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J’AI L’aventure mystérieuse

LU

Le secret
de la
GRANDE
PYRAMIDE
Georges Barbarin

Pyramide de Khéops Gizeh - Egypte

1
L’aventure mystérieuse

GEORGES BARBARIN

Le secret
de la
Grande Pyramide
Ou
La fin du monde adamique

Éditions J'ai Lu A 216 *

2
GEORGES BARBARIN

Le secret
de la
GRANDRE PYRAMIDE.

Voici comment Georges Barbarin


présente son ouvrage :

« On a d'abord cru que la Grande


Pyramide n'abritait qu'une chambre
funéraire. « Puis on a découvert qu'elle
contenait, sous forme de mesures
précises, la solution de certains des
plus grands problèmes astronomiques,
géométriques et géodésiques de tous
les temps.

« Enfin on s'aperçut qu'un lien


étroit existait entre les mesures
intérieures et les mesures extérieures
de l'édifice et que le système de
couloirs renfermait une chronologie
géométrique des dates les plus
importantes de l'histoire de l'humanité.

3
«On verra dans ce livre que la
Grande Pyramide non seulement
représente la science d'une grande
civilisation prébiblique depuis
longtemps disparue, mais encore porte
en elle la marque d'un savoir
surhumain. »

Et ce savoir surhumain livre une


partie de son secret grâce aux analyses
de l'auteur. En particulier, Georges
Barbarin nous montre comment a pu
être érigée cette construction colossale
qui défiait les techniques humaines de
l'époque, et comment ses prophéties
inscrites dans la pierre nous concernent
encore aujourd'hui.

4
GEORGES BARBARIN

ŒUVRES

Le secret de la grande pyramide


Le livre de la mort douce
L'énigme du grand sphinx
Dieu est-il mathématicien ?
Les clés de la sante
Sois ton propre médecin
La vie commence a cinquante ans
J'ai réussi par l'optimisme créateur
Dieu est-il tout-puissant ?
Recherche de la nième dimension
L'œil de la tempête
Le scandale du pain
La danse sur le volcan
Qu'est-ce que la radiesthésie ?
Affirmez et vous obtiendrez l'après-mort
Comment on soulève les montagnes
Les derniers temps du monde
Voyage au bout de la raison
Le seigneur, m'a dit...
Calendrier spirituel
La fontaine de jouvence
Faites des miracles !

5
La clé
L'invisible et moi
Les clés de l'abondance
Le jeu passionnant de la vie
Vivre divinement
Les clés du bonheur
La peur maladie, n° 1
Il y a un trésor en toi
Demande et tu recevras
L'ami des heures difficiles
L'initiation sentimentale
Le règne de l'agneau
La reforme du caractère
Petit traite
De mysticisme expérimental
La guérison par la foi
Guide spirituel de l'homme moderne
Petit catéchisme du succès
Réhabilitation de dieu
La nouvelle clé
Le problème de la chair

6
TABLE DES MATIÈRES

Préface 8

1. Historique 13
2. Constatations scientifiques, astronomiques
et géodésiques 35
3. L'énigme architecturale du système de
couloirs 51
4. L'hypothèse du Nil 72
5. Géométrie prophétique 88
6. Sommes-nous les Israélites ? 130
7. Les Sept Temps des Gentils 136
8. L'abomination "de la désolation 143
9. Chronologie des événements de la fin. 167
10. Le Messie et la Pyramide 173

7
PRÉFACE

On a d'abord cru que la Grande Pyramide


n'abritait qu'une chambre funéraire.

Puis on a découvert qu'elle contenait, sous forme


de mesures précises, la solution de certains des plus
grands problèmes astronomiques, géométriques et
géodésiques de tous les temps.

Enfin, on s'aperçut qu'un lien étroit existait entre


les mesures intérieures et les mesures extérieures de
l'édifice et que le système de couloirs renfermait une
chronologie géométrique des dates les plus
importantes de l'histoire de l'humanité.

On verra dans ce livre que la Grande Pyramide


non seulement représente la science d'une grande
civilisation prébiblique depuis longtemps disparue,
mais encore porte en elle la marque d'un savoir
surhumain.

On a dit, à juste raison, que la « Pyramide de


Khoufou était le symbole architectural de la plus
haute forme de croyance philosophique et religieuse

8
». Ses révélations mathématiques, consignées il y a
une cinquantaine de siècles dans la pierre, n'ont été
comprises que par notre époque et constituent
l'adresse allégorique de la civilisation première à la
civilisation d'aujourd'hui.

Les principaux investigateurs de la Grande


Pyramide furent Williams Pétrie, Ernest Wallis
Budge, Smith, Gaston Maspero, le Colonel Garnier,
Charles Lagrange, Marsham Adams, Oppol-zer,
Bauschinger et Newcomb.

Mais celui à qui nous devons le plus est D. Da-


vidson qui, vers 1910, avant eu l'occasion de lire un
petit ouvrage de James Moncrieff, sur la Grande
Pyramide, s'intéressa à la question objectivement et
sans dessein préconçu.

L'étude plus approfondie du sujet l'amena à


collaborer avec le docteur Aldersmith, qui identifiait
comme lui la chronologie géométrique de la Grande
Pyramide avec la chronologie hébraïque, et les
deux savants poursuivirent en commun leur travail
jusqu'à la guerre 1914-1918 dont la fin coïncida
avec le décès du docteur Aldersmith.

Le docteur Davidson continua seul ses


recherches et publia, après de longues années de

9
travail, un volumineux et scientifique ouvrage où tout
est géométriquement, algébriquement et
astronomiquement envisagé. La partie la plus
spécialement interprétative (historique, religieuse
et prophétique) a été reprise et développée par
Habermann et Wynnes, mais avec moins
d'objectivité. On peut reprocher aux auteurs anglo-
saxons d'avoir présenté leur consciencieuse étude
avec désordre, ce qui en rend la lecture pénible.

C'est pourquoi nous avons estimé que le présent


travail de clarification s'imposait. Les principales
conclusions des auteurs qui se sont spécialisés dans
les recherches sur la Grande Pyramide y sont
méthodiquement exposées sans irrespect, sans parti
pris et avec la plus grande sincérité.

Ce livre contient probablement quelques erreurs,


soit parce que l'auteur a condensé en un petit
nombre de pages un immense sujet, soit parce que
les ouvrages qu'il a consultés renferment eux-mêmes
des lacunes. Comment en serait-il autrement à
propos d'une œuvre si lointaine et qui par tous les
points diffère si incroyablement des autres ouvrages
dus au seul génie humain?

Le présent ouvrage n'a pas l'ambition ridicule de


se substituer à l'étude magistrale et infiniment

10
complexe de Davidson et des exégètes allemands et
anglo-saxons, mais de rassembler les connaissances
éparses dans leurs livres de manière à permettre au
lecteur, dégagé de postulats arbitraires, de se faire
une opinion.

Il a été fait état dans le travail qui suit de tous


les travaux, de toutes les théories, de toutes les
hypothèses. Nous y avons annexé des éléments de
comparaison avec les prophéties anciennes et
modernes, de manière à permettre le rapprochement
des parties de cette étude qui se rattachent aux temps
actuels.

Jusqu'à présent, les prophéties ont toujours été


examinées partialement, ou paf les incrédules, qui
nient tout en bloc et raillent tout par système, ou par
les crédules qui adaptent les textes à leurs
hypothèses et acceptent tout les yeux fermés.

En les confrontant, nous nous sommes efforcés


d'en dégager le sens le plus probable sans rien
affirmer quant à leurs réalisations futures et dans le
but de montrer que les données prophétiques
architecturales de la Grande Pyramide ont sur les
données prophétiques écrites ou parlées une grande
supériorité.

11
En effet, le plus souvent, la caractéristique des
prophéties ordinaires est d'indiquer les événements
sans en préciser la date, tandis que la
caractéristique des prophéties de la Pyramide est de
préciser exactement la date sans indiqua lu nature
des événements.

Le cas de la Grande Pyramide de Khoufou est


absolument unique. Sa prophétie a des bases
mathématiques et se fonde sur des chiffres exacts.

Il semble en somme, pour la première fois dans


l'histoire de l'Univers, que les hommes aient été
admis à lire de leurs propres yeux le plan objectif de
celui que, à défaut de mieux, ils ont nommé le Grand
architecte.

G.B.
Mai 1936 (1)

(1) Cette date est celle de la première parution


de l'ouvrage. Nous publions ici le texte de la
nouvelle édition de 1966.

12
1.

HISTORIQUE

Les pyramides étaient-elles des tombeaux?...

Les pyramides sont les ouvrages architecturaux


les plus curieux de l'Egypte.
Leur nombre est bien supérieur à celui que la
plupart des Occidentaux imaginent, puisque le
docteur Lepsius n'en a pas compté moins de soixante-
sept et qu'elles sont, en réalité, près de quatre-vingts.
Toutes sont situées sur la rive gauche du Nil et
dispersées dans la vallée sur une quarantaine de
kilomètres. Certaines sont isolées, toutefois la plupart
sont en groupe. Les plus connues des pyramides
secondaires sont près d'Abousyr, de Sakharah, de
Dachour, de Matanyeh et de Meidoûn.
Mais l'intérêt s'attache particulièrement aux
constructions avoisinant le bourg de Giseh et que

13
l'on connaît ordinairement sous le nom de
Grandes Pyramides. On les distingue d'après le nom
de leurs bâtisseurs hypothétiques: Khéops (1) (ou
Khoufou), Chéphren et Mykérinos.
Pendant longtemps, on a cru que ces édifices
monstrueux servaient de tombeaux et n'avaient pour
but que d'abriter une chambre funéraire où reposait le
corps embaumé du pharaon constructeur.
Si cette thèse est encore soutenable, pour les
autres pyramides, elle est complètement abandonnée
en ce qui concerne la principale d'entre elles.

...Ou des remparts? Ou des allégories?

L'opinion de Gérard de Nerval était que les


pyramides avaient servi aux Mystères et que Orphée
et Moïse y avaient reçu leur initiation.
M. de Persigny émit une hypothèse d'une autre
sorte, assez ingénieuse, étant donné la situation
occupée par les Pyramides sur la rive gauche, à
savoir que ces édifices, trapus à la base, constituaient
une barrière contre l'envahissement de la vallée du
Nil par les sables du désert.
De son côté, Mahmoud-Bey, savant astronome

(1) Egalement orthographié Chéops.


égyptien, estimait que celle de Khéops, la plus
grande des pyramides, avait été construite à une

14
époque spécialement choisie, où les rayons de Sirius,
parvenus au point culminant de sa course, tombaient
perpendiculairement sur la face méridionale de la
Pyramide il y a 5 200 ans.
L'Allemand Médicus voyait dans les pyramides
une représentation de l'immortalité de l'âme.
Le docteur Lepsdus commençait déjà à entrevoir
quelque chose de plus consistant quand il pensait que
les dimensions des Pyramides étaient
proportionnelles à la durée des règnes des Pharaons.
Mais c'est Diderot, l'encyclopédiste, qui
approcha le plus près de la solution apparente en
disant que les pyramides étaient destinées à
transmettre certaines connaissances et des données
historiques. Il manqua néanmoins d'audace dans son
hypothèse comme nous le verrons bientôt.
Notre étude se bornant à la Grande Pyramide, qui
est la seule véritablement intéressante, nous
négligerons toutes les autres, certains détails
généraux de construction de la plus grande
s'appliquant à toutes les pyramides, tandis que les
caractéristiques architecturales spéciales de la grande
résultent d'une inspiration, d'une intention et d'un
système prodigieux.

La Pyramide reine

15
La Grande Pyramide, dite de Khoufou, que nous
désignerons dorénavant sous le nom de la Pyramide,
est la première et la plus septentrionale de ces
édifices. Elle fut construite non loin des anciennes
villes d'Héliopolis et de Memphis et à proximité de
l'emplacement de la cité actuelle du Caire, dont la
première pierre ne fut posée que plusieurs milliers
d'années après. La plus grande partie des matériaux
du revêtement extérieur du monument a d'ailleurs été
utilisée pour la construction de beaucoup de maisons
anciennes du Caire.
La Grande Pyramide est posée exactement à la
base du Delta du Nil. Elle est orientée avec une
précision géométrique, tandis que ses sœurs ne le
sont qu'approximativement. L'une de ses faces, celle
de l'entrée, est exactement au Nord. Les lignes de ses
diagonales, prolongées, encadrent le Delta de part et
d'autre et le méridien de la Pyramide divise ce Delta
en deux secteurs rigoureusement égaux.
La Pyramide a 137 mètres de hauteur et chacune
de ses faces de base a une longueur de 227 mètres.
La pointe de la Pyramide est absente et nous
expliquerons plus loin pourquoi.
Si cette pointe était rétablie, la hauteur totale

de l'édifice serait de 147 mètres. Pour employer


une image qui a déjà servi, si la Pyramide était
creuse, elle pourrait emboîter, comme un globe de

16
verre le fait d'une pendule, l'énorme église de Saint-
Pierre de Rome qui a 131 mètres de haut.

Une construction de 5000 ans

La date de la construction de la pyramide de


Khéops a été fort controversée.
Les écoles de chronologie égyptienne la situent
entre 2700 et 3100 avant Jésus-Christ.
D'après la tradition kopte, la Pyramide fut
construite « avant le Déluge », à la suite d'une vision
annonçant le Déluge comme devant survenir trois
cents ans plus tard.
Les données astronomiques fournies par l'Entrée
de la Pyramide indiquent 2592 à 2654, et cela peut
correspondre à l'âge réel de la Pyramide.
Le plan de la Pyramide serait sans doute très
antérieur à la construction et l'ensemble de
connaissances véritablement surhumaines que
l'édifice renferme, serait dû, d'après les exégètes, à
l'un des grands- Inspirés de la Bible, Melchisédech
ou Enoch.
Enoch, selon la Bible, naquit en 3378 avant
Jésus-Christ et vécut 365 ans. Il n'a donc pu
matériellement être l'ingénieur de la Pyramide, m.lis
rien ne s'oppose à ce qu'il en ait été l'architecte et
qu'il en ait dressé le plan. Suivant la tradition

17
égyptienne, un de ses petits-fils, nommé Sisithros,
aurait apporté ce plan en Egypte et, par son ascendant
spirituel, aurait amené les Egyptiens à lui fournir cent
mille travailleurs.
Quoi qu'il en soit, et dans l'absence de certitudes
concernant le Grand Architecte de la Pyramide, on
continue à admettre, faute de mieux, que l'édification
du monument fut l'ouvrage d'un des rois de la IVe
dynastie, Khéops ou Koufou.
Tel est du moins le nom qui fut inscrit sur la
Pyramide.

Le récit fameux d'Hérodote

D'après Hérodote, la construction demanda plus


de vingt années.
On n'a pas d'autre témoignage que celui de
l'écrivain grec dont l'exactitude, sinon la bonne foi,
est souvent sujette à caution.
Selon les renseignements1 qu'il tenait des prêtres
égyptiens, Koufou aurait été, en même

temps qu'un grand bâtisseur, un tyran notoire, qui


fit succéder à l'abondance et à l'équité du règne de
Rhampsimte, un âge de travaux et île privations. Les
sacrifices furent interdits, les temples fermés et
Khéops employa à l'édification des ouvrages qu'il

18
avait en vue une immense armée humaine. On
utilisait cent mille hommes qui étaient renouvelés
tous les trois mois. « Quant au temps pendant
lequel le peuple fut ainsi tourmenté, on passa dix
années à construire la chaussée par où on devait
traîner les pierres. Cette chaussée est un ouvrage qui
n'est guère moins considérable, à mon avis, que la
pyramide même, car elle a cinq stades de long sur dix
orgyies de large, et huit orgyies de haut dans sa plus
grande hauteur; elle est de pierres polies et ornées de
figures d'animaux. La pyramide même coûta vingt
années de travail: elle est carrée, chacune de ses faces
a huit pléthres de largeur sur autant de hauteur; elle
est en grande partie de pierres polies, parfaitement
bien jointes ensemble, et dont il n'y en a pas une qui
ait moins de trente pieds.
« Cette pyramide fut bâtie en forme de degrés.
Quand on eut commencé à construire de cette
manière, on éleva de terre les autres pierres et, à
l'aide de machines faites de courtes pièces de bois, on
les monta sur le premier rang d'assises.

Quand une pierre y était parvenue, on la mettait


dans une autre machine qui était sur cette première
assise; de là on la montait par le moyen d'une autre
machine, car il y en avait autant que d'assises;
peut-être aussi n'avaient-ils qu'une seule et même

19
machine, facile à transporter d'une assise à l'autre
toutes les fois qu'on avait ôté la pierre. Je rapporte lai
chose des deux façons comme je l'ai ouï dire. On
commença donc par revêtir et perfectionner le haut
de la Pyramide; de là on descendit aux parties
voisines; et enfin on passa aux inférieures et à celles
qui touchent la terre. On a gravé sur la pyramide, en
caractères égyptiens, combien on a dépensé pour les
ouvriers en raiforts, en oignions et en aulx; et celui
qui m'interpréta cette inscription me dit, comme je
m'en souviens très bien, que cette dépense se montait
à seize cents talents d'argent (1). Si cela est vrai,
combien doit-il en avoir coûté pour les outils de fer,
pour le reste de la nourriture et pour les habits des
ouvriers puisqu'ils employèrent à cet édifice le temps
que nous avons dit, sans compter celui qu'ils mirent à
mon avis, à tailler les pierres, à les voiturer et à faire
les édifices souterrains, qui fut sans doute
considérable. »

(1) Soit 10 775 000 francs-or.

Les procédés de levage

L'énorme dimension des pierres, la hauteur à


laquelle certaines furent hissées ont laissé croire à
plusieurs que les Egyptiens des premières dynasties

20
disposaient d'extraordinaires procédés de levage dont
le secret ne serait pas arrivé jusqu'à nous.
En réalité, ce peuple, qui était parvenu à un haut
degré de civilisation matérielle, n'avait à sa
disposition' que des moyens mécaniques assez
réduits. Sans doute les connaissances des initiés
étaient grandes et probablement très supérieures à
celles des plus grands savants de notre époque. Elles
n'étaient pas nécessairement les mêmes et semblent
avoir été d'un ordre plus élevé. Mais en raison du
mystère de l'initiation, les connaissances des prêtres
n'étaient pas appliquées aux besognes matérielles.

Le plus grand chantier de tous les temps

Les miracles architecturaux réalisés par les


Pharaons n'ont pu l'être qu'en raison de l'extrême
abondance d'une main-d'œuvre qui participait
davantage de l'esclavage que du travail

consenti. Il est vraisemblable que les ouvriers


n'étaient pas payés, mais seulement nourris et cette
nourriture était frugale. La boisson était constituée
par l'eau du Nil, qui avait la réputation de faire
engraisser.

21
Les prêtres seuls avaient la possibilité de
pratiquer la pureté rituelle de leurs corps et de réduire
les résidus organiques en s'abstenant de légumes, de
chair de brebis et de chair de porc.
Le vulgaire constituait un vaste troupeau auquel
on ne demandait que de fournir des manœuvres, les
travaux techniques, (extraction et tailles des pierres,
assemblage, sculptures, etc.) étant obtenus d'ouvriers
spécialisés.
Les matériaux les plus employés en Egypte
étaient le grès et le granit. C'est en grès
exclusivement qu'a été construite la Grande
Pyramide. Le revêtement était en calcaire dur, bien
que certains, mais à tort, aient émis des doutes sur
l'existence de ce revêtement. Les travaux de
Davidson ont d'ailleurs définitivement consolidé
l'hypothèse du revêtement calcaire en raison de sa
signification particulière.
D'après Viollet-le-Duc, les carriers dégageaient
le calcaire du sol, lit par lit, au moyen de coins de
bois sec enfoncés dans des trous étroits,
préalablement percés en ligne dans la

pierre, et qu'ils arrosaient ensuite d'eau jusqu’a


ce qu'ils fussent gonflés. Les coins faisaient éclater le
calcaire en grands parallélépipèdes dont les faces
étaient ensuite façonnées et polies par les maçons.

22
De la maçonnerie assemblée à la loupe

Tout démontre que ceux-ci n'étaient pas aussi


novices que le laisse entendre Viollet-le-Duc, et la
preuve, c'est que la taille des pierres de la Pyramide
et particulièrement de celle du revêtement (si on en
juge par les assises demeurées en place) est si
méticuleuse et l'assemblage effectué avec une
habileté si grande que, même en l'absence de ciment,
il est impossible de mettre une lame de canif entre
deux blocs quand ceux-ci n'ont pas été déplacés et
sont demeurés dans leur première position. Ceci est
d'autant plus remarquable que les joints intérieurs ne
comportaient même pas une pellicule de ciment. Un
grand architecte moderne a formulé à ce propos son
opinion d'une manière saisissante: « On dirait, a-t-il
dit, de la maçonnerie géante assemblée à la loupe par
un horloger. » Blinder Pétries s'est écrié lui aussi:

— Travail d'opticiens modernes a l'échelle de


plusieurs hectares!
Un grand entrepreneur carrier des Etats-Unis a
déclaré de son côté qu'il n'existe aujourd'hui aucune

23
équipe assez entraînée et aucune machine assez
perfectionnée pour réaliser, ainsi que cela est courant
dans la Pyramide, un assemblage parfait de deux
surfaces de dix mètres de long.

Mille et dix mille hommes sur les mêmes


cordes

On imagine aujourd'hui l'extrême difficulté du


transport de pareils blocs, qui atteignent parfois une
taille inusitée, puisque M. A. Moret a pu mesurer,
dans le temple avoisinant la pyramide de Chéphren,
un monolithe de plus de 170 mètres cubes et pesant
près de 500 000 kilos.
Or, le cheval et le chariot attelé n'apparaissent
pour la première fois en Egypte qu'au cours de la
XVIIIe dynastie. La Genèse ne les fait elle-même
apparaître que pendant la vie de Joseph.
Les inscriptions et sculptures égyptiennes nous
renseignent abondamment sur les procédés employés
par les ingénieurs de l'époque.

Le bloc ou la statue colossale à transporter était


attaché sur une sorte de traîneau. De celui-ci
partaient des câbles longs et nombreux sur chacun
desquels s'échelonnait une longue file d'hommes.
L'architecte chargé de diriger la manœuvre se tenait

24
sur le bloc lui-même et frappait en cadence dans ses
mains. Son geste était appuyé par un assistant qui
choquait deux claquettes de bois ou de métal l'une
contre l'autre. A chaque coup, la multitude tirait puis
marquait sans doute une rémission. Il n'est pas
téméraire de supposer que les « temps » étaient
soulignés par des chants ou des chœurs de voix
syncopées. Au bout d'un temps assez court, d'autres
hâleurs prenaient la place des premiers.
Un homme placé à l'avant du bloc ou du colosse
à transporter jetait sur les cordes et sur le sol un
liquide destiné à atténuer les effets de la tension et du
frottement SUT un plancher lisse. Dans le but
d'amener les pierres au niveau de chaque assise, on
construisait préalablement de gigantesques chaussés
en pente douce. Celle qui servit à la construction de
lai Pyramide avait 925 mètres de long. On en
retrouve parfois les débris au pied du monument et
c'est le cas pour la Grande Pyramide. En ce qui
concerne d'ailleurs celle-ci, le voyage des matériaux
fut plus complexe. Diverses carrières furent mise à

contribution et la plupart des blocs, amarrés sur


des radeaux ou des embarcations conjuguées, lurent
amenés par eau, les nautoniers profitant, pour
s'approcher plus près de la Pyramide, des plus hautes
crues du Nil.

