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Centuriations, a/querias et pueblas. Elements pour la compréhension du paysage valencien R. GONZALEZ VILLAESCUSA Les formes des paysages. 2. Archéologie des parcellaires, G. Chouquer (dir.), Paris, 1996, pages 155-166 [Titre 25] 155 CENTURIATIONS, ALQUERIAS ET PUEBLAS : ELEMENTS POUR LA COMPREHENSION DU PAYSAGE VALENCIEN par Ricardo GONZALEZ VILLAESCUSA CNRS, UMR 9966 Archéologie et Territoires, Tours La recherche des paysages dans la péninsule Ibérique a besoin de connaltre un renouvellement des approches théoriques et méthodologiques. Cette recherche, comme ailleurs, a été fondée sur I« objet » le plus important des paysages méditerranéens : la centu- riation. Les progrés de la recherche sur ce théme ont été incontournables et nécessaires car c'est & partir de ces acquis quune recherche globale des paysages pourra avancer ({934] ESTUDIOS 1974 ; (22] ARINO GIL et al. 1994 ; [763] PLANA MALLART 1989, 1994). De toutes facons, le réle des centuriations dans la construction et la genase des paysages agraires de la Péninsule ibé- rique est essentiel. La conguéte précoce du sol ibérique par 'armée romaine ((764] PLANA MALLART 1994) a permis aux nouveaux propriétaires de mettre en pratique la gestion et la division des sols, menés auparavant & terme lors de leur expansion en Italie ([223] CHOU- QUER et FAVORY 1991, 91 sq. parient du « laboratoire italien »). Il existe des preuves de lactivité des arpen- teurs romains sur le sol de I'Hispania, Mais la découver- te et la description sommaire de ces réseaux ne suffisent pas. Récemment, nous avons soutenu que le progrés de la discipline passerait, & terme, par une archéologie des paysages (fouille, prospections...) et nous croyons y avoir un peu contribué, malgré l'absence de fouilles ([1472} GONZALEZ VILLAESCUSA et KIRCHNER 1996). Néanmoins, l'étude des espaces agraires doit, tout d'abord, vivre une période de multiplication a'hypo- théses exclusivement morphologiques, qui ne peuvent pas étre confirmées dans immeédiat. L’état avancé de la recherche des parcellaires en France ou en Angleterre est dG, partiellement, a cette période fructueuse en idées, méme si cela a pu donner lieu & des exces connus de tous et & des débats scientifiques passionnés (1). Ainsi, donc, objectit des prochaines années de la recherche espagnole, consistera & trouver un, équilibre entre la production d'hypothases et la vérification archéologique. Malgré tout on ne peut pas faire abstrac- tion des progrés et des connaissances déja acquis. En conséquence il faut accueillir favorablement les études sur les centuriations, comme celles sur les réseaux irigués des « huertas » et des petits systémes irrigation montagnards d'origine arabe (recherche diri- gée par Miquel Barcelé {1044] BARCELO 1989). Ce der- ner sujet, Nrrigation, touche & la véritable originalité ibe- rique, conséquence de la colonisation islamique d'al- Andalus, qui marquera profondément la physionomie des paysages ibériques. Par voie de conséquence, approche que nous proposons tient compte de cette complexité diachronique sans oublier aucune période de Histoire. On verra que les caractéristiques du paysage valencien (avec ses ruptures et ses discontinuités) et, plus généralement, espagnol, interdisent une bonne ‘compréhension de sa dynamique si on ne tient compte ‘que des centuriarions romaines, ou de Mirrigation arabe. Pendant I'Antiquité l'histoire des paysages de nos régions est paralléle & celle des autres cultures rive- taines du bassin Méditerranéen : des sociétés pré- fomaines & un stade d’évolution sociale proche ; un développement urbain et agricole menés a terme par les premiers embrions de villes-état, chefs-lieu qui articulent et organisent un terrtoire avec des établissements spé- cialisés ot hiérarchises (ibéres, gaulois, puniques...) (2). Cette organisation sera couverte ou mise profit par les romains dans leur expansion, en tenant compte des par- ticularités régionales, mais il faut se