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S’implanter à Madagascar(ONUDI - 2008)

S’implanter à Madagascar(ONUDI - 2008)

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Les possibilités de développement économique de l’île sont avérées : de multiples richesses naturelles existent, la population a démontré, au fil des vagues de croissance qui se sont succédées, sa capacité d’adaptation (dans les domaines de l’agriculture, du textile, des TIC ou du tourisme). Les grands projets créent des zones d’essor plus rapides, favorables à l’implantation de nouveaux opérateurs. Il nous a paru nécessaire, en cette période de changements, de faire le point de la législation, de la pratique des affaires, de donner les premiers éléments d’approche aux entreprises souhaitant démarrer une activité.
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ONUDI 2008
Les possibilités de développement économique de l’île sont avérées : de multiples richesses naturelles existent, la population a démontré, au fil des vagues de croissance qui se sont succédées, sa capacité d’adaptation (dans les domaines de l’agriculture, du textile, des TIC ou du tourisme). Les grands projets créent des zones d’essor plus rapides, favorables à l’implantation de nouveaux opérateurs. Il nous a paru nécessaire, en cette période de changements, de faire le point de la législation, de la pratique des affaires, de donner les premiers éléments d’approche aux entreprises souhaitant démarrer une activité.
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S’implanter à Madagascar

Diane BARTHE-ROY Aubin SOMDA Julie TURCHET

Sous la direction de Véronique Pasquier, Chef de la Mission Economique de Tananarive et Pierre Séjourné Adjoint au chef de la Mission Economique de Tananarive Sous la direction de Patrick Gilabert, Représentant de l’ONUDI pour Madagascar, Maurice, Seychelles et Comores et Xavier Rakotonirina Chargé de mission à l’ONUDI

Documentation arrêtée au 1 mars 2008

er

Clause de non responsabilité Les Missions Economiques et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel ne peuvent en aucun cas être tenues responsables de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication qui vise à informer et non à délivrer des conseils personnalisés. Les opinions exprimées dans ce document sont celles des auteurs et ne sont pas nécessairement celles des Missions Economiques et de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel.

1

Avant-propos
Pour la plupart des Français, Madagascar est un pays familier et pourtant méconnu. Familier à cause d’une longue histoire commune et d’une langue partagée ; familier car chacun y a un ami ou un parent. Les communautés malgaches en France et françaises à Madagascar sont nombreuses et actives ; le tourisme s’accroît rapidement et contribue à entretenir cette proximité. Mais dans le domaine économique ce sentiment est trompeur : l’intérêt spontané manifesté par les entreprises et par les investisseurs potentiels se présentant à la Mission économique est souvent doublé d’une certaine perplexité. Il est quelquefois difficile de savoir si un projet intéressera l’interlocuteur local, et s’il pourra le soutenir dans sa mise en œuvre. Il est parfois complexe d’avoir une visibilité sur un environnement légal et fiscal qui change rapidement. Madagascar est un pays ami mais étranger, et il importe de l’aborder comme tel, en s’entourant de cabinets-conseils, comme partout ailleurs. Les possibilités de développement économique de l’île sont avérées : de multiples richesses naturelles existent, la population a démontré, au fil des vagues de croissance qui se sont succédées, sa capacité d’adaptation (dans les domaines de l’agriculture, du textile, des TIC ou du tourisme). Les grands projets créent des zones d’essor plus rapides, favorables à l’implantation de nouveaux opérateurs. Il nous a paru nécessaire, en cette période de changements, de faire le point de la législation, de la pratique des affaires, de donner les premiers éléments d’approche aux entreprises souhaitant démarrer une activité. Pour la rédaction de cet ouvrage un partenariat a été noué avec l’Onudi : ensemble, nous sommes convaincus qu’une meilleure information permettra la naissance de partenariats économiques fructueux. Les équipes ont travaillé dans la même perspective pour effectuer ce travail minutieux. Elles ont été aidées par l’accueil favorable des Conseillers du commerce extérieur de la France et par les opérateurs dont vous retrouverez les commentaires pratiques au fil du texte. L’ensemble a été revu par des experts juridiques et fiscaux sans l’aide desquels les éléments fournis n’auraient pu être aussi précis. Bien entendu aucun ouvrage ne peut prétendre à l’exhaustivité ni constituer une source suffisante pour un investisseur. Nous espérons cependant qu’il sera utile pour mieux faire comprendre Madagascar aujourd’hui : avec un environnement juridique rénové, un programme économique clair et une administration consciente de l’importance de bien accueillir les projets créateurs d’emploi, le pays constitue une destination vraiment intéressante pour y créer une entreprise. Véronique Pasquier Chef de la Mission économique de Tananarive

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Remerciements
• Nous tenons à remercier tout particulièrement le Cabinet LEXEL Juridique & Fiscal et son Directeur M. Olivier RIBOT, pour son importante contribution au contenu de l’ouvrage, ses conseils avisés et sa relecture détaillée. Nous remercions les personnes suivantes, dont les précieux témoignages ont contribué à la valeur ajoutée de l’ouvrage : • Monsieur Rakotoarison BODOLALAO CABINET ACRAN • Messieurs Pascal FALL et Philippe CALLIER BNI - MADAGASCAR • Monsieur Alain CHEVALIER DIADEIS – MADAGASCAR • Messieurs Jean-Pierre et Olivier CUA EPSILON • Monsieur Arnaud HAVARD VITOGAZ – MADAGASCAR • Messieurs David MOUTOU et Richade MASSOUMALY MADIMMO • Monsieur Bruno OCHS SOGEA – SATOM • Monsieur Gérard PATTE ATELIER DE HAUTE COIFFURE • Monsieur Johann PLESS GROUPE KUDETA • Monsieur Maurice RATOVONJANAHARY OMAPI

Nous remercions également, pour les informations fournies et les vérifications apportées : • • • • • • • • BFV – SOCIETE GENERALE CABINET DE CONSEIL D’ENTREPRISES ECONOMIC DEVELOPMENT BOARD OF MADAGASCAR ERNST & YOUNG FIDAFRICA MADAGASCAR, MEMBRE DE PRICEWATERHOUSECOOPERS GROUPEMENT DES ENTREPRISES FRANCHES ET PARTENAIRES GROUPEMENT DES ENTREPRISES MALGACHES MADAGASCAR CONSEIL INTERNATIONAL

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Informations pratiques
Monnaie : L’ariary est désigné par MGA, l’euro par EUR, et le dollar américain par USD. er Taux de change au 1 mars 2008 : - 1 EUR = 2 752,90 MGA - 1 USD = 1 839,26 MGA Le taux de change officiel est disponible sur le site de la Banque centrale : www.banque-centrale.mg. Décalage horaire : En horaire d’été français, il faut compter une heure de plus à Madagascar. Quand il est 12 heures à Paris, il est 13 heures à Tananarive. En horaire d’hiver français, il faut compter deux heures de plus. Tarifs : Les coûts et tarifs mentionnés dans ce guide le sont à titre indicatif. Ils n’engagent en rien la responsabilité de la Mission économique. Mise à jour des données : er L’ensemble des informations contenues dans cet ouvrage sont valables au 1 mars 2008. Il est conseillé de prendre contact avec les organismes cités pour vérifier l’actualité des données.

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Abréviations
ACP ADPIC AFD Afoa Agoa APE Appi Arpi BAfD BEI BFV SG BICM BMOI BNI BOA Cirdi CCIAA CCIFM CDE CEM CGI Cnaps CSBF CSPME DGTPE DRCE EDBM Fasep Fivmpama GEFP Gem GIE IFC IFPB IMF Infac Instat IPVI IR IRCM IRSA IS LGIM MAP MCB MID Miga Ohada OMDA Omapi Ompi Ostie PCG PCT PIP PPP Afrique – Caraïbes - Pacifique Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce Agence française de développement Groupe Afrique australe et orientale African Growth and Opportunity Act Accord de partenariat économique Accord de protection et de promotion des investissements Association des représentants en propriété industrielle Banque africaine de développement Banque européenne d’investissement BFV Société Générale Banque industrielle et commerciale de Madagascar Banque malgache de l’océan Indien BNI Crédit Agricole Bank of Africa Centre international de règlement des différends relatifs à l’investissement Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture Chambre de commerce franco-malgache Centre de développement de l’entreprise Caisse d’épargne de Madagascar Code général des impôts Caisse nationale de prévoyance sociale Commission de supervision bancaire et financière Centre de solution pour les PME Direction générale du Trésor et de la politique économique Direction Régionale du Commerce Extérieur Economic Development Board of Madagascar Fonds d’étude et d’aide au secteur privé Groupement des opérateurs malgaches Groupement des entreprises franches et partenaires Groupement des entreprises malgaches Groupement d’intérêt économique Société financière internationale Impôt foncier sur la propriété bâtie Institution de microfinance Facilité d’investissement Institut national de statistiques Impôt sur les plus-values immobilières Impôt sur les revenus Impôt sur les revenus des capitaux mobiliers Impôt sur les revenus salariaux et assimilés Impôt synthétique Loi sur les grands investissements miniers Madagascar Action Plan Mauritius Commercial Bank Marché interbancaire de devises Agence multilatérale de garantie des investissements Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires Office malgache du droit d’auteur Office malgache de la propriété industrielle Office mondial de la propriété intellectuelle Organisation sanitaire tananarivienne inter-entreprises Plan comptable général Traité de coopération en matière de brevets de Washington (Patent Cooperation Treaty) Programme d’investissement public Partenariat public-privé

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Proparco RCS SA SARL SBM SCA SCS Sim Smie SNC Syrcod TFT TST TVA TVTE VIE

Société de promotion et de participation pour la coopération économique Registre du commerce et des sociétés Société anonyme Société à responsabilité limitée State Bank of Mauritius Madagascar Société en commandite par actions Société en commandite simple Syndicat des industries malgaches Service médical inter-entreprises Société en nom collectif Système de règlement par compensation décentralisée Impôt foncier sur les terrains Taxe sur les transactions Taxe sur la valeur ajoutée Taxe sur les véhicules de tourisme des entreprises Volontariat international en entreprise

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ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE, POLITIQUE ET SOCIAL

A. Intérêt du pays pour les investisseurs, cadre macroéconomique
1. Indicateurs macroéconomiques à la hausse
En 2008, Madagascar fait partie des neufs pays classés « destinations intéressantes » par l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga), l’un des guichets de la Banque mondiale. Ce résultat reflète les efforts entrepris au cours des six dernières années. La réélection du président Marc Ravalomanana, après un premier quinquennat en décembre 2006 est un facteur de stabilité et de continuité politique, qui constituent deux éléments essentiels 1 pour un entrepreneur. Le Madagascar Action Plan (MAP) a été présenté fin 2006. Il guide la politique économique pour cinq années (2007 – 2012), et fixe un cadre dans lequel peut s’inscrire l’action des bailleurs. Une partie de ce programme devra être financée par des investisseurs privés.

a.

Au lendemain de la crise de 2002
En 2002, Madagascar a connu une crise politique avec d’importantes répercussions économiques. Suite à des élections présidentielles contestées, les manifestations ont bloqué les routes et l’approvisionnement énergétique du pays. L’économie s’est trouvée paralysée pendant six mois. Le taux de croissance a fléchi de 12% en 2002. Les importations ont été réduites de 29%, les exportations ont chuté de plus de 44%. Pourtant, et pour la première fois en dix ans, la balance commerciale était devenu excédentaire un an plus tôt, en 2001, grâce au développement des entreprises franches. De même, le pays connaissait une croissance économique presque ininterrompue depuis 1995. Cette crise a laissé des traces importantes dans l’esprit des investisseurs présents pendant cette période. La situation économique actuelle se lit à la lumière de ce contexte : même s’ils sont encore fragiles, les indicateurs macroéconomiques confirment une nette amélioration. Le rythme de croissance du PIB s’accélère : il était de 4,6% en 2005, de 4,9% en 2006 et de 6,5% en 2007. Les estimations pour l’année 2008 prévoient une croissance de 7%. L’inflation évolue également dans le bon sens : elle atteignait 18,5% en 2005, puis 10,8% en 2 2006 et 8,3% en 2007. Elle devrait passer à 8,1% en 2008 . La politique de la Banque centrale est claire : la maîtrise de l’inflation est un objectif 3 prioritaire, et passe par une intervention sur le 4 marché monétaire (maniement du taux directeur , du taux de réserves obligatoires , émission de bons du Trésor, etc.). L’inflation résulte de la montée des prix mondiaux, qu’il s’agisse de l’énergie ou des matières premières importées. A Madagascar, elle tient également aux flux d’investissements directs étrangers (stimulés par le lancement de grands projets miniers) et à l’aide financière des bailleurs de fonds.

b.

La croissance économique et ses déterminants
La croissance repose tout d’abord sur les investissements étrangers, en premier lieu dans le
1 Le Madagascar Action Plan est un plan quinquennal (2007 – 2012). Il poursuit « une réduction effective de la pauvreté et une amélioration tangible de la qualité de vie des Malgaches ». Il est assorti de huit engagements (www.madagascar.gov.mg/MAP/). 2 Données de la Banque centrale de Madagascar et de The Economist Intelligence Unit (Madagascar, Country Report. The Economist Intelligence Unit, décembre 2007). 3 Le taux directeur de la Banque centrale est élevé : 8% (2006). 4 Le taux de réserves obligatoires est fixé à 15% par l’instruction n° 01-CR/05 du 15 mars 2005 relative au système des réserves obligatoires.

7

secteur minier. Les flux d’IDE dans ce secteur ont triplé en 2006, et devraient de nouveau tripler en 2008 (plus de 65 millions USD en moyenne mensuelle à partir de janvier 2008). Les IDE permettent de financer de manière plus vertueuse le déficit des comptes courants. Ils représentaient 10,9% du PIB en 2005 et 8,8% en 2006. En 2007, ils ont atteint 17,5% du PIB. En dehors des projets miniers, le tourisme, le BTP, l’activité des zones franches et les télécommunications sont les principaux moteurs de la croissance. En 2006, les exportations des zones franches représentaient 48,6% des exportations du pays (articles textiles et crevettes pour l’essentiel). Les produits issus de l’agriculture, le bois et l’artisanat sont également exportés. Les recettes de l’Etat proviennent en large partie de l’aide étrangère : pour l’année 2006, les dons et la remise de dette ont représenté 48% du PIB. Soutenu par la communauté internationale, Madagascar a reçu 577 millions EUR en 2006. Les principaux contributeurs sont la Banque mondiale (189 millions EUR), l’Union européenne (137 millions EUR), et la France (aide bilatérale de 52,9 millions EUR). Les dépenses publiques, orientées vers les services et les infrastructures (aménagement urbain, reconstruction du réseau routier), espèrent fournir la base d’un développement durable. Madagascar a également bénéficié d’une réduction importante de sa dette de la part des créanciers extérieurs (notamment du Club de Paris). En 2006, les réductions ont porté sur 1,6 milliard USD, soit 29% du PIB (initiative d’annulation de la dette multilatérale par le FMI et la Banque mondiale). La dette du pays est à présent soutenable et, en l’état, le risque de surendettement est désormais limité.

2.

Un cadre législatif structuré, relativement moderne, mais dont l’application reste imparfaite
Depuis 2002, les efforts de l’Etat pour moderniser le droit des affaires sont tangibles. Plusieurs mesures prises dans les années 1990 annonçaient déjà une amélioration du cadre légal. • Le régime de zone franche a été créé par la loi n°89-027, puis modifié et complété par la loi n°91-020 du 13 août 1991 ; • le régime de change a été libéralisé, et le pays a adhéré à l’article VIII des statuts du 5 FMI (arrêté n°5664-96 du 12 septembre 1996 relatif aux transferts de bénéfices, de revenus et de capitaux à destination de l’étranger) ; • la loi relative aux baux emphytéotiques a été réaménagée : la durée du bail est étendue à 99 ans, et son renouvellement devient possible par tacite reconduction (loi n°96-016 du 13 août 1996 modifiant l’ordonnance n°62-064 relative au bail emphytéotique) ; • la loi n°96-015 a permis aux sociétés de droit malgache d’être intégralement contrôlées par des intérêts étrangers ; Depuis 2002 et l’élection du président Marc Ravalomanana, cette évolution du cadre légal est encore plus perceptible. Le Président a multiplié les discours en faveur de l’investissement 6 direct étranger et du secteur privé en général . L’Accord sur la protection et la promotion des investissements entre Madagascar et la France (Appi) a été signé le 25 juillet 2003. Une série de lois visant à moderniser et à simplifier le cadre juridique des affaires a été adoptée : • la loi n°2003-026 du 27 août 2003 portant sur la détaxation des tarifs douanier et fiscal, et modifiée par la loi n°2004-010 du 28 juillet 2004 : elle facilite notamment l’importation des biens d’équipement ; • la loi n°2003-036 du 30 janvier 2004 sur les sociétés commerciales ; • la loi n°2003-038 du 03 septembre 2004 sur le fonds de commerce ; • la loi n°2003-041 du 03 septembre 2004 sur les sûretés ; • la loi n°2003-044 du 28 juillet 2004 instituant un nouveau Code du travail ; • la loi n°2004-030 du 9 septembre 2004 relative à la lutte anticorruption ;
5 Possibilité de transférer librement à l’étranger, pour les opérations courantes (paiement des dividendes, cession des actions), sur simple déclaration de transfert ; possibilité d’acheter et de vendre librement des devises à sa banque locale ; abolition de l’obligation de cession du produit des exportations sur le marché des devises. 6 Le second projet de développement du secteur privé (PDSP2), financé à hauteur de 25 millions EUR par la Banque mondiale, a été mis en place en novembre 2002. Des partenariats public-privé (mises en concession, contrats d’affermage, privatisations) ont accompagné le projet.

8

la loi n°2005-029 du 29 décembre 2005 portant loi des finances pour 2006, instituant un nouveau Code des douanes ; En 2007, le second quinquennat du président Ravalomanana s’est ouvert avec le Madagascar action plan (MAP). Déployé sur cinq années, de 2007 à 2012, le MAP a fourni 7 aux bailleurs de fonds un cadre national . Ce programme, non chiffré, a finalement été estimé à 9,4 milliards USD. En 2008, seuls 3 milliards USD ont été trouvés. Plusieurs mesures ont vu le jour, notamment la création de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), une structure chargée d’accompagner les investisseurs et offrant un guichet unique. Ses deux missions sont de faciliter les projets d’investissement et de promouvoir Madagascar à l’étranger. Ainsi, un cadre réglementaire de qualité et incitatif a vu le jour au cours de la dernière décennie. Toutefois, ses modalités d’application sont parfois lacunaires et peuvent se révéler 8 problématiques .

3.

La communauté des affaires marquée par l’empreinte française
La présence française à Madagascar est importante : 25 000 Français (y compris les Francomalgaches) sont présents sur l’île, et composent l’une des plus grandes communautés françaises à l’étranger. Les liens commerciaux avec la France sont étroits. Ils sont portés par une langue commune et une même tradition juridique (droit civil écrit). Toutes deux facilitent les démarches administratives et les activités de l’entreprise. En termes d’IDE, la France était en 2006 le premier investisseur à Madagascar, avec un stock de 99 millions EUR (soit 40% du total), et des flux de 52 millions EUR. En 2007, elle arrive en deuxième position, avec 24% du stock du pays (le Canada, porté par les projets miniers, en détient 33%), mais avec un stock très diversifié. En 2007, on compte environ 650 entreprises françaises (dont 130 filiales), réparties dans les secteurs du BTP (stock de 52 millions EUR), intermédiation financière (12 millions EUR), tourisme, grande distribution, crevetticulture (75% de la production sont contrôlés par des intérêts français), l’immobilier, transports, ingénierie, distribution de produits pétroliers, énergie, bureaux d’études, textiles, etc. Sur le plan des échanges commerciaux, et au cours des cinq dernières années, la France a été le troisième fournisseur de l’île, après Bahreïn (pour le pétrole), et son premier client. D’un côté, 13% des importations malgaches proviennent de France. Il s’agit pour l’essentiel de biens d’équipement et de demi-produits industriels à transformer (60% du total). De l’autre côté, la France est le premier client de l’île en absorbant 42,1% des exportations de Madagascar sont. Ces exportations concernent essentiellement l’agro-alimentaire (51,7% du total) et le textile. Une société francophone souhaitant s’installer à Madagascar bénéficiera d’un environnement des affaires familier et d’un avantage linguistique déterminant.

B. Positionnement stratégique du pays
L’économie de Madagascar apparaît encore peu ouverte. Le pays échange avec un nombre limité de partenaires, et les échanges extérieurs ne pèsent que 14,4% du PIB (2006). Son principal client reste de loin l’Union européenne, et ses fournisseurs sont concentrés entre quelques pays. Au plan régional, Madagascar a signé de nombreux accords commerciaux qui rendent le
7 Au rang des objectifs chiffrés du MAP, citons l’indice de perception de la corruption (Transpareny International), dont il est prévu qu’il passe de 2,9 à 6 ; le taux de croissance, qui progresserait de 4,6% à 10% du PIB ; et le passage de la 133ème à la 20ème place dans le classement par la Banque mondiale sur le climat des investissements. 8

Par exemple, des textes difficilement applicables ont été adoptés notamment la loi n°2006-008 du 2 août 2007 instituant un

nouveau Code des changes : celui-ci règle en particulier les relations financières de Madagascar avec l’étranger.

9

pays attractif pour les investisseurs étrangers. Cependant, le commerce régional représente encore moins de 10% du commerce extérieur malgache. Si des accords régionaux ont effectivement été signés, leur faible impact commercial s’explique principalement : par la relative étroitesse de ces marchés, et par le manque de complémentarité entre les Etats membres. Plutôt que de se compléter, les productions de chacun des pays en viennent parfois à se concurrencer.

1.

Un marché régional appelé à s’étendre
Dans le cadre du Programme d’ajustement structurel (PAS), les autorités malgaches ont progressivement ouvert l’économie sur l’extérieur, en se tournant en premier lieu vers l’intégration régionale. Madagascar est membre de quatre sous-ensembles régionaux ayant vocation commerciale : le marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (Comesa), la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), la Commission de l’océan Indien (COI), et l’Association régionale pour la coopération des pays riverains de l’océan Indien (IOR-ARC). Le potentiel du marché régional est un facteur qui, à l’avenir, pourrait plaider pour une implantation à Madagascar. Opportunités d’intégration régionale
Population Comesa SADC Afrique du Sud Madagascar Maurice Réunion Seychelles 406,1 millions 234 millions 48,4 millions 20,2 millions 1,2 million 0,8 million 0,08 million PIB/hab (USD) 1 811 3 152 6 185 430 5 891 6 200 8 482
Source : World economic outlook database, FMI, 2008.

a.

Le marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (Comesa)

Source : www.wikipedia.org, février 2008.

10

Le Comesa a vu le jour en 1993, et Madagascar en est membre depuis 2000. L’organisation 9 compte vingt Etats membres (Angola , Burundi, Comores, République Démocratique du Congo, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Libye, Madagascar, Malawi, Maurice, Rwanda, Seychelles, Soudan, Swaziland, Ouganda, Zambie, Zimbabwe), et représente un marché potentiel de 389 millions de consommateurs. Le Comesa a créé la première zone de libre-échange d’Afrique, laquelle comprend onze pays membres (Burundi, Djibouti, Egypte, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Rwanda, Soudan, Zambie, Zimbabwe). La libre circulation des biens et des services a été instaurée, ainsi que la suppression des tarifs douaniers et des entraves liées au commerce. La création d’une union douanière, initialement prévue pour la fin de l’année 2004, a été reportée à décembre 2008. Madagascar échange avec Maurice, le Kenya, l’Egypte, les Comores, le Zimbabwe et Djibouti. Néanmoins, l’impact du Comesa reste faible sur le commerce extérieur malgache : Madagascar réalise seulement 1% du commerce intra-régional. Un partenariat entre la France et le Comesa a été mis en place : la France fournit son expertise afin de soutenir la mise en place de l’union douanière, et de développer l’usage de la langue française au sein de l’organisation. De plus, la France est invitée aux sommets à titre de pays observateur.

b.

La Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC)
La SADC comprend quatorze Etats membres, parmi lesquels figurent les pays les plus industrialisés d’Afrique subsaharienne. Les Etats membres sont l’Afrique du Sud, Angola, Botswana, République Démocratique du Congo, Lesotho, Madagascar, Malawi, île Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe. Cet ensemble compose un marché de 200 millions de consommateurs potentiels.

Source : www.sadc.infosysplus.org, février 2008

La balance commerciale de Madagascar avec les pays de la SADC est nettement déficitaire. Elle résulte du déficit commercial de Madagascar vis-à-vis de l’Afrique du Sud : cette dernière est le quatrième fournisseur du pays (avec une part de 5,8%). Le Protocole commercial d’adhésion à la SADC a été ratifié par l’Assemblée nationale 10 malgache en juillet 2005 . Chaque Etat membre doit présenter un programme de démantèlement tarifaire, qui doit être approuvé par les autres Etats. Le plan d’abaissement

9

10

L’Angola a suspendu sa participation en raison des recoupements entre le Comesa et la SADC. Le protocole propose deux offres distinctes de réduction tarifaire. L'une concerne l'Afrique du Sud, l'autre les douze autres pays.

11

tarifaire de Madagascar a été accepté par les membres en juin 2007 . Il est entré en vigueur er au 1 octobre 2007, sauf pour l’Afrique du Sud. Le sucre ne fait pas partie de ce plan d’abaissement tarifaire. Madagascar espère protéger et redresser la filière. Les produits de la catégorie A (matières premières, intrants, biens d’équipement, etc.) sont 12 exemptés de taxe . Ceux de la catégorie B sont sources d’importantes recettes douanières. Ils doivent être progressivement libéralisés au cours de l’année 2008. Les produits de la catégorie C (produits semi-finis jugés sensibles par les Etats membres) sont encore protégés en 2008. L’abaissement tarifaire est prévu pour 2012. Les produits que Madagascar souhaite protéger sont regroupés dans la catégorie E. Aucun abaissement tarifaire ne devrait les concerner. L’intégration de Madagascar à la future zone de libre–échange est prévue pour août 2008. A cette date, l’exemption de taxes devrait être effective pour 85% des produits. Néanmoins, l’ensemble de ces mesures d’abaissement tarifaire nécessitera des adaptations au niveau juridique, tant pour le Code des douanes que pour la loi de finances. Par ailleurs, la mise en œuvre du projet de libéralisation est rendue difficile par la règle d’origine. Celle-ci est à la fois complexe et exigeante. Elle est négociée produit par produit : • le bien doit être entièrement produit dans le pays exportateur ; 13 • le bien doit avoir subi une transformation substantielle : les matières importées doivent représenter moins de 60% du prix du bien ; la valeur ajoutée doit être supérieure à 35% du coût des facteurs ; • la transformation doit avoir entraîné une modification de la position tarifaire. Or, et étant donné le faible niveau d’industrialisation des pays de la SADC, cette règle d’origine est rarement remplie.

11

c.

La Commission de l’océan Indien (COI) et l’Association régionale pour la coopération des pays riverains de l’océan Indien (IOR-ARC)
La COI est une organisation intergouvernementale à vocation sous-régionale, composée des îles de l’océan Indien (Madagascar, Maurice, Seychelles, Comores et Réunion). Son siège se trouve à Port-Louis (Maurice). Elle a été créée en 1984 pour répondre aux problématiques de l’insularité, communes à chacun de ses membres : éloignement des grands marchés internationaux, étroitesse du tissu économique local, faiblesse du pouvoir d’achat, insuffisance des liaisons maritimes, niveau de développement hétérogène. Ces obstacles freinent le rapprochement entre les îles de la COI. Avec 85% de la population totale de la COI, Madagascar fait figure de poids lourd dans la région de l’océan Indien. Dans le cadre de la zone d’échanges préférentiels (ZEP), les barrières tarifaires de Madagascar ont été totalement supprimées avec Maurice, les Seychelles et les Comores. Maurice est le principal partenaire commercial de Madagascar au sein de la COI : en 2006, 82% des importations malgaches en provenance de la zone arrivaient de l’île Maurice. Toutefois, les échanges de Madagascar avec la COI restent globalement faibles : la Réunion est le sixième client du pays en 2006, totalisant 3,5% des exportations du pays. L’île Maurice est le dixième fournisseur, avec une part de 2% des importations. Au total, environ 3% des échanges commerciaux de Madagascar se font avec la COI. La COI et le Comesa ont signé un Protocole d’accord en 2005. Madagascar appartient aux deux organisations, elle bénéficie du partage de compétences prévu par le Protocole : • la COI traite des questions maritimes, de celles de la pêche et de l’environnement ; • le Comesa est chargé des questions commerciales et de relations avec les organisations internationales. En outre, le Protocole simplifie les tarifs douaniers pour Madagascar. L’IOR-ARC est une association créée en 1997 qui regroupe dix-sept pays de l’océan Indien (Australie, Bangladesh, Emirats Arabes Unis, Inde, Indonésie, Iran, Kenya, Madagascar,
11 12

Un premier plan d’abaissement avait été proposé en 2006, mais plusieurs membres ne l’avaient pas accepté. La catégorie B regroupe également les intrants et matières premières. 13 Le principe de double transformation a été introduit principalement afin que l'île Maurice, qui importe de nombreuses matières premières d'Asie, ne puisse exporter sa production sur le marché de la SADC sans barrière tarifaire.

12

Malaisie, Maurice, Oman, Seychelles, Singapour, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, Yémen). Pour le moment, il s’agit essentiellement d’une enceinte de concertation et de dialogue, où la question de la zone d’échanges préférentiels n’a pas encore été traitée intégralement.

2.

Madagascar et les accords préférentiels
Madagascar est lié par des accords préférentiels à l’Union européenne et aux Etats-Unis. Le commerce extérieur de Madagascar est structurellement tourné vers l’Union européenne, puisqu’il compose 55% des exportations et 18% des importations malgaches. Les Etats-Unis sont le troisième client du pays (4,8% des importations de Madagascar) et le cinquième fournisseur (4,1% des exportations).

a.

Madagascar et l’Union européenne
En 2000, la signature des accords de Cotonou entre les pays ACP (Afrique – Caraïbes – Pacifique) et l’Union européenne avait été assortie de préférences commerciales. Celles-ci consistaient en un libre accès au marché européen pour tous les produits industriels et ceux issus de la pêche, et pour la moitié des produits agricoles (l’autre moitié reste soumise à des contingents tarifaires). Ce régime était toutefois transitoire, puisque l’accord de Cotonou devait être remplacé par des accords de partenariat économique (APE) à l’échéance 2008. Les préférences commerciales non réciproques devaient être abandonnées, remplacées par des dispositions compatibles avec les règles de l’OMC. 14 Madagascar, qui dialoguait dans le cadre du Groupe Afrique orientale et australe (Afoa) , a er signé un accord intérimaire au niveau national, avec prise d’effet au 1 janvier 2008. Il comporte un volet commercial qui concerne l’accès réciproque aux marchés. Il est prévu que 19% des produits européens (agricoles et agro-alimentaires, subventionnés pour la plupart) soient exclus de l’accord de libre échange. L’accord final qui régira les relations commerciales entre l’Union européenne et Madagascar er à compter du 1 janvier 2009 devrait être élaboré durant l’année 2008. Les deux enjeux majeurs concerneront les produits agricoles et la mise en place des normes, sans lesquelles aucun accès au marché européen n’est possible.

b.

Madagascar et les Etats-Unis
Les préférences commerciales américaines en faveur de Madagascar ont essentiellement été définies en mai 2000, par l’African Growth and Opportunity Act (Agoa). Le principal avantage consiste en un accès libre de tout droit de douane au marché américain pour certains produits, notamment les produits pétroliers et textiles. Le dispositif Agoa II (août 2002) est venu le compléter : dans ce cadre, les produits textiles obtenus à partir de matières premières régionales ou américaines sont autorisés à entrer librement aux Etats-Unis, sans droit de douane ni quota. Cette règle de l’origine se décompose ainsi : • le produit doit être « cultivé, produit ou manufacturé » par un pays bénéficiaire de l’Agoa ; • le produit doit être importé directement du pays bénéficiaire vers les Etats-Unis ; • la valeur ajoutée des matières produites et le coût de transformation dans le pays bénéficiaire doivent être supérieurs à 35% de la valeur estimée du produit final importé aux Etats-Unis. Cependant, une clause dite du pays tiers suspend la règle d’origine. Selon cette clause, les vêtements et textiles peuvent être fabriqués à partir de filés ou d'étoffes originaires de pays autres que les Etats-Unis ou que les pays éligibles à l’Agoa. Initialement prévue jusqu’en septembre 2004, cette clause a été prolongée. La majorité des entreprises malgaches importent leurs intrants de pays tiers, principalement asiatiques. Afin de supporter les effets de l’expiration de la clause, il est donc essentiel que l’industrie textile malgache s’oriente vers une organisation verticale de la filière (coton - textile - habillement). Il est primordial également qu’elle se mette en conformité avec les normes internationales. Madagascar fait partie des sept pays (sur les 38 concernés par l’Agoa) qui concentrent les
L’Union Européenne souhaite privilégier les organisations régionales : dans un effort de simplification d’une part, pour renforcer les liens économiques régionaux d’autre part, mais également pour satisfaire au cadre de négociation fixé par l’OMC.
14

13

exportations textiles vers les Etats-Unis. Balance commerciale Etats-Unis / Madagascar (en millions USD)

Exportations américaines

Importations américaines

Balance comm erciale

600 500 400 300 200 100 0 -100 -200 -300 -400 -500
1999 2001 -142 -201 -251 -296 -337 2003 -434 2005 105,8 80,3 25,5 15 158 46 36 272 216 384 324 469

21

15

28

Source : www.agoa.info, janvier 2008

C. Forces et faiblesses du marché
1. Les forces du marché : des ressources nombreuses et diversifiées
Madagascar dispose de deux secteurs à fort potentiel, générateurs de devises et porteurs d’avenir : le secteur minier et celui du tourisme. Chacun est appelé à se développer fortement dans les prochaines années. Par ailleurs, le secteur agricole reste essentiel, sachant que 70% de la population malgache réside en milieu rural. A l’exportation, l’agriculture orientée vers le haut de gamme offre elle aussi de nombreuses perspectives.

a.

Le secteur minier et ses effets d’entraînement
Au cours des dernières années, le secteur minier a connu un développement spectaculaire à Madagascar. Les effets d’entraînement dont il s’accompagne devraient rapidement dynamiser l’économie malgache de manière significative. De nombreux sous-traitants sont concernés, et la main d’œuvre bénéficie de formations. Le secteur des mines constitue la première source d‘afflux de l’IDE. L’investissement pour le 15 projet d’Ambatovy près de Tamatave, est estimé à 3,3 milliards USD. A l’échéance 2010, il s’agirait d’extraire 5% de la production mondiale de nickel (60 000 tonnes), et 10% de celle de cobalt (5 600 tonnes). Le projet de la société QMM, qui a obtenu l’exploitation d’un site d’ilménite à Fort-Dauphin, a engagé près de 650 millions USD, pour mettre en production, en 2009, environ 10% de la production mondiale d’ilménite (750 000 tonnes). L’objectif du gouvernement est que le secteur minier représente 30% du PIB d’ici à 2011 (contre 3% en 2007). Une législation spécifique et incitative a été mise en place (loi sur les 16 grands investissements miniers ). Elle est dotée d’un important volet fiscal incitatif. Les
Le projet d’Ambatovy regroupe quatre promoteurs : le Canadien Sherritt (40%), le Coréen Kores (27,5%), le Japonais Sumitomo Corporation (27,5%) et le Canadien SNC-Lavalin (5%). 16 La loi n°2001-031 sur les grands investissements miniers (LGIM) a été adoptée en 2001, et modifiée en 2005 par la loi n°2005022 du 17 octobre 2005. Elle est présentée plus en détails dans la partie 2. D. « Les régimes d’incitation ».
15

14

projets éligibles doivent être supérieurs à 50 milliards MGA (18,16 millions EUR) . Les avantages fiscaux sont aussi réservés aux sous-traitants de premier niveau. En 2008, un seul projet était éligible, celui d’Ambatovy. Des campagnes de prospection de bauxite, uranium, charbon, or, pétrole in-shore et offshore ont également été lancées. Malgré l’absence de statistiques officielles, on estime que l’île fournirait au moins 30% du marché mondial de saphirs, ainsi que de nombreuses autres pierres précieuses et semi-précieuses.

17

b.

Les promesses touristiques
Encore insuffisamment valorisé, le tourisme a néanmoins progressé au cours de ces dernières années. Entre 2003 et 2005, le nombre de touristes a augmenté de près de 20% par an. Les potentialités de l’île sont certaines, et le professionnalisme des opérateurs s’est amélioré. Le site de Nosy Be en est l’un des exemples. Cependant, la majorité des structures hôtelières de l’île restent de taille modeste (dix chambres en moyenne), et de réels efforts pour accroître les capacités d’accueil sont actuellement en cours. Le secteur fait actuellement l’objet d’une réflexion au sein du gouvernement, en direction notamment de l’hôtellerie de luxe. Il sera intéressant de suivre l’évolution de ces discussions au cours de l’année 2008. Pour l’heure, un hôtel haut standing, financé par des capitaux chinois, est en cours de construction aux abords de la capitale. De même, le groupe Accor sera d’ici peu présent sur l’île. Depuis 2003, Madagascar mène une politique d’ouverture du ciel. Le transport aérien relie Madagascar à l’Europe (Paris, Milan, Marseille), à l’Asie (Bangkok), à l’Afrique (Johannesburg, Nairobi) et à l’océan Indien (la Réunion, Maurice, Seychelles, Comores). Une ligne directe Paris – Nosy Be a été inaugurée fin 2007. Enfin, en raison des liens grandissants avec la Chine, une ligne vers Canton est à l’étude.

c.

De grands travaux d’infrastructures
Dans le contexte actuel favorable aux investissements, les chantiers se multiplient à Madagascar. Etant l’une des priorités des bailleurs de fonds, le réseau routier et sa réfection donnent lieu à d’importants travaux. Les ports sont également concernés (construction à FortDauphin du premier port en eau profonde de l’île – 15,75 mètres de profondeur - sous la forme d’un partenariat public–privé avec la société Rio Tinto). Le programme d’investissement public (PIP) réserve une large place aux travaux d’infrastructures. Répartition sectorielle du PIP (2005 – 2007)

Source : Mission économique de Tananarive.

17

Ce seuil minimum d’éligibilité des investissements est révisé suivant le taux du DTS du 31 octobre de chaque année.

15

d.

L’agriculture se tourne vers la consommation haut de gamme
Parmi les atouts de Madagascar, l’agriculture d’exportation est source d’importantes rentrées de devises. Surtout, ce secteur recèle encore d’importants potentiels de développement. Notamment, il devrait gagner en importance grâce à l’adoption progressive des normes agroalimentaires internationales. L’île dispose de nombreuses cultures destinées à la consommation haut de gamme. Par ordre décroissant, les plus rémunératrices sont celles des produits de la mer (crevettes), vanille, girofle, cacao, café, sisal, sucre, poivre, huiles essentielles, litchi. Pour le moment, peu de produits sont transformés sur place. Un développement de ces filières est envisageable, et permettrait d’augmenter la valeur ajoutée des produits exportés.

2.
a.

Les faiblesses du marché à Madagascar
L’éloignement des grandes routes commerciales : un problème spécifique à Madagascar
L’une des principales difficultés à surmonter pour une entreprise installée à Madagascar concerne l’isolement de l’île. Madagascar est éloigné des grandes routes maritimes, et ses ports sont concurrencés par l’Afrique du Sud (Durban), l’île Maurice (Port-Louis) et par la Réunion. Son premier port, Tamatave, tire actuellement moins de dix mètres. A condition de se doter d’infrastructures de standard international, Madagascar pourrait devenir une plate-forme de transbordement entre l’Afrique et l’Asie. L’accroissement rapide des échanges avec l’Asie, et notamment celle des importations venues de Chine (+ 20% en 2007), font de la question un véritable enjeu. Dans cette optique, la construction du port d’Ehoala, à dix kilomètres de Fort-Dauphin, pourrait modifier la donne portuaire régionale. Ce port en eaux profondes (15,75 mètres) devrait être mis en service à la fin 2008.

b.

Des faiblesses communes à celles des autres pays en développement
La lutte contre la corruption est l’une des volontés affichées par le président Ravalomanana. Elle s’est traduite par la création de plusieurs outils législatifs et institutionnels. En 2003, le Conseil supérieur de la lutte contre la corruption a été créé. Celui-ci a élaboré la loi n°2004030 sur la lutte contre la corruption, promulguée le 9 septembre 2004. Le Bureau anticorruption (Bianco) a été mis en place en octobre 2004. Cet organe indépendant devrait bénéficier à l’économie du pays en général, par un travail de prévention d’une part, et des efforts pour l’application effective de la loi d’autre part. Dans les faits, le niveau de corruption reste élevé à Madagascar. En 2006, l’indice de perception de la corruption selon Transparency International était de 3,1 ce qui place ème rang mondial (sur 163 pays classés). A titre de comparaison, l’indice Madagascar au 84 de perception de la corruption était de 6,9 pour la France en 2005. L’un des objectifs du MAP est que cet indice soit de 6 pour Madagascar, d’ici à 2012.

(1) Corruption

(2) L’accès au foncier A Madagascar, la question foncière implique la plus grande prudence. Néanmoins, les risques sont réellement réduits dès lors que l’on fait appel à un cabinet de conseil ou à un notaire, afin d’établir les actes juridiques de la propriété concernée. Depuis 1996, la législation a été réaménagée pour l’investisseur étranger 18. (3) Lenteur administrative L’administration malgache assume plusieurs héritages. Ce faisant, elle est souvent lente et contraignante. Les procédures sont nombreuses, et peuvent surprendre l’investisseur étranger qui n’en comprend pas forcément l’utilité.

18

La législation en vigueur est présentée en partie 2. C. d. « Les questions relatives à l’acquisition de terrain ».

16

Toutefois, une simplification de l’administration est en cours. Le MAP possède un volet administratif (objectif n°1 de bonne gouvernance). L’exemple de la création de l’EDBM vient confirmer cette dynamique : aujourd’hui, il est rapide et relativement simple de créer sa société. D’une façon générale, les réformes devraient permettre de mieux mettre à exécution les dispositions législatives existantes. Celles-ci souffrent en effet d’un déficit de moyens dans leur application, ainsi que d’un manque de formation du personnel. (4) Transports et électricité 90% du volume des échanges intérieurs de Madagascar se font par route. Or, l’état des infrastructures routières s’est grandement dégradé depuis les années 1960, lorsque 50 000 kilomètres de voirie étaient fonctionnels. En 2003, moins de la moitié du réseau de routes nationales était praticable (3 160 kilomètres sur 7 188). Et seuls 10% des routes provinciales l’étaient également (1 570 kilomètres). Diagnostiqué comme frein majeur au développement économique de l’île, la réhabilitation du réseau routier figure parmi les priorités du président Ravalomanana. L’Union européenne est le premier partenaire de l’île pour les travaux routiers. Les autres bailleurs de fonds sont la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAfD), l’AFD pour les travaux municipaux. Les travaux sont en grande partie réalisés par des entreprises françaises qui ont fait dans l’île des investissements importants. En raison de l’absence d’investissement dans l’énergie hydroélectrique depuis 1982, la production thermique a gagné en importance au cours des récentes années : en 2008, douze centrales hydroélectriques produisent 68% de l’électricité du pays, le reste est alimenté par 115 centrales thermiques. Grandes consommatrices de gasoil ou de fuel, ces dernières rendent Madagascar fortement dépendante de l’évolution du prix du baril de pétrole. A l’échelle du pays, le taux d’électrification est extrêmement faible. En 2005, le nombre d’abonnés dépassait avec peine les 400 000, sur une population estimée à 19,2 millions d’habitants. Entre 1999 et 2005, le taux d’accès à l’électricité est passé de 10 à 16%, mais il n’en reste pas moins très faible et déséquilibré : s’il est de 72% en milieu urbain en 2005, il atteindrait 5% seulement en milieu rural. Depuis quelques années et dans un contexte de développement économique, la demande en électricité est croissante. Dans le même temps, le parc hydroélectrique ne s’est pas sensiblement agrandi. Les réseaux de distribution sont vétustes, le prix du kilowattheure est 19 relativement élevé. En proie à des difficultés, la Jirama a été placée en redressement, en 2006. L’Etat, à travers la loi n°98-032 du 20 janvier 1999, a entrepris de réformer le secteur de l’électricité. Les notions d’ « autorisation » et de « concession » ont été introduites, afin de permettre à des opérateurs privés, malgaches ou étrangers, de produire de l’électricité. En 2005, les réalisations d’électrification rurale ont été menées par des opérateurs privés, et non par la Jirama. En milieu urbain, les opérateurs privés interviennent dans la production, mais pas dans la distribution de l’énergie, qui reste entre les mains de la Jirama. En dépit de ces évolutions, l’investisseur privé dont le projet est consommateur d’énergie devrait envisager de s’équiper en groupe électrogène. 20 Les projets des Pôles intégrés de croissance (Pic) , dans trois régions du pays, devraient contribuer à améliorer sensiblement la situation routière et énergétique des zones concernées. La mise en place de ces pôles s’accompagne de la construction de routes, de lignes électriques et d’un réseau d’adduction d’eau. L’investisseur installé dans l’une des trois régions devrait bénéficier à terme d’infrastructures de qualité. (5) Nouvelles technologies

La Jirama (Jiro sy Rano Malagasy) est la société d’Etat pour l’eau et l’électricité. Les Pôles intégrés de croissance concernent les régions de Nosy Be, de Fort-Dauphin et de Tananarive - Antsirabe. Ces projets sont à l’initiative du gouvernement et de la Banque mondiale. De par la multiplicité de leurs objectifs (aménagement du territoire, renforcement des capacités des collectivités locales, amélioration du cadre d’activité des entreprises), ces projets espèrent créer des effets d’entraînement (www.pic.mg).
20

19

17

Actuellement, Madagascar est connecté au reste du monde par le satellite, solution coûteuse et d’une capacité limitée. La connexion au câble sous-marin est prévue pour juin 2009. Au premier trimestre 2008, plusieurs projets sont à l’étude : • LION, projet d’Orange – France télécom est en cours de mise en œuvre et reliera la Réunion, Maurice et Madagascar. Il devrait également connecter SAFE ( projet Afrique – Asie) et EASSY. Prévision juin 2009. • SEACOM est un projet de câble long de 13 000 kilomètres, qui reliera l’Afrique du Sud à l’Europe (Italie) et à l’Inde, avec des points d’ancrage à Madagascar, au Mozambique, en Tanzanie et aux Emirats Arabes Unis. Ce projet américain commence sa mise en place. Prévision juin 2009. • EASSY est un projet de 8 900 kilomètres, pour un coût total estimé à 235 millions USD. Le consortium compte vingt-cinq opérateurs. Pour en faire partie, un opérateur de télécommunication doit disposer d’une licence internationale (« international gateway licence »), et son investissement pour un point d’atterrissement doit être compris entre 2,5 et 10 millions USD. Le Protocole d’adhésion impose le respect des points suivants : tout Etat intéressé doit pouvoir bénéficier d’un atterrissement ; le tarif ne sera pas proportionnel à la distance, mais calculé sur la base du coût réel du service. Un prêt de 27 millions USD, accordé en novembre 2007 par cinq institutions financières, devrait permettre le démarrage des travaux. Le câble devrait être opérationnel au premier semestre 2010. • RAVENALE est un projet administratif de câblage des îles, dont Madagascar serait le maillon central. En 2008, le projet en est au stade de l’étude financière et technique ; • FLAG est un projet en gestation, qui devrait relier l’Inde à l’Afrique, et inclut Madagascar. Une société indienne a initié ce projet, qui semble toutefois coûteux. Avec l’arrivée du haut débit, le secteur des télécommunications devrait connaître un réel essor. Les call centers devraient se développer, profitant d’un fuseau horaire favorable et d’une population francophone. Par ailleurs, le ministère des Télécommunications a annoncé l’ouverture du secteur de la téléphonie fixe et de la téléphonie internationale pour juin 2008. Début 2008, l’opérateur historique Telma, malgré sa privatisation en juin 2004, en détient encore l’exclusivité. De même, le gel des licences pour les communications électroniques nationales octroie à Telma un quasi monopole. Celui-ci devrait disparaître en juin 2008. Par ailleurs, la loi n°2005-023 du 17 octobre 2005 sur la refonte de la loi n°96-034 du 27 janvier 1994 portant réforme institutionnelle du secteur des télécommunications attend toujours ses décrets d’application. Ces évolutions annoncées seront donc importantes à suivre. Elles devraient permettre au secteur des nouvelles technologies, de considérablement se développer. (6) Concurrence En octobre 2007 a été promulguée la loi n°2005-020 sur la concurrence. Le bicéphalisme institutionnel sur lequel elle s’appuie prévoit deux organes complémentaires : le Conseil de la concurrence et un département ministériel en charge du commerce. Le Conseil de la concurrence est un organe délibératif à caractère quasi juridictionnel, entièrement indépendant et composé de rapporteurs issus notamment du secteur privé. Son action est susceptible de s’appliquer à toutes les entreprises, toutes les transactions et tous les secteurs d’activité. Toutefois, ce Conseil n’a pas été mis en place, et le décret d’application de la loi n°2005-020 n’est pas entré en vigueur. Par ailleurs, même lorsque son existence sera effective, le déficit en moyens financiers, en logistique et en personnel pourrait entraver son bon fonctionnement. (7) Capital humain Les Malgaches qui en ont la possibilité partent souvent faire leurs études supérieures à l’étranger, principalement en France. A leur retour, la qualité de la formation reçue rend les cadres malgaches très attractifs pour les chefs d’entreprise étrangers. Le niveau de salaire et des charges pour un cadre local reste nettement en-deçà celui d’un cadre expatrié. La demande est forte et, en conséquence, le nombre des cadres malgaches est insuffisant sur

18

le marché du travail à Madagascar. Par ailleurs recruter une main d’œuvre qualifiée s’avère fort problématique en dehors de Tananarive. Pour la main d’œuvre non-qualifiée, les entreprises franches sont l’une des principales sources d’emploi. Les candidats au travail sont nombreux, par exemple dans le secteur textile. D’une manière générale, le coût du travail est attractif à Madagascar, et la main d’œuvre d’un bon rapport qualité / prix. En matière d’éducation, les objectifs du gouvernement ont été inscrits dans le MAP. Ils se déclinent de deux manières : atteindre une éducation primaire universelle, et « créer un système éducatif basé sur les standards internationaux ». Si les programmes gouvernementaux et des bailleurs de fonds sont nombreux, les objectifs n’en restent pas moins ambitieux pour une échéance fixée à 2012.

D.

