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Chapitre 2 : L’Organisation des Nations

Unies
I. Objectifs et champs d’action de l’ONU
Les objectifs de l'ONU sont énumérés dans l'article 1 de la charte de San Francisco : le maintien de la
paix et de la sécurité internationales, la promotion des relations amicales entre les États et le
développement de la coopération internationale en vue de résoudre les problèmes économiques,
sociaux et culturels auxquels est confrontée la communauté internationale => intervention de l'ONU
dans cinq grands domaines :
- le maintien de la paix et de la sécurité internationales ;
- le développement et la protection de l'environnement ;
- la promotion des droits de l'homme et de la démocratie ;
- l'action humanitaire ;
- l'organisation de la société internationale par le droit (codification du droit international,
règlement judiciaire des différends internationaux, etc.)
L'éventail des activités de l’ONU est très large => polémiques : ONU accusée de « vouloir trop faire »
et de « politisation ». L'Union soviétique, dans les années 1950, avait mis en cause la politique jugée
pro-occidentale des Nations unies. Lorsque le tiers-monde, dans les décennies suivantes, affirma son
hégémonie au sein de l'ONU et des grandes institutions spécialisées comme l'OIT, l'OMS, la FAO et
l'UNESCO en leur imprimant des orientations jugées négatives par les pays occidentaux - notamment
en faveur d'un nouvel ordre économique international.
Impacts de l’ONU : les rapports conflictuels des États-Unis et de l'Union soviétique au cours de la
guerre froide provoquèrent une paralysie et une contestation de l'ONU face aux dossiers
internationaux les plus importants. Au cours de ses quatre premières décennies d'existence,
l'organisation mondiale aura en définitive eu un impact mineur sur le règlement des grandes
questions internationales. A la fin des années 1980, la chute du communisme constitua une embellie
pour l'ONU. Entre 1988 et 1994, l'ONU joua ainsi un rôle majeur dans le règlement de la plupart des
conflits régionaux, en Amérique centrale, en Afrique australe et en Asie. Cette période s'acheva avec
deux échecs : celui de la Somalie en décembre 1992 et celui de l'ex-Yougoslavie. Depuis 1994, le
nombre des opérations a été divisé par deux.

II. Les organes centraux de l’ONU


Les organes centraux de l'ONU sont au nombre de six.

A. L’assemblée générale
1. Rôle de l’Assemblée générale
Elle est composée des 192 États membres. Organe démocratique au sein duquel joue le principe de
l'égalité des États, l'Assemblée générale est essentiellement un forum de discussion et un organe

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délibérant. Elle peut notamment « attirer l'attention du Conseil de sécurité » et faire des
recommandations.
L'Assemblée générale tient une session ordinaire annuelle et constitue une sorte de « forum
planétaire » où les États membres, souvent représentés au plus haut niveau (chef d'Etat ou de
gouvernement), expriment leurs points de vue sur les grandes questions internationales.
L'Assemblée générale peut aussi être convoquée en session extraordinaire pour débattre de thèmes
spécifiques.
L'Assemblée générale ne dispose que d'un pouvoir de recommandation dépourvu de toute force
contraignante.
L'Assemblée générale se prononce soit à la majorité des États membres présents et votants, soit à la
majorité qualifiée des deux tiers pour les questions dites importantes.
En définitive, elle adopte chaque année plus de trois cents résolutions, dont plus des trois quarts
sans vote ou par consensus.

2. Compétences budgétaires
L'une des prérogatives essentielles de l'Assemblée générale est l'adoption du budget auquel chaque
État membre contribue en fonction de sa capacité de paiement (calculée en fonction du PIB, du
niveau d'endettement de l'État et du revenu par habitant.
Dix États règlent à eux seuls 80 % du budget ordinaire de l'ONU : les États-Unis (25 %), le Japon (18
%), l'Allemagne (9,6 %), la France (6,5 %), le Royaume-Uni, l'Italie, la Fédération de Russie, le Canada,
l'Espagne et le Brésil.

