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DECOUVRIR

J.M. KEYNES

SOUS EMPLOI ET DEMANDE


DECOUVRIR

J.M. Keynes est un économiste anglais de formation néoclassique qui s’oppose pourtant à son
courant d’origine en fondant la macroéconomie sur la base d’une vision systémique de l’économie. La
pensée keynésienne réfute l’idée que le marché peut s’autoréguler tout seul sans l’intervention de
l’État. Par les temps présents, la théorie keynésienne revient en force.

Il s’agit ici de découvrir cet auteur à travers l’étude de la demande et du sous emploi.

L’étude repose sur l’application d’un schéma de réflexion dont le but est de construire des réponses
et des analyses structurées. Il convient d’en prendre préalablement connaissance. Elle se termine par
une application accompagnée d’un corrigé.

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LE SCHEMA DE REFLEXION (SR)
Trop d’étudiants fournissent des réponses désordonnées aux questions qu’ils ont à traiter ou à
répondre que ce soit sous forme écrite ou orale. Souvent même est privilégié de façon démesurée un
exemple isolé dont on veut faire une généralité ou une réponse complète. A l’évidence, il convient de
monter en puissance d’analyse tout en répondant de façon structurée et globale.

1_ Rôle du SR.

Structurer des réponses orales ou écrites prenant appui ou non sur des documents assortis ou
non de questions.

2_ Étapes

Il s’agit du processus séquentiel suivant :

( O )( C )( E )( I )( CC )

( O ) : J’Observe un phénomène à étudier.

( C ) : Je Constate = J’effectue un ou plusieurs constats noté(s) selon le cas ( C ) ou ( C1 ), ( C2)…


qui mettent en relief une ou plusieurs idées principales qui peuvent éventuellement s’appuyer sur des
questions accompagnant des documents. Pour formuler le(s) constat(s), utiliser des propositions
contenant un sujet et un verbe.

( E ) : J’Explique le(s) constat(s) effectué(s) en procédant pour chacun des constats dans l’ordre ci
après : je définis rigoureusement les termes utilisés, j’explique dans un langage adéquat, je critique ou
nuance mes propos, j’apporte des éléments théoriques. L’explication prend généralement ancrage
dans les champs : économique, social, politique, historique, juridique, etc.

( I ) : J’ Illustre les explications en apportant des éléments pertinents personnels ou issus des
documents. Si besoin est, je présente des données chiffrées pertinentes et des calculs adéquats
(Pourcentages de variation, coefficients multiplicateurs, calculs de TCAM, indices élémentaires ou
globaux).

( CC ) : Je ConClus : de façon globale, claire et précise, nette.

3_ Observations importantes :

*) Le SR peut s’appliquer à une réflexion sur un sujet nu (sans documents) ou à un sujet prenant
appui sur des documents assortis ou non de questions ou encore à un ou plusieurs documents
assortis ou non de questions. Si du phénomène et/ou des documents à étudier il ressort plusieurs
idées dominantes (appelées « constats » dans le SR), on pourra procéder comme suit :

( O ) Phénomène à étudier
( C ) C1 : idée force N°1
C2 : idée force N° 2
C3 etc.
( E ) E1 expliquant C1 : définir, expliquer, critiquer/nuancer, théoriser
E2 expliquant C2 : idem
E3 etc.
( I ) I1 illustrant E1
I2 illustrant E2
I3 etc.
( CC )

*) Lorsqu’on est en présence de questions, le SR doit toujours les inclure et les injecter dans l’un
ou l’autre des éléments qui le composent.

*) Dans un SR, l’explication doit rester centrale alors que l’illustration n’est là que pour la renforcer.
Une réponse idéale comportera environ dix à quinze lignes dont les ¾ seront réservés à l’explication.

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J.M. KEYNES

SOUS EMPLOI ET DEMANDE

Etude

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1-Présenter l’auteur

L’homme : J.M. Keynes (1883-1946), économiste anglais contemporain de Schumpeter de formation


néoclassique, s’oppose à l’analyse néoclassique développée par les néoclassiques en fondant la
macroéconomie sur la base d’une vision systémique de l’économie. Il attache une importance
particulière à la formation des anticipations puis à l’équilibre du marché. La pensée keynésienne qui
réfute l’idée que le marché peut s’autoréguler tout seul sans l’intervention de l’État, fut très nettement
d’actualité durant la période des trente glorieuses et revient en force aujourd’hui.