Madagascar au sein des organisations internationales ; intégration de ces dispositions en droit interne
Madagascar a signé les accords de Marrakech en avril 1994, et est ainsi devenu membre du GATT, avant que celui-ci ne devienne l’OMC (1995). Madagascar est membre du FMI depuis le 25 septembre 1963. En septembre 1996, le pays a adhéré à l’article VIII des statuts du FMI, qui a trait à la convertibilité de la monnaie à des fins de transactions courantes. Madagascar est éligible au troisième programme de réformes du FMI mené dans le cadre du Fonds pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Le groupe de la Banque mondiale est présent à Madagascar depuis 1963. Le pays est également membre de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird). En mai 2004, un accord de don a été passé entre les deux parties. Pour la période 2004 – 2010, Madagascar figure parmi les vingt-neuf pays membres de la Conférence des Nations unies pour les droits du commerce international (CNUDCI). La coopération avec la CNUDCI devrait s’accélérer : si pour l’heure, peu de textes de la CNUDCI ont été ratifiés par Madagascar, le projet Legacarta pourrait changer la donne. Initié par le centre de commerce international, ce projet poursuit un objectif : harmoniser le droit des affaires international. Par exemple, il s’agit d’aider Madagascar à se situer parmi les 40 000 traités internationaux en vigueur, et élaborer un programme de ratifications prioritaires. Pour l’heure, sur les 213 principaux instruments formant le cadre juridique du 21 commerce international, Madagascar en a ratifié 64 . Entre 2002 et 2007, on a observé une accélération des ratifications à Madagascar, puisque quinze traités ont été ratifiés, dont les plus importants sont : • la Convention des Nations unies contre la corruption du 31 octobre 2003 ; • la Convention des Nations unies du 15 novembre 2000 contre la criminalité transnationale organisée; • le Protocole du 26 juin 1999, qui amende la Convention internationale pour la simplification et l’harmonisation des régimes douaniers du 18 mai 1973 ; • le Protocole de Kyoto du 11 décembre 1987 ; • le Protocole à la Convention internationale portant création d’un fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (FIPOL 2) du 27 novembre 1992 ; • la Convention sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par les hydrocarbures du 30 novembre 1990 ; • le Traité international sur les ressources génétiques des plantes pour l’alimentation et l’agriculture du 3 novembre 2001 ;
21 Le taux de ratification de Madagascar est d’environ 30%, ce qui place le pays en deçà de la moyenne mondiale (34%). Les économies développées ont un taux de ratification de 54%, celui des pays les moins avancés est de 22% en moyenne.

19

• le Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques, relatif à la convention de 1992 sur la diversité biologique du 29 janvier 2000 ; • la Convention internationale pour la protection des végétaux du 6 décembre 1951 ; • la Convention de Rotterdam sur les produits chimiques et pesticides dangereux du 11 septembre 1998 ; • la Convention concernant l’unification de certaines règles relatives au transport aérien international du 28 mai 1999. Parallèlement, la CNUDCI a mis en place en 2005 un programme d’assistance technique, qui devrait permettre à Madagascar d’améliorer le volume de ratification des textes signés. Madagascar et les 50 instruments les plus ratifiés
60 50 40 30 20 10 0
Source: Legacarta, janvier 2008

50

47 40 39 Les 50 instruments les plus ratifiés Madagascar Moyenne mondiale Moyenne régionale

E.
1.

Analyse des risques politiques, sociaux et économiques
Les risques politiques et économiques semblent maîtrisés
La contestation du premier tour des élections présidentielles, le 16 décembre 2001, et la crise politique qui s’en est suivie avaient paralysé la vie politique, économique et sociale du pays pendant le premier semestre 2002. La situation politique est aujourd’hui stabilisée. Le risque économique lié au foncier est encore présent, mais en voie de résorption. Il existe également un risque de change, en raison du flottement de la monnaie et de l’afflux de devises. La Banque centrale se montre active afin de contrôler les mouvements de change et de donner une visibilité aux investisseurs. Pour le moment, elle réussit à mener à bien cette mission. Il sera intéressant de suivre les fluctuations de l’ariary lorsque les volumes iront croissant en 2008 - 2010 : à partir de janvier 2008, 65 millions USD en moyenne mensuelle sont attendus dans le cadre des grands projets miniers. Pour ces raisons, la Coface a classé le risque-pays de Madagascar en catégorie C.

2.

Le risque social reste difficile à évaluer
En 2007, le risque social apparaît modéré, mais pas inexistant. En dépit d’une paix sociale apparente, les faits récents invitent à rester prudents. D’une part, les scènes de troubles de 2002 constituent en soi un précédent, qu’il convient de ne pas oublier. D’autre part, l’enrichissement rapide d’une tranche de la population creuse encore davantage les écarts. Si des débordements devaient survenir, les premières cibles pourraient être les minorités étrangères (indopakistanaise, chinoise et européenne).

20

Il est important de souligner que l’histoire de Madagascar, et les occupations successives, ont débouché sur un contexte parfois tendu vis-à-vis de la population étrangère. Toutefois, il est relativement aisé de gérer cette situation, dès lors que l’on fait preuve de discrétion et de modestie.

F.

Synthèse qualitative et quantitative des IDE ; appréciation de l’attractivité du pays pour les IDE
Au cours des dernières années, le gouvernement a multiplié les signes en faveur des investisseurs étrangers. Attirer les capitaux étrangers constitue notamment le sixième objectif du MAP. Le développement du secteur minier et un programme de privatisations, qui a abouti à d’importantes cessions dans le domaine des télécommunications par exemple, ont fait progresser les flux d’IDE au cours des dernières années. Entre 2003 et 2006, le stock des IDE a presque été multiplié par quatre.

1.

Synthèse quantitative
Les flux d’IDE ont enregistré une croissance rapide depuis 2006. La Banque centrale parle de « changement de trajectoire » pour 2006, et de « vrai décollage » en 2007. En termes nominaux, les flux ont augmenté de 196% entre 2006 et 2007. En 2006, ils atteignaient 630,3 milliards MGA (228,95 millions EUR), soit 5% du PIB, et 1 868,1 milliards MGA (678,59 millions EUR), soit 13% du PIB en 2007. Evolution des flux d’IDE de 2002 à 2007 (en milliards MGA)

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

Le stock d’IDE était en hausse de 247% en 2006 (2 001 milliards MGA, soit 726,87 millions EUR), et de 74% en 2007 (3 355,6 milliards MGA soit 1,21 milliard EUR).

21

Evolution du stock d’IDE de 2003 à 2007 (en milliards MGA)

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

Si la progression des IDE est bien réelle et participe à un financement plus vertueux du déficit courant, l’afflux d’IDE ne parvient pas à totalement combler le déficit. Il atteignait 8,8% en 2006. Pour les trois prochaines années, le FMI prévoit un déficit de 15%, en raison des grands travaux d’infrastructures.

2.
a.

Synthèse qualitative
Indicateurs de performance : création d’emplois, chiffre d’affaires, valeur ajoutée
En 2006, les IDE ont permis de créer 53 297 emplois permanents. Cette même année, le chiffre d’affaires des entreprises à capitaux étrangers a augmenté de 25% par rapport à 2005 pour atteindre 2 775 milliards MGA (1 milliard EUR). En valeur ajoutée, ces entreprises ont créé 500,5 milliards MGA (181,8 millions EUR) de valeur ajoutée en 2005, et 671 milliards MGA (243,74 millions EUR) en 2006. La création de valeur ajoutée a été la plus importante pour les activités financières (39% de l’ensemble de la valeur ajoutée), suivies des entreprises de distribution pétrolière (19,7%), des activités de fabrication (17,7%) et des télécommunications (8,9%).

b.

Analyse sectorielle des IDE
En 2006, ce sont les activités extractives qui ont généré le principal flux d’IDE (70,1%), suivies par les activités financières (12,2%) et les activités de fabrication (6,3%). En 2007, les activités extractives ont atteint 95,3% des flux, du fait des grands projets miniers. Flux d’IDE par branche d’activité (en milliards MGA)
Branche d’activité Activités extractives Activités financières Activités de fabrication Transport et auxiliaires de transport Distribution de produits pétroliers Commerce et réparation de véhicules Pêche, pisciculture, aquaculture Télécommunications 2006 442,1 76,7 39,6 18,8 18,2 16,2 7,7 5,7

22

Immobilier, location et services aux entreprises Construction et BTP Production et distribution d’électricité Autres branches Total

4,0 1,1 0,3 0,2 630,6

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

c.

Analyse géographique des IDE
En 2006, les flux d’IDE témoignent du lancement des grands projets miniers, puisque le Canada – par l’intermédiaire de Sherritt et de QMM – est devenu le premier pourvoyeur de devises dans le pays : 42,9% des flux provenaient du Canada. En termes de stock, le Canada (33%) devance désormais la France (24%). La tendance s’est accentuée en 2007 : les flux d’IDE en provenance du Canada ont augmenté de 230% (905,6 milliards MGA, soit 328,96 millions EUR). La spécificité de la France tient à sa présence dans presque tous les secteurs d’activités. Le stock d’IDE français apparaît relativement diversifié, et se répartit entre 650 entreprises, dont 130 filiales. Le stock français est composé principalement de capital social (57,7% en 2007) et de bénéfices réinvestis (42%), ce qui témoigne de la bonne performance des entreprises françaises à Madagascar. Répartition du stock d’IDE de la France par branche d’activité (%)

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

Répartition du flux d’IDE de la France par branche d’activité (%)

23

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

Le stock d’IDE en provenance de l’île Maurice figure au troisième rang (10,4% en 2006). Le flux a véritablement commencé à progresser en 2004, sous la forme essentiellement de capital social (89,7% en 2007). Il est lié aux activités de fabrication, notamment à travers les entreprises franches industrielles (57% du stock en 2007), à la distribution de produits pétroliers, aux activités financières et au BTP. Nombre d’entreprises internationales créent une société de holding à l’île Maurice pour bénéficier de la plate dorme offshore et d’une convention fiscales Madagascar-Maurice favorable. Les capitaux chinois et hongkongais sont peu présents au regard des statistiques (2,9% du stock d’IDE total à Madagascar). En réalité, ils ont été en grande partie transférés à des investisseurs chinois installés localement, et ne sont plus comptabilisés comme IDE. Les flux d’IDE en provenance des Etats-Unis restent limités mais progressent nettement (25,1% en 2006). Le stock est concentré dans les activités extractives (82%), concentrés sur des apports en compte courant et des crédits à court terme.

d.

Structure des IDE
Entre 2006 et 2007, la composition du flux des IDE a été modifiée. En 2006, il s’agissait essentiellement de bénéfices réinvestis (16,7%) et d’apports en compte courant (74,2%). En 2007, les flux d’IDE étaient principalement constitués d’emprunts à plus d’un an (70,5%) et d’apports en compte courant (24,2%). Structure des flux d’IDE de 2002 à 2007 (en milliards MGA)
2002 Capital Bénéfices réinvestis Autres transactions : – emprunts à plus de un an – emprunts à moins de un an – apports en compte courant – crédits commerciaux Total 83,5 118,2 177,7 172,3 29,4 19,4 34,7 0,1 0 34,6 2003 16,4 - 7,4 109,2 77,4 0 31,8 2004 34,4 25,3 118 30 54,4 33,8 2005 47,6 58,8 65,9 46 5,1 14,8 2006 43,6 105,5 481,3 5,2 1,5 467,9 6,6 630,3 2007 52,6 44 1 771,5 1 317 - 0,2 452 2,7 1 868,1

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

24

Le stock en IDE a lui aussi changé de structure. En 2006, les autres transactions le composent majoritairement. Les emprunts à plus de un an représentent 51% des autres transactions. Les apports en compte courant (46% des autres transactions) constituent désormais l’un des principaux modes de financement des entreprises d’investissement direct. Ils proviennent surtout des maisons mères basées à l’étranger. Structure du stock d’IDE de 2002 à 2007 (en milliards MGA)
2002 Capital Bénéfices réinvestis Autres transactions Total 130,8 38,9 62,6 233,3 2003 147,2 31,5 137,2 315,9 2004 199,4 56,8 223,5 479,7 2005 247 136,6 157 540,6 2006 753,1 106 1 018,8 1 877,9 2007 805,6 150 2 313,2 3 268,8

Source : enquête Instat / Banque centrale de Madagascar, 2007

G. Les réformes nationales attendues
1. Zones franches
Le statut des zones et entreprises franches a été modifié par la loi n°2007-037 du 14 janvier 2008 sur les zones et entreprises franches à Madagascar. L’agrément pour les zones et entreprises franches a été remplacé par une simple attestation, délivrée par l’EDBM après examen de dossier. Cette loi devrait cependant être remplacée courant 2008. Le gouvernement et le FMI travaillent sur un projet de loi-cadre de promotion à l’exportation, qui devrait stopper les attributions de statut franc. Le FMI et le gouvernement cherchent à augmenter les recettes de l’Etat, et à regrouper les différents régimes d’exception en un régime de droit commun aussi attractif. Néanmoins, les organisations professionnelles mettent en garde contre le risque économique impliqué par les nouvelles dispositions qui ne seraient pas suffisamment favorables. Les agréments pour les zones et entreprises franches ne devraient plus être distribués dès l’adoption de cette loi en préparation. En contrepartie, le régime de droit commun devrait devenir plus incitatif pour les entreprises exportatrices.

2.

Tribunaux de commerce
Une étude sur la réforme des tribunaux de commerce a été lancée en 2007 par le ministère de la Justice. Les défaillances constatées sont nombreuses, et portent sur plusieurs points : délais, dysfonctionnement du système échevinal, corruption. Elles font l’objet de plus de détails en partie 3, chapitre E. « Prévention et règlement des différends ».

3.

Autres réformes annoncées
La modernisation du registre du commerce et des sociétés est en cours : depuis une dizaine d’années, il est progressivement refondu et informatisé. Sept sites, couvrant 95% des entreprises, ont déjà été informatisés. Il est également question de créer une Chambre d’arbitrage régional pour l’océan Indien, qui serait basée à la Réunion. Afin de promouvoir le règlement à l’amiable, un projet de médiation commerciale a été lancé. Enfin, un projet de loi sur le transport de marchandises par route, et un autre sur la protection du consommateur devraient être présentés prochainement.

25

Témoignages
Bertrand COÛTEAUX, secrétaire général du groupe Unima (Tananarive). Quels sont les enjeux de la mise aux normes européennes à Madagascar ? Comment procéder ? L’objectif de l’Union européenne est de sécuriser le consommateur européen. En termes de contrôles sanitaires, l’UE ne fait aucune distinction entre les pays membres et les pays tiers, et par conséquent, pour les produits des deux provenances. C'est le principe d'équivalence. Tous les pays souhaitant exporter dans l’Union européenne doivent se doter d’un organe de contrôle sanitaire, reconnu par la Direction générale de la santé et de la consommation (SANCO) de la Commission européenne, en fonction des évaluations menées par l’Office alimentaire et vétérinaire de l’Union européenne (OAV). L’organe national reconnu comme compétent par l'Union européenne délivre les agréments de mise aux normes ainsi que les certificats sanitaires. A Madagascar, l'Autorité sanitaire halieutique (ASH) est l’Autorité compétente pour ce qui concerne les produits de la mer. Selon nous, la mise aux normes ne constitue pas un problème pour une entreprise : c’est la règle du jeu pour la mise en marché. Tous les producteurs sont à la même enseigne. Le problème se situe surtout au niveau de la reconnaissance de la compétence de l’administration concernée, qui se fait sur la base d’une quadruple obligation : réglementation nationale équivalente à la réglementation européenne, moyens financiers nécessaires pour assurer l’indépendance, moyens humains et formations adéquates, moyens physiques (laboratoires d’analyse de référence). Depuis 1997, les denrées alimentaires animales autres que les produits de la mer sont restées sous embargo européen. Dans le secteur halieutique, les efforts déployés par la profession et par les autorités, avec l’aide de l’Agence française de développement, avaient été reconnus. Toutefois, la vigilance doit rester de mise afin de s’assurer que l’autorité compétente puisse respecter les engagements pris lors des dernières missions d’évaluation de l’OA, notamment en ce qui concerne les moyens déployés. La contrainte principale réside aujourd’hui dans la levée de l’embargo sur les autres produits, ce qui nécessiterait d’importants efforts. Nous savons que le gouvernement malgache œuvre en ce sens.

26

CADRE JURIDIQUE DE L’INVESTISSEMENT ET DEMARCHES ADMINISTRATIVES

A. Adhésions aux conventions internationales en matière d’investissement étranger
1. Conventions multilatérales et organisations internationales
Madagascar est membre de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga) depuis le 8 juin 1988. Cette Agence offre des mesures de protection des investissements en cas de crise politique. Afin de bénéficier de ses services, les investisseurs doivent souscrire aux agences privées de la Miga. Madagascar est membre du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) depuis le 14 octobre 1966. Le Cirdi fournit des services de conciliation et d’arbitrage en dernier recours lorsqu’un différend entre un investisseur et un Etat membre n’a pu être réglé à l’amiable. Madagascar a ratifié l’accord portant création de l’Agence pour l’assurance du commerce en er Afrique (Aca) le 1 septembre 2004. L’Aca a pour mission de promouvoir et de développer la pratique de l’assurance et des garanties, dans le cadre d’activités commerciales, de production ou d’investissement en Afrique.
22

2.

Convention bilatérale entre Madagascar et la France
Dans le cadre d’un renforcement des relations commerciales entre les deux pays, la France et Madagascar ont signé un Accord de protection et de promotion des investissements (Appi) le 25 juillet 2003. Cet accord bilatéral prévoit la réciprocité des mesures de protection et de promotion des investissements étrangers. Il établit : • la liberté de rapatriement des fonds vers le pays d’origine ; • l’application de la règle de la nation la plus favorisée, selon laquelle les investissements étrangers bénéficient de la législation nationale la plus avantageuse ; • le renforcement des mesures de protection des investissements en cas de crise économique ou politique dans le pays d’accueil ; • l’intervention du Cirdi si un conflit entre un investisseur et un Etat membre n’a pu être réglé à l’amiable. 23 Cet accord est assorti d’une convention fiscale de non-double imposition .

B. Textes et administrations compétentes en matière d’investissement
La nouvelle loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements, bien qu’elle reprenne la majorité des dispositions antérieures, comporte trois avancées majeures pour les investisseurs étrangers : • la création d’un visa professionnel, dont la procédure d’obtention est simplifiée ; • la facilitation d’accès à la propriété foncière ; • la simplification des démarches administratives. La loi ne comporte aucune mesure fiscale et douanière.

22 23

www.miga.org. Se reporter au chapitre A. de la partie 5. « La convention de non-double imposition entre la France et Madagascar ».

27

1.

Les textes législatifs et réglementaires applicables
En fin mars 2008, les modalités d’application portant sur l’autorisation d’acquisition foncière et le visa professionnel n’ont toujours pas été définies. Ces deux innovations dédiées aux investisseurs étrangers ne sont donc pas encore accessibles. Il faudra suivre la sortie de leur décret d’application. Dans une volonté d’améliorer le climat des affaires, d’attirer les investissements étrangers et d’accélérer le développement économique du pays, le gouvernement a adopté la loi n°2007036 du 14 janvier 2008 sur les investissements. Celle-ci réaffirme le principe d’égalité de traitement des investissements étrangers et nationaux, en termes de protection des investissements, de droits de propriété et de transferts de fonds. La loi sur les investissements instaure un nouveau visa professionnel accessible à tout investisseur, mandataire social ou travailleur expatrié, ainsi que des règles plus souples portant sur l’accès au foncier pour les sociétés contrôlées par des capitaux étrangers. Les dispositions concernant les investisseurs étrangers sont : 24 • la création d’un visa professionnel , octroyé à tout investisseur étranger qu’il soit lié à une entreprise malgache par un contrat de travail, ou qu’il exerce au sein de cette entreprise un mandat social tel que gérant, directeur général, directeur général adjoint, administrateur général, président du conseil d’administration ou président directeur général. Le visa professionnel est valable pour une durée de trois ans. Ce visa, une fois accordé, vaut titre de séjour. Notons que le conjoint et les enfants à charge reçoivent automatiquement les mêmes droits et pour une durée identique. Ce visa remplace les anciens visas travailleur et investisseur. La nouveauté majeure est qu’il sert à la fois de titre de séjour et de permis de travail. Ainsi, un mandataire social, s’il n’est pas actionnaire majoritaire, et pour lequel il n’existait donc pas de visa spécifique auparavant, peut désormais bénéficier pleinement de ce visa professionnel ; • la facilitation d’accès à la propriété foncière pour l’investisseur étranger. Pour les sociétés de droit malgache et contrôlées par des capitaux étrangers, la législation allège les contraintes liées à l’acquisition de terrain. Les trois conditions suivantes sont supprimées : - l’exigence selon laquelle le projet étranger doit dépasser 500 000 USD pour que l’investisseur puisse acquérir un terrain ; - l’obligation de présenter un plan d’investissement prévoyant toutes les dépenses, et la nécessité de le respecter scrupuleusement. En effet, le moindre écart était une raison valable et suffisante pour remettre en question le titre foncier ; - l’obligation de déposer une demande d’autorisation d’acquisition foncière auprès du Premier ministre. Cette procédure, très lourde, ralentissait considérablement les 25 investisseurs dans leurs démarches . Ces trois conditions, difficiles à remplir, poussaient les investisseurs étrangers à recourir au bail emphytéotique, qui n’est soumis à aucune condition spécifique. La loi sur les investissements prévoit désormais la possibilité pour les sociétés de droit malgache contrôlées par des intérêts étrangers d’acquérir des biens immobiliers sur simple autorisation accordée par l’EDBM, sous réserve que ledit bien immobilier soit affecté exclusivement et de façon continue à l’exercice d’une activité commerciale, notamment industrielle, touristique ou de service ou d’une activité agricole ou halieutique. L’activité commerciale ne peut consister dans l’acquisition de l’immeuble en vue de sa revente, en l’état ou après réalisation d’aménagements ou de constructions. Grâce à la nouvelle loi, cette promotion de l’acquisition foncière s’inscrit dans l’objectif plus large de sécurisation des investissements. En effet, il est plus difficile de remettre en cause la validité d’un droit de propriété, alors que le risque, certes faible, est toujours présent avec le bail
24 25

Les conditions d’obtention de ce visa sont précisées en partie 6. C. « Gestion des expatriés ». La demande d’autorisation d’acquisition foncière se fait désormais auprès du ministère chargé des Domaines. La demande est à déposer auprès de l’EDBM. Désormais, l’autorisation d’acquisition foncière se fait sur la base d’un système déclaratif. Pour plus d’information concernant les modalités d’acquisition foncière, se reporter au chapitre C. point d. “Les questions relatives à l’acquisition de terrain” de cette partie.

28

emphytéotique . Il est à noter que cette nouvelle disposition ne s’applique qu’aux activités commerciales et industrielles. Ainsi, une personne physique ou morale ne peut pas accéder à la propriété foncière pour une utilisation privée ou à des fins de spéculation. Dans une optique de simplification des démarches administratives, la loi sur les investissements a réaffirmé le rôle majeur de l’EDBM, structure mixte et unique interlocuteur des investisseurs dans leurs démarches administratives.

26

2.

L’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) : un guichet unique pour les investissements
L’EDBM est la principale structure qui accompagne les investisseurs dans leurs démarches administratives de constitution d’une société ou d’un projet. Son rôle d’interlocuteur privilégié avec les investisseurs est renforcé par la nouvelle loi sur les investissements. L’EDBM a été créé en 2006 afin de promouvoir, faciliter et accélérer l’approbation de tous les projets d’investissements à Madagascar. L’EDBM, structure mixte rattachée à la présidence de la République et dont l’administration revient à des représentants des secteurs public et privé, remplit deux missions: • elle joue le rôle d’interface entre le secteur privé et le secteur public ; • elle cherche à promouvoir et soutenir les investissements, et à améliorer le climat des affaires. L’EDBM est constitué de trois départements : • le département « Facilitation et services », chargé d’accompagner l’investisseur tout au long du montage de son projet, et d’améliorer les procédures pouvant freiner les investissements ; • le département « Promotion et relations publiques », dont la mission est de promouvoir l’image de Madagascar, de définir la veille stratégique et le marketing opérationnel ; • un département administratif. Le département « Facilitation et services » remplace le Guide (Guichet unique des investissements et de développement des entreprises) dans sa mission de concentrer en un même lieu toutes les démarches de l’investisseur. Ainsi, les différents ministères et collectivités publiques y sont représentés. L’EDBM reçoit, traite et délivre les pièces administratives nécessaires aux investissements. Il fournit notamment : • les visas transformables et prorogeables, ainsi que les visas professionnels ; • les autorisations d’acquisition foncière ; • les pièces relatives à la création, la transformation et la dissolution d’une société. Les documents délivrés par l’EDBM restent accordés et signés par les ministères concernés.

C. La procédure administrative et les démarches associées
1. Le calendrier des documents à fournir
Les documents et pièces justificatives à fournir pour la création d’une société doivent être déposés auprès du département « Facilitation et services » de l’EDBM. Le délai de constitution du dossier complet nécessite environ vingt jours. Les cabinets de conseil peuvent prendre en charge la constitution du dossier, et ainsi, l’adapter sur mesure aux besoins de la société. Néanmoins, la constitution de ce dossier ne pose pas de difficulté technique particulière. L’EDBM fournit toutes les pièces justifiant de la création de la société, cinq à six jours suivant le dépôt du dossier.
26

En cas de décès du bailleur, les descendants peuvent remettre en cause la validité du droit de propriété.

29

Délais
Documents délivrés Statut enregistré avec numéro de dossier fiscal Reçu et numéro du registre du commerce et des sociétés (RCS) Carte statistique et numéro statistique Carte professionnelle Extrait du RCS Procès verbal avec publication au journal
Source : www.edbm.gov.mg, janvier 2008

Délais

6 jours au maximum

2.

Détail des documents à fournir
Afin de faciliter les procédures, le site internet de l’EDBM regroupe plusieurs informations vous permettant de constituer au préalable votre dossier. Ce site comprend : • la liste des pièces à fournir pour créer une société. Dans le cas d’une société anonyme, des pièces supplémentaires sont à apporter au dossier ; • des documents-types (modèles de statut de société, etc.). Le reste des documents est disponible auprès des instances concernées. Pièces générales à fournir à l’EDBM
Pièces à fournir Statut de la société, paraphé par page Copie de passeport avec visa transformable ou professionnel pour les gérants étrangers, carte d’identité pour les gérants nationaux Certificat de résidence du ou des gérants Jouissance de local. Plusieurs possibilités sont offertes : – contrat de bail 28 – lettre d’occupation gratuite visée par le Fokontany – contrat de domiciliation Pièces supplémentaires justifiant de la jouissance du 29 local Enveloppes timbrées à 300 MGA (0,1 EUR) si le gérant est malgache et né en province 5 Nombre d’exemplaires 8
27

3

3

2

2
Source : www.edbm.gov.mg, janvier 2008

www.edbm.gov.mg, onglets « Formulaires » puis « Création de société ». Le fokontany est l’équivalent d’une mairie de quartier. 29 Les pièces supplémentaires à apporter sont: pour le contrat de bail : copie du titre de propriété ou certificat de situation juridique de moins de trois mois ou acte de vente définitif enregistré ; pour la lettre d’occupation gratuite visée par le fokontany : lettre de mise à disposition gratuite ;
28

27

-

pour le contrat de domiciliation : lettre de mise à disposition gratuite, extrait du registre de commerce de moins de trois mois et contrat de bail du domiciliataire.

30

Jusqu’alors, un investisseur étranger qui n’avait pas encore de certificat de résidence ni de domiciliation de local pouvait recourir aux solutions suivantes : • pour le certificat de résidence, il est possible de s’associer provisoirement à un résident malgache. Dès que l’investisseur étranger obtient son titre de séjour, le cogérant malgache peut démissionner et l’investisseur modifie l’adresse du certificat de résidence auprès de l’EDBM ; • pour le contrat de domiciliation, il est possible de louer provisoirement un local auprès de la Chambre de commerce, qui fournit un contrat de bail. Dès que l’investisseur obtient un local, il doit le signaler à l’EDBM et changer l’adresse de domiciliation de la société. Désormais, l’article 12 de la loi sur les investissements n°2007-036 précise que les sociétés sont immatriculées au RCS sans qu’il soit nécessaire qu’un mandataire social soit résident à Madagascar ou de nationalité malgache. Toutefois, dans un délai de trois mois à compter de l’immatriculation de la société, un au moins de ses mandataires sociaux doit être résident à Madagascar Documents fournis par l’EDBM
Documents Déclaration d’existence Fiche B1 s’il y a un seul gérant ou administrateur, et B1 bis s’il y a cogérance ou plusieurs administrateurs Attestation de non condamnation Attestation de filiation, administrateur étranger si gérant ou Nombre d’exemplaires 5

3

1 1 1 1
Source : www.edbm.gov.mg, janvier 2008

Fiche d’investissement des capitaux Fiche d’identification fiscale

Les pièces supplémentaires à apporter pour une société anonyme sont les suivantes : Pièces complémentaires pour une société anonyme
Pièces complémentaires pour une SA Procès-verbal de l’assemblée constitutive Procès-verbal de réunion du premier conseil d’administration Déclaration de souscription et de versement Bulletin de souscription Etat de souscription et de versement Attestation de blocage Nombre d’exemplaires 6

6

6 6 6 1
Source : www.edbm.gov.mg, janvier 2008

3.

Coûts
Les coûts occasionnés par l’enregistrement de la société sont donnés à titre indicatif, ils peuvent légèrement varier d’une année à l’autre. Néanmoins, ces coûts restent très abordables.

31

Coûts pour l’enregistrement d’une société auprès de l’EDBM
Nature des coûts Montant

Enregistrement des statuts

Le coût d’enregistrement des statuts est fixé à 0,5% du capital

Enregistrement du bail commercial

2% du montant total du loyer pendant la durée du bail 15 500 MGA (5,63 EUR) 20 000 MGA (7,26 EUR)
Source : www.edbm.gov.mg, janvier 2008

Immatriculation au registre du commerce Immatriculation statistique

4.

Questions relatives à l’acquisition de terrain
Les conditions d’acquisition de terrain par les étrangers ont beaucoup évolué. Aujourd’hui, l’accès à un terrain peut se faire de deux façons : par acquisition d’un terrain ou par un bail emphytéotique.

a.

L’acquisition d’un terrain
L’un des objectifs de la loi sur les investissements n°2007-036 du 14 janvier 2008 est de renforcer la compétitivité des sociétés installées à Madagascar. Dans cette optique, l’accès au foncier est simplifié pour les sociétés de droit malgache contrôlées par des intérêts étrangers. L’utilisation du terrain ne peut être que commerciale ou industrielle. En supprimant le seuil d’investissement (qui était de 500 000 USD) et en simplifiant les conditions d’autorisation d’acquisition foncière, la loi élargit le nombre d’investisseurs étrangers pouvant prétendre à l’obtention d’un terrain. L’acquisition d’un terrain est soumise aux trois conditions cumulatives suivantes : • la société doit être de droit malgache, que les capitaux qui la contrôlent soient étrangers ou non ; • l’achat doit bénéficier de l’autorisation de l’EDBM, appelée « autorisation d’acquisition foncière » ; • le terrain doit être exclusivement et de façon continue consacré à l’exercice d’une activité commerciale ou industrielle. L’acquisition foncière est accordée par le ministère chargé du Domaine et à retirer auprès de l’EDBM. Pour que la demande soit accordée, l’investisseur doit déposer les pièces suivantes auprès de l’EDBM : • une demande écrite sur un formulaire imprimé remis par l’EDBM ; • une présentation de l’activité projetée et des motifs justifiant l’acquisition du terrain ; • un certificat de situation juridique du terrain si celui-ci est déjà immatriculé ou cadastré ; • le cas échéant, toute autre pièce spécifiée par le ministère en charge du Domaine. Afin d’éviter toute spéculation foncière, l’EDBM a établi deux conditions, sans lesquelles elle peut annuler le droit de propriété : • réalisation du projet dans un délai de six mois à compter de l’émission du titre de propriété ; • respect des conditions fixées pour l’obtention de l’autorisation foncière. Toute modification, sans autorisation préalable, des conditions d’utilisation du terrain pour d’autres fins que celles du projet d’investissement entraine une annulation du droit de propriété.

b.

La location d’un terrain sous la forme d’un contrat de bail emphytéotique
Un étranger qui ne répond pas aux trois conditions précédentes peut obtenir un terrain sous la forme d‘un contrat de bail emphytéotique. La loi n°96-016 du 13 août 1996 sur le bail

32

emphytéotique, modifiant l’ordonnance n°62-064 du 27 septembre 1962, prévoit une durée de bail comprise entre 18 et 99 ans. Cette durée correspond dorénavant à la durée de vie d’une société commerciale, qui est de 99 ans. Le bail est renouvelable par accord expresse. Le bailleur peut être l’Etat ou une personne privée. Les opérateurs s’accordent à dire que cette loi est de bonne qualité. Notons que le contrat de bail emphytéotique repose sur la théorie de l’accession, selon laquelle tout investissement sur un terrain loué revient au propriétaire du fonds lorsque le bail se termine. Pour éviter ce problème, il est vivement conseillé d’inclure une clause de remboursement dans le contrat de bail. L’accès à un terrain grâce à un contrat de bail emphytéotique est encore largement utilisé par les investisseurs étrangers. Néanmoins, ce type de contrat comporte toujours un risque, certes faible mais latent. En cas de décès du bailleur, il est possible que certains descendants cherchent à remettre en cause la valeur juridique du contrat de bail, et tentent d’obtenir son annulation en s’appuyant sur les disfonctionnements du système judiciaire.

c.

La situation foncière à Madagascar
Une attention particulière doit être portée sur les titres fonciers à Madagascar. Il est fréquent qu’après signature du contrat d’achat ou de location de terrain, une tierce personne se réclame elle aussi de la propriété du terrain. Cette situation peut survenir pour deux raisons : soit le terrain a effectivement plusieurs propriétaires (le terrain ayant été légué à plusieurs héritiers), soit le titre de propriété n’a pas encore été actualisé (les frais d’enregistrement lors d’une succession pouvant être trop élevés). Ainsi, les titres de propriété ne reflètent pas parfaitement la réalité foncière à Madagascar. Ce problème peut néanmoins être évité en faisant appel à un cabinet de conseil ou à un notaire, avant toute signature de contrat. En retraçant l’historique précis d’un terrain, les actes juridiques de ce terrain peuvent être correctement dressés, et ne souffrir d’aucune contestation. Si le titre foncier n’a pas été enregistré par son propriétaire malgache, et si ce propriétaire n’a pas les moyens de payer les droits d’enregistrement, il est fréquent que l’investisseur règle lui-même ces droits.

5.

Appréciation de l’administration locale
Les démarches administratives ont été grandement simplifiées dans le cadre du MAP. La création de l’EDBM a permis de gagner un temps considérable lors de la création d’une société. Le délai de traitement des dossiers a été raccourci à quelques jours. La procédure complète, du dépôt du dossier jusqu’à la création effective de la société, nécessite cinq jours environ. Par ailleurs, les coûts engendrés sont faibles. Ainsi, la création d’une société à Madagascar est rapide et bon marché.

D. Les régimes d’incitation
1. La loi sur les grands investissements miniers (LGIM)
Les ressources minières de Madagascar sont nombreuses et ont commencé à contribuer de manière significative au développement économique du pays. Afin d’en faire un véritable atout, Madagascar s’est muni d’un régime fiscal, douanier et des changes attractif et original, destiné à accompagner sur le long terme les investissements miniers de grande envergure. La loi n°2005-022 du 17 octobre 2005 sur les grands investissements miniers (LGIM) a modifié et remplacé la loi n°2001-031 du 8 octobre 2002. Elle établit un régime spécial à l’intention des grands investissements dans le secteur minier. L’adoption de cette loi est l’application concrète d’un objectif du MAP : faire passer la contribution du secteur minier au PIB de 3 à 30% en 2011. Cette loi établit des critères d’éligibilité précis et met fin à la pratique des conventions bilatérales passées entre l’Etat et certaines entreprises.

a.

Critères d’éligibilité 33

La première loi n°2001-031 devait s’appliquer aux projets miniers dont la valeur était supérieure à 200 milliards MGA (72,65 millions EUR). Néanmoins, ce seuil d’éligibilité étant très élevé, la seconde loi n°2005-022 l’abaisse à 50 milliards MGA (18,16 millions EUR). Ce nouveau seuil, plus adapté aux réalités de l’économie minière, devrait permettre d’attirer un plus grand nombre d’investisseurs miniers, tout en réservant les avantages spécifiques aux projets de grande envergure. Les bénéficiaires de la LGIM sont l’entité titulaire du projet élu, l’entité de transformation, les investisseurs ainsi que les sous-traitants de premier niveau du projet. Le régime de la LGIM est accordé après étude du dossier par le ministère des Mines. Le dossier doit être composé d’une étude de pré-faisabilité ou de faisabilité du projet, d’un plan d’investissement et de financement provisoire ainsi que d’une autorisation environnementale. Notons que l’entité candidate doit clairement différencier le projet éligible à la LGIM de ceux qui ne le sont pas. En raison du seuil d’éligibilité encore élevé, seul un projet a pu bénéficier de la LGIM en 2008 : le projet Ambatovy, dans la région de Tamatave, spécialisé dans l’extraction et la préparation du nickel et du cobalt.

b.

Description du régime spécial
La LGIM comprend une clause de stabilité des dispositions fiscales, douanières, juridiques et 30 de changes . Pendant toute la durée du projet, la société bénéficie des incitations de la LGIM du régime juridique, fiscal et de changes stabilisé en 1999 et des mesures plus favorables édictées entre 1999 et la date d’éligibilité du projet à la LGIM. A l’heure actuelle, les dispositions fiscales de la LGIM sont très complexes et manquent parfois de cohérence. Sur plusieurs points, le droit commun est en effet plus avantageux que la LGIM. Néanmoins, des discussions sont en cours, et devraient finalement éclaircir ces différentes 31 zones d’ombre . La LGIM prévoit également des facilités et un guichet spécial pour les visas à l’aéroport.

2.

La loi sur les zones et entreprises franches
Une nouvelle loi sur les zones et entreprises franches n°2007-037 du 14 janvier 2008 maintient l’agrément pour les zones et entreprises franches existantes. Les grandes lignes de la loi portent sur : • la suppression de la procédure d’agrément pour les nouvelles demandes et la mise en place d’un système déclaratif auprès de l’EDBM ; • la libéralisation des opérations réalisées vers et en provenance des entreprises franches et des entreprises de droit commun ; • la sécurisation du mécanisme de remboursement du crédit de TVA dû aux entreprises franches ; • l’exemption de l’obligation de rapatriement des devises sans objet pour les entreprises franches déjà autorisées à transférer librement vers l’étranger ; • la clarification du principe d’absence de quota dans l’emploi de la main d’œuvre étrangère. Un projet de loi sur les exportations est en cours de préparation et dont la vocation serait de remplacer le régime des zones franches par un régime spécifique applicable aux sociétés fortement exportatrices (95% de leur production). Les zones franches font l’objet d’une partie spécifique (partie 6).

3.

Discussions en cours
Le secteur du tourisme est porteur à Madagascar. Néanmoins, il n’est pas éligible au régime de
30 31

Contrairement au régime fiscal de droit commun par exemple, qui fait l’objet chaque année d’une nouvelle loi de finances. Par exemple, l’impôt sur le revenu salarié et assimilé (IRSA) est plus élevé dans la LGIM que dans le droit commun (35% contre 25%). D’autres impôts sont annulés dans le régime de droit commun (taxe forfaitaire sur les transferts, taxe professionnelle), mais figurent encore dans la LGIM. Les mesures fiscales en vigueur sont décrites en détail dans la LGIM (titre 4 « Du volet fiscal du régime garanti »).

34

zones et entreprises franches, mais reste soumis au régime de droit commun. Par exemple, les 32 professionnels du secteur se plaignent du taux de TVA à 20% , qui pèse sur leurs importations et leurs exportations. Début 2008, des négociations pourraient aboutir à la mise en place d’un régime spécifique.

Témoignages
Johann PLESS, investisseur en hôtellerie et restauration. Le restaurant KUDéTA Lounge Bar a été ouvert en 2003 à Tananarive sous l’impulsion de Christian Aubry et de son associé Johann Pless. Ils ont également créé les enseignes Résidence Lapasoa et KUDéTA Urban Club. Pourquoi avez-vous choisi de vous implanter à Madagascar ? Je suis venu pour la première fois à Madagascar en tant que stagiaire à l’Ambassade de France. Le pays m’a plu et j’ai voulu y rester. Je souhaitais travailler dans l’hôtellerie et la restauration. Lors d’un second séjour à Madagascar, début 2002, j’ai rencontré mon futur associé. Il possédait à l’époque l’hôtel « La Résidence Lapasoa », qui comprenait six chambres. Nous nous sommes associés dans l’année, et avons construit le restaurant Le KUDéTA Lounge Bar en 2003. La réfection a eu lieu au moment de la crise. Les travaux étaient importants, et il était difficile de trouver du gasoil, de l’électricité et du matériel en général. Les travaux nous ont coûté plus cher qu’en temps normal et ont été plus longs que prévu. Quelles sont les différences et difficultés rencontrées par un investisseur étranger à Madagascar ? Une difficulté importante concerne le problème bancaire. Le taux de l’ariary évolue à des rythmes non contrôlables par les investisseurs, le marché des changes est compliqué à gérer, les banques privées prêtent à des taux extrêmement élevés, les transferts d’euros sont difficiles et laborieux à effectuer. Une autre difficulté résulte de la complexité juridique du foncier. De notre point de vue il est plus intéressant et plus sûr aujourd’hui de contracter des baux commerciaux ou emphytéotiques que d’acheter du foncier, même si de très notables avancées ont été effectuées dans ce domaine. Est-il facile de s’implanter à Madagascar selon vous ? Grâce à l’EDBM, qui permet d’effectuer en un même lieu toutes les démarches pour la constitution d’une société, il est aujourd’hui très simple et rapide de constituer une société. L’information s’est considérablement améliorée : il est par exemple facile de savoir quels sont les documents à présenter. Ce n’était pas le cas il y a dix ans, lorsque je me suis installé. Les procédures se sont fortement accélérées. Maintenant, une société est créée en dix jours environ. Avant, cela pouvait prendre un mois, et obtenir un visa pouvait parfois se compter en années. Par ailleurs, les coûts de constitution d’une société sont très accessibles. Quels conseils donneriez-vous à un investisseur étranger souhaitant s’installer à Madagascar ? Un investisseur doit savoir qu’à Madagascar, les choses prennent très souvent du temps. Le délai moyen entre la prospection et le démarrage effectif de l’activité est d’une année et demie environ. Comme partout, il faut aussi savoir s’entourer. Pour s’implanter, je conseillerais de faire appel à un cabinet juridique. Enfin, il ne faut pas croire que Madagascar est un Eldorado. Pour se maintenir, il faut proposer un service de grande qualité : la concurrence s’est accrue ces dernières années et les goûts de la clientèle ont évolué vers le haut de gamme.

En vertu de la loi de finances 2008, seules les sociétés dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur ou égal à 200 millions MGA sont obligatoirement soumises à la TVA. Les autres entreprises, dont le chiffre d’affaires est de 20 millions MGA à 200 millions MGA, peuvent également opter pour le régime de la TVA, à condition que leur comptabilité soit certifiée par un commissaire aux comptes.

32

35

Gérant de L’Atelier de Haute Coiffure, salon de coiffure de l’hôtel Carlton-Madagascar (Tananarive). Pourquoi avez-vous choisi de vous implanter à Madagascar ? J’ai découvert Madagascar il y a quinze ans, lors de vacances. Je suis tombé sous le charme de cette île, et suis revenu presque tous les ans. Un ami s’y est installé pour créer un restaurant. Mes nombreux voyages et cet ami m’ont renseigné sur le climat des affaires. Dans le même temps, j’avais envie de quitter la France et de monter une activité professionnelle à l’étranger. C’est par le bouche à oreille que j’ai eu connaissance de ce fonds de commerce à l’ancien hôtel Hilton (devenu Carlton-Madagascar en 2007). Avez-vous pu facilement créer votre salon de coiffure ? Combien vous a coûté votre implantation ? L’entreprise a été créée avec une facilité déconcertante ! Nous étions en 2004. J’ai fait appel à un cabinet de conseil qui m’avait été recommandé par des amis expatriés. Les propriétaires de l’ancien hôtel Hilton étaient très contents de m’accueillir, car ils savaient que mes services correspondraient aux exigences de leur clientèle (en termes de normes sanitaires, de produits utilisés, etc.). Avant de trouver cette opportunité professionnelle à Madagascar, j’avais effectué quatre voyages Paris-Tananarive en six mois. Au quatrième voyage, j’ai acheté le fonds de commerce dans lequel nous sommes installés actuellement. Ces voyages m’ont permis de prospecter et de finaliser ma recherche. La prospection m’a coûté environ 5 000 EUR. J’avais la chance d’être logé par des amis sur place. La prospection, l’achat du fonds de commerce et les frais annexes (travaux, frais juridiques, etc.) m’ont coûté au total dans les 50 000 EUR. En France, dans une situation similaire, cela m’aurait coûté au moins trois fois plus cher… Les tarifs dans mon salon sont au moins divisés par deux par rapport à ceux pratiqués en France. Nous importons nos produits de France, ce qui nous revient plus cher. Mais la masse salariale et les charges sociales sont très faibles, et ne représentent qu’un dixième de nos coûts. C’est sur ce dernier point que nous sommes gagnants. Quels aspects avez-vous apprécié lors de votre implantation ? Quelles ont été les principales difficultés ? J’ai tout de suite apprécié l’accueil chaleureux et souriant de la population. Mais au bout d’un an peut-être, je me suis rendu compte que ce comportement envers les Vazaha (littéralement Français, terme élargi pour décrire tous les étrangers) n’est souvent qu’un leurre. L’une des principales difficultés que j’ai rencontrées a été de former mon personnel, et surtout de le garder. A Tananarive, il existe un fort roulement du personnel, la majorité des Malgaches ne raisonne pas à long terme, et la perspective de bénéficier d’une formation, puis de se construire un plan de carrière leur est inconnue ou presque. Je ne suis pas certain que le fait d’offrir des salaires élevés soit suffisant pour conserver son personnel. Je pense que sa fidélisation passe par une politique plus globale, il faut savoir lui offrir un cadre de travail agréable.

Contacts
Administrations
Economic Development Board of Madagascar Immeuble EDBM • Avenue Général Gabriel Ramanantsoa • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 670 40 et 261 20 22 681 21 • Fax : 261 20 22 661 05 www.edbm.gov.mg • Mél : contact@edbm.mg 20 rue Henri Razanatseheno • Antaninarenina • BP 166 • Antananarivo 101

Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture (CCIAA)

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Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga)

Tél. : 261 20 22 202 11 • Fax : 261 20 22 202 13 www.tana-cciaa.org • Mél : cciaa@tana-cciaa.org 1818 H Street • NW • Washington • DC 20 433 Tél. : 1 202 458 4798 • Fax : 1 202 522 0316 www.miga.org • Mél : migainquiry@worldbank.org Immeuble de l’Ambassade de France • Ambatomena • BP 671 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 399 99 • Fax : 261 20 22 399 75 www .missioneco.org/madagascar • Mél : tananarive@missioneco.org Bâtiment Ariane 5 • Zone Galaxy • Andraharo • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 365 40 • Fax 261 20 23 365 45 www.unido.org • Mél : p.gilabert@unido.org

Mission économique de Tananarive Mme Véronique Pasquier

Représentation de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi) M. Patrick Gilabert

Cabinets de conseil
Lexel Juridique & Fiscal Tana Water Front • Ambodivona • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 229 41 • Fax : 261 20 22 554 55 Mél : olivier.ribot@lexel.mg • lexel@lexel.mg Nouvel immeuble Ny Havana • 1er étage • Village des Jeux • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 295 25 • Fax : 261 20 22619 07 www.cabinet-mci.com • Mél : mci@wanadoo.mg Immeuble Cabram • 1er étage • Rue Rajakoba Augustin • Antananarivo 101 Tél. : 216 20 22 295 84 • Fax : 261 20 22 228 24 Mél : fidafrica@fidafrica.mg 22 rue docteur Villette • Isoraka • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 217 96 • Fax : 261 20 22 216 48 Mél : ernstyoung@moov.mg Lot VV 197 DH • Manakambahiny • BP 1124 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 211 21 • Fax : 261 20 22 610 86 Mél : cce@moov.mg 71 avenue Victoire Rasaomanarivo • Isoraka • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 337 97 • Fax : 261 20 22 340 51 Mél : admin.k@hk-jurifisc-mada.com

Madagascar Conseil International (MCI)

Fidafrica Madagascar Membre de PriceWaterhouseCoopers

Ernst & Young

Cabinet de conseil d’entreprises (CCE)

HK Jurifisc

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QUELLE STRUCTURE POUR QUEL PROJET : LES FORMES D’IMPLANTATION
Le droit des sociétés malgache a fait l’objet d’une réforme en 2004 : la loi n°2003–036 du 30 janvier 2004 sur les sociétés commerciales, et son décret d’application n°2005-151 du 22 mars 2005 portant modification du décret n°2004-453 du 6 avril 2004, ont largement modernisé le droit malgaches des sociétés 33. La nouvelle loi définit les formes, les modalités de création, de fonctionnement, de transformation et de dissolution des entités commerciales. Très proche de l’acte uniforme Ohada 34 du 17 avril 1997 portant sur le droit des sociétés commerciales, elle épouse le mouvement d’harmonisation du droit des affaires en Afrique. La forme juridique des sociétés malgaches est très proche de celle des sociétés françaises. Le nouveau dispositif législatif implique une mise en harmonie des statuts des sociétés créées avant l’entrée en vigueur de la loi n°2003-036 : toute société - existante ou à créer – est soumise aux nouvelles règles et obligations édictées par ladite loi. L’harmonisation consiste à apporter certaines modifications des statuts 35, et constitue une bonne opportunité de supprimer certaines dispositions inadaptées. D’autres textes interviennent également dans le fonctionnement de l’entreprise : la loi n°2003-042 du 3 septembre 2004 sur les procédures collectives d’apurement du passif (modifiée en 2007 par la loi n°2007-018), la loi n°2003-041 du 3 septembre 2004 sur les sûretés, la loi n°2003-038 du 3 septembre 2004 sur les fonds de commerce, et la loi n°2006017 du 20 juillet 2006 sur les intermédiaires de commerce. Il convient de noter que plusieurs domaines restent régis par des textes spécifiques : • le Code du tourisme (loi n°95-017 du 25 août 1995) ; • le Code minier (loi n°99-022 du 19 août 1999 et loi n°2005-021 du 27 juillet 2005) ; • le droit pétrolier (loi n°96-018 du 4 septembre 1996 portant Code pétrolier, loi n°99-010 du 17 avril 1999 modifiée par la loi n°2004-031du 30 septembre 2004 relative aux sanctions et constatation des infractions aux lois sur les activités du secteur pétrolier aval) ; • le Code des assurances (loi n°99-013 du 2 août 1999) ; • le Code de l’aviation civile (loi n°2004-027 du 9 septembre 2004) ; • le Code maritime (loi n°99-028 du 3 février 2000) ; 36 Toutes les démarches s’effectuent auprès de l’EDBM .

