Droit des affaires

ENCG fés

Chapitre 1 . LES INNOVATIONS DU DROIT COMMERCIAL MAROCAIN

Introduction La constitution marocaine, dans son article 15, dispose que « le droit de propriété et la liberté d’entreprendre demeurent garantis ». La liberté commerciale est ainsi reconnue pour toute personne ayant le désir d’entreprendre. Le droit commercial est une branche du droit privé qui réglemente les activités de commerce, i.e. de production, de distribution et de services. Il englobe à la fois le commerce au sens courant du terme, c'est-à-dire les activités d'échange et de production. Il régit également l'exercice de la profession de commerçant et définit le régime juridique applicable aux actes de commerce. Il couvre non seulement les activités commerciales mais aussi les activités industrielles, les activités bancaires, les assurances, ainsi que tous les services mis à la disposition des consommateurs. C'est la raison pour laquelle on parle de plus en plus de droit économique plutôt que de droit commercial. Il a pour principaux acteurs des personnes physiques (les commerçants) mais aussi des sociétés qui sont également désignées sous le vocable d'entreprises commerciales.

I.

Domaine et définition
Le droit commercial classique se définit comme étant l’ensemble des règles juridiques aux commerçants, aux biens commerciaux et aux opérations commerciales. Deux raisons principales ont présidé à l’apparition d’un droit commercial distinct du droit civil : la rapidité et le crédit. Mais à ce droit commercial classique, se sont ajoutés peu à peu des apports tout à fait nouveaux constitués par des éléments de droit public et, notamment, de droit public économique. C’est ainsi qu’est né le droit des affaires. L’évolution du droit commercial classique vers un droit des affaires autonome, n’est pas seulement, une question de terminologie. Celui-ci est apparu pour répondre aux nécessités de la pratique. Le droit qui régit les activités industrielles et commerciales est devenu – eu égard aux multiples interventions de l’Etat dans le domaine industriel et commercial un mixte de droit privé et de droit public. le changement de terminologie fait bien apparaître que toute question relative à l’entreprise trouve sa réponse dans des principes trouvant leur source dans des disciplines multiples relevant du domaine fiscale, pénal, comptable et social.

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le droit des affaires peut être défini comme étant l’ensemble des règles régissant l’activité commerciale en général. qui était entendu traditionnellement comme le droit des commerçants et des actes de commerce.Droit des affaires ENCG fés Il ressort de ce qui précède que le droit des affaires a un domaine de plus vaste que le droit commercial. édictent les règles et fixent les conditions d’accès à la profession. se résumant aux seules règles applicables aux commerçants.L’antiquité 13. Evolution du droit commercial au Maroc Le premier Code de commerce marocain (inspiré du Code Français de 1807) remonte au 12 août 1913. II. les opérations du prêt a la grosse aventure pour financer les entreprises de commerce maritime les opérations de change de banque. Le moyen âge A partir de XI Siècle le commerce renait : Les corporations qui regroupent les membres des corps des corps de métiers. A. Plusieurs périodes peuvent être distinguées 1. Le droit romain a surtout mis en place la théorie générale des contrats et des obligations en droit civile mais il réglemente déjà :    la technique de la représentation (actuellement : le mandat commercial). Pour reprendre la formule du CHAMPAUD nous dirons que » le droit des affaires opère la synthèse des approches publicistes et privatistes du droit ». chaque auteur est donc réduit à un parti pris. Un droit des foires se crée dans les villes ou se réunissent à des dates fixes les marchands des différents régions :  Utilisation de la lettre de change. ce qui évite le transport de monnaie 2 . Les phéniciens et les athéniens ont connu des usages spécifiques pour les besoins du commerce maritime. Au-delà des divergences. à un choix de conception. Il a été remplacé en 1996 par un nouveau Code (Loi N° 15-95 promulguée par le dahir du 1er Août 1996) [Bulletin Officiel du Royaume du Maroc n° 4418 du Jeudi 3 Octobre 1996] Ce nouveau Code a rassemblé la plupart des lois éparpillées intéressant le commerce.Et qu’il va plus loin « parce qu’il fond en un seul alliage les techniques de gestion qui concourent à la solution des problèmes d’organisation de la vie des affaires tels qu’ils se présentent quotidiennement à l’entreprise et dans l’entreprise » Face à l’absence d’une définition formalisée du droit des affaires. Le droit des affaires englobe aussi des questions qui relèvent du droit public. Dans le code d’Hammourabi (Empire de Babylone 1750 avant J. 2. du droit fiscal et du droit du travail. L’originalité du droit des affaires est essentiellement le résultat d’une évolution historique . Partant de cette définition le droit commercial peut apparaître comme un sous ensemble du droit des affaires.C) on trouve mention du prêt à l’intérêt et des opérations de commission. qu’elle soit exercée par des commerçants ou l’autre professionnel.

