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Arabe maghrébin

Arabe maghrébin

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© Librairie d' Amérique et d'Orient, Parie 1977

Jean Maillonneuve, Il , rue Saint.Sulpi<:e (Pari e 6
e
)
« La loi du Il mare 1957 n 'a utoriunt, aux terme! des aliniu 2 et 3 de l'Article 4l,
d ' une part, que les -copie!! ou reproductione strictement réaervéea 1\ l' u,.ge privé du
copiste el Don destinées il une utilisation collective' et, d'autre part, que les anslYBe.! et
les courtes citations dao' un but d'excmpk et d' illustration, 'toute représentation ou
reproduction intégrale, ou parllellt;, f.ite .au le contentement de l'auteur ou de au
ayanh-droit ou aranle-cause, eat illicite' (.Iifté. 1ft' de J'Mtide 40).
Cette représentation ou reproduction, par que1que procédé que ce lIOit, CODltituerait
donc une contrer.con uDctiODDée par le. Article. 425 et .vivaDu du Code PéDal ».
LANGUES D'AMÉRIQUE ET D'ORIENT
Ph. MARÇAIS
ESQUISSE
GRAMMATICALE
DE
L'ARABE MAGHRÉBIN
LIBRAIRIE D'AMÉRIQUE ET D'ORIENT
ADRIEN MAISONNEUVE
J. MAISONNEUVE, succ.
Il, rue St·Sulpice
l>A l H ~
Ouvrage mis en page et dactylographié
par Michèle GRANDJEAN- HUBART
Secrétaire
à l a Section d ' Histoire et Littératures Orientales
de la Faculté de Philosophie et Lettres
de l ' Un iversité de Liège
(Belgique)
le 25 octobre 1976
l
AVANT- PROPOS
Le titre ESquisse grammaticale de l'arabe
maghr ébin dit assez le dessein de l ' ouvrage que l ' on
présente ici : il veut tracer à grands traits la silhou-
ette de l ' ensemble dialectal qu ' on appelle maghrébin .
C' est dire que l ' on n'a , en aucune manière , la préten-
tion d ' y tout exposer , dans le détail , avec rigueur , et
avec précision, sur les parlers arabes qui forment cet
ensemble .
Il embrasse le Maghreb, C ' est-à-dire , d'Est en
Ouest , la Libye , la Tunisie , l'Algérie et le Maroc , con-
çus dans leurs limites actuelles. Ces quatre pays for-
ment une entité ethnique , géographique et historique , et
à nombre d ' égards , linguistique . Elle est certes , dans
sa constitution interne , différenciée . Mais on peut la
considérer comme relativement homogène. Aussi bien en
a - t - on délibérément écarté Malte et la Mauritanie , ju-
gées vraiment extérieures , à divers points de vue , à cet
ensemble cohérent .
La documentation qui nourrit cette étude a été
puisée dans un grand nombre d ' ouvrages de dialectologie
maghrébine qui ont été pUbliés jusqu ' à ce jour , tant mo -
nographies grammaticales , notes linguistiques , cours
d'arabe parlé , que textes , dialogues et manuels de con-
versation. Elle recourt également à une expérience et à
une pratique personnelles consignées dans des documents,
écrits ou enregistrés , généralement i n édits .
On n ' a pas voulu réaliser cette ESquisse comme
u n ouvrage savant, où chaqu e fait avancé est référé à
une source . La raison en est qu ' elle a été envisagée et
II
rédigée à des fins pédagogiques, dans une présentation
allégée , qui veut être accessible aux non-spécialistes.
Dans le même but, on s'est efforcé d'exprimer les choses,
autant qu'il était possible
j
dans le langage de tout le
monde, et de n'employer, pour les énoncer, que le strict
minimum de termes techniques. Pour la même raison, on
n ' a tenté de confronter des faits de l'arabe dialectal à
ceux de l'arabe ancien, que lorsqu'une telle comparaison
a paru nécessaire à une intelligence suffisante de ces
faits.
x
x x
Le matériel linguistique des parlers maghrébins
est, dans cette Esguisse, décrit suivant le plan tradi-
tionnel des études grammaticales: la phonétique d'abord,
puis la morphologie , comprenant successivement l'étude
du verbe, celle du nom, celle des noms de nombre , celle
des pronoms; puis l'étude d'un ensemble composite qui
figure sous le titre de particules; enfin l'étude des
moyens d'expression de l'affirmation, de la négation et
de l'interrogation. On n'a pas tenté d'en faire la syn-
taxe. D'abord parce que l'analyse et l'exposé eussent
donné à l'ouvrage des dimensions trop considérables.
Ensuite, parce que la matière linguistique, déjà souvent
très différenciée d'un dialecte à l'autre dans les sons,
dans les formes et dans le vocabulaire, l'est davantage
encore dans les modes innombrables et mouvants de cons-
tructions qui font la trame des langages parlés. Enfin,
parce qu'il est
j
à la vérité, encore trop de parlers
maghrébins sur lesquels on manque de documents (notes
grammaticales et surtout textes) propres à en bien faire
connaitre les usages syntaxiques. Cependant, toutes les
fois que cela a semblé utile, à propos du verbe, ou des
III
pronoms, ou des particules, on s'est efforcé de donner
en exemples de courtes phrases qui permettent de prendre
une idée élémentaire de l'emploi qui en est fait .
Le souci qui a dominé, tout au long de l ' ou-
vrage, a été d'en rendre l'abord facile au lecteur qui
n'a pas une formation linguistique particulière, et pour
qui la langue arabe est chose nouvelle ou peu familière.
C'est pourquoi la manière d'exposer les faits a pu chan-
ger d ' un chapitre à l ' autre . ,Ainsi le catalogue des
prépositions a été dressé en partant des termes arabes
(bi-, fi- , m ~ n . ~ - , li- , etc.) , cependant que les pro-
noms indéfinis (un, certain, rien, autre , etc.) , les
conjonctions et les adverbes (et, ou , où , quand , comment,
etc . ) ont été étudiés en partant du français . Un tel
changement de méthode dans l'exposé peut paraître arbi -
traire . Il l'est dans une certaine mesure . Mais il
trouve sa justification dans le fait que l'usage des
prépositions est lié à celui des rections (qu ' inspire
le génie propre de la langue) , c'est-à-dire de la maniè-
re dont verbes , noms et pronoms agissent sur les complé-
ments qui dépendent d'eux . C'est une matière subtile et
complexe, aussi stylistique que syntaxique, constituée
tout à la fois par des servitudes de la langue ancienne,
par des modalités de l'expression dialectale, et par des
nuances intentionnelles qui sont marquées diversement
suivant les parlers. Prendre les prépositions du fran-
çais comme point de départ eût abouti à un résultat aus-
si confus que déconcertant, voire lacunaire. On donnera
comme exemple le cas de la préposition "de" du français :
si c ' est d ' elle qu'on part , elle peut faire aboutir à
~ , ou à bi - , ou à mta€, ou à •• • absence de préposi -
tion en arabe.
Il en va différemment des pronoms indéfinis ,
des ligatures conjonctives , des locutions adverbiales
IV
elles correspondent à des termes ou à des tour nures adé-
quates de l ' arabe . Encore qu ' il aille de soi que les
outils arabes , simples ou complexes , procèdent souvent
de conceptions , de représentations et de modes d'expres-
sion tout à fait différents de leurs homologues français .
Mais il demeure qU'existe entre les deux domaines lin -
guistiques une équivalence fondamentale de liens à éta-
blir . A titre d ' exemples on peut citer le cas de " tout ,
tous" qui , pris comme point de départ , aboutit à kull
le cas de "où 1" , qui mène à w ~ n , fayôn ; le cas de
"comment ?" , qui fait nécessairement parvenir à ki fas .
Quant aux adverbes qui ne sont pas des ligatures , ils
comportent également des correspondan ts dans les deux
langues , et il est indifférent , pour qui en dr esse l ' in-
ventaire pour l ' essentiel , de partir d 'une langu e ou de
l ' autre . C' est simple affaire de vocabu laire: " ici "
mène sans difficulté à hna , hüni , et "hier" à amas , al -
barah ; et inversement .
---'
x
x x
On se rendra compte , en lisant cette ESquisse ,
ou en la consultant , qu ' il n ' existe pas une norme de
l'arabe maghrébin. C' est qu ' il ne se trouve pas , au
Maghreb, d'arabophones qui parlent arabe maghrébin . On
parle l ' arabe de Rabat à Rabat , celui d ' Alger à Alger ,
celui de Tunis à Tunis , celui de Benghasi à Benghasi , et
le reste à l'avenant . Le terme d ' arabe maghrébin ctest
une accolade qui embrasse une grande variété de parlers
usuel s à travers toute l'étendue du Maghreb. Ces par-
lers possèdent en commun des caractères qui leur son t
propres ; des caractères qui les différencient de la
langue ancienne dont ils procèdent ; et qui les diffé-
rencient également des autres parlers , notamment des par-
\
V
lers orientaux, qui eux- mêmes constituent un ensemble
composite .
Quels sont ces caractères typiques de ce qU'on
appelle l ' arabe maghrébin? Ils sont nombreux et de na-
tures diverses . On en souligne l ' existence , chemin fai -
sant , au long des chapitres .
Il en est qui ont trait à la phonétique : comme
la ruine du vocalisme bref , qui donne à l'audition l ' im-
pression que les maghrébins parlent essentiellement en
articulant des consonnes ; comme la perturbation et
l ' instabilité de l ' équilibre syllabique , qui fait qu ' on
ne sait jamais à quel l e place , dan s une séquence de con-
sonnes , va apparaître une voyelle brève , souvent fugace
comme l ' altération de certains sons , soit seuls , soit
combinés avec d'autres •.
Il en est qui ont trait à la morphologie .
Ai nsi , dan s la conjugaison du verbe à l ' inaccompli , l ' in-
dice initial n- de la premièr e personne du singu lier
(nakt?lb "j ' écris") , et la désinence - ~ de la première
personne du pluriel (naktbu "nous écrivons " ) ; ou encore
, l 2- 3
l a prolifération des formes du theme verbal R R aR pour
les verbes expriman t l 'id ée de "devenir de telle couleur ,
ou de telle qualité" ; ou encore l ' extension du masdar
R
l
R
2
IR
3
pour les verbes d ' action .
Il en est qui ont trait à la syntaxe , comme la
création et l ' usage très répandu d'un article indéfini
(wahd- al - ) ; comme l ' emploi de certaines ligatures ori -
gin ales ; comme le recul, parfois extrême, de l ' annexion
directe , c édant la place à l ' a nnexion indirecte qui est
réalisée au moyen de particules (mtaé , ntaE, dyal , a ddi,
di , etc.) .
I l en est e n fin qui ont trai t au vocabu laire.
Et très n ombreux sont l es mots qui n ' ont cours qu ' au
VI
Maghreb. C' est peut- être la caractéristique qui frappe
le plus les auditeurs , qu'ils soient ou non arabophones.
Mais il importe de souligner que ce qui fait
l ' originalité des parlers arabes du Maghreb , ce n'est
pas tellement , en elle-même, l'existence de ces phéno-
mènes de dégradation phonétique , de ces -innovations d'or-
dre morphologique ou syntaxique, et de ces usages lexi-
cographiques (car il s'en trouve de semblables dans tel
ou tel parler d'arabe oriental) ; mais c'est tout à la
fois la spécificité et surtout la densité des phénomènes:
ils créent le type linguistique particulier de l'arabe
maghrébin , type tout à fait reconnaissable , qui possède ,
pour les arabisants et les arabophones qui l'entendent
parler , la valeur d'un véritable certificat d'origine.
Il n'est pas impossible qu'il soit , dans une large mesu-
re, imputable à la nature du fond berbère qui est celle
de cette Afrique mineure sur laquelle la langue arabe
s ' est implantée .
Pour présenter les faits qui caractérisent les
parlers maghrébins dans leur grande diversité, on s ' est
efforcé de clarifier l'exposé en donnant en premier lieu
le paradigme des formes les plus communément admises
(verbes, noms, pronoms) , ou le terme le plus usuel. Ce
n'est qu ' en second lieu qu'on a énuméré les variantes
dialectales , du moins les plus importantes , en en loca-
lisant approximativement l'aire d'emploi. C'est ainsi
que pour le verbe trilitère de racine " saine" au thème
fondamental , on a donné, au pluriel de l'inaccompli,
naktbu, t3ktbu, yaktbu, comme type prédominant au
citant ensuite nkatbu, tkatbu , ikatbu , enfin
takkatbu
9
comme types moins usuels, localisant les uns
et les autres . De même pour le pluriel des noms dits
"de couleurs et difformités" : d ' abord l;lQm.ç, 'tç,rs ; puis
VII
On a procédé de la même manière pour les pronoms person-
nels indépendants, aux personnes du pluriel, en plaçant
Dna, antum, hum comme formes essentielles, antüma,
huma ; hnumân, antumân, humân comme variantes particuliè-
res à certains parlers . Pour ce qui est des adverbes,
par exemple , c ' est waqtas " quand 7" dont on a cité en
premier lieu l'emploi, parce que jugé le plus couramment
utilisé et compris , cependant que fuqas, fâywqq,
dmtâs, etc. étaient donnés en deuxième ligne, avec
localisation SChématique des régions où ils ont cours.
L 'appréci ation du type morphologique jugé "plus
usuel", ou du mot estimé "plus courant" peut évidemment
paraître arbitraire. Elle l'est en ce qu ' elle ne repose
pas sur le dépouillement d ' une documentation exhaustive,
et en ce qu 'elle ne résulte pas d'analyses statistiques.
Mais on s'est efforcé de "recouper" les jugements de
l'expérience personnelle par ce que l'on peut appeler
des· "tests de compréhensi"on et d'emploi " auxquels de nom-
breux interlocuteurs arabophones de diverses régions ont
bien voulu participer.
x
x x
Dans cet ensemble maghrébin, si diversifié
qu'il apparaît comme une mosalque de formes grammatica-
les différentes, de mots-outils distincts les uns des
autres, d'éléments variés de vocabulaire, est-il possi-
ble de reconnaître des familles de parlers , des unités
dialectales 7
1. On distingue deux groupes assez bien tranchés :
les parlers sédentaires d 'une part, les parlers bédouins
de l'autre .
On dira schématiquement que les premiers repré-
VIII
sen tent la pr emière vague de l ' arabisation de l'Afrique
du Nord , celle des conquérants du VIre et du VIlle siè-
cle ; et que les seconds sont ceux des tribus nomades ou
semi- nomades dont les immigrations ont été postérieures
à la conquête initiale, mettons à partir du XIe siècle.
Mais i l y a eu, entre ces deux couches , au cours des
âges , des compénétr ations nombreuses . Il s ' est en ou -
tre produit des circonstances historiques qui ont déter -
miné le peuplement ou le repeuplement de centres cita-
dins et de campagnes avoisinantes par des éléments noma-
des ; de telle sorte que , entre les parlers sédentaires
et les parlers bédouins , existent des parlers intermé-
diaires dont les caractéristiques procèdent des deux ty-
pes mélangés.
Si l ' on compare les parlers sédentaires et les
parlers bédouins à l ' arabe ancien , à un état de la la11-
gue ancienne voisin de l ' arabe classique , on constate
que les parlers bédouins sont généralement plus conserva-
teurs , et les parlers sédentaires plus novateurs . Cela
est vrai pour les sons (consonnes , voyelles , diphtongues\
dans une certaine mesure pour les formes, et aussi pour
les usages syntaxiques. Mais ce n ' est pas toujours vrai
pour le vocabulaire , car les parlers sédentaires offrent
parfois des spécimens de mots d'une antiquité vénérable
fidèlement conservés , qui sont ailleurs perdus. Aussi
bien la notion de parlers conservateurs et de parlers
novateurs (ou évolués) doit- elle être appréciée avec
circonspection.
On constate d ' autre part que, à l ' intérieur
d ' une tribu nomade , ou d'un ensemble de tribus nomades
sans doute de même origine , et auxquelles des circons-
tances sociologiques , économiques et historiques ont
maintenu une certaine unité , le parler bédouin apparaît
généralement unifié et homogène . r.1ais il est , évidemment,
IX
de nombreuses familles de tribus nomades , donc des va-
riétés de parlers bédouins. A l'inverse , les parlers
sédentaires présentent le plus souvent une étonnante di -
versité . Cela tient sans doute à la dispersion géogra-
phique des cités , aux vicissitudes du passé historique ,
et aussi à la constitution ethnique et sociologique des
populations des villes et des villages. Il arrivera
donc de distinguer, selon les régions , parmi les parlers
sédentaires , des parlers des parlers ruraux,
des parlers villageois , des parlers montagnards . Il ar -
rivera aussi de noter qu ' il s'agit de parlers musulmans
ou de parlers juifs , de langage des hommes et de langage
des femmes (qui est généralement plus archaïsant) .
2. Les quatre pays politiquement distincts qui
constituent le Maghreb des personnalités dialec-
tales bien définies 7 Il est difficile de répondre à
cette question, parce qu e chacun d ' entre eux pose un
problème particulier.
La Libye se présen te comme un ensemble relati -
vement homogène. Elle est caractérisée par des traits
bédouins marqués au coin d ' un conservatisme assez remar -
quable. Certains des rares centres urbains qui s ' y
trouven t (Tripoli notamment) usent de par l ers sédentai -
res , mais ils ont par fois subi u ne forte influence des
parlers bédouins. Le conservatisme libyen s ' étend jus-
qu ' aux parlers du Sud tunisien et de l'Est saharien.
La Tunisie est plus complexe. C' est, on l'a
souvent observé , une terre de transition. Nombreux sont
les aspects conservateurs qui la rapprochent de la Libye ,
notamment dans l'aire des parlers bédouins , mais aussi
dans l ' aire des parlers villageois . Les centres urbains
sont en Tunisie nombreux et anciens. L ' influence exer-
cée par Tunis fait que partout , dans ce pays , de dimen-
sions en somme réduites , on comprend et on peut u ser du
x
dialecte de la capitale. Parler tunisien, c'est généra-
lement parler tunisois .
L ' Algérie , c'est tout autre chose . La dimen-
sion est immense, le cloisonnage géographique extrême,
le passé historique extraordinairement c o mplexe, fait
d'écartèlements et de rapprochements ininterrompus jus-
qu'au début de XXe siècle. On ne peut pas dire qU'il
existe un dialecte algérien. A peine peut- on parler de
dialectes qui correspondent aux vieilles provinces du
Constantinois, de l'Algérois, et de l'Oranais. - Le
Constantinois , dans sa partie orientale , s'apparente aux
parlers tunisiens : bédouin, dans les régions sahariennes
et même septentrionales (à La Calle on parle presque com-
me à Tabarka) , sédentaire à Constantine, Guelma . Dans
le Nord-Ouest , proche de la Petite Kabylie berbérophone ,
a cours un parler original , archaïque , de vieille cité,
avec ses abords villageois: Djidjelli . Dans le Centre
et dans les régions occidentales, il y a partout des
parlers bédouins qui se un peu de ceux, bé-
douins aussi , de mais qui s'en distinguen t .
S ' il était un dialecte du Constantinois , ce serait le
parler de Constantine, avec des traits de ressemblance
avec le tunisois . - L'Algérois , depuis le Sahara jus-
qu ' au Tell , est terre nomade ou semi-nomade : deux types
de parlers bédouins se partagent ces vastes espaces, l'un
au Nord , l'autre au Sud, et ils sont sensiblement diffé-
renciés . Quant aux cités , elles sont éloignées les unes
des autres dans l'Algérois , et fort inégalement ancien-
nes. Les unes sont littorales , comme Alger , Cherchell ,
Dellys ; les autres intérieures , comme Médéa , Blida,
Miliana , Vieux- Ténès . On y use de parlers sédentaires,
mais ils ont tous subi de multiples influences lingu is-
tiques . Le dialecte de Cherchell est assez bien con ser-
vé . Mais celui d ' Alger, tel qU ' il était parlé par les
XI
vieux citadins maures , s'est estompé. Le prodigieux dé-
veloppement de la vie urbaine a provoqué dans . la capi-
tale la concentration d ' un peuplement considérable , très
hétérogène, et souvent non-arabe. Le parler arabe qui y
est actuellement en usage est en pleine mutation. Il
est difficile de parler de dialecte algérois . - L ' Cra-
nais, dans sa majeure partie , est terre bédouine , avec
des parlers qui diffèrent sensiblement des parlers bé-
douins de l ' Algérois , excepté dans les régions orienta-
les , où ils se mêlent et s e superposent à eux. Mais il
est un centre urbain dont le passé historique est véné-
rable , et dont l'éclat a été prestigieux, c ' est Tlemcen
le parler en est citadin, comme un îlot perdu dans une
mer bédouine. Il possède des caractères originaux qui,
pour certains , s ' apparentent à ceux des villes marocai-
nes . Au Nord- Ouest de l'Oranie se trouve Nédroma , qui
use d ' un parler citadin qui rappelle, à certains égards,
celui de Djidjelli , dans le Nord constantinois .
Le Maroc comprend , lui aussi , des parlers bé-
douins. Ce sont ceux des populations des plaines et des
plateaux : plaines atlantiques , plateaux du Maroc orien-
tal . Ce sont aussi ceux des villes relativement récen-
tes, comme Casablanca , Mogador . Le type dialectal en
semble assez proche de celui des bédouins de l ' Oranie
occidentale . Mais le Maroc compte aussi nombre de villes
importantes et anciennes , dont les parlers sont citadins:
telles Fès , Rabat, Salé , Taza , Tanger , Tétouan . Les par-
lers de ces cités marocaines présentent entre eux des
différences , mais ils ont aussi , en commun , des traits
homogènes et généralement typiques. La partie septen-
trionale du Maroc, au Nord de Fès et au Nord de Taza ,
qu ' on appelle le pays des Jbalas, est l ' aire des parlers
montagnardS . Ils sont de type marocain aussi , mais of-
frent des traits de ressemblance avec les parlers des
XII
Traras oranais (Nédroma) et du Nord constantinois (Dji -
djelli) . Les parlers marocains , dans leur ensemble,
présentent un caractère assez unitaire. Et on peut dire ,
grosso modo, que parler marocain , c ' est parler l ' arabe
de Rabat , surtout celui de Fès , centre dont le rayonne -
ment a été éclatant et le demeure.
x
x x
Au terme de cet exposé schématique sur la v ar ié-
té des parlers qui forment l ' ensemble dialectal appelé
arabe maghrébin, on fera deux observations .
L ' une a trait à la distance linguistique qui
peu t séparer des parlers de types très différenciés .
Elle peut être très considérable : au point d ' engendrer
l ' incompréhension de deux interlocuteurs . Ainsi en se-
rait- il dans le cas d ' un pasteur du Nefzaoua (Sud tuni -
sien) qui voudrait s'entretenir avec un cultivateur des
abords de Djidjel li (Nord- Ouest constantinois) ; dans le
cas d ' une juive de Tlemcen avec une paysanne du Sud
con stantin ois ; dans le cas d ' un tangérois avec un saha-
rien des steppes algéroises. Cette distance linguisti -
que peu t être moindre et ne causer que de la gêne dans
la compréhension . La diversité du vocabulaire , ou les
divergences sémantiques d ' un seul et même mot employé
ici avec tel sens , là avec tel autre . risquent souvent
de décon certer , ou de créer des méprises , ou de faire ri-
re (tel le mot gandüz qui peut vouloir dire "veau" ou
"étudiant" selon les lieux) .
L ' autre observation, qui contredit en apparence
la précédente , vise les possibilités de compréhension
entre arabophones dont les parlers propres sont éloignés.
Des échanges intelligibles , sinon aisés , exigent , de la
XIII
part d ' interlocuteurs " dialectalement différenciés" , une
recherche permanente des points qui leur sont communs ,
dans les mots du vocabulaire d ' abord , et , ce qui est
plus difficile, dans les formes grammaticales ; et, cor-
rélati vement,
pos les faits
un souci constant d ' éliminer de leurs pro-
de leur
Il s ' agit en somme de
dialectalisme trop particulier .
jeter une " passerelle" linguisti -
que . Il semble que ce soit chose plus facile chez les
citadins que chez les ruraux et. les bédouins. Cela
tient au fait que les habitants des villes ont une pro-
pen sion naturelle à nou er et à entretenir des échanges
sociaux et à ouvrir leurs fenêtres sur J. ' extérieur. Ce-
la tient aussi au fait que le niveau de culture a rabe
est chez eux plus élevé , et qu'un lettré ou demi - lettré
aràbe possède à un plus haut degré le sentiment de ce
qu ' est le patrimoine commun de la langue arabe , tant
dans les sons que dans les formes , que dans les construc-
tions de phrases, et dans le vocabulaire . C' est ainsi
que , de l ' usage de la langue des citadins , d ' un centre
u r bain à l ' autre , s ' étendant de proche en proche jus-
qu ' aux régions plus lointaines, peut naître ce qu ' on ap-
pelle une koinè , c ' est- à - dire un idiome commun . Aussi
bien peut- on constater qu ' un commerçant d ' Alger ou de
Tlemcen peut aisément , en utilisant un arabe parlé " pas-
se- partout ", faire des voyages d ' affaires à Fès ou à Tu-
nis ; et réciproquement.
x
x x
Mettre à la disposition de qui veut s'initier à
la langue arabe en usage au Maghreb, ou de qui désire se
per fectionner dans sa pratique , un instrument de travail
qui définit schématiquement les cadres grammaticaux , et
qui s'efforce de dégager les emplois les plus usuels et
XIV
les mieux compris, tel est le dessein essentiel de cette
ESquisse . La connaissance des variations dialectales
n'y répond pas à une préoccupation savante . Elle semble
simplement indispensable à la compréhension, sur quelque
point de l'Afrique du Nord qu'on se trouve , de ce qu'on
peut appeler les "équivalences" d'un langage diversifié.
Mais il demeure que , seul , l'usage familier d'un parler
dans un lieu donné peut en donner progressivement la
maîtrise, et y faire acquérir un sentiment profond de la
langue. C'est ce sentiment , surtout s ' il repose sur de
solides bases d'arabe classique, qui permet alors d'opé-
rer les transpositions recherchées d'un parler à l'au-
tre, et d'user avec aisance d'un idiome partout accessi-
ble.
ABREVIATIONS
acc. accompli
adv. adverbe
anc. ancien
cf. confer
cl. classique
conj. conjonction
cons. consonne
di al. dialectal
dim. diminutif
dipht. diphtongue
etc. et caetera
fém. féminin
imp. imparfait
inacc. inaccompli
inf. infra
masc. masculin
pf. parfai t
part. participe
pl. pluriel
prép.
préposition
prés.
présent
rad.
radical
rsp.
respecti vement
sg. singulier
s uff.
suffixe
sup .
supra
var.
variante
voy.
voyelle
PHONETIQUE
La phonétique a pour objet l'étude des sons ,
ou phonèmes , du langage .
L 'exposé du matériel des sons de l'arabe
maghrébin établira avant toute chose la correspondance
graphique entre les lettres de l'alphabet arabe et les
caractères de la transcription phonétique qu' on a adop-
tée dans cet ouvrage .
Le principe de la transcription réside dans la
représentation d 'un son par un signe
ment d 'un seul son par un seul signe
et plus précisé-
mais ce signe
peut comporter des indices complémentaires qui le parti-
cularisent. On appelle généralement ces signes , complé-
tés ou non , "caractères diacrités".
Le système de transcription qu ' on utilise ici
est simplifié à la limite du possible . Il va de soi
qu'une image exacte de l'articulation des sons et de
l'impression auditive qu ' ils donnent exigerait , pour
être fidèle et rigoureuse, une représentation graphique
infiniment plus riche et plus nuancée.
Aussi bien l'écrit, quand il s 'agit d'idiomes
qui ne sont que parlés , ne saurait remplacer la bouche
qui articule et l'oreille qui entend . La représentation
graphique, nécessairement conventionnelle, n'est donc
qU ' un pis-aller, mais elle est indispensable.
A. INVENTAIRE DES SONS
al

Le tableau de correspondance des lettres ara-
bes et des signes du système de transcription est exposé
dans l'ordre traditionnel de l'alphabet arabe.
1
p alif, harnza a j:> dad d

Y
ba b P ta
0 ta t .b
da d

0 ta t
G
éayn t.
C
jIm j
E.
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9
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waw w
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<.,?
ya y
Note - Tout au long de cet ouvrage, les signes et les
mots présentés en transcription figurent soulignés.
_ 3_
Le classemen t phoné t ique des sons , définis par
les points et les modes d'articulation qui les caracté-
risent , peu t être résumé dans le tableau suivant , qui va
d'ailleurs faire apparaltre des signes nouveaux:
'" '" v v
...
'"
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'"
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4
Il est, on le voit, trois modes d'articulation
que la transcription traduit par des signes complémen-
taires placés au-dessus ou au-dessous du signe principal:
- le point souseri t, qui marque l'emphase : t, 2.., 2,
l, .I. ; étendu, par approximation, à ..t (un "angoissé");
- le trait souscrit, qui marque la spirantisation : t,
=
g, i ; étant le th anglais de thing ; et ct le th an-
glais de this ;
le chevron suscrit, qui marque la chuintisation 1;
5 équivalant au ch français de chien ; et! étant géné-
ralement représenté, en graphie simplifiée , par j.
Il est, en outre , deux signes complémentaires
qui caractérisent deux sons particuliers :
- le point suscrit de qui est un non roulé, mais
fortement grasseyé (souvent représenté ailleurs par
gh) ;
- la demi-lune souscrite de n, qui est le achlaut germa-
nique ou la jota espagnole (souvent représenté ail-
leurs par kh).
Quant aux sons nouveaux, on n'a noté dans le
tableau ci-dessus que
7 et qui sont étrangers à l'arabe, mais peuvent fi-
gurer dans des prononciations altérées, ou dans des
mots d'emprunt
9, qui est l'articulation occlusive de propre à
certains parlers qui ne prononcent pas les spirantes
interdentales ;
qui est l'articulation vélaire de qu'on trouve
éventuellement devant ;
g, qui apparaît d'une façon courante en substitution
de ;
l et . .r, qui sont les articulations emphatiques de l et
r.
5
On observe au reste que l'emphase, mode d'ar-
ticulation très originale, propre à l'arabe, comportant
un effort musculaire localisé vers les régions postéri-
eures de la cavité buccale (racine de la langue, pha-
rynx), caractérise des sons d'une façon constante: t
i ; mais peut atteindre aussi des sons d'une façon oc-
casionnelle . On dit alors que ces derniers ne sont pas
emphatiques , mais emphatisés. Ce sont essentiellement,
on vient de le voir, l !' r F. Mais dans nombre de par-
lers, à z b Pt m D
k L'emphatisation se propage volontiers à
]l'intérieur d'un mot d'une radicale à l'autre: c'est ce
qu'on appelle la "contamination d'emphase".
Il est enfin d'autres sons "nouveaux
lI
, qui ne
figurent pas dans le tableau qui précède. Ce sont
- t
S
qui représente une articulation dite "affriquée" de
!:- ;
- t§, souvent noté qui représente soit ur. son étran-
ger à l'arabe dans des mots d'emprunt, soit une vari-
ante de k ;
-
- k
Y
, L, variantes "affriquées" de k
- gY, variante "affriquée" de 9 ;
souvent noté qui constitue une variante de i(i).
On doit distinguer les voyelles d'après leur
durée (ou quantité) et d'après leur timbre.
Trois quantités essentielles:
- la longue, indiquée par un trait suscrit a
la mi-longue, sans notation propre : ;
la brève, notée par la demi-lune suscrite a.
Trois timbres essentiels
- en voyelle brève, alif en voyelle longue, de
6
l'arabe classique;
gamma en voyelle brève, waw en voyelle longue, de
l'arabe classique;
kasra en voyelle brève, ya en voyelle longue, de
l'arabe classique.
On notera en outre des voyelles en quelque
sorte intermédiaires :
.2.,
qui est un u dont le timbre est "assombri" (entre
et .2.) ;
-
. .!..'
qui est un i dont le timbre est "assombri" (entre
et é) ;
u
i
- .::..- renversé, qui est une voyelle toujours brève, dont
le timbre est incolore (assez proche de l'e muet fran-
çais) _
Ont été rangés dans le tableau des consonnes
les sons w et qui sont en fait des semi -voyelles ;
elles peuvent connaître une articulation consonantique
comme dans watt,
- "i, comme dans .yacht
et une articulation vocalique
prononcé comme le ou français,
- i.
Elles combinent deux éléments consécutifs
voyelle + voyelle. Le deuxième élément est le plus sou-
vent u ou i : il est généralement articulé en semi-
voyelle: !!J y. C'est ainsi qu'on le notera. On dis-
tingue deux types de diphtongues , selon que le premier
élément est bref ou long
à premier élément bref ay. La voyelle ne demeu-
re avec son timbre pur que consécutive à des consonnes
7
qui en assurent la conservation 6
parfois les emphatiques). Sinon, la qui
est une voyelle ouverte, tend à se
commodation, à prendre le timbre
devant X : i!y-
fermer, et, par ac-
devant W et
- à premier élément long, qui peut être
- - - -
QW, 9Y ; On peut rencontrer aussi des diph-
tongues üa, Ia, mais elles sont infiniment plus rares,
et particulièrement le premier élément pre-
nant volontiers une articulation de semi-voyelle : wa,
Yi! -
8
B. REPARTITION DIALECTALE DES SONS
Une telle répartition ne peut être que très
schématique, parce que les variations sont souvent con-
sidérables et diverses d'un parler à l'autre, et même
parfois à l'intérieur d'un même parler. On n'en dira
que l'essentiel.
a) Consonnes
Les variations les plus remarquables sont
celles
de la dentale qui est articulée avec affrication
t
S
, plus rarement th, dans un grand nombre de parlers
citadins et ruraux: au Maroc d'une façon générale
(sauf à Marrakech), en Algérie (Tlemcen, Nédroma, Al-
ger, Dellys, Djidjelli, Constantine>, sporadiquement
dans de petits centres sahariens comme Touggourt (Sud
constantinois), Beni Abbès (Sud oranais) ; et parfois
en Libye, comme à Tripoli. L'affrication est souvent
tellement forte (à Fès, Tlemcen par exemple, surtout
dans les milieux féminins) que l'audition rapide de t
S
donne l'impression d'un s.
Partout ailleurs, c'est t sans altération.
des interdentales ! et &. Dans nombre de parlers,
l'articulation interdentale est perdue, sont
confondus avec t, d (t rejoignant l'articulation affri-
quée de dans-les parlers où on la constate).
Les parlers bédouins ont, dans leur ensemble, gardé
les interdentales, à quelques exceptions près, comme
celui de Touggourt (Sud constantinois), de la région
de Ghardaia (Sud algérois), ceux des bourgs sédentai-
res de Libye (le Châti dans le Fezzan, Tripoli). Les
parlers citadins et ruraux n'ont généralement pas
9
l'articulation interdentale, mais on en note la con-
servation dans des cités algériennes comme le vieux
Ténès, Cherchell, Dellys, Constantine; et Tunis, le
Cap Bon.
tout à la
A Miliana, Blida, Médéa, Alger, on entend
fois l'articulation interdentale et l'arti-
culation occlusive : la situation est flottante.
- de l'interdentale : elle est l'héritière des anciens
dad et da confondus. L'articulation interdenta-

le est conservée dans les parlers où celle de ct et t
s'est maintenue. Ailleurs c'est l'articulation occlu-
si ve mais il arrive parfois, dans des parlers mon-
tagnards comme ceux du Nord marocain (Nord Taza), du
Nord oranais (Traras), du Nord constantinois (Djidjel-
li), et pour certains mots, que ce ne soit pas l'oc_
clusive sonore 5!., mais. l'occlusive sourde ..t qui repré-
sente d.
de la chuintante l(!> : elle est prononcée en chuin-
tante "simple" au Maroc, en Tunisie, en Libye. En Al-
gérie, la situation est complexe. La chuintante y est
articulée avec, à l'initiale, un élément
formant un son complexe (souvent noté j), dans les
parlers citadins et ruraux de Tlemcen, Ténès, Cher-
chell, Médéa, Miliana, Blida, Alger, Dellys, Mila et
Constantine ; ainsi que dans les parlers bédouins des
plaines et des hauts plateaux du Centre et de l'ouest
algérien, suivant une large bande longitudinale allant
de Constantine jusqu'à Oran: un ensemble bédouin plu-
tôt septentrional. La prononciation 11 en Algérie,
est celle des parlers bédouins du Sud constantinois,
algérois et oranais, des régions présahariennes et
sahariennes : un ensemble bédouin plutôt méridional et
oriental. C'est aussi celle des parlers ruraux du
Nord-Est constantinois, de la Kabylie orientale (Dji-
djelli) et du Nord oranais (Traras).
10
- des sifflantes et chuintantes !!..' et i, L.: elles
se confondent souvent dans les parlers Juifs du
Maghreb en un son intermédiaire entre 5 et S pour la
sourde, z et j pour la sonore.
de la palatale roulée r : elle est plus ou moins rou-
lée suivant les parlers, suivant les milieux (mascu-
lins ou féminins), suivant qU'elle est ou non emphati-
que (voir plus haut). Mais il arrive que l'articula-
tion en soit, non roulée, mais grasseyée (en uvulaire).
C'est une "maladie articulatoire" du r qui semble ty-
piquement citadine. Elle est propre aux parlers juifs.
Elle est fréquente dans les parlers musulmans de Fès,
Tlemcen, Nédroma, Cherchell, Djidjelli, et n'est pas
rare à Tunis.
de la postpal,-.tale sourde k : elle connaît des altéra-
tions dans les parlers montagnards du Nord marocain
(région de Taza, de l'Ouargha), du Nord oranais (Tra-
ras), du Nord constantinois (Djidjelli) : soit une
mouillure de en k
Y
, soit une affrication soit
une mutation en ts (parfois transcrit C). On observe
d'autre part qu'en Libye le pronom suffixe -k de la
deuxième personne du singulier peut connaître une op-
position k (sans altération) pour le masculin, et
(avec articulation spirante qu'on peut noter k) pour
le féminin.
de la postpalatale sonore g : elle apparaît dans les
parlers bédouins du Maghreb en substitution de q (ex-
cepté, parfois, dans des mots de la langue savante ou
religieuse). Il arrive, dans des parlers montagnards
du Nord marocain, du Nord oranais et du Nord constan-
tinois, que g s'altère, par mouillure, en gY ; et même
jusqu'à devenir y.
de la vélaire g. C'est un r très fortement grasseyé,
11
on l'a dit; il se distingue parfois mal du altéré
dont on vient de parler, lorsqu'il est non roulé, mais
grasseyé. Il est très important de souligner que les
parlers sahariens connaissent couramment la mutation
de 9 en 9.., depuis le Sud o ranais jusqu'à la Libye; et
que certains parlers bédouins des régions présaharien-
nes et des Hauts plateaux d'Algérie n'ignorent pas non
plus cette mutation.
_ de la vélaire q : elle peut articulée vélaire,
mais aussi plus profondément que vélaire, dans une
zone d'articulation gutturale. Il est des parlers qui
ne peuvent absolument pas l'articuler, ni vélaire ni
gutturale : des parlers juifs et de vieux parlers mu-
sulmans citadins . Les un s lui substituent une attaque
vocalique proche du haR\za ainsi en est-il au Maroc,
à Fès notamment, mais aussi à Rabat, Tétouan, Tanger
en Algérie, à Tlemcen, à Alger-juif. Ailleurs, dans
d'autres parlers juifs et à Djidjelli, .s.. est altéré en
un k postérieur (qu'on peut noter qui se distingue
très bien à l'audition du k postpalatal. On a vu ci-
dessus que q pouvait apparaître en substitution de
dans des parlers bédouins méridionaux.
- ou attaque vocalique, ou détente glottale •
Il a généralement disparu au Maghreb, en tant que pho-
nème constitutif de racine, et comme élément formatif
de dérivation. Mais il arrive qu'il soit conservé ou
restitué dans des mots du langage relevé, ou d'emprunt
à la langue classique. On le trouve encore dans des
exclamations ou interjections. On vient de voir qu'on
pouvait distinguer une manière de hamza dans le pho-
nème de substitution à dans les parlers où q n'est
pas articulé.
12
h)
On peut considérer grosso modo que la pureté
du timbre dépend de la durée des voyelles. Plus elles
sont longues, plus elles sont pures. Plus elles sont
brèves, plus elles risquent d'avoir un timbre décoloré,
jusqu'à devenir incolores. Il est un autre facteur qui
joue sur le timbre vocalique: c'est l'influence colo-
rante que peuvent exercer les consonnes sur les voyelles
qui leur sont contiguës. Il est des consonnes plus ou
moins indifférentes, comme t, t, d, d, j, z, St 1, b,
- --=---=- --- -- -
Il en est qui exerce un effet "ouvrant", comme .2,.,
h, --=:' favorisant le timbre Il en est qui "as-
sombrisse" le timbre, en donnant à la voyelle une colo-
ration "postérieure", comme les emphatiques et les em-
phatisées : à leur contact, devient intermédiaire entre
a u passe à 2,., et i à
Compte tenu de observations qui valent
pour l'ensemble dialectal, on constate que les parlers
maghrébins sont caractérisés par une ruine considérable
du matériel vocalique : le vocalisme long est solide,
mais le vocalisme bref est fragile. Cela veut dire que
les éléments du vocabulaire dialectal qui peuvent être
rapportés à des prototypes de l'arabe ancien présentent
une perte très sensible du vocalisme bref, qui se tra-
duit
d'une part, par une disparition de voyelles brèves,
dont ne subsistent, dans les parlers les plus évolués,
que celles qui sont indispensables à l'articulation
des groupes de consonnes formant syllabe ;
d'autre part, par un nivellement du timbre des voyelles
brèves qui subsistent : elles tendent à devenir inco-
lores, ou à n'avoir que la coloration de timbre qu'el-
les tiennent des consonnes environnantes.
13
Mais il n'en est pas de même dans tous les
parlers. Tant s'en faut. On peut dire, d'une façon
sChématique, que le vocalisme bref se délabre de façon
croissante d'Est en Ouest. Il se présente dans un état
de relative conservation dans les parlers de Libye et de
Tunisie, ainsi que dans les parlers bédouins. En Algé-
rie, la perte de la substance vocalique et du timbre
s'aggrave de Constantine à Tlemcen . Et c'est dans les
parlers ruraux du Nord (Kabylie orientale,
Djidjelli), et du Nord oranais (Traras, Nédroma), enfin
et surtout au Maroc que le délabrement est le plus carac-
térisé.
D' un ensemble dialectal d'une grande complexi-
té on ne prendra que quelques exemples :
- la plupart des verbes sourds connaissent une alter-
nance vocalique de la voyelle radicale : à l'accom-
pli , ou i à l'inaccompli et à l'impératif.
conservée dans les parlers bédouins et ceux du
Elle est
Maghreb
raddu oriental. Ainsi ;-add-if9dd "rendre, renvoyer"
"il l'a renvoyé", f'9ddu "renvoie-le";
rir" : éazzu "il l'a chéri", "chéris-le".
alternance vocalique est abolie ailleurs, et les
-- ' --
"ché-
Cette
deux
formes sont confondues en une seule : raddu,
- l'opposition actif/passif du verbe en arabe ancien,
réalisée par la variation de timbre vocalique , s'est
maintenue dans un certain nombre de verbes dans les
parlers du Sud tunisien, quelquefois dans des parlers
bédouins du Sud algérien et de Libye . Ainsi bdac "il
a trahi" hdat. "il a été trahi" ; srag "il a volé",

srag "il a été volé". La totalité des autres parlers
maghrébins ignorent ces formes passives.
- des parlers du Sud tunisien et de Libye distinguent
habituellement
darbëk "il t'a
"T • • _
darbak "il t'a frappé (toi homme)"
(toi femme)" ; kalbak "ton
de
chien
14
(à toi homme)" de "ton chien (à toi femme)",
distinction inconcevable ailleurs au Maghreb.
des éléments de vocabulaire sont différenciés par le
seul timbre vocalique dans les parlers du Maghreb
oriental et dans les parlers bédouins. Ainsi qalla
"il a fait frire", l'petite quantité, manque".
Ils sont ailleurs confondus en qalla. Dans tels par-
lers du Nord constantinois, qella signifie aussi "gar-
goulette'l, qui, ailleurs, sera différencié par sa
voyelle : qulla (gç.llal.
De très nombreux exemples de ces oppositions
vocaliques, différenciant des formes et des mots, pour-
raient encore être cités. Tous font ressortir que cer-
tains parlers, qu'on peut réellement appeler "conserva-
teurs", ont gardé un sentiment très vif et très fin de
variations de timbre héritées d'un état ancien: senti-
ment qui, en d'autres parlers, apparaît plus flou, es-
tompé, quand il n'a pas complètement disparu.
Reste un trait du vocalisme à souligner
l'imala, phénomène de mutation de timbre (appelé aussi
---
apophonie) qui fait "pencher" la voyelle a vers i. Il
apparalt dans divers parlers maghrébins de façon inégale,
en position initiale, médiale, finale, toutes les fois
que le consonantisme radical n'exerce pas d'influence
colorante "postérieure
ll
ou emphatique : le a, long ou
bref, tend alors vers prenant un timbre proche de
français. Mais ce phénomène se manifeste avec plus d'in-
tensité qU'ailleurs dans les parlers du Maghreb oriental.
Dans les parlers bédouins du centre de la Tuni-
sie, on constate une imala qui est variable mais bien
caractérisée, du a intérieur du mot. Dans les parlers
villageois du Sahel tunisien, et aussi dans ceux du Sud
tunisien (Gabès, Nefzaoua), de l'Est saharien et du
15
Fezzan, atteint très fortement le final, le
faisant passer à : msa "il est parti" ) ; nsa
"femmes
ll
) (excepté quand la consonne qui précède
exerce une influence "postérieure" ou emphatique : bqa
"il est demeuré", ,qfa "il a lu").
cl
La situation des diphtongues dans les parlers
arabes maghrébins est extrêmement complexe, tant du
pont de vue synchronique que du point de vue diachroni- "
que. Elle est, en outre, mouvante et instable, et sus-
ceptible de varier de l'un à l'autre, avec une extrême
facilité.
On distinguera les diphtongues à premier élé-
ment bref et les diphtongues à premier élément long.
@- Pour ce qui est des diphtongues à premier élé-
ment bref, il convient, avant tout, de souligner le fait
que, dans tous les parlers, la présence d'une consonne
"ouvrante" (et €.. semble la plus caractéristique) précé-
dant le groupe diphtonique est de nature à le conserver,
et à garder la pureté du timbre a au premier élément.
Ainsi eawd "cheval" et "morceau de bois",
.!.ayn "oeil" et "source
ll

Il convient ensuite de traiter séparément des
diphtongues dont l'élément semi-voyelle est redoublé (ou
géminé) et des diphtongues où cet élément n'est pas re-
doublé. Soit qww, d'une part, et QW, d'autre
part.
Dans les premières, le complexe diphtonique se
maintient plus volontiers, et cela dans tous les parlers;
et d'autant mieux que la consonne qui le précède exerce
une influence "ouvrante" ou une influence "postérieure".
Ainsi éawwâj "il a tordu", !jQwwab "il a "il a
16
confectionné" ,
éB,yyan "il a fixé, déterminé!!, II petiot".
Mais il est fréquent aussi, à l'inverse, notam-
ment quand la consonne qui précède le complexe diphtoni-
que n'exerce pas d'influence "colorante" caractérisée,
que le timbre du premier élément s'accommode à la semi-
voyelle consécutive : uww, ryy ; en sorte que le com-
- - --
plexe peut perdre son caractère diphtonique de timbre
différencié, et peut être tout aussi bien représenté par
la graphie ûw, Iy. Ainsi
jüwwaz "il a fait passer
ll
,
sl.yyabni (sIyabni) "lâche-moi
ll

En ce qui concerne les diphtongues dont l'élé-
ment semi -voyelle n'est pas géminé, on envisagera deux
possibilités
la conservation de la diphtongue qw, fï
- la contraction des deux éléments en un seul ; propre-
ment la conversion de l'état di ph tonique à l'état voca-
lique : la diphtongue se muant en voyelle longue.
Cette conversion peut s'opérer soit avec con-
servation d'un timbre "assombri" témoin de l'état diph-
tonique premier : .,2., i (qui ne doi t pas être confondu
avec le timbre "assombri" qui résulte de l'influence co-
lorante éventuelle d'un environnement consonantique)
soit avec adoption d'un timbre pur : On dira que,
dans le premier cas, il y a réduction partielle de la
diphtongue ; et, dans le deuxième cas, réduction totale
de la diphtongue.
Qu 'en est-il dans les divers parlers maghré-
bins ?
Dans les parlers citadins et rur aux, il y a
généralement réduction totale :
cl. lawn, dial. lûn "couleur, espèce",
17
cl. bayt, dial. bIt "chambre, demeure"
encore que, dans nombre de milieux féminins, plus con-
servateurs, le langage ait opté pour la réduction par-
tielle : 19n, bit. Bien entendu, avec environnement con-
sonantique "colorant", c'est généralement partout 9,
som "jeune", gëf "hôte".
.-:.....&..--
Dans les parlers de bédouins en général, dans
les parlers des ruraux tunisiens, et dans ceux de Libye,
la situation apparalt particulièrement confuse, selon
les parlers et, même, dans un parler donné, selon les
milieux,allant jusqu'à varier selon les individus. Ce
n'est jamais réduction totale d, .!. ; mais hésitation
entre conservation di ph tonique et réduction par-
tielle 9, ; les milieux féminins optant souvent pour
la solution. Mais, là encore, l'environnement
consonantique peut jouer son rôle, favorisant l'état
diphtonique : "jeûne" (plutôt que "été"
(plutôt que sëf).
-' -'-
@-
Les diphtongues à ·premier élément long ne sont
pas d'origine ancienne. Elles résultent habituellement
de mutation de caractère phonétique, ou de création de
caractère morphologique ; à moins que , dans quelques cas
rares, elles ne se trouvent dans des mots d'emprunt.
Au premier type appartiennent des formes comme
é..awnu "ils ont aidé" , où le deuxième élément provient
d'une semi-voyelle originellement suivie d'une voyelle
brève, dont l'état syllabique a provoqué la chute (cl.
e:..awanü) ; ou la-Yli "qu' il ne vienne pas" (cl. la yajr");
ou comme dayr "tournant, disposé en rond", où le deuxiè-
me élément représente un hamza vocalisé en (cl.
Au deuxième type appartiennent des formes com-
me "ils ont oublié", représentant un dialectal nsa
+ u (u indice du pluriel), "ils éduquent", repré-
18
sentant un dialectal + u Cu indice du pluriel)
ou encore comme le marocain bOYdën "blancs" refonte
2 3 "" •
dialectale en R1U'R R In d'un pluriel de noms de "cou-
leurs et difformit's· Crac. byd).
--1'-
Ces diphtongues ne sont pas toujours stables,
car il arrive que le deuxième élément soit, dans une mu-
tation provoquée (par l'état syllabique), articulé en
semi-voyelle suivie de voyelle, en sorte que le complexe
diphtonique se rompe: ë.awêm "il a aidé", dayar "tour-
nant, disposé en rond", nsawah "ils ont OUblié;',
"ils l'éduquent". L'instabilité est parfois
extrême et peut résulter, dans une mutation spontanée ,
tout simplement de la rapidité du débit, lent ou accé-
léré . Ainsi peut-on entendre, dans la même bouche,
et daYF ; et aussi yÜmayan et yÜmayn "de'Jx jours",
fayan et fayn 1I 0Ù 1".
Un mot comme tawla "table", d'usage courant
dans l'Est maghrébin (ailleurs fournit un exem-
ple de diphtongue dans un mot d'emprunt.
®-
Un mot doit être dit de ce qu'on appelle
"diphtongaison secondaire". C'est l'évolution rigoureu-
sement inverse de la réduction de l'état de diphtongue à
l'état de voyelle longue décrite précédemment
voyelle longue se scinde en deux éléments.
: une
Il est, semble-t-il, plusieurs sortes de diph-
tongaisons secondaires
- celle qU ' on observe, par exemple, dans les parlers du
Sud tunisien et dans certains parlers de Libye, lors-
que la voyelle.a, en finale absolue, atteinte d'imâla,
se scinde en deux éléments : nsa nse nsIa IIfemmes"
--' __ o. __ .
bka, bkIa "il a pleuré". Un tel phénomène se pro-
duit lorsque l'environnement consonantique (notamment
la Consonne qui précède la voyelle) n'exerce pas d'in-
19
fluence "postérieure". Il ne se produit pas lorsque
la voyelle cesse d'être en finale absolue : nsah "ses
femmes (à lui)".
- celle qu'on peut relever dans nombre de parlers bé-
douins dans le cas des voyelles l , qui sont suivies
d'un e ou d'un (phonèmes "ouvrants") : jÜf., jO.E.,
jüat.. "faim", rbIt:.-, rbIa!. "printemps".
- celle qu'on peut remarquer, dans des parlers bédouins,
ceux d'Oranie par exemple, lo;sque la voyelle est
contiguë à une consonne emphatique : "argile
ll
(cl. ; "chiffoŒ'.
On rangera aussi parmi les diphtongaisons se-
condaires les diphtongues qui, dans divers parlers, com-
portent un allongement du premier élément en quelque
sorte intentionnel, dans le but de sauvegarder un trait
morphologique caractéristique. Telles sont les formes
"petit bélier
ll
, diminutif des parlers bédouins
d'Algérie (cl. kubays, ailleurs ;
msëyt "je suis parti" , dans les mêmes parlers (cl.
Y- '1- v "r)
masaytu, ailleurs ;
- -ayn, indice du duel (cl.-ayni), dans yumayn "deux
-jours" par ex. ;
-ayn, indice d'adverbe interrogatif dans
fayan "où 7" par ex., tous deux précédemment notés, et
usuels dans nombre de parlers citadins et ruraux (ail-
leurs yÜm!n ; §, fIn).
20
C. COMBINAISONS DE SONS
Les phonèmes qui constituent le radical d'un
mot (ainsi que les éléments formatifs qui s'attachent au
radical du mot, aussi bien que les éléments distincts du
mot, mais accolés à lui et formant avec lui un seul mot
phonétique) sont susceptibles d'exercer les uns sur les
autres de notables influences. Peuvent alors se produi-
re des modifications de phonèmes, qui appartiennent au
domaine de ce qu'on appelle la "phonétique combinatoire".
Ces modifications éventuelles sont très nom-
breuses. Il en est qui sont communes à tous les parlers
maghrébins, obligatoires ou facultatives. Il en est qui
sont particulières à tels ou tels parlers. Quand il
s'agit de certains phonèmes dont le point ou le mode
d'articulation sont voisins, on constate que, plus le
débi t de la par,ole est rapide, plus nombreuses sont les
mutations des phonèmes au contact.
On n'exposera pas ici le détail de ces muta-
tions. On se contentera de dire que, dans le cas de
a) Phonèmes contigus, c'est tantôt le second phonème qui
agit sur
rqad +
le premier :
t ) rqatt "j'ai
- ---
dormi", nQwwagtu ) nëwwattu
"vous avez fait lever", tji ) dji "elle viendra",
) dZ9-Ç'9 "tu le visiteras", tdüm ) ddüm "elle
durera
ll
, fayn-çah ) fay-Ç'-çah "où est-il 7", ma-
nôaraj-s ) ma-na-hras-s "je ne sortirai pas", iqül-
Ina ) "il nous dira".
De telles assimilations se produisent parfois
entre deux radicales d'un même mot:
janb ) jamb "côté, flanc", ) zdar ITpoi trine",
dsrsa ) t"SIsa "bouillie d'orge" (cl. jasIsa),
21
yajzi ) yazzi Ifil suffit, assez! ", mtaE..- ) ntae;..
"appartenant à".
C'est tantôt, aussi, le premier élément qui
agit sur le second :
n9sf ) nqsl' "moitié, demi", wÇ)st ) WO!?.!? "milieu".
Ainsi en est-il aussi dans le cas du préfixe st- de
la dixième forme ) ss
stanna ) sSanna "attends",
ou dans le cas du t infixé de la huitième forme,
lorsqu'il est suivi d'une sifflante
stadu ) ssadu "ils ont chassé",

d'une chuintante
stka ) sska "il s'est plaint", ztad ) zdad ou zzad
"il est né".
Il arrive aussi que l'interaction de deux pho-
nèmes contigus aboutit à la naissance d'un phonème
nouveau, redoublé :
dmü€.hum ) dmüh1;lum "leurs larmes", smafha ) smal;1pa
"il l'a entendue", wUdjh ) wi:itc "visage" (forme
usuelle à Alger).
b) Phonèmes distants, sont particulièrement fréquentes
les mutations qui se produisent dans des mots ou dans
des complexes de mots, ' qui comportent des "sonantes"
comme ,!, E' et w. Elles consistent en permutations
qU'on appelle "métathèses" ou "interversions"
nt..al "il a maudit" pour lEan, nül "couleur, espèce"
--- --
pour lün, dan fIl "dauphin" pour dalfIn, ranjas
"narcisse" pour na;-ji's, mar-;-awla "par derrière"
pour
Elles peuvent se produire entre d'autres pho-
nèmes que les "sonantes" :
saqQ9ta "mèche de l'occiput" pour sôlddaja
"natte de prière" pour sajjada.
22
Les phonèmes "liquides" • .! et !!., sont particu-
lièrement sujets à des mutations, spontanées ou pro-
voquées, qui se manifestent ici et là au Maghreb (et
déjà en arabe classique). Ainsi
badanjal "aubergine" pour badanj'an, fanjal litasse"
pour. fan jan, l?fafjan "coings" pour kabran
"caporal", gldffi "moutons" pour gnam.
Non moins remarquables sont les mutations qui
apparaissent dans des mots qui comportent, dans la
charpente de leurs phonèmes radicaux, la séquence
chuintante + sifflante (1 + z par exemple). Il est
des parlers
où la séquence se maintient sans changement :
jazzaf "boucher
ll
, E...jüza "vieille femme" ; ce sont
les parlers citadins et ruraux d'Algérie et les
parlers des nomades du Tell algéri en ;
- où se produit une métathèse : zajjar , ézuj(a) ;
ainsi en est-il dans l' Oranie bédouine et dans le
Sahara algérien
où la sifflante assimile la chuintante: zazzar,
; c'est ce qu'on entend dans l'Est constanti-
nois, en Tunisie, et, partiellement, en Libye ;
où la chuintante se différencie et passe à 9
gazzar, formes habituelles au Maroc .
La différenciation peut parfois opérer une mu-
tation de i Ainsi ,
pour jaz-ijüz "passer" gaz-igüz dans le Nord ma-
rocain, daz-iduz dans le Sud marocain ; ainsi éga-
lement pour le nom de la ville d'Alger, :
ad-dzayr.
Des mutations semblables, plus ou moins capri-
cieuses, ont lieu dans la plupart des mots où figu-
rent les séquences chuintante + sifflante, sifflante
+ chuintante, chuintante + chuintante. Ai nsi peut- on
23
entendre, suivant les parlers
pour j-ans "espèce", jans, zans, zans, gans ; pour
.zuj "deux", zUj, juj, zuz ; pour sams "soleil",
... .... Y ... "j "b"'j
sams, sams, sarns, ; pour sa ra ar re t sa ça,

Il y a lieu aussi de signaler des cas possi-
bles, fréquents, d' "haplologie", chute d'un phonème ,.
lorsqu'il est suivi d'un phonème identique. Ai n si
qut-lu, pour qult-lu "je lui ai dit" ; ma-tkallam-s,
pour ma-tatkalla m-s "ne parle pas
tt
; Eal-bab, pour
El-al-bab "à la porte" .
24
D. SYLLABE
Comme on l'a dit au chapitre des Voyelles, les
mots d'arabe maghrébin, lorsqu'on les rapporte aux pro-
totypes anciens dont ils procèdent, présentent une très
importante diminution du matériel vocalique . Ce fait
frappe, à l'audition, l'oreille de l'arabisant le moins
initié. L'examen attentif le révèle plus complètement.
Cette diminution porte essentiellement sur les voyelles
brèves : les voyelles de la déclinaison et de la flexion,
d'une façon absolue. Mais aussi une forte proportion
des voyelles qui sont intérieures au radical.
Mais cette diminution du vocalisme interne
n'est pas uniforme dans tous les parlers. Il est des
parlers qui ne conservent en fait de voyelles que le
strict minimum qui permette d'articuler les groupes con-
sonantiques. Il en est d'autres qui en conservent bien
davantage.
On peut dire d'une façon très générale
- d'une part que la diminution de la substance vocalique
s'accroit d'Est en Ouest , les parlers marocains étant
Ceux où elle apparaît le plus réduite
d'autre part que cette diminution est plus marquée
dans les parlers citadins et ruraux, sédentaires, que
dans les parlers bédouins.
Il en est, parmi ces parlers bédouins et du
Maghreb oriental, qui ont une matière vocalique remar-
quablement abondante,et dont l'aspect contraste avec
l'aspect de l'ensemble des autres parlers maghrébins.
On en parlera en annexe, en fin de chapitre.
La voyelle constituant le centre (le principe
essentiel) de la syllabe, on constate que la structure
25
syllabique des mots dialectaux, au vocalisme souvent ré-
duit, comparés à leurs prototypes anciens, revêt généra-
lement un aspect nouveau, parfois profondément modifié :
que ce soit le fait de l'évanouissement pur et simple
d'une voyelle; ou que ce soit le fait du déplacement de
la voyelle à l'intérieur de la charpente des consonnes.
Un tel renouvellement du schème syllabique
s 'est opéré suivant
A. ~ ~ ~ ~ _ ! ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ _ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ! ~ ~
a) L'une, qui porte à conférer au mot trilitère
nu à vocalisme bref, selon une mutation qu'on appelle
123
communément le "sursaut", un schème syllabique R R vR
(groupement tout à fait impossible en arabe classique,
où le mot ne saurait commencer par deux consonnes consé-
cutives : quand les deux premières consonnes sont grou-
pées , elles sont alors obligatoirement précédées d'une
voyelle d'attaque , dite "épenthétique", du type de l'im-
pératif du verbe trilitère sain au thème fondamental,
uktub "écris").
Ce schème R
I
R
2
vR
3
est, en arabe maghrébin,
celui de tous les verbes trilitères sains, à la troi-
sième personne du masculin singulier de l 'accompli :
cl. k5tibi, dial. ktab "il a écrit".
C'est également le schème qui prévaut dans la
catégorie des noms à vocalisme bref, sans finale a :
cl. bagl, dial. bgal "mulet" ; cl. ganam, dial. gnam
"ovins".
Ma is on verra, au chapitre du Nom (B. Thèmes
nominaux du singulier. 1. Types à vocalisme bref), qU'il
est un certain nombre de facteurs qui peuvent déterminer
la conservation, ou l'adoption, d'un schème R
1
vR
2
R
3
:
cl. g1rd, dial. Qard "singe" ; cl. ~ , dial. ~
"serpent".
26
b) L'autre tendance consiste en la chute (ou
l'évanouissement) de la voyelle brève, lorsqu'elle se
trouve placée en syllabe "ouverte". Qu' appelle-t-on
syllabe ouverte? Une syllabe constituée par une voyel-
le brève suivie d'une consonne qui est elle-même suivie
ct 'une voyelle cvc + v. A l'inverse, une syllabe "fer-
mée" comporte une voyelle brève sui vie ct 1 une consonne
non suivie d'une voyelle
ne suivie d'une consonne
cvc ; ou suivie d'une conson-
cvc + c. Lorsque la syllabe
comporte une voyelle longue (suivie ou non d'une conson-
ne), elle est nécessairement fermée cv, cvc.
De l'impossibilité pour une voyelle brève de
se maintenir en syllabe ouverte résulte une instabilité
du schème syllabique, qui est manifeste lorsque la
flexion morphologique, ou l'adjonction au radical du mot
d'un élément vocalique suffixé, transforme une syllabe
fermée en syllabe ouverte.
de schème
C'est ce qui se produit quand la forme verbale
l 2 3
R R vR reçoit les désinences à initiale voca-
lique du parfait, -at du féminin et du pluriel. Le
groupement syllabique passe alors, selon une mutation
qU'on appelle communément "ressaut", du schème R
I
R
2
vR
3
h
' RI 2 3
au sc eme vR R :
+ a t ) ga.çbat "elle a frappé",
+ u ) "ils ont frappé".
Le même IIressaut" s'opère également quand une
forme (verbe, nom, préposition) de schème R
I
R
2
vR
3
est
pourvue de pronoms suffixes à initiale vocalique :
+ ak ) èa.çbak "il t'a frappé",
rjëll + i ) "ton pied",
gbal + U ) gablu "avant lui
u
ou de l'indice -a du féminin ou du singulatif
bgal + a ) baQla "mule",
1)j ar + a ) haj ra pierre"
27
ou de l'indice -In (et ses variantes dialectales
-ayn) du duel :
shar + In ) "deux mois",
sbar + In ) sa brIn "deux empans".
Résultant de cet évanouissement quasi automati-
que de la voyelle brève en syllabe ouverte, la mutation
de la structure syllabique, en somme uniforme dans le
cas de mots monosyllabiques, se révèle plus complexe
dans le cas de mots dissyllabiques ou plurisyllabiques.
Tel est le cas que posent les formes du verbe
trilitère sain, à l'inaccompli et à l'impératif, à la
deuxième personne du féminin singulier (là où elle est
en usage), et aux personnes du pluriel:
+ i "tu (toi femme) fraIPeras"t naqtCll + u
tuerons", tae.çaf + u Itvous saurez", + u
"ils balaieront", asmae.. + i "entends (toi femme)",
aktab + 1L"écrivez".
Ainsi en est-il également des noms de type an-
l 2 3
cien mvR R vR a
madrasa "école"
. .
ou des noms de type
suffixes à initiale
mahkama "tribunal du cadi"
mvR
1
R
Z
vR
3
lorsqu'ils sont pourvus de
vocalique
madrab + ak "ta place
lt
, mad.çab + u "sa place" ;
---' - - 12- !-
ou des noms de type rnvR R vR lorsqu'ils sont pourvus
des indices In et at du pluriel externe :
maslem + In "musulmans" t maslam + at "musulmanes"
et aussi des noms de type R
l
vR
2
R
3
a lorsqu'ils sont pour-
vus de suffixes à initiale vocalique :
de rQkbat + ! "mon genou", f9kbat + ak "ton ge-
nou" •
A ce problème (qui n'est qu'un seul problème)
posé par ces mots dissyllabiques ou plurisyllabiques,
les dialectes maghrébins trouvent des solutions variées.
28
€9- Il en est qui admettent la chute pure et sim-
ple de la voyelle de la syllabe finale (qui se trouve
ouverte) selon un schème syllabique vccc- : soit, pour
les exemples ci-dessus,
ta2Fbi, naqtlu, ta&ffu, yaknsu,
maJ:lkma, ma!:!J;bu,
maslmIn, f9kbti, rQkbtak ;
avec la possibilité, variable suivant les parlers (et
suivant la rapidité du débit de la parole ) , pour rendre
plus aisée l'articulation de trois consonnes, d'intro-
duire un point-voyelle qui sépare
tantôt la première consonne de la deuxième :
ta2'çbi, naq'tIu, taé'rfu, yak'ns u, a s'méi, ak ' tbu,
maJ:l'kma, __ T_____ __ ___ _
mas ' lm!n, mas'lmat, f 9k·bti, f9k'bt dk
tantôt la deuxième c ons onne de la troisième
naqt ' lu, akt'bu,
mal!k' ma, bak, bu,
masl'mIn, masl'mat, f9kb'ti, f9kb' tak.
C'est l a solution adoptée pa r les pa rlers de Libye, de
Tuni s ie, de l'ensemble bédouin du Sud constantinois, al-
gérois, oranais ainsi que des plaines oranai s es. Sou-
vent, les parlers des nomades saha riens aux formes de
l'inacco mpli du verbe, frappent de l'accent l a voyelle
du préfixe, et l'allongent pour en mi eux a s s urer l a c on-
s ervation :
nüqutlu, taéa.çfu, yÜkunsu.
@- Il en est qui, bouleversa nt l a répartition
syllabique, préfèrent un schème cvcc :
nqatlu, téarfu, ikdnsu, s a mei, katbu,
mQakma, mdaFbak, mda.çbu,
------
msalmfn, msalmat, Fkobti, rkobtak.
Cette solution est celle qui domine dans les parlers ma-
rocains et ceux du Nord constantinoi s ( Djidjelli). Elle
29
c o mporte dans les formes verbales, l' é vanouis s e ment de
la voyelle du préfixe.
® - Il en est enfin qui assurent l a c o ns ervation
de l a voyelle de première syll a be en la fermant par le
redoublement de la c ons onne consécutive, selon un s chème
cvccvc :
naqqatlu, ya kkansu, assa mt:i ,
akkatbu,
maddarsa mahhakma,
l , , • __ - . ":' ____ __ • .• • • ___
mdssalmat, F9kk9btï, fokkqbtak.
Cette solution est celle des parlers de Tlemcen et de
l' Oranie septentrionale, des cita dins et des ruraux de
l'Algérie, des petits nomades du Tell algéro i s et du
Tell constantinois occide ntal, de la région de Collo et
Skikda, et de l'oasis d'El-Kantara dans le Sud constan-
tinois. Une réserve est à faire dans les parlers de
Tlemcen et de l' Oranie citadine, le redoublement de la
consonne n'a pas lieu quand cette consonne est une "so-
nante", r, l, n : on dit
Y3rSlu- Il ils ;nvoient
ll
, tanzlu "vous descendez", nalbsu
"nous revêtons", manzla "place", "mon outre".
Telle est, dans les grandes lignes, la répar-
tition dialectale des solutions trouvées au problème des
mots dissyllabiques ou plurisyllabiques.
On doit évoquer aussi le cas de la troisième
personne du féminin du verbe "sain", à l'accompli, lors-
qu'elle est suivie de pronoms suffixés à initiale voca-
lique, du type
darbet + a k "elle t'a frappé", darbat + u "elle l'a
... --" --- ...
frappé".
Là encore, les parlers adoptent des solutions
diverses, dont la répartition ne recouvre pas la répar-
tition précédente.
30
@- Certains parlers admettent la chute pure et
simple de la voyelle de l'indice -at, et la séquence de
trois consonnes :
k,
avec la possibilité d'un point-voyelle qui dissocie la
séquence d'articulation parfois malaisée:
btak, btu ; ou tu.
Ainsi en est-il dans les parlers bédouins de l'Est cons-
tantinois, du Sud de l'Algérie, du Centre et de l'Est
oranais.
<E9- D'autres, plus rares, préfèrent
abta k, abtu ,
confondant alors la troisième personne du féminin avec
la première personne.
On entend ces formes dans quelques parlers sédentaires
de l'Algérois.
QO- Très fréquente est la conservation par allonge-
ment de la voyelle de l'indice -at, créant un indice -at:
_ tak, tu.
Ce sont les formes en usage en Libye, dans la Tunisie
bédouine et villageoise, dans les hautes plaines cons-
tantinoises, dans les hauts plateaux et dans le Sahara
a lgérien, et très généralement au Maroc.
L'oasis de Tolga, dans le Sud constantinois , connait
darbItak, darbItu.
de l'indice -at est sauvegardée par
le redoublement de :
darbattak, darbattu.

Ainsi dit-on à Tunis et dans le Nord de la Tunisie, dans
le Nord constantinois, Constantine, Skikda, Djidjelli.
C'est aussi ce qu'on entend à Alger, à Cherchell, à Del-
lys, où jarbatu n'est pas employé. Le
Maroc n'ignore pas non plus
31
Voisin immédiat du cas précédent est le cas de
la forme participiale féminine pourvue de suffixes pro-
nominaux à initiale vocalique :
de mqabla, mqablat + "(elle) te (lui) faisant
face".
C'est suivant les parlers:
mqabltak, mqabaltak, mqablatak
à Tolga, mqabl ·ak à Tanger).
Voisin aussi des c as précédents est le procédé
de fermeture de la syllabe qui suit la voyelle brève,
pour en assurer la conservation, qu'on rencontre dans
des parlers bédouins de l'Oranie et de l'Algérois. Ainsi
1.. - ( ,v. V v t) b "
':Irç>bba cl. agrlba "cor eaux,
émadda (cl. "c3Lmlda
t
) "perches de la tente",
ou, encore, pour sauvegarder la structure syllabique des
mots à l'état nu : jma l, utad :
jmalli "mon chameau", ailleurs j amli,
utaddi "mon piquet", ailleurs watdi, w()ddi.
Après avoir énoncé les tendances essentielles
qui semblent guider la constitution des syllabes dialec-
tales, il reste qU'on se trouve en présence d'un très
grand nombre de cas syllabiques qui sont généralement
posés, dans les schèmes les plus divers, par
- l'adjonction aux formes verbales terminées par une
consonne, des désinences du féminin singulier
(deuxième personne), et -u du pluriel; ou des suffixes
pronominaux à initiale vocalique - ok , ;
- l'adjonction aux formes nominales terminées par une
consonne, des indices de l'ethnique, -a du féminin
ou du singulatif, -In -ayn) du duel, -In,
-at du pluriel externe, et des suffixes pronominaux à
initiale vocalique -!' -ak, ;
- l'adjonction aux formes nominales pourvues de la
32
finale (-At en rapport d'annexion), des suffixes
pronominaux à initiale vocalique -1, -ak, -u.
Ces cas, chaque parler les traite à sa manière.
L'examen complet en exigerait une étude détaillée et
étendue. On s'en tiendra ici aux indications générales
données ci-dessus.
Annexe
Il est plusieurs remarques à formuler sur cer-
tains caractères syllabiques de parlers bédouins.
é
' l 2 3
1. Nombre de parlers b douins, gardant le scheme R vR R
pour des mots qui, ailleurs, passent souvent à R
1
R
2
v
R
3
, conservent ou font naître volontiers entre R
2
et
R
3
une voyelle secondaire: le fait se produit notam-
3
ment quand R possède un caractère " ouvrant" , favora-
ble à la naissance ou au maintien d 'une voyelle qui
la précède . Ainsi enteryd-on chez les nomades de
l'Oranais, de l'Algérois, du Constantinois, chez les
ruraux et les bédouins de Tunisie, et en Libye
"verts"", fajar "aube", ma-çal "exemple" ,
"corde", gabal "avant" , I:tükum "ordre , jugement",
kag0:3b "mensonge", malary "sel", gamaJ:l "blé", jabà};l
"ruche", ujâh "visage".
Un accent d'intensité frappe la voyelle de première
syllabe, en favorisant sans doute le maintien (en
syllabe devenue ouverte).
2. Dans les mêmes parlers, la même structure syllabique,
avec même accentuation t est de règle, dans mots
dont la troisième radicale est u ou i :
dalu "seau", ryalu "doux", jaro "chiot", g..,lu "cher-
té", jadi "chevreau", jari "course", "marche",
"aveugles" (ailleurs dlu, ry.lu, j.P?, glu, jdi,
lri, mSi, é:mi).
33
3. Les parlers sahariens , notamment ceux du Sud algérois ,
du Sud constantinois, du Sud tunisien, et les parlers
libyens présentent la remarquable particularité de
conserver en syllabe ouverte une trace de la voyelle
ancienne qui se trouve entre RI et lorsque cette
voyelle est de timbre a. Les plus "conservateurs"
d'entre eux la gardent mi-longue , avec le timbre a
dans un voisinage consonantique de phonèmes "ou-
vrants" .. Ainsi en Libye , l?rsque R
2
, suivie
est 1'), .2., .2., E. , !!.
ta+ab "il a demandé", sananIr "hameçonslI, baramIl
"tonneaux" ;
ils la gardent avec un timbre al téré Q)
quand le voisinage consonantique est autre :
rabat (.r<?bat;) "il a attaché" , dabalaj "bracelets",
"couvertures".
Particulier au parler de Bou- Saada (Sud algé-
rois) est "le maintien, dans certaines condi tions , du
souvenir de la voyelle ancienne a , avec le timbre
en syllabe ouverte :
t;:il.ib "il a demandé", llban "petit lait", tilata
"trois" , sikakIn "couteaux
ll
..
Ailleurs, parmi les parlers bédouins des régions
considérées , c'est le souvenir de cette même voyelle
dans la même position, sous la forme d 'une voyelle
brève ou ultra-brève de timbre indéterminé:
bada "il a commencé", samae. "il a entendu",
"pieds (de chameau) " ..
On peut donc constater les étapes parcourues,
des parlers les plus "conservateurs" aux parlers les
plus "évolués", dans le processus de la disparition
de la voyelle brève en syllabe ouverte au Maghreb :
le processus est parachevé dans les parlers sédentai-
res.
34
4 . On notera pour mémoire la possibilité, dans certains
parlers de Libye, de l'existence d'un type syllabique
123 123 . .
R vR vR + v, R R vR + v, dans des com-
plexes qui restent à élucider :
;-9bütat , :çbuÇ'èt "elle a attaché", baga:r;a, bga:ça
"vache
ll

Un tel type syllabique est absolument inconcevable
dans tous les autres parlers maghrébins qui ne con-
naissent que Fabtat (Fubtat), baqFa (bagça). Il at-
teste la prédominance d'une accentuation particulière.
35
LE VERBE
L'expression verbale comprend deux modes; l'un
est conjugué à toutes les ; l'autre ne connait
que la deuxième personne du singulier et du pluriel,
c'est l'impératif.
Le premier se présente sous deux aspects. Ils
indiquent que l'action (ou l'état) dénotée par le verbe
est réalisée ou n'est pas réalisée. Dans un cas, il
s 'agit de l'accompli (ou prétérit , ou parfait). Dans
l'autre cas, il s'agit de l'inaccompli.
Ainsi, pour un verbe d'action:
qtal "il a tué" (c 'est chose faite et certaine)
yaqt<tl "il tue, tuera, tuerait" (ce n'est chose
ni faite ni certaine)
pour un verbe d'état (ou,plus exactement, de
devenir)
kbar "il est devenu vieux" (l'état est réalisé
et certain)
yakbar "il devient, deviendra, deviendrait
vieux Il (l'état n'est ni réalisé ni cer-
tain).
Ces deux aspects ne doivent pas être confondus
avec des temps.
On décrira successivement
- les indices des personnes de la conjugaison,
- la conjugaison des différents types de verbes , au thè-
me fondamental puis aux thèmes dérivés.
36
A. PERSONNES DU VERBE
Les personnes du verbe (je, tu, il, elle, nous,
vous, ils) sont indiquées
1° à l'accompli, par des désinences (ou suffixes)
Singulier 1ère personne Radical -t
2e personne
"
-t
3e personne masc.
"
3e personne fém.
"
-at
Pluriel 1ère personne
"
-na
2e personne
"
-tu
3e personne
"
-u
a) La première personne du singulier "est commune aux
deux genres, ainsi que la première personne du plu-
riel.
b) A la deuxième personne du singulier, la distinction
du genre n'est marquée que dans les parlers conser-
vateurs (de type bédouin par exemple) où elle est
représentée par la désinence -ti :
qtalt ntu (toi homme) as tué", qtalti "tu (toi
femme) as tué" .
c} Dans un certain nombre de parlers citadins (et au
Maroc assez généralement), cette désinence -ti
caractérise la deuxième personne, apportant ainsi
une distinction entre la première et la deuxième
personne du singulier, ailleurs confondues:
qtalt "j'ai tué", qtêll ti "tu (toi, homme ou
femme) as tué
lf

Souvent aussi au Maroc, de cette deuxième personne
du si ngulier à désinence -ti, a été tirée une
deuxième personne du pluriel, commune aux deux gen-
res, qtal tIw.
37
d) Mais la deuxième personne du pluriel, ainsi que la
troisième, est commune aux deux genres dans tous
les parlers maghrébins, sauf dans l'extrême sud tu-
nisien et en Libye , où elles sont respectivement
exprimées par les désinences et -an :
qtaltan , qatlan "vous (femmes) avez tué, elles
ont tué".
2
0
à l'inaccompli, par des et des désinences (ou
suffixes)
Singulier 1ère personne n- Radical
2e personne t-
"
3e personne masc. y-
"
3e personne fém. t-
"
Pluriel 1ère personne n-
"
-u
2e personne t-
"
-u
3e personne y-
"
- u
a) La première personne du singulier, commune aux deux
genres, est exprimée par le préfixe .'2.- (principale
caractéristi que des parlers maghrébins , qui les
distingue, dans leur ensemble, tant de l'arabe
classique que des parlers orientaux) . Ce préfixe
tire vraisemblablement son origine, par analogie,
du préfixe n- de la première personne du pluriel,
également commune aux deux genres.
b) La deuxième personne du singulier est commune aux
deux genres, excepté dans les parlers conservateurs
où elle est marquée par la désinence
t-a q tal "tu (homme) tuej', taqtli "tu (toi femme)
tued' •
c) A la troisième personne du masculin singulier et à
la troisième personne du pluriel . le oréfixe est
articulé en semi-voyelle <:tJ lorsqu'il précède une
voyelle, et en voyelle (i) lorsqu ' il précède une
p
38
consonne a Mais il faut noter que, très générale-
ment au Maroc, même en syllabe fermée, le préfixe
est articulé i, et non y : iqtel, iqtlu.
d) Les personnes du pluriel se distinguent des person-
nes du singulier par la désinence (même pour la
première personne , à la différence de ce qu'il en
est dans les parlers orientaux) .
e) La deuxième personne du pluriel, ainsi que la troi-
sième, est commune aux deux genres dans tous les
parlers maghrébins, à l'exception de ceux de l'ex-
trême-sud tunisien et de la Libye, où elles sont
exprimées par la désinence -_" :
tëlqtlêl n "vous (femmes) tuez" yaqtla n "elles
tuent"
3° à l 'impératif , par préfixe et suffixe
Singulier a -
Pluriel a-
Radical
"
-u
a) Le préfixe ne s'exprime que lorsqu'il précède un
groupement de deux consonnes (c 'est-à-di re en syl -
labe fermée), soit dans le cas d'un verbe comme
qtùl : aqtal "tue". Mais il est fréquent que, même
dans ces conditions , au Maro c notamment, il ne soit
pas articulé : qt.n "tue".
b) Comme à l'inaccompli, le pluriel de l'impératif se
distingue du singulier par le suffixe -u aqtlu
"tuez".
c) Le singulier est commun aux deux genres dans les
parlers où la deuxième personne du singulier de
l'inaccompli est commune aux deux genres. Ailleurs,
le féminin se distingue du masculin par la dési-
nence - i 'dqt.n· "tue (toi homme)" aqtli "tue (toi
femme)".
39
B. CONJUGAISON DU VERBE
I . Thème fondamental

Le thème fondamental est celui où la racine
fournit un verbe réduit exclusivement à la charpente de
ses éléments radicaux, c ' est-à-dire sans insertion de
voyelle longue, sans redoublement de consonne (ou semi -
voyelle) radicale, sans préfixation ni infixation d'élé-
ments formatifs, soit
1. pour le verbe trilitère
suivant qu'il est
trois radicales
_ de racine "saine" (triconsonantique) : cl c
2
c
3
q td l "tuer"
de racine " sourde"
sont semblables) :
sëJdd "saisir"
(les deux dernières radicales
122
ccc
de racine "assimilée" (la première radicale est
semi -voyelle) w c
2
c
3
y
uj.d "trouver" , ibês "devenir sec"
de racine "concave"
voyelle)
cl
'"
3
c
(la deuxième radicale est semi-
qal-iqül "dire"
cl
3
Y
c
-- - -
"vendre"
de racine "défectueuse" (la troisième radicale n 'est
pas une consonne) : c l c
2
a nsa-yansa "oublier"
cl c
2
i "acheter"
verbe quadrilitère
du type
tarja m "traduire"
-- ---
quatre radicales : RI R
2
-
Sg .
Pl.
Sg .
Pl.
l
2
3
m.
f.
l
2
3
40
Verbe de racine "saine"
qtal "tuer"

qtalt
qtalt
qtal

'l...,tla t
qtalna
qtol tu
qotlu

aqtal
aqtlu
n'dqtal
taqtal
yaqtal
taqta l
na q tlu
taqtlu
yaqtlu
a) A l'accompli, la règle de la chute de la voyelle brè-
ve en syllabe ouver te implique que, à la troisième
personne du féminin singulier et à la troisième per-
du pluriel, l'adjonction des désinences -dt et
-u de termine une modificati on de la
labique du radical.
Ce radical . de qtal à
passe qa tl.
Soit qtal + at = qatl .. t
qtal + = qatlu
Ce changement-;st de règle dans tous les parlers
maghrébins.
b) A l'inaccompli et à l'impératif, le même problème
d'ordre s yllabi que est posé par l'adjonction au radi-
c al du verbe, du suffixe -u du pluriel Ma's' 'l"
- ..... J a 1n-
verse de ce qui a été dit au paragraphe a) précédent
ce problème n'est pas résolu uniformément au Maghreb'
On peut distinguer, selon les parlers, troi s
essentielles :
41
Le radical du verbe, conformément à la solution qui
est adoptée à l'accompli, passe de qtal - à qatl-
Soit naqtal + u = nqatlu a q tal + u qatlu
C'est la solution qui prévaut dans l'ensemble des
parlers marocains, et que l'on retrouve dans le
Nord constantinois.
- Le radical du verbe perd sa voyelle de il
passe à qtl :
Soit naqtol + u = naqtlu' aqtol + =
C'est la solution des parlers tunisiens, d'une
partie du Nord et de l ' Est constantinois et du Nord
de l'Algérie, et de beaucoup de parlers bédouins .
Le radical du verbe passe de qtal à qatl, mai s la
voyelle du préfixe est sauvegardée par un redouble-
ment de la première radicale :
Soit naqtal + u Qqtal + = aqqatlu
Le fait se produit alors pour tous les verbes,
sauf ceux dont la première radicale est l'une des
trois consonnes dites "liquides"
!" E..
n :
-
Soit y"lbas + u
a yalbsu "ils revêtent"
y"drsal + U a yarslu "ils envoient"
y;mzal + u yanzlu "ils descendent"
C'est la solution qU'ont adoptée les parlers du
Nord de l'Algérie centrale et occidentale (régions
du Tell) jusqu'à Tlemcen, tant citadine que rurale.
c) Le préfixe de l'inaccompli, au singulier et au plu-
riel, est na-, ta-, ya-Iorsqu'il précède le radical
de type qtdl, soit devant consonne + consonne (la syl-
labe est fermée : maintien de la voyelle brève du pré-
fixe) ; il est n-, t-, i- lorsqu'il précède le radical
de type qatl, soit devant consonne + voyelle (la syl-
labe est ouverte : chute de la voyelle brève du préfi-
xe) •

42
ct) L 'adjonction de la désinence indice du féminin, à
la deuxième personne du singulier de l'inaccompli, et
à l'impératif, dans les parlers où elle est en usage,
détermine les mêmes mutations syllabiques que celles
que provoque l'adjoncti on de la désinence du plu-
riel, soit, suivant les solutions dialectales adoptées
(cf. ci -dessus § b» :
t .. qtal + i
tqatli, t&qtli, tdqqC3tli IItu (toi fem-
me) tues"
aqtal + i qatli, aqtli, aqqatli "tue (toi femme)".
5g .
Pl.
5g .
Pl.
l
2
3
m.
f.
l
2
3
43
Verbe de racine "sourde"
"sai si r"

saddIt
saddIt
sadd
S3 ddat
s;;Iddlna
saddItu
saddu

sadd
saddu


dôdd
iSadd
Ü.dd
nsaddu
tsaddu
isaddu
a) A l'accompli, dans la totalité des dialectes
l c2 2
bins, le radical demeure de type c v c ,
maghré-
même aux
deux pre mières personnes du singulier et du pluriel
(là où, e n arabe classique, on observe la disjonction
l 2 2
des deux consonnes radi c ales semblables, c v c c
l 2 2
passant à c v c v C) a Les désinences - t ( - ti),
-na, -tu, sont rattachées au radical par une voyelle
-- - -
prédésinentielle -I- !
Soit -Tt, -Tt (-Tti), - Ina, -Itu a
-- --
b) A l'inaccompli, le radical demeure et les pré-
fixes sont t-, i-, t - au singulier, r.::..-, t-, i - au
pluriel, ne comportant pas de voyelle brève (puis-
qu'elle serait placée en syllabe ouverte)a
c) A l'impératif, le féminin, là où il est en usage, est
saddi a r
Sg.
Pl.
Sg.
Pl.
1
2
3
m.
f.
1
2
3
44
Verbe de racine "assimilée"
ujad "trouver"

uj ad t
ujadt
uj<ld
w3jdat
dna
uja dtu
wajdu

9w Ji' d

nujad
tujad

tujad
nujdu
tujdu
yujdu
9wjdu (wajdu)
a) A l'accompli, il en est pour le verbe "assimilé" de
même que pour le verbe de racine "saine" à la tro isiè-
me personne du féminin singulier et à la troi s ième
personne du pluriel. L'adjonc tion des désinences -dt
et -u détermine le passage du radical ujad au radical
wajd (avec articulation de la première radicale en
semi-voyelle w).
Soit ujad + at wajdat ujad + = wajdu
Ce changement est de règle dans tous les parlers
maghrébins .
b) A l'inacco mpli, aux personnes du singulier, on entend
tantôt
n9wj_ct, Y9wjGd, (la première radicale
- ---
étant articulée en semi-voyelle w, et le préfixe
étant pourvu d'une voyelle). C'est la prononciation
habituelle au Maroc , et généralement dans le Nord de
l'Algérie.
- nujad, tuj9d, yujad, tujad (la première radicale
étant articulée en voyelle, mi-longue, et directe-
ment précédée des préfixes t-, t-). C'est
ce que l'on entend dans la plus grande partie de
l'Algérie et de la Tunisie.
c) A l'inaccompli, aux personnes du pluriel, la situation
varie suivant les dialectes. L'adjonction au radical
de la finale -u
- détermine parfois le passage du radical ujad à wajd.
Soit nwajdu, twajdu, iwajdu
C'est la solution qui prévaut au Maroc.
- ne cause pas de mutation syllabique (si ce n'est la
chute de la voyelle brève ujad- en syllabe ouverte :
ujd-). C'est alors, suivant les parlers,
--n
9
wjdu, tqwjdu, Y9wjdu, ou tujdu, yujdu
que l'on entend respectivement en Algérie et en Tu-
nisie.
De même pour la deuxième personne du féminin sin-
gulier, là où elle est en usage. C'est tantôt
tqwjdi, tujdi
d) A l'impératif, la situation est la même qu'à l'inac-
c o mpli. C'est, suivant les parlers,
tantôt ujad Qwjad pour le masculin singulier
ujdi qwjdi wojdi pour le féminin singulier
ujdu Qwjdu wajdu pour le pluriel.
e) Semblable à la conjugaison du verbe "assimilé" à pre-
mière radicale est celle du verbe "assimilé" à pre-
mière radicale y. Avec même mutation syllabique et
mêmes variations dialectales. Ainsi
ibas, yabsu "devenir sec, s4cher".
5g.
Pl.
5g.
Pl.
l
2
3
m.
f.
l
2
3
46
Verbe de racine "concave"
qal-iqul "dire" "vendre"

qult
qult
gal
qal. t
qulna
qultu
qalu
baE.t
baEt
baE.
bau t
bat::.na
baE.tu

qül
qÜlu

nqul nbëé:

tqül tbêt;


tqul
nqülu
tqülu
iqülu ibef.u
--'-
a) A l'accompli, aux deux premières personnes du singu-
lier et du pluriel, l'adjonction des désinences -t ,
-t (-ti), -na, -tu, déterminant la fermeture de la
--- ----
syllabe, commande la présence, entre la première et la
troisième radicale d'une voyelle brève (dont le tim-
bre est neutre ou teintée suivant le voisinage conso-
nantique, variable selon les dialectes). Il ya donc
opposition de longueur et de timbre de la voyelle ra-
dicale entre qal , quIt, qulna, etc. et
b ... etc.
b) A l'inaccompli, les verbes de racine "concave" se ré-
partissent en deux catégories
la voyelle radicale, entre cl
où elle est -1-.
essentielles : ceux dont
3
et c , est -u- ; et ceux
Une troisième catégorie, beaucoup plus restreinte,
compte des verbes dont cette voyelle radicale est
tels "craindre", nal-inal "obtenir", bat-ibat
47
1tpasser la nuit",ban-iban "apparaitre", etc.
c) A l'inaccompli, les préfixes sont i- et ne
comportent pas de voyelle brève <du fait de la posi-
tion en syllabe ouverte) .
d) A l'impératif, le radical est le même qu'à l'inaccom-
pli : il comporte donc une voyelle radicale longue,
pour les trois catégories du verbe concave.
e) Le féminin, là où il est en'usage, est exprimé à la
deuxième personne du singulier de l'accompli et de
l'inaccompli, et au singulier de l'impératif, par la
finale -i, pour le verbe concave comme pour les autres
verbes
soi t à l' 0. <;compli qul ti, ba.: ti
à l'inaccompli tqüli,
à l'impératif qÜli ,
f) Sont versés dans la catégorie des verbes "concaves"
quelques verbes dont la deuxième radicale était primi-
tivement un harnza, comme sal-isal "questionner" par
ex.
Sg .
Pl.
Sg.
Pl.
l
2
3
m.
f.
l
2
3
48
Verbe de racine "défectueuse"
nsa-y.;lnsa "oublier", sra-yasri "acheter"
nsIt srIt n.ns a nasri
nsIt srrt tansa tasri
nsa
nsat
sra y""ons.,g
Y.ll.ti
srat tansa t.hi
nsIna srIna nansaw na
nsItu srItu tansaw ta srIw
nsaw !irâw yansaw yasrIw

ans a ëJ'Sri
,;,nsaw
a) A l'accompli, la conjugaison type qui figure ci-dessus
est celle qui prévaut dans tous les parlers citadins
e t ruraux.
Dans les parlers bédouins, le radical du verbe sra
est, aux deux premières personnes du singulier et du
(et même avec diphtongue) :
soit
Les parlers bédouins de l'extrême-sud tunisien et de
la Libye connaissent aux troisièmes personnes
du masculin singulier
du féminin singulier
du pluriel
sra ; osi
-- --
srélt ; n;:Jsyat
sraw (et hu)
nssyu) •
nsu (et
b} A l 'inaccompli et à l'impératif, aux personnes du plu-
riel de la situation est également particu-
lière dans les parlers bédouins où l'on entend:
49
c) Le féminin de la deuxième personne du singulier, là où
il
à
est en usage, est
l'accompli
à l'inaccompli
à l'impératif
nslti, srIti
tans ay (et parfois tansi)
ansay (et parfois ansi) .
d) Le féminin des
pluriel, là où
à l'accompli
deuxièmes et troisièmes personnes du
il est en usage, est
nsItan, nSdn ;
à l'inaccompli: ; ,
e) Le radical étant constitué à l'initiale par un groupe
de deux consonnes (qui fait de la syllabe précédente
une syllabe fermée), les préfixes sont
à l'accompli ta-, ya-, ta-
à l'impératif
f) On constate que tous les verbes qui, en arabe classi-
que, avaient une voyelle u de l'inaccompli ont été
versés dans la catégorie des verbes à On
ne signale que de rares survivances, ici et là, comme
hba-yahbu "marcher à quatre pattes (enfant)" t jga-
._' ---' - -
yajgu "vagir", dba-yadbu Ittrottiner".
g) On notera que sont versés dans la catégorie des verbes
"défectueux" les verbes dont la troisième radicale
étai t primi t1 vement un hamza, comme q.a-yaq,a "lire,
étudier
lt
, bda-'yabda "commencer", "éteindre".
50
Verbes anomaux

kla-yakül "manger",
D2
a
-yâhug "prendre"


5g. 1 kIIt hdIt
nakül nahud
-><-=--

2 klIt hdIt
taktil
tahud

3
m. kla hda
yakül yahud
f. 1Clat hdat
fiKul

-
Pl. 1 klIna
hdIna
naklu nahdu
5g .
Pl.
2
3
---
klItu
klaw
"-=---
VQItu
hdaw
--=---
kùl
kùlu

taUu tapgu
yaklu yahdu
'---"=-
hùd
"--"
hüdu

a} A l'accompli, kla et DQa ont , dans l'ensemble des par-
lers maghrébins, après la chute du hamza primitif de
première radicale, été versés dans la catégorie des
verbes "défectueux':
Cependant, au Maroc, il existe, à côté de la conju-
gaison type qui vient d'être décrite, une conjugaison
calquée sur celle des verbes de racine "concave" :
soit k:alt, kal, kalat, kalna, k-altu, kalu,
hagti, bag, t'agat, bagna, bâgtu,
h) A l'inaccompli, la première radicale (hamza primitif)
est conservée partout au Maghreb sous la forme d'un
soit nakùI, naklu etc. ", nahüd na-hdu t ___ ___ _ , e c.
Aux personnes du singulier la voyelle du radical est
conservée (elle est de ou plus souvent.'Q.) .
Aux personnes du pluriel , elle tombe se trouvant en
syllabe ouverte.
Certains parlers bédouins (centre de la Tunisie)
connaissent la présence
la forme ü (non a)
51
de la première radicale sous
soit nÜkuI, nüklu etc. ; nüpug, etc.
c) A l'impératif, kla et hda sont versés au compte des
verbes concaves.
d) A cette catégorie de verbes doit être rattachée celle
des verbes (très inégalement employés)
amar-yam;}r "ordonner", aman -yaman Hcroire, faire
--" - - --, ---
confiance", "permettre"}
où la radicale initiale a (hamza primitif) est cons -
tante à l'accompli et à l'inaccompli, la conjugaison
en étant, somme toute, semblable à celle du verbe
l's ain" :
5g.
Pl.
5g.
Pl.
soit amant, aman, amnat, am;}nna, amnu, naman,
etc.
L'impératif de ces verbes semble rarement, pour ne
pas dire jamais, en usage.
1
2
3
m.
f.
1
2
3
2° "venir", "voir"

jIt

jIt

ja ra
rat fa-t

jIna

jItu

jaw raw
- -

nji
tji
iji
tji
njIw
tjIw
ijIw
ra

nra

tra
-'-
ira
tra
nraw
-'-
traw
-'--
ifaw
52
a) A l'accompli, cette conjugaison est celle de tous les
parlers maghrébins.
b) A l'inaccompli,
le verbe ja-iji est partout employé, avec, dans la
région de Constantine, la présence d'une voyelle l
du préfixe :
soit nlji,tlji, ylji etc., nIjIw, tIjlw, yljIw
- le verbe ra-ira connait, lui, un emploi beaucoup
plus inégal; souvent on ne l'entend qu'à la deuxiè-
me pe r s onne du singulier, parfois du pluriel :
tfaw; les formes naFa, tard, yara etc. sont égale-
men t parfois en usage.
c) A l'impératif, à côté de ji, jlw, courant dans toute
l'Algérie Ijlw dans la région de Constantine>,
on entend habituellement aji, âjlw au Maroc, et
Ija, Ijâw en Tunisie.
A côté de ra, raw, on entend aussi ara qui signifie
"vois", mais aussi "montre, donne" 1 au pluriel
d) A l'accompli, à l'inaccompli et à l'impératif, on no-
tera que les parlers bédouins de divers types présen-
tent, pour ces deux verbes, des variantes dialectales,
notamment de genre et de nombre, semblables à celles
qui ont été signalées à propos des verbes de racine
"défectueuse".
5g.
Pl.
5g.
Pl.
l
2
3
m.
f.
l
2
3
53
Verbe guadrilitère
taçj .. m
tarjamt
t.rj .. mt
taçjo1m
taçjmat

taçjamtu
j mu
"traduire"
tarjêJm
.t'O r j mu
nt'rjam
ttafjam
itarjam
tta fPm
nta.çjmu
j mu
itorjmu
a) A l'accompli, le radical est
_ tafjarn lorsqu'il est nu (troisième personne du mas-
culin singulier) ou pourvu des désinences -!'
-na, -tu (deux premières personnes du singulier et
du pluriel).
taçjm lorsqu'il est pourvu des désinences -at (troi-
sième personne du féminin singulier) et -u (troisiè-
me personne du pluriel).
b) A l'inaccompli et à l'impératif, le radical est, dans
les mêmes conditions qu'à l'accompli tafjam au singu-
lier, au pluriel .
Le préfixe est i-, ; sans
voyelle (parce qu'elle se trouverait en syllabe ouver-
te) •
c) Là où elles sont en usage, la deuxième personne du fé-
minin est tafjamti à l'accompli, ttarlmi à l'inaccom-
pli, tafjmi à l'impératif.
ct) Quelques verbes quadrilitères s ont de rac ine "défec -
tueuse", et ont une flexion qui suit celle de s verbes
trilitères de racine "défectueuse", comme mae.na "par-
ler par allusion" : maf.nIt, m!e.naw, omaLoi,
etc.
55
II. Thèmes dérivés
:z:===== .. ====::z::::z
Les thèmes dérivés sont ceux où la racine fait
l'objet
1 2 3
1. pour le verbe trilitère R R R
- soit d'un redoublement de la radicale médiale
Thème II m "faire savoir, enseigner"
- soit d'une insertion de la voyelle a entre la pre-
mière et la deuxième radicale
Thème III
soit d'une insertion de la vo yelle a entre la deuxi-
ème et la troisième radicale
Thème IX l)ma;- "devenir rouge"
soit d'une préfixation de l'élément formatif t-, qui
peut s'opérer
- sur le radi c al du thème fondamental
Thème dialec tal tjfary "être blessé, se blesser"
- sur le radical du thème II
Thème V

tfallam "être enseigné, apprendre
sur le radical du thème I II
Thème VI toala 1;. "se fréquenter"
- soit d'une préfixation de l'élément formatif n-
Thème VII ndrab "être frappé"

- soit d'une préfixation de l'élément formatif st-
Thème X "s t informer"
- soit d'une infixation de l'élément formatif
la première radicale
Thème VII I jtmae. "se réunir".
On observe que le thème I V
t
quit en arabe classique,
était c aractérisé par la préfixation à la racine de
l'élément formatif hamzé, a disparu de l'arabe dia-
56
lectal maghrébin en tant que tel, par suite de l'amu-
issement quasi total du hamza.
2 . pour le verbe quadrilitère RI R
2
R
3
R
4
- de la préfixation de l'élément formatif t-
tmasbar " se moquer"
On note d'une façon générale que tous les ver-
bes du thème fondamental ne sont pas susceptibles de for-
mer des thèmes dérivés ; et que t ous les verbes des thè-
mes dérivés ne procèdent pas néc essairement de verbes du
thème fondamental.
57
1° Verbe trilitère
Tout au long de la dérivation, pour les verbes
de racine "saine" et de racine "assimilée", on constate
que,
- aux thèmes où les modifications interviennent à l'inté-
rieur du radical par redoublement de la consonne média-
le ou par insertion de la la structure syl-
labique du radical se trouve acquérir une stabilité qui
la préserve de bouleversement profond : soit aux thèmes
II, III, V, VI, IX ;
- aux thèmes où les modifications interviennent à l 'exté-
rieur du radical par préfixation, ou, à l'intérieur du
radical, par infixation de l'élément formatif la
structure syllabique du radical se trouve exposée à la
même mutation syllabique que cel le qui a été décrite
pour le thème fondamental : soit aux thèmes VII, VIII,
X, et au thème dialectal à t- initial.
Pour ce qui est de l'adjonction au radical des
désinences -at et -u, on observe dans tous les verbes dé-
rivés Cà l'exception de ceux qui. sont de racine "défectu-
euse">, que, ouvrant la syllabe qui précède, elle y dé-
termine la chute de la voyelle brève.
Pour ce qui est du préfixe, il est ou non pour-
vu de voyelle suivant qU'il se trouve en syllabe fermée
ou en syllabe ouverte.
Pour ce qui est des verbes de racine "défectu-
euse", ce qui a été dit des variations dialectales pour
la conjugaison au thème fondamental vaut pour celle des
thèmes dérivés.
On allègera la présentation des verbes aux
mes dérivés en se bornant à donner
58
à 1 1 accompli} la première et la troisième personne du
singulier, et la troisième personne du pluriel.
- à l'inaccompli, la première personne du singulier et la
troisième personne du pluriel.
- à l'impératif, le singulier et le pluriel.
Thèmes II et V
Le redoublement de la radicale médiale confère
au thème II un caractère intensif. Les verbes qui revê-
tent ce thème expriment
- soit une valeur proprement intensive (action exercée
sur plusieurs objets, ou de façon répétée ou habituel-
le)
- soit une valeur factitive (faire faire une action, ou
mettre dans un état) ;
- soit une valeur dénominative (exprimer une notion ver-
bale tirée d'un nom) ;
- soit une valeur déclarative (dire une formule) ;
- soit, enfin, quelquefois, une idée de mouvement.
Le thème V constitue le réfléchi-passif du
thème II.
Le radical du verbe dans ces deux thèmes pré-
sentant la même physionomie, on en traitera conjointement
la conjugaison_
Verbe de racine "saine"
----------------------
II E-alla m "enseigner"
V m "être enseigné, apprendre"
Eallamt, nE..allam iéallmu
. , ,
Ei!llmu ;
éallam,
tEallam, tEal'lmu, n.tEall.am, yatE..allmu,
59
tf.alla m, te.allmu.
Verbe de racine "sourde"
-----------------------
II "rincer"
V
sallalt, sallal, nsallal, isallu, §allal,
tçaddadt, tfàddact, traddu, natraddad, yatfaddu,
traddu.
L'adjonction des finakes et
la chute de la voyelle brève de la deuxième syllabe du
radical, il se trouve une séquence de trois consonnes
semblables qui généralement se réduit à deux. Mais dans
une prononciation lente, cette séquence se trouve sauve-
gardée par l'apparition d'un point-voyelle entre les deux
consonnes redoublées et la troisième: salI-lat, tFadd-du.
Verbe de racine "assimilée"
II waqq.af "arrêter"
V "se salir"
waqqfu, nwaqqaf, iwaqqfu, wdqgfu;
twassah, twasshu, ndtwassab, ywtwasspu,
twasshu.
Verbe de racine "concave"
------------------------
- à semi-voyelle médiale w
II zQwwaq "décorer"
V tjçwwal "se promener"
z9wwaqt, z9wwaq, .z9wwqu, nZ9ww-aq, izC;Swwqu, z9ww-aq, z9wwqU:
tjowwalt, tjowwal, tjowwlu, natJowwal, yatjowwlu, tjowwal.
tjowwlu.
- à semi-voyelle X
II "embellir"
V "user de ruse"


60

La radicale médiale redoublée est toujours ar-
ticulée en co s
nonne, ou x..... Mais aux personne,,, où le
radical est pourvu des suffixes -at et -u, le radical
oscille entre l'articulation l'articula_
tion -ë.y- : soit zo. wwqu z9
w
qu,
ou
"défectueuse"
------------------
II [abba "élever, éduquer"
V trabba "être élevé, éduqué"
fabbaw, nrabbi, irabb!w, f
abbi
,
trabbIt, tFabba, natfabba, yatfabbaw,
tfabbaw.
rabbIw'
. ,
tfabba,
me II ont
verbes du
L'inaccompli et l'impératif des verbes du thè-
toujours et partout la finale -1 ; ceux des
thème Y la finale -a.
Thèmes III et YI
Le thème III exprime
- soi t une valeur "conati ve" (tension ou effort pour faire
une action) ;
soit la précision d'une direction, d'une incidence de
l'action sur quelque chose ou quelqu'un.
Le thème VI est le réfléchi-passif du thème
III .
Il marque volontiers la valeur conative interne
,
externe (réciprocité).
Le radical du verbe dans ces deux thèmes pré-
sente la même physionomie. On
en traitera donc aussi
conjointement la conjugaison.
Verbe de racine "saine"
----------------------
III hala t "fréquenter"

ou
61
VI "se fréquenter"
Da1at,
t!}alCltt, natljal-at,
thalto.
Verbe de racine "sourde"
-----------------------
III g'an;;an " contredire"
VI bjanan "se contredire"
ganan, gannu, nganan, igannu, gannu;
tqandnt, tganan, tqannu, tganan,
tQannu.
Verbe de racine "assimilée"
III waldf "s'accoutumer"
VI twafag "se mettre d'accord"
walaft, wâlaf, walfu,nwalaf, iwalfu , walaf, walfu;
twafaqt, twaf-;aq, twafqu, natwâfag, yatwafgu, twafaQ,
twafgu.
- à semi-voyelle
III eaw;Jn "aider"
VI teawBn "s'entraider"
eawan, eawnu, iEawnu, eaw_n,
téawnu, nqtiawan, yateawnu,
teawnu.
- à semi-voyelle
III é'ay:an "constater"
VI tzayad "renc hérir"
eawnu·
- -- ,
éaycmt, Eayan, Eaynu, neayan, iéaynu, .e.ay_n, Eaynu;.
tzaYddt, tzayad, tzaydu, yatzaydu,
tzaydu .

