuire à la qualité de l’information transmise par la société. Une société qui ouvre un site sur internet doit respecter les principes généraux de la communication financière. avec une information et des bases de données archivées disponibles à tout moment .

mais aussi internationales. les prescripteurs et les cibles périphériques. Page 17 sur 88 . Elle a également un rôle d’information sur les résultats de l’entreprise vis-à-vis du public et des marchés. les organismes de tutelle. le développement rapide de moyens de communication transversaux permet de toucher une population plus étendue et plus hétérogène. 1 Les cibles de la communication financière Le panel des cibles potentielles de la communication financière ne se limite pas à un public externe à l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 2 . les concurrents. 2. Comme évoqué précédemment. par l’identification de ses cibles. avec un profil uniquement financier. vient s’ajouter une population toute aussi sensible à la communication financière : les clients et assurés de l’entreprise. analystes financiers et investisseurs. Face à ces contraintes. Aux cibles naturelles que sont les actionnaires. financiers Techniques Presse professionnelle Ces récepteurs d’information peuvent être regroupés en trois types : les décideurs. la communication financière vise à créer et développer les liens que l’entreprise a avec son environnement économique. françaises et européennes. PARFOIS CONTRADICTOIRES La communication financière doit avant tout répondre à des obligations légales et règlementaires. Les principales cibles de la communication financière pour une société d’assurance Les actionnaires Actionnaires individuels Investisseurs institutionnels Actionnaires salariés Les acteurs des marchés Analystes Banquiers Agences de notations Concurrents Les partenaires de l’entreprise Salariés Clients / Assurés / Sociétaires Instances professionnelles Organes de contrôle / tutelle Auditeurs Les journalistes Généralistes Economiques.DES OBJECTIFS MULTIPLES. les salariés. ou encore les pouvoirs publics et organisations professionnelles du secteur de l’assurance. mais également la compréhension et la portée des enjeux que peut avoir sa communication. l’entreprise doit maîtriser sa communication financière. financier et interne. Surtout.

1 Les décideurs Cette catégorie repose sur les actionnaires individuels (salariés ou non) et les investisseurs institutionnels. ils peuvent manifester leur désaccord par la vente de titres sur le marché. les journalistes. Le propos se concentrera ici aux analystes financiers et agences de notation. les dirigeants doivent rendre compte de leur gestion aux sociétaires.1.1. En effet elle ne maîtrise pas l’output du prescripteur d’information qui peut lui aussi donner un signal ou influencer le comportement des décideurs. Dans ce cas de figure. Cela peut être vu comme une stratégie de communication à part entière. qui peuvent être tout aussi exigeants en termes d’information communiquée. ils ont un droit de regard sur la stratégie engagée par les dirigeants de la société. que l’on considère tous deux comme les apporteurs de fonds propres. Bien que ces propos concernent en premier lieu les sociétés d’assurance composées d’actionnaires. avec la même régularité.2 Les prescripteurs Cette population est plutôt hétérogène puisque les prescripteurs d’information sont les analystes financiers. les banquiers. ainsi qu’à l’évolution attendue des résultats. Sans moyen d’action direct sur le management de l’entreprise. Du fait de leur vote en assemblée générale. De la même façon. la stabilité de la gouvernance de l’entreprise. les auditeurs ou encore les agences de notation. il est en revanche sensible à la qualité. même si la notion de capital est différente. il sera attentif aux résultats de l’entreprise. En effet. Dans les deux cas la société d’assurance cherchera à fidéliser ce type de population par une communication financière appropriée. ils peuvent être transposés aux mutuelles d’assurance. De façon simplifiée. L’actionnaire individuel cherchant à valoriser son patrimoine (dividendes ou plusvalues). Page 18 sur 88 . Un responsable de l’actionnariat salarié peut même être désigné au sein de l’entreprise pour définir un discours sur des aspects patrimoniaux.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 2. 2. Concernant la communication financière destinée à l’actionnariat salarié. l’entreprise n’a pas le monopole de la communication financière. mais avec un objectif affiché (valoriser au mieux et dans la durée les fonds qui lui sont alloués) les actionnaires institutionnels ont une double exigence : en matière de création de valeur actionnariale et de respect des principes de gouvernement d’entreprise. Sans pour autant avoir la capacité d’analyser en détail l’ensemble des décisions stratégiques de l’entreprise. le rôle des analystes financiers est triple : obtenir de l’information à partir de sources internes ou externes à l’entreprise . claire et cohérente. stratégiques ou simplement pédagogiques à destination des salariés. il importe pour l’entreprise de maintenir une cohérence forte en image externe (publication dans les revues spécialisées ou presse nationale) et interne que donne la société.

1.1. Elles ont une double logique en examinant les informations transmises par les sociétés et en tissant des relations privilégiées avec ces dernières pour compléter cette information. sur la base de ce qu’il percevra comme information. elle n’en demeure pas moins importante puisque le client se fera sa propre opinion de sa compagnie d’assurance. par conséquent. sans tomber dans l’exagération d’un jargon trop technique et financier. peuvent conditionner son accès au crédit ou la possibilité qu’elle a de faire appel au marché de capitaux. 2.3 Les cibles périphériques Là encore les cibles sont très diversifiées. 11 Page 19 sur 88 . les sociétés sont confrontées à une multitude d’attentes de leur part. …) . quant à elles. Sur la forme. plus ou moins favorable sur celle-ci. Leur métier consiste à attribuer une note aux sociétés qui le leur demandent permettant ensuite à ces entreprises d’accéder plus facilement aux systèmes de financement. Bien que dans ce dernier cas la communication puisse être considérée comme passive. D’où l’importance pour la société d’assurance d’entretenir de bonnes relations avec cette catégorie d’interlocuteurs afin d’éviter qu’un message négatif soit délivré auprès des autres cibles. Elles peuvent induire des décisions et provoquer des changements dans le comportement des décideurs et acteurs du marché. l’environnement économique et concurrentiel. Ces deux récepteurs d’information ont. Moody’s et Fitch (établissement français). une forte influence sur le devenir de la société en émettant une opinion. Les agences de notation. un signal. les pouvoirs publics. 2. en abaissant ou relevant la note de l’entreprise. l’entreprise devra satisfaire les exigences de ses cibles sur plusieurs thèmes : Il existe trois grandes agences de notation dans le monde : Standard & Poor’s. mais aussi. Les agences de notation. ont une relation tout aussi forte avec les sociétés. puisqu’elles sont à la fois juges et prescriptrices 11 .4 Une nécessité : comprendre les attentes des cibles L’entreprise devra avoir avant tout un message clair. Les entreprises doivent faire face à ces attentes en se préoccupant aussi bien de la forme que du fonds de sa communication. l’Autorité des marchés financiers pour les sociétés cotées. et non des moindres : l’assuré.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - analyser les sociétés (accent mis sur la stratégie. donner un conseil boursier au marché. Notons pour les principales : les organismes de tutelle (ACAM pour le marché français de l’assurance). Dans ce contexte où les cibles sont nombreuses et surtout hétérogènes. les professionnels du secteur avec la Fédération Française des Sociétés d’Assurance (FFSA) ou le GEMA.

en garantissant également la comparabilité des données. 2. Identifier les cibles est un des objectifs pour réussir sa communication financière. cette stabilité du cours de bourse pouvant générer un accroissement de la liquidité.1 Les enjeux financiers Dans cette perspective. Le processus de communication financière vise alors à informer sur tout ce qui peut avoir une incidence sur la valeur de l’entreprise. Par conséquent une bonne communication financière sur les éléments et enjeux financiers de l’entreprise peut s’avérer être un facteur de création de valeur pour celleci. la communication financière peut réduire la volatilité du titre (c’est à dire permettre à l’entreprise d’être plus crédible dans ses propos) . stratégiques. rapidité et réactivité de la société dans ses annonces . La conséquence directe pour la société face à ce risque peut être résumée comme suit : en réduisant l’asymétrie d’information. Aussi. infra). affronter les difficultés rencontrées) et de pédagogie. schéma ci-après). En effet l’entreprise n’a pas le monopole de sa communication et elle doit considérer Page 20 sur 88 . mais également de gérer le consensus dans ce domaine. Il est nécessaire pour une société d’assurance de connaître et d’arriver à dominer les enjeux financiers.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - accessibilité de l’information : il s’agira pour l’entreprise de mettre en ligne sur son site internet l’information financière et de désigner un contact spécifique pour les investisseurs et professionnels afin de faciliter les échanges . régularité de la communication : c’est un point essentiel dans la mise en place du calendrier de communication financière (cf. l’entreprise devra faire preuve d’objectivité dans sa communication (ne pas passer les mauvaises nouvelles sous silence. le principe théorique sous-jacent à cet enjeu et qui vise au final l’abaissement du coût du capital pour les sociétés est le suivant : une réduction de l’asymétrie d’information cumulée avec un accroissement de liquidité va induire une baisse de la prime de risque supportée par les apporteurs de capitaux. le véritable challenge pour l’entreprise consiste à réduire au maximum l’asymétrie d’information entre les dirigeants et l’ensemble des autres acteurs intervenant dans le processus de communication financière. Non moins important : maîtriser les enjeux de celle-ci. elle veillera à avoir un message cohérent dans le temps. Sur le fonds. avec in fine une réduction du coût du capital pour la société et une meilleure valorisation de ses cash flows prévisionnels (cf. éthiques que peut avoir sa communication. 2 Les enjeux de la communication financière Les conséquences d’une communication financière sur l’environnement de l’entreprise sont multiples. Et inversement … Sans l’exposer en détail.2. 2. dans le but de réduire le risque supporté par les investisseurs.

La communication financière doit. quasi fonds propres). obligations.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire deux éléments : la manière dont sa communication est perçue par les autres acteurs du processus et la communication que ces derniers peuvent également déployer. par la transmission de messages adaptés. Efficace par l’obtention de ces ressources au moindre coût.Constante Crédibilité renforcée Volatilité plus faible Prime de risque moindre Accroissement des liquidités Abaissement du coût du capital Valorisation de la société renforcée Meilleure prévision des cash flows 2. la perception qu’ont les acteurs du marché de la stratégie poursuivie par l’entreprise et de sa crédibilité. a un objectif général : assurer sa pérennité dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Les effets induits de la communication financière sur la valorisation de l’entreprise Communication financière Claire . dettes. Page 21 sur 88 . contribuer à garantir cette pérennité. Elle cherchera donc à favoriser. quelque soit son secteur. Toujours avec l’objectif que l’entreprise soit valorisée au plus juste. Un des buts poursuivi par les messages portant sur la stratégie de l’entreprise consiste à préparer le marché à son évolution . Variée parce que la société aura la possibilité d’accéder à l’ensemble des instruments financiers existants (capital. L’idée est que la communication financière de l’entreprise doit être un outil au service d’une politique de financement variée et efficace.2 Les enjeux stratégiques La société. mais ce qu’annonce l’entreprise à un instant donné doit être cohérent avec la stratégie qu’elle a déjà communiquée au fil du temps.Cohérente . C’est pourquoi ces messages doivent inscrire la stratégie de l’entreprise dans la durée.2. dans ce cadre.

2. Anne Guimard. L’enjeu pour la société est donc de s’assurer qu’il n’y a pas d’écart entre ses propres prévisions et le consensus des analystes financiers. de base. La société a toute latitude pour apprécier si l’écart entre ses données réelles et ses objectifs (ou les estimations des analystes) justifie un profit warning. …) faites par les analystes financiers. afin de ne pas être sanctionnée par le marché. Cette information est accessible à tous à partir de sources comme Bloomberg ou JCF (Jacques Chahine Finance). marge opérationnelle.2.Théorie et pratique. avec potentiellement un impact direct sur le cours de bourse pour les sociétés cotées. l’entreprise met en jeu sa crédibilité auprès des investisseurs dont la réaction pourrait être amplifiée. le second est de ne pas décevoir les acteurs du marché et d’éviter d’avoir à corriger ultérieurement la réalité par rapport aux attentes qu’ils ont.4 Les enjeux éthiques L’asymétrie d’information a été évoquée ci-avant concernant les enjeux financiers. 2. 12 Page 22 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Cependant cette volonté de donner une information prévisionnelle 12 la plus claire est un enjeu difficile à gérer pour les sociétés car elles sont confrontées à deux objectifs contradictoires : le premier est de satisfaire aux attentes du marché financier qui est fortement demandeur de prévisions pour bâtir ses modèles d’évaluation . mais qui n’est pas toujours aussi facilement applicable. La commission européenne a précisé dans son règlement du 29 avril 2004 la notion de prévisions concernant les informations contenues dans un prospectus : les principales hypothèses sur lesquelles sont fondées les prévisions doivent être énoncées . Pour ce faire. 14 La communication financière . 13 Profit warning en anglais. Mais si elle s’abstient. Si nécessaire elle communiquera au marché une information corrective. cet objectif d’égalité est encadré par des règles portant sur la publication des informations privilégiées et sanctionné par les manquements d’initiés. résultat technique. page 41. 2. bénéfice net. Cela paraît être un principe simple. Editions Economica. L’égalité de traitement entre les différentes cibles est un point crucial dont l’entreprise doit tenir compte dans sa communication. D’où la difficulté pour une société de prendre la décision d’alerter sur ses résultats 13 . Le consensus se définit comme la moyenne arithmétique ou la médiane des estimations de résultats pour un certain nombre d’agrégats financiers (croissance du chiffre d’affaires.3 La gestion du consensus La gestion de consensus est un facteur délicat en matière de communication financière et déterminant dans la volatilité des marchés. elle est en droit de demander à ses interlocuteurs leurs grilles d’analyse détaillées pour juger de la pertinence de l’écart observé. sur un horizon allant du trimestre en cours à trois ans 14 . En Europe et en France. 2007. les prévisions doivent faire l’objet d’un rapport des commissaires aux comptes.

davantage orientée pour comprendre et satisfaire les attentes des différentes cibles du processus de communication.). investisseurs.2. les émetteurs ont pris l’habitude de communiquer auprès des différents professionnels (analystes. et une communication altruiste tournée vers un ou plusieurs destinataires.. Le problème se pose également dans la relation avec les analystes : la société.. Ces deux dimensions peuvent recouvrir deux registres opposés : une communication égocentrique centrée sur l’entreprise traduisant le désir d’expression et de valorisation de l’image de l’entreprise et de ses dirigeants. privilégier les rencontres avec les professionnels en binôme. . publier immédiatement (dans le cadre de la publication des résultats. versus une réunion d’actionnaires individuels qui auront une information beaucoup plus générale. Comme le mentionne l’Institut Français des Administrateurs. L’égalité de traitement peut prêter à discussion si l’on considère les réunions d’analystes participant à une présentation des résultats et posant des questions précises au président. interrogée par téléphone ou lors d’un tête à tête. alors que les investisseurs professionnels disposent gratuitement de rapports détaillés publiés par les bureaux d’analystes. par delà.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire En effet. de l’assemblée générale ou encore de conférence sectorielle) les supports de présentations sur le site internet de l’entreprise . Ces derniers n’ont en outre accès gratuitement qu’aux documents légaux émis par l’entreprise (ceux prévus lors de l’assemblée générale par exemple). à l’ensemble du marché. informations qui ne seront pas nécessairement répercutées aux autres et. ce qui peut les amener à privilégier certains interlocuteurs au détriment des actionnaires. ces contraintes représentent un coût réel pour l’entreprise. Page 23 sur 88 . la diffusion et l’instrumentation d’informations qui renvoient à une communication fonctionnelle. d’autre part la transmission. 2. afin de décrypter et contrôler les informations données en réunion. Ce risque d’asymétrie d’information pour une société peut être limité en suivant quelques règles simples : assurer l’égal accès des journalistes et analystes aux différentes réunions .5 La typologie des enjeux de la communication financière Les enjeux évoqués précédemment soulignent le caractère ambivalent de la communication financière qui recouvre deux principaux domaines : d’une part le partage et l’échange d’informations qui peuvent être assimilés à une communication relationnelle . mais elles sont une garantie de l’égalité de traitement en matière de communication avec les actionnaires. peut donner des informations précises à certaines personnes.

page 27 15 Page 24 sur 88 . Extrait de L’évolution de la communication financière dans le processus de gouvernance : le cas SaintGobain. et entrecroisent des actions de communication de type égocentrique ou altruiste.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Typologie des enjeux de la communication financière 15 Echange et partage d’informations favorisant la compréhension et l’écoute des parties prenantes Altruistes Diffusion d’informations centrée sur les attentes des parties prenantes Egocentriques Diffusion d’informations centrée sur l’entreprise et ses dirigeants Echange et partage d’informations valorisant la compréhension et l’écoute des parties prenantes Fonctionnels Relationnels Le processus de communication révèle donc que la communication financière mêle les dimensions relationnelles et fonctionnelles. Dans le cas où ces informations mettent en avant l’entreprise et valorisent son image. un exemple peut être donné avec la lettre aux actionnaires. la communication sera considérée comme fonctionnelle / relationnelle . Stéphane Onnée et Rahma Chekkar. Fonction des attentes et de la sensibilité des cibles concernées. Pour éclairer la compréhension de ce propos.altruiste. Document de recherche N°2005-05. il s’agira plutôt d’une communication égocentrique.