La loi n 17-95 du 30 août 1996 relative à la société anonyme. le concept lui-même de l’entreprise était passé sous-silence. Ce texte a eu l’avantage d’abroger une kyrielle de textes disparates et remontant au début du siècle. Ce droit se propose de refléter objectivement la consistance réelle du patrimoine de l’entreprise alors qu’auparavant. Il a été vite dépassé par les transformations de la vie commerciale et industrielle. le code de commerce a été promulgué en 1807 sous Napoléon 1er.Droit des affaires    ENCG fés Pour trancher les contestations. . dans une optique libérale. constituent un véritable mercatum (droit des marchands) à caractère international. deux principes sont posés :  La liberté du commerce et de l’industrie ( décret du 17 mars 1781)  L’interdiction des corporations permettant le libre accès aux professions commerciales ( loi Le Chapelier du 14 juin 1781) 4. Plusieurs autres lois sont venues enrichir le droit des affaires marocain. le premier code de commerce a été promulgué le 12 août en même temps que le code des obligations et contrats. en particulier le dahir du 11 août 1922 sur les sociétés par actions qui renvoyait à la vieille loi française de 1867 sur plusieurs questions. Cette démarche a été consolidée par l’adoption d’autres lois et notamment : la loi n 15-95 du 1er août 1996 relative au code de commerce.   Louis 14. la codification En France. Il en est ainsi de la loi n 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants promulguée par un dahir n 1-92-135 du Décembre 1992. A la révolution. le dahir des obligations et contrats ayant opté pour l’unité du patrimoine d’affectation. bien que non écrits. des tribunaux de foires sont institués La faillite est appliquée au commerçant qui ne peut pas faire face à ses engagements La vie des affaires est dominée par des usages qui. de la loi n 12-88 promulguée par le dahir n 1-92-133 réglementant la profession d’expert comptable. sous l’influence de Colbert adopte deux ordonnances relatives au commerce de terre et à la marine successivement en 1673 et 1681.La loi n 5-96 du 13 février 1997 relative aux sociétés commercial. Progressivement le Maroc s’est doté des lois spécifiques aux affaires et au commerce. 3 . Ce droit comptable marocain est donc né avec l’adoption de la loi comptable qui a abrogé les articles 13 et suivants du code de commerce de 1913. La loi n 1-93-211 du 21 septembre 1993 relative à la bourse des valeurs. les regroupements d’intérêt économique( loi n 1-99-12 du 5/2/1999). un Edit de Charles 9 établit les juridictions consulaires . 3. la liberté des prix et de commerce ( loi du 5/6/2000). Du 17éme siècle au Code de Commerce En 1563. Elles ont trait à des domaines très diversifiés tels que l’institution d’un Office de la propriété industrielle et commerciale( loi n 13-99 du février 2000).La loi n 453-95 du 12 février 1997 instituant les tribunaux de commerce. Au Maroc. . et de nombreux textes importants ont été promulgués par la suite jusqu’à nos jours.

