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Histoire de la

Littérature française
Présentation générale

• Durée: 30 périodes
• Nombre de crédits: 02
• Composition du cours: 6 chapitres
Composition du cours
• Chapitre 1: Le Moyen Age
• Chapitre 2: Le XVIe siècle (Renaissance)
• Chapitre 3: Le XVIIe siècle
• Chapitre 4: Le XVIIIe siècle
• Chapitre 5: Le XIXe siècle
• Chapitre 6: Le XXe siècle + les premières
années du XXIe siècle
Composition d’un chapitre
• Aperçu historique:
- Evénements historiques marquants
- Courants de pensée dominants
• Aperçu littéraire:
- Généralité
- Courants/genres littéraires dominants
- Auteurs et oeuvres représentatifs
Modalité d’apprentissage
• Lecture du cours
• Exercices
• Dossier: lecture d’une oeuvre des XIXe, XXe, XXIe
siècles => Fiche de lecture:
- Titre de l'ouvrage
- Nom de l'auteur
- Edition (éditeur, date)
- Genre
- Courant littéraire d'appartenance
- Résumé
- Commentaire
Fiche de lecture
- Auteur
- Titre de l’ouvrage
- Lieu, éditeur, date d’édition
- Genre
- Nombre de pages
- Thème principal (problème abordé)
- Personnages (rôle dans le récit, caractéristiques
physique, psychologique, sociale)
- Cadre spatial (où se passe l’histoire)
- Cadre temporel (quand?)
- Résumé
- Commentaires
Evaluation

• Assiduité et participation au cours: 10%


• Test de mi-semestre/contrôle oral: 20%
• Dossier : 20%
• Test final: 50%
Chapitre premier

Le Moyen Age
Aperçu historique
1. Définition
- Le Moyen âge historique: Ve - XVe siècle
- Le Moyen âge littéraire : Xe - XVe siècle
2. Origines de la France : fusion des tribus des
Gaulois et des Francs > La France au Ve siècle
3. Formation et évolution du français:
- Le roman: basé sur le latin,du Ve au XIe siècle
- L’ancien français: langue d’oil, langue d’oc, francien
(XIIe – XIIIe siècles)
- Le moyen français : XIVe – XVIe siècles
- Le français moderne: à partir du XVIIe siècle.
Aperçu historique (suite)
4. La société française:
- Vie politique : régime féodal décentralisé, affirmation progressive
du pouvoir royal.
- Vie sociale : trois ordres (clergé, noblesse, roture).
- Vie religieuse: aspirance à la position dominante du Christianisme
> croisades, guerres de conquête.
- Vie intellectuelle:
+ jusqu’au début du XIe siècle: guerres, violence, misère
+ à partir du XIIe siècle: goût de la vie spirituelle (les écoles naissent
dans les grandes villes, la Sorbonne fondée en 1253), nouvelle
vision du monde grâce aux découvertes géographiques, apparition
et développement de la littérature romanesque et de l’art roman et
gothique.
Aperçu littéraire:
Etape du Xe au XIIIe siècle

1. Littérature épique
2. Littérature courtoise
3. Littérature bourgeoise
1. Littérature épique
- Apparition: fin XIe siècle
- Source d’inspiration: les exploits des chevaliers de guerres,
de croisades
- Caractéristiques:
+ Forme: chanson de geste (composée de vers
décasyllabiques regroupés en laisses irrégulières)
+ Contenu: chanter l’idéal de la chevalerie:la prouesse,
l’honneur, le patriotisme et la foi religieuse.
(dont le code d’honneur est fondé sur la prouesse, la largesse, le
courage, le sens de sacrifice)
+ particularité : événement historique surchargé de
fantastiques et d’imaginaires
- Oeuvre représentative: “Chanson de Roland”
2. Littérature courtoise

- Apparition: fin XIIe siècle.


- Raisons d’être : contact (par des croisades et le commerce) avec
des civilisations rafinées, surtout celles d’Orient.
- Caractéristiques:
+Contenu : chanter l’idéal de la chevalerie avec le nouveau code d’honneur :
aux qualités du chevalier épique s’ajoutent le savoir-vivre, la politesse,
l’élégance et le service d’amour.
+Formes :
+ Poésie lyrique: découverte de la rime; Marie de France et ses lais
(merveilleux romanesque et féerique, peinture nuancée de l’amour). Ex.
Lai du Laostic, lai d’Yonec.
+ Roman chevaleresque : l’amour + les exploits du chevalier au
service de sa damme; description plus détaillée du décor et des actions,
analyse psychologique. Ex. Tristan et Iseut.
3. Littérature bourgeoise
- Apparition: fin XIIe, début XIIIe siècle.
- Raisons d’être : essor écononique > extension des
villes > élargissement des milieux bourgeois cultivés.
- Caractéristiques: narrative, réaliste, souvent grivoise, parfois
morale.
- Formes :
+ Fabliaux : - Contes à rire : être comiques avec jeux de mots,
quiproquos; railler des gens cupides, avares,naïfs).Ex.
- Contes moraux : intrigue plus soignée; leçon morale.Ex.
+ Roman de Renard :- 27 récits indépendants; - parodie
burlesque des courants littéraires épique et courtois; - une épopée
animale reflétant la société humaine au Moyen Age.Ex.
Aperçu littéraire
Etape du XIVe au XVe siècle
• Généralité
- Essor du théâtre et de la poésie lyrique
1. Le théâtre
- Grande variété, dont la farce
- La farce de Maître Pathelin
2. La poésie lyrique
- Les poèmes à formes fixes dont la ballade et
le rondeau
- Auteurs: Charles d’Orléan, François Villon.
Exercices (chapitre 1)

1. Que savez-vous de la vie intellectuelle en


France au Moyen-âge?
2. Quels sont les courants littéraires du XIe au
XIIIe siècles?
(noms/ date d’apparition/ inspiration/
caractéristiques:forme, contenu,particularité/ oeuvres
représentatives).
3. Que savez-vous de la littérature française du
XIVe et du XVe siècle?
(genres en essor, auteurs et oeuvres représentatifs).
Chapitre 2

Le XVIe siècle
Aperçu historique
1. Vie politique :
- Période mouvementée
- Renforcement du pouvoir royal (François 1er, Henri IV)
2. Vie sociale et intellectuelle:
- Découvertes géographiques
- Découvertes scientifiques et techniques (typographie,
ligature des artères, système des planètes).
- Influence italienne + rôle de Louis XII et François 1er.
 Un courant de pensées nouvelles contre les idées et
moeurs du Moyen Age
3. Les mouvements de pensées
- La Renaissance
. Italie (XIVe), France (fin XVe – début XVIIe)
. Signification: - Retour à la civilisation
antique ; - Conviction dans la puissance,
la beauté, le droit au bonheur  Lutte
contre les dogmes de l’Eglise pour le libre
développement de la personnalité.
L’humanisme

. Aboutissement des pensées et mentalités


de la Renaissance.
. Acte de foi dans la nature humaine
(croyance en la nature et la dignité de
l’homme,culte du bonheur, éloge des
savoirs, affirmation de la tolérance)
 Mouvement d’esprit nouveau s’opposant
aux traditions arriérées du Moyen Age.
La réforme religieuse

. Martin Luther : rectification des


enseignements de l’Eglise; retour à
l’Evangile…
. Conflits Chrétiens >< protestants 
Guerres civiles
. Edit de Nantes (1598,Henri XIV)=> liberté
de croyance  appaisement provisoire.
Aperçu littéraire
1. Généralité

- Richesse et variété.
- Hyme à la vie (chanter les plaisirs de la vie).
- Esprit de la Renaissance ( inspiration des auteurs anciens).
- Instauration des nombreux genres.

2. La Pléiade
- Groupe de 7 poètes français dont la doctrine va renouveler la poésie
française.
- Ouvrage - manifeste: “Défense et Illustration de la langue française”.
- But: défendre et illustrer le français.
- Réalisation: Proposer aux écrivains et savants de composer en français
et de s’inspirer des écrivains de l’antiquité.
- Contribution: a orienté la littérature française pendant 2siècles.
François Rabelais
1. La vie
- 1484-1553
- Vie au couvent  moine à 26 ans
- Etudes de droit et de langues anciennes
- Etudes de médecine  médecin en 1530
- Curé de Saint Martin de Meudon en 1551
- Autres: Esprit curieux et avide de savoirs, Voyages.