25
Le transport des matériaux fut très long, car on
amenait ceux-ci de carrières situées à des centaines
de milles dans la Haute-Egypte, Et le charroi
nautique n'avait lieu qu'en juillet, août et septembre,
qui étaient les seuls mois où les barques pussent
arriver à trente mètres de l'immense chantier.

Une véritable montagne de pierre

On a calculé que l'ensemble de la Pyramide pèse


six millions de tonnes. L'accumulation des matériaux
y est si considérable qu'il faudrait des années, des
milliards de francs et une main-d'œuvre excessive
pour les disperser.
Ni les séismes, ni les tempêtes du désert, ni le
sable, ni le gel (plus fréquent qu'on ne pense en
Egypte) n'ont pu entamer sérieusement la Pyramide,
sinon dans son revêtement extérieur.
La Pyramide comporte, en son état actuel, 203
assises de maçonnerie, chaque assise étant en retrait
par rapport à celle qui est immédiatement
en dessous. C'est par ces sortes de gradins ou
d'escaliers monumentaux, dont chaque degré a une
hauteur moyenne d'un mètre, qu'on peut monter au
sommet de la Pyramide, constitué par une plate-
forme de six mètres de côté. On jouit, là-haut, d'un

26
panorama étendu sur Le Caire, le désert, le Nil et les
autres pyramides.

Un cadran solaire de cinq hectares

La Grande Pyramide, nous l'avons dit, a été bâtie


avant toutes les autres. Son revêtement, en pierres
triangulaires du calcaire le plus blanc et le plus
homogène qu'on eût trouvé dans les carrières de
Masara et de Turra, sur la rive droite du Nil,
constituait un ensemble de surfaces absolument
polies. Les moindres fissures avaient été bouchées au
moyen de minuscules morceaux de calcaire réunis
eux-mêmes par une épaisseur presque indécelable de
ciment.
En agissant ainsi, les constructeurs n'avaient
d'autre vue que d'utiliser l'aspect extérieur de la
Pyramide comme cadran solaire, soit par la réflexion
des rayons, soit par le jeu des ombres sur le sol.
Davidson, qui a poussé le plus loin et avec

le plus de consciencieuse habileté l'étude de la


Pyramide, a démontré que les réflexions 'de celle-ci
accusaient, avec une exactitude chronométrique, les
points principaux de l'année solaire et donnaient les

27
dates précises du solstice d'hiver, de l'équinoxe de
printemps, du solstice d'été et de l'équinoxe
d'automne, pour nie citer que celles-là.
Primitivement, les Pyramides étaient si
lumineuses, sous ce ciel pur, Qu'on, les appelait «
Les Lumières »,

Egyptiens, semez!

En outre, leurs indications étaient combinées de


manière à embrasser l'année végétative de l'Egypte et
à réglementer la culture du Delta. Parmi les jeux
d'ombre et de lumière cités par Davidson, on peut
noter la caractéristique suivante: quand l'ombre du
midi apparaissait à la face nord de la Pyramide, les
habitants du Delta — seuls placés pour voir le
phénomène — savaient qu'on était au 14 octobre et
que les semailles pouvaient commencer.
Aujourd'hui, le revêtement de calcaire a presque
totalement disparu, soit par délitement normal- de la
pierre, survenu au cours des âges,
soit parce que les Arabes ont utilisé ces pierres
taillées pour d'autres constructions. En fait, "une
partie du revêtement pyramidal se retrouve dans les
constructions des bourgades voisines.
L'action des pillards a été sans effet sur la masse
essentielle du monument, mais, comme on le verra

28
par la suite, elle a modifié les mesures extérieures de
la Pyramide, de sorte que, pour en retrouver les
significations formelles, géomètres et astronomes ont
été amenés à reconstituer le plan idéal.

A la recherche du trésor

Sans doute les voleurs n'attendirent-ils pas l'ère


chrétienne pour chercher à s'introduire dans les
Pyramides. L'exemple de plusieurs des plus petites
démontrait que certaines avaient pu renfermer des
chambres funéraires et des objets précieux.
Toutefois, les tentatives effectuées par des
pillards isolés se heurtèrent vraisemblablement aux
difficultés énormes de l'entreprise, rien n'indiquant
l'entrée de cette gigantesque colline de pierre, ni
même ne prouvant que cette entrée existât.
Il fallut la curiosité, impie disent les uns,

savante prétendent les autres, du successeur


d'Aroun-al-Kaschild, le calife Al-Mamoun.
Ceci se passait en 820 après Jésus-Christ, si l'on
en croit les récits des conteurs arabes, dont lotis ne
sont pas également véridiques, mais qui, en ce qui

29
concerne la première exploration de la Grande
Pyramide, se trouvent confirmés par l'état des lieux.
A cette époque, le revêtement de maçonnerie
calcaire était intact et aucun indice nie permettait de
savoir de quel côté, pouvait se faire l'attaque. En
réalité, l'entrée extérieure qui donne accès au Passage
Descendant et qui était d'ailleurs fermée pair un bloc
bougeant sur un pivot, se trouve sur la face nord, à la
hauteur de la seizième assise.
Les ouvriers d'Al-Mamoun descellèrent la
première pierre un peu au hasard, à huit mètres
environ au-dessus du sol au niveau de la septième
assise et précisément sur la face nord.
Ils firent sauter le revêtement, éventrèrent le grès
et commencèrent à avancer en remontant vers le
centre de la Pyramide, où ils supposaient que
devaient se trouver les sarcophages et les trésors.

La sape dans les ténèbres

On imagine la lenteur de leur travail et la


difficulté de percer des blocs de matière compacte.
Les ouvriers employés à ce dur travail devaient se
relayer sans cesse dans un air non renouvelé et à la
lueur des lampes. Aussi l'émiettement de la pierre,
avec un outillage médiocre, ne permettait d'avancer
que pas à pas.

30
De longs mois s'écoulèrent ainsi pendant lesquels
les hommes du Sultan progressèrent d'environ trente
mètres. On imagine le calife venant, de temps à autre,
surveiller les progrès des fouilles avec les géomètres
de son temps.
Celui qui dirigeait les recherches était
certainement guidé par des calculs, car l'entrée «
forcée » d'Al-Mamoun, après avoir descendu
légèrement, se remet en plan horizontal pour
remonter ensuite dans la direction du centre de
l'édifice.
Malgré tout les chercheurs ne découvraient
aucun passage et aucune chambre dans l'épaisseur de
la maçonnerie pour la raison — alors ignorée de tout
le monde — que le système de couloirs et de
chambres de la Grande Pyramide est déplacé vers
l'Est de 281 pouces 1 par rapport à l'axe vertical
central Nord-Sud.
Le lecteur découvrira, par la suite, la
signification

considérable de ce déplacement dans la construction


de la Pyramide. En 820, et dans l'espèce il joua
longtemps et avec efficacité le rôle de protecteur.

31
Une pierre qui tombe

L'équipe arabe d'Al-Mamoun était profondément


découragée et les fouilles étaient sur le point d'être
suspendues, lorsque, un jour que les ouvriers avaient
arrêté leur besogne et prenaient leur repos au fond du
souterrain, l'un d'eux entendit une pierre tomber
sourdement dans la maçonnerie un peu à sa gauche.
Tout le monde fut aussitôt sur pied et les travaux
reprirent avec acharnement. On fit obliquer nettement
le souterrain dans la direction présumée de la chute
de la pierre et, après avoir creusé sur une longueur de
six à sept mètres, les fouisseurs débouchèrent dans
le passage Descendant où ils rencontrèrent le bloc
dit « Linteau Caché », qui servait à masquer l'entrée
du Premier Passage Ascendant. C'était la chute de
ce lourd morceau de calcaire qui avait éveillé
l'attention des travailleurs. La brèche révéla une
voie à suivre, mais, à l'entrée même du couloir
ascendant, l'équipe d'Al-Mamoun

trouva le chemin fermé par un bloc de granit.


Celui-ci était rouge et les outils s'émoussaient dessus.
On décida donc de le contourner et on vit qu'il y en
avait deux autres par-derrière. On creusa dans tous
les sens et les ouvriers débouchèrent, au-dessus des
blocs, dans un couloir montant.

32
Le couloir était rempli de blocs calcaires de
toutes grosseurs sur une distance de quarante mètres
environ et l'équipe du Sultan dut évacuer ces
matériaux pierre par pierre à l'extérieur de la
Pyramide.
Les violateurs purent alors pénétrer dans les
chambres les plus secrètes. Mais ils n'y trouvèrent
rien, si ce n'est un coffre de pierre vide et sans
couvercle, dans la pièce principale, appelée depuis
«Chambre du Roi ».

L'homme de marbre à la cuirasse d'or

A la vérité l'épisode était trop mystérieux pour ne


point tenter par la suite l'imagination orientale. Un
poète écrivit que Al-Mamoun avait découvert dans ns
le coffre un homme de marbre, une cuirasse d'or,
ornée de pierreries, un sabre enrichi d'émeraudes et
une escarboucle

portant des caractères inconnus, et qui brillait


comme le soleil.
Tout indique que cette description est le fait d'un
mirage cérébral et que la première version, conforme

33
aux traditions, aux mesures et au symbolisme de la
Pyramide, est la seule exacte.

K/teops

Fig. I. — Vue générale des Pyramides

2.

CONSTATATIONS SCIENTIFIQUES
ASTRONOMIQUES ET GÉODÉSIQUES

34
LE PLAN IDÉAL

Le dixième des nombres

L'origine du nom « Pyramide » a donné lieu à


plusieurs interprétations.
Les mots chaldéens « Urim-middin » voulaient
dire « Les Lumières et les Mesures ». Or, en
chaldéen et en hébreu, « Urim » s'appliquait à la «
lumière » dans le sens de « révélation ». C'est ce qui
permit plus tard à D. Davidson de voir dans la
Grande Pyramide « l'expression métrologique ou
géométrique de la Révélation divine », à la suite de
ses remarquables: travaux avec le docteur
Aldersmith.
La plus précise interprétation, à notre sens, serait
peut-être celle de Dufeu, d'après lequel, en langue
copte (égyptien pharaonique) « pirimit » ou «
piremit» signifierait la « dixième
partie » ou « le dixième des mesures ou nombres ».
Comme on va le voir, la Pyramide est, en effet,
un monument métrique au premier chef. Urne fois
pour toutes, et en vue de faciliter la compréhension
occidentale, nous allons donner à nouveau quelques

35
mesures principales de la Pyramide, en chiffres de
notre système métrique. Les mesures de
l'astronome Piazzi Smith correspondent à un carré
de base de 232 mètres 805 de côté pour une hauteur
de 148 m 208.
Pour ceux qui seraient surpris de cet énoncé en
décimales, spécifions que l'architecte de la Pyramide
a tout calculé en mesures spéciales, c'est-à-dire en
coudées sacrées et en pouces pyramidaux.
C'est pour cette raison que seuls les Anglo-
Saxons ont été amenés à effectuer des mensurations
exactes de la Pyramide, parce que leur unité de
mesure est identique, à peu de chose près, à celle
dont se servaient les Egyptiens et les Hébreux. La
très petite différence qui existe entre le pouce anglais
et le pouce hébraïque ou pyramidal est seulement de
11/10 000. Et l'équivalence entre les deux unités
de mesure était encore parfaite au temps de la reine
Elisabeth.

Le Plan Idéal

Avant de donner les mesures en pouces


pyramidaux, car cette sorte d'évaluation a un»
importance capitale, précisons une fois de plus que la

36
Grande Pyramide n'est plus exacteme nt semblable
dans sa forme au monument originel. Pour les raisons
que nous avons dites, le revêtement en pierre calcaire
a presque entièrement disparu de la surface autrefois
lisse de la Pyramide.
Afin de retrouver la signification cachée, il
convient donc de reconstituer l'ancienne silhouette de
la Pyramide, autrement dit le « Plan-Idéal ».
Le Plan-Idéal semble avoir été imparfait à
dessein, car il est avéré que la pointe terminale ne fut
jamais posée au faîte de la Pyramide, ceci dans un
but allégorique et intentionnel.
La plate-forme du sommet, d'après le professeur
Greaves, n'offre aucune trace de non achèvement ou
de destruction mais présente une surface de trente
pieds carrés, comportant en son milieu neuf grandes
dalles plates, par quoi le haut de la pyramide
demeure tronqué.
On connaît la hauteur manquante, et le chiffre de
celle-ci est exactement celui d'un nombre symbolique
qu'on retrouve à chaque

instant dans les calculs de la Pyramide et que


Davidson a appelé le « Facteur-Déplacement ». Il a
été facile de reconstituer les arêtes primitives et le
revêtement en le calculant d'après les pierres de ce
revêtement qui sont demeurées en place. Et c'est

37
d'après les données de ce Plan-Idéal extérieur,
d'ailleurs corroborées à chaque instant par les
mesures intérieures, qu'ont été établis les chiffres
primitifs suivants de Davidson, en pouces primitifs
ou pyramidaux:.
Le circuit de base, de la Pyramide est de 36 524
pouces (1).
Les diagonales de la base ont de 25 826 pouces 5
et la hauteur totale est de 5813 pouces (axe vertical
central).

De véritables archives de maçonnerie

De tout temps les pyramides, et surtout celle de


Khéops, ont passé pour contenir de hauts secrets
scientifiques.
Le texte de l'écrivain copte Masoudi (mort en
957 de notre ère) dont le manuscrit, dit d'Akbar-
Ezzemam, se trouve à Oxford, dit notamment ceci:
«... Surid... un des rois d'Egypte avant le
(1) Nombre qui correspond au nombre des
jours de l'année.
déluge, construisit les deux grandes pyramides…Il
ordonna aussi aux prêtres de déposer dans celles-ci la
somme de leur sagesse et de leurs connaissances
dans les différente arts et sciences... en même temps
que les écrits... contenant... les sciences

38
d'arithmétique et de géométrie, de manière que ceux-
ci puissent demeurer comme témoignage, pour le
bénéfice de ceux qui, par la suite, pourraient les
comprendre. »
Et plus loin:
« Dans la pyramide orientale (de Khéops) furent
inscrites les sphères célestes et les figures
représentant les étoiles et les planètes.
« Le roi mit aussi... les positions des étoiles et
leurs cycles; et en même temps l'histoire et la
chronique du temps passé, du temps à venir et de
chacun des événements futurs qui surviendront en
Egypte. »
De son côté le manuscrit de Makrisi dit aussi :
« La première pyramide fut spécialement
consacrée à l'histoire et à l'astronomie; la deuxième
aux connaissances médicales. »
Tahfat Alagaïb confirme ces assertions en
écrivant que la Pyramide contient: « Les plans des
étoiles et des signes historiques et prophétiques. »
Suivant les dires de Masoudi et de Al Kadhai un
papyrus trouvé dans le monastère de Abou

Hormeis et qui serait écrit en caractères coptes,


aurait prétendu que: « Sur les murs étaient écrits les
mystères de science, astronomie, géométrie, physique
et quantité de connaissances précieuses que tous ceux
qui comprennent notre écriture peuvent lire. »

39
II ne peut y avoir là qu'une confusion, car la
Pyramide ne contient à l'intérieur ni à l'extérieur
aucune inscription hiéroglyphique.
Il faut bien se mettre dans l'esprit que la
Pyramide n'est pas une institution de la religion
égyptienne comme on aurait tendance à le croire. Elle
nie présente absolument rien -de commun avec
n'importe quel autre genre d'architecture sacrée ni de
ce temps-là ni d'aucun temps.
D'après le commandant Jules Barbé les
dimensions de la Pyramide de Khéops renferment
une double énigme représentée: 1° par la hauteur
verticale; 2° par le demi-périmètre du carré de base.
En outre, il convient de considérer comme
éléments primordiaux des calculs la ligne horizontale
de la cinquantième assise, dite du circuit
précessionnel, et l'axe de l'échelle du système de
couloirs.
Le système de couloirs et de chambres intérieurs
est, en effet, relié étroitement à la géométrie
extérieure de la Pyramide.

Pour faciliter la tâche du lecteur, il nous paraît


toutefois préférable de scinder les enseignements de
la Pyramide en deux compartiments distincts.

40
La Grande Pyramide premier astronome et
premier géomètre du monde

Nous avons déjà dit "que l'orientation de la


Grande Pyramide était irréprochable, alors qu'il n'en
est pas de<même pour les autres dont la construction
paraît postérieure à celle de Koufou.
Mais peu de personnes savent que, même
aujourd'hui, avec l'outillage dont notre civilisation
dispose, rien n'est plus difficile que de réaliser une
bonne orientation. La boussole exige des corrections
puisqu'elle n'indique que le nord magnétique et la
méthode astronomique basée sur l'étoile polaire ne
vaut pas mieux puisque celle-ci n'est pas au vrai pôle
du ciel. Par suite de son balancement la Terre a son
axe dirigé d'année en année vers des points successifs
du ciel et il faut 25800 ans pour qu'elle revienne à sa
position de départ.
C'est dire l'effarement des astronomes de
l'Observatoire de Paris lorsqu'ils constatèrent

que l'orientation de la Pyramide était exacte, à


quatre minutes trente-cinq secondes près.

A la recherche du méridien

41
Tous les savants de toutes les époques se sont
efforcés de trouver un méridien précis pour
l'établissement des longitudes. Celui de Paris fut
choisi d'abord, puis les Anglais nous en
dépossédèrent pour y substituer le méridien de
Greenwich.
Mais ni le méridien de Paris ni le méridien de
Greenwich ne sont les méridien» idéaux. Le seul qui
réponde à tous les desiderata est celui de la Grande
Pyramide, tant parce qu'il traverse le maximum de
continents et le minimum de mers que parce qu'il
sépare en deux parties absolument égales les terres
habitée» du globe entier.
Ceci est d'autant plus extravagant qu'une telle
division suppose une reconnaissance effective de
toute l'étendue de notre planète, alors qu'il est avéré
pour les ethnologues que les civilisations connues les
plus anciennes n'avaient qu'une connaissance
partielle du monde habité.
Cette constatation permet d'entrevoir l'existence
de sociétés disparues dont les membres avaient
parcouru toute la surface de la Terre et dont la
science s'était élevée très haut.

La quadrature du cercle

42
Comme le fait remarquer l'abbé Moreux, dans
son livre La Science Mystérieuse des Pharaons (1) «
tout le monde a entendu parler de la quadrature du
cercle que cherchent encore quelques esprits
Èngénus ».
En réalité, le problème consiste à transformer un
cercle d'une surface donnée en un carré d'une surface
équivalente, c'est-à-dire à trouver sa quadrature
comme on disait autrefois.
Pour calculer la surface du cercle il faut
connaître le rapport du diamètre à la circonférence et
tout le monde en son enfance a pâli sur la valeur de
Pi.
Le rapport 3,1416 qu'on nous a enseigné ne s'est
pas établi tout seul et la notion qu'on en a est d'assez
fraîche date puisque, du temps d'Archimède, on le
croyait encore de 3,1428.
Aujourd'hui on peut calculer la valeur de Pi avec
n'importe quel nombre de décimales,

(1) Dont nous ferons de remarquables citations et à qui nous


emprunterons plusieurs exemples (G. Doin, éditeur).

sans jamais trouver la dernière, ce qui


démontrerait que la quadrature du cercle est une
définitive impossibilité. Mais avant Jésus-Christ
les données oscillaient entre 3x10 :70 et 3x10 :71 Or,
que donne l'addition des quatre côtés de la base de la
Pyramide (931 m 22) divisé par deux fois l'axe

43
vertical (148 m 208 X 2)? Exactement la valeur de
Pi.

Un mètre élastique!

Le mètre est la dix-millionième partie du quart


du méridien terrestre, mais le méridien n'étant pas
lui-même une mesure fixe, il s'ensuit que l'unité de
mesure basée sur lui n'a astronomiquement aucune
valeur.
Dès 1841 on se rendit compte que notre mètre
n'avait que 999 millimètres 8 dixièmes, de sorte que
le Bureau Central des Poids et Mesures se sert lui-
même d'un mètre faux.
Ce n'est qu'en tout dernier lieu que les
astronomes songèrent à l'axe terrestre, dont la valeur
ne change qu'au bout de plusieurs millions d'années,
ce qui an ferait pratiquement l'étalon invariable, donc
idéal.

Au siècle dernier Clarke assigna


provisoirement au rayon polaire une longueur
de 6 356 521 mètres, que des mesures récentes ont
portée à 197 mètres de plus. En réalité, une fois les
mille passés, personne n'est plus- très sûr de la
longueur véritable. Cependant la valeur du rayon

44
polaire est à la base même de la construction de la
Pyramide puisque l'unité de mesure employée par son
architecte est la coudée sacrée des Hébreux, dite
aussi coudée pyramidale et que, suivant la
constatation du célèbre directeur de l'Observatoire de
Bourges, la coudée sacrée, soit 0 m 635 660,
multipliée par dix millions, égale 6 356 660 mètres,
de sorte que la « coudée sacrée représente la dix-
millionième partie du rayon polaire de la Terre et
cela avec une valeur exacte à un centième de
millimètre près! »
« Appeler à son aide toutes les sciences, ajoute
l'abbé Moreux; dépenser pendant une longue série de
siècles une somme de travaux et d'efforts
convergents; améliorer sans cesse nos méthodes
d'observation; perfectionner notre technique;
continuer avec une lente persévérance la tâche de nos
devanciers; pousser à un point inimaginable la
précision des calcula et aboutir finalement à une
découverte vieille de 4000 ans, n'est-ce pas la plus
décevante pensée

qui puisse hanter l'esprit d'un homme de


sciences ? ».

Le phénomène de précession

45
En raison de l'aplatissement de la Terre aux pôles
et du renflement de celle-ci à l'équateur, notre planète
parcourt, axe penché, le trajet de son orbite et cet axe,
visant tour à tour des points successifs autour d'une
position moyenne, revient à sa position de départ au
bout de 25 800 ans.
C'est le phénomène dit de précession dont lés
répercussions en matière de calendrier sont fort
importantes. Eh bien! le calcul processionnel
s'obtient dans la pyramide en additionnant les
nombres de pouces pyramidaux correspondant aux
deux diagonales de base.

Où la science jongle avec les millions

II est une distance dont le calcul est capital, c'est


celle du Soleil à la Terre, parce qu'elle sert d'unité de
mesure astronomique et permet d'évaluer les
dimensions d'une partie de l'univers. Depuis des
siècles et des siècles des astronomes

de tous pays se sont évertués à en faire une


détermination correcte.
Ptolémée, Copernic et même le fameux Tycho-
Brahé admettaient comme définitif le calcul de 8
millions de kilomètres établi par Aristarque de
Sarnos avant l'ère chrétienne.

