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Ministère de l'Equipement,

des Transports et du Logement

Fondations courantes
d^ouvrages d^art
FOND. 72
EXTRAITS
Fascicules 2 - 3 - 4

Réimpression Juillet 1997

LCPC
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Fondations courantes
d'ouvrages d'art

FOND. 7 2
ont participé à l'élaboration ou à la rédaction du présent dossier pilote

Mme D. CHASSEUX
MM. F. BAGUELIN - J.R BRU - J. A. CALGARO - M. CORNET
Y. DURAND-RAUCHER - C. HAHUSSEAU - G. HAIUN
J. JEZQUEL - A.MARSAC - H. MATHIEU
M. PEIGNAUD - F. PONS - F. SCHOSSER

Document réalisé par


LCPC
LABORATOIRE CENTRAL DES PONTS ET CHAUSSEES
™ ^ " 58, boulevard Lefebvre - 75732 Paris Cedex 15 - France
f \ Tél. : 01 40 43 50 00 - Télécopie : 01 40 43 54 98
et diffusé par :

le SERVICE D'ETUDES TECHNIQUES DES ROUTES ET AUTOROUTES


46, avenue Aristide Briand • B.P. 100 - 92225 Bagneux Cedex - France
Tél. : 01 46 11 31 31 - Télécopie : 01 46 11 33 55
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SOMMAIRE

FASCICULE 1 - BUT DU DOSSIER

CHAPITRE 1.1 - PREAMBULE


CHAPITRE 1.2-DOMAINE D'UTILISATION
CHAPITRE 1.3 - UTILISATEURS
CHAPITRE 1.4 - REDACTEURS DU D O C U M E N T ; SOURCES
CHAPITRE 1 . 5 - DOCUMENTS OFFICIELS
CHAPITRE 1 . 6 - BIBLIOGRAPHIE
CHAPITRE 1.7 - NOTATIONS ET S Y M B O L E S UTILISES

FASCICULE 2 - RECONNAISSANCE
CHAPITRE 2.1 - ORGANISATION DE LA RECONNAISSANCE
CHAPITRE 2 . 2 - DEROULEMENT DE LA RECONNAISSANCE

FASCICULES - METHODES D'ETUDE DES SOLS


CHAPITRE 3.1- PRINCIPES GENERAUX DE MECANIQUE DES SOLS
CHAPITRE 3.2- SONDAGES
CHAPITRE 3.3- IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES SOLS
CHAPITRE 3.4- METHODES GEOPHYSIQUES ET HYDROLOGIQUES DE
RECONNAISSANCE
CHAPITRE 3 . 5 - REALISATION DES ESSAIS EN PLACE
CHAPITRE 3 . 6 - REALISATION DES ESSAIS DE LABORATOIRE SUR
ECHANTILLONS INTACTS

FASCICULE 4 - CONCEPTION ET CHOIX DU TYPE DE FONDATION

CHAPITRE 4.1 - LES DONNEES DU PROBLEME


CHAPITRE 4 . 2 - NOMENCLATURE DES FONDATIONS
CHAPITRE 4 . 3 - NIVEAU D'APPUI ET TYPE DE FONDATION

FASCICULE 5 — DIMENSIONNEMENT
CHAPITRE 5.1 - ACTIONS ; SOLLICITATIONS DE CALCUL
CHAPITRE 5 . 2 - METHODES DE CALCUL DES FONDATIONS PAR
L'INTERPRETATION DES DIFFERENTS ESSAIS
CHAPITRE 5 . 3 - CALCUL PRATIQUE D'UNE FONDATION DANS LE CAS
GENERAL
PIECE 5 b i s 1 - J U S T I F I C A T I O N S ET CALCUL MANUEL DES FONDATIONS
SUR PIEUX
PIECE 5 bis 2 - CALCUL AUTOMATIQUE DES FONDATIONS SUR PIEUX
PROGRAMMES PSH 1 ET PSH 2

FASCICULE 6 - ABOUTISSEMENT , EXEMPLE


CHAPITRE 6 . 1 - PRESENTATION SYNTHETIQUE D'UN AVANT-PROJET DETAILLE
D O U V R A G E D'ART
CHAPITRE 6 . 2 - EXEMPLE D'ETUDE GEOTECHNIQUE

FASCICULE 7 - CONSTATATIONS
CHAPITRE 7.1 - NECESSITE DES CONSTATATIONS
CHAPITRE 7 . 2 - CARACTERES DES CONSTATATIONS
CHAPITRE 7 . 3 - LES DIFFERENTES CONSTATATIONS
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Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

Fascicule 2

RECONNAISSANCE

LCPC
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FASCICULE 2

RECONNAISSANCE

CHAPITRE 2.1 - ORGANISATION DE LA RECONNAISSANCE

2.1.1. - COLLABORATION ENTRE MAITRE D'ŒL VRE ET LABORATOIRE 2

.1. - Utilité de U collaboration 2


.2. - Rôles respectifs - contraintes 2
.3. - E n c u n fréquentes 3

2.1.2. - COLLECTE DES INFORMATIONS 4

.1. - But 4
.2. - Réalisation S
.3. - Chemmement type 6
.4. - Prix 6

CHAPITRE 2.2 - DEROULEMENT DE LA RECONNAISSANCE

2.2.1. - DEFINITION DES ETAPES

.1. - Relation avec les stades d'étude du projet 8


.2. - Enquête préalable 9
a - introduction
b - renseignements sur l'ouvrage à fournir par le Maître d'Œuvre
c - définition des problèmes
d - moyens et sources d'information
e - résultats de l'enquête préalable
.3. - Reconnaissance normale 11
a - élat initial
b - renseignements sur l'ouvrage à fournir par le Maître d'Œuvre
c - défmition des problèmes
d - moyens de reconnaissance normale
d. - nombre et implantation des essais de reconnaissance
d , - nature des essais en fonction du type de reconnaissance envisagé
d, - profondeur des sondages
e - marche à survre lors de l'exploitation des essais
f - résultats de la reconnaissance normale

2.2.2. - SCHEMA TYPl DE RECONNAISSANCE 17

2.2.3. - ETUDE SPECIFIOLL 18

2.2.4. - TABLEAU RECAPITULATIF DES OPERATIONS DE RECONNAISSANCE 19

2.2.5. - QUELQUES EXEMPLES DE RECONNAISSANCE D'OUVRAGES D'ART 20


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1 -

FASCICULE 2

RECONNAISSANCE

Le présent sous-dossier est consacré à la reconnaissance des


sols de fondation d'un ouvrage ou d'une série d'ouvrages, c'est-à-dire
aux investiaations permettant de prendre une connaissance suffisante des
sols pour choisir et calculer les fondations et d'en prévoir les conditions
d'exécution.

Les principes présentés dans le chapitre (2.1) organisation de la


reconnaissance doivent être applicables à tous les types de fondations
(courantes, spéciales ou exceptionnelles).
Le schéma prooosé pour le déroulement des étapes (chapitre 2.2) est
peu de chose près, celui utilisé actuellement par un bon nombre de Paitres
d'Oeuvre et de Laboratoires Régionaux des Ponts et Chaussées.
Ce schéma est applicable à tous les types de fondations,
sous réserve d'être complété, pour les fondations exceptionnelles, par une
reconnaissance spécifique, dont le détail ne peut pas être donné une fois
pour toutes, mais qui respecte les principes énoncés au chapitre 2.1.
Un cadre de présentation des résultats à chaque stade est proposé.
Enfin, le chapitre 2.3 esquisse un tableau indicatif des opérations
de reconnaissance recommandées à chaque stade, compte tenu de la nature du
sol escompté et du type de fondation envisagé.
- 2

CHAPITRE 2.1

ORGANISATION DE LA RECONNAISSANCE

2.1.1 - COLLABORATION ENTRE MAITRE D'OEUVRE ET LABORATOIRE

1. - U t i l i t é de la c o l l a b o r a t i o n

Ni l ' u n ni l ' a u t r e des partenaires ne dispose de toutes les


informations puisque c e l l e s - c i , autant pour la s t r u c t u r e que pour la f o n -
d a t i o n , se précisent à mesure de l'avancement des études et que les choix
sont interdépendants ; la c o l l a b o r a t i o n est donc indispensable, à toutes
les étapes de 1'étude.

I l s ' a a i t de minimiser le coût et les délais de la constructior


de l'ouvraqe e n t i e r : une transmission e^'^fective des informations et des
choix é v i t e les études "pour r i e n " (déplacement de l'ouvrage, essai peu
i n t e r p r é t a b l e pour le type de fondation retenu, fondation incompatible
avec la s t r u c t u r e de l'ouvrage ou mal adaptée au mode d'exécution c h o i s i ] ,
d'où diminution des p r i x .
L'annonce préalable permet la programmation des études et donc
la l i b é r a t i o n des appareils les mieux adaptés au cas considéré ; d'où
diminution des délais et meilleure e f f i c a c i t é .

I l s ' a q i t aussi d ' é v i t e r la démission des Maîtres d'Oeuvre de


leur rôle technique ( 1 ) . C e l l e - c i est grave pour deux raisons :

- d'une p a r t , après une reconnaissance (comme après un contrôle)


les c o e f f i c i e n t s de s é c u r i t é sont mieux d é f i n i s , mais on a tendance à les
prendre plus f a i b l e s ; si l ' o p é r a t i o n de reconnaissance a été mal menée,
la sécurité alobale e s t , en f a i t , diminuée par rapport au cas où on n'en
a u r a i t pas f a i t du t o u t ; La v i a i l a n c e est nécessaire.

- d'autre p a r t , le Maître d'Oeuvre d o i t p a r f o i s , l o r s de l'exécu


t i o n , prendre des décisions immédiates ; i l ne le pourra que s ' i l a entre
les mains tous les éléments, dont certains remontent aux premières phases
de la reconnaissance, et s ' i l a bien t i r é toutes les conséquences de c e t t e
dernière.

,2. - Rôles r e s p e c t i f s - Contraintes

Dans la s u i t e et pour s i m p l i f i e r , on désignera par

(1) Note Si c e t t e démission technique se p r é c i s a i t , les Maîtres d'oeuvre'


t r o u v e r a i e n t démunis devant des conclusions s o i t trop p a r f a i t e s e
onéreuses, s o i t quelquefois extrêmement h â t i v e s , mais présentanB
de toutes façons rarement des solutions de rechange.

I
- Maître d'Oeuvre c e l u i - c i et le Bureau d'Etudes Techniques
qu'i'i se sera éventuellement a d j o i n t ;
- L a b o r a t o i r e , le Laboratoire proprement d i t et l'Entreprise
de sondages.
Le Maître d'Oeuvre a la responsabilité de décider. I l é t a b l i t
ou d i r i g e le p r o j e t , exécute et contrôle l'ouvrage et paye toutes les
opérations.
Le Laboratoire c o n s e i l l e le Maître d'Oeuvre. I l organise, d'ac-
cord avec c e l u i - c i , la reconnaissance, f a i t l ' é t u d e de sois et l ' i n t e r -
p r é t a t i o n , propose un dimensionnement des fondations, la décision sur ce
dernier p o i n t , ainsi que la r e s p o n s a b i l i t é , appartenant au seul Maître
d'Oeuvre.
La p o s s i b i l i t é e f f e c t i v e de v o i r s ' i n s t a u r e r une c o l l a b o r a t i o n
entre ces deux partenaires pour construire le mieux possible au m e i l l e u r
coût dépend de la compréhension mutuelle et de la standardisation de l a
présentation des informations nécessaires à chaque stade. Celles-ci sont
indiquées au oaraoraphe 2 . 2 . 2 , et un modèle de présentation est donné
dans le chapitre 4 . 1 .
L'oroanisation de la reconnaissance d o i t f a i r e l ' o b j e t de d i s -
cussions poussées entre Maître d'Oeuvre et Laboratoire ; e l l e d o i t i n c l u r e
une j u s t e prise de conscience par le Maître d'Oeuvre des délais nécessaires
à l ' e x é c u t i o n et l ' i n t e r p r é t a t i o n d ' e s s a i s , surtout de l a b o r a t o i r e , et par
le l a b o r a t o i r e de la nécessité de f o u r n i r les éléments, même i m p a r f a i t s ,
permettant au Maître d'Oeuvre de remplir son rôle d ' i n g é n i e u r .

.3. - Erreurs fréquentes

^appelons, en guise de conclusion, quelques erreurs parmi les


plus fréquentes, observées dans des cas réels :

. Le p r o j e t de s t r u c t u r e est f a i t avant les études de s o l . Ceci


amène :
- l o r s q u ' i l y a c o m p a t i b i l i t é , à conserver des fondations sura-
bondantes ;
- en cas d ' i n c o m p a t i b i l i t é , s o i t à r e f a i r e le p r o j e t , s o i t à
l ' a d a p t e r sommairement en abandonnant toute idée d ' o p t i m i s e r la dépense
totale.

• Le l a b o r a t o i r e retarde l ' e n v o i du rapport d'étude, sous prétexte


que certains éléments sont encore douteux. Souvent, quand le rapport est
expédié, la s t r u c t u r e a déjà été choisie et le p r o j e t largement e n t r e p r i s
( v o i r ci-dessus). On peut é v i t e r cet inconvénient par l ' e n v o i de rapports
partiels.

• Le Maître d'Oeuvre commande une étude de sols à terminer impéra-


tivement pour une certaine date, trop rapprochée. Ce cas peut aboutir s o i t
à une insuffisance de l'étude (par manque de temps), s o i t , au c o n t r a i r e ,
à une surabondance due à la mise en oeuvre de plus de moyens q u ' i l n ' a u r a i t
été strictement nécessaire.
- 4 -

. Le Maître d'Oeuvre se désintéresse de l'étude de la fondation.


I l i n c l u t dans 1'Avant-Projet le dossier d'études géotechniques, en v r a c ,
sans en t i r e r les conséquences. Cette s i t u a t i o n est malheureuserri^nt fréquente
e l l e est désastreuse lorsque les d i f f é r e n t e s p a r t i e s de l'étude ont été
confiées à des ornanismes ou à des entreprises d i f f é r e n t s (sondages, essais
en place,essais de l a b o r a t o i r e , géologie). En o u t r e , e l l e rend le contrôle
de la p a r t i e fondation des Avants-Projets d'ouvrage d ' a r t i n e x t r i c a b l e ,
dans l e cas où i l est justement l e plus nécessaire.

2.1.2 COLLECTE DES INFORMATIONS

. 1 . - But

La reconnaissance doit permettre, en plus du dimensionnement,


de minimiser le prix global de l'ouvraae - (il y a un optimum entre une
reconnaissance surabondante d'une part, et des fondations surdimensionnées
pour pallier une reconnaissance insuffisante d'autre part). La reconnais-
sance elle-même, se fait également sous contrainte de prix, mais aussi
de temps.

Il en résulte que la collecte des informations sera axée sur


trois idées directrices :

•Unité des opérations de reconnaissance et d'interprétation


•Equilibre entre spécialités.
• Souplesse du orooramme.
a - Unité :
Les opérations de reconnaissance ne constituent pas des travaux
de routine. Il j faut du jugement, l'esprit critique, l'esprit d'observation
de synthèse, qualités qu'on ne trouvera que chez des techniciens rompus à
ces tâches.
Le Maître d'Oeuvre a la responsabilité, si l'étude de sols est
sous-traitée à plusieurs organismes différents, de collationner et de faire
circuler les informations provenant des diverses sources. Il doit provo-
quer, éventuellement, la rédaction de rapports partiels en cour? d'étude,
indiquant les résultats déjà acquis (et la confiance qu'on peut leur ac-
corder) , ceux qui manquent et proposer des conclusions provisoires, pou-
vant servir de base de travail pour le projet de superstructure.
Si le Maître d'Oeuvre n'a pas les moyens d'assurer cette unité
et de jouer le rôle de meneur de jeu, il doit déléguer explicitement cette
tâche à un Laboratoire Régional de l'Equipement ou à un Laboratoire privé
qui sera charaé de surveiller les travaux de reconnaissance après en avoir
dressé, d'accord avec le Maître d'Oeuvre, le programme, d'assurer le colla-
tionnement et de tenir informé en permanence le Maître d'Oeuvre ou son re-
présentant.
Il est en particulier regrettable de voir des cas où une sous-
traitance anarchique et des prises de responsabilité impromptues en cours
d'opération aboutissent fatalement à une dilution des responsabilités.
b - Equilibre :
A deux points de vue, entre les dif-f'érentes sources d'information
et entre les diverses spécialités, l'équilibre doit être respecté tout au
lonr de la reconnaissance.
Il est clair que chacun doit concourir à construire l'ouvraoe
et non pas plaider pour sa spécialité. On s'est attaché a donner au para-
oraphe 2.2.1 Définition des étapes, des exemples précis de ce que l'on
pourra tirer, dans les cas courants, de la néologie appliquée d'une part
et de la mécanique des sols d'autre part, et comment la confrontation de
ces deux disciplines sera utilisée au mieux. Mais il pourra s'agir aussi,
dans.des cas plus rares, du recours au spécialiste de mécanique des Poches.

c - Souplesse du programme :
Il s'aait de disposer d'un volume alobal d'informations suffisant
pour préciser les points qui doivent l'être à chaque stade d'avancement
du projet ; ceci indépendamment du stade d'étude auquel a été acquis tel
ou tel résultat antérieur et de la spécialité à laquelle on aura recouru
pour l'obtenir. En particulier, il n'est plus question de l'obligation
de procéder, à un certain stade, à tel essai donné. Il faut même se réser-
ver la possibilité de conclure sans autre investiaation lorsque la solution
sera évidente, par exemple arâce aux autres informations recueillies par
ailleurs ou en vertu de l'expérience locale ou régionale acquise.

Il faut savoir adapter les moyens aux buts intermédiaires pour-


suivis ; notamment certaines interventions peuvent prendre l'aspect d'un
dé"ross"!5sane assez qualitatif, par opposition à d'autres parties de l'étu-
de , ceci principalement dans deux cas :

- soit parce que l'information recherchée est elle-même qualitative (exem-


ples : premières interventions sur un site dont on ne connaît rien ; possi-
bilité de traverser par battage une couche compacte mince dont on a recon-
nu qu'elle était inapte à porter la fondation).

- soit parce qu'il s'anit d'extrapoler des résultats connus ou d'effectuer


une reconnaissance extensive (exemples : essais oéophysiques sommaires
ou essais de pénétration dynamique pour la recherche du site optimal d'un
ouvraae - reconnaissance de tracé).

En particulier, un des objectifs de la reconnaissance est de


séparer les cas classiques, qui ne posent pas de problèmes particuliers de
fondation, des cas spéciaux (qrands ouvrages, site difficile) qui nécessi-
tent une étude approfondie. Dans ces cas, le besoin du recours à l'étude
spécifique apparaîtra assez vite, pour un spécialiste exercé, et il faudra
souvent l'engager assez vite, pour que sa durée ne vienne pas retarder la
mise au point du projet.

Péalisation

Le double aspect du but de la reconnaissance (volume global


d'informations ou dégrossissage), implique une réalisation en séquence
et une évaluation de 1'homoqénéité du site.
- fi

a - Prooressivite

A l'intérieur de chaque étape, et de stade d'étude en stade


d'étude, la reconnaissance doit être progressive. Les résultats acq'^s
orientent le programme des essais ultérieurs, c'est-à-dire le type et
le nombre de ces essais, avec révision en plus ou en moins du prooramme moyen.

En dehors de cas particuliers bien précis, on effectuera en


priorité l'essai in situ le plus rapide et le moins onéreux compte tenu
de la nature et des qualités supposées du sol et (éventuellement) du type
de fondation probable.

b - Homoqénéité
L'évaluation de l'homogénéité du site doit être le souci constant
des responsables de la reconnaissance. Elle permettra de simplifier ou de
réduire l'étude, ou elle imposera une multiplication des essais (par exem-
ple pour mesurer la variation transversale, délimiter une poche de disso-
lution , etc... ).

Dans cette optique, le recour<: fréquent à un géologue connaissant


bien les conditio-^s locales sera primordial, surtout au départ, pour orienter
la densité des sordaaes en fonction de la puissance supposée des couches,
de leur altération, et des phénomènes annexes (éboulis, discontinuités...).

Dans les cas simples où l'homogénéité est supposée, il pourra


suffire de faire un profil d'essai en place tous les deux appuis, et, si
elle se con-^irme, on s'en tiendra là. C'est un junenent sur 1'homonénéité
aussi, qui, à l'échelle d'un ouvraae ou d'une section, permettra d'esquis-
s?r des corrélations entre différents tyoes d'essais et de faire ainsi
l'économie des opérations les plus coûtei'ses (sondaoes carottés, essais de
laboratoire) ou les plus malaisées (difficul tés-d'accès).

Chéri nement-tvpe

Il n'est pas question de Drésenter une liste-type des essais


à effectuer : cello-'-i dépeindrait troo des types de sols, de leurs propri-
étés cc^'nu^s C'., nrrr.nfes, des renseignements et de la précision recner-
chés, du type de ^o^datiO'-.
néanmoins le tabieav du paraqraphe 2.3.2 indique, Dour certains
cas habituels, un sc^°na de orincipe de déroulement des investigations.

.4. - Prix

En aénéral , sauf reconnaissance spécifiQue, dont le volume et,


partant, le coût sont é~inemert variables, le pr^x de la reconnaissance
des fondations d'une série d'cuvràges d'art courants (section d'autoroute)
s'établira aux alertc-rs de 2 ' du coût total des ouvrages. On trouvera
aux chapitres 3.5 (Essais in situ) 3.6 (Essais de laDoratoirc) et 3.4
(Essais aécphysiques ) des éléments de prix unitaires qui, lorsque les
techniques, la densité des sondages,1eur profondeur et les niveaux d'appui
sont définis, p mettent une estimation plus précise.
- 7 -

On gardera néanmoins à l'esprit le fait que le programme de la


reconnaissance étant par obligation assez évolutif,une telle estimation
sera souvent supérieure à la réalité. D'autre part il devrait êtrt t-ien
évident qu'il ne faut pas juqer du prix de la reconnaissance dans .'absolu,
mais le comparer aux dépassements pour "imprévus" qui, lorsqu'il y en a,
sont le plus souvent sans commune mesure (25 et même 50 % du prix global
de 1'ouvrage).
6 -

CHAPITRE 2.2

DEROULEMENT DE LA RECONNAISSANCE

On p r é s e n t e dans ce c h a p i t r e l e cadre aénéral l e plus p r o b a b l e


pour l e s d i f f é r e n t e s étapes d'une reconnaissance de f o n d a t i o n d ' o u v r a o e
d ' a r t c o u r a n t . Ces étapes sont s i t u é e s par r a p p o r t aux d i f f é r e n t e s phases
d ' é l a b o r a t i o n du p r o j e t , en i n d i q u a n t l e s éléments connus au début de
chacune d ' e l l e s e t ceux que l ' o n d é s i r e d é t e r m i n e r , l a façon de p r é s e n t e r
les r é s u l t a t s e t à qui i l incombe de mener chaque o p é r a t i o n .

On ne s ' é c a r t e r a de c e t t e procédure que pour des m o t i f s p r é c i s ,


à l a s u i t e d ' u n accord e x p l i c i t e du M a î t r e d'Oeuvre ; en t o u t é t a t de
cause l a procédure e x c e p t i o n n e l l e c h o i s i e devra a l o r s se c o n f i r m e r aux
p r i n j i i p e s aénéraux exposés dans l e chapitre 2.1 "Organisation générale
de l a Reconnaissance".

2.2.1 - DEFINITION DES ETAPES

.1. - R e l a t i o n avec l e s stades d ' é t u d e du p r o j e t

Rappelons que l e s d i - f f é r e n t s stades d ' é t u d e des a v a n t - p r o j e t s


r o u t i e r s e t a u t o r o u t i e r s sont l ' a v a n t - p r o j e t sommaire (APS) e t 1 ' a v a n t -
p r o j e t d é t a i l l é (APD). Ce d e r n i e r e s t remolacé pour l e s ouvraqes i s o l é s
par r a v a n t - p r o j e t sommaire d ' o u v r a g e (APSO) dont l a c o n s i s t a n c e c o r r e s -
pond a p p r o x i m a t i v e m e n t à c e l l e du d o s s i e r ouvrages d ' a r t d ' u n a v a n t -
projet d é t a i l l é .

Pour l a c o n s u l t a t i o n des e n t r e p r i s e s , on é t a b l i t un d o s s i e r
d ' a p p e l d'o-P-fres (DAO),et u l t é r i e u r e m e n t l ' e n s e m b l e e s t r é a l i s é s u i v a n t
les plans d ' u n d o s s i e r d ' e x é c u t i o n .

Les étapes de la reconnaissance des f o n d a t i o n s d'ouvrages d ' a r t


s o n t , e l l e s , n o m m é e s : Enquête p r é a l a b l e . Reconnaissance normale ou c o u r a n t e
( 1 ) , Reconnaissance s p é c i f i q u e . Cette reconnaissance des f o n d a t i o n s d'ouvr-?-
ae d ' a r t a pu ê t r e précédée d'une Reconnaissance Générale de t r a c é .

L ' a r t i c u l a t i o n e n t r e stades d ' é t u d e de 1 ' a v a n t - p r o j e t de l ' e n s e m -


b l e e t étapes de la reconnaissance des f o n d a t i o n s des ouvraqes e s t indiqué-?
c i - d e s s o u s dans les d i f f é r e n t s c a s .

Jote (1) La t e r m i n o l o a i e e s t mal é t a b l i e . On essayera de d i r e t o u j o u r s " r e c o n n a i s


sance n o r m a l e " , ou p l u s simplement s ' i l n'y a pas de r i s q u e de c o n f u s i o n ,
" r e c o n n a i s s a n c e " . Le terme " r e c o n n a i s s a n c e c o u r a n t e " r i s q u e r a i t de f a i r e
penser aux s e u l s ouvraqes c o u r a n t s . La s i t u a t i o n e s t encore agnravée par l e
f a i t que c e r t a i n s s o é c i a l i s t e s u t i l i s e n t dans c e t t e a c c e p t a t i o n l ' e x p r e s s i o n
" r e c o n n a i s s a n c e s p é c i f i q u e " , pour i n d i q u e r q u e l l e e s t l i m i t é e au s i t e d ' u n
ouvrane.
0 .

- Ouvraaes d'art courants sur une section routière ou autorou-


tières : les différentes étapes de la reconnaissance des fondations coïn-
cident, en oénéral , avec les stades d'étude du projet de la façon suivante :
Enquête préalable et Avant-projet sommaire. Reconnaissance et Avant-projet
détailié.

- Dans le cas où l'on procède à une reconnaissance spécifique,


il est rare Que tous ses résultats soient indispensables pour établir
l'A.P.D ; comme elle sera en général enaaaée dès la fin de la reconnais-
sance normale, la reconnaissance spécifique sera à cheval sur l'éta-
blissement de l'A.P.D. et ses résultats seront utilisés pour la rédaction
du dossier d'Appel d'Offres.

- En ce qui concerne les ouvrages d'art isolés courants ou excep-


tionnels, l'enquête préalable et la reconnaissance normale seront nécessaires
pour établir l'A.P.S.O. Une reconnaissance spécifique sera peut-être néces-
saire.

- Pour les ouvranes urbains, l'importance des sujétions de tracé


impose, pour éviter d'aboutir à une impasse technique ou financière, de
mener l'étude de celui-ci en parallèle avec la reconnaissance des fondations.
Une étude au moins partielle de celles-ci sera donc toujours nécessaire
dès le stade APS et 1a reconnaissance spéci'f'ique éventuelle, dès le stade
APD.

.2. Enauête oréalable

a - Introduction

Le déroulement de l'enquête préalable dépend beaucoup des bases


et des hypothèses du projet. Il faut ici distinguer deux catéaories d'ouvra-
ges, les ouvraaes isolés d'une part, les ouvraoes sur des sections de voie
nouvelle d'autre part, et cette distinction ne recouvre pas la différence
ouvraaes courants - ouvrages non courants -, parmi les ouvrages isolés il
est fréquent qu'il s'agisse d'ouvrages à reconstruire.

On voit donc que suivant les cas on dispose, ou non, au début


de l'enquête préalable, des résultats de la reconnaissance générale du
tracé.

b - Renseignements sur l'ouvrage à fournir par le Maître d'Oeuvre

contraintes de tracé
vue en plan avec cotes de niveau (1) d'après plans
profil en long dans l'axe de l'ouvrage (1) (2) des tracés.
position des appuis (1)
tvoe d'ouvrane envisané

Notes
(1) Le Maître d'Oeuvre se fera une règle de fournir les contre-calques de
ces plans a-f'in de -faciliter le travail matériel du Laboratoire lors de
l'établissement des divers documents demandés.
(2) La présentation habituelle des profils en long de tracé avec dilatation
des échelles verticales est inadéquate là où se posent des problèmes
particuliers d'écoulement et de stabilité (pentes, remblais). Dans ce
cas la zone concentrée sera représentée sur des coupes orientées dans
les directions défavorables, agrandies à échelles homogènes.
- i:

- dimensions fonctionnelles de base envisagées


- ordre de nrandeur des réactions d'appui t' service en di'f'féren-
ciant poids propre et surcharges, (au moins en pourcentage)
Dans les cas les plus courants, se référer au document-type
FQOT 67.
- tassement dif'f'érentiel admissible pour la stri'cture ( FOCT 67,
complément envisagé).
Il est recommandé de présenter ces derniers renseionements sous
la forme d'une éD?uc^e du tableau "nomenclature et estimatioi des ouvraaes
d'art" (cf. exemples encartés dans le document-type CAT 71). Il est rappelé qu
au stade d'étude APS il n'y a en oénéral pas à établir de dessin des ouvraaes
d'art.

c - Héfinition des oroblèmes

L'enquête préalable a pour but de réunir tous les renseianements


disponibles, nécessaires à l'élaboration d'un A.P.S., concernant le sol
au voisinaae de l'ouvrage à construire, et d'en faire la synthèse pour
réaliser une étude d'approche des fondations et des difficultés susceptibles
d'être rencontrées et pour permettre au Maître d'Oeuvre d'établir une esti-"
nation sommaire.

Ces renseignements feront l'objet de la part du Laboratoire, d'un


rapport qui devra définir :

1) la coupe géologique du site (1/5000 en longueur, 1/500 en


hauteur).
Eventuellement, si le tracé n'est pas imposé, et si le site
présente des variations importantes, on indiquera les avantages d'un chan-
aement d'implantation pour l'ouvrage.

2) la nature probable du type de fondation et un prédimensionnement


sommai re et indicatif (fondation directe : niveau des semelles, éventuelle-
ment profondeur sous la nappe ; fondations par ouvrage interposé : longueur
des pieux).

3) la nature et la consistance probable de la reconnaissance normalf


(2ème étape).

d - Moyens et sources d'information

Les renseiqnements peuvent provenir de diverses sources :

- enquête locale à partir de précédents, d'ouvrages voisins, des


puits de la région ;

- étude qéologique : carte néologique, examen des affleurements,


archives diverses (1) ;

- résultats de forages d'identification géologique et éventuelle-


ment aéotechnique réalisés à la tarière et, plus généralement, utilisation
de la reconnaissance qéologique générale du tracé dans le cas de voie
nouvelle .

Note
(1) En principe, on trouvera auprès du Bureau de Recherches Géologiques et
Minières des renseignements géologiques locaux, puisque la loi fait
Obligation de lui déclarer tout sondaae d'une profondeur supérieJre à
10 m.
11 -

- résultats des essais sismiques de déarossissage (position et


nature probables du substratum s'il existe, con-f^irmation de la nature des
couches supérieures et indication sur leur corr^pacité) .

e - Résultats de l'enquête préalable

A ce stade les résultats sont soit d'ordre indicatif en ce qui


concerne le comportement mécanique des couches et leur configuration
(succession, épaisseur) en vue de déterminer un niveau d'appui probable,
soit d'ordre descriptif pour le rapport géologique qui, dans un esprit
de géologie appliquée, doit traiter les points suivants :

- stratigraphie ' succession et puissance des couches rencontrées


ou supposées;aénèse qui peut influer notamment sur les caractéristiques
mécaniques et l'homogénéité à l'échelle de l'ouvrage (préconsolidation,
dissolution).

- tectonique : discontinuités, êboulis, failles, anisotropie.

- géomorphologie : indications sur l'instabilité, l'altérabilité,

^lydronéol 0';;'ie •

En résumé, le Laboratoire doit indiquer au Maître d'Oeuvre des


renseignements qualitatifs et quantitatifs suffisants pour que celui-ci
puisse faire une estimation sorima"!re des fondations et des plus values
possibles, (voir tableau d'estimation pour l'APS, inséré dans le CAT 7 1 ) ,
et exemples dans le document-type EST 67.

Dans certains cas (sites instables, hétérogénéités importantes,


sols compressibles ou de très mauvaise qualité sur une très forte épaisseur)
des renseionements sommaires permettront de conclure à la nécessité d'une
étude "^nprifique (et éventuellement de l'entreprendre immédiatement) ou
à l'avantane d'u" changement d'implantation (ou de type d'ouvraae).

.3. - Reconnaissance normale

^ " ^t^t __ini_ti_al_

On utilise les résultats de l'enquête préalable ; à l'issue de


cette enquête, trois cas sont possibles :

- la fondation superficielle est possible , sous réserve de


vérification du tassement.

- la fondation profonde est indispensable ;

- la solution n'est pas évidente, soit que l'enquête n'a fourni


que très oeu de renseignements utilisables, soit que la fondation super-
ficielle semble techniquement possible, mais les informations recueillies
sont insuffisantes pour se prononcer et pour faire une comparaison écono-
mique avec la fonoation profonde.
- 12

b - BtQseignements_syr_llQUYrage_à_fournir_Bar_l_e_fJôitre.dl']euvrç

Si le choix n'en est pas arrêté, variantes possibles pour la


superstructure.

Coupe lonaitudinale (au 1/100^) avec contre calque, comportant


la linne rouoe du projet reliée au niveau NGF.

Vue en plan.

Descentes de charge en service, en différenciant poids proore


et surcharnes.

Eléments de bornage, en plan et en nivellement.

c - Définition_des_problèmes

Dans la plupart des cas (sauf étude spécifique) cette étape doit
clore les investigations de sol.

Il en résulte que la reconnaissance doit mettre en évidence la


structure du site au voisinaae de l'ouvrage à construire (nature des sols,
géométrie des couches, contrôle de l'homogénéité, régime hydraulique, cavités
souterraines) pour permettre le dimensionnement complet des fondations en
chiffrant le comportement mécanique des sols qu'elles sollicitent (au moins
dans le cas des fondations courantes). La reconnaissance a également pour but
de définir certains principes d'exécution et de permettre une estimation
précise des fondations.

Dans le cas où la nécessité d'une reconnaissance spécifique aura


été reconnue dès la fin de l'enquête préalable, la reconnaissance normale
pourra dès l'abord être conçue en fonction de la reconnaissance spécifique
indispensable ; celle-ci pourra être lancée à mesure des résultats partiels
et leurs consistances respectives devront être coordonnées. Sinon elle pourra
déboucher sur une étude supplémentaire soéci'fique, dont la consistance sera
définie en -^onction des difficultés rencontrées.

•^ " _''!oytQI_d-_.l_a__reconnai_s_sançe _normal_e

d, - Nombre et implantation des essais de reconnaissance

Le nombre et l'implantation des essais nécessaires varient en


fonction de la forme aénérale de l'ouvraqe envisané : En gros on distinguera
les ouvrages longs (portées supérieures à 15 m environ) et les ouvrages
larges (largeur utile biaise d'un tablier supérieure à 15 m environ). Ce
sont le plus souvent, dans le cas des autoroutes, des passages supérieurs
et inférieurs, respectivement. Bien entendu certains ouvrages imnortants
pourrct être n la fois et longs et larges.

Si l'implantation est défirie, les essais seront effectués dans


l'axe d'un ouvrage lona et de préférence centrés sur les appuis ; par exem-
ple trois sondaaes, au droit des appuis extrêmes (qui, en général, posent
plus de problèmes : stabilité, tassement, cause du remblai) et d'un appui
intermédiaire. Dans le cas d'un ouvraqe large on sera amsné le plus souvent
à l'encadrer aux quatre angles par quatre sondaoes en place pour obtenir un
profil transversal du terrain. Si l'implantation n'est pas définie (cas très
- 13

rare pour les ouvrages autoroutiers courants mais possible pour les orands
ouvrages), on pourra déterminer la meilleure position des appuis a l'aide,
d'essais rapides (pénétromètres dynamiques ou statiques, essais qéophysiques,
forages rapides dans les cas simples).

Si les discontinuités géotechniques notables apparaissent au vu


des premiers sondages en place, on les complétera à raison de 1 par appui.
Dans certains cas de grande hétérogénéité constatée (failles, karst), on
sera amené à effectuer plusieurs sondaaes sous chaque appui, pour obtenir
une coupe qéotechnique transversale.

Evidemment, à difficulté de problème égale, la reconnaissance


..ormale sera plus complète pour les ouvrages isolés que pour les ouvrages
en section. En effet, pour les ouvrages isolés, on a sauté une étape
puisque l'implantation est en général obliaatoire et qu'il n'y a pas eu
de reconnaissance géologique générale de tracé ; l'enquête préalable aura
donc été presque uniquement qualitative.

dp - Nature des essais en fonction du type de fondation envisané :

Dans les cas simples, les sondages pressiométriques suffisent,


car ils donnent à la fois des informations sur la conficuration du sol
(puisque l'avant-trou dans le cas des sols meubles ou la courbe de battage
dans le cas des sols pulvérulents permettront une identification grossière
des couches) et des renseianements suffisamment précis sur son comportement
mécanique.

iJéan'Tioins, en fonction des résultats de l'enquête prealatle,


on distinnuera :

d„. • Fc:uations superficielles

Les sondages pressiométriques sont bien adaptés. Ils permettent


de déterminer la force portante admissible à l'aide de critères de poinçon-
nement et de tassement.

En nénéral, en milieu homogène, les tassements sont dûs principale-


ment à des déformations angulaires (distorsion) et restent faibles. La part
due à la consolidation est négligeable car le coefficient de sécurité de 3
adopté pour le poinçonnement limite qénéralemont la pression appliquée à
une valeur proche (souvent inférieure) de la pression de préconsolidation.

En revanche, la présence d'une couche faible à 1 ou 2 diamètres


sous la base de la fondation peut être à l'oricine de tassements de consoli-
dation importants, même si le crit-r^ ^i^ 'ooi nçonnement est satisfait à tous
niveaux. Il peut être alors nécessaire de préciser la valeur du tassement
sur la base d'essais oedométriques.Il en résultera peut-être une modification
du type ini t-^alenient retenu pour la fondafiCMi.

On s'attachera à déterminer 1e niveau de la nappe et s'il est


supérieur au niveau de fondation, à estimer qualitativement les épuisements
escomptés (y aura-t-il pompage ? et de quelle importance ?) Pour cela on
pourra se baser sur une estimation de la perméabilité en fonction du type
de sol et si nécessaire de la nranulométrie (sols grenus ) . - cf. chapitre 3.4
14 -

dp„ . Fondations profondes

On se aarderpt bien d'éliminer troo t^â'^''vement la solution SMcer-


ficielle. Cependant il existe des cas où la fondation profonde sans étuaes
supplémentaires.

On sera contraint d'y recourir dans les cas d'un sol compressible
sur plusieurs mètres d'épaisseur (vases, argiles molles, tourbes, marais)
ou d'un sol relativement compact mais en présence de la nappe phréatique
qui laisse prévoir des problèmes de blindaqe et d'épuisement notables. Dans
ces conditions on mettra en oeuvre, suivant les cas :

- des sondanes au oénétromètre dynamique s'il "^'aoit de déterminer


la cote du niveau porteur que l'on sait par ailleurs suff'isamment résistant
(enquête préalable). Dans ce cas les pieux travailleront nénéralement à leur
capacité portante intrinsèque et le renseianement primordial sera leur lon-
gueur. On fera néanmoins attention aux faux-refus.

- des sondages au pénétromètre statique ou su pressiomètre lorsqu'il


est nécessaire de déterminer la force portante (en particulier le terme de
pointe) des pieux. On notera toutefois que le pénétromètre statique ne peut
être utilisé ainsi que dans les sols fins et qu'il ne faut pas sous-estimer
les risques de refus prématuré.

Dans certains cas, au vu des résultats, la solution sur pieux


peut être abandonnée au profit d'une solution massive ancrée dans une
couche de résistance suffisante pour une fondation semi-profonde, mais
insuffisante pour subir l'encastrement de pieux (cas fréquent des ouvraqes
en site aquatique , pour lesquels le caractère massif de la fondation pré-
sentera le plus souvent d'autres avantaaes).

d--^ • Lorsque la solution n'est pas évidente, on s'orientera vers des


méthodes permettant l'étude tant des fondations profondes que
des fondations superficielles :

- sondanes pres""lof^'p^r^cjes à raison de 3 par ouvrage au moins ;

- et forages de reconnaissance avec prélèvements d'échantillons


intacts pour essais de laboratoire à raison de 1 par ouvrage au moins dans
les cas douteux, avant de réaliser l'étude spécifique si elle est nécessaire.

d., - Profondeur des sondages

Les sondages en place ou les forages devront, dans tp- <= les cas
où une fondation profonde peut être envisagée, atteindre une profondeur
suffisante :

- Dans le cas d'un substratum sain très résistant et de puissance


importante, i "" peut suffire d'en reconnaître la cote du toit.

- Dans le cas d'une couche porteuse moins bonne mais où les pieux
travaillent principalement en pointe, on descendra à 5 diamètres de profon-
deur.
- 15 -

Dans le cas où l'on pourra craindre la présence de couches infé-


rienres de qualité moindre, on descendra certains foranes jusqj'i ] à : ,'
fois la larae-jr d'un arouoe de pieux sous la base de celui-ci.

- Pars 'e cas O''; '''or. crai^'^dra d'avoir a employer des nrouoes
d'un nombre irnoorta""* '' n-'o.jy fiottants, il faudra reconnaître le sol sur
une profondeur de •^v-'^-'s •''"""s ^j mo"^ns la plus petite dimension horizontale
du oroupe , c'est-à-cn re n^= l'on fera la même chose que s'il s'agissait
d'une fondation semi-profonde de même dimension à la même profondeur.

- Pour des fondations superficielles ou semi-profondes, il faudra


reconnaître la -'^uche porteuse sur une hauteur éqa1e à environ trois largeurs
de semelle, et donc au moins 5 mètres pour les fondations d'ouvrages d'art
courants.
De toutes façons, le premier sondane ou forage devra atteindre
environ 10 mètres de profondeur au moins sous la linne rouge du projet,
(la plus basse liane roune si plusieurs solutions sont en concurrence pour
le tracé) ou pénétrer dans le substratum dur de 3 à 5 mètres, "> a valeur
exacte dépendant de la précision des renseianements néoloniq'.'es recueillis.
La profondeur des sondages suivants sera déterminée en fonction des résul-
tats du premier.

e - Marche à suivre lors_de l^exgloitation_des_essais

L'exploitation des essais sera faite en s'aidant de l'identifica-


tion des sols (résultant des sondaaes ou des forages préalables - par exem-
ple ceux effectués à la tarière lors de la reconnaissance générale du tracé - ) ,
et suivant les méthodes indiquées au fascicule 5 Dimensionnement.

Le Maître d'Oeuvre exiaera que, tout au lono de la présentation


qui en ^^f faite dans le rapport oéotechnique, les méthodes d'exploitation
et V s cnoix et hypothèses particulières que l'on aura faits dans l'inter-
prétation soient mis en évidence et leur validité discutée en fonction' des
conditions de sol et de fondaiion en cause.

En effet, il oct évident que les hypothèses sur le mode de travail


des fondations, donc les méthodes d'exploitation et les résultats des cal-
culs, ont un caractère approché et alobal (ceci tant dans le cas des essais
de laboratoire que dans celui des essais en place).Un accroissement de la
précision dépend donc plus de raffinement des hypothèses que des décimales
du calcul.

A cet égard le caractère d'intervention légère donné à la


reconnaissance par les essais en pi ace .rapides, maniables et peu onéreux,
fait que ceux-ci sont en général les plus adaDtés pou*- les études courantes.
Si l'exploitation aboutit à des ordres de arandeur acceptables on ne pousse-
ra pas la reconnaissance plus avant.

En revanche, si les valeurs calculées sont importantes ou exception-


nelles ou si des phénomènes orépondérants ne peuvent pas être pris en compte
de manière satisfaisante par les essais (efforts parasites créés par un rem-
blai d'accès, par exemple), on risque de se trouver en dehors du domaine
d'utilisation normal de la méthode d'exploitation. Les résultats doivent
alors être considérés seulement comme une indication (précieuse pour orienter
les recherchées ultérieures) sur l'^'^oleur des phénomènes à attendre. Dans
le cas où un résultat qualitatif ne s-.f^'it pas, il pourra en résulter le
recours à des méthodes d'essais mieux adaptées (scissomètre ou essais de
laboratoire pour déterminer la stabilité d'uri remblai, par exemple) ou à
- 16

des mesures directes (essais de pieu, par exemple). En général, après cette
reconnaissance spécifique, il sera utile d'envisaaer des constatatio-^s.

f - Résultats de la reconnaissance normale

Le laboratoire devra fournir au maître d'oeuvre un dossier de


synthèse comportant :

- la vue en pla' in^^iquant les données de l'ouvrage complétée


par la position des sondages et des essaisen place, ainsi que celle des
piézomètres.

- la coupe longitudinale de l'ouvrage (1/100) sur laquelle


on aura reporté en les reliant aux niveaux N.G.F. :

. les résultats des essais en place réalisés ;

. la position des piézomètres et les niveaux d'eau reconnus.

. le niveau proposé pour les fondations ainsi que, dans une


courte notice, les conditions et les résultats de la reconnaissance, les
hypothèses du dimensionnement, les méthodes d'interprétation et les problè-
mes particuliers (voir § 6.2 Dessin-type d'APD).

- ur, rapport de synthèse émanant de l'organisme chargé de l'étude


de sols portant particulièrement sur les points suivants :

. contenu de l'intervention :

nombre de forages et d'essais en place, examen des sols, résultats


interprétés des esscis en place et de laboratoire (conformément aux modes
opératoires officiels), jugement sur la représentativité des essais et des
résultats ;

. exploitation des essais en vue du prédimensionnement d'APD.

calcul des forces portantes, estimation des tassements (à faire


selon les méthodes indiquées au fascicule 4 Dimensionnement, sauf motif
précis justifié ; de toutes façons présenter une critique de la valeur des
résultats obtenus)

. éventuellement, proposition d'un ou de plusieurs types de


fondation :

sujétions dues au type, problèmes pouvant influer sur le choix


d'un type de pieu (pieux façonnés a l'avance, exécutés en place ; avec ou
sans refoulement)

. problèmes éventuels liés à l'exécution des fondations :

venues d'eau, site aquatique, épuisements prévisibles (estimés),


possibilité de battaae ...

. consistance de l'étude spécifique éventuelle.


I
I 2.2.2 - SCHEMA-TYPE DE RECONNAISSANCE

I Le tableau ci-après donne une idée générale des opérations


nécessaires à chaque stade d'étude du projet d'un ouvrage d ' a r t . I l

I correspond à un résumé idéal des indications du paragraphe 2 . 2 . 1 .

Stades du
A P D
projet A P S D A 0
et A P S 0

principe des fonda- prêdimensi onnement confirmation du


tions probables dimensionnement e
indication sur les principe d'exécution du mode d'exécuti
enseiqnements recherchés
niveaux d'appui.
estimation sommaire estimation précise recommandations
des fondations. pour 1 'exécution.

enquête locale poursuite de 1'en- résultats de la


(précédents) quête locale reconnai ssance
(débit, affouille- normale.
Sources d'information
ments).
cartes géologiques résultats de 1'enquè
(éventuellement) te préalable.

reconnaissance Géo- coupe qéotechnique battage de pieux


logique du tracé détaillée du tracé ou de palplanches
d'essai.
éventuellement fora- essais géotechniques étude de perméa-
aes d ' idenf'fi cation en place. bilité des sols,
néolonique et aéo- du débit des napf
Mnvens technique à la ta- (à engager le p U
rière tôt possible sine
essais aéophysiques Reconnaissance on en aura les ri
de dégrossissage normale. sultats trop tare
(localisation du vement).
substratum).

quaiitative à base des essais


en place; si Tes
phénomènes en jeu
sont bien pris en
Enquête compte par les
préalable essais en place,
Exploitation des Reconnaissance
s 'en tenir là.
essais. spécifique.
bi les pnenomenes
semblent devoir être
de grande ampleur re-
courir à la reconnais-
sance spécifique
(essais spéciaux,
essais de laboratoire

I sur échantillons intacts,


essais de pieux).

I
- 18 -

2.2.3 - ETUDE SPECIFIQUE

Cette étape éventuelle supplémentaire a pour objet l'étude de


problèmes bien déterminés intéressant l'élaboration du projet de fondations,
la mise au point de certaines dispositions constructives ou la rpali^ation
d'un passaoe difficile de lonnueur imitée. Elle n'existera que si les
études prévues normalement lors de l'enquête préalable et de la reconnais-
sance normale sont insuf"faisantes ou mal adaptées.

Elles pourront, c'est le cas oénéral , suivre et prolonger les


études d'APD.
Elles pourront aussi débuter dès le lancement des études d'APS,
lorsque les précédents locaux rendront évident qu'elle est indispensable
et qu'on sera, d'autre part, assuré du caractère définitif du tracé.

Il est impossible d'établir une liste type des phases d'une


reconnaissance spécifique, vu la variété des cas à traiter. On s'inspirera
pour la mener des principes du chapitre 2.1. Nous donnons néanmoins
au paragraphe suivant une liste ouverte des problèmes pouvant donner lieu
à reconnaissance spécifique.

On gardera à l'esprit qu'une telle reconnaissance sera plus


onéreuse et souvent beaucoup plus lonoue (précision de certaines opérations.,
difficultés d'interprétation) qu'une reconnaissance courante.

- Liste de problèmes donnant lieu à reconnaissance spécifique

f-0_n_d_aj:_ip_n_s__spé_c_i_a_le_s_ : Elles nécessitent des essais complémentaires


et des méthodes d'investigation différentes.

- phénomènes de tassement faisant intervenir principalement la


consolidation. Exemole d'une couche faible sous appui. (Recours à 1'oedomètre
pour la détermination précise de l'amplitude du tassement total.)

- remblais sur sols compressibles et poussée latérale. Etude de


la stabilité (ajustement du coefficient de sécurité) et de la méthode de
construction du remblai (éventuellement mise en place de drains).

- force portante douteuse. Cas des pieux ou puits soumis au


frottement négatif et à des efforts latéraux importants. Cas des pieux ou
puits flottants (essais de pieu). Cas des injecf'ons à la base des pieux
et puits forés (contrôles en cours d'exécution et constatations). Cas des
groupes de pieux surmontant une couche mol le (essais oedométriques).

- terrains hétérogènes, (renforcement de la reconnaissance, géné-


ralement par multiplication d'essais rapides et peu coûteux ; précautions
d'exécution).

- problèmes liés à la présence de l'eau. Détermination des débits


de pompage (essais de pompage ou appréciation de la perméabilité) ; rabat-
tement de nappe ; interception de nappes sur des ouvrages continus (étude
de nappe et mise en place d'un réseau de drainage) ; crainte d'altération
du béton frais par des circulations d'eau ou oar leur aggressivité (analyse'
d'eau, micromoulmet) ; stabilité des batardeaux.
- i:

- affouillements en site aquatique. (Etude des précédents et


méthodes particulières de protection, voire modification de la conception
du projet).

Fondations excepti_qnnel_l_es_^ :

- roorisp P I sous oeuvre


- caissons havès ou foncés à l'air comprimé
- rideaux de palplanches ancrées par tirants
- traitement de la masse du sol oar injections.

l.l.U - TABLEAU RECAPITULATIF DES OPERATIONS


DE RECONNAISSANCE RECOMMANDEES
- Le tableau ci-joint résume brièvement le domaine des appareils courants en
fonction de types de sols élémentaires. On a souliané également l'utilisa-
tion la plus rationnelle des différentes méthodes, tant au point de vue
du niveau des études qu'à celui du type de fondation.
- Les croix indiquent les opérations réalisables normalement par type de sol.
- Les cases laissées en blanc indiquent qu'aucune méthode courante ne
donne entière satisfaction dans tel type de terrain ou que l'essai concerné
est impossible.
- La colonne "Essai recommandé" indique l'essai qui semble le plus apte à
résoudre des problèmes posés lorsque le type de fondation n'est pas dé-
fini, ou que le type de fondation retenu est composite (remblai et pieux
par exemple).
- Les deux premières liqnes, qui concernent le déroulement des études, sont
bien évidemment schématiques.
- ^f"

2.2.5 - QUELQUES EXEMPLES DE RECONNAISSANCE


D'OUVRAGES D'ART

NOTATIONS EfIPLOYEES

s
o
sondage avec prélèvement d'échantillons intacts,
c
h
o
sondage avec prélèvement d'échantillons remaniés,

0 P
en essais pénétrométriques.

(8) h essais pressiométriques.

( » 'en »" ''R

1, 2, 3 phases de Reconnaissance.
- 21 -

Reconnaissance d ' ouvrage d'art long

1^

TERRAIN HOMOGENE - BONNES PERFORr'ANCES.

'ERRAIN HOflOGENE - PERFORriANCES flOYENNES,

HETeROCENEITE RECOfJIlUC OL' A CRAKiDRE.

Tous ces essais ont été effectués lors de la reconnaissance normal


sauf le sondage S , qui, étant exécuté lors de la reconnaissance qénérale
du tracé, sera en pratique rarenent dans l'axe exact ic l'ouvrage définiti
- 22 -

Reconnaissance d' ouvrage d'art large

1, 2, 3 phases de reconnaissance

. Le sondaae Sp , effectue' lors de reconnaissance générale du


tracé, sera en pratique rarement dans l'axe exact de l'ouvraqe définitif,
ni sous une lione d'appui.

• La phase 3 est facultative et 1'inplantation exacte et la


nature des sondaaes correspondants seront définis â la demande suivant
les résultats de la phase 2.
23

Reconnaissance d'ouvrage d'art long et large

2B(pen 2 ^«
ou PR)

(pcn ou p^

1. 1ère phase APS

2 + 2 A 2ène phase APP terrain normal assez homogène

2 + 2 B 2ène phase APD terrain hétérogène.


Page laissée blanche intentionnellement
E'».^' • •• ?Ç

Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

Fascicule 3

METHODES D'ETUDE DES SOLS

LCPC

*'?! ^ ^ <?"- ' •;T?VW


Page laissée blanche intentionnellement
Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

CHAPITRES.!

Principes généraux
de mécanique des sols

LCPC

»*- ' - *rlïïTTriVT'i'°T


Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.1 - PRINCIPES GENERAUX DE MECANIQUE DES SOLS

3.1.1. - COMPORTEMENT MECANIQUE DES SOLS 1

3.1.2. - COMPORTEMENT DES FONDATIONS 9

.1. - Notions de charge admissible - cnlères 9


.2. - Fondations superficielles et fondations profondes 11
.3. - Méthodes d'évaluation - validité
a - les méthodes théoriques
b - les méthodes analytiques
c - les méthodes empiriques
d - conclusion
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.1

PRINCIPES GENERAUX DE MECANIQUE DES SOLS

3.1.1 - COMPORTEMENT MECANIQUE DES SOLS

Les sols sont constitués d'un ensemble de grains minéraux, entou-


rés d'eau, et éventuellement, pour les sols non saturés, d'air. La résistance
au cisaillement provient uniquement du squelette de grains, et non des phases
liquide et gazeuse . Néanmoins ces dernières jouent un rôle dans le rappro-
chement relatif des grains.
Considérons le cas fondamental des sols saturés. Ces orinrioes
s'expriment quantitativement par la relation de TERZAGHI : cr - cr + u
T = T'
La contrainte totale (cr, T ) s'exerçant Sur une facette donnée
se décompose en une contrainte relative au squelette de orains ((T.'T"* O U
contrainte effective et une contrainte relative à l'eau ( u ^ o ) qu. se réduit
à une pression dite pression interstitielle u.
Lorsqu'un élément de sol est soumis à i-ne sollicitation (par
exemple à la bo'te de cisaillement -fio. 2b page 3 - ou au sein du terrain
-fig. 2a page 3 - ) par suite de l'application d'une force au voisinage,
la résistance au cisaillement qu'il est susceptible d'offrir dépend de
la vitesse d'application de la sollicitation.

En effet, la sollicitation (AcT^ va tendre à provoquer des


variations de volume de l'élément de sol et donc un écoulement de l'eau.
Mais celui-ci ne peut se faire instantanément, d'une part parce qu'il
est freiné par les grains, d'autant plus que ces derniers sont petits
(perméabilité faible pour les sols fins), d'autre part parce que la fron-
tière drainante peut être plus ou moins loin (chemin de drainage).

Si l'application de la sollicitation est suffisamment lente pour


que l'élément de sol se draine au fur et à mesure,
on aura alors A u = 0 u = u
^ ^^ o
A(r=Acr et ô~'=. ô"' + A o"
les contraintes,d ]a pression hydrostatique initiale près u , sont repor-
tées intégralement sur le squelette du sol. On dit que la sollicitation
(ou l'essai) est drainée. La résistance T que peut offrir le sol va
donc dépendre directement de l'intensité de la sollicitation

A la rupture, sur la facette appropriée, on a :

T = c' + O-'tq 9'


avec a-'= ^ A cr T = c' + ( cr% Acr) tg<p'

où 9 est l'angle ue frottement interne effectif.


c' est ""a cohésion effective, toujours très faible pour les sols.
L'angle de frottement «P'et la cohésion c' correspondants
sont des paramètres caractéristiques du seul squelette de sol et sont dits
effectifs ou granulaires.
- 2 -

fig ; 1

Paramètres de définition des sols


et notations.

Poids Volumes

J 1
air Va

ww — eau 'w

W, • ••solide

i i

: poids des grains solides Ve volume des arains solides

'w
: poids de 1'eau V volume des vides entre grains

: poids t o t a l du sol V^ volume de 1'eau


Va volume de l ' a i r
W = Wj. + W ^ V volume t o t a l
V = V.. + V, Vs ^ V, . V^

H
Y poids spécifique t o t a l T 1
Y, l o i d s spécifique des grains solides _W_s
Vs
Y poids spécifique du sol sec Y _ Ws
d Od - y

Y poids spécifique de l'eau ï w - 7 ^ = lTf/m3


Y poids spécifique déjauqé
(lorsque le sol est saturé)

w teneur en eau * = - { ^ X 100 %


Ws
e indice des vides _Vv_
e = Vs
Vw
Sr degré de saturation Sr = - ^ X 100 %

n porosité n = ^
fig : 2 a

état initial ô^
o' ^o ' ao
vo
sollicitation A cr AcT, Au.
22 cr,w
état final â=: = (TQ* ACT

c=' = cr •+ A ( r '
f o

^i = «^0*^^
Acr,
%^l
AOT

fig : 2 b

état initial cr = 0 /UÇJ=O^TQ=0

sollicitation A cr , A T , AU
eau
AT Acr état final cr, = o~ + A(r
T O

y/////////////y//'/yy T^ s AT

11 V/

// :^/
\ySS>SSSSyy. P
^
u^ = Au

V/////A//////////z-''•/,

1 sol
- 4 -

. Considérons l ' a u t r e cas extrême où la s o l l i c i t a t i o r A o" est


appliquée si rapidement que pratiquement l'élément de sol ne subit aucune
perte d'eau ( 1 ) .
Dans ce cas, les qrains ne vont suhir aucun rapprochement r e l a t i f
à la suite de la s o l l i c i t a t i o n . On conçoit donc bien que l ' e f f o r t nécessaire
pour d i s t o r d r e ou c i s a i l l e r l'élément ne dépendra que de SQiLétat de compa-
cité i n i t i a l et non pas de l ' i n t e n s i t é de la s o l l i c i t a t i o n / ^ o u plus exacte-
ment des contraintes normale: Ao~

T = C ^ = c
u
La sollicitation (ou l'essai) est dite non drainée et la résistanci
au cisaillement constante est la cohésion non drainée c .

L'intensité de la sollicitation aura simplement pour effet de


mettre l'eau en pression, sans déterminer de chanaement dans les contrain-
tes effectives. Le tableau ci-dessous donne des exemples d'ordres de grandes
de durées de sollicitations permettant d'obtenir soit un drainage complet so
pratiquement aucun drainage.

Sabl e propre Arni le


Longueur du ''empb puur Temps pour Temps pu^r lemps
So ' 1icitation chemin de dramaae aucun drai- drainaae pour au-
drai naae. complet. naqe. complet. cun drai-
naqe.

Essais de labo-
ratoire (essai
triaxial - es-
cm seconde mi 11i-sec semaine seconde
sai oedométri- (sollicitation
dynamique)
Que).

Essai en place
(pénétromètre 10 cm (10) mi nute seconde mois mi nute
pressiomètre).

Fondation sur m (10^) <. heure seconde mois ou heure


semelle ou pieu aînée

Radier ou rem- année semaine


blai. 10 m (10- journée minute ou 10 ans voire mois
à 10^)

1) On peut réaliser ce cas en disoosant des •''rontières étanches tout


autour de l'élément, ce qui est fait par exemple dans les essais triax
de laboratoire.
fig : 3 a

Essai drainé

T = c' • ( c r ' + A o - ) tg "f'

fjg : 3 b

Essai non drainé

T = constante = C^j
fig : A

Calcul des contraintes verticales totales et effectives

(Nappe statique)

-1 m

•w
Ydz
- 7 -

Application:Calcul des contraintes géostatiques - Poids spécifiques

Nous allons calculer la valeur des contraintes verticales totales


et effectives, dans le cas simple mais très important en pratique, d'un
terrain horizontal comportant une nappe statique (f^q. 4 page 6 ) .

La contrainte totale C" vaut :


V

dans le limon Q- ^ ^ X I

dans le sable ^ = « , x .5 + û^ (Z - 5)

s o i t d'une manière qénérale

fif étant le poids spécifique t o t a l du sol (qrains et eau).

La pression i n t e r s t i t i e l l e , hydrostatique , vaut :

u = î ^ , , - ( 2 - 2,,)
w
7

C'est-à-di re
^ Zw

La contrainte verticale effective 0" est donnée par la relation


, v
cr = T - u
d'oùV dans V l e limon ^
n- ' = Û.Z - jr (2 - Z )
u V 1 w ^ w'
dans l e sable r X 5 + r (2 - 5) - ï (2

et d'une manière aénérale ^^^- r ï d2./ (ï- \)dz


On pose X' ^•- » ; c'est le poids spécifique déjauaé . On

aboutit donc aux règles suivantes :

Dans le cas de terrains ne comportant qu'une nappe statique, la


contrainte verticale '"^tale O" représente le poids total des sols situés
au-dessus du niveau considéré, la contrainte verticale effective C ' est
la somme du poids total des sols situés au-dessus de la nappe et du poids
déjauqé des sols baignés par la nappe et situés au-dessus du niveau con-
sidéré .

nénéralement le poids spécifique total ' e s t voisin de 2 t/m3,


tandis que le poids spécifique déjauoé est voisin de 1 t/m3 pour un sol en
place, de 1,1 t/:^3 pour un remblai normal.
Il est intéressant de connaître une autre expression du poids
spécifique déjaugé :
- 8 -
fig : 5

Comportement des fondations

portion pratiquement linéaire


0 Ql Q charge

Qf charge de fluage
W Ql charge limite

enfoncement
Y est le poids spécifique de l'eau.
'w
^ est le poids spécifique de la matière constituant les grains,
généralement compris entre 2,5 et 2,7, mais pouvant descendre
au voisinage de 1 dans le cas de sols comportant beaucoup de
végétaux (certaines tourbes très récentes).

Yjjest le poids spécifique sec (ensemble des grains è l'exclusion


de 1'eau).

On voit alors immédiatement que le poids spécifique déjaugé /' est


quasiment nul dans le cas des tourbes.

3.1.2 - COMPORTEMENT DES FONDATIONS

.1. - Notions de charge admissible - critères (voir également le chapitre 5.1'

Considérons une fondation plus ou moins enterrée dans un terrain


homogène (voir figure 5 page 8 ) et appliquons lui une charge crois-
sante Q. Au début les enfoncements, sont approximativement proportionnels
aux charges, puis à partir d'une certaine charge, la courbe de chargement
s'incurve jusqu'à donner des enfoncements très importants pour des variations
de charqe très faibles : c'est la charge limite Q. .

En aénéral on fait travailler les fondations, éléments relative-


ment rigides et qui ont eux-mêmes à supporter une superstructure plus ou
moins rigide, dans la première zone de la courbe de chargement approximati-
vement linéaire, pour laquelle les enfoncements restent assez faibles, en
tout cas contrôlables et à peu près réversibles.

On réalise aénéralement cette condition de la manière suivante,


quT constitue le critère de pcznço-nncment.

1) on évalue la charge limite Q» .

2) on applique un ooe^'';^~zcLenz. de sécurzzc Pénal à 3 (1).


