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INTRODUCTION

La région de M'Sila est au premier abord, caractérisée par une flore peu diversifiée.

Néanmoins, la réalité du terrain prouve le contraire. Le problème des régions arides et semi

arides, comme c'est le cas pour la région de M'Sila, est qu'il arrive souvent, qu'on néglige la

diversité pour ne s'intéresser qu'à l'abondance de la flore par comparaison aux régions du Tell.

L'usage traditionnel de cette flore peu abondante confirme son intérêt.

Il est donc important de faire l'inventaire des plantes utilisées dans la région de M'Sila,

et ceci par le biais d'enquêtes ethnobotaniques.

L'étude consiste à faire le recensement des plantes ayant un intérêt médicinal d'usage

traditionnel et par conséquent de connaître l'usage médicinal de la flore locale.

Ce travail est structuré en trois chapitres :

Le premier chapitre a été consacré à la présentation de la zone d’étude.

le deuxième chapitre à la méthodologie et le matériel utilisé.

le troisième consacré aux résultats obtenus et leur discussion.

De plus, nous avons introduit dans ce travail une partie supplémentaire qui a pour

objectif le recensement de la flore algérienne étudiée ou non étudiée, à partir d'une recherche

bibliographique, dans le but de commencer l'élaboration de la Pharmacopée algérienne.

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CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION DE LA REGION

1.1 - Localisation et limites

La wilaya de M'Sila est située au Sud-Est d'Alger à 248Km ; elle s'étend sur une superficie de 18175 Km². Limitée au Nord par les wilayas : Bouira, Bordj Bou-Arreridj et Sétif, à l'Est par Batna et Biskra, à l'Ouest par Djelfa et Médéa et au Sud par Djelfa et Biskra (fig. n° 1). Du point de vue géographique; il est limité au Nord par les monts du Hodna, à l'Est par les monts du Belezma, à l'Ouest par les monts de Ouled naiel et au Sud par les monts du Zibane. La région de M'Sila se trouve en latitude 35°40'N et en longitude 04°30'E, sur une altitude d'environ 500m (A.N.A.T.).

1.2 – Stratigraphie

Selon l' A.N.A.T., la géologie de M'Sila se représente comme suit

A- Le Quaternaire

C'est des alluvions anciennes constituées essentiellement par des sédiments fins.

a- Alluvions : Ce sont des limons à couleur grise, ces formations sont riches en matière sableuse, les graviers sont rares. b- cône de déjection : Il existe d'important cône de déjection située sur le flanc de Nord Ouest du Djebel Tsegna et sur le versant Sud Est de Djebel Fernane. c- les Alluvions actuelles : Sont peu représentés, ils existent au niveau des lits des Oueds. d- les Dunes: Localisées dans la région centrale au Sud et au Sud Ouest du Chott El Hodna, au Sud du Zahrez El Chergui et vers Bou Saada ils sont formés de sable quartzeux fins parfois chargés de matériel argileux. e- Chott : Formé de limon gris à cristaux de gypse comme les roses des sables.

B - Le Tertiaire

a- Eocène : Les formations de l'Eocène varient suivant les zones, l'Eocène débute par des calcaires blancs à intercalations de marnes se terminant par un ensemble conglomératique. L'Eocène et représenté par des grés rouges, des argiles variées viennent ensuite des calcaires et des conglomérats. Ils constituent les contreforts méridionaux des Monts du Hodna. b- Miocène : Les séries continentales sont constituées d'une alternance d'argile sableuse, de grés, de sables, de graviers et de conglomérats.

C - Le Secondaire

a- Crétacé supérieur : Il est largement représenté par des marnes et des calcaires, et largement répondu sur le territoire de la wilaya et présente toutes ses subdivisions stratigraphiques.

a.1- le Turonien : Il constitue les sommets de tous les synclinaux. Caractérisée

par des calcaires sublithographique à sa base et par des calcaires argileux en plaquette

et par des marnes à intercalation calcaire.

2

Médéa Djelfa Djelfa Bouira Bordj Bou-Arréridj M'SILA M'SILA Sétif Chott EL-HODNA Batna BOU SAADA Biskra

Médéa

Djelfa

Médéa Djelfa Djelfa Bouira Bordj Bou-Arréridj M'SILA M'SILA Sétif Chott EL-HODNA Batna BOU SAADA Biskra

Djelfa

Bouira

Bordj Bou-Arréridj

M'SILAM'SILA

Sétif

Chott EL-HODNA Batna BOU SAADA
Chott EL-HODNA
Batna
BOU SAADA

Biskra

Echelle: 1/1.250.000

Fig. n°1 : Carte de localisation de la zone d'étude (Conservation des forêts 1993)

3

a.2- Cénomanien : Il affleure largement, occupe une grande superficie dans sa

partie inférieure, constitué par une série d'alternance de calcaire et de marne. Dans sa partie supérieure au Sud de Bou Saada, composée par une alternance de marne argileux. b- Crétacé inférieur : C'est des formations continentales et lagunaires. c- Jurassique : C'est formations peu représentées, affleurent aux anticlinales ou aux monoclinaux, il comprend des marnes et grés argileux, ensuite du calcaire. d- Trias : Les formations Triasiques apparaissent souvent à l'intersection de plusieurs failles. De nombreux sédiments tels que les marnes, les argiles, les gypses, les grés fins argileux. Il se montre très limité en affleurements à l'extrême Nord Ouest.

1.3 – Hydrologie et hydrogéologie

Le réseau hydrographique est très dense. Pour la majorité ce sont des oueds. Les oueds les plus importants sont : Oued Leham, Oued Chaïr, Oued Ksob, Oued El Hamel, Oued Bou Saada. Au Nord, les oueds prennent naissance aux monts du Hodna et s'acheminent vers le Chott. Sur les formations lithologiques des plaines et hautes plaines, le réseau laisse très bien ses traces par l'effet de l'érosion hydrique, car les pluies tombent souvent sous forme d'averse et les oueds charrient d'importantes quantités de particules solides. La période de sècheresse

étant longue, ces oueds restent longtemps à sec

(fig. 2).

L'hydrogéologie est représentée par les formations aquifères existantes qui se localisent autour du Chott. Elles s'étendent sur toute la surface de la plaine à une profondeur d'environ 5m. Les terrains en bordure du Chott sont très salés, par conséquent ceci affecte les eaux de cette nappe phréatique limitant ainsi son utilisation, mais malgré ça, la nappe est surexploitée, car il existe plusieurs puits "la salure de l’eau est à moins de 2g/l" (C.F.,1993). Il y a une nappe captive située au Sud du Chott, ses eaux sont moins salées "la salure varie entre 0,5g/l et 1,5g/l en résidu sec à 110°". Mis à part ces deux nappes, il existe d'autres aquifères du Crétacés et du Jurassique moins bien connues que les premières, exploitées à partir des sources (F.A.O., 1991).

Selon la D.S.A. (2002), les ressources hydriques sont estimes à :

 

Eaux de surface : 320 Hm 3 .

Eaux souterraines : 142 Hm 3 .

1.4

- Sol

D'après les travaux de la D.S.A. (2002), nous pouvons conclure les différents types du sol dans la région de M'Sila (tableau n° 1).

4

Echelle : 1/1.250.000

Fig. n°2 : Carte du réseaux hydriques de la zone d'étude

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(Conservation des Forêts 1993)

Tableau n°1 : Types de sol dans la région de M'Sila

Type de sol

Caractéristiques

Subdivisions

Sols minéraux bruts appartiennent à la sous classe des Sols minéral brut d'apport alluvial

Se localise surtout dans les lits d'oueds. Sont généralement graveleux et pierreux.

 

Sols peu évolués appartiennent à la sous classe des Sols non climatiques et au groupe des Sols d'apport alluvial

Dépourvus d'horizons diagnostiques. Se caractérisent par un faible degré d'évolution et d'altération

Sols peu évolués Modaux

Sols peu évolués Steppisés

Sols peu évolués Vertiques

 

Sols peu évolués Halomorphes

Sols calcimagnésiques appartiennent au groupe des Sols bruns calcaires, ils sont rattachés au sous groupe des

Développés sur glacis et sur substratum calcaire. Présentent un profil de type A (B) C avec un horizon (B) bien développé et plus riche en éléments fins que d'horizon (A)

Sols bruns calcaires à croûte et encroûtement calcaire

Sols calciques

Sols calcaires à encroûtement calcaire

Sols brun calcaires xérique à encroûtement calcaire

Sols

calcimagnésiques à

encroûtement

gypseux

Sols Halomorphes

L'évolution est dominée par la présence des sols solubles, visibles en surface sous forme d'efflorescences blanches en période de forte évapotranspiration

 

Sols Hydromorphes

Peu humifères à accumulation de calcaire de nappe, ils sont très localisés

 

Sols Isomorphes

Sont de couleur rouge sombre. se caractérisent par les traits pédogénétiques suivants :

 

Isohumisme (se traduit par une répartition décroissante et progressive de la matière organique à partir de la surface) Dynamique de calcaire (se traduit par une décarbonatation partielle au total des horizons de surface, avec accumulation et individualisation du calcaire en profondeur). Selon l'importance de la décarbonatation des horizons de surface et leur teneur en matière organique, nous avons distingué : Groupe des Sierozems et Sous groupe des Sierozems encroûtés

6

1.5

- Relief

Le territoire de la wilaya de M'Sila constitue une zone charnière et de transition entre deux grandes chaînes de montagnes qui sont : l'Atlas Saharien et l'Atlas Tellien, ce qui donne La configuration géographique qui est caractérisé par

* Une zone de montagne de part et d'autre du Chott El Hodna.

* Une zone centrale constituée essentiellement de plaines et de hautes plaines.

* Une zone de Chott et de dépression avec le Chott El Hodna au centre Est, et le Zehrez Chergui au centre Ouest.

* Une zone des dunes de sables éoliens.

1.6 - Géomorphologie

Selon l'Inspection de l'Environnement de la wilaya de M'Sila (2004), on peut donner les classes d'Altitude et de Pente suivantes :

Tableau n°2 : Classes d'altitude dans la zone d'étude

Classe d'altitude (m)

Superficie (Km²)

Type de paysage

400 – 500

2726,6

Plaines

500 – 1000

11813

Haute plaine

>1000

2908

Montagne

Tableau n°3 : Classes de pente dans la zone d'étude

Classe de pente

Superficie Km² et % de pente

0 – 3 %

10669

(58,7 %)

3 – 12,5 %

5525

(30,4 %)

12,5 – 25 %

1381

(7,6 %)

>25 %

600

(3,2 %)

Total

18175

(100 %)

La wilaya de M'Sila renferme différents types de paysage; les plaines comprises entre 400 et 500m, les hautes plaines limitées à partir de 500 jusqu'à 1000m (où elles s'étendent sur des larges superficies : 11813km²) et les montagnes à partir de 1000m (tableau n°2). Les terrains pentés se localisent à l'extrême Nord et au Sud de la wilaya englobant les monts de Hodna, les monts de Ouled Nail et les monts du M'Zab (tableau n°3) (A.N.A.T.).

