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Les types d'information qu'elles transmettent

Les émotions servent à nous informer de l'état de nos besoins. Sont-ils satisfaits ? À quel
degré ? De quel besoin s'agit-il ?

Il est important de reconnaître nos émotions et de les ressentir. En permettant au


processus naturel de l'émotion de se dérouler, on s'assure de pouvoir prendre en main la
satisfaction de nos besoins.

Les émotions simples se divisent en deux grandes classes:

Positives: elles indiquent que le besoin est comblé

Négatives: elles signalent que le besoin n'est pas comblé

Dans chacune de ces classes, il y a trois catégories:

Par rapport au besoin: quel est le besoin en cause

Par rapport au responsable: qu'est-ce ou qui aide ou nuit à la satisfaction du besoin

D'anticipation: mes réactions à ce qui pourrait survenir

Pour des explications complètes sur les émotions simples:


Les genres d'émotions par Michelle Larivey

Inventaire des émotions simples

Vous trouverez ci-dessous une liste d'émotions simples. Pour chacune des expériences
soulignées, vous pouvez accéder à une fiche explicative. Chaque mois, nous ajoutons 3
nouvelles fiches.

Vous pouvez aussi recevoir ces fiches directement dans votre courrier électronique en
vous abonnant gratuitement au magasine électronique "La lettre du Psy"
(+) Positive:

indiquant
la satisfaction Par rapport
au besoin: Par rapport
au responsable: D'anticipation
agrément
contentement
délectation
émerveillement
enchantement
euphorie
joie
jouissance
heureux
plaisir
ravissement
volupté
adorer
affection
attendrissement
chérir
fierté
tendresse
désir
énervement
envie
excitation

(-) Négatives:

indiquant
l'insatisfaction Par rapport
au besoin: Par rapport
au responsable: D'anticipation
amertume
chagrin
désoeuvrement
douleur
ennui
envie
mécontentement
mélancolie vague
nostalgie
peine
tristesse abhorrer
agressif
choqué
colère
dégoût
detester
enragé
exaspération
exécrer
fureur
haine
impatience
rage
révolté effroi
épouvante
frayeur
peur
terreur
La peur
Une émotion simple

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Expériences connexes

crainte
effroi
épouvante
frayeur
terreur
appréhension
trac
anxiété (Voyez aussi l'article : "Anxiété et angoisse; les Vigiles de l'équilibre mental")
inquiétude
panique
phobie (Voyez l'article : "La phobie démystifiée")

Des exemples

J'ai peur d'être heurté par l'automobile dont le chauffeur semble avoir perdu le contrôle.
J'ai peur de me noyer si je me laisse attraper par une vague déferlante.
J'ai peur que mon amoureux me quitte si j'exprime ma colère.

Qu'est-ce que la peur ?

La peur est une émotion d'anticipation. Elle informe l’organisme d’un danger potentiel.
Ce n’est pas ce qui se produit dans le présent qui représente un danger, mais ce qui
pourrait survenir dans un avenir plus ou moins rapproché (quelques secondes, des
jours...).

La peur est subjective

L’évaluation du danger est toujours subjective; la peur donc, comme toutes les émotions,
est subjective. Dans le premier exemple, on est enclin à considérer la peur comme
“objective”, mais elle ne l’est pas plus que dans les deux autres. Dans cette même
situation, en effet, un pilote de voiture de course verrait probablement uniquement un défi
alors que moi je crains la catastrophe. Cette différence d’interprétation du danger repose
sur l’inégalité de notre expérience et de nos habiletés en tant que conducteurs.

Réaliste ou irréaliste

La peur est déclenchée par la perception d’un danger. Cette perception n’est pas
forcément réaliste même si celui-ci est vécue comme inéluctable. L’imagination joue un
rôle important dans la formation de la perception. L’opération mentale qu’est la
perception est constituée de quatre éléments: (1) des faits, (2) des émotions, (3) une
production de l’imaginaire et (4) un jugement. (Le sujet de la perception est traité plus en
profondeur dans le “Programme Savoir Ressentir”.