2. L’oeuvre
- Ouvrages avec dates d’édition
- Inspiration de la littérature épique, de la tradition populaire et.
- Acte de foi d’un humaniste: démasquer les errements, présenter
des idées nouvelles, progressives.
- Grand écrivain avec un art de raconter original.
Présenter une oeuvre
- Titre: Pantagruel
- Date d’édition: 1532
- Auteur : François Rabelais
- Résumé: naissance au milieu d’une
secheresse, causant la mort de sa mère,
études à Paris, rencontre avec Panurge,
guerre avec des Dipsodes, victoire,
indulgence avec ses ennemis.
- Commentaires:
Pierre de Ronsard

• La vie:
- 1524-1585
- Page à 12 ans
- Demi sourd à 18 ans  études de lettres grecque et latine
- Reconnu comme grd poète dès 1547.
- 1560: poète de la Cour
- 1572 : se retire de la Cour pour la poésie.
1. L’oeuvre
- Recueils de poèmes + date d’édition
- Variété en genres + esprit de la Renaissance (chanter les plaisirs
de la vie)
- Thèmes principaux: amour + politique – la femme, la fuite du
temps.
- Poésie originale (prince des poètes, poète des princes)
Chapitre 3

Le XVIIe siècle
Aperçu historique
1. Vie politique : la monarchie absolue
Deux grandes dates : 1589 et 1715, Plusieurs règnes et régences
 Monarchie de Louis XIV
2. Vie religieuse: la contre réforme
Lutte de l’Eglise catholique contre les protestants soutenue par le
pouvoir royal (Révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV)  fuite
des protestants.
3. Vie sociale et intellectuelle
- Salons mondains féminins et aristocratiques réunissant des
intellectuels élites  menace pour le pouvoir royal
- Pour affaiblir leurs influences, le pouvoir royal : +) pensionne les
écrivains mais contrôle l’opinion et exerce sa censure sur toutes les
publications, +) crée l’Académie française qui impose des règles sur
la forme et le contenu des oeuvres la culture devient dépendante.
- Grand contraste social : la misère du peuple >< la vie luxueuse au
royaume.
Louis XIV
Richelieu
Louis XIII
Mazarin
Aperçu littéraire
1. Le classicisme
- Courant esthétique dominant au XVIIe s. regroupant l'ensemble
des ouvrages qui suivent l’esthétique des chefs-d'œuvre de
l'Antiquité gréco-latine
- Art: harmonie, symétrie, somptuosité
- Littérature:règles empruntées au théâtre grec et latin avec deux
grands principes
+ souvraineté de la raison: la raison triomphe des sentiments,
l’honneur national l’emporte sur l’honneur familial et individuel.
+ respect et imitation des écrivains de l’Antiquité: inspiration des
oeuvres antiques, règles des trois unités et de cinq actes pour le
théâtre, distinction des genres hauts et bas.
 Contribution du courant littéraire classique: instauration des genres
déterminés, clarté du français.
Château de Versailles
Les jardins du château de
Versailles
Académie française
Nicolas Boileau
Sculptures baroques
Peinture baroque
Ruben – l’éducation de Marie de Médicis
(Suite)

2. Le baroque:
- Période entre Renaissance et Classicisme
Pour Heinrich, classicisme : la ligne droite,
la noblesse et l'équilibre/ baroque: la
courbe, le mouvement et le foisonnement.
- Art: irrégularité,excentricité, fantaisie.
- Littérature: imagination, refus du code
classique (le principe de la raison et les
règles strictes).
Pierre Corneille (1606 – 1684)
- Vie
+ né en 1606 à Rouen
+ études au collège des Jésuites
+ études de droit
+ avocat au Parlement de Rouen en 1624
+ renonce à l’écriture en 1674
+ mort en 1684
- Oeuvre
+ Le Cid, Horace, Cina
+ Les oeuvres de Corneille traduisent l’idéal classique (la souvraineté
de la raison): l’honneur et les intérêts politiques l’emportent sur les
préoccupations sentimentales, les passions se soumettent à la
raison.
Jean Racine(1639-1699)
- Vie: né à Ferté-Milon
Molière
- Vie
- Oeuvre
Le Cid
- Auteur: Pierre Corneille
- Date d’édition : 1637
- Résumé:
Don Diègue et le comte de Gormas ont décidé d’unir leurs enfants Rodrigue et
Chimène qui s’aiment. Mais le comte, jaloux de se voir préférer le vieux don Diègue
pour le poste de précepteur du prince, donne un soufflet à son rival. Don Diègue,
affaibli par l’âge et trop vieux pour se venger par lui même, remet sa vengeance entre
les mains de son fils Rodrigue qui, déchiré entre son amour et son devoir, finit par
écouter la voix du sang et tue en duel le père de Chimène. Chimène essaie de renier
son amour et le cache au roi, à qui elle demande la tête de Rodrigue. Mais l’attaque
du royaume par les Maures donne à Rodrigue l’occasion de prouver sa valeur et
d’obtenir le pardon du roi. Plus que jamais amoureuse de Rodrigue devenu un héros
national, Chimène reste sur sa position et obtient du roi un duel entre don Sanche qui
l'aime aussi et Rodrigue. Elle promet d’épouser le vainqueur. Rodrigue victorieux
reçoit du roi la main de Chimène : le mariage sera célébré dans un délai d’un an.
- Commentaire: esprit classique se traduit dans les actes de Rodrigue et Chimène qui
soumettent la passion à la raison, à l’honneur familial et aux intérêts du pays.
L’Avare
Auteur: Molière
Résumé:
Harpagon a deux enfants, Cléante et Elise. Cléante aime Mariane,
jeune fille de famille pauvre. Mais Harpagon veut épouser la même
Mariane, il se projette de marier son fils à une riche veuve et
accorder la main de sa fille au vieux Anselme qui accepte de la
prendre sans dot. La Flèche, pour aider son maître Cléante, dérobe
la cassette d’or d’Harpagon. Valère, amoureux d’Elise et intendant
d’Harpagon, est accusé de vol et traduit en justice. Le quiproquo est
levé quand Cléante avoue avoir volé à son père et promet de lui
rendre sa cassette d’or en échange de la main de Mariane. Enfin,
Anselme retrouve en Valère et Mariane ses enfants portés disparus
au cours d’un nauffrage. Valère épousera Elise et Cléante, Mariane.
Harpagon est satisfait : non seulement il retrouvera son argent,
mais encore Anselme promet de se charger de tous les frais de ces
noces.
Chapitre 4

Le XVIIIe siècle
Aperçu historique
1) Vie politique et sociale
- Le tiers état qui représente la majorité du peuple s’oppose au
régime monarchique
- Mort de Louis XIV  déclin de la monarchie
- La révolution française 1789
2) Vie intellectuelle: Le XVIIIe siècle = le siècle des Lumières car c’est
un nouvel âge illuminé par la raison, la science et le respect de
l'humanité
- Le rôle important des écrivains,philosophes,scientifiques:
+orientation de l’opinion publique vers des idées nouvelles (esprit
d’examen, esprit scientifique, esprit cosmopolite)
+ vulgarisation des connaissances (Encyclopédie)
- Les progrès scientifiques
- La lutte contre les préjugés, l’ignorance et le despotisme pour le
bonheur, la liberté et la dignité de l’homme.
Encyclopédie
• Origine: de la traduction de Cyclopaedia au projet d’une
Encyclopédie française
• Premier titre : “Dictionnaire raisoné des sciences, des arts et des
métiers”
• But: + réunir le savoir théorique et les applications pratiques dans
tous les domaines de l’activité humaine depuis la Renaissance
jusqu’en 1750 + soumettre toute chose à l’examen de la raison et
de l’esprit critique
• Maitres d’oeuvre :Diderot e D’Alembert avec la participation de très
nombreux écrivains, scientifiques, philosophes…
• Composition: 17 volumes de textes + 11 volumes de planches
• Temps de réalisation: 1751-1772
Encyclopédie
Aperçu littéraire
- La littérature devient la tribune pour que
les écrivains – philosophes condamnent le
régime monarchique et le fanatisme
- Les caractéristiques : culte de la raison, foi
dans le progrès scientifique, propagande
de liberté politique et d’égalité civique
- Les deux genres les plus pratiqués :
roman et théâtre
Le théâtre
• Nombreux grands écrivains sont
dramaturges
• Place privilégiée de la comédie
• Deux auteurs célèbres : Marivaux et
Beaumarchais
• Typologie: comédie d’intrigue, de moeurs,
de caractères/ comédie spirituelle,
satirique, moralisante…
Le roman
• Genre en essor au XVIIIe siècle
• Trois grands courants:
- Roman de moeurs ou réaliste (Le Sage,
Marivaux, Prévost)
- Contes philosophiques (Montesquieu,
Voltaire, Diderot)
- Roman sentimentaliste (Rousseau, De
Saint-Pierre)
Les lettres persanes

• Les Lettres Persanes sont un recueil de lettres écrites par des


Persans visitant l’Europe de 1712 à 1720. Ils échangent leurs
impressions, leurs étonnements et critiques sur la société du XVIIIe
siècle, notamment en France. A cette correspondance s’ajoute
celle entre Usbek et son sérail, c’est-à-dire ses eunuques et ses
femmes.
• Les sujets abordés sont très variés, de même que les points de vue,
et vont de la morale à la politique en passant par l’économie, la
religion, ou la littérature. Ils sont le prétexte à une satire de la
société.
• Montesquieu se pose seulement comme celui qui aurait par hasard
trouvé ces lettres et les aurait traduites : il se dégage donc de toute
responsabilité et évite ainsi la censure. De plus, cela permet
d’introduire un effet de réel, qui fait assimiler ces lettres à un
témoignage authentique.
Jacques le Fataliste et son maître
• Au début du roman Jacques raconte comment un enchaînement fatal de circonstances l’a rendu
amoureux et boiteux.  Son récit est interrompu de nombreuses fois. Il disserte des femmes , des
blessures au genou, de la liberté , du déterminisme, de galanteries impertinentes.
•  Les deux hommes affrontent aventures sur aventures. Attaqués par des brigands , ils se perdent
puis se retrouvent. Ils se réfugient dans l’auberge du Grand-Cerf et restent à l’abri durant l’orage.
La patronne de l’auberge leur conte la terrible aventure survenues à l’un des clients de l’auberge,
le marquis des Arcis. Ce voyageur , qui a délaissé son amante, Mme de La Pommeraye a subi
sa colère. Elle a réussi à se venger en lui faisant épouser une courtisane.
•  Le beau temps revenu, les deux hommes reprennent la route. Jacques continue  le récit de ses
amours. Blessé à Fontenoy, il est recueilli par une paysanne qu’il a charmée , puis est accueilli
au château de Desglands . Il y fait la connaissance de Denise, la fille d’une servante.

