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DIAGNOSTIC DE LA RÉSISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS GUIDE METHODOLOGIQUE CONFORME AUX EUROCODES

DIAGNOSTIC DE LA RÉSISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS

GUIDE METHODOLOGIQUE CONFORME AUX EUROCODES

Laurent-Pierre CULMINE

Eurocodes Calculs de structures Béton, acier, bois Règlement de Sécurité Ingénierie de la Sécurité Incendie
Eurocodes
Calculs de structures
Béton, acier, bois
Règlement de Sécurité
Ingénierie de la Sécurité
Incendie
Diagnostic d’ouvrages
Réparation après
incendie

DIAGNOSTIC DE LA RÉSISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS – GUIDE METHODOLOGIQUE CONFORME AUX EUROCODES.

RÉSUMÉ

Les Eurocodes sont applicables. D'un bout à l'autre de l'Europe, les bâtisseurs emploieront désormais le même langage, les mêmes codes de calculs. L'ingénieur européen a besoin d'un outil pour diagnostiquer la résistance au feu d'ouvrages existants aux Eurocodes. Dans chaque pays, les règlements de sécurité contre l'incendie imposent des résistances au feu minimales. Ce mémoire expose et explique les règlements français, ce qu'est un incendie et son développement. Les Eurocodes sont ensuite abordés, les généraux dont celui spécifique aux structures exposées au feu, puis les Eurocodes Béton, Acier et Bois. Le calcul à froid et en cas d'incendie de chacun de ces matériaux est présenté. Les méthodes de calcul rapides avec leurs abaques d'application sont expliquées, permettant de vérifier efficacement la stabilité au feu d'une structure. Pour chaque matériau, des exemples de calculs au feu sont détaillés. Les anciennes règles de calcul sont rappelées et comparées. L'ouvrage expose différentes méthodes d'auscultation et de réparation après un incendie. Des cas concrets de sinistres récents sont présentés. Une réflexion sur l'avenir de l'ingénierie de la sécurité incendie est aussi proposée. L'ingénieur dispose ainsi d'un soutien pour son projet de sécurité incendie, de la prise en compte des paramètres réglementaires jusqu'aux techniques constructives.

Mots clés : Eurocode, incendie, structure, acier, béton, bois, diagnostic, réparation

DIAGNOSIS OF THE FIRE RESISTANCE OF EXISTING BUILDINGS - METHODOLOGICAL GUIDE BASED ON EUROCODES

SUMMARY The Eurocodes are applicable. Throughout Europe, the builders will use henceforth the same language, even codes of calculations. The European engineer needs a tool to diagnose the fire resistance of buildings existing in the Eurocodes. In every country, the security regulations against the fire impose minimal fire resistances. This report exposes and explains the French regulations, what is a fire and its development. The Eurocodes are then approached, the generals of whom that specific in the structures exposed to fire, then the Eurocodes Concrete, Steel and Wood. The calculation in normal temperature and in case of fire of each of these materials is presented. The fast methods of calculation with their abacuses of application are explained, allowing verifying effectively the stability on the fire of a structure. For every material, examples of calculations on the fire are detailed. The former rules of calculation are called back and compared. The work exposes various methods of auscultation and repair after a fire. Concrete cases of recent disasters are presented. A reflection on the future of the engineering of the fire safety is also proposed. The engineer so has a support for his project of fire safety, the consideration of the statutory parameters up to the constructive techniques.

Keywords: Eurocode, fire, structure, steel, concrete, wood, diagnosis, repair

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier en tout premier lieu le CNAM, honorable institution créée en 1794 par l’abbé GRÉGOIRE et dont le but, splendide, est depuis son origine de diffuser au plus grand nombre le savoir scientifique : il enseigne à tous et partout (docet omnes ubique).

Merci à Messieurs KERN et MATHIEU pour votre constance et le sérieux de votre enseignement. Un immense merci à vous et aux autres enseignants du CNAM pour ces innombrables soirées et ces samedis passés à nos cotés, à nous éclairer sur la théorie, l’art et la pratique.

Merci à mes parents pour leurs valeurs. Et je les remercie affectueusement pour les promesses à tenir…

Merci à Marie-Lou et à Maxence, mes enfants, pour leur compréhension et pour la joie qu’ils distillent dans nos maisons.

Enfin, un doux merci à Marjorie, mon épouse, pour sa confiance et son soutien. Merci de m’avoir épaulé, aiguillonné quand il le fallait et toujours, toujours, de m’avoir aidé à croire.

Laurent-Pierre Culmine

lp.culmine@free.fr

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

AFNOR

Association Française de NORmalisation

BAEL

Béton Armé aux États Limites

BET

Bureau d’Etudes Technique

CdT

Code du Travail

CEE

Communauté économique européenne

CEN

Comité européen de normalisation

CF xh

Coupe Feu « x » heure

CSTB

Centre Scientifique et Technique du Bâtiment

CT

Contrôle Technique

CTICM

Centre Technique Industriel de la Construction Métallique

DTU

Document Technique Unifié

EC

Eurocode

ELS

État Limite de Service

ELU

État Limite Ultimes

ICPE

Installation Classée pour la Protection de l’Environnement

ERP

Établissement Recevant du Public

IGH

Immeuble de Grande Hauteur

ISO

Organisation internationale de normalisation

FCBA

Institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement

JO

Journal Officiel

NF EN

Norme Européenne et Française

PV

Procès Verbal

SF xh

Stable au Feu « x » heure

TERMINOLOGIE

Analyse linéaireCalcul prenant pour hypothèses que les matériaux respectent la loi de Hooke

et qu’ils sont soumis à des déplacements de faible amplitude.

Construction Tout ce qui concerne ou résulte des opérations de construction. Ce terme

recouvre les bâtiments et les ouvrages de génie civil. Il désigne les

constructions entières, incluant leurs éléments structuraux, non structuraux

et géotechniques

Contrôle Technique Rendu obligatoire pour certains ouvrages par la Loi Spinetta du 4 janvier

1978, il vise à prévenir les aléas techniques susceptibles d'entraîner des

sinistres, et de vérifier le respect des règles de l'art en matière de

construction.

Eurocodes

Normes européennes de conception, de dimensionnement et de justification

des structures de bâtiment et de génie civil.

Flash-over

Embrasement généralisé éclair qui se produit dans un local alimenté en

oxygène de façon continue. Le feu se propage soudainement d’un point à

l’ensemble du local. Il est à différencier du backdraft (retour de flammes) qui

s’obtient par un afflux soudain d’oxygène.

Massiveté Le facteur de massiveté est le rapport entre la surface exposée au feu et le

volume d’un élément

Ouvrage Résultat d’une construction

Public Ensemble de personnes pouvant évoluer librement dans un lieu considéré et

susceptibles de ne pas connaitre ce lieu.

Stabilité au feu Ce critère s’exprime uniquement en termes de temps. C’est la durée pendant

laquelle un élément résiste à un feu conventionnel sans ruine ou

déformation dommageable.

Structure Assemblage de pièces conçu pour supporter des charges et assurer un degré

suffisant de rigidité

A noter que l’on trouve un glossaire spécifique aux termes employés dans l’industrie du bois au chapitre 6.1 de ce document et que l’Eurocode 0, rappelé en annexe, définit les expressions utilisées aux Eurocodes.

Sommaire

Résumé

2

Remerciements

3

Liste des sigles et abréviations

4

Terminologie

5

Introduction

10

Chapitre 1

Le feu. L’incendie

12

1.1 Le triangle du feu

12

1.2 Développement du feu dans un local

13

1.3 Les étapes du feu

14

1.4 Les incendies célèbres

18

1.5 Les incendies en France en 2009

22

Chapitre 2

Résistance et réaction au feu

24

2.1 Évacuer et protéger…

24

2.2 Résistance au feu et Réaction au feu

25

2.2.1 Avant l’harmonisation européenne

26

2.2.2 Depuis l’harmonisation européenne

26

2.3

Réaction au feu

27

2.3.1 Les Euroclasses

27

2.3.2 Les essais de réaction au feu

28

2.4 Résistance au feu

30

2.5 Performance en résistance au feu

31

2.5.1 Justification de la résistance au feu par le calcul

31

2.5.2 Justification de la résistance au feu par essais

32

2.6

Les résistances au feu minimales réglementaires

35

2.6.1 Établissements recevant du Public (ERP)

36

2.6.2 Bâtiments soumis au Code du Travail avec dernier plancher à plus de 8m

37

2.6.3 Bâtiments d’habitations

38

2.6.4 Immeubles de grande hauteur (IGH)

38

2.6.5 Tunnels routiers

39

2.6.6 Tunnels autorisés au transit des matières dangereuses

39

2.7

Une nouvelle approche. L'ingénierie de la sécurité incendie

40

Chapitre 3

presentation des eurocodes

41

3.1 Un peu d’histoire récente

41

3.2 Nomenclature des Eurocodes

41

3.3

Mise en application des Eurocodes – Obligation de leur application

42

3.4

Principe de conception

42

3.4.1 Une démarche Qualité

43

3.4.2 Durée de vie - Durabilité

44

3.4.3 Méthodes probabilistes et semi-probabilistes

44

3.5

L’Eurocode 0 – Eurocodes structuraux

46

3.5.1 EUROCODE 0 : EUROCODES STRUCTURAUX

46

3.5.2 Termes et définitions

46

3.5.3 Les noms des variables

47

3.5.4 Exigences de base

48

3.6

Combinaisons de calcul. Méthode des coefficients partiels

49

3.6.1 Calculs aux ELU

50

3.6.2 Calculs eux ELS

51

3.7

Charges permanentes / Charges d’exploitation

53

3.7.1 Charges permanentes

53

3.7.2 Charges d’exploitation

53

3.8

L’Eurocode 1 partie 1-2. Actions sur les structures exposées au feu

54

3.8.1

Principe fondamental des calculs au feu

55

3.8.2

Feu normalisé – Courbe ISO 834

55

3.8.1

Combinaison de calcul au feu

56

3.8.2

Combinaison de calcul simplifiée

57

Chapitre 4

L’Eurocode 2 - Calcul des structures en béton

58

4.1 Les matériaux

58

4.2 Comparaison BAEL / EUROCODES

58

4.3 Enrobages

59

4.4 Principe de calcul aux états limites

59

 

4.4.1 Calcul aux ELU

60

4.4.2 Calcul aux ELS

60

4.5

Calcul du comportement au feu

61

4.5.1 Analyse par éléments

62

4.5.2 Combinaison de calcul

63

4.6 Méthode tabulée de calcul d’un poteau

63

4.7 Méthode tabulée pour le calcul d’un poteau

64

 

4.7.1 Dimensionnement des poteaux. Méthode A. Exemple de calcul

64

4.7.2 Dimensionnement des poteaux. Méthode B

67

4.8

Dimensionnement des voiles

68

4.8.1 Voiles non porteurs

68

4.8.2 Voiles porteurs

69

4.9

Vérification des poutres

69

Chapitre 5

L’Eurocode 3 - Calcul des structures en acier

72

5.1 Détermination de la température des structures métalliques

72

5.2 Détermination du flux thermique net

72

5.3 Détermination de la stabilité au feu

73

5.4

Présentation des méthodes de résolution

73

5.5 Facteur de massiveté (≠ massivité)

74

5.6 Calcul de la température d’échauffement

76

5.6.1 Propriétés thermiques de l’acier

76

5.6.2 Équations générales de l’échauffement de l’acier non protégé

76

5.6.3 Résolution graphique

77

5.7 Méthode de la température forfaitaire

78

5.8 Méthode du taux de chargement

79

5.8.1

Taux de chargement en situation d’incendie µ 0

79

5.8.2

Taux de chargement en conditions normales d’utilisation µ ELU . Exemple de

calculs.