Bibliographie: Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).

Expressions clés : demande effective, anticipations, chômage involontaire ou de sous emploi.

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2- Exposer l’analyse de l’auteur

( O ) Théorie keynésienne.
( C ) C1. Keynes rejette la pensée néoclassique (q1).
C2. Keynes met à jour la demande effective qui est un élément central dans son œuvre.
C3. Keynes préconise une intervention de l’État dans l’économie.
( E ) E1. La pensée néoclassique (que Keynes appelle « théorie classique ») considère que
l’économie est composée de plusieurs marchés : biens et services, travail et capital sur lesquels
se confrontent une demande et une offre globale agrégées.

Sur le marché des biens et services, toute la production produite est achetée et génère un
équilibre simultané sur tous les marchés. Sur le marché du travail, le niveau de l'emploi dépend
du salaire réel et il s’y confronte une offre et une demande de travail. L'offre de travail est une
fonction croissante du salaire réel, dont la hausse augmente l'utilité du travail par rapport à celle
du loisir. La demande de travail est une fonction décroissante du salaire réel, car la baisse de
celui-ci, en diminuant le coût marginal du travail par rapport à sa productivité marginale, incite à
l'embauche. Le salaire d'équilibre est celui qui égalise offre et demande de travail, et le
chômage, qui s'explique par un salaire réel supérieur au salaire d'équilibre, est volontaire,
car certains actifs refusent de travailler au salaire d'équilibre.

Pour les néoclassiques, une baisse des salaires réels incite certains salariés à se retirer du
marché du travail devant la baisse de leur pouvoir d'achat et la plus grande « désutilité » de
leur travail, ce qui fait baisser l'offre de travail et réduit le chômage.

Keynes considère que les salariés, qui se déterminent selon le salaire nominal et non le salaire
réel (« illusion monétaire »), ne peuvent refuser de travailler si les salaires baissent, car ils n'ont
pas vraiment le choix. En outre, une baisse du salaire réel, loin de faire augmenter l'emploi comme
le pensent les néoclassiques, a l'effet inverse, car elle entraîne une baisse de la demande de
consommation et d’investissement (demande effective), qui est le déterminant principal de
l'emploi.
Le niveau de l’emploi résulte chez Keynes de mécanismes macroéconomiques ; il n’est pas fixé
sur le marché du travail, mais découle du niveau global de production sur le marché des biens et
des services qui peut être insuffisant quoiqu’en équilibre.
Enfin, on peut avoir en même temps équilibre sur le marché des biens et services et chômage si la
demande ne suffit pas à embaucher tous les actifs: c'est l'équilibre de sous-emploi appelé
chômage involontaire. A noter : le chômage peut avoir d’autres causes : démographiques
notamment par une variation relative plus importante de la population active que celle de l’emploi
(liée également à un possible « effet de flexion » lié au comportement des actifs aux extrémités
des âges de la population active).

E2. Keynes met à jour la demande effective, centrale dans son œuvre en ce sens que les chefs
d’entreprises font des anticipations de la demande de consommation (intermédiaire et finale) et
d’investissement émanant des ménages (Dc), des entreprises (De), des administrations (Da) et
en économie ouverte du reste du monde (Drdm).
La demande effective est donc une demande anticipée (d’où l’importance capitale de la
psychologie de l’entrepreneur dans sa décision d’investir) dont l’expression mathématique est :

Deff = Dc+De+Da+Drdm.

Pour la première composante, le niveau de consommation dépend principalement de la


propension marginale à consommer des ménages qui est le rapport de l’accroissement absolu
de la consommation à l’accroissement absolu du revenu ; plus cette propension à consommer est
forte, plus le niveau de consommation des ménages est élevé.
Pour la seconde composante, elle dépend principalement du comportement rationnel des
entrepreneurs qui comparent la recette marginale ou l’efficacité marginale du capital (rendement
marginal) au coût marginal du capital représenté par le taux d’intérêt.

Keynes considère que c’est le niveau de la demande effective sur le marché des biens et
des services qui détermine le niveau de l’emploi sur le marché du travail et c’est sur elle
qu’il faut agir pour assurer le plein emploi.

