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PAUL-JACQUES BONZON

1 • LE CHATEAU DE POMPON
Premier livre de lecture courante.
Cours préparatoire.

2 • POMPON A LA VILLE
Lectures suivies. Cours préparatoire.

3 • LE JARDIN DE PARADIS
Lectures suivies. C.P., C.E. 1e année.

4 • POMPON LE PETIT ANE DES TROPIQUES


Lectures suivies. Cycle élémentaire.

5 • LA MAISON AUX MILLE BONHEURS


Lectures suivies. Cycle élémentaire.

6 • LE CIRQUE ZIGOTO
Lectures suivies. Cycle élémentaire.

7 • LE CHALET DU BONHEUR
Lectures suivies. C.E., C.M. 1e année.

8 • LE RELAIS DES CIGALES


Lectures suivies. Cycle moyen.

9 • LA ROULOTTE DU BONHEUR
Lectures suivies. C.M. 2e année.

10 • YANI
Cours moyen.

11 •AHMED ET MAGALI
Cycle moyen.
NOTE DES AUTEURS

L'accueil réservé aux ouvrages de lecture que nous avons déjà


publiés nous a incités à composer celui-ci, destiné aux enfants des pays
francophones. Comme ces pays sont divers, nous n'avons pas situé le
cadre de vie de nos personnages en un lieu précis. Leurs aventures se
déroulent quelque part, entre le tropique et l'équateur. Nous espérons
que certains de nos jeunes lecteurs y retrouveront un peu leur milieu,
tandis que d'autres y verront une occasion de rêve et de dépaysement,
tout en développant, les uns et les autres leur aptitude à lire et leur goût
de la lecture.

Ce double objectif est bien, pour nous, essentiel. Aussi avons-


nous choisi pour l'atteindre, la forme d'un récit suivi, dont on peut
espérer que la lecture d'un chapitre suscite le désir de lire la suite.

Nous avons cependant tenu compte du niveau de nos jeunes


lecteurs, non pour tomber dans les fadaises qui encombrent encore
certains ouvrages, mais pour adopter un style simple, le plus souvent
concret ou affectif, capable de toucher les jeunes enfants.

Dans le même ordre d'idées, on remarquera que les premiers


textes sont disposés de telle façon que les groupes de souffle et de sens
de chaque phrase puissent être facilement perçus et appréhendés. Cela
aidera l'enfant à pratiquer la lecture silencieuse et à respecter la
structure de la phrase quand il lira à haute voix.
L'appareil pédagogique, que nous n'avons pas voulu alourdir (1),
répond aux mêmes desseins. Il vise l'éducation du langage et de la
lecture, qui vont de pair tout au long de la scolarité. Il se compose des
éléments suivants :

a) en tête de chaque chapitre, quelques questions qui permettront


de rappeler l'action précédente ;

b) à la fin du chapitre, d'autres questions qui donneront l'occasion


de vérifier la compréhension de ce qu'on vient de lire ;

c) quelques mots expliqués, qui visent à enrichir le vocabulaire ;

d) des illustrations, dues au talent de M. Millerand, qui pourront


servir de support à des séquences de langage.
De tout cela découle l'ordre des activités auxquelles nous avons
songé en composant cet ouvrage :

1 °) activités de langage avant d'aborder un chapitre ;


2 °j lecture silencieuse du chapitre ;
3°) contrôle de la compréhension du texte ; 4 °) lecture à haute
voix.

Il nous reste à souhaiter que les enfants, auxquels cette histoire


est dédiée, trouvent autant de plaisir à suivre les aventures de nos héros
que nous en avons pris à les raconter.

Les auteurs

(1) Afin de ne pas alourdir le récit d'un appareil pédagogique trop important, mais de
permettre une étude plus complète de la langue, il est prévu un livret d'exercices. Ce livret vise
l'initiation à l'orthographe, à la grammaire et à la conjugaison. Ainsi la totalité de l'enseignement du
français pour des enfants de 7 à 8 ans se trouvera contenue dans l'ensemble formé par ces deux
ouvrages.
Table des matières

Note des auteurs 7

1. La sortie de l'école 9
2. L'âne Pompon 11
3. Chez Doulou le potier 13
4. Chez Doulou le potier (suite) 15
5. Les trois amis 17
6. Il est arrivé quelque chose 19
7. L'accident 21
8. L'accident (suite) 23
9. On porte secours à Doulou 25
10. Le médecin 27
11. Pompon est malheureux 29
12. Joseph a une idée 31
13. Les préparatifs 33
14. Vers la ville 35
15. Vers la ville (suite) 37
16. Une rencontre 39
17. Une rencontre (suite) 41
18. Le marigot 43
19. En ville 45
20. Le marché 47
21. Le marché (suite) 49
22. Après le marché 51
23. L'hôpital 53
24. L'hôpital (suite) 55
25. La visite à Doulou 57
26. Les cadeaux de Doulou 59
27. Où est Pompon ? 61
28. Le foulard 63
29. Sur le chemin du retour 65
30. Sur le chemin du retour (suite) 67
31. Quelques jours plus tard 69
32. L'âne et la guenon 71
33. L'âne et la guenon (suite) 73
34. La lettre 75
35. Le retour de Doulou 77
36. Partira-t-on ? 79
37. Le départ 81
38. La première nuit 83
39. La première nuit (suite) 85
40. La rivière 87
41. La mésaventure de Pompon 89
42. La mésaventure de Pompon (suite) 91
43. Les étoiles 93
44. Le fleuve 95
45. Tante Mila 97
46. Les jaloux 99
47. Téguélé le pêcheur 101
48. Téguélé le pêcheur (suite) 103
49. Au bord de l'eau 105
50. Au bord de l'eau (suite) 107
51. Le retour des pêcheurs 109
52. Le retour des pêcheurs (suite) 111
53. Promenade en mer. 113
54. Le coquillage 115
55. La fête 117
56. La fête (suite) 119
57. La photo 121
58. Retour au village 123
59. L'arrivée 125
60. Deux ans après 127
1 - La sortie de l'école

1. La classe du soir est terminée.


Le maître donne le signal du départ (1 ). Les enfants s'en
vont. «Au revoir, M'sieur! A demain, M'sieur!»

2. La petite Nina se rapproche de son frère Joseph.


Joseph saisit le cartable de sa sœur. Nina garde le sac de
toile, qui contient le reste de son déjeuner. Joseph demande :
«Tu n'as pas tout mangé ?
— Je n'avais pas très faim, dit Nina. Et puis, je voulais
garder un morceau de galette pour Pompon».
3 . Pompon, c'est un âne. Un robuste petit âne roux. Il
appartient à Doulou le potier.
Souvent, le soir, Nina et Joseph trouvent Pompon sur leur
chemin, où il broute l'herbe des bords.
Ils le caressent. Ils lui parlent. Ils montent sur son dos.

4 . Et Pompon les conduit ainsi, jusqu'à la case du potier.


Celui-ci a pris les deux enfants en amitié. Il appelle Nina «Petite
Perle». Il aime la façon dont Joseph s'intéresse à son métier.

Réponds aux questions :


1 - A quel moment de la journée commence cette histoire ?
2 - Pourquoi Nina a-t-elle gardé un morceau de galette ?

Mots et expressions :
(1) «le signal du départ»: le maître fait un geste, ou dit quelques mots pour
indiquer aux enfants qu'il est l'heure de partir.
Quel signal fait-on, dans ton école, à la fin de la classe ?
2 - L'âne Pompon.

Rappelons-nous le chapitre 1.

Qui est Nina ? Qui est Joseph ? Qui est Pompon ? Quel est le métier de Doulou ?
-------------------------------------------------------------------------------------

1. Au détour du chemin (1 ), Nina et Joseph aperçoivent


Pompon. Le petit âne les reconnaît. Il se met à braire (2).
Il s'élance vers les enfants. Nina lui parle. Elle lui caresse
le front. Pompon aime beaucoup cela.

2. Il baisse la tête pour que la fillette puisse mieux


l'atteindre (3). En même temps, il flaire (4) le sac de toile. Nina
se met à rire.
«Tu sais qu'il y a quelque chose pour toi, n'est-ce pas ?».
Pompon remue la tête de haut en bas, de bas en haut, comme
pour dire «oui».
Nina plonge le bras dans le sac.
Elle en sort le morceau de galette qu'elle a gardé.
Elle le présente sur sa main large ouverte.

3. Pompon, du bout des lèvres, saisit la galette.


Il la broie en deux coups de dents.
«Tu as vu, comme ça lui plaît ?» dit Nina à son frère.
Joseph répond en riant :
«II serait difficile, s'il n'aimait pas cela !
Maman fait de si bonnes galettes !
- Demain, je t'en apporterai une plus grosse !» promet
Nina à Pompon.
Puis, aidée par son frère, elle
monte sur l'âne.
Joseph saute derrière elle, et
Pompon les emporte au petit trot.
La route n'est pas longue.
Ils arrivent bientôt devant la case
de Doulou.

Mots et expressions :

(1 ) «au détour du chemin» : endroit où le chemin tourne, fait une courbe.


(2) «braire»: le cri de l'âne s'appelle un «braiement». Quand il commence à crier, on
dit qu'il se met à «braire».
(3) «atteindre» : Pompon approche sa tête de Nina pour qu'elle puisse le toucher.
(4) «il flaire le sac» : l'âne approche son museau du sac pour sentir l'odeur de ce
qu'il y a dedans.
As-tu vu un animal flairer quelque chose ? Raconte.
3 - Doulou le potier,

Rappelons-nous le chapitre 2.

Comment les enfants arrivent-ils chez Doulou ?

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Doulou prépare les branches et l'herbe sèche, pour


allumer le feu.
«Bonsoir, Doulou !
- Bonsoir, les enfants !
- Nous ramenons Pompon, dit Nina».
Doulou se redresse. Il sourit.
«Est-ce toi, Petite Perle, qui le ramène, ou est-ce lui qui
t'amène ?»
2. Joseph regarde les poteries que
Doulou a faites, alignées les unes à côté
des autres.
Il y a de grandes jarres de terre brune,
des marmites ventrues des cruches et des
pots décorés de dessins blancs et ocres.
Maintenant, il faut faire cuire tout cela.
«Je peux t'aider ? demande Joseph.
— Bien volontiers !» dit Doulou.
Et une à une, avec mille précautions,
Joseph lui apporte les poteries.
Doulou les range sur le foyer qu'il a
préparé.
Il les enveloppe de branches et de
bûches, qui feront beaucoup de braises en
brûlant.
«Va me chercher des allumettes dans
la case !»
. Joseph court vers la case. Il en
revient en apportant les allumettes. «Laisse-
moi allumer le feu, dit-il.
— Tu sauras l'allumer?
— Bien sûr ! dit Joseph. Je t'ai vu faire si souvent ! Je sais
même la chanson que tu chantes pour le feu, pour qu'il soit ton
ami !
— Alors, essaye ! Nous verrons bien si le feu, pour toi
aussi, est un ami !»

Réponds aux questions :


Qu'est-ce-que le potier est en train de faire quand les enfants arrivent ? Que lui
demande Joseph ? Que répond Doulou ?

Mots et expressions : r
(1) «avec mille précautions»: en faisant très attention, car les poteries, bien que
sèches, sont encore très fragiles.
As-tu fait toi-même quelque chose, en prenant «mille précautions» ? Raconte.
4 - Doulou le potier (suite)

Rappelons-nous le chapitre 3.

Qu'a fait Joseph pour aider Doulou ? Que lui a-t-il demandé à la fin du chapitre ?
Doulou a-t-il accepté ?

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Joseph s'accroupit. Il craque une allumette. Il enflamme


l'herbe sèche en plusieurs endroits. Le feu doit prendre en
même temps de tous les côtés. Ainsi la chaleur va partout à la
fois sous les poteries et tout autour d'elles.

2. Quand les flammes commencent à danser, Joseph se


met à chanter à mi-voix, comme il a entendu Doulou le faire.
«Feu ! feu ! va lentement
au commencement.
Tout à l'heure,
tu danseras plus vite !
Tout à l'heure,
tu danseras plus fort !»

«Pourquoi tu chantes quand tu allumes le feu ? demande Nina.


- Petite Perle ! dit Doulou en souriant, il faut chanter pour tout ce
qu'on fait».

3. Et c'est vrai ! Doulou chante en travaillant. Il chante des


chansons qu'il invente. Il chante pour sa main qui façonne (2) les
poteries. Il dit qu'ainsi sa main lui obéit mieux.
Et sa chanson amuse les enfants.

«Ni trop vite,


pour les marmites,
ni trop tôt pour les pots,
ni trop tard,
pour les jarres !»

4. «Et pour que Pompon soit mon ami, demande Nina, il faut aussi
que je chante ?
— Hé ! qui te dit qu'il n'aimerait pas cela ?
-- Mais je ne sais pas de chanson, moi !
— Tu peux toujours chanter ce que tu as envie de lui dire ! Mais
attention ! Il faut le faire doucement, tout doucement, à son oreille.
Je suis sûr qu'il t'obéira !»

Réponds aux questions :


Pourquoi Doulou chante-t-il quand il travaille ? Que lui demande Nina ? Que répond
le potier ?
Mots et expressions :
(1 ) «Joseph s'accroupit» : Joseph se baisse en pliant les jambes.
(2) «la main qui façonne les poteries» : sa main donne une forme aux poteries.
5 - Les trois amis

Rappelons-nous le chapitre 4.

Que fait Joseph quand il s'arrête chez Doulou ?


Pourquoi Doulou chante-t-il quand il travaille ?

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Nina et Joseph voudraient bien rester plus longtemps


chez Doulou, mais le soir arrive vite.
Pompon s'est retiré dans l'abri que Doulou lui a aménagé
(1 ), tout près d'un manguier.
«Il faut rentrer chez vous, dit le potier. Donnez le bonsoir à
Lamine et à Siga ! »
Lamine, c'est le papa et Siga la maman des deux enfants.
Une dernière caresse à Pompon, qui mâchonne, accroupi,
quelques brins d'herbe, puis les deux enfants empoignent leurs
cartables, et s'en vont en courant.
«Bonsoir Doulou ! Bonsoir Pompon ! - Bonsoir les
enfants !» dit le potier.
Les choses se passent ainsi tous les jours, sauf, bien
entendu, quand le potier s'absente (2), avec son âne, pour aller
vendre ses poteries à la ville.
Quant à Pompon, il attend Nina et Joseph avec de plus en
plus d'impatience.
. Et maintenant, le soir, au lieu de brouter sagement près
de la case de son maître, il s'avance plus loin, à la rencontre
des enfants.
Il s'arrête cependant derrière les derniers buissons, avant
la place où se trouve l'école.
A travers les branches et les feuilles, il peut voir les
fenêtres ouvertes. Il entend même les petits, quand ils lisent à
haute voix :
«p et i, pi... p et u, pu...».
Et quand les écoliers sortent, Pompon pousse un hi-han
sonore.
Nina et Joseph courent rejoindre leur ami, et le plaisir de
se retrouver recommence.

Réponds aux questions :


Quel est le titre de la lecture ? Quels sont les trois amis ?

Mots et expressions :
(1) «l'abri que Doulou a aménagé»: Doulou a construit et installé un abri pour
l'âne. Comment a-t-il fait?
(2) «s'absenter» : partir, mais pas pour toujours. Doulou s'absente parfois pour une
journée.
6- Il est arrivé quelque chose...

Rappelons-nous le chapitre 5.
Où l'âne, maintenant, attend-il les enfants ?
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1. Ce soir, le maître a fait ses recommandations (1 ) à ses


élèves. «Demain, c'est un jour de congé. Vous relirez votre
lecture...
- M'sieur ! M'sieur ! Il y a un âne à la fenêtre !
- Quoi ?
- M'sieur ! C'est Pompon, l'âne de Doulou !»
C'est vrai. Pompon est là.
Il passe son museau (2) à travers la fenêtre ouverte.
Il pousse un braiement (3).
Il veut peut-être apprendre à lire !» dit un élève.
Tout le monde rit.
«Allons ! dit le maître. Il est l'heure. Vous pouvez sortir, et
ramenez cet âne chez son maître».

2. Les enfants sortent en se bousculant. Ils entourent l'âne.


«Eh bien ! Pompon ! dit Nina, tu ne peux pas
nous attendre, comme d'habitude ?»

Mais Pompon se montre nerveux. Il remue la


tête.
Il tape du sabot sur le sol.
«Il s'est passé quelque chose... dit Joseph.
Il n'est pas comme d'habitude».
Joseph aide sa sœur à monter sur le dos de
l'âne, et il y saute à son tour.
«Ecartez-vous !» crie-t-il à ses camarades.
Et, comme s'il n'attendait que cela, Pompon
s'élance en emportant ses deux cavaliers.
«Je suis sûr, répète Joseph, qu'il est arrivé
quelque chose à Doulou».

Réponds aux questions :


Que dit Joseph ? Qu'est-ce qui lui fait dire cela ?

Mots et expressions :
(1 ) «ses recommandations» : le maître rappelle aux élèves ce qu'ils devront faire.
Que leur recommande-t-il de faire ?
(2) «son museau» : partie avant de la tête des animaux. On parlera du visage d'un
homme, d'une femme, d'un enfant et du «museau» d'un cheval, d'un chien...
(3) «braiement» : voir «braire» p. 7.
7 - L'accident.

Rappelons-nous le chapitre 6.