3. 451-1-1 et suivants du Code monétaire et financier issus de la loi n°2005-842 du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l’économie (Règlement général de l’AMF). du cours de bourse de la société. 16 Page 25 sur 88 . Il doit également déposer son rapport de gestion annuel (y compris annexes) au Greffe du Tribunal de commerce.1. sur une base annuelle. L’aspect règlementaire étant traité dans la deuxième partie de cet exposé. Articles L. « l’information permanente » et « l’information règlementée ». l’entreprise doit suivre certaines règles. Les deux derniers paragraphes abordent des aspects plus organisationnels : l’importance d’un calendrier pour bâtir sa communication financière et le processus interne de l’entreprise pour organiser et coordonner les équipes dédiées. C’est un moyen indispensable pour assurer et garantir la transparence du marché. 3.PRINCIPES GENERAUX DE LA COMMUNICATION FINANCIERE Pour mettre en place une communication efficace. Depuis le 1er septembre 2008 les obligations de publication au Bulletin des Annonces Légales Obligatoires (BALO) ont été allégées pour ne pas faire doublon avec celles de la réglementation européenne.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 3 . 3. l’émetteur doit porter à connaissance du marché toute information précise non publique susceptible d’influencer son cours de bourse si elle était divulguée. paragraphe 6-4 pour avoir le détail des éléments composant cette information règlementée. Ce chapitre expose dans un premier paragraphe les différentes notions d’information financière.1. L’émetteur doit notamment publier un rapport financier pour chacune de ces échéances 16 . semestrielle ou trimestrielle. 1 Les trois notions d’information financière La transmission d’information financière fait l’objet d’un encadrement très strict. 3. le but est de garantir que les investisseurs ont connaissance de tous les faits nouveaux importants susceptibles de provoquer une variation. puis les principes généraux de la communication. Pour l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). à la hausse comme à la baisse. se référer au chapitre 6.3 L’information règlementée Le règlement général de l’AMF encadre la diffusion de l’ensemble des documents communiqués et diffusés périodiquement ou de façon permanente.1 L’information périodique Il s’agit des éléments communiqués par la société d’assurance à échéances régulières. qui distingue « l’information périodique ».2 L’information permanente Pour les sociétés cotées.1.

Il sera en effet plus commode pour les investisseurs d’assimiler l’ensemble de ces informations avant la reprise des cotations. Il s’agit notamment d’assurer une bonne compréhension et clarté lors de changement de périmètres ou alors en cas de survenance ou réalisation d’évènements exceptionnels.2. Dans tous les cas la diffusion doit être intégrale et effective. si les changements sont significatifs il faudra que l’entreprise communique une information dite pro forma pour faciliter le suivi de l’activité par la communauté financière. 18 Cadre et Pratiques de Communication Financière . et donc d’éviter des variations brutales du cours de la société. précise et sincère Le premier qualificatif oblige l’émetteur à être exempté de toutes erreurs dans sa communication. Une information exacte est également une information complète. pour les sociétés cotées. exhaustive. Dans le premier cas. Ce qui nécessite pour la société émettrice un contrôle préalable. de publier leurs informations financières en dehors des périodes d’ouverture des salles de marché. 17 Page 26 sur 88 . l’émetteur devra considérer ses pratiques antérieures et l’historique de ses communications. page 16.1 L’égalité d’information Ce paragraphe va développer l’aspect asymétrie d’information évoqué ci-avant dans les enjeux de la communication financière. Pour assurer une parfaite égalité d’information entre les investisseurs.2 L’homogénéité de l’information Pour ne pas induire en erreur les analystes ou investisseurs. d’assurer une diffusion simultanée (pour une communication intentionnelle) ou le plus rapidement possible (pour une communication non intentionnelle 17 ) des éléments composant sa communication financière. lors de la communication d’information privilégiée à un tiers non tenu d’une obligation de confidentialité. Par exemple : obligation de diffuser publiquement une information communiquée confidentiellement à un analyste lors d’un entretien individuel. voire une centralisation de l’information diffusée (recommandation de l’Observatoire de la Communication Financière 18 ).Observatoire Communication Financière. 3. l’émetteur devra veiller à diffuser en même temps. 3. ses informations. Bien que le nombre de sociétés d’assurance ou de réassurance concernées soit limité. Avril 2008.2. Il est également recommandé. étant donné la multiplicité des textes règlementant ce sujet. l’émetteur doit se prémunir. La difficulté pour l’entreprise consistera à déterminer le document de référence à utiliser pour mettre en œuvre cette communication. L’homogénéité de l’information doit également être garantie auprès des différentes cibles et dans l’utilisation des différents modes de diffusion.2.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 3. en France et à l’étranger.3 Une information exacte. 2 Les principes de la communication financière 3.

Le législateur européen a harmonisé le régime linguistique des différents documents d’information publiés par l’émetteur. les responsables de la direction financière : pour faire part de leurs délais de collecte. Enfin. il leur est demandé que les informations diffusées sur ce marché le soient dans une langue accessible et compréhensible pour les investisseurs concernés.4 La langue de la communication financière Du fait. A partir des échéances qui lui sont fixées. d’une internationalisation croissante des marchés financiers. une nécessité pour bâtir sa communication financière La publication légale des informations est une obligation pour une société qui doit en respecter le calendrier. de rédaction des états financiers. Ce processus doit se faire en concertation avec les responsables des systèmes d’information . comme évoqué jusqu'à présent. et ses principes ont été transposés par l’AMF dans son règlement général 19 . 3. Etant donné qu’elle intervient en bout de chaine d’information. une information sincère sous-entend que l’émetteur relate aussi bien les éléments positifs que négatifs relatifs à l’information communiquée. pour que le marché puisse apprécier l’impact de cet évènement sur la situation et les perspectives de l’émetteur. 19 Page 27 sur 88 .1 Les intervenants dans la mise en œuvre La définition du calendrier de la société se fera en considérant les dates au plus tard qu’elle doit respecter vis-à-vis du législateur : Autorité de contrôle des assurances et mutuelles. Fédération française des sociétés d’assurance entre autres. Cet exercice fait appel à plusieurs acteurs de la société : les juristes : pour s’assurer du contenu légal du calendrier. le processus de communication financière doit chercher à optimiser en permanence le calendrier. la société émettrice est en mesure d’établir son propre calendrier interne pour définir et mettre en œuvre sa communication financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Une information précise signifie que la société doit communiquer l’ensemble des éléments relatifs au sujet faisant l’objet de cette communication.3. d’établissement des comptes consolidés. Pour celles cotées sur un marché étranger. Autorités des marchés financiers. Les intervenants bâtiront ce calendrier le plus en amont possible de ces dates pour établir le rétroplanning de la communication financière de la société. ainsi que la tenue des conseils d’administration qui arrêtent les comptes consolidés de la société . jusqu’à la validation par les commissaires aux comptes. 3. avec une base actionnariale de plus en plus diversifiée géographiquement. Article 221-2 du Règlement général de l’AMF pour l’information règlementée. il apparaît nécessaire pour les sociétés concernées de procéder à la traduction de ses documents. 3 Le calendrier. 3. et 212-12 pour les prospectus.2.

20 Page 28 sur 88 . Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Transmission électronique Obligatoire Adapté de Cadre et Pratiques de Communication Financière .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - les opérationnels : pour expliquer leurs prévisions ou résultats sur leurs activités (politique de souscription.Observatoire Communication Financière. mais nécessaire en pratique Pas d’obligation. mais usuel Facultatif Obligatoire Mode de publication Par voie électronique. page 25. la communication financière : pour s’assurer qu’elle disposera de tous les éléments chiffrés et indicateurs de performance pour concevoir son analyse et construire ses messages. programme de réassurance. Avril 2008. Internet. …) . Elle essaiera aussi de se renseigner sur le calendrier de ses concurrents pour limiter les conflits de date. gestion de sinistre. évolution des effectifs. radio Par voie électronique. Les obligations pour une société d’assurance ou de réassurance cotée sur le marché parisien pour la publication de ses résultats annuels 20 Type de document Evènement Communiqué de presse Réunion d’information Avis financier Rapport financier annuel Régime Pas d’obligation légale. Mise en ligne sur le site de l’émetteur Réunion physique / conférence téléphonique Par voie de presse écrite. Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Mise en ligne sur le site de l’émetteur et envoi à l’AMF Calendrier Après la tenue du Conseil d’administration ou du Conseil de surveillance Au plus tard dans les 4 mois suivant la clôture de l’exercice Pas de délai règlementaire Au plus tard dans les 20 jours de bourse qui suivent la publication du rapport financier annuel Au plus tard dans les 4 mois suivant la clôture de l’exercice Dans les 45 jours qui suivent l’approbation des comptes en AG Dans le mois qui suit l’approbation des comptes en AG Document de référence Document d’information annuel Facultatif Obligatoire Communiqué sur les honoraires des Commissaires aux comptes Documents publiés au BALO Documents déposés au Greffe du tribunal de commerce Obligatoire Obligatoire Par voie électronique.

la publication d’un calendrier est un facteur de visibilité si cet usage n’est pas répandu dans la profession. Les sociétés prennent généralement la précaution d’indiquer que le calendrier est donné à titre indicatif. En effet. L’entreprise aura également des retombées sur sa crédibilité et son professionnalisme. 3. Le schéma ci-après représente les structures organisationnelles généralement mises en place dans les entreprises pour encadrer la communication financière. à plusieurs acteurs de la société émettrice. la mise à disposition d’un calendrier prévisionnel sur sa communication financière présente plusieurs avantages pour l’entreprise.2 L’intérêt de la publication d’un calendrier Plus le calendrier sera porté à connaissance du public tôt dans l’année. Typologie d’organisation de communication financière Direction Générale Direction Communication Direction Financière Direction Ressources Humaines Option 1 Communication Financière Option 2 Page 29 sur 88 . 4 L’organisation de la communication financière La mise en œuvre d’une politique de communication financière fait appel. et qu’il est susceptible d’être modifié. plus l’entreprise renforcera son image. comme décrit ci-avant. En effet elle permet aux différents acteurs de mieux préparer leur propre travail (les analystes savent que telle société communique à telle date) et s’inscrit dans des standards internationaux où la publication du calendrier annuel est devenue une référence.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le calendrier comprend au minimum les dates de publication de l’information financière périodique obligatoire : chiffres d’affaires. Par rapport à des sociétés du même secteur. 3.3. résultats et assemblée générale annuelle. C’est un gage de rigueur : le calendrier rythme la vie de la société qui doit s’organiser en conséquent pour respecter les échéances imposées par la réglementation et celles qu’elle s’est elle-même fixées.

comme cela a été précisé. de clarté et d’efficacité. relativement proches l’un de l’autre. la direction de la communication financière devra prendre en charge l’élaboration de tous les éléments financiers qui sont souvent éclatés entre différentes directions ou départements . Cette direction est. Du fait de sujets de plus en plus complexes. Deux précautions doivent être considérées cependant par rapport à cette préconisation : le recrutement de profils ad hoc au sein de cette direction (nécessité de compétences diverses) et la gestion de la relation avec la direction financière qui pourrait se voir comme un simple fournisseur d’information. Une organisation de communication financière recommandée 21 Direction Générale Direction Communication Direction Financière Direction Ressources Humaines Cette typologie d’organisation regroupe au sein d’un même service toutes les communications. c’est un gage de cohérence. la direction financière a en charge l’élaboration de la communication financière. il doit disposer de deux éléments essentiels : La communication financière . dans la cadre de la communication financière. le porte parole privilégié auprès des publics externes (financiers. pages 73-76. Pour l’auteur. le rôle de la communication financière est d’expliquer la stratégie future de l’entreprise. Ce qui n’est pas toujours évident. elle devra donc être l’interface entre les principales directions fonctionnelles et opérationnelles de l’entreprise. nécessitent cependant une parfaite coordination entre les deux structures impliquées dans l’élaboration de la communication financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Dans l’option 1. Pour cela. Editions DUNOD. 21 Page 30 sur 88 . professionnels) et internes. Aussi. Dans le second cas. mais la relation avec une partie significative des différents publics est assurée par la direction de la communication. mais les informations sont pour l’essentiel fournies par la direction financière. beaucoup plus que des chiffres passés. 2008. quelque soit le lien hiérarchique de directeur ou responsable de la communication financière. Ces deux types d’organisation. L’aspect purement comptable et quantitatif de la fonction est de moins en moins essentiel. Jean-Yves LEGER recommande dans son ouvrage le mode organisationnel ci-dessous. la communication financière est rattachée à la direction de la communication.Bâtir et mettre en œuvre une stratégie de communication financière.

Page 31 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - d’une liberté suffisante pour dialoguer et alerter tous les membres de la direction générale . ce dernier demeurant le représentant du conseil le plus concerné par les questions de communication financière (cf. infra). Dans cet esprit. de pouvoirs de coordination très étendus pour traiter la masse d’informations provenant de domaines variés. il devrait avoir accès au président du comité d’audit (lorsque la structure en dispose).

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Synthèse 1ère partie
La communication financière est un concept relativement récent pour les sociétés d’assurance, du moins en France, qui a fortement évolué depuis les années 1990 - 2000. Du fait de la libéralisation des économies, la mondialisation des marchés financiers ou encore la présence croissante des investisseurs étrangers dans l’économie française, le style de communication des sociétés s’est transformé pour passer de l’information financière à la communication financière. En effet, la transmission par la société émettrice d’informations au marché (actionnaires, investisseurs, assurés, analystes, agences de notation) va aujourd’hui au delà d’éléments purement comptables ou chiffrés. La communication financière est ainsi progressivement devenue un processus intégré dans la stratégie de l’entreprise pour informer et rassurer les acteurs du marché, désireux d’appréhender et de connaître de plus en plus la vision prospective de la société. Cette évolution de la communication financière a aussi été contrainte par un environnement réglementaire qui est maintenant de plus en plus dense. La majeure partie des sociétés d’assurance et de réassurance sont impactées par la réforme Solvabilité II, toutes sont soumises à des obligations d’information vis-à-vis des organismes de tutelle, les plus importantes d’entre elles sont concernées par les normes IFRS et les contraintes SOX. La communication financière doit, dans ces conditions, satisfaire à des objectifs parfois contradictoires, étant à la fois une obligation et une opportunité pour les sociétés. Un des objectifs de la communication financière consiste à identifier les cibles que la société souhaite atteindre et à comprendre leurs attentes afin d’adapter son mode de communication et son contenu. Les cibles de la communication financière représentent trois ensembles : les décideurs (assimilés aux apporteurs de capitaux, c'està-dire les actionnaires individuels ou institutionnels) ; les prescripteurs (analystes financiers, agences de notations) ; les cibles périphériques (organismes de tutelle [ACAM, AMF], professionnels [FFSA], pouvoirs publics, assurés). Dans ce contexte, les sociétés d’assurance, dans leur communication financière, font face à trois types d’enjeux majeurs. Se pose tout d’abord la question de l’égalité du traitement de l’information vis-à-vis des différentes cibles, où les entreprises doivent limiter le risque d’asymétrie d’information. Le deuxième enjeu est stratégique et porte sur l’information prévisionnelle ; difficile à gérer pour la société, car cet enjeu répond à deux objectifs contradictoires : satisfaire aux attentes du marché (qui est demandeur de prévisions) et ne pas le décevoir. D’où le troisième enjeu de la communication financière : la gestion du consensus qui vise pour la compagnie à s’assurer qu’il n’y a pas d’écart entre ses propres prévisions et celles du marché et des analystes. Réussir à gérer ces trois enjeux est un gage de crédibilité pour la société, dont la valorisation se trouvera renforcée.

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Pour s’assurer de la bonne fluidité et lisibilité de l’information vers le marché, l’entreprise s’appuie sur les principes élémentaires, mais fondamentaux de la communication financière. L’information diffusée doit être exacte, précise et sincère : l’entreprise est exhaustive sur l’information livrée et relate aussi bien les éléments positifs que négatifs la concernant, pour garantir la transparence dans sa communication financière, et donc sur les marchés.

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2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière

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CHAPITRE 4 - DIRECTIVE EUROPEENNE SOLVABILITE II
Ce projet, conduit par la Commission européenne, vise à moderniser et harmoniser les règles de solvabilité applicables aux sociétés d’assurance et de réassurance en Europe. La philosophie de la Directive est de renforcer la protection des assurés et d’inciter les entreprises à améliorer la gestion de leurs risques. En matière de communication financière, Solvabilité II, via le pilier 3, cherche à renforcer la discipline de marché par une exigence élevée en termes de transparence. Les paragraphes ci-après précisent le contexte, les principes et la structure de cette réforme, avec un point développement plus important pour le pilier 3. 4. 1 Présentation de la réforme Le projet Solvabilité II a été lancé en 2001 dans le but de revoir le dispositif européen de surveillance prudentielle des sociétés d’assurance qui reposait sur des règles définies dans les années 70 (Solvabilité I). Solvabilité II consiste à refondre en un texte unique 14 directives relatives à l’assurance vie et non-vie, la réassurance et aux groupes d’assurance. Aussi, ces règles ne correspondaient plus forcément à la réalité et à l’environnement économiques du début du XXIème siècle. La Directive cadre a été adoptée par la Parlement européen en juillet 2007 (niveau 1 du processus ; cf. infra). Il est prévu que le texte le soit au cours de l’année 2009, à l’issue peut-être d’une cinquième étude d’impact quantitative 22 . Les Etats membres auront jusqu’en 2012 pour transposer cette directive dans leurs législations nationales. Cette directive sera applicable à l’ensemble des sociétés d’assurance et de réassurance, à l’exception des petites mutuelles et entreprises d’assurance pour qui l’encaissement annuel de primes est inférieur à 5 millions d’euros. 4. 2 Principes de la réforme Cette réforme a été conduite selon le processus Lamfalussy 23 . Les principaux groupes de travail sont constitués de l’EIOPC 24 (sur lequel se base la Commission pour les sujets du niveau 2) et du CEIOPS 25 (comité consultatif technique du niveau 3).
22 23

Quantitative Impact Studies en anglais (QIS). La démarche Lamfalussy œuvre pour la mise en place d’un cadre règlementaire et prudentiel efficace au niveau de l’Union Européenne, dans le but d’assurer l’adoption rapide et souple de la législation et de tendre vers une meilleure convergence des pratiques prudentielles. Ce processus recommande une approche de la réglementation à quatre niveaux : - niveau 1 : proposition par la Commission, et adoption par le Conseil et le Parlement européens, d’une directive cadre fixant les lignes directrices de la réforme (principe de codécision). - niveau 2 : élaboration des mesures techniques de mise en œuvre par le Comité de surveillance des assurances, et adoption par la Commission. Le Parlement est tenu informé des travaux. - niveau 3 : le Comité de surveillance des assurances s’assure de l’application et d’une mise en œuvre cohérentes au sein des Etats membres (convergence de la réglementation des Etats). - niveau 4 : la Commission vérifie le respect de la législation européenne par les Etats membres et prend, le cas échéant, les mesures nécessaires à l’encontre de celui ne respectant pas le droit communautaire. 24 European Insurance and Occupational Pensions Committee - Comité européen des assurances et des pensions professionnelles - réunissant les ministères des Finances des 27 Etats membres).