A. Le bureau de représentation
Le bureau de représentation n’est pas reconnu juridiquement à Madagascar.

B. La succursale

33 Les textes applicables avant le réforme de 2004 étaient la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés, la loi du 7 mars 1925 sur les SARL, la loi du 16 novembre 1940 sur les SA, la loi n°145 du 4 mars 1943 relatives aux sociétés par action, et le titre III du Code du commerce. L’ancienne législation était donc archaïque et lacunaire. 34 L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) a été créée le 17 octobre 1993 à Port-Louis. En 2008, elle regroupe les 14 pays de la zone franc CFA, ainsi que les Comores et la Guinée Conakry. Elle a pour principal objectif de remédier à l'insécurité juridique et judiciaire existant dans les Etats membres. www.ohada.org 35 Dont notamment l’augmentation du capital social minimum et l’encadrement du cumul des mandats pour les dirigeants des sociétés anonymes. 36 Voir la partie 2. « Cadre juridique de l’investissement ».

38

Conformément aux articles 101 à 104 de la nouvelle loi sur les sociétés commerciales, il est possible de créer une succursale. Dotée d’une certaine autonomie de gestion 37, elle reste l’émanation de la société étrangère, et en cela, n’est pas juridiquement indépendante. Elle ne contracte pas, n’embauche pas, ne dispose pas de financement propre. Soumise aux mêmes règles fiscales qu’une société de droit malgache, elle permet à la société mère de payer les impôts et taxes à Madagascar. En cas de conflit avec un tiers, c’est la responsabilité de la maison mère qui est engagée. Il est très simple de créer et de fermer une succursale. Néanmoins, sa présence à Madagascar reste très marginale. En 2005, sept succursales ont vu le jour, et en 2006, une succursale a été créée. La succursale est enregistrée au registre du commerce et des sociétés.

C. Les différentes formes de sociétés
Un investisseur étranger peut détenir 100% du capital d’une société à Madagascar, sous réserve des dispositions applicables aux secteurs bancaire, minier, pétrolier, médical, paramédical, pharmaceutique, d’assurance et de télécommunication. Toute société commerciale créée à Madagascar est de droit malgache. Elle doit avoir son siège social sur le territoire malgache. La nouvelle loi enregistre de nombreuses avancées : • un vaste choix de formes juridiques est offert aux investisseurs : SA et SARL 38 unipersonnelles, société en commandite simple (SCS), société en nom collectif (SNC) , société en commandite par actions (SCA), groupement d’intérêt économique (GIE), etc. ; • la gamme des valeurs mobilières est étendue : actions, obligations, certificats d’investissement, etc. • le droit des minoritaires est renforcé. Les sociétés de capitaux - SARL et SA - sont les formes les plus utilisées : Entreprises créées à Madagascar, toutes nationalités confondues
SARL 2005 2006 2007 (jan – juill) 541 783 509 SA 16 35 17 Autres 325 297 198 Total 882 1 115 724
Source : EDBM

1.

La société à responsabilité limitée
La SARL est la principale forme d’implantation à Madagascar. En effet, elle est peu contraignante (le gérant effectue toutes les démarches, et rend compte de sa gestion une fois par an en assemblée générale). La SARL permet aux associés de ne pas engager leur responsabilité indéfinie aux dettes, contrairement aux sociétés de personnes. De plus, elle ne donne pas lieu à la négociation des parts sociales avec des éléments extérieurs non souhaités 39. A Madagascar, la SARL peut exercer tous types d’activités, exception faite des activités d’assurance et de capitalisation. Le régime fiscal de la SARL est défini par la loi de finances de l’année en cours.

a.

Création de la SARL

(1) Capital social
Le dirigeant mène toutes les opérations de gestion concernant la succursale. Cependant, la société en nom collectif est très peu utilisée à Madagascar, du fait de la responsabilité solidaire et indéfinie entre associés. 39 Ce qui peut constituer l’un des désavantages de la société anonyme.
38 37

39

Le capital social minimum est peu élevé pour un investisseur. Il est de 2 millions MGA (726,5 EUR) si la société compte plusieurs associés (art. 17 du décret d’application n°2005-151). Dans le cas d’une SARL unipersonnelle, il doit être de 1 million MGA au moins (363,25 EUR). Les apports peuvent se faire en nature ou en numéraires 40. Si la valeur d’un apport en nature est supérieure à 10 millions MGA (3 632,53 EUR), un commissaire aux apports est chargé de l’évaluer. Cette évaluation apparaît dans un rapport annexé aux statuts. Le capital est divisé en parts sociales, lesquelles doivent être souscrites en totalité par les associés. La valeur nominale minimum des parts sociales est de 20 000 MGA (7,26 EUR). Leur répartition est prévue par les statuts. Sauf clause contraire des statuts, la cession de parts entre associés, conjoints, descendants ou ascendants est libre. En revanche, la transmission à un tiers n’est possible qu’avec le consentement de la majorité des associés représentant la moitié des parts sociales, déduction faite des parts de l’associé cédant, à moins que les statuts ne prévoient une majorité plus forte. Les modalités de cession des parts sociales à des tiers sont librement organisées par les statuts. L’entreprise doit constituer un fonds de réserves obligatoires. 5% du bénéfice de l’exercice, diminué le cas échéant des pertes antérieures, doivent être prélevés jusqu’à ce que la réserve légale atteigne 10% du capital social. (2) Fondateurs et associés Les fondateurs d’une SARL sont des personnes physiques ou morales, dont l’une au moins doit posséder une domiciliation sur le territoire national (art. 87). Avant la constitution de la société, les fondateurs sont tenus indéfiniment et solidairement à leurs obligations. Une fois les statuts signés, les dirigeants sociaux se substituent aux fondateurs. Les mandataires sociaux n’ont pas la qualité de salarié. La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports (art. 325). La répartition des bénéfices entre associés est prévue par les statuts (art. 368), sous réserve des dispositions impératives communes à toutes les sociétés. (3) Conditions de constitution et d’enregistrement La société est constituée définitivement à compter de l’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés, pour une durée maximum de quatre vingt dix neufs ans. Les statuts indiquent obligatoirement : • la forme de la société ; • la dénomination, suivie, le cas échéant, de son sigle ; • la nature et le domaine de son activité, qui forment son objet social ; • son siège ; • sa durée ; • l'identité des apporteurs en numéraires avec, pour chacun d'eux, le montant des apports, le nombre et la valeur des titres sociaux remis en contrepartie de chaque apport ; • l'identité des apporteurs en nature, la nature et l'évaluation de l'apport effectué par chacun d'eux, le nombre et la valeur des titres sociaux remis en contrepartie de chaque apport ; • l'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et la nature de ceux-ci ; • le montant du capital social ; • le nombre et la valeur des titres sociaux émis, en distinguant, le cas échéant, les différentes catégories de titres créées ; • les stipulations relatives à la répartition du résultat, à la constitution des réserves et à la répartition du boni de liquidation ; • les modalités de son fonctionnement. Un exemplaire des statuts doit être déposé au greffe du tribunal de commerce.

40

Les apports en industrie sont également possibles, mais ne sont pas rémunérés par des parts sociales (sauf si l’objet de la société porte sur l’exploitation d’un fonds de commerce ou d’une entreprise artisanale apportée à la société ou créée par elle à partir d’éléments corporels ou incorporels qui lui sont apportés en nature). L’apporteur en nature – ou son conjoint – peut apporter son industrie lorsque son acticité principale est liée à la réalisation de l’objet social.

40

Le dépôt du capital, auprès d’une banque (sur un compte spécial ouvert au nom de la société) ou à l’étude d’un notaire, est désormais prévu par la loi. Toutefois, dans la pratique, le dépôt du capital n’est pas exigé.

b.

Fonctionnement de la SARL
Assemblée générale ordinaire : L’assemblée générale ordinaire se réunit annuellement dans les six mois de la clôture de chaque exercice. Chaque associé prend part aux décisions à hauteur des parts sociales qu’il possède. Ses compétences sont définies dans la loi n°2003-036 (art. 369). Parmi elles, citons : • la présentation et l’approbation du rapport de gestion, de l'inventaire et des comptes annuels ; • la nomination ou la révocation des gérants, ainsi que celles du commissaire aux comptes s’il y a lieu ; • l’autorisation de la gérance à effectuer les opérations assujetties dans les statuts à l’accord préalable des associés ; • la répartition des bénéfices et le paiement des pertes ; • l’approbation des conventions intervenues entre la société et l’un de ses gérants, ou entre la société et l’un de ses associés. En assemblée générale ordinaire, la majorité requise est de 50 % des parts sociales. Si tel n’est pas le cas, et sauf disposition contraire dans les statuts, les associés sont convoqués ou consultés une seconde fois. Dans ce cas, aucun quorum n’est plus requis. La décision est alors prise à la majorité simple, sans égard à la proportion de capital représentée. Toutefois, la révocation du gérant ne peut avoir lieu sans majorité absolue. Assemblée générale extraordinaire : Les assemblées générales extraordinaires peuvent être convoquées par un ou plusieurs associés détenant la moitié des parts sociales, ou par le quart des associés détenant ¼ des parts sociales. Ces décisions extraordinaires portent sur la modification des statuts. Elles sont prises à la majorité des ¾ du capital social. L’unanimité est requise si l’ordre du jour porte sur : • l’augmentation de l’engagement des associés ; • la transformation de la société en société en nom collectif (SNC) ; • le transfert du siège social dans un autre Etat.

(1) Organes de direction

(2) Organes de gestion La SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques, associées ou non, choisies parmi les associés ou en dehors. Elles sont désignées dans les statuts, par les associés ou en assemblée générale. Si la durée de leur fonction n’est pas précisée par les statuts, les gérants sont nommés pour quatre années renouvelables. Les gérants sont investis des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société. Ils gèrent et publient les comptes. Ils doivent tenir informés les associés des affaires de la société. En cas de faute et selon la nature de la faute, les gérants sont responsables individuellement ou solidairement. Une plainte peut être déposée par un ou plusieurs associés, au nom de la société ou individuellement. (3) Organes de contrôle La SARL qui remplit l’une des trois conditions ci-dessous doit désigner un commissaire aux comptes : • capital social supérieur à 20 millions MGA (7 265,06 EUR) ; • chiffre d’affaires annuel supérieur à 200 millions MGA (72 650,65 EUR) ; • effectif permanent supérieur à cinquante personnes. Sinon, le recours à un commissaire aux comptes est facultatif.

41

Celui-ci est choisi par un ou plusieurs associés représentants plus de la moitié du capital social. Il est nommé pour trois exercices. Par ailleurs, la procédure d’alerte (art. 176) et l’expertise de gestion (art. 178) sont pour les associés un moyen de contrôler leurs dirigeants. (4) Obligations d’information concernant l’entreprise Les associés ont un droit d’information permanent sur les affaires sociales de l’entreprise. De plus, et en vue de l’assemblée générale, le droit de communication leur permet d’obtenir les états financiers de synthèse, le rapport de gestion, le texte des résolutions proposées, et éventuellement, le rapport du commissaire aux comptes. A compter de la date de communication de ces documents, les associés peuvent poser par écrit des questions, auxquelles le gérant sera tenu de répondre au cours de l’assemblée.

c.

Transformation de la SARL
La nouvelle loi sur les sociétés permet de transformer plus facilement une société, c’est-àdire, d’en changer la forme sans que cette transformation entraîne la création d’une nouvelle personnalité juridique. Seuls les statuts sont modifiés. La décision doit être prise en assemblée générale extraordinaire. Les engagements antérieurs de la société demeurent. Dans le cas d’une SARL, les capitaux propres de la société existante doivent égaler ou dépasser son capital social. De plus, la transformation ne peut avoir lieu sans un rapport d’un commissaire aux comptes attestant que les capitaux propres sont d’un montant au moins égal à celui du capital social.. Notons que la transformation d’une SARL en une SA est soumise à l’approbation des associés représentant plus de la moitié du capital social. Par ailleurs, la transformation en une société où la responsabilité des associés est illimitée ne peut être décidée qu’à l’unanimité des associés (art. 197). La transformation s’accompagne de plusieurs obligations (art. 281) : • une insertion dans un journal recevant les annonces légales ; • le dépôt au registre du commerce et des sociétés en deux exemplaires du procès-verbal de l’assemblée ayant décidé la transformation. Ainsi que du procès-verbal désignant les membres des organes de la nouvelle société ; • une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés ; • le dépôt, au greffe du tribunal de commerce, des nouveaux statuts, de la déclaration de régularité et de conformité, et le cas échéant, deux exemplaires du rapport du commissaire aux comptes appréciant la valeur des biens.

(1) Conditions et procédures

(2) Conséquences fiscales Les sociétés de droit malgache sont toutes soumises au même régime fiscal. Cependant, en cas de fusion, de scission ou d’apport partiel en capital, un régime fiscal spécial peut être 41 choisi . (3) Conséquences quant aux contrats de travail La décision de transformation met fin aux pouvoirs des gérants de la société (art. 200). Néanmoins, les droits et obligations contractés par l’ancienne société sont maintenus pour la nouvelle société (art. 202). Par conséquent, les contrats de travail des salariés ne sont pas modifiés.

d.

Dissolution de la SARL
La SARL peut être dissoute au même titre et pour les mêmes raisons que toute autre société, à savoir : • l’expiration du temps pour lequel elle a été constituée ;
41

(1) Causes légitimes de dissolution

Voir partie 5. B. 2. b. « Le régime fiscal des fusions, acquisitions et scissions ».

42

la réalisation ou l’extinction de son objet ; l’annulation du contrat de société ; la décision des associés, aux conditions prévues pour modifier les statuts ; la dissolution anticipée prononcée par le tribunal de commerce à la demande d’un associé pour justes motifs, notamment en cas d’inexécution des obligations d’un associé ou de mésentente entre associés empêchant le fonctionnement normal de la société ; • l’effet d’un jugement ordonnant la liquidation des biens de la société ; • toute autre cause prévue par les statuts. Les causes non légitimes, et ne pouvant donner lieu à la dissolution, sont l’interdiction, la liquidation des biens, la faillite personnelle et l’incapacité d’un associé. L’administration fiscale doit être prévenue de la dissolution. De même, la dissolution doit être publiée au registre du commerce et des sociétés, ainsi que dans un journal d’annonces légales. (2) Liquidation Dès lors que la société est dissoute, la procédure de liquidation est engagée. Celle-ci est encadrée par la loi n°2003-042, modifiée par la loi n°2007-018, sur les procédures collectives d’apurement du passif. Ces procédures visent à satisfaire les créanciers subissant une cessation de paiement. La liquidation intervient sur décision de l’assemblée générale, ou par voie de justice (art. 239). Les actes et documents émanant de la société doivent porter la mention « société en liquidation ». Les biens de la société sont répartis entre les créanciers privilégiés (frais de justice, salariés, trésor public, etc.). Le surplus, appelé « boni de liquidation », est partagé entre les associés. Dans le cas d’une SARL, le transfert de l’actif vers une autre société est autorisé, et précisé dans les statuts (art. 230). La liquidation doit être achevée dans un délai de trois ans à compter de la dissolution de la société. Elle aboutit à la disparition de la société. (3) Conséquences fiscales et en termes de droit du travail En cas de liquidation, l’impôt sur les revenus, s’il n’a pas encore été payé, est immédiatement établi : dans un délai de dix jours, le contribuable doit informer l’inspecteur ou le contrôleur des impôts de la cessation d’activité, de la date effective, et présenter une déclaration de revenu, ainsi que l’inventaire détaillé des éléments d’actifs. Le paiement de l’impôt est immédiatement exigible dans sa totalité. La liquidation entraîne la rupture du contrat de travail et le paiement des indemnités légales prévues par le Code du travail. La notion de « plan social » n’existe pas à Madagascar.

• • • •

2. La société anonyme
La société anonyme est régie par les articles 407 à 875 de la nouvelle loi n°2003-036, ainsi que par le décret n°2004-453 du 6 avril 2004 fixant les conditions d’application de la loi sur les sociétés commerciales, modifié par le décret n°2005-151. Les nouveautés apportées portent sur plusieurs points : • choix possible entre trois modes d’administration et de gestion ; • possibilité de créer une société anonyme unipersonnelle (SAU) ; • nouveaux types de valeurs mobilières : actions à dividendes prioritaires sans droit de vote (représentant le quart du capital social au maximum), certificats d’investissement, certificats de droit de vote, bons de conversion en actions, obligations convertibles en actions.

a.

Création de la société anonyme
Le capital social minimum est de 10 millions MGA (3 632,53 EUR) pour une société anonyme composée de plusieurs actionnaires, de 2 millions MGA (726,50 EUR) si la société est unipersonnelle. Le capital doit être souscrit dans son intégralité avant l’immatriculation de la société. La valeur nominale minimum de l’action est de 20 000 MGA (7,26 EUR). Les

(1) Capital social

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actions sont obtenues en contrepartie d’un apport en nature ou en numéraires (un commissaire aux apports évalue les apports en nature et avantages particuliers). Pour les apports en numéraires, le versement des actions peut s’opérer en plusieurs fois : un premier quart à la souscription, puis les trois quarts restants en une ou plusieurs fois. Notons que les actions peuvent être détenues sous forme de titres nominatifs ou sous forme de titres au porteur. L’entreprise doit constituer un fonds de réserves obligatoires. 5% du bénéfice de l’exercice doivent être prélevés, jusqu’à ce que la réserve légale atteigne 10% du capital social. (2) Fondateurs et actionnaires Les fondateurs d’une SA peuvent être des personnes morales ou physiques, malgaches ou étrangères. Au moins un fondateur doit résider sur le territoire malgache (art. 87). La loi n°2003-036 permet également qu’une SA n’ait qu’un seul fondateur. Les actions sont librement cessibles (art. 778), sauf mention contraire dans les statuts. Il suffit de signer un bordereau de transfert. Il existe un droit préférentiel de souscription réservé aux actionnaires (art. 594). Ces derniers sont responsables à hauteur de leur participation au capital. Les actions donnent droit de vote en assemblée générale (art. 564). Une action représente alors une voix. Elle confère également un droit au dividende et un droit de communication (art. 544). (3) Conditions de constitution et d’enregistrement
42 Les formalités de constitution doivent être effectuées auprès de l’EDBM . La procédure est la suivante : • établissement des bulletins de souscription en deux exemplaires originaux : l’un pour la future société, l’autre pour le souscripteur ; • établissement des statuts, par acte notarié ou sous seing privé. La signature par le souscripteur du bulletin de souscription a valeur d’adhésion aux statuts. Les statuts sont librement communicables. Ils doivent préciser : la forme de la société ; sa dénomination suivie, le cas échéant, de son sigle ; la nature et le domaine de son activité, qui forment son objet social ; son siège ; sa durée ; l'identité des apporteurs en nature, la nature et l'évaluation de l'apport effectué par chacun d'eux, le nombre et la valeur des titres sociaux remis en contrepartie de chaque apport ; l'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et la nature de ceux-ci ; le montant du capital social ; le nombre et la valeur des titres sociaux émis, en distinguant, le cas échéant, les différentes catégories de titres créées ; les stipulations relatives à la répartition du résultat, à la constitution des réserves et à la répartition du boni de liquidation ; les modalités de son fonctionnement ; le mode d'administration et de direction retenu ; la dénomination sociale, le montant du capital et la forme sociale des personnes morales membres du conseil d'administration ; la forme des actions émises ; les stipulations relatives à la composition, au fonctionnement et aux pouvoirs des organes de la société ; le cas échéant, les restrictions à la libre négociabilité et à la libre cession des actions, ainsi que les modalités de l’agrément et de la préemption des actions ; selon le cas, soit les noms, prénoms, adresses, professions et nationalités des personnes

42

Pour les délais et autres détails pratiques, se reporter à la partie 2 « Cadre juridique de l’investissement ».

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• • •

physiques membres du premier conseil d'administration de la société ou représentants permanents des personnes morales membres du conseil d'administration, soit ceux de l'administrateur général ainsi que ceux du premier commissaire aux comptes et de son suppléant ; dépôt des fonds : dans un délai de huit jours, les fonds issus de la souscription des actions en numéraires doivent être déposés pour le compte de la future société. Soit auprès d’un notaire, soit dans une banque, sur un compte spécial ouvert au nom de la société. En l’échange d’une liste portant l’identité des souscripteurs et le montant des sommes versées, le déposant se voit remettre un certificat de dépôt ; déclaration de souscription et de versement ; retrait des fonds : il ne peut avoir lieu qu’une fois la société immatriculée au registre du commerce et des sociétés ; assemblée générale constitutive : convoquée par les fondateurs, elle se tient si les souscripteurs présents ou représentés possèdent au moins la moitié des actions, sur première convocation. Sur deuxième convocation, l’assemblée ne délibère que si les souscripteurs présents ou représentés possèdent au moins le quart des actions. La majorité requise est de ⅔ des voix. Elle doit notamment : constater que le capital est entièrement souscrit ; adopter les statuts de la société. Ces derniers ne sont modifiables qu’à l’unanimité des souscripteurs ; nommer les premiers administrateurs ou l’administrateur général, ainsi que le premier commissaire aux comptes.

b.

Fonctionnement de la société anonyme
Les fonctions de mandataire social sont incompatibles avec des fonctions salariées. La nouvelle loi prévoit trois modes d’administration différents, que l’on peut distinguer ainsi :
Conseil d’administration Président du conseil d’administration et Directeur général 1ère possibilité Administrateur général Président directeur général
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(1) Organes de direction et de gestion

2ème possibilité

3ème possibilité

Le conseil d’administration : Il est composé de trois à douze membres, dont les ⅔ au moins doivent être actionnaires. Ils sont désignés en assemblée générale ordinaire, pour une durée renouvelable fixée par les statuts (six ans au maximum ; deux ans pour les premiers administrateurs). De même, l’assemblée peut les révoquer. Les modalités de leur élection sont fixées librement par les statuts. Ils agissent au nom de la société, et disposent pour cela des pouvoirs les plus étendus. Ils doivent notamment : • préciser les objectifs et les orientations de la société ; • contrôler la gestion de la société ; • arrêter les comptes de chaque exercice ; • arrêter le rapport de gestion. Le conseil d’administration statue à la majorité des membres présents ou représentés. Le président du conseil d’administration Le conseil d’administration nomme parmi ses membres un président, qui doit être une personne physique. Le président préside les réunions du conseil d’administration et les
43

Obligatoire si le nombre d’actionnaires est inférieur à quatre. Facultatif dans les autres cas.

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assemblées générales. Il doit veiller à ce que le conseil d’administration assume le contrôle de la gestion de la société confiée au directeur général. Le directeur général : La gestion de la société est confiée au directeur général, lequel est nommé par le conseil d’administration sur proposition du président du conseil d’administration. La durée de son mandat est fixée par le conseil d’administration. Par ses actes, le directeur général engage la responsabilité de la société. Enfin, sa gestion est contrôlée par le conseil d’administration. Le président directeur général : Le conseil d’administration nomme parmi ses membres un président directeur général, chargé de représenter la société dans ses relations avec les tiers. Ses actes engagent la société. Il peut être révoqué à tout moment par le conseil d’administration. L’administrateur général : Celui-ci assure les fonctions d’administration et de gestion de la société. Il représente la société dans ses rapports avec les tiers, convoque, et préside l’assemblée générale. Il est désigné en assemblée générale. Notons qu’il ne peut exercer plus de trois mandats d’administrateur général, de président directeur général ou de directeur général, simultanément pour le compte de sociétés différentes ayant leur siège à Madagascar. L’assemblée générale ordinaire : L’assemblée générale ordinaire se tient au minimum une fois par an et dans les six premiers mois suivants la clôture de l’exercice. Convoquée par le conseil d’administration ou l’administrateur général, elle réunit les actionnaires, leurs représentants ou toute autre personne habilitée. Elle délibère valablement si les personnes présentes représentent au moins un quart des actions ayant droit de vote. Une action représente une voix. L’assemblée statue à la majorité des voix exprimées, et notamment sur : • les états financiers de synthèse de l’exercice ; • l’affectation du résultat ; • la nomination du conseil d’administration ou de l’administrateur général, ainsi que du commissaire aux comptes ; • l’émission d’obligations. L’assemblée générale extraordinaire : L’assemblée générale extraordinaire est souveraine pour modifier les statuts, notamment en cas d’augmentation ou de réduction du capital, de fusion, de scission, de transformation de la société ou d’apports partiels d’actif). L’assemblée générale extraordinaire ne peut délibérer qu’en présence des actionnaires ou de leurs représentants possédant au moins la moitié des actions (première convocation), ou au moins leur quart (seconde convocation). Elle statue à la majorité des ⅔ des voix exprimées. (2) Organes de contrôle Le contrôle de la société anonyme est assuré par un ou plusieurs commissaires aux comptes. La durée de leur mandat est de six exercices sociaux (trois pour les commissaires désignés en assemblée générale constitutive et un pour les commissaires nommés dans les statuts). Le commissaire aux comptes vérifie que les rapports de gestion du conseil d’administration ou de l’administrateur général sont concordants avec les états financiers de synthèse, ainsi qu’avec les informations transmises aux actionnaires. Pour ce faire, le commissaire aux comptes assiste aux réunions du conseil d’administration. (3) Obligations d’information concernant l’entreprise Tout actionnaire peut prendre connaissance : • des états financiers de synthèse ; • de la liste des nouveaux administrateurs ; • des rapports du commissaire aux comptes, du conseil d’administration ou de l’administrateur général ; • des rémunérations versées aux dirigeants. Lors de toute nouvelle souscription, l’obligation de publicité préalable informe les actionnaires en premier lieu.

46

c.

Transformation de la société anonyme
La société anonyme peut se transformer en société d’une autre forme. Les conditions sont les mêmes que pour la transformation d’une société. La décision de transformation est prise sur le rapport du commissaire aux comptes attestant que l’actif net est au moins égal au capital social. La transformation d’une société anonyme n’entraîne pas la création d’un être moral nouveau.

(1) Conditions et procédures

(2) Conséquences fiscales et en matière de contrat de travail Les sociétés de droit malgache sont soumises aux mêmes impôts, quelle que soit leur forme juridique. Les contrats de travail n’ont pas à être modifiés du fait de la transformation de la société anonyme.

d.

Dissolution de la société anonyme
La dissolution d’une société anonyme intervient pour les mêmes causes que toute autre société 44. Si les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le conseil d’administration ou l’administrateur général doit convoquer une assemblée générale extraordinaire (dans un délai de quatre mois au plus tard). Le cas échéant, l’assemblée choisit la forme de la dissolution : • liquidation et radiation au registre du commerce et des sociétés ; • fusion ; • fusion-absorption ; • transformation de la société. Dans ce cas, la société est tenue de réduire son capital d’un montant au moins égal à celui de ses pertes (au plus tard, à la clôture du deuxième exercice plein). Les créanciers ont le droit de s’opposer à la dissolution, dans un délai de trente jours. Dans le cadre de la loi n°2003-042 du 3 septembre 2004 sur les procédures collectives d’apurement de passif modifiée et complétée par la loi n°2007-018 du 27 juillet 2007, la société peut aussi être dissoute sur décision du tribunal.

(1) Causes légitimes de dissolution

(2) Liquidation L’assemblée générale extraordinaire nomme un liquidateur et détermine le mode de liquidation. Le liquidateur informe l’ensemble des actionnaires de la mise en liquidation de l’entreprise. Il règle également les dettes sociales, proportionnellement aux apports des actionnaires. La liquidation peut aussi intervenir par voie judiciaire, à la demande d’un actionnaire (art. 238 à 257). (3) Conséquences fiscales et en matière de contrats de travail En cas de liquidation, les conséquences sont les mêmes que pour la SARL. Tableau récapitulatif
SARL Nombre d’associés Qualité des fondateurs de la société Capital social minimum Libre Personne morale ou physique SA Libre Personne morale ou physique

2 millions MGA (726,50 EUR) 1 million MGA pour une SARL unipersonnelle (363,25 EUR)

10 millions MGA (3 632,53 EUR) 2 millions MGA pour une SA unipersonnelle (726,50 EUR)

44

Les causes de dissolution ont été énumérées dans le paragraphe C. 1. d. « Dissolution de la SARL ».

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Responsabilité des associés Fond de réserves obligatoires Publication des comptes

Limitée à leurs apports Oui

Limitée à leurs apports Oui

Oui

Oui

D. Autres formes d’implantation
Il existe d’autres formes d’implantation impliquant la présence d’un partenaire local ou étranger. Dans ce cas, les procédures d’examen préliminaires sont primordiales. Il convient de s’assurer de la crédibilité du futur partenariat : contrat commercial, garantie de passif, qualité des dirigeants et des gestionnaires, système d’information, respect des enregistrements et autorisations obligatoires, risque de contentieux, etc.

1.

La création d’une joint-venture
La joint-venture est un accord entre deux partenaires issus de pays différents, qui consiste en la création ou l’acquisition conjointe d’une filiale commune. La joint-venture est donc une société à capitaux conjoints, dans laquelle l’investisseur étranger apporte généralement ses moyens financiers, sa technologie et ses techniques de management, tandis que le partenaire local apporte sa capacité de production, ses ressources humaines, ses circuits de distribution et son expérience du marché (culture, réglementation, contacts, relations avec l’administration, etc.). La législation malgache ne définit pas précisément la joint-venture. Elle entre dans le cadre de l’article 196 relatif aux « sociétés mères et filiales » de la loi n°2003-036. Une jointventure ne bénéficie pas d’incitations fiscales spécifiques, et reste soumise au régime de droit commun. Par ailleurs, aucune loi relative au partenariat public–privé (PPP) n’existe encore à 45 Madagascar . Une étude sur la mise en place du cadre juridique et institutionnel de PPP a été lancée en avril 2007, grâce à un financement de la Banque africaine de développement. Il est important que l’entreprise veille à conserver son pouvoir de décision. Dans le choix d’un partenaire, les procédures d’examen préliminaires sont décisives. Il est alors conseillé de s’adresser à un cabinet juridique.

2.

Acquisition d’une structure locale existante
L’acquisition d’une société malgache existante est une forme d’implantation possible. L’acquisition peut être partielle ou totale. Les principaux avantages d’une acquisition sont les suivants : • une structure opérationnelle existe, ainsi que ses canaux de distribution ; • la structure locale connaît le marché malgache ; • les contacts et relations avec l’administration sont établis.

a.

Acquisition d’une SA ou d’une SARL
L’investisseur étranger peut acheter des actions d’une société anonyme malgache librement. La signature d’un simple bordereau de transfert suffit. En cas de prise de contrôle par voie d’augmentation de capital, les actionnaires bénéficient d’un droit préférentiel de souscription
45 En l’absence de cette loi, c’est la loi sur les privatisations qui prime. Chaque ministère concerné lance un appel d’offre et signe le contrat de gérance ou autre.

(1) Acquisition d’une SA par l’achat d’actions

48

proportionnel à leur apport. Le prix d’émission des actions nouvelles est décidé en assemblée générale extraordinaire (art. 609). (2) Acquisition d’une SARL par l’achat de parts sociales Les parts sociales sont cessibles à des tiers. La loi n°2003-036 assouplit les règles de cession, puisque seule la majorité des associés représentant la moitié des parts sociales (après déduction des parts à céder) est désormais nécessaire. Il peut arriver que les statuts prévoient une majorité plus forte. (3) Imposition des dividendes
46 D’après la Convention de non-double imposition signée avec la France , les dividendes payés par une société malgache à un résident français ou un établissement stable français peuvent être imposés à Madagascar. Depuis la loi de finances 2008, les dividendes ne sont soumis à aucun impôt à la source.

b.

Fusion ou scission
Il est possible d’acquérir une structure locale existante par voie de fusion ou de scission. La nouvelle loi n°2003-036 encadre précisément ces deux types d’opération. La fusion est l’opération par laquelle deux sociétés s’unissent pour n’en former qu’une seule, soit par création d’une société nouvelle, soit par absorption de l’une dans l’autre. La scission désigne le partage du capital d’une société entre plusieurs sociétés. Si l’ensemble des actifs et des passifs sont transférés, la société scindée disparaît. Les entreprises se partageant la société reçoivent les droits et obligations de cette société, proportionnellement à leur participation. Le patrimoine de la société qui disparaît est transmis à titre universel à la société absorbante ou à la nouvelle société (art. 204 et 205). L’évaluation de l’actif net de la société incorporée doit être approuvée par les actionnaires en assemblée générale. La procédure est formelle : un projet de fusion ou de scission est déposé au registre du commerce et des sociétés. Il peut être arrêté par le conseil d’administration, l’administrateur général ou le gérant des sociétés participant à l’opération. Il est présenté à chacun des associés ou actionnaires, signe d’une attention particulière pour les actionnaires minoritaires. Les démarches s’effectuent ensuite auprès de l’EDBM, et sont les mêmes que pour l’augmentation de capital ou la dissolution d’une société.

E. Prévention et règlement des différends
1. Juridictions, délais, recours
A Madagascar, les tribunaux de commerce sont chargés de statuer en matière commerciale. Une étude sur la réforme des tribunaux de commerce a été lancée en 2007 par le ministère de la Justice. Les défaillances constatées sont nombreuses, et portent sur plusieurs points : • problème de délai : selon cette étude, 95% des sondés considèrent le délai comme étant moyennement long à long. En moyenne, huit mois et demi sont nécessaires pour traiter un dossier. De plus, l’absence d’outils de suivi de la procédure est souvent regrettée par les opérateurs économiques ; • dysfonctionnement du système échevinal : les tribunaux de commerce à Madagascar font appel à des assesseurs, issus du secteur privé. Or, le recrutement n’est pas assez large ni pertinent, les assesseurs sont souvent insuffisamment formés au droit 47 commercial, et leur rôle n’est pas valorisé ; • manque de confiance du secteur privé dans les tribunaux de commerce ; • problème de délai des droits d’enregistrement. Ces derniers demanderaient à être clarifiés et formalisés.
46 47

Se reporter au chapitre A. de la partie 5. Par exemple, l’indemnisation perçue pour une audience est de 150 MGA, soit environ 6 centimes EUR.

49

En janvier 2008, un décret modifiant notamment le décret n°71-386 du 10 août 1971 fixant les modalités de nomination des assesseurs aux tribunaux de commerce était en cours de finalisation. Enfin, le système judiciaire malgache, encore trop corrompu, est un obstacle majeur au développement commercial du pays.

2.

Arbitrage
En théorie, l’arbitrage commercial, régi par la loi n°98-019 du 2 décembre 1998, est une manière plus rapide de régler un différend. La décision est de meilleure qualité, puisque rendue par des professionnels. Le caractère confidentiel de l’arbitrage le place au cœur de la déontologie des relations d’affaires. Le recours à l’arbitrage est possible si le contrat prévoit une clause d’arbitrage (avant même le litige), ou si les deux parties ont conclu un compromis d’arbitrage (une fois le litige apparu). Au bout de six mois en moyenne, la sentence devient exécutoire. L’amélioration de l’arbitrage commercial à Madagascar est en cours. La nouvelle loi n °2007036 du 14 janvier 2008 sur les investissements donne la liberté à l’investisseur de choisir l’organe de règlement du litige. La création d’une Chambre régionale d’arbitrage, basée à la Réunion et compétente pour la région océan Indien, est à l’étude dans le cadre du projet 48 LegaCarta . Si le litige oppose deux sociétés régies par des législations différentes, l’arbitrage présente un avantage certain, puisqu’il n’oblige pas d’imposer sa législation à l’autre partie. Tout comme 142 Etats, Madagascar a signé la Convention de New York de 1958 relative à la reconnaissance et à l’exécution des sentences arbitrales étrangères. Par ailleurs, Madagascar est membre du Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) 49.

3.

Reconnaissance des jugements étrangers et sentences arbitrales
Les jugements sont effectivement appliqués par les autorités judiciaires locales. De plus, un accord de coopération en matière de justice a été signé le 27 juin 1960 entre la France et Madagascar. A Madagascar, la sentence arbitrale n’est susceptible d’exécution forcée qu’en vertu d’une décision d’exequatur. L’exequatur est accordé par une ordonnance du président du tribunal de première instance dans le ressort duquel elle a été rendue. Il est à souligner que le rôle du juge de l’exequatur est strictement limité au contrôle de la forme de la sentence arbitrale. Le juge ne peut ni réviser ni contrôler le contenu de l’acte.

Témoignages
Bruno OCHS, directeur de la société Sogea-Satom (Tananarive). Sogea-Satom appartient au groupe Vinci, et est présente à Madagascar depuis une trentaine d’années. Elle intervient dans le domaine de la construction (routes, adduction d’eau, périmètres hydroagricoles, génie civil, terrassement, etc.). Pour quelle forme juridique avez-vous opté ? Pour quelles raisons ? Nous sommes une succursale du groupe Vinci, dont le siège est basé à Paris. Nous bénéficions de l’appui global - notamment financier – de notre siège. Ceci est très important pour nous, en raison des engagements financiers et des investissements qui sont élevés dans notre domaine.
LegaCarta est une base de données numérique, relative aux traités sur le commerce international et sur les instruments assistant les organisations de promotion du commerce international. Le projet est géré par le centre de commerce international (CCI). www.legacarta.net. 49 Se reporter au chapitre 2. A. « Adhésions aux conventions internationales en matière d’investissement étranger ».
48

50

Selon vous, quels sont les principaux problèmes que rencontre une succursale à Madagascar ? Le principal problème que rencontre notre succursale est lié à notre activité, qui n’est pas assez régulière. Or, cette activité nécessite des moyens en matériel importants et donc de gros investissements, qui peuvent difficilement être réalisés dès lors que les rentrées d’argent ne sont pas régulières. Le coût financier local freine ces investissements : les taux d’intérêt des banques locales sont très élevés, aux alentours de 14%. Nous échappons à ce problème parce que nous sommes appuyés par notre groupe : nous nous refinançons en euro grâce au siège, à un taux de 4,5%. Le problème bancaire ne nous affecte donc pas véritablement, grâce à l’appui financier de notre groupe. A l’inverse, les entreprises locales sont plus vulnérables. Elles ont des difficultés à émerger dans notre secteur, en raison des coûts financiers élevés, des investissements nécessaires, et des irrégularités dans les rentrées de trésorerie. Il faut également noter que l’intervention des bailleurs de fonds a diminué dans le secteur des infrastructures. Un autre problème que nous pouvons rencontrer concerne les variations de personnel. Nous avons un effectif permanent, mais surtout, nous employons périodiquement un grand nombre de personnes, en fonction de nos commandes. Dans une même année, notre effectif total peut passer de 300 à 1 000 employés, ce qui n’est pas sans impact sur la formation, plus difficile à assurer dans ces conditions.

Alain CHEVALIER, directeur général adjoint de Diadeis Madagascar (Tananarive). En 1993, le groupe Berger a ouvert un site de production à Madagascar. Indépendant depuis 2003, le groupe a pris le nom de Diadeis en 2006. Il intervient dans les domaines d’ingénierie documentaire, de pré-impression, de gestion électronique de documents, de formulaires, d’information géographique et de packaging. Diadeis dispose d’une cellule de gestion de projets basée à Paris, d’ateliers de production permanents à Nancy et de trois sites de production à l’étranger : à Madagascar, à l’île Maurice et en Roumanie. Selon vous, quels sont les principaux problèmes que rencontre une filiale à Madagascar ? La distance est un facteur de difficultés : les voyages des collaborateurs français coûtent cher. A présent, la communication par téléphone fonctionne relativement correctement, mais ce n’est pas parfait et cela reste onéreux. Madagascar est en retard pour la voix sur IP. Les liaisons Internet sont chères. L’administration est difficile, formelle et demande énormément de papiers. Toutefois, la Direction générale des Impôts a promis récemment des améliorations. La fiscalité n’est pas toujours claire. La culture locale aime le flou et l’informel. Les contrôles fiscaux sont menés par des techniciens dont la compétence est inégale. Les cabinets conseils, sont aussi d’une qualité inégale. Il convient de bien choisir, car il en existe de bons. Le foncier est source de difficultés à Madagascar. Pour obtenir le droit de construire un bâtiment léger de stockage sur un terrain parfaitement délimité, et sur lequel vous avez déjà construit, les délais varient entre quatre et six mois. J’ajouterais le droit sur la protection des données qui n’est pas assurée à Madagascar. Le pays n’a pas signé de conventions internationales spécifiques. Nous sommes actuellement en contact avec la commission nationale de l’informatique et des libertés française (CNIL), afin d’offrir à nos clients les garanties juridiques sur la protection des données. La sécurité des biens et des personnes est insuffisante. La santé des expatriés n’est pas facile à assurer, et celle de nos collaborateurs malgaches est encore moins protégée… Je constate également une certaine pénurie des compétences. Et nos cadres, particulièrement les ingénieurs, sont tentés d’aller travailler en France.

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Diadeis dispose de deux autres sites de production, l’un à l’île Maurice et l’autre en Roumanie. C’est à Madagascar que vous avez de loin le plus grand nombre d’employés (600 contre respectivement 120 et 20). Pourquoi avoir choisi Madagascar ? Au départ, il n’y a pas eu de choix opposant Maurice et Madagascar. Berger-Levrault souhaitait faire de Maurice une tête de pont technologique. Pendant quelques années, des collaborateurs mauriciens sont venus transmettre à Madagascar des compétences dans le domaine des arts graphiques. Mais sur des projets de traitement de données, l’inverse s’est produit : Madagascar est devenu le pôle pointu des technologies documentaires, avec la mise en place d’une équipe de développement très spécialisée. Un important projet réparti sur les deux îles a été mis en place et piloté par une équipe malgache. Aujourd’hui, Maurice se spécialise dans des domaines graphiques qui font appel au design et à l’esthétique. Dans ce domaine, le vivier professionnel semble être en avance sur Madagascar. Notre site malgache est pilote en matière de traitement de données et offre au groupe le lieu où s’expérimente ses méthodes de management industriel. Le choix de la Roumanie dans notre groupe repose sur deux critères : la recherche de personnes compétentes maîtrisant les langues de l’Union européenne et l’accès à des marchés qui sont interdits de sortie du territoire européen. Vous recrutez vos employés avec un niveau Bac ou Bac+ 2. Sont-ils déjà formés, ou avezvous mis en place une politique de formation ? A l’embauche, nos recrues ne sont évidemment pas prêtes pour accomplir les tâches spécifiques de notre métier. Nous les formons essentiellement sur des opérations précises pour un projet donné. Nous maintenons un fonds de formation permanente à la dactylographie. Cette formation a lieu en période de creux d’activité. La plupart des nos employés reçoivent aussi une formation en interne spécifique sur la norme XML dont nous sommes spécialistes, ainsi qu’une formation sur notre système qualité et sur l’ISO 9001:2000 puisque nous sommes certifiés depuis juin 2007. Nous formons en interne nos cadres sur les aspects sociaux et légaux de leur fonction, comme par exemple sur le Code du travail. Enfin, une petite équipe de cadres, agents de maîtrise et parfois d’opérateurs bénéficie chaque année d’une préparation au diplôme d’études en langue française. Globalement, nous sommes satisfaits de la capacité de nos collaborateurs malgaches qui apprennent plutôt vite et bien. Notre certification ISO obtenue pour la première fois à Madagascar dans notre secteur d’activité et sans l’aide de consultants externe en est une bonne illustration. Quelle politique de promotion interne avez-vous mis en place ? Pouvez-vous citer un exemple ? Nous avons développé un système très particulier de qualification des opérateurs qui tient compte de leur niveau initial, de leur ancienneté, de leurs performances en vitesse et qualité, et de leur réussite aux examens internes. Ce système – système de qualification assisté par ordinateur (SQAO) – permet de promouvoir les employés plus méritants à un échelon supérieur. Pour les agents de maîtrise et les cadres, les promotions se font sur option du comité directeur du site. Ils sont périodiquement évalués par leur chef hiérarchique.

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Contacts
Economic Development Board of Madagascar (EDBM) Immeuble EDBM • Avenue Général Gabriel Ramanantsoa • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 670 40 et 261 20 22 681 21 • Fax : 261 20 22 661 05 www.edbm.gov.mg • Mél : contact@edbm.mg 20 rue Henri Razanatseheno • Antaninarenina • BP 166 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 202 11 • Fax : 261 20 22 202 13 www.tana-cciaa.org • Mél : cciaa@tana-cciaa.org Immeuble Tana 2000 • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 696 49 • Fax : 261 20 22 633 12 www.ccifm.mg

Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture (CCIAA)

Chambre de commerce et d’industrie France Madagascar (CCIFM)

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FINANCEMENT ET GESTION DE LA SOCIETE

A. Financement
Il est relativement difficile d’obtenir un financement à Madagascar. Plus le projet est important, plus l’autofinancement est élevé. D’une manière générale, les grands projets arrivent avec leurs propres financements. Pour les PME, les financements sont difficiles à obtenir auprès des banques locales. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : • pour la banque, les risques sont importants à Madagascar. Le déficit de garantie, et la difficulté pour la banque de réaliser ces garanties, constituent deux obstacles majeurs à l’obtention du crédit ; • les institutions bancaires dégagent déjà d’importants bénéfices en prêtant à l’Etat malgache. Les bons du Trésor sont une source sûre et très rémunératrice à Madagascar, même si leur taux est passé de 30% en 1996 à 12% en 2008. Cette situation n’incite pas les banques locales à prendre des risques en finançant des projets d’investissement, qui par définition comportent un risque, aussi minime soit-il ; • les banques doivent observer un ratio de transformation (ratio Cooke), qui ne leur permet pas de transformer intégralement leurs dépôts à vue en prêts à long terme. Par ailleurs, les politiques de financements multilatéraux ou bilatéraux ciblent en priorité les grands ou les tout petits projets (microfinance). Il sera difficile et souvent long pour une PME d’obtenir un financement auprès de ces organismes. Il est donc conseillé d’autofinancer son projet.

1.

Financements multilatéraux, communautaires et bilatéraux
Les bailleurs de fonds consacrent l’essentiel de leur concours au financement de programmes publics. Toutefois, ils appuient directement le secteur privé par l’intermédiaire de leurs filiales spécialisées. Les fonds que les bailleurs mettent à la disposition du gouvernement malgache sont susceptibles de bénéficier aux entreprises privées, si celles-ci opèrent dans les secteurs éligibles. Elles peuvent obtenir des marchés par le biais de partenariats publics-privés ou d’appels d’offre lancés par l’Etat. Il est donc important de connaître les différents secteurs d’intervention des bailleurs ainsi que l’étendue de ces aides.

a.

Financements multilatéraux et communautaires
En 2007, l’Union européenne n’intervenait pas directement auprès du secteur privé. Son intervention auprès de l’Etat se concentrait surtout dans le domaine des infrastructures de ème Fed s’élève transports (routes et aéroports). Pour la période 2008-2013, l’enveloppe du 10 50 à 577 millions EUR . Par ailleurs, l’Union européenne dispose de structures indépendantes spécialisées dans le financement des entreprises privées : la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Centre de développement de l’entreprise (CDE). La Banque européenne d’investissement (BEI) : La BEI intervient dans le financement des entreprises du secteur industriel, agro-industriel, du tourisme, des mines, de l'énergie ainsi que dans les transports et les télécommunications des 51 pays ACP . Ses prêts sont généralement limités à 50 % du coût d'investissement d'un projet.
50 Une seconde enveloppe de 11,2 millions EUR est prévue pour couvrir les besoins imprévus. Ces données sont susceptibles d’évoluer, si l’Union européenne décide de les modifier.

(1) L’Union européenne

51

Afrique caraïbe pacifiques

54

La durée de remboursement varie de cinq à douze ans, avec la possibilité d’obtenir un différé. Le taux d’intérêt est négocié au cas par cas. Elle intervient aussi dans l’offre de garantie pour l’accès à d’autres sources de financement. A la fin de l’année 2005, seize prêts accordés à des opérateurs malgaches étaient en cours de remboursement auprès de la BEI (secteur privé, infrastructures publiques, etc.). En considérant les différentes prises de participation de la BEI, son action se montait à 117,5 millions EUR. La BEI est également actionnaire dans trois fonds d’investissement. Dans le cadre du programme européen Facilité d’investissement (Infac), la BEI projette d’orienter son action dans deux directions : • renouveler sa coopération avec les intermédiaires financiers locaux. Jusqu’en 2004, une ligne de crédit avait été accordée à quatre banques locales afin de les aider à octroyer des prêts aux PME dont les projets avaient un montant inférieur à 10 millions d'EUR ; • financer directement de grands projets (supérieurs à 10 millions EUR), dans les domaines du textile, du tourisme, de l’agro-industrie, de l’extraction minière et des infrastructures. L’Infac intervient aussi dans la prise de participation au capital des entreprises. Le Centre de développement de l’entreprise (CDE) : le CDE facilite les partenariats entre les entreprises des pays ACP et celles de l’Union européenne. Il intervient dans la création, l’extension, la diversification et la restructuration des entreprises des pays ACP. Plusieurs conditions sont nécessaires pour postuler au financement du CDE : • disposer d’un actif compris entre 80 000 et dix millions EUR ; • réaliser au moins 250 000 EUR de chiffre d’affaires annuel. Des exemptions sont possibles dans le cadre des entreprises de services. Les financements du CDE sont limités à 20% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise, et ne peuvent dépasser 50 000 EUR par projet et par an. Ils sont accordés sous forme de subventions non remboursables. Le CDE gère également le programme Proinvest, opérationnel depuis 2003 pour une durée de sept ans. Le programme Proinvest est doté d’un fonds de 110 millions EUR. Ce programme favorise le partenariat entre les entreprises européennes et celles des pays ACP. Sont éligibles : • les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 250 000 EUR ; • les projets d’investissement dont le montant est supérieur à 80 000 EUR. Les financements sont exclusivement destinés à la fourniture de l’assistance technique. Ils sont plafonnés à 67% des dépenses éligibles, et ne peuvent dépasser 50 000 EUR par entreprise. (2) Le groupe de la Banque mondiale La Banque mondiale est le premier bailleur multilatéral à Madagascar. Son intervention auprès de l’Etat se concentre surtout dans le domaine des infrastructures et de l’agriculture. 52 En 2004, les réalisations de la Banque mondiale s’élevaient à 254,8 millions EUR . En 2006, elles s’élevaient à 164,4 millions EUR. Par l’intermédiaire de ses structures spécialisées, elle intervient également en faveur du secteur privé. 21% de son enveloppe y sont consacrés (2007). La Société financière internationale (IFC) : L’IFC est la principale institution de la Banque mondiale spécialisée dans l’accompagnement du secteur privé. Elle dispose, depuis 2004, d’une représentation à Madagascar. Elle intervient directement dans le financement des projets de grande envergure (de 1 à 100 millions USD). Le financement des PME s’effectue par l’intermédiaire de sa filiale : le Centre de solutions pour les PME (CSPME). Toutes les entreprises sont éligibles à ce financement. L’IFC joue le rôle d’intermédiaire financier. Elle offre des prêts de moyen et long terme (sept à douze ans). Les périodes de grâce, les calendriers de remboursement ainsi que les taux d’intérêt sont négociés au cas par cas. Les prêts octroyés sont généralement limités à 25% du coût total de l’investissement. Ce plafond est de 35% dans le cas de projets de faible envergure, et de 50% dans le cas de projets d’expansion. L’IFC propose également des financements en monnaie nationale afin de limiter les risques de change.
52 Délégation de la Commission européenne, Madagascar – Communauté européenne. Document de stratégie pays et programme indicatif national pour la période 2008-2013. Bruxelles, 2007, 89 p.

