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CESAG DAKAR DESS AUDIT SOIR PROF : M DIOP

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1. L'ANALYSE FINANCIERE - GENERALITES

Avant d'entrer dans le détail des outils et des concepts de l'Analyse Financière, il nous paraît utile de
cadrer le domaine de cette discipline. Quatre points seront abordés :
1. Les objectifs de l'Analyse Financière
2. Les utilisateurs de l'Analyse Financière
3. Les sources d'information
4. La méthodologie générale de l'Analyse Financière.

1.1 LES OBJECTIFS DE L'ANALYSE FINANCIERE

L'analyse financière d'une entreprise doit permettre :


• de connaître sa situation financière à une date déterminée,
• de prévoir l'évolution probable de cette situation,
• d'aboutir à des recommandations et de motiver, si nécessaire, le choix des mesures correctives à
mettre en œuvre.
Un accent différent sera mis sur chacun de ces objectifs selon l'utilisateur de l'analyse financière.

1.2 LES UTILISATEURS DE L'ANALYSE FINANCIERE

Les nombreux utilisateurs de l'analyse financière ont des motivations particulières et s'attachent donc
plus spécialement à certains aspects de l'analyse.

1) Analyse financière et gestionnaires : L'étude financière effectuée dans l'entreprise est appelée
analyse financière interne par opposition à l'analyse financière externe faite par les analystes
extérieurs. Basée sur des informations nombreuses, l'analyse interne couvre l'ensemble des objectifs
dégagés ci-dessus.

2) Analyse financière et actionnaires : Les actionnaires sont intéressés par la rentabilité immédiate
(dividende) mais également par la perspective de gains futurs (bénéfice par action, plus-value en
capital). Les actionnaires étudieront le secteur d'activité de l'entreprise et la place qu'elle y occupe.
Le calcul du bénéfice sera complété par une étude de la politique des dividendes et une étude du
risque, de façon à orienter les choix vers les titres les plus intéressants.

3) Analyse financière et prêteurs : Si l'analyse s'est rapidement développée dans les banques lorsque
celles-ci voulaient s'assurer de la capacité de remboursement de leurs clients, elle a été aussi utilisée

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par les entreprises qui consentent des prêts ou des avances à d'autres entreprises, ou qui vendent à
crédit. L'analyse financière est différente selon qu'il s'agit de prêts à court terme ou à long terme.
S'il s'agit de prêts à court terme, les prêteurs sont spécialement intéressés par la liquidité de l'entreprise,
c'est-à-dire sa capacité à faire face aux échéances court terme.
S'il s'agit de prêts à long terme, au contraire, les prêteurs doivent alors s'assurer de la solvabilité et de
la rentabilité de l'entreprise. Le paiement des intérêts et le remboursement du principal en dépendent.
Les techniques d'analyse financière varient selon la nature et la durée du prêt. Mais que le prêt soit à
court terme ou à long terme, les créanciers s'intéresseront également à la structure financière qui traduit
le degré de risque de l'entreprise.
4) Analyse financière et salariés : par les salaires qu'ils perçoivent et, dans certains cas, par leur
participation aux fruits de l'expansion, les salariés sont intéressés à double titre aux résultats de
l'entreprise. Afin d'apprécier la rentabilité et la signification des informations publiées par l'entreprise,
ils peuvent recourir aux services d'analystes financiers.
5) Analyse financière et Administration : L'Administration peut recourir à l'analyse financière soit
pour juger de l'opportunité et de la nécessité d'apporter des fonds dans une entreprise (subventions par
exemple), soit pour s'assurer, outre de l'acquittement régulier des diverses impositions, de la
conformité de certaines opérations avec les textes en vigueur (amortissements par exemple).

1.3 LES SOURCES D'INFORMATION

Elles diffèrent selon la nature des utilisateurs. Le gestionnaire d'entreprise possédera une gamme
d'informations beaucoup plus grande que l'analyste financier externe (par exemple il pourra
approfondir l'analyse du point mort sur la base des données issues de la comptabilité analytique et
budgétaire, et il disposera d'éléments beaucoup plus complets pour procéder à des prévisions).
L'analyste financier externe - dont nous adopterons la position disposera essentiellement des états
financiers de l'entreprise.
Quelle que soit l'optique adoptée, il reste cependant fondamental de situer l'analyse de ces états
financiers dans le contexte général de la situation de l'entreprise.
Cette situation, et son évolution, reposent sur deux types de facteurs :
• des facteurs externes qui regroupent :
o les données générales sur le plan économique, monétaire, fiscal...
o les données sur le secteur auquel appartient l'entreprise étudiée, types de produits,
structures de production, contraintes d'approvisionnements et de commercialisation...
• des facteurs internes : nature des produits, organisation de l'entreprise, processus
technologique, structure juridique et financière...

1.4 LES OUTILS ET METHODES DE L'ANALYSE FINANCIERE

Dans le cadre du SYSCOA, les états financiers disponibles sont :


• le compte de résultat,
• le bilan,
• le tafire
• l'annexe.
Les analyses sont généralement effectuées sur les trois dernières années, mais il peut être intéressant de
disposer de cinq années.

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• Le compte de résultat et le tableau des soldes intermédiaires de gestion permettent d'analyser
les principaux indicateurs de l'activité de l'entreprise, de dégager les soldes et de calculer les
agrégats représentatifs de sa rentabilité : Présentation et analyse du compte de résultat et
Capacité d'Autofinancement).
• L'analyse des bilans de l'entreprise permet :
o la détermination de l'affectation des résultats, qui traduit la politique de distribution des
dividendes.
o l'appréciation de l'équilibre financier de l'entreprise.

Cette analyse est effectuée selon trois méthodes :

Méthodes Techniques Objet et fonctions

Agrégats de résultats 1) Résumer l'information et constituer


des grandeurs principales et homogènes
Globale ou Statique
Classes de capitaux 2) Dégager une vue d'ensemble du profil
(bilantiels) financier de l'entreprise

1) Construire des indicateurs


Ratios pris successivement synthétiques (taux, indices..) capables de
(optique unidimentionnelle) révéler les tendances
Comparative ou
Relative
Ratios groupés 2) Améliorer la compréhension du
(optique multidimentionnelle) contenu et de l'importance des masses
financières

Tableaux de flux.
1) Raisonner dans une optique
(financière) de liquidité et de flux
Tableaux de financement (ou
monétaires réels
de
Différentielle
ressources et emplois)
2) Expliquer les tendances décelées par
les ratios et déterminer les variations des
Tableaux de variation de
masses financières dans le temps
Trésorerie

La méthode statique
Cette méthode s'appuie principalement sur l'étude du bilan. Elle permet d'analyser la situation
financière, la solvabilité et, mais de manière incomplète, la rentabilité de l'entreprise. Elle permet
également de mettre en évidence les incidences de la structure financière sur la solvabilité et la
rentabilité.
L'analyse statique forme le noyau «classique» de l'analyse financière.

La méthode comparative
Un ratio est un rapport entre deux postes ou groupes de postes du bilan et/ou du tableau des soldes
caractéristiques de gestion.
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L'analyse par les ratios permet de mesurer la rentabilité globale de l'entreprise et d'identifier les sources
de cette rentabilité. Elle permet également de mesurer des caractéristiques de la firme aussi
importantes que l'intensité capitalistique, l'indépendance financière, la rotation des stocks, la
productivité, etc...
Elle permet enfin de pratiquer des études comparatives soit dans le temps (quelle est l'évolution de la
rentabilité ? L'indépendance financière a-t-elle été préservée, détériorée, renforcée au cours des 3
années passées ? etc...) Soit par rapport aux entreprises du même secteur (le taux de productivité de la
main d'oeuvre de l'entreprise est-il au dessus ou en dessous de la valeur moyenne du secteur ? des
principaux concurrents ? etc...).
L'analyse par les flux
L'analyse par les flux financiers, encore appelée analyse dynamique ou analyse différentielle, est
souvent complexe mais elle est extrêmement importante en ce sens qu'elle étudie les flux animant
l'entreprise. Elle permet de retracer le parcours financier d'une entreprise en s'attachant à l'équilibre
entre les emplois et les ressources à long, à moyen et à court terme. L'analyse par les flux peu ainsi
amener à une compréhension historique des problèmes de trésorerie que l'entreprise a rencontrés.
Elle permet également de s'assurer de la viabilité de telle ou telle stratégie financière. Cet aspect
prévisionnel conduit à l'établissement de plans de financement où sont identifiés les besoins de fonds
de l'entreprise, ses ressources internes dégagées par l'activité, les financements externes nécessaires,
les risques de difficultés de trésorerie, voir d'insolvabilité.
Les analyses différentielles connaissent actuellement un remarquable développement et constituent le
centre d'intérêt des recherches financières.

LA DEMARCHE DE L'ANALYSE FINANCIERE

Collecte des informations Retraitements

Application des outils de l'Analyse


Financière
Comptables Extracomptables
Etablissement d'indicateurs et de
tableaux

Interprétation des tableaux et indicateurs


o Equilibre financier
o Solvabilité
o Rentabilité

Rapport de synthèse de l'Analyse


Financière

Recommandations
Perspectives offertes à l'entreprise

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Solutions et mesures d'accompagnement

QUELQUES CONSEILS PRATIQUES

L'énoncé de ces principes pourra paraître tenir de l'évidence, mais il permet d'éviter certains contresens
graves.

a) Ce qu'il faut faire

• Raisonner, suivant la taille de l'entreprise, en milliers ou en millions d’UM de façon à ne garder


pour chaque donnée numérique que 3 ou 4 chiffres représentatifs.
• Raisonner en sommant les données comptables par grandes masses ou agrégats afin d'arriver
rapidement à une vue globale, quitte à rechercher ensuite la décomposition de certaines masses
dont le montant paraît curieux.
• Raisonner sur une période suffisamment longue, mais homogène. Nous supposerons dans ce
chapitre que nous ne disposons que de 3 bilans et 3 comptes de résultats, c'est-à-dire d'une
information sur :
o 3 années d'exploitation avec les 3 comptes de résultats.
o 2 années de politique financière avec les 3 bilans permettant d'expliciter deux intervalles de 12
mois.
Il pourra se faire que l'entreprise étudiée traverse une période de 24 mois de croissance et de 12 mois
de récession ; dans ce cas l'analyse portera sur deux périodes, même si celles-ci sont de durée inégale.
• Ne calculer des ratios ou des concepts financiers que dans le but de tester une
idée et non pas en espérant qu'un tel calcul permettre à lui seul de découvrir un point important.
• Effectuer une analyse axée autour d'objectifs clairs tels que par exemple
l'analyse de la croissance, de la rentabilité, de la structure financière, des besoins de
financement, de la gestion courante, etc...
• S'obliger à conclure l'analyse sans utiliser trop de termes proprement financiers,
mais en se servant plutôt de termes généraux. En voici quelques exemples :
o Premier exemple : une entreprise n'a pas prévu la baisse de son chiffre d'affaires
causée par une mévente. Les décisions draconiennes permettant seules d'abaisser le niveau
du point mort n'ont pas pu être prises à temps. Aussi l'entreprise connaît-elle des pertes,
dont elle n'arrive pas à obtenir le financement. Elle se retrouve donc en dépôt de bilan ou
contrainte d'ouvrir son capital à un groupe plus puissant ou à des financiers.
o Deuxième exemple : une entreprise est en phase de maturité qui se caractérise
par une forte rentabilité. Son exploitation dégage donc un excédent de trésorerie qui lui
permet, soit d'autofinancer sa diversification, soit de distribuer des dividendes à ses
actionnaires.
b) Ce qu'il faut éviter

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• Effectuer une suite de calculs sans construire une démarche préalable.
• Se borner à rédiger le résumé des calculs en décrivant les variations des
ratios ou des concepts.
• S'attacher à une sophistication excessive des méthodes de redressements
comptables, ce qui constitue une perte certaine de temps et risque en outre de mener à des
données financières sans rapport avec la réalité.
• Suivre de trop près la présentation et la démarche de la comptabilité, ce
qui prive d'une indépendance de jugement indispensable.
Ces quelques conseils pratiques étant communiqués, il convient d'aborder l'analyse financière
proprement dite, à partir des états financiers d'une entreprise au cours de trois exercices consécutifs.

2 LES PRINCIPAUX RETRAITEMENTS DE L'ANALYSE FINANCIERE

2.1 RETRAITEMENTS DES ETATS COMPTABLES EN VUE DE LEUR ANALYSE

2.1.1 Fondement des retraitements


L'analyse financière doit porter sur des éléments permettant à la fois :
• la traduction de la réalité économique de l'entreprise, en particulier lorsque celle-ci s'écarte de
la présentation comptable. Exemple : élimination des non-valeurs ou actifs fictifs du bilan.
• La comparabilité des informations, par exemple entre les comptes successifs d'une même
entreprise ou entre les comptes de différentes entreprises appartenant au même secteur
d'activité.
C'est pour atteindre ces objectifs qu'il est habituel de procéder à un certain nombre de retraitements et
reclassements des données comptables. Par ailleurs, la pratique de l'analyse financière conduit
généralement à pratiquer certains regroupements visant à faciliter la présentation de l'information et la
réalisation du calcul des principaux agrégats financiers.
La détermination des retraitements à effectuer dépend des problèmes et des particularismes comptables
rencontrés par l'analyste. Elle doit en tous cas être ajustée en fonction de deux principes :
• Le principe de la permanence des méthodes comptables (ou principe de fixité). L'analyste devra
vérifier que ce principe a bien été respecté (exemple : pas de changement dans la méthode de
valorisation des stocks).
Si cela n'était pas le cas, il faudrait :
o déterminer et apprécier les raisons qui ont amené un changement dans les méthodes
comptables
o faire les retraitements nécessaires afin d'éliminer de l'analyse les effets pervers de tels
changements.
• Le principe d'importance relative ; les retraitements ne se justifient que s'ils ont un caractère
significatif au niveau d'information recherché.
Ces principes étant posés, nous allons examiner ci-après les principaux retraitements, tout en notant
que l'essentiel de ceux-ci concernent les bilans, l'introduction dans le PCG 82 des soldes
caractéristiques de gestion ayant considérablement limité les besoins de retraitement du compte de
résultat.

2.1.2 Les principaux retraitements du compte de résultat

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a) Le retraitement des frais de personnel intérimaire ; Ces frais, s'ils sont connus, doivent être
ajoutés aux frais de personnel et simultanément exclus des Services extérieurs, afin de mesurer le
potentiel de main-d’œuvre utilisé par l'entreprise, et ce quelle qu'en soit la nature.

b) Le retraitement des loyers de crédit-bail ; inclus comptablement dans les «Autres Services
Consommés», les loyers de crédit-bail doivent, dans le compte de résultat retraité, être retranchés de
ceux-ci pour être portés pour partie avec les amortissements, pour partie avec les frais financiers. En
effet, en l'absence de retraitement, la pratique du crédit-bail aurait pour conséquence de minorer la
Valeur Ajoutée et l'Excédent brut d'exploitation. En pratique le retraitement du crédit-bail est assez
complexe car il touche à la fois au compte de résultat et au bilan.

2.1.3 Les principaux retraitements du bilan

a) Elimination des non-valeurs ; La valeur comptable des actifs figurant au bilan s'écarte
nécessairement de leur valeur réelle, en vertu du principe de nominalisme (comptabilisation des
immobilisations au coût historique). En général, la valeur comptable des immobilisations, du fait de
l'inflation, est plutôt sous-évaluée. Il arrive cependant que figurent parmi les actifs incorporels certains
postes qui ont été immobilisés pour permettre l'étalement des charges ou de frais, mais que ne
constituent pas effectivement des immobilisations, contribuant de ce fait au gonflement apparent des
actifs. Par exemple les frais d'établissement sont généralement considérés par l'analyste financier
comme des non-valeurs ou actifs fictifs. Une solution du même type peut être adoptée pour le fonds
commercial, quoiqu'en principe celui-ci ne figure au bilan que s'il a été acquis.
Sont généralement considérées comme des non-valeurs les actifs suivants :
• capital souscrit non appelé
• frais d'établissement
• charges à répartir
• primes de remboursement des obligations
• écarts de conversion actif.
Il est souhaitable de soustraire de l'Actif et des Fonds propres cet ensemble de non-valeurs.
En ce qui concerne les écarts de conversion actif, compte tenu de l'existence par symétrie des écarts de
conversion passif, le retraitement est en principe le suivant : on procède à une compensation entre les
deux, en retranchant la différence («écarts de conversion actif» - «écarts de conversion passif») du
montant des fonds propres et en les faisant disparaître du bilan. Si les écarts de conversion passif sont
supérieurs aux écarts de conversion actif, le niveau des fonds propres se trouve donc majoré par ce
retraitement.

b) Immobilisations acquises en crédit-bail ; Les biens acquis en crédit-bail n'appartiennent pas


juridiquement à l'entreprise avant l'exercice de la levée d'option. Conséquemment, ils ne figurent pas
au bilan. Le montant des engagements de crédit-bail doit figurer dans l'annexe, et la part des
redevances dans les loyers en renvoi au pied du compte de résultat.
La généralisation de la pratique du crédit-bail, en particulier pour les immeubles et équipements
productifs, a conduit les analystes financiers à pratiquer de plus en plus souvent le retraitement des
biens en crédit-bail au bilan des entreprises.
Ce retraitement permet en effet de rendre comparables des entreprises qui choisissent des modes de
financement de leurs investissements différents (emprunt, crédit-bail). Il ne sera à effectuer que
lorsque le montant du crédit-bail est significatif par rapport au montant total des immobilisations.

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Le principe de ce retraitement est l'assimilation du bien pris en crédit-bail à un bien acquis
normalement, assorti d'un financement par emprunt. Au compte de résultat, la redevance, traitée
comptablement en «charges externes» (compte 61) sera retraitée pour partie en «amortissements»,
pour partie en «frais financiers». Au bilan, l'actif sera majoré de la valeur résiduelle du bien, et le
passif d'un montant correspondant d'emprunt. La difficulté principale est d'établir une cohérence entre
le montant des loyers et les composantes de leur retraitement : amortissements, frais financiers et
remboursement.

Il existe deux méthodes de retraitement, la première étant la plus simple et la plus utilisée.
• La méthode préconisée par la Banque de France consiste à calculer, sur la base de la valeur
vénale à la signature du contrat, un montant théorique d'amortissement», correspondant à ce
que l'on aurait pratiqué sur une immobilisation acquise. Les frais financiers sont alors calculés
par différence. Le montant de cet «amortissement» correspond au montant du
«remboursement». Cette méthode est relativement facile à appliquer mais fait apparaître des
frais financiers fixes alors que le capital restant dû décroît.
• La méthode préconisée par l'Ordre des experts comptables consiste à reconstituer,
parallèlement au calcul des «amortissements» théoriques, à taux d'intérêt fixe, le montant du
remboursement et des frais financiers pour chaque échéance. Mais il apparaît alors un écart
entre les amortissements techniques et les remboursements. Ce retraitement est en outre délicat,
car il suppose la prise en compte, rétrospective, des retraitements de l'ensemble des années
courues.
Remarque :
Les principaux retraitements décrits ci-dessus étant effectués, il est usuel de procéder à un certain
nombre de regroupements, facilitant la présentation et l'analyse des états financiers, regroupements que
nous préciserons dans les chapitres traitant du compte de résultat et du bilan.

c) Effets escomptés et non échus : l'escompte commercial est un des moyens auquel peut recourir une
entreprise pour satisfaire un besoin de trésorerie.
Afin de :
• mesurer le véritable volume du crédit accordé à la clientèle,
• mettre en évidence les besoins de trésorerie réels de l'entreprise,
• rendre comparables des situations ou des entreprises qui auraient des stratégies financières à
court terme différentes,
• prendre en compte l'engagement né envers la banque en vertu du droit cambiaire, jusqu'à
l'échéance de l'effet et au règlement du débiteur,
Il est nécessaire de réintégrer ces effets escomptés et non échus
- à l'actif : dans les effets à recevoir
- au passif : dans les concours de trésorerie.

d) Emprunts et dettes financières : le Plan Comptable Français ne distingue plus les dettes à plus
d'un an des dettes à moins d'un an. Ce poste recouvre donc la totalité des dettes auprès des
établissements financiers. Il convient d'en extraire le montant des dettes de trésorerie c'est à dire des
concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque qui figure en renvoi au pied du bilan. Ce
montant sera reclassé, avec les effets escomptés non échus en 'concours de trésorerie'.

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e) Elimination de l'effet des réévaluations : si une réévaluation d'actif est intervenue au cours de la
période étudiée, l'interprétation des comptes impose la comparabilité des données, de l'élimination,
dans la mesure du possible, de l'effet des réévaluations sur :
- l'actif brut
- les amortissements
- les fonds propres (écart de réévaluation).

f) Comptes courants d'associés : si les bilans de l'entreprise présentent des comptes courants
d'associés pour des montants significatifs et stables, ils peuvent être considérés comme des ressources
permanentes, et même des fonds propres (cf. notion de surface élargie).

CHAPITRE 2 : ANALYSE DE L’ACTIVITE ET DES RESULTATS DE L’ENTREPRISE

I. DESCRIPTION DU COMPTE DE RESULTAT

Le compte de résultat retenu par le SYSCOA se présente en compte et en liste

A) PRESENTATION

COMPTE DE RESULTAT – SYSTEME NORMAL

Exercice Exercice
Réf. CHARGES
N N-1
ACTIVITE D’EXPLOITATION
RA Achats de marchandises
RB (- ou+) Variation de stocks

RC (marge brute sur marchandises voir TB)


Achats de matières premières
RD Et fournitures liées
(- ou+) Variations de stocks
RE (Marge brute sur matières voir TG)
RH Autres achats
RI (- ou+) Variation de stocks
RJ Transports
RK Services extérieurs
RL Impôts et taxes
Autres charges
RP (Valeur ajoutée voir TN)
Charges de personnel (1)
RQ (1) dont personnel extérieur
RS (Excèdent brut d’exploitation voir TQ)
Dotations aux amortissements et aux provisions
RW
TOTAL DES CHARGES D’EXPLOITATION
(Résultats d’exploitation voir TX)

SA ACTIVITES FINANCIERES
SC Frais financiers
SD Perte de change
Dotation aux amortissements et aux provisions
SF
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TOTAL CHARGES FINANCIERES
(Résultats financier voir UG)
SH
TOTAL DES CHARGES DES ACTIVITES
ORDINAIRES
(Résultat des activités ordinaires voir UI)

SK HORS ACTIVITES ORDINAIRES (HAO)


SL Valeurs comptables des cessions
SM d’immobilisations
Charges HAO
Dotation HAO
SO

SQ TOTAL DES CHARGES HAO


SR (Résultat HAO voir UP)
Participation des travailleurs
SS Impôts sur le résultat

ST TOTAL PARTICIPATION ET IMPOTS

TOTAL GENERAL DES CHARGES


(Résultat net voir UZ)

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Exercice Exercice
Réf PRODUITS
N N-1
TA ACTIVITE D’EXPLOITATION
TB Ventes de marchandises

TC MARGE BRUTE SUR MARCHANDISES


TD Vente de produits fabriqués
TE Travaux, services vendus
TF Production stockée (ou déstockage) (+ ou -)
TG Production immobilisée

TH MARGE BRUTE SUR MATIERES


Produits accessoires
……………………………………………………………
TI CHIFFRE D’AFFAIRES (1)
(TA + TC + TD + TH) …………. / ……………
TJ (1)dont à l’exportation …………. / ……………
……………………………………………………………
TK Subventions d’exploitation

TL Autres produits
TN VALEUR AJOUTEE
TQ EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION
TS Reprises de provisions
TT Transferts de charges
TW TOTAL DES PRODUITS D’EXPLOITATION ………….. …………..
TX RESULTATS D’EXPLOITATION
Bénéfice (+) perte (-)
ACTIVITE FINANCIERE
UA Revenus financiers
UC Gains de change
UD Reprise de provisions
UE Transferts de charges
UF TOTAL DES PRODUITS FINANCIERS …………… …………….
UG RESULTAT FINANCIERS
(+ ou -)
UH TOTAL DES PRODUITS DES ACTIVITES
ORDINAIRE …………… …………….
UI RESULTAT DES ACTIVITES ORDINAIRES
( + OU -)
UJ (1) dont impôt correspondant ……… / ……….
HORS ACTIVITES ORDINAIRES (HAO)
UK Produits des cessions d’immobilisations
UL Produits HAO
UM Reprises HAO
UN Transferts de charges
UO TOTAL DES PRODUITS HAO …………… ……………
UP RESULTAT HAO
(+ OU -)
UZ TOTAL GENERAL DES PRODUITS
RESULTAT NET
Bénéfice (+) ; perte (-)

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B) STUCTURE GENERALE

Les quatre niveaux l’analyse :

• Niveau d’exploitation => Résultat d’exploitation


} Résultat Activité Ordinaire
• Niveaux financier => Résultat financier

• Niveau HAO => Résultat HAO

• Niveau Global =>Impôt sur le résultat et participation => Résultat Net

C) CERTAINES NOUVEAUTES PAR RAPPORT AUX PLANS PRECEDENTS

1 - ACTIVITES ORDINAIRES /ACTIVITES HAO

Le niveau HAO du SYSCOA est très restreint et ne comporte que des évènements extrêmes comme les
catastrophes naturelles, les expropriations d‘actifs, les charges et produits sur cessions d’immobilisations
non courantes, les abandons de créances consentis ou obtenus, quelques dotations et reprises HAO
comme celles relatives aux provisions réglementées (d’origine fiscale).

2 - LA CREATION D’UN NIVEAU FINANCIER

Dans les plans antérieurs, les charges et produits financiers étaient inclus dans le niveau Exploitation.
Il inclut les intérêts verses ou reçus, les escomptes accordes, les escomptes d’effets de commerce, les
redevances de titres, les gains et pertes sur cessions de titres de placements, les gains et pertes de change,
les dotations aux amortissements (prime de remboursement des obligations), et aux provisions (pour
risques et charges, et dépréciations des immobilisations financières) de caractère financier ainsi que les
reprises y afférents ;

D) COMMENTAIRE DE CERTAINS POSTES

1) -VARIATION DE STOCKS

Pour le SYSCOA la variation de stocks au niveau des charges se calcule en faisant


Stock final-Stock initial
VARIATION de STOCKS = STOCK FINAL - STOCK INITIAL
Donc pour les marchandises, les matières premières et les autre achats le mode de calcul est le même
pour obtenir la véritable charge d’achat consommée, il faut retrancher la variation de stock avec son
signe+ou-.

Exemple :

Stock initial Stock Final Variation de stocks


Marchandise 50000 60000 +10000
Mat premières 350000 312500 -37500
Dans le compte de Résultat on aura

Variation de stock ………………... – 10000


Variation de Stock…………………+ 37500

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2) SERVICES EXTERIEURS

Ils incluent notamment les « Redevances pour brevets, licence, logiciels » ainsi que les « frais bancaires »
sur effets, sur titres et les commissions.

En revanche les redevances de crédit bail et les rémunérations de personnel extérieur sont retraites en fin
d’exercice pour être portées en remboursement des emprunte et intérêts (redevances de crédit bail) et en
charges de personnel (personnel extérieur)

3) AUTRES CHARGES

Ils comprennent notamment :


- les pertes sur créances clients et autres débiteurs
- la valeur comptable des cessions d’immobilisation courantes
- les charges provisionnées d’exploitation
Il faut bien noter que les charges provisionnées sont une innovation importante du SYSCOA qui les
considère comme des dotations courtes sur risques à moins d’un an ou pour dépréciation d’actif circulants
susceptibles de déboucher sur des décaissements à court terme.
En les mettant ainsi dans les autres charges, le SYSCOA les considère comme des charges décaissables et
évite de les inclure dans la capacité d’autofinancement globale (CAFG).

4) PRODUCTIONS STOCKEES OU DESTOCKEES

C’est la variation des stocks de produits fabriques, qu’ils soient finis, intermédiaires ou en cours.
Elle est calculée de la même façon que pour les marchandises et les matières.
VARIATION DE STOCK = STOCK FINAL - STOCK INITIAL
Mais dans les produits une augmentation du stock (V.S positive) vient évidemment majorer la production
(et une diminution la minorer). La production stockée s’ajoute donc avec son signe aux trois autres postes
de la production (productions vendues, Services vendus, Productions immobilisées)
• Signe plus si augmentation du stock
• Signe moins si diminution

5) TRANSFERTS DE CHARGES

• Soit le transfert de charges d’exploitation en charges immobilisée (frais d’établissement,


charges à repartir)
• Soit le transfert de charges d’exploitation à des comptes de tiers
• Soit le transfert de charges d’exploitation vers d’autres charges d’exploitation (exemple
avantage en nature, rémunération transférée)

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II ANALYSE QUANTITATIVE DE L’ACTIVITE

Le compte de résultat permet de calculer des indicateurs d’activité, des soldes de gestion, et la
capacité d’autofinancement.

1) LES INDICATEURS D’ACTIVITE

1.1) Le chiffre d’affaires

C’est le montant des ventes (Production et Services) réalise par l’entreprise.


Indicateur de l’activité externe, il est égal :

+ Ventes de marchandises
+ Ventes de produits fabriques
+ Travaux, services vendus
+ Produits accessoires
______________________________
CHIFFRE D’AFFAIRES

Parmi les grandeurs significatives du compte de résultat le chiffre d’affaires occupe une place
importante car il reflète les performances commerciales de l’entreprise et sa capacité à dégager des
résultats.
L’évolution du chiffre d’affaires s’apprécie au regard des variables du « marketing mix »
Politique de prix (adaptation à la cible, objectif de marge)
Politique de produit (adaptation au marche)
 Politique de distribution (pertinence des réseaux par rapport à la cible)
 politique commerciale (publicité, action commerciale)

Toute évolution trouve ses causes par rapport à ces variables compte tenu du positionnement
concurrentiel (intensité concurrentielle, part de marché) et de la conjoncture
La recherche des causes doit être poussée jusqu’à l’identification des causes réelles ; ainsi une réduction
du chiffre d’affaires due à des prix très élèves par rapport à la concurrence peut être imputable à des
marges trop importantes, à des coûts non maîtrisés, (coût des achats consommes, dérapage des frais
généraux, glissement de la masse salariale etc.…)

Dans l’analyse de l’évolution il faut tenir compte de l’incidence de l’inflation, pour aboutir à un chiffre
d’affaires déflaté plus représentatif de l’évolution réelle.
L’appréciation du chiffre d’affaires doit toujours se faire par rapport a la norme du secteur.

