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Les conditions de la responsabilité

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Droit civil Les conditions de la responsabilité

Responsabilité : une personne responsable répond de ses actes. La responsabilité civile et pénale incombe à la personne majeure. Responsabilité pénale : obligation de répondre des infractions (délits ou crimes) que l’on commet. Responsabilité civile : obligation de répondre des dommages que l’on cause à autrui. Art. 1382 du code civil : « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Pour que la responsabilité civile soit engagée, il faut qu’il y ait un dommage (c’est différent pour la responsabilité pénale). Le dommage doit être causé par un fait générateur, fautif ou non, et il faut un lien de causalité entre le dommage et le fait générateur du dommage.

Section 1 : le dommage ou le préjudice
La preuve du dommage doit être établie par celui qui s’estime victime et pour qu’il y ait un dommage, il faut démontrer qu’il est certain, direct et la victime doit montrer qu’elle a un intérêt légitime à agir.

Par 1. Les caractères du dommage
A. Le dommage doit être certain
Le dommage doit être subi, càd actuel et constatable. Il en résulte que le dommage éventuel n’est pas réparable a priori. En revanche, le dommage futur est réparable s’il apparaît suffisamment probable. Dommage éventuel : préjudice à propos duquel on ne sait pas, compte tenu des circonstances, s’il y aura ou non préjudice. Cas où le dommage futur est réparable : celui de la perte d’une chance par ex. mais la perte d’une chance ne sera prise en compte pour l’indemnisation que si la chance était réelle ou sérieuse. Ex : je suis en prépa, et deux semaines avant les concours, je fais une mauvaise chute dans les escaliers. Résultat : j’ai les deux poignets cassés et je ne peux donc pas passer mes écrits. La perte de ma chance d’intégrer l’ESC Lille est bien réelle et sérieuse. On demandera les bulletins de notes et les résultats des concours blancs de l’année aux profs pour attester de la réalité et du sérieux de cette perte de chance.

B. Le dommage doit être direct
Le dommage doit être la conséquence directe du fait qui engage la responsabilité. Il doit exister un lien suffisamment direct entre le fait et le dommage causé. Attention, cela ne signifie pas que toute personne autre que la victime directe ne puisse demander réparation. Ex : les victimes par ricochet peuvent demander réparation et sont indemnisées au titre des dommages directs. Ex : mon père est en retard, il sort de l’appartement et, alors que la lumière ne fonctionne pas, il dévale les escaliers qui sont glissants parce que la femme de ménage vient de passer. Sa chute est brutale, il est atteint d’un traumatisme crânien et meurt. La victime directe ne peut pas demander réparation puisqu’elle est morte. Ce sont les victimes par ricochet qui demanderont réparation : sa famille, ses enfants qui sont bel et bien victimes de dommages matériels (puisque c’est le père de famille qui ramenait de l’argent à la maison), corporels (le père est désormais mort) et moraux (ils perdent un être cher, qu’ils aimaient). Direct : doit se référer à un fait suffisamment proche de l’événement générateur. Ex : une vieille dame traverse la rue et je la renverse. J’appelle les pompiers, elle est victime d’une 1/10

fracture du fémur. La vieille dame meurt dans l’ambulance qui l’amenait à l’hôpital. Ses proches se plaignent et demande réparation pour sa mort. Je ne suis pas responsable de sa mort mais seulement de sa fracture. La conséquence (la mort) n’est pas la conséquence directe du fait qui engage ma responsabilité.

C. Le caractère légitime de l’intérêt
Quelle autre personne que la victime directe peut demander réparation suite à un dommage ? − Le concubin s’il est suffisamment stable, peut légitimer l’intérêt de la victime par ricochet à agir ; − Aujourd’hui, les couples pacsés et les homosexuels. L’intérêt légitime à agir évolue avec le temps et avec les mœurs.

Par 2. Les catégories de dommages
A. Dommages matériels
Ce sont les dommages causés aux biens/au patrimoine de la victime. Les dommages matériels sont ceux qui se réparent le plus facilement. Ex : véhicule, revenu.