79

5.9

Exemples d’utilisation des méthodes

83

5.9.1

Exemple d’utilisation de la méthode de la température forfaitaire

84

5.9.2

Exemples d’utilisation de la méthode du taux de chargement

84

Chapitre 6

L’Eurocode 5 - Calcul des structures en bois

86

6.1 Les termes et abréviations des charpentiers

86

6.2 Un matériau sensible à l'humidité

87

6.3 Classes d'emploi – Classes de service

88

6.4 Principe de calculs

88

6.4.1

Classes de durée de chargement

89

6.4.2

Classes de services

89

6.4.3

Influences de l'humidité et de la durée de chargement sur la résistance

90

6.5

Calculs aux Etats Limites

91

6.5.1 Calcul du bois aux ELU

91

6.5.2 Calcul du bois aux ELS

91

6.6

Incendie

91

6.6.1

Principe du calcul au feu

92

6.6.2

Calcul de la résistance mécanique R d

93

6.6.3

Calcul de la profondeur de carbonisation

94

6.6.4

Calcul de la résistance mécanique

95

6.6.5

Calcul des actions. Exemple de calcul

96

Chapitre 7

Présentation des règles anciennes de calcul au feu

97

7.1

Anciennes règles béton. Règles FB

97

7.1.1 Une méthode de calcul basée sur l'expérimentation

98

7.1.2 Méthode de calcul

99

7.1.3 Méthode de la distribution de la température dans le béton

99

7.1.4 Règles simples :

100

7.2

Anciennes règles acier. Règles FA

101

7.2.1 Une méthode de calcul basée -elle aussi- sur l'expérimentation

101

7.2.2 Principe de la justification

103

7.3

Anciennes règles bois. Règles BF

104

7.3.1 Un matériau combustible

104

7.3.2 Une vitesse de combustion connue

105

7.3.3

Méthode de calcul

106

 

7.3.4

Exemple de calcul

107

Chapitre 8

Méthodes d’auscultation et de réparation apres un incendie

108

8.1

Les méthodes d’auscultation du béton

108

8.1.1 Les méthodes destructives d’investigation du béton

108

8.1.2 Les méthodes non destructives d’investigation du béton

108

8.2

Les méthodes de réparation du béton

109

8.2.1 Projection de béton – Réparation du tunnel sous la manche

109

8.2.2 Reprise par fibres de carbone ou plats collés

112

8.3 Les méthodes de réparation de l’acier

112

8.4 Les méthodes de réparation du bois

112

Chapitre 9

Analyse de sinitres recents

114

9.1

Copropriété l'Îlot au 78 rue Paul Chevalier à Marseille. Structure Béton

114

9.1.1 Contexte réglementaire

114

9.1.2 L’incendie

114

9.1.3 Les mesures conservatoires

115

9.1.4 Le diagnostic de la structure

115

9.1.5 Étude structurelle de la reconstruction

116

9.1.6 Comparaison Eurocodes et

116

9.2

Cinéma du 72,74 et 76 La Canebière à Marseille. Structure Acier

119

9.2.1 Contexte réglementaire

119

9.2.2 L’incendie

119

9.2.3 Les mesures conservatoires

120

9.2.4 Le diagnostic de la structure

121

9.2.5 Étude structurelle de la reconstruction. Exemples de calculs

122

9.2.6 Comparaison des solutions

126

9.3

Immeuble du 38 bd Gambetta à Nîmes. Structure Bois

128

9.3.1 Contexte réglementaire

128

9.3.2 L’incendie

129

9.3.3 Les mesures conservatoires

129

9.3.4 Le diagnostic de la structure

129

9.3.5 Étude structurelle de la reconstruction

132

9.3.6 Comparaison des solutions

134

Conclusion

 

139

Liste des annexes

141

Bibliographie

177

Liste

des

figures

178

Liste

des

tableaux

179

INTRODUCTION

Les Eurocodes sont disponibles et, pour l'essentiel, applicables. L'ingénieur européen dispose ainsi d'un outil permettant de calculer les structures des ouvrages de façon uniforme dans tous les pays d'Europe. A quelques coefficients nationaux près, issus des habitudes fortes locales, le langage et le code de calcul des ingénieurs sera le même à travers toute l'Europe.

Il reste toutefois une spécificité que l'harmonisation européenne n'a pas abordée : c'est le champ de la sécurité incendie. Chaque pays, par ses Autorités de protection contre le feu, a encore son propre règlement de sécurité, imposant des mesures différentes pour chaque type d'exploitation. A la charge du Maitre d'Ouvrage ou de l'Exploitant de s'assurer que ce règlement est respecté.

Une partie primordiale du règlement français de sécurité contre l'incendie est axée sur la résistance au feu que doivent respecter les ouvrages. Que l'ouvrage abrite des logements, des établissements recevant du public ou des locaux pour travailleurs, chaque activité est recensée par le règlement qui impose des valeurs de résistance minimales dans le but d’évacuer et de protéger.

Le but de ce mémoire est de proposer à l'ingénieur un outil lui permettant de diagnostiquer la résistance au feu d'un ouvrage vis-à-vis des Eurocodes. Ce document lui permettra de répondre à ces deux questions : quelle stabilité au feu est requise et comment atteindre cette stabilité au feu?

Une première partie est consacrée au feu ainsi qu'à la Sécurité Incendie. On y trouve des données sur les incendies et comment un feu se développe. La différence entre la réaction et la résistance au feu est expliquée ainsi que les méthodes d'essais. Les différents Règlements de Sécurité contre l'incendie existants en France (ERP, bureaux, logements, IGH, tunnels routiers) sont détaillés et pour chacun, les stabilités au feu minimales sont énoncées.

La seconde partie traite des codes de calculs européens : les Eurocodes 0 et 1 qui expliquent comment déterminer les actions sur les structures et plus précisément la partie 1.2 qui traite des éléments exposés au feu. Puis l'Eurocode 2-Béton, l'Eurocode 3-Acier et l'Eurocode 5- Bois sont présentés de façon à ce que l'ingénieur dispose des bases pour dimensionner des éléments par les méthodes simplifiées. Des abaques et des exemples de calculs sont mis à la disposition pour des vérifications rapides. Les anciennes méthodes de calculs sont également rappelées pour les cas où l'ingénieur aurait à comprendre les calculs effectués par ses aînés.

La troisième partie de ce mémoire est destinée à la pratique : on y trouve différentes méthodes d'auscultation et de réparation des structures béton, acier et bois après un incendie. Trois exemples réels d'incendie ayant eu lieu récemment sont exposés. Ils sont l'occasion de donner des exemples complets de calculs menés aux Eurocodes, de dimensionner des solutions de réparation et de comparer les Eurocodes avec les anciennes règles de calcul.

Chapitre 1

LE FEU. L’INCENDIE

1.1 Le triangle du feu

La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la combustion est vive, elle se traduit par une flamme voire une explosion… La réaction chimique de combustion ne peut se produire que si l'on réunit trois éléments :

un combustible, un comburant, une énergie d'activation en quantités suffisantes. On représente de façon symbolique cette association par le triangle du feu.

façon symbolique cette association par le triangle du feu. Figure 1 – Triangle de feu Le

Figure 1 – Triangle de feu

Le combustible peut être, selon la classe :

Classe A : un solide formant des braises (bois, papier, carton, tissu, PVC, …) Classe B : un liquide ou solide liquéfiable (essence, gazole, huile, kérosène, polyéthylène, polystyrène, …) Classe C : un gaz (butane, propane, méthane, dihydrogène, …) Classe D : un métal (fer, aluminium, sodium, magnésium, …) Classe F : une huile (huile ou graisse végétale de cocotte minute ou friteuse) Ces quatre points correspondent respectivement aux quatre principales classes de feux A, B, C, D et F. On retrouve cette classification des classes de feu dans le Règlement de Sécurité contre l’incendie des Établissements Recevant du Public (ERP) [1] à son article MS38 §2. Le comburant est l’autre réactif de la réaction chimique. La plupart du temps, il s’agit de l’air ambiant, et plus particulièrement de l’un de ses composants principaux, le dioxygène. La réaction est déclenchée par une énergie d’activation. Il s’agit généralement de chaleur. Par exemple, ce sera l'échauffement du frottement dans le cas de l’allumette, le câble électrique qui chauffe, ou une autre flamme (propagation du feu), étincelle. Mais il y a d’autres façons de fournir l’énergie d’activation : électricité, radiation, pression… qui

permettront toujours une augmentation de la température. La production de chaleur permet à la réaction de s’auto-entretenir dans la plupart des cas, voire de s'amplifier en une réaction en chaîne. La température à partir de laquelle un liquide émet suffisamment de vapeurs pour former avec l'air un mélange inflammable dont la combustion peut s'entretenir d'elle-même est appelée point d'inflammation.

1.2 Développement du feu dans un local

Edward Hartin, dans sa série d’articles intitulée “Fire Behavior Indicators and Fire Development” [2] explique dans le détail le développement d’un feu dans un local :

Lorsqu'un feu n'est pas confiné, une grande partie de la chaleur produite par le combustible qui brûle s'échappe par rayonnement et convection. Pensez à une pile de palettes en bois, en feu sur une aire de stationnement ouverte (parking par exemple). Alors que vous pouvez sentir la chaleur radiante lorsque que vous vous approchez du feu, la convection éloigne la fumée et les gaz chauds vers le haut, loin des palettes en feu. Qu'est ce qui change lorsque le feu se produit dans un compartiment?

Dans un local, des éléments tels que les murs, le plafond et le plancher, absorbent une partie de la chaleur radiante produite par le feu. L'énergie calorifique radiante qui n'est pas absorbée est donc réfléchie, et continue ainsi à augmenter la température du combustible et la vitesse de combustion. La fumée et l'air sont chauffés par le feu et s'élèvent, pour entrer en contact avec des matériaux plus frais tels que le plafond et les murs du local. La chaleur est transférée par conduction, aux matériaux plus frais, augmentant ainsi leur température. Ce procédé de transfert thermique augmente la température de tous les matériaux présents dans le compartiment. Lorsque qu'un élément est chauffé, il commence à se décomposer par la chaleur (il pyrolyse). Le taux de pyrolyse peut atteindre le point où la combustion avec flamme pourra être possible et le feu se propagera. En plus du fait qu'ils contiennent de l'énergie calorifique, les feux en compartiments sont influencés par le profil de ventilation. La taille du local, le nombre et la taille des ouvertures qui peuvent fournir une source d'oxygène pour permettre une combustion continue, influencent également le développement du feu.

1.3

Les étapes du feu

Bien que les « étapes du feu » soient décrites différemment suivant les manuels des Services Incendie, le phénomène de développement du feu est toujours le même. En ce qui nous concerne, nous décrirons les étapes de développement du feu dans un local, par les termes suivants:

du feu dans un local, par les termes suivants: Naissance Croissance / Flashover Plein développement

Naissance

Croissance / Flashover Plein développement Déclin. Bien que nous divisions le développement du feu en quatre «phase», le processus réel est en fait continu, avec des «étapes» allant de l'une vers la suivante. Bien qu'en laboratoire il soit sans doute possible de définir clairement ces transitions, sur le terrain, il est souvent difficile de dire quand une phase est finie et quand la prochaine commence.

quand une phase est finie et quand la prochaine commence. Figure 1 - Les différentes courbes
quand une phase est finie et quand la prochaine commence. Figure 1 - Les différentes courbes
quand une phase est finie et quand la prochaine commence. Figure 1 - Les différentes courbes
quand une phase est finie et quand la prochaine commence. Figure 1 - Les différentes courbes

Figure 1 - Les différentes courbes d'évolution de feu

Figure 1 - Les différentes courbes d'évolution de feu Naissance : Cette étape du développement du

Naissance : Cette étape du développement du feu peut être définie de deux manières. La définition la plus simple est celle d'un petit feu qui n'a pas encore significativement affecté l'environnement intérieur du compartiment (chaleur, toxicité, visibilité). Les règlements de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) traitant de la protection contre les incendies (OSHA, 1993) identifient un feu naissant en termes de risques. Ce règlement indique qu'un feu dans son étape initiale ou «de commencement» est un feu qui peut être contrôlé ou éteint avec des extincteurs portatifs ou une petite

ligne d'eau (Ndt : Robinet Incendie Armé «RIA» que l'on trouve dans les magasins par exemple) sans avoir besoin de vêtements de protection ou d'appareil respiratoire. Revenons aux bases du comportement du feu : l'allumage exige de la chaleur, du combustible, et de l'oxygène. Dès que la combustion commence, le développement d'un feu naissant dépend en grande partie des caractéristiques et de la configuration du combustible impliqué (le feu est contrôlé par le combustible). L'air dans le compartiment fournit suffisamment d'oxygène pour permettre le développement du feu. Pendant cette première phase du développement du feu, la chaleur radiante chauffe le combustible proche et permet ainsi de poursuivre le processus de pyrolyse. Une colonne de gaz chauds et de la flamme monte du feu et se mélange à l'air plus frais de la pièce. Ce transfert d'énergie commence à augmenter la température globale de la pièce. Lorsque cette colonne thermique atteint le plafond, les gaz chauds commencent à se propager horizontalement au plafond. Il est difficile de définir précisément la transition qui suit la phase de naissance. Cependant, lorsque les flammes sont proches du plafond et que la couche de gaz chauds devient mieux définie et augmente en volume, on estime que le feu s'est déplacé au-delà de sa phase naissante et (si la quantité d'oxygène est suffisante) continuera à se développer plus rapidement. A cet instant le feu est alors une menace immédiate, dangereuse pour la vie et la santé (condition de type IDHL = Immediately Dangerous to Life and Health). Dès lors les conditions de sécurité définie par l'OSHA doivent s'appliquer, avec la mise en place de binôme et du principe «2 qui entrent pour 2 qui sortent».

binôme et du principe «2 qui entrent pour 2 qui sortent». Figure 2 - Répartition des
binôme et du principe «2 qui entrent pour 2 qui sortent». Figure 2 - Répartition des