Dans le cas particulier d'essais de chargement statique de pieu,
on peut déterminer directement l'étendue de la portion quasi-1inéaire : la
charge de •''luaqe Of]marque le seuil des enfoncements croissants rapidement.
Bien entendu, on lui applique des coefficients de sécurité beaucoup plus
faibles (1,25 à 1,6).
On obtient donc ainsi une première limitation pour la charge de
service de la fondation. Une deuxième est constituée par le critère de
tassement :

1) on se fixe la valeur du tas3crr,en:. admissible de la fondation.


La difficulté vient de ce que la superstructure est généralement sensible
aux tassements différentiels de ses divers éléments de fondation et non aux
tassements absolus et que la relation entre ces deux sortes de tassements
est souvent très lâche.

Sauf pour le terme de frottement latéral des pieux, pour lequel H est
éoal à 2.
- 10 -

fig : 6

Fondation superficielle

Fondation protonde
11

2) on évalue le tassement de la fondation en fonction de la


charge appliquée Q.

3) on vérifie que la charge ^ ne donne pas de tassement


supérieur à ce tassement admissible. S'il n'en est pas ainsi, on choisit
une charge Q plus faible, donnant un tassement au plus égal au tassement
admissible.
Pour les fondations de faible largeur (semelles, pieux), le
critère le plus important est le critère du poinçonnement. C'est même le
seul applicable dans le cas des pieux.
Pour les fondations de très grande largeur (radier), le critère
de tassement est prépondérant. (Il concerne également les groupes de pieux).
Remarquons que dans les problèmes de remblais sur sols mous, on
se soucie de ces deux aspects, mais dans unf optique toute différente :

. on utilise des coefficients de sécurité vis-à-vis du poinçonne-


ment beaucoup plus faibles, de l'ordre de 1,5 parce qu'il s'agit d'un ouvra-
ge susceptible de supporter de grandes déformations.
. il en résulte que les pressions appliquées au sol dépassent
souvent notablement le seuil à partir duquel on observe d'importantes varia-
tions de volume (pression de surconsolidation): les phénomènes de consoli-
dation sont alors prépondérants.
. on ne cherche pas tant à limiter les tassements,mais bien
plutôt à en prévoir l'amplitude pour déterminer les dispositions constructives
adéquates (surhauteur de remblai), et a en limiter la vitesse durant la mise
en service de l'ouvraae.

.2. - Fondations superficielles et fondations profondes.

Suivant la valeur de l'encastrement h (ou D) de la fondation, le


mode de travail peut être en réalité très différent.

Considérons une fondation posée à la surface du sol ou faiblement


encastrée (fig. 6 page 10 ). Lorsque de la charge varie jusqu'à sa valeur
limite, on peut observer que la rupture s'accompagne de déformations impor-
tantes de la surface du sol (bourrelets). On dit qu'il s'agit d'une fondation
superficiel le. La pression limite q £, s'exerçant sur la base augmente à peu
près proportionnellement à l'encastrement h.

Au-delà d'une certaine profondeur, dite profondeur critiaue, la


rupture est due essentiellement à un refoulement du sol dans la masse,
sans que la surface soit affectée significativement. On dit alors qu'il
s'agit d'un mécanisme de ^onâation profonde. On n'observe plus d'augmenta-
tion sensible avec la profondeur de la charqe limite Q£ s'exerçant sur la
base. On conçoit aisément que la charae limite Q X dépende tout autant
de la déformabilité du sol que de sa résistance limite. Ce point a été mis
en évidence par la théorie sur des phénomènes proches de l'enfoncement d'un
pieu : l'expansion d'une cavité cylindrique ou sphérique (Bishop - Hill et
Mott). (figure 7 page 12).
12 -

fig : 7

Phénomène de frottement latéral


- 13 -

On voit aussi que dans le cas d'une fondation profonde la


résistance due au frottement du sol le long du fût du pieu ou frottement
latéral vient s'ajouter à la résistance due au poinçonnement de la oase,
alors que ce terme est faible et est négligé dans le cas des fondations
superficielles. Le phénomène de frottement latéral est fort différent du
phénomène de poinçonnement : il s'agit essentiellement d'un cisaillement
simple d'anneaux de sol concentriques, et les caractéristiques 15 résis-
tance de l'anneau situé immédiatement au contact du pieu, le plus sollicité,
sont déterminantes, (fig. 7 page 12).

En particulier, dans le cas de sols cohérents, le frottement la-


téral limite dépend pratiquement uniquement de la cohésion du sol au con-
tact du pieu.

T^= c (au contact).

Or il est un fait que la mise en place d'un pieu, quel qu'en soit
le type, modifie l'état du sol à son voisinage, soit dans le sens d'une
amélioration (battane de Dieux dans des sols perméables), soit le plus sou-
vent dans le sens d'une détérioration. Dans ce dernier cas on observe gé-
néralement une reconstitution du sol après la mise en place, sans atteindre
toutefois la résistance initiale. Ainsi dans le cas de sols cohérents on
écrira donc

T p j8. c^ avec /i < 1


eu cohésion initiale

L'influence de la mise en place des pieux sur les propriétés du


sol situé au voisinage constitue une difficulté majeure dans la prévision
du comportement des pieux.

?1éthodes d'évaluations - Validité.

On a vu que pour appliquer les critères de poinçonnement et de


tassement, il est nécessaire de pouvoir évaluer la charae limite 0/ de la
fondation et le tassement, au moins dans la partie initiale de la courbe
de charoement.

Deux nroupes principaux de méthodes d'évaluation peuvent être


distingués : les méthodes théoriques et les méthodes analogiaues.

Les méthodes théoriques ont comme Support principal un modèle


mécanique (théorie), schématisant plus ou moins bien le phénomène et
permettent de passer de caractéristiques mécaniques élémentaires du sol à
des paramètres caractéristiques du comportement de la fondation. Les méthodes
existantes nécessitent une schématisation radicale du comportement élémen-
tai re du sol.

Les ''méthodes "crr.alcgiques" font intervenir lors des essais, des


sollicitations ae même nature que celles qu'on trouve sous les fondations
réelles. Elles sont appliquées généralement sur le sol en place (essais de
sol en place ou essais de chargement) et établissent une correspondance
entre les paramètres similaires des deux types ae sollicitations; les coef-
ficients de cette correspondance sont déterminés de manière plus ou moins
empi rique.

A titre d'exemple, on verra plus loin que les méthodes pressiomé-


triques et pénétrométriques sont de type analogique.
14 -

fig : 8 a

Schématisation du corps rigide plastique

loi de cisaillement

f i g : 8b

Schématisation élastique

T A

e
fig : 8 c
0 i
Lignes de glissement

= c • (T tg f
max
15

a - Les méthodes théoriques

La théorie de la capacité portante suppose un matériau ri ni de


plastique (fig. 8a P^^^ 14 ) . Elle vise à décrire le phénomène de
refoulement vers la surface. Elle utilise dans sa forme la plus simple
(TERZAGHI) des familles de lignes de alissement approchées, le long des-
quelles la résistance maximale est censée être mobilisée et, dans sa forme
la plus élaborée (théories de la plasticité) des volumes de sol entièrement
plastifiés, avec réseaux de lignes de qlissement correspondants (voir
fig. Se page 14 ) . En définitive les seuls paramètres mécaniques
élémentaires exploités sont les paramètres de résistance : soit c (*f = 0)
pour les -sols cohérents, soit c' et f ' dans le cas des sols pulvérulents.

On en déduit la pression limite de poinçonnement.

Destinée en principe aux fondations superficielles, on a tenté


néanmoins d'étendre l'application de cette théorie aux fondations profondes,
(termes de pointe).

Pour les sols cohérents (calculs à court terme f = 0 ) , elle donne


des résultats assez satisfaisants, même pour les fondations profondes. La
raison en est que, au moins en première approximation, la pression limite q-
dépend de manière simple (linéaire) d'un seul paramètre de résistance : la
cohésion non drainée c , et que le coefficient de portance N correspondant
peut être ajusté de maHière empirique (formule de SKE^^PTON).''

Au contraire, dans le cas des sols pulvérulents, l'application


de la théorie se heurte à des difficultés importantes : la pression limite q^^
dépend éminemment de la valeur de l'anale de frottement 9^ (fonction approxi-
mativement exponentielle de tg vf').

Ce dernier varie de manière assez importante en fonction de la


compacité (densité relative), qu'il est très difficile de déterminer avec
précision, les prélèvements intacts de sols pulvérulents étant souvent
impossibles. Il en résulte que pour appliquer la théorie de la force portante
aux sols pulvérulents on a eu recours à une évaluation très empirique et très
grossière de la densité relative, au moyen d'un essai de battage (méthode
S.P.T.,abaques de TERZAGHI pour fondations superficielles). Dans le cas des
fondations profondes, s'ajoute la difficulté supplémentaire d'adapter le
mécanisme théorique de base ; malgré des tentatives très poussées, notamment
par MEYERHOF (prise en compte de l'aspect tridimensionnel, d'une pression
de contact sur Iç fût évaluée empiriquement, etc...), les résultats obtenus ne
sont pas satisfaisants.

La théorie de l 'élastic-'tc dans sa forme la plus simple (élasticité


linéaire, matériau isotrope), est utilisée par diverses méthodes d'évaluation
des tassements. La schématisation de la loi de comportement du sol porte donc
sur la partie initiale, (fig. 8b page 14).

. Dans les méthodes dites globales on se sert du produit final de


la théorie de l'élasticité, à savoir la relation entre la charge et le dé-
placement. Par exemple, dans le cas d'une bande uniformément chargée,
0" 3 : w = -^ xq X constante
L ' util i sanon ae la théorie est dorn, complète, et le massif de sol doit
être caractérisé pratiquement par un seul paramètre, le module d'YOUNG E,
l'influence du coefficient de Poisson V restant très faible; Là résident la
difficulté principale et la limitation de ces méthodes.
- 16 -

Le module de déformation sécant peut varier d'un point à l'autre


du massif essentiellement pour 3 raisons :

- La raideur du sol peut varier avec la profondeur.

- Le niveau de chargement varie et la courbe de déformation étant


incurvée, le module sécant varie aussi. Le module d'YOUNG est souvent pris
égal au module de déformation sécant d'un essai de compression avec étrein-
te, pour la moitié de la charge de rupture. Cette mesure n'est possible que
pour les sols carottables. (ce problème peut toutefois être traité par la théorie
de l'élasticité non linéaire et avec paramètres variables).

- La sollicitation élémentaire n'est pas du même type en tout


point du massif"(importance relative des déformations volumiques et défor-
mations de cisaillement, rotation des contraintes principales plus ou moins
marquée). En réalité, le sol ne peut être caractérisé par une seule loi de
déformation valable en tout point : à chaque type de sollicitation élémen-
taire devrait correspondre une loi.
En pratique, l'utilisation des méthodes globales doit être réservée
aux cas où les déformations volumiques sont faibles et doit être considérée
comme très approchée (tassement immédiat sans drainage-des sols surconsoli-
dés).

. Dans le cas où les déformations volumiques sont prépondérantes


(remblais sur sols mous) on doit utiliser la méthode oedométrique qui ne
fait que partiellement appel à la théorie de l'élasticité. Elle exploite uni-
quement les résultats concernant la distribution des contraintes verticales qui
varient pas trop avec la forme exacte de la partie initiale de la loi de com-
portement du sol.
Les déformations volumiques élémentaires sont mesurées directement
dans un essai à déformation latérale nulle (essai oedométrique) et sont
ensuite intégrées pour donner le tassement résultant en surface, ou tout
au moins la part de tassement due aux déformations volumiques.
Telles sont les méthodes théoriques disponibles pour le calcul des
fondations.

b - Les méthodes analogiques


Les méthodes analogiques se rapportent à deux essais : ^'essai
pénétrorrétvzaue et 1 'essaz vressiomctviaue.
. Il est clair que l'analogie mécanique entre pénétromètre et
pieu est a priori excellente. C'est vrai en ce qui concerne la nature de
la sollicitation ; ce n'est pas tout à fait exact en ce qui concerne les
conditions de l'essai ; notamment celui-ci est très rapide. Le frottement
latéral surtout en est affecté puisqu'il dépend essentiellement des con-
ditions régnant au contact immédiat du fut (matériau constitutif du fut ;
drainage possible ou non ; délai de repos et reconstitution du sol).
Bien que dans certains sols sensibles, l'essai soit trop brutal et conduise
à une sous évaluation, on peut en général transposer directement la résis-
tance de pointe. Les limitations de la méthode sont surtout d'ordre prati-
que ( présence de gros éléments rendant la mesure non significative, refus
etc.).

L'application des résultats pénétrométriques à l'évaluation de la


force portante des fondations superficielles est par contre très aléatoire.
L'analogie est loin d'être respectée et par ailleurs, la précision des
appareillaaes n'étant pas suffisante dans le domaine de contraintes intéressé,
elle ne peut fournir que des évaluations grossières.
- 17 -

. A la différence de l'essai pénétrométrique qui ne fournit que


des caractéristiques limites, l'essai pressiométrique donne une courbe
complète de chargement du sol en place. C'est donc un essai particulière-
ment intéressant ; il permet d'obtenir ainsi à la fois des informations sur
la raideur du sol (module pressiométrique, pression de fluage) et la carac-
téristique limite de l'essai (pression limite p ).

Notons tout d'abord que, compte tenu de la dimension de la sonde,


la durée adoptée pour l'essai permet de reproduire des conditions de drai-
nage assez proches de celles conditionnant le comportement des fondations
profondes (pieux et puits).
L'analogie de base réside dans la relation entre la pression
limite p-. du pressiométre et la pression de rupture en pointe du pieu q
Les informations supplémentaires données par l'essai telles que :
déformabilité, nature des matériaux (sol à caractère frottant ou cohérent)
e t c . . interviennent dans cette correspondance plîSiq
L'analogie pressiométre - fondation superficielle est plus lointaine ; il
a été nécessaire de dégaoer des rèales semi-empiriques pour le calcul de
ces dernières.
L'interprétation des essais pressiométriques pour le calcul des
tassements est basée essentiellement sur des considérations théoriques.
Le calcul pratique se fait à l'aide de règles empiriques à partir de l'es-
timation du module sécant moyen. Cette méthode théorique globale est sou-
mise aux mêmes limitations que celles exposées plus haut (en particulier
déformations volumiques faibles).

c - Les méthodes empiriques

Elles sont représentées souvent par des corrélations entre


grandeurs sans liaison théorique ou analogique.
Ex': Standard Dénétration test
(sôllicitation
(sollicitation dynamique) statique)

Méthodes très Vitesse sismique — force portante


grossières et
généralement Caractéristiques
troD pessi- d'i denti fi cation force portante
mistes.

d - Conclusion

Les méthodes analoaiques ou théoriques ont un caractère rationnel ;


elles font correspondre au phénomène un modèle théorique ou pratique. Elles
sont imparfaites, ceci ne veut pas dire qu'elles sont à rejeter, mais leur
emploi impose une bonne connaissance de leurs 1 imitations ; ce sera souvent
l'affaire de spécialistes.
Les méthodes empiriques (corrélations) sont à utiliser lorsqu'elles
existent dans le but d'obtenir un complément d'information. Elles sont beau-
coup moins sûres que les premières et il n'est pas question de les mettre
en compétition avec celles-ci.
Page laissée blanche intentionnellement
Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

CHAPITRE 3.2

Sondages

Lcpa
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3 . : - SONDAGES

3.2.1. - INTRODUCTION I

.1. - Le sondage n'est qu'un moyen I


.2. - Qualification de l'equipe d"e\écutioti I
.3. - Recommandations d'exécution et cahiers des prescnptK>ns spéciales

3.2.2. - LTILISATION

.1. - Rappel des objectifs de la reconnaissance


.2. - Types de sondages
a - les sondage', destructifs
b - les forages avec prélèvement d'échantillons intact^.
.3. - Domaine d'emploi des sondages
.4. - Définition du programme des sondages en reconnaissance d'ouvrages d'art
a - classement en lonction des problèmes à résoudre
b - implantation pratique des sondages de reconnaissance spécifique

3.2.3. - PRESENTATION DES RESULTATS DE SONDAGES 10

.1. - Cahier de chantier 10


.2. - Feuille de sondage 10
.3. - Fiche de carottage II

3.2.4. - LES MATERIELS II

.1. - Sondage manuel 13


.2. - Sondagf a la pelle mécanique 13
.3. - Sondages mécaniques 13
a - principe dj ~onJji:.' 13
h - les vondeuM.'- 13
b. k'v mjchme~ a percussion
b, - les machine^ a rotation
b, - privedc- ^pfcijux
k'v ouiih d jiijqjc dcv icrramb
VI - pénétration par destruction des matériaux rencontrés
C-) - préléverhent d'échantillons mlacls

3.2.5 - ANNEXE CPS DE SONDAGE 24


Page laissée blanche intentionnellement
- 1 -

CHAPITRE 3.2

SONDAGES

3.2.1 - INTRODUCTION

Les sondages doivent permettre de reconnaître les formations


par extraction d'échantillons intacts ou remaniés servant à l'identi-
fication des sols ou à l'étude en laboratoire de leurs propriétés oêo-
techniques.
Tout en insérant dans ce chapitre une présentation oénérale des
matériels de sondage, nous réservons pour le chapitre suivant 3.3(Prélève-
mentset identifications),les développements qui concernent l'exploitation
des échantillons remaniés. " ^
Les investigations par sondaaes (qui comprennent le forane lui-
même, le traitement et le transport des carottes, puis les essais en labo-
ratoire et leur exploitation) sont particulièrement coûteuses ; aussi doit-
on en tirer le maximum d'informations. La qualité de ces informations dépend
pour une bonne part de la qualification de l'équipe de sondaae et aussi du
proaramme de reconnaissance retenu. Il est pratiquement indisoensable qu'il
y ait en permanence près de cette équipe un représentant qualifié du Labo-
ratoire charaé des études de sols.

Nous détaillons ci-dessous certains points particulièrement


importants.
.1. - Le sondaoe n'est qu'un moyen
Il ne constitue qu'une des étapes de l'étude. Le matériel et le
proaramme doivent donc être définis avec les mécaniciens des sols qui seront
amenés à exploiter les résultats de sondaae et à effectuer les essais en
laboratoire et leur interprétation.

.2. - Qualification de l'équipe d''exécution


La valeur des essais de Laboratoire dépend de la qualité des
prélèvements "intacts" des échantillons de sols. Il est donc souhaitable
que l'ensemble prélèvements-essais en Laboratoire soit effectué par le
même oroanisme. S'il n'en est pas ainsi, il est nécessaire que le labo-
ratoire charaé des essai s contribue à déterminer la méthode de prélèvement
et supervise l'exécution des sondages sur le terrain.
- 2-

On voit donc que la qualité des sondaaes passe par les impératifs
suivants : il faut du matériel adapté, mis en oeuvre par un personnel com-
pétent suivant des techniques riooureuses. On trouvera au paraaraphe 3.2.3
une présentation des pr>ncipaux matériels de sondage.

.3. - Recommandations d'exécution et Cahiers des Prescriptions Spéciales

Il est absolument indfspensable d'obtenir des entreprises, avant


adjudication et rédaction du CPS, la liste des matériels dont elles diSDOsen"
et qu'elles pourront effectivement engager sur le terrain.
"Il faut là plus qu'autre part éviter absolument de fixer le nombre
de "trous", sans plus, et de choisir le moins-disant.

3.2.2 - UTILISATION DES SONDAGES

.1. - Rappel des objectifs de la reconnaissance

On se souvient que les principes et les objectifs de la reconnais-


sance, détaillés au fascicule 2, comportaient entre autres, l'idée que la
reconnaissance s'appuie d'une part sur des informations qualitatives, d'autre
part sur des informations quantitatives.

On explicite ci-dessous (paragraphe 2) quelles sont les information;


que permettent de recueillir les différents types de sondaaes et on précise
(paraaraphe 4) les arandes lignes d'un programme complémentaire de reconnais-
sance spécifique par sondages carottés. Le fascicule 2 Reconnaissance s'est
borné en effet à indiquer les principes de la Reconnaissance spécifique et
les problèmes qui pouvaient obliaer d'y recourir, sans précisions sur la ma-
nière exacte de la mener.

.2. - Types de sondages

a - Les foranes destructifs

Ce sont des foraaes rapides qui permettent :

- soit de prélever des échantillons remaniés. La teneur en


eau est une caractéristique importante à ne pas perturber. En revanche, il
est nécessaire pour procéder aux identifications et aux études en Laboratoire
de prélever des échantillons ayant un volume assez considérable. On utilise
alors des tarières simples. Le type le plus répandu est la sondeuse Highway,
qui selon le type réalise des sondages de 6 ou 12 m de profondeur en diamè-
tre de 400 mm. La cote de l'échantillonnage est précise, les rendements
élevés (5 sondanes à 6 m par jour en moyenne). Les possibilités sont limitées
par la présence de blocs, ou par le"= éboulements de terrain lorsqu'il y a
une nappe. Dans ce cas on devra utiliser des tarières continues, à âme
pleine ou creuse.
3 -

- soit de réaliser une simple perforation : utilisation d'un


outil plein ou carottaqe en rotation de très faible diamètre. L'infor-
ïïiation recueillie est la vitesse d'avancement de l'outil ou l'examen
des sédiments remontés. On peut éqalement utiliser un carottier simple
battu et l'on note la courbe de battane.

Le développement de la diaqraphie amène à développer les sondanes


sans prélèvement les moins onéreux possibles (de l'ordre de 45 F le mètre
linéaire). Ils sont réalisés à l'aide de sondeuses à rotation munies d'une
tète tricône, sondeuses à vibro-percussion, wagon-drill. Leur prix de
revient est environ cinq fois moindre que celui des sondages simplement
carottés..

A partir des êchantilions remaniés on pourra identifier les sols


(granulométrie, limitesd'Atterberg, teneur en carbonate ou en matière
organique...). La teneur en eau ne pourra être obtenue que-si l'opération
de prélèvement est effectuée i sec et que les échantillons sont placés
aussitôt en gaines étanches.
Ces échantillons ne pourront pas être soumis aux essais mécaniques
en Laboratoire (cisaillement et compressibilité). -

Dans certains cas, les forages ainsi pratiqués pourront être


utilisés pour la mise er oeuvre du pressiomètre (cf. chapitre 3.2). Cela ne
sera possible que si le diamètre du forage initial est de 60 mm (ou
inférieur, moyennant réalésaoe à ce diamètre du trou initial) et après
s'être assuré que les parois du foraoe ne sont ni éboulées, ni remaniées,
ni trop ramonées.

b - Les foraqes à^jez prélèvement d'échantillons intacts

Ils permettent d'extraire le sol sans en modifier, en principe,


1'état et la structure.

Il faut recourir à des carottiers spéciaux :

- carottier à double enveloppe à trousse coupante avancée (type


Mazier) utilisé avec une sondeuse en rotation

- carottier à paroi mince, enfoncé par vérinage

- carottier à piston stationnaire, pour le prélèvement des sols


mous.

Le diamètre des carottes prélevées doit être suffisant pour


permettre de tailler les éprouvettes destinées aux essais (86 mm est un
minimum). On doit faire très attention à la conservation des échantillons
au cours des opérations de manutention et de transport des containers
[paraffinaqe des extrémités, extraction facile de la carotte, précautions
contre les vibrations).

Le prix des échantillons intacts étant élevé, il est rare qu'un


sondaae soit carotté de cette manière sur toute sa lonqueur. Une étude
Géologique sérieuse doit être faite avant de localiser leur emplacement.

Sur les carottes il est théoriquement possible d'effectuer tous


les essais de Laboratoire (identification et essais mécaniques de cisail-
lement et de compressibilité).
- 4 -

En fait, le degré de remaniement d'une carotte est très variable


suivant le type de matériel utilisé et la nature du terrain à prélever :

- dans les vases, les argiles peu consistantes, il sera aussi


facile de prélever des échantillons intacts que des échantillons remaniés.

- dans des blocs, aalets e t c . . le prélèvement d'échantillons


intacts sera impossible et d'ailleurs de tels échantillons ne pourraient
être testés dans la plupart des Laboratoires qui ne sont équipés que pour
les sols fins.

- le prélèvement de sables propres sous la nappe nécessitera


l'utilisation de carottiers spéciaux.
- le carottage en rotation permettra de pénétrer la plupart
des terrains (il ne sera pas économique dans les graviers par exemple ).
Cependant, la qualité de la carotte sera médiocre dans les sols mous.
Dans le rocher fissuré le pourcentage de carottage sera fonction du
diamètre du carottier par rapport à la maille moyenne des fissures ou
diaclases ; et dans le rocher altéré, ce pourcentage sera fonction de
1'état d'altération.

- dans certains horizons compacts, même si l'on n'a pas besoin


d'échantillons intacts, on pénétre plus vite en carottage qu'en perforant
à l'outil plein (sondage destructif).

.3. - Domaine d'emploi des sondages

Il importe de toujours envisager l'insertion des opérations de


sondaoes dans l'ensemble de la reconnaissance, qu'il s'agisse de la recon-
naissance générale du tracé ou des'différentes étapes de la reconnaissance
localisée, au droit des ouvrages ou des grands remblais.

Les sondanes étant la partie la plus chère d'une opération de


reconnaissance, il importe d'arrêter judicieusement leur implantation. Ils
ne seront réalisés en tous cas qu'après l'étude Géologique de terrain et
les prospections géophysiques (sauf naturellement pour les sondages d'éta-
lonnaae). Leur exploitation doit être maximale :

- pour chaque sondage on établit une fiche où sont consianées


toutes les données : type du sondage, outils utilisés, vitesse d'avancement,
venues ou pertes d'eau, etc. ;

- la coupe géologique précise doit être relevée par un géoloque


averti et il est recommandé en outre de photographier (en couleurs) les
échantillons remontés : on obtient ainsi une bonne référence, car les
carottes évoluent très rapidement dans le temps ;

- ils sont équioés d'un ou plusieurs piézomètres, selon les venues


d'eau rencontrées au cours du forane .

On indique dans le tableau du paragraphe 2.2.4 les types de sondages


conseillés et l'appareil laoe recommandé en fonction du type de sol et de la
nature du problème à résoudre.
En fait, en reconnaissance normale d'ouvraqes d'art, on n'envi-
saaera d'effectuer des sondaqes avec prélèvement d'échantillons intacts
pour essais de laboratoire que lorsque les essais aéophysiques et en place
(plus rapide et moins onéreux) ne seront pas suffisants.

Pratiquement, ceci correspond à des problèmes qui se oroupent


sous deux nrandes rubriques :

- Existence de couches compressibles, soit intercalaires, soit


régnant sur de arandes épaisseurs. Le problème se pose particulièrement
au niveau des remblais d'accès aux ouvraqes, des aroupes de pieux flottants
(efforts parasites).

-'Problèmes liés à la présence de l'eau dans les sols ; circulations


d'eau, tenue des ouvraqes provisoires.

.4. - Définition du oroaramme des sondaaes en reconnaissance d'ouvraqes d'art

a - Classement en fonction des problèmes à résoudre

- Etude aéologique de l'homogénéité

Er terrain rocheux, il s'agit de déterminer la cote en dessous


de laquelle on est sûr de ne plus rencontrer de cavités (carottage complet
et examen des fossiles), d'étudier la fissuration ou les diaclases (essais
Luaeon), les risques de fontis (examen par caméras de télévision en circuit
fermé des cavités artificielles ou naturelles).
On procède à des sondages carottés parce que le terrain est
compact, et à de simplesforaoesdestructifs sans prélèvementsd'échantilIons
pour les essais Luoeon.

En terrain non rocheux, il peut s'aoir de déterminer, oar la géo-


loaie appliquée, si l'on a affaire à une couche de sol en place ou à des
éboulis ; les essais en place sont évidemment muets à ce sujet. S'il s'agit
d'éboulis, on fera attention aux mouvements ultérieurs éventuels (on aura
tendance à prévoir des pieux de aros diamètre pour y résister). Comme cette
étude est délicate et que le problème peut passer inaperçu, la situation
pourra être plus critique Dour les petits ouvrages, les crédits de recon-
naissance étant plus faibles que pour les grands.

- Couche compressible

On a indiqué-au oaraoraphe 2.2.1 alinéa d„ (Nature des essais


en fonction du type de fondation envisagé), les cas dans lesquels le
pressiomètre n'est pas suffisant pour effectuer le dimensionnement. Il
faudra alors procéder à des sondaaes carottés complémentaires qui seront
suivis d'essais à l'appareil triaxial (stabilité à court et à long terme,
efforts parasites) ou a l'oedomètre (tassements).

- Problèmes d'eau

Etude des Nappes : Il s'agit d'effectuer des forages destructifs


soit pour poser des piézomètres, soit pour déterminer les nappes en charge
(remontée brutale du niveau d'eau dans le forage à la perforation) ou mul-
tiples, soit pour utiliser des micromoulinets (encore à l'état de proto-
types) en vue de déterminer les circulations d'eau et les risques de
- 6 -

fig:1

Reconnaissance spécifique d'ouvrage d'art isolé

q
0 pen

nombre tôt
s„ 2
pen 3 Voir la définition des symboles
au fascicule 2 page 20.
PR 3
^C,,) 1

(1) pour traiter le problème des remblais sur sol mou.


fig : 2

Reconnaissance spécifique d'ouvrage d'art sur tracé

terrain hétérogène

O ® O
Os,
®
O

SR-PR pen P.-SR pen 5 pR .. P


KR
ou ou
PR PR

terrain homogène

(g) O: O

O ®

s^.p
R.KR PR %R y,P»^R

Voir la d é f i n i t i o n des synbcles au f a s c i c u l e 2 paqe 20.


Reconnaissance spécifique de grand ouvrage

LA SEINE
^•^Y^ 12
^ 11
^ ip 9 9 7 6 5 / . 3 2
R.G
0
I PH.E.» 3,70m
r"^^ 4-T~I~T

Phases
C) O C) C) C) o
o
® C)
$ ) (:) O (:) (:) (:) ® <:> (!) ®

Phases

Reconnaissance du tracé

Reconnaissance normale

Reconnaissance spécifique

Voir la définition des symboles au fascicule 2 paqe 20.


- 9 -

delavaqe du béton. Notons les problèmes d'étanchement des fouilles


(essais Luoeon) ou l'évaluation des débits (essais de pompaae ou de rabat-
tement de nappe).

Problèmes d'affouil lements : Une identification qranulométrique


précise et la détermination des zones de sol en place ou remanié seront
utiles. Mais les essais en place sont eux aussi bien précieux pour préciser
les discontinuités de résistance (le saut positif dans la courbe est une
bonne indication de la cote maximale des affouillements antérieurs) ;
Particulièrement le SPT et le pénétromètre (en qénéral dynamique, puisqu'il
ne nécessite pas de réaction ce qui évitera l'emploi d'un matériel lourd
et permettra de le mettre en oeuvre à partir d'un ponton léger). En re-
vanche le pressiomètre risque d'être moins précis, puisqu'il faudra employer
le tube lanterné.

- Problèmes particuliers

Injections : Etude aranulométrique pour savoir si le milieu est


injectable et essais Luqeon pour déterminer la fissuration (roche) et donc
l'importance des pertes de coulis.

Havane : Détermination de 1'homoaénéité en plan du terrain pour


assurer la descente d'aplomb, détermination du frottement et donc du lestaae
à prévoir. Il •^era bon d'encadrer le site par des sondages carottés.

b - Implantation pratique des sondages de reconnaissance spécifique


(éventuellement)

Rappelons que la reconnaissance Générale du tracé, le cas échéant,


comporte un sondane profond remanié par ouvraoe, qui aura souvent été pour-
suivi sur 2 mètres environ dans le rocher franc (sur recommandation du géo-
logue, surtout lorsque l'on craindra des altérations ou des blocs erratiques)

Le pronramme de la reconnaissance spécifique dépend donc d'une


part de la nature du problème à résoudre et d'autre part de la catégorie
de l'ouvrage : ouvraqe isolé, ouvrage d'une série, grand ouvrage. Vu la
variété des cas nous ne pouvons que donner pour ces trois cas des exemples
de distribution des sondaqes en place et des sondages pour essais de labo-
ratoire .

Les schémas présentés se résument Grossièrement de la façon


suivante :

- ouvraqe isolé.(voir fig. 1 page 6)


Un sondage carotté par appui, dans l'axe de 1'ouvrage.
un ou,plusieurs essais en place par appui, si possible disposés en quinconce.

- ouvrage d'une série, sur le tracé, (voir fig. 2 page 7)


Un sondage avec prélèvement d'échantillons remaniés tous les deux appuis
(en particulier sous les appuis extrêmes qui posent souvent le plus de
problèmes, que le tracé soit en remblai ou en déblai).
Suivant la complexité du problème, soit un essai en place sous les autres
appuis, soit un ou plusieurs essais en place sous chaque appui, effectués
en quinconce; on donnera le plus souvent la priorité aux essais pressio-
métriques, et lorsque l'on fera beaucoup d'essais, on alternera avec des
essais pénétrométriques.
- 10 -

- arand ouvrage, (voir fig. 3 page 8)


Un sondage carotté par appui, dans l'axe de l'ouvrage principal. Dans
certains cas, certains de ces sondaoes pourront être poussés à de orandes
profondeurs pour préciser la néologie.
Un ou plusieurs essais en place par appui de l'ouvrage principal et des
ouvrages d'accès éventuels, disposés en Quinconce ; Alterner sondaoes
oressiométriques et pénétrométriques, insister sur les culées et les appuis
des nrandes travées.
Un sondaqe carotté tous les de.;x appuis des ouvranes d'accès éventuels,
en insistant sur les zones de transition.

3.2.3 - PRESENTATION D E S RESULTATS DE SONDAGES

On rappelle que les éléments de situation de sondane à fourni^-


par le f'aître d'Oeuvre sont les suivants (cf. fascicule 2 Reconnaissance- :

- Référence de sondaoes antérieurs effectués à proximité.

- Sianaler la présence de conduites, cavités, remblais anciens,


fondations anciennes, etc....

- Préciser les repères d'altitude et en plan choisis.

Le sondage donne lieu à l'établissement des documents suivants ;


(leur fourniture doit être demandée d'une manière précise dans le CPS des
travaux de sondage).

.1. - Cahier de chantier (Chef sondeur)

Ce document qui retrace l'histoire du sondaqe doit être rempli


par le Chef sondeur et tenu en permanence à la disposition du représentant
du Maître d'Oeuvre. On y consinne toutes les observations faites en cours
de sondage.

- Vitesse d'avancement. Cet élément permet d'apprécier les chanqements


de compacitédes couches et de situer orossièrement l'interface des couches

- Incidents. (Carottiers laissés au fond, rupture d'outil, éboulements). Ces


éléments sont primordiaux pour le règlement.

- Pertes ou venues d'eau et niveaux où elles sont apparues (cavités nappes


en charne).

- Instrumentation, chaunements d'outils.

- Résultats d'essais (éventuellement). SPT,essais d'eau Luqeon.

.2. - Feuille de sondage

Il s'aoit du document de synthèse qui doit être remis au ^^aitre


d'Oeuvre. Il doit être établi par l'Innénieur qui aura suivi les opérations
de sondaoes et devra comporter toutes les indications suivantes :
- 11 -

- Identité de l'Entreprise de sondane.

- Désinflation du chantier.
Identi fication
- Nom et qualité du chet sondeur.
du chantier.
- Numéro du foraoe repéré sur le plan de situation.

- Date de début et de fin de foraoe. >

- Méthodes de foraoe.

- Diamètres des trous.

- Protection du foraqe (tubaqes, diamètre, mode de fonçaqe" Apparei11ane.

- Type de 1'échanti Honneur (carottier) et dispositif c'en-


foncement.

- Niveaux de prélèvement.

- Pourcentane de carottaoe.

- Coupe du foraqe et identification rapide des couches LOupe proprement


traversées cf. chapitre 3.3. dite.

- Niveau de l'eau îen fin de forane et à 24 heures).

. ô. Fiche de carottaae

Ce sont les indications qui doivent suivre les carottes pour


faciliter leur repéraae lors des essais de laboratoire :

- Lonnueur d'enfoncement du carottier. Car si elle est supérieure à la


lonoueur de la carotte extraite, celle-ci sera comprimée.

- Lonqueur de la carotte extraite.

- Lonnueur de la carotte conservée.

- Orientation et cotes des tête et pied de la carotte

- Type et caractéristiques du carottier.

- Vitesse et effort de fonçaqe (éventuellement).

3.2.4 - LES MATERIELS

Les méthodes de sondaae et les matériels de sondane sont étroite-


ment liés.
. 12 .

TARIÈRES A M A I N

Poids de l'outil : 2 kg
avec tourne à gauche : 3 kg
de chaque rallonge : 3 kg

Nombre de servants : 2 à sec, 3 avec bentonite.

Accidents possibles : rupture de filetage (utiliser


des manchons coulissants à écrous).

Type Hélix Type Iwan Type à mèche à mèche vissante

Hélix Iwan A mèche A mèche vissante

Diamètres usuels D
(mm) 50 - 100 - 200 76 - 101 - 152 203 50 - 60 - 90 50 - 60 - 90
Longueur tarière L
(cm) 20 - 30 - 40 30 40 40

Capacité en litres 0.5 - 1 2 0,8-1-1,5 2 0,5 - 0 . 8 - 1 0,5 - 0.8 - 1

j
1 1 i UTILISATION
• Seulement en terrains meubles cohérents.
i ^"^'^ ' •
• On peut tenter de briser à la barre à mine les
' 1( ^ ' '
1 , , gros éléments qui entravent la progression de
1 .'/] l'outil.
.^r : 1
• Inopérant en terrain boulant ou noyé pour rame-
ner des échantillons.
1
• Peut traverser les formations (sables, vases), avec
"-^
^ ^
r^ injection de bentonite jusqu'à 15 m, ne donne
alors que la cote de l'obstacle sur lequel s'ar-
/
rête sa progression.
^
'r-^ —1 y
AT(r P r é p a r a t i o n oe la Doue
_t •— 1 1 • Ne fournit que des échantillons remaniés.
100 1Î5 150
- 13

1. - Sondane nanuel

S'effectue à la tar-'crt; â. '^.air et permet de reconnaître les


couches dures à travers des formations meubles + cohérentes de oranulo-
métrie réduite (pas trop de pros éléments en oénéral).

L'outil est une cuillère de 44 à 100 mm de diamètre montée à


l'extrémité de tubes allonne de 1 m de lonnueur.
Avec injection de bentonite, il est possible de descendre sans
remontée des fines vers 20 - 25 m (c'est un maximum oui déoend de la
compacité).

2. - Sondane à la pelle mécanique

Cette méthode, quand il n'y a pas de nappe est précieuse car


elle permet de descendre dans des sols compacts vers 5 ou 5 m , de procéder
à des prélèvements et ainsi de voir le sol en place (Rochers fracturés,
bancs de qrès e t c . j . C'est pratiquement le seul type de reconnaissance
possible dans les gros éboulis.

.3. - Sondaoes mécaniaues

C'est la méthode la plus utilisée et qui donne le plus d'infor-


mations.

a - Principe du sondeoe

Exécute;- un sondane, c'est réaliser un trou dans le sol à l'aide


d'un outil d'attscue fixé à 1'extré'-^i té d'un train de tiaes ou tubes a^in
de ramener à la surface des échantilions des terrains traversés (soit
remaniés soit in-t2cts).
L'outil peut détruire le matériau ou le découper et permettre
de remonter un échantillon appelé ca'^otte.
Les nar:"-'s du forane sont maintenues en nénéral par tubaoe quand
les t-'^rrains tr-a^ersés l'imposent.

b - Les sondeuses

b, - Les machines à percussion

Elles sont constituées en oénéral d'un treuil de battage comprenant :

un chevalement tripode (8 à 10 m de hauteur)

un moteur assurant la remontée de l'outil.Le plus souvent,


il s'aqit de battre un tube provisoire de faible diamètre (60 à 150 mm) à
1'aide d'un mouton (30 à 100 kn ); i'extrémité des tubes est munie d'une
trousse coupante.

La descente du tube est facilitée par :

. havagc (boue sous pression ou curettes ou soupapes au-dessous


de 90 mm).
.H I
SONDEUSE ROTATIVE LOURDE

Poids de la sondeuse :
1 000 kg à 1 500 kg. -•—'»

Poids de la pompe : ='=»=\


500 kg a 1 000 kg.

Poids du matériel :
1 500 kg à 2 000 kg.

Charge utile : minimum de véhi-


cule : 3,5 t à 5 t.

Poids à vide du véhicule tous


terrains porteur : 5,5 t à 7 t.

Poids total : 9 t à 12 t.

OUTILLAGE UTILISE

SONDEUSE
Désignation Fiche d'outil
Puissance du moteur : ce 20 CV à 3 000 tr./mn à
50 C V à 1 800 tr./mn. Hélicoides continues pleines 4

Vitesse de rotation : de 70 à 1 500 tr./mn suivant Heiicoides continues creuses 6


rapport de démultiplication et couple de pignons. Carcttier rotatif simple
Force du système d'avance en traction ou poussée Carottier rotatif double à pivot
de 4 à 10 t.
Carottier à hélice 5
C o u r s e de la broche : de 0,50 m à 1,70 m.

Force du treuil : de 2 à 5 t.
RENDEMENT
Capacité :
de 300 à 500 mètres en diamètre 42 mm, Temps de mise en place : 1 à 2 heures.
de 50 à 75 mètres en diamètre 146 mm. Vitesse de forage : de 1 à 6 m/h suivant les outils
et la nature du terrain.

UTILISATION
Reconnaissance des terrains en dessous de la p r o -
fondeur d'investigation des tarières mécaniques
POMPE lourdes.
Carottage intact dans les sols meubles et cohérents.

Puissance du moteur de 9 CV à 15 C V à 3 000 Carottage dans les roches de toutes natures.


tr./mn. Exécution de forage pour mise en place d'appareil
de mesure in-situ.
Pression de refoulement : de 20 à 35 kg/cm^
Exécution de forage pour étude des variations de
Débit : environ 100 l/mn. niveau de la nappe phréatique.
- 15 -

• rotazioK souvent manuel 1e(sauf système Benoto-Foncex). L'arrachage


des tubes s'effectue par vérins, contre-battaqe, traction. Le puissance
des moteurs atteint 20 à 39 CV.

En vartioulier le rnouton batteio' automsteur (type Delmaq H^)


n permet d'une part la dètennination de la cott uu rocher et d'autre
part donne, arâce à la courbe de battaqe,des indications utiles sur la ré-
sistance des couches traversées, (cf. chapitre 3.5)-

bp - Les machines à rotation

1) Sondeuses à Rotation

La rotation est transmise de -la machine à l'outil par des tiaes


creuses rinides.
Elles servent aussi à transmettre les charges sur l'outil et
à conduire le fluide de refroidissement et de lubrification de l'outil
jusqu'à ce dernier, (eau claire ou boue bentonitique). Les vitesses
d'avancement et de rotation doivent être en relation. Cette relation
peut être sensitive (sondeur) ou mécanique (vis différentielles).

Pour recueillir un échantillon de la roche ou de la couche dure,


on utilise derrière l'outil qui est alors une couronne, un tube carottier
ayant un diamètre lénèrement inférieur à celui de la couronne.
Le cylindre ainsi découpé vient se loger dans le tube carottier
qu'il faut remonter à la surface.
L'emploi d'un tube à sédiments au-dessus du tube carottier permet
de recueillir le terrain traversé,par sédimentation des déblais remontés
par le fluide de foraae.

2) Tarières à mèche simple

Une barre de 6 à 13 m de lonqueur courante (section carrée)


entraînée par un moteur puissant (80 à 140 CV) porte une mècne à une ou
deux spires dont le diamètre varie de 40 or, à 1 m. La souplesse de manoeu-
vre de la barre permet une détermination assez précise de la nature et de
la situation des couches remontées. La mèche permet de remonter du matériau
remanié ; sans rallonoe ou peut atteindre 13 m de profondeur en 1 heure
envi ron.
Ces machines servent surtout pour la reconnaissance des tracés
d'autoroutes.

3) T a r i è r e s h é l i c o ï d a l e s continues

Ce sont des vis d'Archimède de 10 à 25 cm de diamètre munies à la


base d'un outil à dents de carbure pour les sols compacts. Un moteur de 20
à 80 CV entraîne à faible vitesse ( •<: 80 t/mn), par cardan ou broche, la
vis et 1'outi1.
Le repérane du niveau des couches est assez délicat et les
échantillons prélevés sont remaniés. L'avance est très rapide {20 à 30 m
à l'heure) dans des matériaux meubles.

Ces tarières peuvent être pleines pour effectuer le forage ou


creuses lorsqu'il s'agit de perturber une certaine hauteur de sol avant
d'effectuer le carottage des sols sous-jacents.
-16.

MÈCHE HÉLICOÏDALE C O N T I N U E
A AME P L E I N E

Longueurs courantes : 0,90 m, 1,20 m, 1,50 m.

Entrainement
Tarière mécanique lourde.
Sondeuse rotative lourde.

Rendement : bon (6 à 8 m/h) lorsque le terrain, assez


meuble, est exempt de blocs qui peuvent provoquer un
« vissage • des mèches empêchant leur remontée rapide.

Qualité de l'échantillon : très remanié et souvent broyé


Les différentes couches peuvent se mélanger.

Précision de la cote d'échantillonnage : 0.50 m, diminue


avec la profondeur.

Longévité en mètre foré :


des mèches ; 500,
du trépan : 30 à 50.

DIMENSIONS COURANTES

Du trou (trépan) mm 60.3 89 114,5 178 228,5 254


•Ôi
E
de la mèche mm 60 82,5 101.5 152,5 200 225,5
5
Pas de l'hélice en mm 51 76 76 127 178 203

Dimension sur plat de l'hexagone d'ac-


couplement 20,5 28.5 28.5 41 41 41

Du mètre de mèche 5 7 9 13 17 19
O J£
0.
Du trépan 0.35 0,7 1.4 2 2,25 2,75

• Avant-trou pour tubage.


UTILISATIONS PRINCIPALES • Avant-trou pour carottier à hélice.
• Sondages d'interpolation.
- 17 -

4) Sondeuses lénères

Elles sont utilisées pour la reconnaissance du rocher et en


Général tenues à la main. Elles sont constituées d'un moteur essence de
3 à 5 CV entraînant en rotation des tines creuses munies d'un outil plein
à prismes de métal dur. Ces sondeuses permettent d'atteindre 15 à 20 m.
Ce sont des appareils pratiques mais fraoiles et peu précis quant à la
reconnaissance des couches traversées.

b., - Procédés spéciaux

Le vibrofonçaoe et la vibropercussion sont encore peu utilisés


en France. Leur avantaae consiste en la rapidité de fonçaqe et d'extraction
du système tube-carottier dans les sols cohérents et pulvérulents (en 63 mm
de ^ on atteint 25 m dans des couches de qrave ^vec une éneroie relative-
ment faible 25 CV).
Le turbo-foraoe est réservé aux foraqes de aros diamètre. Le
principe est le suivant : une turbine hydraulique suspendue à un câble
entraîne di rectement l'outil de forage.

c - Les outil s_d_|attagye_des_terrôiDS

c, - Pénétration par destruction des matériaux rencontrés

1) Outils à percussion (trépan de battage)

L'outil se compose de deux pièces : l'outil proprement dit ou


trépan, la masse-tioe apportant un poids supplémentaire au trépan.

Les trépans sont des pièces massives d'acier forné à section


en forme de I ou en croix. Leur poids varie de 30 à 700 kn . On laisse donc
tomber l'outil au fond du forane, le roche est brisée en petits éclats,
remontés ensuite par circulation d'eau ou à l'aide d'une curette (soupape).

2) Outils à rotation

Nous n'aborderons ici que les outils pleins, les couronnes


diamantées ou au carbure étant étudiées plus loin.

Trépans d . ù'rit;s

Ils comportent deux ou trois lames en acier forcé ou coulé. Le


plus utilisé est le trépan à 2 lames (fishtail).

Trépuns à .'ônes o;. "::.'let:es dentées

L'outil repose sur le fond du trou par 2, 3 ou 4 molettes deiiL^^.


qui désagrègent le terrain par rotation (les molettes roulent et broient
le terrain).

- A 2 molettes - c'est le bicône utilisé en 0 60 mm pour le forage pressio-


métrique

-A3 molettes à 120^, c'est le tricône ou rock-bit

-A4 molettes, c'est le roller-bit.


-18.

CAROTTIER ROTATIF SIMPLE

Entramement : L t o u t&l fi^ contact avrc


sondeuse rotative légère, IC3 c e OH C D f f n û a n t I?
sondeuse rotative lource. preltvarTiffnl

Rendement : moyen (2 3 6 m/h). Très variable sui-


vant les machines, la nature des terrains et les
dimensions.

Qualité de réchantillon : bons échantillons dans les


roches franches et saines. Dans les autres cas,
l'action de la circulation peut éliminer toute prise
d'échantillon.
Mcnchon a l f S f o

Précision de la cote d'échantillonnage : 0,05 m.

Longévité en mètre foré :


tète : 1 000 m,
tube : 500 m,
porte-couronne : 200 m.

DIMENSIONS COURANTES mmrnmm


SONDEUSES Légère Lourde

Calibre EX AX BX NX 75 85 100 115 130 145

Du trou mm 37,1 47,4 59,2 74,8 76 86 101 116 131 146


•"S
E 1
o De la carotte
Q mm 21,4 30,1 42 54,7 54 62 75 90 105 120

Utile m 0,5 1,5, 2, : et 6 mètres

C
0 H.T. m . -1- 0,15 + 0,15 ->- 0,20 + 0,20 ~ 0,20 + 0,20 + 0,25 + 0,25 -1- 0,30 + 0,30

L.U. 0,5 2,5 3 4,8 7,8 10,8 13 16,3 21 25 30


-a
>
LU. 3 10,5 12 16,3 22,2 31,8 38.2 42.6 52 60 70
O
W
•D c L U . 0,5 3 4 6.8 14 14 17 22 30 37 45
O
a CL
LU. 3 13,5 18 28 42 52 63.5 77.5 105 130 160

Exécution d'avant-trous.

UTILISATIONS PRINCIPALES Exécution de trous pour mise en place d'appareil


de mesure in-situ.

Carottage de roches dures et non fissurées.


19

Vitesses de r o t a t i o n : t e r r a i n tendre : 40 à 53 t/mn

t e r r a i n dur : 80 à 150 t/mn.

Charges t o t a l e s sur l ' o u t i l : de 500 • ko à 25 t .

Vitesses d'avancement en m/heure

Matériaux Trépan à molettes Couronne diamant

Sable, q r a v i e r , schiste 5 à 12
Formations g l a c i a i r e s 1,5 à 2,5
Grès tendre 5 à 12
Grès dur 1 à 1,5'. 1,8 à 2,5
Roanons silex 0,3 à 1 .
Calcaire 1,5 à 2,5 1,8 à 2,5
Dolomie 1 à 2
Basalte 1 à 2
Granit 0,6 à 1,2

Cp - Prélèvement d'échantillons intacts

1) Généralités sur les carottiers et les outils de prélèvement

Le carottier est composé d'un tube simple ou double portant


l'outil d'attaque. Il est destiné à recevoir le cylindre de terrain
découpé par l'outil et doit permettre de le ramener à la surface dans
l'état où il a été prélevé. Les échantil Ions ainsi extraits du sol sont
ensuite soumis aux essais classiques de mécanique des sols permettant
d'effectuer les calculs de stabilité. Ces appareils peuvent devenir assez
complexes, à double ou même tri pie enveloppe. Une tête assure la jonction
avec le train de tiqes et permet l'injection du liquide de circulation.

Leur diamètre intérieur varie de 28 à 120 mm en carottier simple


(extérieur 36 à 146 mm).

Les séries dimensionnelles courantes sont :

- série DCDMA - BX - AX - BX - NX

- série suédoise : 36 46 56 66 76 86 101 116 131 146 mm.

Les longueurs courantes sont de 0,50 - 1,50 - 2 - 3 m.

Les carottiers peuvent être foncés oar battaqe, pression ou


rotation, suivant leur type.

2) Carottage en roche dure

Le carottage peut être réalisé en percussion ou en rotation,


En continu ou en discontinu.

I
.20.

COURONNE A PASTILLES
DE CARBURE DE TUNGSTÈNE

Entrainement :
carottier rotatif simple,
carottier rotatif double à pivot.

F^endement : avance moyenne 3 à 5 m/h dans des


terrains de dureté moyenne ou en rocher tendre
(craie, tuffeau, etc.).

Longévité en mètre foré : 150 mètres. Avec plu-


sieurs réaffûtages.

DIMENSIONS COURANTES

Calibre E A B N 75 j 85 100 105 130 145

Diamètre extérieur
mm 37,1 47.4 59.2 74.8 76 86 101 116 131 146

Diamètre intérieur
mm 21.4 30.1 42 54.7 54 62 75 90 105 120

Poids kg 0,26 0,35 0,55 0.75 0.8 1.1 1.5 1.75 2.1 2.25

8 de 8 de 10 de 8 de 12 de 12 de 14 de 16 de 18 de 20 de
N o m b r e de prismes
5 mm 6 mm 6 mm 7,5 mm 6 mm 7,5 mm 7,5 mm 7.5 mm 7,5 mm 7,5 mm

UTILISATIONS PRINCIPALES

Carottage en roches tendres où les diamants sont inefficaces par suite de leur gommage.

I
21

Nous n'examinerons que le carottaae en rotation qui fournit


seul des carottes intactes, sans les briser (stratifications) et donne
les meilleurs pourcentaqes de carottaqe (on appelle pourcentage de carottaae
le Tdpport : 100 TJ

L étant la longueur de la carotte recueillie


H la pénétration de 1'échantillonneur pour la prise de cette carotte.

Le pourcentaae de carottage est une valeur très intéressante


permettant de juaer de la qualité de la roche, pour un carottier donné
(et un opérateur donné).

L'outil d' attaque est une couronne qui use le terrain en présence
d'eau ou de boue et l'on distingue trois catégories :

Couronnes à grenaille (grains d'acier de quelques mm de 0)

C'est un tube d'acier à base plane munie d'une encoche par la-
quelle passe l'eau. La orenaille est introduite par les tiges du forage,
se loge sous l'outil et use la roche.
C'est un procédé de fortune à proscrire.

Couronnes au carbure de tungstène (couronnes à prismes)

La couronne est taillée en dents de scie dont les pointes se


terminent par des prismes de carbure. Ces dents attaquent le sol comme des
outils de tour (angles de 8 à 15°). Ces couronnes conviennent en roche peu
abrasive.

Couronnes diamantées

Ce sont les outils les meilleurs en roche dure et homogène


.(et aussi les plus chers ).

On distinnue :

- Les couronnes à pierres : les diamants sont incrustés dans le métal.


Leur poids est donné en carats (1 carat = 0,2 q ) . Les couronnes sont
minces, épaisses, à profil droit ou arrondi.

- Les couronnes à imprégnation : composées d'un mélange de métal et de


petits diamants dispersés (40 % en volume de l'alliaae). La vitesse
d'avancement maximum est obtenue vers 750 à 1000 t/mn (polissage des
diamants).

Pour obtenir de bons résultats, il faut éviter les vibrations


de l'outil qui engendrent des chocs et la destruction rapide de l'outil.

Une couronne diamantée en roche dure à gros grains (grès) peut


permettre de sortir 5 à 10 m de carotte.
- 22 -

3) Prélèvement d'échantillons intacts dans les formations meubles

. Caractéristiques générales des carottiers pour formations usuelles

Dans les formations meubles et surtout compressibles (argiles,


vases), il faut éviter le remaniement de l'échantillon. Des dispositifs
spéciaux ont été étudiés et ce problème a donné lieu à l'éclosion d'une
quantité importante de carottiers. On serait tenté de dire que chaque
Entreprise ou Bureau d'étude des sols a "ses carottiers".

Au cours d'un carottage, il faut :

- obtenirla carotte (ce n'est pas toujours facile !)

- la protéger

- la remonter à la surface.

Les matériaux sont destinés à des essais de mécanique des sols,


il faut par conséquent adopter un carottier qui fournisse des carottes
utilisables.

D'une part, leurs dimensions doivent permettre la taille des


éprouvettes (0 int. 80 à 100 m m ) .

D'autre part, le matériau doit avoir conservé les caractéristiques


mécaniques qu'il avait en place.

Pour arriver à de bons résultats, les caractéristiques du


carottier doivent satisfaire à certaines nonnes.

On appelle :
Di - d
- c o e f f i c i e n t d'entrée Ce
—a~
De - Dt
c o e f f i c i e n t de fonçage Cf =
Dt
De - d'
- c o e f f i c i e n t de paroi Cp
2

HVORSLEV recommande :

Cp max. = 0,10 à 0,15

Ce optimum : de 0,5 à 1,5 %.

Le type de c a r o t t i e r d o i t être choisi en fonction de la nature


du matériau à c a r o t t e r ce qui implique d ' a v o i r effectué un sondage préala-
ble de reconnaissance dans la couche considérée.

. C a r o t t i e r s pour sols pulvérulents

Le c a r o t t a a e , ou plus exactement le prélèvement d ' é c h a n t i l l o n s


sableux, est particulièrement d é l i c a t . La d i f f i c u l t é apparaît l o r s de l a
remontée, le c a r o t t i e r se vidant très facilement. On a imaginé d i f f é r e n t s
systèmes pour maintenir l ' é c h a n t i l l o n dans le c a r o t t i e r :

i n j e c t i o n d ' a i r comprimé à la base


23

- connélation du sol

- i n j e c t i o n de nel de s i l i c e ou de bitume.

. Prélèvement de sols cohérents

Les meilleurs sont les c a r o t t i e r s à paroi mince mis en oeuvre


par battaae ou pénétration au v é r i n . Un arand nombre de modèles sont
répandus sur le marché, l ' o b j e c t i f p r i n c i p a l étant l ' o b t e n t i o n d'un échan-
t i l l o n i n t a c t emballé directement l o r s du prélèvement et prêt pour l ' e x p é -
d i t i o n au Laboratoire.

"Nous ne citerons que les principaux.

- C a r o t t i e r d i t "à mince p a r o i "

0 50 à 75 mm L 0,50 à 1 m.

Convient pour les sols mous à éléments f i n s . C'est un c y l i n d r e


métallique muni d'une b i l l e jouant le rôle de clapet pour créer une légère
dépression au-dessus de la carotte si c e l l e - c i vient à g l i s s e r (ou à s ' a f -
f a i s s e r léoèrement). La p a r t i e c y l i n d r i q u e contenant la c a r o t t e est dévissée
et expédiée au Laboratoire après obturation des extrémités. La d i f f i c u l t é
réside dans l ' e x t r a c t i o n de la carotte au Laboratoire.

- Carottier LBTP

Diamètre extérieur 112 mm.

Constitué d'un tube métallique portant une trousse coupante.


Un tube intérieur, divisé en 2 demi-coqui1 les reçoit une enveloppe en
matière plastique. Un piston muni d'un clapet bloque les coquilles métal-
liques sur la trousse coupante. Le fond du trou étant nettoyé, le carottier
est enfoncé dans la couche à échantillonner, puis remonté. La trousse cou-
pante est dévissée. A l'aide du piston, on pousse les coquilles d'acier qui
se séparent ensuite et libèrent le container plastique et sa carotte.

- Carottier à tube fendu (U.S.A.)

Deux demi-coquilles d'acier solidarisées par la tète du carottier


et la trousse coupante reçoivent un container en métal ou matière plastique.

- Carottier à piston stationnaire

fMs au point par OSTEPBERR. Le carottier est constitué d'un tube


d'acier, renfermant un container en matière plastique, terminé par une
trousse coupante (vissée). Un piston à extrémité conique peut coulisser
dans le container.

Le carottier est foncé, le piston étant en position basse,


obturant l'extrémité du tube. Le tube carottier est enfoncé, ensuite, le
piston demeurant immobile. Le sol est découpé, le container se remplit, le
tube vient en butée sur le piston (demeuré fixe). L'ensemble est remonté
en tirant sur le tube et le piston, solidarisés en fin de prélèvement. Le
carottier est ouvert et la carotte prête à être expédiée dans son emballage en
matière plastique.
- 24

Nous mentionnerons simplement les carottiers de Mohr (6 clapets


de Died), de Kjellman (emballaqe des carottes dans du feuillard se dérou-
lant pendnnt le prélèvement), de Parez (carottier "à chaussette"), etc

- Carottier'à hélice (Ponts et Chaussées)

Tube carottier ;pourvu d'une "hélice" sur la paroi externe, enfonce


en rotation, le carottier se vissant dans le sol. Il est à double enveloppe,
l'enveloppe interne recevant l'échantillon, ne tournant pas pendant l'en-
foncement.

3.2.5 - ANNEXE CPS DE SONDAGE (pour mémoire)


Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

CHAPITRE 3.3

Identification et classification des sols

LCPC


ÎETRAl
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.3 - IDE^^^FJCAT10N ET CLASSIFICATION DES SOLS

3.3.1. - INTRODUCTION

3.3.2. - LES ESSAIS D'IDENTriFICATION

,1. - Granulométiie
2. - Forme des grains
3. - Coefficient d'uniformité «t coefTicient de courbure
4. - "Teneur en eau luturelle
5. - Limites d'Atterberg
6. - Indice de consisuiKe
7. - Equrvaleni de sable
_^8. - Teneur en matières organiques
.9, - Teneur en carbonates
10. - Essai de sédunentatibn simpUné
11. - Retrait
12. - Sensibilité aux secousses
13. - Consistance au voisinage de la limite de ptasticilé
14. - Aspect de la surtace au pétrissage
15. - Résistance à l'eut sec
16. - Résistance au pénétrométre de poche
17. - Couleur
18. - Odeur
19. - Densité humide et densité sèche
20. - Sirucrure de l'échantillon

3,3.3. - CLASSII ICATION L.P.C.

.1. - Symboles
.2. - Détermination des caracténsuques fondamentales
.3. - OasuTtcation du sol

3.3.4. CONCLUSION 12
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.3

IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES SOLS

3.3.1 - INTRODUCTION

Le but de la reconnaissance (reconnaissance aénérale s u r t o u t )


est notamment l'établissement de coupes indiquant les d i f f é r e n t e s catéqo-
ries de_terrain rencontrées.Il est nécessaire,pour ce f a i r e , d e sonder
ce t e r r a i n ( v o i r chapitre 3.2) et d ' é t u d i e r les échantillons ainsi remon-
tés.

Nous nous attachons i c i à donner quelques i n d i c a t i o n s sur les


essais d ' i d e n t i f i c a t i o n , les classements de sol qui s'en déduisent et les
conclusions que l ' o n peut en t i r e r .

3.3.2 - LES ESSAIS D' IDENTIFICATION

Signalons q u ' i l e x i s t e des modes opératoires du L.C.P.C pour


certains essais. A f i n d'en avoir une description sommaire on pourra se
r é f é r e r aux "Pecomandations pour la reconnaissance qéoloqique et gëo-
technique des Tracés d'Autoroutes" (L.C.P.C.) que nous reproduisons
partiellement i c i .

La c l a s s i f i c a t i o n des sols en catégories s'appuie sur les


essais et c a r a c t é r i s t i q u e s suivantes :

1. - Granulométrie

Nous rappelons ci-dessous la c l a s s i f i c a t i o n qranulométrique des


sols f i g u r a n t dans l a Nomenclature Routière.

0 à 0,002 mm argile
0,002 à 0,02 m) limon
0,02 à 2 mm sable ( f i n et aros)
2 à 20 mm gravier
20 à 200 mm cailloux

Forme des qrains

- Forme ronde à bords arrondis, anquleux en éclats, en plaques,


en aiguilles.
•»*»0 I» 40 TC

O 200 )O0 M

O 7«0 12» i) 2.S US O.ttniMt


a«iiWal«nH ( p )

l-bk 9r«'« P ' v p n •'•» f r a « w « « Cw*>0 Cc'tlt


2 _ f r « f r * « « p r » » r « i»ai f r a o w v a C w ' ^ O ^c • 0,21
1 . C i gravt-tiM«n«w»t
4-&A 9r«*« af9<Uu»a

Exemples de courbes granulométriques

1" 1/J" I/i" f»'10 Ift 40 TO

cAiaoui GRAVIERS GR OS SABLE S tBLE fin

II 1 ' ' .iL..L 1 M II Ï---V-


1i l I 4-1 M J: t--3^
1 -- 4v-ît t -V
4 ^ ^'
11 { 1 1
:i-'-''-' y '
7 •
\ - -P,-t
'1 1
i 1
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tt 1 1 1 îj - Ol-i- / •
Tr I 1 1 II ' 1 1 \ fti, i
T" ^ j j i - j - ^
t T 1 t T11 ;1 \
111 1 ••
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Il î i
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t. ÎII1 T t 1
1 IV-JV-
1 ^\ J f 'V
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M i l , i
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10 •

7;;^ , iTTir^ r ^ n r i rrri r^nTi f?nrïrirTTi ~—«<»'


C.> 7,1 C, • l,U
t . & • • « » ) « »ra«r« m a l f f a C,. l c. . \ M
T . ft l ft«OI« l*MMt««u
• - » • ••»•• artiM»!
- 3 -

,3. - Coefficient d ' u n i f o r m i t é et c o e f f i c i e n t de courbure

Ces deux c o e f f i c i e n t s sont déterminés à p a r t i r de la courbe


çjranulométrique. On appelle :

- c o e f f i c i e n t d ' u n i f o r m i t é ou de Hazen :

r ^Jl

I l existe plusieurs c o e f f i c i e n t s possibles pour caractériser


l ' u n i f o r m i t é d'un matériau. Dans la Nomenclature Routière du Ministère

des Travaux Publics, c ' e s t le rapport -jr— qui est retenu. Le c o e f f i -


15
D
60
cient -K— a été choisi i c i parce q u ' i l i n t e r v i e n t dans le système de

c l a s s i f i c a t i o n adopté.