46
Ces astronomes étaient loin du compte puisque
les évaluations les plus récentes fixent à 149 400 000
kilomètres la distance de la Terre au Soleil.
Kepler porta le chiffre d'Aristarque à 58 millions;
Cassini parvint à 138 millions, l'abbé Picard retomba
à 66 millions, tandis que La Hire rebondissait à 219
millions, aux alentours de l'an 1676, où Halley
entrevit une méthode nouvelle qu'il légua avant de
mourir à ses successeurs.
Il fallut attendre le plus proche passage de Vénus
en 1761. Ici je cite intégralement l'abbé Moreux:
« Rien ne fut négligé pour la réussite de la
campagne. Poussés par cet héroïque dévouement
dont les hommes de science avaient tant de fois
donné l'exemple, les astronomes s'étaient répandus
sur toute la Terre. L'un d'eux, entre autre, Le Gentil
de la Galaissière, parti pour l'Inde au mois de mars
1760 et empêché par la guerre que nous soutenions
avec les Anglais,

ne put débarquer et eut le courage d'attendre


pendant huit années, à Pondichéry, le passage de
1769, perdant ainsi sa position officielle à l'Académie
des Sciences, où, faute de nouvelles sur son compte,
on avait fini par le remplacer; risquant aussi son
patrimoine qu'il avait déposé entre des mains

47
infidèles; trouvant, paraît-il, sa femme remariée et,
pour comble de malheur, manquant le but de son
voyage. Lors du passage de Vénus, en 1761, il n'avait
pu, en effet, que contrôler le phénomène du pont de
son-navire, sans pouvoir l'observer, et en 1769 un
ciel chargé de nuages avait rendu impossible toute
observation. »
Cependant les collègues et rivaux de Le Gentil
de la Galaissière avaient pu faire des observations
assez précises. Néanmoins leur estimation variait
entre 140 millions de kilomètres et 170 millions.
Enfui, en 1900, tous les observatoires du monde
se décidèrent à « observer » en même temps et
aboutirent péniblement au chiffre cité plus haut et
provisoirement définitif de 149400000 kilomètres
alors qu'il suffisait de multiplier par un million la
hauteur de la Grande Pyramide pour obtenir 148 208
000 kilomètres, soit le chiffre le plus récent avec une
différence de 1200 000 kilomètres.

Et rien ne prouve, au surplus, que ce n'est pas le


chiffre de la Pyramide qui est le bon !

Effarantes conclusions

48
La conclusion de l'auteur de La Science
Mystérieuse des Pharaons me paraît devoir être
rapportée dans sa quasi intégralité car elle émane
d'un homme de bonne foi doublé d'un savant
moderne.
Après avoir constaté qu'en multipliant par 100
milliards le pouce pyramidal on obtient la longueur
du parcours de la Terre sur son orbite en un jour de
vingt-quatre heures « et cela avec une approximation
plus grande que ne pourraient le permettre nos unités
actuelles » l'abbé Moreux résume ainsi ses
constatations:
« Les anciens Egyptiens n'ont fait aucune
allusion au rapport de la circonférence au diamètre,
ni au nombre Pi; on ne voit nulle part qu'ils aient fait
un usage exclusif comme multiplication ou comme
division des nombres 2, 3, 5, 7, essentiellement
pyramidaux; rien ne nous laisse supposer qu'ils
connaissaient les rapports de la latitude avec la
hauteur du pôle, ni qu'ils aient eu une idée nette de la
réfraction due aux couches d'air; ils ignoraient sans
doute la grosseur
de la Terre; ils n'employaient pas habituellement
la coudée sacrée et ils étaient loin de penser peut-être
que cette coudée représente une fraction exacte du
rayon polaire de notre globe; à plus forte raison
n'avaient-ils pu évaluer en coudées pyramidales le
chemin parcouru par la Terre dans sa révolution

49
autour du Soleil; ils n'avaient pas arpenté le
sphéroïde terrestre ni mesuré la distance de la Terre
au Soleil; le poids de la Terre et sa température
moyenne étaient en dehors de leur pensée; leurs
mesures de capacité et de poids n'avaient pas été
déduites des données pyramidales; ils ne font jamais
mention de la Polaire ni des années de la précession
etc.
« Or, que toutes ces conquêtes de la science
moderne soient dans la Grande Pyramide, à l'état de
grandeurs naturelles, mesurées et toujours
mesurables, ayant seulement besoin pour se montrer
au grand jour, de la signification métrique qu'elles
portent avec elles, c'est évidemment inexplicable
d'après nos données sur la civilisation antique, mais
c'est un fait qu'on essaierait vainement de révoquer
en doute et qui plonge les savants actuels dans la
plus grande stupéfaction. »

L'ÉNIGME ARCHITECTURALE
DU SYSTÈME DE COULOIRS

50
Si les mesures extérieures de la Pyramide ont des
significations astronomiques supérieures et
comportent avec une précision minutieuse certaines
grandes formules de l'univers, les mesures intérieures
de la Pyramide vont nous acheminer vers des
possibilités encore plus inattendues et dont l'intérêt
est d'autant plus passionnant qu'elles se rattachent
directement à l'histoire présente de l'Humanité.
Le système de Couloirs de la Pyramide comporte
un ensemble de passages et de chambres combiné
d'une manière subtile et dans lesquels il n'y a pas un
embranchement, pas une distance, pas une
orientation, pas un cube, pas une pente, pas une
saillie qui n'ait sa haute et constante signification.
Le système de Couloirs est organisé suivant un
plan géométrique et symbolique où rien absolument
n'est laissé au hasard.

Le Livre des Morts

Ce rituel funéraire égyptien, étudié longuement


par Marchant Adams et dont l'origine se perd dans la
nuit des temps, est divisé en 156 chapitres.

51
Il constitue un formulaire d'allégories supérieures
et rend hommage au Dieu des Initiations Cachées, au
« Dieu Unique », au « Dieu Un ».
Le Livre des Morts est la réplique de la Grande
Pyramide et le symbolisme des mots épouse
étroitement le symbolisme de la pierre. Tout le
système de couloirs et de chambres de la Pyramide
est commenté et expliqué par les allégories du Livre
des Morts.
C'est donc à la lumière de ce formulaire de l'une
des premières et plus hautes vies initiatiques que
nous allons; examiner la signification générale
cachée du système de Chambres et de Couloirs.

Couloir d'Entrée

Le Couloir 'd'Entrée s'ouvre par une porte


extérieure au niveau de la seizième assise.
Le bloc pivotant ne fut connu des violateurs
d'Al-Mamoun que quand ceux-ci fuirent remontés
jusqu'à lui en venant du Premier Passage Ascendant.
Au-dessus de l'entrée 'extérieure tain système die
blocs disposés dans la maçonnerie d'une façon
particulière empêchait l'entrée de s'obstruer en cas
d'affaissement.
Le Couloir d'Entrée descend obliquement durant
plus de 28 mètres. Parvenu à cette distance, il se

52
continue dans le même axe pair le Couloir
Descendant. Mais un autre couloir, dit Couloir
Ascendant, part du même point en montant et se
dirige vers la partie avoisinant le centre de la
Pyramide. C'est à l'intersection de ces trois couloirs
que se trouvait « Le Linteau Caché » ou pierre
triangulaire destinée à masquer l'existence du Couloir
Ascendant. (1)
Le Couloir d'Entrée représente, d'après le Livre
des Morts, la période de préparation et d'initiation au
mystère de l'univers dans un âge qui a spirituellement
dégénéré depuis la construction de la Pyramide.

(1) Voir plan page 69.

Le Couloir Descendant

Celui-ci continue à descendre suivant le même


axe pendant environ 77 mètres, après quoi arrive à un
petit couloir horizontal qui aboutit lui-même à la

53
Chambre Souterraine. Sa hauteur moyenne est de 1 m
32 environ et sa largeur de 1 m 06.
Mais tandis que le passage d'entrée et tout le
Teste du système de chambres et de couloirs est
compris dans la maçonnerie de la Pyramide, le
Couloir Descendant, à part quelques mètres du début,
est tout entier creusé dans le roc qui sert de
soubassement à l'édifice. On y trouve un certain
nombre de fissures résultant d'un tassement d'origine
ancienne, qui motiva, en des temps déjà reculés,
plusieurs interventions. La principale de celles-ci
consiste en une galerie forcée dont le point de départ
se trouve presque à la fin du Couloir Descendant,
après les deux grandes fissures. Il en sera parlé plus
spécialement au paragraphe « Equilibre Constructif».
Le symbolisme du Couloir Descendant est celui
de la dégradation de l'homme qui, n'ayant pas trouvé
la voie remontante vers la Vérité, s'enfonce dans les
ténèbres du sous-sol.

La Chambre Souterraine

La Chambre Souterraine ou fosse est à cent pieds


au-dessous de la première assise de la Pyramide. Elle
présente cette particularité d'avoir un plafond lisse et

54
uni comme un plancher €t d'offrir, au contraire, un
sol de rocher, brut et raboteux. On dirait, en un mot,
que cette chambre a été construite à l'envers. Les
textes égyptiens lui attribuent une portée allégorique
très curieuse. La Chambre Souterraine symbolise la
Folie et les Hommes y sont représentés comme
déambulant avec des gestes insensés. Là, tout est
sens dessus-dessous. Les hommes marchent au
plafond dans une attitude renversée comme les
mouches et, à coups de hache, s'arrachent le cerveau.

Le Premier Passage Ascendant

Celui-ci commence à son intersection dans le


Couloir d'Entrée et le Couloir Descendant. Il a,
comme ceux-ci, une section moyenne de 1 m 06. Il
monte en pente accentuée durant une quarantaine de
mètres jusqu'à sa jonction avec le début de la Grande
Galerie (qui est d'ailleurs dans le même axe) et avec
le début du Passage Horizontal.

Le symbolisme des 'deux passages ascendants les


désigne sous le nom de « Double Salle de la Vérité ».
Le premier passage ascendant seul porte dans le
Livre des Morts égyptien le nom de « Salle de la
Vérité dans l'Ombre ». Le symbolisme architectural

55
l'a traduit par un couloir étroit et assez bas. Il est à
noter toutefois que, bien qu'il ait la même section que
le Passage Descendant, l'homme courbé y marche
beaucoup plus à l'aise.

Le Passage Horizontal et la Chambre de la


Reine

Le Passage Horizontal a la même section que le


Couloir Ascendant, mais sa hauteur paraît plus petite.
Aux derniers mètres, après le passage d'un degré, le
sol s'abaisse et le couloir aboutit après 38 mètres à la
Chambre de la Reine qui mesure: 5 m 23 X 5 m 76.
Le Passage Horizontal et la Chambre de la Reine
symbolisent l'époque de la Renaissance spirituelle et
la « Venue de la Vraie Lumière dans l'Orient » durant
les « derniers Jours de la Loi ».

La Grande Galerie

A partir du point de jonction du Passage


Ascendant et du Passage Horizontal, le plafond
s'élève d'un seul coup jusqu'à une hauteur de 8 m 60.

56
La pente (26 degrés) reste la même. La Grande
Galerie continue à demeurer assez resserrée, c'est-à-
dire que sa largeur principale est à peine de plus d'un
mètre. Mais en réalité, deux rampes, percées de trous
réguliers, et qui sont maçonnées de part et d'autre,
l'élargissent. Sa longueur au sol est de 47 m 85; elle
est, au plafond, de 46 m 63.
Ses parois comportent sept assises dont chacune
déborde sur l'assise inférieure. Il en résulte que,
suffisamment large à sa base, la Grande Galerie est
très étroite au plafond.
Toujours d'après le Livre des Morts égyptien,
l'Initié doit justifier de son courage et de son intégrité
avant d'être admis dans la Grande Galerie qui est la «
Salle de la Vérité dans la Lumière » ou « Chambre
Lumineuse de l'Orbite » et de nouvelles preuves de
ses progrès et de sa sagesse seront exigées de lui
avant qu'il ne soit admis au Grand Degré.

Le Grand Degré

La rampe de la Grande Galerie finit au Grand


Degré après lequel la largeur de la Grande Galerie
redevient identique à celle du Passage Ascendant. La

57
Hauteur de la Grande Galerie décroît de même, par
assises successives. Au bout de 1 m 50 environ après
le Grand Degré, elle se termine à l'entrée du Premier
Passage Bas.
Le symbolisme du Grand Degré est « Le
Commencement de la Préparation » en vue de la «
Consommation de l'Age » et de la « Restitution de
toutes choses ».
En matière astronomique, l'intersection de l'axe
de la Grande Galerie et de l'arête du Grand Degré se
produit sur le Circuit de la Précession qui est à la
cinquantième assise, exactement sur le même plan
que le sol de la Chambre du Roi.

Les Passages Bas et l'Antichambre

La hauteur des Passages Bas, lesquels sont


interrompus momentanément par l'Antichambre, est
inférieure à un mètre. On n'y peut donc passer qu'en
se tenant très courbé.
Leur longueur totale, sans l'Antichambre, est

de 3 m 88, dont 1 m 32 pour le Premier Passage


lias (avant l'Antichambre) et 2 m 56 pour le Second
Passage Bas (après l'Antichambre et avant la
Chambre du Roi).

58
La traversée de l'Antichambre, dont la hauteur
remonte brusquement au sortir du Premier Passage
Bas, a une longueur de 2 m 61 (1), ce qui permet de
totaliser une distance de 6 m 49 entre l'entrée du
Premier Passage Bas et l'entrée dans la Chambre du
Roi.
Sur les murs de l'Antichambre se trouvent des
revêtements de granit comportant des entailles
verticales.
En outre, une plaque épaisse et verticale,
également de granit, encastrée par un côté dans la
muraille Est, présente une saillie en fer à cheval de
63 centimètres de circonférence et de 2 centimètres et
demi de relief. La partie inférieure de la plaque de
granit est exactement au niveau du plafond des
Passages Bas, de sorte que, même après s'être
redressé dans la première partie de l'Antichambre, k
visiteur est obligé, avant de pénétrer dans la
deuxième partie de celle-ci, de se baisser à nouveau.

(1) D'après les calculs autorisés de divers astronomes,


la longueur de l'Antichambre en pouces pyramidaux,
multipliée par Pi, soit 3,1416, donne 365,242, c'est-à-dire la
durée exacte de l'année que n'avaient pu calculer ni les
Grecs ni les Romains.
Le Premier Passage Bas est construit en pierre
calcaire. Le Deuxième Passage Bas est contrait en
granit rouge.

59
Cet ensemble architectural est d'une haute
importance dans le symbolisme des anciens
Egyptiens. Il s'applique tout entier à la « Période du
Chaos », déjà structuralement annoncée par le fait
que, à partir du Grand Degré, l'ascension de l'Homme
vers les hauteurs est interrompue et qu'il chemine, à
partir de ce moment, sur un plan horizontal.
L'Antichambre porte, dans le rituel égyptien,
l'appellation1 de « Chambre du Triple Voile »,
correspondant à une période de « Trêve dans le
Chaos ». Du point de vue initiatique, les entailles
parallèles verticales creusées dans le revêtement
granitique des parois Est et Ouest étaient
symboliquement destinées à recevoir les écrans
successifs qui» en s'écartant, démasquaient l'entrée
de la chambre la plus secrète, le Saint des Saints.
L'Antichambre était donc le lieu où commence à se «
lever le Triple Voile ».
En entrant dans l'Antichambre, l'Adepte, non
encore devenu Maître, témoignait une nouvelle fois
de son humilité devant les mystères en se baissant
pour passer sous la plaque verticale de granit et enfin,
au bout de l'Antichambre, il s'engageait, le dos
fortement courbé, dans le

Dernier Passage Bas, symbolisant «


L'Humiliation Finale » et pénétrait dans la chambre
ultime en s'écriant: « J'ai ouvert les Portes... Béni soit

60
Celui qui est dans le Coffre, car tous les mots auront
leur passage fait vers Lui! »

La Chambre du Roi

Le Deuxième Passage Bas aboutit à l'extrémité


est de la Chambre dite communément du Roi, bien
que cette dénomination ne soit justifiée ni par
l'ancienne tradition ni par les textes. C'est une vaste
salle de 10 m 46 de long sur 5 m 23 de large et 5 m
58 de haut.
Cette pièce assume les désignations les plus
symboliques du Livre des Morts.
Elle est la « Chambre du Mystère et de la Tombe
Ouverte », la « Chambre du Grand Orient » des
anciennes prophéties égyptiennes messianiques, la «
Salle du Jugement et de la Purification des Nations »,
le « Retour de la Vraie Lumière qui vient de l'Ouest»,
la « Présence Littérale du Maître de la Mort et du
Tombeau », signifiant ainsi que « la Mort est
submergée par la Lumière » et que « Dieu vit à
jamais ».
Elle est entièrement mue et ne contient que le

Coffre, sorte de sarcophage en granit rouge dont


le polissage est parfait. On a longtemps cru que
c'était là le tombeau d'un des anciens Pharaons, mais

61
depuis on s'est aperçu que le Coffre ne pouvait avoir
reçu cette destination: 1° parce qu'il ne comporte pas
de couvercle; 2° parce que ses dimensions prouvent
qu'il n'a pu être introduit par les Passages Bas, mais
qu'il a été inséré dans l'édifice au moment où l'assise
correspondante de la Pyramide était en construction.
Le Coffre a.les dimensions intérieures suivantes:
1 m 97 de longueur, 0 ni 68 de largeur, avec une
profondeur de .0 m 85. Son volume extérieur
représente le double de son volume intérieur, qui est
de 69 000 pouces pyramidaux. Ses dimensions
permettent de nombreux calculs et, entre autres,
d'obtenir, à peu près exactement (1) les 453 gr 59 de
la livre anglaise.
Sa capacité cubique équivaut, à un sept
millièmes près, à celle de l'Arche d''Alliance
construite par Moïse, telle qu'elle est décrite dans la
Bible et à celle de La Mer d'Airain, vase célèbre
construit par Hiram pour le Temple de Salomon,
étudié par Arago et dont les mesures se trouvent dans
le Livre des Rois. Ici, tout devient extraordinaire si
on réfléchit

(1) A cause de la légère corruption par les Anglo-


Saxons de la mesure première.

que les mesures de ces trois récipients antiques «ni


pour unité la coudée sacrée des Hébreux; que ceux-ci
la considéraient comme un présent direct de la

62
Divinité; que, l'ayant apportée en l'Egypte, ils l'en
emportèrent lors de l'Exode; que cette coudée est
différente de celle qu'utilisaient les Egyptiens, les
Assyriens, les Chaldéens et même de la coudée
ordinaire des Hébreux; que la coudée sacrée, utilisée
seulement pour certains usages saints et pour
l'édification de monuments d'un haut symbolisme,
n'était l'apanage que d'un peuple qui la tenait lui-
même d'un autre peuple inconnu; et que cette même
coudée, plus parfaite que toutes nos mesures
actuelles et dont l'illustre Cadet, auteur des Tables
de Logarithmes, a dit que les nations modernes
seraient obligées d'y recourir un jour « parce qu'elle
est invariable », que cette coudée sacrée, disons-
nous, est l'unité de mesure de la Pyramide de Koufou.

Equilibre constructif

Les bâtisseurs de la Pyramide, tout en édifiant


celle-ci sur le roc, ne manquèrent pas de prévoir les
possibilités d'affaissement d'une telle montagne de
maçonnerie, bien- qu'à la vérité

63
la forme pyramidale, considérable à la base et
diminuant de volume vers le faîte, soit l'une de celles
qui assurent la plus longue intégrité.
Ils imaginèrent donc de pratiquer au-dessus de la
Chambre du Roi une série de chambres superposées,
dites de construction, dont la forme et l'orientation
ont peut-être aussi un caractère de symbole, mais
dont le but architectural apparent était, en cas de
travail dans la maçonnerie supérieure, de protéger par
unie série de vides la Chambre du Roi.
L'architecte n'avait prévu aucun moyen d'accès à
ces chambres de construction et il avait masqué avec
le plus grand soin rentré du Premier Couloir
Ascendant vers les Chambres et Galeries supérieures.
Ce travail de dissimulation et d'occlusion, notamment
l’accumulation de blocs de calcaire et de granit dans
le Premier Passage Ascendant avait été fait au cours
de la construction et tandis que le système de couloirs
et de chambres était encore à découvert, c'est-à-dire
avant que les assises eussent atteint la hauteur du
Grand Degré.
Cette constatation d'une interdiction pré-
maçonnée suffit à elle seule pour démontrer que la
Pyramide n'était pas destinée à recevoir
ultérieurement une dépouille pharaonique et à servir
de tombeau.

64
A une époque ancienne, mais qu'il n'est pais
possible de préciser (vraisemblablement quelques
générations après la construction de la Pyramide), les
architectes ou surveillants1 chargés de veiller sur
l'édifice s'aperçurent qu'un mouvement interne s'y
produisait.
Ils pénétrèrent dans le monument par l'entrée
normale, celle de la seizième assise. Les architectes
descendirent le long du Couloir Descendant et y
rencontrèrent plusieurs grandes fissures verticales.
Ayant dépassé la plus éloignée, ils percèrent dans le
roc, afin de mieux les reconnaître, un tunnel oblique
jusqu'à ce que leurs calculs les eussent amenés au-
dessous de l'entrée de la Grande Galerie. A ce
moment, ils pratiquèrent un puits vertical qui les fit
déboucher à l'intersection de la Grande Galerie, du
Passage Horizontal et du Premier Passage Ascendant.
Ceci prouve à l'évidence qu'à ce moment les
architectes-surveillants étaient encore en possession
des plans complets de la Grande Pyramide et que les
récits arabes concernant la tentative d'Al-Mamoun
sont exacts.
Les architectes-surveillants firent alors sauter
une partie du sol du début de la Grande Galerie, à
l'endroit où celle-ci formait une sorte de pont au-
dessus du Passage Horizontal. Ils inspectèrent

65
la Chambre de la Reine, l'Antichambre et les
Passages Bas, sans y relever de grands indices. Par
contre, ils trouvèrent le plafond éclaté du côté sud
dans la Chambre du Roi. La marque des travaux de
bouchage et de colmatage y est encore très visible et
l'on voit encore sur les crevasses des traces de plâtre
et de ciment.
Les architectes ne s'en tinrent pas là. Ils
pratiquèrent une galerie d'observation dans
l'extrémité supérieure sud du mur est de la Grande
Galerie -et purent accéder ainsi à la première et à la
moins élevée des chambres de construction. L'état
des lieux leur révélant que le travail d'affaissement
était arrêté, ils ne poursuivirent pas plus avant leur
enquête et négligèrent les chambres de construction
supérieure, de sorte qu'en fait personne n'a jamais
pénétré dans celles-ci.

La pierre philosophale

Suivant les traditions et certains recoupements


qui ne peuvent être scientifiquement invoqués, mais
dont la concordance est assez curieuse, il existerait
dans la masse de la pyramide une partie inconnue du
système de couloirs.

66
L'un de ces couloirs contiendrait la formule de la
loi essentielle de l'électricité, ce qui permettrait de
tirer directement l'énergie de l'atmosphère. Cette
allégation est à rapprocher de maints témoignages
d'initiés antiques qui prétendaient que les plus élevés
des prêtres égyptiens avaient la domination des
éléments.
Un autre passage, ou une autre chambre,
enfermerait le secret des secrets, c'est-à-dire celui de
la désintégration de la matière.
Pour revenir à des faits moins hypothétiques et,
en tous cas, immédiatement contrôlables, signalons
que le couloir, actuellement comblé, et qui prolonge
la Fosse Souterraine, passait pour communiquer avec
le Nil.
En outre, las travaux poursuivis par le professeur
Sélim Hassan ont permis de dégager récemment le
souterrain qui relie la Grande Pyramide à la suivante,
ce qui laisse envisager de nouvelles trouvailles (1).

(1) La dernière découverte, en mars 1936, est celle de la


momie d'une reine pharaonique de l'an 3600 (?) avant notre
ère. On présume qu'il s'agirait de la fille du pharaon
Chéphren. La princesse portait une coiffure en or massif et
des lingots d'or pur gisaient autour d'elle parmi les restes
d'un collier de cornaline et d'un petit miroir d'onyx.