• Jacques laisse ensuite son maître évoquer lui aussi ses propres souvenirs :
• Etudiant innocent, il a été trompé par son ami, le chevalier de Saint-Ouin, qui s’est avéré être un
escroc. Ce dernier lui a volé son argent et l’a poussé dans les bras d’Agathe sa propre
maîtresse. Le maître de Jacques fut alors obligé d’endosser la paternité de l’enfant de ce bandit.
• C’est alors que nous apprenons que le but de ce voyage est justement cet enfant qui a
aujourd’hui 10 ans. Mais chez la nourrice, le hasard fait se rencontrer le maître et le chevalier de
Saint-Ouin. Le maître tue le chevalier en duel et s’enfuie en laissant Jacques se faire
emprisonner à sa place. Le caleureux valet ne devra son salut qu’à des brigands . Il sera ensuite
accueilli au château de Desglands. Il parviendra à éviter que le château ne soit pillé et épousera
Denise.
Julie ou la nouvelle Héloïse
• Ce roman épistolaire, relate la passion mouvementée entre un
jeune précepteur roturier Saint-Preux et son élève, une jeune noble
Julie d'Etanges. La différence sociale interdit tout espoir à Saint-
Preux et Julie, après la mort de sa mère, accepte d'épouser M. de
Wolmar, un homme bon et plus âgé qu'elle à qui son père l'avait
promise. Ce mariage provoque une crise profonde entre eux et
pousse Saint Preux à faire le tour du monde.
   A son retour, désireux de revoir les cousines, il part à Clarens,
invité par M. de Wolmar qui - informé du passé - tentera de les
guérir en transformant cet amour en amitié. Saint Preux s'émerveille
alors du système mis en place à Clarens. Cependant, pendant
l'absence de Saint Preux, Julie se jette à l'eau pour sauver son fils
cadet et tombe gravement malade. Sa foi, sa sérénité et son
courage réussiront à convertir son mari. Elle meurt en confiant à
Saint Preux l'éducation de ses enfants ainsi qu'en lui réitérant son
amour.
Chapitre 5