B. Le Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité a « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité
internationales ». Il introduit une hiérarchie entre les membres de l'organisation.
Organe permanent, le Conseil de sécurité est composé de quinze États : dix membres non
permanents, élus pour deux ans par l'Assemblée générale sur la base d'une juste répartition
géographique ; et cinq membres permanents, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la
Fédération de Russie, qui a succédé à l'URSS en décembre 1991.
Les membres permanents disposent, grâce à ce que l'on appelle le « droit de veto.
Les États le plus souvent désignés ont été le Japon (huit mandats), le Brésil (sept mandats)
l'Argentine et l'Inde (six mandats) => car puissance économique.
Le Conseil de sécurité se prononce toujours sur un texte à la majorité qualifiée (9 voix sur 15).

C. Le Conseil économique et social


C’est un organe consultatif (ECOSOC). Il est composé de 54 États élus pour trois ans par l'Assemblée
générale sur la base d'une répartition géographique équitable. Il joue un rôle d'impulsion et de
proposition dans divers domaines économiques et sociaux.
L’ECOSOC n’est pas une véritable instance de concertations économiques mondiales (≠ OCDE ou le
G7/G8).

D. La Cour internationale de justice


La Cour internationale de justice (CIJ) constitue le seul exemple de juridiction internationale
universelle à compétence générale.

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La CIJ possède une double compétence : régler sur la base du droit international les différends
d'ordre juridique qui lui sont soumis par les États, et donner des avis consultatifs sur des questions
juridiques qui lui sont transmises par des agences, organismes et institutions spécialisées des Nations
unies, sur autorisation de l'Assemblée générale.
La Cour internationale de justice fonde ses décisions sur différentes sources du droit : conventions et
traités internationaux, coutume internationale, principes généraux du droit et, accessoirement,
jurisprudence et doctrine.
La Cour se compose de quinze juges élus pour neuf ans par l'Assemblée générale et le Conseil de
sécurité ; elle est renouvelable par tiers tous les trois ans.

E. Le Conseil de tutelle
Cet organe était chargé de superviser l'administration des territoires placés sous tutelle à la fin de la
Seconde Guerre mondiale. La création en 1945 du Conseil de tutelle s'inscrit dans la volonté de l'ONU
de mettre fin à la colonisation.
La mission du Conseil de tutelle s'est transformée : le Kosovo a été placé sous la tutelle conjointe des
Etats-Unis, de l'UE et de l’OSCE.
F. Le Secrétariat
Le secrétaire général de l'ONU est le chef de l'administration onusienne. Le secrétaire général est élu
pour cinq ans et rééligible par l'Assemblée générale sur proposition du Conseil de sécurité.
Comme chef de l'administration, le secrétaire général assure diverses tâches : gestion interne,
représentation de l'ONU en justice, rédaction d'un rapport annuel sur les activités de l'organisation,
enregistrement des traités ou encore nomination des fonctionnaires de l'Organisation.
Le secrétaire général, comme tous ses collègues du système des Nations unies, doit également
garantir l'indépendance de l'ONU vis-à-vis des États membres (guerre froide, hautes rivalités USA-UE
pour la nomination des plus hauts fonctionnaires,…).
De plus, il a un rôle politique autonome. Il peut attirer l'attention du Conseil de sécurité sur toute
affaire mettant en péril le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

III. Les organismes de l’ONU


À côté des organes centraux de l'ONU, on trouve une vingtaine d'organisations, de fonds et de
programmes créés au fur et à mesure des besoins, et dont le statut juridique, le mode de
financement et le processus de prise des décisions sont variables.
Leur trait commun étant qu'ils appartiennent à l'ONU et qu'ils sont placés sous l'autorité du
secrétaire général : UNICEF, PNUD, PNUE, FNUAP, PAM, le HCR, CNUCED.

IV. Les institutions spécialisées des Nations Unies


Les institutions spécialisées des Nations unies, ainsi que d'autres sont directement concernées par
les missions de « service public international ».
Les institutions spécialisées sont dotées d'une autonomie budgétaire et d'une indépendance de
fait vis-à-vis de l'ONU ; elles ont leurs propres organes directeurs, une composition variable par
rapport à l'ONU; et les chefs de leurs Secrétariats, désignés par les Etats membres selon des

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procédures et un mandat d'une durée variable, n'ont aucun lien de subordination vis-à-vis du
secrétaire général de l'ONU.
Les institutions spécialisées bénéficient aussi, dans le cadre de leur mandat, d'une autonomie de
programmation, ce qui entraîne nombre de doubles emplois et de chevauchements d'activités au
sein des Nations unies => problème : pas de véritable coordination des activités des Nations unies à
l'échelle du système.