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Les principes de la réforme reposent sur des critères aussi bien quantitatifs que qualitatifs. Comme précisé ci-avant, la réforme cherche à renforcer la protection des preneurs d’assurance, c'est-à-dire les assurés. Pour cela, la directive entend revoir les calculs de solvabilité des assureurs afin de mieux refléter les risques qu’ils encourent. La notion de risque ne se limite pas au seul risque de souscription. Solvabilité II tient compte également des risques d’investissement, de crédit, ou encore du risque opérationnel. Il s’agira donc d’établir une corrélation plus forte entre les exigences de solvabilité déterminée par la réglementation et l’ensemble des risques supportés par les entreprises d’assurance. Mais le fait majeur, et le plus discuté de Solvabilité II, est que les actifs et passifs des sociétés sont évalués en valeur de marché, c'est-à-dire sur le principe de la juste valeur 26 . 4. 3 Structure de la réforme En avril 2003, la commission européenne a retenu une structure à trois piliers (cf. illustration ci-dessous) pour refondre son système de surveillance prudentielle. Le principe repose sur les mêmes bases que Bâle II, propre au secteur bancaire. Les piliers sont : les exigences quantitatives (premier pilier), les activités de contrôle (deuxième pilier) et les informations prudentielles et de publication (troisième pilier). La structure à trois piliers de Solvabilité II 27

Committee of European Insurance and Occupational Pensions Superviseurs - Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnelles. 26 Cf. Reporting financier et gouvernance des entreprises : le sens des normes IFRS (Benoît Pigé et Xavier Paper) chapitre 3 sur le principe de la fair value. 27 Extrait de Revue Sigma (N°4 / 2006), page 8.

25

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Solvency Capital Requirement en anglais (SCR). ainsi que la gestion des risques.3. Les points de vigilance sur la qualité des contrôles portent sur l’existence de procédures écrites et la fiabilité du système d’audit interne. Il s’agit. 30 Jusqu’à présent. capable de mesurer l’exposition de la société aux risques. et pour les autorités de tutelle de leur permettre d’exercer leur pouvoir de contrôle. puisqu’il s’agira de vérifier que l’entreprise décide « valablement » de ses politiques de développement et de risques. conseil de surveillance. Cela pourra passer par la création d’un service dédié. et de réagir efficacement. pour les entreprises. sont les principaux domaines concernés. La compagnie doit apporter la preuve que son processus décisionnel intègre la dimension risque. Solvabilité II retient comme critère dans le calcul du SCR de minimiser la probabilité de ruine d’une entreprise sur un an à 0. en tenant compte également des nouvelles normes comptables IFRS. de favoriser la maîtrise de leurs risques par un suivi interne efficace.2 Pilier II : les activités de contrôle Le deuxième pilier de la réforme cherche à définir et harmoniser les activités de surveillance. à condition qu’il soit validé par l’autorité de contrôle 30 . calculée selon la méthode dite « coût du capital ». soit par le modèle interne de la société d’assurance. Le niveau de réserves techniques sera défini comme la somme d’un best estimate et d’une marge de risque. Concernant les exigences sur la gestion des risques. versus compétence « collective » des structures internes à la société (conseil d’administration. Minimum Capital Requirement en anglais (MCR). 29 28 Page 37 sur 88 . Le capital règlementaire quant à lui est défini à deux niveaux : le capital minimum requis ou MCR 28 équivaut au niveau de fonds propres en-dessous duquel la société d’assurance présente un risque de défaillance et où l’autorité de contrôle pourra intervenir de plein droit (retrait de l’agrémentation possible) . Dans le premier cas il s’agit d’harmoniser le calcul des provisions au niveau européen. les mécanismes de contrôle interne et d’organisation. Les exigences en matière de gouvernance sont particulièrement fortes : honnêteté et compétence individuelle des dirigeants. résultat d’une modélisation de besoins en capital fondée sur la réalité des risques (au-delà des stocks de provisions techniques).3.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4.1 Pilier I : les règles quantitatives Deux domaines sont principalement concernés : les provisions techniques et le capital règlementaire. directoire). Le SCR est déterminé soit par le modèle standard de la directive (calibré avec les différentes études d’impact quantitatives). le capital de solvabilité requis ou SCR 29 correspond au capital cible. Pour les entreprises.5%.5% de capital au passif sur cet horizon. aussi bien au niveau des sociétés d’assurance et de réassurance qu’à celui des superviseurs du secteur. autrement dit détenir 99. 4. les critères sont un peu plus subjectifs.

ses enjeux. Bien entendu l’avancée et la construction du pilier III sont subordonnées à celles des deux autres piliers. Cependant le CEIOPS a posé deux grands principes 31 : le principe de cohérence maximum entre les exigences comptables de publication d’information dans les annexes des comptes et ces mêmes exigences liées au pilier III . que sur les pouvoirs et moyens d’action donnés aux autorités de contrôle. Revue Echanges N°240. des autorités de contrôle. page 28.1 Les principes clés du pilier III Le troisième pilier de la réforme concerne les exigences en matière d’informations prudentielles et de publication à destination des assurés. Page 38 sur 88 .4. son contenu et le détail de ses dispositions sont successivement présentés.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Pour les superviseurs. 4. 4. Tout comme Bâle II. des investisseurs. 4 Pilier III : la communication financière de demain Il s’agit de permettre au public (actionnaires et analystes) et aux autorités de contrôle de juger si l’information communiquée et les analyses effectuées sont fidèles à la réalité de l’entreprise. Pour appréhender le pilier 3 de Solvabilité II et ses conséquences en matière de communication financière. puisque les sociétés d’assurance et de réassurance devront fournir un reporting aux superviseurs. ainsi que la discipline qui s’y exerce. le principe d’harmonisation des états règlementaires de reportings aux superviseurs. 31 F. avec pour but d’aboutir à un dossier annuel prudentiel européen. L’exposé du contexte de la réforme et des deux premiers piliers permet d’aborder maintenant le thème au cœur de la communication financière de demain pour les sociétés d’assurance et de réassurance : le pilier 3 de Solvabilité II. l’objectif recherché est d’accroître la transparence sur les informations transmises au marché. Lustman. Les informations présentées dans cette perspective doivent l’être tant au niveau individuel que consolidé pour les sociétés et groupes d’assurance. Mais le troisième pilier de Solvabilité trouve un champ d’application plus large par rapport au secteur bancaire. par le biais notamment du dossier annuel. l’harmonisation doit se faire aussi bien sur les processus de contrôle des entités concernées. Il s’agit pour les sociétés d’assurance ou de réassurance de communiquer un ensemble d’éléments relatifs aux piliers 1 et 2 exposés ci-avant.

la proposition autorise l'adoption de mesures d'exécution visant à assurer la convergence souhaitée. Enfin. Elles doivent disposer d'une politique en matière de publication d'informations et obtenir impérativement l'aval de leur organe d'administration ou de direction avant de publier leur rapport sur la solvabilité et la situation financière de l'entreprise.3 Les informations aux fins de contrôle Deux points majeurs sont au cœur de ce paragraphe : le système de gouvernance et la gestion des risques. 4. imposant aux entreprises l'obligation générale de soumettre toute information nécessaire aux fins du contrôle. elle introduit un certain nombre de principes clés que doit respecter l'information prudentielle et elle autorise l'adoption de mesures d'exécution destinées à assurer la convergence voulue. Informations à destination du public – articles 50 à 55 : La proposition exige des entreprises qu'elles publient chaque année un rapport présentant. Les autres points de contrôle visés par le superviseur dans ce domaine portent sur : les activités de la société . les informations essentielles relatives à leur situation financière et à leur solvabilité. 32 Page 10 du Projet de Directive 2007/0143.4. l’accent est mis sur l’examen et l’évaluation du système de gouvernance mis en œuvre par la compagnie d’assurance ou de réassurance. il s’agira d’apprécier les risques auxquels la compagnie est exposée. Page 39 sur 88 . Néanmoins. compte tenu de l’environnement dans lequel elle opère. ainsi que le système de gestion de ces risques par l’entreprise.2 Contenu règlementaire du pilier III Le projet de Directive du 10 juillet 2007 distingue deux types d’information : celles à fournir aux fins du contrôle (article 35) et celles à destination du public (articles 50 à 55). sous une forme concise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4.4. Les entreprises sont tenues de mettre à jour les informations divulguées quand il y a lieu (des dispositions particulières s'appliquent en cas de non-respect du Minimum de Capital Requis ou du capital de solvabilité requis) et sont autorisées à publier des informations supplémentaires sur une base volontaire. Dans le premier cas. L’autorité de contrôle s’assurera que les exigences qualitatives en ce domaine sont bien respectées. Une exception est possible pendant une période transitoire pour les exigences de fonds propres supplémentaires individuelles. Les paragraphes suivants détaillent chacun des types d’information à communiquer. conformément à l'approche Lamfalussy. Les deux paragraphes ci-après reprennent les commentaires sur les articles relatifs au pilier III 32 : Informations à fournir aux fins du contrôle – article 35 : La proposition s'en tient pour l'essentiel à la philosophie actuelle de l'acquis. Dans le second.

…). sur la quantité et la qualité des fonds propres . et demander des informations via des organismes extérieurs à la compagnie (commissaires aux comptes.système de gouvernance et appréciation de son adéquation au profil de risque . Les autorités peuvent aussi accéder à tout type de contrat conclu entre la société d’assurance ou de réassurance et un tiers. au paragraphe 3 de l’article 35. la structure du capital de l’entreprise. sur l’utilisation de modèle interne intégral ou partiel. Il est stipulé. elles peuvent provenir de source interne ou externe. Pour répondre à ces fins de contrôle.4 Les informations à destination du public Les articles 50 à 55 régissant les informations à destination du public comportent deux thèmes : le rapport sur la solvabilité et la situation financière. Il est notamment envisagé qu’elles peuvent définir la nature. actuelles ou prospectives. La Directive prévoit également les moyens d’actions et dotations des autorités de contrôle. et le flux d’informations Page 40 sur 88 . De même.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - les principes d’évaluation appliqués à des fins de solvabilité .gestion du capital 4. sur les règles d’investissement . Impacts du Pilier III sur l’information financière communiquée Aujourd’hui Distinction entre l’information à fournir dans le cadre des comptes sociaux et des comptes consolidés IFRS Comptes consolidés IFRS / norme spécifique relative à l’information à communiquer en matière de risques (IFRS 7) Solvabilité II Absence de distinction entre comptes sociaux et des comptes consolidés Se rapproche des exigences IFRS en termes de reporting sur les risques Une information financière encore plus complète sur les parties : . cabinets de conseils. que les informations demandées peuvent porter sur des données historiques.4. la portée et le format des informations mentionnées ci-dessus à n’importe quel moment. son besoin en capital et la gestion de son capital. les sociétés d’assurance ou de réassurance doivent tenir à disposition des autorités compétentes les éléments suivants répondant aux exigences : sur les provisions techniques .

la société d’assurance ou de réassurance peut être obligée de produire des informations appropriées. Elle doit apporter une analyse de tout changement important par rapport au dernier exercice. fiables et compréhensibles. la société doit décrire et documenter :  la structure. pour chacune des catégories de risques identifiés par la société. la gestion des fonds propres. Il porte sur cinq thèmes : l’activité et les résultats de l’entreprise .  les mesures prises en cours d’exercice si le montant de capital s’était révélé insuffisant (explications sur l’origine de l’écart. de même que sur la valeur de ces éléments bilanciels . Ce principe général peut ne pas être respecté dans le cas où la publication de ces informations par l’entreprise pourrait donner un avantage à ses concurrents.  les principales différences observées entre la formule standard et le modèle interne utilisé par la société (si elle fait ce choix) pour calculer le capital de solvabilité requis . l’exposition au risque. le montant et la qualité de ses fonds propres. Dans ce cas elle n’est pas obligée de transmettre les informations nécessaires au rapport de solvabilité et situation financière. Le contenu du rapport est avant tout descriptif.  les montants respectifs de MCR et SCR . En revanche. De la même manière. de l’atténuation et la sensibilité du risque . puisque le CEIOPS fournit également des informations aux autorités de contrôle nationales). Dans le cas où une différence majeure serait mise en avant entre les états financiers et les bases / méthodes utilisées. les exigences en matière de gestion des fonds propres ne dérogent à aucune règle. En effet.  Rapport sur la solvabilité et la situation financière La publication de ce rapport est annuelle. la société doit en expliquer les raisons . dans deux cas de figure : lorsqu’un écart par rapport au Minimum de Capital Requis est observé et que les autorités de contrôle n’obtiennent pas la certitude que la société Page 41 sur 88 . ses conséquences et les mesures correctives prises). D’autre part ces informations doivent être comparables et cohérentes dans le temps. en respectant les critères suivants : les informations doivent refléter la nature.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire avec le Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnels (flux. le système de gouvernance et une appréciation de son adéquation au profil de risque de l’entreprise . Ce thème est l’un des plus conséquents de l’article 50. les hypothèses et méthodes utilisées pour évaluer les actifs. au regard notamment du degré de concentration. ou si elle est tenue au secret ou à la confidentialité (en raison d’obligations vis-à-vis des preneurs d’assurance). avant la publication du rapport annuel. la taille et la complexité des activités exercées par la société d’assurance ou de réassurance concernée. les provisions techniques et autres passifs.

par catégorie d’entreprises.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire mette en place un programme de redressement viable. Le rapport sur la solvabilité et la situation financière de la société d’assurance ou de réassurance n’est publié qu’une fois validé par l’organe d’administration ou de gestion de la société. La segmentation pour restituer ces informations doit se faire : (1) par sociétés d’assurance et de réassurance . il est en de même pour le SCR. en motivant son origine et ses conséquences. se doit de publier annuellement. et celles que ce comité leur retourne. le montant total de fonds propres supplémentaires exigés. (3) par sociétés d’assurance non-vie et de réassurance. le montant moyen des exigences de fonds propres supplémentaires exigé par entreprise. ainsi que la répartition de ces fonds en pourcentage du Capital de Solvabilité Requis. Quelque soit la situation. le système de gouvernance de l’entreprise ne lui permet pas d’évaluer et de gérer de manière adéquate les risques auxquels elle est ou pourrait être exposée. complétées par un rapport sur le degré de convergence dans la mise en application des pratiques prudentielles entre les différentes autorités de contrôle de l’Union. les autorités de contrôle doivent transmettre. Le CEIOPS. ainsi que les mesures correctives.  Flux d’informations avec le CEIOPS Il s’agit ici des informations que doivent fournir les autorités de contrôle au Comité européen des contrôleurs des assurances et des pensions professionnels. Dans le premier cas. (2) par sociétés d’assurance vie . la société dispose de deux mois pour rétablir la situation . quant à lui. soit du modèle standard. 34 Article 37. Il doit également donner une ventilation de ces fonds propres supplémentaires par Etat membre. Les autorités doivent également justifier les raisons de ces exigences de fonds propres supplémentaires 34 : le profil de risque de l’entreprise d’assurance ou de réassurance s’écarte sensiblement des hypothèses. pour la période du dernier exercice écoulé et pour l’ensemble des sociétés du secteur 33 . soit du modèle interne . du Projet de Directive 2007/0143. 33 Page 42 sur 88 . à partir des données transmises par les différentes autorités de contrôle des pays de l’Union. la société devra publier le montant de l’écart constaté. Il communique l’ensemble de ces informations à la Commission. paragraphe 1. avec un délai porté respectivement à deux et quatre mois. dans un délai d’un mois .

la société devra apporter des informations permettant d’appréhender le niveau retenu pour l’évaluation de la solvabilité et les principales différences avec les éléments compris dans les états financiers. le CP 15 précise que les méthodes et hypothèses retenues devront faire partie du rapport de solvabilité. avec des éléments quantitatifs et qualitatifs. sa stratégie et sa capacité à les mettre en œuvre (en listant les facteurs clés internes ou externes pour y parvenir).  Précisions sur les évaluations liées à la solvabilité C’est le point pour lequel les apports du Consultation Paper 15 sont les plus importants. charges.  Précisions sur l’activité et les performances de l’assureur La société doit décrire la nature de l’activité qu’elle exerce et son environnement externe (position concurrentielle. Au niveau des actifs. comme pour les autres éléments. …) et ligne de business. profits et pertes par type d’actifs et de passif . informations utiles pour s’assurer de l’adéquation de la tarification (indiquer le loss ratio.5 Les apports du Consultation Paper 15 Ce document du CEIOPS. Elle devra notamment indiquer le montant de ses provisions techniques brut de réassurance. reporting par ligne d’activités. en brut et net de réassurance. ses couvertures de réassurance et donner les hypothèses clés pour le calcul des provisions en best estimate.4. les atténuer et les contrôler. pour sinistres. ceux en couverture des provisions techniques et du capital requis devront être décomposés par catégories clés d’investissement . combined ratio. les analyses de sensibilité. La description concernant la performance sera faite avec des indicateurs clés : analyse des produits.  Précisions sur la gestion des risques Pour chaque catégorie de risques identifiés par l’entreprise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4. Elle sera aussi contrainte d’indiquer ses objectifs. Concernant les provisions techniques tout d’abord. ou encore le degré de concentration de risque. les mesurer. Cela passera notamment par la description de la structure et l’organisation de la fonction risk management au sein de l’entreprise. …) et apprécier le niveau de provisionnement (fournir les triangles de liquidation par exemple). et par zones géographiques . mais aussi par l’exposition née à la fois sur des actifs et passifs d’assurance. par catégorie (provisions pour primes. apporte des précisions sur le contenu du rapport de solvabilité par rapport au projet de directive. cette dernière devra décrire la stratégie et les procédures utilisées pour les identifier. …). Page 43 sur 88 . business model. élaboré en novembre 2006.