- c o e f f i c i e n t de courbure :

C - '°30)^

où.D,Q, D^^ et D,Q représentent respectivement les diamètres des éléments


correspondant à 10 «, 30 « et 50 5? de tamisât cumulé.

.4. - Teneur "^i eau naturelle

Il est indispensable de mesurer les teneurs on eau des sols


en place ; la connaissance de la teneur en eau d'un sol permet de prévoir
son comportement sous des sollicitations, (voir chapitre 3.1)

.5. - Limites d'Atterberq

Caractérisent les différents états d'un sol fin suivant sa teneur


en eau.

état liquide | état plastique | état solide

\' A
Ip.
W. est la l i m i t e de l i q u i d i t é

W est la l i m i t e de p l a s t i c i t é

Ip est l ' i n d i c e de p l a s t i c i t é

Ip - W, - W
L p
- 4

.6. - Indice de consistance

Il est défini comme suit


W. Wnaturel
^c =
Ip.
on obtient

W
"L
w
p

1 1 1 1
I 0 0 .25 0 ,50 0 .75 1
c
* 4->

4-> 4->
Oi ta c 01
o (U O) 4-> la •f—

c: -D f — 0) tn 4-> C/)
r— r— "r- i/i
fO •f—
c
3 O t — 10 O
^irt-> CT E O C •^
U1 u
.f—

•^ z: o c lO
i/i —J to o o
c /<U /o;
o s_ • r— (_> S-
o t—

( -^

.7. - Equivalent de sable

,8. - Teneur en matières organiques

9. - Teneur en carbonates

10. - Essai de sédimentation simplifié

n permet d'apprécier rapidement la composition granulométr^'q


(qualitativement)d'un échantillon de sol fin cohérent .

.11. - Retrait

Plus un échantillon de sol est plastique et humide, plus le


retrait sera important.

12. - Sensibilité aux secousses

Pour déterminer cette caractéristique, on ajoute de l'eau à


un petit échantillon jusqu'à ce que le sol soit presque saturé. On pla:
l'échantillon dans le creux de la main, on le roule en boule de 4 cm dfi
diamètre et on l'agite horizontalement. L'agitation fait apparaître plu
- 5 -

ou moins rapidement l'eau à la surface de l'échantillon qui devient


brillante. Cet aspect brillant disparaît lorsque l'échantillon est légè-
rement serré entre le pouce et l'index. Les sols peuvent être classés de
la façon suivante :

. surface rapidement brillante : sable fin ;

. surface lentement brillante : limon ;

. surface restant mate : argile.

.13. - Consistance au voisinage de la limite de plasticité

Un échantillon est pétri, puis roulé entre les paumes des mains
ou sur une surface poreuse pour lui donner la forme d'un cylindre de 3 mm
de diamètre. Cette opération qui élimine peu à peu l'eau doit être répétée
jusqu'à ce que le cylindre s'émiette. A cet état, on estime la consistance
par écrasement de l'échantillon entre les doiqts. Plus la consistance est
grande, plus la teneur en argile est élevée.

.14. - Aspect de la surface au pétrissage

Cet autre aspect des caractéristiques plastiques d'un sol cohérent


sera relevé au moment de l'appréciation de la consistance au voisinaae de
la limite de plasticité (paragraphe ci-dessus). Si, au cours du pétrissaae
entre les doiats, le sol garde un aspect mat tout en laissant dans la main
un dépôt mat qui sèche rapidement, on se trouve en présence d'un sol limo-
neux. Les argiles, par contre, présentent un aspect brillant et laissent
également sur les doigts un dépôt lisse et brillant qui sera assez difficile
à laver. On retrouvera les mêmes différences d'aspect entre limons et argiles,
en découpant un échantillon à l'aide d'une lame de couteau.

Une autre indication peut encore être obtenue en écrasant entre


les doigts un échantillon humide roulé en boule. Cette dernière s'ouvre
dans le cas des limons et aarde une surface fermée dans le cas des argiles.

.15. - Résistance à l'état sec

Un échantillon est complètement séché (sur bain de sable par


exemple), puis sa résistance l'état sec est déterminée en l'écrasant ou
en l'émiettant entre les doigts. La résistance à l'état sec des argiles
est grande, celle des limons faible, celle des s'ables fins limoneux quasi-
ment nulle, ces derniers se distinguent par ailleurs des limons par la
présence de grains isolés perceptibles au toucher.

.16. - Résistance au pénétromètre de poche

Cette indicatior^ sera utilement relevée chaque fois que 1 'on


pourra disposer d'un échantillon non remanié. Le résultat de la résistance
au poinçonnement sera la moyenne d'au moins trois essais distants les uns
des autres d'au moins 5 cm. Les pénétromètres sont généralement gradués
pour donner directement la résistance à la compression simple R .
6 -

.17. - Couleur

La coulei>r d'un échantillon facilite le reoroupement des sols


et peut fournir des indications sur les propriétés de l'échantillon. Une
couleur brun sombre à noir indique souvent la présence de matières organi-
ques qui pourra être confirmée en chauffant l'échantillon dont la couleur
vire au "clair" si des matières organiques ont été brûlées.

Les couleurs claires (blanc, jaune, rouae, vert, etc.) sont par
contre caractéristiques de sols non organiques.

Il faut une grande habitude pour utiliser ce critère.

.18. - Odeur

N'est vraiment caractéristique que des sols organiques.

.19. - Densité humide et densité sèche

Ces valeurs pourront être déterminées par des méthodes classiques


si l'on dispose d'échantillons intacts. Elles donneront d'utiles indication
sur la résistance du sol. Les termes suivants pourront être employés pour
désianer 1'état du sol :

- lâche : K , < ! 1,6 q/cm3 ;

- dense : 1,6 < )(j<r 1,80 ;

- très dense : 1,8 "<.•,.

.20. - Structure de l'échantillon

La structure ou stratification du sol joue fréquemment un rôle


important dans les caractéristiques de résistance (en particulier pour
le cisaillement).

Il faut donc indiquer, s'il y a lieu, dans le cas des sols


cohérents, la présence de "surfaces de glissement" qui ont un aspect briV
lant dans les sols très argileux.

La structure fibreuse d'un sol très organique est particulière-


ment apparente.

3.3.3 - CLASSIFICATION L.P.C.

Cette classification retient 15 types fondamentaux de sols te-


nant compte de certaines propriétés géotechniques. Elle est assez sommaire
et exige une description complémentaire pour faire ressortir certaines
particularités et permettre de différencier un sol parmi d'autres dans un
groupe désigné par un même nom et un même symbole.
7 -

. 1 . - Les symboles u t i l i s é s sont les suivants :

a - Eléments de sol

G = nrave, l e gravier est l a f r a c t i o n p r i n c i p a l e

S = sable, l e sable est la f r a c t i o n p r i n c i p a l e

L = limon, le limon est la f r a c t i o n p r i n c i p a l e ou


secondaire.

- A = a r g i l e , l ' a r q i l e est la f r a c t i o n p r i n c i p a l e ou
secondaire.

T = tourbe.

0 = oraanique, le sol contient des matières organi-


ques.

b - Qranulométrie du sol

b - bien gradué, tous les grains sont représentés -


aucun ne prédomine.

m = mal aradué, une (ou plusieurs) dimension de


grains prédomine.

c - Plasticité du sol

t = limite de liquidité élevée .(très plastique)

p = limite de liquidité faible (peu plastique)

Cette méthode prévoit trois étapes pour classer un sol :

- détermination des caractéristiques fondamentales du sol, qui


se fera par la qranulométrie et l'influence de l'eau sur les caractéris-
tiques des qrains très fins. Pour cela deux méthodes sont prévues :

- méthode de laboratoire ;

- méthode rapide ou de chantier ;

- classification du sol qui conduit à une dénomination type et


à un symbole de groupe, en fonction des critères établis ci-dessus ;

- description du sol, nécessaire pour différencier éventuelle-


ment deux sols qui auront été classés dans le même groupe.

.2. - Détermination des caractéristiques fondamentales.

Les caractéristiques de base retenues pour la classification


sont :
8-

- La composition gvanulométrique '• Pour cette classification,


seuls les qrains dont les diamètres sont compris entre 0 et 60 mm sont
pris en considération (dans tout le texte, les dimensions de orains sont
données en mailles carrées de tamis).

L'importance de chacune des fractions est exprimée, pour la


classification, en pour-cent du poids des matériaux dont les qrains ont
des diamètres compris entre 0 et 60 mm. Le pourcentage des éléments supé-
rieurs à 60 mm est évalué en pour-cent du poids total.

Dans la méthode rapide, les seuils de 2 mm et 0,08 mm utilisés


pour la classification peuvent se repérer assez facilement à l'oeil, 0,08 mn-
correspondant à peu près à la plus petite dimension, qu'il soit possible de
distinguer à l'oeil nu ou encore à la plus petite dimension sensible au
toucher.

- La plasticité :

Dans la méthode de l a b o r a t o i r e , on l ' a p p r é c i e par les l i m i t e s


d'Atterberg.

Dans la méthode rapide, on u t i l i s e les essais d ' a g i t a t i o n , de


consistance et de résistance à l ' é t a t sec.

- La teneur en matières organiques :

E l l e se détermine au l a b o r a t o i r e et s'apprécie sur l e chantier


par la couleur foncée, l ' o d e u r , l ' a s p e c t spongieux, la t e x t u r e f i b r e u s e .

,3. - C l a s s i f i c a t i o n du sol

On se reportera aux tableaux c i - a p r è s .

ou

50
o >r g l l e s Irri p l i s t i q im ^ ^^
- m
•»kv

y
CL At
iO "• ï
»• A*?

:
30
o Ar plASt iqu*3
. ^ li m o n i trii plai tiqut t
Ap
20

Sols o r g a n i q u t t t r t s pl«stiqu*t
10 r Limons L p
^ .
p r u pia s t j g u es
0(

10 20 30 iO 50 60 70 80 90 100
Limitt d> l l q u i d i t t W^

C l a s s i f i c a t i o n de l a b o r a t o i r e des sols f i n s ,
Diaaramme de p l a s t i c i t é
- 9

CLASSIFICATION DES SOLS GRENUS

(plus de 50 % des é1éments>0,08 mm)

Définitions Symboles Conditions Appellations

Gb C = ^ > - 4 grave propre


i ^ cû ' ^10
œ E o
p_ E LD » (D.n)2
'30
O CM O et C =- -Pj ^^— compris bien araduée
AA -ë V ^ ^10 ^ ^60 entre 1 et 3
c c
•M T3 •1-dJ
C o E
QJ QJ E >iD Gm Une des conditions de Gb grave propre
E S-
on r- «D
»<U E non s a t i s f a i t e mal graduée
re
i/> •>- E
0) "O E
•D 00 GL qrave
c »« o Limite d'Atterberg au-dessous
o -M Csj o de A ( v o i r p. 8)
— V 1imoneuse
o i/i
•D O) •»->
•o c
</l o; GA grave
3 m E Limite d'Atterberg au-dessus
o . >a) de A ( v o i r p. 8)
argileuse

E
E
»« œ
Sb C = ! ^ > 6 sable propre
o
00 E LD »
O E O (D3o)2
et C = -Fj ir— compris bien gradué
O

AV
osj
-ëv
in O) •r-
1/1
QJ
^ ^10 ^ ^60 entre 1 et 3
•>-> T :
c E >(U
<V OJ Sm Une des conditions de Sb sable propre
E J-
lOI - M
•— /C;
«11 E non satisfaite mal gradué
Cû «/) - t -

< o) -o E
E
t/7 c V i 00 SL sable
»< 3 Limite d'Atterbera au-dessous
' o
O •«->
CM » de A ( v o i r p. 8)
LD C
O •-< O
1imoneux
O) y
•O d/ t/ï
C
1/1 OJ
to 3 E SA sable
3 t— %(D Limite d'Atterberg au-dessus
O - -—
de A ( v o i r p. 8)
argileux

Lorsque 5 %<% i n f é r i e u r à 0,08 ÏÏV)<.\2 %-<^on u t i l i s e un double symbole.


- 10 -

CLASSIFICATION RAPIDE DES SOLS GRENUS

PROCEDURE D'IDENTIFICATION SUR CHANTIER SYMBOLES DESIGNATION


éléments^eO mm exclus ; poids des fractions estimés qéotechnique
1 • 2 3 4 6

1/1 E
c
Tous les diamètres de grains Gb Grave propre
QJ CVJ sont représentés, aucun ne bien graduée
on prédomine
r— a> OJ
co
o (/l /CD
o <u E Une dimension de qrains ou
A "O fO i/î
C un ensemble de dimensions Gm Grave propre
•>->

c
vO) - o l-O ro mal graduée
o •^ de grains prédominent
•r- :D
O
E -tJ
c c O)
Les éléments fins n'ont pas GL Grave
to o de cohésion limoneuse
^ E
, UJ QJ E
•o
tn O
co OJ Les éléments fins sont cohé- GA Grave
r3 »
> rents argileuse
-O—1
O

C E Tous les diamètres de grains Sb Sable propre


OJ E
E sont représentés, aucun ne bien gradué
;^ Y QJ
prédomine
o;
QJ i/i i-
Q; 4 J Une dimension de grains ou
T 3 /QJ
un ensemble de dimensions
Sm Sable propre
3 E "3 mal gradué
CL.
•eu ro
-l-J X !
de arains prédominent
O c: ce
E 3
Qj
Les éléments f i n s n'ont pas SL Sable
o de cohésion 1imoneux
OJ
-c E
en ( S o
=! O
QJ
Les éléments fins sont cohé- SA Sable
C O > rents argileux
A
- 11 -

CLASSIFICATION RAPIDE DES SOLS FINS

PROCEDURE D'IDENTIFICATION SUR CHANTIER SYMBOLE DESIGNATION


(poi ds des fractions estimés) gêotechnique

Détermination de la plasticité
sur chantier

Agitation Consistance Résistance à


1 2 3 4a 4b ''' 4c 5 6

E
E O Rapide à Nulle Nulle Lp Limons peu
co
lente plastiques
o
4-J
o
XJ
V -r— Nulle à Moyenne ^'oyenne Ap Argiles peu
cr
o z -r— lente à qrande plastiques
.,- o OJ
aj ^
"D
cr 1 Limons et
(D QJ
-t-> Lente Faible
Faible à Op arcile
-l-> -l-J
E OJ moyenne
rc E organiques
> UJ
fO _l 1 peu plastiques
13 Ûi
O < ^-
Lr> r
•4-J

c. oo
O Lente à Faible à Faible à Lt Limons très
E -- A nul le moyenne moyenne plastiques
.QJ Ll_ 'Oi
-t-l
'QJ 00
1 X3
U-! O
13
Nulle Grande Grande à At Argiles très
-o cr très qrande plastiques
><D
-U QJ
O
-D Nulle à Faible â Moyenne à Ot Limons et
E QJ argiles
rn -r— très lente moyenne grande organiques
1 E très plastiques

Les matières or- Reconnaissables à l'odeur, couleur T Tourbes et


aaniques prédo- sombre, texture fibreuse, faible den- autres sols
mi nent sité humide très oraaniques
12 -

3.3.^ - CONCLUSION

Ces essais d'identification sont peu coûteux.

Ils sont intéressants pour les problèmes de fondation d'ouvraoes


à plusieurs titres :

. détermination de la coupe géologique

. bonne idée de la qualité des sols rencontrés

. orientation de la campagne de reconnaissance et de la recher-


che du sol porteur

. appréciation des perméabilités (pour les problèmes de fouille


et d'épuissement)

. appréciation des difficultés d'exécution en général.

Ils ne sont pas suffisants seuls pour la détermination de


fondations ; il faut toujours faire appel aux essais géotechniques clas-
siques exposés 'dans les autres chapitres.
Ils deman;ient une bonne expérience que seuls peuvent avoir des
ingénieurs ou géologues compétents de laboratoires.
I Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

CHAPITRE 3.4

Méthodes géophysiques
et hydrologiques de reconnaissance

LCPC
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.4 - METHODES GEOPHYSIOL'ES ET HYDROLOGIQUES DE RECONNAISSA.NCE

3.4 1. - LES METHODES GEOPHYSIOIES

.1. - Préambule
a - problèmes susceptibles d'être résolus par It géophysique
b - les différentes méthodes de prospection géophysique
c - domaine d'utilisation df la «ismique réfraction et de la mesure des
réststivités
,2. - "La sismique réfracbon
a - principe
b - appareillage
c - interpréunon
d - limite de la méthode
e - prix de la prospection «^nmique

3.4.;. - LES .METHODES HYDROLOGIQLES 6

.1. - Préambule 6
.2. - Détermination de 1* perméabilité à partir de mesure* au laboratoire 8
a - esimaucn visuelle
b - relations entre la perméabilité ei certaines caracténstiques physiques
du sol
c - mesure directe de la permcabdiié au laboratoire
.3. - Les essais en place de reconnaisunce hydrologtque II
a - les piéiomètres II
i j - domame d'emploi
«2 - principe du piézomètre ouvert
a^ - mue en place des piézométres classiques
t^ - observations
aj - prix d'un piézomêire classique, nombre de piézométres à poser
a^ - sonde de pression mterstiiieUe à faible temps de réponse
»7 - piézomètre à système électrique ou acoustique
b - l'essai Lefranc IS
b] - but de l'essai
b2 - principe ei théorie
b^ - appareillage
b^ - réalisanon de l'essai
bj - Interprétation des résultats
b^ - observations et prix
bj - autre essai dû type Lefranc à niveau variable
c - l'essai Lugeon 20
C] - domaine d'emploi
C2 - principe de l'essai Lugeon
c j - appareillage
C4 - réalisation
c j - mterprétation des mesures
Cg - observations et prix
d - autres méthode', iperméamétres L. Ménardi 23
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.4

METHODES GEOPHYSIQUES ET HYDROLOGIQUES

DE RECONNAISSANCE

3.4.1 - LES METHODES GEOPHYSIQUES

. 1 . - Préambule
La géophysique, en faisant intervenir les propriétés d'ensemble
et non pas localisées du terrain, donne une vue globale de l'aire considérée.
Elle est donc bien adaptée aux problèmes de terrassements importants, de
reconnaissance des tracés et des gisements.

Les avantages principaux de ces méthodes sont d'une part leur


faible prix de revient, d'autre part le fait quelles soient non destructives
et mises en oeuvre exclusivement à la -surface du terrain.

L'emploi de la prospection géophysique reste cependant très limitée


dans le domaine des ouvrages d'art. Pratiquement, on n'utilisera ses infor-
mations que pour des ouvrages sur tracés routiers ou autoroutiers qui ont
fait l'objet d'une telle prospection. De telles méthodes de prospection ne
permettent pas le dimensionnement de fondations et surtout n'excluent pas
les essais géotechniques classiques.

a - Problèmes susceptibles d'être résolus par la géophysique

- Localisation et nature des différentes couches du sous-sol

- Eventuellement, localisation des nappes

- Mise en évidence d'anomalies (cavités souterraines, disconti-


nuités),

Notons que la géophysique s'appuie sur un étalonnage obligatoire (


et préalable du sol. On ne pourra donc pas se passer complètement de son- {l)
dages ; leur nombre pourra néanmoins être réduit. (•'•

b - Les différentes méthodes de prospection géophysique

. La méthode des résistivités en courant continu.


2-

C'est '!5 ij^étncde é".e:tr\que la plvs 'réquemment utilisée dans


notre domaine d'application. El";e est fondée sur la mesure de la résisti-
v-ité du SCI par envci d'un ccuran. continu dans celu.-ci.

•^a s'.s-xaue rc-ract: en


Methoae sisr-iqje la D1 JS courante, elle est basée, comme toutes
les autres, sur la niesur? de la vitesse- de propanat'on des ondes sismiques
dans le sol. Cc~m9 son no"" l'indique, elle ne prend en compte q.e les
ondes réfractées.lI)

rj2n-,=îine d'. ti ". •i.S£t-; :- 1.2 >h bism'.q'.'s r.^fractic"' st d: la n-.es/!":


T9S résis'"! •• '-^S.

. Rec-'.eTche d'un horizon rocheuz - Fupevposition des couches


Localisation d'une nappe.

'^an^" 'es différentes méthoaes de prospection géophysique, celle


des résistivités en courant continu et la sism-'que ré'raction sont les
iviéthodes les plus valables pour rechercher o-n horizon rocheux^ localiser
es différent9S coucnes de terrain, et en déterminer apprcxiiûativement la
con-Dôcité, donc la porta-^ce.

'.e cnoi:: se portera sur ""a méthode p c r laovelle les contrastes


des caractéristiques pnysiq!J£S jj se"! requ-'ses pour l'application ae cette
.-étncoe sont "^es p'is nets. F', oart'cvlier : sismique réfraction : sols
compacts, rocner altéré ou sûir
(position et rippabilité)
: résistivité : sols comoressibles
zones maréceçejses, passaae de
vallées.

•es difficultés rencontrées sur le rhantier pcjr l'application


oe la '^étnCdî électriquG ps."5"t provenir a'un sol se: ?c se laissant pas
injecter 0- d? courants inJ'.'str-^els oerturbant le champ électrique (aj
vo.sinane de l";n'^es électrif.ées O J de cables à haut? t?nsicn).

.a sisnique rérract''on peu't sejle être adoptée pour les arandes


Drofondejrs (à condition de passer à l'e-plosif), mais elle n'est valable
q.'e ST la vitesse de propagation des ondes croit avec la profondeur, et si
l'aci-tatic" micrcsisiirique est faible (cette aaitation ir,icrosismique pevt

1) \O':P : OnKTf ces deux i.h^ l.ic.iep cour/i^-tt;«, i' er existe d'autres, pjus
sppcialemer.c adap"-'ies à certains probl'jmes particuliers-

- la méthode des résistivités en courant alternatif à basse


fréquence.
- la sisir.ique réflexion 'ondes réfléchies)
- les méthodes spériales (par induction,et électronjagnétique"*
- la pra^'i^•,étrie 'mesure les anomalies engendrées par l'inégale
dis':r i >•" t io: d^s roc'i-ies ;P de-sit: d"i^f"" ''• - ras Darticulier des itavités
3 -

provenir du orvit de vér.izS.eS: d'J vent da-^s les arbres cj d3S vagues, à
proximité de la mer). Ce.tte métncde est en outre p".as cnère q'je "la methods
é'ectriq:?.

k>p~iaazior. : la recoKr.zissance du sol au Irci' des o:'.vrcges.{2)

•^OJr les ou'vrôoes d'art, or ati"'ise "ia sisrrique ré^racticr de


\iréié'rQ':\ze à tcjte autre oiéthods.

- Si les ûuvranes font partie d'un tracé rovtior p c r leq'jel


on evfectLis L'PS reconnaissance qeopnysique, on fera un profi"; le lona
oe :es ouvraaes.

- S" ":'cuvraçe est isolé, il est inutile d'e-^frcti;îr 'jne reconnais-


sance qéophysiqje et il vaut r'eux casser d"'re:tement a-x scndanss.

- D3ins le cas des ouvrages en site aquatique, on a intérêt à


T'aire oirectcn-i^nt 'sui-tO-t si "s tracé est imposé ^ des sordaacs
o'utrt '^u ' .T, orz-r. en r-'^'-^ère qu'. risque ae s'avérer asse: cr.er d'autant
qu'il faut généralement des sondages d'étalonnage.

.2. - '-3 r'is.'-qje «'êfract'::'

a - -r-.nc.pe

Là sism'qje r e f r a c t i o " . est fondée s'jr 1'étjoe corT^parative des v i -


tesses ae propànatic" des o"d3S 'Orai tudinal es (les DIL'S -aoides) dans les
d i f f é r e n t s s o l s , ( f i o u r e 1 P- 4)

Une coucne ''". ) surmontée d'une couche (n - 1" ne sera r i se en


ev-'dence par ce procédé oue si se vitesse de propaaaticn des ondes est
su^erie.re a c e l l e . d e la ccucne (n - 1). C'est ce qu'' se passe dans la
p l ^ c a r t des cas pratiques.
'Ictamme'^t, une zzvf.t ao^'t la vitesse de propaoatior est f o r t e
f a i t écran o c r les ccucn^s i n f é r ' e u r e s . o "no-'ns que ces dernières n ' a i e n t
.-e viiessa ue propagation ues ondes encore plus élevée.

D - Apparei1lôae

I l se c^mrcse d'un ou plusieurs récepteurs (çéopho-es), suivant


'a "étr,:-*? . -.i see '/•.•". -•''-jessc-F ) , et d'un émettev" f r/artca., c e^'plo-
sv-'c -z.r les r.ra'-des p r r - c dei'rs ^..

(2) '•'oie : "..ocalisatior. des cavit-is.

La méthode électrique et surtout la gravimétrie peuvent être


applicables, mais sont extrêmement délicates à interpréter.
Ces méthodes classiques s'appliquent essentiellement lorsque
le rapport profondeur/dimensions linéaires des cavités est faible.
L'une et l'autre de ces méthodes ne se suffisent pas à elles seules
et doive'it être appuyées par des sondages mécar.iques. On n'y aura
rocours rue lors d'une -tude spécifique, et sur recommandation du
géolog-oe, lorsque la présence de cavités est probable.
fig: 1

Principe de la sismique réfraction

9m 12m , I6m 18 m 21m 2im 27m

Géophorie

onde directe
V3 > V2 > Vi
onde réfractée
Argile sableuse
jV_=^600m/)

Roche ( V j î 5000 m/g )

fig: 2

Dromochronique d'un bi couche V, > Vj

1i
y
y
y
y ^^^-y

"^ y\
K^^^^
V2
X,=
•\/F
^2 ^1

X V,
0 X
« »•

Xe
5-

Pour une zone d'investigation de 0 à 15 m de profondeur, on


utilise 1 a méthode du compteur de temps : un seul géophone est ébranlé
par une série de chocs à -des distances variables.
Pour une zone d'investigation supérieure à 25 m. de profondeur,
et afin de ne pas multiplier les tirs, on utilise la méthode d'enregistre-
ment ; plusieurs oéophones sont placés en ligne à des distances différentes
du lieu unique de l'explosion.

c - Interprétation :
On trace les courbes appelées "dromochroniques" donnant le temps
de propaaation de l'onde en fonction de la distance x séparant l'émetteur
du récepteur (fiaure 2 page 4 ) .
On démontre que l'onde réfractée arrive avant l'onde incidente si

X > x„ = 2h, ' ' •


. 2^
'
e 1 V V2 - Vj

si V, = 300 m/s (schiste décomposé en argile) et V2 = 800 m/s


(schiste peu altéré), on voit que x doit être supérieur à 8 m si h, est
de 2,7 m. ^
Les points (x, t) sont portés sur un graphique qui, dans le
cas d'un système bicouche par exemple, se compose de deux demi-droites
(cf fiaure 2 ) .
Interprétons cette dromochron'ique : La demi-droite 01 corres-
pond à la propagation de l'onde directe dans le milieu 1 et l'on obtient
immédiatement v, (la pente est 1/v,). A partir d'une longueur de ligne
x (distance entre G et E ) , la propagation se fait avec réfraction sur le
milieu 2 (demi-droite ly).
La pente ly donne l/v„, donc v„. Connaissant x , l'équation
précédente donne l'épaisseur h, de la couche (1).
Cette méthode s'étend a un milieu à plusieurs couches. Le tableau
ci-après donne à titre indicatif quelques valeurs courantes de la vitesse
de propagation des ondes dans divers matériaux.
M a t é r i a u V i t e s s e en m/s

Terre végétale courante 250 - 450


Terre végétale compactée 450 - 600
Eau 1400 - 1700
Sable (au-dessus de .la nappe) 250 - 600
Sable noyé 500 - 1200
Gravier noyé 500 - 900
Marnes 900 - 1800
Schistes altérés 1200 - 2800
Schistes durs 1800 - 3000
Grès tendre 1500 - 2100
Grès dur 1800 - 3000
Calcaires durs 2400 - 4000
Roches compactes 3000 - 5000
Sol gelé 1200 - 2000
- 6

Limite de la méthode

La précision de la méthode dépend éventuellement :


- du contraste des vitesses des ondes longitudinales dans les
différentes couches de sol. En particulier, dans le cas de roches altérées
sur une grande profondeur, l'interprétation sera délicate ou impossible
car on n'obtiendra pas de partie linéaire dans la dromochronique.
- de l'homogénéité des couches.
- de leurs conditions d'épaisseur. Notons qu'à l'aide de tirs
symétriques par rapport aux géophones (ou de tirs directs et inverses avec
la méthode du compteur de temps), on aura une idée de l'inclinaison des
interfaces.
- de l'agitation microsismique parasite . essentiellement due
à la circulation de véhicules au voisinage de la zone prospectée, à la
proximité d'un aérodrome - ou de la mer, au vent dans les arbres
Rappelons que la condition principale d'application de la
:tion reste que les vitesses d'ondes soient croissantes avec li

e - Prix de la prospection sismique

Pour la reconnaissance de tracé (grande sismique),on utilise


couramment un aroupe de 23 géophones placés à une dizaine de mètres les
uns des autres, ce qui donne une longueur de ligne de 230 mètres environ.
Une équipe de prospection peut effectuer 3 à 4 sondages par jour, à une
profondeur d'investigation d'une vinataine de mètres environ.
Le prix de revient de la prospection s'élève à environ 1.800 F.
par jour, interprétation comprise. Cependant la consommation d'explosifs,
qui prend une part assez importante dans cette estimation, est difficile-
ment chiffrable a priori.
Pour des reconnaissances localisées au site d'un ouvraae (petite
sismique ) , on utilise Généralement un appareillane léger comportant un
seul aéopnone et un récepteur à lecture directe.
Le prix moyen d'un relevé complet, à une profondeur d'investiga-
tion d'une vingtaine de mètres environ, serait de l'ordre 450 F. à 600 F„
interprétation comprise.

3.^.2 - LES METHODES HYDROLOGIQUES

• ^" " P^'g^nibule

Dans le cadre de l'étude de fondations d'ouvrages d'art dans


un sol soumis à l'action d'une ou plusieurs nappes, il importe de ras-
sembler un certain nombre d'informations pour définir les conditions
hydrologiques pouvant intervenir dans le choix du type de fondation.

Ces informations concernent essentiellement :

- la coupe stratigraphique du sol


7-

- les types de nappes rencontrées, leur niveau statique, leurs


variations enfonction des saisons, des crues et décrues des
cours d'eau.
- l'alimentation des nappes.
- la perméabilité des terrains et leurs transmissivité (perméa-
bilité et épaisseur des, couches aquifères).

La reconnaissance hydrologique doit commencer au stade de


l'enquête préalable en s'appuyant :

- sur des points d'observations naturels (affleurement des


niveaux aquifères, puits, sources, différences de végéta-
tion, ...y
- sur des points d'observation provoqués (sondaaes - piézo-
mètres . . . ) . Il est souhaitable d'équiper les sondaaes de
reconnaissance de piézomètres.
- sur les caractéristiques hydrauliques recueillies dans le
secteur (à utiliser toutefois avec prudence) ou sur les cartes
hydrogêologiques établies par le BRGM.
- sur l'examen visuel d'échantillons recueillis.
- sur des essais de laboratoire (analyse nranulométrique, indice
de plasticité, perméamètres) au des essais in situ (essais
Lefranc) qui nécessitent des moyens modestes de mise en oeuvre.

Compte tenu du type de fondation envisaaé par le maître d'oeuvre,


la reconnaissance hydroqéoloqique peut être complétée au stade de la
reconnaissance proprement dite par :

- une reconnaissance plus approfondie de la ou des nappes


baignant le sol (niveaux piézométriques, variations en
fonction des saisons ...)
- une étude plus quantitative des caractéristiques du sol
oui y sont liées (perméabilité, débit à pomper pour un
rabattement donné, ...^ par des essais mettant en oeuvre
des moyens plus importants (essais de pompaae, préfouilles...).

RAPPEL DES NOTIONS FONDAMENTALES - TERMINOLOGIE

(cf. Bulletin des Laboratoires Routiers N° Spécial d'Avril 70 "Hydrau-


1ique des sols").

- surfaces équipotentielles ou piézométriques

Elles sont définies par h = constante (h : charge hydraulique).


Ce sont les surfaces (ou courbes, dans un problème plan) joianant les
points d'égal niveau piézométrique d'une nappe.

- sols et perméabilité (ordre de arandeur)


- 8

K en m/s

1
orayiers
10-1 t r è s perméables
sans éléments f i n s
10-2

10-3
sables + graviers
10-^ perméables
sans éléments f i n s
10-5

10-6
sables t r è s f i n s
10-7 peu perméables
sables arqileux
10-8

10-9
10-10 a r g i l e s homogènes t r è s peu perméables
10-11

- Surface d'une nappe ,


C'est la surface de l'eau limitant la partie supérieure de la
nappe.

- Nappe libre
C'est une nappe dont la surface piézométrique (pour h = 0) est
confondue avec sa surface.

- Nappe phréatique
C'est l a première nappe l i b r e rencontrée à p a r t i r de la surface
du s o l , alimentée par l ' i n f i l t r a t i o n des eaux de p l u i e . I l peut ne pas y
en a v o i r .

- Nappe captive
C'est une nappe dont la surface est retenue sous la surface
piézométrique par une formation imperméable.
Elle est dite artésienne quand la surface piézométrique est
située au-dessus du sol.

- Mur d'une nappe


C'est la formation imperméable sur laquelle repose la nappe.

- Toit d'une nappe


C'est la formation imperméable délimitant la surface d'une nappe
captive.

•2. - Détenninatiqn de la perméabilité à partir de mesures au laboratoire

La perméabilité Ihotée K et exprimée en m/s) des sols pourra être


déduite, par ordre de difficulté croissante, des méthodes suivantes :
I
La perméabilité peut être estimée dans le cas de certains sols
grenus (sables et oraves pas trop plastiques).

b - Bêl3ÎJ0!)§_frî'"f ^2 perméabilité et certaines caractéristiques

Différentes relations obtenues par expériences en laboratoire


ou par des considérations théoriques, relient la perméabilité d'un sol à
certaines de ses caractéristiques physiques. Nous donnons ci-après quel-
ques-unes- de ces rel-ations parmi les plus-connues.

- L'indice de plasticité

Il peut être éventuellement un premier critère pour savoir si


un rabattement de nappe est possible

Si 2 < IP <• 5 Rabattement en aénéral facile


Si IP > 10 rabattement difficile

- L'analyse aranulométrique

Formule de A. HAZEN : K = c d^,Q en m/s

avec C : coefficient égal à 1 pour des sables à qranulométrie serrée


à 0,2 pour des alluvions usuelles

d,Q : ouverture du tamis laissant passer 10 % des qrains (en cm).


Cette formule a été établie en laboratoire pour des sables propres à
qranulométrie très serrée (ou uniforme).
2
Formule empirique de CASAGRANDE : 1^ = ^''^ • ^^ n 85 ^ ^" ^^^

avec K. pr : perméabilité du matériau lorsque son indice des vides est


^'^^ de 0,85 (en m/s)
e : indice des vides du matériau étudié.

Il convient pour l'instant d'être très prudent dans l'emploi de


ces relations, utilisables seulement pour certaines formations non cimentées
à qranulométrie serrée (sables de dunes, certains sables sédimentaires).

La plus satisfaisante des formules théoriques est celle proposée


à la fois par KOZENY et par FAIR et HATCH : «

^ ' ( 1 - n)^

où V : viscosité cinématique (v = 12.10"^ cm^/s pour l'eau à 15° C)

(v/s) : Rapport moyen du volume à la surface des qrains

C : coefficient (de l'ordre de 0,2)

n : porosité.
« Pour application on pourra utilement se reporter à l'article de A.G LOUDON
(Géotechnique N° 4 de Décembre 1952)
- 10 -

fig -. 3

Principe du piézometre classique

Mesure du niveau d eau dans le piézometre par


sonde électrique ou flotteur

• •'• •_' Surface de la nappe


t

Remblai

U -- H^ . T^ •'_;

Paroi du forage

Tube métallique ou plastique ( piézometre)


*
r
1
11
rg Bouchon étanche (argile ou mélange bentonite-dment

1'", Partie crépinéc


1»;
'' Filtre mélange gravier et sable 1
LV

fig: A

Filtre équivalent (sphérique)

ft rayon du filtre équivalent

Rltre
>^^î i
- 11 -

c - Mesure directe de la perméabilité au laboratoire

K peut être mesuré au laboratoire à l'aide de pemiéamètres


(perméamètre à charge variable - perméamètre à charge constante).
Le problème délicat est de mettre l'éprouvette à lamème densité
que le sol en place ; si cette condition est respectée, ces appareils peuvent
donner de bons résultats pour les sables propres sans éléments fins.
L'oedomètre peut servir de perméamètre à charge variable pour des
sols durs peu perméables.
Les échantillons utilisés àu laboratoire sont assez remaniés
et n'intéressent qu'un faible volume de sol. C'est poun^oi on préfère en
général effectuer des essais type Lefranc dans la mesure ou l'on profite
d'un foraae préalablement exécuté, puisque ces essais sont plus représen-
tatifs de la perméabilité du sol en place (cf§3.4.2. (.3.) - Essais
Lefranc).

.3. - Les essais en place de reconnaissance hydroloqique

a - Les piêzomôtres

a, - Domaine d'emploi

Il permet de mesurer la pression interstitielle en un point


précis d'un sol saturé, et en particulier de déterminer la cote de la
surface d'une nappe libre ou de la surface piézométrique d'une nappe
captive, ainsi que de suivre un essai de pompage.

- Principe du piézomètre ouvert (figure 3 page 10)


'2
Il s'agit d'un simple tube crépine sur une certaine hauteur et
placé dans un foraqe comme l'indique le schéma
On appelle temps de réponse d'un piézomètre le temos qui s'écoule
entre le moment où survient une variation brutale de la pression intersti-
tielle dans le sol et le moment où le piézomètre accuse un certain pourcen-
taae de cette variation ; en effet les formules de HVORSLEV et fiIBSON
montrent que théoriquement le temps au bout duquel le piézomètre traduit
intégralement cette variation de pression est infini ; aussi définit-on en
pratique le temps de réponse comme le temps t donnant une valeur très voi-
sine de la valeur réelle de la pression interstitielle, ex : t95 : le
temps au bout duquel la différence de,pression n'est plus que les 5 * de
la différence de pression initiale.
Le temps de réponse dépend de la perméabilité du sol à étudier •
et du coefficient volumétrique du piézomètre ( X ) .

X = -T- volume d'eau qui entre dans la sonde pour une variation unitaire
^ de la pression du soi. Pour un tube ouvert A = A , A section
du tube. jrw
12

On diminue X en adoptant un tube piézométrique de petit diamètre


(7 à 15 mm : piézomètre type "Casaqrande").

Le temps de réponse d'un piézomètre classique reste cependant


relativement élevé (quelques dizaines de mn à plusieurs jours). Aussi les
constructeurs ont-ils mis au point des piézomètres à faible coefficient
volumétrique dont le principe est exposé à la fin de ce chapitre.

a^ - Mise en place des piézomètres classiques

Par mesure d'économie, les piézomètres sont généralement placés


dans des foraaes qui proviennent de sondages préalablement exécutés. Dans
la mesure où l'on fait un forage dans le but de placer un piézomètre, ce
premier doit être soigneusement exécuté afin d'éviter un remaniement
excessif du sol qui auamenterait considérablement le temps de stabilisation
(colmataae) ; de même, il doit être apporté un soin particulier à la con-
fection du bouchon étanche et à la détermination de son niveau (pas trop
haut pour une bonne représentativité de l'essai) dont dépend souvent le
bon fonctionnement du piézomètre.

a. - Observations

Bien que ce piézomètre reste le plus couramment employé, il


semble inadapté pour faire des mesures dans des sols très peu perméables,
et principalement lorsque l'on doit suivre l'évolution d'un rabattement
de nappe lors d'un essai de pompage dans ces sols. Il peut suffire néan-
moins dans les sols de perméabilité moyenne à forte.
L'efficacité d'un tel piézomètre dépend beaucoup du soin que
l'on apporte à sa mise en place.
Les principales causes d'erreur dans les mesures piézométriques
sont les suivantes :

- emploi de piézomètres ayant un temps de réponse trop élevé,


- filtre mal isolé de la partie supérieure du foraae, ou crépine
bouchée,
- temps trop court entre la pose des piézomètres et les premières
mesures, la pression au voisinage du piézomètre ayant été
perturbée lors de l'exécution du foraae et de la pose de l'appa-
reil. La période de stabilisation peut s'élever à quelques semai-
nes, ce qui entraîne la nécessité de poser les piézomètres suffi-
samment longtemps avant le commencement de l'étude.

Pour s'apercevoir du bon fonctionnement d'un piézomètre, on peut


injecter ou retirer une partie d'eau, une fois l'équilibre atteint, et
voir s'il revient à la même position d'équilibre.
On peut en outre se servir d'un piézomètre pour réaliser un essai
Lefranc, ou pour avoir une idée du débit à pomper lors d'un essai de pompaae
(en fonction du temps de stabilisation).

&r - Prix d'un piézomètre classique - nombre de piézomètres à poser

Si le piézomètre classique reste le plus utilisé, c'est essentiel-


lement dû à son faible prix de revient, sa facilité de mise en oeuvre
lorsque l'on profite d'un forage préalablement exécuté, et le peu d'appa-
reillage que nécessite sa lecture (sonde électrique généralement).
- 13 -

Le prix de la pose d'un piézomètre, compte non tenu du foraqe


et de l'appareillage de mesure, est compris entre 200 et 600 F au grand
maximum. Certains appareils (Soletanche) sont battus avec pointe perdue.
Le relevaqe (sur 30 cm) du tube découvre la crépine. L'essai coûte alors
environ 100 F en qrande série.
Les principaux facteurs entrant en compte dans le prix sont le
soin que l'on apporte à sa mise en place et à sa protection ; la profondeur
de mise en place intervenant surtout dans la difficulté de constituer le
bouchon étanche.
Si le forage doit être spécialement exécuté pour la pose du
piézomètre, le prix de revient de ce dern-'er croît considérablement et la
profondeur de mise en place est un facteur particulièrement important dans
l'accroissement de prix.
Pour l'étude d'une nappe, et sur le site d'un ouvrage d'art, un
à deux piézomètres suffisent qénéralement (on aura tout intérêt à équiper
systématiquement d'un piézomètre un forage par ouvrage, lorsqu'il y a une
nappe bien entendu). Le nombre de piézomètres peut néanmoins varier si
l'on se trouve en présence de plusieurs nappes, notamment lorsque l'on
craint de rencontrer des nappes en charqe lors de 1'exécution de pieux ou
puits forés, barrettes de parois moulées.

a^ - Sonde de pression interstitielle à faible temps de réponse

La pression de l'eau au point de mesure est transmise à un


manomètre à cadran, se trouvant à la surface du sol, par l'intermédiaire
d'un liquide incompressible, qui est généralement de l'eau.
u = Hm. y + p

Y poids volumique du liquide de transmission


différence de niveau manomètre - point de mesure
Hm
pression lue au manomètre.
P
temps de réponse : pour un sol de perméabilité K = 10-^°m/s
(donc très peu perméable), avec une filtre de longueur 50 cm et de diamètre
10 cm

4 mn < tgr < 180 mn

En aénéral ces piézomètres ne peuvent être employées pour une


profondeur du toit de la nappe supérieure à 7 m et nécessitent des purges
fréquentes.
Le piézomètre L.P.C. est de ce type : (fig. 4 p. 14)

Mise en place - dans un forage (méthode à recommander)


- par vérinage
- par battage.

C'est un appareil robuste, facile à mettre en oeuvre et dont


les puraes sont facilement réalisables - précision relative x/t Z %, -
temps de réponse ^ 30 mn/.

Le piézomètre L.P.C. peut être utilisé pour suivre les rabattements


de surface "piézométrique, mais il est principalement employé pour des mesures
plus délicates de surpressions interstitielles dues à des ouvrages.
- 14 -

fig : U

Schéma de principe du piézomètre LP.C

Tableau de mesure

'»o

Tube en rilsan 7/10 mm


Tube en rilsan ^ / S m m

Bague filtrante

SONDE PIEZOMETRIQUE

Pointe conique
- 15

Le prix d'une sonde est de 300 F. environ. Cette sonde est


perdue. Le forage et la main d'oeuvre (mise en place de l'appareillage et
lectures du tableau de mesure) sont facturés en plus.

Le piézomètre à contre pression de gaz est un nouveau type de


piézomètre L.P."C.' récemment mis au point .11 présente l'avantage d'avoir
un très faible temps de réponse (pratiquement nul) et de ne pas nécessiter
de purges. La sonde est placée dans un forage. Elle vaut entre 300 et
400 francs.

àj r Piézomètre à système électrique ou acoustique

L'eau pénétrant dans le piézomètre à travers un filtre en


matière poreuse vient au contact d'une membrane mince qui se déforme
sous l'action de la pression. Ces déformations sont mesurées par des
méthodes électriques ou acoustiques.

b " L^§ssai_Lefranç

b, - But de 1'essai

L'essai Lefranc permet de mesurer la perméabilité locale d'un


sol en place, et d'obtenir de bons résultats sans nécessiter un matériel
important. Il peut être réalisé dans des sondages de reconnaissance, au
fur et à mesure de l'avancement.

bp - Principe et théorie (finure 5 page 16)

L'essai Lefranc consiste à pomper ou à injecter de l'eau dans


une cavité de forme invariable, ouverte dans le terrain dont on veut
connaître la perméabilité, et à mesurer la variation de charge et le
débit correspondant.

Il existe deux types d'essais LEFRANC :

- l'essai à niveau constant, réalisé dans les sols perméables


(K > lO-** m/s) : On injecte ou on pompe jusqu'à stabilisation
du niveau dans le forage ; c'est le type le plus courant.

- l'essai à niveau variable, réalisé dans les sols peu perméables


(K<10-'* m/s) : On suit l'évolution du niveau dans le forage
en fonction du temps.

On a la relation

0 = K . C . h.

ou h est la charge exprimée en hauteur d'eau


- C un coefficient de forme, ayant pour valeur 2 K D pour une
cavité sphérique.

Comme nous le verrons par la suite, la cavité est généralement


cylindrique et C s'exprime alors par :

C = 2XD V L/D + 1/4 (Formule de la sphère) 0 <: L < 10


15
- 16 -

fig : 5

Principe de l'essai Lefr^nc

Q = K.C.h

cou injectée

niveau de la nappe

tubage

Cavité

fig : 6

Quelques lanternes

tubage
.. .boue

bouchon .'.'••' forage obturateur'


.gonflable , 7/ • • bouchon arc

gravier grossier
étanche
n, P . .. crépine
gravier gro-

m\^
17

ou
2 X L
iy > 1 (Formule de l ' e l l i p s o ï d e qui,
Ln (L/D + V (L/D)2 + 1)

pour L/n > 4 devient - ^ ^ )


Ln^-

Lorsque le milieu n'est pas infini, on doit apporter quelques


corrections à ces formules.

b^ - Appareillage :

Pour un essai â niveau constant, il est nécessaire de disposer :

- d'une pompe à débit variable de surface lorsqu'on injecte Q, ou


d'une pompe immergée lorsque l'on pompe à une profondeur supé-
rieure à 5 ou 7 m.,

- d'un compteur d'eau ou d'une cuve de volume connu,

- d'un dispositif de mesure de h.

Pour un essai à niveau variable aucun matériel particulier n'est


indispensable sinon un système de mesure du niveau h.

b. - Réalisation de l'essai

- Réalisation de la lanterne (cf. figure 6 page 16)

Pour les sols pulvérulents on bat un tubage que l'on cure ensuite.
La lanterne est réalisée soit par déversement de matériau perméable et
remontée du tubage, soit par utilisation de manchons crépines à leur base.

Pour les sols cohérents on tube un forage, réalisé par rotation


par exemple, et l'on colmate l'espace annulaire entre le forage et le tu-
baqe.

- La réalisation de l'essai nécessite une équipe entraînée connais-


sant bien la technique de l'essai, les problèmes qui peuvent se poser, les
buts poursuivis.

Un tube sera descendu, dans lequel on mesurera le niveau d'eau,


afin de ne pas être qéné par le remous lors d'un essai à niveau constant.

br - Interprétation des résultats

- Essai à niveau constant

En portant sur un qraphique en ordonnée les débits et en abscisse


les niveaux on obtient une droite de pente 1 , d'où K.
18

- Essai à niveau variable

On se reporte'ra au Bulletin spécial "Hydraulique des sols" déjà


cité.
On fera attention au colmataoe (essais par remplissage) qui donne-
ra des résultats de 10 à 1000 fois plus faibles pour K qu'en réalité.

bg - Observations et prix

L'essai LEFRANC peut donner une bonne approximation de perméabilité


locale lorsqu'il est réalisé par des techniciens compétents et dans de bon-
nes conditions. Une bonne connaissance aéoloaique permet de mieux l'interpré-
ter. Répété en différents niveaux dans un forage, il précise en outre assez
bien l'hétérogénéité du sol.

S'il donne la perméabilité locale d'une zone très restreinte en-


tourant la cavité, sa rapidité d'exécution (une heure trente environ) et
son faible prix de revient permettent de le réaliser à différentes profon-
deurs dans un sondaae, au fil de l'avancement de ce sondage.

Notons encore que cet essai peut être réalisé dans des piézomètres,
s'ils sont correctement posés.

La précision obtenue dépend essentiellement du soin que l'on appor-


te à la réalisation de l'essai, et de la lanterne en particulier, ainsi que
du temps dont on dispose, car il est coûteux de prolonaer l'arrêt de la
sondeuse lorsque l'essai est réalisé à l'avancement dans un foraae. La nature
du terrain loue aussi son rôle (on risque de mauvais résultats dans les sols
à aranulométrie étendue, dans les sols fissurés ou au contraire colmatés).

Le prix de revient d'un essai LEFRANC est d'environ 200 F., il


faut en moyenne 1 h. 30 pour le réaliser. Ce prix est donné compte non tenu
du prix du foraae.

La valeur de la perméabilité K mesurée peut avoir jusqu'à une


puissance de 10 d'écart avec la valeur de la perméabilité réelle, selon les
conditions de l'essai, et compte tenu du remaniement du terrain autour du
forane ; on retiendra que l'estimation des débits pourra être fausse dans
cette proportion, loutes les circonstances de l'essai doivent donc être
précisées.

b^ - Autre essai du type LEFRANC à niveau variable (fig. 7 p. 19)

Cet appareil (Breveté) a été mis au point par H. J. BRILLANT de


Solétanche. Son principe est de remplacer le prélèvement d'eau initial par
un effet de traction exercé sur un flotteur.

L'orininalité de cet essai consiste essentiellement dans l'appa-


reillage qui permet une bonne connaissance du niveau dans le foraae au temps
t = 0 + c et le suivi continu de l'évolution de ce niveau en fonction du
temps.
- 19 -

fig : 7

Essai du type Le franc à niveau variable


( Essai Brillant )

k
niveau d'eau Y
^
/,

P Bâti

position 3 position U
'A
T
I
position S
tubage
terrain sec )

^ cloche flotteur
avant immersion

niveau d'eau

après immersion

Position 1 •La f-loche est descendue dans le tuhaae


Position 2 La cloche est innernée
Position 3 t = 0 - C : le poids apparent D de la cloche est équilibré
Position 4 Sous l'action d'un poids supplémentaire P la cloche se trouve
à un niveau P/S' par ranoort à celui de l'eau dans le forane,
soit à un'niveau P/S' - P/S oar rapport à la naope.

La cloche va suivre le mouvement de l'eau dans le -forane et donc


indiquer "'a variation de h en fonction du temps T.

Position 5 : T—-cxc;: ^in de l'essai.

fig : B

I I I I 1 I II M II

[^ T ( en secondes ) J
- 20 -

Le diagratmie obtenu en pointant les secondes (à partir d'un point


fixe, sur papier enregistreur solidaire de la poulie) est présenté figure B
page 19. Les intervalles sont en progression géoroétrique.

I
On mesure le rapport J' entre 2 intervalles I et I' correspon-
dant à un même nombre de plusieurs secondes (sur la figure 8 , intervalle
de cinq secondes) et décalés du temps T.

On a K = - ^ In ( -j-r)

c - Ljess_a_i_LU5|:pN_

c, - Domaine d'emploi

L'essai LUGEON permet essentiellement d'obtenir des renseignement-


chiffrés sur la circulation de l'eau dans les roches, de se faire une idée
de l'état de fissuration de ces roches et des possibilités de colmatage ou
décolmatage des fissures.

c^ - Principe de l'essai LUGEON (fig. 9 p. 21) -

Il consiste à envoyer dans une tranche de forage de-hauteur .h,


isolée du reste du forage par un obturateur, de l'eau sous charge constante
en utilisant un dispositif analoq.ue à celui présenté figure 9.

l!yD2^É_Ly§iQt!! • litre d'eau par mn et par m de forage injecté sous une


pression de 10 bars. '

^^ = P" * TU - TO
pe : pression effective dans la tranche testée
pm : pression lue au manomètre
H : dénivellation manomètre - Surface de la nappe
Pc : pertes de charge : les utilisateurs disposent d'abaques, mais il est
préférable de reetalenner les montages par des essais à vide.

En réalisant divers paliers de chargement et déchargement, chaque


palier étant maintenu 5 à 10 mn après stabilisation du débit (régime perma-
nent) on peut tracer la courbe débits-pressions (la pression maximale atteint
si possible 10 bars). Cette courbe permet d'estimer l'état de fissuration
du massif rocheux, le colmatage et décolmataoe des fissures et de calculer
la perméabilité LUGEON.

c^ - Appareillage

- Un obturateur dans lequel la pression P ~ Pe + 2 bars


- Un manomètre
- Un compteur d'eau ou un bac de décharge
- Une pompe d'injection, proportionnée au débit à atteindre et
pouvant monter en pression.

c. - Réalisation

La réalisation de l'essai se fait à l'avancement d'un forage ou


après réalisation complète de ce forage, ce qui nécessite alors deux obtura-
teurs.
- 21 -

fig:9

Principe de l'essai Lugcon

pompe
compteur d'eau (débit Q )

manomètre ( pression pm

niveau de la nappe

y^K ^/. obturateur qonflable ( 030 à 1.50 m )

m^ /, tronche essayée ( 0^) à 500 m )


A

fig:10

Diagrammes débits - pressions

04 04 04

-.•P - • P
Ecoulement î^roulenent la- Ecoulement la- Colmataae à
laminai re minaire puis minaire puis basse pression
colnataae à débourrane à
•^orte pression forte pression

Q4
Q4 Q4

Ecoulement Débourraqe H-P


Droaressif Colmatane à Colmataae à
turbulent
basse pression basse pression
puis à haute puis débourrane
pression à haute pression
22

L ' i n j e c t i o n de ciment au f u r et à mesure de la r é a l i s a t i o n des


essais dans un foraoe pejjt s'avérer nécessaire si l ' o b t u r a t e u r risque d ' ê t r e
contourné par les c i r c u l a t i o n s d'eau.

Cr - Interprétation des mesures


b
On trace les courbes débits-pressions en portant :

- En abscisse, les pressions effectives en bars.


- En ordonnée, les débits Q en litres/mn après stabilisation.

Interprétation de ces courbes : (fiaure 10 page 21)

Il arrive fréquemment que l'on n'arrive pas à monter à 10 bars


de pression, et les calculs par extrapolation restent très approximatifs,
puisque les fissures s'ouvrent en proportion de la pression appliquée.

Traduction des résultats en perméabilité réelle :

Le calcul se justifie si l'écoulement est laminaire et le régime


permanent.

La courbe (Q , Pe) est alors linéaire et passe par l'orioine.

K = -Jrn— . p 5 _ , C : coefficient de forme (voir essai LEFRANC).


-5
La correspondance couramment admise 1 LUGEON : 10 cm/s résulte
de l'équation précédente, à + 40 % près, ce qui est admissible.

Appréciation de l'état de fissuration de la roche :


3
Q : f (e ) , e : épaisseur des fissures.

Rénime laminaire : nrande densité de petites fissures.


Réqime turbulent : petite densité de arandes fissures.

Remarques : Pour la réalisation et l'interprétation de cet essai, il ne


faut pas oublier que les fissures traversées par le sondaqe
peuvent être plus ou moins colmatées par des sédiments détachés
par l'outil.

En outre si l'on désire mieux préciser le type de fissures existant,


on peut procéder à une injection de ciment soignée et noter le tonnaae injec-
té.

Cr - Observations et prix

L'essai LUGEON peut permettre de fixer une cote de fondation dans


une roche fissurée présentant de bonnes caractéristiques, mais dont on veut
obtenir aussi une réaction de masse satisfaisante. Cette dernière est carac-
térisée par le degré de fissuration de la roche qu'il est donc utile de
connaître.

Il peut servir en outre à déterminer les possibilités d'injectior


Son interprétation pour déterminer une perméabilité réelle reste douteuse
puisque l'essai LUGEON est effectué à la pression standard de 10 bars et
qu'à pression supérieure les fissures peuvent s'ouvrjr.
23

Le prix de revient d'un essai LUGEON est d'environ 150 F, compte


non tenu d'une éventuelle-injection et du foraqe.

On peut penser utiliser le principe de l'essai LUGEON pour réaliser


un essai de mesure de la perméabilité locale réelle des sols peu perméables,
puisque l'injection se fait sous pression. De tels essais sont réalisés par
les pennéamètres Louis MENARD sommairement décrits dans le paraqraphe sui-
vant.

Par ex. Les pennéamètres Louis MENARD

- La pointe perméamétrique :

Le filtre est constitué par un tube de. 87 mm de longueur et 60 mm


de diamètre en bronze fritte. La pointe perméamétrique est mise en place par
battaae à la cote désirée en injectant de l'eau.

Le principe consiste à injecter de l'eau sous pression p en


réqime permanent et noter le débit, pour plusieurs paliers successifs.

- Interprétation :

q = K.C. Lh C : coefficient de forme = 4irR.

La pente de la "droite" obtenue en portant p en abscisse et Q en


ordonnée donne KC, donc K puisque l'on connaît C.

Cet essai semble présenter certains inconvénients (en particulier


un important remaniement du sol). Il s'applique essentiellement pour les
sables fins et les limons, présentant une faible perméabilité et dans les-
quels un forane ne tiendrait pas. Cet essai revient à 60 F par essai dans
les 10 premiers mètres, et 80 F au delà (foraqe et interprétation non
compris).

- Le pressio-perméamètre :

3 cellules jointives, descendues et plaquées dans un foraqe, par


lesquelles on injecte de l'eau sous pression permettent d'obtenir un champ
d'écoulement cylindrique pour la cellule centrale, dont on mesure le débit
et la pression après stabilisation (réqime permanent).
0 H 1
On a alors la relation p - po = -n w u r — (Ln (-) + •^)

p pression dans les cellules en n/cm2


po pression résiduelle mesurée après annulation du débit en g/cm2
q débit en cm3/s
H Hauteur de la cellule centrale en cm
r Rayon de la cellule centrale en cm
K perméabilité locale en cm/s.

K se déduit de la droite q = f (p - po)


24 -

Les avantages de la méthode, donnés par le constructeur :

- 1 seul apparetl permettant de mesurer les K de 10-^ à 10-^ cm/s


- précision de la mesure 10 à 20 *
- peut descendre à de grandes profondeurs et tester différentes
couches
- rapidité d'exécution, adaptable à différents diamètres de foraae.

Prix donné :

50 F par essai (compte non tenu du foraqe et du rapport) ;


location de l'appareillage à la journée, sans technicien :
60 F par jour.

Cet appareil semble s'appliquer assez bien aux sols peu perméables
(possibilité de monter en pression). Il peut être réalisé après foraae
complet, donc sans immobiliser la foreuse, et permettre en outre de laisser
le terrain se stabiliser. Le champ d'écoulement est pratiquement cylindrique.
Compte tenu en outre du faible prix de revient de l'essai, celui-ci semble
concurrencer favorablement les essais LEFRANC traditionnels.
I
I Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

I
e

I
I FOND. 72
I

I CHAPITRE 3.5
I Réalisation des essais en place

I
I

I
I
I LCPC

I
J. •"•V.J. ^ f - j - :-!
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3,5 REALISATION DES ESSAIS EN PLACE

3.5.1 LtS SONDâiCES PRtSSIOMETRIQUES

Principe de l'euai
a - défmition
b - caractéristiques principales
c - schéma de déroulement
d - exploitation des résultats
Caractéristiques technoiogK)ues des appajeil&-pnx rt durée des esuis
a - technologie
b - prix
c - durée
Réalisation
Domaine d'emploi
j - sois et tvpes de fondation appropriés à l'essai
b - ci< où l'essai n"es! pas approprié
Présentation des résultats 11

.;. - ILS SONDAGES AL P l M T R O S U T R i ST XTIQL E 11

.1. - Principe df l'essai 12


j - detinition
b - caractéristiques principales
c - schéma théorique de l'essai de pénétration
.2. - Caractéristiques technolo^ique-s - pri\ et durée des essais 15
a - technologie
• penéirometres i cône mobile
• pénérromeires a cône ûxe
b - pri\
c - durée
.i. - Mise en œuvre 21
J - liiniic d'emploi
b - iniluence de U mise en œuvre et des caractéristiques de l'appareil
^u^ les mesures
.4. - Domaine d'emploi 22
- I- e! types de fondation appropriés à l'essai
I' - ^js Ou l'interprétation sera souvent illusoire
c - précautions à prendre

3.5.3 Ll S SONDAGES AL PENETROMETRE DYNA,V1I0L'E 27

.1. - Principe de l'essai 27


J - dctinition
b - caractéristiques principales
c - définition et validité théorique des formules de battage,
.1. - Caractéristiques technologiques des appareils - prix et durée des esuis 33
a - technologie
b - prw
c - durée
.3. Mise en ituvrc 36
J - lininc d'emploi
h - ti. oinmjndslions concernant la conduite de l'essai
.4, D)»mainc d'emploi 38
J - utiliNjtion prjtique
b - vjs ou l'intcrprcution serait douteuse
.5. - Cas particulier du standard pénétration lesi 39
3.5.4. - Lt SClSSOMlTRr Dl CHANTIER 45

.1. - Principe AS
.2. - Réalisation et limites de Pesai 45
.3. - Interprétation des résultats
.4. - Conclusion 47
.5.- PTL\ 47

3.5.5 - ESSAI STATIQUE DE PIEU 48

- L'essai de pieu, ses limites 48


- Opportunité de l'essai de pieu 49
- Choix du pieu d'essai 50
- Contrôle du pieu d'essai SI
- Réalisation de l'essai 52
- Programmes de chargement 55
- (nterprélafion 55
- Coût 56

3.5.6. - QUELQUES INDICATIONS SUR LES CORRELATIONS ENTRE ESSAIS 57

.1. - Généralités 57
.2. - Sois puNcT\ilenti 58
.3. - Sols cohérents 58
CHAPITRE 3.5

REALISATION DES ESSAIS EN PLACE

3.5.1 - LES SONDAGES PRESSIOMETRIQUES

.1. - Principe de 1'essai

a - Définition

Il s'agit d'un essai de chargement rapide du sol par expansion d'une


cellule cylindrique : l'uniformité du champ de contrainte est assurée par deux
cellules de garde (voir schéma p. 2 ) .
La sonde est mise en oeuvre dans un avant-trou ou foncée directement.
La qualité de l'avant-trou (remaniement, calibrage) et celle du fonçage (refou-
lement, .Tiéthode de fonçage) sont primordiales pour assurer la représentativité
de l'essai. Les pressions prises en compte sont les pressions totales appli-
quées au sol.

b - Caractéristiques principales

- L'essai est rzpide. Il ne donnera donc directement que des rensei-

- L'essai tend à solliciter le sol comme le ferait ^^ne fondation.


L'exploitation est donc basée sur des corrélations directes, sans qu'on ait
besoin de passer oar l'intermédiaire des caractéristiques mécaniques tradi-
tionnelles à la rupture du sol ( "P et c ) .
Le calcul des fondations découle de formules semi-empiriques ; à
cause de cela, l'essai est standardisé et fait l'objet d'un mode opératoire
officiel du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, (circulaire n'^ 71-19
du 22.2.71).
- En plus des paramètres mécaniques directement mesurés, on aura
besoin pour l'exploitation d'un classement du sol (voir § 5.2.1 .2. p. 10) ;
les informations correspondantes pourront le plus souvent être recueillies
lors du sondage préalable.
- En l'état actuel des techniques, il est déconseillé de déduire
de l'essai les valeurs mécaniques intrinsèques (par ex. c et <? ) en vue
d'appliquer les formules classiaues.

c - Schéma de déroulement.