2.2) La production de l’exercice

Elle ne concerne que les entreprises industrielles (transformation) et se compose de :

+ Production de l’exercice
+ Production stockée
+ Production immobilisée
PRODUCTION DE L’EXERCICE

C’est un bon indicateur pour mesurer la croissance de l’entreprise, cependant il faut garder à l’esprit que
seule la production vendue enrichit l’entreprise pour l’exercice considère.

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La production immobilisée compense des charges qui ne seront intégrées dans les coûts de revient que
lors de l’amortissement de l’immobilisation concernée.

2) LES SOLDES DES GESTION


2.1) La Marge Brute
C’est la marge que l’entreprise tire de la revente de marchandises achetées en « l’état », c’est à dire sans
opérer de transformation. C’est la différence entre le montant des ventes de marchandises et les achats
consommés de marchandises Elle se calcule dans les entreprises commerciales ou dans la branche négoce
des entreprises industrielles.
Elle est égale à :
Ventes de Marchandises
- Achats de Marchandises
+ ou -Variations de stocks
_____________________________________________________

MARGE BRUTE SUR MARCHANDISES


La marge brute est différente de la marge commerciale qui est calculée dans une optique coût d’achat
tenant compte des frais accessoires et des frais d’approvisionnement
L’évolution de la marge peut s’apprécier à travers :
- le taux de marge : marge brute /coût d’achat des marchandises vendues
qui mesure la marge brute générée par un (1) franc d’achat de marchandises
- le taux de marque : marge brute / CAHT
qui mesure la marge brute obtenue pour un (1) franc de chiffre d’affaires hors taxes

2.2) La Marge Brute sur Matières Premières


Elle est déterminée dans les entreprises industrielles et de bâtiment (travaux publics) et est surtout
intéressante dans les entreprises ou la matière première constitue une part significative de la production.
Elle est égale à :
+ Production de l’exercice
- Achats de matières premières
+ ou -Variations de stock
MARGE BRUTE SUR MATIERES PREMIERES
2.3) La valeur ajoutée
La valeur ajoutée retrace la création ou l’accroissement de valeur apportée par l’entreprise dans l’exercice
de ses activités professionnelles courantes aux biens et services en provenance des tiers. Elle est égale à :

+ Marge brute sur marchandises


+ Marge brute sur matières premières
+ Produits accessoires
+ Subvention d’exploitation
+ Autres produits
- Autres achats
+ ou – Variation des stocks
- Transport
- Services extérieurs
- Impôts et taxes
- Autres charges
……………………………….
Valeur ajoutée

17
On peut également écrire :

Marge brute sur marchandises


+ Production de l’exercice
+ Produits accessoires, subvention d’exploitation et autres produits
- Consommations et charges externes
…………………………………………………………………
Valeur ajoutée

Cette approche de la valeur ajoutée est dénommée approche soustractive.


La notion de la valeur ajoutée constitue un des éléments essentiels, un des outils majeurs de l’analyse
financière.
Si le chiffre d’affaire reflète l’activité externe, la valeur ajoutée elle reflète l’activité interne de
l’entreprise et son aptitude à effectuer la meilleure combinaison possible des facteurs de production c’est
à dire des facteurs humains et matériels.
La valeur ajoutée représente donc la richesse créée par l’entreprise.
La valeur ajoutée est également un instrument de mesure de la taille économique. Ainsi on peut dire que
deux entreprises réalisant le même chiffre d’affaire que la plus « importante » économiquement est celle
dont la valeur ajoutée est la plus forte.
La valeur ajoutée est également représentative du degré d’intégration de l’entreprise.

Le rapport = Valeur ajoutée traduit le degré d’intégration verticale de l’entreprise


Production

La valeur ajoutée étant la richesse crée par l’entreprise, l’étude de la répartition de cette richesse donne
des indications intéressantes sur la structure interne de l’entreprise :

Personnel : charges de personnel + participation des travailleurs


Etat : impôt sur le résultat
Prêteurs : charges d’intérêt sur emprunts
Associés : dividendes + intérêts de comptes courants
Entreprise : autofinancement

Cette répartition de la valeur ajoutée constitue un second mode de calcul de la valeur ajoutée dénommé
méthode additive.

2.4) L’excédent brut d’exploitation

C’est l’indicateur pivot de la performance économique de l’entreprise, à la fois résultant de toute la


gestion courante et préalable à une répartition qui diffère d’une entreprise à l’autre.
Il est égal à :
Valeur ajoutée
- charges de personnel
_____________________________________

Excédent brut d’exploitation

L’EBE apparaît comme un solde avant :

• Dotation aux amortissements


• Charges financières
• Toute incidence hors activité ordinaire
• impôt sur le résultat

18
C’est justement parce qu’il ne subit pas de distorsions d’une entreprise à une autre et qu’il est indépendant
du degré d’intégration économique, que l’EBE est l’indicateur le plus pertinent pour opérer des
comparaisons intra-sectorielles.
En outre l’EBE représente la trésorerie potentielle générée par l’exploitation, sa capacité à produire des
ressources financières (potentielles du fait des décalages de paiement).
L’EBE est enfin le point de départ de plusieurs calculs financiers : CAFG, EBE, ou rentabilité
économique.

2.5) Le résultat d’exploitation

Il reflète l’activité normale de l’entreprise, mais après prise en compte des dotations et reprises sur
amortissements et provisions d’exploitation. Il est moins comparable avec les entreprises concurrentes,
mais reste un bon outil d’appréciation des performances économiques si l’on raisonne dans une logique
interne et pluriannuelle.

2.6) Le résultat financier

C’est le solde entre les produits et les charges financières d’une entreprise. Il est égal à :

Produits financiers
- Charges financières
________________________________
Résultat financier

Il permet d’apprécier l’incidence des charges financière sur la rentabilité ou la part prise par les produits
financiers.

2.7) Le résultat des activités ordinaires

C’est le résultat lié aux activités ordinaires de l’entreprise.


Il est égal à :
Résultat d’exploitation
+ Résultat financier
____________________________________
Résultat activités ordinaires

2.8) Le résultat hors activités ordinaires

C’est le solde entre les produits et les charges sans rapport avec l’activité courante et récurrente de
l’entreprise.

Produits HAO
- Charges HAO
______________
Résultat HAO
C’est un solde qui n’est pas pertinent dans l’appréciation des performances de l’entreprise.

2.9) Le résultat net

C’est le solde découlant de tous les produits et toutes les charges au cours d’une période déterminée et
après calcul de la participation et de l’impôt sur le résultat.
Un bénéfice n’est pas nécessairement le signe d’une saine gestion. Néanmoins le Résultat Net reste un
outil de communication important.

19
III. LES SOLDES GLOBAUX

1) La valeur ajoutée globale

C’est la richesse totale produite par l’entreprise au cours de l’exercice et que se partageront : le personnel,
l’Etat, les prêteurs et l’entreprise elle-même.
Elle est égale à :

VAG = Valeur ajoutée du compte de résultat


+ Autres produits encaissables sauf produits sur cessions d’immobilisations
- Autres charges décaissables sauf charges de personnel (dont personnel extérieur et
participation), Frais financiers, et impôt sur le résultat.

VALEUR AJOUTEE GLOBALE

ETAT PRETEURS ENTREPRISE ET


PERSONNEL ASSOCIES
: =>Charges de =>impôt sur le =>frais financiers
CAFG
: personnel résultat
:
: =>personnel
: extérieur DIVIDENDES AUTO
FINANC

:
: =>Participation
: du travailleur EXCEDENT BRUT GLOBAL

20
IV. LA CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT GLOBALE (CAFG)

La capacité d’autofinancement représente la ressource dégagée au cours de l’exercice, par l’entreprise


grâce à l’ensemble de ses opérations de gestion.
Elle représente également le revenu qui est acquis à l’occasion de ses opérations de gestion, après
rémunération de l’ensemble de ses partenaire (ETAT, PRÊTEURS, PERSONNEL).

1. LA CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT GLOBALE

1.1. Mode de calcul de la CAFG

1.1.1 Méthode soustractive

Excédent brut d’exploitation


+ Transfert de charges d’exploitation
+ Revenus financiers
+ Gain de change
+ Transfert de charges financières
- Frais financiers
- Perte de change
+ Produits HAO
+ Transfert de charge HAO
- Charges HAO
- Participation des travailleurs
- Impôt sur le résultat
_______________________________________________
= CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT GLOBALE

1.1.2 Méthode additive

Résultat de l’exercice

+ Dotations aux amortissements et aux provisions d’exploitation


+ Dotations aux amortissements et aux provisions financières
+ Dotations aux amortissements et aux provisions HAO
- Reprise aux amortissement et aux provisions d’exploitation
- Reprises aux amortissements et aux provisions financières
- Reprises aux amortissements et aux provisions HAO
+ Valeur comptable des cessions d’immobilisation
-Produits des cessions d’immobilisation

2. AUTOFINANCEMENT NET

L’autofinancement est la part de la CAF consacrée aux financements de l’entreprise. C’est la ressource
disponible après rémunération des associés.

Autofinancement = A.F. = C.A.F.G. – Distribution de dividendes

21
3. DESTINATION DE LA CAF

La capacité d‘autofinancement qui correspond à un surplus monétaire potentiel dégagé par l’activité de
l’entreprise permet de financer plusieurs besoins possibles :

• Rémunérer les actionnaires ou associés : par le biais des dividendes.


• Financer de nouveaux investissements : c’est par l’autofinancement que l’entreprise peut s’assurer
une croissance dans l’indépendance.
L’insuffisance d’autofinancement oblige l’entreprise à emprunter pour financer les
Investissements nécessaires.
• Rembourser les emprunts en cours : les banquiers sont très attentifs à l’évolution du rapport :

Dettes financières / CAFG

4. DIVERS ASPECTS DE L’AUTOFINANCEMENT

L’autofinancement comprend deux parties répondant à des buts différents. Il s’agit de :


• L’autofinancement de maintien
• L’autofinancement d’expansion ou d’enrichissement

a) L’autofinancement de maintien

C’est la partie de l’autofinancement utilisée pour maintenir le patrimoine de l’entreprise au niveau déjà
acquis. Ce sont :
• Les dotations aux amortissements
• Les dotations aux provisions à plus d’un an

b) L’autofinancement d’enrichissement

C’est la partie de l’autofinancement utilisée pour augmenter le patrimoine de l’entreprise. Cet


autofinancement résulte surtout de la non distribution de bénéfices.
Cet autofinancement est constitué par :
• Les réserves constituées à partir des bénéfices
• Des dotations aux provisions sans objet réel
• Des dotations aux provisions hors impôt latent.

22
CAS N°4
SOCIETE MINERVA
TRAVAIL A FAIRE
A Partir du résultat du compte de l’exercice N
1) calculer les soldes de gestion
2) calculer le CAF de deux façons différentes
3) Calculer la valeur ajoutée globale et procéder à la répartition de la valeur ajoutée globale.
4) Calculer l’excèdent brut global
Charges d’exploitation Produits d’exploitation

Achats de marchandises 125 Ventes de marchandises 410

Variation de stocks de -9 Production vendue 185


marchandises
Montant net du C A 395
Achats stockés 54
d’approvisionnement Production stockée 21
_
Variation des stocks 3 Production immobilisée
d’approvisionnement
Subvention d’exploitation 5
Achats non stockés 18
Reprise sur provisions 12
Services extérieurs 62
Autres produits 3
Impôts et taxes 10

Charges de personnel 153

Dotation aux amortissements et 82


provisions TOTAL 636
Autres charges 5 Produits financiers
6
TOTAL 503 Autres intérêts et produits financiers

Charges financières
TOTAL 6
Intérêts et charges assimilées 45
Produits hors activités ordinaire
Charge nette sur cession VMP 2
Produits sur opération de gestion 4
TOTAL 47
Charges hors activités ordinaires Produits de cession d’éléments actifs 14
TOTAL 18
Charge sur opération de gestion 11

Valeur comptable des immo. cédées 6


TOTAL 17

Participation 1
Impôts sur le bénéfice 31
Résultat de l’exercice 61

TOTAL GENERAL 660 TOTAL GENERAL 660

23
CORRIGE
SOCIETE MINERVA

1°/ ETABLISSONS LES SOLDES CARACTERISTIQUES DE GESTION


+Ventes de marchandises = 410
_ Achats de marchandises = -125
+ Variation de stock =+ 9
294 = 294
MARGE BRUTE SUR MARCHANDISES

Production vendue = 185


Production stockée = 21
Production immobilisée = _
206 = +206
+Subvention d’exploitation = +5
+Autres produits = 3
Autres produits et subv 8 = +8

_ Achats stockés d’approvision. = - 54


_ Variation de stock d’appr. =- 3
_ Achats non stockés = -18
_Services extérieurs = -62
_Impôts et taxes = -10
_Autres charges =- 5 .
Consommation provenance de tiers - 152 = - 152
VALEUR AJOUTEE 356
_Charge de personnel = - 153 = - 153
EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION = 203
+ Reprise sur provision + 12
_ Dotation aux amortissements et provisions - 82

RESULTAT D’EXPLOITATION = 133


+ Produits financiers = 6
_ Intérêt et charges assimilées = - 45
_ Charges nettes sur cession VMP =- 2 .
RESULTAT FINANCIER - 41 = - 41

RESULTAT ACTIVITES ORDINAIRES = +92


+ Produits H.A.O sur op. de gestion =+ 4
+ Produits des cessions d’éléments d’actif= + 14
_ Charges H.A.O sur op. de gestion = - 11
_ Valeur comptables des éléments cédé = - 6 .
RESULTAT H.A.O =+ 1 =+1

RESULTAT A REPARTIR = +93


_ Participation -1
_ Intérêt sur le bénéfice -31
RESULTAT NET COMPTABLE = 61

24
2°) CALCUL DE LA CAF

Approche Soustractive Approche Additive


EBE = 203 Résultat = + 61
+ Produits financiers = +6 Dotations = + 82
_ Intérêt et charges assim. = - 45 Reprise = - 12
_ Charges nettes sur VMP = - 2 VCEAC = + 6
+ Produits H.A.O =+ 4 PCEAC = - 14 .
_ Charges H.A.O = -11 CAF = 123
_ Participation =- 1
_ Impôt sur le résultat = -31 .
CAF = 123
3°) 1/ Calcul de la valeur ajoutée GLOBALE ( VAG)

VAG = VA + Autres produits encaissables (sauf produits de cession)


_ Autres charges décaissables ( sauf charges de personnel, charges d’intérêts, et
impôt sur le résultat)
VA = +356
+ Produits financiers =+ 6
_ Charges nettes sur VMP= - 2
+ Produits H.A.O =+ 4
_ Charges H.A.O = - 11 .
353

3°)2/ REPARTITION DE LA VAG

Personnel = 153 + 1 = 154


Préteurs = = 45
ETAT = = 31
ENTREPRISE ET ASSOCIES = 123 .
353

25
CAS SIPLAST
A partir du compte de résultat suivant :
1) Etablissez les soldes significatifs de gestion
2) Calculer la CAF par les 2 méthodes ainsi que l’autofinancement net si les dividendes distribués
sont de 30 000
3) Calculer la valeur ajoutée globale et répartissez la
4) Calculer l’excédent brut global
5) Calculer la CAF à partir de l’EBG
6) Expliquer les notions de Valeur ajoutée et CAF ainsi que leur intérêt.

exercice N
PRODUITS D’EXPLOITATION
Ventes de marchandises 235 227
Production vendue 3 888 547
Chiffre d’affaires net 4 123 774
Production stockée 71 935
Production immobilisée 47 364
Reprises sur amortissements et provisions 18 253
Autres produits 5 146
CHARGES D’EXPLOITATION
Achats de marchandises 206 933
Variation du stock de marchandises (17 281)
Achat de matières premières et autres approvisionnements 1 506 316
Variation du stock de matières premières et autres approvisionnements (11 271)
Autres achats services extérieurs et personnel extérieur à l’entreprise 925 800
Impôts, taxes et versements assimilés 94 978
Salaires et traitements 866 212
Charges sociales 359 716
Dotations aux amortissements des immobilisations 188 540
Dotations aux provisions sur actif circulant -
Dotations aux provisions pour risques et charges -
Autres charges 2 902
PRODUITS FINANCIERS
De participation et de valeurs mobilières et créances de l’actif 10 385
Autres revenus financiers et produits assimilés 15 336
Reprises sur provisions 4 458
Gains de changes 7 935
CHARGES FINANCIERES
Dotations aux amortissements et provisions 18 937
Intérêts et charges assimilés 68 834
Pertes de changes 2 980
Total des charges financières 90 751
PRODUITS HORS ACTIVITES ORDINAIRES
Produits HAO 733
Sur opérations en capital (produits des cessions d’immobilisation) 32 832
Reprises sur provisions 24 792
CHARGES HORS ACTIVITES ORDINAIRES
Charges HAO 10 721
Sur opérations en capital (valeurs comptables des cessions d’immobilisation) 12 088
Dotations aux amortissements et aux provisions 18 130
Impôt sur le Résultat 41 992
RESULTAT NET 66 416

26
CORRECTION

27
CORRIGE CAS 5

Ventes de marchandises 235 227


-Achat de marchandises - 206 933
Variation de stocks + 17 281
MARGE BRUTE SUR MARCHANDISES + 45 575
Production vendue 3 888 547
+ production stockée 71 935
+ production immobilisée 47 364
- achat de mat. Première - 1 506 316
+Variation de stock de mat. première 11 271
MARGE BRUTE SUR MATIERE PREM. 2 512 801
+ Autres produits 5 146
- Autres achats et services externes - 925 800
- Impôt et taxes - 94 978
- Autres charges - 2 902.

- VALEUR AJOUTEE 1 539 842


- Salaires et traitements - 866 212
- Charges sociales - 359 716
EBE 313 914
+ Reprises sur amortissements et provisions + 18 253
- Dotation aux amort. et prov. Sur immob. - 188 540
RESULTA D’EXPLOITATION 143 627
Produits financiers + 38 114
Charges financières - 90 751
RESULTAT FINANCIER - 52 637
RESULTAT ACTIVITE ORDINAIRE 90 990
Produits HAO + 58 357
Charges HAO - 40 939
RESULTAT HAO + 17 418
Impôt sur le résultat - 41 992
RESULTAT NET + 66 416

2) Calcul CAFG et autofinancement

CAFG 1ER méthode


EBE 313 914
+ Produits financiers encaissables + 33 656
- charges financières décaissables - 71 814
+ Produits HAO + 733
- Charges HAO - 10 721
- Impôt sur le résultat - 41 992
CAFG 223 776

28
CAFG 2ème méthode
Résultat net + 66 416
+ Dotation d’exploitation + 188 540
+ Dotation financière + 18 937
+ Dotation HAO + 18 130
- Reprises d’exploitation - 18 253
- Reprise financière - 4 458
- Reprise HAO - 24 792
+ Valeur comptable de cession + 12 088
- Produit de cession - 32 832
CAFG 223 776

Autofinancement = CAFG – dividendes distribués


= 223776 – 100 000
Autofinancement = 123 776

3) Calcul et répartition de la VAG


VAG = VA du compte de résultat
+ Autres produits encaissables sauf produits de cession
- Autres charges décaissables sauf charges de personnel
Intérêts et impôts sur le résultat

VA 1 539 842
+ Produits financiers encaissable + 33 656
- Pertes de charges - 2 980
+ Produits HAO + 733
- Charges HAO - 10 721
VAG 1 560 530

Répartition de la VAG

Part de travailleurs 1 225 928


Part des préteurs 68 834
Part de l’état 41 992
Part des actionnaires 100 000
Part de l’entreprise 123 776
VAG 1 560 530

4) Calcul de l’EBG
EBG = VAG – Part des travailleurs
= 1 560 530 – 1 225 928
EBG = 334 602

5) Calcul de la CAFG à partir de l’EBG


CAFG = EBG – Part des préteurs – Part de l’état
= 334 602 – 68 834 – 41 992
CAFG = 223 776

29
6) Explications notions de VAG ET CAFG
La valeur ajoutée représente le surcroît de valeur apporté par l’entreprise dans la
transformation des biens et services en provenance des tiers.
C’est un bon indicateur de création de richesse, de taille économique et de degré d’ verticale
de l’entreprise.
C’est également un bon indicateur de croissance

La CAFG est la ressource interne générée par l’entreprise grâce à l’ensemble de ses
opérations de gestion au cours d’un exercice.
Elle sert à investir, à rémunérer les actionnaires et à rembourser les dettes

30
31
CHAPITREI II : ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIERE

L’appréciation de la structure financière permet principalement d’évaluer la bonne adéquation


entre moyens économiques ressources financières, mais aussi l’indépendance financière de
l’entreprise solvabilité et sa liquidité
Cette structure financière s’apprécie d’abord à travers son bilan. Or il n’existe pas lecture du
bilan, mais des lectures en fonction des objectifs de l’analyse.
Pour se prêter à l’analyse, le bilan comptable doit être remanie de façon à être adapte à ses
différentes approches. Il existe deux approches principales du bilan :
- l’approche fonctionnelle qui se situe dans une perspective économique
- l’approche financière ou liquidité qui vise davantage à apprécier la solvabilité
et la liquidité

I. L’APPROCHE FONCTIONNELLE

C’est celle que l’on utilise lorsque l’on veut procéder à un diagnostic économique. C’est une
approche qui se prête bien aux règles de présentation du SYSCOA pour le bilan et le
TAFIRE.

Cette analyse cherche à dégager du bilan des masses significatives de réalités économiques,
des agrégats qui expriment d’une part des moyens de financement et d’autre part des
ressources qui les couvrent.

L’approche fonctionnelle procède donc à une analyse en termes d’emplois ressources du bilan
et découpe ceux ci en fonction des cycles (investissement financement exploitation)d’ou l’
expression de « bilan fonctionnel » ;

Le besoin de financement de l’exploitation (BFE ou BFRE) est l’élément central de cette


approche car c’est en fonction de ce BFE que le fonds de roulement (FDR ou FRNG) est
déterminé.
Il s’agit donc d’une lecture horizontale du bilan puisqu’elle repose sur le principe d’une
adéquation Ressources stables - emplois stables .

Il faut cependant souligner qu’il existe une deuxième approche fonctionnelle appelée « Bilan-
pool de fonds ». Cette seconde approche ne cherche pas à mettre en adjonction Emplois et
Ressources stables, mais mets en face d’un pool d’Emplois (le capital économique) un pool
de fonds distinguant les ressources propres internes, les ressources propres externes et les
dettes financières. Donc deux lectures du bilan sont dans l’approche fonctionnelle :
• Une lecture horizontale
• Une lecture verticale dite « pool de fonds ».

1. L’APPROCHE FONCTIONNELLE HORIZONTALE DU BILAN

La mise en œuvre de cette approche nécessite le découpage du bilan en fonds de masses. On


distingue six (6) fonds de masses qui sont :

32
• Les Emplois stables : constitués de l’actif immobilisé principalement ce sont les
éléments destinés à servir de façon durable dans l’entreprise
• Les emplois stables comprennent les charges immobilisées, les immobilisations
incorporelles, corporelles et financières, les différents éléments étant pris à leur valeur
brute.
• Les ressources durables : c’est l’ensemble des ressources de financement stable
utilisées par l’entreprise. Elles comprennent les capitaux propres et dettes à longs
termes destinées à financer les emplois stables.
• Les emplois et ressources d’exploitations : ce sont les postes constitutifs de l’actif et
du passif circulant qui sont des éléments du cycle d’exploitation liés à l’activité de
l’entreprise : les stocks et créances en emplois, les dettes fournisseurs en ressources.
• Les emplois et ressources hors activités ordinaires : créances et dettes non liées au
cycle d’exploitation et sans signification économique particulière.
• Les emplois et ressources de trésorerie : disponibilités et valeurs mobilières de
placement (trésorerie actif) en emplois concours bancaires courants et soldes
créditeurs de banque (trésorerie passif) en ressources.
D’où le bilan fonctionnel condensé suivant :

EMPLOIS STABLES RESSOURCES DURABLES

50 70

EMPLOIS D’EXPLOITATION

RESSOURCES D’EXPLOITATION
35

23

Emplois hors Activités ordinaires


5
Ressources hors Activités ordinaires
2
EMPLOIS DE TRESORERIE 10 Ressources de Trésorerie 2

Cette présentation permet de calculer quatre (4) entités distinctes, quatre (4) soldes
significatifs :

33
1. Le fonds de roulement net global (FRNG) ou fonds de roulement de roulement (fdr) :
compare les emplois stables (représentation le cycle d’investissement) aux ressources
durables (représentant le cycle de financement) .
2. Le besoins en fonds de roulement d’exploitation (BFE) : qui rapproche les emplois des
ressources liées au cycle d’exploitation (stocks + créances – dettes d’exploitation)
3. Le besoin en fonds de roulement hors activités ordinaires (H.A.O) ou le besoin de
financement H.A.O composant emplois et ressources non liées au cycle d’exploitation.
4. La trésorerie nette (TN) : Solde des emplois et ressources de trésorerie nette est un
indicateur de l’équilibre entre les différentes fonctions.
Le bilan comptable du SYSCOA est quasiment un bilan fonctionnel car il intègre des
retraitement prévus en général par les analystes financiers (crédit bail, effets escomptés non
échus, personnel intérimaire etc.).
Toutefois certains retraitements résiduels peuvent être opérés.

1.1 RECLASSEMENTS POUVANT ÊTRE EFFECTUÉS

Actif immobilisé en valeur brute : les amortissements ne sont pas soustraits de l’actif, mais
sont ajoutés aux ressources durables car ils présentent une épargne (il font partie de la
capacité d’autofinancement). Raisonner en valeurs brutes permet en outre de procéder à des
comparaisons sectorielles.
• Les primes de remboursements des obligations : elles peuvent être élimées et
simultanément déduits des emprunts obligatoires correspondants. Ceux-ci figurant
alors pour leur valeur d’émission et non pour leur valeur de remboursement.
• Les intérêts connus et non échus rattachés aux comptes d’actifs et de passifs : peuvent
être retraites dans les comptes d’emplois et de ressources d’exploitation.
• Les écarts de conversion : sont annulés et soustraits ou ajoutés aux dettes et créances
concernées, ce qui les ramène à leur valeur initiale : si le poste auquel se rattache
l’écart n’est pas connu on peut agréger l’écart actif aux emplois d’exploitation et
l’écart passif aux ressources d’exploitation.
• Les charges et produits constatées d’avance : s’ils ne peuvent être ventilés, peuvent
arbitrairement être agréger aux élément d’exploitation.
Il est possible, et même préférable de raisonner valeur nette, car ces provisions sont
considérées par le SYSCOA comme des provisions courtes qui n’entrent pas dans la capacité
d’autofinancement.

1.1 Analyse du bilan fonctionnel horizontal

a) Principe d’analyse

Une fois obtenu le bilan fonctionnel, il devient possible de faire l’analyse en rapprochant les
masses qui le constituent. Cette analyse s’appuie sur la structure des emplois et des
ressources, de leur adéquation et suppose une norme d’équilibre « le long terme doit couvrir
le longs terme »

34
Le raisonnement part du cycle d’exploitation et du besoin de financement qui en découle, le
« besoin en fonds de roulement d’exploitation » (BFRE). Dans une perspective de continuité
d’exploitation, ce besoin se renouvelle en permanence : il constitue donc un emploi stable et
doit à ce titre être finance par une ressource durable. Compte tenu de la structure du bilan
fonctionnel, les seules ressources durables disponibles sont celles qui excèdent les emplois
stables, c’est à dire le fonds de roulement net global.
Les emplois et ressources HAO constituent le besoin de financement hors activités ordinaires
(HAO) et regroupant des analytiques hétérogènes et marginaux. Il n’a pas conséquent aucune
signification économique mais vient alléger ou alourdir la trésorerie.
La trésorerie apparaît dans cette démarche, comme la résultante des différentes masses et,
selon son solde à un instant donne, permet de juger de l’équilibre de l’ensemble.
C’est néanmoins la confrontation « Fonds de roulement net global - Besoin en fonds de
roulement d’exploitation » qui doit retenir l’attention dans cette lecture fonctionnelle
horizontale.