5. La raison pour laquelle la mise en œuvre des IFRS a causé tant de débats porte sur le fondement de son principe théorique. pour un actif non négociable. La juste valeur peut se définir par le montant pour lequel un actif pourrait être échangé. des épargnants et des investisseurs.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 5 . Les normes IAS/IFRS visent essentiellement à normaliser la publication des comptes consolidés en définissant les éléments indispensables des états financiers et des règles d’évaluation. il s’agit de sa valeur de marché . entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre d’une transaction effectuée dans des conditions normales de concurrence.COMMUNIQUER SUR DES DONNEES COMPTABLES STANDARISEES En juin 2000 la Commission européenne a décidé d’imposer l’utilisation des normes IAS (International Accounting Standard). et surtout la comparaison. en présentant les comptes des entreprises selon des normes harmonisées le régulateur cherche à faciliter la compréhension. globalisées sous le vocable IFRS (International Financial Reporting Standards) 35 . à l’échelon européen des sociétés. ce sera la valeur de ses flux financiers futurs (cash flows). par voie de conséquence. 35 Page 44 sur 88 . ou un passif réglé. comparé à celui du coût historique utilisé traditionnellement en comptabilité. La traduction française adoptée par la commission européenne est Normes d’information financière internationales. L'adoption et les critères d'application de ces nouvelles normes comptables internationales au sein de l'Union européenne sont régis par le règlement CE 1606/2002 du 19 juillet 2002 Ce vaste mouvement s’est traduit par l’adoption d’un ensemble de textes dont l’objectif commun est l’amélioration de la sécurité financière et la transparence des marchés. Ces nouvelles normes doivent garantir un degré élevé de transparence et de comparabilité des rapports financiers des sociétés cotées et. ce basculement vers ces nouvelles normes IFRS a pourtant eu un impact majeur pour les sociétés du secteur de l’assurance. Pour un actif négociable sur un marché. pour ensuite décrire leurs impacts en termes de communication financière pour une société d’assurance. le fonctionnement efficace du marché des capitaux de l’Union européenne. En effet. Ce chapitre présentera le contexte et les enjeux des normes IFRS dans un premier paragraphe. La traduction de reporting par information perd cependant la notion de rendre compte. pour les comptes consolidés des sociétés cotées relatifs à l’exercice commençant le 1er janvier 2005. la valorisation des actifs et passifs repose maintenant sur le principe de la juste valeur (fair value en anglais). les pouvoirs publics se sont attachés à renforcer la qualité de la communication financière des entreprises afin de rétablir la confiance du public. Moins médiatisé dans le grand public que le passage à l’euro. 1 Présentation des IFRS Après les scandales financiers du début des années 2000 aux États-Unis et en Europe. En effet.

Ces différentes normes peuvent se regrouper en trois sous-ensembles : les normes spécifiques aux opérations de consolidation. les lignes directrices concernant leur structure et les dispositions minimales en matière de contenu. et les normes spécifiques à l’information financière. 36 Page 45 sur 88 . Ce dernier groupe représente une dizaine de normes. IAS 1 s’applique de la même manière à toutes les entités. alors qu’à l’actif les placements sont généralement évalués à leur valeur de marché. 5. considérées comme les plus impactantes sur la communication et la transmission d’informations financières pour une société. l’usage des pratiques comptables actuelles pour l’évaluation des passifs d’assurance 36 (avec toutefois des approches variables selon la nature des engagements et les référentiels comptables ou règlementaires. IAS 1 notifie les dispositions générales relatives à la présentation des états financiers. C’est l’objet du paragraphe suivant. allant du coût historique à la valeur actuelle des flux de trésorerie). 2 Normes spécifiques à l’information financière Le tableau ci-après dresse l’ensemble des normes IAS / IFRS en vigueur au 29 novembre 2008. dans une large mesure. celles ayant un impact sur les comptes des filiales de groupes en IAS. 5. Ce chapitre expose trois d’entre elles : IAS 1. lui-même modifiant le règlement (CE) N° 1126/2008 (datant seulement du mois de novembre 2008 de la même année) portant adoption de certaines normes comptables internationales conformément au règlement (CE) N° 1606/2002 du Parlement européen et du Conseil.1 IAS 1 : Présentation des états financiers Cette norme a été modifiée par le règlement (CE) N° 1274/2008 de la Commission du 17 décembre 2008.2. Bien que n’imposant pas de format spécifique pour les états financiers. Les contrats d’une compagnie (selon IAS 39 et IFRS 4) doivent être classés en contrats financiers et contrats d’assurance en fonction du caractère significatif ou non du risque d’assurance qu’il couvre. Cette norme encadre la base de présentation des états financiers à usage général 38 afin qu’ils soient comparables tant aux états financiers de l’entité pour les périodes antérieures qu’à ceux d’autres entités. Seuls les contrats dits financiers (qui ne prévoient pas d’attribution de participation aux bénéfices discrétionnaires) doivent être évalués comme des instruments financiers selon IAS 39. l’IASB 37 a édicté des règles sur la nature de l’information à présenter. 38 IAS 1 définit un état financier à usage général comme étant « destiné à répondre aux besoins des utilisateurs qui ne sont pas en mesure d’exiger que l’entité prépare des rapports financiers adaptés à leurs besoins particuliers d’informations ».CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La norme IFRS 4 (phase I) qui régit les contrats d’assurance maintient. qu’elles doivent préparer ou non des états financiers consolidés ou des états individuels. 37 International Account Standards Board. IFRS 7 et IFRS 8.

présentation IAS 33 * Résultat par action IAS 34 * Information financière intermédiaire IAS 36 Dépréciation d'actifs IAS 37 Provisions.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Normes comptables internationales 39 Présentation des états financiers Stocks Tableau des flux de trésorerie Méthodes comptables. passifs éventuels et actifs éventuels IAS 38 Immobilisations incorporelles IAS 39 Instruments financiers: comptabilisation et évaluation IAS 40 Immeubles de placement IAS 41 Agriculture IFRS 1 * Première adoption des normes internationales d'information financière IFRS 2 Paiement fondé sur des actions IFRS 3 Regroupements d'entreprises IFRS 4 Contrats d'assurance IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales IFRS 7 * Instruments financiers . Page 46 sur 88 .informations à fournir IFRS 8 * Secteurs opérationnels * Normes spécifiques à l’information financière IAS 1 * IAS 2 IAS 7 * IAS 8 39 Extrait du règlement (CE) N° 1126/2008 de la Commission en date du 3 novembre 2008. changements d'estimations comptables et erreurs IAS 10 Événements postérieurs à la date de clôture IAS 11 Contrats de construction IAS 12 Impôts sur le résultat IAS 16 Immobilisations corporelles IAS 17 Contrats de location IAS 18 Produits des activités ordinaires IAS 19 Avantages du personnel IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l'aide publique IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères IAS 23 Coûts d'emprunt IAS 24 * Information relative aux parties liées IAS 26 * Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite IAS 27 États financiers consolidés et individuels IAS 28 Participations dans des entreprises associées IAS 29 Information financière dans les économies hyper inflationnistes IAS 31 Participations dans des coentreprises IAS 32 * Instruments financiers .

d’être en mesure de distinguer les informations établies à l’aide des IFRS des autres informations contenues dans le rapport. ses capitaux propres . ses produits et charges.2 IFRS 7 : Instruments financiers . un état de situation financière au début de la première période de comparaison lorsque l’entité applique une méthode comptable ou effectue un retraitement à titre rétroactif des éléments de ses états financiers. Pour répondre à cette volonté.informations à fournir IFRS 7 annule et remplace la norme IAS 30 Informations à fournir dans les états financiers des banques et des institutions financières assimilées. ses passifs .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire L’objectif de ces états financiers est de fournir des informations sur la situation et la performance financières de l’entreprise ainsi que sur ses flux de trésorerie. 5. La norme IAS 1 définit la composition des états financiers comme devant comprendre : un état de situation financière à la fin de la période (c'est-à-dire un bilan) . 40 Page 47 sur 88 . …). l’information contenue dans les états financiers de l’entité doit porter sur : ses actifs . un état de résultat global de la période . en toute transparence. les apports des propriétaires et les distributions aux propriétaires agissant en cette qualité . ses flux de trésorerie. en particulier leurs échéances et leur degré de certitude ». pour permettre et favoriser la prise de décisions économiques à un ensemble d’utilisateurs concernés et / ou intéressés par l’entreprise ou son secteur d’activités. taux de participation bénéficiaire. Il peut s’agir des hypothèses d’actualisation retenues par la société d’assurance (taux d’intérêt sans risque. concernant son rapport annuel. L’information transmise doit « aider les utilisateurs à prévoir les flux de trésorerie futurs de l’entité. il est important pour la société émettrice. y compris pertes et profits . afin que les acteurs du marché puissent.2. Cette norme est entrée en vigueur le 1er janvier 2007 et impose aux sociétés de fournir des informations dans leurs états financiers sur deux domaines plus spécifiquement. mais ne faisant pas l’objet de ces dispositions. des notes contenant un résumé des principales méthodes comptables et autres informations explicatives 40 . ou lorsqu’elle procède à un reclassement des éléments de ses états financiers. Un instrument financier est défini comme étant un contrat qui donne lieu à un actif financier d'une entité et à un passif financier ou à un instrument de capitaux propres d'une autre entité . un tableau des flux de trésorerie . un état des variations de capitaux propres sur la période . évaluer : l’importance des instruments financiers au regard de la situation et de la performance financières de la société. coûts des sinistres. Etant donné que la norme IAS 1 s’applique uniquement aux états financiers.

Son adoption permettrait d’améliorer les informations fournies sur les évaluations à la juste valeur et le risque de liquidité concernant les instruments financiers. ainsi que l’information à fournir lorsque l’option juste valeur est utilisée . La société doit être capable. les méthodes comptables doivent être documentées dans les états financiers communiqués. de permettre le rapprochement avec les postes présentés dans son bilan ou son compte de résultat. dès les comptes semestriels de juin 2009 pour les sociétés cotées ou destinées à l’être. la politique et les procédures qu’elle a mis en place pour assurer le gestion de ses risques. ainsi que les environnements économiques où elle opère. Le principe est le suivant : au sein de ses états financiers. elle doit comprendre : sur la situation financière de l’entreprise : les actifs et passifs financiers par catégories. Concernant l’information relative aux instruments financiers. A noter qu’un projet de modification de cette norme est actuellement en cours41 . 5. gains et pertes comptabilisés. - 41 Cf. les sûretés constituées sur des actifs. de même que les objectifs.3 IFRS 8 : Secteurs opérationnels Cette norme sera applicable pour les exercices commençant le 1er janvier 2009. de même que le calcul des justes valeurs de chaque catégorie d’actifs et passifs financiers. Elle doit porter sur des éléments à la fois qualitatifs et quantitatifs. les reclassements. les dérivés incorporés et les manquements aux conditions de contrat. ainsi que la façon dont l’entité gère ces mêmes risques. une entité doit qualifier ses expositions au risque ainsi que leur survenance. IFRS 8 s’applique aussi bien aux états financiers individuels d’une entité qu’aux états consolidés d’un groupe avec une société mère. dans la transmission de ces informations. et vient en remplacement de l’IAS 14 (Information sectorielles). L’information à propos de la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers est généralement limitée (mais pas uniquement) au risque de crédit. les décomptabilisations. l’entité doit préciser la nature et les effets financiers des activités dans lesquelles elle est engagée. au risque de liquidité et au risque de marché. pour plus de détail le document de l’IASB Exposé-sondage « Amélioration des informations à fournir sur les instruments financiers ». Elle doit indiquer les méthodes utilisées pour mesurer chacun de ces risques et donner la variation de ses expositions par rapport à la période précédente. sur la performance financière de l’entreprise : il s’agit essentiellement de l’information sur les produits et charges. Pour chaque type de risque découlant d’instruments financiers.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers auxquels l’entité est exposée. pertes de valeur. Comme pour la norme précédente.2. produits de commission. Page 48 sur 88 .

Elle précisera le montant total des produits provenant de chaque client de ce type et le ou les secteur(s) opérationnel(s) concerné(s). pour répondre à ce besoin d’information vis-à-vis des acteurs du marché de l’assurance. 42 Page 49 sur 88 . quitte à devoir présenter des secteurs qui ne satisfont pas aux critères de 10% évoqués ci-dessus.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le secteur opérationnel d’une entité se caractérise par des activités à partir desquelles elle est susceptible d’acquérir des produits et d’encourir des charges (y compris avec des composantes de la même entité). L’entité doit également communiquer. la répartition géographique de ses produits et actifs non courants 42 selon que les clients externes sont affectés au pays de résidence de l’entité ou dans des pays étrangers. les sociétés devront livrer des informations générales (les facteurs ayant permis d’identifier les secteurs opérationnels. les types de produits / services dont découlent les produits de chacun des secteurs) et des informations relatives au résultat. Même si cette information supplémentaire pouvait être présente dans le rapport de gestion ou dans d’autres états du rapport annuel de la société. Les informations relatives au secteur opérationnel doivent également être disponibles et distinctes. au global de son activité. Les actifs non courants incluent les montants que l’entité s’attend à recouvrer plus de douze mois après la date de clôture. Le lecteur des états financiers IFRS d’une compagnie d’assurance va donc trouver une information plus riche. Elle doit également communiquer sur son degré de dépendance à l’égard de ses principaux clients et mentionner (sans être obligée de les nommer) ceux qui représentent plus de 10% de ses produits. aux actifs et aux passifs de chaque secteur opérationnel. L’identification d’un secteur opérationnel se fait sur la base de critères de seuils et économique ou organisationnel. Un secteur sera identifié comme opérationnel au sein de l’entité s’il atteint l’un des seuils suivants : les produits générés représentent plus de 10% des produits de tous les secteurs opérationnels OU le résultat est supérieur à 10% des profits cumulés des secteurs n’ayant pas comptabilisé de perte ou des pertes cumulées des secteurs ayant publié des pertes OU ses actifs représentent au moins 10% au moins des actifs cumulés de tous les secteurs opérationnels ET 75% au moins des produits de l’entité doivent être inclus dans des secteurs d’activité. Dans ce cadre. elle ne faisait pas partie intégrante des états financiers règlementaires. Mais il faut également que les résultats opérationnels soient régulièrement examinés par le principal décideur opérationnel de l’entité en vue de prendre des décisions en matière de ressources à affecter à ce secteur et d’évaluer sa performance.

Le cœur de ce dispositif est l’évaluation des engagements liés aux contrats d’assurance en valeur actuelle de sortie. qui se définit comme étant le prix que demanderait un tiers pour reprendre ses engagements. La mise en œuvre de ce concept marquerait l’abandon des approches traditionnelles. Page 50 sur 88 . Si elle est adoptée.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 5. notamment du fait des incidences sur les agrégats financiers. elle se substituera à l’horizon 2011 ou 2012 à la norme IFRS 4 actuellement en vigueur. Les assureurs européens doivent considérer cette évolution et être d’autant plus attentifs qu’elle se fait en parallèle de la réforme européenne des règles de solvabilité. Cette discussion a suscité de nombreuses réactions de la part des professionnels du secteur. même si des interrogations subsistent encore sur le degré de convergence entre ces deux projets. 3 IFRS phase 2 en bref Le 14 mai 2007 l’IASB a publié un Discussion paper qui expose ses orientations pour une nouvelle norme concernant la comptabilisation et l’évaluation des contrats d’assurance. les ratios clés de performance et l’organisation des sociétés. Cette valorisation plus économique des contrats d’assurance a pour but de refléter les estimations par le marché des risques et avantages attendus.

puisqu’il joue le rôle d’une véritable brochure institutionnelle. pour la plupart déjà transposées en droit français. Suite à une série de consultations publiques en 2001 et 2002. Mais le rapport financier annuel répond également à deux autres intentions. tout en accédant plus facilement à l’information déjà diffusée via un archivage on-line. est publiée au Journal Officiel de l’Union Européenne le 31 décembre 2004.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 6 . dite «Transparence ». Si son contenu est strictement défini. le premier organe doit arrêter les comptes dans les trois mois de la clôture de l’exercice afin de permettre au Conseil de surveillance d’exercer son contrôle. 1 Directive « Transparence » Les réflexions à la base de cette directive ont débuté en mars 2000 lors du sommet de Lisbonne qui a vu se créer le marché financier unique européen. s’appliquent également aux sociétés d’assurance ou de réassurance.1. la Commission européenne a engagé depuis plusieurs années un travail d’harmonisation des législations concernant l’information financière et la transparence. sa forme est laissée à la libre appréciation de l’entreprise.LES AUTRES DISPOSITIONS REGLEMENTAIRES En plus du cadre règlementaire de Solvabilité II propre au secteur de l’assurance et des normes IFRS. Mais il sert également d’outil de travail aux analystes et investisseurs Directive 2004/109/CE. 44 43 Page 51 sur 88 . Pour les sociétés anonymes composées d’un Directoire et d’un Conseil de surveillance. Ce chapitre expose donc les principales mesures qui encadrent la communication financière.1 Rapport financier annuel Le rapport annuel de la société émettrice doit être publié au plus tard quatre mois après la clôture de son exercice comptable. 6. aussi bien sur la forme que sur le fonds. C’est sa vocation première. Cette directive prévoit les obligations pour les sociétés en matière d’information périodique 44 et s’adresse aux sociétés européennes cotées sur un marché réglementé 45 . 45 L’obligation de publier un rapport financier annuel concerne également les sociétés non cotées qui émettent des titres de créance sur un marché réglementé de l’Union Européenne sous certaines conditions liées à la nature des titres et à leur valeur nominale. Le rapport annuel doit être mis à la disposition du public pour au moins cinq ans. plus rapide et plus actualisée. Chapitre II de la directive. la directive du Parlement européen 43 . C’est un vecteur de l’image de l’entreprise. Elle a été transposée début 2007 dans le règlement général de l’Autorité des marchés financiers en France. L’objectif principal du rapport annuel est d’informer l’actionnariat pour qu’il dispose d’une information plus détaillée. Deux catégories de rapports sont définies. Ces nouvelles règlementations. 6.

clairement identifiées au sein de la société46 . Les principaux indicateurs qui composent le rapport annuel sont :  le compte de résultat. Même si les comptes sociaux peuvent être présentés sous forme abrégée. certifiant l’exactitude des éléments mis à disposition (image fidèle et honnête des états financiers et du rapport de gestion) et décrivant les principaux risques et incertitudes auxquels ils sont confrontés . Elle comporte généralement le message du Président qui expose les principaux faits de l’année écoulée. la déclaration de personnes. le document de référence est maintenant de plus en plus la présentation des comptes consolidés. de même que la définition des ratios utilisés (il se peut que les règles divergent parfois d’une société d’assurance à l’autre pour certains indicateurs).c. branche. notamment pour les entreprises orientées vers le marché US.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire qui disposent d’une information exhaustive sur la société. paragraphe 2. les produits et services qu’elle propose (présentation par métier. le rapport de gestion . le nombre de titres composant le capital de la société. et de manière générale. La société peut également donner son positionnement par rapport à ses concurrents et ses parts de marché. dans un format et dans des délais qui leur correspondent. américaines).  L’information financière Elle suit les obligations minimum formulées par la loi.  l’information sectorielle par branche d’activités . répartition ou implantation géographique.  les résolutions portant sur l’approbation des comptes et l’affectation des résultats (distribution ou mise en réserve) . …). le tableau de financement . la structure du rapport annuel reproduit le schéma suivant :  L’information générale Il s’agit de décrire la société. Le rapport annuel doit comprendre : les états financiers ayant fait l’objet d’un audit .  Les données boursières Elles doivent comporter la structure de l’actionnariat. Page 52 sur 88 . les cours et les transactions sur les valeurs mobilières de l’émetteur (notamment dans le cadre de programme de rachat). le rapport des Commissaires aux comptes ou des contrôleurs légaux sur les comptes annuels et les comptes consolidés.  les principaux risques et incertitudes. Plus précisément. le bilan. Il importe de préciser les méthodes comptables utilisées (normes internationales. 46 Article 4.

