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TRIBUNAL ADMINISTRATIF

DE MARSEILLE

REPUBLIQUE FRANÇAISE

M. Jocelyn R.c.S ••••• _


RIU Il AU NOM DU PEUPLE FRANçAIS

M.OONNEAU
Magistrat désigné
Le Tribunal administratif de Marseille,

Le magistrat désigné
Jugement du 30 mai 2011

Vu la requête. enregistrée le 27 mai 20 Il, présentée par M. Jocelyn R.f.' n F -.


R :, demeurant le campus, appartement 0 l, S8 rue de ~rimée à Marseille (13003) ;

M. R...Uilf •••••••••••• a..'cmande au tribunal; .

1°) d'annuler les décisions en date du 25 mai 20 l' par lesquelles le préfet des Bouches-
du-Rhône a.décidé sa reconduite à la frontière1 en a.fixé le pays de destination et a décidé de son
placement en rétention;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation


provisoire de séjour ou une carte de séjour temporaire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que l'arrêté ponant reconduite à la frontière est insuffisamment motivé ; qu' il
méconnaît les articles 7 et 12 de la directive 2008/1l5/CE ~ qu'il porte une atteinte
disproportionnée, au regard de ses buts. à son droit à mener une vic privée et familiale normale ;
que l'obligation de quitter· le territoire français sur le fondement de laquelle a été prise la
décision de reconduite à la frontière méconnaît l'article 12;

Vu. le mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2011, par lequel le préfet conclut au
rejet de la requête ;

Il fait valoir que le signataire de l'arrêté avait compétence pour ce faire; que les arrêtés
de reconduite à la frontière pris sur le fondement d'une obUgation de quitter le territoire non
exëcmëe sont compatibles avec les dispositions de la directive 2008111S/CE ; que l'intéressé ne
justifie pas, au vu de sa situation personnelle et familiale et de la durée et des conditions de son
N° 1103738 2

séjour, que la décision attaquée porterait à son droit à une vie privée et familiale normale une
atteinte dïspropornonnëe au regard de ses buts ;

Vu les pièces. enregistrées le 30 mai 2011, produites pour M.


~ ••••••••••• iII~.ar MeLeroux. avocat;
Vu les décisions attaquées ;

Vu les autres pièces du dossier;

Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés


fondamentales;

Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Gonneau pour exercer


les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. S 12-2 du code de l'entrée et du séjour des
étrangers et du droit d'asile;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience;

Après avoir, au cours de l'audience publique du 30 mai 2011, présenté son rapport, et
entendu les observations orales de ;
Me Leroux. représentant M. }L • 1 Ri J, présent à
l'audience, qui a conclu aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens en
développant ses arguments;
M. Duval, représentant le préfet des Bouches-du-Rhône qui a développé ses
arguments;

Sur la décision de reconduite à la frontière:

Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens :

Considérant que la décision de reconduite à la frontière contestée a été prise en


application du 3 du n de l'article L. 511·1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du
Q

droit d'asile, aux termes duquel I'autorue admlnistrative compétente peut, par arrêté motivé,
décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière s'il fait l'objet d'une obligation de quitter le
territoire français exécutoire prise depuis au moins un an; que les dispositions de la directive
2008/IIS/CE ne font pas obstacle à ce qu'une mesure de reconduite à la frontière soit prise à
l'encontre d'un ressortissant de pays tiers dans le cas prévu au 30 du Il, à la condition que
l'obligation jnitiale de quitter le territoire ait été prise conformément aux exigences de forme et

Considérant que M. R d n..R


de fond prévues par les dispositions des articles 7 et 12 de la directive;

2 ] s'est vu refuser un titre de


séjour par une décision en date du 16 février 2009, assortie d'une obligation de quitter le
territoire français; que ces décisions ont été contestées devant le Tribunal administratif de
Marseille, puis la Cour administrative de Marseille, devant laquelle l'instance est pendante;
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Considérant que, comme le fait valoir le requérant, la décision l'obligeant à quitter le


territoire français n'a pas été motivée, en application des dispositions du premier alinéa du 1 de
l'article L. 511-1 du code de renttée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais en
contravention avec les dispositions de l'article 12 de la directive 200S/1lSICE; que la dite
décision est illégale pour cene raison. la décision de reconduite à la frontière fondée sur celle-ci
etant par suite elle aussi illégale et devant être annulée ;

Sm les décisions fixant le P\l.Ysde"destination et pla&ant le feq),!érant en rétention ;

Considérant que les décisions susvisées, fondées sur la décision de reconduite à la


frontière, doivent être annulées par voie de conséquence ~

Sur les conclusions aux. fins d'injonction;

Considérant qu'à la suite d'une annulation d'un arrêté de reconduite à. la frontière, il


incombe au préfet, en application des dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du
séjour des étrangers et du droit d'asile, non seulement de munir l'intéressé d'une autorisation
provisoire de séjollr mais aussi. qu'il ait été ou non saisi d'une demande en ce sens, de se
prononcer sur son droit à un titre de séjour; que. dès lors, il appartient au juge administrtUU:
lorsqu'il prononce l'annulation d'un arrêté de reconduite à la frontière et qu'il est saisi de
conclusions en ce sens. d'User des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 911-2 du rode de justice
adminisll:ative pour fixer le délai dans lequel la situation de l'intéressé doit être réexaminée au vu
de l'ensemble de la situation de droit et de fait existant à la date de ce réexamen; qu'il s' ensuit
qu'il y a lieu d'ezijoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M.
R n 1k me autorisation provisoire de séjour, et de lui prescrite
de se prononcer sur la Situation de l'intéressé dans le délai de deux mois suivant la notification de
la présente décision;

Sur les conclusions tendant à l'application de l'anicle L.761-) du code de justice


administrative :
Considérant que M.•••••••••••••••• ne justifie pas de frais
exposés et non compris dans les dépens ;

DECIDE:

futicls:. 16;: les décisions en date du 25 mai 2011 par lesquelles le préfet des Bouches-
du.Rhône a décidé la reconduite à la frontière de M. Jocelyn P '. Il 20
r• 2 J. Ln a fixé le pays de destination et a décidé de son placement en rétention sont
annulées. "