LECTURE FONCTIONNELLE ET HORIZONTALE DU BILAN

EMPLOIS STABLES
BFR
d’EXPLOITATION
FONDS DE RESSOURCES
ROULEMENT NET DURABLES
RESSOURCES
GLOBAL
EMPLOIS D’EXPLOITATION
D’EXPLOITATION
BFRE

BFHAO
FONDS DE
B.F.H.A.O TRESORERIE ROULEMENT
EMPLOIS HORS NET GLOBAL
ACTIVITES RESSOURCES
ORDINAIRES H.A.O

TRESORERIE
NETTE
EMPLOIS DE
TRESORERIE RESSOURCES DE
TRESORERIE

b) Etude financière du cycle d’exploitation : le BFE ou BFRE


Notion de cycle d’exploitation : dans le cadre de son activité courante une entreprise effectue
des opérations répétitives dont le renouvellement définit son cycle d’exploitation.
On peut donc dire que le cycle d’exploitation est le temps nécessaire pour que l’entreprise
accomplisse l’ensemble des phases de son activité économique.
Le cycle d’exploitation peut être long ou court lent ou rapide

35
REGLEMEN
vente T

Achat
Achat
Règlement
Règlement

Décalage
Décalage des
desflux
fluxfinanciers
financiers

Stockage
Stockage Stockage
Stockage etet
matières
matières Production
Production commercialisation
commercialisation
+ Frais de
Achat stockage et
Paiement distribution
matièr
matières + Charges de
es
production

DUREE DU BESOIN DE FINANCEMENT

Le cycle d’exploitation génère un besoin financement du fait d’un double décalage


- un décalage lié à la durée du cycle : il faut d’abord débourser des achats divers
(salaires loyers etc..) avant d’encaisser les ventes.
- un décalage lié aux délais de règlements : le crédit accorde aux clients (30j à
120j) allonge la durée du besoin de financement d’autant.
En effet la récupération des déboursés liée au cycle se fait, non pas au moment de la vente,
mais à celui du règlement. Les déboursés liés au cycle d’exploitation sont donc finances plus
longtemps.
Mais de la même façon que l’entreprise accorde des délais de règlements à ses clients, elle en
bénéficie de la part de ses fournisseurs pour ses achats, ce qui allége d’autant le besoin de
financement.
Donc on peut dire que :

Le besoin en fonds de roulement est le besoin de financement génère par le cycle


d’exploitation.
C’est la différence entre les actifs et passifs cycliques d’exploitation

Du fait qu’il faille assurer en permanence la continuité de l’exploitation, ce besoin de


financement se renouvelle sans cesse .tous les jours l’entreprise achète, stocke, vend, encaisse.
Il y’a en permanence
- des stocks de matières premières, en cours, et produits finis
- un certain volume de créances clients et de dettes fournisseurs
PRINCIPAUX FACTEURS DE VARIATION DU BFRE

Le BFE varie avec

1) Le niveau d’activité : c’est à dire le chiffre d’affaires


Si l’activité se développe, le volume des achats, des stocks et des ventes va s’accroître
parallèlement.

36
En cas de régression l’inverse se produira. Il y’a donc un lien le BFRE et le CHIFFRE
D’AFFAIRES, raison pour laquelle leur rapport est supposée relativement constant. Le BFRE
est fréquemment exprime en jours de chiffre d’affaires.

2) Le secteur d’activité et le produit


Un cycle de production et de stockage n’a pas la même durée d’un secteur à l’autre, il ne faut
pas le même temps pour fabriquer un avion et pour produire un pot de yaourt. De même la
saisonnalité de la production et des ventes liée au type de produits fabriques et vendus va faire
varier le BFR au cours de l’année (ex : entreprise de fabrique de jouets).
Donc il est impératif de comparer des données arrêtées a la même date, des entreprises ayant
le même type d’activité.

3) La valeur ajoutée
Plus un cycle de production est long, plus la valeur ajoutée est forte, plus le BFR grandit.
Stocks et créances importants contre dettes fournisseurs faibles.
Si l’entreprise sous traite, elle réduit ses encours et ses stocks de produits intermédiaires, elle
accroît ses dettes fournisseurs mais se prive d’une marge qu’elle transfère aux sous-traitants.

4) La bonne tenue de ses éléments


Le volume du BFE reflète aussi la qualité des décisions opérationnelles
- Montant des stocks : reflet de l’efficacité de la méthode de gestion des stocks
et de la production
- Montant des créances : reflète en partie la politique commerciale et le suivi des
clients, du rapport de force fournisseur-client, de l’efficacité de la facturation et du
recouvrement, des délais accordes par les commerciaux, de la solvabilité des clients
- Montant des dettes fournisseurs : reflet des négociations sur les délais de
paiement

Comment apprécier un BFRE (BFE)


- Analyser son évolution et celle de ses composantes sur plusieurs exercices.
Pour cela le calcul des ratios de délais de règlement et de durée de stockage se révèle un
outil précieux.
- Comparer le BFRE (BFE) exprimé en jours de chiffre d’affaires à celui
d’entreprises concurrentes.
- Déterminer le BFRE normatif c’est à dire en prenant en compte es conditions
normales d’exploitation

c) Le Besoin en fonds de roulement hors activités ordinaires (BFHAO)

Le BFHAO est constitue d’éléments acycliques et généralement marginaux et n’a pas de


signification économique particulière (Créances ou dettes lies à des cessions ou achats
d’immobilisations, dettes afférentes à l’impôt sur le résultat, stocks occasionnels etc.. )
Le montant du BFHAO s’ajoute au BFRE pour obtenir le Besoin de financement global
(BFG).

BFG=BFE+BFHAO

37
BFG=BFE+BFHAO .

d) Fonds de roulement net global (FRNG)

Définition : le fonds de roulement net global est la part des ressources durables affectée au
financement du cycle d’exploitation
FRNG=FDR=RESSOURCES DURABLES-ACTIF IMMOBILISE

On peut également dire que ce sont les ressources stables devant couvrir le besoin en fonds
de roulement d’exploitation. D’un point de vue arithmétique, c’est l’excèdent des ressources
durables sur l’actif immobilise.
Un principe de l’analyse fonctionnelle veut que les ressources affectées à un emploi restent
investies aussi longtemps que cet emploi existe : donc le long terme doit couvrir le long
terme.
Donc les ressources durables doivent financer non seulement l’actif immobilise mais
également le BFE (BFRE).Il faut relever ici le caractère dual du besoin en fonds de roulement
qui bien qu’étant compose d’éléments à court terme, présente du fait du renouvellement
incessant du cycle d’exploitation, un caractère structurel, durable, permanent.
On a donc :
- d’un côté des ressources restées disponibles (FRNG) qui reflète des décisions
stratégiques (investissement, endettements, distributions, amortissement etc.…)
- de l’autre un besoin de financement qui reflète les décisions courantes et
dépend d’éléments communs (secteur et niveau d’activité, bonne gestion du cycle,
valeur ajoutée etc.…)
Le niveau du FRNG qui s’apprécie en fonction du BFRE, ne doit être pléthorique, ni
insuffisant, mais adapté au BFRE qui lui doit être bien géré.
Mais de façon générale une insuffisance de FRNG provoque une situation de fragilité pour
l’entreprise et nécessite un renforcement du FRNG par l’accroissement de ressources durables
et/ou la gestion des emplois stables (apprécie par le taux d’utilisation des capacités de
production et le montant investi par franc de chiffre d’affaires).
e) La trésorerie comme résultante de l’équilibre de la structure
Dans l’approche fonctionnelle la trésorerie nette (TN) apparaît comme la résultante de
l’équilibre entre fonds de roulement et besoin de financement.
Si FRNG > BFR alors TN > 0
Si FRNG < BFR alors TN < 0
La trésorerie nette apparaît comme le solde net de trésorerie, la position globale de
l’entreprise sur ses opérations financières a court terme.
Trésorerie nette =Trésorerie actif- Trésorerie passif
Trésorerie nette = Trésorerie actif – Trésorerie passif

L’égalité : TN = FRNG – BFR

38
Qui exprime la relation qui existe entre les soldes significatifs du bilan fonctionnel (FRNG,
BFR, TN), s’appelle la relation de trésorerie.
Elle découle :
- des six grandes masses fondamentales : Actif immobilise (AI), Actif circulant (AC),
Trésorerie actif (TA),
- Ressources durables (RD), Passif circulant (PC), Trésorerie passif (TP)
- du mode de calcul des trois notions importantes
• FRNG = RD – AI
• BFR = AC – PC
• TN = TA – TP
- de l’équilibre du bilan
AI +AC + TP = RD + PC +TP
De cette égalité et en déplaçant et regroupant les termes l’on a :
AC + TA – PC – TP = RD – AI
AC – PC + TA – TP = RD – AI
(AC – PC) + (TA – TP) = (RD – AI)
BFR + TN = FRNG
On peut alors formuler la relation de trésorerie

FRNG – BFR = TN

De cette relation on peut tirer l’interprétation suivante :


Lorsque le FRNG permet de financer l’intégralité du BFR, ce dernier se trouve entièrement
finance sur ressources stables et l’entreprise peut alors éviter toute dépendance à l’égard des
ressources de trésorerie.
L’entreprise se trouve alors dans une position particulièrement favorable en terme de
solvabilité à court terme.
Si au contraire, le FRNG ne permet pas de financer l’intégralité du BFR (FRNG < BFR),
l’entreprise se voit contrainte de faire appel à des ressources de trésorerie pour financer une
fraction du BFR.
Or le BFR constitue un besoin permanent.
La dépendance à l’égard des ressources de trésorerie présente alors un caractère durable,
structurel, tant que l’entreprise n’a pas réussi à reconstituer son FRNG et/ou à limiter son
BFR.

f) L’équilibre de financement

39
La règle de l’équilibre de financement veut :
• Qu’un besoin durable soit financé par une ressource durable
• Qu’un besoin d’exploitation soit financé par une ressource d’exploitation

En outre, l’on sait que le BFR est un besoin permanent, durable, structurel.
Donc les ressources durables doivent financer non seulement les immobilisations, mais également le
BFE.
Le total forme par l’Actif Immobilise et le BFE constitue les CAPITAUX INVESTIS.

ACTIF IMMOBILISE + BFE = CAPITAUX INVESTIS

L’équilibre de financement est assure lorsque les capitaux investis sont couverts par des
ressources durables.
RESSOURCES DURABLES >1
CAPITAUX INVESTIS

g) Limites de l’approche fonctionnelle horizontale


Il ne faut conclure de ce qui précède qu une structure financière déséquilibrée (trésorerie
négative) est toujours malsaine.
L’expérience montre que nombre d’entreprises vivent et se développent avec des fonds de
roulement négatifs, c’est à dire en finançant une partie de leurs actifs immobilises avec des
crédits à court terme.
D’autres entreprises, notamment dans le secteur industriel présentent quasiment en
permanence une trésorerie négative, avec un renouvellement automatique des crédits de
trésorerie obtenus.
Ces ressources de trésorerie constamment renouvelées sont assimilables à des ressources
durables.
Il s’y ajoute que dans certains secteurs comme la grande distribution (hypermarchés,
supermarchés etc.…) et l’hôtellerie, les entreprises présentent très souvent un besoin en
fonds de roulement négatif. On parle alors de dégagement de fonds de roulement. Ceci
découle du fait que ces entreprises assurent des prestations au comptant, ont une rotation
rapide de leur stock et bénéficient de crédit fournisseur important. Ce sont donc des
entreprises qui tout naturellement n’ont pas de fonds de roulement.
Il ne faut pas oublier enfin que l’analyse fonctionnelle est une analyse statique qui doit être
relativisée par rapport au cycle d’exploitation (à quel moment du cycle se situe t’elle ?), au
secteur (quels sont les résultats de la concurrence ?) et à la conjoncture (est-elle porteuse ou
défavorable ?), et être mise en perspective sur plusieurs années (évolution).

40
2. L’APPROCHE FONCTIONNELLE « Pool de fonds »
L’approche pool de fonds est avant tout économique .Elle permet :
- de dégager dans les emplois le capital économique générateur d’activité et de
résultat
- de présenter l’ensemble des ressources, qu’il s’agisse de fonds propres ou de dettes
quelle qu’en soit l’échéance, comme un « pool » destiné à financer les emplois.
Dans cette approche, il n’y a aucune affectation des ressources durables aux emplois stables.
Les ressources de trésorerie font partie au même titre que l’endettement à long terme et les
fonds propres d’un ensemble de ressources finançant globalement les actifs ,sans affectation
particulière. La lecture du bilan est verticale.
Cette analyse suit la démarche économique suivante :
- dans les emplois figurent les immobilisations d’exploitation et le BFR, c’est à dire
le capital économique, l’ensemble des moyens nécessaires à l’activité industrielle et
commerciale. Les immobilisations financières sont distinguées des autres et s’ajoutent aux
valeurs mobilières de placement (V M P) et aux disponibilités pour former les emplois
financiers.
Un portefeuille d’actifs regroupe donc les emplois industriels et commerciaux à côté des
emplois financiers
- Toutes les ressources (à l’exception de celles incluses dans le BFR) représentent le
pool de fonds nécessaire pour financer les emplois.
Ce pool réunit à la fois :
• Les ressources propres internes
• Les ressources propres externes
• Les dettes financières, quel que soit leur terme
Il n’y a aucune affectation d’une des composantes de ce pool à un emploi précis

IMMOBILISATIONS
Ressources propres internes

BRUTES
(Réserves, Amortissement,
et Provisions)
D’EXPLOITATION
Capital
Économique Pool
de fonds Ressources Propres externes
(Capital, Primes,
BFR Subventions)

Immobilisations brutes
Financières Dettes Financières

(Emprunts à L.M.T et
41
VMP + disponibilités Trésorerie Passive)
Emplois
Financiers

L’intérêt de cette conception « pool de fonds » se situe à deux niveaux


a) Elle permet une comparaison entre la composition des emplois et niveau de d’activité ou de
résultat. Par exemple pour la rentabilité qui consiste à rapprocher un résultat des moyens mis
en œuvre pour l’obtenir, on aura :
Résultat D’exploitation
Rentabilité économique =
Capital Economique
Pour la productivité qui consiste à rapprocher une production des moyens mis en œuvre pour
l’obtenir, on aura :

Chiffre d’affaires
Productivité du capital économique =
Capital économique
Si c’est une entreprisse ou un secteur, ou les produits financiers contribuent de façon
importante au résultat, le capital économique pourra inclure les emplois financiers tandis que
le chiffre d’affaires comprendra les produits financiers.
b) Elle permet une analyse stratégique du bilan :
- au niveau des emplois : l’évolution des composantes donne t’elle une priorité à une
stratégie industrielle ou financière, à la croissance interne ou externe et avec quels
résultats en terme de rentabilité économique
- au niveau des ressources : l’évolution montre le choix de la structure du passif et la
gestion de l’endettement ;arbitrage entre financement par fonds propres et financement
par endettement, entre endettement à long terme ou concours bancaires.
Cette analyse du bilan permet de reconstituer l’ordre des priorités (croissance, indépendance,
rentabilité) de la politique générale et financière de l’entreprise.

42
II. BILAN FINANCIER
Le bilan financier permet de mesurer les risques encourus par l’entreprise eu égard aux dettes
et aux créances et à leur échéance.
Le bilan financier doit permettre de renseigner les actionnaires et les tiers (notamment les
prêteurs) quant à la solvabilité de l’entreprise et surtout quant à sa liquidité financière.
Le bilan financier est également appelé bilan-liquidité.

1. SOLVABILITÉ ET LIQUIDITÉ DE L’ENTREPRISE

1.1 SOLVABILITÉ DE L’ENTREPRISE

La solvabilité, c’est l’aptitude globale de l’entreprise à faire face à ses échéances (optique de
fin d’activité).

La solvabilité dépend de la valeur réelle du patrimoine mesurée par l’ACTIF NET.

Actif net = Actif réel – Dettes


Actif net = Capitaux propres – Actif fictif

ACTIF REEL = somme des actifs ayant une valeur de revente.

ACTIF FICTIF = les actifs sans valeur, appelés également non valeurs.

CAPITAUX PROPRES = l’ensemble des ressources de financement qui sont considérées


comme acquises à l’entreprise. Ils comprennent le capital, l’ensemble des primes, écarts et
réserves, le report à nouveau, le résultat de l’exercice, les subventions d’investissement, les
provisions réglementées.

Dans l’analyse courante, le concept de solvabilité doit être complété par la notion de
« solvabilité » à échéance, mis en évidence par la liquidité de l’entreprise.

1.2 LIQUIDITÉ FINANCIÈRE DE L’ENTREPRISE

L’entreprise doit pouvoir faire face à ses échéances, c’est à dire disposer de liquidités pour
payer les dettes qui viennent à échéance, autrement elle encourt la cessation de paiement.

En conséquence, l’établissement du bilan financier doit tenir compte de nouveaux critères


pour juger du degré de liquidité financière de l’entreprise.

Les éléments de l’actif sont à classer par ordre de liquidité croissante ; la liquidité pouvant se
définir par l’aptitude d’un élément à être transformé en disponibilité.

Les éléments du passif sont à classer par ordre d’exigibilité croissante ; l’exigibilité pouvant
se définir par la proximité du terme auquel une dette doit être réglée.

43
2. DU BILAN COMPTABLE AU BILAN FINANCIER

2.1. PRÉSENTATION ET CONSTRUCTION

Actifs à Capitaux Actif à plus Capitaux


plus d’un propres d’un an permanents
an Dettes à plus
d’un an CP
Actifs à Actifs à
moins d’un moins d’un an
an

Dettes à Dettes à
moins d’un moins d’un
an an

A. RETRAITEMENT DE SOLVABILITÉ

a) Actif fictif et actif réel

L’actif fictif doit être soustrait de l’actif immobilisé et des capitaux propres.

Il faut bien noter que pour le bilan financier, il faut travailler sur des valeurs nettes.

b) Prise en compte de situations latentes ou différées

Le bilan financier tient compte :


• Des plus values sur des éléments d’actifs connus après expertise (ex : fonds de
commerce crée)
• Impôts latents sur certaines provisions

c) Retraitement en fonction du contenu des postes


• Les provisions pour risques et charges constituent des dettes probables. Mais lorsque
les provisions apparaissent sans objet réel, elles peuvent être considérées comme des
capitaux propres. De plus, une provision constituée pour acquérir des biens, est en
réalité une réserve.
• La partie du résultat destinée à être distribuée sous forme de dividendes est considérée
comme une dette à moins d’un an.
• Les actifs de conversion actif sont déduits des capitaux propres.
• Les actifs de conversion passif sont ajoutées aux capitaux propres.

44
B. RETRAITEMENT DE LIQUIDITÉ

Il s’agit de reclasser des postes de bilan par liquidité croissante à l’actif et exigibilité
croissante au passif.

Il s’agit de voir les échéances des créances de l’actif immobilisé, des créances de l’actif
circulant, de l’exigibilité des emprunts et des autres dettes des fournisseurs.

2.2. NOTIONS ASSOCIÉES À L’APPROCHE FINANCIÈRE

Capitaux permanents – actif à plus d’un an = F.R. financier


Actifs à moins d’un an – dettes à moins d’un an = F.R. liquidité
BFR = Actif à moins d’un an (sauf T.A.) – passif à moins d’un an (sauf T.P.)
Trésorerie = fonds de roulement financier – besoin en fonds de roulement financier
Trésorerie = trésorerie actif – trésorerie passif

L’idéal est d’avoir une trésorerie zéro, ou centrée sur zéro.

Ce qui signifie qu’il n’y a ni découvert, donc pas de charges financières, ni encaisses oisives
qui peuvent êtres dues à des emprunts trop élevés.

3. LES ÉQUILIBRES DE STRUCTURE FINANCIERS

On peut établir un certain nombre de relations qui doivent exister entre les valeurs qui
figurent dans le bilan financier condensé.
Les relations sont mesurées par des ratios :

• Degré de liquidité = actif à moins d’un an


Actif réel total

• Liquidité générale = actif à moins d’un an


dettes à moins d’un an (dont CBC)

• Liquidité réduite = créances à moins d’un an + T.A.


dettes à moins d’un an et CBC

• Ratio de liquidité immédiate = T. Actif

45
dettes à moins d’un an et CBC

• Ratio de solvabilité générale = actif réel total


dettes

• Ratio d’autonomie financière = capitaux propres


dettes

• Ratio de financement des investissements = capitaux permanents


actifs à plus d’un an

CONCLUSION

Il y a deux optiques dans la présentation du bilan : l’approche fonctionnelle et l’approche


financière.
• L’optique fonctionnelle privilégie le problème économique et les problèmes
d’équilibre matérialisés par des outils comme le fonds de roulement, le besoin en
fonds de roulement, la trésorerie nette, le tableau de financement, etc...
• L’optique financière est privilégiée par la plupart des études en terme de risques et de
prévention des difficultés.

46
CAS N° 1
SOCIETE SANTEX

Intitulés Bruts Amortissements Nets intitulés montant


et provisions

Immo. incorporelles 100 000 40 000 60 000 Capital 400 000

immo. corporelles 1 000 000 700 000 300 000 Réserves 120 000

Immo. financière 50 000 10 000 40 000 Résultat 30 000

Stocks 270 000 270 000 Subventions d’investissement 20 000

Créances clients 340 000 340 000 provisions réglementées 10 000

Créances diverses 110 000 110 000 Provision pour risques 35 000

Disponibilités 35 000 35 000 Provision pour charges 25 000

Charges à repartir 15 000 15 000 Dettes auprès des établissements


de crédit 210 000
Charges constatées 20 000 20 000
Emprunts et dettes financières
d’avance diverses 30 000

Fournisseurs 160 000

Dettes fiscales et sociales 60 000

Dettes diverses 38 000


Produits constatés d’avance 12 000
Découverts bancaires 40 000

1 940 000 750 000 1 190 000 1 190 000

On vous donne les informations complémentaires suivantes:


- Parmi les stocks il y a pour 40 000 F de stocks occasionnels
- Les créances diverses sont des créances sur cessions d’immobilisation
- les dettes diverses sont des dettes sur acquisitions d’immobilisation
TRAVAIL A FAIRE :
A partir du bilan ci-dessus et des informations complémentaires
1°) Etablir le bilan fonctionnel condensé
2°) Calculer le FDR (FRNG ) de deux façons
3°) Calculer le BFE, le BFHAO le BFG et la trésorerie
4°) Expliquer le financement du BFG

47
CORRIGE CAS N°1
SOCIETE SANTEX

1) BILAN FONCTIONNEL CONDENSE

a) Ressources stables : PASSIF

Capitaux propres
400 000 + 120 000 + 30 000 + 20 000 + 10 000 = 580 000

Somme des amortissements et provisions


750 000 + 35 000 + 25 000 = 810 000

Dettes financières
(210 000 + 30 000) = 240 000
____________

TOTAL RESSOURCES STABLES = 1 630 000

2) PASSIF CIRCULANT D’EXPLOITATION

160 000 + 60 000 + 12 000 = 232 000

a) PASSIF CIRCULANT H .A.O = 38 000

b) TRESORERIE PASSIF = 40 000

ACTIF
ACTIF IMMOBILISE
100 000 + 1 000 000 + 50 000 + 15 000 = 1 165 000

ACTIF CIRCULANT D’EXPLIOTATION

230 000 + 340 000 + 20 000 = 590 000

ACTIF CIRCULANT H.A.O

40 000 + 110 000 = 150 000

TRESORERIE ACTIF = 35 000

ACTIF PASSIF

ACTIF IMMOBILISE 1 165 000 RESSOURCES STABLES 1 630 000


ACTIF CIRCULANT PASSIF CIRCULANT
- D’EXPLOITATION 590 000 -D’EXPLOITATION 232 000

48
- HORS D’ORDINAIRES 150 000 -HORS D’ORDINAIRES 38 000
TRESORERIE ACTIF 35 000 TRESORERIE PASSIF 40 000

TOTAL ACTIF 1 940 000 TOTAL PASSIF 1 940 000

3) FDR = FRNG = ressources stables - actif immobilisé


= 1 630 000 - 1165 000 = 465 000
= TOTAL ACTIF CIRCULANT - TOTAL PASSIF CIRCULANT
(590 000 + 150 000 + 35 000) - (232 000 + 38 000 + 40 000) =
465 000

3-1) BFE = ACTIF CIRCULANT D’EXPLOITATION - PASSIF CIRCULANT


D’EXPLOITATION
590 000 - 232 000 = 358
000

3-2) BFHAO = AC. HORS ACTIVITES ORD - P. C. HORS ACTIVITES ORD


150 000 - 38 000 = 112
000

3-3) BFG = BFG = BFRE + BFRHAO


358 000 + 112 000 = 470
000

3-4) TRESORERIE NETTE = TRESORERIE ACTIF -TRESORERIE PASSIF


35 000 - 40 000 = -5
000

FRNG - BFR
465 000 - 470 000 = -5
000

4) FINANCEMENT DU BFR

Le BFR représente un besoin de financement s’élevant à 470 000.


Il est couvert en grande partie par le FRNG correspondant au montant des ressources stables
non utilisés pour le financement de l’actif immobilisé, pour 465 000.

Le FRNG étant insuffisant la société à du recourir à des CBC pour un montant net de 40 000.
La partie non utilisée des CBC au financement du BFR se retrouve en actif de trésorerie (35
000).

49
CAS N° 2
SOCIETE OMEGA

BILAN DES 3 DERNIERES EXERCICES (en milliers de francs)

SOCIETE OMEGA N1 N2 N3

Immobilisations corporelles 186 000 190 000 195 000

Immobilisations financières 2 380 2 660 2 500

Stocks 900 2 800 4 600

Créances clients 3 500 4 500 6 870

Disponibilités 220 40 30

Total 193 000 200 000 209 000

Capitaux propres 65 000 70 000 73 000

Provisions pour risques et charges 1 400 1 500 1 600

Emprunts 122 000 123 000 126 500

Découverts bancaires 0 500 2 500

Dettes fournisseurs 3 300 3 600 3 900

Dettes fiscales et sociale 1 300 1 400 1 500

193 000 200 000 209 000

TRAVAIL A FAIRE

A partir des bilans présentés ci-dessus :

- calculer le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement pour chacun


des trois exercices sociaux.
- Commenter brièvement leur évolution.

50
CORRIGE CAS N° 2
SOCIETE OMEGA
N1 N1/N2 N2 N2/N3 N3
CAPITAUX PROPRES 65 000 70 000 73 000
Provisions pour risque et charge 14 000 1 500 1 600
Emprunts 122 000 123 000 126 500
Immobilisation corporelle -186 000 -190 000 -195 000
Immobilisation financière -2380 -2 660 -2 500

FDRG =FDR 20 1820 1 840 1760 3 600


Stocks 900 2 800 4 600
Créances clients 3 500 4 500 6 870
Dettes fournisseurs - 3 300 -3 600 -3 900
Dettes fiscales et sociale - 1300 - 1 400 -1 500
BDFR= BFCE - 200 2 500 2 300 3 770 6 070
DISPONIBILITES 200 40 30
DECOUVERTS BANCAIRS 0 - 500 -2 500

TRESORERIE 220 - 680 -460 -2 010 - 2 470


Contrôle T N=FDR-FBR

BILAN SYNTHETIQUE DES VARIATIONS


VARIATION N1/ N2
AUGMENTATION DU BFR 2500 AUGMENTATION DU 1 820
FBR 680
BAISSE DE LA
TRESORERIE
2500 2500

VARIATION N2/N3
AUGMENTATION DU BFCE 3770 AUGMENTATION DU BFR 1760
BAISSE DE LA TRESORERIE 2010
3770 3770

COMMENTAIRE SOCIETE OMEGA

Le besoin de financement du cycle d’exploitation augmente de manière importante en


particulier à cause de la croissance des stocks (de 900 à4600) et des créances clients (de 3 500
à 6 870) tandis que les ressources d’exploitation augmentent très peu
L’argent nécessaire au financement de cette croissance a été trouvé dans l’augmentation du
fonds de roulement (de 20 à 3 600) elle même due :
- A une augmentation des emprunts
- A une augmentation de capitaux propres, probablement du à une mise en réserve des
bénéfices annuels

51
Tandis que les actifs immobilisé n’augmentaient que modérément mais l’augmentation du
fonds de roulement a été insuffisante pour financer la totalité des besoins de financement du
cycle d’exploitation le complément a été trouvé dans une baisse sensible de la trésorerie de
(220 à 2 470) en particulier due à l’apparition d’un document bancaire (2 500 l’année N3)
CAS N°3

I Une société envisage de modifier sa situation

TRAVAIL DEMANDE

Afin d’éclairer les dirigeants qui doivent prendre des décisions, il vous est demandé de
compléter le tableau suivant en répondant en cas d’augmentation ( ) en cas de
diminution ( ) et en l’absence de modification ( ).

INFLUENCE SUR
LE BESOIN EN LE FONDS DE
OPERATIONS ENVISAGEES FONDS DE ROULEMENT
ROULEMENT NET GLOBAL

1. Augmentation du capital par incorporation de réserves

2. Augmentation du capital par apports en numéraire

- Si les fonds sont utilisés pour acquérir des immobilisations


- Si les fonds sont utilisés pour augmenter les stocks
- Si les fonds sont utilisés pour augmenter les disponibilités

3. Augmentation du capital par apport en nature


- d’un immeuble
- d’une créance d’exploitation

4. Augmentation du capital par incorporation de dettes


- financières
- d’exploitation

5. Emission d’un emprunt obligataire


- Si les fonds sont utilisés pour acquérir des immobilisations
- Si les fonds sont utilisés pour augmenter des stocks

II QUESTIONS

1°) Expliquer la notion de bilan fonctionnel


2°) Qu’est ce que le fonds de roulement net global ?
3°) Pourquoi le besoin en fonds de roulement d’exploitation est-il également appelé besoin de
financement de l’exploitation ?
5°) Quelle est la relation qui lie les soldes significatifs du bilan fonctionnel
6°) Qu’appelle t-on dégagement de fonds de roulement ?

52
CAS N° 4
ENTREPRISE DELTA S.A

Vous disposez (voir annexe) du bilan après répartition du résultat au 31-12-98 de l’entreprise
DELTA S.A spécialisée dans la fabrication d’articles de loisirs (remorques, toiles de tentes,
sacs de couchages etc...).

Les responsables de la société souhaitent, avant d’envisager un programme d’agrandissement,


procéder à l’analyse de la situation financière au 31-12-98

Une étude précise des différents postes du bilan au 31-12-98 fait apparaître les informations
suivantes :
- les terrains sont estimés 60.000 F
- les constructions sont évaluées à 180.000 F
- L’ensemble des installations et du matériel est estimé à 100.000 F
- Les titres immobilisés sont constitués par 250. actions de valeur nominale 100
F, de la « S.A Marin ».

Des renseignements récents permettent d’estimer la valeur de l’action à120 F.


- la provision pour risque concerne un procès que l’entreprise est certaine de
perdre. L’issue du procès sera connue d’ici 2 mois.

Dans le poste « créances clients et comptes rattachées », figurent des effets à recevoir : 40.000
F peuvent être considérés comme négociables.
- Parmi les créances d’exploitations 10.000 F sont à plus d’un an.
- Les dettes de l’entreprise se décomposent comme suit.
.A plus d’un an : 90.000 F
.A moins d’un an : 475.000 F

TRAVAIL A FAIRE

1/ Apres avoir présenté dans un tableau le calcul des plus ou moins values, vous établirez le
bilan financier détaillé, puis le bilan financier condensé.