Le système de la faillite Le système de la faillite concerne les entreprises qui sont en cessation de paiement c’est-à-dire les entreprises dont le passif est supérieur à l’actif. de droit public et de droit économique. L’incapacité commerciale de la femme mariée Le droit commercial disposait dans son article 6 que la femme mariée ne peut pas exercer le commerce que sur autorisation de son mari. C’est le principe de la responsabilité indéfinie. La banque Mondiale a effectué une étude sur le Maroc et a présenté un rapport sur tous les plans (éducation.paiement des créanciers). qui ont été applique pendant 83 ans.fermeture de l’entreprise. mais aussi les biens du chef d’entreprise peuvent être saisis et vendus si la vente des biens de l’entreprise ne couvrent pas les dettes. Il a eu comme conséquence la création des tribunaux de commerce. les tribunaux 4 . En effet la sécurité juridique qui est un facteur de développement. cessation. lorsque l’entreprise est en faillite. économique…) Par exemple le rapport a relevé que 60% des marocains sont analphabètes. Beaucoup d’entreprise ont souffert à cause de cette disposition. Dispositions du code du droit commercial de 1913. Ce rapport a été d’une grande importance pour le Maroc. Le commerçant avait une responsabilité illimitée. Ceci est du aux recommandations faites par la Banque Mondiale. les femmes souffrent le martyr de leur maris. Cette disposition a beaucoup ruiné le développement économique du pays. 2. Ce rapport recommandait le changement le cadre juridique pour que le Maroc puisses s’ouvrir à la mondialisation.e. l’avènement du phénomène de la mondialisation exigeait une révision du cadre juridique afin de pouvoir attirer les investisseurs étrangers. III.faillite. Toutes ces dispositions. La procédure était la suivant : la cessation de paiement entraine la faillite impliquant la fermeture immédiate de l’entreprise puis la saisie des biens et vente aux enchères pour payer les créanciers. 1. elle non seulement subit la procédure du système de faillite citée précédemment (i. ont eu des conséquences néfaste sur le développement économique du Maroc et sur la vie des marocains. Cette disposition limite ainsi l’entreprise des femmes. Elle a été aussi un obstacle à entreprenariat à cause de la peur d’entreprendre. le droit commercial a connu de remarquables innovations surtout par rapport à ces trois dispositions. Mais à partir de 1996. En effet au début des années 90. n’existait pas au Maroc.Droit des affaires ENCG fés Il ressort de ce qui précède que le droit des affaires est un droit pluridisciplinaire composé à la fois de règles de droit privé.saisie des biens et vente aux enchères public. Ce principe signifie que. sociale. La responsabilité illimitée du commerçant. L’internationalisation de l’économie a entraîné l’internationalisation des affaires et la conclusion par les Etats d’accords bilatéraux ou multilatéraux qui montrent que le droit des faires et devenu un droit essentiellement international . 3. des tribunaux de famille.

Le cadre juridique a connu aussi des changements.) Article 545 : « L'entreprise est tenue de procéder par elle-même à travers la prévention interne des difficultés. IV. Les procédures de prévention et de traitement des difficultés de l’entreprise. Le traitement de l'entreprise intervient à travers le redressement judiciaire par la mise en place d'un plan de la continuation ou d'un plan de cession. Tout un livre (livre V) du code du droit commercial 1996 est conservé aux difficultés de l’entreprise. et de 547 à 559)  Des procédures de traitement : (voir articles 560 à 575. Conclusion Les grandes innovations qu’a connu le droit commercial au Maroc ont encouragé l’investissement et protègent le commerçant. au redressement permettant la continuité de l'exploitation. 1. la cours des comptes et le projet de la création d’un tribunal de travail. Capacité commerciale de la femme mariée Le nouveau code du droit des affaires dispose dans son article 17 : « la femme mariée peut exercer le commerce sans autorisation de son mari.546 . A défaut. Responsabilité limité du chef d’entreprise Le nouveau code a instauré la SARL à associé unique limitant ainsi la responsabilité du commerçant. » 2. les effets de commerce . » 3. toute convention contraire est réputée nulle. les difficultés de l’entreprise.Droit des affaires ENCG fés administratifs.      Les nouvelles dispositions du nouveau code du droit commercial : 1996 Le nouveau Code de Commerce est réparti en 5 thèmes principaux : le commerçant . les contrats commerciaux . Il dispose deux procédures concernant les difficultés des entreprises :  Des procédures de préventions (interne et externe) : (voir articles 545. le fonds de commerce . le président du tribunal intervient à travers la prévention externe. En cas de difficultés seuls les biens de l’entreprise seront saisi et vendu pour payer les créanciers même si cela ne couvrent pas la totalité des dettes aucun bien du chef ne sera touché. 5 .

6 .Droit des affaires ENCG fés Résumé des grandes innovations du droit commercial du Maroc :  La femme mariée peut exercer le commerce sans autorisation de son mari  Le système de la faillite est remplacé par les procédures de prévention et de traitement des difficultés de l’entreprise.  La responsabilité indéfinie du commerçant est remplacée par la responsabilité définie.