Le XIXe siècle
Aperçu historique
1. Vie politique
2. Vie sociale et intellectuelle
- Nombreuses découvertes scientifiques et
techniques: Leverrier (Neptune), Pasteur
(contre la rage), Pierre et Marie Curie (le
radium) + application de la machine à vapeur
dans le transport (chemin de fer et marine)
- Développement de l’industrie croissance de
la prolétariat et la riche bourgeoisie
- Nouvelles hypothèses: évolutionisme et
transformisme
Aperçu littéraire
La littérature du XIXe siècle est abondante
avec quatre grands courants (romantisme,
réalisme, naturalisme, symbolisme) et un
mouvement poétique Le Parnasse.
Le romantisme
- Courant littéraire qui connaissait des précurseurs au XVIIIe
siècle( Diderot, Rousseau) et qui s’affirme à la première moitié du
XIXe siècle
- Définition: c’est un mouvement de libération du moi et de l’art par
réaction contre la régularité classique et le rationalisme
- Caractéristiques:
+ culte du moi
+ refus du principe de la souvraineté de la raison,
reconnaissance du droit à la passion et au bonheur
+ refus des règles prédéterminées pour la liberté de
création : théâtre (drame), poésie (vers libre, en prose)
- Auteurs représentatifs : Victor Hugo (Notre-Dame de Paris, les
contemplations, Hernani), Alfred de Musset
Le réalisme
- Ecole littéraire qui connaissait des précurseurs (Marivaux, Prévost)
et qui s’affirme dans la seconde moitié du XIXe siècle
- Définition: étant en réaction contre le romantisme et le classicisme,
le réalisme propose la description minutieuse et objective des faits
et des personnages de la réalité banale et quotidienne
- Caractéristiques:
Renonçant au rêve, à l’imagination et à la métaphysique, l’oeuvre
réaliste cherche à
+ représenter la réalité telle qu’elle est, sans artifice et sans
idéalisation;
+ donner la première place à la vie quotidienne: aborder des
thèmes de tous les jours, mettant en scène des personnages de la
classe moyenne ou populaire.
+ utiliser un langage à la portée de tous
- Auteurs représentatifs: Flaubert, Balzac, Stendhal.
Flaubert: Madame Bovary
• Résumé du roman
•  
• Première Partie
•  
• "Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail".
• Ainsi débute Madame Bovary : Ce nouvel élève, âgé d'une quinzaine d'années, qui entre en 5ème au Collège de Rouen n'est autre que Charles Bovary. Il a l'air un peu ridicule, ce "gars de la campagne". Son attitude un peu gauche déchaîne le rire de ses camarades. Il arrive d'un village situé entre le pays de Caux et la Normandie où ses parents, qui ne s'entendent pas, se sont retirés. Son père est un médiocre qui a accumulé de nombreux échecs. Sa mère,
frustrée et aigrie, a reporté tous ses espoirs sur ce fils qu'elle a couvé.
• Charles Bovary s'installe à Tostes et épouse sous l'influence de sa mère une veuve de quarante-cinq ans, riche, laide et tyrannique, Mme Dubuc. Elle aime Charles avec passion mais exerce à son égard une surveillance despotique. Le jeune Charles connaît ainsi une vie de couple qui ressemble à un cauchemar.
• Une nuit d'hiver, Charles se rend à la ferme des Bertaux. Le père Rouault, son propriétaire, "un cultivateur des plus aisés" vient de se casser la jambe. Charles soigne le maître des lieux et est sensible au charme d'Emma, sa fille. Les jours suivants, il revient aux Bertaux, jusqu'à ce que son épouse, jalouse, lui interdise d'y retourner. Au début du printemps, le notaire de Mme Bovary commet une malversation qui laisse cette dernière à demi ruinée. Elle meurt
brusquement une semaine plus tard.
• Peu après, sur l'invitation du père Rouault, Charles retourne aux Bertaux. Il revoit Emma. Il est amoureux de la jeune fille, mais n'ose se déclarer. "À l'époque de la Saint Michel" il se décide à la demander en mariage. La noce est fixée au printemps suivant, l'hiver sera occupé par les préparatifs. Emma rêvait de "se marier à minuit, aux flambeaux". La noce, campagnarde, sera beaucoup moins féerique. Charles ne brille guère durant la noce, ne répondant que
médiocrement aux calembours ou compliments que lui adressent les invités.
• Mais le lendemain des noces Charles semble découvrir le bonheur près d'Emma. Il laisse éclater sa joie et se réjouit de trouver en elle une épouse parfaite. Emma commence par apporter des changements dans l'aménagement de la maison et Charles est tout à sa joie de la voir aussi bien conduire son ménage, dessiner, jouer du piano, ou recevoir avec élégance. Mais la jeune femme, elle, est distante. La réalité ne correspond pas à ce qui lui avait paru si
beau dans les livres de son enfance. Elle avait tant rêvée de ce mari qui devait lui procurer une vie plus passionnante. Elle souhaitait tant oublier celle monotone, qu'elle avait passée avec son veuf de père, depuis sa sortie du couvent. Or ce mari, tant idéalisé, se révèle bien décevant.
• Elevée au couvent, parmi des jeunes filles du monde, Emma y a reçu une parfaite éducation. Elle a lu Paul et Virginie, a rêvé en lisant des romans sentimentaux et historiques, ou des poèmes romantiques. Elle a admiré des gravures représentant de jeunes hommes serrant dans leurs bras des ladies anglaises à boucles blondes. Toute cette éducation a nourri son "tempérament sentimental" et ses songes romanesques.
• Aux antipodes de l'homme rêvé, Charles déçoit Emma. Son manque de mystère et de raffinement désappointe la jeune femme. La vie humble et sans surprise qu'il lui offre lasse Emma. Heureusement, une invitation du Marquis d'Andervilliers à un bal au château de la Vaubyessard vient rompre la monotonie de son existence.
• Emma, émerveillée, découvre le luxe et l'élégance du monde aristocratique. Ce monde enchanté auquel elle a tant rêvé lui fait oublier un instant ses origines paysannes. Hélas , le rêve est éphémère et le retour à Tostes, silencieux et triste. Dès le lendemain, il lui faut subir les conversations banales de Charles. " Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse
quelquefois dans les montagnes". Emma se réfugie dans "le souvenir de ce bal".
• Emma rêve devant le " porte-cigares tout bordé de soie verte" que Charles a ramassé sur le chemin du retour. Elle imagine que cet objet appartient au "Vicomte". Emma rêve aussi de Paris et se met à lire Balzac, George Sand et Eugène Sue. Mais à Tostes, l'ennui s'accroît et la jeune femme est de plus en plus irritée par le manque d'ambition et le laisser-aller de son mari. Les saisons se succèdent. Elle vit pourtant dans l'espoir d'une nouvelle invitation, mais
en vain. Un an et demi après le bal de la Vaubyessard, sa santé s'altère et Emma laisse tout aller dans son ménage . Charles, qui est resté quatre ans à Tostes, décide alors de déménager et de s'installer à Yonville . Emma est enceinte. Il espère que ce déménagement lui sera bénéfique.
•  
• Deuxième Partie
• Les époux Bovary arrivent à Yonville. A l'auberge du Lion d'Or. Madame veuve Lefrançois, la maîtresse de l'auberge, prépare le dîner. Il y a là , pour accueillir les Bovary, Monsieur Homais, le pharmacien, le percepteur Binet, et le curé Bournisien. Pendant que Homais et Charles Bovary devisent sur la médecine, Emma sympathise avec Léon Dupuis, clerc de notaire et habitué de l'auberge, qui dîne avec eux. Ils se découvrent des goûts communs. Puis les
Bovary s'installent dans leur maison : " C'était la quatrième fois qu'elle ( Emma) couchait dans un endroit inconnu. La première avait été le jour de son entrée au couvent, la seconde celle de son arrivée à Tostes, la troisième à la Vaubyessard, la quatrième était celle-ci ; et chacune s'était trouvée faire dans sa vie comme l'inauguration d'une phase nouvelle." La jeune femme se prend à rêver à des jours meilleurs.
• Homais, le pharmacien, se montre, avec les Bovary, le meilleur des voisins. Il essaye, en fait, de s'attirer la sympathie de Charles Bovary, au cas où ce dernier apprendrait qu'il exerce de façon illicite la médecine. Charles, lui, est maussade car la clientèle "n'arrive pas" . Heureusement cette déception professionnelle est compensée par la naissance de sa fille. Emma donne naissance à Berthe. La jeune femme eût préféré un fils. Après le baptême, la petite est
mise en nourrice, chez Mme Rollet. Un jour, Léon accompagne Emma et sa fille chez la nourrice. Sur le chemin, Emma et Léon se donnent la main. Cette complicité ne passe pas inaperçue : " Dès le soir, cela fut connu dans Yonville, et madame Tuvache, la femme du maire, déclara devant sa servante que madame Bovary se compromettait" .
• La vie, se poursuit, monotone. Emma guette chaque jour, de sa maison, le passage de Léon. Les Bovary sont invités régulièrement, le dimanche, avec Léon, chez Homais, le pharmacien : On y joue au trente et un, et aux dominos. Puis Homais et Bovary s'endorment. Léon et Emma feuillettent alors ensemble L'illustration et goûtent cette "solitude" :" Ils se parlaient à voix basse, et la conversation qu'ils avaient leur semblait plus douce, parce qu'elle n'était pas
entendue". Les jeunes gens s'échangent des cadeaux. Léon fait la cour à Emma mais ne se déclare pas . En février, lors d'une promenade dominicale aux environs d'Yonville, en compagnie des Homais et de Léon, Emma prend conscience de la banalité de Charles face au charme du jeune homme. Elle réalise aussi que Léon est amoureux d'elle. Elle décide de ne pas céder à la tentation et s'efforce de rester une maîtresse de maison modèle et une mère
irréprochable. Sa maîtrise apparente cache pourtant un douloureux conflit intérieur : amour pour Léon et volonté de rester vertueuse. C'est Charles qui sera le bouc émissaire de ce malheur : elle le méprisait, elle se met à le haïr.
• Un soir d'avril, elle entend l'angélus. "Ce tintement répété" rappelle à Emma le souvenir du couvent. La religion peut l'aider , peut-être, à affronter cette crise qu'elle traverse : elle se rend à l'église afin de confier son trouble à Bournisien, le curé. Mais le dialogue entre l'homme d'église et la jeune femme n'est qu'une suite de malentendus. Pour lui, ces souffrances sont purement physiques. Cette incompréhension laisse Emma désemparée. De retour chez elle,
Emma repousse sèchement sa fille Berthe, qui tombe et se blesse. Charles, qui rentre pour le dîner, soigne cette blessure sans gravité. La jeune mère , se reprochant son attitude, reste pour veiller sur sa fille endormie. Elle est effrayée de la laideur de son enfant.
• Quant à Léon, il désespère de l'inaccessibilité d'Emma et se lasse de cet amour sans espoir. Il décide alors de partir à Paris terminer son droit . Il vient faire ses adieux à Emma. L'émotion est grande mais le jeune homme ne parvient pas à trouver les mots pour l'exprimer. Au cours de la soirée qui suit son départ, Homais évoque les réjouissances de la capitale; il annonce aussi que des Comices agricoles auront lieu cette année à Yonville.
• Suite au départ de Léon, Madame Bovary sombre à nouveau dans la mélancolie : " le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés". La visite du sieur Lheureux, marchand de nouveautés, lui donne l'occasion de faire des dépenses déraisonnables. Emma se lance aussi dans des lectures ambitieuses : " Elle voulut apprendre l'italien : elle acheta des dictionnaires, une grammaire, une
provision de papier blanc. Elle essaya des lectures sérieuses, de l'histoire et de la philosophie". Charles sombre dans l'inquiétude. Il fait appel à sa mère :"Alors il écrivit à sa mère pour la prier de venir, et ils eurent ensemble de longues conférences au sujet d'Emma". Mme Bovary mère ne trouve guère de solutions miracles. Il faut, selon elle, "empêcher Emma de lire des romans".
• Un jour de marché, Rodolphe Boulanger, le nouveau châtelain de la Huchette, rend visite à Charles Bovary, avec un de ses fermiers à qui il faut faire une saignée. Durant l'intervention de l'officier de santé, il regarde Emma et la trouve très jolie. Aristocrate libertin, "de tempérament brutal et d'intelligence perspicace", il devine le fossé qui s'est creusé entre les deux époux, il décèle aussi les frustrations et les rêves inassouvis d'Emma. C'est décidé, lors des
prochains comices agricoles, il fera tout pour la séduire.
• Le jour des comices est arrivé, tout le village est en fête. Rodolphe profite de cette occasion pour faire sa cour à la jeune femme. Il va à sa rencontre, et parvient à fausser compagnie à M. Lheureux et au pharmacien. Rodolphe et Emma assistent tous les deux à l'examen des bêtes, à l'arrivée des notables. Du premier étage de la mairie, ils entendent, par bribes, les discours officiels, car Rodolphe met à profit la situation pour tenir à Emma des propos
séducteurs. Emma se laisse prendre au jeu et n'émet qu'une faible résistance. Les discours sont suivis de la remise de médailles : une servante reçoit cette décoration en récompense de ses cinquante ans de labeur. La fête se termine par un feu d'artifice raté. M. Homais rédige un article dithyrambique pour le Fanal de Rouen, dont il est le correspondant.
• Rodolphe attend six semaines avant de rendre visite à Emma. Il joue d'abord la comédie puis simule la mélancolie. Charles survient, Rodolphe feint alors de s'inquiéter de la santé d'Emma. Il lui conseille une promenade à cheval. Charles donne son aval. La jeune femme part donc pour une balade à cheval en compagnie de Rodolphe. Ils pénètrent dans une forêt. C'est là qu'Emma se donne à son compagnon. " Elle se répétait : " J'ai un amant ! un amant ! " se
délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré." Elle rencontre alors Rodolphe tous les jours, dans la forêt, puis elle n'hésite pas à se rendre jusqu'au château de Rodolphe. Ce dernier commence à trouver ces visites imprudentes.
•  
• Un jour, lors d'une de ses escapades matinales, Emma rencontre le percepteur Binet. Elle se montre peu convaincante quant à la justification de cette promenade. Toute la journée, elle s'angoisse des commérages que pourrait colporter Binet. Le soir, elle rencontre à nouveau le percepteur chez Homais, le pharmacien. Binet ne peut s'empêcher de faire allusion à leur rencontre matinale. Heureusement les invités ne réagissent pas. C'est donc le soir, sous la
tonnelle de leur jardin, ou par temps de pluie dans le cabinet de consultations de son mari, qu'Emma donne maintenant rendez-vous à son amant. Mais Rodolphe commence à s'ennuyer de cette liaison. A l'approche du printemps, Emma, bien que toujours amoureuse de cet amant, éprouve des remords en lisant une lettre naïve et touchante de son père. Elle dresse un bilan amer de son existence et regrette la candeur de son enfance. Elle redécouvre auprès
de sa fille la tendresse maternelle et souhaiterait se rapprocher de son mari.
•  
• Homais et Emma œuvrent auprès de Charles pour le convaincre d'opérer Hippolyte, le garçon d'écurie du Lion d'Or, de son pied-bot. Charles accepte. L'opération semble un succès et Emma éprouve une tendresse admirative pour son mari. Homais montre aux Bovary l'article qu'il a préparé pour le Fanal de Rouen. Malheureusement des complications surviennent vite, et la jambe du malheureux Hippolyte se gangrène. Il faut faire appel au docteur Canivet,
célèbre médecin de Neuchâtel. Il doit procéder à l'amputation de la cuisse. Cet échec anéantit les espoirs professionnels de Charles. La déception est également immense pour Mme Bovary qui se sent humiliée d'avoir fondé en vain des espoirs dans son mari. Ses dernières résolutions vertueuses disparaissent : Emma se détache irrémédiablement de Charles et s'abandonne à nouveau dans les bras de Rodolphe.
• Emma s'enflamme de nouveau pour son amant. Elle lui suggére même de tout abandonner pour partir ensemble : "Nous irions vivre ailleurs". Elle offre beaucoup de cadeaux à son amant, et dérobe de l'argent à son mari pour payer ses dettes auprès de Lheureux. Elle met ainsi en péril les finances de son couple. Elle n'hésite plus à s'afficher avec son amant dans un attitude provocante : " Par l'effet seul de ses habitudes amoureuses, madame Bovary changea
d'allures. Ses regards devinrent plus hardis, ses discours plus libres ; elle eut même l'inconvenance de se promener avec M. Rodolphe, une cigarette à la bouche, comme pour narguer le monde". Rodolphe, lui, n'est pas à la hauteur de cette passion, il se lasse de sa maîtresse et la traite avec peu de ménagement. Il finit pourtant sur insistance d'Emma par accepter de "l'enlever". Leur fuite est prévue pour début septembre. Charles, lui, rêve encore de beaux
projets pour son épouse et sa fille. Tout est prêt pour la fuite des amants. Lheureux une nouvelle fois procure le nécessaire : "un grand manteau et une caisse pas trop lourde...". L'avant-veille du départ, les amants ont rendez-vous au clair de lune. Rodolphe le sait déjà : il ne partira pas avec Emma et sa fille.