2/ Calculer les ratios correspondant au tableau ci-après

SITUATION
MOYENNE DE
RATIOS LA BRANCHE

Autonomie financière : capitaux propres 0,80


DETTES
Financement des investissements : capitaux permanents 1,35
actif à plus d’un an
Liquidité réduite Créances à moins d’1 an +trésorerie Actif 0,80
dettes à moins d’1an
Liquidité immédiate : Trésorerie actif . 0,35

53
dettes à moins d’1 an

3/ Que pensez-vous de la situation de l’entreprise?

Quelle solution doit-on envisager pour améliorer cette situation ?

ANNEXE
DELTA S.A. BILAN AU 31/12/1998
ACTIF BRUT Amortissement NET
et provisions
Frais d’établissement 30.000 22.500 7.500
Terrains 50.000 50.000
Construction 240.000 72.000 168.000
Installations techniques et matériel 180.000 54.000 126.000
Autres immobilisations corporelles 320.000 240.000 80.000
Immobilisations financières 25.000 25.000
TOTAL ACTIF IMMOBILISE 845.000 388.500 456.500

Stock de matières premières et autres approvisionnements 45.000 5.000 40.000


Stock de produits intermédiaires et produits finis 195.000 195.000
Créances clients et comptes rattachés 225.000 12.000 213.000
Créances diverses 23.000 23.000
Valeurs mobilières de placement 8.000 8.000
Disponibilités 25.000 25.000

TOTAL ACTIF CIRCULANT 521.000 17.000 504.000

TOTAL ACTIF 1.366.000 405.000 960.500

PASSIF
Capital 300.000
Réserve légale 30.000
Réserves statutaires ou contractuelles 35.920
Autres 19.880
Report à nouveau 1.000
TOTAL CAPITAUX PROPRES 386.800
Provisions pour risques et charges 8.000
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit 65.000
Emprunts et dettes financières diverses 5.00
Dettes fournisseurs et comptes rattachés 426.800
Dettes fiscales et sociales 69.000
Dettes diverses 4.400

TOTAL PASSIF CIRCULANT 573.700

54
TOTAL PASSIF 960.500

CAS N° 4
ENTREPRISE DELTA S. A
CORRIGE

Poste du bilan Valeur au Estimation Plus-values Moins-


bilan values

Frais d’établissement 7.500 0 7.500


Terrains 50.000 60.000 10.000
Construction 168.000 180.000 12.000
Installation et matériel 126.000 100.000 26.000
Titres immobilisés 25.000 30.000 5.000

27.000 33.500

Moins- values nettes =-33.500+27.000 = -6.500

Terrains 60.000 Capital 300.000


Constructions 180.000 Réserves 85.800
Installations technique et matérielle 100.000 Report à nouveau 1.000
Autres immobilisations corporelles 80.000 Moins values nettes - 6.500
Titres immobilisés 30.000
Créances à plus d’ an 10.000
TOTAL ACTIF A PLUS D’UN AN 460.000 380.300
Stock matières premières 40.000
Stock produits finis 195.000 Dettes à plus d’un an 90.000
Clients et comptes rattachés 173.000 provision à moins d’un an 8.000
Créances diverses 13.000 Autres dettes à moins 475.700
Effets à recevoir 40.000 d’un an
Valeurs immobilières de déplacement 8.000
Disponibilités 25.000
TOTAL ACTIF A MOINS D’UN AN 494.000 TOTAL DETTES A 483.700
MOINS D’UN AN
TOTAL ACTIF 954.000 TOTAL PASSIF 954.000

ACTIF IMMOBILISE A PLUS D’UN AN 460.000 Capitaux propres 380.300


Stock et créances à moins d’un an 421.000 dettes à plus d’un an 90.000
DISPONIBILITES 73.000 dettes à moins d’un an 483.700

954.000 954.000
RATIO
Autonomie financière: 380.300/573.700 =0,66
Financement Investissement: 470.300/460.000 =1,022
Liquidité réduite: 259.000/483.700 =0,54
Liquidité immédiate: 73.000/483.700 =0,15

55
COMMENTAIRE

Tous les ratios sont inférieurs aux moyennes de la branche. On constate notamment:
- Une insuffisance de capitaux propres.
- Une valeur relativement importante de stocks et de produits finis.
- Une importance excessive de dettes vis à vis des fournisseurs.

Solutions envisagées
- Augmentation de capital
- Réinvestissement des bénéfices
- Emprunt à long terme
- Amélioration de la rotation des stocks

56
57
LE TABLEAU DE FINANCEMENT

Pour comprendre l’évolution d’une entreprise, il est nécessaire de disposer, pour chaque
exercice un certain nombre d’informations qui ne fournissent pas (ou pas directement) le
document classique que sont le bilan et le compte de résultat. On peut citer à titre d’exemple
le montant des investissements réalisés, le montant de l’endettement contracté, le montant des
dividendes distribués, le montant de la capacité d’autofinancement etc.…

De telles informations sont contenues dans le tableau de financement. Il en résulte que le


tableau facilite l’analyse des différentes stratégies mise en œuvre par l’entreprise (stratégie de
croissance, de financement, de distribution, de recentrage etc.…)

Le tableau de financement est donc un document particulièrement important qui a été prévu et
rendu obligatoire par le SYSCOA dans le cadre du système normal.

I - APPROCHE GENERALE

La période de référence est naturellement la durée de l’exercice, qui pour le SYSCOA


coïncide avec l’année civile.

Le patrimoine de l’entreprise étant décrit dans le bilan, ce sont le bilan au 31–12–N qui
serviront d’éléments de comparaison pour l’exercice N. Ces bilans sont les bilans avant
répartition du résultat.

31-12-N-1 31-12-N

66N
BILAN AVANT REPARTITION BILAN AVANT REPARTITION
DU RESULTAT AU 31-12-N-1 DU RESULTAT AU 31-12-N

LE TABLEAU DE FINANCEMENT
EXERCICE N

Le tableau de financement décrit la manière dont, au cours de l’exercice, l’entreprise a financé


ses besoins additionnels à l’aide de ses ressources additionnelles. Il s’agit donc d’un
document différentiel.

58
- Le tableau de financement montre comment on est passé du bilan
d’ouverture au bilan de clôture.
Le bilan fournit une image statique de l’entreprise alors que le tableau de financement
fournit une image dynamique de l’activité

- Le tableau de financement fait le lien entre le bilan et le compte de


résultat par l’intermédiaire de la capacité d’autofinancement.

- Le tableau de financement identifie les flux d’emplois et de ressources


de l’entreprise au cours d’une période déterminée.

II - LES DIFFERENTS TYPES DE TABLEAUX DE FINANCEMENT

1 - LES TABLEAUX DESCRIPTIFS DES FLUX DE FONDS

Un flux de fonds correspond à une variation de stock d’emplois et de ressources. Il ne peut se


concevoir que dans une optique fonctionnelle du bilan ; le bilan de SYSCOA est un document
qui identifie les flux de fonds. Les flux de fonds sont des agrégations des flux réels. Ils
correspondent à des flux potentiels de trésorerie car ils conduisent à plus ou moins à un flux
de trésorerie.

Les flux de trésorerie peuvent être classés en trois catégories groupes :


- Les flux de fonds qui sont des agrégations de flux réels et attachés aux
opérations d’investissement et de financement :
Exemples : emprunts souscrits, acquisitions d’immobilisations etc.…
- La capacité d’autofinancement correspondant à la différence entre les
produits donnant lieu à l’encaissement et les charges donnant lieu à des décaissements.
- Les issues de la différence entre les flux réels agrégés et les flux réels
de contrepartie. Ils correspondent à des rétentions de flux et constituent la variation du
besoin en fonds de roulement.
- Les tableaux descriptifs des flux de fonds se répartissent en deux
catégories.
- Les tableaux d’emplois : Ressources dites tableaux de flux de fonds de
roulement qui fait apparaître le calcul de la variation du fond de roulement et l’utilisation
qui a été faite de cette variation.
- Le tableau d’emplois : Ressources dites tableaux « pool de fonds » qui
sans procédé à une affectation qui à une quelconque, comparent un « pool de Ressource »
à un « pool d’emplois ».

2 - Les tableaux descriptifs de flux de trésorerie

Ces tableaux ne sont pas en réalité des tableaux de financement à proprement parler parce
qu’ils sont concentrés sur la trésorerie comme variable stratégique et analysent donc l’origine
de sa variation.

59
On peut distinguer parmi ces tableaux de flux de trésorerie :

- LE CASH FLOWN STATEMENT (état DES MOUVEMENTS DE


TRÉSORERIE) DE L’INTERNATIONAL ACCOUNTING STANDARS COMMITEE
(IASC) éditée en 1991 (norme comptable international N°7)
- Le tableau de Flux de la BCEAO
- Le tableau pluri-annuel de flux financiers (TPFF) que Geoffroy de
Murard a élaboré au cours des années 1972-1975
- Le tableau de flux de centrale des bilans de la banque de France.
- Le tableau de flux analysant la variation de la trésorerie de l’ordre des
experts comptables français (OECF).
En réalité ces tableaux de flux bien qu’étant considérés par certains analystes ne le sont pas
car les tableaux de financement mettent l’accent sur les ressources nouvelles durant l‘exercice
et leur utilisation tandis que les tableaux de flux mettent l’accent sur l’origine de la variation
de trésorerie comme valeur stratégique et structurelle.

DEFINITION :

LE TABLEAU DE FINANCEMENT EST UN tableau des emplois ressources qui


explique les variations du patrimoine de l’entreprise au cours, de la période de référence

C’est un état de synthèse faisant partie des états financiers annuels qui retrace les flux de
ressources et les flux d’emplois de l’exercice.

I- PRESENTATION

Le TAFIRE est divisé en 2 parties :


- une première partie appelée « détermination des soldes financiers » composée de petits
tableaux servant à calculer des soldes financiers intermédiaires.
- une deuxième partie qui constitue le tableau de financement proprement dit.

1°) Première partie « détermination des soldes financiers »

a°) La capacité d’autofinancement globale (C.A.F.G.)

Elle est calculée à partir de l’EBE

C.A.F.G. = EBE
+ production « encaissables à l’exception du PCEAC »
- charge décaissable à l’exception de VCEAC
C.A.F.G. = EBE
+ Transfert de charges
+ Produits financiers
- Charges financières
+ Produit H.A.O. (à l’exception des PCEAC)
- Charges H.A.O. (à l’exception de VCEAC)
- Participation
- Impôts sur le résultat

60
–––––––––––––––––––––––––––––
= CAFG
b°) Autofinancement (A.F.)

AF = CAFG – Distribution des dividendes opérés durant l’exercice.


Il s’agit en général de dividende de l’exercice précédent, mais aussi des acomptes sur
dividende de l’exercice N qui ont été mise en paiement durant l’exercice.

C°) Variation du besoin de financement d’exploitation (BFE)


• Variation des stocks
Variation des stocks de marchandises
Variations des stocks de matières premières
Variations des en-cours de production
Variations des stocks de produits fabriqués
_________________________________________________
A Variation globale nette des stocks

• Variation des créances


Variation des Fournisseurs avances versés
Variation des créances Clients
Variation des autres créances
__________________________________________________
B Variation globale nette des créances

• Variations des dettes circulantes


Variation des « Clients, avances reçues »
Variation des Fournisseurs d’exploitation
Variation des Dettes fiscales
Variation des Dettes sociales
Variation des autres dettes
Variation des risques provisionnés
___________________________________________________
C Variation globale nette des dettes circulantes

Variation du BFE = A + B + C

d°) L’excèdent de trésorerie d’exploitation

C’est un solde qui n’est pas nécessaire à l’établissement du TAFIRE, mais c’est un indicateur
très puissant de gestion financière.
L’ETE est calculé comme suit :
ETE = EBE – Variation BFE – production immobilisée

Ce concept sera étudié plus en détail dans l’analyse de flux de trésorerie.

61
2°) Deuxième partie : LE TABLEAU DE FINANCEMENT

Le tableau de financement met en évidence :

A- LES EMPLOIS ECONOMIQUES A FINANCER

- Investissement et désinvestissement
• Charges immobilisées :
• Croissance interne : investissement dans l’entreprise
• Croissance externe : investissement dans d’autres entreprises (achats de titres, rachat
d’entreprise etc.…)
- Variation du BFE : (Variation des comptes d’exploitation)

B - EMPLOIS TOTAUX A FINANCER

Ils sont formés :


- de l’investissement total
- de la variation du BFE
- de la variation du BFHAO
- des emplois financiers contraints : ce sont les remboursements ou des emprunts
et dettes financières selon échéances prévues dans les contrats et y compris les
remboursements de dettes de crédit bail. Les entreprises n’ont en effet pas de degré de
liberté à ce niveau de leur gestion financière, à la différence des remboursements
anticipés.

Ainsi, ce dernier volet du tableau représentant in fine, le montant total des emplois à financer :
Soit au titre des investissements
Soit à celui du BFR
Soit à celui des remboursements contraints d’emprunts

LES RESSOURCES NETTES FE FINANCEMENT


Ici, sont mises en évidence les ressources de financement que l’entreprise à mise en œuvre
durant l’exercice, et qui éclaire le lecteur sur ce « politique de financement ».

FINANCEMENT INTERNE (AUTOFINANCEMENT)


Ici, sont mentionnés sur la même ligne la CAFG et les dividendes distribués durant l’exercice

FINANCEMENT PAR LES CAPITAUX PROPRES


- Augmentation du capital ou apport : seules les augmentations du capital en
numéraire et en nature apportent des ressources nouvelles à l’entreprise. C’est donc ces 2
modalités qui sont à retenir exclusivement.
- Subventions d’investissements reçues

62
AUGMENTATION DE DETTES FINANCIÈRES
Doivent figurer dans cette rubrique les nouveaux emprunts contactés au cours de l’exercice (à
l’exception de concours bancaires courants).

EXCEDENT OU INSUFFISANCE DES RESSOURCES DE FINANCEMENT


L’ajustement entre ces emplois et ces ressources s’opère par la variation de la trésorerie.

LA VARIATION DE LA TRESORERIE
Elle est obtenue par différence entre la trésorerie nette globale de fin d’exercice et celle du
début d’exercice, cette variation sert à asseoir l’équilibre du flux.
- Variation négative : dégonflement de la trésorerie, recours au crédit de
trésorerie pour combler l’insuffisance de ressources de financement.
- Variation positive : amélioration de la trésorerie grâce à l’excèdent des
ressources de financement.
La trésorerie a joué en tant qu’emploi (augmentation de la trésorerie nette)

CONTROLE
La comparaison des masses des Bilans N et N-1 permet un contrôle de ces variations

COMMENTAIRE DU TAFIRE
L’examen de soldes financiers déterminés dans la première partie du TAFIRE, permet surtout
d’examiner la variation des composantes du BFE et de voir les éléments qui ont été
déterminants dans la hausse ou dans la baisse du BFE.
Cet examen doit permettre les mesures correctives idoines.

DEUXIEME PARTIE DU TABLEAU


Approche globale
Si la trésorerie est positive : cela signifie que la variation du fond de roulement a été
suffisante pour couvrir l’augmentation du BFR et générer un surcroît de trésorerie.
Si la trésorerie est négative : cela signifie que l’augmentation du fond de roulement a été
insuffisante pour couvrir l’augmentation du BFR et que l’entreprise a été obligée de recourir à
des crédits de trésorerie (concours bancaires) comme ressources de financement.

Approche analytique
RESSOURCES DURABLES
Le tableau fait apparaître l’importance relative de chacune des ressources de financement
auxquelles l’entreprise a eu recours :
CAF, cession d’éléments d’actifs, augmentation de capital et augmentation de dettes
financières

Il est intéressant :

63
- de comparer l’augmentation de ressources propres (CAF + cession
d’immobilisations +augmentation de capital) à l’augmentation de dettes financières.
En principe l’augmentation de dettes financières ne saurait être durablement supérieure à
l’augmentation de capitaux propres :
- de mesurer l’importance de la CAF par rapport à l’ensemble des
ressources. Plus la CAF est importante, plus grande est l’autonomie financière de
l’entreprise.
- d’analyser le contenu de la rubrique « cession d’éléments d’actifs
immobilisé » ; En particulier si, de forts sommes figurent sous cette rubrique, il est
probable que l’entreprise met en œuvre une stratégie de recentrage (cessions d’usines, de
filiales).

EMPLOIS STABLES

L’examen des emplois stables (notamment quant il a lieu sur plusieurs années) permet
d’apprécier :
- La politique de distribution de dividendes et corrélativement la
politique d’autofinancement (autofinancement = CAF – dividendes distribués)
- La stratégie de croissance : si l’augmentation des immobilisations
corporelles l’emporte sur l’augmentation des immobilisations financières, l’entreprise met
en œuvre une stratégie de croissance interne.
Dans les cas contraires, il s’agit d’une stratégie de croissance externe.
Un relatif équilibre entre immobilisation corporelle et immobilisation financière exprime
une stratégie de croissance mixte.
- La politique d’endettement / désendettement : si les augmentations de
dettes sont supérieures aux remboursements, l’entreprise s’endette et inversement.

64
CAS N° 6
RIBOT

On donne ci-dessous les bilans N et N-1, le compte de résultat N ; et d’autres informations


relatives à l’entreprise RIBOT :

N N-1
ACTIF Brut A et Net Net PASSIF N N-1
P
Charges à répartir 8 8 Capital 1 200 1 000
Immobilisations 100 80 20 -40 Réserves 180 140
incorporelles Résultat de l’exercice 60 80
Immobilisations 2000 1000 1000 360 Subvention -
corporelles 70 10 60 d’investissement 9
Immobilisations 0 0 0 420 Provisions pour 48 40
financières risques 80 50
24 6 18 Provisions pour 400
Stocks 0 0 0 140 charges 800 (1)
Créances 1010 180 830 640 Emprunts obligataires
d’exploitation Emprunts auprès des 4
36 36 établissements 20(2) 200 (3)
Créances diverses(1) 0 - 0 300 de crédit 200
Dettes fournisseurs 240 56
Valeurs mobilières 100 100 160 Dettes fiscales et 60
de placement 1 - 1 sociales 34
Disponibilités 9 9 140 Dettes diverses (1) 20
-
4537 1420 3117 2 200 3 117 2200
(1) dont à moins d’un 100
an
(2) dont concours b ; 60 100
courants
(3) dont à moins d’un
an

(1) HAO

65
Compte de résultat

Charges d’exploitation Produits d’exploitation


Achat de marchandises 400 Ventes de marchandises 1 000
Variation stock de marchandises -20 Production vendue 2 000
Achat de matières premières 800 Transfert de charges (1) 10
Variation stock matières premières -20
Achats non stockés 200 Reprises sur provisions 60
Services extérieurs 460 Produits financiers
Impôts et taxes 50 Revenus financier 36
Charges de personnel 680 Produits H.A.O.
Produits de cessions 16
Dotation amortissement et prov. 270 d’immobilisations
Reprise sur subvention 3
Charges financières d’investissement

Intérêts et charges assimilés 143


Dotation amortissement et prov. 20
Charges H.A.O.
Valeur comptable des cessions 20
Participation des salariés 6
Impôt sur le résultat 56
Résultat de l’exercice 60
3 125 3 125

(1) transfert de charges au compte de charges à répartir

Informations complémentaires

 Tableau des immobilisations


Valeurs brutes Valeurs
au début de augmentations diminutions brutes à la fin
l’exercice de l’exercice
Immobilisations incorporelles 100 - - 100
Immobilisations corporelles 1 360 840 200 2 000
Immobilisations financières 540 160 - 700

 Montants bruts au 31 décembre (n-1) des

- Créances d’exploitation : 810


- Autres débiteurs : 300

Travail à faire :

1) Calculer la CAF

2) Etablir le tableau de financement

3) Commenter le tableau de financement

66
Gestion financière
CORRIGE
Entreprise RIBOT

Soldes significatifs de gestion

Vente de marchandises = 1 000


Achats de marchandises = 400
Vendus de stocks = - 20
380

Coût d’achat Mar. Vendues = 380


MARGE BRUTE = + 620
Production vendue + 2 000

Achats stocks d’approv. = + 800


Variation de stocks = - 20
Achats non stockés = + 200
Services extérieurs = + 460
Impôts et taxes = + 50
Consommations externes = + 1 490 = - 1 490
VALEUR AJOUTEE 1 130
Charges de personnel 680
EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION = + 450
+ Transfert de charges = + 10
+ reprise sur provisions = + 60
- Dotations aux amortissements = - 270
RESULTAT D'EXPLOITATION = + 250

ACTIVITE FINANCIERE
Autres intérêt et produits assimilés = + 36
Intérêts et charges assimilés = - 143
DAP = - 20
Résultat financier = - 127 - 127
RESULTAT ACTIVITES ORDINAIRES 123

REPORT 123

HORS ACTIVITES ORDINAIRES

Produits des cessions d’immobilisation = + 16


Reprise de subvention d’investissement =+ 3
Valeur comptable des cessions d’éléments = - 20
Résultat H.A.O. =- 1

Participation des salariés =- 6


Impôt sur le résultat =- 56
RESULTAT NET = 60

Calcul de la CAF
CAF 1er méthode
EBE = + 450
Transfert de charges = + 10
+ Autres intérêts assimilés = + 36
- Intérêts et charges assimilés = - 143
- Participation des salariés =- 6
- Impôts = - 56
CAF = 291

67
2ème méthode
Résultat de l’exercice = + 60
+ DAP = + 290
- Reprise sur prov. = - 60
+ VCEAC = + 20
- Produits C.E.A. cédés =- 16
- Reprise de subvention d’investissement =- 3
CAF = + 291

Calcul de la VAG
Valeur ajoutée du compte de résultat = 1 130
+ Transfert de charges =+ 10
+ Autres intérêts et produits assimilés =+ 36
VAG = 1 176

Répartition de la VAG
Personnel = 686
Etat = 56
Prêteurs = 143
CAF = 291
1 176
EXCEDENT BRUT GLOBAL
VAG – charges de personnel
1 176 – 686 = 490

EXCEDENT BRUT GLOBAL

Variation de stock de marchandises = + 20


Variation de stocks des achats stockés d’appr = + 20
+ 40

Variation des créances d’exploitation


Créances d’exploitation = 1010 – 810 = 200

Variation des dettes d’exploitation


Dettes fournisseurs = 240 – 200 = 40
44
Dettes fiscales et sociales = 60 – 56 = 4

Variation de BFE = 40 + 200 – 44 = 196

Variation du BFHAO

Créances H.A.O.
Créances diverses = 360 – 300 = 60

Dettes H.A.O.
Dettes diverses = 20 – 34 = - 14

Variation BFHAO = 60 – (-14) = + 74

68
1) CALCUL DE FNRG DES EXERCICES N ET N-1

N N-1
Capital 1 200 1 000
Réserves 180 140
Résultats 60 80
Subventions d’investissement 9 -
Provisions pour risques 48 40
Provisions pour charges 80 50
Emprunts obligataires 800 400
Emprunts auprès des établissements de crédit 420 200
Concours bancaires courants - 60 -
Amortissement et provisions d l’actif 1420 1 410

RESSOURCES DURABLES 4157 3 320


Immobilisations incorporelles 100 100
Immobilisations corporelles 2000 1360
Immobilisations financières 700 540
Charges à répartir sur plusieurs exercices 8 -

ACTIF IMMOBILISE 2 808 2000


FRN GLOBAL 1 349 1 320

Var FRNG = + 29

Exercice N Exercice N
Emplois Ressources Emplois Ressources
INVESTISSEMENTS ET FINANCEMENT / INTERNE
DESINVESTISSEMENTS
Dividendes / CAFG 40 291
Charges immobilisées + 10
FINANCEMENT PAR
CAPITAUX PROPRES
CROISSANCE
- Augmentation de capital 200
INTERN - - - Subvention 12
E d’investissement
Acquisitions / Cessions
Immobilisations incorporelles 840 16 FINANCEMENT PAR DE
NOUVEAUX EMPRUNTS
Acquisitions / Cessions
Immobilisations corporelles 160 Emprunts 760

Acquisitions / Cessions
Immobilisations financières

RESSOURCES NETTES DE
INVESTISSEMENT TOTAL 994 FINANCEMENT 1 223
EXCEDENT OU INSUFFISANCE
Variation du BFE 196 DE FINANCEMENT 241
Emplois économiques à financer 1 190 Variation de la trésorerie
EMPLOIS / RESSOURCES + 74
Trésorerie nette
A la clôture = 59
EMPLOIS FIXES CONTRAINTS 200
A l’ouverture = 300

EMPLOIS TOTAUX A
FINANCER 1 464 Variation de trésorerie = 241 241

69
Contrôle (à partir des masses des bilans N et N-1) EMPLOIS RESSOURCES

Variation du fonds de roulement : (FdR) : FdR (N) – FdR (N-1) 29


Variation du BFG : BFG (N) – BFG (N-1) 270
Variations de la trésorerie : T (N) – T (N-1) 241
270 270

Commentaire du tableau de financement :

L’entreprise a réalisé un important programme d’investissement (immobilisations corporelles,


essentiellement).
La CAF dégagée étant insuffisante, il a fallu procéder à une augmentation de capital et surtout
recourir à UN endettement important globalement de FRNG s’améliore légèrement (+29).

L’augmentation du BFR (270) qui est essentiellement due à celle du BFRE (196), est
nettement supérieur à l’augmentation du FNRG. Il en résulte une chute importante de la
trésorerie active te l’apparition de concours bancaires courants.

70
CAS
DE GESTION FINANCIERE
SOCIETE SIMPLEX

On donne en annexes :
• Les bilans au 31.12. (n – 1) et au 31.12.n de la société Simplex,
• Les tableaux des immobilisations, des amortissements et des provisions relatifs à
l’exercice n,
• Le tableau des affectations de résultat relatif à l’exercice (n –1).

Renseignements complémentaires :
Dans le compte de résultat de l’exercice (n) figure le compte : « produits de cessions
d’éléments d’actif » : 75 ;
Au cours de l’exercice n, il y a eu :
• Des remboursements de dettes :
- 400 au titre des emprunts obligations,
- 120 au titre des emprunts et dettes financières diverses ;

• Un nouvel endettement au titre des emprunts et dettes financières pour 1920.

Les dettes fiscales et sociales relèvent en totalité de l’exploitation.

TRAVAIL A FAIRE

1) Calculer la CAFG

2) Etablir le tableau de financement

3) Commenter le tableau de financement

71
BILAN AU 31.12. (n – 1) AVANT REPARTITION

.
Actif Montant Amort. Montant Passif
brut Provision net
Immobilisations incorporelles Capital 4 000
Frais d’établissement 580 152 428 Primes d’émission 38,25
Réserve légale 320
Immobilisations corporelles Autres réserves 12,75
Terrains - Résultat net de l’exo. 430
Constructions 710 710 Sub. d’investissement 92
Installations techniques, mat.et outil 3 650 1 570 2 080
industriel 9 175 6 643 2 532 Prov. Pour risques 65
Autres immobilisations corporelles Prov. Pour charges 78
2 300 1 820 480
Immobilisations financières Autres emprunts oblig. 3 800
Participations Emprunts et dettes
Prêts 1 200 130 1 070 financières diverses 280
35 - 35
Stocks et en-cours Fournisseurs et
Matières premières et consommables compte rattachés 1 720
Produits intermédiaires et finis 212 28 184 Dettes fiscales et sociale 193
215 36 179
Créances
Clients et comptes rattachés
Créances diverses 1 520 142 1 378
830 - 830
Valeurs mobilières de
placement
Actions
Bons du trésor 450 95 355
120 - 120
Disponibilités
TOTAL 648 - 648

21 645 10 616 11 029 11 029

72
BILAN AU 31.12.n (avant répartition)

Actif Montant Amort. Montant Passif


brut Provision net
Immobilisations Capital 4 000
incorporelles et charges immob Primes d’émission 38,25
Frais d’établissement 580 342 238 Réserve légale 341,25
Autres réserves 21,25
Immobilisations corporelles Résultat net de l’exo. 480
Terrains 1 710 1 710 Sub. d’investissement 80
Constructions 3 650 -1 755 1 895
Installations techniques, mat.et outil 9 601 6 944 2 657 Prov. Pour risques 65
industriel Prov. Pour charges 70
Autres immobilisations corporelles 2 300 1 940 360
Autres emprunts oblig. 3 400
Immobilisations financières Emprunts et dettes
Participations 3 000 130 2 870 financières diverses 2 080
Prêts 20 - 20
Fournisseurs et
Stocks et en-cours compte rattachés 1 500
Matières premières et consommables 192 32 160 Dettes fiscales et 480
Produits intermédiaires et finis 230 30 200 sociales
Dettes diverses 268
Créances
Clients et comptes rattachés 1 700 160 1 540
Créances diverses 630 - 630

Valeurs mobilières de
placement 450 95 355
Actions 100 - 100
Bons du trésor
89 - 89
Disponibilités
TOTAL 24 242 11 428 12 824 12 824

73
TABLEAU DES IMMOBILISATIONS (31.12.n)

A B C D
Situations et Valeur brute à la Augmentations Diminutions Valeur brute
mouvements fin de l’ex. à la fin de
Rubriques précédent l’ex.
Immobilisations incorporelles 580 - - 580
Immobilisations corporelles
• Terrains 710 1 000 - 1 710
• Constructions 3 650 - - 3 650
• Instal. Industrielles 9 175 770 344 9 601
• Autres immob. corp. 2 300 - - 2 300

Immobilisations financières
• Participations 1 200 1 800 - 3 000
35 - 15 20
• Prêts
TOTAL 17 650 3 570 359 20 861

TABLEAU DES AMORTISSEMENTS (31.12.n)

A B C D
Situations et Montants des Diminutions Montants des
mouvements amort. cumulés à Dotations de d’amort. de amort.
Rubriques la fin de l’ex. l’exercice l’exercice cumulés à la
précédent fin de l’ex.
Immobilisations incorporelles 152 190 - 342
Immobilisations corporelles
• Constructions 1 570 185 - 1 755
• Instal. Industrielles 6 643 585 284 6 944
• Autres immob. corp. 1 820 120 - 1 940
TOTAL 10 185 1 080 284 10 981

74
TABLEAU DES PROVISIONS (31.12.n)

A B C D
Situations et Montants des Reprises. de Montants des
mouvements prov. Dotations de l’exercice prov
Rubriques comptabilisées à l’exercice comptabilisée
la fin de l’ex. à la fin de
précédent l’ex.
Provisions pour risques 65 - - 65
Provisions pour charges 78 - 8 70
Provisions pour depreciations 431 164 148 447
.
TOTAL 574 164 158 582

Origines :
Résultat net de l’exercice 430
Affectations :
Réserve légale 21,5
Autre réserves 8,5
Dividendes 400

430 430

75
CORRIGE SOCIETE SIMPLEX

1) Calcul de la CAF
Résultat de l’exercice = 480 (bilans)
Dotations aux amortissements = 1080 (tableau des amortissements)
Dotations aux provisions = 164 (tableau des provisions)
Reprises sur provisions = 156 (tableau des provisions)
Valeurs comptables des cessions
d’immobilisation (344 – 284) = 60 (tableau des immobilisations et des amortissements)
Produits des cessions d’immobilisations = 75 (renseignements complémentairement)
Reprises de subvention d’investissement = 12 (bilans)
CAFG 1 541

EMPLOIS
Charges immobilisés : pas d’acquisition (voir tableau des immobilisations)
Immobilisations corporelles = 1 770 (voir tableau immob.)
Acquisition terrain : 1 000
Acquisition installation : 770

Immobilisation financière = 1 800 (voir tableau immob.)

