Vous êtes sur la page 1sur 4

La voie de la Sounna

a tout prix.

Par L’imam Chatibi

[1]
http://bibliotheque-islamique-coran-sunna.over-blog.com/
J'hésitais donc entre le fait de suivre la Sounna et par conséquent diverger des habitudes de la
majorité des gens, et ainsi vivre les mêmes problèmes que ceux qui, de tout temps, ont
contredit les coutumes établies - surtout si cette majorité prétend que ces coutumes sont la
Sounna et rien d'autre - mais alors il m'aurait fallu supporter un poids écrasant... mais pourtant
quelle récompense m'attendrait auprès de Dieu ! Et entre le fait de suivre la masse et par
conséquent diverger de la Sounna et des pieux prédécesseurs (Salaf Sâlih) et m'introduire
dans l'enceinte de l'égarement (qu’Allah nous protège de cela).

Cependant, je serais en accord avec les coutumes, et on me considèrerait comme un ami, non
comme un ennemi.

Je me rendis alors compte que périr en suivant la Sounna était la vraie délivrance, et que les
gens ne me seraient d'aucune utilité auprès de Dieu.

Je me mis donc à appliquer la Sounna par étapes dans certaines choses... et c'est alors qu'on
aurait cru que la fin des temps était arrivée !

Les critiques se multiplièrent à mon égard, les flèches de la calomnie me furent adressées, on
m'affilia à l'innovation et l'égarement et je fus classé parmi les idiots et les ignorants ! [...]

On dénigra la voie que j'avais choisi d'une façon que tout cœur réprouve, et on me classa
parmi certaines sectes étrangères à la Sounna.. Témoignage qui sera écrite (par les anges
scribes) et dont ils auront à répondre le jour du jugement.

On m'accusa une fois d'avoir affirmé que les invocations ne présentaient aucun bénéfice et
n'étaient d'aucune utilité - comme certains le prétendent à mon sujet - en raison du fait que je
ne pratiquais pas l'invocation collective à la fin de chaque prière en tant qu'Imâm.

Et la contradiction de cet acte avec la Sounna et les pieux prédécesseurs (Salaf Sâlih) sera
clarifiée plus loin.

On m'accusa aussi de Rafd1 et de haine pour les compagnons -qu’Allah les agrée-, en raison
du fait que je n'invoquais pas Dieu pour les Califes Bien Guidés dans le Sermon du vendredi
en particulier, car cela n'était pas l'habitude des Salaf dans leurs sermons, et aucun des savants
reconnus ne l'a cité dans ses sermons. [...]

1
Relatif au Chiisme Imâmites NdT.
[2]
http://bibliotheque-islamique-coran-sunna.over-blog.com/
On m'accusa aussi de permettre la révolte contre les gouvernants, et cela pour la simple raison
que je ne les citais pas dans le sermon. Or citer les gouvernants durant le prêche est une
innovation, qu'aucun prédécesseur ne pratiquait.

On m'accusa aussi d'extrémisme et de rechercher la difficulté dans la religion, et ce en raison


du fait que je me contente - lorsque je réponds aux questions et émets des fatwas - de suivre
les avis reconnus du Madhhab2 sans en diverger, alors que de leur côté, ils se permettent de le
transgresser et émettent des fatwas qui facilitent la vie à la personne concernée et correspond
à ses passions, même si c'est un avis marginal dans le madhhab ou dans un autre. Or les
Imâms parmi les savants sont contre ce genre de pratique. J'ai d'ailleurs approfondi cela dans
l'ouvrage Al Muwâfaqât.

On m'accusa aussi d'être un ennemi des alliés de Dieu Awliyâ Dieu, saints ou élus en raison du
fait que j'ai exprimé mon animosité envers certains pauvres derviches innovateurs qui ont
contredit la Sounna, s'auto-proclamant - selon eux - guides des hommes, et j'ai parlé en public
de certains comportements de ces gens qui s'affilient aux soufis sans pour autant leur
ressembler.

On m'accusa aussi de diverger des Ahl Sounna Wal Djamâ'ah (Les gens de la Sounna et du
Groupe), et ces gens se basent sur le fait que le Groupe que le Prophète nous a ordonné de
suivre - qui est le Groupe Sauvé - est la masse des musulmans, alors qu'ils n'ont pas compris
que le Groupe est la voie du Prophète -salla Alla ‘aleyhi wa sallam-, des compagnons et ceux
qui les ont suivi avec perfection. Et cela nous le clarifierons plus tard.