55

L’IFC intervient également dans les prises de participation au capital de sociétés privées. Elle fournit des capitaux à long terme (entre huit et quinze ans). Pour ne pas concurrencer les autres investisseurs privés, l'IFC n’est jamais l’actionnaire majoritaire. Elle limite généralement sa participation entre 5 % et 15 % du capital. Il peut arriver qu’elle aille jusqu’à 35% du capital de l’entreprise. Le CSPME est un guichet unique regroupant propose différents prestataires de services d’appui aux PME. Il propose des prêts allant de 100 millions à 1 milliard MGA (36 325,32 à 363 253,29 EUR), consacrés à des projets d’investissement ou au financement de fonds de roulement. Ces prêts sont également accessibles aux entreprises ayant un déficit de garantie. Les financements du CSPME sont octroyés au taux du marché. Leur durée va de quelques mois à cinq années. (3) La Banque africaine de développement (BAfD) Jusqu’en 2006, la BAfD intervenait à Madagascar uniquement auprès de l’Etat. En 2006, 56,7 53 millions EUR y étaient consacrés . Depuis 2007, elle intervient directement auprès du secteur privé, prioritairement dans le secteur de l’énergie et des transports. Pour être éligible, un projet doit dépasser dix millions USD. En 2007, seuls deux grands projets étaient concernés, et se partageaient une enveloppe de 506 millions USD. D’une manière générale, les financements sont accordés sous forme de prêts pour une durée limitée en général à quinze années. Son financement n’excède pas le tiers du montant total du projet. Les PME et les projets de moindre envergure peuvent également bénéficier d’un financement par l’intermédiaire des institutions financières locales, qui obtiennent de la BAfD une ligne de crédit. La BAfD offre également des garanties pour pouvoir accéder à d’autres sources de financement. (4) Programme de l’Onudi pour la mise à niveau et la modernisation des entreprises Initié par l’Onudi, ce programme devrait commencer en 2009 pour une durée de six ans. Il s’agit de la mise en place au niveau national du programme de renforcement des capacités productives et commerciales des entreprises, dans le cadre des accords de partenariat économique (APE). Le programme doit fournir un appui financier aux entreprises industrielles, pour se moderniser et mettre à niveau leurs infrastructures liées à la qualité (mise aux normes, équipement des laboratoires, etc.). Les entreprises localisées à Madagascar sont éligibles. Le détail des conditions d’éligibilité sera disponible auprès de la représentation de l’Onudi à Madagascar au début de l’année 2009, ainsi qu’aux bureaux de l’Onudi à Paris et à Marseille en charge de la promotion des investissements et de la technologie.

b.

Financements bilatéraux
La France est le premier bailleur de fonds bilatéral à Madagascar. En 2007, l’aide publique bilatérale au développement s’élevait à 46,8 millions EUR. Par l’aide multilatérale, la France intervient aussi dans le développement du pays. En matière de développement, la France intervient essentiellement à travers l’Agence française de développement (AFD). L’AFD apporte son soutien à l’Etat malgache principalement dans les domaines des infrastructures et de l’énergie. Les fonds mis à disposition du gouvernement sont susceptibles de bénéficier aux opérateurs privés œuvrant dans ces secteurs (partenariats publics-privés, marchés remportés via des appels d’offre). Par ailleurs, les entreprises du secteur privé peuvent recevoir un financement grâce à la Société de promotion et de participation pour la coopération économique (Proparco), filiale de l’AFD. Elle s’adresse directement aux entreprises dont le besoin de financement est supérieur à deux millions EUR. Proparco propose différents produits financiers, dont : • des prêts directs à moyen et long terme (quinze ans au maximum). Les prêts peuvent être libellés en devises (euros ou dollars), afin d’éviter le risque de change. Il est possible
53 Délégation de la Commission européenne, Madagascar – Communauté européenne. Document de stratégie pays et programme indicatif national pour la période 2008-2013. Bruxelles, 2007, 89 p.

(1) Les financements du groupe AFD

56

d’obtenir un différé de remboursement ; • des garanties (pour les emprunts bancaires supérieurs à 4 millions EUR) ; • des prises de participation, qui sont toujours minoritaires et destinées à être cédées après une période moyenne de six ans (fonds propres et fonds d’investissement). Proparco intervient directement dans la prise de participation si leur montant est supérieur à deux millions EUR. En deçà, elle passe par les sociétés de capital-risque dans lesquelles elle est actionnaire. Pour les projets inférieurs deux millions EUR, les financements de la Proparco sont octroyés par l’intermédiaire des banques locales. Elle met à leur disposition des lignes de crédit en euros pour l’octroi de prêts aux PME. Ces prêts peuvent aller jusqu’à 100 000 EUR, pour une durée comprise entre trois et dix ans. Proparco offre également des services d’ingénierie financière. (2) Les instruments de promotion du commerce extérieur Cap Export : Le dispositif public « Cap Export » soutient les PME françaises dans leurs projets de développement à l’étranger. En France, il est géré par Ubifrance. Ce programme intervient dans trois domaines : • le financement des projets de développement à l’étranger ; • l’information sur le marché prospecté (bases de données, études de marché, etc.) ; • les actions de promotion collective à l’export. Afin de faciliter la prospection, « Cap Export » propose deux avantages : • des crédits d’impôt export, qui réduisent les dépenses liées à la prospection commerciale ; • des exonérations d’impôts sur les revenus des salariés chargés de la prospection commerciale, au-delà de 120 jours passés à l’étranger. Ce programme inclut le Volontariat international en entreprise (VIE), lequel fait l’objet d’un chapitre spécifique (4. C.). La Coface : La mission de la Coface est de faciliter le commerce entre les entreprises. Elle propose des services de financement, d’assurance-crédit, de gestion de créances et d’information aux entreprises. Les outils qu’elle fournit sont notamment : • l’assurance-prospection. Elle couvre le risque d’échec commercial d’une action de prospection et propose une avance de trésorerie. Cette assurance est destinée exclusivement aux entreprises françaises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 150 millions EUR ; • l’assurance-investissement. Les risques couverts sont ceux de non recouvrement, d’atteinte à la propriété et de déni de justice. La durée de garantie varie entre cinq et quinze ans, quelle que soit l’évolution de la situation à Madagascar. Les pertes sont indemnisées à hauteur de 95% ; • l’assurance-change. L’assurance-change négociation couvre 100% des pertes de change. Le coût varie en fonction de la durée de négociation, de la devise garantie et d’un éventuel intéressement. L’assurance-change contrat couvre l’ensemble des échéances du contrat d’exportation, à hauteur de 100% des pertes de change ; • l’assurance-crédit export. Cette assurance couvre le risque de fabrication : retard de paiement, coût d’arrêt du chantier, risque portant sur le matériel de l’entreprise. La perte est constatée au bout de six mois. L’indemnité est généralement fixée à 95% de la perte. Le détail de ces produits ainsi que les conditions d’adhésion sont disponibles sur le site de la Coface : www.coface.fr. Le Fasep : Le Fonds d’étude et d’aide au secteur privé (Fasep) est un fonds géré par la direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE). Le Fasep se décline de deux façons : • le Fasep-études finance, moyennant certaines conditions, des prestations de services réalisées par les entreprises ou les consultants français, et destinés à des clients étrangers de pays en développement, dont Madagascar. Tous les secteurs d’activité sont

57

concernés (excepté la défense) ; • le Fasep-garantie soutient les PME à capitaux français ouvrant une filiale à l’étranger. Il s’agit d’un fonds de garantie des investissements contre les risques économiques liés à une implantation. Les conditions d’éligibilité et le contenu des prestations du Fasep sont susceptibles d’évoluer rapidement. Les informations actualisées sont disponibles sur le site www.exporter.gouv.fr, onglet « Vos appuis ». Les Directions Régionales du Commerce Extérieur (DRCE) : Les DRCE sont les relais en région du dispositif français d’appui au commerce extérieur. Ces interlocuteurs de proximité proposent des aides qui varient d’une région à l’autre. Les adresses des vingt-quatre DRCE sont disponibles sur le site www.missioneco.org, onglet « DRCE ».

2.

Les mécanismes de garantie décisifs dans l’obtention d’un financement
La loi n°2003-041 du 15 juillet 2004 a réformé le droit des sûretés à Madagascar. Il existe plusieurs types de garantie que les entreprises peuvent utiliser pour augmenter leur chance d’obtenir un financement bancaire. Les garanties protègent le créancier contre le risque de non remboursement. Les entreprises peuvent souscrire à : • un cautionnement, par lequel les banques locales et les institutions étrangères garantissent la solvabilité de l’entreprise. Les filiales peuvent faire appel à la caution de leur maison mère ; • un nantissement, qui porte sur un bien mobilier précis affecté au remboursement de la dette en cas de défaillance du débiteur (fonds de commerce, matériel professionnel, stocks, marchandises, actions, parts sociales et droits de propriété industrielle) ; • une hypothèque, qui porte sur un bien immobilier utilisé lors d’un emprunt, notamment immobilier. La jouissance du bien hypothéqué revient au créancier en cas de non paiement de la dette. D’une manière générale, les petites entreprises ont recours aux hypothèques. Les grandes entreprises, dont les besoins de financement sont plus importants, recourent davantage au cautionnement.

3.

Le système bancaire et financier local
Même s’il est peu diversifié, le système financier malgache est globalement solide. Il est 54 dominé par le secteur bancaire, qui totalise plus de 95% des actifs en 2007 .

a.

Le développement du réseau bancaire, marqué par l’histoire politique du pays
Le système financier malgache s’est développé dans les années 1950. Cette période, marquée par l’émergence de banques privées à capitaux étrangers, a pris fin avec la crise politique de 1972. Cette date a marqué le début de la période socialiste, qui s’est notamment traduite par un profond bouleversement du paysage bancaire à Madagascar. Le pays a alors 55 choisi l’indépendance monétaire, et s’est retiré de la zone CFA en juin 1973. S’en sont suivies la création de la Banque centrale et la nationalisation des banques commerciales. Cette importante restructuration a donné naissance à trois banques publiques spécialisées : • la Banque nationale pour le développement de l’agriculture (BTM) ; • la Banque nationale pour l’industrie (BNI) ; • la Banque nationale pour le développement du commerce (BFV). Suite à la mise en place d’une politique d’ajustement structurel, initiée en 1986, le secteur bancaire s’est progressivement ouvert aux investisseurs privés nationaux et internationaux. Les banques ont été privatisées, et le rôle de la Banque centrale s’est trouvé renforcé. Le
54 55

Les statistiques disponibles concernent uniquement les banques, les établissements financiers et les institutions de microfinance. Communauté financière d'Afrique.

58

statut d’établissement de crédit a été introduit et la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF) a été créée. Celle-ci délivre et suspend les agréments, contrôle les établissements de crédit et veille au respect des normes légales (ratio Cooke, division des risques, états financiers, etc.). Le désengagement de l’Etat s’est achevé avec la cession de ses participations majoritaires dans la BFV (1998) et dans la BTM (1999). Ce retrait a permis l’arrivée de grands groupes étrangers. Ainsi, en 2008, les huit banques commerciales du pays sont détenues par des capitaux étrangers. Ces banques sont : • la BFV Société Générale (BFV-SG) ; • la BNI Madagascar, filiale du Crédit Agricole ; • la Banque malgache de l’océan Indien (BMOI), détenue majoritairement par la BNP Paribas ; • la Mauritius Commercial Bank (MCB Madagascar) ; • la State Bank of Mauritius Madagascar (SBM Madagascar) ; • la Bank of Africa Madagascar (BOA Madagascar), filiale du groupe Bank of Africa ; • la Banque industrielle et commerciale de Madagascar (BICM), détenue majoritairement par un investisseur hongkongais ; • Accèsbanque Madagascar, détenue à 22,4% par l’allemand AccessHolding. Ces banques sont le reflet des principaux partenariats commerciaux de Madagascar : relations commerciales historiques avec la France, développement de l’investissement mauricien dans le secteur textile et émergence des relations commerciales avec la Chine.

b.

Caractéristiques du secteur bancaire
Les huit banques présentes en 2008 sont toutes contrôlées par des capitaux étrangers. Le secteur se singularise par sa forte concentration, ainsi que par l’importance de la présence française. Les trois banques françaises se partagent 61,9% du marché bancaire et 65,2% de l’encours total des crédits distribués en 2007. En 2008, le secteur bancaire est encore émergent, puisque le taux de bancarisation est de l’ordre de 3% seulement. Toutefois, le réseau couvre l’ensemble du territoire, à l’exception du Sud-Ouest du pays. On dénombrait 134 agences bancaires fin 2007, soit un guichet pour 134 000 habitants environ. D’une manière générale, l’arrivée des banques étrangères a permis de renforcer le secteur : à l’exception d’une banque - qui connaît des problèmes structurels de fonds de roulement en 2008 - toutes les banques sont56 solides. Elles sont correctement capitalisées avec des ratios de solvabilité supérieurs à 10% . De plus, le secteur est très rentable, et dégage un bénéfice net global chaque année. Malgré la privatisation du secteur, l’Etat détient encore des participations minoritaires dans trois banques du pays : la BNI Madagascar, la BFV Société Générale et la BOA. Plusieurs hauts fonctionnaires du ministère des Finances siègent au conseil d’administration de ces banques. L’offre de crédit est encore faible à Madagascar. Les banques prêtent relativement peu, pour trois raisons principales : • de nombreuses demandes de crédit souffrent d’un manque de garanties. De plus, les dossiers ne répondent pas toujours aux critères des banques ; • pour financer son fonctionnement, l’Etat émet des bons du Trésor. Même si leur taux d’intérêt a nettement baissé entre 1996 et 2008 (pour passer de 30 à 12%), ces bons constituent encore une source sûre et rémunératrice. Les banques ont donc tendance à prêter à l’Etat, sans forcément jouer leur rôle de financement de l’activité économique ; • le ratio de transformation (ratio Cooke), imposé par la réglementation bancaire, limite la capacité des banques à transformer leurs ressources de court terme en prêts à long terme. Le marché bancaire est très liquide à Madagascar. En 2004, le ratio « dépôt sur prêt » était estimé à 192%. Les banques commerciales, qui disposent d’importantes liquidités et qui ne
56 Le ratio Cooke, édité par le comité de Bâle, impose un minimum de 8%. Il est appliqué à Madagascar (instruction n°001-2006CSBF du 13 octobre 2006). En 2007, la moyenne de ce ratio était de 13,4% pour l’ensemble du système bancaire, avec un minimum de 10,2% et un maximum de 211,3%.

59

sont donc pas contraintes dans leur refinancement, ne sont pas obligées de suivre le taux de refinancement décidé par la Banque centrale. La Banque centrale peine donc à influer sur les taux pratiqués par les banques locales. Aucun marché boursier n’existe à Madagascar.

c.

Autres institutions financières
Les autres institutions composant le système financier malgache sont les institutions de microfinance 57 (IMF), la Caisse d’épargne de Madagascar (CEM) ainsi que des sociétés de capital-risque . Au début des années 1990, la défaillance du système bancaire en milieu rural a donné naissance à des institutions de microfinance, qui se sont multipliées à partir de 1996. Elles connaissent aujourd’hui un succès certain, et concernent de petits prêts destinés aux acteurs locaux exclus des financements bancaires classiques. Avec un réseau de dix-neuf caisses locales, la CEM compte plus de 770 000 épargnants pour une épargne totale d’environ 80 milliards MGA (29,06 millions EUR).

4.

Offre des banques locales
En théorie, le système bancaire malgache met à disposition des entreprises une gamme variée de produits, identiques à ceux proposés sur le marché européen. Ces produits couvrent les différents besoins de l’entreprise : financement des investissements, gestion courante de trésorerie, opérations de commerce extérieur, etc. Les différentes agences réparties sur le territoire national mettent à la disposition de leur clientèle des outils modernes de transaction et de gestion. 58 En 2008, huit banques territoriales se partagent le marché malgache. En raison de l’absence d’un marché boursier, les intermédiaires financiers concentrent la quasi-totalité des crédits. Les entreprises privées contrôlent la majorité des crédits bancaires : elles cumulaient 84% des encours en 2006, contre 13,4% pour les particuliers et 1,7% pour les entreprises publiques. Toutefois, les financements octroyés sont essentiellement de court terme. Les crédits à long terme restent limités, ils représentaient 6% des crédits distribués fin 2005. Entre 2000 et 2004, les prêts à moyen terme ont fortement progressé, passant de 13 à 24% du total des prêts. Types de crédits octroyés aux entreprises privées (en milliard MGA)
2002 Crédits à court terme Crédits à moyen et long terme 346,64 99,22 2003 410,9 120,6 2004 508,3 185,1 2005 648 195,1 2006 747,4 245,3

Source : Banque centrale de Madagascar, rapport annuel

Evolution des crédits octroyés aux entreprises de 2002 à 2007 (en milliard MGA)

57 58

L’activité des sociétés de capital-risque est présentée dans le paragraphe « Offre des banques locales » ci-dessous. La loi bancaire malgache distingue cinq catégories d’établissement de crédit : les banques territoriales, les établissements financiers, les institutions de microfinance, les banques extraterritoriales et les institutions financières spécialisées. On ne dénombre pour l’instant aucune institution relevant des deux dernières catégories.

60

Source : Banque centrale de Madagascar, rapport annuel

L’accès au crédit est difficile à Madagascar. La faiblesse de l’offre figure parmi les principales contraintes pesant sur les entreprises, en particulier les PME. Les taux d’intérêts sont élevés, et peu de dossiers remplissent les conditions d’éligibilité. Aussi, les crédits restent concentrés sur quelques grandes entreprises. Les entreprises françaises sont parmi les premières bénéficiaires de crédits octroyés localement. En 2006, elles cumulaient 37,9% des crédits alloués au secteur privé à Madagascar. En comparaison, les entreprises contrôlées par des capitaux malgaches concentraient 34,8% des crédits en 2006. Les financements en devises étrangères sont surtout utilisés dans les opérations liées au commerce extérieur. Leurs taux sont attractifs, comparés à ceux pratiqués pour les financements en monnaie locale. Il convient toutefois de se prémunir contre le risque de 59 change . Evolution des taux d’intérêt bancaires appliqués aux entreprises (en %)
2005 Min Taux appliqués aux crédits en ariary : - court terme - moyen terme - long terme Taux appliqués aux crédits en euros : - court terme - moyen terme - long terme 2,10 4,60 12,17 9,10 8,48 4,58 2,49 4,60 9,50 10,00 5,93 4,60 9,36 8,32 9,49 9,36 11,88 10,90 11,95 24,00 20,54 16,80 12,34 10,40 9,80 28,00 20,59 17,47 10,56 11,04 11,18 40,50 16,81 15,95 Max Min 2006 Max Min 2007 Max

Source : Banque centrale de Madagascar, direction du crédit

Crédit bail : La pratique du crédit-bail est encore marginale à Madagascar, et concerne peu d’établissements en 2008, dont Equibail, filiale du groupe BOA, ou BNI leasing, filiale de la BNI. Selon les responsables du secteur, le crédit-bail devrait se développer considérablement dans les années à venir car il répond à un réel besoin. Le crédit-bail est encadré par la loi n°2004-052 du 28 janvier 2005. Cette formule de location, dans laquelle le bien qui fait l’objet du bail sert de garantie, permet de contourner les
59

Se reporter au paragraphe « Instruments de promotion du commerce extérieur » de cette partie.

61

conditions d’emprunts édictées par les banques. Ainsi, elle devrait permettre aux entreprises ne présentant pas suffisamment de garanties d’accéder à l’équipement nécessaire pour le développement de leurs activités. Capital-risque : En l’absence de banques d’affaires, plusieurs sociétés de capital-risque complètent l’offre des banques commerciales à Madagascar. On dénombre trois principales sociétés : la Société nationale de participation (Sonapar), la Société Financière Aro (Fiaro) et la Société investissement et partenariat capital (I&P Capital). La Société nationale de participation (Sonapar) a été créée au moment de la privatisation de la BNI, en 1991. Les participations industrielles et commerciales que détenait l’Etat via la BNI 60 ont été transférées au profit de la Sonapar. En vertu la nouvelle loi bancaire , une banque ne pouvait plus détenir autant de participations qu’elle le souhaitait dans le capital d’une entreprise commerciale. La Sonapar intervient dans les prises de participation au capital ainsi que dans les avances d’actionnaires. Les participations sont comprises entre 5 et 40% du capital des entreprises. Elles sont généralement cédées au bout de trois à dix ans. Les taux d’intérêts des avances d’actionnaires correspondent au taux directeur de la Banque centrale, majoré de deux points. La société Fiaro, créée avec l’appui technique et financier de l’IFC et de Proparco, propose des participations au capital (65% de son activité) ainsi que des prêts (35%). Les participations au capital sont toujours minoritaires (40% du capital au maximum). Leur durée est comprise entre trois et sept ans. Les participations sont ensuite prioritairement revendues à l’entreprise. Fiaro propose également des avances d’actionnaires pour lesquelles elle n’exige pas systématiquement de garanties. Les taux d’intérêt sont négociés au cas par cas, et sont généralement inférieurs aux taux du marché. La durée de remboursement varie de trois à sept ans. La Société investissement et partenariat capital (I&P Capital) intervient uniquement dans les prises de participation au capital de SA et de SARL. Ses participations sont limitées à 50% du capital total de l’entreprise. Depuis février 2008, la société d’assurance Colina Madagascar fournit une assurance à l’exportation pour les entreprises opérant à Madagascar. Cette initiative, soutenue par la BOA Madagascar et l’IFC, assure les entreprises exportatrices contre le risque de non-paiement.

60

Arrêté n°91-923 du 19 février 1991.

62

Tableau récapitulatif des sources de financement
Conditions d’éligibilité Plafond Conditions de déblocage
61

Structure

Nature du financement

Conditions de financement Echéance Taux d’intérêt

Possibilité d’obtenir une garantie Oui

BEI 50% de l’investissement

Prêts directs

- tous les secteurs - montant supérieur à 10 millions EUR

5 à 12 ans

Négociés au cas par cas, mais généralement inférieurs aux taux proposés par les banques locales Taux du marché Négociable avec l’intermédiaire financier concerné

Possibilité d’un délai de grâce Oui

Lignes de crédit 50% de l’investissement

5 à 12 ans

- Mise en place des garanties - Constitution effective de fonds propres Déterminées par l’intermédiaire financier concerné

-

Prêts directs accordés dans le cadre du fonds Infac -

- PME de tout secteur - investissement inférieur à 10 millions EUR - approbation du dossier par l’intermédiaire financier bénéficiant de la ligne de crédit - secteur privé de pays ACP - entreprises commerciales du secteur public de pays ACP - préférence pour les projets hautement risqués mais à forte rentabilité Moyen et long terme -

- Mise en place des garanties - Constitution effective de fonds propres

Oui (accès à d’autres sources de financement et pour l’émission de titres)

Prises de participation au capital dans le cadre du fonds Infac Minoritaire

- secteur privé de pays ACP - préférence pour les projets hautement risqués mais à forte rentabilité

Négociée au cas par cas

- Taux du marché pour les investissements de moyen terme - Taux inférieurs aux taux du marché pour les investissements de long terme - Possibilité de taux bonifiés -

-

Effectivité de la contribution des autres actionnaires

-

61

Conditions générales auxquelles peuvent s’ajouter des conditions spécifiques qui dépendent de la source de financement, de la nature du projet, des caractéristiques du promoteur, etc.

63

Tableau récapitulatif des sources de financement (suite 1)
Eligibilité Plafond Conditions de déblocage Engagement du bénéficiaire à contribuer au moins au tiers des dépenses éligibles Possibilité d’obtenir une garantie Non Conditions de financement Echéance Taux d’intérêt Possibilité d’un délai de grâce -

Structure

Nature du financement

CDE

Assistance financière non remboursable

- Services liés au développement d’une entreprise d’un pays ACP - Actifs de l’entreprise compris entre 80 000 et 10 millions EUR ou chiffre d’affaires annuel supérieur à 250 000 EUR (possibles exceptions pour les sociétés de service) - Organisations intermédiaires du secteur privé (associations, fédérations d’entreprises, centres techniques, etc.) 67% des dépenses éligibles, sans dépasser 50 000 EUR par entreprise Engagement du bénéficiaire à contribuer au moins au tiers des dépenses éligibles

20% du chiffre d’affaires, sans dépasser 50 000 EUR par projet et par an

Assistance financière non remboursable accordée dans le cadre du programme Proinvest

- Assistance technique - Entreprise ayant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 250 000 EUR - Investissements supérieur à 80 000 EUR - Projets portés par les organisations intermédiaires du secteur privé

Non

64

Tableau récapitulatif des sources de financement (suite 2)
Plafond Possibilité d’obtenir une garantie Oui

Structure

Nature du financement Conditions de déblocage - Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres

Eligibilité

IFC

Prêts importants et directs (de 1 à 100 millions USD en général)

Tous les secteurs d’activité

Conditions de financement Echéance Taux d’intérêt Possibilité d’un délai de grâce Oui 7 à 12 ans Négociés au cas par cas, généralement inférieurs aux taux proposés par les banques locales

Tous les secteurs

- Cas général : 25% de l’investissement - Investissements de faible envergure : 35% de l’investissement - Projets d’expansion : 50% de l’investissement, sans dépasser 25% de la capitalisation totale de l’entreprise 35% du capital de l’entreprise 8 à 15 ans 1 milliard MGA (363 253,29 EUR) 3 à 5 ans Taux du marché Oui

Non

Prise de participation au capital Financements octroyés par le CSPME

Effectivité de la contribution des autres actionnaires - Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres Oui - Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres

Non

BAfD

Prêts directs

- PME, y compris celles n’ayant pas de garanties - Investissement ou fonds de roulement compris entre 100 millions et 1 milliard MGA (36 325,32 et 363 253,29 EUR) - Investissement supérieur à 10 millions USD - Priorité aux entreprises des secteurs de l’énergie et des transports 33% du l’investissement 15 ans Négociés au cas par cas, généralement inférieurs aux taux proposés par les banques locales Taux du marché

Oui

Lignes de crédit

Fixé par l’intermédiaire financier bénéficiant de la ligne de crédit

Onudi

Financements

- Investissement inférieur à 10 millions USD - Approbation du dossier par l’intermédiaire financier bénéficiant de la ligne de crédit - Entreprises à Madagascar - Investissements immatériels et matériels

A voir avec Fixée par l’intermédiaire l’intermédiaire financier financier bénéficiant de la bénéficiant de la ligne de crédit ligne de crédit Le détail des conditions sera précisé au début de l’année 2009

- Déterminées par l’intermédiaire financier bénéficiant de la ligne de crédit Non

65

Tableau récapitulatif des sources de financement (suite 3)
Eligibilité Plafond Echéance Condition de déblocage Possibilité d’obtenir une garantie

Structure

Nature du financement

Prêts directs

- Montant supérieur à deux millions EUR - Tous les secteurs d’activité 15 ans

Pas de plafond prédéterminé

- Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres

Garantie Proparco (pour des crédits supérieurs à 4 millions EUR)

Proparco 100 000 EUR 3 à 10 ans

Lignes de crédit

- Investissement inférieur à deux millions EUR - Approbation du dossier par l’intermédiaire financier bénéficiant de la ligne de crédit

Conditions de financement Possibilité Taux d’intérêt d’un délai de grâce Négociés au cas par cas, généralement Oui inférieurs aux taux des banques locales Négociable avec l’intermédiaire financier Taux du marché bénéficiant de la ligne de crédit - Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres Effectivité de la contribution des autres actionnaires

Garantie Ariz (souscrite par les banques pour des prêts inférieurs à 2 millions EUR)

Prises de participation directes au capital des entreprises 20% du capital 6 ans en moyenne Pas de plafond prédéterminé Négocié au cas par cas Taux du marché

A partir de 2 millions EUR

-

Banques locales

Prêts directs

Tous les secteurs

Négocié au cas par cas

Oui

Avances d’actionnaire

3 à 7 ans

Oui

Sonapar

- Tous les secteurs - Participation obligatoire de la Sonapar au capital de l’entreprise (5 à 40%) - Société de droit malgache Pas de plafond prédéterminé

Taux directeur majoré de deux points

Non

Prises de participation au capital

- Tous les secteurs d’activité - Uniquement dans les sociétés de droit malgache

40% du capital

3 à 10 ans

-

-

- Mise en place des garanties - Constitution effective des fonds propres - Participation effective de la Sonapar au capital - Mise en place des garanties - Effectivité de la contribution des autres partenaires Effectivité de la contribution des autres actionnaires

66

Tableau récapitulatif des sources de financement (suite 4)
Eligibilité Plafond Possibilité d’un délai de grâce Oui - Participation effective de la Fiaro au capital - Mise en place des garanties - Effectivité de la contribution des autres actionnaires Condition de déblocage Conditions de financement Echéance Taux d’intérêt Possibilité d’obtenir une garantie Non

Structure

Nature du financement

Fiaro

Avances d’actionnaires

Pas de plafond prédéterminé

3 à 7 ans

Négociés au cas par cas, généralement inférieurs aux taux du marché

Prises de participation au capital 40% du capital 3 à 7 ans 50% du capital

-

I&P Capital

Prises de participation au capital

- Tout secteur - Participation obligatoire de la Fiaro au capital de l’entreprise (40% au maximum) - SA et SARL avec commissaires aux comptes - Montant minimum de 20 millions MGA (7 265,06 EUR) - Tout secteur - SA et SARL avec commissaires aux comptes - Tout secteur - SA et SARL Effectivité de la contribution des autres actionnaires 4 à 7 ans Effectivité de la contribution des autres actionnaires Se renseigner auprès des structures concernées

Non

Instruments de promotion du commerce extérieur (Coface, Fasep, appuis en région)

Garanties, subventions, assurances, etc.

Entreprises françaises intéressées par les marchés extérieurs

67

B. Convertibilité et contrôle des changes
Les relations financières de Madagascar avec l’étranger sont essentiellement régies par le nouveau Code des changes (loi n°2006-008 du 2 août 2006). En janvier 2008, le décret d’application n’est toujours pas paru. Le projet de décret mis au point par le ministère projette de modifier certaines dispositions actuellement en vigueur. Il sera donc nécessaire de suivre ces évolutions.

La libéralisation du contrôle des changes à Madagascar date de 1996, et de l’adhésion du pays à l’article VIII des statuts du FMI. Toutefois, ces efforts n’ont pas été poursuivis. Ainsi, en 2008, la convertibilité de la monnaie n’est pas totale : • la monnaie est librement convertible dans le cadre des opérations courantes. Les restrictions ont été supprimées suite à l’adhésion à l’article VIII des statuts du FMI, en septembre 1996 ; • les opérations en capital restent soumises à condition.

1.

Marché des changes
Suite à l’adoption du taux de change flottant en 1994, l’Etat a créé un marché de change en 1996 : le marché interbancaire de devises (MID). L’accès à ce marché est limité aux banques. L’achat et la vente de devises doivent donc impérativement passer par ces intermédiaires. Même si le taux de change est officiellement flottant à Madagascar, la Banque centrale intervient sur le MID, pour stabiliser l’ariary par rapport à l’euro et au dollar. Evolution du cours de l’ariary
3000 2500 2000 1500 1000 500 0 janv-05 janv-06 janv-07 janv-08 2417 2571 2130 1810 2624 2607

2004 1786 EUR USD

Source : Banque centrale, janvier 2008

En 2006, le marché des changes était dominé par trois grandes banques, qui concentraient 80% du volume des transactions. Les coûts de transaction sur le marché des changes sont élevés. D’une part, les intermédiaires bancaires peuvent pratiquer des commissions élevées puisqu’ils occupent une position de quasi monopole. D’autre part, les coûts sont le reflet de l’opacité du marché, et de l’impossibilité pour les opérateurs d’intervenir en temps réel. La valeur moyenne des transactions journalières, en euros et en dollars, réalisées en 2007 sur le MID est estimée à 3 184 449,69 EUR et 4 799 456,44 USD.

2.

Convertibilité de la monnaie
Madagascar a adhéré en septembre 1996 à l’article VIII des statuts du FMI. Celui-ci impose la convertibilité de la monnaie dans le cadre des opérations courantes. Cette réforme s’est

68

traduite par l’adoption de nouveaux textes, visant à supprimer les restrictions de change sur les paiements extérieurs courants. Toutefois, la coexistence de ces nouveaux textes avec l’ancien Code des changes était source d’incohérences et d’interprétations contradictoires de la réglementation. Le nouveau Code des changes entend remédier à ce flou juridique, en regroupant et clarifiant les différents textes déjà existants. Dans les faits, la réglementation reste trop vague, le décret d’application est donc très attendu.

3.

Opérations en capital
Les transactions en capital désignent la constitution, le changement de consistance, la cession et la liquidation des avoirs d’un résident malgache à l’étranger, ou des avoirs d’un non-résident à Madagascar. Le nouveau Code des changes demeure flou en la matière. D’une manière générale, les opérations dites en capital sont soumises à l’autorisation préalable du ministre chargé des Finances et les sanctions en cas d’infraction sont très lourdes. En l’état actuel de la législation, il est impossible de rentrer dans les détails.

4.

Opérations courantes
D’après le nouveau Code des changes, les opérations courantes désignent : • l’ensemble des paiements dus au titre du commerce extérieur et des autres opérations courantes (services et facilités normales à court terme de banque et de crédit) ; • les paiements dus au titre des intérêts sur les prêts et les revenus nets d’autres investissements ; • les dotations aux amortissements pour emprunts et augmentations de capital ; • les envois de fonds pour charges familiales. Sous réserve de déclaration, les opérations courantes sont libres à Madagascar. Il s’agit des opérations suivantes : paiement des dividendes ; rapatriement des bénéfices après impôts ; rapatriement des intérêts pour les prêts accordés à la filiale ; rapatriement des redevances ; rapatriement des produits de cession d’actions ; rapatriement des revenus de service technique. Ouverture d’un compte en devises : D’après le décret n°95-082 du 24 janvier 1995 portant réglementation des comptes en devises, toute personne physique ou morale, résidente ou non à Madagascar, est autorisée à ouvrir un compte en devises auprès des banques primaires malgaches. Ces comptes peuvent être alimentés par : • des virements reçus directement de l’étranger ; • des versements en numéraires ; • des chèques de voyage ou bancaire ; • des virements d’un compte en devises à un autre. Transfert de devises : 62 Sous réserve d’une simple déclaration auprès des intermédiaires agréés (banques et bureaux de poste), toutes les opérations de transfert courant vers l’étranger - au profit des non-résidents et des résidents de nationalité étrangère - sont libres, du moment qu’elles ne portent pas sur des opérations dites en capital. Le décret n°2004-815 du 9 septembre 2004 réglemente les transferts entre comptes en devises. Sont autorisés : • les virements de compte à compte entre non-résidents malgaches ;
62

« Convention d’apport en compte courant ».

69

• les virements entre entreprises franches ; • les virements effectués par une entreprise de zone franche pour l’achat de biens et de services sur le territoire national ; • les opérations dont les modalités de règlement sont régies par des conventions particulières signées par l’Etat. Sont interdits : • les virements de compte à compte entre résidents malgaches ; • les virements de compte à compte entre un résident et un non-résident. Rapatriement de devises : Les entreprises présentes sur le territoire malgache ont obligation de rapatrier à Madagascar l’ensemble de leurs revenus réalisés à l’étranger. Toute entrée et sortie de 63 devises d’un montant supérieur à 7 627 EUR doivent être déclarées auprès des services des Douanes. L’entrée en vigueur des textes d’application du nouveau Code des changes devrait porter ce montant à 8 000 EUR. Délais : Les devises issues des exportations doivent être rapatriées dans un délai de 180 jours à compter de la date d’expédition des marchandises. Ce délai est porté à 190 jours pour les entreprises franches.

C. Volontariat international en entreprise (VIE) D. Modes et instruments de paiement
L’utilisation de la monnaie fiduciaire est dominante à Madagascar. Le taux de bancarisation est de 3%. La majorité de la population a donc peu recours aux services proposés par les banques. De façon symptomatique, on compte en moyenne sept guichets de banques pour un million d’habitants. Le secteur informel représente environ 30% du PIB. Les entreprises, notamment celles de moyenne et de grande dimension, utilisent des instruments de paiement diversifiés : chèques, virements, paiements électroniques.

1.
a.

Les instruments de paiement
Règlements en espèces
En raison d’un faible taux de bancarisation (3%), la monnaie fiduciaire est l’instrument le plus utilisé à Madagascar. En 2007, elle représentait 40,4% des disponibilités monétaires du pays. Elle est encore très utilisée dans le secteur agricole, quelque soit le montant de la transaction. Cette pratique est coûteuse pour la Banque centrale (frais d’imprimerie, remplacement de billets usés).

b.

Règlements scripturaux

63

La loi mentionne « 50 000 FRF », soit 7 627 EUR.

70

Le chèque est l’instrument de paiement le plus utilisé dans ce domaine. Toutefois, son usage reste essentiellement limité aux entreprises. Une certaine méfiance persiste à son égard, en raison des impayés encore nombreux. Pourtant, la loi n°2004-020 du 19 août 2004 sur le blanchiment, le dépistage, la confiscation et la coopération internationale en matière de produits du crime impose l’obligation de régler par chèque ou par virement les transactions d’un montant supérieur à 10 millions MGA (3 632,53 EUR). De plus, des efforts pour sécuriser cet instrument de paiement sont perceptibles à travers la loi n°2005-045 du 14 janvier 2005 relative à la prévention et à la répression des infractions en matière de chèque. Ces efforts sont toutefois encore insuffisants. L’introduction du chèque à lecture optique s’avère nécessaire, aussi bien pour accélérer le traitement des chèques que pour en augmenter la sécurité. L’utilisation de la lettre de crédit reste très limitée et ne concerne généralement que les partenaires ayant déjà tissé de solides relations de confiance.

c.

Règlements électroniques
Cet instrument de paiement est relativement récent à Madagascar, et son utilisation reste limitée. Il concerne principalement les transactions avec l’étranger, notamment entre une maison mère et sa filiale. En raison des frais d’utilisation élevés, il porte davantage sur des sommes élevées. De plus, la loi n°2005-045 du 14 janvier 2005 ne comprend aucun volet relatif au paiement électronique. Aucun dispositif réglementaire sur la sécurisation des instruments dématérialisés n’a été mis en place. Toutefois, la loi n°2004-020 du 19 août 2004 sur le blanchiment, le dépistage, la confiscation et la coopération internationale en matière de produits du crime favorise l’utilisation de cet instrument de paiement, puisqu’elle oblige de régler par virement bancaire ou par chèque les transactions supérieures à 10 millions MGA (3 632,53 EUR). Les cartes de paiement commencent à être vulgarisées auprès des clients des banques. Certaines entreprises utilisent les terminaux de paiement électroniques. Enfin, le réseau de guichets automatiques est relativement étendu, principalement dans les grandes villes du pays. En 2008, l’utilisation de la carte Mastercard est quasiment impossible. La carte Visa et les cartes des banques locales sont les seules utilisées dans le pays. La loi n’autorise pas les règlements par compensation de créances.

2.

Les délais de paiement
Les délais de paiement demeurent un sujet délicat dans les transactions commerciales à Madagascar. Il est conseillé d’y accorder une attention particulière lors des négociations. Néanmoins, l’introduction d’une clause de délai dans le contrat ne garantit pas forcément sa bonne exécution, certaines entreprises étant peu regardantes sur la question. Dans la pratique, le délai de paiement moyen va de 30 à 60 jours. Des délais plus longs sont observés dans le cadre de paiements liés à l’exécution des marchés publics. Le système de règlement par compensation décentralisée (Syrcod) a été mis en place en 2007. Ce système permet la consultation à distance des renseignements nécessaires pour le paiement des chèques et vise à harmoniser les délais d’encaissement des chèques avec ceux pratiqués en France : deux jours pour le traitement d’un chèque sur place (payable dans la même ville), et cinq jours pour un chèque hors place. Néanmoins, cette réglementation n’est pas encore appliquée. En 2008, le délai d’encaissement est encore de deux à cinq jours pour un chèque sur place, et de 21 à 60 jours pour un chèque hors place. La pratique de l’affacturage, opération permettant à une entreprise de vendre ses créances commerciales pour des raisons de trésorerie, est encore quasi inexistante à Madagascar. Afin de s’assurer d’être effectivement payés, les opérateurs privés peuvent souscrire à des crédits documentaires. Ils sont largement utilisés dans le cadre des opérations d’importexport.

71

E. Environnement comptable
L’entrée en vigueur au 1 janvier 2005 du plan comptable général 2005 (PCG 2005) a permis 64 l’harmonisation de la comptabilité malgache avec les normes IAS / IFRS , en vigueur dans les pays européens. Il n’existe pas de transposition de la loi « Sarbanes Oxley » dans la législation malgache.
er

1.

Plan comptable et obligations comptables
La comptabilité malgache est régie par le Code du commerce, le Code général des impôts et la loi de finances révisée annuellement. Toutes les personnes morales ou physiques relevant du Code du commerce ont l’obligation 65de tenir une comptabilité, à l’exception des établissements de crédit et des assurances .

a.

Régimes fiscaux
La législation malgache distingue trois régimes fiscaux : • le régime du réel : pour les personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires est supérieur à 200 millions MGA (72 650,65 EUR) ; • le régime du réel simplifié : pour les personnes ayant un chiffre d’affaires compris entre 20 et 200 millions MGA (7 265,06 et 72 650,65 EUR) ; • le régime de l’impôt synthétique : pour les personnes ayant un chiffre d’affaires inférieur à 20 millions MGA (7 265,06 EUR). Le régime fiscal est établi en fonction du chiffre d’affaires considéré au 31 décembre de l’année précédente.

b.

Obligations comptables
Les obligations comptables diffèrent selon le régime fiscal de l’entreprise. Les états financiers des entreprises peuvent être consultés auprès du tribunal de commerce, mais cette possibilité reste assez théorique compte tenu du faible nombre d’entreprises qui déposent leurs états financiers. Les documents comptables sont tenus en ariary et peuvent être rédigés en malgache ou en français. Ils correspondent à une année fiscale, et sont conservés pendant dix ans au minimum. La comptabilité nationale est compatible avec les normes internationales IFRS.

(1) Entreprises relevant du régime du réel Les entreprises concernées doivent fournir : • une copie du bilan ; • un compte de résultat par fonction ; • un compte de résultat par nature ; • un tableau des flux de trésorerie ; • un état de variation des capitaux propres ; • l’annexe des états financiers ; • un état détaillé des charges déductibles au niveau des trois chiffres du plan comptable en vigueur ; • un relevé des amortissements et des provisions constituées par prélèvement sur les bénéfices avec l’indication précise de l’objet de ces amortissements et provisions ; • un état faisant ressortir les noms et adresses des bénéficiaires d’intérêts ou d’arrérages portés en charge ainsi que le montant perçu par chacun. (2) Entreprises relevant du régime du réel simplifié

Normes comptables internationales / Normes internationales d’information financière. Les établissements de crédit ainsi que les assurances sont soumis à des plans comptables spécifiques dont les nouvelles versions sont entrées en vigueur en 2005 et en 2007. Les textes ont disponibles sur www.csc.org.mg.
65

64

72

La comptabilité de ces entreprises est simplifiée. Elles ont obligation de suivre le système minimal de trésorerie, ou comptabilité de trésorerie, et de faire apparaître l’excédent brut d’exploitation. Elles doivent également présenter : • le relevé des charges d’exploitation ; • le tableau des amortissements ; • un relevé des provisions et pertes de valeur. (3) Entreprises relevant de l’impôt synthétique Sauf option contraire de leur part, ces entreprises sont soumises à la comptabilité de trésorerie. Elles doivent établir un état des encaissements et décaissements, dont résulte le flux net de trésorerie.

2.

Fiabilité des informations transmises par un futur partenaire local, degré de probité des documents, de leurs auteurs, ainsi que des organismes de contrôle et de vérification
Un audit est obligatoirement mené pour : • les SA ; • les SARL dont le capital social est supérieur à 20 Millions Ariary, ou dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 200 Millions Ariary, ou dont l’effectif permanent est supérieur à 50 personnes ; • les personnes morales ou physiques relevant du régime du réel ; • les personnes devant présenter des états financiers consolidés. L’audit des états financiers pour les autres catégories d’entreprises est seulement conseillé. Si de nombreuses initiatives sont lancées en vue d’améliorer le cadre et la qualité de la comptabilité (harmonisation avec les normes IAS/IFRS, application des normes d’audit international ISA), les critiques sont encore nombreuses, et portent sur la probité des états financiers produits par les entreprises. Les entreprises auditées sont également concernées par ces critiques. Toutefois, en vue de renforcer la crédibilité de leurs états financiers, un nombre croissant d’entreprises fait appel aux compétences des cabinets d’audit de renommée internationale. Le projet d’ouverture de la profession comptable aux professionnels extérieurs devrait, à terme, remédier au problème lié au nombre notoirement insuffisant d’experts comptables professionnels de l’audit inscrits à l’ordre des experts comptables à Madagascar.

Témoignages
Pascal FALL et Philippe CALLIER, administrateur directeur général et directeur de la production de la BNI Madagascar (Tananarive). La BNI Madagascar est une filiale du groupe français Crédit Agricole. En 2007, elle était la première banque locale en termes d’encours de crédits distribués (26,4%). Quelles sont les principales caractéristiques du système bancaire à Madagascar ? Le système bancaire malgache est solide et ne présente aucun risque de crise systémique. Il comprend quatre grands réseaux bancaires (BFV-SG, BNI Madagascar, BMOI, BOA Madagascar) et trois banques (BICM, MCB Madagascar, SBM Madagascar). A ces sept banques s’ajoute une dernière venue, Accèsbanque, qui a récemment obtenu son agrément. Les banques locales sont pour la plupart adossées à de grands groupes. On retrouve les mêmes standards de qualité, modes de fonctionnement et contraintes que ce que l’on observe dans les autres pays où interviennent ces grands groupes. Quelles sont les conditions exigées pour une entreprise afin d’accéder à un financement auprès d’une banque locale ?

73

Les conditions exigées sont les mêmes que dans les autres pays. Nous veillons à ce que les projets des entreprises soient bien construits. Les banques ne prêtent qu’aux entreprises qui peuvent fournir des éléments assurant de leur capacité à rembourser un crédit (cash flow suffisants, crédibilité des promoteurs, etc.). De façon générale, une entreprise dont le projet est sérieux ne doit pas rencontrer de difficultés pour accéder à un financement bancaire. Comment expliquez-vous que les taux d’intérêt soient, de l’avis des entrepreneurs, très élevés à Madagascar ? Les taux d’intérêt sont le reflet des coûts liés à la mobilisation des ressources bancaires, aux charges de fonctionnement et au risque. Le risque n’est pas plus important que dans d’autres pays d’Afrique. On peut même dire qu’il est relativement maîtrisé. Cependant, les coûts de collecte des ressources sont assez importants. Le financement interbancaire s’effectue actuellement autour de 11%, et le taux de refinancement auprès de la Banque centrale s’élève à 14,5%. Et contrairement à l’Europe, le marché monétaire est quasi inexistant à Madagascar. Il est important de prendre en considération tous ces éléments pour comprendre le niveau relativement élevé des taux d’intérêt bancaires. Pouvez-vous nous décrire le système des changes à Madagascar (caractéristiques, contraintes pour une entreprise) ? Les transactions courantes sont libres aujourd’hui, sous réserve parfois de justification. Il n’existe aucune contrainte à l’achat de devises dans le cadre d’une activité économique. En revanche, les opérations en capital restent soumises à l’autorisation du ministre en charge des Finances. La convertibilité partielle de l’ariary est une complication supplémentaire. Il est toutefois encourageant de noter les efforts entrepris régulièrement pour améliorer le système des changes. Les transactions réalisées dans le cadre des opérations courantes ont été simplifiées, en particulier les procédures administratives : suppression de la fiche statistique et du document administratif unique (DAU), entrée en vigueur du système de traitement dématérialisé des opérations douanières qui, à terme, devrait permettre d’effectuer l’ensemble des opérations liées au dédouanement en 24 heures (système « Tradnet »), allongement du délai de rapatriement des devises issues de l’exportation à 180 jours (au lieu de 90 jours). Les exportateurs rencontrent principalement deux problèmes. Le premier est qu’ils ne peuvent pas encore, sauf exception, se couvrir à terme contre les risques de change, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations de l’ariary, qui sont parfois importantes. Le second problème concerne les infrastructures, notamment portuaires, qui sont parfois inadaptées. Les ports ne peuvent pas encore accueillir de gros bateaux, ce qui rallonge énormément les délais de transport, et donc, les délais d’encaissement des revenus issus des exportations.

Distributeur de produits pétroliers. Quelles sont les principaux problèmes que rencontrent les filiales françaises installées a Madagascar ? Le principal problème auquel est confrontée notre filiale est lié à la logistique. A Madagascar, les coûts de logistique sont très élevés, en raison de l’étendue du pays, du réseau routier et de l’éparpillement des principaux centres urbains. Le marché est étroit puisqu’il ne représente que 550 000 tonnes pour toute l'île. Le faible pouvoir d’achat d’une grande partie de la population augmente nos coûts : il est fréquent que nos clients n’achètent que deux litres d’essence ou de gasoil lors de leur passage dans une station service. Dans l’ensemble, et même si les frais de personnel sont peu élevés, il est coûteux de distribuer du carburant à Madagascar. A quelles contraintes liées au système des changes votre entreprise est-elle soumise ? Le carburant pèse énormément sur le marché des devises à Madagascar. Cela nous oblige à être prudents lorsque nous y intervenons. Nous achetons les devises dont nous avons besoin de façon fractionnée, afin de ne pas déséquilibrer le marché. Cela mis à part, nous

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ne rencontrons pas de contrainte particulière pour nos opérations de change. Les opérations courantes sont tout à fait libres si l'on respecte les procédures. Les opérations en capital restent soumises à autorisation, qui est en général accordée. A quels problèmes êtes-vous confrontés en matière de fiscalité ? D’une manière générale, les efforts du gouvernement afin d’améliorer le cadre fiscal malgache sont notables en matière de simplification. Les problèmes sont principalement de deux ordres, même s’ils ne sont pas spécifiques à Madagascar : pour notre entreprise, il s’agit d'obtenir les précisions nécessaires quant à l'application des nouveaux textes et des délais de récupération de la TVA. La loi de finances 2008 et le Code général des impôts contiennent certaines nouveautés qui rendent leur application parfois délicate. C’est par exemple le cas avec les avantages en nature, notamment les véhicules mis à la disposition du personnel ou en matière de logements. Les contrôles fiscaux sont plus fréquents ces derniers temps, et ils concernent en grande majorité les entreprises formelles. Il faut toutefois souligner que cette situation n’est pas propre à Madagascar, mais qu’elle existe dans de nombreux pays en développement où le secteur informel occupe une grande place. Une dernière remarque concerne les contrôles sur pièces, qui peuvent venir inverser la charge de la preuve et qui en plus ne rendent pas la période contrôlée prescrite. Les mêmes périodes et même documents peuvent être contrôlés plusieurs fois.