Figure 2 - Répartition des masses d'air

Croissance : Comme le feu continue à se développer, le taux d'énergie libéré par le combustible en feu continue également à augmenter (si la quantité d'oxygène est suffisante). Bien qu'en réalité cela soit plus complexe, les températures des gaz dans le compartiment peuvent cependant être décrites comme existant sous forme de deux

couches: une couche chaude qui s'étend (descend) à partir du plafond et une couche plus

couches: une couche chaude qui s'étend (descend) à partir du plafond et une couche plus fraîche au niveau du plancher. En plus des effets liés au transfert de chaleur par le rayonnement et la convection décrit précédemment, le rayonnement de la couche de gaz chauds contribue également à chauffer les surfaces intérieures du compartiment et de son contenu (voir figure ci-dessus). Le volume et la température de la couche chaude de gaz augmentent et la pression fait de même. La pression plus élevée de cette couche chaude a tendance à la pousser vers le bas et à la faire sortir par les ouvertures. La pression de la couche de gaz plus froid étant moins importante, il en résulte un mouvement d'air vers l'intérieur du compartiment, en provenance de l'extérieur. A l'endroit où ces deux couches se rencontrent et que les gaz chauds sortent par une ouverture, la pression est neutre. L'interface des couches chaudes et fraîches de gaz est généralement désignée sous le nom de «plan neutre». Le feu peut continuer à se développer soit par propagation de la flamme ou par l'allumage d'autres éléments combustibles, présents dans le compartiment. Lorsque les flammes de la colonne de thermique atteignent le plafond, elles se plient et commencent à se répandre horizontalement. Les produits de pyrolyse et les sous-produits inflammables issus de la combustion incomplète, présents dans la couche de gaz chauds, prendront feu et prolongeront cette propagation horizontale au niveau du plafond. Ce phénomène, connu sous le nom de roll-over, et l'indicateur de l'imminence d'un Flashover (Ndt : il est bien question ici de l'inflammation des gaz et non pas du simple étalement des flammes au plafond). Le Flashover : C'est la transition soudaine d'un feu qui se développe vers un feu pleinement développé. Le compartiment subit alors un embrasement généralisé. Lorsque le Flashover se produit, il y a une transition rapide vers tous les matériaux combustibles contenus dans le compartiment. Les conditions pour le Flashover sont définies par une multitude de moyens différents. Cependant, en général la température dans le compartiment doit atteindre entre 500 à 600°C ou le flux de chaleur (mesure du transfert thermique) au plancher du compartiment doit atteindre 15 - 20 kW/m2. Il faut rappeler qu'une couche de gaz chauds à 500°C émet un flux thermique voisin de 20 kW/m2 et à 700°C d'environ 50 kW/m2 ; pour de telles conditions les brûlures vont apparaître en moins de 1 minute. En général, il est admis que le seuil de tenabilité pour les personnes est de 2,5 kW/m².

Quand le Flashover se produit, les gaz en feu s'échappent par les ouvertures du compartiment (tel qu'une porte menant à une autre pièce) à une vitesse importante. Mais le Flashover ne se produira pas systématiquement. Deux facteurs, en corrélation, ont une influence importante sur le développement d'un feu dans un compartiment. D'abord, le combustible doit avoir une énergie calorifique suffisante pour atteindre les conditions du Flashover. Par exemple, l'inflammation de plusieurs feuilles de journal dans une petite corbeille à papiers en métal a peu de chance de produire l'énergie calorifique suffisante pour développer des conditions de Flashover dans une chambre garnie de panneaux résistants au feu ! Par contre, l'inflammation d'un divan avec des coussins en mousse de polyuréthane, placé dans la même salle, permettra certainement d'atteindre ce seuil. Le deuxième facteur est la ventilation. Un feu doit avoir suffisamment d'oxygène pour se développer et atteindre le Flashover. Il est intéressant pour l’ingénieur généraliste ou le préventionniste de préciser le travail suivant : En modélisant le développement d'un feu dans une salle d'hôtel, Birk (cité par Grimwood, Hartin, McDonough, et Raffel, 2005) a déterminé que la fermeture de la porte empêche la pièce d'atteindre le Flashover (à condition que les autres ouvertures telles que les fenêtres demeurent intactes). Si la ventilation existe, mais qu'elle est insuffisante, le feu peut néanmoins entrer dans la phase de croissance et ne pas atteindre le pic de dégagement de chaleur d'un feu en plein développement.

Plein développement : À cette étape de post Flashover, le dégagement d'énergie est à son maximum, mais est À cette étape de post Flashover, le dégagement d'énergie est à son maximum, mais est généralement plus ou moins limité par la ventilation. Les gaz imbrûlés s'accumulent au niveau de plafond et brûlent fréquemment lorsqu'ils sortent du compartiment, produisant alors des flammes visibles par les portes ou les fenêtres. La température moyenne des gaz dans un compartiment pendant un feu en plein développement s'étend de 700° à 1200°C.

Déclin : Lorsque le combustible disponible est consommé, le taux de dégagement de chaleur diminue et le Lorsque le combustible disponible est consommé, le taux de dégagement de chaleur diminue et le feu peut alors retourner à un état de contrôle par le combustible en cherchant un équilibre avec la disponibilité en oxygène. Edward Hartin, dans sa série d’articles intitulée “Fire Behavior Indicators and Fire Development” [2]

1.4

Les incendies célèbres

L’histoire est ponctuée d’incendies célèbres et, malheureusement, toujours meurtriers :

- 1184 : Troie

et, malheureusement, toujours meurtriers : - 1184 : Troie Figure 3 - Miquel Bestard (1592-1633) L’Incendie

Figure 3 - Miquel Bestard (1592-1633) L’Incendie de troie. Majorque

- 480 : Incendie de l'Acropole d'Athènes

-47 : Incendie de la bibliothèque d'Alexandrie 64 : Grand incendie de Rome. Quatre quartiers seulement sur quatorze furent épargnés ; cet incendie fut si violent qu'il déclencha des phénomènes seulement reproduits par les bombes

incendiaires de la Seconde Guerre mondiale, comme les tempêtes de flammes.

la Seconde Guerre mondiale, comme les tempêtes de flammes. Figure 4 - L'Incendie de Rome (peinture

Figure 4 - L'Incendie de Rome (peinture d'Hubert Robert, le Havre, Musée des Beaux-Arts)

1423 : Incendie et mise à sac de Marseille par la flotte d'Alphonse V d'Aragon, qui ravage la

ville pendant quatre jours, faisant fuir les trois-quarts de la population et anéantissant l'habitat médiéval

1577 (20 décembre) : Incendie du palais des Doges à Venise, au cours duquel est détruite la

salle du Grand conseil, ainsi que de nombreuses œuvres d’art, signées notamment de Titien, Le Tintoret, Paul Véronèse, qui la décoraient.

1657 : Grand incendie de Meireki à Edo (Tōkyō), au Japon, dont les habitations en bois et les

temples furent détruits par le feu, qui provoqua la mort de 30 000 personnes

1666 (2 au 5 septembre): Le Grand incendie de Londres On estime qu'il a détruit les maisons

d’environ 70 000 des 80 000 habitants. Les pertes humaines furent très faibles, puisque seuls

quelques décès furent consignés, mais ce bilan a récemment été contredit en vertu du fait

que les morts parmi les pauvres et les membres des classes moyennes n’étaient consignées nulle part et que la chaleur du brasier a pu incinérer de nombreuses victimes sans laisser de cadavres identifiables.

1721 : Incendie de Montréal, détruisant la moitié de la ville et amenant l’intendant Michel

Bégon à interdire la construction de maisons en bois : désormais, les maisons devront être construites en pierre…

1755 (1er novembre) : Grand incendie de Lisbonne (Portugal) qui a duré trois jours.

Provoqué par un violent séisme, les feux de cheminées et les moyens d'éclairage de l'époque

ont embrasé les structures en bois des immeubles effondrés. Tremblement de terre, raz de marée et incendie consécutifs provoquèrent la mort de 30 000 à 100 000 personnes, selon les sources.

1834 (16 octobre) : Incendie du palais de Westminster à Londres, siège du Parlement

britannique.

1897

(4 mai) : Incendie du Grand Bazar de la Charité à Paris. 125 morts

1906

(18 Avril) : A San Francisco, à la suite d’un séisme de magnitude 8.5, des ruptures de

canalisations de gaz alimentent un incendie qui dura 3 jours. Le bilan, officiellement 452 victimes, est de nos jours estimé à 3 000 morts et 300 000 personnes sans abris.

Figure 5 - Incendie du palais de Westminster. William Turner 1921 (30 septembre) : Incendie

Figure 5 - Incendie du palais de Westminster. William Turner

1921 (30 septembre) : Incendie des célèbres magasins du Printemps, dont l'immeuble situé

boulevard Haussmann à Paris est entièrement détruit ;

1927

: Incendie du Laurier Palace à Montréal dans lequel périssent 78 enfants ;

1938

: Incendie des Nouvelles Galeries, sur la Canebière à Marseille : 75 morts ;

Galeries, sur la Canebière à Marseille : 75 morts ; Figure 6 - Photographie de la

Figure 6 - Photographie de la Canebière à Marseille

Figure 7 - Incendie des Nouvelles Galeries, sur la Canebière à Marseille 1942 : (28

Figure 7 - Incendie des Nouvelles Galeries, sur la Canebière à Marseille

1942

: (28 novembre) Incendie dans la boîte de nuit Cocoanut Grove à Boston: 492 morts ;

1947

(30 août) : Incendie d'un cinema à Rueil Malmaison. Sur 600 personnes présentes dans

la salle, l'incendie fit 87 morts et 27 blessés graves.

1961

: (17 décembre) : Incendie du chapiteau d'un cirque à Niterói (Brésil) : 323 morts ;

1967

(22 mai) : Incendie du magasin « Innovation » à Bruxelles (Belgique) : 322 morts ;

1970

(1er novembre) : Incendie du dancing le « 5-7 » de Saint-Laurent-du-Pont (Isère,

France) : 146 morts

1973

(6 février) : incendie du collège Edouard Pailleron à Paris : 20 morts dont 16 enfants ;

1999

(24 mars) : Incendie du tunnel du Mont-Blanc, qui dura 53 heures et provoqua la mort

de 39 personnes

2001 (11 septembre) : Deux avions sont projetés sur les tours jumelles du World Trade

Center (WTC) à Manhattan, à New York faisant 2 595 victimes dont 343 pompiers et 60 officiers de police.

2004 (30 décembre) : L’incendie du night-club República Cromagnon à Buenos Aires,

Argentine, tue 194 personnes et en blesse 714 autres.

2009 (1er janvier) : Un incendie dans la discothèque "Santika Club" de Bangkok provoqué

par des feux d'artifice fait 59 morts et 184 blessés

par des feux d'artifice fait 59 morts et 184 blessés Figure 8 - Les tourniquets de

Figure 8 - Les tourniquets de l'entrée, ultime vestige du « 5-7 », incendié en 1970 à St-Laurent-du-Pont.

1.5 Les incendies en France en 2009

Chaque année, la Direction de la Sécurité Publique publie les statistiques de l’activité des services d’incendie et de secours [3] :

En 2008, ce sont encore 402 personnes qui ont perdu la vie lors d’incendies. 80% de ces victimes se trouvaient dans leur logement.

Tableau 1 - Statistiques des incendies en France en 2008

Tableau 1 - Statistiques des incendies en France en 2008 DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU

Chapitre 2

RÉSISTANCE ET RÉACTION AU FEU

Le phénomène d’incendie et ses conséquences ont entrainé de la part des pouvoirs publics la mise en place de mesures. Ces mesures diffèrent selon les pays et les époques. On a pu voir par exemple que l’incendie de 1721 à Montréal a fait interdire la construction de maisons de bois. En France, à la suite des tragédies du Grand Bazar de la Charité (1897) et surtout des Nouvelles Galeries de Marseille (1938), les Autorités ont jeté les bases de ce qui concerne la sécurité contre l’incendie : le décret du 7 février 1941 qui mettait en place la commission centrale et les commissions consultatives départementales de sécurité [4].