Pompon a-t-il agi comme il le fait d'habitude ?


Pourquoi Joseph est-il inquiet ?

___________________________________________________________________

1. Le potier est étendu sur le sol, devant sa case, près d'une


échelle couchée.
Il gémit (1 ) doucement et ses lèvres sont sèches.
«Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, Doulou ?
— J'ai soif...»
2. Joseph va chercher un bol d'eau dans la
case.
«Aide-moi !» dit-il à Nina.
Il passe derrière Doulou, lui relève la tête.
Nina, à genoux, lui présente le bol.
Doulou boit quelques gorgées.
«Merci les enfants !
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, Doulou ? répète Joseph.
- J'ai voulu réparer le toit de ma case.
Et tout à coup, il a fait nuit dans ma tête. J'ai perdu
connaissance (2). Je me suis retrouvé par terre. J'ai mal à la
jambe... au genou...
- Tu veux qu'on t'aide à te coucher dans ta case ?
- Non ! Non ! Allez plutôt avertir Lamine, II viendra avec
des amis». Joseph glisse une toile de sac sous la tête de
Doulou.
«Merci Joseph ! Je suis mieux comme ça. Mais allez vite,
maintenant. Prenez Pompon !»
3 . De nouveau, les deux enfants sautent
sur l'âne. Comme s'il comprenait qu'il faut se
dépêcher, Pompon se met à courir.
Nina se cramponne à son encolure.
Les larmes aux yeux, elle demande à son
frère
«Tu crois qu'on va lui couper la jambe ?
- Mais non ! On va le soigner, dit Joseph. Il
guérira, tu verras !»

Réponds aux questions :


Dans quel état les enfants trouvent-ils Doulou ? Que font-ils pour lui venir en aide ?

Mots et expressions :
(1) «il gémit»; quand on a mal, que l'on souffre, on laisse parfois échapper des
plaintes. On pousse des gémissements. On gémit.
(2) «j'ai perdu connaissance» : le potier s'est évanoui.
8 - L'accident (suite)

Rappelons-nous le chapitre 7.
Qu'est-il arrivé à Doulou ? Qui a averti les enfants ?
Comment sont-ils venus en aide au potier ? Que doivent-ils faire maintenant ?

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Heureusement, le village n'est pas loin. Et Pompon a


compris qu'il faut se dépêcher. Il va aussi vite qu'il peut.
Il arrive sur la place où picorent (1 ) quelques poules
noires qui s'enfuient en piaillant (2) de peur.
Maman, qui est en train de piler du mil dans son mortier,
s'arrête, le pilon en l'air.
«Qu'est-ce qu'il se passe ?»
2. Papa, qui est revenu de la concession (3) où il travaille
à la plantation de canne à sucre, bêche son jardin.
Il se redresse, s'appuie sur le manche de sa daba (4), et
demande à son tour :
«Qu'est-ce qu'il se passe ?»
Les deux enfants sautent à terre.
Ils parlent de l'accident de Doulou.
«Il faut faire vite ! dit Joseph. Il souffre beaucoup !»

3. Papa, aidé d'un voisin, fabrique en hâte une civière.


«Doulou ne peut pas rester tout seul, dit-il. Il faudra
certainement le transporter et l'amener ici».
Pendant ce temps, le chef du village téléphonera à
l'hôpital pour appeler un
médecin.
«En attendant, dit
maman, nous l'installerons
chez nous».

Réponds aux questions :


Que décide Papa ?
Que fait-il ?
Que va faire le chef du village ?

Mots et expressions :
(1 ) «picorer» : prendre avec son bec sa nourriture.
(2) «en piallant» : en criant de peur (pour un oiseau).
(3) «la concession» : c'est le champ qui appartient à tout le village et que tous les
habitants cultivent.
(4) «sa daba» : c'est un outil qui sert à bêcher les champs.
9 - On porte secours à Doulou

Rappelons-nous le chapitre 8.

Comment a-t-on appris, au village, que Doulou a eu un accident ? Que font Papa et
un voisin ?
Que va faire le chef du village ?

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1 . Joseph a voulu accompagner son père et les autres


villageois.
Pompon a suivi le petit groupe.
Doulou, toujours étendu sur le sol, grelotte de fièvre (1 ).
Les villageois placent la civière à côté de lui. Puis ils le
soulèvent, l'un par les épaules, l'autre par la ceinture, tandis
qu'un troisième lui maintient les jambes allongées.
Malgré toutes leurs précautions, ils ne peuvent empêcher
Doulou de souffrir. Et le potier laisse parfois échapper un cri de
douleur.
Ils le déposent aussi délicatement que possible sur la civière.
Mais tout cela a pris du temps. La nuit est venu. Doulou appelle
Joseph :
«Va prendre la lanterne, dans la case. Tu éclaireras le
chemin».
Et le cortège (2) s'avance, sur la piste, vers le village.
. Joseph est en tête. Il porte la lanterne à bout de bras.
Pompon, la tête basse, ferme la marche.
Quand on arrive au village, on apprend que le médecin
viendra demain matin, dès l'aube.
Comme on lui a expliqué l'accident, il a fourni quelques
conseils pour soigner Doulou.
On lui donne des comprimés pour calmer sa fièvre.
On place deux bâtons bien droits le long de sa jambe, pour la
maintenir bien raide. Et on l'installe ainsi, sur le lit de Joseph.
Le garçon, lui, dormira sur une natte, cette nuit.

Réponds aux questions :


Comment les villageois s'y prennent-ils pour placer Doulou sur la civière ? Doulou
souffre-t-il ? Quels conseils a donné le médecin ?

Mots et expressions :
(1 ) «il grelotte de fièvre» : la fièvre fait trembler le blessé, comme s'il avait froid.
(2) «le cortège» : les hommes venus au secours de Doulou marchent les uns
derrière les autres. On dit qu'ils forment un cortège.
(3) «l'aube» : c'est le moment où le jour se lève.
10 - Le médecin.

Rappelons-nous le chapitre 9.

Comment a-t-on porté secours à Doulou ?


Où a-t-il été transporté ? Où a-t-il dormi ?

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Le médecin est arrivé.


Il est resté un long moment, seul avec Doulou, dans la
case. Puis il est sorti. Il a dit aux amis de Doulou : «II faut
l'emmener à l'hôpital. Nous pourrons mieux l'examiner (1 ) et le
soigner».
Alors, on a transporté le blessé dans la voiture du médecin.
On l'a installé à l'arrière. On a écarté Pompon qui avançait son
museau au-dessus de son maître.
Puis, l'auto a démarré.
Pompon l'a suivie un moment, dans le nuage de poussière
qu'elle soulevait.
Nina et Joseph l'ont appelé. A la fin, l'âne s'est arrêté. Et,
quand l'auto a disparu, que la poussière qu'elle soulevait est
retombée, on a pu voir l'âne, debout, ne sachant que faire.

2. Alors, Nina et Joseph ont couru vers lui.


Ils lui ont parlé doucement. Ils l'ont ramené.
«Tu verras, Pompon ! Nous allons nous occuper de toi !
A l'hôpital, on va soigner Doulou. Quand il sera guéri, il
reviendra. Tu retourneras avec lui. Et tout recommencera,
comme avant».

Réponds aux questions :


Pourquoi Doulou doit-il partir ? Où l'emmène-t-on ?

Mots et expressions :
(1 ) «nous pourrons mieux l'examiner» : à l'hôpital, les médecins disposent d'appareils qui leur
permettent de voir ce qu'a Doulou. Ils l'examineront mieux, pour mieux le soigner.
11 - Pompon est malheureux.

Rappelons-nous le chapitre 10.

Où a-t-on conduit Doulou ? Qu'a fait Pompon quand il a vu partir son maître ?
Que lui ont promis Nina et Joseph ?

--------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Les enfants du village voudraient bien jouer avec


Pompon, mais Nina leur dit :
«Ce n'est pas le moment. Il est malheureux. Il n'a pas
envie de s'amuser».
En effet, Pompon, la tête basse, traverse le village et se
dirige vers le chemin qui conduit à la case du potier.
Peut-être croit-il qu'il va retrouver son maître ? Et cela donne
une idée à Joseph.
«Allons avec lui, dit-il à sa sœur. Hier soir, nous n'avons pas
eu le temps de mettre un peu d'ordre là-bas».

2. Quand ils arrivent sur place, Nina et Joseph sont bien


tristes.
Ils voient les traces de la chute de Doulou, l'échelle couchée
sur le sol, les feuillages en désordre sur le toit de la case.
Du foyer éteint, Doulou n'a pas eu le temps de retirer les
poteries cuites. Joseph secoue la tête.
«Au travail !» dit-il d'une voix décidée.
Les deux enfants dégagent les poteries des cendres froides.
Nina s'occupe des plus petites, Joseph des grosses jarres.
Ils essuient les traces des cendres blanches avec une poignée
de paille. Puis ils vont les ranger dans la case du potier.

3 . Fatiguée, Nina va s'asseoir un moment contre Pompon


allongé sur le sol de son abri.
Elle lui parle en lui caressant le col.
Joseph range l'échelle contre le mur de la case, puis rejoint sa
sœur pour se reposer à son tour.
«Il faudra demander à Papa de venir réparer le toit, sinon, à la
saison des pluies, la case sera inondée !»
Il demeure encore un moment silencieux, puis, comme s'il
rêvait, il ajoute :
«Doulou n'a peut-être pas
assez d'argent pour se soigner... Et
il ne pourra pas travailler pendant
longtemps...»

Réponds aux questions :


Que voudraient faire les enfants du village ?
Que leur dit Nina ?
Que fait-elle pour consoler Pompon ?
12 - Joseph a une idée

Rappelons-nous le chapitre 11.

Que sont allés faire Nina et Joseph chez Doulou ?


Que dit Joseph à la fin du chapitre 11 ?
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. «Vous savez ce que Joseph veut faire ? dit Nina à ses


parents. Il veut aller vendre les poteries de Doulou à la ville.
— Pour donner l'argent à Doulou !» dit tout de suite
Joseph.
Papa hoche la tête.
«J'avais bien compris, mon fils ! Mais, est-ce que tu
sauras?
En cette saison, il y a trop de travail à la concession.
Je ne pourrai pas t'accompagner.

2. — Moi, je pourrai, dit Maman.


Et j'en profiterai pour vendre quelques
légumes du jardin.
Et si j'ai le temps, j'achèterai une
bouilloire. La nôtre est percée.
Elle ne peut plus servir.
— Moi aussi, j'irai. Après,
quand nous aurons tout vendu, nous
irons voir Doulou à l'hôpital !
- La route est longue pour tés petites jambes, dit Papa en
souriant. Tu seras vite fatiguée !
— Pompon me portera. Je ne suis pas plus lourde qu'une
jarre, tout de même !»
Tout le monde se met à rire.

3. Comment peut-on refuser quelque chose à Nina ? Et puis,


Papa et Maman savent bien que Doulou ne reçoit pas beaucoup de
visites.
Il aura du plaisir à revoir ses amis. Cela l'aidera à guérir.
Allons! C'est décidé.
La semaine prochaine, Maman et les enfants iront à la ville!

Réponds aux questions :


Pourquoi Joseph dit-il tout de suite : «Pour donner l'argent à Doulou !» ?
Pourquoi son père lui répond-il : «J'avais bien compris, mon fils !» ?
13 - Les préparatifs

Rappelons-nous le chapitre 12.

Qu'ont décidé les parents de Nina et Joseph ?


Que va faire Maman à la ville ?
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1 . Très tôt, ce matin-là, Papa et Maman, réveillent leurs


enfants. Joseph ouvre les yeux tout de suite. Pour Nina, c'est
plus difficile. Elle a encore sommeil.
Mais Maman promet de lui mettre sa robe des jours de
fête.
La fillette, aussitôt, saute du lit.
Maman a revêtu elle-même sa plus belle robe, et elle a
déjà noué sur sa tête un foulard aux couleurs vives.
«Tu es jolie ! dit Nina en l'embrassant. Je voudrais bien avoir
un foulard comme le tien ! — Plus tard ! dit Maman en souriant.
Dépêche-toi ! Il faut que nous passions par la case de Doulou pour
prendre les poteries».

2. Joseph, lui, est en train de ranger dans un panier les


boulettes de manioc que Maman a préparées. Ce sera leur
déjeuner, à midi.
«Hé ! laisse m'en quelques unes, dit Papa en riant. Je ne peux
pas vous accompagner, mais il faut que je mange, moi aussi !»

3. Il fait encore nuit quand ils se mettent en route. Papa les


accompagne jusqu'à la case du potier, pour les aider à charger
l'âne.
Le village est obscur et silencieux.
A leur passage, un chien se lève et grogne.
Le feuillage des manguiers se détache, noir et immobile, sur le
clair de lune.
Puis, le village traversé, on
s'engage sur le chemin qui conduit
chez Doulou. La lune l'éclairé assez
pour qu'on n'ait pas besoin de lampe.
Arrivés chez Doulou, on charge
Pompon des jarres et des pots,
maintenus par un filet de corde à
larges mailles. Papa attache le panier
de tomates et celui des boulettes de
manioc aux mailles du filet.
Nina est hissée en avant, presque
sur l'encolure de l'âne. On dit au revoir
à Papa, et le petit groupe s'éloigne, au
rythme (1) de Pompon.

Réponds aux questions :


Nina se réveille-t-elle facilement ? Pourquoi ?

Mots et expressions :
(1) «au rythme de Pompon»: les personnages marchent à la même vitesse que
Pompon. On pourrait dire aussi : «au même pas», ni plus vite, ni plus lentement.
14 - Vers la ville.

Rappelons-nous le chapitre 13.

Pourquoi est-on passé par la case de Doulou ? Qu'est-ce qu'on y a fait ? Pourquoi
Papa n'accompagne-t-il pas Maman et les enfants à la ville ?

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1 . Pompon croit peut-être qu'il est revenu au temps où il


partait avec Doulou.
On n'a pas besoin de le conduire.
II va devant. Maman et Joseph suivent derrière.
Pour le moment, le cortège emprunte le même chemin que
celui qui conduit à l'école. Il y a bien, pour parvenir à la ville,
une route plus large, où passent les voitures et les cannions,
mais elle est beaucoup plus longue. Et comme on va à pied, on
mettrait beaucoup plus de temps pour arriver
2. Depuis que Papa les a quittés, les voyageurs ne parlent
pas.
Ce chemin, que connaissent bien Nina et Joseph prend un
autre aspect dans la nuit. On distingue les grandes masses noires
des arbres. On entend des bruits qui effraient les enfants. Il y a des
glissements, des froissements de feuilles, des craquements de bois.
Nina crispe ses doigts sur la courte crinière de Pompon.
Joseph marche, serré contre sa mère.
Mais l'âne poursuit sa route en hochant la tête (1)
régulièrement. Et cela rassure un peu les voyageurs.

3. Ils débouchent enfin sur la place de l'école. Celle-ci se


détache sur l'ombre de la végétation. Le silence qui l'entoure
devient pesant.
Un cri d'animal, tout près, fait sursauter Nina qui manque de
tomber.
Maman se porte à sa hauteur et lui tapote la main.
«Ce n'est rien, dit-elle.
N'aie pas peur.
Le jour va se lever».

Réponds aux questions :


Maman et les enfants sont inquiets. Pourquoi ? Qu'est-ce qui les rassure un peu ?
Mots et expressions :
(1) «en hochant la tête» : l'âne, en marchant, bouge la tête de haut en bas, et de
bas en haut. On dit qu'il «hoche la tête».
15 - Vers la ville (suite).

Rappelons-nous le chapitre 14.

Comment le voyage vers la ville commence-t-il ?


Pourquoi Nina a-t-elle peur ?

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1 . Le jour se lève rapidement.


En quelques minutes, les ombres de la nuit prennent
forme et couleur.
Pompon, toujours du même pas régulier, marche devant.
On traverse une vaste étendue de terre et de rocaille,
piquetée de buissons épineux. Loin, devant, se dresse la
silhouette d'un énorme baobab (1).
«Quand nous y serons, dit
Maman, nous nous arrêterons un
moment pour nous reposer».

2. Le soleil est caché par une


nappe de nuages blancs, mais l'air
est déjà chaud.
Nina, sur Pompon, dodeline
de la tête (2).
La chaleur, la marche de l'âne qui la berce, endorment la
fillette.
«Va devant, dit Maman à Joseph. Tu tiendras ta sœur, il
ne faut pas qu'elle s'endorme ! Elle pourrait tomber !»
Joseph fait quelques pas en courant.
Il saisit la main de Nina et lui parle.

3. «Je ne dors pas, dit Nina qui sursaute (3) brusquement.


C'est encore loin la ville ?»
Joseph désigne le grand baobab.
«Plus loin que cet arbre ! dit-il. Mais nous nous arrêterons
un moment. Pompon se reposera, et toi tu te dégourdiras les
jambes.
- Tant mieux ! répond la fillette. Je commence à avoir des
fourmis dans les jambes» (4).

Réponds aux questions :


Pourquoi Nina ne doit-elle pas s'endormir ? Que demande Maman à Joseph ?