Contacts
Financements multilatéraux et communautaires
Délégation de la Commission européenne à Madagascar Tour Zital • Ankorondrano • BP 746 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 242 16 • Fax : 261 20 22 645 62 www .delmdg.ec.europa.eu • Mél : delegationmadagascar@ec.europa.eu. Rue Andriamifidy L. Razafimanantsoa • Anosy • BP 4140 • Antananarivo 101 Tél.: 261 20 22 560 00 • Fax: 261 20 22 333 38 www .worldbank.org • Mél : madagascarreception@worldbank.org. Immeuble Plein ciel • 9ème étage • Rue Ravoninahitriniarivo • Ankorondrano • BP 1718 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 643 61 • Fax : 261 20 22 642 32 www.afdb.org • Mél : afdb.mgco@moov.mg 100 boulevard Konrad Adenauer • 2950 Luxembourg Tél. : 352 43 79 22000 • Fax : 352 43 79 62000 www. bei.org • Mél : info@bei.org. Cabinet Cadic Gomberp océan Indien • BP 3852 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 382 89 www .cde.int • Mél : cgoi2@moov.mg Rue Andriamifidy L. Razafimanantsoa • Anosy • BP 4140 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 26 000 • Fax : 261 20 23 26 003 www.ifc.org Bâtiment Ariane 5 • Rue du docteur Raseta • Zone Galaxy • Route de Majunga • Andraharo • BP 1348 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 365 40 • Fax : 261 20 23 365 45 www.unido.org • Mél : p.gilabert@unido.org Immeuble Ariane 5 • Complexe Galaxy • Andraharo • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 260 00 • Fax : 261 20 23 260 03

Banque mondiale

Banque africaine de développement (BAfD)

Banque européenne d’investissement (BEI) Centre de développement de l’entreprise (CDE) M. Jean Leclef Société Financière international (IFC) M. Henri Rabarijohn Administrateur pays pour Madagascar, Comores et Seychelles Représentation de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi) M. Patrick Gilabert Centre de solutions pour les PME (CSPME)

75

www. ssc.accessmadagascar.mg • Mél : jrajaobelina@ifc.org

Financements bilatéraux
Agence française de développement (AFD) M. Denis Sireyjol Ubifrance 23 rue Razanakombana • Ambohijatovo • BP 557 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 200 46 • Fax : 261 20 22 347 94 www .afd.fr • Mél : afdantananarivo@groupe-afd.org 77 boulevard Saint Jacques • 75998 Paris cedex 14 Tél. : 01 40 73 38 88 • Fax : 01 40 73 39 79 www.ubifrance.fr • Mél : sime@ubifrance.fr 139 rue de Bercy • 75572 Paris cedex 12 Tél. : 01 40 04 04 04 www.missioneco.org • Mél : contact@missioneco.org Immeuble de l’Ambassade de France • Ambatomena • BP 671 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 399 99 • Fax : 261 20 22 399 75 www .missioneco.org/madagascar • Mél : tananarive@missioneco.org Immeuble Tana 2000 • Ankorondrano • BP 12 106 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 696 49 • Fax : 261 20 22 633 12 www.ccifm.mg • Mél : ccifm@ccifm.mg 12 cours Michelet • La Défense 10 • 92065 Paris La Défense cedex Tél. : 01 49 02 20 00 • Fax : 01 49 02 27 41 www.coface.fr 27-31 avenue du Général Leclerc • 94710 Maisons-Alfort cedex www .oseo.fr

Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE) Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Mission Economique de Tananarive

Chambre de commerce et d’industrie France Madagascar

Coface

Oseo Service International, implantations à l’étranger

Financements locaux
BFV Société Générale 14 rue Jeneraly Rabehevitra • BP 196 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 264 24 • Fax : 261 20 22 235 40 www .bfvsg.mg • Mél : webmaster.mail@socgen.com 74 rue du 26 juin 1960 • BP 174 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 228 00 • Fax : 261 20 22 337 49 www .bni.mg • Mél : info@bni.mg Place de l’indépendance • BP 25 bis • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 346 09 • Fax : 261 20 22 346 10 www .bmoi.mg • Mél : bamoi.sm@smicro.mg 77 rue Solombavambahoaka Frantsay • Antsahavola • BP 197 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 272 62 • Fax : 261 20 22 322 82 www .mcbmadagascar.com • Mél : mcb.int@ mcbmadagascar.com 1 rue Ratianarivo Antsahavola • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 666 07 • Fax : 261 20 22 666 08 www .sbmonline.com • Mél : sbmmtana@sbm.intnet.mu 2 place de l’Indépendance • Antaninarenina • BP 183 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 391 00 ou 261 20 22 392 50 • Fax : 261 20 22 661 25 www .boa.mg • Mél : boa@boa.mg 2 rue du docteur Raseta • Andraharo • BP 889 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 565 68 ou 26123 361 39 • Fax : 261 20 23 566 52 www .bicm.mg • Mél : bicm@bicm.mg Lot II B 21 • Rue Rainandriamampandry • Faravohitra • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 24 527 62 • Fax : 261 20 24 527 62 Mél: info@accesbanque.mg

BNI Madagascar

Banque malgache de l’océan Indien (BMOI) Mauritius Commercial Bank Madagascar

State Bank of Mauritius Madagascar (SBM) Bank of Africa Madagascar (BOA)

Banque industrielle et commerciale de Madagascar (BICM) AccèsBanque Madagascar

76

Financière d’investissement Aro (Fiaro)

Société nationale de participation (Sonapar)

Société investissement et partenariat capital (I&P Capital)

Rue Jules Ranaivo • Ampefiloha • BP 725 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 342 60 • Fax : 261 20 22 276 28 www. fiaro.net • Mél : fiaro@fiaro.net Immeuble Maison des produits • 5ème étage • BP 719 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 308 07 • Fax : 261 20 22 248 86 Mél : sonapar@moov.mg Immeuble Santa • 3ème étage • Lot IVG 204 • Antanimena • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 654 94 ou 261 032 07 848 78 www .ip-mngt.com • Mél : sambatra@ip-mngt.com

Comptabilité
Conseil supérieur de la comptabilité 10 rue Patrice Lumumba • Tsaralalana • BP 8459 • Antananarivo 101 Tél. : 261 2022 383 14 www .csc.org.mg • Mél : csc@simicro.mg Lot IV • Immeuble Santa • Antanimena • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 632 22 Mél : oecfm@moov.mg Antaninarenina • BP 550 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 217 51 • Fax : 261 20 22 345 32 www .banque-centrale.mg • Mél : sbu@bfm.mg

Ordre des experts comptables et financiers de Madagascar Banque centrale de Madagascar

77

LA FISCALITE DES ENTREPRISES ET DES PERSONNES PHYSIQUES

A. La convention fiscale de non-double imposition entre Madagascar et la France
1. La Convention
La France et Madagascar ont signé le 22 juillet 1983 la Convention de non-double imposition qui s’applique aux résidents français et malgaches, personnes physiques et morales. La Convention entend éviter la double imposition qui pourrait résulter de l’application concurrente des législations française et malgache en matière fiscale. En ce qui concerne Madagascar, la Convention prévoit que les revenus imposables en France soient exonérés des impôts malgaches (IR, IRSA, IRCM). En ce qui concerne la France, la Convention prévoit que les revenus imposables à Madagascar soient exonérés de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés. La Convention est entrée en vigueur le 1er octobre 1984. Le décret d’application n°84-1098 du 5 décembre 1984 a été publié au Journal officiel français du 10 décembre 1984. Le texte de la Convention est intégralement disponible sur le site www.legifrance.gouv.fr, dans la rubrique « Traités internationaux ». La Convention de non-double imposition obéit aux règles prescrites par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une convention de non double imposition existe avec l’île Maurice, une autre est en cours d’adoption avec le Canada.

2.

La notion de résidence et d’établissement stable
Les notions de résidence et d’établissement stable définies par la Convention (art. 4) sont conformes au modèle de l’OCDE. Elles constituent le critère essentiel de répartition des droits d’imposition entre la France et Madagascar. Est résident de l’un des deux Etats celui qui, en vertu de la législation, se trouve assujetti à l’impôt dans cet Etat. Il est assujetti en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège social statutaire ou de tout autre critère de nature similaire. Si une personne est résidente des deux Etats, « [elle] est considérée comme résident de l’Etat où elle dispose d’un foyer d’habitation permanent. Si elle dispose d’un foyer d’habitation permanent dans les deux Etats, elle est considérée comme un résident de l’Etat avec lequel ses intérêts personnels et 66 économiques sont les plus importants ». L’article 5 définit la notion d’établissement stable. Cette dernière désigne une installation fixe d’affaires où une entreprise exerce partiellement ou entièrement son activité. Un établissement stable a le pouvoir de conclure des contrats. Il peut s’agir d’un siège de direction, d’une succursale, d’un bureau, d’une usine, d’un atelier, d’un chantier de construction, d’une mine, d’une carrière ou de tout autre lieu d’extraction de ressources naturelles.

3.

Les régimes d’imposition
66

L’article 4 précise les cas particuliers intervenant dans la définition du domicile fiscal.

78

En règle générale, une entreprise est imposable dans l’Etat où elle réalise ses bénéfices (art. 7) : • si une entreprise française dispose d’un établissement stable à Madagascar, elle est imposée suivant la fiscalité malgache ; • si elle ne dispose pas d’établissement stable, un prélèvement à la source de 10% est appliqué sur ses revenus réalisés à Madagascar.

a.

Régime conventionnel d’imposition sur le capital
Les revenus provenant de biens immobiliers à Madagascar sont imposés à Madagascar. Les gains issus de biens mobiliers, détenus par une société française et faisant partie de l’actif d’un établissement stable à Madagascar, sont imposés à Madagascar (art. 13).

b.

Régime conventionnel d’imposition sur les dividendes
Selon l’article 10 de la Convention, les dividendes payés à un résident français par un établissement stable malgache peuvent être imposables à Madagascar, et inversement. D’après la loi de finances 2008, les dividendes distribués par une entité malgache ne sont plus soumis à une quelconque retenue à la source, ni à aucun autre impôt. En conséquence, le mécanisme conventionnel de limitation du taux d’imposition et de crédit d’impôt n’a plus vocation à s’appliquer s’agissant des dividendes distribués à partir de Madagascar.

c.

Régime conventionnel d’imposition sur les intérêts
Les intérêts provenant de Madagascar et payés à un résident ou à un établissement stable français sont imposables à Madagascar. Selon les termes de la Convention, le prélèvement à la source ne peut dépasser 15% (art. 11). La convention fiscale limite à 10 % le taux d’imposition des intérêts versés à un bénéficiaire français non-résident à Madagascar alors que cette taxation (à l’IRCM) est de 25% en vertu du droit fiscal interne malgache..

d.

Régime conventionnel d’imposition sur les redevances
Les redevances provenant d’un établissement stable malgache et payées à un résident français sont imposables à Madagascar (art. 12). Le prélèvement à la source est de 10% lorsqu’il s’agit de l’usage ou de la concession d’un droit d’auteur sur une œuvre littéraire, artistique ou scientifique. Il est conventionnellement limité à 15% pour l’usage ou la concession d’un brevet, d’une marque de fabrique ou de commerce, d’un dessin ou d’un modèle, d’un plan, d’une formule ou d’un procédé secret, d’une expérience acquise dans le domaine industriel, commercial ou scientifique. Dans les faits, le taux de retenue pour ce type de redevance est de 10%.

B. Le système fiscal malgache
1.
a.

Caractéristiques et réformes en cours
Le paysage fiscal malgache 67
Le Code général des impôts, la loi de finances de l’année en cours et ses textes d’application, ainsi que la loi n°2007-037 du 14 janvier 2008 sur les zones et entreprises franches définissent la fiscalité du pays. La loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements ne contient pas de dispositions fiscales. L’administration fiscale dépend du ministère de l’Economie, des finances et du budget. Des centres fiscaux sont présents dans les grandes villes du pays (Tananarive, Tamatave, Diego

67

Le site www.impots.mg contient de nombreuses informations sur la fiscalité malgache.

79

Suarez, Fianarantsoa, Majunga et Tuléar). Chacun comprend un service régional des entreprises. L’année fiscale s’étend du 1er janvier au 31 décembre, ou du 1er juillet au 30 juin. Deux dates de clôture d’exercice social sont donc possibles : le 31 décembre et le 30 juin. Les entreprises nouvelles peuvent avoir un premier exercice inférieur ou supérieur à douze mois, et qui ne peut toutefois excéder dix-huit mois. Les statuts de la société doivent obligatoirement prévoir la date de clôture retenue.

b.

Les réformes en cours
La fiscalité malgache est en cours de rénovation. La loi de finances 2008 vise à améliorer la performance fiscale de l’Etat., en élargissant la base par intégration progressive du secteur 68 informel d’une part, et en simplifiant les procédures d’autre part : le nombre de taxes et impôts a été réduit de moitié en 2008. Il passe de 28 à 14. D’autre part, les pénalités et les amendes ont été harmonisées et augmentées, et le Code général des impôts est en cours de réécriture. Selon le FMI, le besoin de réformer est urgent, puisque le taux de pression fiscale est parmi 69. les plus bas au monde En 2007, il était de 10,9% du PIB (1 492,8 milliards MGA, soit 542,26 millions EUR). L’objectif est de le faire passer à 11,8% en 2008, et à 15% en 2012. La réforme engagée porte sur la politique fiscale, et plus particulièrement sur l’élargissement de l’assiette fiscale. Pour le moment, les résultats sont contrastés. Les mesures accueillies favorablement sont les suivantes : • l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), l’impôt sur les revenus non salariaux (IRNS) et l’impôt sur la plus-value immobilière touchant les sociétés (IPVI) sont regroupés en un même impôt : l’impôt sur les revenus (IR). Le taux unique a été abaissé à 25%, contre 30% auparavant pour l’IBS et l’IRNS ; • la taxe professionnelle, qui n’encourageait pas l’investissement puisqu’elle était proportionnelle à la somme investie, est supprimée ; • l’impôt synthétique (IS) est maintenu pour les micro-entreprises ; • l’impôt foncier sur la propriété bâtie (IFPB), l’impôt foncier sur les terrains (IFT) ainsi que les droits d’enregistrements ont été simplifiés et précisés. D’une manière générale, les impôts de nuisance (peu productifs et coûteux à mettre en œuvre) ont été éliminés 70. D’autres dispositions ont reçu un accueil contrasté. Voici les dispositions faisant débat : • la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) passe de 18 à 20% ; • le seuil d’imposition de l’impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA) est revu à la hausse : il passe de 50 000 à 100 000 MGA (36,32 EUR). Quatre paliers sont créés, et le taux maximum d’imposition est de 25%. Cette mesure devrait permettre de mieux cibler les contrôles ; • le raccourcissement des délais - pour la liquidation de l’impôt ou pour porter réclamation semble diminuer la marge de manœuvre des contribuables. Les réformes devraient aussi porter sur l’extension des contrôles. Les opérateurs privés s’accordent à dire qu’il s’agit là d’un point crucial. L’enjeu véritable sera d’étendre les contrôles au secteur informel. Alors que le durcissement fiscal concerne les personnes déjà contribuables, il se pourrait que le secteur informel continue à échapper aux contrôles. Toute la difficulté sera donc d’intégrer les opérateurs informels à la sphère des contribuables.

2.

Fiscalité directe des sociétés
Le régime de droit commun a été redéfini par la loi de finances 2008. L’impôt sur les revenus (IR) regroupe désormais l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), l’impôt sur les revenus non salariaux (IRNS) et l’impôt sur la plus-value immobilière touchant les entreprises (IPVI). Le taux est unifié à 25%, contre 30% auparavant pour l’IBS et l’IRNS.
Le secteur informel pèserait près de 30% du PIB. L’aide extérieure, qui finance 45% du budget national, compense la faible pression fiscale à Madagascar. 70 Dont la taxe forfaitaire de transfert (TFT), la taxe professionnelle (TP), la taxe sur les transactions (TST), la taxe annexe à l’IFPB, la taxe additionnelle aux droits d’enregistrements, la taxe de publicité foncière et la taxe sur les véhicules de tourisme des entreprises (TVTE).
69 68

80

a.

L’impôt sur les revenus (IR)
Le revenu imposable est déterminé selon des règles classiques : les revenus, de quelque nature qu’ils soient (art. 01.01.02), sont imposés sous déduction des charges normales d’exploitation, des provisions, des abattements et des amortissements. Personnes imposables : Les revenus imposables à Madagascar sont ceux : • des personnes morales ou physiques, non soumises à l’impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA), et ayant un chiffre d’affaires annuel hors taxe supérieur ou égal à 20 millions MGA (7 265,06 EUR) ; • des personnes optant pour le régime du réel ; • des personnes dont l’imposition est attribuée à Madagascar par une convention bilatérale ou internationale relative à la double imposition. Charges déductibles : A quelques détails près, les charges déductibles sont, comme en France, « celles qui sont nécessaires à l’exploitation normale de l’entreprise». Elles comprennent notamment : • les achats consommés, les services extérieurs, les charges de personnel, les charges des activités ordinaires ; • les provisions motivées et précisées dans un relevé de provisions ; • les dépenses d’étude et de prospection à l’étranger, pour les trois premiers exercices ; • les pertes de valeur sur stock de matières premières agricoles (à hauteur de 5% de la valeur du stock en fin d’exercice) ; • les intérêts des sommes dues à des tiers ; • les impôts et droits divers de nature professionnelle ; • les versements au profit d’associations reconnues d’utilité publique de caractère éducatif, social ou culturel, d’organismes agréés pour la recherche scientifique, technique ou pour la promotion et la création d’entreprises concourant à la réalisation du MAP ; • les frais de siège 71 ; • les amortissements. Les charges non déductibles sont : • les salaires ou parties de salaires non déclarés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps), et n’ayant pas donné lieu au versement de l’IRSA (dans le cas où ils n’en sont pas exonérés) ; • les rémunérations, quelles que soient leurs formes, attribuées à l’exploitant ou à son conjoint ; • les pertes de valeur sur stock et en cours. Amortissement : Sur le plan fiscal, tout bien immobilisé, figurant à l’actif d’une société et ayant subi une véritable dépréciation du fait du temps, de l’usage ou de l’obsolescence, peut être amorti. Depuis l’adoption du plan comptable général 2005, les frais d’établissement ne peuvent plus être amortis. Le régime des amortissements est calqué sur le régime français. Le taux appliqué doit être inférieur ou égal aux taux maxima présentés dans ce tableau (arrêté n°3506-84 du 21 août 1984) : Règles d’amortissement
Eléments amortissables Terrains (exploitations minières) Bâtiments à usage professionnel Constructions : voies de terre, pistes d'aérodrome, barrages, ponts en bois Taux d’amortissement 10% 5% 10%

(1) Définition du revenu imposable

71

Limités à 1% du chiffre d’affaires réalisé à Madagascar par les entreprises étrangères, sauf application des dispositions fiscales.

81

Machines outils, matériel médical et de laboratoire, groupe électrogène Gros outillage de travaux publics Ordinateurs Cars et voitures de tourisme affectés au transport public ou à la location Autres véhicules Camions, camionnettes, motos Transport maritime ou aérien Mobilier de bureau Matériel de bureau

10% 33% 25% 33% 20% 25% 15% 10% 20%

Source : ministère des l’Economie, des finances et du budget, janvier 2008

En adoptant le plan comptable général 2005, l’administration fiscale a autorisé les entreprises à définir la durée d’amortissement de leurs biens. La durée d’amortissement est désormais établie sur la base de la durée d’utilité fixée par l’entreprise elle-même, en fonction de l’intensité d’utilisation des immobilisations. Par ailleurs, tout investissement fait par l’entreprise peut faire l’objet d’un amortissement dégressif (« amortissement accéléré fiscal »). Un taux fixe annuel de 30% de la valeur résiduelle du bien est alors appliqué. 72 Pour les immeubles donnés en location , la somme déduite chaque année ne peut pas excéder 15% des loyers bruts perçus annuellement. Pour les aéronefs utilisés par une entreprise, et non destinés en permanence à la location ou à titre onéreux, le montant amortissable ne peut excéder 50% de la valeur d’acquisition. (2) Incitations fiscales A l’heure actuelle, il existe peu d’incitations fiscales à Madagascar. La nouvelle loi sur les investissements n°2007-036 ne contient aucune disposition fiscale et douanière. Plusieurs cas de figure doivent néanmoins être considérés : Zones franches : Les incitations fiscales dont bénéficient les zones franches sont présentées en partie 6. « Zones franches ». Secteur des mines : Il s’agit du seul secteur à faire l’objet d’incitations fiscales. Ces dispositions sont contenues dans la loi sur les grands investissements miniers (LGIM), présentée en partie 2, paragraphe D. « Les régimes d’incitation ». Institutions de microfinance mutualistes : Elles sont exonérées de l’impôt sur les revenus pendant les cinq premiers exercices, à compter de la date de leur constitution définitive. Elles bénéficient d’une réduction de 50% jusqu’à leur dixième exercice. Institutions de microfinance non mutualistes : Elles sont exonérées de l’impôt sur les revenus pendant les cinq premiers exercices, à compter de la date de leur constitution définitive. Centres de gestion :

72

A l’exception des sociétés immobilières.

82

Les adhérents des centres de gestion bénéficient d’un abattement de 50% sur la base imposable, sans que la somme n’excède 8 millions MGA (2 906,02 EUR). Par ailleurs, les centres de gestion sont affranchis de l’impôt sur les revenus pendant trois ans. Réductions sur droits de douane : Les droits de douane ont nettement diminué au cours des dernières années. Aujourd’hui, ils sont le plus souvent compris entre 5 et 20%. Les exemptions portent sur les produits pharmaceutiques, les engrais, les semences et graines, ainsi que les matériels et produits spécifiques entrant dans le cadre de la prospection, de la recherche et de l’exploration 74 d’hydrocarbures . Pour connaître le détail des taxes et droits relatifs à un produit en particulier, le tarif douanier 2007 est disponible sur le site du ministère de l’Economie, des finances et du budget (www.mefb.gov.mg, onglet « Textes et lois »). (3) Calcul de l’impôt L’assiette de l’impôt est le bénéfice net imposable déterminé par le compte de résultats comme un surplus de recettes sur les dépenses, telles qu’elles apparaissent dans la déclaration des résultats et de revenus. Trois cas de figure sont à distinguer : • le régime du réel : il s’applique pour un chiffre d’affaires annuel hors taxe supérieur à 200 millions MGA (72 650,65 EUR). La loi de finances 2008 a abaissé le taux d’imposition à 25% (contre 30% auparavant pour l’IBS et l’IRNS) ; • le régime du réel simplifié : il s’applique pour un chiffre d’affaires annuel hors taxe compris entre 20 et 200 millions MGA (entre 7 265,06 et 72 650,65 EUR), et prévoit un tarif forfaitaire en fonction du chiffre d’affaires. Les textes relatifs à ce nouveau régime du réel simplifié sont en cours de rédaction ; • le prélèvement à la source : les personnes physiques, sociétés, ou autres personnes morales, réalisant des revenus à Madagascar mais non résidentes ou ne disposant pas d’installation fixe d’affaires à Madagascar, sont soumises à un prélèvement à la source de 10% au titre des montants des sommes payées en rémunération des prestations de toute nature matériellement fournies ou effectivement utilisées à Madagascar 75. En aucun cas, l’impôt calculé ne peut être inférieur à : 100 000 MGA (36,32 EUR), majoré de 5‰ du chiffre d’affaires annuel hors taxe, pour les personnes exerçant une activité agricole, artisanale, industrielle, minière, hôtelière, touristique ou de transport ; 320 000 MGA (116,24 EUR), majoré de 5‰ du chiffre d’affaires annuel hors taxe, pour les 76 autres entreprises . Il n’existe pas de période d’exonération pour les sociétés nouvellement créées. Celles-ci sont imposées d’après les résultats de leur premier exercice, dont la durée doit être définie et ne peut excéder 18 mois. Les pertes constatées sur un exercice sont reportables sur les cinq années suivantes (contre trois années auparavant). Pour les personnes physiques, une réduction d’impôt de 2400 MGA (0,87 EUR) par personne à charge est prévue par le législateur. (4) Paiement de l’impôt Calendrier de déclaration : La déclaration des résultats et des revenus doit être remise aux autorités compétentes au plus tard : • le 15 mai N + 1, si l’exercice comptable est clôturé au 31 décembre N ; • le 15 novembre N, si l’exercice social est clôturé au 30 juin N ; • dans les quatre mois suivant la clôture de l’exercice social, pour tout autre exercice. Dans ce cas, l’impôt est majoré de 25%. Les nouveaux investisseurs sont soumis à cette règle à compté de leur deuxième déclaration
Les petites entreprises ne pouvant disposer d’un département « ressources humaines » peuvent faire appel à un centre de gestion. Celui-ci gère les questions relatives aux prestations chômage, à la conformité, à la gestion de la responsabilité employeur, aux payes, à l’administration du personnel, au recrutement et à la formation. 74 Art. 240 du nouveau Code des douanes (loi n°2005-29 du 29 décembre 2005). 75 En remplacement de l’ancienne taxe forfaitaire sur les transferts (TFT), abrogée par la loi de finances 2008.
73

73

83

d’impôts annuelle. Acomptes provisionnels : La perception de l’impôt se fait par acomptes calculés sur les impôts dus au titre de l’année précédente. Elle se fait par bimestres. Pour les titulaires des marchés publics, un acompte, égal à 5‰ du montant total du marché, est perçu lors de l’enregistrement du contrat. Crédit d’impôt : En cas de dépassement du versement de l’acompte, un crédit d’impôt est obtenu. Pour cela, il est nécessaire d’apporter sa dernière déclaration à l’administration des impôts. Pénalités : La loi de finances 2008 a harmonisé les pénalités : Pénalités
Nature de la pénalité Défaut de dépôt Pénalité de recouvrement Montant de la pénalité 200 000 MGA (72,65 EUR) 1% par mois de retard du montant à payer. Tout mois commencé est du en entier. Pénalités d’assiette 40% du complément des droits exigibles 80% du complément des droits exigibles en cas de manœuvres frauduleuses Opposition au contrôle Taxation d’office (TO) Infractions non prévues Redressement à la suite d’une déclaration de déficit Absence régulière Paiement provisions par chèque sans de comptabilité 150% de la base des éléments en possession de l’administration fiscale 40% des droits exigibles 200 000 MGA (72,65 EUR) 80% de l’impôt calculé fictivement sur le montant des redressements 1% du chiffre d’affaires, sans préjudice des autres pénalités prévues 150% du montant exigible, sans Art. 20.01.56 du CGI exclusion des poursuites pénales
Source : manuel de procédure des centres fiscaux, 2008

Référence Art. 20.01.52 du CGI Art. 20.01.53 du CGI

Art. 20.01.54 du GCI

Art. 20.01.54 du CGI Art. 20.01.55 du CGI Art. 20.01.56 du CGI Art. 20.01.56-1 du CGI Art. 20.01.56-1 du CGI

Tableau récapitulatif de l’impôt sur les revenus
Régime du réel Taux 25 % Déclaration annuelle Acomptes mensuels ou trimestriels Clôture de l’exercice fiscal au 30 juin ou au 31 décembre. Montant minimal à payer - 100 000 MGA (36,32 EUR), majoré de 5‰ du chiffre d’affaires annuel hors taxe, pour les personnes exerçant une activité agricole, artisanale, industrielle, minière, hôtelière, touristique ou de transport - 320 000 MGA (116,24 EUR), majoré de 5‰ du chiffre d’affaires annuel hors taxe, pour les autres entreprises
78

Régime du réel simplifié Forfait en fonction du chiffre d’affaires
77

Personnes sans établissement stable à Madagascar 10 % sur les revenus de source malgache Prélèvement à la source Paiement dans un délai d’un mois après la retenue

Paiement

77 78

Montants encore non précisés. Pour les vendeurs de carburant au détail, la majoration est de 1‰.

84

b. Le régime fiscal des fusions, acquisitions et scissions
Les opérations de fusion des sociétés peuvent donner lieu à un régime fiscal spécial et 79 optionnel . En réalité, la seule singularité consiste à étaler le paiement de l’impôt sur cinq années. De fait, l’impôt est acquitté dans sa totalité par la société absorbante : au bout de cinq années, la société absorbante doit avoir réintégré les plus values dans son bénéfice imposable. Les dispositions sont les mêmes en cas de scission ou d’apport partiel en capital.

c.

L’impôt synthétique (IS)
L’impôt synthétique a été mis en place à Madagascar en 2000, afin de simplifier le système d’imposition des micro-entreprises, et d’élargir ainsi l’assiette fiscale. Toutefois, il nécessite 80 une réforme des centres des impôts, et l’accroissement de leurs moyens . Conditions d’assujettissement : Selon les termes de la loi de finances 2008, l’impôt synthétique est maintenu uniquement pour les personnes morales ou physiques dont le chiffre d’affaires est inférieur à 20 millions MGA (7 265,06 EUR), qui, par définition, sont exemptés de l’impôt sur les revenus. Calcul de l’impôt : La base d’imposition est arrêtée forfaitairement par le service des impôts compétent. Le taux d’imposition est de 6%, et donne lieu au paiement d’un montant forfaitaire. Le minimum de perception est fixé à 16 000 MGA (5,81 EUR). L’impôt est exigible préalablement à l’exercice de l’activité, au plus tard avant le 31 mars de l’année d’imposition. L’impôt synthétique est libératoire des taxes sur le chiffre d’affaires (dont la TVA). Abattement : Par ailleurs, les adhérents des centres de gestion bénéficient d’un abattement de 30% sur la base imposable, sans dépasser 500 000 MGA (181,62 EUR).

d.

La taxe forfaitaire sur les transferts (TFT)
La taxe forfaitaire sur les transferts entre sociétés a été supprimée par la loi de finances 2008. Auparavant, les prestations d’origine extérieure étaient imposées à hauteur de 10%. Néanmoins, un prélèvement à la source de 10% est intégré à l’impôt sur les revenus pour les non-résidents, et concerne « les prestations de toute nature » en provenance de l’étranger.

3.

Fiscalité des personnes physiques : l’impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA)
L’IRSA a été abaissé par la loi de finances 2008 : d’une part, le taux d’imposition passe de 30 à 25%, et les montants forfaitaires sont également diminués. D’autre part, le seuil d’imposition est relevé. A titre d’exemple, pour un revenu imposable mensuel de 120 000 MGA (43,59 EUR), l’impôt passe de 5 800 à 500 MGA (soit 0,18 EUR).

a.

Conditions d’assujettissement
Toute personne physique, résidente ou non sur le territoire malgache, est imposable à l’IRSA dès lors qu’elle perçoit des revenus salariaux de source malgache : • les personnes ayant leur résidence à Madagascar sont81imposables pour l’ensemble de leurs revenus salariaux de source malgache et étrangère ; • celles ayant leur résidence hors de Madagascar sont imposables en raison des leurs seuls revenus salariaux de source malgache. Les revenus à titre d’emploi salarié et assimilé, perçus par les personnels - résidents ou non des organismes non gouvernementaux, des ambassades, des consulats, et des bureaux
L’option doit apparaître dans le traité de fusion, et est soumise à autorisation de la part du ministre. Le recrutement, actuellement en cours, de cent contrôleurs supplémentaires va dans ce sens. 81 Sous réserve des conventions bilatérales de non-double imposition pouvant exister entre Madagascar et le pays étranger dans lequel est perçu le revenu.
80 79

85

d’études ou projets sont également soumis à l’IRSA. Convention de non-double imposition : Les conventions de non-double imposition permettent de ne pas être imposé deux fois. Ainsi, aux termes de la Convention fiscale de non-double imposition entre Madagascar et la France, les rémunérations perçues par un résident français au titre d’une activité réalisée à Madagascar sont seulement imposées en France si : • l’intéressé séjourne moins de 183 jours à Madagascar durant l’année fiscale considérée ; • la rémunération est payée par ou pour le compte d’un employeur résident hors de Madagascar ; • la charge de la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable que possède l’employeur à Madagascar. Sinon, les revenus réalisés à Madagascar sont imposés à Madagascar. En revanche, si aucune convention n’a été signée, les revenus salariaux de source malgache peuvent être imposés deux fois : à Madagascar et dans le pays d’origine, en fonction de la législation fiscale de ce dernier.

b.

Définition du revenu imposable
Sous réserve des conventions bilatérales, l’ensemble des revenus bruts et avantages en nature perçus par l’employé dans le cadre de la relation de travail sont soumis à l’IRSA : salaire brut, primes et gratification, indemnité, pension alimentaire, rente viagère, etc. Avantages en nature : Les avantages en nature sont incorporés dans la détermination de la base imposable de la façon suivante : • pour les véhicules : 30% de la totalité des dépenses mensuelles réelles exposées par 82 l’entreprise pour la mise à disposition d’un véhicule à chaque employé ; • pour le logement : 50% du loyer réel ou de la valeur locative retenue pour l’assiette de l’impôt foncier sur les propriétés bâties ramenée au mois, sans toutefois excéder 25% de la rémunération fixe que l’individu perçoit en numéraire ; • pour la domesticité : 2% du montant de la rémunération fixe perçue en numéraire, par domestique ; • pour les autres avantages : 3% de la valeur réelle de tous les autres éléments concédés mensuellement par l’employeur. Charges déductibles : Sont admis en déduction du revenu imposable : • les retenues faites par l’employeur ainsi que les versements effectués personnellement par le salarié en vue de la constitution de pension ou de retraite (Cnaps), dans la limite de 10% du montant brut de la partie des appointements soumis à retenue ou donnant lieu à versement ; • les retenues faites par l’employeur au titre de la cotisation ouvrière due à une organisation sanitaire d’entreprise (Ostie ou autre) ; • les frais professionnels, fixés forfaitairement à 30% du revenu brut, sans que ce montant ne puisse excéder 120 000 MGA par mois (43,59 EUR) ; • les charges obligatoires, dûment justifiées, supportées par le salarié au cours de l’année précédant l’année d’imposition au titre : des arrérages de rentes payés à titre gratuit ; des pensions alimentaires payées à titre obligatoire. Les contribuables soumis à l’IRSA ont le droit, à raison de chaque personne à charge, à une 83 réduction d’impôt de 200 MGA par mois (0,07 EUR) . Les déductions au titre des charges obligatoires définies ci-dessus sont effectuées sur la er base d’une demande déposée, avant le 1 mai, auprès du bureau territorialement compétent chargé de l’assiette des impôts. Revenus exonérés :
82 83

Ces dépenses concernent le carburant, lubrifiants, petites réparations, assurance, entretien, dotations aux amortissements, etc. L’application de ces réductions ne doit toutefois pas ramener le montant à payer à une somme inférieure à la moitié de l’impôt brut ou au minimum forfaitaire.

86

Sont affranchis de l’impôt : • les rémunérations perçues par les associés-gérants majoritaires des SARL ; • les pensions de retraite civiles et militaires ; • les allocations perçues en réparation de dommages subis ; • les allocations et majorations de retraite ou de pension pour charges de famille, ainsi que le sursalaire familial. Ils sont exonérés pour un montant n’excédant pas celui qui est versé dans le secteur public ; • l’indemnité de retraite, à hauteur du montant prévu par la convention collective de branche ou l’accord professionnel ou interprofessionnel ; • les traitements attachés aux distinctions honorifiques ; • les soldes versés aux citoyens appelés à servir au sein ou hors des forces armées, pendant la durée de leurs obligations légales.

c.

Calcul de l’impôt
Le taux de l’IRSA est fixé à 25% pour les revenus mensuels supérieurs à 180 000 MGA (63,38 EUR). Dans ce cas, le taux de 25% n’est pas appliqué sur la totalité du revenu imposable, mais sur la différence entre le salaire perçu (supérieur à 180 000 MGA) et le seuil imposable (180 000 MGA). L’impôt à payer comprend cette première somme, à laquelle sont ajoutés 4 000 MGA (montant pour le quatrième palier). Pour un revenu mensuel brut inférieur à 180 000 MGA, la loi distingue quatre paliers de revenus, auxquels correspond un impôt forfaitaire allant de 200 à 4 000 MGA (de 0,07 à 1,45 EUR) : Barème de calcul de l’IRSA pour l’année 2008
Tranches de revenu mensuel brut Inférieur ou égal à 100 000 MGA (36,32 EUR) Jusqu’à 140 000 MGA (50,85 EUR) Jusqu’à 160 000 MGA (51,12 EUR) Jusqu’à 180 000 MGA Au delà de 180 000 MGA (65,38 EUR) Montant mensuel de l’IRSA 200 MGA 500 MGA 2 000 MGA 4 000 MGA 25% x (salaire – 180 000) + 4 000 MGA

(1) Régime du droit commun

A titre d’exemple
Base imposable après déduction et abattement pour frais professionnels 90 000 MGA 150 000 MGA 170 000 MGA 250 000 MGA IRSA à payer 200 MGA 2 000 MGA 4 000 MGA 4 000 + (250 000 – 180 000) x 0,25 = 21 500 MGA
Source : ministère de l’Economie, des Finances et du Budget, janvier 2008.

(2) Régime spécifique Par dérogation aux dispositions du droit commun, certaines rémunérations à caractère 84 exceptionnel et à taux unitaire sont soumises aux taux d’imposition suivant : • 2% pour les rémunérations dont le taux unitaire est inférieur ou égal à 700 MGA ; • 4% pour les rémunérations dont le taux unitaire est supérieur à 700 MGA et inférieur ou égal à 2 000 MGA ;
84

La liste de ces revenus et taux est fixée par arrêté du ministre en charge de la réglementation fiscale.

87

• 10% pour les rémunérations dont le taux unitaire est supérieur à 2000 MGA.

d.

Paiement de l’impôt
L’IRSA est retenu à la source par l’employeur ou l’organisme payeur, préalablement à chaque versement de salaire. Toutefois, l’entreprise peut cumuler le versement par trimestre si le montant global de l’impôt n’excède pas 5 000 MGA, ou si elle est soumise au régime du forfait. Délais de versement : L’entreprise reverse l’impôt à l’administration fiscale. Le paiement peut être mensuel ou trimestriel : • paiement mensuel : dans les quinze premiers jours du mois suivant celui au cours duquel la retenue a été opérée ; • paiement trimestriel : l’organisme payeur est autorisé à cumuler le versement par trimestre lorsque le montant global des retenues n’excède pas 5 000 MGA et/ou il est soumis au régime réel simplifié en matière d’impôt sur les revenus. Dans ce cas, le versement se fait dans les quinze premiers jours du mois suivant l’expiration du trimestre considéré. A titre d’exemple
Salaire considéré Paiement mensuel Paiement trimestriel mai 2007 mars, avril, mai 2007 Date de versement de l’impôt du 1er au 15 juin 2007 du 1er au 15 juin 2007

(1) Modalités générales

Source : ministère de l’Economie, des finances et du budget, janvier 2008.

L’entreprise doit remplir le formulaire prescrit en quatre exemplaires. Elle est tenue de déposer auprès de son centre fiscal, dans le mois qui suit celui du paiement des salaires, un état nominatif des sommes payées à ses employés. Pénalités : Les pénalités ont été harmonisées par la loi de finances 2008. Elles sont donc les mêmes que 85 pour l’impôt sur les revenus . (2) Le cas particulier des contribuables dont l’employeur se trouve hors du territoire national Les contribuables dont l’employeur se trouve hors du territoire national doivent déterminer et 86 verser eux-mêmes l’impôt correspondant aux rémunérations perçues au cours du mois considéré. Le versement se fait au trésorier principal, ou auprès de l’agent de recouvrement du service des impôts dont relève leur résidence. Tableau récapitulatif de l’IRSA
Résident malgache Non-résident (sans convention de non double imposition) Revenus considérés Revenus salariaux de source malgache et étrangère - l’intéressé séjourne plus de 183 jours à Madagascar durant l’année fiscale considérée ;
85 86

Non-résident français

Revenus salariaux de source malgache seulement - l’intéressé séjourne moins de 183 jours à Madagascar durant l’année fiscale considérée ;

Se reporter au paragraphe 2. a. (4) « Paiement de l’impôt » de cette partie Fiscalité. Ou par l’intermédiaire d’un représentant domicilié à Madagascar et accrédité auprès de l’administration fiscale.

88

Ou : Conditions spécifiées - les rémunérations sont payées par un employeur résident à Madagascar ; Ou : - la charge des rémunérations est supportée par un établissement stable que possède l’employeur à Madagascar. Risque d’imposition Pays d’imposition Imposition à Madagascar dans les deux pays, puis crédit d’impôt dans le pays d’origine paliers de revenu - au-delà de 180 000 MGA : 25% du revenu imposable Versement de l’impôt Retenue à la source mensuelle, reversée à l’administration fiscale par l’employeur dans les quinze premiers jours du mois suivant l’expiration du trimestre considéré
88 87

Et : - les rémunérations sont payées par un employeur résident en France ; Et : - la charge des rémunérations n’est pas supportée par un établissement stable que possède l’employeur à Madagascar.

Imposition à Madagascar

Imposition en France

- de 100 000 à 180 000 MGA : forfaits fixés en fonction de quatre Calcul de l’impôt x x

4.
a.

Fiscalité indirecte
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Anciennement appelée taxe unique sur les transactions (TUT), la TVA a été introduite à Madagascar en 1994 par la loi de finances de la même année. Il s’agit d’un impôt sur les biens et les services, calculée et payée à chaque stade de production et de distribution. Elle est supportée par le consommateur final. L’entreprise collecte la TVA et la reverse à l’Etat. A Madagascar, il s’agit d’un taux unique, quel que soit le bien ou le service consommé. (1) Conditions d’assujettissement Sont obligatoirement soumises à la TVA les personnes ou entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires hors taxe supérieur à 200 millions MGA (72 650,65 EUR). En-deçà, elles peuvent également choisir le régime du réel, sous réserve que leur comptabilité soit certifiée par un commissaire aux comptes. Dans le cas contraire, les entreprises ne sont pas assujetties à la TVA, mais l’intègrent directement dans leurs prix. (2) Taux d’imposition Le taux normal de TVA a augmenté de deux points de base au 1 janvier 2008, et atteint désormais 20%. Le taux à l’exportation est de 0%. (3) Opérations imposables Sauf pour les entreprises bénéficiant de régimes spéciaux , toutes les opérations d’achat et
89 er

87 88

Pour les revenus en question, le crédit d’impôt ne peut pas excéder le montant établi par la fiscalité du pays d’origine. Le versement trimestriel est possible pour des retenues inférieures à 5 000 MGA. 89 Se reporter à la partie 2. D. « Les régimes d’incitation » et à la partie 6. « Zones et entreprises franches ».

89

de vente réalisées à Madagascar sont soumises à la TVA . La TVA est exigible : • pour les biens, lors de la livraison ; • pour les prestations de services, lors de l’encaissement ; • pour les produits importés, lors de la déclaration en douane ; • pour les opérations bénéficiant des régimes suspensifs, lors de la mise à la consommation. (4) Exonérations Sont soumises à un taux zéro : • les exportations de biens et services ; 91 • les exportations et les importations des zones et entreprises franches ; Sont exonérés : • les importations réalisées par les zones et entreprises franches ; • les importations réalisées par les entreprises éligibles à la LGIM de biens figurant dans une liste annexée au plan d’investissement déposé par l’entreprise éligible et approuvé par l’organe de contrôle et de suivi et entériné par le ministre chargé des mines. Par ailleurs, un certain nombre d’opérations, de services et de biens sont exemptés de la TVA. Il s’agit notamment : • des services fournis par des établissements bancaires et financiers. Dorénavant, seuls les intérêts en sont exemptés mais non pas les commissions ; • des opérations portant sur les actions, parts de sociétés ou d’association, les obligations et autres titres ; • des prestations de santé ; 92 • de l’importation et la vente de certains produits (intrants agricoles, médicaments, etc.) ; • des salaires, quelle que soit la profession ; • et, sous réserve de réciprocité, les marchandises ou prestations dont bénéficient les missions diplomatiques ou consulaires et leurs membres accrédités à Madagascar ayant le statut de diplomate. (5) Calendrier de paiement L’imposition s’effectue sous le régime de la déclaration mensuelle. La taxe est calculée par le redevable lui-même à la fin de chaque mois, et doit être versée au plus tard le 15 du mois suivant la période considérée. (6) Conditions de récupération La TVA payée peut être récupérée par déduction sur la TVA collectée. Lorsque le montant des déductions est supérieur au montant de la taxe due au cours d’une période donnée, la différence constitue un crédit de TVA. Celui-ci est reporté sur les échéances mensuelles suivantes, sans limitation. Seules les entreprises exportatrices et les entreprises franches sont autorisées à bénéficier du remboursement des crédits de TVA. (7) Pénalités Pénalités relatives à la TVA
Nature de l’infraction Déduction abusive ou manœuvre frauduleuse Inexactitude sur le montant des crédits reportables Déduction de taxe non apparente Vente sans facture Montant de l’amende 80% de la taxe fraudée 80% des crédits déclarés mais non justifiés 80% de la taxe 80% de la taxe

90

90 Opérations réalisées dans le cadre d’une activité commerciale, industrielle, agricole, artisanale, minière, hôtelière, de prestation de services ou d’une profession libérale. 91 Le chapitre 6. « Zones et entreprises franches » traite en détail des questions fiscales. 92 Pour obtenir la liste exhaustive des produits exonérés, se reporter à l’art. 06.01.06 du Code général des impôts 2008 (livre I, partie six).

90

Facturation pour opération fictive Vente avec facture irrégulière Facturation de la TVA sur des produits exonérés Omission de facturation de TVA sur des produits taxables

80% de la valeur indiquée 80% de la taxe 80% de la taxe fraudée 80% de la taxe fraudée
Source : loi de finances 2008

Tableau récapitulatif de la TVA
- taux général de 20% - taux de 0% pour les exportations de biens et de services et pour certains biens et Taux services - taux de 0% pour les entreprises franches (sur leurs exportations et leurs importations) - taux de 0% pour les achats et les importations de biens et services réalisés par entreprises éligibles à la LGIM Conditions d’assujettissement - entreprises ayant un chiffre d’affaire supérieur à 200 millions MGA (72 650,65 EUR) - toute autre entreprise, dont le chiffre d’affaire annuel est entre 20 millions MGA et 200 millions MGA, ayant opté pour le régime du réel Mode de paiement - déclaration mensuelle - dépôt des déclarations et versements au plus tard le 15 du mois suivant Conditions de récupération Déduction sur les versements dus au titre de la TVA pour la période suivante

b.

Les droits d’accises (DA)
Les droits d’accises sont dus sur certains produits fabriqués, préparés, récoltés, extraits ou importés à Madagascar. Conditions d’assujettissement : Les faits générateurs donnant lieu au paiement de droits d’accises sont notamment les suivants : • pour les produits importés : la déclaration en douanes lors de l’importation; • pour les produits de fabrication locale : la fabrication ou la mise à la consommation ; La liste des produits soumis aux droits d’accises a été précisée, grâce à la création de cent nouveaux articles environ. Pour connaître la taxe applicable à un produit en particulier, le tarif douanier 2007 issu de la loi n°2006-34 est disponible sur le site www.mefb.gov.mg, à la rubrique « Textes et lois ». Exonérations : La loi de finances 2008 donne lieu à d’importantes diminutions et exonérations des droits d’accises. Parmi les produits qui sont exonérés, citons : • les produits miniers semi-travaillés et travaillés (perles, diamants, saphirs, rubis, argent, or, etc.). Cette exonération entend inciter les opérateurs du secteur à formaliser leur activité ; • les parfums et produits de beauté ; • le sucre ; • la farine ; • les eaux minérales et boissons sucrées gazéifiées. En revanche, les droits d’accises sont étendus à toute forme de communication. La communication par téléphonie, fixe ou mobile, est soumise à un taux de 7%.

5.
a.

Autres impôts et taxes
Impôt sur les revenus des capitaux mobiliers (IRCM)
La loi de finances 2008 a modifié l’IRCM sur deux points : • le taux d’imposition passe de 15 à 25%. Il est aligné sur celui de l’impôt sur les revenus ;

91

• les dividendes ne sont plus soumis à l’IRCM. L’IRCM s’applique aux personnes morales soumises à l’impôt sur les revenus, aux sociétés de personnes, aux sociétés en participation, ainsi qu’aux personnes physiques. Il concerne notamment les intérêts, les revenus et autres produits des emprunts et des obligations (art .01.04.02). Exemptions et régimes spéciaux : L’IRCM ne s’applique pas aux produits correspondant à des fonctions de direction. Ainsi, les sommes attribuées au président du conseil d’administration, au directeur général et à l’administrateur provisoirement délégué ne sont pas soumises à l’IRCM (art. 01.04.10). L’IRCM ne s’applique pas aux intérêts des emprunts octroyés par des organismes de financement extérieur, et contractés pour la réalisation d’un investissement. Paiement de l’impôt : Le paiement est annuel. Il doit s’effectuer avant les mêmes dates que pour l’impôt sur les revenus.

b.

Impôts fonciers
Il existe à Madagascar deux impôts fonciers : l’impôt foncier sur la propriété bâtie (IFPB) et l’impôt sur les terrains (IFT). Ils ont été simplifiés par la loi de finances 2008. La taxe annexe à l’impôt foncier sur la propriété bâtie (TAFB) a été supprimée.

(1) L’impôt foncier sur la propriété bâtie Les taux sont fixés par le conseil communal. Les taux minima et maxima ont été modifiés, et sont respectivement de 5 et 10% (contre 2 et 5% auparavant). Un minimum de 2 000 MGA (0,72 EUR) par immeuble bâti est exigé. (2) L’impôt sur les terrains Les taux et les tarifs sont fixés selon la catégorie de plantation.

c.

Impôt sur les plus-values immobilières (IPVI)
Les plus-values immobilières réalisées par une personne morale sont imposées au taux de 25%. Pour les personnes physiques, l’IPVI est maintenu. Le taux a été modifié. Il ne s’agit plus d’un barème progressif, mais d’un taux unique à 25%.

d.

Taxe annexe sur les contrats d’assurance de véhicule automobile (TACAVA)
Cette nouvelle taxe concerne les véhicules automobiles, exception faite des voitures particulières affectées au transport public, ou appartenant à des personnes morales. Le taux d’imposition est de 10%, assis sur les sommes stipulées au profit de l’assureur et de tous accessoires dont celui-ci bénéficie directement ou indirectement du fait de l’assuré. Il ne fait pas partie des charges déductibles de l’impôt sur les revenus.

6.

