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Les Concerts

éducatifs de
l’Orchestre
National de
Montpellier LR

Peer Gynt
Edvard Grieg (1843-1907)

Orchestre National de
Montpellier LR
Direction,
Ariane Matiakh
Récitante et écriture du texte,
Stéphanie Marc

Jeudi 22 novembre 2007


Vendredi 23 novembre 2007
9h30 / 10h30 / 14h / 15h

Cahier pédagogique

Service jeune public


Isabelle Humé-Ronzier
jeune.public@orchestre-montpellier.com
Tél. 04 67 57 06 86

Olav Christopher Jenssen, From Childhhod (Lack of memory) 1991-92


Préparation au concert
concert

Venir entendre un orchestre symphonique en direct est une expérience


artistique radicalement différente de celle de l’écoute d’un disque en classe.
Si en classe on peut arrêter la musique et la réécouter autant de fois que
nécessaire pour la reconnaître, en salle de concert, l’écoute se fait en temps
réel. La perception se fait dans l’instant, pas d’arrêt « sur image ».
Préparer les enfants à venir au concert, c’est leur donner des repères : la trace
sonore est fugitive, il faut des clés d’écoute pour entrer dans la musique.

Attirer l’attention des enfants sur ce qu’ils vont entendre en développant leur
imaginaire, c’est leur donner les moyens de se concentrer. C’est aussi éviter
que la perception visuelle de l’orchestre prenne le pas sur la perception
sonore, au détriment de l’expérience musicale.

Le concert durera 50 mn. Après une présentation des instruments de


l’orchestre, l’histoire de Peer Gynt sera racontée en mots et en musique.

Pour vous procurer un enregistrement de préparation au concert, le demander à


Isabelle Humé-Ronzier :
jeune.public@orchestre-montpellier.com
Tél. 04 67 57 06 86

Service Jeune public – Orchestre National de Montpellier LR


Entrer dans la salle de concert
Venir assister à un concert est une aventure exceptionnelle pour un enfant. Ce sont
ses premières expériences dans le monde social du spectacle.

D’abord on se déplace dans la ville en


groupe, que l’on vienne à pied, en bus, en
TRAM, il faut traverser les rues jusqu’à ce
grand bâtiment au cœur de la ville : Le
CORUM

On entre d’abord dans le Hall Berlioz avec ses


grands escalators :

Et au-dessus de l’entrée, on
trouve la grande fresque
réalisée par le peintre Robert
Combas, pour fêter le
bicentenaire de la naissance
de Berlioz, en 2004.

La salle de l’Opéra Berlioz est immense : elle


peut accueillir 2000 personnes !
Pendant le concert, la salle est plongée dans le
NOIR !

Avant l’entrée des musiciens, on fait


SILENCE !

Quand entre le premier violon, puis le chef et le récitant, on


APPLAUDIT. On applaudit aussi à la fin, quand le concert est fini,
pour REMERCIER les musiciens.

Service Jeune public – Orchestre National de Montpellier LR


Les instruments de l’orchestre
Photo Marc Ginot

L’Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon

Effectifs de l’orchestre pour Peer Gynt d’Edvard Grieg


Cordes Bois Cuivres Percussions
8 premiers violons 1 flûte piccolo 4 cors Timbales
6 seconds violons 2 flûtes traversières 2 trompettes Triangle
5 altos 2 hautbois 3 trombones Cymbales
4 violoncelles 2 clarinettes 1 tuba Grosse caisse
3 contrebasses 2 bassons Tambourin

1 harpe

tambourin cymbales grosse caisse triangle


timbales

2 trompettes 3 trombones
4 cors

1 tuba

2 clarinettes 2 hautbois
2 flûtes
traversières 2 bassons
et 1 piccolo
3 contrebasses

6
seconds 5 altos
8 violons
premiers
violons
4
Harpe violoncelles
Chef
Récitante d’orchestre