• Rentré chez lui, Rodolphe écrit une longue lettre de rupture à Emma. Dès les premiers mots, la jeune femme comprend. Effondrée, elle s'enfuit au grenier où, dans un vertige, elle songe à se suicider. Redescendue pour le dîner, elle entend passer le tilbury de Rodolphe qui l'emporte loin de Yonville. Elle perd connaissance. "Une fièvre cérébrale" la cloue au lit pendant plus d'un mois. Charles veille en permanence sur elle, guettant les signes d'un
rétablissement. Vers la mi-octobre, elle retrouve peu à peu la santé. Mais Charles l'emmène sous la tonnelle. Cette vision du banc, où elle donnait rendez-vous à son amant, provoque une rechute : " Elle eut un étourdissement, et dès le soir, sa maladie recommença, avec une allure plus incertaine, il est vrai, et des caractères plus complexes. Tantôt elle souffrait au coeur, puis dans la poitrine, dans le cerveau, dans les membres ; il lui survint des vomissements
où Charles crut apercevoir les premiers symptômes d'un cancer."
• Charles s'est beaucoup endetté pour soigner son épouse et aussi pour honorer les achats qu'elle avait réalisés pour sa fuite avec Rodolphe. Lheureux profite de la situation et se montre de plus en plus menaçant. Charles, trop inquiet du fait de l'état de santé d'Emma pour analyser la situation, lui emprunte de l'argent. Durant sa convalescence, madame Bovary reçoit des visites du curé et retrouve provisoirement la foi. Un jour, Homais, le pharmacien, conseille à
Charles d'aller à Rouen avec son épouse écouter un opéra de Donizetti. Dès le lendemain, à huit heures, le couple part pour Rouen.
• Les Bovary arrivent très tôt à l'opéra. Ils admirent la salle et le décor. Puis la représentation commence. Emma est subjuguée par le ténor Lagardy. Elle se passionne également pour le spectacle et trouve des similitudes entre le destin de Lucie de Lammemoor et le sien. À l'entracte, Charles, va chercher un rafraîchissement pour sa femme, et rencontre Léon. Le clerc vient saluer Emma dans la loge des Bovary. A la fin de la représentation, il emmène les Bovary
au café. Là, Charles suggère à sa femme de rester seule un jour de plus à Rouen pour revoir l'opéra.
•  
• Troisième Partie
• Cela faisait trois ans que Léon et Emma ne s'étaient pas revus. Le lendemain de leur rencontre à l'opéra, Léon se rend à l'Hôtel de la Croix-Rouge où Emma est descendue. Il lui confie tout l'amour qu'il a éprouvé pour elle. Durant une longue conversation, Emma et Léon évoquent Yonville, leurs peines, leurs rêves et leur souvenirs. Emma refuse de s'abandonner aux avances du clerc, mais elle accepte néanmoins de le retrouver le lendemain à la cathédrale.
Après le départ de Léon, Emma écrit une lettre pour décliner le rendez-vous mais, ne connaissant pas l'adresse de Léon, décide de la lui remettre elle-même .
• Le lendemain, Léon arrive le premier à la cathédrale. Lorsqu'Emma arrive à son tour, elle lui tend la lettre puis va s’agenouiller dans la chapelle de la Vierge. Il s'apprêtent ensuite à quitter la cathédrale, lorsque le Suisse se propose de leur faire visiter le monument. Impatient, Léon abrège la visite. Débarrassé de l'importun, il entraîne Emma hors de la cathédrale et lui propose une promenade en fiacre qui leur fait parcourir à vive allure Rouen et ses environs.
•  
• De retour à Yonville, Emma se rend chez Homais. Justin, l'apprenti a commis une faute grave et le pharmacien le sermonne sévèrement : pour faire les confitures, Justin a désobéi et est allé chercher une bassine dans la réserve où le pharmacien stocke l'arsenic. Entre deux reproches à Justin, Homais apprend sans ménagement à Emma que le père de Charles est mort. Madame Bovary est peu affectée par ce deuil, mais feint devant Charles d'éprouver du
chagrin. Le lendemain, les Bovary, aidés de Mme Bovary mère, s'affairent pour préparer les obsèques. C'est alors que Lheureux, le marchand d'étoffes, se rend chez les Bovary. Il suggère à Emma d'obtenir une procuration de son mari pour gérer elle-même les revenus du couple. Emma suggère à Charles, qui accepte, de se rendre à Rouen, pour consulter Léon sur cette question.
•  
• Emma reste trois jours à Rouen avec son amant. Puis ils décident d'utiliser la nourrice pour échanger leurs correspondances. Mais impatient de revoir sa maîtresse, Léon vient à Yonville. Il dîne au Lion d'Or et rend visite aux Bovary. Les deux amants souhaiteraient se revoir régulièrement. Emma fait la promesse à Léon de venir le voir une fois par semaine. Elle engage également de nouvelles dépenses auprès de Lheureux. Elle réussit à convaincre Charles de
lui permettre de se rendre une fois par semaine à Rouen, le jeudi, pour y prendre des leçons de piano.
•  
• Chaque jeudi , Emma retrouve Léon et les semaines s'écoulent selon un rite immuable : il y a le lever silencieux d'Emma afin de ne pas réveiller Charles, le départ d'Yonville au petit matin à bord de l'Hirondelle, la route, la ville de Rouen qui s'éveille, la chambre douillette des rendez-vous, puis le retour et la rencontre d'un horrible aveugle, qui lui cause à chaque fois une terrible peur . Rouen devient le symbole du plaisir qu'elle découvre dans les bras de Léon.
La passion qu'éprouve Emma pour le jeune homme réveille en elle des désirs de luxe. Elle accumule les dépenses d'habillement.
• Elle prend aussi l'habitude de mentir afin de pas dévoiler les motifs réels de ses voyages à Rouen. Mais un jour, Lheureux la découvre au bras de Léon. Il profite de la situation pour la forcer à rembourser ses dettes . Il lui fait vendre la propriété de Barneville dont son mari a hérité. Il lui fait également signer de nouveaux billets d'ordre. Charles, de son côté, en signe lui aussi. La situation financière du couple est de plus en plus dramatique. Madame Bovary mère
qu'on a appelé à la rescousse détruit la procuration qui avait été accordée à Emma, ce qui provoque une crise de nerfs de sa belle-fille. Charles ne résiste pas très longtemps et signe rapidement une nouvelle procuration à son épouse. Un soir, Emma reste à Rouen. Charles s'y rend en pleine nuit et ne retrouve sa femme qu'à l'aube. Elle indique alors à Charles que cette liberté lui est indispensable. Dès lors, Emma va à Rouen quand bon lui semble. Léon est
de plus en plus subjugué par l'attitude de sa maîtresse. Mais ces visites fréquentes le dérangent dans son travail .
•  
•  
• Un jeudi, Homais prend la diligence pour Rouen en même temps qu'Emma. Il est invité par Léon et souhaite mettre à profit ce voyage pour revoir les lieux de sa jeunesse. Le clerc doit subir le bavardage du pharmacien pendant de longues heures. Il ne parvient pas à lui fausser compagnie. Emma, furieuse, quitte l'hôtel où elle l'attend et éprouve beaucoup de mépris pour le manque de courage dont a fait preuve son amant. Cet incident met en lumière les
défauts du jeune homme. Dès lors sa passion faiblit. Une menace de saisie l'oblige à trouver de toute urgence de l'argent : elle se fait payer des honoraires de son mari, vend de vieilles choses, emprunte à tout le monde, et engage même un cadeau de noces au mont-de-piété. De son côté Léon, sermonné par son patron et ne souhaitant pas se compromettre au moment de devenir premier clerc, se détache progressivement d'Emma. La jeune femme, elle aussi
un peu lasse, n'a pas le courage de le quitter. Un soir, en rentrant à Yonville après une nuit passée au bal masqué de la mi-carême, elle apprend que ses meubles vont être saisis. Lheureux à qui elle rend visite se montre intraitable et cynique.
•  
• "Elle fut stoïque, le lendemain, lorsque Maître Hareng, l'huissier, avec deux témoins, se présenta chez elle pour faire le procès-verbal de la saisie". Cette situation la contraint à quémander , par tous les moyens , de l'aide . Dès le dimanche , elle se rend à Rouen, mais les banquiers sont ou à la campagne ou en voyage. Puis elle sollicite Léon qui ne lui fait qu'une vague promesse . De retour à Yonville , elle se rend chez Maître Guillaumin qui à défaut de l'aider
lui fait des avances. Emma est outrée et va trouver Binet qui s'esquive. Elle va ensuite chez la mère Rollet et attend , en vain, l'arrivée de Léon. Il ne reste plus que Rodolphe, son premier amant.
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• "Elle se demandait tout en marchant : " Que vais-je dire ? Par où commencerai-je ? " Et, à mesure qu'elle avançait, elle reconnaissait les buissons, les arbres, les joncs marins sur la colline, le château là-bas. Elle se retrouvait dans les sensations de sa première tendresse, et son pauvre cœur comprimé s'y dilatait amoureusement. Un vent tiède lui soufflait au visage ; la neige, se fondant, tombait goutte à goutte des bourgeons sur l'herbe." Mais Rodolphe n'a
pas ces 3000 francs dont elle a besoin. Désespérée, Emma explose de colère : " Mais, moi, je t'aurais tout donné, j'aurais tout vendu, j'aurais travaillé de mes mains, j'aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t'entendre dire : " Merci ! " Et tu restes là tranquillement dans ton fauteuil, comme si déjà tu ne m'avais pas fait assez souffrir ? " Elle lui reproche son égoïsme et s'en va, bouleversée :" Elle sortit. Les murs tremblaient, le plafond
l'écrasait ; et elle repassa par la longue allée, en trébuchant contre les tas de feuilles mortes que le vent dispersait".
• Sur le chemin du retour, elle est victime d'hallucinations. Arrivée à Yonville, elle court chez Homais et force Justin à lui donner les clés de la réserve. Elle avale de l'arsenic, puis rentre chez elle. Elle rédige une lettre et demande à Charles de ne l’ouvrir que le lendemain : "Tu la liras demain ; d'ici là, je t'en prie, ne m'adresse pas une seule question !... Non, pas une !" Puis elle se met au lit. Les premiers symptômes de l'empoisonnement surviennent rapidement.
Charles, paniqué, ne sait que faire. Homais propose une analyse. Emma souhaite revoir sa fille . Arrivent ensuite le docteur Canivet puis le docteur Larivière. Il est trop tard pour la sauver. Madame Bovary reçoit l'extrême-onction, puis elle pleure en se regardant dans un miroir. Elle entend au dehors la chanson de l'aveugle rencontré maintes fois lors de ses escapades à Rouen. Puis c'est l'agonie et la mort: " Et Emma se mit à rire, d'un rire atroce, frénétique,
désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement.
• Il souffla bien fort ce jour-là.
• Et le jupon court s'envola !
• Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus. "
•  
•  
• Charles est effondré. Il organise avec peine les funérailles. Homais critique ces dispositions, mais Bovary lui répond sèchement : " Est-ce que cela vous regarde ? Laissez-moi ! vous ne l'aimiez pas ! Allez-vous-en !" Lors de la veillée funèbre Homais et l'abbé Bournisien discutent âprement de questions "théologiques", puis ils s'endorment. Arrive au petit matin Mme Bovary mère, puis d'autres visiteurs. Charles souhaite garder d'Emma une mèche de cheveux.
La jeune femme est alors mise en bière. Puis c'est l'arrivée du père Rouault à Yonville. Il s'évanouit en voyant les draps noirs.
•  
• Les obsèques religieuses ont lieu par une belle journée de printemps. La cérémonie est interminable : " On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas !". Le cortège se rend ensuite au cimetière en empruntant des chemins de campagne. Ce soir-là, Charles veille en pensant à sa femme disparue. Rodolphe et Léon dorment tranquillement. Il en est un autre qui ne trouve pas le sommeil et qui est inconsolable, c'est Justin.
•  
• Dès le lendemain, Les affaires d'argent recommencent. Les créanciers se déchaînent sur le pauvre Bovary, mais celui-ci refuse de vendre les meubles ayant appartenu à Emma. " Alors chacun se mit à profiter." : Mademoiselle Lempereur réclame six mois de leçons, Félicité, la bonne, le quitte en emportant la garde-robe d'Emma... Léon se marie. Charles retrouve au grenier la preuve de l'infidélité d'Emma : la lettre de Rodolphe. Il est fou de douleur. Il souhaite
pourtant qu'Emma bénéficie d'un superbe monument funéraire. il se fâche définitivement avec sa mère. Un autre jour, il découvre les lettres de Léon, ce qui ne lui laisse plus aucun espoir quant à la fidélité d'Emma. Un jour d'août il rencontre Rodolphe. Il parle volontiers avec lui et ne semble pas lui en vouloir. Il meurt, le lendemain, sur le banc du jardin, sous la tonnelle. Berthe est recueillie par une tante du père Rouault. Il lui faut travailler comme ouvrière dans
une filature. Homais, lui, est comblé : "il vient de recevoir la croix d'honneur".
Balzac
• Le Père Goriot de Balzac
• Le roman comprend quatre parties. La première partie, intitulée « Une pension bourgeoise », présente les lieux aux confins du quartier
latin et du faubourg Saint-Marcel, rue Neuve Sainte-Geneviève, actuellement rue Tournefort. La sordide pension Vauquer est présentée
par étages. Les lieux sont accordés au personnage de la tenancière, Madame Vauquer : « toute sa personne explique la pension, comme
la pension implique sa personne ». Les personnages sont apparentés à un microcosme familial et les portraits se succèdent. D’une part,
les plus âgés : Mademoiselle Michonneau, Poiret, Madame Couture ; puis les jeunes, étudiants insouciants. Trois personnages se
distinguent surtout par leurs liens avec d’autres milieux que celui du monde clos de la pension. Rastignac est un jeune aristocrate
provincial venu étudier à Paris, Vautrin est un homme, mystérieux et marginal auquel Balzac consacre un long portrait inquiétant, enfin
Goriot est un commerçant retraité de belle allure lors de son installation en 1812, mais tombé peu à peu dans la décrépitude lorsque le
roman commence en 1819. Il est la cible des moqueries rituelles des jeunes pensionnaires.
• Par sa cousine, la vicomtesse de Beauséant, qui l’initie aux mystères du grand monde, Rastignac perce le secret de Jean-Joachim Goriot
: il s’est quasiment ruiné pour ses filles, Anastasie de Restaud et Delphine de Nucingen qui le tiennent à l’écart de leur vie : elles mènent
grand train auprès de leurs maris aristocrates mais elles ont honte de la façon dont s’est enrichi leur père. Elles ne rechignent toutefois
pas à accepter ses subsides lorsque les y forcent leurs problèmes financiers.
• Vautrin révèle cyniquement à Rastignac les rouages de la société et les moyens de parvenir à la puissance. Il veut faire sa fortune et il le
pousse à épouser Mademoiselle de Taillefer, dont il s’arrange pour faire tuer le frère en duel afin de lui rendre la disposition d’un riche
héritage. Rastignac refuse de suivre Vautrin dans cette affaire criminelle. Il s’engage dans une relation amoureuse avec Delphine.
• Une enquête révèle que Vautrin est un ancien forçat, Jacques Collin, portant une marque qui n’apparaît que si l’on frappe la peau et que
découvrent les agents venus l’arrêter.
• Le Père Goriot, qui croyait pouvoir quitter la pension avec Rastignac pour vivre auprès de sa fille Delphine, meurt en apprenant
brutalement la situation familiale et financière désastreuse de ses filles, qui lui réclament son aide sans ménagement.
• Rastignac assiste à l’enterrement du vieillard, que ses filles n’accompagnent même pas au cimetière. Bien qu’il soit assez ému par la
détresse du vieillard, Rastignac se laisse emporter par sa passion du pouvoir et de l’argent et, subjugué par la vue des quartiers riches de
Paris, il se lance à la conquête de la capitale : « À nous deux, maintenant ! ».
Le naturalisme
- École littéraire qui s’impose dans les dernières
décennies du XIXe siècle
- Définition: mouvement qui s’inspire des postulats,
théories et méthodes de la science expérimentale et qui
se soucie de rigueur scientifique
- Caractéristiques: l’écrivain naturaliste cherche à
+ reproduire la réalité avec une objectivité parfaite et
dans tous les aspects
+ fonder la vérité du roman sur l’observation et sur
l’expérimentation
- Auteurs : Zola, Guy de Maupassant, Huysmann
Le symbolisme
- Mouvement littéraire animé par un groupe de poètes,
paru vers la fin du XIXe siècle
- Le symbolisme est une réaction au naturalisme. Les
symbolistes ne peignent pas fidèlement l'objet,
contrairement aux naturalistes, mais recherchent une
impression, une sensation, qui évoque un monde idéal et
privilégie l'expression des états d'âmes.
- Caractéristiques: Les poètes symbolistes cherchent à
+ fonder l’art sur une vision symbolique et spirituelle du
monde
+ transcrire ces visions (les impressions) par de nouveaux
moyens (symbole, métaphore, allusion…)
- Auteurs: Beaudelaire, Verlaine, Rimbaud
Le Parnasse
En réaction contre l'effusion égocentrique du
romantisme, le Parnasse est un
mouvement poétique qui veut recentrer la
poésie sur le travail formel du poète et
développe une théorie de " l'art pour l'art »
+ refus du lyrisme personnel
+ refus de l’engagement du poète
+ recherche du beau absolu par un travail
dur
Chapitre 6