Mots et expressions :
(1 ) «la silhouette d'un énorme baobab» : de loin, la forme de l'arbre se découpe sur
le ciel.
(2) «Nina dodeline de la tête» : Nina commence à s'endormir. Elle ne tient plus sa tête bien droite :
elle la penche à droite, à gauche...
(3) «sursaute» : quand Joseph lui saisit la main, Nina fait un brusque mouvement pour se redresser.
(4) «des fourmis dans les jambes» : Nina ne peut pas remuer ses jambes, depuis un long moment.
Elle sent des picotements dans les pieds. Cela ressemble à des «fourmis» qui courraient sur elle.
Pour que cela passe, il lui suffira de marcher ou de courir quelques instants.
16 - Une rencontre.

Rappelons-nous le chapitre 15.

Le jour est-il levé ? Où se trouvent les voyageurs ?


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1. Comme il a l'habitude de le faire, sans doute, Pompon


s'est arrêté de lui-même sous le baobab. C'est un arbre
énorme, dont les longues branches vont très loin et tombent
très bas.
«Le maître, dit Joseph, nous a dit que le baobab est l'arbre
qui vit le plus vieux de la terre. Il peut vivre mille ans !»
Maman sourit d'admiration.
«On en sait, des choses, quand on va à l'école !
Mais... où est passée Nina ?»
2. La fillette, qui est descendue de l'âne, s'est éloignée pour
se dégourdir les jambes.
Et comme elle est plus petite que
certains buissons, on ne la voit plus.
Maman et Joseph l'appellent. Elle
apparaît et fait de grands gestes. Son frère
court la rejoindre. Elle est au bord d'un
talus (1) qui s'incline en pente douce vers
un marigot (2).
En cette saison, le niveau de l'eau
n'est pas très élevé.
«Ecoute ! dit Joseph. On dirait qu'il y a un troupeau !»

3. On entend en effet des bêlements de chèvres. Bientôt les


deux enfants peuvent distinguer les bêtes qui se déplacent entre
les arbustes et les buissons. Le chèvrier les suit.
C'est un homme grand et maigre. Son visage est caché par
l'ombre d'un chapeau de paille à larges bords. Il porte un sac de cuir
en bandoulière. Il s'appuie, pour marcher,
sur un long bâton noueux.

Les chèvres vont devant lui et se


dispersent à la recherche de leur pâture.
Joseph et Nina sont retournés près de
Maman.
Le berger les regarde et s'approche.
«Je vois l'âne de Doulou, dit-il, mais
je ne vois pas Doulou!»

Réponds aux questions :


Où les voyageurs se reposent-ils ?
Un nouveau personnage apparaît. Que dit-il ?

Mots et expressions :
(1 ) «un talus» : le terrain, qui était plat jusqu'ici, s'incline, forme une pente. On dit
aussi qu'il forme un talus.
(2) «un marigot» : bras de fleuve ou rivière qui se perd dans les terres.
17 - Une rencontre (suite).

Rappelons-nous le chapitre 16.

Où sont Maman et les enfants ? Quel nouveau personnage voient-ils ?


Que dit ce personnage ?

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1 . «Tu connais Doulou ? demande Nina au chèvrier. -


Bien sûr, je le connais !»
Les deux hommes se rencontrent à chaque voyage du
potier vers la ville. Ils bavardent un moment ensemble.
Et au long de ces rencontres, ils sont devenus des amis.
Maman raconte ce qui est arrivé à Doulou, comment ses
enfants ont recueilli l'âne, et comment l'idée d'aller vendre les
poteries est venue à Joseph.
«Quand le marché sera terminé, ajoute-t-elle, nous irons
voir Doulou à l'hôpital.
— Eh bien ! tu lui donneras le bonjour de Koukouré le
chèvrier. Et tu lui diras que j'irai le voir, moi aussi dès que je
pourrai».
2. Puis le chèvrier propose aux voyageurs de boire du lait.
Comme Nina s'étonne, car elle ne voit ni gourde ni bouteille,
Koukouré lui place un gobelet dans les mains et lui dit avec un
sourire mystérieux :
«Viens avec moi !»
Il saisit une chèvre, s'accroupit à côté d'elle.
«Tiens bien le gobelet sous sa mamelle» dit-il à Nina.
. Durant quelques instants, il masse le pis (1 ) de la
chèvre, puis il commence à la traire à gestes réguliers.
Le lait jaillit en minces filets drus (2).
La fillette le regarde mousser (3) dans le gobelet qui est
vite plein.
Elle en boit la moitié.
Elle donne le reste à Joseph.
C'est doux. Ça glisse sur la langue et dans la gorge. Et
c'est encore tiède de la
chaleur de la bête.

Réponds aux questions :


Relis la phrase : «Maman raconte
... à Joseph». Imagine que tu es à la
place de Maman et que tu parles au
chèvrier. Que lui dis-tu ?

Mots et expressions :
(1) «le pis» : le bout de la mamelle.
(2) «en minces filets drus» : les jets de lait sont tendus et forts. Ils tombent
raides dans le gobelet.
(3) «la fillette le regarde mousser» : le lait écume, des bulles se forment à
sa surface.
18 - Le marigot.

Rappelons-nous le chapitre 17.


Qu'est-ce que Koukouré a offert aux enfants ?
Ont-ils aimé cela ?
---------------------------------------------------------------------------

1. Koukouré a un bon sourire. «Les amis de Doulou


sont mes amis !» dit-il. Joseph demande si la ville est
encore loin.
«Après le marigot, vous trouverez la route. Si vous
marchez d'un bon pas (1 ), vous serez arrivés dans
moins d'une heure».
Avant leur départ, Koukouré leur demande de souhaiter une
rapide guérison à Doulou.
«Et que le mal, dit-il, soit chassé de sa jambe pour toujours !»

2. Nina de nouveau juchée sur l'âne, le petit groupe s'éloigne.


Du bord du marigot, les voyageurs se retournent encore une fois. Ils
voient le chèvrier, dont la silhouette (2) se découpe sur le ciel. Ils lui
font des signes d'au revoir.
Koukouré répond en agitant son chapeau, à bout de bras.
Mais Pompon a déjà les pieds dans l'eau.
3. Nina n'est pas très rassurée. Elle lui parle à l'oreille.
«Fais attention, Pompon ! Maman m'a mis une belle robe. Ne
va pas glisser et me faire tomber
dans l'eau !»

Mais Pompon a le pied sûr


(3).
Il a franchi ce marigot tant de
fois avec Doulou qu'il sait
exactement où il doit poser ses
sabots l'un après l'autre.
Et la traversée se déroule
sans incident (4).

Réponds aux questions :


Que souhaite Koukouré pour Doulou ? Il
pourrait formuler son souhait autrement.
Comment ?
Mots et expressions :
( 1 ) «si vous marchez d'un bon pas» : si vous marchez d'un pas régulier, assez
rapide.
(2) «silhouette» : voir la lecture n° 1 5.
(3) «Pompon a le pied sûr» : Pompon — comme tous les ânes — place son sabot
exactement où il faut, pour ne pas glisser ou tomber. On dit qu'il a le pied sûr.
(4) «sans incident» : la traversée se passe bien. L'âne ne glisse pas. Nina ne
tombe pas... Un incident serait moins grave qu'un accident.
19 - En ville.

Rappelons-nous le chapitre 18.

Nina a peur que Pompon glisse. Que craint-elle ? Que lui dit-elle ?
La traversée du marigot est-elle difficile ?

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1 . Comme l'a dit Koukouré, le marigot traversé, les


voyageurs débouchent bientôt sur la route.
A cette heure, il y passe surtout des camions. Il y a aussi
des jeunes gens, sur des vélomoteurs qui pétaradent aussi fort
que les camions.
Joseph craint que le bruit des moteurs effraie (1) Pompon.
Mais non. L'âne marche sagement sur le côté de la route. Il
recherche même l'endroit où il n'y a plus de goudron et où ses
sabots foulent le sable et la terre.
Pour lui, ce doit être plus commode. Il est à l'abri des
véhicules (2).
2. La petite troupe parvient ainsi
jusqu'aux premières maisons. Ce sont des
constructions de planches recouvertes de
tôles entre lesquelles s'ébattent des groupes
d'enfants.
A mesure qu'on avance, la circulation
devient plus intense (3). Des rues débouchent
sur celle que l'on suit et que Pompon paraît connaître parfaitement.
Il marche, en effet, d'un pas égal, sans qu'on ait besoin de le
conduire.

3. Les maisons, maintenant, sont plus hautes et plus grandes.


Certaines ont même des balcons sur lesquels poussent des plantes
grasses.
Des jeunes gens dépassent les voyageurs.
L'un d'eux tient un transistor (4) à la main, et l'on entend au
passage quelques notes de musique.
Nina et Joseph ouvrent de grands yeux sur ce monde qu'ils
n'ont jamais vu.
Ils voudraient bien s'arrêter, pour regarder plus longuement.
Mais on n'a pas le temps de s'attarder.
L'âne les conduit à travers des rues de plus en plus
encombrées (5). Maman et Joseph doivent faire de plus en plus
attention pour ne pas se laisser distancer.
Et c'est Nina, qui la première, du haut de sa monture, découvre le
marché !

Réponds aux questions :


Qu'est-ce qui surprend les enfants en parcourant la ville ?
Qui voit le marché la première ?

Mots et expressions :
(1 ) «le bruit... effraie» : les voyageurs craignent que le bruit fasse peur à l'âne.
(2) «des véhicules» : les voitures, les vélos, les motos... sont des véhicules.
(3) «la circulation... intense» : il y a de plus en plus de véhicules.
(4) «un transistor» : un poste de radio portatif.
(5) «des rues encombrées» : des rues où passent beaucoup de gens et de véhicules.
20 - Le marché

Rappelons-nous le chapitre 19.

Où se trouvent maintenant Maman et les enfants ?


Qu'est-ce qui a étonné Nina et Joseph ?

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1.
Les marchandes de fruits et de légumes sont assises
derrière leurs étalages. Il y a si peu de place entre les corbeilles
de poivrons, de papayes, de mangues, les régimes de
bananes, et les bassines de riz, de farine de sorgho et de
manioc, qu'on peut à peine passer.
«Nous arrivons trop tard, dit Joseph. Il n'y a plus de place
pour nous !»

2. Mais Pompon, de son petit pas têtu, traverse la foule.


Si quelqu'un, devant lui, encombre le passage,
il appuie son front contre le dos du gêneur et le pousse,
doucement et fermement à la fois, jusqu'à ce qu'il s'écarte.
Il se dirige ainsi vers le fond de la place, bordée d'arcades (1)
de pierre, qui soutiennent des maisons à étages.
Tout cela se passe dans un grand tumulte de cris et d'appels.
Nina se retourne souvent, pour s'assurer que Maman et Joseph
sont bien là, derrière Pompon.

3. On longe à présent un trottoir où des artisans ont installé


sur des nattes les objets qu'ils vendent.
Il y a des sacs de cuir, des bourses qu'on ferme à l'aide d'un
cordonnet, de belles ceintures multicolores.
Sur une sorte d'échelle dressée contre un mur, un marchand a
plié les couvertures de laine qu'il a tissées lui-même.
A côté, un bûcheron a installé des mortiers à piler qu'il a
creusés dans le bois dur. Appuyés contre un pilier, se dressent les
pilons de gommier (2) qui serviront à piler le mil.

4. Et c'est là, devant les mortiers, que Pompon s'arrête. Le


bûcheron, enveloppé dans un grand boubou brun,
est assis en tailleur sur le sol. Il relève la tête. Il reconnaît
l'âne, comme Koukouré sous le baobab. Maman explique à
nouveau pourquoi
elle et ses enfants sont venus remplacer Doulou.
Alors, le grand boubou se redresse.
«Je m'appelle Alioune, dit-il.
Doulou s'installe toujours à côté de moi. Je vais vous aider...»

Réponds aux questions :


Comment Maman et les enfants découvrent-ils la
place qu'occupé Doulou d'habitude ? Que va faire
Alioune pour les aider ?

Mots et expressions :
(1 ) «des arcades» : ce sont des voûtes en maçonnerie qui soutiennent les maisons
et permettent de passer dessous.
(2) «gommier» : le gommier est une sorte d'acacia. Son bois est assez léger, mais
résistant.
21 - Le marché (suite)

Rappelons-nous le chapitre 20.

Comment Pompon s'ouvre-t-il un passage dans la foule, sur la place du marché ?

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Alioune parle aux autres marchands.


On se serre un peu sur le trottoir.
Les poteries de Doulou sont rangées sur le sol, les plus
petites devant, les plus grosses derrière.
Quand Pompon se sent libéré de sa charge, il va de lui-
même vers une arcade, à la façon d'un âne qui connaît bien
l'endroit.
Nina et Joseph le suivent.
«Il faut bien savoir où il va, dit Joseph, pour aller le rechercher
tout à l'heure».

2. L'arcade franchie, quelle n'est pas la surprise


des enfants, de voir là, dans l'ombre des maisons, tout
près d'une fontaine, une demi-douzaine de petits ânes
roux, qui se ressemblent comme des frères! Deux
autres, dans une sorte de pré à l'herbe rare, flairent le
sol et grignotent quelques tiges sèches.

Tous ces ânes sont venus de loin, sans doute, portant


leur charge depuis la nuit. Et ils attendent patiemment (1 ) la fin
du marché et le retour de leurs maîtres.
«Ils doivent se raconter des choses... dit Nina».

3. Et les deux enfants imaginent aussitôt la conversation des


ânes, quand ils se revoient, après plusieurs jours d'absence.
«Pompon leur raconte certainement ce qui est arrivé à Doulou.
— Alors, certainement, dit Nina, il parle de
nous à ses amis I».
Les enfants se mettent à rire...
Mais ils sont venus pour aider Maman.
«Allons la rejoindre, dit Joseph. Elle doit
avoir besoin de nous!»

Réponds aux questions :


Pourquoi place-t-on les petites poteries devant les grosses ?
Pourquoi les enfants suivent-ils Pompon ?
Imagine que Pompon raconte ce qui s'est passé depuis quelque temps. Que dirait-il?

Mots et expressions :
(1 ) «ils attendent patiemment» : avec patience, sans s'agiter, ni s'énerver.
22 - Après le marché.

Rappelons-nous le chapitre 21.

Les ânes restent-ils sur la place du marché ? Où vont-ils ? Qu'est-ce qui amuse Nina
et Joseph ?

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1. Grâce à Alioune, Maman et Joseph apprennent


comment il faut calculer le prix de chaque poterie, comment on
accepte de marchander avec les clients.
Et vers une heure, au moment où le marché se termine, ils
ont presque tout vendu, même les tomates qu'ils ont apportées.
Maman plie soigneusement dans un foulard l'argent qui
revient à Doulou.
Ils mangent sur place les boulettes de manioc. Puis les
enfants vont remplir la gourde à la fontaine et ramènent
Pompon. «Allons ! dis au revoir à tes amis ! dit Nina en riant.
Maintenant, nous allons voir Doulou !»
2. A cette heure, la chaleur est accablante. Les rues sont
presque désertes. Maman avise une petite boutique dont la
propriétaire somnole (1 ) sur une chaise, près de l'entrée.
«Attendez-moi là ! dit Maman. Je vais acheter une
bouilloire». Elle réveille le marchand et entre avec lui dans la
boutique.
3. Joseph s'avance jusqu'à la vitrine du magasin. Il
regarde. Parmi un grand nombre d'objets, il voit, attachés sur
un carton, des canifs. L'un deux est ouvert. Il a trois lames et un
poinçon (2). Son manche est en corne, marron, veiné de blanc.
Il aimerait avoir un canif comme cela. Avec la grosse lame,
il taillerait le bois et les écorces. Avec le poinçon, il ferait des
trous. Avec la petite lame, ...
Mais Maman sort du magasin, une bouilloire neuve à la
main. Elle la glisse dans le filet que porte Pompon. Et le petit
groupe reprend sa route vers l'hôpital.

Réponds aux questions :


Maman réveille le marchand. Que va-t-elle lui dire ? Imagine leur conversation. Que
regarde Joseph ? Imagine que tu es à sa place. Que ferais-tu avec un canif ?

Mots et expressions :
(1 ) «il somnole» : il dort, mais pas profondément.
(2) «un poinçon» : une tige de métal, pointue, articulée sur le manche du canif.
23 - L'hôpital.

Rappelons-nous le chapitre 22.

Où Maman et les enfants vont-ils ? En cours de route, ils s'arrêtent. Pourquoi ? Que
remarque Joseph dans la vitrine de la boutique ?

-------------------------------------------------------------------------------------

1 . «C'est ici ! dit Joseph devant un large portail, surmonté


d'une inscription en lettres majuscules :

HOPITAL

Maman et les enfants sont un peu impressionnés par l'entrée


monumentale qui s'ouvre sur une large allée, bordée de grands
acacias.
Mais Pompon avance. Il faut bien le suivre. Dans les chemins
de traverse, on peut voir des convalescents (1) se promener
lentement
et bavarder entre eux. Il y a aussi des malades que l'on
pousse dans des fauteuils roulants.
Les visiteurs arrivent enfin devant l'hôpital lui-même. C'est une
grande maison toute blanche. On y entre par un large escalier.
Il faut laisser Pompon dehors, bien entendu.
«Il vaut mieux l'attacher!» dit Maman.
Et Joseph attache l'âne à une barrière devant de grands
hibiscus aux belles fleurs mauves et pourpres.
Puis les visiteurs montent l'escalier.

2. «Comment trouver Doulou dans cette grande maison ?»