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Les artistes
Ariane Matiakh, chef d’orchestre
Ariane Matiakh est la nouvelle chef assistante de l’Orchestre
National de Montpellier.
Elle a obtenu ses prix de direction d’orchestre, de piano et
d’accompagnement au piano aux CNR de Reims et de Rueil-
Malmaison de 1999 à 2002.
Puis elle a poursuivi ses études de direction à l’Université de
Musique de Vienne dans la classe de Léopold Hager.
Elle s’est perfectionnée parallèlement lors de cours ou master-
class auprès de Seiji Ozawa, Yuji Yuasa pour la direction, et
auprès de Jean-Claude Pennetier, Alain Planès et Denis Pascal
pour le piano.
Ariane Matiakh est née dans une famille de musicien. Voici
quelques épisodes qui ont marqué son enfance musicale :
« J’ai fait mes "premiers pas" sur scène dans le ventre de ma mère qui déclamait alors le
Ariane à Naxos de Jirí Benda. Du coup, je chantais beaucoup étant petite et j’aimais
grimper sur la table familiale pour diriger toute la musique que j'entendais à la maison !
Puis j’ai commencé le piano à l'âge de 4 ans et je me suis aperçue très vite qu'on pouvait
parler à son instrument comme à un ami. Quand j’étais gaie, la musique
qui en sortait l'était aussi, et quand j’étais triste, le piano me répondait
tristement ! Aussi, surprise par cette magie, je lui confiais mes états d'âme !
Enfin, bien après cela, j’ai commencé la direction d'orchestre, ce qui m’a fait
voyager jusqu'en Autriche, où une rencontre avec Seiji Ozawa m'a appris à
ECOUTER l'orchestre, et à mélanger les sons (une touche de trompette par ici,
une pointe de piccolo par là), comme on mélange des couleurs pour en faire
un tableau, pour pouvoir voyager dans l'imaginaire, raconter des histoires… »

Stéphanie Marc, comédienne


Quand j’étais une petite fille, je voulais être majorette.
C’est vrai, sans rire, je voulais être majorette dans un
club après l’école et aussi je voulais en faire mon
métier.
Mes parents n’avaient pas du tout ce genre d’idée, et
donc je n’ai jamais été majorette, ni en amateur, ni
professionnelle.
Aujourd’hui je me dis que c’est peut-être pour cela
que je suis devenue comédienne, et finalement tant
mieux !
Du théâtre dans mon lycée, puis du théâtre à l’université, et puis du théâtre tout le temps,
je veux dire comme métier.
J’ai joué tout un tas de rôles, des drôles, des moins drôles, des pas drôles du tout, des qui
parlent en vers, des qui chantent, des qui pleurent, des grands et des petits, des rôles
d’hommes, de comtesse, de princesse, de méchante, de ballerine, de sorcière, avec des
costumes d’époque, ou en habit d’aujourd’hui.
J’ai appris par cœur beaucoup de textes, j’ai rencontré dans mon travail des centaines de
personnes et j’ai joué tous ces rôles devant des centaines d’autres personnes, dans des
théâtres partout en France et aussi j’ai dormi dans des centaines d’hôtels et mangé dans
des centaines de restaurants…
Mais, pour l’instant, pas un rôle de majorette.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Edvard Grieg
(Interview imaginaire)
Où êtes-vous né Monsieur Edvard Grieg ?
Je suis né en 1843, à Bergen, en Norvège. Mon père était consul
d’Angleterre.

C’est loin la Norvège ?


Tout là-haut au nord de l’Europe, au pays de la neige, des fjords et
des trolls.

Grieg, à 11 ans Comment êtes-vous devenu


musicien ?
Ma mère était pianiste, elle donnait aussi des cours, alors
elle m’a appris à jouer. J’ai tout de suite beaucoup aimé la
musique et je ne l’ai jamais quittée. Je me souviens enfant, je
m’assoyais sur le tabouret de piano de ma mère, je laissais
retomber mes doigts sur le clavier et j’écoutais la résonnance
des accords qui s’en dégageaient.
La musique a toujours fait naturellement partie de ma vie.

Où avez-vous appris la musique ?


J’ai fait mes études de musique à Leipzig, en Allemagne,
comme beaucoup de musiciens de ma génération. Puis je
suis retourné vivre en Norvège.
Mes parents ne se sont jamais opposés à ma passion pour la
musique, puisque telle était ma vocation, ils l’ont respectée.