67
Le facteur-déplacement de Davidson

Ici, nous touchons à l'un des points les plus


délicats, les plus complexes et les plus significatifs de
la Pyramide.
En effet, l'axe central du système de Couloirs et
de Chambres n'est pas dans le plain vertical central
nord-sud de la Pyramide, mais légèrement déporté
vers l'est de 286,1022 pouces pyramidaux. C'est ce
que Davidson a appelé le « facteur-déplacement ».
Cette anomalie, par quoi tout le système est
déplacé par rapport au centre, explique l'insuccès
premier des ouvriers du calife Al-Mamoun. Ceux-ci,
comme nous l'avons indiqué, dirigeant leurs fouilles
vers le cœur de la Pyramide, passèrent à l'ouest du
Couloir Descendant et du Premier Passage Ascendant
et auraient vainement continué à percer le grès de la
maçonnerie (1) s'ils n'avaient entendu un jour tomber
dans le Passage Descendant, à leur gauche, la pierre
descellée dit « Linteau Caché ».
La Pyramide comporte deux plans verticaux
centraux, l'un nord-sud, l'autre est-ouest et qui,

(1) Peut-être, au contraire, le chemin suivi


empiriquement par les violateurs les conduisait-il vers une
partie du système de couloirs encore inconnue aujourd'hui
et qui devait leur demeurer interdite.

68
la coupant en deux moitiés, passent par la pointe
ou, du moins, puisque celle-ci fait défaut, par son
axe.
Le plan vertical central est-ouest passe
exactement au milieu de la Chambre de la Reine.
Par contre, en aucun point des couloirs de la
Pyramide il n'est possible de couper le plan vertical
central nord-sud, si ce n'est dans la Chambre du Roi.
C'est seulement en avançant dans cette Chambre
en direction de l'Ouest, sur une distance de 286,1022
pouces pyramidaux qu'on rencontre ce que les textes
égyptiens nomment le « Plan de l'Harmonie Divine »,
qui est le plan vertical central nord-sud.
A ce moment, on se trouve en face de la Tombe
Ouverte symbolisée par le Coffre mystérieux.

286,1 partout

Les premiers observateurs de ce décalage général


du système de couloirs crurent à une erreur des
constructeurs.
Il fallait être assez peu clerc pour supposer une
pareille infirmité chez les prodigieux astronomes-
ingénieurs-géomètres de la Pyramide. Dès qu'on a
étudié attentivement ce phénomène

69
architectural, on se rend compte que tout y est
intentionnellement calculé.
Ce chiffre extraordinairement • précis de
286,1022 va se retrouver partout, car il est le lien de
connexion géométrique entre la cime (ou apex) et les
systèmes, interne ou externe, de la Pyramide. Il
constitue à proprement parler le motif central
scientifique de l'allégorie du monument.
Le plafond de la Grande Galerie est surélevé par
rapport à celui du Premier Passage Ascendant de
286,1 pouces.
L'axe central vertical du Grand Degré est, lui
aussi, à 286,1 pouces à "l'est de l'axe central vertical
nord-sud de la Pyramide, lequel est lui-même
déterminé par l'intersection des diagonales de base et
le centre du Carré Précessionnel.
On sait déjà que la Pyramide est inachevée et que
celle-ci se termine au sommet par une plate-forme.
Or, la partie de l'axe vertical de la Pyramide qui fait
défaut a une longueur précise de 286,1 pouces
pyramidaux.
Autre chose: le carré de base effectif de la
Pyramide, dont le périmètre représente la longueur de
l'année solaire, accuse au centre de chacun de ses
quatre côtés, un rentrant de 35,76 pouces. De sorte
qu'entre le carré de base

70
idéal et le carré de base effectif, il y a une
différence en ce qui, elle aussi, est exactement de
286,1 pouces.
On peut en somme considérer le chiffre
286,1022 comme le chiffre-clé, puisque c'est lui «lui
permet de déterminer:
a) la valeur de l'aimée sidérale et solaire;
b) la distance du Soleil à la Terre;
c) la loi de gravitation par rapport à la Terre et à
son orbite;
d) les limites de variation de l’excentricité de
l'orbite terrestre;
Etc.

Fig.. II, — Bétail» du système de couloirs et de


chambes.

71
4

L'HYPOTHÈSE DU NIL

II paraît difficile de ne pas discuter à propos de la


Pyramide l'hypothèse originale du géomètre Léon
Mayou, d'après lequel le secret du Nil serait enfermé
dans la Grande Pyramide.
Les assertions audacieuses de Léon Mayou
entraînèrent jadis ce dernier dans une polémique
assez vive avec le savant égyptologue Gaston
Maspero, ancien directeur du Musée Boulaq et
continuateur de Champollion et de Mariette. '
On assista alors à une belle controverse entre le
chercheur isolé et l'Ecole officielle. Gaston Maspero,
dans unie interview du 14 mai 1893 parue dans la
Liberté, déclara qu'à n'en pas douter la destination
des pyramides était de servir de sépultures et que la
Grande Pyramide et ses sœurs « étaient des tombeaux
et rien que des tombeaux ».

72
L'histoire de l'humanité est accoutumée à ces
assertions catégoriques qui permettent à la science de
demain de démentir la science d'aujourd'hui.

Les sources mystérieuses

Pourquoi les origines du Nil ont-elles toujours


été entourées de mystère? Pourquoi, 400 ana avant
notre ère, Hérodote, qui reçut des initiés égyptiens
tant de renseignements précieux de toute nature, ne
put-il obtenir la moindre précision sur le Nil?
« Quant à la nature de ce fleuve, dit-il, je n'ai pu
rien apprendre ni des prêtres ni d'aucun autre... Je
n'en ai rien pu recueillir toutes les fois que je me suis
adressé aux Egyptiens et que j'ai voulu savoir d'eux
quelle est la nature de ce fleuve si opposé aux autres
dans sa marche. Je les ai vainement interrogés sur ces
divers objets. »
Sésostris le Sage et Cambyse le Fou tentèrent de
faire reconnaître les sources du Nil par des pionniers
égyptiens et perses, mais ceux-ci durent reculer aux
portes mêmes du désert.
Alexandre .dépêcha à son tour, pour le même
objet, des apôtres en chlamyde et César y délégua

73
ses missionnaires en cuirasse, mais, suivant le
mot de Lucain, les envoyés revinrent « sans avoir
soulevé tes voiles, ô Nil ».
D'après Sénèque, l’Empereur Néron paraît être le
premier qui ait réussi à faire pénétrer une mission
dans la région des Sources. Deux centurions romains,
aidés par les rois de Nubie, seraient parvenus dans la
région des Grands Lacs.
Al-Mamoun, puis Napoléon, tentèrent d'arracher
son secret au centre de l'Afrique. Un sortilège
géographique les cloua dans la vallée du Nil.

L'hypothèse de Mayou

Que disait le géomètre Mayou?


1° Que la Grande Pyramide était, à son origine,
un monument astronomique et géodésique d'une
précision parfaite et qu'elle renferme le plan du
bassin supérieur du Nil, depuis la sixième cataracte
jusqu'aux sources, les galeries représentant le cours
des fleuves et les chambres l'emplacement des lacs
ou sources du Nil;
2° Que le Nil, tel qu'il existe actuellement, est dû
au travail des hommes et que sa création a entraîné la
stérilisation lente du Sahara, stérilisation qui
s'accentue progressivement;

74
3° Qu'à l'aide d'un barrage établi à Khartoum ou
plutôt en aval, on reconstituerait la
Mer des Gazelles et que, cette mer établie, les
chotts et les fleuves du Sahara se rempliraient petit à
petit, reportant peu à peu la vie et la fécondité dans
ce pays aujourd'hui si désolé.

L'Egypte fut-elle jadis un désert?

Il est évident que ce qui frappe le plus


l'observateur lorsqu'il examine le cours inférieur du
Nil, c'est l'étroitesse, l'exiguïté, le manque absolu de
proportions de la vallée du plus grand fleuve de la
Terre.
Le Nil a près de 640 kilomètres de longueur et sa
largeur varie de 1 kilomètre à 3.
Comment cette artère colossale peut-elle finir si
mesquinement dans un aussi petit lit, alors que,
depuis les âges de formation géologique, on mesure à
leurs amples et profondes vallées ce que furent des
fleuves tertiaires aujourd'hui réduits à l'état de petits
ruisseaux?
Le Nil géant a Pair d'être dans une vallée qui
n'est pas faite à sa taille. Depuis Berber, c'est-à-dire
sur un parcours de plus de 2000 kilomètres et jusqu'à
son embouchure, il ne reçoit aucun affluent.

75
Les seules possibilités de vie animale et
végétative de l'Egypte sont donc liées étroitement au
Nil. Sans le Nil, l'Egypte ne serait qu'une partie — et
la plus désolée — des sables de la Libye. La preuve,
c'est que toutes les cultures qui font de l'Egypte un
pays enchanteur se limitent étroitement au Delta et à
la superficie de la vallée que touchent directement les
eaux du Nil.

Et le Sahara fut-il un éden?

Sans aller jusqu'à prétendre, comme le veut Léon


Mayou, que le Sahara fut le Paradis Terrestre de la
Genèse, on peut sans légèreté excessive supposer que
le Sahara fut une contrée florissante en des temps très
reculés.
On y trouve de grandes vallées d'érosion et des
traces d'une végétation abolie. On a exhumé des
troncs pétrifiés de végétaux arborescents.
Les chotts paraissent avoir été d'immenses lacs et
les vestiges de civilisation relevés dans cette partie
du Centre africain montrent que la flore, même
aquatique, y était des plus abondantes puisque les
dessins primitifs qu'on y rencontre sur la pierre
desséchée représentent, à côté des lions, des
rhinocéros et des gazelles,

76
des espèces familières des marais et des fleuves telles
que les hippopotame»' et les caïmans.
Sur les pentes de l'Oued Miya, sur les bords de
l'ancien lac Triton et du fleuve desséché du même
nom, les silex taillés abondent.
L'hypothèse du Sahara-paradisiaque est d'ailleurs
confirmée par les conteurs indigènes et les conteurs
arabes qui parlent couramment de ces contrées jadis
florissantes, couvertes de palmeraies et de cultures
abondantes, où s'élevaient d'orgueilleuses cités.
Toujours d'après Léon Mayou, les batteurs
d'estrade sahariens ont repéré un peu partout, en plein
désert, des « palmiers isolés au milieu des
broussailles, des ruines de cours, des débris de
canaux construits de main d'homme », etc. (1).

(1) Tout ceci semble confirmé par la communication


faite en décembre 1935, à l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres, par M. le Capitaine Coche, chargé de mission
au Hoggar. Cet officier a découvert à Mertoutek, dans le
Sahara central, à 2000 mètres d'altitude, des gravures et
peintures en ocre et blanc sur la roche, représentant des
hommes et des troupeaux de bœufs. Ces peintures,
comparables aux plus belles qu'on a découvertes en Egypte,
confirmeraient l'hypothèse d'une rétraction vers la vallée
actuelle du Nil d'une civilisation répandue il y a plusieurs
millénaires en Afrique centrale et permettraient de croire
que le berceau de la civilisation égyptienne fut, en partie, le
Hoggar.

77
La mer Roudaire

Le colonel Roudaire, qui s'occupa le premier de


cette question, conclut, à la suite d'importants
travaux, à l'existence (aux temps historiques, c'est-à-
dire à une époque relativement récente) d'une mer
intérieure au sud de l'Algérie et de la Tunisie.
Cette mer, d'environ 400 kilomètres de longueur
et dont il ne subsiste que la cuvette et qui aurait
débouché par un canal dans le golfe de Gabès, n'était
pas alimentée par la Méditerranée, puisque son
niveau était supérieur de cinquante mètres au niveau
de celle-ci, mais par une série de quatre fleuves qui,
aux dires de Léon Mayou, ne seraient autres que le
Souf, l'Ighargar, l'oued Miya et l'oued Djeddi. Ces
fleuves, toujours d'après notre auteur, ne seraient
autres que les quatre fleuves nés du fleuve de l'Eden
(?) dont parle la Bible, et auraient été les quatre fils
du Nil.

Un détournement colossal

Ainsi donc, dit l'hypothèse Mayou, « les eaux


«lui alimentent le Nil roulaient autrefois dans li-
Sahara avec une direction générale est-nord-

78
nord-ouest au lieu de celle sud-nord qu'elles
suivent aujourd'hui, la petite vallée égyptienne
n'ayant pas été disposée par la Providence pour servir
de dérivatif aux eaux du Centre d'Afrique qui étaient
exclusivement destinées à la fécondation de ce
continent et non à se répandre en pure perte à la
surface de tous les océans du globe dont elles
augmentent le volume sans aucun profit pour
l'humanité.
« Les preuves authentiques et historiques de la
création du Nil par les hommes sont inscrites:
« 1° Dans six colonnes de caractères dont les
prêtres égyptiens avaient seuls la connaissance. Ces
caractères sacrés ont servi à Moïse pour écrire les
trois premiers chapitres de sa Genèse dont ils ne sont
qu'une copie symbolique.
« 2° Dans les trois premiers chapitres de la
Genèse de Moïse qui ne sont que la dissimulation des
Vérités contenues dans les caractères sacrés des
prêtres égyptiens dont Moïse était l'élève.
« 3° Dans les détails de la Grande Pyramide de
Memphis, dite Pyramide de Khéops, cette Pyramide
en même temps- qu'elle est le livre de Pierre dans
lequel est écrite l'histoire de la création du Nil, étant
le livre biblique par excellence.
« 4° Dans les expressions symboliques
admirables, données au Grand Sphinx de Giseh qui

79
est le résumé de tous ces mystères en même
temps qu'il en a été le gardien fidèle jusqu'à nos
jours. Le Sphinx, couché dans! le sable, semble
depuis des milliers d'années poser, aux générations
qui passent devant lui, l'énigme historique que
contiennent les Pyramides, sans que ces générations
aient pu la résoudre. »

Où aurait été la ligne de partage des eaux?

D'après la brochure de Léon Mayou (1) le


détournement du Nil aurait été effectué un peu en
aval de Khartoum, là où le Nil blanc venu de
l'Ouganda et du lac Victoria est rejoint par le Nil
Bleu, descendu du lac Tana en Ethiopie. Une
montagne aurait été percée et le redressement du
fleuve opéré.
Il faut avouer que tout ceci est bien vague et
mériterait un complément d'enquête géographique.
Mais la question ne laisse pas que d'être troublante si
l'on considère les intérêts politiques qu'elle met en
jeu de nos temps.

(1) Les Secrets des Pyramides de Memphis (Chamuel,


éditeur)

80
L'aveu «Igné dans la pierre?

L'inscription hiéroglyphique que L'éon Mayou


dit avoir été trouvée dans le tombeau d'Aménis, au
village de Beni-Hassan, est interprétée pair lui
comme signifiant beaucoup de choses. Sept signes lui
suffisent pour indiquer: 1e que, pour renverser les
eaux contenues dans la mer centrale africaine, le
Bahaar-el-Gazal (ou mer des Gazelles) et les faire
couler dans la vallée égyptienne, il faut percer une
montagne, mais qu'on doit auparavant .opérer des
travaux géodésiques et astronomiques; 2° qu'on a
levé le plan des mers situées au delà de la montagne;

Fig. III. — Coupe des couloirs et des chambres de Khéops

81
3° qu'il faut mesurer une partie de la sphère pour
faire la cartologie du bassin supérieur par rapport aux
données générales du globe terrestre, etc.
Gaston Maspero avait déjà traduit de son côté, et
conformément au code Champollion, la totalité de la
même inscription trouvée dans le tombeau d'Amon,
Amenemhaït, prince de Meh, 3 200 ans avant notre
ère:
« J'ai fait tout ce que j'ai dit, car je suis le
gracieux, l'aimant, le prince qui aime sa ville. J'ai
passé, certes, des années comme prince dans le nome
de Meh et tous les revenus de la maison royale ont
été perçus par ma rnain. »
II y a évidemment un des deux traducteurs ou
interprétateurs qui fait erreur, à moins que l'un et
l'autre ne se trompent, ce qui, à tout prendre, est d'un
ordre assez fréquent.
Plus curieux, mais guère plus exact à notre sens,
est le rapprochement que le géomètre Mayou fait
entre le graphisme du confluent des deux Nils et le
graphisme du système de couloirs de la Pyramide.
Le lecteur trouvera dans la figure III la coupe des
couloirs et chambres de Khéops qui, avec une
certaine bonne volonté, représente un système
hydrographique et plus exactement, d'après Mayou,
figurerait la cartologie du Nil Supérieur depuis la
sixième cataracte jusqu'aux sources,

82
les galeries représentant le cours des fleuves et
les chambres l'emplacement des lacs.
Par le plan sommaire ci-contre (fig. IV), il est
facile de juger de l'analogie qui sera rendue à la fois
plus sensible sinon plus convaincante par la
superposition des deux graphiques (fig. V), celui du
Nil Blanc et du Nil Bleu, en amont du confluent, et le
graphique intérieur de Khéops.
Si le dessin du confluent et du cours du Sobat
rappelle à peu près le dessin de deux intersections de
couloirs de la Pyramide (et encore!) les sinuosités du
Sobat ne correspondent, elles, qu'à une galerie de
surveillance sans rapport avec l'allégorie pyramidale.
Si le Passage Horizontal de son côté rappelle à peu
près le Nil Blanc supérieur tandis que, du sien, la
Chambre de la Reine figure le lac Albert, par
contre l'orientation de la Grande Galerie et celle de la
Chambre du Roi ne correspondent ni au fleuve ni au
lac Victoria et le Nil Bleu supérieur remonte en
coude brusque vers le lac Tana, tandis que le Couloir
Descendant continue en ligne droite vers la Chambre
Souterraine.

83
Si l'ancien ordre de choses était rétabli.,.

Ceci dit, il reste un certain nombre d'éléments


troublants et qui confèrent au problème du cours du
Nil une actualité saisissante.
Il semble hors de doute que le détournement des
eaux du Nil vers le Sahara à notre époque ne serait
pas un ouvrage de nature à embarrasser nos
ingénieurs. Le percement du canal de Suez
constituait un travail d'une autre envergure. Et on
trouverait facilement main d'’œuyre et capitaux.

84
Mais qui n'aperçoit les conséquences
gigantesques qu'aurait une telle entreprise sur la
politique mondiale? Ce serait non seulement la
création dans le centre africain d'un énorme et
puissant empire mais encore la suppression de la
nation égyptienne dans un assez bref délai (1).
Un pareil bouleversement géographique n'est pas
à souhaiter, mais, parce que l'esprit traditionaliste s'y
oppose, il ne s'ensuit pas que tous les peuples aient
les mêmes raisons de le repousser.
Le gouvernement italien avait vu fort loin. Son
œuvre était déjà remarquable en Tripolitaine.
L'accord de 1935 avec la France avait accru les
possessions du royaume de Savoie dans le Tibesti.
L'influence italienne grandissait vers le Sud, au long
du Soudan égyptien et voici que, dans le même
temps, s'était terminée l'expédition d'Ethiopie. Le lac
Tana, source du Nil

(1) Les passages suivants du prophète Ezéchiel en


disent long sur cette possibilité d'un renversement
hydrographique: « Voici que je viens à toi, Pharaon... qui a
dit: « Mes fleuves sont à moi et je me les suis faits (XXIX-3).
Et le pays d'Egypte sera en désolation et ils sauront que je
suis l'Eternel parce que le roi d'Egypte a dit: Le fleuve est à
moi et je l'ai fait (XXX-9). C'est pourquoi je viens contre toi
et contre tes fleuves et je réduirai le pays d'Egypte en terre
de sécheresse. » (XXLX-10).

85
oriental, semble être à la base du problème
général du Nil.

La clé du Nil bleu

Le Tana est une belle nappe d'eau de 45


kilomètres de long, et qui, à près de 2000 mètres
d'altitude, constitue, avec ses îles peuplées de
monastères, le réservoir incomparable du Nil Bleu.
C'est de là que le fleuve charrie les premiers limons
bienfaisante destinés à la terre d'Egypte et que
viendront enrichir les innombrables affluents
abyssins. L'Angleterre, avant la guerre, le considérait
comme un tel instrument de prospérité qu'elle avait
amené l'ancien gouvernement d'Addis-Abéba à se
prêter au projet de construction d'un immense
barrage. Si celui-ci avait été réalisé, le lac Tana,
toutes îles noyées, serait devenu un monstrueux
réservoir anglais.

Où l'Intelligence Service paraît connaître le


secret des prêtres d'Egypte

On dit que le prix du marché était déjà fait et que


les Anglais s'étaient engagés à construire

86
une route qui, partant de Khartoum, aurait relié la
vallée des Deux-Nils au Tana, le Tana à Addis-
Abéba et, pratiquement, le Soudan égyptien à la mer.
Le lecteur commence dès lors à comprendre les
motifs profonds de l'hostilité manifestée par la
Grande-Bretagne à la campagne italienne. La
mainmise de l'Italie sur la région sud-tigréenne se
heurtait à l'hégémonie anglaise dans le bassin des
Hauts-Nil.
Voici pourquoi la cavalerie de Saint-Georges
était entrée en action et pourquoi tant de facteurs
inconnus embrouillaient le problème. Jamais de telles
passions internationales n'avaient été soulevées par la
conquête de Madagascar ou celle du Maroc. On sait
que de plus récents événements ont chassé les
Anglais de cette région de l'Afrique et que le Soudan
n'affronte plus que les ambitions du Raïss égyptien.
Mais tout ceci n'est qu'une incidence dans la
question de la Pyramide.

87
5

GÉOMÉTRIE PROPHÉTIQUE

Jusqu'aux temps modernes, les plus érudits et les


plus perspicaces des savants du monde entier qui
s'étaient appliqués à l'étude de la Grande Pyramide,
n'avaient pas espéré en extraire autre chose que des1
données astronomiques, météorologiques et
géodésiques représentant l'état des connaissances du
plus ancien passé.
Mais ces connaissances, malgré leur valeur et
leur précision, ne sont qu'une expression de la
science humaine. On peut les admirer et même s'en
étonner sans y voir une origine divine.
Dès la fin du XVIIIe siècle, certains auteurs
émirent l'hypothèse que le périmètre de base de la
Pyramide correspondait à la longueur de l'année
solaire.
En 1819, le mathématicien. John Taylor soutint
que la proportion de la hauteur de la Pyramide

88
par rapport à son périmètre de base était celle du
diamètre par rapport à la circonférence et que l'unité
de mesure de la construction était le pouce polaire,
théorie qui fut reprise et consolidée en 1864, après de
nombreuses et méticuleuses mesures sur place, par
l'astronome Piazzi Smith.
William Pétrie refit les mesures à son tour et ses
calculs ont servi de base à l'énorme et curieux travail
de Davidson sur l'ensemble de la Pyramide. •' ;.

L'avenir de l'humanité était-il inscrit dans la


Pyramide?

En 1865, Robert Menzies avança le premier la


thèse d'après laquelle le système intérieur de couloirs
et de chambres était une représentation
chronologique des prophéties; que l'unité de calcul de
cette échelle chronologique était le pouce du
diamètre polaire de la Terre; et que la Grande Galerie
symbolisait l'Ere chrétienne par sa forme, sa hauteur
et sa longueur.
Par la suite, Menzies soutint également que
l'entrée du Premier Passage Bas dans la direction de
l'Antichambre symbolisait le commencement des
Grandes Guerres et des Tribulations prédites par les
Ecritures.