Dans le cas de la peur, c’est l’anticipation, donc le fait d’imaginer ce qui pourrait se
produire (étant donné les faits observés), qui déclenche l’émotion. La peur de se noyer
dans une déferlante de deux mètres (second exemple) apparaît irréaliste pour certains.
Mais celui qui n’est pas familier avec les vagues ou qui est craintif dans l’eau pense que
cela est plausible. Il s’imagine, être emporté par le reflux ou encore paniquer si la force
de la vague le maintient quelques secondes sous l’eau.

Mais l’événement prédit ne se produit pas fatalement. Et en intervenant sur la situation on


peut changer le cours des choses. Ceci est vrai dans le cas d’un accident potentiel: ma
perception du danger me pousse à agir pour éviter que l’accident ne se produise.
J’analyse rapidement le mouvement de la voiture sans contrôle et je conduis mon
véhicule de manière à l’éviter.

Cela est vrai aussi dans les rapports interpersonnels. Je peux craindre, comme dans le
troisième exemple, que mon ami ne supporte pas l’expression de mes mécontentements et
de ma colère. J’appuie cette prédiction sur des faits qui se produisent régulièrement: il
m’en veut et s’éloigne pendant un certain temps chaque fois que je me montre
mécontente. Mais je puis changer le cours des choses. Si je considère mon expression
comme légitime et non abusive, je peux l’inviter chaque fois à s’interroger sur les raisons
qui l’amènent à répudier cette émotion en particulier. Il est possible qu’avec le temps et
sa collaboration, je puisse exprimer ce genre d’émotion sans menace de séparation.

Manifestations physiques de la peur

La peur s’accompagne d’une série de réactions physiques de mobilisation. Lorsque


l’organisme perçoit un danger, les glandes surrénales augmentent leur production
d’adrénaline. L’organisme se mobilise alors pour la fuite ou la défense: accélération des
battements du coeur, augmentation de l’acuité mentale, décomposition des graisses pour
fournir plus d’énergie, etc...

C’est seulement quand le péril est écarté qu’on ressent toute l’intensité des effets
physiologiques de la peur. C’est aussi à ce moment où l’attention se relâche qu’on se met
parfois à trembler et à prendre complètement conscience de l’ampleur du danger auquel
on a fait face.
À quoi sert la peur?

La peur nous avertit de la présence possible d’un danger. L’information qu’elle fournit
nous permet de prendre les mesures pour nous protéger. À ce titre, elle est très précieuse
et même indispensable à la vie. Les animaux disposent eux aussi de cette émotion
protectrice.

Nous avons toutes sortes de réactions devant la peur. Certaines fois ces réactions sont
tout à fait fonctionnelles mais à d’autres moments, elles nous handicapent.

La paralysie

Dans certains cas, la paralysie est une réaction protectrice fort efficace. Si j’assiste à un
cabriolage où les voleurs sont armés, il est probablement mieux que je me fasse oublier
plutôt que de tenter de m’échapper ou de crier de peur. Mais lorsque je rencontre un
danger sur la route, il est généralement plus efficace de tenter de l’éviter que d’attendre
passivement.

L’évitement

Il est tentant d’éviter, sans discrimination, tout ce qui nous fait peur. Si on vit ainsi,
toutefois, on s’aménage une existence qui s’avérera de plus en plus restreinte. Pour
gagner de la liberté dans la vie il est nécessaire, au contraire, d’apprivoiser ses peurs.

Jusqu’à quel point et sur lesquelles de nos peurs nous choisirons d’investir sont des
décisions que nous devons prendre en fonction de ce qui nous importe. Certains mettront
beaucoup d’énergie à vaincre leur peur des hauteurs parce que la montagne les attire,
mais choisiront de ne jamais relever le défi de donner une allocution ou de se produire
devant les médias, parce que le défi leur semble trop grand ou parce que ces activités ne
présentent aucun intérêt à leurs yeux. L’important, pour décider de ce que l’on fait avec
une peur, est de prendre soin d’évaluer le prix que nous paierons à l’apprivoiser
comparativement à celui de l’éviter.

