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SITUATION ACTUELLE ET EVOLUTION DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES AU MAROC/ EXPERIENCE PILOTE DE LA MISE EN PLACE D’UNE DECHARGE CONTROLEE A ESSAOUIRA

Par M. BENZAKOUR, R. SAISSI et G. DIDIER

SITUATION ACTUELLE ET EVOLUTION DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES AU MAROC

I.1. Problématique de la gestion des déchets solides au Maroc

I.1.1. Cadre législatif

Les collectivités locales au Maroc connaissent, comme dans d’autres pays, une

augmentation des rejets urbains, principalement des ordures ménagères. Les moyens limités

de nombreuses communes associées à un service non optimisé font que cette gestion est

rarement bien assurée.

Actuellement on se dispose que de la charte communale de 1976. Elle stipule que

« l’assainissement solide et liquide relève des prérogatives des services publiques communaux

et de leur gestion, soit par voie de régie directe ou de régie autonome, soit par

concession ».C’est aussi à la commune de définir les programmes à réaliser en matière

d’assainissement et ce, même dans le cas où ces services sont confiés à des organismes

autonomes.

I.1.2. Production des déchets solides

Au Maroc, la production des déchets solides est en augmentation constante. Selon les

statistiques les plus récentes, elle est estimée à 6,5 millions de tonnes par an.

Ces déchets sont constituées essentiellement par de la matière fermentescibles (67%) et se

caractérise par une taux humidité élevé (60 à 70 %), une forte densité (0,5) et un faible

pouvoir calorifique (1000 kcal/kg).

I.1.3. Collecte et traitement des déchets solides

Sur la proportion collecté (85%) une faible part (2%) est recyclé ou mise en décharge

contrôlée. Le reste est mis en décharge (non contrôlée) sans aucune forme de contrôle ou de

traitement.

Le concept de décharge contrôlée est connu mais ne fait pas l’objet de pratique régulière. La

majorité des décharges arrivées à saturation ou en cours d’exploitation présentent un risque

pour l’environnement et nécessitent un plan de réhabilitation pour lutter contre les dégâts qui

peuvent être engendrés par ces dépôts sauvages.

Le traitement des déchets par compostage a été choisi comme le procédé de valorisation le plus adapté à la nature des déchets produits. Quelques villes ont disposé d’UTOM (Usines de Traitement des Ordures Ménagères) conçues pour fabriquer du compost. Le procédé du compostage, utilisé en Europe, consisté en un broyage des déchets bruts, en leurs tri, en leurs fermentation et ensuite en leurs stockage. L’ensemble de ces UTOM ne fonctionne pas actuellement à cause de :

- la technique utilisée qui n’est pas adaptée à la nature des ordures ménagères du Maroc car les déchets produits au Maroc sont plus humides que ceux produits en Europe. Par conséquent un colmatage se produit à la phase de broyage.

- Problème de gestion et manque d’entretien de l’UTOM,

- Problèmes financiers : la filière de vente et d’utilisation du compost n’a souvent pas été bien mise en place I.1.3.1. Evaluation des coûts Les collectivités locales ne disposent, à ce jour, que du budget général de la commune (la taxe d’édilité étant diffuse dans ce budget). La plupart des communes rencontrent donc des difficultés dans la gestion des déchets car elles ne connaissent, pas ou très peu, les vrais coûts de la collecte et qu’elles ne peuvent pas équilibrer les charges d’élimination des déchets. Selon les études et enquêtes effectuées, les coûts suivants peuvent être dégagés (ONEP/DEA,

1996):

150 à 200 dhs / t

Pour la collecte, le nettoiement et l’évacuation des déchets

4 à 10 dhs / t

Pour la mise en décharge

I.2. Evolution actuelle I.2.1. De point de vue institutionnel et législatif Les problèmes dus aux diverses pollutions et nuisances causées par ces déchets se ressentent de plus en plus. Ils ont fait naître une véritable prise de conscience au niveau national (autorités, citoyens, ONG,…). La gestion des déchets solides est devenue l’une des préoccupations prioritaires de la politique environnementale au Maroc. Ceci a été illustré par :

- la lettre de Feu Sa Majesté le Roi Hassane II à Mr. le Ministre d’Etat à l’intérieur en date de 30 septembre 1996 en vue de prendre des «mesures urgentes et efficaces» pour la sauvegarde de la propreté des villes »

- En 1998, le Ministère de l’Environnement a élaboré un avant projet de loi relatif à la gestion des déchets solides et leur élimination. Ce projet de loi fixe comme objectif principal de prévenir la pollution, de protéger la santé de l’homme et de l’environnement contre les effets nocifs dus à ces déchets. Il prévoit aussi d’information le public et d’imposer la réduction de la production des déchets, la valorisation, la mise en décharge contrôlée, l’organisation du transport. Le projet classe également les décharges en trois catégories selon la nature des déchets.

- En 2000, la création de la fondation Mohamed VI pour la protection de l’environnement présidé par la princesse Lala Hasnaa. I.2.2. De point de vue technique Aujourd’hui, 13 communes, dont les dernières en date sont celles de Rabat (Hassan, Yaâcoub Al Mansour et Youssoufia) , ont délégué la gestion des déchets solides à des sociétés privées pour une population de 2,22 millions d’habitants. Le coût moyen des services de collecte passe de 248 à 366 DH par tonnes. Les durées de contrat de concession varient entre 5 à 7 ans. Pour la problématique des décharges publiques, des études de choix de site de décharge contrôlée ont été réalisées dans quelques villes de Royaume :Wilaya de Rabat-salé, Grand- Casablanca, Fès, Glumim, Khoribga et Essaouira. Pour Fès, La communauté urbaine a délégué la gestion de la future décharge contrôlée à un opérateur privé pour un investissement de 75 millions de DH sur 10 ans Dans la ville d’Essaouira, le démarrage des travaux de la réalisation de la décharge contrôlée avait lieu en fin mars 2000. C’est un projet pilote dans le Royaume. En ce qui concerne le traitement par compostage, la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) en collaboration avec des bureaux d’études spécialisés en France, a piloté des expérimentations pour adapter les processus aux conditions locales (cas de la ville d’Agadir et Rabat-Salé).