89
Smith se rallia à cette interprétation' mais tomba
dans la même erreur que Menzies dans le calcul du
début de l'Ere chrétienne. Tous deux, en effet, par
tradition, admirent que cette ère commençait à la
naissance du Christ.
En réalité l'Ere chrétienne ne commencerait,
d'après Davidson et Haberman, qu'à partir de l'année
de la Crucifixion et de la Résurrection, qui est aussi
celle de la Première Pentecôte. lin outre Menzies et
Smith commirent la faute d'adopter pour la fin de la
Grande Galerie une coordonnée perpendiculaire au
lieu d'une coordonnée verticale. Sans quoi Smith
aurait été en mesure d'indiquer le commencement de
la Grande Guerre 49 ans avant 1914.
Les travaux de Smith furent continués par le
docteur Aldersmith, mais c'est l'ouvrage publié an
1905 par le colonel Garnier: La Grande Pyramide,
son constructeur et les prophéties, qui fit partir le
commencement de la Grande Galerie, donc de l’Ere
chrétienne, de l'année de la Crucifixion.
Malheureusement Garnier fixa l'âge du Christ au
moment de la Crucifixion à 31 ans et commit aussi
l'erreur de coordonnée à la fin de la Grande Galerie.
Il n'en obtint pas moins le nombre 1913 pour l'entrée
dans la Grande Guerre, ce qui constituait tout de
même une remarquable approximation.

90
Dès lors, il devint certain pour beaucoup que la
Pyramide n'était pas seulement un étalon de mesure
et une représentation1 géométrique et mathématique
de la science d'une civilisation première, mais encore
la représentation graphique d'un système de
chronologie prophétique, étroitement relié au texte de
l'Ancien et du Nouveau Testament, d'une part, à celui
du Livre des Morts, d'autre part.

Un chronographe historique

En somme, la Pyramide, d'après Haberman,


aurait été construite comme un « chronographe
historique destiné à marquer prophétiquement les
événements les plus importants de l'histoire d'Israël».
Pair ses données architecturales, scientifiques et
historiques la Pyramide contiendrait le déroulement
exact de l'épopée adamique, en passant par les temps
de la Genèse, de l'Exode, des Juges, des Rois, de
l'Ere chrétienne, jusques et y compris la Crise des
Ages modernes, la fin de l'ordre de choses actuel et
l'arrivée d'un âge neuf et meilleur.
Lorsque surgirent les premières hypothèses
concernant la chronologie prophétique de la
Pyramide, on ne connaissait pas encore en

91
Europe les prophéties messianiques de l'ancienne
Egypte. Or, les unes et les autres coïncident avec Le
Livre des Morts.
M. Alexandre Moret, dans son livre Dieux et
Rois d'Egypte, a démontré que toute l'allégorie sacrée
égyptienne s'identifie par la suite avec les récits
évangéliques. La naissance du Messie, les détails sur
sa vie, la cérémonie de la Cène, les circonstances de
sa mort étaient colportées couramment en Egypte et
cela des milliers d'années avant Jésus Christ. Mais les
prêtres égyptiens interprétèrent les traditions selon la
théorie égyptienne et appliquèrent les événements de
la Vie et de la Passion du Messie au dieu Osiris.

La Maison des Lieux Secrets

II y a identité certaine entre le Livre des Morts,


l'un des plus anciens recueils de l'Egypte ancienne,
auquel nous avons déjà fait allusion, et la Pyramide.
L'un: complète l'autre, en effet, et suivant le mot
d'un grand égyptologue, la Pyramide « parle un
langage de pierre » et le Livre des Morts parle un «
langage de mots ».
Dans le recueil égyptien! la Pyramide est « Le
Temple de l'Ame », c'est-à-dire de l'accomplissement,

92
la maison secrète de l'entité cachée, « La Demeure
de Lumière », la « Maison des Lieux Secrets ».
Les allégories du Livre des Morts se rapportent
aux Couloirs et aux Chambres de la Pyramide. C'est
en suivant, pas à pas, l'un et l'autre guide que nous
allons pénétrer dans ce système de révélations
historiques, à la fois l'un des plus étonnants et l'un
des plus ordonnés qui se puisse concevoir.
Les fervents de la Pyramide, comme Davidson,
Haberman,' Wynnes, etc. (bien que certains d'entre
eux aient commencé leurs investigations dans un état
d'esprit quelque peu sceptique) ont été à ce point
gagnés par l'évidence du sujet qu'ils se sont relâchés
de certaines précautions. 11 nous appartient de
considérer les faits sans partialité, avec le désir de
constater et de nous instruire, sans tout rallier à la
même thèse et à un postulat préconçu.

La chronologie de la Pyramide

En quoi consiste l'échelle axiale et sur quoi repose


le système de couloirs prophétique?
Nous allons l'exposer brièvement en priant le
lecteur, qui désirerait des précisions géométriques et
algébriques, de se reporter directement au colossal
travail de Davidson.

93
Fig. VI. — Calcul du point de départ de l'ère pyramidale

L'échelle axiale est une ligne géométrique dont le


point de départ est obtenu au nord de la Pyramide,
par l'intersection en A (figure VI) de l'axe des
Couloirs Descendants (prolongé idéalement au-delà
des Couloirs Descendants) et de la ligne de surface
du revêtement calcaire primitif de la Pyramide (lui-
même prolongé idéalement sous le sol).
Ce point de départ est celui du calendrier de la
Pyramide, qui comprend six mille aimées, équivalant
à la totalité de l'Ere Adamique. Il correspond à la date
zéro (fig. VII).

94
Le point géométrique A détermine aussi avec
précision l'Equinoxe d'automne (22 septembre à
minuit), de l'an 4000 avant notre ère.
L'échelle axiale chronologique de la Pyramide
part de ce point, remonte te Premier

Fig. VIII Détails de l'intersection de la ligne de


revêtement extérieur idéal et de l'axe des Couloirs
Ascendants (l'une et l'autre prolongées)

Passage Ascendant, la Grande Galerie et va


prendre fin dans un point situé au centre de
l'Antichambre et correspondant à l'an 2001 après
Jésus Christ.

95
II existe un point de recoupement précis dans
l'échelle axiale chronologique. C'est la crête du
Grand Degré (vers la fin de la Grande Galerie, avant
le Premier Passage Bas) et qui se trouve à
l'intersection de trois des principaux axes de la
Pyramide: le plan vertical central Est-Ouest, la ligne
horizontale du circuit de Précession et l'axe du
système de couloirs.
Ce lieu d'intersection correspond à 5 842,
3397932 qui représenterait l'âge exact de la Pyramide
(1).

La Coudée Sacrée

Nous avons vu précédemment qu'il n'existait au


monde qu'une unité de mesure pratiquement
invariable: l'axe terrestre, et que la Coudée Sacrée,
basée sur la valeur du rayon polaire, en est unie
parfaite expression.
Les Egyptiens, les Israélites et d'autres peuples
de l'Antiquité comptaient déjà en pouces et en
coudées vulgaires. La Coudée Sacrée n'était
employée que par les initiés.
C'est elle qui servit à la construction du Temple

(1) La réalité de l'échelle chronologique est confirmée


par le rituel osirien qui, d'après Marsham Adams, était une
corruption des prophéties messianiques de la vieille Egypte.

96
de Salomon et à la fabrication de l'Arche.
Comme les constructeurs de la Pyramide l'utilisèrent
aussi, on donna par la suite à la Coudée Sacrée le
nom de coudée pyramidale, divisée en 25 pouces
pyramidaux.
La coudée pyramidale a Om635660 de long et le
pouce pyramidal 25mm4264.
En multipliant par dix millions les 63 cm 5660
de la Coudée Sacrée ou pyramidale vous obtenez
6356600 mètres, longueur du rayon polaire auquel la
science moderne assigne elle-même une longueur de
6 356 700 mètres. Or, constate l'abbé Moreux, « nos
mesures actuelles comportent encore une incertitude
de même grandeur ».
« II existe, dit Davidson, dans l'Antichambre (qui
est le terminus de l'échelle axiale) une plaque
verticale de granit dont la face nord présente une
saillie en forme de fer à cheval, d'un pouce de relief
et de vingt-cinq pouces de circonférence. Ces
dimensions correspondent aux deux étalons de
mesure (pouce et coudée) des constructeurs de la
pyramide et indiquent aux chercheurs futurs au
moyen de quelle unité doit être mesurée cette
apocalypse architecturale. »
Le pouce pyramidal va donc jouer un rôle de
premier plan dans l'échelle chronologique de

97
la Pyramide quand on adopte la clé qui lui
assigne, depuis son point de départ jusqu'à l'arête du
Grand Degré, une valeur d'un pouce par année
solaire, A partir de l'arête du Grand Degré, c'est-à-
dire de l'endroit où la pente ascendante des Couloirs
se termine pour faire place à un plan horizontal
jusqu'à la Chambre du Roi, le pouce pyramidal
n'aurait plus qu'une valeur représentative d'un mois
de trente jours de l'ancien calendrier.

Symbolisme général de la chronologie de la


Pyramide

Ces deux modes de calcul ont une signification


symbolique. Ils veulent dire qu'à partir de la date
exprimée par le Grand Degré (c'est-à-dire l'entrée
dans les temps modernes) la marche des événements
se précipite. La différence des pentes et des plans est
expliquée, d'autre part, par les commentateurs
comme signifiant la descente initiale de l'Humanité
vers l'ignorance et le mal (Couloir d'entrée) jusqu'au
moment où les mauvais esprits continuent leur chute
dans la direction de la Chambre Souterraine, tandis
qu'à la bifurcation du Premier Couloir Ascendant,
l'ensemble des humains remonte vers la Lumière
dans la Grande Galerie correspondant

98
à l'Ere chrétienne. Après le passage du Grand
Degré, l'Humanité ne poursuit plus son ascension
spirituelle mais avance sur le Plan Horizontal. Elle
pénètre alors dans l'époque du Chaos où elle doit
marcher courbée dans les Couloirs Bas, avec une
interruption dans- l'Antichambre, .avant d'atteindre la
Chambre du Roi. Il convient de ne pas confondre
l'échelle axiale ou ligne droite ininterrompue et
théorique (commençant en 4000 avant Jésus-Christ
en un point idéal de prolongement des lignes de
couloirs et dé revêtement de la Pyramide et finissant
au centre de l'Antichambre à la date 2001) avec la
chronologie symbolique qui va en ligne brisée de
l'entrée extérieure (an 1345 du calendrier de la
Pyramide) et se termine en 1953 au mur sud de la
Chambre du Roi.

L'autre version

Une interprétation différente et qui ne manque


pas de partisans continue, à partir de l'arête du Grand
Degré (soit 1909), à donner à chaque pouce
pyramidal la valeur d'urne année. Dans ce cas, bien
entendu, toute la chronologie est modifiée et sa date
terminale reportée à l'an 2444.

99
Les époques de l'humanité

En utilisant comme étalon de temps le pouce, qui


est une mesure de longueur, l'architecte de la
Pyramide aurait entendu tout signifier par des
chiffres. C'est la raison pour laquelle, alors que les
autres pyramides sont couvertes d'inscriptions et
même de sculptures, la Grande Pyramide n'en
comporte pour ainsi dire 'aucune tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur.
Les dates marquantes de l'histoire de l'humanité
adarnique, c'est-à-dire de notre société depuis les
temps historiques, y seraient figurées par les
intersections des lignes de plafond ou de sol des
couloirs et chambres, par des croissements d'axes,
des intersections de circonférences, des seuils, des
commencements ou des fins de galeries, des détails
architecturaux, etc.
Certaines d'entre elles ont été obtenues par des
calculs géométriques et ne sollicitent pas au même
degré ni aussi directement l'observateur. Ce ne sont
d'ailleurs pas celles-ci, en général, qui présentent le
plus d'importance. Et il est constant que les grandes
époques sont presque toujours marquées par un relief
structural important.
Il est assez curieux de souligner que le point de
départ du calendrier pyramidal de 6000 ans

100
commence en l'an 4000 avant Jésus-Christ, c'est-
à-dire sensiblement à la date indiquée il y a 300 ans
par le fameux archevêque Usshejr, puisque celui-ci
fait commencer sa chronologie biblique en Fan 4004
avant Jésus Christ. Or, au XVIIe siècle, on ignorait
tout de l'allégorie de la Pyramide.

Le calendrier humain

Les textes de la chronologie égyptienne ne sont


pas moins affirmatifs. Ils indiquent la date zéro
comme étant celle de l’équinoxe d'automne 4000 ans
avant Jésus-Christ. Si on confronte les trois
chronologies: biblique, égyptienne, chrétienne, on
obtient ceci:
Avant Jésus-Christ Année du calendrier égyptien Bible

4000 0 Epoque d'Adam


3378 622 Naissance d'Enoch.
3013 987 Epoque de la maison
d'Enoch.
2944 1056 Epoque de Noé.
2355 1645 Fin du cycle des cinq
Phénix.
2345 1655 Commencement du Déluge
des Hébreux
2344 1656 Fin du Déluge.

101
Il y a d'ailleurs un synchronisme évident entre les
histoires de l'Egypte, de Babylone et d'Israël.
La tradition talmudique de la Maison d'Elie
mentionne de son côté « deux mille ans vides, deux
mille ans de la loi et deux mille ans des Jours du
Messie ». Enfin le Livre d'Enoch parle d'une période
de six jours (entendons 6 millénaires) durant lesquels
« toutes1 choses seront accomplies et après quoi il
restera un septième jour », le jour (ou millénaire) du
repos.
Haberman fait remarquer que, tous les dix
siècles, dans cette ère adamique de 6000 ans, la chute
de chaque millénaire fut marquée par un événement
capital de l'histoire d'Israël.
L'enlèvement du superhomme Enoch vers 987 de
la Pyramide ou 3013 avant Jésus-Christ est
évidemment entouré d'imprécision et de mystère.
Mille aras après, Abraham entre en scène. Mille ans
plus tard, soit en 1000 avant Jésus-Christ, c'est la
construction du Temple de Salomon. Le début du
millénaire suivant est marqué par la venue du Christ.
Il n'est pas surprenant, dans ces conditions, que le
Moyen Age ait attendu anxieusement l'an 1000 de
notre ère. Toutefois, il faut reconnaître qu'en dépit
des suppositions ingénieuses d'Haberman

102
aucun événement mondial ne le caractérisa (1).
Le prochain millénaire est près de -nous et devrait
marquer la fin de l'âge adamique.

Les premières dates de la Pyramide

Entrons donc, comme le commun des mortels,


par la porte d'entrée située à la seizième assise et
commençons à descendre, avec l'humanité adamique,
vers les profondeurs.

Fig VIII. — Intersection des Passages Ascendants et


Descendants.

(1) On ne saurait, en effet, malgré son importance dans


l'histoire européenne, assigner une portée mystique à
l'avènement des Capétiens (987) ni à celui de la dynastie des
Habsbourg (1020).

103
Cette période marque un temps de
dégénérescence spirituelle pair rapport à la
civilisation des constructeurs.
Lorsque nous arrivons à l'intersection du Passage
Descendant et du Premier Passage Ascendant, nous
trouvons une date très importante, déterminée par
l'intersection de la ligne de sol (prolongée) du
Premier Passage Ascendant avec la ligne axiale des
Passages d'Entrée et Descendant. C'est celle de
l'Exode d'Israël, le 15e jour de Nisan, an 2513 de la
Pyramide et 4 avril 1486 avant Jésus-Christ.
Nous n'indiquons ces décimales que pour
montrer le mode de calcul et l'extrême précision des
données géométriques. Par la suite, et pour ne pas
alourdir le texte, nous renverrons le lecteur aux
sources, c'est-à-dire aux ouvrages spéciaux.
Pour faciliter la compréhension, une fois pour
toutes, le lecteur trouvera ci-contre (fig. VIII) le
détail d'intersection des Passages (Ascendants et
Descendants) qui détermine, avant l'Exode d'Israël,
l'année 2500 de la Pyramide.
D'après le Talmud, l'Exode commence cinq
années après la mort du Pharaon de l'Oppression des
Israélites. Ce Pharaon n'était autre que Ramsès II si
on en juge d'après les fouilles

104
de Pétries à Ramsès, de Naville à Pithone et
celles de l'Université de Philadelphie à Beisan
(Palestine).

La route ascendante vers la lumière

A compter de l'Exode d'Israël nous remontons à


la recherche de « La Vérité dans l'Ombre » vers la fin
du Premier Passage Ascendant qui marque
exactement la date dé la Crucifixion. '
Mais avant de parvenir à cette date, nous
rencontrons celle de l'année 5996 de la Pyramide,
qui serait ta 'véritable date de ta naissance de Jésus-
Christ.

Les vraies dates de la naissance et de la mort


du Christ

La date de la Nativité est donnée par le niveau du


sol de la Chambre de la Reine dont le nom est «
Chambre de la Seconde ou Nouvelle Naissance »
dans les textes égyptiens.
Le Christ naquit en l'an 4 avant notre ère (soit
3996 de la Pyramide), le jour de la Fête des
Tabernacles, le 15 du mois de Tisri, qui correspond
au samedi 4 octobre du calendrier Grégorien.

105
Pour ceux qui s'étonneraient du fait que cette
date ne coïncide pas avec celle de Noël, il convient
de préciser que le 25 décembre n'était, depuis des
temps très anciens, qu'une fête païenne,
commémorative de la naissance du Soleil invisible et
qui, jusqu'au IIIe siècle de notre ère, sous le nom de
«Natalis Invicti Soli », fut consacrée à la célébration
du Solstice d'hiver.
En la : choisissant comme fête de la Nativité,
l'Eglise eut le juste souci, comme dans plusieurs cas
semblables, d'amener, sans les heurter, aux fêtes du
christianisme les païens non convertis.
Jean baptisa le Christ lorsque celui-ci eut atteint
l'âge de trente ans, à l'automne de l'an 27 de notre
ère, et 4026 de la Pyramide, à peu près au temps de la
Fête des Tabernacles.
Le ministère du Christ s'étendit sur unie période
de deux ans et demi, si on s'en réfère d'ailleurs à
l'Evangile selon Saint Jean dont le récit s'applique
sans interruption à une période de neuf cent dix-huit
jours (samedi 3 octobre 27 de notre ère au vendredi 7
avril 30).
Ces neuf cent dix-huit jours représentent six
périodes de cent cinquante trois jours, nombre égal à
celui des poissons pêchés devant le Christ par ses
disciples après la Résurrection (Jean XXI-W),
La date de la Crucifixion est déterminée par

106
le seuil de la Grande Galerie et ce fait prend
toute sa valeur si on considère que la littérature
sacrée égyptienne identifie la Grande Galerie avec
l'Epoque du Sauveur de la race humaine. Aussi la
Grande Galerie est le symbole de l'ère chrétienne qui
commence par la mort et la résurrection du Christ.
Le symbolisme de la vie du Christ se confond
d'ailleurs sans cesse avec le symbolisme de la
Pyramide.
Le seuil de la Grande Galerie assigne le vendredi
7 avril 30 (1) du calendrier, Julien (15 du mois
hébreu de Nisan) à la date de la Crucifixion,

Tout l'Evangile entre un plafond et un


plancher

En outre, ces deux dates (Naissance et Mort du


Christ) sont exactement situées, sur l'échelle
chronologique des Couloirs, par les lignes du plafond
et du sol du Passage Horizontal conduisant du
commencement de la Grande Galerie à la Chambre
de la Reine. Le sol de ce passage présente une
anomalie singulière: un peu avant d'aboutir

(1) Le savant travail de M. E. Cavaignac, alors


professeur à l'Université de Strasbourg (Chronologie de
l'Histoire Mondiale, Payot éditeur), fixe la mort de Jésus au
28 mars ou 27 avril 28.

107
à la Chambre de la Reine, il change soudain de
niveau et s'abaisse par le moyen d'un petit degré. A
partir de ce moment le sol du Passage Horizontal est
dans le même plan que le sol de la Chambre de la
Reine. Si on prolonge idéalement la ligne du sol de
cette dernière jusqu'à la fin du Premier Passage

Fig. IX. Tout l'Evangile entre un plafond et un plancher

Ascendant, on s'aperçoit que les deux lignes du


plafond du Passage Horizontal et du sol de la
Chambre de la Reine viennent aboutir sur l'échelle
chronologique aux deux points géométriques
déterminant les dates susvisées de la naissance et de
la mort du Christ. De sorte que l'espace compris entre
les points A et B de la figure IX représente la vie du
Christ sur la Terre

108
depuis la naissance à Bethléem jusqu'à la mort
sur le Golgotha.
Voici donc déterminées, trois mille ans d'avance
et prophétiquement, les dates essentielles du
Christianisme, dont l'aminée, le jour et l'heure ont été
vérifiés, géométriquement et astronomiquement, par
six méthodes différentes de calcul.

Une prophétie vieille de 5000 ans

Parmi les prophéties messianiques qui circulaient


dans l'Orient, il y en avait une datant 'de plus de 3000
ans avant le Christ et annonçant que le Messie
naîtrait le 15e jour du mois de Tisri et mourrait le 15e
jour du mois de Nisan.
Et ces prophéties ne se bornaient pas à la date de
la naissance et de la mort mais précisaient les détails
de la vie, du Ministère et de la Passion du Messie,
sans oublier sa victoire sur la mort et le tombeau.
Par la suite, nous l'avons dit, ces prédictions
furent appliquées par les prêtres égyptiens à Osiris,
leur Messie. Et ceci explique pourquoi certains ont
vu, à tort, dans les récits évangéliques une réplique
du culte osirien.
L'identité entre le symbole du Christ et le

109
symbole de la Pyramide est encore plus évidente
si on continue à la rechercher dans les vieux textes
égyptiens.
Suivant Marsham Adams, le Messie y est
constamment désigné sous le nom de « Maître de la
Pyramide », « Maître de l'Année », « Maître de la
Mort et de la Résurrection ».

L'Ere chrétienne

Nous voici donc au seuil de la Grande Galerie


que les textes égyptiens nomment « La Traversée des
Eaux Pures de la Vie ».
La Grande Galerie, représentant l'Ere chrétienne,
commence le 7 avril 30 du calendrier Julien.
Dès le début, son plafond s'élève brusquement
par sept assises en saillie les unes sur les autres et la
différence de hauteur entre le plafond du Premier
Passage Ascendant et le plafond de la Grande Galerie
est de 286,1 pouces, c'est-à-dire égal au « Facteur-
Déplacement ».
La hauteur de la Grande Galerie est de plus de 28
pieds; sa pente est de 26 degrés 18 minutes.
Les sept assises de sa maçonnerie ont paru à
certains représenter les sept lampes de Zacharie et les
sept églises de l'Apocalypse, aucune certitude ne
l'établit

110
Le chiffre fatidique 153

La longueur de la Grande Galerie, au plafond, est


de 153 pieds, nombre symbolique, égal aux 153 gros
poissons sortis du filet pair les disciples sur l'ordre du
Christ ressuscité.
Le nombre 153 est la somme de tous les nombres
de 1 à 17 inclus:
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
___

Total ………...153

111
Selon Haberman, ce nombre 17 représente, à
l'échelle de 1 %, la hauteur (1700 pouces) de la
Pyramide depuis la ligne de base jusqu'à la 50e assise
de maçonnerie, SUT le plan de laquelle est le Circuit
de Précession.
En outre, de la 50° assise à la plate-forme du
sommet de la Pyramide il reste 153 assises.
Enfin les 918 jours du Ministère public du Christ,
depuis son baptême dans le Jourdain jusqu'à la fête
de Pâques, sont composés de six périodes de 153
jours.