B. Dommages corporels
Ils sont beaucoup plus difficiles à quantifier. Il s’agit d’une atteinte portée à l’intégrité physique de la personne : blessure ou mort. L’indemnisation de la victime ne sera jamais parfaite en cas de dommage corporel. Il faudra réparer le préjudice dû à la douleur physique, à des incapacités physiques, le préjudice esthétique et le préjudice d’agrément (si, à cause du dommage, on ne peut plus pratiquer un sport ou un art par ex alors qu’on adorait ça).

C. Dommages moraux
C’est une notion totalement extrapatrimoniale. Le dommage moral appartient au domaine du ressenti. Il est difficile à réparer car il n’a pas de prix. Ex : atteinte portée à l’honneur, à la vie privée. Ex : deux bourgeoises que tout le monde connaît au village flânent et s’arrêtent dans un magasin où elles effectuent quelques achats. Elles paient et sortent de la boutique. Mais au moment de sortir, les barrières automatiques retentissent et le videur leur demande d’ouvrir leur sac. Outrées, elles refusent ; elles sont alors conduites dans l’arrière boutique pour procéder à une fouille au corps. Comme elles n’ont rien volées, elles sont relâchées. Mais le lendemain dans la gazette, le fait s’inscrit sur une demipage. Leur honneur est bafoué, elles ont subi un dommage moral.

Droit civil Les conditions de la responsabilité
Section 2 : le fait générateur de responsabilité
Art. 1384 du code civil : « on est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encre de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre ou des choses qu’on a sous sa garde ».

Par 1. La responsabilité du fait personnel
A. Eléments constitutifs de la faute
Les articles 1382 et 1383 du code civil édictent le principe général de responsabilité pour faute. Ils distinguent deux types de fautes : les fautes volontaires et les fautes involontaires (négligence ou imprudence) ; mais peu importe le type de faute, le régime de responsabilité est le même. 1. Elément légal C’est l’élément qui permet de caractériser la faute. 2. Elément matériel L’élément matériel peut être : − Un fait positif : c’est une faute par commission, ce qui signifie que l’on commet un acte fautif (ex : excès de vitesse) − Une abstention : c’est une faute par omission, on omet de faire quelque chose et si on avait fait cette chose, le préjudice n’aurait pas été commis. On distingue deux types d’abstention : - Abstention pure et simple : je m’abstiens d’agir alors que si j’agissais, je pourrais éviter un dommage, càd je fais comme si je n’y étais pas (ex : non assistance à personne en danger). C’est puni. En droit civil, les juges doivent déterminer si l’abstention est intentionnelle et s’il y avait intention de nuire. Dans ce cas, il y aura punition. Ex : mon voisin part en vacance et me demande d’arroser son bonzaï. J’oublie une fois, et le bonzaï meurt. Ici, il n’y avait pas intention de nuire, il n’y a donc pas de punition. - Abstention dans l’action : Ex : une vieille dame traverse sur un passage piéton. Si je ne m’arrête pas, il y a abstention dans l’action. S’abstenir de faire quelque chose peut se révéler tout aussi grave qu’un fait fautif. Cf l’exemple : les conséquences sont les mêmes que si j’avais accéléré. Quelle punition pour la faute d’abstention dans l’action ? on se réfère à ce qu’aurait fait un bon père de famille (un homme raisonnable) pour caractériser la faute. Ex de faute d’omission : un écrivain écrit un livre sur la V° République et omet de citer un des personnages clé de cette période. 3. Elément moral C’est l’élément moral qui distingue la faute civile (qui comporte un élément moral) de la faute pénale. La responsabilité civile nécessite un dommage : il faut que la responsabilité civile soit engagée pour qu’il y ait dommage et donc faute civile. Si la faute est intentionnelle, les tribunaux doivent rechercher s’il y a eu intention de nuire et qui a eu intention de nuire. Il s’agit d’une recherche au cas par cas, d’un raisonnement in concreto. Si la faute est une faute par imprudence, les tribunaux vont faire référence à la norme, celle du bon père de famille, pour statuer. Ici, c’est un raisonnement in abstracto. Les juges ont le pouvoir de qualification des faits : fautifs ou non fautifs.