1.7 – Climat :

Le climat de la région de M'Sila est caractérisé par un été sec, très chaud et un hiver très froid. Sur le plan pluviométrique, la zone la plus arrosée est située au nord; elle reçoit plus de 480mm/an; quand au reste de territoire la zone la plus sèche est située à l'extrême sud de la wilaya et reçoit moins de 200mm/an (I.E., 2004).

1.7.1 - Source des données

7

Les données météorologiques relatives à la région étudiée, sont extraites des travaux

de SELTZER (1946) pour la période de 1913 à 1938, suivies par des données récentes issues de la station météorologique de la wilaya de M'Sila.

1.7.2 - Précipitations

Tableau n°4 : Précipitations moyennes mensuelles (mm)

Station

Jan.

Fév.

Mar.

Avr.

Mai

Jui.

Jut.

Aoû.

Sep.

Oct.

Nov

Déc

Total annuel

Source

.

.

M'Sila

21,

10,

16,6

19,8

30,

10,

3,1

9,5

27,

23,

21,0

20,7

214

S.M.M

1988-2004

1

7

0

1

8

6

.

M'Sila

25

13

27

14

22

12

5

3

23

20

38

24

167

S.

1923-1938

S.M.M. : Station Météorologique de M'Sila (2004).

S. : SELTZER (1946).

A partir de ce tableau on remarque que le mois le plus pluvieux est Mai par (30 mm) et le mois le moins pluvieux est Juillet (3,1 mm), selon les données du S.M.M. (fig. n°3).Quand, selon les travaux de SELTZER, le mois le plus pluvieux est Novembre (38 mm), et le mois le moins pluvieux est Août par (3 mm). De 1923 à 1938 la zone d'étude reçoit un total annuel de précipitation de 167mm, alors que de 1988 à 2004 il augmente à 214mm. Comme on observe que, toujours, le minimum de précipitation est enregistré durant les mois d'été.

1.7.3 - Régime saisonnier

HALIMI (1986) : "Ce sont les quatre totaux pluviométriques saisonniers moyens, qui une fois classés avec un ordre décroissant forment «l'indicatif saisonnier»".

Tableau n°5 : Le régime saisonnier

Station

Hiver

Printemps

Eté

Automne

Type de régime

Source

M'Sila 1988-2004

52,5

66,4

22,7

72,4

APHE

S.M.M.

M'Sila 1923-1938

62

63

20

81

APHE

S.

S.M.M. : Station Météorologique de M'Sila (2004). S. : SELTZER (1946).

L'examen du tableau n°5 montre que c'est en été qu'on enregistre le minimum de précipitations, par contre, le maximum est enregistré en automne (fig. n°4). Comme on remarque qu'il y a une ressemblance des données issues de SELTZER (1946) et celles les plus récentes (1988-2004) issues de la station météorologique de M’Sila (S.M.M.), les deux ont un régime saisonnier APHE (Automne Printemps Hiver Eté).

1.7.4 - Températures

Tableau n°6 : Moyennes mensuelles et annuelles des températures (°C) Station Jan. Fév. Mar. Avr.
Tableau n°6 : Moyennes mensuelles et annuelles des températures (°C)
Station
Jan.
Fév.
Mar.
Avr.
Mai
Jui.
Jut.
Aoû.
Sep.
Oct.
Nov.
Déc.
Moy.an
M'Sila
m
3,6
4,4
7,7
10,1
15,8
20,8
24, 3
24,2
19,3
14,2
8,5
9,4
13,15
1988-2004
M
13,3
13,4
20,2
22,6
28, 2
34,3
38,2
36,7
31, 7
25,9
18,8
13,9
24,76
(M+m)/2
8,5
10,4
13,9
16,3
22,0
27,5
31,2
30,4
25,5
20,1
13,6
9,4
18,95

Source : Station Météorologique de M'Sila (2004)

m : la moyenne des températures minimales.

8

M : la moyenne des températures maximales.

Le tableau des températures nous permet de dire que le mois le plus chaud est le mois de Juillet (30,4°C) et le mois le plus froid est le mois de Janvier (8,5°C).

30

25

20

15

10

5

0

(mm) J F M A M J Ju A S O N D
(mm)
J
F
M
A
M
J
Ju
A
S
O
N
D

mois

fig. n°3 : Histogramme des précipitations moyennes mensuelles en (mm)

80 (mm) 70 60 50 40 30 20 10 0 Hiver Printemps Eté Automne
80 (mm)
70
60
50
40
30
20
10
0
Hiver
Printemps
Eté
Automne

9

fig. n°4 : Histogramme des précipitations saisonnières en (mm)

1.8 - Synthèse bioclimatique

1.8.1 - Diagramme ombrothermique

De nombreux auteurs (De MARTONNE, 1929 ; GIACOBBE, 1961) ont proposé diverses formules pour caractériser la saison sèche, qui joue un rôle capital dans la distribution de la végétation. Selon BAGNOULS et GAUSSEN (1957), un mois est dit biologiquement sec si : "le total mensuel des précipitations exprimées en millimètres est égale ou inférieur au double de la température moyenne exprimée en degrés centigrades" (KAABECHE, 1990). Ces mêmes auteurs déterminent la période sèche à partir d'un diagramme ombrothermique qui n'est qu'une représentation graphique. Portant en ordonnée, à gauche les températures (T) du mois exprimées en degrés centigrades avec une échelle double et à droite les précipitations (P) du mois exprimées en millimètres et en abscisse les mois de l'année. La surface limitée par l'intersection des deux courbes indique la durée de la saison sèche. Pour notre zone, elle s'étale sur plus de 9 mois (fig. n°5).

Station de M'Sila

P(mm) T°C 80 40 70 35 60 30 50 25 40 20 30 15 20
P(mm)
T°C
80
40
70
35
60
30
50
25
40
20
30
15
20
10
10
5
0
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12

Mois

Fig. n°5 : Digramme ombrothermique de la station de M’Sila (1988 -2004)

1.8.2 - Etude bioclimatique

a - Indice de sècheresse estivale

LOUIS EMBERGER (1941), à la suite de GIACOBBE (1938), mesurait la sécheresse de l'été par l'indice de sècheresse estival dit d'EMBERGER- GIACOBBE)

Sa formule : S = P/T

S : l'indice de sécheresse.

P : total des précipitations des trois mois d'été.

10

T : moyenne des maximums du mois le plus chaud. S = 0,45

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On utilise maintenant l'échelle de référence climatique suivante (tableau n°7)

Tableau n°7 : l'échelle de référence climatique

Indice

0 – 5

5 - 7

7 et plus

Eté

Sec

Sub-sec

Non sec

Climat

Méditerranéen

Sub-

Non médit.

médit.

Notre résultat est égale 0,45 donc notre zone d'étude est soumise à un climat méditerranéen à été sec.

b - Quotient pluviothermique

Le quotient pluviothermique d'EMBERGER, a été crée en 1930 et a fait depuis lors l'objet d'étude et d'analyse nombreuses (EMBERGER, 1930, 1952, etc.…; SAUVAGE, 1962, 1963 a, 1963 b; CALVET, 1964 a-b). (Ph. DAGET, 1971).

Sa formule : Q2 = 2000P/(M² - m²)

Q2 : quotient pluviothermique.

P

: total des précipitations annuelles.

M

: moyenne des températures maximales du mois le plus chaud en degré kelvin.

m

: moyenne des températures minimales du mois le plus froid en degré kelvin.

Q2 = 21,07

En principe plus Q2 est petit, plus le climat est sec et notre Q2 est d'une petite valeur (21.07), ce qui explique que notre région d'étude est d'un climat sec. Selon la fig. n°6 la région de M'Sila se situe dans l'étage bioclimatique aride à hiver doux.

1.9 - Le couvert végétal

Le couvert forestier de la région de M'Sila, couvre une superficie estimée à 132.000ha y compris le reboisement. Le Pin d'Alep est l'espèce dominante, le Genévrier et le Chêne vert constituent l'espèce secondaire. Les forêts sont situées en zones montagneuses. Ce couvert forestier se caractérise par une extrême fragilité en raison des conditions climatiques et autres Climat aride à semi aride, hiver froid avec gelée, été chaud, érosion de sol, arrachage des arbres, incendies (I.E., 2004). La grande partie de la wilaya est couverte par la steppe, elle occupe 1200.000ha soit 63 % du territoire. Formée essentiellement d'Alfa et d'Armoise. Au Nord, les parcours steppiques sont assez bien développés, au Sud, ils sont beaucoup plus dégradés et clairsemés et ceci par l'effet de la pluviométrie. La steppe constitue d'importantes ressources pastorales, elle est déjà dans un état assez dégradé (A.N.A.T.).

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Q 2 PERHUMIDE 190 180 HUMIDE 170 160 150 140 130 SUBHUMIDE 120 110 100
Q
2
PERHUMIDE
190
180
HUMIDE
170
160
150
140
130
SUBHUMIDE
120
110
100
9
0
8
0
7
SEMIARIDE
0
6
0
5
0
4
ARIDE
0
3
0
2
0
1
M'Sila
0
SAHRIEN
-5
-4
-3
-2
-1
0
1
2 3
4
5 6
7 8 9
10
11
12
13 m°C
Très froid
Froid
Frais
Doux
Chaud
Très chaud

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Fig. n°6 : Climagramme d'EMBERGER de la région de M'Sila

1.10 - Historique sur les plantes médicinales

CHIEJ (1982), a dit que l'homme préhistorique a déjà remarqué les animaux qui consomment quelques plantes pour objectif thérapeutique. Il est certain qu'il a vu le daim qui soigne ses blessures avec certaines plantes, et BARDEAU (1978) voit que l'histoire de la médecine revient à 4500 années av.J.C., car les anciens égyptiens ont utilisé les remédiant et les plantes aromatiques dans la thérapeutie ou en sorcellerie. Et peut-être que la grande consommation des plantes médicinales étaient dans l'opération d'embaumement, DE LAVEAU et al (1985), ont cité quelques unes de ces plantes : le Genévrier, la Grenade, le cumin, l'ail et le ricin (DAHIA, 1987).