Calendrier récapitulatif
Au plus tard le 15 : Janvier IRSA TVA DA Acompte de la taxe sur les contrats d’assurances Impôt de licence Prélèvement sur les bières Au plus tard le 31 : Taxe sur les appareils automatiques Au plus tard le 15 : Février IRSA TVA DA

92

Prélèvement sur les bières A la fin du mois : Acompte de l’IR A partir du 1 : Mars IFT IFPB Au plus tard le 15 : IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières Avant le 31 : IS Au plus tard le 15 : Avril IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières Acompte de taxe sur les contrats d’assurances Impôt de licence Taxe spéciale sur les boissons et tabacs manufacturés et les jeux de hasard A la fin du mois : Acompte de l’IR Au plus tard le 15 : Mai IR pour l’exercice clos le 31 décembre IRSA TVA IRCM DA Prélèvement sur les bières Liquidation générale de la taxe sur les contrats d’assurances A partir du 1 : Juin IFT (dernier paiement) IFPB (dernier paiement) Au plus tard le 15 : IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières A la fin du mois : Acompte de l’IR Au plus tard le 15 : Juillet IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières Acompte de taxe sur les contrats d’assurances Impôt de licence Taxe spéciale sur les boissons et tabacs manufacturés et les jeux de hasard Au plus tard le 15 : Août IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières
er er

93

A la fin du mois : - Acompte de l’IR Au plus tard le 15 : Septembre IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières Au plus tard le 15 : Octobre IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières Acompte de taxe sur les contrats d’assurances Dépôt de déclaration de l’IFT Dépôt de déclaration de l’IFPB Impôt de licence Taxe spéciale sur les boissons et tabacs manufacturés et les jeux de hasard A la fin du mois : - Acompte de l’IR Au plus tard le 15 : Novembre IR pour l’exercice clos le 30 juin IRSA TVA IRCM DA Prélèvement sur les bières Au plus tard le 15 : Décembre IRSA TVA DA Prélèvement sur les bières A la fin du mois : Acompte de l’IR
Source : Direction générale des Impôt, janvier 2008

Témoignages
Arnaud HAVARD, administrateur général de Vitogaz Madagascar (Tananarive). L’implantation du groupe Rubis à Madagascar, via sa filiale Vitogaz Madagascar, s’est réalisée en 2000. L’Etat malgache a décidé en 1999 de privatiser la compagnie nationale de distribution de produits pétroliers, Solima. Quatre lots équivalents de distribution gaz ont été cédés. Vitogaz Madagascar a commencé ses activités en 2000 avec une part de marché de 25%. Grâce à des investissements de plus de 12 millions EUR et à une politique commerciale ambitieuse, la société a développé ses positions, devenant le leader incontesté du marché. Le système fiscal malgache est-il selon vous suffisamment compétitif ? Il s’agit d’un vaste sujet, qui couvre selon moi trois aspects : la fiscalité de droit commun, les procédures administratives et fiscales, et la fiscalité propre au secteur d’activité de l’entreprise. En ce qui concerne Vitogaz Madagascar, il s’agit de la distribution du gaz de pétrole liquéfié (GPL). L’extension de la base fiscale et la simplification des procédures administratives sont clairement des enjeux majeurs. La compétitivité d’un système fiscal ne repose pas

94

seulement sur le taux ou le montant des impôts et des taxes. Pour une entreprise, le coût administratif lié à certaines obligations légales et fiscales peut peser plus que l’impôt luimême. La simplification, la mise en place d’outils modernes sont des points de passage obligés pour développer l’activité économique. Des progrès importants ont été réalisés avec la création de l’EDBM, la réforme du Code des douanes, certaines simplifications de la loi de finances 2008. Ce sont des premiers pas et cette voie mérite d’être poursuivie et approfondie. Un autre point qui apparaît majeur est celui de la stabilité fiscale et de la direction choisie. Les à-coups sont dommageables aux entreprises. A titre d’exemple, la fiscalité sur le GPL a été modifiée au 1er janvier 2006. Le gaz était jusqu’alors exonéré de TVA. Il a été assujetti à une TVA au taux commun de 18%, puis 20% à partir de cette date. Ce type de mesure a des incidences majeures pour le consommateur, pour les entreprises et pour la filière toute entière. Enfin, j’insisterai sur la nécessité d’un dialogue « public – privé » sur ce type de sujets, afin d’approfondir toutes les incidences qu’une mesure peut entraîner. Ce dialogue peut passer par les groupements professionnels. C’est ainsi que les deux parties entreront dans un partenariat « gagnant - gagnant », l’Etat restant bien entendu maître de sa politique fiscale. Comment jugez-vous le contrôle fiscal à Madagascar (qualité, rythme, degré) ? J’ai vécu deux contrôles fiscaux depuis mon arrivée à Madagascar il y a deux ans et demi. Les deux se sont déroulés dans des conditions satisfaisantes : transparence, respect, franche collaboration. Le rythme des contrôles s’est accéléré, et nous nous dirigeons, semble-t-il, vers un système de contrôle en année N de l’exercice N-1. L’ensemble gagnera en temps et en efficacité en ayant des textes réglementaires et fiscaux d’une grande précision, des notes d’interprétation, des outils de diffusion (internet, recueils techniques) qui ne laisseront pas la place aux « interprétations ».

Contacts
Direction générale des Impôts Immeuble du ministère des Finances et du Budget • Porte 420 • Antaninarenina • BP 61 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 355 50 • Fax : 261 20 22 663 14 • www.impots.mg • Mél : dgimpots@iris.mg Rue Razafindratandra • Amparibe • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 644 01 35 rue Andriandahifotsy • Ambohijatovo • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 282 13 Immeuble du ministère des Finances et du Budget • Porte 366 • Antaninarenina • BP 262 • Antananarivo 101 Tél. : 26120 22 229 16 www.mefb.gov.mg

Direction des grandes entreprises Service régional des grandes entreprises Analamanga Direction générale des Douanes

95

LES ZONES ET ENTREPRISES FRANCHES
Cette partie se base uniquement sur la nouvelle loi n°2007-037 du 14 janvier 2008 sur les zones et entreprises franches. Les discussions entre le gouvernement et le FMI devraient aboutir, au cours de l’année 2008, à une loi-cadre de promotion à l’exportation. Cette loicadre devrait mettre fin à l’octroi de nouveaux agréments pour les zones et entreprises franches. En contrepartie, le régime de droit commun devrait devenir plus incitatif pour les entreprises exportatrices. Il sera donc important de suivre l’évolution de ces discussions au cours de l’année 2008.

Depuis la création du statut en 1989, les entreprises et zones franches connaissent un véritable succès à Madagascar. La loi n°91-020 du 13 août 1991 a élargi le champ d’éligibilité au statut, en incluant les activités agricoles, halieutiques et d’élevage. Ainsi, en 2008, le nombre des entreprises franches a considérablement augmenté, et les secteurs d’activité se sont diversifiés : textile, informatique et services, agro-alimentaire, chimie. Les entreprises franches occupent une place prépondérante dans les exportations malgaches, puisqu’elles cumulent 56% des exportations totales du pays. Ces entreprises sont particulièrement concentrées dans le secteur textile : 63% des entreprises franches relèvent de ce secteur. Grâce à elles, le pays est le deuxième exportateur de produits textiles d’Afrique subsaharienne. Par définition, les rentrées fiscales directes que le gouvernement réalise grâce aux entreprises franches sont limitées. De ce fait, le statut est aujourd’hui remis en question, par le gouvernement et le FMI. Toutefois, l’importance des entreprises franches est réelle à Madagascar : elles emploient une main d’œuvre abondante – environ 116 000 personnes – et jouent ainsi un grand rôle social. Elles font également fonctionner un grand nombre d’entreprises de services.

A. Caractéristiques des zones et entreprises franches
1. Zone franche
Une seule zone franche est en activité à Madagascar, il s’agit de la zone franche industrielle Filatex. Située au Sud de Tananarive, cette zone regroupe une vingtaine d’entreprises spécialisées dans la confection de textiles et d’habillement. Cette localisation centrale lui permet de disposer d’une main d’œuvre abondante et bien formée. De plus, la capitale dispose d’un aéroport international, et est reliée au principal port du pays (Tamatave) par une route étroite mais de bonne qualité. Il s’agit du premier axe routier du pays.

2.

Entreprises franches
En 2008 on compte près de 460 entreprises franches. Toutefois, seules 200 environ sont en 93 activité . Les entreprises franches sont essentiellement localisées à Tananarive (91%). Elles sont concentrées dans le secteur du textile et de l’habillement (63%).

93

Ce nombre inclut les entreprises de la zone Filatex.

96

Ces entreprises sont une importante source d’emploi : l’effectif moyen d’une entreprise franche est de 574 employés, lorsqu’une entreprise de droit commun en emploie en moyenne 200. Elles emploient un tiers de la main d’œuvre du secteur secondaire du pays, soit 116 000 personnes (2006). Les entreprises franches à Madagascar créaient peu de valeur ajoutée, et s’étaient spécialisées dans une production relativement bas de gamme. Contrairement à l’île Maurice qui a choisi de se spécialiser dans le haut de gamme. Leur contribution au PIB se limite à 1,5% sur la période 2001-2005, sans tenir compte des entreprises partenaires. Les entreprises franches exportent principalement vers l’Europe (70%) et les Etats-Unis (25%). Leurs principaux fournisseurs sont la Chine (44%), suivie de l’Europe (21%) et des pays de l’océan Indien (13%). Répartition des entreprises franches par secteurs activité
Secteur d’activité Textile et habillement Traitement de données informatiques Artisanat Agro-industrie Bois Aquaculture Pierres industrielles Divers Total
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Proportion d’entreprises 63% 8% 5% 4% 4% 3% 1% 12% 100%
Source : Groupement des entreprises franche et partenaires, janvier 2008

B. Conditions d’éligibilité au statut de zones et entreprises franches
Toute entreprise dont l’activité est vouée à l’exportation est éligible au statut de zone et entreprise franche. Ce régime peut s’appliquer également aux fournisseurs des zones et entreprises franches (en biens et en services). La liste des secteurs éligibles est fixée par décret. Les dispositions antérieures excluent le secteur touristique du statut franc. Par le passé, les demandes d’agrément faisaient l’objet d’une sélection. La procédure était longue, et s’achevait généralement par l’octroi de l’agrément. Afin d’accélérer et rationaliser la procédure, les autorités ont supprimé la procédure d’agrément. Il s’agit désormais d’un régime déclaratif. L’agrément est systématiquement délivré par l’EDBM, sur la base d’une simple demande introduite par l’entreprise candidate. L’agrément est délivré dans un délai de vingt jours au maximum à compter de la date d’introduction de la demande. Le formulaire de demande est accessible sur le site de l’EDBM : www.edbm.gov.mg.

94

Cette catégorie regroupe plusieurs entreprises : fabrication de bougies, de composants électroniques, de prothèses dentaires, etc.

97

C. Facilités et avantages des zones et entreprises franches
Les zones et entreprises franches bénéficient d’un certain nombre d’avantages, principalement fiscaux et douaniers. Aucun avantage social particulier ne 95 est accordé. leur Elles restent soumises au Code du travail et au Code de prévoyance sociale .

1.
a.

Régime fiscal et douanier
TVA à 0%
Les zones et entreprises franches bénéficient d’une TVA à taux zéro sur leurs exportations mais paient la TVA sur leurs importations. Elles sont assujetties à une TVA de 20% pour leurs 96 opérations réalisées sur le territoire national : vente de leur production et achat auprès des entreprises locales. Les crédits de TVA ainsi générés sont remboursés par l’Etat sur la base d’une demande à déposer avec la déclaration de TVA. Au terme de la loi n°2007-037, le remboursement de TVA devrait s’effectuer dans un délai maximum de soixante jours à compter de la date d’introduction de la demande. Dans les faits, de nombreux retards sont constatés.

b.

Impôt sur les revenus : période d’exonération, puis taux à 10%
Les entreprises franches bénéficient d’une exonération d’impôt sur les revenus (IR), dont la durée d’exonération varie selon la catégorie de l’entreprise. La loi distingue trois types 97 d’entreprises franches : • les entreprises de services (ES), dont la période d’exonération est de deux ans à 98 compter de la date de démarrage effectif de l’activité ; • les entreprises industrielles de transformation (EIT), exonérées de l’IR pendant cinq ans ; • les entreprises de production intensive de base (EPIB), qui relèvent du secteur primaire (agriculture, élevage, et exploitation des ressources halieutiques) : la durée d’exonération est de cinq ans. Après la période d’exonération, l’impôt sur les revenus est appliqué au taux de 10% (contre 25% pour le régime de droit commun). Les dividendes sont donc imposés à 10%. Un minimum de perception de 5‰ du chiffre d’affaires est requis. Par ailleurs, après la période d’exonération, l’entreprise bénéficie d’une déduction d’impôt de 75% sur les nouveaux investissements en biens amortissables. A l’exception de l’IRSA, les zones et entreprises franches sont exonérées de toutes les autres taxes et impôts en vigueur sur le territoire malgache.

c.

Exonération pour les équipements et matières premières
Les entreprises et zones franches bénéficient d’une exonération de droits de douane et de taxe à l’importation pour tous leurs équipements et matières premières. Cette exonération n’est pas limitée dans le temps. Tableau récapitulatif

Une seule exception est prévue par le législateur : les dispositions du Code du travail portant sur l’interdiction du travail de nuit des femmes ne sont pas applicables aux entreprises franches. Pour le reste, se reporter à la partie 7. « Droit social ». 96 Elles sont autorisées à écouler jusqu’à 5% de leur production sur le territoire national. 97 Une entreprise franche ne peut pas faire partie de plusieurs catégories à la fois. Une exception existe toutefois : une entreprise peut mener des activités de services tout en étant par ailleurs une EIT ou une EPIB. Dans ce cas, elle n’est pas considérée comme une entreprise de services, mais relève de l’une des deux autres catégories. 98 La date de démarrage effective de l'exploitation est fixée à douze mois après celle de la délivrance de l'attestation de zone et entreprise franche.

95

98

Impôts et taxes considérés IR, dont les dividendes distribués TVA

Taux Exonération : pour les EIT et les EPIB : pendant les 5 premières années ; pour les ES : pendant les 2 premières années. Au delà : 10 % avec un minimum de perception de 5‰ du chiffre d’affaires Remboursement automatique de la TVA payée pour les importations et taux à 0% pour les exportations 20% pour les ventes et les achats réalisés sur le territoire national Exonération pour les équipements et matières premières 25%

Droits de douane IRSA

2.

Autres facilités et avantages
Liberté des apports et rapatriements de capitaux : Sous réserve d’une déclaration, les apports et rapatriements de capitaux réalisés par une entreprise franche sont totalement libres. Selon les termes de la nouvelle loi n°2007-037, l’Etat assure et garantit la liberté de transfert des fonds dégagés en cas de cessation d’activité (sous réserve du règlement intégral des dettes contractées sur le territoire national). Vente sur le marché national : Les entreprises franches peuvent écouler jusqu’à 5% de leur production sur le marché national. La vente des rebus et déchets issus de leur production est libre. Elle s’effectue sans droit de douane ni taxe à l’importation. Il en va de même pour la vente de matériels et d’équipements totalement amortis. Compte bancaire à l’étranger : Les entreprises franches sont autorisées à ouvrir des comptes bancaires à l’étranger, et peuvent librement contracter des emprunts en devises à l’étranger. Contrairement aux autres personnes morales ou physiques, les entreprises franches sont autorisées à effectuer des virements en devises de compte à compte : • pour un paiement effectué au profit d’une autre entreprise franche ; • dans le cadre de transactions réalisées sur le territoire national.

Les recettes issues des opérations d’exportations doivent être obligatoirement rapatriées dans un délai de 190 jours, à compter de la date d’envoi des marchandises.

Témoignages
Jean-Pierre et Olivier CUA, directeur général et directeur technico-commercial d’Epsilon, entreprise franche de confection (Tananarive). Comment percevez-vous l’avenir pour une entreprise à Madagascar ? Notre famille est présente à Madagascar depuis les années 1970, et l’entreprise existe depuis seize ans. Cette expérience nous a appris à n’avoir aucune certitude. Faire des affaires à Madagascar reste une entreprise difficile. Avant tout, il faut savoir être patient. A ses débuts, notre entreprise était de petite taille. Aujourd’hui, nous employons 1 100 personnes. Nous avons donc grandi, même si cela a pris du temps. Et nous restons optimistes, puisque nous venons de créer une nouvelle entité. Pourtant, sur le papier, Madagascar est une destination qui peut faire reculer. Les grands groupes hésitent à investir d’importantes sommes. En un sens, cela peut se comprendre puisque le risque est présent. Les coûts d’approche sont élevés et l’île souffre de son enclavement : le transport entre notre usine et le bateau à Tamatave coûte presque aussi cher qu’entre Tamatave et l’Europe. Les délais sont encore importants, ils se sont détériorés en mars 2007 mais ont été améliorés depuis. A cette période, nous avons perdu nos liaisons

99

directes vers l’Europe. Aujourd’hui, nous passons par l’Erythrée et livrons en un mois à Marseille, et en un mois et cinq jours en Europe du Nord. De même, l’énergie est un grand 99 problème actuellement. Elle est coûteuse, aléatoire et limitée en puissance. La Jirama ne peut pas augmenter les capacités rapidement. Nous fonctionnons en secours grâce à un groupe électrogène. Néanmoins, Madagascar dispose d’atouts non négligeables. J’insiste sur la main d’œuvre, qui est habile et dont le coût est concurrentiel. J’insiste aussi sur la zone géographique : Madagascar est une alternative intéressante, alors que certains grands donneurs d’ordres craignent de travailler en Chine pour diverses raisons. Pour nous, il est donc intéressant d’être présents à Madagascar. Surtout que nous obtenons de bons résultats en termes de productivité et de qualité. Votre entreprise franche a-t-elle recours à des sous-traitants malgaches ? Est-il facile de traiter avec ces derniers ? Bien que nous ayons tout intérêt à traiter avec des fournisseurs locaux, nous le faisons relativement peu. Parce que leur offre est limitée : nous ne trouvons que du coton, des boutons, des cartons, etc. Et parce que les démarches pour passer d’un régime à un autre sont actuellement complexes. Les procédures administratives sont contraignantes. J’imagine difficilement qu’un petit atelier puisse travailler uniquement avec des entreprises franches : les démarches sont trop lourdes.

Contacts
Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) Villa E2 • Village des jeux Ankorondrano • BP 7564 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 380 50 • Fax : 261 20 22 380 50 www. gefp.com • Mél : gefpmg@wanadoo.mg Route d’Antsirabe • Ankadimbahoaka • BP 1330 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 222 31/ 32 • Fax : 261 20 22 556 45 Mél : filatex@moov.mg

Zone franche Filatex

99 Compagnie nationale fournissant eau et électricité

100

DROIT SOCIAL

A. Droit du travail
A Madagascar, le droit du travail est bâti sur le modèle 100 français. Au total, les charges patronales sont de 18%. Les charges salariales sont de 2% . Le droit du travail est régi par la loi n°2003-044 du 28 juillet 2004 portant Code du travail. Cette loi a permis de clarifier l’ancien Code du travail n°94-029 du 29 août 1995. L’adoption récente de décrets d’application a permis d’actualiser la loi et de l’adapter au contexte actuel. Ces textes sont : • le décret n°2005-728 du 8 novembre 2005, qui porte sur l’organisation et le fonctionnement du comité d’entreprise ; • les décrets n°2006-002 du 3 janvier 2006 et n°2007-006 du 9 janvier 2007, qui fixe la liste des jours fériés, chômés et payés par année ; • le décret n°2007-007 du 9 janvier 2007, qui fixe les modalités de prise en charge par l’employeur du transport et de la sécurité des travailleurs de nuit ; • le décret n°2007-008 du 9 janvier 2007, qui abroge les articles 7 à 14 de l’arrêté n°2189IGT du 5 novembre 1953, et qui fixe les formes et modalités de l’engagement à l’essai ; • le décret n°2007-009 du 9 janvier 2007, qui abroge le décret n°64-162 du 22 avril 1964, et qui détermine les conditions et la durée du préavis de résiliation du contrat de travail à durée indéterminée. D’autres décrets sont en cours de publication, dont le décret relatif aux heures de travail supplémentaires et celui concernant l’instauration d’un Conseil national du travail, qui devrait être le lieu de négociations et de concertations régulières entre les partenaires sociaux.

1.

Les caractéristiques de la main d’œuvre et des cadres malgaches
La quantité, la disponibilité et le coût de la main d’œuvre à Madagascar sont très différentes selon le niveau de qualification. La main d’œuvre peu qualifiée, ayant un niveau baccalauréat ou inférieur, est abondante, et sa rémunération est faible. Les opérateurs économiques s’accordent à dire que cette main d’œuvre est compétente et facile à former. Dans le secteur du textile par exemple, cette main d’œuvre est abondante et déjà bien formée. Notons que la main d’œuvre qualifiée est concentrée principalement à Tananarive. Le recrutement en province s’avère plus problématique. La rémunération salariale d’un travailleur malgache étant inférieure à celle d’un expatrié. On remarque actuellement un transfert de postes, traditionnellement destinés à des expatriés, vers des travailleurs malgaches. De nombreux investisseurs se plaignent du manque d’implication de leur personnel. Or, les cabinets de conseil ainsi que les syndicats s’accordent à dire qu’une politique de promotion interne visant à impliquer au maximum les travailleurs dans l’intérêt de la société permet d’obtenir de bons résultats. Enfin, la famille au sens large constitue une priorité pour les Malgaches, et les obligations familiales priment sur les engagements professionnels. L’absentéisme au travail pour des raisons familiales est parfois mentionné par les employeurs.

2.

Le contrat de travail
100 Ces cotisations sont fixées par la loi n°2003-044 du 28 juillet 2004 et par le décret n°2003-1162 du 17 décembre 2003 portant organisation de la médecine d’entreprise. Elles concernent le régime général : 13% des charges patronales sont versés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) et 5% à un Service médical interentreprises (Smie). Les charges salariales sont réparties de façon égale entre la Cnaps et un Smie (1% et 1%). Les cotisations pour le régime agricole et pour le personnel de maison sont différentes. Les taux sont détaillés au chapitre B. « Coûts salariaux et charges sociales ».

101

a.

L’engagement à l’essai
Le décret n°2007-008 du 9 janvier 2007 fixe les formes, les durées et autres modalités de l’engagement à l’essai. Ce décret abroge les articles 7 à 14 de l’arrêté n°2189-IGT du 5 novembre 1953. Il réaffirme l’obligation d’apposer à l’écrit tout engagement à l’essai. Les innovations de ce décret portent sur deux points : • un engagement à l’essai non suivi d’un contrat à l’écrit est considéré comme un contrat à durée indéterminée (CDI). De même, un renouvellement de l’essai sans contrat écrit est reconnu comme un CDI ; • la durée maximale de l’essai est revue en fonction de chaque catégorie socioprofessionnelle. Les catégories sont réparties en cinq groupes. Ainsi, la durée de l’engagement à l’essai va désormais de trois à six mois. La période d’essai la plus longue (six mois) est destinée à la catégorie des cadres supérieurs. L’article 4 du décret n°2007008 du 9 janvier 2007 précise la durée d’essai en fonction de la catégorie socioprofessionnelle. Le nouveau décret précise qu’un contrat à l’essai n’est renouvelable qu’une seule fois.

b.

Les différentes formes de contrat

Les contrats de travail les plus utilisés sont les contrats à durée déterminée (CDD) et les contrats à durée indéterminée (CDI). Il existe plusieurs autres formes de contrats de travail, en adéquation avec les besoins de l’entreprise. (1) Le contrat de travail à durée déterminée Pour qu’un contrat de travail soit signé sous la forme d’un CDD, il ne doit pas dépasser deux ans, ne doit pas entrer dans les activités normales de l’entreprise et doit porter sur un ouvrage déterminé, dont la réalisation finale constitue le terme du contrat. La réembauche au même poste d’un travailleur lié par un CDD après une interruption ne dépassant pas un mois est considérée comme un renouvellement. Un CDD renouvelé deux fois se transforme automatiquement en CDI. (2) Le contrat de travail à durée indéterminée Un CDI est signé lorsque, au terme d’un CDD ou d’un engagement à l’essai, aucune des parties n’a souhaité rompre le contrat. Notons qu’un contrat de journalier au même poste pendant une durée supérieure à six mois et totalisant en moyenne vingt jours de travail par mois se transforme automatiquement en CDI. Il est possible de signer un CDI dès la première embauche du travailleur. Bien que le contrat de travail à temps partiel existe, il est très peu utilisé par les entreprises. Souvent, le travail à temps partiel n’est assorti d’aucun contrat formel. (3) Les autres formes de contrat Il existe plusieurs types de contrats d’une durée plus ou moins longue. Ils peuvent prendre la forme d’un engagement à l’essai, d’un contrat d’apprentissage, d’un contrat de travail journalier ou saisonnier ou d’un contrat de travail intérimaire. Les modalités d’utilisation de ces contrats sont les suivantes : • le contrat d’apprentissage est accessible à toute personne âgée de plus de quinze ans. Ce contrat permet de former le travailleur à une tâche spécifique. Le contrat d’apprentissage doit être rémunéré. De plus, le logement et la nourriture de l’apprenti doivent être signalés dans le contrat ; • le contrat de travail journalier est signé lorsque le travailleur est engagé de façon intermittente à la journée ; • le contrat de travail saisonnier ne bénéficie pas des mêmes droits qu’un contrat journalier. Notons qu’un travailleur saisonnier bénéficie d’une priorité d’embauche saisonnière après trois engagements réguliers chez le même employeur ; • le contrat de travail intérimaire ne doit servir qu’à remplacer l’absence d’un titulaire à un poste pour une durée n’excédant pas un an.

c.

Âge minimum pour exercer une activité

102

L’âge minimum en dessous duquel il est interdit de travailler est fixé à quinze ans.

3.

La rupture du contrat de travail
Le CDD peut être interrompu avant le terme de l’échéance uniquement en cas de faute lourde prévue dans le règlement intérieur ou dans les cas prévus préalablement dans le contrat. Le CDI peut être rompu du fait de l’employeur ou de l’employé moyennant un préavis. Seule la rupture d’un CDI donne droit à un préavis.

a.

Le préavis
Le décret n°2007-009 du 9 janvier 2007 abroge et remplace le décret n°64-162 du 22 avril 1964. Il détermine les conditions et la durée du préavis de résiliation du contrat de travail à durée indéterminée. La durée de préavis varie de un jour à six mois selon l’ancienneté et la catégorie socioprofessionnelle de l’employé. L’article 3 du décret n°2007-009 du 9 janvier 2007 précise les différentes durées de préavis selon l’ancienneté et la catégorie de l’employé. Le nouveau décret apporte une innovation en offrant la possibilité à l’employé de bénéficier d’une journée libre pendant cette période.

b.

La rupture
Si la rupture du contrat prend la forme d’un licenciement, l’employé bénéfice : • du solde du salaire à la date de départ de l’entreprise ; • de l’indemnité compensatrice des congés non pris avant la rupture du contrat ; • d’un préavis ou une indemnité de préavis, sauf en cas de faute lourde ; • de la délivrance d’un certificat de travail.

(1) Le licenciement

(2) La démission Lorsque la rupture du contrat prend la forme d’une démission, c’est au travailleur de donner un préavis. De plus, il doit motiver sa décision et procéder préalablement à la passation de poste si l’employeur l’exige. La rupture du contrat de travail est considérée comme abusive lorsqu’elle est effectuée sans motif légitime, ni cause réelle et sérieuse. (3) La rupture par accord de volontés des parties La résiliation d’un commun accord est rare. Toutefois, il arrive que l’employeur préfère éviter les risques d’un litige et le salarié, pour sa part, peut trouver avantage à une séparation amiable. Le Code du travail de 2004 a consacré la validité de la rupture conventionnelle du contrat de travail. (4) La rupture pour cas de force majeure La jurisprudence n’admet que des impossibilités absolues de poursuivre l’exécution du contrat (destruction de l’entreprise). La faillite et la liquidation judiciaire ne sont pas considérées comme cas de force majeure. (3) Les traitements spéciaux Certains motifs de rupture de contrat donnent lieu à un traitement spécial : • la rupture de contrat pour motif économique. En cas de mise au chômage technique, le contrat est suspendu pour une durée limitée à six mois sans indemnité. Toutefois, le travailleur peut rompre le contrat après trois mois. Après l’expiration du délai de six mois de suspension, le contrat est résilié. L’employeur doit régler les droits des travailleurs tels que prévus en cas de licenciement, majorés d’une indemnité de licenciement équivalente à dix jours de salaires par année complète de service, sans que le total puisse excéder six mois de salaire ; • la rupture de contrat pour harcèlement sexuel. La rupture de contrat peut donner lieu à

103

des dommages et intérêts pour la partie victime. Il existe très peu de plaintes de ce type à Madagascar.

4.
a.

La durée de travail
La durée légale de travail
Le Code du travail fixe la durée légale de travail à 173,33 heures par mois. Les heures effectuées au-delà de cette durée légale constituent des heures supplémentaires qui donnent lieu à une majoration. Actuellement, jusqu’à la publication des décrets fixant les modalités d’application de la durée légale du travail, les heures effectuées au-delà de 40 heures par semaine, qui est la durée légale prévue par l’ancien code, ouvrent droit à une majoration pour heures supplémentaires.

b.

Le traitement des heures supplémentaires
Le traitement des heures supplémentaires, du travail de nuit , du dimanche et des jours fériés est fixé par le décret n°68-172 du 18 avril 1968. Celui-ci devrait être prochainement abrogé par un nouveau décret, plus proche des réalités actuelles. Le décret actuel n°68-172 du 18 avril 1968 autorise les heures supplémentaires de travail dans la limite des vingt heures par semaine. Elles peuvent être dépassées en cas de force majeure. Le taux horaire varie selon le nombre d’heures effectuées : • les huit premières heures sont majorées de 30% par rapport au salaire horaire minimum ; • les heures suivantes sont majorées de 50%. Le travail le dimanche et les jours fériés est soumis à une rémunération supplémentaire : • le taux horaire du travail est majoré de 40% par rapport au salaire horaire minimum le dimanche ; • le taux horaire du travail est majoré de 50% les jours fériés.
101

c.

Le traitement du travail de nuit
Face à l’augmentation de l’utilisation du travail de nuit par les entreprises, le nouveau décret n°2007-007 du 9 janvier 2007 encadre cette pratique. Il apporte deux innovations : • la dérogation à la notion générale de travail de nuit du Code du travail n°2003-044 du 28 juillet 2004, selon lequel le travail de nuit s’effectue entre 22 heures et 5 heures. Tout travail dont l’horaire ne coïncide pas avec les horaires de transport et de déplacement normaux est désormais considéré comme travail de nuit ; • l’obligation pour l’employeur de prendre en charge la sécurité et le transport des travailleurs de nuit. Le transport doit être assuré en nature et sans contrepartie. Le travail de nuit régulier est majoré de 30%, tandis que le travail de nuit occasionnel est majoré de 50%. Dans les entreprises où plusieurs équipes se relaient nuit et jour, le travail de nuit est automatiquement considéré comme régulier, et est rémunéré comme tel (30%).

d.

Le traitement des congés
Le repos hebdomadaire est obligatoire et d’une durée minimum de vingt quatre heures consécutives. Il est donné principalement le dimanche. Les jours fériés sont chômés et payés. Les femmes et les mineurs bénéficient d’un traitement spécial. Leur repos quotidien doit avoir une durée consécutive de douze heures, et il leur est interdit de travailler la nuit. Cependant, des dérogations sont prévues pour les femmes employées dans les zones et entreprises franches, en cas de force majeure ou de traitement de matières périssables :
101 Le traitement du travail de nuit a été modifié par le nouveau décret n°2007-007 du 9 janvier 2007. Se reporter à la partie C. « Le traitement du travail de nuit ».

104

elles peuvent travailler de nuit, pendant plus de douze heures consécutives. Les femmes enceintes bénéficient de quatorze semaines de congés suivant l‘accouchement, dont huit immédiatement après l’accouchement. Lors de la maternité, une femme peut quitter son emploi sans préavis. Les jours fériés et ponts sont fixés par décret à chaque début d’année. Ils permettent une meilleure lisibilité du planning de travail, notamment pour les entreprises qui ont un délai d’exécution ou de livraison à respecter. Voici la liste des jours fériés pour l’année 2008 : Jours fériés en 2008
Jour de l’An Journée internationale de la femme Pâques Lundi de Pâques Commémoration de l’insurrection de 1947 Jour de l’Ascension Pentecôte Lundi de Pentecôte Proclamation de l’Indépendance Assomption Noël Toussaint 1er mai 11 mai 12 mai 26 juin 15 août 25 décembre 1et novembre 1er janvier 8 mars
102

23 mars 24 mars 26 mars

5.
a.

La gestion des relations sociales
Les organisations syndicales et patronales
Selon la loi n°2003-044 du 28 juillet 2004, l’adhésion à une organisation syndicale est libre à Madagascar. Il est possible de fonder sa propre organisation syndicale. L’arrêté n°62382002 du 5 novembre 2002 portant nomination des membres du Conseil national du travail établit la liste des syndicats de travailleurs et de patrons représentés dans ce Conseil. Il existe de nombreux syndicats de travailleurs. Il existe également plusieurs organisations patronales à Madagascar, dont notamment : • le Groupement des entreprises malgaches (Gem) : cette fédération regroupe des organisations sectorielles, dont le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), spécialisé dans les zones et entreprises franches, et le Syndicat des industries de Madagascar (Sim) spécialisé dans le secteur industriel. Le Gem est composé d’un millier d’entreprises environ, qui représentent 85% de l’économie formelle. Il s’agit principalement de grandes entreprises, dont certaines sont à capitaux étrangers ; • le Groupement des opérateurs malgaches (Fivmpama) : il regroupe uniquement des entreprises à capitaux malgaches, qui représentent environ 5% de l’économie. Les obligations des entreprises en termes de représentation syndicale et patronale ne sont pas les mêmes selon leur taille. Ainsi : • toute entreprise employant plus de dix travailleurs doit établir un règlement intérieur. La rédaction du règlement est du ressort de l’employeur. Il est ensuite communiqué pour avis aux délégués du personnel et soumis au contrôle de légalité de l’inspection du travail ; • toute entreprise de plus de onze salariés doit élire des délégués du personnel. Le nombre de délégués à élire est déterminé au prorata des effectifs. Le mandat des délégués du personnel est de deux ans renouvelable ;
102

Ce jour donne droit à une journée de libre destinée uniquement aux femmes.

105

• toute entreprise de plus de cinquante travailleurs doit comporter un comité d’entreprise. Le comité est bipartite : il est composé de l’employeur et de représentants du personnel. Le fonctionnement du comité d’entreprise est encadré par le nouveau décret n°2005-728 du 8 novembre 2005. Le comité doit notamment fournir un cadre participatif aux travailleurs dans l’entreprise. Doivent donc lui être communiqués les documents portant sur la situation économique et financière. Dans cette tâche, il peut demander à être assisté d’un commissaire au compte afin de recevoir des explications sur la situation financière de l’entreprise. Un décret portant sur la création d’un Conseil national du travail est en attente de publication. Il devrait instaurer un cadre de négociation entre les partenaires sociaux dans le monde du travail.

b.

Le droit de grève
Le droit de grève est rarement utilisé à Madagascar, et résulte davantage de tensions politiques que de problèmes internes à l’entreprise. Notons que les grèves de 2002 ont été majoritairement portées par les travailleurs des zones franches. Cette population est stratégique aux yeux des hommes politiques, qui souhaitent mobiliser une grande partie de la population. Les risques de grève restent néanmoins très limités, en raison d’une culture d’évitement du conflit. De plus, les syndicats de patrons et de travailleurs ont mis en place des tables de négociations annuelles, visant à maintenir un dialogue social entre les deux parties. En cas de nécessité, il existe une procédure de règlement des différends qui se déroule en trois étapes : la négociation, la médiation et l’arbitrage. • Lors de la négociation, les deux parties tentent de trouver une solution à l’amiable. Le droit de grève est acquis dès lors que la période de négociation aboutit à un échec total ou partiel ; • si la négociation aboutit à un règlement partiel ou à un échec, un médiateur est nommé, afin de proposer une solution acceptable pour les deux parties ; • enfin, en cas d’échec de la médiation, le différend est soumis à la procédure d’arbitrage. Pendant la durée de la grève, l’employeur est dispensé de verser au salarié la rémunération habituelle.

c.

La gestion des conflits individuels
Lorsqu’il existe un différend entre un travailleur et un patron, l’inspection du travail intervient afin de trouver une solution à l’amiable. En cas d’échec, le dossier est envoyé au tribunal du travail. Il est rare que l’employeur obtienne gain de cause devant un tribunal. En général, les opérateurs préfèrent éviter au maximum le règlement par voie judiciaire. Dès lors que les relations entre les deux parties sont rompues, la saisine de l‘inspection du travail est facultative. Par exemple, cela arrive lorsque l’employeur refuse de rémunérer le travailleur.

B. Coûts salariaux et charges sociales
1.
a.

Description du salaire par région, par secteur d’activité et par niveau de compétence
Législation et salaire minimum d’embauche
La loi n°2003-044 portant Code du travail et son décret d’application n°2008-246 du 19 mars 2007 fixent les modalités de rémunération salariale. En 2008, le salaire minimum d’embauche est fixé à 70 025,40 MGA par mois (25,43 EUR). Le salaire d’un travail effectué à Madagascar doit être versé en ariary. Le paiement en nature n’est autorisé que s’il porte sur un logement ou de la nourriture.

106

Lors de l’embauche, le montant du salaire doit être préalablement notifié dans le contrat de travail. Lors du versement du salaire, ce dernier doit obligatoirement être constaté sur un bulletin de paie. Le salaire doit être payé à intervalles réguliers. Les paiements mensuels ème doivent être effectués au plus tard le 8 jour du mois suivant.

b.

Typologie des salaires
Les statistiques présentées ci-dessous ne sont qu’indicatives, les salaires du secteur privé sont très dépendants de la rareté de la qualification recherchée. Les rémunérations sont différentes selon le niveau de qualification, l’ancienneté de l’employé et la région. Les femmes gagnent systématiquement moins que les hommes. Quel que soit le niveau de qualification, la main d’œuvre reste bon marché. (1) Régions Les provinces de Tananarive et de Diego Suarez offrent des rémunérations plus élevées que dans les autres provinces. Revenus salariaux moyens par provinces (MGA)
Provinces (faritany) Fianarantsoa Tuléar Majunga Tamatave Tananarive Diego Suarez Moyenne pays Hommes 66 548 74 692 96 251 97 373 106 473 114 329 95 560 Femmes 44 350 66 302 69 654 65 196 65 882 75 516 62 491 Moyenne 57 457 72 230 88 655 83 865 89 887 98 543 82 550
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

Il existe une grande disparité de revenu entre la ville et la campagne. Le salaire d’un travailleur urbain est deux fois supérieur à celui d’un travailleur en milieu rural. Disparités salariales entre villes et campagnes
Hommes Milieu rural Milieu urbain 65 685 126 181 Femmes 44 948 80 187 Moyenne 57 566 107 997
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

(2) Qualifications En raison de l’abondance de la main d’œuvre peu qualifiée et de la rareté de la main d’œuvre qualifiée, il existe un écart important de rémunération entre ces deux catégories de travailleurs. Le salaire moyen d’un cadre supérieur est six fois plus élevé que celui d’un ouvrier non qualifié. Revenus salariaux moyens par catégories socioprofessionnelles
Hommes Ouvrier non qualifié ou manœuvre Ouvrier ou salarié qualifié Cadre supérieur ou moyen 44 582 113 496 265 414 Femmes 34 624 99 714 156 842 Moyenne 40 082 109 088 230 928
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

Revenus salariaux moyens selon le niveau d’instruction
Hommes Sans instruction Primaire Secondaire 39 338 66 412 97 719 Femmes 32 357 40 997 78 145 Moyenne 35 852 56 867 90 046

107

Supérieur

202 699

130 521

177 977
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

2.
a.

La protection sociale
Les cotisations
Le régime de retraite et de maladie de Madagascar est régi par la loi n° 68-023 du 17 décembre 1968. La Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) est l’organisme auquel tout travailleur malgache doit obligatoirement souscrire. La Cnaps fournit des prestations d’assurance retraite, de maladie professionnelle ainsi que des prestations familiales. Elle était l’unique fournisseur d’assurances obligatoires. En 2007, un fonds de pension (Funreco) a obtenu l’agrément afin d’offrir les mêmes services que ceux de la Cnaps. Ses activités débuteront fin 2008. 103 Tout travailleur salarié bénéficie : • d’une affiliation obligatoire auprès de la Cnaps. Notons que les charges patronales sont différentes pour le régime agricole et pour le personnel de maison ; 104 • d’une affiliation obligatoire à un service médical inter-entreprises (Smie) . L’Organisation sanitaire tananarivienne inter-entreprises (Ostie) est la plus présente dans la capitale. En outre, le travailleur peut choisir d’adhérer à une assurance complémentaire, entièrement 105 à sa charge . Les charges salariales et patronales
Type de régime Régime général Régime agricole Personnel de maison A la charge de… l’employeur le salarié l’employeur le salarié l’employeur le salarié Cnaps 13% 1% 8% 1% 800 MGA/ mois 80 MGA/ mois Smie 5% 1% 5% 1% 4 800 MGA/ an 0 MGA
Source : Cnaps et Ostie, janvier 2008

Les charges patronales et salariales sont déduites de la masse salariale. Les cotisations sont versées à la Cnaps par les employeurs au cours du premier mois qui suit chaque trimestre civil. Les employeurs prélèvent directement les cotisations des salariés sur les salaires bruts, et versent un salaire net de cotisation.

b.

Les prestations
Le régime malgache de Sécurité sociale couvre trois branches : • la vieillesse, l’invalidité et le décès ; • les accidents du travail et les maladies professionnelles ; • les prestations familiales. La Cnaps ne couvre ni la maladie ni le chômage. Détail des charges versées à la Cnaps pour le régime général
Branches Vieillesse, invalidité, décès Accidents du travail, maladies professionnelles
103

Part patronale 9,5% 1,25%

Part salariale 1%

Se reporter au chapitre C. « Gestion des expatriés », paragraphe « Protection sociale spécifique pour le régime du personnel expatrié ». 104 Décret n°2003-1162 du 17 décembre 2003 organisant la médecine d’entreprise. 105 Les principaux organismes offrant des assurances complémentaires sont : Ny Havana, Aro, Colina (associé à Amrep), AGF (groupe Alliance).

108

Prestations familiales Total

2,25% 13%

1%
Source : Cnaps, janvier 2008

(1) L’assurance vieillesse, invalidité, décès Le montant de la pension de retraite est de 60% du salaire minimum d’embauche d’un ouvrier au minimum. Majorations comprises, elle ne peut dépasser 75% du salaire moyen. Il existe quatre types de prestations concernant la vieillesse : • la pension de vieillesse ; • la pension proportionnelle de vieillesse ; • l’allocation de solidarité ; • la retraite complémentaire. Ces prestations nécessitent que soient réunies les conditions suivantes : • il faut avoir cessé toute activité ; • il faut être âgé de soixante ans pour les hommes et de cinquante ans pour les femmes. Cet âge peut être abaissé de cinq ans au maximum en cas d’incapacité de travail médicalement constatée. Il est réduit de cinq ans pour les travailleurs régis par le Code de la marine marchande. Le paiement de la pension se fait trimestriellement. La pension de vieillesse : Pour en bénéficier, il faut avoir cotisé quinze ans, dont vingt-huit trimestres au cours des dix dernières années précédent le départ à la retraite. La pension se calcule en additionnant : • 30 % du salaire minimum d'embauche de la catégorie M1; • 20 % du salaire moyen revalorisé des dix dernières années précédant la retraite ; • 1 % de ce même salaire moyen par période de quatre trimestres constatés au-delà de ces dix années civiles. La pension proportionnelle de vieillesse : Il faut avoir cotisé quinze ans, et au moins cent trimestres (quatre-vingt pour les femmes) pendant toute l’activité professionnelle. Le calcul de la pension se fait de la même façon que celui de la pension vieillesse, à la seule différence que les salaires des dix dernières années ne sont pas revalorisés. L’allocation solidarité : Pour en bénéficier, il faut notamment avoir été en poste au moins le 1er janvier 1969. Les retraites complémentaires : Les prestations offertes dépendent de l'organisme de retraite complémentaire et du contrat auquel l'employé a adhéré. Parmi ces organismes, la Cnaps offre la possibilité de souscription à une retraite complémentaire. Ses prestations, réglementées par le Code du travail, sont égales à 1% du salaire moyen pour chaque période de douze mois de cotisations, avec un maximum de 30% de ce salaire moyen. (2) L’assurance accident du travail et les prestations familiales Bien que certaines prestations offertes par la Cnaps et les Smie en matière d’assurance maladie, maternité et familiale aient été augmentées, les prestations restent faibles. Il en est ainsi des frais d’accouchement, remboursés à hauteur de 5 000 MGA (1,81 EUR), alors qu’ils sont généralement compris entre 150 000 et 200 000 MGA. Afin de bénéficier d’une couverture mieux adaptée, il est indispensable de s’affilier à une assurance complémentaire. Ces assurances offrent différents types de couverture. Si un salarié est victime d’un accident de travail, l’employeur est tenu d’assurer les soins de première urgence. Il doit aussi déclarer dans les quarante-huit heures l’accident auprès de la Cnaps. Celle-ci prend en charge une partie des frais engagés lorsqu’elle obtient la preuve que l’accident s’est bien produit dans le cadre du travail et qu’il n’est pas lié à une erreur du salarié. La réparation faite à la victime ou à ses ayant-droits comprend des indemnités et la prise en charge ou le remboursement des frais nécessités par le traitement, la réadaptation fonctionnelle, la rééducation professionnelle et le reclassement.

109

C. Gestion des expatriés
1. Conditions d’entrée, de séjour et de travail
Tout ressortissant étranger souhaitant séjourner à Madagascar doit se munir d’un visa. Il existe deux catégories de visas : Les catégories de visas
Visa non immigrant Court séjour inférieur à 3 mois, non transformable Tourisme Affaires Mission de courte durée Stage de courte durée Visa professionnel Mission de longue durée Stage de longue durée Retraite
Source : www.ambassade-madagascar.fr, février 2008

Visa immigrant Long séjour, transformable pendant un mois

Les droits d’entrée pour le visa non immigrant et pour le visa transformable sont établis à 140 000 MGA (50,85 EUR). Dans le cas d’un visa immigrant, le tarif pour le transformer dépend de la durée du séjour.

a.

Le visa non immigrant
Le visa non immigrant est valable pour une durée d’un mois et est prorogeable pour un séjour de trois mois au maximum auprès des services de la police nationale au sein du ministère de l’Intérieur. Il ne permet pas d’exercer une activité professionnelle dans le pays. Le visa non immigrant est à retirer auprès des représentations diplomatiques ou consulaires malgaches. Il est également possible de l’obtenir lors de l’arrivée sur le territoire malgache, à l’aéroport ou au port de débarquement, auprès du commissariat de police chargé de l’immigration. Des documents généraux à tous les visas ainsi que des documents spécifiques au visa non immigrant sont à fournir : Documents à fournir
Documents spécifiques – Carnet international de vaccination – Certificat de vaccination si le postulant a séjourné les six derniers jours dans certains pays Documents généraux – Original du passeport dont la durée de validité est de plus de six mois après la date de retour de Madagascar 106 – Un formulaire à remplir – Deux photos d’identité récentes (les photocopies et les scannées ne sont pas autorisées) – Copie du billet d’avion aller/retour ou listing « Amadeus » de réservation officielle avec détail des vols – Droit de visa de 50 EUR (pour une entrée) ou de 70 EUR (pour deux entrées)
Source : www.ambassade-madagascar.fr, février 2008

Le droit de visa non immigrant est fixé à 140 000 MGA.

b.

Le visa professionnel
Le visa professionnel a été créé par la loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 sur les investissements. Il s’agit d’une avancée significative puisque la précédente législation ne tenait pas compte des mandataires sociaux. Le visa professionnel est destiné aux travailleurs, investisseurs et mandataires sociaux. Il autorise de plein droit son détenteur à résider et à travailler légalement sur l’ensemble du territoire, sans qu’il soit nécessaire d’obtenir une autorisation d’emploi à laquelle ce visa se substitue. Les démarches relatives à
106

Disponible sur le site de l’ambassade de Madagascar, www.ambassade-madagascar.fr, onglet « Consulat-formalités-visa ».

110

l’obtention du visa professionnel sont les suivantes : (1) Première étape : obtenir un visa transformable Pour obtenir un visa professionnel, il est nécessaire d’entrer sur le territoire malgache avec un visa transformable, que l’on peut acquérir auprès d’une représentation diplomatique ou consulaire malgache. Il doit être ensuite transformé dans un délai de un mois après l’arrivée. Documents à fournir
Documents spécifiques Documents généraux – Original du passeport dont la durée de validité est de plus de six mois après la date de retour de Madagascar

La liste des documents spécifiques sera précisée avec la publication du décret d’application de la loi n°2007-036 du 14 janvier 2008

– Un formulaire à remplir – Deux photos d’identité récentes (les photocopies
et les scannées ne sont pas autorisées)

107

– Copie du billet d’avion aller/retour (retour
obligatoire dans le suivant l’arrivée ou mention « open » sur le coupon) ou listing « Amadeus » de réservation officielle avec détail des vols

– Droit s de visa de 50 EUR (pour une entrée) ou de
70 EUR (pour deux entrées)
Source : www.ambassade-madagascar.fr, février 2008

(2) Deuxième étape : obtenir un visa professionnel Le visa est transformé en visa professionnel par l’EDBM. La liste des documents spécifiques à fournir sera précisée avec la publication du décret d’application de la loi n°2007-036 du 14 janvier 2008 Une fois accordé, le visa vaut titre de séjour. Son détenteur se voit également délivrée une carte de résident. Le visa est valable pour trois ans. La demande de renouvellement doit se faire dans un délai de un mois avant la date d’expiration. Le conjoint et les enfants à charge du titulaire reçoivent les mêmes droits pour la même durée. Les documents à fournir pour le regroupement familial sont disponibles sur www.ambassade-madagascar.fr. Droits de visa : Le droit d’entrée à Madagascar pour un visa transformable est de 140 000 MGA (50,85 EUR). A cela s’ajoutent les frais pour sa transformation en visa long séjour. Le tarif dépend de la durée de séjour. Coût de transformation selon la durée de validité (MGA)
Durée de validité du visa 3 mois de 3 mois à 3 ans de 3 à 5 ans 5 ans ou définitif Visa de sortie définitive Prorogation de visa de séjour Tarif 140 000 150 000 200 000 250 000 80 000 80 000

Droit de résidence : Après avoir obtenu le visa long séjour, il est indispensable de se procurer une carte de résident, dont le tarif dépend de la durée du séjour.
107

Disponible sur le site de l’ambassade de Madagascar, www.ambassade-madagascar.fr, onglet « Consulat-formalités-visa ».

111

Tarif de la carte de résidence, selon la durée du visa (EUR)
Durée de validité Duplicata de la carte de résident Visa de plus de 3 mois à 6 mois Visa de 6 mois à 1 an Visa de 1 à 2 ans Visa de 2 à 3 ans Visa de 3 à 5 ans Visa de 5 à 10 ans Visa de séjour définitif Tarif 91,47 99,47 228,67 381,12 533,57 609,80 838,47 228,67

c.

Les autres visas de long séjour
Le visa transformable est aussi requis pour les motifs suivants : stage, mission, travailleur expatrié, retraité et regroupement familial. Les documents à apporter pour l’obtenir sont disponibles sur le site www.ambassade-madagascar.fr, onglet « Consulat – Visas ». Le visa transformable est délivré par les représentations diplomatiques ou consulaires malgaches, et coûte 140 000 MGA. Le visa longue durée est délivré par l’EDBM dès lors qu’il concerne un déplacement professionnel.

2.