2.1 Évacuer et protéger…

En France, c’est de façon règlementaire (que l’on peut opposer à l’approche par l’ingénierie) que les bâtiments sont conçus vis-à-vis de la sécurité incendie. Bien que le principe soit toujours le même – évacuer et protéger – les législateurs ont différencié dans leurs textes les principes de base de la sécurité incendie :

Pour les ERP, c’est l’arrêté du 25 juin 1980 qui définit les raisons pour lesquelles une structure doit résister au feu :textes les principes de base de la sécurité incendie : A son article CO11 on peut

A son article CO11 on peut trouver au § 2 en objet que « Les structures du bâtiment abritant un établissement recevant du public doivent présenter des qualités de résistance au feu afin de préserver la stabilité de l'édifice et de s'opposer à une propagation rapide du feu en cas d'incendie pendant le temps nécessaire à l'alarme et à l'évacuation des occupants de l'établissement et des locaux tiers éventuels situés dans le même bâtiment. ». C’est donc l’exigence de la stabilité au feu qui est mise en avant pour les ERP

Pour les bâtiments soumis au Code du Travail l’article du R. 4216-2 de ce code [5] exige que « Les bâtiments et les locaux soient conçus et réalisés de manière à permettre en cas de sinistre :de la stabilité au feu qui est mise en avant pour les ERP DIAGNOSTIC DE LA

1° L'évacuation rapide de la totalité des occupants dans des conditions de sécurité maximale 2° L'accès de l'extérieur et l'intervention des services de secours et de lutte contre l'incendie 3° La limitation de la propagation de l'incendie à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments. Pour les Codes du Travail, c’est plutôt l’évacuation des occupants qui est privilégiée.

plutôt l’évacuation des occupants qui est privilégiée. Pour les logements c’est l’arrêté du 31 janvier 1986

Pour les logements c’est l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié qui édicte les règles. On peut

y trouver en préambule le rappel des principes de base qui régissent la sécurité contre

l'incendie dans les bâtiments :

Celle-ci vise essentiellement à assurer aux personnes une protection efficace dans des

situations critiques et tend ainsi à prévenir les victimes multiples. Les trois catégories principales de dispositions et mesures sont les suivantes :

- des mesures de prévention évitant la naissance du feu, sa transmission vers d'autres

locaux ou vers les tiers si le foyer initial est intérieur, ou vers l'intérieur du bâtiment si le

feu provient de l'extérieur ;

- des dispositions concernant l'évacuation des occupants et leur protection par des

moyens incorporés au bâtiment ;

- des dispositions permettant l'accès aisé et l'intervention des services de lutte contre l'incendie.

Les législateurs ont tenu à rappeler deux spécificités des logements :

- les occupants connaissent les locaux, ce qui atténue en principe le risque de panique généralisée

- le risque est accru pendant les périodes de sommeil (découverte tardive) ; C’est la non-propagation du feu qui est mise en avant pour les logements

2.2 Résistance au feu et Réaction au feu

Il est indispensable de distinguer réaction et résistance au feu :

La réaction au feu est le comportement d’un matériau et éventuellement son apport en tant qu’aliment à l’incendie. comportement d’un matériau et éventuellement son apport en tant qu’aliment à l’incendie.

La résistance au feu est la durée pendant laquelle un élément pourra être efficace durée pendant laquelle un élément pourra être efficace

2.2.1

Avant l’harmonisation européenne

Pendant la période de transition que nous connaissons, on constate une cohabitation entre les textes nationaux et ceux européens qui sont édités. En France il existe deux groupes de textes :

Le premier groupe est composé d’arrêtés ministériels fixant, par types de bâtiment, les exigences minimales en degrés de performance au feu auxquelles doivent répondre les matériaux et les éléments de construction. Sécurité Incendie des ERP, CdT, Habitations, etc. Le second groupe est celui des arrêtés ministériels définissant les méthodes de justification de la performance au feu de ces matériaux et éléments de construction :

Réaction au feu : 21 novembre 2002 (JO du 31 décembre 2002) qui abroge l’AM de 06/83 Résistance au feu : 22 mars 2004 (JO du 1er avril 2004) qui abroge l’AM de 08/99 Performance des Toitures : 14 février 2003 (JO du 14 mars 2003) qui abroge l’AM de 09/70 Jusqu’à présent prévalaient les classements français : Classement M0 à M4 pour la réaction au feu et PF-SF-CF pour la résistance au feu.

2.2.2 Depuis l’harmonisation européenne

Aujourd’hui, nous sommes dans le cadre de l’harmonisation européenne. La Directive Produit de Construction (89/106 CE) a pour objectif de supprimer les entraves techniques aux échanges européens et harmoniser les dispositions et spécifications techniques en matière de construction :

- Libre circulation des produits de construction

- Garantir la sécurité des consommateurs et utilisateurs

- Elles définissent 7 exigences essentielles, dont celle relative à la Sécurité Incendie (les

autres exigences sont la stabilité et la résistance mécanique, hygiène-santé-environnement, énergie-économie, etc.)

En matière de sécurité incendie, les objectifs sont :

Assurer la stabilité des éléments porteurs pendant un temps déterminéEn matière de sécurité incendie, les objectifs sont : Limiter l’apparition et la propagation du feu

Limiter l’apparition et la propagation du feu et de la fuméedes éléments porteurs pendant un temps déterminé Faciliter l’intervention des équipes de secours Favoriser

Faciliter l’intervention des équipes de secoursl’apparition et la propagation du feu et de la fumée Favoriser la bonne évacuation des occupants

Favoriser la bonne évacuation des occupantsla fumée Faciliter l’intervention des équipes de secours Limiter l’extension aux ouvrages voisins DIAGNOSTIC DE LA

Limiter l’extension aux ouvrages voisinsde secours Favoriser la bonne évacuation des occupants DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES

Pour parvenir à ces objectifs, il a donc fallu adopter des méthodes identiques au sein de l’Union Européenne pour pouvoir classifier les produits, d’une part en matière de résistance au feu, et d’autre part en matière de réaction au feu

2.3 Réaction au feu

La réaction au feu peut être définie comme la contribution d’un matériau au développement d’un feu auquel il est exposé sous des conditions spécifiques : génération, propagation du feu et dégagement de fumées. Les paramètres à mesurer pour la réaction au feu sont : délai d’allumage, propagation Contribution énergétique du produit, Production de fumées et Éventuelle chute de gouttes et de débris enflammés. Jusqu’à présent les réactions au feu étaient classées de M0 à M4. Dorénavant, ce sont les euroclasses qui sont utilisées : sont définies 7 Euroclasses : A1, A2 B, C, D, E et F qui représentent la contribution énergétique sous des sollicitations thermiques graduelles. A cela s’ajoute un classement supplémentaire pour la production de fumée s1, s2, s3 On ajoute ensuite une précision concernant la production de gouttes enflammées d0, d1, d2 Pour les sols, on ajoute l’indice FL (floor) à l’euroclasse. La production de gouttes n’intervient alors pas.

2.3.1 Les Euroclasses

Les différentes euroclasses se résument ainsi :

Euroclasse F : aucune performance de réaction au feu déterminée Euroclasse E : produits capables de résister à l’attaque d’une petite flamme, sans propagation substantielle Euroclasse D : résiste pendant une période plus longue à l’attaque d’une petite flamme. Capable de subir l’attaque thermique issue d’un objet isolé en feu avec un dégagement calorifique retardé et limité. Euroclasse C : Idem D, avec critères plus strictes Euroclasse B : Idem C, avec critères plus strictes

Euroclasse A2 : classe B + faible contribution à la charge d’un incendie et au développement du feu dans le cas d’un feu très développé Euroclasse A1 : aucune contribution, y compris dans un feu entièrement développé. Censé satisfaire automatiquement aux autres classes inférieures. La production de fumée est classée :

s3 : aucune limite requise s2 : production totale de fumée et débit d’augmentation de la production de fumée limités s1 : critères plus stricts que pour s2 Concernant la production de gouttes enflammées, le critère supplémentaire est :

d0 : pas de gouttes enflammées d1 : pas de gouttes enflammées persistant plus de 10 s d2 : ni d0 ni d1; inflammation du papier à l’allumabilité

: ni d0 ni d1; inflammation du papier à l’allumabilité Figure 9 - Exemple de marquage

Figure 9 - Exemple de marquage CE

2.3.2 Les essais de réaction au feu

Les Euroclasses ont été construites à partir d’un scénario de référence qui représente la situation réaliste la pire qui est définie comme le « Départ d’un feu dans le coin d’une pièce, amené à se développer et finalement conduire à un embrasement généralisé ». Les essais

sont menés selon la norme ISO 9705. La chambre de combustion décrite dans cette norme est la suivante :

Figure 10 – Chambre d’essai de combustion ISO 9705 Les essais sont menés dans la

Figure 10 – Chambre d’essai de combustion ISO 9705

Les essais sont menés dans la chambre ISO 9705 pendant 20 minutes. Il y a 2 niveaux d’exposition durant chacun 10 mn : 100 kW et 300 kW. Puis on atteint le Déclenchement d’un flash-over ou 1000 kW. On mesure le temps pour atteindre le flash-over :

Euroclasse B : Pas de flash-over durant les 20 min Euroclasse C : flash-over après 10 mn Euroclasse D : flash-over après plus de 2 min Euroclasse E : flash-over avant 2 min Pour les euroclasses A1 et A2, d’autres critères sont mesurés tels que le potentiel calorifique supérieur.

2.4

Résistance au feu

La résistance au feu est définie dans les normes de base comme la capacité d’un élément de construction à remplir, pendant une période de temps déterminée, les critères spécifiés pour l’essai normalisé de la sécurité incendie par rapport à la fonction portante, l’étanchéité aux flammes et/ou l’isolation thermique. La résistance au feu est exprimée selon le système de classement de la décision Européenne 2000/367/EG (Décision de la Commission du 3 mai 2000 mettant en œuvre la Directive 89/106/CEE du Conseil en ce qui concerne la classification des caractéristiques de résistance au feu des produits de construction, des ouvrages de construction ou de parties de ceux-ci) avec un symbole suivi par le temps en minutes (15, 20, 30, 45, 60, 90, 120, 180, 240 ou 360 minutes) pour chaque critère de vérification dans la norme d’essai. Pour la fonction portante, on ne regarde que l’éventuel écroulement de la construction, indiqué par le symbole R, par exemple R60. La fonction séparatrice est déterminée par les critères de l’isolation thermique, désignée par le symbole I, et l’étanchéité aux flammes, désignée par E. Le critère pour l’isolation thermique est une augmentation de température limitée du côté non exposé au feu de l’élément séparateur de feu de 104° en moyenne et de 180° au maximum. En ce qui concerne l’étanchéité, il est regardé à la pénétration de flammes ou de gaz inflammables. Cette dernière est surtout pertinente pour les portes. Un produit qui dispose tant d’une fonction porteuse que d’une fonction séparatrice est jugé sur l’ensemble de ces 3 critères et obtient par exemple un REI60. Mais cet élément peut disposer d’une résistance au feu différente pour chacun de ces critères, par exemple R60 et

EI30.

Figure 11 - Représentation des résistances au feu [6] 2.5 Performance en résistance au feu

Figure 11 - Représentation des résistances au feu [6]

2.5 Performance en résistance au feu

Il existe deux moyens pour évaluer la performance en résistance au feu d’un élément de construction :

Par le calcul (avec les Eurocodes) Par des essais (dans un laboratoire agréé)

2.5.1 Justification de la résistance au feu par le calcul

Cette façon de justifier les éléments fait l’objet des chapitres suivants.

2.5.2

Justification de la résistance au feu par essais

La justification par essais concerne tous les éléments qui doivent impérativement résister au feu pendant au moins une durée fixée réglementairement :

feu pendant au moins une durée fixée réglementairement : Les éléments de second œuvre : cloisons

Les éléments de second œuvre : cloisons et portes (éléments pleins ou vitrés), planchers, murs

Les produits et systèmes destinés à protéger des éléments ou des parties d’ouvrages (par exemple des membranes (horizontales ou verticales), des produits de protection, de calfeutrement, etc) Les équipements de sécurité : ventilateurs, clapets, conduits, volets de désenfumage, etc. Les éléments de structure : poteaux, poutres, planchers, quand la justification par calcul n’est pas possible Les essais peuvent être réalisés dans des laboratoires agréés. A ce jour, seuls sont agréés les laboratoires suivants :

Efectis France filiale du CTICM Le CSTB Les essais sont réalisés dans des fours de dimensions maximales 6 x 5 x 8 m (l x h x p) :

des fours de dimensions maximales 6 x 5 x 8 m (l x h x p)
des fours de dimensions maximales 6 x 5 x 8 m (l x h x p)
des fours de dimensions maximales 6 x 5 x 8 m (l x h x p)
des fours de dimensions maximales 6 x 5 x 8 m (l x h x p)

Figure 12 - Four d'essais de résistance au feu

Figure 13 - Four d'essais de résistance au feu Les essais sur le produit donnent

Figure 13 - Four d'essais de résistance au feu

Les essais sur le produit donnent lieu à des PV expliquant les protocoles précis des essais et détaillant les résultats. L’Entreprise souhaitant utiliser ce produit doit alors respecter scrupuleusement les conditions des essais pour pouvoir justifier de la résistance au feu requise. En cas de dérive par rapport au PV, l’entreprise devra demander une extension de classement ou un avis de chantier ; il s’agit d’une procédure dérogatoire pour justifier de la résistance au feu d’un ouvrage. Cette procédure est typiquement française. Elle n’est pas harmonisée au niveau européen et ne peut être menée que par un laboratoire agréé français. Il revient en général au Contrôleur Technique de vérifier que l’Entreprise a respecté les conditions de mise en œuvre de l’élément.