Lorsqu'il s'agit de l'histoire des plantes, il est fait souvent référence à la médecine grecque, habituellement à HIPPOCRATE (300 ans av.J.C.), à DIOSCORIDES (1 er siècle de notre ère) ou à GALIEN (2 e siècle de notre ère). Quoique l'histoire des plantes soit beaucoup plus ancienne : à vrai dire, elle est liée à celle de l'Homme. Apparemment, dès que l'Homme est apparu comme espèce, il a dû chercher à subvenir à ses besoins nutritionnels, en sélectionnant des fruits sauvages, des feuilles à saveur agréable et des tubercules comestibles. Puis, sa vie sociale et son aptitude à communiquer, l'amenèrent à échanger avec ses semblables de nombreuses informations sur la qualité des végétaux qu'il a rencontrés ou expérimentés. Ce qui lui a permis d'enrichir ses connaissances des plantes (les bonnes, les désagréables, les toxiques, etc.), et même de se spécialiser dans le traitement par les herbes, au sein des groupes structurés. Des tablettes d'argile gravées de signes cunéiformes, datant de l'époque sumérienne (vers le 4 e millénaires) représentent des "recueils de formules de plantes médicinales" ; près de 250 herbes y sont indiquées, sous forme d'onguents, de tisanes, de décoctions etc. (BABA AISSA, 1999).

En Inde, les plantes curatives sont mentionnées dans le Véda (ensemble de quatre recueils antiques, comprenant le Rig-Véda, le Sâma-Véda, le Yajur-Véda et l'Athrava-Véda). Le Véda contenait déjà des noms de maladies et de remèdes, qui se trouvent en partie dans l'Ayurvéda (nom sanskrit de la "science de la vie"). Les traitements ayurvédiques sont à base de régimes, de remèdes essentiellement végétaux (jusqu'à 1500 plantes sont décrites dans les traités), et éventuellement chirurgicaux. Dans la médecine chinoise traditionnelle (qui est encore intacte de nos jours), l'acte thérapeutique s'applique, avant tout, à rétablir l'harmonie entre le corps et l'esprit. Dans le traité de "Nei Jing Su Wen", il est indiqué les différentes manières de soigner un malade, dans l'ordre de priorité : 1 er traiter l'esprit, 2 e savoir nourrir le corps, 3 e prescrire des remèdes, 4 e piquer l'aiguille (acupuncture). Les remèdes sont indiqués dans le premier livre de matière médicale : le "Shennong benaco jing", qui est rédigé vraisemblablement vers 2000 ans av. J.C. ; ce livre mentionne 365 remèdes d'origine végétal (BABA AISSA, 1999).

Ensuite les arabes ont découvert les techniques de distillation, et parmi les savants arabes il y'avait ABOU BAKER ERRAZI (né en 865), qui a fait plusieurs livres scientifiques en relation avec la médecine et les plantes (Pharmacie de la médecine), il y'avait aussi AVICENE (980), qui a presque 100 œuvres scientifiques et philosophiques, et parmi les livres de médecine et de pharmacie on a "la guérison". Mais en 1942 "la défaite des arabes en Andalous" les européens ont pris tout patrimoine, ils l'ont développé et ajoute un plus. Ils ont pris leur découvertes et innovation, et ça duré comme ça, les savants ont continué à innover à découvrir dans ce domaine, comme FLEMING qui a séparé le Pénicilline du

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Penicelllium notatum et qui a pu battre plusieurs maladies bactériennes, alors qu'il y'a des bactéries qui sont devenues résistantes à quelques antibiotiques. BOURRET (1978) a dit que parmi 100millions microbes, un pourrait vivre et devenir résistant et se reproduire, ce qui a poussé les savants à aller vers la thérapeutique par les plantes comme solution qui les protège des complications secondaires des médicaments chimiques (DAHIA, 1987).

En Afrique, l'usage des plantes est connu depuis long temps, les herbes font partie de sa culture : on signe avec, on fait des offrandes avec, on exorcise avec, on se protège contre les mauvais esprits en les conservant dans les demeures et en en faisant des fumigations, et, bien que leur pouvoir thérapeutique soit coloré de magie et de mysticisme (dans certaines cultures on croyait que la plante avait une âme), plusieurs propriétés sont effectives. Aussi, ont-elles une valeur économique : des centaines de plantes sauvages et cultivées se vendent sur tous les marchés d'Afrique (BABA AISSA, 1999).

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CHAPITRE 2 - MATÉRIEL ET MÉTHODE

2.1- Matériel

Dans ce modeste travail notre matériel est constitué du questionnaire réalisé au préalable et la liste des espèces végétales a intérêt médicinales; ces dernières ont été recensées d'après des enquêtes faite dans différentes stations de la région de M'Sila.

2.2- Méthode d'étude

2.2.1 - L'enquête

Il existe plusieurs approches d'enquêtes sur les plantes médicinales selon l'objectif et l'ampleur d'étude. On a choisi seulement 03 méthodes qui sont les plus utilisées et les plus appropriées à notre cas d'étude, où on a contacté certaines catégories des gens qui ont des connaissances et des dons de guérison par les plantes, comme on a signalé les obstacles qui sont associés à leur emploi.

a – enquête auprès des habitants

Cette procédure consiste à contacter les habitants, de préférence les plus âgés, leur poser des questions sur les plantes médicinales se trouvant dans la région d'étude. Mais cette méthode n'est pas toujours correcte, car les personnes contactées ne sont ni des guérisseurs, ni des herboristes. Alors, il faut obtenir les informations de différentes sources et n'accepter que celles qui sont cohérentes.

b – enquête auprès des herboristes

Les herboristes sont des gens qu'on rencontre dans les marchés. Ils connaissent d'une façon fiable, les plantes et les remèdes qu'ils vendent. En général ils connaissent les noms vernaculaires des plantes médicinales. Demander à l'herboriste un remède pour une maladie donnée est une approche fructueuse. Cet herboriste comme tout vendeur doit avoir de l'argent contre la prescription, et le traitement proposé est sous forme d'une plante ou d'un mélange de plusieurs plantes.

c – enquête auprès des guérisseurs

Le guérisseur donne des prescriptions contre l'argent, comme il est parfois associe des pratiques de sorcellerie sans valeur du point de vue thérapeutique.

L'enquête a été faite selon un questionnaire type (Annexe n°1) qui renferme 03 parties, des informations sur l'utilisateur ou le praticien, des caractéristiques de la plante et des caractéristiques ethnobotaniques de la plante. La figure n° 7 montre la démarche suivie dans notre étude.

16

Matériel : Espèce végétale

Méthode d'étude : Enquête

: Espèce végétale Méthode d'étude : Enquête Enquête Enquête Enquête auprès des auprès
: Espèce végétale Méthode d'étude : Enquête Enquête Enquête Enquête auprès des auprès

Enquête

Enquête

Enquête

auprès des

auprès des

auprès des

habitants

herboristes

guérisseurs

Fiche technique

Fig. n°7 : Démarche méthodologique sur l’étude des plantes médicinales

17

2.2.2- Récolte, séchage et conservation des plantes médicinales

a - Récolte

La récolte a des règles qu'on doit respecter selon l'espèce végétale et la partie récoltée. Parmi ces règles; les lieux de récolte doivent être sains, comme il faut respecter les périodes de récolte, on choisissant les périodes favorables ou les "bonnes saisons" (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977). Par exemple : s'il s'agit d'un lieu pollué, il est important de ne pas ramasser les plantes de long des routes, car celles-ci peuvent être polluées par les gaz d'échappement (LAOUER, 1999). S'il s'agit de la période favorable, cueillir les fleurs avant compléter leur épanouissement, ainsi que les feuilles, et récolter les tiges, les bourgeons et les racines (doivent être saines et flexibles) au printemps (BELOUED, 1998).

b – Séchage

Le séchage est l'opération la plus délicate de la production des plantes médicinales et aromatiques. Elle doit toujours être rapide, se fait directement après la récolte (LAOUER, 1999). Le séchage permet d'éliminer une certaine quantité d'eau contenue dans la plante. Aussi avant toute récolte, il faut s'assurer du local et des moyens de séchage prêts à l'utilisation. La durée de séchage dépend de la quantité d'eau à évacuer et aussi de la résistance de la plante à l'évaporation (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

c – Conservation

Une fois les plantes bien sèches, on peut les conserver, à l'abri de l'air, de la lumière, de l'humidité et de la poussière, soit dans des boites de fer-blanc hermétique, soit dans des sacs de papier de carton, fermés grâce à une bande adhésive, soit dans des sacs en plastique. L'emballage portera une étiquette visible avec le nom de la plante et la date de récolte (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

2.2.3 - Mode de préparation des extraits des plantes et leurs formes d'utilisations

Pour retirer l'effet utile des plantes par leurs principes actifs, on a plusieurs modes de préparation. Parmi les quelles on a : les Tisanes, les Préparations etc. voir Annexe n°2.

18

CHAPITRE 3 - RESULTATS ET DISCUSSION

3.1 - Résultats de l’enquête ethnobotanique

On a pu recenser, à l'aide de notre enquêtes auprès des différentes catégories des gens dans la région de M'Sila, 55 espèces végétales appartenant à 29 familles botaniques (tableau n°8).

A raison de toucher un nombre important de ces familles et pour illustrer notre travail on a sélectionné 20 espèces appartenant à 18 familles botaniques, où, selon une fiche technique (voir annexe n°3), on va donner un aperçu sur ces plantes médicinales choisies.

La description botanique de chaque espèce a été décrite sur la base des ouvrages suivants : QUEZEL et SANTA (1962-1963), DAHIA (1987), ACHOUR (1991) et MAHMOUDI. Comme on a consulté les ouvrages suivantes : BABA AISSA (1999), ORLHAC, ERNEST, BELOUED (1998), OZENDA (1983), pour ajouter quelques informations a cette description ainsi pour donner l'habitat et l'aire de répartition.

En plus de ces descriptions botaniques écologiques et systématiques, la fiche renferme la période de récolte, la composition chimique, les propriétés thérapeutiques, la partie utilisée, le mode d'utilisation, l'usage traditionnel à M'Sila, autres usages, conseils et enfin des remarques si possibles.

19

Tableau n°8 : Liste des espèces végétales recensées

N

Familles

Espèces

Nom local

Nom français

01

Labiées

Ajuga iva (L.) Scherb. Marrubium vulgare L. Mentha pulegium L. Mentha spicata L. Origanum glandulosum Desf. Rosmarinus officinalis L. Teucrium polium L. Thymus algeriensis B. et R.