La négation du danger

À l’opposé de l’évitement on trouve les comportements “contre-phobiques” où la


personne fonce, tête baissée, apparemment insensible au danger. Elle aborde le danger en
le minimisant ou en ne le considérant pas comme réel.

Une telle attitude amène ces personnes à se lancer dans des aventures qui sont nettement
au-delà de leurs forces ou encore à négliger de prendre les précautions nécessaires pour
minimiser les dangers.
L'anxiété
Une émotion repoussée

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Des exemples

Plus nous approchons de la date de l'examen, plus mon anxiété grandit.

Je suis presque toujours anxieuse.

Qu'est-ce que l'anxiété ?

L'anxiété est une peur diffuse. Elle se manifeste par malaise qui a la forme d'un léger
affolement intérieur. Elle s'accompagne d'une tension physique: une constriction au creux
de l'estomac ou à la gorge. Lorsque l'anxiété s'installe, elle a tendance à prendre toute la
place et à donner une teinte nerveuse à tout ce que nous faisons. Il est aussi très difficile
de se concentrer lorsqu'on est anxieux.

L'anxiété est une expérience émotive de la même lignée que l'angoisse. La différence
entre les deux réside essentiellement dans la conscience qu'on a de l'objet qui provoque la
crainte. Dans l'anxiété il est très facile d'identifier cet objet. Dans le cas de l'angoisse, il
est occulté. Voir l'article L'anxiété et l'angoisse; les Vigiles de l'équilibre mental pour en
savoir plus sur l'anxiété et l'angoisse.

À quoi sert l'anxiété

La présence de l'anxiété signale que je crains quelque chose dans la situation actuelle ou
dans une situation à venir. Mais l'objet de ma peur est imprécis. L'exemple 1 est typique:
je sais que j'appréhende l'examen même si je ne sais pas encore pourquoi. Est-ce parce
que je ne suis pas prêt? Ai-je peur de manquer de temps parce que je suis lent de nature?
Ou encore suis-je inquiet de paniquer? Est-ce l'enjeu de cet examen qui s'avère crucial?
C'est en cherchant ce que cache l'anxiété que je trouverai la réponse.

Chez certaines personnes l'anxiété est presqu'un "mode d'être", comme dans le deuxième
exemple. Typiquement ces personnes s'arrêtent peu à leur expérience du moment. On
pourrait dire qu'elles vivent continuellement "un peu au-dessus d'elle-mêmes". Elles ont
donc tendance à repousser, dès qu'elles s'apprêtent à émerger, les émotions ou les
préoccupations qui pourraient les troubler. Cette façon d'agir crée nécessairement de
l'anxiété parce qu'elle garde invisible la source de la peur et parce qu'elle rend impossible
toute solution au problème éventuel.
Résumé de l'article

Les origines de l'anxiété et de l'angoisse et leurs manifestations. Comment elle se


transforme en angoisse chronique. Qu'est-ce qui nous y prédispose ? Comment se servir
de l'angoisse pour améliorer sa vie: pièges à éviter, méthode pratique.

Table des matières


A. L'origine de l'anxiété et de l'angoisse
B. Manifestations
C. L'angoisse constante
D. Qui est susceptible de vivre de l'anxiété et de l'angoisse ?
E. Quoi ne pas faire avec l'anxiété et l'angoisse ?
F. Quoi faire avec l'anxiété et l'angoisse ?
G. Comment faire ?
H. Comment affronter ce que cache l'anxiété et l'angoisse ?
I. Exemple
J. La peur qui m'empêche de regarder un problème en face

Vous pouvez aussi voir:


Vos questions liées à cet article et nos réponses !