III dâwa "soigner"
62
VI tdawa "être soigné"
dawlt, dawa, dawaw, ndawi, idawIw, dawi, dawIw;
tdawIt, tdawa, tdawaw, natdawa, yatdawaw, tdawa,
L'inaccompli et l'impératif des verbes du thè-
me III ont toujours et partout la finale ceux des
verbes du thème VI la finale -a.
Thème VII
Ce thème constitue le réfléchi-passif de ver-
bes du thème fondamental. est inégalement en usage
au Maghreb: il est rare en Tunisie. Pour les verbes de
racine "saine" et "assimilée", il comporte, au long de la
conjugaison , la même alternance syllabique que ceux du
thème fondamental.
La formative ne s'entend pas nécessairement
précédée d'une voyelle d'attaque à l'accompli. L'impéra-
tif est pratiquement inusité .

"itre bles s é, se blesser"


"se fendre"
nsaqq, nansaqq,

"itre pesé"
nuzant, nuz3n, nW'aznu, ndnuzan,

('d)mbai. (Jnbat:) "se vendre"
- - - -- --
mbaEt, mba€., mbaf..u, n(;lmbaL, ··. yamba€.u
avec voyelle du radical, à l'inaccompli.
63
Verbe de racine"défectueus
e
"
---------------------------
"s'acheter"
---
nsrrt, nsra,
. - .
nansra,
. -
y;msraw.
avec voyelle final, à l'inaccompli.
Thème VIII
Ce thème n'est fourni que par un nombre res-
treint de racines dans l'ensemble du Maghreb.
tue lui aussi le réfléchi-passif de verbes du
Il cons ti-
thème fon-
damental, avec peut-itre cette nuance que l'action est
réalisée "pour soi-mime" . La conjugaison des verbes de
racine "saine" présente l a mime alternance syllabique que
celle du thème fondamental.
On entend irrégulièrement une voyelle d'attaque
initiale à l'accompli. L'impératif est pratiquement inu-
sité.
Verbe de racine "saine"
----------------------
réunir"
jtmait, jtmaé, najtm04, yajtdrntu.
(-a ) gtar.r "être contraint"
dta;rët, dtarr, 9tafF9, nagtaFf,
;: '.. "'. -'-'-'-

pratiquement pas d'exemple.

rytaj "avoir besoin"

Cette flexion type connait deux variantes dia-
lectales aux deux premières personnes du singulier et du
pluriel de l'accompli:
64
etc., exactement dans les mêmes conditions, et avec la
même répartition suivant les parlers, que la conjugaison
du verbe du thème IX (cf. ci-dessous).
Verbe de racine "défectueuse"
----------------------------
"avoir envie"
sthIt, n3sthi,
La voyelle de l'inaccompli hésite, suivant les
parlers (et même à l'intérieur d'un même parler) entre -1
et -a
v ,_
Ydsthaw.
Thème IX
Ce thème (qu'il faut rapprocher des thèmes IX
et XI du classique) forme des verbes exprimant une notion
de couleur, type hmar "devenir rouge", éten.du à des ra-
-' - - '
cines dénotant une qualité, type
qbah "devenir méchant".
- -_.-
La voyelle initiale
toujours entendue.
usage.
d'attaque, à l'accompli, n'est pas
L'impératif est irrégulièrement en
Cette conjugaison, qui suit celle des verbes "concaves"
du thème fondamental, comporte l'abrègement de la voyelle
formative aux deux premières personnes du singulier
et du pluriel de l'accompli (avec variation possible de
timbre Dmaçt/ Qm9rt). C'est la conjugaison habituelle
en Tunisie, et dans les parlers bédouins maghrébins en
général et jusqu'aux abords de Rabat.
On entend aussi une conjugaison où la voyelle
-a- formative se maintient à toutes les personnes du par-
fait, dans les parlers de l'Algérie ci -
tadine et rurale et Jusqu'au Maroc (Tanger, Marrakech,
Salé, Jebala).
Enfin, au Maroc, dans certains parlers citadins
(Rabat-Fès), en Oranie et, sporadiquement, jusqu'à Alger,
à ces mêmes personnes de l'accompli, la voyelle formative
-a- demeure, mais les désinences sont suffixées au radi-
cal par l'intermédiaire d'une voyelle prédésinentielle
-I- comme dans la conjugaison des verbes "sourds" du thè-
me fondamental
Thème.X
Ce thème exprime généralement l'idée qu'on
demande ou qu'on veut que soit réalisée la notion expri-
mée par la racine. I l est as s ez bien représenté à tra-
vers le Maghreb, particulièrement dans les parlers de
l'Est, et dans les parlers bédouins. Le préfixe Jst- y
revêt volontiers la forme assimilée la voyelle
d'attaque tombant souvent
ge.
"s'informer"
ss-. L'impératif est en usa-
sta!}baft, st4lJbaf, stQëJbro, y"asthabro,
stgdbf9'
Verbe de racine "sourde"
"tirer profit
"
t, stgallu, n-astg.all, yastgallu,
stgall, stgallu,

("d) st9w1;an "choisir comme pays"
stQwtan,
stowtan, stwatnu.
. .
Mais souvent la conjugaison ne comporte aucune
alternance syllabique du radical: st?wtnu,
66
Dans certains parlers bédouins, la première radicale w
se mue en a: "éprouver de la nostalgie".
Verbe de racine "concave"
------------------------
(a)stjab "accueillir avec faveur
ll
stjabt, stjab, stjabu, nastjab, stjab,

où l'alternance vocalique longue/ brève à l'accompli est
générale à travers t out le Maghreb.

"attendre"
stdnnrt, stanna, ndstanna,
stônnaw.
La voyelle radicale finale est toujours (à
l'exception du verbe astha "avoir honte" où elle est i
yastJ;li).
Thème dialectal à t- initial
Né,sans doute, sous l'influence analogique des
réfléchis-passifs à t- initial des thèmes V et VI, procé-
dant respectivement des thèmes II et V, ce thème procède
de verbes du thème fondamental généralement en usage. Il
en constitue le réfléchi-passif. Il est très employé en
Tunisie et au Maroc, et dans les parlers bédouins en gé-
néral. Suivant les parlers, le t- initial est simple ou
redoublé; dans ce dernier cas avec une voyelle d'attaque
fragile: att-, tt-.

tablat:. "être frappé de stupeur"
tablaCt, tdQlaE, tQalCu, yathalcu, tdrylat,
thalEu .
..
67

"être réuni"
tlammIt, tlamm, tlammu, n a tlamm, tl.mm,

tuldd lIêtre enfanté"
tuladt, tW"dldu, ntul';ld, Ydtwaldu, tulad, twa-ldu.

tbat.. "se vendre, être vendu"
tbdct, tbaE, tba€u, natbae,

tabna lise construire, être construit
ll
tabnIt, tabna, tabnaw, natbna, yatbnaw, tabna, tabnaw
avec,uniformément et partout, voyelle radicale finale -a.
Procédant d) un amalgame des thème s à
et à préfixe se trouve des thèmes à préfixe nt- et
tn- ; soit ntO:ljrah, tnajrah "être blessé"
ntajFaQt, ntqjfap, nantajrah,
Y4tnjarhu.
Ce s ont des réfléchis-passi f s de verbes au thè-
me fondamental. Ils sont en usage dans le nord constan-
tinois (Djidjelli) et dans le Nord oranais (Tlemcen,
Traras) •
68
2° Verbe guadrilitère
De caractère généralement expressif, les
peuvent procéder de verbes du thème fondamental en
formes
usage,
mais peuvent n'exister aussi qu 'au thème dérivé, comme
li se moquer de"
tmashru,
tmasbar, tmasbru,
Cette conjugaison type n'appelle pas d'observation.
Quelques verbes de racine "défectueuse" exis-
tent également, comme tEa;-ba-Yèltf:a.çba, "se conduire en
arabe
ll
• L'inaccompli est toujours en
C'est enfin aux quadrilitères qu'on rattachera
des verbes de racine anormale, soit au thème fondamental
,
soit au thème dérivé, comme sütaj "se conduire en sauva-
ge", "envoyer" (cou.cant au Maroc), tt;Iram "faire le
coquin (Q.faimi)" , tqIbb31) "faire le méchant (qbIQ)",
l)saib "penser, croire", "s 1 imaginer", etc.
qui foisonnent à travers le Maghreb, inégalement nombreux
suivant les parlers .
C. ANNEXES A L'ETUDE DU VERBE
On donnera ici quelques indications sur l'em-
ploi qui est communément fait du verbe dans les parlers
maghrébins.
a) L ' accompli (ou parfait) exprime l'action qui
est déjà faite au moment où l'on parle : u-msa
"il vint (ou est venu) chez nous et il partit (ou est
parti}" . Il correspond grosso modo aux diverses notions
exprimées par les temps du passé français.
Mais il faut souligner que
pour les verbes "résultatifs" qui dénotent le fait de
"devenir dans un état", l'accompli indique que le pro-
cès est réalisé au moment où l'on parle: il corres-
pond donc au présent du français : "je suis de-
venu affamé = j'ai faim" , kbilr "il est devenu vieux =
il est vieux"
- pour les verbes désignant une connaissance , un senti-
ment, une sensation, l'accompli indique (un peu à la
manière d'une notion résultative) que c'est chose faite
au moment où l'on parle: il exprime donc une valeur
de présent: "je t'ai reconnu
nais", fhamtni w-ull "m'as-tu compris
tu ou (non) 1" ;
je te recon-
me comprends-
dans les locutions empreintes de solennité , l'action
est, par anticipation, considérée comme réalisée
b-rabbi "j'ai juré = je jure, par Dieu" ;
dans les formules optatives , comme rahimahu llah "que
70
Dieu l'ait en sa miséricorde
Dieu te bénisse 1" ;
'"
.. barak alI'ahu fIk "que
- dans les expressions proverbiales, consignant une vé-
ri té en quelque sorte atemporelle : 'alli fat mat "ce
qui est passé est mort" ;
- dans des phrases où deux verbes à l' accompli se sui-
vent sans être séparés par la conjonction de coordina -
tionJL-, le premier semble légèrement antérieur dans
le temps au second: ja basni "il est venu (= étant
venu), il m'a embrassé" ; mais, réunis par u-, les
deux verbes sont alignés sur le même temps ja u-basni
"il est venu et m'a embrassé".
b) L'inaccompli (ou imparfait) exprime le procès
en cours de réalisation, état ou action. Il dénote la
durée plus que la localisation dans le temps. Le con-
texte seul peut , en général, en situer le moment. On
peut distinguer
l'action contemporaine du propos: naqra "je lis,
j'étudie" ;
- l'action permanente : dIma "les en-
fants pleurent toujours" ;
l'action qui va s'accomplir (valeur temporelle du fu-
tur) : a§ ta.€.mal "que feras-tu, que vas-tu faire 1"
- l'action éventuelle, expression ambiguë du futur ou du
conditionnel : :asmaf. mlI? as iqul-lak "écoute bien ce
qu'il pourra (ou pourrait) te dire" ;
- l'action souhaitée, optative: yad!:al "qu'il entre 1",
rabbi inüb "que Dieu y pourvoie !" ;
l'action introduite par des tournures de défense, de
mise en garde, de crainte : otanddk "prends
garde de tomber" ;
- l'action en cours d'accomplissement, quand l'inaccom-
pli est consécutif. un accompli : lqitha tabki "je
l'ai trouvée elle pleure (= en train de pleurer)" ;
71
l'action complétive ou attributive, quand l'inaccompli
est consécutif à un accompli ou un inaccompli, dans
les conditions où le français emploie l'infinitif:
jIt nsufak "je suis venu te voir", ,nJi nsufak "je
viens (ou je viendr ai) te voir". Le lien de subordi-
nation, implicite, peut encore s'établir par une liga-
ture : ,It (El..!) bas "je suis venu (je viens ou
je viendrai) pour te voir" ;
l'action actualisée, quand, notamment dans un récit,
l'inaccompli est consécutif à accompli: l-al-
jamat. nalqa bük "j'arrivai à la mosquée, (voilà que)
je rencontre ton frère" ;
l'action qui dure dans le moment où une autre se réa-
lisait, ou se réali s e: l'inaccompli est alors précédé
de la conjonction u-, qui introduit un rapport circons-
tanciel (c'est le waw l-ryal du cl.) : nkar w-iqül,
yankar w-iqul "il nia, il nie en disant".
Il s'agit, bien entendu, du verbe "être" em-
ployé comme auxiliaire.
al kan précède un verbe à l'accompli : le complexe ex-
prime un temps du passé (passé simple, passé composé,
plus-que-parfait, etc. l : kan msa "il était parti ",
baEd-ma kanat waznêl t-li s-smId "après qu'elle m'eût
pesé l a semoule" ;
h) kan précède un verbe à l'inaccompli: c'est l'expres-
sion pe l'action qui dure dans le passé (imparfait du
français) : kunt nÇ'anni "je chantais" ;
c) ikün précède un verbe à l'accompli: notation habitu-
elle du futur antérieur: yümkun ikun hraj "peut-être
sera-t-il sorti" ; et aussi d ' une valeur modalf'!
6malt kIfi "tu aurais fait comme moi".
72
Notons aussi que kan peut précéder le partici -
pe actif d ' un verbe , exprimant l ' action qui dure dans le
passé: kan saki3n f - 3 1-rndIna "il fut habitan t C= il habi -
tait) dans la vieille ville".
L ' emploi de ce qu ' on appelle "préverbes " n'es t
pas uniforme dans tous les parlers . Certains parlers en
utilisent couramment , d ' autres les ignorent totalement .
Il est plusieurs préverbes .
al ka- /ku-. Visiblement tiré du verbe kan- ikün à
l'accompli: l a forme ka- est celle des troisièmes per-
sonnes , l a forme ku- est celle des premières et deuxièmes
personnes. Le préverbe précède un verbe à l ' inaccompli ,
faisant corps avec lui t et exprime l ' idée
de l ' action qui se déroule effectivement au moment où
l ' on parle : ku- tajri "tu es en train de courir" , ka-
tabki "elle pleure" ;
- de l ' action qui du re ou qui se répète d'une façon in-
dubitable u -nasri IIje vends et j'achètell ,
huwwa IIi "c ' est lui qui fait les ventes
ll

Ce préverbe , avec une alternance qui en carac-
térise l ' origine , ne semble employé que par un type de
parler , du Nord constantinois : celui de Djidjelli et de
sa région .
bl ka . Sans doute de même origine que l e précé-
dent , mais figé , sans alternance a/u , ce préverbe s ' em-
ploie dans tout le Maroc , en concurrence avec une forme
ta.
Egalement pl acé devant u n verbe à l ' inaccompli ,
il exprime les mêmes valeurs que ka/ku, soul ign ant le ca-
ractère de réalité de l ' état ou de l ' action , et écar tant
73
q
ui pourrait mettre en doute
ainsi toute valeur modale
t i de se dérouler ,
la certitude du procès qui est en ra n
ou qui dure , ou
qui est habituel : ka- tdI r hna
. ..?"
"qu ' est- ce que tu fa1.s 1.Cl. . •
de le placer après
Il est en outre possible
'd 1 passé: kan ka- yark
3
b
kan , qui rejette le proces ans e
à cheval
", '::.'::.f.:h:.:u::
m
::. " j e ne les
"il montait _
connaissais pas ".
c) taw. C' est en fait urr adverbe de temps , qui
présent;-;ussi sous la forme "maintenant ", usu-
en Tunisie et en Libye . Dans ces parlers , il se pla-
vo l on tiers , jouant le rôle de préverbe , devant un
se
el
ce
verbe
noter
à l'inaccompl i , pou r
le f utu r tou t proche
actualiser l ' action , ou en
: taw nji " je viens , je viens ,
tout de suite" .
1 i t communé-
bi / b . Les parler s de Libye emp 0 en
soit sous c ette forme , soit sous la
ment ce pr eve ,
-bbo d van t un verbe à l' i n a c compl i pour marquer
dl
fo r me 1. , e , .
--- 1 sibilité (parfois la volonte, l a
l ' immi nence , a pas
d i
l bÜk " i l est venu parler à ton pè-
nal itél : ja b-ya w -
i ( ou je P
eux, ou je dési r e) m'en
r e" bbi-nam§: i "j e v a s
a l l:r
ll
• Il appartien t e n même temps à l a flexion v e r -
bal e d ' un i n accompli nôbbi , Ydbbi ,
pli n' es t connu que sou s la forme négative ma-bIt-s ,
ba-s " j e ne veux , il ne veut pas "-
74
On en verra la véritable flexion verbale au
chapitre des Pronoms personnels. Il joue le rôle d'un
"présentatif" : c'est-à-dire qU'il présente, constate
l'actualité (ou l'imminence) d'un état ou d'une action
ou d'une existence, et en souligne la réalité: jIt
"me voici venu", fak ta bdam "te voici qui
Ida qal-lak iji ;ahu iji "s'il t'a dit qU'il viendrait,
et bien, il viendra". On le trouve devant verbes à l'ac-
compli et à l'inaccompli, mais aussi devant participes ,
devant noms et complexes prépositionnels, où il exprime
une valeur verbale d'existence expressément constatée:
.;:ahu jay "le voici qui arrive" , faki "te voici ma-
lade
ll
, ;-ahum f-ad-da.;: "ils sont (bel et bien) dans la
maison".. On peut également entendre ,ça sans éléments
pronominaux .ça nha;: "voici que le jour s 'est
levé" ..
Les parlers du Maghreb connaissent aussi haw,
variable ou fléchi, qui a les mêmes emplois, et à
peu près les mêmes valeurs que ra .
75
Ce qu'on appelle "inchoatifs", ce sont des
formes participiales ou verbales qui , placées devant un
l'imminence, le début de l'action, et
a ussi l'intention de l'accomplir.. Par extension, on
rangera dans cette catégorie, des formes analogues qui
marquent la poursuite, la contipuation, l'achèvement de
l'action entreprise ..
On distinguera les inchoatifs qui ont formes
participiales et ceux qui ont formes verbales.
a) Formes participiales
masi, fém .. masya , pl .. masyIn, d'un emploi très général
au Maghreb : masi narkab "je me propose de, je vais
monter à cheval" ; quelquefois réduit à mas, invaria-
ble : ma§ namilw "nous allons partir" ;
- fém .. ,çaYQa, pl. qui s'entend
surtout en Algérie, rarement, sinon jamais, dans le
Maghreb oriental : klma ,çayJ:'la tapgu "comme elle allait
le prendre" ;
- jay, fém. laya (jayya), pl. jayIn (jayyIn), qui est
courant aussi : jay yab-raj "il allait sortir" ;
- 9adi, fém .. gadya, pl . gadyln , qui domine au Maroc
(sauf à Tanger), avec souvent fém .. 9ada , pl .. gadIn
---- ------
connu en Algérie , pratiquement inusité en Tunisie et
en Libye: as {ladi tdIr "qu'est-ce que tu vas faire 7"· ,
- fém. baqya, pl. baqyIn, au Maroc souvent fém ..
baqa, marque partout la continuation de
l'action (dans l'emploi de "encore, pas encore" qui
sera étudié au chapitre des Adverbes et l ocutions ad-
verbiales. II. Expression du temps).
76
- fém. pl . qui marque également la
continuation de l ' action , l'aspect duratif; courant
dans les parlers sahariens et en Libye ryna gatctIn
ndktbu "nous étions en train d'écrire"
- fém. pl .. proprement "pas -
sant la journée" , est particulier au ·Maroc et à l'Ou_
est oranais, dans le sens extensif "occupé à" c'est
un adjectif verbal ayant valeur de participe présent :
ana ka-nag.dam "je passe mon temps (je s ui s oc-
cupé) à travailler" ;
- ttaddam. fém. paddama, pl. l1addamin , "travaillant", mê-
me type de formation que le précédent , en us age dans
les mêmes parlers : hÇ)wwa haddam yane.as "occupé à dor-
mir" .
b) Formes verbales
qarn, proprement "se lever" , conjugué , d'usage pan-
maghrébin : "elle se mit à dire" ;
nad "se lever", conjugué , même valeur, peu employé en

Tunisie ;
qead, proprement "s ' asseoir" , conjugué qaEdu yarkbu
"ils se mirent à cheval" ;
bda "commencer" , conjugué: bdIt " je me mis à
rire" ;
- bQa "prendre , entreprendre", conjugué
"nous entreprimes de labourer" ;
ja "venir", conjugué: jItu tgassüna "vous allez nous
mettre en colère"
walla, proprement "devenir , revenir" , conj u gué , de mê-
me valeur , avec une nuance d'action réitérée: wallIt
tabdam mlIl) "tu te mets (tu te remets) à bien travail-
ler"
dar , proprement "se tourner (vers) ",
tqül - li, ou darat-li (ou flyya) tgül
conjugué
"elle se mit à me
77
dire (:::1. elle me dit alors)"
proprement "devenir" , conjugué
"je me mis à lui écrire" ;
nôktab-lu
bga , proprement " aimer , vouloir" , a parfois la même va-
leur.
Ces divers verbes sont proprement inchoatifs
en ce qU'ils expriment l ' idée du début de l'action ou
l'intention de l'accomplir .
bqa , proprement "demeurer" , conjugué , s 'emploie aussi ,
en concurrence avec le participe vu plus haut :
bqët naqra n - nhar kamal "je demeurai à lire tout le
jour" ;
zad , proprement "continuer, ajouter", généralement
conjugué : zadna tkalla mna "nous continuâmes à parler",
zad yamsi "il continua à marcher" ;
- éad , proprement "devenir", parfois conjugué , le plus
souvent figé et devenu particule invariable : Ead
"elle se mit à parler " ; le terme exprime
l'idée de la continuation de l ' action , mais souvent
avec ce sens particulier : "les choses en étant arri -
vées à ce point, voilà que (= alors) " ;
- éawad , proprement "recommencer", parfois conjugué, le
plus souve.lt frappé d' invariabili té, notamment au ·'·a -
roc: éawad darbatni , "elle s 'est remise ,
, .
elle se remet à me frapper" . Le sens est voisin de ce-
lui de "à nouveau, encore" , qu'on étudiera , ainsi que
l'emploi de au chapitre des Adverbes et locutions
adverbiales. II . Expression du temps .
Ces termes expriment la continuation ou la re-
prise de l ' action entreprise .
proprement "terminer ", tantôt conjugué , t antôt
invariable, indique l'achèvement de l' action :
brajt, tgffim n C1!'!raj "j' ai fini , je finis par sortir (ou
78
en sortant )
finalement je sortis , je s ors".
La lis te de ces inchoa tifs n'épuise sans doute
pas la matière. L'énumération qu'on en a faite s e con-
tente d'indiquer les u s ages qui pr é dominent. Cha que
parler peut comporter d'autres inchoa tifs, qui lui s ont
particuliers. Il est à noter que nombre d'inchoatifs
peuvent être suivis d'un verbe conjugué; mais aussi
d'un participe présent, cons truction qui semble particu-
lièrement en honneur dans le Maghreb occidental : zad
jay küll-yÜm "il continua à venir chaque jour", t;ad
qasad l-3l-jamat "il continua à se diriger (= il se di-
alors) vers la mosquée
ll
, tdmm (tammat) m.rabbyatu
"elle acheva de l'éduquer (= fina lement, elle l'éduqua )lt.
x
x x
On observera, en guise de conclusion, que la
multiplication des préverbes et inchoatifs dans les par-
lers maghrébins suit une voie qui avait été ouverte par
l'arabe ancien. Elle répond aux besoins de pallier l a
carence de l'expression temporelle du verbe a rabe no-
tamment dans l'usage de l'inaccompli, elle r é pond aux
besoins de dissiper l'ambiguïté qui règne entre la v a -
leur du présent (momentané ou dur a tif), l a valeur du fu-
tur et la valeur modale, valeurs diverses que le fran-
çais distingue par l'emploi circonstancié du présent de
l'indicatif, du subjonctif et du conditionnel.
L E NOM
L'étude du nom c o mprendra l'examen des substan-
tifs et des adjectifs.
On traitera d'abord des Noms verbaux. Ils ap-
partiennent à la catégorie mais ils sont spé-
cifiques en ce qU'ils procèdent le plus souvent de for-
mes verbales en usage, dans le schème qui est le leur,
au thème fondamental et aux thèmes dérivés.
Puis on passera en revue les Thèmes no minaux du
singulier, en soulignant chemin faisant la tendance dia-
lectale qui porte à créer ou à adopter des formes typi-
ques correspondant à des catégories sémantiques.
Ensuite on verra ce qU'il en est de la flexion
du nom dans l'expression du Nombre et celle du Degré.
Au singulier s'opposent deux nombres, le duel (dont on
constatera la régression notable) et le pluriel. Le de-
gré du nom, c'est l a représentation qui en est donnée en
partant de ce qu'on peut appeler sa "dimension norma le"
l'élatif et l'intensif d'une part, le diminutif d'autre
part.
Sur le Genre du no m o n ne donnera que des indi-
cations s o mmaires, faisant ressortir la tendance des par-
lers maghrébins à opposer le féminin au masculin par un
indice caractéri s tique : la finale -a.
Enfin, au chapitre de l'Etat du nom, on exami-
nera l'us age qui en est fait, indéterminé, puis détermi-
né par des articles , défini et indéfini (ce dernier de
création dialectale), enfin inclus d a ns un rapport d'an-
nexion.
80
A. NOMS VERBAUX
Ils comprennent les participes et les noms
d'action, et correspondent généralement à des formes ver-
bales en usage.
Les verbes ne forment pas tous des participes.
L'usage seul révèle les formes de participes qui sont
possibles.
ib.s
haf

sra
k1a
hda

1.- Verbes au thème fondamental
Le
1- 2 3
participe actif est R aR vR au masculin
, 1- 2 )
fernin!n, R aR R au pluriel : au
"devenir complet" kamal kamla kamI In
"saisir" sadd sadda
IIdevenir sec" yabsa yabsIn
"avoir peur" hayaf (hayf) hayfa hayfIn

----

-
"acheter" sari saryln
"manger" wakal wakla waklIn
"prendre" wahad wahda wa!}ç!In

à côté de ces deux derniers, on entend aussi
et mahad.

"venir"
m
laya layIn
et aussi mâj i.
1 2- 3
Le participe passif est mvR R uR au masculin
tlam

uz'dn
nsa
kla
hda
---=--
81
"savoir" maélum maéluma maElumin
"
poser"
mahtotën
. " . .
"peser" muzun muzuna muzünIn
avec les variantes
m9wzun et, chez les bédouins
d' Oranie, dans le Sud tunisien et en Libye,
T' - - _
mazun.
"oublier" mansi m.1nslyyIn
avec, au féminin et au pluriel , les variantes
mdnsya, mansyIn (sans redoublement de la semi-
voyelle finale) dans les parlers de Tunisie,de Li -
bye, et souvent au Maroc .
"manger" mUkül
"prendre" muvüg
et aussi
mUküla
muoüga
muküIIn
mUlJügIn
2 .- Verbes aux thèmes dérivés
Le participe actif et le participe passif sont
confondus dans la forme, dans tous les parlers maghrébins
(à l ' exception de certaines distinctions qui peuvent
exister dans les parlers du Sud tunisien et de Libye).
Le sens passif prévaut généralement dans l'usage. Le
contexte permet seul de déceler le sens actif, quand
c'est lui qui est envisagé.
Le participe est constitué par le radical du
verbe au thème dérivé précédé du préfixe m-. Ce préfixe
est suivi ou non d'une voyelle brève, suivant que la po-
sition est celle de la syllabe fermée ou de la syllabe
OUverte.
Le perticipe (actif et passif confondus) du
verbe quadrilitère au thème fondamental, comme au thème
dérivé est f' -
, orme, de la meme manière que celui du verbe
82
trilitère aux thèmes dérivés, par le préfixe :
mb'd Qba J:l "enroué", comme msa gg am "dressé" t ma tbalho t "mys-
tifié", comme ma twahoas "dépaysé".
Les participes des verbes de racine "défectu-
euse" ont uniformément la finale -1 : msammi "nommé",
mc t.çabbi "éduqué", ms a rbi "servi", avec un féminin et un
pluriel hésitant, suivant les parlers, entre les termi-
naisons -iyya, -iyyIn et -ya, -yIn (ces dernières préva-
lant dans l'ensemble du Maghreb).
II. Noms d'action (masdar-s)

:Lls servent à exprimer "le fait de ••• (accom-
plir une action, transitive ou intransitive, devenir dans
un état)". Ils s'apparentent à l'infinitif français,
mais ne lui correspondent pas rigoureusement. Ils appar-
tiennent au système verbal parce qu'ils procèdent de for-
mes verbales en usage (et parce qu'ils
peuvent comporter telle rection propre au verbe. corres-
pondant), mais ils appartiennent au système nominal parce
qu'ils revêtent des formes de noms, et qu'ils ont le sta-
tut syntactique des substantifs.
a) Thème fondamental
La délimitation précise entre noms d'action et
noms désignant une notion abstraite (susceptible d'être
concrétisée) est souvent malaisée à établir : ex. bki
"fait de pleurer", bka "pleurs".
La plupart des schèmes de noms d'action sont
dénués de spécialisation sémantique. Mais il en est qui
1 2- 3
en comporte (comme par ex. le schème c c uc pour les
verbes exprimant un mouvement, une attitude du corps).
Il est aussi possible qu'un même verbe puisse fournir
concurremment tel ou tel type de masdar, l'un d'entre eux
ayant valeur sémantique particulière (comme par ex., de
fha m, f 'd hm "fait de comprendrel! et fhama "manière de com-
prendre") •
- Schèmes à" vocalisme bref
Ils sont abondamment et partout représentés
dans les dialectes maghrébins.
Pour les verbes de racine saine et assimilée,
84
123 123
c'est en général c vc c , plus rarement c c vc
de 9-afb "fait de frapper", de kbdr, kabr (kubr)
"fait de devenir grand", de uZ"Jn, wëlzn "fait de peserll,de
ibas, y.abs "fait de devenir sec"
mais aussi: de étâ;;, é1:a9 "fait d'éternuer".
c
2
1 2
Pour les verbes de racine sourde, c'est c vc
de sabb, sabb "fait d'insulter
l1

Pour les verbes de racine concave, c'est, sui-
vant la
, 1- 3 II 3
semi-voyelle radicale mediale, c uc ,c c
de "fait de jeûner", de "fait
de vendre
ll

tantôt
1 2
ecu :
Pour les verbes de racine défectueuse, c'est
c
1
c
2
i, tantôt c
1
c
2
a, tantôt (infiniment plus rare)
de jra-Ydjri, jri "fait de courir Il , de bqa-Y!3bqa, bqa
--- - - - -----
"fait de durer", de .9f9 "fait de devenir lim-
pide
ll
,
mais, d'une façon générale et partout au Maghreb, c'est
1 2
le schème cci qui semble le plus caractéristique du
nom d'action. Il arrive que, quand, dans un même parler,
deux schèmes sont représentés, procédant de verbes de ra-
cines proches (sinon de la même racine), ils expriment
souvent deux notions différentes : de gla-yagli, gli
"fait de bouillir" ; de gla-yagla, gla "fait de devenir
cher". A noter enfin que, dans les parlers tunisiens et
libyens, les deux premières radicales dans les schèmes à
finale :-i_ ou -:J!., sont séparées par une voyelle brève
(maintenue par l'accent) : jdri (et non jri), gOlu (et
non "cherté (de la vie)".
Le fait de tirer un singulatif du nom d'action
par adjonction de la finale -a tend à le concrétiser :
da,çba "un coup", wël zna "une pesée", s 'd bba "une insulte",

85
bëE a "une vente", ja rya "une course" etc.
-"-'--
Schèmes à vocalisme long
l 2- 3 l 2- 3 1 2 3
Ils sont de type c c ac , c c uc , c c Ic •
12-3 è é t'd
c c ac , qui n'est pas tr s largement repr sen e ans
le Maghreb :
de t-l<lb, tlab "fait de demander", de tab-itüb, twab "fait
de se repentir", de qas-iqIs, q yas "fait de mesurer", de
tab-i tyab "fai t "de deveni'r mûr".
1 2- 3
- c c uc t qui, partout au Maghreb, caractérise des
verbes exprimant un mouvement, une attitude du corps :
"fait d'entrer", de uqaf, uqùf "fait de se
mettre, d'être debout", de sjad, sjùd IIfait de se pros-
terner", de sk'dt, skut "fait de devenir, d'être silen-
cieux" •
Au Maroc, ce schème est concurrencé par le schème précé-
dent :
de jlds, jlus et jlas "fait de s'asseoir", de rqad, rqüd
et rqad "fait de dormir".
123
- c c Ic , qui est, dans tout le Maghreb, de beaucoup
le plus fréquent: c'est celui qui est le plus en honneur
pour les verbes d'action (peut-être sous l'influence ana-
è
" l 2
I
3)
logique du masdar du th me II:t vc cc:
de "fait de danser" ; de gsal, gsIl "fait de
laver".

du
ah 1 2_ 3 1 2- 3 l 2T 3
Ils sont de type c c ac a, c C uc a
t
c c lC a,
la finale -a, inhérente au schème, n'est pas la marque
- l 2 3
singulatif (elle peut l'être pour le schème c c Ic a).
1 2- 3
c c ac a
t
qui ne forme pas de très nombreux masdars
de fham, fhama "fait de comprendre", de zaF-iz9f, zya.ra
"fait de visiter
ll

Mais la série est enrichie
86
d'une part, de noms exprimant la manière de faire,
d'où l'exercice d'un métier:
de ktab, ktaba "fait d'écrire (écriture)", de
flaQ., flarya "fait de cultiver (agriculture)".
- d'autre part, de noms expri mant un état, une qua-
lité (avec correspondance fréquente avec les ad-
1 2- 3 è
jectifs cele , et avec les verbes du th me IX
c
1
c
2
âc
3
) :
qbaJ:la "fait d'être méchant", mlâtta "fait d'êtrt!
bon", "fait d'être poli".
1 2- 3 i
- c c ue a, qui forme des noms expr Mant une couleur et
aussi un état, une qualité (ressemblant à ceux du para-
graphe précédent, et parfois avec les mêmes correspondan-
ces) :
"fait d'être rouge", Q.f9sa "fait d'être rude",
brüda "fait d'être froid".
- c
1
c
2
rc
3
a, qui forme des noms exprimant le résultat
d'une action (souvent violente), mais aussi des singula-
tifs du schème c
l
c
2
rc
3
:
qtIla "fait d'assassiner", "fait d'incendier",
gbIl)a "un égorgement".
- Schèmes à suffixe
Il s'agit du suffixe -an. On trouve de tels
noms d'action dans tout le Maghreb, pour certains verbes
de racines saine et assimilée, et pour un très grand nom-
bre de verbes de racines sourde, concave et défectueuse,
comme
de gfa r, 9c$fran Itfait de pardonner", de uO.:ll, wa1)lan
"fait d'être embarrassé", de Fadd, ;:-addan "fait de ren-
dre", de "fait de s'éveiller", de qga-
qagyan "fait de faire des emplettes
ll
, de b-ra-
----- ---
yaDra, 1] e ryan "fait de déféquer
lt

Il est particulièrement fréquent, pour toutes
les catégories de verbes, dans les parlers de Tunisie,
et dans les parlers de Libye.
La construction du complément direct d'exté-
riorisation de la notion verbale (maféül mutlaq du clas-
sique, type "vivre sa vie" du français) l'emploie avec
prédilection, partout
blesse".
f ; §lan "être pris d'une fai-
Sans doute issu du masdar en -an, un masdar en
-aniyya se rencontre sporadiquement au Maghreb
de fa!}-ifûb, fûhanÏyya "fait de se vanter, de s'enfler".
Le suffixe -aniyya peut aussi parfois contribuer à former
des masdar-s de thèmes dérivés.
- Schèmes à préfixe
Il s'agit du préfixe m- (masdar "mImI" du cl.).
- ---- ,
Il ne constitue pas un type fréquent de masdar. On peut
en considérer les exemples en usage comme des éléments
de vocabulaire, généralement hérités du classique: ainsi
de l';l abb, ml'). abba "fait d'aimer", de lam-ilûm, mlam "fait
de blâmer".
b) Thèmes dérivés
Les noms d'action comportent la valeur séman-
tique de la dérivation. Ils dénotent "le fait de ••• ",
mais fréquemment lorsqu'on ajoute aux formes en usage la
finale ils acquièrent une valeur concrète.
- Thème II
senté :
de s a bbar, t as bIr IIfait de mesurer à l'empan", de waqqat,
88
tqwqlt (tuqIt) "fait de déterminer le moment", de
"fait de reproduire en image", de sayyaq,
IIfait de laver par terre", de tladd'c3d, taJ:1dlct "fait de
repasser (au fer à repasser)"
avec possibilité fréquente de former un singulatif;
de gaklco r t t'8gkIr "fait de faire se souvenir" t t "éJQklra
"souvenir".
Pour les verbes de racine défectueuse, il y a
1 2 1 2..,
hésitation suivant les parlers entre te vc ya, tvc c
1 2
tvc c ya (la nature phonétique des deux premières radica-
les pouvant, dans un même parler, entrer en ligne de
compte pour l'option entre tc
1
vc
2
ya et tvc
1
c
2
1yya>, soit,
de .çabba lIéduquer" , t.çôbya, qui prévaut dans les parlers
marocains et de l'ouest algérien, tafblyya, qui est le
plus fréquent dans les parlers sédentaires et citadins
du Centre et de l'Est algérien, tarbya (t?+bya), qui do-
mine dans les parlers bédouins d'Algérie, dans les par-
lers de Tunisie et ceux de "Libye.
Un autre masdar, moins
sen té à travers tout le Maghreb,
en usage, mais
1 2 _ 3
est tvc c ac
de 9 __ mmëlm, tabmam "fait de réfléchir".
- Thème III
repré-
Deux formes sont en concurrence : c
l
c
2
ac
3
et
1- 2 3
mc ac c a. La deuxième est plus commune que la première
parce qu'on la sent plus caractéristique du thème (voyel-
le a après RI)
de fara q , fraq "fait de se séparer de", de fas"al ,
--'--
"fait de trancher un litige", de balat, mbal-ç.a "fait de
fréquenter", de "fait d'être en contesta-
tion".
masdar
Sporadiquement en Algérie, on entendra
1- 2r 3 1 2 3
tc ac c, analogique du masdar tvc c lc
aussi un
du thème
II
de e..ânad, teanId "fait de rivaliser, controverser", de
ganan, tg an In "fait de contredire obs tinément
ll

Pour les verbes de racine défectueuse on peut
rencontrer, suivant les parlers, de dawa-idawi, mdawya
et, analogique du masdar du thème de
soigner
ll

- Thème V
1 2 3
Assez peu d'exemples du masdar tc vc c uc ,
hérité du classique (avec conservation du timbre de la
1 2 2- 3
voyelle souvent allongée tc vc c uc ) , et ressenti
comme terme littéraire :
de tkabbar, tkabbur, tkCl bbür "fait de s'enorgueillir".
Tous les parlers maghrébins préféreront recou-
rir au masdar du thème II, tvc
l
c
2
Ic
3
étendu à l'usage du
thème V.
- Thème VI
1- 2 3
On a très souvent un masdar mvtc ac ca:
de "fait de se frapper l'un l'autre",
de tgara 5 (tharas), matgarsa (matharsa) "fait de lutter
ensemble".
Mais le masdar du thème III sert aussi de masdar au thè-
me VI.
- Thème VII , VIII , IX
Les masdar-s sont hérités du classique, et ra-
rement employés, sinon par des lettrés ou demi-lettrés;
peut-être sont-ils plus courants en Tunisie et en Libye
de anqlab, ;;lnql2lb "fait d'être bouleversé", de "oltmat. ,
"fait de se réunir", de sfar , sfrar "fait de
...1-....!.-.<-
devenir jaune (coucher de Soleil , à Tlemcen)".
90
- Thème X
, l 2- 3
Il Y a hesitation entre astvc c ae , du classi-
que, et
l 2r 3 .
astvc cet analogique du rnasdar du theme II, le
premier étant seul en usage en Tunisie et en Libye
de stqall astaqlal "fait de devenir indépendant"
de asta tJblr "fait de s' informer ; et de préluder
(musique)"
avec, au Maroc, une métathèse possible du préfixe st )
ts
de stagt;a" "fait de faire un saut de
cabri" •
- Verbes guadrilitères
Qu'il corresponde au thème fondamental ou au
thème dérivé, le masdar, quand il est employé, revêt ha-
123 3
bituellement la forme te vc c le , analogique du masdar
du thème II trilitère:
de "fai t de hennir", de tmêlshar tmasblr
"fait de se moquer",
l 2 3- 3
et éventuellement au Maroc te vc c ue
de bal)bal;l tbal;lbIl) et thahbüh "fait d'être enroué" .
B. THEMES NOMI NAUX DU SINGULIER
En dressant le catalogue des thèmes nominaux
du singulier , on ne prétend pas , examiner dans le détail
toutes les formes des noms en usage dans les parlers
maghrébins. Cela entraînerait naturellement à pousser
fort loin, presque à l'infini, l'étude des éléments du
vocabulaire nominal. Ce serait une entreprise témérai-
re, et même, peut-on penser, actuellement irréalisable.
On se bornera à énumérer les types caractéris-
tiques, des séries nominales, en écartant l'examen des
cas particuliers qui sont très nombreux dans chaque par-
1er; à plus forte raison dans l'ensemble dialectal de
l'Afrique du Nord.
On traitera successivement des thèmes à voca-
lisme bref , des thèmes à vocalisme long, des thèmes com-
portant redoublement de la radicale médiale, des thèmes
à préfixe, des thèmes à suffixe, en distinguant, chemin
faisant, les trilitères et les quadrilitères. En annexe
figureront quelques spécimens de noms considérés comme
inclassables .
Pour ce qui est des bilitères, on ne leur fera
pas de place à part. On se contentera de noter que la
tendance générale, déjà ancienne, et confirmée dans le
domaine dialectal, consiste à leur conférer une trilita-
rité secondaire . Ils constituent dans les parlers un
résidu lexical, composé de cas particuliers, qui s'in-
tègrent au reste diversement, et souvent malaisément,
dans le système de la dérivation.
92
1 .- Types à vocalisme bref
Trilitères
----------
On reprendra ici l'exposé qui a été fait à pro-
pos de la Syllabe, dans le chapitre consacré à la Phonéti-
que . On a dit que le renouvellement de la syl -
labique des mots, dans les dialectes maghrébins , était dû,
pour une très large part , à la ruine du vocalisme bref.
Pour les noms à vocalisme bref et à radical nu
(c'est-à-dire sans finale - a , ni suffixe) on soulignera
à nouveau le jeu de deux tendances :
- l'une qui consiste à ramener à un type monosyllabique
l ' héritage des noms anciens dissyllabiques (comme
faéul, fae:.11, fUE:al, fil::à'l)
l'autre qui consiste à conférer un groupement syllabi -
l 2 3 2
type R R vR (donc avec voyelle brève entre R
à l'héritage des noms anciens monosyllabiques
(comme füel , et à l'héritage des noms an-
ciens se réduisant au monosyllabisme.
Ce ne sont là que" des tendances . Elles sont do-
minantes en nombre de régions.
Elles le sont moips en
"
d'autres. La réalité est très complexe.
1) D'abord, parce qu 'il s 'en faut de beaucoup que,
dans tous les parlers maghrébins , joue d 'une façon abso-
lue la règle de la chute de la voyelle brève en syllabe
ouverte (c'est-à-dire dans la position v + consonne +
voyelle). Ainsi , on l'a déjà dit, dans les parlers bé-
douins de Libye et du Sud tunisien (Nefzaoua), on consta-
te que , de la voyelle brève ancienne de il sub-
siste toujours quelque chose: soit une voyelle dans
tels environnements consonantiques; soit une voyelle
ou i ou a dans tels autres environnements. Ainsi aussi,
dans les parlers bédouins des régions sahariennes du Sud
algérois (Bou-Saada, Chaamba, Laghouat) , où la voyelle
brève ancienne de timbre a, dans de nombreuses séries
morphologiques, est conservée sous la forme d 'une
93
voyelle!.. mi-longue, ou et ultra-brève ..
2) Ensuite, parce que, dans de nombreux parlers,
il n'en est pas systématiquement de même pour les noms
dont le prototype ancien est monosyllabique, type R
l
vR
2
R
3
, et pour les noms dont le prototype ancien est dis-
syllabique, type R
l
vR
2
vR
3
pour les uns, le groupement
syllabique du mot est tenté de demeurer R
l
vR
2
R
3
; pour
les autres, il devient volontiers R
I
R
2
vR
3

3) Ensuite encore, parce que, dans les parlers
les plus novateurs, ceux où apparaît plus estompé le
sentiment de ce qu'était l'état syllabique du mot de
l'héritage ancien, les consonnes radicales ont pu exer-
cer une action phonétique qui détermine la répartition
syllabique (c'est-à-dire la place qu'élit une voyelle
brève dans une séquence de consonnes) : soit en mainte-
nant la voyelle à la place où elle était, soit en provo-
quant son déplacement. C'est ainsi que les liquides !'
et, à un moindre degré, les labiales m, b, f, ont
tendance à maintenir la voyelle avant elles, ou à l'at-
tirer à cette place. Des exemples de cette action pho-
nétique peuvent être pris dans le cas de :
anc. j'amal "chameau" dial . jmal ; anc. fajr "aube"
dial. fjar, où la liquide est en R
3
;
anc. hanas "serpent" dial. hans ; anc. qlrd "singe"
dial.·qard, où la liquide en R
2
On constate que, selon les parlers, suivant que l'influ-
enCe phonétique des consonnes radicales prédomine ou
s'avère moindre, il y a des cas d'héSitation, comme par
exemple dans
anc. bat)r "mer" dial.
encore anc. faras "jument"
en R
2
) .
3
ou (liquide en R ), ou
dial. faFs ou (liquide
4) Enfin, parce que des séries morphologiques
peuvent posséder une action normative oui impose aux
noms la répartition R
1
VR
2
R
3
, ou la répartition R
1
R
2
vR
3
,
nonobstant le souvenir de l'état syllabique ancien, ren-
forçant ou neutrali sant l'action phonétique des conson-
nes radicales. C' est ainsi que le type syllabique R1v
R
2
R
3
s'impose volontiers aux noms d'action, comme dans
anc .. huzn "fait d'être triste", dial. ;
-- - 2" -
et que le type syllabique R1R vR
3
prévaut généralement
dans la série des collectifs,
anc. nabl "palmiers", diai.
l 2 3
1) Type R vR R
comme dans
nhal.
- " -
I l est revêtu par un très grand nombre de noms, con-
crets ou abstraits
barq "éclalr
ll
, , garb "couchant Il , jald "peau",
"neige",
et c'est celui, on l'a vu, qu'admettent de préférence
des noms d'action
ja.;-ry "fait de blesser", rabh "fait de gagner, gain'!
2) Type R
l
R
2
vR
3
Il n'est pas moins courant que le précédent et recou-
vre les mêmes notions
shl1r; "mois", msat "peigne", nmontagne", l}baf'
"nouvelle" ;
il compte notamment beaucoup de collectifs
b!?al "oignons ", "broussaille" , gnam ou
lIovins" ..
l 2 3
3) Type R vR vR
Ce type comporte un aspect syllabique qui apparaît
s urtout dans les parlers bédouins.. Il est fréquent
en Tunisie.. Il est courant en Libye ..
l}ubm "jugement", éaha d "pacte", "fort, ci ta-
delle".
Il semble très difficile,sinon impossible dans les
parlers citadins et sédentaires.
95
l 2 3
4) Type R vR R a
C'est le féminin des types précédents, qu'il corres-
ponde ou non à des masculins en usage
kalma "mot, parole
" "beurre frais",
, -'--
sabka
---
"filet".
Procédant d'une forme masculine, il désigne soit le
féminin sexué, soit le singulatif nom d'une fois,
soit le singulatif nom d'unité
t-çfla "fillette
n
, fJ.a;-ba "êoup", l')aj-ra "pierre".
Il forme aussi, d'une façon constante, le féminin
des noms dits de "couleurs et difformités" (dont le
masculin revêt le type 50)
kahla "noire" é.amsa "chassieuse", ryarnqa "folle,
--' - '
sotte" •
l 2 3
5) Type R vR vR a
2
Ce type, qui comporte une voyelle brève entre R et
R
3
, en syllabe ouverte, est rigoureusement impossible
dans les parlers marocains, algériens et tunisiens.
Il n'apparaît, dans des circonstances particulières,
que dans les parlers libyens, éventuellement,
dans le Sud tunisien (Nefzaoua)
haldma "bout de sein", lugurya "près de mettre bas
(chamelle)", safafa "épine de palmier".
ParfoiS, dans ces mêmes parlers, et pour les mêmes
mots, le groupement syllabique évolue tantôt vers
saEfa j tantôt vers
séafa.
l 2 2
6) Type R vR R
C'est celui des noms de racine IIsourde"
sarr "secret" é.amm "oncle",
, -'--
"mal"
--"-" ,
hass
-' --
"brui tU.
Il est revêtu aussi par d'anciens trilitères comme
f <Jmm "bouche", damm "sang", ya dd "main" ; ce der-
nier étant la forme des parlers citadins et ruraux;
-
ainsi que par des mots qui ont subi une réfection
secondaire comme
"un" (anc. "'ahad) t baIl "chameaux" (anc.
"moitié, milieu" (anc . "",oss
_0_0_0
"milieu, centre
ll
(anc. wasaç>, et, courant dans le
Nord algérois, watè "visage" wujh).
1 2 2
7) Type R vR R a
Féminin des précédents
jabba "robe", "santé", galla "récolte (et
fruits)", qatta "chatte", sdbba "cause, insulte".
__ 0 _ 0 -
1- 3
8) Type R aR
Ce sont des noms de racine IIconcave" qui ont. ce
schème
bab "porte" dar "maison" jar II voisin"
_ _ ' -----f.... ,
probre" , djaj , jaj "poules, gallinacés
ll
,
auxquels on joindra le pluriel nas II gens ",
"op-

et des noms où, primitivement, R était un hamza,
comme bas "mal" ; ou un comme kaf "falaise, pré-
cipice " ..
1- 3
9) Type R aR a
Féminin du précédent
saE.a "heure", t:aja "chose", € "obéissance",
j'ara "voiaine", fara "souris" .. __ 0 - __ 0 _
1- 3
10) Type R uR
Procédant d'anciens fÜl, les noms dialectaux sont,
- 1- 3
dans tous les parlers, R uR Mais dans les noms
qui procèdent d'anciens fawl, la diphtongue est,
dans les parlers bédouins, conservée - 9w-, ou par-
tiellement réduite -0- ; tandis que les parlers ci-

tadins et ruraux ne connaissent que la diphtongue
complètement réduite à -ü-
nÇiwm, n9m, nüm "sommeil" Qum (güm)
"troupe de gens (à cheval)" ; tüm "al1
n
oo
97
1- 3
ll) Type R uR a
Féminin du précédent , il comporte , dans les mêmes
conditions et suivant la même répartition dialecta-
le, les mêmes variations diphtoniques et vocaliques:
SÇ)ka , süka "épine" ; nè?wba, nqba, nüba
"tour de rôle" sQwda, ,sQda, süda "noire" ; bü-
ma "chouette" ..
C'est sous ce type qu'on rangera l'ancien bilitère
"langue", dial .. ..
3
12 ) Type R 1R
13)
De même que pour les noms de type R
I
üR
3
, la voyelle
demeure -1-; ou la diphtongue est conservée ou
partiellement réduite ou complètement réduite

:
, bIt "demeure, chambre"
" sabre" ; jIr "chaux" .
sIf
L ' ancien bilitère yad "main" est ijyd, Id, dans les
parlers
Quant à
bédouins.
bIr "puits", 9Tb
respectivement d'anciens
3
Type R 1R a
Féminin du précédent
"chacal", ils
bi'r, dI'b.
proviennent
"femme âgée" ;
lJIma "tente" ; "blanche" ; jIfa "cha-
rogne, viande non consommable ".
C'est sous ce type
qui ont acquis une
y
qu'on rangera les anciens
trilitarité secondaire par alloo-
gement de la comme
jIha "direction", "confiance
H
, "descrip-
tion, caractéristique".
14) Type R
1
R
2
a
Il regroupe des noms issus des anciens faEa , tâta'
"moulin à bras", "bâton", sma Hciel",
98
"dîner"
qui sont confondus avec une voyelle a de longueur
indéterminée .
Le terme qui désigne "femme" est mra'
-'-'
tantôt m-Fat-
en rapport d'annexion, au Maroc et dans le Sud tuni-
sien, tantôt (rnQ{t-) ailleurs. Provenant
d'anciens bilitères, gra "sorgho", sna "année" ont
été ramenés à ce type. Notons aussi le pluriel
"femmes".
15) Type R!Ru
C'est l'héritier des anciens faEw (fUEW, fIéw) et
fat..uww.
Dans les parlers bédouins dl Algérie et en Tunisi'e,
s uivant le prototype ancien, et selon la nature de
2 1 2 1 2
R , le type est R vR u, non R R u. Partout ailleurs
c'est R
1
R
2
u
j a.çÇ>, j,q "chiot" ; l)olu, J:lu "doux" édu "enne-
mi".
On y joindra n9w "beau temps (et pluie)",
99
W "lu-
mière
ll
, S9w (su) "mal" •
1
16) Type R vRwa
Féminin du précédent
talwa "marc de café", daE.wa "demande, affaire
ll
,
taqwa "crainte, piété".
Procédant d'un masculin, de prototype faéuww, le fé-
minin sera R
I
R
2
uwwa (qui pourrait être rangé sous le
type 32)
édçwwa "ennemie" sur le type duquel s'aligne sou-
vent l:t19wwa "douce", à côté de l')alwa.
17) Type R
1
R
2
i
Il regroupe les anciens faEy (fÜEY, fIEy) et faEiyy;
-- - -
on fera donc à son sujet la même observation qu'à
propos de RIRu
jdi "chevreau", "garçonnet", qnt:;
99
"fortuné".
On citera encore dans ce type si "chose", et,
usuel dans les parlers bédouins, "bruit".
1 2
18) Type R vR ya
Féminin du précédent
kudya "colline
ll
, dunya, d<1nya "bas-monde
ll
, j arya
"course" ,
et i-adya ou jd1yya "chevrette", "fortunée"
(qui pourrait être classé' .sous le type 34).
Ils comportent généralement une répartition
dans laquelle la voyelle brève sépare RI de R
2

19) Type R
1
vR
2
R
3
vR
4
20)
ri s'agit de noms concrets comme
€ b "regard", arn'db "lièvre", Il thym" •
Type R
1
vR
2
R
3
R
4
a
Féminin du précédent
bcmdqa "noisetier, noisette", (fFamla) "gi-
let (de femme)", bardEa l'bâts", qant;a l'pont".
21) Type R
1
vR
2
R
3
i
La radicale R
4
est un i. Ce type se con-
fond avec celui des ethniques (voir plus loin type
59)
kursi "chaise", s-absi "pipe", bagli "mortier",
buri "mulet (poisson)".
22) Type R
1
vR
2
R
3
iyya
Féminin du précédent
"tapi s
ll
, karwlyya "carvi (épice)",
rIl,l!yya "pantoufle de cuir souple".
-
100
2.- Types à vocalisme long
Dans les types à vocalisme long on classera
1- 2 3
parmi les trilitères tous les types R vR vR , mais en
soulignant bien que, parmi eux, il n'en est que
comptent comme d'authentiques trilitères (comme
deux qui
hakdrn
-'---
"juge
ll
type 23, dabba "bête de somme" type 2 4).
tres représentent en fait des quadrilitères dont
une voyelle longue (comme batam "bague" type 2 3,
"pâtisserie" type 25, fIj3l "rue (végétal)" type
Du point de vue formel, et pour la simplicité de
posé, il est concevable de les grouper ensemble .
Trilitères
2
1- 2 3
3) Type R aR vR
C'est le type que revêtent
des participes actifs, noms ou adjectifs
Les au-
R
2
est
èürag
27) •
l'ex-
sar;)b "lèvre", ttaf4Jr "sabot (de bête)",
"mosquée cathédrale",
type qui peut être revêtu par des noms de racine
"assimilée, concave, défectueuse , sourde" comme
yaS;Jr "nombreux, abondant", sayb "grisonnant",
"cadi", ryajj "pèlerin"
- des noms variés Canc. faéal) comme
"papier", "moule, calibre" .
-----r=- 2 3
24) Type R aR R a
Féminin du précédent, comportant ou non correspon-
dance à des noms masculins en usage
sahla "facile", qabla "sage-femme", dabba "bête de
somme" , babya "grande jarre", zawya "centre de
confrérie religieuse",
à la suite desquels on citera
tabla q:.awla) "table (haute) ".
- --
101
25) Type R
1
üR
2
vR
3
Rare
èürng "pâtisserie", yunds, lünas "nom d'homme".
1- 2 3
2 6) Type R uR R a
2 7)
2 8)
Non moins rare
lübya "haricots", zübya "ordures",
Type R
1
IR
2
vR
3
Rare
"rue (végétal)!! ; enab "raisin" revêt volon-
tiers ce schème, eInab (déjà hispanique) au Maroc,
à Tlemcen, et dans le Nord constantinois .
1T 2 3
Type R 1R R a
Rare . Il compte surtout des termes étrangers
sIsma "lieu d ' aisance", "mètre", "li-
tre" •
1 2- 3
29) Type R R aR
Il comprend des noms abstraits et concrets
rmad "cendre" lsan "langue" sbah "matin"
-- '
ainsi que quelques collectifs
rbam "marbre", "plomb", rymam "pigeons",
et d'anciens masdars (du thème dérivé III)
qtal "combat", "contestation", fraq "sépara-
tion ".
1 2- 3
30) Type R R aR a
C'est le féminin du précédent
flana "une telle" rsasa "balle de plomb" , hmama
---
"un pigeon",
et divers noms sans masculin correspondant
ska;-a "sac", jnaza "obsèques", dwaya "encrier",
ai nsi que des noms abstraits dénotant la qualité ou
l'exercice d'une profession, anciens masdars
"finesse", byaf:.a " couture
ll
, flarya "agricul-
ture" •
l 2- 3
31) Type R R uR
102
l 2- 3
Il n'est pas moins représenté que R R aR
"encens", f1,:<;;.;' "repas du matin", e.J;"us "ma-
rié", hruf "agneau".
- -- -
l 2- 3
32) Type R R uR a
Féminin du précédent
t..r;üsa "mariée", sauna "chaude ", fluka "barque",
"li tige" .
De rares noms de racine "défectueuse" comme ë düwwa
"ennemie", l}luwwa "douce" ont été examinés sous le
type 16 .
33) Type R
1
R
2
IR
3
Paradigme de noms divers et nombreux
blIs "démon", jbIn "front", "chemin", J:11Ib
"lait".
Il est en particulier revêtu par un grand nombre de
substantifs et adjectifs variables
I)bIb l'ami", itIm "orphelin", kbIr "grandI',
"petit".
Procédant de racine "défectueus e", il se confond, au
masculin, avec les noms de type R
1
R
2
i,17.
34)
l 2- 3
Type R R iR a
Féminin du précédent
bsIsa "bouillie de farine", ftIla "mèche", jlIqa
"gilet".
C'est la forme habituelle du féminin des noms et ad-
jectifs variables de type R
1
R
2
IR
3
"doctoresse", srIfa "descendante du Prophè-
te", "longue", l'courte".
racine il f o urnit des
mots comme "propre", "fortunée" ( voir
ci-dessus type 8) .
103

l 2 3- 4
35) Type R vR R aR
Il est fréquent et compte des noms variés, d'origine
tant ancienne que récente
sarwal "pantalon", masmas "abricots", kaskas "ter-
rine perforée (pour la c uis s on du couscous à la
vapeur)", "chauve".
l 2 3- 4
36) Type R vR R aR a
37)
Féminin du précédent, procédant ou non de masculin
correspondant
"chauve", ldnja!?a "poire, poirier" ,
"pâtisserie".
----
l 2 3- 4
Type R vR R uR
Il est très abondamment représenté, et par des noms
de' provenance diverse. Il comporte une valeur très
expressive
qanfüd "hérisson", sardük "coq", bahlül "fou, stu-
pide", karmüs "figues", "étour-
neaux" .
l 2 3- 4
38) Type R vR R uR a
Egalement très riche
bahlüla "folle", qarnüna "artichaut",
"tuile", salgüma "moustache", garjüma "gosier",
fartüna "fortune (et tempête)".
39) Type R
1
vR
2
R
3
IR
4
Il est rare
lJ anzIr "porc", ba rmIl "tonneau", "pieuvre,
encornet".
l 2 4
40) Type R vR R a
Egalement rare et comptant souvent des noms d'em-
prunt
barmIla "tonnelet", sardIna "sardine", m'ël nwIla
"barre de gouvernail".
r
104
Il en est de plusieurs vocalisations .
On les clas-
de la voyelle qui sépare R
3
le timbre sera d'après
4
de R ,
a, U t l. Certains sont d'origine ancienne.
Un bon nombre représente des noms dont le vocalisme
,
primitivement bref , est allongé par souci de conser-
vation de timbre ; ils appartiennent alors souvent
au vocabulaire de la langue religieuse ou juridique .
D'autres enfin, nombreux, certains assez récents ,
constituent des emprunts étrangers.
a) R
l
yR
3
;;R
4
(a)
- "prière", salam, s alama " salut , saluta-
tion", "à la tâche" , falaqa "baston-
nade sur la plante des pieds"
lùban "parfurlI.", bùqal , büqala "bocal, petite
poterie" ;
dInar "pièce de monnaie" , "dia-
ble , diablesse"
b) R
l
yR
3
üR
4
(a)
"boutique" , namus IImou stique ", bakûr "fi-
gues- fleurs" , barûd "poudre ,
"hache , hachoir", lajq:.ça " carreau", €
"fête de Achoura" .
,
- büsün IIbouchon", utûla "hase "
----- ,----- ,
rie des nombres fractionnaires
"quint" ;
et aussi la
!;.'Îl t, t ülüj;
sé-
"tiers" , lJüms , bûmùs
bIdün "bidon", zItün
"Oliviers", zItuna " oli-
vier, oli ve", "peau de mouton " ;
c) R
l
yR
3
IR
4
(a)
- "descendant du prophète", sabIl
farIna "farine" ;
"chemin" ,
- .bülIs " pol ice", küzIna (küjIna) "cuisine
ll
,
müzIka "musique" ;
- bIbçt (bIb9t) "vanneau".
105
3.- Types à redoublement de la radicale médial e
Ils procèdent habituellement de r acine trili-
tère, mais présentent une structure syllabique qui les
apparente au x noms de racine quadrilitère . On en dis-
tinguera deux sortes : à vocalisme bref , à vocalisme
long (voyelle longue entre R
2
et R
3
). On constate que
la tendance générale dans les dialectes maghrébins,
d 'une façon qui va croissante 'd'Es t en Ouest, est de
verser des noms de l'héritage ancien à vocalisme bref au
compte de types à vocalisme long , de valeur plus expres-
sive.
42) Type R
l
YR
2
R
2
vR
3
Il est rare
sakkar (sukkO, r,) " s ucre" hammos "pois-chiche" .
'. . . ,
mais c'est celui que rejoignent les noms et adjec-
tifs de type R
l
R
2
IR
3
de racine concave (cf . type 32)
"monseigneur , monsieur", "mort",
"étroit
ll

43) Type R
l
vR
2
R
2
R
3
a
Féminin du précédent
"madame", "morte ", " étroite" .
44) Type R
l
YR
2
R
2
aR
3
Type intensif par excellence . Que les noms qui le
revêtent procèdent de prototypes anciens ou soien t
de création ou réfection dialectale, ce type est ce-
lui
- d'adjectifs var iables dénotant une qualité perma-
nente
kaQQab "menteur ", héJddaê "tral tre" , bakkay
"pl e u reur" ;
de noms de professionnels ou ar tisans
naj ja;- "menuisier" , !}ammas "ouvrier agricole",
106
sammas "gobeur de soleil, chômeur", qqwwad "en-
tremetteur", hanoay "maçon"
122
et on a vu, à propos des noms verbaux, que R vR R
aR
3
est souvent employé au Maroc avec valeur par-
ticipiale
t:ammal "en train de porter", "passant son
temps à"
de noms de choses et d'instruments
<:.i?kkaz "crosse, bâton", kattan "tissu", tannay
"tamis fin" ;
de notions diverses, notamment de collectifs
dunlJan "fumée", taffa'tt "pommes", o"dmmal "four-
"porc", b.akküs "bègue"_
1 2 2- 3
47) Type R yR R uR a
Féminin du précédent, et en possédant les mêmes
107
caractéristiques
m<1ssüsa "fade", "gland, chêne", qazzûla
IIcanne à gros pommeau", IIchatte (en Tuni-
sie)".
48) Type R
1
yR
2
R
2
rR
3
Relativement rare
sakkln "sabre, coutelas", "melon", qallII
(gaIIII) "indigent".
1 2 3
49) Type R yR R a
Féminin du précédent
q.3ddIda "morceau de viande séchée", zarrI€.a "se-
mence, graine", "douzaine".
Il compte un peu partout, notamment au Maghreb
_ - "t
oriental, d'anciens fUEEayla , dont la diphtongue a
été réduite
b.;abbIza "mauve (plante)", "ronce",
"hirondelle".
hottëfa
..... ...
50) Types R1YR2R2ayyR3 , R
1
YR
2
R
2
ayR
3
a
t-.
On les cite ici pour mémoire, car ils seront exami-
nés, au chapitre du Degré du nom, avec les diminu-
tifs (type 12).
4.- Types à préfixe
On distinguera quatre préfixes : a-, m-, a-,
51) Type aR
1
R
2
yR
3
On le verra au chapitre du degré du nom, ce type est
celui des élatifs.
C'est aussi celui des noms dits de "couleurs et dif-
formités", au masculin. Le préfixe est, suivant les
parlers, articulé ou non. Dans les parlers du
Maghreb oriental et dans les parlers bédouins, il
108
s'entend nettement, a oUd t portant parfois l ' accent
- -
d'intensité. Dans les autres parlers, il s'est gé-
néralement
lorsque le

amui, mais il y est généralement audible
nom est pourvu de l'article défini
1- "le blanc",
l - -.,.ema "l'aveugle",
"le sourd" .
- - - -
Le féminin de ces noms dits "de couleurs et diffor-
mités" est de type
dessus type 4.
l 2 3
52) Type mvR R vR
1 2 3 -
R vR R a (ane. fatla ), voir ci-
Il fournit tout à la fois
des noms de temps
mowlad, mülad "anniversaire de la naissance du
, - - -
Prophète", m?ws-am, musam "fête périodique (reli-
gieuse ou non)"
- des noms de lieu
"lieu", rtt'39rab "occident", ffi!=,al; " parc"
m"a-:ç:;;a "port" ;
- des noms d'instruments
manjel "faucille", ma,;-wal; "éventail", "ci-
seaux", maqla "poêle à frire" ;
- quelques noms verbaux
mlam "blâme", m-!='91} u-mji "allée et venue", mcJbda
"commencement
ll

1 2 3
53) Type mvR RRa
Féminin du précédent, il n'est pas moins en usage
pour les mêmes catégories de noms
môl)kma "tribunal du cadi", marft:.a "étagère",
mlyabba "affection", "vie, moyen de vie" ,
mgal1, "grand chapeau parasol" .
-'--
Lorsqu 'il procède d'un radical triconsonantique
(C
l
C
2
C
3
), il se présente suivant les parlers sous un
triple aspect syllabique
109
1 2 3
- mvR RRa qui est la forme habituelle des parlers
bédouins en général et des parlers de Tunisie, et
de nombre de parlers citadins d'Algérie
mad.;-sa "école", maqbfa "cimetière"
avec parfois une voyelle furtive entre RI et R
2
ou
entre R
2
et R
3
suivant la nature phonétique de R
2
3
et R ;
1 2 3
mR vR R a
t
qui prévaut au Maroc , dans l' Ouest ora-
nais et dans l e Nord constantinois:
mq'3bra ;
1 1 2 3 1
- mvR R vR R a , comportant le redoublement de R ,
qui réalise la fermeture de la syllabe dont le
centre est la voyelle du préfixe (celle qui sépa-
re la formative m de RI) : c'est la forme qui pré-
vaut dans nombre de parlers citadi n s et de parlers
bédouins des plaines et des hauts plateaux algé-
riens :
La répartition dialectale de ces trois variantes
recouvre à peu de choses près , et avec les mêmes
réserves , celle du verbe triconsonantique du thème
fondamental dans
yaktbu, ik<Jtbu, yJkkatbu "ils écrivent".
1 2- 3
54) Type mvR R aR (a)
Il comporte une voyelle longue a entre R
2
et R
3

C'est tout à la fois un schème
- de noms d'instruments
milftal;1 "clé", m9IJtaf "grappin , ancre" , mIzan
j'balance", mraya "mi roir" ;
- d'adjectifs intensifs, variables, dénotant une
qualité permanente ou passagère
"glouton(ne)", "beau (belle),
bon(ne)" , m::)skak(a) "soupçonneux, soupçonneuse".
55) T
l 2- 3
ype mvR R uR (a)
Il compte nombre de participes passifs, devenus
»
110
adjectifs o u s ubstantifs variables
IIb!essé(e)lI, "frappé(e) t débile
d' espri tl!
et aussi des substantifs qui ne varient pas en
genre
"dépense", rn-aktûm "poche" t rndn09:ra "nari-
ne", ma1;.m9;, ou " silo",
terrine".
l 2T 3 ( )
56) Type mvR R 1R a
Il est rare
mohftyya "assiette,

maskln (a) "pauvre,
tête, serviette" .
pauvresse", m"ndIl "foulard de
57) Type + radical
Ce n'est que dans des noms d'origine berbère ou des
noms berbérisés que se trouve le préfixe a -, qui est
un morphème berbère. On ne relèvera donc des noms
de ce type que dans des parlers où s'avère
le substrat berbère, ou le bilinguisme arabo-ber-
bère, soit au Maroc, dans le Nord-ouest oranais
(Tlemcen, Nedroma), dans le Nord algérois (Cher-
chell, Dellys) et dans le Nord constantinois (Dji -
djelli, Collo)
agrüm IIpain", aman "eau",
"cuiller à pot".
58) Type S. + radical
aqtot "chat", agdnjr:,.

On en distinguera deux sortes
_ le préfixe t-, formative arabe, qui sert à former
des noms d'action de thèmes dérivés o n les a
examinés au chapitre des noms verbaux
_ le préfixe formative berbère. On le trouve
dans les mêmes conditions et dans les mêmes par-
lers que le préfixe du type précédent :
tagqrfa, tayarfa "corbeau", të:llgçnja IIcuiller à
__ .. II
111
Le schème berbère ou berbérisé est volontiers com-
plété par la finale -t, également morphème berbère
tinasndst "pellicule", taflIl3s t, tifirall-ast
"hirondelle".
Ce type..!:.. sert à former des noms abstraits for -
tement expressifs (avec valeur souvent péjorative),
dénotant une qualité physique ou morale
takabbürt "orgueil" (racine arabe kbrt, taklübIt
"méchanceté" (racine arâbe klb), taklüfIt "indis-
crétion" (racine arabe kIf),
dans nombre de parlers d'Algérie et du Maroc. Au
Maroc notamment, ainsi qu'en Oranie , tout particu-
lièrement sous la forme ta - t <-Iyat) , le type
-- ---
connaît une prolifération remarquable dans une série
de noms désignant l'action, la profession , le trait
caractéristique
tasarraja t "sellerie", " savonnage",
tawakkal.at "gloutonnerie", !aQfaymIy-:at "coquine-
rie".
5 .- Types à s uffixe
On distinguera plusieurs sortes de types à
suffixe
- les adjectifs en-an, fém. -ana,
- les nisbas ou adjectifs relatifs en -I, fém. -iyya,
les adjectifs relatifs en -ani, fém. -aniyya,
- les adjectifs relatifs en -ji,
les noms en -3s,
- les noms en -dn.
59) Type R
l
vR
2
R
3
+ an(a)
Il sert à former nombre d'adjectifs intensifs déno-
tant une qualité, physique ou morale, passagère ou
occasionnelle, non un trait de nature
ll2
farhan(a) "contentee)", "timide, hon-
teux (honteuse)", "ou Ce)",
"plein(e)", "fatiguéCe)", "af-
famé(e)", auquel on joindra le terme d'emprunt,
fréquent en Algérie, fanyan(a) "fainéantCe)".
60) Type Radical + i(yya)
Le suffixe -i, au féminin -iyya, appelé nisba, est
-- ---
en propre celui de l'ethnique. Il indique donc au
premier chef l'origine (raciale, géographique, so-
ciale, tribale etc.), tiré d'un nom propre
"originaire" de "Rabat", rbate ; de wahran
--- -'---'-'
"Oran", wahrani ; de tünas "Tunis", tünsi ; de
"Tripoli", trab'alsi ; des Oulad Daoud
dawdi
Puis par extension, suivant un processus fort
il sert à former des adjectifs relatifs à une carac-
téristique :
de a!lli "originaire du pays" ; de .bal;l.çe
"marin, maritime" ; de jbal, jabli "montueux, mon-
tagnard" ; de blad, b<ildi " citadin" ; de hdar,
- -- - --
l:ag1it; "sédentaire, citadin , citadinisé".
Il indique notamment la matière dont une chose est
faite, la couleur qui lui est propre
de .zIt, zIti "huileux, couleur huile
ll
; de wa:ç"d,
wa.:ç"di "rosen; de rmad, rmadi t'de consistance , de
couleur cendre
ll
; de bga.r, b;)gri IIviande de boeuf".
Il en vient parfois à constituer une manière de sin-
gulatif du nom collectif dont il procède
de ihüd, ihüdi "juif et un juif", de éaskar ,
"militaire, un soldat".
Il connait un développement extraordinaire dans la
formation des noms d'artisans et de professsionnels.
La suffixation s'opère sur le radical d'un pluriel
brisé
ll3
bcmctIr, .bnadar, bnadri IIfabricant (ou joueur) de
tambourin" grabal, grabli "fabricant de
tamis".
Logique dans le cas des quadrilitères, la formation
le devient moins dans le cas des trilitères qui ne
connaissent pas nécessairement une forme de pluriel
brisé dans un emploi autonome
"fabricant de nattes"
djayji "marchand de poulês" ; Q.sIs, t:Œaysi "fu-
meur de hachich" ; t:.;-am, Q;-aymi "mauvais sujet,
coquin" •
Cette formation est très abondamment représentée,
surtout dans les parlers de l'Ouest maghrébin.
, 'à é ,1 2- 3
des num raux de scheme R R aR , la finale
-i forme des adjectifs relatifs désignant un objet
composé d'éléments dénombrés ou l'âge d'un animal
(d'après sa dentition)
"composé de quatre éléments" ou "cheval de
quatre ans", sdasi "composé de six éléments" ou
"cheval (chameau) de cinq à six ans".
On notera enfin que, suffixée à un nom à finale -a,
la finale est -wi, non -i
"originaire de Salé" s la, slawi ; "couleur bleu
ciel
H
sma , smawi ; fransa,
- - -.!. -- -
"français".
61) Type Radical + ani(yya)
- --
Formé du morphème -an pourvu du suffixe -i, -ani
(yya) constitue un suffixe complexe, qui sert à
créer des noms et adjectifs variables d'un emploi
panmaghrébin
9wwal, 9wwlani (ülani) "premier" ; tâl)t, tat:tani
"inférieur,qui est en dessous" ; sayb, sIbani
"vieux, grisonnant"; na:j>;-ani "chrétien",
qui vaut également comme singulatif "un chrétien".
......
114
62) Type Radical + ji(yya)
Le suffixe -ji,variable , est turc. Il forme des
noms d ' artisans, en usage en Tunisie, en Libye et
en Algérie
qahwa, qahwaji "cafetier"
chand de bonbons" .
63) Type Radical + dS
l)alwaji "mar-
Il n ' apparait que dans quelques mots, avec valeur
diminutive, dans des parlers montagnards d'Algérie
(Djidjelli), d ' Oranie (Nédroma) et du Maroc
"un tout petit peu".
64) Type Radical + an
Très rare aussi, et dans les mêmes parlers
f ',arb, fr11].,n "un petiot" .
Annexe
Les noms considérés comme inclassables sont
ceux qui sortent des normes et qui ne sont généralement
pas susceptibles d'être même apparentés à des schèmes
identifiables . Beaucoup sont d'origine étrangère.
Ainsi
s 'Jbralla "souliers de femme
l1
, burdgan "orange Il , trqnj
"cédrat", zrüdJ:yya , IJIzZ9 "carottes",
bIr "gingembre", maé..dnüs "persil", t9mat<.?m, to-
- - T V
"tomates" .
L ' étude de ces sont nombreux et divers selon
les dialectes, relève de la lexicographie .
115
c. NOMBRE DU NOM
Il Y a trois nombres : le singulier, le duel et
le pluriel . L ' inventaire des thèmes nominaux du singu-
lier a été dressé au chapitre précédent. Restent le duel
et le pluriel.
1 . Le Duel
= =-="" ",,::l:::
Il apparalt, en arabe maghrébin, en régression,
parfois résiduel . Il a complètement disparu de la
flexipn verbale et de la flexion pronominale . Il ne
subsiste que dans les noms. Encore n'y est- il qU'inéga-
lement en usage . Il est courant pour toutes les catégo-
ries de noms dans les parlers bédouins. Il n ' e5t possi -
ble dans les parlers citadins et ruraux que pour certai-
nes catégories de noms . On distinguera donc deux aires
d ' emploi.
1. Dans les parlers bédouins .
L'indice en est le suffixe - In (de cl._ayni) .
Dans les dialectes qui ont conservé la diphtongue, c'est
; dans ceux qui la réduisent partiellement , c ' est
- en.

Tous les parlers de Libye l'emploient , sous la
dans tout le vocabulaire des noms , autant qU ' il
semble . Les parlers tunisiens de même , sous la forme
Les parlers bédouins d ' Algérie en font un usage étendu ,
mais moins général , sous la forme - In dans le Nord et les
Hauts plateaux, sous la forme -ën , - eyn dans les steppes
- "- -"--
et les régions sahariennes . Au Maroc , on entend égale-
ment -In, excepté pour les noms de mesure qui ont le suf-
...--
116
fixe -ayant -ayn. Dans les grandes lignes, on constate
que l'usage général du duel va se réduisant d'Est en Ou-
est.
2. Dans les parlers citadins et ruraux.
L'usage du duel est limité aux noms exprimant
des notions envisagées comme éléments d'une paire. Ainsi
les noms des parties doubles du corps, le nom du couple
père-mère , les noms de mesure.
Pour les nomS des parties doubles du corps, et
le nom du couple père-mère, l'indice est -In dans tout le
Maghreb : ex. wuqnIn "deux oreilles" , waldin "parents
ll

Pour les noms de mesure , au Maroc et, en Algé-
rie, dans la région de Tlemcen et la région de Djidjelli
(Nord constantinois) , l'indice est -ay3n, ayn (avec al-
longement du premier élément a: de la diphtongue, caracté-
ristique du duel, pour en assurer la Par-
tout ailleurs, dans le reste de l'Algérie citadine et ru-
rale et en Tunisie, l'indice est -In: ex. alfayn, alfIn
"deux mille", yÜmayn, yÜmIn "deux jours", f-atlayn,
"deux livres", "deux empans".
Remarques sur l'usage du duel .
r"tlIn
..
a) Les noms des parties doubles du corps et du couple
père-mère sont fréquemment utilisés dans un rapport
d'appartenance marqué par le suffixe personnel. L 'in-
dice du duel perd alors son -n final et se présente ,
selon les parlers , sous la forme -1-, ou sous la forme
; plus rarement sous la forme -a- (Nord de Tlem-
cen) : rajlIk, rajl1h , rajlIha, rajlIna, rajllkum,
.rajlIhum etc .. ) "tes, ses, nos, vos,
leurs pieds" ; waldIk, waldIh waldëh etc.)
l'tes, ses etc . parents" ..
Dans nombre de parlers bédouins le suffixe de
117
la première personne donne -ayya ; ailleurs -1yya :
râjlayya, rajllyya "mes waldayya , waldYYYa
"mes parents" .
b) Là où le duel n'est pas en usage pour toutes les caté-
gories de noms, il lui est substitué le pluriel précé-
dé du numéral "deux".
c) L'indice du duel, dans les parlers où il donne -In (de
cl . -ayni ) , se confond avec l'indice du pluriel exter-
ne masculin -In (de cl. - fna' : aux noms qui peuvent
le comporter (des parties doubles du corps, notamment),
la forme du duel sert alors volontiers de pluriel (en-
core que certains puissent parfois avoir en outre une
forme de pluriel brisé) ..
118
On distinguera la formation du pluriel par ad-
jonction d'un suffixe au thème du singulier: c'est le
pluriel externe ou "sain" ; et la formation du pluriel
par modification du thème du singulier, et éventuellement
adjonction de suffixe : c'est le pluriel interne ou "bri-
sé".
1.- Pluriel externe (ou "sain")
Le procédé consiste à adjoindre au nom, au sin-
gulier, la finale -In, ou la finale -at, ou la finale
comme dans farryan "content" pl. farl'}anIn,
lsan "langue" pl. lsanat,
najjaç "menuisier" pl. najja;-a.
a)
Il forme- le pluriel
- de tous les participes ayant valeur verbale
gaE..ad Ilassis" pl. gae.dIn, wâg<lf "étant debout" pl.
waqfIn, bay3c. "vendant" pl. bayt.In, masi "allant"
pl. masyIn, "blessé" pl. m:ajrohIn, mqdddam
,
"dirigeant" pl. mqaddmIn, mwalaf "habitué" pl . mwal-
fIn, mk-arkab "roulé" pl.
des adjectifs intensifs de forme R
l
vR
2
R
2
aR
3
"qui passe l'été" pl.
forme qu'il convient de distinguer, au Maroc, de la
forme à finale a valeur de substantif
"estivant" pl.
Ailleurs au Maghreb, traditionnellement, les noms d'ar-
tisans et de professionnels du schème R
l
vR
2
R
2
aR
3
fai-
saient le pluriel en - In. Les noms des souks et rues
119
marchandes en sont le témoignage.
- des adjectifs de forme R
l
vR
2
R
3
an
farhan "joyeux" pl. f"drl;lan!n,
à l' exception de ceux qui font souvent le pluriel
R
1
R
2
aR
3
a.
- des adjectifs quadrilitères de forme R
l
vR
2
R
3
aR
4
marmad "couvert de suie, souillé" pl. marmadln
1
des adjectifs de forme R
I
RIR
3
qui admettent, au Maroc seulement semble-t-il, ce plu-
riel, alors qU'ailleurs, dans tout l e Maghreb, ils ont
1 2_ 3
le pluriel R R aR
rfIE. lI excellent, précieux" pl. rfIt.rn.
Cependant, dans tous les parlers de l'Afrique du Nord,
les s'inguliers de ce type , lorsqu'ils sont de racine
"concave" ou "défectueuse", recourent au pluriel en
-In :
"doux" pl. (zrn) "beau " pl.
(zInrn), "propre" pl . nqeyyIn, haYY"vi-
vant" pl.

des adjectifs de formes diverses comme
J:a;-:r "chaud, épicé" pl. rya.;:-;-In, marr "amer" pl . ma.r:-
';-In, "chaud" pl. shunTn, "doux" pl. l;lluwwIn;
des adjectifs à finale de la nisba,
jabli "montagneux" pl. jablJ::yyIn, tunsi "tunisien"
pl. tünslyyIn,
avec cette réserve que ces ethniques, lorsqU'ilS sont
substantivés, recourent habituellement au pluriel brisé
1 2- 3 1 - 3 4
de type R R aR a (R waR R al
jbala, twansa",
--- ,
tous les diminutifs d'adjectifs
"assez, très fin" pl .. "pe-
tiot" pl. kbIb;::lr "grandelet .. pl . kbIbrIn;
120
numéraux ordinaux
"premier" pl. owwlIn, "troisième" pl.
taltIn.
- - )
numéraux cardinaux (noms de dizaines)
(t1ât; , "trois
ll
pl. "trente".
--- --- --- ,
numéraux fractionnaires, excepté pour "demi, moi-
"tiers" pl.
des pronoms indéfinis
wal).dd "un, un certain"
une partie" pl.
pl. wât;dIn, "certain,
et aussi ahor- llautre" pl.

qui revêt le plus souvent la forme
b) Le suffixe est
------------------
Il est adjoint
- à certaines formes de participes substantivés, quand
ils caractérisent des actions, des fonctions proprement
féminines
mé.c3.11ma "ma.ttresse, éducatrice" pl.
- à nombre de noms verbaux de thèmes dérivés, ou de qua-
drilitères
tegkIra "souvenir" pl. tagkIrat, t -J-Fb!yya (tf":Jbya)
;;éducation" pl. ta:r;biyyat (t.çdbyat), "moque-
rie" pl. tbahdIlat, mdabza "querelle" pl. mdabzat,
"bataille, rixe" pl.
- aux singulatifs, noms d'une fois et noms d'unité, en
général
k..agba "mensonge" pl. kagba't, b.aqra II vache" pl.

et presque automatiquement lorsque ces singulatifs sont
consécutifs à des numéraux cardinaux (trois, quatre,
cinq etc. + noms de choses comptées).
121
- aux diminutif s de noms
(uIId) "peti t enfant" pl. ulIdat, srIw.."i1
. ---
"petit pantalon" pl. srIwlat , qhIwa "petit café" pl.
qhiwat;
de 2rari, 9rIrwat "petits enfants ";
- aux adjectifs à finale -1yya, de la nisba, lorsqu'ils
désignent expressément des personnes du sexe féminin
jdbl!yya "montagnarde" pl. jabllyyat, dzayr'lyya "al-
gérienne, algéroise" pl. d:tayrlyyat.

- à des pronoms indéfinis de genre féminin, comme
"une, certaine" pl. waJ:ldat, arrra "au-
tre" pl.
comme
ISdn "langue" pl. lsanat, jwab "lettre, réponse" pl.
jwabat;
- à des noms de parenté comme
baba "papa, père" pl. babat, yamma, umm "maman, mè-
rel! pl. yammat, ummahat, et parfois de
P
l. hwatat "soeurs".
- ,
- à la plupart des noms d'origine étrangère
fabrIka "fabrique" pl. fabrIkat, tIIIfûn "téléphone"
----
pl. tI1Ifünat.
Remarque
La finale -at, consécutive à des noms se termi-
nant par une voyelle longue, se rattache au thème par w
-wat. Ainsi en est-il
l 2-
- de nombre de noms singuliers de type RRa
sma II c iel" pl. smawat , qfa "nuque" pl. qfawat, _hç-a
"excrément" pl. !};-awât.
On a même relevé en Algérie et au Maroc de mf"a "fem-
me" le pl. mfawat.
de la plupart des noms d'origine étrangère comme
122
hasa "pacha" pl. basawat, blru "bureau" pl.
nIrnru "numéro" pl. nIrnrüwat (:,ümrowat).
c) Le suffixe est -a
-----------------
Il s'applique
à des noms de schème intensif trilitère R
1
vR
2
R
2
aR
3
,
quadrilitère R
1
VR
2
R
3
a:R
4
, substantivés
l)-ammal "porteur" pl. Q-lmmala, b:.;nnay "maçon" pl.
bannâya, "courtier" pl.
- à des ethni ques également s ubstantivés
"marin" pl. t:ab::Jlsi IItripolitaln"
pl. t;.ç-ab.:,!sî:yya, qahwaji "cafetier" pl. qahwajlyya,
tbarnaji "restaurateur" pl. tbarnaj{yya.
=.::c=,-,,-,-,,-= •
- à des noms de professionnels revêtant le schème de plu-
riel quadrilitère "brisé" pourvu de la finale -,!,
R
I
R
2
aR
3
R
4
i, R
I
R
2
ayR
4
i.
bramli "tonnelier" pl. bramllyya, hsaysi "fumeur de
hachich" pl.
2.- Pluriel interne (ou "brisé")
Pour les noms quadrilitères, le pluriel interne
se présente de façon assez simple et constante. Pour les
noms trilitères, il en va autrement : les types de plu-
riel sont nombreux et variés, et il n'y a pas de corres-
pondance constante entre tel type de nom singulier et tel
type de pluriel.
Pour la simplicité de l'exposé, on traitera
d'abord des pluriels de quadrl1itères.
123

Le principe de la formation réside dans 1'1n-
- 2 3
sertion d'une voyelle -a- entre R et R. D'un nom sin-
gulier à vocalisme bref--de type R
l
vR
2
R
3
vR
4
(ou
,
le pluriel sera de
1 ) Type R
I
R
2
âR
3
vR
4
f .:: ndùq "fondouk, caravansérail" pl. fnadaq, qantra
"pont" pl. qnitar.
A ces noms de racine quadrilitère doivent être joints
ceux qui sont de racine trilitère, mais qui c omportent
un préfixe formatif : ils sont de même schème syllabi-
que
m'djlas "assemblée, réunion!! pl. mjalas, mad-Ç'sa,
mdarsa "école, médersa
Tl
pl. mdar-=3s.
, .
Ce type procède de l'ancien
l 2- 3 4
2) Type R R aR vR ou
Partant d'un
3
gue entre R
nom singulier comportant une voyelle lon-
et R
4
, de type R
I
VR
2
R
3
VR
4
, le pluriel se-
ra
- dans les parlers citadins et ruraux, semblable au
type précédent, R
l
R
2
aR
3
vR
4
,
- dans les parlers bédouins , avec une voyelle -1- en-
tre R
3
et R
4
, R
l
R
2
âR
3
IR
4
, image de l'ancien faeaEll.
De t,) dlt;al "anneau de pied", "burnous
ll
,
"tonneau", on aura les pluriels:
pour les parlers citadins
- pour les parlers bédouins
hlaha l,
. .
l)lal)II,
b;-an.J
,

bramll.
A ces noms de racine quadrilitère doivent être joints
ceux qui sont de racine trilitère, mais qui, rejoi-
gnant le schème quadrilitère, comportent
soit un redoublement de la radicale médiale
::'Gbbat. "soulier" pl. sallüm "échel-
le" pl. slallm, sakkln "sabre" pl. skakan,
124
skakIn.
,
soit un préfixe formatif
"dépense" pl. msaraf, msarIf.
1 - 3 4
3) Type R waR vR
1
Partant d'un nom triconsonantique qui, après R , com-
porte une voyelle longue (jouant le rôle de R
2
), de
1- 3 4 1 3 4 2
type R vR vR (ou R vR R a), un w se dégage en R , et
- 1 2- 3 4
le pluriel constitue une variété du type R R aR vR :
R
1
waR
3
vR
4
kag;}t;. "papier, carte" pl. kwag";31;:, "minaret"
pl.
1 - 3 4
4) Type R waR vR
1 - 3... 4
ou R waR l.R
Partant d'un nom triconsonantique qui comporte une
1 3
voyelle longue entre R et R , et une voyelle longue
3 4 1- 3- 4( .
entre R et R t de type R vR vR a), le plur1el, sui-
vant qU'il s'agit de parlers citadins ou bédouins, va-
l - 3 4 1 - 3
I
4
riera entre les deux types R waR vR et R waR R,
aux anciens fawalll et
t)anüt "boutique" pl . l:twan-at, ljwanIt, "t:ajIn "poêlon"
pl. twajdn, 'Çwajln, mIzan "balance" pl. mwazan, mwa-
zIn, "Satan, diable" pl .
Il y a souvent hésitation, lorsque c'est un l qui sé-
1 3 1 - 3 4 1 - 3 4
pare R et R , entre R waR vR et R yaR vR , l'une
semblant plus fréquente dans les parlers bédouins, la
seconde dominant dans les parlers citadins et ruraux:
syatOlo.
1 2- 4
5) Type R R awvR
C'est le pluriel de noms singuliers où R
3
est un de
1 2 4
type R vR wvR,
m;Jzwad "sac à provisions" pl . mzawad (mzawd).
On le trouve, au Maroc et dans le Nord algérois et
constantinois exclusivement semble-t-il, comme pluriel
è
1 2- 3
de noms tri1it res de type R R uR
qsüS' "vieux vêtement" pl. qsawas
125
1 2- 4 1 1 4
6) Type R R awvR ou R R awIR
Il procède également de noms singuliers où R
3
est un
et où, de plus, une voyelle longue sépare R
3
de R
4
,
1 2 - 4 1 2- 4
donc de type R vR wvR L'un R R awvR est le pluriel
1 2- 4 i
des parlers citadins, l'autre R R celu des par-
lers bédouins :
s :;rwal "pantalon" pl. srawal (srawl), srawIl, d
"pauvre, ascète" pl. drawas drawIs.
Remarque
1 2- 4 1 - 4
Les types de pluriels R R ayvR R wayvR •
R
1
R
2
aR
3
i. R
1
R
2
aR
3
a. R
l
waR
3
i. R
1
waR
3
a. sont de schème qua-
drilitère. ayant même aspect syllabique que les quadri1i-
tères. Ils correspondent généralement à des singuliers
trilitères. On les examinera plus loin.
1 2- 3 4
7) Type R R aR R a
De même schème que les précédents, ce type comporte
en outre la finale -a. Il fournit partout au Maghreb
un pluriel à des ethniques d'aspect syllabique quadri-
litère.
ryassani "de la tribu des O. Hassan" pl. rysasna,
(mgarbi) "maghrébin" pl. mgarba, tünsi "tuni-
sien" pl. twansa, dawdi "de la tribu des O. Daoud"
pl. dwawda ;
et aussi à des noms quadrilitères comme
talmIg ttétudiant" pl. tlamga.
Ce type est l'héritier d;:['ancien
On le trouve aussi dans certains dialectes (constanti-
nois par exemple) comme pluriel de noms singuliers de
la forme intensive R
l
vR
2
R
2
aR
3
Ca) comme
trammas "ouvrier quintenier" pl. cmamsa, q-addasa
"servante
ll
pl. qdadsa.
126
On traitera successivement des types de plu-
riels à vocalisme bref, puis à vocalisme long, puis avec
redoublement de la radicale médiale,puis à suffixe. On
parlera enfin de quelques formes à préfixe, qui sont ra-
res .
a) Pluriels à vocalisme bref
1) Type R
l
vR
2
R
3
La voyelle brève est de timbre R
1
uR
2
R
3
• Ce plu-
riel, de l'ancien fUf..l, est celui des lino ms de cou-
leurs et difformités" en usage dans l'ouest de l'Algé-
rie, dans les parlers bédouins. On le trouve aussi en
Tripolitaine pour les "noms de difformités".
"rouge" pl . humr, "sourd" pl. tors .

2) Type R
l
R
2
vR
3
La voyelle brève est de timbre u, R
1
R
2
uR
3
Variante
du précédent, c'est également le pluriel des "noms de
couleurs et difformités" habituel dans les parlers bé-
douins du Sahara central et oriental, et dans les par-
lers tunisiens et libyens et pour les "noms de cou-
leurs" en Tripolitaine
"rouge" pl. rym9;:', "sourd" pl. tros.
C'est aussi le pluriel, en Tunisie,
parlers citadins, ruraux et bédouins, de vocables di-
vers comme
shar "mois" pl. ktab "livre
u
pl. ktub.
Avec une voyelle de timbre indéfini (qui peut être
teinté par le consonantisme environnant>, on le trouve,
dans tout le Maghreb, comme pluriel de singuliers com-
portant la finale (singulatifs ou non)
garba "outre" pl. grab, qUlla IIcruche" pl.
lJIsa "vieux sac" pl. !}Y.JS, f91;a "serviette" pl.
127
Ce type dialectal regroupe en somme les héritiers des
anciens fUél, fut.ul, >afe.ul, fréal, f\lcSal.
C'est de ce dernier que procède le panmaghrébin qarya
"village" pl. qÜra , prononcé avec voyelle longue ou
demi-longue.
123
3) Type R v RRa
La voyelle radicale est de timbre indéfini. Le type
n'est pas fréquent, mais il est partout représenté, et
cependant davantage, semble-t-il, dans les parlers du
Maghreb oriental :
"malade" pl. mè?.çga, "chemin" pl. térqa,
i;-bIb "médecin" pl. "mort" pl .
Dans certains parlers sahariens d'Algérie, ce type re-
vêt, pour quelques aspect syllabique particu-
lier ' :
9f"ab "corbeau" pl. 9f"SSbba, ernüd "pilier" pl . émadda.
Les anciens faEla t, faE.la, consti-
tuent les prototypes de ce type dialectal.
On peut ranger à la suite
!}u "frère" pl. ?Q.wa (lJwa) , en rapport d'annexion,
qui représente un ancien f1élat ;
"cadi" pl. avec voyelle longue u et fi-
nale -at, qui procède d'un ancien fÜélat.
4) Type R
l
R
2
iyya
Propre aux noms de racine "défectueuse", ce type se
présente avec une initiale vocalique qui peut, sui-
vant les dialectes, ne pas être articulée :
nbi "prophète" pl. (a)nb!yya, uli "saint, santon" pl.
9wl1yya (ülryya).
Il représente l'héritage d'un ancien
128
b) Pluriels à vocalisme long
5) Type R
1
R
2
a:R
3
Une voyelle longue C'est un plu-
riel extrêmement fréquent, en usage partout au Maghreb.
Il correspond à
- des substantifs singuliers à vocalisme bref
k.:Hb "chien" pl. kl;b, warqa "feuille" pl . owrag
bIr "puits" pl. byar, yÜm "jour" pl.
eyyam.
" ---,
- des adjectifs
Il en est le pluriel habituel, encore qu'au Maroc il
puisse en être autrement :
kbIr "grand, âgé" pl . "long" pl.
- des substantifs et adjectifs de types variés
:çajal "homme" pl. rjal, "ami" pl. :;;l)ab.
Il représente les anciens f!Lal et dans un as-
pect dialectal où ils- se trouvent confondus. Toute-
fois la présence de l'article défini peut souvent fai-
re apparaître l'initiale vocalique des pluriels héri-
tés de ) afe. al
lün "couleur, espèce" pl .. lwan, mais l-alwan, à côté
de l-lwan ..
l 2- 3
6) Type R R uR
Une voyelle longue u sépare R
2
de R
3
.. Pluriel fré-
quent aussi et panmaghrébin. Il correspond soit
- à des substantifs à vocalisme bref, de racine lIsai-
ne"
qba;- "tombeau" pl .. qbür, battf (bt;lâ;-) "mer" pl ..
bhür.

- à des substantifs de racine "sourde" ou "concave"
. lJ.add lIjoue, pommette" pl. IJdüd, bIt "pièce, demeu-
re" pl. byÜt ..

- à des substantifs de racine "défectueuse". Il revêt
129
alors la forme R
l
R
2
r
"bâton" pl .. rejoignant ainsi le type

C'est à ce type qu'on rattachera zwi pl .. de zawya
"zaouya" !
à des substantifs de types variés
éad:al "témoin" pl .. cdül, sfIna "bateau" pl .. sfün ..
Dans le Maghreb occidental, il a généralement éli-
miné le pluriel R
I
R
2
uR
3
revêtent ailleurs des
vocables divers
"moisI! pl. ktab "livre" pl. ktüb.
Il se trouve ainsi l'héritier constant de l'ancien
fut.ül, et occasionnel des anciens fUE..ûI, 'aft..ul.
Signalons aussi que dans les dialectes bédouins d'Ora-
nie" ce type de pluriel est volontiers celui de parti -
cipes actifs comme
"silencieux" pl. sküt.
l 2- 3
7) Type R R uR a
Une voyelle longue u sépare R
2
de R
3
• Le type com-
porte la finale -a.. I l est moins fréquent que le pré-
cédent, mais il est partout représenté. Divers voca-
bles singuliers peuvent y recourir, mais en particu-
lier des noms d'animaux
l")ans (rynJ s) ,. serpent" pl. ttnüsa, qIb "chacal Il pl.
c:!yUba.
Ce type a le
__
pluriel ancien futula comme prototype.
8) Type R
1
R
2
IR
3
Une voyelle longue l sépare R
2
de R
3
• Partout présent
au Maghreb , c'est un pluriel rare
Eabd "nègre, esclave" pl. f:.bId, mae:.za "chèvre" pl.
mETz •
Il reporte à l'ancien
9) Type R
1
üR
2
vR
3
Une voyelle longue u sépare RI de R
2
• Ce type est
130
habituel, comme pluriel des noms de "couleurs et dif-
formités" dans les parlers du Maroc, de l'Ouest ora-
nais (Tlemcen), du Nord constantinois (Djidjelli) et
parfois du Nord algérois (Cherchell, Dellys)
"rouge" pl . "jaune" pl.
f9.ç:' , (a)byacJ "blanc" pl. b9Yd2, "aveugle"
--
pl. éomi.
C'est l'ancien fUEl, dont la voyelle u a été allongée
pour que le timbre caractéristique en soit conservé .
10) Type R
l
uR
2
aR
3
a
III
Calque de l'ancien fUéala', avec conservation, par
allongement , des voyelles brèves, ce pluriel est en
usage dans le langage des semi -lettrés , et même du
vulgaire, pour des noms comme
fqlr "pauvre" pl. fuqara, hiIfa
-- ----
"calife" pl . h l .... li a-
fa.
Sous la forme abrégée, conforme à la phonétique des
parlers maghrébins , on entend aussi et parfois
de ëal<J.m, pl. éulama "savants".
l 2- 3
Type R R awvR
On le note ici pour mémoire car il a été traité sous
le type 6) des quadrilitères.
12) Type R
I
R
2
ayvR
3
Il a l'aspect syllabique d'un quadrilitère, et cor-
respond à des singuliers comportant une voyelle lon-
gue entre R
2
et R
3
• Il est fréquent et panmaghrébin.
"place" pl. (blays), flüka "embarca-
tion" pl. flayak (flayk), bzlm "boucle, agrafe" pl.
bzayam (bzaym).
C'est l'héritier de l'ancien
l - 3
13) Type R wayvR
Variante du précédent, il procède de singuliers où
une voyelle longue sépare RI de R
3
:
14)
131
l;laja "chose, affaire" pl. rywayaj
(;-wayl;l), fayda "utilité
n
"odeur, parfum" pl.
pl. fwayad (fwayd).
1 2- 3
Type R R aR i
Lui aussi évoque un pluriel quadrilitère. Il s'ap-
plique à des noms de racine "défectueuse" comme
saqqaya "fontaine" pl . s!arri_(yya) "enfant,
postérité
ll
pl. grari, maf.nêl: IIsens, signification"
pl . mtani, marsa "port" pl. mrase.
--- - -" -'-- .
Mais il fournit souvent un pluriel à des singuliers
de racine "saine" de type R
l
vR
2
R
3
a. Il connait alors
au Maroc un développement considérable:
hofra "trou, excavation" pl. hfare, zanqa "rue" pl.


Maghreb on entend
lyali, ard "terre" pl . arade.