La fin de la Grande Galerie

Aucune date vraiment typique ne nous paraît


relevée au long de la Grande Galerie, qui ne
comporte, il faut l'avouer, aucun incident
architectural caractéristique jusqu'au Grand Degré.
Les intersections de circonférences obtenues par
les calculs géométriques de Davidson et
correspondant, soit à l'an 740, soit à l'an 1557, ne se
réfèrent pas à des événements précis et cependant
l'histoire de la chrétienté regorge de faits capitaux.
On considère que la date 1557 serait au centre des
plus vastes mouvements de l'humanité de ce temps
puisqu'elle unit le trouble religieux de la Réforme à
l'essor de la Renaissance.

112
Découvrira-t-on un jour d'autres clés et d'autres
moyens de calcul? Il se peut. En attendant, les dates
terminales de la Grande Galerie se suffisent à elles-
mêmes et nous allons voir quelle importance
extraordinaire elles prennent dans les événements
contemporains.

4-5 août 1914

Nous avons- dit que la longueur de la Grande


Galerie au plafond est de 153 "pieds, soit 1836
pouces.
Sa longueur au sol est de 157 pieds, soit 1 884
pouces 1/3.
Or, si on ajoute ce nombre de 1884 pouces 1/3 (à
raison d'un pouce par an) au 7 avril 30, date de la
mort du Christ et commencement véritable de l'ère
chrétienne, on obtient 4-5 août 1914.

Le Grand Degré

A partir du Grand Degré les dates abondent.


Le Grand Degré (fig. X) se trouve un peu avant
la fin supérieure de la Grande Galerie. Il sépare le
plan montant de celle-ci du plan horizontal de sa fin.
Le Grand Degré a une signification considérable

113
dans le plan de la Pyramide.
Situé sur le plan vertical central Est-Ouest de
l'édifice, il est décalé, par rapport au plan vertical
central Nord-Sud, dit «Plan de la Divine Harmonie»,
de 286,1 pouces, de même que l'axe central du
système de couloirs.
Il est à l'intersection de l'échelle axiale
chronologique et du Circuit de Précession.

Fig X. — Détail du Grand Degré

Le Grand Degré paraît être une caractéristique


essentielle de la prophétie de la Pyramide. Il
symbolise, en effet, par son angle droit, la Grande
Epoque de la Science Créatrice, préparatrice

114
de « La Consommation de l'Age » et de la «
Restitution de toutes choses » du Lime des Morts.

L'avertissement de la Pyramide à l'époque


présente

On peut, à juste raison, considérer que le début


de l'âge scientifique date de 1844, époque des
premiers chemins de fer.
Cultivant de plus en plus ses facultés- de
déduction, l'Homme en est arrivé à ne considérer en
lui-même et dans l'Univers que des valeurs positives
et il a créé des mécanismes ou déclenché des forces
dont il n'est plu» le maître aujourd'hui.
A la fin du XIXe siècle, le rationalisme atteint à
son apogée et coïncide avec la fin de la Grande
Galerie dont le plafond, s'abaissant soudain jusqu’a
l'entrée du Premier Passage, marque un immense
affaissement spirituel.
Il y a cependant quelque chose d'inexpliqué dans
le fait que le Grand Degré se relève
perpendiculairement du 25-26 janvier 1844, date de
sa base, au 2 août 1909, date de son arête, avant que
le sol ne continue horizontalement vers le Passage
Bas.
En tout cas nul ne saurait nier que l'Age

115
Mécanique a inquiété la plupart des grands
esprits et que le machinisme, inventé par l'Homme,
se retourne contre l'Homme lui-même, sous forme de
demi-démence, de chimie alimentaire, de
catastrophes circulatoires, de gaz toxiques, d'obus,
d'avions et de bombe H.

Calendrier prophétique moderne de la


Pyramide selon Davidson (1)

Nous donnons ci-après et sans autres


commentaires que ceux de l'événement, quelques-
unes des dates les plu® caractéristiques fournies par
Davidson et Aldersmith pour l'époque actuelle.
2 août 1909: Sommet du Grand Degré. — Après
sa visite du 31 juillet à Cherbourg, le tzar Nicolas II
passe la Grande Revue navale de Cowes avec le roi
d'Angleterre Edouard VII.
27-28 octobre 1912: Ligne verticale partant de
la fin du plafond de la Grande Galerie. —
Commencement de la bataille de Lule-Burgas qui
devait mettre pratiquement fin à la domination turque
en Europe.

(1) Nous ne pouvons, bien entendu, nous porter


garant de l'interprétation de ces dates, dont l'intérêt
est moins général que particulier.

116
Nuit du 4-5 août 1914: Entrée du Premier
Passage Bas. - - Expiration de l'ultimatum de
l'Angleterre à l'Allemagne.
18 janvier 1918: Verticale partant au mur sud de
la Chambre de la Reine. •— Fondation de la
République Soviétique.
10-11 novembre 1918 (1): Fin du Premier
Passage Bas. —- Fuite de Guillaume II en Hollande
et Armistice.
12 décembre 1919: Commencement du sol de
granit 'rouge. — Première conférence des Quatre à
Londres.
10 août 1920: Détail de la face nord de ta
plaque de granit, dans l'Antichambre. — Signature
du Traité de Sèvres consacrant l'effondrement des
Turcs.
5-6 mars 1924: Centre du quart géométrique de
l'Aroura — Le gouvernement tore oblige le Sultan à
abdiquer.
11 juillet 1927: Centre de la troisième et
dernière entaille de l'Antichambre. — Tremblement
de terre à Jérusalem et fissure du Mont des Oliviers.
Le même jour l'Assemblée d'Angora v6te la liberté
de conscience et abolit l'islamisme comme religion
d'Etat.

(1) L'armistice a été signé à la onzième heure du


onzième jour du onzième mois, onze mois exactement après
l'entrée des alliés à Jérusalem.

117
29 mai 1928: Commencement au Deuxième
Passage Bas. — Début de la crise économique.

Pour faciliter la lecture de la chronologie


prophétique pyramidale et permettre de la rapprocher
de la structure architecturale du monument, nous
donnons une coupe d'ensemble du système de
couloirs (fig. XI) et une coupe des Passages Bas, de
l'Antichambre et de la Chambre du Roi (fig. XII).

Le Chaos

Suivant les indications de la Pyramide, appuyées


par le Livre des Morts, la période du Chaos va de
l'entrée du Premier Passage Bas au seuil de la
Chambre du Roi, c'est-à-dire du 4-5 août 1914 au 15-
16 septembre 1936.
Cette période de désolation pour l'humanité (qui
représente « Le Trouble de Jacob » des Ecritures) est
caractérisée par le fait qu'on ne peut avancer dans les
Passages Bas, dont la hauteur est d'un mètre environ,
qu'en se tenant, les petite fortement courbés, et les
grandis accroupis ou marchant à quatre pattes.
Cette station ou cette marche pénibles ne sont
interrompues, entre les deux Passages Bas, que

118
119
120
par l'Antichambre où on peut relever la tête et
qui, d'après le Livre des Morts, représente la Trêve
dans le Chaos. Encore est-on oblige de baisser
momentanément la tête pour passer au-dessous de la
plaque de granit.
Le Chaos se divise en trois parties distinctes:
1° de l'entrée du Premier Couloir Bas à sa fin
(dates pyramidales: 4-5 août 1914 au 10-11
novembre 1918;
2° la longueur de l'Antichambre jusqu'à l'entrée
du Deuxième Passage Bas (dates pyramidales: 10-11
novembre 1918 au 28-29 mai 1928.);
3° de l'entrée du Deuxième Passage Bas à la fin
de celui-ci qui coïncide avec l'entrée dans la
Chambre du Roi (dates pyramidales: 29 mai 1926 au
15-16 septembre 1936).
On voit par-là que les temps chaotiques iraient:
a) du début de la grande guerre à la signature de
l’Armistice;
b) de l'Armistice au commencement de la Crise
économique mondiale;
c) de la Crise mondiale à l'avènement de l'âge
théocratique ou renouveau spirituel, marqué par
l'entrée dans la Chambre du Roi.
L'Humanité aurait donc parcouru le temps du
Premier Couloir, joui de la Trêve, subi la

121
Crise mondiale et franchi le Deuxième Couloir
avant d'atteindre l'ère de la Clarté en septembre 1936.

La Trêve

La Trêve est marquée par la longueur de


l'Antichambre ou Salle du Triple Voile (ainsi appelée
par le Livre des Morts en raison des trois paires
d'entailles pratiquées à droite et à gauche dans les
murailles destinées à recevoir symboliquement les
trois écrans ou voiles, que l'Humanité doit soulever
successivement, avant: d'accéder à la Chambre dé
Vérité).
L'Antichambre a une valeur symbolique,
astronomique et géométrique considérable dans la
Pyramide.
Elle contient la circonférence de l’année solaire,
représentative du Messie, Maître de l'armée et de la
Pyramide, d'après les textes égyptiens.
On sait déjà qu'en multipliant par Pi (soit 3,1416)
la longueur en pouces pyramidaux de l'Antichambre,
on trouve 365,242 (fig. XIII).
Le relief de la saillie Nord sur la plaque de granit
et la face Sud de la dite plaque correspondraient (1)

122
aux véritables anniversaires de la ratification du
Traité de Paris (12 juillet 1919) et de la fin du
deuxième Empire Allemand (10 novembre 1921).
La faible hauteur de la partie inférieure de la
plaque de granit qui oblige l'Homme à se courber,
même dans la période de trêve, est représentative des
effets et des suites de la guerre, qui ont continué à
peser sur nous, même après sa fin.

(1) Selon Aldersmith et Davidson

123
Les 153 mois

L'Evangile de saint Matthieu faisant allusion


(XXIV, 15-22) à «l'abomination de la désolation »
alors que la détresse siéra si grande qu'il n'y en a
point eu de pareille depuis le commencement du
monde, ajoute: « Si ces jours n'étaient abrégés,
personne ne serait sauvé, mais à cause des élus, ces
jours seront abrégés. »
L'Antichambre symboliserait-elle l'intervention
d'En-Haut dans la période du Chaos, en vue d'abréger
la tribulation humaine?
Or, la période générale du Chaos allant du 4-5
août 1914 au 15-16 septembre 1936, si l'on en retire
la période de l'Antichambre qui va du 10-11
novembre 1918 au 29 mai 1928, il reste en tout deux
périodes distinctes d'une durée totale de cent
cinquante-trois mois, correspondant toujours aux 153
poissons mystiques de saint Jean.

5 décembre 1935

Avant la date fatidique de l'entrée dans la « Salle


du Jugement des Nations » les calculs ont révélé une
date assez récente: 5 décembre 1935.
Il est vraisemblable que cette date ne se
rapportait

124
portait pas à un événement abrupt, bien qu'elle
pût marquer, dans le temps, le point de départ d'une
nouvelle orientation humaine. On l'a indiquée comme
devant correspondre à une renaissance mystique de
l'humanité.
Le docteur Guinness a raison lorsqu'il dit: « Les
mouvements majestueux de la Providence et de
l'Histoire demandent du temps; les Empires ne
s'élèvent ni ne tombent en un jouir et Dieu
omniscient prend note du début, en apparence
insignifiant, de tout événement important ainsi que
de sa maturation progressive. De là la possibilité
d'assigner plusieurs dates différentes au début d'un
événement. »
Chacun sait, par exemple, que la subversion
russe n'a pas commencé au moment de l'avènement
officiel du gouvernement des Soviets, mais une
certaine nuit d'hiver d'une certaine année, où Lénine,
exilé à Paris, reçut trois compagnons en sa chambre
de la rue Marie-Rose dans le 14° arrondissement.

15-16 septembre 1936

Quelle a donc été cette date du 15-16 septembre


1936, qui termine l'époque du Chaos et nous amène à
l'entrée de l'âge Théocratique?

125
Si l'on se réfère au plan on voit que la Chambre
du Roi, dans laquelle l'Humanité pénètre, s'étend tout
entière vers l'Ouest.
A partir du 15-16 septembre 1936, l'Humanité a
changé complètement de direction, pour la première
fois depuis le Couloir d'Entrée et depuis la première
date de la Pyramide.
Elle a fait une conversion à droite vers l'allégorie
du Tombeau ouvert.
La Chambre du Roi est dite, tour à tour: « Salle
du Jugement et de la Purification des Nations»,
«Retour de la Vraie Lumière qui vient de l'Ouest»,
«Présence littérale du Maître de la Mort et du
Tombeau ».
La tradition égyptienne la plus reculée associe de
son côté la partie terminale des couloirs (qui forme
un plan horizontal à partir du Grand Degré et jusqu'à
la Chambre du Roi) à ce que la Bible nomme « La
Consommation de l'Age » et « Les Temps de la
restitution de toutes choses ».
Mais la partie la plus significative de l'allégorie
des derniers pas dans la dernière chambre réside
surtout dans leur inévitable et obligatoire orientation.
Le mystère de la Tombe Ouverte emplit le
chapitre final du Livre des Morts. Osiris, Dieu

126
de la Mort, est celui qui vient de l'Occident et va
vers l'Orient, c'est-à-dire qu'il vient du fond Ouest de
la Chambre du Roi et marche vers le mur Est. La
Lumière des temps nouveaux arriverait donc
d'Europe ou d'Amérique.
Le Coffre énigmatique et muet, pose aux deux
tiers de la Chambre son problème oblique. Un de ses
angles arrive, presque à la toucher, sur la ligne du
Plan d'Harmonie Divine, qui est le plan vertical-
central de la Pyramide, direction Nord-Sud.
Aucune date ne semble avoir été calculée d'après
l'emplacement du Coffre ni d'après le mur Ouest de
la Chambre mystérieuse. La plus éloignée, et celle
qui termine les Couloirs, est celle du 19-20 août
1953, à la rencontre du mur Sud.
Nous ne saurions mieux terminer qu'en citant le
plus célèbre commentateur du Livre des Morts,
Marsham Adams:
« Un chapitre et une chambre mystérieuse: le
Chapitre de l'Orientation et la Chambre du Grand
Orient (la Chambre du Roi), sous les lieux secrets du
Plus Haut (c'est-à-dire les Chambres de construction).
Sans cesse, dit le Livre, et toujours, est célébré le
Mystère de la Tombe Ouverte, La Résurrection
d’'Osiris-Ra, La Lumière Incréée. C'est à quatre
reprises que

127
la doctrine de la Vieille Egypte a proclamé dans
le chapitre qui porte le titre de l'Orient: La Tortue
meurt, Ra vit toujours! La Mort est anéantie par la
Lumière. Dieu vit à jamais. Qu'il en soit ainsi,
continue le chapitre de mystère, Amen. Toi qui es
dans le ciel donne ta figure au corps de ton fils. Fais-
le bien en Hadès. C'est fini... »
Ainsi se termine l'étrange et solennel chant
funèbre de l'Egypte.

Thèse du pouce-année

Si l'on admet l'équivalence de l'aimée et du


pouce pyramidal, comme le soutenait Lagrange, non
sans quelque apparence de raison, on aboutit à des
dates fort différentes à partir de l'arête du Grand
Degré.
1969 marquerait l'entrée dans le Premier Couloir
Bas.
2021 marquerait l'entrée dans F Antichambre.
2139 marquerait l'entrée dans le Deuxième
Couloir bas.
2239 marquerait l'entrée dans la Chambre du
Roi.
2444 marquerait la fin du mur Sud de la dite
Chambre et la fin de la chronologie pyramidale.

128
Dans cette hypothèse, le terme de l'humanité
adamique serait reculé d'autant.
Nous montrerons dans L'Enigme du Grand
Sphinx (1), qui fera suite au présent ouvrage,
comment le calcul de Davidson, exact pour les
événements antérieurs à ce calcul, s'était révélé muet
pour les événements ultérieurs. C'est ainsi que la
guerre de 1939-1940 et la période de 1940-1945
n'avaient été signalées par aucune date spéciale. D'où
notre conclusion que la chronologie pyramidale ne
s'appliquerait qu'à de grands tournants spirituels.

(1) A paraître prochainement dans « l'Aventure


Mystérieuse ».

129
6

SOMMES-NOUS LES ISRAÉLITES?

Pour bien comprendre l'intérêt de ce qui suit, il


est nécessaire de savoir ce que représente Israël et ce
que les textes sacrés entendent par Israélites.
Après le schisme des dix tribus, qui
abandonnèrent celles de Juda et de Benjamin, il
subsista deux royaumes: celui d'Israël, au nord,
comprenant les tribus de Ruben, Siméon, Lévi, Dan,
Naphtali, Gad, Aser, Issachar, Zabulon et Joseph,
dont les capitales furent successivement: Sichem et
Samarie; celui de Juda, au sud, comprenant les tribus
de Juda et Benjamin, dont la capitale était Jérusalem.
Le royaume d'Israël, conquis par les Assyriens,
finit en 720 avant Jésus-Christ avec la prise de
Samarie par le roi Sargon qui chassa les Israélites et
les remplaça par des colonies de Chaldéens.

130
Une partie des exilés passèrent dans le royaume
de Juda. Mais la plupart, se réfugièrent dans la
Phénicie avec laquelle les Israélites étaient en
commerce continuel.
De là, les Israélites essaimèrent un peu partout
sur le pourtour de la Méditerranée. Certains
franchirent le détroit de Gibraltar et remontèrent le
long des côtes vers le nord. D'autres groupes
suivirent la vallée du Danube, puis celle du Rhin.
Mais presque tous eurent tendance à se fixer dans les
régions septentrionales de l'Occident.
Le royaume de Juda ne finit qu'en 588 avant
Jésus-Christ et le peuple juif subit tour à tour les
dominations perse, macédonienne, égyptienne,
syrienne, puis romaine jusqu'en 70 de notre ère où
s'accomplit leur définitive dispersion.
Les fils de Jacob furent donc scindés
définitivement en deux parts: 1° les Israélites qui,
sept siècles avant notre ère, s'étaient fondus parmi les
autres nations; 2° les Juifs qui restèrent agglomérés
jusqu'aux premiers temps de l'ère chrétienne et qui,
malgré leur dispersion, demeurèrent une race à part
dans les autres pays.
La différence entre les Juifs et les Israélites, c'est
que les premiers se souviennent de leur

131
origine et que les seconds ont complètement
oublié la leur.

Que sont devenus les Israélites?

Ils se trouvent aujourd'hui un peu partout en


Europe et en Amérique, mais, d'après une thèse
curieuse, principalement dans les territoires; du nord.
Les exégètes anglo-saxons prétendent que leur
race est la continuation de la race israélite et qu'ils
sont ainsi marqués pour de grands desseins.
Ils tirent argument du fait que leur système de
mesure est le même que le système de mesures
hébraïques et en concluent que le message de la
Pyramide leur est spécialement destiné.
des Anglais font valoir aussi qu'aucune
construction d'expression scientifique semblable à la
Pyramide n'existe dans le monde entier, à part le
fameux cromlech de Stonehenge, cercle de pierres
levées en Angleterre, dont l'origine, d'après
l'astronome Norman Lockyer l'inventeur de l'hélium)
dénote une main-d'œuvre aryenne-phénicienne et
remonte à 700 âne avant Jésus-Christ. Cette pierre,
qui servit,

132
dit-on, de cadran solaire aux druides, indique les
équinoxes et les solstices, donne les mesures de
l'année solaire et fournit les dimensions de l'aroura
des Egyptiens.
Davidson tire le même argument du fait que la
fin du septième temps des Gentils coïnciderait avec
la délivrance de Jérusalem par les Anglais en 1917,
mais nous verrons bientôt que ce calcul des Temps de
Daniel est contestable.
Si l'on en croit les auteurs américains,
l'Amérique aurait été le grand centre de réunion
'd'Israël. La population des Etats-Unis serait passée
de dix millions à cent dix millions d'habitants en
drainant les Israélites chez tous les peuples. On
ajoute que les étrangers qui affluent en France depuis
une vingtaine d'années ne seraient que les Israélites
disséminés «dans le monde et attirés par unie force
supérieure en vue de la grandie réunion des derniers
temps.
Il y a Chez les Anglo-Saxons une tendance
évidente à trier dans l'histoire d'Angleterre, d'Irlande
-et d'Amérique, pour les rattacher aux prophéties
pyramidales, certains épisodes nationaux sans
répercussion dans l'histoire du monde entier.
A l'appui de leurs dires, les Américains font
valoir que le sceau officiel des Etats-Unis comporte,

133
une pyramide tronquée avec treize assises
correspondant aux treize (?) tribus: d'Israël.

Le royaume de pierre

Les Anglo-Saxons se basent aussi sur les paroles


du Christ aux Juifs (Matthieu XXI, 43-44) :
« Le royaume de Dieu vous sera ôté et siéra
donné à une nation qui en produira les fruits. Et
quiconque tombera sur cette pierre sera brisé et celui
qui sur cette pierre tombera, celui-là sera réduit en
poussière. »
Et sur celle de Daniel (II, 44-45 explication du
songe de Nabuehodonosor) :
« Dans le temps de ces rois, le Dieu des deux
suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et qui
ne passera point sous la domination d'un autre
peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes et
lui-même subsistera éternellement. C'est ce
qu'indiqué la pierre que tu as vue se détacher de la
montagne sans le secours d'aucune main, et qui a
brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. »

134
Israël = ?

Nous ne pouvons suivre les Anglo-Saxons dans


leurs conclusions, qui sont parfois excessives et qui
les entraînent à admettre, pour confirmer leur
hypothèse, un certain nombre de faits non démontrés.
Il est fort vraisemblable que les Israélites (nous
ne disons pas les Juifs) sont très nombreux dans
l'Amérique septentrionale, en Angleterre et dans le
nord et l'ouest de la France (en Bretagne
principalement).
Il est possible que les prophéties et généralement
les textes saints s'appliquent à eux seuls. Mais il est
encore plus admissible que la désignation « Israël »
vise la chrétienté tout entière, puisque l'histoire de
celle-ci est le prolongement de l'histoire des Hébreux.
Nous devons reconnaître que l'orientation
mystique et le sens religieux sont infiniment plus
accusés chez les Anglo-Saxons que chez les autres
races de l'Europe.
Quoi qu'il en soit et, les temps venus, Dieu saura
reconnaître les siens.

135
7

LES SEPT TEMPS DES GENTILS

On sait que sous la dénomination de « Gentils »,


les Ecritures désignent toutes les nations païennes et,
en général, celles qui s'opposent aux Israélites.
Les Temps sont indiqués, pour la première fois,
dans le livre de Daniel (VII-25) :
« Et les Saints seront livrés... pendant un temps,
des temps et la moitié d'un temps. »
L'Apocalypse de saint Jean a repris les mêmes
paroles sibyllines (XII, 13-14) :
« Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur
la Terre, il poursuivi'! la femme qui avait enfanté
l'enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent
données à la femme afin qu'elle s'envolât au désert,
vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps
et la moitié d'un temps, loin de la face du serpent. »

136
Saint Luc dit aussi en parlant des Israélites (XXI-
24) :
« Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils
seront emmenés captifs par toutes les nations et
Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations
jusqu'à ce que les temps des nations soient
accomplis.»
Ce qui précède suffit à indiquer que les « Temps
des Gentils ou des Nations » représentent une longue
période historique.
Tous les commentateurs admettent aujourd'hui
que l'expression « des; temps » de Daniel s'applique à
deux temps, ce qui donne à la phrase prophétique «
un temps, des temps et la moitié d'un temps » la
valeur de trois temps et demi.
Le « Temps » a une valeur de 360 années (année
des Ecritures). ;
Les trois temps et demi de Daniel comprennent
donc 1260 ans, soit la moitié des Sept Temps des
Gentils qui enferment une période de 2520 ans (la
semaine des grandes années de 360 ans dés
Ecritures).
La demi-période de 1260 ans de Daniel équivaut
aux 42 mois et aux 1260 jours de l'Apocalypse, ceux-
ci étant des jours-années. «Je te compterai un nombre
de jours égal à

137
celui des années de leur iniquité » (Ezéchiel IV-
6).
D'autre part, le Lévitique dit qu'Israël doit être
puni durant Sept Temps. Septième Temps dans
lequel nous sommes est dit le « Temps de la Fin ».
Reste à savoir à quelle date commencent les
Temps des Gentils. Est-ce depuis l'avènement de
Nebuchadnetzar au trône de Chaldée en 604 avant
Jésus-Christ ou depuis la prise de Jérusalem en 584,
année qui marque aussi le commencement de la
captivité à Babylone?