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B. L’imputabilité de la faute
En principe, il faut qu’il y ait capacité de discernement : pour commettre une faute, il faut qu’on comprenne qu’on la commette. Mais le droit civil écarte quasi systématiquement cette notion de discernement parce que ce qui compte pour le droit civil, c’est l’indemnisation des victimes. 1. Faute de la personne sous l’empire d’un trouble mental L’art. 489-2 du code civil dispose que celui qui a causé un dommage à autrui alors qu’il était sous l’empire d’un trouble mental n’en est pas moins obligé de réparation. 2. Faute du très jeune enfant Très jeune enfant = enfant de moins de 7 ans, 7 ans étant l’âge de la raison. Jusqu’en 1984, en-dessous de 7 ans, l’enfant n’était pas responsable parce qu’il n’avait pas la capacité de discernement. La victime pouvait demander réparation aux parents de l’enfant mais seulement pour responsabilité du fait d’autrui. En 1984, on observe un revirement de jurisprudence. Ex : deux enfants de 5 ans jouent avec un bâton, et l’un crève l’œil de l’autre. L’enfant qui a crevé l’œil de son camarade est orphelin et vit chez sa tante qui ne dispose que de maigres revenus. Cet enfant avait hérité d’une somme assez conséquente, l’enfant était donc solvable, et la responsabilité du fait personnel est engagée. La jurisprudence dispose qu’ « il n’est pas nécessaire pour engager la responsabilité du fait personnel d’avoir la qualité de discernement ».

C. Les faits justificatifs
Est-ce qu’on ne peut pas justifier que dans certaines circonstances, on était obligé de commettre la faute, sinon quoi elle aurait été pire ? Ou alors peut-on prouver que c’est le comportement de la victime qui a généré une faute de notre part ? 1. Les circonstances extérieures Si elles n’avaient pas existé, on n’aurait pas commis la faute. Ex : une vieille dame traverse sur un passage piéton. Il est trop tard, même en freinant. On contre-braque et on se retrouve dans la vitrine d’un magasin. La faute est d’avoir casser la vitrine de la boutique, mais c’est moins grave que d’avoir ôté la vie de la vieille dame. Problème : l’état de nécessité est extrêmement difficile à prouver. 2. L’attitude de la victime Très souvent, l’attitude de la victime n’est pas étrangère à la réalisation du dommage. Dans certains cas, on peut prendre en compte l’attitude de la victime pour s’exonérer d’une partie des dédommagements. Il faut prouver la faute de la victime, et c’est à l’auteur de l’accident de la prouver.

Par 2. La responsabilité du fait des choses
L’art. 1384-1 dispose qu’on est responsable non seulement d’un dommage qu’on cause par son propre fait mais encore de celui des personnes dont on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa garde. L’art. institue une présomption de responsabilité et non, comme 1382, une simple présomption de faute. Cet article est quasi inéfragable, càd qu’il est pratiquement impossible à combattre. On ne peut pas s’exonérer de sa responsabilité en prouvant qu’on n’a pas commis de faute. Pour que la responsabilité du fait des choses puisse être invoquée, il faut un fait de la chose, et un

Droit civil Les conditions de la responsabilité
gardien de la chose.