BFE = 108
Variations stocks N N-1 Variation
Matières premières 192 212
Produits finis 230 215
422 427 -5
variation de créances
Créances d’exploitation 1 700 1 520 180

variations dettes d’exploitation


Dettes fournisseurs 1 500 1 720
Dettes fiscales et sociales 480 193
1 980 1 913 +67

BF HAO N N-1 Variations


Créances diverses 630 830 -200
Dettes diverses 268 - +268
BF HAO = - 468

Emplois financiers contraints


Emprunts obligatoires = 400 (informations complémentaires)
Emprunts et dettes financières = 120 (informations complémentaires)

RESSOURCES
- Cessions d’immobilisations = 75 (informations complémentaires)
- Réductions des prêts : (35 - 20) = 15
- Nouveaux emprunts : 1 920

76
Emplois Ressources Emplois Ressources
Investissements / CAFG 400 1 541
Désinvestissements 1 770 75 Financement par capitaux -
Immobilisations corporelles 1 800 15 propres
Immobilisations financières Financement par emprunt 1 920
INVESTISSEMENT TOTAL 3 480
BFE 108
EMPLOIS ECONOMIQUE A 3 588
FINANCER
BF HAO - 468
RESSOURCES NETTES 3 061
Emplois financiers contraints 520 DE FINANCEMENT
Insuffisance de ressource à
financer 579
TN clôture = 639
EMPLOIS TOTAUX A TN ouverture = 1 218
FINANCER 3 640 ––––––––
Variations 579 579
trésorerie

77
78
FLUX DE TRESORERIE ET ANALYSE DE LA LIQUIDITE

I. LES FLUX DE TRESORERIE

Les opérations que l’entreprise réalise avec son environnement se traduisent immédiatement
ou à terme, par des flux de trésorerie sur un exercice donné, la différence
Encaissement - Décaissement
représente l’excédent ou le déficit global de trésorerie ▲T obtenu au cours de cet exercice.
Cet excédent global de trésorerie est aussi donné par la relation fondamentale :
VarT = Var FR – Var BFR
▲T provient de deux origines distinctes :
- les opérations de gestion (opérations affectant le compte de résultat, sauf
cessions d’éléments d’actifs).
- les opérations d’investissement et de financement

GESTION
ENCAISSEMEN INVESTISSEMENT FINANCEMENT
T .

TRESORERIE

DECAISSEMENTS DECAISSEMENTS

On a donc :

EXCEDENT DE TRESORERIE EXCEDENT DE TRESORERIE SUR


+ = ▲FR -▲BFR = ▲T
SUR OPERATION DE GESTION OPERATION D’INVESTI. ET DE FINAN

1) EXCEDENT DE TRESORERIE PROVENANT DES OPERATIONS DE GESTION


(ETOG)

1.1 DEFINITION DE ETOG


L’excédent de trésorerie provenant des opérations de gestion, relatif à un exercice donné est la
différence entre les produits de gestion encaissés au cours de cet exercice et les charges de
gestion décaissées au cours de ce même exercice.
ETOG = Produits de gestion encaissés - Charges de gestion décaissées
Par produits et charges de gestion, il faut entendre produits et charges d’exploitation,
financiers et exceptionnels (sauf PCEAC et VCEAC)

1.2 CALCUL DE L’ETOG

79
L’ETOG peut être calculé à partir de la CAF, moyennant certaines corrections.
RAPPEL : CAF = Produits encaissables (sauf PCEAC) - Charges décaissées (sauf VCEAC)
b) Correction relative aux variations de stocks
La CAF est calculée en tenant compte des variations de stocks. Il s’agit de connaître la
ressource dégagée par les opérations de gestion réalisées au cours de l’exercice, compte tenu
des ventes et des consommation de cet exercice.
Or la constatation des variations de stocks n’a aucun effet sur la trésorerie. (Ce sont des
éléments calculés et les fournisseurs d’approvisionnement seront réglés quelque soit la
consommation réalisée). Par conséquent il faut éliminer les variations de stocks de la CAF
pour le calcul de l’ETOG.

c) Correction relative aux variations de créances et de dettes


En raison des crédits interentreprises, tous les produits de gestion encaissables de l’exercice N
ne sont pas encaissés au cours de l’exercice.
Au 31-12/N il subsiste donc des créances nées en N.
Par contre, des créances antérieures à l’exercice N ont été encaissées de sorte que l’on a :
Produit encaissés = Produits encaissables - Créances nées en N + encaissement de créances
antérieures
Cette relation s’écrit aussi :
Créances au 31-12-N = Créances au 31-12- (N-1) + Créances N - Créances antérieures encaissées
d’où
Créances au 31-12-N - Créances au 31-12 (N-1) = Créances N - Créances antérieures encaissées
( ▲ Créances )
On peut écrire donc :
produits encaissés = Produits encaissables – variations de Créances
De même, toutes les charges décaissables de l’exercice N, n’ont pas été décaissées. Par contre
les dettes antérieures ont été réglées.
le même raisonnement conduit à :
Charges décaissées = Charges décaissables – variations de dettes
La prise en compte des variations de créances et des dettes constitue la troisième correction à
apporter à la CAF pour obtenir l’ETOG.
Donc la relation liant L’ETOG et la CAF est la suivante :
ETOG = CAF - Production immobilisée – variations de Stocks - variations de Créances +
variations de Dettes
= CAF - Production immobilisée - (var de Stocks + var de Créances – var de Dettes )
( var du BFR )

ETOG = CAF - Var BFR

1.3 INTERET DE L’EXCEDENT DE TRESORERIE PROVENANT DES OPERATIONS


DE GESTION (ETOG)

l’ETOG permet de savoir si les opérations de gestion améliorent où détériorent la trésorerie.


Une entreprise dont les opérations de gestion réduirait la trésorerie (ETOG<0) se trouverait
dans une situation critique et risquerait d’être confronté à bref délai, au problème de non
liquidité.

80
Si au contraire L’ETOG est largement positif, il exprime l’existence d’un potentiel
d’autofinancement et est le signe d’une bonne rentabilité.
Par ailleurs la relation : ETOG = CAF - ▲ BFR -production immobilisée, montre bien que la
CAF ne peut être assimilé à de le trésorerie entièrement c’est à dire une ressource disponible à
100%.
En réalité l’excédent de trésorerie sur opération de gestion (ETOG) dépend de l’importance
respective de la CAF et de la variation du besoin en fonds de roulement (ABFR).

Exemple de situation possible pour une CAF de 100

CAF (hors production


immobilisés) 100 100 100
AFBR + 120 0 - 50
EXCEDENT DE - 20 100 + 150
TRESORERIE SUR La gestion consomme La gestion dégage une La gestion dégage une
OPERATION DE de la trésorerie trésorerie égale à la trésorerie supérieure à
GESTION CAF la CAF

2. L’EXCEDENT DE TRESORERIE D’EXPLOITATION (ETE)

Dans l’ensemble des opérations de gestion, une place particulière est réservée aux opérations
d’exploitation, c’est à dire aux opérations cycliques caractéristiques de l’activité de
l’entreprise.
Ces opérations dégagent au cours de l’exercice un excédent (ou un déficit) de trésorerie
Dénommé/ EXCEDENT DE TRESORERIE D’EXPLOITATION (ETE)
En général L’ETE constitue l’élément principal de L’ETOG.
Schématiquement on a :

OPERATION d’exploitation ETE

OPERATIONS
Autres opérations
DE GESTION
de gestion
Excédent de T. sur autres
oper. de gestion
o

= ETOG
2.1 DEFINITION DE L’ETE

L’excédent de trésorerie d’exploitation (ETE ) est la trésorerie générée (ou consommée ) au


cours de la période par les seules opérations d’exploitation.

2.2 CALCUL DE L’ETE

a) Calcul de l’ETE à partir de l’EBE


Une démarche analogue à celle qui a été conduit pour l’ETOG permet d’établir la relation liant

81
l’ETE et l’EBE. Mais ici ne seront concernées que les opérations d’exploitation exclusivement
(au sens strict).
Dés lors à la CAF, on doit substituer L’EBE et à la variation du BFR, on doit substituer la
variation du BFE ou (BFRE) et l’on a :

ETE = EBE -Var BFE

On peut également donner une démonstration plus analytique :


On a :
ETE = Ventes H.T + subvention et autres produits d’exploitation - Achat HT - ▲Créance
d’exploitation - Autres charges d’exploitation + ▲ Dettes d’exploitation

EBE = Ventes HT + Production Stockée + Production immobilisée +subvention autres


produits
d’exploitation - Achats HT - ▲ stocks - autres charges d’exploitation

EBE - ETE = Production stockée + ▲ stocks + ▲ créances d’expl - ▲ Dettes d’exploitation


= ▲ de stocks + ▲ créances d’expl - ▲ Dettes d’exploitation

ETE = EBE - ▲ BFE (ou ▲ BFRE) - Production immobilisée

b) CALCUL DE L’ETE à partir de l’excédent sur opérations

EXCEDENT SUR OPERATIONS = ESO = EBE - ▲ stocks

ETE = ESO -Var Créances d’exploitation +Var Dettes d’exploitation

La différence : ▲ Créances d’exploitation - ▲ Dettes d’exploitation est souvent dénommée


Variation de l’encours commercial
▲ encours commercial
d’où
ETE = ESO -Var encours commercial

c) Calcul de l’ETE A PARTIR DES ENCAISSEMENTS ET DES DECAISSEMENTS

ETE = Encaissement sur opérations d’exploitation - décaissement sur opération d’exploitation

INTERET DE L’ETE

ETE représente la trésorerie gagnée ou perdue par l’entreprise au cours de l’exercice, du seul
fait de ses opérations d’exploitation.
Si ETE est négatif cela signifie que l’exploitation consomme de la trésorerie au lieu d’en
dégager : Les encaissements sont inférieurs aux décaissements. Il s’agit alors d’une situation
grave qui sauf exception traduit une rentabilité insuffisante. Une telle situation ne peut se
prolonger que dans la mesure ou l’entreprise trouve dans ses autres opérations, le complément
de trésorerie pour faire face à ses échéances.
Il est donc nécessaire de contrôler régulièrement l’évolution de l’ETE .Ceci peut être fait
trimestriellement ou mensuellement en utilisant la relation :

82
ETE = ESO - ▲ encours commercial (qui dispense de l’évaluation de stocks)
Plus ETE est important, plus la rentabilité de l’exploitation et le potentiel d’autofinancement
sont grands.
3. EXCEDENT DE TRESORERIE SUR OPERATIONS D’INVESTISSEMENTS ET DE
FINANCEMENT
Il correspond à la variation de trésorerie de la période induite par les opérations
d’investissement et de financement.
ETOIF = (Encaissement - décaissement) provenant des opérations d’invest. et de financement
ETOIF = Ressources (encaissement potentiels) – Emplois encaissement potentiels) de la
période sur opérations d’investissement et de financement
+
Créances et dettes provenant des opérations d’investissement et de financement
Créance n-1 (liés aux opérations de financement et d’investissement)
Dettes n -1 (liés aux opérations de financement et d’investissement)

Créances et dettes provenant des opérations d’investissement et de financement


Créances n (liés aux opérations de financement et d’investissement)
Dettes n (liés aux opérations de financement d’investissement)

Schématiquement on a :

- CAF
- Dividendes
- Cessions ou réductions d’éléments
- Acquisition d’éléments de l’actif
de l’actif immobilisé
immobilisé
- Augmentation de capitaux propres
- Charge à répartir EXCEDENT DE TRESORERIE
SUR OPERATIONS - Augmentation de dettes financières
- Réduction de capitaux propres
D’INVESTISSEMENT ET DE
- Remboursement de dettes financières
FINANCEMENT

Donc
on
peut écrire que :
Excédent de trésorerie sur
opérations d’investissement = Ressources durables - Emplois
et de financement autres que la CAF Stables
= Ressources durables - Emplois Stables - CAF
( ▲ FR )

= Var FR - CAF

d’où

83
EXCEDENT DE TRESORERIE SUR
OPERATIONS D’INVESTISSEMENT = Var FR - CAF + Production immobilisée

Toutefois la validité de cette relation suppose que les opérations soient réalisées au comptant.
Dans le cas contraire, il faut tenir compte de décalages figurants essentiellement dans les
rubriques suivants :
Capital souscrit et non appelé
Capital souscrit, appelé et non souscrit
et
Dettes sur immobilisations

ainsi on peut écrire la relation fondamentale suivante

Excédent de trésorerie sur opération de gestion (ETOG)


+ Excédent de trésorerie sur opération d’investissement et de financement
Excédent globale var T = var FR - var BFR
En effet on écrit :
ETOG = CAF - varBFR
+
ETOIF = var FR - CAF
Var T = var FR - var BFR

Il faut noter que l’excédent de trésorerie sur opération d’investissement et de financement peut
être décomposé en deux éléments :
- L’excédent de trésorerie sur opérations d’investissements
- L’excédent de trésorerie sur opérations de financement

II. ANALYSE DE LA LIQUIDITE

1. LA NOTION DE LIQUIDITE
Une entreprise est liquidée quand les ressources dégagées par les opérations courantes lui
fournissent les disponibilités pour faire face à ses échéances à court terme.

2. LES PRINCIPALES APPROCHES DE LA LIQUIDITE

2-1 Les ratios traditionnels et leurs limites


Ces ratios sont calculés à partir du bilan financier

• Ratio de liquidité générale = ACTIF A MOINS D’UN AN .


DETTES A MOINS D’UN AN
Les deux termes de ce ratio définissent le fonds de roulement financier. Or la liquidité ne peut
être valablement apprécier à partir du seul fonds de roulement. L’information donnée par ce
ratio est un intérêt limité. S’il est supérieur à 1, l’entreprise a un fonds de roulement positif.
S’il est inférieur a 1 , le fonds de roulement est négatif. Mais cela ne permet pas de préjuger du
degré de liquidité de l’entreprise. En fait il s’agit plus d’un ratio de solvabilité que d’un ratio
84
de liquidité. La solvabilité étant l’aptitude de l’entreprise à régler ses dettes dans l’hypothèse
d’une liquidation.

• Ratio de liquidité réduite: = Créances a moins d’un an et disponibilités .


DETTES A MOINS D’UN AN ET C.B.C

Nous avons vu que la liquidité de l’entreprise ne pouvant se ramener à une confrontation des
créances et des dettes à court terme.
En conséquence ce ratio ne peut donner qu’une information partielle sur cette liquidité. On ne
peut même pas être sur à priori, qu’une augmentation de ce ratio traduise une amélioration da
la situation. Tous dépend, en effet de la qualité des créances et de leurs échéances.

• Ratio de liquidité immédiate : DISPONIBILITES .


DETTES A MOINS D’UN AN
Ce ratio n’a pas de signification réelle.

2-2 Les conceptions basées sur les flux

Dans cette optique, la liquidité est appréciée sur une durée qui correspond à celle de l’exercice.

a) Au niveau des opérations courantes

Après règlement des opérations courantes telles que : achats charges de personnel, charges
financières, impôts, l’excédent de trésorerie résiduel, dû aux opérations courantes et
dénommé :
« EXCEDENT DE TRESORERIE SUR OPERATIONS DE GESTION » ETOG est donné par
la relation

ETOG = CAF - Var BFR

Par conséquent si, pour un exercice, on a :

CAF (hors produit immobilisé) > ▲BFR, l’entreprise est en mesure de faire face aux
échéances relative à la gestion courante et obtient, de plus un supplément de trésorerie.

Dans le cas contraire CAF < var BFR l’entreprise ne dégage pas de ressources suffisantes
pour faire face à ses échéances courantes.

On admet généralement qu’il y a lieu d’inclure, dans les échéances à court termes ces
remboursements de dettes financières.

En effet, si les ressources dégagées par les opérations courantes ne permettent de couvrir le
remboursement de dettes financières, l’entreprise s’appauvrit et une telle situation ne saurait se
prolonger durablement.

Dés lors on peut dire que la liquidité de l’entreprise est assurée si :

CAF – var BFR - remboursement de dettes financières > 0


3) Au niveau des opérations d’exploitations (au sens strict)

On préfet souvent raisonner à partir de l’ETE ,donc à partir de l’excédent brute d’exploitation
(EBE) et de la variation du besoin en fonds de roulement d’exploitation (▲BFRE) .
Cette préférence s’explique par les raisons suivantes :
85
D’abord, l’EBE et la variation du BFRE représentent, respectivement l’essentiel de la CAF et
de la variation du BFRE (donc cette substitution n’entraîne pas de trop grandes distorsions,
d’autant comme on va le voir on intègre dans l’expression de la liquidité, les charges d’intérêt
et l’impôt sur le bénéfice)

Ensuite l’EBE et la variation du BFRE dépendent exclusivement, des opérations


d’exploitations, lesquelles peuvent faire l’objet de prévision. On peut donc prévenir l’EBE et
l’EBFR
Enfin, en substituant l’excédent sur opérations (ESO) à l’EBE et l’encours commerciales à la
variation du BFRE, il est facile de suivre l’évolution de la liquidité sur les périodes inférieures
à la durée de l’exercice (trimestre, mois)

L’expression de la liquidité peut alors s’écrire :

EBE - var BFRE - CHARGES D’INTERET - REMBOURSEMENTS DETTES - I.R ≥ 0

ETE - CHARGES D’INTERET - REMBOURSEMENT DETTES - I.R ≥ 0

Certains analystes financiers estiment que les dividendes doivent être autofinancés ce qui
explique l’expression de liquidité au niveau des opérations courantes globales :
CAF - Var BFR - Dividendes - REMBOURSEMENTS > 0

4) L e suivi de la liquidité
Ce suivi peut être réalisé sur des opérations telles que le trimestre ou le mois. Il consiste à
calculer L’EXCEDENT DE TRESORERIE D’EXPLOITATION (ETE) en utilisant la relation

ETE = ESO - ▲ encours commerciaux

que de l’évaluation des stocks


ESO (Excédent sur opération) = EBE - ▲ Stocks
= Produits d’exploitation - Charges d’exploitation
autre que stocks autres que stocks
▲ Encours commerciaux = ▲ créances d’exploitation - ▲ dettes d’exploitation

Exemple simplifié

MOIS J F M
(1) CAHT 100 95 100
(2) ACHAT et autres charges externes 30 34 40

86
(3) CHARGES DE PERSONNEL 40 42 44
(4) ▲ Créances d’exploitation + 10 +12 +18
(5) ▲ Dettes d’exploitation + 7 +8 +4
ESO ( (1) - [(2) + (3) ] ) 30 19 26
▲ encours commerciaux = (4) - (5) 3 4 14
ETE 27 15 12

Un tel tableau permet de suivre de très près l’évolution de l’ETE, de déceler les dérivés et de
prendre les mesures correctives nécessaires rapidement.

LES TABLEAUX DE FLUX

87
I) REMARQUES PRELIMINAIRES
1°) Finalité des tableaux de flux
Les tableaux de flux constituent un outil d’analyse privilégié; qui rompant avec l’optique
patrimoniale , repose sur une approche dynamique et cherche à mettre en évidence les choix
stratégiques de l’entreprise et leurs conséquences pour l’avenir de celle-ci
Ils regroupent l’ensemble des flux de trésorerie d’une entreprise pour un exercice donné et
permettent :
_ de déterminer la variation de la trésorerie d’un exercice
_ d’établir un diagnostic sur la situation de l’entreprise, en complément à d’autres analyses
Ils peuvent être établis à posteriori, à partir des documents comptables passés où à priori en
fonction d’une démarche prévisionnelle
2°) La formation de la trésorerie
La trésorerie longtemps considérée comme accessoire et dans une optique limitée au court
terme, occupe une place centrale dans tous les tableaux de flux
La trésorerie dégagée représente pour l’entreprise le résultat de ses choix stratégiques et traduit
son niveau de potentialité.
L’emploi qui en est fait engage l’avenir et va influencer sur l’équilibre dynamique des flux
futurs.
Les tableaux de flux tentent de répondre aux deux questions suivantes.
Comment l’entreprise dégage t-elle de la trésorerie?
Que fait-elle de la trésorerie dégagée
3°) Origine des informations nécessaires
Le regroupement des flux de trésorerie suppose que l’on dispose:
_ du compte de résultat : il contient des flux relatifs aux opérations courantes ainsi qu’aux
cessions d’élément de l’actif immobilisé
_ du tableau de financement qui fournit les renseignements sur les emplois durables de
l’exercice et sur les opérations de financement, ainsi que les variations du BFRE , du
BFRHAO et de la trésorerie.
En l’absence du tableau de financement il faut recouvrir aux bilans et à leurs tableaux annexes
II) LE TABLEAU DES FLUX DE TRESORERIE CENTRALE DES BILANS DE LA
BCEAO
La Centrale des Bilans de la BCEAO a mis en place à partir du tableau de financement du
SYSCOA un tableau de Flux de trésorerie. Les tableaux de flux de tresorerie ou tableau
d’analyse de la variation de la trésorerie sont très utilisés dans les pays anglo-saxons
( notamment Etats Unis et Canada ). Un format a été préconisé par norme internationale,
publié en 1993 et est destiné à se substituer à tous les autres tableaux de flux.

2
1) PRESENTATION :TABLEAU DE FLUX DE LA BCEAO

Flux de trésorerie Modalités de Calcul Rubrique

88
s système
normal
SYSCOA

TRESORIE PRODUITE PAR (A)


L’EXPLOITATION (A) + Capacité d’autofinancement global
- Dividendes
+ ou – Variation du BFE
+ ou – Variation du BFHAO

(B)
TRESORERIE RESULTANT - augmentation de charges immobilisées
DE L’INVESTISSEMENT (B) - Acquisitions d’immobilisations incorporelles
- Acquisitions d’immobilisations corporelles
- Acquisitions d’immobilisations financières
+ Cessions d’immobilisations incorporelles
+ Cessions d’immobilisations corporelles
+ Cessions d’immobilisations financières

(C)
Augmentation de capital par apports nouveaux
TRESORERIE ISSUE DU + Subventions d’investissement
FINANCEMENT (C) - Prélèvement sur le capital
+ Emprunts
+ Autres dettes financières
- Remboursement des emprunts et dettes
financières sur échéancier
- Remboursement anticipé des emprunts et
dettes financières

(D)
VARIATION GLOBALE + Trésorerie produite par l’exploitation (A)
DE TRESORERIE + Trésorerie résultant de l’investissement (B)
(A)+ (B) +(C) = (D) + Trésorerie issue du financement (C)

(E)
POSITION NETTE DE + Ecarts de conversion passif
CHANGE (E) - Ecarts de conversion actif

(F)
VARIATION NETTE DE + Variation globale de trésorerie (D)
TRESORERIE (D) +(E) = (F) + Position nette de change (F)

32) DESCRIPTION ET COMMENTAIRES


Le tableau comprend 3 parties principales

89
2-1) La trésorerie produite par l’exploitation
Il s’agit des flux de trésorerie d’exploitation et de flux correspondant aux charges et produits
hors activités ordinaires, à la participation des salairiés et à l’impôt sur les sociétés. Pour
l’élaboration de cette partie
Cette première partie peut être résumée de la façon suivante:

CAF
_ var BFE
_ var BFHAO
- Dividendes
Trésorerie issue de l’activité
Le flux de trésorerie d’exploitation renseigne sur la capacité de l’entreprise à transformer ses
marges et ventes en liquidités directement utilisables. Il résume ainsi parfaitement le passage
des produits et des charges aux encaissements nets des décaissements.

2-2) Les flux de trésorerie liés aux opérations d’investissement


Cette deuxième partie comprend :
_ Les cessions d’immobilisations (incorporelles, corporelles, financières)
_ Les acquisitions d’immobilisations (incorporelles, corporelles, financières
La trésorerie afférente à l’investissement permet d’évaluer les conséquences

de la politique d’investissement ou de desinvestissement sur la situation disponible.

3) Les flux de trésorerie liés aux opérations de financement


Les sources de financement peuvent être :
_ Une augmentation de capital
_ Un nouvel emprunt
_ Une subvention d’investissement reçue
Les emplois trouvent leurs origines dans
_ La distribution des dividendes
_ Une réduction de capital
_ Les remboursements des emprunts
La tresorerie issu du financement fournit des indications sur les arbitrageseffectués par les
dirigeants de l’entreprise pour se procurer des ressources stables nouvelles dans le cas ou la
tresorerie que degage l’entreprise ne suffirait pas à couvrir les investissements nets.

3) Intérêt du tableau
La trésorerie est considérée comme un indicateur central pour l’analyse financiere: une
entreprise qui génère régulièrement une trésorerie importante est en même temps solvable et
apte à assurer son développement. L’objectif assigné au tableau de flux de trésorerie de la
Centrale des bilans de la BCEAO est de fournir une information sur la capacité de l’entreprise
à générer des liquidités et sur l’utilisation qu’elle en a fait au cours de l’exercice. Ainsi le
tableau d’analyse de la variation de trésorerie permet de juger de la rentabilité , de la maîtrise
du BFR, du niveau d’endettement, de la liquidité , des stratégies de croissance, de
financement, de recentrages ect...
Le regroupement des flux en trois grandes fonctions constitue un cadre pratique pour
l’élaboration des prévisions. 4
III) LE TABLEAU DE FLUX DE LA CENTRALE DES BILANS DE LA BANQUE DE
FRANCE
1) PRESENTATION

90
N+ N+
N 1 2 N+3
EXCEDENT BRUT GLOBAL
_ Variation des besoins en fonds de roulement
A = Excédent de trésorerie globale
_ Intérêts Le solde A permet de mesurer
_ Impôt sur les bénéfices l’aptitude de l’entreprise à générer
_ Distributions mises en paiement au cours de l’exercice de la trésorerie au niveau de ses
_ Remboursement : . obligations opérations courantes compte tenu
.Emprunts bancaires des décalages .
.Autres Emprunts

B = Flux de trésorerie disponible (après prélèvements


obligatoires )
Le solde B (concept central )
donne la trésorerie restante après
Investissement Productif prélèvements obligatoires. Il doit
_ Subvention d’investissement reçus être positif afin de contribuer au
+ acquisition de participations et titres immobilisés financement des investissements.
+ Variations des autres actifs immobilisés
_ Cessions d’immobilisations

C = INVESTISSEMENTS NETS
Augmentation ou réduction du capital Le solde C reflète la politique de
+ variation de groupes et associés( dans dettes développement suivie
financières)
+ Nouveaux emprunts : .Obligations
.Emprunts bancaires
.Autres Emprunts

D = Apport en ressources stables Le solde D montre les ressources


utilisées pour couvrir le besoin de
E = B - C + D = ▲T financement résiduel
= Variation des disponibilités - variations des
concours
bancaires courantes

2) DESCRIPTION ET COMMENTAIRES

2-1)Description du tableau

91
Le tableau du flux de trésorerie propose quatre niveaux d’analyse qui cernent les aspects
essentiels de la gestion de l’entreprise.
1 niveau: Excédent de trésorerie globale mesure la capacité de l’entreprise à générer la
trésorerie. Il résulte de l’activité globale de la firme et non uniquement de son activité
d’exploitation. Il s’agit d’une trésorerie réelle et non potentielle qui est représentée par
l’excédent brut global.