rappeler que Espagne sera la premiere province extra-italique de Empire, aprés la Sicile, ol on appliquera cette maitrise des sols expérimentée dans le « laboratoire italien », parce que la terre va jouer un rdle important dans le pro cessus de romanisation ({729] PENA 1994a). Les réseaux centuriés identifiés jusqu’a présent semblent avoir eu souvent une fonction de gestions des sols hydromorphes des plaines cétiéres, comme on le sait ur les parcellaires romains du Languedoc ((350} FAVORY 1988). On peut supposer que l'évolution des paysages espagnols sera proche de celle des autres ter- fitoires du bassin méditerranéen pendant I'Antiquité tar- dive et le haut moyen age, malgré le manque actuel de connaissances & ce sujet. Crest au début du Ville sidcle, avec expansion de Islam, & Mextrémité occidentale de la Méditerranée, qu'on peut identifier une évolution différente. Les struc- tures précédentes ne suffiont plus aux nouveaux pro- priétaires du sol d’al-Andalus. Avec leurs produits agraires, ils apporteront cette « option sociale » que constitue Irrigation ({1044] BARCELO 1989, XV). Mais cette option nécessite une structure matérielle différente des précédentes : le réseau des canaux qui apporte eau aux parcelles ; et, en conséquence, une logique cit- férente des champs. Tout est organisé pour ne pas gas- 0289 156 piller eau, pour que celle-ci arrive aux produits. Les études dirigés par M. Barcelé, depuis une dizaine dannées, révelent qu'on trouve ces systémes un peu partout avec un dessin agraire ([1044] BARCELO 1989, XXV-XXIX) qui, par ses caractéristiques, conditionnera fortement leur évolution postérieure, Néanmoins, maigré la connaissance acquise sur les petits systémes dirrigation de montagne, il reste encore tune recherche faire : celle de farchéologie (datation et construction) des paysages agraires et des réseaux irr- gués des petites et des grandes huertas urbaines. Cette carence est due, en partie, & leur complexité et A leur origine trés souvent antique, c'est-a-dire que "espace, maigré aspect essentiellement médiéval de son organi- sation, a conservé quelques traces de ses origines Dans ce cadre-Ia, nous avons récemment apporté quelques hypotheses de travail (GONZALEZ VILLAES- CUSA, sous presse). Dans cette étude, nous avons montré que ta huerta de Valence, en ce qui concere les structures agraires visibles aujourd'hui, est un paysage dont les origines remontent & I’époque romaine. Il ne pouvait pas en aller autrement pour une colonie datant de 198 av J.-C., bien qu'on ne connaisse que trés peu de vestiges de la premiére centuriation lide a la déduc- tion coloniale. La plupart des lignes qui organisent la plaine ont une fonction et forme différentes de celles des réseaux centuriés. Il s‘agit, en effet, des canaux diriga- tion proches de la forme organique que produit un fleuve (mais avec le sens inverse de dispersion des eaux) et tout a fait différent des réseaux quadriliés centuriés. Entre ces canaux, on trouve des systémes parcellaires dont Vorigine est tr8s provablement islamique. D'autre part, notre recherche dans la vallée de La Costera, entre Jativa et Fuente la Higuera, nous a per- mis de trouver une grande profusion de parcellaires du bas Moyen Age. Ces parcellaires datent sans doute de la conquéte téodale, et de méme, parfois, on connait le nom de I'arpenteur qui les a construits, Tous ces données nous aménent & proposer, ci-des- sous, une série d’hypothases de travail qui font le point sur l'état actuel des connaissances. II s’agit d’hypo- theses tirées, pour la plupart, de l'analyse morpholo- gique, & l'exception de quelques exemples (3) (Les Alcuses et Ibiza). Néanmoins, répétons-le encore, la démarche morphologique doit se développer car c'est ainsi que la recherche pourra avancer. Finalement, on verra comment ce que nous proposons est toujours en rapport avec la genése, 'agencement formel des pay- sages et la fonction des premiers parcellaires, ainsi que le rapport dialectique existant entre les différentes