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Situation socioéconomique des ménages dans les Districts D’Ambatondrazaka, Ambovombe, Antalaha, Antsirabe,Morafenobe et Vangaindrano et impact de la crise sociopolitique au niveau des ménages (PADR, ROR, UNDP, UNICEF/2011)

Situation socioéconomique des ménages dans les Districts D’Ambatondrazaka, Ambovombe, Antalaha, Antsirabe,Morafenobe et Vangaindrano et impact de la crise sociopolitique au niveau des ménages (PADR, ROR, UNDP, UNICEF/2011)

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Ce document présente les résultats comparatifs des Situation socioéconomique des ménages dans les Districts D’Ambatondrazaka, Ambovombe, Antalaha, Antsirabe,Morafenobe et Vangaindrano et impact de la crise sociopolitique au niveau des ménages.
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PADR, ROR, UNDP, UNICEF/2011
Ce document présente les résultats comparatifs des Situation socioéconomique des ménages dans les Districts D’Ambatondrazaka, Ambovombe, Antalaha, Antsirabe,Morafenobe et Vangaindrano et impact de la crise sociopolitique au niveau des ménages.
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PADR, ROR, UNDP, UNICEF/2011

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Réseau Observatoires Ruraux

SITUATION SOCIOECONOMIQUE DES MENAGES DANS LES DISTRICTS D’AMBATONDRAZAKA, AMBOVOMBE, ANTALAHA, ANTSIRABE, MORAFENOBE ET VANGAINDRANO ET IMPACT DE LA CRISE SOCIOPOLITIQUE AU NIVEAU DES MENAGES RESULTATS COMPARATIFS DES SIX DISTRICTS
JUIN 2011 - MADAGASCAR

Juin 2011 i

1. CARACTÉRISTIQUES DE L’ÉCHANTILLON La situation des deux districts du sud présente des écarts par rapport aux tendances nationales en termes de caractéristiques des ménages et la vulnérabilité y parait plus accentuée, ainsi qu’à Morafenobe. La taille moyenne des ménages s’étale de 4.8 à 6.3. En dehors de Vangaindrano où les ménages comptent plus d’individus, la situation des 5 autres districts sont plus ou moins concordantes avec la taille des ménages observée en milieu rural malgache. Dans les régions du sud-est, en effet, les regroupements familiaux sont beaucoup plus fréquents, expliquant le plus fort pourcentage des ménages élargis (38%) et de là, du niveau plus élevé du nombre d’individus constituant le ménage. L’incidence des ménages dirigés par une femme parait nettement plus élevée à Ambovombe, une situation en partie imputable au phénomène de la polygamie qui touche 12% des femmes chefs de ménage. En matière de statut matrimonial, le mariage coutumier est prépondérant (au moins 1 chef de ménage sur 2) pour des raisons culturelles, sauf sur les Hautes Terres à Antsirabe où presque 2 chefs de ménage sur 3 sont mariés civilement. Par ailleurs, le niveau d’instruction est généralement faible au sein des 6 districts si l’on se réfère au pourcentage des sans instruction et de ceux qui n’ont pas accédé au-delà du primaire. En raison de l’enclavement et des lacunes en termes d’infrastructures, la situation s’avère plus défavorisée à Ambovombe où plus de 2 individus âgés de 15 ans et plus sur 3 n’ont jamais été scolarisés.
Tableau 1 : Résultats comparatifs des caractéristiques de l’échantillon Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Antalaha Antsirabe II Taille moyenne 5.0 5.9 4.8 4.9 des ménages Ménages dirigés 18.5% 30.8% 19.4% 13.9% par une femme Age moyen des 42.3 ans 44.5 ans 41 ans 44.8 ans chefs de ménage Proportion des ménages ayant un revenu 41.9% 64.4% 36.2% 44.4% courant par tête inférieur à Ariary 100.000 Rapport de 1.05 0.96 1.03 1.04 masculinité Pourcentage des enfants en âge de 33.9% 39% 37.4% 33.6% scolarisation Pourcentage des jeunes de 15 à 24 19.8% 18.2% 17% 19% ans Proportion des individus âgés de 12.5% 63.8% 17.0% 13.7% 15 ans et plus sans instruction

Morafenobe 5.1 16.7% 42.4 ans

Vangaindrano 6.3 17.6% 42.7 ans

59.2%

64.0%

1.04 31.8%

1.02 35.5%

18.5%

19.8%

52.3%

45.4%

Sur le plan du revenu courant, le sud se démarque par des niveaux de revenu nettement moins élevés. Les retombées négatives de la sécheresse transparaissent parce que même en période post-

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récolte, près des 2/3 des ménages d’Ambovombe connaissent un revenu courant de moins d’Ariary 100.000. Par contre, pour Vangaindrano, le passage du cyclone Hubert en mars 2010 se trouve à l’origine de la faiblesse du revenu, impliquant aussi que près de 2 ménages sur 3 présentent un tel niveau de revenu courant mais cette fois, en période de soudure. En revanche, du fait des potentialités régionales en matière de culture de rente, plus du quart des ménages d’Antalaha disposent d’un revenu courant dépassant Ariary 500.000 à l’issue de la récolte de la vanille. Au niveau des 6 districts, il a été constaté que les ménages dirigés par une femme ont été plus enclins à afficher un revenu courant inférieur à Ariary 50.000. 2. MIGRATION La migration étudiée consiste au fait d’avoir déjà vécu en dehors du fokontany de résidence actuel pour une période d’au moins 6 mois depuis la naissance. A l’exception d’Ambatondrazaka, une infime frange de la population (3% au plus) en est concernée. Dans ce grenier à riz, par contre, la proportion des migrants au sein de la population s’avère relativement plus élevée (13%). Les caractéristiques des migrants semblent similaires pour les six districts. Ce sont surtout les jeunes et les célibataires qui migrent. En dehors d’Ambovombe où la majorité des migrants n’a jamais été scolarisée, ceux-ci affichent le plus souvent un niveau d’instruction primaire. Toutefois, les principaux motifs de migration sont contrastés. Pour espérer un meilleur train de vie, les migrants se sont surtout installés dans l’actuel lieu de résidence en raison du travail à Ambovombe, Antsirabe II et à Ambatondrazaka. Par contre, du fait de l’éloignement des établissements scolaires dont les lycées en particulier, l’éducation représente le principal motif pour Antalaha et Vangaindrano. Il s’agit plutôt des obligations sociales pour Morafenobe. La migration a été essentiellement incitée par les potentialités régionales ou la disponibilité d’infrastructures nécessaires. Par conséquent, les concernés sont essentiellement issus du même district pour Ambatondrazaka, Antalaha, Morafenobe et Vangaindrano tandis qu’ils proviennent de districts d’autres régions pour Ambovombe et Antsirabe II. 3. DÉPLACEMENTS Une faible mobilité de la population âgée d’au moins 6 ans a été généralement ressentie. En effet, en raison de la nature des activités rurales, les déplacements quotidiens envers le chef lieu de district affichent une très faible incidence, touchant moins de 2% de la population de cette tranche d’âge. Par ailleurs, la proportion des individus s’étant déplacés au moins une fois au cours des 30 jours ayant précédé l’enquête va de 7% (Vangaindrano) à 30% (Ambatondrazaka). Dans 5 districts à l’exception d’Antalaha, le fait d’aller au marché pour faire des achats représente le premier motif de déplacement. Le marché hebdomadaire revêt une importance particulière pour les ruraux et généralement, en période post-récolte, les ménages disposent de revenus monétaires leur permettant d’acquérir de nouveaux équipements ménagers ou effets vestimentaires. Il est à rappeler que la production n’est pas toujours écoulée au niveau du marché mais peut aussi être destinée directement aux ménages consommateurs. Ainsi, les déplacements vers le marché pour vendre des produits semblent moins prioritaires (déclarés en deuxième position comme principal motif de déplacement par 16% des concernés à Ambatondrazaka). Néanmoins, il a été constaté que ceux qui se déplacent profitent de leur présence en ville pour visiter des proches et amis sur place.
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Exceptionnellement, la raison des déplacements portent plutôt sur les obligations et visites familiales pour Antalaha (47%). En effet, la période de référence considérée coïncide avec la saison des « tsaboraha » pendant laquelle les obligations sociales sont très fréquentes en raison de la disponibilité de revenus monétaires. Etant donné que les activités économiques sont essentiellement focalisées sur l’Agriculture, les déplacements en raison du travail sont en proportion relativement faible dans les 6 districts (2% comme principal motif pour Ambovombe à 19% pour Antsirabe). Les ruraux ont souvent l’habitude de se déplacer à pied ou à bicyclette malgré les longues distances à parcourir. Par conséquent, une partie des ménages impliqués par les déplacements seulement a engagé des dépenses en transport, allant de 15% (Vangaindrano) à 60% (Antalaha). En dehors de Morafenobe et de Vangaindrano, les dépenses en transport sont proportionnelles au niveau du revenu courant chez les concernés. 4. EDUCATION La vulnérabilité des enfants résidant à Ambovombe, Morafenobe et Vangaindrano transparait en termes d’accès à l’éducation. Au primaire, en l’occurrence, les enfants y sont moins scolarisés par rapport à la tendance nationale. Une comparaison de la scolarisation au primaire des six districts avec la situation observée à l’échelle nationale (TBS de 118%1) stipule qu’Ambovombe, Morafenobe et Vangaindrano sont plus lésés en termes d’éducation des enfants. Le non accès à l’école y trouve également des pourcentages plus importants, avec respectivement 37%, 36% et 27% chez les enfants d’âge scolarisable. La contrainte réside intrinsèquement en l’enclavement et en l’insuffisance des infrastructures requises. Au-delà de l’éducation de base, les TBS se situent en dessous de la tendance nationale pour l’ensemble des districts. Antalaha est le seul à afficher un écart au détriment des filles dès le primaire. Dans les autres districts, ces dernières ont moins de chance de poursuivre leurs études dans les cycles plus avancés. D’une manière générale, le retrait des enfants du système éducatif se manifeste au fur et à mesure que leur âge augmente, sachant que l’abandon survient le plus souvent vers l’âge de 15 ans. Parallèlement, les enfants issus de ménages plus aisés sont plus nombreux à être scolarisés. La proportion des enfants de 6 à 17 ans non scolarisés qui travaillent sans être nécessairement rémunérés parait plus élevée à Vangaindrano et à Morafenobe, affichant des taux respectifs de 30% et de 54%. Ces enfants sont principalement impliqués soit dans les exploitations agricoles familiales soit dans des activités domestiques. En plus de cela, la situation de Morafenobe se démarque par le fait que plus de 1 enfant sur 3 de cette tranche d’âge combine l’école à un travail lucratif. Des caractéristiques communes du système éducatif ont été mises en exergue à travers l’étude. D’abord, de flagrantes déperditions scolaires se traduisent par des abandons scolaires précoces qui se manifestent par l’amenuisement des taux de scolarisation au niveau des cycles plus élevés. Ensuite, l’écart entre les TBS et les TNS exprime des retards de scolarisation qui sont principalement expliqués par des entrées tardives à l’école ou des redoublements importants. Le plus souvent,

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EPM 2010 4

l’éloignement des bâtiments scolaires et les difficultés d’accès qui en découlent, surtout en période des pluies, conduisent les parents à ne pas envoyer leurs enfants de manière précoce à l’école.
Tableau 2 : Résultats comparatifs sur l’éducation et la scolarisation Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Antalaha TBS au primaire 124.2% 104.1% 141.4% TBS au premier 40.6% 18.3% 39.1% cycle TBS au second 12.5% 8.4% 10.2% cycle TBS à l’enseignement 3.7% supérieur Taux d’abandon en 2009-2010 (6 à 17 0.1% 0.3% 0.4% ans) Taux de réussite au 89.1% 98.9% 79.7% CEPE Ménages ayant des difficultés à 36.1% 29% 48.7% honorer les frais de scolarité Ménages ayant été confrontés à une 57.6% 18.8% 47.7% augmentation des frais de scolarité Enfants de 6 à 17 ans au travail 20.7% 41.4% 10.7% (rémunéré ou non)

Antsirabe II 119.3% 28.5% 11.9% -

Morafenobe 91.7% 9.4% 4.3% 0.4%

Vangaindrano 96.2% 22.5% 3.6% 0.3%

0.3% 85.7%

0% 78%

0.4% 100%

46%

7.2%

35.3%

57.2%

18.9%

32.9%

23.4%

53.9%

30.1%

Il semble que le contexte conjoncturel n’a pas induit de retombées négatives majeures sur le système éducatif si l’on se réfère au taux de réussite au CEPE, sachant qu’au moins 3 enfants des échantillons étudiés sur 4 ont réussi à ce premier examen officiel lors de l’année scolaire 2009-2010. Une telle performance peut être imputable aussi bien à la mise à disposition aux élèves des cours gratuits qu’à l’efficacité de l’approche Par les compétences initiée depuis 2005 dans le cadre de la réforme éducative. L’incidence des abandons au cours de cette même année scolaire a touché une fraction non significative des enfants inscrits. Une hausse des frais de scolarité a été plus observée à Ambatondrazaka, Antalaha et Antsirabe mais les ménages ont paru plus nombreux à avoir eu des difficultés à les honorer dans ces deux derniers districts. Au niveau du grenier à riz, certains ménages n’ont pas eu de problème à payer les charges liées à la scolarisation étant donné que celles-ci sont parfois honorés en nature ou aussi au moment de la récolte pendant laquelle les ménages disposent plus de moyens.

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5. ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES Le milieu rural se démarque par une faible proportion de la population active inoccupée et une sortie assez tardive de la sphère laborieuse. Le secteur primaire est prépondérant puisque les activités principales sont essentiellement focalisées sur l’Agriculture. La faiblesse du niveau d’instruction ne constitue pas une contrainte majeure à l’exercice des activités rurales qui sont principalement axées autour de la sphère agricole. Par conséquent, au moins 3 individus âgés de 15 ans et plus sur 4 sont effectivement occupés, allant de 78% (Ambovombe) à 91% (Antsirabe II). Ce qui explique parallèlement la faible incidence des individus d’âge actif mais inoccupés (3% au plus), car tout membre en âge de travailler convient bien aux unités de production familiales. Ambovombe se trouve en tête quant au pourcentage des inactifs vu la plus forte proportion des jeunes dans ce district du sud. Effectivement, les inactifs sont principalement constitués d’enfants encore scolarisés ou pas encore en âge d’aller à l’école. De ce fait, cette catégorie de population parait plus jeune avec un âge moyen compris entre 18.8 ans (Antsirabe et Morafenobe) et 23.4 ans (Ambatondrazaka) et relativement plus instruite dont le nombre moyen d’années de scolarité réussie va de 3.7 (Ambovombe) à 7.1% (Antsirabe). Par contre, les actifs occupés sont prédominés par les individus vivant en union ; leur âge moyen se situe entre 32 et 36 ans et leur niveau d’instruction justifie entre 1.3 années de scolarité réussie (Ambovombe) et 3.9 (Ambatondrazaka). A l’exception du grenier à riz, les actifs non occupés sont en majorité constitués d’individus séparés de leurs conjoints. D’une part, la présente catégorie semble plus lésée en termes de niveau d’instruction à travers au plus 2.9 années de scolarité réussie pour le cas d’Ambatondrazaka. D’autre part, elle présente un âge moyen plus élevé, allant de 38.1 ans (Ambatondrazaka) à 67.4 ans (Ambovombe).
Tableau 3 : Résultats comparatifs sur les activités économiques Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Antalaha Population active 88.4 77.8 86.2 occupée (%) Population active 1.3 3 1.7 inoccupée (%) Population inactive 10.3 19.3 12.1 (%) Taux d’occupation des enfants de 6 à 9.1 4.7 2 14 ans (%) Taux d’occupation des individus âgés 75 57.8 74.2 de 65 ans et plus (%) Activité principale dans le secteur 86.6 88.8 96.3 primaire (%) Activité principale dans le secteur 2.8 1.8 0.5 secondaire (%) Activité principale dans le secteur 10.5 9.4 3.2 tertiaire (%)

Antsirabe II 91.4 1.5 7.1 9.5

Morafenobe 90.7 0.9 8.3 6.1

Vangaindrano 90.5 2.4 7.1 7.8

85.9

81

67.7

91.8

91.4

98.1

1.8

0 .9

0.5

6.4

7.7

1.4

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D’une manière générale, quelques similarités sur la répartition du taux d’occupation par tranche d’âge et par genre ont été ressenties. En effet, la quasi-totalité de la population âgée de 25 à 65 ans dispose pratiquement d’une activité économique. L’absence d’écart entre les genres laisse entendre que comme les hommes, les femmes contribuent elles aussi aux exploitations agricoles et même éventuellement, elles se lancent dans d’autres activités lucratives telles que l’artisanat, le salariat agricole, les activités commerciales … Ensuite, il a été appréhendé que l’âge n’entrave pas à la pratique d’activités économiques dans l’espace rural si l’on fait référence au taux d’occupation des individus âgés de 65 ans et plus, un ratio qui se situe entre 58% (Ambovombe) et 86% (Antsirabe). Par ailleurs, en liaison avec l’abandon scolaire hâtif évoqué précédemment et du fait des potentialités agricoles, une entrée assez précoce des enfants dans le monde du travail a été plus observé dans le grenier à riz et dans les zones de polyculture à Antsirabe, à travers un taux d’occupation des enfants de 6 à 14 ans respectif d’environ 10%. Il va sans dire que le milieu rural est par essence à vocation agricole. En conséquence, le secteur primaire représente le premier pourvoyeur d’activités principales (au moins 87%) qui s’articulent autour de l’Agriculture, notamment les exploitations familiales, le salariat agricole et l’élevage. Sur la base des activités principales, le secteur secondaire parait le moins recouru (moins de 3%) tandis que le tertiaire occupe une part relativement importante, avoisinant les 10% à Ambatondrazaka et à Ambovombe notamment en raison du recours aux activités commerciales, à celles liées au transport ou à l’enseignement. 6. REVENU ET DÉPENSES Le niveau du revenu est sensiblement lié à la saison ciblée par l’enquête et est aussi tributaire des phénomènes exogènes auxquels ont été exposés les ménages ruraux. D’une manière générale, la vulnérabilité s’est manifestée aussi bien à travers le revenu que les dépenses. Le revenu courant consiste aux recettes procurées par les activités hors exploitations, par les ventes de produits agricoles et d’élevage, ainsi que par l’évaluation des autoconsommations issues des différentes spéculations. De ce fait, cette composante peut être considérée comme du revenu permanent si l’on fait abstraction des aléas climatiques. