32 formes et figures secondes qj rique, mais aux catégories f méme que, dans notre cult commencé de naitre que bi problémes fondamentaux du langage sans lequel elle ne serait pas. 1966, Colloque Johns Hopkins. Publ hall 2 fro poke | be bik: anne B, BARTHES fe lounsiement Essau's onb puesa de bo ete = '$ Ow tv, EC, 1884, sein ran Me Ecrire la lecture ‘moments oi! I'on « léve | \erroger ma propre lecture, c”& i sir la forme de toutes les lectures (la forme: nécessaire a la nouvelle peu . sauf vocation se arréié de le ce rest pas un éclaircissant avec patience »graphique ou psychologique de w télescope (en scrutant le grand espace histo- muteut). Je me suis privé de ces deux ins- é ni de Balzac ni de son temps, je n'ai de ses personnages, ni la thématique du logie de l'anecdote. Me reportant aux pre- de la caméra, capable de décomposer le trot | 34 Berire la lecture une analyse (je n’ai pas cherché a saisir le secret de ce texte étrange) ni tout & fait une image (je ne pense pas m’étre pro- jeté dans ma lecture; ou, si cela est, c'est & partir d°un lien inconscient qui est bien en deg’ de « moi-méme »). Qu’est-ce done que S/Z.? Simplement un texte, ce texte que nous écri- vons dans notre téte quand nous la levons., bs Ce texte-la, qu'il faudrait pouvoir appeler d’un seul mot tun texte-lecture, est mal connu parce que depuis des si¢cles nous nous intéressons démesurément & l’auteur et pas du tout au lecteur, la plupart des théories critiques cherchent & expli- | perse (la lecture) détermit i (quoique déja a proprittaire éternel de son comme de simples usufruitiers évidemment un théme d’autori uteur, pense-t-on, a des droits sur le lecteur, il le contraint & un certain sens de Veeuvre, ct ce sens cst naturellement le bon, le vrai sens » do’ une morale critique du sens droit (et de sa faute, le « contre-sens ») : on cherche a établir ce que l’auteur a voulu et nullement ce que le lecteur entend. est différente des régles de la composition, Cel de la rhétorique, passent toujours pour se rapporter & un -i-dire rationne] : i s’agit, comme dans Je syllogisme, de contraindre le lecteur & un sens ou a une | issue : la composition canalise ; la lecture au contraire (ce | texte que nous éerivons en nous quand nous lisons) disperse, du sculpteur Sarrasine), nous voyons bien qu'une certaine | contrainte du cheminement (du « suspense») lutte sans cesse en nous avec la force explosive du texte son éner 35 le associe au texte autres significations. « Le texte, le { nous dit-on, mais le texte seul ga n’existe pas diatement dans cette nouvelle, ce roman, ce po&me que je lis, un supplément de sens, dont ni le dictionnaire ni la gram- maire ne peuvent rendre compte. C’est ce supplément dont j'ai voulu tracer I’espace, en écrivant ma lecture du Sarrasine , de Balzac. ~¥_Je n'ai pas reconstitué un lecteur (fat-ce vous ou moi), _d mais la lecture. Je veux dire que toute lecture dérive les-associations engendrées at of lettee du texte (mais of est cette lettre ?) ne sont jamais, que qu'on fesse, anarchiques; elles sont toujours prises (préle- -vées et insérées) dans certains codes, dans certai tive qu’on puisse imaginer n’est jamais qu’un jew mené partir de certaines régles. D’ob viennent ces regles? Cer- tainement pas de l'auteur, qui ne fait que les appliquer & sa fagon (elle peut étre géniale, chez, Balzac par exemple); visibles bien en degd de lui, ces régles viennent d'une logique millénaire du récit, d'une forme symbolique qui nous constitue avant méme notre naissance, en un mot de cet immense espace culturel dont notre personne (d'auteur, de lecteur) n'est qu’un passage, Ouvrir le texte, poser le syste de sa lecture, n’est donc pas seulement demander et montrer gu’on peut linterpréter librement ; c’est surtout, et bien plus radicalement, amener & reconnaitre qu'il n'y a pas de. vérité objective ou subjective de Ia lecture, mais seulement une vérité Iudique ; encore le jeu ne doit-i pas étre compris ici ‘comme une distraction, mais comme un travail - d’od cepen- dant toute peine serait évaporée : lire, c’est faire travailler ] notre corps (on sait depuis la psychanalyse que ce corps | excede de beaucoup notre mémoire et notre conscience) a | V'appel des signes du texte, de tous les langages qui le traver- | sent et qui forment comme la profondeur moirée des phrases. lisible (celui que nous pou- ible»: qui ne comprend ' Fimagine assez bien le réci vons lire sans le déclarer « 36 Ecrire la lecture Balzac?) sous les traits de l'une de ces figurines subtilement et élégamment articulées dont les peintres se servent (ou se servaient) pour apprendre a « croquer » les différentes pos- tures du corps humain ; en lisant, nous aussi nous imprimons une certaine posture au text "est pour cela gt vivant ; mais cette posture, qui est notre invention, elle n'est y aentre les éléments du texte un ai essayé d tion topologique qui ique & la fois son tracé et sa cette proportion, de décrire la donne & la lecture du texte cl liberté, 1970, Le Figaro Sur Ia lecture Je veux d’abord yous remercier de m’accueillir parmi vous. Bien des choses nous lient, & commencer par ceite question commune que nous posons, chacun de notre liew: Qu'est-ce et ma propre pratique d'enseignement - qui le des hautes études, tis anomique, lair. Or, puis c aes pédagogi rai A une lecture part *écriture svesquisse peu a pon. Ce désar- roi va parfois jusqu’au doute : je ne sais méme pas s'il faut avoir une docirine sur la lecture ; je ne sais pas si la lecture Pimage du pluriel d’ateliers qui constitue ce congrés. Je ne chercherai pas A réduire ce désarroi (je n’en ai ailleurs pas les moyens), mais seulement a le situer, &com-