Chendgoura

Ivette musquée

Temarriouet

Marrub blanc

Feliou

Menthe pouliot

Naânaâ

Menthe verte

Zaâter

Origan

Aklil

Romarin

Khayata

Germandrée polium

Djertil

Thym

02

Astéracées = Composées

Artemisia absinthium L. Artemisia campestris L. Artemisia herba-alba Asso. Inula viscosa (L.) Ait. Lactuca sativa L. Santolina africana Jord. et F.

Chadjret marièm

Absinthe

Degoufet

Armoise champêtre

Chih

Armoise blanche

Magraman

Inule visqueuse

Slata, Chlada

Laitue

Djaïda

Santoline

03

Liliacées

Allium cepa L. Allium sativum L. Asparagus albus L. Asphodelus microcarpus Selzm. et Viv. Urginea maritima (L.) Baker.

El Basla

Oignon

Thoum

Ail

Sekkoum

Asperge blanche

Berouag

Asphodèle

Bosaylet El-Far

Scille rouge

04

Fabacées = Papilionacées

Ervum lens L. Retama retam Webb. Trigonella fœnum- gracum L.

Aâdess

Lentille

Rtem

Retam

Helba

Fenugrec

05

Ombellifères

Cuminum cyminum L. Pituranthos scoparius (Coss. et Dur.) B. et H. Thapsia garganica L.

Kemoun

Cumin

Guezaih

Guezaih

Derias, Bounafaâ

Thapsia

06

Poacées = Graminées

Cynodon dactylon (L.) Pers. Hordeum vulgare L. Stipa tenacissima L.

N'djem

Gros chiendent

Chaïr

Orge cultivée

Halfa

Alfa

07

Cucurbitacées

Bryonia dioïca Jacq. Ecballium elaterium A. Rich.

Bereztoum

Bryone

Fegouss El-Hmir

Momordique

08

Cupressacées

Juniperus oxycedrus L. Juniperus phœnicea L.

Tagga

Genévrier oxycèdre Genév. de phénicie

Aâr-âar

09

Plantaginacées

Plantago albican L. Plantago major L.

Yelma

Plantain

Meçaça

Grand plantain

10

Rhamnacées

Rhamnus alaternus L. Ziziphus lotus (L.) Desf.

M'lilesse

Alaterne

Sedra, N'beg

Jujubier sauvage

11

Anacardiacées

Pistacia lentiscus L.

Dharou

Lentisque

12

Apocynacées

Nerium oleander L.

Defla

Laurier rose

13

Cactacées

Opuntia ficus-indica (L.) Mill.

Hendi

Figuier de Barbarie

14

Caryophylacées

Paronychia argentea (Pourr.) Lamk.

Kassarat El-hdjer

Thé arabe

15

Crucifères

Lepidium sativum L.

Habb-errachad

Cresson alénois

16

Fagacées

Quercus ilex L.

Bellot

Chêne vert

17

Globulariacées

Globularia alypum L.

Tasselgha

Globulaire turbith

18

Malvacées

Malva sylvestris L.

Khobeise

Grande mauve

19

Papavéracées

Papaver rhœas L.

Ben Naâmen

Coquelicot

20

Pinacées

Pinus halepensis Mill.

Senouber

Pin d'Alep

21

Punicacées

Punica granatum L.

Roumane

Grenadier

22

Renonculacées

Nigella sativa L.

Sinoudj

Nigelle

23

Rosacées

Rubus ulmifolius Schott.

Allaigue

Ronce

24

Rutacées

Ruta chalepensis L.

Fidjel

Rue

25

Thymélaeacées

Thymelaea hirsuta (L.) Endl.

Methnane

Passerine

26

Urticacées

Urtica dioïca L.

El Horeigue

Ortie dioïque

27

Verbénacées

Lippia citriodora Ort. et Pal.

Tizana

Verveine citronnelle

28

Vitacées

Vitis vinifera L.

Dalia, Aneb

Vigne cultivée

29

Zygophyllacées

Peganum harmala L.

Harmel

Harmal, rue sauvage

20

Ajuga iva (L.) Schreb.

1-Identification

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations : Touftolba

Famille

: Labiées

: Chendgoura, Meusk El-qobour

: Ivette musquée

2- Description botanique : C'est une plante vivace, ligneuse à la base. La tige florifère rampante peut atteindre plus de 08 cm de longueur. Les feuilles sont simples, sessiles, linéaires lancéolées et très serrées. Les fleurs roses blanches tachées de jaune, groupées à l'aisselle de feuilles. Les fruits sont des nucules réticulés.

3- Habitat, floraison et période de récolte : cette espèce habite les pelouses et les forêts de basses montagnes. Floraison de Mars à Août. La récolte se fait un peu avant la pleine floraison (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne, répandue dans le Tell.

5- Composition chimique : La plante entière contient de tanin, de saponine, de cyastérone, de dystérone et un principe amer (BABA AISSA, 1999), des ecdystérones (LAOUER, 1995), des flavonoïdes, des acides et des phénoles (SARRI, 1999).

6- Propriétés thérapeutiques : À la suite de sa richesse en tanin, la plante est principalement astringente, antiseptique. En outre l'Ivette est utilisée dans le cas de la stérilité féminine et les maladies pulmonaires comme l'asthme (LAOUER, 1995), elle est aussi antispasmodique, tonique, fébrifuge, diurétique, antiarthritique et apéritive. On l'utilise avantageusement aussi contre les affections fébriles, comme la grippe (BELOUED, 1998), vulnéraire (BABA AISSA, 1999), sous forme d'infusion utilisée contre le diabète, l'hypertension artérielle, les rhumatismes, les diarrhées, les douleurs gastriques et le cancer (SARI, 1999). En usage externe s'utilise comme cicatrisant (BABA AISSA, 1991).

7-

Partie utilisée : La plante sans racines.

8-

Mode d'utilisation

Emploi les tiges feuillées sèches, en infusion théi forme.

Décoction : 20g dans un litre d'eau (dans des cas de maux de tête, des

reins et de la vessie). Prendre 03 tasses de tisane par jour (BELOUED,

1998).

9- Usage traditionnel à M'Sila : L'ivette à M'Sila est utilisée sous forme de décoction ou infusion contre les douleurs abdominales, les douleurs gastriques et le diabète. Elle est indiquée aussi pour traiter les affections hepato-biliaires dont la prise journalière est d'une cuillère le matin et autre le soir.

21

1-

Teucrium polium L.

Identification

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations : Timzourine, djaad.

Famille

: Labiées.

: Khayata.

: Germandrée polium, polium.

2- Description botanique : C'est une plante pérenne, blanchâtre. La tige est plus ou moins rameuse. Les feuilles sont presque sans pétiole, linéaires. Les fleurs blanches ou purpurines ou roses, elles sont réunies en inflorescence glomérule. Elle a une odeur forte, aromatique et agréable.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Espèce spontanée, forte répondue aux bords des oueds et à la montagne, comme elle se trouve aux rocailles. La cueillette est au début de l'été (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerrano-sahariènne.

5- Composition chimique : La plante contient des tanins, d'une huile essentielle, d'un principe amer et des alcaloïdes (BABA AISSA, 1999). Comme on a révélé la présence d'ester et d'acide caféique, d'un glucoside cardiaque, de stérols, des triterpènes et des acides aminés (LAOUER, 1995).

6- Propriétés thérapeutiques : La plante est astringente, fébrifuge (paludisme), hypoglycémiante, tonique amer (BABA AISSA, 1999), comme elle a un effet antiseptique, anti-inflammatoire, vulnéraire, expectorant et vermifuge (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : Les feuilles et les sommités fleuries.

8-

Mode d'utilisation

Infusion : On boit l'infusion de 05g par tasse, 03 fois par jour contre les

douleurs gastro-intestinales, la fièvre, les retentions biliaires, les crises de foie et les diarrhées (SARI, 1999).

Cataplasme : application locale.

9- Usage traditionnel à M'Sila : Décoction à partir des feuilles de polium, si possible sans sucre, est utilisée contre les douleurs abdominales et les douleurs gastriques. La poudre préparée à partir des parties aériennes a un pouvoir cicatrisant par son application sur les plaies. En outre la tisane est fébrifuge et antiémétique. La plante a également un rôle très important dans la cicatrisation des ulcères gastro-duodénaux.

10- Autres usages : on l'utilise sous forme de détersif.

11- Conseilles : À utiliser avec modération, car certaines de ses substances ne sont pas bien définies, notamment les alcaloïdes (BABA AISSA, 1999).

22

1-

Artemisia campestris L.

Identification

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations : Alala, Tedjouq.

Famille

: Astéracées.

: Degoufet, Guefta.

: Armoise champêtre, Armoise rouge.

2- Description botanique : Plante vivace, buissonneuse, dont les tiges ramifiées sont ligneuses dés la base et peut mesurer plus de 40cm de hauteur. Les feuilles sont alternes et divisées en lanières étroites. Les fleurs sont toutes en tube d'une couleur tournant au jaune, réunies en capitules globuleux. Le fruit est un akène.

3- Habitat, floraison et période de récolte : plante des hauts plateaux, plus rare dans la région présaharienne.

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : L'armoise champêtre contient une huile essentielle, des glucosides, un flavone, des stérols et du tanin (BABA AISSA, 1999).

6- Propriétés thérapeutiques : En usage traditionnel l'armoise est un emménagogue, vermifuge, vulnéraire, calme les troubles digestifs (maux d'estomac, nausées). En usage externe, en cataplasme sédatif sur le bas ventre (règles difficiles, crampes musculaires) et cicatrisant sur les blessures et les brûlures (BABA AISSA, 1999), antispasmodique et hémostatique. L'huile essentielle est largement antimicrobienne mais a une action très irritante contre la peau (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : La partie aérienne de la plante.

8-

Mode d'utilisation

Infusion : 15g de sommités fleuries par un litre d'eau

(BABA AISSA, 1991).

La racine pulvérisée, accompagnée de miel indiquée contre les

convulsions à raison de prendre 02 à 04 cuillères à café par jour (BABA AISSA, 1991).

Cataplasme : application directe.

9- Usage traditionnel à M'Sila : Le décocté des sommités fleuries est utilisé contre les douleurs de menstruation et les piqûres des scorpions et contre les gaz. L'infusion de la partie aérienne de la plante est utilisée contre le diabète.

10- Conseilles : Il est recommandé de ne pas faire un usage prolongé et de l'employer qu'à faible dose (BABA AISSA, 1991).

23

1-

Identification

Lactuca sativa L.

Famille

: Astéracées.

Nom vernaculaire

: Slata, Chlada.

Nom français

: Laitue.