L'identification du sol, ainsi que les observations concernant le


fonçage de la sonde (allure de la courbe de battage, vitesse de descente au
viDrofonçàgc) ou le forage de l'avant-trou (nécessité ou non de tenir les
parois à la boue, pression d'injection ou de langage nécessaire, vitesse de
- 2

fig ; 1

Le pressiomètre Menard (type G)

Contrôleur
Pression - Volume

<^rs^

Courbes pressiomètriques

AV
f V -V

Po Pf Pi Pbar ° Pf Pbar

V, est le volume initial sous la pression atmosphérique là sonde étant en place

Courbe pressioméinque corrigée Courbe de lluage


descente de la tarrière ou de l'outil de foraae) permettent d'estimer arossiè-
rementla pression limite escomptée. Le chargement se fait en dix paliers de
PI estimée , maintenus chacun pendant une minute, avec une tolérance de 6 à
—w
14 paliers.
On note les variations de volume V de la sonde 15, 30 et 60 secondes
après chaque montée en pression (lesquelles doivent être rapides).
Un sondage pressiomètrique comporte une phase de mise en place
(soit par fonçage, soit foraqe d'un avant-trou généralement réalisé par passes
successives de longueur variable suivant la nature du terrain - souvent de
l'ordre de 3 m) et une série d'essais de charoement effectués à différents
niveaux.
Ces essais qui sont à proprement parler les essais pressior.èzricues
sont réalisés tous les mètres par paliers de pression d'une minute.
Pour chaque essai, on trace la courbe pressiomètrique (variation
de volume en fonction de la pression appliquée). Elle permet de déduire après
correction, les valeurs des paramètres pressiomètriques :

E module pressiomètrique standard

pi oression limite pressiomètrique

pf pression de fluage.

Pour s'assurer de la valeur de l'essai, on vérifie l'ordre de


grandeur du volume injecté pour recomprimer la masse du sol et le rapport E/ ,.

d - ExDlo'itation des résultats

Les résultats sont reportés sur deux graphiques : figure 1.

- courbe effort - déformation à échelles linéaires ; pression


en abscisses, volumes en ordonnées.

- courbe des déformations différées ; pressions en abscisses,


différence des volumes à 30 secondes et 1 minute, pour chaque palier
de pression. Echelles linéaires.

vo , Df correspondent respectivement au début et à la fin de


la période^inéaTre de la couroe pressiomètrique corrigée, pi à son
asymptote verticale.

Si la détermination en est difficile, on prend pf au coude


de la courbe de fluaqe et D1 sera par définition la pression telle que
TT— = 1 où Vo est le volume de la cellule centrale à vide (593 cm3
envi ron),

En considérant oue jusqu'à _vo il ne s'aqit que d'une remise en


charge du terrain décomprimé par l'avâTit-trou ou le fonçage, Vo + vo est
le volume de la sonde au début de l'essai prop'^ement dit, et la pression
limite sera celle pour la':uel^e le volume de la sonde a été doublé pendant
l'essai proprement dit.
- 4

Le module pressiométrique £ est déduit de la pente -^^ de la


p a r t i e l i n é a i r e de la courbe pressiométrique, à p a r t i r d'une formule
d'anneau en é l a s t i c i t é , qui comporte les caractéris-tiflues géométriques
de la sonde et l e volume V^injecté au m i l i e u de la p a r t i e l i n é a i r e de
la courbe p r e s s i o m é t r i q u e : E = 2 (1 • • ^ ) ( Vo+Vm) d_£_
dV

.2. - Caractéristiques technologiques des appareils.


Prix et durée des essais.

a - Technologie

Les appareils pressiométriques sont brevetés, et restent la


propriété de l'inventeur (Techniques Louis Ménard - 91 - LONGJUMEAU).

Les-caractéristiques principales des sondes sont reportées dans


le tableau (ci-dessous )•
Le pressiométre type E, le plus ancien, convient pour les problèmes
courants sous certaines réserves quant aux fondations sur pieux.
Il est remplacé progressivement par le pressiométre type G plus
résistant qui permet d'atteindre des pressions supérieures (80 bars) et peut
être utilisé dans le rocher. Plusieurs diamètres sont utilisables, mais le
volume à vide est toujours le même pour tous les appareils.

pour mise en
Appareil type E type G tube fendu
oeuvre dans
un tube fendu

3
Volume (cm ) 593 593 593 sans objet

Diamètre (mm) 60 50 44 int. 47


ou 63 ou 63 ext. 60 ou 63

Longueur , .
totale ^^ '
44

Longueur (cm)
de la cel-
lule centrale 21 fentes 110

Pression (bar)
maximale 30 100 30 sans objet

En plus de la sonde proprement dite, l'appareillage pressio-


métrique comporte un contrôleur pression-volume et des circuits de
raccordement en tube de rilsan.
L'habillage des sondes (membrane et qaine) ainsi que la portée
des manomètres devront être adaptés aux performances du terrain.
b - Prix
Au début 1972, les prix unitaires décomposés (T.T.C.) sont
proches de :
- prise en charge de l'étude 520 F
- installation par profil 140 F/foraae
- fonçage, foraae (tarière 90 F/ml
battage, vibrofonçaqe) 112 F/ml
- essai pressiométrique 110 F/unité
- frais de dossier secrétariat 10 %
- assistance technique, interprétation 20 %>
Soit approximativement pour un ouvraae courant où l'on effectue
trois sondanes pressiométriques à 10 m. de profondeur, pour investiaation,
interprétation et rapport, 9 000 F. Ce qui représente, en pourcentaae,
environ 2 à 2,5 % du montant total d'un ouvraoe d'art courant autoroutier.

c - Durée
Chaque essai standard dure une dizaine de minutes.
En fonction de la durée du fonçage direct de la sonde ou du
percement de 1'avant-trou, les moyennes de lonaueurs testées par jour et
par équipe (2 à 3 agents) sont de :
7 m/jour dans des terrains peu compacts (vibrofonçaae
foraae à la tarière, avec ou sans boue)
5 m/jour dans des terrains compacts (foraqe rotatif, battage
d'un carottier).

.3. - Réalisation

La profondeur totale testée et l'espacement des mises en pression


dépendent d'une part de la nature des sols à reconnaître et d'autre part du
type présumé de la fondation.
Pour des reconnaissances importantes nécessitant des sondages
pressiométriques nombreux, on aura intérêt à réaliser quelques sondages de
reconnaissance avec des essais préalables pour fixer leur densité, leur
profondeur, 1'appareillaae et choisir la méthode de mise en oeuvre la plus
adaptée au sol.
On s'attachera à exiaer que les essais soient faits, éventuellement
tous les 2 mètres, depuis le terrain naturel, même si l'on prévoit une fon-
dation profonde ou un tracé en déblai.
S'il n'en était pas ainsi, on se retrouverait sans renseianement
sur les couches superficielles en ce qui concerne les terrassements ou le
réemploi éventuel des terres (tracé en déblai), ainsi que dans les cas non
exceptionnels où l'on est amené â modifier la cote de la liane rouqe du projet
après la fin de la reconnaissance.
- 6

Exemples de courbes d'essais défectueux

La courbe pressiométrique brute a en général la forme


suivante

Vcm3f
Variation
de volume
dans la
sonde.

fig. 2 250 cm 3

bars

Si la courbe a la forme ci-dessous, refuser l'essai.^o e:


supérieur à 250 cm3, ce qui prouve que le forage est mal calibré
(mauvaise exécution ou sol sujet à éboulement, pour lequel il faut
utiliser un tube fendu ou forer sous boue).

Vcm3

fig. 3
250

bars

La courbe suivante, ou une ligne de résultat comportant :


exemple pf > 10 (ou toute valeur inférieure à la pression maximale
l'appareil utilisé, soit 30 bars pour le type E ) , pi > 20, indiquer
vraisemblablement un éclatement accidentel de la sonde vers 8 - 1 0
'cm

250

fig. 4
7 -

{. Il faudra s'efforcer de ne pas effectuer d'essai lorsque la


(| sonde est à cheval- sur deux couches différentes ; outre que les résultats
(( sont dans ce cas le plus souvent inexploitables (présence de deux parties
(> linéaires, pressions limite et de fluage ne correspondant ni à l'un, ni à
( l'autre des deux sols), ceci pourrait conduire à un éclatement de la sonde.
Dans ce cas on pourra décaler l'essai vers le haut ou vers le bas
sans que la distance entre deux essais successifs soit inférieure à 60 cm
(sonde normale) ou 80 cm (lanterné) afin d'éviter les interférences entre
essais.
L'état des parois du forage, au moins autant que la stricte
observation des rèales de déroulement de l'essai proprement dit, est
primordial pour assurer la représentativité des résultats. Notamment le
temps qui sépare la réalisation de l'avant-trou de 1'introduction de la
sonde doit être réduit au minimum : c'est pour cela que le mode opératoire
limite la lonaueur des passes. En revanche, quand la sonde est introduite
avec refoulement on aurait intérêt à respecter un certain délai de repos.
On trouvera ci-dessous quelques exemples d'essais défectueux et
les procédés de mise en oeuvre recommandés pour chaque type de sol.
. Si la paroi est mal calibrée, le volume initial vo nécessaire
pour appliquer la membrane sur la paroi sera trop arand.(figure 3 p . 6 ) .
Le volume injecté étant de toutes façons limité par les capacités
du contrôleur pression-volume à 750 cm3 environ, si vo est supérieur à 250
ou 300 cm3 on n'atteindra pas la pression limite et peut-être pas la pression
de fluage, donc la mesure sera de toutes façons perturbée.
Comme la pression limite est peu affectée par la qualité du trou, le
rapport E/pl peut être considéré comme représentatif de cette qualité. Sa
valeur se situe normalement entre 8 et 12. L'essai sera considéré comme défec-
tueux si le rapport E/pl est inférieur à 6 et à 4 dans les terrains pulvéru-
lents noyés ; dans ce cas, ce sera le module particulièrement , qui sera
douteux.
• Si la paroi est remaniée, les mesures intermédiaires, pour des
pressions modérées, n'intéresseront que la partie remaniée du sol, près de
la sonde : la valeur trouvée pour E sera sujette à caution, le plus souvent
sous-estimée, éventuellement même ïïe deux fois.
En revanche la valeur de la pression limite pourra être néarmois
correcte, puisque sa mesure se fait à pression élevée, donc intéresse un
plus arand volume de sol : l'incidence d'une malfaçon du foraoe (remaniement,
pollution par des éléments provenant de couches d'autres niveaux....) sera
donc plus faible.
. Un traitement trop brusque amènera une perte de résistance des
sols sensibles (battage ou vibropercussion dans les sables lâches ou limons
saturés, remaniement des vases thixotropiques...) ou, au contraire, à une
densification (fonçaqe avec refoulement dans les arailes, introduction du
tube fendu nécessitant un repos pour relaxation ).
Le choix du procédé de mise en oeuvre sera donc quidé par le
souci de ne pas remanier le sol, pour obtenir une imaqe fidèle de son
état dans la masse (cf. tableau p. 8 ) .
En règle aénérale les forages doivent être d'abord commencés et
poussés jusqu'au refus en tarière à main.
N A T U R E DES TE R R A I N s
LIMONS
MODE DE M ISE EN O E U V R E ARGILE SILTS SABLES ORAVES ROCHERS
1 2 3 1 2 1 2 3 1 2 3 1 2

Tarrlère à main à eeo —


+ + + + — —

Tarrlère k main Injectfcn -f + + -f 4 + 0

Forage avec
Rotation
Mèches hélicoïdales
continues
— —
+ + + — — 0
+
paroi non Outil plein — — 0 0 0
+ +
maintenue carottage — + —- —: 0 û -f +
PercuBBlon - rotation 0 — — 0 -f 0 0 ++
Battage carottler 0 0 — 0
+ 0 0 0

Vlbro-fonçage carottler — 0 0 — 0 -t- + 0 0 +


Introduction Battage tube fendu 0 0 0 0
avec
refoulement —
Vlbro-fonçage tube fendu — — — 0 0 0 0

Forage avec
Sonde auto-foreuse
+ 4- 0
+ +
paroi maintenue
Forage tube fendu — 0
- -
0
+ 0 0 0
+
X
SYMBOLES 1. Peu consistantes 1. Seca 1. LSches noyés 1. Lâches noyées 1. Altéré
2. Moy.consistantes 2. Noyés 2. Moy. coropac-tB 2. Moy.compactes 12. Sain
- Méthode déconseillée
3. Très consistantes 3. Compacts 3. Compactes
+ Méthode recommandée
0 Méthode tolérée
L ' i " : e c t i ;•" concom" t a ' ^ t " d'-^'S bc-e de o s i " : o ' - i t e '3 h c est
i'd-'sp3r,sao 1? S O J : 1? r i v s e v 02 '.à "apos da^s ':c'.'S ' e s t v p ; s os s:",s et
z'y^â ê';â', er;ent ' î t ^ e 3 - f 3 c t i ' é 3 da~s ' s s ssb"3S p-?p''3S :: TZV. coner3'",ts
s ' t . é s a -3essïE j3 "a ""rope.
t-03 'endu-, o c t t ^ eu ô ' c é ( intrcdw.'''t àv3c r s ' • : . 1 3i,;3r.t : ' £
T'. T S " - s 3 ;'^3 i s é dans "es s o l s fir.s : c " é r 3 n t s • '"i oans i3s saoles
c - . ( . . ^ . • - '.iTa\'9-c
- c T 3 v.av
le " ' y âvo'-^ r3C0'-'rs, qvs" GL.'e s o i t s e n:ae d ' •^ r.trr.i'jc-
t i o ' - "•J3 oa'.s J3S sab'ies s ' ' 7 7 i s a " T ? ' : t compacts cv dos ~^QV3S irnrT^e-nées-
en 3£s?'.'a't d? '.e o j t t r e par ' ' i n t e r v é d ' S - ' r e d'.'n T a - d - i - p--s à la base
d'-' t - b e '^c:-rra'l, a v i n d ' é ' ' i t e r '/n re.rar.isn^snt sci'S l ' e f f e t des c.^or.s par
dé-"?'"- a' "I
:era
;; •
yj'oe fendi
- ' ; ; t " ' ' - ' s a t i c ' i n t e ^ ' ^ e s t i > ' 3 dv t'jbe •^er.dv ( p " " ne s c l ' ' i c i t G
.3". ra.'t 3J3 ''3'" 'la'^ties ".es p '. ? '•aides) : c - d . - i " a i t à '.'ne s ; r ' e s t i ' " a t i c r
des c a r a ' " t é - ' : . " " -.. t ^ r - a i r , .

-~q - - o ri

a - 2:''s 3t types d; "o-'oatics roprrpriés a "'essai

1-^-:- pressiométrique sst a ;:>'sei"".er P3jr essa'^s dans

Il p'=-',')3t o~ ira"t2^ oes r;"3ol°rnes d? stabilité


-.r:
de oc3S3;i)3r.ts (cf. fascicule 2 : Reconnaissance).
L ' i ' t e - ' D ^ è t a t i c ' s ' accorùmc 33 ds t : . s " ss typ3S : : - . ' r 5 " t s ae 'cndaticns
S3i''3r3s, >:i:jx, - a j i s r s ) .

jr. : s s 3 \ 3r3ss:oire ;qv3 :;3rs ' :• Rzcnç-^ p e n ; 3 t d ' a v c i : ' l'n:- idé?
- •- *- c ' — ô ' * - •'•-: p ' PC
' ' a t t : i - ; d r a c é - ' é r â l s .'3rit oas •:. n^'ess'?'

' 3SSa i - - , • ) '

L'es.^ai pressicmé-"""'p'-'e - , 3 S t pas a o n r o o r i a s un c s r t a i : . '.OT.C


d? 3r3o"r~es 'J: vécar.iq'je J33 S J S ; er. o a r t i c . ' i c r :

détsrrr''^.azi:n 3-: jcs zass^r-ciz-^ ac- osnso'.zaaz'^on.


L'essai est du type rapide et ne peut donc mettre en évidence
les phénomènes de tassement de consolidation ; la corrélation proposée entre le
'acp:--, T': L : "? c:3-f.c 3'i: «s-«.:st 3 p vs sc.;3't . ,'r. 3'-tai ;,3 : 3t
P.-:" ". ;-"cis 3". ;ièr3i^en-: fa" " n3i 3:se.

^ : v r 33bte •a'sor, 1 ' i n t e r c r é t a t i o r - . des e s s o i s p r a s s i r é t r i q u é s


d d : ; : ,,- bc" zrzr^ d3 crh'^z\yr ZJ. t a s s : - c ' , t des s : l s p a : crr:;p-3ssib I es
""^"'"•S r e s t e "''."3'éranc3 zz'jr 1 3s ^ ; " s C3r'.?r3sr i b".''s a s j , "ii;,:c"^Sr a»-n-l3
p ? s t i p j 3 '. .

l-ï'o:
- 10 -

fia: 5

Exemple de profil pressiométrique

Sonde
J3' 6a m m de i.5 a Z,^m N b de c o u p s p o u r 1 0 c m b o H a g e cohésion c en b a r s ùjz:
JS'.AA. m m d e A,3a.iA5rn 1 2 3 4 5 10 20 30 50 100 200
^ressiomètre type G _L J L
Prof, Nature m o d u l e d e c o m p r e s s i o n ; E en b a r s p r e s s i o n l i m i t e : Pi en bars
m du sol 50 K>0 200 400 1p 2p 30 40
c 1 I I I I I I I

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10-
11 -

Ce phénomène, lié à la consolidation, dépend des contraintes


effectives alors que l'essai pressiométrique ne permet pas de faire la part
des contraintes effectives et des contraintes totales.

- problèmes de stabilité et de glissement

Ces questions sont liées aux caractéristiques de résistance (soit


à court terme, DU soit à lonq terme c' et <ip suivant le problème posé)
auxquelles l'essai pressiométrique ne permet pas d'accéder directement.

.5. - Présentation des résultats : voir figure 5 page 10.


- 12

3.5.2 - LES SONDAGES AU PENETROMETRE STATIQUE

.1. - Principe de 1 'essai

a - Définition

L'essai de pénétration statique consiste à foncer dans le sol,


à vitesse lente et constante, un pieu modèle réduit (0 30 à 0 100 mm).
La mesure de la résistance unitaire à la pénétration permet, à
partir de rèqles semi-empiriques basées sur la similitude, de transposer les
résultats obtenus à la fondation projetée.

L'appareil est soit foncé directement, soit (plus rarement) mis


en oeuvre dans un avant-trou- La représentativité de l'essai peut dépendre
des paramètres suivants :

- forme de la pointe
- mouvement relatif corps-pointe
- vitesse de pénétration
- diamètre de la pointe

b - Caractéristiques principales

- Le chargement du sol est rapide. Les renseianements obtenus


ne seront donc qu'à court terne.

- Les paramètres mesurés en cours d'enfoncement sont l'effort


de pointe et l'effort total.
Suivant les appareils utilisés, ils sont obtenus soit simultanément
et de manière continue, soit séparément et de manière discontinue.

- La variation de ces efforts en fonction de la profondeur permet


de tracer un diagramme de pénétration :

. l'effort de pointe est rapporté à la surface droite du pénétro-


mètre et exprimé en bars sous la forme d'une résistance de
pointe unitaire et à rupture R ou r
P P
. l'effort latéral, obtenu par différence de l'effort total d'en-
foncement et de l'effort de pointe, est exprimé en tonnes.
- L'analyse des diagrammes de pénétration est surtout utilisée
pour :

. apprécier l'homogénéité d'un site, déceler 1'hétéroaénéité ;


• . évaluer qualitativement la compacité des couches ;
. évaluer la cohésion non drainée in situ, pour les sols purement
cohérents (cf. § 5.2.2).
13

fig: 6

Pénétromètre statique Gouda

- Pénétromètre sur ses hélices d'ancrage

- Vérin de poussée en position haute

- Train de roues de transport relevé

En premier p l a n , moteur hydraulique

pour ancrage des hélices

^S^

Manomètre de mesure

Tube de revêtement

( Photos du L.R. d ' A n g e r s )


14 -

fig : 7

Schénna théorique de l'essai de pénétration


et de son interprétation.

penetrometre pieu

^''

I //////////////y. 77777777777Z 7^^77777777777777, ^7777777^777.

RJ = R^-R
>0, = T^ X h X

Rj - R
d'où r ^

^ V
l_>'
î
R = ( Rn ou rn) X U Qp = qpx fi

R.^ = R + R Q = QD • Û
- 15

- obtenir^ une ccTaissànce extensive d'un site, arâce à des


corrélat^c-s avec d'autres essais in situ et des essais
d'•'aenti ficatian ;
- °itir?.er la force portante des fondations profondes oa-^s "es
soir "'-.s."

c - Schéma tnéorique de 1 'essai de pénétration (figure 7 page 14)

-3 siiïiilitude entre l'essai de pénétration statique pénétroiré-


trique et le vérinaoe d'un pieu penr-et de concevoir le schérna théorique
de la fin. 7!

- C et R_ sont respectivement à une profondeur donnée h la force


portante ou de rupture du pieu de diamètre 0 et l'effort
total aopliq'Jé a'.' pênetromètre.

- Qp et Q- sont respectivement les efforts de pointe et de frotte-


ment latéral relatif au pieu.
- R^ est l'effort de frottement latéral relati"' av oénétronètre.

- Q est Is. résiszar.ce unitaire de pointe du Diej.


P
- ^ ou r est la résistance ^.nitaire de peinte du pénétrorètre
"^ obtenue er lu^^ appliquant 'a charge R par l'intermé-
diaire de la tige qui lui est solidaire.
-T est le frozter-.ent latéral unitaire -pieu-sel.

est le frottèrent latéral unitaire pénétrorètre - sol


obtenue par la relation (1). R^ étant la charne totale
appliquée à l'enser^ble tube -^ tiae du pênetromètre.

n est la sectic" du pieu.

est la section de la pointe du pênetromètre.

Dans un sol parfaitement homogène on peut écrire d'une part qu'il


y 5 ênalité e-.tre q et ^ (ou r ' à un coefficient K près qui doit tenir
^p p^ D
coFTDte du rapport ^ ,' v\ (notion de prcfo'deur critique d ' encô s t rendent
(cf. § 5-2.1.'_. 3t d'autro part c e "^ " etr f sont égaux à un coefficient
',<' près qu" doit tenir cc~rte d? ".a ruaosité différente du tube du pênetro-
mètre et du fût du Dieu.
Ce sc-ié~3 si-.pli'-'é Dermet de dire qu'en toute rigueur l'essai
de pérét-î'^-i 0- stitic-e '^.'est oas adapté à l'étude des fondations de surface.
Il aopa-.T't :•• outre q.e son i-.terpretatio'" pour la détermination de la capa-
c-''t? portz't: des "ondatic-s o-cfcdes est liée aux valeurs que l'on doit
d:"""- a.A coe ff : ;•'OPits K c-t K'. Dans l'état actuel des connaissances, comme
3". prurra le ccnst:ter au § 5.2.2.2.,il n'existe aucune méthode générale
per-ettant de "es dêf'inir d'une manière très satisfaisante.

• 2. - Csracté-i stiquc-s technolooicues des appareils. Prix et durée des essais


- 16

Technoloaie

Depuis son invention par le professeur BUISMAN (Laboratoire


de Delft) vers 1930, le pénétromètre statique a fait l'objet de nombreu X
brevets.
La réalisation pratique des essais dépend essentiellement de la
technologie des appareils et, à cause des nombreuses variétés de ceux-ci,
la sianification de l'essai pénétrométrique est toute relative.
Néanmoins le REESEP a élaboré un projet de Mode opératoire et
proDosé d'uniformiser les principaux paramètres de l'essai. Il préconise
l'utilisation d'appareils à cône fixe avec une vitesse de pénétration d. e
1'ordre du centimètre par seconde. (Pour des valeurs de Rp inférieures à
10 bars, seules les mesures effectuées à l'aide d'une poihte électrique
sont significatives).
L'exploitation des résultats devra donc être faite en connaissant
parfaitement les caractéristiques technologiques de l'appareil utilisé.
Notamment, il y a lieu de les indiquer sur chaque diagramme de
pénétration (type d'appareil, vitesse de pénétration, section du cône).

On peut classer les appareils en deux catégories :

- les pénétromètres à cônes fixes

Ce sont ceux pour lesquels le cône de pointe n'a pas de mouvement


par rapport au fût. Ils permettent de mesurer d'une façon continue et
simultanée les efforts de pointe et de frottement latéral.
La transmission de l'effort de pointe est soit mécanique (tiaes
coulissant dans un tube métallique) soit assurée par une liaison sans
frottement (électrique ou hydraulique).

- les pénétromètres à cônes mobiles

Ce sont ceux pour lesquels l'effort de pointe est mesuré en


faisant pronresser le cône, alors que le fût, qui reçoit l'effort de frotte-
ment latéral,est immobilisé pendant cette mesure. Ils permettent de mesurer
d'une façon discontinue et séparée ,les efforts de pointe et de frottement
latéral. La transmission est toujours mécanique.

Les caractéristiques des appareils les plus courants sont rappelée


ci-dessous.

1) Pénétromètres à cône mobile

- Pénétromètre GOUDA (figure i. page V )

Pour remédier aux erreurs dans la mesure de l'effort de pointe


provoquée par l'introduction de matériaux fins entre tiqe et tube,
la pointe a la forme indiquée à la finure 8 .

Caractéristiques :
- 17 -
fig : 8

Principe du penetrometre Gouda


A

Z 36mrg

fig : 9

Penetrometre A n d i n a . Jangot . B o n n e t o n

Effort de
pointe

V//////////A yy///////A

WA

0 60 mm
- 18

- effort d'enfoncement naxinuir, (pour le pljs répandu' . 10 t o m e s

•- résista""" :s pointe ".aximuir. : 400 bars ;

- diarètre 36 mm, ce qui correspond à une section de 10 cm2 ;

- vitesse d'enfoncement variable (on adopte habituellenent


2 cm/Sec) ;

Fonctionnement :

- l'enfoncement du pénétromètre est assuré à l'aide d'un vérin


hydraulique. La pointe est poussée ss-jle sur 4 cm par l'intermédiaire de
la tiae centrale coulissant sans frottement dans le tube de protection.
L'effort de pointe est mesuré en tête du train de tiqe.

- on rapproche ensuite le tube de la pointe (enfoncement du


tube seul sur 4 c m ) .

- Du's ""'ensemble cône - tube est poussé sur 16 cm ce qui


permet de mesurer en tête l'effort total d'en-froncement.

- "l'effort de -rottement 'atéral est, comme toujours, obt2".u


par différence ertre l'effort ^'*:2' et ":'effort de pointe.

Le pénétromètre ^OUHA e?: couramment utilisé par les Laboratoires


des '^onts et Chaussées.
Nctc-s qu'il a fait l'objet d'une adaptation permettant une lecture
continue de l'effcrt de pointe à l'aide d'un peson à jauges de déformation
à f''.'. résistant (pénétromètre électr-iquel.
Cet appareil est décrit dans le N° 36 du bulletin de liaison des
laboratoires routiers. Il doit être considéré comme un pé:iétromètre à cône
fixe.

Ce dernier pénétromètre permet de franchir des couches comoactes


de résistance de pointe supérieure à 400 bars par battaae sur les tiges
mêmes de pérétratic'^.
On ne ; -"-^"r? :".ûrs que la résistance dynamique (cf. nénétromètre
ayna'":que ? 3. J .3).

2^. "é-étrc^ître a cône fixe .

transmission de l'effort de pointe par tiges :

^ar ex. pénétromètre (AfJDINA - JA^'GOT - B0IJ:;ET0:J) (France) - {'^'^ r-e '••
oane 17)
. diamètre des tubes et de la pointe télescopique : 60 mm

. Grandeur de r de O à 300 bars.


P
19

fig:10

Pcnetrometre à transmission hydraulique

( Parez )

i
Effort total (1)
Effort de
pointe ( 2 )
-Q)

1 y//////////////.
Pompe a main
mettant le circuit
d'huile en pression
canal
'd "huile.

Train de tiges •«-

vérin dépeinte . . ^
20

. L'effort de la pointe et l'effort total sont mesurés simulta-


nément à 1 'aide de deux anneaux dynar:omètriques.

. L'effort latéral est lu directement. Ce pénétvométre peut être


battu pour le passage des couches dures. Grâce à une petite pointe télescopi-
que on peut atteindre une résistance de pointe de 1 000 bars.

Trcznsmissior: hi-draul^ q-.'e • ( Hgure 1"^ page 19).

Par ex. pénétromètre SOL-ESSAIS (brevet PAREZ) (France).

L'appareil comprend un cône dont la pointe est solidaire du


piston d'un petit vérin hydraulique placé à la base du train de tiaes.
La pression de pointe est transmise hydrauliquement à une série de manomètres.

La mesure de l'effort de pointe est continue.


L'enfoncement de l'appareil est réalisé à l'aide d'un vérin qui
aqit sur le train de tiaes.

Réalisation de 1'essai :
Avant l'enfoncement du train de tiaes, on met en pression le circuit
d'huile transmettant l'effort de pointe. On isole ce circuit à l'aide d'une
vanne.

Au cours de l'enfoncement on lit sur le manomètre (1) d'une façon


continue l'effort total. Les variations lues sur le manomètre (2) donnent'
1'effort de pointe.

L'appareil existe dans différents diamètres :


45 mm, 75 mrr,, 110 mm et 220 mm.

Cet appareil est couramment utilisé en FRANCE.

1) La limite d'emploi habituelle des appareils de pénétration


statique est de l'ordre ae 400 bars vis-à-vis de la résistance de pointe
(excepté les pénétromètres MEURISSE et ANDINA qiji sont munis d'un dispositif
permettant le battaae).
Leur principal aéfaut est donc de ne pas permettre de vérifier sur
une certaine épaisseur la oortance d'un banc rocheux dur, ni de traverser
une couche compacte de f^.inle épaisseur.

2) Il y a une certaine incertitude lors de la mesure à cause


des phénomènes de flamoerrent.
Si l'on vise une exploitation quantitative, en particulier dans les
sols fins, il faut utiliser un appareil avec dispositif de mesure en pointe,
soit électrique soit hyaraulique.

3) Quel que soit le type de pénétromètre utilisé, il apparaît


que si la déterminàtior ae la résistance de pointe est aisée celle du terme
de frottement latéral est délicate et imprécise.
21 -

'.e.- p-ix unit5".')'es décorpcsés ' : ' t 3-:cti?s ae : 'a'r.éel^?."

c-T ca^ic". ar.:~-ônc ' a - ' " . S V C D


- p r i s e en charqe E2C F 5ZC F
- i ' S t à ''. s t i G ' i p j ^ Drof''" 115 F 222 F
- essà"!' 64 F/r";l 54 F •:']
- déc"!a:ement ou "^••,ét'"G:7ètre 2-40 F,k; 2 - 4 ' F',;:,.
- secrétariat 1."^
- "interprétaticn 15 - 20 ':
3 : i t c o p r o x i r ^ a t i v6:i-;sr,t pG-.:r t r r . i s s j " - - - 3 i p9r.ét:".:r.iétr--:c .' = 3
à 10 r'. as p:-ofc'a3or.. i r . c e - ' n - é i a t i c r : t raDpo>"t, 3 62C F. Ce.qv' -ep'^é-
se^ite, e^v-'r-c i . u'J r.r?': t : t . " " d'^r, ov^-ans d ' a r t '.C'jrant à J t c o j t i o "
'mais i ' i^e s ' a n i t q j e de "a o a r t i ; pérétr-c-.ètriqu'e éver.tve" ;': de ' a
r o c o r p . a i s s a r c e . Nous avons VJ q ' j ' e V e "e S ' j f f i s a i t pas à e ' i e s a . ' ^ e ' .

: - O-jrée

En f'r.it^O' de la nature a^' te^-rain, la "lOr.Guei'" tcs':ê: p^r -zir


est de ' • ir:,r'S ae :

15 a 2" nrjGu- dans ces ter^air.s ee." cor:j3:t£ (arcrar^c SL'" .lérices)

30 a 40 ri/;c'jr nar.s aes terrai'.s pev con-Dacts s;r ce'-.r'Gr

15 m/0 o'ijr -^ars ^cs tsrr-a''. ns co'^oacts.

.3. ~ ^ '^e ^ n ri^'*'j^9

a - LT'-t: a'ero'ci

5e"3r ' e s p;s:".inO . :6S c accès • les p é n é t r c ; r è t r s c s ^ c : sz'': '..cr.tes


S'j'' des v é ^ i c j l e s ' C-';-â3 c c ^ t t S " " a T . ' I s pcias D^ cûir/'cr. ser ô ' t cr. p a r t i e
de l e s t ' , : s o : t t'^actés . _ " :, = :•• r-cmoroccc coirpcr^.a.v; . i . : : :c c 'J'ancrane oar
v i s nél i co'iaa". es ( d i s p o s ' t v r r O . : r a r i à o l î ; .

-C p r o f c ' d e u r d '-, nvcst-Oc^ t ' - c r jcpsnd 3.' type préS-ir.é ce la


fondat'icr i.a'.s c. r t c ^ t d3 ^a rctu^'c c t : " " a ' . , ' i .
-C " e r . i ' j e j r t o t a l e "ccenr^je r.c D 2 . t eycédc^ une q . a r a r t a " . n e ae
r.ièt'es r'^. t e r r a ' : " . c~u reS'SCa.'t- c, êga^-j ! ^- r e" . v O i t é d s : t i r . c s .

r p^'éseTice '•^' .'C: ~~'"~?.",~.z~ rés'"'sta''*"i' à ~- Ib e D'-orcr.iie'''' "ue


1 p p û n p -^ >«^,r' ô >- v e -'^ ^,'-. < ' -^ ^ y - . 1 ^-^ c -^ - • c -:' n - * c ^c "r." / ^ "i ". - •" ^ S ^ '' •' ~" "

o / 5 , \ e oO l ' o " pc'jO r.Dtc'" -'e: / a ^ e : - : 1 ' ^ ; ; . "_ > 401 o . " . , ' e c e s s i t e
"a > - e a ' i s : t : c ce ' • c s s : ' -je • . ' c a r t - t r c . " . I r - o c t t a c i e du p e , ' e t - c r r e t - e
's"i ' ' c - d'spcse i':r. àori"'. ' : tac'qce-d.vr.ai,.-. r;/el s i l ' e n -^esi-'-s t e s t e - "
"es c ":..'" i". 3 s s c ^ c - " a c e ' '; £ s.
22

D'autre part, même si le pénétromètre a atteint son refus, il


faudra s'assurer par un autre moyen (battaae, sondaae, Géophysique....)
de la persistance sur une certaine profondeur des caractéristiques mécani-
que escomptées (le paraaraphe 221.2.dJ'Nature des essais en fonction du
type de fondation envisaaé explicitera profondeur à reconnaître dans
chaque cas).

b - Influence de la mise en oeuvre et des caractéristiques de


l'appareil sur les mesures :

Elle est faible en ce qui concerne la précision des résultats,


les incertitudes qui existent étant liées surtout à leur exploitation
(cf. § 522).

Ces observations découlent, en l'état actuel des connaissances,


d'études expérimentales faites en HolHnde (Laboratoire de Delft) en
Belgique (MM. DE BEER et RAEDCHELDERS) et en France (MM. KERISEL. PAREZ,
JEZEQUEL et LE REESEP).

- Forme de la pointe : l'influence de l'angle au sommet (30 à 60°) est


nulle lorsque les essais sont effectués dans des argiles. Pour les sables,
elle est négligeable dans le domaine habituel.
On emploie aénéralement des pointes coniques de 50° d'angle au sommet.

- Mouvement relatif corps-pointe (cas des pénétrométres à cône


mobile) : T'influence est controversée, les pénétrométres à cône fixe
représentent mieux un pieu mais sont moins robustes (flambaae) que les
pénétrométres à cône mobile.
Certaines expériences ont montré que, dans les arailes, les
pénétrométres à cône mobile donnent des valeurs de la résistance de pointe
supérieures (doubles quelquefois) à celles déduites des essais à cône fixe,
pour des vitesses de pénétration identiques. Ceci est dû en partie au frotte-
ment parasite du sol à l'arrière de la pointe et aux arrêts fréquents des
tiaes.

- Vitesse de pénétration : il est d'usaae d'adopter une vitesse


de pénétration de l'ordre du centimètre par seconde. L'augmentation de la
vitesse peut dans certains sols (argiles molles) favoriser la création d'un
bourrelet en avant de la pointe et donc accroître momentanément la résistance
à la pénétration ; mais cet effet est négligeable - 5 % environ - bien que
dans le sens de l'insécurité.
Au contraire, dans les silts et les limons, 1'augmentation de la
vitesse diminue la résistance de pointe.

- Diamètre du pénétromètre : l'influence du diamètre est négligeable


au delà d'une faible profondeur (de l'ordre de 2 mètres).

.4. - Domaine d'emploi

a - Sols et types de fondation appropriés à l'essai


23 -

Le pénétromètre statique sera surtout utilisé pour le dirr.ensicn-


nement de fondations profondes dans les sols grenus fins. Ce sera notamment
le- seul essai représentatif dans des sols granulaires lâches noyés (sables
ou petit gravier).
Néanmoins, hormis le cas précité, malgré la ressemblance entre
pieu et pénétromètre, l'essai de pénétration statique sera insuffisant
pour dimensionner à lui seul une fondation profonde.
Il faudra le compléter par un essai en place d'un autre type ou un
forage de reconnaissance.

• Reconnaissanae rapide, recherche des hétérogénéités, détermination


de l'épaisseur des différentes couches : L'interprétation se fera alors
arâce à un essai en place d'un autre type ou en utilisant des corrélations
à l'échelle d'une formation géologique , corrélation à l'échelle du site ou
à l'échelle de la région. On indique dans le tableau page 25 des éléments
qui permettent de déterminer la nature des couches traversées, à partir de
l'allure des diagrammes de pénétration.
Détemi.nation de la cohésion des sols purement cohérents.
La résistance de pointe permet de déduire une valeur approximative de
la cohésion non drainée.
On peut donc en tirer, pour ce type de sols, une évaluation du
taux de travail sous une fondation superficielle.

b - Cas of: l'interprétation sera souvent illusoire

Détermination précise de la force portante des fondations superfi-


cielles sur des sols hétérogènes, non purement cohérents.

Détermination des tassements : L'examen attentif de prétendues


relations entre la résistance de pointe et les caractéristiques de compres-
sibilité du sol, conduisent à éviter absolument de recourir au pénétromètre
statique seul lorsque des évaluations de tassement sont à faire. Tout au
plus peut on estimer que la compressibilité est faible, donc les tassements
peu importants, pour des fondations exerçant des pressions de 1 à 2 bars,
lorsq'je 1 'on a R > 8 ou 10 bars,
p •^

c - Précautions à prendre

La mesure de R est d'autant meilleure que le sol est à granulo-


métrie fine, donc que la'^courbe de pénétration est régulière.
Dans le cas contraire, il y a lieu de tracer une courbe moyenne de
R comprise entre les maxima et les minima.ce qui augmente l'imprécision
de 1'interprétation.
Un ordre de arandeur raisonnable pour la dimension maximale des
arains sera de 20 mm pour les appareils de petit diamètre (36 à 45 mm).

Par souci de sécurité il est conseillé dans le cas où les pointes


sont très rapprochées et très marquées (dents de scie) de ne considérer que
l'enveloppe des minima. V

Les pointes très rapprochées sont représentatives d'un sol comportant


des blocs hétérogènes.
24 I
t i g : 11
I
Diagramme de pénétration ( pénétromètre statique)
I
I
C on e de 6Q.? Resisfonce de poinfe en bars
10 50 100 150 ^00 250
2 3 * 5 6 7 8 9 10
Naf ure profon r
EFFort \oia\ en tonnes
du sol en m

i
inENTiriCATIOfJ QUALITATIVE OE LA DATIIRE DES SOLS
à partir de la r é s i s t a n c e de p o i n t e e t de l ' e f f o r t total

Pp Nature Résistance de pointe (Rp) Effort total (R ) Observations

Vase R varie peu Nécessité de mesures


1/1 Pp auqmente peu préci ses.
CL -f-J S-
ro
J3 R croît très légèrement
C +-> Tourbe
•1— un Cl avec Z
4- -r- avec la profondeur (Z) Exemple : emploi d'une poin-
V te électrique.
•— o CL Argile
o o R croît avpr z
mol le
i/1
l/l S-
in -(-> Limon Rp varie peu avec Z R croît légèrement avec En présence de graviers ou
c: c J3
•r- ra ' Z cailloux, Rp peut présenter
U- -M O
n une courbe en "dents de scie".
l/l •«— ^y
. — l/l ex
o c Q: Arqile Rp croît légèrement avec R croît linéairement
un o V l avec Z (.'1

u o
r—l

i/i _Q Sable Pp croît lénèrement avec R varie légèrement avec


Pp et R-j- peuvent présenter
C O lâche Z ' Z
Ol O des variations dues à l'hété-
cvi
u \/ rogénéité ou à la variation de
CL
D ce Sable Pp pratiquement constant R reste pratiquement compacité du sable, et à la pré-
l/l V constant. sence de graviers.
compact en ^'onction de Z
O o
on
on Rp croît avec Z R varie peu avec Z Pp et Rj- très fortement
•OJ
+-> ra
Craie influencés par la présence do
m -Q
c modules dans les craies molles.
o O
X3 IX>
S-
13
U CL Pp croît avec Z R-p croît avec Z Ry sensil)le à l'augmentation
cc: Marne
i/)
de la compacité (forme parabo-
\/
O 1ique).
o
26

Si le terme de pointe pe'jt être interpolé directement sur le


diagramme de pénétration, il n'en sera pas de même po'jr le terme de frotte-
ment latéral sauf pe'Jt être dans le cas exceptionnel des sols parfaitement
homooè^es
En effet, la courbe "frottement latéral - profonde'jr" obtenue
par différence (effort tota"" moins effort ne sollicitant que la peinte)
représente à 'jne cote déter-^inée l'effort total latéral ; or comme on le
constate souvent, ces cojrbes ne sert pas linéaires et orésentent de nom-
breuses discontinuités surtout s'il s'aait d'un pénétromètre à cône mobile.
Il sera donc délicat de déterminer, pour une tranche de sol, la
va'e'jr du coefficient 'jnitaire de frottement latéral ( r,) à partir de cette
courbe.
|j'autre oart il ne pourrait s'agir que du frottement acie^'-sol
et nor pas du frottement béton-s-ol qui nous intéresse surtout.
(x C'est pourquoi la méthode couramment utilisée, et que nous (<
(; recommandons, consiste à déduire le frottement latéral à un niveau donné {l
{^ ae la résistô-ce de pointe mesurée à ce même niveau. {'
- 27

3.5.3 - LES SONDAGES AU PENETROMETRE DYNAMIQUE

.1. - ^y-incipe de 1 ' e s s a i

a - Définition

Le pénétromètre dynamique est un modèle réduit de fondation pro-


fonde batt'je dans le sol.
C'e~st un essai faci'e de ni se en oeuvre et rapide, donc peu
coûteux, q_i pe-t être .tiiisé pour définir les points suivants, au co-rs
de la reconnaissance :

- 1 • horroaénéité du site (comoaraison des courbes de oattaae)


- la cote du suostratum (contrôle des refus absolus)
- ^e re*us présumé de fondations battues (pieux, chemises
métalliques, oa^iplanches, palpieux...)
- l'estimation de la force portante de fondations profondes et
au cours de l'exécution, le contrôle de la force portante
obtenue au cours du battaae.

Les deux premiers points montrent qu'on est en présence z'ur.


Essai de Reconnaissance que l'on ne doit, eu égard à sa fiaélité, utiliser
que pour avoir une idée n.-alitative de 1 a succession des couches.
Il serait illusoire de vouloir tirer de cet essai des rensei-
nnements qéotechniques quantitatifs.

Les deux autres points montrent que cet essai permet un dimsnsion-
nement approché des fondations profondes proprement dites (battage de pieux)
ou une é"al.ati o" d- procédé d'exécution utilisé (réalisation d'un batardeau
de palplancnes) dans certains terrains.

E'.fin- "'application sur cha'-tier d'une formule de battage perm.et,


QJ VU des r°f'i^, [\) resureS: de prendre la décision d'arrêter le battaae,
une 'ois 'a résistônc? z^'^rz'^é^ OPtenue (voir à ce sujet le § 5.2.3. 2. p. 37)
Ces formules de oattaoe doivent être utilisées avec -n coefficient
de réduction irroortant.

b - Caractéristiques principales

Le chargement du sol est instantané.

Le seul paramètre que 1'o" peut mesurer à l'aide des appareils


courants est 'a --ésistance dynar-que ^soit de pointe, soit de l'ensemble
du train de tubes -, s.ivant les apparsi's) calculée nrâce à une formule de
battaae faisant intervenir les caractéristiques de l'appareil et les refus
mesur-és c c.aoue ni'.'ea;.

,'1 ) Re~arq;e : Attention, i"; y a r°i':i et r-efus. (TSVP)


-28-

fig : 12

Mouton - Batteur Delmag ( 10 Tf )

Position de travail

Glissière de battage

Mouton

Tube de battage

Tripode de stabilisation

( Photo du L.R. d ' A n g e r s )


- 29 -
(1} Kerraro'je 5'.'"ta

Refus : E"ifoncen^ent moyen, par coup de "outon ; (calculé en aé-^é-


ral sur 10 coups).

Refus absolu (eu simplerent refus) : Etat ou position d'un o-^eu


Dâttu lorsaue la pénétrât!or devient néglineable, eu éaard à la
puissance de pénétratior rrf se en jeu et au risque d'écraser le
Dieu.

La variation de l'effort de battaae en fonction de ia profonaeur


permet de tracer une courbe de battaae.
L'interprétation des résultats se fait habitue; 1 errent à ''aide d'un
oraphiqje sur lequel on a noté le norrbre N de C O U P S nécessaires ocur enfoncer
la pointe de 13. 23 ou 30 cm, en fonctio-^ de la profondeur atteinte.

L'analyse des diaarammes de perpétration est surtout utilisée


pour :

- âDprécisr la compacité des sels pulvérulents (voir § 353.5-,


la rréthode a ' interprétation dans ce but, sur l'exemple du SPT'i.

- appréc^'er l'homogénéité d'un site, déceler l'hétérogénéité,


positi c^.ner "es rcucnes dures.

- env:saner de battre pieux ou pal pi anches et quelle sera la


cote approx'îmative de "eur refus à puissance de battaae donnée ; déterr^iner
si l'on doit craindr-e aes faux refus.

- estirer à oartir aes fomiu-ies de battage la r'orce portante


des fondations profondes.

L'essai ds pénétration dynamique ne doit jamais être utilisé seul


au cours de la reconnaissance.
Une recon-a'ssance extensiv'e d'un site pourra être menée à partir
de cet essai h --.ond^ticn d'erfect_er ui, étalonnage correct sur des foraaes
de reconnaisssnce voisins ou d'autres essais in situ, en particulier les
sondaqes pr^essi omètriqves.

c - Définition et validité tnéorique des formules de battaae

L'exDosé qu suit concerns aussi bien un pénètromètre aynamique


qu'un pieu battu.

Les rormu'es de oattaae sc-t valables pour des pénétromètres à


pointe débordante.

L'extrapolation au pieu b;ttu à pointe non débordante est grossière


et donc impose des coefficients :.u sécur'te importants, variab^es suivant
i2S formu'es.

3n décrit ci-dessous, a titre d'illustration, les calculs nui


îùcut ssent a la fcrm,".e de battage des Ho"'""andai s, pour un pénètromètre
dvnar-que a peint? jebora3''t? 'ce qui daV.]s:rs n'est oas le cas o'un
pieu cattu' .

L'énerg''e :rise en jeu se dissioe de deux manières ;


- 30

NOTATIONS EMPLOYEES

E module é ' a s t i q j e de "la tine d'j pênétron:étr3.

9 enfoncèrent par coup.

e, refus élastique -"esuré en cours de battaae

h haut sur de chjte du rnoutO'"..

l lonnueur t c t a : e d': t r a i n de t i a e .

M poids du mouton.

•^ poids de la masse 'rappée du pér.étron-ètre et ses accessoires,


ou Dieu, casoue et éventuellerrent faux pieu.

G charae totale dynamique.

S section droite moyenne du pénetrometre.

w ênsrg-'e c'e battage (r = ^r,].

W --ctic 3-:v:~ C3 a nointc du oér.étrcvètrs.


31 -

- par le travail nécessaire pour enfoncer le pénétromètre

- •;i-:xr les pertes diverses.

L'énercie rrise en je'j est !•'. Dans le cas d'vne masse en cnvts
libre, si M est le poids de la masse frappante (mo'jton) et h la hauteur
de chute, W est éçal à ^i.h ; Dans le cas d'un mouton mù par 'jn moteu'r
à douûie effet l'énercie mise en je'j est donnée par les construxteurs.

[/S travail nécessaire pour en'Poncer le pénétromètre s'exprime


par Q X e,

Les pertes diverses proviennent de différentes sources :

- du fait du choc s'exorirr.ant par l'i^ (en néaliaeant pour les


M+p
pénétromètres le coefficient de restitution de NEVJTC:;)

- du fait de l'élasticité du pénétromètre s'exprimant oar :

2 S.E

- du ^"ait ae ''enfoncement s'exprimar.t par :

- (M -•- ^ ) X e

- du fait de ''élasticité dv sel, cette aerniére étant aiffici-


lerent accessible.

•a for"jle Générale s'écrit donc :


I.ID ] pîP
'•- M V 5- T T 7 7 — r• •" - • X s •

soit en o r a o r r : a " t nar r a c p c r t à C ."


2
± ±_ii - (r ~ (M •^- F i x e = •-
•2S.E ^ ^ J * ^ i^ + P
Or (M ^ ^) peur un pénétromètre est néclineable deva
-, -
Q est donnée par la résc", vtior de l'équation du second aenré
Suivante :

1 i ? W M
-i X -^— X 0 - 0 X o - ^ • " = 0
2 S.i ' ' M 4. p
'"'"•^t, 3" n é g l i a e à n t l e s termes d ' o r d r e s u p é r i e u r en C, l a
• ' : • ' • - ?nnée par l a f o r m u l e S'T.^DI i f i é e , d i t e "des H c l l a n d a i s " :
y M
e ;M -^ '^;•

C'est ': formule ae battaqe la plus simple.

.••les verrons OU § 5.2.3 que cette formule donne des résultats trop
cntinistes au-dessus d'une certaine résistance dynamique et qu'il convient
alors d'-tiliser jne -crmule rr.odi"''ée qvi tient comcte de la perte d'éner-
•"'e ::!.'? au raccourci sse:""er.t e"! 5St''a'L;e,qu' de^nent prépcndër-ante OU ^-oisinaae
d^ "O'.r ^ e < 5 " m } .
- 32 -

fig : 13

fig : 14
Pénetrometre dans lequel le fut et la pointe
ont le même diamètre et sont solidaires

Battage

V////, '/////

A
A

V
33

Il existe de nombreuses formules modifiées, nous proposons de


retenir la formule dite de "CRANDALL" :
W.M
Q (e + e^) (M + P)

e, représente le raccourcissement élastique du pénétromètre et du sol, e^


est à mesurer en tête du pénétromètre ; il peut à la rigueur être calculé.

.2. - Caractéristiques technologiques des appareils - Prix et durée des


essais

a - Technologie

La simplicité de l'appareil et son utilisation facile ont fait


que de nombreuses entreprises de travaux de fondation ont conçu et fabriqué
des pénétromètres dynamiques bien souvent différents les uns des autres,
rudimentaires ou élaborés, en fonction de leurs besoins.

Le plus simple des appareils utilise un treuil léger, une petite


chèvre métallique, une masse frappante, une enclume et des tiges métalliques
pour sondages.(figure 13).

D'autres appareils plus élaborés disposent d'un moyen de battage


automatique (mouton à air comprimé ou mouton automoteur) dont la puissance
de pénétration est variable selon le poids du mouton et sa hauteur de chute.
Sur ces appareils la base du train de tiqe est constituée d'une
pointe conique ce qui permet de concevoir trois types principaux de péné-
tromètres dynamiques :

- Pénétromètre dans lequel le fût et la pointe ont le même


diamètre et sont solidaires. (fiçure 24 page 22).

Cet appareil mobilise le frottement latéral et la résistance en


pointe simultanément. ^

On serait tenté de l'utiliser pour présumer de la force portante


d'un pieu en extrapolant homothétiquement les résultats obtenus à partir
d'une courbe de battage.

Cette interprétation est très discutable car comme nous l'avons


déjà montré pour le pénétromètre statique, le calcul de la résistance de
pointe doit tenir compte du diamètre du pieu et de son encastrement (pro-
fondeur critique).
Comme ce type ne permet pas de dissocier le terme de pointe du
terme de frottement latéral nous déconseillons absolument son utilisation
pour le calcul des forces portantes.

Remarque : Les Laboratoires des Ponts et Chaussées utilisent


peu actuellement le pénétromètre dynamique mais, lorsque le terrain s'y
prête, réalisent des essais de pénétration dynamique au cours des campa-
qnes pressiomètriques. (suite p. 35)
34

f i g : 15

Penetrometre conpartant une tige centrale d ' u n diamètre

sensiblement inférieur à celui de la pointe

Battage
V
'^r'//////////.
1 1
1
1
1 J^
'•1
1

'
A 1
1

1
1
1
1
1
1
1 1

fig . 16

Penetrometre dynamique à pointe mobile

Battage

l
y///////////. y///////y

^
V
//
/^
A
35

(suite de la paoe 33)


En effet, pour réaliser les forages dans lesquels seront effec-
tués les essais pressiométriques, on utilise couramment un mouton automoteur
à explosion DELMAG H„ (poids : 100 kg, énergie : 30 kgm), frappant sur un
train de tubes de 49/63 mm de diamètre et de 10 kg par mètre linéaire muni
à son extrémité inférieure d'un carottier simple.(figure 12 page 38).
En comptant le nombre de coups pour un enfoncement de 10 cm, on
obtient une courbe de battage qui donne des renseignement très utiles sur
la nature des terrains et la compacité des couches.
Combinée à l'expérience locale, cette courbe permet à l'opérateur,
sur le terrain d'estimer la pression limite (donc de se fixer les paliers de
pression de l'essai pressiométrique) et lors de l'exploitation d'évaluer
(sur la base des cotes de refus ou de la vitesse d'enfoncement du carottier
simple) les risques de faux refus des pieux et oalplanches ainsi que la
possibilité d'ancraae dans une couche résistante.

- PénétTomètTe comportant une tige centrale d'un diamètre sensi-


blement inférieur à celui de la pointe, (figure 25 page 24).

Cet appareil ne mobilise, en principe, que la résistance en pointe.


Cependant un frottement latéral parasite difficilement estimable
affectera le résultat de l'interprétation dans le cas de la traversée de
couches importantes de mauvaise tenue (argiles molles, sables lâches saturés).

Pour s'affranchir de cette difficulté, certains auteurs utilisent


une membrane protectrice souple ou bien (système COUARD) raccordent les tiges
entre elles par des olives de diamètres supérieur à celui des tiges réalisant
le trou.

Le pénétromètre SERMES, de ce type, élimine tout frottement latéral


parasite par injection de boue bentonique au fur et à mesure de l'enfoncement,
grâce à des orifices placés dans les tiges.
Le battage s'effectue à l'aide d'un mouton pneumatique à hauteur
de chute rigoureusement contrôlée et à puissance de pénétration modifiable ;
les tiges sont vissée? o^tre elles sur embout conique et la pointe est perdue,
ce qui simplifie considérablement les opérations de relevaae et donc raccour-
cit les délais.
La plus qrande rioidité du système ainsi obtenu évite des défor-
mations de flexion de flambage et limite les pertes d'énergie.

- Pénétromètre dynamique à pointe mobile, (figure 16 page 24).

Cet appareil permet de mesurer d'une part la résistance de pointe,


d'autre part le frottement latéral, le tube creux n'étant pas solidaire de la
pointe.
Ce type de pénétromètre est signalé, mais à notre connaissance son
usage est peu courant car sa mise en oeuvre est plus délicate et donc l'essai
plus coûteux.

A titre d'exemple, nous donnons ci-dessous les caractéristiques


technologiques d'un appareil de ce type :

- pointe conique : 60 mm ; poids = 6,6 kg.


- train de tiges : 0 32/42 mm ; poids = 4,6 kq/ml
- 3:

- tête de battage des tiges : poids = 5,2 ka.


si train de tubes extérieurs = i 47/60 mm ; poids = 8,5 ka/ml.
mouton le plus, couramment utilisé = mouton automoteur à explosion DELMAn
H- (poids : 100 kg, énergie obtenue 30 kgm).

b - Prix

Au niveau 1971, et toutes taxes comprises, le prix de la partie


de reconnaissance effectuée à l'aide d'un pénétromètre dynamique est pour
un ouvrage d'art courant de l'ordre de 3 500 à 4 000 F, pour trois essais,
à 10 m. de profondeur, interprétation et rapport compris.

Mais nous avons vu que, le plus souvent, la reconnaissance péné-


trométrique seule ne sera pas suffisante.

c - Durée

En fonction de la nature du terrain, la longueur reconnue par


jour est de :

- 40 m/jour dans des terrains peu compacts


- 30 m/jour dans des terrains compacts.

.3. - Mise en oeuvre

a - Limite d'emploi

En tant qu'Essai de Reconnaissance, l'essai au pénétromètre


dynamique peut être réalisé pratiquement dans tous les terrains et en
particulier là où l'usage du pénétromètre purement statique est qènéralement
impossible (1) (terrains aravèleux comportant des éléments de fortes dimen-
sions - rochers altérés - éboulis - bancs rocheux de faible épaisseur
intercalés dans des formations plus meubles).

Son utilisation "tous terrains"est d'autant plus intéressante


que le matériel de pénétration dynamique est peu encombrant et d'un
poids modeste, permettant ainsi l'intervention dans des zones impraticables
à d'autres essais. (Notamment en site aquatique sur ponton puisqu'il ne
nécessite pas de réaction importante).

L'interprétation des essais dans ce cas permet d'obtenir des


informations qualitatives sur la nature des couches de terrain et d'en
préciser la position.

(1) on se reportera au chapitre 3.5.2 pour une description des pénétromètres


statiques susceptibles d'être battus.
I - 37 -

I f i g : 17

I Essai de pénétration ( pénétromètre dynamique)

I Mouton BoHeur Dgimoq y^ 2

onde JSf 6û nrvn de 1,5 a a.^m Nb de coups p o u r 1 0 c m b o H a g e

I
cohésion c en o a r s AJ__JL
orxae JEf-AL rnmdc Â,ia.Ui,^m^ 2 3 4 5 10 20 50 50 100 200

•ofonT Nature
en m du sol Cette colonne reste vierge lorsque
l'appareil de pénétration n'est
R * rnb/o pas un pressKjmètre

«V-OT^C
1_

/r.

2S _
^x arii tfêrt

_fifrA,t rA^4.c^

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t

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or a II* u j c
4J

Ss

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.Jlj-fêf Mmo /»^ém
L I fy^o n

Cir-i » Ton m •
7_

7/ —

« _

. *.J
.)ném, m»B4*t

9—

~ 10—
- 38 -

({ En tant qu'Essai ds contrôle d'exécution les '--ormations recuei"-


(( ••'es :-••'.'--'t l'ingénieur en fonction de 1'expérience locale a '-:ccrir,ci tre
['. si ur .;ttage de pieux ou de palpiarcnes est r:ssi:'' =: - cjuelle profondeur
(< on trouvera le refus ou une "orce portante donnée.
Cette dernière infomiction a, e' plus de son intérêt technique,
un intérêt économique (choix'de la Ir^queur des pieux - choix de là longueur
des palplancr.es et de leur module).
Notons qu'on utilise aussi pour les contrôles en fond de fouille
un petit pénétromètre portatif (système SCCOTEC) dont la profondeur d'inves-
tioation est néanmoins lirnitée ^2 à 3 r dans les sols mous et 50 cm dans les.
sols plus compacts).
b - Recommandations concernant la conduite de l'essai
- Importance des paramètres matériels

''our interpréter convenablement les résultats d'essais de pénétrâti


dynamique, il est nécessaire d'en connaître en permanence les éléments, par-
ticulièrement lorsque l'on désire faire une interprétation quantitative.
Ceci imolique l'utilisation d'un appareillage permettant un
contrôle rigoureux de la hauteur de chute du mouton et un pointaae exact
du nombre de coups de mouton pour un enfoncement donné.
Il est--'nd-isoensable que le rapport précise les caractéristiques
technologiques de l'appareil,
(on se reportera à la fiche de battage du dossier pilote GMO 70).
- Etalonnage

Rappelons que l ' e s s a i de pénétration dynamique ne d o i t pas être


u t i l i s é seu' ( l e s mêmes valeurs du refus pouvant correspondre à des t e r r a i n s
de natures très variables à d i f f é r e n t e s compacités), l ' i n t e r p r é t a t i o n ne
pourra ê t r e romp'ète et correcte que s i l e sol a été i d e n t i f i é à l ' a i d e
de 'oranes de reconnaissance ou d'autres essais i n s i t u .
'.'. p a r t i c u l i e r " : l ' a l l u r e des courbes de battaae en des points
d i f f é r e n t s permettra ^ ' e x t r a p o l e r les c a r a c t é r i s t i q u e s des sols mesurées
en un c e r t a i n nombre de p o i n t s .

Domaine d'emoloi

a - utilisation pratique
Le pénétromètre dynamique doit être considéré comme un r-.oyen
rapide d ' i n v e s t i g a t i o n que l'on peut utiliser aux différentes étapes de
la reconnaissônce (cf § 2.2.4 tableau récapitulatif).
il peut être utile pour détenir-ner le toit du rocher sous des
fortes épaisseurs de sols compressibles en mettant en évidence la présence
de couches de Sàb"ie intercalaires.
C'est, Dans certains sols et dans certaines conditions (environ-
nement, d-i'f-:u't?s -:i'ôccè£) à peu près le seul essai réalisable. C'est
souvent le cas pour reconnaître avec certitude les limites de l'altération
en surface d'un banc rocheux épais.
39 -

Comme -voyen de coyzzTcle,çàr rapport à d'autres essais,il peut être


utilisé pour déterminer la-longueur des fondations profondes en particulier
lorsque le terrain permet d'obtenir un refus franc.
Dans le cas des pieux et paiplanches battus il permet d'avoir
un ordre d'idée de la fiche dans un sol résistant et de mettre en évidence
les difficultés de traversée de couches compactes intercalaires. On en dé-
duira souvent le module minimum des paiplanches.
En outre, certaines entreprises utilisent l'essai dynamique pour
l'extrapoler à la pénétration par vibration (écrans d'étanchéité réalisés
par vibrofonçage, pieux vibrofoncés, vibroflottation etc....). Ceci nécessite
néanmoins des corrélations supplémentaires spéciales.

La comparaison des refus obtenus lors du battaae des pieux


préfabriqués permet, en les transformant en force portante par le biais
de la formule de battaae choisie, affectée du coefficient de réduction,
de prendre la décision d'arrêt du battaae, au moment où le refus est
obtenu.

b - Cas où l'interprétation sera douteuse

Notons que certains auteurs, en comparant la résistance de pointe


statique (R ) à la résistance dynamique (r, ) obtenus à la rupture sur le
même site, ont constaté que dans la plupart des cas, le rapport R est
r ,
dyn
cor;stant pour un type de sol donné et compris entre 0,5 et 0,75.
On restera néanmoins prudent dans l'utilisation de corrélations
de ce type, puisque la résistance dynamique calculée dépend étroitement
de la formule de battaae utilisée.
D'ailleurs, il serait incohérent de vouloir systématiquement ra-
mener l'essai de pénétration dynamique à celui de pénétration statique.

.5. - Cas particulier du standard oénétration test

a - Particularités de l'essai

- Définition

Le standard oénétration Test (SPT) est un essai de pénétration


dynamique normalisé. Il est couramment utilisé aux Etats Unis, où il a
fait l'objet d'une abondante bibliographie.

L'essai consiste à compter le nombre de coups N nécessaire à


l'enfoncement d'un carottier donné d'une profondeur de 33 cm sous 'jne
énernie de percussion connue.

Caractéristiques du carottier standard :

Lonnueur : 813 mm
Diamètre extérieur : 37 mm
40

fig : 18

Abaque de Peck

! <
c
h î r
o O
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£ u M
1 m
0J = w
L
it < c
KO

^ 11 1 fN^ i
120 X 1 : ^ S i
1 ^\vN 1
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^
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! 1 1
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0
jj; ! 1 i 1 1
2B 32 M U) 44
ANGLt Dc r s o r r t M t w r IMTC^NC vpC

Courbes donnant la relation entre l'angle de


frottement (f> , les facteurs de capacité portante
et les valeurs de N de l'essai s t a n d a r d de
pénétration .
- 41 -

Poids du mouton : 63,5 ko


Hauteur de chute : 75 cm

- Utilisation

Outre son exploitation possible en pénétromètre dynamique (voir §5.2.3


Interprétation) , le SPT est surtout utilisé dans les sols pulvérulents
pour lesquels des abaques donnent directement les coefficients de force
portante des fondations superficielles ; il n'est pas utilisable dans les
qraves ou les sols rocheux à cause de la section du carottier.