couches du paysage. C’est-a-dire, donc, révolution dia- chronique des structures agraires qui ont été mises en place par les différents sociétés qui ont occupé le sol valencien (4). Cependant, pour une meilleure compré- hension, on n’hésitera pas & prendre en compte autres exemples, en Espagne ou en France, ce qui nous per- mettra aussi de proposer une hypothase d'évolution des Paysages espagnols. Car nous tentons de trouver des paralléies dans des paysages qui auraient, pour nous, la fonction de référents archéologiques, et constitueraient "'équivaient de couches fermées et bien datées : par exemple, "Espagne du nord qui na pas connu, ou trés peu, Mislam, ou encore le nord de l'Afrique qui n'a pas connu la conquéte féodale chrétienne et qui peuvent done, éventuellement, montrer des formes non « perver- ties ». L'un des objectits de notre recherche est de com- prendre lorigine des premiéres organisations paysa- géres. Lobservation du stade d'évolution sociale et agri- cole des premiéres organisations culturelies ibéres, et, leurs contacts avec les cultures punique et grecque, ainsi que l'existence d'un urbanisme régulier ds les pre- migres installations, comme par exemple sur le site de La Bastida, au IVe siécle av. J.-C. ; la présence de représentations dattelages de boeuts sur des figurines en bronze @ La Bastida (IVe s. av. J.-C.), et sur des céramiques peintes, a Cabezo de la Guardia, Alcorisa, au lle siecle av. J.-C. (ATRIAN et MARTINEZ 1976, 94) et, enfin, d'un araire et d'un joug votifs en bronze & Covalta, de la fin Ve ou du Ille siécle av. J.-C. (PLA BALLESTER 1968), nous conduisent & penser que les Ibéres ont d0 construire leurs paysages agraires de fagon réguliére. Le probléme reste de les trouver. Dans ce cadre-la, nous avons participé & un projet de recherche (5) sur 'un des sites emblématiques de la cul- ture ibere : la Bastida de les Alcuses (Moixent). Les {ouilles qui y ont été conduites depuis les années 20 ont servi a définir ce qu’était la culture matérielle ibére. Mais notre recherche sur d'éventuelles formes agraires iberes a été infructueuse dans ce sens, car d'aprés renquéte morphologique, les prospections au sol, et étude de la documentation médiévale, le paysage actuellement visible s'est avérée une construction datable, au moins, du Xille sidcie. Jusqu’a présent, ce n'est que par la seule enquéte morphologique que nous avons proposé I'hypothése de premiers vestiges qui pourraient se rapporter & cette haute époque. Dans la ville de Liria, sur oppidum de S. Miquel, se trouve l'ancienne Edeta, chet-lieu des Edetans, une des tribus iberes de la région (6). L'objet, principal et initial de notre recherche était de mesurer Vimpact réel et la conservation d'un possible parceliaire centurié inédit, hypothése émise par interprétation des cartes. Llorigine était ia constatation d'une orientation du. parcellaire, documentée archéologiquement par lexis tence d'une nécropole de type Graberstrafen, ou voie bordé de tombes (GONZALEZ VILLAESCUSA 1994). La morphologie urbaine de Liria a conservé partieliement cette orientation, ainsi que le parcellaire des environs de la ville. Les deux longs axes parfaitement perpendicu- laites qui sont formés par les routes C-234 Valencia ‘Ademuz et VV-6081 Litia-Olocau se croissent en plein coeur de la ville, & proximité des monuments funéraires cités. Le réseau a une orientation de NG-35°18' E avec un module de 20 x 20 actus équivalant une valeur métrique de 706 m. II existe aussi un trés bon rapport avec les sites d'époque romaine et surtout une forte per- manence des microtoponymes faisant référence & bores (La Nojnee (2, Maln Al, Corp Hog Alto de los Moyones, Mc de Xest, Camino da died), soit au total sept toponymes, dont cing se trouvent sur les axes du réseau hypothétique). Il existe aussi un bon rapport avec les chemiins anciens en désuétude, notam- ment le Camino Viejo de Lirla a Valencia qui se trouve dans le prolongement de Ia limite formée par la route C- 24 en direction