5
Le passage de l’une à l’autres se fait par la variation du besoin en fonds de roulement, qui est
la résultante de l’incidence directe des décalages entre l’engagement des opérations et leur
règlement.
2 . niveau : Flux de trésorerie disponible, FTD (solde B) .
Il s’agit de vérifier si l’entreprise, à partir du résultat, dégage une capacité à générer une
trésorerie suffisante, pour faire face aux prélèvements imposés (ou obligatoires) .
L’analyse de flux de trésorerie disponible (FTD) permet de montrer :
• Si l’entreprise a fait face aux décaissements obligatoires
• Si celle-ci conserve une marge de manoeuvre, avant d’engager des programmes
d’investissements .
Les décaissements obligatoires sont ce que l’entreprise ne peut en principe différer dans le
temps. Il s’agit principalement des charges et des remboursements liés aux emprunts, de
l’impôt sur le bénéfice et des dividendes. Ils émanent tous des décisions du passé
LE FLUX DE TRESORERIE DISPONIBLE , est l’élément central de ce tableau .
Il est destiné à couvrir les conséquences des décisions du futur ( politiques d’investissement et
politique de financement ).
Apprécié sur plusieurs années le Flux de Trésorerie disponible doit être positif pour pouvoir
assurer la couverture des investissements .
3. niveau : Investissements Nets (SOLDE C )
Les investissements nets des cessions recensent les acquisitions en immobilisations corporelles
et financières . Ils sont net des produits d’actifs immobilisés. Le soldes constitue le besoin de
trésorerie que l’entreprise à supporté à ce titre.
4.niveau : Apports en ressources stables ( SOLDE D )
L’analyse des apports en ressources stables et de la variation de la trésorerie montre comment
le besoin de financement a été satisfait ou encore qu’elle a été l’utilisation du surplus dégagé.
Ainsi lorsque le flux de trésorerie disponible est inférieur au montant des investissements, il
faut trouver un financement tel qu’une augmentation de capital, ou un recours à l’emprunt ou
des concours bancaires.
Par contre l’existence d’un surplus, après couverture des investissements, se matérialise par
des placements de trésorerie ou un désendettement .
Le bouclage du tableau se fait la variation de trésorerie (SOLDE E) obtenu en application de
formule.
Flux de trésorerie disponible + Apports en ressources stables - Investissements Nets
ou
(B + D ) - C
La vérification peut être faite à partir des variations de la trésorerie entre celle du bilan
d’ouverture et celle du bilan de clôture.
Variation de la trésorerie = Variation des disponibilités - Variation des C.B courants

2-2) Les Grandeurs


Le tableau de flux de la centrale des bilans permet de calculer la grandeurs spécifiques issues
de l’activité global de l’entreprise, c’est à dire de ces activit és cycliques et acycliques.
92
2-2-1) Excédent brut global ( EBG )
L’excédent brut global est défini comme étant la différence entre les produits encaissables et
les charges décaissables( à l’exception de charges d’intérêts et de l’impôt sur le résultat ).
Il mesure la capacité de l’entreprise à dégager un profit dans le cadre de son activité
d’ensemble.
L’excédent brut d’exploitation constitue un flux potentiel et partiel de trésorerie compte tenu
des décalages imputables à l’activité de l’entreprise.
6
2-2-2) L’excédent de trésorerie globale
L’excédent de trésorerie globale correspond à un flux de trésorerie issu de toutes les
opérations de l’entreprise, à l’exception des charges financières et de l’impôt sur le bénéfice.
Le passage de l’EBG à l’ETG se fait par la prise en compte de rétention de flux figurant au
bilan dans les éléments du besoin en fonds de roulement.
L’ETG évalue la capacité d’une entreprise à générer des liquidités du seul fait de son activité,
indépendamment de ses politiques financières et fiscales.

2-2-3) Les Flux de Trésorerie Disponible (FTD)


Le flux de trésorerie disponible constitue le concept central du tableau. Il apporte une
information sur le degré de maîtrise des mouvements de fonds.
Il est calculé à partir de l’ETG en éliminant tous les postes ayant un caractère obligatoire pour
l’entreprise: charges financières et remboursement issus de l’endettement , dettes d’impôt et
distribution de dividendes.
Ce flux de trésorerie est alors disponible pour l’investissement et la croissance .
Ce solde traduit le degré de liberté dont dispose l’entreprise pour financer sa politique
d’investissement et de croissance.

3) Intérêt et Utilité du tableau de FLUX CEDEBE


Ce tableau s’inspire d’une logique financières et globale. Il permet de vérifier la cohérence des
choix stratégiques de l’entreprise.

3-1) La logique financières


Le tableau de flux mesure la capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie du seul fait de
son activité.
Il permet d’analyser la formation de la trésorerie qui se trouve amputé par l’accroissement
du BFR d’une part et par les prélèvements obligatoires d’autre part.
Il permet d’appréhender l’indépendance d’une affaire à l’égard de ses partenaires extérieurs

3-2) La Logique globale


L’interprétation des flux se fait globalement sans faire aucune distinction entre tous les
opérations de l’entreprise . Cette approche est confirmé au principe de l’unité de caisse qui
veut que l’entreprise finance un « pool d’emplois » avec un « pool de ressources » sans aucune
distinction de l’origine des fonds.

3-3) La logique stratégique


l’examen de la décomposition du tableau de flux reflète la cohérence des choix stratégiques
effectués par les dirigeants.
Le FTD obtenu après couverture des prélèvements obligatoires, doit être en rapport avec
politique d’investissement de l’entreprise.
Il doit être rapproché des investissements.
Sur plusieurs années et il est possible de constater un sous-investissement persistant,
susceptible d’hypothéquer l’avenir économique d’une affaire ou encore un investissement
disproportionné par rapport au FTD.

93
Les flux financiers assurent alors la couverture des besoins résiduels.
Ces flux peuvent provenir :
_ D’une recours à l’endettement ou des apports des associés
_ L’utilisation des concours bancaires
Par son caractère synthétique , le tableau de flux met en évidence la cohérence de la politique
7
de croissance mise en oeuvre depuis plusieurs années et des moyens utilisés .
Un développement insuffisant des immobilisations peut créer un risque économique pour
l’entreprise.
Un flux de trésorerie disponible faible pour assurer le financement des investissements fait
couvrir à l’entreprise un risque financier qui se manifeste par un recours excessif à l’emprunt
ou un ponction sur la trésorerie de l’entreprise.

4) Limite du tableau de flux


La non ventilation des portés par nature d’opérations (exportation, financement, HAO)
ne permet pas une analyse fine de la trésorerie;
La démarche retenue , qui repose sur une approche globale des flux est contestable ; l’activité
première de l’entreprise se manifeste par des opérations d’exploitation , alors qu’ici tous les
opérations sont confondues . Le principe de l’unité de caisse peut être remis en cause ,compte
tenu du principe d’affectation.

8
IV) LE TABLEAU PLURIANNUEL DES FLUX FINANCIERS ( TPFF)

94
Il s’agit de l’un des premiers tableau de ce type proposé aux analystes . Plusieurs
modifications sont intervenues depuis la première version qui date de 1977 .
1) PRESENTATION

n n+1 n+2
Ventes HT de marchandises
+ Production vendue
- Achats
-Autres charges externes
- Impôts , taxes et versements assimilés
- Charges de personnel
= ESO
- Variation de l’en-cours commercial
= EXCEDENT TRESORERIE D’EXPLOITATION
- Investissements d’exploitation
= E = SOLDE ECONOMIQUE (ou DAFIC (1))

Variation de la dette financière (concours bancaires


courants inclus)
- Frais financiers et de crédit bail
- Impôt / bénéfices
- Participation
= F = SOLDE FINANCIER

SOLDE COURANT G = E + F
+ Transfert de charges
+ Autres produits
+ Produits financiers ( comptes de flux uniquement )
+ Produits exceptionnels ( comptes de flux uniquement )
- Autres charges
- Charges financières ( autres qu’intérêts )
- Charges exceptionnelles (comptes de flux
uniquement )
- Dividendes distribués
- Autres acquisitions d’immobilisations
- Charges à repartir
- Réduction de capitaux propres
+ Réduction immobilisation financiére
+ Augmentation des capitaux propres
- ▲ BFRHE

= VARIATION DU DISPONIBLE
(1) DAFIC = Disponible après financement interne de la croissance

Le modèle présenté est le plus récent; l ETE y est calculé à partir de l’ESO alors que dans le
modèle antérieur , il est calculé à partir de l’EBE, ce qui nécessitait la connaissance de stocks.
Grâce à l’ESO, le calcul des stocks n’est plus nécessaire, ce qui facilite l’élaboration de
tableaux trimestriels ou mensuels.

9
2) DESCRIPTION DU TABLEAU ET SIGNIFICATION DES SOLDES

95
1) Première partie
a) Description
La première partie regroupe les flux économiques relatifs à l’exploitation
De la trésorerie dégagée, on retire les investissements dans l’outil de production
(immobilisations corporelles ), ce qui conduit au premier solde important: le DAFIC
(disponible après financement interne de la croissance ) .

b) Signification du DAFIC
Il mesure l’aptitude de l’entreprise à financer sa croissance interne par la trésorerie dégagée au
niveau des opérations d’exploitation.
Selon la norme du modèle, sur plusieurs exercices (4 ou 5 ) , le DAFIC doit être, en moyenne
légèrement positif; ce qui signifie que l’entreprise doit parvenir à autofinancer ses
investissements d’exploitation.
Si ce solde est positif, cela correspond à une trésorerie nette disponible pour financer d’autres
emplois; un solde négatif signifie un bon financement externe, ce qui n’est pas à terme,
compatible avec la norme du modèle.

2) Deuxième partie
a) Description
Cette partie regroupe les flux financiers liés à l’endettement ( variation nette de la dette
financière , concours bancaires courants compris ) et des flux de la répartition ( frais financiers
impôt/ bénéfices et participation ) .
Il en résulte un deuxième solde important : le SOLDE FINANCIER

b) Signification du solde financier


« La construction du solde financier le rôle que joue le système bancaire dans la vie
économique.
Contrairement aux apparences, l’endettement n’a pour seul objet , lorsque l’entreprise parvient
à autofinancer la totalité de ses investissements, que d’assurer le financement... du coût de la
dette et de l’impôt ! Cette conception se situe , il faut en convenir , aux antipodes de l’analyse
classique; elle a donné lieu, et encore aujourd’hui, à de nombreuses discussions . L’analyse
classique veut que l’entreprise s’endette à long et moyen terme pour financer ses
investissements. Dans l’analyse présentée ici , l’entreprise doit autofinancer ses
investissements et s’endetter, le cas échéant , pour le reste ».(1)
Selon la norme du modèle , sur plusieurs exercices, le solde doit être, en moyenne ,
légèrement négatif
3) Troisième partie
a) Description
Elle reprend le total des deux soldes précédents ( DEFIS + SOLDE FINANCIER = SOLDE
COURANT ) et regroupe également tous les autres flux du compte de résultat et tableau de
financement(1ére partie ) qui n’ont pas été pris en considération dans l’élaboration dans 1ére
et 2é partie, ainsi que la variation du BFRHE.
L ‘ensemble des flux ayant été pris en compte , on aboutit au solde final : VARIATION DU
DISPONIBLE

10

b) Signification

96
Ce solde a une signification moins importante ; il représente l’excédent ou l’insuffisance des
liquidités dégagées par l’ensemble des opérations au cours d’un exercice donné.
Il doit être proche de zéro si les normes relatives aux soldes ont été respectées.

3) LIMITES DU TPFF
Ce tableau a fait l’objet de nombreux articles et de nombreuses critiques:
- le tableau donne peu de place à la croissance externe ( les acquisitions de participations
financières n’apparaissent que dans la troisième partie);
- les hypothèses sous-jacentes au tableau ne sont pas toujours acceptées :
• il suppose une croissance financée exclusivement par le réinvestissement de l’ETE.
Lorsque cet objectif ne peut être atteint, cela correspond à une rentabilité insuffisante ou à
un excès d’investissement;
• les fonds propres de l’entreprise doivent , s’accroître en priorité par autofinancement .
La croissance est donc subordonnée au niveau de rentabilité.
Des propositions sont régulièrement avancées pour améliorer ce tableau qui le mérite d’avoir
contribué à faire sensiblement évoluer l’analyse financière.

97
LES RATIOS

98
I. INTRODUCTION

1. PRINCIPES ET UTILITÉ DU CALCUL

Les ratios sont le rapport de deux grandeurs significatives. L’enseignement apporté par les
ratios est indispensable à un gestionnaire ou à un responsable d’entreprise au niveau interne, à
un prêteur ou à des conseillers d’entreprise au niveau externe.

L’analyse financière par les ratios ne peut cependant être menée à bien qu’en procédant à
l’aide de ratios soigneusement sélectionnés, simples, significatifs.

L’analyse par les ratios est donc une aide à la décision. Elle permet :

 d’établir des comparaisons sectorielles et internes dans le temps. Par exemple, une
évolution dans le temps satisfaisante (constatée grâce à un choix sélectif de ratios sur
au moins 3 années) peut être en fait que très médiocre, si parallèlement les ratios
globaux sectoriels donnés par les organisations professionnelles révèlent un
comportement de la concurrence encore meilleur
 de tenir un tableau de bord grâce à un choix d’indicateurs probants, transcrits souvent
sous forme de graphiques tendanciels plus lisibles et plus utilisables

Utilité des ratios

Constitue une information synthétique - interne : pour dirigeants, responsables


- externe : pour actionnaires, banquiers,
conseillers, etc.…

Visualiser une évolution - historique (sur 3 ans au moins)


- prévisionnelle

Etablir des comparaisons - avec les entreprises du même type


- avec les entreprises de la même branche

Tenir un tableau de bord - choix de ratios fiables


- transcription des ratios sous forme de
graphiques simples et lisibles

Aider à la prise de décision (avec prudence)


Pour être des auxiliaires fiables, les ratios
doivent être simples, peu nombreux,
honnêtes

2. Mise en garde

99
L’analyse par les ratios a des limites qu’il convient de garder à l’esprit.

2.1 Les ratios utilisent des données annuelles ne rendant pas compte de la saisonnalité
éventuelle de l’activité. Par exemple, pour une entreprise saisonnière, un besoin en fonds de
roulement calculé sur les états de fin d’année ou une durée de clients calculée grâce au poste
« clients » du bilan de clôture, peuvent n’avoir aucune signification.

2.2 L’inflation provoque un accroissement fictif du résultat et une sous-évaluation des actifs.
L’analyste financier devra veiller à apporter le correctif nécessaire pour moduler les
incidences de l’inflation.

2.3 Le SYSCOA a pour l’essentiel intégré les différents retraitement nécessaires (crédit-bail,
personnel intérimaire, effets escomptés non échus etc.…) à la restauration de la réalité
économique.

II. DIAGNOSTIC DE LA STRUCTURE DE L’ACTIVITE ET DE LA RENTABILITE


PAR LES RATIOS

SECTION 1 : ANALYSE DE LA STRUCTURE

L’étude de la structure doit être appréciée à deux niveaux : structure financière et structure
économique.

1. ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIÈRE

Cette étude permet de répondre à la question suivante : quelle est la structure financière, à la
clôture de l’exercice, résultant des opérations réalisées, des financements obtenus et des
résultats dégagés.

1.1 Principaux ratios de structure

100
Intitulé du ratio Mode de calcul du Interprétation du ratio
ratio

La couverture des immobilisations par les


Financement des immobilisations Ressources durables ressources (ratio > 1) est en général requise
Actif immobilisé du regard de l’importance du besoin de
financement de l’exploitation. Sinon
l’entreprise est en situation de fragilité.
L’augmentation de ce ratio correspond
théoriquement à une amélioration des
structures de financement
* attention au BFRE négatif, à la réduction des
capitaux propres, remboursements
Lorsque ce ratio est inférieur à 1 alors que le
Ressources durables ratio précédent est supérieur à 1, l’entreprise
Equilibre financier Actif immobilisé + doit recourir à des crédits de trésorerie pour
BFRE financer l’excédent du BFR sur le FNRG
Ce ratio est complémentaire des précédents.
Financement bancaire de Crédits de trésorerie Il permet d’apprécier :
l’exploitation BFR exploitation - le risque bancaire dû au non
renouvellement des crédits de trésorerie (en
principe reconductibles)
- le financement des besoins permanents de
l’exploitation
l’utilisation systémique de crédit de trésorerie
n’est pas saine car elle traduit une
insuffisance de ressources durables et en
outre elle grève la rentabilité et la capacité
d’autofinancement
Indépendance financière ou Capitaux propres C’est un ratio qui mesure la dépendance
autonomie financière Endettement à terme financière extérieure de l’entreprise.
Ou Il n’existe pas de règle absolue en la matière,
Endettement à terme mais l’orthodoxie financière et les normes
Capitaux propres bancaires recommandent que l’endettement à
Ou terme ne soit pas supérieure aux capitaux
Endettement à terme propres.
Cap. Propres + Toutefois, l’effet de levier et la fiscalité
Endettement à terme favorable à l’endettement incitent les
entreprises à s’endetter plus que de raison.

Importance de l’endettement global Endettement global Le contenu informationnel de ces ratios est
Capitaux propres analogue à celui du ratio d’autonomie
Endettement global=endettement à financière. Bien qu’il n’y ait pas de norme.
terme + dettes à l’égard des associés Les financiers avancent parfois l’idée que ce
+ crédits de trésorerie ratio ne devrait pas être supérieur à deux. En
réalité, c’est l’étude de l’évolution de ce ratio
dans le temps qui est significative.

101
Importance des crédits de trésorerie Crédits de trésorerie Ce ratio traduit l’arbitrage réalisé par
Endettement global l’entreprise entre emprunts à terme et
crédits de trésorerie.
Une forte proportion de concours de
trésorerie dans l’endettement peut signifier
une situation de vulnérabilité qui tient à la
précarité de principe de ce type de
ressources et à son coût.

Capacité de remboursement Endettement total Ce ratio mesure la capacité théorique de


CAF l’entreprise à rembourser ses dettes. Le
milieu financier recommande la prudence
en fixant un endettement global inférieur
ou égal à 3 ou 4 années.

Taux d’autofinancement Autofinancement La vocation de l’autofinancement étant


Investissement de entre autres de financer les nouveaux
l’exercice + variation investissements et la variation du besoin
du BFRE en fonds de roulement d’exploitation,
l’étude de ratio est fort enrichissant pour
apprécier la structure du financement des
emplois économiques totaux.

1.2 L’effet de levier

102
1.2.1 Définition

On appelle « effet de levier » l’incidence de l’endettement de l’entreprise sur la rentabilité des


capitaux propres (ou rentabilité financière).

1.2.2 Ilustration

Soit une entreprise qui dispose d’un actif économique de 1000, dont la rentabilité est de 15 %.
Calculons sa rentabilité financière selon la manière dont est financé l’actif économique (coût de la
dette i = 10 %).

Financement par capitaux Financement par capitaux


propres seulement propres et endettement
Capitaux propres 1000 500

Dettes 0 500

Actif économique 1000 1000

Résultat économique ou 1000 x 0,15 = 150 1000 x 0,15 = 150


d’exploitation
Charges d’intérêt 0 500 x 0, 10 = 50

Résultat imposable 150 100

Résultat net 150 x 2/3 = 1000 100 x 2/3 = 66,67

Rentabilité financière 100/100 = 10 % 66,67 / 500 = 13,33

Il apparaît clairement que le recours à l’endettement accroît la rentabilité financière. En


l’occurrence, on dira que l’effet de levier est de 13,33 % -10 % = 3,33 %.

1.2.3 Formulation et généralisation


soient : Capitaux propres = K
Dette = D
Actif économique = K+D
te = taux de rentabilité économique
i = taux de la dette
Résultat économique = (K + D) t e
Charges d’intérêt = Di
Résultat imposable = (K + D) t e – Di = Kte + D (te –

Résultat net = (1 – 0) [Kte + D(te – i)]

Rentabilité financière = Résultat net = t f = (1-0) [te + D(te – 1)]


K K
Cette formule peut aussi s’écrire : tf = (1 – 0)te + (1 – 0)D(t – 1)

103
K

Le rapport D/K est appelé « levier financier »

La relation (1) ci-dessus montre que :

1. si l’entreprise n’est pas endettée (D = 0) tf = (1 – 0) te

2. si l’entreprise est endettée, l’expression (1 – 0) D (te – i) mesure l’effet de levier, c’est


à dire la
K
contribution positive ou négative de l’endettement à la rentabilité financière.

. si t > i, l’effet de levier est positif ; t f est d’autant plus élevée que D/K est grand.
. si t < i, l’effet de levier est négatif ; t f est d’autant plus faible que D/K est grand.

Exemple :

Evaluation du t f et de l’effet de levier en fonction de D/K, de t e et de i 0 = 1/3

D/K 0 1 2

te > i tf = 2/3 x 0,2 t = 2/3 x 0,2 + 2/3 x 1 (0,2 – 0,1) = T = 2/3 x 0,2 + 2/3 x 2 (0,2
= 13,33 % 20 % – 0,1) = 26,67 %

0,2 0,1 Effet de levier Effet de levier = 20 – 13,33 % = Effet de levier = 26,67 –
=0 6,67 % 13,33 % = 13,34 %

te > i tf = 2/3 x 0,07 t = 2/3 x 0,07 + 2/3 x 1 (0,07 – T = 2/3 x 0,07 + 2/3 x 2
= 4,67 % 0,1) = 2,67 % (0,07 – 0,1) = -1,33 %

0,07 0,1 Effet de levier Effet de levier = 2,67 – 4,67 = -2 Effet de levier = -1,33 % –
=0 % 4,67 % = -6 %

2. Analyse de la structure économique

Ces ratios pourraient aussi être qualifiés de ratios descriptifs de moyens d’exploitation mis en
œuvre.

Intitulé du ratio Mode de calcul du ratio Interprétation du ratio


Ce ratio exprime le rendement
Intensité de l’investissement Valeur ajoutée de l’équipement. Il permet
Ou Immobilisation d’exploitation également de situer l’aptitude
Rendement marginal du + BFRE des immobilisations productives
capital à transformer les biens
104
Productivité de Valeur ajoutée Ce ratio pour être significatif,
l’investissement Investissement d’exploitation doit utiliser la variation de la
Ou + var° BFRE valeur ajoutée
Coefficient marginal du
capital
Productivité du travail Ce ratio doit être établi
Ou Valeur ajoutée conjointement et comparé au
Rendement du travail Effectif rendement de l’équipement

Ce ratio mesure le rapport


existant entre le travail et le
capital. Une entreprise dont
l’équipement est très moderne
Intensité de la mécanisation Immobilisation d’exploitation devrait avoir un ratio d’intensité
ou Effectif capitalistique élevé (exemple :
Intensité capitalistique centrale électrique). Il peut être
intéressant de suivre l’évolution
de ce ratio de manière à suivre
la propension à investir des
dirigeants d’une entreprise.

Ce ratio peut être


Taux d’abolescence des Amortissement complémentaire du précédent. Il
immobilisations Immobilisation brute peut permettre de juger de
amortissable l’effort d’investissement et de
modernisation de l’entreprise.
Le besoin en fonds de
roulement d’exploitation est une
caractéristique essentielle d’une
activité. Il y est étroitement lié.
Besoins en fonds de BFR Exploitation x CAHT Toutes choses étant égales par
roulement 360 ailleurs, il évolue parallèlement
(en jours de CAHT) au chiffre d’affaires. Le besoin
en fonds de roulement est
généralement exprimé en jours
de chiffre d’affaires hors taxes.

105
SECTION 2 : LES RATIOS DE CROISSANCE (OU D’ACTIVITÉ)

De façon générale, les ratios d’activité mesurent les performances réalisées par l’entreprise sur
plusieurs exercices. L’activité sera évaluée soit à partir du chiffre d’affaires (ventes de
marchandises et de services + production vendue) seul porteur de recettes de trésorerie, soit à
partir de la valeur ajoutée, seule apte à mesurer la richesse créée. Pour que les résultats soient
significatifs, il faut tenir compte de l’inflation.

Ce ratio mesure le taux de


croissance (variation) apparent. Il
Taux de croissance du CAHTN+1 - CAHTN est intéressant de suivre son
chiffre d’affaires hors taxes CAHTN évolution.
Toutefois, il faut neutraliser l’effet
de l’inflation

Ce ratio mesure le taux de


croissance (variation) apparent de
la valeur ajoutée qui représente la
Taux de croissance de la VAn+1 - VAn richesse créée durant le cycle de
valeur ajoutée (ou de la VAn production. Son évolution sur
valeur ajoutée globale) plusieurs exercices est
intéressante. Il faut comme pour le
C.A. tenir compte de l’inflation.

Désignons par :
X 0 l’expression monétaire d’une variable déterminée (CAHT ou VA) à la date 0

X 1 son expression monétaire à la date 1 (c’est à dire une année plus tard)
i le taux d’inflation relatif à l’année 1
c le taux de croissance réel de X

0 1

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
X 0 X 1

La relation liant X et X est :


1 0

X 1 = X (1 + i)(1+ c)
0

X 1

d’où c = –––––––––––––– -1
X (1 + i)
0

106
Exemple

Quelle est la croissance réelle du CAHT, au cours de l’exercice+ N+1 sachant que l’on a :
- taux de l’inflation relatif à l’année N+1 = 0,04

Années N N+1
CAHT 1000 1200

SOLUTION

Le taux de croissance réelle du C.A. est donné par la relation

1200 = 1000 (1,04) (1 + c)

1000
c = ––––––––– -1 = 0,1538 soit c = 15,38 %
1000 (1,04)

par contre, le taux de croissance apparente est

1200 –1000
––––––––––––– x 1000 = 20 %
1000

SECTION 3 : ANALYSE DE LA RENTABILITÉ

L’étude de la rentabilité doit être envisagée à trois niveaux : rentabilité d’exploitation,


rentabilité économique, rentabilité financière.

1. ANALYSE DE LA RENTABILITÉ D’EXPLOITATION

Taux de marge commerciale Marge commerciale L’examen de ce ratio conduit à


Chiffres d’affaires HT l’appréciation de la stratégie
commerciale de l’entreprise ainsi qu’à
l’appréciation des contraintes du
marché et de la politique du prix de
vente
Taux de valeur ajoutée Valeur ajoutée Ce ratio est l’instrument de mesure de la
Chiffre d’affaires HT taille économique de l’entreprise et du
Ou degré d’intégration de l’entreprise. Son
Valeur ajoutée évolution permet d’apprécier la
Production stratégie industrielle d’une entreprise
Taux d’excédent brut Excédent brut d’exploit Ce ratio permet d’apprécier le niveau du
d’exploitation Chiffres d’affaires HT résultat, indépendamment de la
politique financière, de la politique
d’investissement, de l’incidence, de la
fiscalité et de l’incidence des éléments
hors activités ordinaires. C’est un bon
élément de comparaison inter-entreprise
du même secteur

107
Taux de rentabilité Résultat d’exploitation Ce ratio met en évidence le niveau
d’exploitation Chiffres d’affaires HT relatif du résultat strictement lié à
l’exploitation indépendamment de la
politique financière, de l’impôt, et des
éléments hors activités ordinaires.
Toutes choses étant égales par ailleurs,
c’est un résultat récurrent.
Taux de marge sur coût Marges sur coûts La marge sur coût variable contribue à
variable variables la couverture des charges fixes. Le taux
Chiffres d’affaires HT de marge sur coût variable aide à la
détermination du seuil de rentabilité qui
sera examiné ultérieurement.

2. ANALYSE DE LA RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE

Intitulé du ratio Mode de calcul du Interprétation du ratio


ratio
Rentabilité brute des La rentabilité économique mesure les
capitaux engagés dans résultats dégagés par les capitaux engagés
l’exploitation pour assurer une activité. On le désigne
également par le vocable de « ROI »
E B E (Return On Investment).
Capital économique
Il convient de ne retenir dans le calcul du
ratio que les seules immobilisations
productives.

La rentabilité économique résulte :


- de l’aptitude à vendre avec une marge
bénéficiaire
Rentabilité des capitaux Résultat d’exploitation - de la capacité à engendrer du
engagés dans l’exploitation Capital économique chiffres d’affaires

3. Analyse de la rentabilité financière

Intitulé du ratio Mode de calcul du ratio Interprétation du ratio


Rentabilité nette des capitaux Résultat net L’importance de ce ratio qui
propres Capitaux propres mesure la rémunération nette des
capitaux propres, sera appréciée par
référence au taux moyen de
rendement des placements à
revenus fixes. Le taux d rentabilité
doit être supérieure au loyer fixe de
l’argent
Flux de fonds dégagés par les Capacité Ce ratio permet d’apprécier
ressources propres d’autofinancement l’aptitude à dégager des ressources
Capitaux propres assurant le renouvellement et le
renforcement des immobilisations

108
SECTION 4 : LES RATIOS DE ROTATIONS

1 LES RATIOS DE ROTATIONS TECHNIQUES


Elles sont obtenues en rapportant les numérateurs aux dénominateurs les plus appropriés.

1-1 Rotation des stocks


Une bonne gestion des stocks consiste pour l'entreprise à disposer de la quantité de matières
ou de produits aussi faible que possible, afin de ne pas alourdir ses besoins de financement,
mais sans pour autant courir le risque de se trouver en rupture. Il lui faut, en fait, réaliser le
chiffre d'affaires maximum avec le montant de stock minimum.
Le stock doit donc «tourner rapidement». Lors d'une étude de bilans, il faut calculer cette
vitesse de rotation qui indique combien de fois dans l'année, le stock a tourné ; il faut
également la comparer avec les vitesses de rotation dégagées au cours des exercices
précédents et, si possible, avec celles d'entreprises ayant une même activité.
On peut calculer ces rotations pour les différents types de stocks :

1-1-1 matières premières


Stock final (ou moyen) de matières premières et consommables x 360 /Achats H.T.

1-1-2 marchandises (surtout pour entreprise commerciale)


Stock final (ou moyen) de marchandises x 360 /Coût des stocks vendus (HT)

1-1-3 produits finis


Stock final (ou moyen) de produits finis x 360 /Coût des stocks vendus (HT)
Le premier ratio permet de déterminer le nombre de jours d'approvisionnement qui doit
«nourrir» l'entreprise.
Les deux autres ratios mesurent en nombre de jours de ventes, la quantité de marchandises ou
de produits prêts à la vente. Il convient d'étudier avec attention, l'évolution de ces ratios
compte tenu du coût de détention de ce genre de stock et de la signification qu'il faut attribuer
à un surstockage. En outre, des variations importantes peuvent être enregistrées au cours de
l'année en cas de production saisonnière ou de vente par campagne.
La vitesse de rotation des stocks connaît, selon les entreprises étudiées, d'importantes
variations ; elle dépend essentiellement :
o des délais d'approvisionnement des fournisseurs ;
o de la durée du cycle d'exploitation ;
o de la politique suivie en matière de ventes : fabrication à la commande, ventes sur stocks ;
o de la durée de vie du produit fabriqué.