A. Les organisations à vocation globale


1. L’organisation internationale du travail (OIT)
L’OIT (siège : Genève) est née de la conviction qu'« une paix universelle et durable ne peut être
fondée que sur la base de la justice sociale ».
Organe autonome de la SDN, l'OIT est devenue en 1946 la première institution spécialisée des
Nations unies. L'originalité de l'OIT se traduit par la représentation directe, aux côtés des États, des
organisations de travailleurs et d'employeurs.
Le Bureau international du travail (BIT) assure le secrétariat de l'OIT, dont l'action comprend deux
volets essentiels :
- l'élaboration de normes minimales internationales du travail (l'OIT a adopté 188 conventions et
199 recommandations) ;
- la mise en œuvre de programmes de coopération technique, avec le soutien financier du PNUD.

2. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture


(FAO)
La FAO (1945) dispose annuellement d'environ 3 milliards de dollars. Elle a trois missions :
- « élever le niveau de nutrition et les conditions de vie des populations » ;
- « améliorer le rendement de la production et l'efficacité de la répartition de tous les produits
alimentaires et agricoles » ;
- « améliorer la condition des populations rurales et ainsi contribuer à l'expansion de
l'économie mondiale et libérer l'humanité de la faim ».
La FAO a poursuivi ces tâches en combinant plusieurs fonctions : aide au développement, via
notamment l'assistance technique ; centre d'échange d'informations par la collecte, l'analyse et la
diffusion de données dans ses domaines de compétence ; forum intellectuel sur les thèmes de la
sécurité alimentaire et de l'agriculture ; conseil des Etats membres pour les stratégies de
développement rural. La FAO intervient également sur le terrain de l'urgence, en liaison avec
d'autres organisations des Nations unies, telles que le PAM.

3. L’Organisation mondiale de la santé (OMS – siège : Genève)


L’OMS a pour but d'« amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ».
L'Assemblée mondiale de la santé a créé six organisations régionales de l'OMS (Afrique, Amériques,
Asie du Sud-est, Europe, Méditerranée orientale, Pacifique occidental), ce qui permet en principe la
formulation et l'application de stratégies spécifiques et mieux adaptées à la situation sanitaire locale.
La constitution de l'OMS a précisé les objectifs généraux, en particulier :
- élaboration de nonnes et de recommandations internationales par le développement de la
coopération entre scientifiques ;
- lutte contre les maladies épidémiques, endémiques et autres ;

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- amélioration de l'hygiène du milieu ;
- assistance aux gouvernements et information du public.

4. L’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la


culture (UNESCO – siège : Paris)
L’UNESCO a été dotée d'un double mandat : sa compétence englobe divers domaines du savoir et
du progrès des connaissances (éducation, sciences exactes et naturelles, sociales et humaines,
culture et communication) ainsi qu'une mission éthique inscrite dans son acte constitutif.

B. Les organisations fonctionnelles à vocation technique


1. L’Union postale universelle (UPU – siège : Berne)
C’est l'une des organisations internationales les plus anciennes. Sa création (traité de Berne du 9
octobre 1874) répondait au besoin de rationaliser les relations postales internationales.
Trois principes essentiels : la liberté de circulation de la correspondance entre les États parties, le
traitement égalitaire et non discriminatoire par les administrations postales de toutes les
correspondances, qu'elles soient d'origine nationale ou qu'elles proviennent d'un autre membre de
l'Union, et enfin l'adoption d'un tarif unique pour l'acheminement du courrier. Ces principes
structurent le droit postal international élaboré progressivement par l'UPU, en particulier sur la base
de sa constitution ainsi que de la Convention postale universelle.