Figure 14 - Essai de résistance au feu d’un poteau recouvert d'une peinture intumescente A

Figure 14 - Essai de résistance au feu d’un poteau recouvert d'une peinture intumescente

A noter que les revêtements de tunnel, à cause des véhicules susceptibles d’y brûler, font l’objet d’une courbe spécifique :

d’y brûler, font l’objet d’une courbe spécifique : Figure 15 - Courbe feu des revêtements de

Figure 15 - Courbe feu des revêtements de tunnel comparée à la courbe ISO 834

Figure 16 - Essai d'un bloc-porte en bois 2.6 Les résistances au feu minimales réglementaires

Figure 16 - Essai d'un bloc-porte en bois

2.6 Les résistances au feu minimales réglementaires

Les degrés de résistance au feu des éléments de construction sont définis dans l'arrêté du 22 mars 2004 relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et d'ouvrages. Voici les symboles adoptés au niveau communautaire en matière de résistance au feu :

Tableau 2 – Symboles européens des résistances au feu

R

Capacité portante

E

Étanchéité au feu

I

Isolation thermique

W

Rayonnement

M

Action mécanique

C

Fermeture automatique

S

Passage des fumées

G

Résistance à la combustion de la suie

K

Capacité de protection contre l’incendie

D

Durée de stabilité à température constante

DH

Durée de stabilité sous la courbe standard température-temps

F

Fonctionnalité des ventilateurs extracteurs de fumées et de chaleur

B

Fonctionnalité des exutoires de fumées et de chaleur naturels

Les classifications sont exprimées en minutes et non plus en heures, sauf indication

contraire.

Dans les règlements actuels, on trouve encore les anciennes notations :

- SF signifie « stable au feu »

- PF signifie « pare-flammes »

- CF signifie « coupe-feu »

Voici donc la correspondance entre l’ancienne et la nouvelle classification :

Tableau 3 - Correspondance entre les résistances au feu notation française et européenne

 

Capacité portante

Étanchéité au feu

Isolation thermique

R

E

I

SF

x

   

PF

x

x

 

CF

x

x

x

CF : REI si éléments porteurs sinon EI

PF : RE si éléments porteurs sinon E

2.6.1 Établissements recevant du Public (ERP)

Un ERP est classé, en fonction du public qu’il peut admettre, de la 1 ère à la 5° catégorie.

La réglementation impose qu’un établissement recevant du public doive être isolé de tout

bâtiment ou local occupé par des tiers afin d'éviter qu'un incendie ne puisse se propager

rapidement de l'un à l'autre.

Ainsi l'isolement latéral entre un établissement recevant du public et un bâtiment ou un

local contigu occupé par des tiers doit être constitué par une paroi CF de degré deux-

heures. Ce degré est porté à trois heures si l'un des bâtiments abrite une exploitation à

risques particuliers d'incendie.

A l’intérieur de l’établissement, on trouve les exigences suivantes pour les éléments principaux de l’ouvrage

Tableau 4 – Durée de résistance au feu minimale pour un ERP

   

Établissement

Catégorie de

l'établissement

 

Établissement

occupant entièrement le bâtiment

occupant

partiellement le

Résistance au feu

bâtiment

 

-

Simple rez-de-

Établissement à un

 

Structure SF 1/2 h

chaussée -

seul niveau

Toutes catégories

Plancher CF 1/2 h

 

-

Différence de hauteur

2 e catégorie

Structure SF 1/2 h

-

Plancher bas du

entre les niveaux

3 e catégorie

 

Plancher CF 1/2 h

niveau le plus haut

extrêmes de

4 e catégorie

situé à moins de

l'établissement

   

Structure SF 1 h

8 mètres du sol

inférieure ou égale à

1 re catégorie

Plancher CF 1 h

8 mètres

- Plancher bas du

-

Différence de hauteur

2 e catégorie

Structure SF 1 h

niveau le plus haut

entre les niveaux

3 e catégorie

Plancher CF 1 h

situé à plus de

extrêmes de

4 e catégorie

8

mètres et jusqu'à

l'établissement

 

Structure SF 1h1/2

28 mètres y compris

supérieure à 8 mètres

1 re catégorie

Plancher CF 1h1/2

2.6.2 Bâtiments soumis au Code du Travail avec dernier plancher à plus de 8m

Un bâtiment soumis au Code du Travail n’a pas d’exigence en ce qui concerne la résistance au feu des ses éléments si son plancher occupé le plus haut est à moins de 8m de haut par rapport à l’accès pompiers. A contrario, l’article R. 4216-24 précise qu’afin de prendre en compte l'augmentation des risques en cas de sinistre, les bâtiments dont le plancher bas du

dernier niveau est situé à plus de huit mètres du sol extérieur ont une structure d'une stabilité au feu de degré une heure et des planchers coupe-feu de même degré. Ils sont isolés de tout bâtiment ou local occupé par des tiers, au minimum par des parois coupe-feu de degré une heure ou par des sas comportant des portes pare-flammes de degré une demi-heure munies de ferme-porte et s'ouvrant vers l'intérieur du sas.

2.6.3

Bâtiments d’habitations

Les bâtiments d’habitations sont soumis à l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié. Ces bâtiments

sont classés, en fonction du nombre d’étages, de la 1 ère à la 4° famille. Les articles 5, 6 et 8 indiquent les résistances au feu qui doivent être respectées Article 5. Les éléments porteurs verticaux des habitations doivent présenter les degrés de stabilité au feu ci-après

Habitations de la 1 ère famille :

Habitations de la 2 ème famille :

Habitations de la 3 ème famille :

Habitations de la 4 ème famille :

¼ heure ; ½ heure ; 1 heure ; 1 ½ heure.

Article 6. Les planchers, à l'exclusion de ceux établis à l'intérieur d'un même logement

doivent présenter les degrés coupe-feu ci-après

Habitations de la 1 ère famille :

Habitations de la 2 ème famille :

Habitations de la 3 ème famille :

Habitations de la 4 ème famille :

¼ heure pour le plancher haut du sous-sol ; ½ heure ; i 1 heure ; 1 ½ heure.

Article 8. Les parois séparatives des habitations individuelles des première et deuxième familles jumelées ou réunies en bande doivent être coupe-feu de degré un ¼ heure. A l'exclusion des façades, les parois verticales de l'enveloppe du logement doivent être :

Habitations de la 2 ème et 3 ème famille : Coupe-feu de degré ½ heure ;

Habitations de la 4 ème famille : Coupe-feu de degré 1 heure.

2.6.4 Immeubles de grande hauteur (IGH)

Les immeubles de grande hauteur sont ceux dont la hauteur est ainsi définie :

mètres pour les immeubles à usage d'habitation.hauteur sont ceux dont la hauteur est ainsi définie : mètres pour les autres immeubles. 50

mètres pour les autres immeubles.: mètres pour les immeubles à usage d'habitation. 50 28 Ils sont soumis à l’ Arrêté

50

28

Ils sont soumis à l’Arrêté du 18 octobre 1977.

Larticle GH9 indique que la stabilité au feu des éléments de la structure de l'IGH (poteaux, poutres, planchers, etc.) doit être de degré deux heures au moins.

L’article GH10 précise, lui, que les parois séparant l'immeuble d'un parc de stationnement doivent être de degré coupe-feu quatre heures au moins et ne comporter aucune communication directe ou indirecte.

2.6.5 Tunnels routiers

Pour les tunnels routiers laissant transiter des véhicules légers et des poids lourds ne transportant pas de matières dangereuses, le degré de résistance au feu vis à vis de la stabilité mécanique a pour valeur de référence une heure et demie SF référence = 1h1/2

2.6.6 Tunnels autorisés au transit des matières dangereuses

Dans le cas des tunnels autorisés au transit des matières dangereuses, la résistance au feu des éléments de structure est vérifiée, quels que soient les matériaux utilisés, en utilisant à la fois :

la courbe ISO 834 pendant une durée maximale de quatre heures, la courbe hydrocarbure pendant une durée maximale de deux heures ; il y a lieu alors de

s’assurer du non éclatement du béton. Si celui ci n’est pas garanti, la justification de la résistance au feu sera apportée par la réalisation d’essais.(voir figure 15)

L'expérience a montré qu'un incendie de voiture dans un tunnel ne provoque généralement pas de dégâts aux structures. Par contre, un incendie de camion peut entraîner la destruction par fusion ou ramollissement de chemins de câbles en aluminium (température de fusion 650 °C) et une fissuration importante au droit du ferraillage de la dalle en plafond avec mise à nu des armatures. [7]. Un incendie long d'hydrocarbures pourrait menacer la structure principale. Des essais divers ont été réalisés pour simuler des cas réels d'incendie. On peut notamment citer ceux du Memorial Tunnel aux USA (1995) ainsi que ceux développés dans le cadre du projet EUREKA-FIRETUN (1994-1995). L'incendie du tunnel sous la Manche en 1996 présente également un grand intérêt.

2.7

Une nouvelle approche. L'ingénierie de la sécurité incendie

C’est le retour d’expérience qui a dicté les durées de stabilité au feu que l’on trouve dans les différents règlements. Il est important de préciser qu’il existe en ce moment des travaux novateurs pour mettre en place une véritable ingénierie de la sécurité incendie. Joël Kruppa, du CTICM, a publié en décembre 2008 dans le Moniteur du Bâtiment un plaidoyer très documenté engageant les pouvoirs publics à ne pas réclamer toujours plus de stabilité au feu (Voir l’annexe 2). Selon leurs promoteurs, le but de cette approche est de « développer en France la connaissance des méthodes modernes d’analyse de la sécurité des ouvrages en situation d’incendie. Ces méthodes sont qualifiées de « performancielles » par comparaison aux méthodes actuelles, essentiellement descriptives. ». On trouve de nombreuses informations concernant l’ingénierie de la sécurité incendie sur le site du CSTB dédié http://pnisi.cstb.fr.

Chapitre 3

PRESENTATION DES EUROCODES

3.1 Un peu d’histoire récente

Les Eurocodes sont nés d’un constat très ancien: dès 1971, la directive européenne 71/305/CEE avait identifié que la disparité des règlements nationaux était une entrave à la libre circulation des biens et des services [8]. Dès 1975 un collège d’experts est créé afin d’élaborer des règles de conceptions communes. Les premiers Eurocodes sont livrés au début des années 1980. En France, le Conseil général des ponts et chaussées leur a consacré de nombreuses séances. Un comité technique spécialisé, le CEN/TC 2520, a été chargé du processus de normalisation. A partir de 1990, les premières normes sont disponibles. En France l’AFNOR propose des règles expérimentales dont le symbole est XP. Ces règles étant provisoires, elles sont notées au niveau européen en ENV. C’est ainsi que 1991 voit sortir la XP ENV 1991 Eurocode 1 :

bases de calcul et actions sur les structures et Document d'Application Nationale. Lorsque les Eurocodes sont apparus suffisamment matures pour être diffusés, dans les années 1996-1998, il a été décidé que les États devaient rester souverains dans leurs applications. On a donc inclus aux Eurocodes des « paramètres déterminés au niveau national » (les NDP : nationally determined parameters)

3.2 Nomenclature des Eurocodes

Eurocodes structuraux - Bases de calcul des structuresdetermined parameters) 3.2 Nomenclature des Eurocodes Eurocode 0 Actions sur les structures Eurocode 1 Calcul des

Eurocode 0

Actions sur les structuresstructuraux - Bases de calcul des structures Eurocode 0 Eurocode 1 Calcul des structures en béton

Eurocode 1

Calcul des structures en bétonstructures Eurocode 0 Actions sur les structures Eurocode 1 Eurocode 2 Calcul des structures en acier

Eurocode 2

Calcul des structures en acierEurocode 1 Calcul des structures en béton Eurocode 2 Eurocode 3 Calcul des structures mixtes acier-béton

Eurocode 3

Calcul des structures mixtes acier-bétonbéton Eurocode 2 Calcul des structures en acier Eurocode 3 Eurocode 4 Conception et calcul des

Eurocode 4

Conception et calcul des structures en bois3 Calcul des structures mixtes acier-béton Eurocode 4 Calcul des ouvrages en maçonnerie Calcul géotechnique

Calcul des ouvrages en maçonnerieEurocode 4 Conception et calcul des structures en bois Calcul géotechnique Calcul des structures pour leur

Calcul géotechniquedes structures en bois Calcul des ouvrages en maçonnerie Calcul des structures pour leur résistance aux

Calcul des structures pour leur résistance aux séismesbois Calcul des ouvrages en maçonnerie Calcul géotechnique Calcul des structures en aluminium Eurocode 5 Eurocode

Calcul des structures en aluminiumCalcul des structures pour leur résistance aux séismes Eurocode 5 Eurocode 6 Eurocode 7 Eurocode 8

Eurocode 5

Eurocode 6

Eurocode 7

Eurocode 8

Eurocode 9

On trouve en annexe 1 l’état de leur nomenclature détaillée.

3.3 Mise en application des Eurocodes – Obligation de leur application

Une fois cet ensemble de règles élaboré, il reste à les mettre en œuvre. Les autorités françaises et allemandes ont décidé de passer à partir de 2005 à l’emploi systématique des Eurocodes pour les projets de ponts [8].

L'avant-propos de chaque Eurocode ou Partie d'Eurocode stipule que « toutes les normes nationales en contradiction devront être retirées au plus tard en mars 2010 ». Pour les marchés publics, il est obligatoire d'appliquer les normes françaises homologuées, et donc de se référer, lorsqu'elles existent, aux normes nationales transposant les Eurocodes. A ce propos l'observatoire économique de l'achat public (OEAP) vient de publier sur son site une recommandation sur l'utilisation des Eurocodes dans les marchés publics relatifs aux ouvrages de construction.