2- Description botanique : Plante annuelle herbacée. Elle se présente généralement sous forme de rosette dense, à feuilles larges, arrondies ou allongées, cloquées, imbriquées en plusieurs couches plus ou moins serrées, à cœur blanc, tendre ; tige florale élancée, feuillée, à petites feuilles lancéolées allongées ; fleurs en petits capitules jaunes réunis en grappes.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Elle est cultivée dans les zones maraîchères.

4- Aire de répartition : Espèce des régions tempérées.

5- Composition chimique : La plante riche d'environ de 95% d'eau, des éléments minéraux et des oligo-éléments (calcium, fer, nickel, cuivre, manganèse, phosphore, cobalt, iode), un principe amer, un lactone (en faible quantité), un chlorophylle, une carotène, des vitamines A, B1, B2, C, D, E (BABA AISSA, 1999). Dans le latex qui s'en écoule, on a trouvé des α- et β-lactucérols, de l'inositol, des sucres réducteurs, 02 principes amers non azotés, une substance à odeur de vanille, de la cire, une résine, du manitol, de l'acide malique, de l'acide oxalique, de l'asparagine. La plante contient, en plus, une huile essentielle, des acides maliques et succinique (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : La plante a des propriétés adoucissantes, analgésiques, antispasmodiques, hypnotiques, sédatives (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977), apéritives, dépuratives, émollientes, rafraîchissantes, résolutives (BABA AISSA, 1999).

7- Partie utilisée : Les feuilles.

8- Mode d'utilisation

Décoction : 100g de feuilles pour 150g d'eau, bouillir 5mn boire tiède

et très sucré contre le coqueluche (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

Cataplasme : Les feuilles cuitent avec l'huile d'olive s'utilisent en

application locale sur les abcès, les pustules et les contusions. Lotion : À partir de décoction des feuilles ajoutée de l'eau de rose, contre la fatigue des yeux et traite l'enflure des paupières (ABD EL RAHIM, 2001).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Elle se mange crûe, conseillée pour ouvrir l'appétit, pour purifier le sang, aux personnes qui ont l'insomnie, et s'utilise dans les régimes alimentaires. Comme elle est considérée comme sédatif (calment).

24

Asphodelus microcarpus Salzm. et Viv. = A. morisianus Parl.

1- Identification

Famille

: Liliacées.

Nom vernaculaire

: Berouag.

Nom français

: Asphodèle.

Autres appellations : Belouaz.

2- Description botanique : C'est une plante herbacée, vivace, ses racines sont tubérisées, à tige florifère peut atteindre 01m de hauteur. Les feuilles sont radicales, charnues. Les fleurs blanches ou roses pédicellées sont réunies en inflorescence sous forme de grappe ou de panicule largement rameuse en pyramide. Le fruit est une capsule contenant des graines triquètres et noirâtres.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Espèce typique du paysage méditerranéen, commune dans les pâturages, aux bords des champs et dans les forets. Récolter les tubercules au printemps ou en automne (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Canaries et la Méditerranée.

5- Composition chimique : L'asphodèle contient des anthraquinones, asphodéline, microcarpine, émodine, lutioline, diglucoside, alcaloïdes (stachydrine et traces de colchicine) (BABA AISSA, 1999), la résine un mucilage et un saccharose (LAOUER, 1995).

6- Propriétés thérapeutiques : L'asphodèle à un pouvoir antalgique, antispasmodique, antirhumatismale, résolutif, s'utilise dans le cas des otites (BABA AISSA, 1999), vulnéraire, émollient, béchique, comme elle est conseillée dans les cas des toux (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : Les tubercules.

8-

Mode d'utilisation

Décocté ou Teinture : On utilise les tubercules, contre les dermatoses

comme l'eczéma (LAOUER, 1995).

Macération huileuse : En application locale contre les otites et les

douleurs dentaires et rhumatismales (BABA AISSA, 1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : L'huile d'olive chauffée dans des tubercules creusés est conseillée en gouttes articulaires pour les gens sourds, ou ceux présentant des otites ou des otalgie. Sous forme d'emplâtre s'utilise contre les maux de tête, les douleurs des genoux et le rhumatisme.

25

Ervum lens L.= Lens culinaris Médic.

1-

Identification

Famille

: Fabacées.

Nom vernaculaire

: Aâdess.

Nom français

: Lentille.

Autres appellations : Bersim.

2- Description botanique : Plante herbacée annuelle, à feuilles composées de 04 à 10 paires de petites folioles elliptiques, les supérieures terminées en vrille. Fleurs petites, blanc bleuâtre, par 01 à 03 sur un long pédoncule. Gousses comprimées à 01 ou 02 graines (lentilles).

3- Habitat, floraison et période de récolte : Cultivée en Algérie parmi les céréales.

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La lentille contient : protides, lipides, amidon, mucilage (BABA AISSA, 1999), elle est riche en phosphore, en fer, en vitamine de groupe B (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977). Les lentilles sèches contiennent 59% de glucides, 25% de protide et 01% de lipides (PARIS et MOYSE, 1976-1981 in BELLAKHDAR J., 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : La plante possède les propriétés : antianémique, émolliente, laxative (légèrement). En usage externe utilisée sous forme de cataplasme, sur les tissus tuméfiés et les inflammations des glandes : protides (BABA AISSA, 1999).

7-

Partie utilisée : Les graines (lentilles).

8-

Mode d'utilisation

Cataplasme : Les lentilles cuitent dans l'eau, écrasées puis on l'utilise

en application locale.

Décoction.

9- Usage traditionnel à M'Sila : Les lentilles cuite est bénéfique au santé, surtout elle est connue par son richesse en fer, conseillée contre l'anémie et au moment des règles. L'eau de lentilles obtenue par décoction est utilisée contre la rougeole chez les enfants, à raison de la prendre chaque jour comme l'eau potable. La lentille s'utilise aussi comme cataplasme contre les brûlures.

26

Cuminum cyminum L.

1-

Identification

Famille

: Ombellifères.

Nom vernaculaire

: Kemmoun.

Nom français

: Cumin.

2- Description botanique : Herbe annuelle, grêle, de 10 à 20cm. Feuilles divisées en longues lanières filiformes, à pétiole engainant. Inflorescence en ombelles, à 03 à 05 rayons courts. Fleurs petites, blanche ou rose-claires, groupées par 03 à 05 en ombellules. Fruits fusiformes. Saveur épicée.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Espèce cultivée, peu commune sur les hauts plateaux et dans l'Atlas Saharien.

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne (Est).

5- Composition chimique : Le cumin renferme une huile essentielle (carvone, aldéhyde cuminique, pinène, terpinéol, dipentène et phellandrène), des flavonoïdes (apigénine) (BABA AISSA, 1999). Il renferme aussi 13% de résine, 07% de pentosanes, du tanin, de l'aleurone (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : Le cumin est antispasmodique, apéritif, diurétique, stomachique (BABA AISSA, 1999), carminatif, digestif, galactagogue, sudorifique (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

7-

Partie utilisée : Les fruits.

8-

Mode d'utilisation

Décoction : 30g de graines pour un litre d'eau. Bouillir 03mn, infuser

10mn. Prendre 01 tasse après le repas contre les douleurs ulcéreuses (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

Poudre de graines de cumin avec le vinaigre, rapprocher au nez, il va

arrêter leur saignement (ABD EL RAHIM, 2001).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Prend 02 cuillères de café de poudre de cumin et 06 autres d'huile d'olive, ou mélangé avec le lait ou en décoction des graines dans de l'eau contre les douleurs chez les enfants. Aussi le poudre de cumin, avec les dattes, se mélangent jusqu'à aboutir une pâte tendre, faire la manger au nouveau-né pour dégager la partie de membrane qui l'entoure après l'accouchement s'il l'avalé avec vomissement ou avec les sels. Sous forme de décoction des graines s'utilise pour le ventre gonflé et contre l’obésité à raison de prendre 01 tasse 02 ou 03 fois par jour.

27

Hordeum vulgare L.

1- Identification :

Famille

: Graminées.

Nom vernaculaire

: Chaïr.

Nom français

: Orge cultivé.

2- Description botanique : Plante herbacée annuelle, à tige robuste dressée, haute de 50cm à 01m, glabre, à racine fibreuse. Feuilles plaine, large, articulées, rudes, ligule courte, tronquée. Epis long de 06 à 10cm, un peu comprimé, inégalement tétragonale, à la fin penché. Epillets tous fertiles, sessiles, aristés, imbriquées sur 04 rang dont les latéraux plus saillants. Glumes linéaires, atténuées en arêtes dépassant les fleurs, glumelles presque égales. Graine ovale de 07 à 11mm de long sur 03mm de large.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Cultivée et parfois sub-spontanée.

4- Aire de répartition : Il est largement répandu dans une grande partie du monde.

5- Composition chimique : L'orge contient d'amidon, d'eau, de dextrine, de matière grasse (BELOUED, 1998). Contient aussi des protéines, des glucides, de maltine, d'allantoïne, des enzymes (amylase), des vitamines B1 et E et des éléments minéraux :

phosphore, calcium, potassium, fer (BABA AISSA, 1999).

6- Propriétés thérapeutiques : L'orge est adoucissant, anti-inflammatoire, diurétique, digestif, émollient, fébrifuge, hypocholestérinisant, hypoglycémiant, reconstituant, résolutif, tonique (BABA AISSA, 1999), cardiotonique, sédatif (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977). On l'utilise aussi contre les calicules rénaux et la diarrhée (SARI, 1999).

7-

Partie utilisée : Les graines, semoule.

8-

Mode d'utilisation

Décoction : On utilise l'orge décortiquée à une réputation justifiée de

remède reconstituant et adoucissant. En usage externe, cette eau et, surtout, la farine d'orge en cataplasmes chauds, sont sédatives et résolutives (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977),

9- Usage traditionnel à M'Sila : En plus de son effet nourrissant, la galette préparée à base de l'orge est bénéfique à l'estomac et à la santé en générale. Il est utilisé aussi dans le cas de BOUCHAЇRA (une petite graine apparaît sur l'œil ressemblante à l'orge), où le cendre de 07 graines d'orge, s'utilise comme Kohol contre cette graine.

28

Ecballium elaterium A. Rich.

1-

Identification

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations : Fegouss Bou-ghioul, Oumana.

Famille

: Cucurbitacées.

: Fegouss El-hamir.

: Momordique, Concombre d'âne, Ecballie.

2- Description botanique : Plante vivace, semi-rampante et couverte de poils raides, à tiges prostrées. Feuilles triangulaires ou presque, cordées, sinueuses, épaisses, à nervures saillantes sur la partie dorsale. Fleurs petites jaunâtres veinées de vert. Fruit ovoïde allongé, verdâtre de 05cm, hérissé de poils.