Pour en savoir plus:

"À quoi servent les émotions?"

par le psychologue
Jean Garneau

A. L'origine de l'anxiété et de l'angoisse


Pour bien comprendre la nature de l'anxiété et de l'angoisse, il faut savoir qu'il est normal
pour un être humain d'avoir des préoccupations et des émotions. Dans la vie, il y a
nécessairement des choses qui nous importent et naturellement, cela donne lieu à des
préoccupations. Vais-je avoir un enfant? Devrais-je dire à mon patron que je croule sous
la pression dans ce dossier? Comment faire pour que mon adolescent tienne compte un
peu plus de ma réalité? Mon enfant réussit mal à l'école, je me fais du souci. Je pourrais
perdre mon emploi à tout moment. Ma santé se détériore. Ma vie de couple n'est plus
aussi nourrissante qu'elle n'a déjà été...

Dans la vie, nous sommes continuellement touchés par des choses qui se passent, cela
donne lieu à des émotions. On me met les bois dans les roues, je suis en colère; je perds
mon emploi, je suis triste, inquiète, révoltée; mon ami semble aimer les avances de ma
voisine: je suis jalouse; mon enfant a encore des difficultés à l'école: je suis découragée;
ma relation de couple laisse à désirer: je suis nostalgique des temps meilleurs; j'ai peur de
ce nouveau défi au travail; je suis excitée par mes plans de vacances...

À certains moments mes émotions et mes préoccupations m'indiquent que j'ai des
problèmes à régler (la vie est remplie de problèmes à régler). Pour régler ces problèmes
d'une manière satisfaisante, il faut d'abord, bien sûr, que je les regarde en face. Cela n'est
pas toujours facile. Cela est particulièrement difficile si je manque de confiance dans ma
capacité de les résoudre ou si encore, les émotions qu'ils suscitent sont intenses et
déplaisantes. Il n'en reste pas moins que cette manière de faire est incontournable: je dois
faire face à la musique!

Quand au lieu de faire de la place à une préoccupation je la fuis, quelque chose en moi est
contrarié. En effet, je ne peux pas décider rationnellement qu'une certaine chose n'a pas
d'importance et simplement la négliger sans que mon organisme réagisse. L'anxiété est
cette réaction. Imaginons que j'aie un examen à passer et que je ne sois pas prête. Si je
m'arrête à y penser je suis très nerveuse car j'ai peur d'échouer. Supposons que je n'aime
pas me sentir nerveuse et que je m'efforce de ne pas penser à cet examen, l'anxiété
surviendra et grandira à mesure que le moment fatidique approchera.

L'anxiété me signale donc que quelque chose me tracasse. Dans l'exemple, elle me
signale que cet examen est important pour moi et que je ne suis pas suffisamment prête.
Si je m'entête à repousser cette préoccupation (parce qu'elle est trop inconfortable ou
encore parce que elle m'énerve trop), l'anxiété ne pourra qu'augmenter car l'examen
approche et je ne suis pas davantage prête. Si au contraire je regarde en face ma peur
d'échouer, je pourrai identifier précisément mes faiblesses. Ce faisant, je pourrai mieux
me préparer à l'examen.

L'angoisse est une expérience émotive de même nature que l'anxiété mais en plus intense.
L'intensité plus forte est le signe que l'importance du sujet repoussé est plus grande et
donc qu'il est plus urgent encore de l'aborder.

Imaginons que je me surprenne parfois à douter de mon amour pour mon mari. Cette
pensée me trouble. À cause de cela, chaque fois, je la rejette sans y porter véritablement
attention. Elle refait surface de nouveau. Je me dis que ça n'a pas de bon sens, que je ne
peux pas faire vivre un divorce à mes enfants et je la repousse. Elle revient, au moment
où je ne m'y attends pas, durant un moment d'intimité avec lui, alors qu'il est très chaud
avec moi. Je la chasse: ce n'est pas le moment d'avoir une telle pensée. Cette
préoccupation me revient donc, périodiquement, et systématiquement, je l'expulse. Bien
que je ne veuille pas lui faire face, cette préoccupation est inscrite en moi et continue de
m'affecter. Elle restera sous la forme d'une angoisse... une inquiétude mal définie. En fait,
une inquiétude que je me garde de définir car le sujet m'effraie. Me voilà angoissée.