Vous vous êtes marié ?


Oui, avec Nina Hagerup, ma cousine. C’était une
merveilleuse chanteuse, j’ai beaucoup composé pour elle.
« Ses chants, tels ceux d'un oiseau, nous apportent au cœur de
l'hiver la tiède caresse du printemps ». Nous avons vécu toute notre
vie ensemble. Malheureusement nous n’avons pas eu d’enfants,
notre seule petite fille est morte à un an.

Avez-vous été heureux en tant que musicien ?


Je crois pouvoir dire oui, j’ai été reconnu en tant que musicien
dans toute l’Europe. J’ai travaillé avec des artistes merveilleux
comme Henrik Ibsen. J’ai réellement pu m’exprimer en tant que
pianiste et compositeur. Et mes compatriotes m’ont reconnu
comme porte-parole de l’identité artistique de la Norvège.

Vous avez beaucoup voyagé ?


Oui dans toute l’Europe, mais là où j’étais réellement
heureux c’était dans ma maison de Troldhaugen. Elle est
située dans le village de Paradis à côté de Bergen, au
bord de la mer. C’était «mitt beste opus hittil», ma
meilleure composition. Ma maison était située près d'un
endroit que j’ai baptisé Troldhaugen, La butte aux trolls.
J’y ai vécu jusqu'à ma mort, en 1907.
C’est là que je suis enterré. Tout près de l'eau se trouve
une cabane ou j’avais l'habitude de m'isoler pour
composer.

La hutte au fond du jardin dans laquelle Grieg composait

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Henrik Ibsen et Edvard Grieg
Deux artistes autour de Peer Gynt
Peer Gynt, une pièce de théâtre inspirée des contes norvégiens
Peer Gynt est d’abord une pièce de théâtre du très grand auteur
dramatique Henrik Ibsen, norvégien comme Grieg.

On peut entendre cette pièce comme un conte philosophique sur


l’existence humaine.
Mais c’est aussi une formidable épopée directement inspirée des
Henrik Ibsen
contes et légendes scandinaves.
Les contes populaires norvégiens sont des récits libres, purs
produits de l'imagination, qui sont passés de bouche en bouche, à travers des générations de
conteurs depuis des temps immémoriaux. Ils dépeignent les relations humaines dans un style
flattant le goût du merveilleux et riche de symboles. Comme toute bonne littérature, ils puisent
aux sources de la vie quotidienne, mais se tiennent toujours en deçà de la réalité ou de ce que le
commun des mortels considère comme véridique et raisonnable. Ils franchissent souvent les
limites du surnaturel et du prodigieux. »
http://www.norvege.no/culture/heritage/contes.htm

Une rencontre entre deux grands artistes


A la fin de 1874, Grieg trouve dans sa boîte
aux lettres un message d’Ibsen. Ce dernier lui
écrit de Dresde pour lui demander s’il serait
intéressé par la composition de la musique de
scène de Peer Gynt.
Grieg est très flatté par cette proposition qui
est une marque de reconnaissance de la part
du grand homme de théâtre, au sommet de sa
gloire. Il accepte. La musique et la pièce de
théâtre sont aujourd’hui universellement
reconnues comme des chefs-d’œuvre.

Qu’est-ce qu’une musique de scène ? Grieg au piano, Ibsen l’écoute, au 1er plan à droite,
Un auteur dramatique raconte des carte postale de 1905
histoires en écrivant les dialogues des
personnages. Les acteurs après jouent sur scène ces dialogues, avec des décors et des
costumes.
Un compositeur s’exprime en composant de la musique. Il écrit les notes que les musiciens
joueront après avec leur instrument. Ils interprètent la musique du compositeur.
Lorsque Grieg a composé la musique de scène pour la pièce d’Ibsen, il a mis en musique ce que
l’auteur avait écrit avec des mots. La musique ne raconte pas l’histoire, elle la prolonge : elle
donne des couleurs, elle crée des ambiances, elle décrit des personnages et des émotions.
C’est comme un décor sonore.