Maman s'adresse à une infirmière
toute vêtue de blanc.
«Voyez au bureau ! dit-elle. On
vous renseignera.
C'est Joseph qui y va, comme
un petit homme, et qui demande à
un employé :
«On vient voir Doulou. Où est-
ce qu'il est ?»
L'employé sourit et ouvre un
grand livre.
«Doulou... Doulou... Il y a bien quatre ou cinq Doulou dans
l'hôpital... Quand est-il entré ? - Il y a quelques jours... Il s'est cassé
la jambe».
L'employé tourne des pages, descend et remonte du doigt des
colonnes de noms.
«Ah ! j'ai ici un Doulou M'Baré... fracture du fémur (2)...
déplacement de la rotule (3)... chambre J4, 3e étage.
Vous pouvez prendre l'ascenseur».

Réponds aux questions :


Pourquoi vaut-il mieux attacher Pompon ?
Pourquoi l'employé sourit-il quand Joseph lui demande où est Doulou ?
Crois-tu qu'il y a beaucoup de malades dans cet hôpital ? A quoi le vois-tu ?

Mots et expressions :
(1) «convalescent»: un convalescent est un malade qui va mieux, qui doit encore être
surveillé par les médecins et qui doit refaire ses forces, car il est encore faible. On dit qu'il est
en convalescence.
(2) «fémur» : le fémur est l'os de la cuisse.
(3) «rotule» : la rotule est l'os du genou. Elle permet de plier la jambe.
24 - L'hôpital (suite)

Rappelons-nous le chapitre 23.

A qui Maman s'adresse-t-elle pour. savoir où est Doulou ?


Où Joseph va-t-il se renseigner ? Quelle chambre lui indique l'employé ?

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1. Maman préférerait monter l'escalier à pied.


Mais les enfants trouvent plus amusant d'emprunter
l'ascenseur.
D'ailleurs, celui-ci s'ouvre et un employé qui se trouve
dedans, les invite à entrer.
«Quel étage ?
— Le troisième !»
L'employé appuie sur un bouton et, dans un bruit doux et
soyeux, les passagers se sentent enlevés au-dessus du sol.
Nina est ravie.
«On monte au ciel !» dit-elle.
L'employé sourit.
«Pas tout à fait !».

2. L'ascenseur s'arrête. La porte s'ouvre. Les visiteurs


débouchent sur un grand palier où circulent des employés en
blouse blanche et des gens chargés de cabas qui viennent voir des
malades.
Joseph, suivi de Nina et de Maman, s'engage dans un couloir,
et lit les numéros, sur les portes des chambres.
«2, 4, 6, 8,... 14! Ce doit être ici».
Il frappe à la porte.
«Entrez !» dit une voix.

La chambre est occupée par quatre lits et quatre malades.


Les visiteurs hésitent à entrer.
Mais, du lit qui se trouve en face, près de la fenêtre, leur
parvient la voix de Doulou.
«Siga ! Joseph ! Petite Perle ! C'est donc vous ?»

3. Doulou est là, le dos et la tête appuyés contre des coussins,


plus assis que couché sur son lit.
«Ça ! C'est une surprise !»
Nina l'embrasse sur les deux joues.
Puis, elle regarde sa jambe,
enveloppée dans un énorme plâtre.
Le potier sourit de son étonnement.
«Tu vois, dit-il, on a fait une case, rien
que pour ma jambe droite!»

Réponds aux questions :


Pourquoi Maman préférerait-elle monter l'escalier à pied ?
Pourquoi les enfants préfèrent-ils l'ascenseur ?
Qu'est-ce qui étonne Nina, quand elle voit Doulou ?
Que lui dit Doulou ?
25 - La visite à Doulou.

Rappelons-nous le chapitre 24.

Maman et les enfants ont-ils trouvé la chambre où se trouve Doulou ?


Comment l'ont-ils trouvée ?
Doulou est-il content de les revoir ? Qu'est-ce qui le montre ?

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1. Maman s'est assise sur une chaise, près du lit de


Doulou. Elle lui demande des nouvelles de sa santé. «J'en ai
peut-être encore pour un mois, à rester ici ! dit le potier. A mon
âge, il paraît que les os ne se ressoudent pas très vite. Et puis,
on a regardé dans ma tête, pour savoir pourquoi je suis tombé.
On m'a dit que je n'avais rien de grave.
— Comment on a fait, pour regarder dans ta tête ?»
demande Nina.
Doulou sourit.
«Je ne peux pas te le dire, Petite Perle ! Je n'en sais rien.
Mais les médecins sont des gens très savants.
Ils ont des appareils pour voir ce qu'on a dans le corps».

2. Puis c'est au tour de Doulou de demander des


nouvelles de Papa, du village, de Pompon...
«Tout le monde pense à toi, dit Maman.
Et tu as les amitiés de Konkouré, le chevrier...
- Ah ! Vous l'avez rencontré ?
— Oui ! dit Nina. Il nous a fait boire du lait de ses
chèvres. C'était bon !
- Tu as aussi le bonjour d'Alioune ! dit Joseph.
- Alioune ? le bûcheron ? Alors, vous êtes allés au
marché ?
- Bien sûr, dit Nina. On est venu vendre tes poteries.
— Quoi ?»
Maman paraît gênée.
«Tout ça, dit-elle, c'est Joseph qui en a eu l'idée».

3. Et elle raconte comment Alioune les a aidés, leur a donné


des conseils... Elle dit qu'elle ne savait pas trop bien s'y prendre au
début...
Mais pendant qu'elle parle, Doulou change de visage. Il grimace, il
plisse son nez, il remue la tête de droite à gauche, de gauche à
droite...
Maman se demande ce qu'il a.
«J'espère que tu n'es pas fâché, Doulou !» Non,
Doulou n'est pas fâché. Il est ému.
Il est ému de voir qu'on pense à lui.
«C'est bon, dit-il d'une voix étranglée.
C'est bon de savoir qu'on a de
vrais amis !»

Réponds aux questions :


Doulou savait-il que ses visiteurs étaient venus à la ville pour vendre ses
poteries ? Comment l'apprend-il ? Est-ce qu'il se met en colère ?
26 - Les cadeaux de Doulou

Rappelons-nous le chapitre 25.

Où se passe la scène du chapitre 25 ?


Doulou est-il content de recevoir des visites ? Que lui apprennent ses visiteurs ?

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1. «Tu sais, dit Joseph, on a vendu presque toutes les


poteries qu'on avait apportées !»
Maman veut sortir l'argent de son foulard. Doulou l'arrête
d'un geste.
«Garde le moi ! dit-il. Ici je n'en ai pas besoin.
Mais je veux qu'avec ça, tu achètes quelque chose pour
toi, et quelque chose pour les enfants.
— Mais... Doulou, tu n'y penses pas.
Ce sont tes jarres, tes marmites ! C'est toi qui les as faites!
— Je serais très fâché si tu ne faisais pas ce que je te
demande». Et il appelle Nina et Joseph tout près de son lit.

2. «Qu'est-ce qui te ferait plaisir, Petite Perle ?»


Nina, dont les yeux brillent, regarde Maman,
regarde Doulou, baisse la tête.
«Qu'est-ce qui te ferait plaisir?» répète Doulou.
Alors la fillette murmure timidement :
«Un madras sur ma tête... comme Maman».
Tout le monde dans la chambre se met à rire. Nina est
confuse (1 ). Doulou se tourne vers Maman.
«En sortant, tu lui achèteras le plus beau madras que tu
trouveras ! Et toi, Joseph, qu'est-ce-que tu voudrais ?»
Joseph sait fort bien ce qu'il voudrait. Il revoit la vitrine de la
petite boutique, le carton de canifs, le canif à trois lames...
Mais il comprend qu'il ne faut pas gaspiller l'argent de Doulou.
Alors, il dit à mi-voix :
«Un canif à trois lames, si ce n'est pas trop cher.
— Tu l'auras, mon garçon !» dit Doulou.
3. Puis, pour éviter les remerciements : «J'aimerais bien voir
Pompon, dit-il. Aidez-moi à aller jusqu'à la fenêtre».
Maman et Joseph l'aident à se redresser, à se pencher à la
fenêtre. On voit bien la barrière, le massif d'hibiscus, mais Pompon
n'est plus là!

Réponds aux questions :


Que veut faire Doulou pour remercier ses
amis ?
Maman commence par refuser. Pourquoi ?
Pourquoi Doulou veut-il éviter les
remerciements ?

Mots et expressions :
(1) «Nina est confuse»: Nina est gênée d'avoir fait rire tout le monde dans la
chambre.
27 - Où est Pompon?

Rappelons-nous le chapitre 26.

Où se passe l'histoire, dans le chapitre 26 ?


Qu'est-ce que Doulou apprend ?
A la fin du chapitre, qu'est-ce qu'on découvre ?

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1 . «Pompon ne peut pas s'être échappé, dit Doulou.


II doit être dans les parages... (1)»,
Mais Joseph est déjà dehors, à la recherche de l'âne.
«J'ai pourtant bien serré le nœud de la corde !» se dit-il. Et
le voilà, cherchant à travers les allées, demandant aux gens
qu'il rencontre s'ils n'ont pas vu un âne,
2. Les uns sont étonnés, les autres se mettent à rire. «Un
âne? C'est plutôt rare dans un hôpital !»
Enfin, un jeune homme qui lit un livre, sur un banc, dit en
souriant : «Adresse-toi donc au jardinier. Il sait peut-être où est ton
âne...» Le jardinier arrose un massif de fleurs. Joseph -épate sa
question.

3. «Ah ! Il est à toi, cet âne ? dit le jardinier.


C'est moi, oui, qui l'ai détaché. Et tu sais pourquoi ?»
Joseph bégaye de crainte :
«Nnnn... non !»
Le jardinier fronce les sourcils,
«Parce qu'il broutait les hibiscus.
Ce n'est pas pour les ânes, les hibiscus !»
Joseph est effrayé. Il faudra peut-être payer les
dégâts...
Mais le jardinier est un brave homme. II voit le
trouble du garçon.
Il se radoucit. L'âne, après tout, n'a pas fait trop de dégâts.
Et il conduit Joseph jusqu'à une pelouse où Pompon se gave
(2) de bonne herbe fraîche.
Joseph veut s'excuser d'avoir été si étourdi.
«J'aurais dû l'attacher ailleurs ! dit-il.
- Allons, reprend le jardinier. Ce n'est pas grave. Et puis, ton
âne m'a déjà payé. Je n'aurai pas à tondre ce qu'il a brouté de la
pelouse.
Ce sera autant de travail en moins !»

Réponds aux questions :


Pourquoi le jardinier a-t-il détaché Pompon ?
Le jardinier est un brave homme. A quoi le vois-tu ?

Mots et expressions :
(1 ) «dans les parages» : près d'ici, pas très loin, aux alentours.
(2) «se gave» : l'âne mange beaucoup et vite, comme quelqu'un qui a très faim et
qui se trouve devant un bon repas, très abondant.
28 - Le foulard.

Rappelons-nous le chapitre 27.

Que s'est-il passé dans le chapitre 27 ?


Essaie de le raconter toi-même.

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1. «Nous avons une longue route à faire, pour rentre, dit


Maman, à la sortie de l'hôpital. Dépêchons-nous !»
Mais Nina et Joseph ne l'entendent pas de cette oreille.
Il leur faut, à l'une un madras, à l'autre un canif.
«Doulou nous a promis...»
Maman finit par accepter.
«Si nous trouvons des boutiques qui en vendent sur notre
chemin !» dit-elle.
Joseph est rassuré. Il sait où il a vu le canif qu'il désire :
«Dans la petite boutique où tu as acheté la bouilloire, dit-il.
Nous sommes bien obligés de passer devant...»
2. Nina, pendant ce temps, du haut de l'âne, cherche un
magasin de tissu.
«Là ! dit-elle tout-à-coup. Je suis sûre qu'on vend des
foulards !»
Le boutiquier, debout devant sa porte, a entendu la fillette.
«Bien sûr ! dit-il en souriant aimablement. J'ai
des foulards!
J'ai même les plus jolis foulards du monde !»
Nina glisse de l'échiné de Pompon.
Elle court vers la boutique. Maman y entre avec
elle.

3. Le marchand déplie une bonne dizaine de


foulards aux couleurs vives.
«Celui-ci... celui-là... non... cet autre...» On en essaie un,
deux, trois... Nina voit son image dans un miroir. Elle finit par
choisir un foulard rouge à fleurs jaunes. Le marchand le noue
sur sa tête avec habileté (1 ). Nina se retourne vers Maman.
«Tu ne trouves pas qu'il me va mieux que les autres ?»
Maman sourit. Le marchand aussi. Nina est radieuse (2). Elle
reprend sa place sur le dos de Pompon. Elle se tient toute
droite, la tête bien relevée, pour ne
pas déranger les plis du madras.

Réponds aux questions :


Nina est coquette. A quoi le vois-tu ? Pourquoi se
tient-elle bien droite sur Pompon ?
Mots et expressions :

(1) «le marchand noue le foulard avec


habileté» : il le place sur la tête de Nina très adroitement. On voit qu'il sait bien
attacher les foulards, qu'il en a l'habitude.
(2) «Nina est radieuse» : elle est heureuse, très contente. Ses yeux brillent de joie,
elle sourit..,
29 - Sur le chemin du retour

Rappelons-nous le chapitre 28.

Que s'est-il passé dans le chapitre 28 ?


Essaie de le raconter toi-même.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1 . Pour Joseph c'est moins long. II a fait son choix à


l'avance. Le canif dont il rêve est acheté en quelques minutes.
«Maintenant, dit Maman, il faut se dépêcher, si nous ne voulons
pas arriver au village trop tard dans la nuit».
Mais les rues sont de plus en plus encombrées. On va
moins vite.

2. Comme Pompon est moins chargé que ce matin,


Joseph monte sur lui, derrière sa sœur.
Enfin, ils sortent de la ville. Ils retrouvent le chemin du gué
(1 vers lequel l'âne se dirige tout seul.
«Si nous avions le temps, dit Joseph, je me baignerais.
— Nous pourrions au moins marcher dans l'eau, dit Nina.
Ça nous rafraîchirait».
Et les deux enfants sautent dans le marigot.
L'eau est fraîche. Pompon en profite pour boire. Joseph
s'asperge (2) les bras et le visage.
«Ça fait du bien ! dit-il à sa sœur.
Pourquoi ne fais-tu pas comme moi ?»
Nina en a bien envie. Mais elle risque de
mouiller son madras et de l'abimer. Et puis,
Maman les presse.
«La nuit sera bientôt là !» dit-elle.

3. Ils escaladent le talus, comme le


faisait, ce matin, Koukouré derrière ses
chèvres.
Ils retrouvent le grand baobab.
Mais il n'est pas question de s'y arrêter.
Le silence semble monter du sol avec la
chaleur.
Dans ce vaste paysage, nos trois
voyageurs se sentent bien seuls.
Le soleil disparaît à l'horizon.
La lune n'est pas encore levée.
C'est l'heure des peurs et des démons qu'on imagine.
Alors, Maman, tout en marchant, se met à chanter. Elle
chante une vieille et longue mélopée (3).
Et sa voix apaise l'inquiétude des enfants.

Réponds aux questions :


Les enfants sont-ils aussi joyeux que ce matin ?
Qu'est-ce qui leur fait peur ? Que fait Maman pour apaiser leur inquiétude ?

Mots et expressions :
(1) «le chemin du gué»: le chemin qui conduit à l'endroit où l'eau n'est pas très
profonde.
(2) «Joseph s'asperge les bras et le visage» : il se jette de l'eau sur les bras et le
visage, pour se rafraîchir.
(3) «une mélopée» : chant un peu monotone, Maman répète le même air.
30 - Sur le chemin du retour (suite).

Rappelons-nous le chapitre 29.


Que font les enfants pour se rafraîchir ?
S'arrêtent-ils sous le baobab ? Pourquoi ?

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1. La nuit devient plus sombre. Les ombres des buissons


se confondent. Les voyageurs distinguent à peine, au loin, la
masse noire des arbres qui entourent l'école.
«Nous ne sommes plus très loin !» dit Joseph.
Cependant, Pompon continue sa route, un peu plus
lentement peut-être, que ce matin. Mais, comme ce matin, on le
laisse faire. Les bêtes savent bien se diriger toutes seules...
Et tout à coup, au loin, presque au ras du sol, droit devant
eux, surgit une étoile.
«Ce n'est pas une étoile, dit Joseph, quelques instants
après, c'est plutôt une lampe».

2. Le point lumineux va de gauche à


droite, de droite à gauche, et même
s'avance vers eux.
Maman s'arrête de chanter.
Les enfants ont peur.
«C'est peut-être un démon qui n'a
qu'un œil ! dit Nina.
— On dit que les démons se
promènent dehors, la nuit...
- Qu'allez-vous imaginer? dit Maman.
Ce qui les rassure un peu, pourtant,
c'est que Pompon marche toujours du
même pas !
«Je suis sûr, murmure Joseph, que
s'il y avait un danger, Pompon le sentirait.
- Ce n'est peut-être pas un danger pour lui, dit Nina. C'est
peut-être un voleur d'enfants.
— Tu dis des bêtises, dit Maman. Tu joues à te faire peur!»
Mais elle-même commence à s'inquiéter.