Partout aussi au
III "nuit" pl.
l 2- 3
15) Type R R aR a
Il correspond à des singuliers de divers schèmes
_ ethniques de type R
l
vR
2
R
3
i
jabli "montagnard
ll
pl. jbala, ga.ç-bi "occidental"
pl. graba.
-"--'
noms à terminaison -i(-iyya) qui ne sont pas des
ethniques
kursi "chaise" pl. krasa, zarbiyya "tapis
ll
pl.
zraba.
_0 __ '
noms de racine "défectueuse"
hdryya "cadeau" pl. hdaya, "recommanda-
tion" pl. usaya.

quelques adjectifs
l 2 3-
de forme intensive R vR R an,
inégalement en usage au Maghreb
t.aryan "nu" pl. éraya, hafyan "nu-pieds" pl.
hfaya.

quelques noms de provenance diverse comme
nasrani "chrétien" pl. n;;:âra, nüja "secrétaire"
132
pl. Dwaja, "pièce de 5 francs" pl ..
itfm "orphelin" pl .. itama.
Remarque. - Il est à noter que, pour les ethniques
à finale ou pour des noms à finales C-iyya)
qui ne sont pas des ethniques, le type de pluriel va-
rie, suivant les parlers, entre R
1
R
2
a:R
3
i et R
1
R
2
aR
3
a.
Le premier est plutôt libyen et tunisien: g'rabi
. ,
krasi. Le second est plutôt algérien (constantinois,
algérois, oranais) : 9Faba, krasa ; encore que les
parlers bédouins et sahariens marquent quelque hési-
tation. Au Maroc la tendance est pl utôt en faveur
l 2- 3
de R R aR a.
R
1
R
2
a:R
3
a est l'héritier de l'ancien facala.
16) Type R
l
waR
3
i
17)
Semblable au type R
I
R
2
aR
3
i, il sert de pluriel à des
noms singuliers de racine "défectueuse", mais compor-
tallt une voyelle longue après RI
"puits" pl . J:lwasi, saqya "rigole , canal" pl .
swaqE;!:, zübya " ordure" pl. zwabi, rrf11yya "pantoufle
de femme" pl. rwahi.
1-3
Type R waR a
l 2- 3
Variante du type R R aR a,
il connaît le même flotte-
ment que lui pour les noms de même type
J:awli (l)üli) "jeune mouton" pl . l:twala (ou rywali),
küri "écurie" pl. kwara (ou kwari) ..
c) Pluriels à redoublement de la radicale mé-
diale
Le vocalisme est bref. Le type correspond à des sin-
gUliers qui ont la forme de participe actif R
l
aR
2
vR
3
sabF.lg " ,nonture rapide à
-;;=-
sayla "chamelle suitée"
la Gourse" pl .
pl.
sUbb9g,
19)
133
Procédant de l'ancien ce pluriel est exclusi-
vement en usage dans certains parlers bédouins et sa-
hariens de Libye, Tunisie et Algérie, et S'applique
en général à des mots du vocabulaire de la vie rura-
le et surtout pastorale.
l 2 2- 3
Type R vR R aR
Une voyelle longue a sépare R
2
de R
3
• C'est l'ancien
fiiéf.al :
sakan "habitant" pl. sukkan, l)akam "juge, gouver-
neur" pl . J;tukkam.
Ce pluriel , très employé dans tout le Maghreb, cor-
respond à des singuliers qui ont la forme de parti-
1- 2 3
cipe actif R aR vR , mais avec valeur de substantif.
Il comporte volontiers une coloration u de la voyelle
è
' , l 2
br ve qui separe R de R •
d) Pluriels à suffixe
Il s'agit du suffixe -an et du suffixe
20) Type R
l
vR
2
R
3
an
Héritier des anciens et ce type de
pluriel fréquent et partout représenté, correspond à
des singuliers de types variés
blad "agglomération, pl.
"agneau" pl. trarfan, gla"l- IIjeune homme Il pl. galman,
- ----;-
taras "cavalier" pl. farsan.
----- 1
La voyelle brève qui suit R est volontiers conservée
avec le timbre u dans les parlers bédouins.
Procédant de noms de racine "défectueuse", le type
l 2-
est R vR yan
"jeune enfant" pl. 7'9bya.!!., "chevreau Il pl.
jadyan, e.du "ennemi" pl. .. dyan, raEe "berger
ll
pl.
r'léyan
auxquels on peut joindre quelques noms de IIdifformi-
1}4
tés" comme
lIaveugle" pl. e:amyan
et, dans les parlers bédouins, de nsa "femme" pl .
ndswan.
II 3-
21) Type R R an
De même type que le précédent, il est non moins pan-
maghrébin et abondamment en usage, pour les noms de
racine tlconcave" comme
bab "portel! pl. bIban, wad "cours d'eau" pl. wldan,
jaf" "voisine" pl. jlran, "taureau" pl. tIran.
22) Type Radical + an
Le suffixe -an est d'origine berbère et n'a cours que
de façon exceptionnelle dans le cas de mots d'origine
berbère ou de schème berbère, qu'on trouve dans des
parlers où les emprunts au berbère sont nombreux : au
Maroc, dans le Nord-ouest algérois et dans le Nord
constantinois (notamment dans la région de Djidjelli)
aqtçt "chat" pl. agrüm "pain" pl. agrüman,
agëlnja IIlouche, cuiller à pot" pl. ag2njawan.
e) Pluriels à préfixe
Rangés dans la catégorie des pluriels, les ty-
pes qu'on envisage ici sortent des normes. Ils sont
constitués par le préfixe m-.
122 3
23) Type mR vR RRa
C'est en réalité un participe féminin du thème verbal
dérivé II, à valeur intensive, employé comme adjectif
épithète ou comme attribut. Il est exclusivement en
usage dans les parlers bédouins de la Libye, du Sud
tunisien, du Sahara algérois et oranais :
dl-bab magfül ilIa porte est fermée" pl. al -bIban
mgaffla "les portes sont fermées".
L'arabe classique présente des exemples d'un tel
135
emploi.
l 2 3
24) Type mvR R vR
Exprimant l'idée "un groupe de, une foule", avec va-
leur parfois péjorative, cette forme a la valeur d'un
pluriel ou d'un collectif. Elle semble, elle aussi,
exclusivement en usage dans les parlers bédouins énu-
mérés pour le type précédent :
bga,ç- "bovins!!, mabgaç "beaucoup de bovins!!; isIr
(issIr) !!enfant", .. "bande de gosses".
Ce type évoque le prototype ancien dont un exemple
. •• __ t
peut être donne dans masyaba
fesseurs", qui est sans doute
dialectal brisé msayQ.
"des cheikhs, des pro-
à l'origine du pluriel
Annexe à l'étude du pluriel
On doit aussi parler
l) " des pluriels composés ou pluriels à cumul.
Le procédé consiste à tirer, de noms ayant la
forme de pluriels, un pluriel de pluriel
soit par l'adjonction du suffixe -at
ddmEa "larme" pl. dmüt:, pl. de pl. dmué.at "torrent de
---- - --
larmes" ; yÜm !!jour" pl. pl. de pl.
yamat "suite de jours, période de temps Il ; qÜs "arc"
pl. qwas, pl .. de pl. qwasat "enfilade d'arcades",
l=.jüzW"vieille femme" pl. Ejayz, pl. de pl. Ejayzat
---- - -----
"petites vieilles entremetteuses" ; "sou" pl.
:;;wa,ç-èld, pl. de pl. "argent mignon".
Il arrive que l'adjonction du suffixe -at S'opère sur
un schème de pluriel pour un mot qui n'a pas de plu-
riel, comme
q(}mJ:1 "blé" pl. qmül:tat "des tas de blé", mais qmüt; est
inusité.
136
Ces pluriels sont sporadiquement en usage, notamment
en Algérie et dans le Nord marocain, surtout dans les
parlers citadins et ruraux. Ils expriment volontiers
une nuanCe péjorative, en tous cas expressive.
soit par l'adjonction du suffixe -at, sous la forme
-wat ou -yat :
"trou" pl. pè?ffawat "des trous" ; fqe (fqëh)
"jurisconsulte" pl. f9Qha, pl. de pl. !.2qhawat ;
sarya "élément de panier double
ll
surtout employé
pl. swari, pl. de pl.
au
Ces pluriels, usuels dans les parlers algériens, sem-
blent plus fréquents qu ' ailleurs dans les parlers bé-
douins des régions sahariennes .
soit par l'adjonction du suffixe -In à des pluriels en
usage.
Il s'agit d 'abord de la série des noms de "couleurs et
difformités" couramment en usage dans certains parlers
marocains et algériens, citadins et ruraux
(.")lch.l "noir" pl. pl. de pl. lcùhlln
"chassieux" pl .. é.. ûmas, pl. de pl. é..ûmsIn ;
ensuite de la série des adjectifs de type singulier
R
1
R
2
IR
3
:
(ô)em.S
---
kbIr "grand" pl. kba.ç-, pl. de pl. kbafën ; qbIh "mé-
chant" pl . pl . de pl. qbahln ;
et le procédé s'étend à des noms formant le pluriel
R
1
R
2
aR
3
:
"hôte" pl. Qyaf, pl . de pl .. gyafIn.
C'est à côté de Ces noms qu'on pourra citer le pan-
maghrébin
(mùl-) "maître" pl. mwali et mwalIn.
Il ne semble pas que ces pluriels composés comportent
de valeur sémantique particulière.
- soit par la formation d'un pluriel de type quadrilitère
Rl 2_ .
R aR 1n, t1ré d'un pluriel brisé de type trilitère
137
R
1
vR
2
R
3
an ; il s 'en trouve beaucoup d'exemples dans des
parlers bédouins :
nsa "femmes" pl. naswan, pl. de pl. nsawIn faras
- - - -
"cavalier" pl .. f-arsan, pl. de pl. fras1n ; gum "pelo-
ton à cheval" pl . guman, pl. de pl. gwamIn.
2) de l'accord syntaxique au pluriel de noms n'ayant pas
le schème de pluriel.
Ce n'est pas de mots comme nas "gens",
"femmes", lb!.l (baIl) "chameaux", "monde" etc. qu ' on
veut parler ici; mais de certains mots qui, parfois dans
les parlers ruraux du Nord marocain et du Nord tlemcé-
nien, souvent dans ceux du Nord constantinois, sont con-
sidérés comme des pluriels, alors qU'ailleurs ils ont le
statut syntaxique de singuliers : ils recouvrent des noms
berbères pluriels, dans ces parlers où le substrat ber-
bère exerce une influence impérieuse . Ainsi: ma "eau",
bùl "urine", . Q.ç-a "excrément" etc.
138
D. DEGRE DU NOM
Marquer le degré du nom c'est faire revêtir au
schème radical de ce nom une forme qui dénote soit la di-
mension supérieure dans laquelle on l'envisage, soit la
dimension inférieure.
Elle comprend l ' expression de l'élatif et celle
de l'intensif .
Elatifs
Il n'y a que les adjectifs de racine trilitère
qui admettent la forme de l'élatif. Comme le comparatif
dans les langues classiques anciennes, l'élatif indique
qu'une personne ou une chose est supérieure à une autre.
Le type en est (V)R
1
R
2
vR
3
, qui est en arabe maghrébin in-
variable en genre et en nombre, procédant de l'ancien
qui, lui, est variable: féminin futla', pl.
fué.!. Soit
d'adjectifs R
1
R
2
IR
3
de kbIr, (a) kba r "plus grand", de "plus
peti tH .
de participes actifs adjectivés R
1
aR
2
vR
3
de e..alam, "plus savant" ; de
Il plus difficile".
oWé;J r
'---
d'adjectifs de formes variées
de sb-ùn, (a) soan "plus chaud"
"meilleur".
de aIr,
139
Remarques
a) L'initiale vocalique, est inégalement articu-
lée . Dans les parlers de l'Ouest maghrébin, elle sem-
ble ne pas l'être:
kbar, elam,
Dans les parlers du
Üéar, shan, Oyar. __ ->L- __
Ma:lhreb oriental et
dans les par-
lers bédouins, elle l'est plus ou moins nettement,
parfois frappée par un accent d'intensité:
'3kbar, atJ.am, aQyar.
b) Pour les adjectifs de racine "sourde" le type est in-
décis. Il oscille, suivant les dialectes, entre
122 122
(d)R R vR et R vR R
de idId , jdad ou jadd "plus neuf, plus récent"
de h!.I!, ou batf II pl u s léger, plus rapide
ll

c) Pour les adjectifs de racine "défectueuse Il , le type
1 2
est(v)RRa:
de t (a) nqa "plus propre"
doux" .
de Qlu, "plus
d) Très exceptionnellement, on trouve des élatifs d'ad-
l 2 3-
jectifs de forme R vR R an, comme au Maroc,
de éajzan "plus pares-
seuxll ..
e) Pour les adjectifs qui ne peuvent revêtir le type de
l'élatif, le degré de supériorité est généralement in-
diqué par l'élatif '.:.)kpr proprement "plus nombreux,
davantage", précédant ou suivant le mot:
huwwa ûihwani ktar man-büh "il est plus gai que son
frère
tl
,
ou par l'adjectif suivi de la préposition
éla-lJüh "plus petit que son frère".
f) L'élatif peut exprimer le superlatif lorsqu'il est
pourvu de l ' article défini ou premier terme d ' un rap-
port d'annexion:
140
"la plupart", Elâ-l-qall lI pour le moins",
agzdr-an-nas "la majorité des gens".
g) C'est la forme de l'élatif qu'on trouve dans la tour-
nure exclamative correspondant à celle de l'ancien
"verbe d'étonnement" ma 'af6al.i ,traduisant l'ex-
pression "comme je suis (tu es, il est
petit etc. 1" ma + élatif + pronom
parfois + nom)
etc.) grand,
suffixe (ou
ma-kbarni "comme je suis grand
est doux t".
" . . .
ma-l;llah "comme il
L'aspect syllabique de l'élatif est alors susceptible
de varier suivant la nature (consonantique ou vocali-
que) de l'initiale du pronom suffixe:
ma-kabrak "comme tu es grand !", ma-waE..ru "comme il
est difficile !".
Et le même flottement est constaté dans le cas des
élatifs de racine sourde :
ma-bfafha, ou ma-baffha "comme elle est légère 1"
mais toujours ma-baffu "comme il est léger !".
Intensifs
La notion de l'intensif, de même nature que
celle de l'expressivité, est rendue par des schèmes nomi-
naux typiques que tous les noms et adjectifs ne sont pas
susceptibles de revêtir. Ils constituent des types de
noms qui sont autonomes, et qui ne relèvent pas de la dé-
rivation systématique, comme il en est pour l'élatif.
Ainsi
saraq "qui vole, voleur", sarraq "très voleur
ll
"pleurant", bakkay "pleurnicheur".
L'expression du nom à la dimension "normale" et
celle du nom à la dimension "supérieure" ne sont pas, au
reste, dans les formes en usage, dans un rapport de cor-
141
respondance constante dans tous les parlers. Ainsi
saker "en état d'ivresse" n'est relevé que sporadique-
ment, alors que sëlkran "ivrogne" est partout en usage,
mais que skayri "ivrogne invétéré" semble surtout maro-
cain.
Le tunisien emploie volontiers le terme
--'
d'origine turque, précédant l'adjectif, pour marquer le
haut degré :
kaddab "menteur", "fieffé menteur
ll

Notons enfin que les formes de l'intensif sont
généralement variables en genre et en nombre.
II. Dimension inférieure
====================
Elle est marquée par la formation des
Diminutifs
La formation diminutive est réalisée de la
même manière que celle du pluriel "brisé", en CP. qu'elle
S'opère à l'intérieur du radical des noms (substantifs
et adjectifs) de racine trilitère et quadrilitère.
Pour la clarté de l'exposé, on traitera d'abord
des diminutifs de quadrilitères pour ne parler des dimi-
nutifs de trilitères qu'en second lieu.
142

Le principe de la formation réside dans 1'io-
- 2 R
3
N b
sertion d'une diphtongue entre R et .. am re
de parlers bédouins la conservent sans réduction. D'au-
tres la ramènent à Les parlers citadins et ruraux
la réduisent jusqu'à -1-. De plus, dans la plupart des
parlers bédouins, une voyelle ultra-brève de disjonc-
tion, de peut apparaître entre RI et R
2

D'un nom à vocalisme bref
(R
1
vR
2
R
3
R
4
a) le diminutif sera de
1) Type R1R2IR3vR4(R1R2rR3R4a)
Procédant de l'ancien fUGayGll
123 4
de type R vR R vR
"hôtellerie", dim. fnidaq; qant.ça "pont",
dim. ; .manj31 "faucille", dim. mnijal ;
mê>kl)la "fusil", dim. mkIl)la.
2) Type RIR2rR3vR4(R1R2IR3R4a) ou R
1
R
2
IR
3
IR
4
(R
1
R
2
IR
3
I
R
4
a)
Ce type est celui que revêtent les noms comportant
une voyelle longue entre R
3
et R
4
: c'est l'héritier
de l'ancien
1 2T 3 4
Il est R R vR (a), dans les parlers citadins et
ruraux
kaskas "couscoussier", dim. ksIkZlS ; .!?andqq
"coffre", dim. ; maskIna "pauvresse", dim.
msIkna.
Il - est R
1
R
2
IR
3
IR
4
(a) ,
les parlers bédouins
avec -1-
3 4
entre R et R , dans
m
a
ftaJ;1 "clef", dim. mfItIJ:l, ; barqüqa "prunier",
dim. briqIqa ; "tonneau", dim. brlm1l.
3) Type R
1
wIR
3
vR
4
(R
1
wIR
3
R
4
a)
Un w se dégage de R
2
, représenté par une voyelle 10n-
143
gue a, I, dans les noms de schème R
I
;;R
3
vR
4
(R
l
vR
3
R
4
a) -
çajal "homme", dim. modaE: "lieu, place" ,diJl'l.!
--'-"---
; tibIa l'table (haute)ll, dim.
-, -'--
"minaret", dim.
134 1 T 3 4
4) Type R wIR vR (R R a) ou

Procédant de noms qui comportent une voyelle longue
1 3 3 4
entre R et R et une voyelle longue entre R et R ,
1- 3- 4 1- 3- 4
soit R vR vR (R vR vR a); le premier est ,le diminutif
en usage dans les parlers citadins et ruraux, le se-
cond celui des parlers bédouins
hanüt "boutique", dim. rywInet (l)wInta) ou l)wlnIt ;
mIzan "balance", dim. mwlzan ou mwlzln ; bldün "bi-
don''', dim. bwIdan ou bwldln ; (demi-
sang)", dim .. swIsna ou swIsIna ..
5) Type R
1
R
2
IwvR
4
(R
1
R
2
I
w
R
4
a) ou R
1
R
2
IwIR
4
(R
1
R
2
IwIR
4
a)
Il s'agit de noms dont R
3
est la semi-voyelle w, et
3 4
qui comporte ou non une voyelle longue entre R et R
mazwad "petite outre", dim. mzIwad
Ion", dim. srlwal ou srlwII.
6) Type R
1
R
2
rR
3
i (R
1
R
2
IR
3
iyya)
sarwal "pan ta-
Il procède de noms à finale -i ou -!yya.
kursi "chaise", dim. krIsi ; za;-blyya "tapis", dim.

144
Trilitères
----------
L'arabe ancien connaissait
pour les noms à vocalisme bref: fém. fUfayla,
pour les noms comportant une voyelle longue entre R
2
et
3 1 2- 3 - _. . " Il
R , de type R vR vR : fem. fUéayy a.
Parce que la situation est assez complexe et
mouvante dans les dialectes maghrébins, on traitera
(lorsque cela semblera nécessaire) d'abord des formes du
diminutif masculiry,puls des formes du diminutif féminin.
)
1 R3
1 Type R R '!y
Une diphtongue sépare R
2
de R
3
: la forme est re-
vêtue par les noms à vocalisme bref dans les parlers
bédouins, ceux de Libye, du Sud tunisien, et ceux des
régions des Hauts plateaux, des steppes et des régions
présahariennes du Constantinois, de l'Algérois et de
l'Granais :
kalb l'chien
l
', dim. tf.al "enfant", dim.

Souvent une voyelle de disjonction ultra-brève, de
• R
1
timbre separe
2 u... u ....
de R : k t Souvent
bg";:)l "mulet", dim. qalb "coeur", dim.
bgiiyyal
1 2- 3
ou qu'ils soient à vocalisme long, de type R R vR
ktab "livre", dim. slJun "chaud", dim.
; "petit", dim.
145
- dans les parlers bédouins, celle des seuls noms à
1 2- 3
vocalisme long, de type R R vR :
avec possibilité d'une voyelle ultra-brève
d
l 2
e disjonction, de timbre entre R et R •
Ce diminutif est également celui, pour les parlers bé-
douins ou non, de tous les noms de racine "défectu-
euse"
"diner" dim. . jro "chiot"
-- ' , " ,
jdi "chevreau", dim. j.deyY;
auxquels on joindra les noms de
bu "père Il , dim.
- -
parenté
bu "frère", dim.
qui généralement pourvus des pronoms suffixes
IInotre peti t père", "notre
3) T R
l - 3
ype
C'est la forme, pour tous les parlers, du diminutif
des noms de racine "concave" ; elle comporte, après
une semi-voyelle :
bab "porte", dim. mus "couteau", dim.
mweyy.as ; "fil", dim. ; "beau",
dim.
Elle sera adoptée par l'ancien bilitère
fümm "bouche", dim.
l 2 v 3
4) Type R R ,!yR a
L'adjonction de la finale -a du féminin peut ne pas
opérer de modification de l'indice interne (la diph-
tongue) du diminutif, dans les parlers bédouins
kalba "chienne Il , dim. ; ts;fla "fil-
lette", dim. , ---
mais elle favorise le plus souvent la réduction de la
diphtongue à
5) Type
L'adjonction de la finale -a provoque la chute, en
syllabe ouverte, de la voyelle brève qui sépare
146
de R
3
dans la forme masculine. C'est le féminin
obligatoire dans les parlers bédouins, et aussi dans
les parlers du Nord oranais, et de la Tunisie dans
leur ensemble, des diminutifs de noms de type R
1
R
2
v
R
3
{a)
"sac", dim. ; "vieille fem-
me", dim. éjf$yyza ; "natte", dim.
facultatif dans les parlers citadins et ruraux d'Al-
gérie et du Maroc, des dimi nutifs masculins de type

wafd "rose", dim. ureyyda "guenon", dim.
;
mais obligatoire)dans tous les parlers, des diminutifs
masculins procédant de n oms de type R
1
R
2
IR
3
(sinon, il
y aurait confusion du diminutif et du non- diminutif)
"court " fém. dim. fém.
itIm "orphelin" fém. itlma , dim. fém.

Les formes considérées comme facultatives évoluent gé-
néralement vers un type où la diphtongue est complète-
ment réduite, qui est le suivant .
6) Type R
I
R
2
IR
3
a
Une variation possible du timbre de la voyelle infi-
xée, -1- ou -i-, y résulte de l'influence du voisinage
-
consonantique :
sams "soleil Il , dim. smlsa ; ugcJO "oreille
ll
, dim.
ugIna ; jnan "jardin" , dim. j n Ina flùka "esquif ",
dim. fllka .
On relève ce type partout a u Maghreb, dans les parlers
citadins et ruraux (excepté on l ' a vu en Tunisie , et
dans le Nord oranais , où elle ne semble pas possible
l 2- 3
pour les dimi nutifs procédan t de noms de type R R vR
(.!!) ) •
C' est à lui qu ' on rattachera
147
-
uht "soeur", dim. uhIt (uhIti , hIti "ma soeurette">,
---- ._--- ----
de uhéyya
b::tnt "fille" , dim. bnIta, à côté
y'
de bnhya.
l _ 3 1 ·. 3 Rl
wIR
3
a 7> Type R weyyR a, R a,
Ce type féminin, qui admet trois variantes dans les
conditions envisagées ci - dessus, types 4), 5) , 6) , ca-
ractérise le diminutif des noms de racine "concave"
sae..a "heure", dim. ;
taqa "fenêtre" , dim.
-'--
; sÇiq "marche", dim. sw€[qa ; "tente",
hwIma .
C'est à ce type qU ' appartient
"chose", dim. ; umm "mère", dim. mwIma
ma "eau" , dim.
1- 2 3 l 2 3
8) Type vR iR vR (vR IR R a)
dim.
Ce diminutif n ' est admis que par les " noms de cou-
leurs" et n'est, semble- t - il, en usage que dan s les
parlers de type bédouin . La voyelle initiale est tan-
tôt a (comme dans le parler de Takrouna en Tunisie>,
tantôt i (comme dans les parlers des nomades de Gabès ,
du Su d tunisien et de Libye)
a1:

f "rouge", dim. aJ:llmor , irylmar, fém. al)Imra,
it;>Imra ,
avec, parfois dans quelques parlers citadins et ru-
raux, chute de la voyelle initiale : t;>Imor (conservé
dans les patronymes) .
9) Type R
I
R
2
IwvR
3
(R
I
R
2
IwR
3
a)
D' aspect quadrilitère (voir ci - dessus type 5) des qua-
drilitères), ce type comporte après R
2
la voyelle l
qui constitue le premier élément d ' un complexe diphto-
nique dont west le second élément . Il semble propre
aux par ler s - citadins et ruraux du Maroc , du Nord ora-
nais (Tlemcen, Nédr oma), du Nord algérois (Cherchell,
Alger) , du Nord constantinois (Djidjelli, Collo) . Il
procède
148
, - 2 3
- de noms caractérises par un entre R et R
"vieille femme", dim • . t.j!wza
"vieux vêtement", dim. qsIwas
- de noms de forme R
1
R
2
IR
3
"petit", dim.
"court", dim. fém.
min
ll
, dim. trëwqa.
fém. qser
-'-'-'
; "che-
1 2-
10) Type R R iwa
Il procède de noms de racine "défectueuse"
"douce", fém. ; "pluie", dim.
nwIwa ; qahwa "café
ll
, fém. qhëwa qçw "lumière",
dim.
C'est à ce type qu'on rattachera m;-a "femme" dim.
et le curieux gtIwa suivi de pronoms
suffixes) de uht "soeur".
---
11) Type R
1
R
2
IR
2
vR
3
(R
1
R
2
IR
2
R
3
a)
D'aspect quadrilitère; ce type procède de noms de ra-
cine trilitère, et comporte un dédoublement de R
2
avec insertion de la voyelle -I- entre les deux élé-
ments dédoublés.
On le trouve très fréquent au Maroc et, inégalement
en usage, dans certains parlers sédentaires, surtout
citadins de l'Algérie, dans des catégories de noms
variés
kbIr "grand, âgé", dim. kbIbar, fém. kbIbra ; twIl
------
"long", dim. fém. ; J:llu "doux", dim ..
tllIlu ; wal;1ad "un, un quidam", dim. uhIQad, fém.
ul;1I1}da.
Il est, dans ces mêmes parlers, surtout fréquent dans
la série des "noms de couleurs"
"noir", dim. fém.
"brun", dim. fém.
à la suite desquels on citera les formes hésitantes
de
12 )
(<1) byaQ "blanc", dim. bwIbqç! et fém.
et bwëwda.
. ":'" . -
Innovation typiquement maghrébine, ce type de diminu-
tif semble d'origine arabe hispanique.
1 2 2- 3 1 2 2- 3
Type R vR R vyvR , R vR R vyR a
Il s'agit ici de formes qU'il est malaisé de classer
parmi les intensifs ou parmi les diminutifs ; des
premiers il possède un trait caractéristique, le re-
doublement de la radicale ; des seconds il
2 3
possède entre R et R un indice diphtonique, dont le
premier élément est long. Ainsi
singulatif "pétard", de la rac.
" hrq ; sammeyna "caille", proprement "la grassouil-
lette" de la rac .. smn ;
que ces types correspondent ou n on à des prototypes
classiques. Ii en est divers exemples ici et là en
usage au Maghreb.
Infiniment plus rare est le type où l'élément diphto-
nique est üy comme, dans le Nord constantinois,
taqmüyéa "un plongeon", de la rac. qmt. .
Remarques
Plusieurs remarques sont à faire sur les dimi-
nutifs maghrébins.
1 2 3
1) Il est assez constant que le type R R vyyvR se réduise
à R
l
R
2
IR
3
dans le cas de noms qui admettent l'annexi on
du pronom suffixe . Ainsi de mais ülI-
di, ulIdak "mon, ton pe tit enfant".
2) Procédant de noms dont le genre féminin n'a pas de ca-
r actéristique morphOlogique, le diminutif recouvre
toujours cette caractéristique (finale
umm "mère",
dim.
i
-
ct m. ; €:ataq "jeune
rjal "pied", dim • . rjIla.
fille",
150
3) Procédant de noms qui sont soit de genre instable,
soit de nature indécise (collectif ou non collectif),
le diminutif se présente volontiers sous la forme du
féminin
ésal "miel", dim. ; zIt "huilent dim.
zwIta ; !?9f "laine", dim.
Il est alors malaisé de discerner, pour bon nombre
d'entre eux , si la finale est l'indice du genre fé-
minin, ou la marque du singulatif (nom d'unité).
4) D'une façon générale, mais confuse, et variable sui-
vant les dialectes, on peut considérer que la forme du
féminin d'un nom en usage au masculin dénote par elle-
même la valeur diminutive. Ainsi
qalmün "capuchon", q;JlmÜna "petite capuche
l1

C'est peut-être ce fait qui explique que le diminutif,
procédant d'un nom habituellement employé à la forme
du masculin, peut hésiter entre le masculin et le fé-
minin :
sarwal "pantalon
ll
, dim .. (srIwII) ou srlwla.
5) Ce ne sont habituellement que des noms, substantifs et
adjectifs qui admettent le diminutif. Mais il se
trouve parfois des particules. Ainsi
u v u - l
qbal "avant", dim. g g qb la "un peu au-
paravant", qbIlat "naguère".
6) On notera aussi que des noms propres de personnes con-
naissent des développements, qui relèvent tout à la
fois de la formation diminutive ou de la formation
augmentative, débordant largement et capricieusement
les normes de la dérivation systématique. Ainsi en
est-il dans toutes les catégories de l'onomastique
"prénom de femme
ll
, tamIY9t fatt;om(a)
brahim "prénom d'homme", brlhmat.
7) On citera seulement pour mémoire l'emploi de la
151
voyelle ü, insérée entre R
2
et R
3
dans les schèmes
- 3 4
trilitères, entre R et R dans les schèmes quadrili-
tères, ou encore suffixée :
y .1dd II main
ll
, dim. idüda ; ( -:J) byqd "blanc",
"blanc d'engobe" ; tabd- al-ezlz "nom d'homme", dim.
ézlzu.
De telles formes ont valeur diminutive, en tous cas
expressive . Des exemples nombreux et sporadiques peu-
vent être relevés dans diverp parlers maghrébins.
152
E. GENRE DU NOM
Il Y a deux genres, le masculin et le féminin.
Dans les dialectes maghrébins, l'opposition masculin/
féminin n'apparaît sans équivoque que dans deux cas
quand elle recouvre la différenciation de sexe
s'agissant de noms d'êtres animés , le masculin désigne
le mâle, et le féminin désigne la femelle ;
quand elle oppose l'individu au groupe (êtres et ob-
jets), la portion à l'ensemble, le fait isolé (envisa-
gé dans le concret) au fait général (envisagé dans
l ' abstrait) : le féminin caractérise l'unité (singula-
tif), et le masculin désigne la généralité.
Alors que, en arabe classique, la notion du
féminin, souvent floue , ne se dégage avec quelque nette-
té que du jeu des accords syntaxiques, dans les parlers
arabes du Maghreb, elle tend de plus en plus à ne se
concevoir qU'en partant de la notion du masculin, et à
s'exprimer au moyen d'un indice caractéristique. Mais,
de l'héritage a n cien, subsistent des noms de genre fémi -
nin qui ne sont pas pourvus de cet indice caractéristi-
que. C'est de ces derniers qU'on traitera en premier
lieu.
153
On les appelle aussi "féminins non caractéri-
sés morphologiquement" . Il s'agit
de noms désignant des personnes du sexe féminin, comme
umm "mère", t:ataq "jeune fille", l.ajüz (éjüz)
"vieille femme", éa;:ÜS (ërüs, é.f9!?) "mariée", ~
"servante négresse" ;
et des adjectifs désignant des états propres aux fem-
mes ou a ux femelles
!;lamaI, i;labal "enceinte", ryayg "ayant ses règles",
lagal;1 "pleine (chamelle)", §ayl "en c ~ a l e u r (chiennet
- de noms de parties doubles du corps, comme
êayn "oeil",
"pied", faoè
Id (yadd) "main", udan "oreille",
-- ---- ----
(fhad) "cuisse" ktaf lIépaul e"
--'--"" ' ----
de noms désignant des organes du corps ou des notions
se rapportant à l'être, comme
qfa "nuciue" , kars flventre", -F9Q, nafs "âme, souffle,
personne", hal "état" ;
- de noms d'animaux, comme
arnab "lièvre", eaqrab ttscorpion", t:.ankbüt "araignée
(ou toile d'araignée)"
de noms se rapportant aux éléments de l a nature et de
la c osmogonie, comme
ard "terre" nar "feu" jh<innam "enfer" sams "so-
~ ' ---" '---
leil" sma "ciel" sta "pluie hiver" parfois rIh
, ---- , .- , , --
"vent" ;
- de noms de lieux et d'objets de la vie familière comme
dar II maison", bIt "demeure, chambre", tf;q "chemin",
SQq "marChé", l';lanüt "boutique", ftta "moulin à bras",
e ~ a "bâton", hatam "anneau , bague" ;
154
des noms de villes et de localités, comme
rha'" "Rabat" wahran "Oran" dzayr "Alger", tünas
_"_ T_ ' , __ _
"Tunis", gabas "Gabès", .'FFablaS ftTripoli
lt
; et aussi
blad "ville, agglomération" (qui est un ancien plu-
riel, cl. bIlad).
Tous ces noms n'étaient pas féminins dans la
langue ancienne ou étaient de genre instable ; et tous
ne sont pas féminins dans tous les parlers, ou y sont
parfois de genre instable. De plus, nombre de noms fé-
minins dans la langue ancienne sont devenus masculins
dans tel ou tel parler . A titre d'exemples, on signale-
ra le cas de noms, féminins dans la plupart des dialec-
tes, qui sont traités en masculins, comme rjal "pied" à
Tanger, ktaf "épaule
ll
à Cherchell, et trëq "chemin Il de
genre indécis à Alger.
Aussi bien les noms énumérés ci-dessus, qui ne
constituent pas un catalogue exhaustif des noms féminins
ou de genre instable en usage dans les dialectes, sont-
ils donnés avec une valeur indicative : le genre, pour
chacun d'entre eux, et pour d ..'alltres, doit être contrôlé
dans chaque parler .
On constatera ainsi que mus "couteau, rasoir"
(cl. mÜsa) devient souvent masculin en perdant son
final ; que tfab "terre, terroir" est parfois traité en
féminin sous l'effet de l ' attraction de arg "terre" ;
que "laine",
le genre féminin
lham "viande" ésal "miel" acquièrent
- " - , - -
dans des parlers arabes à substrnt ber-
bère transparent, parce qu'ils recouvrent des vocables
berbères qui sont , eux , de genre féminin.
155
Ce sont ceux que l'on dit aussi "caractérisés
morphologiquement" . On distinguera trois indices du
genre féminin: l'un essentiel, la finale -a ; deux se-
condaires, la l'initiale t-.
1. La finale' - a
La finale - a est l'héritière des classiques
t
-a", - a .
Quand le mot féminin n'est pas en rapport
d'annexion directe, la finale est -a, de longueur indé-
terminée, confondant les "trois prototypes anciens
(cl. "café", l;lamfa (cl. hamra') "rouge",
maena (cl. matna> IIsignification, allusion".
Quand il est en rapport d'annexion directe, la
tendance générale des dialectes porte à tout ramener à
la finale _a
t
(ta caractéristique unique du fé-
minin : qahwatha "son café (à elle)", l;lam:p3t-l-wejh
"rouge de visage", maenathum "leur allusion".
La mutation de la finale s ' effectue norma-
lement, ainsi qu'on l'a dit ailleurs (aux chapitres de
la Phonétique . 4. Syllabe ; et de l'Etat du nom. 3 . Dé-
termination par un complément déterminatif. a) Annexion
directe) en -at ou en -t, suivant les règles générales
qui conditionnent le maintien de la voyelle brève en
syllabe fermée, ou l'évanouissement de cette voyelle
brève en syllabe ouverte.
Mais dans le cas de noms dont le prototype an-
cien se termine par _a' ou -a, il arrive parfois que la
finale soit - a ou -at en rapport d'annexion directe. On
156
entend ainsi d'une façon hésitante: de "diner
n
,
E-sah ou esatu ; de "bâton" , e.:;;ak ou ; de qfa
"nuque", qfaya ou qfati ; et de maena "signification"
màenaha ou
Il en est de même des noms de parenté d'usage
familier: de baba "papa", babaha ou baba tu ; de mamma
"maman", mammana ou mammat na ; de lâlla "madame ", lall a-
zInab ou lal lat-zInab. Il est un mot dont le traitement
est ambigu , c ' est "femme, épouse
ll
(du cl . '>Irnra>a
t
,
- • - t _ _ t).. •
_mar a ,rnara qUI. se presente tantot sous la forme
mar t - (marti , mart- mQammôct) en Algérie par exem-
ple et ailleurs, tantôt sous la forme
ffiFatdk , m.çat- ml:tamm.ld) au Maroc par exemple.
On notera e nfi n que nombre de dialectes sont
portés à pourvoi r de l'indice - a des no ms féminins pri -
mitivement dépourvus de caractéristique morphologique .
C' est ainsi que éj ü za "vieille femme" se substitue sou-
vent à t.jüz , !.;-üsallmariée" à . (qui désigne alors
"marié" ) , farsa "jument" à fFas, J:lamla "enceinte" à
J:lamal, lagrya, lügl)a " pleine (chamelle)" à lagah katfa
- -- --- - - - ..
"épaule" à ktaf , kabda "foie" à kabd.
2 . La finale - t
On la trouve , héritée d'un état ancien, dans
bant IIfi lle", ül]t (et ses variantes) "soeur", et aussi,
de création dialectale, dans Sdtt "belle-mère, madame"
(de cl. sàyylda
t
• dial. Le parler de Cher -
chell connait également (ailleurs al -
al-Qala) "tante paternel le, tante maternelle".
3
C' est sans doute la finale !' R de bIt "cham-
bre" , müt "mort", waqt ( wabt) IItemps", qui , interprétée
comme un indice du genre , a contribué à faire verser ces
noms dans la catégorie des féminins , parfois en Algérie ,
157
couramment au Maroc . Peut- être est- ce également le cas
de l;1anut "boutique", qui est féminin dans quel ques par-
lers citadins d'Algérie et à Tuni s .
le -t
Quant
final (ta
à ,alat zakit
- - - -
marbuta) y est articulé
"dîme
avec un souci
intenti onnel de conservatisme comme il en est souvent
dans les mots de la l a ngue religieuse .
3. L 'ini tiale t -
C' est un indice que l'on trouve dans les par-
lers où foisonnent les mots d'origine berbère ou berbé-
ri sée : dans des schèmes t - a , c o mme tayarfa " corbeau"
t - t , comme taflIl Qst "hirondelle" ; !. - l' t , comme
tapfaymIt "coquinerie" ; tous schèmes dont
on a parlé au chapitre des nominaux du singulier.
a) On regroupera ici un certain nombre d'observa-
tions touchant les fonctions du féminin. Si l'on met à
part les diverses catégories de noms qui n'ont pas de
caractéristique morphologique , on constate que le fémi -
nin
- dénote le sexe dans les oppositions
rajal "homme" / m:ça "femme", .kabs " bélier " / nât..ja
"brebis
ll
, kalh "chien" / kalba "chienne", qatt
"chat" / qat;.ta "chatte" ;
- est la marque du slngulatif (nom d'unité) dans les
oppositions
tJüt "poissons" / J:lüta "un poisson" , nbal " palmiers"
/ nahla "un palmier" , sük "épines" / s üka "une épi -
-- --
ne", " pierres " / l)ajra " une pierre" ;
en soulignant
158
d'une part que)dans la catégorie des noms d'animaux,
le singulatif est le nom de la femelle
bqar "bovins" / baq ra "vache
ll
, djaj "gallinacés" /
djaja "poule"
d'autre part que dans la catégorie des noms de plantes,
le singulatif désigne à la fois le plant et le fruit
bùg.a "pêcher" et "une pêche", bandqa "noisetier" et
"une noi sette"
- est la marque du singulatif (nom d'une fois) dans les
oppositions
"fait de frapper" / "un coup" , tafkIr
"fait de se rappeler, fait de rappeler
ll
/ tôfkIra
"un souvenir" ;
exprime une valeur diminutive
magraf "cuiller à pot" / magrfa IIcuiller", mgIraf
"petite cuiller" / mgIrfa "petite cuiller à café"
avec , éventuellement, . spécialisation sémantique ,
s9'q "ma rché", "petit marché" / "marché
de jour de fête" ;
- caractérise ùn grand nombre de formes nominales aux-
quelles l'indice du genre n'ajoute
• . ( l 2- 3
valeur specif1que comme R R aR a,
l 2 2- 3
R vR R aR a, etc.).
généralement pas de
R
l
R
2
üR
3
a, R
1
R
2
IR
3
a,
b) On notera que le féminin est fréquemment en
usage dans des locutions impersonnelles, exprimant en
quelque sorte la notion du neutre "voilà
qui est bien" , ha9,i bamstas-em-yÜm "il y a quinze jour s
que" , safôtha "alors , à ce moment-là", iji "il
conviendrait qU'il vienne" ; particulièrement dans les
locutions météorologiques : al-yÙm "il a plu au-
jourd'hui", l'il a tonné".
c) On ne traitera pas dans le détail de l ' accord
syntaxique des collectifs et des pluriels , qui est di-
vers et mouvant selon les parlers; il est, en outre, sou-
159
vent mal élucidé. On se contentera de dire que la ten-
dance dialectale générale consiste à faire l'accord a u
pluriel des verbe s et pronoms) qui se rappor-
tent à des noms c omportant l'idée manifeste de pluralité
(ou qui sont régis par eux). Ainsi
klâwni .l -bragot "les puces m'ont mangé", as-sjar
"les a rbres sont en fleurs", 3S-sêar
ku!")l "ces cheveux sont noirs", fahum "ils sont
peti ts" .
Il est cependant courant , surtout dans les
parlers bédouins et dans les parlers de l'Est maghrébin,
de relever l ' accord au féminin des verbes (adjectifs et
pronoms) s e rapportant à des pluriels et collectifs.
Ainsi
jat an-nsa "les femmes sont venues" , at-tmar hagi
" ces dattes sont véreuses".
d) Très particulier aux parlers du Sud-Est saha-
rien, et parfois de Libye, est l'empl oi du pluriel fémi-
nin en -at, des adjectifs se rapportant à des noms dési-
gnant des personnes du sexe féminin, ou des êtres ou des
choses, comme
an-nsa "les femmes jeûnent", kba; smInat "des
béliers gras" t yasrat "des jours nombreux" .
160
F. ETAT DU NOM
Tous les parlers maghrébins connaissent, dans
l'emploi du nom, l'opposition indétermination-détermina-
tion, comme il en est en arabe classique.
L'indétermination est caractérisée par la
représentation du nom à l'état nu, au degré zéro, ç'est-
à-dire sans article ni complément déterminatif.
La détermination est caractérisée par la pré-
fixation au nom d'un article, ou par l'annexion au nom
d'un complément déterminatif.
On envisagera successivement
- le degré zéro d'indétermination et
la détermination, qui est réalisée
- par l'article défini,
- par un article indéfini de création dialectale,
- par un complément déterminatif.
1. Indétermination
===::: ========= =:
C'est l'état du nom présenté sans caractérisa-
tion aucune, sous sQn aspect le plus général. Il com-
portai t le tanouin en arabe classique : ;-:ijal IIhomme",
mFa "femme", "chose
ll

C'est également l'état du nom déterminé par
nature: noms propres, comme m0t:ammad "Mohammed", fatma
"Fatma" ; ou certains noms communs, souvent d'origine
étrangère, comme batâta "pomme(s) de terre", ballaranj
"cigogne(s)", taflIlast IIhirondelle(s)", tous mots qui
ne tolèrent pas, en général, d'être pourvus de l'article
défini.
161
II. Détermination
=============
1. par l'article défini
Il correspond à l'article défini du françaiS
"le, la, les, etc." ; il a la forme ûl- et précède im'mé-
diatement le nom qu'il
La consonne! (phonème "liquide
tt
) de l'article
al- est assimilée par la première radicale du nom avec
lequel il fait corps, lorsque cette première radicale
est dite "solaire", soit
- les liquides l, r, n : "le petit lait", ar-
rmal "le sable", dn-nmal "les fourmis" ;
les sifflantes s, !?, z : -as-sIf tlle sabre",
"1' été" 1 az-zb-al "le fumier" ;
les dentales t, t, d at-tknJn "la paille", at-1;fql
- ...!.... -
"l'enfant", ad-da,f "la maison"
les interdentales t, Q, :
gra "le sorgho", "l'hôte" ;
la chuintante : "la chose
ll

"la neige", ag-
La chuintante sonore j (z), lorsqu'elle est
articulée en chuintante proprement dite, assimile géné-
ralement 1-. Ainsi en est-il en Libye, en Tunisie, dans
le Nord et l'Est du département de Constantine, dans
l'ensemble des parlers bédouins du Sahara et des Hauts
plateaux, en Oranie et au Maroc: aj-jbal "la montagne".
Lorsqu'elle est articulée dj (i>, avec ini-
tiale dentale,
l'article 1-.
en phonème complexe, elle n'assimile pas
Ainsi en est-il en Algérie, dans les par-
lers citadins et ruraux de l'Algérois et du Constanti-
nois, dans les parlers bédouins du Tell algérois et
constantinois : A Cherchell, l'élément du
162
Phonème complexe dj, réalise l'assimilation: ad-djbal.
On note d'autre part que la palatale]:.assi-
mile souvent, parmi les parlers bédouins, l'article
ôl-, comme dans al-kull "le tout" : ak-kül1 ; et que les
labiales b et mt la gutturale q,exercent aussi un pou-
-- -
voir assimilant, dans divers parlers, notamment dans le
Nord constantinois: "la mer" ab-bl)aF, 'al-mra
"la femme" : 'al-q-alb "le coeur" : aq-qalb.
En ce qui concerne la présence d'une voyelle
contiguë à la consonne 1- de l'article défini, la place
qu'elle occupe, antérieure à elle ou postérieure à elle,
ou l'absence de toute voyelle, on marquera, d'une façon
très schématique, que l'article est
- al + nom, lorsque le mot déterminé est en tête de
phrase : al-p-üt b-az-zaf "il y a beaucoup de pois-
sons" ;
lorsque le mot déterminé comporte un groupe-
ment syllabique initial consonne + voyelle: al-kalb
yanbaJ:l, "le chien aboie"
1 + nom, lorsque le mot déterminé est consécutif à une
voyelle : ja I-lJaddam "le serviteur vint" ;
lorsque le mot déterminé comporte une voyelle
ou une diphtongue en première radicale
l'l'oreille", l'les enfants"
l-ügan
- la + nom, lorsque le mot déterminé comporte un groupe-
ment syllabique initial consonne + consonne + voyelle:
la-gda "le déjeuner
l1

Mais cette situation est instable suivant les
parlers. De plus, on observe que la nature phonétique
des phonèmes consécutifs à l'article est souvent suscep-
tible de colorer le timbre de la voyelle contiguë à
l'article, surtout lorsque celle-ci sépare l'article de
la première radicale du nom déterminé : la-ésa "le dl-
ner", lu-kba;:- "les (gens) âgés". Cette sensibilité du
163
timbre vocalique à la coloration de l'environnement Con-
sonantique est particulièrement vive dans les parlers
bédouins.
2. par un article indéfini
Se situant entre le degré zéro de détermina-
tion, c'est-à-dire l'indétermination absolue, et la dé-
termination par l'article est né au. Maghreb un
article indéfini qui constitue une pure innovation dia-
lectale. On peut dire qu'elle présente un caractère
particulier qui contribue à fonder l'originalité de
parlers maghrébins. Elle consiste à utiliser le numéral
"un" wat:lad, frappé d'invariabilité, suivi du nom déter-
miné; qu'il soit déterminé par l'article défini al, ou
qU'il le soit par nature, ou qU'il le soit par un complé-
ment déterminatif. Une· construction berbère toute sem-
blable a pu favoriser au Maghreb la création de cet ou-
til indéfini : "homme", "l' homme",
af-faj'3l "un (l' ) homme" ; et, de même, waJ:l.d-al-m.ra "une
(la) femme Il , "une (la) chose".
Là où l'expression de cet article indéfini a
cours, c'est le numéral waryad qui est communément en
usage. Il apparaît dans le Sud marocain sous une forme
abrégée wal)i-, wal).-, même wa-, suivi du nom déterminé.
Mais on y entend aussi, ainsi qu'à Tlemcen et Nédroma
(Nord oranais), à Djidjelli et Collo (Nord constanti-
nois), la forme rya, qui provient sans doute de hadd (du
cl. : Qa-I-IDfa, -----
Cet emploi de (et ses variantes), ar-
ticle indéfini, est extrêmement fréquent au Maroc et en
Algérie. On constate qu'il va décroissant d'Ouest en
Est, à tel point qu'il est rare dans l'Est constanti-
nois, et impossible en Tunisie et en Libye. Quant aux
164
parlers bédouins du Maghreb central, ils en font un
usage très limité.
Il faut bien distinguer la construction de
dans waryd-al-, article indéfini, de celle où
waJ:1ad est pronom et variable: waryad .;-ajal "quelqu'un,
un homme", mfa "une personne, une femme
n

On notera que peut également précéder un
duel déterminé par l'article al, ou un complexe numéri-
que : il a alors le sens "une unité de, environ, quel-
que" : "quelque deux jours" ; wal).ad ta1t-
"quelque trois malheureuses vaches". Il est
alors d'usage panmaghrébln.
Outre on relève, dans un emploi pro-
che de l'article indéfini,
si, proprement tlchase", qui est préposé au nom indé-
terminé, avec la valeur, teintée d'éventualité, de
l'article indéfini: sI-Fajal "un (= quelque) homme",
sI-mra "une (= quelque) femme", sI-haja "une (= quel-
- ---"--- - '--
que) chose". Cette tournure est d'un emploi courant
au Maroc, mais n'est pas ignorée des parlers d'Algé-
rie. Elle recouvre sans doute une construction ber-
bère.
Précédant un nom déterminé, si correspond à l'article
indéfini, mais en déborde quelque peu la valeur pro-
pre, signifiant "un peu de, du, des, quelque(s)" :
sI-l-esal "du miel, un peu de miel", sI-n-nas "des
gens, quelques gens
ll
• Cette construction s'entend en
Algérie . On en reparlera à propos des expressions qui
correspondent aux pronoms indéfinis du français.
- fard, proprement lIunité" , précédant un nom singulier
indéterminé est d'un usage possible : sporadique en
Algérie, fréquent en Tunisie, courant en Libye. Le
complexe exprime l'idée, proche de l'indéfini, de "un
165
(seul) exemplaire non identifié"
"ils ont un livre (et un seul)".
Eandhum fard-ktab
3 . par un complément déterminatif
Deux constructions sont possibles .
L'une consiste à créer un complexe de deux
termes : le premier terme est directement suivi du
deuxième terme qui le détermine. C'est la construction
qu'on appelle en arabe classique état construit
ou rapport d'annexion. On la désignera par l'expression
annexion directe du complément déterminatif (type du
français: Hôtel Dieu).
L'autre consiste à associer deux termes, en
reliant le deuxième au premier par une particule. C'est
une construction, proprement analytique, n'existe
pas en arabe proprement classique (mais déjà hispani-
que), et qui constitue une innovation dialectale. On
l'appellera annexion indirecte du complément détermina-
tif (type du français: Hôtel de ville).
a)
Deux remarques préalables sont à faire.
L'une soulignera le fait notoire que le pre-
mier terme, déterminé par le second, ne saurait en con-
séquence comporter l'article défini.
L'autre aura trait au traitement de la finale
-a du féminin lorsque le premier terme en est pourvu.
Elle se mue dans l'annexion directe en -at-,
. ---
La mutation de - a s'effectue en -at- ou en -t-
ou en -t-.
suivant
un choix qui dépend de la structure syllabique de la
séquence (position en syllabe fermée : -at- ; ou ouver-
te : -t-). Cette mutation peut causer d'importants
166
bouleversements dans l'économie syllabique du premier
terme. De ces bouleversements éventuels, mouvants et
divers suivant les parlers, on n'entreprendra pas ici
l'étude.
Deux modes d'annexion sont à envisager:
annexion directe d'un nom, indéterminé ou déterminé
"jour de fête", yÜm-al-e.fjd "le jour de la fê-
te", yadd-al-bç..çma "l'anse de la marmite" t III t-;)l-
Ears "la nuit de noces", .ras-a1-Danût "l'essentiel de
la boutique (= assortiment d'épices)",
"prière de l'aube", mdInat-fas "la ville de Fès".
annexion directe du pronom suffixe hüya "mon frère",
rajla-k "ton pied
ll
, "sa nature (à lui)", waqtha
"son moment (à elle) (= alors)", darna "notre maison",
ja,;-'.atkum "votre voisine", baE.<,#hum "partie d'eux
partie (= les uns les autres)".
L'annexion directe est inégalement en usage
dans les parlers maghrébins. D'une façon sChématique,
on peut constater que l'emploi en est courant en Libye
et en Tunisie, ainsi que dans les parlers bédouins saha-
riens. Il est moins courant dans les parlers bédouins
des Hauts plateaux et du Tell, et moins encore dans les
parlers ruraux et citadins. On note en outre que l'usa-
ge en va décroissant d'Est en Ouest. Il finit alors,
dans les parlers qui en ont réduit l'usage, par ne plus
être possible que dans des limites étroites
dans des groupements de notions naturellement asso-
ciées,comme bab-dd-daF "la porte de la maison", waqt-
"le temps de la moisson", qallat-l-hya "manque
de vergogne", "oiseau de nuit (= chauve-sou-
ris)!!, complexes qui, parfois, vont jusqu'à devenir de
véritables mots composés, comme de
"la cour de la maison" ;
dans l'usage des noms de parenté (réelle ou fictive)
wald1.yya "mès parents", mart-qüya "femme de mon frè-
re", ulad-st:.ld "ouled Saïd (nom de tribu)", œnt-nas
"fille de gens (= de bonne famille)", nas-ad-d<:SwwaF
"les habitants du douar", mÜlat-ad-da.ç "la maîtresse
de maison", bÜ-Ia!:,ya "père de barbe (- barbu)", umm-
a!}nün "mère de morve (= morveuse)" ;
dans l'expression des parties du corps, ou de notions
d'appartenance à la personn!3.lité : .çasi "ma tête",
qalb-3k "ton coeur", "sur tes traces", !}ü2
Imlnak "prends ta droite", aLmal majhüdak "fais ton
possible" ;
dans les complexes nom + adjectif déterminé
l-kblr "la grande mosquée", .bab-al-jdld "la porte neu-
ve" ;
dans les complexes adjectif + nom déterminé : 7wII-al-
qama "haut de taille", kblr-as-sann "grand d'âge",
l:maç-al-wajh "rouge de visage", € "bleue
d'yeux" ;
dans des compositions comportant une véritable recher-
che oratoire (formules, proverbes, interjections, ob-
sécrations, injures) : ryaqq-.çabbi "par (le droit de)
Dieu", "ô ruine de ma maison", tarnrat-
qalbi "fruit (= chose précieuse) de mon coeur",
wakkal-razq-an-nas Itô dévoreur du bien des gens".
De telles constructions d'annexion directe
semblent possibles dans la plupart des parlers.
Mais,
hors de ces cas d'associations, en quelque sorte natu-
relles ou intentionnelles, les parlers, qui répugnent à
utiliser l'annexion directe pour sauvegarder l'autonomie
de chaque mot, recourent à l'annexion indirecte.
168
Pour ce qui est des formes des particules
d'annexion indirecte, on relève au Maghreb
- mtaE.. (du cl. mataE.- "objet propriété de") qui est d'un
usage assez général (déjà attesté au XIIe siècle au
Maghreb, ainsi qu'en hispanique) ; le terme est com-
pris partout; mais il est plus particulièrement em-
ployé dans l'Est maghrébin: en Libye, en Tunisie,
dans le Constantinois ;
- nta€. (variante du précédent, étant assimilé par la
dentale : qui a cours en Algérie centrale, en
Oranie, parfois au Maroc, tant dans les parlers cita-
dins et ruraux que bédouins
(forme réduite des deux précédents) qui s'entend
dans le Sud algérois et marocain ;
-'
addi, courant au Maroc et dans les cités du Nord ora-
nais, algérois et constantinois ; souvent réduit à
add, dd, ou même simplement à
- --
di, d ;
dyal, non moins courant dans les parlers qui connais-
sent addi, di, d
alli, en fait un relatif, qui est dans la
fonction de particule d'annexion, à certains parlers
du Nord constantinois (Colla) ;
- jna, enfin, qui est strictement libyen (notamment en
usage au Fezzan) .
Les parlers bédouins d'Algérie qui connaissent
mtaé, leur donnent volontiers un féminin:
(mtaEt), ntaé4t et un pluriel mtawL, ntawE.
Les parlers du Sud tunisien et de Libye ont mtacat
(mtaet), mtiEIn, Certains parlers
font de même varier- dyal (gyal à Casablanca) en dyalat
(gyaltJ. dyaw1. Quant au fezzanais jna. il fait habitu-
ellement un féminin jant, et un pluriel jni au
169
jnat au féminin.
Pour ce qui est de l'emploi de l'annexion in-
directe, on observe que
- (ntaE, unit, indistinctement, au premier
terme du complexe, un nom ou pronom suffixe :
un nom : mtal.-Eli "le burnous de Ali", ôl-
b9.rma mtae.-fatma "la marmite de Fatma", al-
mzawd mtâf.-al-ésal "les outres (remplies) de
miel"
un pronom suffixe la-ktab mtae..u "son livre (à lui)",
ar-rIplyya mtaf:.ha (mtal;1pa) "ses pantoufles
(à elle)" , ad-daé.wa "mon affaire", al -
Darfan mtaé..hum (mtat)l').um) "leurs agneaux".
Mais la capacité des autres particules ddi
(di, dyal, jna, de relier nom ou pronom suffixe au
premier terme du complexe, apparalt moins tranchée, plus
confuse
ddi est toujours possible devant un nom: at-
d-al-mdIna "le chemin de la ville", al-pammas d-
e.ammi "l'ouvrier agricole de mon oncle", jabba d-al-
t)rIr "robe (blouse) de soie
ll
, al-klam d-al-jaFa d-
da.çna "les propos de la voisine de notre maison".
Dans le Nord constantinois, il est également possible
devant pronom suffixe lorsque celui-ci est précédé de
la préposition 1- : al -qc?ffa ddI-li "mon panier à mar-
ché".
- dyal est toujours possible devant pronom suffixe :
dyali "mon burnous", dyalha .. "ses an-
neaux de pied (à elle)", la-.!.wayd dyalhum "leurs habi-
tudes
ll

Mais on ne le "trouve devant nom que dans certains par-
lers : au Maroc (à Rabat, Casablanca, Fès, nord de
Taza) et en Algérie (à Alger, Dellys) : at-tmasvIr
dyal-!}üya "la raillerie de mon frère", at-tbarna dyal-
170
m99tfa "le restaurant de Mustapha". Il semble ail -
leurs impossible d'employer dyal devant nom;
- jna ; l'emploi n'en est pas assez élucidé pour être
indiqué ici avec une grande précision. On entend ce-
pendant au Fezzan al-klam Jna-nas-ad-dç;wwa-r: "les pro-
pos des gens du douar", hag-al-e.ada IIcette
habitude qui est la leur".
c)
d'annexion indirecte
--------------------
Plusieurs observations sont à faire.
@- Il n'est pas obligatoire, dans tous les
parlers, de mettre le premier terme d'un rapport d'an-
nexion indirecte à l'état déterminé. Nombre de parlers
tunisiens, algériens, semblent le préférer, cependant
qu'en Oranie et au Maroc, la détermination du premier
terme par l'article défini n'est pas de rigueur.
Le complexe d'annexion indirecte, tout
comme le complexe d'annexion directe, est susceptible
d'être présenté pourvu de l'article indéfini (là où il
est en usage) ou de l'adjectif démonstratif :
wald-nas "un fils de bonne familletl, wal)ad-bant-nas "une
fille de bonne famille
tl
, "un mien ami",
wal)d-as-ska;-a d-.l-q;,mp tl un sac de blé", hag-as-sqq
mtaé.-l-l)add "ce marché du Dimanche", dIk-al-mfallsa d-
tlcette idiote de femme".
(j) - Dans certains parlers où l'influence du
berbère s'avère très forte, les noms de parenté s'em-
ploient le plus souvent pourvus du pronom suffixe cor-
respondant au genre et au nombre du complément détermi-
natif, lequel est relié au premier terme du complexe par
la particule d'annexion indirecte: aüh ddi-q,addür "son
(= le) frère de Kaddour", .e..ammha d-fatma "son (= l')on-
171
cIe de Fatma". Ainsi en est-il habituellement dans le
Nord marocain (Tanger, Nord de Taza), dans le Nord ora-
nais (Nédroma, Traras), dans le Nord constantinois (Dji-
djelli, Kabylie orientale). C'est le calque d'une cons-
truction berbère.
aP- On constate en conclusion que, même dans
les parlers où l'annexion directe est courante et prédo-
minante, l'annexion indirecte yient souvent couper des
séquences d 'état construit comportant trois, quatre com-
pléments déterminatifs, et même davantage ; surtout
lorsque certains d'entre eux doivent être caractérisés
par des adjectifs démonstratifs, ou par des pronoms suf-
fixes nécessaires. On la trouve également dans les cas
où la structure syllabique du premier terme risquerait
d'être perturbée par l'annexion directe, au point d'être
défigurée ou même méconnaissable. ·
LES NOMS DE NOMBRE
On examinera successivement les numéraux car-
dinaux, puis ordinaux, puis fractionnaires, réservant
enfin une place aux noms des heures de la journée, des
jours de la semaine et des mois.
I l convient de distinguer l'empl oi du nom de
nombre à l'état absolu (un, deux, trois, quatre, etc.)
et l'emploi du nom de nombre suivi du nom de la notion
comptée (un homme, deux hommes, etc.).
- 1
1. A l'état absolu
de 1 à 10
c'est qui est variable, comme
pronom indéfini, fém. waDda (waQda)
Jâhad) est alors inusité.
quand il est
hadd (du cl.
._' - -
- 2 deux formes sont en usage. La plus fréquente est
zuj (z9wj, zQj) ; avec les variantes )üj (j9wj,
j9j) dans les parlers de l'Algérie centrale, et
zuz (z9wz, z9z) dans les parlers de l'Est maghré-
bien(Tunisie et Libye) ; les formes avec diphton-
gue conservée ou partiellement réduite sont celles
des parlers bédouins. Moins fréquente est
(tnIn) ou (du cl. ' itnayni) qui n'a
cours que dans les parlers bédouins avec un fémi-
nin qui paraît plus usu-
el en Tunisie et en Libye ;
- 3 tlata (tlata) ; dans le Sahara algérien on entend
aussi flafa
- 4
5
6
- 7
8
- 9
-10
174
(du cl. )arba€a
t
) ; la forme sans initiale
a
t
et avec groupement syllabique est
la plus fréquente dans l'Ouest oranais et au Ma-
roc ;
!}amsa
satta
sabéa
tmanya (tmanya) ; parfois tmanya dans quelques
dialectes citadins du Maghreb;
tdsEa est la seule forme en usage en Libye, en Tu-
nisie, dans l'Algérie orientale et centrale
l'Est oranais connait tasE9d, et le Maroc
formes euphémistiques qui rattachent le nom à la
racine séd qui exprime l'idée de "bonheur".
easra, comportant, suivant les parlers et d'une
façon hésitante , r non emphatique, ou emphatique
éasra.
de 11 à 19
Les numéraux sont constitués, dans des com-
plexes contractés, par les noms de l'unité suivis du nom
de la dizaine, Easar, qui est réduit généralement à -as.
Dans les parlers bédouins d ' Alger , de Tuni.sie et de Li-
bye, l'élément l:asar conserve souvent son f;. en une finale
-aeas . Les numéraux sont habituellement emphatisés
(mais souvent ne l ' est pas).
-11
- 12 tnas (tnas, tnas), ;
- 13 t 1dttas),
- 14 a;-ba€.t:aus , ;
-15 (ùqmstas , bmastas),
-16
- 17
-18
sattas ;
sabEtas
trndntas),
175
On voit que, pour quinze, dix-sept, dix- huit,
dix-neuf, qui sont de structure radicale similaire, le
groupement syllabique est, suivant les parlers, et même
à l'intérieur d'un même parler, très instable, variant
entre R
1
yR
2
R
3
_ et R
1
R
2
yR
3
_ .
20
21
22
23
30
40
50
Au-dessus de 20
avec un r non emphatique
waJ:1d u-éasr In ;
ZÜj u - éasrIn, tnIn
='-'-'----"'---''-'---=
;
tlatIn (tl atIn, flafrn)
a;-béIn, (rabéIn)
h;amsIn
v
60 sattin
70 sabdn
80 tmânIn , tmanIn, tmânyIn,
90
- 100
- 101
110
200
300
- 1000
- 2000
-3000
tase.In ;
mya, ou m1yya en Tunisie
mya u - waJ:lad ;
mya u- ê..asra ;
-- ---
mIt!n , mitayn, myatayn
\:.lat(a) (tlatta), t,Üt ,
-,,-- - -- -
aH (alf) ;
alfIn , alfayn
{et ses variantes)-alaf
milliers: ulüf , ulüfat ;
- million: malyÜn, pl. mlayan (mlayIn)
- milliard: malyar, pl . mlayar
Il est à noter
d ' abord que , pour 200, 2000 les formes habituelles
sont celles du duel : en -In dans la plupart des parlers
citadins et ruraux, en dans nombre de parlers
bédouins, en -ayn ,dans des parlers du Maroc et du Nord-
Ouest oranais ;
ensuite que, dans les nombres composés, tnIn (tnIn),
avec les variantes en parlers bédouins , et
tnâyn au Maroc et dans la région de Tlemcen, entre ha-
bituellement en substitution de zuj ;
enfin que, dans les nombres composés 1 . 100, 1.200,
1.300 etc. , on peut aussi avoir les noms des numéraux
Il , 12, 13, etc. , suivis de mya (la construction de ces
complexes sera étudiée plus loin).
- 1
2 . Suivis du nom de la notion comptée
de 1 à 10
waryad utilisé comme article indéfini (avec ses va-
riantes waQ-, waryi-, rya-) , invariable: waryd-8F-
.;-aj;Jl "un homme", "une femme". Là où
la tournure de l'article indéfini n'a pas cours,
c'est utilisé comme pronom indéfini et va-
riable, préposé au nom: Fajal, waJ:"lda
A partir de 2 (si l'on met à part les noms des
notions susceptibles de revêtir la forme du duel, qui
ont été étudiés au chapitre du Nombre du Nom), l'on doit
considérer
que la forme des numéraux cardinaux peut être instable ;
que la construction nom de nombre + nom peut être celle
de l'annexion directe ou de l'annexion indirecte;
que du choix de l'une ou l'autre de ces deux construc-
tions peut dépendre la forme que revêtent les numé-
raux cardinaux.
L'annexion directe est la seule construction
possible dans les parlers libyens, tunisiens , et les
177
parlers bédouins en général. Elle est admise par tous
les autres parlers .
L ' annexion indirecte prévaut a u Maroc. Elle
est fréquente dans le Nord- Ouest de l'Oranie. Elle s ' en-
tend souvent dans des parlers citadins et ruraux d'Algé-
rie (Alger, Dellys, Djidjelli par exemple).
Dans l'annexion indirecte, le nom de nombre
conserve la forme qU'il a à l 'état absolu, et il est
suivi du nom au pl uri el (et parfois à la forme du col-
lectif) : bamsa(mtaE- ou) d-al-baqrat, ou
" cinq bovins", tasé.a (mtaé.- ou) d-l-qwlad "neuf enfants".
Dans l'annexion directe, le nom de nombre con-
serve souvent la forme qu ' il a à l'état absolu, avec une
finale a plus ou moins affaiblie . Il est, comme en ara-
be classique, suivi du de la notion comptée, au plu-
riel: tlai:a-rjal, -çlata-rjal "trois hommes", a.çbt:.a-nsa,
a.çbt.a -nsa " quatre femmes" . Mais plus fréquemment encore,
le nom de nombre revêt une forme en que l que sorte "allé-
gée" (tant par l'abrègement de son vocalisme interne que
par l'amputation de sa finale :
- 2 zuj - (à l'exclusion de
- 3 t"lt- (talt-) , tlat-
4
5
- 6
- 7
- 8
- 9
.rabt.-
bams-, bmds -
satt- ;
sabé-, sbaE..-
tamn- (t3mn-) , tman-
tast..-, tsaf- ;
-10 t:as.r- , ésa.r-;
avec un équilibre syllabique hésitant (entre R
l
vR
2
R
3
et
R
l
R
2
vR
3
), ' dont le choix depend souvent de la nature de
la syllabe consécutive (ouverte ou fermée) : talt-9wlad
"trois enfants Il , tlat (ou t;al-ç)-bnat "trois fillettes".
178
de 11 à 19
Les formes en sont les mêmes que pour le dé-
compte à l'état absolul et l'annexion de l a notion
comptée peu t être indirecte o u directe, s u ivant la même
r épartition dialectale que pour les numéraux de 2 à 10.
Lorsque l'annexion est i ndirecte , le nom de la
notion comptée est habituellement au pluriel (ou à la
forme du collectif) : s.attas (mtaé. - ou) d- an- nas " seize
personnes", (mtaE. - ou) d- al-l')aj-Fat (ou d- al -
l'dix- neuf pierres ".
Lorsque l ' annexion est directe, le nom de la
notion comptée est au singu lier , et un élément de liai-
son (sans doute vestige du de ëasar) unit le numéral
au nom qui le suit. Cet élément de liaison est
- an d ans la plupart des parlers algériens , citadins ,
ruraux et bédouins , et dans les parlers tunisiens et,
partiellement , libyens (au Fezzan) :
" onze vaches
ll
, t l attas- a n- mar ra " treize fois
ll
;
dans les villes marocaines , e n Oranie (Tlemcen et
Nédroma) et en Tripolitaine: tnas- al - tam "douze ans
ll
,
.sa!:tas- al - kas "seize verres" ;
ar dans le Sud marocain , le Sud oranais , la région du
Nord de Taza (au Maroc) et en Cyrénaïque : arba,(
-ar- yÜm " quatorze jours ", sbaEtas- ar- j mal "dix- sept
chameaux" ;
et l I on constate , ici et là , qU ' il ya des cas d ' assimi-
lation de cet élément de liaison à la première radicale
du mot (notamment qu and cet élément est identique à
l ' article défini) : !:manl;:B.E...as- a!- çajol"dix- huit hommes" ,
l;:nas-as- sbu la " dou ze épis ".
Notons e n fin que tnas etc . peu vent être
former " onze cents, douze suivis de mya
cents etc . " :
" cent",

pour
(al , a r ) - mya .
179
Au dessu s de 20
Même possibili t é d ' annexion indirecte ou di -
recte que pour les noms de nombre précédents : avec le
pluriel du nom de la notion comptée dans le premier cas,
et le singulier dans le second cas . Les formes demeu-
ren t celles de la série employée à l ' état absolu . Il
n ' y a , semble- t - il , que
mya , ml:yya II cent" , qui peut :revêtir la forme myat-
mya d- ar- rj a l, myat - ;-a}al "cent hommes
ll
; arbta- mya
d- al - jmal , àrbéa-myat- jmal "quatre cen ts chameaux" .
Noms de n ombre composés
D'une faç on générale , les éléments en sont re-
l i és par la conjonction de coordination u - :
les unités précèdent les dizaines: wa1;ld u - t.asrIn "vingt
et un
ll
, !].amsa u - tmanIn " soixante- cinq" ;
les cen taines précèdent les dizaines : sab€a- mya u - sattYn
"sept- c ent soixante " ; ain si qu e les complexes uni -
té + dizaine : u-b-amsa u - sabern " deux cent
soixante- qui n ze " ;
les mil l ier s pr écèdent les centaines ou l es complexes
précédents : alf u - çl a>ta- mya II mille trois cents",
tal !:- a laf w- arbé.a- mya u-imanya u - tlatIn " trois
mi lle quatre cent trente- hu it".
Soit pour l a datation de l ' a n née 1 395
u-ba msa u - tosé!n.
f - a l-t::am â l f u-
Remar q ue s u r les compl exes numéral + nom
Le complexe con stituant en arabe dialectal un
ensembl e semb l a bl e au rapport d' annexion , le premier
terme n' e n comporte gén éral emen t pas l' a r ticl e: t l ata-
r jal "trois hommes" , Mais l ' article est
.180
possible; c'est le complexe qui est alors considéré
comme un tout susceptible d'être déterminé t-tlata-
rjal "les trois hommes
ll
, l-arbf.In-lmal mtaë.i limes qua-
rante chameaux
ll
, hag-al-bams-eyyam l-owwlln "ces cinq
premiers jours".
181
II . Numéraux ordinaux

cipe
De deux à dix, ils revêtent la forme du parti-
1 - 2 3
actif R aR vR , variable en genre et en nombre
2ème

( tani)
;
3ème tala!: (tal"t) • falaf
4ème rabc:>t.:
Sème
!:t
amas
7ème sabae
Sème

(ta man)
9ème tasaë.
-
lOème Easar .
Pour 6ème, il y a deux formes possibles : la
plus répandue est sâtat, satt (plus rarement sadat), qui
parait la seule en usage en Tunisie, en Libye, et qui
est courante en Algérie et au Maroc, en concurrence avec
sac::las.
Pour llème et parfois 1 2ème, on entend spora-
diquement et tanas (tanas, tanas).
- 1er
Reste
le terme dialectal, de même structure que le
classique fém. pl. revêt
non une forme de participe actif, mais d'élatif.
C'est
Qwwal, fém. üla, qui est habituel dans les par-
lers bédouins ;
mais 11 est fréquent que, dans les parlers cita-
dins et ruraux du Maroc et d ' Algérie, et même
dans certains parlers de Libye, le féminin soit
refait
9wwôl ,
sur le masculin , ainsi que le pluriel
fém. owwla (gwla), pl . 9wwlIn (owlIn)

cependant qu'en Tunisie, et fréquemment en Libye,
le masculin est refait sur le féminin
182
ul d'après ula ; et aussi le pluriel ülfn.
On notera enfin qu ' il est fréquent que qwwal,
ul, et leurs féminin et pluriel correspondants ,
agglutinent l'article défini:
Dans nombre de parlers maghrébins (citadins en
particulier), on a tiré de 9wwa1 , deux adjectifs
de type ethnique , ayant même sens que le numé-
raI : ?wwli, 9wwlani , variablesen genre et en
nombre.
Formant paire avec 9wwa1 "premier", et refait
sur son modèle, IIdernier" se dit généralement a u Maghreb
dbhar, labbar (du cl . 'aD!r) , fém. aDura , pl . Œ :
f-l - Ç5wwal u - f - l - abbar lien premier et en dernier (lieu)".
Au-dessus de 10 , la numération ordinale est
ordinairement rendue par la série des nombres cardinaux.
Les noms de nombre de la séri e ordinale sont
employés comme substantifs ou comme adjectifs (épithètes
ou attributs) . Il faut men tionner aussi l'emploi qui
peut être fait d ' eux , invariables , comme premier terme
d'un rapport d ' annexion directe: l-qwwla,
"la première fois" , -çani-küsa "la deuxième
fournée", al]l)ar- IIla "la dernière nuit".
..
183
III. Numéraux fractionnaires
=======================
Mis à part le nom de la "demie , moitié" , la
série des numéraux fractionnaires revêt généralement
deux formes
l'une "légère", héri tée du classique par la voie
" populaire", comportant indécision, dans la répartition
-1 2 3 1 2 3
syllabique, entre les types R vR R et R R vR , et
conservation hésitante du timbre vocalique ;
l'autre "lourde", héritée du classique par la voie
"savante", avec allongement des voyelles par souci de
conservation du timbre (langue des partages successoraux
largement connue du "vulgaire" )
1/2 :
généralement prononcé
n9-?-?
1/3 : t, taIt
(tBlt) , tlct , tülüt
(tülü t)
1/4 -F9b t.,
rabE. , çbat, rübüt.
1/5 l]ums t barns , ornas , humus
-- --
1/6 suds , ,s..:)ds , sdôs , s üdüs
1/7 subt.. , sabi. , sbat:. , subüe
1 /8 .tUmn (t'Umn) , tamn, tmëJn, tümun ( tümün )
1/9
1/10
tu st. , tast.. , tüsüt.. ;
EQS.r;, ES<'?f, éusur, Easür
" moins le, un quart
ll
se dit gIr-;"' çbl:. i.7'bat..) ou
Dans les parlers du Maroc et du Nord oran ais,
se réduit volontiers à lla-.çqb, Le Tu-
nisien connaît aussi lafb avec le même sens .
Les nombres fractionnaires sont, notons -l e,
susceptibles d ' être mis au pluriel et au diminutif (no-
tamment dans la désignation de monnaies, l'évaluation
minutieuse de quantités , la détermination du poids de
matières particulières) .
184
IV. Annexe à l'étude des noms de nombre
===================================
1. Les heures de la journée
Ce sont les numéraux cardinaux, pourvus ou non
de l'article défini, qui les désignent (al-waryda , <lt-
l-arbEa, etc.) avec la précision
mtaë- al-yÙm (ou -an-nhaf ) "du jour",
- mtaë. - al-lIl "de la nuit",
"du matin",
- mtat:-la-Es1yya "du soir".
Pour "deux heures" on a généralement
- az-züj au Maroc et en Algérie,
en Tunisie et parfois en Libye,
l-ôtnIn en CyrénaIque et au Fezzan .
Dans tous les maghrébins, pour "midi'!
et "minuit", on entend
at-tnas at-tnas ), ou bien
-
Semble propre à la Tunisie, et connue en Li-
bye, pour désigner les quatre premières heures qui sui-
vent "midi" et "minuit", la tournure
- - - - - - .... - 'II .....
mage- sat:tln, etc ., mta&-la- eslyya,
?bary.
Quant aux fractions d'heure, elles s'expriment
par
pour "minute", duel pl . dqayq,
- qsam pour "cinq minutes", au Maroc qasmayn "dix mi-
nutes
lt
,
- dràj pour "cinq minutes", en Tunisie et en Libye
"dix minutes" ,
- u-rÇ5bt.. <,.t;abE.., f'bac.) pour "et quart" hamsa u-:çbât.,
185
(;:-abf., pour IImoins le quart" :
avec la variante alla-f9bL (alla-.t;Qb) signa-
lée à propos des nombres fractionnaires ;
"vingt", "moins vingt",
- "la demie" : satta "six heures
et demie".
2. Les jours de la semaine
Leurs noms, dans l'ensemble du Maghreb, sont
- dimanche: nhar-al-Qadd, al-ryadd,
- lundi: nha.;--at-tnIn (at-tnIn), (l- -atnIn, 1-
atnIn) ,
- mardi: nha:ç-dt-tlata at-tlata, at-tlat,
mercredi : nha+-l-a+béa, l-arbéa, l - arba6,
- jeudi: nha:ç-ôl-bmIs, .al -OmI s,
- vendredi : nha.Ç'-dl-j'a méa (.<H-jUméa), al -j-:JmE.a,
- samedi
Il semble qu'en Algérie et en Tunisie, pour
IImercredi", ce soit la forme l-arbé.a, avec r non empha-
tique, qui prédomine.
3. Les mois de l'année
A côté de la série classique des noms de mois
lunaires
mUDarra m, !?afar:, rbiE l-qwwal, rbIE. J t-tani, jümada 1-
jümada rjôb, sa6ban, ramagan, 59wwal,
QÜ-
on entend, au Ma roc et en Algérie,
l:aSOF ou éasQ:r;a, sayac:(ou say) -1-éas9.r; . (ou -E.asç;r a),
.cH-mÜlüd, sayaf. (ou say) :-l-mûlüd, jümad al-oww-al ou lad,
jümad-at-tani ou jümad, (Fumgân,
ramçan), shar ou ou
186
Est également d'usage courant, en particulier
dans les sociétés rurales et pastorales, une série de
noms de mois solaires, du calendrier julien, d'origine
romane, dont les formes connaissent de nombreuses vari-
antes à travers le Maghreb, du type
yannaF (ônnayr), (màgf"<J!1 ) , IbrIr, mayu,
yÜnyu, yÜlyu (yÜlyÜz), awUssu ou gu§t, §t3mbar, kt9bar ,
dûjambIr.
187
LES PRONOMS
Sous ce titre , on range les indices personnels,
démonstratifs, interrogatifs, relatifs et indéfinis .
Il en est qui sont réellement des pronoms :
les indices personnels d'abord , lorsqu'ils sont indépen-
dants ou suffixes annexés aux verbes et aux propositions .
Annexés aux noms, ils jouent le rôle des adjectifs pos-
sessifs du français.
Les relatifs ensuite, dans une large mesure .
Ce sont aussi des ligatures , et ils peuvent à ce titre
être considérés comme des particules .
Parmi les démonstratifs , les interrogatifs et
les indéfinis, il se trouve de véritables pronoms . Mais
aussi des adjectifs, des substantifs , des complexes ad-
verbiaux ou adverbialisés , et même ce qu'on peut appeler
des tournures. Nombre d'entre eux comportent des élé-
ments proprement pronominaux dans la combinaison de leur
structure . Cet aspect composite caractérise notamment
la série des indéfinis.
Tels qu 'il s se présentent , les élément s divers
qu ' on range sous le nom de pronoms constituent une caté-
gorie assez hétéroclite dans laquelle les parlers maghré-
bins ont recueilli u n e lar ge part de l'héritage a ncien,
mais où ils ont aussi largement innové.
188
A. PERSONNELS
I ls revêtent deux formes : pronoms indépen-
dants et pronoms joints ou suffixes (ou s uffixes person-
nels ou possessifs) .
Sg . 1 ana Pl. 1

2
m. anta
2 antum
f. ilnti
3
m. hÇiwwa
3
f. heyya
Ces formes sont susceptibles de connaître des
variantes dialectales et de recevoir des éléments suffi -
xés, qu ' on appelle souvent "augmentatifs" ..
a) A la première personne du singulier, à côté de
on a
anaya , très répandu partout ,
na naya, dans les parlers bédouins de l'Est
maghrébin ,
ani , dans le Sud tunisien et en Libye, où o n entend
a u ssi

-
yana , sporadiquement dans le Nord ma r o cain, oranais,
constantinois .
A la première personne du pluriel, à côté de
on entend
9naya , qui connait la même diffusion que
- dans le Sud tunisien et en Libye ,
189
- parfois en Oranie, et aussi en Libye,
- dans le Sud constantinois, not amment dans les
parlers sahariens ,
- hnüman, également dans le Sud constantinois (Touggourt
par ex. ) .
b) A la deuxième personne du singulier , très nom-
breux sont les parlers (notamment ruraux et bédouins)
qui distinguent le masculin
- anta (nta),
- antaya (ntaya) forme augmentée ,
du féminin
- anti (nti),
antiyya (ntlyya ) forme augmentée .
A Tunis et dans l'Est constanti nois , anti est
volontiers commun aux deux genres , ayant éliminé anta .
Un -In, -Ina, s 'entend aussi, un
peu partout , pour la forme commune aux deux genres
- antIn (ntIn),
- antIna (ntIha).
A la deuxième personne du pluriel , à côté de
antum (ntum), on a
- d ntüma (ntuma), forme alourdie , très commune au
Maghreb ,
- (ntûman), à Tlemcen , à Cherchell et dans le
Sud algérois et constantinois ,
-antu (avec perte est une forme qu'on trou-
ve dans le Sud tunisien et en Libye .
Enfin , il existe , dans le Sud tunisien et en
Libye , un féminin
- (ntan).
c) A la troisième du singulier , peu de
variantes, éventuellement des formes allégées
hu,
hi.
190
A la troisième personne du pluriel, c'est, à
côté de hum,
huma,
human, là où hnüman . ntuman sont en usage.
Le Sud tunisien et la Libye connaissent égale-
ment
hümma, pour le masculin , et
han, hanna, pour le féminin.
191
On distinguera, à la première personne du sin-
gulier seulement , les formes du pronom suffixe joint aux
verbes et du pronom suffixe j oint aux noms ; les autres
sont communes aux deux sections.
Joints aux verbes Joints aux noms
5g . 1
2
-i, - a
Pl .
3 m.
f.
1
2
3
- ak , -k
-h
-ha
-na
-kum
-hum
a) A la première personne du singulier
ni, suffixé aux verbes, est de forme stable
l'il m'a tué
"
, l'il s m'ont tué'! ;
qtalni
i est la forme suffixée aux noms et prépositions dont
la finale est une consonne: q31bi "mon coeur" , !fIanni
"de moi"
est la forme suffixée aux noms et prépositions
dont la finale est l : ycJddlyya "mes mains", f1.yya "en
moi"
ya est la forme suffixée aux noms et prépositions dont
la finale est a ou : mülaya "mon mattre", mEaya
"avec moi", b.üya "mon frère" .
b) A l a deuxième personne du singulier
ak est la forme suffixée aux mots dont la finale est
une consonne: qtaltak "je t'ai tué", "ta main",
manna k "de toi" ;
est la forme suffixée aux mots dont la finale est une
voyelle: gatlük lIils t'ont tué", mÜlak "ton mattre
ll
,
192
fI'k "en toi".
Elle est commune aux deux genres partout au
Maghreb , sauf dans les parlers bédouins de l'extrême Sud
tunisien et de Libye, où le féminin est ma r qué par une
prononciation spirante de k : k, ou moui llée: k
Y

- -
c) A la troisième personne du masculin singulier
- u est la forme s uffixée aux mots dont la finale est
une c onsonne : qtal tu "je l'ai tué", yaddu "sa main" ,
mannu "de lui". La voyelle est généralement assombrie
en dans les parlers marocains et de l ' Oue s t oranais.
Mais , dans les parlers bédouins du Tell et du
Sahara o ranai s , dans le Sud constantinois ( Souf ) , dans
le Sud tunisien et en Li bye, ainsi que dans le Nord-
Ouest tunisien (de la Kroumirie à la Calle ) , le suffixe
n'est jamais mais
- ah (parfois réduit à a) 9taltah, yaddâh, mannah .
Partout,
- h est la forme s uffixée aux mo ts dont l a finale est
une voye lle: qt<31tüh "ils l'ont tué", mülah " son maî-
tre" , fIh "en lui".
d) A l a troisième personne du féminin si ngulier,
on a t ouj our s et par t out
- ha : qtaltha "j e l' a i tuée", qalbha "son coeur",
"d'elle",
à l'exception du parler de Cherchell (Algérois', où l'on
entend, après consonne
- ah (forme hi spanique ) : .gtaltah, galbah , mannah.
e) Les personnes du pluriel s ont communes aux
deux genres dans tous les parlers maghrébins, sauf dans
les parlers du Sud tunisien et de Libye qui font , aux
deuxième et troisième personnes , la différenciation
hum a u masculin ; han au féminin. Notons aussi
que dan s nombre de parlers rur a ux et même bédouins, l a
193
Remarques
Les pronoms s uffixes à i n itiale vocalique
en se joignant a ux formes , son t susceptibles d'y ap-
porter des perturbati ons d ' o r dre syllabique .
Adjoints à un r adical de type R
I
R
2
VR
3
, ils provo-
qu e nt une mutation syllabique et déterminent l'adoption
d 'un schème R
l
vR
2
R
3
: qtal + ) qatl u "il l ' a tué" ,
qbdl + ak ) qablak " avant toi".
Ad j oi nts à l a finale - at de" l a troisième per sonne du
f émini n du verbe à l ' accompli, il s placent la voyelle
b rève (de - at) en syllabe ouverte : gatlat + ak , qa tlat
+ " e l le t'a, l' a tué" . On con state
l a chute de l a voyelle brève: gatlt3k
- le redoublement de l a finale ( qui a pour effet de
fermer l a s yll abe) : ;
la mutation de l a finale - at en finale - at
s uivant une répartition dialectale qui a été exposée
au chapitre de la Syllabe (Phonétique).
Q[) Adjoints aux finales du pluriel - aw , -Iw des verbes
défectueux, il s pl acent la semi - voyelle termi n a le en po-
s ition ambiguë: n saw + k "il s t ' ont oublié", + h
" enlevez-le". On peut entendre
- l'articulation de l a fi n a le en voyelle: nsaük,
dans les parler s de Tunisie et de Libye
- l ' articul a tion de l a finale en semi-voye lle, s u i v ie
d ' une voye lle brève , -w3- (-wa-) : n sawa k, nahhIwsh,
courante au Mar oc et en Algérie.
Œ) Ad j o int à un verbe e t s ui vi de l a pr éposi tion..1.. +
pronoms s uffixes, le pron om suffixe de l a troisième per-
sonne du masculin s ingulier revêt)da n s nombr e de parlers,
la forme - hü- : "il l'a donné" , é.1;:ahü-li "il me l ' a
donné ", katbtu (k-atb.Jttu, katbatu) "elle l'a écrit ",
te l'a écrit" ,
"il s l'ont caché" , habbawhü-lna " i l s no us l'ont caché" .
194
III.

a) Dans tout le Maghreb, sans doute impératif
du verbe IIvoir" , suivi de pronoms personnels , forme une
série flexionnelle (qui se conjugue comme un verbe) mar-
quant la constatation expresse de l'existence: "je suis ,
tu es, etc . " , ou plus exactement "me voici, te voici pré-
sentement , etc . " . Il est
au Maroc, suivi du pronom
ana, + ota , etc., soit
.Fana ,
partout ailleurs , suivi du
etc ., soit
personnel indépendant ra +
rantum, rahum
pronom suffixe : ra + ni ,
Fani , rah , ;-aha , rana , ;-akum,
avec parfois, au si.ngulier, à la deuxième personne du
féminin, la variante raki j à la
masculin , la variante Fahu (raw)
- - - - - -
troisième personne du
à la troisième per-
sonne du féminin, la variante
( ray) ; et au plu-
riel, dans les parlers qui différencient le genre des
deuxième et troisième personnes : masculin
rahum (rawm) féminin Fahaon .
L'expression négative comporte l'encadrement
de ce complexe par ma ••• ,si ( ,i)
etc.
ma- ranI- s . etc.
b) Dans tout le élément démonstratif ,
suivi de pronoms personnels , sert à constituer one série
f l exionnelle analogue à la précédente. Elle marque éga-
lement la constatation expresse de l'existence , mais
avec une valeur présentative ou démonstrative plus in-
sis tante encore "me voici, te voici , etc . " ou "voici
que je suis , que tu es, etc . " :
195
hani , hak, hahu (haw) , hahi (hay), hana , hakum, hahum
(hawm, ham) , série qui comporte parfois , dans le Cons-
tantinois par exemple , l'amuissement du h initial:
ani , ak , ahu (aw), ahi ana , akum, ahum am) .
Aux troisièmes personnes du singulier, un élé-
ment démonstratif ka vient parfois s ' adjoindre à haw,
hay hâwka , hâyka "le voilà,là , la voilà, là" .
Le complexe s'apparente naturellement à la sé-
rie de démonstratifs dont la genre et en
nombre , tient ses caractéristiques, on le verra au cha-
pitre des Démonstratifs , de la flexion des pronoms per-
sonnels .
c) Dans tout le Maghreb , la négation ma , suivi de
suffixes personnels, sert
exprimant l'idée négative
à former une série flexionnelle
de l ' existence "je ne suis
pas , tu n'es pas , etc . " ou "ce n ' est pas que je sois ,
que tu sois, etc." :
mani , mak , mahu (maw) , mahi (may) , mana , makum, mahum
(mawm) , complexe qui peut également être suivi , et
c'est le cas le plus fréquent
j
de la négation acces-
soire - H ( - 5)
manIs , maks, mahü s (maws) , mahIs (ma ys ), manas , makums ,
mahums (mawms).
Les troisièmes personnes du singulier et du
pluriel sont parfois contractées en
- müs , mIs , mums , articulation très courante en TuniSie ,
où l'on constate même l'abrègement de la voyelle lon-
gue :
mus, mis , mums . On en parlera au chapitre de l'expres-
sion de la négation.
d) En Tunisie s'emploie aussi une série flexion-
nelle, de même sens que la précédente , constituée par la
négation la
- lani, lak, etc .,
lanIs, laks , etc .
196
e) Un certain de termes (noms , particules ,
complexes) acquièrent une manière de flexion verbale en
a dmett a nt l a suffixation de pronoms per sonnels . On en-
tendra ainsi , ici et là, fréqu emment
- e tc ., "si je suis , si tu es, etc.",
- Iisi j ' étais
"
--- ,
ma-damni " a u ssi longtemps que je",
wënni, fayni " où suis- je"
--- ,
- watranni "évidemment je"
- ' , ,
€:amm9Fni "j ama is je ne",
- barkani "c' es t assez pour moi",
- lamkanni "mais je", etc.
f ) Très usuel en Algérie, mais employé et compris
ai lleurs, est le complexe
- .
- ma-mannu-s, qui a l a v a l eur d'un adjecti f signifiant
"qui n'est pas bon, qui ne vaut rien, mauvais l1 ; il
est parfois variable , a vec un féminin et un
pluri e l
197
B. DEMONSTRATIFS
Les formes en sont nombreuses et procèdent
principalement des éléments démonstratifs qui sont fon-
damentaux en arabe : h, Q, k, éventuellement 1. On dis-
tinguera les démonstratifs dans l'emploi d'adJiectifs , · et
les démonstratifs dans l'empt o i de pronoms.
Ad jectifs
L'arabe maghrébin utilise très généralement
a) les formes préposées au nom, invari ables en genre et
en nombre, du démonstratif proche
hag (had) haq-aç-r;ajal "cet homme", hac1-al-m;-a
"cette femme", haq-an-nas "ces gens" ;
- ha, qui a cours en Tunisie et en Libye : ha-t-tfçl
"cet enfant" , ha-l-bant "cette fille", ha-l-çyyam
"ces jours".
Il emploie aussi, variable en genre et en nom-
bre
dak-a:ç-
-;;-.,.. --
Quk-an-nas. Mais très souvent
gak et gIk sont en usage sans caractérisation du
-- ----;- ,.. ... ,
genre : qak- ou lia ce moment".
Pour exprimer la démons tration lointaine, gak,
qük, dIk peuvent servir, mais on a généralement re-
cours à
- hagak, fém. haqIk, pl . haQük, qui est panmaghrébin;
- hak, invariable, en Tunisie et en Libye .
b) postposé au nom, le démonstratif a toujours une forme
variable et connait la même diversité de formes que
le démonstratif employé comme pronom.
198
Il est fréquent que, pour une démonstration
corroborée, on fasse précéder et suivre du démonstra-
tif le nom, toujours déterminé
haga, hag-(ha-)l-m,a hagIk.
Pronoms
Pour le démonstratif proche, ctest
- souvent prononcé avec emphase dans la Tunisie
rurale et bédouine, dans le Sud algérien et en Libye,
; fém. hagi. Des formes augmentées peuvent être
entendues dans ces mêmes parlers, hagay, fém.
hagryya. Le pluriel est partout hagu. Mais dans les
parlers bédouins du Sud algérois, constantinois, tuni-
sien, et dans les parlers de Libye, le pluriel peut
connaître les variantes suivantes hagüm, hagüma, ha-
güla, hagqla, haQ91 ; et en Libye le féminin haQün,
hagüna, hacjala.
Pour le démonstratif lointain, ctest
- hagâk, également susceptible d'être emphatisé comme
hada : haqak ; féminin hagik ; avec les variantes à
augment hagaka, hagika. Le pluriel est hagûk ; et,
dans les mêmes conditions que précédemment, les vari-
antes haguka, haQQka ; les formes haQQIQK, fém. hagi-
kan, hagânak sont particulières à la Libye
hak, invariable, est tunisien.
On notera que souvent , pour toutes les formes
qui précèdent, il est possible de constater un amuisse-
ment du h initial.
Appartiennent en outre à l'emploi pronominal
- ha, inchoatif d'une proposition nominale uvoici
u
: ha
l-bI'ad "voici le pays", ha IIi ja "voici celui qui est
venu", sous la forme ha l-ja, courante en Tunisie.
C'est le même élément démonstratif qu'on trouve dans
199
les constructions où il est pourvu de suffixes person-
nels hani, hak (ani, ak) etc . ;
hak "vOilà"-:- hakad-daEwa "voilà l'affaire", hak alli
(al-) "le voilà qui est venu" ;
_ haka, usuel en Tunisie, avec le sens "c'est lui, c'est
celui", variable en genre et en nombre, avec les for-
mes augmentées, masc. hakay, hakaya, fém. haki, hakly-
ya, pl. hakum, haku, hakqma ;
hawka, fém. voici". est fréquent en Algérie
dans les parlers citadins et ruraux, ainsi que
hawqa (hawda), fém. hayga, hamga, pour le démonstratif
proche,
_ hawgak (hawdak), fém. haygIk, pl. hamgIk (hamgak) pour
le démonstratif lointain ;
hawwagak, fém. hayyagIk, pl . hammagûk, démonstratif
très corroboré, qui s'entend dans le Nord constanti-
nois.
Les parlers libyens également
_ haQahah, fém. hadIhah, pl . haQ9lhâh, fém. hadanhah
"c'est celui-ci qui" ;
hadakkah, fém. hagIkkah, pl. hagQIQkkah, fém. hagIkka-
han (ou hadanakkah) "c'est celui-là qui" ; et aussi
ahu, fém. ahi, pl. ahum, fém. ahan, ainsi que
- - h fe' -awe -nhi pl awënhum, fém. awënhum, dans
- aWyn u, m. t , • =
le sens "le voici qui" ou "c'est bien lui qui".
Les parlers algériens de la Kabylie orientale
(DjidJelli, Collo) connaissent
_ d sans doute d'origine berbère d-ana uc'est moi",
, ------
hûma d-i>l-l]awa "eux ce sont les frères (= ils sont
frères)".
20.0
C. INTERROGATIFS
Pour interroger sur les personnes, on emploie
- dans tout le Maghreb, surtout dans les parlers bé-
douins ; il est souvent précisé par les pronoms per-
sonnels huwwa (hu), hryya (hi), hum (huma) ; il revêt
parfois la forme am#n chez les bédouins d'Oranie ; en
Libye on entend mnu, mni, manhum.
Très fréquent aussi est
aSkün, skün « cl. 'ayyu qui est en usage
dans tout le Maghreb, assez exclusivement dans les
parlers citadins et ruraux, parfois renforcé par huwwa
(hu, u), htyya (hi, il, hum (hüma), complexe qui peut
avoir le sens de : IIqui est-ce qui 1" .
Précédé de prépositions, man se présente de la
façon suivante:
- bIman, lIITt'dn, .fITTlan, elIman (.ù.am",n), (mtaman),
Eandman, mtaéman (ntaëman), dlman, etc. ; sé-
rie qui alterne avec la série où m est redoublé après
voyelle brève
man, etc.
bé>mman, famman, fldmman, mnam-
Précédé de prépositions skün semble surtout
possible dans les parlers du Maghreb oriental et dans
les parlers sahariens
- bq-skün, 13-skün, mea-skün, etc.
201
Pour interroger sur les choses, on peut recou-
rir à
- ma, qui est utilisé et compris partout, parfois élargi
en ma-ga. On l'entend aussi souvent pourvu des pro-
noms personnels ma-huwwa (hu), ma-h!yya ma-hum
(hüma) •
Ne sont pas moins en usage
- a§ dans tout le Maghreb, souvent aussi sous la forme
- was (sauf au Maroc, où was, en tête d'une phrase in-
terrogative, signifie "est-ce que 7") avec la variante
- wah dans les parlers du Sud algérois ;
(s) en Libye .
as et sont parfois suivis de la ligature
ma
- as-ma, s - ma ;
wasta, s 'entendent dans les parlers bédouins
d'Oranie et du Tell algérois, où l'on connaît aussi
-v -\1
wasan, souvent pourvu des pronoms personnels : wasnu,
wasni, wasanhum ; wa'sannak "comment vas-tu 7" à Laghou-
at (Sud algérois) ;
- aSan s'entend au Maroc; il est très usuel aussi en
Tunisie, volontiers pourvu des pronoms personnels
(asnuwwa), (asn1yya), et sous une
forme allégée asnu (snu), (sni) ;
(§nu), habituel en Libye, ainsi que
eysan ;
saddi ne semblent être connus que dans le Nord
constantinois ;
- avec les formes contractées dis, das, semble
propre au Nord constantinois (Djidjelli et sa région);
est algérien, notamment tlemcénien.
"Quoi 1", précédé de prépositions, s'exprime
-
202
généralement en les combinant avec le morphème interro-
gatif -as: bas, fas, mnas etc. (à Djidjelli, blyydS,
flyyas, mnlyyas etc.).
L'expression "je ne sais quoi" s'exprimera en
Oranie en faisant précéder WaSt de su, forme
abrégée de l'impératif sûf "vols"
- suwwasta, sübas, etc.
Ce qui correspond à l'adjectif interrogatif
est exprimé par
- (rarement variable : au féminin dans
les parlers conservateurs ; il est généralement suivi
de la préposition man précédant le nom indéterminé :
man-da.ç "quelle maison 1"
- en Libye ;