La musique de scène de Peer Gynt est composée de


26 pièces, Grieg en a extrait deux suites d’orchestre
de 4 mouvements chacune que l’on entendra en
concert.

Un autre très grand artiste norvégien a été


associé à Peer Gynt : le peintre Edvard Munch. Il
a créé l’affiche et les décors de la pièce pour sa
création au Théâtre de l’Œuvre à Paris, en 1896.

Affiche de Munch pour Peer Gynt

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Ecoute active
On ne peut dissocier la musique de Grieg ni de la pièce d’Ibsen ni de l’imaginaire
norvégien. C’est pourquoi ce chapitre « écoute active » est une invitation à se
préparer au concert en s’immergeant dans l’univers musical de Peer Gynt et en
associant chacun des mouvements à un extrait de la pièce de théâtre auquel il fait
référence et à une œuvre de la peinture du 19e siècle, norvégienne ou européenne.

Pour vous procurer un enregistrement de préparation au concert, le demander à


Isabelle Humé-Ronzier :
jeune.public@orchestre-montpellier.com
Tél. 04 67 57 06 86

1er mouvement, Au matin

Thomas Fearnley, peintre norvégien Lever de soleil, 1835

Acte IV scène 4
Peer Gynt :
Oh ! La radieuse matinée ! Le scarabée roule ses œufs et le colimaçon montre ses
cornes. Le matin arrive chargé d’espoirs dorés. De quelle merveilleuse puissance la
nature n’a-t-elle pas doté les rayons du jour levant ! On se sent, tout à coup, si sûr de
soi. Le courage vous vient ; on affronterait un taureau furieux. Autour de moi, quel
silence !

Ecoute active
Index 1 : Le thème mélodique passe de la flûte solo au hautbois solo sur un léger tapis de
cordes
Index 2 : L’alternance se précipite, elle se fait sur des durées plus courtes pour aboutir à une
reprise du thème par l’ensemble des cordes, sentiment d’amplification et d’éblouissement
Index 3 : Des cascades de notes qui prennent leur envol, il n’y a plus de carrure, tout
l’orchestre semble improviser une mélodie libre, jusqu’au triomphe du lever du soleil
Index 4 : La musique s’adoucit, modulation en mineur, le thème mélodique est repris par des
petits ensembles d’instruments. On termine dans une infinie douceur avec des rappels du thème
mélodique, la nature resplendit sereinement.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


2ème mouvement, La mort d’Åse
Åse est la mère de Peer Gynt, c’est une
vieille paysanne pauvre. Il ne lui reste
plus que son fils, qui ne lui joue que des
tours.
C’est elle qui lui a ouvert les yeux sur la
magie du monde, en lui racontant des
histoires. Elle meurt dans ses bras.

August Eiebakke, peintre norvégien, Paysanne, 1883

Acte III scène 4


Peer Gynt :
Haïe donc là ! Hardi ! Ma bête, C’est vrai, mes tours de sacripant
Que tout le monde s’émerveille L’ont bien souvent mise en colère.
En voyant venir à la fête Elle poussait des cris de paon.
Peer Gynt escorté de sa vieille ! « Vieil oiseau », disais-je à ma mère,
Saint Pierre, qu’est-ce que tu dis ? J’avais tort et veux, bon apôtre,
Tu défends la porte à mère Åse ? Qu’on l’honore et respecte ici.
Qu’avez-vous donc au Paradis Elle vaut bien autant qu’une autre ;
Qui la vaille ? Ah Dieu, pas Les bons, chez nous, sont faits ainsi.
grand’chose. Eh ! Voici venir Dieu le Père
Je ne parle pas de moi. Il va te donner ton écot.
Grand merci si l’on me régale, (Faisant la grosse voix.)
Autrement ? Autrement, ma foi, Tu parles en portier, saint Pierre.
Je tourne bride et je détale. Laisse entre Åse, et plus un mot !