B. Manifestations

L'anxiété s'apparente à une inquiétude sourde. Elles est accompagnée d'une certaine dose
de fébrilité sous-tendue par des sensations de serrement au thorax ou d'une impression de
noeud à l'estomac. C'est d'ailleurs dans cette région, communément appelée plexus
solaire, que se logent les glandes surrénales. Lorsque j'éprouve de la peur, ces glandes
sécrètent une quantité supplémentaire de cortisol et de catécholamine. C'est cet effort de
l'organisme qui donne sans doute l'impression d'avoir l'estomac tordu dans les moments
forts d'angoisse. La peur quant à elle, est un indicateur de danger. Pourquoi l'anxiété est-
elle accompagnée de sensations semblables à celles qui accompagnent la peur? On peut
dire que l'anxiété est une forme de peur. Être anxieux ou angoissé c'est à la fois une peur
de faire face et une impression de me mettre en danger en négligeant de m'occuper d'un
aspect de ma vie. C'est ce message que m'envoie mon organisme pour m'inviter à l'auto-
régulation.

Dans le cas de l'angoisse, les sensations physiques sont les mêmes, mais amplifiées. J'ai
non seulement ce noeud dans l'estomac, mais encore de la difficulté à respirer. Je puis
également avoir des sueurs, me sentir faible, avoir la vision brouillée, l'ouie perturbée...

C. L'angoisse constante

Comment expliquer que je puisse être angoissée presque constamment? Il y a une seule
réponse à cette question: il m'arrive souvent d'ignorer des choses qui m'affectent.
Comment expliquer que je sois angoissée quasi sans arrêt depuis longtemps? La réponse:
c'est que je repousse depuis longtemps un sujet important qui me tracasse. Mon
organisme m'envoie alors un signal constant pour m'informer du danger que j'encours à
négliger ainsi des sujets importants de ma vie. Je suis donc, perpétuellement angoissée et
je le resterai tant que je ne ferai pas face à la préoccupation.
D. Qui est susceptible de vivre de l'anxiété et de l'angoisse?

On a tous des moments d'anxiété ou d'angoisse. Certains types de personnes, toutefois,


sont davantage susceptibles d'en vivre souvent ou sur une longue période. Ce sont les
personnes qui ont tendance à mettre leurs problèmes de côté. C'est bien connu, ce n'est
pas parce qu'on tente d'oublier un problème qu'il disparaît; au contraire, il amplifie
généralement (on connaît le drame de l'autruche!). Chez ces personnes, l'anxiété ou
l'angoisse croît à mesure que les préoccupations s'empilent. C'est peut-être pour cela
qu'on a l'impression que les personnes anxieuses et angoissées marchent continuellement
sur la pointe des pieds, comme pour éviter de marcher sur des oeufs. C'est qu'il y a plein
d'oeufs qui parsèment leur chemin! De plus, comme les problèmes non réglés en
engendrent d'autres, elles donnent l'impression de déambuler dans un cercle étouffant
dans lequel elles finissent par avoir de la peine à respirer.

E. Quoi ne pas faire avec l'anxiété et l'angoisse

Ne pas chercher à les enrayer.

Lorsque je suis en proie à l'angoisse, de fait, je ne connais pas clairement le sujet que j'ai
occulté. La plupart du temps, je considère que c'est l'angoisse elle-même qui constitue
mon problème. Je cherche donc à éliminer l'angoisse. On entrevoit déjà le cercle vicieux,
dans lequel je vais ainsi m'engager: je chercherai à éliminer l'angoisse laquelle me signale
que j'occulte quelque chose d'important. Ce faisant, je tenterai indirectement d'étouffer le
sujet en question, lequel va chercher, en retour, davantage à se manifester, provoquant
une plus forte angoisse que je devrai combattre encore plus fortement, etc...

