Vous êtes sur la page 1sur 15

LE MOYEN AGE

LITTERAIRE
1. Périodisation

Du point de vue historique Le Moyen Age s’étend de la


chute de l’Empire romain de l’Occident (476) jusqu’à la
découverte de l’Amérique (1492) ou bine jusqu’à la prise
de Constantinople par les Turcs (1453).

Du point de vue littéraire le début du Moyen Age est


marqué par la première attestation écrite dans une autre
langue que le latin officiel (en langue romane qui
représente cette étape de transition vers le français),
« Le Serment de Strasbourg », 842, et s’étend jusqu’en
1515 (l’avènement de François I, roi éclairé,
parfaitement adapté aux exigences de la Renaissance).
Les XIVe et XVe siècles sont considérés par certains
comme une transition qui avait déjà créé les prémisses
de la Renaissance.

Pour Gaston Paris le Moyen Age proprement dit s’étend


de 842 à 1328 (avènement des Valois) tandis que le
XVe siècle et la première partie du XVIe siècle formaient
une sorte de Pré-Renaissance.
2. La monarchie franque. Les dynasties.

La dynastie mérovingienne dont le plus important


représentant est Clovis, roi de Francs, qui se convertit
au catholicisme par le baptême (496) et fonde ainsi les
bases d’une fraternité entre la France et l’Eglise qui
durera jusqu’à la révolution de 1789. A sa mort en 511,
se forment les trois royaumes mérovingiens d’Austrasie,
de Neustrie et de Bourgogne. Ses successeurs
consolideront et étendrons ces territoires.

En 687 Pépin de Herstal fonde la dynastie des


Pippinides qui a mis un terme aux conquêtes arabes
par Charles Martel et a démoli l’image d’invincibilité de
l’armée musulmane.
En 751 commence la dynastie carolingienne dont le plus
important représentant est Charlemagne considéré
aujourd’hui le « père de l’Europe ». Il monte sur le trône en
768 et règne pendant quarante six années en amenant son
royaume au rang des plus grandes puissances de l’Europe
occidentale.

La Renaissance carolingienne.
- La systématisation de l’enseignement
- La systématisation de la société féodale
- L’épanouissement de la vie, des arts et de la science

La dynastie capétienne fondée en 987 par Hugues Capet


s’éteint avec la mort le Charles IV le Bel, en 1328.
Commence la guerre de Cent Ans.
Louis IX surnommé Saint Louis (1226-1270) donna un
éclat à part à la monarchie française. Il régna plus de
quarante ans et le XIIIe siècle a été désigné aussi sous
le nom de « Siècle de Saint Louis », ou bien le « Temps
du bon Louis » en raison du prestige et de la
personnalité de ce monarque.

La fin du Moyen Age est dramatiquement marquée par


la Guerre de Cent ans (1337 - 1453) déclenchée entre
les rois français de la dynastie des Valois et les rois
anglais pour la possession du royaume de France.
3. L’enseignement
La première décennie du XIIe siècle consigne la
création de l’Université qui coïncide avec une
« renaissance » intellectuelle.
Universitas magistrorum et scolarium Parisiensium était
une fédération d’écoles, groupées par disciplines en
facultés.

Grâce à l’enseignement universitaire la science


s’imposera comme le troisième pouvoir dans le monde
médiéval après l’état et l’église.
Le caractère universel de l’uni-versité, reflet de
l’universalisme médiéval.
L’enseignement universitaire est structuré en sept « arts
libéraux » répartis en deux cycles :

- le « trivium » (grammaire, rhétorique, dialectique qui


s’intéresse à l’étude des œuvres de la latinité classique)

- le « quadrivium » (arithmétique, géométrie, astronomie,


musique)
4. Culture et civilisation

L’art roman/ l’art gothique.

- Le portail de Moissac ou l’abbaye de Cluny sont parmi les plus


fameux témoignages de l’art roman
- La cathédrale gothique - l’art ogival dans son entier : La cathédrale
de Chartres la Cathédrale Notre-Dame de Paris, les cathédrales
d’Amiens, de Bourges, de Strasbourg, de Beauvais, de Reims etc.

La courtoisie et la chevalerie .
5. Premières attestations documentaire
au niveau du littéraire
les « Serments de Strasbourg » (842),

la « Séquence de Sainte Eulalie » (881), le « Sermon sur


Jonas » (950) ;

la « Vie de Saint Léger » (Xe siècle),

la « Passion de Clermont » (fin du Xe siècle).

Ces documents renferment une double importance qui


relève l’une de la valeur littéraire et historique, l’autre de
la valeur linguistique.
5. Les trois grandes périodes littéraires

Le début, le milieu et la fin du Moyen Âge ont comme


correspondant au niveau de l’évolution littéraire et
artistique trois grandes périodes.

Chaque période littéraire porte comme trait pertinent la


constitution d’un certain genre.
La période héroïque, on trouve les chants rudes,
simples, grandioses, des plus vieilles épopées
chevaleresques, en particulier, « la Chanson de
Roland ». On pourrait rattacher les événements surpris
par le texte narratif aux mémoires des croisades que
Villehardouin, chevalier croisé et historien, donna en
français dans un style remarquable, mâle et simple.

La deuxième période, plus polie, plus élégante, est


représentée par le Grand Chant Courtois, la canso,
animée par la fin’amors dont les troubadours et les
trouvères se font les porte-parole. A l’intérieur de ce
courant prend naissance le roman (XIIe siècle) inauguré
par Chrétien de Troyes avec son cycle arthurien.
Les fabliaux, genre narratif bref, qui se situent à
l’opposée du genre « sérieux ». Le « Roman de Renart »
dont les premières branches datent de la seconde moitié
du XIIe siècle et se continuent jusque vers la seconde
moitié du siècle suivant est dû à plusieurs auteurs restés
anonymes.

Le genre dramatique représenté par le drame liturgique,


qui fut le premier théâtre médiéval né dans les églises.
Le XVe siècle représente le moment d’apogée du
théâtre.

En histoire, Joinville fait le document historique


transgresser les limites parfois rigides de la présentation
stricte des événements vers le récit aimable.
La troisième période connaît deux grands moments:

- l’un consacré au comique représenté par des farces,


des soties (sotties), ou des moralités : « La Farce du
Maître Patelin »;

- l’autre est marqué par la tristesse, par le sentiment


paralysant d’une existence vouée à la mort irrémédiable,
enfin, la mélancolie d’un monde en déclin.

Le « Roman de la Rose » qui, par ses parties écrites par


des auteurs différents (Guillaume de Lorris vers 1226,
puis Jean de Meun vers 1270) dans des registres
différents marque le passage à une période
« bourgeoise » qui allait « enterrer » tout cet idéalisme
fascinant digne des rêveurs impénitents.
- La poésie : Charles d’Orléans et François Villon au
crépuscule du Moyen Age.

Remarque : Le texte littéraire marque l’évolution du moi


qui passe de l’anonymat diffus à une prise de
conscience et à une subjectivité ferme et affirmée.

- En histoire, Froissart est considéré vers 1337 l’un des


plus importants chroniqueurs de l’époque médiévale qui
transforme la chronique latine en mémoire français.