3. La lune, maintenant s'est levée. Elle éclaire la plaine


d'une lueur pâle. La lampe, au loin, décrit des cercles. «Qu'est-ce
que ça veut dire ?» demande Nina.
Mais, avant que Maman ou Joseph réponde, ils entendent
crier le porteur de lampe.
Et aussitôt, un grand rire secoue les voyageurs.
«C'est Papa !»
C'est bien lui, en effet. Inquiet de ne pas voir arriver sa
femme et ses enfants avant la nuit, il est venu à leur rencontre.
Réponds aux questions :
Pourquoi Papa était-il inquiet ?
Imagine qu'il s'adresse à un voisin et qu'il lui parle de son inquiétude. Fais-le
parler.
31 - Quelques jours plus tard...

Rappelons-nous le chapitre 30.

Le retour au village se termine-t-il bien ?


Pourquoi Papa est-il venu à la rencontre de Maman
et des enfants ?

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1. Pompon, maintenant, a pris ses habitudes. Tous les


jours de classe, il emmène les enfants à l'école. Puis il les
attend, toute la journée, en broutant aux alentours de la case
de Doulou.
Quand il est fatigué ou lorsqu'il a trop chaud, il pénètre
dans l'enclos et se repose, sur sa litière de paille.
Il reste ainsi parfois jusqu'au soir.
Le moment venu, il va chercher les enfants à la sortie de
l'école.

2. Or, aujourd'hui, quand il s'approche de son abri pour se


reposer, son instinct l'avertit qu'il
se passe quelque chose
d'inhabituel.
Une odeur particulière peut-
être, un léger froissement de
feuilles, le préviennent.
Le petit âne s'approche
prudemment.
Il s'arrête sur le seuil.
Il explore du regard l'intérieur
de l'abri...

Et soudain, surgit du fond de l'ombre, une jeune guenon


au poil beige, qui déboule vers la sortie et, en quelques bonds,
grimpe sur le manguier.

3. Là, cachée par le feuillage, la guenon demeure un


moment à observer le petit âne. Celui-ci la cherche du regard.
Comment lui faire comprendre qu'il ne lui en veut pas de
s'être reposée dans son abri ? qu'il ne lui fera pas de mal ?
Alors, au lieu de se retirer sur sa litière, Pompon se
couche sous le manguier, et fait mine de dormir.

Réponds aux questions :


Qu'espéré Pompon, quand il voit la guenon se perdre dans le feuillage du manguier?
Pourquoi se couche-t-il au pied de l'arbre ?
32 - L'âne et la guenon.

Rappelons-nous le chapitre 31.

Que s'est-il passé dans l'enclos du potier ?

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. A la sortie de l'école, Nina et Joseph sont étonnés de ne


pas voir Pompon.
C'est si peu son habitude, de manquer la sortie de la
classe, que les deux enfants se posent des questions.
«Doulou est peut-être revenu, dit Nina, et Pompon est
resté avec lui.
— Mais non, répond Joseph. Quand nous sommes allés le
voir, la semaine dernière, il nous a dit qu'il restait encore un
mois à l'hôpital !»
Tout en parlant, ils arrivent devant la case de Doulou.
«Ne fais pas de bruit ! dit Joseph à voix basse. Regarde !»
Ils se tapissent tous deux derrière la haie (1 ), et que
voient-ils ?

2. Sous le manguier, Pompon s'est couché sur le flanc et,


sur lui, une petite guenon à robe (2) beige est en train de le
gratter, derrière l'oreille.
«D'où vient ce singe ? dit Nina à
voix basse. - Je ne sais pas, répond
Joseph sur le même ton.
Peut-être d'une troupe qui se
déplace...»
Bien qu'ils aient parlé à voix
basse, la guenon les a entendus.
Elle s'interrompt (3), reste un
moment immobile, les yeux grands
ouverts et, tout à coup, s'enfuit en
poussant des cris aigus, vers les plus
hautes branches du manguier.

3. L'âne se redresse.
Les deux enfants s'approchent.
Comme tous les jours, ils grimpent sur son dos.
La guenon a disparu parmi les arbres, au-delà de l'enclos.
Alors, l'âne reprend le chemin du village.
Tout en marchant, Nina caresse l'encolure de Pompon et
le console du départ de son amie la guenon.
«Je suis sûre, dit-elle, qu'elle reviendra demain. Il faudra
lui dire que nous sommes ses amis, nous aussi...»

Réponds aux questions :


Pourquoi les enfants, à la sortie de l'école, sont-ils étonnés ? Pourquoi la guenon s'enfuit-elle ?

Mots et expressions :
(1) «ils se tapissent derrière la haie» : ils se cachent, ils se font tout petits pour voir sans être vus,
derrière les arbustes qui limitent l'enclos.
(2) «une petite guenon à robe beige» : les poils de la guenon l'habillent comme un vêtement, une
robe...
(3) «elle s'interrompt» : elle s'arrête de faire ce qu'elle faisait.
33 - L'âne et la guenon (suite).

Rappelons-nous le chapitre 32.

Que se passe-t-il dans le chapitre 32 ?


Raconte le toi-même.

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. Le manège de l'âne et de la guenon dure, maintenant,


depuis plusieurs jours. Les enfants ne s'étonnent plus de ne
pas voir Pompon à la sortie de l'école.
Ils le retrouvent dans l'enclos de Doulou, avec son amie la
guenon. Celle-ci ne les craint plus. Elle s'apprivoise chaque jour
davantage.
Un soir même, les deux enfants sont stupéfaits (1). Peu
avant d'arriver chez le potier, ils voient Pompon venir à leur
rencontre, monté par la guenon qui s'accroche à son dos de
ses quatre mains !
«Qu'est-ce que tu dis
de ça ? demande Joseph.
Elle nous a vu faire et
elle nous imite».

2. Ce soir-là, pour ne
pas effaroucher la guenon,
les enfants ne montent pas
sur l'âne.
Ils font le chemin à
pied.
Et la guenon reste sur l'échiné de Pompon.
«Elle voudra peut-être rester avec nous, dit Nina.
Nous jouerons avec elle...»
Mais leur arrivée dans le village ne peut pas passer inaperçue

3. Tous les enfants qui se trouvent là ont vu la guenon sur sa


monture.
Ils se précipitent à sa rencontre en criant. La guenon claque des
dents de peur et, avant que Nina ou Joseph fassent un geste pour
la retenir, elle saute sur le sol et s'enfuit, aussi vite qu'elle peut.
On la voit bondir sur le chemin, puis grimper sur un arbre et,
de branche en branche, disparaître dans le feuillage.

Réponds aux questions :


La guenon a-t-elle toujours peur de Nina et
de Joseph ? Où la retrouvent-ils d'habitude?
Un soir, il se passe quelque chose de
nouveau. Quoi ? Pourquoi, à l'entrée du
village, la guenon s'enfuit-elle ?

Mots et expressions :
(1) «les deux enfants sont stupéfaits»: les deux enfants sont très surpris, très
étonnés par ce qu'ils voient.
Que voient-ils qu'ils ne voient pas d'habitude ?
(2) «leur arrivée... ne peut pas passer inaperçue»: on aperçoit, on voit tout de
suite la guenon. Si on ne la voyait pas, on dirait : «la guenon passe inaperçue».
34 - La lettre.

Rappelons-nous le chapitre 33.

Raconte ce qui s'est passé dans le chapitre 33

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. A leur arrivée au village, ce jour-là, une nouvelle attend


Nina et Joseph.
Leurs parents ont reçu une lettre.
La sœur de Maman, la tante Mila, vient de mettre au monde
deux enfants : un garçon et une fille.
Tout le monde se réjouit (1 ) dans la case.
Cependant, Maman soupire :
«Quel dommage que notre village soit si loin de Goulma,
le village où habite Mila ! J'aimerais tant voir mes neveux
nouveau-nés ! — Et moi mes cousins !» dit Nina.

2. Hélas ! les communications ne sont pas faciles. Le vieil


autobus passe loin du village-et loin, aussi, de Goulma. Encore
ne circule-t-il pas tous les jours !
Et pour aller à Goulma à pied, il y a bien trois jours de
marche. Papa ne peut pas s'absenter longtemps, en cette
saison, de la concession.
Mais Papa justement sourit.
3. «Bientôt, dit-il, on va couper les cannes. Après, nous
serons libres pendant quelques jours.
- Et nous, nous serons en vacances !» dit Joseph, qui a
fait un rapide calcul.
Nina bat des mains.
«Pompon viendra avec nous, dit-elle.
- Certainement, dit Papa. Il nous sera très utile. Il suffit
que nous soyons de retour avant que Doulou rentre de
l'hôpital!»

Réponds aux questions :


Quelle nouvelle annonce la lettre qu'on a reçue ? Que voudrait faire Maman ?
Pourquoi Papa dit-il qu'il faut être de retour avant que Doulou rentre de l'hôpital ?

Mots et expressions :
(1) «tout le monde se réjouit» : tout le monde est content, heureux, de la nouvelle
qu'on vient d'apprendre.
De quelle nouvelle s'agit-il ?
35 - Le retour de Doulou.

Rappelons-nous le chapitre 34.

Raconte ce qui se passe et ce que disent les personnages, dans le chapitre 34.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Plusieurs jours sont passés.


A la concession, la récolte des cannes bat son plein (1 ).
Toute la journée, les hommes, armés de couteaux qui
ressemblent à des sabres courts, tranchent les cannes, les
effeuillent et les coupent en tronçons.
Les femmes passent derrière, en font des paquets qu'elles
portent au bout du champ.
Là, dans des camions venus de la ville, on empile les
paquets de cannes pour les transporter à la raffinerie.
Et c'est d'un de ces camions que Nina et Joseph, un jour
où ils ont accompagné leurs parents, voient descendre Doulou !

2. Le potier remercie le chauffeur.


Celui-ci lui passe son baluchon (2) de linge... «Doulou ! Tu
es guéri ? Ça y est ? Tu reviens ? — Eh oui ! Petite Perle ! Tu
le vois. Je reviens. Un camionneur a bien voulu me ramener.
- Pompon est par là, dit Nina.
- Ah ! bien ! J'aurai moins de peine pour rentrer.
- Alors, tu as guéri plus vite qu'on disait !» dit Joseph.

3. Doulou s'arrête. Son regard a quelque chose de triste.


«Les médecins m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas faire
mieux pour ma jambe !»
Et comme il fait quelques pas avec les enfants, ceux-ci
s'aperçoivent qu'il boite.
Nina va lui en faire la remarque.
Mais Joseph l'arrête à temps.
Il tire sa sœur à l'écart et lui dit
d'aller prévenir Papa et Maman dans les
champs.
«Dis-leur que Doulou est de retour
et qu'il rentre chez lui avec Pompon».

Réponds aux questions :


Où se passe la scène ?
Les enfants paraissent surpris de voir arriver Doulou. Pourquoi
celui-ci est-îl triste ?
Pourquoi Joseph écarte-t-il sa sœur et l'empêche-t-il de parler ?

Mots et expressions :
(1) «la récolte bat son plein»: la récolte est commencée, elle ne finit pas encore. C'est le moment
où l'activité est la plus grande, la plus intense...
(2) «son baluchon» : son paquet.
Dans quoi Doulou a-t-il dû placer son linge ?
36 - Partira-t-on?

Rappelons-nous le chapitre 35.

Que se passe-t-il dans le chapitre 35 ?


Essaie de le résumer en quelques phrases.

1. Doulou n'est plus tout à fait le même. Son accident était


plus grave qu'il ne croyait. Il ne peut plus plier sa jambe droite.
Il peut marcher, bien sûr, mais il a du mal à se baisser.
Et dans son métier, il faut souvent se pencher ou
s'accroupir.
Quand il va dans la forêt ramasser du bois, quand il extrait
(1) l'argile de la terre, quand il puise de l'eau, quand il allume le
feu, il faut plier les jambes.
Et il pourra chanter des chansons à sa jambe droite : elle
ne se pliera plus jamais !
2. Pourtant, Doulou a beaucoup de courage. Il a repris sa
tâche.
Il ne se plaint pas. Il sourit à Nina et à Joseph, quand il
passent, le soir.
«Vous avez été de si bons marchands, que je n'ai plus rien à
vendre ! Il faut bien fabriquer des jarres et des marmites !
- Si tu m'apprends, dit Joseph, je pourrai t'aider pendant les
vacances...
— Tu sais bien qu'on va voir la tante Mila !» dit Nina
étourdiment (2).

3. Joseph n'a pas parlé de ce projet (3) à Doulou.


A son arrivée, en effet, ses parents ont renoncé au voyage.
On ne peut pas priver Doulou de son âne, ont-ils dit. Il en a
trop besoin ».
Doulou sent qu'on lui cache quelque chose.
«Qu'est-ce que cette histoire?» demande-t-il.
Alors, on lui dit la naissance des jumeaux, et comment on
avait pensé s'organiser pour aller les voir.
Doulou hoche la tête, puis se prend à sourire.
«Nous allons nous arranger, dit-il. Il suffit que j'aie assez de
terre et de bois sec ici. Pendant que je ferai mes pots, qu'ils
sécheront et qu'ils cuiront, vous aurez le temps d'aller voir vos
cousins et de revenir avec Pompon ! Pompon... et son amie la
guenon !
— Elle est revenue ?» dit Nina.
Et elle court vers l'abri où elle trouve
les deux animaux paisiblement endormis
l'un contre l'autre.

Réponds aux questions :


Pourquoi dit-on que Doulou n'est plus tout à fait le
même ?
Que propose Doulou pour que les enfants et leurs parents puissent partir ?

Mots et expressions :
(1) «il extrait l'argile» : il retire l'argile du sol.
(2) «étourdiment» : sans réfléchir.
(3) «ce projet» : quand on imagine ce qu'on va faire plus tard, on fait (ou on forme) un
projet.
Quel était le projet de Maman, Papa et des enfants ?
37 - Le départ.

Rappelons-nous le chapitre 36.

Comment Doulou apprend-il que ses amis veulent partir ?


Que leur propose-t-il ?

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1. La récolte des cannes à sucre est terminée.


Les enfants sont en vacances pour quelques temps.
Joseph a aidé Doulou à faire ses provisions d'argile et de
bois.
«J'en ai bien pour trois semaines ! dit le potier.
Vous pouvez emmener Pompon, sans craindre de m'en
priver».
Rien ne s'oppose plus au départ.
Mais ce n'est pas une petite équipée !
2. Goulma, c'est au bord de la mer. Il faut traverser la brousse
et, plus loin, une forêt. Il faut prévoir la nourriture : bouillie de mil,
bananes et quelques ananas pour se rafraîchir. Il faut aussi
emporter des couvertures pour la nuit. Et Papa, qui devra couper du
bois pour les repas, se munit d'un coupe-coupe.
«Nous ne rencontrerons guère de
cases où demander l'hospitalité (2), dit-il.
- C'est si loin que ça Goulma ?
demande Nina.
- Aurais-tu peur ?
- Non, mais je n'aime pas dormir
dehors...»j Et les voilà partis!

3. Nina marche courageusement avec


ses parents et Joseph. Elle montera sur
Pompon dès qu'elle sera fatiguée.
Mais à peine se sont-ils éloignés du
village, que voient-ils ? La guenon, amie de
Pompon, qui descend d'un arbre et les
rejoint.
S'agrippant aux cordes qui retiennent
les bagages, elle s'installe sur le dos de
l'âne.
«Elle t'a pris ta place ! dit en riant
Joseph à sa sœur.
- Rassure-toi, dit Papa. Elle n'ira pas
loin.
Les singes ne quittent guère le coin
qu'ils habitent».

Réponds aux questions :


Pourquoi Papa se munit-il d'un coupe-coupe ? Que fera
Nina quand elle sera fatiguée ? Qui se joint aux
voyageurs ? Que dit Papa en parlant des singes ?

Mots et expressions :
(1) «ce n'est pas une petite équipée»: ce n'est pas une petite aventuré, un petit
voyage, une petite escapade. Il y aura des difficultés à surmonter.
(2) «demander l'hospitalité» : les voyageurs vont traverser un pays inhabité. Ils ne
pourront demander à personne de les recevoir pour la nuit, par exemple.
38 - La première nuit.

Rappelons-nous le chapitre 37.

Qu'avons-nous appris dans le chapitre 37 ?


Nos personnages ont-ils pu partir ?
Qui les a rejoints ? Qu'a dit Papa à Nina ?

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Papa s'est trompé. La petite guenon n'a pas quitté


Pompon. Elle sera du voyage. Elle a même accepté que Nina
monte derrière elle pendant un moment.
A mesure qu'on avance, la végétation devient plus
intense(1 ).
Les voyageurs marchent maintenant depuis des heures.
On a fait une pause (2) de temps à autre. On a mangé. Puis on
a repris la route.
Et voici que le soleil se penche à l'horizon.
«Arrêtons-nous! propose Maman. Si nous attendons la nuit,
nous ne trouverons pas un endroit convenable pour camper».

2. Papa chosit un espace dégagé. Il soulage Pompon


de son chargement. Il l'attache à un arbre avec la longue
corde qui tenait les paquets sur son dos.
«Il pourra ainsi brouter à son aise !»
Quant à la guenon, elle a droit à une banane. Elle l'épluche en
un instant et, pour jouer, elle jette la peau à la tête de Joseph.
Celui-ci fait mine de se fâcher et la guenon va se réfugier contre
Pompon.
3. Mais la nuit tombe vite. Le repas terminé, chacun cherche
une place pour dormir. Pour leur compte, Joseph et Nina trouvent
un endroit couvert d'herbe.
«Le lit sera moins dur !» dit Joseph.
Pompon, qui a cessé de brouter, se couche sur le flanc, la
guenon entre ses pattes.
Dans le ciel sans nuage, les étoiles brillent.
Pourtant, malgré ce calme, Nina ne se sent pas très à l'aise.