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E3. Au contraire des néoclassiques, Keynes ne propose pas une diminution du taux de salaire
nominal qui serait synonyme d’une perte de pouvoir d’achat de nature à entraîner l’économie dans
un cercle vicieux ; il propose en revanche une stimulation de cette demande effective.
Plusieurs pistes sont possibles :
*) Politique économique conjoncturelle : 1) par la mise en œuvre d’une politique économique
monétaire de création monnaie entraînant dans son sillage une hausse des crédits, une baisse des
taux d’intérêts, une hausse de l’investissement privé, une hausse de l’emploi et finalement une
baisse du chômage ; 2) par la mise en œuvre d’une politique économique budgétaire par le biais
d’une « socialisation » de l’investissement public.
*) Politique économique structurelle : favoriser la redistribution notamment à destination des
ménages présentant une propension marginale à consommer élevée (ménages pauvres) ou
encore octroyer des subventions aux entreprises afin qu’elles investissent.

Keynes va privilégier une intervention directe de l’Etat à qui il sera demandé de réaliser de
grands travaux par une large « socialisation » de l’investissement public. En effet, il n’est pas sûr
qu’en baissant le taux d’intérêt (coût marginal du capital), cette baisse soit suffisante pour rendre le
taux d’intérêt inférieur à l’efficacité marginale du capital.

( I ) Socialisation de l’investissement : mise en œuvre de grands chantiers publics d’infrastructures,


ou de construction d’hôpitaux publics ou d’écoles.

( CC ) En conclusion de ce schéma de réflexion, Keynes s’oppose à la théorie néoclassique


quant au fonctionnement du marché du travail ; sur celui-ci qui dépend directement du niveau
d’équilibre sur le marché des biens et des services, peut se former un chômage involontaire ou de
sous emploi qui pourra être résorbé par une action sur une ou plusieurs composantes de la
demande anticipée des chefs d’entreprise appelée demande effective. C’est à l’Etat d’intervenir
prioritairement en ouvrant de grands chantiers publics ; la politique de redistribution peut aussi être
mise en œuvre.

3- Actualiser la pensée de l’auteur

( O ) Pensée keynésienne : actualisation.


( C ) C1. La pensée keynésienne trouve des prolongements théoriques contradictoires quant à
l’explication du chômage.
C2. La pensée keynésienne est validée par certains événements factuels.

( E ) E1. Éléments théoriques contradictoires: Les nouveaux économistes classiques s’opposent


toujours encore à la thèse keynésienne.
Éléments théoriques de synthèse : C’est E. MALINVAUD qui, dans sa théorie de déséquilibre, fait la
synthèse entre la théorie classique et la théorie keynésienne :
*) en présence d’un chômage keynésien, il conviendrait d’activer le demande effective ;
*) en présence d’un chômage classique, il conviendrait de baisser le coût salarial composé des
salaires, des charges sociales patronales et salariales, des primes et avantages en natures divers. On
pourra aussi recourir à la modération salariale qui consiste à diminuer la part relative des salaires
dans la répartition du PIB au profit de celle des entreprises.
Éléments théoriques prolongeant la thèse keynésienne : la nouvelle économie keynésienne née à
partir des années 1970, tout en étant keynésienne prend toutefois le contre-pied de Keynes en
admettant que l’emploi peut ne pas se déterminer complètement sur le marché du travail. Elle met en
exergue des faits stylisés (grossissement d’un phénomène particulier) en expliquant que le chômage
peut être involontaire ; il peut s’agir de :
*) l’existence de contrats de travail signés en temps différé générant des rigidités ;
*) l’existence de contrats implicites : salaires et emploi ne sont pas régis par la loi du marché du
travail, mais résultent de contrats implicites négociés entre les employeurs et les employés lesquels
acceptent un salaire inférieur en contrepartie d’une garantie et d’une stabilité de leur emploi. Dans ce
cadre, l’entreprise joue le rôle d’un assureur.
*) l’existence de salaires d’efficience supérieurs à ceux auxquels aboutirait le marché naturellement,
destinés à réduire le « turn over », à motiver et à fidéliser les salariés. C’est la théorie des salaires
d’efficience.
*) l’existence d’un marché du travail segmenté qui dans sa forme élémentaire prend une
configuration duale composé d’un marché primaire ( sur lequel les salaires sont une fonction
croissante de la demande de travail !!!) et d’un marché secondaire (sur lequel les salaires sont une
fonction décroissante de la demande de travail).