Cette obligation ne s’applique pas en revanche aux sociétés publiant des rapports trimestriels de manière volontaire. l’information devra comprendre : une explication des évènements et des transactions majeurs avec leur conséquence sur la situation de la compagnie (entité et filiales) . cette publication trimestrielle est régie par la loi n° 2005-842 du 26 juillet 2005 48 . L’information communiquée porte généralement sur le chiffre d’affaires (par branche d’activités) et les faits marquants du trimestre écoulé. aspects comptables. page 87. Articles 5. Le contenu du rapport semestriel est identique. 6.1. à chaque semestre. publier une déclaration portant sur : les évènements et transactions majeurs pouvant impacter la situation financière de l’entreprise . fiscaux et de gestion.a et 2. 6. 6.1. paragraphe 2. une description générale de la situation financière et des résultats pendant la période concernée.b E. La société doit publier son rapport au plus tard dans les deux mois suivants la clôture semestrielle et le laisser à disposition du public au moins cinq ans. il doit être transmis dans les 45 jours qui suivent la fin du premier et troisième trimestre à l’autorité de tutelle. un rapport de gestion intermédiaire. avec une entrée en application depuis le 20 janvier 2007.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le rapport financier annuel pourra servir de rapport annuel présenté à l’Assemblée générale des actionnaires s’il est complété d’une série d’éléments portant notamment sur la participation des salariés au capital social de la société ou encore la rémunération et les avantages de toute nature versés à chaque mandataire social. En France.2 Rapport financier semestriel La logique pour établir et rendre public le rapport semestriel est la même que pour le rapport annuel.3 Rapport financier trimestriel Sa publication n’est pas obligatoire.1. 48 47 Page 53 sur 88 . Dans le cas où le rapport est élaboré. dont la publication trimestrielle est rendue obligatoire 49 . 49 Publication au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) par décret du 23 mars 1967 (modifié par décret 85-295). Le reporting financier. Au delà du chiffre d’affaires. ou du fait d’obligations réglementaires locales. Tort. aux nuances près 47 : un jeu d’états financiers résumés .4 Déclarations intermédiaires de la Direction La Direction de la société doit. Le délai durant lequel peuvent se faire les deux déclarations semestrielles va de la dixième semaine après le début du semestre concerné jusqu’à six semaines avant la fin du semestre concerné. une description globale de la situation financière et des résultats de l’entité et de ses filiales.

12]) qui. Le principe de l’article R336-1 porte sur l’obligation pour ces sociétés : de mettre en place un dispositif permanent de contrôle interne . sur certains aspects. anticipe ou rejoint la directive européenne Solvabilité II énoncée précédemment. 6. et celle s’appliquant au contrôle interne résulte d’exigences ajoutées progressivement les unes aux autres. La LSF s'applique à toutes les sociétés anonymes ainsi qu'aux sociétés faisant appel à l'épargne publique et est effective pour les exercices comptables ouverts depuis le 1er janvier 2003. MBA . Page 54 sur 88 .3. 3 Le code des assurances Ce paragraphe fait référence à l’article R336-1 du code des assurances (modifié par décret N° 2008-1154 du 7 novembre 2008 [art. la réglementation actuelle est encore largement dispersée. 50 51 Article L310-1 du Code des Assurances. L’article R336-1 a donc le mérite de donner une plus grande cohérence au dispositif règlementaire en place.février 2008. Ce paragraphe expose dans un premier point le principe général de l’article R336-1. d’approuver. En matière de gouvernance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 6. La Loi de Sécurité Financière repose principalement sur : une responsabilité accrue des dirigeants . Extrait du cours d’Olivier Fliche. commissaire contrôleur des assurances. C’est l’équivalent de la loi Sarbannes Oxley Act aux Etats-Unis. par le biais du conseil d’administration ou du conseil de surveillance. une réduction des sources d’intérêt. 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) La Loi de Sécurité Financière (appelée Loi Mer) a été adoptée par le parlement français le 17 juillet 2003 afin de renforcer les dispositions légales en matière de gouvernance d'entreprise. un rapport sur le contrôle interne. L’instauration de cette loi devait permettre de produire une information financière de meilleure qualité et aux marchés d’accéder à plus de transparence. en essayant d’optimiser la gestion du triangle de sûreté 51 .1 Principe de l’article R336-1 Cet article s’applique à toutes les sociétés d’assurance ou de réassurance. hors mutuelles soumises au code de la mutualité et institutions régies par le livre IX du code de la sécurité sociale 50 . un renforcement du contrôle interne . suivi dans un second point des aspects règlementaires et implications pour les sociétés. 6. au moins une fois par an. rapport qui est également transmis à l’autorité de contrôle des assurances et des mutuelles.

225-68 du code de commerce ». et.2 Réglementation de l’article R336-1 Cet article du code des assurances impose aux sociétés du secteur de traiter deux thèmes: l’un sur l’organisation des pouvoirs (vis-à-vis des activités du conseil d’administration et du conseil de surveillance). les limitations fixées par le conseil d’administration aux pouvoirs du directeur général dans l’exercice de ses fonctions. 225-37 ou à l'article L. du respect des normes. Il est fait référence ici aux sociétés anonymes faisant appel public à l’épargne. en précisant et détaillant : Page 55 sur 88 . en quelque sorte. l’autre sur le contrôle interne et la gestion des risques. selon les cas. 6. les deux instances de l’entreprise doivent recenser ce qu’elles ont fait durant la période écoulée.3. du suivi des placements et de la gestion des risques.  Contrôle interne et gestion des risques La seconde partie du rapport traite de l’organisation du contrôle interne. s’autoévaluer. le cas échéant. à l'article L. Il est également prévu de mentionner. et de l’information financière. Autrement dit. les entreprises faisant appel public à l'épargne ne sont pas tenues de fournir ces éléments lorsqu'elles transmettent à l'Autorité de contrôle le rapport mentionné. A noter : « Toutefois.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le triangle de sûreté pour une société d’assurance Gouvernance Gestion des risques Contrôle interne Le paragraphe suivant décrit le contenu de cet article et ses implications pour les socités d’assurance et de réassurance concernées. Le rapport rend compte de l’organisation générale du contrôle interne au sein de l’entreprise.  L’organisation des pouvoirs Il s’agit de la gouvernance des sociétés. Le rapport doit notamment détailler les conditions de préparation et d’organisation des travaux du conseil d’administration ou du conseil de surveillance.

Le rapport doit également s’assurer de la conformité des opérations d’assurance ou de réassurance menées par la société vis-à-vis : de la politique et de la stratégie établies par les organes dirigeants de la société (conformité interne) . évaluer et contrôler ses investissements doivent être détaillées. Concernant l'information financière et comptable. du respect des dispositions législatives et règlementaires (conformité externe). 52 Alinéa 2-e de l’article R336-1. son efficacité : les mesures prises pour assurer son indépendance. ce point ne doit pas être négligé par les sociétés d’assurance ou de réassurance. Etant donné les pratiques dans les domaines de la soustraitance ou des délocalisations. de gestion actif-passif . de suivi des opérations sur instruments financiers à terme. entre back office et front office. et de cessions en réassurance. d'évaluer.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - son fonctionnement : les objectifs. notamment pour s’assurer de la bonne répartition des rôles au sein du personnel (les personnes chargées d'effectuer les transactions ne pouvant être également chargées de leur suivi). elles-aussi. Le dispositif interne de contrôle doit être présenté. En effet il est précisé de détailler « les procédures et dispositifs permettant d'identifier. les suites données aux recommandations. la méthodologie . Les alinéas consacrés à la gestion et au financement des risques sont très proches de ce qui a été évoqué dans le cadre de Solvabilité II.  Particularité des groupes d’assurance et conglomérats financiers Une disposition particulière concerne les groupes d’assurance et conglomérats financiers. la compétence et l’expérience des équipes en charge du contrôle interne. En matière de placements. les procédures d'élaboration et de vérification doivent être. les méthodes utilisées pour mesurer. L’article R336-1 stipule en effet trois points à mentionner dans leur rapport : décrire le dispositif de contrôle interne du Groupe . Il est demandé de s’assurer de la conformité des pratiques en matière d’acceptation et de tarification du risque. Il s’agit d’identifier et gérer les risques potentiels en termes : de qualité des actifs . Un point important de l’article concernant le risque opérationnel porte sur la maîtrise des activités externalisées. Il est également fait état de la description des procédures de délégation de pouvoir et diffusion d’information. de gérer et de contrôler les risques liés aux engagements de l'entreprise et de détenir des capitaux suffisants pour ces risques » 52 . détaillées dans ce rapport. Page 56 sur 88 .

l’information privilégiée . à l’information des investisseurs . le rapport financier semestriel . les rapports sur les procédures de contrôle interne et les rapports des Commissaires aux comptes sur les rapports précités .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - s’assurer de la mise en œuvre d’un contrôle interne de la production des informations financière servant à la surveillance complémentaire de l’autorité de contrôle . le communiqué précisant les modalités de mise à disposition ou de consultation des informations devant être mises à disposition des actionnaires préalablement à la convocation de l’Assemblée générale . C'est-à-dire : modification des droits attachés aux différentes catégories d’actions. 54 53 Page 57 sur 88 . 4 Le règlement général de l’AMF L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a été créée en août 2004. Cette information règlementée comprend 53 : le rapport financier annuel . le descriptif des programmes de rachat . nouvelles émissions d’emprunt et les garanties dont elles seraient assorties.3. garantir le contrôle des transactions intra-groupe et de la concentration des risques. le communiqué relatif aux honoraires des Commissaires aux comptes . Elle a pour mission de veiller : à la protection de l’épargne . Article 221-1 2° du Règlement général de l’AMF. suite à la fusion du Conseil des marchés financiers (CMF) et de la Commission des opérations de bourse (COB). les informations prévues à l’article 223-21 du Règlement général de l’AMF 54 . l’information financière trimestrielle . pour les sociétés anonymes. en application de la Loi de sécurité financière. au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers. l’information relative au nombre total de droits de vote et d’actions composant le capital social . modification des conditions de l’émission susceptible d’avoir une incidence directe sur les droits des porteurs d’instruments financiers autres que des actions.1. la diffusion de l’ensemble des documents communiqués et diffusés de manière périodique ou permanente pour les sociétés cotées fait l’objet d’une information règlementée. le communiqué précisant les modalités de mise à disposition d’un prospectus . 6. soumise au règlement général de l’Autorité des marchés financiers. Comme évoqué au paragraphe 3.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ce paragraphe n’a pas pour objectif de reprendre l’ensemble du dispositif du règlement de l’AMF en matière de communication financière. à savoir l’examen des comptes. 5 La 8ème directive européenne La loi d’adoption de droit communautaire du 3 juillet 2008 a donné l’autorisation au gouvernement de transposer par ordonnance la 8ème directive européenne. 6. Ce comité ne peut comprendre que des membres d’organe chargé de l’administration ou de la surveillance. Par rapport aux missions initiales du comité d’audit. Se référer si besoin à l’ouvrage de l’Observatoire Communication Financière. à l’exclusion des personnes assurant des fonctions de direction. Il est fait état qu’un membre au moins doit présenter des compétences particulières en matière financière ou comptable et être indépendant. Dans le dernier cas.5. l’objectif assigné au comité sera d’assurer que les risques sont bien recensés et que les procédures de contrôle interne sont conçues et fonctionnent de manière à réduire les risques identifiés. Cadre et Pratiques de Communication Financière.5. l’accent est mis maintenant sur la surveillance du processus d’élaboration de l’information financière et le suivi de l’efficacité du système de contrôle interne et de gestion des risques.2 Les missions du comité La mission principale dévolue au comité d’audit est celle relative aux comptes et à l’information financière. Il sera en effet en charge du suivi du processus d’élaboration de l’information financière. 6. Page 58 sur 88 . 6. Dans les faits il s’agit du Comité d’audit dont les missions et attributions se voient donc renforcées. Elle concerne les nouvelles attributions des membres du Comité d’audit.1 La mise en place du comité La directive prévoit l’obligation de créer un comité spécialisé agissant sous la responsabilité des membres du Conseil d’administration ou du Conseil de surveillance.

sans pour autant l’appliquer de manière identique. cela concerne la présentation des états financiers (IAS 1). concerne la publication d’un rapport sur la solvabilité et la situation financière des entreprises d’assurance. Initié dans les années 2000. dans un contexte de crise de confiance envers le marché. le dispositif règlementaire est plus vaste. celle-ci passant par une obligation de transparence des informations communiquées. la pression de l’environnement règlementaire en matière de communication financière est de plus en plus forte. est d’améliorer la discipline de marché. qui vise à moderniser et harmoniser les règles de solvabilité applicables au secteur de l’assurance et de la réassurance en Europe. Bien que n’imposant pas de format spécifique pour les états financiers. En effet. Un des faits majeurs de la Directive. le non-respect de ces dispositions pourra être sanctionné. Solvabilité II et les normes IFRS ont en commun l’utilisation de la fair value (juste valeur en français). dans le cadre de Solvabilité II. Page 59 sur 88 . est la réglementation impactant le plus fortement ces sociétés puisqu’elles sont quasiment toutes concernées par la directive. des investisseurs et des autorités de contrôle. La finalité des reportings règlementaires. La réforme Solvabilité II. les informations à fournir sur les instruments financiers (IFRS 7) et les secteurs opérationnels (IFRS 8). Il leur faut tout d’abord répondre aux obligations du règlement général de l’Autorité des marchés financiers qui définit notamment le contenu et les modalités de communication du rapport financier annuel.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse 2ème partie Que les sociétés d’assurance ou de réassurance soient ou non cotées. L’objectif de Solvabilité II est double : renforcer la protection des assurés et inciter les entreprises à améliorer la gestion de leurs risques. l’IASB a édicté des règles sur la nature de l’information à présenter . Le véritable enjeu pour les sociétés d’assurance cotées réside dans l’application du référentiel des normes IFRS. Ces deux éléments (discipline et transparence) renforceront les mesures appliquées par les autorités de contrôle . Dans le cas des sociétés cotées. Le pilier trois de la réforme concerne les exigences en matière d’informations prudentielles et de publication financière à destination des assurés. Dans Solvabilité II en revanche la juste valeur est prévue de s’appliquer aussi bien à l’actif qu’au passif du bilan des sociétés. la norme IFRS 4 (qui régit les contrats d’assurance) maintient l’usage des pratiques comptables actuelles pour l’évaluation des passifs d’assurance alors qu’à l’actif les placements sont généralement évalués à leur valeur de marché. tout à fait novateur pour la profession. ce projet avait pour objectif d’améliorer la sécurité financière et la transparence des marchés en présentant les comptes des entreprises selon des normes harmonisées.

La gestion des risques est un domaine également très encadré étant donné qu’il constitue une des composantes majeures dans la communication financière. La transposition de la 8ème directive en juillet dernier renforce les pouvoirs et missions du Comité d’audit dans ce domaine. Il est présent aussi bien dans Solvabilité II que dans les normes IFRS. concilier l’exigence de communication financière et le souci de protection des données confidentielles des sociétés d’assurance et de réassurance est le réel défi imposé par les règlementations européennes.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Même si une réflexion est en cours sur le projet IFRS (la phase II visant à revoir les principes de la norme IFRS 4) cette divergence dans la réglementation n’est pas sans poser problème pour les sociétés. Il est inscrit dans le code des assurances et régi par l’article R336-1. Page 60 sur 88 . Néanmoins.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? Page 61 sur 88 .