A. Un fait de la chose
1. Une chose inanimée Ex de chose inanimée : un meuble. Une chose inanimée peut donner lieu à la responsabilité du fait des choses. Dès que la chose existe et est impliquée dans l’accident, 1384 s’applique. Cependant, il existe quelques exceptions : − Les véhicules terrestres à moteurs pour lesquels on applique la loi 2-85 ; − Les accidents d’avions qui sont régis par une loi spéciale ; − Les accidents impliquant des navires qui là aussi nécessitent une loi spéciale. − La chose qui n’existe à personne car elle n’a pas de gardien. Ex : on se fait assommer par 2m3 de glace (neige accumulée sur un toit), sachant qu’on est aux sports d’hiver. La glace n’appartient à personne, si l’accumulation n’est pas fautive. Ex 2 : accident de ski. On tombe sur une plaque de verglas et en tombant, on fauche un autre skieur qui voit ses deux jambes fracturées. Comme on fait corps avec nos skis, on est considéré comme une chose, on n’est pas gardien de nos skis dans ce cas, et la responsabilité du fait de la chose ne peut donc pas être invoquée. 2. Un fait de la chose Ex de chose animée : un animal. Le fait de la chose est le lien de causalité qui existe entre la chose et le dommage : la chose doit être génératrice du dommage. L’art. 1384 n’est applicable que s’il y a un fait de la chose. Plusieurs choses sont tout de même à noter : − Il n’y a pas forcément de contact avec la chose. Ex : une femme va à Biarritz pendant l’été et assiste à une corrida. Le taureau est particulièrement en forme ce jour-là, et embroche la barrière derrière laquelle elle se trouve. Elle n’est pas touchée mais elle a eu la peur de sa vie et tombe en dépression nerveuse. Ici, il n’y a pas de contact avec la chose mais l’impact psychologique suffit pour causer le dommage et donc pour parler de fait de la chose. − Il n’est pas nécessaire que la chose soit en mouvement. Ex : chez Carrefour, on va faire ces courses et on s’arrête devant le rayon des glaces. On tombe à cause d’une flaque d’eau et on se casse le col du fémur. La chose est inerte mais elle n’avait pas à être là. Ex 2 : on tombe dans des escaliers qui ne sont pas normalement éclairés. − Peu importe que la chose ait une dynamique propre ou qu’elle soit mue pas la main de l’homme, il y a nécessité du rôle actif de la chose, la chose doit être l’instrument du dommage. Une chose n’est pas l’instrument du dommage toutes les fois qu’elle a un comportement normal. Ex : si on glisse dans des escaliers bien éclairés et non glissants, ce n’est pas la peine d’invoquer 1384. − Il faut prouver le rôle actif de la chose. Mais qui doit le prouver ? La preuve du fait actif de la chose/ de l’intervention de la chose incombe à la victime. - Si la chose est en mouvement, et qu’il y a eu un contact matériel avec la victime ou la chose endommagée : le rôle actif de la chose est présumé. Le gardien de la chose ne pourra quasiment jamais s’exonérer de sa responsabilité sauf en prouvant la cause étrangère (mais c’est très difficile). - Si la chose est en mouvement mais qu’il n’y a pas eu de contact ; ou si la chose n’est pas en mouvement : la victime doit prouver que la chose est intervenue et qu’il y a eu un rôle actif de la chose.