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E2. Éléments factuels : la période des Trente Glorieuses correspond totalement à la logique
keynésienne ; de même, la période des années 1970 est marquée par un fort ralentissement partout
de l’activité économique freiné la mise en œuvre d’un mécanisme de redistribution générant un effet
contra cyclique ou d’amortissement de la crise : la redistribution génère alors des recettes fiscales qui
viennent réduire le déficit initialement creusé (stabilisateurs automatiques.
C’est la décennie 1980 qui marque la fin de l’ère keynésienne et un retour à l’orthodoxie libérale :
er
désinflation compétitive et politique de rigueur (sauf pour le 1 gouvernement Mitterrand) sont alors à
l’ordre du jour.
En 2008, plus que jamais la théorie keynésienne fait son grand retour dans une économie mondiale
totalement à la dérive.

(CC) En conclusion de ce schéma de réflexion, sur le plan théorique, E. Malinvaud fait la synthèse
des positions néoclassique et keynésienne en affirmant qu’il conviendra selon les situations
d’appliquer le remède classique (baisse des salaires) ou keynésien (relance) au chômage. Les
nouvelles théories de la croissance endogène mettent en exergue les faits stylisés suivants dans
l’explication du chômage : l’existence de contrats signés en temps différé, de contrats implicites, de
salaires d’efficience et d’une segmentation du marché du travail.
Au plan factuel, la période des Trente Glorieuses est caractéristique de l’ère keynésienne tandis que
la décennie 1980 porte l’empreint libérale. En 2008, Keynes revient en force.

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J.M. KEYNES

Application
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SOUS EMPLOI ET DEMANDE

(Devoir de type bac ; Terminale ES, enseignement de spécialité)

Document 1

Les grandes lignes de notre théorie peuvent être décrites comme suit. Lorsque l'emploi croît, le revenu
réel global augmente. Or l'état d'esprit de la communauté est tel que, lorsque le revenu réel global
croît, la consommation globale augmente, mais non du même montant que le revenu [...]. Il
s'ensuit que, pour une valeur donnée de ce que nous appellerons la propension de la communauté à
consommer, c'est le montant de l'investissement courant qui détermine le niveau d'équilibre de l'emploi,
c'est-à-dire le niveau où rien n'incite plus les entrepreneurs pris dans leur ensemble à développer ni à
contracter l'emploi [...].
Ainsi, la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau étant donnés, il n'y aura
qu'un seul volume de l'emploi, compatible avec l'équilibre [...]. Ce volume ne peut être plus grand que le
plein emploi [...]. Mais en général il n'y a pas de raison de penser qu'il doive être égal au plein-
emploi. C'est seulement dans un cas spécial que la demande effective se trouve associée au plein-
emploi ; et pour que ce cas se réalise, il faut qu'il y ait entre la propension à consommer et l'incitation
à investir une relation particulière [...].
Ce sont la propension à consommer et le montant de l'investissement nouveau qui déterminent
conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de l'emploi qui détermine de façon unique le
niveau des salaires réels, non l'inverse.
John Maynard Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), trad. française, Payot,
1969.

Document 2

Si le marché du travail est parfaitement concurrentiel et libre de toute entrave réglementaire, la libre
négociation des salaires implique que les salaires s'adaptent tant que l'équilibre entre l'offre et la
demande n'est pas établi. Dans ces conditions, une économie confrontée à une réduction du niveau
d'activité ne devrait pas connaître de chômage durable. En effet, la réduction du volume d'activité des
entreprises les conduit à réduire leur demande de travail aux taux de salaire anciens, les employeurs
sont désormais disposés à utiliser moins d'individus sur le marché du travail. La réduction de la
demande de travail entraîne une baisse des salaires jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli.
Jacques Généreux, Introduction à l'économie, Le Seuil