- as-m3n, was-man, suivi du nom indéterminé, est assez
général dans tous les parlers maghrébins ;
- ana, suivi du nom indéterminé ou des pronoms indépen-
dants, ana-huwwa (hu), ana-heyya (hi) etc., semble
propre au Maghreb oriental ; il est variable dans le
Nord tunisien (Cap Bon) : ani, anum
- dans le Sud algérois
- ama est algérien et tunisien, avec les variantes rma
(Constantine), amma (Oranie), (bédouins de l'Ora-
nie et de l'Algérois), wama (Cherchell, Nord algé-
rois) ;
dama à Djidjelli (Nord constantinois) c'est ama pré-
cédé de l'élément démonstratif d.
Pourvu éventuellement des pronoms personnels,
ama-huwwa (hu), ama-h1yya (hi), ama-hum le com-
plexe signifie plus particulièrement "lequel, laquelle,
lesquels 7
ft
;
203
suivi des pronoms personnels ,
hi(yya), semble propre aux parlers des bé-
douins d'Algérie.
Précédé de préposi tions, "quel, lequel" est
généralement rendu par le complexe préposition + terme
interrogatif, dans les parlers citadins et ruraux: ex.
f-ama dar saktl n "dans quelle maison habi te-t-il 7" ;
dans les parlers bédouins, le terme interrogatif est
plus volontiers suivi de la pourvue du pro-
nom de rappel : ama dar fIha.
On peut encore noter qu'un certain nombre de
termes (taille, manière, temps etc.) peuvent être em-
ployés avec valeur interrogative suivis du morphème -as
(-ah dans les parlers bédouins d'Oranie et du Tell algé-
rois ) : qé)ddas "quelle taille = combien 7" . C'est l'ori-
gine de nombre d'adverbes interrogatifs.
Observons enfin que les termes interrogatifs
sont souvent employés avec valeur exclamative : ama
huwwa "quel homme est-ce 7" et " quel homme c'est!".
204
D. RELATIFS
On distinguera le relatif pour les personnes
et le relatif pour les choses.
1. Pour les personnes
a) Dans l'emploi absolu "celui (celle, ceux, celles)
qui, qui", on connait partout au Maghreb
qui est d'un emploi général, mais moins cou-
rant que
parfois réduit à li, à en Tunisie;
addi (parfois réduit à di) qui est usuel au Maroc
et jusqu'en Oranie (Tlemcen) ; et s'entend à Alger,
Dellys ; c'est la forme habituelle du relatif dans
le Nord constantinois (Djidjelli, Collo) : mn-
(811i, addi) iJ:labbni itabbaêni "qui m'aime me sui-
ve".
Précédé de· préposi tians, man se présente comme l' in-
terrogatif de même forme; alli (addi) forme les com-
plexes b-alli (b-addi), l-a11i (l-addi), f-alli (f-
addi) , mn-alli, m-alli (mn-addi, m-addi) etc.
Eventuellement askün (skün) peut passer de l'emploi
--- --- -,) y -" -
interrogatif à l'emploi relatif: askun
ja "je ne sais qui este-ce qui) venu", avec renforce-
ment possible de alli (addi) : askün alli (eddi).
b) En construction corrélative, c'est-à-dire en proposi-
tion relative et se rapportant à un antécédent dans
la phrase principale, c'est alli (addi), à l'exclu-
sion de : :aF-.t;ajôl IIi ja "l'homme qui est venu";
d+-,çajëJl IIi "l'homme que j(e l'lai rencontré";
'df'-.;:-ajal IIi amant ffh "l'homme que j'ai confiance en
lui (= en qui j'ai confiance)".
205
2. Pour les choses
a) Dans l'emploi absolu, avec le sens de "ce qui, ce
que", on cannait dans tout le Maghreb
qui est courant, en concurrence avec
- a11i, parfois réduit à li, à 1- en Tunisie
- addi (di) dans les mêmes parlers que ceux que l'on
-- -
a envisagés ci-dessus : ma (alli, addi) tqul-li
nqül-Ia k "ce que tu me diras je te le dirai".
Précédé de prépositions, alli (addi) forme les mêmes
complexes que lorsqu'il désigne les personnes; mais
ma ne se combine guère qu'avec ela : Ela-ma.
b) En construction corrélative, alli (addi) est seul en
usage: a11i (addi) qUlt-lak "la chose que je
t'ai di te ft •
Fréquemment, combinaison avec une préposition,
passe de l'emploi interrogatif à la liaison relative,
précédé de al li (addi), notamment au Maroc, en tlem-
cénien et dans le Nord constantinois : al-tam alli
msIt "l'année où je suis parti".
206
E. INDEFINIS
Sous cette rubrique, on groupe traditionnelle-
ment un ensemble de termes, ou de complexes, qui possè-
dent en commun le caractère de l'indétermination, mais
qui appartiennent en fait à des catégories variées du
langage, distinctement ou tout à la fois pronoms, subs-
tantifs, adjectifs ou même éléments invariables ou ad-
verbiaux.
L'arabe maghrébin rend le sujet (indéterminé,
vaque) du verbe, habituellement par la 3e personne du
pluriel, quelquefois par la 1ère personne du pluriel
- vI" dit" Il est souvent fait recours à qalu, qu na on a •
bn-adam "on", proprement "fils d'Adam" ;
l-ansan "l'individu" ;
as iqùI (ou bien
Quelgu'un
C'est
qui est susceptible de varier en genre et en
nombre, fém. pl. mase. warydIn, et aussi
dans les parlers bédouins, fém. Parfois on le
trouve dans des parlers citadins d'Algérie (Cherchell,
Alger, Dellys, Djidjelli, Constantine) précédé de
kas-wal;lad, avec une nuance d'indéfini soulignée "quel-
qu'un Cd'aventure, si cela se trouve)lt.
On notera aussi que peut revêtir la forme du di-
207
minutif : fém. ; pl. uryIdIn, fém.
dans les parlers bédouins; fém. pl.
uQlrydat dans les parlers marocains et certains parlers
citadins et ruraux d'Algérie, avec le sens "un petit
quidam, quelque(s) petites), un petit nombre den.
hadd (du cl. panmaghrébin, comme waDad ;
--- ---
waryad et ryadd peuvent être précédés au Maroc et en
Oranie de 51- : sI-wapad, sI-t)add "quelqu'un, un cer-
tain, un quidam" ;
'SI-nas marque le pluriel : "des gens
ll
- flan, fém. flana correspond à "un tel".
Qui gue ce soit
On emploie encore avec ce sens
- waQôd, qui peut être suivi de man-
wala, etc.
kull, proprement "tout qui = quiconque" : kull-min
yaémal yalqa "quiconque fera trouvera (la conséquence
de ses actes)" ;
(parfois fém. qui s'entend sporadi-
quement
man-ma, skün-amma s'entendent au Maroc, plus fréquem-
ment dans les parlers bédouins
alll-huwwa,<>llI-hryya : "l-m;-a lll-hIyya "n'importe
quelle femme" à Cherchell.
Quelque chose
On recourt habituellement à
ou si, proprement "chose" ;
si précédant un nom, singulier ou pluriel, indé,terminé,
- 'fT - "l tU
signifiant "quelque
ll
: que que argen
- Qaja "chose, affaire" généralement précédé de si, qui
renforce la valeur d'indétermination: ' sI-qaja.
208
Quoi gue ce soit
sI-haja est également usuel avec cette valeur
que
parallèle, dans sa diffusion, à
ainsi
mahma, courant en Tunisie dans les tournures mahma kan
"quoi qu t il en soi t
ll
, mahma-ma "quoi que ce soi t")"n 1 im--
porte quoi
ll
kull-ma, proprement "tout ce que" : kull-ma yatmal
"tout ce (quoi) qu'il fera (::::: il aura beau faire)"
- 'aill-huwwa, allI-hlyya : kalma IIi hlyya "n'importe
quelle parole" à Cherchell.
L'héritier de ma d'indétermination absolue
(cl. ma l-Il-'!bham) est conservé dans nombre de parlers
maghrébins, surtout dans les parlers bédouins. Il est
postposé au nom et sonne, soit redoublé dans le Maghreb
central -amma, soit non redoublé dans le Maghreb orien-
tal -ma: nhaf-amma, nha:;--ma "quelque jour. que ce soit
U
,
waqt-amma, waqt-ma "à quelque moment que ce soit",
fas-amma, fas-ma "où que ce soit".
Personne
Le maghrébin se sert de
wal),ad, tladd, très souvent renforcé par "jusqu'à,
même", qui le précède:
I:latta-wal)ad,
tous termes qui figurent généralement dans
un environnement négatif.
La négation la peut souvent précéder
la-wal)ad,
Ces mêmes complexes figurent, avec valeur négative, en
réponse à une question positive : ja-si 7
J;latta-waJ:1ad (l:ladd) ? "Est-il venu quelqu'un? - Per-
209
sonne".
wali, la-wall, est libyen.
Le terme habituel, pan maghrébin , est
; il est volontiers précédé de

ryaja, J;latta-ryaja,
walu,qui s'entend au Maroc infiniment plus que les au-
tres termes, mais qui est employé dans toute l'Afrique
du Nord.
Un, autre
On oppose naturellement
waJ;ldd, variable, on l'a vu, à
ab9f, fém. pl. 9Qçat dans le Nord et le
Sud constantinois (Djidjelli, Souf, Oulad Djellal),
c'est aba+, aOFa, ;
ahqça, ahçç;;n" ; et Tanger

Alger juif connatt ahor,

éventuellement yaQ9f, yahça,
Déterminés, ces termes sont l-wal)ad, l-a09+ etc.
On relève en Libye pour "autre"
lani, fém. tanya, pl. tanyln, qui est variable post-
-- - --
posé au nom, et invariable préposé au nom : man-blad
t:anya, man-'tani-blad "d'un autre pays" ;
glaf, adverbe postposé au nom, est propre au Nord
constantinois Oi;yy.ar waJ;lad Vlaf "choisis un autre".
Le terme essentiel pour désigner la totalité
(ensemble de notions dénombrables) et l'intégralité
210
(ensemble de notions partageables) est kUll, qui, dans
certains parlers citadins et ruraux, se prononce souvent
kalI. Il garde toujours sa valeur originelle de subs-
tantif. On distinguera quatre constructions possibles
de kull :
- Kul! déterminé par l'article, al-kull "le tout", en
apposition à un nom pourvu de l'article défini: an-
nas "les gens la totalité (= tous les gens)"
il se présente souvent en Oranie et dans les parlers
bédouins d'Algérie sous la forme dk-kull, avec assimi-
lation de l'article.
Il peut être précédé de la préposition b- : b-al-kull
(b-uk-küll) et devient alors un véritable complexe ad-
verbial ayant pour sens "en totalité, complètement,
tout à fait" : cH-mdIna "la ville en totali-
té" t an-nas b-al-kull "les gens dans leur totalité",
b-al-kull "tout à fait maladelt ; il est alors,
dans certains parlers citadins et ruraux d'Algérie,
susceptible de recevoir des augmentatifs : b-ai-kalilt
----c---'
b-al-kallItak, b-al-kallItIk, ensemble qui peut même
être déterminé : al-b-al-kalIItak ;
kull déterminé par un pronom suffixe al -mdIna kullha
"la ville sa totalité (= toute la ville)", an-nas kull-
hum IIl es gens leur ensemble (= tous les gens)" ; avec,
à Tlemcen et en Libye, le féminin kullat : kullotha,
kullathum. Le complexe peut être également précédé de
préposition : b-kullha, b-kullhum
kùll déterminé par un nom singulier pourvu de l'arti-
cIe: kùll-an-nas "tous les gens", kull-an-nsa "toutes
les femmes".
On peut encore employer
- "la totalité",
jml€.. "ensemble" : jaw jml€. "ils sont tous venus",
211
gat., proprement "jusqu'au fond" gaf.-an-nas, an-nas
gat. "absolument tous les gens", gaë. "tout à fait
malade" ,
kamal, fém. kamla, pl. kamlln, proprement "complet" :
an-nhar kamal "le jour étant complet (= toute la jour-
·née)", al -IIla kamla "la nuit étant complète (= toute
la nuit)".
Chague-
Le même terme küll (kalI) va exprimer la no-
tion de totalité distributive. Il est alors premier
terme d'un rapport d'annexion dont un singulier indéter-
miné est le second terme :
ktHl-wal,lad ou kÜII-J:ladd, fém. küll -waryda "chacun, cha-
cune" ; kull-,fâjal "à chaque homme sa natu-
re" ; kull-blad u-Iügatha " chaque ville a son idiome
(propre)" ; à Tlemcen kulla-yÜm "chaque jour" ;
- souvent kull-as (kalI-as) dans cer-
tains parlers citadins et ruraux, "chaque chose" ;
killlât, en Tunisie : kullât u-qasmu "chacun sa part"
- kull suivi de man, en Tunisie : killl manhum "chacun
d'entre eux".
On peut aussi employer kùll suivi d'un nom au
duel ou au pluriel (désignant en fait non une pluralité
mais un ensemble global d'unités) : ktill-yÜmayn "Chaquel
Ca tous les) deux jours", kull--çla;a §hur "chaques(=tous
les) trois mois".
Certain
En l'opposant à killl "tout, totalité, ensem-
ble", le maghrébin se sert de bllEg (bac<!, baéi;) propre-
ment "partie, portion", qui d'emplois
212
sa valeur de substantif . On le trouve dans plusieurs
constructions :
indéterminéjou déterminé par l'article, "une
partie" ou al-baé9- "la partie ( ... certains)" ma
iqülu "c'est ce que disent certains"
baEg déterminé par un suffixe personnel : baedo manna
--"-'--- -
baedo manna "une partie (de lui) par ici, une autre
---"-'- ---
par là" ;
- baEç déterminé par un nom au singulier en rapport
d'annexion: nuqEÇld baég-waqt fI-tünas "je demeurerai
quelque temps à Tunis" ;
déterminé par un nom au pluriel en rapport d'an-
nexion, pourvu de l'article défini: baëg-an-nsa "cer-
taines (des) femmes" ; ou non pourvu de l'article
baéq-klab "des chiens, quelques chiens" ;
suivi de la préposition man introduisant un nom
au pluriel mn-c3n-nsa "certaines femmes".
Les uns les autres
C'est encore qui sert à exprimer la réci-
procité :
étant répété, dans une construction fidèle à la
langue classique : yam§iw baE.d "ils par-
tent les uns avec les autres" ;
baég non répété, avec pronom suffixé
- _.
"pourquoi vous haIssez-vous les uns les au-
tres 7"
non répété, sans pronom suffixé et précédé de
dans une tournure qui semble inconnue des parlers
de l'Ouest maghrébin: "ils partent
les uns avec les autres ( .. ensemble)" ;
baéd sous la forme pourvue des suffixes person-
nel: du pluriel, :
"ils m'ont suivi les uns derrière les
213
autres", complexe qui est surtout en usage dans l'Est
algérien et la Tunisie centrale ;
sous la forme suivie des suffi-
xes personnels du pluriel, complexe qui est courant au
Maroc et en Oranie : yamnu "ils ont
confiance les uns dans les autres".
Même
La notion d'identité est rendue volontiers par
le numéral "un"
- fém. postposé au nom
sens".
On peut aussi utiliser
invariable, précédant le nom indéterminé : éan-
dhUTii" fard-jamaf. "ils ont une seule et même (= la même)
mosquée" ,
nafs, suivi également d'un nom en rapport d'annexion:
éandhum nafs-l-amwal "lIs ont la même fortune", tour-
nure usuelle en Tunisie.
Cette notion est proche de celle qU'exprime le réflé-
chi pour lequel on a recours à nafs, pourvu de
suffixes possessifs, et à Qat, tous termes qui seront
examinés au chapitre des adverbes et locutions adver-
biales;
précédé de fI, et pourvu de suffixes personnels
s'entend aussi, mais est d'un emploi classicisant
b- "dans (le fait) même".
Pour marquer la différence, on peut employer
- anor, fém. pl. que l'on a vu à
propos de "autre" opposé à "un" : ;-ajal a!}è;>.ç "un autre
214
homme" ; "une autre" se dit watt da i?b.ça, ou wal:'da-V.;-a,
ou wâhd-Çioça ;
fém. Œ pl. abranIyyIn, usuel en Algé-
rie, signifie "autre, différent", mais aussi "der-
nier
n

La notion "autre que , différent de" se rend
plutôt généralement par
suivi de suffixe personnel ou de nom
"quelqu'un d'autre que toi" ;
- nlaf, qui s'entend dans le Constantinois
"autre que moi".
Le terme le plus courant, panmaghrébin, est
- waryd-, pourvu des pronoms suffixes: .wal;ldi,
warydu, warydha (ou ü9ddha ou etc. : jIt ana
waJ:ldi "je suis venu moi tout seul" .
mentatifs
dans les
wal)dItak,
sition b-
Cet outil est susceptible de recevoir des aug-
waQdIk , wahdIh, etc. ; warydak, etc.,
parlers du Nord constantinois ; warydIti,
au Maroc. Il est souvent précédé de la prépo-
: b-waQdak, b-waQdIk,
"toi-même, par toi-même, toi tout seul
H

Notons que rejoint fard dans le sens de
"seul et même".
Signalons aussi la tournure, d'un emploi géné-
ral en Algérie et en Tunisie: ja bIh b-ç,wladu "il est
venu seul (rien qu') avec ses enfants".
"Seul" dans le sens de "solitaire" se dit un
peu partout
wâQdâni, fém. pl. wâQdânlyyIn
waQad, frId.
LES PARTICULES
Le chapitre des particules est un peu un
"fourre-tout".
On y parle d'abord des prépositions. Elles
sont présentées sous la forme d'une simple énumération,
avec les exemples qu'il a paru nécessaire de donner pour
préciser les formes qu'elles peuvent revêtir.
Leur font suite les conjonctions et ligatures
conjonctives: d'abord celles qui coordonnent, ensuite
celles qui subordonnent, selon une distinction souvent
malaisée à établir.
Enfin l'on examine les adverbes et locutions
adverbiales : expression du lieu, expression du temps,
expression de la quantité et de la manière.
Ce que l'on a groupé sous la rubrique "Parti-
cules" ne compte que l'essentiel d'une matière considé-
rable, qui ne saurait être plus résumée. Il serait cer-
tes possible d'accroltre l'importance d'une telle étude,
tant sont nombreuses les créations dialectales dans le
domaine des ligatures et des locutions. Mais la limite
entre ce domaine et le monde des expressions et des tour-
nures apparait alors extrêmement imprécise. C'est, dans
l'ensemble des parlers maghrébins, un monde sans dimen-
sion précise, et au reste mal exploré.
216
A. PREPOSITIONS
Etudier toutes les prépositions, tous les com-
plexes prépositionnels en usage au Maghreb, dans la va-
riété de leurs formes et dans leurs divers emplois,
n'est pas à envisager dans le cadre nécessairement res-
treint du présent exposé.
On se bornera à examiner les prépositions sim-
ples et composées les plus usuelles ; puis à énumérer
celles qui apparaissent moins courantes ou plus tlloca_
les", le choix entre les unes et les autres étant natu-
rellement arbitraire.
- bi : Outil "instrumental" par excellence, il indique
"par qui, par quoi une chose est faite". L'emploi en
est très étendu et exprime également l'idée d'associa-
tion, la valeur très extensible d'une caractérisation,
toutes notions déjà attestées en arabe classique.
Mais il en est une que la langue littéraire dénote et
que les dialectes ne semblent, en avoir
retenue, c'est celle de la localisation.
La voyelle i (cl. bi) est le plus souvent amuie de-
vant les noms : ;-ajal b-éaqlu "un homme avec (= doué
de) son bon sens", b-slama "avec le salut (formule de
poli tesse) ", b-al-t.aks "au contraire", b-udanha "par
son oreille", b-çwladu "avec, par ses enfants".
Mais, devant suffixes personnels, la voyelle est
toujours audible, longue : bryya, bIk, bIh, bIha, bIna,
bIkum, bIhum. Dans le Cap Bon (Tunisie), le féminin
217
est parfois baha (et de même pour f1-
laha ; e..la- : elaha).
Notons aussi la tournure, qui semble assez répandue
au Maghreb, où bi est répété devant deux termes :
bIh b-m,aryam "i'l est venu (lui) avec Myriem".
Particule de serment, bi est usuel dans bl-llah(!j
"par Dieu".
- fi : Exprime la localisation sans mouvement "dans",
bien spatiale que temporelle et figurée ; ainsi
que la continuité de l'action exercée sur un objet.
La voyelle est (cl. fI), et parait, dans l'ensem-
ble, assez stable. On l'entend volontiers devant un
nom en position de syllabe ouverte (c + v), mais il
arrive également qU'elle s'amuisse en toutes positions:
fI-daf9 ou f-da.rQ "dans sa maison", fI-l-€.ada ou f-l-
Eada "d'habitude", f!-bladna ou f-bladna "dans notre
pays", fI-uganha ou f-ud.mha "dans son oreille",
f-ayn, fayn, fIn "où 7".
fIyya, flk, fIh, flha,
fIna, fIkum, fIhum.
- man: C'est la préposition qui marque la provenance,
l'origine, la cause, ou encore la matière (dont une
chose est faite).
Devant noms à initiale consonantique, elle revêt
habituellement la forme
- rnan- : man-bab l-bab "de porte en porte", miln-l,1dId
"de fer".
Devant noms comportant article défini ou initiale
vocalique, c'est
mn- : mn-al-OQf "de peur", "de ta gauche".
Mais il est fréquent, dans de nombreux bé-
douins et de l'Est maghrébin, que la forme se réduise à
m- : m-ad-dar "de la maison", rn-alli "de ce que,
puisque" •
218
Et, s'il n'y a pas chute, il se produit souvent
assimilation de n aux phonèmes "liquides" (!.' E.) et
parfois aux "sifflantes" : mar-fasu "de sa tête",
Sd>tta "à partir de six (heures)".
Pourvue de pronoms suffixes, la préposition est
devant initiale consonantique : manha, m3nna,
mankum, manhum,
menn- devant initiale vocalique manni, .ffiannak,
mannu.
- l : Dénote l'attributio n, la des tination, la localisa -
tion avec mouvement, tant spatiale que temporelle et
figurée .
Elle est dépourvue de voyelle propre (cl. la, li) :
da+ I-babah "il se tourna ver s son père", I-dd-
dar "je reviens à la maison", t)atta-l-éS!yya "jusqu'au
--'
soir" t las "à quoi ça sert 1".
Avec les pronoms suffixes, la série est !i,
lha, Ina, lkum, lhum. Mais on constate que, dans cet
emploi, 1- ne peut généralement pas être autonome. Il
n'y a qu'en Libye où il est possible de l'admettre
dans une proposition nominale comme : haga li "ceci
est à moi
lt
• Partout ailleurs on aura, non 1-, mais lJ-;
li : C'est sans doute l'héritier de l'ancien 'ïla.
Dans la grande majorité des parlers maghrébins, qu'ils
soient citadins, ruraux et bédouins, on ne le trouve
que pourvu des suffixes personnels : lIk, lIh,
llha , lIna, lIkum, l Ihum ; série qui, dans les parlers
bédouins, comporte une diphtongue pleine ou une
diphtongue partiellement réduite :
etc. Cette série constitue alors le
doublet de la série lJ:, etc., mais marque
l'attribution, la destination, le mouvement, avec plus
d'instance: smiE-lu "il l'a écouté" , sm;E IIh Ilii lui
a prêté gül-li "dis-moi", qül l'iyya "dis-
219
moi, à moi" ; et est généralement seule possible en
proposition nominale: hacj a ltyya "ceci est à moi",
lIha §har ma-'!iaf"tni "à elle (= il Y a) un mois
qu'elle ne m'a vu".
Images plus fidèles du prototype ancien, plusieurs
formes se trouvent en usage devant noms, dans tels ou
tels parlers maghrébins :
li dans les parlers de l'Est, Sud tunisien et Libye:
msa lI-l-bIr "il alla le puits" ;
la dans le Nord constantinois l)"tta-la-wal)ad "ab-
solument à personne" J
lIa courant dans les dialectes du Sahara algérien et
du Sud marocain et tunisien, et aussi en Libye (sou-
vent sous la forme alya) alya-d-daç "vers, jusqu'à
la maison"
lya, lyal, ilal, laI, en usage en Oranie : ilal-
darhum "vers, jusqu'à leur maison", parfois précédé,
comme à Tlemcen, de gIr : gIral- (9Irlal-) dafkum
"jusque chez vous".
On trouve · enfin une série complexe (sans doute II +
pourvue de suffixes pronominaux:
lIli, lIlak, lIlu, lIlha, lIlna, lIlkum, lIlhum, qui
s'emploie dans le
et en Libye ; qui
Nord marocain (Tanger) , en Tunisie
lallu, etc.
hadak lI1na
se présente sous la
dans le No rd-Est tunisien
"celui-là est à nous
ll

f o rme lalla k,
(Tabarka ) :
- êla : Les sens en : la position s upé-
rieure, la superposition, l'obligation, la valeur ad-
versative, la contiguIté, la c o nformité à une n o rme ,
etc.
Elle revêt diverses formes devant noms
- €la- est toujours possible (cl. €.ala) : fla-rayi "à
mon avis", é.la-ktafi "sur mes épaules", E.la-imInak
nA ta droite" ;
220
él- est fréquent devant noms pourvus de l'ar-
ticle : "sur le chemin", "sur
les gens" ;
éal-, parfois, devant consonne + consonne
ktafi
d'l-
ea-, avec perte du !, est usuel dans les parlers de
l'Est maghrébin: e.a-s-slama "au revoir", ea-s-xbah
"au matin".
Pourvue des pronoms suffixes, la série est é11yya,
élrk, élrh, elrha, élrna, élrkum, Elrhum ; et, dans
les parlers bédouins, "l<}yya,
etc.
Ean : On constate la disparition à peu près totale au
Maghreb de cet héritier du éan classique, excepté dans
des parlers sahariens et libyens, où elle se substitue
à ela devant noms, surtout devant pronoms suffixes :
éanni, eann-ak, eannu, Eanha, eanna, œnkum, e::anhum.
me.a : Cette préposition marque l'accompagnement "avec",
éventuellement, une valeur adversative proche de "mal-
gr'" ; et aussi la concordance dans l'espace et le
temps. Parmi les parlers du Sud algérien,
et parfois ceux de Libye, on emploie habituellement la
forme à métathèse éma. Les deux formes rnEa et €ma
comportent une voyelle longue (alors que le cl. est
qui est relativement stable:
"avec mes parents", méa-I-wad "le long de l'oued",
lTlê.a-I-fja+ "avec l'aube", me..a-uladu "avec ses enfants".
Mais on entend parfois mE-, et même maé- dans les par-
lers b'douins.
Pourvue des pronoms suffixes, la série est méaya,
mEak, mEah, mEana, méahum.
: "auprès de, chez" est d'un emploi gén'ral sous
cette forme au Maghreb (cl. érnda) . Mais, dans cer-
tains parlers citadins d'Algérie, elle sonne eadd ;
221
cette forme (où n est assimilé à ct ! dd) est également
connue des parlers sahariens et libyens, qui utilisent
aussi éad. La préposition éand (et ses variantes)
sert partout à exprimer l'appartenance, la possession;
elle forme alors un complexe proche de la notion ex-
primée par le verbe "avoir" : éandi, EandCJk, e.andu,
éandha, éandna, éandkum, éandhum "j'ai, tu as, il a,
etc.".
bIn ! Signifie "entre". C'est b;;n dans les par-
,
lers b'douins (cl. bayna). Souvent quand on veut mar-
quer la distinction, la s'paration entre deux notions,
bIn est r'pété devant chacun des deux termes : bIni u-
bInak "entre moi et toilf. Souvent aussi, surtout dans
les parlers citadins et ruraux, quand la préposition
est suivie d'un nom ou d'un pronom suffixe au pluriel,
elle a la forme bInat : bInat-an-nas "entre les gens",
bInatna "entre nous".
.1:lg.a : "auprès de" (l).da) : hga-ml)ammad Ifauprès de Moham-
med", ogaya, l:1dak, etc. "auprès de moi, de toi, etc.
lf
;
guddam: "devant" (gaddam, Quddam) : guddam-bab-<td-dar
"devant la porte de la maison", quddarnha "devant elle";
u+a : "derrière" (Q"f'a) : u.ça-l-bab, u.ç-al-bab "derriè-
re la porte", u;.-ak Itderrière toi" ;
- fQq : "au-dessus de, sur" (fqwg, fQ"g)
"sur le cheval", fQqha "sur elle" ;
- talJ,t : "au-dessous de, sous" (tapt) :
"sous le burnous, sous le manteau
ll
, ta:l;1tu "sous lui"
- : "à l'intérieur de", devant noms: dapal-l-bIt
"à l'int'rieur de la pièce"
hâra j : "à l'extérieur de" devant noms
"hors la ville" ;
harj-dl-mdrna
"comme, semblable à" kIf-;ls-samS "comme le
222
soleil", klfhum "comme euxl1 ; le terme est volontiers
répété devant deux noms dont on veut souligner la res-
semblance , l'identité: kIf-l-ansan kIf-al-kalb "(il
en est de) l'homme comme le chien", kIf! kIfak "moi
comme toi"
ki : Doublet du précédent, ne s'emploie que devant
noms : ana kI-bük "je suis
parfois réduit à kô-, k-
de" ;
tout comme ton frère" ;
k-al-eada "comme d'habitu-
sgal : "comme, semblable à", devant noms
"comme un diable" ;
matl
noms
"même sens" (matI, mtal), devant noms et pro-
ncomme l'ogresse", mtalha
"moi comme elle" j
: " même sens" et aussi "à la mode de" :
an-nhar "comme la lumière du jour", zi;!:yyi "moi
comme vous" ;
- qartd : proprement !là la taille de", et souvent avec la
valeur Il comme , semblable à
ll
(gadd) : q,addu qddd-.;:ajai
"il est aussi grand qu'un homme", ana qaddu ttje suis
comme lui" ;
- bae.d : "après" : "après la prière",
bat:.dna "après nous" ;
- qb-al : "avant" (gabl, gball : "avant la
nuit", .9bëllhum "avant eux", qab18k "avant toi" ;
"par, au nom de", particule de serment: u-fasak
"par ta tête", "par Dieu".
Citons encore
1;:91 "le long de",
- twali, twal : "vers, en direction de
ll
,
jIht, jwayh, jwayht "du côté de, aux environs de",
nhat, nwayh, nwahi : "même sens",
l)wayt : "même sens",
day:r "autour de".
223
On relèvera aussi des termes qui semblent plus
proprement bédouins comme
5'399 : "au-delà",
dün "en deça",
gatéfE.. Itde l'autre côté de",
saw : "en avant, en tête de",
- égab : "à la suite de",
gubal, gubalt "en face de",
- swa:r : "en direction de",
et, plus spécialement en usage en Libye,
sot' : "en direction delt,

!là côté de" .
Peuvent être rangées parmi les prépositions
les particules d'annexion indirecte qui ont été étudiées
à propos de l'Etat du nom mtaé , ntâE, taE, addi (ddi,
di), dyal, jan.
Mention doit être faite également de partici-
pes du thème III qui sont devenus de véritables préposi-
tions, comme ms ami "à côté de", rnqabal "en face de",
mwâja h "face à, donnant surI!, mj awar "voisin de" etc.
Il est enfin plusieurs termes qui sont occa-
sionnellement prépositions, mais qui connaissent d'autres
emplois comme adverbes, comme conjonctions (ils seront
étudiés en leur lieu et place) : hta)
"jusqu'à", 0I1la (lIa) "rien que, si ce n'est que", gIr
qa) "autre que, si ce n'est que, excepté", sIwa
"excepté".
224
Elles sont généralement suivies de noms ou de
pronoms suffixes, mais d'une façon qui est variable sui-
vant les parlers. Elles sont constituées par une prépo-
sition suivie d'un nom, ou d'une autre préposition, ou
d'un autre élément.
al bi + --
b-l}al "dans l'état de", et courant au Maroc dans le
sens de Itcomme", en substitution de kIf, kI (k) ;
b-o<ja (l)da) "à côté de", en concurrence avec 1').ga et
souvent préféré à lui ;
b -la "sans", quelquefois prononcé bI-la, en Libye ha-
la ;
b-gIr "sans" ;
b-sb'ab lien raison den.
_ b-J<)nb (jamb) "à côté de".
bl fi + --
fI-mkan !tau lieu de, à la place de", en Libye fI-bkan;
fI-bQqt:..a "même sens", d'emploi surtout tunisien;
fI-mhall "même sens"
fI-mQqaf. "même sens"
fI-maQ.çab "même sens" ;
"même sens" ;
fI-é.oq. (€.QQ) "même sens" et "en substitution de"
(nq:?f) "au milieu de"
fI-wQq1; "même sens" ;
fI-93lb (qalb) proprement "au coeur de", dans le sens
de "dans" ; dans nombre de parlers citadins d'Algérie,
il est souvent préféré à fi ;
fI-!?dar (sdar) "même sens" ;
fI-j"anb (J .. mbl "à côté de", concurrençant l)ga
fI-jIht (jwayh, jwayhtl "aux environs de".
225
c) man + --
Dans le parler algérien de Cherchell, c'est le plus sou-
vent mal, non man.
môn-éla "de dessus"
man-fqq (fqg) "au-dessus de" ;
rrran-tal).t (tal)t) "en dessous den
môn-:-quddam "par devant" ;
mn-ufa npar derrière" '. et procédant de mn-al-
Qfa, une forme à métathèse maF-Fawla,
+awl que connaissent Alger, l'Oranie et certains par-
lers marocains ; m-Q+a, a, à Tanger, à peu près
évincé ;
- "du milieu, au milieu" ;
- man-wQ$t (wQ!?!?) "du milieu, de l'intérieur"
- man-nalf "par derrière" ;
man-blaf, m-1'11af "à l'exception de", fréquent dans les
parlers citadins d'Algérie
m-bru:.d "après" ;
man-qabl (gabl, qbal) "avant"
man-jIht "du côté de" ;
.man-gIr "sans, à l'exclusion de"
man-dün "même sens" ;
rnan- 1:tga "à côté de", à Taza ;
!l à cause de , relativement à" dans les par-
lers marocains.
dl 1+-
"(en allant) chez, auprès de"
- I-dahûl "à l'intérieur de"
- l-haraj "à l'extérieur de"
- l-bafra "même sensll ;
- l-fOg "au-dessus de" ;
I-tal;lt "au-dessous de"
"dessous" .
--_0_0- ,
l-qiiddam "dessus" .
226
e) 61a + --
- ela-baffa "en dehors de, à l'écart de" ;
éla-J:lsab "suivant, selon, d'après" ;
"à la connaissance, à l'intention de"
"selon, au goût de"
éla-janb (jamb) "à côté de"
- "le long de" ;
éla.-twal lien direction de"
Lla-güd "même sensU ;
êla-ja.ç}:' "même sens", ces deux derniers bédouins
"exprès pour, avec l'intention de", propre-
ment oranais et marocain
éI'a-jal !là cause de"
Ela-san "même sens", réduit à éasan en Libye
ë.la-sôbb IImême sens", éla-msabbt- à Taza.
f) Il\é.a + --
- mE.a-sq1;t; "à côté dell, courant dans le Nord constanti-
nois, où le complexe est volontiers réduit à méa-st_
Remarques sur les prépositions composées
a) Il est souvent malaisé de discerner, car la
situation est variable suivant les parlers, et même à
l'intérieur d'un seul et même parler, l'emploi préposi-
tionnel de certains complexes prépositionnels, de l'em-
ploi adverbial ; notamment dans le cas de ceux dont man
et l constituent les premiers éléments. On observe sou-
vent que l'emploi prépositionnel peut être tiré de l'em-
ploi adverbial par l'adjonction de la préposition man,
postposée au complexe : fQ'q (ou mannu 1Ipar des-
sus lui", tal).t mannu, man-tal;1t mannu, l-ta};lt mgtnnu 1Ide
dessous lui Il, (1-) ba;:;-a mn-al-blad "hors la ville", etc.
b) L'adverbe l)atta 1Ijusqu'à", marquant le
point extrême, la limite, se combine volontiers avec di-
verses prépositions, simples ou composées: l;1atta-I-ad-
1
1
227
daf "jusqu'à la maison", Q.é'ltta-m,:tnnu "même de sa part",
J:1<:ttta-f9q-m-annu "jusqu 'au dessus de", hatta-m(tn-j!ht-al-
blad "Jusqu'aux environs de la ville".
Disons en conclusion que la possibilité de
créer des locutions prépositionnelles, combinant prépo-
sition et nom, ou tel autre élément, en y faisant
ciper en outre tel ou tel adverbe, est pratiquement in-
finie. Aussi bien l'inventaire qui précède peut-il être
considéré comme un simple échantillonage.
228
B. CONJONCTIONS ET LIGATURES CONJ ONCTIVES
et
- u-, qui s'articule généralement
en voyelle u- devant consonne + voyelle
"et ma maison",
u-da.çi
en semi-voyelle devant voyelle : w-abc?:r "et
un autre" ; ou devant voyelle + consonne : !!!...-
iqatlu lIet il le tue",
en semi-voyelle suivie d'une voyelle de tim-
bre variable w - devant consonne + consonne :
wa-ngatlu "et je le tue".
Mais il faut observer que
peut varier considérablement
l'articulation u/w/wa
d'un dialecte à l'autre,
suivant la nature des phonèmes contigus , et suivant la
structure syllabique du mot qui précède et du mot qui
sui t.
Notons aussi que la conjonction u- n'est pas seule-
ment coordinative.
C'est à propos de "et" qu'on mentionnera le
complexe, hérité du classique, et d'usage panmaghrébin,
muni des pronoms suffixes de deuxième et troisiè-
me personne: ana "moi et toi", hüma
"eux et elle" ..
ou (ou bien)
aw est employé partout, mais le plus souvent par des
demi-lettrés, ou avec un souci littéraire ..
.229
On a généralement recours à
w-ulla, w-alla, proprement lIet si non
ll
, prononcé aussi
avec une articulation classicisante wa-'illa.. On
l'entend souvent avec perte de la voyelle finale: w-
all (üll), à la fin d'une phrase interrogative ou ex-
clamative ; ou bien, dans les mêmes conditions, ren-
forcée par la négation la : w-alla-la 1I0U bien n on 7 Il
La tournure alternative comportant répétition
de la conjonction devant deux-mots ou en tête de deux
membres de phrase: "ou ••• ou", très proche de "soit
••• soit" correspond en arabe maghrébin à
amma ••• aw, amma
ya .... ya,
swa swa,
bga ••• bga,
w-alla,
et dans les dialectes sahariens
sta ••• sta,
J:labb l)abb.
C'est généralement
lakin, lakan, qu'on emploie soit isolé, soit pourvu
des : lakanni, lakannak, lakannu,
lakanha, lakanna, lakônkum, lakanhum ; et qui cannait,
suivant les dialectes, des variantes nombreuses :
layn, lakant, lamkant, làmkan, lammakan,
lammIkan, laman, amkan, etc.
On entend aussi, avec valeur adversative,
,
b-al-I)aqq,

- ammala, hammala
b-a g-<?add.
230
au contraire
or, donc, alors
ammala est d'un emploi très général. Mais on entend
aussi
à Tlemcen,
hak- as- saEa, w- ak-ds- Sata, dak
- saéatha, waqtha,
baédan, mam- baéd,
- hi?ywa, rwa,
en Tunisie.
en bref
al - hasol, avec les variantes ôl-
hâsQle, al-ryason;J
l - gaya, gay tu , gaytha .
marra
.
. . .
...
saEat,
ma-blh
et plus rarement
tâf'a .... taFa,
- tâf'âtan,
<lJ:1yânan ..
tantôt ••• tantôt
231
autant •• • autant
L'expression, en deux membres de phrases qui
se font écho, de l'équivalence, de la s upériorité, de
l'infériorité,est rendue, semble-t-il, par les mêmes
termes :
- qfldd-ma ••• qadd "dimension de ce que", prononcé gBdd-
ma ••• 3add dans les parlers bédouins parfois pré-
cédé de la préposition êla- ; parfois à ma est substi -
tué 11i;
qadar-ma ••• qadar-ma parfois
- kI- , kIma • • • kI- s'entend aussi.
Les termes qui dénotent le balancement "soit
que ••• soit que" servent aussi à cet usage:
amma •• • amma (imma wa- imma), amma aw
swa ,
bga bga.
En Oranie, citadine et bédouine, on emploie
aussi
suivi de pronoms suffixes ou de
noms,
ma-dam ma-dam dans le sens de "plus • •• plus",
.ma-dam ma ••• ma-dam, dans le sens de "moins . .. .
moins" ,
- hodâh

pC?Qah.
232
Pour représenter cette "conjonction universel-
le" du français, la forme dialectale héritée du classi-,
que 'an
.nna.
- an (n) est employée au Maghreb,parfois sous la formel(
Dans l'emploi isolé, elle est en usage, exclusive-
ment semble-t-il, dans les parlers bédouins, en Algé-
rie, en Tunisie et en Libye.
Comme ligature suffixée à des termes conjonctifs,
elle est très fréquente dans ces mêmes parlers, et
plus largement encore : ainsi ryatta-n, cjIr-an, nhir-an,
etc.
On la trouve encore précédée de la préposition bI,
dans le complexe
- bayn, bIn, qui s'entend au Maroc et en Oranie après
des verbes et des tournures exprimant une déclaration
quelque peu solennelle (jurer, affirmer, par ex.).
Hormis ces emplois, qui sont limités, la liga-
ture la plus courante au Maghreb est
311i (li), qu'on trouve isolée, mais volontiers précé-
dée de la préposition b- :
b-alli, surtout en Algérie citadine et rurale, après
des verbes déclaratifs où l'asyndète est, dans d'au-
tres circonstances, constante; alli est également li-
gature conjonctive dans la plupart des parlers maghré-
bins, élément suffixé à de nombreux termes conjonctifs
comme etc., sous la forme alli,
li, et, en Tunisie, al, l.
- dddi (di), dans les mêmes usages que alli, seule ou en
composition; s'entend beaucoup au Maroc et dans les
233
parlers citadins d'Algérie.
ma, proprement "ce que" sert aussi de conjonctif, soit
isolé, soit comme deuxième élément de locutions con-
jonctives comme kIf-ma, qbal-ma, baEd-ma, bën-ma, etc.
lIa (la) comme ligature suffixée, est plus particuliè-
rement outil conjonctif du vocabulaire bédouin.
- as, proprement "quoi 1", dans l'emploi isolé,
passe de l'interrogation directe à l'interrogation in-
directe avec le sens conjof}ctif "que" ; élément suf-
fixé, il entre en composition dans nombre de complexes
qui, originairement interrogatifs, sont étendus à
l'emploi de ligatures conjonctives ou relatives.
Lorsque "que" comporte une valeur de .finalité,
on utilise
bas et ses variantes dialectales bah, blyyas.
Lorsque
Les termes maghrébins qui situent dans le
temps l'action ou l'état sont variés. C'est
- lamma, qui est courant au Maroc et en Oranie, ainsi que
- hIt
"-"-'
- kIf, kI- ; qui s'entendent dans tout le Maghreb avec
les variantes
dans les parlers bédouins;
qui est spécifiquement libyen.
Lorsque la notion de localisation temporelle
est teintée d'éventualité "quand (d'aventure), lorsque
(le cas éChéant)", on emploie
Ida, Ida, da, suivi parfois, dans l'Algérie citadine,
de }can :
ida-kan, da-kan
IIa, qui est une variante du précédent, habituelle au
Maroc, mais qui s'entend aussi en Algérie, sous la
234
forme la à Cherchell, Ily-an à Laghouat.
Lorsque la notion est nuancée par l'idée "dès
que, ce n'est que quand", on emploie
mnayan, mnayn au Maroc et en Algérie (mnan à Tlemcen),
mn;n, mnIn dans les parlers bédouins et jusqu'en Libye,
gIr, très répandu au Maghreb, notamment en Algé-
rie, avec, dans le Sud oranais, algérois et constanti-
nois, les variantes
et qa (qa-n).
Mais il faut constater que tous ces termes
<{ga t Ila, mnayn, grr etc.), suivant les régions, peu-
vent exprimer la localisation temporelle "quand, lors-
que" sans nuance particulière.
Lorsque la notion est précisée par une valeur
équivalant à "au moment où, dans le temps que", on a re-
cours à
waqt-ma (wagt-ma), wâqt- alli , wàqt-li, qui s'entendent
en Oranie, dans l'Algérois, le Constantinois , en Tuni-
sie,
wagt-an, chez les bédouins d'Oranie,
nhaf-ma, nhaf-alli dans la même région, et aussi
saEt-alli, etc.
Lorsque la notion envisagée comporte la nuance
"voici seulement que, c'est tout juste quand", on emploie
dans tous les parlers maghrébins, ici ou là :
gIr-kIf,
gIr-ki, mnayn-ki,
gIr-kI-ma,
kIf, kIf-ma, kI-ma,
- d9
b
, d9
b
-
m
a, doba-ma, düb-as, düballas, formes variées,
avec diverses nuances ("c'est à peine que" par ex.),
qui sont en usage en Tunisie,
ead-ma.
235
Lorsque la notion est teintée de "soudaineté",
exprimant l'idée "aussitôt que, pas plus tôt que", on
emploie
- en Oranie bédouine, et
wf;n-ma,
hadd-ma, Qadd-wën-ma,
hâdd-an,
hën-on, bin-ma,
- siét-an, nhat-an,

- <?wwal-ma,
toutes expressions relevées dans le Sud tuni-
sien et en Libye.
Avant que
C'est essentiellement qbal dont procède l'ex-
pression de la localisation dans un temps qui précède
- qbal-ma, qui s'entend dans toute l'Afrique du Nord,
avec la prononciation ou gabl-ma dans les
parlers bédouins,
qbal-la (gbal-la) est usuel en Oranie, en Tunisie et
jusqu'en Libye,
- qbal-lli dans le Nord constantinois,
.gabl-al dans le Sud tunisien,
- gabl-an dans le Sud tunisien et en Libye .
Souvent qbal est précédé de la préposition
man : man-qbal, man-qbal-ma.
- guddam-la, güddam-alli (-li) s'entendent aussi dans
les parlers bédouins d'Algérie.
Après gue
Le terme fondamental est baCd :
ba€d-ma est en usage dans tout le Maghreb, concurrencé
par
baëd-alla au Maroc, en Tunisie et en Libye,
baed-olli (-li) dans le Nord constantinois, en Tunisie
et en Libye,
baed-al, dans le Sud tunisien, mais souvent joignant
au sens temporel le sens causal "du moment que",
qui est employé dans les parlers bédouins
d'Algérie et en Libye,
baed-ki, qui est spécifiquement tlemcénien.
On peut souvent entendre baEd-ma, précé-
dés de la préposition man : man-baLd, rnam-baed, mm-bacd.
Depuis gue
Sont généralement en usage :
rn-alli, qui peut aussi avoir valeur causale,
man-waqt-alli (-li),
en Oranie.
Pendant gue
Il est divers outils, plus ou moins complexes,
pour exprimer la notion du temps qui dure "pendant que"
se déroule un procès; ou la notion du temps qui s'écou-
le "tant que" le procès n'est pas accompli, "en atten-
dant que" le procès soit révolu :
ma (ma d-daymÜma du cl.) s'emploie dans le Sud tuni-
sien et en Libye, soit seul, soit amplifié
un verbe
par dam :
conjugué :
ma-dam qui est employé soit comme
ma-dumt, ma-damat, ma-damu etc. ;
soit comme un verbe
237
figé à la troisième personne du masculin singulier et
suivi des pronoms personnels, indépendants ou suffixes:
ma-dam ana, anta, etc., ma-damni, ma-dam.k etc. ; tous
emplois courants en Tunisie et en Libye ; ma-damanni,
ma-dabdnni (ak, etc.) sont formes particulières à
la Libye ;
ma-dam (ni, ak, etc.) est habituel dans l'Algérois
et le Constantinois, avec, à Djidjelli, une contamina-
tion du complexe par
ma-bfzman, suivi des
le mot zman "temps" :

pronoms personnels indépendants
qadd-ma, proprement IIdimension (quantité) de ce que"
est une locution qU'on entend à Alger et à Cherchell.
L'Algérie centrale et l'Oranie connaissent
bIda, bIg-ma (bId-ma), avec les variantes bIga-ma,
beyd-amma dans les régions bédouines ;
- bId-man (b_d-man), qui s'entend à Alger, Cherchell et
Tlemcen (où on note également la variante bId-manat),
et jusqu'à Tanger (où on relève
Dans les parlers bédouins de l'Algérois et de
l'Oranais, ainsi qu'au Maroc, on observe l'emploi de
et
- bIn-ma, et plus particulièrement à Tlem-
cen et en Oranie
t (ma-bIn), qui sont usuel s au
Maroc.
En Tunisie (Sahel, Takrouna), on emploie éga-
lement
- mûddat-ma, proprement "le temps où (que) ft.
Jusqu'à ce gue
Dans son emploi conjonctif, cette notion, qui
marque la limite extrême d'un procès, ou d'un effort
poursuivi dans un but, avec les nuances finales ("dans·
238
le: but den), conséquentielles ou consécutives ("si bien
que, de telle sorte que, à tel paini; que"), r ecourt
principa leme nt à qui connait les variantes ryatta,
btta, et même (et ta dans le Sud oranais>
- hatta s'entend dans tout le Maghreb;

a cours au Maroc ;
,\latta-d est courant à Tlemcen, et hatta-dd( 1) , hatta-
ll(i) à Djidjelli ;
est propre aux parlers du Sud algérois, à côté
de !:'lanna-n i
domine en Tunisie, avec souvent les pronoms
personnels suffixés, et notamment celui de la deuxième
personne du singulier en toute circonstance :
,t>atta-ljinak
est la forme libyenne.
On entend aussi, dans les emplois considérés,
-n dans les régions de Bou-Saada, Laghouat, Gery-
ville (Sud algérois et oranais),
an, Ilayn parfois dans le Sud tunisien,
en Libye,
allaI, mallal dans le Sud tunisien et en Libye,
gir (g,r), proprement "si ce n'est que" dans les ré-
gions bédouines du Sud algérien, ainsi que
geyl-la dans les parlers d'Oranie,
- qa, qay-Ila, dans les parlers du Sud algérois .
Dans le sens plus particulier du rapport con-
séquentiel (proche de "jusqu'à ce que") , on peut enten-
dre
hagak proprement "c'est pourquoi" en Algérie et
en Tunisie ;
b
alli
, hall, nal dans le Sud tunisien; qui , lorsque
le pronom suffixe de la première personne du singulier
lui est annexé, forme le complexe hanni .
----
239
On notera enfin que, partout au Maghreb, ryatta
(et ses variantes), en début de phrase, peut signifier
"(attends seulement) que" et "(voici qU'il arrive) que",
dans une tournure elliptique, avec valeur consécutive
implici te.
Pour marquer la soudaineté de l'événement qui
survient "et voici que", on emploie volontiers en Tuni-
sie
- waiabIh, lawIiabIh • .
Afin gue
L'expression de la finalité est réalisée dans
tout le Maghreb par
- v
bas,
- bah dans les parlers bédouins de l'Ouest algérois et
de l'Oranie,
blyya§ dans le Nord constantinois (Djidjelli).
Parfois le complexe est précédé de kI-
- kI-bas, kI-bah en Oranie.
Quand la notion de finalité est teintée de va-
leur conséquentielle, on a recours volontiers à
hadak
L'expression négative "afin que ne ••• pas"
est rendue par
- bas ma-, dans tout le Maghreb,
mais elle peut être très bien notée par la simple néga-
tion
la, qui est aussi l'instrument de la défense expresse,
comme aussi celle que l'on trouve après les verbes de
crainte et de mise en garde.
240
Deux modes d'expression de l'hypothèse et de
la condition sont à envisager.
Le réel (supposition du possible, notion de
conditionnel, évocation de l'éventuel) recourt générale-
ment à
(Ida), souvent réduit en Algérie à da (da) ; et
parfois élargi dans le Constantinois par .kan ida-kan,
da-kan. Il s'emploie d'un bout à l'autre du Maghreb.
Il comporte un doublet
- rIa, qui prévaut au Maroc, mais s'entend ici et là,
partout, en concurrence avec le précédent ; souvent ré-
duit à la ; parfois élargi par kan : la-kan.
Dans le Nord de l'Algéro is (Alger et surtout Cherchell)
on entend
wIla ;
Ilya est une forme fréquente des parlers bédouins
d'Algérie ;
- Ilya-n dans le Sud algérois ;
kan est très fréquent dans les parlers tunisiens.
L'irréel (évocation de l'irréalisé, supposi-
tion de l'impossible ) a comme instrument
lu (law) qui s'entend partout;
lü-n se trouve parfois dans les parlers bédouins d'Ora-
nie ;
lü-kan, qui ne s'entend pas moins; tantôt fléchi
(künt, kanat, kanu etc.), tantôt invariable; parfois
suivi des pronoms suffixes : lÜ-kanni, lü-kanak etc.
- u-kan, u-ka, dans les parlers bédouins de l'Algérois
kün au Maroc
- ah-kan, qui S'emploie en Libye;
- lü-ma correspond à la supposition de l'irréel négatif
l'si ••• ne ••• pas".
241
La tournure optative "ah, si ••• 1" dans le
sens "comme je, tu, voudrais ••• " se rend par
_ ya-Iu (law) ,
_ ya-IÜ-kan.
On peut aussi utiliser au Maroc et en Algérie
man-sab (massab), précédé de a- ou de ya- et pourvu
':::::';:.:-:i'':= -' -' -
des pronoms suffixes (;)k, etc.).
marrani
, , m3n-Fa (mar;a) suivi des pronoms suffixes
etc.).
Même si
Voisine de sens de "bien que, quoique, quand
bien même", cette notion complexe se rend en arabe
maghrébin par
wa-Iaw (u-law, u-Iu, wa-Iu)
u-Iü-kan ;
hatta-Iü-kan marque une notion renforcée
"même si (à
tout le moins, à la rigueur)" ;
baed-ma, usuels au Maroc et en Oranie, est
une expression du temporel élargie dans le sens envi-
sagé ;
Ida qui S'emploie dans le Nord constanti-
- - '
nois ;
ka-s-ma (de kan-! ma), proprement "y a-t-il ce que 1"
peut également être utilisé en Algérie pour exprimer
ces diverses notions;
- wabba, au Maroc.
Si ce n'est gue
On utilise deux termes essentiels, alla et gIr:
alla (lIa) est employé dans tout le Maghreb, avec
l'élargissement alla-ma dans le Sud tunisien et en Li-
bye ;
est également en usage partout. Il est pro-
noncé dans nombre de parlers bédouins, et
qa dans le Sud algérien, et aussi
qa-n, pourvu de la ligature conjonctive -:!!.. ;
- éIr, au lieu de gIr, s'entend dans le Sud marocain.
Ces deux outils de la "mise à part" signifiant
"si ce n'est que, excepté, hormis" peuvent également,
partout semble-t-il, dénoter la "mise en relief", signi-
fiant "ce n'est pas autre chose que, c'est seulement,
que seulement ••• ".
"Rien que pour, seulement dans le but de", va-
leur de "mise en relief" en même temps que de finalité,
est rendu par alla, surtout par gIr, suivi de bas : gIr
pas, et dans le Sud algérien giy bas, giy u-
bas.
"Hormis, excepté" peut encore se dire
kan, en Tunisie et en Libye,
la-kan, dans certains parlers d'Algérie,
!!!, en CyrénaIque ,
l ansmah , sporadiquement en Algérie
et aussi, au Maroc et dans l'Ouest algérien,
- ma-t:.àda,
- sIwa,

- hl af.
-"---.
Sans que
partout
C'est aussi une locution exceptive. On emploie
- gir-ma, souvent précédé de la préposition
- man-gIr-ma, ou de la préposition b-

- b-gIr-ma, dans les parlers ruraux de Tunisie.
Tous les parlers maghrébins utilisent aussi
b-la-ma,
b-dun, man-dün.
L'Oranie bédouine connait
- blëys-ma.
Et dans le Nord constantinois on trouve par-
fois
b-ahlaf-addi.
y
Parce gue
Le complexe qui est le plus communément em-
ployé est
qui peut connaitre des contrac-
tians, quelquefois l:.a-!;ha1:Jf' à Tunis, la-hat-a;- à Cher-
chell, à Alger, à Djidjelli ; dans ce dernier parler,
la-oataf peut être élargi en
;
est le plus usuel au Maroc , où
est en usage.
De Ela-batar, procèdent des compositions
en comme entendu à Tlem-
cen, E.la-qbal-s, qu'on trouve chez les bédouins d'Ora-
nie. Ces compositions peuvent aussi servir parfois à
interroger sur la cause: ftpourquoi 7".
- .Lala-ryaqq s ' entend aussi au Maroc,
- éala-san est employé aussi sporadiquement , Easan en Li-
bye, ainsi que
Eala-jal, dont procède tala-jal-as, dans le sens de
"pourquoi 1".
éala-san et sont volontiers suivis de noms
ou de pronoms suffixes .
L'expression de "parce que" , constat objectif
de la cause, apparentée à celle de "puisque", constat
subjectif, recourt volontiers à la préposition man- sui-
244
vie d'éléments conjonctifs comme
- dans les parlers bédouins,
dans le Nord constantinois,
mn-alli, courant dans tout le Maghreb.
On emploie aussi
pIt un peu partout,
avec le sens particulier de "du
moment que
ft
en Libye.
"Etant donné que, du fait que" sont notions
que les locutions causales expriment généralement ; mais
souvent ce sont des locutions temporelles qui sont en
usage, ainsi
en Tunisie (Takrouna par ex.),

kIf, k-.. n.
Peut-être gue
Un ensemble de termes ou de complexes sert à
exprimer l'énoncé de "ce qui pourrait être", notion
d'une éventualité probable, possible ou douteuse :
- se dit, mais dans un emploi classicisant.
Les termes et complexes les plus fréquents
sont
balak, balak-s,
yUmkun (y"mkan),
mn-al-mümkrn
wa-gIla, proprement "et dit-on".
On peut encore citer ici et là
yaqdar proprement "il se pourrait que se produi-
sen,
twal'a m,
twali, toutes deux formes d'inaccompli à la troisième
245
personne du féminin, exprimant la notion de "ce qui
conviendrait qu'il arrive", de "ce qui viendrait à
point".
On relève dans le Tell oranais et algérois
- . - ..
la-gna, la-gna-s,

lhgQa,
léûd ,
Il faut gue
L'expression de l'obligation, de la nécessité
se rend partout par
lazam Ela,
yalzam, suivis de noms ou pronoms suffixes .
On entend aussi , dans le Nord de l'Algérois
- iQoabb-l.
Doublée de la notion de lice qui fait défaut",
donc de "ce qu'il faut", la nécessité se rend par le
verbe
_ suivi de noms ou de pronoms suffixes .
Quand il s'agit d'absolue nécessité, on emploie
la-büdda, lâ-badd,
ma-kan qlr,
b-°"s-sIf Ela-.
Assez de
On invite expressément à "ceSser de faire
ll
en
disant partout
bafka, proprement "bénédiction" suivi de (conjonc-
tif) précédent un verbe : ba;-ka-ma tahga;- "cesse de
(proprement = ce que tu parler, trève de paro-
246
les" ;
- yakf! est panmaghrébin aussi, et
yazzi, très tunisien ; C. ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES
tous deux verbes impersonnels commandant les mêmes
constructions que barka.
Ces divers termes peuvent être pourvus des
pronoms suffixes suivis de rrrnn : barkani, barkak, etc.
(yakfIni, yakfIk, etc. ; yazzIk, etc.) mn-al-
klam b-la-fayda "trève de propos sans intérêt".
On ne donnera que les termes et complexes es-
sentiels de la catégorie du langage envisagée ici. La
matière peut en effet en être considérée comme infinie.
On ne saurait donc tenter d'en dresser l'inventaire ex-
haustif.
Les valeurs auxquelles on se limitera sont
classées sous les rubriques traditionnelles du lieu, du
temps, de la quantité et de la manière. L'expression
adverbiale de la manière, qui, en français, recourt à un
nombre démesuré de créations, toujours vivaces, d'adjec-
tifs pourvus du morphème -ment, est, dans le tableau som-
maire qui est entrepris, à peine esquissée. Bornons-nous
à dire que l'arabe maghrébin utilise habituellement, pour
rendre ces notions, un procédé déjà ancien qui consiste
à utiliser un voCable, déterminé ou indéterminé, précédé
de la préposition b- : du type b--al-l]aff "rapidement",
b-al-lati "lentement", "doucement".
On constatera qu'adverbes et locutions adver-
biales constituent un domaine où le matériel ancien a
fait l'objet d'un renouvellement très important; où, par
conséquent, foisonne la création dialectale. En résulte
une très grande variété de termes. C'est peut-être de
ces termes divers que les dialectes en usage au Maghreb
tiennent leurs caractères les plus différenciés. L'usage
localisé de tel ou tel outil peut souvent être interprété
comme un véritable certificat d'origine dialectale: tels
le daba marocain pour "maintenant", le olaf algérien pour
"aussi, également", le bar§a tunisien pour "beaucoup".
248
Où 7
Tous les termes en usage procèdent du classique
?ayna :
- win est la forme la plus répandue au Maghreb. On
la trouve également dans les parlers bédouins où elle
se présente volontiers sous forme diphtonguée
weyn.
- fayan, fayn est le terme qui domine au Maroc, à Tlem-
cen, et qui se retrouve dans de vieilles cités algé-
riennes comme Constantine, Djidjelli, et aussi Cher-
chell (qui cannait également un wayan).
Précédées de prépositions, principalement 1- et
man, on relève avec le sens de "vers où 7
11
layn, au Maroc et dans l'ensemble de l'Algé-
rie,
lwIn qui se dit à Tunis, et lwayn à Cherchell.
avec le sens de "d'où 7"
mnayn, qui est courant dans tout le Maroc et
toute l'Algérie,
- .mnln, qui est le terme tunisien, et avec la variante
celui de la plupart des parlers bédouins d'Algé-
rie ; il se trouve aussi au Maroc.
Le Classique huna est à l'origine du terme dia-
lectal :
- hana, hna s'entend dans tout le Maghreb, du Maroc à la
Cyrénaïque (à l'exception de la Tunisie) ; il est sus-
ceptible de recevoir un augmentatif : hnaya ; avec
249
altération du h : ina, s'entend quelquefoiS à Al-
ger.
hüni est le mot tunisien, aveC les variantes hünryya,

Précédés des prépositions 1- et man, les com-
i ifi t
"vers ici
plexes s gn en
l-ahna,l-ahna, partout au Maghreb, mais
I-hünl en Tunisie,et
_ dans certains parlers bédouins d'Algérie.
_ "d'ici"
man-hna, qui aboutit fréquemment à mê>nna "par ici,
man-hüni, pour la Tunisie , et
- t i lers bédouins d'Algérie.
_ man-
h
9
n
dans cer a ns par

On peut distinguer certains degrés dans l'éloi-
.gnement
_ hanak, hnak, indiquant une relative distance
il est
assez usuel.
l-hIh,
assez répandu pour désigner un certain
éloignement, aveC une
bédouins d'Algérie.
variante dans les parlers
l-t
amm
, l-tamm, ntout là-bàs", qui connatt des varian-
tes augmentées comme t.mmati, ; et aussi une
prononciation du ! en : du Sud algérien,
de Cherchell, de Tunisie, de Libye, avec des variantes
augmentées, fammati, fammlka.
- d i et semble plutôt oriental, avec une
gadi s'enten auss
. variante gadlka .
A droite
Pour l'expression de cette Maghreb
250
cannalt une certaine unité en recourant à la racine yron
lmIn, et Imlna, eal-l-Imln(a), au Maroc, dans les ré-
gions citadines et rurales d'Algérie, en Tunisie et
jusqu'en CyrénaIque.
Iman (issu de l'élatif et
Imna, qui semble préva-
loir dans les parlers bédouins d'Oranie, de l'Algérois
et du Constantinois.
A gauche
Deux termes se partagent le domaine dialectal
6al-as-smal, du Maroc à l'Oranie et dans les
vieilles cités algériennes.
et qu'on entend en Tunisie
-- --- '-
et en Libye.
(issu de l'élat!f »àysar) et
qui semble le plus en usage
dans les parlers où prévaut .
Tout droit
L'expression utilise divers mots :
qbala, qU'on entend d'un bout à l'autre du Maghreb,
gbala (gubala) étant la prononciation des parlers bé-
douins.
- d9gri (d'origine turque) est employé au Maroc et dans
toute l'Algérie citadine et rurale.
s'entend au Maroc et en Oranie.
guda, souvent répété gÜda-güda, est d'un usage courant
au Maroc et en Algérie. Certains parlers bédouins em-
ploient la forme à métathèse düga-düga. Certai nes ré-
gions du Tell algérien et du Nord tunisien connaissent
gada, et daga ; d'autres, de caractère bédouin, Qddu.
251
souvent répété
_ nIsan se comprend à peu près partout s'il est inégale-
ment employé.
est une expression des parlers bédouins du Sud
oranais et algérois.
C'est partout
_ qüddam, q9ddam, guddam.
Devant
Derrière
On entend généralement
_ aWfa, 9fa, avec les variantes 1-9ra, mn-9;a, mal-
1-9ra, et
mar-fawl, métathèse de la forme précédente, en usage en
Oranie.
Divers parlers emploient aussi

Dedans
Dehors
l-har"j et
w _
En haut
- l-fÇ;q, l-fë?g
- et
1-9ta , l-c;;t
(jambJ
E.la-jan.b
éla-jIha, man-jIha
252
En bas
De côté
On recourt aussi à
Dga, Dda, précédé ou non de la préposition b.
AU milieu
- qrrb, man-qrrb
- yala en Cyrénafque
253
Une grande variété de termes sont en usage au
Maghreb pour interroger sur le temps, sur le moment. On
peut considérer que le plus communément compris, et le
plus souvent employé est
(wQqtas, waqtas), qui, dans les parlers bédouins
qui le connaissent, se prononce wagtas,
wagtah est la forme propre aux parlers bédouins de
l'ouest algérois et d'Oranie.
Procédant de waqt, on entend également
füqas « fI-wlqt-âsJ au Maroc,
- aYW9q se dit parfois à Alger, concurremment avec
- faYW9q « qui est usuel en Algérie (Tlem-
cen, Djidjelli ) avec les variantes faw9q, f1w9q, f9w9Q,
ici et là, notamment au Maroc (Tanger),
fayw9!:', parfois au Maroc (avec mutation de q en h.)'
fas-man-wQqt, sporadiquement en Algérie,
dlwqas, düqas, forme rare entendue en Algérie (Cher-
chell J.
ana-wagt dans le Sud tunisien (Marâz!g).
Procédant également de waqt, mais avec une mu-
tation de q en k, on relève
- « dans des parlers bédouins
du Sud oranais et
i dans les parlers bédouins du Sud algé-
rien.
Procédant du classique mata, on utilise
amta (mta) en Tunisie et en Libye ; parfois yamta, qui
s 'entend aussi au Maroc,
254
amtas (amta-as) dans le Sud tunisien (Gabès),
- « mata-Jan) au Fezzan,
en Algérie (Hauts-plateaux oranais et
algérois) •
Procédant de saLa, avec peut-être le sens plus
précis de !là quelle heure 7", on peut entendre
as-man-saEa, en Algérie,
- ana-SaLa en Libye.
_ -v
A SaIda (Algérie), on relève encore
Quant aux complexes qui dérivent de "quand",
comme "depuis quand, jusqu'à quand", ils recourent aux
termes ci-dessus énumérés précédés de m_n-, de (Qatta-
1-) : ainsi
- man-waqtas, man-faYW9Q, man-dlwqas, mn-dmta,
etc.
l-waqtas, I-faYW9Q, I-dlwqas, l-amta Cl-amtén),
Maintenant
On citera d'abord un mot qui s'emploie plus ou
moins, mais s'entend à peu près partout, et que les par-
lers conservateurs affectionnent, c'est
31-'an,1-an, du classique; il est fréquent dans le
langage des demi-lettrés.
Cinq termes essentiels se partagent en outre,
au Maghreb, l'expression du moment présent:
daba, qui domine au Maroc, et se trouve ici et là en
Algérie (parlers Juifs de Tlemcen, Alger et Constanti-
ne).
« avec un très grand nombre
de variantes : dalwgq, darwaq, dlûk,
drük, qui est répandu à travers toute l'Algérie, tant
255
citadine, rurale que nomade (9F99).

De galwQq, garw9q procèdent des formes à aug-
mentatifs, comme galka, galkya dans le Sud algé-
rois, ou comme drükat, dlükat, dükat, drükati, drükatâs
drükatIk dans le Nord constantinois (Constantine, Dji-
djelli).
Partant toujours du . terme waqt, on peut égale-
ment entendre ha2-al-waqt, ha-l-waqt, ha-l-wQgt (Cyré-
naIque) •
- tawwa, qui est le mot proprement oriental du Maghreb,
depuis Souk-ahras, La Calle en Algérie jusqu'aux con-
fins de la Libye, avec une forme allégée taw, qu'on re-
lève en Tunisie jusque dans le Sud ; avec une forme
augmentée tawwIka (tàwwIkah) dans toute la Tunisie.
- qui note plus exactement "heure", mais sert égale-
ment à exprimer l'idée "maintenant" dans le complexe
en Algérie, dak-3s-
dans le Nord
constantinois, saetha en Libye.
Les expressions complexes "depuis maintenant",
jusqu'à maintenant" utilisent, suivant les régions les
mêmes termes précédés respectivement de et de
(hatta-)l- : telle notamment l'expression marocaine
daba "d'ici trois jours".
Aulourd'hui
C'est généralement
- al-yÜm, al-Y9m qu'on trouve d'un bout à l'autre du
Maghreb, al-yÜma quelquefois au Maroc, parfois
proprement "le jour d'huiu.
On entend aussi
- al-III a dans le sens d'''aujourd'hui''.
256
Le terme qui domine est
- amas, avec une variante yamas que l'on entend en Algé-
rie, notamment dans les parlers bédouins. Là où on
emploie am.s (yamas), on c9nnait aussi al-barap qui
désigne alors plutôt "hier soir". Mais
- al-baraQ est le mot le plus en usage (sinon le seul)
pour "hier" au Maroc et dans une partie importante de
l'Oranie citadine; quelquefois
Avant-hier
L'expression cette notion temporelle utilise
amas et précédés soit de çwwal:, ül-, soit de
qbal-, soit ufa-
- au Maroc, en Oranie, assez répandu en
Algérie et connu jusqu'en Cyrénarque.
ûl-amas, ült-amas en Tunisie, ainsi que awwal-amas en
Libye,
ütt-al-barap, dl-barl)'at-lüla, très usuel
en Tunisie également,
mn-amas, . lürnn-am-as, luI-amas dans les parlers bédouins
d'Oranie et de
uFa-l-barêry ici et là en Algérie rurale
et citadine.
Le compléxe "avant avant-hier" s'exprime soit
en faisant précéder l'expression qui dénote "avant-hier"
par qbal, comme du Nord constantinois,
soit par des formes de duels comme
9wwal-l-barQIn de Tlemcen,
lumn-amsIn des bédouins d'Algérie,
ul-âmsIn, qui s'entendent en Tunisie.
257
Demain
C'est essentiellement à la racine gdw, gdy du
classique que le maghrébin recourt :
gadda est la forme en usage au Maroc et jusqu'en Oranie
(Tlemcen ),
- gda est la forme du mot dans les Hauts-plateaux oranais
où l'on entend aussi
gadwa, güdwa
t
qui est courant dans tout le Maghreb cen-
tral et oriental et jusqu'en Libye; avec la variante
qüdwa dans le Sud algérois.
- güdwIka est une d'un
te en Tunisie.
- b?k+a est le terme qu'on entend au Fezzan et en Cyré-
narque, en concurrence avec gudwa.
La notion de "lendemain" recourt aux mêmes ou-
tils, soit
au Maroc; avec la variante alla-gadd,
- alla-gda dans l'Algérie centrale,
- f-al-qudwa dans le Sud algérois ..
- gudwa man-dak dans le Nord constantinois,
et surtout l-gudwa qui est d'un emploi assez
général.
Après-demain
C'est, suivant les régions, gadda, gda
t
gudwa
qui servent de base à l'expression de cette notion tem-
é ' t' 'dé de b"a<d " soit porelle, très g neralemen prece s
- baéd-gadda, baéd-gda, baEd-gudwa.
Mais il se trouve des parlers où ces termes
sont précédés de gIr
- grr-gadda à Tlemcen et en Oranie,
258
- jlr-gudwa dans le Nord constantinois.
On relève aussi divers complexes dont la com-
position se discerne rlus ou moins clairement
- ma-ggadd des Hauts plateaux
- baqdaqad dans le Sud algérois)
- bad_gda, badgad, batagadd dans le Nord cons-
tantinois ..
Sporadiquement on trouve aussi, de l'Oranie à
la Tunisie, un curieux
- addI1Ih • .allI1Ih ( 'alladI yalIh 7).
Quant à l'expression lIaprès après-demain", elle
se rend tantôt par
- baE.d-gIr-g-adda (gda, gudwa),
soit, très souvent par des formes de duels telles
que
- bat::d-gudutIn,
mma-ggaddIn.
- etc.
- ::>ddIltIn.
Toujours
C'est avec la racine classique dwm qU'on expri-
me cette notion.
- dayman est répandu d'un bout à l'autre du Maghreb,
- daym se trouve également très fréquent, notamment en
Algérie,
- dIma s'entend aussi partout, et semble la forme qui
prévaut en Tunisie et en
b-ad-düm est en usage à Constantine et dans la région
de Djidjelli
- b-ad-dwam s'emploie en Tuni sie .
llbud.
On cannait également en Oranie labd-
259
Jamais
On emploie partout
- abadan, abadan,
Dans les phrases négatives, on n'emploie pas
moins
- E9mr pourvus des pronoms.suffixes. Au Maroc,
c'est souS la forme t<;>mmQr suivi du suffixe ·complément
Ailleurs,
complément
direct du nom : Em9fha etc. ; et
dans la région de Tlemcen et Hauts plateaux oranais,
avec l'alternance etc.
qatt, qatt est volontiers dans la bouche des demi-
- -"-" --"-'
lettrés, ainsi que
"au grand Jamais" s'entend aussi.
Cette année
eam et sna servent tous deux à exprimer cette
notion, tantôt sous la forme
al-eam, haga, hag-al-tam, ha-l-eam,
tantôt sous la forme
as-sna, hag-as-sna, et dans le Sahel et le Sud tunisien
:a s-snfi!:,
et aussi, en associant les deux mots dans le com-
plexe :
-
L'année dernière
C'est
sam l-Qwwal partout au Maghreb, et
260
- habituel en Algérie, en Tunisie et en Li-
bye.
Le recours au duel marque la notion "l'année
qui a précédé la dernière" :
&am 1-9wwlIn et, pour désigner l'année plus éloignée
encore,
- lùl-éam-1-9wwlIn au Maroc et en
en Tunisie et en
Libye.
Les termes variés dénotant "le temps antérieur"
sont généralement, précédés ou non de ffidn, issus de
qbal, mdn-qbal, qu'on entend d'un bout à l'autre de
l'Afrique du
- .9b31, ou plus souvent gabal, dans les parlers bédouins,
- qUddam, guddam, mdn-guddam sont plus
signifie "auparavant
l1
,
- gübaYëll "bien auparavant
ll
j
- "tout à l'heure" (passé récent),
lat "tout récemment" avec dans les parlers de l'Est les
variantes qbI1ek qbI11k qbë1ay,
gubIIIk, gubIIIka)
- haqa signifie aussi Itnaguère" dans le Sud algérois.
Pour noter Itle temps qui suit
lt
, on emploie
baéd, précédé ou non de man:
batd, m'dn-baE.d, mdm-bai.d, m-baE"d dans tout le
- s'entend en Tunisie et en
baEdas dans le Sahel tunisien
J
261
m@n-baEdatlk dans le Nord constantinois
éla-égab est une forme usuelle dans le Sud algérois.
"Peu après" se dit
- man-baLd, baEd-saLa,
De bonne heure
D'un bout à l'autre du Maghreb on emploie
- bakri qui comporte les variantes
- bakrIn, mbakrln dans le Sud tunisien et la Libye.
Dans ces mêmes régions on entend aussi
badri.
Il faut signaler que baRri a aussi pour sens
Itautrefois, jadis
ll
, quelquefois précédé de ,zman : zman-
bakri ; et que zman tout seul exprime aussi le temps très
lointain du passé.
Tout de suite
L'expression pan maghrébine est
f-as-sat:, ou fI-saE.., fIsat:.
Mais elle dénote tout à la fois l'idée "sur le
champ, séance tenante" et l'idée "rapidement", qU'elle
partage avec des locutions comme
dans le Sud algérois
- blh-fIhJqui est algérien et tunisien.
A côté de fI-saL, marquant le moment, non la
promptitude de l'action, on entend aussi
- f-a1- hIn et
- f-al-'anJf-l-an. qui sent son lettré.
262
Longtemps
On emploie souvent les termes qui marquent "le
haut degré", qui sont, suivant les lieux
- b-'dz-zaf,
- yasCJr,.
- b'arsa.
Mais pour exprimer avec plus de précision la
notion de IItemps qui dure", on recourt, quelquefois à
zman , habituellement à
mùctda (mwadda) , amplifié souvent par
y
mudda
twëla.
-"-"-
L 'idée rendue par l'il ya longtemps que ••• '! est
tr adui te par
hagi mUdda général au
hagi au Maroc et en Oranie,.
llyya (lIk, lIh) mudda qui s'entend jusqu'en
Libye)
lIli (lIlak) mudda, yasar est usuel en Tunisie,
- qalha, eadha sont également employés dans le Sud algé-
rien.
Cet adverbe de temps constate le fait acquis
dans le moment envisagé. La notion peut être rendue en
arabe maghrébin par
- suivi d'éléments pronominaux, qui est courant ici
et là au Maghreb : ja "il est déjà venu". On ne
peut pas dire autrement dans le Nord constantinois la
tournure est parfois complétée par bal.d "après"
- baLda (du cl. baCda
n
) semble du Ma-
roc à la Libye : .. n-nha. tla<: baLda "le jour est déjà
263
levé". Il est parfois amplifié, comme en Oranie et
dans l'Algérois, sous la forme baEdatIk, et au Maroc
sous la forme baedanIt.
Avec négation, cet adverbe de temps marque la
cessation d'un état ou d'une action. C'est
ma-Ead-s(i), invariable, du verbe à l'accompli
ou à l'in;ccompli, ou premier terme d'une proposition
d
, n bout à l'autre du
nominale, semble être en usage u
Maghreb : yalJdam "il ne travaille plus" ;
la-Ead est fréquent en Libye ;
est également partout possi-
ble ; il prédomine au Maroc ;
mâ-tlâ-s(i), invariable ou conjugué, est usuel au Ma-
roc semble-t-il ;
_ ma-zad-s(i), ma-izId-s(i) s'emploie aussi en Algérie
et en Tunisie: ma-zad-s ja "il n'est plus venu", ma-
izId-s iji "il ne
ma-ra (+ suffixes
---"-
l'inaccompli, est
du ConstantinoiS .
viendra plus" ;
pronominaux)-s(i), suivi du verbe à
relevé dans le Nord de l'Algérois et
Encore
L'adverbe français est chargé de sens
1) "jusqu'au moment dont il S'agit"
invariable, est employé dans tout le Maghreb,
suivi d'un verbe à l'accompli, à l'inaccompli, ou as-
socié à un nom (qui le précède ou plus souvent qui le
suit), m. à m. "n'a pas cessé" ; se présente souvent
sous la forme rna-zzal dans les parlers bédouins d'Al-
gérie, ou qui s'entend aussi dans le Sud tuni-
264
sien et en Libye ;
mâ-zal, fléchi (mâ-z alt, ma-zalti, rna-zalùt, etc.),
dans le même emploi, semble plus fréquent dans les
parlers bédouins ; au Maroc, ma-zal cannait souvent
une variation en genre et en nombre : fém. ma-zila,
pl. ma-zalIn ;
invariable, est également d'un emploi panmaghré-
hin, suivi également d'un verbe à l'accompli, à l'inac-
compli, ou associé à un nom (qui le précède ou plus
SOUvênt le suit), m. à m. "demeurant" ; il .s'emploie
au Maroc plus que ma-zal ;
variable, est surtout marocain : fém. bâqya ou
baqa, pl. bâqyIn ou la combinaison des deux
termes mâ-zal et se renforçant l'un l'autre, est
fréquente : fI-da!, waldlh "il de-
meure encore dans la maison de ses parents" ;
tad (parfois Eada) , invariable, quelque-
fois (en Tunisie et en Libye) variable en genre et en
nombre, fém. Eadat, pl. eadu, est très fréquent dans
les parlers bédouins et ruraux d'Algérie et de Tuni-
sie : Ead ja "il est encore venu", ,E.adna wën jIna t.ad
"encore lorsque nous sommes arrivés (::: nous
tout juste d'arriver)" (Sahel tunisien).
2) "de nouveau"
venons
ma-zal, invariable ou fléchi, peut partout exprimer
cette valeur, ainsi que
invariable ou variable
renforce souvent
ma-zal ;
éawd, invariable, est marocain et oranais ; souvent
renforcé par dans un complexe éawttani ; avec,
en tlemcénien, les élargissements éawttânik,
nyak ; et en tangérois dans un complexe
E.awnnit ;
(tani), dans l'emploi adverbial, marque tout à la
fols les nuances "encore" et "de nouveau" tagli5t
--- ' , '
tani "tu te trompes encore" ;
zad-izId, fléchi, proprement "ajouter" rend mieux en-
core la nuance "de nouveau" : zadt "tu te trom-
pes à nouveau"
3) "de plus, de surcroît"
On peut employer les mêmes termes que ci-
dessus, mais c'est surtout
zayd, le participe et
zada, zyada, dans des emplois adverbialisés :
wal)da zada "donne-m'en une encore (= de plus) ," i
zyada est courant en Libye, qui connait aussi dans ce
sens
ohra
---' -
at:tëni ohra "donne-m'en encore (= de surcroit) If;
_ ! _' __ -!...:L!....-
' hlaf s'entend dans le Constantinois: waJ:t<ld l]laf "un
de surcroit
lt

Pas encore
C'est le constat de ce qui ne s'est (ou ne
s'était) pas produit au moment où l'on parle:
- ma-zal (invariable) suivi de ma •.• sei) est pan-
maghrébin : ma-zal ma-ja-s q)"il n'est pas encore venu";
il peut comporter les variantes notées cl-dessus ma-
zzal, mI-zal ;
ma-zal ma ••• l(!), fléchi ou variable, suivant les
régions ;
baqe (invariable) suivi de ma
n'e'st pas encore venu" ; la négation accessoire -sei)
est possible, mais est généralement absente ;
ma ••• est la tournure la plus fréquente au Maroc (où
est volontiers variable en genre et en nombre),
au détriment de ma-zal ma ••• ;
éad ma ... sei) est marocain, oranais, notamment tlem-
266
cénien : ma-tal€at-s ou ûs-
,
sams é ad "le soleil ni est pas encore levé" j
- sei) est usuel en Libye: ja
"il n'est pas encore venu
u
..
Remarque sur "encore" et "pas encore"
Cette remarque porte sur l'expression de la
réponse à une interrogation, expresse ou tacite, suivant
que le fait sur lequel on interroge implique la prolon-
gation d'un état, la continuation d'une action; ou l'ap-
parition d'un état nouveau, l'entreprise d'une action
nouvelle.
Dans le premier cas, les termes ou complexes
envisagés expriment l'idée "encore" : hûk f-ad-daf ?
- ma-zal (ou "Ton frère est-il à la maison? En-
core" ..
Dans le deuxième cas, ils expriment l'idée
"pas encore
11
: al-hubz ? - ma-zal (ou "Le pain
est-il cuit? - Pas encore".
En Tunisie (et sans dou te en d'au tres régions),
dans des expressions comportant détermination du temps,
du moment, si le nom, sujet logique de ma-zal (ou baqe) ,
--'
est indéterminé, l'ensemble signifie "encore" : ma-zal
"c'est encore l'été" ; s'il est déterminé, il signi-
fie "pas encore" : ma-zal "ce n'est pas encore
l'été".
. 267
Combien ?
Trois termes se partagent cette expression
kam (k3mm), souvent précédé de la préposition :
b-kam ; qui semble le plus souvent, sinon exclusive-
ment, en usage en Libye, et qu'on trouve fréquent dans
nombre de parlers bédouins d'Algérie;
- qaddas s'emploie dans l'Algérie centrale et
et orientale, et en Tunisie, avec les variantes
- qadda 5 dans le Nord constantinois)
gaddah dans les parlers bédouins d'Oranie et de l'Ouest
algérois.
Là où il est employé en concurrence avec sQal,
q.ddas interroge plutôt sur la taille que sur le nombre.
- est le vocable qui prévaut au Maroc et jus-

qu'en Oranie. On le trouve ici et là en usage dans les
parlers citadins et ruraux d'Algérie.
Beaucoup
L'expression du haut degré, qui se trouve géné-
ralement confondue avec celle du grand nombre ("au plus
haut point, très" étant associé à "en grand nombre, dans
la plus forte proportion numérique"), est traduite par
- b-az-zaf, du Maroc à la Cyrénaïque;
prédomine dans les parlers bédouins du Maroc,
d'Algérie, de Tunisie et du Fezzan. Certains d'entre
eux traitent le mot en adjectif variable : yas_r, fém.
yasra, pl. yasrIn, yasrat ;
barsa (d'origine turque) est le terme tunisien
est fréquent dans les parlers bédouins ;
268
gaya a une valeur plus estimative que quantitative.
Il est en outre d'autres mots, d'autres tour-
nures de caractère plus ou moins expressif, pour déno-
ter cette notion complexe.
Un peu
C'est d'un bout à l'autre du Maghreb
." ... " v f . 1
- sweyya, par 015 sous a forme et, au Ma-
roc, avec une variante swiyyas.
L'expression en est variable
baf'k, ba.;-ka s'entend un peu partout, ainsi que les for-
mes classicisantes baraka, barakat ;
yakfi, proprement lIil suffit", est général aussi
yazzi est plus spécifiquement tunisien
- b.ss est libyen ;
- u-kan, qui est marocain et oranais, a, approximative-
ment, le sens "voilà tout".
On a généralement recours aux termes qui expri-
ment l'idée "beaucoup", la notion de la quantité, ou la
proportion, en excès se confondant avec celle du grand
nombre ou du haut degré: b-az-zaf, barsa.
On peut dire encore, en utilisant la racine qui
dénote lice qui est ou vient en plus
lI
,
b-zayd, b-az-zayd,
- zada, zyada ;
ou encore la .périphrase
fQq-';H-lazam, f'Ç)q-ma lazam, proprement "au dessus de ce
269
qui est nécessaire", qui s'entend surtout en Tunisie.
La notion d'excès s'oppose naturellement à
celle d'insuffisance: "trop peu", "pas assez", qui s'ex-
prime par des vocables issus de la racine

b-an-noqsan.
"Ni trop ni trop peu!! se dira donc partout
b-la-zyada u-Ia-nQqsan.
Pas du tout
Cela se dit avec les mêmes moyens que ceux qui
servent à dire "rien!!
_ v_ v _ V
- .sey, say, l).atta-si,
walu qui S'entend dans tout le Maghreb, mais qui semble
assez exclusif au Maroc.
gaf., proprement !!jusqu'au fond, radicalement", qui sem-
ble plus particulier aux parlers bédouins.
qui est familier à la langue des lettrés, mais
est généralement compris.
Comment 7
L'interrogation sur la manière utilise exclu-
sivement le terme kayfa, et les variantes qui en procè-
dent :
- kIf s'entend dans tous les dialectes, servant souvent
de support, dans les parlers du Maghreb oriental aux
suffixes personnels par l'intermédiaire du morphème
-an- :
kInnnak etc. "comment moi, tu ••• etc."
ki est la forme abrégée de kIf, très usuelle au Maroc
et dans l'Algérie occidentale.
kIfas n'est pas moins fréquent, du Maroc aux limites
270
extrêmes de la Tunisie, avec les variantes dans
le Nord constantinois, kyas, kas dans les parlers cra-
nais.
klfah est la forme propre aux parlers bédouins d'Oranie
et de l'Ouest algérois .
kIfs, kIs représentent des formes contractées habituel-
les dans les vieilles cités d'Algérie.
Pourguoi ?
Le terme français comporte une ambigulté parce
qu'il interroge à la fois sur la cause et sur le but.
Dans le premier cas , on utilise généralement
... _ tI _ ...
dans tout le Maghreb, avec. les variantes
dans le Nord constantinois, dans les par-
ler3 bédouins d'Oranie et de l'Est algérois.
Dans le deuxième cas, c'est, outre qui
peut être entendu dans ce sens,
las, qu'on trouve partout, avec les variantes llyyas
dans le Nord constantinois, lawas dans le Sud algérois,
en Oranie et au Maroc.
Aussi
Le terme français associe les notions exprimées
par "également".(c'est-à-dire "en conformité avec"), par
"pareillement" (c'est-à-dire "d'une manière semblable à"),
par "même" (c'est-à-.dire "qui est précisément ce dont on
parle" et "ce qui vient en outre, en plus de").
Il est plusieurs termes arabes pour dénoter ces
diverses valeurs
l)atta (ry.iltta, t)ta, ta), proprement "jusqu'à" sert à ces
usages, avec la valeur inclusive de "y compris", dans
271
tout le Maghreb, suivi du nom ou du pronom personnel
indépendant; le complexe marque la limite dans la-
quelle le concept envisagé est inclus.
nlaf parait plus spécifiquement algérien ; il est con-
sécutif au terme, que l'on veut exprimé ainsi inclus;
souvent précédé de la préposition b-, b-ahlaf et volon-
- -
roc et sporadiquement en Algérie h9wwâ-nnlt "lui
aussi, lui-même", dlk-annI t Il juste à ce moment-là"
La notion proche du réfléchi "même", comportant
la valeur renforcée qu'exprime "en personne",est rendue
dans tout le Maghreb par
gat (dat) souvent précédé de la préposition soit
pourvu de l'article, b-ad-dat, soit pourvu de suffixes
personnels, b-dati (b-datak, b-datu etc.) ; il est en
usage dans tous les parlers maghrébins.
- nafs, f9l), précédés de la préposition b-, et pourvu de
suffixes personnels; en usage partout sémble-t-il.
273
L'EXPRESSION DE L'AFFIRMATION, DE LA NEGATION
ET DE L'INTERROGATION
De cet ensemble, la partie la plus complexe est,
sans conteste, celle qui concerne la négation. Elle com-
prend l'expression de l'idée négative dans les emplois
isolés de l'intervention spontanée ou de la réponse; puis
dans les emplois qui précèdent ou embrassent un mot ou
une séquence de mots 00 l'on veut marquer l'idée de ce
qui est nié. Les deux outils essentiels de l'arabe, la et
ma, se dans les maghrébins : ils y
jouent le rôle de négations principales. L'innovation dia-
lectale consiste dans l'extension de la valeur négative
(on pourrait presque parler de contamination négative) â
des termes complémentaires qui accompagnent, généralement
qui suivent, la négation principale: d'oU naissance de
négations accessoires comparables a celles que l'on trou-
ve dans les tournures françaises ne ••• personne, ne ••. rien,
ne ••• pas, etc. C'est en particulier proprement "cho-
se", qui sert à cet usage, sous les formes -si, -s.
On n'a pas réservé de place (et ce n'est pas un
oubli) aux interjections et aux exclamations. Elles exis-
tent dans les divers parlers du Maghreb, sous la forme
d'éléments extrêmement divers, qui sont parfois des mots,
mais aussi des sons, des bruits, souvent accompagnés de
gestes ou de mimiques. Elles débordent le cadre d'un expo-
sé qui se veut strictement grammatical.
274
A. AFFIRMATION
L'affirmation la plus courante , cocrespondant
à " oui ", ::; t exprime au moyen de
Ih, d'emploi très courant, qui conna!t les variantes
rh .1 ëh
_ , ---L- '
chez les ruraux
t
yah , qui semble p lus oranais ,
wah, 'ah, fréquent chez les bédouins d ' Algérie,
- aha , assez nasalisé , qui s ' entend dans les parlers
sahariens ,
çhç , uhu, dans le Su d marocain et oran ais .
L ' affirmati on plus expressive , équivalant à
" ou i certes", "oui-da Il , peut être marquée partout par
- aywa ,
Plus forte encore, ma rquant l' a ssentiment,
c'est dans tout le Maghreb
nLam, nLam, anfam, qui signifie a ussi "pardon , plalt-
il", lorsqu'on désire faire répéter quelque chose;
mlI(!, amlI(!.
Nombre de rur aux et de bédouins, notamment
dans lez régions sahariennes , font au ssi entendre, pour
leur accord, un claquement de l a ngue contre la
joue, qui s 'apparente plus à un b ruit qu'à un son.
On notera enfin l'usage , pour la corrobor a tion
énergique, de l a , souvent appuyé par une f o rmule de ser-
ment par une excl a mati on : la-tandJk
"oui certes, tu as raison v ; qu'on peut entendre
ici et là au Maghreb. peut-être héritier du cl .
la ne doit pas c onfondu avec la
n égati o n l a , dont on v a parler mai ntena nt.
275
B. NEGATION
La négation, réponse ou intervention négative
correspondant à "non", s'exprime essentiellement par
la, souvent répété la-la, volontiers élargi en
- lawah, la-lawah.
En Oranie, on entend également
la- ' aFah,
et, chez les bédouins, des formes d 'interjections comme
- "ahha, 'ahha" ah ,
et un bruit produit par le claquement de la langue con-
tre le palais.
La négation d'un terme ou d'une phr ase recourt
à l'emploi de
1. la, que l'on trouve
devant des verbes à l'inacco mpli, comme négation de
défense : la-t.ç9t;t "ne pars pas" ;
devant des verbes à l'accompli (parfois à l'inaccompli\
comme négation catégorique du futur : ya-bbi la-fqt;tt
m€.ah "que non, je ne partirai pas avec lui", w-a++âh
la-natkalla m ffie.ak "par Dieu , je ne par lerai pas avec
toi" ;
- après verbes de crainte ou de mise en garde : la-
yadrabni "j' ai craint qu'il (ne ) me frappe", balak la-

"prends garde de tomber ("" que tu ne tombes)"
- pour exprimer la finalité négative : azrab azrab la-
taddIk "dépêche-toi, dépêche-toi, que la vague
ne t'emporte", emploi que l'on a signalé précédemment
au chapitre des Conjonctions (subordination) ;
et sa variante optative : êlrk lâ-tddDDdl f-umüfna
"puisses-tu ne pas fourrer ton nez dans nos affaires ! ";
devant verbes, noms,
truction itérative
276
pronoms, prépositions en cons-
qaEdat la-takul (u-)la-tasrob
"elle demeura sans manger ni baire
n
, la-me..aya
mt;ak 1Ini avec moi ni avec toi", emploi déjà décrit au
chapitre des Conjonctions (coordination) ;
devant noms (ou pronoms) comme négation catégorique
(cf. cl. naf1yatü- : la-fayda fI-klamu "pas
d'intérêt dans ses propos", la-l:tadd f-ad-da+ n(il n'y
a) personne à la maison". C'est à ce type de construc-
tion qu'on rattachera la tournure b-la- "sans", b-la-
---- ----
ma "sa ns que", vue au chapitre des Conjonctions (subor-
dination) ;
- devant propositions nominales, avec valeur de mise en
relief, "ce n'est pas" : la-ma;-tu tsamhu "ce n'est pas
sa femme qui le pardonnera 1".
On a vu en outre, au chapitre des pronoms per-
sonnels, que la pourvu de pronoms suffixes , pouvait for -
mer un complexe fléchi : lani, lak, lah etc.
2 . - ma, non suivi de la négation accessoire
-s que l'on trouve
lorsqu'il porte sur un nom au degré zéro de détermina-
tion (type du français "il n' y avait âme qui vive") :
ma-radd-li kalma "il ne m'a pas répondu mot" , ma-Eandi
flüs "je n'ai pas d'argent
ll
, ma-fIha bas "il n'y a pas
de mal à cela" ;
lorsqu'il porte sur un élément ligature (ma, man, bas,
etc.) : ma-êtani ma nakul lIil ne m'a pas donné de quoi
manger", ma-e.andi man (ou skün) namdn fIh "je n'ai per-
sonne à qui me confier", ma-é:andu bas "il n'a pas de
quoi
lT
lorsqu'il est suivi de complétifs ou restrictifs de
négation, comme Q.Oltta "jusqu'à", walu, (say)
"rien", ou waJ:1ad "personne", êqmr "jamais", grr,
alla, kan "(rien, si ce n'est) que", etc. : ma-bqat-lu
277
ttatta-sat.:ça "il ne lui reste pas un cheveu", ma-rooJ:'t
walu "il n'a rien gagné", ma-kan "il n'y a (abso-
lument) rien", J:1add "je n'ai rencontré per-
sonne", € ma-saftu "j e ne l'ai jamais vu", ma-
gir-ai-mabrum "il ne fume que du (tabac) roulé
(à la main)", ma-ntaf "je ne crains que
Dieu" ;
lorsqu'il figure en construction itérative: laba ma-
yadbal (u-) ma-yabraj "il n '.a voulu ni entrer ni sor-
tir" ; où il pourrait être remplacé par la : ma-il)abb
la-yarta1;1 (u-) la-yaodam "il ne veut ni se reposer ni
travailler" .
Il convient néanmoins de remarquer que dans la
plupart de ces emplois, si non tous, il est possible de
trouver ma suivi de la négation accessoire -si (-5),
avec un renforcement de l'idée négative du type ma-
fIha-s bas "il n'y a pas du tout de mal à cela", ma-
"je n'ai pas un sou vaillant",
"je ne l'ai jamais, au grand jamais, rencon-
tré" etc.
3. ma- ••• -si (-5)
lequel on veut faire porter l a
qui encadre le terme sur
négation, que ce soit
avec verbe à l'accompli ou à l'inaccompli: ma-wallât-
"elle n'est pas revenue", mâ-tfql)-s "tu ne partiras
pas" ; avec l'inaccompli le sens peut être aussi celui
de la défense négative: "ne pars pas"
avec verbe précédé de l' auxiliaire kan: kan ma-fham-s
ou ma-kan-s fham "il n'avait pas compris", kunt ma-
narbat;l-s ou ma-kunt-s narbaJ:'t "je ne gagnais pas"
avec, peut-être, une légère différence de valeur entre
les deux constructions ;
avec verbe accompagné de termes comme êad Ead ma-
ijI-s ou ma-Ead-s iji "il ne viendra plus" ;
avec verbe pouryu de pronoms suffixes directs ou indi-
278
rects : ma-fhamtak-s IIje ne te comprends pas", hada
--
IIi ma-iqülu-lna-s "c'est ce qU'ils ne nous diront
pas
ll
- avec pronoms personnels ou complexes préposition +
pronom suffixe : ma-hum-s rnrad "ils ne sont pas mala-
. ï
des", ma-çahum-s kbar "ils ne sont pas grands", as-
bik ? - ma-biyya-s "qu'as-tu? - Je n'ai rien", ma-
fIh-s (ma-fI-s) "il n'yen a pas",
à sa taille", toutes constructions comportant une va-
leur verbale implicite ;
- avec adverbes: "n'est pas là (= il n'est
pas, il n'yen a pas)", ma-hna-s "n'est pas ici", éga-
lement avec valeur verbale implicite
avec des termes ou complexes variés, nominaux, prono-
minaux, adverbiaux, etc., souvent dans des reprises,
en réponse négative, de tournures affirmatives: bÜ-
laryya huwwa 7 - la, ma-bü-lat).ya-s "il porte la barbe,
lui ?-Non, il ne la porte pas", win sakan anta,qrIba ?
- la, "habites-tu loin 7 - Non, pas loin",
f-al-ryanüt babak ? - la, ma-f-al-l).anüt-s "il est au
magasin, ton père? - Non, pas au magasin".
Mais il demeure que, quand on veut nier un ter-
me ou un complexe qui n'a pas de valeur verbale impli-
cite, ou qui n'est pas l'écho négatif d'une affirmation
ou d'une question antécédente, on préfère très souvent
employer masi, qu'on va étudier maintenant.
4. - masi, précédant un terme ou des termes
(verbes, noms, adjectifs, participes, particules pourvus
de suffixes personnels, tournures nominales>,
sert à nier, à la manière d'un exposant négatif: masi
tabrüri (ou "pas de la neige, de la
grêle", masi f-ad-da:z;- "pas à la maison", masi mlIo,
masi mazyan "pas bon, pas beau", masi bakri "pas de
bonne heure", masi b-az-zaf "pas beaucoup", masi b-al-
279
kull "pas tous, pas tout, pas complètement" ;
- équivalant à "ce r.,.Iast pas" sert à nier, dans des con-
ditions voisines de ma ••• si mais avec plus de
force négative : masi waldryya "ce ne sont pas mes pa-
rents", masi ?lna nda.rbak "ce n'est pas moi qui te
frapperais", masi fI-waqtu "ce n'est pas en son temps";
- équivalant à "ce n'est pas le fait de, que", vient ap-
porter une contradiction à une notion affirmative :
masi tab "ce n'est pas qU'i.1 soit mûr", masi t.la-bali
b-elli "ce n'est pas que je sois informé de ce que",
masi kbar b-;;I2i'Zaf "ce n'est pas qu'il ait beaucoup
vieilli". Précédant une tournure négative, misi de-
vient l'instrument d'une affirmation très énergique
masi ma-t..la-balI-s "ce n'est pas que je ne le sache
pas".
Remarques
L'expression de la négation se présente dans
les parlers maghrébins de façon assez homogène, et les
exemples donnés ci-dessus pour illustrer les emplois de
la, de ma, de mâ ••• si de masi, pourraient être re-
levés dans l'ensemble de l'Afrique du Nord, et certaine-
ment partout compris.
usages particuliers à
Restent cependant à
tel ou tel dialecte.
signaler des
a) La manière de dire Ilil y a" et Ilil n'y a
pas". C'est
- kan, kayn dans le Maghreb central et occidental, et la
forme négative
ma-ka-s
dans le Maghreb oriental, et son contraire
--- -.
- ;
- fih, fi, également dans le Maghreb oriental et qui pré-
vaut en Libye, et 1.' inverse
- ma-fih, ma-fI-s.
280
h) L'usage extensif du complexe mÜs, mIs, mums
(c'est, comme on l'a dit au chapitre des Pronoms person-
nels, une variante contractée de mahIs, mahums) ..
Dans les parlers de Tunisie et de Libye, il a pratique-
ment éliminé masi, dont il assure les emplois. Devant
adjectif épithète , il connait une forme abrégée mus, mis,
mums : had-al-klam bahi "ce langage n'est pa;---bon-"-
et en arrive à être frappé d'invariabilité: kalma mUs
bahya "une parole qui n'est pas bonne
ll
• On entend même,
avec altération de timbre, mas.
281
c. INTERROGATION
La tournure qui marque en français l'interroga-
tion qui porte sur un mot ou sur une phrase (type "est-
ce que") est rendue en arabe maghrébin de diverses ma-
nières. On peut recourir aux termes issus du classique
et plus rarement 'L'emploi en sent son let-
tré. Mais il est courant, dans le populaire, suivi de
t:ra : hal-t,ça, ya-hal-tça "est-ce que tu vois (= est-
ce que) 7" ;
was , précédant le terme ou la phrase, objet de Itin-
terrogation, est typiquement marocain; on Itentend
jusqu'en Oranie ;
- kan-s, kas "y a-t-il 7" stemploie dans toute l'Algérie,
souvent élargi en
- kans-ma, kas-ma "y a-t-il ce que 7"
amma s'entend aussi
yak, au Maroc, plutôt avec le sens lin test-il
pas que 7".
Les tournures négatives servent aussi à marquer
Ainsi
ma ••• si (s) encadrant le terme sur lequel on inter-
roge
- mah, invariable, ou
- maw, may, mahum, variable, usuels en Tuni s ie, ainsi
que
" , ,
mus, mas.
Dans toute la partie orientale du Maghreb,
c'est le plus souvent
- -si (ou simplement -s) postposé au terme sur lequel on
interroge. Cette tournure S'emploie aussi en Algérie.
Elle se comprend en tous cas.
282
Il est encore deux éléments, figurant en tête
d'une phrase que l'on veut interrogative, qui semblent
propres aux parlers tunisiens :
:a, qui est peut-être la négation, ou peut-être l'hé-
ri tier du cl. :!. la ;
- ti, sans doute forme résiduelle de pronom per-
sonnel indépendant de la deuxième personne du singu-
lier. On trouve ti avec une valeur introductive tein-
tée d'intention interrogative.
Notons enfin que, dans tous les parlers du
Maghreb, l'intonation peut à elle seule exprimer la va-
leur interrogative d'un mot ou d'une phrase. Il arrive
que l'intonation soit corroborée par la conjonction
"ou" : tji w-ull, tji w-ullâ-la "tu viens ou 7, tu viens
ou non 7".
TABLE DES MATIERES
AVANT-PROPOS ••••••••••••••••••••• ; •••••••••••••
LISTE DES ABREVIATIONS •••••••••••••••••••••••••
PHONETIQUE •••••••••••••••••••••••••••••••••••••
Pages
l
rv
1
A. Inventaire des sons •••••••••••.•.•.••••••• 2
B. Répartition dialectale des sons ............ .
C. Combinaisons de sons ...................... .
D. Syllab.e •••••••••••••••••••••••••••••••••••
LE VERBE •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
A. Personnes du verbe •.•..•.••.•.••..•..•..••
B. Conjugaison du verbe ...................... .
1. Thème fondamental .................... .
II. Thèmes .dérivés ....................... .
C. Annexes à l'étude du verbe ................ .
LE NOM •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
A. Noms verbaux ................................... .
B. Thèmes nominaux du singulier .•....•.•..•.•
C. Nombre du nom ..................................... ..
D. Degré du nom ............................ ... ......
E. Genre du nom ....................................
8
20
24
35
36
39
39
55
69
79
80
91
115
138
152
F. Etat du nom ••••••••••••••••••••••••••••••• 160
LES NOMS DE; NOMBRE • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 173
I. Numéraux cardinaux ..................... 173
II • Numéraux ordinaux ...••...•.••....•••• 181
III. Numéraux fractionnaires ................... 183
IV. Annexe à l'étude des noms de nombre ... 184
LES PRONOMS ••••••• ,............................ 187
A. Personnels .......................... .. ................. 188
B. ••••••••••••••••••••••••••••• 197
284
Pages
C. Interrogatifs ••••••••••••••••••••••••••••• 200
D. Relatifs •••••••••••••••••••••••••••••••••• 204
E. Indéfinis
LES PARTICULES
A. Prépositions ••••••••••••••••••••••••••••••
B. Conjonctions et ligatures conjonctives ••••
1. Conjonctions de coordination .•••.•••
I I . Conjonctions de subordination •••••••
C. Adverbes et locutio ns adverbiales ••••. ~ •••
I. Expression du lieu ....................................
II. Expression du temps ..................................
III. Expression de la quanti té et
de la manière .............................................
EXPRESSI ON DE L'AFFIRMATION, DE LA NEGATION,
206
215
216
228
228
232
247
248
253
267
DE L'INTERROGATION ••••••••••••••••••••••••••• 273
TABLE DES MATIERES ••••••••••••••••••••••••••••• 283
Joseph FLOCH, Mait re-I mprimeur à Mayenne 5 - 4 - 1977 - n° 6003

l

AVANT- PROPOS

Le titre ESquisse grammaticale de l'arabe magh r ébin dit assez le dessein de l ' ouvrage que l ' on présente ici : i l veut tracer à grands traits la silhou ette de l ' ensemble dialectal qu ' on appelle maghrébin . C ' est dire que l ' on n'a , en aucune manière , la prétention d ' y tout exposer , dans le détail , avec rigueur , et Ouvrage mis en page et dactylographié par Michèle GRANDJEAN- HUBART Secrétaire avec précision , sur les parlers arabes qui forment cet ensemble . Il embrasse le Maghreb , C ' est-à-dire , d'Est en Ouest , la Libye , la Tunisie , l'Algérie et le Maroc , con Ces quatre pays forElle est certes , dans Mais on peut la Aussi bien en ju çus dans leurs limites actuelles.