Le XXe siècle
Aperçu historique
- Régimes politiques: les IIIe, IVe et Ve Républiques
- Vie sociale :
+ Les deux grandes guerres (1914-1918, 1939-1945)
+ Les Trente Glorieuses (de l’après la deuxième guerre aux années
70)
+ Les dernières décennies : société de consommation et de
loisirs,Union européenne, mondialisation
- Vie intellectuelle:
+ une accélération rapide des avancées scientifiques et
technologiques
+ une diffusion importante des oeuvres imprimées
+ une croissance rapide des media (cinéma, radio, télévision, disque,
informatique)
+ deux grands mouvements de pensée: structuralisme et
existentialisme
Existentialisme
- L'existentialisme est une philosophie qui met en avant
la liberté individuelle, la responsabilité ainsi que la
subjectivité. L'existentialisme considère chaque
personne comme un être unique qui est maître de ses
actes et de son destin.
- L'existentialisme peut être expliqué par la théorie
sartrienne: « l'existence précède l'essence », c'est-à-dire
qu'on surgit d'abord dans le monde, puis on existe et
finalement on se définit par nos actions dont nous
sommes pleinement responsables.
- Trois notions de l’existentialisme: liberté, responabilité,
angoisse.
Aperçu littéraire
- Existence de nombreuses tendances différentes. Il s’agit
d’une littérature d’éclattement, de rupture, de remise en
question et de transgression…