Réponds aux questions :


Pourquoi dit-on que «Papa s'est trompé» ?
Pourquoi s'arrête-t-on avant la nuit ? Où s'installent Joseph et Nina?

Mots et expressions :
(1 ) «la végétation devient plus intense» : il y a de plus en plus d'arbres et de
plantes.
(2) «on a fait une pause de temps à autre» : on s'est arrêté plusieurs fois pour se
reposer.
39 - La première nuit (suite).

Rappelons-nous le chapitre 38.

Le voyage est-il commencé ?


Qu'a dit Maman avant que le soleil se couche ?
Nina se sent-elle à l'aise ?

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. «Joseph ! dit Nina à voix basse à son frère, donne-moi


la main ! - De quoi as-tu peur?
— Il me semble entendre des petits bruits.
— Bah! C'est une mangouste (1) peut-être... ou un
chacal... Ils ne nous attaqueront pas. Et puis, s'il y avait un
danger, tu n'aurais rien à craindre, Papa a emporté son coupe-
coupe, et moi mon canif!»

2. A demi rassurée, Nina finit par s'endormir. Mais elle


rêve. Elle
rêve aux bêtes qui pourraient l'attaquer. Elle a peur. Elle se
réveille en sursaut. Elle saisit le bras de son frère.
«Ecoute ! on dirait quelqu'un qui rit...»
Joseph tend l'oreille.
«C'est vrai ! dit-il à voix basse... Un homme est peut-être en train
de voler Pompon... - Ou il se prépare à nous attaquer. Il faut réveiller
Papa».
Les deux enfants vont réveiller leur père, qui dort profondément.
«Ecoute ! On dirait des rires !»
Papa et Maman écoutent à leur tour.
«C'est une hyène (2) !» dit Papa.

3. Par précaution, il allume la lampe à huile de palme, et saisit


son coupe-coupe. Joseph, sans rien dire, ouvre la plus grosse lame
de son canif.
«Non ! dit Nina, n'y allez pas !».
Elle a à peine achevé, qu'on entend hurler la guenon. Presque
aussitôt, un claquement sec, suivi d'un cri aigu, qui n'est pas un rire,
celui-là.
«Suivez-moi !» dit Papa.
Et tous quatre se dirigent vers l'endroit où l'on a attaché
Pompon. Bientôt, à la lueur tremblotante de la lanterne, ils distinguent
une forme étendue sur le sol, et ils comprennent ce qui s'est passé.
Pompon, d'une ruade terrible, a fracassé la tête de la hyène,
pour protéger la petite guenon toute frémissante encore de frayeur.

Réponds aux questions :


Qu'est-ce qui réveille Nina ? Aurais-tu eu peur si tu t'étais trouvé à sa place ?

Mots et expressions :
(1) «mangouste» : petit animal carnassier qui s'attaque aux rats, souris, serpents...
(2) «hyène» : comme le chacal, la hyène, en général ne s'attaque pas à l'homme.
Mais elle ne se nourrit pas que d'animaux morts.
40 - La rivière

Rappelons-nous le chapitre 39.

Raconte ce qui s'est passé pendant la nuit.

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1. Les voyageurs ont repris leur marche. Pompon trotte


allègrement (1). La guenon est remontée sur son dos. Elle a
fort bien compris que l'âne, cette nuit, l'a sauvée. Aussi lui
entoure-t-elle le cou de ses deux bras, affectueusement.
La végétation s'épaissit encore. Mais, bientôt, l'on parvient
au bord d'une rivière.
Nous allons la traverser, dit Papa. Ensuite, il nous suffira
de la suivre. Elle nous conduira jusqu'au fleuve.
- Et c'est sur les bords de ce fleuve, près de la mer, ajoute
Maman, qu'habitent votre tante Mila, son mari et ses deux jumeaux
(2).
2. La rivière est assez profonde. Il faut défaire le chargement de
Pompon, qui risque de se mouiller jusqu'aux flancs. Papa et Maman
chargent les couvertures et les vêtements de rechange sur leur tête.
Nina et Joseph rejoignent la guenon sur le dos de l'âne.
«Ça me rappelle le jour où nous sommes allés au marché, dit
Nina.
- C'est vrai, dit Joseph. Mais il y avait moins d'eau. C'était plus
facile pour Pompon !»

3. Arrivés
sur l'autre rive, Maman propose de manger.
Tous quatre s'assoient autour de la marmite de mil. La guenon
vient réclamer sa banane. Et c'est un moment après que Joseph
s'écrie :
«Pompon ! Où est Pompon ?»
L'âne a disparu. Est-il allé plus loin, à la recherche d'herbe
tendre ?
Les enfants ont beau l'appeler, il ne répond pas.

Réponds aux questions :


Qu'est-ce qui montre que la guenon est
reconnaissante à Pompon de l'avoir sauvée ?
Pourquoi Papa et Maman chargent-ils les
couvertures et les vêtements de
rechange sur leur tête ?

Mots et expressions :
(1) «Pompon trotte allègrement»: il va d'un pas vif, plein d'entrain. On
pourrait dire aussi «d'un pas alerte».
(2) «ses deux jumeaux» : les deux enfants sont nés le même jour. On dit :
«deux frères jumeaux ; deux sœurs jumelles ; ce garçon et cette fille sont jumeaux».
41 - La mésaventure de Pompon

Rappelons-nous le chapitre 40.

Comment chacun des voyageurs a-t-il franchi la rivière ?


Que font-ils après la traversée ? De quoi Joseph s'aperçoit-il brusquement ?

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Pompon reste introuvable. Joseph et sa sœur


reviennent auprès de leurs parents. Ils leur demandent de les
aider à fouiller les bords de la rivière.
«Bah! dit Papa, Pompon ne doit pas être très loin. Il s'est
sans doute gavé de verdure et il dort dans un coin...
Et la guenon n'est pas là non plus...»
Mais à peine a-t-il prononcé ces mots, voici qu'apparaît la
guenon. Elle est affolée. Elle pousse des cris inhabituels (1 ).
«C'est bizarre ! dit Maman. Elle a dû faire une mauvaise
rencontre... Un guépard, peut-être...
— Ça m'étonnerait ! dit Papa. Il n'y a pas de guépard dans le
pays».
2. D'ailleurs, la guenon ne paraît pas fuir, mais appeler à
l'aide. Elle saisit le bras de Joseph et le tire de toutes ses forces.
«Elle veut nous conduire quelque part!»
Et tout le monde suit la petite guenon. Au lieu de s'enfoncer
dans la forêt, elle longe la rivière (2), tantôt marchant, tantôt
bondissant.
Elle se retourne de temps en temps, pour s'assurer que tout le
monde est bien derrière elle. On arrive bientôt à un endroit où la
rivière s'élargit entre les palétuviers de ses rives.
Et Joseph, qui est tout près de la guenon, part soudain d'un
grand éclat de rire.

Réponds aux questions :


Qui vient alerter les personnages de l'histoire ?
On pense d'abord que Pompon court un grand danger. Quelles expressions nous le
font croire ?
Savons-nous pourquoi Joseph se met à rire ?

Mots et expressions :
(1) «des cris inhabituels» : la guenon pousse des cris qu'elle n'a pas l'habitude de pousser.
(2) «elle longe la rivière» : elle marche ou court le long de la rivière.
Est-ce qu'il t'est arrivé de longer quelque chose ? (une rangée d'arbres ? un ruisseau ? un mur ?...)
Raconte.
42 - La mésaventure de Pompon.

Rappelons-nous le chapitre 41.

Que s'est-il passé ? Savons-nous où se trouve Pompon ?


Qui vient prévenir les voyageurs ? Que font-ils ?

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1. Pompon est là, sur la rive de sable et de boue. Il essaie


de se dégager de l'emprise (1) d'une énorme tortue qui a saisi
sa queue dans sa gueule !
Il tourne, va à droite, à gauche. La tortue glisse, dérape,
mais ne lâche pas prise.
La guenon, d'un bond, s'est juchée (2) sur sa carapace.
De ses deux petits poings, elle tape sur la tête de la tortue
en continuant à pousser des cris de colère.
Enfin, Papa arrive. Il passe
derrière la tortue.
D'une main adroite et ferme,
il saisit le cou fripé de la bête et
l'oblige ainsi à ouvrir la gueule.

2. Pompon, délivré,
trébuche, emporté par son élan.
Mais il se relève tout de suite,
et s'éloigne en poussant des braiements retentissants.<
La tortue pour sa part a rentré pattes et tête dans sa carapace et
demeure immobile comme une roche.

3. «Il n'y avait vraiment pas de quoi rire! reproche Nina à son
frère.
C'est vrai ! reconnaît Joseph. Mais comment s'est-il arrangé pour
se faire attraper par une tortue ?
- Elle devait être dans l'eau, dit Papa, et Pompon a sans doute
voulu se baigner. Il l'a prise pour un rocher et ne s'est pas méfié !» (3).
Pendant ce temps, Maman s'est approchée de l'âne. Elle a examiné
sa plaie.
«Ce n'est pas grave ! dit-elle. La plaie n'est pas profonde. Il a eu
plus de peur que de mal !»
Mais il est l'heure de partir...

Réponds aux questions :


Que fait Papa pour sauver Pompon ?
Que reproche Nina à son frère ?

Mots et expressions :
(1 ) «l'emprise de la tortue» : la tortue a
saisi, a pris la queue de Pompon dans
sa gueule.
(2) «la guenon s'est juchée sur» : la guenon est montée, s'est placée sur la
carapace de la tortue.
Est-ce qu'il t'est arrivé de te jucher sur un mur ? sur un arbre ? sur un endroit élevé ?
(3) «il ne s'est pas méfié» : il n'a pas cru qu'il y avait là un danger. Il a fait preuve
de confiance et non pas de méfiance.
43 - Les étoiles.

Rappelons-nous le chapitre 42.

Que s'est-il passé dans le chapitre 42 ?


Raconte-le sans regarder le livre.

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1. L'aventure de Pompon a retardé les voyageurs. Et ce


n'est que vers le soir, au moment où la nuit arrive, qu'ils
atteignent le fleuve dont parlaient Papa et Maman.
«Nous avons encore quatre ou cinq heures de marche, dit
Maman. Il est plus sage de faire halte (1). Nous repartirons dès
le petit jour, demain matin...»
On campe donc, encore une fois, à la belle étoile (2). Mais
la fatigue, les émotions de la journée, ont énervé les enfants.
Et, couchés sur le dos, sous
un grand palmier, ils ne trouvent
pas tout de suite le sommeil.

2. Au-dessus des palmes


qu'un vent léger agite, le ciel est
plein d'étoiles.
«Tu dors ? demande Nina à
son frère.
- Non.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je regarde les étoiles. Et
toi ?
- Moi aussi. C'est beau.
D'où viennent-elles?
- Je ne sais pas. Tu crois qu'elles viennent de quelque part ?
- Il faut bien, puisque le jour, elles ne sont pas là. Elles
doivent voyager, elles aussi.
- Ou se coucher, et dormir comme nous. Seulement, elles le
font le jour, tandis que nous, nous le faisons la nuit !»

3. Et tout à coup, un grand trait lumineux raye le ciel. C'est


une étoile filante, qui disparaît bientôt, derrière les hautes palmes.
«Tiens, dit Nina. En voilà une qui arrive en retard. Elle cherche
sa place...»
Mais les parents ont entendu les enfants chuchoter (3). «Il faut
dormir ! dit Papa. Taisez-vous et fermez les yeux.
- C'est dommage ! soupire Nina. Quand on ferme les yeux, on
éteint toutes les étoiles !
- Essaie de rêver d'elles! dit Joseph. Comme ça, tu les verras
encore».
Réponds aux questions :
Pourquoi les enfants ne peuvent-ils pas dormir ?
Sais-tu ce qu'est une «étoile filante» ? En as-tu déjà vu ? Si tu en as vu, raconte.

Mots et expressions :
(1 ) «faire halte» : s'arrêter de marcher, pour se reposer.
(2) «camper à la belle étoile» : camper dehors, sans avoir de maison ou de tente.
(3) «chuchoter» : parler à voix basse, doucement.
44 - Le fleuve

Rappelons-nous le chapitre 43.

De quoi parlent les enfants dans le chapitre 43.


Que dit leur père ?

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1. Quand les enfants s'éveillent, ce matin, ils s'aperçoivent


que Papa et Maman ont mis leurs beaux vêtements.
Papa a enfilé son boubou blanc, Maman sa robe
chamarrée (1). Elle a noué son beau foulard sur ses cheveux.
«Moi aussi, je veux mon foulard !» dit Nina.
Mais il faut d'abord faire sa toilette au bord du fleuve.
«Pendant ce temps, dit Maman, je vous prépare des
vêtements propres!»
2. Le fleuve paraît immense aux enfants. Il coule rapidement
en son milieu. Il y soulève même des vagues.
Sur les bords, où le courant est moins rapide, il dessine des
remous silencieux (2), autour des troncs de palétuviers.
«On dirait, dit Nina, que l'eau s'amuse avec les arbres».
Mais Joseph tend le doigt vers le milieu du fleuve.
«Regarde !».
Un énorme radeau, emporté par le courant, glisse sur l'eau.
Sur les troncs assemblés par des lianes, trois hommes, armés de
longues perches, se tiennent debout.
3. Papa explique qu'il s'agit d'arbres abattus par les
bûcherons dans la forêt et que l'on transporte ainsi, par flottage,
jusqu'à la mer.
Les hommes, sur le radeau, sont là pour le dégager des
obstacles qui l'arrêteraient.
«Ils arriveront sûrement à Goulma avant nous !» dit Joseph.
En effet, le courant les entraîne rapidement. Ils se perdent
bientôt dans la brume lumineuse que fait lever le soleil derrière eux.

Réponds aux questions :


Pourquoi les parents ont-ils mis leurs beaux vêtements ?
Comment les bûcherons que l'on voit, transportent-ils les troncs qu'ils ont abattus ?
Est-ce qu'on transporte toujours le bois de cette façon ?

Mots et expressions :
(1) «sa robe chamarrée»: la robe de Maman est décorée de dessins aux couleurs vives, de
chamarrures.
(2) «des remous silencieux» : l'eau, au bord du fleuve, coule avec moins de force qu'au milieu. Les
mouvements autour des arbres, se font sans bruit.
45 - Tante Mila

Rappelons-nous le chapitre 44.

Où se trouvent nos voyageurs ? Quels préparatifs font-ils ?


Vont-ils encore marcher plusieurs jours ?

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1. Vers la fin de la matinée, les voyageurs arrivent en vue


de Goulma. Ils en distinguent les cases, couvertes de feuillage,
et cela les encourage à presser le pas(1 ).
Sur la piste, qui longe toujours le fleuve, ils rattrapent un
groupe de lavandières (2) qui marchent, bien droites, leurs
paquets de linge en équilibre sur la tête.
Et soudain. Maman, qui a reconnu sa sœur de dos,
s'écrie:
«Mila !»
2. L'une des jeunes femmes se retourne, en serrant de ses
deux mains, pour qu'il ne tombe pas, son paquet de linge.
«Par exemple! s'écrie-t-elle, ma sœur Siga, et son mari... et ses
enfants... Comme j'ai du plaisir à vous voir !»
Papa la débarrasse de son linge et l'attache sur le dos de
Pompon.
«Veille à ce que la guenon ne s'y assoie pas dessus !»
recommande-t-il à Joseph.
Mais on sait que les singes n'aiment pas l'eau.
Il serait bien surprenant que la guenon veuille se mouiller.
Chemin faisant, on parle des jumeaux.
«Ils sont beaux ! dit Mila. Ils promettent de devenir
solides et forts.
- Qui te les garde, pendant que tu vas laver ton linge ?
- Leur grand-mère, la mère de Téguélé, mon mari.
- Et Téguélé, comment va-t-il ? demande Papa.
Très bien. Il est fier de ses enfants. Il dit qu'il fera de Joad
son fils, le meilleur pêcheur de tout le pays ! Ce matin, il est
allé pêcher à la lagune».

3. Ils arrivent ainsi au village où une troupe d'enfants, à


demi-vêtus, les regarde passer avec étonnement. Joseph, qui
se rappelle la peur de la guenon, le jour où les enfants du
village sont venus vers elle en courant, lui prend la main.
«Ne crains rien ! dit-il doucement. Ils seront nos amis, tu
verras !»

Réponds aux questions :


Qui est Mila pour Maman ? pour Nina et Joseph ?
Pourquoi Joseph prend-il la main de la guenon ?

Mots et expressions :
(1 ) «presser le pas» : aller plus vite.
(2) «des lavandières» : les lavandières sont les femmes qui lavent le linge.
(3) «chemin faisant» : tout en marchant.
46 - Les jaloux.

Rappelons-nous le chapitre 45.

Que venait faire Mila au bord du fleuve ?


De qui parle-t-elle ?