Quant aux marchés privés, l'application des Eurocodes est dans le principe volontaire. Les normes nationales transposant les Eurocodes seront pourtant un passage obligé pour diverses raisons. En particulier lorsqu'il est fait référence à la norme NF P 03-001 qui constitue le cahier des clauses administratives générales le plus utilisé en matière de marchés privés, l'application des normes françaises homologuées est rendue obligatoire. La norme s'analyse alors comme une règle imposée aux parties, c'est-à-dire qu'elles sont obligées de s'y conformer, faute de quoi leur responsabilité serait mise en jeu.

3.4 Principe de conception

Les principes généraux de conception et de calcul des constructions sont formulés dans l’Eurocode 0 : Base de calculs de structures.

La rédaction des Eurocodes distingue :

les principes d’application ≠ des règles d’application.

Dans le texte, on trouve l’indication (P) derrière le numéro de paragraphe pour les principes d’application . Ces principes sont intangibles : aucune alternative ne peut être proposée. principes d’application. Ces principes sont intangibles : aucune alternative ne peut être proposée.

Les règles d’application sont données en respect des principes qu’elles suivent. Elles n’ont pas le caractère règles d’application sont données en respect des principes qu’elles suivent. Elles n’ont pas le caractère intangible des principes et peuvent être remplacées par d’autres règles. La conformité au principe doit toutefois alors être démontrée et les qualités atteintes ne sauraient être inférieures à celles atteintes par les règles.

Il faut retenir que tous les Eurocodes utilisent la méthode de vérification aux états limites . états limites.

Ce sont les deux principes généraux suivants qui régissent les exigences de conception :utilisent la méthode de vérification aux états limites . Une structure doit, pour sa durée de

Une structure doit, pour sa durée de vie supposée, résister à toutes les actions prévisibles et rester adaptée à l’usage défini. (2.1(1)P)suivants qui régissent les exigences de conception : Des évènements tels que chocs, explosions ou erreurs

Des évènements tels que chocs, explosions ou erreurs humaines ne doivent pas endommager la structure de façon disproportionnée. (2.1(4)P) Les règles ouvrent la porte à la gestion de la fiabilité : on peut baisser les valeurs des pondérations dans les calculs en améliorant, par exemple, le contrôle de la qualité du projet ou de l’exécution.et rester adaptée à l’usage défini. (2.1(1)P) 3.4.1 Une démarche Qualité Les exigences pour la

3.4.1 Une démarche Qualité

Les exigences pour la construction s’expriment sous l’angle de la gestion de la qualité : ce sont les autorités publiques qui mènent une politique de gestion des risques. Ces autorités définissent des critères tels que des déformations maximales ou des occurrences de valeurs de contraintes dans la vie supposée d’un élément. La fiabilité structurale est définie comme « la capacité d’une structure ou d’un élément structural à satisfaire aux exigences spécifiées, y compris la durée d’utilisation du projet pour laquelle il a été conçu. La fiabilité s’exprime habituellement en termes de probabilités ». Les Eurocodes introduisent les notions de « niveau adéquat d'exécution des travaux » et de « gestion de la qualité ». L’assurance qualité vise en priorité à éviter les erreurs humaines, la fameuse « interface fauteuil-clavier ». La mise en œuvre d’une politique de la qualité demande qu’un PAQ (Plan

d’Assurance Qualité) soit élaboré, qu’il soit intégré au processus de fabrication et que l’ensemble des paramètres soit placé sous le contrôle du management du projet.

3.4.2 Durée de vie - Durabilité

La notion de « durée d’utilisation du projet » (2.3) introduite aux Eurocodes prévoit que

l’ouvrage bien entretenu n’a pas à être réparé durant des périodes données à titre indicatif :

10

ans pour des ouvrages provisoires

15

à 30 ans pour les bâtiments agricoles

50

ans pour un bâtiment courant

100 ans pour le génie civil

Lorsque le maitre d’ouvrage envisage une durée de vie supérieure, il devra améliorer les dispositions constructives, les protections, les propriétés des matériaux, la qualité de la main d’œuvre, le niveau des contrôles ou l’assurance qualité. La durabilité est également prise en compte. Au long cette durée, sa détérioration prévisible ne doit pas abaisser ses performances au-dessous du niveau escompté.

3.4.3 Méthodes probabilistes et semi-probabilistes

Dans la démarche probabiliste, on considère qu’un ouvrage est sûr si sa probabilité de ruine avant la fin de sa durée de vie est inférieure à une certaine valeur. L’idée de sécurité à 100% est donc écartée. Dans cette méthode, il convient d’analyser les variables aléatoires concernant tous les facteurs présentant un risque d’incertitude :

tous les facteurs présentant un risque d’incertitude : Caractéristiques des matériaux Dimensions des éléments

Caractéristiques des matériaux

Dimensions des éléments construits Charges variables (exploitation, température, climatiques…) En analysant les milliers de constructions réalisées et de chantier en cours, ces fonctions aléatoires sont tout à fait caractérisables. Il faut ensuite définir la probabilité acceptable de ruine. L’ordre est 10 -5 à 10 -6 .

de ruine. L’ordre est 10 - 5 à 10 - 6 . DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE
de ruine. L’ordre est 10 - 5 à 10 - 6 . DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE

Une fois ces variables établies, et après que les Autorités concernées aient donné leur aval

aux probabilités envisagées, le dimensionnement peut s’effectuer : en effet, l’Eurocode 0, à

son article 3.5(5), autorise explicitement d’user d’une telle méthode : il est loisible de baser

directement le dimensionnement sur des méthodes probabilistes.

La démarche semi-probabiliste se base sur des estimations des valeurs présentant des

risques d’incertitudes. On tient compte des dispersions statistiques connues : par exemple la

valeur caractéristique des actions climatiques est basée sur une probabilité de 0,02 de

dépassement de leur partie variable avec le temps, au cours d'une durée de référence d'un

an. Pour les matériaux, la valeur caractéristique correspond généralement à un fractile

spécifié de la distribution statistique supposée de la propriété concernée du matériau ou du

produit.

Pour les calculs, on introduit les coefficients partiels qui sont des retours d’expérience, de

campagnes d’essais ou de calculs de probabilités.

Pour expliciter la démarche, posons le problème de base pour lequel un ensemble d’actions

doit être inférieur à une résistance. Aux Eurocodes on note les effets des actions E et les

résistances R. On cherche à avoir E<R. Toutefois en raison des incertitudes sur ces valeurs,

les méthodes de calcul les plus simples minorent R d’un facteur arbitraire K. Le problème

revient à vérifier l’inégalité

De

son coté, la méthode probabiliste chercherait, elle, à

définir la probabilité p(E<R). La méthode semi-probabiliste est un compromis entre la trop

grande simplicité de la première méthode et la complexité de définir les variables aléatoires

décrivant les effets d’action et la résistance : elle détaille les différents cas d’actions

numérotés k et elle introduit des coefficients partiels gamma (γ). Il revient alors au projeteur

de vérifier les différents cas de

.

Au final il revient de vérifier que E fi,d ≤ R fi,d

Les Eurocodes 0 et 1 traitent le calcul des actions déterminant E f i , d fi,d

Les Eurocodes 2 à 6 traitent le calcul de la résistance R f i , d fi,d

3.5

L’Eurocode 0 – Eurocodes structuraux

Officiellement, la dénomination Eurocode 0 n’existe pas. On parle de EN 1990 pour la partie générale et elle est désignée en France sous la référence NF P 06-100. Toutefois, cette dénomination étant très utilisée, on l’adoptera. Cette norme est ainsi décomposée :

3.5.1

EUROCODE 0 : EUROCODES STRUCTURAUX

NF EN 1990

P06-100-1

P06-100-2

Bases de calcul des structures Annexe nationale à la NF EN 1990

NF EN 1990/A1 NF EN 1990/A1/NA

P 06-100-1/A1 P 06-100-1/A1/NA

Bases de calcul des structures Amendement A1 Annexe nationale à la NF EN 1990/A1

NF EN 1990

P06-100-1

Bases de calcul des structures

3.5.2 Termes et définitions

Le chapitre 1.5 de l’Eurocode 0 définit tous les termes qui sont utilisés généralement dans un projet. On y trouve entre autres les définitions suivantes qui précisent des concepts déjà bien connus :

La nature de la construction indique son utilisation prévue, par exemple bâtiment d'habitation, mur de soutènement, bâtiment industriel ou pont-route. Le mode de construction indique le matériau principal de la structure. Le procédé d'exécution est la méthode utilisée pour l'exécution, par exemple coulé en place. Une structure est un assemblage de pièces conçu pour supporter des charges et assurer un degré suffisant de rigidité. Les critères de dimensionnement sont les formules quantitatives décrivant les conditions à satisfaire vis-à-vis de chaque état-limite. Les situations de projet sont les ensembles de conditions physiques représentant les conditions réelles qui se produisent au cours d'une certaine durée pour laquelle il sera démontré par le calcul que les états-limites concernés ne sont pas dépassés.

Le dimensionnement en cas d'incendie représente le dimensionnement d'une structure en vue d'obtenir la performance requise en cas d'incendie. Les états-limites ultimes (ELU) sont les états associés à un effondrement ou à d'autres formes similaires de défaillance structurale. Il est précisé en note que cette notion correspond généralement à la capacité portante maximale d'une structure ou d'un élément structural. Les états-limites de service (ELS) sont les états correspondant à des conditions au-delà desquelles les exigences d'aptitude au service spécifiées pour une structure ou un élément structural ne sont plus satisfaites. On associe à ces ELS le critère d'aptitude au service qui est le critère de dimensionnement pour un état-limite de service. On trouve également des termes associés à de nouveaux concepts ou à des facteurs jusqu’à présents non considérés :

La durée d'utilisation de projet est la durée pendant laquelle une structure ou une de ses parties est censée pouvoir être utilisée comme prévu en faisant l'objet de la maintenance escomptée, mais sans qu'il soit nécessaire d'effectuer des réparations majeures. Le danger potentiel représente, dans le cadre des Eurocodes, un événement grave et inhabituel, par exemple une action anormale, une influence anormale de l'environnement, une résistance insuffisante ou un écart excessif par rapport aux dimensions prévues. La fiabilité est la capacité d'une structure ou d'un élément structural à satisfaire aux exigences spécifiées, y compris la durée d'utilisation de projet, pour lesquelles il ou elle a été conçu(e). La fiabilité s'exprime habituellement en termes de probabilité. Il est précisé en note que la fiabilité recouvre la sécurité, l'aptitude au service et la durabilité d'une structure. Enfin, ce chapitre définit des termes afférant à la vie et à la gestion de l’ouvrage :

3.5.3 Les noms des variables

Effets des actions E :à la gestion de l’ouvrage : 3.5.3 Les noms des variables E d Valeur de calcul

E

d Valeur de calcul de l'effet des actions

E

d,dst Valeur de calcul de l'effet des actions déstabilisatrices

E

d,stb Valeur de calcul de l'effet des actions stabilisatrices

Actions permanentes G :Valeur de calcul de l'effet des actions stabilisatrices DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES

G d Valeur de calcul d'une action permanente

G

k Valeur caractéristique d'une action permanente

G

kj Valeur caractéristique de l'action permanente j

Action variable Q :

Action variable Q :

Q

d Valeur de calcul d'une action variable

Q

k Valeur caractéristique d'une action variable individuelle

Q

k,1 Valeur caractéristique de l'action 1

k,i Valeur caractéristique de l'action i

variable dominante

Q

variable d'accompagnement

Action accidentelle

Action accidentelle

A

Action accidentelle

 

A

d Valeur de calcul d'une action accidentelle

Résistance RA d Valeur de calcul d'une action accidentelle R d Valeur de calcul de la résistance

R

d Valeur de calcul de la résistance

R

k Valeur caractéristique de la résistance

DéplacementsR k Valeur caractéristique de la résistance U Déplacement horizontal W Flèche verticale

U

Déplacement horizontal

W

Flèche verticale

L’annexe 3 reprend de façon exhaustive l’ensemble des termes utilisés dans les Eurocodes 1

à 9.

3.5.4 Exigences de base

La section 2 reprend les différentes exigences de base pour la conception et la réalisation

d’une structure :

Résistances aux actions prévisibles en vue de rester adaptée à sa destination

Résistances aux actions prévisibles en vue de rester adaptée à sa destination

Durabilité

Durabilité

En cas d'incendie, la résistance de la structure doit être de niveau approprié pendant la période de temps requise.L’endommagement doit être proportionné à des évènements tels qu’explosion, choc ou erreur humaine. Pour cela

L’endommagement doit être proportionné à des évènements tels qu’explosion, choc ou erreur humaine.de niveau approprié pendant la période de temps requise. Pour cela les législateurs ont privilégié certaines

Pour cela les législateurs ont privilégié certaines solutions : adapter le type de structure aux dangers potentiels ; utiliser un type de structure qui permet de « survivre » à la perte d’une partie de la structure ; prohiber les systèmes à rupture franche et soudaine ; solidarisation des différents éléments de la structure.