2. L’Union internationale des télécommunications (UIT – Siège :


Genève)
Héritière de l'Union télégraphique internationale née en 1865, elle a été rattachée en 1947 au
système des Nations unies. L'UIT œuvre à organiser et à perfectionner les télécommunications :
radio, télévision, téléphone, etc. L'UIT harmonise et coordonne les initiatives nationales en matière
de télécommunications, l'un des aspects les plus visibles de ses activités étant l'attribution et la
répartition des bandes de fréquence de radio et de télévision ainsi que l'enregistrement de
l'emplacement des satellites géostationnaires de communication.

3. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI –


siège : Genève)
Elle trouve son origine dans deux conventions : la convention de Paris pour la protection de la
propriété industrielle (1883) et la convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et
artistiques (1886). Ces conventions protègent respectivement les deux facettes de la propriété
intellectuelle :
- la propriété industrielle, qui concerne les inventions, les marques, les modèles industriels,
etc. ;
- le droit d'auteur, qui protège les travaux de l'artiste (écrivain, musicien, cinéaste, etc.).
Créée en 1972, l'OMPI est devenue deux ans plus tard une institution spécialisée des Nations unies,
chargée de promouvoir la protection de la propriété intellectuelle, en particulier par l'adhésion de
nouveaux États aux conventions de Berne et de Paris, par l'élaboration d'instruments juridiques
nouveaux ainsi que par l'assistance technique dispensée aux pays en développement. L'OMPI est liée
depuis 1996 à l'OMC par un accord qui régit leur coopération en matière de protection de la
propriété intellectuelle.
L'OMPI gère quatre services d'enregistrement international concernant les brevets, les marques, les
dessins et modèles industriels, ainsi que les appellations d'origine.

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4. L’Organisation météorologique mondiale (OMM – siège : Genève)
Elle a succédé en 1951 à l'organisation météorologique internationale, qui était née à Vienne en
1873. L'Organisation promeut la coopération internationale dans divers domaines : création d'un
réseau de stations effectuant des observations météorologiques, hydrologiques et géophysiques ;
échange de l'information météorologique ; normalisation des observations météorologiques ;
établissement et publication de données statistiques ; recherche et formation météorologique.
L'OMM contribue aussi à des programmes de recherche et de surveillance de l'environnement de la
planète, en liaison avec d'autres organisations et programmes des Nations unies comme le PNUE ou
l'UNESCO.

5. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI - siège :


Montréal)
Elle a été créée par la convention relative à l'aviation civile internationale de 1944. Elle a pour
mission de garantir le bon développement de l'aviation civile internationale : respect du droit aérien
international et adoption de normes relatives à la sécurité, la régularité et l'efficacité de la navigation
aérienne.
L'OACI agit en étroite coordination avec l'Association internationale des transporteurs aériens, une
ONG qui regroupe la grande majorité des compagnies aériennes de la planète et s'efforce
d'harmoniser les aspects financiers, tarifaires ainsi que la gestion des prestations de la navigation
aérienne civile.

6. L’Organisation maritime internationale (OMI - siège : Londres)


L’OMI est l'une des plus petites institutions spécialisées des Nations unies. Décidée par la
conférence maritime des Nations unies (1948), la création de l'Organisation intergouvernementale
consultative de la navigation maritime, qui changea de dénomination en 1982, veille à la sécurité en
mer et à la lutte contre les pollutions. L'action de l'OMI est également notable en matière
d'assistance technique.

C. Les organisations à vocation économique et financière


Le FMI et la Banque Mondiale sont abordés dans le chapitre suivant.

1. Le Fonds de développement agricole (FIDA – siège : Rome)


Créé en réponse aux famines qui sévissaient en Afrique au début des années 1970 ; ce Fonds a été
institué en juin 1976, en vue de financer des projets destinés à améliorer la production agricole et
alimentaire dans les pays les plus démunis.
Ses actions : prêts à très faible taux d'intérêt accordés à des paysans ou à des artisans pauvres des
pays en développement => aucune activité opérationnelle

2. L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI


– siège : Vienne)
Elle a été mise en place en 1966 par l'Assemblée générale de l'ONU et a été transformée en
institution spécialisée en 1985.
Trois grandes priorités : l'appui au développement industriel (promotion de l'investissement,
principalement), la prestation de services consultatifs et l'assistance technique ; la coordination des
activités des Nations unies en matière de développement industriel ; l'élaboration de stratégies
industrielles.