se sont substituées des formes modernes. VII.Droit des affaires ENCG fés Chapitre 2 LES SPECIFICITES DU DROIT COMMERCIAL V. des propriétés collectives se substituent aux propriétés individuelles. Au commerce des marchands des siècles passés. Plusieurs règles peuvent illustrer ce propos : En droit des affaires la preuve est libre (Art. Il en est ainsi avec le développement du bail commercial ou le crédit bail portant sur les biens d’équipement ou les immeubles. La rapidité Le droit des affaires a tendance à supprimer un certain nombre de formalités qui auraient eu pour conséquence de retarder la conclusion ou l’exécution des opérations commerciales.O.  Enfin. caractérisées par un changement de dimension et de conception.com). le droit des affaires et les nécessités de l’entreprise. Certaines sont venues pour répondre au besoin de rapidité. Le particularisme du droit des affaires s’explique d’une part parce que celui-ci cherche à répondre aux nécessités de l’entrepris (A) et d’autre part parce qu’il cherche à répondre aux besoins des commerçants (B). le droit des affaires et les besoins de l’entreprise Pour faire face aux besoins de l’entreprise le droit des affaires a développé un certain nombre de règles totalement différentes de celles édictées en droit civil. Le droit des affaires devenu le droit de l’entreprise commerciale est une réponse à ce besoin .443 du D. Le développement de la grande industrie et du grand commerce et le développement de la force et de la puissance de la personnalité morale ont marqué la transformation du droit commercial dont le dé passement était inévitable .334du c.  Pour faire face à ces différentes mutations il faut avoir recours à une pratique d’interdisciplinarité capable de permettre à l’entreprise d’avoir des éléments de prévision et de gestion.Tel n’est pas le cas en matières civile qui exige la production d’un écrit ou d’un commencement de preuve par écrit pour des raisons de preuve (Art. Le droit des affaires s’est constitué pour répondre à certains besoins et certaines idées économiques et sociales en cours depuis la fin de la seconde guerre mondiale. 1. la notion nouvelle d’entreprise fait prévaloir les intérêts individuels. la dépersonnalisation des rapports juridiques et des concentrations économiques.C) 7 .  D’autre part. la dépersonnalisation des objets économiques. d’autres pour répondre au besoin de crédit. la production économique ne postule pas nécessairement la propriété des biens de production. or :  D’une part. VI. En effet.  Ce constat est la conséquence d’un certain nombre de facteurs notamment la dématérialisation des objets économiques. le droit commercial classique avait été construit à partir des notions civilistes de propriété et patrimoine.

59 du c. Exemple : le commerçant non-inscrit au registre du commerce ne peut se prévaloir de la qualité de commerçant mais reste néanmoins tenu des obligations contractées par lui en cette qualité (Art. De même lorsqu’une société est annulée après avoir fonctionné un certain temps donc crée une apparence en concluant des contrats avec les tiers cette annulation ne rétroagit pas afin de protéger les associés et surtout les tiers qui ont contracté avec cette société. 2.D’autre part en matière commerciale la solidarité est toujours présumée entre les débiteurs commerçants. 8 . Enfin s’il est constaté que le débiteur commerçant se trouve en cessation de paiements la procédure prend alors la forme d’un redressement ou liquidation judiciaire. Le développement et l’organisation de la publicité de certains actes juridique a pur objectifs d’assure non seulement la sécurité juridique mais l’égalité des parties .d’une part le débiteur commerçant ne peut bénéficier de délai de garce pour l’acquittement de sa dette .Droit des affaires ENCG fés Alors qu’en droit civile le délai de la prescription extinctive des obligations est de 15 ans en droit commercial en principe le délai de prescription est de 5ans lorsque les obligations sont nées entre les commerçants Toutefois le besoin de rapidité en matière commerciale n’empêche pas le développement d’un formaliste nouveau en droit des affaires ayant pour objet de faciliter les relations commerciales et de permettre aux parties de contacter en toute sécurité.C’est ainsi que le défaut de publicité est sanctionné avec vigueur toute particulière.com) Enfin l’apparence joue un rôle important en droit des affaires . Cette procédure d’exécution collective sur tous les biens du débiteur pour but de réaliser l’égalité entre tous les créanciers. Le crédit Le droit des affaires assure et garantit crédit en accordant aux commerçants un certain nombre de garanties particulières : La protection des créanciers contre les défaillances des débiteurs .C ‘est ainsi que dans les rapports avec les tiers les organes des sociétés engagent celle-ci indépendamment des pouvoirs réels qu’ils détiennent.