Il convient de choisir des matériaux et des dispositions constructives adaptés ; toutes les étapes de la conception à l’utilisation devront faire l’objet de contrôle.

Le contrôle est introduit au niveau de la supervision du projet; ainsi à chaque classe de fiabilité RC est associé un niveau de contrôle (inspection level ou IL) :

IL3 : RC3 IL2 : RC2 IL1 : RC1

Contrôle par une tierce partie Contrôle conforme aux procédures Auto-contrôle

3.6 Combinaisons de calcul. Méthode des coefficients partiels

L’Eurocode 0, dans son annexe A1, fournit des règles et des méthodes pour établir des combinaisons d'actions pour les bâtiments : il est en préalable rappelé que les combinaisons d’actions qui ne peuvent physiquement pas exister simultanément ne doivent pas être prises en compte. De plus, il est ensuite indiqué que deux actions variables au plus devraient être prises en compte dans les combinaisons d’actions.

3.6.1

Calculs aux ELU

Aux Eurocodes, 4 états-limites ultimes différents sont définis. Les ELU correspondent à la

vérification de la sécurité structurelle, c'est-à-dire à la défaillance de l’élément.

Chacun des ces 4 états doit être vérifié pour tout ouvrage:

EQU : Perte d'équilibre statique de ou d'une partie de la structuredes ces 4 états doit être vérifié pour tout ouvrage: STR : Défaillance interne ou déformation

STR : Défaillance interne ou déformation excessive de ou d'éléments la structurestatique de ou d'une partie de la structure GEO : Défaillance ou déformation excessive du sol.

GEO : Défaillance ou déformation excessive du sol.déformation excessive de ou d'éléments la structure FAT : Défaillance de la structure ou d'éléments

FAT : Défaillance de la structure ou d'éléments structuraux due à la fatigue.GEO : Défaillance ou déformation excessive du sol. En ce qui concerne la vérification de la

En ce qui concerne la vérification de la stabilité au feu, seuls les états EQU et STR sont à

vérifier.

La combinaison fondamentale ELU est Σ γ Gk + γQk,1 + Σ γ Ψ0 Qk

La combinaison accidentelle est Σ Gk + Ad + Ψ1 ou 2 Qk,1 + Σ Ψ2 Qk

Les coefficients partiels γ sont indiqués dans les deux tableaux n°5 et n°6.

Les coefficients partiels Ψi sont indiqués dans le tableau n°7

Pour la vérification de l’équilibre d’un élément (EQU), les coefficients partiels sont :

Tableau 5 - Coefficients pour les vérifications d'équilibre eux ELU

 

Coefficient

Valeur de γ

 

partiel

 

γ

Gk,sup

1,1

 

γ

Gk,inf

0,9

γ

Q1 défavorable

1,5

 

γ

Q1 favorable

0

Lorsqu’il s’agît de vérifier la résistance d’un élément (STR), les coefficients partiels sont :

Tableau 6 - Coefficients pour les vérifications structurelles aux ELU

 

Coefficient

Valeur de γ

 

partiel

 

γ Gk,sup

1,35

 

γ Gk,inf

1,0

γ

Q1 défavorable

1,5

 

γ

Q1 favorable

0

3.6.2

Calculs eux ELS

Les ELS correspondent à la capacité par l’ouvrage à fonctionner. Ils correspondent à la

déformation maximale admissible (ou une fissuration exagérée pour le béton). On divise les États Limites de Service en fonction de la fréquence d’apparition d’un phénomène :

la combinaison caractéristique est à considérer normalement pour les états limites à court terme, liés à une seule atteinte d’une certaine valeur. Cette combinaison rarede la fréquence d’apparition d’un phénomène : est : Σ Gk + Qk,1 + Σ γ

est :

Σ Gk +

Qk,1 + Σ γ Ψ0 Qk

la combinaison fréquente est à considérer pour des états limites à moyen terme. Cette combinaison fréquente est Σ Gk + Ψ1.Qk,1 + Σ Ψ2 Qk Σ Gk + Ψ1.Qk,1 + Σ Ψ2 Qk

la combinaison quasi permanente est à considérer pour l’étude des effets à long terme des actions, liés à l’atteinte d’une certaine valeur par ces effets pendant une longue durée (par exemple pour l’étude du fluage d’une structure en béton). Cette combinaison quasi-permanente est Σ G k + Σ Ψ 2 Q k . Σ Gk + Σ Ψ2 Qk.

Aux ELS, tous les coefficients partiels γ sont pris égaux à 1

Tableau 7 - Tableau des coefficients Ψ pour le bâtiment (valables aux ELU et aux ELS)

Ψ pour le bâtiment (valables aux ELU et aux ELS) Exemples de combinaisons : G s

Exemples de combinaisons :

G

sup est une action défavorable

G

inf est une action favorable

Vérifications d’un équilibre (EQU) aux ELU :

1,1 G sup + 0,9 G inf + 1,5 Q + 1,5 Ψ0 Qk

Vérification d’une résistance (STR) aux ELU :

1,35 G sup + 1,15 G inf + 1,5 Q + 1,5 Ψ0 Qk

Vérification d’actions géotechniques (GEO) aux ELU :

G sup + G inf + 1,3 Q + 1,3 Ψ0 Qk

On trouve dans le schéma suivant des exemples de combinaisons aux ELU, selon que le vent, la neige ou les charges d’exploitation soient le chargement dominant

les charges d’exploitation soient le chargement dominant Figure 17 - Exemples de cas de charge pour

Figure 17 - Exemples de cas de charge pour un bâtiment courant

3.7

Charges permanentes / Charges d’exploitation

L’Eurocode 1 définit la façon de calculer les actions sur les structures. La partie 1-1 de cet

Eurocode 1 regroupe les 2 familles d’actions : les charges permanentes et les charges

d’exploitation.

3.7.1 Charges permanentes

La partie 1-1 de l’Eurocode 1 traite de façon particulièrement complète les poids volumiques

des différents matériaux que l’on peut rencontrer dans les ouvrages. L’annexe A de cet

Eurocode (voir en annexe) récapitule ces valeurs

3.7.2 Charges d’exploitation

Les types d’usage ont été regroupés ainsi :

Tableau 8 - Décomposition de l'exploitation en catégories d'usage

Catégorie

Usage

A

Lieux de vie domestique. Habitation

B

Lieux de travail : bureaux

C

Lieux de réunion : salles de réunion, de spectacle, de sport…

D

Aires de commerce : boutiques et grandes surfaces

E

Aires de stockage : entrepôts et archives

F

Surfaces de stationnement et de circulation automobiles

G

Surfaces de stationnement et de circulation de camions moyens

H

Toitures inaccessibles

I

Toitures accessibles

K

Hélistations

On trouve en annexe les décompositions de chacun de ces types d’usage ainsi que les

valeurs des charges.

A noter que certaines de ces charges sont représentées par des intervalles. Ce sont les

vestiges des difficultés qu’ont eu les groupes de travail à s’entendre et l’impossibilité à

harmoniser ce qui représente des particularités locales. Sont précisées dans les annexes

nationales les valeurs adoptées en France.

Pour chaque type d’usage, on définit deux types de valeurs :

Une charge répartie q K exprimée en kN/m² et devant être appliquée sur l’ensemble de la surface concernée K exprimée en kN/m² et devant être appliquée sur l’ensemble de la surface concernée

Une charge ponctuelle Qk exprimée en kN permettant de vérifier les conditions de poinçonnementêtre appliquée sur l’ensemble de la surface concernée Les deux charges permettent des vérifications successives

Les deux charges permettent des vérifications successives et ne doivent pas être cumulées.

Exemples de charges :

Balcons d’habitation :

Commerces de détail courants :

q K = 3.5 kN/m² q K = 5 kN/m²

Qk = 2 kN Qk = 5 kN

3.8 L’Eurocode 1 partie 1-2. Actions sur les structures exposées au feu

Cette norme traite des actions thermiques et mécaniques sur les structures exposées au feu. On y trouve les méthodes de calculs de ces actions ; elle est destinée à être utilisée avec les autres Eurocodes qui, eux, définissent les règles de calcul de résistance au feu des structures

Dans une première partie sont redéfinis les termes tels que résistance au feu, fonction porteuse (R), étanchéité (E) et isolation (I), ou bien encore mur coupe-feu, etc.

On y définit ensuite les différentes étapes qui jalonnent une étude au feu :

sélection des scénarios de feu de calcul pertinents ;les différentes étapes qui jalonnent une étude au feu : détermination des feux de calcul correspondants

détermination des feux de calcul correspondants ;: sélection des scénarios de feu de calcul pertinents ; calcul de l'évolution de la température

calcul de l'évolution de la température à l'intérieur des éléments structuraux ;; détermination des feux de calcul correspondants ; calcul du comportement mécanique de la structure exposée

calcul du comportement mécanique de la structure exposée au feu.à l'intérieur des éléments structuraux ; On y définit également explicitement au chapitre 2.3 que

On y définit également explicitement au chapitre 2.3 que les actions sur les structures à partir de l'exposition au feu sont classées comme des actions accidentelles.

3.8.1

Principe fondamental des calculs au feu

La section 3 définit le principe fondamental des calculs au feu :

le transfert thermique (la chaleur…) se propage de l’incendie aux éléments structuraux par

deux moyens en plus de la conduction par contact des éléments entre eux. Le premier est la convection ; un corps qui se déplace emmène avec lui l'énergie qu'il contient. Le second est le rayonnement ; tous les corps émettent de la lumière, en fonction de leur température, et sont eux-mêmes chauffés par la lumière qu'ils absorbent. Il n’y a dans ce dernier cas, pas besoin de contact ou de support, le rayonnement pouvant se déplacer dans le vide. Dans le cas d’un incendie, l’élément qui se déplace et qui amène la chaleur est l’air chauffé par l’incendie pendant que les produits en train de bruler émettent un rayonnement. Les apports en chaleur sur un élément se déterminent donc en termes de flux. On définit ainsi le

flux thermique net à la surface de l'élément h net , qui s’exprime en Watt par m² [W/m²] et qui permet de calculer les actions thermiques. On doit pour cela tenir compte du transfert

thermique par convection h net,c et du transfert thermique par rayonnement h net,r . Alors il vient simplement que le flux thermique est :

h net = h net,r + h net,c

Le restant de la section définit la façon de calculer ces flux et les courbes température/temps dans le cas suivants :

feu normaliséet les courbes température/temps dans le cas suivants : feu extérieur feu d’hydrocarbures 3.8.2 Feu normalisé

feu extérieurtempérature/temps dans le cas suivants : feu normalisé feu d’hydrocarbures 3.8.2 Feu normalisé – Courbe ISO

feu d’hydrocarburesdans le cas suivants : feu normalisé feu extérieur 3.8.2 Feu normalisé – Courbe ISO 834

3.8.2 Feu normalisé – Courbe ISO 834

Pour les différentes méthodes de calcul et de résolution abordées dans cet ouvrage, c’est la courbe dite conventionnelle que nous utiliserons. La courbe température-temps conventionnelle, dite ISO 834, est définie dans l’arrêté du 21 Avril 1983. Elle est représentée sur la figure suivante et définie par l’équation suivante :

T = T0 + 345 log (8t + 1)

T est la température (°C) et t le temps (min) et To la température ambiante initiale.

Figure 18 - Courbe "ISO 834" Température-Temps Cette courbe peut se détailler dans le tableau

Figure 18 - Courbe "ISO 834" Température-Temps

Cette courbe peut se détailler dans le tableau suivant :

Tableau 9- Température en fonction du temps - ISO 834

temps (min)

température (°C)

0

20

15

739

30

842

45

902

60

945

75

979

90

1006

105

1029

120

1049

135

1067

150

1082

165

1097

180

1110

195

1122

210

1133

225

1143

240

1153

3.8.1 Combinaison de calcul au feu

La section 4 de l’Eurocode 1 partie 1-2 intitulée « Actions pour l'analyse structurale » précise la façon dont les combinaisons doivent être calculées. Il y est précisé que pour obtenir les effets voulus des actions E fi,d,t pendant l'exposition au feu, il faut combiner les actions mécaniques pour les situations de calcul accidentelles.

La valeur représentative de l'action variable Q 1 peut être considérée comme la valeur quasi- permanente ψ2,1Q 1 ou bien comme la valeur fréquente ψ1,1Q 1. L'utilisation de ψ2,1Q 1 est recommandée par les Eurocodes. Toutefois, il faut bien noter qu’en France, la valeur représentative de l’action variable Q1 est considérée comme la valeur fréquente ψ1,1Q 1

3.8.2 Combinaison de calcul simplifiée

Afin de simplifier les calculs, on peut déterminer simplement les actions en situation d’incendie noté E fi,d à partir des actions en température normale noté E d ainsi :

E fi,d = µ fi

. E d

Où µ fi est défini dans les Eurocodes des différents matériaux et est voisin de 0,65

Chapitre 4

L’EUROCODE 2 - CALCUL DES STRUCTURES EN BÉTON

L’Eurocode 2 est constitué de 8 parties (voir en annexe) dont les parties 1.2 et 1.2/NA qui expliquent les façons de calculer au feu les ouvrages en béton. A noter que le site internet ba-cortex [9] propose une série de cours en ligne pour permettre l’apprentissage de l’utilisation de l’Eurocode 2.