Questions

1. A l’aide de vos connaissances et du document 1, vous montrerez comment se détermine le niveau


l'emploi selon Keynes (document 1). (8points)
2. Expliquer la phrase soulignée dans le document 1. (5 points)
3. En quoi la thèse présentée dans le document 2 s'oppose-t-elle à celle de Keynes en ce qui concerne
la détermination du niveau de l'emploi ? ( 7 points)

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J.M. KEYNES

Corrigé

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SOUS EMPLOI ET DEMANDE

Questions Réponses

1. A l’aide de vos connaissances et NOTA : Présenter l’auteur sur 4 à 5 lignes (non exigé au bac
du document 1, vous montrerez mais conseillé)
comment se détermine le niveau J.M. Keynes (1883-1946), économiste anglais contemporain
l'emploi selon Keynes (document 1). de Schumpeter de formation néoclassique, s’oppose à
(8points) l’analyse néoclassique développée par les néoclassiques en
fondant la macroéconomie sur la base d’une vision
systémique de l’économie. Il attache une importance
particulière à la formation des anticipations puis à l’équilibre
du marché. La pensée keynésienne qui réfute l’idée que le
marché peut s’autoréguler tout seul sans l’intervention de
l’Etat, fut très nettement d’actualité durant la période des
trente glorieuses.
Bibliographie principale : Théorie générale de l’emploi, de
l’intérêt et de la monnaie (1936).
Expressions clés : demande effective, anticipations, chômage
involontaire ou de sous emploi.

Pour la théorie néoclassique de l'emploi (que Keynes appelle


« théorie classique »), le niveau de l'emploi dépend du salaire
réel sur le marché du travail, où se confrontent offre et
demande de travail. L'offre de travail est une fonction
croissante du salaire réel, dont la hausse augmente l'utilité du
travail par rapport à celle du loisir. La demande de travail est
une fonction décroissante du salaire réel, car la baisse de
celui-ci, en diminuant le coût marginal du travail par rapport à
sa productivité marginale, incite à l'embauche. Le salaire
d'équilibre est celui qui égalise offre et demande de travail, et
le chômage, qui s'explique par un salaire réel supérieur au
salaire d'équilibre, est volontaire, car certains actifs refusent
de travailler au salaire d'équilibre.

Keynes considère que les salariés, qui se déterminent selon


le salaire nominal et non le salaire réel (« illusion
monétaire »), ne peuvent refuser de travailler si les salaires
baissent, car ils n'ont pas vraiment le choix : le chômage est
involontaire. En outre, une baisse du salaire réel, loin de faire
augmenter l'emploi comme le pensent les néoclassiques, a
l'effet inverse, car elle entraîne une baisse de la demande
effective (consommation et investissement), qui est le
déterminant principal de l'emploi. Enfin, on peut avoir en
même temps équilibre sur le marché des biens et services et
chômage si la demande effective ne suffit pas à embaucher
tous les actifs: c'est l'équilibre de sous-emploi.

2. Expliquer la phrase soulignée Lorsque le revenu réel obtenu en délattant le salaire nominal
dans le document 1. (5 points) augmente, une partie seulement de ce revenu sera consacré à
la consommation et le reste à l’épargne ; en effet, la
consommation est une partie du revenu et y es reliée par la
propension marginale à consommer. Il conviendra dans une
logique keynésienne de relance de favoriser les ménages qui
ont une forte propension à consommer, c'est-à-dire les
ménages les plus modestes. Cette stimulation va encourager
l’investissement et relancer l’emploi.
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3. En quoi la thèse présentée dans le Pour la théorie néoclassique de l'emploi, le niveau de l'emploi
document 2 s'oppose-t-elle à celle de dépend du salaire réel sur le marché du travail, où se
Keynes en ce qui concerne la confrontent offre et demande de travail. Le salaire d'équilibre
détermination du niveau de l'emploi ? est celui qui égalise offre et demande de travail, et le
(7 points) chômage, qui s'explique par un salaire réel supérieur au
salaire d'équilibre, est volontaire, car certains actifs refusent
de travailler au salaire d'équilibre. Une baisse du niveau
d’activité qui se produirait au sein de l’économie diminuera
la demande de travail émanant des entreprises et générer
une baisse des salaires qui font variable d’ajustement. Les
salariés travailleront au nouveau taux de salaire ou se
mettront volontairement au chômage.

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