UN ETAT DES LIEUX CONTRASTE Ce chapitre va chercher à montrer toute l’ambigüité de la situation dans lesquelles se trouvent les entreprises d’assurance. 1 Trop d’information tue l’information Les propos tenus jusqu’à présent ont montré la nécessité pour les sociétés d’assurance de communiquer sur leurs éléments financiers et de donner une vision prospective de leur développement. En revanche.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 7 . Ce chapitre traite dans un premier paragraphe sur les risques et dérives possibles des flux d’information financière. notamment pour les analystes financiers ou investisseurs institutionnels. médiatiques. La communication est devenue l'objet de risques accrus (juridiques. il est évident que le volume d’informations transmis par les entreprises dans le cadre de leur communication financière a considérablement augmenté. Autrement dit : construire une relation de confiance avec les acteurs du marché. Flux d’information : confiance et transparence 55 Confiance + Seuil de confiance - Transparence (volume d’informations) 55 Extrait de l’intervention d’Emmanuel du Boullay au MBA de l’ENASS. 7. …) alors que de le même temps elle est un élément de plus en plus incontournable dans la chaine de valeur de l’entreprise. du fait de l’environnement règlementaire de plus en plus dense (comme évoqué dans la deuxième partie de ce mémoire). Page 62 sur 88 . Sans aller jusqu’à employer le terme inflation.décembre 2008. les sociétés peuvent être amenées à multiplier les sources d’information disponibles pour les différentes cibles. et dans un second la communication financière dans la chaine de valeur.

le constat est qu’ils contiennent une information de plus en plus riche sur le plan quantitatif. continuer le travail de pédagogie auprès des différents publics. fournir. même non audité. il conviendrait de trouver le juste équilibre entre les aspects qualitatifs et quantitatifs de l’information pour que la communication financière garantisse et préserve la relation de confiance entre les acteurs et la société émettrice. communiquer le plus possible sur des données auditées afin de crédibiliser les chiffres . reconstituer un historique.htm Page 63 sur 88 . dans l’utilisation de nouveaux indicateurs pour permettre aux analystes de s’en approprier le sens et comprendre leur évolution .fr/chaine. et surtout comparable d’une année sur l’autre. hiérarchiser l’information et la fournir de façon plus synthétique en fonction des différentes cibles (l’information la plus pertinente n’est la plus exhaustive) . le principe est le suivant : trop peu d’information ne conduit pas à l’instauration d’un climat de confiance entre ces deux groupes d’intervenants. 7. http://chohmann. sur un résultat opérationnel et non opérationnel . Mais cette réflexion reste aussi valable au sein de l’entreprise. A l’inverse. des éléments de comparaison avec la concurrence . trop d’information ne permet plus au Conseil d’administration de distinguer les informations pertinentes et risque ainsi de détruire la confiance. Pour Emmanuel du Boullay. de sa propre initiative. Plus précisément. dans la relation entre le management et le Conseil d’administration notamment. l’analyse de la chaîne de valeur consiste à segmenter l'entreprise en activités stratégiquement importantes pour comprendre leur impact sur le comportement 56 Page 52 de l’ouvrage. Pour assurer une communication financière qualitative. Comme le suggère le graphique ci-avant. 2 Chaîne de valeur et communication financière Le concept de chaîne de valeur a été introduit par Michel Porter dans son ouvrage « L’avantage concurrentiel » 56 et permet de décomposer l’activité de l’entreprise en séquence d’opérations élémentaires et d’identifier les sources d’avantages concurrentiels potentiels.free. mais que les éléments essentiels peuvent se trouver noyer dans un flot d’informations secondaires. les sociétés d’assurance ou de réassurance pourraient tenir compte des remarques suivantes : communiquer de façon récurrente.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La figure ci-avant illustre cet état de fait et amène la question suivante : jusqu’où la transparence des marchés et de la communication financière doit-elle aller pour maintenir le niveau de confiance des récepteurs d’information ? En considérant les rapports de gestion des sociétés.

Dans le second cas. la communication financière sera assimilée à un centre de coûts. Pour l’organiser et la mettre en œuvre. bien entendu. 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : C’est un des facteurs de succès de la communication financière : soit elle est considérée comme une contrainte ou une obligation. de moyens techniques et de temps. Dans le premier cas. Elle fait donc partie des activités de soutien. analyser les impacts sur les systèmes d’information . mais perçue comme un métier à part entière. Dans une entreprise. nécessitant une disponibilité importante de l’équipe dirigeante. mettre en œuvre dans les systèmes d’information . Cette analyse se fait généralement en distinguant deux types d’activité au sein de l’entreprise : les activités principales qui sont le cœur même de l’entreprise et directement impliquées dans la création d’une valeur pour le client . Page 64 sur 88 . devant disposer de ressources (en capital humain). soit elle est vue comme un levier stratégique au service de la valorisation et de la crédibilité de la société. il convient de suivre les étapes ci-dessous : identifier les informations à produire . pas l’activité principale d’une société d’assurance ou de réassurance.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire des coûts et la différenciation de l’entreprise. la création de valeur s’analyse donc par processus. 7. former des utilisateurs . Cette démarche est généralement représentée comme suit : Schéma classique de la chaîne de valeur La communication financière n’est. les activités de soutien qui permettent de pratiquer un effet de levier par rapport à la marge créée par les activités principales. communiquer en interne et en externe.pdf consolider et analyser l’information financière .consomind. la communication financière n’est pas subie. sans assurance sur les retombées éventuelles de cet « investissement ».com/ConsoMind%20Presentation%20FR. http://www. c'est-à-dire qu’il n’est pertinent de mettre en corrélation des ressources consommées et des biens ou services produits que s’ils sont en relation entre eux. mais elle contribue à valoriser la société.

Page 65 sur 88 . la performance des systèmes d’information en place dans ces sociétés pour répondre aux contraintes et enjeux de la communication financière.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Ce qui pose la question de la gouvernance de la communication financière. Deux axes de réflexions doivent être considérés pour réussir : le degré de sensibilisation des dirigeants et administrateurs des sociétés à la communication financière et son environnement .

même si l’implémentation des normes IFRS phase I a déjà fortement impacté et fait évolué ce domaine. il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. La quantité d’information et de contrôles à produire est en effet de plus en plus importante. 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? Le schéma ci-dessous synthétise. la qualité des informations transmises et surtout l’adéquation du message par rapport à la cible demeurent un des facteurs de réussite de la communication financière. La mise en œuvre de Solvabilité II. qui sont de véritables supports opérationnels de la transparence et de la fiabilisation des données transmises. Un système d'information se définit comme représentant l'ensemble des éléments qui participent à la gestion. aura un impact en termes d’architecture des systèmes d’information des sociétés d’assurance. Ce chapitre met l’accent principalement sur les implications de Solvabilité sur le système d’information des sociétés. En revanche.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 8 . au traitement. Elle devra améliorer la Page 66 sur 88 . l’impact des nouvelles réglementations sur les informations à livrer pour les sociétés d’assurance. sans être forcément exhaustif. en proposant des pistes de réflexion. au transport et à la diffusion de l'information au sein d'une organisation. Impacts règlementaires sur les informations à livrer par une société d’assurance Qu’elle soit imposée par le législateur.LE ROLE DES SYSTEMES D’INFORMATION Le rôle des systèmes d’information occupe une place centrale dans le projet Solvabilité II. au stockage. aussi bien pour le rapport de solvabilité que la construction des modèles internes. le régulateur. 8. l’actionnaire ou par le client.

lors de la diffusion et transmission de ces informations auprès des différentes cibles.dans la phase d’exploitation des données brutes (c'est-à-dire extraites des systèmes de gestion technique ou comptable. Par exemple la nécessité de produire des estimations sur la base de scénarios multiples de flux futurs actualisés ou probabilisés et utilisant des données de marché conduira forcément les assureurs à faire évoluer leurs systèmes et bases de données. maîtrisée et fiable.2 Comment supporter la production d’un reporting fiable ? Le principal enjeu réside dans la construction d’infrastructures permettant le stockage des données dans des entrepôts.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire convergence de l’information financière vers une communication mesurée.1 La qualité du système d’information Pour savoir si l’entreprise d’assurance sera en mesure de satisfaire les exigences de communication financière. Page 67 sur 88 . leur accès. qui ont soit des formats soit des segmentations / niveaux de détail différents les unes des autres. . 8. de méthode et de restitutions. des systèmes d'information déjà en place et de la stratégie qu'elles ont choisies. et l’optimisation des calculs.1.1. les entreprises pourront alors adopter un plan d'action afin de répondre aux enjeux « informatiques » posés par les nouvelles réglementations. En fonction de l'organisation. Ce propos n’ignore pas les avancées et bénéfices dont ont profité les sociétés du fait de l’implémentation de SOX ou de la Loi sur la sécurité financière. une revue de la cartographie applicative globale permettrait de donner une idée précise des flux. elle devra se poser les questions suivantes : les informations financières disponibles sont-elles fiables ? Sont-elles livrées à temps pour respecter les obligations légales ? le système d’information permet-il de fournir des données à structure comparable ou à taux de change constant (dans le cas de fusion / acquisition ou activités significatives à l’étranger) ? le système gère-t-il plusieurs référentiels comptables ? le système donne-t-il une vision consolidée des comptes facilement ? le système intègre-t-il des indicateurs de performance financière et opérationnelle à moyen terme ? C'est-à-dire peut-on intégrer ces indicateurs dans un reporting budgétaire ou business plan ? Ces questions sont d’autant plus importantes que la cohérence et la disponibilité de l’information doit être assurée à deux nivaux : . des contrôles et des données dont la gestion devrait être améliorée ou supportée par les systèmes des sociétés. 8. Même si les grands groupes d’assurance ou les bancassureurs peuvent prétendre être plus avancés que les autres acteurs du secteur (mutuelles ou groupes de protection sociale). Simplement la directive Solvabilité II génère de nouveaux besoins en termes de données comme inputs des modèles internes. la collecte/migration des données) pour produire les indicateurs ou autres ratios utilisés dans la communication . leur traçabilité.

CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire notamment pour la construction des modèles internes de Solvabilité II. le stockage du référentiel risques. diversité). historique.l’élaboration du « référentiel Solvabilité II » assurant la traçabilité des événements générateurs et permettant l'évaluation quantitative des exigences Page 68 sur 88 . ainsi que la fiabilisation des données et des historiques idéalement au sein même des systèmes opérants. En 2009. sans oublier les nouveaux besoins en termes d’états réglementaires et de reporting de gestion qui devront être aussi intégrés. les directions des systèmes informatiques doivent entamer de nombreux chantiers dans le cadre du programme d'harmonisation des règles prudentielles au sein du secteur assurance. tâches souvent consommatrices de temps. La performance de l’architecture. L’exploitation de ces données demandera donc de choisir une solution technique adaptée à la taille et au volume d’informations traitées par l’entreprise. la cartographie des systèmes "collecteurs". Viennent ensuite la mise en place des moyens techniques et humains pour leur déploiement. 2 Plus concrètement … Du choix des logiciels à l'élaboration du « référentiel Solvabilité II » jusqu'à la mise en œuvre d'un plan de secours informatique. l'extraction. 8. est un enjeu critique pour les systèmes d’information. Trois principaux chantiers devront être mis en œuvre : . d’utiliser une base financière unique (comptabilité générale. et surtout flexible. Ce choix permet d’éviter de dupliquer les saisies d’information. avec comme conséquence des budgets d’investissements qui peuvent se chiffrer en milliers de jours hommes. la directive européenne Solvabilité II devrait être adoptée par le Parlement européen et ainsi donner un nouvel élan au programme d'harmonisation des règles prudentielles au sein du secteur assurance. de même que la cohérence et la qualité des données (intégrité. Le chantier Solvabilité II est l’occasion de faire remonter des besoins de modernisation des systèmes d’information. Les directions des systèmes d'information les plus avancées ont d'ores et déjà intégré dans leurs budgets 2009 les chantiers visant à produire le référentiel de données fiables à partir duquel les niveaux de solvabilité par ligne de risques et de produits seront étudiés et arbitrés. analytique et budgétaire) et de configurer un reporting commun. notamment en ce qui concerne la vitesse des calculs. ainsi que de l'analyse des données et du calcul actuariel. À commencer par le choix des logiciels au plan de la fiabilisation. L’utilisation de systèmes de gestion intégrés est un facteur de sécurité et de rapidité (suppression des interfaces par exemple). Les directions informatiques sont en première ligne sur de nombreux chantiers du programme Solvabilité II. Elle facilite l’automatisation de certaines opérations comme les réconciliations inter compagnies ou la comptabilisation de charges à payer récurrentes.

Cependant dans le cas du modèle interne. Construire la solution alors même que les arbitrages tactiques au sein de l'organisme s'affineront tout au long de l'avancement des études métiers et actuarielles exige un mode projet itératif. indispensable pour garantir la permanence de l'analyse de solvabilité. 8. des contraintes sur les historiques de données. Les entités concernées n'éviteront pas une analyse comparative des deux modèles. le référentiel « Solvabilité II ». 8. de la complexité des modèles internes.2. colonne vertébrale du projet On peut facilement projeter que des spécifications détaillées validées devront être réarbitrées en cours de projet pour tenir compte de l'évolution des stratégies produits. constitue le puits d'informations dont l'objectif est à la fois de modéliser divers scénarios et de faciliter les décisions. Solvabilité II est le projet par excellence où les logiciels sont au cœur de la problématique système d’information. des exigences de traçabilité et de reporting. Ce scénario a une conséquence directe sur la taille des chantiers informatiques. Il doit permettre la « reprise du stock » des risques embarqués. la définition de l’architecture du futur système d’information des sociétés s’assurance est contrainte par la fiabilisation et validation des données et hypothèses / méthodes qu’elles utiliseront. Pour intégrer ces exigences de flexibilité et de délai. plus la refonte du système d’information des sociétés sera mis en péril. La vision transverse de la réglementation impose de mettre en place ce « métadatawarehouse ». ainsi que d'autres issues des datawarehouses et datamarts existants. Page 69 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire - - le traitement des impacts système d’information issus des arbitrages Solvabilité II. la mise en œuvre d'un plan de secours informatique. et l'intégration permanente des « flux » porteurs de nouveaux risques.2 Le choix des logiciels. interne et standard. support du référentiel risques. Parmi eux. même si elles disposent de trois années pour intégrer Solvabilité II au sein des systèmes d'information. La nécessité de réorienter les priorités sur telle fonction ou tel produit sera le fil rouge du projet. Les directions informatiques se doivent donc de définir leur plan d'impact Solvabilité II et d'entamer des chantiers structurants.1 Maîtriser les échéances En matière d'impacts sur les systèmes d’information. Plus elles arriveront tard dans le calendrier de la directive. Ce référentiel consolidera des données opérationnelles. la direction de projet doit impérativement être constituée rapidement et s'inscrire dans un double objectif d'écoute de l'entreprise et de surveillance des contraintes de planning. point d'entrée du système d’information risques. la stratégie de détermination du SCR n'est pas neutre sur les efforts à produire. à la fois sur les lignes de produits existants et sur l'alimentation récurrente du référentiel Solvabilité II .2.

il est impératif d'initier rapidement le socle du projet. C'est une évidence. ainsi que la qualification des sources et le niveau de fiabilité adapté à chaque métier. multisite. la problématique est d'autant plus sensible que la durée de vie des contrats se compte souvent en dizaines d'années impliquant de fait les nombreuses « couches d'historiques » dans la problématique du projet. La centralisation de données fiables issues des différents systèmes d’information de l'organisation est l'enjeu majeur de la constitution d'un « référentiel Solvabilité II » certifié.2. Page 70 sur 88 . les logiciels actuariels de calcul de fonds propres. notamment la mise en conformité des données. dans l’optique de limiter les risques potentiels sur les sociétés. les directions informatiques peuvent légitimement s'interroger sur la manière la plus efficace d'aborder le projet : « Par où démarrer ? ». le référentiel Solvabilité II et le processus de fiabilisation des données. La collecte de ces données et historiques décentralisés nécessite un dispositif de traitement industriel. Le propos ici est d’exposer les effets possibles de l’implémentation des IFRS phase II.chaque risque. Il s'agit de structurer la gouvernance du projet. ce qui suppose l'identification des données à recueillir et des applications propriétaires. 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? La publication des résultats des sociétés d’assurance pour l’année 2008 a illustré. Dans la banque. Solvabilité II nécessitera également des chantiers de cartographie applicative. mise au format cible. au regard de Solvabilité II. dans le contexte de crise financière du moment. L'opération s'apparente à une migration de données de type convergence de systèmes d’information : extraction du système source. à . la reconstitution des historiques réglementaires.3 Une collecte industrielle des données Projet transverse par excellence. de leur complétude et des preuves. Dans le secteur de l'assurance. leur extraction et leur chargement. Face à ce vaste programme. 8. validation / recyclage. peuplement du référentiel Solvabilité II. La priorité absolue pour la direction informatique consiste à définir la structure d'accueil de son système d’information risques et de structurer la solution industrielle de son peuplement. multiapplication.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire De nombreuses autres préoccupations pourront être adressées au travers de solutions logiciel. les conséquences de l’application des normes IFRS sur l’évaluation des actifs. pour s’interroger sur l’opportunité de mener une réflexion conjointe sur ces deux sujets. multimétier. 8. l'implémentation de Bâle II souffre encore aujourd'hui d'une fiabilisation des données partielle et insuffisamment traitée à la source. d'études d'impact et bien sûr de tests et recettes de bout en bout.

La prise en compte des évolutions des variables de marché accroîtrait encore plus la volatilité des résultats publiés. alors que l’évaluation des passifs contractuels devra être actualisée lors de chaque arrêté sur la base des meilleures estimations à cette date. Tout d’abord sur les résultats des sociétés. puisque les actifs seront en juste valeur par résultat. l’assureur sera conduit à reconnaître ce gain ou cette perte dès le départ. Cette évolution est évidemment à rapprocher des orientations de Solvabilité II dont les principes suivent la même logique. Planning de mise en œuvre des IFRS phase II et Solvabilité II 57 Etant donné que cette échéance se rapproche dangereusement. à savoir : 2012. 57 Extrait de Gearing up for Solvency II. la question a au moins le mérite d’être posée … Les changements apportés par la valeur actuelle de sortie dans le cadre de la norme IFRS 4 pour l’évaluation des actifs et passifs d’assurance constituent un enjeu majeur en termes de communication financière. PricewaterhouseCoopers. En effet. Page 71 sur 88 . Or les assureurs ont toujours perçu leurs contrats comme des contrats de service dont le profit devait être dégagé sur la durée de la période de garantie du contrat.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le schéma ci-après superpose les calendriers prévisionnels des deux projets IFRS phase II et Solvabilité II dont la date de mise en œuvre est. la même. si un contrat est tarifé à partir d’un taux de rendement plus élevé ou plus faible que le taux d’actualisation retenu en comptabilité. D’autre part l’utilisation de la valeur actuelle de sortie devrait conduire à reconnaître un profit ou une perte à l’origine du contrat. pour le moment. dans un contexte économique bien différent de celui existant lors des réflexions initiales sur ces deux thèmes. page 11.