Ecoute active
Index 5 : le compositeur a indiqué sur la partition : « Andante dolorosa ». Dolorosa, c’est la
douleur, cela nous renvoie à la « Mater Dolorosa », la mère des douleurs, thème cher aux
peintres de la renaissance.
Seules les cordes jouent, ce qu’on appelle le « quatuor » : violons 1 et 2, altos et contrebasses.
Elles jouent avec une « sourdine » : une petite pièce de bois que l’on place sur les cordes. Cela
modifie le son, le rend plus sourd, comme voilé, ce qui convient au caractère de cette pièce.
La musique a un caractère solennel, elle progresse comme une procession, à chaque palier plus
poignante.
Index 6 : la mélodie s’inverse, au lieu de procéder par motifs ascendants, elle procède par
motifs descendants. Puis les deux motifs s’entrelacent dans une infinie douceur, comme si la
douleur prenait ses distances pour laisser place à l’acceptation. La musique descend toujours
plus bas, on n’entend à la fin plus que les cordes graves.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


3e mouvement, la plainte d’Ingrid

Adolph Tidemand, peintre norvégien, Voyage de noces sur


le Fjord de Hardanger 1848
August Eiebakke, peintre norvégien,
jeune fille fatiguée XIXe

Acte 1 scène 1
Åse à son fils : Tu aurais pu devenir quelque chose si, du soir
au matin tu n’avais pas la tête pleine de mensonges et de
sottes inventions. La fille de Hægstad te regardait d’un œil
tendre. Tu aurais pu l’obtenir, si tu l’avais voulu sérieusement.
[…] Ah, Peer, mon enfant, une fille comme cela – très riche –
une fille de propriétaire ! Dire que si tu avais voulu, tu serais
son heureux époux, au lieu de traîner ici, sale et déguenillé.

Peer Gynt provoqué par sa mère se rend au mariage


d’Ingrid, il sème la pagaille, Ingrid s’enferme dans le
grenier. Le marié veut l’en sortir, elle refuse, il demande
Gerhard Munthe, peintre
l’aide de Peer Gynt qui s’enfuit avec la mariée. Puis il
norvégien, jeune fille, 1893 l’abandonne. Elle reste seule, sans mari.

Ecoute active
Tout ce passage de La plainte d’Ingrid est un magnifique tableau d’émotions. La
musique suit les mouvements de l’âme de la délaissée.

Index 7 : Le compositeur a écrit sur la partition : « Allegro Furioso », deux explosions


de colère de la pauvre Ingrid qui se révolte.
Index 8 : A la colère succède la tristesse, un long chant triste, pour exprimer le
sentiment d’abandon.
Index 9 : L’orchestre martèle la colère d’Ingrid, avec des accents plaintifs descendants,
comme des soupirs
Index 10 : Nouveaux trépignements et cris de colère, mais ses accents sont étouffés
dans le silence.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


4ème mouvement, Dans le hall du roi de la montagne
John Bauer est un illustrateur norvégien du
XIXe siècle très célèbre pour ses dessins de
trolls, qui fascinent beaucoup nos enfants
d’aujourd’hui.

Les trolls font partie intégrante de


l’imaginaire norvégien :
« Les montagnes et les bois sont le royaume
de nombreuses créatures mythiques. Les
légendes évoquent les traces laissées par les
trolls, ou les repères dont ils ont jalonné tout
le pays. Il arrive que les trolls soient pétrifiés
et se confondent avec les rochers, tels
Hestmannen, le Cavalier du Nordland, et
Vågekallen, le Vieil homme de Vågan. »

Trois représentations de Trolls du peintre http://www.norvege.no/culture/heritage/contes.htm


norvégien John Bauer, XIXe

Voici le texte qui sera lu par la comédienne, une synthèse entre le texte de Peer
Gynt et l’extrait d’un conte d’H.C Andersen : La butte aux elfes.

A ce moment même, la butte aux Elfes s’ouvrit


et une vieille fille en vert qui n’avait pas de dos arriva.
C’était la fille du Roi de Dovre, le roi des Trolls.

C’est pour cette nuit, dit-elle.