3- Habitat, floraison et période de récolte : La momordique habite les décombres, les lieux incultes et les bords des champs, commune dans toute l'Algérie. La récolte des fruits est conditionnée par son état de maturité (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La plante contient élatarines, cucurbitacines, alcaloïdes, acides gras (écballine), résine, mucilage (BABA AISSA, 1999), saponines (LAOUER, 1995). L'élatarine très amer qui provient du découblement d'un glucoside (SARI, 1999).

6- Propriétés thérapeutiques : Elle est émétique, purgative, résolutive, rubéfiante (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977), drastique, vomitive, vulnéraire (en macération huileuse) (BABA AISSA, 1999). Conseillée avec succès dans la cure de l'obésité et pour combattre les vertiges des artérioscléreux (SARI, 1999). Les fruits riches en cucurbitacine qui leurs confèrent entre autre l'effet hydragogue et diurétique par son action irritante mais utile dans les hydropisie. L'allantoïne contenue dans les racines, est cicatrisante (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : Les fruits, les racines et les graines.

8-

Mode d'utilisation

Cataplasme de racine de momordique cuite contre la névralgie facile

due au froid (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

Application locale du suc du fruit râpé ou la Décoction de graines

comme traitement des hémorroïdes (BABA AISSA, 1991).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Le fruit chauffé du momordique est utilisé contre les hémorroïdes. La momordique est utilisée aussi contre l'hépatite et contre la migraine.

10- Remarques : Les cucurbitacines ont un effet cytotoxique. L'emploi du momordique présente des risques d'intoxication, que ce soit en usage externe ou, à fortiori, en usage interne. A n'employer que sur avis d'un praticien (BABA AISSA, 1999).

29

Juniperus phœnicea L.

1- Identification :

Famille

: Cupressacées.

Nom vernaculaire

: Arar.

Nom français

: Genévrier de Phénicie, Genévrier rouge.

Autres appellations :

2- Description botanique : C'est un arbuste touffu, et très rameux, et porte des feuilles persistantes en forme d'écailles, ovales rhomboïdales imbriquées et appliquées sur les rameaux. Les fleurs sont monoïques. Les fruits sont globuleux. Les graines sont entourées dans une chaîne fibreuse très fermée.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Commune sur les dunes littorales, les collines et les montagnes.

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : L'huile essentielle de rameaux distillée en France dans le Gard et l'Hérault, renferme surtout du pinène, un peu de camphène et de phellandrène, du sabinol, de l'acétate de sabinyle, un peu d'acide acétique et d'acide caproique (VERNET, 1935 in BELLAKHDAR J., 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : La plante est antiparasitaire, antiseptique, astringent (BABA AISSA, 1999), emménagogue, vermifuge, abortive, diurétique, et hypotensive. Elle utilisée pour traiter les lithiases, les maladies des reins et de la vessie, comme elle est conseillée dans les inflammations de la peau des enfants, les douleurs de thorax et de l'utérus et pour les œdèmes (LAOUER, 1995).

7- Partie utilisée : Le fruit, les graines et les feuilles.

8- Mode d'utilisation

Infusion ou Décoction préparés à partir des jeunes feuilles sont

conseillés pour traiter les douleurs et l'affection de l'estomac et contre les

diarrhées

(LAOUER, 1995).

9- Usage traditionnel à M'Sila : La décoction ou l'infusion des feuilles et des rameaux à raison de prendre 01 tasse une ou deux fois par jour, ou le décocté des fruits, est utilisée contre les douleurs d'estomac, les douleurs abdominales, la diarrhée et du thorax et dans le cas de rhumatisme. Le genévrier de phœnicie est un élément essentiel dans la fabrication de BERZILIE (fumé comme le tabac ; feuilles sèches grillées de genévrier, mélangées avec les feuilles sèches de tabac, écrasées dans les mains puis les tamisées et enfin fumées). Comme il est utilisé pour donner une bonne odeur au lait de vache.

10- Remarques : Espèce toxique, réservée à l'usage externe.

30

Plantago major L.

1-

Identification

Famille

: Plantaginacées.

Nom vernaculaire

: Meçaça.

Nom français

: Grand plantain, Plantain des oiseaux.

Autres appellations : Saif El-ma, L'san El-kabch, Oudzina.

2- Description botanique : C'est une plante herbacée, vivace. Les feuilles sont en rosette basale, de grande taille et à des limbes largement ovales. Les fleurs jaune brunâtres munies en épis cylindriques. Le fruit est une pyscide à graines brun foncée, petites et ovales.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Habite les lieux humides et bords des sources, commune dans toute le Tell. Floraison de Mai à Octobre. On récolte les feuilles au printemps à la floraison, les racines toute l'année et les graines mûre par temps sec (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977).

4- Aire de répartition : Espèce Eurasiatique.

5- Composition chimique : On a signalé dans les feuilles des plantains, la présence de mucilage, de pectine, de manitol et de sorbitol, de tanin, de flavonoïdes, d'iridoides, d'acides-phénols, de diastases. Cette espèce contient en plus, une lactone (le polioside) et des esters hétérosidiques (BELLAKHDAR, 1997), des sels minéraux et du soufre (LAOUER, 1995).

6- Propriétés thérapeutiques : La plante est adoucissante, astringente, cicatrisante, dépurative, diurétique, résolutive (SELECTION DU READER'S DIGEST, 1977), mucilagineuse. Elle est utile contre les catarrhes bronchiaux et comme un auxiliaire appréciable dans la phtisie (BELOUED, 1998). Elle est aussi hémostatique (SARI, 1999). Les feuilles et les racines peuvent être utilisées comme anti-allergique et servent dans le traitement des bronchites (LAOUER, 1995), les feuilles ont en plus des propriétés vulnéraires, maturatives, analgésiques, anti-inflammatoires et antiprurigineuses (BELLAKHDAR, 1997).

7- Partie utilisée : La plante entière.

8- Mode d'utilisation

Décoction : 100g de la plante entière par un litre d'eau à raison de 02

tasses de tisane par jour. En usage externe, on emploi les feuilles fraîches

lavées à l'eau bouillie, qu'on appliquera sur les plaies enflammées et les brûlures (BELOUED, 1998).

Infusion : verser un litre d'eau bouillante sur 50g de feuilles séchées.

Laisser infuser pendant un demi heure. Prendre 04 à 05 tasses par jour (SARI,

1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Préférable au printemps, elle est utilisée sous forme de poudre comme antiseptique, anti-inflammatoire et pour faire mûrir les abcès. Les feuilles lavées, en application locale conseillé dans le cas des plaies putréfiées

31

Rhamnus alaternus L.

1-

Identification

Famille

: Rhamnacées.

Nom vernaculaire

: M'Lilesse.

Nom français

: Alaterne, Nerprun alaterne, alardier.

Autres appellations : Qaced.

2- Description botanique : C'est un sous-arbrisseau ou arbuste non épineux érigé de 01 à 05m à feuilles lancéolées et coriaces, il tapisse les roches et n'a jamais dépassé une centaine de centimètres de hauteur. Fleur en général apétale, en grappes denses, axillaires et terminales. Fruits bruns.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Commune dans les rocailles, les forêts et les garigues du Tell, sur les terrains calcaires. Floraison en Mars à Avril. Les feuilles et les tiges se ramassent pour but thérapeutique en Automne (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La plante renferme des glucosides, des alcaloïdes, du tanin (BABA AISSA, 1999). Les feuilles et les écorces de tige et de racine sont riches en dérivés anthracéniques. Qui constituent vraisemblablement la matière colorante jaune. Les fruits contiennent probablement les mêmes composantes (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : L'espèce est hémostatique et hypnagogue (SARI, 1999), elle est aussi réputée efficace dans le traitement de l'ictère (LAOUER, 1995). Les baies sont purgatives (BABA AISSA, 1999). Les feuilles astringentes et écorces laxatives (ERNEST).

7- Partie utilisée : Les feuilles et les tiges.

8- Mode d'utilisation

Décoction : À partir des parties aériennes, des feuilles ou de l'écorce à

raison de 02 verres par jour (SARI, 1999).

Infusion : (en Algérie) On utilise des tiges et des feuilles contre la

jaunisse et les troubles hépatiques provoqués par le paludisme

(BELLAKHDAR, 1997).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Sous forme d'infusion est utilisé contre l'hépatite à raison de prendre 01 tasse à jeun et autre le soir, comme cette infusion est bénéfique à l'estomac, les reins, contre les hémorroïdes et dans le cas de la rétention des urines. L'alaterne a des actions laxatives et astringentes, comme on peut signaler son efficacité dans le traitement de l'ictère.

10- Autres usages : Bois fétide mais utilisé en marqueterie (ERNEST). Au Maroc, le bois servait autrefois à la teinture en jaune des tissus et de la laine (BELLAKHDAR, 1997).

32

Nerium oleander L.

1-

Identification

Famille

: Apocynacées.

Nom vernaculaire

: Defla.

Nom français

: Laurier rose, Oléandre.

Autres appellations : Illili.

2- Description botanique : C'est un arbuste de 02 à 04m de hauteur, à tige érigée. Feuilles persistantes, opposées, très coriaces, lancéolées et glabres. Les fleurs de couleur rose ou blanche et sont odorantes. Le fruit comprend 02 follicules linéaires, lancéolées et remplis de petites graines velues.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Se trouve dans les lits des oueds, dans les rocailles humides et prés des points d'eau. Floraison de Mai à Octobre. La récolte se fait en été avant la pleine floraison (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La plante contient de nombreux glucosides (oléandrine, nériine, nérianthine, nériodorine, corténérine, cornévine, folinérne, rosagénine, rutine), alcaloïde (pseudocurarine) (BABA AISSA, 1999). Les feuilles contiennent, en plus, une résine, des tanins, du glucose, une paraffine, de l'acide ursolique, de la vitamine C, une huile essentielle (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : Soin possible en attendant le médecin : vomissements, lavements, évacuants du tube digestif. Et peut-être, stimulation cardiaque par un peu d'éther ou de boisson alcoolique (ERNEST). Est employé contre certaines maladies de la peau (gale, teigne, dartres) et comme analgésique en applications locales de feuilles (BABA AISSA, 1999). La plante a aussi une action diurétique (BIANCHINI et al., 1976 in SARI, 1999).

7- Partie utilisée : Les feuilles.

8- Mode d'utilisation

Macération aqueuse : 100g de feuilles et de fleurs par un litre d'eau

(BABA AISSA, 1991).

Fumigation : contre le rhume.