59 A savoir : la Banque de France. l’association XBRL France a vu le jour en 2005. Pour les assureurs français qui ont l’habitude de distribuer à leurs assurés des montants supérieurs au minimum légal ou contractuel. seraient implémentés dans les compagnies sans convergence sur des principes très proches les uns des autres ? 8. il s’agit d’un impact majeur. Cela pourrait donc augmenter temporairement le montant de capitaux propres jusqu’à l’attribution effective de la participation aux assurés. est attribuée une balise qui lui est propre. soit directement dans un poste distinct). le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables. 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? XBRL. Il s’agit de standardiser la communication des informations financières. par exemple le résultat opérationnel. notamment vers les investisseurs et les administrations. Le dogme de la philosophie des règlementations en cours cherche est que les sociétés d’assurance ou de réassurance identifient.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Un autre point pouvant impacter de façon significative les capitaux propres des sociétés d’assurance porte sur la participation des assurés aux bénéfices. La taxonomie définit les types de données et les relations entre ces données en fonction d’un type de rapport financier. gèrent et préviennent les risques qu’elles auraient à supporter. protéger l’assuré. 58 Page 72 sur 88 . Le principe est de catégoriser les données : à chaque type de données financières. au final. Sous l’instigation de membres fondateurs 59 et avec le soutien de la Commission Européenne. L’enjeu est ainsi d’aider à structurer la profession et les travaux réalisés au niveau national. et ce même si elle n’est pas distribuable. la participation prévisionnelle serait de fait incluse dans les capitaux propres de l’assureur (soit par le biais du résultat. l’INSEE. la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes et PriceWaterhouseCoopers. Au delà de ce niveau. IFRS phase II et Solvabilité II. Des balises (ou tags) spécifient la donnée. qui signifie eXtensible Business Reporting Language en anglais. de façon à piloter. Selon les orientations actuelles. aux assurés. sur la base d’un même référentiel. elle serait reconnue en dette à hauteur de la part légale ou contractuelle que les assureurs seraient tenus au minimum de verser. Les régulateurs ne peuvent-ils donner aux sociétés la possibilité de ne pas avoir à gérer un risque supplémentaire où les deux référentiels. est un langage informatique permettant l’échange de données financières standardisées conçu par un consortium indépendant pour faciliter la communication financière et fluidifier la chaîne logistique de l’information financière. homogénéiser et optimiser la mise en place de projets et de taxonomies 58 . pour garantir la transparence des marchés. il s’agirait bien sûr des IFRS pour le secteur de l’assurance. Dans le cas présent. fluidifier la communication financière et les informations transmises. tout en organisant la communication autour du langage XBRL.

Il libérerait en effet des ressources sur des tâches qui sont (et deviendront) de plus en plus récurrentes. Page 73 sur 88 . un investissement pour se fondre dans ce processus pourrait être intéressant.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Etant donné que l’information existe déjà dans les entreprises.

Ce chapitre expose donc les enjeux pour un conseil d’administration relatifs à la gestion des risques et la communication qui doit en être faite. beaucoup d’administrateurs insistent sur « l’importance de leur rôle d’interpellation et de conseil en matière de gestion des risques ». Si la mise en place de tels dispositifs (gestion et suivi des risques) est plus avancée dans les grands groupes d’assurance ou de réassurance. 5ème édition (08-09). En référence à l’étude d’AON 61 .des assurances décrit dans le chapitre 6-3). 61 60 Page 74 sur 88 . la réglementation en cours (et ses développements) tend à Directive 2006/43/CE du 17 mai 2006 transposée en juillet 2008 en France (cf. Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées. toutes aussi concernées par la réforme Solvabilité II et son troisième pilier. c’est un acteur majeur à associer sur la gestion des risques et la communication financière. de la gouvernance à la communication. 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration Même si le premier acteur dans la gestion des risques reste le management de l’entreprise. 9. Cette dernière attribution résulte de la 8ème directive de la Commission européenne 60 qui donne une responsabilité supplémentaire au Conseil d’administration. cela reste néanmoins un enjeu fort pour les sociétés de plus petite taille. et même si le panel constitué dans l’étude ne comporte pas d’entreprise du secteur de l’assurance. Concrètement. AON Global Risk Consulting. Bien que le métier des sociétés d’assurance consiste à couvrir des risques opérationnels orientés sur le long terme. Dans ce cadre le Conseil d’administration ira au-delà de la vérification de l’existence de la cartographie des risques en s’assurant que l’équipe managériale a fait le nécessaire en terme de gestion de ces risques. Cette remarque devrait aussi valoir pour les entreprises d’assurance et de réassurance. cette mission nécessite d’une part de s’assurer de l’existence de processus et outils nécessaires à la gestion des risques. paragraphe 6-5).LE CONSEIL D’ADMINISTRATION : GARANT DE L’EFFICACITE DU SYSTEME ? Le conseil d’administration est un acteur central dans la gouvernance d’entreprise. le code de gouvernance et les règlementations en vigueur précisent que l’une des responsabilités principales du Conseil d’administration et du Comité d’audit est de suivre et contrôler les risques des sociétés et de s’assurer de l’existence et de l’efficacité du dispositif de contrôle interne (rappelons l’article R336-1 du code . mais également de l’efficacité du système en place.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire CHAPITRE 9 . Le conseil dépassera donc son rôle d’observateur pour être désormais partie prenante dans l’efficacité du dispositif avec un rôle d’alerte et d’impulsion du processus de gouvernance des risques. Une de ses attributions est de s’assurer de l’intégrité et de la qualité de l’information financière transmise aux actionnaires et au marché. Aussi.

la montée en puissance du risque de réputation sous ses formes diverses (crédibilité. Le Conseil d’administration peut donc se révéler être un gardien des fondamentaux de l’entreprise et contribuer indirectement à la pérennité de ses valeurs et de son image. il lui serait nécessaire d’instaurer une vision dynamique des risques. d’avoir une vision exhaustive des risques. De même. notamment vis-àvis de la concurrence. et de s’assurer qu’ils permettent une bonne compréhension par les actionnaires des différents risques de la société. confiance. Cela lui permettra de cerner les risques critiques pour la société et de se focaliser sur les enjeux prioritaires. Les sociétés émettrices doivent en effet mesurer et prendre en compte la valeur de l’information publiée pour les investisseurs et pour les concurrents. L’enjeu réside bien dans la capacité à trouver un certain équilibre. Il est donc opportun pour le Conseil d’administration. Avec l’entrée en vigueur en 2007 de la norme IFRS 7 portant sur la communication des risques associés aux instruments financiers (pour rappel). 9. de la LSF ou du projet Solvabilité II) portaient davantage sur la chaîne comptable et financière. peut et doit éviter toute dérive potentielle court termiste du management. crise. Les risques sur lesquels se focalisaient les administrateurs (avant la mise en place de SOX. Les administrateurs peuvent en effet demander au management d’engager des démarches pour maîtriser les risques si elles s’avèrent insuffisantes. Le Conseil d’administration est également chargé d’examiner les principaux éléments de communication financière préparés par le management de l’entreprise. Ceci est d’autant plus important pour l’administrateur qu’il demeure « extérieur » à la société. et c’est une parfaite illustration de la vigilance à avoir concernant l’asymétrie d’information. Mais c’est un exercice difficile car il existe à l’évidence des limites à la communication sur la matière « risque » et les expositions d’une société d’assurance. disposant d’une vision long terme sur les risques. Mais aujourd’hui ils voient arriver dans leur domaine de responsabilité des risques opérationnels sur lesquels ils avaient moins de visibilité auparavant. 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration Il ne s’agira pas ici de faire état du rôle et des missions du contrôle interne dans la gestion des risques. et donc de ses engagements. …) est une préoccupation de plus en plus présente. situation de crise.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire donner une vision à plus court terme de la situation patrimoniale des entreprises. Le Conseil d’administration. …). mais de mettre au regard de Solvabilité II et des IFRS 62 les impacts et conséquences pour le Conseil d’administration. En outre. mais de disposer également d’une hiérarchisation qualitative de ces risques. avec une revue régulière et un suivi de l’avancement des plans d’actions initiés pour réduire les risques majeurs. ou de renforcer leur pilotage et contrôle de ces risques en cas de situation exceptionnelle (pertes non anticipées. 62 Page 75 sur 88 . avec l’appui du Comité d’audit principalement.

225-251 du Code de commerce « les administrateurs et le directeur général sont responsables individuellement ou solidairement selon le cas. Il apparaît nécessaire qu’il puisse disposer d’une évaluation interne produite par la direction. le tribunal détermine la part contributive de chacun dans la réparation du dommage. l’expose à plusieurs risques juridiques. les administrateurs contribuent à la qualité et pertinence de l’information transmise aux marchés. En contrôlant l’information fournie et en endossant le cas échéant un rôle de « régulateur » par rapport à l’autorité de contrôle ou les commissaires aux comptes. 9. Dans la procédure. En revanche se pose la question de déterminer les éléments dont devront disposer les membres du Comité d’audit pour mener à bien leurs missions. 4 La responsabilité en droit des sociétés La diversité en matière de responsabilité financière. de manière à pouvoir lui-même conclure sur l’efficacité du système de contrôle interne. du fait des informations traitées et de la communication faite par un dirigeant ou administrateur de sociétés d’assurance. Si plusieurs administrateurs ont coopéré aux mêmes faits. envers la société ou envers les tiers. Ces comités ont un rôle crucial puisqu’ils doivent s’assurer notamment de la qualité de l’information financière diffusée. et donc du respect des normes règlementaires. Mais peutelle reposer uniquement sur auto-évaluation ou être complétée par des tests d’efficacité réalisés par l’audit interne ou en externe ? 63 9. Responsabilité Pénal (Fraude). 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration L’essentiel des travaux et informations permettant aux administrateurs d’appréhender la maturité des processus est délivré par le Comité d’audit ou le Comité des Risques. 63 En référence à la lettre de l’IFA (novembre 2008) le sujet n’était pas encore clarifié.1 La responsabilité civile En application de l'article L. la négligence ou la faute de l’administrateur peut engager sa responsabilité dans trois domaines : Responsabilité Civile . Page 76 sur 88 . soit des fautes commises dans leur gestion ». soit des violations des statuts. Responsabilité particulaire (Procédure collective) . ils seront donc responsables des fautes de gestion. Dans une société anonyme. 9. soit des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes.4.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Le Conseil d’administration a ici un rôle de garde-fou à jouer.

sans pour autant être exonéré de leur responsabilité en invoquant la négligence ou l’imprudence. son inobservation par l’administrateur peut entrainer sa responsabilité. les actionnaires ou les tiers.  pour une faute de gestion La faute de gestion se présente dans les actes contraires à l’intérêt de la société. Selon la jurisprudence. il peut être poursuivi individuellement. La responsabilité civile des administrateurs est également engagée envers la société. le régime de responsabilité d'un administrateur peut prendre une ampleur particulière si la société est l'objet d'une procédure collective. violation des statuts ou faute de gestion) . cette faute détachable doit être commise volontairement. Les administrateurs ont un rôle limité en matière de gestion de l’entreprise. En plus de cette responsabilité civile. un préjudice (par exemple. si un seul administrateur a commis une faute. La responsabilité d'un administrateur peut se voir engagée si ses actes présentent trois éléments cumulatifs : une faute (infraction aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés anonymes. La responsabilité des administrateurs peut être compromise suite à la non application et non respect des règles applicables aux sociétés. Le défaut de surveillance d’un administrateur peut lui-aussi donner lieu à une faute de gestion. Page 77 sur 88 .  en cas une violation des règles statutaires Lorsqu’une clause des statuts est ajoutée aux obligations légales.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La faute en droit civil se présente :  lors d’une infraction aux dispositions législatives ou réglementaires Ces infractions sont applicables aux sociétés anonymes qui comportent un nombre important de règles (principalement issues du Code de commerce et du décret du 23 mars 1967). Il peut s’agir de l’inobservation de la tenue des assemblées ou de l’irrégularité de comptes sociaux. Ainsi. le tribunal détermine la part contributive de chacun dans la réparation du dommage ». le droit civil autorise une action individuelle des actionnaires (pour réparer le préjudice causé à chacun d'eux) ou une action sociale (pour réparer le préjudice subi par la société). Concernant les actionnaires et la société. Les tiers peuvent attaquer les administrateurs seulement si la faute de gestion est détachable de ses attributions et incompatible avec l'exercice normal de ses fonctions.225-251 du Code de commerce précise en outre que « si plusieurs administrateurs et le directeur général ont coopéré aux mêmes faits. et un lien de causalité (le préjudice doit avoir été causé au moins en partie par la faute). la faute de l'administrateur a eu des conséquences financières pour la société) . L'article L.

624-5 du Code de commerce 65 ). sauf celui d’affaiblir les actionnaires. par tous les dirigeants de droit ou de fait. en tout ou en partie.624-4 du Code de commerce 66 ). « Lorsque le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire d'une personne morale fait apparaître une insuffisance d'actif. si une partie du passif de la société est mis à la charge d'un dirigeant par le tribunal et que ce dirigeant ne peut pas payer cette partie du passif. décider que les dettes de la personne morale seront supportées.2 La responsabilité particulière en cas de procédure collective Quand une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) est ouverte à l'égard d'une société. le tribunal peut ouvrir la procédure collective directement contre les dirigeants en cause (Article L. 65 « En cas de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire d'une personne morale. le tribunal peut également ouvrir une procédure directement contre le dirigeant (article L. le tribunal peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire à l'égard de tout dirigeant de droit ou de fait.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 9. en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d'actif. les dirigeants et émetteurs ont été tenté d’utiliser la justice pénale à leurs profits. toute entreprise commerciale ou artisanale.3 La responsabilité pénale La distorsion en matière de responsabilité pénale devient un problème de transparence. Il est passible aussi de sanctions pénales. ou par certains d'entre eux ».625-2 du Code de commerce 67 ).4. 9. Il doit être destiné à protéger des valeurs sociales essentielles en sanctionnant des comportements et des malversations condamnables ». pour que le droit soit plus sûr pour les acteurs économiques ». rémunéré ou non » 66 « Le tribunal peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire à l'égard des dirigeants à la charge desquels a été mis tout ou partie du passif d'une personne morale et qui ne s'acquittent pas de cette dette ». le tribunal peut. Même sans faute grave. le tribunal peut décider de mettre à la charge des dirigeants une partie des dettes sociales si ceux-ci ont commis une faute de gestion.624-3 du Code de commerce 64 : Pour les fautes les plus graves. directement ou indirectement. La faute d'un administrateur peut se voir aggravée en cas de procédure collective. avec ou sans solidarité. toute exploitation agricole et toute personne morale ayant une activité économique. 67 « La faillite personnelle emporte interdiction de diriger. En effet. rémunérés ou non. Il existe par ailleurs des sanctions complémentaires qui peuvent conduire le dirigeant à une interdiction de gérer (article L. Ce principe résulte de l'article L. gérer.4. Le rapport spécifie aussi « que le droit pénal n’a pas vocation à régler des conflits entre personnes privées(…). sans prendre le moindre risque. Le rapport Coulon 68 fait référence à la dépénalisation du droit des affaires et aux incohérences du droit pénal des sociétés. 64 Page 78 sur 88 . administrer ou contrôler. » 68 Rapport du 20 février 2008 remis au Ministre de la Justice. Il propose des mesures de dépénalisation équilibrées pour « amener les acteurs de la production du droit à toujours faire primer l’intelligence de la norme pénale sur la stratification conjoncturelle de textes répressifs.

en cette qualité. sur la tête des dirigeants et non sur les membres des conseils d’administration ou de surveillance. un usage qu'ils savent contraire à l'intérêt de celle-ci. L. présentation de comptes infidèle. comme au civil. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ».000 euros le fait pour (…) le président. En matière pénale.  Répartition de dividendes fictifs : Cette disposition vise à sanctionner. à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ». profite de ses pouvoirs ou ses voix pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il est intéressé est passible de la sanction prévue à l’article. sans avoir fait d'inventaire ou sur la base d'un inventaire frauduleux. de mauvaise foi. 71 « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. La responsabilité pénale en matière de communication financière est engagée pour les principaux cas suivants (sanctions mentionnées dans le rapport Coulon) : abus de bien social. sauf si celui-ci entraîne une faute grave. défaut d’établissement de comptes et du rapport de gestion. distribution de dividendes fictifs. de mauvaise foi. 70 « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. Ces derniers sont en principe à l’abri de sanctions pénales sauf s’ils se sont comportés en dirigeants de fait ou rendus complices de délits commis par les membres de direction générale (présentation d’un bilan inexact). les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de faire. les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme d'opérer entre les actionnaires la répartition de dividendes fictifs. au préjudice de la société qu'il dirige.242-6 3° du Code de commerce 69 .  Abus de pouvoirs ou de voix : Un dirigeant qui.242-6 4° du Code de commerce 70 . par l’article L. les dirigeants qui.242-6 1° du Code de commerce 71 . le risque premier pèse. Un dirigeant ne doit jamais confondre ses propres biens avec ceux de la société.  Abus de bien social : C’est l’article L.000 euros le fait pour (…) le président.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire La pénalisation excessive du droit des sociétés engendre une insécurité juridique surtout lorsque l’intérêt public s’utilise à des fins parfois privées.000 euros le fait pour (…) le président. abus de pouvoirs. des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont ils disposent. Sa responsabilité pourra être présumée en cas de simple violation d’une obligation légale ou réglementaire même si elle n’a pas entrainé de dommage. des biens ou du crédit de la société. ou au moyen d'inventaires frauduleux » 69 Page 79 sur 88 . les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de faire. en l'absence d'inventaire. un usage qu'ils savent contraire aux intérêts de la société. distribuent des dividendes aux actionnaires alors que ces sommes n'étaient pas distribuables  Présentation de comptes non exacts : « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375. Un dirigeant social peut donc être responsable pénalement à plus d’un titre dans le cadre de son activité.