a Valencia. La recherche sur les photos aériennes montre que la conservation du réseau est trés faible, voire nulle, aux environs immédiats de la ville (Planche XI, en haut), sur la plaine irriguée, d'une maniére comparable & ce qu’on a signalé pour la plaine de Valence dans le parcellaire Favara-Faitanar (@ONZALEZ-VILLAESCUSA, sous presse). En dehors de la huerta et aux environs de la route C-234, vers le nord-ouest, on trouve une bonne fossilisation d'un parcellaire isocline avec le réseau cen- turié ; enfin, grossiérement paralléle et sinueux, on trou ve le Camino Viejo de Chelva, & une distance d'environ une centurie, qui limite vers te sud laire d'influence du réseau isociine & 35°18. Au-dela de cette limite et a quelque 4 km & Fouest de la ville, apres un relief continu (Las Traviesas et Buitreras) depuis emplacement de Foppidum et limits par les torrents Rambla Primera et Rambla Castellana, on trouve une structure parceliaire assez typée au lieu- ait Pla de Montero (fig. 1), au sein du céne de déjection de la Rambla Castellana, et aux alentours. Sur environ 750 ha se développe, dans le sens NW-SE, un systéme régulier mais sinueux car il s’adepte partaitement & un grand nombre de cours d'eau fossiles repérables sur la a fig. 1 : Schéma d'interprétation de la zone située & 'owest de Liria. Systime parcellaire cohérent du liew-dit Pla de Montero et son rapport avec hypothése du réseau centur 187 photographie aérienne et qui r- tonctionnent qu’au moment des fortes pluies saisonrieves (MARCH 1992). ‘A Theure actuelle, on ne trouve pas dans tout le pays valencien un parcellaire d'aspect comparable, D’aprés la forme, on peut évoquer la ressembiance avec un cohesi- ve system d'époque protohistorique ({123] BOWEN et FOWLER 1978 (éd) ; [347] FAVORY 1988a ; [214] CHOUQUER 1995, 11-13, 18-20), orienté a environ NG- 26° W, Le rapport qu'observe ce réseau avec le parcel- laire centurié décrit montre des aspects fort intéressants. On dirait que la limite formée par le Camino Viejo de Chelva est imperméable, les deux réseaux ne se juxta- posant jamais et les limites de parcelles du systeme ‘cohérent ne surpassant jamais le réseau quadrillé. On pourrait done proposer quill s'agisse d'un espace non centurié et en conséquence de terres laissées aux indi- genes ? Ou encore, quill s'agisse d'un parcellaire non irrigué d'époque arabe ? Seule la multiplication diindices archéologiques pourra confirmer ou infirmer ces hypo- theses, cependant le rapport avec les sites archéolo- giques est déja fort intéressant. Sur les 750 ha concerné par ce parcellaire, il n'y a que deux sites : le premier, la Masia del Carri, de chronologie ibere incertaine et le second, E] Moncati, daté du Ille sidcle av. J.-C, au ille sigcle ap. J.-C. Les deux sites (7) se situent sur 'axe ‘majeur (3 250 m) et central du parcellaire, qui représente la bissectrice de l'espace tiangulaire formé par le céne de déjection. Finalement, maigré le caractére non ortho- normé et irrégulier du parcellaire, on peut repérer plu- sieurs limites qui entretiennent entre elles un rythme approximatif de 525 m. De mame quelques structures intermédiaires seraient des carrés de 525 m de coté, soit 27,5ha. On connait d'autres exemples de parcellaires centu- riés, depuis quelques années. Mais il reste encore & analyser en profondeur leur morphologie, et & les carac- tériser par l'archéologle de terrain. Récemment a été publiée une étude consacrée aux voies romaines valen- ciennes, avec un bref chapitre qui se situe dans Ia lignée des travaux des années 70 ([334] ESTUDIOS 1974), mais qui fait 'inventaire des « centuriations » publiées ([1018] ARASA et ROSSELLO 1995, 39-45), dont quelques exemples sont, en fait, des parcellaires d'époque féodale : Castellon de Ia Plana, Villarreal, Burriana, et tres probablement Caudete et Villena. Dans les lignes qui suivent nous nous contenterons d’énumé- rer ceux des réseaux présumés antiques qui ont une certaine vraisemblance. En 1981, M. Pingarron trouva au sud de la ville de Valence une série de chemins dont le rythme métrique était de 20 x 20 actus. Nous avons étudié ce réseau (fig. 2), sous la dénomination conventionnelle de Valencia A (GONZALEZ-VILLAESCUSA, sous presse), et recher- ché son influence sur la ville. Cette étude nous a permis diidentifier sa valeur métrique (704 m) et son orientation (NG-18°E). Nous avons remarqué aussi que laire de conservation des lignes isoclines les plus denses se situait aux environs de la ville, notamment au sud. Ces vestiges pourraient indiquer qu'l s‘agit du réseau de la fondation de 138 av. J.