Les présomptions : Ce sont des indices qui permettent de déceler un fait qu’ils soient :   Absolues : qu’on ne peut jamais combattre avec une preuve contraire. ENCG fés Au niveau des techniques : La liberté des preuves L'aveu La preuve littérale Les présomptions Le serment L'expertise L'échange des données informatiques EDI La preuve est un indice juridique qui permet de découvrir une vérité. d. Authentique : acte rédigé devant le notaire (acte notarié) ou devant l’adoul (acte adulaire). Les sept modes de Preuves : a. Il doit être consentit par tous les membres concernés pour plus de sécurité.La preuve par expertise : Par un procès verbal ou par un rapport d’expert. la Flagrant Délit…) Simple : qu’on peut renverser par la preuve contraire. (Empreintes digitales.La preuve littérale ou par écrit qui peur être soit :   Sous seing privé : écrit qui reste de même nature quoique légalisé. 1. Les deux actes ont la même force légale. ADN.L’aveu : est la preuve par excellence.Le serment : Prêter serment consiste à lever la main droite et à dire je jure de dire la vérité rien que la vérité. le juge n’est pas obligé de considérer les 9 . Il existe sept modes de preuves.La preuve testimoniale ou par témoin : le témoignage est primordial juridiquement. fait avec une volonté saine b. Avant 2004 ? le PV n’avait pas de force probante . f. (Un alibi…) e.Droit des affaires VIII. c.

Tout échange de données informatique fait foi . 3. Recours au crédit : En matière civile. La stipulation d’intérêts entre musulmans est nulle et rend le contrat nul en matière civile. la solidarité des débiteurs est présumée. Exemple : après 15 ans on n’a plus le droit de demander le remboursement entre civils. 2. le rapport d’expert fait foi. IX. il faut adresser une mise en demeure avant d’ester en justice. A partir de 2004. Au niveau des solutions : La solidarité des débiteurs : En matière civile. mais est légale en matière commerciale. c’est-à-dire qu’ils ne produisent d’effet qu’à l’égard des parties contractantes à l’exception du concierge qui peut être remplacé. les contrats ont un effet relatif. 2. 10 .Droit des affaires ENCG fés dires des experts. La prescription écourtée En matière commerciale : la prescription dure 5 ans En matière pénale : la prescription dure 20 ans En matière civile : la prescription dure 15 ans Son but est de garantir la fluidité des fonds de l’entreprise. Alors que dans les relations commerciales il n’y a pas lieu de mise en demeure car elles sont basées sur la confiance. e-mails… En matière commerciale les commerçants peuvent avoir recours à ces sept moyens de preuves alors qu’en matière civile la preuve ne peut être faite que par le mode exigé par la loi. En matière commerciale. Le défaut de mise en demeure Dans toutes les dettes civiles. Pour faire face aux besoins de l’entreprise le droit des affaires a développé un certain nombre de règles totalement différentes de celles édictées en droit civil. exemple : messages. les intérêts sont interdits alors qu’en matière commerciale les intérêts sont reconnus et même réglementés. 1. Chaque rapport doit essentiellement comporter trois paries :    la source du dommage nature du dommage évaluation du dommage g.L’ EDI : Après 2008. c’est obligatoire.

Les avantages de l’arbitrage  L’arbitrage demeure rapide :délai maximal pour rendre la sentence est de 90 jours 11 . Ces dernières sont des véritables tribunaux privés.les types d’arbitrage :  Arbitrage Ad hoc : Lors d’un litige entre un acheteur A et un vendeur V. Les deux arbitres désignent à leur tour un super arbitre qui va rendre la sentence. nous acheteur et vendeur avoir convenu un arbitrage (adhoc ou institutionnel) pour résoudre notre litige.  Le compromis d’arbitrage : Contrat rédigé après la naissance du litige. o La différence entre ces deux types : Dans l’arbitrage Ad hoc. d. celui-ci le transmet au président qui nomme lui-même les trois arbitres. annexé au contrat principal (l’avenant) : Nous soussignons. le dossier est déposé auprès du greffier.  Un professeur de droit peut devenir un arbitre s’il enseigne une matière commerciale pendant plus de 15 ans.Droit des affaires 3.Le statut de l’arbitre :  L’arbitre est un professionnel : Toute personne ayant exercé la même activité commerciale pour une longue durée allant de 15 à 25ans. qui ont pour rôle de défendre les intérêts des commerçants et sont composés d’un président. En d’autres termes en matière civile et pénale. d’un secrétariat greffe et des arbitres. b. alors que dans l’arbitrage institutionnel. l’arbitrage est interdit. L’arbitrage est une justice privée chargée de régler un conflit entre deux commerçants.Comment recourir à l’arbitrage ?  Le procédé de la clause compromissoire : Tout litige naissant de l’exécution du présent contrat sera soumis à un arbitrage adhoc composé de A représentant B et D représentant C et E désigné par A et D. Le recours à l’arbitrage : ENCG fés En matière civile nul ne peut se faire justice à soi même. Cette clause est insérée dans le contrat au moment de sa signature. Exceptionnellement. ou institutionnel qui va désigner le nom de la chambre de commerce.  Arbitrage institutionnelle : Il est fait devant des chambres de commerce. les commerçants peuvent se faire justice à eux-mêmes en faisant recours à l’arbitrage. les commerçants choisissent eux-mêmes les arbitres . tous deux choisissent eux-mêmes un arbitre chacun. c. a.