- Le XXe siècle est marqué par une remise en question


progressive des genres littéraires : roman polymorphe,
l‘autobiographie se confond avec la mode de « l‘autofiction »,
tout comme la poésie tend à se confondre avec la chanson,
l'œuvre de théâtre est remplacée par des mises en scène à
partir de textes non spécifiques.

- La deuxième moitié du siècle est particulièrement marquée


par les expériences de "littérature de laboratoire "et le jeu
intellectuel (nouveau roman et littérature potentielle), mais
aussi par le poids d'une littérature commerciale
De 1900 à 1950
Deux grands courants qui se dégagent de
nombreuses tendances différentes:
- Le Surréalisme
- L’Existentialisme
Le Surréalisme
- Le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique né après la Première
Guerre mondialeè
- Ce mouvement provient du Dadaïsme fondé en 1916 à Zurich par Tristan
Tzara
- Définition du Surréalisme par André Breton: « automatisme psychique pur
par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit de tout autre
manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en
l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute
préoccupation esthétique ou morale. »
- Le surréalisme est caractérisé par
+ opposition à toutes conventions sociales, logiques et morales
+ mise en valeur de l'irrationnel, de l'absurde, du rêve, du désir et de la
révolte.
(refus de la logique cartésienne, refus du formalisme et de l’académisme,
révolte contre le conformisme/ goût pour l’irrationnel, le fantastique et le
merveilleux; intérêt pour la folie, pour la libre expression de l’inconscient)
- Auteurs: André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard
L’existentialisme
- L'existentialisme est une philosophie selon laquelle
l’homme n’est pas déterminé par son essence, mais est
libre et responsable de son existence
- L'existentialisme est introduit en France par Jean-Paul
Sartre dans les années 40
- Selon la théorie sartrienne, « l'existence précède
l'essence », c'est-à-dire que l’homme existe d’abord et
qu’il se définit après. Trois notions avancées par Sartre:
liberté, responsabilité et angoisse. (La nausée, Huis clos,
Les Mots)
- Une autre forme de l’existentialisme: la philosophie de
l’absurde d’Albert Camus.Chez Camus, la prise de
conscience de l’absurde est inséparable de la révolte
qu’elle engendre. (L’homme révolté, L’Etranger)
Cầu Mirabeau

   Tình ra đi như dòng nước trôi nhanh


Dưới cầu Mirabeau êm đềm trôi dòng Tình yêu của em và anh
Seine Cuộc đời ơi, sao mà chậm rãi
Hy vọng sao mà dữ dội cuồng điên.
Trôi cả tình yêu của anh và em  
Không biết anh có còn nên nhớ Giờ cứ điểm, đêm cứ đến gần
Niềm vui sẽ đến theo sau nỗi ưu phiền. Tháng ngày trôi, đây vẫn còn anh.
   
Giờ cứ điểm, đêm cứ đến gần Vẫn trôi đều ngày tuần, tháng năm
Tháng ngày trôi, đây vẫn còn anh. Quá khứ và tình yêu quay trở lại không
  còn
Mặt đối mặt và tay trong tay nhau Chỉ một điều không bao giờ thay đổi
Vòng tay ta như cầu Dưới cầu Mirabeau êm đềm trôi dòng
Dưới cầu dòng nước chảy Seine.
Ánh mắt rã rời vì li biệt dài lâu.  
  Giờ cứ điểm, đêm cứ đến gần
Giờ cứ điểm, đêm cứ đến gần Tháng ngày trôi, đây vẫn còn anh.
Tháng ngày trôi, đây vẫn còn anh.
L’adieu
J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur Terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends
Ta đã hái nhành lá cây thạch thảo
Em nhớ cho mùa thu đã chết rồi
Chúng ta sẽ không tao phùng được nữa
Mộng trùng lai không có ở trên đời
Hương thời gian mùi thạch thảo bốc hơi
Và nhớ nhé ta đợi chờ em đó...

Lời Vĩnh Biệt -- Bùi Giáng dịch


Mùa Thu Chết -- Phạm Duy phổ nhạc
Jean-Paul Sartre
Vie
- 1905 : Naissance à Paris
- …
La nausée
Auteur: J-P. Sartre
Edition:1938
Résumé:Antoine Roquentin, trentenaire, vit dans la ville portuaire de
Bouville et écrit un ouvrage sur la vie du marquis de Rollebon. Il
remarque un changement qui s'empare de lui : ses sensations sont
faussées, il éprouve en sentiment d'étrangeté et de dégoût. Sa
nausée va croissant, apparaissant d'abord face à des objets d'une
quotidienne banalité, s'étendant ensuite aux personnes rencontrées
et envahissant progressivement tout son rapport au monde. Son
seul salut passe par l'écoute d'un morceau, « Some of these days »,
qui lui permet d'échapper temporairement à son malaise. Il
comprend alors que peut-être seule la création d'une oeuvre,
romanesque dans son cas, peut peut-être le sauver et lui permettre
de supporter sa vie.
Huis clos
Résumé
Trois personnages se retrouvent à leur mort dans une même pièce. Il s'agit de Garcin, journaliste, Inès, employée
des Postes et Estelle, une riche mondaine.

Scène 1
Garcin entre accompagné dans un salon, style second Empire. Garcin demande au garçon d'étage où sont les
machines de torture, il n'y en a pas, mais le garçon d'étage prétend que tous ses "clients" sont pareils. Ils veulent
tous les pals et leurs objets de toilette. Garcin prétend ne pas avoir peur. Le garçon s'en va.

Scène 2
Garcin se retrouve seul et appelle vainement le garçon.
Scène 3
Inès entre, prend Garcin pour son bourreau. Celui-ci sursaute, rit, puis lui explique que non et tente un dialogue.
Réponses froides de Inès.
Scène 4
Estelle entre et préfère s'inquiéter de la couleur des canapés.
Scène 5
• Estelle prétend être morte d'une pneumonie et ignore la raison de sa présence en enfer. Elle s'interroge par
ailleurs quant à la raison pour laquelle les trois personnages ont été réunis. Garcin avoue qu’il a torturé sa femme
et a déserté Inès explique qu'elle est lesbienne et elle se définit elle-même comme méchante car elle a besoin
de la souffrance des autres. En fin de compte Estelle avoue à contrecœur qu'elle avait un amant avec qui elle a
eu un enfant et qu'elle a tué l'enfant et laissé se suicider son amant afin de ne pas faire éclater de scandale.
Estelle cherche du réconfort dans les bras de Garcin, mais ce dernier veut de la confiance. Inès n'arrête pas de
les juger. Estelle essayera d'assassiner Inès mais ils sont déjà morts. Ils seront ensemble huis clos pour l'éternité
à se disputer.
Albert Camus (1913-1960)
Vie:
Oeuvre:
L’Etranger
Résumé
Première partie
Meursault, le narrateur, est un jeune et modeste employé de bureau habitant Alger. Il reçoit un télégramme
annonçant la mort de sa mère qui séjournait depuis trois ans dans l’asile de vieillards de Marengo. Meursault
demande et obtient un congé de quarante huit heures et va déjeuner au restaurant Céleste, puis prend l’autobus
pour aller à l’asile. Il assiste à l’enterrement de sa mère avec indifférence (fumer, prendre du café au lait offert par
le concierge de l’asile…). Après son retour des funérailles, Meursault va à la piscine, où il rencontre une ancienne
collègue du bureau, Marie, et passemla nuit avec elle. Le lendemain, en retournant du travail, Meursault aide
son voisin de paliers Raymond à écrire une lettre à sa maitraisse qui l’a trompé. Avec cette lettre, Raymond
peut l'attirer chez lui pour lui donner une leçon, mais il finit par la battre. À partir de ce moment, le frère de la
maîtresse surveille les allées-venues de Raymond, s'apprêtant à se venger.
Une semaine plus tard, Meursault et Marie sont invités à passer une journée à la plage avec Raymond et ses
amis. Suite à un bataille avec deux Arabes dont le frère de la maitraisse de Raymond, ce dernier est blessé d’un
coup de couteau. Meursault, par précaution, a pris le révolver de Raymond. Sur la plage, aveuglé par le soleil et
l’éclat du couteau de l’Arabe, Meursault tire sur lui et le tue.