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1. Devant la case, à l'ombre, Nina se penche sur Joad et


sur Silane, ses deux petits cousins.
Elle a même le droit de les prendre dans ses bras, et de
les bercer, l'un après l'autre.
Joad paraît satisfait (1 ) du jeu, et il sourit.
«Il n'a plus de dents, déjà !» remarque Nina.
Maman et Tante Mila se mettent à rire.
«Les bébés naissent sans leurs dents, dit Maman.
La première pousse vers cinq ou six mois».
Nina s'étonne. Plus elle reprend :
«II n'a pas de dents, mais il est très joli quand même !»
Et elle le berce, en lui chantant une chanson de Doulou.

2. A ce moment-là, la petite guenon saute sur les genoux


de Nina. «Mon Dieu ! elle va faire mal à Joad ! dit Tante Mila.
Redonne-le moi. D'ailleurs, c'est bientôt l'heure de la tétée.
- Elle ne lui aurait pas fait de mal, dit Nina, mais elle est
peut-être jalouse parce que j'ai caressé Joad !»
En effet, maintenant que la place est libre, la guenon se
blottit contre Nina. La fillette, en riant, joue à la bercer comme
un bébé.

3. Or, voici que Pompon, à son tour,


s'approche. Il pousse la guenon de son gros
museau.
Nina, en riant, se redresse. Elle aide la
guenon à monter sur le dos de l'âne. «La
guenon est jalouse de Joad. Pompon est
jaloux de la guenon... Allez-vous vous
entendre tous les deux...» Et elle retourne
auprès de ses petits cousins.

Réponds aux questions :


Que fait Nina au début du chapitre ? Qu'est-ce qui
l'étonné?
Que craint la tante Mila?

Mots et expressions :
(1 ) «Joad paraît satisfait» : il a l'air content, cela semble lui plaire.
47 - Téguélé le pêcheur.

Rappelons-nous le chapitre 46.

Le chapitre 46 s'intitule «Les jaloux». Peux-tu dire pourquoi ?

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1. Papa et Joseph sont allés à la recherche de Téguélé. Ils


ont marché le long du fleuve, qui devient maintenant très large.
Sur la rive opposée (1), ils ont vu, de loin, d'immenses
bassins où s'amoncelle le bois flotté (2).
De gros cargos (3) viendront sans doute l'embarquer.
Puis ils ont découvert la lagune (4), bordée d'innombrables
palétuviers aux troncs enchevêtrés. Le vent agite les feuilles et
fait frissonner l'eau en petites vagues qui clapotent contre les
arbres.
Debout dans une pirogue, un homme,, vêtu d'un pagne
noué entre les jambes, tient un filet sur le bras.
«C'est Téguélé! dit Papa. Ne le dérangeons pas. Nous
l'appellerons tout à l'heure».

2. Joseph ouvre de grands yeux. Tout, ici, est nouveau


pour lui.
Téguélé laisse dériver (5) doucement sa pirogue. Puis il se
redresse, fait tournoyer au-dessus de sa tête le filet qui se
déploie et le lance devant lui. Le filet se gonfle en tombant,
entraîné par les plombs qui le bordent. On entend quelques
«plouf-plouf» rapides.
Le pêcheur attend un moment, penché au-dessus de
l'eau. Puis il tire le filet à lui, et le haie (6) sur sa pirogue.

3. Les poissons capturés brillent entre les mailles comme


des étincelles.
C'est à ce moment que Papa appelle Téguélé. Celui-ci se
retourne, le reconnaît, et fait de grands gestes.
«Attendez-moi ! J'arrive !»
En quelques coups de pagaie vigoureux, il regagne le
rivage.

Réponds aux questions :


Que fait Téguélé sur la lagune ?
Pourquoi Papa ne l'appelle-t-il pas tout de suite ?

Mots et expressions :
(1 ) «sur la rive opposée» : les rives d'un fleuve sont les bords de ce fleuve.
Chacune d'elles est opposée à l'autre.
(2) «le bois flotté» : c'est le bois qui est arrivé par flottage. Rappelle-toi le radeau que Joseph a vu
(Chapitre 44).
(3) «de gros cargos» : bateaux qui transportent des marchandises.
(4) «la lagune» : au bord de la mer se forment parfois de petits lacs, de grandes mares. On dit aussi
des «lagunes».
(5) «Téguélé laisse dériver sa pirogue» : il laisse glisser sa pirogue librement, sans la diriger.
(6) «il haie le filet» : il tire le filet à lui, sur la pirogue.
48 - Téguélé le pêcheur (suite)

Rappelons-nous le chapitre 47.

Où Papa et Joseph trouvent-ils Téguélé ?


Imagine que Joseph raconte ce qu'il a vu du bord de la lagune.

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1. «Lamine ! Que je suis heureux de te voir ! dit Téguélé.


C'est ton fils? ajoute-t-il en se tournant vers Joseph. J'espère
que le mien, quand il aura son âge, sera aussi grand et aussi
fort que le tien !»
Joseph est confus du compliment de son oncle. Il regarde
les poissons qui se débattent encore dans le filet. Téguélé les
décroche des mailles et les jette dans un seau de grosse toile à
demi plein d'eau.
«Ce ne sont pas les poissons que nous mangerons, dit-il.
Ils me serviront d'appâts (1) pour la pêche en mer, cette nuit.
— Tu vas pêcher en mer, la nuit ?
- Oui, souvent, quand le temps le permet (2) !
— Sur cette pirogue ? dit Joseph.
— Non. Elle est trop petite et trop légère. Mais parlez-moi
de vous. Avez-vous fait bon voyage ?»

2. Tout en parlant, Téguélé a


dégagé tous les poissons du filet et
rempli le seau.
Il tire la pirogue sur le rivage. Il
jette le filet sur son épaule et tous
trois prennent le chemin du village.
Joseph marche à côté de Téguélé.
Il regarde les poissons grouiller dans le seau. Les deux
hommes, eux, échangent des nouvelles. «J'espère que vous
resterez quelque temps avec nous ! dit Téguélé.
— Quelques jours, oui, nous profiterons de ton hospitalité.
Pour moi, le travail reprend, à la concession, dans une dizaine
de jours...»

3. Quand ils arrivent au village, ils voient une troupe


d'enfants qui entoure Pompon et la guenon. Parmi eux, Nina
raconte leur voyage et leurs aventures.
«Tout à l'heure, dit-elle à Joseph après l'avoir rejoint, nous
irons au bord de la mer. Nous emmènerons Pompon et la
guenon !»

Réponds aux questions :


Que raconte Nina aux enfants du village ?
Imagine que tu es à sa place. Raconte à ton tour.

Mots et expressions :
(1 ) «ils me serviront d'appâts» : les poissons que Téguélé vient de pêcher lui
serviront à prendre d'autres poissons plus gros.
(2) «quand le temps le permet» : quand il fait beau temps, qu'il n'y a pas de
tempête.
49 - Au bord de l'eau

Rappelons-nous le chapitre 48.

A la fin du chapitre 48, Nina annonce quelque chose à Joseph.


Que lui annonce-t-elle ?

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1. Les enfants du village se baignent parfois dans l'anse (1) où


les pêcheurs abritent leurs pirogues. Ce sont de longs bateaux
élancés, dont les coques de certains sont décorées de dessins.
Un jeune homme est en train de nettoyer l'une de ces
pirogues.
«Comme c'est beau!» dit Nina, qui voit la mer pour la première
fois.
Ils se trouvent sur une petite plage de fin gravier blanc. Devant
eux, à gauche et à droite, des rochers s'avancent dans l'eau,
comme
des bras. Les vagues qui les frappent les entourent d'écume.
Au delà, c'est l'océan gris et bleu, qui brille et qui bouge sous le
soleil.
. Dès qu'ils arrivent, la plupart des enfants courent vers la mer
et nagent jusqu'aux rochers. Ils y grimpent et ils s'amusent à
plonger. C'est à celui qui restera le plus longtemps sous l'eau.
Nina et Joseph n'ont pas cette audace, car ils ne savent pas
nager. Mais Pompon, lui, entraîné peut-être par les autres enfants,
attiré aussi par la fraîcheur de l'eau, les suit gaillardement.
Et, avant que Nina et Joseph aient pu le retenir, il a
de l'eau jusqu'au poitrail.
Ce n'est pas du goût de la guenon,
qui, cramponnée à son encolure, hurle de
frayeur.
«Reviens, Pompon ! crient Nina et
Joseph.
Tu fais peur à la guenon !»

3. Mais Pompon n'entend rien. Il s'ébat (2) avec délices. Et la


guenon a de plus en plus de peine à se tenir sur son dos.
Pour un petit âne qui a toujours eu chaud dans sa vie, la mer
est un vrai paradis!
Nina et Joseph ne savent plus que faire.
Les autres enfants, là-bas, tout à leurs jeux, sur les rochers,
ne prêtent pas attention à ce qui se passe.
Heureusement, le jeune homme occupé à nettoyer une
barque, a entendu les appels de Nina et de Joseph. Il se redresse
et il plonge.

Réponds aux questions :


A quoi jouent les enfants du village ? Que fait Pompon ?
Pourquoi Nina et Joseph le rappellent-ils ? Est-ce qu'il
obéit ?

Mots et expressions :
(1 ) «l'anse» : la côte n'est pas toujours droite.
Elle forme des bassins, des baies, des criques, des anses.
(2) «il s'ébat avec délices» : il joue, il s'amuse avec plaisir.
50 - Au bord de l'eau (suite).

Rappelons-nous le chapitre 49.

Où se trouvent les enfants ?


Que se passe-t-il ?

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1. En quelques brasses vigoureuses, le jeune homme a


rejoint Pompon. Il saisit la guenon, si effrayée qu'elle se laisse
faire. Il la tient hors de l'eau et la ramène auprès de Nina et de
Joseph.
«Tu es bien gentil ! dit Nina en prenant la guenon dans ses
bras. Regarde comme elle tremble encore !
— Ton âne ne sait pas que les singes ont peur de l'eau, dit
le jeune homme en riant.
— Il devrait pourtant le savoir. Il a passé la rivière avec la
guenon sur son dos !»
2. Cependant, Pompon se sent peut-être un peu coupable.
Il s'approche du petit groupe. Les enfants lui font des
reproches.
Le petit âne n'est pas content. Pour une fois qu'il avait
l'occasion de se baigner sans craindre les tortues... Il s'ébroue (1 ).
Et toutes les gouttes d'eau qu'il chasse arrosent les enfants et
la guenon. Celle-ci crie de nouveau.
«Tu pourrais faire ça plus loin ! dit Joseph. Allons ! écarte-toi!»
Pompon s'écarte de quelques pas. Il va se rouler sur le
gravier. Puis, allongé sur le ventre, les pattes repliées sous son
corps, il regarde ses amis.
«Qu'est-ce qu'il peut bien se dire ?
— Moi, je le sais, dit le jeune
homme en souriant. Il se demande
pourquoi on lui fait tant de reproches. Ce
n'est pas une faute d'aimer se baigner,
surtout quand on a chaud !
- Et toi, pourquoi tu ne te baignes
pas ? dit Nina.
- Parce que je travaille !»

3. Il marque un silence, puis il ajoute : «Je ne vous ai jamais


vus, au village». Alors les deux enfants racontent
d'où ils viennent et pourquoi ils sont ici.
«J'aime bien Téguélé, dit le jeune homme. Je fais partie de
l'équipage de sa pirogue (1 ). C'est un bon patron pour moi !
- Comment t'appelles-tu ? demande Nina.
- Denyankobé ! Mais c'est trop long à dire. Tout le monde, ici,
m'appelle Kobé !»

Réponds aux questions :


Que disent Nina et Joseph quand «ils racontent d'où ils viennent et pourquoi
ils sont ici» ?
Mots et expressions :
(1) «il s'ébroue» : il se secoue pour chasser l'eau qui le mouille. Tu as déjà
vu un animal s'ébrouer. Raconte.
(2) «l'équipage de sa pirogue» : sur chaque pirogue de pêche, il y a
plusieurs pêcheurs. Ces pêcheurs constituent l'équipage du bateau.
51 - Le retour des pêcheurs.

Rappelons-nous le chapitre 50.

Raconte ce qui s'est passé dans le chapitre 50.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. Ce matin, Nina et Joseph se réveillent assez tôt pour


assister à l'arrivée des pêcheurs, avec Mila, Papa et Maman. Ils
n'emmènent pas Pompon qui dort, avec la guenon réconciliée
(1 ), devant la case.
«S'il lui prenait envie de se baigner, dit Joseph, il n'y aurait
pas Kobé pour sauver la guenon !
— Vous connaissez Kobé ?» demande tante Mila.
Joseph raconte l'aventure de Pompon et l'intervention (2)
du jeune homme.
«C'est un brave garçon, dit Mila. Son père était pêcheur. Il
a fait naufrage, voici deux ans. Kobé est resté seul avec sa
mère. Il est
devenu pêcheur à son tour. Téguélé dit qu'il est très
courageux et déjà bon marin».

2. Tout en parlant, ils arrivent à l'anse. Ils vont se placer sur


les derniers rochers, d'où ils peuvent voir plus loin.
La mer vient se briser en énormes gerbes d'écume contre le
rivage. Au large, la houle creuse et soulève la surface de l'eau.
Soudain, Mila tend le bras vers l'horizon.
«Regardez... là-bas...»
Au somment de la houle, on aperçoit une, deux, trois
embarcations qui apparaissent, disparaissent, reparaissent...

3. Sur chaque pirogue, deux hommes sont debout, l'un à


l'avant, l'autre à l'arrière. Ils rament avec énergie, au même rythme.
Derrière les bateaux, volent les mouettes.
A mesure que les pirogues s'approchent, on distingue mieux
ce qui se passe sur chacune d'elles.
Entre les rameurs, deux ou trois pêcheurs commencent à trier,
dans leurs prises, ce qu'ils pourront vendre ou consommer.
Les mouettes descendent au ras de l'eau et cueillent du bout
de leur bec, les déchets que les pêcheurs jettent à la mer.
«Ils arrivent à la passe (3) dit Mila.
Elle n'est pas facile à franchir.
J'ai toujours peur, surtout par mauvais temps...»

Réponds aux questions :


Que dit Mila de Kobé ?
Pourquoi les mouettes suivent-elles les
embarcations ?

Mots et expressions :
(1 ) «la guenon réconciliée» : la guenon
n'est plus fâchée contre Pompon. Ils ont fait
la paix.
(2) «l'intervention du jeune homme» : quand Pompon s'est jeté à l'eau avec la
guenon sur son dos, Kobé est allé à son secours. Il est intervenu pour sauver la
guenon.
(3) «ils arrivent à la passe» : une passe, c'est un endroit, souvent étroit, où l'eau
est assez profonde pour que les bateaux puissent passer.
52 - Le retour des pêcheurs (suite).

Rappelons-nous le chapitre 51.

Où se trouvent Nina et Joseph ? Avec qui sont-ils ?


Pourquoi sont-ils là ? Que voient-ils ?

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1. Les pêcheurs ont franchi la passe. Ils pénètrent dans


l'anse. Les pirogues glissent l'une après l'autre vers la plage de
gravier blanc.
Les femmes et les enfants du village sont là, en grand
nombre, à les attendre.
Les pêcheurs sautent dans l'eau et tirent les pirogues sur
le rivage.
La pêche a été bonne.
Nina et Joseph s'émerveillent devant les poissons aux
formes
étranges qui remplissent les paniers d'osier. Certains, gris et
lisses, sont si longs, qu'ils ressemblent à des serpents. D'autres sont
blancs, rayés de bleu et de jaune. Leur tête plate se confond avec leur
corps.

2. Le partage, entre les pêcheurs, à lieu tout de suite.


Mais Téguélé garde une corbeille de poissons dans sa pirogue.
«Un voilier (1) est arrivé, dit-il. Il a mouillé (2) dans la baie des
cocotiers. Je vais vendre ces poissons-là aux passagers
et à l'équipage».
Et il ajoute en se tournant vers Papa :
«Tu veux venir avec moi, Lamine ? Et vous, les
enfants, ça vous ferait plaisir de nous accompagner ?»
Une promenade en mer ! Jamais ils ne sont montés
sur un bateau ! Quelle aventure !

3. Mais Papa hésite.


«Je ne suis pas marin ! dit-il. Je ne sais pas ramer.
— Tu n'auras pas besoin de ramer.
Vous serez mes passagers. Et puis, Kobé sera là.
- Mais il est parti, dit Nina.
— Il va revenir. Il est allé chercher ses
coquillages».
Nina et Joseph s'étonnent. Alors, Téguélé explique que Kobé
ramasse des coquillages. Il les nettoie.
Il en fait des bracelets, des colliers et des bibelots. Et quand
passent des touristes, il les leur vend.

Réponds aux questions :


Que propose Téguélé à Papa et aux enfants ?
Pourquoi Papa hésite-t-il ? Les enfants sont-ils
contents ?

Mots et expressions :
(1 ) «un voilier» : un bateau à voile.
(2) «il a mouillé dans la baie» : le voilier s'est
arrêté, 'est ancré dans la baie des cocotiers.
53 - Promenade en mer

Rappelons-nous le chapitre 52.

Raconte ce qui s'est passé dans le chapitre 52.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

. Nina et Joseph sont enchantés de cette promenade


inattendue.
La pirogue glisse lentement vers la mer, à travers l'anse.
Nina se penche par dessus la pirogue et regarde. Des
reflets jouent sur le fond de sable et de roches.
«La lumière danse au fond de l'eau !» dit la fillette.
Mais bientôt on aborde la passe. Peu après, l'avant de la
pirogue se relève et retombe. Cela se répète plusieurs fois. Et
chaque fois, Nina se cramponne et pousse un cri.
Puis les mouvements de l'eau deviennent plus lents et plus
larges. On monte, on descend, on remonte... On longe ensuite le
rivage, et l'on arrive en face d'une belle plage de sable blanc. Au-delà,
on peut voir une forêt de grands cocotiers, dont le vent agite les
palmes.
«On dirait des géants aux longs cheveux !» dit Nina.