Protection sociale spécifique
La France et Madagascar ont adopté la Convention de sécurité sociale du 8 mai 1967, ainsi que le Protocole complémentaire du 8 novembre 1969 qui assure le maintien de certains avantages sociaux aux travailleurs se rendant à Madagascar. Les Français travaillant à l’étranger peuvent choisir entre deux types de protection sociale : le détachement ou l’expatriation. Le détachement est une dérogation provisoire qui permet au travailleur de cotiser uniquement auprès de la sécurité sociale française. L’expatriation amène le travailleur à cotiser auprès de la sécurité sociale malgache. Il est préférable pour un travailleur expatrié qu’il cotise également à la caisse des Français de l’étranger (CFE), qui est la première assurance de base des expatriés.

a.

Le détachement
Le détachement intervient essentiellement dans le cadre d’une mission de courte durée (inférieure à trois mois). Selon la Convention franco-malgache de 1967, le détachement ne peut pas dépasser deux ans, sauf si l’employeur demande une dérogation auprès du 108 Centre de liaison européenne et internationale de sécurité sociale (Cleiss) . Dans le cas du détachement, l’employeur continue de payer les cotisations à la sécurité sociale française, et est dispensé des cotisations sociales obligatoires.

b.

L’expatriation
L’expatriation implique que le travailleur soit affilié à la sécurité sociale malgache. Elle met fin aux obligations de l’employeur vis-à-vis de la sécurité sociale française. Il est néanmoins possible de cotiser volontairement au régime français, et de conserver ses droits français. Cette option est conseillée, en raison du faible niveau de prestations offertes par la Cnaps. La cotisation volontaire se fait auprès de la caisse des Français de l’étranger (CFE), principal interlocuteur des expatriés français. Le régime de l’expatriation est intéressant pour plusieurs raisons :

108

Formulaire de demande disponible sur www.cleiss.fr onglet « Accueil-informations pratiques-détachement ».

112

• les cotisations pour l’assurance-maladie sont très inférieures à celles proposées dans le cadre du détachement ; • les cotisations pour les accidents du travail peuvent être diminuées sous certaines conditions ; • le travailleur expatrié n’a pas besoin de cotiser pour les allocations familiales. Celles-ci peuvent toutefois être versées si la famille est restée en France. Les cotisations sont réparties d’un commun accord entre l’entreprise et ses salariés. La CFE assure la continuité de la prise en charge de l’assuré, sans surcoût, pendant toute la durée du séjour à l’étranger. Elle assure aussi un suivi de la retraite, en reversant les cotisations perçues à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). La couverture-risque est modulable. L’assuré a le choix de cotiser à une ou plusieurs assurances couvertes par la CFE : maladie-maternité-invalidité, accident du travail et/ou vieillesse. Il est à noter que la CFE est une assurance française de base : elle ne rembourse que dans la limite des tarifs applicables en France. Il est possible de souscrire auprès d’assureurs complémentaires qui ont passé des accords avec cette structure. Tableau récapitulatif des protections sociales spécifiques
Types de protection sociale Répartition des cotisations Types de couvertures et taux

Cotisation maladie, maternité, invalidité : 0,75% Résident fiscal français Salarié CSG : 7,5%
110

109

Détachement
(dispense des cotisations locales obligatoires)

CRDS : 0,5%

111

Employeur

Cotisation maladie, maternité, invalidité : 13,1%

Non-résident fiscal français

Salarié

Cotisation maladie, maternité, invalidité : 5,5%

Employeur

Cotisation maladie, maternité, invalidité : 12,8%

Expatriation
(pour une cotisation à la CFE : choix possible entre plusieurs couvertures)

Cotisation maladie, maternité, invalidité : entre 4,4 et 112 6,1% en 2008 Répartition des cotisations d’un commun accord entre l’entreprise et les salariés et Cotisation accident du travail maladie professionnelle : varie en fonction de l’activité de 113 l’entreprise et de l’effectif des employés Cotisation vieillesse : 15,9% Cotisation retraite(s) complémentaire(s) : Caisse de retraite des expatriés (CRE) ou Institution de retraire des cadres et assimilés de France et de l’extérieur (Ircafex)
114

Calculé sur le salaire total. Calculé sur 97% du salaire brut. 111 Calculé sur 97% du salaire brut. 112 Il existe trois bases de cotisation différentes, calculées en fonction des rémunérations : 50%, 66,66% et 100% du plafond de la Sécurité sociale. Des réductions sont possibles pour les travailleurs expatriés de moins de trente ans (20% de réduction) et de moins de trente-cinq ans (réduction de 10%). 113 Une réduction de taux peut être obtenue si l'entreprise n'a connu aucun accident ou maladies professionnels pendant trois ans. Dans ce cas, le taux varie entre 0,4 et 1%. 114 Ces cotisations valent pour la future retraite de la Sécurité sociale. Elles sont gérées par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). Il existe quatre bases de cotisation, en fonction du revenu professionnel du salarié.
110

109

113

Pas de CSG, ni de CRDS, ni de contribution solidarité autonomie Indemnités journalières et capital décès en option : 0,65%
115

Source : www.cleiss.fr et www.cfe.fr, janvier 2008

Témoignages
Directeur d’une entreprise agroalimentaire. Quelles sont les catégories d’employés qui vous font le plus défaut ? Quelles sont les principales qualités de la main d’œuvre et les points à surveiller ? Il n’existe pas vraiment de problème de recrutement au niveau du personnel administratif. Les principales difficultés rencontrées apparaissent pour le recrutement du personnel qualifié dans les domaines techniques et opérationnels. Il existe actuellement un énorme déficit en matière de formation technique à Madagascar. Nous sommes donc régulièrement amenés à assurer la formation du personnel dont nous avons besoin. Cela se fait soit en interne, soit par l’intermédiaire de structures spécialisées. Cette situation engendre des coûts supplémentaires pour l’entreprise. Il faut reconnaître que le personnel malgache a une très grande capacité d’assimilation des formations. Il s’adapte facilement. En outre, la main d’œuvre malgache fait souvent preuve de constance et d’opiniâtreté dans l’effort. Soulignons que la situation de pauvreté ambiante, dans laquelle évoluent les employés, favorise souvent des inconduites (vols, détournements, etc.). Il convient d’être prudent. Existe-t-il des « spécificités malgaches » dans les relations de travail ? Quelles sont les différences à prendre en compte et les erreurs à éviter ? L’employé malgache est généralement de bonne volonté et dispose d’une bonne ouverture d’esprit. Il convient toutefois de tenir compte de sa susceptibilité. Pour en tirer le meilleur parti, l’employeur doit veiller à éviter les prises de position trop cartésiennes, et privilégier les approches humaines. Il faut souvent se donner la peine de discuter avec ses employés. Sinon, cela donne lieu à des situations conflictuelles qui auraient pu facilement être évitées. Dans l’ensemble, ce genre de problème est assez rare. Mais lorsqu’il survient et que le conflit est porté devant la justice, l’employeur étranger est souvent mal armé et perd généralement le procès. Quelle politique de promotion interne avez-vous mis en place au sein de votre entreprise ? Quels en sont les résultats ? Notre société mène une politique de promotion interne afin de faire monter en hiérarchie ses meilleurs employés. Cette politique procure des résultats mitigés. En effet, la culture malgache fait peu de place à l’idée de promotion professionnelle. Ces employés peuvent par exemple se contenter d’une certaine position lorsqu’ils la jugent suffisante. Par ailleurs, nos employés ont de la peine à accepter l’autorité de leurs semblables lorsque ceux-ci ont été promus. Pour exemple, un ouvrier contremaître n’a pas correctement assumé une promotion au poste de chef d’équipe, pour la simple raison qu’il n’a pas pu imposer son autorité au sein de l’équipe. Cela rend difficile les promotions internes. Pour imposer son autorité, il faut donc faire preuve de compétence et d’une réelle expertise. Un employé étranger, par exemple d’une autre ville ou inconnu dans l’entreprise, échappera à ces contingences, et bénéficiera d’une meilleure crédibilité. Dans l’ensemble, le fait d’imposer quelqu’un de l’extérieur procure de meilleurs résultats.
115 Il existe trois bases de cotisation différentes, calculées en fonction des rémunérations : 50%, 66,66% et 100% du plafond de la Sécurité sociale.

114

Votre société est l’une des principales entreprises agroalimentaires de Madagascar, aussi bien tournée vers le marché national que vers l’international. Pouvez-vous nous décrire le marché national en termes de niveau et d’habitudes de consommation ? Nous avons beaucoup de peine à écouler nos produits sur le marché national, en raison du faible pouvoir d’achat de la population. Un pot de confiture, qui devrait être un produit de consommation courante, est considéré comme un produit de luxe par la majorité de la population. Les ménages consacrent l’essentiel de leurs dépenses de consommation aux produits de première nécessité et à l’alimentation de base. Cela nous oblige à innover continuellement en vue de proposer des produits adaptés au marché national. Le marché local se résume pour beaucoup à une niche privilégiée de consommateurs malgaches et d'expatriés. Ainsi, le marché local est étroit. Les rythmes de consommation étant bas, les cadences de production sont inférieures à ce que l’on observe dans d’autres pays. La société est aussi tournée vers l’exportation. Nous souhaitons nous orienter progressivement vers ce marché, porteur d’avenir.

115

Contacts
Administrations et services
Economic Development Board of Madagascar (EDBM) Département des visas Immeuble EDBM • Avenue Général Gabriel Ramanantsoa • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 670 40 et 261 20 22 681 21 • Fax : 261 20 22 661 05 www.edbm.gov.mg • Mél : contact@edbm.mg 4 avenue Raphaël • 75 016 Paris Tél. : 01 45 04 00 68 • Service des visas : 01 45 04 62 11 • Fax : 01 45 03 58 70 www.ambassade-madagascar.fr • Mél : visa@ambassademadagascar.fr Ampefiloha • BP 233 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 205 20 • Fax : 261 20 22 255 96 www.cnaps.mg • Mél : cnaps@cnaps.mg Rue du docteur Zamenhof • Behoririka • BP 165 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 265 78 • Fax : 261 20 22 265 66 www.ostie.mg BP 100 • 77 950 Rubelles Tél. : 01 64 71 70 00 • Fax : 01 60 68 95 74 www.cfe.fr • Mél : courrier@cfe.fr 11 rue de la tour des Dames • 75 436 Paris cedex 09 Tél. : 01 45 26 33 41 • Fax : 01 49 95 06 50 www.cleiss.fr Immeuble Santa II • Antanimena • BP 8156 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 366 07 • Fax : 261 20 22 287 72 www.funreco.mg • Mél :

Consulat de Madagascar à Paris Service des visas

Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) Organisation sanitaire tananarivienne inter-entreprises (Ostie) Caisse des Français de l’étranger (CFE)

Centre des liaisons européennes et internationales de Sécurité sociale (Cleiss) Funreco

Syndicats patronaux
Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) Syndicat des industries malgaches (Sim) Groupement des opérateurs malgaches (Fivmpama) place MDRM • Ambohijatovo • BP 1338 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 238 41 • Fax : 261 20 22 219 65 www.gem-madagascar.com • Mél : gem@simicro.mg 1 bis rue Patrice Lumumba • Tsaralalana • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 240 07 • Fax : 261 20 22 225 18 www.syndusmad.com • Mél : syndusmad@wanadoo.mg Immeuble Santa • Antanimena • BP 3042 • Antananarivo 101 Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 292 92 • Fax : 261 20 22 292 90 Mél : fivmpama@simicro.mg

116

LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
A Madagascar, les organes publics d’enregistrement - l’Office malgache de propriété industrielle (Omapi) et l’Office malgache du droit d’auteur (OMDA) - fonctionnent de façon satisfaisante. Le pays a été l’un des pionniers dans la mise en place d’un organe de réception de dépôts régionaux (l’Office africain et malgache de la propriété industrielle), avant de s’en retirer en 1975. Malgré l’apparente inefficacité des organes judiciaires face à la recrudescence des infractions, le pays dispose d’atouts non négligeables, qui laissent présager de bonnes perspectives : • les textes nationaux ont été éprouvés par plus d’une dizaine d’années de pratique, et sont actuellement en cours de réforme ; • plusieurs conventions internationales prioritaires ont été ratifiées ; • les organes administratifs sont dynamiques, et conscients de la nécessité de la vulgarisation de la propriété intellectuelle au niveau national et international ; • une association regroupe les professionnels de la propriété intellectuelle : l’Association des représentants en propriété industrielle de Madagascar (Arpi). Toutefois, les organes de contrôle et le système judiciaire manquent d’efficacité, de moyens et de transparence. La protection de la propriété intellectuelle à Madagascar s’en trouve considérablement pénalisée.

A. Cadre juridique de la propriété intellectuelle à Madagascar
1.
a.

Adhésions et ratifications aux accords multilatéraux, textes nationaux
Accords multilatéraux
La protection de la propriété intellectuelle est garantie par plusieurs conventions internationales. Deux traités sont particulièrement significatifs, puisqu’ils garantissent le principe de demande internationale unique : une seule demande peut être appliquée dans d’autres pays, désignés par le déposant. Ainsi, la procédure est unifiée, et ses effets juridiques également. Les deux traités concernés sont : 116 du 19 juin • le Traité de coopération en matière de brevets de Washington (PCT) 1970. Sa ratification est intervenue avec par la loi n°71-031 du 14 décembre 1971 ; • le Protocole relatif à l’arrangement de Madrid concernant l’enregistrement international des marques (28 juin 1989). Il a été ratifié par la loi n°2007-013 du 27 juillet 2007, et son décret d’application n°2007-780 du 30 juillet 2007. En revanche, Madagascar n’est pas signataire du système de La Haye, consacré aux dessins et modèles industriels. Ici, la procédure de demande internationale n’est pas possible. Depuis 1989, Madagascar est membre de l’Organisation mondiale pour la propriété 117 industrielle (Ompi) . Cette adhésion a donné lieu à la création d’un établissement public chargé d’administrer118 propriété industrielle à Madagascar : l’Office malgache de la propriété la industrielle (Omapi) . Enfin, en tant que membre de l’OMC, Madagascar est partie contractante de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au

PCT pour Patent Cooperation Treaty. L’adhésion de Madagascar à l’Ompi a été consacrée par l’ordonnance n°89-014 du 7 juillet 1989 autorisant la ratification de la convention de Stockholm du 14 juillet 1967 (www.wipo.int). 118 L’Omapi a été créé par le décret n°92-994 du 2 décembre 1992 et suite à l’adoption de l’ordonnance n°89-019 du 31 juillet 1989 instituant un régime de protection de la propriété industrielle à Madagascar (www.omapi.mg).
117

116

117

commerce (ADPIC) . Les différents textes cités sont disponibles sur le site de l’Ompi (www.wipo.int).

119

b.

Textes nationaux
La législation nationale se compose de l’ordonnance n°89-019 du 31 juillet 1989 instituant le régime pour la protection de la propriété industrielle à Madagascar, ainsi que de la loi n°89013 chargée de la ratifier. Les décrets n°92-993 et n°92-994 du 2 décembre 1992 en fixent les modalités d’application. La législation actuelle est parfois lacunaire (en matière de dénominations géographiques par exemple). Un nouveau texte, en cours d’élaboration, devrait permettre de la moderniser.

2.

L’Office malgache de la propriété industrielle (Omapi) et l’Office malgache du droit d’auteur (Omda)
A Madagascar, l’Office malgache de la propriété industrielle (Omapi) est chargé de l’administration de la propriété industrielle. L’Office malgache du droit d’auteur (Omda) s’occupe de la propriété littéraire et artistique (droit d’auteur).

a.

L’Omapi
L’Omapi est un établissement public autonome placé sous la tutelle technique du ministère chargé de l’Industrie. Il est l’instance compétente en termes de procédure d’enregistrement des titres de propriété industrielle : brevets d’invention, marques, dessins ou modèles industriels et noms commerciaux. Il est opérationnel depuis le 1er avril 1994. Une personne physique ou morale, ressortissante ou résidente à Madagascar, peut déposer son dossier auprès de l’Omapi. Tout établissement industriel ou commercial de droit malgache est considéré comme étant domicilié à Madagascar. Si un non-résident veut déposer une demande auprès de l’Omapi, il doit passer par un mandataire agréé par l’Omapi (cabinets de conseil mandataires en propriété industrielle). La procédure reste ensuite la même. Les résidents faisant appel à un cabinet de conseil représentent 10% des demandes environ. Dans le cadre du PCT et du système de Madrid, l’Omapi agit en tant qu’office agréé pour les demandes internationales de brevets et de marques. Il entretient des relations privilégiées avec différents offices nationaux ou régionaux de propriété industrielle tels que l’Institut national de la propriété industrielle (INPI France), l’Office des brevets et des marques des États-Unis (USPTO), l’Office européen des brevets (OEB) et l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). L’Omapi dispose d’un système de recherche de brevets et de marques qui existent déjà à l’étranger. D’autres ressources documentaires sont également disponibles. L’Omapi n’est pas une instance d’appel. La procédure d’appel s’effectue auprès du tribunal administratif. Les décisions du tribunal sont susceptibles de recours selon les règles 120 générales de procédures .

b.

L’Omda
Créé par le décret n° 84-389 du 13 novembre 1984, l’Omda 121 est un établissement public chargé de percevoir et de répartir les droits des auteurs, et de défendre les intérêts matériels de ces derniers. L’Omda est placé sous la tutelle technique du ministère de la Culture et du tourisme, et sous la tutelle financière du ministère de l’Economie, des finances et du budget.

119

Madagascar a adhéré à l’OMC en vertu de la loi de ratification n°95-008 du 10 juillet 1995 (www.wto.org, onglet « Propriété intellectuelle »). 120 Art. 135 de l’ordonnance n°89-019 du 31 juillet 1989. 121 www.omda.mg,

118

B. Protection des droits de propriété intellectuelle
La législation malgache n’est pas entièrement harmonisée avec les dispositions de l’ADPIC. Début 2008, les logiciels, les produits pharmaceutiques, vétérinaires, cosmétiques, alimentaires, ainsi que sur les variétés végétales ou animales, et les procédés principalement biologiques d’obtention de végétaux ou d’animaux ne peuvent pas être brevetés ou protégés. Toutefois, les procédés de fabrication de produits pharmaceutiques peuvent être brevetés, et les logiciels entrent dans le cadre des droits d’auteur : ils sont protégés pendant vingt-cinq ans.

1.
a.

Brevets
Madagascar et les conventions internationales en matière de brevets
En matière de brevets, Madagascar a ratifié les instruments suivants : • le Traité de coopération en matière de brevets de Washington du 19 juin 1970 (PCT). Ce système mondial de protection des brevets permet de déposer une seule demande internationale de brevet, et d’obtenir simultanément la protection de l’invention dans les 122 différents pays désignés par le déposant, et signataires du PCT ; • la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (2 mars 1883, révisée à Stockholm le 14 juillet 1967 et modifiée le 28 septembre 1979). Elle a été ratifiée le 21 décembre 1963 par Madagascar. Madagascar n’a pas ratifié le Traité de Budapest sur la reconnaissance internationale du dépôt des micro-organismes aux fins de la procédure en matière de brevets (28 avril 1978). De même, le pays n’a pas ratifié l’Arrangement de Strasbourg concernant la classification internationale des brevets (21 mai 1974). En matière de brevets, la législation nationale est composée de l’ordonnance n°89-019 et de son décret d’application n°93-993.

b.

Etendue et durée de la protection
Pour toute solution nouvelle trouvée à un problème technique, un brevet d’invention peut être déposé. Trois critères interviennent dans la définition d’une invention : elle doit être nouvelle, comporter une activité inventive, et 123 donner lieu à une application industrielle. D’après l’ordonnance n°89-019, les logiciels , les produits pharmaceutiques, cosmétiques, vétérinaires et alimentaires, les variétés animales et végétales, ainsi que les méthodes, les découvertes et les théories scientifiques qui ne résolvent pas un problème concret ne peuvent pas être brevetés. Un brevet confère à son titulaire le droit d’interdire à tout tiers d’exploiter l’invention, sans qu’il en ait été autorisé par le titulaire. Par exploitation, il faut entendre fabrication, importation, vente, utilisation, etc. L’autorisation d’exploitation peut être donnée par une licence, moyennant le versement d’une redevance. Toute transmission de droits doit être constatée par écrit, et transmise à l’Omapi. La durée d’exploitation pour le preneur de licence est précisée dans le contrat. Le brevet confère une durée de protection de quinze années à compter de la date de dépôt de la demande. La durée est non renouvelable, mais peut être prorogée de cinq années, « si l’intérêt national l’exige, ou si l’exploitation s’effectue de manière satisfaisante et sérieuse » (art. 10). Dans les faits, très peu de brevets sont prolongés. La législation en cours d’élaboration prévoit de porter la durée de protection à vingt ans, conformément aux dispositions de l’ADPIC.

c.

Procédure et coûts
122 123

www.wipo.int/pct/guide/fr. En revanche, les logiciels sont protégés par un droit d’auteur pendant une période de vingt-cinq ans.

119

(1) Procédure de demande nationale Dépôt de brevets auprès de l’Omapi

Dépôt de la demande - description, revendication, abrégé - formulaire n°4 (3 ex.) - taxe 100 000 MGA (pour les deux premières années)

Examen administratif Vérification de la régularité des principales pièces du dépôt et du paiement des taxes prescrites

Délivrance de la notification de dépôt

Envoi de la demande de brevet à l’Ompi (Genève) aux fins d’un rapport de recherche et d’examen (ICSE). Avis des examinateurs sur les trois critères de brevetabilité

Examen de fond Vérification de la demande, si elle satisfait aux exigences de la loi (ordonnance n°89-019, décret n°93-993)

Enregistrement accepté

Enregistrement refusé

Délivrance de brevet

Notification de refus

Mise à la disposition du public - publication dans la gazette officielle de la propriété industrielle (Gopi) - les documents du brevet sont accessibles au public à des fins de consultation

Source : www.omapi.mg, janvier 2008

Les formulaires sont disponibles sur le site de l’Omapi (www.omapi.mg). La durée moyenne de procédure est de douze mois. La protection commence à partir de la date de dépôt, non à partir de la date de délivrance. (2) Procédure de demande internationale En vertu du Traité de coopération (PCT), une demande internationale de brevet peut être effectuée à Madagascar ou pour Madagascar. Si une personne physique ou morale, ressortissante ou résidente à Madagascar, désire breveter une invention à Madagascar et l’étendre dans certains pays membres du PCT, elle peut s’adresser à l’Omapi. Le dossier est ensuite transmis au bureau international de l’OMPI. Si un titulaire d’un brevet français souhaite étendre l’application du brevet à Madagascar, il

120

peut déposer une demande internationale désignant Madagascar, auprès de l’Ompi ou de 124 l’INPI . (3) Coûts Pour la demande nationale, les différentes taxes à acquitter sont : • la taxe de dépôt : 100 000 MGA (36,32 EUR) ; • la taxe de revendication de priorité : 36 000 MGA (13,07 EUR) ; • la taxe de recherche : 20 000 MGA (7,26 EUR) ; • la taxe d’enregistrement et de publication : 20 000 MGA (7,26 EUR) ; • la taxe de maintien en vigueur, exigible à la date anniversaire du dépôt : la troisième à la cinquième année : 70 000 MGA par an (25,42 EUR) ; de la sixième à la dixième année : 210 000 MGA par an (76,28 EUR) ; de la onzième à la quinzième année : 350 000 MGA par an (127,13 EUR). 126 Certaines taxes sont spécifiques à la demande internationale : • la taxe internationale de dépôt, au profit du bureau international : 1 400 CHF (+ 15 CHF ème par feuille supplémentaire à compter de la 31 ) ; • la taxe de traitement : 200 CHF. Nombre de brevets délivrés
2000 Résidents Non-résidents 0 0 2001 3 48 2002 4 11 2003 4 44 2004 2 24 2005 9 23 2006 7 21
Source : Omapi, janvier 2008
125

2.
a.

Marques
Conventions internationales en matière de marques
Madagascar a ratifié le Protocole relatif à l’arrangement de Madrid concernant 127 l’enregistrement international des marques (28 juin 1989) . Le système de Madrid constitue le système mondial de protection des marques. Une marque enregistrée à Madagascar peut bénéficier d’une protection dans les pays étrangers que désigne le déposant. Et inversement, une marque dont le titulaire est étranger peut faire valoir sa protection à Madagascar. Toutefois, Madagascar n’a pas ratifié les textes suivants : • l’Arrangement de Vienne instituant une classification internationale des éléments figuratifs des marques (12 juin 1973) ; • le Traité sur le droit des marques conclu à Genève (27 octobre 1994) ; • le Traité de Singapour sur le droit des marques (28 mars 2006). A l’échelle nationale, le droit des marques est régi par l’ordonnance n°89-019 du 31 juillet 1989 instituant un régime pour la protection de la propriété industrielle à Madagascar (titre II), et par le décret n°92-993.

b.

Etendue et durée de la protection
Une marque fait partie du patrimoine de l’entreprise. Elle est un véhicule de son image et de sa notoriété. Elle peut être déposée pour tout signe susceptible de représentation graphique, et servant à distinguer les produits ou les services d’une personne physique ou morale. Elle confère à son titulaire un droit exclusif d’exploitation à Madagascar, et interdit aux tiers tout usage d’un signe présentant des similitudes susceptibles d’induire le public en erreur. Sont considérées comme marque :
124 125

Si le déposant a la nationalité française. Dans ce cas, l’INPI transmet sa demande à l’OMPI (www.inpi.fr). Annexe à l’arrêté n° 1769-06 du 07 février 2006 portant modification des taxes de propriété industrielle. 126 La taxe internationale de dépôt et la taxe de traitement sont réduites de 75% si la demande internationale est déposée par une personne physique, domiciliées ou ressortissante d’un État où le revenu national par habitant est inférieur à 3 000 USD. (www.wipo.int, onglets « Services », « Brevets », « Droit des brevets », et « Texte du Traité de coopération en matière de brevets »). 127 Loi n°2007-013 du 27 juillet 2007 et décret n°2007-780 du 30 juillet 2007.

121

• une dénomination sous toute forme que ce soit : mot, assemblage de mots, patronyme, nom géographique, pseudonyme, lettre, chiffre, sigle, slogan ; • un signe figuratif : dessin, étiquette, enveloppe, emblème, empreinte, timbre, cachet, couleur, relief. La durée de protection de la marque nationale est de dix ans à compter de la date de dépôt de la demande. La protection est indéfiniment renouvelable. Pour demander le renouvellement, le titulaire de la marque dispose d’un délai de douze mois avant expiration de la durée de l’enregistrement.

c.

Procédure et coûts

(1) Procédure de demande nationale Enregistrement de marques auprès de l’Omapi
Recherche d’antériorité demande sur papier libre, et logo le cas échéant formulaire de recherche frais de recherche : 20 000 MGA par marque Résultat à retirer au bout de 48 heures (jours ouvrables)

Marque disponible

Marque non disponible

Dépôt de la demande formulaire n°9 (3 ex.)

-

reproduction de la marque (7 ex.) frais de dépôts : 80 000 MGA par marque, pour dix ans

Examen administratif Vérification de la demande, des pièces requises et du paiement de la taxe due

Délivrance de la notification de dépôt

Examen de fond A partir du sixième mois de dépôt : vérifier si la demande est conforme aux dispositions des textes en vigueur (ordonnance n°89-019, décret n°93-993)

Enregistrement accepté

Enregistrement refusé

Certificat d’enregistrement

Décision de refus partiel ou total

Publication à la gazette officielle de la propriété industrielle (Gopi)

Source : www.omapi.mg, janvier 2008

122

Les formulaires sont disponibles sur le dite de l’Omapi (www.omapi.mg). La durée moyenne de procédure est de douze mois. De même que pour le brevet, la protection de la marque commence à partir de la date de dépôt, non à partir de la date de délivrance. (2) Procédure de demande internationale Tout ressortissant ou résident d'un pays membre de l'union de Madrid, ou tout établissement industriel ou commercial y étant domicilié, peut faire une demande internationale. La demande ne peut se faire directement auprès de l’OMPI, mais doit passer par l’intermédiaire d’un office national (Omapi, INPI, etc.). Le formulaire est disponible sur le site de l’OMPI (www.wipo.int, onglets « Services », « Marques », puis « Demandes »). (3) Coûts Les principaux coûts pour une demande nationale sont les suivants : • taxe de recherche d’antériorité : 20 000 MGA (7,26 EUR) ; • taxe de dépôt par marque et pour dix ans : 80 000 MGA (29,06 EUR) ; • taxe de revendication de priorité, par priorité revendiquée : 16 000 MGA (5,81 EUR) ; • taxe de renouvellement pour dix ans : 100 000 MGA (36,32 EUR). La demande internationale entraîne les coûts suivants : • taxe de dépôt : comprise entre 653 et 903 CHF ; • taxe par Etat désigné : 73 CHF ; • taxe de renouvellement pour dix ans : 653 CHF. Nombre de marques enregistrées
2000 Résidents Non-résidents 40 80 2001 228 472 2002 346 539 2003 159 306 2004 340 237 2005 559 409 2006 432 403
Source : Omapi, janvier 2008

3.
a.

Dessins et modèles industriels
Textes internationaux et nationaux
Madagascar n’est pas partie prenante à l’Arrangement de La Haye du 6 novembre 1925 concernant le dépôt international des dessins et modèles industriels, ni à l’Arrangement de Locarno du 8 octobre 1968 instituant une classification internationale pour les dessins et modèles industriels. Un enregistrement à Madagascar n’est valable que sur le territoire national. La protection légale des dessins et modèles à Madagascar est régie par l’ordonnance n°89019 du 31 juillet 1989, titre III « Dispositions concernant les dessins et modèles industriels », et par le décret n°92-993 du 2 décembre 1992 portant application de l’ordonnance n°89-019 du 31 juillet 1989 instituant un régime pour la protection de la propriété industrielle à Madagascar.

b.

Etendue et durée
Tout assemblage de lignes ou de couleurs est considéré comme dessin. Toute forme plastique associée ou non à des lignes ou à des couleurs est défini comme étant un modèle. Dessins et modèles doivent être des pièces nouvelles ou originales, à caractère ornemental ou esthétique (et non pas fonctionnel). Elles servent de modèles-types pour la fabrication d’un produit industriel ou d’un objet artisanal. La propriété d’un dessin ou d’un modèle créé dans le cadre d’un statut ou d’un contrat de travail appartient à l’employeur. L’enregistrement du dessin ou du modèle interdit sa fabrication, sa reproduction, son imitation, sa vente, son importation, etc. sans autorisation préalable de son titulaire. La durée de la protection à Madagascar est de cinq ans à compter de la date de dépôt de la demande. Cette durée est renouvelable pour deux périodes successives de cinq années chacune.

123

c.

Procédure et coûts
Enregistrement de dessins et modèles auprès de l’Omapi
Dépôt de la demande trois photos, enveloppe et légende explicative formulaire n°12 (3 ex.) taxe variant de 7 000 à 12 000 MGA (pour cinq ans)

Examen administratif Vérification de la régularité des principales pièces du dépôt et du paiement des taxes prescrites

Délivrance de la notification de dépôt

Enregistrement Vérification de la demande, si elle satisfait aux exigences de la loi (ordonnance n°89-019, décret n°93-993)

Enregistrement accepté

Enregistrement refusé

Délivrance du certificat d’enregistrement

Notification de refus

Mise à la disposition du public publication dans la gazette officielle de la propriété industrielle (Gopi) les documents du brevet sont accessibles au public à des fins de consultation

Source : www.omapi.mg, janvier 2008

Une demande peut être unique (pour un dessin) ou multiple (une même demande pour plusieurs dessins). Dans le second cas, les objets dessinés ne doivent pas nécessairement appartenir à la même classe. Les coûts engendrés comprennent : • la taxe de dépôt simple, pour cinq ans : 8 000 MGA (2,90 EUR); • la taxe de dépôt double : 14 000 MGA (5,08 EUR) ; • la taxe de dépôt triple : 18 000 MGA (6,53 EUR) ; • la taxe de revendication de priorité : 6 000 MGA (2,17 EUR) ; • la taxe d’enregistrement et de publication : 4 000 MGA (1,45 EUR) ; • la taxe de renouvellement simple, pour cinq ans : 10 000 MGA (3,63 EUR) ; • la taxe de renouvellement double, pour cinq ans : 16 000 MGA (5,81 EUR) ; • la taxe de renouvellement triple, pour cinq ans : 18 000 MGA (6,53 EUR).

124

Nombre de dessins et modèles enregistrés
2000 Résidents Non-résidents 159 1 2001 155 2 2002 156 0 2003 157 0 2004 180 10 2005 251 29 2006 334 37
Source : Omapi, janvier 2008

4.
a.

Droits d’auteur et droits voisins
Textes internationaux et nationaux
Madagascar a ratifié la Convention de Berne sur la protection des œuvres littéraires et er janvier 1966. En revanche, le pays n’a ratifié ni le Traité de l’Ompi sur le droit artistiques le 1 128 d’auteur (1996) , ni la Convention universelle de l’Unesco sur le droit d’auteur (1952), 129 révisée par la Convention de Paris du 24 juillet 1971 . En matière de droits voisins, Madagascar a ratifié en 1995 l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Toutefois, le pays n’a pas ratifié : • le Traité de l’Ompi sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes (Genève, 1996) ; • la Convention sur la protection des artistes interprètes ou exécutants des producteurs de phonogrammes et des organismes de radiodiffusion (Rome, 1961) ; • la Convention pour la protection des producteurs de phonogrammes contre la reproduction non autorisée de leurs phonogrammes (Genève, 1971). A Madagascar, le décret n° 84-389 du 13 novembre 1984 a donné naissance à l’Office 130 malgache du droit d’auteur (OMDA) . L’Omda est un établissement public chargé de percevoir et de répartir les droits des auteurs, et de défendre leurs intérêts matériels. En 2008, l’Omda compte 5 000 adhérents environ. Les droits d’auteur et les droits voisins sont régis par la loi n°94-036 du 18 septembre 1995, et par ses deux décrets d’application : le décret n° 98-434 du 16 juin 1998 portant sur le statut et fonctionnement de l’Omda, et le décret n° 98-435 du 16 juin 1998 portant règlement général de perception des droits d’auteurs et des droits voisins.

b.

Etendue et durée
Les droits d’auteur et droits voisins portent sur : • les écrits ; • les œuvres musicales, audiovisuelles, photographiques, dramatiques, architecturales ; • les logiciels ; • les enregistrements sonores ; • les émissions radiodiffusées ; • les représentations de musiciens, acteurs, chanteurs ; • les sculptures. En adhérant à l’Omda, l’auteur bénéficie d’un droit exclusif et valant pour tous les pays. Ce droit interdit toute reproduction, interprétation, radiodiffusion, traduction et adaptation. Les exceptions possibles concernent l’utilisation privée, l’utilisation de courts fragments à l’occasion de comptes-rendus d’événements, et l’utilisation à des fins d’enseignement de recherche. La durée légale de protection est de vingt ans à compter de la fin de l’année d’enregistrement ou d’exécution.

c.

Procédure et coûts
128

Ce traité comprend un volet numérique. Encore appelé « traité internet", il propose une réponse aux défis liés aux technologies numériques. La convention universelle de l’Unesco est compatible avec la convention de Berne. Elle est moins contraignante en matière de normes de protection, puisqu’elle vaut pendant vingt-cinq ans après la mort de l’auteur. 130 www.omda.mg.
129

125

Les auteurs souhaitant confier la gestion de leurs droits à l’Omda doivent adhérer à l’organisation. Pour ce faire, il faut être l’auteur de deux œuvres au moins, et prouver le début d’exploitation de ces œuvres (par enregistrement sur support ou par diffusion publique). L’auteur membre doit déclarer toutes ses œuvres. Le formulaire d’adhésion et le bulletin de déclaration sont disponibles sur le site de l’Omda. Le coût d’adhésion est de 15 000 MGA (5,44 EUR) à vie. Le coût de dépôt est de 200 MGA par œuvre. La procédure d’adhésion est immédiate, dès lors que le dossier est complet (photocopie de la carte d’identité, photographies d’identité, etc.). En cas d’emprunt partiel à un autre auteur, l’auteur doit nécessairement obtenir l’autorisation préalable de son homologue.

5.
a.

Autres droits de propriété intellectuelle
Dénominations géographiques
Madagascar n’est ni signataire de l’arrangement de Lisbonne concernant la protection des appellations d’origine et leur enregistrement international (1958), ni de l’arrangement de Madrid concernant la répression des indications de provenance fausses ou fallacieuses (1891). Surtout, les textes malgaches ne reconnaissent pas la notion de « dénomination géographique ». Ce vide juridique devrait être comblé par la loi en cours d’élaboration. La dénomination géographique ne peut pas être protégée comme marque. Toutefois, si l’identification géographique est incluse dans un logo, c’est l’ensemble qui est protégé mais non pas le nom géographique. De fait, d’autres personnes peuvent utiliser le nom géographique mais sous un logo différent. L’Omapi est l’instance compétente. La procédure, le coût et la durée de la protection sont les mêmes que pour les marques. Dans le cadre du système de Madrid, une dénomination géographique française (AOC, etc.) peut donc être protégée à Madagascar.

b.

Obtentions végétales
Madagascar n’est pas partie prenante de la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV, 1961), révisée à Genève (1972, 1978, 1991). La notion d’obtention végétale n’est pas reconnue dans la législation malgache sur la propriété industrielle. Cette lacune ne devrait pas être corrigée par le texte en cours d’élaboration.

c.

Circuits intégrés
Madagascar n’a pas ratifié le Traité de Washington sur la propriété intellectuelle en matière de circuits intégrés (1989). Pour l’heure, en 2008, la question ne semble pas être une priorité du pays.

C. Atteintes aux droits de propriété intellectuelle
A Madagascar, les institutions en charge du contrôle et du respect des droits de propriété intellectuelle ne parviennent pas à effectuer un contrôle satisfaisant. Leur action manque de coordination avec l’Omapi et l’OMDA. Ni les contrôles ni les sanctions ne sont encore réellement dissuasifs.

1.

La contrefaçon
Tout acte accompli par un tiers en violation des droits du titulaire d’un brevet, d’une marque, d’un dessin ou modèle industriel, ou d’un nom commercial constitue un délit de contrefaçon. De même, toute utilisation ou exploitation d’œuvres protégées sans autorisation écrite de

126

l’OMDA est un délit de contrefaçon. Comme dans de nombreux pays à faible revenu, la pratique de la contrefaçon est fréquente à Madagascar. Plusieurs raisons peuvent être avancées. En premier lieu, les contrôles sont difficiles à mener. Dans la pratique, ce sont les titulaires des titres qui assurent eux-mêmes le contrôle de leur titre. Depuis 1994, date de création de l’Omapi, une vingtaine d’affaires seulement a été recensée par l’Office national. En second lieu, les différents acteurs ne mesurent pas encore l’enjeu de la protection. A ce jour, le manque d’information et de sensibilisation des opérateurs économiques est significatif.

2.

Sanctions et répression
Aucune coopération officielle entre l’Omapi et les services des Douanes n’était en place en 2007. Un projet de comité de lutte contre la contrefaçon - regroupant notamment l’Omapi, l’OMDA et les services des Douanes - n’a pas pu aboutir, faute de financement. Si le détenteur d’un titre de propriété intellectuelle ou industrielle constate un usage abusif, il peut saisir les tribunaux, en vertu de l’acte de Stockholm de la Convention de Paris. Il doit présenter son certificat devant le tribunal civil. Le règlement par voie judiciaire permet de protéger le brevet, la marque, etc. en attendant l’issue de la procédure. La durée de la procédure est sensiblement la même qu’en France. Dans la pratique, les affaires portées devant la justice sont bien moins nombreuses que les faits de contrefaçon eux-mêmes. Les règlements à l’amiable sont très rares. Pour les brevets, les marques et les dessins et modèles, les sanctions sont encadrées par la loi n°89-019 du 31 juillet 1989. Les produits contrefaits sont saisis et confisqués, ainsi que le matériel ayant servi à leur fabrication. Tout délit est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et/ou d’une amende allant de 100 000 à 2 millions MGA (36,32 à 726,50 EUR). En ce qui concerne les droits d’auteur et droits voisins, les sanctions sont définies par la loi n°94-036 portant sur la propriété littéraire et artistique. Un délit est puni par six mois à cinq ans d’emprisonnement et/ou par une amende comprise entre 20 000 et 2 millions MGA (7,26 et 726,50 EUR). Si la contrefaçon a été opérée de façon régulière, la peine va de deux à cinq ans, et l’amende est comprise entre 200 000 et 4 millions MGA (72,34 et 1 453 EUR).

Témoignages
Maurice RATOVONJANAHARY, expert national à l’Omapi. Quel regard portez-vous sur la législation malgache en matière de propriété industrielle ? La législation malgache est en cours d’évolution. D’une part, Madagascar a envoyé au tout début 2008 l’instrument d’adhésion au Protocole de Madrid concernant l’enregistrement international des marques. Celui-ci a déjà été ratifié par le gouvernement, par la loi n°2007013 du 27 juillet 2007 et par le décret n°2007-780 du 30 juillet 2007. L’adhésion devrait être effective dans le courant du premier trimestre 2008. Le Protocole de Madrid est un instrument essentiel, dans la mesure où il permet d’intégrer le pays au Système mondial de protection des marques, administré par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). La protection d’une marque étrangère pourra désormais être étendue à Madagascar, et d’autre part, une marque enregistrée à Madagascar pourra bénéficier d’une protection dans d’autres pays, si l’ayant droit choisit d’engager une procédure internationale. Le second point porte sur la modernisation en cours de la législation nationale, qui rappelonsle date de 1989. De nouveaux textes, plus adaptés aux réalités actuelles, sont prêts à être publiés. Ils devraient harmoniser les différentes durées de protection avec celles prescrites par l’Accord de l’OMC lié à la propriété intellectuelle (ADPIC), dont le minimum est de vingt ans pour les brevets d’invention. Ils devraient inclure la protection des dénominations géographiques en bonne et due forme. En revanche, le nouveau texte ne contiendra vraisemblablement pas de dispositions en

127

matière de variétés végétales et de circuits intégrés. La protection de ces titres de propriété pourrait faire l’objet de textes spécifiques. Signalons qu’une vingtaine de pays seulement disposent d’une législation en matière de circuits intégrés. Les dénominations françaises telles que l’appellation d’origine contrôlée (AOC) sont-elles protégées à Madagascar ? Pour le moment, une indication géographique telle que l’appellation d’origine contrôlée est traitée comme une marque collective. Mais comme il a été mentionné plus haut, la nouvelle législation inclura des dispositions précises sur les indications géographiques. Quelle procédure un non-résident doit-il suivre afin de déposer un brevet, ou d’enregistrer une marque ou un dessin industriel ? Les non-résidents ne peuvent pas directement adresser leur demande à l’Omapi. Ils doivent passer par un agent agréé par l’Omapi. Il s’agit de cabinets de conseil, mandataires en propriété industrielle. Ensuite, la procédure est la même que dans le cas d’un résident. Le recours à un mandataire agréé concerne obligatoirement les non-résidents. Toutefois, dans environ 10% des cas, des personnes résidentes font appel à leurs services pour des conseils ou des dépôts auprès de l’Omapi.

Rakotoarison BODOLALAO, cabinet Acran, conseils et mandataire agrées en propriété industrielle (Tananarive). Quel regard portez-vous sur la législation malgache en matière de propriété industrielle ? Quels sont ses points forts ? Quelles sont ses points faibles ? L’ordonnance n°89-019 du 14 août 1989 et le décret n°92-994 du 2 décembre 1992 ont institué un régime pour la protection de la propriété industrielle à Madagascar. Le pays a aussi intégré dès le début des accords internationaux fondamentaux comme la Convention de Paris et le PCT (Patent Cooperation Treaty). Ces cadrages juridiques permettent de travailler sur les thèmes classiques de la propriété industrielle. Aujourd’hui, le monde de la propriété industrielle est en rapide évolution, pour diverses raisons telles que l’explosion d’Internet, l’apparition de la biotechnologie, etc. Même si la législation malgache est assez récente, elle s’avère souvent dépassée. Nous devons donc mieux nous servir de ces outils internationaux, qui nous aident déjà à adapter nos pratiques aux normes internationales. A titre d’exemple, Madagascar a ratifié l’Accord de l’OMC lié à la propriété industrielle (ADPIC), mais beaucoup de points de la législation nationale en vigueur doivent être adaptés, parce qu’ils ne concordent pas avec l’ADPIC. Il est vrai que le pays bénéficie d’un laps de temps afin de se mettre en conformité avec l’ADPIC. De même, Madagascar vient de ratifier le Protocole de Madrid, mais la législation reste une fois de plus à mettre en conformité. Ces discordances ne sont pas sans effet sur nos pratiques professionnelles. Les domaines protégés sont limités, et de nombreuses demandes potentielles ne peuvent être portées devant l’Omapi. Un projet de loi circule depuis longtemps, mais n’a pas encore été adopté. Comment appréciez-vous la qualité et le contrôle de la protection à Madagascar ? Malgré quelques imperfections, la procédure de demande, d’examen et d’enregistrement à l’Omapi, fonctionne relativement bien. Les certificats et titres de propriété sont obtenus dans un délai d’une année pour les marques, et entre un an et demi et deux ans pour les brevets. Par rapport aux pratiques occidentales, les délais sont certes encore trop longs, mais par rapport aux pays africains, je crois qu’ils sont très acceptables. D’autant plus qu’un projet d’automatisation de la procédure, mené avec l’Ompi en cette année 2008, augmentera considérablement la qualité des services de l’Omapi. . En revanche, en aval, il y a encore beaucoup à faire. Le thème de la propriété industrielle n’est pas encore tout à fait maîtrisé par les instances judiciaires. Les affaires portées devant les tribunaux sont traitées avec des délais encore importants. Il serait donc nécessaire d’envisager des formations pour les magistrats sur le thème de la propriété industrielle. Par ailleurs, les bureaux spécialisés dans la surveillance des marques n’existent pas encore à

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Madagascar. Un conseiller en propriété industrielle. Quel regard portez-vous sur la législation malgache en matière de propriété industrielle ? Quels sont ses points forts ? Quelles sont ses points faibles ? La législation mérite d’être actualisée au vu de l’évolution des techniques et de l’avancée technologique. Aujourd’hui, cette loi est obsolète sur plusieurs points : les marques sonores, tridimensionnelles ou olfactives ne sont pas prises en compte. Les indications de provenance ne le sont pas non plus. L’application de la loi en matière de contrefaçon n’est pas vraiment effective. Les juges manquent de formation en matière de propriété intellectuelle. Les douaniers ne peuvent pas agir de leur propre chef. L’Omapi manque de ressources. Il sera donc nécessaire de renforcer les capacités et les moyens à tous les niveaux. Comment appréciez-vous la qualité et le contrôle de la protection à Madagascar ? Selon les textes en vigueur, seuls les titulaires de la marque, du dessin ou du brevet peuvent agir et porter une affaire devant la justice. En somme, il est difficile de parler de contrôle de la protection à Madagascar, d’où la prolifération des contrefaçons.

Contacts
Institutions
Office malgache de la propriété industrielle (Omapi) Bâtiment de la direction de l’artisanat • Rue Agostinho Neto • Cité 67 Ha Sud • BP 8237 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 335 02 • Fax : 261 20 22 659 79 www.omapi.mg • Mél : omapi@wanadoo.mg Lot II F 62 • Antaninandro • BP 17 bis • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 308 53 • Fax : 261 20 22 294 97 www.omda.mg • Mél : omda@wanadoo.mg PO Box 18 • 1211 Genève 20 • Suisse Tél. : 41 22 338 91 11 • Fax : 41 22 733 54 28 www.wipo.int

Office malgache du droit d’auteur (Omda) Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi)

Mandataires agréés
Cabinet Raketamanga 178 cité Ambodin • Isotry • BP 596 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 434 70 • Fax : 261 20 22 312 49 Mél : ketaka@moov.mg 107 rue Rainandriamampandry • Villa Faniry V • Faravohitra • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 254 55 • Fax : 261 20 22 254 55 Mél : cabrak@moov.mg Lot VC 30 • Ambohidahy • BP 603 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 258 89 • Fax : 261 20 22 355 41 Mél : acranmada@yahoo.fr 25 rue Raveloary • Isoraka • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 291 52 • Fax : 261 20 22 291 62 Mél : hkmada@moov.mg Lot BM 155 A • Tangaina-Ampitatafika • BP 6282 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 220 43 • Fax : 261 20 22 281 18 Mél : l_consulting@hotmail.com Immeuble Cabram • Rue Rajakoba Augustin • Ankadivato • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 295 84 • Fax : 261 20 22 228 24 Mél : fidafrica@fidafrica.mg

Cabinet Rakotomanana

Cabinet d’aide à la création d’activités nouvelles (Acran) Cabinet Hanna Keyserlingk

Cabinet L. Consulting, Ingénieur conseil en brevets

Cabinet Fidafrica Madagascar

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M. Marc Ratsisalovanina

Cabinet Lexel Juridique & Fiscal

Madagascar Conseil International (MCI)

Lot II V 59 Ter • Cité Planton • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 348 23 Mél : rmoc@moov.mg Zone Tana Water Front • Ambodivona • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 229 41 • Fax : 261 20 22 554 55 Mél : olivier.ribot@lexel.mg • lexel@lexel.mg Nouvel immeuble Ny Havana • Village des Jeux • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 295 25 • Fax : 261 20 22 619 07 www.cabinet-mci.mg • Mél : mci@moov.mg

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L’EXPERIENCE DE LA MISSION
L’objet de cette partie est de présenter le plus objectivement possible les spécificités malgaches pouvant intervenir dans la pratique des affaires. La vocation de cette partie est purement informative : les éléments présentés sont des constats, en aucun cas des jugements de valeur.

A. Différences culturelles dans la pratique des affaires
1. Populations
La population malgache est issue de plusieurs vagues d’immigration, et se compose de dix-huit ethnies. Le pays connaît un clivage relativement marqué entre la population des hauts plateaux et celle des côtes. Les Merina, qui occupent les hauts-plateaux, sont originaires de Malaisie et d’Asie du Sud-Est. La riziculture marque le paysage de cette région. Les côtes sont habitées par des populations d’origine africaine et arabe. Ainsi, côtes et hauts-plateaux présentent deux visages culturels, parfois très différents mais tous s’identifient fortement comme Malgaches. Entre ces populations, il peut arriver que l’indifférence laisse place à des rivalités. Toutefois, les tensions restent latentes et invisibles dans la majorité des cas. La culture de l’évitement du conflit, qui caractérise notamment l’Asie du Sud-Est, est très présente dans le pays. Elle est la garantie d’une paix sociale, au sein d’une population pourtant hétérogène. De nombreuses communautés étrangères récemment installées cohabitent à Madagascar. Parmi elles, les Karanas (Indopakistanais), les Français et les Chinois sont les plus nombreux. Dans un pays où les écarts de richesses sont importants, les communautés étrangères, souvent plus fortunées, peuvent se retrouver en position délicate. Les débordements sont cependant l’exception. L’humilité, la modestie et la prudence permettent de réduire le risque à son minimum. Le respect de la culture et des différences est essentiel. Il convient de ne surtout pas se présenter en donneur de leçons, ce qui irrite particulièrement les Malgaches. Le reproche est fréquemment exprimé à l’encontre de certains étrangers. Les Français sont généralement bien acceptés à Madagascar. Le terme pour les désigner « Vazaha » c’est-à-dire « l’étranger » - n’est pas péjoratif.

2.