à l a Section d ' Histoire et Littératures Orientales
de la Faculté de Philosophie et Lettres de l ' Un iversité de Liège (Belgique) le 25 octobre 1976

ment une entité ethnique , géographique et historique , et

à nombre d ' égards , linguistique .
sa constitution

interne , différenciée .

considérer comme relativement homogène.

a - t - on délibérément écarté Malte et la Mauritanie , ensemble cohérent .

gées vraiment extérieures , à divers points de vue , à cet

La documentation qui nourrit cette étude a été puisée dans un grand nombre d ' ouvrages de dialectologie maghrébine qui ont été pUbliés jusqu ' à ce jour , tant mo nographies grammaticales , notes linguistiques , cours d'arabe parlé , que textes , dialogues et manuels de con versation . Elle recourt également à une expérience et à une pratique personnelles consignées dans des documents, écrits ou enregistrés , généralement i n édits . On n ' a pas voulu réaliser cette ESquisse comme u n ouvrage savant, où chaqu e fait avancé est référé à une source . La raison en est qu ' elle a été envisagée et

III
II

rédigée à des fins pédagogiques, dans une présentation allégée , qui veut être accessible aux non-spécialistes. Dans le même but, on s'est efforcé d'exprimer les choses, autant qu'il était possible j minimum de termes techniques. dans le langage de tout le Pour la même raison, on monde, et de n'employer, pour les énoncer, que le strict n ' a tenté de confronter des faits de l'arabe dialectal à ceux de l'arabe ancien, que lorsqu'une telle comparaison a paru nécessaire à une intelligence suffisante de ces faits.

pronoms, ou des particules, on s'est efforcé de donner en exemples de courtes phrases qui permettent de prendre une idée élémentaire de l'emploi qui en est fait . Le souci qui a dominé, tout au long de l ' ouvrage, a été d'en rendre l'abord facile au lecteur qui n'a pas une formation linguistique particulière, et pour qui la langue arabe est chose nouvelle ou peu familière. C'est pourquoi la manière d'exposer les faits a pu changer d ' un chapitre à l ' autre . ,Ainsi le catalogue des prépositions a été dressé en partant des termes arabes (bi-, fi- ,
m~n . ~- ,

li- , etc.) , cependant que les pro-

x
x x

noms indéfinis (un, certain, rien, autre , etc.) , les conjonctions et les adverbes (et, ou , où , quand , comment, etc . ) ont été étudiés en partant du français . Un tel Mais il changement de méthode dans l'exposé peut paraître arbi traire . Il l'est dans une certaine mesure . trouve sa justification dans le fait que l'usage des prépositions est lié à celui des rections (qu ' inspire le génie propre de la langue) , c'est-à-dire de la maniè re dont verbes , noms et pronoms agissent sur les compléments qui dépendent d'eux . C'est une matière subtile et complexe, aussi stylistique que syntaxique, constituée tout à la fois par des servitudes de la langue ancienne, par des modalités de l'expression dialectale, et par des nuances intentionnelles qui sont marquées diversement suivant les parlers. Prendre les prépositions du fran On donnera çais comme point de départ eût abouti à un résultat aussi confus que déconcertant, voire lacunaire. comme exemple le cas de la préposition "de" du français : si c ' est d ' elle qu'on part , elle peut faire aboutir à
~,

Le matériel linguistique des parlers maghrébins est, dans cette Esguisse, décrit suivant le plan traditionnel des études grammaticales: la phonétique d'abord, puis la morphologie , comprenant successivement l'étude du verbe, celle du nom , celle des noms de nombre , celle des pronoms; puis l'étude d'un ensemble composite qui figure sous le titre de particules; enfin l'étude des moyens d'expression de l'affirmation, de la négation et de l'interrogation. taxe. On n'a pas tenté d'en faire la synD'abord parce que l'analyse et l'exposé eussent

donné à l'ouvrage des dimensions trop considérables. Ensuite, parce que la matière linguistique, déjà souvent très différenciée d'un dialecte à l'autre dans les sons, dans les formes et dans le vocabulaire, l'est davantage encore dans les modes innombrables et mouvants de constructions qui font la trame des langages parlés. parce qu'il est j Enfin, à la vérité, encore trop de parlers

ou à bi - , ou à mta€, ou à •• • absence de préposi -

maghrébins sur lesquels on manque de documents (notes grammaticales et surtout textes) propres à en bien faire connaitre les usages syntaxiques. Cependant, toutes les fois que cela a semblé utile, à propos du verbe, ou des

tion en arabe. Il en va différemment des pronoms indéfinis , des ligatures conjonctives , des locutions adverbiales

mêmes constituent un ensemble composite . pour qui en d r esse l ' in ventaire pour l ' essentiel . d'arabophones qui parlent arabe maghrébin . tous" qui .de la premièr e personne du singu lier Ils sont nombreux et de na On en souligne l ' existence . Ai n si . al barah . et inversement . ---' x x x (nakt?lb "j ' écris") . celui de Tunis à Tunis . qui donne à l'audition l ' impression que les maghrébins parlent essentiellement en articulant des consonnes . qui eux. comme la création et l ' usage très répandu d'un article indéfini (wa h d . c édant la place à l ' a n nexion indirecte qui est réalisée au moyen de particules (mtaé .) . parle l ' arabe de Rabat à Rabat . dyal . comme l ' emploi de certaines ligatures ori gi n ales . comme le recu l. Il en est qui ont trait à la phonétique : comme la ruine du vocalisme bref . et qui les différencient également des autres parlers . qu ' il n ' existe pas une norme de l'arabe maghrébin. va apparaître une voyelle brève . celui de Benghasi à Benghasi . celui d ' Alger à Alger . procèdent souven t de conceptions . comme la perturbation et l ' instabilité de l ' équilibre syllabique .IV elles correspondent à des termes ou à des tou r nures adé - V lers orientaux . lers possèdent en commun des caractères qui leur so n t propres . et la désinence ~ de la première personne du pluriel (naktbu "nous écrivons " ) . l ' in dice initial n. chemin fai - quates de l ' arabe . de l ' annexion directe . simples ou complexes . ou en la consultant . Encore qu ' il aille de soi que les outils arabes . de représentations et de modes d'expres sion tout à fait différents de le u rs homologues français . de partir d 'une lang u e ou de l ' autre . et il est indifférent . l 2. fayôn . soit seuls . ou de telle qualité " . qui fait qu ' on ne sait jamais à quel l e place . C ' est qu ' il ne se trouve pas . ntaE . C ' est simple affaire de vocabu laire: " ici " mène sans difficulté à hna . A titre d ' exemples on peut citer le cas de " tout . Mais il demeure qU'existe entre les deux domaines li n guistiques une équivalence fondamentale de liens à établir . \ On se rendra compte . pris comme point de départ . Quels sont ces caractères typiques de ce qU'on appelle l ' arabe maghrébin? tures diverses . On Il en est qui ont trait à la syntaxe . des caractères qui les différencient de la langue ancienne dont ils procèdent . Quant aux adverbes qui ne sont pas des ligatures . et le reste à l'avenant . sant . au Magh reb . ou encore . parfois extrême . Le terme d ' arabe maghrébin ctest Ces parune accolade qui embrasse une grande variété de parlers usuel s à travers toute l'étendue du Maghreb . au long des chapitres .) . da n s une séquence de con sonnes . en lisant cette ESquisse . qui mène à w~n.al . souvent fugace comme l ' altération de certains sons . etc. le cas de "comment ?" . notamment des par- di . a d di. et "hier" à amas . soit combinés avec d'autres •.3 l a prolifération des formes du theme verbal R R aR pour les verbes expriman t l 'i d ée de "devenir de telle coule u r . aboutit à kull le cas de "où 1" . Et très n ombreux sont l es mots qui n ' ont cours qu ' au . dan s la conjugaison du verbe à l ' inaccompli . hüni . ils comportent également des correspondan ts dans les de u x langues . Il en est qui ont trait à la morphologie . I l en est e n fin qui ont tra i t au vocabu laire . ou encore l ' extension du masdar l 2 3 R R IR pour les verbes d ' action . qui fait nécessairement parvenir à ki fas .

au pluriel de l'inaccompli. antumân. ou du mot estimé "plus courant" peut évidemment paraître arbitraire. humân comme variantes particulières à certains parlers . enfin et les autres . dans une large mesu re. fâywqq. et en ce qu 'elle ne résulte pas d'analyses statistiques. tkatbu . yaktbu. ou le terme le plus usuel. comme type prédominant au citant ensuite nkatbu. qu'ils soient ou non arabophones. par exemple . de ces -innovations d'ordre morphologique ou syntaxique. de mots-outils distincts les uns des autres. hnumân. takkatbu 9 comme types moins usuels. cependant q ue fuqas. etc. ~numa. c ' est waqtas " quand 7" dont on a cité en premier lieu l'emploi. en plaçant Dna. imputable à la nature du fond berbère qui est celle de cette Afrique mineure sur laquelle la langue arabe s ' est implantée . pour les arabisants et les arabophones qui l'entendent parler . ~mta. Pour présenter les faits qui caractérisent les parlers maghrébins dans leur grande diversité. C'est ainsi que pour le verbe trilitère de racine " saine" au thème fond amental . w~ykat . pronoms) . la valeur d'un véritable certificat d'origine. Maghre~ localisation SChématique des régions où ils on t cours. du moins les plus importantes .lQm. Elle l'est en ce qu ' elle ne repose pas sur le dépouillement d ' une documentation exhaustive. dmtâs. huma . On dira schématiquement que les premiers repré- nakk~tbu. Pour ce qui est des adverbes. d'éléments variés de vocabulaire.être la caractéristique qui frappe VII On a procédé de la même manière pour les pronoms personnels indépendants. on a donné. antum. On distingue deux group es assez bien tranchés : les parlers sédentaires d 'une part. et de ces usages lexicographiques (car il s'en trouve de semblables dans tel ou tel parler d'arabe oriental) . antüma.rs . Mais il importe de souligner que ce qui fait l ' originalité des parlers arabes du Maghreb . on s ' est efforcé de clarifier l'exposé en donnant en premier lieu le paradigme des formes les plus communément admises (verbes. localisant les uns De même pour le pluriel des noms dits "de couleurs et difformités" : d ' abord l. ikatbu . puis . l'existence de ces phéno- mènes de dégradation phonétique . qui possède . 'tç. Il n'est pas impossible qu'il soit . mais c'est tout à la fois la spécificité et surtout la densité des phénomènes: ils créent le type linguistique particulier de l'arabe maghrébin . ce n'est pas tellement . parce que jugé le plus couramment utilisé et compris . C ' est peut. avec le plus les auditeurs . si diversifié qu'il apparaît comme une mosalque de formes grammaticales différentes. Mais on s'est efforcé de "recouper" les jugements de l'expérience personnelle par ce que l'on peut appeler des· "tests de compréhensi" on et d'emploi " auxquels de nombreux interlocuteurs arabophones de diverses régions ont bien voulu participer. en en localisant approximativement l'aire d'emploi. hum comme formes essentielles. en elle-même. des unités dialectales 7 1. noms. L 'appréci ation du type morphologique jugé "plus usuel". aux personnes du pluriel. t3ktbu.VI Maghreb . naktbu.ç. les parlers bédouins de l'autre . est-il possible de reconnaître des familles de parlers . type tout à fait reconnaissable . n'est qu ' en second lieu qu'on a énuméré les variantes dialectales . étaient donnés en deuxième ligne. x Ce x x Dans cet ensemble maghrébin.

elle être appréciée avec circonspection. on constate que les parlers bédouins sont généralement plus conserva teurs . Si l ' on compare les parlers sédentaires et les parlers bédouins à l ' arabe ancien . car les parlers sédentaires offrent parfois des spécimens de mots d'une antiquité vénérable fidèlement conservés . évidemment. et auxquelles des circonstances sociologiques . rivera aussi de noter qu ' il s'agit de parlers musulmans ou de parlers juifs . à un état de la la11gue ancienne voisin de l ' arabe classique . dans ce pays . Il ar des parlers villageois . Les quatre pays politiquement distincts qui constituent le Maghreb tales bien définies 7 problème particulier. Certains des rares centres urbains qui s ' y trouve n t (Tripoli notamment) usent de par l ers sédentai res . Mais i l y a eu. des parlers citad~ns . on l'a Nombreux sont o~t-ils des personnalités dialec- Il est difficile de répondre à cette question. une terre de transition. La Tunisie est plus complexe. Aussi bien la notion de parlers conservateurs et de parlers novateurs (ou évolués) doit. à l ' intérieur d ' une tribu nomade . sont en Tunisie nombreux et anciens. de telle sorte que . sen tent la pr emière vague de l ' arabisation de l'Afrique du Nord . A l'inverse . Elle est caractérisée par des traits bédouins marqués au coin d ' un conservatisme assez remar quable. Cela est vrai pour les sons (consonnes . les parlers sédentaires présentent le plus souvent une étonnante di Cela tient sans doute à la dispersion géogra phique des cités .nomades dont les immigrations ont été postérieures à la conqu ête initiale . On constate d ' autre part que. sédentaires . entre ces deux couches . et que les seconds sont ceux des tribus nomades ou semi. diphtongues\ dans une certaine mesure pour les formes. économiques et historiques ont maintenu une certaine unité . Il s ' est en ou tre produit des circonstances historiques qui ont déter miné le peuplement ou le repeuplement de centres citadins et de campagnes avoisina n tes par des éléments nomades . r. des parlers montagnards . notamment dans l'aire des parlers bédouins . et aussi à la constitution ethnique et sociologique des populations des villes et des villages. des compénétr ations nombreuses . Il arrivera donc de distinguer.1 ais il est . voyelles . Les centres urbains L ' influence exer- cée par Tunis fait que partout . donc des variétés de parlers bédouins. aux vicissitudes du passé historique . selon les régions . entre les parlers sédentaires et les parlers bédouins . qui sont ailleurs perdus. existent des parlers intermédiaires dont les caractéristiques procèdent des deux types mélangés. on comprend et on peut u ser du . de dimen sions en somme réduites . La Libye se présen te comme un ensemble relati vement homogène. Le conservatisme libyen s ' étend jus qu ' aux parlers du Sud tunisien et de l'Est saharien . 2. parce qu e chacun d ' entre eux pose un souvent observé . et aussi pour les usages syntaxiques. Mais ce n ' est pas toujours vrai pour le vocabulaire . parmi les parlers des parlers ruraux . au cours des âges . versité . de langage des hommes et de langage des femmes (qui est généralement plus archaïsant) . celle des conquérants du VIre et du VIlle siècle . le parler bédouin apparaît généralement unifié et homogène . C ' est. mais aussi dans l ' aire des parlers villageois . ou d'un ensemble de tribus nomades sans doute de même origine . mettons à partir du XIe siècle. les aspects conservateurs qui la rapprochent de la Libye .VIII IX de nombreuses familles de tribus nomades . et les parlers sédentaires plus novateurs . mais ils ont pa r fois subi u n e forte influence des parlers bédouins.

Guelma . On ne peut pas dire qU'il A peine peut. . est terre bédouine . existe un dialecte algérien . est l ' aire des parlers montagnardS . a cours un parler original . mais ils ont aussi . avec ses abords villageois: Djidjelli . Rabat. bédouins. . les autres intérieures . Au Nord. Le parler arabe qui y Il . où ils se mêlent et s e superposent à eux . tiques . très hétérogène . Le Maroc comprend . l'autre au Sud . avec des traits de ressemblan ce avec le tunisois . à certains égards.Le Constantinois . la capiLa dimen tale la concentration d ' un peuplement considérable . mais offrent des traits de ressemblance avec les parlers des . fait d'écartèlements et de rapprochements ininterrompus jusqu'au début de XXe siècle. lement parler tunisois . de vieille cité . s ' apparentent à ceux des villes marocaines . tel qU ' il était parlé par les plateaux : plaines atlantiques . Cherchell . Milian a . des parlers béCe sont ceux des populations des plaines et des dialectes qui correspondent aux vieilles provinces du Constantinois. et de l'Oranais. c ' est Tlemcen le parler en est citadin . l'Algérois ~ mais qui s'en distinguen t . elles sont éloignées les unes des autres dans l'Algérois . Mogador .Ténès . en commun . Vieux. de l'Algérois. comme Alger . celui de Djidjelli . qui use d ' un parler citadin qui rappelle. avec des parlers qui diffèrent sensiblement des parlers bédouins de l ' Algérois . dans sa partie orientale . nes. sédentaire à Constantine.L ' Craest actuellement en usage est en pleine mutation. Quant aux cités . Taza . Tanger . dans le Nord constantinois . semble assez proche de celui des bédouins de l ' Oranie Mais le Maroc compte aussi nombre de villes Les parimportantes et anciennes . et ils sont sensiblement différenciés . Dans le Centre et dans les régions occidentales. au Nord de Fès et au Nord de Taza . comme un îlot perdu dans une mer bédouine. tal . et dont l'éclat a été prestigieux . vé . Mais il est un centre urbain dont le passé historique est vénérable . est difficile de parler de dialecte algérois .Ouest de l'Oranie se trouve Nédroma . il y a partout des parlers bédouins qui se douins aussi . lers de ces cités marocaines présentent entre eux des différences . mais ils ont tous subi de multiples influences lin gu isLe dialecte de Cherchell est assez bien co n serMais celui d ' Alger. dont les parlers sont citadins: telles Fès . s'apparente aux parlers tunisiens : bédouin.L'Algérois . et fort inégalement ancienLes unes sont littorales . ce serait le parler de Constantine. le cloisonnage géographique extrême. est terre nomade ou semi-nomade : deux types de parlers bédouins se partagent ces vastes espaces.on parler de nais. Dans le Nord-Ouest . L ' Algérie . comme Casablanca . qu ' on appelle le pays des Jbalas. archaïque . comme Médéa . occidentale . Il possède des caractères originaux qui. proche de la Petite Kabylie berbérophone . La partie septentrionale du Maroc. de ~a'pprochent un peu de ceux . Dellys . Tétouan . des traits homogènes et généralement typiques. dans les régions sahariennes et même septentrionales (à La Calle on parle presque comme à Tabarka) . l'un au Nord . sion est immense. depuis le Sahara jus qu ' au Tell . et souvent non-arabe. s'est estompé. dans sa majeure partie . pour certains .x dialecte de la capitale . plateaux du Maroc orien Ce sont aussi ceux des villes relativement récenLe type dialectal en tes. c'est généra- XI vieux citadins maures . c'est tout autre chose . lui aussi . Blida . S ' il était un dialecte du Constantinois . excepté dans les régions orientales . Le prodigieux dé- veloppement de la vie urbaine a provoqué dans . Salé . Parler tunisien. On y use de parlers sédentaires. le passé historique extraordinairement c o mplexe. Ils sont de type marocain aussi .

et. Ainsi en se rait .lettré aràbe possède à un plus haut degré le sentiment de ce qu ' est le patrimoine commun de la langue arabe . un souci constant d ' éliminer de leurs propos les faits de leur dialectalisme trop particulier . en utilisant un arabe parlé " pas se.il dans le cas d ' un pasteur du Nefzaoua (Sud tuni sien) qui voudrait s'entretenir avec un cultivateur des abords de Djidje l li (Nord. grosso modo. de la la langue arabe en usage au Maghreb . x x x citadins que chez les ruraux et. c ' est.Ouest constantinois) . centre dont le rayonn e ment a été éclatant et le demeure. exigent .à . un instrument de travail qui définit schématiquement les cadres grammaticaux . dans le cas d ' une juive de Tlemcen avec une paysanne du Sud con stantin ois .XII XIII Traras oranais (Nédroma) et du Nord constantinois (Dji djelli) . dans les formes grammaticales . ou de créer des méprises . corrélati vement. surtout celui de Fès . C ' est ainsi que . ce qui est plus difficile . faire des voyag es d ' affaires à Fès ou à Tu nis . peut naître ce qu ' o n ap pelle une koinè . de l ' usage de la langue des citadins . Cette distance linguisti que peu t être moindre et ne causer que de la gêne dans La diversité du vocabulaire . c ' est parler l ' arabe de Rabat . que parler marocain . la tient aussi au fait que le niveau de culture a rabe est chez eux plus élevé . que dans les constructions de phrases. on fera deux observations . L ' une a trait à la distance linguistique qui pe u t séparer des parlers de types très différenciés .dire un idiome commun . d ' un centre s ' étendant de proche en proche jus Aussi qu ' aux régions plus lointaines. ou de qui désire se pe r fectionner dans sa pratique . risquent souvent de décon certer . là avec tel autre . et réciproquement. part d ' interlocuteurs " dialectalement différenciés" . Et on peut dire . et qu'un lettré ou demi . ' extérieur. une recherche permanente des points qui leur sont communs . qui contredit en apparence la précédente . u r bain à l ' autre . Les parlers marocains .partout ". Ce- té des parlers qui forment l ' ensemble dialectal appelé arabe maghrébin . ou les divergences sémantiques d ' un seul et même mot employé ici avec tel sens . sinon aisés . bien peut. dans le cas d ' un tangérois avec un saharien des steppes algéroises. ou de faire rire (te l le mot gandüz qui peut vouloir dire "veau" ou "étudiant" selon les lieux) . Des échanges intelligibles .on con stater qu ' un commerçant d ' Alger ou de Tlemcen peut aisément . x x x Mettre à la disposition de qui veut s'initier à L ' autre observation . et dans le vocabulaire . tient au fait que les habitants des villes ont une proAu terme de cet exposé schématique sur la v ar ié pen sion naturelle à nou er et à entretenir des échanges sociaux et à ouvrir leurs fenêtres sur J. vise les possibilités de compréhension entre arabophones dont les parlers propres sont éloignés. les bédouins. et qui s'efforce de dégager les emplois les plus usuels et . et . dans les mots du vocabulaire d ' abord . dans leur ensemble. Il s ' agit en somme de jeter une " passerelle " linguisti que . Il semble que ce soit chose plus facile chez les Cela présentent un caractère assez unitaire. Elle peut être très considérable : au point d ' engendrer l ' incompréhension de deux interlocuteurs . la compréhension . tant dans les sons que dans les formes .

var. inacc. qui permet alors d'opé rer les transpositions recherchées d'un parler à l'autre. inf. La connaissance des variations dialectales n'y répond pas à une préoccupation savante . etc. prép. de ce qu'on peut appeler les "équivalences" d'un langage diversifié. sg. tel est le dessein essentiel de cette ESquisse . sur quelque point de l'Afrique du Nord qu'on se trouve . accompli adverbe ancien confer classique conjonction consonne dialectal diminutif diphtongue et caetera féminin imparfait inaccompli infra masculin parfai t participe pluriel préposition présent radical respecti vement singulier suffixe supra variante voyelle ABREVIATIONS langue. pl. di al. Mais il demeure que . anc. rad. voy. sup . seul . surtout s ' il repose sur de solides bases d'arabe classique. fém. rsp. part. s uff. et y faire acquérir un sentiment profond de la acc. C 'est ce sentiment . pf. . prés. adv. Elle semble simplement indispensable à la compréhension. cl. masc. conj. dim.XIV les mieux compris. imp. l'usage familier d'un parler dans un lieu donné peut en donner progressivement la maîtrise. et d'user avec aisance d'un idiome partout accessible. dipht. cf. cons.

"caractères diacrités". . nécessairement conventionnelle. Il va de soi qu'une image exacte de l'articulation des sons et de l'impression auditive qu ' ils donnent exigerait . complé- tés ou n on . et plus précisémais ce signe peut comporter des indices complémentaires qui le partiOn appelle généralement ces signes . La repr ésentation graphique. Le système de transcription qu ' on utilise ici est simplifié à la limite du possible . mais elle est indispensable. Le principe de la transcription réside dans la représentation d 'un son par un signe ment d 'un seul son par un seul signe cularisent. pour être fidèle et rigoureuse. Aussi bien l'écrit. ne saurait remplacer la bouche qui articule et l'oreille qui entend .PHONETIQUE La phonétique a pour objet l'étude des sons . L 'ex posé du matériel des sons de l'arabe maghrébin établira avant toute chose la correspondance graphique entre les lettres de l'alphabet arabe et les caractères de la transcription phonétique q u' on a adop tée dans cet ouvrage . n'est donc qU ' un pis-aller. ou phonèmes . du langage . quand il s 'agit d'idiomes qui ne sont que parlés . une représentation graphique infiniment plus riche et plus nuancée.

... v " " v ..... ~ V " ... " .... ... 'C . " . 'C ..... « '" '" a... N ....." 'v" c . . ' .. '" "" cr> .." 'v v ' " . > v 'v ~ 0 ~ . .. '" .. 'C..s J f l:) 6~ lam mIm nun h".......b G ~ d '" '"" .Tout au long de cet ouvrage.... ." 'v" '''"" z" '" ~ 0 C 0 e c ~ 'v" 0 C 0 ~ 1p Y alif.. a... " " ~g " " " v v v . . v " " . ~ > 'C ./ \la !la dal dal ra zIn sIn t :. " " ...... 'v .P sIn ~ad 5 ~ 3 <._ 3_ Le classemen t phon é t iqu e des sons ... . .. c c ' ..0 ... J u> gayn fa qaf kaf ...:l Cl H 0 a. E....... définis par les points et les modes d'articulation qui les caractérisent . 9 f q k 1 ~ " v " " 0 . .. ~ 'cr> .." .. '" .. .... c ... v " cr> cr> " ~ 'C ~ ~ .." " 'v" > ' ' ' . harnza ba ta ta jIm a j:> dad ta da ~ d ~ b t t j h 0 P ..c <Il ~ ~ 0 éayn C t..... '" 'v " ..... ... ....J <Y' ... " ~ ......... ..>< ~ m n h .- t.... INVENTAIRE DES SONS al s:~~:!~!!!!!:~ Le tableau de correspondance des lettres arabes et des signes du système de transcription est exposé dans l'ordre traditionnel de l'alphabet arabe.." . 0- 'C 0 0... v ' ... oC " '" '" .....? waw ya w y Note .. oC . ~ .0 <Xl 'C 0 'C ~ ~ 0 0.0 C . . " " v " " 0 U U . les signes et les mots présentés en transcription figurent soulignés.. ." '" ... ....:0 . .? .. ...N c .. peu t être résumé dans le tableau suivant ... c c 'v " v v v v .. "'. qui va d'ailleurs faire apparaltre des signes nouveaux: A. .. ) b d d r z s ..... " V " > " ~ 0 C 0 ...." ' ... 'v v . 'v .. ..C> . " . 'C 'v 0.." .... . v " " .c....

g.~. et ct le th an- i . -~. ~t emphatiques . t S qui est un ~ non roulé. ~ étant le th anglais de thing . t ~ . alif en voyelle longue. indiquée par un trait suscrit la mi-longue. fat~a en voyelle brève. ~.. trois modes d'articulation que la transcription traduit par des signes complémentaires placés au-dessus ou au -de ssous du signe principal: le point souseri t.le point suscrit de gh) . glais de this . mais emphatisés. propre à l'arabe. g~. ~t l. par approximation. le chevron suscrit. ~ - variantes "affriquées" de k et ~. casionnelle . soit une vari- L. 9. par j. -~. deux signes complémentaires qui caractérisent deux sons particuliers : . qui représente soit ur. on le voit. 5 équivalant au ch français de chien . ou dans des mots d'emprunt souvent noté ~ .le trait souscrit.. . mais qui ne fortement grasseyé (souvent représenté ailleurs par la demi-lune souscrite de leurs par kh). l r.I.t (un ~ "angoissé"). étendu. qui marque la chuintisation ralement représenté. qui apparaît d'une façon courante en substitution de ~ a . nique ou la jota espagnole (souvent représenté ail- ~. comportant un effort musculaire localisé vers les régions postérieures de la cavité buccale (racine de la langue. ~ . = g. Quant aux sons nouveaux.. de . qui constitue une variante de i(i). qu'on trouve Trois quantités essentielles: . qui marque l'emphase : 5 On observe au reste que l'emphase. Pt m ~. ~t 1. . en graphie simplifiée . 2. . on n'a noté dans le tableau ci-dessus que 7 ~ Ce sont n. Il est. certains parlers qui ne prononcent pas les spirantes interdentales . . qui marque la spirantisation : t. caractérise des sons d'une façon constante: ~ t.4 Il est. l ~. pharynx). son étran- ger à l'arabe dans des mots d'emprunt. gurer dans des prononciations altérées. 2. souvent noté ante de k . à . Il est enfin d'autres sons "nouveaux lI . mais peuvent fi- .ut -s~étendre à z ~~ b k ~. la brève. on vient de le voir. k Y. qui est l'articulation occlusive de ~. qui sont étrangers à l'arabe.. mode d'articulation très originale.r. notée par la demi-lune suscrite qui sont les articu lations emphatiques de l et Trois timbres essentiels a. l'emphatisation-p. !' r F. variante "affriquée" de 9 . en outre . mais peut atteindre aussi des sons d'une façon ocOn dit alors que ces derniers ne sont pas Ce sont essentiellement. qui est l'articulation vélaire de ~. e t ! étant géné- lers. Mais dans nombre de par- i .la longue. D L'emphatisation se propage volontiers à ]l'intérieur d'un mot d'une radicale à l'autre: c'est ce qu'on appelle la "contamination d'emphase". et . t§. sans notation propre : ~ éventuellement devant ~. . figurent pas dans le tableau qui précède. qui représente une articulation dite "affriquée" de qui est le achlaut germa- !:.gY. propre à On doit distinguer les voyelles d'après leur durée (ou quantité) et d'après leur timbre.

qui peut être ~ . Elles combinent deux éléments consécutifs voyelle + voyelle.QW.. comme dans watt. gamma en voyelle brève. dont le timbre est incolore (assez proche de l'e muet fran- çais) _ Ont été rangés dans le tableau des consonnes les sons w et ~.i. qui est une voyelle ouverte. selon que le premier élément est bref ou long à premier élément bref ~w. - .- tongues üa. On notera en outre des voyelles en quelque qui en assurent la conservation (essentiellement~ . On peut rencontrer aussi des diphmais elles sont infiniment plus rares. renversé.2. 9Y . par accommodation.' qui est un i dont le timbre est "assombri" (entre i et é) . ya en voyelle longue. qui est une voyelle toujours brève. . vent u ou i Le deuxième élément est le plus sou: il est généralement articulé en semi- voyelle: !!J y. elles peuvent connaître une articulation consonantique . qui est un u dont le timbre est "assombri" (entre u et . de l'arabe classique. ~. ~. kasra en voyelle brève. ~y. instabl~s."i.~. ~. Ia. tend à se fermer. et une articulation vocalique prononcé comme le ou français. waw en voyelle longue.. La voyelle ne demeu- re avec son timbre pur que consécutive à des consonnes . ay . et ~ ~ aw .. la voye11e~. de l'arabe classique.) . qui sont en fait des semi -voyelles . sorte intermédiaires : . On distingue deux types de diphtongues .à premier élément long.~w. Sinon. .2. 6 parfois les emphatiques). comme dans . C'est ainsi qu'on le notera. et. et particulièrement Yi! - le premier élément pre- nant volontiers une articulation de semi-voyelle : wa. .~. ~.yacht . ~. . ~t .::.6 7 l'arabe classique.!. à prendre le timbre ~ devant W devant X : i!y..

. Alger. et Tunis. Les parlers bédouins ont. des régions présahariennes et sahariennes : un ensemble bédouin plutôt méridional et oriental. que l'essentiel. Cherchell. L'affrication est souvent tellement forte (à Fès. Beni Abbès (Sud oranais) . gérie. ~ l'articulation interdentale est perdue. surtout dans les milieux féminins) que l'audition rapide de t S donne l'impression d'un s. le Cap Bon. ~ s'est maintenue. ~ le est conservée dans les parlers où celle de ct et t a) Consonnes Les variations les plus remarquables sont celles de la dentale t S . Nédroma. REPARTITION DIALECTALE DES SONS Une telle répartition ne peut être que très schématique. mais . ainsi que dans les parlers bédouins des plaines et des hauts plateaux du Centre et de l'ouest algérien. Dans nombre de parlers. parlers citadins et ruraux n'ont généralement pas Les est celle des parlers bédouins du Sud constantinois. Djidjelli. et même parfois à l'intérieur d'un même parler. Tlemcen par exemple. du Nord constantinois (Djidjelli). dans les parlers citadins et ruraux de Tlemcen. Ténès. On n'en dira servation dans des cités algériennes comme le vieux Ténès. Dellys.de l'interdentale dad ~ : elle est l'héritière des anciens L'articulation interdenta- et da confondus. suivant une large bande longitudinale allant de Constantine jusqu'à Oran: un ensemble bédouin plutôt septentrional. Constantine. . Miliana. en Libye. l'occlusive sourde . d (t rejoignant l'articulation affri- ~en tS~ dans-les parlers où on la constate). gardé les interdentales. ceux des bourgs sédentaires de Libye (le Châti dans le Fezzan. et~. la situation est complexe. de la chuintante plus rarement th. en Tunisie. Constantine>. C'est aussi celle des parlers ruraux du Nord-Est constantinois. La prononciation ! et &. quée de sont confondus avec t. Médéa. Ailleurs c'est l'articulation occlu- mais il arrive parfois. et parfois en Libye. comme à Tripoli. Blida. à quelques exceptions près. . A Miliana. des interdentales 5!. Dellys. du qui est articulée avec affrication Nord oranais (Traras). parce que les variations sont souvent considérables et diverses d'un parler à l'autre. sporadiquement dans de petits centres sahariens comme Touggourt (Sud constantinois). de la région de Ghardaia (Sud algérois). Blida. et pour certains mots. dans un grand nombre de parlers citadins et ruraux: au Maroc d'une façon générale (sauf à Marrakech). Alger. en Algérie (Tlemcen. Alger. on entend tout à la fois l'articulation interdentale et l'articulation occlusive : la situation est flottante. Cherchell. que ce ne soit pas l'oc_ clusive sonore sente d. Partout ailleurs. dans leur ensemble. Médéa..8 9 l'articulation interdentale. c'est t sans altération. à l'initiale. de la Kabylie orientale (Djidjelli) et du Nord oranais (Traras). articulée avec. Dellys. un élément formant un son complexe ~ (souvent noté j). 11 en Algérie. dans des parlers mon- tagnards comme ceux du Nord marocain (Nord Taza). mais on en note la con- B. algérois et oranais. comme celui de Touggourt (Sud constantinois). Mila et Constantine . si ve ~.t qui repré- l(!> : elle est prononcée en chuinEn AlLa chuintante y est dental~ tante "simple" au Maroc. Tripoli).

exclamations ou interjections. mais grasseyée (en uvulaire). mais Il est très important de souligner que les parlers sahariens connaissent couramment la mutation S pour la de la palatale roulée r lins ou féminins). depuis le Sud o ranais jusqu'à la Libye.tale sourde k : elle connaît des altérations dans les parlers montagnards du Nord marocain (région de Taza. g. ou attaque vocalique. de la vélaire ~ dessus que q pouvait apparaître en substitution de ~. non roulée. que g s'altère. du Nord oranais (Traras).s. Il est des parlers qui mais aussi plus profondément que vélaire. Cherchell. ou détente glottale ~ • Il a généralement disparu au Maghreb. dans des parlers montagnards du Nord marocain. dans vocalique proche du haR\za ~ rare à Tunis. Tanger en Algérie. soit une affrication en~. ne peuvent absolument pas l'articuler. à Alger-juif. Djidjelli. dans des parlers bédouins méridionaux. par mouillure. à Tlemcen. du Nord oranais et du Nord constantinois. pouvait distinguer une manière de hamza dans le phonème de substitution à ~t dans les parlers où q n'est pas articulé. parfois. mais aussi à Rabat. du Nord constantinois (Djidjelli) : soit une mouillure de ~ en k Y.. un k postérieur (qu'on peut noter ~) . L. C'est une "maladie articulatoire" du r qui semble typiquement citadine. et le féminin. C'est un r très fortement grasseyé.. et comme élément formatif de dérivation. lorsqu'il est non roulé.10 11 . Les un s lui substituent une attaque ainsi en est-il au Maroc. Mais il arrive qu'il soit conservé ou On le trouve encore dans des On vient de voir qu'on restitué dans des mots du langage relevé. On observe très bien à l'audition du k postpalatal.. de la postpal.. . d'autre part qu'en Libye le pronom suffixe -k de la deuxième personne du singulier peut connaître une opposition k (sans altération) pour le masculin. en tant que phonème constitutif de racine. Elle est fréquente dans les parlers musulmans de Fès.-. d'autres parlers juifs et à Djidjelli. Tlemcen. Ailleurs. dans des mots de la langue savante ou religieuse). en gY . de ~ altéré dont on vient de parler.' ~t ~ et elles se confondent souvent dans les parlers Juifs du Maghreb en un son intermédiaire entre 5 et sourde. et n'est pas articulée vélaire.: on l'a dit. Tétouan. que certains parlers bédouins des régions présahariennes et des Hauts plateaux d'Algérie n'ignorent pas non plus cette mutation. 9 en 9. : elle est plus ou moins rou- i. z et j pour la sonore. et lée suivant les parlers. ou d'emprunt (avec articulation spirante qu'on peut noter k) pour à la langue classique. de l'Ouargha). ni vélaire ni gutturale : des parlers juifs et de vieux parlers musulmans citadins . il se distingue parfois mal du grasseyé. soit une mutation en ts (parfois transcrit à Fès notamment. dans une zone d'articulation gutturale. est altéré en qui se distingue On a vu ci- C). et même jusqu'à devenir y. . suivant les milieux (mascusuivant qU'elle est ou non emphatiMais il arrive que l'articulaque (voir plus haut).des sifflantes et chuintantes !!. _ de la vélaire q : elle peut ~tre tion en soit. Nédroma. Elle est propre aux parlers juifs. de la postpalatale sonore g : elle apparaît dans les parlers bédouins du Maghreb en substitution de q (excepté.du~. Il arrive.

des parlers du Sud tunisien et de Libye distinguent habituellement darbak "il t'a frappé (toi homme)" de darbëk "il t'a .l'opposition actif/passif du verbe en arabe ancien. Ainsi .. t. et les deux formes sont confondues en une seule : raddu. E. Compte tenu de ce~ observations qui valent pour l'ensemble dialectal. comme les emphatiques et les emphatisées : à leur contact. ~ ~ moins indifférentes. j.. ou à n'avoir que la coloration de timbre qu'elles tiennent des consonnes environnantes.2. u passe à 2. - St -~. qui se traduit d'une part. a trahi" srag "il a été volé". Ainsi bdac "il hdat. Cela veut dire que les éléments du vocabulaire dialectal qui peuvent être rapportés à des prototypes de l'arabe ancien présentent une perte très sensible du vocalisme bref. ~zzu E. rir" : éazzu "il l'a chéri". Il en est qui "assombrisse" le timbre. dans les parlers les plus évolués. de relative conservation dans les parlers de Libye et de Tunisie. plus elles sont pures. comme t. sont longues.. quelquefois dans des parlers bédouins du Sud algérien et de Libye . f'9ddu "renvoie-le". b. --. par un nivellement du timbre des voyelles brèves qui subsistent : elles tendent à devenir incolores. d. renvoyer" conservée dans les parlers bédouins et ceux du Maghreb oriental. en donnant à la voyelle une colo- ~.. --=---=.~zzu. la perte de la substance vocalique et du timbre Et c'est dans les (Kabylie orientale.. jusqu'à devenir incolores. d'autre part. Il est des consonnes plus ou Djidjelli). Tant s'en faut. z.. plus elles risquent d'avoir un timbre décoloré.12 13 Mais il n'en est pas de même dans tous les h) :!~i'~g~~ parlers..~ La totalité des autres parlers maghrébins ignorent ces formes passives.. enfin et surtout au Maroc que le délabrement est le plus caractérisé.r~ppée (toi femme)" . Nédroma). 1. et du Nord oranais (Traras. comme . réalisée par la variation de timbre vocalique . d'une façon Il se présente dans un état En Algé- On peut considérer grosso modo que la pureté sChématique.I l en est qui exerce un effet "ouvrant". mais le vocalisme bref est fragile. alternance vocalique est abolie ailleurs. ~ devient intermédiaire entre a et~. . D' un ensemble dialectal d'une grande complexité on ne prendra que quelques exemples : . srag "il a volé".azz-iE. par une disparition de voyelles brèves. et i à ~ . s'aggrave de Constantine à Tlemcen . On peut dire. ~.' "il l'a renvoyé". "il a été trahi" . Plus elles Plus elles sont brèves. d. . Il est un autre facteur qui joue sur le timbre vocalique: c'est l'influence colorante que peuvent exercer les consonnes sur les voyelles qui leur sont contiguës.. favorisant le timbre . que celles qui sont indispensables à l'articulation des groupes de conson n es formant syllabe . --=:' ration "postérieure".Q- rie.-add-if9dd "rendre. . h. ~. à l'accomElle est raddu "chéCette ou i à l'inaccompli et à l'impératif.~zz "chéris-le". que le vocalisme bref se délabre de façon croissante d'Est en Ouest. ainsi que dans les parlers bédouins. parlers ruraux du Nord constan~inois du timbre dépend de la durée des voyelles. on constate que les parlers maghrébins sont caractérisés par une ruine considérable du matériel vocalique : le vocalisme long est solide. s'est maintenue dans un certain nombre de verbes dans les parlers du Sud tunisien. dont ne subsistent.~. kalbak "ton chien "T • • _ .la plupart des verbes sourds connaissent une alternance vocalique de la voyelle radicale : pli .

et Mais ce phénomène se manifeste avec plus d'in- tensité qU'ailleurs dans les parlers du Maghreb oriental. toutes les fois que le consonantisme radical n'exerce pas d'influence colorante "postérieure l l ou emphatique : le a. Soit qww. et à garder la pureté du timbre a au premier élément. part. différenciant des formes et des mots. q~11a l'petite quantité. dans tous les parlers. . semble la plus caractéristique) précédant le groupe diphtonique est de nature à le conserver. estompé. ~y d'autre Dans les premières. l'~ atteint très fortement le ~ final. ailleurs. qui. .. et susceptible de varier de l'un à l'autre.!. Tous font ressortir que certains parlers. @- Pour ce qui est des diphtongues à premier élé- ment bref. manque". médiale. le faisant passer à ~ : msa "il est parti" ) ms~ . la présence d'une consonne "ouvrante" (et €. de l'Est saharien et du . qella signifie aussi "gar- cl !2!E~!:~~g:~~:! La situation des diphtongues dans les parlers arabes maghrébins est extrêmement complexe. Dans les parlers villageois du Sahel tunisien. prenant un timbre proche de ~ diphtongues dont l'élément semi-voyelle est redoublé (ou géminé) et des diphtongues où cet élément n'est pas redoublé. en d'autres parlers. "il a a intérieur du mot. tant du pont de vue synchronique que du point de vue diachroni. du QW.qfa "il a lu").ayn "oeil" et "source l l • Il convient ensuite de traiter séparément des --- Il apparalt dans divers parlers maghrébins de façon inégale." que. de souligner le fait que. phénomène de mutation de timbre (appelé aussi apophonie) qui fait "pencher" la voyelle a vers i. !jQwwab "il a dress~". quand il n'a pas complètement disparu. et aussi dans ceux du Sud tunisien (Gabès. et d'autant mieux que la consonne qui le précède exerce une influence "ouvrante" ou une influence "postérieure". en position initiale. Ainsi qalla "il a fait frire". qu'on peut réellement appeler "conservateurs". Ainsi éawwâj "il a tordu". facilité. avant tout. apparaît plus flou.llal. De très nombreux exemples de ces oppositions vocaliques. Ainsi eawd "cheval" et "morceau de bois".14 (à toi homme)" de kalb~~ 15 Fezzan. ~yy d'une part. sera différencié par sa voyelle ~ : qulla (gç. Elle est. ~. long ou bref. oriental et dans les parlers bédouins. le complexe diphtonique se maintient plus volontiers. on constate une imala qui est variable mais bien caractérisée. finale. On distinguera les diphtongues à premier élément bref et les diphtongues à premier élément long. avec une extrême goulette'l. mouvante et instable. ont gardé un sentiment très vif et très fin de variations de timbre héritées d'un état ancien: sentiment qui. des éléments de vocabulaire sont différenciés par le seul timbre vocalique dans les parlers du Maghreb ns~ (excepté quand la consonne qui précède exerce une influence "postérieure" ou emphatique : bqa "il est demeuré". en outre. Dans tels parlers du Nord constantinois. Dans les parlers bédouins du centre de la Tunisie. Nefzaoua). Ils sont ailleurs confondus en qalla. Reste un trait du vocalisme à souligner l'imala. il convient. tend alors vers français. pourraient encore être cités. nsa "femmes l l ) "ton chien (à toi femme)". et cela dans tous les parlers. distinction inconcevable ailleurs au Mag hreb.

ryy . l'environnement la premiè~ solution.. dans nombre de milieux féminins. de mutation de caractère phonétique.. lûn "couleur. disposé en rond". On dira que. avec environnement consonantique "colorant". à l'inverse. notam- ment quand la consonne qui précède le complexe diphtonique n'exerce pas d'influence "colorante" caractérisée. lawn. que le timbre du premier élément s'accommode à la semivoyelle consécutive : uww. 17 cl.-plexe peut perdre son caractère diphtonique de timbre différencié. dial. et peut être tout aussi bien représenté par la graphie ûw. e:. déterminé!!. et. gëf "hôte". et réduction par- 9. c'est généralement partout . dans un parler donné.la contraction des deux éléments en un seul .-:.. repré- .r.. proprement la conversion de l'état di ph tonique à l'état vocalique : la diphtongue se muant en voyelle longue. bIt "chambre. qw . fï consonantique peut jouer son rôle. il y a généralement réduction totale : cl. on envisagera deux possibilités la conservation de la diphtongue ~w. la yajr").awnu "ils ont aidé" . les milieux féminins optant souvent pour Mais. il y a réduction partielle de la diphtongue .. dans les parlers des ruraux tunisiens.. ~ Dans les parlers de bédouins en général. n'est jamais réduction totale entre conservation di ph tonique tielle Ce Iy. où le deuxième élément représente un hamza vocalisé en ~ (cl. dont l'état syllabique a provoqué la chute (cl. irabb~w "ils éduquent". là encore. ~g~yyar pe tiot".16 confectionné" . Ainsi jüwwaz (jüw~z) "il a fait passer ll . le langage ait opté pour la réduction partielle : 19n. ~ . encore que.. espèce". elles ne se trouvent dans des mots d'emprunt. . dans le premier cas. i (qui ne doi t pas être confondu avec le timbre "assombri" qui résulte de l'influence colorante éventuelle d'un environnement consonantique) soit avec adoption d'un timbre pur : ~. ~y mais hésitation En ce qui concerne les diphtongues dont l'élément semi -voyelle n'est pas géminé. plus conservateurs. ~: som "jeune". dans quelques cas rares. où le deuxième élément provient d'une semi-voyelle originellement suivie d'une voyelle brève. Qu 'en est-il dans les divers parlers maghrébins ? Dans les parlers citadins et rur aux. bit. ou comme dayr "tournant. dans le deuxième cas. . à moins que .2. favorisant l'état diphtonique : ~Qwm "jeûne" (plutôt que ~9m) . ~.allant jusqu'à varier selon les individus. bayt.!. Au premier type appartiennent des formes comme é. même. sl. Cette conversion peut s'opérer soit avec conservation d'un timbre "assombri" témoin de l'état diphtonique premier : -'-'- @- Les diphtongues à ·premier élément long ne sont Elles résultent habituellement pas d'origine ancienne.yyabni (sIyabni) "lâche-moi l l • d. Au deuxième type appartiennent des formes com- . réduction totale de la diphtongue.awanü) ... la situation apparalt particulièrement confuse. selon les milieux.&.. dial. et dans ceux de Libye. me + ~ "ils ont oublié". ou la-Yli "qu' il ne vienne pas" (cl.-- Mais il est fréquent aussi. selon les parlers et. ~). demeure" II éB.yyan "il a fixé. !?~yf "été" (plutôt que sëf). en sorte que le com. . ou de création de caractère morphologique . Bien entendu. représentant un dialectal nsa u (u indice du pluriel). 9.

celle qu'on peut relever dans nombre de parlers bédouins dans le cas des voyelles ~. indice d'adverbe interrogatif (cl. en finale absolue. fournit un exemple de diphtongue dans un mot d'emprunt. diminutif des parlers bédouins d'Algérie (cl. dans une mutation provoquée (par l'état syllabique).E. ailleurs Y- msëyt "je suis parti" . et aussi fayan et fayn 0Ù 1". disposé en rond". atteinte d'imâla. diphtonique se rompe: ë.'. Un tel phénomène se pro- jours" par ex. .' __ __ IIfemmes" . jO. '1- ®- Un mot doit être dit de ce qu'on appelle C'est l'évolution rigoureu- v "r) ms~t .. ceux d'Oranie par exemple. .sque la voyelle ~ est contiguë à une consonne emphatique : t~n. tous deux précédemment notés. se scinde en deux éléments : -. d'un e ou d'un ~ (phonèmes "ouvrants") jüat.celle qU ' on observe. kbëyy~s) masaytu.. nsa nse nsIa o. rbIt:. Telles sont les formes . comportent un allongement du premier élément en quelque sorte intentionnel. dans le but de sauvegarder un trait morphologique caractéristique. dans une mutation spontanée . yÜmayan et yÜmayn "de'Jx jours". kubays. "diphtongaison secondaire".celle qu'on peut remarquer. "printemps". et usuels dans nombre de parlers citadins et ruraux (ailleurs yUm~n.. dans les parlers du Sud tunisien et dans certains parlers de Libye. nsawah "ils ont OUblié. articulé en semi-voyelle suivie de voyelle. ms~t. i~abb~w(Jh "ils l'éduquent". L'instabilité est parfois extrême et peut résulter. ~fam~t. dayar "tournant. ~. ~) . tout simplement de la rapidité du débit.18 sentant un dialectal irabb~ + u Cu indice du pluriel) ou encore comme le marocain bOYdën "blancs" refonte 2 3 "" • dialectale en R1U'R R In d'un pluriel de noms de "couleurs et difformit's· Crac. ~~yn "argile ll (cl. 1I On rangera aussi parmi les diphtongaisons secondaires les diphtongues qui. duit lorsque l'environnement consonantique (notamment la Consonne qui précède la voyelle) n'exerce pas d'in- . indice du duel (cl. qui sont suivies : jÜf. dans fayan "où 7" par ex.a. lo. semble -t-il. car i l arrive que le deuxième élément soit. kub~ys "petit bélier ll . "faim". lent ou accéléré . en sorte que le complexe l. bkIa "il a pleuré". §. dans des parlers bédouins. yÜm!n . Il est. Ainsi peut-on entendre. !FâmI~t "chiffoŒ'. . dans les mêmes parlers (cl. dans la même bouche. rbIa!. bk~.-ayni). femmes (à lui)". . ailleurs ~.. dans divers parlers. par exemple.-ayn.~~yna). plusieurs sortes de diphtongaisons secondaires . d'usage courant dans l'Est maghrébin (ailleurs ~abla). Il ne se produit pas lorsque la voyelle ~ cesse d'être en finale absolue : nsah "ses Ces diphtongues ne sont pas toujours stables. lorsque la voyelle. byd). daY~:r et daYF . Un mot comme tawla "table". -ayn. fIn). dans yumayn "deux sement inverse de la réduction de l'état de diphtongue à l'état de voyelle longue décrite précédemment : une voyelle longue se scinde en deux éléments. --1'- 19 fluence "postérieure".-. bka.awêm "il a aidé".

!? "milieu". redoublé : dmü€.de la dixième forme ) ss stanna ) sSanna "attends". assez! ". On se contentera de dire que. nôaraj-s ) ma-na-hras-s "je ne sortirai pas". flanc". mar-. demi". dsrsa ) t"SIsa "bouillie d'orge" (cl.20 21 yajzi ) yazzi Ifil suffit. le premier élément qui agit sur le second : n9sf ) nqsl' "moitié.. nQwwagtu ) nëwwattu --"vous avez fait lever". plus le débi t de la par.) ntae.hum ) dmüh1.lum "leurs larmes".-awla "par derrière" pour mrn-al-wara~.. dan fIl "dauphin" pour dalfIn. C. c'est tantôt le second phonème qui agit sur le premier : rqad + t ) rqatt "j'ai dormi". Elles consistent en permutations qU'on appelle "métathèses" ou "interversions" nt. wUdjh ) wi:itc "visage" (forme usuelle à Alger). ~- re des modifications de phonèmes. On n'exposera pas ici le détail de ces mutations. mais accolés à lui et formant avec lui un seul mot phonétique) sont susceptibles d'exercer les uns sur les autres de notables influences. iqülIna ) iq~l-anna "il nous dira".. mtaE.!. Il arrive aussi que l'interaction de deux phonèmes contigus aboutit à la naissance d'un phonème nouveau.-ji's. maghrébins. COMBINAISONS DE SONS Les phonèmes qui constituent le radical d'un mot (ainsi que les éléments formatifs qui s'attachent au radical du mot. qui appartiennent au domaine de ce qu'on appelle la "phonétique combinatoire". ) dZ9-Ç'9 "tu le visiteras". ma- durera l l . obligatoires ou facultatives. Il en est qui Quand il s'agit de certains phonèmes dont le point ou le mode d'articulation sont voisins. Ces modifications éventuelles sont très nombreuses. lorsqu'il est suivi d'une sifflante d'une chuintante stka ) sska "il s'est plaint".. smafha ) smal. Il en est qui sont communes à tous les parlers stadu ) ssadu "ils ont chassé". tji ) dji "elle viendra".. aussi. . on constate que. sôlddaja "natte de prière" pour sajjada. nül "couleur. jasIsa). Ainsi en est-il aussi dans le cas du préfixe st.al "il a maudit" pour lEan.1pa "il l'a entendue". sont particulièrement fréquentes les mutations qui se produisent dans des mots ou dans des complexes de mots. 'qui comportent des "sonantes" comme . Elles peuvent se produire entre d'autres phonèmes que les "sonantes" : saqQ9ta "mèche de l'occiput" pour qat~qsa. tZ9~9 E' ~ et w. ztad ) zdad ou zzad "il est né". aussi bien que les éléments distincts du mot.o le est rapide. Peuvent alors se produi- "appartenant à".pour lün. wÇ)st ) WO!?. ou dans le cas du t infixé de la huitième forme. tdüm ) ddüm "elle fayn-çah ) fay-Ç'-çah "où est-il 7". espèce" --. ~ ) zdar ITpoi trine". dans le cas de a) Phonèmes contigus.. C'est tantôt. sont particulières à tels ou tels parlers. b) Phonèmes distants. De telles assimilations se produisent parfois entre deux radicales d'un même mot: janb ) jamb "côté. ranjas "narcisse" pour na. plus nombreuses sont les mutations des phonèmes au contact.

Ainsi . pour ma-tatkalla m-s "ne parle pas tt El-al-bab "à la porte" . suivant les parlers pour j-ans "espèce". qui se manifestent ici et là au Maghreb (et entendre. zans. chuintante + chuintante.. zans. al~jzayr : ad-dzayr. la séquence chuintante des parlers où la séquence se maintient sans changement : + sifflante (1 + z par exemple). fréquents. Eal-bab . E. en Tunisie.. pour charpente de leurs phonèmes radicaux. Non moins remarquables sont les mutations qui apparaissent dans des mots qui comportent. ainsi en est-il dans l' Oranie bédouine et dans le Sahara algérien où la sifflante assimile la chuintante: zazzar. lorsqu'il est suivi d'un phonème identique.jüza "vieille femme" . où la chuintante se différencie et passe à 9 gazzar. Ai nsi peut. ~züza . sifflante + chuintante. d' "haplologie".on . ézuj(a) . pour sams "soleil". pour . sams. zUj. . zuz . sont particu- lièrement sujets à des mutations. ce sont les parlers citadins et ruraux d'Algérie et les parlers des nomades du Tell algéri en . . et. dans la s~ms " . ma-tkallam-s. Des mutations semblables.! et !!. daz-iduz dans le Sud marocain .. déjà en arabe classique). . fan jan. Il est jazzaf "boucher l l . Il y a lieu aussi de signaler des cas possibles. l?fafjan "coings" pour ~fafjalt kabran "caporal". gldffi "moutons" pour gnam. jans. pour saj ra " b " ' j ça.. plus ou moins capricieuses. ont lieu dans la plupart des mots où figurent les séquences chuintante + sifflante .. pour qult-lu "je lui ai dit" . gaz-igüz dans le No rd ma- pour jaz-ijüz "passer" rocain. c'est ce qu'on entend dans l'E st constanti- nois. spontanées ou provoquées. juj. gans . ar re t sa s~jra.. Y .. La différenciation peut parfois opérer une mu- tation de i à~. . chute d'un phonème .zuj "deux".22 23 Les phonèmes "liquides" • .où se produit une métathèse : zajjar . Ai n si qut-lu. partiellement. Ainsi badanjal "aubergine" pour badanj'an.. en Libye . sarns.. ~güzat formes habituelles au Maroc .. ainsi également pour le n om de la ville d'Alger.. fanjal litasse" pour. sams.

parmi ces parlers bédouins et du Maghreb oriental. bagl. gnam "ovins". qui ont une matière vocalique remarquablement abondante. qU'il est un certain nombre de facteurs qui peuvent déterminer la conservation. k5tibi. Un tel renouvellement du schème syllabique s 'e st opéré suivant A. Ce fait frappe. La voyelle constituant le centre (le principe essentiel) de la syllabe. on constate que la structure cl. Mais cette diminution du vocalisme interne n'est pas uniforme dans tous les parlers. sédentaires. en arabe maghrébin. Thèmes nominaux du singulier. dial.et dont l'aspect contraste avec l'aspect de l'ensemble des autres parlers maghrébins. g1rd. les parlers marocains étant Il en est d'autres qui en conservent bien Ceux où elle apparaît le plus réduite d'autre part que cette diminution est plus marquée dans les parlers citadins et ruraux. l'oreille de l'arabisant le moins L'examen attentif le révèle plus complètement. Il est des parlers qui ne conservent en fait de voyelles que le strict minimum qui permette d'articuler les groupes consonantiques. dial. à l'audition. que dans les parlers bédouins. ktab "il a écrit". Types à vocalisme bref). On peut dire d'une façon très générale . celui de tous les verbes trilitères sains. présentent une très importante diminution du matériel vocalique . sans finale a : cl. Mais aussi une forte proportion des voyelles qui sont intérieures au radical. uktub "écris"). au vocalisme souvent ré- D. au chapitre du Nom (B. duit. On en parlera en annexe. comparés à leurs prototypes anciens. lorsqu'on les rapporte aux pro totypes anciens dont ils procèdent. . Il en est. en fin de chapitre. ~. où le mot ne saurait commencer par deux consonnes consécutives : quand les deux premières consonnes sont groupées . SYLLABE Comme on l'a dit au chapitre des Voyelles. ou l'adoption. cl. parfois profondément modifié : que ce soit le fait de l'évanouissement pur et simple d'une voyelle. elles sont alors obligatoirement précédées d'une voyelle d'attaque . dial. dial. cl. dial. ~ "serpent". Qard "singe" .24 25 syllabique des mots dialectaux. initié. ou que ce soit le fait du déplacement de la voyelle à l'intérieur de la charpente des consonnes.d'une part que la diminution de la substance vocalique s'accroit d'Est en Ouest . davantage. d'une façon absolue. du type de l'impératif du verbe trilitère sain au thème fondamental. les mots d'arabe maghrébin. Ma is on verra. un schème syllabique R R vR (groupement tout à fait impossible en arabe classique. ~~~~_!~~~~~~~~_~~~~~~~!~~ a) L'une. ganam. dite "épenthétique". I 2 3 Ce schème R R vR est. 1. selon une mutation qu'on appelle 123 communément le "sursaut". bgal "mulet" . d'un schème R1 vR 2 R3 : cl. C 'est également le schème qui prévaut dans la catégorie des noms à vocalisme bref. revêt généralement un aspect nouveau. qui porte à conférer au mot trilitère nu à vocalisme bref. à la troisième personne du masculin singulier de l 'accompli : Cette diminution porte essentiellement sur les voyelles brèves : les voyelles de la déclinaison et de la flexion.

à l'inaccompli et à l'impératif. comporte une voyelle longue (suivie ou non d'une consonne). + i aktab + 1L"écrivez". cvc.çaf + u Itvous saurez".rab + u ) ga. f9kbat + ak "ton ge- rjëll + i gbal + U ) r~jli "ton pied". ) gablu "avant lui u ou de l'indice -a du féminin ou du singulatif bgal + a ) baQla "mule". qui est manifeste lorsque la flexion morphologique. les dialectes maghrébins trouvent des solutions variées. A l'inverse. 1)j ar + a ) haj ra "un~ pierre" .çab + ak ) èa. Le groupement syllabique passe alors. ou suivie d'une conson- ne suivie d'une consonne cvc + c. elle est nécessairement fermée De l'impossibilité pour une voyelle brève de se maintenir en syllabe o uverte résulte une instabilité du schème syllabique. et aux personnes du pluriel: syllabe ouverte? Une syllabe constituée par une voyel- le brève suivie d'une consonne qui est elle-même suivie ct 'une voyelle cvc + v. préposition) de schème RI R2 vR 3 est pourvue de pronoms suffixes à initiale vocalique : ~. Ainsi en est-il également des noms de type ancien mvR R vR a madrasa "école" .çbak "il t'a frappé". lorsqu'ils sont pourvus . asmae. nom.çab + u "sa place" .. du schème RI R2 vR 3 ta~fab + i "tu (toi femme) fraIPeras"t naqtCll + u + u "n~us tuerons". l 2 3 mahkama "tribunal du cadi" 1 Z 3 ou des noms de type mvR R vR lorsqu'ils sont pourvus de suffixes à initiale vocalique ou des noms de type rnvR R vR madrab + ak "ta place lt . Lorsque la syllabe cv. C'est ce qui se produit quand la forme verbale l 2 3 de schème R R vR reçoit les désinences à initiale vocalique du parfait. ---'- - 12 . Résultant de cet évanouissement quasi automatique de la voyelle brève en syllabe ouverte. se révèle plus complexe dans le cas de mots dissyllabiques ou plurisyllabiques.! - des indices In et at du pluriel externe : maslem + In "musulmans" t maslam + at "musulmanes" 2 3 et aussi des noms de type Rl vR R a lorsqu'ils sont pourvus de suffixes à initiale vocalique : de ~. Qu' appelle-t-on 27 ou de l'indice -In (et ses variantes dialectales -~. "entends (toi femme)". Tel est le cas que posent les formes du verbe trilitère sain. sbar + In ) sa brIn "deux empans". ou l'adjonction au radical du mot d'un élément vocalique suffixé. selon une mutation qU'on appelle communément "ressaut".çbat "elle a frappé". -ayn) du duel : shar + In ) sah~In "deux mois". yaknü~ "ils balaieront". ) ~açbu "ils ont frappé". une syllabe "fermée" comporte une voyelle brève sui vie ct 1 une consonne non suivie d'une voyelle cvc . Le même IIressaut" s'opère également quand une forme (verbe. ! "mon genou". rQkbat + nou" • A ce problème (qui n'est qu'un seul problème) posé par ces mots dissyllabiques ou plurisyllabiques. transforme une syllabe fermée en syllabe ouverte. à la deuxième personne du féminin singulier (là où elle est en usage). la mutation de la structure syllabique. -at du féminin et ~ du pluriel. tae. ' au sc h eme RI vR 2 R3 : ~. -~.26 b) L'autre tendance consiste en la chute (ou l'évanouissement) de la voyelle brève. mad. en somme uniforme dans le cas de mots monosyllabiques. lorsqu'elle se trouve placée en syllabe "ouverte".çab + a t ~.

--" @- Il en est qui. à l'accompli.çbi. de l a voyelle de première syll a be en la fermant par le redoublement de la c o ns o nne con sécutive. pour rendre plus aisée l'articulation de trois consonnes. l' é vanouis s e ment de la voyelle du préfixe. F9kk9btï. ma~f" bu. assa mt:i . y~ kn' su. Une réserve est à faire dans les parlers de Tlemcen et de l' Oranie citadine. ~------ + u "elle l'a Là encore. boulevers a nt l a répartition syllabique. yÜkunsu.çb~k. --. mas'lmat. f9kb ' tak. msalmfn. r. des petits nomades du Tell algér o i s et du Tell constantinois occide ntal. oranais ainsi que des plaine s oranai s es. d'introduire un point-voyelle qui sépare tantôt la première consonne de la deuxième : naqqatlu. yaknsu. ~. C'est l a solution adoptée pa r le s p a rlers de Libye.. dont la répartition ne recouvre pas la répartition précédente. pour les exemples ci-dessus. des cita dins et des ruraux de l'Algérie.28 29 c o mporte dans les formes verbales. Fkobti. s a mei.. le redoublement de la consonne n'a pas lieu quand cette consonne est une "sonante". tanzlu "vous descendez".+ a k frappé".: soit. mdssalmat. de l'ensemble bédouin du Sud constantinois. mdaFbak. ------ "elle t'a frappé".çbu. nalbsu "nous revêtons". Cette solution est celle qui domine dans les parler s marocains et ceux du Nord constantinoi s ( Djidjelli).d~ .t:~+fu. ta&ffu. . algérois.ad~t maJ:lkma. variable suivant les parlers (et suivant la rapidité du débit de la parole ) . ~ktbu. taf. ma ddarba~.. . avec la possibilité. du type darbet . taé'rfu. Souvent. màd·. ma~'fbu. darbat . f9k'b t dk tantôt la deuxième c ons o nne de la troisième ta~f'bi. -m-a-s-s -l m~In.-a ~ Cette solution est celle des parler s de Tlemcen et de l' Oranie septentrio nale. katbu. n : on dit Y3rSlu. . manzla "place". et de l'oasis d'El-Kantara dans le Sud constantinois. maJ:l'kma. frappent de l'accent l a voyelle du préfixe. . lorsqu'elle est suivie de pronoms suffixés à initiale vocalique. mda.çbak. selon un s chème ta~~â. masl'mIn. taéa. ma!:!J. €9- Il en est qui admettent la chute pure et sim- ple de la voyelle de la syllabe finale (qui se trouve ouverte) selon un schème syllabique vccc. de la région de Collo et Skikda. ak ' tbu. dans les grandes lignes. nüqutlu. de Tuni s ie. la répartition dialectale des solutions trouvées au problème des mots dissyllabiques ou plurisyllabiques. naqtlu. Telle est. maslmIn. f9kb'ti.bu. les parlers des nomades sah a riens a ux formes de l'inacco mpli du verbe. rkobtak. ":' _ _ _ _ __ • . msalmat. ya kkansu. q~rbti maddarsa l . __T_____ __ ____ mas ' lm!n. naqt ' lu. mahhakma. Elle ~----- t~arbi. • _ _ .. . a s'méi. naq'tIu. ma~r· bak. akt'bu. as m'~i.• • • _ _ _ ta2'çbi. ma~~ a Fbu. m~slmat. les parlers adoptent des solutions diverses. rQkbtak . masl'mat. mQakma. asm~. préfèrent un schème cvcc : téarfu. f9kbti. ®cvccvc : Il en est enfin qui ass urent l a c o n s ervation ta2Fbi. fokkqbtak. yak'n s u. ta~ ' fu. l. ikdnsu.Il ils . "mon outre". . et l'allongent po ur en mi eux a s s urer l a c o ns ervation : ta~arb~.'. akkatbu. mal!k' ma. On doit évoquer aussi le cas de la troisième personne du féminin du verbe "sain".nvoient ll . ma~rsa. nqatlu.(~i0a .çfu. f 9k·bti.

à Cherchell.l'adjonction aux formes nomin ales pourvues de la . dans les hauts plateaux et dans le Sahara a lgérien. connait darbItak. ~a. a Voisin aussi des c as précédents est le procédé de fermeture de la syllabe qui suit la voyelle brève. w()ddi. mqablat face". confondant alors la troisième personne du féminin avec la première personne. du Centre et de l'Est à Tolga. 1. ou. On entend ces formes dans quelques parlers sédentaires de l'Algérois. abtu . Le de l'ethnique. des indices -~ QO- ~~ L:~V~yelle darbattak. et -u du pluriel. -at du pluriel externe. ~. ':Irç>bba cl. préfèrent _~. jarbatu n'est pas ~oins employé.ba tak.~~~ Ainsi dit-on à Tunis et dans le Nord de la Tunisie. ~ . 31 Voisin immédiat du cas précédent est le cas de la forme participiale féminine pourvue de suffixes pronominaux à initiale vocalique : de mqabla. qu'on rencontre dans des parlers bédouins de l'Oranie et de l'Algérois. mqablatt~k. mqablatak (mgablIt~k + ~k (~) @- "(elle ) te (lui) faisant Ainsi en est-il dans les parlers bédouins de l'Est constantinois. par . dans le Sud constantinois . Maroc n'ignore pas non plus _~aFoott8k. C'est suivant les parlers: mqabltak.ok . dans les schèmes les plus divers. Après avoir énoncé les tendances essentielles qui semblent guider la constitution des syllabes dialectales. darbItu. . et très généralement au Maroc. "c3Lmlda t ) "perches de la tente". dans la Tunisie bédouine et villageoise. -ayn) du duel. Ce sont les formes en usage en Libye. utad : jmalli "mon chameau". D'autres. _~aFbtu. mqabl · k à Tanger). des désinences -~ du féminin singulier (deuxième personne).~arba tu.~ darbattu.v. émadda (cl. Constantine.r abta k. ailleurs j amli.l'adjonction aux formes nominales terminées par une consonne. . Skikda. mqabaltak. ailleurs watdi. C'est aussi ce qu'on entend à Alger. du Sud de l'Algérie. . ~:r. et des suffixes pronominaux à initiale vocalique -!' -ak.Ç'battu. ( oranais. -. de l'indice -at est sauvegardée par le redoublement de -~ : ~ <E9- Ainsi . dans les hautes plaines constantinoises.30 Certains parlers admettent la chute pure et simple de la voyelle de l'indice -at. ou _~~~b'tak. pour en assurer la conservation. Djidjelli. et la séquence de trois consonnes : _~arbt~ k. -In. dans le Nord constantinois. ou des suffixes pronominaux à initiale vocalique . utaddi "mon piquet". -In (-~nt -~yn. pour sauvegarder la structure syllabique des mots à l'état nu : jma l. Très fréquente est la conservation par allongement de la voyelle de l'indice -at.l'adjonction aux formes verbales terminées par une consonne. L'oasis de Tolga. plus rares. v agrlba t) V " "cor b eaux..~tç· btu . où ja~batak. créant un indice -at: _~1i!. il reste qU'on se trouve en présence d'un très grand nombre de cas syllabiques qui sont généralement posés. ~arb' tu. encore. -~ . -a du féminin ou du singulatif. à Dellys. . avec la possibilité d'un point-voyelle qui dissocie la séquence d'articulation parfois malaisée: _~a( btak.

conservent ou font naître volontiers entre R et 3 R une voyelle secondaire: le fait se produit notamment quand R 3 quand le voisinage consonantique est autre : rabat (. du Sud tunisien. passent souvent à R R v 2 3 R . ~.. malary "sel". Ces cas.P?. dabalaj "bracelets". de l'Algérois. avec le timbre en syllabe ouverte : t. sous la forme d 'une voyelle bada "il a commencé". brève ou ultra-brève de timbre indéterminé: est de règle. Les plus "conservateurs" d'entre eux la gardent mi-longue . fêlJras~n "pieds (de chameau) " . L'examen complet en exigerait une étude détaillée et étendue. jaro "chiot". dont la troisième radicale est u ou i dalu "seau".Saada (Sud algéest " le maintien . chez les ruraux et les bédouins de Tunisie. fajar "aube". des suffixes pronominaux à initiale vocalique -1. llban "petit lait". et en Libye D9~9'.32 finale -~ 33 3 . l'Oranais. mSi. l?rsque R .2.. parmi les parlers bédouins des régions considérées . ~. On peut donc constater les étapes parcourues. On s'en tiendra ici aux indications générales données ci-dessus. . et les parlers libyens présentent la remarquable particularité de conserver en syllabe ouverte une trace de la voyelle ancienne qui se trouve entre RI et R~ lorsque cette voyelle est de timbre a. jari "course". ils la gardent avec un timbre al téré (~ . gardant le scheme Rl vR 2 R3 1 2 pour des mots qui. gamaJ:l "blé". ta+ab "il a demandé". possède un caractère " ouvrant" .r<?bat. chaque parler les traite à sa manière. avec même accentuation t Ailleurs. Il est plusieurs remarques à formuler sur cerAinsi en Libye . Nombre de parlers b é douins. avec le timbre a (-At en rapport d'annexion). b9tat~n "couvertures". ma-çal "exemple" . kag0:3b "mensonge".ib "il a demandé". g. ujâh "visage".2. ' 1.. ma~i "marche". Les parlers sahariens . dans la même position. sikakIn "couteaux l l .. I:tükum " ordre . glu. du ~.) "il a attaché" . ailleurs.l "ruche". Un accent d'intensité frappe la voyelle de première syllabe. en favorisant sans doute le maintien (en syllabe devenue ouverte). Q) . tilata "trois" . notamment ceux du Sud algérois . é:mi). ry. baramIl "tonneaux" . dans : le~ mots des parlers les plus "conservateurs" aux parlers les plus "évolués".. !!. sananIr "hameçonslI. 2. -ak. ~. "il a entendu". ~ "corde". du Sud constantinois. favora - ble à la naissance ou au maintien d 'une voyelle qui la précède . dans le processus de la disparition de la voyelle brève en syllabe ouverte au Maghreb : le processus est parachevé dans les parlers sédentaires."verts"" . tains caractères syllabiques de parlers bédouins.. ryalu "doux". j.lu.. du Constantinois.. c'est le souvenir de cette même voyelle ~. lri. jdi. Ainsi enteryd-on chez les nomades de rois) Particulier au parler de Bou . gabal "avant" .:il. jugement". est 1'). -u. dans certaines condi tions . Dans les mêmes parlers. la même structure syllabique. ~9mi "aveugles" (ailleurs dlu. jabà}. jadi "chevreau". Annexe dans un voisinage consonantique de phonèmes "ouvrants" . suivie 2 d'un~. E. souvenir de la voyelle ancienne a . samae.lu "cherté". .. ~ .

Dans un cas. Ces deux aspects ne doivent pas être confondus avec des temps. dans certains 35 123 R vR vR parlers de Libye. ou parfait).-9bütat . de l'existence d'un type syllabique 123 . . Il at- LE VERBE L'expression verbale comprend deux modes. Le premier se présente sous deux aspects. deviendrait vieux Il (l'état n'est ni réalisé ni certain). bga:ça "vache Un tel type syllabique est absolument inconcevable dans tous les autres parlers maghrébins qui ne connaissent que Fabtat (Fubtat). de devenir) kbar "il est devenu vieux" (l'état est réalisé et certain) yakbar "il devient. v. pour un verbe d'action: qtal "il a tué" (c 'e st chose faite et certaine) yaqt<tl "il tue. tuerait" (ce n'est chose ni faite ni certaine) pour un verbe d'état (ou. deviendra. On décrira successivement . dans des plexes qui restent à élucider : + ll • cond~t~ons com- . . au thème fondamental puis aux thèmes dérivés. l'autre cas. baqFa (bagça). il Dans Ils teste la prédominance d'une accentuation particulière. Ainsi. l'autre ne connait que la deuxième personne du singulier et du pluriel. est réalisée ou n'est pas réalisée.34 4 . il s'agit de l'inaccompli. c'est l'impératif. On notera pour mémoire la possibilité. indiquent que l'action (ou l'état) dénotée par le verbe s 'agit de l'accompli (ou prétérit .les indices des personnes de la conjugaison.la conjugaison des différents types de verbes . l'un est conjugué à toutes les perso~nes . :çbuÇ'è t "elle a attaché". R R vR + v. baga:r. .a. tuera.plus exactement.

est commune aux deux genres dans tous les parlers maghrébins. qui les distingue. elles personne masc. ainsi que la troisième. personne personne " " " -t -at -na -tu -u à l'inaccompli. vous. par des suffixes) Singulier 1ère personne 2e 3e 3e Pluriel 2e 3e personne pré~ixes et des désinences (ou nt- Radical 1ère personne " " " personne masc. PERSONNES DU VERBE 37 d) Mais la deuxième personne du pluriel. b) A la deuxième personne du singulier. ils) sont indiquées 1° à l'accompli. par des désinences (ou suffixes) Singulier 1ère personne 2e 3e 3e Pluriel 2e 3e personne Radical -t nisien et en Libye . est exprimée par le préfixe . homme ou femme) as tué lf • Souvent aussi au Maroc. nous. dans leur ensemble.'2. taqtli "tu (toi femme) tued' • c) A la troisième personne du masculin singulier et à la troisième personne du pluriel . personne fém. cette désinence -ti caractérise la deuxième personne.36 A. excepté dans les parlers conservateurs où elle est marquée par la désinence . du préfixe n. apportant ainsi une distinction entre la première et la deuxième personne du singulier. a été tirée une deuxième personne du pluriel. tant de l'arabe classique que des parlers orientaux) . où elles sont respectivement exprimées par les désinences ont tué". de cette deuxième personne du si ngulier à désinence -ti. ailleurs confondues: qtalt "j'ai tué". Ce préfixe tire vraisemblablement son origine. et en voyelle (i) lorsqu ' il précède une qtalt ntu (toi homme) as tué". personne personne ytnt- a) La première personne du singulier "est commune aux deux genres. qtêll ti "tu (toi. par analogie. sauf dans l'extrême sud tu- Les personnes du verbe (je. . le oréfixe est articulé en semi-voyelle <:tJ lorsqu'il précède une voyelle. qtalti "tu (toi femme) as tué" . qatlan "vous (femmes) avez tué._ ~ t-a q tal "tu (homme) tuej'. b) La deuxième personne du singulier est commune aux deux genres. commune aux deux genres. il. la distinction du genre n'est marquée que dans le s parlers conservateurs (de type bédouin par exemple) où elle est représentée par la désinence -ti : 1ère personne y- " " " " " " -u -u -u a) La première personne du singulier. ainsi que la première personne du pluriel. commune aux deux genres. 2 0 -t~n et -an : qtaltan . personne fém. tu. c} Dans un certain nombre de parlers citadins (et au Maroc assez généralement). également commune aux deux genres. qtal tIw. elle.de la première personne du pluriel.- (principale ca ractéristi que des parlers maghrébins .

soit trois radicales 3 tuent" 3° à l 'impératif . même qtùl : aqtal "tue". CONJUGAISON DU VERBE première personne .--- . soit dans le cas d'un verbe comme Mais il est fréquent que. le pluriel de l'impératif se distingue du singulier par le suffixe -u "tuez". Thème =~~=============== fondamental e) La deuxième personne du pluriel. ainsi que la troi- sième. où elles sont exprimées par la désinence -_" : tëlqtlêl n "vous (femmes) tuez" yaqtla n "elles Le thème fondamental est celui où la racine fournit un verbe réduit exclusivement à la charpente de ses éléments radicaux. pour le verbe trilitère suivant qu'il est Radical _ de racine "saine" (triconsonantique) : cl c 2 c Pluriel a- " -u q td l "tuer" a) Le préfixe ne s'exprime que lorsqu'il précède un groupement de deux consonnes (c 'e st-à-di re en syl labe fermée). même en syllabe fermée. nence .p 38 consonne a Mais i l faut noter que. très généralele préfixe 39 ment au Maroc. b) Comme à l'inaccompli. par préfixe et suffixe Singulier a - 1. de racine " sourde" (les deux dernières radicales 122 sont semblables) : c c c sëJdd "saisir" semi -voyelle) de racine "assimilée" (la première radicale est w c2 c 3 dans ces conditions . à la différence de ce qu'il en I . à l'exception de ceux de l'extrême-sud tunisien et de la Libye. il ne soit pas articulé : qt. Ailleurs. ibês "devenir sec" de racine "concave" (la deuxième radicale est semi3 cl voyelle) c qal-iqül "dire" -.i femme)".cl Y c 3 baé-ib~6 "vendre" '" de racine "défectueuse" (la troisième radicale n 'e st 2 pas une consonne) : c l c a nsa-yansa "oublier" 2 cl c i ~ra-ya sri "acheter" verbe quadrilitère du type tarja m "traduire" 2 quatre radicales : RI R -. le féminin se distingue du masculin par la dési'dqt.n· "tue (toi homme)" aqtli "tue (toi aqtlu y uj. et non y : iqtel.. est articulé i. est commune aux deux genres dans tous les parlers maghrébins. d) Les personnes du pluriel se distinguent des person- nes du singulier par la désinence est dans les parlers orientaux) . iqtlu.n "tue". -~ (même pour la B. c ' est-à-dire sans insertion de voyelle longue. au Maro c notamment. sans redoublement de consonne (ou semi voyelle) radicale.d "trouver" . sans préfixation ni infixation d'éléments formatifs. c) Le singulier est commun aux deux genres dans les parlers où la deuxième personne du singulier de l'inaccompli est commune aux deux genres.

ya-Iorsqu'il précède le radical de type qtdl. et que l'on retrouve dans le Nord constantinois.. est na-. il est n-.tla t yaqtal taqta l na q tlu il 3 Pl. t qtal + ~ = qatlu Ce changement-. b) A l'inaccompli et à l'impératif. de qtal passe à qa tl. l'adjonction des désinences -dt et -u de termine une mo dificati o n de la constitutio~syl_ labique du radical. Le radical du verbe passe de qtal à qatl.. la règle de la chute de la voyelle brève en syllabe ouver te implique q ue. Ce radical . passe de qtal .st de règle dans tous les parlers maghrébins. .Le radical du verbe perd sa voyelle de + ~ qt~l. !~E~E~~!!. et de beaucoup de parlers bédouin s . soit devant consonne + voyelle (la syllabe est ouverte : chute de la voyelle brève du préfixe) • d'ordre s yllabi que est posé par l'adjonction au radic al du verbe... Sg . tant citadine que rurale. Pl. du suffixe -u du pluriel Ma's' ' l " . l 2 !!2~~~~!!'e!! n'dqtal C'est la solution qui prévaut dans l'ensemble des parlers marocains. conformément à la solution qui est adoptée à l'accompli. au singulier et au pluriel. d'une partie du Nord et de l ' Est constantinois et du Nord de l'Algérie. c) Le préfixe de l'inaccompli.mzal + u yanzlu "ils descendent" C 'e st la solution qU'ont adoptée les parlers du a n !" E. t-. taqtal 'l. à la troisième personne du féminin singulier et à la troisième per- Le fait se produit alors pour tous les verbes.. mai s la voyelle du préfixe est sauvegardée par un redoublement de la première radicale : Soit naqtal + aqtal aqtlu u ~ n~qqatlu Qqtal + ~ = aqqatlu a) A l'accompli.. Soit qtal + at = qatl .. - : Nord de l'Algérie centrale et occidentale (régions du Tell) jusqu'à Tlemcen.lorsqu'il précède le radical de type qatl.. J a 1n- verse de ce qui a été dit au paragraphe a) précédent ce problème n'est pas résolu uniformément au Maghreb' On peut distinguer. selon les parlers. f. i. l 2 qtal qtalna qtol tu q otlu passe à qtl : Soit naqtol + u = naqtlu' aqtol = ~~t]~ 3 taqtlu yaqtlu C 'est la solution des parlers tunisiens. sauf ceux dont la première radicale est l'une des trois consonnes dites "liquides" sonn~ du plurie l. soit devant consonne + consonne (la syllabe est fermée : maintien de la voyelle brève du préfixe) ..à qatlSoit naqtal + u Verbe de racine "saine" qtal "tuer" = nqatlu a q tal + u qatlu ~~~~!!'!?!! Sg . le même problème Soit yalbsu "ils revêtent" y"lbas + u y"drsal + U a yarslu "ils envo ient" y. essentielles : troi s sOlutiO~s . qtalt qtalt m.40 41 Le radical du verbe. ta-.

au singulier.Ina. c v c c l ~ 2 ~ 2 passant à c v c v C) a Les désinences -~. dans la totalité des dialectes maghré~ bins. le radical demeure de type c l v c2 c 2 . .Iddlna saddItu saddu 2 tsaddu 3 isaddu !~E~E~~!! 5g . r. sadd S3 ddat iSadd Ü. (-Tti). qtal + i ~ 5g .. .dd nsaddu aqtal + i qatli. t . f.. i .::.• 42 L 'adjonction de la désinence -~. -tu. e n arabe classique.~~eg riel. là où il est en usage. détermine les mêmes mutations syllabiques que celles q ue provoque l'adjoncti on de la désinence -~ "sai si r" !~~~~~~E!! n~add dôdd du plu- ~". -Tt ~. l 2 saddIt saddIt tqatli. est saddi a . et les préfixes sont t-.ti)... même aux deux pre mières personnes du singulier et du pluriel (là où. aqtli.t ( . l m. le féminin. -Itu a -- -- b) A l'inaccompli.au pluriel. on observe la disjonction l ~ 2 2 des deux consonnes radi c ales semblables. aqqatli "tue (toi femme)". à la deuxième personne du singulier de l'inaccompli. dans les parlers où elle est en usage. suivant les solutions dialectales adoptées (cf..-. ci -de ss u s § b» : t . tdqqC3tli IItu (toi femme) tues" 3 Pl. i-. sadd s addu a) A l'accompli. indice du féminin. soit. ne comportant pas de voyelle brève (puis qu'elle serait placée en syllabe ouverte)a c) A l'impératif. sont rattachée s au radical par une voyelle prédésinentielle Soit -- -- -I- ! -Tt. s. et Verbe de racine "s o urde" ~ôdd 43 ct) à l'impératif. Pl. le radical demeure ~add. t&qtli. -na. t-.

~-t t-). t9wj~d.nujad. la situation est la même qu'à l'inacc o mpli. . y~bsôlt. suivant les parlers. C'est la prononciation habituelle au Mar oc . tujdu. aux personnes du pluriel. 1 2 uj ad t ujadt m. Y9wjGd. mi-longue. --n9wjdu.ne cause pas de mutation syllabique (si ce n'est la chute de la voyelle brève ujad. on entend ujdi ujdu qwjdi Qwjdu wojdi pour le féminin singulier wajdu pour le pluriel. là où elle est en usage. c) A l'inaccompli. uj~ nujad tujad ~ tujad l'Algérie et de la Tunisie. Qwjad pour le masculin singulier tantôt ujad semi-voyelle w). s4cher".en syllabe ouverte : ujd-). t9wj~d (la première radicale . et généralement dans le Nord de Avec même mutation syllabique et Ainsi yabsu "devenir sec. C'est. Y9wjdu. est celle du verbe "assimilé" à première radicale y. 3 !~E~E~~!! Sg. Soit ujad + at wajdat ujad + ~ = wajdu Ce changement est de règle dans tous les parler s maghrébin s . et directement précédée des préfixes ~-t t-. yujad. yujdu a) A l'accompli.--étant articulée en semi-voyelle w. tuj9d. tqwjdu. twajdu. nisie. b) A l'inacc o mpli. ~~~jdi. aux pers o nnes du singulier. C 'est ce que l'on entend dans la plus grande partie de Sg. C'est tantôt tqwjdi. tujad (la première radicale étant articulée en voyelle. C'est alors.détermine parfois le passage du radical ujad à wajd. suivant les parlers. ou ~ujdu. L 'adjonc tion des désinences -dt et -u détermine le passage du radical ujad au radical wajd (avec articulation de la première radicale en que l'on entend respectivement en Algérie et en TuDe même pour la deuxième personne du féminin singulier. il en est pour le verbe "assimilé" de même que pour le verbe de racine "saine" à la tr o isième personne du féminin singulier et à la troi s ième personne du pluriel. tujdi d) A l'impératif. et le préfixe étant pourvu d'une voyelle). e) Semblable à la conjugaison du verbe "assimilé" à première radicale ~. f. yi b~s. ibas. 9w Ji' d 9wjdu (wajdu) .~SS~~E!! .r 44 l'Algérie. tantôt n9 wj_ct. mêmes variations d ia lectales. la situation varie suivant les dialectes. Soit nwajdu. iwajdu C'est la solution qui prévaut au Maroc. Pl. L'adjonction au radical 3 uj<ld w3jdat dna Pl. Verbe de racine "assimilée" ujad "trouver" ~~~~!!'2g !!. 1 2 uja dtu wajdu nujdu tujdu yujdu de la finale -u .

.~ nbëé: d) A l'impératif. Sont versés dans la catégorie des verbes "concaves" quelques verbes dont la deuxième radicale était primitivement un harnza. nal-inal "obtenir". l 2 3 m. bat-ibat . et ba~. tb~f.~na. le radical est le même qu'à l'inaccompli : il comporte donc une voyelle radicale longue.compli ~ tbêt. -t (-ti). commande la présence.-ib~E. b) A l'inaccompli. Une troisième catégorie.tu ba~u nqülu tqülu iqülu ibef. entre cl et c 3 .ban-iban "apparaitre". ba. beaucoup plus restreinte. par la finale -i. les préfixes sont tion en syllabe ouverte) . est -u. déterminant la fermeture de la --- syllabe. < . de racine "concave" qal-iqul "dire" baf. ~-. -na. là où il est en'usage. l'adjonction des désinences -t . t qulna baE.i. ~ ~ nb~E. Il ya donc opposition de longueur et de timbre de la voyelle radicale entre qal . les verbes de racine "con cave" se répartissent en deux catégories essentielles : ceux dont la voyelle radicale.u tb~t. ba~t. variable selon les dialectes). i. f. etc.u Pl. l 2 3 qultu qalu baE.u --'- 5g. est exprimé à la deuxième personne du singulier de l'accompli et de l'inaccompli. pour les trois catégories du verbe concave. et au singulier de l'impératif. ~. -tu. pour le verbe concave comme pour les autres verbes soi t à l' 0.t baEt baE.46 47 1tpasser la nuit". bau t bat::.: ti tqüli. tels ~f-~ "craindre". e) Le féminin.. b . comme sal-isal "questionner" par ex. etc. t~Ei qÜli .na nqul tqül tqul . entre la première et la troisième radicale d'une voyelle brève (dont le tim- ---- bre est neutre ou teintée suivant le voisinage consonantique.et ne comportent pas de voyelle brève <du fait de la posi~~~9!!'E~! !!!ë~~~~E!! 5g. aux deux premières personnes du singulier et du pluriel. qül qÜlu f) à l'inaccompli à l'impératif qul ti. qulna. compte des verbes dont cette voyelle radicale est -~-. et ceux où elle est -1-. "vendre" Verbe c) A l'inaccompli. Pl. b~E.. a) A l'accompli. qult qult gal qal. etc. quIt.

sr~tu. ans a . Dans les parlers bédouins. osi -srélt .ll.nsaw à l'impératif ëJ'Sri ~'§rIw Pl. le radical du verbe sra est. les préfixes sont 3 !irâw à l'accompli n~-.-' ' hba-yahbu "marcher à quatre pattes (enfant)" t yajgu "vagir". 3 f.48 49 c) Le féminin de la deuxième personne du singulier. ~r~tan . nsat nsIna tansa nansaw Y. sr~na .n s a nasri tasri t. ydsr~n. ya-. bda-'yabda "commencer". là où Verbe de racine "défectueuse" i l est en usage. Pl. la conjugaison type qui figure ci-dessus est celle qui prévaut dans tous les parlers citadins e t ruraux... la situation est également particulière dans les parlers bédouins où l'on entend: . nSdn . ta-. Les parlers bédouins de l'extrême-sud tunisien et de la Libye connaissent aux troisièmes personnes du masculin singulier du féminin singulier du pluriel "éteindre".sr~. ~r~t . est à l'accompli à l'inaccompli: nsItan. avaient une voyelle u de l'inaccompli o nt été versés dans la catégorie des verbes à voyelle~. sra -. étudier lt . l 2 nsItu nsaw tansaw yansaw na ~rI-II ta srIw yasrIw e) Le radical étant constitué à l'initiale par un groupe de deux consonnes (qui fait de la syllabe précédente une syllabe fermée). aux deux premières personnes du singulier et du ne signale que de rares survivances. On a) A l'accompli.hi d) Le féminin des deuxièmes et troisièmes personnes du pluriel.g m. l 2 nsIt nsIt nsa srIt n.:Jsyat sraw (et hu) nssyu) • nsu (et b} A l 'inaccompli et à l'impératif. ~-. en arabe classique. aux personnes du pluriel de sra-~asri. ici et là. là où il est en usage..lnsa "oublier". sra-yasri "acheter" à l'accompli à l'inaccompli à l'impératif nslti.(et même §r~Y-t avec diphtongue) : soit sr~t. ta- ~~E~!::~!g: Sg. sr~yti) tan s ay (et parfois tansi) ansay (et parfois ansi) .. ~-'yatf ~ pluriel. dba-yadbu Ittrottiner". t~~ran .ti tdnsan. n..~an . ~ran srrt sra srat srIna srItu tansa y""ons. est nsa-y. srIti (sr~ti. Sg ..a-yaq. f) On constate que tous les verbes qui.._.a "lire. comme q. comme . jga- g) On notera que sont versés dans la catégorie des verbes "défectueux" les verbes dont la troisième radicale étai t primi t1 vement un hamza.

~agtt ~ hagti.}r "ordonner". il existe. fa-i~a "voir" première radicale. après la chute du hamza primitif de 2° ~-iji "venir". 3 f. aman -yaman Hcroire. agan-ya~an "permettre"} où la radicale initiale en étant. kalna. bag. kalat. na-hdu e t c. kla et DQa ont . ou plus souvent. la première radicale (hamza primitif) ". Aux personnes du pluriel . ~ 3 ja rat jIna jItu ~ fa-t f~t ra f~na tra -'ira tra h) A l'inaccompli. la conjugaison semblable à celle du verbe 5g . kal.50 51 connaissent la présence de la première radicale sous Verbes anomaux 1· kla-yakül "manger". une conjugaison ~~~~~~!! !!:!~~~~~E!! 5g. elle tombe se trouvant en syllabe ouverte. verbes "défectueux': Cependant. ~. l's ain" : kIIt klIt kla 1Clat -><-=-~ hdIt hdIt m. au Maroc. 3 jaw F~tu raw . été versés dans la catégorie des pas dire jamais. t'agat.) . . bagna. kalu. etc.- -'- traw -'-- ifaw Aux personnes du singulier la voyelle du radical est conservée (elle est de timbre~. 1 2 nraw est conservée partout au Maghreb sous la forme d'un ~. naman. Pl. ~. 1 2 . hüdu L'impératif de ces verbes semble rarement. d) A cette catégorie de verbes doit être rattachée celle des verbes (très inégalement employés) amar-yam.- -. Pl. amnat. Pl. kla et hda sont versés au compte des verbes concaves. k-altu.}nna.-klaw klIna - nakül taktil yakül nahud tahud yahud nahdu yahdu '---"=- ~ ~ fiKul naklu taUu yaklu ~ ~ klItu "-=--- hdIna -. amnu. "--" ~ hùd soit amant. en usage." . 1 2 jIt jIt m. dans l'ensemble des parlers maghrébins.~ etc.'Q. ~y. _ nahüd . --- VQItu tapgu a (hamza primitif) est cons - 3 --=--kùl kùlu hdaw tante à l'accompli et à l'inaccompli. F~t nji tji iji tji njIw tjIw ijIw nra calquée sur celle des verbes de racine "concave" : soit k:alt. à côté de la conju gaison type qui vient d'être décrite. Pl. Certains parlers bédouins (centre de la Tunisie) 5g. faire confiance". am. f.!~~~5:~!Ee!! c) A l'impératif. nüpug. ra ~ . D2 a -y â hug "prendre" la forme ü (non a) soit nÜkuI. aman. somme toute. naklu etc. . _ __ ___ soit nakùI. 1 2 hda hdat . ~==!:!~e!! 5g. pour ne a} A l'accompli. bâgtu. nüklu etc.

Pl.. mu itorjmu 5g. et . -tu (deux premières personnes du singulier et au pluriel . -!' -~. courant dans toute l'Algérie ( !~. lui. semblables à celles qui ont été signalées à propos des verbes de racine "défectueuse".. à côté de ji. ~-. souvent on ne l'entend qu'à la deuxiè- me p e r s onne du singulier. on notera que les parlers bédouins de divers types présentent. la présence d'une voyelle l du préfixe : soit nlji. yljIw et~ le verbe 53 Verbe guadrilitère taçj .sans voyelle (parce qu'elle se trouverait en syllabe ouverte) • c) Là où elles sont en usage. Ijâw en Tunisie. avec. le radical est _ tafjarn lorsqu'il est nu (troisième personne du masculin singulier) o u pourvu des désinences du pluriel). ~-t ~. d) A l'accompli. yara etc.tlji. on entend aussi ara qui signifie a) A l'accompli. on entend habituellement aji. taçjm lorsqu'il est pourvu des désinences -at (troisième personne du féminin singulier) et -u (troisième personne du pluriel). dans la région de Constantine.. m "traduire" 5g. pour ces deux verbes. jlw.52 a) A l'acc o mpli. Ijlw dans la région de Constantine>. ~. un emploi beaucoup t~a. sont égalec) A l'impératif. parfois du pluriel : men t parfois en usage. ylji etc. le verbe ja-iji est partout employé.rj . la deuxième personne du féminin est tafjamti à l'accompli. cette conjugaison est celle de tous les parlers maghrébins. à l'inaccompli et à l'impératif. donne" 1 au pluriel ~. tarjamt t. mt taçjo1m taçjmat t~. ~-. mais aussi "montre. A côté de ra. tard. -na. l 2 3 m.çjmu tt~r j ra-ira connait.t'O r j mu Ija. ~çjm- "vois". nIjIw. tIjlw. b) A l'inaccompli et à l'impératif. l 2 3 taçjamtu t~ç j mu tfaw. Pl. notamment de genre et de nombre. ttarlmi à l'inaccom- . i-. plus inégal. des variantes dialectales. raw. f. le radical est. dans les mêmes conditions qu'à l'accompli tafjam au singulier. tarjêJm âjlw au Maroc.. Le préfixe est ~-.çjdmna nt'rjam ttafjam itarjam tta fPm nta. b) A l'inaccompli. les formes naFa.

"devenir rouge" soit d'une préfixation de l'élément formatif t-. "se fréquenter" sur le radical du thème I II .soit d'un redoublement de la radicale médiale Thème II E~lla m "faire savo ir. apprendre toala 1. "se réunir". etc.nIt. On observe que le thème I Vt quit en arabe classique. m!e.soit d'une préfixation de l'élément formatif nThème VII --'-~ ndrab "être frappé" . II. omaLoi.soit d'une préfixation de l'élément formatif stThème X stabba~ "s t informer" ~après . et ont une flexion qui suit celle de s verbe s trilitères de racine "défectueuse". Thèmes dérivés ct) Quelque s verbes quadrilitères s o nt de ra c ine "défec tueuse". tafjmi à l'impératif. ima~Iw..soit d'une infixation de l'élément formatif la première radicale Thème VII I jtmae.na. comme mae.naw. était c aractérisé par la préfixation à la racine de l'élément formatif hamzé. enseigner" .soit d'une insertion de la voyelle a entre la première et la deuxième radicale Thème III soit d'une insertion de la v o yelle a entre la deuxième et la troisième radicale Thème IX l)ma. .sur le radical du thème II • tfallam "être enseigné..na "parl'objet :z:===== . a disparu de l'arabe dia- .55 pli.sur le radi c al du thème fondamental Thème diale c tal Thème V Thème VI tjfary "être blessé.. pour le verbe trilitère R R R ler par allusion" : maf. ==== ::z::::z Les thèmes dérivés sont ceux où la racine fait 1 2 3 1.. se blesser" . m~f. qui peut s'opérer .

et que t ous les verbes des thèmes dérivés ne procèdent p as né c essairement de verbes du thème fondamental. VI. On allègera la présentation des verbes aux thè~ mes dérivés en se bornant à donner . aux thèmes où les modifications interviennent à l 'exté rieur du radical par préfixation. VIII. Pour ce qui est de l'adjonction au radical des désinences -at et -u. on constate que. il est ou non pourvu de voyelle suivant qU'il se trouve en syllabe fermée ou en syllabe ouverte. sont de racine "défectueuse">.56 lectal maghrébin en tant que tel. la structure syllabique du radical se trouve exposée à la même mutation syllabique que cel le qui a été décrite pour le thème fondamental : soit aux thèmes VII. par suite de l'amuissement quasi total du hamza. ouvrant la syllabe qui précède. 2 . ou. que. on observe dans tous les verbes dérivés Cà l'exception de ceux qui. pour les verbes de racine "saine" et de racine "assimilée". elle y détermine la chute de la voyelle brève. Pour ce qui est des verbes de racine "défectueuse". pour le verbe quadrilitère RI R2 R3 R4 de la préfixation de l'élément formatif ttmasbar " se moquer" 57 1° Verbe trilitère Tout au long de la dérivation. X. - le ou par insertion de la voyelle~. aux thèmes où les modifications interviennent à l'inté- rieur du radical par redoublement de la consonne média- On note d'une façon générale que tous les verbes du thème fondamental ne sont pas susceptibles de former des thèmes dérivés . et au thème dialectal à t. III.initial. Pour ce qui est du préfixe. la structure syl- labique du radical se trouve acquérir une stabilité qui la préserve de bouleversement profond : soit aux thèmes II. par infixation de l'élément formatif -~-. V. ce qui a été dit des variations dialectales pour la conjugaison au thème fondamental vaut pour celle des thèmes dérivés. IX . à l'intérieur du radical.

tjowwal. le singulier et le pluriel. tEallam. tEal'lmu. nsallal. . ---------------------.à l'impératif.allam . Verbe de racine "saine" I I E-alla m "enseigner" tjowwlu. . twasshu. Thèmes II et V Le redoublement de la radicale médiale confère au thème II un caractère intensif. nwaqqaf. n. ou mettre dans un état) . z~yyan.à semi-voyelle V z~yydnt.am. w~qqaf. ywtwasspu. tjowwlu. apprendre" élill~m. Mais dans une prononciation lente. izC.. il se trouve une séquence de trois consonnes semblables qui généralement se réduit à deux. §allal.Swwqu. traddu. ou de façon répétée ou habituel- le) . Verbe de racine "assimilée" II waqq. y. te.soit une valeur dénominative (exprimer une notion verbale tirée d'un nom) .soit une valeur déclarative (dire une formule) .à l'inaccompli. twasshu. isallu. .t~~yylu. enfin. z9wwaq. tQ~yyalt.. t~~yy. . tent ce thème expriment Les verbes qui revê- et ~provoqu~nt la chute de la voyelle brève de la deuxième syllabe du radical. iwaqqfu. sallal. quelquefois. I I z~yyan "embellir" Ei!llmu . natJowwal. la première personne du singulier et la troisième personne du pluriel. twassa~ twassah. "se salir" waqqfu.alla m. wdqgfu. on en traitera conjointement la conjugaison_ V tjçwwal "se promener" thème I I . iéallmu . L'adjonction des finakes -~~ singulier. Eallamt.allmu. nat~~yy.à semi-voyelle médiale w z9wwaqt. tfàddact. E~llmu.soit une valeur factitive (faire faire une action.af "arrêter" V wdqq~ft. . natraddad. cette séquence se trouve sauvegardée par l'apparition d'un point-voyelle entre les deux consonnes redoublées et la troisième: salI-lat. soit. une idée de mouvement.~ . et la tr ois ième personne du pluriel. ~.z9wwqu. . try~yy<>l X "user de ruse" z~yynu. tçaddadt. . yatfaddu.allmu. tQ~yylu. yatE. éallam . ~allu.l. ndtwassab. nE. tradd~d. yatjowwlu. traddu. th~yy~l. z9ww-aq. tFadd-du. z9wwqU: tjowwalt. nZ9ww-aq. Le thème V constitue le réfléchi-passif du Verbe de racine "concave" -----------------------II zQwwaq "décorer" Le radical du verbe dans ces deux thèmes présentant la même physionomie. z~yynUj V t~àlla m "être enseigné. te. iz~yynUt z~yyan. tw~ss3b .58 à 1 accompli} la première et la troisième personne du 1 59 tf. tjowwal.soit une valeur proprement intensive (action exercée sur plusieurs objets. nz~yy~n. Sall~. Verbe de racine "sourde" ----------------------II i~llal "rincer" V tf~dd~d "h~siter" sallalt.tEall.~llvmt. twass_~t.

Dald~t.e. t~abbaw.Y~Ee~_~!:_Eacine "défectueuse" II [abba "élever. teawnu. Le thème VI est le réfléchi-passif du thème Il marque volontiers la valeur conative interne externe (réciprocité). eaw_n. . trabbIt. tFabba. irabb!w. Thèmes III et YI Le thème III exprime VI twafag "se mettre d'accord" walaft. ceux des verbes du thème Y la finale -a. t~alatt thalto. twafgu.à semi-voyelle ~ . ~t fabbaw. Le radical du verbe dans ces deux thèmes présente la même physionomie. nganan.ay_n. rabbIw' . ou III é'ay:an "constater" VI tzayad "renc hérir" éaycmt. ~annu. igannu. u z9 z~yynu ~ ou ~. gannu. Da1at. twafaQ. V trabba "être élevé. VI teawBn "s'entraider" ~awent.y.Jn "aider" . t~awan. n~awan. tzaydu . . n~tzayad. tqannu. iwalfu ... tQannu.. gannu. tzaydu.. On en traitera donc aussi conjointement la conjugaison.an " co ntredire" VI bjanan "se contredire" gan~nt. ~abbIt. natwâfag. 61 VI tbala~ "se fréquenter" La radicale médiale redoublée est toujours articulée en co nonne.: soit zo wwqu ~ wqu. Verbe de racine "sourde" ----------------------III g'an. Verbe de racine "saine" ---------------------III ~ "fréquenter" hala t y~E~_~~_E~=!~~_:~~!~~~~~~~~" III dâwa "soigner" . tganan. t~awantt eawan. le radical oscille entre l'articulation -9ww~-~yy--et l'articula_ tion -~w-. yatlJal~. tzayad. -ë. . où le radical est pourvu des suffixes -at et -u. Verbe de racine "assimilée" III waldf "s'accoutumer" L'inaccompli et l'impératif des verbes du thème I I ont toujours et partout la finale -1 . twafqu. bald~t bal~9~ t!}alCltt. tzaYddt. twaf-. gan~n. yatzaydu. eawnu. ~ ou x. walaf. iEawnu.à semi-voyelle ~ III eaw. thal~9t na tljal-at. III . éduqué" tqandnt. natfabba.. eawnu· . Eaynu. i~al~ç.nwalaf. f abbi .60 tl'~yylu.aq. tfabbaw. neayan. Eayan.. nhald~. . yatfabbaw.-. soit la précision d'une direction.. Eaynu. éduquer" ------------------ ganan. tganan. walfu. iéaynu.soi t une valeur "conati ve " (tension ou effort pour faire une action) . s Mais aux personne . yatwafgu. téawnu. nrabbi.. tfabba. tzay~d. nqtiawan. yateawnu.?. walfu. . twafaqt. natqan~n. wâlaf. bal~~. tDala~.. d'une incidence de l'action sur quelque chose ou quelqu'un. .