Le vieux Roi des Trolls, mon père, se montrera.
Tout le monde pourra venir au grand bal, dans son château des Monts de Rondanes ;
Même les hommes, s’ils savent seulement parler en dormant.
Tu verras, tous les Trolls louchent de l’œil gauche et de fait, tout ce qu’ils voient leur semble
superbe.
Chez nous, ce qui est noir en réalité est blanc, et ce qui est laid en réalité est beau.
Le grand est petit, et le sale est propre.
Viens avec moi ! Allez ! A cheval ! Hue dia mon beau cheval ! » Dit-elle.

Et les voilà qui filent sur un cochon géant habillé d’un sac
en guise de selle.

A leur arrivée, les filles-elfes dansaient déjà dans le


château, habillées de longs châles tissés de brume et de
clair de lune.
La grande salle était sérieusement nettoyée ; le sol était
lavé au clair de lune,
Et les murs frottés avec du lard de sorcières brillaient
comme des pétales de tulipe en pleine lumière.
En cuisine, on préparait des grenouilles en brochettes, des
peaux de couleuvre contenant des petits doigts d’enfants,
des salades de frai de crapauds,
Des museaux de souris et de la cigüe, de la bière brassée
par le brouillard, du vin de salpêtre et des clous rouillés.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Bouse de vache et pisse de bœuf !
hurle le Roi apercevant Peer Gynt.
Je ne laisserai pas un homme séduire ma fille Troll !
Qu’on lui coupe un doigt !
Arrachez-lui les cheveux et les oreilles !
Mordez-le dans la cuisse !
Faites-le bouillir dans la soupe !
A moins qu’il ne soit meilleur rôti à la broche, ou sauté dans la poêle !
AAAAHHH ! Je sors de mes gonds ! La moutarde me monte !
Gnomes, Kobolds, Nixes, Trolls, mordez-le, mordez-le ! Sur le cul !
Il s’enfuit ! Il s’enfuit ! Fermez tout ! Bouchez toutes les issues !
Fermez tout ! Il s’enfuit, il s’enfuit… »

Ecoute active
Tout le mouvement n’est qu’une immense progression qui part de la marche pour
finir en ronde infernale
Index 11 : le mouvement commence sur une marche qui commence dans les graves de
l’orchestre (contrebasses, violoncelles et bassons)
Index 12 : tout l’orchestre se met en marche le mouvement s’amplifie et s’accélère
Index 13 : explosion de l’orchestre en ronde infernale

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5ème mouvement, la danse d’Anitra
Ce mouvement renvoie à une inspiration
très forte des artistes du XIXe siècle :
l’Orient, avec un style de peinture que l’on
a appelé « l’orientalisme ».
Au cours de son parcours de vie, Peer Gynt
se retrouve au Maroc où il devient prophète.
C’est là qu’il rencontre la belle Anitra qui
se moquera de lui.

Émile Lecomte-Vernet, peinte


français, Dame orientale - 1864

Acte IV scène 5
Anitra :
Il vient, monté sur sa cavale
Blanche comme un fleuve de lait.
Baissez votre front dévoilé !
Son œil de flamme est doux comme une étoile ;
Mais nul mortel de put jamais
En supporter les rayons enflammés
Par le désert aride,
Il vient et tout s’épanouit,
Lorsque sa robe d’or reluit
Il tourne bride :
Le jour s’éteint, et, dans la nuit,
Le Simoun se lève, torride,
Sur le désert aride.
De la Kaaba vide
Il ne reste plus rien,
Car c’est à nous qu’il vient.

Ecoute active
Index 14 : Après une introduction scintillante, où l’on entend comme un appel des
sistres, la danse se met en mouvement : un rythme à trois temps « tempo de mazurka »,
comme l’a écrit le compositeur.
Deux thèmes s’entrelacent, avec des reprises. La musique tourne mais avec des
hésitations, des contrastes de matières entre les cordes graves et les cordes aiguës.
On danse sur la pointe des pieds avec des mouvements d’avancée et de recul.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


6ème mouvement, le retour de Peer Gynt, la tempête

Après son long


périple à travers le
monde, Peer Gynt
affronte la tempête
de retour vers la
Norvège.