Pour enrayer mes malaises j'aurai peut-être recours à la médication pour soulager ma
souffrance. Dans ce cas, il est probable que la médication doive être augmentée
périodiquement car négligeant toujours de m'occuper du problème, l'angoisse
augmentera. De fait, mon organisme voudra toujours me signaler que je laisse de côté un
sujet crucial de ma vie. Et je puis compter sur le fait que mon organisme ne se taira pas
facilement. Il y a en effet une force en moi, une force de vie qu'Abraham Maslow appelle
la tendance actualisante, qui m'entraîne dans la recherche d'un mieux être.
Paradoxalement, c'est cette force de vie qui me gardera animée devant les préoccupations
que je fuis en attisant mon angoisse. À cause de cela, j'aime bien considérer l'angoisse
comme la Vigile de l'équilibre mental.

La médication endort cette Vigile. Il est possible que je perde totalement sa trace,
d'ailleurs, si la dose d'anxiolytique est suffisante pour anéantir mon signal d'alerte. Sans
le savoir donc, tout simplement en cherchant le confort et la paix d'esprit, je puis me faire
un tort considérable. Ce n'est pas le but, soit la recherche du confort, qui est un problème,
c'est le moyen. Pour retrouver mon équilibre et un mieux être réel, je dois, non pas
éliminer l'angoisse, mais régler le problème qu'elle me signale.

Il est important toutefois de mentionner que la médication constitue parfois une solution
appropriée. Dans certains cas elle peut m'aider à affronter ce qui me fait peur en
diminuant légèrement l'angoisse. Dans d'autres cas, elle me permet de prendre un repos
nécessaire et de refaire ainsi mes forces avant d'affronter le sujet qui m'importe. Dans le
cas où la médication veut me permettre d'affronter ma réalité il est de toute première
importance toutefois qu'elle soit dosée de façon à me garder suffisamment alerte. Si elle
endort totalement l'angoisse, elle anéantira aussi ma motivation à m'attaquer au problème.

Ne pas chercher à la ressentir.

Ressentir mes émotions m'amène à mieux cerner ce qui m'atteint et combien je suis
atteinte. Ressentir l'angoisse est un non sens. Comme l'angoisse n'est pas une émotion à
proprement parler, elle ne conduit pas à l'information comme le fait l'émotion. S'attarder à
la ressentir ne fera qu'augmenter son intensité en la gardant tout aussi stérile.

F. Quoi faire avec l'anxiété et l'angoisse?

L'anxiété et l'angoisse sont un signal. À ce titre, elles sont très précieuses. Je dois m'en
servir pour me mener au problème que je fuis. Je dois ensuite faire face au problème pour
le régler. C'est le fait de régler le problème et non d'éliminer l'angoisse qui me donnera le
bien-être recherché.

Le guide des émotions

Pour connaître les messages de diverses expériences émotives.


G. Comment faire?

L'anxiété et l'angoisse ne sont pas des émotions à proprement parler. Elles ne sont pas
porteuses d'information comme le sont les émotions (la tristesse, la colère, par exemple).
Au contraire, elles masquent des émotions et des préoccupations. Contrairement aux
émotions donc, je ne dois pas les ressentir mais plutôt me demander ce qu'elles
camouflent. Si je me pose sincèrement cette question, j'aurai une réponse fiable. Si
j'écoute attentivement ma réponse et ne la conteste pas je serai en contact avec un sujet
probablement brûlant, mais crucial.
Il est plus facile d'avoir accès à la réponse dans le cas de l'anxiété que dans celui de
l'angoisse car ma peur d'affronter la question est moins grande. À cause de cette peur, il
est possible que ma recherche soit difficile. Le sujet apparaîtra probablement, mais je le
discarterai, je le banaliserai. Imaginons par exemple que je soupçonne que mon travail ne
m'intéresse plus. Lorsque cette idée me passe par la tête je trouve une multitude de
raisons pour n'avoir pas à me pencher sur cette question épineuse. L'idée de devoir
changer d'orientation me plonge en effet dans l'insécurité la plus complète... je ne sais
vraiment pas ce que je pourrais faire d'autre. Je ne vois absolument pas comment je
pourrais changer de travail avec toutes les responsabilités que j'ai! On imagine facilement
comment ce sujet pourrait se retrouver dans un ordre du jour de la semaine des quatre
jeudis tellement il est dérangeant! Pour arriver à regarder un tel sujet en face je dois éviter
d'imaginer ses solutions immédiatement et prendre la peine et le temps de considérer le
problème. C'est seulement après avoir bien examiné le problème que je vis et l'avoir
compris que je trouverai les solutions qui me conviennent le mieux.