9- Usage traditionnel à M'Sila : Le décocté des feuilles de laurier rose est indiqué dans le cas de la stérilité féminine. En fumigation, il est prescrit contre le rhume. En gargarisme s'utilise contre les douleurs des dents. Des fois la poudre des feuilles mélangées avec le henné pour soigner les cheveux. On met les feuilles dans les tapis enroulés pour éviter toute mauvaise odeur. L'utilisation de laurier rose n'est pas recommandée à raison de leur toxicité.

10- Autres usages : Les fibres sont textiles. Ses feuilles sont employées pour détruire les parasites (ORLHAC). Souvent cultivée comme plante ornementale.

33

11- Conseille : La plante se révèle trop dangereuse en usage interne ; elle peut causer des empoisonnements mortels (BABA AISSA, 1999). Parenchia argentea (Pourr.) Lamck.

1-

Identification

Famille

Nom vernaculaire

Nom français

: Caryophyllacées.

: Fetate El-hdjer, Kassaret El-hdjer.

: Thé arabe, Sanguinaire.

2- Description botanique : C'est une plante vivace, rampante à des feuilles sessiles, et de petites fleurs munies de bractées plus longues que les fleurs scarieuse, largement ovales cachant entièrement les fleurs qui sont groupées en inflorescence argentée.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Habite les pâturages sablonneux et pierreux clairières des forêts, dans les plaines et les montagnes. Commun partout. Floraison en Février à Juin. La récolte de cette plante se fait pendant la floraison (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La composition chimique de cette plante est méconnue.

6- Propriétés thérapeutiques : Cette plante possède des propriétés diurétique, aseptique et légèrement spasmodique. On l'utilise pour le traitement des inflammations des voies urinaires, des reins et de la vésicule biliaire (BELOUED, 1998). On signale aussi des actions apéritive, fébrifuge et aphrodisiaque (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : La partie aérienne.

8-

Mode d'utilisation

Décoction : Se prépare à la dose de 30g par litre d'eau, prendre 02

tasses par jour, matin et soir (BELOUED, 1998).

9- Usage traditionnel à M'Sila : L'infusion de la partie aérienne, ou décoction avec le miel est conseillée contre les lithiases vésiculaires et rénales et pour la vésicule biliaire. Décoction des feuilles contre les douleurs abdominales.

34

Globularia alypum L.

1-

Identification

Famille

: Globulariacées.

Nom vernaculaire

: Tesselgha.

Nom français

: Globulaire turbith, Turbith blanc, Alypon.

Autres appellations : Zerga, Chebra.

2- Description botanique : C'est un sous-arbrisseau, vivace, très rameaux de 30 à 50cm de hauteur. Feuilles coriaces, persistante, ovales et lancéolées de couleur vert grisâtre. Fleurs petites odorantes, de couleur bleu clair. Les fruits sont petits akènes.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Commune dans toute l'Algérie, sur les rocailles, les forêts et les garigues. Floraison en Hiver et en Printemps. Les feuilles se récoltent en été (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : On trouve dans cette plante des flavonoides, des résines, du tanin, un principe amer (globularine), une huile essentielle, d'acide cinnamique, de choline, de manitol, un mucilage, un chlorophylle et des sels minéraux (BABA AISSA, 1999). Les feuilles renferment un hétéroside, le globularoside et la globularétine (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : LA plante est astringente, cholagogue, dépurative, diurétique, laxative, stomachique, sudorifique. En Tunisie, elle est utilisée contre les ulcères (BABA AISSA, 1999). Les feuilles, employées à petite dose, donnent une décoction purgative (ORLHAC), antimycosique et cicatrisante (SARI, 1999). Elle est utilisée également dans les pneumonies et dans certaines dermatoses telles que l'acné, l'abcès et le cancer de la peau (LAOUER, 1995)

7- Partie utilisée : Les feuilles.

8- Mode d'utilisation

Décoction : 40g par un litre d'eau, bouillir et infuser pendant 10mn,

prendre une tasse 02 fois par jour.

Infusion : 30 à 80g de feuilles, bouillir et infuser pendant 10mn, 03

tasses par jour ou plus, avant les repas (boire chaud) (SARI, 1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : La tisane préparée à partir de la plante entière, filtrée et prise à petite dose 03 fois par jour, est efficace contre les vertiges, la fièvre, les douleurs gastriques et les faiblesses générales. Feuilles macérées pendant 03 jours, conseillées pour usage interne pour purifier le sang et pour améliorer l'état de la santé. Comme il conseillé pour les diabétique sous forme de décoction. La poudre mélangée avec le henné est indiquée pour rendre long les cheveux.

10- Remarques : La plante suppose toxique à longue ou à forte dose (BABA AISSA, 1999).

36

Malva sylvestris L.

1-

Identification

Famille

: Malvacées.

Nom vernaculaire

: Khobeise.

Nom français

: Grande mauve, Fausse guimauve, Fromageon.

Autres appellations : Amedjir, Tibbi.

2- Description botanique : C'est une plante bisannuelle ou vivace, herbacée plus ou moins velue. La tige est cylindrique peu ramifiée et peut atteindre plus de 40cm de hauteur. Feuilles grandes découpées en 05 à 07 lobes dentés. Fleurs de couleur rose violacée, sont regroupées et pédonculées à l'aisselle des feuilles. Le fruit de couleur jaune à maturité en capsule contient des akènes "graines" réniforme disposées en couronne.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Commune dans toute l'Algérie, habite les bords des chemins, décombres et terrains incultes. Floraison en Mars à Avril. Cueillir les fleurs un peu avant leur plein épanouissement, les feuilles pendant la floraison et la racine en automne (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Eurasiatique.

5- Composition chimique : La plante contient mucilage, tanins, anthocyanes (malvine), glucosides, éléments minéraux, vitamines A, B1, B2, C (BABA AISSA, 1999). Les fleurs et les feuilles contiennent 15 à 20% d'un mucilage de nature uronique, des flavonoïdes et des acides phénols (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : Cette espèce est adoucissante, antiseptique, astringente, béchique, calmante, émolliente, laxative, pectorale, résolutive (BABA AISSA, 1999). On signale l'utilité de la plante dans les troubles et affections pharyngo-laryngites, trachéo-bronchites, asthme, grippe et rhume, catarrhes pulmonaires (LAOUER, 1995).

7-

Partie utilisée : La plante entière.

8-

Mode d'utilisation

Infusion des fleurs à la dose de 15g par litre d'eau, prendre 03 tasses par

jour contre les maux de tête, la somnolence, la rétention d'urine et les

maladies des reins (BELOUED, 1998).

Décoction des feuilles et des fleurs fournit un bon gargarisme contre les

amygdalites, angines, maux de gorge et inflammation des gencives

(BELOUED, 1998).

Les feuilles broyées en compresse sont utilisées contre les piqûres

d'abeilles, de guêpe, abcès et tumeurs (SARI, 1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : En usage externe et sous forme de cataplasme, cette plante est efficace dans le mûrissement des abcès. La tisane sucrée est conseillée contre l'éternuement, les hémorroïdes et comme digestif. En emplâtre à partir des feuilles écrasées en application locale, est bénéfique sur les plaies et sur les genoux. Sous forme de poudre à renifler, la plante séchée et pulvérisée est indiquée contre le rhume des enfants. Cette plante cuite avec CHEKCHOUKA (mélange des légumes cuites), conseillée pour les types d'anorexie.

37

Pinus halepensis Mill.

1-

Identification

Famille

: Pinacées.

Nom vernaculaire

: Senouber.

Nom français

: Pin d'Alep.

2- Description botanique : C'est un arbre souvent tortueux pouvant atteindre de 15 à 20m de hauteur. Couronne claire arrondie. L'écorce est lisse, grise et claire. Les feuilles disposées par deux ont de 06 à 10cm, elles sont étroites et molles, courbées ou légèrement tordues, de couleur vert clair. Les chatons mâles, roussâtres, ont de 06 à 10mm ; les chatons femelles, violacés, 10mm environ. Le cône (08 à 12cm) est rouge brun luisant, à écailles presque plates. Les graines sont ailées et matées.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Se rencontre dans les forêts, très commun dans toute l'Algérie, sauf dans le Tell constantinois. Floraison en Mai. La cueillette se fait en été (SARI, 1999).

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : Dans l'écorce, on a trouvé des quantités importantes de tanins, un principe amer, du quercitroside et du leucocyamidol à propriétés vitaminiques PP. Dans les graines, on trouve une huile grasse et des protéines. Le goudron de pin contient du benzène, du naphtalène, de l'anthracène, de l'acide abiétique, de l'acide acétique, de la créosote et du méthanol. La résine renferme des acides sapiniques, des acides primariques, des acides formiques, acétique, succinique, de la résine et une huile essentielle riche en pinènes et en nopinène (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : Le pin d'Alep est antiseptique des voies urinaires, des voies respiratoires et des blessures. Il est également doué de propriété cicatrisante, elle est conseillée contre les diarrhées et les vers intestinaux (LAOUER, 1995). En outre il a des propriétés balsamiques, béchiques, anti-catarrhales et diurétiques, expectorant. Les graines sont aphrodisiaques et spermatogenèses (SARI, 1999).

7- Partie utilisée : La partie aérienne.

8- Mode d'utilisation

Infusion : Mettre 25 à 40g de bourgeons dans un litre d'eau pendant 03

heurs. Boire plusieurs fois par jour (SARI, 1999 ; ABD EL RAHIM, 2001).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Le décocté de la poudre de l'écorce seul ou avec le citron est préconisé dans le cas de l'asthme, et les affections pulmonaires. La poudre mangée avec le miel ou l'huile d'olive est conseillée pour la toux, et avec le miel seul pour les hémorroïdes, et inhalée pour la migraine. L'infusion des graines est indiquée dans les affections et les anomalies de vessie, des reins et des poumons. La résine mélangée au miel ou au sucre est utilisée comme un antiacide gastrique, en mastication s'utilise contre la nausée. Et enfin en vaporisation, à partir de la décoction de l'écorce et les petits rameaux contre le rhume.

10- Autres usages : Bois d'assez peu de valeur, cependant utilisé comme bois de construction (ERNEST).

38

1-

Nigella sativa L.

Identification

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations : Kemoun assoued, Zerara.

Famille

: Renonculacées.

: Sinoudj, El Haba essouda.

: Nigelle, toute-épice.

2- Description botanique : C'est une plante annuelle cultivée, très rameuse, recouverte de petits poils et pouvant mesurer plus de 30cm de hauteur, et les feuilles sont finement divisées, les fleurs sont bleues ou blanchâtres, très divisées. Le fruit est globuleux couronné par les lèvres du styles, contenant plusieurs graines noires.