Il est de peu d'utilité dans le cas des sols cohérents "s'il est
hautement souhaitable de profiter d'un foraae pour exécuter un SPT, il n'est
pas conseillé de faire exécuter des forages dans le seul but d'y réaliser des
SPT" (M. CASSAN).

- Exécution

Il est important qu'avant l'essai le fond de foraae soit soigneu-


sement nettoyé. Il est préférable de battre le carottier directement oar un
mandrin plutôt que par l'intermédiaire de tiaes.

b - ^'ise en garde

On fera attention au fait que l'apparence simple de l'inter-


prétation, basée sur le seul nombre N, peut voiler de notables difficultés
d'exécution du trou (décompression, éboulement, refus sur aalets).
Il sera souvent délicat d'effectuer des essais au-delà de 5 mètres,
et les essais devront en tout état de cause être réalisés par une équipe
quaiifiée.

c - Mesures et corrections

Pour s'assurer que l'on n'est pas à l'interface de deux couches de


sol, on recommande de noter les nombres de coups de mouton nécessaires au
battage 15 centimètres par 15 centimètres et de vérifier qu'ils ne sont
pas trop différents. Le nombre N sera la différence N^ - N^ des nombres de
coups nécessaires à l'enfoncement de 45 cm et de 15 cm.

Correction pour tenir compte de la présence éventuelle de la nappe

N = 0,5 N' + 7,5 à arrondir à l'entier inférieur

Correction pour les faibles profondeurs


35
N = N'
7 + Y D

N' : valeur mesurée à la profondeur D exprimée en mètres


y : densité apparente du sol en t/m3 (ou "C ' déjauaêe, sous
la nappe)
T.D sera limité supérieurement à 18 t/m2
- 42 -

fig •• 19
Presson admissible sur le sol ( sable )
a) Pression nette du sol s a n s ' s u r - D) Supoiement ^de preision nette
Charge* D( = û i i l à va"iur:hârQe '

1 1 \ /
i-El
!
1
1
1
i.>
^y
V.f^y
' ! /l / ^ ^ ^ Uappe pn r > a t . <,oe
^>^
• / \/ y (^^

y/z>^ "W N«ppe


P•>r««t,^„0

B
2 3 4 5m 05 1 XS 2 2,5m.
Largeur de la iemelle.B Profondeur, Dr de la surcharge
D i v i s e r po'" 2 l a Icce
Les diagrammes supposent une nappe phréatique a une profondeur p c L o n t e calcul«l_ poor \ e n
iou3 la semelle supérieure à B ; s i ce n'est pas le cas ^ on fait ta compte Foi*Çai t o v r e m e n t
correction • ^ • (iu d e j a u g e a .
r'
Exemple : Semelle de 4 m de large à 2 m de profondeur,
4,8 bars terme de surface
4.5 bars temte de profondeur
9,3 bars total
4.6 bars (correction pour nappe phréatique (—) )
fig : 20

Pressions exercées par des semelles sur du sable


correspondant à 2,5 cm de tassement

: ! o
\ t/> a.

> ^

i 1

1 ^ 1 • ^~"^ __Jil40 ^ a-
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3 -
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p~——_."h-iizio
^ Z

01 ~~—i ^ N:?0 LJ <


I û
CL
1 i
1 o
Nr10 I
' N-5
1 •
1 2 3 4 5 bm
Largeur de la semelle , B

- r.our r = 4 :,• e^ I. - ;5C' _a nrejsion :: .1 £onne un


Exemple .
tassement ae 2,5 en est égal à 2,8 cars
Conclusion:On prend pour pression admissible la plus petite partie
des deux valeurs 2.8 et 4,6 bars, soit P.8 bars
43 -

d - Abaques et résultats

- capacité portante sur sol pulvérulent.

L'abaque (fig-18)de Peck donne ^P et les facteurs N y , Nq de


capacité portante, pour des fondations superficielles.

n peut être transformé pour donner directement la force portante


admissible (coefficient de sécurité de 3) selon les diagrammes de la figure 19
page 42. On remarquera les réductions pour nappe phréatique haute.
Il est bien évident qu'il ne s'agit que de la condition de poin-
çonnement, la vérification du tassement différentiel admissible devant être
faite d'autre part.

- Tassement d'une semelle sur sol pulvérulent.

Le SPT donne une évaluation de la compacité relative ou indice de


densité d'un sable.

e , e
max -
e , emin
max -
Comme celui-ci est lié à la compressibilité, on comprend qu'il est possible
de relier les mesures SPT au tassement escompté, ou encore, à tassement
donné, de déterminer la pression sur le sol à ne pas dépasser (coefficient
de sécurité de 3 ) . L'abaque (fig. 20) correspondant est construit pour un
tassement de 2,5 cm.
AA I
fig : 21
I
Le scissomètre de chantier ( ou Vane Test )
I
I

Tête d' entrainemep'

et de mesure

I
6 M
^" " TC D ( D * 3 H

M Moment de torsion
D Diamètre des pales
H Hauteur des pales

( Photos du L.R d'Angers )


I
- 45

3.5.^ - LE SCISSOMETRE DE CHANTIER

.1. - Princioe

L'essai consiste à mesurer le couple de torsion maximum nécessaire


a Ieopareil pour cisailler "in situ" le sol étudié. On détermine ainsi le
terme (eu' '^rncsion non drainée des sols purement cohérents (arqiles, vases,
tourDes)->

.2. - Réalisation et limites de l'essai

L'appareil est amené au niveau du terrain à étudier, par fonçaae


direct ou descendu dans ur, forane existant. Oans es dernier cas, les essais
alternent avec les carottages, ceci implique un curaae du fond de trou. Le
moulinet est alors descendu à environ 0,5 m sous le fond de trou.
La tendance est de mettre en oeuvre directement le scissomètre
aans son forage propre.

La mesure se fait par 1'intermédiaire d'un train de tiae qui


transmet rotation et couple de cisaillement.

La vitesse de rotation est fixée à 0,1°/ . Il est important que


le sol dont on veut mesurer la cohésion ne soit paS remanié par la mise en
place de 1'appareil.

Il existe un jeu de trois moulinets permettant de mesurer des


cohésions allant de 0,1 à 1 bar .

Le.scissomètre permet de mesurer la résistance au cisaillement


d'ara-; les molles jusqu'à des profondeurs de 60 mètres.

L'utilisation de l'appareil reste uniquement applicable aux sols


cohérents et aux argiles molles en particulier.

Le scissomètre est adapté à l'étude de Remblais sur sols compres-


sibles .
voir "Etudes des Remblais sur sols compressibles")
Recommandations des Laboratoires des Ponts et Chaussées.

.3- - Interprétation des résultats

Le scissoT^rr:' mesure un cisaillement horizontal et vertical


respectivement sur le bord des lames et sur leurs parties supérieures
et inférieures. Un choix judicieux du rapport H^ permet éventuellement de
tester 1'anisotropie du milieu étudié. D

Généralement H = 2D et la relation donnant la conésion devient

r - 6 ^
u " 7 K D3
n
JD SCISSOMETRE
b
r
(1) C ( Pale 0 60 )
U
0) 1/1
n a» Profondeur ( - 5, 50 m )
o! :.
o
u u

70 • 0,777

ta
- 47 -

.e "oment de torsion pris en compte est ie moment maximum mes'jré


o .a partie suoérie'jre du train de tices.

.4. - Concl'jsio'

Le scissomètre de chantier est un appareil simple d'emoici, léger


et p5rfait3rent connu. L'interprétation théorique précise pose jn certain
nom.bre d? problèmes fondamentaux non résolus.
Il permet d'avoir une idée assez précise des cohésions non drainée
et résiduelle d'un sol.
A ce titre il est précieux cour les études de stabilité des pentes
et de tenue des remblais sur sols corrorsssibles.

.0 .

Secrétariat + constitution du dossier 10 %


Ir.terprétaticn 10 - 15 î"^
(prix 1972;

Il est évident que les prix ci-dessus sont des prix moyens, ne
tenant pas compte de difficultés locales particulières.

'rise en cnarqe 520 F


Transport 1,6 F/km
r*ise en station 181 F
Essai d° " - :^ m 99 F/ml
\= 1^, - 134 F,'rl
48

3.5.5 - ESSAI STATIQUE DE PIEU

Rappelons que l'essai statique de pieu fait l'objet d'un mode


opératoire officiel du Laboratoi-re Central des Ponts et Chaussées.

Nous reproduisons ici, pour ce qui est des conditions Générales


de l'essai, l'article de Messieurs JEZEQUEL et MARCHAI extrait du Bulleti
de liaison des Laboratoires Routiers N° 44 Mars Avril 1970.

L'essai statique de fondations profondes, appelé plus courammen


"essai de pieu", est un essai de mécanique des sols.

Ceci peut paraître une évidence. Pourtant, combien d'essais de


ce genre ont été réalisés sans que le spécialiste des sols ait eu à appré
cier les trois points importants' que sont : opportunité, réalisation et
exploitation de l'essai.

Cela tient à deux raisons principales :

- il est simple, en apparence, de charger un pieu : "on voit


bien quelle charge il peut supporter" ;

- les récentes règles des Documents techniques unifiés (D.T.U.)


mises à part, il n'existait pas de recommandations véritables pour la
réalisation de ces essais.

Dans ce qui suit, on traitera surtout de l'essai statique


d'enfoncement de pieu. Mais la plupart des remarques s'appliqueront
également aux autres types d'essais (arrachement, sollicitations horizon-
tales en tète).

.1. - L'essai de pieu, ses limites

Il est tout d'abord nécessaire de réfuter l'opinion trop réoani


que l'essai de pieu surfit seul à résoudre tous les problèmes, qu'il dispi
donc de sondages ou d'études de sols.
Des sondanes et des essais de sols sont indispensables car, d^'f
part, sans eux, on ne peut pas orienter, à priori, la solution vers les
fondations profondes, d'autre nart, si des fondations profondes sont nécf.'
saires, le choix du type de pieux (ou puits) dépend essentiellement des
résultats qu'ils auront -fournis.
Pour des fondations profondes, neuf fois sur dix, une adjudica"
"au moins disant" n'aurait pas de sens : chaque type de pieu a son domei i
préférentiel d'utilisation et ses limites, que seule l'étude préalable
permet de fixer dans chaque cas.
L'essai statique de chargement de pieux ne renseigne que sur 1 Î|
charges nominales en tète et les déplacements correspondants.

Or, sauf quelques cas célèbres, mentionnés dans la littérature,


les fondations profondes insuffisamment dimensionnées pour les charges \ii
ticales de l'ouvraqe seul sont rares. Par contre, les échecs graves sont
très nombreux qui proviennent :
- 49 -

. de la mise en place de pieux ou de leur fabrication,


. des poussées horizontales des remblais sur les pieux, etc.
L'essai statique ne renseiane en aucune manière sur ces phénomè-
nes, pas plus que sur le frottement négatif ou l'effet de groupe.
Mais s'il y a peu d'exemple de poinçonnement du sol par des
pieux, cela ne veut pas dire que la mécanique des sols sait exactement
prévoir ce comportement et que, donc, les essais de pieux soient inutiles.
Les diagrammes de frottement latéral de pieu en sol cohérent
suivant différents auteurs (voir § 5.2.4 fig. 36 p. 63 bis) montrent une
très grande divergence qui s'accroit avec l'augmentation des qualités du
terrain.
Malheureusement, la plupart des expérimentateurs ne définissent
pas très clairement la façon dont ces valeurs ont été obtenues (par exem-
ple, quel délai de repos a été respecté entre le battage éventuel et le
chargement statique).
On voit donc que si la mécanique des sols sait définir avec
précision une cohésion eu, elle ne sait pas très bien qu'en faire ensuite
(tout au moins en matière de fondations profondes).

.2. - Opportunité de l'essai de pieu

Dans certains cas, les essais de pieux ne sont donc pas inutiles,
Encore faut-il les réaliser à bon escient.
a - Circonstances où il est nécessaire d'effectuer l'essai
Un essai de pieu sera conseillé lorsque :
(. . l'application des diverses méthodes de la mécanique des sols
l'. conduit à des résultats trop divergents ; ce sera souvent le cas pour des
{'. pieux très longs (au-delà de 15 à 20 mètres), surtout dans les matériaux
('. silteux ou sableux, lâches et saturés ;
f)
n . les pieux reposent en pointe dans des craies altérées ou des
(I marnes (même compactes), ces matériaux pouvant avoir un comportement par-
(I ticulier ;
. les pieux reposent en pointe dans des couches compactes de

I
faibles épaisseurs;
. les pieux métalliques (ou chemisés) travaillent au frottement
latéral dans des arniles consistantes ou raides ;

(/ . l'essai de pieu permet effectivement l'extrapolation des résul-


(( tats à l'ensemble du site de 1'ouvraqe ;
(^
{'. . le mode de mise en oeuvre peut provoquer un nain (ou une perte)
(| important de charae nominale (notamment au frottement latéral), difficile-
(' ment évaluable par l'étude de mécanique des sols.
- 50 -

b - Circonstances où il est inutile de prévoir l'essai

Un essai de pieu s'avérera aénéralement superflu lorsque :

. la pointe'des pieux repose sur le rocher ou est encastrée


de cinq à six diamètres dans un matériau pulvérulent compact régnant
sur une forte épaisseur ;

. les pieux sont volontairement surdimensionnés pour résister


à d'autres phénomènes (poussée des remblais, charges horizontales) ;

. il existe, au voisinage, des ouvrages dont les fondations


sont bien connues et qui n'ont posé aucun problème ;

. le sol de fondation est très hétérogène. Il peut alors être


préférable de multiplier les forages de reconnaissance et les essais en
place (pressiomètre, pénétromètre...).

c - Cas particuliers des formules de battage

On évitera de faire un essai de pieu si les formules de battage


conduisent à des charqes nominales supérieures à la charge intrinsèque du
pieu, c'est-à-dire la charge obtenue en faisant travailler le béton au mav
mum de ses possibilités. De même, si les résultats obtenus sont faibles,
on se gardera de réaliser automatiquement des essais statiques : le
G.E.E.S.F.O.P. considère, en effet, que l'application de telles formules
ne peut conduire qu'à des résultats pessimistes dans la plupart des cas
(frottement latéral très réduit par le battage). Un "rebattage" quelques
heures ou quelques jours après suffit qénéralement à rassurer le maître
d'oeuvre.

.3. - Choix du pieu d'essai

Si l'essai est jugé opportun, deux cas peuvent se produire


suivant que le pieu d'essai fait partie ou non de l'ouvrage.

. Dans le premier, cas, les conditions de délais, d'accès, de


mise en oeuvre du dispositif de réaction seront primordiales, au point
d'imposer le choix du pieu d'essai ; mais, chaque fois que celles-ci le
permettront, le pieu d'essai devra être choisi parmi les pieux les plus
chargés (en aénéral les pieux périphériques, surtout s'il s'agit de pieux
battus dans un sable, le phénomène de densification étant plus important
au centre que sur les bords).
Il faut également noter que,souvent, les maîtres d'oeuvre hési-
tent à charaer à plus de 1,5 fois la charge nominale ON un pieu inclus
dans la fondation future ; cette crainte est, à notre avis, injustifiée
dans le cas de pieux battus (il a bien fallu que le pieu soit amené à sa
charge limite pour qu'il pénètre jusqu'à la cote voulue) ; dans le cas
de pieux forés, la charge maximale d'essai peut être également majorée si
le temps qui s'écoule entre l'essai et la construction de l'ouvrage (tabi
en particulier) est suffisant pour permettre une reconstitution du sol
(cf. § "Délai de repos").
51

fig : 23

Courbes types de chargement

c
UJ
- 52 -

. Dans le deuxième cas, le pieu devra être prédimensionné au


plus juste et mis en place dans une zone reconnue comme étant peu diffé-
rente de celle intéressée par l'ouvraqe. Cette dernière solution est la
plus intéressante et elle doit être retenue chaque fois que cela est
possible :

- ou bien le chantier est en cours : l'essai statique pourra


se dérouler normalement sans en gêner la marche ;

- ou bien le chantier n'est pas encore commencé : l'essai ne


servira pas seulement de vérification, il permettra aussi de dimensionner
au mieux la fondation réelle.

.4.,- Contrôle du pieu d'essai

C'est une phase très importante qui devrait être systématiquement


suivie par l'ingénieur responsable de l'essai statique.

Les points à surveiller particulièrement sont la verticalité,


la cote atteinte par la pointe et les dimensions transversales tous les
mètres, pour les pieux exécutés en place. Cette dernière précision, souvent
difficile à obtenir pour certains types de pieux, est pourtant une donnée
primordiale si l'on associe des mesures de contraintes par capteurs, placés
à différents niveaux dans le fût du pieu.

.5. - Réalisation de l'essai

La figure 23 représente deux courbes types de chargement de


pieu.

La courbe I permet de distinguer trois phases principales


(d'après Cambefort) :

. une phase AB, domaine normal de travail du pieu, limitée


supérieurement par la charge de fluage Q,•,.

. une phase BC, au cours de laquelle les enfoncements ne sont


plus proportionnels aux charges en tête,

. une phase CD, au cours de laquelle le pieu s'enfonce rapide-


ment et dont la valeur asymptotique permet, en principe, de définir la
charge limite Q. .

Il est souvent difficile d'obtenir le domaine limite pour les


pieux de très forte capacité portante (limite du dispositif de réaction).
En toute rigueur, on ne sait même pas définir la charge limite : toute
augmentation de charne en tête se traduit simplement par une vites-^e d'en-
foncement supérieure du pieu, la limite étant fixée par les possibilités
de l'ensemble vérin-pompe.

L'obtention de Q^-, est donc primordiale dans bien des cas.


Malheureusement, le phénomène n'est pas toujours net et les déplacements
correspondants peuvent être très faibles (de l'ordre de quelques milli-
mètres ou nettement moins pour des pieux flottants).
53

Deux conditions doivent être nécessairement respectées pour


obtenir une courbe type 1 :

a - Le délai de repos

Comme indiqué précédemment, le fait de battre un pieu remanie


le terrain s'il s'agit de matériaux argileux, silteux ou de sables lâches
saturés. Les craies, matériaux thixotropes, sont également très affectées
par les vibrations dues au battage.

De même que l'application des formules de battage est alors très


défavorable, la réalisation d'essais statiques, peu après le battage, con-
duit à des résultats très pessimistes.

D. PASTUREL en donne un exemple clair à partir de trois essais


réalisés sur un même site.
Charge
Délai Charqe dynami- Ecart
de repos statique que relatif
limite Q, limite
(jours) (tonnes) (tonnes) (%)

Essai 1 19 265 122 + 117

Essai 2 5 75 44 + 70

Essai 3 4 140 101 + 39

On constate bien que l'amélioration de la charge limite statique


augmente avec le délai de repos.

Si le délai de repos est insuffisant, on obtient des courbes


qui sous-évaluent fortement les possibilités du pieu (fia. 2Z - courbe 2).

b - Des mesures correctes

L'essai de pieu ne peut être improvisé et il est bon que le


chantier soit préparé et diriaé par un spécialiste.

. Le massi;^ de réaction : H joue un rôle très important, mais


est héldS souvent imposé par des conditions de crédits, de délais d'accès,
de manutention, de disponibilité de matériel, etc.

Chaque fois que le sol de surface le permet, il est préférable


d'utiliser des massifs de réaction "poids" plutôt que des ancrages. Ces
derniers sont onéreux et nécessitent des délais supplémentaires. De plus,
on connaît mal leur influence sur le pieu lui-même et, en cours d'essai,
il peut être nécessaire de rattraper les déplacements excessifs de cer-
tains ancraaes. Si la réaction est prise sur les pieux voisins de Vouvraqe,
il est intéressant d'exploiter l'information qui peut être ainsi obtenue.
- 54 -

fig:2A
CourlDes de chargement d'un pieu . Influence du
mouvement des bases de référerce

Charges en tête Q, en tonnes


50 100 150

• «^ — 1
1
" • - . .

'^ -. 1
>r k
*
N ^.
î 6 V

1 \
\
° 8
c
UJ
1 . 1
, Voleurs corrigées du mouvement des bases de référence

» . _ Valeurs rx>n corrigées

fig: 25

Courbes de chargement et de déd^argement

Influence de l'excentrement

Charges en tête Q, en tonnes


c 50 100 150
\ 1
1
"*t1^^^
'
^•

i
- X
• ^

10 N
N y

\
1 N L _

\ \
V ^. 1 \
' l
1 j ^
k •
l
\
.., \

m
- 55 -

. Les bases fixes-ou bases de mesure. Il est vain de disposer


de comparateurs au l/l'^O de mm, si les bases de mesure ne sont pas rinou-
reusement fixes ; c'est une des conditions essentielles de la réussite de
l'essai si l'on veut obtenir la charge de fluage (mesure de l'enfoncement
au 1/lOème de mm près).

Les fluctuations des base'' de mesure peuvent provenir :

1) de leur flexibilité propre ou des effets thermiques.

2) du mouvement du sol sur lequel elles reposent.

- enfoncement du sol autour du pieu en surface dans la première


phase AB (collaae du pieu et du sol)

- remontée du sol au voisinage des camarteaux lorsque la réaction


est transférée sur le pieu.

. Le vérin : La connaissance précise des charges appliquées au


pieu imocse de placer, en série,desmanomètres rinoureusement étalonnés de
différentes sensibilités.

La charge doit, en outre, être parfaitement centrée sous le


massif de réaction et sur le pieu, iln mauvais centrage peut conduire à
des couroes d'allure "arrondie" et, lors du déchargement, on note parfois
des remontées très importantes de la tête à l'enlèvement des dernières
charaes -ig. 2cj.

Pour oallier cet inconvénient, il est néce'^saire que le vérin


soit muni d'une rotule et que l'on ait procédé, la veille de l'essai, à
un premier chargement, très léger, afin de vérifier le bon centrane de la
charge sur le pieu*.

Il est recommandé de disposer de deux comparaisons pour mesurer


les déplacements horizontaux de la tête du pieu.

.5. - Proarammes de charaement

On se référera à l'article de Mrs JEZEQUELet f'ARCHAL et au mode


opératoire du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées.

.7. - Interprétation

Elle devra être menée par des Inoénieurs compétents des Laboratoires

Rappelons seulement que l'examen comparatif de nombreux essais


permettra au PEFOfjn de proposer des régies basées sur les critères
suivants :

- charae limite Q, ou charge maximale de l'essai 2 Q,

- charae de fluage 0,,


- 56

- enfoncement total et enfoncement permanent (ou rapport entre


ces deux valeurs) pour les charaes Q^, et 2 0^,.

On pourra adopter comme charge nominale réelle du pieu testé


la plus faibles des valeurs suivantes :
\ \

sous réserve que la charge Q. soit véritablement la charge limite (valeur


asymptotique à la courbe charges en tête - enfoncements eu charge qui
correspond à un enfoncement du pieu idéal au 1/10 de son diamètre) ;

et M < 0 < M
^ 176 ^N ^ 1,2
où Qj,, est la charge de fluage qui sera définie, soit directement sur la
courbe charges en tête - enfoncements, soit à partir du diagramme des
pentes des droites de stabilisation.

.8. - Coût

Le coût moyen d'un essai est actuellement de 40 000 à 60 000 francs


il est bien plus élevé si, par exemple, les charges atteigrent 500 ou 600
tonnes dans des sites difficiles. La part la plus importante de ces dépenses
provient de la location et de la confection du dispositif de réaction et,
éventuellement, de la fabrication du pieu d'essai (lorsque celui-ci est
effectué isolément avant l'ouvrage réel).

Pour les essais courants, les mesures proprement dites ont une
incidence relativement faible sur le coût total de l'opération. Rien ne
peut donc justifier que l'essai soit fait sommairement, comme c'est trop
souvent le cas.
- 57 -

3.5.5 - Q U E L Q U E S INDICATIONS SUR LES CORRELATIONS ENTRE ESSAIS

.1. - Généralités

Les mononraphies des chapitres 3.5 et 3.6 consacrés aux essais


en place et aux essais de laboratoire ne pourront être utilisés seules
lorsque la reconnaissance aura été menée à partir d'essais variés.
La possibilité d'envisager des comparaisons entre les résultats
d'essais différents permettra d'une part une meilleure connaissance du sol,
d'autre part évitera de refaire toute une campaqne d'essais, enfin permettra
de détecter les essais douteux ou un procédé d'essai éventuellement mal
adapté aux conditions qéoloaiques ou aéotechniques locales.
Sur le plan de la recherche expérimentale en mécanique des sols,
les corrélations entre essais doivent amener à une meilleure connaissance
des essais en place et de leur domaine d'emploi ; en outre lorsque des
contrôles ou des constatations en vraie orandeur sont effectués, la multi-
plication d'essais variés permet d'obtenir une bonne connaissance du site
et de vérifier leurs prédictions. (C'est ainsi que les essais de charaement
statique de pieux sont toujours accompaanés de campagnes d'essais très pous-
sées) .
D'ores et déjà l'examen des résultats de telles campagnes a
permis de soulianer le^ points suivants :

. Il existe une bonne concordance entre les différentes méthodes


d'investination, lorsque chacune est mise en oeuvre en suivant scrupuleuse-
ment les recommandations et modes opératoires, et dans les limites de son
domaine d'application.

. Il n'est pas conseillé d'utiliser une méthode donnée seule


lorsqu'on se trouve proche de ses limites de validité.

. Il n'est pas conseillé d'utiliser un paramètre aéotechnique


seul pour le calcul de fondations.

. L'appréciation de la valeur des résultats d'essais et leur


interprétation sont absolument dépendantes d'une identification poussée du
sol. (Géologie, propriétés, état). A défaut de carottanes nombreux, donc
onéreux, il sera difficile de mener l'interprétation sur la base des
résultats d'un seul type d'essais ; à moins que l'on puisse s'appuyer sur
des précédents ou la pratique locale, ce qui est une forme de recours à une
reconnaissance mixte.

Précisons bien, néanmoins, que le travail entrepris pour la


recherche des corrélations n'est pas destiné à se passer d'un type d'essais.
Cette façon de procéder serait particulièrement dangereuse, puisque les
relations mises en évidence ne sont vraisemblablement ni définitives, ni
passe-partout, ni suffisamment précises. Il ne s'agit pas d'appauvrir
la panoplie d'essais existants, mais de s'enrichir de nouvelles connaissances
pour leur interprétation.
- 58 -

.2. - Sols pulvérulents

Nous empruntons la plus grande partie d<=>s relations ci-dessous no-


tamment au GFESE^ et à MENARD..El les ont été vérifiées soit sur la base des
essais que l'on trouve dans la littérature, soit à l'occasion d'essais compa-
ratifs effectués sur les sites de chargement statique de pieu ou lors des
campagnes de constatations.
Rp est fonction de «p , avec dans les cas usuels 3 < -Rpy < 9.

Cette relation est très bien vérifiée ; on remarquera qu'elle est tout à
fait cohérente avec les valeurs moyennes données par MENARD.

Rp/pl ce qui correspond à <p


limon 5 à 6 20 - 25°
sable 7 à 9 30 - 40°
Rp
c'est-à-dire que le rapport -4- est constant dans une couche donnée (mais
il dépend bien entendu de la qranulométrie, du dearé de serrage et de la
teneur en eau)
Rp
est en aénéral de l'ordre de 0,5 à 0,75, mais exception-
rdvn
nellement, dans es cas extrêmes, ce rapport peut atteindre des valeurs
légèrement différentes telles 0,3 pour un sable très lâche, et 1 pour un
sol grossier à frottement élevé (graviers, sables et graviers).
E
CASSAN donne une loi exponentielle en fonction de pi. En
M.
fait il semble que les valeurs du rapport -y dépendent principalement du
deqré de serrage (donc de \f ) du sol :

Sable Sable et graviers

E E
ÏÏT f • "?'
très serré 12 35 10 40

moyennement serré 7 - 12 30 6 - 10 35

lâche 5 - 7 25

~ fonction de vf , avec dans les cas usuels pf /^ fi—

.3. - Sols cohérents

Pp
/ 3
pT
Cette r e l a t i o n semble bien v é r i f i é e , indépendamment de toute considération
sur l ' é t a t de c o n s o l i d a t i o n .
59

E varie en fonction de-la consolidation de l'arqile, suivant


le tableau ci-dessous (Ménard^

Argile limon argileux

sous consolidé 6 - 8 5 - 8

normalement consolidé 8 - 12 8 - 10

léoèrement surconsolidé 12 - 15 10 - 14

fortement surconsoiidé 16 14

Les valeurs de -T- inférieures à 5 indiquent un remaniement du sol au foraae.

pl 1,7
pf
Cette relation est très bien vérifiée. On la simplifie souvent en considé-
rant que la pression de fluaqe est égale à la moitié de la pression limite.

Pp
/arie généralement de 0,5 à 1,1, mais peut exceptionnellement.
Rd
dans l e cas de sol à c o n s i s t a n c e m o l l e , ê t r e de l ' o r d r e de 0 , 3 ,

^— Il ne semble pas e x i s t e r de r e l a t i o n simple e n t r e pl e t c ;


s i l e s r é s u l t a t s expérimentaux ont permis d ' é t a b l i r l e s r e l a t i o n s données
c i - d e s s o u s , c e l l e s - c i ne sont qu'approchées compte tenu de l a d i s p e r s i o n
des v a l e u r s e x p é r i m e n t a l e s de p a r t e t d ' a u t r e des v a l e u r s données par ces
relations.

pl - po <; 3 bars e n v i r o n : eu = ^ r'it^-

. pl - po > 3 bars e n v i r o n : eu = pi no + 0,25


IF
PD
dépend surtout du type de pénêtromètre utilisé, puisque
Cu
suivant les dispositions de la pointe un peu de frottement latéral peut
être mobilisé, avec une variation dans la fourchette 1 0 < : Rp •<: 20.

Rp

Pénêtromètre à cône fixe 10

Pénêtromètre électrique 10 - 12

Pénêtromètre G ou D17 Hollandais 14

Pénêtromètre à cône mobile 20


Page laissée blanche intentionnellement
Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

CHAPITRE 3.6

Réalisation des essais de laboratoire


sur échantillons intacts

LCPC
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.6
REALISATION DES ESSAIS DE LABORATOIRE SUR ECHANTILLONS INTACTS

3.6.1. - PRtAMBL'LE I

3.6.2. - LES ESSAIS MECANIQL'ES 2

.1. - Génènktès 2
.2. - Technologie des appareilj et realualion pniiqur 3
j - Tessai de compression simple
' b - essai de ciiaiUeinent à la boue
c - essai de compression tna.xia)e
d - le scissométre de laboratoire
e - le pénétromèire de consistance
.3. - Domaine d'utilisation et pnx unilaim 71 12

3.6.3. - LES ESSAIS DE COMPRESSIBILITE OL' ESSAIS ŒDOMETRIQUES |5

.1. - Principe de l'essai 15


.2. - TechnologK de l'appareil - Réalisation pratique IS
.3. - Interprétation dej resultxu 17
a - courbe de consolidation
b - courbe de compressibibté
.4. - Pru des esxau cedométnque* 19
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 3.6

REALISATION DES ESSAIS DE LABORATOIRE

SUR ECHANTILLONS INTACTS

3.6.1 - PREAMBULE

Ce chapitre, qui concerne le choix et la réalisation des essais


de laboratoire présente, par rapport à celui consacré aux essais in situ,
un certain nombre de différences dans l'optique et dans l'articulation :

- il est surtout destiné aux Maîtres d'Oeuvre, qui sont oeu


familiarisés avec des techniques d'essais assez spécialisés et constituant
une panoplie très variée.

- on insiste sur le fait que les résultats des essais effectués,


pour nombreux et soignés qu'ils soient, ne valent que ce que valent les
échantillons : alors que souvent dans l'esprit d'un Maître d'Oeuvre réali-
sation de l'avant-trou et essai pressiométrique (par exemple) constituent
deux oDérations étroitement liées, Il n'est pas sûr que l'on ressente le
lien entre les deux ooérations prélèvement d'échantillons et essais de
laboratoire. En effet, ces opérations ne sont pas effectuées au même endroit
et il peut s'écouler un temps notable entre elles.D'où l'importance de con-
server les carottes intactes.

- au contraire des essais en place, qui sollicitent le sol dans sa


masse et peuvent donc rendre comote de son hétéroaénéité, les essais de labo-
ratoire nour donner une idée correcte d'une couche de sol, devront être
effectués sur plusieurs échantillons.

Ce chapitre va jusqu'à la mesure des caractéristiques, du sol.

On n'y donne pas d'indications très précises sur les modes opéra-
toires, puisque, d'une part, ceux-ci ont fait l'objet de publications du
L.C.P.C. et qu'ils sont approuvés par décision ministérielle (ce qui les
rend obiinatoires) , et que d'autre part les essais sont par nature extrême-
ment spécialisés et demandent une orande minutie de la part de l'opérateur
ce ne sera donc jamais le Maître d'Oeuvre qui s'en charoera.

Les essais de laboratoire se divisent en deux groupes principaux

- Les essais 'd'identz-ficatzon et de classification des sols


(nranulométrie, limites d'Atterbern, etc...), qui 'font l'objet d'un
développement dans le chapitre 3.3 du dossier.

- Les essais de détermination des caractcristiaues mccaniaues


des sols,qui font l'objet de ce chaoitre et interviennent beaucoup plus
directement dans le dimensionnement des oarties d'ouvraaes en contact
direct avec le sol (fondations, murs de soutènement....) ainsi que dans
l'étude de la stabilité des pentes.
- 2 -

Ces derniers essais interviennent en principe au cours de l'étude


spécifique (cf § 223.), et sont classés en deux catéoories :

. Les essais mécaniques dont le but est de mesurer les caractéris-


tiques intrinsèques (cohésion et l'angle de frottement interne des
sols).
. Les essais de aompvessihilité dont le but est la prévision
des tassen^ents et, éventuellement, de leur évolution dans le
temps.

Ces deux caténories d'essais, qui se complètent nénéralement, sont


effectués sur des éprouvettes de dimensions standard extraites d'échantil-
lons intacts, c'est-à-dire non remaniés et à teneur en eau naturelle.

Pour être représentatifs^ .ils doivent être réalisés en nombre


suffisant et "^ous donnons dans les paragraphes qui suivent le nombre
d'essais habituellement retenu et leur prix en valeur actuelle.

A titre ind'^'àtif on peut retenir qu'une étude complète de


laboratoire pour une couch? de sols de 19 m d'épaisse'jr, réalisée à partir
d'un seul forane carotté, représente une dépense d'environ 11 900 F carot-
taae comris (prix 1971).

Ces essais ne semblent donc justifiés que lorsque l'objet de


l'étude entreprise (fondations exceptionnelles, stabilité d'un remblai...)
l'exiae ou que les phénomènes a prévoir semblent avoir une incidence impor-
tante sur la fondation ou les ouvraaes provisoires ; ainsi la présence
d'eau dans des sols peu perméables conduit à effectuer deux calculs, à
court terme et à lonn terme (cf. § 3.1), et seuls pour l'instant les essais
de laboratoire csrrettent de mener à bien ce dernier.

3.6.2 - LES ESSAIS MECANIQUES

.1. - Rénéralités

Les essais mécaniques dont le but est en général de déterminer


la cohésion c et l'anqle de frottement interne "P des sols, en vue d'en
déduire les sollicitations maximales auxquelles ces derniers peuvent
être soumis, sont des essais de résistance à la rupture. Les trois prin-
cipaux sont les suivants :
- l'essai de compression simple (A)
- l'essai de cisaillement à la boite (B)
- l'essa-î de compression triaxiale (C).

Ils comportent deux phases : application de contraintes normales,


puis essai de rupture proprement dit.
Suivant les conditions retenues pour chacune de ces deux phases,
on distingue trois types d'essais que l'on précise ci-dessous, à titre
d'illustration pour le cas du triaxial :
- L'essai U U (non consolidé non drainé)

. L'application des contraintes normales à drainaae fermé ne vise


ici qu'à corriaer les phénomènes dus à la décompression du matériau (fissu-
ration et dégagement des aaz occlus).

. La phase de cisaillement, également effectuée à drainaae fermé


donc sans dissipation des surpressions interstitielles, correspondant au
comportement à court terme du sol.
La caractéristique déterminée est notée c ( • = 0 )

- L'essai C U (consolidé, non drainé)

. La première phase est faite à drainage ouvert ; les contraintes


normales sont maintenues suffisamment longtemps pour permettre la dissipation
totale des surpressions interstitielles, donc la consolidation.
On obtient donc des éprouvettes consolidées à pression effective
connue (pression de consolidation).

. La phase de cisaillement se déroule à drainage fermé avec


le plus souvent, mesure de la pression interstitielle.
. Un tel essai permet d'étudier, d'une part les variations de la
résistance au cisaillement non drainée du sol en fonction de la pression de
consolidation, d'autre part, si l'on a mesuré la pression interstitielle,
les paramètres c ' et <P'(voir ci-dessous).
. Les caractéristiques déterminées dans le premier cas sont notées
c-^j et «Pcy. (elles ne doivent pas être utilisées dans les formules de force
portante m de stabilité car elles n'ont pas de signification physique
intrinsèque).

- L'essai CD (consolidé drainé)

. La première phase est identique à celle de l'essai CL)


. La phase de cisaillement effectuée à drainage ouvert, est suffi-
samment lente pour permettre la dissipation des surpressions interstitielles
à mesure qu'elles apparaissent avec les variations de contraintes.
. L'essai donne les caractéristiques effectives du sol, notées
£' et <P', qui interviennent directement dans un calcul à lonq terme.

Il serait trop lona, dans le cadre de ce dossier, d'entrer dans


un examen critique très développé de ces différents essais de laboratoire
qui par ailleurs ont déjà fait l'objet de modes opératoires édités par le
L.CP.C. ; nous ne donnons ci-après qu'un rapide exposé de chacun d'entre
eux, leur prix de revient actuel et leur domaine d'emploi qui est présenté
sous forme de tableau à la fin de ce paraaraphe.

.2. - Technologie des appareils et réalisation pratique


fig : 1

Essai de compression simple

AP
Rr =
TTD2
- 5 -

fig : 2

Essai de cisaillement à la boite

bo
^p" CO'^''0''^tev no'-r^oleï

t courbe i n i f i n i e q^o e

. >

1 33
pif'ffs po'*u*ev

Do»' *'«e

ptoi- dp c ' W3 F liemenT r


i!
E C h O n t , I I o 1-

d'o<noge

: on t f o m l c i
bo' "-nobile
tong*ntiell*i

by D E T E B M INATION de lo COHESION G H de L ANGL E - f


SCHEMA d« lo BOITE d» CISAILLEMENI
a - L'essai de compression simple (fig. 1 page 4)

C'est un essai rapide au cours duquel l'éprouvette est rompue


par compression simple, à charges-ou à déplacements contrôlés.
La vitesse de déformation est de 1,5 à 2 mm/mn, et la durée
de l'essai est de 5 à 20 mn.
La mesure de la force P appliquée à la rupture et la connaissance
du diamètre D de l'éprouvette permettent de déduire la résistance à la
compression simple Rc par la relation :
4 P
Rc

Cet essai ne peut être effectué que sur des sols doués d'une ,
cohésion suffisante pour assurer la tenue de l'éprouvette sans frettage
latéral.

b - L'essai de cisaillement à la Boîte (fig- 2 page 5)

L'éprouvette est rompue par cisaillement à vitesse contrôlée


(type d'appareil le plus couramment employé), la contrainte normale
restant constante durant l'essai.

. Dimensions possibles de l'éprouvette :

- Diamètre 6 cm (cylindrique)
- 6 X 6 cm (parallèlépipèdique)
- 10 X 10 cm ou 45 x 45 cm pour les sols hétérogènes.

. Profondeur de la demi-boîte inférieure, 2 cm en Général.

. Les trois types d'essais, cités au paragraphe précédent, sont


possible avec la différence importante que les conditions de drainaae aux
frontières ne sont pas totalement maitrisées ; on n'a donc que le moyen de
jouer sur la vitesse de l'essai pour assurer le drainage ou le non drainage.

type phase d'appli- phase de cisail-


d'essai cation des con- lement
traintes normales

UU rapide rapide
eu lent rapide
CD lent lent

Pratiquement les phases non drainées ne sont possibles qu'avec des


sols imperméables (argiles et certains limons).
- 7 -

f ig : 3

Essai tri axai

r^ -tTj

p is'on
pllu'e IfioXiQ^le
\

^zî3n
'^
..:^
pif r fi

30feu\e s O"! <5"s

r^afe p'e^V(On

in f e r s t I f l e f

se HEMA Cf l l U l E I R l A X I A LE DROITE INTglNS6QUE


-8

fig -U

INTERPRETATION DES RESULTATS TRIAXAUX EN CONTRAINTES TOTALES ET EN CONTRAINTES


EFFECTIVES A PARTIR D'UN ESSAI TYPE aJ AVEC MESURE DES PRESSIONS ItnïJ^STITIELLES.

Cercles de Mohr en contraintes totales

Cercles de Mohr en contraintes effectives (ces cercles sont


obtenus par simple translation, suivant l'axe des 0" , d'une
valeur Ur correspondant à la pression interstitielle mesurée
à la rupture de 1'éprouvette ).
9 -

. Mesures à effectuer :

cr contraintes normales
T contraintes tangentielles
- Déformations

. La connaissance de C e t T à la rupture donne un point de


la courbe intrinsèque du sol, qui est une droite d'équation générale :

T = c'+ (Ttq f
Quatre essais sont nécessaires pour une bonne détermination de
cette droite, et par là même des caractéristiques c'et f' du sol.

c - L'essai de compression triaxiale (finure 3 pane 7)

. L'éprouvette, de forme cylindrique et d'élancement voisin de 2,


est soumise à un champ de contraintes uniforme dont les composantes sont :
- une pression hydrostatique <r^ appliquée par l'intermédiaire
d'un liquide (généralement de l'eau) et constante durant l'essai.
- une contrainte axiale ou déviateur 0", - O" ^ appliquée par
l'intermédiaire d'un piston et croissant jusqu'à rupture de l'éprouvette.

. Dimensions possibles de l'éprouvette :

- le diamètre peut varier de 38 à 100 mm.

. L'avantaqe essentiel de cet essai est la possibilité de mesurer


la pression interstitielle uà tout instant.

. Les trois types d'essai (UU , CU, CD) peuvent être effectués
sur cet appareil, la contrainte de consolidation étant appliquée par la
pression hydrostatique O"-,.

. Les paramètres sont :


- (T ^ impffsé pendant la phase de consolidation et la phase de
cisaillement.
- (0". - 0" )et u, valeurs mesurées pendant la phase de cisail-
lement. Ces dernières mesures sont à effectuer tous les A h = 0,25 mm pour
les éprouvettes de petit diamètre et tous les A h = 0,50 mm pour les
éprouvettes de diamètre supérieur à 50,8 rm.

. La connaissance de cr, , O" ^ et u à la rupture permet de tracer


en contraintes effectives le cercle de Mohr correspondant ; l'obtention de
de ces cercles à partir de 3 ér)rouvettes soumises respectivement à des con-
traintes 0"^ différentes (donc o~ . différentes aussi) permet de tracer
correctement la droite intrinsèque du sol, d'équation générale :
T = ç ' + ((r-u)tgf', tangente au 3 cercles de Mohr limites.
(figure 4 page 8 ) .
10 -

fig : 5

Scissometrc de laboratoire

i i

7
1 '' 1

c
i
SCISSQMETRE l.C.P.C
— • •
C
o
4r Rjjiorl Y

.- . . . . ._
<*•
15 •

V
1

08

- -
06

04 1

02 , • .
• -

20 <0 60 80 100 120 140 160 180 200 2 20

A ngl r de tortion en dCQrvt


11

On ne réalise couramment q-je des essais UU et éventuellement des


essais CD, avec mesure de pressions interstitielles.

d - Le scissomètre de Laboratoire (figure 5 page 10)

. L'essai consiste à enfoncer dans un échantillon de sol une


tige munie à son extrémité d'un moulinet, puis à lui imprimer un mouvement
de rotation à vitesse anaulaire constante jusqu'à cisaillement du sol.
Le couple maximum nécessaire pour cisailler le sol est mesuré
à l'aide, d'un ressort étalonné fixé sur la tiae de l'appareil.
L'essai est essentiellement utilisé pour la détermination de
la cohésion non drainée Cu des sols purement cohérents (argiles, vases,
tourbes) et de leur sensibilité.

La cohésion est donnée par la relation


6 M

avec : M moment de torsion maximal


D diamètre des pales
H hauteur des pales

. Prix de l'essai (trois mesures) : de l'ordre de 100 F.

e - Le pénétromètre de consistance (fig'jre 6 page 13)

Un cône d'anale au sommet et de poids Qconnus est maintenu


affleurant la surface supérieure de l'échantillon, puis libéré. De
la hauteur d'enfoncement H, on déduit la cohésion non drainée du sol

L'appareil est donc utilisé essentiellement pour la détermination


de la cohésion non drainée des sols purement cohérents, en aénéral pour
des valeurs de celle-ci inférieures à 0,4 - 0,5 bar.

On peut aussi déduire les limites d'Atterberg, teneurs en eau


auxquelles un cône normalisé (60° et 60 grammes pour W. , 30° pour Wp)
subit un enfoncement donné. Il s'agit alors d'un essai d'identification.
14

fig : 7

Essai de compressibilite à l'œdometre

œdometre pneumatique L.P.C

Application des charges

Mesure des déformations

Schéma moule ocdometrique

( Photo du L R. d'Angers
15

3.6.3 - LES ESSAIS DE COMPRESSIBILITE OU ESSAIS ŒDOMETRIQUES

Le but p r i n c i p a l de cet essai est de d é t e m i n e r au l a b o r a t o i r e


les caractéristiques du sol nécessaires au calcul des tassements du sol
en place sous le poids d'une charge ( f o n d a t i o n , remblai, e t c . . . ) . L'appa-
r e i l u t i l i s é est l'oedomètre de Terzaghi. Cet appareil peut s e r v i r en
outre à déterminer la perméabilité des sols en l ' u t i l i s a n t comme perméa-
mètre à charae v a r i a b l e .

.1. - Principe^ de l'essai

L'éprouvette est placée dans une enveloppe riaide, on exerce


à sa partie supérieure une pression à l'aide d'un piston et l'on mesure
les affaissements observés en fonction du temps.
On détermine ainsi les relations entre déformations et temps
sous charae constante, et entre contraintes et déformations en refaisant
l'expérience pour des pressions verticales croissantes.

.2. - Technologie de 1'appareil - Réalisation Pratique (figure? pane 14)

On rappelle que les conditions de l'essai font l'objet d'un


mode opératoire officiel du L.C.P.C. (circulaire n° 70-74 du 29 Juillet 1970)

Les pierres poreuses permettent un drainage constant. Les défor-


mations latérales de l'éprouvette sont empêchées par les parois riaides
de 1'oedomètre.

. Caractéristiques de l'éprouvette :

- diamètre 7 cm le plus souvent


- hauteur 1,2 à 2,4 cm

. On applique une première charge à l'éprouvette et l'on suit


l'évolution du tassement en fonction du temps.
L'essai est répété pour des valeurs croissantes de la charae en
proaression géométrique.

. On admet couramment que les tassements sont stabilisés lorsque


deux mesures effectuées à 12 heures d'intervalle ne diffèrent pas de plus
de 5 microns.

. Cependant, la perméabilité du sol à étudier étant un facteur


essentiel, on distingue deux types d'essais :

- les essais courts pour les sols plastiques (10 jours)


- les essais longs pour les sols organiques (3 mois environ).

. Les paramètres mesurés en cours d'essais sont :

- les charges appliquées


16

Courbes de consolidaticxi

fig : 8

Construction de Casagrandc

La courbe est tracée pour une valeur constante de la charge


appliquée à 1'éprouvette.

A h = f (log
10000
log < ( t en mn )
Cv =0,197:

Consolidation sacondnire (CD )

I Ah ( mm)

Nota ; tjQ et tgo :

les temps canespondx'!


fig : 9
Uv = 50 ou 907o ( c

Construction de Taylor

m mn )
w

(Ah.) Courbe experimentéile ( 1)

Droite a e g . p a r t i e rectiligne de(1)


\
On en déduit oa : A h o
Droite a b c telle que d b r 1.15 de
e>y\ b L'adonnée du point C représente AhgQ
Ah = f (vTj")
^
X Cv = 0,848 u-L-^Jl.
(û^so) f
\S
\ tgo A
\9
û h ^'

Pour la construction des courbes , on utilise t en mn et Ah en mm ; Cy est donc obtenu en mm'/


Le calcul du temps de tassement s'effectue généralerrent avec Cy en cm^/s
17

- les tassements observés après stabilisation sous chacune de


ces charges
- les tassements en fonction du temps sous charqe constante.

Notons que la connaissance des tassements permet d'en déduire


les indices des vides correspondants, puisque le volume initial de l'éprou-
vette est connu.

.3. - Interprétation des résultats

a - Courbe de consolidation

Le coefficient de consolidation C est défini à partir de la


théorie de Terzaghi en consolidation primai)^e, par la relation :
T 2 '
P ^ 'v _h_ . T .facteur temps
v ~r ^-4 .h hauteur de l'éprouvette (celle-ci étant
drainée sur ses 2 faces)
. t le temps nécessaire pour obtenir un
pourcentage II de consolidation primaire
donné, (voir tableau § 5.2.4. p. 60)

C peut être obtenu pour une charge donnée par deux méthodes ;
celle de Casaorande utilisant la courbe ^ h = f (loa t) (figure 8 ) et
celle de Taylor utilisant la courbeA h = f ( V T ) (fiaure 9 ) . On pourra se
référer au mode opératoire de l'essai de compressibilité à l'oedométre (MS t2)

Lh = f (log t) construction de Casagrande :


2
C„ = ~ ^ ' ^ (0,197 = Trn . voir tableau § 5.2.4. p. 60)'
V ^50 ^ 5U « •

Ah 3 f ( Vl)

HO r
Cy = M i 8 ^ (0,848 = TgQ „ voir tableau § 5.2.4. p. 60)
'90

b - Courbe de compressibilité : e = f(loq <r') (fiaure 10)

On trace la courbe de l'indice des vides en fin de consolidation


primaire sous chaque charqe (obtenu à partir de la courbe de consolidation)
en fonction du logarithme de la charae appliquée.

La courbe de compressibilité permet de déterminer l'indice de


cofT.pression C et la pression de préconsolidation a-' (d'après la cons-
truction de Casagrande ou de Schmertman).
Ces deux paramètres sont suffisants pour obtenir le tassement
total de consolidation.
- 18

Fig : 10

Essai de compressibilité

et construction de CTc

CTc probable (constaction de Casagrznde

loQ a"

d^ pression de préconsolidation
Ce indice de compression
Cr mdice de décompression
19

'n vcit parf'^is ut"! "•se "e vco^le oedoirétrio'j? "' q'.'i sedea.v;:
des caracteri st'q.'es r>-é-?3entes p:.^ "a relation E' = 2,3. o~. - ."' -

On dérnontre que E' est lié au module d'élasticité drainé E par la


relation :
E = ^ E' lorsque l'or donne la valeur 0.33 au coefficient de
Poisson des sols.

On uti'is" :^r;f"'r, "iss formules élastiques tirées de la théorie


de Boussinesq po-r cacu^er le tasser.ent total.
Ceci s-jpp-se que l'on p:..'isse caractériser le sel par un seul
paranètre, ce qui est aouteux puisque le rodule oedométr'O'.'e tanoert va^is
dans de larnes Drooortio".s on fonction des niveaux de cctrainte.

Le taoleau ci-dessous donne un ordre de grandeur de E' en bars et Ce


pour différents types de sols.

1' pour
So's
•s
0~ < iO bd.Y Ce

Saole ne - 3 OCJ %01 -- CIG


A r a i 1 e rai a e 15 - 15G Cl? - n,25
Arai le -oll a 1 - 10 C,RG -

Ces caracteristioucs nrs;:'o:s à la suite des esscis oedométri-


ques permettent de calculer ' e- tasser.ent du sol sous la charge transmise
par une fondation ou un remblai, (cf. 3.3.2 - Fondations superficielles,
3. Tassement et évolution).

.4. - Prix des essais oedométr-jques (1971)

Essai normal 4GC F

Essai lonq 700 F et plus


(so'^s orqaniques)

Pour une coucne de se,s de 10 m. d'épaisseur, 5 essais au moins


sont nécessaires, sur des échantillons prélevés à des niveaux différents,
pour déterminer les caractéristiques représentatives du sol en place.
Page laissée blanche intentionnellement
Ministère de l'Equipement,
des Transports et du Logement

FOND. 72

Fascicule 4

CONCEPTION ET CHOIX
DU TYPE DE FONDATION

LCPC
^_5
Page laissée blanche intentionnellement
FASCICULE 4 - CONCEPTION ET CHODC DU TYPE DE FONDATION

CHAPITRE 4.1 - LES DONNEES DU PROBLEME

4.1.1. - CONTRAINTES LIEES AU SITE \

A. - Site aquatique I
.2. - Site urbain - Nuisances, Encombrement, Délais 2
.3. - Sites hétérogènes 3
.4. - Sites soumis à des actions particulières 3

4.1.2 - LE SOL 3

.1. - Stratigraphie et homogénéité 4


.2. - Pendage 4
.3. - Conclusion 4

4.1.3 - L'OUVRAGE 5

CHAPITRE 4.2 - NOMENCLATURE DES FONDATIONS

4.2.1 - CLASSIFICATION DES FONDATIONS 7

4.2.2 - FONDATIONS SUPERFICIELLES 7

.1. - Cas général de la semelle 7


a - • Introduction, Caractéristiques communes 7
b - Interaction appui - fondation 8
c - Dispositions construciives - Largeur de la semelle. Epaisseur de la
semelle en fonction de sa larjeur, Dispositions géométriques en coupe 9
d - Sujétions d'exécution 12
e - Vérifications à faire IS
.2, - Semelle sur massif de béton non armé 16
a - Domaine d'emploi
b - Interaction appui - fondation
c - Dispositions constructives
d - Sujétions d'exécution
e - Vérification à faire
.3. - Semelle en tête de talus 21
a - Domame d'emploi - Talus de déblai. Talus de remblai, Portance insuffisante 21
b - Dispositions constructives 24
c - Sujétions d'exécution 24
d - Vérification à faire 25

4.2.3 - FONDATIONS PROFONDES 26

,1, - Conception générale d'une fondation profonde 26


a - Eventail des possibilités 26
b - Interaction appui - fondation - Longueur de la semelle. Niveau de la semelle 27
c - Dispositions constructives 28
C] - Morphologie du pieu isolé 28
c; - Disposition en plan 29
C3 - Disposition en coupe - Choix de l'entr'axe. Nombre de files de pieux.
Inclinaison, Largeur de la semelle de liaison 31
C4 - La conception est limitée par des contraintes extérieures :
précautions particulières 40
d - Dimensionnement 42
d] - Les différents partis possibles - Principe de la résistance. Types de
sollicitations. Diagramme des choix successifs
d ; - Choix du diamètre
.2, - Différents types de pieux 47
a - Classification des fondations profondes
b - Domaine d'emploi
c - Prix
4.2.4 - OUVRAGES A FONDATION INTEGREE 52

.1. - Cadres (Dossier PICF 67) 52


.2. - Portiques (Dossier PIPO 66) 52
.3. - Extension des cas types 52
.4. - Remarques concernant les cadres et les portiques 54
a - Remblaiement
b - Esol

4.2.5 - CAS PARTICULIERS 57

.1. - Caissons 57
1
- Ancrages 58
.3. - Injection des sols 58
.4. - Cuvelage 59
.5. - Dalle de frottement 60
.6. - Vibroflottation 61
.7. - Pilonnage intensif 61

CHAPITRE 4.3 - NIVEAU D'APPUI ET TYPE DE FONDATION

4.3.1 - PROCESSUS DU CHOIX 62

4.3.2 - NIVEAU D'APPUI 62

.1. - Définition 62
.2. - Commentaires 62
.3. - Qualités du sol à rechercher 64
.4. - Critères de rejet de b fondation superficielle 67

4.3.3 - CHOIX DE LA SOLUTION DEFINITIVE 73

.1. - Restrictions dues à l'exécution 73


.2. - Critères 74

4.3.4. - CONCEPTION DES FONDATIONS EN SITE AFFOUILLABLE 77

.1. - Fondations superficielles sur massif de gros béton 77


.2. - Fondations profondes 81
.3. - Fondations massives sur caissons 84
.4. - Cas particuliers 84
a - Cas des culées
b - Cas des ouvrages hydrauliques en cadre fermé

ANNEXE

FICHES DE PIEUX 1 à IX
CHAPITRE 4.1

LES DONNEES DU PROBLEME

I>lous appelons données du problème tous les éléments qui permettent


au début de l'étude des fondations d'un ouvrage, d^. replacer celui-ci dans
son site,
La conception générale doit tenir compte principalement de trois
meiits et assurer la cohérence du orniet vis-à-vis d'eux; ces élément^:
eléme
son t le site et le sol (contraintes et servitudes) et l'ouvraae (trace et
structure). Nous les examinons successivement ci-dessous.

A.1.1 - CONTRAINTES LIEES AU SITE

Ce sont en général les contraintes et les servitudes liées au


site, au moins autant que celles liées à la nature des sols, qui rendent
délicats tant de problèmes de fondation. On apportera donc un grand soin
à leur examen : ceux-ci nécessiteront le plus souvent des moyens supplé-
mentaires pour la reconnaissance et le dimensionnement; ces considérations
amèneront éventuellement à prévoir des méthodes d'exécution ou des mesures
de protection spéciales.

.1. - Site aquatique

"roblèros je débo;jc''!é et d'affoji 1 "emert : ~eur solution "^mpose


-•on seulement une borne "o^naissance des précédents et do "a région 'en-
cuête préalable), mais encore une étude hydrologique sérieuse et, pour les
affoui1lements, une reconnaissance à base d'essais in situ plus poussée. La
condition de Terzagni (4 fois la hauteur du marnage) est inadaptée au cas des
rivières françaises. On distinguera bien les deux composantes de la profondeur
maximale d'affoui1lement à prendre en compte pour les fondations:d'une part
raffouillement général du lit (en section vierge), d'autre part l'affouille-
ment local auprès des piles. Nous préparons une notice techn-lque générale sur
les affouillements (dont on peut d'ores et déjà obtenir la substance en
s'adressant aux Divisions d'Ouvraaes d'Art du S.E.T.R.A.) et nous résumons
au p>:r^;ro,pl.c '.3.4. p. 77 les recommandations sur la conception des fondations
er site affouillable et les dispositions constructivcs appropriées.

Problèmes d'exécution ; ils seront en général prépondérants dans


le choix du mode d'exécution et parfois même dans celui du type de fondation
envisagé, tant sont importants en site aquatique les incidences financières
et les aléas de chaque solution. Lorsque des rideaux de palplanches provi-
soires (batardeaux ou blindage des fouilles) ou définitifs (parafouille)
sont prévus, il sera utile de vérifier la possibilité effective de les en-
foncer à la cote voulue et de choisir module et nuance par des essais de
battage au pénétromètre dynamique ou de battage d'un pressiomètre. En
fonction des divers types de sol et des caractéristiques de l'appareil battu
on peut déduire, de la cote de refus à l'essai et de la courbe de battage,
la cote approximative du refus absolu, un module et la nuance nécessaire
des palplanches. L'expérience localp énalement est dans ce cas très précieuse.
Problèmes de nabarit et de chocs de bateaux : il s'agit d'une part
d'un problème aéométrique, d'autre part d'un problème de calcul. On trouvera
au chapitre 5.1 des indications sur les actions à considérer.

Dans certains cas exceptionnels le f^aître d'Oeuvre aura à préciser


des conditions de calcul spéciales pour l'ouvrage : par exemple envisager un
certain dégarnissage des culées par affouillement,mais considérer un coeffi-
cient de sécurité réduit (travail des aciers à la limite élastique, surchar-
ges de service non majorées, etc...).

.2. - Site urbain

Les problèmes de nuisance, d'encombrement et de délais seront


ici primordiaux et conduiront souvent à adopter des solutions ad hoc,
pour optimiser le coût total de l'opération.

Nuisances.

Impossibilité en général d'effectuer des rabattements de nappe


qui entraîneraient une consolidation (par densification artificielle) des
terrains, donc des tassements d'immeubles voisins. Cela, lié aux contraintes
d'encombrement, oblinera à blinder les fouilles en terrains perméables :
palplanches, ancrages, injections d'étanchéité, parois moulées ou diaphraames
étanches, murs berlinois, conoélation (rare).

Des considérations de délai, de niveau maximum des vibrations et


du bruit, seront primordiales. Les nuisances liées au battage interdiront
souvent d'avoir recours sans précaution spéciale à ce mode de fonçage. On
notera que le choix d'une solution sera rendu plus difficile par le fait
que certaines opérations de reconnaissance préalable sont malaisées ou
même impossibles en zone urbaine, pour des raisons qui tiennent elles aussi
à l'encombrement (existence des zones bâties non encore expropriées ou
démolies, difficultés d'accès pour les outils de forage...) et aux nuisances.
Il sera même impossible, dans certains cas, de battre des pieux.

Encombrement.

Qu'il s'agisse d'occupation plus ou moins dense du sous-sol


(anciennes carrières, caves, canalisations...) ou de stricte limitation
des emprises, les contraintes d'encombrement imposeront un recours fréquent
à des solutions hybrides ou compliquées, très généralement onéreuses. On
peut citer l'obliaation de tenir verticaux des bords de fouille qui suppor-
tent déjà des contraintes du fait des constructions riveraines, l'impossi-
bilité générale de provoquer une consolidation artificielle sans précau-
tions sous peine de modi-f^ier l'équilibre des constructions préexistantes
(manque de temps pour effectuer un précharqement, incidence néfaste d'un
drainage artificiel par rabattement de nappe, par drains verticaux ou par
vibration.), l'utilisation d'injections conservatoires...

Dé 1 a i s •

En zone urbaine, plus qu'autre part, les délais seront un élément


de contrainte primordial. L'imbrication des opérations, entre autres, néces-
sitera une étude approfondie de l'organisation des travaux en plusieurs phases.
3-

Il est donc de la plus haute importance de prévoir dès le début


du projet les phases ultérieures de réalisation, et d'en tirer les consé-
quences en ce qui concerne la conception des ouvraqes. Par exemple les fon-
dations d'un ouvraqe à réaliser lors d'une phase ultérieure pourraient être
rendues très difficiles, voire impossibles, sans des reprises en sous-oeuvre,
si elles n'étaient pas prévues, voire même exécutées au moins partiellement,
lors de la réalisation de la première phase.

.3. - Sites hétéroqènes

Ce sont aénéralement des sites où se posent des problèmes de


pendage des couches, des sites à zones d'altération, des sites présentant
des failles ou autres chanaements de faciès. La reconnaissance aura dû y
être soignée et complète. La coupe géoloqique et qéotechnique issue de la
reconnaissance sera présentée à échelles homogènes (et non pas avec dila-
tation des hauteurs) pour mieux visualiser les phénomènes d'écoulement
possibles.

Il n'y a évidemment aucune raison impérative qui pousse à


recourir dans ces cas au même type de fondation pour chacun des appuis.
Et l'on sera effectivement conduit, souvent, à prévoir des fondations
hybrides, en fonction du problème posé par le sol et par les charges (en
différenciant par exemple appuis intermédiaires et appuis extrêmes, ou zone
franche et zone altérée). Néanmoins on n'oubliera pas que l'introduction
d'une spécialité supplémentaire sur le chantier est une cause de complication
ainsi que d'augmentation des délais et des prix. Il faudra penser aussi à
harmoniser les conditions de stabilité et de tassement des différentes fonda-
tions pour qu'elles soient compatibles entre elles.

.4. - Sites soumis à actions particulières

On pensera, éventuellement, aux actions particulières comme les


séismes, par exemple.
Les directives communes relatives au calcul des constructions (circulaire
71.145 du 13 Décembre 1971) indiquent comment prendre en compte de telles
actions, qu'elles soient cycliques, intermittentes ou accidentelles. Voir
aussi le chapitre 5.1 du présent dossier-pilote.

A.1.2 - L E SOL

Les caractéristiques géologiques et géotechniques des couches de


terrain situées sous la fondation sont connues jusqu'à une profondeur
suffisante par la reconnaissance effectuée.
.1. - stratigraphie et homogénéité.

Rappelons que les points qui ont dû être élucidés sont, princi-
palement, la succession des couches et la nature du substratum (éventuel-
lement) ainsi qu'une connaissance globale de la géologie du site, combinées
avec des renseignements quantitatifs sur l'homogénéité horizontale, au
moins géotechnique. (1).