la constitution marocaine de 1996 dans son article 4 a érigé le principe de la non-rétroactivé des lois en règle constitutionnelle. il n’existe pas de chambre d’appel d’arbitrage. le mode de désignation des organes essentiels de l’Etat ainsi b. il y a notamment un défaut de représentativité des pays africains et arabes. quelques dispositions consacrées à des contrats purement commerciaux.Les inconvénients de l’arbitrage : Les chambres de commerce internationales ne font pas appel aux arbitres de tous les pays . Il s’agit notamment de la loi (a). Si l’une des parties concernées décide de faire appel. la jurisprudence (c) et la doctrine (d). Il doit en résulter une certaine sécurité dans le domaine des affaires et de l’entreprise. Les juges d’appel considèreront la sentence arbitrale comme un jugement de première instance Chapitre 3 LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL Nous distinguerons les sources internes (A) des sources internationales (B) : I. Par ailleurs. Dans le code actuel subsistant par conséquent les dispositions définissant le commerçant et les actes de commerce. Elle comprend notamment : que leurs rôles respectifs et détermine les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés qui transcendent le principe de la liberté du commerce. a. f. s’accompagnant d’une numérotation de l’ensemble des dispositions. Les sources internes Les sources internes du droit des affaires ne cessent de se diversifier. les règles relatives aux 12 .Droit des affaires ENCG fés  L’arbitrage demeure secret :le nom des parties n’est pas cité par les arbitres mais uniquement leurs qualités  La possibilité de trancher le litige en amiable compositeur : o Soit par référence aux règles de droit soit par référence aux règles d’équité. e. elle s’adresse à la cour d’appel étatique . o L’équité : signifie le fait de trancher un litige au delà des règles de droit.constitution : elle fixe d’une part.Quel est le sort de la sentence arbitrale ? Jusqu’à nos jours. et à la différence de la plupart des législations étrangères. les usages commerciaux(b). La loi La loi est la principale source du droit des affaires . cette nouvelle refonte du code de commerce s’est opérée à notre sens à droit constant. 1.Le code de commerce : il s’agit notamment du dahir du 1er août 1996 qui a abrogé celui du 12 août 1912. elle doit être entendu ici au sens très large parce que le droit des affaires se caractérise par une diversité de sources. Il s’agit donc d’une simple présentation ordonnée des textes.