L'inaccompli et l'impératif des verbes du thème I I I ont toujours et partout la finale verbes du thème VI la finale -a.-'-'-'- y~::!?~-~~_::~~!~~_:~~~!~!!~~" pratiquement pas d'exemple. il comporte. tdawIt. yatdawaw. I~ est inégalement en usage Pour les verbes de au Maghreb: il est rare en Tunisie. à l'inaccompli.jt. -~ dtarr.u. yamba€. ~taj. L'impéra- (~)jtm'~"se réunir" se blesser" jtmait. yanw~znu. Verbe de racine "saine" ---------------------- L'impératif est pratiquement inu- précédée d'une voyelle d'attaque à l'accompli.. mba€. avec peut-itre cette nuance que l'action est réalisée "pour soi-mime" . ~~::~~ _~~_E~~!~~_:~~~::~~" (~)ns~qq "se fendre" . - ceux des Thème VIII Ce thème n'est fourni que par un nombre resIl cons titreint de racines dans l'ensemble du Maghreb. jtdm~u. sité. najtm04. à l'inaccompli. mbaf. y." (3)n~ra "s'acheter" dawlt.62 VI tdawa "être soigné" e 63 Verbe de racine"défectueus --------------------------. La formative ~ ne s'entend pas nécessairement initiale à l'accompli.: (-a ) gtar. la même alternance syllabique que ceux du thème fondamental. nagtaFf. On entend irrégulièrement une voyelle d'attaque La conjugaison des verbes de racine "saine" présente l a mime alternance syllabique que Ce thème constitue le réfléchi-passif de ver- bes du thème fondamental. idawIw.-mbaEt. ~t. dawa. '. ··. 9tafF9. . Cette flexion type connait deux variantes dialectales aux deux premières personnes du singulier et du pluriel de l'accompli: ~tâjt / ~tâjIt.rët. y~::!?~-~~_::~~!~~_::~~~~~~~" (~) rytaj nuzant. nansra. ~tâjna / ~tâjrna . njFa~t. y~jarQu . dawi. avec voyelle ~ final. (Jnbat:) "se vendre" . racine "saine" et "assimilée". nansaqq. "avoir besoin" ~taju. n(. ns~qqItt nsaqq. Y~E. jtmaé. tdawa. celle du thème fondamental.r "être contraint" dta. au long de la conjugaison . njra~. tdawa. Thème VII . nsra.. dawIw. ndnj~a~. nSdqq~t. ~.-.lmbaL. dawaw. yajtdrntu. tue lui aussi le réfléchi-passif de verbes du thème fondamental. :y~::~~-~~_::~~!~~_:~~~!~!!~~" (~)nuz~n "itre pesé" nuz3n. ~~Ee~_~~_E~~!~~ _:~~~~~'~~" ('d)mbai. ndnuzan. ndawi.. njaF~u.~.e~_~~_E~~!~~_:~~!:~~" (a)njfi~ "itre bles s é. tif est pratiquement inusité .. --- . natdawa. na~taj. nsrrt.msraw.u avec voyelle ~ du radical. nW'aznu. y~nsaqqu . Yd4taF~9' "'.- . tdawaw.

stwa~nu.X Ce thème exprime généralement l'idée qu'on La voyelle de l'inaccompli hésite. éten. que la conjugaison du verbe du thème IX (cf. stgallu. a sta!}baft. qui suit celle des verbes "concaves" du thème fondamental. à ces mêmes personnes de l'accompli.aux deux premières personnes du singulier et du pluriel de l'accompli (avec variation possible de timbre Dmaçt/ Qm9rt). stgallu. stQwtan. dans certains parlers citadins (Rabat-Fès). Mais souvent la conjugaison ne comporte aucune alternance syllabique du radical: st?wtnu. La voyelle initiale d'attaque. stwatnu. .formative se maintient à toutes les personnes du parst~bbaF. ~thaw.- L'impératif est en usa- ge. jusqu'à Alger. ~tha. Salé. sporadiquement. y~t9W~nu. ~wdtnu. stgdbf9' Verbe de racine "sourde" (a)st~all st~alli t.64 etc. Thème IX demande ou qu'on veut que soit réalisée la notion exprimée par la racine. me fondamental Thème.demeure. suivant les parlers (et même à l'intérieur d'un même parler) entre -1 et -a ~~stha. cines dénotant une qualité. et avec la même répartition suivant les parlers.~thrw. y " sthabro. comporte l'abrègement de la voyelle formative -~. C'est la conjugaison habituelle en Tunisie. I l est as s ez bien représenté à traLe préfixe Jst. Enfin. et dans les parlers bédouins. au Maroc. la voyelle formative -a. (d)st<3~baf "s'informer" stQëJbro. n-astg. nast9w~an. la voyelle et XI du classique) forme des verbes exprimant une notion de couleur.du à des ra. exactement dans les mêmes conditions._ Ce thème (qu'il faut rapprocher des thèmes IX vers le Maghreb. n3sthi. en Oranie et. v Ydsthaw. . Cette conjugaison.all. type .. :y~E~~_~~_E~::!!:!~_::~~~!~!!~~" ("d) st9w1. Marrakech. ~marna: dans les parlers de l'Algérie ci tadine et rurale et Jusqu'au Maroc (Tanger. "tirer profit " st~all. à l'accompli. stowtan..an "choisir comme pays" st9w~~nt. type -'- hmar "devenir rouge". stgall. revêt volontiers la forme assimilée d'attaque tombant souvent ss-. particulièrement dans les parlers de l'Est.-_ . . në)st~t!bar. L'impératif est irrégulièrement en usage. fait. n'est pas toujours entendue. ci-dessous).y ~-. yastgallu. mais les désinences sont suffixées au radical par l'intermédiaire d'une voyelle prédésinentielle ---------------------------C:2)~tha "avoir envie" Verbe de racine "défectueuse" -Iy. et dans les parlers bédouins maghrébins en général et jusqu'aux abords de Rabat.' qbah "devenir méchant". st4lJbaf. On entend aussi une conjugaison où la voyelle -a. comme dans la conjugaison des verbes "sourds" du thè- sthIt. ~maFt. Jebala).

yatl~mmu. twa-ldu. sous l'influence analogique des réfléchis-passifs à t. Verbe de racine "concave" tlammIt. ndstanna. tablat:. tdrylat. être vendu" "attendre" st~nnâw. tb~u. n a tlamm. tlamm. stann~ . soit ntO:ljrah. Y4tnjarhu. Ce s o nt des réfléchis-passi f s de verbes au thème fondamental. n3tn~jraQ. stanna. tabnaw avec. tl.. "se vendre. nastjab. natbae. générale à travers t o ut le Maghreb.mm. tQalCu.uniformément et partout. "être frappé de stupeur" tablaCt. tdQlaE. tnajrah "être blessé" ntajFaQt. tul~d. tba~. le t.initial Né.initial des thèmes V et VI. ce thème procède de verbes du thème fondamental généralement en usage. néral. Ydtwaldu. en constitue le réfléchi-passif. yast~nnaw. natbna.il se tr o uve des thèmes à préfixe nt. tulad. tbaE. ntqjfap. Traras) • Ils sont en usage dans le nord constan- Tunisie et au Maroc. n~tnlaE. procédant respectivement des thèmes II et V. Procédant d) un amalgame des thème s à préfixe . t~nja7hu. tabna. yathalcu. .sans doute. voyelle radicale finale -a. stjâ~J où l'alternance vocalique longue / brève à l'accompli est tuldd lIêtre enfanté" tuladt. Thème dialectal à t. n~jarhu. tabna. stdnnrt.ld.}~ "éprouver de la nostalgie".et tn. y~E!?~_~!::_E~~!~~_::~~!~~" tinois (Djidjelli) et dans le Nord oranais (Tlemcen. yatbnaw.Y!:E!?!:_:!::_::~~!~!:_::~~!!:!::!:~!:~~!:II tabna lise construire. y~tbaEu. . être construit l l tabnIt.66 Dans certains parlers bédouins. la première radicale w se mue en a : ~tah. stônnaw. y~E!?~_~::_E~~!~::_::~~~~~::" tl~mm 67 "être réuni" -----------------------stjabt. tW"dldu. Il Il est très employé en et à préfixe (~) ~-. nantajrah. tlammu. tbdct. stjab. dans ce dernier cas avec une voyelle d'attaque fragile: att-. tba€u. ~­ La voyelle radicale finale est toujours ~ . tt-. y~ntjarhu.li). tl~mmu ll (a)stjab "accueillir avec faveur stjabu. thalEu ..initial est simple ou redoublé. ntul'. tanjfa~. et dans les parlers bédouins en géSuivant les parlers. y::E!?!:_~::_E~~!~!:_::~~~!~!!~!:" stjab.. tdnjfa~t. (à l'exception du verbe astha "avoir honte" où elle est i yastJ. y~stjâbu. tabnaw. y~::!?::_~!:_E~~:!:~!:_:!:~~~2~~" ~~E!?!:_:!~_E~~!!!~_~~~~~::~~~~~~" (~)stanna tbat.

l)saib (s~aib) "penser. considérée comme réalisée ~ b-rabbi "j'ai juré = je jure . etc.::q~lt3k jti ~ t "je suis de- venu affamé = j'ai faim" .-ba-Yèltf:a.çba. n~tm~sbar . fhamtni w-ull "m'as-tu compris tu ou (non) 1" . par anticipation . est déjà faite au moment où l'on parle : ~ ~andna u-msa "il vint (ou est venu) chez nous et il partit (ou est parti}" . un sentiment. C. Mais il faut souligner que pour les verbes "résultatifs" qui dénotent le fait de "devenir dans un état". tmasbru. exprimées par les temps du passé français. tmashru. tmasbar. tm4s~~r. l'action est. l'accompli indique (un peu à la manière d'une notion résultative) que c'est chose faite au moment où l'on parle: il exprime donc une valeur de présent: . tqIbb31) "faire le méchant (qbIQ)".faimi)" . comme sütaj "se conduire en sauvage".cant au Maroc). Cette conjugaison type n'appelle pas d'observation. comme tEa. qui foisonnent à travers le Maghreb.pour les verbes désignant une connaissance .68 2° Verbe guadrilitère De caractère généralement expressif. croire".Iram "faire le coquin (Q. Il correspond grosso modo aux diverses notions C'est enfin aux quadrilitères qu'on rattachera des verbes de racine anormale. une sensation. ANNEXES A L'ETUDE DU VERBE On donnera ici quelques indications sur l'emploi qui est communément fait du verbe dans les parlers maghrébins. y~tmasnru. ~ifa~ "envoyer" (cou. par Dieu" . tt. Quelques verbes de racine "défectueuse" exis tent également. comme tm~s~ar li se moquer de" tm~saart. l'accompli indique que le procès est réalisé au moment où l'on parle: il correspond donc au présent du français : il est vieux" . inégalement nombreux suivant les parlers . "se conduire en arabe ll • a) L ' accompli (ou parfait) exprime l'action qui L'inaccompli est toujours en _~ . comme rahimahu llah "que . kbilr "il est devenu vieux = "je t'ai reconnu je te reconme comprends - nais". mais peuvent n'exister aussi qu 'au thème dérivé. dans les locutions empreintes de solennité . les formes peuvent procéder de verbes du thème fondamental en usage. soit au thème dérivé. s~ "s 1 imaginer". dans les formules optatives . soit au thème fondamental .

l'action en cours d'accomplissement. quand l'inaccom- as al kan précède un verbe à l'accompli : le complexe exprime un temps du passé (passé simple. Le lien de subordi- . c) ikün précède un verbe à l'accompli: notation habituelle du futur antérieur: yümkun ikun hraj "peut-être sera-t-il sorti" . nalqa bük "j'arrivai à la mosquée. . et aussi d ' une valeur modalf'! ~kun 6malt kIfi "tu aurais fait comme moi"..70 Dieu l'ait en sa miséricorde 71 Dieu te bénisse 1" . l'inaccompli est consécutif à ~n accompli: u~"lt l-aljamat. rabbi inüb "que Dieu y pourvoie !" . l'action qui dure dans le moment où une autre se réalisait. quand. etc. yankar w-iqul "il nia. un accompli : lqitha tabki "je l'ai trouvée elle pleure (= en train de pleurer)" . bien entendu. notamment dans un récit. étant venu).!) . plus-que-parfait.dans des phrases où deux verbes à l' ac compli se suivent sans être séparés par la conjonction de coordin a tionJL-. texte seul peut .l'action permanente : ad-~rari dIma y~~bkIw "les enfants pleurent toujours" . o u se réali s e : l'inaccompli est alors précédé de la conjonction u-. ture : . durée plus que la localisation dans le temps. du verbe "être" emp loyé comme auxiliaire. '" barak alI'ahu fIk "que l'action complétive ou attributive. quand l'inaccompli est consécutif à un accompli ou un inaccompli.dans les expressions proverbiales. de crainte : otanddk la-t~~tt "prends garde de tomber" . les deux verbes sont alignés sur le même temps "il est venu et m'a embrassé". consignant une véri té en quelque sorte atemporelle : 'alli fat mat "ce qui est passé est mort" . dans les conditions où le français emploie l'infinitif: jIt nsufak "je suis venu te voir". j'étudie" . qui introduit un rapport circonstanciel (c'e st le waw l-ryal du cl.nJi nsufak "je vien s (ou je viendr ai) te voir". mais. il nie en disant". ja u-basni b) L'inaccompli (ou imparfait) exprime le procès Il dénote la Le conOn en cours de réalisation. en général. .l'action souhaitée.) : nkar w-iqül. l'action introduite par des tournures de défense.. . peut distinguer l'action contemporaine du propos: n aq ra "je lis. .It (El. (voilà que) je rencontre ton frère" . i l m'a embrassé" . réunis par u-. de mise en garde. h) kan précède un verbe à l'inaccompli: c'est l'expression pe l'action qui dure dans le passé (imparfait du français) : kunt nÇ'anni "je chantais" . l'action qui va s'accomplir (valeur temporelle du futur) : a§ ta. l'action actualisée. .€. que vas-tu faire 1" Il s'agit. pli est consécutif.l'action éventuelle.mal "que feras-tu. optative: yad!:al "qu'il entre 1". l : kan msa "il était parti ". . mlI? iqul-lak "écoute bien ce qu'il pourra (ou pourrait) te dire" . . le premier semble légèrement antérieur dans le temps au second: ja basni "il est venu (= nation. peut encore s'établir par une ligabas n~üfak "je suis venu (je viens ou je viendrai) pour te voir" . implicite. passé composé. expression ambiguë du futur ou du conditionnel : :asmaf. baEd-ma kanat wazn êl t-li s-smId "après qu'elle m'eût pesé l a semoule" . état ou action. en situer le moment.

tajri "tu es en train de courir" . . du Nord constantinois : celui de Djidjelli et de sa région .s . l a forme ku .?" "qu ' est.ikün à l'accompli: l a forme ka . . soit sous la ment ce p r eve . . -bbo d van t un verbe à l' i n a c compl i pour marquer fo r me 1. .s 1.est celle des premières et deuxièmes personnes.3 1-rndIna "il fut habita n t C= il habi - tait) dans la vieille ville ". al Certains parlers en utilisent couramment .:u::::. ce préverbe s ' emploie dans tout le Maroc .. Le préverbe précède un verbe à l ' inaccompli . qui Dans ces parlers .ce que tu fa1. C ' est en fait u rr adverbe de temps . ou en verbe à l'inaccompl i . L ' emploi de ce qu ' on appelle "préverbes " n'e s t pas uniforme dans tous les parlers . do~ t l ' a~com: pli n' es t co nnu que sou s la forme négative ma-bIt. v o l o n tiers . il exprime les mêmes valeurs que ka/ku.ib~t. mais figé .72 Notons aussi que kan peut précéder le partici - 73 ui pourrait mettre en doute ainsi toute valeur modale q t i de se dérouler . je viens .-1 sibilité (parfois la volonte . la certitude du procès qui est en ra n qui est habituel : a~ ka . pe actif d ' un verbe . bl ka . Les parler s de Libye emp 0 en dl ~rbe soit sous c ette forme . Ydbbi . _ _ connaissais pas ".Cl.:t::::S:. ka tabki "elle pleure " . pou r : taw nji " je viens . .ussi sous la forme ~ "maintenant ". sou l ig n ant le caractère de réalité de l ' état ou de l ' actio n . faisant corps avec lui t et exprime l ' idée de l ' action qui se déroule effectivement au moment où l ' on parle : ku . et éca r tant .td I r hna ou qui dure .. • de le placer après Il est en outre possible 'd 1 passé: ka n ka . exprimant l ' action qui dure dans le passé: kan saki3n f .:h:. Sans doute de même origine que l e précé - ~ ..de l ' action qui d u re ou qui se répète d'une façon in dubitable ku -nb~f.. ou je dési r e) m'en r e" bbi-nam§: i "j e v a i s ( ou je P a l l:r ll • Il appartie n t e n même temps à l a flexio n v e r ba l e d ' un i n accompli n ôbbi . 1 i t communébi / b . d ' autres les ignorent totalement . n ote r le f utu r tou t proche tout de suite " . e . jouant le rôle de préverbe .:k~a:-~n:::a:::~::rc:o'::.yark 3 b kan . il se plaprésent. u -nasri IIje vends et j'achètell . ~ ba-s " j e ne veux . en concurrence avec une forme ta. usu en Tunisie et en Libye .'::. ne semble employé que par un type de parler . huwwa IIi ka . a pas l bÜk " i l est v enu parler à ton pèna l itél : ja b-ya d wi eux . avec une alternance qui en caractérise l ' origine . Il est plusieurs préverbes .'k~u~n. c) se el ce taw .-. " j e ne les "il montait à cheval ". qui rejette le proces ans e m "m~a:::. .f. ou ./ku-.est celle des troisièmes personnes . l a f~ ­ l ' immi n ence . sans alternance a/u . Egalement p l acé devant u n verbe à l ' inaccompli . devant un actualiser l ' action . Visiblement tiré du verbe kan. ka . "c ' est lui qui fait les ventes ll • Ce préverbe . il ne veut pas "- dent .

pl. .ahu iji "s'il t'a dit qU'il viendrait. pl . gadya.. dans le Maghreb oriental le prendre" . baqya.-ahum f-ad-da. invariable : ma§ namilw "nous allons partir" . fém. et à peu près les mêmes valeurs que ra . maison".. pl. au Maroc souvent fém .fay~ ) . . . .. On le trouve devant verbes à l'accompli et à l'inaccompli. qui est courant aussi : jay yab-raj "il allait sortir" . et en souligne la réalité: ~ani jIt "me voici venu".jay.. "voici que le jour s 'e st pronominaux Les parlers du Maghreb connaissent aussi haw.baq~. qui domine au Maroc (sauf à Tanger). faki mF~Qa "te voici ma lade . pl. la contipuation. ---- ------ baq~n~ui marque partout la continuation de l'action (d ans l'emploi de "encore.. le début de l'action.. On distinguera les inchoatifs qui ont formes participiales et ceux qui ont formes verbales. masyIn.74 75 On en verra la véritable flexion verbale au chapitre des Pronoms personnels. et bien.9adi. masya . placées devant un verb~indiquent l'imminence. . gadIn connu en Algérie . des formes analogues qui marquent la poursuite. a) Formes participiales masi. gadyln . baqa. On peut également entendre . avec souvent fém . il viendra".. fém . levé" . rarement.çayJ:'la tapgu "comme elle allait .. 9ada . Ida qal-lak iji . pl . qui a les mêmes emplois.: "ils sont (bel et bien) dans la ll . : klma . sinon jamais. fak ta bdam "te voici qui travaille~' . fém . devant noms et complexes prépositionnels. ~. où il exprime une valeur verbale d'existence expressément constatée: Ce qu'on appelle "inchoatifs". et Par extension. laya (jayya). baqyIn. ce sont des formes participiales ou verbales qui . pratiquement inusité en Tunisie et en Libye: as {ladi tdIr "qu'est-ce que tu vas faire 7"· . on a ussi l'intention de l'accomplir.çaya~ (. Expression du temps). pas encore" qui sera étudié au chapitre des Adverbes et l ocutions adverbiales. mais aussi devant participes .ça sans éléments . je vais monter à cheval" .çay~In. jayIn (jayyIn).: ~lat. Il joue le rôle d'un "présentatif" : c'est-à-dire qU'il présente.. qui s'entend surtout en Algérie.. constate l'actualité (ou l'imminence) d'un état ou d'une action o u d'une existence. fém.çaYQa.ça nha. pl .:ahu jay "le voici qui arrive" .. rangera dans cette catégorie.. . l'achèvement de l'action entreprise .. d'un emploi très général au Maghreb : masi narkab "je me propose de. fém .. variable ou fléchi.. . quelquefois réduit à mas. I I .

ou darat-li (ou flyya) jItu tgassüna "vous allez nous plus souve. ja "ven ir ". q~yyala . parfois conjugué. ~ proprement "se lever" . qa~dIn.ttaddam . lui de "à nouveau. dans le sens extensif "occupé à" c'est un adjectif verbal ayant valeur de participe présent : ana q~yyal ka -nag.li. bqa . conjugué . conjugué "nous entreprimes de labourer" . conjugué . proprement "demeurer" . "elle se mit à parler " .éawad .ar qarn. le plus souvent figé et devenu particule invariable : Ead t~h9. roc: éawad darbatni . généralement conjugué : zadna tkalla mna "nous continuâmes à parler". . même valeur. voilà que (= alors) " . d'usage pan. II . propreme nt "s ' asseoir" . entreprendre". "travaillant". proprement " aimer . même type de formation que le précédent . ajouter".lt frappé d' invariabili té. qa~da. Ces divers verbes sont proprement inchoatifs en ce qU'ils expriment l ' idée du début de l'action ou l'intention de l'accomplir . de mê me valeur . encore" . vouloir" . bda "commencer" . pl. qu'on étudiera . b) Formes verbales en concurrence avec le participe baq~ vu plus haut : bqët naqra n . conjugué: mettre en colère" walla. proprement "continuer.76 77 dire (:::1.éad . . mais souvent avec ce sens particulier : "les choses en étant arri vées à ce point. conjugué .nhar kamal "je demeurai à lire tout le jour" . courant ryna gatctIn continuation de l ' action .dam "je passe mon temps (je s ui s oc - cupé) à travailler" . tgffim n C1!'!raj "j' ai fini . conjugué ~~rt nôktab-lu dans les parlers sahariens et en Libye ndktbu "nous étions en train d'écrire" "je me mis à lui écrire" . fém . avec une nuance d'action réitérée: wallIt tabdam mlIl) "tu te mets (tu te remets) à bien travailler" dar . qui marque également la l'aspect duratif. indique l'achèvement de l ' action : t~~m brajt. bga . ~. pl . paddama.. proprement "devenir". qead. maghrébin : q~mat tq~l "elle se mit à dire" Tunisie . le . conj u gué . proprement "recommence r". . conjugué "ils se mirent à cheval" . conjugué tgül "elle se mit à me tqül . Ces termes expriment la continuation ou la reprise de l ' action entreprise . proprement "devenir . conjugué: bdIt na~t:. elle me dit alors)" ~. proprement "pa s sant la journée" . en us age dans les mêmes parlers : hÇ)wwa haddam yane. peu employé en qaEdu yarkbu l'idée de la continuation de l ' action .as "occupé à dormir" . Expression du temps . proprement "devenir" . . bQa "prendre . zad yamsi "il continua à marcher" . ainsi que l'emploi de ~ad. a parfois la même va leur.!~ " je me mis à rire" . pl . l1addamin . notamment au ·'·a "elle s 'est remise . t antôt je finis par sortir (ou invariable . ti)d~abni . zad . fém . fém . au chapitre des Adverbes et locutions adverbiales. parfois conjugué . le terme exprime nad "se lever". s 'emploie aussi . revenir" . p roprement "terminer ". proprement "se tourner (vers) ". tantôt conjugué . - qa~Dd . q~yyalIn . est particulier au ·Maroc et à l'Ou_ est oranais.q~yyal . . Le sens est voisin de ce elle se remet à me frapper" .

au thème fondamental et aux thèmes dérivés. con s truction qui semble particulièrement en honneur dans le Maghreb occidental : zad L'étude du nom c o mprendra l'examen des substantifs et des adjectifs. en guise de conclusio n. c'est l a représentation qui en est donnée en partant de ce qu'on peut appeler sa "dimension norma le" l'élatif et l'intensif d'une part. Puis on passera en revue les Thèmes n o minaux du singulier. On traitera d'abord des Noms verbaux. enfin inclus d a ns un rapport d'annexion. au chapitre de l'Etat du nom. qui lui s ont Il est à noter que nombre d'inchoatifs peuvent être suivis d'un verbe conjugué. mais ils sont spécifiques en ce qU'ils procèdent le plus souvent de formes verbales en usage. mais aussi d'un participe présent. L'énumération qu'on en a faite s e conCha que tente d'indiquer les u s ages qui pr é dominent. t. que la multiplication des préverbes et inchoatifs dans les parlers maghrébins suit une voie qui avait été ouverte par l'arabe ancien. dans le schème qui est le leur. le diminutif d'autre part. indéterminé. Ensuite on verra ce qU'il en est de la flexion On observera. particuliers. tdmm (tammat) m. NOM parler peut comporter d'autres incho a tifs. . Ils appartiennent à la catégorie no~inale. on examinera l'u s age qui en est fait. elle r é pond aux besoins de dissiper l'ambiguïté qui règne entre la v a leur du présent (momentané ou dur a tif). Le degré du nom. l a valeur du futur et la valeur modale. en soulignant chemin faisant la tendance dialectale qui porte à créer ou à adopter des formes typi- jay küll-yÜm "il continua à venir chaque jour". L E La li s te de ces incho a tif s n'épuise sans doute pas la matière. je s ors". elle l'éduqua )lt. Sur le Genre du n o m o n ne donnera que des indications s o mmaires. valeurs diverses que le français distingue par l'emploi circonstancié du présent de l'indicatif. tamment dans l'usage de l'inaccompli. puis déterminé par des article s .78 en sortant ) finalement je sorti s . le duel (dont on constatera la régression notable) et le pluriel. faisant ressortir la tendance des parlers maghrébins à opposer le féminin au masculin par un indice caractéri s tique : la finale -a. Enfin. défini et indéfini (ce dernier de création dialectale).ad qasad l-3l-jamat "il continua à se diriger (= il se dige~ alors) vers la mosquée ll . x x x ques correspondant à des catégories sémantiques.rabbyatu "elle acheva de l'éduquer (= fin a lement. Au singulier s'opposent deux nombres. Elle ré pond aux besoins de pallier l a nocarence de l'expression temporelle du verbe a rabe du nom dans l'expression du Nombre et celle du Degré. du subjonctif et du conditionnel.

2 3~ ) : au fernin!n. mazun. 2 ...n.Verbes aux thèmes dérivés Le participe actif et le participe passif sont 1. de la meme manière que celui du verbe . mansyIn (sans red ou blemen t de la semivoyelle finale) dans les parlers de Tunisie. dans le Sud tunisien et en Libye. laya layIn "venir" ~ m et aussi mâj i. Ce préfixe est suivi ou non d'une voyelle brève. les variantes mdnsya. m~yzün. T' _ m~zu.2 3 Le participe actif est R aR vR au masculin . 1. 1. suivant que la position est celle de la syllabe fermée ou de la syllabe OUverte. R aR R ~n au pluriel "devenir complet" confondus dans la forme. et correspondent généralement à des formes verbales en usage..1nslyyIn avec. Le sens passif prévaut généralement dans l'usage. et souvent au Maroc . comme au thème dérivé .Verbes au thème fondamental ---=-- kla hda "manger" "prendre" mUkül muvüg mUküla muoüga muküIIn mUlJügIn et aussi m~ykül. avec les variantes m9 wzun et. . dans tous les parlers maghrébins (à l ' exception de certaines distinctions qui peuvent exister dans les parlers du Sud tunisien et de Libye). au féminin et au pluriel . Le participe passif est mvR R uR 1 2 . on entend aussi mak~l à et mahad. Les verbes ne forment pas tous des participes. Le participe est constitué par le radical du verbe au thème dérivé précédé du préfixe m-. Le contexte permet seul de déceler le sens actif.80 81 tlam ha~t "savoir" maélum md~~çt maéluma mdry~9~a muzuna maElumin mahtotën " .de Li bye. Le perticipe (actif et passif confondus) du kamal kamla sadda kamI In ~addIn "saisir" sadd yab~s ib. muzünIn " poser" "peser" A.s haf ~ IIdevenir sec" "avoir peur" "acheter" "manger" "prendre" yabsa yabsIn hayfIn hayaf (hayf) ~ sra k1a ~ sari wakal ~ ---- hayfa ~ ~arya saryln wakla ~ waklIn hda wahda wa!}ç!In wahad côté de ces deux derniers. Ils comprennent les participes et les noms d'action. est f ' orme. nsa "oublier" mansi m~nsi~'ya m. chez les bédouins d' Oranie.3 au masculin verbe quadrilitère au thème fondamental. quand c'est lui qui est envisagé. NOMS VERBAUX uz'dn muzun . L'usage seul révèle les formes de participes qui sont possibles.

suivant les parlers. mc t. avec un féminin et un pluriel hésitant.. tiennent au système verbal parce qu'ils procèdent de formes verbales en usage (et évent~ellement parce qu'ils peuvent comporter telle rection propre au verbe. comme msa gg a m "dressé" t ma tbalho t "mystifié" . mais ils appartiennent au système nominal parce qu'ils revêtent des formes de noms. Ils apparmais ne lui correspondent pas rigoureusement. une attitude du corps). . devenir dans Ils s'apparentent à l'infinitif français. ms a rbi "servi". et qu'ils ont le statut syntactique des substantifs. :Lls servent à exprimer "le fait de ••• (accomplir une action. par le préfixe ~. -yIn (ces dernières prévalant dans l'ensemble du Maghreb). comme II. Pour les verbes de racine saine et assimilée. entre les terminaisons -iyya. Les participes des verbes de racine "défectueuse" ont uniformément la finale -1 : msammi "nommé". correspondant). La plupart des schèmes de noms d'action sont dénués de spécialisation sémantique.çabbi "éduqué". Il est aussi possible qu'un même verbe puisse fournir concurremment tel ou tel type de masdar. a) Thème fondamental La délimitation précise entre noms d'action et noms désignant une notion abstraite (susceptible d'être concrétisée) est souvent malaisée à établir : ex. bka "pleurs". de fh a m.82 trilitère aux thèmes dérivés.3 en comporte (comme par ex. Noms d'action (masdar-s) ~=:=3:========:===Z===:= m twaho as "dépaysé". bki "fait de pleurer". -iyyIn et -ya. a un état)". Mais il en est qui 1 2. f 'd hm "fait de comprendrel! et fhama "manière de comprendre") • Schèmes à" vocalisme bref Ils sont abondamment et partout représentés dans les dialectes maghrébins. le schème c c uc pour les verbes exprimant un mouvement. l'un d'entre eux ayant valeur sémantique particulière (comme par ex. transitive ou intransitive.: mb'd Qba J:l "enroué".

bqa . tantôt c c a. c C uc a 1 2_ 3 1 2. "fait d'entrer". jri "fait de courir Il . dans un même parler. mettre.3 1 2 3 mais aussi: de 2 étâ. c 1. ils expriment souvent deux notions différentes : de gla-yagli. de sjad. de gla-yagla. qui. n'est pas la marque l 2 3 du singulatif (elle peut l'être pour le schème c c Ic a). d'être debout". . de kbdr. d'une façon générale et partout au Maghreb. 1 2 ' c 12-3 . uqùf "fait de se skut "fait de devenir. tantôt (infiniment plus rare) 1 2 ecu : de jra-Ydjri. kabr (kubr) Schèmes à vocalisme long ~ Ils sont de type c "fait de devenir grand". de uZ"Jn.-"fait de durer".84 c'est en général c vc c 85 123 bëE a "une vente". ce schème est concurrencé par le schème précédent : de jlds. tlab "fait de demander". -"-'-ja rya "une course" etc.3 . quand. c'est 1 2 le schème c c i qui semble le plus caractéristique du nom d'action. c'est c vc c de sabb.3 t c c lC a.9 f9 "fait de devenir limpide ll . q yas "fait de mesurer". jlus et jlas "fait de s'asseoir". 9-afb "fait de frapper". twab "fait de se repentir". . c c ac a 1 2. c c uc .c c Ic . sui. de sk'dt. de beaucoup le plus fréquent: c'est celui qui est le plus en honneur pour les verbes d'action (peut-être sous l'influence ana" 2 I 3) logique du masdar du th è me II:t vc l c c : de S~d l. c'est. inhérente au schème. uc vant la semi-voyelle radicale mediale.3 c c uc t ~ Pour les verbes de racine sourde. wëlzn "fait de peserll.3 c ac .. gli "fait de bouillir" .de ibas. s~~lf "fait de danser" . tyab "fai t "de deveni'r mûr". sjùd IIfait de se prosterner".. plus rarement c c vc de ~. une attitude du corps : de~..çba "un coup". de zaF-iz9f. l 2T 3 où la finale -a. qui n'est pas tr è s largement repr é sen te d ans c ac le Maghreb : de t-l<lb. les deux premières radicales dans les schèmes à finale :-i_ ou -:J!. dans les parlers tunisiens et libyens. ~ "fait de vendre l l • verbes exprimant un mouvement. zya. ~qm "fait de jeûner". é1:a9 "fait d'éternuer". s 'd bba "une insulte". rqüd et rqad "fait de dormir". de gsal.:l..abs "fait de devenir sec" l 2. gla "fait de devenir cher". de rqad. deux schèmes sont représentés. Le fait de tirer un singulatif du nom d'action par adjonction de la finale -a tend à le concrétiser : da. d'être silen- Pour les verbes de racine défectueuse. mais. c II c 3 de ~am-i!?9m.-.3 t qui ne forme pas de très nombreux masdars de fham. gsIl "fait de laver". cieux" • Au Maroc. caractérise des 1 2. y. A noter enfin que. dans tout le Maghreb. wël zna "une pesée". de ~fa-Y~7f~. gOlu (et non ~lu ) "cherté (de la vie)". c'est 1 2 1 2 tantôt c c i. Il arrive que. partout au Maghreb. ah ~ Ils sont de type c c ac a. sont séparées par une voyelle brève (maintenue par l'accent) : jdri (et non jri).-.. de uqaf. qui est. sabb "fait d'insulter l1 • Pour les verbes de racine concave. de baE.-ab. de qas-iqIs. de tab-i t~~.-~. de tab-itüb. 123 . fhama "fait de comprendre". c c Ic • l 2. procédant de verbes de ra- 123 cines proches (sinon de la même racine).ra "fait de visiter l l • Mais la série est enrichie • . de bqa-Y !3bqa.

~fafa "fait d'être poli". ---. un masdar en -aniyya se rencontre sporadiquement au Maghreb de fa!}-ifûb. comme de gfa r. Il est particulièrement fréquent. de noms exprimant la manière de faire. de qgaqagyan "fait de faire des emplettes l l . type "vivre sa vie" du français) l'emploie avec prédilection. ktaba "fait d'écrire (écriture)". de s'enfler". généralement hérités du classique: ainsi de l'. pour toutes les catégories de verbes. partout blesse". Ils dénotent "le fait de ••• ". une qualité (ressemblant à ceux du paragraphe précédent. On peut en considérer les exemples en usage comme des éléments de vocabulaire.3 a. On trouve de tels noms d'action dans tout le Maghreb. f~qan "fait de s'éveiller". ils acquièrent une valeur concrète.l a bb. brüda "fait d'être froid". Schèmes à préfixe I l s'agit du préfixe mf~ ~ l f . . mais aussi des singula2 3 tifs du schème c l c rc : qtIla "fait d'assassiner". a bba "fait d'aimer". qui forme des noms exprimant le résultat (masdar "mImI" du cl. 9c$fran Itfait de pardonner". Thème II ----- de b-ra- --- senté : de s a bbar.:ll. mlâtta "fait d'êtrt! bon". Il ne constitue pas un type fréquent de masdar.d'autre part..f9sa "fait d'être rude". et avec les verbes du th è me IX 2 3 c 1 c âc ) : qbaJ:la "fait d'être méchant". mais fréquemment lorsqu'on ajoute aux formes en usage la finale -~. pour certains verbes de racines saine et assimilée.c c rc 3 a. gbIl)a "un égorgement". Les noms d'action comportent la valeur sémantique de la dérivation. et dans les parlers de Libye. wa1)lan "fait d'être embarrassé". une qualité (avec correspondance fréquente avec les ad1 l jectifs c e2 -e 3 . flarya "fait de cultiver (agriculture)". La construction du complément direct d'extériorisation de la notion verbale (maféül mutlaq du classique. Schèmes à suffixe Il s'agit du suffixe -an. et parfois avec les mêmes correspondances) : l)m9~a "fait d'être rouge". . et pour un très grand nombre de verbes de racines sourde. concave et défectueuse. de uO.c 1 c 2 . de flaQ. fûhanÏyya "fait de se vanter. de lam-ilûm. ml'). de Fadd.). dans les parlers de Tunisie. §lan "être pris d'une fai- d'où l'exercice d'un métier: de ktab.:-addan "fait de rendre". 1] e ryan "fait de déféquer lt • yaqQ~. de noms expri mant un état. 1 2 . mlam "fait de blâmer". de waqqat. Le suffixe -aniyya peut aussi parfois contribuer à former des masdar-s de thèmes dérivés.86 d'une part. . b) Thèmes dérivés d'une action (souvent violente). qui forme des noms expr i Mant une couleur et ue aussi un état. de faq-if~q. Q. yaDra. . t::.-~qa "fait d'incendier". Sans doute issu du masdar en -an.. t as bIr IIfait de mesurer à l'empan".

qui est le plus fréquent dans les parlers sédentaires et citadins du Centre et de l'Est algérien.. f~al a --'-- "fait de trancher un litige". taJ:1dlct "fait de repasser (au fer à repasser)" avec possibilité fréquente de former un singulatif. moins en usage. Mais le masdar du thème III sert aussi de masdar au thème VI. teanId "fait de rivaliser. de fas " l . matgarsa (matharsa) "fait de lutter ensemble". qui domine dans les parlers bédouins d'Algérie. tvc c lyy~ - Thème V 1 2 tvc c ya (la nature phonétique des deux premières radica- 1 2 2~ 3 Assez peu d'exemples du masdar tc vc c uc .çt ta~w~+ "fait de reproduire en image".2r c . de dawa-idawi. on entendra aussi un 1. tabmam "fait de réfléchir". tafblyya.88 tqwqlt (tuqIt) "fait de déterminer le moment".çabba lIéduquer" . tg an In "fait de contredire obs tinément l l • Pour les verbes de racine défectueuse on peut rencontrer. peut-être sont-ils plus courants en Tunisie et en Libye de anqlab.2 3 mc ac c a.. Sporadiquement en Algérie. m!}a~ma "fait d'être en contestation". suivant les parlers. de ganan. de tgara 5 (tharas). de sfar . mais repré1 2_ 3 sen té à travers tout le Maghreb. dans les parlers de Tunisie et ceux de " Libye.ânad. II de e. Un autre masdar.çôbya. mdawya et. tarbya (t?+bya).. . hérité du classique (avec conservation du timbre de la 1 2 2. sinon par des lettrés ou demi-lettrés. et rarement employés. fraq "fait de se séparer de". analogique du masdar du thème II~a~fait de soigner l l • de gaklco r t t'8gkIr "fait de faire se souvenir" t t " JQklra é "souvenir". ti3sy~q IIfait de laver par terre".. tkabbur. de ba~'ëJm. tk Cl bbür "fait de s'enorgueillir". et ressenti comme terme littéraire : de tkabbar..2 3 On a très souvent un masdar mvtc ac c a : de t~afab. . Tous les parlers maghrébins préféreront recou3 l 2 rir au masdar du thème II. "fait de se réunir". Thème VII . .!. La deuxième est plus commune que la première parce qu'on la sent plus caractéristique du thème (voyelle a après RI) de far a q . Pour les verbes de racine défectueuse. de tladd'c3d... de . de sayyaq.. à Tlemcen)". entrer en ligne de 1 2 2 compte pour l'option entre tc vc ya et tvc 1 c 1yya>. de balat. Thème VI les pouvant. de " oltmat. Thème III 1. souvent allongée tc vc c uc ) . dans un même parler. il y a 1 2 1 2.<- sfrar "fait de devenir jaune (coucher de Soleil . mat~arba "fait de se frapper l'un l'autre".-. t.a "fait de fréquenter". ~jtmaE:.lnql2lb "fait d'être bouleversé". "~ . IX 2 3 Deux formes sont en concurrence : c l c ac et 1. de ~9WWél. VIII . hésitation suivant les parlers entre te vc ya. mbal-ç. soit.3 voyelle ~. controverser". qui prévaut dans les parlers marocains et de l'ouest algérien. tvc c Ic étendu à l'usage du thème V. analogique du masdar tvc 1 c 2 lc 3 3 masdar tc ac du thème Les masdar-s sont hérités du classique.1-.. est tvc c ac de 9__ mmëlm.

des thèmes comportant redoublement de la radicale médiale. de bal)bal. et de préluder (musique)" avec. des thèmes à suffixe. consiste à leur conférer une trilitarité secondaire . analogique du masdar de n~ll~nal:l tnai'. Verbes guadrilitères Qu'il corresponde au thème fondamental ou au thème dérivé. l'étude des éléments du vocabulaire nominal. et souvent malaisément.l tbal.}g~~t. l 2. une métathèse possible du préfixe st ) En dressant le catalogue des thèmes nominaux du singulier . les trilitères et les quadrilitères.. . revêt habituellement la forme te vc c du thème II trilitère: re.90 Thème X . chemin faisant. le masdar. Pour ce qui est des bilitères. et premier étant seul en usage en Tunisie et en Libye de stqall astaqlal "fait de devenir indépendant" B. et confirmée dans le domaine dialectal. le que.3 et éventuellement au Maroc te vc c ue "fait de se moquer". des thèmes à vocalisme long. actuellement irréalisable. et même. On traitera successivement des thèmes à vocalisme bref . THEMES NOMI NAUX DU SINGULIER de stdl)ba~ asta tJblr "fait de s' informer . presque à l'infini. de tmêlshar tmasblr l 2 3. en écartant l'examen des cas particuliers qui sont très nombreux dans chaque par1er. examiner dans le détail toutes les formes des noms en usage dans les parlers maghrébins. astvc l c e3 analogique du rnasdar du theme II. Cela entraînerait naturellement à pousser Ce serait une entreprise téméraifort loin. On se contentera de noter que la tendance générale. on ne leur fera pas de place à part.a" stag~~t:. dans le système de la dérivation. on ne prétend pas . inclassable s .tnI~ "fai t de hennir". au Maroc. déjà ancienne. des séries nominales.lbIl) et thahbüh "fait d'être enroué" .3 Il Y a hesitation entre astvc c ae . Ils constituent dans les parlers un composé de cas particuliers. à plus forte rais o n dans l'ensemble dialectal de l'Afrique du Nord. en distinguant. "fait de faire un saut de cabri" • 123 le 3 . des thèmes ts de stagt. à préfixe. qui s'inEn annexe figureront quelques spécimens de noms considérés comme tègrent au reste diversement. On se bornera à énumérer les types caractéristiques. résidu lexical. peut-on penser. quand il est employé. tS. du classi2r t .

l'une qui consiste à ramener à un type monosyllabique l ' héritage des noms anciens dissyllabiques (comme f~éal. les consonnes radicales ont pu exercer une action phonétique qui détermine la répartition syllabique (c'est-à-dire la place qu'élit une voyelle brève dans une séquence de consonnes) quant son déplacement. ou à l'attirer à cette place. dans le chapitre consacré à la PhonétiOn a dit que le renouvellement de la syl labique des mots. ou ~incolore et ultra-brève .. parce que. dans les parlers bédouins des régions sahariennes du Sud algérois (Bou-Saada. fae:. ~. on constate que . suivant que l'influenCe phonétique des consonnes radicales prédomine ou s'avère moindre. à la ruine du vocalisme bref. qlrd "singe" e~t en R2 On constate que. fajr "aube" 3 . faéul. type R vR vR pour les uns. anc.. ---------On que . hans . était dû. parce que des série s morphologiques peuvent posséder une action normative oui impose aux . 2) Ensuite. Trilitères reprendra ici l'exposé qui a été fait à prost~ucture pos de la Syllabe . et à l'héritage des noms an ciens se réduisant au monosyllabisme. Elles sont do minantes en nombre de régions. fUE:al. où la liquide anc.a . Ce ne sont là que" des tendances . 1) D'abord. dans les parlers bédouins de Libye et du Sud tunisien (Nefzaoua).. il subsiste toujours quelque chose: soit une voyelle ~ dans tels environnements consonantiques. comme par exemple dans 3 anc. type R vR R 3 . fi~l). faras "jument" dial. joue d 'une façon abso lue la règle de la chute de la voyelle brève en syllabe ouverte (c'est-à-dire dans la position v + consonne + voyelle). les labiales m.92 1 . f. j'amal "chameau" dial . ou encore anc. ~. La réalité est très complexe. dial. il devient volontiers R R vR • 3) Ensuite encore. pour 3 I 2 les autres. il y a des cas d'héSitation. tendance à maintenir la voyelle avant elles. nétique peuvent être pris dans le cas de : anc. b. Ainsi aussi. est conservée sous la forme d 'une : soit en mainte- nant la voyelle à la place où elle était. fjar. le groupement 2 3 l syllabique du mot est tenté de demeurer R vR R . à un moindre degré. ~ ou ~ (liquide en R ). mi-longue. dans les dialectes maghrébins . à nouveau le jeu de deux tendances : . dans de nombreux parlers. ceux où apparaît plus estompé le sentiment de ce qu'était l'état syllabique du mot de l'héritage ancien. parce qu ' i l s 'en faut de beaucoup que. dans tous les parlers maghrébins . faFs ou ~ (liquide 2 en R ) . où la voyelle brève ancienne de timbre a. selon les parlers.Types à vocalisme bref 93 voyelle!.11. parce que. où la liquide est en R dial. dans les parlers les plus novateurs. Chaamba. füel . Elles le sont moips en " d'autres. anc. ni suffixe) on soulignera il n'en est pas systématiquement de même pour les noms 2 l dont le prototype ancien est monosyllabique. et pour les noms dont le prototype ancien est dis2 l 3 syllabique. fil::à'l) l'autre qui consiste à conférer un groupement syllabi l 2 3 2 type R R vR (donc avec voyelle brève entre R à l'héritage des noms anciens monosyllabiques (comme fa~}. pour une très large part . Laghouat) . Pour les noms à vocalisme bref et à radical nu (c'est-à-dire sans finale . bat)r "mer" dial. de la voyelle brève ancienne de timbre~. soit une voyelle ~ ou i ou a dans tels autres environnements.·qard. dans de nombreuses séries morphologiques. hanas "serpent" dial. on l'a déjà dit. soit en provoC'est ainsi que les liquides !' et. 4) Enfin. Ainsi . ont Des exemples de cette action phojmal .

le féminin des noms dits de "couleurs et difformités" (don t le masculin revêt le type 50) kahla "noire" é. -. qu'admettent de préférence des noms d'action Type R vR vR a 2 Ce type. diai. lugurya "près de mettre bas (chamelle)". _~dlj 5) sotte" • l 2 3 ' et c'est celui. l}baf' "nouvelle" .- hass .-' --- . éaha d "pacte"."- 1) Type R vR R 2 3 I l est revêtu par un très grand nombre de noms.. safafa "épine de palmier". l 2 3 séafa. comme dans 4) Type R vR R a l 2 3 C'est le féminin des types précédents. algériens et tunisiens. ryarnqa "folle. 3) Type R vR vR tantôt vers ~ldma. qui comporte une voyelle brève entre R et R 3 . dial. rabh "fait de gagner. l')aj-ra "pierre". concrets ou abstraits barq "éclalr . msat "peigne".. dans des circonstances particulières. -' . renforçant ou neutrali sant l'action phonétique des consonnes radicales. damm "sang". ParfoiS. nabl l "palmiers".a. Il est revêtu aussi par d'anciens trilitères comme f <Jmm "bouche". gnam ou gl~m lIovins" . ci ta- "brui tU. l 2 2 C'est celui des noms de racine IIsourde" sarr "secret" é.. nhal. y a dd "main" . il compte notamment beaucoup de collectifs b!?al "oignons ". Il forme aussi. delle". 6) Type R vR R Ce type comporte un aspect syllabique qui apparaît s urtout dans les parlers bédouins. comme dans anc. on l'a vu.a mm "oncle". ~arr "mal" l}ubm "jugement". sabka kalma "mot. -'-- -"-" . "neige". parole " "filet". en syllabe ouverte.. huzn "fait d'être triste"."fort. lug~a. . dans ces mêmes parlers. "mois". C ' est ainsi que le type syllabique R1v 2 3 R R s'impose volontiers aux noms d'action. jald "peau". que dans les parlers libyens.. et pour les mêmes mots. jb~l nmontagne". ga~a. . garb "couchant Il .95 1 2 3 2 3 noms la répartition R VR R . e~ éventuellement. soit le singulatif nom d'une fois. ll . dans le Sud tunisien (Nefzaoua) haldma "bout de sein". ~ . é~ab "brou ssaille" . Il n'apparaît. 19ü~a. . qu'il corresponde ou non à des masculins en usage z~bda "beurre frais". soit le singulatif nom d'unité t-çfla "fillette n .. gain'! 2 3 Type R R vR Il n'est pas moins courant que le précédent et recouvre les mêmes notions shl1r. ce dernier étant la forme des parlers citadins et ruraux.sinon impossible dans les parlers citadins et sédentaires.-ba "êoup". -'-- anc . Procédant d'une forme masculine.-ry 2) l "fait de blesser". saEfa j ja. d'une façon constante.. Il est fréquent Il est courant en Libye . il désigne soit le féminin sexué. en Tunisie.. le groupement syllabique évolue tantôt vers ~~lma. Il semble très difficile. nonobstant le souvenir de l'état syllabique ancien.amsa "chassieuse".2 " 3 et que le type syllabique R1R vR prévaut généralement dans la série des collectifs. fJ. est rigoureusement impossible dans les parlers marocains. ou la répartition R1 R vR .

. ou -~-. R cipice " . ~~ta "description. b~t. sma Hciel". ou la diphtongue est conservée -~y-.a "heure". ll baIl "chameaux" (anc. gallinacés l l . les mêmes variations diphtoniques et vocaliques: s~wka .. ~ tandis que les parlers ci- tadins et ruraux ne connaissent que la diphtongue complètement réduite à -üq9wm. la diphtongue est. ~a€. courant dans le SÇ)ka . Féminin des précédents C 'est sous ce type qu'on rangera l'ancien bilitère jabba "robe"..~. fara "souris" . viande non consommable ". sIf gens ". conservée . dial . _ _0 _ __ 0 10) Type R uR 1. ~ jar II v oisin" ..oss "milieu. ~). . süda "noire" . rogne. b~yt. sdbba "cause. ~t qui ont acquis une trilitarité secondaire par alloocomme jIha "direction". chambre" " sabre " . milieu" (anc . 13) Type R1~ 3 a 1R Féminin du précédent s~yha. les noms dialectaux sont. jIr "chaux" .97 1. partiellement réduite : ou complètement réduite s~yf. _ __ 0 0 ~ "santé". n9m. Id. centre 1 2 2 (anc. Type R 1R 1~ fruits)".. büs Nord algérois. ce schème -1-. ~~1]a . auxquels on joindra le pluriel nas et des noms où.l}~ma.3 ainsi que par des mots qui ont subi une réfection secondaire comme ~ ll) Type R uR a Féminin du précédent . nüm "sommeil" "troupe de gens (à cheval)" . nüba sQwda. 9) Type R aR a o~ . wasaç>. ~~yma. sI~a "femme âgée" . jaj "poules. Il regroupe de s noms issus des anciens fa Ea . süka "épine" . lü~~ .3 dans tous les parlers. 1. é~a .. watè "visage" ~anc . dans les parlers bédouins. dans les mêmes "'ahad) t "un" (anc. Quant à bIr "puits".a "obéissance". E ~a "bâton". il comporte . t:aja "chose". b~Qa "blanche" . j'ara "voiaine". nr~f). 7) Type R vR R a "tour de rôle" ma "chouette" .3 lJIma "tente" . R uR Mais dans les noms qui procèdent d'anciens fawl. tüm "al1 n ~l:a "moulin à bras". "maison" . "". la voyelle demeure -~~ Ce sont des noms de racine IIconcave" qui ont. 8) Type R aR 3 1. était un hamza. qatta "chatte". comme bas "mal" . jIfa "chaf~~a y Procédant d'anciens fÜl. t~qa "confiance H.9w-.3 3 I De même que pour les noms de type R üR . dans les parlers bédouins. caractéristique". Qda. II ~ "op- probre" . 14) 1 2 Type R R a -0. insulte". ils proviennent respectivement d'anciens bi'r. pré- 1- 3 Féminin du précédent saE. _0_0_0 conditions et suivant la même répartition dialectale. bab dar _ _ "porte" ' -----f. dI'b. n9s~ "moitié. nè?wba.. galla "récolte (et 12 ) l~~~t "langue"... L ' ancien bilitère yad "main " est ijyd. . et. wujh). nqba. ~. 9Tb "chacal". tâta' Qum (güm) oo nÇiwm. ~YQa. bIt "demeure. ou un ~t comme kaf "falaise. djaj . ou partiellement réduite C 'est sous ce type qu'on rangera les anciens gement de la voyelle ~ . primitivement.

çb~yya 17) Type R1 R2 i Il regroupe les anciens faEy (fÜEY.- jdi "chevreau". tantôt ma~t. daE. j arya été ramenés à ce type. s uivant le prototype ancien. non R R u. l)olu. d<1nya "bas-monde l l . s~y.ta~ Il ta€.l!yya "pantoufle de cuir souple". 22) Type R1 vR 2 R 3 iyya Féminin du précédent karwlyya "carvi (épice)". et i-adya ou jd1yya "chevrette".wa "demande. type 32) édçwwa "ennemie" sur le type duquel s'aligne souvent l:t19wwa "douce". le fé2 minin sera RI R uwwa (qui pourrait être rangé sous le de~nière radicale R4 est un i. rIl. bardEa l'bâts". fa~mla (fFamla) "gilet (de femme)". Le terme qui désigne "femme" est mra' tantôt m-Fat-'-' en rapport d'annexion. z~. Dans les parlers bédouins dl Algérie et en Tunisi'e. On citera encore dans ce type 18) Type R1 vR 2 ya Féminin du précédent kudya "colline ll . "garçonnet". usuel dans les parlers bédouins.98 "dîner" qui sont confondus avec une voyelle a de longueur indéterminée . mière l l . de prototype faéuww. bagli "mortier". Procédant d'un masculin. 15) Type R!Ru C'est l'héritier des anciens faEw (fUEW . qant. d~y "bruit". s-absi "pipe". "tapi s l l . gra "sorgho". j. piété". 99 "fortuné".. taqwa "crainte. . Notons aussi le pluriel "course" . et selon la nature de 2 1 2 1 2 R . buri "mulet (poisson)".çÇ>. Ils comportent généralement une répartition 2 dans laquelle la voyelle brève sépare RI de R • 2 19) Type R1 vR R3 vR 4 ri s'agit de noms concrets comme b "regard". à côté de l')alwa. Ce type se con- fond avec celui des ethniques (voir plus loin type kursi "chaise". J:lu "doux" mi".J:~ thym" • 20) Type R1 vR 2 R3 R4 a On y joindra n9 w "beau temps (et pluie)". le type est R vR u.. noisette".q "chiot" . fIéw) et fat.sous le type 34). affaire ll . zaë. qnt:. 21) Type R1 vR 2 R3i La 59) talwa "marc de café". on fera donc à son sujet la même observation qu'à propos de RIRu j~di. gn~yya "fortunée" (qui pourrait être classé' . -~b~ .a l'pont". si "chose". au Maroc et dans le Sud tunisien. "femmes". Partout ailleurs 1 2 c'est R R u édu "ennej a. S9 w (su) "mal" • 16) Type R1 vRwa Féminin du précédent 99 W "lu- Féminin du précédent bcmdqa "noisetier. fIEy) et faEiyy. arn'db "lièvre".uww.(rnQ{t-) ailleurs. Provenant ~ d'anciens bilitères. et. sna "année" ont dunya.

ai n si que des noms abstraits dénotant la qualité ou l'exercice d'une profession. jnaza "obsèques". Rare .3 30) Type R R aR a "cadi".3 29) Type R R aR Il comprend des noms abstraits et concrets rmad "cendre" ' lsan "langue" . sayb "grisonnant". mais en soulignant bien que. "papier".Jr "nombreux.~ rsasa "balle de plomb" . zübya "ordures". sourde" comme yaS.2 3 2 6) Type R uR R a Non moins rare Les auest lübya "haricots". fraq "séparation ".-a "sac". zawya "centre de confrérie religieuse". lJ~am "contestation". dwaya "encrier". . èürag "pâtisserie" type 25. ttaf4Jr "sabot (de bête)".. il n'en est que deux qui comptent comme d'authentiques trilitères (comme hakdrn "juge l l type 23. 2 8) "rue (végétal)!! .-- tabla q:. ryajj "pèlerin" qal~b "moule. Il compte surtout des termes étrangers "lieu d ' aisance". comportant ou non correspondance à des noms masculins en usage sahla "facile". à Tlemcen.100 2 3 25) Type R1 üR vR 101 2. enab "raisin" revêt volon- tiers ce schème. concave. jam :~i.. ~ "matin" . C'est le féminin du précédent flana . 1T 2 3 Type R 1R R a eInab (déjà hispanique) au Maroc. rymam "pigeons". 24) -----r=.a "li- Trilitères 1. et divers noms sans masculin correspondant ska. il est concevable de les grouper ensemble . abondant". lünas "nom d'homme". et pour la simplicité de l'exposé.' -. calibre" . yunds. parmi eux. "mosquée cathédrale". noms ou adjectifs sar. sbah -ainsi que quelques collectifs rbam "marbre". ~ "minaret'~ 2 3 2 7) Type R1 IR vR Rare . qabla "sage-femme". tres représentent en fait des quadrilitères dont R 2 . faéal) comme kag~f:. 1 2. hmama "un pigeon". babya "grande jarre". ?!?a~ "plomb". dabba "bête de somme" type 2 4).2 3 1.2 3 Type R aR R a Féminin du précédent.frj~l une voyelle longue (comme batam "bague" type 2 3.)b "lèvre".-"une telle" . fIj3l "rue (végétal)" type 27) • Du point de vue formel.a " couture ll . 1. anciens masdars ~~afa "finesse".des noms variés Canc. défectueuse . qaq~ tre" • 1 2. ture" • . l~t. byaf:.- Rare èürng "pâtisserie". m~tli'a "mètre". dabba "bête de somme" . et d'anciens masdars (du thème dérivé III) qtal "combat". et dans le Nord constantinois . à la suite desquels on citera flarya "agricul- . type qui peut être revêtu par des noms de racine "assimilée.Types à vocalisme long Dans les types à vocalisme long on classera parmi les trilitères tous les types R vR vR .2 3 2 3) Type R aR vR sIsma C 'est le type que revêtent des participes actifs.awla) "table (haute) ".

fm?~) I)bIb l'ami".. sardük "coq". f1. (ka. sardIna "sardine". racine Procéda~ "dé~euse". qa~müda "tuile".-. itIm "orphelin".ç~q:. karmüs ne aux" . e. d'origine tant ancienne que récente sarwal "pantalon". et par des noms .102 103 31) Type Rl R2.~q "chemin".3 a uR Féminin du précédent . kbIr "grandI'. poirier" .:a~ "chauve". il se confond. Il est en particulier revêtu par un grand nombre de substantifs et adjectifs variables de' provenance diverse. srIfa "descendante du Prophète". expressive Il comporte une valeur très qanfüd "hérisson". fluka "barque".~~r "petit". . sauna "chaude "."us "marié". ~a.3 uR Il n'est pas moins représenté que Rl R2 aR 3 9. l}luwwa "douce" ont été examinés sous le Féminin du précédent.. qafn~~ "pieuvre. Procédant de racine "défectueu s e". 34) Type Rl R2 .r. avec les nom s de type R1 R2 i. salgüma "moustache". tw~la "longue".a "chauve".!~~::g!~~::!O:! 35) Type Rl vR 2 R3. . fartüna "fortune (et tempête)".. 33) Type R1 R2 IR 3 Paradigme de noms divers et nombreux 37) ldnja!?a "poire. garjüma "gosier". faf -t. b~qlawa "pâtisserie".. hruf "agneau"."étour- 38) Type Rl vR 2 R3.' "repas du matin".4 uR Il est très abondamment représenté. q'~Fa l'courte". jectifs variables de type R1 R2 IR 3 ~ "doctore ss e". C 'est la forme habituelle du féminin des noms et ad- 39) Type R1 vR 2 R3 IR 4 Il est rare lJ a nzIr "porc". masmas "abricots". type 1 6 . procédant ou n o n de masculin correspondant fê~~a::. stupide". il f o urnit des 40) Type Rl vR 2 R3~ 4 a ~R Egalement rare et comptant souvent des noms d'emprunt barmIla "tonnelet". b~9ma "li tige" .4 a uR Egalement très riche bahlüla "folle". mot s comme nq~yya "propre".17. Type Rl vR 2 R3..:<.- t. bahlül "fou. gn~yya "fortunée" ( voir ci-dessus type 8) . 36) Type Rl vR 2 R3 aR 4 a ~ "encens". qarnüna "artichaut".J. m'ëlnwIla "barre de gouvernail". t:r. kaskas "terrine perforée (pour la c uis s on du cous cous à la vapeur)".4 aR Il est fréquent et compte des noms v ar iés.3 a iR Féminin du précédent bsIsa "bo uillie de farine". jbIn "front". jlIqa "gilet".--- blIs "démon". ftIla "mèche".. encornet". au masculin. 32) Type Rl R2 . J:11Ib "lait". ba rmIl "tonneau". De rares noms de racine "défectueuse" comme ë düwwa "ennemie".üsa "mariée ". "figues".

m~yYdt "mort".) " s ucre" ' . a.. bIdün "bidon". D'autres enfin. . bûmùs "quint" . tère. Que les noms qui le revêtent procède nt de prototypes anciens o u soien t de création ou réfection dialectale. monsieur". zItün "Oliviers". büqala "bocal."menuis ier" .büsün IIbou cho n". a) Rl yR 3 . bakûr "fi- gues .Types à redoublement de la radicale médial e Ils procèdent habituellement de r acine trili- . m~yyta "morte ". .bIbçt (bIb9t) "vanneau".ê)l . On constate que la tendance générale dans les dialectes maghrébins. ----- . bakkay "pl e u reur" .b ülI s " po l ice ". U t l. saluta- tion"..ya~as "à la tâche" . certain s assez récents .a~ üra.d'adjectifs v ar iable s dénotant un e qualité permanente kaQQab "menteur ". küzIna (küjIna) "cuisine l l . sabIl "chemin" . Certains sont d'origine ancienne.fleurs" . !}ammas "ouvrier agricole". 2 2 3 4 2) Type Rl YR R vR primitivement bref . b. falaqa "baston- nade sur la plante des pieds" lùban "parfurlI. barûd "poudre . ~anût "boutique" . 3 . r. petite s~1:ant S~i::ana "dia- Il est rare sakkar (sukkO. et aussi la sé- 2 3 44) Type Rl YR 2 R aR Type intensif par excellence . .'Îl t. diablesse" l 3 4 b) R yR üR (a) "monseigneur .. dInar "pièce de monnaie" .~arif "de scendant du prophète ". . q. h~9ë?. Un bon nombre représente des noms dont le vocalisme Il en est de plusieurs vocalisations . zItun a " oli vier.~ . €.".. müzIka "musique" . s alama " salut .. lajq:.r 104 105 On les clas sera d'après le timbre de la voyelle qui sépare R 3 4 de R .----- . d 'une façon qui va croissante 'd'Es t en Ouest. utûla "ha se " rie des nombres fractionnaires !. t ülü j. ~~~. ce type est ce lui .R 4 (a) - ~alat "prière". Ea ~ëra "fête de Achoura " .~yyqa " étroite" . nombreux. de valeur plus expres sive. type 32) s~yyad '1~yyaq . mais présentent une structure syllabique qui les apparente a u x noms de racine quadrilitère . mais c'est celui que rejoignent les noms et adjec3 l 2 tifs de type R R IR de racine concave (cf .. salam. l yR 3 IR 4 (a) c) R . poterie " . combattt"~f'a "h ache . héJddaê "tral tre" . hachoir". bùqal . farIna "far ine" .'a "peau de mouton " . est de verser des noms de l'héritage ancien à vocalisme bref au compte de types à vocalisme long . ble . .ça " carreau". oli ve". . ils appartiennent alors souvent au vocabulaire de la langue religieuse ou juridique . est allongé par souci de conservation de timbre . On en dis tinguera deux sortes : à vocalisme bref . constituent des emprunts étrangers. hammos "pois-chiche" . lJüms . "étroit l l • 43) Type Rl vR 2 R2 R 3 a Féminin du précédent s~yyda "madame".. de noms de professionnels ou ar ti sans naj ja. namu s IImou stique ". "tier s" . à vocalisme 2 3 long (voye lle longue entre R et R ).

106
caractéristiques

107

sammas "gobeur de soleil, chômeur", qqwwad "en-

tremetteur", hanoay "maçon" 122 et on a vu, à propos des noms verbaux, que R vR R
aR 3 est souvent employé au Maroc avec valeur par-

m<1ssüsa "fade", ballÇ;~a "gland, chêne", qazzûla

IIcanne à gros pommeau", qa~~q~a IIchatte (en Tunisie)".
2 2 48) Type R1 yR R rR 3 Relativement rare sakkln "sabre, coutelas", b9~1:-~1J "melon", qallII (gaIIII) "indigent".

ticipiale

t:ammal "en train de porter", q~yyal "passant son
temps

à"

de noms de choses et d'instruments

<:.i?kkaz "crosse, bâton", kattan "tissu", tannay
"tamis fin" ; de notions diverses, notamment de collectifs

1 2 2~ 3 49) Type R yR R ~ R a
Féminin du précédent q.3ddIda "morceau de viande séchée", zarrI€.a "semence, graine", t9zz~na "douzaine". Il compte un peu partout, notamment au Maghreb oriental, d'anciens fUEEayla , dont la diphtongue a été réduite b.;abbIza "mauve (plante)", é.all~qa "ronce", hottëfa ..... ... "hirondelle".
~

dunlJan

"fumée", taffa'tt "pommes", o"dmmal "four-

_

-

"t

50) Types R1YR2R2ayyR 3 , R1 YR 2 R2 ayR 3 a On les cite ici pour mémoire, car ils seront examinés, au chapitre du Degré du nom, avec les diminutifs (type 12).

4.- Types à préfixe
On distinguera quatre préfixes : a-, m-, a-,

t-.
51) Type aR 1 R2 yR 3 On le verra au chapitre du degré du nom, ce type est celui des élatifs. C'est aussi celui des noms dits de "couleurs et dif-

"porc", b.akküs "bègue"_
1 2 2- 3 47) Type R yR R uR a

formités", au masculin. parlers, articulé ou non.

Le préfixe est, suivant les Dans les parlers du

Féminin du précédent, et en possédant les mêmes

Maghreb oriental et dans les parlers bédouins, il

108

109

s'entend nettement, a oUd
d'intensité.

Dans les autres parlers, il s'est gé-

-

-

t

portant parfois l ' accent

1 2 3 - mvR RRa qui est la forme habituelle des parlers bédouins en général et des parlers de Tunisie, et de nombre de parlers citadins d'Algérie mad.;-sa "école", maqbfa "cimetière" avec parfois une voyelle furtive entre RI et R2 ou 3 2 2 entre R et R suivant la nature phonétique de R et R
3

néralement amui, mais i l y est généralement audible lorsque le nom est pourvu de l'article défini
(,,)bya:~.

1- abyâ~ "le blanc",

l - ~amm "le sourd" . Le féminin de ces noms dits "de couleurs et diffor 1 2 3 mités" est de type R vR R a (ane. fatla ), voir ci-

---

l - -.,.ema "l'aveugle",

;

mR vR R a

1

2 3

t

qui prévaut au Maroc , dans l' Ouest oramda~sa,

nais et dans l e Nord constantinois:

dessus type 4. l 2 3 52) Type mvR R vR

mq'3bra ; 1 1 2 3 1 - mvR R vR R a , comportant le redoublement de R , qui réalise la fermeture de la syllabe dont le centre est la voyelle du préfixe (celle qui sépare la formative m de RI) : c'est la forme qui prévaut dans nombre de parlers citadi n s et de parlers bédouins des plaines et des hauts plateaux algériens :
mdddd~sa , maqq ab ~a.

Il fournit tout à la fois

des noms de temps mowlad, mülad "anniversaire de la naissance du
,

Prophète", m?ws-am, musam "fête périodique (reli gieuse ou non)" - des noms de lieu
ml)~~èb "lieu", rtt'39rab "occident",

---

ffi!=,al; " parc"

La répartition dialectale de ces trois variantes recouvre à peu de choses près , et avec les mêmes réserves , celle du verbe triconsonantique du thème fondamental dans yaktbu, ik<Jtbu, yJkkatbu "ils écrivent".
1 2- 3 54) Type mvR R aR (a)

m" -:ç:;;a "port" ; a
- des noms d'instruments
manjel "faucille",

m a,;-wal; "éventail",

.mqa~ ~ "ci-

seaux", maqla "poêle à frire" ; - quelques noms verbaux mlam "blâme", m-!='91} u-mji "allée et venue", mcJbda "commencement ll • 1 2 3 53) Type mvR RRa Féminin du précédent, il n'est pas moins en usage pour les mêmes catégories de noms môl)kma "tribunal du cadi", marft:.a "étagère", mlyabba "affection", mt.~sa "vie, moyen de vie" , Lorsqu 'il procède d'un radical triconsonantique 2 3 (C l C C ), il se présente suivant les parlers sous un triple aspect syllabique mgal1,
m~alla

Il comporte une voyelle longue a entre R C 'est tout à la fois un schème - de noms d'instruments

2

3 et R •

milftal;1 "clé", m9IJtaf "gr appin , ancre" , mIzan j'balance", mraya "mi roir" ; - d'adjectifs intensifs, variables, dénotant une qualité permanente ou passagère
makras( ~)

-'- -

"grand chapeau parasol" .

"glouton(ne)", m az yan(~)

"beau (belle),

bon(ne)" , m::)skak(a) "soupçonneux, soupçonneuse". 55) Type mvR l R2- 3 (a) uR Il compte nombre de participes passifs, devenus

»
111

110

adjectifs o u s ubstan tifs variables

Le schème berbère ou berbérisé est volontiers com"frappé(e)
t

maj;çt:t(~)
d' espri tl!

IIb!essé(e)lI, mat!bÇ~(a )

débile

plété par la finale -t, également morphème berbère tinasndst "pellicule", taflIl3 s t, tifirall-ast "hirondelle". Ce type..!:.. -~ sert à fo rmer des noms abstraits for tement expressifs (avec valeur souvent péjorative), dénotant une qualité physique ou morale takabbürt "orgueil" (racine arabe kbrt, crétion" (racine arabe kIf), dans nombre de parlers d'Algérie et du Maroc.
Au

et aussi des substantifs qui ne varient pas en genre

md~Füf "dépense", rn-aktûm "poche" t rndn09:ra "narine", ma1;.m9;, ou m~tmq.ç'a " silo ", mohftyya "assiette,
.~

terrine".

taklübIt

56) Type mvR l R2T 3 ( a ) 1R
I l est rare

"méchanceté" (racine arâbe klb), taklüfIt "indis-

maskln (a) "pauvre, pauvresse", m"ndIl "foulard de

tête, serviette" .
57) Type
~ +

Maroc notamment, ainsi qu'en Oranie , tout particulièrement sous la forme ta t -- <-Iyat) , le type --connaît une prolifération remarquable dans une série de noms désignant l'action, la profession , le trait caractéristique tasarraja t rie". "sellerie", ta~'dbbanat " savonnage ", tawakkal.at "gloutonnerie", !aQfaymIy-:at "coquine-

radical

Ce n'est que dans des noms d'origine berbère ou des noms berbérisés que se trouve le préfixe a -, qui est un morphème berbère. On ne relèvera donc des noms de ce type que dans des parlers où s'avère influ~nt le substrat berbère, o u le bilinguisme arabo -berbère, soit au Maroc, dans le Nord-ouest oranais (Tlemcen, Nedroma), dans le Nord algérois (Cherchell, Dellys) et dans le Nord constantinois (Dji djelli, Collo)

5 .- Types à s uffixe
On distinguera plusieurs sortes de types à suffixe - les adjectifs en-an, fém. -ana, - les nisbas ou adjectifs relatifs en -I, fém. -iyya, les adjectifs relatifs en -ani, fém. -aniyya, - les adjectifs relatifs en -ji, les noms en

agrüm IIpain",

aman "eau", aqtot "chat", agdnjr:,.
~

"cuiller à pot".

58) Type S. + radical
On en distinguera deux sortes _ le préfixe t-, formative arabe, qui sert à former des n oms d'action de thèmes dérivés examinés au chapitre des noms verbaux _ le préfixe ~ formative berbère. On le trouve dans les mêmes conditions et dans les mêmes parlers que le préfixe ~ du type précédent : tagqrfa, __ .. II tayarfa "corbeau", të:llgçnja IIcuiller à o n les a

-3s,
+

- les noms en -dn.

59) Type Rl vR 2 R3

an(a)

Il sert à former nombre d'adjectifs intensifs dénotant une qualité, physique ou morale, passagère ou occasionnelle, non un trait de nature

ll2

ll3

farhan(a)

"contentee)", h.)sman(~) "timide, hon"fatiguéCe)", jIe.an( _~) "af-

bcmctIr, .bnadar, bnadri IIfabricant (ou joueur) de tambourin" tamis". Logique dans le cas des quadrilitères, la formation le devient moins dans le cas des trilitères qui ne connaissent pas nécessairement une forme de pluriel brisé dans un emploi autonome
t:I~~;-a, t:~aY-F, Q~ayft'~ "fabricant de nattes"
g~rbal,

teux (honteuse)", ~:dryan(~) "ou Ce)", malyan(~) "plein(e)", .Eayyan(~)

grabal, grabli "fabricant de

famé(e)", auquel on joindra le terme d'emprunt,
fréquent en Algérie, fanyan(a) "fainéantCe)".

60) Type Radical + i(yya) Le suffixe -i, au féminin -iyya, appelé nisba, est en propre celui de
--

--l'ethnique.

Il indique donc au

premier chef l'origine (raciale, géographique, sociale, tribale etc.), tiré d'un nom propre "originaire" de Fba:~ "Rabat", rbate ; de wahran "Oran", wahrani ; de tünas "Tunis", tünsi ; de
~;-abl'Js "Tripoli",

djayji "marchand de poulês" ; coquin" •

Q.sIs, t:Œaysi "fu-

meur de hachich" ; t:.;-am, Q;-aymi "mauvais sujet, Cette formation est très abondamment représentée, surtout dans les parlers de l'Ouest maghrébin. , 'à des num é raux de scheme R R2 - 3 , la finale , 1 aR Suff~xe -i forme des adjectifs relatifs désignant un objet composé d'éléments dénombrés ou l'âge d'un animal (d'après sa dentition)
rbat..~ "composé de quatre éléments" ou "cheval de

- --

'---'-'

trab'alsi ; des Oulad Daoud

d awdi

Puis par extension, suivant un processus fort ancie~ il sert à former des adjectifs relatifs à une caractéristique :
de ~, a!lli "originaire du pays" ; de ~, .bal;l.çe "marin, maritime" ; de jbal, jabli "montueux, montagnard" ; de blad, b<ildi " citadin" ; de hdar, - -- - - ~ l:ag1it; "sédentaire, citadin , citadinisé". Il indique notamment la matière dont une chose est faite, la couleur qui lui est propre de .zIt, zIti "huileux, couleur huile l l couleur cendre l l
;

quatre ans", sdasi "composé de six éléments" ou "cheval (chameau) de cinq à six ans". On notera enfin que, suffixée à un nom à finale -a, la finale est -wi, non -i "originaire de Salé" s la, slawi ; "couleur bleu ciel H sma , smawi ; fransa, ~;ansawi "français".
-.!. -- -

de wa:ç"d,

wa.:ç"di "rosen; de rmad, rmadi t'de consistance , de
;

de bga.r, b;)gri IIviande de boeuf".

61) Type Radical + ani(yya) -Formé du morphème -an pourvu du suffixe -i, -ani

Il en vient parfois à constituer une manière de singulatif du nom collectif dont il procède de ihüd, ihüdi "juif et un juif", de éaskar ,
~askri

(yya) constitue un suffixe complexe, qui sert à créer des noms et adjectifs variables d'un emploi panmaghrébin 9wwal, 9wwlani (ülani) "premier" ; tâl)t, tat:tani "inférieur,qui est en dessous" ; sayb, sIbani "vieux, grisonnant"; n~âfa, na:j>;-ani "chrétien", qui vaut également comme singulatif "un chrétien".

"militaire, un soldat".

Il connait un développement extraordinaire dans la formation des noms d'artisans et de professsionnels. La suffixation s'opère sur le radical d'un pluriel brisé

Ainsi Beaucoup sont d'origine étrangère.::l::: ==-="" Duel "un tout petit peu".. t9mat<. NOMBRE DU NOM noms d ' artisans. .en. L ' étude de ces les dialectes. excepté pour les noms de mesure qui ont le suf- . mais moins général .In (de cl. c ' est . dans des parlers montagnards d'Algérie (Djidjelli).lsk~nj bIr "gingembre".In dans le Nord et les Hauts plateaux . sous la forme .. avec valeur diminutive. ~ ~at~so - T V "tomates" . le duel et le pluriel . zrüdJ:yya . autant qU ' il Les parlers tunisiens de même . ble dans les parlers citadins et ruraux que pour certai On distinguera donc deux aires L'indice en est le suffixe .~nr relève de la lexicographie .. 114 115 62) Type Radical + ji(yya) Le suffixe -ji. et dans les mêmes parlers f '. fr11]. ~t l)alwaji "mar- Il forme des c. on entend égale - -" - ment -In. en usage en Tunisie. est turc. ~. IJIzZ9 "carottes". sous la forme_~n. sfènnar~yya. Annexe Les noms considérés comme inclassables sont ceux qui sortent des normes et qui ne sont généralement pas susceptibles d'être même apparentés à des schèmes identifiables . sous la forme . 1..dnüs "persil". fr~yyaD. semble ._ayni) . c'est . Au Maroc .~yn "cédrat". s 'J bralla "souliers de femme m . L ' inventaire des thèmes nominaux du singuRestent le duel lier a été dressé au chapitre précédent. noms~qui Tous les parlers de Libye l'emploient . . to.il qU'inégaIl n ' e5t possi - 64) Type Radical + an Très rare aussi. dans ceux qui la réduisent partiellement .n "un petiot" . d ' Oranie (Nédroma) et du Maroc !. Dans les parlers bédouins . trqnj Dans les dialectes qui ont conservé la diphtongue. en Algérie qahwa.. sw~yy. qahwaji "cafetier" chand de bonbons" . subsiste que dans les noms. - burdgan "orange Il . en régression. '~ .w~yya . en arabe maghrébin.eyn dans les steppes -" - et les régions sahariennes . nes catégories de noms . Les parlers bédouins d ' Algérie en font un usage étendu .. en Libye et Il Y a trois nombres : le singulier.. maé. Le "..variable . lement en usage . l1 verbale et de la flexion pronominale . 63) Type Radical + dS Il n ' apparait que dans quelques mots. arb.. sous la forme -ën . et le pluriel. Il apparalt.?m..aS 1 .. Il est courant pour toutes les catégo- ries de noms dans les parlers bédouins.. flexipn Il a complètement disparu de la Il ne Encore n'y est. d ' emploi. sont nombreux et divers selon dans tout le vocabulaire des noms . parfois résiduel .

rajlIha. père-mère . waldin "parents l l • Pour les noms de mesure . "deux livres". pour en assurer la conservation~ Par- tout ailleurs. -ayni ) . et le nom du couple père-mè re. plus rarement sous la forme -a. la forme du duel sert alors volontiers de pluriel (encore que certains puissent parfois avoir en outre une forme de pluriel brisé) . au Maroc et.. ) "tes. vos. il lui est substitué le pluriel précédé du numéral "deux". dans le reste de l'Algérie citadine et rurale et en Tunisie. parents" . sabrayn~rln "deux empans". l'indice est Maghreb : ex. waldëh etc. waldIh (wald~k.) l'tes. ses etc . ailleurs -1yya : râjlayya. alfayn. ayn (avec allongement du premier élément a: de la diphtongue. rajllyya "mes "mes parents" . les noms de mesure. . l'indice est -ay3n. f-atlayn. 2. selon les parlers . yÜmIn "deux jours ".. Dans les grandes lignes. r"tlIn . en Algérie.(Nord de Tlem: rajlIk. alfIn "deux mille". notamment). nos. rajl1h . L 'indice du duel perd alors son -n final et se présente . dans les parlers où il donne ne masculin que l'usage général du duel va se réduisant d'Est en Ou- pied~ waldayya . L'usage du duel est limité aux noms exprimant des notions envisagées comme éléments d'une paire. Dans les parlers citadins et ruraux.r ajlIhum (rajl~k .fna' : aux noms qui peuvent -In le comporter (des parties doubles du corps. caractéristique du duel. ses. leurs pieds" . a) Les noms des parties doubles du corps et du couple père -mère sont fréquemment utilisés dans un rapport d'appartenance marqué par le suffixe personnel. se confond avec l'indice du pluriel exter- Pour les nomS des parties doubles du corps.. sous la forme -1-. yÜmayn.-- 116 fixe -ayant -ayn. c) L'indice du duel. wa ldIk.. l'indice est -In: ex. -In (de cl.. waldYYYa est. dans la région de Tlemcen et la région de Djidjelli (Nord constantinois) . Ainsi les noms des parties doubles du corps. rajl~h etc . le nom du couple -In (de cl . dans tout le wuqnIn "deux oreilles" . ou sous la forme -~- . on constate 117 la première personne donne -ayya . cen) . Remarques sur l'usage du duel . Dans nombre de parlers bédouins le suffixe de .. rajllkum. rajlIna.. b) Là où le duel n'est pas en usage pour toutes les catégories de noms.

m:ajrohIn. Les noms des souks et rues . lorsqU'ilS sont substantivés.. jabli "montagneux" pl.des adjectifs quadrilitères de forme Rl vR R aR marmad "couvert de suie. '. ~~yyafrn. au singulier. jablJ::yyIn. lI Le procédé consiste à adjoindre au nom.lluwwIn. shunTn. haYY"vi- vant" pl. masyIn. ou la finale _~! Cepe ndant. les s'inguliers de ce type . saient le pluriel en . f"drl. farl'}anIn.dIn. mk-arkab "roulé" pl. tous les diminutifs d'adjectifs rq~yyaq "assez.In . et la formation du pluriel par modification du thème du singulier. twansa". najja. tünslyyIn. h~yyIn. najjaç "menuisier" pl.des adjectifs de forme R vR R an farhan "joyeux" pl. épicé" pl. masi "allant" pl. On distinguera la formation du pluriel par adjonction d'un suffixe au thème du singulier: c'est le pluriel externe ou "sain" . ~9~w9. avec cette réserve que ces ethniques. traditionnellement. ~~yyafa. bayt. ~ "chaud" pl. mkarkbln~ des adjectifs intensifs de forme Rl vR 2 R2 aR 3 ~~yyaf "qui passe l'été" pl. dans tous les parlers de l'Afrique du Nord. m~jrol) "ble ssé" pl. rya. J:a.. bay3c.r:- waqfIn.3 4 Ailleurs au Maghreb. marmadln 1 I 3 des adjectifs de forme R RIR qui admettent. marr "amer" pl . 1 2.de tous les participes ayant valeur verbale (zrn) "beau " pl. rq~yyqIn. mqaddmIn.118 119 marchandes en sont le témoignage.lan!n... ="-'=~. pl .3 (R waR R al 1 . kbIbrIn. "chaud. 1.ad Ilassis" pl.ç "pe- tiot" pl. nqeyyIn. ou la finale -at. "vendant" pl. -In.-:r ma. recourent habituellement au pluriel brisé de type R R aR a jbala. au Maroc seulement semble-t-il. lorsqu'ils sont de racine "concave" ou "défectueuse". dans tout l e Maghreb. mwalaf "habitué" pl . forme qu'il convient de distinguer. 2 3 4 . ~ "doux" pl.Pluriel externe (ou "sain") à l ' exception de ceux qui font souvent le pluriel 1 2 3 R R aR a. --. recourent au pluriel en -In : l~yyan "doux" pl.. l~yynIn. z~yynIn (zInrn).::lr "grandelet . au Maroc. wâg<lf "étant debout" pl. les noms d'artisans et de professionnels du schème Rl vR 2 R2 aR 3 fai- très fin" pl .-In. ce pluriel. alors qU'ailleurs. et éventuellement adjonction de suffixe : c'est le pluriel interne ou "brisé".In.-a. mwalfIn.:-. l.~yyaf "estivant" pl. des adjectifs de formes diverses comme gaE. lsanat. "dirigeant" pl. ~9~wF~n. tunsi "tunisien" pl.rn. nq~ "propre" pl . précieux" pl. lsan "langue" pl. 2 3 l . de la nisba. ils ont 1 2_ 3 le pluriel R R aR rfIE.le pluriel . a) ~~_~~!!!~~_~~~_=!~ Il forme. gae. souillé" pl. la finale comme dans excellent. kbIb. des adjectifs à finale -~. mqdddam .-In. de la forme à finale -~qui a valeur de substantif ::. rfIt. z~yyan farryan "content" pl.

une partie" pl..llautre" pl. se rattache au thème par w -wat.-Fb!yya (tf":Jbya) J . kagba't. t . mE. ulIdat. des pronoms indéfinis wal). qhIwa "petit café" pl. ou de qua drilitères . jabllyyat. des fonctions proprement féminines . ~ "troisième" pl. tbahdIlat. un certain" pl.à certaines formes de participes substantivés. .à des pronoms indéfinis de genre féminin. wât.aux diminutif s de noms uléyy~d taltIn.biyyat (t. tIIIfûn "téléphone" tegkIra "souvenir" pl. ~ (9b~atJ: comme b) Le suffixe est -a~ -----------------Il est adjoint ISdn "langue" pl. qhiwat. ta:r. jwabat. noms d'une fois et noms d'unité.(t1ât.çdbyat). qui revêt le plus souvent la forme 9~.~ "certain. réponse" pl. .~n.120 numéraux ordinaux ~ "premier" pl. ba~q~n et aussi ahor. tI1Ifünat. b. algéroise" pl. éducatrice" pl.de nombre de noms singuliers de type RRa sma II vac he" pl.. II La finale -at. ~ülü~In. waJ:ldat. Ainsi en est-il l 2.à des noms de parenté comme baba "papa.-awât. --tdl~) (uIId) "peti t enfant" pl. lorsqu'ils désignent expressément des personnes du sexe féminin jdbl!yya "montagnarde" pl.dIn. jwab "lettre. ummahat.à la plupart des noms d'origine étrangère .à nombre de noms verbaux de thèmes dérivés. 9rIrwat "petits enfants ". . tagkIrat. 121 . pl. hwatat "soeurs".aux singulatifs.--tb~hdIla "moque Remarque fabrIka "fabrique" pl. en général k. yammat. . .aux adjectifs à finale -1yya. ~ arrra (~) "au- tre" pl. numéraux fractionnaires.-bat. mèrel! pl. . de 2rari. comme ~ "une. mdabza "querelle" pl. â~7~n.. qfawat. -~-~. + noms de choses comptées).c3. umm "maman. c iel" pl. de la plupart des noms d'origine étrangère comme et presque automatiquement lorsque ces singulatifs sont consécutifs à des numéraux cardinaux (trois. bat. srIw. _ hç-a de mf"a "fem- "excrément" pl. cinq etc. yamma. ~lât:. qfa "nuque" pl.In "trente". --. srIwlat .) numéraux cardinaux (noms de dizaines) ~la1:a --.fba "bataille. babat. rie" pl.agba "mensonge" pl. d:tayrlyyat. dzayr'lyya "algérienne. consécutive à des noms se terminant par une voyelle longue.11ma "ma. owwlIn.. ~ülü~. moi~ûl~ "tiers" "trois ll pl.ttresse. . . rixe" pl."i1 --"petit pantalon" pl. lsanat. et parfois de ~ "frères~ P l.allmât~ - . quand ils caractérisent des actions. de la nisba. quatre. . fabrIkat. On a même relevé en Algérie et au Maroc me" le pl.dd "un. !}.. ma~qa. père" pl. excepté pour "demi.éducation" pl. ~ultIn. smawat . certaine" pl. mfawat. pl.aqra b~qrat. m-a~qa. mé. mdabzat.

. bramli "tonnelier" pl. sallüm "échelle" pl. b. ~Iaylryya. avec une voyelle -1.!. 2 3 4 2 4 RI R aR R i. b~rmIl "tonneau". A ces noms de racine quadrilitère doivent être joints ceux qui sont de racine trilitère. A ces noms de racine quadrilitère doivent être joints ceux qui sont de racine trilitère. slal~m.al "anneau de pied". =.!sî:yya. mais qui. le pluriel interne se présente de façon assez simple et constante. b:. mdarsa "école. l 2. mdar-=3s. mais qui c o mportent un préfixe formatif : ils sont de même schème syllabique m'djlas "assemblée. rejoignant le schème quadrilitère. b~l)f'~yya. c) Le suffixe est -a basawat. b. réunion!! pl. Rl R aR vR .-.. fnadaq. ~bâb3t. caravansérail" pl. !?am~a~a~ . on aura les pluriels: pour les parlers citadins hlaha l. . t:ab::Jlsi IItripolitaln" pl.3 4 2) Type R R aR vR ou riel quadrilitère "brisé" pourvu de la finale -. h~çnë~ "burnous ll . mad-Ç'sa. médersa Tl pl. D'un nom singulier à v ocalisme bref--de type Rl vR 2 R3 vR 4 (ou RlvR2R3R4~ . sakkln "sabre" pl. slallm. Pour les .ç-ab. RI R ayR i. ~rüwatt nIrnru (~) "numéro" pl. . qahwaji "cafetier" pl.-. Ce type procède de l'ancien fa~â~11. tbarnaj{yya. et il n'y a pas de correspondance constante entre tel type de nom singulier et tel type de pluriel. bramllyya. 9~è~E!!!~~E~~ Le principe de la formation réside dans 1'1n- ----------------- 3 sertion d'une voyelle -a.-= • .::c=. substantivés quadrilitère R l)-ammal "porteur" pl. qantra "pont" pl. à des noms de schème intensif trilitère R1 vR R 1 VR 2 R3a:R 4 .:. -?bâb~t.à des noms de professionnels revêtant le schème de plu- f .entre R2 et R. . Rl R âR IR . skakan. brâm~l . nIrnrüwat (:.J ~. blru "bureau" pl. aR le pluriel sera de 2 4 1 ) Type RI R âR 3 vR bannâya. . de type RI VR R VR .Pluriel interne (ou "brisé") Pour les noms quadrilitères.ümrowat). De t.dans les parlers citadins et ruraux.) dlt. tbarnaji "restaurateur" pl. hachich" pl. on traitera d'abord des pluriels de quadrl1itères...-an.. .:: ndùq "fondouk. le pluriel sera 2 . qnitar. Pour la simplicité de l'exposé.:.-an~~ . Il s'applique 2 2 3 .en4 2 3 4 tre R3 et R . image de l'ancien faeaEll.-. qahwajlyya. "soulier" pl. Q-lmmala. ~am~a~ "courtier" pl. noms trilitères.nnay "maçon" pl. bramll.pour les parler s bédouins l)lal)II.. comportent soit un redoublement de la radicale médiale ::'Gbbat. il en va autrement : les types de pluriel sont nombreux et variés. hsaysi "fumeur de Partant d'un nom singulier comportant une vo yelle lon3 2 3 4 4 gue entre R et R . semblable au 2 3 4 type précédent. mjalas..à des ethni ques également s ubstantivés bat:~~ "marin" pl.dans les parlers bédouin s .. t.122 123 hasa "pacha" pl.

après R . . Il fournit partout au Maghreb 4 riera entre les deux types Rl waR 3 vR 4 et R1 waR 3I R. ~watën. cmamsa. twansa. trilitères. l'une - sien" pl.:['ancien faEaê!la~ 5) Type R R awvR C'est le pluriel de noms singuliers où R3 est un 1 2 4 type R vR wvR. et 4 est le pluriel des parlers citadins. qdadsa.3 de noms tri1it è res de type R R uR qsüS' "vieux vêtement" pl. ~?mE. 1 24 pl. mwazan.4( a). kwag". mIzan "balance" pl. ce type comporte en outre la finale -a. srawal (srawl). une voyelle longue sépare R3 de R4 . et où. le plur1el.3 4 : 3 R1 waR vR 4 kag. "papier. de On le trouve aussi dans certains dialectes (constantinois par exemple) comme pluriel de noms singuliers de 2 2 l 3 la forme intensive R vR R aR Ca) comme trammas "ouvrier quintenier" pl. Rl waR 3 i. Daoud" semblant plus fréquente dans les parlers bédouins. Il y a souvent hésitation.}t.31. twajdn. un w se dégage en R . sui. mwazIn. d '~rwIs "pauvre. msarIf.. m~grbi (mgarbi) "maghrébin" pl. Ce type est l'héritier d. au Maroc et dans le Nord algérois et constantinois exclusivement semble-t-il. ayant même aspect syllabique que les quadri1itères. R1 waR 3 a. Ils correspondent généralement à des singuliers On les examinera plus loin. 4) Type R1 waR 3 vR 4 ou R1 waR 3. 4 l. va- 7) Type R1 R2. ~wat-:Jn. ascète" pl.. Partant d'un nom triconsonantique qui comporte une voyelle longue entre R entre R 1 et R .3. 6) Type R1 R2awvR 4 ou R1 R1 awIR 4 msaraf. sont de schème quaR drilitère.a~.4 1 2- lers bédouins : s :. .. ~. l:twan-at. q-addasa "servante ll pl. lorsque c'est un l pare R qui sé- un pluriel à des ethniques d'aspect syllabique quadrilitère. mzawad (mzawd). srawIl.124 125 skakIn.R Les types de pluriels R1 R2ayvR 4 R1 wayvR 4 • 1 R2 aR 3 i. 3) Type R1 waR 3vR 4 1 Partant d'un nom triconsonantique qui. mgarba. ~wamaE. 'Çwajln. Hassan" pl. et une voyelle longue 3 3 et R4 t de type R1. rysasna.3 R4 a aR De même schème que les précédents. On le trouve. carte" pl.Jzwad "sac à provisions" pl . et aussi à des noms quadrilitères comme talmIg ttétudiant" pl. l'autre R1 R2. drawas (~raws). tünsi "tuni- 1 et R3 .rwal "pantalon" pl. dwawda .-üf "dépense" pl. R1 R2 aR 3 a. de plus.. entre R1 waR 3 vR 4 et R1 yaR 3 vR 4 . ~ "Satan.. Remarque le pluriel constitue une variété du type R R aR vR - 1 2. m. ryassani "de la tribu des O. "t:ajIn "poêlon" pl.3 4 1 3 4 2 type R vR vR (ou R vR R a). de 1.. ljwanIt.a "minaret" pl. drawIs. diable" pl . qsawas (q~aws) . la seconde dominant dans les parlers citadins et ruraux: syatOlo.:. 3 Il procède également de noms singuliers où R est un ~. tlamga. soit un préfixe formatif m. dawdi "de la tribu des O. vR vR vant qU'il s'agit de parlers citadins ou bédouins. correspond~nt aux anciens fawalll et fawa~Il t)anüt "boutique" pl . comme pluriel 1 2. com2 porte une voyelle longue (jouant le rôle de R ).~ 4 celu i des paraw~R donc de type R vR wvR L'un R R awvR 1 2 .

émadda.. prononcé avec voyelle demi-longue. 9f"SSbba. "af~llâ". et pour les "noms de cou(a)~. avec voyelle longue u et fi- nale -at. on le trouve. C'est de ce dernier que procède le panmaghrébin qarya "village" pl. ~yot "mort" pl . ktab "livre u pl.-bIb "médecin" pl. ~. ql~l. ce type revêt.126 127 Ce type dialectal regroupe en somme les héritiers des On traitera successivement des types de pluriels à vocalisme bref. f\lcSal. qui sont rares . mè?. faE. ~ en rapport d'annexion. 2) Type Rl R2 vR 3 La voyelle brève est de timbre u. 4) Type Rl R2 iyya Propre aux noms de racine "défectueuse". de l'ancien fUf. humr.la. · ~ta. ce type se présente avec une initiale vocalique qui peut. On le trouve aussi en Tripolitaine pour les "noms de difformités". qui procède d'un ancien fÜélat. ne pas être articulée : nbi "prophète" pl.. fut. qui représente un ancien f1élat .:'.çga. !}Y. et cependant davantage. tf'~q "chemin" pl. dans tout le Maghreb.JS. R1 R2 uR 3 Variante du précédent. ?Q. puis avec anciens fUél. ~~bba.ul. ~. Dans certains parlers sahariens d'Algérie. ktub . uli "saint. >afe. Le type n'est pas fréquent. qUlla IIcruche" pl. Il représente l'héritage d'un ancien ~af~ryya·. térqa . lJIsa "vieux sac" pl. ruraux et bédouins.ç "rouge" pl . dans les parlers bédouins. ~ af~il~~ constituent les prototypes de ce type dialectal. fréal. C'est aussi le pluriel. de vocables divers comme shar "mois" pl. c'est également le pluriel des "noms de couleurs et difformités" habituel dans les parlers bédouins du Sahara central et oriental. ~. ~â~~ "cadi" pl.a "serviette" pl. et dans les parlers tunisiens et libyens leurs" en Tripolitaine (~)hmaf "rouge" pl. dans les parlers du M aghreb oriental : 1) Type Rl vR 2 R3 La voyelle brève est de timbre ~t 2 3 R1 uR R • Ce plu- riel. Les anciens faEla t. qÜra . (a)t~as "sourd" pl.wa (lJwa) . a) Pluriels à vocalisme bref 123 3) Type R v RRa La voyelle radicale est de timbre indéfini. On parlera enfin de quelques formes à préfixe. ernüd "pilier" pl .as "sourd" pl. tors . dan~ ~es tros. mais il est partout représenté. pour quelques lier ' : mots~un rrtç:'~g "malade" pl. (~)l}ma. Avec une voyelle de timbre indéfini (qui peut être teinté par le consonantisme environnant>. grab.ul. comme pluriel de singuliers comportant la finale ~~ (singulatifs ou non) garba "outre" pl. ~ aspect syllabique particu- 9f"ab "corbeau" pl. rym9. longue ou redoublement de la radicale médiale. On peut ranger à la suite !}u "frère" pl. rie.puis à suffixe. f91. q9~at. est celui des lino ms de couleurs et difformités" en usage dans l'ouest de l'Algé- i. . suivant les dialectes.l. 9wl1yya (ülryya). puis à vocalisme long. (a)nb!yya. habit~el en Tunisie. santon" pl. semble-t-il. parlers citadins.

128
b) Pluriels à vocalisme long

129
l 2 alors la forme R R r

3 1 2 5) Type R R a:R Une voyelle longue Il correspond à - des substantifs singuliers à vocalisme bref
k.:Hb "chien" pl. kl;b, warqa "feuille" pl . owrag
(ur~q) ,

~2IR3.
C'est un plu"zaouya" !

~sa

"bâton"

pl .. ~se, rejoignant ainsi le type

-~

C'est à ce type qu'on rattachera zwi pl .. de zawya

riel extrêmement fréquent, en usage partout au Maghreb.

à des substantifs de types variés
éad:al "témoin" pl .. cdül, sfIna "bateau" pl .. sfün .. Dans le Maghreb occidental, il a généralement éliI 2 3 miné le pluriel R R uR q~e revêtent ailleurs des vocables divers
~ha;- "moisI! pl. ~hü.r;,

bIr "puits" pl. byar, yÜm "jour" pl.

eyyam.
---, "

- des adjectifs

ktab "livre" pl. ktüb.

Il en est le pluriel habituel, encore qu'au Maroc il puisse en être autrement : kbIr "grand, âgé" pl . ~ , ~wrl "long" pl. - des substantifs et adjectifs de types variés

Il se trouve ainsi l'héritier constant de l'ancien fut.ül, et occasionnel des anciens

fUE..ûI,

'aft..u l.

Signalons aussi que dans les dialectes bédouins d'Oranie" ce type de pluriel est volontiers celui de parti cipes actifs comme
sik~t "silencieux"

:çajal "homme" pl. rjal, ~ary.~b "ami" pl. :;;l)ab.
Il représente les anciens

f!Lal

et

~af~â l,

dans un as-

pl. sküt.

pect dialectal où ils- se trouvent confondus.

Toute-

7) Type R l R2 uR 3 a
2 3 Une voyelle longue u sépare R de R •

fois la présence de l'article défini peut souvent faire apparaître l'initiale vocalique des pluriels hérités de ) afe. al lün "couleur, espèce" pl .. lwan, mais l-alwan, à côté de l-lwan ..

Le type comDivers voca-

porte la finale -a..

I l est moins fréquent que le pré-

cédent, mais il est partout représenté. lier des noms d'animaux
l")ans (rynJ s)

bles singuliers peuvent y rec ourir, mais en particu-

6) Type Rl R2- 3 uR
2 3 Une voyelle longue u sépare R de R .. quent aussi et panmaghrébin. ne" qba;- "tombeau" pl .. qbür, battf (bt;lâ;-) "mer" pl .. bhür.
~,

,. serpent"

pl. ttnüsa, qIb "chacal Il pl.
~t

Pluriel fré-

Il correspond soit

__ Ce type a le pluriel ancien futula
8) Type R1 R2 IR 3 Une voyelle longue

c:!yUba.

comme prototype.

- à des substantifs à vocalisme bref, de racine lIsai-

l

sépare R

2

de R3•

Partout présent

au Maghreb , c'est un pluriel rare Eabd "nègre, esclave" pl. f:.bId, mETz • Il reporte à l'ancien fa~Il. 9) Type R1 üR 2 vR 3 Une voyelle longue u sépare RI de R2 • Ce type est

- à des substantifs de racine "sourde" ou "concave"
.lJ.add lIjoue, pommette" pl. IJdüd, bIt "pièce, demeure" pl. byÜt ..
~

mae:.za "chèvre" pl.

- à des substantifs de racine "défectueuse".

Il revêt

130
habituel, comme pluriel des noms de "couleurs et difformités" dans les parlers du Maroc, de l'Ouest ora-

131
l;laja "chose, affaire" pl. rywayaj "odeur, parfum" pl.
(~wayj), ~

(;-wayl;l), fayda "utilité n

nais (Tlemcen), du Nord constantinois (Djidjelli) et parfois du Nord algérois (Cherchell, Dellys) (~)t)ma.Ç' "rouge" pl . t:9mQ~, (~)~fa.r "jaune" pl. ~­
(~)é.ma "aveugle"

pl. fwayad (fwayd).

1 2- 3 14) Type R R aR i
Lui aussi évoque un pluriel quadrilitère. Il s'applique à des noms de racine "défectueuse" comme saqqaya "fontaine" pl . sqaq~ , s!arri_(yya) "enfant, postérité ll pl. grari, maf.nêl: IIsens, signification" pl . mtani, marsa "port" pl. mrase. - - - - - "-'-~ Mais il fournit souvent un pluriel à des singuliers 2 3 l de racine "saine" de type R vR R a. Il connait alors

f9.ç:' -- ,

(a)byacJ "blanc" pl. b9Yd2,
--~ ~

pl. éomi.

C'est l'ancien fUEl, dont la voyelle u a été allongée pour que le timbre caractéristique en soit conservé .

.

l 2 3 10) Type R uR aR a
Calque de l'ancien

fUéala',

avec conservation, par

allongement , des voyelles brèves, ce pluriel est en usage dans le langage des semi -le ttrés , et même du vulgaire, pour des noms comme fqlr "pauvre" pl. fuqara, hiIfa "calife" pl . h li l a.... ---fa.

au Maroc un développement considérable:
~

hofra "trou, excavation" pl. hfare, zanqa "rue" pl.
~

znaq~ .

-:~ lma , _

Partout aussi au Maghreb on entend
I I I "nuit" pl.

lyali, ard "terre" pl . a rade.
~ ~

Sous la forme abrégée, conforme à la phonétique des

l 2- 3 15) Type R R aR a
Il correspond à des singuliers de divers schèmes 2 3 l _ ethniques de type R vR R i jabli "montagnard ll pl. jbala, ga.ç-bi "occidental"

parlers maghrébins , on entend aussi fc?~.t;a, et parfois
de ëal<J.m, pl. éulama "savants". 3 III Type Rl R2 awvR On le note ici pour mémoire car il a été traité sous

pl. graba.
ethniques

le type 6) des quadrilitères. 2 12) Type RI R ayvR 3
Il a l'aspect syllabique d'un quadrilitère, et correspond à des singuliers comportant une voyelle lon2 3 gue entre R et R • Il est fréquent et panmaghrébin.

noms à terminaison -i(-iyya) qui ne sont pas des

-"--'

kursi "chaise" pl. krasa, zarbiyya "tapis
zraba. _0_ _ ' noms de racine "défectueuse"

ll

pl.

bla~a "place" pl. blaya~ (blays), flüka "embarcation" pl. flayak (flayk), bzlm "boucle, agrafe" pl.

hdryya "cadeau" pl. hdaya, u~~yya "recommandation" pl. usaya.
~ /

quelques adjectifs de forme intensive R vR R an,
inégalement en usage au Maghreb t.aryan "nu" pl. éraya, hafyan "nu-pieds" pl.
~

l

2 3-

bzayam (bzaym).
C'est l'héritier de l'ancien faéa~ll.
13) Type Rl wayvR 3

hfaya. nasrani "chrétien" pl. n;;:âra, nüja "secrétaire"

Variante du précédent, il procède de singuliers où une voyelle longue sépare RI de R3 :

quelques noms de provenance diverse comme

132
pl.

