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LES DISTILLATEURS SOLAIRES

1. INTRODUCTION

Le premier distillateur solaire industriel a été construit en 1872 par un

ingénieur suédois Charles Wilson. L'installation était conçue pour la ville minière

de Las Salinas dans le nord de Chili. Le distillateur utilisait des bacs en bois sur

une surface de 4.700 m2 pour produire 23.000 litres d'eau pure par jour, soit 4,9

litres par mètre carré de distillateur solaire. L'installation a fonctionné pendant 40

ans. Depuis un siècle, des milliers de distillateurs solaires fonctionnent à travers

le monde. La plupart sert pour un usage domestique. Ils sont construits

artisanalement suivant le modèle montré en coupe. Suivant le climat et la saison,

ils peuvent produire de 2 à 6 litres d'eau pure par mètre carré par jour. Notons

qu’il existe d’autres formes de distillateurs notamment sphériques.

Vitre

Te

Ti

Appoint (Ta)

T1 Φc Φr Φe

Isolation

Coupe du distillateur solaire plan classique


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2. BILAN ENERGETIQUE D’UN DISTILLATEUR SOLAIRE

- Schéma électrique équivalent

Ta E

qca qra

Tv

qci qe qri

Tb ταE

Ta

2.1. Bilan thermique du bassin d’eau (eau +absorbeur)

On se place en régime quasi permanent pour faire le bilan thermique de la masse

d’eau. Celle-ci perd de la chaleur par rayonnement, convection, évaporation et du

fait de l’appoint d’eau qui arrive en ayant une température Ta et un débit

massique mo. (La masse d’eau est la source chaude)

dTb
q ri + q ci + q ev + qλ + ( M .Cp ) b = α e .τ v .E (1)
dt

2.2. Bilan thermique de la vitre


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De façon générale la capacité thermique de la vitre sera très faible en

comparaison avec celle du groupe Bassin =‘eau +absorbeur’. Dans de nombreux

distillateurs modernes, l’inclinaison de la vitre est faible, de telle sorte que les

surfaces de la vitre et du bassin soient pratiquement égales. On fait alors le bilan

thermique de la vitre en négligeant sa capacité thermique ainsi que l’énergie

solaire absorbée :

qri + qci + qev = qca + qra (2)

2.3. Calcul des différents flux de chaleur et de la masse d’eau


évaporée

2.3.1. Calcul de qri

q ri = A.ε e .σ (Tb4 − Tv4 ) (3)

2.3.2. Calcul de qci

Pour calculer les échanges énergétiques entre le bassin et la vitre (Dunkle)

suggère que l’on utilise un nombre de Rayleigh modifié tenant compte des

transferts simultanés de masse et de chaleur dans le distillateur. Le terme de

flottaison du nombre de Grashof est modifié par le gradient de densité du au

gradient de température et au gradient de concentration. Pour des géométries

horizontales renfermant un volume donné d’air, la corrélation suivante a été

obtenue pour calculer le nombre de Nusselt :

Nombre de Nusselt caractérisant l’échange convectif entre la nappe d’eau et

la vitre

Nu = 0.075 .Ra 1 / 3 (4)


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La différence de température qui intervient dans le calcul du nombre de Rayleigh

s’écrit alors

 PV (Tb ) − PV (Tv ) 
∆T ' = (Tb − Tv ) +  .Tb (5)
 2016 − PV 
 (Tb ) 

PV(Tb) : Pression de vapeur d’eau en millimètres de mercure à la température Tb


PV(Tv) : Pression de vapeur d’eau en millimètres de mercure à la température Tv

Des équations (3) et (4) on déduit le coefficient d’échange de chaleur h’

hci = 0.088 .∆T '(1 / 3) (6)

qci = hci . A.(Tb −Tv ) (7)

2.3.3. Calcul de la masse d’eau évaporée

Pour cela il faut faire une analogie entre le transfert de masse et le transfert de
chaleur ;

mev = 9.15 .10 −7.hci . A.( PV (Tb ) − PV (Tv ) )

2.3.4. Chaleur liée à cette évaporation

qev représente le transfert de chaleur lié à l’évaporation d’eau

qev = Lv .mev

2.3.5. Calcul des pertes thermiques par conduction à travers les parois

qλ = U T . A.(Tb − Ta )

UT=coefficient global des pertes thermiques par conduction

Quand le bassin est peu profond et bien isolé la capacité thermique dans

l’équation (1) peut être négligée et l’on trouve directement des solutions de régime
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permanent. Cependant et pour des raisons pratiques, la plupart des distillateurs sont

assez profonds et il faut en tenir compte. Dans le cas de distillateurs posés à même

le sol, il faut faire une bonne isolation sinon la terre intervient comme source de

déperdition.