Là fin des Temps

Selon les uns, la prédiction de Daniel s'applique


à la durée de la domination des Gentils sur
Jérusalem. :
Le Christ a dit: « Jérusalem sera foulée par les
Gentils jusqu'à ce que les Temps des Gentils soient
accomplis. » (Luc XXI, 24) .
La chute de Jérusalem et le début de la première
captivité des Israélites constitueraient donc, en 584,
le point de départ des Six Premiers Temps des
Gentils (360X6=2160 ans) qui nous amènent à
l'année 1576 de l'ère chrétienne, c'est-à-dire au point,
culminant des guerres

138
religieuses et au moment où le désordre est le
plus grand dans les esprits.
Le Septième Temps, ou Temps de la Fin,
commence en 1576 et ses 360 an® le prolongent
jusqu'en 1936, fin du Temps des Gentils, qu'il ne faut
pas confondre avec la fin du monde. Cela signifierait
seulement que l'âge de l'abaissement d'Israël est
terminé et qu'un nouvel âge commence (1).

Jérusalem délivrée

Les Anglo-Saxons, 'désireux de rapporter les


prophéties à l'histoire et à l'avenir de leur race, ont
choisi comme point de départ des Sept Temps l'année
604 avant Jésus-Christ»! qui marque l'avènement SUT
le trône de Babylone du roi Nebuehadnetzar.
Ce calcul a été fait, en 1878, par le docteur
Grattan Guinness qui a prédit ainsi, près de 49 ans
d'avance, que 1917 serait une grande époque pour
Jérusalem et pour les Juifs. Effectivement, le 11
décembre 1917, le général Allenby vainqueur des
Turcs, entrait solennellement à Jérusalem à la tête de
ses troupes, par la porte de Jaffa.

(1) Comme on peut le constater depuis 1948

139
Selon Davidson, les six premiers Temps des
Gentils, comptés à partir de 604 avant Jésus-Christ,
donnent pour leur fin la date de 1557 de notre ère. Le
dernier et septième Temps finirait en 1917.
Les Anglais insistent sur cette singularité que
1558 (première année, d'après eux, du Temps de la
Fin) précède l'époque de la base du Grand Degré de
286,1 années, chiffre égal au Facteur-Déplacement
de la Pyramide et représente dix fois 153 années (les
153 poissons) à compter de l'an 28 de l'Ere, où
commence la vie publique du Christ.
Malgré ces jeux de calcul, nous préférons de
beaucoup la .date de la chute de Jérusalem, d'abord
parce qu'elle est la date capitale d'Israël, ensuite
parce que l'aboutissement des Sept Temps de Daniel
en 1936 coïncide exactement avec la fin du Chaos et
l'entrée dans l'âge théocratique annoncé dans la
Pyramide par la fin du Deuxième Couloir Bas et
l'entrée dans la Chambre du Roi.

Le Millenium

La théorie d'Aldersmith représente Fère


adamique comme étant d'une étendue dei 6000 ans.

140
Cette ère se divise en six « jours » bibliques de
1000 ans chacun et aussi en deux moitiés de chacune
Sept Temps de 360 années, plus une époque de 480
ans. Cette théorie concorde d'ailleurs avec les
indications de la Pyramide.
D'après Davidson, il y a des années solaires, des
années lunaires et des années de calendrier. « Le
chiffre de 2520 s'applique aux: années de calendrier
de 360 jours chacune... Et la période de 2520 ans de
calendrier équivaut à 2483, 83 années solaires. » Or,
l'intersection du Couloir d'Entrée de la Pyramide et
de la ligne de plancher du Premier Passage
Ascendant marque la date géométrique 2483,
7799726.
Suivant le principe des grandes semaines, aux six
jours de 1000 ans de l'ère adamique succédera un
jour de repos, le Millenium qui, à partir de l'an 2001,
apporterait un cycle de mille années paisibles.
Le rapprochement et la comparaison des deux
dates 1936 et 2001 indiquerait donc que, malgré
l'avènement de l'âge théocratique, l'humanité ne
retrouvera pas d'un coup son équilibre en entrant en
1936 dans la Chambre du Roi. Tout irait vers
l'amélioration en allant vers le Millenium, mais au
prix de quelle® secousses? C'est ce que nous
examinerons dans un chapitre suivant.

141
Est-ce la fin de la civilisation industrielle?

Du centre de l'Antichambre de la Pyramide


s'étend une aroura (1) rectangulaire mesurant trente
années solaires (du 20 août 1923 au 20 août 1953)
qui constitue la période de Renaissance.
La surface de l'aroura est égale à celle des quatre
cercle® solaires, la circonférence du cercle solaire de
365, 242 pouces étant le symbole du Grand
Architecte, et les terminales de chacune des sections
déterminant les quatre dates ci-après qui jalonnent la
Renaissance d'Israël.

19-20 janvier 1931


20 août 1938
18 février 1946
20 août 1953

On présume que ces dates constituent les étapes


du renouveau spirituel pair lequel les valeurs
matérielles seront remises à leur véritable place et
leur importance restituée aux valeurs1 de l'Esprit

(1) Ancienne mesure de superficie égyptienne.

142
8

L'ABOMINATION DE LA DÉSOLATION

La grande tribulation des Ecritures

La période de chaos des textes égyptiens et de la


Pyramide coïncide-t-elle avec la période de
tribulation annoncée par les Ecritures?
Il a semblé aux exégètes que la date du 16
septembre 1936 (seuil de La Chambre du Roi) était
donnée par les chronologies prophétiques de l'Ancien
Testament comme terminant la dernière tribulation
d'Israël. Elle est, en effet, celle de la nouvelle lune
astronomique annonçant aux Israélites la « Fête des
Trompettes » (1).
Beaucoup croient actuellement que les temps de
la Tribulation ne viendront que lorsque l'Eglise aura
été « transférée » (2).

(1) II apparaît, au contraire à présent, que 1936


marquait l'extension des tribulations pour la race juive.
(2) Autrement dit, établie hors de Rome.

143
Le « Trouble de Jacob » doit être de 153 mois de
calendrier; ce qui correspond au temps en pouces
pyramidaux des deux Passages Bas.

Période de « chasse » et période de «


pêche »

« J'enverrai, dit l'Eternel, beaucoup de pêcheurs


et ils les pécheront et après j'enverrai beaucoup de
chasseurs et ils les chasseront de chaque montagne,
de chaque colline et hors des fentes des rochers. »
Ainsi parle le prophète Jérémie. C'est-à-dire, il y
aura une période où il sera fait appel aux bonnes
volontés et où tous ceux qui le voudront pourront
saisir la ligne qui leur sera tendue. Mais à cette
période « d'attraction » succédera une période de «
répulsion » où les hommes seront chassés de leurs
maisons.
La période de «pêche» d'Israël est indiquée
comme englobant 12 époques de 153 ans, en tout
1836 ans, représentés par les 1836 pouces du sol de
la Grande Galerie. Nous serions, suivant toute
vraisemblance, dans la période de « chasse » depuis
la fin du plafond de la Grande Galerie, c'est-à-dire
depuis 1912.

144
L'avertissement solennel du Christ

II est contenu dans l'évangile de saint Matthieu,


au chapitre 24:
« C'est pourquoi, lorsque vous verrez
l'abomination de la désolation, dont a parlé le
prophète Daniel, établie en lieu saint — que celui qui
lit fasse attention! — alors, que ceux qui seront en
Judée fuient dans les montagnes; que celui qui sera
sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est
dans sa maison; et que celui qui sera dans les champs
ne 'retourne pas en arrière pour prendre son manteau.
Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles
qui allaiteront en ces jours-là! Priez pour que votre
fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de Sabbat. Car
alors la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu
de pareille depuis le commencement du monde
jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais. Et, si ces
jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé
mais à cause des élus, ces jours seront abrégés. Si
quelqu'un vous dit alors: Le Christ est ici, ou il est là,
ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de
faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des
miracles, au point de séduire, s'il était possible, même
des élus. Voici, je vous l'ai annoncé d'avance. Si
donc, on vous dit: Voici, il est dans

145
le désert, n'y allez pas; voici, il est dans les
chambres, ne le croyez pas. Car, comme l'éclair part
de l'Orient et se montre jusqu'en; Occident, ainsi sera
l'avènement du Fils de l'homme. En quelque lieu que
soit le cadavre, là s'assembleront les aigles.
« Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil
s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les
étoiles tomberont du ciel et les puissances des cieux
seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme
paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se
lamenteront et elles verront le Fils de l'homme venant
des nuées du ciel avec puissance et une grande gloire.
Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et
ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis
une extrémité des cieux jusqu'à l'autre. Instruisez-
vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que
ses branches deviennent tendres, et que les feuilles
poussent, vous connaissez que l'été est proche. De
même quand vous verrez toutes ces choses, sachez
que le Fils de l'homme est proche, à la porte. Je vous
le dis, en vérité, cette génération (1) ne passera point
que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront,
mais mes paroles ne passeront point.

(1) S'agit-il de la génération adamique?

146
« Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne
ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le
Père seul, »

L'abomination de la désolation

II n'est pas surprenant que nul ne puisse établir si


l'abomination prédite aura lieu peu ou longtemps
après 1936, puisque, d'après le Christ lui-même, nul
n'en connaît le jour ni l'heure, sinon « le Père seul ».
En quoi consistera-t-elle au juste? En guerres
vraisemblablement, si du moins on en croit le texte
des Ecritures. »
« Une nation s'élèvera contre une nation, et un
royaume contre un royaume, et il y aura, en divers
lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout
cela ne sera que le commencement des douleurs »
(Matthieu XXIV, 7-8).
« II y aura des phénomènes terribles et de grands
signes dans le ciel » (Luc XXI, 11).
Après viendra la guerre civile: « Vous serez
livrés même par vos parents, par vos frères, par vos
proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs
d'entre vous » (Luc XXI, 16). « Le frère livrera son
frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se
soulèveront contre leurs parents cl les feront mourir »
(Marc XIII, 12).

147
« Aussitôt après » disent les textes évangéliques,
mais aussitôt après, en langue biblique, peut signifier
des années, «se produiront les grands
bouleversements ».

Les bouleversements

Ceux-ci, suivant l'Evangile, seront d'ordre céleste


et d'ordre terrestre. Les convulsions géologiques de
notre planète coïncideraient avec un ébranlement
sidéral.
D'immenses séismes agiteraient de fond en
comble l’écorce de la Terre, ensevelissant (comme au
temps de la Lémurie et de l'Atlantide) des nations ou
des empires et ramenant à la surface des continents
immergés (1).
Déjà, depuis longtemps, les spécialistes des
fonds marins assistent à de grandes convulsions de
l'abîme et à la poussée des profondeurs.
Les patrons des bateaux de pêche et les officiers
des navires de guerre ont constaté ces dernières
années, au large des côtes d'Afrique, une hausse
impressionnante des grands fonds.
Tel qui trouvait, sur une vaste étendue, des

(1) Lire, à ce propos: «La Danse sur le Volcan», de G.


Barbarin,

148
vallées de 2000 mètres il y a seulement dix
armées, rencontre aujourd'hui avec la sonde des
plateaux dont la surface n'est qu'à 25 mètres de
profondeur.
Il ne s'agit pas, comme à la Teignouise, où
s'éventra le cuirassé France, d'une pointe de rocher
isolée et que les sondages hydrographiques avaient
pu encadrer sans la découvrir.
Les sondages de l'Atlantique africain ont été
effectués par le procédé du câble immergé avec
lequel deux bateaux éloignés l'un de l'autre raclent les
fonds à la même cadence.
Les journaux français et la radio, sans palier de la
presse étrangère, qui enregistrent de temps en temps
les mêmes phénomènes, ont publie au printemps de
1935 une note officielle, sous forme d'avis aux
navigateurs:

Un pic sous-marin qui monte

Le ministère des P.T.T. a communiqué


l'information suivante:
« Au cours de la réparation du câble de Brest à
Casablanca, à laquelle il a procédé pendant le mois
de mars, le navire câblier Ampère a découvert un
haut fond qui n'était pas signalé sur les cartes. Dans
une région où les fonds sont voisins de 4 000 mètres,

149
il a repéré par 35°5' de latitude nord et 13°56' de
longitude ouest Greenwich, un pic à pente abrupte
dont le sommet est à peine à 60 mètres de la surface.
« Le résultat des sondages a été communiqué au
Service central hydrographique et le banc découvert
portera le nom de « Banc de l'Ampère ».

La carte du monde de demain

II est très curieux et très symptomatique que ces


bouleversements du globe sont pressentis comme
imminents par les sensitifs de toute nature et que les
communications médiumniques de l'Astral, à travers
un fatras de choses inutiles, aboutissent aux mêmes
visions que les clairvoyants.
Suivant les empiriques spirituels (1), la
répartition des continents et des mers serait bientôt
bouleversée, non pais d'un seul coup, mais par
cataclysmes successifs.
Les éruptions et les tremblements de terre se
multiplieraient et presque aucune nation ne serait
épargnée. Mais certains pays seraient à peine
entamés alors que d'autres disparaitraient
complètement.

(1) Dont nous nous gardons de cautionner les


dires.

150
La partie méridionale de la France serait
engloutie sous les eaux ainsi qu'un grand morceau de
la péninsule italienne, y compris la Rome des Césars.
L'Allemagne, la Russie, les Balkans
deviendraient des mers.
L'Espagne demeurerait à peu près intacte. Le
Japon serait rayé de la carte du monde.
Les populations seraient épargnées selon leur
degré de spiritualité. Le bouleversement siérait limité
au minimum; chez les nations d'hospitalité (France,
Angleterre, Amérique), dont le karma collectif (c'est-
à-dire le bilan moral) paraît moins chargé.
Néanmoins aucun pays ne serait à l'abri du
remaniement qui s'effectuerait sur tout le globe.
L'unanimité des visionnaires s'accorde soir le fait
que l'importance, la gravité et la répartition des
cataclysmes dépendra de l'attitude spirituelle du
genre humain.

Paris sera-t-il détruit?

On a publié les passages les moins nébuleux et


les plus marquants de certaines prophéties, visions,
révélations, etc., de toutes les époques concernant les
derniers temps du monde.

151
Mais, dès à présent, la question se pose de savoir
si, au cours de la Grande Tribulation, Paris sera
anéanti.
La Pyramide ne contient là-dessus aucune
précision, car même si la date de cette destruction y
figure, rien ne permet, pour le moment, de donner un
nom à l'événement.
Par contre, les prédictions sont presque unanimes
à affirmer la destruction de Paris.

Et Rome?

Nombreux sont aussi les prédisants qui


annoncent la destruction de la Ville Eternelle et la
fuite du Pape hors du Vatican.
« Un pape fugitif, suivi seulement de quatre
cardinaux, viendra se réfugier à Cologne. »
(Hélène Walraff, 1790.)
« L'Eglise était empourprée de sang comme
l'Ange. Elle sera lavée dans le sang, me fut-il dit en
même temps. »
(Catherine Ernmerich, 1822.)
« Rome était de plus en plus couverte de
décombres... »
(Sœur Imelda, 1872.)

152
« Un jour viendra où le Pape enfermé au Vatican
se trouvera comprimé comme dans un cercle de fer.
Toute espérance humaine' sera perdue et c'est alors
que Dieu fera éclater tout à coup sa miséricorde. Les
cadavres tués (sic) aux environs de Rome seront
aussi nombreux que les poissons charriés dans cette
ville par le Tibre. »
« La révolution éclatera en Italie presque en
même temps qu'en France. Nous serons quelque
temps sans avoir de pape. »
Selon beaucoup, Pie XI (Foi intrépide) aurait dû
être le pontife de ces temps de persécution et le pape
de l'exil. Or, on sait que l'événement n'a pas justifié
cette prédiction pas plus que celle qui assignait une
durée d'un an au conclave d'où sortirait l'élection du
Pape angélique.

Le songé prophétique de Pie X

Pourtant les événements à venir se trouveraient


confirmés par la vision étrange de Pie X.
Ce pape, en l'année 1909, donna une audience
solennelle. Et soudain ceux qui étaient présente
virent la tête du pontife s'incliner sur sa poitrine. Ses
paupières se fermèrent et Pie X tomba dans un
profond sommeil. Cela ne dura que quel-

153
que instants durant lesquels! Personne n'osa
élever la voix ni faire le moindre geste. Enfin, au
bout de quelques minutes, les yeux du pape
s'ouvrirent et les assistants y lurent le trouble et
l'horreur. Pie X se souleva à demi sur son siège et
s'écria d'une voix angoissée: « Ce que je vois est
effrayant. Sera-ce moi ou sera-ce mon successeur?
Ce qui est sûr c'est que le Pape quittera; Rome et,
pour sortir du Vatican, il lui faudra passer sur les
cadavres de ses prêtres! » Ces mots furent dits avec
une telle force que son entourage demeura muet de
surprise et de frayeur.
Le mot « successeur » ne visait peut-être pas le
successeur chronologique immédiat (Benoît XV),
mais un successeur nominal par exemple.
Ici, vient se placer tout naturellement la plus
fameuse, en même temps que lia moins réellement
connue, de toutes les prophéties concernant les papes,
celle de l'évêque Mandais Malachie et qui daterait de
1128.
On a contesté l'origine, l'ancienneté et
l'authenticité de cette prophétie.
Peu nous importe qu'elle soit effectivement de
Malachie ou de Saint-Bernard.
Ce qui est indiscutable, c'est qu'elle a été publiée
en 1595 et que depuis cette époque elle

154
s'applique parfois avec une étrange précision à
presque tous les papes.
Elle a été complétée dans les temps modernes par
celle dite du « Moine de Padoue » qui, lui, met sur
chaque épithète papale le nom de l'intronisation.
Jusqu'à présent il nie s'était trompé que pour Benoît
XV (qui devait d'après le texte de Padoue s'appeler
Paul VI) et qui semble jouer le rôle de pape de
malheur, tant parce qu'il fut le Pontife de la Grande
Guerre que parce qu'il fit échouer la plupart des
prophéties. Mais l'avènement de Pie XII (au lieu de
Grégoire XVII) a déjoué les calculs du moine
padouan.
La vraisemblance nous oblige d'ailleurs à
reconnaître que les nouveaux papes, du fait qu'ils
connaissent tous la prophétie de saint Malachie et
celle du moine de Padoue ont tendance à se laisser
suggestionner et à adopter la dénomination assignée
par ceux-ci à leur pontificat.

Les derniers papes

La prophétie de Malachie a le mérite d'être


concise et celui encore plus grand, d'avoir été vérifiée
maintes fois.
Elle désigne chaque pape non sous le vocable

155
de son couronnement mais au moyen d'une
épithète allégorique s'appliquant, soit à lui-même,
soit à la caractéristique principale de son temps.
Citons les plus typiques:

Le pèlerin apostolique désigne Pie VI (1775-


1799) qui voyagea plusieurs fois à travers l'Europe
puis fut enlevé par les Français et traîné de ville en
ville.
L'Aigle ravisseur désigne Pie VII (1800-1823)
retenu prisonnier à Fontainebleau par Napoléon 1er.
Des Bains d'Etrurie désignent Grégoire XVI
(1831-1846) collectionneur d'objets étrusques et qui
était de l'ordre des Camaldules, sis à Bagni (les
Bains) dans une ville d'Etrurie.
La Croix de la croix désigne Pie IX (1847-1877)
qui endura de longues persécutions matérielles et
morales de la part de la Maison de Savoie, dont les
armoiries sont la Croix.
La lumière dans le ciel désigne Léon XIII (1878-
1904) pape doux et fin, intelligent et diplomate.
Feu ardent désigne Pie X (1904-1914)
réformateur un peu rude des rites et des clercs.
La Chrétienté Dépeuplée .désigne Benoit XV
(1914-1922).

156
La Foi courageuse désigne Pie XI (1922-1939)
dont les audaces furent nombreuses.

Les épithètes allégoriques s'appliquent


malaisément à Pie XII, dit Pasteur angélique, mieux
à Jean XXIII, dit Pasteur et Nautonnier, qui fut un
des plus grands papes de tous les temps et engagea
l'Eglise dans une direction nouvelle. Nous ne saurons
que plus tard si La Fleur des Fleurs définit Paul VI,
le pape vivant au moment où cette édition va paraître.
Après Paul VI la prophétie de Malachie n'indique
plus que trois papes dont les devises sont:

1. De la moitié de la lune;
2. Du travail du soleil;
3. De la gloire de l'olive.

Après quoi se trouve close la longue liste des


papes annoncés par saint Malachie il y a 800 ans.
En tenant compte de la longueur du règne des
successeurs de saint Pierre depuis cent ans et en
assignant, par suite, aux quatre derniers, une
longueur de règne moyenne, on voit que les derniers
papes annoncés par Malachie nous mènent à peu près
jusqu'en l'an 2000, veille du Millenium.

157
Ajoutons, toujours d'après le « Moine de
Padoue», que:

De medietate lunae serait Pie XII (erreur


démontrée).
De labore solis serait Grégoire XVIIL
De gloriœ olivae serait Léon XIV.

Le Moine de Padoue ne s'arrête d'ailleurs pas au


dernier des papes de Malachie. Il en institue uni-
dernier qui se: nommerait Pierre II.
« Dana la dernière persécution de la Sainte-
Eglise romaine, dit-il, siégera Pierre Romain qui
paîtra ses brebis au milieu de nombreuses
tribulations. Ces tribulations passées, la ville aux sept
collines sera détruite et le Juge terrible jugera son
peuple. Dans cette désolation suprême du monde
siégera Pierre Romain, dernier pontife du vrai Dieu.
Rome criminelle sera détruite et le redoutable Juge
triomphant jugera tous les peuples. »

Le Grand Monarque

II existe également une foule de prédictions


touchant l'arrivée du Grand Monarque, qui doit
remettre toutes choses en place avant les derniers
temps.