B. Le gardien de la chose
1. Existence de la garde 5/10

La garde est nécessaire pour invoquer 1384. La garde de la chose suppose trois caractéristiques : pour être gardien de la chose, il faut en avoir : − L’usage ; − Le contrôle ; − La direction. Le propriétaire est présumé gardien de la chose quitte à ce qu’il démontre qu’au moment du fait de la chose, il n’en était pas gardien, il en avait transféré la garde. Ex : dans un accident de voiture, j’ai emprunté la voiture de mon père, je suis le gardien de la chose. Ex 2 : le chauffeur n’est pas le gardien de la chose, c’est le préposé (état de subordination) du propriétaire de la chose qui décide de la direction. Mais si le préposé s’affranchit des ordres que lui donne son commettant, alors il devient le gardien de la chose : dès qu’il abuse de ses fonctions, le préposé devient le gardien de la chose. Ex : si un livreur de pizza utilise une autre route que celles indiquées sur son itinéraire, pour faire autre chose que de livrer des pizzas, alors il est gardien de la chose (de son scooteur). 2. Perte de la garde Le propriétaire de la chose, présumé gardien de la chose, peut parfois s’exonérer de ses responsabilité en démontrant qu’il en a transféré la garde. Il s’agit alors d’une perte de garde volontaire. Ex : location d’un immeuble, le transfert du bien est évident. Mais c’est plus compliqué lorsque la perte de la garde est involontaire. En effet, en cas de vol, qui est responsable ? L’arrêt de principe est l’arrêt Franck (1961) : un jeune homme avait emprunté la voiture de son père pour aller en boîte mais il s’est fait voler la voiture pendant la nuit et elle a causé un accident mortel. Le lendemain, le jeune homme s’est fait arrêté par les policiers car il était présumé gardien de la chose et donc considéré comme responsable de l’accident. La cour de cassation a donc procédé à un revirement de jurisprudence : à partir du moment où il y a usurpation (ex : vol), le gardien de la chose est considéré comme ayant perdu l’usage, le contrôle et la direction de la chose. En principe, il y a un propriétaire de la chose, mais il arrive qu’il y ait des copropriétaires. On doit alors considérer le caractère alternatif de la garde : Parfois on ne sait pas s’il y a un ou plusieurs gardiens de la chose. Ex : accident de chasse, on a observé plusieurs tirs en même temps et il en résulte qu’un homme est mort. La cour de cassation a disposé qu’en ce qui concernait les chasseurs qui avaient tous tirés en même temps, ils étaient co-gardiens de la gerbe de plomb et coresponsables. Mais ce principe est utilisé dans des circonstances précises : à partir du moment où on ne peut pas prouver qui était gardien de la chose (càd celui qui avait au moment précis de l’action le contrôle, l’usage et la direction de la chose), le gardien est le propriétaire. Il faut pouvoir prouver le transfert. On doit aussi distinguer la garde de la structure de la garde du comportement : Ex : marchandises transportées d’un point A à un point B. Le camion qui transporte les marchandises provoque un accident et les victimes vont mettre en cause la société de transport mais aussi la société de matière transportée si elle est dangereuse. Pour être indemnisées de la façon la plus globale possible, les victimes ont intérêt à mettre en cause les deux sociétés. Ici, garde de la structure : la matière ; garde du comportement : le conducteur. Ex 2 : une femme achète une bouteille de Perrier. Elle lui explose entre les mains au moment de passer en caisse, càd avant qu’elle l’achète, et lui sanctionne un tendon. Ici, il n’y a pas de responsabilité contractuelle car elle n’a encore rien payé : il y a seulement responsabilité extracontractuelle. 3. Cause d’exonération Le gardien peut-il s’exonérer de sa faute ? Le gardien de la chose est responsable du fait de la chose qu’il a sous sa garde. Peut-il se dédouaner de sa responsabilité en prouvant qu’il n’a pas commis de faute ? En principe, non car il ne s’agit pas d’une responsabilité de faute. Oui ssi il prouve qu’il y avait un cas de force majeure, càd qu’il y a eu un fait extérieur irrésistible et imprévisible. − Fait extérieur à la chose :

Droit civil Les conditions de la responsabilité
− − Ex : une grue qui s’effondre une nuit de tempête alors qu’elle était bien arrimée, il n’y a pas de vice interne de la chose. Fait irrésistible : fait qui arrive alors que le gardien de la chose avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter le dommage. Fait imprévisible : ex, ne pouvait pas être prévu par la météo.

Quand il y a responsabilité du fait des choses, il arrive qu’un tiers soit en partie responsable. Le gardien est responsable du fait de la chose sauf si : − Le fait du tiers n’exonère pas la responsabilité du gardien de la chose ; − Le fait du tiers était extérieur, imprévisible, irrésistible. Par contre, le gardien de la chose aura la possibilité de se retourner contre un tiers et de lui demander des dommages et intérêts : action récursoire. (La victime ne pourra, quant à elle, que s’en retourner au gardien de la chose).