Elle dépend également du caractère plus ou moins saisonnier de l'activité. Certaines


entreprises, en effet, ont des approvisionnements saisonniers, ou bien intensifient leur
production à certaines périodes de l'année, ou bien encore doivent constituer des stocks pour
faire face à des ventes concentrées sur quelques mois ou quelques semaines seulement. Dans
tous ces cas, selon la date du bilan, on trouvera des stocks soit très faibles, soit très importants.
Une entreprise dont le stock tourne rapidement est moins vulnérable qu'une autre car plus le
degré de liquidité de son stock est élevé, plus ses disponibilités se reconstituent.
Lors d'une étude sur plusieurs bilans successifs, si le ratio exprimé en nombre de jours baisse,
cela signifie que la vitesse de rotation s'accroît ; ce qui généralement, est un élément favorable
(sauf période de pénurie où les stocks ne peuvent être constitués, ce qui, au début, provoque
une diminution du ratio).
109
Au contraire, une hausse du ratio doit être attentivement étudiée pour pouvoir déceler et
interpréter les causes du ralentissement constaté de la vitesse de rotation. Ce peut-être le signe
que l'entreprise spécule ; cette tendance à spéculer se révélera le plus souvent dans une affaire
industrielle par une augmentation massive du poste «matières premières». Les matières
premières connaissent en effet de très fortes variations, ce qui peut pousser certaines
entreprises à profiter d'un cours d'achat en baisse, pour constituer des stocks très importants.
Ce qui peut être également le signe d'une mévente ; en ce cas ce sera principalement le poste
«Produits finis» qui augmentera très rapidement alors que le chiffre d'affaires restera constant
ou bien diminuera.
L'apparition au bilan d'un stock trop important, notamment de produits finis, compte tenu du
chiffre d'affaires réalisé, peut faire craindre que ce stock ne soit constitué d'éléments
invendables. Dans la plupart des cas, un ralentissement dans la rotation des stocks entraînera
des difficultés de trésorerie, liées à l'accroissement du passif exigible à court terme.
Dans le domaine de la gestion prévisionnelle, le ratio de rotation des stocks permet, compte
tenu des prévisions d'activité, de déterminer approximativement le niveau du stock moyen
nécessaire pour que l'entreprise puisse fonctionner normalement.

1-2 Rotation des clients


(Clients + comptes rattachés + Effets escomptés non échus) x 360 /C.Affaires TTC
Nota : Afin de mieux apprécier les délais de paiement accordés à la clientèle, il est souhaitable
d'intégrer les clients douteurs pour leur valeur brute.
Ce ratio indique, à l'époque du bilan, (en nombre de jours de ventes T.T.C), le montant du
crédit accordé à la clientèle. Il dépend fortement du secteur d'activité et du caractère saisonnier
de l'exploitation.
Il faut suivre attentivement le montant du poste clients douteux.
L'étude des délais de paiement consentis à la clientèle permet de se pencher sur la politique de
crédit, que mène l'entreprise vis-à-vis de ses clients : elle permet également de se rendre
compte si les montants inscrits dans les postes (clients + effets à recevoir + encours
d'escompte) restent dans un rapport raisonnable avec le chiffre d'affaires. Précisons que cette
étude touche à la gestion financière mais également à la politique commerciale que suit
l'entreprise.
Si la durée du crédit ainsi déterminée paraît trop importante eu égard aux usages de la
profession, ou bien par rapport aux délais de paiement accordés habituellement, il faudra
chercher une explication.
On pourra constater par exemple que l'entreprise a une activité saisonnière et que les ventes
ont été particulièrement importantes en fin d'exercice ou bien que l'entreprise voit ses affaires
se développer de façon considérable. Ces constatations sont favorables.
Mais dans la même situation, on pourrait constater que l'entreprise est obligée d'accorder des
délais anormalement longs pour faire face à une concurrence très forte ou bien qu'elle a du mal
à encaisser ses créances ; cette situation est tout à fait défavorable.
En période d'activité normale, les délais de paiement aux clients doivent être sensiblement
stables.
L'entreprise doit cependant toujours s'efforcer de réduire ces délais mais sans pour autant
compromettre ses débouchés et la satisfaction de la clientèle.

110
1-3 Rotation des fournisseurs
(Fournisseurs + comptes rattachés) X 360 /Achats (T.T.C)
L'étude des délais de paiement accordés par les fournisseurs permet de se pencher sur la
politique que suit l'entreprise en matière d'appel au crédit fournisseur ; elle permet également
de se rendre compte si les dettes vis-à-vis des fournisseurs restent dans un rapport raisonnable
avec le montant des achats effectués.
S'il est naturel que l'entreprise utilise comme mode de financement les crédits à court terme
qui lui sont accordés par ses fournisseurs, il faut cependant veiller à ce que le ratio ne soit pas
trop élevé, c'est-à-dire que l'entreprise ne doit pas, en période d'activité normale, demander à
ses fournisseurs de trop longs délais de paiement.
Si la durée du crédit paraît trop importante eu égard aux usages de la profession, ou bien par
rapport aux délais de paiement habituellement obtenus, c'est le signe de difficultés.
En effet, le meilleur moyen pour soulager une trésorerie serrée, c'est de retarder au maximum
le paiement de ses dettes et en particulier de ses dettes envers les fournisseurs. Une
augmentation de la valeur du ratio est très souvent la conséquence d'une rotation trop lente des
stocks et de leur gonflement ; c'est également la première manifestation de difficultés à venir.
C'est, dans ce cas, un élément défavorable.
Mais cette variation peut également provenir de ce que l'entreprise a une activité saisonnière et
que les ventes ont été particulièrement importantes en fin d'exercice ou bien que l'entreprise
voit ses affaires se développer de façon spectaculaire. Ces constatations sont favorables.
Enfin, le ratio peut évoluer si l'entreprise change de fournisseurs et que les nouveaux ont des
délais de paiement très différents des anciens sans que cela modifie l'appréciation à porter sur
l'entreprise et son évolution.
L'analyse de ce ratio est particulièrement utile dans le cas où des changements dans la
technique de production (par exemple intégration amont) entraînent de très nettes variations du
ratio de rotation financière correspondant.
Il importe de bien noter que le crédit obtenu des fournisseurs n'est pas toujours gratuit ; même
si l'achat n'est pas majoré du coût du crédit, le règlement différé peut empêcher l'entreprise de
bénéficier d'un escompte de règlement.
C'est à l'entreprise de déterminer la source de financement la moins onéreuse et celle à laquelle
elle peut avoir le plus facilement accès :
o les emprunts auprès des banques pour régler comptant ses fournisseurs et bénéficier
ainsi
o d'un escompte ;
o utiliser les délais accordés par les fournisseurs en renonçant à l'escompte.

2. LES ROTATIONS FINANCIERES


Les rotations techniques apportent les informations fondamentales pour l'analyse de l'évolution
des différentes composantes du Besoin en Fonds de roulement.
Mais l'absence d'une référence commune (un dénominateur commun) ne permet pas la
comparaison immédiate de ces différentes rotations.
Pour éliminer cet inconvénient, il a paru nécessaire de ramener toutes les données à une base
commune. Le chiffre d'affaires (H.T) tel qu'il apparaît dans le tableau de formation du résultat

111
a été retenu car il existe des relations évidentes entre les différents stocks, le crédit client, le
crédit fournisseur et la production vendue.
Ces différents ratios obtenus en rapportant les numérateurs des rotations techniques à un même
dénominateur, le C.A. H.T sont appelés ratios de rotations financières.
Exemple :
• Stocks en nombre de jours de CAHT =
Stocks x 360 (en décomposant éventuellement ces stocks) /CA HT
• Clients en nombre de jours de CAHT :
Clients et cptes rattachés + effets escomptés non échus x 360 /CA HT
• Fournisseurs en nombre de jours de CAHT
(Fournisseurs et comptes rattachés X 360 /CA HT
Pour leur interprétation, on peut se rapporter aux éléments donnés dans l'étude des rotations
techniques.
Cette présentation permet d'exprimer le Besoin en fonds de roulement en nombre de jours de
CA et de le décomposer de façon additive.

112
CAS N°9
SOCIETE C.S.E

La société C.S.E est une entreprise de services spécialisée dans la finition de chantiers
immobiliers. Le poste «achats directement liés aux services vendus » qui figure dans les
charges du compte de résultat concerne les achats de petits matériels et de consommables
utilisés sur les chantiers et refacturés aux clients en plus de la prestation rendue

Bilans- liquidité schématique N1 N2 N3

Immobilisation (1) 2 100 5 000 6 000


Stocks (services en -cours) 32 000 48 000 72 000
Clients 1 500 2 250 3 250
Banques 650 150 150
Total actif 36 250 55 400 81 400

Capitaux propres après répartition du bénéfice (1) 32 250 38 850 43 275


Emprunts à long terme (1) 100 2 000 2 500
Découverts bancaires 0 8 550 26 625
Fournisseurs 3 900 6 000 9 000
Total passif 36 250 55 400 81 400

(1) postes à long terme, les autres termes sont à moins d’ un an

Comptes de résultat schématiques N1 N2 N3

Prestation de services 144 000 216 000 300 000


Variation des services en cours 0 16 000 24 000
Achats directement liés aux services vendus 18 000 27 000 34 500
Autres achats et charges externes 18 700 29 000 35 000
S/T valeur ajoutée 107 300 176 000 254 500
Salaires et charges sociales 96 000 160 000 240 000
dotations aux amortissements 600 1 400 1 700
Charges financières 0 1 400 3 950
Impôts sur les sociétés 5 100 6 200 4 150
Bénéfice 5 600 7 000 4 700

TRAVAIL A FAIRE

Commenter, à l’aide de quelques ratios significatifs, l’évolution de la société. Il n’est demandé


ni d’établir des tableaux de financement ni d’utiliser des soldes intermédiaires de gestion
autres que la valeur ajoutée.

113
CAS N° 9
CORRIGE SCSE
1°) CROISSANCE

L’activité de la société est marquée par une très forte croissance:


- Le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée font plus que doubler en deux
ans,
- le total de l’actif fait également plus que doubler.

Ratios d’activité N1 N1/N2 N2/N3


Variation du chiffre d’affaires 50,0 % 38,9 %
Variations de la valeur ajoutée 64,0 % 44,6 %
Variations du total de l’actif 52,8 % 46,9 %

2°) RENTABILITE

Nous ignorons les ratios du secteur d’activité mais ,à priori, la rentabilité est bonne même si
elle montre des signes d’effritement l’année N3.

Ratios de résultat Calcul (année N3 ) N1 N2 N3


Bénéfice/ Capitaux propres 4 700/ 43 275 17,4% 18,0% 10,9%
Bénéfice/Capitaux permanents 4 700/(43 275+2 500 ) 17,3% 17,1% 10,3%
Bénéfice/chiffre d’affaires 4 700/ 300 000 3,9% 3,2% 1,6%
Bénéfice/ Production de l’exercice 4 700/ 324 000 3,9% 3,0% 1,5%
Capacité d’autofinancement (en KF) 6 200 8 400 6 400
Capacité d’autof./ Prod. de l’ex. 6 400/ 324 000 4,3% 3,6% 2,0%

Les raisons en sont les suivantes:


- la valeur ajoutée augmente chaque année, que ce soit en KF ou par
rapport à la production;
- mais les salaires augmentent très vite (de 96 000 à 240 000 KF) ,leur
part dans la valeur ajoutée passant de 89,5% à 94,3%. Mais les charges
financières, qui n’existaient pas en N1, apparaissent en N2 et augmentent en N3,
accaparent 1,6% de la valeur ajoutée, ce qui est peu en soi mais quasiment équivalent à la
part prise par le bénéfice dans la valeur ajoutée (1,8%). La croissance des charges
financières est bien entendue liée à celle des emprunts et, surtout des découverts (zéro en
N1 mais 26 625 KF en N3).

Ratios de répartition de la valeur ajoutée N1 N2 N3

Valeur ajoutée /Production de l’exercice 74,5% 75,9% 78,5%


Salaires et charges sociales/ Valeur ajoutée (1) 89,5% 90,9% 94,3%
Dotation amortissements/ Valeur ajoutée (2) 0,6% 0,9% 0,7%
Charges financiers / Valeur ajoutée (3) 0,0% 0,8% 1,6%
Impôts / Valeur ajoutée (4) 4,8% 3,5% 1,6%
Bénéfice /Valeur ajoutée (5) 5,2% 4,0% 1,8%
Contrôle 1+2+3+4+5= 100 % (aux arrondis prés) 100% 100% 100%

114
3°) STRUCTURE FINANCIERE

Le fond de roulement-liquidité augmente, mais nettement moins vite que le chiffre d’affaires
ou que la total de l’actif. De ce fait :
- il ne représente plus que 48 jours de chiffre d’affaires hors taxes en N3
contre 76 jours deux ans auparavant;
- les actifs à court terme, qui étaient 8,8 fois plus importants que les
dettes à court terme en N1,ne le sont plus que 2,1 fois en N3.

Ratios liés au fonds de roulement-liquidité N1 N2 N3


Fonds de roulement (en KF) 30 250 35 850 39 775
Fonds de roulement en jours de CAHT 76 60 48
Fonds de roulement/Total actif 83,4% 64,7% 48,9%
Actif à court terme (2) /dettes à court terme (3) 8,8 3,5 2,1%

(1) Cap. propres + Emprunt s- Immo. (2)Stocks+Clients+banques (3) Découv. banc.+ fourn

L’indépendance financière est très forte, même en N3 ou les capitaux propres représentent
encore plus de la moitié du passif (53,2%), 17fois les emprunts et 1,5 fois la somme des
emprunts et des découverts. Mais il n’en demeure pas moins que la croissance très importante
des découverts, déjà souligné§ 2 ci-dessus a réduit de manière très importante l’indépendance
financière de la société.

Ratios d’indépendance financière N1 N2 N3

Capitaux propres /Total passif 89,0 % 70, 1 % 53,2 %


Capitaux propres /Emprunts 322,5 19,4 17,3
Capitaux propres/Emprunts & découverts 322,5 3,7 1,5

4°) CYCLE D’EXPLOITATION

Les ratios du cycle d’exploitation sont bien contrôlés et évoluent fort peu. Le besoin de
financement du cycle d’exploitation ne passe d’ailleurs que de 74 jours de chiffres d’affaires
hors taxes 79,5 jours.

Ratios de cycle d’exploitation (ou de liquidité) N1 N2 N3

En-cours finaux en nombre de jours de CAHT 80 80 86


Clients en nombre de jours en CAHT 3,8 3,8 3,9
Fourniss. en nb. de j. d’achats et autres ch. ext 38,3 38,6 46,6
BFCE (stocks + clients - fourn.) 29 600 44 250 66 250
BFCE en jours de CAHT 74,0 73,8 79,5

Mais il n’en demeure pas moins que, en valeur absolue, le BFCE augmente de plus de 30.000
KF tandis que, (voir§ 3), le fond de roulement-liquidité n’augmente même pas du tiers de cette
somme(moins de 10 000 KF). Il a bien fallu trouver de l’argent quelque part pour financer
l’augmentation du BFCE, et, comme déjà indiqué§ 2, cet argent à été trouvé dans un recours
croissant aux découverts bancaires et à l’emprunt.

115
5°) CONCLUSION

o L’entreprise est en pleine croissance et subit un problème très souvent rencontré par les
sociétés qui réussissent trop vite : l’augmentation de l’activité se traduit par une hausse
du besoin de financement du cycle d’exploitation et, en l’absence d’un renforcement
suffisant des capitaux propres, l’argent nécessaire est trouvé dans les découverts
bancaires et les emprunts. Les charges financières qui en découlent grèvent alors les
marges bénéficiaires.
o En outre, ici, on remarque une dérive sensible des charges de personnel.
o La rentabilité et l’indépendance sont néanmoins satisfaisants même si elles ont diminué
de N1 à N3.

116
117
GUIDE D'ANALYSE FINANCIERE

I. INTRODUCTION

Schématiquement, un rapport d'analyse financière a vocation de comprendre quatre parties:


- l'activité de l'entreprise,
- les moyens mis en oeuvre,
- les revenus et la rentabilité,
- le financement.

L'accès au corps du rapport est souvent réservé aux lecteurs comprenant déjà la logique
d'ensemble de l'analyse financière et économique.

C'est pour cela qu'il est accompagné d'un tableau de synthèse de l'exploitation et des flux qui
peut avoir la présentation proposée page suivante, d'une note de synthèse qui fait ressortir les
caractéristiques de la situation de l'entreprise et de sa stratégie avec les observations et
appréciations qu'elles suggèrent.

118
2 -LA NOTE DE SYNTHESE
La synthèse du rapport a pour vocation :
- de résumer les constats les plus significatifs,
- de les problématiser en les reliant entre eux et à un contexte général, de façon à
dégager une vision globale et dynamique de l'entreprise (approche analytique),
- de dégager, selon le degré d'aboutissement de votre réflexion, les interrogations
majeures que vous signalez à l'attention de vos lecteurs et les conclusions ou
recommandations propres.

Elle doit donc se terminer par des interrogations, des enjeux et des recommandations.

Cette synthèse sera un document bien écrit, court, sélectif, allant à l'essentiel.
La synthèse est la partie capitale du rapport; elle doit à la fois résumer les principaux évènements
qui ont marqué, sur le plan économique et financier, la vie de l'entreprise et mettre en valeur le
ou les faits majeurs que le diagnostic a permis de dégager. Une lecture attentive de la synthèse
doit permettre de savoir quels sont les éléments essentiels du diagnostic et doit alerter sur les
questions auxquelles l'entreprise est confrontée.
La synthèse ne doit pas être alourdie par la répétition de définitions des notions usuelles qu'il est
toujours possible de fournir dans le corps de l'analyse ou en annexe.
De façon générale, la synthèse doit s'efforcer de répondre aux questions suivantes ou au moins
de formuler des interrogations pertinentes:
1. Quels sont les évènements majeurs de l'exercice et quels problèmes essentiels l'entreprise
a t’elle rencontrés ?
2. Quelles sont les modifications dans l'environnement de l'entreprise, susceptibles de
modifier son comportement, ses résultats ?
3. Sort-elle renforcée ou affaiblie de !'exercice écoulé ?
4. Quels sont les changements intervenus dans la situation des salariés et les perspectives
qui se dessinent ?
5. Y a t’il des menaces qui se profilent, pour l'entreprise (marché, concurrence,
finances,...) ?
6. Peut-on dégager des éléments d'ordre plutôt structurel et d'autres à caractère plus
conjoncturel ?
7. Quelles mesures sont prises, quels plans sont bâtis pour faire face aux problèmes ou pour
se développer ?
8. D'autres mesures, d'autres réflexions sont-elles nécessaires ?

Ce qui a été fait pour s'adapter, avec quels moyens, quels résultats, quelles conséquences ?

Le point auquel on arrive

119
Conclusion sur l'adéquation des politiques de l'entreprise aux impératifs d'environnement.

Cette démarche est particulièrement adaptée aux cas d'entreprises évoluant dans contexte très
« volatile » ou « perturbé », et ayant une influence déterminante, voire contraignante, sur la
position de l'entreprise (industries à cycle. Matières premières aux prix fluctuants, entreprises
dépendant d'un ou plusieurs gros clients).

Elle requiert une bonne connaissance de l'environnement et des politiques de l'entreprise.

Par contre elle ne met pas l'accent sur la présentation structurelle de l'entreprise (supposée
connue mais qui peut être développée) et suppose limitée la capacité qu'à l'entreprise d'influer
sur la contrainte sectorielle.

Elle n'a donc pas un caractère universel.

3.3 -DEMARCHE STRUCTURELLE DESCRIPTIVE


A- Identification de l'entreprise et du secteur :

Type d'activité, déterminants de la compétitivité, performances globales (croissance, emploi,


rentabilité), problèmes génériques du secteur, de l'entreprise.

B - Données caractéristiques de l'entreprise en N :


Performances de l'exercice (activité, emploi, financement)
Situation bilancielle au 31.12
Comparaison sectorielle

C - Enjeux stratégiques:
Bilan des forces et faiblesses
Principaux enjeux et points d'achoppement, raisonnements normatifs.
Politiques correctives ou optimisations possibles.
Cette démarche est bien adaptée :
- aux entreprises dans lesquelles vous intervenez pour la première fois
- aux entreprises d’un type générique particulier par exemple : sous-traitant).
Par contre, il faut souligner qu'elle n'est pas reconductible année après année, et qu'elle est
inadaptée à l'examen des entreprises en évolution rapide.

120
3.4. DEMARCHE STRUCTURELLE "AU LONG COURT" (ACTIVITE CYCLE LONG)

A- Rappel de la problématique structurelle :

Il y a un an (ou depuis x années), l'entreprise (et éventuellement le secteur), se trouvait dans telle
situation, devant tels problèmes, menant en conséquence telle politique ou stratégie, se traduisant
par telles mesures.

B - Bilan de l'étape écoulée:

Poursuite, inflexion ou réorientation de la politique ou de la stratégie.

Renforcements ou affaiblissements de la position de l'entreprise (du secteur).

Difficultés en suspens, dilemmes, améliorations restant à réaliser.

C - Prochaines étapes :

Risques et opportunités, nouveaux ou persistants

Marges de manœuvre trouvées ou retrouvées.

Préconisations, interrogations ou jugement sur la stratégie et la politique menées.

Cette démarche, assez particulière, est bien adaptée au cas d'entreprises menant sur le long terme
une série d'adaptations ou restructurations. Elle permet de mettre en lumière les efforts menés,
d'apprécier leurs retombées sous un angle pas seulement comptable. Elle doit cependant veiller à
ne pas cautionner aveuglément la stratégie conduite et à anticiper '1es effets différés des mesures
prises (donc articuler, diagnostic financier et gestion prévisionnelle).

3.5 .DEMARCHE CRITIQUE OU INTERROGATIVE :


A - Exposé des constats et analyses de la Direction, des choix stratégiques et des politiques qui
en découlent.

B - Examen de la situation de l'entreprise à l'issue de l'exercice écoulé, avis porté sur l'efficacité
des politiques qui en découlent.
C - Examen critique de la politique suivie:

• Validation ou invalidation :
- des constats et des analyses
- des choix stratégiques
- des moyens mis en oeuvre

• Esquisses d'alternatives (analyses, stratégiques, politiques).

Cette démarche est surtout appréciable dans ces contextes "polémiques" au bon sens du terme ;
elle s'apparente à celle des missions de diagnostic et suppose des moyens d'investigation
équivalents. Elle revient à relativiser l'analyse fine des comptes de l'année écoulée, ce qui
suppose un enjeu plus important que ladite analyse.

121
4. CONCLUSION

Quelle que soit la démarche, on soulignera:

- La nécessité impérieuse de bien séparer les phases de constat et les phases


d'analyse ou d'interprétation.

- L'obligation de conclure sur des avis ou des interrogations "ouvrant le champ des
possibles".

- L'intérêt qu'il y a à coupler la réflexion annuelle ("évolution") avec des aspects


"structuraux" dépassant le cadre annuel.

- L'intérêt qu'il y a à confronter l'analyse du passé et de l'existant avec les réflexions


normatives ou projectives sur ce que devrait être l'entreprise, et sur ce qu'elle est sur le
point de devenir; cela par une analyse des risques, opportunités, prolongement des
tendances, ou toutes autres techniques prévisionnelles.

D'autre part, dans tous les cas où des évènements exceptionnels ont affecté l'entreprise durant
l'exercice étudié, il est souhaitable de les traiter isolément, généralement en préambule de la note
de synthèse: c'est notamment le cas des opérations d'absorption-fusion, des rachats significatifs
d'entreprise, des OPA, des fermetures d'établissements, etc.. Un tel préambule peut alors décrire
l'évènement et retracer ses incidences comptables et financières, après quoi l'examen de
l'exercice écoulé peut se dérouler de façon classique, évènement inclu ou défalqué.

5. EXEMPLE DE CONTENU DE NOTE DE SYNTHESE D’UN DIAGNOSTIC FINANCIER :

Le diagnostic est réalisé sur au moins 3 exercices, au mieux 5 exercices.

122
1. ENVIRONNEMENT, MOYENS ET ACI'IVITE DE L'ENTREPRISE

Il s'agit de présenter l'entreprise, son environnement macro-économique, son secteur d'activité,


son marché...

• Entreprise : .actionnariat
.statut
.historique

.localisation

• Secteur d'activité: .activité

.caractéristiques

.évaluation
.tendances

• Marché: .localisation
.débouchés
.concurrence
.produits ...

• Activité de l'entreprise: .produits

.débouchés

.stratégie ...

2. ANALYSE DES EQUILIBRES FINANCIERS

Il s'agit de présenter la structure financière de l'entreprise, son évolution et l'analyser en termes


de causes et conséquences (risques financiers).

a) Structure financière et suivi de la liquidité et de la solvabilité

• Situation, évolution, causes, conséquences: FR/BFR

b) Autonomie financière, capacité de remboursement, contenu et caractéristiques de l'endettement.

• Autonomie financière: DML T / capitaux propres

• Capacité de remboursement: DML T/CAF

• Part des CC Bancaires dans l'endettement global

• Poids de l'endettement : FF/EBE ou FF/CA

Evolution, causes et conséquences

123
c) Etude des ratios de rotation des stocks, créances, fournisseurs et du BFRHE, afin d'identifier
les facteurs qui déterminent l'évolution du BFR et les rectificatifs nécessaires.

3. ANALYSE DE LA GESTION ET DES PERFORMANCES

• Activité et efficience .marges

.production

.CA
.EBE/P

• Productivité .variation VA et variation EBE

.productivité du travail

.productivité du capital

• Rentabilité: économique .EBE/Capital économique

• Rentabilité financière .RN/FP nets

 Situation et évolution des SIG (en volume et en pourcentage) -causes


-conséquenœs.

 Part des SIG et des composantes du résultat dans la production globale.


Recherche des causes et conséquences.

 Comparaison avec d'autres entreprises du secteur et des entreprises à structure


équivalente...

4. ANALYSE DES FLUX ET DE LA GESTION


• Tableau de financement :

Il est fonctionnel (origine et destination, haut de bilan pour FR, exploitation pour BFR et bas de
bilan pour trésorerie) et annuel; il donne les variations poste à poste des éléments du bilan. Sa
portée est limitée du fait de l'approche nouvelle des entreprises de leur financement (pool de
ressources).

• TPFF et tableau des flux (norme IASC) :


Ils sont pluriannuels et font le lien entre: activité/ressources/structure financière.
Ils répartissent ressources et emplois selon: exploitation/financier/exceptionnel

124
Enfin, le TPFF (qui peut-être « très bancaire») est un outil de gestion (suivi) tout en permettant
de caractériser l'entreprise suivant ses performances et sa situation financière .

5. EVALUATION DU RISQUE DE L'ENTREPRISE


• Risque d'exploitation :

On travaillera à plusieurs niveaux en évaluant les risques des produits, de la concurrence, du


matériel.., mais également le point mort exploitation (PME) et la distance entre ce PME et la CA.

Conséquences si CI + 10%, CA -10%.......,

• Risque financier :

On travaillera sur les risques de marché de taux, de devises.., mais également le point mort
financier (PMF).

• Risque global :

PME+PMF=PMG

On déterminera la distance entre le point mort global (PMG) et le CA, et son évolution sur la
période.

• Fonctions scores :

On utilisera de préférence la fonction CONAN et HOLDER, et l'évolution des résultats sur la


période étudiée, plutôt qu'une démarche BANQUE DE FRANCE qui fait référence à une
méthodologie spécifique.

6. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATION

Cette partie, bien évidemment, fait le bilan « du point de vue de l'analyste» qui peut être analyste
financier interne ou externe, banquier, repreneurs, liquidateurs ...

La note de synthèse se termine avec le tableau de synthèse de l'exploitation et des flux.

Enfin, les tableaux qui ont permis d'établir cette note de synthèse constituent le corps du rapport.

125
126
I - L'ENTREPRISE ET SON CONTEXTE

1-1 Présentation de l’entreprise


L'entreprise BASIC est une société anonyme créée en 1980, au capital de 25 Millions de Francs
et dirigée par son fondateur. De type familial, elle connaît de grosses difficultés tant de
production que de commercialisation. Son activité diminue, se réoriente et son effectif est passé
de 306 personnes en 2001 à 208 personnes en 2003.

1-2 Contexte
C'est une entreprise du secteur agro-alimentaire qui commercialise également des produits de « bouche
» importés. Elle a son usine de production en province et son laboratoire pour produits de luxe dans la
capitale régionale.
BASIC SA a connu toutes les grandes mutations liées à sa profession, à savoir l'obligation de
s’informer sur la clientèle et de s'adapter à l'évolution du marché.

1-3 Stratégie
Elle a trois domaines d'activité stratégique caractérisés par :
• Les produits agro-alimentaires de base
• Les produits de luxe
• La commercialisation de produits de « bouche » importés

La Société BASIC SA commercialise ses produits sur le marché national et s'approvisionne sur
le marché international pour ses marchandises (produits de « bouche » importés) et sur le marché
national pour ses matières premières.
L'appréciation du cycle de vie de ces produits nous montre que les produits agro-alimentaires
sont en phase de vieillissement, alors que les produits de luxe sont au démarrage.
Ce qui nous permet de positionner les produits agro-alimentaires dans la catégorie « poids morts »,
c'est à dire produits ne contribuant ni à la croissance, ni au profit de l'entreprise, selon la matrice B C G.
Par contre, les produits de luxe sont classés dans la catégorie des « dilemmes », produits
contribuant à la croissance mais réclamant des liquidités.
Le marché des produits traditionnels connaît une forte contraction en raison de l'intensification
de la concurrence. Pour répondre aux exigences du marché, l'entreprise a décidé de développer
l'activité de luxe qui semble être un marché porteur. Des investissements ont été réalisés pour
accroître la production et la qualité des produits.
En raison du nouvel enjeu commercial BASIC SA cherche à recentrer ses efforts sur le
développement de la fonction commerciale par la mise en place d'une politique de prix et de
marketing.