.2. - Pendage.

Le pendage des différentes couches a le plus d'importance lorsque


se posent des problèmes d'écoulement, d'affouillement ou d'encastrement.

Les problèmes d'écoulement concernent la stabilité des talus,


celle des fouilles, les remblais sur sols compressibles et les poussées
latérales sur des pieux.

Les problèmes d'affouillement sont toujours essentiels pour la


recherche d'une solution et sa validité lorsqu'ils se posent, c'est-à-dire
sur cours d'eau, et parfois sur -anal.

Les problèmes d'encastrement, eux, se posent dans le cas d'un


substratum dur, quel que soit le type de fondation envisagé (massif de
gros béton, caisson, pieux ou puits). En effet, le relief de ce substratum
est souvent irrégulier - en particulier en site aquatique - et un encas-
trement défectueux dans le substratur peut dans certains cas provoquer un
tassement imprévisible. Plus le sol au contact sera homogène et mieux cela
vaudra.

.3. - Conclusion.

La connaissance du sol, matérialisée par une coupe géotechnique


et géologique, permet de déterminer un certain nombre de niveaux de fondation
possibles (voir § 4.2.4), ou de préciser les zones impropres à l'implantation
d'un ouvrage.

La limitation éventuelle de la hauteur de remblai que l'on peut


édifier, en fonct'ion des problèmes de compressibilité, pourra déterminer la
lomueur totale de l'ouvrane.

(1) Note : En effet, dans les cas courants, notamment lorsqu'on n'est pas ,
e s U e aquatique, il ne convient pas d'accorder une trop grande importance
à des variations géologiques mineures lorsque les propriétés géotechniques
restent comparables. D'autant plus que très souvent des différences d'iden-
tification peuvent être dues uniquement à des imperfections du prélèvement,
notamnient lorsque l'on reconnaît la nature d'une couche au seul vu des pol-
luti'^ns d'une bentonite de forage pour essai in situ. (Exemple : des sables
et graviers sous la nappe pourront, suivant la nature de l'outil de prélè-
vement, être dénommés aussi bien graviers et galets, que sables propres et
même sables limoneux).
5-

i,.].3 - L'OUVRAGE

Il s'agit surtout de renseignements concernant le tracé, maté-


rialisés par le plan et le profil en long, et éventuellement Ta structure
choisie, représentée en coupe longitudinale schématique.
La situation de l'ouvrage en déblai ou en remblai peut avoir une
importance particulière sur le type de fondation à adopter, à cause de la
différence entre états de contrainte avant et après la construction, et
des variations dans les procédés d'exécution.
En fonction de la structure envisagée pour un franchissement
donné, les exigences en ce qui concerne les fondations seront plus ou
moins sévères.
La stabilité doit évidemment être assurée :
- à tous les stades de la construction (culées remblayées - tota-
lement ou partiellement - ou non, cintres ou ouvrages provisoires s'appuyant
sous certaines réserves (cf. GflO 70) sur les massifs de fondation définitifs,
terrains en cours de consolidation, frottement négatif ou poussées latérales.
- et dans tous les cas pouvant se présenter (affouillements, sur-
charges ... ; cf. chapitre 5.1 pour les sollicitations de calcul).

I En ce qui concerne l'aptitude à supporter les tassements, il faut


/( faire une double distinction : Entre les ouvrages isostatiques et hypersta-
('' tiques d'une part, entre les grands et les petits ouvraoes d'autre part.

Il est clair Q U P les problèmes de tassements différentiels ne se


posent pas avec la mêmeacuité pour les grands ouvrages.
Les ouvraqes isostatiques accepteront des tassements Généraux qui
ne seront limités que par les exigences du tracé (gabarit libre sous ouvra-
ge, confort de l'usager),et des tassements différentiels qui ne seront limi-
tés que par les dispositions constructives. Encore les valeurs maximales
seront-elles fortes et il y aura toujours la possibilité de les compenser
par vérinage.
Les ouvrages hyperstatigues de petite dimension s^i^t donc les
plus sensibles aux tassements différentiels. Néanmoins, la plupart des
ouvrages-types du S.E.T.R.A. (PSI-DE, PSI-DA, PSI-DP, PSI-OM) acceptent,
sous réserve d'une légère augmentation éventuelle du ferraillage ou de la
précontrainte longitudinale, des tassements différentiels entre appuis
notables, le plus souvent de l'ordre d'une dizaine de centimètres, (cf. à
ce sujet un additif - en préparation - au dossier-pilote FOOT 67, qui
donnera, pour chaque type d'ouvrage, les valeurs de tassement différentiel
admissible). A noter cependant que certains types d'ouvrages parfois
courants (PIPO) sont plus exigeants en ce domaine ; on consultera dans
chaque cas le dossier-pilote correspondant.
6 -

On n'oubliera pas que des tassements différentiels peuvent


se produire sous appuis différents, mais aussi entre deux extrémités d'un
même appui, que ceci soit dû à une dissymétrie des' descentes de charge
^cas des ponts oiaisj ou à une hétérogénéité horizontale des sols porteurs.
En particulier, il faut penser à cette possibilité de déversement lorsque
des arc-boutements ou des coincements peuvent avoir lieu (revanche entre
les deux demi-ouvraqes d'un passage inférieur, par exemple, mais surtout
murs de tête et murs de front des culées qui doivent, dans le cas de arande
longueur, comporter des joints bien ouverts c'est-à-dire présentant une
grosse marge de sécurité). Bien entendu, on dimensionnera les piles en con-
séquence .

Il est rappelé que le document-type FOOT 57 donne tous les éléments


pour calculer rapidement les réactions d'appui des ouvrages-types, en diffé-
renciant poids propre et surcharges, et que le recours prématuré à un calcul
électronique d'ouvrage ou de structure est à éviter absolument : il est
démontré en effet que les diverses modifications faites au projet, voire une
remise en cause complète de la structure cnoisie, rendent ce premier calcul
inutile dans la grande généralité des cas.

En ce qui concerne ia conception générale du projet, "il est bien


évident que le choix et la mise au point des fondations seront largement
tributaire? de la structure de l'ouvrage proprement dit. Pour les ouvrages-
types on aura souvent la possibilité dans jn large domaine de portées (et on
pourra y être amené par des considératio'^s géotechniques) de remplacer une
structure-type par une autre, soit moins sensible aux tassements, soit char-
geant moins le sol. Quant aux ouvrages spéciaux ou exceptionnels, ils pour-
ront être souvent traités de façon comparable avv ouvrages-types de structu-
res similaires ; cependant on devra aussi tenir compte de leurs dispositions
constructives (caractère fixe ou mobile des appareils d'appui, continuité
du tablier, biais des lignes d'appui, etc..) oui sont sujettes à de grandes
variations, ainsi que du nombre et de la por*tée de leurs travées.

V. est aussi quelquefois utile de sortir de la "routine" des


projets et d'envisager certaines solutions de rechange qui peuvent s'avérer
mieux adaptées, par exemple :

- constitution des remblais en matériaux légers (cendres volantes


de densité 1,2),

- adoption d'un type de structure légère comme par exemple les


PS-OM en ossature mixte, (le gain est de 50 "J sur le poids de la structure
par rapport au béton précontraint, pour une portée déterminante de l'ordre
de 30 m, et la souplesse encore plus grande),

- adaptation du nombre et de la portée des travées. Lorsque les


fondations sont très difficiles, donc coûteuses, on a en général intérêt
à en diminuer le nombre, malgré une augmentation du prix de la structure
par allongement des portées ; lorsque 1^ sol est seulement médiocre on
peut avoir avantage à augmenter au contraire le nombre de travées, chaque
appui ne recevant alors qu'une charg" diminuée que le sol peut alors sup-
porter,
- choix d'une structure répartissent les pressions (passage du
PSI-DA au PI-PO ou à l'ISOSTAT et surtout au PI-CF),
- l'adaptation du planning de chantier (chargement à l'avance
par des remblais, exécution de différentes piles ou culées dans un ordre
déterminé pour permettre aux tassements de s'amorcer avant le décintrement
du tablier, . . . j ,

- choix de structures moins sensibles au tassement différentiel


ou s'accommodant do relèvements d'appuis (ce qui est une opération facile à
condition qu'on ait prévu à l'avance les points de relèvements).
Page laissée blanche intentionnellement
CHAPITRE 4.2

NOMENCLATURE DES FONDATIONS

A. 2.1 - CLASSIFICATIONS D E S F O N D A T I O N S

On peut classer les fondations suivant deux points de' vue : celui
de la mécanique des sols et celui de l'exécution.

Du point de vue de l'exécution et de la résistance aux sollicita-


tions extérieures, on parle de fondations superficielles, massives ou pro-
fondes.

Pour suivre le Cahier des Prescriptions Communes, fascicule 68,


on devrait n'employer que les termes : fondations directes, fondations par
ouvraae interposé (qui comprennent donc les fondations massives e_t les fon-
dations sur pieux et puits, entre autres).

Du point de vue de la mécanique des sols : Pour le mode de tra-


vail en pointe, on distinaue les fondations superficielles et semi-profondes
des fondations profondes par le fait que la base ;e trouve au-dessus ou
au-dessous de la profondeur critique pour une dimension donnée, dans le
terrain considéré ; Pour le reste, on distinaue les fondations semi-profondes
et profondes des fondations superficielles, par la prise en compte ou non
d'un frottement latéral.

Nous n'employons que les termes fondations superficielles,


massives et profondes, qui sont suaqestifs ; Mais il doit rester bien
entendu qu'ils recouvrent une réalité précise pour "^e mode de travail.

k.1.1 - FONDATIONS SUPERFICIELLES

.1. - Cas général de la semelle

a - Introduction. Caractéristiques communes

Pour les ponts, et quel qu'en soit le biais, les semelles sont
nénéralement à base rectangulaire. On retiendra que la "lonaueur" d'une
semelle est comptée parallèlement à la larqeur biaise du tablier et que
sa "laroeur" est parallèle à la oortée droite de la brèche.

Le dimensionnement est fait conformément aux règles de béton


armé pour ce qui concerne le ferraillaqe et l'épaisseur de la semelle, aux
règles de la mécanique des sols pour ce qui concerne ses dimensions et son
encastrement. Les choix portent principalement sur la cote de la fondation
et sur la largeur de la semelle, car on verra que sa longueur est à peu
près déterminée par les dispositions constructives habituelles.
8 -

fig : 1

Un petit tour du coté du Lexique

Il faut distinouer, ce que ne font pas toujours les habitudes


de lanqaqG, la fondation proprement dite de l'appui qu'elle supporte et
sur lequel repose, à son tour, la superstructure. Dans une fondation pro-
fonde les différents pieux, puits ou barrettes sont liés en tête par une
semelle de liaison, . dans laquelle prend naissance l'appui. Ce dernier,
s'il est composé de poteaux ou colonnes, comporte un chevetre de liaison-
nenent qui peut, dans le cas des culées, jouer le rôle de oarde-qrève.

Superstructure

Appui

IN IN.
N v/<yyy<<yyy<::
Semelle de liaison F ri
Fondation

profonde superficielle
b ~ Interaction appui-fondation

Les caractéristiques de l'appui peuvent avoir une influence


directe sur la semelle,, et notamment sur sa forme.

Longueur de la semelle : Elle sera fixée exactement en fonction


de la largeur des fûts à leur base, de manière à éviter notamment que des
débords trop grands ne nécessitent des armatures longitudinales excessives,
sans qu'on en tire avantage sur le plan de la portante, (voir futur dossier-
pilote ?? ). Pour les études de dégrossissage, mis à part les cas d'appuis
concentrés (piles marteaux, ouvrages urbains) et ceux des tabliers à grands
encorbellements, on pourra donc supposer une longueur de semelle voisine ou
légèrement inférieure à la laraeur utile biaise du tablier.

Semelle unique ou semelles multiples : Ce choix dépend en grande


partie de la forme générale des fûts et de la géométrie de l'appui, mais
aussi de la qualité des sols. Donnons en quelques exemples :

- sous une culée, la semelle pourra soit rèaner sur tou-


te la culée terres comprises), soit être en forme de U, plus ou moins
déformé suivant le o-iais, et ce en fonction des tassements différentiels
à craindre. Cependant lorsque les murs latéraux sont désolidarisés (en
tout ou en partie) de la culée proprement dite, il est recommandé de ne
pas chercher systématiquement à les fonder au même niveau que le mur de
front ; les charges supportées sont en effet très différentes et les
risques encourus en cas de tassement très inégaux.

- sur bon terrain, excluant pratiquement les tassements, on


pourra projeter plusieurs semelles isolées, une sous chaque fût.

- sur terrain médiocre, les problèmes de tassement différentiel


transversal conduiront à prévoir une semelle unique par appui. Or, prévoit
même souvent de la renforcer par une nervure qui améliore la répartition
des charges et permet ainsi de résister dans une certaine mesure aux tasse-
ments différentiels. Sans déborder sur la conception de l'appui lui-même,
disons cependant qu'il faut toujours nu'il y ait un élément rigide pour
protéger le chevêtre et le tablier contre les tassements différentiels : ce
sera soit l'ensemble semelle - nervure éventuelle, soit un autre élf-ment,
par exemple un voile entre poteaux.

- dans tous les cas où le fût pénètre profondément dans le sol,


une nervure est souhaitable pour servir de soubassement à la partie évasée
du fût et réduire le coffrage soigné à une hauteur acceptable, voire standard.

c - Dispositions constructives

Il reste à préciser la largeur et l'épaisseur de la semelle, si


l'on suppose que le niveau d'appui est choisi approximativement.

c, - Largeur de la semelle : Cette variable est fixée en fonction


de la qualité du sol au niveau considéré, du poids des terres sus-jacentes,
des descentes de charge et de leur centrage.

- la discussion sur le niveau d'appui est faite au paragraphe


4.4.1, sous réserve d'être à l'abri des affoui 1lements, le cas échéant.

Dans le cas aénéral , on choisira une largeur de semelle compa-


tible avec les résultats de la reconnaissance tant pour le respect
- 10 -
du taux de travail admissible du sol que pour celui des tassements
différentiels admissibles pour la structure portée (à ce sujet, rappelons
qu'un additif au dossier FOOT 67 en cours d'élaboration donnera pour les
structures courantes les tassements différentiels admissibles).
Pour certains ouvranes courants très répandus, au stade du
déqrossissaae, (PSI.DP et PSI.DA) et vis-à-vis du seul critère de stabi-
lité, la laraeur des semelles peut être déterminée directement par
l'application de formules simples (à base statistique) données dans le
document-type FOOT 67 lorsque l'on connaît le taux de travail admissible
du sol d'assise.
- on s'arrangera pour assurer un centrage aussi bon que possible
de la semelle sous les charoes de longue durée.
Il ne faut pa-s confondre cette notion-avec le centrage géométri-
que, notamment pour les appuis soumis à une poussée des terres dissymé-
trique. On rappelle à ce sujet que l'on peut avoir quelquefois intérêt à
élargir une semelle sous culée, du côté du remblai, pour la stabiliser en
diminuant l'inclinaison des charges (par auamentation de la composante
verticale). Ajoutons aussi que dans certains cas assez particuliers il peut
aussi y avoir une recherche de minimisation : en fonction de la pression
maximale admissible, et parce que le poids à porter peut dépendre de 1'excen-
trement. (Un exemple de recherche de ce nenre est automatisé dans le PIPO).
- le poids spécifique total des terres sera pris égal à 2 tf/m3
pour des sols normalement compactés (ce qui est le cas lorsque l'on remblaye
une fouille) et à 1,2 tf/n3 pour le même sol déjaugé, sous la nappe.
Cp - Epaisseur de la semelle, en fonction de sa larneur.
Il s'agit d'un compromis entre épaisseur et ferraillage. En règle
générale, il y a avantage à avoir une certaine surabondance en épaisseur, le
poids ne comptant nénéralement pas pour une semelle (à la différence d'un
tablier). D'une façon nénérale, on peut distinnuer différents cas :
- les semelles épaisses non armées (parfois un peu chaînées) pour
lesquelles on admet une répartition des contraintes à 1 pour 2 dans le béton.
Leur épaisseur satisfait donc à la condition.
h^^P - b fin. 2.
- les semelles d ' é p a i s s e u r moyenne, qui sont armées h o r i z o n t a l e -
ment,(avec é v e n t u e l l e m e n t quelques é t r i e r ^ ) , e n g é n é r a l :

- l e s semelles minces, mais r i g i d e s , qui sont armées e t comportent


des é t r i e r s . Les c o n d i t i o n s de r i a i d i . t é e t de débord s ' é c r i v e n t ;
R - h
h ^ ^ —2[— (ou c < 2 h ) fig. 3.
conformément aux rèales^ de dimensionnement classiques en béton armé.
La plupart des semelles d'ouvrages d'art sont de ce type. Habi-
tuellement, l'épaisseur des semelles varie entre 0,50 et 0,80 m pour les
passages supérieurs courants, entre 0,80 et 1 m ou plus pour les passages
supérieurs exceptionnels, et entre 0,70 et 1 m pour les passages inférieurs
et les radiers.
- et enfin les semelles très minces qui ne peuvent être considé-
rées comme rigides. Ces semelles ayant des débords importants par rapport
à leur épaisseur sont fortement armées ; en revanche elles ne comportent
souvent pas d'étriers (c'est le cas systématiquement lorsqu'une épaisseur
de moins de 30 cm est suffisante à l'effort tranchant - cas de petits soutè-
nements et également pour les traverses inférieures des ponts-cadres types).
Dans deux cas particuliers importants, on peut être amené à
prévoir une épaisseur supérieure à celle qui résulterait strictement de la
condition de rigidité :
- Pour recentrer les efforts sous un appui très haut. La semelle
entière est alors ferraillée, éventuellement plus légèrement à sa partie
suDérieure.
11 -

fig: 2

Semelle épaisse peu armée

tg e- :$ ±
2
ht> B - b

fig : 3

Semelle arme'e

1 — 1 '
b

«—« =—r : : 7^
:'-— 1 j

ht
d'T 1—a 1 1 1 •• ' ^ v
°k
, B ,

Condition de rigidité B - b
(répartition linéaire des contraintes sur le sol ) ht :^

Condition de débord C < 2 hi


12

- Lorsque l'on veut mobiliser une butée latérale sur le


terrain (par exemple sur pente, ou pour résister à des efforts hori-
zontaux dus aux tabliers), il peut être nécessaire d'augmenter le
maître-couple horizontal de la semelle, donc son épaisseur.

c^ - Dispositions géométrioiios en coupe :

Les petites semelles seront toujours rectangulaires en coupe


(on pourra prévoir, le plus rarement possible, 2 ou 3 % de pente pour
favoriser l'écoulement de l'eau sur la face supérieure de la semelle).
En revanche, pour les grandes semelles de forte épaisseur, la forme
trapézo'idale qui économise du béton (mais son coffrage est cher) pourra
être avantageuse. Le coffrage général de la semelle est souvent inévitable,
même si on a cru l'éviter lors du projet (cf GMO 70).

La base de la semelle ne doit pas pouvoir être atteinte par le


gel, pour éviter une baisse des caractéristiques géotechniques du sol au
dégel. Ceci suppose que les semelles soient toujours enterrées de 50 cm
environ au moins (à aunmenter suivant la réaion et l'altitude).

d - Sujétions d'exécution

L'exécution peut influer plus ou moins sur la conception de


la fondation superficielle, ou sur son dimensionnement. C'est à ce
titre seulement que l'on évoque ici quelques problèmes, puisque des
recommandations complètes sur les règles de bonne exécution sont données
dans les différentes parties du Guide de Chantier des Ouvrages d'Art
(GGOA 70).

Tenue des parois des fouilles : Elle doit bien entendu être
assurée pendant toute la durée des travaux, jusqu'au bétonnage, durcis-
sement du béton et décoffrags, le cas échéant. Les précautions devront
être telles qu'un retard dans l'exécution ou un arrêt des travaux de
courte durée ne compromettent pas la stabilité de la fouille. Les moyens
en sont le simple talutaae de la fouille, avec ou sans protection super-
ficielle, le blindage, toutes les sortes de batardement (en général pal-
planches avec ou sans étais intérieurs, mais éventuellement enceintes
de parois moulées ou murs berlinois, etc..., pour des fouilles de grandes
dimensions ou de grande profondeur et suivant les impératifs du site).

- Les fouilles à talus seraient justiciables d'études de stabilité des


pentes, à court terme en général : Très employées, avec des pentes
variant de 1 / 1 à 1 a verticale (souvent 2 / 1 ) , elles posent assez
vite des problèmes d'encombrement dès que les dimensions de la semelle
ou du radier - sont notables. C'est évidemment la méthode la plus simple.
- Le bli-^dage se fait er, site terrestre dans les cas suivants : emprise
limitée, venues d'eau, terrains boulants, et permet dans tous les cas de
raidir la pente de la fouille. On utilise le bois lorsqu'il n'y a pas d'eau,
ou de préférence des palplanches lorsque l'on travaille sous le niveau
de la nappe ou que les dimensions de la fouille sont importantes. Le blindage
doit parfois s'accompagner d'une exécution fractionnée.
- Les batardeaux en palplanches sont surtout utilisés lorsqu'il faut d'une
part assurer la stabilité de la fouille (renard) et d'autre part la mettre
à l'abri de venues d'eau importantes. Les palplanches sont récupérées après
exécution de la fondation et de l'appui, ou simplement recépées. Elles
peuvent servir de coffraae à la semelle de fondation (dans ce cas, si
_ 13 -

fig : U

Fondations superficielles en site aquatique


Dispositions constructives

a) Les palplanches sont récupérées, la sennelle est coffrée à l'intérieur du


batardeau
y P. H.E (voir note page 19)

Épaisseur du rideau Note : On peut parfois couler le béton

de palplanches au contact du batardeau , un léger


rebattage est alors nécessaire pour
décoller les palplanches du béton

TN.

Niveau hors affouillements

b) Les palplanches sont recépées

P. H.E

F?ecépage ou niveau
du terrain naturel
s' il dépasse le
niveau supérieur
de la semelle

Ancrage des palplanches


dans la semelle
14 -

elles doivent être récupérées, il faudra prévoir un fort recouvrement


des armatures intérieures pour éviter la corrosion due aux épaufrures),
- Les batardeaux en terre sont généralement utilisés lorsque la profondeur
de l'eau ne dépasse pas 1 m à 1,5 m au-dessus du fond du lit. On les im-
plante à quelque distance du bord des fouilles.
Epuisement des fouilles : Tant qu'il ne s'agit que de la
conception, au stade du projet, les renseignements concernant les épui-
sements peuvent rester d'ordre qualitatif ; La précision recherchée se
limitant à la réponse à la question : y aura-t-il à épuiser ? Pas du
tout, modérément, beaucoup ; et les moyens d'étude, outre la détermination
de la charge au niveau bas de la fouille, étant surtout une estimation de
la perméabilité grâce à l'étude des précédents et à l'étude visuelle et
granulométrique. (Attention néanmoins à des couches intercalaires plus
perméables, surtout si elles sont de faible épaisseur, auquel cas elles
auront pu échapper à la reconnaissance). En ce qui concerne le projet, il
faut assurer l'équilibre hydrostatique (phases d'exécution) et parfois
prévoir des évents. En présence d'eau il faut prévoir un puisard pour la
recueillir et maintenir à sec le reste de la surface : 0,5 m2 environ à
25 cm de profondeur environ.

Le risque principal, dans le cas de semelles ou radiers exécutés


à sec dans une fouille talutée, sera surtout celui de venues d'eau im-
promptues en cours de déblaiement, mettant en cause la stabilité des bords
de la fouille. C'est la reconnaissance, éventuellement menée jusqu'au
stade spécifique, qui permettra de répondre à ces craintes (géologie, étu-
de de la nappe, perméabilité des sols).

Terrassement : Les opérations de terrassement pour fondations


doivent être exécutées avec plus de précaution que celles concernant
les corps de remblais, sous peine d'observer, surtout dans les sols sen-
sibles, des chutes importantes de propriétés géotechniques au décompac-
tage et lors de l'exposition à l'air et à l'eau, (il faudra exclure les
engins scarificateurs lors du déblaiement des derniers 20 cm et du réglage).

Le drainage et éventuellement la protection par toiles plasti-


ques de la fouille incomplète seront évidemment à assurer dans tous les
cas, mais on n'oubliera pas que dans le cas de sols très gonflants
(argiles gonflantes, marnes surconsolidées, schistes,...) et explicitement
reconnus comme tels dans le rapport géotechnique, éviter une exposition
directe à l'eau ne suffira pas et iT'faudrait conserver une garde d'environ
0,50 à 1 m au-dessus de la cote théorique des semelles, garde qui sera
déblayée au dernier moment, couler le béton de propreté rapidement et monter
la pile aussi vite que possible. Kais dans le cas général cette méthode
présente au contraire des inconvénients sérieux : Il y aurait en effet plus
de risque, dans la grande majorité des cas, à ne pas bien régler et curer
le sol de fondation.

Les problèmes de surprofondeurs, bien que ne rejaillissant pas


directement sur le projet, puisqu'ils sont par essence inopinés, méritent
toutefois de retenir notre attention. Il peut s'agir, lors de l'examen
du fond de fouille immédiatement_aprës_l'ouverture, d'un sol uniformément
moins bon que prévu au terme de la reconnaissance, ou de zones à curer.
Celles-ci pourront être comblées par une grave compactée additionnée ou
non de ciment, suivant la qualité du sol environnant, le but étant d'éviter
la formation de points durs sous les semelles.
- 15

Le Cahier des Prescriptions Spéciales-type conseille de fixer


à 10 cm. la limite supérieure à partir de laquelle une sui'profnndf^ur ne
peut être comblée par du remblai ordinaire sans accord du Maître d'OccM--
(CPST 3.07.11)

Lorsqu'une surprofondeur de fond de fouille atteindra 1 m. ou


plus, il faudra choisir entre la possibilité de remettre en question le
dessin de l'appui (et éventuellement l'épaisseur du fût ) ou d'avoi:
à réaliser un massif de béton maigre d'épaisseur égale à la surprofon-
deur. Ce n'est en effet que dans le cas de fondations exceptionnelle-,
reportant des charges très importantes que l'on sera amené à combler
la surprofondeur par du béton normal pour fondations (dosé à 350 kg de
ciment par mètre cube).

Contact semelle-sol : Lorsqu'il faut résister à des efforts


horizontaux importants, on peut envisager soit des bêches ou des ancra-
ges, soit même éventuellement une injection de collage.

e - Vérifications à faire

Les vérifications sont indiquées dans le chapitre 5.1, pour ce


qui concerne la portance et les tassements des ouvrages définitifs, en
cours de travaux ou après leur fin.

Il ne faut pas oublier toutes les vérifications qui concernent


les ouvrages provisoires ou les phases d'exécution. La puissance publique
ne peut entièrement s'en désintéresser, bien qu'ils fassent en règle géné-
rale partie des moyens de l'Entrepreneur et soient alors établis sous sa
seule responsabilité. En attendant que des règles précises définissant les
limites normales de son intervention à ce sujet soient intervenues, le
Maître d'Oeuvre se fera un devoir de contrôler, de façon plus ou moins pous-
sée selon l'importance des conséquences éventuelles d'un défaut, si les
précautions manifestement nécessaires ont été prises dans ce domaine.
16 -

Semelle sur massif de béton non armé

a - Domaine d'emploi

Les massifs de béton non armé dont il s'agit ici sont des fon-
dations explicitement prévues au projet et non pas des palliatifs en
cours d'exécution comme les remplissages des purges ou les "bétons de
propreté" dont l'épaisseur est augmentée pour chercher plus bas que prévu
le bon terrain de fondation.

Il s'aait de semelles normales implantées non pas sur le terrain


naturel avec interposition d'un béton de propreté, mais sur un massif de
béton non armé le plus souvent coffré.

L'épaisseur d'un tel massif sera souvent comprise entre 3 et 5


mètres, il peut être coulé entièrement ou partiellement sous l'eau.

Le massif de gros béton se recommandera surtout dans les cas


où la couche d'appui se trouve assez proche du terrain naturel, mais à_
quelques mètres sous la nappe. Particulièrement en franchissement de
cours d'eau "où le recours normal à des fondations profondes ne serait
pas acceptable (sauf à prévoir des parafouilles importants et rigides,
donc onéreux) en raison de problèmes d'affouillements ou même de chocs
de bateaux.
L'intérêt d'une telle solution réside principalement dans le
fait que la semelle proprement dite peut être coulée à sec et que le ba-
tardement peut être plus sommaire que s'il fallait construire une semelle
profonde (notamment le volume de béton de qualité et les épuisements seront
plus limités, puisque l'exécution sera plus rapide, et que l'on pourra
admettre des venues d'eau, dans les cas où l'on épuise).
Cette solution s'impose d'autre part dans les cas où il faut
stabiliser le batardeau vis-à-vis des sous-pressions (on n'essaiera pas
d'épuiser et on coulera un bouchon de béton, au moins, sous l'eau).
Elle se révèle souvent plus facile d'exécution que d'autres fon-
dations, et économique en béton armé et en épuisements.

b - Interaction appui-fondation

La cote du bas du massif étant donnée, ainsi que celle du haut


de l'appui, le seul paramètre caractéristique à choisir reste la cote de
la semelle.
Ce choix se fera compte tenu des remarques suivantes :

- une semelle haut placée diminue la hauteur de l'appui, ce qui


peut être précieux lorsque les efforts horizontaux sont importants (diminu-
tion du bras de levier)

- une semelle haut placée, donc un massif de béton épais, augmente


peu ".es efforts normaux, puisqu'il y a remplacement du terrain par du béton
(densité 2,4 au lieu de 2)

- on ne peut, aénéralement, escompter un appui horizontal sur le


terrain qu'au contact du massif de béton non armé ; il v a , povr ce motif,
souvent avantaq-^ à faire réaner celu"i-ci jusqu'à un niveau voisin je celui
du sol
- 17 -
fig: 5

Appuis sur massifs de béton

Remblai
argileux

250
Remblai de
sables et
^00 qraviers argileux

Sable limoneux

6.00

Sables et graviers

Echelle: 1/100 090

207.70 N.G.F

pile

fond du Ut 202 N.G.F


:r'i5P" ^ : : ^ " . H
y
20! N.G.F
7-
200N.G.F

198.iO N.G.F

' • • » • 0 • • „ ' 197./;0 N.G.F

6J30
- 18 -

- on ne peut cependant pas remonter la semelle au-dessus d'une


cote telle qu'elle dépasse du terrain fini; en revanche, si la semelle est
basse et l'appui de grande hauteur, on peut prévoir comme dans le cas d'une
semelle reposant directement sur le sol, un soubassement parallélipipèdique
à l'appui vu pour diminuer le coffrage soigné ou standardiser la hauteur de
coffrage pour plusieurs appuis.

- dans le cas d'un site aquatique ou sous la nappe, l'épaisseur


de béton doit être suffisante pour équilibrer les sous-pressions. (Il
faut choisir un niveau d'eau de calcul à la construction). On peut tenir
compte du frottement sur les palplanches et réaliser des ancrages ou
cloutaqes (barres HA scellées). On peut aussi prévoir des évents qui
casseront alors ces sous-pressions.

c - Dispositions constructives

Epaisseur du béton non armé : A indiquer au projet, elle résulte


du choix sur ~a cote d'implantation de la semelle.

Qualité du béton : Il faut un dosage en ciment au moins égal


à 350 kg/m3, que le béton soit coulé sous 1 'eau ou à sec. Il y a à ce sujet
une option à prendre sur la question de savoir si on épuisera ou non. (tout
le dimensionnement du batardeau en dépend ainsi que le choix des matériels
nécessaires au chantier et le mode de règlement des travaux).

Dimensions en plan de la semelle par rapport à celles du massif :


La semelle aura des dimensions inférieures au massif, dans les limites sui-
vantes pour le redan ainsi constitué :

- maximum : le redan devra être au maximum à 1 de largeur pour


2 de hauteur du massif, pour assurer une transmission effective des charges
à toute la base du massif (sinon il ne faut considérer pour le calcul de
portance "massif sur sol" que la partie du massif qui satisfait à cette
condition, le reste pouvant s'en désolidariser).

- minimum : si le massif de béton est coffré par des palplanches


à récupérer, la semelle devra en être écartée povr ne pas se fissurer à
l'arrachaae des palplanches (en pratique, ceci impose de la coffrer sépa-
rément ; le minimum sera voisin de 20 cm dans ce cas). Mais il ne faut pas
arracher les palplanches en cas d'affouillement qui risquerait d'atteindre
le béton coulé sous l'eau. La semelle pourra affleurer les palplanches qui
serviront donc de coffraqe, lorsque celles-ci seront simplement recépées
au niveau de sa partie supérieure. On prévoira dans ce cas un liaisonnement
(armatures soudées aux palplanches) entre le couronnement des palplanches
et la semelle.

Cote de la base du massif : Déterminée à partir de considérations


géotechniques, et plus basse que la cote maximum des affoui1lements prévi-
sibles. Lorsque l'on est en site affouillable, il est souvent recommandé de
laisser les palplanches en place ; Elles assurent ainsi une bonne protection
du massif contre l'érosion et leur arrachage entraînerait un remaniement du
terrain de fondation en facilitant la pénétration de l'eau dans l'interstice
résiduel.
Dimensions en plan je la semelle ; or sera rarement limité par
des questions de portance du béton non armé ; En général ce seront des
considérations de stabilité de l'ensemble semelle-appui (tiers central)
et d'inclinaison des charges qui imposeront un minimum à la largeur de la
_ 19 _

fig:6

Fondations superficielles en site aquatique


Dispositions constructives

a) Sol imperméable

P. H.E

^ Rideau de palplanches

Alluvions Note ; La cote d'arasé haute des


tjatardeaux , ici indiquée schéma-
tiquement P. H.E , sera déterminée
en fonction des régimes de la
rivière et de l'époque d'exécution
Sol porteur des fondations.
imperméable

b) Sol perméable

P. H.E

Sol porteur
perméable

La hauteur h du bouchon de béton est conditionnée par la valeur de la sous-pression


qui dépend de la hauteur d'eau et de la présence ou non d'évents.
'»-^

- . ' U ^ ^ :- ; -
-•'•.'..-"»•

^ ' • > ^ ^ - ^ - ; . , :

<» ^ '«.

>.--^l
- 20 -

Dimensions en plan du massif de béton : Au moins aussi grand


que la semelle qu'il supporte, compte tenu du redan éventuellement néces-
saire, d'une part ; Vérification de la portance au niveau du contact
massif-sol, d'autre part, compte tenu éventuellement (selon le cas d'espèce)
d'un recentrement des charges à ce niveau, grâce à l'appui latéral sur le
terrain.

d - Sujétions d'exécution

Un tel massif se réalise en principe à l'intérieur d'un batar-


deau en palplanches. Lorsqu'il y a impossibilité d'utiliser des palplanches
(problèmes de battage, de profondeur à atteindre, de stabilité du batar-
deau, e t c . . ) on peut envisager de l'exécuter à l'intérieur d'une enceinte
en parois moulées. Dans un tel cas néanmoins il peut être aussi simple de
riqidifier cette enceinte et de l'épaissir éventuellement afin de lui
faire jouer un rôle de fondation profonde, en la laissant vide ou remplie
de grave non participante. Une dalle supérieure coiffant l'enceinte sou-
tient alors la semelle (qui est donc une semelle de liaison de fondation
profonde).

On pourra généralement récupérer les palplanches qui auront


servi au coffrage en pleine fouille du massif. L'arrachage sera possible
moyennant certaines précautions, notamment enduction de graisse sur la
face interne et léger rebattaae pour décoller les palplanches du béton.

Ce type de fondation présente les sujétions propres aux travaux


exécutés dans la nappe phréatique ainsi que certaines de celles relatives
au batardement (faux refus des palplanches, dégrafage). Cepe'^dant "•• 1 pré-
sente l'avantage de ne pas nécessiter absolument d'épuiser l'enceinte et
il permet souvent de se passer de butonnage des palplanches.

e - Vérifications à faire

Il s'agit, au point de vue du calcul, d'une fondation en partie


massive et en partie superficielle ; en effet la stabilité doit être con-
trôlée, non seulement au niveau de la base du massif mais également au
niveau de la semelle reposant sur le massif, voire parfois à un niveau in-
termédiaire au-dessus duquel on ne^ peut compter sur un appui latéral sur
le terrain. La première vérification conduit, en particulier pour ''.es culées
d'ouvrages d'art, a des dimf>nsions de massif parfois importantes dépendant
principalement des effort? horizontaux dûs à la poussée des terres. La
deuxième vérification est celle do la stabilité de la semelle superfic'elle
sur lexcellei^t terrain de fondation que constitue le béto»^. Il ""'y a
jamais de problème de glissement semelle-massif, si l'on a correctement
effectué la reprise de bétonrage (nettoyage soiané et éventuellement repi-
quaae de la partie supérieure du bouchon de béton immeraé).
- 21 -

.3. - Semelle en tête de tal'.;s

a - Domaine d'emploi

Il ne s'aqit pas ici des fordations sur terrain en pente, mais


des appuis extrêmes des ouvrages courants lorsqu'ils ne comportent pas ou
presque pas de mur de front. Les fondations peuvent alors avantageusement
être constituées, sous certaines conditions, d'un simple sommier ou de
semelles à très faible profondeur,

a-, - Dans le cas d'un talus de déblai, on considère la tête de talus


comme du sol en place et les seuls problèmes sont ceux de la stabilité du
talus et de la portance du sol ; la réaction apportée par l'appui joue
alors le rôle d'une charge extérieure dans l'étude du talus en stabilité,
le calcul de portance de la semelle doit tenir compte d'une réduction due
à la proximité dutalusde déblai (chapitre 5.3, paragraphe 4 ) .
Les avantages seront : forte réduction du poids à porter par la
fondation (presque pas de terre au-dessus de la semelle), limitation des
terrassements qui auraient été nécessaires pour l'exécution de la fouille
d'une semelle basse et meilleure stabilité du talus de déblai (sol en
place) par rapport au talus de remblai qu'il aurait fallu reconstituer
après comblement de la fouille creusée pour l'exécution de Ta semelle.

a2 - Les fondations en tête de talus de remblai, auxquelles nous nous


limitons dans la suite de ce paragraphe, consistent en des semelles ou un
sommier par ligne d'appui posées presque à la surface, sur une tète de
remblai traitée.

Cette solution ne peut être en principe envisagée que pour des


petits ouvrages d'art, par exemple des ouvrages-types, dont les réactions
sur les appuis extrêmes sont faibles (PS-BP, PS-DA, PS-DE, PS-OM, en par-
ticulier), et seulement dans le cas d'un remblai bien choisi présentant
de bonnes caractéristiques de portance, car on se trouve alors nécessaire-
ment très près du bord du talus.

La portance à rechercher est faible, pour une grande gamme


d'ouvrages courants, lorsque le rapport 8 des portées des travées de
rive et intermédiaire est dans les limites habituelles des ouvrages-types
(0,7<C 9 <'0,9 environ). Les réactions maximales en charge seront alors
de l'ordre de 10 tonnes-force/mètre linéaire de largeur utile biaise, et
l'on voit donc qu'une largeur de fondation de 1 m à 1,50 m sera pratique-
ment toujours suffisante.

De façon générale une telle solution peut être intéressante


quand la réaction d'appui est relativement petite par rapport au poids
de terre qui accompagnerait l'appui.
Un autre élément d'appréciation est la commodité ou l'incommodité
d'une exécution anticipée d'une tête de remblai (selon qu'on a ou nor; sous
la main un terrassier avec engins adéquats, et les matériaux).

Sol naturel. La solution de semelle en tête de talus se rencontre


dans les trois cas suivants ;

- Le so'. naturel est bon, auquel cas la stabilité du remblai


ne pose pas de problème et les tassements seront faibles (ce seront alors
uniquement les tassements du remblai, et ils dépendront principalement
de la qualité de son compactage).
- 22

Fig: 7

Fondations en tête de talus

en tête de tabs de déblai

avec tête de remblai traitée

i^Mm^s^>^^,-^i^<^^-^j^^-^^^^?w<^^^^ mmwm-
Fondation à un niveau intermédiaire
- 23 -

- Le sol naturel est médiocre en surface, mais bon à très


faible profondeur. Il peut alors suffire de curer la couche superficielle
mauvaise. Cette condition n'est pas spécifique de ce type de fondation,
mais dépend des conditions de stabilité et de tassement du remblai lui-
même.

- Dans plusieurs cas où le sol présente des qualités médiocres,


la fondation superficielle en tête de talus de remblai peut être compé-
titive au point de vue économique par rapport à une fondation sur pieux
ou puits.
C'est le cas notamment des couches compressibles de grande épaisseur où
des pieux flottants seraient soumis à des frottements négatifs importants
à cause de la charge de remblai et présenteraient vraisemblablement des
tassements importants. D'autre part le remblai devrait de toutes façons
être stabilisé par une exécution à l'avance et peut-être même par une
exécution en plusieurs phases.
C'est le cas également lorsqu'il se pose de toutes façons des problèmes
de stabilité des remblais adjacents à l'ouvrage. On sera alors le plus
souvent obligé de prévoir un préchargement du sol par une exécution du
remblai à l'avance (éventuellement avec une surhauteur pour accélérer
l'évolution des tassements, ou en plusieurs phases si la stabilité du
remblai était compromise, et si possible sur toute l'emprise de l'ouvra-
ge pour améliorer aussi les conditions de fondation des appuis intermé-
diaires et centraux) de telle façon que les tassements se produisent
entièrement ou en majeure partie avant le coulage du tablier; et si on
n'est pas sûr de la fin des tassements, on prévoira un relevage du tablier.

Citons deux exemples typiques de cette situation où il vaut


mieux s'assurer de la stabilité du remblai et se fonder dessus :
- Une couche compressible de grande épaisseur où des pieux flot-
tants seraient soumis à des frottements négatifs importants dus à la charge
apportée par le remblai, et présenteraient de toutes façons des tassements
importants.
- Un site karstique où des fondations profondes ou massives ris-
queraient de concentrer les charges, de provoquer des effondrements, et de
poser des problèmes à l'exécution (perte de boue ou de béton dans les
cavités, venues d'eau..).

a^ - Si l'on craint qu'une semelle en tête de talus n'ait pas une


portance suffisante, il ne faudra pas tomber dans l'erreur d'aller se
fonder très profond.

Au contraire, une fondation à un niveau intermédiaire sera


alors très souvent à rechercher ; En effet, une telle solution s'accom-
mode (comme le montre le document-type FOOT 57 à son paragraphe 4,7,2)
de portances relativement faibles, de l'ordre de 1,2 à 1,5 bars puisque
le poids des remblais sur la semelle est encore assez limité.

Pour des raisons de stabilité d'ensemble on recommande, dans


ce cas, de ne pas approcher le bord externe de la semelle à moins de 3 m,
en distance horizontale, du talus fini (on pourra admettre 2 mètres en
cas de tête de remblai améliorée et de corps de remblai peu plastique)
(ces valeurs sont liées à des portées de rive de 9 à 12 m environ, et à des
gabarits normaux de 4,3 à 5 m ) .
- 24 -

On peut donc être amené à se poser le problème d'un allongement


modéré de la travée de rive pour reporter la ligne d'appui suffisamment
en arrière par rapport à l'arête du talus. Il faudra dans ce cas comparer
les coûts supplémentaires de chacune des deux solutions sur la base d'une
augmentation de la surface du tablier ou d'un supplément pour fouille et
fondation.

b - Dispositions constructives

Elles concernent d'une part la semelle et d'autre part le remblai.


Le remblai est lui-même soit constitué d'un matériau homogène sur toute
sa hauteur, soit présente une partie améliorée, en tête et près du bord
du talus.

Dispositions en plan de la fondation superficielle. Il s'agit


le plus souvent, en fait, d'une grosse poutre unique fortement ferraillée
longitudinalement pour répartir les efforts des divers appareils d'appui.
Plusieurs semelles séparées risqueraient trop de laisser se produire des
tassements différentiels dans le sens transversal, introduisant des efforts
de torsion dans le tablier, surtout si celui-ci est biais.

Largeur de la semelle. Elle sera calculée d'après la force


portante supposée ou mesurée (Essai proctor, essai pressiométrique, essai
de plaque) du remblai, en général comprise entre 3 et 5 bars.

Epaisseur de l'a semelle. Le plus souvent on projetera une


poutre assez trapue, afin de lui donner une bonne résistance à la flexion.
Cet élément rinide énalisera les pressions sur le remblai.

Choix et compactage du remblai. On portera un intérêt particu-


lier au choix d'un remblai de bonne qualité à granulométrie suffisamment
étalée pour assurer un compactage efficace et diminuer les tassements
ultérieurs. Il devra être peu sensible aux intempéries, en particulier
à l'action de l'eau, et pour cela comporter un faible pourcentage de fines.

Le remblai sera méthodiquement compacté par passes de faible


hauteur pour diminuer les tassements. On est quelquefois amené à cons-
tituer la tête du remblai avec un certain matériau spécial ou à l'amé-
liorer au ciment ou à la chaux ; Ceci surtout lorsque la portance du
remblai n'est pas très grande, l'appui est proche de l'arête du talus, ou
lorsqu'il reporte sur le remblai des charges notables.

c - Sujétions d'exécution

Ce sont celles du remblai sur lequel la fondation superficielle


vient s'appuyer. C'est donc un problème de bonne exécution du terrassement'
et de bon compactage, avec déblai de la couche superficielle altérée du
terrain naturel (terre végétale, couche remaniée) qui risquerait de pro-
voquer des tassements.

Il y a aussi un problème de contrôle de l'évolution des tasse-


ments du remblai, qui devra être suivie depuis le début des terrassements.
La mesure des tassements eux-mêmes sera utilement doublée par des mesures
de pression interstitielle sous le remblai.

L'exécution de la fondation proprement dite ne présente pas de


difficultés, puisqu'il n'y aura en particulier jamais d'eau. On veillera
surtout à ne pas désorganiser le remblai lors de l'exécution de la foui"!"
et principalement lors du déblaiement de la surhauteur éventuelle de re •-
blai prévue pour accélérer les tassements.
25

d - Vérificationsà faire

Outre la portance du remblai lui-même, qui sera généralement


bien s u f f i s a n t e pour les f a i b l e s réactions des appuis extrêmes des ou-
vrages considérés, i l faut se préoccuper des soulèvements d'appui éven-
tuels sous système de charges particulièrement défavorable. Le problème
se pose pour le t a b l i e r seul au niveau de l ' a p p a r e i l d'appui (sauf cas
exceptionnels c e l u i - c i ne t r a v a i l l e qu'à la compression)

Le problème du non dégarnissage de la fondation du côté de


l ' a r ê t e du talus est aussi primordial et c'est l u i qui i n c i t e r a souvent
à prévoir une protection renforcée par perreyage ou une s t a b i l i s a t i o n
au ciment ou à la chaux, a f i n d ' é v i t e r une érosion régressive qui pour-
r a i t venir entamer le remblai sous l a semelle.

Les tassements du remblai u l t é r i e u r s à la construction de


l'ouvrage devront être évalués et on fera bien de f a i r e des nivellements
soignés jusqu'à s t a b i l i s a t i o n complète. La s t a b i l i t é sera e l l e rarement
modifiée par le coulage du t a b l i e r , eu égard à la valeur r e l a t i v e de la
réaction d'appui et du poids du remblai.
Page laissée blanche intentionnellement
26

4.2.3 - F O N D A T I O N S PROFONDES

Nous étudions dans un premier paragraphe les problêmes qui


se posent lors de l'établissement d'un projet de fondation profonde,
sans préjuger du type de pieu choisi. En effet le projeteur doit prendre
une vue complète et globale des impératifs dus à l'ouvrage (type de
sollicitation et dispositions constructives) et au sol (niveau d'appui,
mode de travail), avant d'arriver au choix du type de pieu.

La présentation des types de fondations profondes, avec


appréciation de leurs avantages et inconvénients suivant les cas où
ils sont mis en oeuvre est faite au deuxième paragraphe, avec renvoi
à une annexe comportant des précisions techniques sur différents modèles
existant sur le marché, (en fin du fascicule)

Le troisième paragraphe est destiné à guider le Maître d'Oeuvre


lors de la définition des variantes techniques autorisées (lettre de
consultation des entreprises) et de leur jugement. Mais il est bien enten-
du que son objet ne concerne que le choix technique entre diverses possi-
bilités de fondations profondes. Les termes du choix du niveau d'appui,
et donc le parti général fondation superficielle ou fondation profonde,
sont en effet exposés au chapitre 4.3 "Niveau d'appui et type de fondation'
Le présent paragraphe se borne à présenter un panorama des solutions tech-
niquement possibles, conformément au titre général du présent chapitre 4.2
"Nomenclature des fondations".

.1. - Conception générale d'une fondation profonde

a - Eventail des possibilités

Les fondations profondes ou, suivant la terminologie officielle,


par ouvrage interposé, dont il est question ici, sont les fondations sur
pieux ou puits et les fondations sur barrettes de parois moulées. La
transmission des efforts entre les fondations profondes et l'appui est
réalisée grâce à une semelle de liaison.

Les choix sur les dispositions constructives concernent les


dimensions d'un pieu considéré comme isolé (c'est-à-dire élancement,
niveau d'appui choisi en fonction des caractéristiques de portance et
de condition d'affouillement, niveau de la semelle de liaison) et la
géométrie de l'ensemble des pieux d'un appui (ce choix est indissociable
du parti envisagé pour la résistance: lorsqu'il s'agit de puits, appel ou
non à la résistance à la flexion et réaction horizontale du terrain). Disons
tout de suite que ces choix ne sont pas indépendants l'un de l'autre, que
toutes les combinaisons ne sont pas réalisables ou économiques et que Sui-
vant les hypothèses de départ on aboutira à des projets présentant de grandes
disparités de coût.

C'est dire l'importance de bien faire apparaître tous les


paramètres et de préciser les bases des choix, qu'il s'agisse de l'établisse-
ment du projet proprement dit ou de 1'admission,puis du jugement,de varian-
tes .
- 27 -

b - Interaction appui-fondation

Elle concerne principalement le dimensionnement de la semelle


de liaison et particulièrement son niveau et sa longueur. En effet
épaisseur et largeur dépendent avant tout des dispositions constructives
de la fondation profonde (arrangement géométrique) et nous les réservons
pour le paragraphe c, ci-dessous.

b-, - Longueur de la semelle : Elle sera conditionnée par la dimension


du fut à sa base ou par la disposition des pieux (soit nombre de rangées,
soit écartement entre les rangées extrêmes pour assurer la stabilité de
l'appui aux sollicitations transversales du pont : force centri-
fuge éventuelle, courant, chocs de bateaux, vent...).

bp - Niveau de la semelle : Il y a généralement là un problème d'op-


timisation : des pieux très profonds, ou des fûts très hauts, finissent
par coûter très cher (plus qu'en proportion de la hauteur) ; Ce que l'on
gagne sur les pieux en abaissant la semelle de liaison est perdu en sur-
hauteur de l'appui. Les conditions déterminantes seront des conditions
d'exécution (travail en dehors de la nappe, limitation des terrassements
en fonction du profil en remblai ou en déblai) et des conditions structu-
relles (résistance aux affouil lements, aux chocs de bateaux) ou accessoire-
ment esthétiques.

Le gel sera sans importance en général. Il faut que les caracté-


ristiques du sol sur la semelle ne soient pas trop mauvaises pour pouvoir
couler celle-ci effectivement ; sinon on pourra être amené à constituer
un petit matelas de sable sur lequel on viendra couler le béton de propreté
puis la semelle elle-même.

(s II apparaît que l'on a généralement intérêt à prévoir des


(( semelles de liaison les plus hautes possible sous réserve des conditions
(I énoncées ci-dessus. Concrètement, et dans les différents cas, nous discu-
(' tons ci-après les éléments du choix.
En site terrestre, la cote de la semelle de liaison sera le
plus souvent choisie en fonction du niveau du terrain naturel ou après
les terrassements si ceux-ci sont effectués avant la fondation, et en
tenant compte de la nappe phréatique, s'il y a lieu. En particulier et
sauf impossibilité majeure, par exemple le cas où un aménagement ultérieur
doit obliger à déblayer auprès de l'appui jusqu'à une certaine cote, on
évitera absolument de disposer la semelle de répartition sous la nappe,
puisque a contrario le fait qu'une semelle superficielle serait sous la
nappe est une des raisons qui peut conduire à préférer une fondation pro-
fonde. Une semelle plus haute permettra de réduire la hauteur de l'appui,
donc son dimensionnement; une semelle plus basse ne permettra que rarement,
en revanche, de diminuer la section ou le nombre des pieux sauf le cas,
rare, où ceux-ci auraient dû être dimensionnés en fonction des efforts
horizontaux.

La conduite à tenir sera donc la suivante, en site terrestre :

- en déblai, effectuer évidemment les terrassements généraux


d'abord, puis implanter la semelle de répartition le plus
près possible du terrain naturel pour diminuer les mouvements
de terre ;
28

- en remblai, effectuer dans toute la mesure du possible les


terrassements à l'avance et exécuter les pieux à travers le
remblai (à moins que cela conduise à des profondeurs de pieux
excessivement coûteuses). Ceci permettra d'éviter au maximum
les frottements négatifs, diminuera le poids de terres sur la
semelle et ne conduira pas à des appuis surdimensionnés. S'il
n'est vraiment pas possible d'effectuer les terrassements à
l'avance, veiller à ne pas mettre en cause la stabilité de
l'appui par un remblaiement asymétrique et soigner le compac-
tage, (cf. GMO 70)

En site aquatique non affouillable, il faut satisfaire à des


conditions d'exécution et, éventuellement, de profondeur libre (chenal
navinable ou maintien du débouché).

En site affouillable, en plus des problèmes cités ci-dessus


pour le cas des sites aquatiques, il se pose un problème de stabilité de
la fondation soumise à affouillement. Dans le cas de pieux de petit dia-
mètre, on recommande de placer la semelle de liaison à une cote telle
qu'elle ne risque jamais d'être dégarnie, pour assurer la protection des
pieux sur toute leur longueur.

^our les puits et, bien sûr, les barrettes de parois moulées,
il suffira de calculer la fondation en supposant les puits libres sur la
hauteur dégarnie, sous réserve de certaines précautions de conception et
d'exécution indiquées au § 4.3.4.

On fera attention aux affouillements locaux provoqués par le


batardeau, même provisoire. En effet, comme les affoui1lements locaux
sont fonction de la largeur des obstacles, ils pourront être importants
même pendant la phase de construction de l'ouvrage.

Rappelons aussi que, pour les culées, on ne devra pas chercher


à fonder systématiquement les murs latéraux au même niveau que le mur
de front (il peut même arriver qu'on les fonde superficiellement, quitte
à prévoir des joints bien ouverts afin d'éviter la fissuration au contact
du mur de front). Même si la fondation des murs latéraux est profonde,
elle ne comportera pas forcément le même pourcentage de pieux inclinés.
D'autre part, il peut y avoir avantage à fractionner ces murs pour limiter
à la partie haute la fondation sur pieux.

c - Dispositions constructives

c-, - Morphologie du pieu isolé

Diamètre des pieux : Les principales dispositions constructives


(entr'axe, dimensions de la semelle de liaison notamment) sont fortement
dépendantes du choix fait sur le diamètre des pieux ou puits.

Souvent ce choix est fait en premier, en fonction d'impératifs


d'exécution ou de conception. Mais dans tous les cas où un type d'effort
est prépondérant, il sera plus rapide de disposer d'abord les axes des
fondations profondes pour résister à l'effort prépondérant et d'en ajus-
ter ensuite le diamètre en fonction de la charge à porter par chacun. Un
ajustement sera enfin peut-être nécessaire pour assurer un entr'axe compa-
tible avec le diamètre.
- 29 -

Il n'en reste pas moins que le choix principal réside dans


l'alternative petit diamètre - grand diamètre. Toute la discussion con-
cernant cette question est reportée au paragraphe d Dimensionnement, ci-
dessous.

. Ferrai 11 âge

La valeur minimum du ferraillaqe longitudinal dans les zones


fléchies fixée par le CPC fascicule 68, Article 36, soit 0,5 % de la
section du pieu, est très faible : Avec ce ferraillaqe on sera loin de pou-
voir faire travailler le béton au mieux, ce qui serait le cas avec 2 à 3 %.

On ne devra pas non plus prévoir un ferraillaqe uniforme sur toute


la longueur du fût, qui se révélerait surabondant dans les zones moins sol-
licitées. Les valeurs maximales du moment fléchissant se trouveront la
plupart du temps proches de la tête du pieu, ou à certains niveaux préfé-•
rentiels (discontinuités entre couches de sol, par exemple). Néanmoins on
gardera à l'esprit qu'en raison des incertitudes sur la résistance latérale
exacte du sol environnant, la répartition calculée des moments peut n'être
qu'approchée, et il pourra y avoir des reports de moment fléchissant lorsque
le terrain aura cédé localement ; Il sera donc utile de prévoir des surlon-
gueurs d'armatures en dehors des zones fléchies pour en tenir compte, tout
en évitant les excès.

Les abaques de flexion composée (voir dossier pilote PP 64) et


les indications du 5.3.2 § 3 permettront de résoudre le problème du calcul.

. Gainaqe.

La question de savoir si on mettra ou non une gaine définitive


est une des options du projet de fondations profondes. A ce titre le prin-
cipe doit en être défini dès la reconnaissance, ainsi que les niveaux où
le qainage est nécessaire.

Le choix dépend du sol, de la présence d'eau, de l'inclinaison


des pieux et du procédé d'exécution envisagé. On verra à ce sujet quelques
exemples dans les tableaux des pages 50 et 51 et on consultera également
les recommandations sur l'inclinaison page 35.

Co - Disposition en plan

Il s'agit ici de la géométrie des points d'intersection des


axes des pieux avec la semelle de liaison.

Cette disposition doit répondre aux trois impératifs suivants :


symétrie (pour éviter les tassements différentiels transversaux), centrage
des groupes de pieux sous les efforts (pour assurer la meilleure et la
plus directe diffusion des charges possible ) , résistance privilégiée à
l'effort horizontal prépondérant.
-30 -

fig : 8

Dispositions en plan
de fondations d'ouvrages


n
L: o_

o
o

o-
Ai.

suivant Coupe A-A

Culée

poussée du remblai

é>/
^'^%

^fOr
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--^e
<9^'/. &/
9f, <^/
O O OA
^'?o
Pile

c
a
u.
O
O
U
3
TJ
i/i ^ ,
o
C ^

o o^
W *
in

o o
Efforts horizontaux à reprendre
- 31 -

Développons un peu ce dernier point : suivant q u ' i l s ' a g i r a


d'une p i l e intermédiaire ou d'une culée, en fonction de la hauteur du
remblai éventuel, des e f f o r t s parasites et de la nature de l ' a p p a r e i l
d ' a p p u i , l ' e f f o r t prépondérant sera s o i t une action du t a b l i e r , s o i t la
poussée horizontale du sol et du remblai. On s'attachera à diminuer
l ' i n c i d e n c e de cette dernière en implantant les pieux en "chenaux"
p a r a l l è l e s à la brèche et non pas en quinconce ou suivant l ' a x e b i a i s
du franchissement, ( f i g . 8 ) .

Les poussées l a t é r a l e s de sols sur les pieux ou puits (cas des


pieux de culée traversant une couche de sol f l u a n t chargé par un remblai -
v o i r à ce sujet le § 5.3.2 p. 50 ) i n f l u e n t sur les dispositions en plan
par l ' i n c i d e n c e de ces dernières sur les valeurs des poussées à prendre
en compte. On procédera de la façon suivante : Lorsque la distance entre
les "chenaux" sera i n f é r i e u r e ou égale à 3 diamètres de pieux ou 4 épais-
seurs de b a r r e t t e s , on comptera la poussée sur la surface, sans défalcation
des vides. Lorsque cette distance sera supérieure à 3 diamètresou 4 épais-
seurs, on comptera la poussée sur une surface double de c e l l e du maître-
couple des rangées de pieux ou t r i p l e du maître-couple des rangées de
barrettes comptée parallèlement à la brèche, mais on ne tiendra pas compte
d'une poussée s'exerçant par frottement l a t é r a l , ( f i q . 9).

Evidemment, l o r s q u ' i l y aura un p a r a f o u i l l e autostable retenu


par la semelle de r é p a r t i t i o n , on ne comptera pas de poussée du tout s'exer-
çant directement sur les fondations.

Co - Disposition en coupe :

c.,, •- Choix de l ' e n t r ' a x e .

Un espacement trop grand entre les pieux a une f o r t e incidence


sur les dépenses de semelle ; un trop p e t i t peut être néfaste d'une part
pour des raisons d ' e f f e t de groupe et d'autre part d'exécution (remontée
ou rupture de pieux adjacents au battage, influence sur les pieux voisins
f r a i s au bétonnage, erreurs ou imprécision d ' i m p l a n t a t i o n , . . . ) . Mais ces
considérations jouent inégalement selon les cas, et i l convient sous peine
de dépenses i n u t i l e s , de ne pas é r i g e r trop hâtivement en règles absolues
des dispositions qui ne sont que les plus courantes. (1)

L'entr'axe de trois diamètres est une bonne base de départ. Dans


le cas des sols d'e fondation sableux ou graveleux, on'n'oui?!iera pas que
l'on peut avoir au contraire intérêt à rechercher une densification grâce
au battage des pieux ; on pourra alors souvent descendre à un entr'axe de
deux diamètres si la couche d'ancrage ne risque pas d'être poinçonnée, ce
qui sera d'autant plus intéressant que, s'agissant de petits pieux nombreux,
cette disposition permettra d'éviter de trop grosses semelles. Evidemment,
dans le cas de groupes comportant des pieux inclinés, la valeur minimum de
l'entr'axe qu'on aura choisie est à considérer en pointe.

De toutes façons on restera modéré dans une éventuelle réduction


pour motif d'effet de groupe. Pour les ouvrages d'art courants, où les
groupes comportent rarement plus de 2 à 3 files de 4 à 6 pieux, on ne la
fera jamais jouer au-dessus d'un entr'axe de 2,5 d. Cette condition est en
effet secondaire par rapport aux problèmes d'encastrement dans le substratum,
ou de poinçonnement éventuel de la couche porteuse si elle est d'épaisseur
faible.

(1) Note : L'entr'axe des pieux peut aussi être conditionné par le matériel
d'exécution.
Q.

/A
a
/A 3
fi) -o
c
g
5'
3
a
F

m ^

I . (D
1X3

SSSSS5 6t ^
<9

O
V
a
a 01
V

3
3"
(A
- 33 -

Cop - Nombre de files de pieux

Ce n'est qu'un aspect du problème du choix du schéma mécanique


de résistance, mais c'est généralement par ce biais qu'on l'aborde. Il
s'agit de savoir si l'on fait travailler les pieux seulement en compression
ou si l'on tient compte d'un appui latéral sur le terrain. Dans les deux
cas, le système peut être soit isostatique, soit hyperstatique ; ceci
dépend du nombre de files de pieux, de leur inclinaison éventuelle et, en
plus, des hypothèses de calcul notamment aux extrémités des pieux.

La question de l'encastrement dans la semelle de liaison ne se


pose que pour les pieux que l'on fait travailler à la flexion en s'appuyant
sur le terrain ; les pieux que l'on fait travailler axialement sont toujours
supposés articulés pour la distribution des efforts ; dans la majorité des
cas, on doit considérer un encastrement en tête (une semelle devant être
ricide par rapport aux puits). Seule exception : la file unique.

Il faut tenir compte aussi du ferrai 11 âge prévu à la jonction


tête du pieu - semelle de liaison, mais aussi de la qualité escomptée du
béton du pieu en tête. De ce point de vue un recepage correct sur une
hauteur suffisante est nécessaire :

- pour les pieux battus, parce que le béton de la tête aura été
malmené au battage, même avec la protection que constitue le casque ;

- pour les pieux forés parce que la partie supérieure du béton


risquerait de contenir encore des inclusions de bentonite, si la purge à
été insuffisante.

Les systèmes isostatiques sont de loin les plus rapides et les


plus simples à dimensionner de manière à employer la matière au max-!mum,
mais on peut rencontrer des limitations à leur emploi (inclinaison des
pieux selon le type choisi, mise en traction, encombrement . . . . ) .

La vérification de la stabilité d'une fondation hyperstatique


sur pieux ou puits peut se faire manuellement ou électroniquement (cf. CAT
71, pages 129 et 130 ; et d'autre part les deux programmes PSH mis au
point par la DOA.A du S.E.T.R.A. qui permettent de contrôler la stabilité
d'un système quelconque de pieux d'une part et, d'autre part, d'un portique
à 2 files de pieux ou de puits verticaux soumis à des efforts horizontaux
en tenant compte des réactions élastiques des couches de sol au contact de
la face avant des pieux ou puits sur toute leur hauteur). On fait, dans PSH,
intervenir les modules de réaction des différentes couches de sol rencontrées,
Ces coefficients peuvent être en première approximation évalués par la
méthode pressiométrique (cf. chapitre 5.2 pages 13 à 16). Des essais en vraie
grandeur sont en cours de réalisation, pour affiner nos connaissances dans
ce domaine et préciser la détermination de ces modules de réaction.