133

Dwaja,

dU~9 "pièce de 5 francs" pl .. ~,

itfm "orphelin" pl .. itama. Remarque. - Il est à noter que, pour les ethniques

à finale -~, ou pour des noms à finales -~ C-iyya)
qui ne sont pas des ethniques, le type de pluriel va-

Procédant de l'ancien fu~eal, ce pluriel est exclusivement en usage dans certains parlers bédouins et sahariens de Libye, Tunisie et Algérie, et S'applique en général à des mots du vocabulaire de la vie rurale et surtout pastorale.
19) Type R vR R aR

rie, suivant les parlers, entre R1 R2 a:R 3i et R1 R2 3a. Le premier est plutôt libyen et tunisien: g'rabi , .
krasi. Le second est plutôt algérien (constantinois, : algérois, oranais)

aR

l

2 2-

3

2 Une voyelle longue a sépare R de R3 •
fiiéf.al :

C'est l'ancien

9Faba,

krasa ; encore que les

sakan "habitant" pl. sukkan, l)akam "juge, gouverneur" pl . J;tukkam. Ce pluriel , très employé dans tout le Maghreb, correspond à des singuliers qui ont la forme de participe actif R1- 2 vR 3 , mais avec valeur de substantif. aR Il comporte volontiers une coloration u de la voyelle ' , br è ve qui separe Rl de R2 •
d) Pluriels à suffixe

parlers bédouins et sahariens marquent quelque hésitation. Au Maroc la tendance est pl utôt en faveur l 2- 3 de R R aR a.

1 2 3 R R a:R a est l'héritier de l'ancien
l 3 16) Type R waR i

facala.

I 2 3 Semblable au type R R aR i, il sert de pluriel à des noms singuliers de racine "défectueuse", mais comportallt une voyelle longue après RI

~ "puits" pl .

J:lwasi,

saqya "rigole , canal" pl .

swaqE;!:, zübya " ordure" pl. zwabi, rrf11yya "pantoufle de femme" pl. rwahi. 17) Type R1 - 3 a waR Variante du type Rl R2 - 3 a, il connaît le même flotteaR ment que lui pour les noms de même type J:awli (l)üli) "jeune mouton" pl . l:twala (ou rywali), küri "écurie" pl. kwara (ou kwari) .. c) Pluriels à redoublement de la radicale médiale

Il s'agit du suffixe -an et du suffixe
l 2 3 20) Type R vR R an

- ~n .

Héritier des anciens fl~lan et fu~an, ce type de pluriel fréquent et partout représenté, correspond à des singuliers de types variés
blad "agglomération, vil~e" pl.

"agneau" pl. trarfan, gla"l- IIjeune homme Il pl. galman, ----;taras "cavalier" pl. farsan. ----1 La voyelle brève qui suit R est volontiers conservée avec le timbre u dans les parlers bédouins. Procédant de noms de racine "défectueuse", le type

-

est R vR yan Le vocalisme est bref. Le type correspond à des singUliers qui ont la forme de participe actif Rl aR 2 vR 3 sabF.lg " ,nonture rapide à la Gourse" pl . sUbb9g, -;;=sayla "chamelle suitée" pl. s~yyal. 7'9bya.!!., J~ "chevreau Il pl. jadyan, e.du "ennemi" pl. ~.. dyan, raEe "berger l l pl. r'léyan auxquels on peut joindre quelques noms de IIdifformi~bE;!: "jeune enfant" pl.

l

2-

. exclusivement en usage dans les parlers bédouins énumérés pour le type précédent : bga. .ç-~~ "sou" pl. ~wa~dat "argent mignon".. qwasat "enfilade d'arcades". les types qu'on envisage ici sortent des normes.. aq~ot. dmué. !?9. L'arabe classique présente des exemples d'un tel - ---. mabgaç "beaucoup de bovins!!. un pluriel de pluriel soit par l'adjonction du suffixe -at ddmEa "larme" pl. Ce type évoque le prototype ancien dont un exemple . 22) Type Radical + an tIran.at "torrent de ---. pl. de pl. pl. Annexe à l'étude du pluriel On doit aussi parler l) " des pluriels composés ou pluriels à cumul. isIr (issIr) !!enfant". mais qmüt. ----- :. yÜm !!jour" pl. elle aussi. yamat "suite de jours. dans les parlers bédouins. période de temps I l . jlran. dans le Nord-ouest algérois et dans le Nord constantinois (notamment dans la région de Djidjelli) aqtçt "chat" pl. Ils sont constitués par le préfixe m-. comme q(}mJ:1 "blé" pl. des professeurs". ~yyamat.1}4 135 emploi. à valeur intensive. une foule". 24) Type mvR l R2 vR 3 Exprimant l'idée "un groupe de. qÜs "arc" tés" comme ~ lIaveugle" pl. e) Pluriels à préfixe Rangés dans la catégorie des pluriels. de noms ayant la forme de pluriels. wad "cours d'eau" pl. de pl. qwas. de pl.~ ~ -larmes" . cette forme a la valeur d'un pluriel ou d'un collectif. de nsa "femme" pl . l=. de pl.ç.jüzW"vieille femme" pl. jaf" "voisine" pl. dmüt:. de pl. pour les noms de racine tlconcave" comme bab "portel! pl."bovins!!. "bande de gosses". qui est sans doute à l'origine du pluriel dialectal brisé msayQ. al -bIban mgaffla "les portes sont fermées". qu'on trouve dans des parlers où les emprunts au berbère sont nombreux : au Maroc. Le suffixe -an est d'origine berbère et n'a cours que de façon exceptionnelle dans le cas de mots d'origine berbère ou de schème berbère. Ejayz. pl. Ejayzat "petites vieilles entremetteuses" .wa. Elle semble. employé comme adjectif épithète ou comme attribut. •• __ t peut être donne dans masyaba "des cheikhs. Le procédé consiste à tirer. pl . ndswan. avec valeur parfois péjorative.- pl. Il est exclusivement en usage dans les parlers bédouins de la Libye. ~yyam. du Sud tunisien. wldan. qmül:tat "des tas de blé". m~ysa . agëlnja IIlou che. est inusité. agrüman. e:amyan et. pl. du Sahara algérois et oranais : dl-bab magfül ilIa porte est fermée" pl. ag2njawan. il est non moins panmaghrébin et abondamment en usage. bIban.~~t agrüm "pain" pl. cuiller à pot" pl. ~ "taureau" pl. Il arrive que l'adjonction du suffixe -at S'opère sur un schème de pluriel pour un mot qui n'a pas de pluriel. 23) Type mR1 2 RRa vR 2 3 C'est en réalité un participe féminin du thème verbal dérivé II. 21) Type RII R3an De même type que le précédent.ç-èld.

naswan. lcùhlln "chassieux" pl . pè?ffawat "des trous" .. de pl..~ . --- ensuite de la série des adjectifs de type singulier 1 2 R R IR 3 : kbIr "grand" pl. pl. Ce n'est pas de mots comme nas "gens". mwali et mwalI n.ç-. dans ces parlers où le substrat berbère exerce une influence impérieuse . Ils expriment volontiers une nuanCe péjorative. pl. de pl. sarya "élément de panier double l l surtout employé au pl. sous la forme ton à cheval" pl . qb~. Ces pluriels. de pl... de pl .. gum -at. f-arsan. swari. kbafën .ç-a "excrément" etc. . et le procédé s'étend à des noms formant le pluriel 1 2 3 R R aR : Q~f "hôte" pl. notamment en Algérie et dans le Nord marocain. qu ' on mais de certains mots qui.ûmsIn ."cavalier" fras1n ~ .S ûmas. -In à des pluriels en Il s'agit d 'abord de la série des noms de "couleurs et difformités" couramment en usage dans certains parlers marocains et algériens. Il ne semble pas que ces pluriels composés comportent de valeur sémantique particulière. de pl. guman. sont considérés comme des pluriels. ga~i "monde" etc. pl. é. soit par l'adjonction du suffixe usage.l "noir" pl. pl. surtout dans les parlers citadins et ruraux. R aR 1n. parfois dans les parlers ruraux du Nord marocain et du Nord tlemcénien. pl. é. il s 'en trouve beaucoup d'exemples dans des parlers bédouins : nsa "femmes" pl. gwamIn. soit par la formation d'un pluriel de type quadrilitère Rl 2 _ 3~ . de pl. Qyaf. Ainsi: ma "eau". de pl. gyafIn. !. f9Qha. qbIh "méchant" pl . fqe (fqëh) "jurisconsulte" pl. "femmes". soit par l'adjonction du suffixe 137 1 2 3 R vR R an . usuels dans les parlers algériens. nsawIn pl .2qhawat . kba. pl. alors qU'ailleurs ils ont le statut syntaxique de singuliers : ils recouvrent des noms berbères pluriels. souvent dans ceux du Nord constantinois. semblent plus fréquents qu ' ailleurs dans les parlers bédouins des régions sahariennes . pl. ~ -wat ou -yat : ~<?f. lb!. de pl. veut parler i c i . (ô)em. C'est à côté de Ces noms qu'on pourra citer le panmaghrébin ~ (mùl-) "maître" pl. 2) de l'accord syntaxique au pluriel de noms n'ayant pas le schème de pluriel.a "trou" pl. pl .136 Ces pluriels sont sporadiquement en usage. t1ré d'un pluriel brisé de type trilitère . en tous cas expressive. pl . citadins et ruraux (.")lch. bùl "urine". de pl.l (baIl) "chameaux". qbahln . de pl. Q. ~war~yyat. . pl. faras "pelo- .

plus récent" II h!. frère tl . elle l'est plus ou moins nettement.. davantage". shan.- r plus difficile".138 Remarques D. d'adjectifs de formes variées de sb-ùn. de éajzan (~CJgzan)t seuxll . lui.. on trouve des élatifs d'adjectifs de forme R vR R an. notée~.!. précédant ou suivant le mot: huwwa ûihwani ktar man-büh "il est plus gai que son 1 2 3 de participes actifs adjectivés R aR vR de e.égdZ) l 2 3- "plus pares- qui. kbar.:. Il oscille. qui est en arabe maghrébin invariable en genre et en nombre. Dans les parlers de l'Ouest maghrébin. (~)I}la "plus de nq~ t (a) nqa "plus propre" doux" . Üéar. d) Très exceptionnellement. de ('~) jdad ou jadd "plus neuf. plus rapide ll • Il n'y a que les adjectifs de racine trilitère qui admettent la forme de l'élatif. Il (:')~lâm "plus savant" . DEGRE DU NOM 139 a) L'initiale vocalique. procédant de l'ancien 'af~alut c) Pour les adjectifs de racine "défectueuse Il . e) Pour les adjectifs qui ne peuvent revêtir le type de l'élatif. ~gaf. ' (~)t)faf ou batf pl u s léger..alam. ~5~dn. est inégalement articulée . l'élatif indique qu'une personne ou une chose est supérieure à une autre. oWé. aQyar. comme au Maroc. suivant les dialectes. (~) ~gaç "plus diqué par l'élatif '. le type 1 2 est(v)RRa: de Qlu.I!. entre 122 122 (d)R R vR et R vR R de idId . Elatifs décis.)kpr proprement "plus nombreux. elle semble ne pas l'être: __ ->L__ elam. parfois frappée par un accent d'intensité: '3kbar. b) Pour les adjectifs de racine "sourde" le type est inElle comprend l ' expression de l'élatif et celle de l'intensif . ·a!?~ëJ. soit la dimension inférieure. Comme le comparatif dans les langues classiques anciennes. Ma:lhreb oriental et dans les parDans les parlers du Marquer le degré du nom c'est faire revêtir au schème radical de ce nom une forme qui dénote soit la dimension supérieure dans laquelle on l'envisage.am. Oyar.çt atJ. ou par l'adjectif suivi de la préposition ~la ~9~f éla-lJüh "plus petit que son frère". est variable: féminin futla'. de ~. peti tH . Soit 1 2 3 d'adjectifs R R IR de kbIr. fué. (~)t!yar f) L'élatif peut exprimer le superlatif lorsqu'il est pourvu de l ' article défini ou premier terme d ' un rapport d'annexion: . 2 3 Le type en est (V)R 1 R vR . (a) soan "plus chaud" "meilleur". le degré de supériorité est généralement in(~)~jaz «~). (a) kba r "plus grand". pl. 9w~alô.J '. de aIr. lers bédouins. de ~g~-F.

i l est etc. voleur". . Elâ-l-qall lI pou r le moins".i . Ils constituent des types de noms qui sont autonomes. Le tunisien emploie volontiers le terme ba~ . Pour la clarté de l'exposé. ba~-kadda:15 "fieffé menteur l l • Notons enfin que les formes de l'intensif sont généralement variables en genre et en nombre. au reste.' ma-l. -. Dimension inférieure ==================== Elle est marquée par la formation des Diminutifs La formation diminutive est réalisée de la même manière que celle du pluriel "brisé".) grand. comme il en est pour l'élatif. ou ma-baffha "comme elle est légère 1" mais toujours ma-baffu "comme il est léger !". bakkay "pleurnicheur". est rendue par des schèmes nominaux typiques que tous les noms et adjectifs ne sont pas susceptibles de revêtir. alors que sëlkran "ivrogne" est partout en usage.. dans un rapport de cor- II. Et le même flottement est constaté dans le cas des élatifs de racine sourde : ma-bfafha. L'expression du nom à la dimension "normale" et celle du nom à la dimension "supérieure" ne sont pas. L'aspect syllabique de l'élatif est alors susceptible de varier suivant la nature (consonantique ou vocalique) de l'initiale du pronom suffixe: ma-kabrak "comme tu es grand !".traduisant l'expression "comme je suis (tu es. parfois + nom) ma-kbarni "comme je suis grand "verbe d'étonnement" ma 'af6al. g) C'est la forme de l'élatif qu'on trouve dans la tournure exclamative correspondant à celle de l'ancien saker "en état d'ivresse" n'est relevé que sporadiquement. Ainsi saraq "qui vole. en CP. ma + élatif + pronom suffixe (ou 1" petit etc. et qui ne relèvent pas de la dérivation systématique.ru "comme il est difficile !".llah "comme il est doux t".140 l-ak~~r 141 "la plupart".. Intensifs La notion de l'intensif. qu'elle S'opère à l'intérieur du radical des noms (substantifs et adjectifs) de racine trilitère et quadrilitère. sarraq "très voleur l l "pleurant". Ainsi agzdr-an-nas "la majorité des gens". de même nature que celle de l'expressivité. respondance constante dans tous les parlers. mais que skayri "ivrogne invétéré" semble surtout marocain. d'origine turque. ma-waE. dans les formes en usage. pour marquer le haut degré : kaddab "menteur". précédant l'adjectif. on traitera d'abord des diminutifs de quadrilitères pour ne parler des diminutifs de trilitères qu'en second lieu. " .

tibIa l'table (haute)ll. dans les parlers bédouins ma ftaJ. 1) Type R1R2IR3vR4(R1R2rR3R4a) Procédant de l'ancien fUGayGll f~ndaq "hôtellerie". dim. dans le s parlers citadins et 4 Il procède de noms à finale -i ou -!yya. dans les noms de schème R . mw~d~E .! --'-"--dim. dim. barqüqa "prunier". dim. Il . dim. za. mzIwad Ion". Il est R R ruraux kaskas "couscoussier". 2 4 2 5) Type R1 R IwvR (R 1 R I w 4 a) ou R1 R2 IwIR 4 (R 1 R2 IwIR 4 a) R Il s'agit de noms dont R 3 est la semi-voyelle w.le diminutif vR vR 123 4 en usage dans les parlers citadins et ruraux.. dim. fw~j~l -~y- 3 entre R2 et R .. mIzan "balance". dans la plupart des -1-. zf~bryya. dim. dim. b~rmII "tonneau". bwIdan ou bwldln . . srlwal ou srlwII."minaret". mkIl)la. la réduisent jusqu'à çajal "homme". mfItIJ:l. une voyelle ultra-brève de disjonc2 tion. brlm1l.-blyya "tapis". dim. swIsna ou swIsIna . sü~ana"négresse (demisang)". maskIna "pauvresse".entre R 3 et R4 . ksIkZlS . de timbre~. dim.. et qui comporte ou non une voyelle longue entre R mazwad "petite outre". . dim.3. dim. . qant. msIkna. dim. mwlzan ou mwlzln .!?andqq "coffre". dim.3.. kursi "chaise". dim. krIsi . fnidaq.manj31 "faucille". dim.R vR (R l vR 3 9~~~E!~!!:~E~~ Le principe de la formation réside dans 1'iosertion d'une diphtongue tres la ramènent à -~-. avec -1. peut apparaître entre RI et R • D'un nom à vocalisme bref de type R vR R vR 1 vR 2 R3 R4 a) le diminutif sera de (R Procédant de noms qui comportent une voyelle longue 1 3 3 4 entre R et R et une voyelle longue entre R et R . le premier est . dim. 3) Type R1 wIR 3 vR 4 (R 1 wIR 3 R4 a) 2 Un w se dégage de R .. qn~1. dim.est R1 R2 IR 3IR 4 (a) . rywInet (l)wInta) ou l)wlnIt . dim.142 gue a.diJl'l. bldün "bidon'''.4 (R 1. ~wijbla ~qmE. place" . parlers bédouins. 6) Type R1 R2 rR 3 i (R 1 R2 IR 3 iyya) 1 2T 3 ~R vR (a). soit R vR vR 1. mê>kl)la "fusil". ~nId~q . -.1 "clef".a Les parlers citadins et ruraux De plus. T 4) Type R1 3vR (R 1 w~R 3 R4 a) ou wIR 4 modaE: "lieu. dim . briqIqa . dim.ça "pont". R4 a) - 143 ~. mnijal .4 a). représenté par une voyelle 10n- . -'. le second celui des parlers bédouins hanüt "boutique". ~w~mea. 3 4 I I. Nam b re D'au- de parlers bédouins la conservent sans réduction.ra . 2) Type RIR2rR3vR4(R1R2IR3R4a) ou R1 R2 IR 3 IR 4 (R 1 R2 IR 3 I 4 R a) 3 4 et R sarwal "pan ta- Ce type est celui que revêtent les noms comportant 4 3 une voyelle longue entre R et R : c'est l'héritier de l'ancien fu~ay(rl(~).

bab "porte". de l'Algérois et de l'Granais : kalb l'chien l ' . kUI~yba.. dim. qui ~ont . z~yy~n "beau". ~g~. L'arabe ancien connaissait pour les noms à vocalisme bref: fu~ayl. dim. elle comporte. et ceux des généralement pourvus des pronoms suffixes bw~yyna IInotre peti t régions des Hauts plateaux. !?g~yy-ar..3b bgiiyyal bg". tUf~yla. de type R1 vR 2. des steppes et des régions présahariennes du Constantinois. ql~yy. dim.deyY. dim.!yR a L'adjonction de la finale -a du féminin peut ne pas opérer de modification de l'indice interne (la diphtongue) du diminutif. . u1)lJ~yyna "notre frérot~' vêtue par les noms à vocalisme bref dans les parlers bédouins. pour les parlers bédouins ou non. --mais elle favorise le plus souvent la réduction de la diphtongue à -~5) Type RIR2~yyR3a L'adjonction de la finale -a provoque la chute. du Sud tunisien. " jdi "chevreau".as .puls des formes du diminutif féminin. après une semi-voyelle mweyy. 1 • Souvent timbre ~. kl~yba . dim. de type R R vR ktab "livre".al "enfant". dim. kt~yyab s!l~yy. dim. dim. u . en syllabe ouverte. jro "chiot" . l 2 v 3 qalb "coeur". tf~yla . celle des seuls noms à 1 2. 1 2. separe R de R : k l~yb. de timbre entre R l et R • 2 . j.. . tf~la. fw~yyam . zW~YY'3n. ceux de Libye. mus "couteau". dim. b~t "fil". dim. de 2 u. de tous les noms de racine "défectueuse" é~a -- Parce que la situation est assez complexe et mouvante dans les dialectes maghrébins.144 Trilitères ---------- 145 . " fem.3 ou qu'ils soient à vocalisme long. de la voyelle brève qui sépare -~kl~ba. pour tous les parlers. b~yy (bw~yy) bu "frère". fém. R~ : Souvent une voyelle de disjonction ultra-brève.f~yl. Une diphtongue -~y- 3 2 sépare R de R : la forme est re- dim. Elle sera adoptée par l'ancien bilitère fümm "bouche".. dim.dans les parlers bédouins. on traitera (lorsque cela semblera nécessaire) d'abord des formes du diminutif masculiry. 4) Type R R .père". ts. 1 ) Type R1 R2~ R3 '!y "diner" ' dim.3 : vR fUéayy~l. kl~yb 1. fUéayy Il a. dim. dim.Jn . 3) T ype R l w~yy"R 3 C 'est la forme. de type R R vR : kt~yyab. dim.. t f~yl. b~yy (ubG~YY) . ~ tf.. du diminutif des noms de racine "concave" . 2 pour les noms comportant une voyelle longue entre R et R 3 . ~g~yyar. b~yat .3 vocalisme long. dim. é~~yy ._. dans les parlers bédouins kalba "chienne I l . slJun "chaud". bw~yyab. dim. d e disjonction. "petit".:)l "mulet". auxquels on joindra les noms de parenté bu "père I l . fUfayla. Ce diminutif est également celui. stJ~YY'Jn. avec possibilité d'une voyelle ultra-brève ~.fla "fillette".

qui est le suivant . aJ:llmor .. ~ "tente". dim . des diminutifs 3 1 2 masculins procédant de n oms de type R R IR (sinon. jnan "jardin " . On relève ce type partout a u Maghreb. hIti "ma soeurette">. smlsa . dim . parlers de type bédouin .-a~ facultatif dans les parlers citadins et ruraux d'Algérie et du Maroc. des diminutifs de noms de type R R 3 R {a) ~kaf'a v de bnhya. sw~yya . ugcJO "oreille l l .citadins et ruraux du Maroc .146 de R 3 dans la forme masculine. types 4).a "heure". dim. dim. Collo) . chute de la voyelle initiale : t. irylmar. 5) . dim. tantôt i q~~-ra . ce type comporte après R la voyelle l qui constitue le premier élément d ' un complexe diphtonique dont west le second élément . dim . C'est à ce type qU ' appartient . R w~yR a. dim. 2 3 6) Type RI R IR a Une variation possible du timbre de la voyelle infi xée. avec. dim . uhIt (uhIti . et dans le Nord oranais . dim . du Nord oranais (Tlemcen.t . dim . mw~yya. des dimi n utifs masculins de type RIR2~yyaR3 wafd "rose". dans les parlers citadins et ruraux (excepté on l ' a vu en Tunisie .3 pour les dimi n utifs procédan t de noms de type R R vR (. "sac". et de la Tunisie dans 1 2 leur ensemble. 6) . et aussi dans les parlers du Nord oranais. dim. dim. dim . du Nord constantinois (Djidjelli. dim . procède Il -1- ou -i-. it~yy:am . hwIma . q~. il 1. caractérise le diminutif des noms de racine "concave" sw~a . semble. éjf$yyza . sae. C ' est à lui qu ' on rattachera . en usage que dan s les La voyelle initiale est tan(comme dans le parler de Takrouna en Tunisie>. parfois dans quelques parlers citadins et ruraux. fém . consonantique : sams "soleil I l .. Il semble propre aux pa r le r s . é. C'est le féminin 147 u ht "soeur".>Imra . 3 Rl 3 wIR a 7> Type R weyyR a.il. mwIma ma "eau" . j n Ina flùka "esquif ". dim. où elle n e semble pas possible l 2. à côté ~côté de uhéyya y' - . dim.dessus. bnIta. Ce type féminin. Alger) .>Imor (conservé dans les patronymes) . 8) Type vR iR vR leurs" tôt a mais obligatoire)dans tous les parlers.2 3 (vR l IR 2 R3 a) y aurait confusion du diminutif et du non . mw~ha . -'-tw~qa . dim . dim . -. qui admet trois variantes dans les conditions envisagées ci . sw€[qa . sÇiq "marche"._ --- obligatoire dans les parlers bédouins. du Su d tunisien et de Libye) a1: mâ f it. al)Imra. dim . dim .t~~:ça "natte". Nédr oma). taqa "fenêtre" . fém .-b::tnt "fille " . fllka ."court " fém . umm "mère".. ~k~yyra . fém . ureyyda qr~yyda q~rda "guenon".. "rouge".!!) ) • ugIna . ~ y résulte de l'influence d u voisinage dim . Les formes considérées comme facultatives évoluent gé néralement vers un type où la diphto n gue est complètement réduite. itIm "orphelin" fém . q~~yy~a. I:t~~yy.YY:01F.jüz(~) "vieille fem- me". it~yyma. itlma . Ce diminutif n ' est admis que par les " noms de couet n'est. l _ 3 1 ·. s~y "chose".dessus type 5) des qua 2 drilitères). 3 3 I 2 9) Type RI R2 IwvR (R R IwR a) D' aspect quadrilitère (voir ci .diminutif) q~~. (comme dans les parlers des nomades de Gabès . t. du Nord algérois (Cherchell.

ul~yydd. le diminutif recouvre toujours cette caractéristique (finale ~ ~ "noir". dim • . qhëwa qçw "lumière". J:llu "doux". dim. mw~ma . bwIbqç! et bw~w9~. . Remarques Plusieurs remarques sont à faire sur les diminutifs maghrébins. dim.rj~yla. Ainsi de ul~d. dim . qser -'-'-' ~g~-Ç' "petit". !?g~wI. smn . 10) Type R1 R2iwa Il procède de noms de racine "défectueuse" 'tl~lwa "douce". surtout citadins de l'Algérie. kbIbra . . tllIlu . fém. k~I~la fém.148 . ------ ~ . dans certains parlers sédentaires. h~rrayaq.3 12 ) Type R vR R vyvR . taqmüyéa "un plongeon". "vieux vêtement". hrq . dim." de -~ ) à la suite desquels on citera les formes hésitantes umm "mère". rjIla.. 1 2 23 1 2 2. fém. singulatif harr~yqa "pétard". dim . Ainsi "court". 1 2 3 .1ad "un. des premiers il possède un trait caractéristique. "brun". mais ülI- ul.de noms caractérises par un ~ entre R et R s. trëwqa. wal. dim. dim. ~m~ma. sammeyna "caille". ce type procède de noms de ra2 cine trilitère.1I1}da.a:çt fém. qahwa "café l l . de la rac. ton pe tit enfant". ~wItqa rjal "pied". Qw~wa. 2) Procédant de noms dont le genre féminin n'a pas de car actéristique morphOlogique. Dliw~ . dans le Nord constantinois. dim. nwIwa .. twIl "long". q~~w. mF~wa.j!wza b~lbda et bwëwda. q~~w.a - Innovation typiquement maghrébine. et comporte un dédoublement de R avec insertion de la voyelle --- -I- entre les deux élé- ments dédoublés. ~ "pluie".de noms de forme R R IR qsIwas fém. ":'" . 2 3 . fém. umm~ma. tw~wla .r. dim • . dim. ~m~~a . tw~wal.suivi de pronoms suffixes) de uht "soeur". dim.jüz(~) (<1) byaQ "blanc".a . fém.--- du pronom suffixe . C'est à ce type qu'on rattachera m. On le trouve très fréquent au Maroc et. dans des catégories de noms variés kbIr "grand. que ces types correspondent ou n o n à des prototypes classiques. dont le premier élément est long. !?g~w ' af. fém. Il est. ulIdak "mon. ce type de diminutif semble d'origine arabe hispanique. dim.t. âgé".-~q "chemin ll . kbIbar. t. 1 2 2 3 1 2 2 3 11) Type R R IR vR (R R IR R a) D'aspect quadrilitère. dim.-a "femme" dim. . Infiniment plus rare est le type où l'élément diphtonique est üy comme. "vieille femme". ct i m. uhIQad. €:ataq "jeune fille". Ii en est divers exemples ici et là en usage au Maghreb . fém. dim. proprement "la grassouil" lette" de la rac . surtout fréquent dans la série des "noms de couleurs" (~)k~3l di. dans ces mêmes parlers. qmt. k~I~~l. 1 2 3 1) Il est assez constant que le type R R vyyvR se réduise l 2 3 à R R IR dans le cas de noms qui admettent l'annexi on et le curieux gtIwa (bt~wt. un quidam". dim. des seconds il 2 3 possède entre R et R un indice diphtonique. inégalement en usage. R vR R vyR a Il s'agit ici de formes qU'il est malaisé de classer parmi les intensifs ou parmi les diminutifs . fém. le redoublement de la radicale ~édiale . de la rac.

si la finale est l'indice du genre féminin. procédant d'un nom habituellement employé à la forme du masculin. Ainsi en est-il dans toutes les catégories de l'onomastique ~am9.al-ezlz "nom d'homme".om(a) brahim "prénom d'homme". dim .JlmÜna "petite capuche l1 • C'est peut-être ce fait qui explique que le diminutif. ~W~YY3f. dim. ou la marque du singulatif (nom d'unité). qb l la "un peu au- 6) On notera aussi que des noms propres de personnes connaissent des développements. ( -:J) byqd "blanc". débordant largement et capricieusement les normes de la dérivation systématique. "blanc d'engobe" . pour bon nombre d'entre eux . qbIlat "naguère". g u b~yl. De telles formes ont valeur diminutive. on peut considérer que la forme du féminin d'un nom en usage au masculin dénote par elle- même la valeur diminutive. Ainsi Mais il se v qbal "avant". Des exemples nombreux et sporadiques peuvent être relevés dans diverp parlers maghrébins.. q. brlhmat. insérée entre R2 et R3 dans les schèmes 3 4 trilitères. g u b~l. substantifs et adjectifs qui admettent le diminutif. qui relèvent tout à la fois de la formation diminutive ou de la formation augmentative. dim . le diminutif se présente volontiers sous la forme du féminin 151 voyelle ü. tabd . dim. ~w~fa . tamIY9t fatt. 5) Ce ne sont habituellement que des noms. zw~yy~t. b~yyog ésal "miel". ~ "prénom de femme l l . dim .1dd II ma in l l . dim. Ainsi qalmün "capuchon". srIw~1 (srIwII) ou srlwla. idüda . et variable suivant les dialectes. zwIta . ou encore suffixée : y . 7) On citera seulement pour mémoire l'emploi de la . Il est alors malaisé de discerner. peut hésiter entre le masculin et le féminin : sarwal "pantalon l l . soit de nature indécise (collectif ou non collectif). !?9f "laine". zIt "huilent dim. paravant". mais confuse. 4) D'une façon générale. entre R et R dans les schèmes quadrilitères. ~sIla . E::s~YY Gl l. -~ ézlzu .150 3) Procédant de noms qui sont soit de genre instable. trouve parfois des particules. en tous cas expressive .

-- . souffle. ~ "servante négresse" . hatam "anne au .ankbüt "araignée tif).ajüz (éjüz) "vieille femme". Mais.q "chemin". le masculin et le féminin. udan "oreille". é.152 153 On les appelle aussi "féminins non caractérisés morphologiquement" . comme qfa "nuciue" . Il s'agit de noms désignant des personnes du sexe féminin. nafs "âme. et le féminin désigne la femelle . i. . eaqrab ttscorpion". . ftta "moulin à bras". hal "état" . bIt "demeure.:ÜS (ërüs. t:ataq "jeune fille". tf. quand elle oppose l'individu au groupe (êtres et objets).f9!?) "mariée".de noms de lieux et d'objets de la vie familière comme dar II maison". en arabe classique. la notion du féminin. Alors que. ne se dégage avec quelque nette- (ou toile d'araignée)" de n oms se rapportant aux éléments de l a nature et de la c osmogonie. kars flventre". GENRE DU NOM et des adjectifs désignant des états propres aux femmes ou a ux femelles !.de noms d'animaux. ' ---" . . ryayg "ayant ses règles". dans les parlers arabes du Maghreb. §ayl "en c~aleur (chiennet . l'. Dans les dialectes maghrébins. -F9Q. et à s'exprimer au moyen d'un indice caractéristique. faoè (fhad) "cuisse" --'--"" Id (yadd) "main". E. lagal. chambre". t:.de noms de parties doubles du corps. comme êayn "oeil". et le masculin désigne la généralité."ciel" sta "pluie hiver" parfois rIh sma .lanüt "boutique".labal "enceinte".- té que du jeu des accords syntaxiques. lieu. la portion à l'ensemble. '--- "vent" . e~a "bâton". SQq "marChé". comme ard "terre" nar "feu" jh<innam "enfer" sams "so~ leil" ---. le fait isolé (envisagé dans le concret) au fait général (envisagé dans l ' abstrait) : le féminin caractérise l'unité (singula- "pied". .---- ' ---- ktaf lIépaul e" ---- de noms désignant des organes du corps ou des notions se rapportant à l'être.lamaI. personne". éa. l'opposition masculin/ féminin n'apparaît sans équivoque que dans deux cas quand elle recouvre la différenciation de sexe s'agissant de noms d'êtres animés . Il Y a deux genres. souvent floue . l. comme umm "mère". bague" . le masculin désigne le mâle.1 "pleine (chamelle)". comme arnab "lièvre". -. C 'est de ces derniers qU'on traitera en premier . subsistent des noms de genre fémi nin qui ne sont pas pourvus de cet indice caractéristique. de l'héritage a n cien . elle tend de plus en plus à ne se concevoir qU'en partant de la notion du masculin.

a La finale . ou l'évanouissement de cette voyelle brève en syllabe ouverte. de genre féminin. terroir" est parfois traité en féminin sous l'effet de l ' attraction de que ~9f "laine". 4. ktaf "épaule ll à Cherchell. et trëq "chemin Il de genre indécis à Alger. dzayr "Alger". lham "viande" . _a' ou -a. l. allusion".lam:p3t-l-wejh s ' effectue norma- arg "terre" . eux . ainsi qu'on l'a dit ailleurs (aux chapitres de la Phonétique . l..a est l'héritière des classiques t -~.lamfa (cl. la la finale tendance générale des dialectes porte à tout ramener à _a t (ta marbü~a ) caractéristique unique du fé"rouge de visage". La finale' . la finale -a . mÜsa) devient souvent masculin en perdant son -~ final . agglomération" (qui est un ancien plu- minins dans la langue ancienne sont devenus masculins A titre d'exemples. . Tous ces noms n'étaient pas féminins dans la langue ancienne ou étaient de genre instable . la On distinguera trois indices du l'initiale t-. blad "ville. qui ne constituent pas un catalogue exhaustif des noms féminins ou de genre instable en usage dans les dialectes.a ou -at en rapport d'annexion directe. maenathum "leur allusion". Syllabe ." ésal . il arrive parfois que la On finale soit . de longueur indéterminée. Aussi bien les nom s énumérés ci-dessus. 3 . De plus. Quand le mot féminin n'est pas en rapport d'annexion directe. dans tel ou tel parler . Quand il est en rapport d'annexion directe. . doit être contrôlé dans chaque parler . qui sont traités en masculins. et de l'Etat du nom. que tfab "terre. on signalera le cas de noms. gabas "Gabès". suivant les règles générales qui conditionnent le maintien de la voyelle brève en syllabe fermée. La mutation de la finale -~ minin : qahwatha "son café (à elle)". q~hwat) "café". condaires. féminins dans la plupart des dialectes. matna> IIsignification. . Détermination par un complément déterminatif. rasoir" (cl. tünas __ T " _ ___ "Tunis". maena (cl. hamra') "rouge". et tous ne sont pas féminins dans tous les pa rlers.154 des noms de villes et de localités. pour chacun d'entre eux.'FFablaS ftTripoli lt riel. parce qu'ils rec ouvrent des vocables berbères qui sont . genre féminin: l'un essentiel. et pour d .'alltres. sontils donnés avec une valeur indicative : le genre. bIlad). cl. Mais dans le cas de noms dont le prototype ancien se termine par "miel" acquièrent le genre féminin dans des parlers arabes à substrnt berbère transparent.-- -a". lement. ou y sont parfois de genre instable. comme 155 rha'" "Rabat" ' wahran "Oran" . deux sefinale~. nombre de noms fé1. et aussi Ce sont ceux que l'on dit aussi "caractérisés morphologiquement" . confondant les "trois prototypes anciens ~a:hwa (cl. -a. la finale est -a. comme rjal "pied" à Tanger. On constatera ainsi que mus "couteau. a) Annexion directe) en -at ou en -t.

interprétée comme un indice du ge nr e . .1anut "boutique". . héritée d'un état ancie n. Peut. se presente tantot sous la forme mar t . on a parlé au chapitre des Th~mes --- - aumoni~re" . J:lamla "enceinte" à J:lamal. ül]t (et ses variantes) "soeur". farsa "jument" à fFas. '>Irnra>a t . . kalh "chien" / kalba "chienne". 2 . qui . e. .a lat "pri~re". comme tapfaymIt (ta l)~aymrYi3t) "coquinerie" . dans Sdtt "belle-mère. parfois en Algérie . ple et ailleu rs.dénote le sexe dans les oppositions rajal "homme" / m:ça "femme". sük "épines" / s ük a "une épi . m..-üsallmariée" à .être est. de qfa "nuque". on constate que le fémi - nin . al-Qala) !.t On la trou ve . 3 .est la marque du slngulatif (nom d'unité) dans les opposition s tJüt "poissons" / J:lüta "un poisson" .jüz .. L 'ini tiale t C ' est un indice que l'on trouve dans les parlers où foisonnent les mots d'origine berbère ou berbéri sée : dans des schèmes t . tantôt sous la forme ffiFatdk .ta "chatte " . La finale . babaha ou tu . - l' t .E~a 157 "diner n . Si l'on met à part les diverses catégories de n oms qui n'ont pas de caractéristique morphologique .t . c o mme tayarfa " corbeau" t . waqt ( wabt) IItemps". Le parler de Cher chell con n ait également al-~ammt.a .mQammôct) en Algérie par exemm~ât (~ . zakit "dîme màenaha ou ma~nâtha .t final (ta marbuta) y est articulé avec un souci intenti onnel de conservatisme comme il en est souvent dans les mots de la l a ngue religieuse . a contribué à faire verser ces noms dans la catégorie des féminins . mart. .ld) au Ma roc par exemple. müt "mort". lagrya. lall azInab ou lal lat-zInab ..156 entend ainsi d'une façon hésitante: de . I l est un mot dont le traitement baba est ambigu .ja "brebis ll ."épaule" à ktaf . de mamma "maman".çat. Quant à . c ' est ~ "femme. lügl)a " pleine (chamelle)" à lagah . épouse l l (du cl . nbal " palmiers" / nahla "un palmier" . mammana ou mammatna .. C ' est ainsi que éj ü za "vieille femme" se substitue souvent à t.(marti . é~ÜS (qui désigne alors "marié" ) . tous schèmes dont n ominaux du sing ulier. mà~tak .:.~ --ne".a des n o ms féminins pri mitivement dépourvus de caractéristique morphologique .--. de cré at ion dia lec tale. Il en est de même des noms de parenté d'usage le .ce également le cas E-sah ou esatu . madame" t (de cl.ml:tamm. • _ mar a . C ' est sans doute la finale !' R 3 de bIt "cham- bre" .rnara qUI.. sàyylda • dial. de e~a "bâton" . couramment au Maroc . qatt "chat" / qat. qfaya ou qfati .. s~yydat-). On notera e n fi n que nombre de dialectes sont portés à pourvoi r de l'indice . ?l-balt (ailleurs al ~ .. et aussi. katfa a) On regroupera ici un certain nombre d'observa tions touchant les fonctions du féminin. J1ja~ " pierres " / l)ajra " une pierre " . familier: de baba "papa". comme taflIl Qst "hirondelle" .k abs " bélier " / nât.. tante maternelle". de lâlla "madame ". et de maena "signification" de l. kabda "foie" à kabd. qui est féminin dans quel ques parlers citadin s d'Algérie et à Tuni s .ak ou e~atak . dans bant IIfi lle". en soulignant "tante paternel le.•-t _ _t ) . !. .

bandqa "noisetier " et "une noi sette" .~u ku!")l "ces cheveux sont noirs".çb "fait de frapper" / ~a+ba "un coup" . klâwni .caractérise ùn grand nombre de formes nominales auxquelles l'indice du genre n'ajoute généralement pas de 2 3 l 2 3 • .3 a. Ainsi jat an-nsa "le s femmes sont venues" .). sw~yyaq "petit marché" / sw~qa "marché de jour de fête" . ou des êtres ou des choses. à ce moment-là". l 2 2. b) On notera que le féminin est fréquemment en usage dans des locutions impersonnelles. as-sjar mn9wwr~n "les a rbres sont en fleurs".a "pêcher" et "une pêc he". exprime une valeur diminutive magraf "cuiller à pot" / magrfa IIcuiller". fait de rappeler l l "un souvenir" . pluriel des verbe s On se contentera de dire que la ten(adjectif~ dance dialectale générale consiste à faire l'accord a u baq ra "vache ll . avec . en outre. particulièrement dans le s locutions météorologiques : ~abba~ al-yÙm "il a plu aujourd'hui". fahum ~gar "ils sont dans le s peti ts" . surtout dans les tafkIr tôfkIra parlers bédouins et dans les parlers de l'Est maghrébin. qui est divers et mouvant selon les parlers. .est la marque du singulatif (nom d'une fois) oppositions ~a.158 d'une part que)dans la catégorie des noms d'animaux. sou - d) Trè s particulier aux parlers du Sud-Est saharien. c) On ne traitera pas dans le détail de l ' accord syntaxique des collectifs et des pluriels . spécialisation sémantique . . safôtha "alors . bùg. at-tmar hagi md~wwda "fait de se rappeler. éventuellement. smInat "des béliers gras" t . le singulatif est le nom de la femelle bqar "bovins" / 159 vent mal élucidé. R1 R IR a. de relever l ' accord au féminin des verbes (adjectifs et pronoms) s e rapportant à des pluriels et collectifs. etc.l -bragot "les puces m'ont mangé". s9'q "ma rché". R R üR a. de s adjectifs se rapportant à des n oms désignant des personnes du sexe féminin. exprimant en quelque sorte la notion du neutre :~ mlrt)~ "voilà qui est bien" . le singulatif désigne à la fois le plant et le fruit tent à des n oms c ompo rtant l'idée manifeste de plura lité (ou q ui sont régis pa r eux). valeur specif1que ( comme Rl R2 .~yyâm yasrat "de s jours nombreux" . et parfois de Libye. r~~dat l'il a tonné". ~walam iji "il conviendrait qU'il vienne" .i bamstas-em-yÜm "il y a quinze jour s que" . Il est cependant coura nt . aR R vR R aR a. mgIraf "petite cuiller" / mgIrfa "petite cuiller à café" " ces dattes sont véreuses". est l'empl oi du pluriel féminin en -at. / 3S-sêar h5. comme an-nsa ~aymat "les femmes jeûnent". ha9. djaj "gallinacés" / et pronoms) qui se rapporAinsi djaja "poule" d'autre part que dans la catégorie des n oms de plantes. il est.3 . kba.

." ..-. Lorsqu'elle est articulée dj (i>. souvent d'origine étrangère. Ainsi en est-il en Libye. les. ou certains noms communs. d . par l'article défini Il correspond à l'article défini du françaiS "le.#:~f "l'hôte" . en phonème complexe. r. s~y "chose l l • Il com- portai t le tanouin en arabe classique : . taflIlast IIhirondelle(s)". comme i l en est en arabe classique. ETAT DU NOM II. : at-~~lj "la neige".par l'article défini. la. comme batâta "pomme(s) de terre".. n : ~l-lban fixation au nom d'un article.160 161 F. etc.~f "1' été" 1 az-zb-al "le fumier" . en général... les sifflantes s.le degré zéro d'indétermination et la détermination. soit . . a. dans le Nord et l'Est du département de Constantine. ad-da. dn-nmal "les fourmis" . assimile généralement 1-. au degré zéro. qui est réalisée rmal "le sable". . fatma "Fatma" . la chuintante ~ : as-s~y "la chose ll • La chuintante sonore j (z). t.et précède im'm édiatement le nom qu'il déterm~ne.fql ~ "l'enfant". C'est également l'état du nom déterminé par nature: noms propres. en Tunisie. On envisagera successivement "le petit lait". z : -as-sIf tlle sabre". at-1. l'élément ~ du . . lorsque cette première radicale est dite "solaire". A Cherchell. - at-tknJn "la paille". Indétermination === :::========= =: gra "le sorgho". tous mots qui ne tolèrent pas.. ar- . en Oranie et au Maroc: aj-jbal "la montagne". Détermination ============= Tous les parlers maghrébins connaissent. avec ini- tiale dentale. La détermination est caractérisée par la pré- 1. !?. comme m0t:ammad "Mohammed". dans l'emploi du nom. L'indétermination est caractérisée par la représentation du nom à l'état nu.est assimilée par la première radicale du nom avec lequel il fait corps. La consonne! (phonème "liquide tt ) de l'article al.f "la maison" les interdentales t. d'être pourvus de l'article défini. dans les parlers bédouins du Tell algérois et constantinois : ~l-djba1. il a la forme ûl.. ou par l'annexion au nom d'un complément déterminatif. les dentales t. mFa "femme". dans l'ensemble des parlers bédouins du Sahara et des Hauts plateaux. ballaranj "cigogne(s)". l'opposition indétermination-détermination. sous sQn aspect le plus général.par un complément déterminatif. C'est l'état du nom présenté sans caractérisa- tion aucune.!. ç'està-dire sans article ni complément déterminatif. elle n'assimile pas l'article 1-.-:ijal IIhomme"..par un article indéfini de création dialectale. dans les parlers citadins et ruraux de l'Algérois et du Constantinois. ag- 1.les liquides l. Q. lorsqu'elle est articulée en chuintante proprement dite. ë)~-c. Ainsi en est-il en Algérie.

Mais on y entend aussi. surtout lorsque celle-ci sépare l'article de la première radicale du nom déterminé : la-ésa "le dlner".exercent aussi un pou-voir assimilant.assimile souvent. antérieure à elle ou postérieure à elle. En ce qui concerne la présence d'une voyelle contiguë à la consonne 1. Qa-s-~~y.:. lorsque le mot déterminé comporte un groupement syllabique initial consonne + voyelle: al-kalb yanbaJ:l. à Djidjelli et Collo (Nord constantinois). Qa-I-IDfa. de même.-.al + nom. wal). Il apparaît dans le Sud marocain sous une forme abrégée wal)i-. Cette sensibilité du . frappé d'invariabilité. par un article indéfini Se situant entre le degré zéro de détermination.de l'article défini. Une· construction berbère toute semblable a pu favoriser au Maghreb la création de cet outil indéfini : ~ajal "homme". ou l'absence de toute voyelle. "le chien aboie" 1 + nom.ra "une (la) femme Il . à tel point qu'il est rare dans l'Est constantinois. la forme rya. ~­ af-faj'3l "un (l' ) homme" . et la détermination par l'article lectale. est né au . l-~wlad l'les enfants" .r-. De plus. 'a l-mra 'al-q-alb "le coeur" : aq-qalb. que l'article est . 2. on observe que la nature phonétique des phonèmes consécutifs à l'article est souvent susceptible de colorer le timbre de la voyelle contiguë à l'article. Mais cette situation est instable suivant les parlers. d'une façon très schématique. waJ:l."les (gens) âgés". réalise l'assimilation: ad-djbal. 163 On note d'autre part que la palatale]:. Là où l'expression de cet article indéfini a cours.çajal "l' homme". et que les labiales b et mt la gutturale q. défin~.la + nom. ----Cet emploi de wa~d-al. ou qU'il le soit par nature. lorsque le mot déterminé comporte un groupement syllabique initial consonne + consonne + voyelle: la-gda "le déjeuner l1 • l-ügan wa-. lorsque le mot déterminé comporte une voyelle ou une diphtongue en première radicale l'l'oreille". l'article timbre vocalique à la coloration de l'environnement Consonantique est particulièrement vive dans les parlers bédouins. c'est le numéral waryad qui est communément en usage. dans divers parlers. 'a~ad) : ~a-~rajal. on marquera. Maghreb un article indéfini qui constitue une pure innovation diaOn peut dire qu'elle présente un caractère Elle consiste à utiliser le numéral particulier qui contribue à fonder l'originalité de parlers maghrébins. qu'il soit déterminé par l'article défini al. suivi du nom déterminé. et impossible en Tunisie et en Libye. ôl-. est extrêmement fréquent au Maroc et en Algérie. ainsi qu'à Tlemcen et Nédroma (Nord oranais). article indéfini. "un" wat:lad. c'est-à-dire l'indétermination absolue. wa:l)d-as-s~y "une (la) chose". lu-kba.(et ses variantes). comme dans al-kull "le tout" : ak-kül1 . notamment dans le - Nord constantinois: al-bt:ta~ "la mer" "la femme" : am-~at ab-bl)aF. ou qU'il le soit par un complément déterminatif. On constate qu'il va décroissant d'Ouest en Quant aux Est. parmi les parlers bédouins. lorsque le mot déterminé est en tête de phrase : al-p-üt b-az-zaf "il y a beaucoup de poissons" . qui provient sans doute de hadd (du cl.d-al-m. la place qu'elle occupe. suivi du nom déterminé. même lorsque le mot déterminé est consécutif à une voyelle : ja I-lJaddam "le serviteur vint" . et.162 Phonème complexe dj. ~.

ou en -t. quelque(s)" : sI-l-esal "du miel. L'autre consiste à associer deux termes. --- . ils en font un "ils ont un livre (et un seul)".suivant un choix qui dépend de la structure syllabique de la séquence (position en syllabe fermée : -at. quelques gens l l • Algérie . ou un complexe numérique : i l a alors le sens "une unité de. La mutation de . qui est préposé au nom indé- terminé. On l'appellera annexion indirecte du complément détermina- si. de "un -a du féminin lorsque le premier terme en est pourvu. signifiant "un peu de. dans un emploi proche de l'article indéfini.fard. rie. usage très limité. courant en Libye. un homme". par un complément déterminatif Deux constructions sont possibles . ~aJ:lda mfa "une personne. L'autre aura trait au traitement de la finale correspondent aux pronoms indéfinis du français. C'est la construction qu'on appelle en arabe classique ~i~âfa. et qui constitue une innovation dialectale. proprement tlchase". fréquent en Tunisie. sI-n-nas "des gens. Cette tournure . ne saurait en conséquence comporter l'article défini. ou ouverte : -t-). wal). on relève.-ajal "quelqu'un. Précédant un nom déterminé. sI-haja "une (= quel---"--- que) chose". Il est alors d'usage panmaghrébln. ~~~~!~~_~!~~~~~ au Maroc. Outre wa~d-al. du. proche de l'indéfini. ~i n'existe pas en arabe proprement classique (mais déjà hispanique). ou en -t-. Cette mutation peut causer d'importants . déterminé par le second. article indéfini.ad ta1tbq~. une femme n • On notera que wa~8d peut également précéder un duel déterminé par l'article al. avec la valeur. Cette construction s'entend en On en reparlera à propos des expressions qui Deux remarques préalables sont à faire. environ. C 'e st une construction.est d'un emploi courant tif (type du français: Hôtel de ville). - sI-mra "une (= quelque) femme". teintée d'éventualité.a s'effectue en -at. précédant un nom singulier indéterminé est d'un usage possible : sporadique en Algérie. de l'article indéfini: sI-Fajal "un (= quelque) homme". si correspond à l'article indéfini. ou rapport d'annexion.-at "quelque trois malheureuses vaches". en reliant le deuxième au premier par une particule..'. état construit On la désignera par l'expression annexion directe du complément déterminatif (type du dans waryd-al-. proprement analytique. L'une consiste à créer un complexe de deux termes : le premier terme est directement suivi du deuxième terme qui le détermine. des. Le complexe exprime l'idée. . mais n'est pas ignorée des parlers d'AlgéElle recouvre sans doute une construction bera) bère.. Elle se mue dans l'annexion directe en -at-. L'une soulignera le fait notoire que le premier terme. quel- que" : wal)d-~-yÜmayn "quelque deux jours" . de celle où waJ:1ad est pronom et variable: waryad . proprement lIunité" . un peu de miel". Il faut bien distinguer la construction de wa~dt 3 . mais en déborde quelque peu la valeur propre.164 165 Eandhum fard-ktab (seul) exemplaire non identifié" parlers bédouins du Maghreb central. français: Hôtel Dieu).

~ wakkal-razq-an-nas Itô dévoreur du bien des gens". ~b~f. mouvants et divers suivant les parlers. zarqat-l-€. ya-lJla-daf~ "ô ruine de ma maison". complexes qui. D'une façon sChématique. hors de ces cas d'associations. recourent à l'annexion indirecte. dans des compositions comportant une véritable recherche oratoire (formules.la-jur~t3k "sur tes traces". dans les parlers qui en ont réduit l'usage. bÜ-Ia!:. de b-wo~~-ad-daF. Deux modes d'annexion sont à envisager: annexion directe d'un nom. yadd-al-bç. !=~F-III "oiseau de nuit (= chauve-sou- ris)!!. dans l'expression des parties du corps. ainsi que dans les parlers bédouins sahariens. .ras-a1-Danût "l'essentiel de la boutique (= assortiment d'épices)". mart-qüya "femme de mon frère". b9~daF. qallat-l-hya "manque de vergogne". E.#hum bat:~ "partie d'eux les uns les autres)".~nIn "bleue d'yeux" .ç "la maîtresse de maison". mdInat-fas "la ville de Fès". L'annexion directe est inégalement en usage dans les parlers maghrébins. on n'entreprendra pas ici l'étude. umma!}nün "mère de morve (= morveuse)" .bab-al-jdld "la porte neuve" . !}ü2 Imlnak "prends ta droite".. atkum "votre voisine". nas-ad-d<:SwwaF "les habitants du douar". qui répugnent à utiliser l'annexion directe pour sauvegarder l'autonomie de chaque mot. on peut constater que l'emploi en est courant en Libye et en Tunisie. . obsécrations. vont jusqu'à devenir de véritables mots composés. le s parlers. aLmal majhüdak "fais ton possible" .-'. "la cour de la maison" . des Hauts plateaux et du Tell. et moins encore dans les parlers ruraux et citadins.çma "l'anse de la marmite" t III t-. qalb-3k "ton coeur".lité : . dans les complexes nom + terme. rajla-k "ton pied l l . tarnratqalbi "fruit (= chose précieuse) de mon coeur". baE. ge en va décroissant d'Est en Ouest. en quelque sorte naturelles ou intentionnelles. dans les complexes adjectif + nom déterminé : 7wII-alqama "haut de taille".barbu)".ya "père de barbe (. ja. comme bç~-ad-daF. mÜlat-ad-da.. semblent possibles dans la plupart des parlers. parfois.tu "sa nature (à lui)". Il est moins courant dans les parlers bédouins On note en outre que l'usaIl finit alors. injures) : ryaqq-.comme bab-dd-daF "la porte de la maison". interjections.166 bouleversements dans l'économie syllabique du premier dans l'usage des noms de parenté (réelle ou fictive) wald1. yÜm-al-e.. par ne plus être possible que dans des limites étroites dans des groupements de notions naturellement associées. œnt-nas "fille de gens (= de bonne famille)". .çabbi "par (le droit de) Dieu".)l- Ears "la nuit de noces". ulad-st:.<.ld "ouled S aïd (nom de tribu)". De telles constructions d'annexion directe Mais. ou de notions d'appartenance à la personn!3.fjd "le jour de la fê- te". proverbes. waqtdl-tI~ad "le temps de la moisson". l-kblr "la grande mosquée". annexion directe du pronom suffixe hüya "mon frère". indéterminé ou déterminé yÜm-~~d "jour de fête". De ces bouleversements éventuels.çasi "ma tête". ~lat-al-fajr "prière de l'aube". waqtha (= adjectif déterminé "son moment (à elle) partie (= alors)".yya "mè s parents". kblr-as-sann "grand d'âge". l:maç-al-wajh "rouge de visage". darna "notre maison".

(du cl. de relier nom ou pronom suffixe au premier terme du complexe. algérois et constantinois . Fès. (à elle)" .-fatma "la marmite de Fatma". nord de Taza) et en Algérie (à Alger. et un pluriel mtawL. t~.wa mtaE. Les parlers bédouins d'Algérie qui connaissent mtaé. Les parlers du Sud tunisien et de Libye ont mtacat (mtaet). et un pluriel jni au mascu~in.çna "les propos de la voisine de notre maison". en Tunisie. . (gyaltJ.. ta~) unit. almzawd mtâf. dyal. addi. indistinctement.-al-ésal "les outres (remplies) de miel" un pronom suffixe la-ktab mtae. Casablanca. il est également possible devant pronom suffixe lorsque celui-ci est précédé de la préposition 1. Pour ce qui est des formes des particules d'annexion indirecte. on observe que . al-klam d -al-jaFa d- da. jna. di. mtiEIn.168 169 jnat au féminin.. "ses an- neaux de pied (à elle)". apparalt moins tranchée.rn9~ mtal.rma mtae.nta€. ntawE.~ "mon affaire". un nom ou pronom suffixe : un nom : al-ba.ha (mtal. . on relève au Maghreb Pour ce qui est de l'emploi de l'annexion indirecte. ôl- b9. la-lJlat~l dyalha. au premier terme du complexe. Dellys) dyal-!}üya "la raillerie de mon frère".dyal (gyal à Casablanca) en dyalat Quant au fezzanais jna. dyaw1. 1. ~) est toujours possible devant un nom: at"le chemin de la ville". ll dyal. souvent réduit à add.. Dans le Nord constantinois."objet propriété de") qui est d'un usage assez général (déjà attesté au XIIe siècle au Maghreb. Mais la capacité des autres particules ddi dins et ruraux que bédouins ta~ (forme réduite des deux précédents) qui s'entend dans le Sud algérois et marocain . ainsi qu'en hispanique) .. ou même simplement à -' (di.ammi "l'ouvrier agricole de mon oncle"..-ddi. d alli.1pa) "ses pantoufles dans le Constantinois . Certains parlers m~rocains font de même varier. parfois au Maroc. nta~ leur donnent volontiers un féminin: mta~at (mtaEt).u "son livre (à lui)".. en fait un relatif.!. qui est strictement libyen (notamment en usage au Fezzan) .~ (ntaE. : at-tmasvIr at-tbarna dyal- . al Darfan mtaé. . courant au Maroc et dans les cités du Nord oranais. la-.mtaE.-n9~ dyali "mon burnous". jna.dyal est toujours possible devant pronom suffixe : ~ l­ ba. plus confuse ddi (~i. qui a cours en Algérie centrale. t)rIr "robe (blouse) de soie . ~ .:ç~q d-al-mdIna al-pammas djabba d-al- e.hum (mtat)l'). (variante du précédent. ntaé4t (?ta~t). à certains parlers du Nord constantinois (Colla) . mais i l est plus particulièrement employé dans l'Est maghrébin: en Libye.-Eli "le burnous de Ali". . le terme est compris partout. qui est particulie~ dans la fonction de particule d'annexion.wayd dyalhum "leurs habitudes l l • Mais on ne le "trouve devant nom que dans certains parlers : au Maroc (à Rabat. dd. mta~at. .um) "leurs agneaux".: al -qc? ffa ddI-li "mon panier à marché ". ad-daé. en tant dans les parlers cita- Oranie. non moins courant dans les parlers qui connaissent addi. mataE. ~ étant assimilé par la dentale ~ : ~. il fait habituellement un féminin jant. enfin. ar-rIplyya mtaf:.

170 171 m99tfa "le restaurant de Mustapha". . hag-as-sqq mtaé.ammha d-fatma "son (= l')on- . Il semble ail - cIe de Fatma".-l-l)add "ce marché du Dimanche". la détermination du premier terme par l'article défini n'est pas de rigueur.mp tl un sac de blé". dans le Nord oranais (Nédroma. jna . l'emploi n'en est pas assez élucidé pour être indiqué ici avec une grande précision.wwa-r: "les propos des gens du douar". de mettre le premier terme d'un rapport d'annexion indirecte à l'état déterminé. Ainsi en est-il habituellement dans le leurs impossible d'employer dyal devant nom. tout comme le complexe d'annexion directe. ~. wal:tad-~al)bi "un mien ami". au point d'être défigurée ou même méconnaissable. truction berbère. cependant qu'en Oranie et au Maroc. même dans les parlers où l'annexion directe est courante et prédominante. On entend ce- Nord marocain (Tanger. hag-al-e.. quatre compléments déterminatifs. et même davantage . (j) - Dans certains parlers où l'influence du berbère s'avère très forte. dIk-al-mfallsa dal-m~a tlcette idiote de femme". Il n'est pas obligatoire. wal)d-as-ska. est susceptible d'être présenté pourvu de l'article indéfini (là où il est en usage) ou de l'adjectif démonstratif : ~­ wald-nas "un fils de bonne familletl. les noms de parenté s'emploient le plus souvent pourvus du pronom suffixe correspondant au genre et au nombre du complément déterminatif. tunisiens.addür "son le) frère de Kaddour". On la trouve également dans les cas où la structure syllabique du premier terme risquerait d'être perturbée par l'annexion directe. semblent le préférer. l'annexion indirecte yient souvent couper des séquences d 'état construit comportant trois. wal)ad-bant-nas "une fille de bonne famille tl . algériens. dans le Nord constantinois (Djidjelli.ada j~nthum IIcette habitude qui est la leur". · -------------------@- Plusieurs observations sont à faire. C'est le calque d'une cons- pendant au Fezzan al-klam Jna-nas-ad-dç.. Traras).-a d-.Le complexe d'annexion indirecte. c) ~~~~~9~~~_~~~_!~~_~~~E!~~~~_~~~~~~~~~~_~!~~~~~_~~ d'annexion indirecte aP- On constate en conclusion que.l-q. dans tous les Nombre de parlers parlers. lequel est relié au premier terme du complexe par la particule d'annexion indirecte: aüh (= ddi-q. ou par des pronoms suffixes nécessaires. Kabylie orientale).e. surtout lorsque certains d'entre eux doivent être caractérisés par des adjectifs démonstratifs. Nord de Taza).

- Jâhad) est alors inusité. et zuz (z9wz. zQj) .) et l'emploi du nom de nombre suivi du nom de la notion comptée (un homme. deux hommes. cours que dans les parlers bédouins avec un féminin t~ntIn (t~nt~ynt tant~n). . puis ordinaux. A l'état absolu de 1 à 10 - 1 c'est ~ary~d. z9z) dans les parlers de l'E st maghrébien(Tunisie et Libye) des parlers bédouins. trois. quatre. deux. I l convient de distinguer l'empl oi du nom de nombre à l'état absolu (un. des jours de la semaine et des mois.2 deux formes sont en usage. qui paraît plus usuel en Tunisie et en Libye .LES NOMS DE NOMBRE On examinera successivement les numéraux cardinaux. waDda (waQda) . qui est variable. La plus fréquente est zuj (z9wj. puis fractionnaires. comme quand il est pronom indéfini. . 1. avec les variantes )üj (j9wj._' hadd (du cl. etc. j9j) dans les parlers de l'Algérie centrale. 3 tlata (tlata) aussi flafa .). fém. réservant enfin une place aux noms des heures de la journée. dans le Sahara algérien on entend . les formes avec diphtonMoins fréquente est ~nin ' itnayni) qui n'a gue conservée ou partiellement réduite sont celles (tnIn) ou tn~ynt tn~n (du cl. etc.

ryda~a~ \:.as . mya -u .12 Les numéraux sont habituellement emphatisés (mais souvent ~das ne l ' est pas).-. myatayn ='-'-'----"'---''-'---= tlât(~) u-~. tmanIn. avec un r non emphatique waJ:1d u-éasr In . ~nâ6as . suivant les parlers.t:aus . aH (alf) alfIn . bmastas). pl. r non emphatique. et le Maroc tas~üd.éasrIn.sie et de Lien une finale -aeas . flafrn) a.In . qui sont de structure radicale similaire. trndntas). de 11 à 19 Les numéraux sont constitués.::tsrIn . 5 6 !}amsa (. Dans les parlers bédouins d ' Alger . tldtta~ . a t )arba€a t ) et avec groupement syllabique est la plus fréquente dans l'Ouest oranais et au Ma- On voit que. sabEtas (sba~tas). le groupement syllabique est. ~. tnIn u-~srIn tlatIn (tl atIn. pour quinze. variant entre R1 yR 2 R3 _ et R1 R2 yR 3 _ . très instable. t 1d ttas). pl .. -10 easra. alfayn tnas (tnas.amsIn v sattin sabdn tmânIn . b~msta~a5 . tl.asra . Au-dessus de 20 . qui est réduit généralement à bye. tm~nyIn tase.~)-mya -. tnas). ~amsa) satta sabéa à l'intérieur d'un même parler. -as.13 .. ou m1yya en Tunisie mya u . formes euphémistiques qui rattachent le nom à la racine séd qui exprime l'idée de "bonheur".Üt .1000 . mlayar (~layI r). et même roc .101 110 200 300 . 20 21 22 23 30 40 50 60 70 Ea~rrn .. mlayan (mlayIn) . .2000 plexes contractés.ê.174 . --mIt!n .. suivant les parlers et d'une façon hésitante . ' a. tdmnta~as . sabEta~dS ~amntâs (tdmn~as. dans l'Algérie orientale et centrale l'Est oranais connait tasE9d.9 tdsEa est la seule forme en usage en Libye. . dix . parfois tmanya dans quelques - 7 8 tmanya (tmanya) dialectes citadins du Maghreb. en Tu- nisie. ~abéIn (rabéIn) h. comportant. l'élément l:asar conserve souvent son f. la forme sans initiale ~ab~~ (rab~a) a~béa (du cl. 2000 les formes habituelles sont celles du duel : en -In dans la plupart des parlers -15 -16 (ùqmstas .milliard: malyar.- (tlatta).lat(a) -.-baE. ulüfat . . ZÜj u .-béIn.-ba€. mya. par les noms de l'unité suivis du nom de la dizaine.ta~ . Easar.17 -18 sattas (s9t~as) . ~das. dix-sept. mitayn.waJ:lad .4 175 .million: malyÜn. de Tuni. ou emphatique éasra.-ba~tas . tmânyIn. hamsta~ -3000 tla~ {et ses variantes)-alaf milliers: ulüf . dix-neuf. . m~ytIn.huit. tldtt~as â. dans des com- 80 90 . t. pour 200. Il est à noter d ' abord que .. ~mantâ~. -11 . ~at~a l...100 .14 ~tas (tlQ~.

. 2 . Elle est fréquente dans le Nord. waJ:"lda ~a.r. en bédouins. que la construction nom de nombre + nom peut être celle de l'annexion directe ou de l'annexion indirecte. -çlata-rjal "trois hommes". waJ:"ld-al-m~a "une femme". tnIn (tnIn). Dans l'annexion directe.ou) d-al-baqrat. L'annexion directe est la seule construction possible dans les parlers libyens. dont le choix depend souvent de la nature de ' la syllabe consécutive (ouverte ou fermée) "tr ois enfants I l . be classique.-aj.r-. de la notion comptée. -10 t:as.(t3mn-) . rya-) . ... Suivis du nom de la notion comptée L ' annexion indirecte prévaut a u Maroc.tamn. préposé au nom: wa~dd Fajal. . 13.177 citadins et ruraux.­ " cinq bovins". sabé-. etc. le nom de nombre conserve la forme qU'il a à l 'éta t absolu.al-ç)-bnat "trois fillettes". -~n dans nombre de parlers -ayn .. 1. le nom de nombre conserve souvent la forme qu ' il a à l'état absolu.- 5 6 - 7 bams-. sbaE. Mais plus fréquemment encore. bmds satt. comme en ara- waryad utilisé comme article indéfini (avec ses variantes waQ-. l'on doit considérer que la forme des numéraux cardinaux peut être instable . c'est wa~ad utilisé comme pronom indéfini et variable. les autres parlers . Dans l'annexion indirecte. .a -nsa " quatre femmes" . et tnâyn au Maroc et dans la région de Tlemcen.. qui ont été étudiés au chapitre du Nombre du Nom).çbt.dans des parlers du Maroc et du Nord- parlers bédouins en général. tsaf.a-nsa. suivi du no~ de 1 à 10 1 Il est. 2 3 l avec un équilibre syllabique hésitant (entre R vR R et 2 Rl R vR 3 ). Djidjelli par exemple).Ouest de l'Oranie. 12. avec une finale a plus ou moins affaiblie . Elle s ' entend souvent dans des parlers citadins et ruraux d'Algé- rie (Alger. ésa. suivis de mya (la construction de ces complexes sera étudiée plus loin). que du choix de l'une ou l'autre de ces deux constructions peut dépendre la forme que revêtent les numéraux cardinaux. tn~n en parlers bédouins . : talt-9wlad tlat (ou t. waryi-.ou) d-l-qwlad "neuf enfants". on peut aussi avoir les noms des numéraux Il . le nom de nombre revêt une forme en qu e l que sorte "allégée" (tant par l'abrègement de son vocalisme interne que par l'amputation de sa finale 2 ~ : zuj - A partir de 2 (si l'on met à part les noms des notions susceptibles de revêtir la forme du duel.300 etc. et il est suivi du nom au pl uri el (et parfois à la forme du collectif) : bamsa(mtaE.a (mtaé. au plu- riel: tlai:a-rjal. et les .9 tast. a.. avec les variantes tn~yn. 100 . tunisiens . tman- . -.Jl "un homme". invariable: waryd-8F.-.. ensuite que.8 . ou d-~l-bqa. tlat- ~nrn) a~bt.200.rabt. Dellys. 1. Là où la tournure de l'article indéfini n'a pas cours. enfin que. Elle est admise par tous Ouest oranais . tasé. entre habituellement en substitution de zuj .çbt:. dans les nombres composés.3 4 t"lt- (à l'exclusion de (talt-) . en -~yn. . dans les nombres composés 1 . a.

Soit pour l a datation de l ' a n née 1 395 ~la~a-m ya u-ba msa u . le premier terme n' e n co mporte gén éral eme n t pas l' a r tic l e : t l ata r jal "trois h ommes" .ar. ëasar) unit le numéral Cet élément de liaison est . t l attas . partiellement .ar .tmanIn " soixante . le Sud oranais . tsaé.mya u . .imanya u .a l-l')aj-Fat (ou d . f .. Nédroma) et en Tripolitaine: .nas " seize cen t" . le nom de la notion comptée est a u singu lier . " onze vaches l l . re n t n ' y a . myat . sbaEtas .j mal "dix. peu vent être mille trois cents ".il .tosé!n.rj a l.al .n .an d ans la plupart des parlers algériens .a l. semble.tam "douze ans l l .sa!:tas. -~ libyens (au Fezzan) : hdas .an. Noms de n ombre composés D'une fa ç o n générale .<3n (al .:B.sept chameaux" .neuf pierres ". Les formes demeu Il Lorsque l'annexion est i ndirecte . .bagra .ou) d..attas (mtaé. àrbéa-myat. : les u nités précèdent les dizaines: wa1. les mil l ie r s p r écèdent les centaines ou l es complexes précédents : alf u . tal !:.. et un élément de liai son (sans doute vestige du ~ de au nom qui le suit. personnes". e n Oranie (Tlemcen et tnas . ici et là .ld u .saber n " deux cent soixante . Notons e n fin que ~ . l.t. et le singulier dans le second cas .al .mya II Lorsque l ' annexion est directe.asrIn "vingt !]. identique à l ' article défini) : !:manl.huit hommes" .a! . .jmal "quatre ce n ts chameaux" .amsa u . ml:yy a II Les formes en sont les mêmes que pour le dé compte à l'état absolul et l'annexion de l a notion comptée pe u t être indirecte o u directe.a laf w.'~as (mtaE.jm. les éléments en sont re l i és par la conjonction de coordination u et un l l .çl a>ta.a n. forme du collectif) l')jâ~) : s.:nas-as. ~rbé rn.a .mya u. a r ) .tlatIn " trois mi ll e quatre cent trente .E.mya d . citadins .sbu la " dou ze épis ".-a}al "cent hommes arbta . ruraux et bédouins . s u ivant la même r épartition dialectale que pour les numéraux de 2 à 10 .as .al . les cen taines précèdent les dizaines : sab€a.t . et l I on constate . douze : ~dâs .yÜm " quatorze jours ".mar ra " treize fois l l dans les villes marocaines . et dans les parlers tunisiens et.jmal .( ta~ ­ -ar. " tnas etc . qU ' il ya des cas d ' assimilation de cet élément de liaison à la première radicale du mot (notamment q u and cet élément est ~.ou) d .178 de 11 à 19 179 Au dessu s de 20 Même possibili t é d ' annexion indirecte ou di recte que pou r les noms de nombre précédents : avec le pluriel du n om de la notion comptée dans le premier cas. ar dans le Sud marocain .mya .çajol"dix. mya d .t::am â l f u- Remar q ue s u r les compl exes numéral + nom Le complexe con stituant en arabe dialecta l un ensembl e se mb l a bl e au rapport d' an nexion . cents etc . pour former " onze cents. ai n si qu e les co mplexes uni té + dizaine : m~ytln u-b-amsa u .c en t soixante " .. qui peut :revêtir la forme myatll .~ .h u it ". que mya . Mais l ' article est suivis de mya " cent ".arbé.qui n ze " . la région du Nord de Taza (au Maroc) et en Cyrénaïque : arba.cinq " .sattYn "sept.kas "seize verres" .al l'dix. le nom de la notion comptée est habituellement au pluriel (ou à la celles de la série employée à l ' état absolu .

In-lmal mtaë.180 181 possible.: !:t amas sabae 7ème Sème ~ (ta man) tasaë. 9ème - lOème Easar . mais d'élatif. qui parait la seule en usage en Tunisie. tanas). Pour llème et parfois 1 2 ème. ~uwal). Numéraux ordinaux ===~============= rjal "les trois hommes rante chameaux l l .. revêt non une forme de participe actif. 9wwôl .i limes qua - hag-al-bams-eyyam l-owwlln "ces cinq cipe actif R aR vR . on entend sporadiquement ~ad8s et tanas (tanas. satt (plus rarement sadat). tala!: (tal"t) • falaf rabc:>t. l-arbf. owwla (gwla). le masculin est refait sur le féminin . 9wwlIn (owlIn) ~ ~ cependant qu'en Tunisie. en Libye. Reste . en concurrence avec sac::las. üla. le féminin soit refait sur le masculin . ainsi que le pluriel ~üla . variable en genre et en nombre 2ème 3ème 4ème Sème De deux à dix. pl. de même structure que le classique (~awwal. qui est habituel dans les parlers bédouins . et même dans certains parlers de Libye. pl . ils revêtent la forme du parti1. Pour 6ème. fém. c'est le complexe qui est alors considéré comme un tout susceptible d'être déterminé t-tlata- II . et qui est courante en Algérie et au Maroc. ll . fém. dans les parlers citadins et ruraux du Maroc et d ' Algérie. premiers jours". C'est Qwwal. mais 11 est fréquent que.1er le terme dialectal. fém .2 3 ~ ( tani) . il y a deux formes possibles : la plus répandue est sâtat. et fréquemment en Libye.

ra b E...-sdôs . aDura . al]l)ar. avec allongement des voye lles par souci de con servation du timbre (langue des partages successoraux largement connue du "vulgaire" ) 1/2 : n9~f. Numéraux fractionnaires ======================= ul. entre les types R vR R et R R vR . éusur. III. . pl . Easür ll " moins le. 9wwlani . la série des numéraux fractionnaires revêt généralement deux formes l'une "légère". ~ül. Il faut me n tionner aussi l'emploi qui peut être fait d ' eux .. sabi.çqb. et conservation hésitante du timbre vocalique .. ~ŒQrrn : f-l . généralement prononcé n9-?-? 1/3 1/4 1/5 1/6 : ~ûl particulier). .) ou Dans le s parlers du Maroc et du Nord oran ais. fém .:)ds . (t'Umn) (tBlt) . 182 183 ul d'après ula . tülüt (tülü t) çbat. deux adjectifs de type ethnique . dans la répartition -1 2 3 1 2 3 syllabique.Ç5wwal u .l . -çani-küsa "la deuxième fournée". ayant même sens que le numéraI : ?wwli. moitié" . tlct . et aussi le pluriel ülfn. Les noms de nombre de la sér i e ordinale sont employés comme substantifs ou comme adjectifs (épithètes ou attributs) .f . susceptibles d ' être mis au pluriel et au diminutif (notamment dans la désignation de monnaies. -F9 b t.IIla "la dernière nuit". EQS. . . on a tiré de 9wwa1 . un quart se dit gIr-. t. ES<'?f.7'bat. comportant indécision ."'çbl:. . s üdüs sbat:. taIt barns . la détermination du poids de matières particulières) . 3l1â-~ 9bé se réduit volontiers à lla-. tamn. labbar (du cl . 1/7 1 /8 1/9 1/10 tast. héri tée du classique par la voie " populaire ". Au-dessus de 10 . On notera enfin qu ' il est fréquent que qwwal.. l'autre "lourde". humus .r.. tmëJn. 'aD!r) . . . variablesen genre et en nombre. laf9~. la numération ordinale est or dinairement rendue par la série des nombres cardinaux . i. Formant paire avec 9wwa1 "premier". agglutinent l'article défini: l~wwal. invariables ..:-a "la première fois" .abbar lien premier et en dernier (lieu)". Dans nombre de parlers maghrébins (citadins en Mis à part le nom de la "demie . Les nombres fractionnaires sont. et refait sur son modèle. IIdernier" se dit généralement a u Maghreb dbhar. .. Le Tu- nisien connaît aussi lafb avec le même sens . tümun ( tümün ) tsa~t tüsüt. l'évaluation minutieuse de quantités . comme premier terme d'un rapport d ' annexion directe: al -ma~ç a l-qwwla. l]ums t suds . héritée du classique par la voie "savante". ornas . subt. subüe . noton s -l e. 9wwal-ma~. et leurs féminin et pluriel correspondants . .tU mn tu st. rübüt. .s.

az-züj au Maroc et en Algérie. l-arbéa.al -lIl. pour "midi'! et "minuit". jümad al-owwal ou lad. 'II .t. at-tlat. sayac:(ou say) -1-éas9. mtaé.mardi: nha:ç-dt-tlata (~t-tlata ) . sayaf. l . . en Tunisie et en Libye "dix minutes" . rbiE l-qwwal.. mtaë.. l-:atn~n (l.--at-tnIn (at-tnIn). al -j-:JmE. g~r-~ülu:t "vingt". 1atnIn) .. ~ü-1-qafda. shar dl-ft?~ ou -al-fit~ ou ~1-~Id-~9-~gIr.. at -~nIn (at-tn~n). avec r non emphatique. rbIE. Semble propre à la Tunisie.mtaë. . jümad-at-tani ou jümad. al-ryadd. rba~) pour IImoins le quart" : ~lata avec la variante alla-f9bL (alla-.al-lIl "de la nuit". ce soit la forme l-arbé.cH-mÜlüd.vendredi : nha. Les mois de l'année A côté de la série classique des noms de mois lunaires mUDarra m. l-arbEa. etc. tülü~. rjôb. Les jours de la semaine Leurs noms. l:aSOF ou éasQ:r. au Maroc nutes lt .al -OmI s.arba6. pour IImercredi".:-abf. qui prédomine.an.184 g~r-F<?bt. . (ou -E. (ou say) :-l-mûlüd. ~jab.sat:tln. elles s'expriment par dq~qa t-tani. pourvus ou non de l'article défini. on entend. pl . 2. dqayq. ramagan.dràj pour "cinq minutes".qsam pour "cinq minutes". .mtat:-la-Es1yya "du soir".. 59wwal.a. jümada 1 - jümada t-~an~. 9ww~l.al-yÙm (ou -an -nhaf ) .eslyya. ou bien Il semble qu'en Algérie et en Tunisie. l-ôtnIn en CyrénaIque et au Fezzan . qui les désignent (al-waryd a . mage. .< H-jUméa). sa~tIn en Tunisie et parfois en Libye. Pour "deux heures" on a généralement . dans l'ensemble du Maghreb.. dl~jrn (di~j~n ) QÜ. Quant aux fractions d'heure.a.l-~ajja. duel dq~qtrn.. IV.r a)..) avec la précision "du jour". et demie". jeudi: nha:ç-ôl-bmIs.r. qasmayn "dix mi- . n9~f (n9~~) .m -n q~f( an-n9~~) "la demie" : satta u-n9~!i "six heures Ce sont les numéraux cardinaux.Ç'-dl-j'a méa (. !?afar:. ramçan). mtae-a=?-~baD "du matin". Annexe à l'étude des noms de nombre 1. 185 (. f'bac. Les heures de la journée =================================== g~r-rbaE.t..asç.a. ~amq. . .lundi: nha. (Fumgân. Dans tous les ~arlers maghrébins. lée à propos des nombres fractionnaires .-atnIn. ~aEban. on entend at-tnas (ôt-~nas. . l-~aQad... mta&-la. sont . at-tnas ). at-t lata. pour désigner les quatre premières heures qui suivent "midi" et "minuit".dimanche: nhar-al-Qadd. samedi nhar-~s-sabt. et connue en Li- bye. hamsa u-:çbât.n~~f (n9s~)-an-nhar.Qb) signa"moins vingt"..u-rÇ5bt. l-arb~a.abE.. au Ma roc et en Algérie. sa6ban. .. la tournure ma~e-sata. . < .) pour "et quart" . ~s-sabt.. < lttlai~.. pour "minute". mercredi : nha+-l-a+béa.. .. 3.-<J~- ?bary. J . etc . .

fü. Tels qu 'il s se présentent . interrogatifs. §t3mbar.186 187 LES PRONOMS Est également d'usage courant. en particulier dans les sociétés rurales et pasto rales. dûjambIr. démonstratifs. une série de noms de mois solaires. Parmi les démonstratifs . d'origine romane. on range les indices personnels. les interrogatifs et les indéfinis. yÜnyu. yÜlyu (yÜlyÜz). Mais aussi des adjectifs.ça~. Les relatifs ensuite. kt9bar . awUssu ou gu§t. structure . Annexés aux noms. il se trouve de véritables pronoms . mais où ils ont aussi largement innové. ils jouent le rôle des adjectifs possessifs du français. ~ünambIr. Il en est qui sont réellement des pronoms : les indices personnels d'abord . et même ce qu'on peut appeler des tournures. Ce sont aussi des ligatures . des complexes ad verbiaux ou adverbialisés . relatifs et indéfinis . . yannaF (ônnayr). mayu. Nombre d'entre eux comportent des éléments proprement pronominaux dans la combinaison de leur Cet aspect composite caractérise notamment la série des indéfinis. du calendrier julien. dans une large mesure . du type Sous ce titre . lorsqu'ils sont indépendants ou suffixes annexés aux verbes et aux propositions . mafa~ (màgf"<J!1 ) . IbrIr. des substantifs . dont les formes connaissent de nombreuses variantes à travers le Maghreb. les élé ment s divers qu ' on range sous le nom de pronoms constituent une catégorie assez hétéroclite dans laquelle les parlers maghrébins ont recueilli u n e la r ge part de l'héritage a ncien. et ils peuvent à ce titre être considérés comme des particules .

sporadiquement dans le Nord ma r o cain.hnüman. b) A la deuxième personne du singulier . .~ . qui connait la même diffusion que ~ naya. peu de 9naya . très commune au naya. PERSONNELS . dans le Sud constantinois. forme alourdie . c) A la troisième ~e rsonne du singulier . à Tlemcen . ~ni .antIn (ntIn). du féminin Sg . heyya Ces formes sont susceptibles de connaître des variantes dialectales et de recevoir des éléments suffi xés. à côté de _~ (~) on entend - ~ (ntan). ani . oranais. A la deuxième personne du pluriel . dans le Sud tunisien et en Libye . parfois en Oranie. également dans le Sud constantinois (Touggourt par ex. na ntüma (ntuma).antüma~ (ntûman). qu ' on appelle souvent "augmentatifs" . on a très répandu partout . anta f. A la première pe rsonne du pluriel. à côté de antum (ntum). constantinois .antaya (ntaya) forme augmentée . on a d 2 3 3 m. où o n entend a u ssi - ~ ~na . éventuellement des formes allégées dans le Sud tunisien et en Libye . très nombreux sont les parlers (notamment ruraux et bédouins) . (~).188 189 . ayant éliminé anta . à Cherchell et dans le Sud algérois et constantinois . not amment dans les parlers sahariens . 1 ~ antum antiyya (ntlyya ) forme augmentée . A Tunis et dans l'Est constanti n ois . I ls revêtent deux formes : pronoms indépen dants et pronoms joints ou suffixes (ou s uffixes personnels ou possessifs) . un féminin maghrébin . .anti (nti). dans le Sud tunisien et en Libye. et aussi en L ibye. -antu (avec perte du~final) est une forme qu'on tr ouve dans le Sud tunisien et en Libye ..anta (nta).ant In a (ntIha). a) A la première personne du singulier. . anaya . dans les parlers bédouins de l'Est Maghreb . -In a.~. ilnti Pl. Un augmenta~if -In. yana . . Enfin . pour la forme commune aux deux genres . ) . un peu partout . A. variantes. s 'entend aussi. 1 2 ana m. anti est volontiers commun aux deux genres . . à côté de ~n a . qui distinguent le masculin . il existe . hÇiwwa f.

est de forme stable qtalni l'il m'a tué " . -a 3 m. et han. les formes du pro nom suffixe joint aux human. manna k "de toi" . ment ntuman sont en usage. b) A l a deuxième personne du singulier ak est la forme suffixée aux mots dont la finale est une consonne: qtaltak "je t'ai tué". ~ -i. là où hnüman . b. hanna. suffixé aux verbes. ~ yadd~k "ta main". les autres sont communes aux deux sections. mÜlak "ton mattre ll . pour le masculin .190 191 hu. pour le féminin. à côté de hum. 5g . A la troisième personne du pluriel. est la forme suffixée aux mots dont la finale est une voyelle: gatlük lIils t'ont tué". Joints aux verbes Joints aux noms Le Sud tunisien et la Libye connaissent égale- hümma. -k -~. à la première personne du singulier seulement . f1. On distinguera.ak . c'est. -ha 1 -na -kum -hum 2 3 a) A la première personne du singulier ni. 1 2 . huma.yya "en ya est la forme suffixée aux noms et prépositions dont la finale est a ou ~ : mülaya "mon mattre".üya "mon frère" . mEaya "avec moi". !fIann i "de moi" ~ est la forme suffixée aux noms et prépositions dont la finale est moi" l : ycJddlyya "mes mains". hi. i g~tlüni l'il s m'ont tué'! . Pl . . -h f. verbes et du pronom suffixe j oint aux nom s . est la forme suffixée aux noms et prépositions dont la finale est une consonne: q31bi "mon coeur" .

habbawhü-ln a " i l s n o us l'ont caché" .l ' articul a ti o n de l a finale en semi-voye lle. On p eut entendre .ah (parfois réduit à a) Parto ut. + prono ms s uffixes.h est la forme s uffixée aux mo ts dont l a finale est une voye l l e : qt<31tüh "ils l'ont tué". na~~Iüh. son t susceptibles d'y ap - porter des pertu rb at i ons d ' o r dre syllabique . d) A l a troisième personne du féminin si ngulier. sauf dans les parlers bédouins de l'extrême Sud tunisien et de Lib ye. qbdl + ak ) qablak " avant toi".ha : qtaltha "j e l' a i "d'elle".Jttu. dans le s parlers bédouins du Tell et du f émini n du verbe à l ' accomp li. Elle est commune aux deux genres partout au Maghreb . sauf dans les parlers du S ud tunisien et de Libye qui font . ou mou i llée: k Y• en se joignant a ux formes . é.at de" l a troisième pe r so nne du + dans les pa rler s marocains et de l ' Oue s t oranais.le red o ublement de l a finale .1. -Iw de s verbes d éfectueux.1. la mutation de l a finale . q ue dan s nombre de parlers rur a ux et même bédouins.hü : ~ "il l'a donné" . l a chute de l a voyelle brève: gatlt3k .at s uivant une ré partition dialectale qui a été ex posée au chapitre de la Syllabe (Phonétique). hum a u masculin . katbatu) "elle l'a écrit ". s u i v ie d ' une v oye lle b rève . yaddu "sa main" . han au féminin.at en finale . dans " e l le t'a. à l'exception du pa rler de Che rchell (Algérois'. dans les parler s de Tunisie et de Libye : n sawa k. ils provo- c) A la troisième personne du masculin singulier . une c o nsonne : qtal tu "je l'ai tué".aw . qalbha "son coeur". katbtu (k-atb. le suffixe n'e st jamais -~. tuée". la forme . On co n state le Sud tunisien et en Li bye. . il s placent la voye lle b rève (de .~ ( q ui a pour effet de fermer l a s yll abe) : q~ tlattak mais 9taltah . ~ Q[) Adjoints aux finales du pluriel . on a t o uj o ur s et par t out . . Œ) Ad j o int à un verbe e t s ui vi de l a p r épos i tion.u est la forme s uffixée aux mots dont la fina le est q u e nt une mutation syllabique et déterminent l'adoption 2 3 l d 'un schème R vR R : qtal + ~ ) qatl u "il l ' a tué" . yaddâh. mülah " so n maître" . mannah . nDQJ:1~w + h " enlevez -le". où le féminin est ma r q ué par une prononciation spirante de k : k. 193 Remarques Les pronoms s uffixe s à i n itiale vocalique ~.l'articulation de l a fi n a le en voye l l e : nsaük. . l a . mannah. galbah . -~k . dans le Sud constantinois ( Souf ) . mannu "de lui".ah (forme hi spanique ) : . aux deuxième ~~m .(-wa-) courante au Ma r oc et en Algé rie. en ~ La voye lle est généralement asso mbrie ~ Ad j oi nt s à l a finale . e) Les personnes du plurie l s o nt communes aux deux genres dans tous les parlers maghrébins. Notons aussi katbathü~'elle te l'a écrit" . nahhIwsh. - ~ - ~ I 2 3 Adjoints à un r adical de type R R VR . fIh "en lui". où l'on entend. la différenciation ~.192 fI'k "en toi". ainsi que dans le NordOuest tunisien (de la Kroumirie à la Calle ) . . après consonn e .~bbaü h (babba~h ) "il s l'ont caché" .at) en syllabe o uverte : gatlat + ~ ak . qa tlat Sahara o ranai s . l' a tué" ..:ahü-li "il me l ' a donn é ". et troisième personnes .voyelle termi n a le en pos ition ambiguë: n saw + k "il s t ' ont oublié ". Mais .. il s p l acent la semi .gtaltah . le pron om suffixe de l a troisième personne du masculin s ingulier revêt)d a n s nombr e de par lers. . -w3.

mIs . ana ." : mani . suivi de pronoms personnels . hâyka "le voilà. ~ .5) manIs . Elle marque éga- suivi de pronoms personnels . etc. tu es. élément démonstratif . mahu (maw) .. soit . articulation très courante en TuniSie . un élé ment démonstratif ka vient parfois s ' adjoindre à haw . suivi de suffixes personnels. etc . On en parlera au chapitre de l'expres sion de la négation. ra + ni .ranI . que tu sois. " ou "voici que je suis . de la flexion des pronoms personnels .la variante raki j sonne du féminin. . ~ avec parfois.-.~akd~ . mana . au si. l'amuissement du h initial: ani . ma. dans les parlers qui différencient le genre des deuxième et troisième personnes : masculin ~ . rah . du verbe IIvoir" . mahIs (ma ys ).. mums . suivi du pronom suffixe : ~ +~. makums . etc .H ( . ~a. et au plu- riel. on le verra au chapitre des Démonstratifs . sert à former une série flexionnelle exprimant l'idée négative de l ' existence pas . rahum (rawm) féminin . " ou "ce n ' est pas que je sois .si ( . rahum partout ailleurs . te voici . mahi (may) . la variante Fahu (raw) . sert à constituer one série f l exionnelle analogue à la précédente. rana . ou plus exactement "me voici.s . forme une série flexionnelle (qui se conjugue comme un verbe) mar- quant la constatation expresse de l'existence: "je suis . ~.là . ma-rak . maks. ahi (~) . mahum (mawm) . ~ + ra + ota ..müs . hahi (hay). etc. b) Dans tout le Maghreb . mis . complexe qui peut également être suivi . Le complexe s'apparente naturellement à la série de démonstratifs dont la v~riation. et c'est le cas le plus fréquent j de la négation acces "je ne suis tu n'es pas .s . hahu (haw) . mahü s (maws) . makum . à la deuxième personne du féminin. etc . I l est au Maroc. hâwka . c) Dans tout le Maghreb . ahu (aw).nta.en genre et en nombre .-aha . ~ . ~ta (~) . suivi du pronom personnel indépendant ana. mais avec une valeur présentative ou démonstrative plus insis tante encore "me voici.n gulier. d) En Tunisie s'emploie aussi une série flexionnelle. Les troisièmes personnes du singulier et du pluriel sont parfois contractées en . ma-~a . la négation ma .Fana . que tu es. etc . série qui comporte parfois . akum .-akum. soire . soit Fani . " .~ana-s . etc .. rantum. mak . lement la constatation expresse de l'existence . " .i) ma . hahum III. sans doute impératif hay Aux troisièmes personnes du singulier. am) . hak. dans le Constantinois par exemple . .~ . Fahaon . de même sens que la précédente . te voici pré sentement . la variante ~ahi (ray) . la voilà. S~~~~~~~~=~~=g~=~~~~~~~~=~Q~~~g ~~g=g~~~~~g=g~~g~QQ~~g (hawm . mums . ham) . etc. hana .194 195 hani . ahum (~wm . " : . ~ . ~ . constituée par la négation la L'expression négative comporte l'encadrement de ce complexe par ma ••• . manas . tient ses caractéristiques. à la troisième personne du à la troisième permasculin . hakum . mahums (mawms). a) Dans tout le Maghreb. ak . etc . où l'on constate même l'abrègement de la voyelle longue : mus. . etc . là" .

- r~ani. ~ajal. dak-a:çMais très souvent -- gak et gIk sont en usage sans caractérisation du ----. qui a l a v a l eu r d'un ad jecti f signif iant "qui n'est pas bon. . lak. etc . . .lani. etc . ici et là. tendr a ainsi . éventuellement 1. . ha-l-çyyam "ces jours". haq-an-nas "ces gens" .". B. qui est panmaghrébin.ajal "cet homme". invariable.s et un p luri e l ma-m~nhum-s . qui a cours en Tunisie et en Libye : ha-t-tfçl "cet enfant" . ha-l-bant "cette fille". .-a "cette femme". complexes) acquièrent une manière de flexion verbale en a dmett a nt l a suffixation de pronoms pe r sonnels . pl . r~ ak . On dis- ma-damni " a u ssi longtemps que je". etc . Q~k-al-m~a.196 . 197 lanIs. variable en genre et en nombre -.. wënni. laks . gak. fém .ou g~k-a1-waqt . . il est parfois variable . .. etc.. · et les démonstratifs dans l'emp t o i de pronoms. -Quk-an-nas.. mauvais l1 . .. Il emploie aussi. . . lia ce moment". a vec un féminin ma-~nha . .' ~ tinguera le s démonstratifs dans l'emploi d'adJiectif s .ma-mannu-s. du démonstratif proche hag (had) haq-aç-r. f ) Très usuel en Algérie... hac1-al-m.watranni "évidemment je" . .lamkanni "mais je". k.." où suis . "si je suis . €:amm9Fni "j ama is je ne". en Tunisie et en Libye . fréq u emment On en Les formes en sont nombreu ses et procèdent principalement des éléments démonstratifs qui so nt fondamentaux en arabe : h.-.. dIk peuvent servir. Po ur exprimer la démon s tration lointaine..l~kannit l~nni Iisi j ' étais " --- . mais on a généralement recours à .-.je" fayni .barkani "c' es t assez pour moi". est le complexe . invari ables en genre et en nombre. b) postposé au nom. e tc . Q. qük. DEMONSTRATIFS e) Un certain n~mbre de termes (noms .hak.ha. - . mais employé et compris ai lleurs. part icules . haqIk.- genre : qak.hagak. Ad jectifs L'arabe maghrébin utilise très généralement a) le s formes préposées au nom. haQük. si tu es. le démonstratif a toujours une forme variable et connait la même diversité de formes que le démonstratif employé comme pronom. qui n e vaut rien.

haQ91 . dans les mêmes conditions que précédemment. sous la forme ha l-ja. fém. variable en genre et en nombre. est tunisien . usuel en Tunisie. il est possible de constater un amuissement du h initial. hale féminin haQün.. hakay. hawka. ainsi que hawqa (hawda). _ haka. hagryya. qui s'entend dans le Nord constantinois. et. hakaya. awënhum. On notera que souvent . démonstratif très corroboré. avec le sens "c'est lui. Appartiennent en outre à l'emploi pronominal .ha. Le pluriel est partout Mais dans les _ hawgak (hawdak). fém. t . pl. avec les variantes à augment hagaka. également susceptible d'être emphatisé comme Le pluriel est hagûk . Des formes augmentées peuvent être entendues dans ces mêmes parlers. hagüna. fém. c'est celui". tunisien . fém. les vari- hadakkah. et aussi ahu. pour le démonstratif proche. pl . les formes haQQIQK. pl. ctest - ha~a. on fasse précéder et suivre du démonstratif le nom. Les parlers libyens r~nnaissent également _ haQahah. . hawwagak. fém. hag-(ha-)l-m. hadIhah.a hagIk. hagQIQkkah. pl. hagüma. hagIkkah. hak (ani. hayga. hamgIk (hamgak) pour le démonstratif lointain . ahan. souvent prononcé avec emphase dans la Tunisie .. hagIkkahan (ou hadanakkah) "c'est celui -là qui" .wenhi pl awënhum. et dans les parlers de Libye. ya. ahum. pl . hammagûk. Pour le démonstratif lointain. hagikan. constantinois. haQQka . haygIk. .hakad-daEwa "voilà l'affaire". hagqla.198 199 les constructions où il est pourvu de suffixes personIl est fréquent que. inchoatif d'une proposition nominale uvoici u : ha l-bI'ad "voici le pays". hâ~âya. pour toutes les formes qui précèdent. Collo) connaissent _ d hûma d-i>l-l]awa "eux ce sont les frères)". hada : haqak . hak alli (al-) ~ "le voilà qui est venu" .(= ils sont frères . le pluriel peut connaître les variantes suivantes güla. Pronoms Pour le démonstratif proche. hacjala. ctest . • antes haguka. hak "vOilà"-:. ha~le voici". nels hani. hagay. fém. fém. sans doute d'origine berbère d-ana uc'est moi". fém. hakum. ak) etc .hagâk. hamga. hadanhah "c'est celui-ci qui" . avec les formes augmentées. masc.h u. fe' m. C'est le même élément démonstratif qu'on trouve dans Les parlers algériens de la Kabylie orientale (DjidJelli. hagika. courante en Tunisie. hakly- toujours déterminé haga. parlers bédouins du Sud algérois. haQ9lhâh. ainsi que a . fém. pl. . hagânak sont particulières à la Libye hak. hagu. dans le Sud algérien et en Libye. fém. fém. ha IIi ja "voici celui qui est venu". et en Libye hagüm. -----. hakqma . est fréquent en Algérie dans les parlers citadins et ruraux. dans aWyn = le sens "le voici qui" ou "c'est bien lui qui". fém. féminin hagik . haki. haku. hâ~a hagi. pour une démonstration corroborée. fém. hayyagIk. invariable. ahi. fém. rurale et bédouine. fém.

avec les formes contractées as~m dis. dlman. précédé de prépositions. ~~ douins . 'ayyu ~ay'-yakün). ainsi que saddi ne semblent être connus que dans le Nord eysan . ~éIman (mtaman). dyalm~n. il. mea-skün. notamment tlemcénien. mni. est algérien.am". as et wa~ sont parfois suivis de la ligature ma . wa'sannak "comment vas-tu 7 " à Laghouat (Sud algérois) . il est souvent précisé par les pronoms personnels huwwa (hu). parfois élargi en ma-ga. s'exprime . où was. (hüma) • Ne sont pas moins en usage Pour interroger sur les personnes.fITTlan. . il revêt . (§nu).~. a~nhlyya (asn1yya).ù.ma. hryya (hi). souvent pourvu des pronoms personnels : wasnu.bq-skün.0 201 Pour interroger sur les choses. a~ta. etc. wa~-ma. où l'on connaît aussi wasan. mtaéman (ntaëman). 13-skün. hum (hüma). ~an -v -\1 façon suivante: .dlyy.n). et sous une Eandman. habituel en Libye. hum (huma) Libye on entend mnu. elIman (. Précédé de prépositions. das.aSan s'entend au Maroc. en (s) en Libye . etc. wasanhum . surtout dans les parlers bé. en tête d'une phrase interrogative. on peut recourir à C. etc. man se présente de la parfois la forme am#n chez les bédouins d'Oranie . volontiers pourvu des pronoms personnels as~nhuwwa (asnuwwa). fldmman. .20. qui est utilisé et compris partout. complexe qui peut avoir le sens de : IIqui est-ce qui 1" . wasni.wah dans les parlers du Sud algérois . on emploie m~n On l'entend aussi souvent pourvu des pro- noms personnels ma-huwwa (hu). s . bé>mman. skün « cl. forme allégée asnu (snu). qui est en usage dans tout le Maghreb. "Quoi 1". a~ni (sni) . ~uwwat famman.a§ dans tout le Maghreb. lIITt'dn. wasta. Très fréquent aussi est aSkün.as-ma.bIman. signifie "est-ce que 7") avec la variante . semble propre au Nord constantinois (Djidjelli et sa région). il est très usuel aussi en Tunisie. ma-h!yya (~)t ma-hum . . souvent aussi sous la forme dans tout le Maghreb. . mnam- constantinois .was (sauf au Maroc.ma . INTERROGATIFS . série qui alterne avec la série où m est redoublé après voyelle brève man. assez exclusivement dans les parlers citadins et ruraux. u). Précédé de prépositions skün semble surtout possible dans les parlers du Maghreb oriental et dans les parlers sahariens . htyya (hi. lamm~) n. manhum. s 'entendent dans les parlers bédouins d'Oranie et du Tell algérois. parfois renforcé par huwwa (hu.