C).  Ils ne peuvent pas déroger à une loi impérative b) Les usages de droit Les usages de droit sont de véritables lois. Il en résulte un certain nombre de conséquences : L’existence d’un usage de fait doit être établi par celui qui l’invoque (article 476 du DOC) Les usages doivent être acceptés expressément ou tacitement par les parties . ou une bourse.l’acceptation tacite résulte notamment de l’appartenance des parties a la profession concernée par les usagers. ils se développent Généralement dans des domaines ou la loi écrite n’a pas pu s’exprimer avec sa généralité et son abstraction. ou celui du 5 février 1999 relatif aux groupements d’intérêt économique.ils ont un caractère impératif. a) les usages de fait on appelle usage de fait toute pratique dont l’utilisation constante en fait une règle non écrite. C’est le cas notamment du dahir 24 mai 1955 sur les baux commerciaux. 1. On peut citer à ce titre le dahir du 30 août 1996 relatif à la société anonyme. Sauf exceptions. c. 13   . La théorie générale des contrats et obligations est consignée dans les articles du code civil. on peut citer le dahir du 5 juin 2000 sur la concurrence et la liberté des prix. et celles consacrées aux entreprises en difficulté qui constituent. La caractéristique essentielle des usages de fait réside en ce que ces usages sont nés généralement des accords de volonté et par conséquent leur force exécutoire est celle des conventions. Mais de tels usages peuvent déroger à une règle impérative de droit civil dont les dispositions ne s’appliquent qu’a défaut des règles propres au droit commercial.Dispositions non intégrées dans le code de commerce Nombre de textes intéressant la vie des affaires restent encore en dehors du code de commerce. le dahir formant code des obligations et contrats ( D. Les plus importants de ces usages ont été consacrés par la jurisprudence. la nouvelle recodification a pour avantage d’avoir rendu plus lisible et plus complet notre droit commercial. ou encore le dahir du 12 février 1997 relatif aux tribunaux de commerce.  Ils peuvent être écartées par une volonté contraire des parties . Le plus souvent ils vont concerner une région. A titre d’exemple. D’autres textes essentiels sont directement inspirés de la politique économique du gouvernement en place.les usages commerciaux Les usages sont des pratiques qu’un emploi constant transforme en une règle de droit. Malgré cela. le dahir du 13 février 1997 relatif aux sociétés commerciales. Ils ont ainsi un domaine d’application plus limité. ils ne peuvent toutefois s’opposer a une loi impérative de droit commercial. à nos yeux la plus grande innovation en instaurant le régime de la prévention des difficultés occultée par l’ancien code.Droit des affaires ENCG fés effets de commerce. une place.O. Les années 90 ont vu se multiplier des lois techniques. et de ce fait ils ont un domaine et une portée plus générale. On distingue généralement les usages de fait et les usages de droit. Les usages de droit font partie intégrante du droit commercial.

la complète et parvient même à la faire évoluer au gré des besoins. La doctrine commerciale est généralement l’œuvre d’universitaires ou de praticiens. Les traités internationaux 32. et qui a favorisé l’émergence de matières nouvelles tels que le droit bancaire. la convention de Haye du 25 juillet 1955 relative au conflit de lois en matière de vente internationale d’objets mobiliers dispose que la loi applicable a toute vente entre ressortissants des Etats signataires de cette convention est la loi du lieu du domicile du vendeur . d) La doctrine 30. des conventions douanières. Les traités qui définissent entièrement le régime juridique d’une opération donnée dans les relations internationales.F du 9 mai 1980). les sources internationales 31. Ils ont une portée très variable mais leur régime juridique est le même.Droit des affaires c) La jurisprudence ENCG fés 29. les traités internationaux sont des accords conclus entre l’Etat marocain et un ou plusieurs autres Etats. 1. Entre les différentes lois possibles ils en choisissent une. la jurisprudence représente l’ensemble des décisions de justice. le droit de la concurrence ou le droit de la distribution. En droit des affaires l’apport de la doctrine est évident. analyser.I.la tendance du commerce vers la mondialisation a poussé les commerçants et les Etats a rechercher les mécanismes permettant de limiter les contraintes résultant de doits nationaux ?Plusieurs voies sont utilisées pour faciliter le commerce juridique et sont autant de sources pour le droit des affaires. l’apport doctrinal peut être plus ou moins important. Son rôle est le même en droit des affaires qu’en droit civil : elle interprète la loi. Il s’agit des traités (a) et des usages internationaux (b). écrivent le droit. (les diverses conventions de Bruxelles et les règles de Hambourg. et peut aller jusqu’z influencer le législateur ou le juge.T. C’est elle qui a énoncé les principes dominant la discipline . Selon la finalité de l’auteur et du support. qui a élaboré les théories importantes . des accords de change ou des conventions fiscales pour éviter les doubles impositions. Le Maroc est engagé par exemple avec de nombreux pays dans des traités de commerce. Par exemple .O. Son rôle consiste à critiquer. b) Les traités multilatéraux 34. 31 mars 1978). C’est le cas des conventions qui fixent les règles applicables aux transports internationaux tant par chemin de fer (convention dite C. CAPITANT définit la doctrine comme étant : l’opinion communément professé par ceux qui enseignent le droit ou même ceux qui. proposer. Cette uniformisation comporte trois degrés :  Les traités qui imposent la loi à appliquer dans un cas donné . sans enseigner. Ces traités ont pour but de soumettre à un régime juridique identique certains aspects des affaires. a) Les traités bilatéraux Ces traités règlent un problème particulier entre deux Etats. que par mer . II. par air (convention de Varsovie du 12 octobre 14 . on les appelle traités réglant des conflits de lois.