2 . Mais Joseph ne répond pas. Il crispe une main sur le bord de


la pirogue, l'autre sur son
estomac. Il est malade. Il a le mal
de mer.
Alors, de l'arrière, où il tient
une longue rame, Kobé lui
conseille de se coucher au fond
de la pirogue.
«Dans un moment, dit-il, ça
ira mieux?»
Téguélé, à l'avant, se
retourne.
«Quand vous reviendrez
nous voir, dit-il, ma pirogue aura
un moteur.
On est moins secoué par
les vagues dans un bateau à
moteur, et ça va plus vite !».

3. La pirogue double (1 )
une pointe de terre qui la met un peu à l'abri du vent.
Et Nina découvre, ancré dans la baie, un grand bateau blanc
aux voiles repliées au bas de ses longs mâts.

Réponds aux questions :


Nina a-t-elle le mal de mer ?
Qui a le mal de mer ? Que dit Téguélé ?
Pourquoi est-on moins secoué par les vagues dans un bateau à moteur ?
Mots et expressions :
(1) «la pirogue double une pointe de terre» : la pirogue dépasse et contourne une
pointe de terre que forme le rivage. (On pourrait dire un cap). Ce cap la protège un
peu du vent et la mer est moins agitée.
54 - Le coquillage

Rappelons-nous le chapitre 53.

Où Téguélé emmène-t-il ses passagers ?


Pourquoi va-t-il dans la baie des cocotiers ? Que va vendre Kobé ?

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1. Les propriétaires du voilier sont des Européens en


croisière (1). Ils ont acheté tous les poissons que Téguélé a
emmenés et plusieurs colliers de coquillages à Kobé.
Puis la pirogue est repartie. Joseph est resté allongé sur le
fond, jusqu'à la passe. Quand la pirogue est entrée dans l'anse
bien abritée des vagues, il s'est relevé. A peine a-t-il touché
terre (2), il n'a plus ressenti son mal de mer.
«J'ai un peu la tête lourde, dit-il, mais ça va certainement
passer».
2. Kobé a soulevé Nina et l'a déposée sur le sol. «Tu es
contente d'avoir fait cette promenade ?»
Et, avant qu'elle réponde, il saisit dans la caissette qu'il a
emportée, un gros coquillage et le lui place dans les mains. «Je t'en
fais cadeau !
— Mais... ça coûte cher !» dit Nina. Kobé a un large sourire.
«Vous m'avez porté bonheur, toi et ton frère. Je n'ai jamais
vendu autant de choses qu'aujourd'hui. Alors, je te dois bien ça !»

3. Nina est très contente. Elle admire le coquillage, elle le


tourne en tous sens.
«Il est magnifique ! dit-elle.
- Il est aussi magique ! dit Kobé.
— Magique ?
— Oui. Si tu le places contre ton oreille, tu entends le bruit de
la mer !
— Même quand on est loin de la mer?
- Même quand on est loin de
la mer». Nina colle son coquillage
contre son oreille.
«C'est vrai, dit-elle, on entend
le vent ! On entend les vagues !»
Joseph essaie à son tour. Nina dit :
«Quand nous serons chez
nous et qu'il fera très chaud, je le
ferai écouter à Pompon et à la
guenon. Ça leur rappellera la mer.
- Pompon sera content, dit
Joseph. Mais pour la guenon, ce
sera plutôt un mauvais souvenir!»

Réponds aux questions :


Que fera Nina avec le coquillage ? Pourquoi Joseph dit-il que Pompon sera content,
tandis que pour la guenon ce sera un mauvais souvenir ?

Mots et expressions :
(1 ) «des Européens en croisière» : des Européens qui font un voyage en bateau,
pour visiter des régions qu'ils n'habitent pas.
(2) «il a touché terre» : il a quitté le bateau. Il a mis le pied sur le sol.
55 - La fête.

Rappelons-nous le chapitre 54.

Quel cadeau Kobé fait-il à Nina ? Pourquoi l'a-t-il fait ? Nina est-elle contente ?

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. «Vous êtes venus au bon moment, dit Mila. Aujourd'hui,


c'est la fête à Goulma !»
Elle commence le soir, à la lueur des torches de résine.
Nina et Joseph se sont faufilés (1) au premier rang des
spectateurs, parmi les enfants du village.
Ils regardent danser les jeunes gens et les jeunes filles.
Rangés sur deux files, ils avancent, reculent, reviennent, en
chantant et souriant. Leurs pieds nus frappent le sol en
cadence.
Et tous les spectateurs tapent dans leurs mains, au rythme des
tam-tams de fête. Et peu à peu, tout le monde se met à danser, d'abord
sur place, puis en se déplaçant à gauche, à droite, en avant, en arrière.

2. Même Mila, Téguélé, Papa et Maman se prennent au jeu, se


mêlent aux autres, rythment leurs pas et leurs battements de mains. Ils
évoluent dans la foule et Nina et Joseph font comme eux.
Un instant, Nina se trouve face à Kobé qui se penche vers elle, lui
sourit, puis s'éloigne et disparaît.
Après la danse, deux joueurs de guitare viennent au centre de la
place. Ils s'assoient sur une natte. On fait silence.

3. Puis les deux musiciens se mettent à chanter, tout en pinçant


les cordes de leurs guitares pour s'accompagner. Ils chantent une vieille
légende que tout le
monde écoute avec
ravissement.
Quand ils ont
terminé, on
applaudit et on
acclame les
musiciens.
Puis les
danses
recommencent.
Mais il est
tard.
Pour Nina et
Joseph, il faut
rentrer se coucher.
Heureusemen,
la fête continuera demain.

Réponds aux questions :


Qu'annonce Mila, au début du chapitre ?
Par quoi commence la fête ?
Que se passe-t-il après la danse ?

Mots et expressions :
(1) «Nina et Joseph se sont faufilés»: les deux enfants se glissent adroitement entre les
spectateurs, pour arriver au premier rang, et mieux voir le spectacle.
56 - La fête (suite).

Rappelons-nous le chapitre 55.

La fête est-elle commencée ? Raconte ce qui s'est passé.

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1. Le lendemain, la fête se poursuit par des courses de


pirogues sur le fleuve. Des pêcheurs d'autres villages sont
venus se mesurer avec ceux de Goulma. Kobé et quelques
autres jeunes gens, les plus forts du village, participent à
plusieurs courses. On voit leurs corps musclés tirer sur les
rames à un rythme de plus en plus rapide.
Nina et Joseph crient avec tous les spectateurs. Ils
encouragent Kobé et ses amis. Et c'est justement leur pirogue
qui arrive la première.
A l'arrivée, on fête les rameurs. On les acclame. On les
porte en triomphe.
2. L'après-midi, on assiste à de nouveaux
spectacles. Nina et Joseph n'en manquent pas un.
Ils admirent les lutteurs qui combattent sur la
place, avec tant d'adresse et d'agilité qu'on dirait qu'ils
dansent.
Ils applaudissent les conteurs de légendes qui
racontent de belles histoires. Ils écoutent les chanteurs
qui s'accompagnent à la guitare à quatre cordes ou au
balafong. (1).

3. Puis une troupe de jeunes hommes, le visage


peint comme des guerriers d'autrefois, armés de lances,
portant des boucliers de peau, vient danser sur la place.
Le chef, le visage dissimulé derrière un masque
chevelu, des bracelets aux bras, aux poignets et aux
chevilles, bondit au centre du cercle.

De gros tam-tams résonnent comme le tonnerre.


Les jeunes guerriers poussent en cadence des cris
sourds, brandissent leurs lances vers le ciel, les
abaissent vers le sol.
Le chef mime un long combat dont il sortira
vainqueur.
«C'est une vieille danse de nos ancêtres (2)», dit
Téguélé.

4. Tout à coup, Nina s'écrie en battant des mains :


«Le griot ! le griot !» (3).
Celui-ci se contorsionne de façon amusante. Il
avale une torche, il crache du feu... Et la fête se termine
comme elle a commencé, par des danses auxquelles
tous les jeunes gens du village participent...

Réponds aux questions :


La fête est terminée. Te rappelles-tu tout ce que Nina et Joseph ont vu et fait ?
Mots et expressions :
(1) «balafong»: instrument de musique composé de planchettes en bois sur lesquelles on
frappe avec de petits maillets. On retrouve ailleurs un instrument semblable sous le nom de
«xylophone».
(2) «nos ancêtres» : les hommes et les femmes qui ont vécu avant nous et dont nous
descendons.
(3) «le griot» : ici, c'est un amuseur. Ailleurs, le griot est souvent un poète et un musicien
qui vient chanter ou raconter des histoires dans les fêtes.
57 - La photo.

Rappelons-nous les chapitres 55 et 56.

Imagine que Nina dise : «De tout ce que j'ai vu, pendant la fête, je préfère...» et
qu'elle raconte un spectacle. Même question pour Joseph.

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1. Les enfants sont allés se baigner dans la baie des


cocotiers. Ils ont fait la connaissance des hommes et des
femmes qui habitent le bateau blanc et qui sont venus à terre
prendre des photos.
Ils ont photographié les enfants et ils leur ont donné
quelques unes des photos qu'ils ont prises. Sur l'une d'elles, on
voit Nina, son beau madras sur la tête, Joseph et la guenon,
tous trois sur Pompon.
«Nous montrerons cette photo à l'école, dit Nina. Sinon, nos
camarades ne croiront jamais qu'on a fait un si beau voyage».

2. Le lendemain, le voilier a levé l'ancre (1 ). Nina et Joseph étaient


là quand cela s'est passé. Ils ont vu les voiles gonflées par le vent, le
bateau qui se penchait et qui s'éloignait sans bruit.
«C'est beau !» dit Nina.
Puis le bateau est devenu tout petit, au loin.
Et la mer leur a paru plus vaste encore.
«Bientôt, dit Joseph, nous repartirons
nous aussi.
Nous reverrons Doulou, notre village...»
- C'est vrai, dit Nina, avec un soupir.
Mais si j'étais grande, j'aimerais voyager
dans un bateau blanc...»
Joseph n'est pas de son avis.
«Merci bien ! dit-il, pour avoir le mal de
mer tous les jours !...»
Ils se mettent à rire tous les deux.
Et puis, c'est l'heure de rentrer.
Ils appellent Pompon et la guenon qui
jouent, là-bas, sous les cocotiers.

Réponds aux questions :


Que voudrait faire Nina ?
Joseph aimerait-il voyager en bateau ? Pourquoi ?

Mots et expressions :
(1) «le voilier a levé l'ancre»: le voilier est retenu dans la baie par une ancre qui
s'accroche au fond, soit à des rochers, soit en s'enfonçant dans le sol. Dès qu'on
veut partir, on «lève l'ancre».
58 - Retour au village.

Rappelons-nous le chapitre 57.

Qu'est-ce que nous avons appris en lisant le chapitre 57 ?

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1. Joseph a dit vrai. Le départ est proche. La tante Mila et


l'oncle Téguélé souhaitent que leurs hôtes (1) restent plus
longtemps. Mais le congé de Papa se termine dans quelques
jours. L'école, pour les enfants, va reprendre. Et Doulou,
certainement, a besoin de son âne.
Enfin, le moment du départ arrive.

2. On dirait que Pompon devine qu'on retourne au village.


Il met tant d'ardeur à trotter, malgré la charge qu'il porte, que le
voyage ne durera pas plus de deux jours.
«Surtout s'il ne se fait plus attraper la
queue par une tortue !» dit Papa.
Mais Pompon se souvient. Et quand il
faut traverser la rivière, il montre cette fois
beaucoup de crainte. Il résiste même.
Et il faut toute la patience de Papa pour
qu'il entre dans l'eau.
Là, d'ailleurs, il se dépêche tant, qu'il
laisse tout le monde derrière lui. Et quand il
arrive, avec la guenon sur son dos, sur l'autre
rive, il s'éloigne le plus vite possible.
Les voyageurs le perdent de vue (2) à
travers les arbres.

3. Enfin, peut-être la guenon, dans son


langage, parvient-elle à le calmer! Peut-être
Pompon lui-même, après avoir couru un
moment, ne se sent-il plus en danger!
Les voyageurs le retrouvent dans une
clairière (3) en train de brouter les jeunes
feuilles des arbustes (4) les plus bas.
«Qu'aurions-nous fait, dit Maman, s'il
s'était échappé?
— Moi, j'étais sûre qu'il nous attendait !»
dit Nina.

Réponds aux questions :


A la fin du chapitre, Maman pose une question. Nina parle à son tour, mais elle ne
répond pas à la question de Maman. Essaie d'y réponde toi-même.

Mots et expressions :
(1 ) «leurs hôtes» : Mila et Téguélé reçoivent chez eux la famille de Joseph et Nina.
On dit que Maman, Papa et leurs enfants sont les hôtes de Mila et Téguélé. Dans
d'autres cas, on peut dire aussi que l'hôte est celui qui reçoit.
(2) «les voyageurs le perdent de vue» : ils ne le voient plus.
(3) «une clairière» : un endroit où la forêt est moins épaisse, où les arbres sont
moins serrés.
(4) «des arbustes» : de petits arbres.
59 - L'arrivée.

Rappelons-nous le chapitre 58.

Que s'est-il passé dans le chapitre 58 ?


Pourquoi Nina était-elle sûre que Pompon les attendait ?
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1. Au soir du deuxième jour, quand ils arrivent devant la


case de Doulou, les voyageurs décident d'aller dire bonjour au
potier.
«Il faut bien qu'il sache que nous sommes de retour, que
Pompon est là...»
Mais c'est Doulou qui, lui, n'est pas là.
Pourtant, il n'y a rien d'inquiétant. Tout est en ordre dans
la case et autour d'elle. On peut voir aussi que le potier a
travaillé pendant leur absence. De nouvelles poteries sont en
train de sécher.
2. Pour se distraire, — et peut-être aussi parce qu'il pensait à ses
amis, — Doulou a façonné des statuettes d'argile. Il y a un âne.
«C'est sûrement Pompon !»
Un paysan, penché sur le sol,
est en train de piocher, avec sa daba.
«C'est Papa !»
Une femme porte une corbeille
sur la tête.
«C'est Maman !»
Deux enfants paraissent courir
derrière l'âne.
«C'est toi et moi ! dit Joseph à
Nina.
Et regarde, il y a même la
guenon !»
En effet, un singe d'argile,
accroupi, épluche une banane.
«C'est amusant !» dit Nina en
tendant la main pour saisir la statuette qui la représente.
Mais son frère l'arrête.
«Il faut d'abord qu'elle sèche. Ensuite Doulou la fera cuire».
Mila hoche la tête.
«Ça me fait tout drôle, de penser qu'il me fera cuire !»

3. C'est à ce moment que le potier arrive, un fagot de bois mort


sur l'épaule. Il boite toujours. Papa le débarrasse de son bois et
s'excuse.
«Les provisions n'étaient pas suffisantes, tu as dû avoir des
difficultés, privé de ton âne...
- Mais non, répond Doulou, en souriant. Seulement, je commence
à vieillir».
Et il ajoute, en regardant Joseph :
«J'aurais bien besoin d'un apprenti... (1)»

Réponds aux questions :


Qu'est-ce qui montre que le potier a travaillé ? qu'il a pensé à ses amis ? Joseph
deviendra potier. Quelles phrases nous l'indiquent ?

Mots et expressions :
(1) «un apprenti» : un apprenti est un jeune garçon qui, auprès d'un ouvrier,
apprend un métier.
60 - Deux ans après...

Rappelons-nous le chapitre 59.

Que se passe-t-il dans le chapitre 59 ?

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1. Deux années sont passées depuis cette histoire.


Les enfants ont grandi.
Joseph ne va plus à l'école. Il travaille avec Doulou. Il
apprend le métier de potier, comme il a toujours rêvé de le
faire. Il accompagne son maître au marché, une ou deux fois
par mois.
La petite guenon n'est plus là. Un jour, elle s'en est allée
dans les arbres, rejoindre une troupe de singes. On ne l'a plus
revue.
2. Alors Pompon est resté seul dans son abri. Il commence
à vieillir. Il a tant marché dans sa vie, il a porté tant de
fardeaux qu'il se repose chaque fois qu'il le peut.
Il ne va plus chercher Nina à l'école. Mais la fillette ne manque
jamais de s'arrêter sur son chemin. Elle a toujours quelque chose
pour lui: un morceau de galette, un fruit... comme autrefois. Elle lui
parle en le caressant.
Elle est sûre qu'il se souvient de leurs aventures.
Puis elle rentre chez ses parents.

3. On a épingle au mur de la case la photo prise dans la baie


des cocotiers.
Nina la regarde souvent. Elle se rappelle le beau voyage
qu'elle a fait pour aller voir ses petits cousins.
Elle revoit l'anse où les pêcheurs abritent leurs barques, la
lumière sur les vagues, les jeux des enfants qui plongent du haut
des rochers...
Et il lui arrive encore de prendre le coquillage que lui a offert
Kobé, de le placer contre son oreille, et d'écouter le bruit de la
mer...

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