Seconde partie
Meursault est arrêté et subit plusieurs interrogatoires au commissariat, puis chez le juge d'instruction. Trouvant
son affaire " très simple" Meursault ne juge pas utile de prendre un avocat. On lui en désigne un d'office. Il
questionne Meursault sur sa mère et les sentiments qu'il avait pour elle. Les propos à la fois sincères et naïfs de
Meursault gênent son avocat. Nouvel interrogatoire chez le juge. Il lui demande lui aussi s'il aimait sa mère. Il
souhaiterait également comprendre pourquoi il a attendu entre le premier et les quatre autres coups de feu.
Meursault ne manifeste aucun regret, et reste muet. Meurault sera condamné à mort. Il se révolte contre la
compassion de l’aumônier : Celui-ci insiste pour que Meursault se repente, mais le condamné à mort lui répond
qu'il ne sait même pas ce qu'est le péché ; quand l'aumônier indique à Meursault son intention de prier pour lui,
Meursault se précipite sur lui et l’insulte. Ce qu’il souhaite, c’est « qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de
mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine ».
Albert Camus s’explique
Albert Camus s'explique dans une dernière interview :
« J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je
reconnais qu'elle est très paradoxale : “Dans notre société tout
homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être
condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre
est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est
étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs
de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs
ont été tentés de le considérer comme une épave. Meursault ne
joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. [...] ...On
ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger
l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte
de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une
épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne
laisse pas d'ombres…”
La seconde moitié du XX siècle e

La littérature de cette période est très


complexe : l’apparition des tendances
nouvelles dans le domaine de roman et de
théâtre (nouveau roman, nouveau théâtre)
dans les années cinquante, puis
l’éclatement de la littérature individuelle
dans les années fin de siècle.
Nouveau roman
- Date: paru dans les années cinquante
- Définition: Un mouvement qui regroupe des romanciers
ayant tendance à refuser les structures et les objectifs du
roman traditionnel.
- Caractéristiques:
+ refus des personnages à caractères : les personnages
sont réduits à des pronoms personnels, à un initial; ce sont
souvent des ratés ou des marginaux.
+ refus de l’organisation chronologique du récit : utilisation
du temps présent, composition énigmatique.
+ rejet de toute préoccupation idéologique: l’oeuvre ne sert
plus à la transmission de message de l’auteur.
- Auteurs: Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Nathalie
Sarraute, Jean Ricardou
Alain Robbe-Grillet
Pour un nouveau roman (1963) 

Nous en a-t-on assez parlé du « personnage » ! Et ça ne semble,


hélas, pas près de finir. Cinquante années de maladie, le constat de
son décès enregistré à maintes reprises par les plus sérieux
essayistes, rien n'a encore réussi à le faire tomber du piédestal où
l'avait placé le XIXe siècle. C'est une momie à présent, mais qui
trône toujours avec la même majesté ­quoique postiche ­au milieu
des valeurs que révère la critique traditionnelle. C'est même là
qu'elle reconnaît le « vrai » romancier : « il crée des personnages
»...
  Pour justifier le bien-fondé de ce point de vue, on utilise le
raisonnement habituel : Balzac nous a laissé Le Père Goriot,
Dostoïesvski a donné le jour aux Karamazov, écrire des romans ne
peut plus donc être que cela : ajouter quelques figures modernes à
la galerie de portraits que constitue notre histoire littéraire.
La jalousie (1957)
Tout est raconté du point de vue d'un narrateur jaloux
qui épie sa femme A... qu'il soupçonne de vouloir le
quitter pour Franck, l'autre personnage masculin du
roman. Le narrateur ne se nomme jamais dans le texte.
Le roman est la transcription de sa conscience.
Prisonnier d'une jalousie pathologique, il modifie son
regard sur les objets et les êtres qui l'entourent. Il serait
donc vain de dégager du roman une chronologie linéaire.
Néanmoins, il est possible de dégager une structure
ternaire qui correspond au déroulement des
évènements. L'intrigue se divise alors en trois temps: le
temps qui précède le voyage en ville de Franck et de A.
Le temps qui correspond au voyage lui même et le
temps qui s'écoule du retour de A à la clôture du roman.
Le nouveau théâtre
ou le "Théâtre de l’Absurde“
- Paru dans les années cinquante
- Le nouveau théâtre présente une volonté de rupture avec le
théâtre traditionnel.
- Caractéristiques:
+ mise en scène l’absurdité de la condition et de l’existence
humaines: personnages sont des “anti-héros” entrainés
dans une existence monotone.
+ tours de dérision du discours rationnel: les dialogues
mécaniques, illusoires, parodiques => vides de sens
l’impossibilité des êtres à communiquer entre eux.
+ absence d’intrigue: histoire racontée n’est pas importante.
+ rôle réservé au corps, au décor…
- Auteurs : Ionesco, Beckett.
La cantatrice chauve
On entend sonner à la porte d'entrée.
M. Smith - Tiens, on sonne.
Mme Smith - Il doit y avoir quelqu'un. Je vais voir. (Elle va voir. Elle ouvre et revient.) Personne.
Elle se rassoit.
M. Martin - Je vais vous donner un autre exemple…
Sonnette.
M. Smith - Tiens, on sonne.
Mme Smith - Ça doit être quelqu'un. Je vais voir. (Elle va voir. Elle ouvre et revient.) Personne.
M. Martin, qui a oublié où il en est - Euh!…
Mme Martin - Tu disais que tu allais donner un autre exemple.
M. Martin - Ah oui…
Sonnette.
M. Smith - Tiens, on sonne.
Mme Smith - Je ne vais plus ouvrir.
M. Smith - Oui, mais il doit y avoir quelqu'un!
Mme Smith - La première fois, il n'y avait personne. La deuxième fois, non plus. Pourquoi crois-tu
qu'il y aura quelqu'un maintenant?
M. Smith - Parce qu'on a sonné!
Mme Martin - Ce n'est pas une raison.
M. Martin - Comment? Quand on entend quelqu'un sonner à la porte, c'est qu'il y a quelqu'un à la
porte, qui sonne pour qu'on lui ouvre la porte.
Mme Martin - Pas toujours. Vous avez vu tout à l'heure!
M. Martin - La plupart du temps, si.
M. Smith - Moi, quand je vais chez quelqu'un, je sonne pour entrer. Je pense que tout le monde fait
pareil et que chaque fois qu'on sonne c'est qu'il y a quelqu'un.
Mme Smith - Cela est vrai en théorie. Mais dans la réalité les choses se passent autrement. Tu as
bien vu tout à l'heure.
Mme Martin - Votre femme a raison.
M. Martin - Oh! Vous les femmes, vous vous défendez toujours l'une l'autre.
Mme Smith - Eh bien, je vais aller voir. Tu ne diras pas que je suis entêtée, mais tu verras qu'il n'y a

Elle revient à sa place. a


personne! (Elle va voir. Elle ouvre la porte et la referme.) Tu vois, il n'y a personne.

Mme Smith - Ah! Ces hommes qui veulent toujours avoir raison et qui ont toujours tort!
On entend de nouveau sonner.è
M. Smith - Tiens, on sonne, il doit y avoir quelqu'un.
Mme Smith, qui fait une crise de colère. - Ne m'envoie plus ouvrir la porte. Tu as vu que c'était inutile.
L'expérience nous apprend que lorsqu'on entend sonner à la porte, c'est qu'il n'y a jamais
personne.
Mme Martin - Jamais.
M. Martin - Ce n'est pas sûr.
M. Smith - C'est même faux. La plupart du temps, quand on entend sonner à la porte, c'est qu'il y a
quelqu'un.
Mme Smith - Il ne veut pas en démordre.
Mme Martin - Mon mari aussi est très têtu.
M. Martin - Ce n'est pas impossible.
M. Smith - Il y a quelqu'un.
Mme Smith, à son mari. - Non.
M. Smith - Si.
Mme Smith - Je te dis que non. En tout cas, tu ne me dérangeras plus pour rien. Si tu veux aller voir,
vas-y toi-même!
M. Smith - J'y vais.
Mme Smith hausse les épaules. Mme Martin hoche la tête.
M. Smith va ouvrir - Ah! How do you do! (il jette un regard à Mme Smith et aux époux Martin qui sont
tous surpris.) C'est le Capitaine des Pompiers!
En attendant Godot
Deux clochards, Vladimir et Estragon, attendent sous un arbre (le
seul élément du décor), la venue improbable de Godot (God?), qui
doit apporter une réponse à tous leurs espoirs. Celui-ci n’arrivant
pas, ils se mettent à parler, comme pour occuper le temps, pour
combler le vide et le silence. Au lieu de Godot, qui envoie chaque
soir un messager pour annoncer qu’il viendra le lendemain, deux
nouveaux personnages apparaissent, Pozzo et Lucky. Ce dernier
est, comme un chien, tenu en laisse par le premier. Pozzo
représente le pouvoir, l’autorité, le despotisme, alors que Lucky
incarne la soumission de l’esclave. Ces deux personnages
semblent résumer la situation cruelle et tragique du monde, tandis
que les deux clochards symbolisent l’espoir – jamais satisfait – de
s’en sortir. Dans ces conditions d’extrême pessimisme et d’absolue
absurdité, il n’existe qu’un remède, la mort, ce que Vladimir et
Estragon vont tenter, par le suicide. Mais même la corde avec
laquelle ils voulaient se pendre se casse.

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