d’expertise et les conséquences pécuniaires au civil. L’information doit être exacte. à l'expiration de cette période.000 euros le fait pour (…) le président. des comptes annuels ne donnant pas. même en l'absence de toute distribution de dividendes. En effet. 73 Directors & Officers en anglais (D&O). 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux73 Il s’agit de couvrir les dirigeants et administrateurs lorsque leur responsabilité est mise en cause. pour chaque exercice. Le Code de commerce (Article L. en vue de dissimuler la véritable situation de la société ». 72 Page 80 sur 88 . les administrateurs ou les directeurs généraux d'une société anonyme de publier ou présenter aux actionnaires.242-6 2 72 ) punit les dirigeants qui dissimulent la véritable situation de la société en ne fournissant pas des comptes présentant une image fidèle de ce qu'ils sont en réalité 9. C’est une assurance généralement souscrite par la société qui couvre les frais de défense. aux opérations (absence de compréhension des principaux risques et de contrôle de leur maîtrise). L’assurance D&O est d’autant plus importante pour les entreprises françaises cotées aux Etats-Unis et détenant des parts dans des sociétés enregistrées dans un des Etats américains. la responsabilité des dirigeants de la maison mère peut être conjointement recherchée en cas de faute commise en matière de communication financière du fait des class actions. aux transactions . une image fidèle du résultat des opérations de l'exercice. de la situation financière et du patrimoine. « Est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 375.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Les comptes sont un élément très important pour juger de la solvabilité d'une société. précise et sincère. Cette assurance produit ses effets lorsque la responsabilité est engagée sur des risques liés : aux comptes (présentation de comptes inexacts par exemple) .

ce qui pourrait détruire la relation de confiance avec le récepteur. La mise en œuvre du pilier trois de Solvabilité II aura pour conséquence une uniformisation des bonnes pratiques liées aux exigences de transparence des marchés et de l’information transmise. Même si la communication financière joue un rôle essentiel dans la réduction de l’asymétrie d’information. Page 81 sur 88 . il faudra adapter les modèles existants au sein des sociétés d’assurance et constituer de nouvelles bases de données actuarielles ou de marché (avec la nécessité de présenter un comparatif lors de la première année d’application et donc de retraiter l’information de l’exercice précédent). Les entreprises risquent de devoir modifier leur structure organisationnelle dans la mesure où les rôles et les responsabilités des acteurs (Direction financière. Force est de constater toutefois que la communication financière apparaît de plus en plus comme un élément de la chaîne de valeur de l’entreprise. Elles devront donc se préparer à faire face à des problématiques tant techniques. et donc perdre en crédibilité. Direction générale. les sociétés d’assurance gagneraient à anticiper cette convergence dans leurs processus informatiques. Direction des risques / Risk management. le régulateur. Dans le cadre d’IFRS phase II. …) seront redéfinis. si elles ne font pas preuve de vigilance. il faut néanmoins veiller à ce que son utilité marginale ne devienne pas négative. il n’en demeure pas moins que le principal challenge de la communication financière est désormais la cohérence de l’information diffusée. D’où la nécessité pour les administrateurs d’être correctement informés sur les enjeux de la communication financière. supports opérationnels de la transparence et de la fiabilisation des données transmises. Si la convergence des deux projets Solvabilité II et IFRS phase II n’est pas encore assurée d’un point de vue conceptuel et organisationnel. pour y parvenir. l’actionnaire ou par le client. En effet les sociétés pourraient être amenées à multiplier les sources d’information disponibles pour les différentes cibles. qu’opérationnelles ou organisationnelles. faute de poursuites juridiques possibles si leur responsabilité est mise en cause. L’avantage comparatif que pourrait avoir une société d’assurance par rapport à ses concurrents doit cependant être correctement intégré dans la gouvernance de l’entreprise. Les enjeux. sont d’autant plus importants que la multiplicité des règlementations contraint de plus en plus les sociétés d’assurance. La Directive européenne aura aussi un impact en termes d’architecture des systèmes d’information.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Synthèse 3ème partie Qu’elle soit imposée par le législateur.

permet de délivrer des messages forts à l’attention du marché. Notre ligne de conduite consiste à vous dire ce que nous voudrions savoir si nous étions à votre place ». Dans cette communication. Page 82 sur 88 . PricewaterhouseCoopers. les méthodes d’évaluation. en soulignant les points positifs et négatifs importants pour l’estimation de notre valeur. mais aussi la comparaison entre les établissements. l'objet de risques juridiques et médiatiques accrus alors que les progrès de la gouvernance et de la transparence n'ont jamais été aussi réels. la communication financière se limite souvent à l’annonce périodique des résultats et aux événements particuliers de la vie de l’entreprise. Bien que son contenu soit destiné avant tout aux professionnels et investisseurs. en une décennie et paradoxalement. … Cette information qualitative est un outil exceptionnel permettant de véhiculer de l’information et de délivrer des messages aux marchés. quelque soit leur statut. Cependant. En imposant un cadre commun aux sociétés d’assurance et de réassurance. plus percutante. Vis-à-vis du grand public. ce type de communication doit rester simple et compréhensible. D’où cet environnement règlementaire très dense qui contraint de plus en plus les sociétés d’assurance et de réassurance. 74 Extrait de Les nouvelles attentes de la communication financière. il est censé être accessible à tout public. en raison de la complexité de l’information diffusée. 2003. Plus synthétique. mais économique avec de nouveaux thèmes tel que la responsabilité sociale de l’entreprise et le développement durable. il est nécessaire pour la société d’assurance ou de réassurance d’adapter sa communication. mais elle donne aussi l’opportunité à la concurrence de mieux décoder une stratégie à travers cette communication. En l’occurrence Solvabilité II exige de la part des sociétés d’assurance et de réassurance un nombre important d’informations sur l’organisation des risques. La communication financière exigée par Solvabilité II. le régulateur cherche à faciliter la fluidité de l’information vers le marché. dont les thèmes sont imposés par la Directive. le qualitatif prend le pas sur le quantitatif. La communication financière des sociétés est devenue. La réglementation a toutefois introduit une distinction sur les différents types d’informations. en son état. afin de notamment protéger les sociétés sur les données confidentielles.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Conclusion La meilleure définition de la transparence de la communication financière reste sans doute celle donnée par Warren Buffet 74 : « Nous serons honnêtes dans les informations que nous vous donnerons. les contrôles effectués. notamment avec le rapport annuel sur la solvabilité et la situation financière de l’entreprise. d’autant plus qu’elle n’est plus seulement financière.

Page 83 sur 88 .CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire En réponse à ce besoin de transparence dans la communication financière et au regard du contexte économique tel qu’il est aujourd’hui. deux points sont à retenir. Pour s’assurer de l’efficacité de sa communication financière. l’entreprise devra en mesurer la performance à la fois par l’ensemble des données communiquées. mais aussi par la qualité de l’information délivrée dans la communication corporate institutionnelle auprès des autorités de tutelle. Elle doit chercher à en optimiser le processus. Face à la crise. Ceci est d’autant plus souhaitable au regard des projets Solvabilité II et IFRS II. des marchés et aussi des clients de la société d’assurance. Ces démarches ne leur ont toutefois pas permis de maîtriser les effets d’une crise sectorielle majeure qui révèle la nécessité d’une régulation et d’une gouvernance mondiale des marchés. les sociétés ont réagi individuellement en renforçant à la fois leur dispositif de gestion des risques et leur communication.

.............. 25 3. 26 3.5 La typologie des enjeux de la communication financière ...................... 21 2.... 10 1....................................4 Une nécessité : comprendre les attentes des cibles....................................... 34 Chapitre 4 ........ 29 3...2.............................3 Une information exacte....................................................... 1 Définition de la communication financière ..... 2 Les principes de la communication financière .................................................2......................... 2 Principes de la réforme ..................................... 25 3.1.................................. 27 3....................3................ 17 2...........1 Les enjeux financiers................... 35 4............................................2.... 1 Présentation de la réforme .................................................. 22 2.................................................................................................... 19 2........................................................ 25 3....1........................................... 27 3.............3 La gestion du consensus ...............2 L’homogénéité de l’information.......... 25 3........ 1 Les trois notions d’information financière .... 20 2............................................................. 19 2.......... 26 3........ 2 Ce que la communication financière n’est pas ...................................................................1 Les intervenants dans la mise en œuvre ...........1............................CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Table des matières détaillée Introduction ......... 12 1.............. précise et sincère..........................4 La langue de la communication financière......2...................................................... 23 Chapitre 3 ................. 12 1....1 Les pratiques anciennes de l’information financière.........................2...1....................... 18 2............3..................... 17 2...................Un concept relativement récent ................................ 10 1....................................................2 L’information permanente..... 4 L’organisation de la communication financière .......2 Des facteurs exogènes à la base du changement ........ 4 Une communication révolutionnée par Internet ....... 2 Les enjeux de la communication financière ........... 9 Chapitre 1 ...................1 L’information périodique ................ 11 1..............2........................... 13 1...................................................2 Les prescripteurs........................................................1..1.................................3.................................................. 12 1................................... 35 4...........................2...................................................................1 L’égalité d’information .........Des objectifs multiples............. 35 Page 84 sur 88 .................. 29 Synthèse 1ère partie ......................3 Une communication soumise à la puissance des règlementations .................................... 27 3.. parfois contradictoires .......................................................................................2. 1 Les cibles de la communication financière .......................................2 L’intérêt de la publication d’un calendrier .....................................3............................................. 26 3........ 22 2. 32 2ème PARTIE : Environnement règlementaire et communication financière ..............1 Les décideurs .....3 L’information règlementée ................. 25 3...................................Directive européenne Solvabilité II... 3 Le calendrier........................................Principes généraux de la communication financière ... 3 Une évolution progressive dans le style de communication ........2........................................ 20 2............................................3 Les cibles périphériques .................... une nécessité pour bâtir sa communication financière................ 18 2. 7 1ère PARTIE : Cadre et principes de la communication financière.......4 Les enjeux éthiques .1........................3................................. 15 Chapitre 2 .........................................2 Les enjeux stratégiques.. 26 3........

........................................................... 69 8... 54 6........... 70 Page 85 sur 88 .....1 IAS 1 : Présentation des états financiers ............ 50 Chapitre 6 ... 54 6.......................................................1 La mise en place du comité ........... 67 8..............1 Rapport financier annuel ............................................................................2.... 3 Le code des assurances...................... 36 4.....................3 Une collecte industrielle des données......... 1 Présentation des IFRS........................................................... 51 6........ 37 4..............2 Comment supporter la production d’un reporting fiable ? .........................1 Maîtriser les échéances...............................................................................................Les autres dispositions règlementaires ........................................................................................2 Le choix des logiciels..................... 5 La 8ème directive européenne ..Le rôle des systèmes d’information.4 Déclarations intermédiaires de la Direction .....1..................................................... 2 Normes spécifiques à l’information financière ...... 4 Le règlement général de l’AMF ...........5.............................2............ 58 6............................1 La qualité du système d’information ............................................................. 3 Structure de la réforme .......... 59 3ème PARTIE : Quels enjeux pour les sociétés d’assurance ? .........2 Pilier II : les activités de contrôle ............... 69 8................ 62 7...................5 Les apports du Consultation Paper 15 ..................................informations à fournir ..... 45 5...... 44 5.....4... 40 4.............1............................... 4 Pilier III : la communication financière de demain ...1 Principe de l’article R336-1...................................................Communiquer sur des données comptables standarisées ........ 38 4.......1.............3 IFRS 8 : Secteurs opérationnels...........4 Les informations à destination du public............................. 58 Synthèse 2ème partie ... 66 8............................. 62 7.. 64 Chapitre 8 .............. 51 6............................................................. 43 Chapitre 5 ..............................................................................2............................. 45 5...................2 Rapport financier semestriel.. 1 Comment rendre compte de la diversité des informations ? ...4.............................................................................................. 38 4...................................................... 3 IFRS phase II et Solvabilité II : nécessité de converger pour limiter les risques ? .......... 1 Trop d’information tue l’information................................................. 70 8........ 57 6.....................................2 IFRS 7 : Instruments financiers ... 61 Chapitre 7 .............4...............................................2 Contenu règlementaire du pilier III ................. 53 6. 58 6............... 39 4......4............... 2 Plus concrètement ….......................4........................................................ 1 Directive « Transparence ».....................................1 Les principes clés du pilier III ......1............. 66 8..1 Pilier I : les règles quantitatives.................. 48 5..................3.......................2........3................3............................................ 63 7...................5........ 39 4............. 2 La Loi de Sécurité Financière (LSF) .......................................3 Les informations aux fins de contrôle .............3 Rapport financier trimestriel.........................Un état des lieux contrasté. 37 4.. 67 8.................................. 53 6...........2 Réglementation de l’article R336-1...................................................... 55 6....................................................................1...... 47 5................ colonne vertébrale du projet . 51 6..................................................................... 54 6...............................2.....................................CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 4...... 3 IFRS phase 2 en bref .............................................................................................................. 53 6...................................................................................2.............................3...................... 3 La communication financière dépend de la volonté du dirigeant : ....... 44 5....1...... 2 Chaîne de valeur et communication financière ........ 68 8...............2 Les missions du comité ....................................................................................................

............................................................ 75 9..............3 La responsabilité pénale ....Le conseil d’administration : garant de l’efficacité du système ? ........................................... 84 Principales références documentaires............4............. 74 9..2 La responsabilité particulière en cas de procédure collective .................................................................................. 3 Les informations à disposition du Conseil d’administration.........................4.................................................................................................. 1 Rôle de surveillance et d’alerte du Conseil d’administration................. 82 Table des matières détaillée.......... 2 La communication sur les risques par le Conseil d’administration.... 5 L’assurance Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux ..................................... 78 9.................4... 76 9....CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire 8..........................1 La responsabilité civile..................... 76 9................................ 4 Une utilisation possible du langage XBRL ? ........................................ 76 9..... 72 Chapitre 9 ........... 74 9.. 4 La responsabilité en droit des sociétés ....... 87 Page 86 sur 88 ........................................ 81 Conclusion ............................................................................................... 80 Synthèse 3ème partie ............................................. 78 9......................

Saint-Pierre. bâtir et mettre en œuvre une stratégie de communication financière .1994  AGEFI Hebdo Page 87 sur 88 .Cabinet Cauvin. Mai 2008 (Document AXA)  Rapport annuel AXA 2007  Contrats d’assurance en IFRS . de la gouvernance à la communication. 2005 Revues / Rapports  Présentation Gouvernance au MBA ENASS . Revue Sigma (N°4 / 2006)  L’évolution de la communication financière dans le processus de gouvernance Stéphane Onnée & Rahma Chekkar.Anne Guimard. PricewaterhouseCoopers.Cabinet Mazars. septembre 2008  Gestion des risques et contrôle interne des sociétés. Avril 2008  La communication financière .MARKT/C2/MAAT D(2002)  L'assurance et la communication financière en 1994 : analyse comparative des comptes consolidés . 2007  Le reporting financier : aspects comptables. Editions DUNOD. Editions Economica.CNAM/ENASS MBA Manager d’Entreprise Assurance Communication financière et environnement règlementaire Principales références documentaires Livres  La communication financière .René Ricol. Angleys. CCAS .CEIOPS-DOC. 2006  Reporting financier et gouvernance des entreprises : le sens des normes IFRS Benoît Pigé et Xavier Paper. Editions EMS. décembre 2008  Rapport sur la crise financière . Octobre 2007  Advice to the European Commission on Supervisory Reporting and Public Disclosure in the Framework of the Solvency II Project. 2008 (2ème édition)  Cadre et Pratiques de Communication Financière .Swiss Ré. August 2008  Solvency II . fiscaux et de gestion . Mars 2007  Consultation Paper N°15 – CEIOPS.Emmanuel du Boullay. théorie et pratique . 5ème édition (08-09)  Gearing up for Solvency II: The new business environment – PricewaterhouseCoopers. Editions DUNOD.Jean-Yves Léger. AON Global Risk Consulting.Observatoire Communication Financière.Eric Tort. Novembre 2006  Solvabilité II : une approche intégrée des risques pour les assureurs européens . Document de recherche N°2005-05  Note Commission Européenne DG Marché intérieur . « Pocket Guide ».Eric Dupont & Jean-Jacques Dussutour.

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mais aussi de la profession de l’assurance et de ses partenaires : • les « séminaires innovation » animés par les auditeurs du Centre des Hautes Etudes d’Assurance (CHEA). L’Ecole nationale d’assurances s’organise pour répondre le mieux possible à cette mission en direction de ses élèves d’abord. à tous les niveaux. être édités. Nous souhaitons que toutes ces initiatives vous soient profitables. • « les travaux de l’Enass ». Ces travaux vous seront adressés par Internet. que nous lançons aujourd’hui. François Ewald Directeur de l’Ecole nationale d’assurances . dans la mesure où les jurys qui les ont évalués ont noté leur qualité et leur originalité.Thèse professionnelle soutenue en avril 2009 pour l’obtention du MBA Manager d’entreprise d’assurance Sous la direction de : Hubert JUMEL Président du Jury : François EWALD Une école est un lieu de production et de diffusion de connaissances. permettent aux professionnels de suivre les grandes innovations en assurance telles qu’on peut les observer à l’étranger . certains d’entre eux pouvant faire l’objet d’un tirage sur papier ou même. sont destinés à faire bénéficier la profession des travaux menés au sein de l’Enass par ses professeurs et ses élèves. • les « dialogues de l’Enass » éclairent l’actualité par le débat avec une personnalité remarquable .

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