Pratiquement, et avant tout essai de justification détaillée, on


pourra estimer ainsi le nombre de files de pieux en fonction de la taille
de l'ouvrage et du diamètre des pieux.

Grands ouvrages sur puits : 2 files


Grands ouvrages sur pieux : 4 files éventuellement
Ouvrages courants sur pieux : 2 files (+ 1 file inclinée en cas
de culées)
Ouvrages courants sur puits : 1 file
34

fig : 10

Différentes possibilités

en coupe

en plan

o o o o
o.^~)0 0 Q- — •
o o o o o o o o
0 o o o
o. >o 0 o — •

o o o o
à éviter le plus souvent

(^
O O

o o ^

o o r^

Le choix neut norter sur le

o o \^
nonbre et l'inclinaison Hes toiles He
nieux (Honc le caractère isostatiqiie
ou hvoerstatique), la disposition Hes
si les fûts sont •^ùts et le niveau Hes sen^lles He ré-
assez espacés , parti tion.
éviter de placer
des pieux à
mi -distance
- 35 -

On voit qu'il est autant que possible souhaitable d'avoir un


nombre de files pair (sauf le cas d'une seule file), sinon la file du
milieu ne travaille qu'à l'effort normal et pas au moment de flexion.

La disposition comportant une seule file de puits, qui est


sûrement à proscrire pour les grands ouvrages à cause des déformations
envisageables, est acceptable dans beaucoup de cas simples pour certains
appuis des ouvrages courants. Notamment elle semble adaptée aux culées'
enterrées (appelées par simplification piles-culées pour les ouvrages
courants) lorsque le profil est en déblai. Il faudra alors prévoir un
fort chevêtre répartiteur implanté le plus haut possible.

La solution avec emploi de "piles colonnes" (cf. F68) est parfois


aussi intéressante pour des appuis intermédiaires de ponts courants (en site
aquatique ou avec puits flottants). Généralement on adoptera en tête des
appuis fixes, ou même on réalisera un encastrement.

Inclinaison
-33
Selon leur type et leur diamètre, l'inclinaison des pieux et des
puits est limitée aux valeurs ci-dessous ; on indique aussi,à défaut de
renseignements plus précis et à titre d'ordre de grandeur^ les plus-values
approximatives dues à l'inclinaison, rapportées au mètre xube dé béton en
pT^ce (compte non tenu d'un chemisage éventuellement obliaatoire).

- Pieux battus : Ces pieux sont inclinables, mais pour des raisons
de rendement au battage on se limite en général à 20°. Pas de plus-value
jusqu'à 10 % (6°); plus-value de 0,5 % par % d'inclinaison jusqu'à 30 %
(12°) puis de 1 % par % d'inclinaison jusqu'à 50 % (30°). Soit 30 % de plus-
value pour 30° d'inclinaison.

- Pieux et puits forés :

Terrains non aquifères :

- si 0 > 1,20 m. inclinaison déconseillée


- si 0,80 m < 0 ^ 1,20 m. inclinaison ^ 12°
- si 0 ^ 0,80 m. on peut incliner les pieux plus fortement
(18°) en prenant certaines précautions
(à la mise en place du ferraillage, en
particulier).

Terrains aquifères :

- si 0 > 1,20 m. inclinaison déconseillée


- si 0,80 m < 0 ^ 1,20 m. inclinaison ^ 12° et dans tous les cas
chemisage perdu
- si 0 < 0,80 m. inclinaison ^ 12° (le chemisage peut
être récupéré).

Plus-value de 1 % par % d'inclinaison jusqu à 10 % (12°). et


de 2 % par % d'inclinaison de 10 % à 30 % (18°). Soit 50 % de plus-value
pour 18° d'inclinaison.

Ces limitations ne sont pas impératives, mais conseillées. Les


difficultés techniques proviennent du fait que les appareils de battage
et de forage ne permettent pas toujours d'obtenir une fidélité de
l'inclinaison sur toute la longueur du pieu ou du puits. Certains
- 36 -

appareils ne présentent que t r o i s p o s s i b i l i t é s d ' i n c l i n a i s o n f i x e :


v e r t i c a l , 6 ° , 12° ; D'autres appareils admettent une i n c l i n a i s o n quelconque
jusqu'à 12°.

On ne sera évidemment pas tenu de se conformer à des valeurs


quanti^'iées d'tn-cl inaison pour l'établissement des projets ; mais, lors du
juqement des appels d ' o f f r e s i l importe de s'assurer que l ' e n t r e p r i s e a le
matériel adapté aux i n c l i n a i s o n s à r é a l i s e r .

En f a i t on essaye de n ' i n c l i n e r les puits (diamètre supérieur


à 80 cm) que quand on ne peut pas reprendre les e f f o r t s horizontaux en
f l e x i o n et souvent on aura avantage à passer aux b a r r e t t e s , à condition
que les t e r r a i n s s'y prêtent. En ce qui concerne les pieux, jusqu'à 60 cm
on les i n c l i n e couramment : pour les pieux battus, cela ne pose évidemment
presque aucun problème supplémentaire ; pour les pieux f o r é s , la caqe d ' a r -
matures reste encore d'un poids raisonnable, t e l qu'on puisse la q l i s s e r
dans l'excavation sans trop de d i f f i c u l t é s . Entre les diamètres 60 et 80 cm
on i n c l i n e ou pas suivant les caractéristiques du p r o j e t , notamment l a
valeur du rapport des e f f o r t s horizontaux aux e f f o r t s verticaux.

On notera que l ' o n ne p r é v o i t , au moins au stade de l'Avant


Projet D é t a i l l é , que des pieux verticaux pour les fondations de l a
plupart des ouvrages d ' a r t courants : Ces ouvrages d ' a r t comportent en
général des p i l e s - c u l é e s , donc sans mur de f r o n t , qui ne sont soumises
qu'à de f a i b l e s e f f o r t s horizontaux dus aux remblais ; e t , d'autre p a r t ,
les e f f o r t s horizontaux appliqués à leurs p i l e s sont assez modérés pour
être r e p r i s par la réaction horizontale du t e r r a i n sur les semelles. I l en
sera de même pour les culées creuses, pour lesquelles des pieux ou puits
verticaux s u f f i r o n t en qénéral, sauf notable e f f o r t horizontal dû au t a b l i e r .

En revanche, les fondations profondes des culées remblayées


comporteront le plus souvent des pieux i n c l i n é s , ( f i g . U )

On v o i t sur les schémas que l'on a u r a i t en principe i n t é r ê t à


i n c l i n e r la f i l e de l'avant pour recentrer la résultante ; mais on en sera
quelquefois empêché en s i t e aquatique s ' i l faut prévoir un p a r a f o u i l l e . La
tête des pieux i n c l i n é s se trouvera alors relativement en a r r i è r e dans la
semelle et i l faudra dimensionner la f i l e v e r t i c a l e a r r i è r e aux charges ver-
t i c a l e s ayant_remblaiement (mais en ce cas sans surcharge, voire sans toute
la charge permanente) ; e l l e sera donc surdimensionnée en phase d é f i n i t i v e .

L ' i n c l i n a i s o n de pieux de certains types présente des sujétions


et inconvénients qui font que la décision d ' i n c l i n e r ne sera nullement auto-
matique.

Lorsque le niveau d'appui sera très profond, donc les e f f o r t s


horizontaux et leur moment très importants, on trouvera souvent avantage
à constituer des culées légères sur barrettes de parois moulées formant
mur de f r o n t et contreforts transversaux. Une t e l l e d i s p o s i t i o n é v i t e
d ' a v o i r à prévoir une semelle de r é p a r t i t i o n (sauf si e l l e est nécessaire,
par exemple en s i t e aquatique pour constituer un quai bas ou un chemin de
halage et de service) donc diminue fortement les charges v e r t i c a l e s . Une
b a r r e t t e en c o n t r e f o r t r é s i s t e bien mieux à la r o t a t i o n dans son plan
qu'une rangée de pieux p u i s q u ' e l l e a une surface l a t é r a l e importante. Une
t e l l e s t r u c t u r e est plus "massive" qu'un simple appui sur pieux : e l l e ne
nécessitera pas, en qénéral, de p a r a f o u i l l e ni de protection spéciale contre
les chocs de bateaux.
- 37

f i g : 11

Culées remblaye'es
En site terrestre En site aquatique
2>

PIEUX

on peut incliner cer- on ne peut pas toujours Elles permet-


tains pieux de la file incliner certains pieux
tent d'éviter le parafouil-
avant. de la file avant. La file
le définitif en palplanches
arrière est surabondante. et résistent bien aux
efforts de poussée dans
fig. 12 leur plan.

Reprise des efforts horizontaux

Ouvrage à deux travées. Il est plus simple de faire reprendre


les efforts horizontaux par la pile centrale, si les remblais ont été
effectués à l'avance et donc n'induisent pas d'efforts horizontaux.
38 -

c^^ - Largeur de la semelle de liaison :

Elle dépend pratiquement du nombre de files de pieux choisi


et de leur entr'axe, plus un débord sur tous les côtés d'environ un demi
diamètre de pieu pour assurer un ancrage correct des fers et donc
un encastrement satisfaisant. On n'oubliera pas, à ce sujet, qu'une dis-
position qui aboutit à une semelle disproportionnée avec l'ouvrage est
en général mauvaise : une semelle de liaison trop large supporte souvent
une part d'effort due au poids des terres supérieure à celle due aux char-
ges permanentes et surcharges du pont lui-même ; de plus le coût d'une
semelle croît souvent plus que proportionnellement à sa largeur.

Pour une semelle de liaison coiffant deux files de pieux (dispo-


sition habituelle) la largeur sera donc

B ^ f + 2d

si i est l'entr'axe des pieux ou puits, couramment égal à 3 diamètres,


soit finalement

B ^ 5d

c^r - Epaisseur de la semelle de liaison.

Pour être r i g i d e , e l l e d o i t s a t i s f a i r e l ' i n é g a l i t é :

si I est l'entr'axe des pieux, puits ou barrettes.

En général on la prend en première approximation un peu supérieure


a p-V- , soTt environ :

h ~ - ^ =: 1,20 d

On trouvera aux paragraphe 8.8.7 et 8.9.8 du G.M.O. 70 des indi-


cations concernant le recépage des pieux ou des puits (dégarnissage des
têtes pour assurer un bon encastrement dans les semelles) et l'épanouisse-
ment des fers.
-39-

fig 13

Semelle de liaison

Lïsi^

Dans l'exemple propos<J d = 0.80 m


f = 2,A0 m
b -- 0-80 m
h,r 1,10 m
d' : 0,08 m

B z -!.,00 m
- 40 -

c^ - La conception est limitée par des contraintes extérieures :


précautions particulières.

Il s'agit le plus souvent de cas où interviennent de manière


prépondérante des problèmes liés à l'exécution ou aux sols. On en a déjà
parlé au chapitre 4.1 (4.1.3, contraintes liées au site).

Limitons nous ici à rappeler quelques configurations (efforts


parasites, affouillements) tout en renvoyant aux chapitres spécialisés pour
la pratique du calcul (chapitre 5.3 en particulier, et paragraphe 4.3.4).

Effet des affouillements : même si les fondations profondes sont


encastrées à une cote nettement plus profonde que celle de la limite des
affouillements prévisibles, le fait d'un dégarnissage sur une certaine
hauteur des pieux ou des puits peut entraîner des sollicitations horizon-
tales risquant de provoquer leur ruine. Il faudra donc soit prévoir un
système parafouille évitant le dégarnissage, soit calculer les pieux en les
supposant libres sur la hauteur qui risque d'être dégarnie.

Ceci aboutira en fait à des fondations profondes de gros diamètre


unitaire comportant un ferraillage solide sur la hauteur voulue. S'il reste
un doute, il sera utile de prévoir une protection du fût des pieux ou même
des puits par des gaines définitives qui mettent le béton à l'abri de l'éro-
sion et des chocs dus au charriage, assurent une meilleure qualité d'exécu-
tion (pas de délavage du béton frais) et, subsidiairement, une plus grande
rigidité.

Frottement négatif et fluaqe horizontal : Lorsque des coucnes


molles sont surchargées par un remblai ou très sous-consolidées, elles peu-
vent tasser plus que les fondations profondes qui les traversent. Il se
développe alors, depuis la surface jusqu'au "point neutre" (où le déplacement
relatif sol adjacent - fût se réoriente vers le haut), un frottement négatif
qui a pour effet de surcharger la fondation profonde. Il faudra en tenir
compte et dimensionner en conséquence (cf. 5.3.2. § 1 ) .

De même le charnement inénal du sol par un remblai discontinu


peut provoquer un fluane des couches molles qui exercent alors une poussée
horizontale sur les fûts des fondations profondes, qui sont à calculer et
ferrailler à cet effet (cf. 5.3.2. § 3 ) . (Voir les dispositions de pieux à
adopter au § 4.2.3. p. 30).

On peut diminuer l'effet du frottement négatif en chemisant le


pieu, ou en l'enduisant de bitume. On peut réduire les déplacements relatifs
et remonter artificiellement le point neutre en effectuant les remblais à
l'avance, éventuellement même plus hauts qu'en phase définitive, avec ou
sans accélération artificielle de la consolidation (drains de sable par
exemple ; électro-osmose rarement)

On signale à ce sujet qu'il ne sera pas, en principe, de bonne


construction d'incliner trop des pieux dans ces cas puisqu'ils seraient
soumis à des flexions parasites importantes. Toutefois, il ne s'agit pas
d'une impossibilité générale et absolue ; l'importance des tassements, l'im-
plantation et l'orientation de pieux, le choix d'un modèle plus ou moins
robuste et élastique sont à considérer dans la décision.
fig : U

Culée Appui intermédiaire


Bon Mauvais

Cette disposition ( pieux inclinés vers Remblai effectué à l'avance Remblai non effectué à l'avance
l'arrière ), absurde mécaniquement, ( A à 5 m ) Éviter de prévoir une inclinaison
ne devrait jamais être proposée trop forte pour les pieux si
I
par personne . le remblai est de forte épais- 4^
seur pour éviter les flexions
parasites
Appui de rive

T.N.
42 -

d - Dimensionnement

d, - Les différents partis possibles

Il s'agit ici de la conception qlobale du schéma de résistance


de l'ensemble des pieux et de la semelle de liaison, dont les .différents
éléments ont été analysés au paragraphe "Dispositions constructives" pré-
cédent.

d,^ - Principe de résistance

La détermination des efforts, dans le cas le plus général est trèr-


complexe ; mais trois schémas simplifiés de calcul en résistance des maté-
riaux suffisent à couvrir la quasi-totalité des cas, étant entendu que
c'est le troisième schéma ci-dessous qui est le plus général, qu'en réalité
tous les pieux seraient susceptibles de résister dans une certaine mesure
aux efforts horizontaux par butée sur le terrain et qu'un encastrement au
moins partiel est réalisé dans la semelle de liaison :

- Fondation isostatique : Elle comporte dans le cas qénéral


trois files non concourantes de pieux chargés suivant leurs axes. Le plus
souvent, une de ces files est inclinée et deux sont verticales ; dans le
cas où la résultante des actions est pratiquement verticale elle ne comporte
que deux files de pieux. Ce dispositif est le plus simple et le plus facile
à dimensionner au plus juste ; il est à adopter de préférence lorsque les
conditions suivantes sont satisfaites :

. inclinaison de la résultante sensiblement inférieure à l'incli-


naison maximale du type de pieu adopté (cf. fiches de pieux, annexe du
fascicule 4 et paragraphe c33 p. 35 ).

. grandeur de la résultante modérée, de telle sorte que l'on


puisse l'équilibrer par trois files de pieux seulement de dimension et d'in-
clinaison économiques, et d'espacement assez faible pour que la semelle elle-
même soit économique.

Ces conditions sont le plus souvent satisfaites pour les fondations


des ponts les plus courants.

- Fondation hyperstatique de pieux chargés suivant leurs axes :


on dimensionne un ensemble de pieux plus complexe que dans le cas précédent
(comportant généralement plus de deux files de pieux verticaux), dans le-
quel la répartition des efforts entre les files est déterminée sur la base
des hypothèses suivantes :

la semelle de couronnement est infiniment rigide ;


les pieux sont des poteaux élastiques.

Pour ces deux types de fondation, les conditions d'articulation


en tête et en pied des pieux n'ont pas à être spécifiées, puisque les pieux
ne sont chargés que suivant leurs axes.

- Fondation sur puits faisant appel à la butée du terrain : Il ne


s'agit alors que de puits {?> > 80 cm")' qui sont en général verticaux et
rarement sur plus de deux files (travail en portique) ; Ils peuvent même
être disposés en une seule file, souvent pour les petits ouvrages, rarement
fJ^-SS»!

-^ ^."^

* •-.
- 43 -

pour les nrands ouvrages et alors seulement pour des très gros puits à
cause des déformations horizontales admissibles (Autoroute du L i t t o r a l à
Marseille : appui sur un seul puits de 1,80 de diamètre). La méthode de
calcul repose sur les hypothèses suivantes :

la semelle de l i a i s o n est infiniment r i n i d e


les pieux se déforment élastiquement sous les charges axiales
le sol est élastique sous s o l l i c i t a t i o n s horizontales
les têtes de pieux sont, au choix, s o i t encastrées (cas général),
soit articulées.

d,2 - Types de s o l l i c i t a t i o n s

On v o i t que l ' a l t e r n a t i v e est entre l ' i n c l i n a i s o n de pieux ou


puits de relativement p e t i t diamètre (autant que possible 0,80 ou 1 m
( devra être un maximum) ou l ' e x é c u t i o n de puits de f o r t diamètre (1 m,
; 1,50 m et plus) dont on prend en compte la r i g i d i t é propre et la butée
' due au t e r r a i n .
Dans de nombreux cas (fondations soumise à des efforts inclinés
a c t i f s importants, par exemple poussée des t e r r e s ) , pour l i m i t e r les con-
t r a i n t e s maximales en f l e x i o n composée, pour s ' a f f r a n c h i r d'un appel aléa-
t o i r e à la butée du t e r r a i n , ou en raison des risques de déplacement et de
la q u a l i t é plus incertaine de la résistance des pieux en f l e x i o n qu'en
compressionn on est conduit à i n c l i n e r certains pieux ou puits.

- Efforts verticaux seuls : Tous les pieux conviennent, parce


que l'on suppose q u ' i l ne peut y avoir flambement, même dans les très mau-
vais sols (1). Le dimensionnement ne dépend que des caractéristiques du sol
et de la aéométrie de l ' a p p u i .

Les deux premières solutions du paraaraphe ci-dessus conviennent


(pieux chargés suivant leurs axes), la seconde, fondation hyperstatique,
n'étant employée que si la première conduit en raison de l'importance
des descentes de charqes à des pieux de trop nros diamètre u n i t a i r e ;
Notamment i l est en général préférable de proportionner le diamètre des
pieux à la t a i l l e de l'ouvrage.

- E f f o r t s horizontaux f a i b l e s (2) : Les pieux de p e t i t diamètre


(0 60 cm) devront être i n c l i n é s en tant que de besoin. Les fondation à
base de t e l s pieux rentreront donc dans les deux premières catégories du
paragraphe précédent d , , .

En ce qui concerne les fondations à base de pieux moyens ou de


p u i t s , certains seront i n c l i n é s ou non en fonction de leur diamètre, et des
déplacements r e l a t i f s admissibles entre t a b l i e r et appui.

- E f f o r t s horizontaux f o r t s (2) : Les pieux de p e t i t diamètre sont


exclus, les pieux de diamètre moyen et certains puits ( 7 0 ^ 0 ^ 1 0 0 cm) seront
i n c l i n é s ; Pour les puits de gros diamètre on fera le calcul de résistance
horizontale du t e r r a i n .

Les barrettes de parois moulées seront souvent avantageuses, si le


t e r r a i n se prête à leur exécution.

Notes :
(1) : peuvent f a i r e exception certains pieux constitués d'un
p r o f i l é en acier, l o r s q u ' i l s sont très élancés.
(2) : le départ entre ces deux cas d o i t se f a i r e en considérant
surtout l ' i n c l i n a i s o n maximale de la r é s u l t a n t e , mais a u s s i , dans certains
cas de nrands ouvrages, la valeur absolue des s o l l i c i t a t i o n s horizontales
si c e l l e s - c i sont très importantes.
44

d,., - Diagramme des choix successifs


Le diagramme suivant ne prétend qu'à l'illustration de l'im-
brication des choix successifs en ce qui concerne les dimensions des
fondations profondes. Le type en est supposé choisi, ainsi que le diamètre.
Evidemment si Tonbalance sur l'un de ces deux paramètres, on pourra toujours
utiliser le diagramme plusieurs fois et comparer les résultats obtenus. On
a indicé les déterminations et on a souligné celle qui est définitive.

diamètre ] Définition de la charge


longueur, 1 force portante , nominale (première approxima-
tif { d'un pieu. *" ^ '^ ^^1 tion du nombre de pieux -
Sol J sous les efforts verticaux seuls^
nombre, ) c^ n /j- • \ Implantation du groupe
inclinaison / " ^ ^^^^^^^1 (dimensions) géométrie en coupe.
Semelle^ ) ^°^^^
Type / -^ ^°'" an e _^ nombre^ —*• semelleo Charge admissible.
^ \ du groupe 2 2 ^
So de pieux
Affouille- ) recépage
ments. / —*• (cote de la >• longueur^ Cote de la semelle.
nappe. ) semelle).
Semelle^ ] nombre. "\ (nombre de pieux nécessaires
recé page f ^ simëTT^ I P°'^^ tenir compte des efforts
'^ ' parasites ou horizontaux).
Ajustement définitif.
Longueur^ \ ^ , 1 (longueur des pieux
V- -2 ( —lonqueur, I i ,? , > ^
inclinaison ) • •- 3 J inciines).

Il faut faire la remarque que puisque l'on néglige généralement


le frottement positif dû aux couches superficielles, on n'a pas la relation
longueur . »• force portante d'un pieu.

62 - Choix du diamètre

d„, - Généralités.
Le problème de la charge des pieux recouvre deux questions conco-
mitantes : D'une part chaque pieu isolé doit être autant que possible à sa
charge intrinsèque, d'autre part le nombre -^p pieux et l'agencement du groupe
doivent être tels que la charge de service soit aussi proche que possible
de la charge admissible.
- 45

Rappelons quelques définitions (proposées par le GEESFOP mais


dont certaines devront être reprises pour être harmonisées avec les nou-
velles conceptions sur la sécurité) en notant que l'on parle, pour simpli-
fier, de "charae" au lieu de "système de charges", qu'il n'est pas question
de limiter à des charges verticales en compression simple, mais qui compren-
nent aussi des moments, actions horizontales et charges excentrées.

Charge limite : charge maximale que peut supporter une fondation profonde
isolée vis-à-vis des conditions de sol.

Charge intrinsèque : charge maximale - divisée par le coefficient de


sécurité - des matériaux constitutifs de la fondation, (en compression
sin^ple ou en flexion).

Charge "nominale" : charge maximale d'une fondation profonde isolée déduite


de l'étude géotechnique et tenant compte du type de pieu '(c'est la plus
petite des valeurs charge intrinsèque - charge limite frappée des coeffi-
cients de sécurité choisis).

Charge admissible : charge maximale que peut supporter une fondation pro-
fonde placée dans les conditions réelles de l'ouvrage. (Cette charge tient
compte, dans le cas d'une fondation sur pieux par exemple, de la charge
nominale du pieu isolé, de l'effet de groupe, de la susceptibilité de
l'ouvraae aux tassements, des efforts parasites. C'est l'aboutissement des
études).

Charges de service : charqt? maximale escomptée transmise à la fondation


par l'ouvrage dans l'état d'utilisation le plus défavorable.

L'ajustement de la charge nominale à la charge intrinsèque se


fera, en fonction du sol, en jouant sur l'élancement du pieu (pour les
pieux résistant en pointe, en choisissant le diamètre ; pour les pie'jx
flottants ou semi-flottants, en choisissant l'élancement, donc la longueur,
le plus souvent).

En ce qui concerne le choix a priori du diamètre des pieux notons


que la dépense de semelle de liaison croît finalement assez vite avec le
diamètre des pieux.
Ceci est d'autant plus vrai que des plus petits pieux permettent
mieux d'en ajuster le nombre à la charge totale à porter , comme on est en
général tenu par certaines dispositions de l'appui envisagé (nombre de files
de pieux, parité par symétrie, nombre d'appareils d'appui) il n'est pas
rare que le choix a priori de diamètres trop grands pour les pieux amène,
par une démarche qui paraît toute naturelle, à projeter un nombre de pieux
surabondant et des semelles démesurées. On aura tout intérêt à proportionner
diamètre et longueur de pieux, hormis le cas où l'on se fonde sur quelques
pieux courts ancrés dans un bon sol proche mais noyé, dans le seul but
d'éviter d'avoir à exécuter un batardeau, (mais alors on peut le plus souvent
éviter toute semelle et prévoir avantageusement une pile-colonne trapue, avec
autant de colonnes que d'appareils d'appui, d'où leur diamètre).

dpp - Diamètre des pieux et puits

Ce choix dépend d'une part des charges alobales à supporter par


appui et donc de la distinction grand ouvrage - petit OL'vrage ; d'autre part
de la profondeur des niveaux d'appui envisagés.
46 -

Les gros puits ( 0 ^ 1 0 0 cm) sont, sauf cas exceptionnel, réservés


aux arands ouvrages, alors que les pieux battus et les pieux forés de petit
diamètre (0!^6O cm) sont mieux adaptés aux ouvrages courants ou à réactions
d'appui modestes. Entre les deux, la gamme des pieux et puits de diamètre
avoisinant 80 cm peut être adaptée à tous les ouvrages.

En ce qui concerne le diamètre des pieux lié à leur longueur, il


faut distinguer les pieux ancrés des pieux flottants et nous nous limitons
aux indications ci-dessous : (précisons cependant que les longueurs rappe-
lées sont approximatives et doivent être majorées ou minorées selon qu'il
s'aait d'un nrand ou d'un petit ouvraqe).

- Pieux ancrés :

En r è g l e G é n é r a l e , s ' i l e s t p o s s i b l e d ' a t t e i n d r e une couche p o r -


teuse à f a i b l e p r o f o n d e u r (5 à 8 m e n v i r o n ) , les pieux t r a v a i l l e r o n t s u r t o u t
en p o i n t e ; les p e t i t s ' pieux o r é f a b r i q u é s b a t t u s avec un m a t é r i e l peu coûteux
sont souvent avantageux ; à p r o f o n d e u r moyenne (10 - 15 m) on c o n s e i l l e d ' e n -
v i s a g e r s o i t des pieux exécutés en place de "diamètre moyen feu moins 1/20 de
l a longueur 60 à 80 cm) e t même f o r t , dans les cas où une seule f i l e peut
s u f f i r e , en supprimant complètement l e c h e v ê t r e (mais i l f a u t a l o r s augmenter
l e d i a m è t r e ) , s o i t des pieux p r é f a b r i q u é s b a t t u s ( d i a m è t r e e n v i r o n 1/30 à 1/35
de l a longueur)5 l o r s q u e l e nombre de pieux n é c e s s a i r e e s t de t o u t e s façons
n o t a b l e ce qui peut a l o r s j u s t i f i e r un m a t é r i e l de b a t t a g e p u i s s a n t e t c o û t e u x ;
à grande p r o f o n d e u r ( s u p é r i e u r e à 15 m), les pieux t r a v a i l l e r o n t en p o i n t e e t
au f r o t t e m e n t l a t é r a l , on a u r a i t donc i n t é r ê t à l e u r donner un diamètre p l u t ô t
f a i b l e , mais on e s t l i m i t é par une r i q i d i t é minimale du f û t , s u r t o u t s ' i l s
sont soumis à des e f f o r t s p a r a s i t e s i m p o r t a n t s ; De t e l s pieux de qrande l o n -
gueur ont donc rarement moins de 80 cm de diamètre e t souvent plus pour les
grands ouvrages, la r è g l e de 1/2C de l a lonoueur s u b s i s t a n t en première appro-
x i m a t i o n sans ê t r e absolue.

- Pieux f l o t t a n t s ou s e m i - f l o t t a n t s :

On a i n t é r ê t à les f a i r e de niametre niodéré, pour a v o i r une s u r -


face l a t é r a l e i m p o r t a n t e (60 à 80 cm;;mais un minimum de diamètre e s t à
conserver pour q u ' i l s ne s ' é c r a s e n t pas sous l ' e f f e t du f r o t t e m e n t n é g a t i f .
Dans ce c a s , s ' i l s sont de grande longueur , l e u r charge nominale sera r e l a -
tivement élevée ; i l s c o n s t i t u e r o n t un groupe pas t r o p nombreux q u ' i l ne
sera pas e x o r b i t a n t de p r é v o i r avec un e n t r ' a x e moyen ( s o i t 2,5 à 3 d i a m è t r e s )
qui p e r m e t t r a une m o b i l i s a t i o n o p t i m a l e du f r o t t e m e n t l a t é r a l . Si on v o u l a i t
les f a i r e c o u r t s (ou s i on y é t a i t t e n u ) , i l en f a u d r a i t un grand nombre d ' o ù ,
même avec un e n t r ' a x e moyen, un aroupe i m p o r t a n t comportant une semelle impo-
sante e t s u s c e p t i b l e de tassements ! i o t a b l e s .

Rappelons aussi que les études sur les pieux f l o t t a n t s en sol homo-
gène ont montré que l ' o n a v a i t t o u j o u r s i n t é r ê t à r e c h e r c h e r une augmentation
de f o r c e p o r t a n t e par un allongement p l u t ô t aue par une augmentation du d i a -
mètre.
47

.2. - Différents types de pieux

Les problèmes qui sont envisagés dans ce paragraphe sont sur-


tout des problèmes de mise en concurrence et de jugement d'appel d'offres
(variantes techniques).

Cependant, certains d'entre eux devront être résolus dès l'envoi


de la lettre de consultation des entreprises.
La question est particulièrement épineuse pour les fondations,
pour lesquelles il n'existe pas d'agrément des procédés d'exécution, qui
sont nombreux, et pour lesquelles la sous-traitance est très répandue,
sinon générale.

a - Classification des fondations profondes

Rappelons d'abord, pour être complet,les définitions des trois


oenres de fondations profondes, en fonction de leurs formes et dimensions :

- les pieux (carrés ou circulaires, éventuellement à base élargie) pour


lesquels respectivement le côté est inférieur ou égal à 0,50 m. et le dia-
mètre à 0,80 m.

- les puits (circulaires en principe) pour lesquels le diamètre est supé-


rieur à 0,80 m. et qui n'est limité que par les dimensions pratiques des
appareils de forane (environ 2,50 m. actuellement)

- les parois moulées dont la section peut être rectannulaire, en forme de


croix, de H ou d'anneau ; leur procédé d'exécution est le même que celui des
pie-ux ou puits forés sous boue bentonitique.

Une deuxième classification, basée sur le mode d'exécution, se


superposp à la première. Elle distingue les pieux préfabriqués des pieux,
puits et barrettes exécutés en place : Les pieux préfabriqués sont toujours
mis en place avec refoulement du terrain, qu'ils soient en bois, béton armé,
béton précontraint ou acier (tubes et palpieux pour lesquels, même en l'ab-
sence d'un sabot, il se crée un bouchon de sol à la base dès les premiers
mètres d'enfoncement ; mais à l'exception des profilés H ) . Les fondations
profondes exécutées en place le sont soit avec refoulement, soit avec exca-
vation du terrain.

L'ensemble est représenté dans le tableau ci-dessous :

Pieux préfabriqués Pieux exécutés en place

Refoulement du Excavation du terrain, avec


terrain. ou sans boue bentonitique.
Refouleirent
du terrain. Tube Tube Sans Tubage récupéré
récupérable perdu tubage ou
Gaine définitive.
48 -

Parmi les pieux (et puits) exécutés en place, on distingue


principalement :

- les pieux forés - le forage s'effectue à l ' a i d e de t a r i è r e s


ou à la benne preneuse, avec ou sans trépannage, à l ' a b r i ou non d'un tube
de t r a v a i l , sous bentonite en général, plus rarement sous eau c l a i r e et
exceptionnellement à l ' a i r l i b r e par p u i s a t i e r s

- les pieux battus moulés exécutés à l ' a i d e d'un tube de t r a v a i l


à base ouverte ou non descendu par battage ou vibrofonçage et ensuite curé
puis rempli de béton ; si le tube est à base ouverte, i l est éventuellement
récupérable.

On trouvera en annexe quatre tableaux qui résument les caractères


communs des pieux, puits et b a r r e t t e s exécutées en place par excavation, des
pieux exécutés en place avec refoulement et des pieux préfabriqués avec
refoulement. On y a ajouté quelques fiches indiquant les principales caracté-
r i s t i q u e s des marques ou procédés d'exécution les plus couramment u t i l i s é e s en
fondation profonde d'ouvrages d ' a r t .

b - Domaine d'emploi

Etant donné que l ' o n trouvera dans les fiches monographiques


l ' e s s e n t i e l de ce qui distingue les d i f f é r e n t s types de pieux, puits et
barrettes ( v o i r p r i x page 49) nous n'y revenons pas. Les sujétions ou carac-
t é r i s t i q u e s à prendre en compte en plus- sont le b r u i t , l'encombrement, la ra-
p i d i t é d'exécution, la plate-^orme de t r a v a i l .

Mais, sauf les cas, rares, d ' i m p o s s i b i l i t é , ce sera le p r i x de


1'ensemble de la fondation, y compris la semelle de l i a i s o n , qui permettra
de c h o i s i r en dernier recours.

Les pieux en acier sont chers, mais f a c i l e s de mise en oeuvre


et suppriment la plupart des aléas et des sujétions ( b r u i t , v i b r a t i o n puis-
que ce sont des pieux sans refoulement, d i f f i c u l t é s d'accès puisque le
matériel de battage est léger, remaniement du t e r r a i n , d i f f i c u l t é d'enture
et de recépage). I l s mobilisent peu de frottement l a t é r a l u n i t a i r e , mais
sur une assez f o r t e surface développée ( p r o f i l é s H par exemple). I l s sont
favorables, surtout enduits de bitume, lorsque se posent des problèmes de
frottement n é g a t i f s .

Les pieux forés moulés sont sauvent douteux en p o i n t e , mais les


méthodes variées de forage et de trépannage permettent de passer presque par-
t o u t . (Néanmoins on n'oubliera pas que le trépannage est toujours un supplé-
ment de coût, apparaissant mal, ou sous-estimé, dans les o f f r e s ) . I l s sont
plus chers au mètre cube de béton en place que les pieux battus préfabriqués
(compte tenu de la différence de taux de t r a v a i l admissible), surtout s ' i l s
sont chemisés. Leur exécution devra être particulièrement soignée et f a i r e
souvent l ' o b j e t de contrôles a p o s t e r i o r i ( a u s c u l t a t i o n , c a r o t t a g e s . . . ) .

Les pieux battus préfabriqués sont à recommander si les e f f o r t s


parasites ne sont pas trop importants :'t si les charges appliquées sont
également f a i b l e s , (à cause de leur élancement), lorsque l ' o h a des doutes
sur les p o s s i b i l i t é s d'un bétonnaqe correct en place, ( a g r e s s i v i t é ou mou-
vement des eaux, perméabilité des s o l s , existence de cavités) mais nécessi-
tent une bonne connaissance du t e r r a i n , car l ' a d a p t a t i o a de la longueur est
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49

délicate et on peut toujours craindre des faux-refus. Ils présentent l'a-


vantage de permettre un contrôle individuel au battage, d'accepter de fortes
inclinaisons sans difficulté et sans notables plus-values et, quelquefois,
de densifier efficacement les terrains lâches. Enfin la qualité de leur bé-
tonnage autorise des contraintes admissibles en compression simple bien
plus fortes qu'avec les pieux exécutés en place. En revanche, surtout lorsque
les descentes de charges par appui sont fortes et par suite le nombre de pieux
important, ils peuvent nécessiter des semelles de liaison trop grandes si on
a été conduit à ne pas les serrer autant que des pieux forés, par crainte de
difficultés au battage.

Les barrettes ou parois moulées sont un procédé commode pour cons-


tituer des fondations profondes relativement: massives, ou à grand linéaire.
Elles trouvent leur application préférentielle lorsqu'il s'agit de retenir
des terres, soit que l'on excave effectivement et qu'elles jouent alors
un rôle mixte de soutènement et porteur, soit qu'elles permettent de résis-
ter par leur forme et leur grande surface latérale, à la poussée et aux
efforts horizontaux. Elles sont soumises aux mêmes sujétions que les pieux
moulés et leur contrôle est délicat, mais c'est sans aucun doute un procédé
souple et efficace.

Enfin nous passons en revue pour terminer dans les tableaux des
pages 50 et 51 les problèmes particuliers qui peuvent influer sur le choix
du type de pieu.

c - Prix

A défaut d ' i n d i c a t i o n s plus précises, et au stade de l'Avant


Projet D é t a i l l é , on pourra t a b l e r sur les p r i x suivants (Hors taxes, et
correspondant à un indice de référence par rapport au niveau des p r i x de
béton armé du document-type EST 67, de I / I = 1,30).

Pieux battus préfabriqués :

650 F/m3 40 x 40 de très f a i b l e longueur - 5,00 m

950 à 1050 F/m3 40 x 40 et 50 x 50 de 15 m de longueur

Pieux forés :

900 à 1000 F/m3 0 60 à 80 entre 10 et 15 m de longueur

550 à 600 F/m3 0 120 de 20 m de longueur

650 à 750 F/m3 0 150 entre 20 et 30 m de longueur.

Le chemisage perdu correspond à un supplément de 100 - 200 F/m3.

Barrettes et paroi moulées :

Les prix varient largement de 280 à 700 F/m2 de surface totale,


suivant les terrains à traverser. Les valeurs les plus probables sont bien
groupées autour de 400 - 500 F/m2 de surface totale, soit environ 600 F/m3
de béton en oeuvre.
50 - I
Problème Schéma A éviter A préconiser Observation

A Conditions de travail 1

Frottement surtout cas des Pieux ou puits à Pieux et puits à Effectuer les
négatif culées ou des paroi ruqueuse paroi lisse. remblais d'accès
piles culées. Chemise enduite à l'avance. 1
de bitume. Etude spécifiqu 'W
Pieux à bulbe. (tassement)
Essai statique, jk

Poussées cas des culées Pieux et puits Pieux métal ligues Effectuer les
horizontales ou des piles- non armés ou Pieux préfabriqués remblais à l'a- ^
culées. peu armés ou en béton armé. vance. •
plus qéné^rale- Puits forés armés Etude spécifiqu •*
ment, fraoiles Prévoir pieux et Vérifier la s é d -
à la flexion, puits inclinés. rité au alisse- M
lîntr'axe infé- ment d'ensemble •
rieur à 3 dia- Si puits, étudier
mètres. la butée du ter M
rain. •
Surcharge Site urbain en Construire saris Mise en place pro- Etude spécifique
ultérieure particulier. se préoccuper gressive des rem- et contrôles de ^
par des des fondations blais. mise en oeuvre. 1
remblais. existantes. Ecrans de palplan-
ches ancrés.

Efforts Cas de pylônes Pieux et puits Pieux métalliques Etude particu- |


horizontaux ou de portiques non armés Pieux inclinés lière.
prépondérants de signalisation lîntr'axe infé- Pieux pouvant m
(rare). rieur à 3 dia- travailler à la

Grand Proximité d'un


mètres.

Annraver le
traction.

Reculer 1 'appui Ne pas compter


1 •
qlissement trou profond. risque de Glis- Culée creuse ou sur la résistancP
sement (surchar- travée d'accès au cisaillement
ge, raidissement Pieux fortement de pieux ou de •
du profil). inclinés ou de palplanches. ||
Compter sur un gros diamètre, pa- Contrôler la va -
appui sur le rois moulées. leur et la d i s s i ^
terrain dans le pation des pres-M
sens défavorable. sions intersti- "
tielles.
Suivre le tasse-jÉ
ment. M

B Cond itions de bonne exé cution 1


Terrains Cas des sols Pieux ou puits Pieux préfabriqués Eviter même d a n s j
boulants pulvérulents forés sans tu- battus ou mixtes, certains cas Tes
saturés. bage. si le sol est lâche pieux forés à la|^
Pieux forés tubes bentonite. •
m
Hétérogénéité Cas de certains Pieux préfabri- pact. Hétérogénéité à
de la couche calcaires; c'est qués battus (si
porteuse surtout la va- 1 ' hétérogénéi té Pieux ou puits à l'aide des p é n B
riation de la est très impor- exécutés en place tromètres dynami-
cote du bed- tante) . ou mixtes. que et statique.•
rock.
I^
- 51 -

j • Problème Schéma A éviter A préconiser Observation

•isque de Cas de couches Pieux préfabri- Pieux exécutés en Se décèle à par-


M u x refus intermédiaires qués battus place battus sans tir des essais
^r de grande com- Plan de pilota- refoulement du in situ; peut se
•1 pacité (sable) ge mal adapté sol (tube. H) produire dans le
ou présence de (pieux trop Pieux et puits cas de pieux
1
.m blocs. serrés). forés. trop rapprochés.

; ftuche porteu- Cas de bed- Pieux préfabri- Pieux ou puits Contrôle de la


: m avec un rock rocheux qués battus. exécutés en place base des pieux.
' pendage. ••rréoul ier avec trépannage. vérifier si
1'encastrement

1
: juches inter- Cas des sols Pieux ou puits Puits forés che-
est correct.

Risque d'inter-
; Bdiai res très cohérents forés non che- misés . action entre
: iimpressibles. sensibles. misés. Pieux préfabri- pieux
Entr'axe trop qués battus Contrôle de
faible. (béton armé ou chantier.

1 Petit diamètre. métal) : Entr'axe


supérieur à 30.

JL ,—, ..,,.^^,,,,
" 1 cai re Pieux ou puits chemises métalli- Doit se déceler
Karstique forés non che- ques au cours de
• pse misés Prévoir des in- 1'étude géotech-
Entr'axe trop jections nique
i faible. Contrôle des cour- Sismique - ré-

1 bes de bétonnage.
Surdimensionner
semelles pour per-
fraction.
C'est un problè-
me spécifique
mettre une adap- suivant 1'étendue

J tation des efforts du phénomène.

1 Act ion permanente de

— • ' • • • • • • • - • • • • • - - - •
'eau

K u x agressi- Ciment Portland Ciments spéciaux


ou pieux métal-
fs
Mer liques, non pro-
Ciment à 1 a mer
Ciment CLK
||léniteuses tégés. Etude spéciale (cas des pollu-
• verses. tions industriel-
les).

• rculation Pieux ou puits Pieux préfabri- Mesurer les cir-


P e a u impor- forés à 1'eau qués battus ou culations d'eau
tante . exécutés en forés et chemi- avec un micro-
place sans gaine sés. moulinet pour

1 Epui sements. savoir s'il faut


gainer ou pas.

• foui 1 lements Cas des ouvra- Pieux ou puits Puits fortement Etude spécifique
• ges franchis- non chemisés armés. (fixation de la
sant des cours Pieux de faible Chemisage épais profondeur maxi-
d'eau. diamètre et protection maie d'affoui 11e-
1
V Pieux peu armés. par rideau de
palplanches.
ment).

t
I
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- 52

U.l.U - OUVRAGES A FONDATION INTEGREE

Nous groupons sous ce vocable quelques ouvrages-types qui sont à


eux-mêmes leur propre fondation. Néanmoins nous laissons de côté délibérément
dans ce dossier les buses, qu'elles servent d'ouvrages hydrauliques ou de
passage pour piétons et bestiaux.

Les ouvrages dont il s'agit ici, qui sont principalement les cadres,
les portiques et leurs extensions, font ou feront l'objet de dossiers-pilotes
monographiques qui traitent non seulement de la conception, mais même du
calcul des piédroits et radiers. On y renverra le plus souvent.

.1. - Cadres (dossier PI.CF 67)

Les passages inférieurs en cadre fermé s'appliquent aux sols


présentant un taux de travail admissible de l'ordre de 1 bar. C'est dire
qu'ils pèsent moins que les remblais qui leurs sont contigus.

D'autre part la structure est particulièrement insensible aux


tassements. Dans le cas de sols très compressibles il est conseillé de réa-
liser l'ouvrage après dégagement local du remblai qui aura été effectué à
l'avance, mais on conseille alors de prévoi>" une traverse inférieure (radier)
plus épaisse car elle portera plus par le centre.

En outre, si on est amené à autoriser des tassements importants


après la construction, donc à envisager des rechargements notables de la
traverse supérieure, il faudra en tenir compte dans le dimensionnement de
celle-ci.

•2- - Portiques (dossier PIPO 66)

Les passages inférieures en portique ouvert assurent la relève


des PI-CF lorsque les portées à franchir se situent aux environs de 10 m.
Si le sol est très médiocre (q < 2 bars) les semelles du PI-PO doivent
être très larges et l'on peut discuter son choix par rapport à celui d'un
PI-CF. Au contraire si le sol admet un taux de travail admissible supérieur
à 3 bars le radier général du pont-cadre perd toute utilité dès que l'ouver-
ture atteint 8 m et il vaut mieux construire un PI.PO.

Cet ouvrage est sensible aux tassements différentiels ; c'est


pourquoi au-dessous d'une pression admissible de 2,5 bars il convient de
le fonder sur fondations profondes. La solution type en ce cas consiste à
réaliser celles-ci au moyen de deux files convergentes de manière à réali-
ser une quasi-articulation sous ta semelle (dont les dimensions sont aussi
réduites que possible).

Dans ce dernier cas il faut s'assurer que les piédroits ne sont


pas soumis à des déplacements importants et qu'il y a réellement articulation
à leur base.

.3. - Extension des cas types

Il s'agit du Pont ISOSTAT et du portique ouvert double POD


(référence note d'information du 23.11.70 de la DÛA.-B).
53
Fig . 15

Principe du PI.C.F

Principe du P.I.PO.

77/////////////////7.^ PI PO sur pieux


dessin de principe

isostat
^ '/////rr//T77/77777.
Dessin de principe
M

\ziâM
- 54 -

Le pont ISOSTAT est à l'étude expérimentale actuellement. Il se


différencie du PI-PO par des joints horizontaux dans la partie inférieure
des piédroits. Les semelles sont indépendantes du reste de l'ouvrage vis-
à-vis des effets de flpxion car la partie supérieure de l'ouvrage repose
au milieu du joint sur des appuis glissants. Les avantages escomptés par
rapport au PI-PO sont les suivants :

- centrage des semelles par rapport aux piédroits

- pression sur le sol relativement uniforme

- grande insensibilité aux tassements différentiels entre appuis


compte tenu de 1'isostaticité.

Son principe reposant sur la mobilité de sa partie inférieure,


il ne peut être fondé que sur semelle.

La structure en portique ouvert double POD ne pose pas de problè-


mes spécifiques de fondation.

.4. - Remarques concernant les cadres et les portiques

a - Pour éviter une déformation dissymétrique qui mettrait en cause


le comportement mécanique, le remblaiement doit être effectué par passes
symétriques alternées derrière les piédroits.

b - Valeur approchée du module de déformation différé du sol (ESOL)


à prendre en compte dans "les bordereaux de données des programmes de calcul
électroniques PI-CF et PI-PO, ainsi que PP (qui dimensionne les piles et
palées des passages supérieurs courants autoroutiers).

Ces proarammes de calcul font intervenir le module d'élasticité


différé ESOL qui est issu de la formule simplifiée :

ESOL

où W est le tassement
P 1 a pression appliquée
R la demi-larqeur de la fondation.

Comme l'on a vu d'autre part, en introduisant le module de


réaction &j <;oi K,

la détermination de ESOL se ramène à celle de K par :

ESOL = 4 . K .R

b, - Le module de réaction K peut être déterminé à partir du module


pressiomètrique Ep ; nous proposons deux méthodes d'évaluation :
55

Méthode MENABD. Ce module de réaction K est une fonction de Ep, du coef-


f i c i e n t "rhéologique" ex, et des c o e f f i c i e n t s de forme A et A - s o i t :

j . l 4 i - x R o x ( X ^ x ^ j f . ^ X X3XR

On trouvera au paragraphe 5.2.1 tous les éléments nécessaires


pour le déterminer.

Evaluation de K par TERZAGHI et PECK.


TERZAGHI et PECK ont proposé une évaluation de K à partir du module de
compression Ec soit :

V Ec ,2R + 0,30,^ . ,, ... r Ep


^ "4 Ro ^ W^—^ ' considère que Ec = -^ on a :

u Ep ,2R + 0,30,^ T-, -

avec
Ep module pressiométrique moyen de la couche porteuse
Ro rayon de référence égal à 0,16 m
a coefficient de structure
1
sable et graviers a =
3"
limons, a r g i l e s sabl euses
1
et sables argileux ûc =
7
argiles normalement
2
consolidées a=
3.
terrains surconsolidés « = 1.

"Cette formule a été mise sous forme d'abaques (voir p. 56 )

b^ - Il est parfois utile de connaître le module instantané du sol


•insf °" ^^ déduit de ESOL par E.^^^ = 3 ESOL

- La valeur du coefficient 3 dépend de la nature du sol et de ses


caractéristiques de filtration de l'eau interstitielle (voir éventuellement
au chapitre 3.1.) et nous proposons d'adopter :

3 = 1 pour un sol drainant ; sables et graviers propres

3 = 3 pour les sols intermédiaires.

3 = 9 pour un sol argileux compressible.

Il n'est pas recommandé d'évaluer ESOL à partir de l'essai oedo-


métrique.

Rappelons de toutes façons que, dans le cadre des calculs élec-


troniques des ponts-types du S.E.T.R.A., même une erreur de 50 % sur ESOL
n'aura pas grande incidence sur le dimensionnement. Toutefois il vaut mieux
en donner une estimation par défaut que par excès.
- 56 -
Calcul du module de réaction du sol K
à partir du module pressiometnque Er
(d'après Terzaghi et Peck)

2R +0,3
4oi R, 4R

3,Bn

3,00

2 50 \
\
\
\ \

7,00 \
\
\

\
1,50 \
\
\
'<-'^2

\
100 \
\
y - < - 0,5

-<^s
0.50 ,
-< = 1


0^0 1.00 1.50 2j)0 2.40
R 1 largeur
rayon ou —- de la semelle

Ro= 0,16 m
-< = coefficient de structure
Ep = module pressiométrique

K = module de réaction du sol


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- 57 -

A.2.5 - C A S PARTICULIERS

On indique dans ce chapitre quelques types de fondation qui ne


se rattachent intrinsèquement ni aux fondations profondes, ni aux fonda-
tions superficielles. Etant donné que certains sont d'application peu usuel-
le ou même carrément marginale et que nous n'en parlons que pour dresser
un tableau autant que possible exhaustif, nous n'y insisterons pas beaucoup.
Nous prévoyons d'ailleurs de consacrer aux injections et aux ancrages en
particulier des monographies dans le cadre du futur niveau 3 du Guide de
chantier (GGOA 70)

• ^- ~ Cai^^sons

I l s ' a g i t de massifs creux en béton armé ou m é t a l l i q u e s comportant


une ou p l u s i e u r s a l v é o l e s i n t é r i e u r e s , e t d e s t i n é s à c o n s t i t u e r une f o n d a t i o n
sous 1'eau.

On peut les m e t t r e en oeuvre s o i t à p a r t i r d'une base de t r a v a i l


hors d'eau, s o i t par f l o t t a t i o n ou p o r t i q u e s (ce d e r n i e r cas é t a n t bien e n -
tendu r a r e et l i é à des caissons de t r è s p e t i t e s d i m e n s i o n s ) . I l s peuvent
ê t r e s o i t échoués d i r e c t e m e n t au fond ou dans une s o u i l l e a r t i f i c i e l l e ,
s o i t descendus par havaae ou à l ' a i r comprimé à t r a v e r s des couches meubles
j u s q u ' a u niveau d'appui c h o i s i . I l r e s t e q u ' u n de l e u r s avantages par r a p p o r t
aux s o l u t i o n s c o n c u r r e n t e s e s t d ' é v i t e r d ' a v o i r à c o n s t i t u e r une base de
départ a r t i f i c i e l l e hors d ' e a u .

On se r e p o r t e r a au c n a p i t r e XX\/I'T du tome 3 des Procédés Généraux


de C o n s t r u c t i o n ( ? . GALABRU) pour les di spos""i t i o n s techniques et les p o s s i b i -
l i t é s du havaqe, e t au c h a p i t r e XXXI pour t o u t ce qui concerne l ' a i r c o m p r i -
mé. Disons seulement i c i que les d i f f i c u l t é s s o n t , pour les caissons havés,
la p r é c i s i o n de l ' i m p l a n t a t i o n (aussi bien l e calage en plan que l ' i n c e r t i -
tude sur l a cote exacte à l a q u e l l e l e caisson s ' a r r ê t e en d é f i n i t i v e , q u ' i l
V a i t ou non r e n c o n t r e i n o p i n é e de p o i n t s durs en cours de havage, s u r t o u t à
grande p r o f o n d e u r ) e t les r i s q u e s de déversement à l a descente ; pour l e s
caissons à l a i r comprime, les cadences de terrassement e t l e passage à
l ' a i r comprimé lui-même, que t o u t l e monde espère bien é v i t e r , mais qui se
r é v è l e souvent i n é l u c t a o l e .

Les caissons sont dore toujours une solution onéreuse à laquelle


on sera cependant souvent oblioé d'avoir recours lorsque le niveau d'appui
est à plus de 20 mètres du terrain naturel (penser aussi aux batardeaux en
paroi moulée intégrable ou non à la fondation). On sait, en effet, qu'il
serait toujours très délicat d'épuiser un batardeau de cette taille à cause
au dégrafaae des palplanches ; les batardeaux avec surfouille ou à rideaux
imbriqués, s'ils permettent effectivement d'atteindre des niveaux plus pro-
fonds, sont souvent décevants à l'exécution.

La résistance aux affoui 11ements et aux chocs de bateaux est


évidemment parfaite, pour peu que le niveau d'appui soit correctement choi-
si. C'est pourquoi on a pu utiliser des petits caissons (de 4 à 6 m de
hauteur) en site aquatique affouillable lorsque les efforts horizontaux
étaient importants.
58 -

Un pri'x de 400 à 600 F par mètre cube de béton, tout compris


permettra de faire une toute première estimation. f*ais il est bien évident
qu'il faudra une étude précise dans chaque cas, à cause des très qrandes
variations dans les procédés d'exécution, dans la taille des caissons et
dans les difficultés locales du site.

.2. - Ancrages

Les tirants ou ancrages, précontraints ou non, définitifs ou


provisoires, sont constitués de trois parties principales :

- zone d'ancrage au terrain ; Les cables ou les barres transmet-


tent les efforts au terrain le plus souvent par l'intermédiaire d'un
coulis de ciment.

- longueur libre ; La tension y est constante puisqu'il ne doit


pas y avoir contact donc frottement avec le terrain.

- tête du tirant ; sert à la mise en tension puis au blocage.

La lonaueur de la zone d'ancrage dépend bien sûr des caractéris-


tiques de frottement du terrain, mais varie en fait moins que celles-ci
parce que l'on adapte la capacité unitaire du tirant au terrain (capacités
faibles pour un terrain argileux, moyenne pour un terrain sableux, forte
pour les roches). La lonquejr d'ancrage est aénéralement comprise entre 3
et 8 mètres, la partie libre étant recouverte d'un simple mortier ou enduit
de protection contre la corrosion (tirant armé) D U injectée (tirant précon-
traint) .

L'effort admissible peut aller jusqu'à 40 tonnes (le coefficient


de sécurité sur l'ancrane est pris égal à 2 pour les tirants définitifs et
1,5 pour les tirants provisoires). L'armature peut être soit une barre soit
un cable de précontrainte. Le forage se fait en percussion ou en rotation
(diamètre entre 50 et 120 mm).

Les tirants sont très utilisés actuellement pour stabiliser des


enceintes verticales (parois moulées, murs berlinois, e t c . . ) même définiti-
ves.

.3. - Injection des sols

Une monoaraphie détaillée devant être insérée dans le futur


niveau 3 du HUide de Chantier (OGOA 7 0 ) , nous ne faisons ici qu'un br'^f '
rappel des possibilités des injections et de ses utilisations en fondations
d'ouvrages.

Les injections sont utilisées surtout dans un but d'étanchement


et dans un but de renforcement du sol.
59

Dans le premier cas, il s'aqit surtout de se mettre, définitive-


ment 0!i transitoirement à l'abri de l'eau :

- étanchement du fond de fouilles creusées à l'abri d'un batardement insuf-


fisant. Ce procédé se révèle quelquefois plus économique qu'un massif de
béton immergé ou qu'un pompage intensif dans les sols très perméables (ce
dernier n'est pas toujours possible à cause des risques de renard)

- réalisation de cuvelages étanches ou d'écrans

- imperméabilisation du sol dans la masse lorsque l'on désire réaliser des


pieux forés à l'abri de venues d'eau qui seraient sinon importantes.

En tant que renforcement du sol les injections sont, pour des


motifs économiques, surtout limitées à la sauvegarde d'ouvrages menacés.
Cependant les exemples suivants correspondent à des cas d'utilisation pour
des ouvrages nouveaux, dès la conception du projet :

- augmentation de la réaction de masse d'un rocher fortement fracturé

- amélioration de la force portante de pieux, soit par collage latéral en


zone karstique (Pont de Blois), soit pour pallier un curage en pointe déli-
cat ou douteux.

- traitement préventif de zones karstiques sous les semelles.

A l'heure actuelle, compte tenu de la variété des coulis utilisa-


bles, pratiouement tous les sols sont injectables. Le prix et les difficul-
tés auamentent lorsque la perméabilité diminue, et que les caractéristiques
de résistance de la masse du sol après injection augmentent. Les seules
exceptions sont constituées par les sols très fins (certains limons, les
argiles, les vases...).

Il ne faut pas se dissimuler qu'il s'aqit là d'un procédé onéreux


et quelquefois aléatoire, surtout s'il n'est pas employé de façon pratique-
ment ponctuelle, à cause des sujétions d'emploi suivantes :

- adaptation stricte de la viscosité du coulis à la perméabilité du terrain ;


importance du mai liage d'injection

- nécessité d'une reconnaissance poussée, aussi bien géotechnique, qu'hydro-


géoloqique (analyses d'eau...)

- risques de claquages et de pertes de coulis.

.4. - Cuvelage

Le cuvelage est une structure autoporteuse dont la base est dans


la nappe et destinée à former un volume étanche résistant aux sous pressions
Pour ne parler que du domaine routier, il s'emploie dans des trémies et
trancnées couvertes ou non.

La DOA.-B du S.E.T.R.A. ayant diffusé le dossier-pilote PSHR 71


sur les ouvrages urbains à faible profondeur dans lequel ces problèmes
sont traités, nous ne mentionnerons ici que quelques points :
60

- il n'y a jamais de problèmes de portance, puisque l'on excave.


De toutes façons, une telle structure ne sollicite le sol que très faible-
ment (0,5 à 1 bar)

- il y a toujours des problèmes d'équilibre et d'étanchéité,qui


ne doivent pas systématiquement être résolus par la construction d'un radier
épais compensant, par son seul poids, les sous-pressions. Notamment lorsque
la pression d'eau est faible ou qu'un niveau imperméable est atteint par les
murs latéraux (parois moulées par exemple), ou que ces murs allongent tout
simplement le chemin de filtration, le débit sera peu important et un système
de drainaqe normal devra suffire, au besoin avec interposition d'une feuille
de nylon ou de polyéthylène entre le sol et la chaussée souple. De toutes
façons il faut prendre en compte dans la vérification de l'équilibre le
poids des parties adjacentes.

- Pour l'exécution de la fouille on peut avoir recours soit à


des parois moulées incorporables à l'ouvraqe, soit à un batardement, des
injections d'étanchéité ou même un rabattement de nappe.

- On sera quelquefois conduit à ancrer la structure soit par des


tirants soit par des pieux spéciaux résistant aux efforts d'arrachement
(pieux vissés, expansés,...).

,5. - Dalle de frottement

Une dalle horizontale de béton armé noyée dans un remblai permet


de transmettre par des tirants en béton armé ou en acier un effort Horizon-
tal de frottement sur ses deux faces.

Une telle dalle de frottement peut reprendre des efforts horizon-


taux (poussée des terres par exemple). Les conditions sont :

- remblai de bonne qualité bien compacté

- butée suffisante à l'avant pour équilibrer les efforts de frottement sur


le dessus de la dalle (double plan de frottement).

- implantation de la dalle en dehors des cercles de glissement d'ensemble


intéressant le mur soumis à la poussée a repronore

- tassements différentiels entre mur et da'le et sous les différentes


parties de la dalle acceptables. Dans certains cas on sera amené à réaliser
la dalle par plots et à prévoir des tirants souples en acier correctement
protégés contre la corrosion.

Cette solution est peu fréquente, elle ne sera que rarement


justifiée et uniquement en remblai (en déblai el'e obligerait à reculer
le bord arrière de la fouille donc à accroître considérablement les mouve-
ments de terre). La valeur maximale de la contrainte de cisaillement mobi-
lisable est égale sur les deux faces à la pression des terres sus-jacentes
multipliée par l'angle de frottement du remblai. Un coefficient de sécurité
modéré est à y appliquer.
- 61 -

6. - VibroflOttation

'o'jr memoi re.

7. - Pilonnage intensif

^our memoire.
Page laissée blanche intentionnellement
62

CHAPITRE 4.3

NIVEAU D APPUI ET TYPE DE FONDATION

l,.2A - PROCESSUS D U CHOIX

Le choix combiné d'un niveau d'appui (1) et d'un type de fondation


se fait, rappelons-le, par étapes successives.

Les différents stades du déarossissaae sont, dans 1'ordre, la


recherche des niveaux d'appui possibles, la recherche du ou des types de
fondation applicables à chacun de ces niveaux, enfin le choix de la solution
à retenir, qui pourra se faire arâce à des estimations comparatives avec
usane de prix composés, et devra faire intervenir uri junement sur la sécurité
inhérente à chaque solution et sur les aléas possibles à l'exécution.

A l'intérieur de chaque étape les possibilités sont quantifiées,


pour des raisons d'ordre économique ou d'exécution plus que d'ordre théori-
que et en fonction des dimensions habituelles de chaque type de fondation.
Donnons un exemple de ce type de "quantification" : dans le cas
des terrains noyés, on s'efforcera, en nénéral, de placer les semelles
au-dessus du niveau de la nappe phréatique. Ce n'est que si aucun niveau
d'appui n'existe au-dessus de la nappe phréatique ou si un net accroissement
de la capacité portante entraîne une nette diminution de la •'"aille des semel-
les que l'on sera amené à considérer une fondation "superficielle" implantée
sous la nappe. Encore les problèmes d'exécution (épuisement, blindane, stabi-
lité de la fouille) rendront-ils souvent cette solution peu compétitive vis-
à-vis d'une solution sur pieux.

A.3.2 - N I V E A U D'APPUI

.1. - Définition

A chaque cote donnée et en fonction des propriétés des couches


environnantes, correspond un taux de travail qui assure la stabilité à court
terme et à lonn terme ainsi que des tassements acceptables pour la structure.
En fonction de la profondeur, ce taux de travail accuse une variation (pas
(, forcément croissante) et, éventuellement, des discontinuités. Compte tenu
(; de précautions d'encastrement ou au contraire de revanche au-dessus de sols
(; plus médiocres, il est envisaoeable d'implanter la base de la fondation à un
(' certain nombre de niveaux dénommés niveaux d'agpui.

NOTE (1) Pour éviter l'ambinuité lexicale du mot "fondation" dans les expressions
type de fondation et niveau de fondation, nous avons préféré l'expression
niveau d'appui. On comprendra sans peine qu'il s'aait de la cote à laquelle
se fait le rapport des charaes de la fondation sur le sol environnant, et
non pas, bien entendu, la cote des appareils d'appui, par lesquels les
efforts dus à la superstructure sont transmis à la fondation.
53

.2. - Commentaires

Les niveaux d'appui ne sont oas toujours exactement définis ;


par exemple, en terrain homonène ou s'améliorant faiblement avec la profon-
deur, à partir d'un certain encastrement, un approfondissement auamente
certes le taux de travail, donc diminue les dimensions de la base de la
fondation, mais il aunmente les terrassements et la hauteur des fûts (cas des
fondations superficielles) ou des pieux (cas des fondations profondes). On
voit donc qu'il y a une certaine plane de profondeurs d'encastrement optimales
du triple point de vue mécanique des sols, exécution et coût.

Cependant on note immédiatement que la notion de niveau d'aopui


est liée aux charaes à supporter, donc au type de fondation, pour un ouvrane
donné. Par exemple une certaine cote pourra être favorable à la fondation
d'un caisson havé ou d'une semelle larne, mais être improprt à la base
d'un aroupe de pieux.

Les éléments aéotechniques qui tendent à discrétiser le choix sont,


entre autres, les discontinuités nettes entre couches, et le niveau de la nappe.