sucre). cacao.C est une organisation à part entière. L’OMC est devenue ainsi le juge de l’équilibre des rapports de force mondiaux. tant dans ses applications nationales qu’internationales. Cela les conduit à édicter des règles de droit qui ne peuvent laisser indifférent le juriste des affaires. Cette technique a été retenue pour les moyens des paiements (Convention de Genève du 7 juin 1930 et 13 mars 1931) pour la responsabilité du fait des produits .C est amené à jouer un rôle croissant dans le commerce mondial puisque les principes qu’il énonce ont vocation à s’appliquer à tous les pays. on peut citer l’accord relatif au système de préférences généralisées (SPG) . Cette convention a crée l’Organisation Mondiale du Commerce (O.T. Ces traités ont pour but de faciliter les relations économiques entre Etats. Une révision 15 Avril 1994. C’est le cas également de la convention de Vienne de 1980 relative a la vente internationale .Droit des affaires ENCG fés 1929) ou par route (convention de Genève du 19 mai 1956 dite C.T.M. Créée en 1964.R).M. des réductions très importantes de droits de douane. et d’une direction générale. Pour les droits de propriété industrielle. Le but du G.T qui ne fut qu’un simple traité international sans aucune assise structurelle. c) Les traités d’organisation de la vie économique. L’O. d’un secrétariat. Contrairement au G.M.T) Négocié en 1947 et signé par 24 pays. Cette organisation dispose d’un organe de règlement des différends (ORD) chargé d’administrer les procédures de concertation.A. L’accord général sur les tarifs et le commerce (General Agreement on Tarifs and Trade : G.T. l’O.T est de réduire ou de supprimer les droits de douane et les contingents dans le domaine des échanges de marchandises. La conférence des Nations Unis pour le commerce et le développement(CNUCED). café. Signés en date du 22 juillet 1944 ont abouti a la création du Fonds Monétaire international et la banque internationale pour la reconstruction et le développement BIRD. Parmi les réalisations concrètes de la CNUCED. et d’assurer le caractère non discriminatoire des restrictions qui subsistent. Certains d’entre eux revêtent une très grande importance : Les accords de Breton Wood dans le new Hampshire aux Etats-Unis.). de conciliation et de médiation. d’autre part de favoriser les transferts de capitaux vers les pays en développement. L’objectif majeur du FMI et de favoriser la libéralisation des échanges et les paiements internationaux en vue de l’accroissement du commerce du commerce mondial . par lequel les pays industrialisés se sont engagés de façon autonome à consentir aux pays en développement sur une série de produits (blé. fort préjudiciables aux pays en développement.M.C. et la mise en place d’un fonds commun destiné à financer les stocks de matières premières en vue de limiter les variations trop brutales des cours.A. de bons offices. ce traité est entré en vigueur le 1er janvier 1948.  Les traités qui soumettent a un même régime une opération juridique donnée. Il s’agit d’un véritable tribunal capable d’infliger des sanctions aux Etats. cette organisation internationale s’efforce d’une part de stabiliser les prix des matières premières et les produits des exportations. 15 . dotée d’une personnalité juridique.A.

On parle d’une lex mercatoria c'est-à-dire l’ensemble des règles appliquées par les commerçants sur le plan international. Ces règles viennent compléter l’ordre juridique étatique. Des organismes internationaux œuvrent activement à la recherche de solutions communes en matière de commerce international.Droit des affaires ENCG fés 2. et s’expriment par quelques principes fondamentaux. les règles uniformes applicables aux garanties à première demande. permettant ainsi l’usage d’un vocabulaire unique. Les usages internationaux L’activité commerciale a donné naissance à un ordre juridique professionnel. Les usages internationaux prennent souvent la forme de codification privée ou de contrat-type tels que ceux de la London Commercial Trade Association. Il faut citer la chambre de Commerce Internationale. Elles s’inspirent des exigences spécifiques du commerce international. tels que ceux de la bonne foi ou du respect de la force obligatoire des conventions. Cet organisme a pour mission de préparer des projets de lois ou de conventions visant à établir un droit uniforme et à faciliter les rapports internationaux en matière de droit privé. On ne peut passer sous silence le travail d’Unidroit (Institut pour l’unification du droit privé) qui est une organisation intergouvernementale. Elle ale mérite d’avoir élaboré d=les règles et usages du crédit documentaire. relatifs aux ventes maritimes de céréales. ou ceux du droit maritime sous le nom des règles d’York et d’Anvers qui traitent des avaries communes. 16 . Elle a aussi établi le lexique des Incoterms (International Commercial Terms).

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