Or ils ont menti sur tous ces points et ont trompés les gens, mais la louange revient à Dieu
quelle que soit la situation.

J'étais donc dans une situation qui ressemblait à la situation du très connu Imâm Abdurrahmân
Ibn Battah El Hâfidh, avec les gens de son époque lorsqu'il dit : « Je m'étonnerais toujours des
différentes situations que j'ai vécues durant mes voyages et mes haltes, que ce soit avec mes
proches ou autres, avec ceux qui me connaissent ou non. En effet, je me suis rendu compte -
que ce soit à la Mecque, dans le Khurâsân ou en tout autre endroit - que toute personne que je
rencontrais était ou bien une alliée ou une ennemie, qui m'appelaient à suivre ses dires, à
croire ses paroles et à témoigner en sa faveur.

Si donc je reconnaissais la véracité de ses dires et lui accordais mon approbation - comme le
font les gens aujourd'hui - la personne me considérait comme un allié. Si par contre, je
m'opposais à une seule lettre de son discours ou à un seul de ses actes, elle me considérait
comme un ennemi.

Si j'affirmais que le Coran et la Sounna était en contradiction avec une de ses paroles, elle me
disait : "Tu es un Khâridjite !".

Si je lui lisais un hadith parlant du Tawhîd (Unicité de Dieu), elle me disait : "Tu es un
Mushabbih (Anthropomorphiste) !".

Si c'était au sujet de la vision de Dieu (par les croyants au Paradis), elle me disait : "Tu es un
Sâlimî !".

2
Ecole de jurisprudence NdT.
[3]
http://bibliotheque-islamique-coran-sunna.over-blog.com/
Si c'était au sujet de la foi (Imâne), elle me disait : "Tu es un Murdjî !".

Si c'était au sujet des actes, elle me disait : "Tu es un Qadarî !".

Si c'était au sujet de la connaissance, elle me disait : "Tu es un Karrâmî !".

Si c'était au sujet des mérites de Abou Bakr et 'Umar, elle me disait : "Tu es un Nâsibî!".

Si c'était au sujet des mérites de la famille du Prophète -salla Allahou ‘aleyhi wa sallam-, elle
me disait : "Tu es un Râfidî !".

Si je me taisais au sujet de l'explication d'un verset ou d'un hadith en me contentant de


répondre par leur sens apparent, elle me disait : "Tu es un Dhâhirî !".

Si je répondais d'une autre façon, elle me disait : "Tu es un Bâtinî !".

Si je répondais par un sens métaphorique (Ta'wîl), elle me disait : "Tu es un Ash'arî !".

Si je reniais leur sens, elle me disait : "Tu es un Mu'tazilî !".

Si c'était au sujet des Sounnas de la prière comme la lecture du Coran (après la Fâtihah), elle
me disait : "Tu es un Shâfi'i !".

Si c'était au sujet de l'invocation du Qunût, elle me disait : "Tu es un Hanafî !".

Si c'était au sujet du Coran, elle me disait : "Tu es un Hanbalî !".

Et si je mentionnais l'avis le plus juste parmi les différentes opinions - car il n'y a pas de
complaisance au sujet des règles religieuses et du hadith - ces personnes me disent : tu as
rabaissé leur rang élevé. Et plus étonnant encore est que ces gens - en fonction de ce qu'ils
lisent des hadiths du Prophète - me cataloguent suivant leurs passions. Et si j'approuve
certains d'entre eux, les autres me considèreront comme ennemi. Et si je me montre
complaisant envers eux tous, je provoquerais la colère de Dieu - Béni et Elevé soit Il- or ces
gens ne me seront d'aucun secours auprès de Dieu. Bref, je m'agripperais toujours au Coran et
à la Sounna, et je demande pardon à Dieu en dehors duquel nul n'est digne d'être adoré, et Il
est le Pardonneur, le Miséricordieux. »

Source : Al-I’tisâm mina l-koutoub.

[4]
http://bibliotheque-islamique-coran-sunna.over-blog.com/