Un bon niveau d'appui correspond à une fondation suffisamment en-


castrée dans la couche considérée et assurant une couverture suffisante par
rapport à d'éventuelles couches faibles sous-jacentes. en oénéral c'est le
premier niveau d'appui à partir de la surface qu'il faut préférer, sauf
justification, mais no'is en discutons d'une manière 'iétaillée au paranraphe
4.3.3 - Choix de la solution définitive, oaqe 73 •

En milieu homonène, la résistance sous la base commence à plafonner


pour un encastrement énal à 2 fois la larneur des semelles et la saturation
est pratiquement complète pour un encastrement de 3 diamètres, en ce qui con-
cerne les fondations profondes. (5 diamètres pour les roches ou les sols très
compacts, mais on n'a pas, en oénéral, besoin d'aller jusque là car la force
portante devient alors extrêmement élevée).
Evidemment le frottement latéral, lui, n'est pas sujet à saturation
avec la profondeur (puisqu'il croît linéairement ou paraboliquement avec la
surface latérale du pieu).

En milieu constitué d'une succession de couches, on pourra calculer


une profondeur équivalente d'encastrement en prenant la moyenne pondérée d'un
indicateur de résistance du sol, par exemple la pression limite pressiométrique

qui donne h = m~ I D1 (Z) dZ. Les calculs de stabilité sont ensuite menés
Jo
en suoposant la fondation encastrée de h et le sol homogène de pression
limite Pie. (voir chaoitre 5.2)

Aux discontinuités nettes entre couches oéotechniques , on pourra


appliquer le même raisonnement qu'à la couche homonène précédemment considé-
rée, sous la double réserve que la discontinuité soit positive (la couche
inférieure a des caractéristiques néotechniques meilleures que la couche
supérieure ; sinon l'approfondissement n'aurait en nénéral aucun intérêt,
sauf considérations d'affouillement par exemple) et que l'épaisseur de la
couche considérée soit suffisante pour permettre un certain encastrement en
son sein d'une part et assurer une suffisante couverture par rapport à d'éven-
tuelles couches faibles sous-jacentes d'autre part.
- 64 -

D'autre part les vérifications à faire ne concernent pas seulement


le niveau d'appui, qui entraîne l'idée de la seule ruine par poinçonnement
localisé, mais en outre et plus généralement, la stabilité d'ensemble (au
nrand qlissement et au déversement). Les vérifications à effectuer sont
explicitées au chapitre 5.3, mais on peut citer d'ores et déjà, à titre
d'i 1 l'jstration :

- la dualité stabilité d'un pieu et stabilité du nroupe entier

- le fait qu'une semelle à flanc de coteau, stable localement,


puisse être entraînée dans un arand glissement

- le tassement d'une semelle dans un sol,qui s'ajoute au tassement


de l'ensemble de la masse du sol sous l'effet d'un charaement par remblai.

Qualités du sol à rechercher

Remarquons que la définition donnée ci-dessus du niveau d'anpui


est extrêmement larne ; notamment elle ne présume pas des méthodes de calcul
qui sont employées pour justifier la oossibilité de s'asseoir à tel ou tel
niveau, pourvu que la comparaison se fasse entre résultats homonénes. En
particulier le calcul nourra être fait soit à la rupture (calcul aux charnes
limites et minoration par un coefficient de sécurité, puis comparaison avec des
tassements admissibles par la structure), soit dans l'esprit de la nouvelle
conception alobale de la sécurité et des nouveaux reniements de calcul de
béton armé et précontraint, (voir au chanitre 5.1 les définitions et des
conseils permettant de s'adapter aux nouvelles méthodes de vérification).

Il est évident Que les caractéristiques néotechniques de ce que


l'on appellera un "bon terrain" de fondation varient avec la profondeur à
1aquelle on le cherche.

Pour une semelle superficiel le, lorsque cette profondeur auamente, la


charoe des remblais et le poids de la fondation elle-même croissent ; d'où,
a dimension de semelle donnée, la recherche d'un sol meilleur avec
rapprofondissement (d'ai 1 leurs à quoi servirait d'approfondir la fondation
si c'était pour voir les qualités du sol emnirer ? ) .

Pour une fondation profonde, la forte réduction de surface par rapport à


une semelle obligera à rechercher, à la même cote, une pression admissible
beaucoup plus élevée. Mais, à mesure que l'encastrement augmente, cette
pression admissible nécessaire cr pointe peut être réduite grâce à l'effet
du frottement latéral mobilisé dans la couche porteuse.

Pour une •f'ondation intemédiai re, la surface de base est importante et le


frottement latéral se fai t aussi sentir, mais l'importance du poids propre
de la fondation et des remblais sus-jacents fait que la portance à recher-
cher ne diminue Das notablement avec l'accroissement de la profondeur, au
moins jusqu'aux profondeurs usuelles (7 à lu l'i nour les petits caissons et
plus pour les nros ).

A titre d'illustration, le graphique page 55 indique, en fonction


de la profondeur D du niveau d'appui par rapport au niveau du terrain défi-
nitif, d'une part la pression admissible minimum pour une semelle de largeur
donnée et d'autre part la pression de pointe minimum pour que des pieux
travaillent en tête à 50 bars.
65

Pieu ancre dans une couche


la cote 10. (arbitrairement )

eu a n c r e dans une couche à la cote 10


avec couche de qualité moyenne entre 5 et 13

'
30 .-

20 Pieu flottant
Sol homogène ou pseudo-homogène

Semelle Massif,
10 superfi- Caisson
cielle

B = 1,5 à 2m étroite
> semelles
B=3àAm nnoyennement
large
1.5

H 1 ( 1 1 1 1 1 1- H 1 1 1 1 1 h H 1—h
10 15 20
D (mètres)

Force portante admissible m i n i m u m à rechercher à chaque


fig : 16
profondeur , en fonction du type de fondation

D est la profondeur du niveau d'appui ( côté de la pointe des pieux ou de la base des semelles )
sous le sol fini

Les courbes représentent la valeur minimale de la force portante à rechercher à la profondeur D pour

pouvoir se fonder sur semelle ( de largeur donnée ) ou sur pieux ( travaillant à 50 bzirs )
- 66 -

En ce qui concerne la largeur des semelles, il ne s'agit évidem-


ment que d'ordres de grandeur, valables pour des ouvrages courants ou pas
trop exceptionnels, dont les réactions d'appui en tête y compris les charges
routières avoisinent, par mètre linéaire de largeur utile biaise de tablier,

40 à 60 t pour les appuis intermédiaires, plus 30 t pour l'appui et le poids


des terres.

20 t pour les piles-culées, plus 10 à 50 t pour l'appui et le poids des


terres.

Pour les pieux, qui sont pris arbitrairement de 50 cm de diamètre,


on a considéré trois cas :

- pieu ancré dans une couche surmontée de sols médiocres ou nuls dans les-
quels on ne compte pas de frottement latéral (frottement néoatif non pris
en compte, néanmoins)

- pieu ancré dans une couche surmontée de 5 m de sols moyens (pression


admissible 10 à 12 bars, frottement latéral 2 à 3 tonnes/m2 environ).

Dans ces deux cas ci-dessus la couche d'ancrage est arbitrairement


supposée régner à partir de 10 m de profondeur.

- pieu dans un sol approximativement homogène, réanant depuis la surface et


pour lequel on compte du frottement latéral sur toute la hauteur du pieu.

Ce Graphique est évidemment approximatif et destiné à fixer les


idées sur des ordres de nrandeur sur les valeurs minimales à rechercher ;
Néanmoins il peut être utilisé des trois manières suivantes :

- à partir de la coupe du sol et des valeurs de la pression admissible,


détermination de la largeur des semelles nécessaires ou de l'encastrement
minimum des pieux pour faire travailler le béton à 50 bars

- visualisation des plaaes de concurrence de plusieurs types de fondation

- recherche des qualités minimales du sol, à une profondeur donnée, compati-


bles avec un type de fondation donné.

En conclusion, nous pouvons donner la définition ci-dessous d'un


bon terrain de fondation à rechercher, pour des ouvrages pas trop exceptionnels

Profondeur du Pression Type de


niveau d'appui. admissible fondation
minimale compatible

0 < D < 3 m En surface 2 bars "superficielle"

Profondeur 5 bars "intermédiaire"


5 < D < 10 m
moyenne 25 bars "profonde"

15 bars "profonde
Grande flottante"
D > 15 m
profondeur 30 bars "profonde
ancrée"

PAS DE COUCHE TROP COMPRESSIBLE SOUS-JACENTE PROCHE


- 67 -

Ce tableau n'a qu'un caractère mécanique et aéotechnique. Il ne


tient aucun compte, bien sûr, des sujétions d'exécution, notamment il ne
prend pas parti sur le choix de la solution dans le cas d'une fondation
semi-profonde ( 5 < D < 10 m ) . La seule action décisive du point de vue de
la conception des fondations est la limitation de bon sens des intervalles
de variation de l'encastrement pour chaque type de fondation. Encore cette
dernière limitation est-elle forcément schématique.

Rappelons que dans son paragraphe 4.7 le document-type FOOT 67


indique, pour les ponts-types à 3 et 4 travées les plus courants, les ordres
de grandeur des résultats auxquels off doit s'attendre pour la largeur des
semelles et des indications sur l'influence plus ou moins importante de la
pression admissible sur ces valeurs. L'intervalle pour lequel cette influence
est notable est bien sûr limité, puisqu'en-dessous d'une certaine valeur de
la pression admissible on aboutit à des semelles trop larges (et donc que
l'on passe à des fondations profondes) et qu'au-dessus d'une autre valeur,
la largeur plancher de 1,50 m est atteinte. En pratique :
Pour les pile^, on passe de 1,50 à 4 m (largeur des semelles) lorsque la
pression admissible varie de 4 à 2 bars.
Pour les piles-culées en remblai, on passe de 1,50 à 3 m lorsque la pression
admissible varie de 3 à 2,2 bars.
Pour les piles-culées en déblai, on passe de 1,50 à 2,50 (et on ne peut aller
beaucoup au delà sous peine de diminuer trop la distance horizontale entre
le bord de la semelle et le talus fini) lorsque la pression admissible varie
de 2,5 à 1,2 bars.

Les considérations de ce paragraphe sont résumées dans les tableaux


des pages 68 et 69 , surtout en ce qui concerne la concurrence entre les
différents niveaux d'appui et leurs éventuelles limitations de mode de fon-
dation dues au projet ou à 1'exécution.

.4. - Critères de rejet ae la fondation superficielle

Er, pius de ces tableaux, il semble utile de traiter plus


spécialement les cas doute'jx, où une fondation profonde peut entrer sn
concurrence avec la fcndati'-'- <:,oerfici el le, et où -'on serait tenté de
rejeter celle--" -'y.r -i^s ra'SOiic supposées de séc-;rité 'intrinsèave. f'ous
présentons don- pines 71 ?,z 72 dejx tableaux, qui rés'jiient les raisons
valables et -'^. :::s qji sont insuffisantes à elles se-les.

x RôppeiCiis néan:. "'ns q,e ';a concurrence fondation profond" - fondation


s superf'c'el'e souffre de l'Hee que l'une est le fait des spécia"" istes et
i l'autre, àppâre:?,rrent toute simple, est l'affaire des entrepreneurs généraux
i de génie c n i l . Il n'en est évidemment pas ainsi, mais cette idée erronée
i aboutit n de.x excès ; soit rejet sans raison de la fondation superficielle,
l juaéetrop peu technique, soit, 'orsqu'on en construit, indigence de la recon-
naissance ou rrêmc absence comolète. Cette dernière pratique, si elle est rare
dans .e JoTaine propre des ouvrages d'art, peut néanmoins se rencontrer en
ce qui .;o".cerne les ouvrages annexes, que l'on fonde invariablement sur
radier (co"1ecteurs , chambres de relevane,... . ).
Conditions du
Si le bon terrain est: Fondations conseillées Observations
site et de 1'ouvrane

En surface Pas de risque d'af- SE^'ELLE Niveau d'appui au-dessus


fouillements de la nappe, si possible

Risque d ' affoui 1lement SEMELLE sur massif de Niveau d'appui sous la
gros béton, avec éven- cote des affoui1lements
tuellement parafouil- maximaux :
le
. Protéger par un rideau
parafouille autostable
descendu au-dessous de
la cote des affoui1le-
ments maximaux
. Descendre plus bas.

A profondeur moyenne Pas de risque d'af- SEMELLE descendue au


foui11ements bon terrain si pas de en
venues d'eau excessi- 00
ves.

Indifféremment, selon
SEMELLE en surface
le prix de revient.
sur massif de gros
béton non armé coffré

PIEUX courts.

Risque d'affoui11ements SEMELLE dans BATAP-


DEAU de pal pi anches
recépé au niveau du
terrain naturel.
Suivant la cote et la
SEMELLE sur massif virulence des affoui11e-
de tiros béton coulé ments.
dans un batardeau ré-
cupérable.
PUITS de très gros
diamètre protégés de
1'érosion.
Conditions du
".'• le bc" cerra'n est: Fondations conseillées Observations
site et de 1'ouvrane

" nrande profondejr Efforts horizontaux CMSSO'IS FONCES s'il


notables. est iTipossible de faire
des rouilles à sec.

FONri.v:îO'; "ASSn'E exé-


cutée soit à sec soit
à 1'abri d'un batar- Grands ouvranes seule-
deau de palplanches ment.
ou parois moulées

PIEUX OU PUITS verti-


caux et incl inés.S'il y a
risque d'affoui1lements, KO

voir § 4.3.4. pour dé-


terminer le niveau de
la semelle de liaison.

Efforts horizontaux PIEUX OU PUITS verti-


faibles. caux
Semelle la plus haute
possible.
Pas de terre à retenir:
piles-colonnes (petits
ouvranes seulement)

. choisir un type d'ou-


Inexistant Pieux flottants vrage spécialement
adapté.
Sen-!elles de surface . nécessité d'une étude
très larnes après particulièrement soignée.
charaement artificiel, . importance des phases et
avec ou sans drainaae. des délais.
•. ^t^TTV^-
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ï4
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- 70

Voici quelques 'jns des avantages de la fondation superficielle :


L'exécution sst en général plus sQre. Le bétonnaqe est en général
correct, i'i est as toutes façons contrôlable. La vibration du béton pe'jt être
complète et l'enrobage des armatures assuré. D'éventuels éboulements de la
fouille n'ont pas pu passer inaperçus.
L'observation visuelle du sol permet de confirmer ou non les
résultats de la reconnaissance. Voir le terrain est un avantage que l'on
ne devra évidemr^ent jamais négliaer ; cependant, on se gardera de laisser
la fouille trop longtemps ouverte et exposée aux intempéries ou même à
l'humidité ambiante, s'il s'agit de sols sensibles ou surconsolidés.
Enfin un dernier élérrient, et qui vaut autant pour la comparaison
fondation superficielle - fondation profonde que pour les comparaisons fon-
dation superficielle - fondation intermédiaire ou fondations "superficielles"
pj.zS ou moins enterrées, est que si on a laissé passer un niveau d'appui on
r'sque de n'en pas trouver d'autre "plus bas. En effet, le tableau et le gra-
phique des pages 65 et 66 montrent -'aire-T-ent que la pression admissible
ninimum à chaque niveau (compte tenu d„ domaine d'emploi et des dimensions
habituelles de chaque type de fondation) croit en fonction de l'approfondisse-
ment : d'abord faiblement, certes, pour les fondations superficielles, puis
très fortement lorsque l'on passe aux fondations profondes flottantes ou
ancrées. Et dans une confiauration de sols médiocres sur une forte épaisseur,
sans substratum ou couche d'ancrage à profondeur acceptable, refuser des
semé 'es m§Tie larges c. 2 r„ 3 mètres de profondeur ( q = ?,5 bars environ"
obligera à se satisfaire de piev;x flottants à 15 ou 20 mètres, ne travaillant
pas à leur charge intrinsèque ( q = 19 bars par exemp''e à 15 m, soit 30
bars en compression simple dans le béton), donc nombreux et sujets à des
tassements en tout état de cause supérieurs à ceux de la semelle délaissée.

Les exemples ne sont pas rares de cas similaires où l'on a recouru


à des fondations très profondes (ancrées ou flottantes) pour avoir trop som-
mairement écarté un niveau d'appui superficiel ; dans plusieurs de ces cas,
de sérieuses complications se sont révélées à l'exécution des pieux, qui
auraient pu être évitées.

On doit donc répéter ici la conclusion générale déjà évoquée


raqo 63 , comme quoi un approfondissement du niveau d'appui ne donnera
d'avàntane certain, au delà d'un encastrement de 2 largeurs pour les semelles
et 3 diamètres pour les pieux et puits, que si cet approfondissement permet
d'atteindre une couche de sol nettement meilleure. Cette conclusion n'est
évidemment pas valable pour les pieux flottants (lorsqu'on les compare entre
i{ eux po^r des longueurs différentes), puisque le frottement latéral n'est pas
i sujet à saturation avec la profondeur.
Critères Méthode utilisée Observations

Comnortemont 'oinçor.pement à partir des caractéris- Les mauvais prélèvements conduisent en général à
"iécanicj.,9 tiques mesurées en labo- être exagérément pessimiste sur la résistance du
ratoire (drainées ou non terrain.
drainées) et in situ Une mise en oeuvre peu soignée sous-évalue en qéné-
(scissomètre). ral la résistance.
à partir de la pression Les vérifications effectuées à partir des résistan-
limite pressiométrique. ces de pointe des pénétromètres statiques R ou
dynamique R, ne sont pas valables dans les ca,s
limites (manque de précision).

Tassements ab- calculés à partir des ca- La qualité des prélèvements ou des essais est impor-
solus ou diffé- ractcr-i stiques oedométri- tante pour des vérifications précises.
•1J
rentiels exces- q.:es ov pressiorétriques. 70
si ''s.

Instabi1ité à partir des essais de Recherche du cercle de glissement le plus défavora-


X
d' enser.ible. laboratoire et program- ble.
c~>
mes de calcul électroni-
t—I
que- -H
m
70
Difficultés Rabattement; tenue Etude spécifique c faire On n'oubliera pas que si fn
00
d'exécution. des terrains noyés on rejette la fondation
et boulants superficielle, les pieux t.
poseront peut-être aussi
Etalement, battage Essais de battage et des problèmes d'exécution.
de pa !pla-~,c>es, de perméabilité.
etc

Influence sjr fon-


dations existantes.
'*^^ou'"'le"'ents
Terrassements ul-
Divers térieurs
Fondations pas as-
sez iT^assiveS(chocs
de bateaux, résis-
tance aux efforts
horizontaux dûs
Existence de fondations S'jr pie^x au Une comparaison précise est nécessaire (charges transmises, impératifs
voisi naqe. particuliers, étude qéotechnique effectuée) car les pieux peuvent
n'être pas justifiés. Une reconnaissance géotechnique est à faire de
toute manière.

Structure qéoloaiquement irrégulière.


1. Terrains qéologiquement
différents mais pouvant être mécaniquement semblables. Se méfier des appellations
de sols différentes utilisées par les qéoloques et les mécaniciens des
sols.
2. Présence de fai11 es :
a/ crainte de mouvements l^s mouvements n'ont de sens qu'à une échelle de temps géologique. Il
faut remarquer toutefois que la présence de failles pose en général des
problèmes pour les investigations et pour l'exécution des fondations
profondes.
b/ crainte de tassements
di "férentie": f Il fait évaluer ces tassements de manière précise par les méthodes in-
n
diq'.ées dans le tableau I. X3
t—1
3. Présence de Karsts ou de cavités A priori, la fondation superficielle a dans ce cas l'avantage de ne pas —i
induire de concentration de contraintes. m
:^
m
De toute manière c'est affaire d'espèce et une étude spécifique est o^ '
nécessaire, portant notamment sur les points suivants : localisation,
taille, fréquence des karsts ou cavités, activité ou non du phénomène. "^ t

-c
ï=
Structure ne pouvant supporter les Dans certains cas extrêmes il peut être avantageux de modifier la
"^z»
tassements. structure, voire de la déplacer. en
1—

m
tn
A l'exécution, le sol du fond de fouille Dans ce cas - Faire un examen d'homoq énéité de la surface du fond
ij~i
paraît être de mauva^'se qualité. de fouille, chercher à identifier le terrain quaii-
tativement par rapport aux coupes établies lors des
sondages (voir nota). E ventuellement, en particulier
si 1 'on pense se trouve r dans étage supérieur à celui
prévu, reconnaître un p eu plus bas (barre à mine, fouil-
le locale).
- Ne pas retarder le coul age du béton de propreté
(dégradation des sols e xposés aux intempéries, e t c . . )
- Avertir le responsable de l'étude de sol afin de lui
demander des explicatio ns et envisager des essais in situ
complémentai res.
Nota attention aux appréciations subj ectives basées sur la couleur,
la finesse du matériau, e t c . . q ui , en général, n'ont que peu
de rapport avec les qua"iités méc aniques.

iJtilisation de méthodes inprècises pai"


exemple : mauvais prélèvements, mauvaise mise cf. tableau précédent.
Page laissée blanche intentionnellement
- 73 -

4.3.3 - CHOIX D E L A SOLUTION DEFINITIVE

.1. - Restrictions dues à l'exécution

On ne se heurtera pas, en général, à des impossibilités d'exécu-


tion, mais le plus souvent à un renchérissement dû aux mesures conserva-
toires supplémentaires.

Ce sont très généralement des problèmes de lutte contre l'eau, qu'il s'agisse
d'assécher une fouille, d'éviter une attaque et un délavage du béton par
l'eau, ou d'assurer la tenue d'un talus provisoire.

Evidemment ces problèmes jouent sur la qualité de l'exécution


et sur les délais.

Citons quelques exemples :

- Les fondations superficielles sous la nappe, même à 2 ou 3


mètres du terrain naturel, seront souvent plus chères et plus aléatoires
que des semelles sur massif de gros béton non armé coffré ou des fondations
profondes de faible élancement, si on peut réaliser leur semelle de liaison
hors d'eau.

- Etancher un batardeau de pal pi anches profond sera toujours une


opération difficile. Elle deviendra pratiquement impossible après 20 m, à
cause du dégrafage.

- Exécuter certains types de pieux forés dans des terrains fissurés


ou soumis à de fortes circulations d'eau sera hasardeux ; le bétonnage s'en
ressentirait. Prévoir une chemise, même définitive, ne suffira pas si des
venues d'eau ont lieu par le fond, ce qui rendra en outre le curaae impossi-
ble.

- Si l'on doit effectuer un rabattement de nappe, il faut veiller


aux tassements voisins et aux éboulements près des pompages. La congélation,
pratiquement pas employée en France, modifiera profondément le régime hy-
draulique local.

- Le battage risque de provoquer des phénomènes d'effondrement


(dans les sols lâches particulièrement sensibles) et au contraire sera
impossible dans certains sols sableux même lâches qui réagiront élastiquement
(sablons).
- Les injections ne seront pas toujours efficaces, même si l'on
injecte en plusieurs phases pour éviter les claquages. En fait elles sont
même pratiquement toujours aléatoires.

On voit que l'on pourra être amené, par les restrictions concer-
nant l'exécution, à repousser un type de fondation au profit d'un autre
Ajoutons que dans certains cas on répugnera à utiliser une solution mieux
adaptée, pour ne pas avoir à faire appel à une spécialité supplémentaire
et donc supporter le coût d'une installation de chantier plus onéreuse.
y^^'f -%

. .1!
- 74 -

Critères

Les éléments du choix que le projeteur doit effectuer à l'issue


de la comparaison entre les différents modes de fondation qui lui ont semblé
recevables sur la base de données relatives à la configuration de l'ouvrage
et à la nature des sols, sont : le coût, la sécurité, les aléas et la durée
de l'exécution. Examinons-les successivement.

Le coût : Pour que diverses solutions soient comparables à cet


égard, il faut évidemment qu'elles aient été étudiées en tenant compte de
conditions naturelles identiques et de méthodes de calcul homogènes. Cette
recommandation de bon sens pourra souvent être masquée par la diversité des
propositions, par exemple changement arbitraire du diamètre des pieux ;
Et celui qui veut faire prévaloir sa solution sera naturellement enclin à
en minimiser les difficultés ou les sources de plus-value (surlongueurs,
épuisements, trépanage et même quantité d'armatures), voire à les évaluer
"pour mémoire" quitte à présenter ultérieurement rallonges et réclamations.
Cet écueil sera aussi redoutable lorsque le Maître d'Oeuvre choisira lui-
même, pour un projet sans variante, que lorsque les Entreprises auront à
faire des propositions techniques ou seront admises à envisager des variantes
larges. On se gardera à bon escient de la solution miracle qui coûte cher,
au bout du compte.

Il semble qu'une précaution élémentaire soit de se définir dès


l'abord la règle du jeu (méthodes de calcul autorisées, caractéristiques
du sol à prendre en compte dans les différents cas, ...) et de ne se pro-
noncer sur le coût d'une solution que quand on se sera persuadé qu'elle
est bien réalisable telle quelle ; étant donné la latitude qu'ont les
Entreprises pour la définition et le choix de leurs ouvrages provisoires,
une telle appréciation demandera bon sens, perspicacité et... opiniâtreté
pour se faire donner toutes explications nécessaires sur les moyens que
l'Entreprise compte mettre en oeuvre.

On n'oubliera pas que le lotissement des travaux de fondation et


le choix de solutions répétitives ou au moins homogènes conduira à des
réductions de prix et à une meilleure exécution.

En principe ce sera la solution comportant le niveau d'appui


le plus haut qui sera la plus économique (sous réserve des exceptions du
paragraphe 1 ci-dessus, liées en qénéral au procédé d'exécution). Notamment
le Maître d'Oeuvre devra prendre soin de ne pas se laisser imposer des
fondations surabondantes. Certaines couches superficielles ou proches de la
surface sont réputées, à tort, traditionnellement impropres à la fondation.
Même dans ces cas douteux, qui correspondent souvent à dp<^ formations loca-
les ou régionales, on conseille au Maître d'Oeuvre de profiter, le moment
venu, d'un ouvrage facile (soit particulièrement léger, soit à structure
s'accommodant de tassements importants, e t c . . ) pour le fonder superficiel-
lement, en accord avec le Laboratoire chargé de l'étude, quitte à prévoir
des relèvements d'appui. Des constatations seront alors particulièrement
utiles pour prendre une meilleure connaissance du sol considéré et permet-
tront souvent de modifier des idées a priori erronées.

La sécurité : Il s'agit de la sécurité intrinsèque que présente


la fondation choisie, une fois exécutée (La sécurité des biens et des per-
sonnes pendant l'exécution est examinée sous le titre "aléas" à l'alinéa
suivant). Il semble évident que cette sécurité intrinsèque dépend de deux
75

facteurs : d'une part le comportement p r é v i s i b l e de la fondation et d'autre


p a r t i e s d i f f i c u l t é s envisageables à l'exécution qui entraîneront un s u r c r o î t
de doutes sur la q u a l i t é de la r é a l i s a t i o n (et sa pérennité, entre a u t r e s ) .

Comme exemples du premier, nous pouvons citer :

- La résistance aux affouillements : elle sera d'autant meilleure


que l'appui sera plus massif et que la semelle (semi-profonde ou de liaison
de puits) sera implantée plus bas.

- La résistance aux chocs de bateaux : Elle sera meilleure si


la fondation est plus massive (inertie) et plus profonde (mise en butée
du terrain avoisinant sur une grande hauteur) et les voiles plus épais.
Dans certains cas on pourra s'abstraire de cette complication en prévoyant
des ducs d'Albe ou en écartant les appuis de la zone navigable.

- Les ancrages, qui sont forcément testés au-dessus de leur


charge nominale lors de la mise en tension, assurent une meilleure sécurité
que des pieux qui ne sont chargés que progressivement et incomplètement.

Les exemples du second facteur ne manquent pas :

- La qualité du bétonnage : le bétoh vibré et coulé à sec des


pieux préfabriqués sera plus sûr que celui des pieux forés exécutés en
place, surtout si les terrains sont boulants et les circulations d'eau à
craindre ; on peut en tout cas admettre pour lui des taux de travail plus
élevés en compression simple ou en compression par flexion.

- La présence de l'eau en fond de fouille : l'impossibilité


d'épuiser laissera sans renseignements sur le sol, donnera des craintes de
délavage du béton frais, entraînera souvent des éboulements de parois des
fouilles et, si elle se prolonge longtemps, une baisse des qualités géotech-
niques du sol porteur.

Les aléas : Bien que les ouvrages provisoires fassent partie


des moyens de l'entrepreneur (sauf mention explicite au marché - CPC ou
CPS), la Puissance publique ne peut pas s'en désintéresser dans la mesure
où leur rupture peut mettre en danger la vie des personnes et où un mauvais
fonctionnement peut jouer sur la qualité des ouvrages définitifs. Qu'il
s'agisse des échafaudages, des rideaux de palplanches de protection pendant
les travaux ou des moyens d'épuisement, le Maître d'Oeuvre, sans prétendre
viser tous les détails de calcul, devra s'assurer que le problème est solu-
ble et que l'Entrepreneur y met les moyens nécessaires (voir § c, p. 15).
Il ne devra d'ailleurs recevoir des réclamations ultérieures que si elles
sont motivées par des éléments réellement imprévisibles qui n'avaient pas
été mis en évidence lors de la reconnaissance.

La durée d'exécution : Cet élément devrait, en bonne logique, in-


tervenir dans la définition du coût global. Lors d'exécution d'ouvrages
près d'une voirie en circulation, c'est généralement l'exécution des fonda-
tions qui entraîne les gènes d'exploitation les plus grandes et les plus
coûteuses (exemple ralentissements de trains). Il est important de réduire
le plus possible la durée de ces phases ; voire d'adopter un type de fonda-
tion qui réduise ou supprime ces gênes. D'autre part, les fondations sont
le plus souvent sur le chemin critique de l'ouvrage, et même sur une opération
non ponctuelle, il y a toujours certains ouvrages sur le chemin critique de
la section auxquels ils sont intégrés ; c'est dire cju'un retard sur l'exécu-
tion des fondations pourra se reporter, intégralement ou en partie, sur
76 -

l'ensemble. Et comme les pénalités pour retard sont en général absolument


minimes par rapport à la gêne d'une prolongation du chantier (maintien de
c i r c u l a t i o n s p r o v i s o i r e s , coût pour l ' u s a g e r , . . . ) on devra se préoccuper
dès le début de l ' i n c i d e n c e d'un retard éventuel e t , quelquefois, c h o i s i r
en conséquence le type de fondation ou l e mode d'exécution.

Le coût pourra être repéré objectivement grâce à des estimations


comparatives avec usage de p r i x composés. L'incidence d'un retard pourra
dans certains cas être t i r é e de l'étude de r e n t a b i l i t é de l ' o p é r a t i o n e n t i è r e ,
En revanche la sécurité inhérente à chaque s o l u t i o n et les aléas possibles
à l'exécution ne pourront en général être c h i f f r é s et devront f a i r e l ' o b j e t
d'un jugement s u b j e c t i f .
Page laissée blanche intentionnellement
- 77

LZ.U - CONCEPTION DES FONDATIONS EN SITE AFFOUILLABLE

Il ne s'aait pas ici de la protection des ouvrages anciens ou


des berges mais uniquement de la conception des fondations d'ouvrages nou-
veaux. Dans ce cas la tendance actue\,le est de ne pas chercher particulière-
ment à éviter les affouillements mais d'envisagé»^ un dimensionnempnt des fon-
dations et des dispositions constructives particulières propres à assurer la
stabilité de ces fondations en toute circonstance.

Le paramètre de départ d'une telle étude est la profondeur maxi-


male d'affouillement (affouillement général plus affoui1lement local ; voir
à ce sujet une notice technique des Divisions d'Ouvrages d'Art du S.E.T.R.A.
en préparation); mais jouent aussi leur rôle les efforts sollicitant la fon-
dation et les problèmes d'exécution dus à :a nature mémo du site (aquatique).

.1. - Fondations superficielles sur massif de gros béton.

Dans ce cas on doit toujours se fonder suffisamment bas pour qu'en


aucun_cas le sol ne puisse s'affouiller sous la fondation.

Suivant la nature des terrains, différents cas peuvent se présenter :

1.1 - Bon terrain_{du_point de_vue géotechnigue]_mais affoui}lab]e_sur_une


gr§D^§_§paisseur.

Cela concerne principalement les sables et graviers ou ailuvions


avec ou sans galets, sols fréquemment rencontrés dans nos cours d'eau.

- Çhoix_du_niyeau_d^appui

Si l'on cherche à se fonder sur semelle, c'est que le sol présente


généralement d'assez bonnes caractéristiques à faible profondeur. Fréquemment
alors le niveau d'appui sera choisi en fonction_de_la_grofondeur_maxima]e
•^!§fl9yiU^[D§D^ à craindre. Bien que nécessaire, la vérification concernant
la oression admissible du sol sous la fondation sera alors le plus souvent
sati sfaite.

Compte tenu de la nature même des sols dont il est question dans ce
paragraphe, lfs_tassements sont pratiq'jement instantanés. Leur influence ne
conduira donc jamais à l'approfondissement du niveau d'appui.

Les calculs ne prennent en compte généralement que 1'affoui1lement


local engendré par la présence de la pile. Ceci est justifié si la partie
supérieure de la semelle est à un niveau égal ou inférieur à celui du fond
du lit après affoui1lement général.
Mais s'il n'en est pas ainsi, et que la fondation se trouve déterrée
d'une nauteur au moins égale ou supérieure à sa Jemi-largeur à la suite de
1'affoui1lement général, il est recommandé de considérer que 1'affoui11ement
local n'est plus celui engendré par la pile mais bien celui produit par la
fondation. Du fait que la largeur de la fondation est beaucoup plus impor-
tante que celle de la pile, et que sa forme, aénéralement rectangulaire, est
loin de présenter un profil hydraulique adéquat, 1'affoui1lement local en
sera notablement accentué.
Les fioure? 17 et 18 : ' ustrent ces remar-rjps.
78

fig: 17 fig:18

fond du lit après


affouillement général
•.-?•: ; o •A:''*i •

j^-:'y^

y^ : Affouillement local du à la présence de la pile


]/2 '• Affouillement local du à la présence de la semelle
- 79 -

Le procédé d'exécution classique des semelles en site aquatique


consiste généralement à couler celles-ci à "sec" (les éventuelles venues
d'eau étant évacuées par un pompage d'appoint), à l'abri d'enceintes étan-
ches constituées d'un batardeau en palplanches métalliques éventuellement
obturé à sa base par un massif de gros béton coulé à pleine fouille. Notons
que le battage des palplanches ne pose pratiquement pas de problème dans les
sols que nous considérons dans ce paragraphe , sauf si l'on risque de ren-
contrer de gros blocs ou tout autre élément dur tels des restes de maçonne-
rie, des troncs d'arbres etc....
Signalons aussi que pour les grands ouvrages, et davantage encore
pour les culées que pour les piles, le batardeau peut être réalisé en parois
moulées dans le sol lorsque de grandes profondeurs doivent être atteintes.

Il est souhaitable que les palplanches soient laissées en place,


pour assurer une protection supplémentaire contre les affouillements et pro-
téger le béton contre une éventuelle érosion. De même lorsque l'on veut faire
participer le batardeau à la reprise d'efforts horizontaux importants (chocs
ae bateaux par exemple).

1.2 - Terrain_inaffouinab]e_et_résistar!t_sgus_une_çouçhe
sô'i.affouiJÏaMe.

C'est le cas d'un substratum résistant-(marne compacte, calcaire,


craie, grès, etc....) à faible profondeur, recouvert d'une couche peu épaisse
de sol meuble (sables, sables et graviers, alluvions diverses, vase e t c . . ) .

' Çb02x_du_niyeaLJ_d^appui

Il ne faut pas néaliger l'appui sur le substratum, même si le sol


meuble n'est pas affouillable sur toute sa hauteur.

" Pi§PQ§itioris_construct2yes

Le principal problème concernant les batardeaux sera généralement


cel .'i lié à la poss-^bilité de battage ries pai pi anche:, dars le substratum,
nro'^lenp délicat sur lequel il est conse'ir.é de se penci^er au stade de
l'.-V\0., puiSTu'ii peut entraîner :e choix éventuel d'un autre type de
fondation.

Si la couche supérieure af foui 1 "i abl e est suffisamment épaisse pour


assurer la stabilité du batardeau aux différentes phases d'exécution de la
fondation et de l'appui, il n'y aura pas de difficultés de ce genre puisque
l'on n'aura pas besoin d'un encastrement important des palplanches dans le
substratum.

Si la couche affouillable est trop peu épaisse pour assurer la


stabilité du batardeau, il faut ancrer les palplanches dans le substratum.
Si cela n'est pas impossible dans certains cas de sols (calcaire fracturé,
marne, craie...) il sera toutefois nécessaire d'envisager le plus souvent
un essai de battage de palplanches et de s'orienter vers le choix d'un
module élevé.
on

fig : 19

Batardeau sur fond rocheux ( Pont de Bénodet )

Demi-gabarit pour mise en place des tubes-guides Immersion du demi-gabarit et des tubes-guides

Base du tube-guide scellé au départ du béton Mise en place d'une demi-ceinture

Ossature du batardeau terminé Mise en place des palplanches

( Photos du service des publications du L.C.P.C


81

Mais cette solution devient pratiquement impossible lorsque le


substratum est constitué d'un rocher dur et sain (ou s'il présente un pendage
important), et l'ancrage des palplanches dans ce substratum pourra rarement
dépasser quelques décimètres, quel que soit le module choisi. On peut dans
ce dernier cas surmonter cette difficulté en réalisant un batardeau autosta-
ble, dont la stabilité est assurée sans prendre en compte un encastrement
dans un rocher. Un exemple de ce procédé est donné par MM. LECAM, JEZEQUEL
et HENAULT dans un article du Bulletin de liaison des Ponts et Chaussées
(n= 35 - Octobre - Novembre 1971). fiq. 19 page 80.

.2. - Fondations profondes.

T'est l^instabil2té_]atérale, lorsque les pieux se trouvent


déterrés sur une longueur trop importante, qui reste la cause principale
de périssement des fondations profondes par suite d'affouillements.

A son tour l'instabilité latérale de la fondation peut être ramenée


aux trois causes principales suivantes : non justification dans l'hypothèse
de raffouillement prévu, sous-évaluation grave de ce dernier, ou encore
exécution défectueuse des pieux.

En tout état de cause il faut éliminer absolument .es pieux battus


dans les sols affouillabiés ; on dispose désormais de techniques plus sûres .
Cependant on n'oubliera pas que les puits même de gros diamètre et fortement
ferrailles sont des ouvrages relativement frêles. Souvent la condition de
résistance aux chocs de bateaux obligera à les éliminer.

2.1 - ^?D^§ï29D§_ProfODd§s_ancrées_au_substratum.

La cote de la base des fondations profondes, toujours à l'abri


des affouillements, sera déterminée pratiquement par des conditions de
mécanique des sols (encastrement, force portante).
Il peut s'agir de puits, ou de voiles de parois moulées,
rarement de pieux.

" Çt'oiî_de_]a_cote_de_la_semel le_de_l iaisgn

Suivant les cotes relatives d'affoui11ement et du fond du lit,


les conditions d'exécution (à terre, dans une enceinte artificielle, à
partir d'un ponton) et la cote de la base des fondations profondes, il
peut être possible ou non de placer la semelle de liaison au-dessous des
affoui1lements maximaux, de telle sorte que les puits soient totalement
à l'abri d'un dégarnissage.

Si c'est possible, le dimensionnement des appuis et des fondations


s'effectuera de manière classique, sous la forme d'un calcul dans lequel on
ne tiendra compte du sol que jusqu'à la limite inférieure d'affoui1lement.

Mais si les couches supérieures sont affoui11ables sur une grande


épaisseur,le choix d'une assise profonde pour la semelle de liaison entraînera
un coût prohibitif pour les appuis et les fondations (piles importantes, ba-
tardeaux profonds et très étayés...), et des difficultés d'exécution notables.
82

fig: 20

Affouillements autour d'une pile sur pieux

cotê~gu~lônd du lit
avant attouillement
83

Dans ce cas on pourra prévoir une semelle de liaison à une cote


supérieure à celle des affouillements maximaux à condition de justifier la
fondation dans l'hypothèse de 1'affoui11ement prévu, et de prévoir exclusi-
vement des puits de diamètre suffisant ou des barrettes offrant une bonne
résistance à la flexion et donc fortement ferrailles. Les dimensions minimum
dépêndant'dë"ïâ~nâtûrë~de l'ouvrage (valeur absolue des efforts horizontaux),
de la hauteur qui risque d'être dégarnie et de l'importance du cours d'eau.

" Qi§P?§iÎ29D§-Ç?D§^ryÇÎiyes

Du point de vue de l'exécution, il est particulièrement recommandé


de prévoir un çhemisage_des_guits sur toute la hauteur exposée aux affouille-
ments, dans le double but de Tes protéger contre une éventuelle érosion et
d'assurer une meilleure exécution. (Mais la chemise ne doit évidemment pas
être prise en compte dans le calcul de ferraillage des puits).

Notons que la réalisation d'un batardeau ou ses dimensions en plan


peuvent être conditionnées par l'exécution ultérieure de pieux inclinés.

Dans le cas le plus fréquent où la semelle de liaison est


exécutée à l'abri d'un batardeau, il est conseillé de ficher les palplan-
ches sous le niveau probable des affouillements et de laisser ces dernières
après recepage afin d'assurer une protection pendant et après les travaux.
Cependant, il peut être quelquefois préférable de protéger les puits contre
l'érosion par chemisaqe plutôt que de laisser des palplanches recépées ; c'est
évident quand la fiche du batardeau n'atteint pas la profondeur maximale
d'affoui1lement, c'est une question de prix quand le batardeau atteint ou
dépasse la profondeur maximale d'affoui1lement.
Notons que la présence d'un batardeau a tendance à augmenter la profondeur
des affouillements.

Il convient le plus souvent de laisser les palplanches en place


après recépage quand les conditions suivantes sont réunies :
leur pied est bien à l'abri des affouillements maximaux ; notons
que si, pendant la construction, on ne prévoit pas la crue la plus défavo-
rable vis-à-vis des affouillements, on garde une certaine marge.

la semelle de liaison des pieux est approximativement au niveau


atteint par les affouillements (protection supplémentaire, par exemple
lorsque l'on désire mettre les pieux totalement à l'abri des affouillements,
mais que l'on n'est pas trop sûr de la valeur de la profondeur maximum d'af-
foui1lement)
le prix supplémentaire est compatible avec l'importance de l'ouvra-
ge (influence du nombre d'appuis et des portées).

Dans le cas rare où l'or n'aura pas constitué de batardeau, et où


les puits (parfois de très grand diamètre) auront été exécutés à partir d'un
ponton à l'abri d'une aaine battue, la semelle de liaison pourra être en
partie préfabriquée et posée sur les têtes des puits en attente. Une telle
solution, qui suppose souvent que la rivière soit navigable, est justement
utilisée dans certains cas où un batardeau risquerait de constituer une gêne
au trafic des bateaux.

Il ne faut pas oublier que dans la plupart des cas où ils sont
envisageables, les puits forés peuvent être remplacés par des barrettes de
parois moulées. Celles-ci ne pourront évidemment pas être chemisées, ce qui
impose de disposer d'une aire de travail hors d'eau et de prévoir un recou-
vrement important des armatures. L'inertie importante des barrettes (suivant
leur forme) sera dans certains cas un avantage, par rapport à des puits de
même longueur.
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84

2.2 - P i e u x _ f l o t t a n t § .

Leur emploi est absolument déconseillé.


Ils ne doivent être employés que si les autres techniques sont
inabordables, et seulement avec l'aide de spécialistes.

,3. - Fondations massives sur caissons,

On veillera à ce que le niveau d'appui du massif soit totalement


9 l!§bri_des_affguillements et on justifiera la fondation dans l'hypothèse
de T'affouiTïement maximum.

Les fondations massives sur caissons présentent trois avantages


principaux dûs à leur caractère massif :

- compte tenu de leur surface d'appui assez grande au niveau du


sol porteur, elles peuvent ne transmettre à celui-ci que de faibles pressions,
et de ce fait convenir là où des pieux de même longueur ne trouveraient pas
une portance suffisante.

- par leurs dimensions relativement importantes elles peuvent


mobiliser une grande réaction des terres en cas de sollicitations horizontales
élevées.

- enfin elles possèdent une grande rigidité à la flexion.

Mais ces fondations présentent l'inconvénient d'être généralement


assez onéreuses et souvent d'une exécution délicate (respect des tolérances
d'implantation). Aussi convient-il de rappeler la solution élégante qui con-
siste à constituer une "boîte" ou caisson in situ en parois moulées dans le
sol. Elle impose de prévoir une base de départ hors d'eau, et reste toutefois
limitée économiquement par la hauteur d'eau et techniquement par le fait que
l'on ne peut pas toujours exécuter une paroi moulée à travers un remblai frais
ou des alluvions fortement perméables.

.4. - Cas particuliers.

4 . 1 - Cas des_culées.

Les indications fournies dans les paragraphes précédents concernent


pratiquement tous les appuis en site aquatique, mais il faut ajouter quelques
précisions spécifiques des culées.

La stabilité d'une culee pet't être mise en péril soit directement


par affoui 1lement général au pied du mur de front, soit par déqarnissage du
sol derrière la culée. Ce dernier cas peut être provoqué par l'érosion des
berges au cours d'une crue exceptionnelle ou l'instabilité de celles-ci à
la suite d'un affoui1lement a leur pied.
- 85 -

fig^21

Parafouille devant une culée

wrn^m^

\y V

Dessin de principe

La culée n'est pas a l'échelle


86 -

Deux cas peuvent pratiquement se présenter :

- La culée se trouve implantée suffisamment à l'intérieur de la


berge pour être totalement à l'abri d'un affouillement direct (cette dispo-
sition est souvent souhaitable) ; auquel cas seuls sont à assurer la stabi-
lité et la protection des berges. Pour les berges à talus il faudra donc
faire une étude de stabilité des pentes et assurer éventuellement leur pro-
tection par des gabions par exemple (lorsqu'il y a risque d'érosion). Dans
le cas où l'on prévoiera un mur de quai en béton armé ou e:" palplanches mé-
talliques par exemple, la protection de la berge contre l'érosion sera assurée
mais il conviendra de justifier ce mur dans l'hypothèse de 1'affoui1lement
maximum à son pied.

- La culée se trouve implantée de telle sorte que le mur de front


canalise pratiquement le cours d'eau ; auquel cas,aux vérifications et pro-
tections précédemment présentées et concernant les berges,il faut ajouter
celles concernant la culée elle-même :

. La culée et sa fondation doivent être justifiées, tant du


point de vue résistance en béton armé que résistance du so", dans l'hypothèse
de 1 'affoui11ement général maximum au pied du mur de front.

. 5i la fondation est du type peu enterrée ou massive, en


aucun cas son nivea.- d'appui ne doit être supérieur a celui atteint par
1'affoui1lement maximum, un parafouille ne pouvant donner toute la sécurité
exigée surtout si le sol sous la fondation est affouillable (cf. S.i.R.O.
page 52).

. Si la culée est fondée sur puits ou barrettes et que le


niveau d'assise de la dalle de liaison des pieux est légèrement supérieur
à celui atteint par 1'affoui1lement maximum, il est indispensable de prévoir
un parafouille solidaire de la culée, pour protéger le massif derrière cette
culée contre tout risque de dégarnissage par entraînement du sol. fia. 21.

Signalons que l'exécution du parafouille peut être empêchée par la


présence de pieux inclinés ; aussi sera-t-il indispensable de le prévoir dès
la conception des fondations, au staje ae l'A.P.D.

ÎJotons enfin que les éventuels batardeaux pour l'exécution de la


fondation et les protections des berges ( • gagions, rideaux de palplanches)
devront être prolonnés suffisamment loin pour éviter un dégarnissage au sol
derrière la culée. Dans ce cas une étude globale du lit est souvent utile,
avec rectification éventuelle ^calibrage du lit, épis,...) pour éviter de
concentrer le courant sur une des culées.

^•2 - ǧ§_des_ouyraqes hyjrauligues^en çaJrefermé.

De nomoreux ouvrages hydrauliques sont réalisés, après détournement


du cours a'eau, en cadre fermé (ouvrage-type PICF). Il est évidemment primor-
dial Que le radier ne soit pas affouillé par en dessous (niveau du radier,
murettes parafouille), ni les piédroits dégarnis du côté du remblai.

Le calioraae du lit latéralement et surtout en profondeur (avec


éventuellement un seuil à l^a:n0nt) sera facilité par "e détournement du cours
d'eau. Des murs en aile Dion orientes et fondes à une profondeur suffisante
auront une grande importance pour faciliter 1 ' écou"" ement et protéger le
remblai.
Page laissée blanche intentionnellement
ANNEXE

FICHES DE PIEUX

Les fiches qui suivent concernent, pour les quatre premières, des
procédés d'exécution généraux (pieux préfabriqués, battus moulés et forés)
et pour les suivantes des types de fondations profondes p a r t i c u l i e r s . Nous
n'avons pas cherché à être e x h a u s t i f s , ce qui a u r a i t été d i f f i c i l e en raison
du nrand nombre de brevets, procédés d'exécution et "tours de main" toujours
évoluti fs.

La présentation, volontairement ramassée, permet de préciser l e s .


principaux avantanes et inconvénients qénéraux de chaque type. Evidemment
le Maître d'Oeuvre devra f a i r e les adaptations nécessaires à ses besoins
compte tenu du s o l , de l'importance du l o t fondations, des délais d'exécution
et de la technici té de 1'entreprise.
II

PIEUX PREFABRIQUES EN BETON ARME

MIS EN ŒUVRE PAR REFOULEMENT DU TERRAIN

Avantages

courbe de battage
béton et armatures soignés et contrôlaolss
oas de risques de délavaqe par l'écoulemen
de 1 a nappe.
réal isation de pieux inclinés jusq'j'à
25 (éventuellement 30")
poss ioilité de mise en oeuvre partielle
par 1 an;age.
Caractéri stiques dime nsion des pieux assez petits pour avoi
des semelles économiques,
Section carrée ou circulaire 'le plus sou- taux de travail supérieur à celui des pieu
vent), hexaaonale ou octoaonale coul es en place,
(rarement;. poss ibilité de bulbes préfabriqués.
- Longueur couramment 20 mètres, (Si D est
la plus petite dimension)
/^ = 30 à 35 b (maxi 50 b) inconvénients
0 ^ 50 cm
contrainte anmissibie dans le béton 60 exine une appréciation assez sûre de la
80 oars longueur nécessaire, sinon complications
ciment : assez gênantes (entures difficiles et dema
- on doit tenir compte de 1' aaressi vi té dant un certain délai de durcissement)
des eaux. délai de durcissement, nécessité d'une air
- le surdosage entraîne une fraai1i té de manutention et stokaqe.
plus grande au battane. difficultés de manutention pour des pieux
dépassant 20 à 25 mètres de longueur,
- l'emploi de ciments de nature aiT- coût de déplacement du matériel croissant
férents da-.s un même pieu, notamment vite avec la longueur nécessitant alors
en cas d'e'tures, n'est admissible d'être amorti sur un nombre de pieux suffi
que dans la mesure où il n'y a pas sant,
incompatioi1ite entre ces ciments. nuissance de pénétration limitée,
- Armatures : les armatures lonnit.dina- risques de dégradation au battage,
les doivent autant que possible être risque de dégradation d'ouvrages voisins
d'une seule lonaueur. au battage.
encastrement da'iS le roc ,er généralement
négligeaole, mais cala '•; a d'importance
que si le pieu risque d'être cnassé en pie:
nécessité d'un récepage systématique en tête
I III
PIEUX , PUITS FORES EXECUTES EN PLACE
I
I
I
I
I
I
I
I
F
Caractéri stiques Avantages

Section circulaire : possibilité d'attein- - prélèvement d'échantillon remaniés


are de très qros diamètres - Dratiquement - adaptation de longueur facile (ni entures ,

I de 0,60 à 2,50 m.
Lono'jeur maximale . environ 20 m, jusqu'à
50 v:. avec certains matériels
ni pertes)
- pas de risque pour les ouvrages voisins
(pas de vibrations) sauf en cas de tré-

i
outil de Tcraae tarière, hammerarao, pannaae.
buckett, trépan...: foraqe a sec ou sous - peut traverser ou pénétrer en terrain dur
eau ou boje. par trépannaae.
en terrain sec ou peu aquifère ^ tuoaqe - dans les cas rares de bétonnaqe à sec, il
si terrains oo.ilants est théoriquement possible de constituer
t _
en terrain très aquifère . chemisage métal- des oases élaraies

I
i
lique ou foraqe à la boue
inclinaiscn ; jusqu^à 20 (12 ; environ
armatures lonqitjoinales aisposees dans
les zG"es soumises à la flexion. Dans ce
- pas d ' a i r e de p r é f a o r i c a t i o n .

I n c o n v é n i e n t s ou difficultés

I cas un certain minimum (section minimum


0,5 de la section de béton du pieu)
doit être remonté en tête,
Problèmes et a léas de oétonnage convenance
de la plasticTté du béton prêt à 1'emploi
après transpor t, délavage, ocl^^tion, dis-

t
armatures transversales : voir C"C fasci- continuités de oétonnaqe...).
cule 68. Art. 36. Aléas croissan ts à mesure que le diamètre
contrain+e moyenne admissiole du oéton : est plus qrand ( d i f f i c u l t é ce curage en
50 bars en nénéral (voir CPC fasc. 58). pied, durée du Détonnaqe, lourdeur des
I - contrainte maximale admissinle du béton :
cages d'arma tu res. . . ).

I
80 bars environ (en gênerai). Difficulté d'à rmer fortement,
Risque de mauv ai s enrobage des armatures
Danqer de mauv aise qualité de la boue d'où
On pOijrra eveituel 1 ement admettre plus éton et éooulements.
pol I ut ion du b
lorsque les pieux seront soumis à un Béton peu comp act (et taux de travail limi-
contrôle sérieux (carottaqe ou ausculta- te) si coulage sous 1'eau.
tion soniqje sur la hauteur du fût et Chemisaqe néce ssaire si cavités importantes.
en pied) sinon il faudra être prudent. Saleté du chan tier (bentoni te).

I
I
IV
CAS PARTICULIER DES BARRETTES ET PAROIS MOULEES

Outillage de Outillage de bétonnage


perforation

( d'après un document Soléta iche

Caractéristiques Avantages

Combinaison de sections circulaires ou en plus des propriétés des pieux et puits


oblongues, épaisseur : 0 ,60 à 1,20 m forés exécutés en place :
(1,50 exceptionnellement ) longueur ; - formes variées à l'infini (pas besoin
passes dt i,8C à 2,20. d ' incl iner)
Profondeur : jusqu'à 40 - 50 m - pas de risque pour les ouvrages voisins
Forage sous Doue avec ta rière, ham- (sauf décompaction éventuelle et ébQul<
mergrab, trépan... ments si perte de boue ou surcharge de
Mise en place préalable de murettes-guiaes boue insuffisante).
qui assurent le guidage et une surcharge de - emprise au sol faible
boue (au moins 1 m au-de ssus de la nappe). - grande souplesse d'exécution pour la lu
contrainte moyenne admis sible du béton : queur des plots des parois moulées (sui
5C oars en nénéral. vant les terrains et les surcharges, de
contrainte maximale admi ssible du béton : 2 à 8 mètres)
8G bars environ
caqes d'armatures ou pas (formes autosta- Inconvénients
blés) mais fers en atten te en partie supé-
rieure. en plus des propriétés des pieux et puits
Darrettes ; environ 40 k g/m3 à 50 kq/m3 exécutés en place :
(zone fléchie) - Problèmes et aléas de béton nage
parois moulées servant d e soutènement : - Aléas croissants à mesure q ue la longue
environ 50 kg/m2 de paro i, soit 80 kG/m3 des plots est plus grande ( durée du bét
de béton. nage, lourdeur de la cage d 'armature, I
viations à la verticalité.. •)
- Problème des joints entre p lots
- Risque de mauvais enrobage des armature
- Danger de mauvaise qualité de la boue
- Frottement latéral assez fa i b 1 e ( ma i s en
général compensé par la gra nde surface)
- ^ertes de boue et éboulemen t si cavités
importantes.
- Exécution le plus souvent i mpossible da
les remblais frais ou les s ois grenus
propres.
- Saleté du chantier (station de boue).

I
PIEUX EXECUTES EN PLACE

MIS EN ŒUVRE PAR REFOULEMENT DU TERRAIN

Caractéri stiques Avantanes

tube battu diamètre 30 à 80 cm avec pointe courbe de battaqe


ou base perdue adaptation de lonqueur facile ni entures
lomueur moyenne : 10 à 15 m ni pertes.
inclinaison jusqu'à 12" environ bases élargies facilement réalisables par
coulaae du béton à sec avec pilonnane damaqe du béton à la remontée du tube mai s
ou compression. la forme en est incontrôlable.
contrainte admissible dans le béton pieux pas d'aire de préfabrication •
à tube récupérés : 50 bars frottement latéral élevé
pieux à aaine perdue : 70 bars si béton béton réalisé à sec, comoact.
coulé à sec et vibré.
contraintes rapportées aux sections mini- inconvénients
males du fût :
Si la aaine est continue, c'est le dia- problème de bétonnaae : délavane par cou-
mètre extérieur qaine comprise. rants ascendants si la aaine est récupérée,
Si la qaine est discontinue, c'est la discontinuité, mauvais enrobage des armatu-
section du Dieu après bétonnaoe auqmen- res, striction ou désanrcaation à la re-
tée au plus de la moitié de la section montée du tube s'il n'y a pas de damaae.
annulaire de la qaine. risque de destruction de pieux voisins en
armatures longitudinales : disposées dans cours de durcissement (refoulement)
les zones nécessaires mais remontées jus- risques de vibrations pour les pieux ou
qu'en tète (0 12 mm, section totale ouvraqes voisins
0,5 °' de la section du béton du pieu) chemisaqe nécessaire si cavités importan-

I armatures transversales : voir CPC


fascicule 68, Art. 36.
tes
sensibilité du béton frais aux eaux aqres-
si ves
risques de déplacement des armatures
lorsque le béton est damé
risque de faux refus,
inclinaison limitée à 12°.
dif^'iculté d'arrachaqe du tube.
:

I
I
VI

PIEUX METALLIQUES

Pieu façonné à l'avance ou pieu nnixte, palpieu

bcton

j^vaiAv^^ff-y
^^J3^^T^
ww^^^^ WM.-.WfS^Km

Sable

;•(

I, terrain
comprime
y

T+ T

U-i
tube ouvert sabots

P^

Caractéristiques Avantaaes

Sections : Circulaire (pieu tube) ou conique courbe de battane


carrée (2 profilés IJ) sans sabot : pénétration facile ; peu de
polygonale quelconque (palplan- risques pour les ouvrages voisins.
ches assemblées par soudure). manipulation facile (peu fragile)
Diamètre équivalent : 30 à 80 cm résistance à la flexion élevée
Lonnueur maxi : 40 à 60 m entures faciles
- assemblage des tronçons par soudure ou limitation du frottement négatif
éclissaqe peut être facilement intégré à un rideau
- battus ouverts à la base ou avec un de palplanches (palpieux) pour le rigidi-
sabot soudé. fier.
- L'intérieur peut être soit laissé vide,
soit rempli de terre, soit partiellement Inconvénients
ou totalement bétonné.
- inclinaison jusqu'à 25° à 30°. risques de c o r r o s i o n , remèdes : protectio]
cathodique, m é t a l ! i s a t i o n , p e i n t u r e ,
frottement l a t é r a l u n i t a i r e f a i b l e
nécessité de curer pour les pieux ouverts
si l ' o n veut bétonner à l ' i n t é r i e u r ,
avec sabot : v i b r a t i o n s
ne pénètre pas dans le roche,
f r a g i l i t é des soudures au battane.
I VII

I PIEUX H

I { Profilé métallique )

I
I
I
I
I
I
I
I
I Caractéristiques Avantages

Sections : - en H résistance élevée à la compression et à


I - en I si 1 ' on dési re une n' us la flexion
nrande r é s i s t a n c e à la f l e x i o n dans un capacité de pénétration élevée
c e r t a i n sens peu d'influence sur les pieux ou ouvraoes
- rails voisins au cours du battaqe (non refou-
Lonqueur : de 10 à 24 m d'un seul te- lement)
nant, jusqu'à 60 m par éclissaae. courbe de battage (contrôle)
;
possibilité d'aunmenter la surface laté- manipulation et stokage faciles ,pieu
rale à la base au moyen d'ailes vertica- peu fraaile)

I les soudées.
possibilité de mise en place par vibra-
tion avec ou sans langage
battaae par tous les temps
limitation du frottement nénatif
inclinaison importante nossible dans
recépaoe au chalumeau certaines limites de lonaueur.

i: entures par éclisses ou soudure


base renforcée par des tôles soudées ou
ri vees.
Inconvénients
1 contrainte admissible : 8 ko/mm2 en géné- frottement latéral unitaire moins élevé

I ral, soit pour les sections courantes, une


force portante admissible comprise entre
40 et 150 tonnes.
surface de base très taible (risque de
poinçonnement)
risque de corrosion
remèdes : protection cathodique, métal-

I lisation, peintures, aciers spéciaux


(CORTEM) .
fragilité des soudures.

I dans les vases, risque de flambement non


nénlioeable si l'élancement est nrand.
vm

PIEUX FRANKI

Phases d'exécution d'un pieu Franki ( d'après un document FRANKI )

Caractéristiques Avantaaes principaux

Diamètres Lonaueurs Charges Outre les avantaqes divers des pieux b a t t us


usuels usuel les intrinsèques exécutés en place :
- Forte puissance de pénétration
40 15 m 50 à 60 tonnes - Rase élaraie facilement réalisable à
45 15 m 60 à 80 tonnes
la remontée du tube.
- Frottement latéral important
50 20 à 25 ri 80 à 90 tonnes - Intéressant lorsque l'on se trouve
55 20 à 25 m 90 à 100 tonnes
dans la nappe phréatique
- Eétonnage à sec par petites quantité
50 30 n (nax) 140 tonnes - Peut être utilisé pratiquement dans
tous les terrains moyennant certaine
Inclinaison : 25"" précautions.
Plus value de 30 à 50 ' pour chemisaae.
inconvénients
Les caqes d'armatures doivent être soudées
pour é v i t e r leur déaradation au pilonnaoe. Outre les inconvénients aénéraux des pieux
battus exécutés en place :
- Risques de dégradation des ouvrages
voisins et des pieux voisins (nécessi-|
té de carottaae).
- Di'f'fi cultes pour armer les pieux
inclinés (la cane d'armature risque
d'être abimée au pilonnane).
IX
PIEUX WEST
Pieu battu mixte

OUTRE LES AVANTAGES ET INCONVENIENTS PES PIEUX EXECUTES


EN PLACE MIS EN OEUVRE PAR REFOULEf-^ENT DU TERRAIN.

Caractéristiques Avantaaes
r- Poids des moutons Courbe de b a t t a a e c o n t i n u e
Eattaae avec sabot en béton armé non Ni e n t u r e ni recêpaqe
débordant. C o n t r ô l e v i s u e l de l ' i n t é r i e u r du p i e u
Lonoueur maximale : 20 à 25 m è t r e s . possible avant bétonnaoe.
- Inclinaison maximale : 20°. Matériel relativement mobile
Stokage facile mais encombrant
Bétonnaae à sec à la qoulotte
Di amètre Diamètre Lonnueur de Charae
de 1'élément
Hain de temps par rapport aux pieux préfc
extérieur maximum
1 ' âme de naine
briqués.
Recommandés dans le cas de couches de sur
1 50 cm 45 cm 1 m 110àl50t •face peu compactes surmontant un horizon
58,5 cm 38 cm 1 m BOàllOt dur dont la cote peut être variable.
45 cm 31 cm 1 m 60à 80t Intéressant lorsque l'on se trouve dans 1
3S cm 28 cm 1 m 40à 50t nappe phréatique.
1 Puissance de pénétration moyenne (dans Iç
Les aaines sont en béton armé ou en c a r i crê- cas de terrains difficilement pénétrables
te (béton e t f i b r e s de p o l y n r o D y l è n e ) . on peut réaliser un avant-trou en battam
L ' é t a n c h é i t é des j o i n t s e n t r e deux naines seul le mandrin)
est obtenue par i n t e r p o s i t i o n de masticon
La f o r c e p o r t a n t e e s t c a l c u l é e a p a r t i r 'nconvénients
de la formule de H i l e v
Puissance de p é n é t r a t i o n l i m i t é e
c f . DTU n= 13,2 a r t i c ' l e 3.134.
Résistance à l a f l e x i o n r e l a t i v e m e n t f a i t
Raines pas forcément étanches aux j o i n t s
On r i s q u e d'abîmer les gaines pour oasseï
une couche p l u s dure qui n ' e s t pas l a
couche de f o n d a t i o n .
Page laissée blanche intentionnellement
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I © 1993 SETRA - LCPC - Dépôt légal : 1976

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