158
Ces prédictions s’appliquent à la France
principalement et comme elles émanent généralement
de religieux vivant sous la royauté elle» désignent
une personne royale.
« Le Grand Monarque (ou Puissant Monarque)
viendra de la part de Dieu mettre les républiques à
néant... »
« Un prince demeuré jusque-là inaperçu et dont
la maison aura beaucoup souffert du malheur des
temps apportera cette vraie paix à la Terre... »
Pendant quelque temps, on ne saura pas à qui
l'on appartiendra; mais ce ne sera pas celui qu'on
croira qui régnera; ce sera le sauveur accordé à la
France et sur lequel elle ne comptait pas. Le prince
ne sera pas là; on ira le chercher.
« Le Grand Monarque est de la branche aînée des
Bourbons. Il ne fera que prendre la couronne pour la
placer sur la tête de son héritier direct. Le Grand
Monarque fera des choses si étonnantes et si
merveilleuses que les plus incrédules se verront
forcés de reconnaître le doigt de Dieu. »
« II arrive, le noble exilé, le donné de Dieu. Il
monte sur le trône de ses ancêtres. »
II y a même une prédiction de Saint-Rémi,
archevêque de Reims, qui date de 483 :

159
« Vers la fin des temps un des descendants des
Rois de France régnera sur tout l'antique Empire
Romain. Il sera le plus grand des rois de France et le
dernier de sa race.
« Un prince connu de Dieu seuil et faisant
pénitence au désert arrivera comme par miracle. Il
sera du sang de la vieille cape.
« Un roi sortira de l'extraction et tige du lys très
illustre, ayant le front élevé, les sourcils hauts, les
yeux longs et le nez aquilin.
, « Le Grand Monarque monte sur le trône de ses
pères. Le trône est posé au midi. »
D'après le baron de Novaye, ce prince paraîtrait
au milieu de la Confusion et de la Guerre. Il s'agirait
du « retour victorieux d'un prince méconnu, sauvé et
accompagné par une femme », qui ne régnerait qu'un
an. Il se nommerait Henri et passerait presque
immédiatement la couronne à son fils Louis-Charles,
lequel, sous le nom de Louis XIX, deviendrait le
maître de tout l'ancien empire romain.
Il faut considérer avec un certain scepticisme ces
prophéties émanées pour la plupart de provinces
fidèlement attachées à la fleur de lys et dont
beaucoup sont de caractère traditionnel plutôt que de
caractère prophétique. La plupart sont pleines de
contradictions, d'erreurs, d'invraisemblances.

160
Il n'y a de curieux que leur quasi unanimité.
L'idée du Grand Pape est presque toujours
associée à celle du Grand Monarque.
La prédiction dite de l'Enchanteur Merlin
contient ceci:
« La prospérité du Seigneur descendra sur la
nation désolée; un pasteur remarquable s'asseyera
(sic) sur le trône pontifical sous la sauvegarde des
anges... Alors un monarque gracieux, de la postérité
de Pépin, viendra en pèlerinage voir l'éclat du
glorieux pontife... »
« Le nouveau pape, dit un autre texte, aéra un
grand personnage et d'une grande sainteté. Pair ses
exemples, par ses soins et de concert avec le Grand
Monarque, qui sera selon son cœur, ils feront de
grandes choses pour la religion... »
« Après avoir posé son siège dans la Ville
pontificale, le roi de Blois relèvera la tiare royale sur
la tête d'un saint pontife, abreuvé par l'amertume des
tribulations, qui obligera le clergé à vivre selon la
discipline des âges apostoliques. »
Car il est un fait constant dans l'ensemble des
prophéties (presque toutes d'origine religieuse), c'est
que, non seulement elles estiment que
l'anéantissement des laïques par le ciel sera le
châtiment de leurs crimes, mais encore elles

161
déclarent fréquemment que les malheurs et les
persécutions transitoires que subira l'Eglise de Rome
seront les conséquences de sa corruption.

Les adversaires de la fin

Les deux adversaires de la fin seraient le roi "du


Nord (Gog, roi de Magog, d'Ezéchiel) en qui
beaucoup voient la Russie, escortée d'autres alliés, et
le Roi du Sud, en qui il faut toute la bonne volonté
anglo-saxonne pour reconnaître l'Angleterre et
l'Amérique, à la tête de beaucoup d'autres nations.
Voici, au surplus, le texte de Daniel:
« Au terme de la fin, le roi du midi se heurtera
contre lui (l'homme méprisé). Et le roi du septentrion
fondra sur lui comme une tempête... Il étendra sa
main sur divers pays et le pays d'Egypte n'échappera
point... Les Libyens et les Ethiopiens seront à sa
suite...
Mais en ce temps-là se lèvera Micaël, le grand
chef, le défenseur des enfants de ton peuple; et ce
sera une époque de détresse telle qu'il n'y en a point
eu depuis que les nations existent jusqu'à cette
époque ».

162
L'Antéchrist

On a beaucoup écrit sur l'Antéchrist et commenté


les textes de l'Apocalypse.
Quelques-uns, même parmi les auteurs sacrés, ne
lui attribuent que la valeur d'une représentation de
l'état d'esprit général et le considèrent comme
l'expression de rabaissement collectif de l'humanité.
Le plus grand nombre le dotent d'une véritable
personnalité et, sur ce chapitre, les précisions des
prophètes et voyants sont innombrables, parfois
puériles et souvent contradictoires.
« Un prince d'iniquité sortira alors de la tribu de
Dan ».
……….

« Le fils de perdition, qui régnera très peu de


temps, viendra dan® les derniers jours. Après avoir
passé une jeunesse licencieuse au milieu d'hommes
très pervers et dans un désert, où elle aura été
conduite par un démon déguisé en ange, la mère du
fils de perdition le concevra et l'enfantera ».

……….

« Ce sera pendant ce temps que naîtra


l'Antéchrist, d'une religieuse hébraïque, d'une fausse
vierge qui aura communication avec le vieux

163
serpent, le maître de l'impureté. Son père sera
évêque. En naissant, il vomira des blasphèmes. Il
aura des dents... »
……….

« L'homme du mal, arrivé de deux sangs, prend


croissance. Etc. (1).

A quelle date de la Pyramide se référaient ces


événements?

Nous nie croyons pas mous-écarter beaucoup du


sentiment de l'orthodoxie en disant que les divers
clergés considèrent avec méfiance ces ramassis de
prédictions. Presque toutes sont faites de bonne foi,
par des personnes en qui la lecture persévérante des
Ecritures et la contrainte de la vie monastique ont
suscité certaines1 visions imaginaires ou réelles et qui
embrouillent les époques, mêlent les événements et
confondent le futur avec le passé.
Bien peu de ces divagations prophétiques
résistent à l'examen en ce qui a trait à leur période
déjà accomplie.
Aucune, en tout cas, y compris l'étonnante
prophétie papale de Malachie, n'a le caractère

(1) Pour plus de détails, lire « L'Antéchrist ou les Der-


niers Temps du Monde » (Dervy-Livres).

164
précis et immuable des indications de la
Pyramide, ni d'ailleurs son ancienneté.
Nous nous sommes déjà étonnés que la Grande
Galerie ne contînt presque pas de dates. Peut-être est-
ce uniquement parce que le Grand Architecte savait
que la science humaine n'en aurait jamais besoin.
Effectivement, n'est-il pas curieux de constater
que les premières études de la chronologie de la
Pyramide ne commencent qu'à la date du Grand
Degré (1844-1888) et à la veille des plus
considérables des derniers événements?
Il y a plus de calcul de dates dans le seul plan
horizontal des Couloirs Bas que dans tout le reste du
système des Couloirs de la Pyramide.

Les dates ultimes de la Pyramide

Quelles sont, après 1936, les époques qui


peuvent être assignées aux manifestations
annoncées?
Toute indication à ce sujet risque d'être démentie
par l'événement.
Les dates les plu/s récentes du passé (depuis la
1re édition) sont: 20 août 1938 (qui avoisine Munich)
et 27 septembre 1939 (qui avoisine les débuts de la
Deuxième Guerre mondiale).

165
Mais nous croyons, et tous les esprits mesurés
seront avec nous, que lest grandes dates de la
Pyramide ne s'appliquent pas aux crises nationales ou
internationales, mais bien aux grandes échéances
spirituelles de l'Humanité. C'est dans ce sens qu'il
faut attendre et interpréter dama Je futur les dernières
dates de la Pyramide:

3- 4 mars 1945
18 février 1946
20 août 1953

Cette dernière date étant donnée par le mur Sud


de la Chambre du Roi.

Enfin l'indication d'une ultime période avant le


Millenium est encore fournie par la Chambre
Souterraine:

Juillet à Décembre 1992

166
9

«CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS


DE LA FIN

En somme, toute cette avalanche die documents,


anciens ou nouveaux, serait d'un faible intérêt s'il
n'était permis d'en dégager les lignes générales en
prenant pour base les Ecritures et la Grande
Pyramide, c'est-à-dire ceux qui ont un caractère
d'autorité.
Une prochaine et dernière étude du symbolisme
de la Pyramide va nous démontrer que les
connaissances qu'elle renferme ne procèdent pas d'un
simple cerveau humain.
Un monument des hommes peut contenir le
résumé de la science acquise par ceux-ci, mais non la
date des événements enfouis dans la suite des âges et
ceci 5 à 6000 ans avant que ces événements se soient
produits.
En attendant, nous donnons à titre de
comparaison, l'ordre général des temps de la fin tel
qu'il a été établi par la Pyramide, l'Evangile, le
vénérable Holzhauser, le baron de Novaye et saint
Malachie.
On en pourra tirer de curieuses indications.

167
Ordre des événements suivant la Pyramide

Commencement du chaos
• Première période de chaos (4-5 août 1914 au 10-11
novembre 1918).
• La trêve dans le chaos (10-11 novembre 1918 au 29
mai 1928).
• Crise économique et politique mondiale (29 mai
1928 au 5 décembre 1935).

Fin du chaos
• Terminaison du Second Passage Bas (5 décembre
1935 au 15-16 septembre 1936).

Le dernier âge
• Avènement de l'âge théocratique.
• Entrée dans la Salle de la résurrection et du
jugement des nations (15-16 septembre 1936 à ...)
(1)

Ordre des événements d'après les Evangiles

Avant la fin
• Les faux-Christs.
• Bruits de guerre. Une nation contre une nation; un
royaume contre un royaume.
• Famines et tremblements de terre. Persécutions et
guerres civiles.

(1) Ces dates sont obtenues par le calcul d'un mois par pouce.
On sait que le calcul d'un pouce par an échelonne les dernières
dates de la Pyramide de 1909 à 2444.

168
Abomination de la désolation
• Les jours de la plus grande détresse seront courts et
abrégés.

Phénomènes astronomiques
• Le soleil obscurci.
• La lune éteinte.
• La chute des étoiles.
• Les puissances des deux ébranlées.

Venue du Fils de l'Homme


• Le signe du Fils de l'Homme dans le ciel.
• Lamentation de toutes les tribus de la Terre,
• Le Fils de l'Homme sur les nuées.
• La trompette des anges.
• Le rassemblement des élus.
• Le jugement des nations.

Ordre des événements d'après le vénérable


Barthélémy Holzhauser (1613-1658)

II y a sept âges de l'Eglise, correspondant aux 7 églises


d'Asie, aux 7 étoiles et aux 7 candélabres (1):

1« : Du Christ à Néron}
2e : De Néron à Constantin;
3e : De Constantin à Charlemagne;
4« : De Charlemagne à Charles-Quint;

(1) Ceci est à rapprocher des sept assises de la Grande


Galerie de la Pyramide.

169
5e : De Charles-Quint au Grand Monarque;
6e : Du Grand Monarque à l'Antéchrist;
7e : De l'Antéchrist à la fin des temps.

Ordre des événements d'après le baron de Novaye

Le baron de Novaye, qui a fait urne étude approfondie


des Ecritures et des prophéties anciennes et contemporaines, a
dressé le tableau chronologique solvant des temps de la fia:

a) Guerres générales. Fléaux;


b) Crise révolutionnaire;
c) Destruction des méchants;
d) Destruction de Paris et de plusieurs lieux;
e) Relèvement de la France;
f) Conversion des hommes;
g) Triomphe de l'Eglise et paix générale;
h) Le Grand Pape et le Grand Monarque;
i) Renaissance de 25 ans;
j) Règne de l'Antéchrist;
k) Mort de Deux Témoins: Enoch et Elle;
l) Chute de l'Antéchrist;
m) Purification de la Terre par l'eau et le feu;
n) Règne de Dieu;
o) Fin du monde (?).

170
Ordre des événements d'après la prophétie de Saint
Malachie sur les neuf derniers papes (répartition de l'abbé
Maître)

Les trois papes du malaise, de la guerre, de la crise et


de la persécution (1903 à 1939).
Ignis ardens, Pie X (1903-1914).
Religio depopulata. Benoît XV (1914-1922).
Fides intrepida, Pie XI (1922-1939).

Les trois papes de la renaissance et de floraison


mystique (1939 à ?).
Pastor angelicus, Pie XII (1939-1958).
Pastor et nauta, Jean XXIII
(1958-1963).
Flos florum, Paul VI - (1963-à?).

Les trois papes des épreuves suprêmes avant la fin de


l'âge adamique (? à 2000).
De medietate lunae.
De labore solis.
De gloria olivae.

Une curieuse chronologie

Voici, à titre de curiosité, une chronologie inconnue, recueillie


dans les pages d'un vieux livre et que nous devons à
l'obligeance de M. Chacornac, directeur du Voile d'Isis.
Non seulement elle indique toutes les grandes dates de
l'Histoire de France à compter de la Terreur (y compris 1914),

171
mais encore elle arrive mathématiquement à la même date
(1936) que la Pyramide.

Chronologie de 11 en 11

Année 1793 Révolution française.


• 1804 Avènement du Premier Empire.
• 1815 Chute de Napoléon I«.
• 1826 Missolonghi.
• 1837 Révolution carliste.
• 1848 Révolution de février.
• 1859 Révolution italienne.
• 1870 Guerre franco-allemande.
• 1881 Assassinats d'Alexandre II et du Président Garfield.
• 1892 Alliance franco-russe.
• 1903 Mort de Léon XIII. Avènement de Pie X.
• 1914 Grande Guerre.
• 1925 Locarno.
• 1936 Date de la Pyramide (entrée dans la Chambre du
Roi).
• 1947
• 1958
• 1969
• 1980
• 1991
• 2002 (Commencement du millénium en 2001).

172
10

LE MESSIE ET LA PYRAMIDE

Nous avons déjà vu que les traditions et les


textes sacrés égyptiens les plus anciens identifiaient
le Messie avec le « Maître de l'Année » et le « Maître
de la Pyramide ».
Plus tard las prêtres identifièrent Osiris avec le
Messie et considérèrent que la mission de celui-ci
était symbolisée par le monument de Koufou.
Marsham Adams, dans le Lime du Maître, a
puisé aux mêmes sources la certitude que la Grande
Galerie de la Pyramide symbolisait « le Chemin
Nouveau de la Vérité dan® la Lumière » ouvert par
la Passion d'Osiris.

Le mot de l'énigme

Pourquoi retrouve-t-on sans cesse les 286,1


pouces pyramidaux de décalage ou de déplacement

173
dans la construction de la Pyramide et dans
l'orientation générale du système des couloirs?
Ces 286,1 pouces (le Facteur-Déplacement de
Davidson) agiraient une haute valeur symbolique.
On considère que le grand plain de coupe de la
Pyramide est le plan central-vertical Nord-Sud. C'est
celui que les textes égyptiens appellent « Plan de
l'Harmonie Divine », vers quoi s'efforce
éternellement l'Humanité.
Pour figurer cette Humanité, qui progresse à la
recherche de son idéal, l'Architecte de la Pyramide a
imaginé un système général de couloirs en direction
du centre de la Pyramide mais toutefois légèrement
dévié de 286,1 pouces vers l'Est.
Le Plan d'Harmonie Divine se trouve à droite,
côté positif. Le déplacement est à gauche, côté
négatif.
On remarquera que dans la Pyramide toutes les
entrées des chambres s'ouvrent à gauche et que
l'expansion des chambres se fait à droite.
Ce n'est qu'au moment où le système de couloirs
(représentatif de la marche de l'Humanité) atteint la
Chambre du Roi qu'il est possible de se tourner dans
la direction de l'Ouest, c'est-à-dire vers la Tombe
Ouverte qui, elle, est

174
juste au-delà du Plan de l'Harmonie Divine
(ou plan vertical-central Nord-Sud).
Voici d'ailleurs quel est le symbolisme de
l'ancienne représentation religieuse égyptienne et des
prophéties hébraïques:
« Le Ressuscité se lève de la Tombe Ouverte et,
faisant un pas vers l'Orient, se tient dans le plan
vertical d'Harmonie Divine. '
Ainsi le Messie doit rencontrer sur ce plan
l'Humanité, définitivement orientée par son
incarnation dans la chair. »
Ce symbolisme trouve son complément dans le
fait que, si le plan vertical Nord-Sud est le symbole
de l'Harmonie Divine, le sommet de la Pyramide est
le symbole du Messie.
Suivant le mot des commentateurs, le « Facteur-
Déplacement » indique que le Messie fut choisi avant
la création de l'univers de l'homme dans le but
d'effectuer la réconciliation nécessaire au
rétablissement de l'Harmonie éternelle dans la
création; que le déplacement (ou chute) de l'Homme
nécessitait le déplacement du Messie pour rétablir
l'homme dans le « bon axe », celui de la Vérité.
Ceci semble confirmé par le Lime des Morts et
Marsham Adams peut écrire:
« Le mystère final survient (associé avec le
symbolisme de la Chambre du Roi) quand la

175
tombe est ouverte et que le corps est enlevé dans
l'immortalité: « Salut à Toi, mon Père de Lumière,
lit-on dans le Chapitre CLIV, qui nous dit comment
le corps de Celui qui est Saint ne verra pas la
corruption... Je suis tout entier comme mon Père, le
Dieu qui s'est engendré lui-même. »

La pierre d'angle

On sait que le sommet de la Pyramide n'a jamais


reçu sa pierre terminale et que la distance axiale de la
plate-forme à la pointe est exactement de 286,1
pouces pyramidaux.
Jésus dit à ses apôtres: « N'avez-vous jamais lu
dans les Ecritures: La pierre que les bâtisseurs ont
rejetée est devenue la pierre capitale de l'angle? C'est
du Seigneur que cela est venu et c'est un prodige à
nos yeux. » (Matthieu XXI, 42).
Le Christ a toujours entendu rapporter à lui-
même l'image de la pierre angulaire, celle qui est à
l'angle de l'édifice. Or, dans un- type ordinaire de
construction, la même pierre ne peut, à la fois, être la
pierre capitale (ou de tête) et la pierre d'angle. Seule
la Pyramide permet de réunir les deux en une seule, à
la fois pierre d'angle et pierre capitale, la Pierre du
Sommet.

176
La pierre d'angle, représentative du Christ, fait
défaut dans la Pyramide pour montrer que l'Humanité
s'est comportée contrairement au plan idéal du Grand
Architecte et que lia « Restitution de Toutes Choses »
ne sera effectuée que lorsque le plan idéal aura été
reconstitué.
C'est le Grand Architecte lui-même qui replacera
la pierre angulaire-capitale (Le Christ) au faîte de la
Pyramide et l'arrivée de l'Humanité dans la Chambre
du Roi indiquerait peut-être que les temps sont à la
veille d'être révolus.
La dénomination « Présence littérale du Maître
de la Mort et du Tombeau », appliquée par le Livre
des Morts à la Chambre du Roi constitue au moins
une indication troublante si l'on songe qu'elle
concerne le Messie « Maître de la Pyramide » et le
Christ ressuscité.

Le monument de prophétie

L'historien juif Josèphe a écrit au premier siècle


de l'ère chrétienne:
« Les Séthites furent aussi les inventeurs de cette
sorte particulière de sagesse qui se rattache aux corps
célestes et à leur ordonnance

177
dans le ciel. Et pour que leurs découvertes ne
pussent étire perdues avant d'être suffisamment
connues, à cause de la prédiction d'Adam suivant
laquelle le monde devait être détruit... ils firent deux
monuments (un de brique, l'autre de pierre)... et ils
inscrivirent leurs découvertes pour l'humanité...
Aujourd'hui, le monument de pierre subsiste encore
dans le pays* de Siriad (Egypte). »
Ceci est à rapprocher du texte d'Isaïe (XIX-19,
20).
« En ce même temps, il y aura un autel à
l'Eternel, au milieu du pays d'Egypte et, sur la
frontière, un monument à l'Eternel. Ce sera pour
l'Eternel des armées un signe et un témoignage dans
le pays d'Egypte; ils crieront à l'Eternel à cause des
oppresseurs et il leur enverra un sauveur et un
défenseur pour les délivrer. »
La plate-forme terminale de la Pyramide
comporte en son milieu une table d'offrandes, en tous
points semblable à celles de l'époque de Thotm.es III.
En outre, la Pyramide est située dans le milieu du
pays d'Egypte entre le Delta et le Haut-Nil,
exactement à la moitié des terres arables du monde et
néanmoins à la frontière du désert.

178
Le moment où les Israélites « crieront à l'Eternel
à cause des oppressions » est sans doute le temps de
la Grande Tribulation et tous les textes sont d'accord
pour représenter les troubles et les grands
bouleversements comme annonçant la deuxième
venue du Messie.

Y a-t-il des signes actuels de la seconde venue


du Messie?

Le docteur Grattan Guinness a dit, en substance,


de nombreuses années avant la guerre, de 1914, que
lorsque « les Turcs seront chassés de la Syrie et que
les nations d'Europe, poussées, soit par leur défiance
mutuelle ou leur jalousie politique, soit par des
motifs plus élevés, s'accorderont pour réinstaller les
Juifs sur la terre de leurs ancêtres, alors la dernière
cloche d'avertissement aura sonné... La seconde
venue du Messie rejeté par Israël et son règne sur
toute la Terre sera proche... La destruction du
pouvoir et de l'indépendance de l'empire ottoman
serait pour le christianisme comme un son de
trompette annonçant que le jour du Christ est venu ».
D'autre part, comme nous l'avons déjà rapporté,
les Anglo-Saxons font état de la délivrance

179
en 1917 de Jérusalem par le général Allenby, qui
a soustrait la Ville Sainte à la domination
musulmane. Mais il n'est pas du tout prouvé que,
chez les prophètes, la dénomination « Jérusalem »
s'applique exclusivement à l'ancienne capitale des
Juifs.
De même que le mot « Israël » désigne
vraisemblablement la plus grande partie de la
chrétienté, de même le mot « Jérusalem » peut fort
bien s'appliquer à l'ensemble de la société humaine.
On a rappelé la prophétie de Zacharie: « La
montagne des Oliviers se" fendra par le milieu, à
l'Orient et à l'Occident » et il est exact qu'une grande
fissure s'est produite, au cours de 1917, dans le mont
célèbre. Mais Zacharie ajoute: « Et il se formera une
très grande vallée: une moitié de montagne reculera
vers le Septentrion et une moitié vers le Midi. » Or,
ce dernier événement ne s'est pas réalisé.
La déférence pour les Livres Saints et même
aussi la raison ordonnent de ne point chercher à
connaître la date de la Deuxième Venue du Messie
puisque selon la parole de l'Evangile: « Pour ce qui
est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les
anges des deux, ni le Fils, mais le Père seul. »
(Matthieu XXIV-36 et Marc XIII-32).

180
La Grande Pyramide n'a d'autre objet que de
relier la Connaissance des Temps Premiers de
l'Humanité à celle de l'Humanité présente et, à
travers le symbolisme du Messie et de la
Résurrection, de nous préparer à la seconde venue du
Christ en nous indiquant les dates des derniers temps.
En aucun cas, la fin des 6000 ans adamiques ou
pyramidaux ne saurait être assimilée à la fin du
monde.
Avant l'âge adamique le monde a connu d'autres
âges et il connaîtra d'autres recommencements avant
sa fin.

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