127
Il - DIAGNOSTIC FINANCIER

2 - 1 Analyse des équilibres financiers

2 - 1 - 1 Structure financière

a) - Le fonds de roulement
Il est positif sur les trois exercices considérés avec cependant une évolution à la baisse. D e 75
900 U.M. en 2001, le niveau du fonds de roulement a diminué de 16 % et 15 respectivement en
2002 et 2003, malgré un accroissement en 2003 des ressources durables.
Le fonds de roulement représentait en 2001 six mois de chiffre d'affaires contre cinq en 2003.

b) Le Besoin en fonds de roulement


Il est très important, représente près de sept mois de chiffre d'affaires en 2001, et ne cesse de
progresser sur la période, pour représenter 7,5 mois de chiffre d'affaires en 2003, ce qui est
considérable.
Les ratios de rotation des postes d'exploitation (stocks, clients et fournisseurs) connaissent une
évolution tendancielle :
- à la hausse pour les stocks et les fournisseurs
- à la baisse pour les clients
Le poste « stocks » représente 201 jours de chiffre d'affaires en 2003, ayant pratiquement doublé
sur la période, le poste fournisseurs ayant également doublé, passant de un à deux mois de
chiffre d'affaires.

c) - La trésorerie
Le FDR étant insuffisant pour couvrir la totalité du BFR, on assiste à une dégradation accentuée
de la trésorerie qui demeure négative sur les trois exercices. La société est de moins en moins
solvable.
En effet, le découvert réel de trésorerie représente 22 jours de C.A en 2003.

2-1-2 Autonomie financière et analyse de l'endettement


La société BASIC est financièrement dépendante de ses partenaires financiers.
A partir de 2003, l'endettement MLT dépasse les capitaux propres de l'entreprise. L'endettement
total (DMLT + DCT + T) reste toutefois inférieur aux ressources propres. Il représente en effet

30%
33%
39%
du total du bilan de 2001 à 2003.

Mais ce même endettement total représente un pourcentage de plus en plus élevé des fonds
propres.
136 % en 2001
212 % en 2002
et 262 % en 2003

128
Remarquons que les composantes de l'endettement évoluent
- Diminution des DMLT envers les établissements de crédit
- Augmentations de dettes financières diverses.
Enfin, la détérioration de la trésorerie conduit l'entreprise à avoir de plus en plus recours aux
concours bancaires.

Le poids de l'endettement pèse sur l'entreprise qui y consacre


 2,6 % de son chiffre d'affaires en 2001 (montant des FF/CA)
 3,5 % « « 2002 «
 5,6 % « « 2003 «
ou encore
 40 % de son EBE en 2001
 85 % « « 2002
 51 % « « 2003

► Ce qui est manifestement trop important.

De la même façon, la capacité d'endettement et de remboursement de la société se sont


beaucoup dégradées.
Ainsi, en 2003 les dettes représentent cinq fois la C.A.F., soit la limite supérieure retenue par le
système bancaire.

2 - 2 - Analyse de la gestion et des performances

2 - 2 -1 - Activité

a) - Chiffre d'affaires
Il diminue progressivement passant de 151 900 en 2001 à 125 400 en 2003 soit - 17 %. Cette
situation s'explique par le rétrécissement du marché des produits traditionnels.
On constate dans le même temps, la progression de l'activité de négoce (qui double) pour
représenter 40 % de la production en 2003 et le tassement de la production vendue (95 % de la
PG en 92, 51 % en 94).

b) - Production
La production vendue suit la même tendance que le chiffre d'affaires, c'est-à-dire diminue
progressivement mais de façon accentuée (- 40 % sur la période).
Dans le même temps, on constate une forte croissance de la production stockée et de la
production immobilisée, ce qui joue défavorablement sur la structure financière de l'entreprise
(accroissement du BFR, consommation de ressource et baisse de trésorerie)

129
Il semble que l'entreprise poursuive une double stratégie :
• De constitution d'un trésor de guerre en stockant des produits finis
• De réhabilitation de son patrimoine qui pourra alors être cédé...

c) - Marges
Le niveau de la marge commerciale et son évolution croissante montrent une certaine efficacité
commerciale de la société sur le nouveau marché des produits de luxe, passant de 15 % à 26 %
durant la période, ce que confirme l'évolution du taux de marge.

d) - Valeur Ajoutée
Au cours des trois exercices, elle passe de 45 % à 54 % de la production globale et son niveau
est acceptable pour ce secteur d'activité. Son taux de croissance (7 % et 17 %) est supérieur à
celui de la production + 8 %.
Cette évolution favorable s'explique par la maîtrise des consommations intermédiaires qui sont
en nette diminution d'une année à l'autre (- 14 % sur la période) et de la croissance de la marge
commerciale.
Dans le cadre de la répartition de la valeur ajoutée entre les différents facteurs, les charges du
personnel représentent à elles seules en moyenne 80 % sur les trois exercices, ce qui représente
une très forte proportion : remarquons toutefois sur la période que d'importantes indemnités de
licenciement sont passées en charge et qui viennent augmenter le coût réel de la main-d'oeuvre.

En dépit de cette situation, on constate une amélioration de la productivité en 2003 (le taux de
croissance EBE étant supérieur à celui de la valeur ajoutée). La marge brute EBENA passe de
17 % à 18,4 % durant la période, après avoir fortement chuté en 2002.

2 - 2 - 2 Analyse de la rentabilité
a) - Excédent Brut d’Exploitation
Il représente en 2003 10 % de la production globale. Son niveau reste faible malgré son
évolution de 5900 en 2002 à 13800 en 2003. Cette amélioration est imputable non seulement au
niveau de la valeur ajoutée, mais également à la maîtrise de l'évolution des charges du personnel
en 2003.
A ce titre, il est à remarquer que l'on enregistre une profonde modification du collectif de travail.
D'une part, l'entreprise diminue son effectif, d'autre part elle recrute, pour ses nouvelles
activités, et on constate au total :
• Que la masse salariale diminue
• Que le coût unitaire du travail augmente (156 U.M. en 92, 283 U.M. en 94)
• Que la production par salarié augmente, mais moins que la valeur ajoutée par salarié, ce
qui traduit une amélioration de la productivité du travail.

b) - Résultat d'exploitation
Le faible montant de l'EBE n'a pas permis de couvrir la totalité des charges liées à l'utilisation
des immobilisations : les dotations aux amortissements et provisions d'exploitation sont élevées
(22 % de la production en 2003) alors que L’EBE n'en représente que 10 %), en raison des
investissements liés à la nouvelle activité, mais aussi des opérations de réhabilitation.
130
c) - Rentabilité économique
Au cours des trois années la rentabilité économique de l'entreprise reste stable et égale à 6 %. En
outre, on constate un problème d'efficience économique car l'augmentation de capital
économique n'a pas donné un résultat suffisant pour améliorer la rentabilité économique.
d) -Rentabilité financière
La dégradation des résultats au cours des deux dernières années (-7 140 en 2002 et - 5 575 en
2003) a engendré une diminution de la rentabilité financière qui passe de 1 % en 2001 à -15 %
en 2003.
e) -Analyse du levier financier :
Le tableau des ratios montre que la rentabilité économique (EBE/ Capital Economique) est
inférieure au coût moyen de la dette. Le taux de rentabilité économique tourne autour de 6 %
alors que le coût de l'endettement est de 10 % environ. Il existe alors un écart largement négatif
entre ces deux indicateurs, traduisant « un effet de massue ». Ce qui se traduit par une rentabilité
financière en dégradation et négative.

2-3 Analyse des flux et de la gestion


2-3-1 le tableau de financement
L'analyse du tableau de financement montre :
a) - Au niveau des emplois
- Accroissement des immobilisations en 2002 et 2003 liées à l'exploitation
(nouvelle activité) et aux opérations de réhabilitation des bâtiments.

b) - Au niveau des ressources


- Augmentation de la CAF. Elle est passée de 3560 en 2002 à 7525 en 2003. Cet
accroissement est lié à l'importance de VEBE dégagé au cours de ces deux exercices qui est
passée de 5900 à 13800 en 2003 soit une hausse de 134
- Existence d'un résultat de cession d'immobilisation en 2003
- Accroissement des dettes à long et moyen terme. + 10 % en 2002 et + 15 % en
2003
- Mobilisation des comptes courants d'associés : + 162 % en 2002 et + 76 % en
2003
- Appel aux concours de trésoreries qui s'est accru de 64 % en 2002 et 29 % en
2003.
Les effets escomptés non échus constituent une part importante de cette trésorerie et
représentent 75 % de l'ensemble des concours de trésorerie contractés par l'entreprise en 2002 et
70 % en 2003.
Ainsi, le tableau de financement indique une dégradation considérable de la trésorerie. La CAF
dégagée est insuffisante pour couvrir le besoin d'investissement. La société a du recourir à un
endettement à terme et mobiliser ses comptes courants associés.
Les ressources durables sont inférieures aux emplois stables et ne couvrent que 45 % des
besoins en immobilisations en 2002 et 70 % en 2003, d'où une variation négative du FR. Cette
détérioration du FR ne permet pas de faire face aux besoins liés au cycle d'exploitation qui ont
aussi diminué pendant ces deux exercices.

131
2 - 3 - 2 Tableau des flux financiers (TPFF)
L'interprétation se fait sur le cumul des trois exercices considérés. Il ressort de ce tableau
- Un excédent de trésorerie d'exploitation (ETE) positif qui a son origine dans
l'importance de l'EBE dégagé au cours de ces deux exercices. L'EBE est suffisant pour
couvrir les besoins nés du cycle d'exploitation. Le taux de couverture du BFR d'exploitation
par l'EBE/(EBE/BFP,E) est de 1,36, ce qui est satisfaisant.
- Un DAFIC négatif (- 30885) : cela signifie que la trésorerie d'exploitation est
insuffisante pour couvrir les besoins internes de croissance après financement des besoins
d'exploitation de l'entreprise ; d'où recours au financement externe (emprunt à LMT. CCA).
LIETE couvre 40 % des investissements en immobilisation d'exploitation.
- Flux financiers négatifs (-1000) ; ce qui traduit le poids des frais financiers
auxquels la société doit faire face, ces frais financiers étant supérieurs aux variations nettes
des DMLT.
Au total, le solde de gestion est très négatif, et l'entreprise se trouve dans la situation 8 « déficit
dilemme ».
- Des flux d'opérations exceptionnelles positifs (+ 17 285) ; ce qui explique
l'importance des opérations hors exploitation qui accroissent ces ressources entre autres des
produits financiers, produits de cession et autres produits encaissables et surtout des apports
associés importants. Mais ces ressources exceptionnelles sont insuffisantes. Au total, la
trésorerie plonge !
La société BASIC SA est dans une situation de déséquilibre financier caractérisé par :
- Une insuffisance des ressources interne pour financer ses investissements
Une faible rentabilité économique de ses investissements conduisant l'entreprise à financer son
solde de gestion par des cessions d'actif, par un recours des comptes associés et à des crédits de
trésorerie.

132
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le diagnostic financier effectué met en évidence :


• Une structure financière dégradée,
• Une forte réduction du chiffre d'affaires liée aux ventes des produits traditionnels,
• Un EBE absorbé par les charges financières,
• Une faible CAF sur les deux derniers exercices.
Pour appréhender l'évolution future de l'entreprise, nous avons recensé l'existant de BASIC
S.A. :

Points forts :
• Augmentation de la capacité de production due aux nouveaux investissements réalisés,
• Amélioration de la qualité du nouveau produit.

Points faibles :
• Inadaptation de la politique commerciale au besoin du marché.
• Faiblesse de la rentabilité globale de la Société.

Malgré la menace de la concurrence, des opportunités s'offrent à cette Société, notamment sur
le marché de luxe. La caractéristique et la clé de la réussite des PME résident essentiellement
dans leurs capacités aux changements et aux mutations à la condition qu'elles maîtrisent bien
leur environnement professionnel, social et financier. Cette entreprise doit très rapidement
être restructurée, c'est à dire, adopter ses charges de structure à son niveau d'activité et si cela
est possible, développer de nouvelles activités, ce qui supposerait toutefois des apports
nouveaux.

133
134
SOCIETE ELECTRO

On vous présente ci-dessous les états financiers de la Société ELECTRO pour trois exercices
consécutifs : (en milliers de francs)

Bilan

Actif N-2 N-1 N

Immobilisations brutes 8 633 11 844 12 621


Amortissements 5 793 6 525 7 345
Immobilisations nettes 2 840 5 319 5 276
Stock matières premières 1 140 1 400 2 265
Stocks produits en cours 508 558 747
Stocks produits finis 468 550 1 448

Clients 2 514 2 335 3 271


Effets à recevoir 1 207 1 252 1 327
Disponibilités 2 755 1 735 752
11 432 13 149 15 086

Passif

Capital 6 000 6 000 6 000


Réserves 1 124 1 359 1 609
Résultat de l’exercice (bénéfice ou perte) 775 530 490
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit (1) 1 000 1 535 1 394
Dettes fournisseurs et comptes rattachés (effets à payer) 963 1 695 3 103
Dettes fiscales et sociales 1 570 2 030 2 490
11 432 13 149 15 086

(1) Dont concours bancaires courants et soldes créditeurs


de banque 0 0 294

135
Compte de résultat

Charges N-2 N-1 N

Achats de matières premières 5 805 7 649 9 649


Variation de stock de matières premières - 375 - 260 - 865
Charges externes 3 436 4 204 4 532
Impôts, taxes et versements assimilés 175 262 248
Charges de personnel 5 170 6 995 10 877
Dotations aux amortissements sur immobilisations 507 732 820
Charges financières 91 183 108
Impôts sur les bénéfices 775 530 490

Total des charges 15 584 20 295 25 859

Solde créditeur : bénéfice 775 530 490


Total Général 16 359 20 825 26 349

Produits

Production vendue (biens et services) 16 337 20 693 25 262


Production stockée (produits finis) - 32 82 898
Production stockée (en-cours) 54 50 189

Total des produits 16 359 20 825 26 349


Solde débiteur : perte _ _ _

Total Général 16 359 20 825 26 349

On précise en outre que :

N -2 N -1 N

- La TVA sur les ventes s’est élevée à 4 163 5 007 6 338


- La TVA déductible sur les achats s’est élevée à 1 195 1 851 2 351

TRAVAIL DEMANDE

136
I. Analyse de l’évolution de la structure financières et de la rentabilité de la société
ELECTRO

Dans ce but il est demandé de ce conformer à la démarche suivante et de rédiger des


interprétations ou conclusions après chaque étape.

1) Analyse de la structure financière

a. Calcul des fonds de roulement nets globaux, des besoins en fonds de roulement
et de la trésorerie, après avoir défini les différents concepts (FRNG, BFR, TN)

b. Calculer la capacité théorique d’endettement, les ratios d’autonomie financière


et d’endettement et examiner leur évolution.

c. Calculer dans la mesure du possible, des ratios usuels de rotation sur la base
d’une année de 360 jours

2) Etude de la rentabilité et de l’autofinancement

a. Etablir les soldes intermédiaires de gestion pour les trois exercices


b. Calculer la CAF (par 2 méthodes) pour les trois exercices ainsi que
l’autofinancement
c. Calcul de la valeur ajoutée globale et de l’excédent brut global pour les
trois exercices et procéder à la répartition de la VAG
d. Calcul des ratios de rentabilité qui semblent pertinents

3) Etablissement des tableaux de financement TAFIRE N-1 et N

4) Etude de la trésorerie et analyse de la liquidité

a) Calcul de l’ETE à partir de l’EBE et à partir de l’ ESO

b) Calcul de l’ETOG et de l’ETOIF

c) Etablissez le contrôle de la variation globale de trésorerie

d) Analyse de la liquidité à partir de l’ETE

5) Etablir le diagnostic financier éventuellement éclairé par d’autres ratios

Un groupe d’investisseur est sollicité pour apporter 3 000 000 F soit grâce à une augmentation
de capital, soit sous forme d’emprunt remboursable en 5 ans
Précisez les éléments qui militeraient pour l’une ou l’autre solution, tant du point de vue
de la société que du point de vue de l’investisseu

CORRIGE CAS DE SYNTHESE

137
I. ANALYSE DE L’EVOLUTION DE LA STRUCTURE FINANCIERE ET DE LA
RENTABILITE DE LA SOCIETE SODEC

1) ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIERE

a) Calcul des fonds de roulements nets globaux, des besoins en fonds de roulement et de
la trésorerie

a-1) Définition et calcul des fonds de roulement

Le fonds de roulement net global est la partie des ressources durables qui concourt au
financement de l’actif circulant.
Calcul des fonds de roulement nets globaux

N-2 N-1 N
Capital 6 000 6 000 6 000
Resserves 1 124 1 359 1 609
Résultat de l’exercice 775 530 490
Amortissement 5 793 6 525 7 345
Emprunts et Dettes 1 000 1 535 1 100
TOTAL RESSOURCES DURABLES 14 692 15 949 16 544

TOTAL ACTIF IMMOBILISE 8 633 11 844 12 621

FONDS DE ROULEMENT NET GLOBAL 6 059 4 105 3 923

On constate une baisse continue du fonds de roulement net global, alors que l’activité de
l’entreprise augmente (voir évolution du chiffre d’affaires).
Le fonds de roulement net global couvrait largement les stocks et les créances clients en N-2,
alors qu’en N il ne couvre plus l’intégralité des stocks

a-2) t calcul des besoins en fonds de roulement

Calcul des besoins en fonds de roulement

N-2 N-1 N
Stocks matières premières 1 140 1 400 2 265
Stocks produits en cours 508 558 747
Stocks produits finis 468 550 1 448
Clients 2 514 2 335 3 271
Effet à recevoir 1 207 1 252 1 327

BESOINS 5 837 6 095 9 058


Fournisseurs et comptes rattachés 963 1 695 3 103
Dettes fiscales et sociales 1 570 2 030 2 490
RESSOURCES 2 533 3 725 5 593
BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT 3 304 2 370 3 465

138
a-3) Définition et calcul de la trésorerie

Calcul de la trésorerie nette

N-2 N-1 N
DISPONIBILITES 2 755 1 735 752
Concours bancaires courants 294
TRESORERIE NETTE 2 755 1 735 458

VERIFICATION

N-2 N-1 N
Fonds de roulement NET GLOBAL 6 059 4 105 3 923
BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT - 3 304 - 2 370 - 3 465
TRESORERIE NETTE 2 755 1 735 458

La trésorerie s’est considérablement réduite, le fonds de roulement se réduisant alors que le


besoin en fonds de roulement ne diminue pas (sauf en N-1)
b) Ratios d’endettement
b-1) Capacité théorique d’endettement

N-2 N-1 N
Capital 6 000 6 000 6 000
Réserves 1 124 1 359 1 609
Résultat de l’exercice 775 530 490
CAPITAUX PROPRES 7 899 7 889 8099
EMPRUNTS ET DETTES A LONG TERMES 1 000 1 535 1 100
CAPACITE THEORIQUE D’ENDETTEMENT 6 899 6 354 6 999

RATIO D’AUTONOMIE FINANCIERE = DETTES FINANCIERE / CAPITAUX PROPRES

N-2 N-1 N
DETTES FINANCIERES 1 000 . 1 535 . 1 100 .
CAPITAUX PROPRES 7 899 7 889 8099
RATIO D’AUTONOMIE FINANCIERE 0,12 0,19 0,14

RATIO D’ENDETTEMENT = ENDETTEMENT GLOBAL / CAPITAUX PROPRES

N-2 N-1 N
ENDETTEMENT GLOBAL 3 533 . 5 260 . 6 987 .
CAPITAUX PROPRES 7 899 7 889 8099
IMPORTANCE DE L’ENDETTEMENT / CAPITAUX 0,45 0,67 0,86
PROPRES

139
RATIO D’ENDETTEMENT = ENDETTEMENT GLOBAL / CAF

N-2 N-1 N
ENDETTEMENT GLOBAL 3 533 . 5 260 ; 6 987 .
CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT NET 1 282 1 262 1 310
2,7 4,2 5,3

La capacité théorique d’endettement est bonne et les capitaux propres sont à un niveau
satisfaisant, bien que la forte croissance des dettes à court terme ait dégradé le ratio
d’endettement par rapport à la CAF. Ceci amène à s’interroge sur le niveau de la CAF et donc
de la rentabilité.

2) ETUDE DE LA RENTABILITE ET DE L’AUTOFINANCEMENT

a) SOLDES INTERMEDIAIRES DE GESTION

N-2 N-1 N
Production vendue (bien et services) 16 337 20 693 25 262
Production stockée (produits finis) - 32 82 898
Production stockée (en cours) 54 50 189
PRODUCTION DE L’EXERCICE 16 359 20 825 26 349
Achats de matières premières 5 805 7 649 9 649
Variation de stock de matières premières - 375 - 260 - 865
Charges externes 3 436 4 204 4 532
Impôts, taxes et versements assimilés 175 262 248
CONSOMMATIONS EXTERNES 9 041 11 855 13 564
VALEUR AJOUTEE 7 318 8 970 12 785
Charges de personnel 5 170 6 995 10 877
EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION 2 148 1 975 1 908
Dotations aux amortissements sur immobilisations 507 732 820
RESULTAT D’EXPLOITATION 1 641 1 243 1 088
Charges financières 91 183 108
RESULTAT FINANCIER - 91 - 183 - 108
RESULTAT ACTIVITES ORDINAIRES 1 550 1 060 980
RESULTAT A REPARTIR 1 550 1 060 980
Impôt sur le résultat 775 530 490
RESULTAT NET 775 530 490

140
b) CAF : 1ère méthode

N-2 N-1 N
EBE 2 148 1 975 1 908
+ Transfert de charges d’exploitation - - -
+ Produits financier - - -
- Charges financiers - 91 - 183 - 108
+ Produits H.A.O (hors reprises et PCEAC) - - -
- Charges H.A.O (hors dotations et VCEAC ) - - -
- Participation - - -
- Impôts sur le résultat - 775 - 530 - 490
CAF 1 282 1 262 1 310

CAF 2ème méthode

N-2 N-1 N
RESULTAT NET 775 530 490
+ Dotation aux amortissements et aux provisions 507 732 820
- reprises sur provision
+ valeur comptable des éléments d’actifs cédés
- Produits de cession des éléments d’actifs cédés
1 282 1 262 1 310

CALCUL DE L’AUTOFINANCEMENT :
AUTOFINANCEMENT = CAF - Dividendes distribués

N-2 N-1 N
CAF 1 282 1 262 1 310
Dividendes distribués durant l’exercice ? - 540 - 280
722 1 030

c) calcul de la VAG et de l’EBG

Valeur ajoutée du compte de résultat 7 318 8 970 12 785


+ Produits financiers encaissables
- Charges financières décaissables hors intérêts
+ Produits H.A.O encaissables hors PCEAC
- Charges H.A.O décaissables hors VCEAC
VALEUR AJOUTEE GLOBALE 7 318 8 970 12 785
Charges de personnel 5 170 6 995 10 877
EXCEDENT BRUT GLOBAL 2 148 1 995 1 908

REPARTITION DE LA VAG

N-2 N-1 N
Travailleurs = charges de personnel 5 170 6 995 10 877
Prêteurs = Intérêts 91 183 108
ETAT = Impôt sur le résultat 775 530 490
Entreprise et associés = CAF 1 282 1 262 1 310
VALEUR AJOUTEE GLOBALE 7 318 8 970 12 785
d) Ratios de rentabilité

141
BENEFICE NET : pour N-2 = 775 . 10,87% 7,20 % 6,93 %
CAPITAUX PROPRES 7 124
EBE pour N-2 = 2 148 13,14% 9,54 % 7,55 %
Chiffres d’affaires 16 337

3) ETABLISSEMENT DES TAFIRES EN N-1 ET N

N-1 N N-1 N
Res
Emplois -source Emplois Ressour- Emplois Ressour Emploi ressour-
ces - s ces
s ces
Acquisitions / cession FINANCEMENT
d’immobilisation 3 211 777 INTERNE 126
DIVIDENDES / CAF 540 2 280 1310

FINANCEMENT
PAR
LES CAPITAUX
INVESTISSEMENT FINANCEMENT
TOTAL 3 211 777 PAR 535
DE NOUVEAUX
EMPRUNTS
Variation du BFE 93 RESSOURCES 1257 1030
4 1095 NETTES DE
FINANCEMENT
Emplois Economique EXCEDENT OU
à financer 2 277 1872 INSUFFISANCES DE
RESSOURCES DE 1020 1277
FINANCEMENT
Variation du BFHAO Variation de la
Trésorerie
Emplois Financiers Trésorerie nette
Contraints 435 à la clôture de 1735 458
l’exercice 2755 1735
à l’ouverture de l’exerc. 1 020 1277
2 277 2307

CONTROLE (à partir des masses du bilan N-2 et N-1 ) EMPLOIS RESSOURCES


Variation du fonds de roulement : FDR (N-1) - FDR (N-2) 1 954
Variation du BFG : BFG (N-1) - BFG (N-2) 934
Variation de la trésorerie (T) : T (N-1) - T (N-2) 1 020
TOTAL 1 954 1 954
CONTROLE (à partir des masses du bilan N-1 et N ) EMPLOIS RESSOURCES
Variation du fonds de roulement : FDR (N) - FDR (N-1) 182
Variation du BFG : BFG (N) - BFG (N-1) 1 095
Variation de la trésorerie (T) : T (N) - T (N-1) 1 277
TOTAL 1 277 1 277
4) ETUDE DE LA TRESORERIE ET ANALYSE DE LA LIQUIDITE

142
4-1) Etude de la trésorerie

a) Calcul de L’ ETE à partir de L’EBE

ETE = EBE - ▲ BFE


N-1 N
EBE 1 975 1 908
▲BFE + 934 - 1095
ETE 2 909 813
Calcul de l’ETE à partir de l’ESO
N-1 N
Production vendue 20 693 25 262
- Achats de Matières premières - 7 649 - 9 649
- Charges externes - 4 204 - 4 532
- Impôts, Taxe et Versements assimilés - 262 - 248
- Charges de personnel - 6 995 -10 877
L’EXCEDENT SUR OPERATIONS (ESO) 1 583 - 44
Variation créances d’exploitation - 134 1 011
Variation dettes d’exploitation - 1 192 1 868
Variation encours commercial - 1 326 - 857
ETE = ESO - Variation encours commercial + 2 909 + 813
b) CALCUL DE L’ETOG ET DE L’ETOIF

Calcul de l’ETOG ETOG = CAF - ▲ BFR


N-1 N
CAF 1 262 1 310
▲BFR + 934 - 1 095
ETOG 2 196 215
Calcul de l’ETOIF : ETOIF = ▲FR - CAF
N-1 N
Variation du fonds de roulement - 1 954 - 182
- CAF 1 262 1 310
ETOIF - 3 216 - 1 492

C) Contrôle de la variation de trésorerie


ETOG + ETOIF = Variation globale de trésorerie
N-1 N
ETOG 2 196 215
ETOIF - 3 216 - 1 492
Variation globale de trésorerie - 1 020 - 1 277

Vérification à partir du bilan : = Trésorerie à la clôture


- Trésorerie à l’ouverture - 1 020 - 1 277

143
La concordance est vérifiée

D) Analyse de la liquidité à partir de l’ETE

L’équation de la liquidité à partir de l’ETE s’écrit :


ETE - Charges financière - Remboursement d’emprunts - Impôts / Résultat > 0

ETE 2 909 813


- Charges financiers - 183 - 108
- Remboursement - 435
- Impôt sur le Résultat - 530 - 490
2 196 - 220

DIAGNOSTIC : PREMIERE PARTIE

I . DIAGNOSTIC DETAILLE

Rentabilité

Bonne croissance du chiffre d’affaires avec une croissance encore supérieure (surtout l’année
N) de la valeur ajoutée. Mais paradoxalement, l’excédent brut d’exploitation baisse. La cause
essentielle est l’évolution des frais de personnel (augmentation supérieure à 100% en valeur
absolue) absorbant en N 83% de la valeur ajoutée. La rentabilité des fonds propres diminue
ainsi que la rentabilité économique.

Structure financière

Excellente capacité d’endettement à long et moyen terme. Les conséquences de la chute


importante du fonds de roulement ont pu être atténuées par une action sur les besoins en fonds
de roulement (clients et fournisseurs) malgré un laxisme apparent dans la gestion des stocks.
Toutefois l’allongement du délai de paiement fournisseur et la réduction du délai
d’encaissement clients risque à terme, de détériorer les relations avec les clients et les
fournisseurs.

LIQUIDITE
On voit nettement l’évolution défavorable de la trésorerie d’exploitation qui s’affaisse en N
(réduction de plus des 2/3).
Si l’entreprise n’a pas eu encore de difficultés de trésorerie, elle le doit à l’importance de sa
trésorerie initiale.
La liquidité (calculée à partir de l’ETE) qui était assurée en N-1 ne l’est plus en N. Et si la
tendance actuelle se maintient l’entreprise risque de connaître de très graves problèmes de
trésorerie

II. POINTS SENSIBLES A TRAITER DANS L’URGENCE

144
Productivité du personnel
Amélioration du fonds de roulement

DEUXIEME PARTIE : RECOMMANDATIONS


L’augmentation de capital et l’emprunt ont, tous les deux, sur le fonds de roulement, le même
effet immédiat, bien que pour l’emprunt il faut une politique de mise en réserve qui puisse
permettre le remboursement au bout de cinq ans.
Si l’on pense que le besoin est durable un appel au capital est sûrement préférable, mais il faut
pouvoir l’appâter par la rentabilité et les dividendes, ce qui est pour l’instant hypothétique.
L’emprunt risque donc de mieux passer dans l’immédiat .L’apporteur ne s’engageant pas
définitivement. Une solution mixte peut également être envisagée.
Elle éviterait de plus le problème de la minorité de blocage qui risquerait de se poser en cas
d’entrée dans le capital d’un partenaire extérieur, bien que l’on ne sache pas dans ce cas si le
partenaire aurait toujours envie de souscrire.

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