~yyat-) dans les parlers conservateurs . flyyas. blyydS. . ~yma (bédouins de l'Oranie et de l'Algérois). . Observons enfin que les termes interrogatifs sont souvent employés avec valeur exclamative : ama ~ajal huwwa "quel homme est-ce 7" et " que l - ~yydn ~ . il est généralement suivi de la préposition man précédant le nom indéterminé : ~yy = combien 7" . c'est ama prédama à Djidjelli (Nord constantinois) cédé de l'élément démonstratif d.ama est algérien et tunisien. w~n­ hi(yya). manière. 203 généralement en les combinant avec le morphème interrogatif -as: bas. Nord algérois) . anum propre au Maghreb oriental . suivi du nom indéterminé ou des pronoms indépendants. ama-huwwa (hu). ama-h1yya (hi). temps etc. fas. was-man. Précédé de préposi tions. est assez général dans tous les parlers maghrébins . homme c'est!". semble : . de su.). ama-hum (~üma). mnlyyas etc. mnas etc. dans les parlers bédouins.ana. le terme interrogatif est plus volontiers suivi de la pr~position WaSt etc. ana-heyya (hi) etc. sübas. "quel. w~nhum. amma (Oranie). dans les parlers citadins et ruraux: ex. avec les variantes rma (Constantine). (à Djidjelli. forme - süwwa~. il est variable dans le Nord tunisien (Cap Bon) . wa~ta.) peuvent être employés avec valeur interrogative suivis du morphème -a s (-ah dans les parlers bédouins d'Oranie et du Tell algérois ) : qé)ddas "quelle taille est exprimé par .. suivi du nom indéterminé. sûf suwwasta. "vols" pourvue du pro- nom de rappel : ama dar saK~n fIha. le complexe signifie plus particulièrement "lequel. L'expression "je ne sais quoi" s'exprimera en Oranie en faisant précéder abrégée de l'impératif suivi des pronoms personnels . laquelle. ana-huwwa (hu). Ce qui correspond à l'adjectif interrogatif On peut encore noter qu'un certain nombre de termes (taille.as-m3n. C'est l'ori- man-da. semble propre aux parlers des bédouins d'Algérie.202 w~n. lesquels 7 ft . Pourvu éventuellement des pronoms personnels. wama (Cherchell.~. w~nhu(wwa).ç "quelle maison 1" en Libye . lequel" est généralement rendu par le complexe préposition + terme interrogatif. gine de nombre d'adverbes interrogatifs.~yy (rarement variable : au féminin ~yya. ani. f-ama dar saktl n "dans quelle maison habi te-t-il 7" .~yna dans le Sud algérois .

mais ma ne se combine guère qu'avec ela : Ela-ma. m-alli (mn-addi. à 1. f-alli (faddi) . alli (addi) est seul en usage: a~-sii\y a11i (addi) qUlt-lak "la chose que je t'ai di te ft • Fréquemment. à l'exclusion de ~ : :aF-. Précédé de prépositions. : mn- rant que ~lli. c'est la forme habituelle du relatif dans le Nord constantinois (Djidjelli. 1.a envisagés ci-dessus : ma (alli.204 205 D. mn-alli. notamment au Maroc. b) En construction corrélative. c'est-à-dire en proposition relative et se rapportant à un antécédent dans la phrase principale. qui est d'un emploi général.) y -" interrogatif à l'emploi relatif: ment possible de alli (addi) askun - ja "je ne sais qui este-ce qui) venu". celles) qui. en concurrence avec . Précédé de· préposi tians. d+-. . et s'entend à Alger. ceux. parfois réduit à li. RELATIFS 2. Pour les personnes a) Dans l'emploi absolu "celui (celle. passe de l'emploi interrogatif à la liaison relative. à ~. Collo) (811i. en tlemcénien et dans le Nord constantinois : al-tam alli fa~ msIt "l'année où je suis parti". c'est alli (addi). man se présente comme l' interrogatif de même forme.en combinaison avec une préposition.a11i. avec renforce: askün alli (eddi). l-a11i (l-addi). qui". . a~. addi) iJ:labbni itabbaêni "qui m'aime me sui- ve".en Tunisie. ce que".t. On distinguera le relatif pour les personnes et le relatif pour les choses. précédé de al l i (addi). Pour les choses a) Dans l'emploi absolu. alli (addi) forme les mêmes complexes que lorsqu'il désigne les personnes..çajëJl IIi lq~tu "l'homme que j(e l'lai rencontré". 'df'-. addi) tqul-li nqül-Ia k "ce que tu me diras je te le dirai". qui est courant. b) En construction corrélative. on cannait dans tout le Maghreb -~.en Tunisie . alli (addi) forme les complexes b-alli (b-addi). Eventuellement askün (skün) ----- peut passer de l'emploi ma-na~+3f-s -. addi (parfois réduit à di) qui est usuel au Maroc et jusqu'en Oranie (Tlemcen) Dellys . avec le sens de "ce qui. m-addi) etc. mais moins couparfois réduit à li.addi (di) dans les mêmes parlers que ceux que l'on -.ajôl IIi ja "l'homme qui est venu". on connait partout au Maghreb -~.:-ajal IIi amant ffh "l'homme que j'ai confiance en lui (= en qui j'ai confiance)".

singulier ou pluriel. kull. affaire" généralement précédé de si.Qaja "chose. adjectifs ou même éléments invariables ou adverbiaux. proprement "tout qui = quiconque" : kull-min yaémal yalqa "quiconque fera trouvera (la conséquence de ses actes)" . mais qui appartiennent en fait à des catégories variées du langage.lad. u~Idat dans les parlers bédouins. ~yya-m~n). fém. qui est susceptible de varier en genre et en nombre. Quelque chose On recourt habituellement à s~y ou si. as iqùI l-wa~ad (ou bien Quelgu'un C'est waQ~d. proprement "fils d'Adam" .206 207 E. uryIdIn. et aussi ~ dans les parlers bédouins. avec une nuance d'indéfini soulignée "quelqu'un Cd'aventure. qui possèdent en commun le caractère de l'indétermination. uQlrydat dans les parlers marocains et certains parlers citadins et ruraux d'Algérie. Constantine) précédé de ~i~: kas-wal.waQôd. quelquefois par la 1ère personne du pluriel vI qalu. pl. ~yy-man (parfois fém. l-ansan "l'individu" . u~Ida . habituellement par la 3e personne du pluriel. pl. Djidjelli. qu na " on a dit" • Il est souvent fait recours à bn-adam "on". substantifs. INDEFINIS Sous cette rubrique. fém. qui s'entend sporadiquement man-ma. hadd (du cl. mase. fém. fém. distinctement ou tout à la fois pronoms. un petit nombre den. comme waDad . quelque(s) petites).t erminé. u~I~da. plus fréquemment dans les parlers bédouins alll-huwwa. wa~da. Alger. ~ --. un certain. warydIn. minutif : u~Id.-waryad et ryadd peuvent être précédés au Maroc et en Oranie de 51. qui renforce la valeur d'indétermination: 'sI-qaja. panmaghrébin.: sI-wapad. u~IQad. fém. fém. skün-amma s'entendent au Maroc. . 'fT signifiant "quelque ll : s~-draham " l que argen t U que . proprement "chose" . ~aQad). Dellys. wa~dat. Parfois on le trouve dans des parlers citadins d'Algérie (Cherchell. 'SI-nas marque le pluriel : "des gens . etc. qui peut être suivi de man-s9~t. vaque) du verbe. sI-t)add "quelqu'un.flan. Qui gue ce soit ll L'arabe maghrébin rend le sujet (indéterminé. ou de complexes. On notera aussi que ~ peut revêtir la forme du di- On emploie encore avec ce sens . on groupe traditionnellement un ensemble de termes. pl. un quidam" . avec le sens "un petit quidam. si précédant un nom. m~n-~a~f.<>llI-hryya : "l-m. manwala. indé. si cela se trouve)lt.-a lll-hIyya "n'importe quelle femme" à Cherchell. flana correspond à "un tel".

en réponse à une question positive : ja-si wa~ad (~add) 7 Le terme essentiel pour désigner la totalité (ensemble de notions dénombrables) et l'intégralité J.~y . ~atta-wali est libyen. ryaja. et invariable préposé au nom : man-blad . la-~add. wali. tal -ma: nhaf-amma. walu. ainsi sI-haja que ~yy-ma. mahma-ma "quoi que ce soi t")"n 1 im-- il est volontiers précédé de ~ kull-ma. à ab9f. tanya. aOFa. avec valeur négative. variable. Oulad Djellal). 9b~~n. est propre au Nord constantinois Oi.qui s'entend au Maroc infiniment plus que les autres termes. tladd. ~ la-wal)ad. waqt-ma "à quelque moment que ce soit". Déterminés. waqt-amma.ar waJ. ~atta-sh. et Tanger éventuellement yaQ9f. proprement "tout ce que" : kull-ma yatmal "tout ce (quoi) qu'il fera (::::: il aura beau faire)" . "quoi qu t i l en soi t porte quoi ll ll . Il est postposé au nom et sonne. fas-amma. pl. l-a09+ etc. est .n" . est également usuel avec cette valeur parallèle.-- t:anya. man-'tani-blad "d'un autre pays" . La négation la peut souvent précéder ~. yahF~n. dans sa diffusion. soit non redoublé dans le Maghreb orien- Un. Personne Le maghrébin se sert de wal). aba+. Alger juif connatt ahor. autre On oppose naturellement waJ. très souvent renforcé par ~ "jusqu'à. un environnement négatif. abç~n . ma l-Il-'!bham) est conservé dans nombre de parlers maghrébins. adverbe postposé au nom.ldd.208 209 Quoi gue ce soit sonne". L'héritier de ma d'indétermination absolue (cl. Ces mêmes complexes figurent.latta-ryaja.'a ill-huwwa.ad. la-wall. 9Qçat c'est dans le Nord et le Sud constantinois (Djidjelli.. fém. que ce soit U . Qv~a. qui est variable post- -posé au nom. tous termes qui figurent généralement dans glaf. ahçç.lad Vlaf "choisis un autre". yahça. Souf. . J. On relève en Libye pour "autre" lani. ces termes sont l-wal)ad. on l'a vu. tanyln.yy. soit redoublé dans le Maghreb central -amma. nha:. w~n-. surtout dans les parlers bédouins. ~ ahqça.--ma "quelque jour. mais qui est employé dans toute l'Afrique du Nord. à ~yy-man mahma. qui le précède: I:latta-wal)ad. w~n-t fas-ma "où que ce soit". pl. allI-hlyya : kalma I I i hlyya "n'importe quelle parole" à Cherchell. fém. même".latta-waJ:1ad (l:ladd) ? "Est-il venu quelqu'un? - Per- . courant en Tunisie dans les tournures mahma kan Le terme habituel. ~atta-~edd. pan maghrébin .

b-kullhum kùll déterminé par un nom singulier pourvu de l'articIe: kùll-an-nas "tous les gens". b-al-kallItIk. "ensemble" : jaw jml€. Certain En l'opposant à killl "tout. an-nas kullhum IIl es gens leur ensemble (= tous les gens)" .-an-nas. kullathum. proprement "jusqu'au fond" malade" . On peut aussi employer kùll suivi d'un nom au duel ou au pluriel (désignant en fait non une pluralité mais un ensemble global d'unités) : ktill-yÜmayn "Chaquel Il est alors premier terme d'un rapport d'annexion dont un singulier indéter(= toute la jour(= ·née)". kull déterminé par un pronom suffixe ----c---' al -mdIna kullha "la ville sa totalité (= toute la ville)". en Tunisie : killl manhum "chacun d'entre eux". fém. chacune" . On distinguera quatre constructions possibles de kull : . kull-an-nsa "toutes les femmes". "tout à fait kamal. küll -waryda "chacun. killlât. kull-blad u-Iügatha " chaque ville a son idiome (propre)" . On peut encore employer .210 211 (ensemble de notions partageables) est kUll. dans certains parlers citadins et ruraux. totalité.kull suivi de man. kull-~i. kamlln. kamla. susceptible de recevoir des augmentatifs : b-ai-kalilt b-al-kallItak. avec assimilation de l'article. an-nas gat.kull-s~y. le féminin kullat : kullotha. Le complexe peut être également précédé de préposition : b-kullha. pl. gaf. . en apposition à un nom pourvu de l'article défini: annas ~l-küll "les gens la totalité (= gat. jml€. se prononce souvent kalI. m-F~q gaë. tout à fait" : cH-mdIna b-~1-kul1 "la ville en totali- té" t an-nas b-al-kull "les gens dans leur totalité". dans certains parlers citadins et ruraux d'Algérie.~l-kullryya "la totalité". fém. Il garde toujours sa valeur originelle de substantif. complètement. proprement "complet" : an-nhar kamal "le jour étant complet la nuit)". ~~~ b-al-kull "tout à fait maladelt .fâjal U-~~Etu "à chaque homme sa nature" .Kul! déterminé par l'article. baéi. il est alors. Ca tous les) deux jours". Il peut être précédé de la préposition b.: b-al-kull (b-uk-küll) et devient alors un véritable complexe adverbial ayant pour sens "en totalité. "absolument tous les gens". ensemble qui peut même être déterminé : al-b-al-kalIItak . ensemble".. miné est le second terme : ktHl-wal. al-kull "le tout". souvent kull-as (kalI-as) dans certains parlers citadins et ruraux.. al -IIla kamla "la nuit étant complète toute tous les gens)" il se présente souvent en Oranie et dans les parlers bédouins d'Algérie sous la forme dk-kull. à Tlemcen et en Libye. le maghrébin se sert de bllEg (bac<!. avec. "ils sont tous venus". "chaque chose" .a §hur "chaques(=tous les) trois mois".) proprement "partie. kull-. à Tlemcen kulla-yÜm "chaque jour" . qui. ChagueLe même terme küll (kalI) va exprimer la notion de totalité distributive. portion".lad ou kÜII-J:ladd. en Tunisie : kullât u-qasmu "chacun sa part" . qui garde ' da~ombre d'emplois . kull--çla.

~ déterminé par un nom au pluriel en rapport d'an- le numéral "un" . complexe qui est courant au Maroc et en Oranie : yamnu fI-bat:. baég non répété. et à Qat. nexion.baEç par là" . ~ryfa. ou non pourvu de l'article baéq-klab "des chiens. ensemble)" nel: du pluriel. dans une construction fidèle à la langue classique : yam§iw me. fém.-ajal a!}è. qui sert à exprimer la réci- étant répété. dans une tournure qui semble inconnue des parlers . ba~~ sous la forme baê~~t. "ils ont une seule et même (= la même) Les uns les autres C'est encore procité : baé~ bae~ mosquée" . suivi également d'un nom en rapport d'annexion: éandhum nafs-l-amwal "lIs ont la même fortune". ba~gahum t&b~ni uf'â-b~dahum "ils m'ont suivi les uns derrière les . déterminé par un nom au singulier en rapport ---"-'- --- d'annexion: nuqEÇld baég-waqt fI-tünas "je demeurerai quelque temps à Tunis" . fi -E. fI.â-ba~hum baE."la partie ( .>. : de l'Ouest maghrébin: yam~Iw mea-baé~ "ils partent les uns avec les autres ( . +Q~ pourvu de suffixes possessifs. ba~akum. baéd sous la forme ba~dâ pourvue des suffixes personPour marquer la différence.d "ils partent les uns avec les autres" . mais est d'un emploi classicisant b. qb~~n . complexe qui est surtout en usage dans l'Est algérien et la Tunisie centrale . baEg déterminé par un suffixe personnel : baedo manna --"-'--.baedo manna "une partie (de lui) par ici. postposé au nom sens". constructions : baf. dhUTii" invariable.~ On le trouve dans plusieurs bat. pourvu de l'article défini: baëg-an-nsa "certaines (des) femmes" .wa~ad.. précédant le nom indéterminé : éanfard-jamaf.. tournure usuelle en Tunisie._.~nu "dans (le fait) même".q~yathum "ils ont confiance les uns dans les autres". m~a . une autre . nafs. Même La notion d'identité est rendue volontiers par bàe~~yat. E~n précédé de ~. Cette notion est proche de celle qU'exprime le réfléchi pour lequel on a recours à nafs. "une partie" ou al-baé9. indéterminéjou déterminé par l'article. et pourvu de suffixes personnels s'entend aussi. Qb~at . ba~~ suivi de la préposition man introduisant un nom ba~ au pluriel mn-c3n-nsa "certaines femmes". tous termes qui seront examinés au chapitre des adverbes et locutions adverbiales.anor. pl. wa~da.ç "un autre ba~. bà~kum é1â~ tUbÇ~9 "pourquoi vous haIssez-vous les uns les ausans pronom suffixé et précédé de tres 7" baE~ non répété. avec pronom suffixé . fém. On peut aussi utiliser f~rd.é.~ autres". que l'on a vu à propos de "autre" opposé à "un" : . certains)" iqülu I-ba-6~ "c'est ce que disent certains" ~a ma suivie des suffixes personnels du pluriel.~nu. on peut employer .212 213 sa valeur de substantif .. quelques chiens" .

wâ~dânlyya.ldi. qui ne saurait être plus résumée. au Maroc. b-warydI~k "toi-même. signifie "autre. b-waQdIk. et au reste mal exploré.. u~Id. Signalons aussi la tournure.waryd-. pl. fém. warydIti. Ce que l'on a groupé sous la rubrique "Parti- warydu. w~rydah. différent de" se rend plutôt généralement par g~r suivi de suffixe LES PARTICULES personnel ou de nom "quelqu'un d'autre que toi" . Mais la limite C'est. différent". avec les exemples qu'il a paru nécessaire de donner pour préciser les formes qu'elles peuvent revêtir. expression du temps. Le terme le plus courant. usuel en Algé- rie. abranIyyIn. tant sont nombreuses les créations dialectales dans le domaine des ligatures et des locutions. "Seul" dans le sens de "solitaire" se dit un peu partout wâQdâni.nlaf. : jIt ana waJ:ldi "je suis venu moi tout seul" . sition b.wladu "il est venu seul (rien qu') avec ses enfants". watt da i?b. frId. . parlers du Nord constantinois . warydak.-a. Enfin l'on examine les adverbes et locutions adverbiales : expression du lieu. selon une distinction souvent malaisée à établir. mais aussi "dernier n • La notion "autre que . Il serait certes possible d'accroltre l'importance d'une telle étude. ab~ani. ensuite celles qui subordonnent. b-w~hdâk.. etc. Cet outil est susceptible de recevoir des augmentatifs dans les waQdIk . Il est souvent précédé de la prépo- wal)dItak. warydha (ou ü9ddha ou watt~adha) etc.ça. Le chapitre des particules est un peu un "fourre-tout". "une autre" se dit ou wâhd-Çioça . wa~d• rejoint fard dans le sens de cules" ne compte que l'essentiel d'une matière considérable. panmaghrébin. pourvu des pronoms suffixes: . ~êJl)d 'ak. est . Leur font suite les conjonctions et ligatures conjonctives: d'abord celles qui coordonnent. l'ensemble des parlers maghrébins. aŒ~anryya. Elles sont présentées sous la forme d'une simple énumération. etc. un monde sans dimen- . wâQdânlyyIn waQad. dans entre ce domaine et le monde des expressions et des tournures apparait alors extrêmement imprécise. expression de la quantité et de la manière. . d'un emploi général en Algérie et en Tunisie: ja bIh b-ç. On y parle d'abord des prépositions.w al. par toi-même. fém. sion précise. ou wal:'da-V. pl. toi tout seul H Notons que "seul et même".214 homme" .: b-waQdak. wahdIh. qui s'entend dans le Constantinois "autre que moi".

bi est usuel dans bl-llah(!j . Particule de serment.: m-ad-dar "de la maison".la. bIhum.aks "au contraire". le féminin .rnan. devant suffixes personnels. f!-bladna ou f-bladna "dans notre pays". fI-uganha ou f-ud. ~ Notons aussi la tournure.ada ou f-lEada "d'habitude". ~ssi bien spatiale que temporelle et figurée . fIkum. la valeur très extensible d'une caractérisation. fI). c'est mn. fIh. la voyelle est toujours audible. Mais il en est une que la langue littéraire dénote et que les dialectes ne semblent. tous les complexes prépositionnels en usage au Maghreb. PREPOSITIONS laha . On l'entend volontiers devant un nom en position de syllabe ouverte (c + v).. le choix entre les unes et les autres étant naturellement arbitraire. toutes notions déjà attestées en arabe classique. bi) est le plus souvent amuie de(= vant les noms : . elle revêt habituellement la forme . fIna. dans de nombreux parl~rs. qui semble assez répandue au Maghreb. flha. bIk. par ses enfants".216 217 est parfois baha (et de même pour f1- A.rQ "dans sa maison". fI-l-€.: mn-al-OQf "de peur". rn-alli "de ce que. puisque" • l-bab "de porte en porte".aryam "i'l "par Dieu". bIna. Devant noms à initiale consonantique.bi : Outil "instrumental" par excellence. ou encore la matière (dont une chose est faite). mais il arrive également qU'elle s'amuisse en toutes positions: fI-daf9 ou f-da.fi : Exprime la localisation sans mouvement "dans". l'origine. où bi est répété devant deux termes : Etudier toutes les prépositions. (cl. Mais il est fréquent. fIn "où 7". La voyelle est ~ (cl. n'est pas à envisager dans le cadre nécessairement restreint du présent exposé. b-çwladu "avec. b-al-t. est venu (lui) avec Myriem". assez stable. que la forme se réduise à m.mha "dans son oreille". Mais. mn-~~a+t<ak "de ta gauche". f~n. longue : bryya. Dans le Cap Bon (Tunisie). fayn. miln-l. les". bédouins et de l'Est maghrébin. . Devant noms comportant article défini ou initiale vocalique. ~vant suffixes~rsonnels .: man-bab "de fer".-ajal b-éaqlu "un homme avec doué de) son bon sens". b-slama "avec le salut (formule de poli tesse) ". dans l'ensemble. en La voyelle i gén~r~l. bIkum. ainsi On se bornera à examiner les prépositions simples et composées les plus usuelles .1dId avoir retenue.man: C'est la préposition qui marque la provenance. fIhum. bIh. dans la variété de leurs formes et dans leurs divers emplois. la cause. bIha.guère fIyya. c'est celle de la localisation. et parait. bIh b-m.: elaha). b-udanha "par son oreille". par quoi une chose est faite". e. flk. puis à énumérer celles qui apparaissent moins courantes ou plus tlloca_ que la continuité de l'action exercée sur un objet. L'emploi en est très étendu et exprime également l'idée d'association. il indique "par qui. f-ayn.

l : Déno te l'attributio n. l'obligation. lkum. comporte une diphtongue pleine -~y-. tant spa tiale q ue temporelle et figurée .ples : la position s upérieure. l~yk (l~k).(9Irlal-) dafkum "jusque chez vous". la valeur adversative. etc. qül l'iyya "dis- nA ta droite" .' ~. lallu. la préposition est m~n- devant initiale consonantique : manha.E IIh Ilii lui l'attribution. dans tels ou tels parlers maghrébins : li dans les parlers de l'Est.) et proposition nominale: hacj a ltyya "ceci est à moi". lIna.êla : Les sens en sont~lti. lIlhum. le mouvement. dans cet Il emploi. lIlna. jusqu'à leur maison". é. en usage en Oranie : ilaldarhum "vers. lhum.218 219 Et. Cette série constitue alors le ~ak. ~ doublet de la série d'instance: lJ:. E. en Tunisie et en Libye . la superposition. Ina. t)atta-l-éS!yya "jusqu'au -' soir" t las yU~+Ql') "à quoi ça sert 1". lIkum. la série est lha. ~~k. la dans le Nord constantinois solument à personne" J lIa courant dans les dialectes du Sahara algérien et du Sud marocain et tunisien. na~jaL I-dd- alya-d-daç "vers. lIha §har ma-'!iaf"tni "à elle (= i l Y a) un mois qu'elle ne m'a vu". . lyal. . Elle est dépourvue de voyelle propre (cl. mais marque sm.€la. l Ihum . Pourvue de pronoms suffixes. non 1-. mannu. ruraux et bédouins. on ne le trouve que pourvu des suffixes personnels : ~. n'y a qu'en Libye où il est possible de l'admettre dans une proposition nominale comme : haga li "ceci est à moi lt • Partout ailleurs on aura. plusieurs formes se trouvent en usage devant noms. pourvue de suffixes pronominaux: lJ-. série qui. mar-fasu "de sa tête". mais li : C'est sans doute l'héritier de l'ancien 'ïla. la localis a - l)"tta-la-wal)ad "ab- tion avec mouvement. comme à Tlemcen. m3nna. laI. lIli. la contiguIté. mankum. parfois précédé.ffiannak. etc . s'il n'y a pas chute. lIlkum. Images plus fidèles du prototype ancien. ~­ Sd>tta "à partir de six (heures)". à moi" .est toujours possible (cl. !i. dans les parlers bédouins. qui s'emploie dans le Nord marocain (Tanger) . lIlak. la destination. et est généralement seule possible en assimilation de n aux phonèmes "liquides" parfois aux "sifflantes" : (!.la-imInak mon avis". lIh.. €. qui se présente sous la f o rme lalla k. la. ilal. lIlha. 1. Ave c les pronoms suffixes. Dans la grande majorité des parlers maghrébins.ne peut généralement pas être autonome.la-ktafi "sur mes épaules". et aussi en Libye (souvent sous la forme alya ) la maison" lya. a prêté attentionlt~ gül-li "dis-moi". la de s tination. menn. dans le No rd-Est tunisien (Tabarka ) : hadak lI1na "celui-là est à nous ll • . ou une diphtongue partiellement réduite ~ : ~ . la c o nformité à une n o rme . manhum. etc. li) : da+ I-babah "il se tourna ver s son père". Elle revêt diverses formes devant noms . il se produit souvent moi. On trouve · enfin une série complexe (sans doute II + ~). Mais on con state que.devant initiale vocalique ma nni. llha . ~u. avec plus smiE-lu "il l'a écouté" . lIk. qu'ils soient citadins. l~yh (l~h) etc.ala) : fla-rayi "à E. lIlu. de gIr : gIral. jusqu'à dar "je reviens à la maison". Sud tunisien et Libye: msa lI-l-bIr "il alla ver~ le puits" .

devant noms: dapal-l-bIt "à l'int'rieur de la pièce" hâra j : "à l'extérieur de" devant noms harj-dl-mdrna : "auprès de. m~ha. éandha. Mais on entend parfois mE-. qui est relativement stable: m~a-waldryya . élrk. . méa-I-wad "le long de l'oued". Eanha. quer la distinction. bInatna "entre nous". me. elle sonne eadd . "l<}yya. sous le manteau ll . élrna. Parmi les parlers du Sud algérien.t : "au-dessous de.220 221 él- (~el-) est fréquent devant noms pourvus de l'ar- cette forme (où n est assimilé à ct aussi éad.~ : "à l'intérieur de". la série est méaya. surtout devant pronoms suffixes : éanni. !. eann-ak. guddam: "devant" (gaddam.da) : hga-ml)ammad Ifauprès de Mohammed". u.. éandkum. la s'paration entre deux notions.ls-samS "comme le tains parlers citadins d'Algérie.a : Cette préposition marque l'accompagnement "avec". est u. ta:l. chez" est d'un emploi gén'ral sous Mais. ktafi parfois. bIn ! éal-. élrh.". elle a la forme bInat : bInat-an-nas "entre les gens". ogaya. Souvent aussi. ~l-an-nas "sur les gens" . les parlers bédouins. quddarnha "devant elle". e::anhum . . de toi.a-s-slama "au revoir".. . bayna). (~) etc. la série est é11yya.ç-al-bab "derriè- et parfois ceux de Libye. connue des parlers sahariens et libyens. ! dd) est également ticle : é. mEana.ça-l-bab. t~nisien.talJ. e. devant consonne + consonne avec perte du d'l- ea-. éandhum "j'ai. etc. él~yh C'est b~yn. mEah. on emploie habituellement la forme à métathèse éma. Ean : On constate la disparition à peu près totale au Maghreb de cet héritier du éan classique. etc. me. ~nd . ea-s-xbah Pourvue des pronoms suffixes. éventuellement. etc. "comme. semblable à" kIf-. b. fQ"g) "sur le cheval".fQq : "au-dessus de. fQqha "sur elle" . sous" (tapt) : tabt-al-b~+nQ~ "sous le burnous. excepté dans des parlers sahariens et libyens.1:lg. eannu. Signifie "entre". : u. lTlê. u+a : "derrière" (Q"f'a) re la porte". comportent une voyelle m~a). érnda) . "hors la ville" . est usuel dans les parlers de l'Est maghrébin: "au matin". élrkum.n dans les par.a : "auprès de" (l). quand la préposition est suivie d'un nom ou d'un pronom suffixe au pluriel. et. Pourvue des pronoms suffixes. m~akum. Souvent quand on veut mar- lers b'douins (cl. dans él~yk (el~k). EandCJk. dans cer- cette forme au Maghreb (cl. elrha. mEak..a-uladu "avec ses enfants". tu as. et même maé. elle forme alors un complexe proche de la notion exprimée par le verbe "avoir" : éandi. où elle se substitue à ela devant noms. éandna. la possession. et aussi la concordance dans l'espace et le temps.-ak Itderrière toi" . qui utilisent La préposition éand (et ses variantes) sert partout à exprimer l'appartenance. "auprès de moi. œnkum. méahum. surtout dans les parlers citadins et ruraux. une valeur adversative proche de "malgr'" . lf . il a.a-I-fja+ "avec l'aube". Les deux formes rnEa et €ma ~ longue (alors que le cl.1tu "sous lui" "avec mes parents". Quddam) : guddam-bab-<td-dar "devant la porte de la maison". l:1dak. e.andu. Elrhum .l-at:-1:-F~q "sur le chemin".dans les parlers b'douins. eanna. bIn est r'pété devant chacun des deux termes : bIni ubInak "entre moi et toilf. sur" (fqwg.

devant noms et proma~1-al-9üla ncomme l'ogresse".égab : "à la suite de". si ce n'est que". en tête de". Peuvent être rangées parmi les prépositions mc3~li mtalha "moi comme elle" z~yy : " même sens" et aussi "à la mode de" : z~yy-c. nuit". devant noms a§ -s ~tan "comme un diable" - swa:r : "en direction de".9bëllhum "avant eux". ~. klfhum "comme euxl1 . . nhat.t9w­ les particules d'annexion indirecte qui ont été étudiées à propos de l'Etat du nom di). Itde l'autre côté de". nwayh. gubal. dyal. . zi..addu qddd-. gball : qb~l-l-lIl "avant la mtaé . jan. ne s'emploie que devant noms : ana kI-bük "je suis tout comme ton frère" . excepté". j sot' : "en direction delt. l'identité: kIf-l-ansan kIf-al-kalb "(il en est de) l'homme comme le chien". twali. jwayh. le terme est volontiers répété devant deux noms dont on veut souligner la ressemblance . semblable à ll (gadd) : q. day:r "autour de". Citons encore "excepté". w-a~lah "par Dieu". et souvent avec la valeur Il comme . en direction de ll . jIht. nwahi : "même sens". gatéfE.d : "après" : ~aéd-a~-91at "après la prière". ~: : ~ (~. saw : "en avant.dna "après nous" . aux environs de". Mention doit être faite également de participes du thème III qui sont devenus de véritables prépositions. twal : "vers.:91 - "le long de".bae. mtal). .222 223 soleil". 0I1la (lIa) "rien que. ntâE. mj awar "voisin de" etc . comme toi" ki : Doublet du précédent. sIwa "par ta tête". addi (ddi. !là côté de" . plus spécialement en usage en Libye. rnqabal "en face de". . dün "en deça". . k-al-eada "comme d'habitu- parfois réduit à kô-. particule de serment: u-fasak qa) "autre que. ana qaddu ttje suis comme lui" . si ce n'est que.qb-al : "avant" (gabl.~ "même sens" (matI. Il est enfin plusieurs termes qui sont occasionnellement prépositions. an-nhar "comme la lumière du jour". taE. gIr "par.:ajai "il est aussi grand qu'un homme".. mais qui connaissent d'autres emplois comme adverbes. mwâja h "face à. jwayht "du côté de. . hta) "jusqu'à". semblable à".qartd : proprement !là la taille de". On relèvera aussi des termes qui semblent plus proprement bédouins comme 5'399 : "au-delà". .!:yyi z~yykum "moi comme vous" . et. 1. comme conjonctions (ils seront étudiés en leur lieu et place) (q~r. gubalt "en face de". sgal : matl noms "comme. bat:. qab18k "avant toi" . . k- de" . kIf! kIfak "moi l)wayt : "même sens". au nom de". donnant surI!. comme ms ami "à côté de".

man-wQ$t (wQ!?!?) "du milieu. b-o<ja a. et procédant de mn-alQfa. . man-blaf. . qbal) "avant" fI-bkan.. m-Q+a. mn-ufa (Q~a) npar derrière" '. --_00_ . fI-bla~t "même sens" fI-maQ. kI (k) . .man-nalf "par derrière" .l-haraj "à l'extérieur de" . I-tal.çab "même sens" . de l'intérieur" . ~ +awl que connaissent Alger. fI-!?dar (sdar) "même sens" . (nq:?f) "au milieu de" l-~and dl 1 + "(en allant) chez. une forme à métathèse maF-Fawla. en concurrence avec 1'). au milieu" . Elles sont généralement suivies de noms ou de pronoms suffixes. .t (tal)t) "en dessous den môn-:-quddam "par devant" . mdl-1-9~a. à la place de".!tau lieu de. fI-mhall "même sens" fI-mQqaf. b -la "sans".ga et .l-bafra "même sensll . souvent préféré à lui . . fI-mkan bl fi + . dans le sens de "dans" . l-qiiddam "de ssus" .man-gIr "sans.d "après" .1:tga "à côté de".man-nQ~f (nQ~!?) "du milieu. ou môn-éla "de dessus" man-fqq (fqg) "au-dessus de" . évincé u~a m9~ al bi + -- b-l}al "dans l'état de". ou d'une autre préposition. fI-é. jwayhtl "aux environs de". d'emploi surtout tunisien. en substitution de kIf. ha- ..I-dahûl "à l'intérieur de" . non man. relativement à" dans les parlers marocains. b-sb'ab lien raison den.l-fOg "au-dessus de" . b-gIr "sans" . fréquent dans les parlers citadins d'Algérie man-b~E~. Elles sont constituées par une préposition suivie d'un nom. à Tanger.QQ) "même sens" et "en substitution de" fI-n9~~ rnan. (w~S?!?) "même sens" . . dans nombre de parlers citadins d'Algérie. (€. quelquefois prononcé bI-la. mbl "à côté de". fI-bQqt:.lt "au-dessous de" l-~ra "dessous" fI-j"anb (J . concurrençant l)ga fI-jIht (jwayh. en Libye la . m-1'11af "à l'exception de". c'est le plus souvent mal. rrran-tal). et courant au Maroc dans le sens de Itcomme". en Libye man-qabl (gabl.a "même sens". mais d'une façon qui est variable suivant les parlers.oq. à l'exclusion de" man-dün "même sens" . l'Oranie et certains parlers marocains . man-jIht "du côté de" . fI-93lb (qalb) proprement "au coeur de".224 225 c) man + . ~ à Taza . à peu près (l)da) "à côté de".Dans le parler algérien de Cherchell. man-q~bal !l à cause de . "même sens" . m-bru:. auprès de" fI-wQq1. il est souvent préféré à fi . _ b-J<)nb (jamb) "à côté de". d'un autre élément.

J:1<:ttta-f9q-m-annu "ju squ 'au dessus de". "à côté dell. est pratiquement infinie. où le complexe est volontiers réduit à méa-st_ Remarques sur les prépositions composées a) I l est souvent malaisé de discerner. d'après" . avec l'intention de". "le long de" . Aussi bien l'inventaire qui précède peut-il être considéré comme un simple échantillonage. courant dans le Nord constantinois. On observe souvent que l'emploi prépositionnel peut être tiré de l'emploi adverbial par l'adjonction de la préposition man. - ~la-t9J. réduit à éasan en Libye ë.t mannu.1t mannu. (1-) ba.ç}:' "même sens".a + -- . à l'écart de" . man-tal.:tnnu "même de sa part". à l'intention de" ~la-krf "selon.à Taza. marquant le point extrême. se combine volontiers avec diverses prépositions.ela-baffa "en dehors de.é'ltta-m. Q. en y faisant parti~ ciper en outre tel ou tel adverbe. au goût de" éla-janb (jamb) "à côté de" ~l'a-bal daf "jusqu'à la maison". l-ta}.- . notamment dans le cas de ceux dont man et l constituent les premiers éléments. b) L'adverbe l)atta 1Ijusqu'à".-a mn-al-blad "hors la ville". et même à l'intérieur d'un seul et même parler. f) Il\é.lâ-q~bal "exprès pour. de l'emploi adverbial . l'emploi prépositionnel de certains complexes prépositionnels. proprement oranais et marocain !là cause de" éI'a-jal Ela-san "même sens". combinant préposition et nom.:.1atta-I-ad- 1 1 . ces deux derniers bédouins E. car la situation est variable suivant les parlers. éla-msabbt. éla-J:lsab "suivant.a-sq1.la-sôbb IImême sens"..mE. postposée au complexe : fQ'q (ou ~1-f9q) mannu 1Ipar dessus lui". tal). êla-ja. "à la connaissance. Disons en conclusion que la possibilité de créer des locutions prépositionnelles.lt mgtnnu 1Ide dessous lui Il. etc. hatta-m(tn-j!ht-alblad "Jusqu'aux environs de la ville". selon. ou tel autre élément.-twal lien direction de" "même sensU .226 227 e) 61a + .t. la limite. simples ou composées: l. Lla-güd éla.

bga ••• bga. l'entend souvent avec perte de la voyelle finale: wall (üll). lakanha. en semi-voyelle ~. qu'on emploie soit isolé. qui s'articule généralement en voyelle u..muni des pronoms suffixes de deuxième et troisiè- C'est généralement lakin. amkan. lakan. suivant les dialectes. et d'usage panmaghrébin. ammIka n(~).. b-al?-~a1. renforcée par la négation la : w-alla-la 1I0U et . lakannu.devant voyelle : + bien n o n 7 Il La tournure alternative comportant répétition de la conjonction devant deux-mots ou en tête de deux voyelle membres de phrase: " ou ••• ou". prononcé aussi On avec une articulation classicisante wa-'illa. en semi-voyelle ~ - suivie d'une voyelle de tim- bre variable w .229 On a généralement recours à B. et suivant la structure syllabique du mot qui précède et du mot qui J:labb l)abb. b-al-I)aqq. lamkant. hammala b-a g-<?add. hérité du classique.çi "et w-abc?:r un autre" . des variantes nombreuses : layn. ou (ou bien) aw est employé partout. ou avec un souci littéraire . On entend aussi. mais le plus souvent par des demi-lettrés. u-da.iqatlu lIet il le tue". w-alla.1J:1 .. proprement lIet si non ll . très proche de "soit ••• soit" correspond en arabe maghrébin à amma ••• aw. l~mka:yn. Notons aussi que la conjonction u. lakônkum. C'est à propos de "et" qu'on mentionnera le complexe. avec valeur adversative. Mais il faut observer que l'articulation u/w/wa peut varier considérablement d'un dialecte à l'autre. suivant la nature des phonèmes contigus . lammakan. soit pourvu des pro~suffixes : lakanni. emmâkan(~).u-. lammIkan. ou bien. w-alla.devant consonne + consonne : wa-ngatlu "et je le tue".228 . dans les mêmes conditions. ou devant voyelle + consonne : !!!. làmkan. amma ya . ya. ~..ammala.. hüma w-~yya:ha "eux et elle" .n'est pas seulement coordinative. lakant. me personne: ana w-~yyak "moi et toi".. .devant consonne "et ma maison". . CONJONCTIONS ET LIGATURES CONJ ONCTIVES w-ulla.. lakanna. et dans les dialectes sahariens sta ••• sta. à la fin d'une phrase interrogative ou exclamative . laman. w-~yya. swa swa. etc. lakanhum . lakannak.. sui t. et qui cannait.

parfois à ma est substi - à Tlemcen.. w.. citadine et bédouine. en Tunisie . avec les variantes al-0a$~1. . ~.. ma-blh et plus rarement . on emploie ma. en bref wa.. mam. dans le sens de "moins . de la s upériorité. ma-dam ma-dam dans le sens de "plus • •• plus".. hak . a-dam ma ••• ma-dam. . hâsQle. gay tu .~add. ôl- bga aussi ma-~add bga. suivi de pronoms suffixes ou de noms. .Sata. alors ammala est d'un emploi très général. tué 11i. moins" . de l'équivalence. en deux membres de phrases qui se font écho.gaya.saEa.. al-Qa$~lu. al .as . de or.. rwa. donc. tâf'a . par les mêmes termes : Mais on entend . .. Les termes qui dénotent le balancement "soit que ••• soit que" servent aussi à cet usage: amma •• • amma (imma ~ ~Ih~âgabIh.ak-ds .est rendue. <lJ:1yânan .~ .imma). .hasol. saEat. dak (drk)-~s-saEa. aussi ~.kI.s'entend aussi. tantôt ••• tantôt .. . baédan. qadar-ma ••• qadar-ma parfois . En Oranie. semble-t-il. as-sa~a .qfldd-ma ••• qadd "dimension de ce que".J l . m marra ~ . al-ryason. gaytha . saéatha. taFa. .hodâh ~ pC?Qah. waqtha.baéd. l'infériorité.tâf'âtan. amma aw swa . baCd~n.hi?ywa... kIma • • • kI. prononcé gBddma ••• 3add dans les parlers bédouins parfois précédé de la préposition êla.230 231 au contraire autant •• • autant L'expression.

kI. qui s'entend au Maroc et en Oranie après des verbes et des tournures exprimant une déclaration quelque peu solennelle (jurer. sous la . bën-ma. blyyas. habituelle au Maroc. la forme dialectale héritée du classi-. en Tunisie. w~n qui est spécifiquement libyen. dans l'emploi isolé..bayn. proprement "quoi 1". qu'on trouve isolée. nhir-an.parfois sous la formel( Dans l'emploi isolé. ~as.: b-alli.kIf. constante. affirmer. ma. Lorsque Les termes maghrébins qui situent dans le temps l'action ou l'état sont variés. waqt-~lli etc. mais qui s'entend aussi en Algérie. qui sont limités. elle est en usage.dddi (di). al. On la trouve encore précédée de la préposition bI. k~yf dans les parlers bédouins. le" du français.hIt C'est .as. la ligature la plus courante au Maghreb est 311i (li). élément suffixé. élément suffixé à de nombreux termes conjonctifs comme saEt-~lli.232 233 parlers citadins d'Algérie. n~n. mais volontiers précédée de la préposition b. dans le complexe . . sous la forme alli. Comme ligature suffixée à des termes conjonctifs. dans d'autres circonstances. lIa (la) comme ligature suffixée. dans l'Algérie citadine. da. cjIr-an. qui s'entendent dans tout le Maghreb avec les variantes k~f. etc. soit comme deuxième élément de locutions conjonctives comme kIf-ma. . Lorsque "que" comporte une valeur de . f on utilise bas et ses variantes dialectales bah. lorsque (le cas éChéant)". après des verbes déclaratifs où l'asyndète est. suivi parfois. est plus particulièPour représenter cette "conjonction universelrement outil conjonctif du vocabulaire bédouin. bIn. etc. li. que . . qui est une variante du précédent. seule ou en composition. 'an . il entre en composition dans nombre de complexes qui. exclusivement semble-t-il. en Tunisie et en Libye. on emploie Ida. ainsi que . et plus largement encore : ainsi ryatta-n. surtout en Algérie citadine et rurale. dans les mêmes usages que alli. soit isolé. dans les parlers bédouins. en Algérie..lamma. Hormis ces emplois. de }can : ida-kan. passe de l'interrogation directe à l'interrogation indirecte avec le sens conjof}ctif "que" .). inalité. Ida. baEd-ma. qui est courant au Maroc et en Oranie. elle est très fréquente dans ces mêmes parlers. s'entend beaucoup au Maroc et dans les ""-' - Lorsque la notion de localisation temporelle est teintée d'éventualité "quand (d'aventure). sont étendus à l'emploi de ligatures conjonctives ou relatives.an (n) est employée au Maghreb. proprement "ce que" sert aussi de conjonctif. da-kan IIa.nna. originairement interrogatifs. par ex. et. alli est également ligature conjonctive dans la plupart des parlers maghrébins. l. qbal-ma.

.alli . exprimant l'idée "aussitôt que. nhaf-alli dans la même région. Qadd-wën-ma.qbal-lli dans le Nord constantinois.gabl-al dans le Sud tunisien. vent exprimer la localisation temporelle "quand. grr etc. Ily-an à Laghouat. mnIn dans les parlers bédouins et jusqu'en Libye. Lorsque la notion est nuancée par l'idée "dès que. avec. . mn. düballas. man-qbal-ma. . ce n'est que quand". gbal-m~. chez les bédouins d'Oranie. on emploie mnayan. . bin-ma. notamment en Algérie. radd-w~n. güddam-alli (-li) s'entendent aussi dans les parlers bédouins d'Algérie. peu- . ou gabl-ma dans les . dans l'Algérois. kIf. qbal-la (gbal-la) est usuel en Oranie. mnayn.d9 b . saEt-alli. en Tunisie. Lorsque la notion envisagée comporte la nuance "voici seulement que. algérois et constantinois.kIf-mn~yn en Oranie bédouine. ici o u là : toutes expressions relevées dans le Sud tuni- sien et en Libye. mnayn au Maroc et en Algérie (mnan à Tlemcen). hën-on. wf. d9 b .guddam-la. dans le temps que". wàqt-li. hâdd-an. Lorsque la notion est précisée par une valeur équivalant à "au moment où. en Tunisie et jusqu'en Libye. kIf-ma. hadd-ma. on a recours à waqt-ma (wagt-ma).siét-an. doba-ma. qui s'entend dans toute l'Afrique du Nord. le Constantinois . avec la prononciation parlers bédouins. mnayn-ki. suivant les régions. c'est tout juste quand". nhaf-ma. nhat-an. Mais il faut constater que tous ces termes <{ga t Ila.gabl-an dans le Sud tunisien et en Libye . Souvent qbal est précédé de la préposition man : man-qbal.<?wwal-ma. avec diverses nuances ("c'est à peine que" par ex. et qa (qa-n). qui s'entendent en Oranie. les variantes q~y 235 Lorsque la notion est teintée de "soudaineté".). pas plus tôt que".234 forme la à Cherchell.qbal-ma.. gIr-kIf. on emploie .). ead-ma.n. ry~yt-an. etc. ~~r. gIr-kI-ma. düb-as.lt-~lli. . gIr. gIr-ki. man-~~yt. dans le Sud oranais. kI-ma.ma. wâqt. et aussi l. wagt-an. lorsque" sans nuance particulière. très répandu au Maghreb. qui sont en usage en Tunisie. on emploie dans tous les parlers maghrébins.n-ma. Avant que C 'est essentiellement qbal dont procède l'expression de la localisati o n dans un temps qui précède . formes variées. et w~n. y~mat. .

bIn-ma. suivi des pronoms personnels indépendants qadd-ma. concurrencé par bà~d-là. d'Algérie et en Libye. une contamination du complexe par le mot zman "temps" : ~ baed-olli (-li) dans le Nord constantinois. on emploie également . mm-bacd. . En Tunisie (Sahel. man-waqt-alli (-li). ainsi qu'au Maroc. plus ou moins complexes. . etc. baed-al. en Oranie. ~ etc. ~~lli.) est habituel dans l'Algérois et le Constantinois. proprement "le temps où (que) Jusqu'à ce gue Dans son emploi conjonctif. L'Algérie centrale et l'Oranie connaissent bIda. ou la notion du temps qui s'écoule "tant que" le procès n'est pas accompli. beyd-amma dans les régions bédouines . qui s'entend à Alger.bId-man (b_d-man). . en Tunisie et en Libye. ~yl-ama). ma-dabdnni (ak. à Djidjelli. ma-dam. anta. on observe l'emploi de b~yl-ma. "en attendant que" le procès soit révolu : ma (ma d-daymÜma du cl. avec. . ba~d-~n. précédés de la préposition man : man-baLd. dans le Sud tunisien. ma-damat. figé à la troisième personne du masculin singulier et suivi des pronoms personnels. Takrouna). qui marque la limite extrême d'un procès.237 Après gue Le terme fondamental est baCd : ba€d-ma est en usage dans tout le Maghreb. ak. baEd-ma. Cherchell et Tlemcen (où on note également la variante bId-manat). Depuis gue Sont généralement en usage : rn-alli. mais souvent joignant au sens temporel le sens causal "du moment que". man-Q~yt. cette notion. plus particulièrement à Tlemcen et en Oranie b~yna. b~yl-amma (~yl-üma. ou d'un effort poursuivi dans un but. soit amplifié par dam : ma-dam qui est employé soit comme un verbe conjugué : ma-dumt.. On peut souvent entendre ba~d. soit comme un verbe Maroc. pour exprimer la notion du temps qui dure "pendant que" se déroule un procès. qui est employé dans les parlers bédouins ma-bfzman. Dans les parlers bédouins de l'Algérois et de l'Oranais. en Tunisie et en Libye. qui est spécifiquement tlemcénien. soit seul.k etc. baed-ki.?~yn-ma t ma-b~yn (ma-bIn). . man-v~y~. bIg-ma (bId-ma). b~yga-ma. ma-damanni. b~yl-umma. qui peut aussi avoir valeur causale. ~. avec les variantes bIga-ma.) sont formes particulières à la Libye . baëd-alla au Maroc. etc.mûddat-ma. proprement IIdimension (quantité) de ce que" est une locution qU'on entend à Alger et à Cherchell. avec les nuances finales ("dans· ft. ma-damni. tous emplois courants en Tunisie et en Libye . et .) s'emploie dans le Sud tunisien et en Libye. b~yma et b~yla. indépendants ou suffixes: ma-dam ana. ma-dam (ni. rnam-baed. et jusqu'à Tanger (où on relève la-b~ydman). ma-damu etc. qui sont usuel s au Pendant gue Il est divers outils.

t>atta-ljinak ryattâ-n~n est la forme libyenne. partout au Maghreb.bah dans les parlers bédouins de l'Ouest algérois et de l'Oranie. avec souvent les pronoms personnels suffixés. Geryparfois dans le Sud tunisien.238 239 le: but den). hattall(i) à Djidjelli . ryatta (et ses variantes). gir (g. ~attâ-n est propre aux parlers du Sud algérois. en début de phrase. L'expression négative "afin que ne ••• pas" est rendue par . btta. balli . à tel paini. à côté de !:'lanna-n i Dattâ-l~n domine en Tunisie. mais elle peut être très bien notée par la simple négation la. la~abIh. lawIiabIh • . et hatta-dd( 1) . on peut entendre hagak ~las. nal dans le Sud tunisien. Afin gue L'expression de la finalité est réalisée dans que.~ ~ (et ta dans le Sud oranais> . on emploie volontiers en Tunisie .bas ma-. Dans le sens plus particulier du rapport conséquentiel (proche de "jusqu'à ce que") .waiabIh. on a recours volontiers à ~. proprement "si ce n'est que" dans les régions bédouines du Sud algérien. -n dans les régions de Bou-Saada. ~ a tta-ma a cours au Maroc . forme le complexe hanni .-- . dans une tournure elliptique. geyl-la dans les parlers d'Oranie. ville (Sud algérois et oranais). proprement "c'est pourquoi" en Algé rie et en Tunisie . avec valeur consécutive implici te. blyya§ dans le Nord constantinois (Djidjelli).r). allaI.kI-bas. Ilayn n~n en Libye. . et même .\ latta-d est courant à Tlemcen. comme aussi celle que l'on trouve après les verbe s de crainte et de mise en garde. et notamment celui de la deuxième personne du singulier en toute circonstance : . hadak ~las . peut signifier "(attends seulement) que" et "(voici qU'il arrive) que". ainsi que g~yra. .hatta s'entend dans tout le Maghreb. . conséquentielles ou con sécu tives ("si bien On notera enfin que. mallal dans le Sud tunisien et en Libye. tout le Maghreb par bas. . qay-Ila.v On entend aussi. Laghouat. dans les parlers du Sud algérois . r ecourt principa leme nt à ~t qui c onnait les variantes ryatta. an. Parfois le complexe est précédé de kI. hall. qui . kI-bah en Oranie. qui est aussi l'instrument de la défense expresse.qa. Pour marquer la soudaineté de l'événement qui survient "et voici que". ~n. Quand la notion de finalité est teintée de valeur conséquentielle. . dans tout le Maghreb. dans les emplois considérés. que"). de telle sorte que. lorsque le pronom suffixe de la première personne du singulier lui est annexé.

Ilya-n dans le Sud algérois . .wabba. hatta-Iü-kan marque une notion renforcée tout le moins. ~ etc. qui prévaut au Maroc. lü-n se trouve parfois dans les parlers bédouins d'Oranie . da-kan. kanat. . b~êd-amm~ . en concurrence avec le précédent .kan ida-kan. u-ka.'-' - des pronoms suffixes ~.lü-ma correspond à la supposition de l'irréel négatif l'si ••• ne ••• pas". Si ce n'est gue On utilise deux termes essentiels. qui ne s'entend pas moins. cette notion complexe se rend en arabe maghrébin par wa-Iaw (u-law. tantôt invariable. souvent réduit en Algérie à da (da) . mais s'entend ici et là. partout. . Il s'emploie d'un bout à l'autre du Maghreb.). Ilya est une forme fréquente des parlers bédouins d'Algérie .- nois . kanu etc. souvent réduit à la .).a) suivi des pronoms suffixes etc. L'irréel (évocation de l'irréalisé. à la rigueur)" . . Ida (da)-h~bb. Le réel (supposition du possible. et m3n-Fa (mar. voudrais ••• " se rend par _ ya-Iu Deux modes d'expression de l'hypothèse et de la condition sont à envisager. parfois élargi par kan : ~a-kan.:-:i'':= man-sab (massab). précédé de a. proprement "y a-t-il ce que 1" peut également être utilisé en Algérie pour exprimer ces diverses notions. lü-kanak etc.rIa. .ou de ya.240 241 La tournure optative "ah.et pourvu .:. wa-Iu) u-Iü-kan . supposition de l'impossible ) a comme instrument lu (law) qui s'entend partout.)k. Même si marrani . notion de conditionnel. . la-kan. avec l'élargissement alla-ma dans le Sud tunisien et en Libye . parfois élargi dans le Constantinois par . quoique. au Maroc. ka-s-ma (de kan-! ma). quand bien même". ':::::'. évocation de l'éventuel) recourt généralement à ~ (Ida). u-Iu. qui S'emploie dans le Nord constanti' "même si (à kan est très fréquent dans les parlers tunisiens. Il comporte un doublet . est une expression du temporel élargie dans le sens envisagé .ah-kan. On peut aussi utiliser au Maroc et en Algérie _ ya-IÜ-kan. lü-kan. Voisine de sens de "bien que. Dans le Nord de l'Algéro is (Alger et surtout Cherchell) on entend wIla . qui S'emploie en Libye.u-kan. usuels au Maroc et en Oranie. parfois suivi des pronoms suffixes : lÜ-kanni. tantôt fléchi (künt.~ ma~-~abni (. alla et gIr: alla (lIa) est employé dans tout le Maghreb. dans les parlers bédouins de l'Algérois kün au Maroc . baed-ma. si ••• 1" dan s le sens "comme je. tu.). . (law) .

dénoter la "mise en relief".:- noncé g~yr dans nombre de parlers bédouins. que seulement ••• ". ~a-qbal procèdent des compositions en ~as (~). q~y. partout . dans ce dernier parler. où l ansmah . à Alger. ~ ela-~a~af est en usage.la-qbal-s. "Hormis. .-" . la-oataf peut être élargi en la-bat~~-ma. la-kan. giy-c-~) giy (~) bas : gIr u- qui peut connaitre des contrac- tians. et q~yr. Sans que C 'est aussi une locution exceptive. hl af. E. la-Da~a~-mas (ma~) . .. Eala-q~bal.blëys-ma. Il est prob-la-ma..ha1:Jf' à Tunis. Tous les parlers maghrébins utilisent aussi de la cause. ~akkân. hormis" peuvent également. .à Cherchell. constat subjectif. signifiant "ce n'est pas autre chose que.man-gIr-ma. . !!!. dans certains parlers d'Algérie. dans le sens de "pourquoi 1".sui- . qa-n. Ces compositions peuvent aussi servir parfois à interroger sur la cause: ftpourquoi 7". en Tunisie et en Libye. ~la-qbal est le plus usuel au Maroc . est rendu par alla. ainsi que Eala-jal. ~-.gir-ma. valeur de "mise en relief" en même temps que de finalité. suivi de bas. ou de la préposition b- éala-san et ~ala-jal sont volontiers suivis de noms ou de pronoms suffixes . à Djidjelli . apparentée à celle de "puisque". . recourt volontiers à la préposition man. dont procède tala-jal-as. y Parce gue Le complexe qui est le plus communément employé est ~ala-ba~af. seulement dans le but de".Lala-ryaqq s ' entend aussi au Maroc. la-hata. ~asmah. en CyrénaIque . Et dans le Nord constantinois on trouve parfois b-ahlaf-addi. L'Oranie bédouine connait . pourvu de la ligature conjonctive -:!!. excepté" peut encore se dire kan. au Maroc et dans l'Ouest algérien. Ces deux outils de la "mise à part" signifiant "si ce n'est que.. souvent précédé de la préposition . qu'on trouve chez les bédouins d'Oranie.ma-t:. ~-a. man-dün. comme ~la-hat. quelquefois l:. L'expressio n de "parce que" . Easan en Libye. qa dans le Sud algérien.éIr.-~ (g~r) est également en usage partout. et aussi partout semble-t-il. et dans le Sud algérien gIr. .éala-san est employé aussi sporadiquement . constat objectif . c'est seulement. On emploie ... s'entend dans le Sud marocain. excepté. bat~as. "Rien que pour. sporadiquement en Algérie et aussi.. b-dun. surtout par pas.àda. au lieu de gIr. bas.b-gIr-ma. dans les parlers ruraux de Tunisie. De Ela-batar.as.a-!.sIwa. entendu à Tlemcen. ela-hat~f.

yUmkun (y"mkan). Q~~. L'expression de l'obligation. de "ce qui viendrait à point". qlr. l~Yêüd. Les termes et complexes les plus fréquents la-büdda. On relève dans le Tell oranais et algérois la-gna. b-° s-sIf Ela-. On entend aussi . notion d'une éventualité probable. wa-gIla.). proprement "et dit-on".l~n-as) ft avec le sens particulier de "du lhgQa.. Peut-être gue Un ensemble de termes ou de complexes sert à exprimer l'énoncé de "ce qui pourrait être". yalzam. moment que en Libye. n. - ~na§. dans le Nord constantinois. ainsi b~d-alli.. proprement "il se pourrait que se produisen. (man-l. trève de paro- . man-l:l~S -.- . ~üd. ~~yya~. balak-s.244 vie d'éléments conjonctifs comme 245 personne du féminin. courant dans tout le Maghreb. de la nécessité se rend partout par lazam Ela. ma-kan sont balak. toutes deux formes d'inaccompli à la troisième en disant partout bafka. dans les parlers bédouins. la-gna-s. twali. On peut encore citer ici et là yaqdar i~. m-~lli.-ka-ma tahga. I l faut gue "Etant donné que. pIt (~It).iQo abb-l. mais dans un emploi classicisant. on emploie - la~alla se dit. " Assez de On invite expressément à "ceSser de faire ll mn-al-mümkrn (m~mkan). du fait que" sont notions que les locutions causales expriment généralement . twal'a m. On emploie aussi ~~y~. Doublée de la notion de lice qui fait défaut". un peu partout. la nécessité se rend par le verbe _ ba$~-itq~~t suivi de noms ou de pronoms suffixes ."cesse de (proprement = ce que tu pa~les) parler. donc de "ce qu'il faut". proprement "bénédiction" suivi de ~ (conjonctif) précédent un verbe : ba. mais souvent ce sont des locutions temporelles qui sont en usage.. léûd . lâ-badd. b~n-ma. k-. possible ou douteuse : . exprimant la notion de "ce qui conviendrait qu'il arrive".+. suivis de noms ou pronoms suffixes . dans le Nord de l'Algérois en Tunisie (Takrouna par ex. kIf. mn-alli.. Quand il s'agit d'absolue nécessité. l~ykün.

On ne donnera que les termes et complexes essentiels de la catégorie du langage envisagée ici. . etc. d'adjectifs pourvus du morphème -ment. foisonne la création dialectale. une très grande variété de termes. en français. du temps. barkak. un procédé déjà ancien qui consiste à utiliser un voCable. etc. localisé de tel ou tel outil peut souvent être interprété comme un véritable certificat d'origine dialectale: tels le daba marocain pour "maintenant". et yazzi. b-al-lati "lentement". b-sw~yya "doucement".: du type b--al-l]aff "rapidement". On ne saurait donc tenter d'en dresser l'inventaire exhaustif. Les valeurs auxquelles on se limitera sont classées sous les rubriques traditionnelles du lieu.) mn-alklam b-la-fayda "trève de propos sans intérêt". pour rendre ces notions. à peine esquissée. yazzIk. où. Bornons-nous à dire que l'arabe maghrébin utilise habituellement. toujours vivaces. On constatera qu'adverbes et locutions adverbiales constituent un domaine où le matériel ancien a fait l'objet d'un renouvellement très important. En résulte C'est peut-être de L'usage ces termes divers que les dialectes en usage au Maghreb tiennent leurs caractères les plus différenciés. par conséquent. . qui. recourt à un nombre démesuré de créations. précédé de la préposition b. (yakfIni. également". le olaf algérien pour "aussi. yakfIk.yakf! est panmaghrébin aussi. etc.246 les" . le bar§a tunisien pour "beaucoup". tous deux verbes impersonnels commandant les mêmes constructions que barka. dans le tableau sommaire qui est entrepris. ya~ni. est. ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES Ces divers termes peuvent être pourvus des pronoms suffixes suivis de rrrnn : barkani. L'expression adverbiale de la manière. déterminé ou indéterminé. de la quantité et de la manière. . La matière peut en effet en être considérée comme infinie. C. très tunisien .

hnak. hna s'entend dans tout le Maghreb. . . l-hIh. avec une Le Classique huna est à l'origine du terme dialectal : . de Libye. aveC une variante l-h~yh dans les parlers bédouins d'Algérie. l-tamm . ntout là-bàs". gadi s'enten d auss i et semble plutôt oriental. variante gadlka . avec le sens de "d'où 7" mnayn. w~yn. mais I-hünl en Tunisie. de Cherchell. et avec la variante ~.n dans cer t a i ns par lers bédouins d'Algérie. et aussi une rie . et aussi Cherchell (qui cannait également un wayan). principalement 1.248 249 altération du h : ina. ~ du Sud algérien. on relève layn. au Maroc et dans l'ensemble de l'Algérie.. l-tamm. indiquant une relative distance assez usuel. celui de la plupart des parlers bédouins d'Algé- tes augmentées comme t. hüni est le mot tunisien. Précédées de prépositions. fammati. et qui se retrouve dans de vieilles cités algériennes comme Constantine.mmati. de Tunisie. Précédés des prépositions 1. les com"vers ici ~t plexes s i gn ifi en t l-ahna. . _ "d'ici" man-hna.et avec le sens de "vers où 7 11 man. avec Pour l'expression de cette notion~le Maghreb A droite . assez répandu pour désigner un certain i l est ?ayna : w~n.fayan. avec des variantes augmentées. partout au Maghreb. ! en ~ : f~mm. à Tlemcen. tdmmak(~) . l~n. il est susceptible de recevoir un augmentatif -~ : hnaya .gnement _ hanak. du Maroc à la Cyrénaïque (à l'exception de la Tunisie) . qui est le terme tunisien. fayn est le terme qui domine au Maroc. l~yn.mnln. qui aboutit fréquemment à mê>nna "par ici. l-h~h. il se trouve aussi au Maroc. ~nna s'entend quelquefoiS à Alger. win est la forme la plus répandue au Maghreb. aveC les variantes hünryya.l-ahna. fammlka. Où 7 Tous les termes en usage procèdent du classique ~ka. mn~yn qui est courant dans tout le Maroc et éloignement. ici~t man-hüni.h .et _ l-h9~ dans certains parlers bédouins d'Algérie. lwIn qui se dit à Tunis. On la trouve également dans les parlers bédouins où elle se présente volontiers sous forme diphtonguée weyn. pour la Tunisie . 9 Là On peut distinguer certains degrés dans l'éloi.hana. Djidjelli.et man. et _ man. qui connatt des varianprononciation du toute l'Algérie. et lwayn à Cherchell.

en usage en Oranie.250 251 cannalt une certaine unité en recourant à la racine yron lmIn.d9gri (d'origine turque) est employé au Maroc et dans toute l'Algérie citadine et rurale. eal-l-Imln(a). mal1-9ra. Gal-l-~~ar(a) qu'on entend en Tunisie --- '- ~y~a~. ~~af. souvent répété gÜda-güda.q. et daga . et Imlna. eal-l-~ymna. mn-9. gbala (gubala) étant la prononciation des parlers bédouins. est d'un usage courant au Maroc et en Algérie. Libye. et ~ymna. au Maroc. l-fë?g ploient la forme à métathèse düga-düga. ~~yman). qui semble préva- oranais et algérois. En haut . ~la-hwak est une expression des parlers bédouins du Sud jusqu'en CyrénaIque. métathèse de la forme précédente. -et en _ qüddam. Devant C'est partout Imna. du Maroc à l'Oranie et dans les vieilles cités algériennes. Sdgd~ Dehors l-har"j et w _ s'entend au Maroc et en Oranie. loir dans les parlers bédouins d'Oranie. gions du Tell algérien et du Nord tunisien connaissent gada. A gauche Deux termes se partagent le domaine dialectal ~mal.l-fÇ. _ nIsan se comprend à peu près partout s'il est inégale- ment employé. Tout droit Dedans L'expression utilise divers mots : qbala. et ~~a+a. et mar-fawl. 9fa. tàl-l-~~+a qui semble le plus en usage dans les parlers où ~yman prévaut . Qddu. qU'on entend d'un bout à l'autre du Maghreb. ü~a. en Tunisie et ~91. eal-l-~yman. d'autres. Derrière On entend généralement _ aWfa. . de l'Algérois et du Constantinois. Divers parlers emploient aussi m~n-tali. guddam. souvent répété ~91-~91. Certains parlers bédouins emCertai nes ré- guda. éal-l-~~. ~~~a. dans les régions citadines et rurales d'Algérie. q9ddam.a. . 6al-as-smal. de caractère bédouin. ~ymant ~mant Iman (issu de l'élatif ~mna. ~~aF (issu de l'élat!f »àysar) et ~Y~Fa. avec les variantes 1-9ra.

sur le moment. ana-wagt dans le Sud tunisien (Marâz!g). dlwqas. se prononce wagtas.faYW9q « fI~ayy-wlqtJ qui est usuel en Algérie (Tlemcen.b éla-jIha. qui. I-ta~t. peut considérer que le plus communément compris. w~ykta dans les parlers bédouins du Sud algé- rien. concurremment avec . l-c.yala en Cyrénafque fay w9!:'. . Dda. forme rare entendue en Algérie (Cherchell J. Procédant du classique mata. précédé ou non de la préposition b. man-qrrb . Procédant de waqt. sporadiquement en Algérie .I-tl~t. et 1-9t a . wagtah est la forme propre aux parlers bédouins de l'ouest algérois et d'Oranie. f1w9q. notamment au Maroc (Tanger). waqtas).qrrb.t De côté E. man-jIha On recourt aussi à Dga. . AU milieu (wQqtas.la-jan.la-j ~nb (jambJ Une grande variété de termes sont en usage au Maghreb pour interroger sur le temps. f9w9Q. Procédant également de waqt.. . on entend également füqas « fI-wlqt-âsJ au Maroc. Djidjelli ) avec les variantes faw9q. et le plus souvent employé est waqta~ On E. w~ywâk « du Sud oranais et i w~âyy-waqt) algérois~ dans des parlers bédouins w~ykat. on relève . qui s 'entend aussi au Maroc. ici et là. düqas.252 253 En bas .w~YW9k.aYW9q se dit parfois à Alger.)' fas-man-wQqt. dans les parlers bédouins qui le connaissent. parfois yamta. on utilise amta (mta) en Tunisie et en Libye . parfois au Maroc (avec mutation de q en h. mais avec une mutation de q en k.

~. jusqu'à maintenant" utilisent. man-dlwqas. A SaIda (Algérie). l-amta Cl-amtén). etc. ils recourent aux termes ci-dessus énumérés précédés de m_n-. al-Y9m qu'on trouve d'un bout à l'autre du Maghreb. drük. On entend aussi . mn-~nta. ~ mata-Jan) au Fezzan. w~ynta.al-yÜm. ha-l-waqt. al-yÜma quelquefois au Maroc. et que les parlers conservateurs affectionnent. jusqu'à quand". mais s'entend à peu près partout. Alger et Constantine). ha-s-sa~a. d~lwaq. dükat.et de (hatta-)l. avec une forme allégée taw.ana-SaLa en Libye. ~alw~q. ha-l-wQgt (CyrénaIque) • . Partant toujours du . qui est le mot proprement oriental du Maghreb.al-III a dans le sens d'''aujourd'hui''. comme "depuis quand. Les expressions complexes "depuis maintenant". dak-as-sa~a en Algérie. w~nta en Algérie (Hauts-plateaux oranais et algérois) • Procédant de saLa. l'expression du moment présent: daba. qu'on relève en Tunisie jusque dans le Sud . saetha en Libye. garw9q procèdent des formes à augmentatifs. I-dlwqas. . darwaq. .lwQq « ~a-l-w~qt). avec peut-être le sens plus précis de !là quelle heure 7".1-an. comme ~arka. l-waqtas. c'est 31-'an.tawwa.(Qatta1-) : ainsi . dlükat. mn-~YW9q.: telle notamment l'expression marocaine m~n­ daba talt-~yyam "d'ici trois jours". ou comme drükat. au Maghreb. I-faYW9Q. . galkya dans le Sud algérois. avec un très grand nombre de variantes : dalwgq.~ « 255 citadine. qui domine au Maroc. dak-3ssa:~Itt dâk-as-sa~It~k. et se trouve ici et là en Algérie (parlers Juifs de Tlemcen. Aulourd'hui Quant aux complexes qui dérivent de "quand". on peut également entendre ha2-al-waqt. . qui est répandu à travers toute l'Algérie. ~af~Qq. il est fréquent dans le langage des demi-lettrés.man-waqtas. fas-m_n-sa~at sa~ta~ en Algérie.terme waqt. on relève encore _ -v q~sas. Djidjelli). parfois nhaf-~l­ ~ proprement "le jour d'huiu. galka. dans le Nord constantinois. man-faYW9Q. Maintenant On citera d'abord un mot qui s'emploie plus ou moins. rurale que nomade (9F99). de ~. dlûk. La Calle en Algérie jusqu'aux confins de la Libye. mais sert également à exprimer l'idée "maintenant" dans le complexe ds-sa~a. on peut entendre as-man-saEa. suivant les régions les mêmes termes précédés respectivement de ~. . De galwQq. mn-dmta. l-~nta.254 amtas (amta-as) dans le Sud tunisien (Gabès). depuis Souk-ahras. dâk-~s-sa~ItIk. tant C'est généralement . Cinq termes essentiels se partagent en outre. du classique. drükati.sa:~a qui note plus exactement "heure". avec une forme augmentée tawwIka (tàwwIkah) dans toute la Tunisie. drükatâs drükatIk dans le Nord constantinois (Constantine.

Mais Là où on emploie am. lumn-amsIn des bédouins d'Algérie. avec une variante yamas que l'on entend en Algérie. avec la variante alla-gadd. ütt-al-barap. baEd-gudwa. .grr-gadda à Tlemcen et en Oranie. soit de qbal-. qbal-I-bar~ry. Après-demain C'est. on c9nnait aussi al-barap qui al-baraQ est le mot le plus en usage (sinon le seul) pour "hier" au Maroc et dans une partie importante de l'Oranie citadine. désigne alors plutôt "hier soir".~"~-gudwa.l-bara~ au Maroc. lürnn-am-as. . .256 257 Demain C 'est essentiellement à la racine gdw. soit par des formes de duels comme 9wwal-l-barQIn de Tlemcen.s (yamas). l'Algérois~ général. .b?k+a est le terme qu'on entend au Fezzan et en Cyrénarque.alla-gda dans l'Algérie centrale.gda est la forme du mot dans les Hauts-plateaux oranais où l'on entend aussi gadwa. Le compléxe "avant avant-hier" s'exprime soit en faisant précéder l'expression qui dénote "avant-hier" par qbal. assez répandu en Algérie et connu jusqu'en Cyrénarque.t. .f-al-qudwa dans le Sud algérois . . notamment dans les parlers bédouins. baéd-gda. ûl-amas. ainsi que awwal-amas en Libye. güdwa t qui est courant dans tout le Maghreb central et oriental et jusqu'en Libye. .gudwa man-dak dans le Nord constantinois. .güdwIka est une forme~pourvue d'un augmentatif~fréquen­ te en Tunisie. et surtout l-gudwa qui est d'un emploi assez mn-amas.ült-~l-ba:rat:. suivant les régions. dl-barl)'at-lüla.9wwal . luI-amas dans les parlers bédouins d'Oranie et de et citadine. avec la variante qüdwa dans le Sud algérois. gadda. . gda t gudwa qui servent de base à l'expression de cette notion tem' porelle. soit ufa. ült-amas en Tunisie. ül-. très g é neralemen t ' 'dé s de b"a<d " soit prece ~ . comme qbal-u~a-l-barary du Nord constantinois.amas. en Oranie. gdy du classique que le maghrébin recourt : gadda est la forme en usage au Maroc et jusqu'en Oranie (Tlemcen ). La notion de "lendemain" recourt aux mêmes outils. Le terme qui domine est . soit all~~gadda au Maroc. Mais il se trouve des parlers où ces termes sont précédés de gIr . uFa-l-barêry ici et là en Algérie rurale . al-bar~a. très usuel en Tunisie également. quelquefois Avant-hier L'expression d~ cette notion temporelle utilise amas et dl-bard~ précédés soit de çwwal:. ul-âmsIn.baéd-gadda. en concurrence avec gudwa. ~l-baraQt-lultIn qui s'entendent en Tunisie.

baE.::>ddIltIn. hag-as-sna. .d-gIr-g-adda (gda. .bad_gda. et semble la forme qui prévaut en Tunisie et en de Djidjelli CyrénaIque~ et aussi. avec l'alternance é9mç~.258 . Au Maroc.dayman est répandu d'un bout à l'autre du Maghreb.b-ad-dwam s'emploie en Tuni sie . E9mr pourvus des pronoms.baqdaqad dans le Sud algérois) . hag-al-tam. ~Qmrakt ~9mf9.. Ailleurs. elle se rend tantôt par direct du nom : t9M+~. eç~Q. abadan. bagdg~d.éam~as-sna. . badgad. gudwa). tantôt sous la forme as-sna. Em9fha etc. et b-ad-düm est en usage à Constantine et dans la région . en associant les deux mots dans le complexe : . Cette année Toujours eam et sna servent tous deux à exprimer cette notion. tantinois . notamment en Algérie. ainsi que . labd- . al-~am haga. complément c'est souS la forme t<. très souvent par des formes de duels telles que .dIma s'entend aussi partout. on n'emploie pas moins . soit.abadan. . tantôt sous la forme al-eam.-" " - h~yhat "au grand Jamais" s'entend aussi. ~9mm9tha etc.allI1Ih ( 'alladI yalIh 7).ma-ggadd des Hauts plateaux oranais~ . et dans le Sahel et le Sud tunisien :a s-snfi!:. . etc.baqdaqd~n. . un curieux addI1Ih • . ~9m~k.jlr-gudwa dans le Nord constantinois. C'est avec la racine classique dwm qU'on exprime cette notion. ha-l-eam. ~b3dan. Sporadiquement on trouve aussi. qatt. batagadd dans le Nord cons- Dans les phrases négatives. . On cannait également en Oranie llbud. L'année dernière C'est sam l-Qwwal partout au Maghreb.daym se trouve également très fréquent. mma-ggaddIn. On relève aussi divers complexes dont la composition se discerne rlus ou moins clairement 259 Jamais On emploie partout . et dans la région de Tlemcen et Hauts plateaux oranais.bat::d-gudutIn.>mmQr suivi du suffixe ·complément Quant à l'expression lIaprès après-demain". de l'Oranie à la Tunisie. qatt est volontiers dans la bouche des demi--"-' lettrés. l~bda.Eam~. .suffixes.

dans le Sud algérois . pour désigner l'année plus éloignée encore. sw~yya h~ De bonne heure D'un bout à l'autre du Maghreb on emploie . qbë1ay. gub~la.~~. jadis l l . mbakrln dans le Sud tunisien et la Libye. A côté de fI-saL.blh-fIhJqui est algérien et tunisien. baéd. gub~y- lat "tout récemment" avec dans les parlers de l'Est les variantes qbI1ek (qb~llk). séance tenante" et l'idée "rapidement". gubIIIk. ou plus souvent gabal. Mais elle dénote tout à la fois l'idée "sur le champ. m@n-baEdatlk dans le Nord constantinois . en Tunisie et en Libye.9b31. mdm-bai. et que zman tout seul exprime aussi le temps très .d. précédés ou non de ffidn.zman : zman- bakri ...f-a1. gubIIIka) . . Le recours au duel marque la notion "l'année qui a précédé la dernière" : &am 1-9wwlIn et. m'dn-baE.bakrIn.bakri qui comporte les variantes . mdn-guddam sont plus rares~ güb~yl signifie "auparavant l1 . gub~yla "tout à l'heure" (passé récent). qu'on entend d'un bout à l'autre de l'Afrique du Nord~ . qbI11k (qb~lIka).baé"d~n s'entend en Tunisie et en Libye~ baEdas dans le Sahel tunisienJ on emploie promptitude de l'action. ou fI-saE.lùl-éam-1-9wwlIn au Maroc et en Algérie~ ült-~am-n-9wwlln. Dans ces mêmes régions on entend aussi badri..f-al-'anJf-l-an. qui sent son lettré. Libye. non la Pour noter Itle temps qui suit lt . Les termes variés dénotant "le temps antérieur" Il faut signaler que baRri a aussi pour sens Itautrefois.d. dans les parlers bédouins. quelquefois précédé de . fIsat:. Tout de suite L'expression pan maghrébine est f-as-sat:. ült-~am-nÇwwltlnt en Tunisie et en éla-égab est une forme usuelle dans le Sud algérois. qU'elle partage avec des locutions comme t~mm-tamm sont généralement. .haqa w~n signifie aussi Itnaguère" dans le Sud algérois.qUddam. "Peu après" sw~yya man-baLd. se dit baEd-saLa. issus de qbal.~am-n-owwalt habituel en Algérie. m-baE"d dans tout le Maghreb~ . qbâla~ . guddam.hIn et . lointain du passé. mdn-qbal. on entend aussi .260 261 man-ba~datak. précédé ou non de man: batd.gübaYëll "bien auparavant l l j . marquant le moment.

b-'dz-zaf. suivant les lieux .. quelquefois à zman . se présente souvent sous la forme rna-zzal dans les parlers bédouins d'Algérie. il prédomine a u Maroc . semble-t-il . Libye) lIli (lIlak) mudda. yasar est usuel en Tunisie." y mudda twëla. à m. invariable.yasCJr. qui s'entend aussi dans le Sud tuni- . est relevé dans le Nord de l'Algérois et du Constantin oiS . et là au Maghreb : ~ah ja "il est déjà venu". _ ma-zad-s(i).ad-~ yalJdam "il ne travaille plus" . ou asla socié à un nom (qui le précède ou plus souvent qui le suit). . lIh) mudda qui s'entend jusqu'en tr adui te par hagi hagi s~al au Maroc et en Oranie. qui sont. sont également employés dans le Sud algé- --"- dans le moment envisagé. peut pas dire autrement dans le Nord constantinois tournure est parfois complétée par bal. ma-izId-s(i) s'emploie aussi en Algérie et en Tunisie: ma-zad-s ja "il n'est plus venu". Avec négation. Encore Cet adverbe de temps constate le fait acquis L'adverbe français est chargé de sens 1) "jusqu'au moment dont il S'agit" ~â-zâl. ma-ra (+ suffixes pronominaux)-s(i).. mâ-tlâ-s(i). Mais pour exprimer avec plus de précision la notion de IItemps qui dure".262 levé". eadha rien.suivi d'éléments pronominaux.. n-nha. tla<: baLda "le jour est déjà . habituellement à mùctda (mwadda) .d "après" n . arabe maghrébin par La notion peut être rendue en qui est courant ici On ne - ~a. suivi du verbe à l'inaccompli. l~yya. Longtemps 263 Il est parfois amplifié. amplifié souvent par ~wëla -". . la-Ead est fréquent en Libye . cet adverbe de temps marque la cessation d'un état ou d'une action. invariable ou conjugué. sui~i du verbe à l'accompli ou à l'in.qalha. mâ-bqâ-~(i). m.b'arsa. baCda ) semble pouvoi~.. ma-baq~-s(~) est également partout possible . L 'idée rendue par l'il ya longtemps que ••• '! est mUdda général au Maghreb ~ llyya (lIk.baLda (du cl. à l'inaccompli. sous la forme baEdatIk. On emp loie souvent les termes qui marquent "le haut degré". est employé dans tout le Maghreb. invariable. C'est ma-Ead-s(i). on recourt. maizId-s iji "il ne viendra plus" .employer du Maroc à la Libye : . et au Maroc sous la forme baedanIt. u n bout à l'autre du Maghreb : ma:-E. "n'a pas cessé" . ou ~I-zal.ccompli. comme en Oranie et dans l'Algérois. ou premier terme d'une proposition nominale. est usuel au Maroc seule~ent. suivi d'un verbe à l'accompli. semble être en usage d .

invariable ou fléchi. etc. souvent renforcé par ~ani. invariable. est fréquente : mâ-za~q~ y~sk.• sei) est pan- maghrébin : ma-zal ma-ja-s q)"il n'est pas encore venu". dans le même emploi. "demeurant" . m. semble plus fréquent dans les parlers bédouins . E. invariable. tad (parfois Eada) .. mais c'est surtout zayd. eadu.adna wën jIna t.. baqa. est très fréquent dans les parlers bédouins et ruraux d'Algérie et de Tunisie : Ead ja "il est encore venu".E. est marocain et oranais . dans des emplois adverbialisés : ae~~ni wal)da zada "donne-m'en une encore sens ' hlaf s'entend dans le Constantinois: waJ:t<ld l]laf "un de surcroit lt • Pas encore C'est le constat de ce qui ne s'est (ou ne s'était) pas produit au moment où l'on parle: (= ma-zal . marque tout à la au détriment de ma-zal ma ••• ~(~) ..'. pl. zad-izId. ~awttâ­ nyak . est surtout marocain : fém. ma-zila.. 'emploie s au Maroc plus que On peut employer les mêmes termes que cidessus. qui connait aussi dans ce ohra at:tëni ohra _ ! _'_ _ -!. il . mais est généralement absente . avec. et en tangérois dans un complexe Eawd~nnIt."donne-m'en encore (= termes mâ-zal et bâq~. oranais.' de surcroit) If.. ma-zal ma ••• régions .. le participe et zada. waldlh "il demeure encore dans la maison de ses parents" . ainsi que baq~. ou associé à un nom (qui le précède ou plus SOUvênt le suit). ma-zalti. invariable ou variable baq~ renforce souvent --. fém . les élargissements éawttânik.:L!. de surcroît" tagli5t . fols les nuances "encore" et "de nouveau" tani "tu te trompes encore" . ' ma-zal cannait souvent proprement "ajouter" rend mieux ent~gl9t une variation en genre et en nombre : fém. dans l'emploi adverbial. à m. 2) "de nouveau" ma-zal. quelquefois (en Tunisie et en Libye) variable en genre et en nombre. dans un complexe éawttani . la négation accessoire -sei) est possible. éawd. sei) est marocain. pes à nouveau" 3) "de plus. core la nuance "de nouveau" : zadt "tu te trom- pl. à l'inaccompli. fléchi ou variable.ad "encore lorsque nous sommes arrivés (::: nous venons tout juste d'arriver)" (Sahel tunisien).awnnit . variable. . l(!).)n fI-da!. bâqya ou la combinaison des deux de plus) . fléchi. notamment tlem- . fléchi (mâ-z alt. au Maroc. suivant les ma-zal . mI-zal . bâqyIn ou bâq~n bâq~. se renforçant l'un l'autre. . pl. g~néralement invariable.-. peut partout exprimer cette valeur.. ma-zalIn . suivi également d'un verbe à l'accompli. bâq~.). Eadat. Qaq~ ma ••• est la tournure la plus fréquente au Maroc (où baq~ est volontiers variable en genre et en nombre). en tlemcénien. zyada. il peut comporter les variantes notées cl-dessus mazzal.264 sien et en Libye . est également d'un emploi panmaghréhin. ~ani (tani). mâ-zal." i zyada est courant en Libye. éad ma . rna-zalùt.ma-zal (invariable) suivi de ma •. baqe (invariable) suivi de ma n'e'st pas encore venu" .

266

. 267

cénien : ~ad ma-tal€at-s dS-~_mS ou ma-tal~at-s , sams é ad "le soleil ni est pas encore levé" j

~~,~~~~

ûsCombien ? Trois termes se partagent cette expression

- mâ-s-sâ~ sei) est usuel en Libye: mâ-s-sâé-~ ja "il n'est pas encore venu u ..
Remarque sur "encore" et "pas encore" Cette remarque porte sur l'expression de la réponse à une interrogation, expresse ou tacite, suivant que le fait sur lequel on interroge implique la prolongation d'un état, la continuation d'une action; ou l'apparition d'un état nouveau, l'entreprise d'une action nouvelle. Dans le premier cas, les termes ou complexes envisagés expriment l'idée "encore" : hûk f-ad-daf ?

kam (k3mm), souvent précédé de la préposition

~-

:

b-kam ; qui semble le plus souvent, sinon exclusivement, en usage en Libye, et qu'on trouve fréquent dans nombre de parlers bédouins d'Algérie; - q~ddas, qaddas s'emploie dans l'Algérie centrale et et orientale, et en Tunisie, avec les variantes - qadda 5 dans le Nord constantinois) gaddah dans les parlers bédouins d'Oranie et de l'Ouest algérois.

- ma-zal (ou bâq~) "Ton frère est-il à la maison? core" ..
Dans le deuxième cas, ils expriment l'idée "pas encore : ~ab al-hubz ? est-il cuit? - Pas encore".
11

En-

Là où il est employé en concurrence avec sQal, q.ddas interroge plutôt sur la taille que sur le nombre. - ~hal, a~hal est le vocable qui prévaut au Maroc et jus~~

ma-zal (ou baq~) "Le pain

qu'en Oranie.

On le trouve ici et là en usage dans les

parlers citadins et ruraux d'Algérie. Beaucoup L'expression du haut degré, qui se trouve généralement confondue avec celle du grand nombre ("au plus haut point, très" étant associé à "en grand nombre, dans la plus forte proportion numérique"), est traduite par - b-az-zaf, du Maroc à la Cyrénaïque;
yas~r

En Tunisie (et sans dou te en d'au tres régions), dans des expressions comportant détermination du temps,

du moment, si le nom, sujet logique de ma-zal (ou baqe) ,
est indéterminé, l'ensemble signifie "encore" : ma-zal

--'

~~f "c'est encore l'été" ; s'il est déterminé, il signifie "pas encore" : ma-zal a~-~~f "ce n'est pas encore l'été".

prédomine dans les parlers bédouins du Maroc, Certains d'entre

d'Algérie, de Tunisie et du Fezzan. yasra, pl. yasrIn, yasrat ;

eux traitent le mot en adjectif variable : yas_r, fém. barsa (d'origine turque) est le terme tunisien

~ est fréquent dans les parlers bédouins ;

268

269

gaya a une valeur plus estimative que quantitative. Il est en outre d'autres mots, d'autres tournures de caractère plus ou moins expressif, pour déno-

qui est nécessaire", qui s'entend surtout en Tunisie. La notion d'excès s'oppose naturellement à celle d'insuffisance: "trop peu", "pas assez", qui s'exprime par des vocables issus de la racine
naqa~, b-an-naqa~
nq~

ter cette notion complexe.
Un peu

b-an-noqsan. "Ni trop ni trop peu!! se dira donc partout b-la-zyada u-Ia-nQqsan. Pas du tout Cela se dit avec les mêmes moyens que ceux qui

C'est d'un bout à l'autre du Maghreb ." ... v . - sweyya, "sw~yya, par f 015 sous 1 a forme ~w~y, et, au Maroc, avec une variante swiyyas.

L'expression en est variable

servent à dire "rien!!
v~ ~~

baf'k, ba.;-ka s'entend un peu partout, ainsi que les formes classicisantes baraka, barakat ;
yakfi, proprement lIil suffit", est général aussi yazzi est plus spécifiquement tunisien - b.ss est libyen ; - u-kan, qui est marocain et oranais, a, approximativement, le sens "voilà tout".

- .sey, say,

Q.atta-s~y,

_

v_

v

_

V

l).atta-si,

walu qui S'entend dans tout le Maghreb, mais qui semble assez exclusif au Maroc. gaf., proprement !!jusqu'au fond, radicalement", qui semble plus particulier aux parlers bédouins.
fa-qat~ qui est familier à la langue des lettrés,

mais

est généralement compris. Comment 7 L'interrogation sur la manière utilise exclusivement le terme kayfa, et les variantes qui en procèdent : - kIf s'entend dans tous les dialectes, servant souvent de support, dans les parlers du Maghreb oriental aux suffixes personnels par l'intermédiaire du morphème -an- :
kI~nni, kInnnak etc.

On a généralement recours aux termes qui expriment l'idée "beaucoup", la notion de la quantité, ou la proportion, en excès se confondant avec celle du grand nombre ou du haut degré: b-az-zaf, ~asar, barsa. On peut dire encore, en utilisant la racine qui dénote lice qui est ou vient en plus lI , b-zayd, b-az-zayd, - zada, zyada ; ou encore la .périphrase fQq-';H-lazam, f'Ç)q-ma lazam, proprement "au dessus de ce

"comment moi, tu ••• etc."

ki est la forme abrégée de kIf, très usuelle au Maroc et dans l'Algérie occidentale. kIfas n'est pas moins fréquent, du Maroc aux limites

270
extrêmes de la Tunisie, avec les variantes klf3~ dans le Nord constantinois, nais. klfah est la forme propre aux parlers bédouins d'Oranie et de l'Ouest algérois .

271

tout le Maghreb, suivi du nom ou du pronom personnel indépendant; le complexe marque la limite dans laquelle le concept envisagé est inclus. nlaf parait plus spécifiquement algérien ; il est consécutif au terme, que l'on veut exprimé ainsi inclus; souvent précédé de la préposition b-, b-ahlaf et volon-

kyas, kas

dans les parlers cra-

kIfs, kIs

représentent des formes contractées habituel-

-

-

les dans les vieilles cités d'Algérie.

Pourguoi ?
Le terme français comporte une ambigulté parce qu'il interroge à la fois sur la cause et sur le but. Dans le premier cas , on utilise généralement
... _ tI _ ...

~alas,

~las,

dans tout le Maghreb, avec. les variantes

~lryyas dans le Nord constantinois, ~lah dans les par-

ler3 bédouins d'Oranie et de l'Est algérois. Dans le deuxième cas, c'est, outre ~as qui peut être entendu dans ce sens,

las,

qu'on trouve partout, avec les variantes llyyas
l~yyâh en Oranie et au Maroc.

dans le Nord constantinois, lawas dans le Sud algérois,
l~yyas,

Aussi Le terme français associe les notions exprimées par "également".(c'est-à-dire "en conformité avec"), par "pareillement" (c'est-à-dire "d'une manière semblable à"), par "même" (c'est-à-.dire "qui est précisément ce dont on parle" et "ce qui vient en outre, en plus de"). Il est plusieurs termes arabes pour dénoter ces diverses valeurs l)atta (ry.iltta, t)ta, ta), proprement "jusqu'à" sert à ces usages, avec la valeur inclusive de "y compris", dans

roc et sporadiquement en Algérie
aussi, lui-même", dlk-annI t
Il

h9wwâ-nnlt "lui

juste à ce moment-là" ,~tc.

La notion proche du réfléchi "même", comportant la valeur renforcée qu'exprime "en personne",est rendue dans tout le Maghreb par gat (dat) souvent précédé de la préposition ~, soit pourvu de l'article, b-ad-dat, soit pourvu de usage dans tous les parlers maghrébins. - nafs, f9l), précédés de la préposition b-, et pourvu de suffixes personnels; en usage partout sémble-t-il. suffixes personnels, b-dati (b-datak, b-datu etc.) ; il est en

mais aussi des sons. proprement "chose". sans conteste. Elle comprend l'expression de l'idée négative dans les emplois isolés de l'intervention spontanée ou de la réponse. qui sont parfois des mots. des bruits. généralement qui suivent. la négation principale: d'oU naissance de négations accessoires comparables a celles que l'on trouve dans les tournures françaises ne ••• personne. puis dans les emplois qui précèdent ou embrassent un mot ou une séquence de mots 00 l'on veut marquer l'idée de ce qui est nié. etc. ne ••. la et ma. celle qui concerne la négation. On n'a pas réservé de place (et ce n'est pas un oubli) aux interjections et aux exclamations. la partie la plus complexe est. L'innovation dialectale consiste dans l'extension de la valeur négative (on pourrait presque parler de contamination négative) â des termes complémentaires qui accompagnent. Les deux outils essentiels de l'arabe. sous la forme d'éléments extrêmement divers. Elles existent dans les divers parlers du Maghreb. C'est en particulier s~y. Elles débordent le cadre d'un exposé qui se veut strictement grammatical. souvent accompagnés de gestes ou de mimiques.273 L'EXPRESSION DE L'AFFIRMATION. sous les formes -s~y. . ne ••• pas. -s. qui sert à cet usage. -si. se retrouv~nt dans les ~arlers maghrébins : ils y jouent le rôle de négations principales. rien. DE LA NEGATION ET DE L'INTERROGATION De cet ensemble.

1 ëh _ . pour dir~ la-natkalla m ffie. 'ah . souvent répété la-la.ak "par Dieu . . équivalant à " ou i ce rtes". qui s 'apparente plus à un b ruit qu'à un son. on entend également la. la. La négation d'un terme ou d'une ph r ase reco urt yah .274 275 A. souvent ap puyé pa r une f o rmule de ser: la-tandJk ment (w-a+~ah).tt m€. de l a .ç9t. 'ahha" ~ ah . je ne par lerai pas avec toi" . qui conna!t le s variante s ~ rh . pour la corrobo r a ti o n énergique. un claquement de l a ngue contre la joue.aha . On notera enfin l'us age . NEGATION L'affirmation la plus courante . peut être marquée partout par à l'emploi de 1. wah. réponse ou intervention négative correspondant à "non". AF FIRMATION B. w-a++âh . que l'on trouve devant des verbes à l'inacco mpli. uhu. à " oui ".t "ne pars pas" .' ~. font a u ssi entendre . volontiers élargi en . Nombre de rur aux et de bédouins. ne doit pas êtr~ c o nf o ndu avec la n égati o n l a . L ' aff irmati o n plus expressive . et sa variante optative : êlrk lâ-tddDDdl f-umüfna "puisses-tu ne pas fourrer ton nez dans nos affaire s ! ".' aFah. que la vague ne t'emporte". do nt on v a parler mai nten a nt. ma rquant l' a ssentiment.pour exprimer la finalité négative : azrab azrab lataddIk ~l-müja "dépêche-toi. notamment dans lez régions sahariennes . et. saharien s . chez les bédouins. ---L. nLam. . c'est dans tout le Maghreb nLam. s'exprime essentiellement par la. cocrespondant La négation. dans le Su d marocain et ora n ais . tu as raison v . ~a Ce~ . balak latt~1) "prends garde de tomber ("" que tu ne tombes)" -~--- leur accord. ~wah.lawah. comme négation de défense : la-t. anfam . dépêche-toi. la-lawah. lorsqu'on désire faire ré pé ter quelque chose. plaltil". des formes d 'interjec tions comme "ahha. qui semble p lu s oranais . Plus forte encore. et un bruit produit pa r le claq uement de la langue con tre le palais. par une excl a mati o n (yâ -~Gi) ici et là a u Ma ghreb. emploi que l'on a signalé p récéd emme nt au chapitre des Conjoncti o ns (subordination) .après verbes de crainte ou de mise en garde : D~ft layadrabni "j' ai craint qu'il (ne ) me frappe". "oui-da Il . . y~h. "oui certes. chez les ruraux t fréquent chez les bédouins d ' Algérie. assez nasalisé . En Oranie. devant des verbes à l'accompli (parfois à l'inaccompli\ comme négation catégorique du futur : ya-bbi la-fqt. qu'on peut entendre peut-être héritier du cl . d'emploi très courant. la (l-ll-~r~bat ) . je ne partirai pas avec lui". qui signifie a ussi "pardon . t exprime au moyen de Ih. ::. qui s ' ente nd dans le s parlers çhç .aywa . amlI(!. ~l -Q aqq . mlI(!.ah "que non. ~wa .

man.devant propositions nominales. vue au chapitre des Conjonctions (subordination) . lorsqu'il figure en construction itérative: laba mayadbal (u-) ma-yabraj "il n '. . f. lorsqu'il porte sur un élément ligature (ma. ma-fIha bas "il n'y a pas êqmr "jamais". ma-rooJ:'t walu "il n'a rien gagné". si ce n'est) que". rencon- 2 . peut-être.••• -si (-5) qui encadre le terme sur lequel on veut faire porter l a négation. s~y (say) "rien". b-lama "s a ns que".ç9b gir-ai-mabrum "il ne fume que du (tabac) roulé (à la main)". cl.) : ma-êtani ma nakul lIil ne m'a pas donné de quoi manger". la-me. avec valeur de mise en relief. ma-lq~t J:1add "je n'ai rencontré personne". bas. grr. avec l'inaccompli le sens peut être aussi celui de la défense négative: "ne pars pas" avec verbe précédé de l' auxiliai re kan: kan ma-fham-s ou ma-kan-s fham "il n'avait pas compris". ll 3. ma-Eandi . etc. non suivi de la négation accessoire -s~ (-~). que la pourvu de pronoms suffixes . il est possible de trouver ma suivi de la négation accessoire -si (-5).ma. ma-kan s~y "il n'y a (absolument) rien". la-l:tadd f-ad-da+ n(il n'y tion qu'on rattachera la tournure b-la. ma-e. maê. lah etc. devant noms (ou pronoms) comme négation catégorique ya~.andi man (ou skün) namdn fIh "je n'ai personne à qui me confier". au grand jamais.. que l'on trouve : tré" etc. pronoms. : la-fayda fI-klamu "pas C 'est à ce type de construc- d'intérêt dans ses propos". prépositions en construction itérative 277 ttatta-sat. lak.:ça "il ne lui reste pas un cheveu".. kunt manarbat. naf1yatü.andI-~ J:'tatta-~9. ma-é:andu bas "il n'a pas de quoi lT lorsqu'il est suivi de complétifs ou restrictifs de négation.9mf~ ma-lq~tu-s "je ne l'ai jamais.1 (u-) travailler" . €9mr~ ma-saftu "j e ne l'ai jamais vu". . ma. "ce n'est pas" : la-ma. pouvait for - ---- ---- la-yaodam "il ne veut ni se reposer ni la plupart de ces emplois.:di "je n'ai pas un sou vaillant". ~ ou waJ:1ad "personne". On a vu en outre.276 devant verbes.l-jr~s) a) personne à la maison". avec un renforcement de l'idée négative du type mafIha-s bas "il n'y a pas du tout de mal à cela". avec verbe pouryu de pronoms suffixes directs ou indiEad ma- ma-radd-li kalma "il ne m'a pas répondu mot" .aya (~-)lâ­ mt. etc. une légère différence de valeur entre les deux constructions . avec verbe accompagné de termes comme êad ijI-s ou ma-Ead-s iji "il ne viendra plus" . si non tous. où il pourrait être remplacé par la : ma-il)abb la-yarta1."sans". walu.ak 1Ini avec moi ni avec toi". alla. : ma-bqat-lu . noms. au chapitre des pronoms personnels. ma- qaEdat la-takul (u-)la-tasrob "elle demeura sans manger ni baire n . comme Q. mer un complexe fléchi : lani.Oltta "jusqu'à". que ce soit avec verbe à l'accompli ou à l'inaccompli: ma-wallât~ "elle n'est pas revenue".-tu tsamhu "ce n'est pas sa femme qui le pardonnera 1". emploi déjà décrit au chapitre des Conjonctions (coordination) . mâ-tfql)-s "tu ne partiras pas" .l-s ou ma-kunt-s narbaJ:'t "je ne gagnais pas" avec. kan "(rien. ma-ntaf alla-~abbi "je ne crains que Dieu" . I l convient néanmoins de remarquer que dans (cf. lorsqu'il porte sur un nom au degré zéro de détermination (type du français "il n' y avait âme qui vive") flüs "je n'ai pas d'argent de mal à cela" .a voulu ni entrer ni sor tir" .

1 soit mûr". fi. souvent dans des reprises. mais avec plus de force négative : masi waldryya "ce ne sont pas mes parents".. de masi. tournures nominales>. adjectifs.rbak "ce n'est pas moi qui te frapperais". ton père? la. masi mazyan "pas bon. lui ?-Non."pas à la maison".' inverse .Iast pas" sert à nier.. si (~). de la - --- ma-~amma-s -. .278 279 kull "pas tous.fih. et certaineRestent cependant à signaler des cite. masi mlIo. hada -IIi ma-iqülu-lna-s "c'est ce qU'ils ne nous diront pas l l . pourraient être re- Mais il demeure que. pas tout. on préfère très souvent employer masi. kayn dans le Maghreb central et occidental. pas au magasin".masi. toutes constructions comportant une valeur verbale implicite . sert à nier.avec pronoms personnels ou complexes préposition + pronom suffixe : ma-hum-s rnrad "ils ne sont pas mala. masi kbar b-. il ne la porte pas". ma-fI-s. ma-ka-s ~amma. et Ilil n'y a (ou ~l-J:1ja+) "pas de la neige. ma-hna-s "n'est pas ici". . et 1. masi ?lna nda. il n'yen a pas)". également dans le Maghreb oriental et qui prévaut en Libye. win sakan anta. masi t. de ma. ma"il n'yen a pas". Précédant une tournure négative.la-balI-s "ce n'est pas que je ne le sache pas".anüt-s "il est au Non. grêle". . masi fI-waqtu "ce n'est pas en son temps". dans des conditions voisines de ma ••• si (~>.kan. misi devient l'instrument d'une affirmation très énergique masi ma-t. 4.équivalant à "ce r. de mâ ••• ment partout compris. tabrüri usages particuliers à tel ou tel dialecte. ma-bü-lat). C'est . de tournures affirmatives: bÜlaryya huwwa 7 la. que". précédant un terme ou des termes (verbes. pas loin". qu'on va étudier maintenant. .Je n'ai rien". particules pourvus de suffixes personnels. masi b-al- . quand on veut nier un terme ou un complexe qui n'a pas de valeur verbale impli- levés dans l'ensemble de l'Afrique du Nord. et les exemples donnés ci-dessus pour illustrer les emplois de la. masi b-az-zaf "pas beaucoup". etc. pas complètement" . pronominaux.équivalant à "ce n'est pas le fait de. rects : ma-fhamtak-s IIje ne te comprends pas". a) La manière de dire Ilil y a" pas".. Remarques L'expression de la négation se présente dans les parlers maghrébins de façon assez homogène. et son contraire . pas beau". noms.I2i'Zaf "ce n'est pas qu'il ait beaucoup vieilli". ma-çahum-s kbar "ils ne sont pas grands". as- bik ? - ma-biyya-s "qu'as-tu? . nominaux.. et la forme négative ma-kan-~.qrIba ? la.la-qôddü-~'pas fIh-s (ma-fI-s) à sa taille". en réponse négative. ï des".ma-fih. ma-qrrba-~ "habites-tu loin 7 f-al-ryanüt babak ? magasin. dans le Maghreb oriental. adverbiaux.avec adverbes: ma-t~mma-s "n'est pas là (= il n'est pas. participes.. éga- lement avec valeur verbale implicite avec des termes ou complexes variés. ma-f-al-l). masi f-ad-da:z. à la manière d'un exposant négatif: masi ~-~alj. ou qui n'est pas l'écho négatif d'une affirmation ou d'une question antécédente. . ma-E.ya-s "il porte la barbe. Non.. vient apporter une contradiction à une notion affirmative : masi tab "ce n'est pas qU'i. masi bakri "pas de bonne heure".la-bali b-elli "ce n'est pas que je sois informé de ce que".

. ou . amma s'entend aussi yak.---bon-"et en arrive à être frappé d'invariabilité: kalma mUs On peut recourir aux termes issus du classique bahya "une parole qui n'est pas bonne ll • On entend même. INTERROGATION nels. 'L'emploi en sent son let- avec altération de timbre. plutôt avec le sens lin test-il pas que 7". Les tournures négatives servent aussi à marquer ltinter~ogation. il connait une forme abrégée mus. . souvent élargi en . ~yyak. Dans toute la partie orientale du Maghreb . ~alt adjectif épithète . kas "y a-t-il 7" stemploie dans toute l'Algérie.ça. précédant le terme ou la phrase. Devant (c'est. comme on l'a dit au chapitre des Pronoms person- c. was . et plus rarement ~.. mums mahIs. invariable.280 281 h) L'usage extensif du complexe mÜs. La tournure qui marque en français l'interrogation qui porte sur un mot ou sur une phrase (type "estce que") est rendue en arabe maghrébin de diverses manières. ment éliminé Dans les parlers de Tunisie et de Libye. kas-ma "y a-t-il ce que 7" ~. Ainsi ma ••• si (s) encadrant le terme sur lequel on interroge . . est typiquement marocain. mis.-si (ou simplement -s) postposé au terme sur lequel on interroge. suivi de t:ra : hal-t. may. objet de Itinterrogation.kans-ma. mums : had-al-klam mU~ bahi "ce langage n'est pa. il a pratique- masi. ya-hal-tça "est-ce que tu vois (= estce que) 7" . mahums) . une variante contractée de mahü~. dont il assure les emplois. mah. mas. c'est le plus souvent . mahum. Mais il est courant. ainsi que " mus. au Maroc.~. mas.kan-s. . tré. . usuels en Tuni s ie. Cette tournure S'emploie aussi en Algérie.maw. dans le populaire. Elle se comprend en tous cas. variable. on Itentend jusqu'en Oranie . mIs.

. . Noms verbaux . Nombre du nom .•. Personnes du verbe •. ... .. Thèmes ... .. ... .. LE NOM ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 36 39 39 55 69 79 A. .... Genre du nom .. Répartition dialectale des sons ..... .. ..•..•..... . . .. .......••.. C. tji w-ullâ-la "tu viens ou 7.. . B......... Etat du nom ••••••••••••••••••••••••••••••• LES NOMS DE...... . . ..... . . ...•.. la ..•.. .•.. .. . .. . ......... Annexes à l'étude du verbe . Thème fondamental . Personnels . .....•••• I I I ...... ••••••••••••• LISTE DES ABREVIATIONS ••••••••••••••••••••••••• PHONETIQUE ••••••••••••••••••••••••••••••••••••• l . Combinaisons de sons ..•. sonnel indépendant de la deuxième personne du singuOn trouve ti avec une valeur introductive tein- rv 1 tée d'intention interrogative. ...•. dans tous les parlers du A... .. . .. .... . Maghreb.... . sans doute forme résiduelle de lier. . ..... ..... B.. ... 1. Syllab.... . Numéraux cardinaux . ..•...... .... .. .... ........••.. .• C. . . .... .. qui semblent propres aux parlers tunisiens : :a.. .. .. A.. .. 80 91 D... . ...... . .. ... Inventaire des sons •••••••••••...... ...••••••• B... ....•• B. .. . .. . .. Conjugaison du verbe .... ..ti.••.... . qui est peut-être la négation... ... ........ .. IV .... .. .... LES PRONOMS ••••••• ...... l'intonation peut à elle seule exprimer la valeur interrogative d'un mot ou d'une phrase.. .e ••••••••••••••••••••••••••••••••••• 24 35 A...••. ... Degré du nom E. TABLE DES MATIERES :!... .... . . .. II. . .. tu viens ou non 7". .~ ••••••••••••••••••••••••••••• 1 88 197 ............ ... ... . . .. Démonstratif .•. Notons enfin que... Numéraux fractionnaires 160 173 173 181 183 184 187 . . 115 138 152 F.... ...... C.. I I • Numéraux ordinaux . ~nti...... . ....... Il arrive que l'intonation soit corroborée par la conjonction "ou" : tji w-ull.dérivés . . ....... ..... .282 Il est encore deux éléments. ... ...•.. LE VERBE ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 2 8 20 D... Annexe à l'étude des noms de nombre . ........... Thèmes nominaux du singulier .... ... .. . NOMBRE • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • I . figurant en tête d'une phrase que l'on veut interrogative. ou peut-être l'héri tier du cl.... ..... .... .•. Pages pronom perAVANT-PROPOS ••••••••••••••••••••• .. . .

26 7 EXPRES SI ON DE L'AFFIRMATIO N.••• 200 204 206 215 216 228 228 232 I I ..284 Pages C.. Mait re-I mprimeur à Mayenne 5 ..................n° 6003 ................ Relatifs •••••••••••••••••••••••••••••••••• E............ Conjonctions de coordination .. Conjonctio ns de subordination ••••••• C. Adverbes et locuti o ns adverbiales ••••.... ~ ••• I............ 247 248 253 III........4 ..... Expression du lieu II. Expression de la quanti té et de la manière ... .•••....... Conjonctions et ligatures conjonctives •••• 1.... DE LA NEGATION......1977 ...... Expression du temps ... DE L'INTERROGATION ••••••••••••••••••••••••••• TABLE DES MATIERES ••••••••••••••••••••••••••••• 273 283 Joseph FLOC H.. Interrogatifs ••••••••••••••••••••••••••••• D.. Prépositions •••••••••••••••••••••••••••••• B........... Indéfinis LES PARTICULES A.......

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