Le système d’équations décrit ci-dessus, avec les données de

l’ensoleillement, de la température et de la vitesse du vent en plus des données

caractéristiques du distillateur lui-même peut être résolu en fonction de Tb, la

température du bassin, qui évolue au cours du temps.

Généralement on fait un appoint d’eau au cours du temps de telle sorte que

l’on remplace la masse d’eau distillée par une masse d’eau complémentaire pour le

bassin. On peut tenir compte de l’apport de frigories de cette faible quantité d’eau,

mais il n’a qu’une influence négligeable sur les solutions du système d’équations.

3. CARACTERISTIQUES DE FONCTIONNEMENT

Le choix des distillateurs dépend essentiellement de grandeurs appelées

caractéristiques de fonctionnement. Pour tout système solaire on peut définir

une efficacité (rendement) global :

qev m .L
η= = d v
E. A E. A

4. RESOLUTION DES EQUATIONS

La résolution des équations régissant le fonctionnement d’un distillateur

solaire de forme quelconque a été abordée par une approche numérique

basée sur la méthode itérative de Gauss Seidel. Les résultats obtenus

permettent de mettre en évidence l’influence de nombreux paramètres

externes et internes, sur les caractéristiques de fonctionnement.


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5. DISTILLATEUR SPHERIQUE
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6. Exemple de calcul d’un distillateur

(Programme Matlab / Bathiébo 2007)

%Distillateur
%Rendement et distillat en régime permanent
clear all;
close all;

E=1000;
Ta=303;

%Initialisation des températures


Te(1)=70+273;
Tv(1)=63.15+273;
M=5;

for i=1:130

%constantes et paramètres
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
%%%%%%%%%%%%%%%%%%
%Pas de temps
deltat=100;
%surfaces
A=1;Av=1.2;
%Emissivités
epsv=0.88; epse=0.9;
%Constante de Stefan-Boltzman
sigma=5.67e-8;
%Longueur du bac
L=1;
%Vitesse du vent
v=1;
%constante gravitationnelle
g=9.81;
%Température de film au niveau de la vitre (externe)
Tfilma=(Ta+Tv(i))/2;Beta=1/Tfilma;
%Coefficient de diffusion de la vapeur d’eau
D=2.26e-5*(Tv(1)/273)^1.81;
%Viscosité de l’air
nuair=2.05e-5;
%Nombre de Scmidt
Sc=nuair/D;
%conductivité thermique air
Lambdair=0.03;
%Diffusivité thermique
alfa=2.98e-5;
%Conductivité thermique eau
Lambdaeau=0.6;
%Masse d’eau
M=5;

%Conductivité thermique vitre


Lambdav=1.2;
%Transmission vitre
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tauv=0.9;
%Absorption eau
alfae=0.65;
%Conductivité thermique bois
Lambdabois=0.16;
%Epaisseur du bois
ebois=0.1;
%Cp de l’eau
Cpe=4185;
%Chaleur latente de vaporisation
Lv=600*4180;

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

%Calcul de hca

% calcul de la pression de vapeur au dessus de l'eau


%-------------------------------------------------------

% calcul de la pression de vapeur de l'air au niveau de la vitre


%----------------------------------------------------------------

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
%%%%
% Calcul de l’écart de température corrigé

deltaT=

%Calcul de hpc

%Calcul de qci

%Calcul de qev

%Calcul de qri

%Calcul de qca

%Calcul de qra

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
%%%%%%

% Calcul de la nouvelle temperature de l’eau

%Calcul de la nouvelle temperature de la vitre

%Test de convergence

if (Te(i+1)-Te(i))<0.1
break
end;
end;
Te(i+1)
Tv(i+1)
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Rendement=qev(i)/E
Massedudistillat=qev(i)/Lv

4 70

3.5 65
kg/m².jour

Teau °C
3 60

2.5 55

2 50
600 700 800 900 1000 600 700 800 900 1000
E W/m² E W/m²

0.48 60

0.46
55
Rendt en %

0.44
Tvitre °C

50
0.42

45
0.4

0.38 40
600 700 800 900 1000 600 700 800 900 1000
E W/m² E W/m²
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3.5 65

3
60
kg/m².jour

2.5

Teau °C
55
2

50
1.5

1 45
8 10 12 14 16 8 10 12 14 16
t(h) t(h)

0.46 55

0.44
50
0.42
Rendt en %

Tvitre °C
0.4 45

0.38
40
0.36

0.34 35
8 10 12 14 16 8 10 12 14 16
t(h) t(h)