H. Comment affronter ce que cache l'anxiété ou l'angoisse?

Prendre pour acquis qu'il y a quelque chose qui me tracasse.


Être ouverte à toute possibilité. (Oui c'est nécessaire.)
Me demander qu'est-ce que je ne veux pas regarder en face.
Accepter la réponse telle qu'elle. (Comme on dit en Québécois: prendre ce que je trouve
pour du "cash".)
Prendre soin de cerner ce qui précisément m'angoisse dans le sujet que j'évacue.
Reconnaître que ce que je repoussais de ma conscience est un problème pour moi.
M'attaquer à examiner cette question pour y trouver ma solution.

I. Exemple:

Je constate que je suis anxieuse et je me dis qu'il y a certainement quelque chose qui
m'inquiète.
Je veux vraiment savoir ce que c'est, je suis prête, malgré que cela m'effraie, à quelle que
réponse que ce soit.
En m'interrogeant, je découvre que les gens que nous avons invités ce soir ne
m'intéressent pas beaucoup. Ce sont des collègues de mon mari et je ne suis pas très à
l'aise avec eux. J'appréhende le repas et la longue période de temps que nous aurons à
passer ensemble.
J'arrive à cerner ce qui me cause le plus de problème: c'est de recevoir ces gens dans
notre intimité. Je suis timide et de plus, je n'ai pas une relation intime ni même amicale
avec ces gens.
Je voulais beaucoup faire plaisir à mon mari en acceptant de les inviter mais je me rends
compte que ça ne me convient pas vraiment.
J'examinerai mon problème pour y trouver une solution qui me convienne. Je choisirai
peut-être de les inviter au restaurant par exemple plutôt que dans mon intimité.
Dans le cas de l'angoisse, étant donné que la préoccupation repoussée est plus troublante,
je dois m'attendre à avoir plus de difficulté à trouver. Mes résistances se manifesteront de
toutes sortes de façons, notamment par une augmentation de l'angoisse. Évidemment,
l'augmentation de l'angoisse m'incitera à tenter de diminuer l'angoisse elle-même... Mais
je trouverai. Je suis au centre de moi. Je suis la personne la mieux placée pour avoir accès
à moi.

J. La peur qui m'empêche de regarder un problème en face

C'est souvent le fait d'anticiper l'action à poser pour régler le problème qui suscite la peur
de faire face au problème. Si je pense en effet que je dois quitter mon mari, annuler mon
invitation, laisser mon travail lorsque j'identifie mon problème, il est possible que je
m'affole. Je ne suis pas prête à cela, immédiatement et je ne sais probablement pas encore
si c'est la solution à choisir. Je devrai me pencher sur le problème et bien l'examiner avant
de considérer la solution.

Par expérience, je puis dire, qu'il est toujours possible de trouver une solution qui tienne
compte de ce que je suis prête ou capable de faire. Je dois cependant, pour trouver cette
solution, être disposée à consacrer le temps et l'énergie nécessaires. Au total, il est parfois
plus facile de régler chacun de mes problèmes que de vivre anxieuse ou angoissée.