Johan Christian Dahl, peintre norvégien, le matin après une nuit de tempête, 1819

Acte V
Peer Gynt : (Le bateau penche très
fort. Peer Gynt trébuche et a peine
à tenir sur ses jambes.)
Eh ! Eh ! Voilà une secousse qui
compte. La mer travaille comme si
on la payait pour ça. Rien n’est
changé dans nos parages du nord.
Toujours en butte aux mêmes
fureurs !
La vigie : Une épave sous le vent !
Le capitaine : Tribord la barre ! Theodor Severin Kittelsen, peintre norvégien, La tempête
Serrez le vent !

Ecoute active
Tout ce mouvement est un vaste tableau figuratif qui décrit les flots déchaînés

Index 15 : Ecoutez comment la musique décrit le mouvement de la mer, l’impétuosité


des flots, l’explosion des vagues. La mer qui se calme un moment pour mieux exploser
l’instant suivant.
Index 16 : Entrée de la flûte qui décrit les dégoulinades des embruns après l’explosion
de la vague
Index 17 : Coups de tonnerre et explosion d’orage

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7ème mouvement, la chanson de Solveig

Ce mouvement est
certainement le plus connu
de Peer Gynt.
Solveig a attendu toute sa
vie Peer Gynt, dans la
cabane au fond des bois,
sereine, certaine de le
retrouver un jour et de
pouvoir le bercer dans ses
bras.

Van Gogh, peintre français, La


berceuse 1889

Acte V, dernière scène


Solveig chante doucement pour Peer Gynt devenu un vieillard

Dors en paix, mon petit enfant,


Je vais te bercer doucement
L’enfant rit et joue au bras de sa mère.
Ils passent ensemble une vie entière.
L’enfant sur mon sein sourit et s’endort.
Que la vie est bonne, ô mon doux trésor !
L’enfant a penché sa tête lassée
Sur mon cœur. Ainsi la vie a passée

Ecoute active
Tout ce mouvement est à entendre comme une berceuse
Index 18 : une introduction qui nous plonge dans la sérénité
Index 19 : introduite par la harpe, la chanson de Solveig se déploie, comme un chant, la
mélodie est libre. Le compositeur a écrit sur la partition : « Tranquillamente ». Ecouter
comme l’orchestre peut donner cette impression de souplesse et de liberté alors qu’il y a
tant de musiciens qui jouent ensemble.
Index 20 : changement de caractère, la musique ne chante plus, elle décrit un paysage,
champêtre et léger, serein.
Index 21 : reprise de la chanson puis retour au paysage
Index 22 : conclusion, on dit coda en musique. Le ton est plus tragique et profond.
Les deux dernières notes reprennent en écho le début de la berceuse.

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR


Un poème pour le concert

Notre chef d’orchestre, Ariane Matiakh, aimerait que les enfants composent un
poème avant de venir au concert.

Nous proposons trois catégories de poèmes :

1ère catégorie :
Choisir un des mouvements et composer un poème sur les émotions ressenties à
son écoute
2ème catégorie :
Composer une recette de trolls
3ème catégorie :
Composer un poème sur l’un des personnages de l’histoire

Tous les poèmes peuvent être illustrés.

Nous lançons un concours !

9 poèmes seront sélectionnés, trois par catégorie, et mis en ligne sur


le site de l’orchestre, www.orchestre-montpellier.com, à la rubrique
Jeune public, galerie d’artiste.

Indiquez précisément sur chaque document :


Le nom de l’école et de l’enseignant et le niveau de la classe
Le prénom des enfants qui ont participé à la réalisation

Nous apprécions beaucoup que ces œuvres soient accompagnées d’un petit texte
de commentaires pour préciser les conditions de réalisation.

Vous pouvez également envoyer ces réalisations à l’orchestre avant le 14


décembre 2007
Service jeune public – Isabelle Humé-Ronzier
Orchestre National de Montpellier LR
Le Corum - BP 9056
Montpellier cedex 1
Tél. 04 67 57 06 86 jeune.public@orchestre-montpellier.com

Ce dossier est téléchargeable sur internet, sur le site de l’orchestre, à la rubrique


jeune public : www.orchestre-montpellier.com

Service Jeune public - Orchestre National de Montpellier LR