-C.. de préférence au réseau 0282 158 [SS en vausscn a Ee tmntenme GA Panera fig. 2: Carto-interprétation du réseau de V 4e la ville antique de Valentia. cia A aux alentours situé au nord de la ville, pour lequel on a proposé cette interprétation ([1205] CANO 1974). Méme si on sait mieux aujourd'hui que les différences de la valeur métrique du module n‘ont pas une signification chronolo- Gique précise ([373] FICHES 1993, 100 ; [214] CHOU- QUER 1995a, 15-16), on peut se demander si les réseaux de fondation des colonies de cette époque n’auraient pas cette méme valeur métrique : Rimini 1! (220 av. J.-C.), Ampurias B (fin Ile av. J.-C.), Narbonne A (118 av. J.-C.), Valence A en France et Nimes A (pré~ augustéen) ([224} CHOUQUER, FAVORY 1992, 104) Le réseau dit Valencia 8 (NG-23°E et 706 m de valeur métrique) correspond @ celui qui fut publié en premier lieu ({1205] CANO 1974). La parenté occasionnelle du tracé d'un des canaux diirrigation principaux avec la grille centuriée amena auteur & rapporter lorigine de Vicrigation valencienne & 'époque romaine (/b., 121), argumentation qui s‘avére incorrecte, comme nous pen- sons l'avoir montré (GONZALEZ-VILLAESCUSA, sous presse). L'analyse morphologique met en évidence la faible conservation des limites de parcelles isoclines avec la centuriation et surtout incohérence de ce méme parcellaire avec la structure générale de lirrigation. De toutes les centuriations de Est de la péninsule ibérique, c’est la centuriation de la colonie d'ici, actuelle Elche, qui montre une plus grande certitude de restitu- tion. Il s'agit d'un oppidum ibére - Helike - qui se roma- niise et qui est lobjet d'une déduction de vétérans. La centuriation fat publiée par Gozélvez ([1478] GOZALVEZ 1974), centuriation & laquelle s'ajoute celle découverte par J.-G. Gorges avec une faible différence d'orientation ((1474] GORGES 1983, 200-203). Elche aurait donc connu deux cadastrations que l'auteur met en rapport avec deux déductions : la premiére, césarienne, lige au, premieres monnaies frappées de la légende CCia (Colonia Caesarina lici Augusta) ; la deuxiéme, augus téenne, dont on a le reflet dans la série des monnaies portant la légende CIA (Colonia lulia lici Augusta). Ce qui est plus surprenant, car peu fréquent en pays valen. cien, c'est la forte conservation dans le paysage actuel des structures intermédiaires du réseau antique, sous la forme du guadrilage centurié ([1478] GOZALVEZ 1974 planche Il), bien que, & lintérieur de la centurie. ig masse parcellaire conserve une orientation différente mais cohérente avec la ville ibéro-romaine (fig. 3). Ainsi donc, de ce premier répertoire des formes qui sont & lorigine de la création paysagére dans ces régions, il faut noter quelques aspects essentiels. D'un été, les premigres organisations datant au moins de époque romaine assez précoce, peuvent étre dues aux premiers établissements romains en Espagne. Ensuite. i pourrait avoir existé des parceliaires indigenes, bien que Sur ce sujet on manque encore de données sur la data- tion, la modélisation, la formalisation de leurs caractéris- tiques morphologiques, leur métrique, etc. Enfin, d'un [0] remeron =) oor SS spect [Tote one 2 Teese | fig, 3: Photo-interprétation des environs de La Alcusia (Elche) {apres le cliché publié par GOZALVEZ 1874, planche ll. Outre ie 9, on pergola forte empreinte d'un réseau quad!” ~ rapport avec la ville antique Mc. 0283