Langages des affaires
La pratique du français est largement répandue à Madagascar, ce qui facilite les relations d’affaires. Il faut cependant prendre en compte que pendant les années socialistes l’enseignement a été assuré en malgache, et qu’une génération éprouve certaines difficultés à maîtriser parfaitement cette langue. Même si la pratique du français est souvent partagée, les incompréhensions peuvent être nombreuses entre un Malgache et un Français : les codes ne sont pas les mêmes. Un Malgache commence souvent un discours en s’excusant. Cette entrée en matière fréquente peut surprendre, mais elle fait partie de la culture et il convient de la respecter et de l’appliquer dans certains cas. De même, le sourire peut autant exprimer la gêne que la satisfaction. Dans la logique d’évitement du conflit, les Malgaches expriment difficilement leur désaccord. Il est important de reformuler et préciser la question, pour obtenir des réponses concordantes. Il est aussi préférable de laisser parler son interlocuteur en premier, afin qu’il exprime librement son avis.

131

Il est conseillé de valoriser les qualités et les bons résultats de ses partenaires et collègues, et de veiller à ce qu’en aucun cas ils ne perdent la face. Les Malgaches aiment le formalisme, qui se perçoit dans le respect des règles de politesse, dans la tenue vestimentaire plutôt formelle et dans la façon d’échanger avec son interlocuteur. En ce qui concerne la main d’œuvre, les Malgaches éprouvent certaines difficultés à prendre des décisions individuelles. Cette remarque ne vaut pas pour les cadres malgaches qui ont souvent fait des études supérieures à Madagascar ou à l’étranger. Avec eux, la relation de travail est plus proche de celle d’un Occidental. De manière générale, la culture de l’entreprise est encore peu ancrée : la famille occupe une place prépondérante, et les impératifs familiaux priment sur les obligations professionnelles.

B. Appréciation de l’environnement juridique et administratif
1. L’administration malgache : le poids des procédures
L’administration malgache est le reflet de l’histoire politique du pays. Elle porte un double héritage : de l’administration coloniale et de l’administration socialiste. La lourdeur des procédures peut étonner l’investisseur étranger. Les formulaires, tampons et aller-retour d’un bureau à un autre sont encore nombreux. La patience est une qualité prisée à Madagascar, pays du « mora mora » (« doucement doucement… »). En 2007, Madagascar arrivait en ème position dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. Néanmoins, le 149 fonctionnement de l’administration tend à se normaliser. Pour preuve, il est devenu relativement aisé et rapide de créer une société depuis la mise en place de l’EDBM.

2.

Les textes législatifs et leur application
Deux difficultés relatives au cadre juridique des affaires doivent être prises en compte. La première concerne les modifications législatives successives, nombreuses et imprévues. La seconde réside dans l’application de ces textes.

a.

Changements de législation
Les changements fréquents de réglementation sont l’une des principales difficultés rencontrées par les investisseurs. En raison de ce manque de visibilité, les entreprises peinent parfois à trouver leur chemin. Le dernier exemple en date est celui de la loi de finances 2008.

b.

Difficile application des textes législatifs
Le cadre juridique des affaires, remodelé depuis une dizaine d’années, est bien structuré. Les textes sont reconnus comme étant de bonne qualité. Depuis 2004, la législation s’est particulièrement étoffée. Toutefois, son application pose encore problème. Les difficultés majeures proviennent le plus souvent non des lois et règlements existants mais plutôt de leur application. Les moyens manquent souvent pour qu’ils soient correctement appliqués, et les pratiques observées montrent que les textes ne sont pas toujours pris en compte. Si le cadre institutionnel du pays et les structures sont en place, ils peuvent se révéler peu opérationnels, en raison de la corruption notamment.

132

COUTS D’APPROCHE ET D’IMPLANTATION

A. Coûts d’approche
1. Coûts de transport
L’avion est le principal moyen de transport permettant d’accéder à Madagascar. Les lignes internationales sont peu nombreuses. La France, l’Italie, l’Afrique du Sud, le Kenya, la Thaïlande et les îles de l’océan Indien (Réunion, Maurice, Seychelles, Comores) possèdent une ligne régulière avec Madagascar. Une ligne aérienne vers Canton en Chine pourrait prochainement voir le jour. Le coût du billet varie en fonction des compagnies et des saisons. Bien que l’état des infrastructures soit de mauvaise qualité et que le réseau routier soit encore peu développé, le transport par route reste le principal moyen de déplacement à l’intérieur du pays. De nombreux villages de province et certaines villes sont desservis uniquement par pistes non goudronnées, inaccessibles pendant la saison des pluies et soumises aux aléas climatiques. On peut recourir aux transports en commun (taxi brousse) ou à la location de véhicules privés. Bien que les taxis brousses proposent un tarif attractif, ils sont lents et relativement inconfortables. La location de véhicules, quoique coûteuse pour le pays, constitue l’une des meilleures solutions pour un déplacement sûr et rapide sur les routes du pays. A noter que les principales villes sont aussi desservies par des vols intérieurs (Air Madagascar). A Tananarive, les transports en commun (taxi be ou minibus), sont bon marché, mais peu pratiques. De nombreux taxis, reconnaissables à leur couleur beige, circulent en ville à des tarifs raisonnables (voir tableau plus loin). Les tarifs des vols aériens sont présentés ci-après. Ils correspondent aux prix les plus bas proposés pour le trajet considéré. La haute saison s’étend généralement de juin à septembre, et de décembre à mi janvier. Transport aérien : aller-retour Paris - Tananarive (EUR, TTC)
Compagnies Air France Air Madagascar Corsair Economique Basse saison Haute saison 1 210 1 624 1 043 1 410 840 1 970
131

Classe affaires 3 565 3 349 1 550

Source : compagnies aériennes, mars 2008

Les vols intérieurs sont principalement assurés par Air Madagascar. La compagnie privée ATTR assure également des liaisons. Les clients d’Air Madagascar à l’international 132 bénéficient d’une réduction pour leurs déplacements intérieurs . Transport aérien : aller-retour intérieurs (EUR, TTC)
Trajets Tananarive - Tamatave Tananarive – Fort-Dauphin Tananarive – Nosy Be Tananarive - Majunga Economique Basse saison 161 220 220 220 Haute saison 176 234 234 234 Classe affaires Basse saison Haute saison 194 267 267 267 212 285 285 285

131 Les prix indiqués sont les meilleurs tarifs proposés en agence pour la basse saison, la haute saison et la classe affaires. Ces prix peuvent varier de manière significative, en fonction des taxes. 132 La réduction est de 50% si l’achat est effectué au départ de France, et de 40% si le billet est acheté à Madagascar.

133

Tananarive - Tuléar Tananarive – Sainte Marie Tananarive - Diego-Suarez

220 220 220

234 234 234

267 267 267

285 285 285

Source : Air Madagascar, mars 2008

Transport en taxi brousse : déplacements interurbains en taxi be (minibus)
Trajet Tananarive - Diego-Suarez Tananarive - Tulear Tananarive - Fianarantsoa Tananarive - Tamatave Tananarive - Brickaville Tananarive - Antsirabe Tarif moyen (EUR, TTC) 28 16 8 6 4 3 Durée moyenne du trajet 22 h 17 h 45 8 h 30 8 h 30 4h 3h

Source : sociétés de transport de voyageurs, février 2008

Transports urbains (EUR, TTC)
Type de véhicules Taxi – taxi : aéroport de Tananarive - centre ville – taxi : circulation urbaine Bus : circulation urbaine Navette hôtel (aéroport - hôtel) Tarif 14 2à6 0,12 15
133

Tarif moyen de location de véhicule avec chauffeur (EUR, TTC)
Type de véhicules Véhicule léger Véhicule tout terrain 4 x 4 (6 places) Minibus (14 places) Car (28 places)

Tarif 24 à 45 50 à 60 30 à 50 80 à 100

2.

Hébergement et restauration
Des hôtels de bon standing sont implantés à Tananarive ainsi que dans les grandes villes du pays. De plus, de nombreux hôtels et auberges permettent de se loger pour moins de 10 EUR. Le tableau suivant résume les prix affichés par les hôtels de bon standing à Tananarive. Tarifs de l’hôtellerie - restauration à Tananarive (EUR)
Prestation Prix moyen pour une chambre double De 100 à 330 Tarif moyen de restauration (déjeuner/dîner) De 15 à 20

Hôtel Colbert Hôtel Carlton Madagascar Hôtel de France Hôtel du Louvre Hôtel Tana Plaza Hôtel Palissandre Hôtel du Relais de la Haute Ville Hôtel La Ribaudière Hôtel Le Sakamanga

De 70 à 90

De 7 à 15

De 15 à 35

5

Source : tarifs affichés par les hôtels, mars 2008

3.

Récapitulatif des coûts d’approche
133 Les prix indiqués sont journaliers. Ils prennent en compte la rémunération du chauffeur, les frais d’assurance et les diverses taxes. Ils n’incluent pas le prix du carburant.

134

Tableau récapitulatif des coûts d’approche
Prestations Vol international : Paris – Tananarive Vol intérieur Taxi : aéroport de Tananarive - centre ville Taxi : circulation urbaine Location de véhicule (une journée, voiture légère) Chambre, tarif moyen Restauration, tarif moyen Tarif (EUR) 840 à 3 565 161 à 285 14 2à6 45 70 8

B. Coûts d’implantation
1. Coûts administratifs
Les différents coûts administratifs sont détaillés : • dans la partie 2 « Cadre juridique de l’investissement » pour les frais liés à la constitution d’une société ; • dans la partie 7 « Droit social » pour les droits de visas et de carte de résident ; • dans la partie 8 « Propriété intellectuelle » pour l’enregistrement et la protection des droits industriels et intellectuels.

2.

Coût de l’immobilier
Le coût de l’immobilier varie en fonction de la qualité, du niveau d’équipement et de l’emplacement du bâtiment ou du terrain. C’est dans la capitale que l’on observe les prix les plus élevés. En raison des grands investissements miniers, les prix de l’immobilier ont particulièrement augmenté à Tamatave et à Fort-Dauphin. En ce qui concerne l’immobilier commercial, les prix varient largement en fonction du standing du bâtiment et des services inclus (accueil, parking, internet, etc.). D’une manière générale, les prix sont très hétérogènes et peuvent parfois paraître peu cohérents. Il est donc préférable de faire appel à plusieurs agences immobilières avant de choisir. Par ailleurs, le niveau de sécurité du lieu mérite d’être pris en compte, à Tananarive notamment. Les frais d’agence correspondent à un mois de loyer dans le cas d’une location. Ils sont compris entre cinq et dix pour cent du prix de cession dans le cadre d’une acquisition ou d’une vente. Le tableau suivant présente les prix moyens affichés par les agences immobilières. Coût de l’immobilier commercial et industriel (EUR)
Tananarive Location d’un bureau vide – centre ville – périphérie Location d’un entrepôt (tarif mensuel) – centre ville – zone industrielle – périphérie 135 Acquisition d’un terrain nu – centre ville – zones industrielles et 8 à 12 5à7 7à9 4à6 2 à 3,5 135 à 180 8 à 24 Prix TTC au m² Tamatave Tuléar 4à6 3à4 3 à 4,5 2à3
134

Diego Suarez 4 à 6,5 2à4 2à3 37 à 50 3à6

2à4 2à4 70 à 100 2à6

35 à 44 2à3

134 A ces prix s'ajoutent les frais d'agence immobilière et divers frais annexes (sécurité, service d'accueil, etc.). Dans le cas des locations les frais des agences immobilières sont estimés à l'équivalent d'un mois de loyer. Pour les cas d'achat-ventes, ils varient entre 5% et 10% du prix de vente. 135 L'acquisition de terrain par les étrangers est soumise à des contraintes règlementaires. Se référer au paragraphe 2. C. 4. « Les questions relatives à l’acquisition de terrain » pour de plus amples détails.

135

périphéries
Source : agences immobilières, février 2008

3.

Principaux coûts pour les équipements
Le tableau suivant présente un échantillon des principaux prix pour les biens d’équipements achetés à Tananarive. Coûts des équipements (MGA)
Matériel Micro ordinateur – Pentium IV, 80 Go de disque dur, 3 GHz Imprimante – Jet d’encre (Lexmark Z735) – Laser (Lexmark E250D) Scanner (Scanjet G3010) Photocopieur (Canon iR 2016) Bureau Fauteuil de directeur Tarifs hors TVA 2 910 000 190 000 630 000 300 000 912 600 380 000 625 000
Source : magasins d’électronique et d’ameublement, février 2008

4.
a.

Coûts d’exploitation
Coût de la main d’œuvre et des cadres
Le coût de la main d’œuvre et des cadres est généralement faible. Il varie selon la région, le niveau de qualification et l’ancienneté. En 2008, le salaire minimum d’embauche est fixé à 70 025,40 MGA par mois (25 ,43 EUR). Les salaires les plus importants sont observés dans les zones les plus riches (Tananarive, Diego Suarez). Le salaire moyen d’un employé en milieu urbain (107 997 MGA, soit 39,23 EUR) est pratiquement le double de celui versé en milieu rural (57 566 MGA). Généralement, le salaire versé aux femmes est inférieur à celui des hommes. Les cotisations sociales sont de 18% de la masse salariale à la charge des patrons, et de 2% à la charge des travailleurs. Les questions relatives aux salaires sont traitées dans la partie 7. B. « Coûts salariaux et charges sociales ». Revenus salariaux mensuels moyens par provinces (MGA)
Provinces Fianarantsoa Tuléar Majunga Tamatave Tananarive Diego Suarez Moyenne pays Hommes 66 548 74 692 96 251 97 373 106 473 114 329 95 560 Femmes 44 350 66 302 69 654 65 196 65 882 75 516 62 491 Moyenne 57 457 72 230 88 655 83 865 89 887 98 543 82 550
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

Revenus salariaux mensuels moyens par catégories socioprofessionnelles
Hommes Ouvrier non qualifié ou manœuvre Ouvrier ou salarié qualifié Cadre supérieur ou moyen 44 582 113 496 265 414 Femmes 34 624 99 714 156 842 Moyenne 40 082 109 088 230 928
Source : Instat – DSM – EPM , 2005

Coûts des services (TTC)

136

Services Avocat
136

Tarif 20 à 170 EUR / h 308 EUR / mois 50 EUR / h

/ expert comptable

Agent de sécurité (24 h/24) Interprète français- anglais

Exemple de coûts salariaux mensuels en 2008 (MGA)
Fonctions Directeur marketing Directeur financier Secrétaire de direction Comptable Caissier Chauffeur Standardiste Ingénieur (informatique, BTP, industrie) Ouvrier qualifié (BTP, industrie) Type de contrat CDI CDI CDD CDI CDI CDI CDI CDI Temporaire Permanent Salaire net 1 400 000 à 1 600 000 1 400 000 à 1 600 000 300 000 à 500 000 400 000 à 600 000 150 000 à 180 000 140 000 à 170 000 150 000 à 180 000 600 000 à 1 000 000 4 000 à 6 000 par jour 120 000 à 180 000 par mois Autres charges Logement, cotisations sociales (20% du salaire) Logement, cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Cotisations sociales (20% du salaire) Selon les termes du contrat

Source : agences de recrutement, tarifs en vigueur à Tananarive, février 2008

b.

Coût de l’énergie

(1) Eau et électricité

La Jirama est la compagnie nationale d’eau et d’électricité à Madagascar. Depuis 2006, elle connaît de graves difficultés, en raison de la vétusté de son parc et de la montée des prix du pétrole et peine à satisfaire une demande croissante. Début 2008, différentes initiatives sont à l’étude afin d’accroître l’offre de la Jirama, notamment l’entrée en fonction d’un nouveau générateur électrique de 40 mégawatts et renforcement du réseau d’adduction d’eau. La situation énergétique n’est pas la même à Tananarive et dans les autres villes du pays. Sur les côtes notamment, l’approvisionnement en électricité est encore plus délicat qu’à Tananarive.

L’accès à l’énergie électrique constitue l’une des contraintes majeures à Madagascar. Bien 137 que le taux d’électrification national moyen soit seulement de 16% , l’offre en électricité est largement inférieure au besoin énergétique du pays. Les centrales hydroélectriques et thermiques offrent une puissance électrique faible et hétérogène selon les régions. Ainsi, la puissance cumulée sur le territoire national est estimée à 287 mégawatts. L’insuffisance de l’offre se traduit par de nombreux délestages, qui obligent les entreprises à se doter en groupes électrogènes. Suite à la libéralisation partielle du secteur en 1999, plusieurs concessionnaires privés ont reçu le droit de produire de l’électricité à Madagascar. Leur production est vendue à la
Les honoraires varient beaucoup en fonction de l’expérience et du statut du prestataire : avocat junior, associé, etc. Estimation pour l’année 2005. Ce taux varie entre 20 et 35% dans les grands centres urbains, et ne serait que de 5% en milieu rural.
137 136

137

Jirama, qui assure seule la distribution sur l’ensemble du territoire. La plus grande partie de la production de la Jirama provient de centrales thermiques, grandes consommatrices de fuel lourd. Cette situation se traduit par une montée du prix de l’électricité. Par rapport au niveau de vie du pays, l’électricité est chère à Madagascar. Son prix est pratiquement le double de celui pratiqué à l’île Maurice ou en Afrique du Sud. Le coût d’accès à l’eau courante est relativement moins élevé. Toutefois, malgré l’important potentiel hydraulique du pays, l’accès à l’eau courante est encore limité du fait de la vétusté du réseau d’adduction. Le taux de perte est estimé à plus de 30%. L’eau courante n’est accessible que dans certains quartiers des principales villes du pays. Les factures d’eau et d’électricité incluent diverses taxes et redevances (TVA, taxe de consommation, taxe d’assainissement, etc.). Le coût de l’électricité varie en fonction de la 138 zone géographique , du type d’énergie (basse, moyenne ou haute tension) et du niveau de consommation. Coût d’accès à l’électricité
Type d’énergie Haute tension
139

(hors TVA, en MGA)
Zone 1 27 500 110 130 000 28 500 125 115 500 34 300 190 115 500 2 650 200 270 6 300 2 900 230 7 500 Zone 2 19 000 275 115 500 24 000 365 115 500 1 700 360 400 6 300 2 500 395 7 500 Zone 3 15 500 455 115 500 19 500 555 115 500 1 250 480 540 6 300 1 500 535 7 500

Moyenne tension: usage industriel Moyenne tension : usage non industriel

Basse tension : usage domestique

Basse tension : usage non domestique

Tarif mensuel - prime fixe payée par kWh - consommation (par kWh) - redevance - abonnement - consommation (par kWh) - redevance - abonnement - consommation (par kWh) 140 - redevance - abonnement - 1ère tranche : consommation < 130 kWh - 2ème tranche : consommation > 130 kWh - redevance - abonnement - consommation (par kWh) - redevance

Source : Jirama, mars 2008

Coût d’accès à l’eau
Désignation Consommation mensuelle < 1 000 m3 – 1ère tranche : consommation mensuelle < 10 m3 – 1ère tranche : consommation mensuelle > 10 m3 Consommation mensuelle > 1 000 m3 142 Redevance fixe par compteur – compteur de diamètre 20 mm – compteur de diamètre 100 mm

141

(hors TVA, en MGA)
Tarif mensuel 355 / m3 840 / m3 840 / m3 3 635 58 105
Source : Jirama, mars 2008

(2) Carburant et produits pétroliers
Seule la zone tarifaire 1 (Antananarivo, Fianarantsoa et Tamatave) est approvisionnée principalement à partir de l’énergie hydroélectrique. Les zones tarifaires 2 (Tuléar et Majunga) et 3 (92 villes dont Nosy Be, Morondave, Brickaville et Sainte-Marie) sont approvisionnées par des générateurs thermiques. Le détail complet de la zone tarifaire 3 peut être consulté sur le site de la Jirama, www.jirama.mg, sous l'onglet "Services". La Jirama propose également des tarifs spécifiques en fonction des besoins de l’usager (tarif horaires, tarifs pour usage courte durée, etc.) 139 A ces frais s'ajoute le coût de raccordement au réseau électrique.
141 142 138

A ces coûts s'ajoutent les frais de raccordement au réseau hydraulique. La redevance fixe mensuelle est fonction du diamètre du compteur souscrit.

138

Prix du carburant (MGA, TTC)
Produits Essence, super 91 Essence, super sans plomb Gasoil Tarif 2 780 2 740 2 560
Sources : tarifs affichés à la pompe, mars 2008

c.

Coût des communications
En 2008, l’offre en téléphonie est assurée par trois sociétés (Orange, Celtel et Telma), dont une seule intervient dans la téléphonie fixe (Telma). On dénombre trois fournisseurs d’accès à Internet (Moov, Blueline et Simicro). Frais de téléphonie et d’accès à Internet (MGA, TTC)
Prestations Téléphonie fixe (Telma) - prix d’abonnement pour une ligne principale (accès national, internationale et mobiles ; option entreprise) - abonnement mensuel - prix pour une minute de communication nationale à destination d’un téléphone fixe - prix pour une minute de communication nationale à destination des d’un téléphone mobile Téléphonie mobile - abonnement mensuel - prix pour une minute de communication nationale inter-réseau de 144 téléphonie mobile Internet (ADSL, 512 kbits / s) (Moov) - frais d’installation - abonnement mensuel
145

(1) Téléphone et Internet

Tarif 54 000
143

54 000 90 348 10 000 à 30 000 227 à 348

600 000 2 400 000
Sources : Orange, Celtel, Telma et Moov, février 2008

(2) Presse écrite, radio, télévision Presse écrite, radio, télévision
Prestations Insertion dans la presse écrite – une page en noir et blanc – une page en couleur Spot radio - 30 secondes de diffusion sur la radio nationale Spot télévision - 45 secondes de diffusion sur la télévision nationale
147

146

(MGA, TTC)
Prix 522 645 1 038 495 10 000 130 440

Sources : TVM, RNM, Midi Madagasikara, L’express de Madagascar, février 2008

d.

Poste
Transport par colis ordinaire, Madapost (MGA)

A cela s’ajoute une caution de 200 000 MGA. Soit un total de 254 000 MGA à payer avant l'installation de la ligne. Meilleurs tarifs en vigueur dans le cadre d'un abonnement mensuel (post-payé) et pour des appels effectués en direction des autres opérateurs de téléphonie mobile. Prendre contact avec les différents opérateurs pour de plus amples informations sur les offres. 145 Ces coûts incluent la main d'œuvre et le prix du modem. 146 Les tarifs indiqués ne prennent pas en compte le coût de production des spots à diffuser ni des articles à insérer dans les journaux. 147 Tarif moyen.
144

143

139

Poids 25 g 500 g 1 kg 1,5 kg 2 kg

National 500 6 900

148

Afrique et îles voisines 5 140 16 940 30 040 40 840 53 740

Europe 5 340 29 400 38 040 52 840 69 740

Amérique du nord, Asie, Océanie 5 440 22 940 42 040 58 840 57 740

13 400 20 300 25 100

Source : Centre national des colis postaux, février 2008

Transport documents et colis express, DHL (tarifs hors TVA en MGA)
Poids Documents – 0,5 kg – 1 kg – 5 kg Colis – 1 kg – 50 kg – 100 kg 215 300 1 640 600 2 360 600 248 000 1 949 800 3 299 800 248 000 1 949 800 3 299 800 286 400 2 438 300 4 078 300 313 400 2 635 200 4 475 200 313 400 2 635 200 4 475 200 323 200 1 451 700 4 877 700 136 400 182 400 379 700 157 500 215 100 462 000 157 500 215 100 462 000 180 700 253 700 588 000 196 000 280 500 646 300 196 000 280 500 646 300 201 800 290 300 670 300 Ile Maurice Afrique du Sud France Allemagne Etats-Unis Canada Thaïlande

Source : DHL Madagascar, février 2008

e.

Transport de marchandises
Avec l’appui des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, de nombreuses initiatives ont été initiées par l’Etat malgache afin de renforcer les infrastructures de transport. Malgré tout, le transport par routes, par avion, par train et par voie maritime souffre encore de nombreuses insuffisances. Le transport intérieur est essentiellement routier, et ferroviaire dans une moindre mesure. Le réseau routier est peu étendu et souvent mal entretenu. Des nombreuses localités sont difficiles d’accès, surtout à la saison des pluies. Le transport ferroviaire concerne trois axes d’une longueur totale de 671 kilomètres. Le principal axe ferroviaire relie Tananarive à Tamatave. Des sociétés locales affiliées à de grands groupes internationaux interviennent dans le transport maritime international. Début 2008, la durée moyenne du trajet maritime entre Madagascar et les ports européens varie de trente à soixante jours. En 2008, deux compagnies aériennes assurent le fret aérien vers l’international (Air France et Air Madagascar). Coût du transport routier (MGA)
Type de transport Type de conteneur 20 pieds Tananarive - Tamatave 40 pieds Tamatave - Tananarive 20 pieds 40 pieds
148

Tonnage moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t

Tarifs hors TVA 600 000 1 000 000 1 200 000 1 000 000 1 200 000 950 000 1 750 000 1 950 000 1 750 000

Acheminé par voie aérienne.

140

20 pieds Tamatave - Antsirabe 40 pieds

20 pieds Tamatave - Majunga 40 pieds 20 pieds Tamatave - Fianarantsoa 40 pieds

20 pieds Tamatave- Tuléar 40 pieds 20 pieds Tamatave- Diego Suarez 40 pieds

de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t moins de 10 t de 10 à 25 t de 25 à 30 t moins de 25 t de 25 à 30 t

1 950 000 1 500 000 2 100 000 2 520 000 2 100 000 2 520 000 2 750 000 3 850 000 4 620 000 3 850 000 4 620 000 2 200 000 3 650 000 4 380 000 3 650 000 4 380 000 4 950 000 7 500 000 9 000 000 7 500 000 9 000 000 5 950 000 8 000 000 9 600 000 8 000 000 9 600 000

Source : Onudi Madagascar, février 2008

Transport ferroviaire
Trajets Tananarive – Moramanga – Tamatave (372 kms) Moramanga – Moraranchrome (140 kms) Tananarive – Antsirabe (159 kms) Fréquence 4 fois par jour 3 fois par jour 1 fois tous les deux jours Tarifs TTC 154,8 MGA / t / km
Source : Madarail, février 2008

Coût du fret maritime au départ de Tamatave
Port de destination Fos sur Mer Hambourg Hong Kong Le Havre Long Beach Montréal New York Rotterdam Singapour Tilbury
151 150

149

(USD, hors TVA)
40 pieds 3 020 2 978 1300 3 015 7 017 5 960 5 950 2 935 1 000 2 916,70
Source : La ligne scandinave, février 2008.

Type de conteneur 20 pieds 1 684 1 642 700 1 639 4 567 3 685 3 600 1 599 550 1 580,70

149

Tarif valable pour les marchandises générales. Certains produits font l’objet d’une tarification spécifique : girofle, vanille, peaux de zébus, etc. 150 A ce tarif s’ajoutent les frais de débarquement et de gestion portuaire qui sont payables à l’arrivée. 151 A ce tarif s’ajoutent les frais de débarquement et de gestion portuaire payables à l’arrivée.

141

Tarif du fret aérien
Compagnies Air France – moins de 45 kg – 45 à 100 kg – 100 à 250 kg – 250 à 500 kg – 500 à 1 000 kg – plus de 1000 kg 153 Air Madagascar – moins de 45 kg – 45 à 100 kg – 100 à 300 kg – 300 à 1 000 kg – plus de 1000 kg Paris (EUR) 5,20 4,80 4,10 3,50 2,90 2,80 5,00 3,50 3,00 2,55 2,30

152

(par kilogramme, TTC)
Londres (EUR) 5,30 5,10 4,50 3,90 3,10 3,00 5,50 4,00 3,50 3,05 2,80 Rome, Milan (EUR) 5,50 5,20 5,05 4,35 3,65 3,40 5,50 4,00 3,50 3,05 2,80 Philadelphie (USD) 5,75 5,20 4,70 4,15 3,75 3,50 6,10 5,00 4,70 4,15 3,80 Bangkok (USD) 5,25 5,75 5,20 4,70 4,15 3,85 4,00 3,00 154 2,55 2,00

Marseille (EUR) 5,30 5,10 4,50 3,90 3,10 3,00 5,00 3,50 3,00 2,55 2,30

Source : Air France et Air Madagascar, février 2008

C. Coût de la vie courante
1. Logement
Le prix des loyers varie selon les villes, le quartier et le standing de la maison. Il est essentiel de prendre en compte la sécurité. Les prix peuvent considérablement varier, notamment à Tamatave et Fort-Dauphin où les grands projets miniers ont bouleversé le marché de l’immobilier. Le tableau suivant offre une fourchette de prix à la location, déterminée à partir des informations fournies par les agences immobilières. Il s’agit de logements de bon standing, situés dans des quartiers résidentiels du centre-ville et de la proche périphérie. Les loyers ne prennent pas en compte la facture d’eau et d’électricité. Les frais d’agences équivalent généralement à un mois de loyer. Loyer mensuel (EUR)
Localisation Tananarive - appartement meublé (une chambre, salon, salle de bain, cuisine) - villa meublée (trois chambres, salon, deux salles de bain, cuisine, garage) Tamatave - villa meublée (trois chambres, salon, deux salles de bain, cuisine, garage) Fort-Dauphin - villa meublée (trois chambres, salon, salle de bain, cuisine, garage) Majunga - villa meublée (trois chambres, salon, salle de bain, cuisine, garage) 150 à 400 600 à 2 000 500 à 1500 400 à 1 200 300 à 1 200 Loyer mensuel

Source : agences immobilières, février 2008

2.

Santé
Le règlement de la totalité des frais de santé est généralement exigé au moment de la
152 Des tarifs préférentiels sont proposés par les différentes compagnies pour le transport de certains produits agro-alimentaires (vanille, litchis, etc.). 153 A ces tarifs s'ajoute un supplément de 0,75 EUR par kilogramme pour les destinations européennes, et de 0,75 USD par kilogramme pour Philadelphie et Bangkok. Ces frais supplémentaires, appelés « surcharges carburant », prennent en compte le carburant et l'assurance. 154 Tarif pour un poids compris entre 300 à 500 kilogrammes. Pour un poids compris entre 500 et 1 000 kilogrammes, le tarif est de 2,15 USD par kilogrammes.

142

prestation. Pour une même prestation, des différences de prix sont parfois observées en fonction de l’origine du patient (expatrié ou non) et du type de sa couverture maladie. Le remboursement des frais de santé est détaillé dans la partie 7.B. pour les assurés malgaches, et 7.C. pour les assurés français. Les tarifs moyens des principales consultations sont présentés dans le tableau suivant. Tarifs moyens des actes de santé (MGA, TTC)
Prestations Consultation médecine générale Consultation médecine spécialisée – ophtalmologue – cardiologue - dermatologue Examen complémentaire – radiologie pulmonaire (face et profil) – échographie obstétricale du 1er trimestre Soins paramédicaux – soins infirmiers (soins à domicile)
155

Tarif moyen 35 000

45 250 60 000 35 000

49 000 100 000

15 000 40 000
156

– kinésithérapie (séance d’une heure) Autres services – frais de déplacement d’une ambulance (dans la journée)

80 000

Source : hôpitaux et cliniques de Tananarive, février 2008

3.

Alimentation
Prix des denrées alimentaires de base dans un hypermarché (MGA, TTC)
Denrées 1 kg de bananes 1 kg de tomates 250 g de beurre 1 kg de porc 1 kg de sucre 1 kg de farine de blé 1 baguette de pain 1,5 l d’eau minérale 1 l de jus d’orange 1 l d’huile olive 1 l de lait Prix 1 000 1 450 3 380 13 900 2 250 3 100 2 000 890 4 500 21 800 4 400
Source : Jumbo Score, février 2008

4.

Education
Frais annuels de scolarité dans certains établissements privés (rentrée 2007- 2008)
Etablissements Lycée français – élève de nationalité française – élève de nationalité malgache Enseignement primaire 3 269 500 MGA 4 905 700 MGA Enseignement secondaire 3 493 500 MGA 5 229 700 MGA

155 156

Frais de déplacement compris. Le prix moyen d'un déplacement de nuit est estimé à 120 000 MGA.

143

– élève d’une autre nationalité Collège de France 158 American School

7 552 700 MGA 1 100 000 MGA 11 065 USD

10 325 300 MGA 157 1 220 000 MGA 11 830 USD

Sources : collège de France, lycée français, American School, février 2008

Témoignages
David MOUTOU et Richade MASSOUMALY, président directeur général et directeur général de l’agence immobilière Madimmo (Tananarive). Madimmo est une société immobilière née de la collaboration entre un Français et un Malgache. Créée en 2006, la société intervient dans l’achat-vente, la location et la gestion des biens immobiliers. Pouvez-vous décrire le marché immobilier à Madagascar ? Les villes de Tananarive, Tamatave et Fort-Dauphin connaissent actuellement un important dynamisme économique. Tamatave et Fort-Dauphin, où de grands projets miniers sont venus s’implanter, sont de plus en plus prisées. Cette forte pression immobilière caractérise depuis longtemps Tananarive. D’une manière générale, la demande en logements est de plus en plus difficile à satisfaire. Les terrains disponibles deviennent rares, et il en est de même avec l’immobilier commercial : les investissements dans le domaine des entrepôts sont par exemple très peu nombreux. Afin de combler le déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, de nombreux projets immobiliers ont été lancés, principalement à Tananarive. Nous pensons que les logements dans ces villes continueront à manquer dans les années à venir. Le déséquilibre se répercute sur les prix. Les autres villes, moins attractives, ne souffrent pas d’une telle flambée des prix. De nombreux propriétaires connaissent mal, voire pas du tout, la valeur de leur terrain. Il peut arriver que des terrains mitoyens, dont les caractéristiques sont quasiment identiques, soient évalués à des prix allant du simple au triple. L’une de nos missions est donc d’évaluer les terrains au prix du marché. Quelle différence existe-t-il entre le bail emphytéotique et la propriété foncière ? Les Malgaches sont très attachés à la terre. Il leur est souvent inconcevable d’acquérir un terrain sans en être pleinement propriétaires. C’est pourquoi ils sont réticents à utiliser le bail emphytéotique, qui reste principalement destiné aux étrangers. Ces deux modes d’acquisition (bail et propriété) octroient pourtant les mêmes droits, et bénéficient d’une sécurité foncière identique. La principale différence réside dans le niveau d’imposition. Un propriétaire est assujetti à l’impôt sur la plus-value immobilière (IPVI), qui est de 25% de la valeur du terrain au moment de la transaction. Ce n’est pas le cas avec le bail emphytéotique. A défaut d’un cadastre fiable et de titres de propriété bien définis, l’acquisition d’un terrain peut être risquée, et l’investisseur peut voir remise en cause la légitimité de son titre de propriété. C’est pourquoi nous conseillons à nos clients de se faire aider dans leurs démarches par des cabinets spécialisés dans l’acquisition de terrain, ou par un notaire même si la loi ne l’exige pas.

157 158

Tarif du collège. Le tarif du lycée au collège de France est fixé à 1 680 000 MGA. A ce tarif s'ajoute un droit d'inscription d'un montant de 750 USD à payer lors de la première inscription dans l'établissement.

144

CONTACTS

A. Structures d’appui en France
DGTPE (ex DREE) (direction générale du Trésor et de la politique économique) Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie DRCE (Directions Régionales du Commerce Extérieur) Ubifrance Mme Martine BENAYOUN, juriste Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi) Bureau de promotion des investissements et de la technologie à Paris M. Gérard GAVEAU Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi) Bureau de promotion des investissements et de la technologie Marseille M. Jean-Claude Plana Coface 139 rue de Bercy • 75572 Paris cedex 12 Tél. standard : 01 40 04 04 04 www.missioneco.org • www.exporter.gouv.fr • Mél : contact@missioneco.org www.missioneco.org/drce

77 boulevard Saint Jacques • 75 998 Paris cedex 14 Tél. : 01 40 73 34 95 www.ubifrance.fr • Mél : martine.benayoun@ubifrance.fr 9 rue Notre-Dame des Victoires • 75 002 Paris Tél. : 01 44 55 05 05 • Fax : 01 49 26 97 26 www.unido.org • Mél.: itpo.paris@unido.org

Jardin Valmer • 271 corniche Président J. F. Kennedy • 13007 Marseille Tél. : 04 91 52 56 19 • Fax : 04 91 57 17 28 www.unido.org • Mél : itpo.marseille@unido.org

Ambassade de Madagascar en France

Consulat de Madagascar Service des visas

Caisse des Français de l’étranger

Conseillers du commerce extérieur de la France

12 cours Michelet • La Défense 10 • 92 065 Paris La Défense cedex Tél. : 01 49 02 20 00 • Fax : 01 49 02 27 41 www.coface.fr 4 avenue Raphaël • 75 016 Paris Tél. : 01 45 04 00 68 www.ambassade-madagascar.fr • Mél : 4 avenue Raphaël • 75 016 Paris Tél. : 01 45 04 00 68 • Service des visas : 01 45 04 62 11 • Fax : 01 45 03 58 70 www.ambassade-madagascar.fr • Mél : visa@ambassademadagascar.fr BP 100 • 77 950 Rubelles Tél. : 01 64 71 70 00 • Fax : 01 60 68 95 74 www.cfe.fr • Mél : courrier@cfe.fr 22 avenue Franklin Roosevelt • BP 303 • 75 365 Paris cedex 08 Tél. : 01 53 83 92 92 • Fax : 01 53 83 92 99 www.cnccef.org • Mél : afrique@cnccef.org

B. Structures d’appui à Madagascar
1. Services de l’Ambassade de France et de l’Onudi
Secrétariat de l’Ambassadeur, Ambassade de France à Madagascar Mission Economique 3 rue Jean Jaurès • Ambatomena • BP 204 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 398 98 • Fax : 261 20 22 398 37 www.ambafrance-mada.org • Mél : tananarive.secretariatambassadeur@diplomatie.gouv.fr 3 rue Jean Jaurès • Ambatomena • BP 671 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 399 99 • Fax : 261 20 22 399 75

145

Représentation de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (Onudi) M. Patrick Gilabert, Chambre de commerce et d’industrie France Madagascar

www.missioneco.org/madagascar • Mél : tananarive@missioneco.org Bâtiment Ariane 5 • Zone Galaxy • Andraharo • BP 1348 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 365 40 • Fax : 261 20 23 365 45 www.unido.org • Mél : p.gilabert@unido.org

Immeuble Tana 2000 • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 696 49 • Fax : 261 20 22 633 12 www.ccifm.mg

2.
a.

Institutions locales : ministères, administration, organisations professionnelles
Ministères et administrations
Ministère des Finances et du Budget Antaninarenina • BP 61 • Antananarivo 101 Tél. : www.mefb.gov.mg • Mél : Immeuble plan • Anosy • Antananarivo 101 Tél. : www.meci.gov.mg • Mél : Rue Farafaty • Ampandrianomby • BP 527 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 595 59 • Fax : 261 20 22 595 56 www.mines.gov.mg Face Lot VB 72 NA • Rue Tsimanindry • Ambatoroka • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 648 13 • Fax : 261 20 22 641 91 www.ore.mg • Mél : ore@ore.mg Rue Ferdinand Kassanga • Tsimbazaza • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 668 05 www.mtt.gov.mg Ampandrianomby • Tsimbazaza • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 413 59 www.minenvef.gov.mg • Mél : meef_sg@wanadoo.mg Place de l’Indépendance • Antananinarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 229 02 • Fax : 261 20 22 341 15 www.mptc.gov.mg Anosy • BP 301 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 270 10 • Fax : 261 20 22 265 61 www.maep.gov.mg • Mél : info@maep.gov.mg Immeuble du ministère des Finances et du Budget • Porte 420 • Antaninarenina • BP 61 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 355 50 • Fax : 261 20 22 663 14 • www.impots.mg • Mél : dgimpots@iris.mg Rue Razafindratandra • Amparibe • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 644 01 Immeuble du ministère des Finances et du Budget • Porte 366 • Antaninarenina • BP 262 • Antananarivo 101 Tél. : 26120 22 229 16 www.mefb.gov.mg Immeuble EDBM • Avenue Général Gabriel Ramanantsoa • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 670 40 et 261 20 22 681 21 • Fax : 261 20 22 661 05 • www.edbm.gov.mg • Mél : contact@edbm.mg Bâtiment de la direction de l’artisanat • Rue Agostinho Neto • Cité 67 Ha Sud • BP 8237 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 335 02 • Fax : 261 20 22 659 79 www.omapi.mg • Mél : omapi@wanadoo.mg Lot II F 62 • Antaninandro • BP 17 bis • Antananarivo 101

Ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie Ministère de l’Energie et des Mines

Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis)

Ministère des Transports

Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme Secrétariat général Ministère des Télécommunications, des Postes et de la Communication Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche Direction générale des Impôts

Direction des grandes entreprises Direction générale des Douanes

Economic Development Board of Madagascar (EDBM)

Office malgache de la propriété industrielle

Office malgache du droit d’auteur

146

Tél. : 261 20 22 308 53 • Fax : 261 20 22 294 97 www.omda.mg • Mél : omda@wanadoo.mg

b.

Organisations professionnelles
Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture 20 rue Henri Razanatseheno • Antaninarenina • BP 166 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 202 11 • Fax : 261 20 22 202 13 www.tana-cciaa.org • Mél : cciaa@tana-cciaa.org place MDRM • Ambohijatovo • BP 1338 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 238 41 • Fax : 261 20 22 219 65 www.gem-madagascar.com • Mél : gem@simicro.mg Villa E2 • Village des Jeux • Ankarondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 380 50 • Fax : 261 20 22 380 50 www.gefp.com • Mél : gefpmg@wanadoo.mg 1 bis rue Patrice Lumumba • Tsaralalana • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 240 07 • Fax : 261 20 22 225 18 www.syndusmad.com • Mél : syndusmad@wanadoo.mg Immeuble Santa • Antanimena • BP 3042 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 292 92 • Fax : 261 20 22 292 90 Mél : fivmpama@simicro.mg

Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) Syndicat des industries malgaches (Sim) Groupement des opérateurs malgaches (Fivmpama)

3.

Expertise juridique
Cabinet Lexel Juridique & Fiscal Mr Olivier Ribot HK Jurifisc Mme Hanna Keyserlingk Madagascar Law Offices Mme Sahondra Rabenarivo, associée gérante Fidafrica Madagascar M. Andriamisa Ravelomanana Tana Water Front • Ambodivona • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 229 41 • Fax : 261 20 22 554 55 Mél : olivier.ribot@lexel.mg • lexel@lexel.mg 71 avenue Victoire Rasoamanarivo • Isoraka • Antananarivo 101 Tél. 261 20 22 337 97 • Fax : 261 20 22 340 51 Mél : admin.k@hk-jurifisc-mada.com Immeuble Appel • Route des hydrocarbures • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 24 201 92 • Fax : 261 20 22 200 57 Mél : sahondra@madalaw.com Immeuble Cabram • Rue Rajakoba Augustin • Ankadivato • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 295 84 • Fax : 261 20 22 228 24 Mél : fidafrica@fidafrica.mg

4.

Cabinets de conseil, expertise comptable, audit
Cabinet de conseil d’entreprises (CCE) Lot VV 197 DH • Manakambahiny • BP 1124 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 211 21 • Fax : 261 20 22 610 86

Mél : cce@moov.mg
Madagascar Conseil International (MCI) Nouvel immeuble Ny Havana • Village des Jeux • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 295 25 • Fax : 261 20 22 619 07 www.cabinet-mci.mg • Mél : mci@moov.mg 7 avenue de l’Indépendance • Immeuble Celtel • BP 8183 • Antananarivo 101 Tél. 261 20 22 323 88 • Fax : 261 20 22 323 88 Mél : aa-cga@moov.mg 135 route circulaire • Ankorahotra • BP 1611 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 232 92 www.simicro.mg/organisation • Mél : organisation@simicro.mg 13 rue Patrice Lumumba • Tsaralalana • BP 3854 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 219 25 • Fax : 261 20 22 271 41 Mél : cabfiv@moov.mg Rue Rajakoba Augustin • Ankadivato • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 217 63 • Fax : 261 20 22 338 64

Auditeurs associés CGA M. Solofo Rasoarahona

Cabinet Catein M. Gérard Catein Cabinet Fivoarana Mazars

Cabram SARL Mme Lilianne Raserijaona

147

Delta Audit Mme Sahondra Rasoarisoa Ernst & Young M. Yann Rasamoely FTHM

Mél : cabram@moov.mg 18 rue Patrice Lumumba • Tsaralalana • BP 241 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 278 31 • Fax : 261 20 22 210 95 Mél : deltadt@moov.mg 22 rue du Docteur Villette • Isoraka • BP 3914 • Antananarivo 101 Tél. 261 20 22 217 96 • Fax : 261 20 22 216 48 Mél : yann.rasamoely@mu.ey.com Immeuble Aro • Antsahavola • BP 7631 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 631 86 • Fax : 261 20 22 337 20 www.fthm.mg • Mél : fthm@moov.mg

5.

Cabinets d’avocat
Radilofe M. Koto Radilofe Alex Rafamatanantsoa & Associés M. Alex Rafamatanantsoa 41, rue Marc Rabibisoa • Antsahabe • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 225 40 • Fax : 261 20 22 677 98 Mél : kradilofe@malagasy.com Lot IVD 20 bis • Rue Docteur Zamenhof • Behoririka • Antananarivo 101 Tél : 261 20 22 382 81 • Fax : 261 20 22 605 27 Mél : alexrafa@moov.mg

6.

Banques locales
BFV - Société Générale 14 rue Jeneraly Rabehevitra • BP 196 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 264 24 • Fax : 261 20 22 235 40 www .bfvsg.mg • Mél : webmaster.mail@socgen.com 74 rue du 26 juin 1960 • BP 174 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 228 00 • Fax : 261 20 22 337 49 www .bni.mg • Mél : info@bni.mg Place de l’indépendance • BP 25 bis • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 346 09 • Fax : 261 20 22 346 10 www .bmoi.mg • Mél : bamoi.sm@smicro.mg 77 rue Solombavambahoaka Frantsay Antsahavola • BP 197 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 272 62 • Fax : 261 20 22 322 82 www .mcbmadagascar.com • Mél : mcb.int@ mcbmadagascar.com 1 rue Ratianarivo Antsahavola • Antaninarenina • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 666 07 • Fax : 261 20 22 666 08 www .sbmonline.com • Mél : sbmmtana@sbm.intnet.mu 2 place de l’indépendance • Antaninarenina • BP 183 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 391 00 ou 261 20 22 392 50 • Fax : 261 20 22 661 25 www .boa.mg • Mél : boa@boa.mg 2 rue du Dr Raseta • Andraharo • BP 889 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 23 565 68 ou 26123 361 39 • Fax : 261 20 23 566 52 www .bicm.mg • Mél : bicm@bicm.mg Lot II B 21 • rue Rainandriamampandry Faravohitra • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 24 527 62 • Fax : 261 20 24 527 62 Mél: info@accesbanque.mg

BNI Madagascar

Banque malgache de l’océan indien (BMOI) Mauritius Commercial Bank Madagascar (MCB)

State Bank of Mauritius Madagascar (SBM) Bank of Africa Madagascar (BOA)

Banque industrielle et commerciale de Madagascar (BICM) AccèsBanque Madagascar

7.

Transporteurs et services de courrier rapide
Air France Cargo Aéroport international d’Ivato • BP 04 • Antananarivo 105 Tél. : 261 20 22 589 30 www.afklcargo.com • Mél : abelmousti@airfrance.fr 23 avenue de l’Indépendance • BP 3814 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 451 49 www.airmadagascar.com • Mél : ReservationFret@airmadagascar.com

Air Madagascar Fret

148

DHL Danzas Air & Océan

Pelitrans

Ziegler Madagascar

Lot II J 181 F bis • Ivandry • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 428 39 • Fax : 261 20 22 422 64 www.dhl.com.mg • Mél : ddao.mg@dhl.com 7 avenue de l’indépendance • Analakely • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 567 82 • Fax : 261 20 22 296 07 Mél : pelitrans@moov.mg 21 rue Ratsimilaho • Antaninarenina • BP 8609 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 620 95 • Fax : 261 20 22 620 96 www.zieglergroup.com • Mél : ziegler@moov.mg

8.

Agences immobilières
Guy Hoquet Madagascar Tana Water Front • Ambodivo • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 345 89 • Fax : 261 20 22 380 67 www .guyhoquet-madagascar.com • Mél : guy-hoquet@simicro.mg 8 rue Callet • Behoririka • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 24 238 48 • Fax : 261 20 22 263 48 www .madagascar-immo.com • Mél : madimmosarl@yahoo.fr 61 rue Colbert • Diego Suarez Tél. : 261 32 04 051 42 www .immobilier-diego.com • Mél : immobilierdiego@moov.mg Residence Jules Ferry • Rue Jules Ferry • Majunga be • Majunga 401 Tél. : 261 20 62 247 31 • Fax : 261 20 62 222 80 Mél : maderitour@yahoo.fr

Madimmo

Imac

Maderi Immo

9.

Téléphonie et internet
Celtel Explorer Business Park • Ankorondrano • Antananarivo 101 Tél. : 261 033 11 00 100 • Fax : 261 22 606 81 www .mg.celtel.com • Mél : servclient@celtel.com Alarobia • BP 763 Antananarivo 101 Tél. : 261 20 25 427 05 • Fax : 261 20 22 240 08 www.telma.mg Rue du docteur Raseta • Immeuble Galaxy Plaza • Andraharo • BP 7754 • Antananarivo 101 Tél. : 261 32 34 567 89 ou 262 20 23 609 53 • Fax : 261 23 609 55 www .orange.mg Rue du docteur Raseta • Immeuble Ariane 5 B • Galaxy • Andraharo • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 203 59 • Fax : 261 20 23 086 668 www .moov.mg • Mél : grandcompte@dts.mg Lot IGR 41, avenue Lenine • Antanimena • BP 1484 Antananarivo 101• Tél. : 261 20 23 320 11 ou 261 20 23 320 11• www .blueline.mg • Mél : info@blueline.mg

Telma

Orange

Moov

Blueline

10. Agences de publicité
Accord Madagasikara Lot IV K 154 Ter • Ankadifotsy • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 630 33 Mél : madaccord@moov.mg Zone Tana Water Front • Ambodivona • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 275 07 • Fax : 261 20 22 369 75 Mél : injet@moov.mg Route d’Antsirabe • Tanjombato • BP 3707 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 474 74 • Fax : 261 20 22 462 02 Mél : francepub@simicro.mg

Injet

France Pub

11. Agences de recrutement
Capfor Madagascar Lot II A 105 bis A / B • BP 12013 • Nanisana • Antananarivo 101

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Madajob

Alpha Job Agency (AJA)

Kaizen Partners

Tél. : 261 20 22 590 65 www.capfor.com • Mél : madagascar@capfor.com Lot II P 86 D • Avaradoha • BP 8057 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 403 73 www.madajob.com • Mél :madajob@blueline.mg Lot IVS 30 • Antanimena • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 206 78 • Fax : 261 20 22 362 24 Mél : alphagrp@mail.blueline.mg 16 cité Ambohipo • BP 1284 • Antananarivo 101 Tél. : 261 20 22 612 47 • Fax : 261 20 22 612 47 Mél : kaizen.p@netclub.mg

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