3- Habitat, floraison et période de récolte : La nigelle est cultivée un peu partout en Algérie.

4- Aire de répartition : Cultivée.

5- Composition chimique : Les graines contiennent environ 20% de glucides, 40% d'une huile grasse (constituée d'acide myristique, stéarique, palmitique et telfairique), 01% d'une huile essentielle avec un composé carbonyle (la nigellone), des tanins, des gommes, des glucosides, 1.4% d'une glucosaponine toxique, la mélanthine, deux alcaloïdes (la nigelline et la connigelline) (BELLAKHDAR, 1997). Les feuilles renferment des saponines (SARI, 1999).

6- Propriétés thérapeutiques : Les graines ont des propriétés analgésique, antiseptique, antispasmodique, apéritive, carminative, digestive, diurétique, expectorante, fébrifuge, galactagogue, vermifuge (BABA AISSA, 1999). Les graines sont également conseillées contre le tremblement, les maux de dents, la migraine, les paralysies et les hémorroïdes (LAOUER, 1995).

7- Partie utilisée : Les graines.

8- Mode d'utilisation

Infusion : Verser un quart de litre d'eau bouillante sur une cuillerée à

café de graines pilées. Laisser infuser pendant 15mn. Prendre 02 tasses par

jour une heure après les repas (SARI, 1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : Les graines broyées avec le miel, à raison de prendre 01 cuillère à dessert le matin et autre le soir, pour améliorer l'état de la santé, pour augmenter les capacités intellectuelles, contre la toux et contre l'anorexie. Les graines s'utilisent pour traiter le rhume et pour arrêter le saignement du nez. L'huile résultant de la macération des graines est indiquée dans les migraines et le rhumatisme. La nigelle utilisée pour aromatiser le pin, quelques graines sont ajoutées à la pâte avant la cuisson, surtout au Ramadan.

39

Ruta chalepensis L.

1-

Identification

Famille

: Rutacées.

Nom vernaculaire

: Faidjel.

Nom français

: Rue, Rue d'Alep.

Autres appellations : Aourmi.

2- Description botanique : C'est une plante vivace, à une odeur fortement désagréable et fétide, à tige cylindrique ou rond, ligneuse à la base et peut mesurer 60cm de hauteur. Les feuilles sont jaunes, et groupées en inflorescence terminale. Le fruit est capsulaire renfermant des graines réniformes noires.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Se rencontre dans les rocailles et les pelouses arides, relativement commune dans toute l'Algérie septentrionale.

4- Aire de répartition : Espèce Méditerranéenne.

5- Composition chimique : La partie aérienne contient une huile essentielle. Elle contient dans tous ses organes des alcaloïdes et des coumarines (LAOUER, 1995), d'un alcool (le nonanol) et d'esters. Le principe toxique de la plante est la méthylnonylcétone. On y trouve 01 à 02% de rutoside (BELLAKHDAR, 1997).

6- Propriétés thérapeutiques : Elle est utilisée en médecine populaire comme anti- épileptique, antispasmodique, emménagogue, vermifuge, sudorifique, s'emploi aussi comme antirhumatismal et surtout comme antiseptique sur les plaies et sur les ulcérations. Et bain pour soigner les affections gingivales (BABA AISSA, 1991). Et attire le flux sanguin vers les organes abdominaux, surtout vers la matrice. De plus possède des propriétés apéritives et diurétiques (SARI, 1999).la plante a également un effet abortif. Elle est indiquée dans le traitement des maladies de la peau. La présence des flavonoïdes, permet de réduire les problèmes liés à la fragilité capillaire, telles que les hémorroïdes et les varices (LAOUER, 1995).

7- Partie utilisée : Les feuilles.

8- Mode d'utilisation

Infusion : 01 à 02g au maximum de la plante entière ou de sommités

fleuries par tasse d'eau bouillante (BABA AISSA, 1991).

9- Usage traditionnel à M'Sila : La plante est considérée comme calmant des douleurs en générale. Le décocté des parties aériennes est utilisé contre les douleurs abdominales et contre le rhume, et chez les bébés contre l'insomnie. La décoction des feuilles sans sucre est utilisée contre les crampes et contre les gaz.

10- Conseille : À forte dose elle provoque de graves empoisonnements. Leur utilisation est vivement déconseillée aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge. (BABA AISSA, 1991).

40

Peganum harmala L.

1-

Identification

Famille

Nom vernaculaire

Nom français

Autres appellations :

: Zygophyllacées.

: Harmel.

: Harmel, Rue sauvage.

2- Description botanique : C'est une plante vivace, herbacée, de 15 à 35cm de hauteur, à des feuilles multifides à lanière alterne très découpées. Les fleurs sont blanches veinées de vert, d'une odeur forte désagréable. Les graines sont anguleuses, petites, renfermées dans une capsule globuleuse.

3- Habitat, floraison et période de récolte : Se rencontre dans les pâturages arides et les steppes.

4- Aire de répartition : Irano-Tou-Eur.

5- Composition chimique : La plante contient des alcaloides, surtout les graines (04%) et les racines (03%), l'harmaline, l'harmine et l'harmalol (BELLAKHDAR, 1997), des saponines stéroïdiques. On note également la présence dans la plante entière de tanins, de stérols et d'une huile volatile. Des acides aminés et des flavonoïdes en particulier le rutoside sont aussi signalés (LAOUER, 1995).

6- Propriétés thérapeutiques : On lui attribut les propriétés antalgiques, aphrodisiaques et europhorique. Les graines ont été utilisées comme emménagogue, galactagogue et vermifuge (BABA AISSA, 1999). La plante est reconnue pour être diurétique, sudorifique, elle est aussi antispasmodique (LAOUER, 1995).

7- Partie utilisée : La partie aérienne.

8- Mode d'utilisation

Trituré et bouillir la rue sauvage avec l'huile chaque matin à jeun

pendant 07 jours est prescrite comme traitement des hémorroïdes et des affections des genoux et des jambes (SARI, 1999).

9- Usage traditionnel à M'Sila : La poudre à partir des graines sèches de Harmel est indiqué par inhalation buccale contre l'asthme. La décoction de la partie aérienne s'utilise contre les douleurs en générale. Les graines sont indiquées contre la fièvre, par inhalation buccale, mais de quantité très limitée parce qu'elles sont toxiques à forte dose. Les parties aériennes cuitent par la vapeur s'utilise en cataplasme en application locale sur les points douloureuses du dos, des genoux, et contre le rhumatisme, à condition de ne pas sortir à l'air surtout froid, parce qu'il est très dangereux. La vapeur obtenue des feuilles bouillir dans l'eau, est prescrite pour les femmes stériles. Et enfin, le Harmel s'utilise en gargarisme contre le tartre.

10- Remarques : La plante est toxique. Elle ne doit être utilisée que sur avis d'un praticien (BABA AISSA, 1999). Dans le cas d'inhalation, il faut se limiter à de petites quantités pour éviter les vertiges et le risque de sommeil. À grandes doses, les graines sont toxiques et peuvent provoquer selon certains auteurs des paralysies (LAOUER, 1995).

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3.2

- Résultas de la recherche bibliographique

De plus, en parallèles des enquêtes nous avons essayé de faire un recensement préliminaire des plantes médicinales naturelles d'Algérie à travers la bibliographie où on a utilisé les ouvrages suivants : CHARLES (1989), BABA AISSA (1999), BELLAKHDAR (1997), BELOUED (1998), SELECTION DU READER'S DIGEST (1977) et pour cela, on a utilisé la liste floristique de l'Algérie extraite de la flore de QUEZEL et SANTA (1962-1963). Ce travail représente un début ou le coupe de pouce pour la réalisation de la pharmacopée algérienne qui n'a pas encore vue le jours. Nos premières consultations et investigations sur terrain et dans les travaux existant réalisées en Algérie ou dans le monde, nous ont conduit aux résultats préliminaires suivants :

Le nombre des espèces, (sous espèces et variétés) dans la flore Algérienne :

3748

Le nombre des plantes étudiées : 753

Le nombre des plantes étudiées sans composition chimique : 216

Le nombre des plantes étudiées médicinales : 625

Le nombre des plantes étudiées toxiques : 222

Le nombre des plantes étudiées médicinales sans composition chimique : 151

Le nombre des plantes étudiées médicinales toxiques : 198

3.3

- Discussion des résultats

Dans cette étude ethnobotanique on a pu recensé 55 espèces végétales appartenant à 29 familles botanique, dont on a remarqué 03 familles dominantes : Labiées avec 08 espèces, à un taux de 14,55% ; Astéracées avec 06 espèces, à un taux de 10,91% ; Liliacées avec 05 espèces, à un taux de 09,91%. On peut dire que la dominance de ces 03 familles et en particulier les Labiées, est du à leur disponibilité. Généralement, ils les achetées d'un herboriste, ils les récoltes par eux- mêmes des bords des oueds et des montagnes, ou ils les cultivées dans leurs maisons quand c'est possible. Ces habitants utilisent ces plantes presque pour traiter les maladies suivantes : la fièvre, les douleurs, la grippe, le rhumatisme. On a constaté qu'il y a des plantes ont un effet panacée (exemple : la Nigelle : Nigella sativa L.). Nos résultats ne sont pas obtenues facilement, car la plupart des gens questionnés ne sont pas compréhensifs. On a remarqué que certains de ces gens n'ont aucune idée sur l'utilisation des plantes en médecine traditionnelle, d'autres qui ont des connaissances sur ce domaine ont refusé de nous donner des informations. On a constaté aussi que presque de tous les gens questionnés ignorent des noms scientifiques des plantes qui l'utilisent, et parfois la dose et le mode d'emploi. La recherche bibliographique sur l'ensemble de la flore Algérienne en fonction de leurs constituants et leurs propriétés, nous a donné les résultats préliminaires suivantes : 753 espèces étudiées parmi les 3748 espèces existantes dans la liste floristique de l'Algérie, à un taux de 20.09% (on note que 3748 donne le 100%).

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CONCLUSION

Le présent travail consacré à l'étude ethnobotanique de la région de M'Sila (Algérie), ainsi que la recherche bibliographique sur la flore Algérienne qui nous a permis de faire les conclusions suivantes

Pour l'étude ethnobotanique il a été recensé 55 espèces végétales appartenant à 29 familles botaniques avec un dominance des Labiées, des Astéracées et des Liliacées.

Quand à la recherche bibliographique sur l'ensemble de la flore Algérienne on a comme résultat préliminaire 753 espèces étudiées parmi les 3748 espèces dans la liste floristique où la plupart ont des propriétés thérapeutiques.

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