Par 3. Responsabilité du fait d’autrui
Relation parents/enfants, employeur/employé, commettant/préposé. Ces dernières années, la juridiction a étendu la responsabilité du fait d’autrui, mais c’est dangereux car cette responsabilité est irréfragable.

A. Responsabilité des parents du faits de leurs enfants mineurs
L’art. 1384-4 CC est basé sur la présomption de faute : on arrive en s’en sortir si on prouve qu’on n’a pas commis de faute. 1. Conditions d’une telle responsabilité Pour que la responsabilité du fait d’autrui soit engagée, et pour pouvoir invoquer 1384-4, il faut que : − L’enfant soit mineur ; − Les responsables de l’enfant soient le père et la mère (responsabilité liée au droit de garde) ; − L’enfant habite chez ses parents ; − Il faut qu’il y ait un fait de l’enfant, càd qu’il ait causé un dommage (que son acte soit la cause directe du dommage invoqué par la victime). 2. Effets d’une telle responsabilité Aujourd’hui, la capacité de discernement ne rentre plus en compte (peu importe l’âge, c’est pareil). En général, l’enfant n’est pas solvable, et les parents sont assurés, le père et la mère sont solidairement responsables. Jusqu’en 1998, les parents pouvaient s’exonérer de leur responsabilité en prouvant qu’ils n’avaient commis aucune faute : pas d’erreur d’éducation ni de surveillance. Mais la cour de cassation est revenue sur ce principe : la responsabilité du fait d’autrui doit être plus lourde, ça doit être une présomption de responsabilité (et non de faute) et donc pour s’exonérer, il faut maintenant prouver le cas de force majeure (événement extérieur, imprévisible, irrésistible).

B. Responsabilité du commettant vis-à-vis du préposé
L’art. 1384-5 CC dispose que les maîtres ou commettants sont responsables des dommages causés par leurs domestiques ou préposés dans les fonctions dans lesquelles ils sont employés. − 1. Conditions de la responsabilité des commettants il faut un lien de préposition, càd de subordination : on doit obéir à quelqu’un. Les maîtres ou commettants ont un pouvoir de direction, de surveillance et de contrôle sur leurs préposés. Ordinairement, ce lien découle du contrat de travail, mais parfois le lien de préposition peut 7/10

servir plusieurs commettants. Que faire en cas de dommage commis par le préposé, si l’ordre ne vient pas du commettant ? Ex : chauffeur employé par une autre personne, mise aux ordres d’une autre personne. Il faut effectuer un transfert du lien de subordination vers le donneur d’ordre, mais il faut pouvoir le prouver : qui avait la direction effective sur le préposé au moment du dommage ? il faut un fait du préposé (le préposé doit faire qch causant un dommage), et pour que le dommage du préposé entraîne la responsabilité du commettant, il faut : - un fait illicite - il faut que le fait ait été accompli dans l’exercice des fonctions du préposé Problème : où se situe la ligne entre le cadre de mes fonctions et le hors-cadre ? Il arrive qu’un préposé abuse ou dépasse ses fonctions. Avant 1988, on observait si le préposé s’était mis lui-même en dehors de ses fonctions. L’arrêt ayant fait jurisprudence en 1988 est l’arrêt de l’assemblée Phénicie de la cour de cassation : on ne peut augmenter de telle façon les charges d’une entreprise avec des assurances pour se prémunir. La cour de cassation a disposé que le commettant pouvait s’exonérer de sa responsabilité s’il arrivait à prouver que le préposé avait agit : - sans autorisation ; - à des fins étrangères à ses attributions ; - en se plaçant ainsi hors des fonctions auxquelles il était employé. y-a-t-il dépassement des fonctions ? La cour de cassation estime que quand on travaille dans un cabinet d’assurance, ça ne fonctionne pas, donc le commettant est responsable.

2. Effets de la responsabilité des commettants Seule possibilité pour le commettant : se retourner contre le préposé, mais ce dernier étant peu solvable, ça ne pourra jamais rembourser le commettant. Présomption de responsabilité du fait d’autrui beaucoup plus lourde. Ces dernières années, on va dans le sens de l’extension de la responsabilité du fait d’autrui. Elargissement : l’arrêt Blieck, de la cour de cassation de l’Assemblée Plénière 1991 (suivi de l’arrêt 1995) concernait un jeune handicapé, sous la garde d’un établissement spécialisé. Ses parents en avaient la responsabilité mais ils étaient peu solvables. Il n’y eu aucune faute de garde commise car l’enfant n’était pas chez ses parents. La cour de cassation a admis que la responsabilité du fait d’autrui pouvait concerner une autre personne que les parents pour un mineur.

Droit civil Les conditions de la responsabilité
Section 3 : le lien de causalité
Lien de causalité entre le dommage et le fait générateur du dommage.

Par 1. Exigence d’un lien de causalité
A. Nécessité d’un lien de causalité
Le lien de causalité est nécessaire quand on veut obtenir réparation et il doit être un lien suffisamment direct.

B. Caractère du lien de causalité
Lien de causalité direct : il doit être rapporté par la victime. Il peut y avoir plusieurs liens de causalité mais il faut faire le tri entre les plus directs et les indirects (qu’on ne prendra pas en compte pour l’indemnisation). Il ne faut pas une trop grande disproportion entre le fait générateur du dommage et le dommage. Ex : on bouscule une vieille dame. Conséquence : son fémur est cassé. Trois jours plus tard, elle meurt à l’hôpital. Le défendeur va essayer de prouver que le lien de causalité est trop éloigné. On n’a pas à réparer la mort mais seulement l’accident. Arrêt de la cour de cassation : il ne faut pas qu’une trop grande disproportion existe entre le fait générateur du dommage et le dommage.

C. Preuve du lien de causalité
C’est la victime qui doit prouver le lien de causalité. C’est ensuite l’avocat du défendeur qui devra examiner tous les arguments de la victime et essayer d’écarter les liens de causalité en démontrant qu’ils sont trop indirects.

Par 2. Les causes d’exonération
A. Causes étrangères au défendeur et à la victime
Le défendeur pourra s’exonérer s’il prouve qu’il y avait force majeure (événement extérieur imprévisible et irrésistible). Si le défendeur prouve qu’il y a eu un fait d’un tiers, avec des caractères de la force majeure à l’origine du dommage, il pourra s’exonérer de sa responsabilité.

B. Causes étrangères au défendeur mais provenant de la victime
1. Comportement de la victime Lorsque le comportement fautif de la victime est la cause exclusive de l’accident, on estime que le lien de causalité n’est plus valable et l’indemnisation de la victime est donc écartée. Si la faute de la victime a contribué, pour partie, à la réalisation du dommage, mais n’en est pas exclusivement responsable, les tribunaux observent un partage de responsabilités, mais c’est très inégal. Il y a deux approches du lien de causalité : − Certains juges ne se basent que sur la gravité de la faute de la victime − D’autres se basent sur l’importance de la faute causale. Les conséquences sont importantes car l’indemnisation ne sera pas la même en fonction de l’approche choisie. Ex : accident de voiture alors qu’on ne s’était pas attaché à l’arrière. On est simple passager, donc on est victime, on se retourne contre le conducteur. Si le conducteur n’a pas fait de faute de conduite, on 9/10

retient la faute de la victime : elle ne s’était pas attachée. Suivant la lecture du juge (gravité de la faute ou importance du rôle causal), l’indemnisation ne sera pas la même. On tient toujours compte de l’acceptation des risques. Si les risques sont acceptés, on ne peut pas demander réparation sur les fondements 1382 et 1384. 2. Prédisposition de la victime au dommage En ce qui concerne le lien de causalité, on ne doit pas tenir compte des prédispositions de la victime. Mais pour l’indemnisation, on doit en tenir compte si ça a changé la nature de l’infirmité (s’il s’agit d’une simple aggravation, on n’en tient pas compte).

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