4.1 Les matériaux

L'Eurocode béton (EC2) s'applique aux bétons de résistance allant de 20 MPa jusqu'à 95 MPa (et inclut donc les bétons hautes performances), de masse volumique comprise entre 2000 et 2600 kg/m3 (cf. norme NF EN 206-1). Le béton léger est traité à part (chap. 14 de l'EC2). Les bétons de fibres ne sont pas couverts.de l’utilisation de l’Eurocode 2. 4.1 Les matériaux L’EC2 s’applique pour des aciers à haute adhérence

L’EC2 s’applique pour des aciers à haute adhérence dont la limite d’élasticité est comprise entre 400 et 600 MPa.de l'EC2). Les bétons de fibres ne sont pas couverts. 4.2 Comparaison BAEL / EUROCODES Les

4.2 Comparaison BAEL / EUROCODES

Les Eurocodes n’étant pas nées ex-nihilo, leurs concepteurs se sont largement inspirés des méthodes de calculs aux états limites existantes pour établir ces nouvelles règles. On peut trouver toutefois des différences majeures entre cet Eurocode Béton et notre BAEL 91 modifié en 1999. Dans son ouvrage sur le sujet, Henry Thonnier fait une comparaison rapide:

Similitudes :sur le sujet, Henry Thonnier fait une comparaison rapide: On conserve les états limites ELS et

On conserve les états limites ELS et ELU, les coefficients 1,35 et 1,5 pour les charges permanentes et variables et 1,5 et 1,15 pour les matériaux béton et acier et le diagramme parabole rectangle

Différences regrettablesbéton et acier et le diagramme parabole rectangle ≠ Le calcul des poutres et des dalles

Le calcul des poutres et des dalles entre nus des appuis

Le calcul des poutres continues avec la méthode de Caquot

Le calcul simple des poteaux l<70 ( Nu = a [Br Fc 28 complexes en flexion composée

le calcul simplifié des panneaux de dalles rectangulaires

],

remplacé par des méthodes

Les changements importants sont :de dalles rectangulaires ], remplacé par des méthodes DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES

le calcul des poutres et des dalles avec portée à l'axe en retenant le moment au nu de l'appui

le calcul des poteaux

le calcul des longueurs d'ancrage et de recouvrement devient complexe

la disparition du coefficient 0,85 pour le béton aux ELU

On peut également ajouter les deux points suivants :

Un nouveau concept de classes d’exposition gouverne la maîtrise de la fissuration et de la durabilité des ouvrages.

On doit ajouter à l’enrobage minimal c min une tolérance D cdev (0 à 10 mm).

4.3 Enrobages

Avec l’apparition de le norme sur les bétons NF EN 206.1, il est devenu possible d’affiner les exigences d’enrobage des armatures. On trouve ainsi, regroupés dans le tableau suivant, les résultats des calculs en prenant en compte une tolérance de 10mm supplémentaire obligatoire.

Tableau 10 - Valeurs des enrobages minimaux de béton

Type A l'abri de la pluie sans condensation A l'abri de la pluie avec Extérieur
Type
A l'abri de la
pluie sans
condensation
A l'abri de la
pluie avec
Extérieur
avec
Extérieur
avec paroi
Parking
Fondat
< 1km
< 100m
d'élément
ions
de la
de la
condensatio
paroi
horizontale
côte
côte
n
verticale
à la pluie
à la pluie
Classe
XC1
XC3
XC4/XF1
XC4/XF3
XD3
XC2
XS1
XS3
d'exposition
Fck
20
25
25
30
35
20
30
35
Cmin,dur
15
25
30
30
45
25
35
45
Dalles
20
30
-
35
50
-
40
50
Poutres
25
35
40
40
-
-
45
55
Poteaux
25
35
40
-
-
-
45
55
Voiles
25
35
40
-
-
35
45
55
Fondations
-
-
-
-
-
35
-
-

4.4 Principe de calcul aux états limites

On trouve au Chapitre 3 les coefficients à appliquer pour pouvoir calculer les sollicitations dans l’ouvrage, que ce soit aux ELU ou aux ELS, puis dans les cas de vérifications d’équilibre (EQU) ou structurelles (STR).

Dans son ouvrage d’application de l’Eurocode 2 [10], Jean-Armand CALGARO développe sa vision de la notion d’états limites selon l’Eurocode 2 :

« À titre de simplification, on répartit les états limites en deux catégories : les états limites ultimes et les états limites de service, dans le but d’unifier, dans chaque catégorie, avec plus ou moins de précision, les probabilités d’occurrence des états limites ou des effets des actions correspondants, afin que la plus grande partie des applications soit commune au plus grand nombre possible de calculs justificatifs. »

4.4.1 Calcul aux ELU

Les états limites ultimes sont associés à une rupture entraînant l’effondrement total ou partiel de la structure considérée, et mettant en cause la sécurité des personnes et/ou des biens. La combinaison d’actions fondamentales est définie grâce aux valeurs indiquées dans le tableau suivant :

Tableau 11 - Coefficients de calculs aux ELU pour le béton

Actions variables

d’accompagnement

Actions permanentes

Action variable

dominante

défavorables

favorables

principales

(le cas

échéant)

autres

EQU

1,10 Gkj,sup

0,9 Gkj,inf

1,5 Qk,1

1,5 ψ0,iQk,i

STR/GEO

1,35 Gkj,sup

1,0 Gkj,inf

1,5 Qk,1(ou 0 si

favorable)

1,5 ψ0,iQk,i

(ou 0 si favorables)

4.4.2 Calcul aux ELS

Comme il a été expliqué auparavant, les états limites de service sont associés à des états de la structure lui causant des dommages limités mais rendant son usage impossible dans le

cadre des exigences définies lors de son projet. Par exemple les vibrations excessives ou la formation de fissures et leur réouverture dans une structure en béton ne provoquent pas la ruine mais peuvent rendre l’ouvrage impropre

à sa destination. On sait également que les déformations excessives provoquent des

dommages aux cloisons d’un bâtiment ; les tassements et autres déplacements d’appuis

entraînent l’apparition de déformations ou de fissurations préjudiciables à l’aspect ou à la durabilité. Dans les combinaisons d’actions pour les états limites de service, il n’y a pas de symboles désignant des coefficients partiels. En effet, ils sont égaux à 1. La situation d’incendie est une situation accidentelle.

4.5 Calcul du comportement au feu

L’EUROCODE 2 partie 1-2 « Règles générales - calcul du comportement au feu » précise les principes, les exigences et les règles de dimensionnement des bâtiments exposés au feu. Il y est proposé trois méthodes de vérification de la résistance au feu des structures :

de vérification de la résistance au feu des structures : Méthode tabulée Méthode simplifiée Méthode avancée.

Méthode tabulée

Méthode simplifiée Méthode avancée. Chaque structure peut est être analysée de trois façons différentes :

Analyse par éléments (poteaux, poutres, dalles…) Analyse de parties de structure Analyse globale de la structure Chaque méthode n’est pas possible avec chaque type d’analyse. On trouve dans le tableau récapitulatif suivant les compatibilités des méthodes de calculs.

suivant les compatibilités des méthodes de calculs. DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS
suivant les compatibilités des méthodes de calculs. DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS
suivant les compatibilités des méthodes de calculs. DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS
suivant les compatibilités des méthodes de calculs. DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS
suivant les compatibilités des méthodes de calculs. DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU FEU DES OUVRAGES EXISTANTS

Tableau 12 - Compatibilité des méthodes de calculs et les types d'analyses

des méthodes de calculs et les types d'analyses 4.5.1 Analyse par éléments Comme il a déjà

4.5.1 Analyse par éléments

Comme il a déjà été expliqué, il y a deux méthodes pour calculer les sollicitations dans la structure :

1 ère façon de déterminer les actions Il convient de déterminer l'effet des actions au temps t = 0 en utilisant les facteurs ψ 1,1 ou ψ

1,2

2 ème façon de déterminer les actions Les effets des actions peuvent être déduits de ceux déterminés dans le calcul à température normale

E fi,d,t = E

fi,d =

ηfi · E

d

où :

E d est la valeur de calcul des effets pertinents des actions à partir de la combinaison fondamentale

E fi,d est la valeur de calcul constante correspondant à la situation d'incendie ;

ηfi est un coefficient de réduction pour le béton armé, il convient de prendre :

de réduction pour le béton armé, il convient de prendre : DIAGNOSTIC DE LA RESISTANCE AU

Pour le béton armé, à titre de simplification, une valeur recommandée de η fi = 0,7 peut être utilisée. Les coefficients d’activités Ψ se trouvent dans le tableau n°7

4.5.2 Combinaison de calcul

On rappelle que la situation d’incendie est une situation accidentelle

E fi,d

Exemple. :

Surface de bureaux avec une charge d’exploitation Q, considérée comme la variable prépondérante

= G + Ψ 1,1 Q 1 + Σ Ψ 2,i Q i (i >1)

E fi,d

= G + 0,5 Q

Surface de bureaux avec une charge de vent W, considérée comme la variable

prépondérante

E fi,d

= G + 0,2 W + 0,3 Q

4.6 Méthode tabulée de calcul d’un poteau

C’est la méthode la plus simple, uniquement valable pour l’analyse par élément. On calcule la structure à froid. Elle doit satisfaire à certaines conditions minimales d’épaisseur de paroi et de distance à l’axe. Cette méthode donne des solutions de dimensionnement reconnues pour l'exposition au feu normalisée jusqu'à 240 min. Les tableaux ont été établis sur une base empirique confirmée par l'expérience et l'évaluation théorique de résultats d'essais.

La règle générale de dimensionnement est d, i i <1,0

d,

Figure 19 - Courbes de résistance des aciers de construction en fonction de la température

Figure 19 - Courbes de résistance des aciers de construction en fonction de la température

La méthode tabulée permet de satisfaire les conditions de résistance de l’élément à :

- la compression

- la flexion

- le cisaillement

- la torsion

- l’ancrage des armatures

L’éclatement est aussi vérifié sous réserve de disposer d’un treillis de peau (espacement 100mm et dia. 4mm) pour des enrobages à l’axe supérieurs à 70mm [10].

A noter qu’afin de respecter le critère d’isolation I, les joints creux doivent avoir une épaisseur d’au plus 20mm et une profondeur d’au maximum la moitié de l’épaisseur de l’élément.

maximum la moitié de l’épaisseur de l’élément. Figure 20 - Définition de la distance a de

Figure 20 - Définition de la distance a de l'axe au parement

4.7

Méthode tabulée pour le calcul d’un poteau

4.7.1

Dimensionnement des poteaux. Méthode A. Exemple de calcul.

La première étape consiste à calculer les sollicitations « à froid »dans le poteau. Contrairement au BAEL, il n’existe pas de façon simple et rapide de calculer un poteau en

béton armé. Les Eurocode proposent des méthodes de flexion composée inexploitable « à la

main ». Pour les vérifications, ou pour appréhender la réalité des efforts, on propose une méthode simplifiée pour calculer l’effort normal maximal admissible par un poteau. Cette méthode est proposée par Henry Thonier dans un de son ouvrage :

Conditions d’emploi

- section rectangulaire ou circulaire

- poteau bi-articulé sous charges centrées

- élancement ≤ 120

- 20 ≤ f ck ≤ 50 MPa

- épaisseur dans le sens du flambement : h ≥ 0,15 m

- distance d’ des aciers à la paroi la plus proche ≤ Min[0,30 h ; 100 mm]

- armatures symétriques, par moitié sur chaque face

- chargement à au moins 28 jours

La longueur efficace peut être prise à 0,5L < l 0,fi < 0,7L pour un bâtiment contreventé.

Formule du type :

N Rd = α . k h . k s . A c [f cd + ρ . f yd ]

Tableau 13 - Méthode de calcul d'un poteau à froid

 

Poteau de section rectangulaire

 

Poteau de section circulaire

 
   

π D 2

 
 

N Rd = k h . k s . α . [b . h . f cd + A s . f yd ]

N Rd = k h . k s . α. [

 

4

. f cd + A s . f yd ]

α =

0,86

 

2

si

λ ≤

60

α =

0,84

2

si

λ ≤

60

α =

1 +  

λ

62

32

λ

1,3

si

60 <

λ ≤ 120

1 +  

λ

52

α 27

=

λ

1,24

si

60 <

λ ≤

120

k h = (0,75 + 0,5 h) . (1 – 6 ρ . δ)

pour

h< 0,50

k h = (0,7 + 0,5 D) . (1 – 8 ρ . δ)

pour D< 0,60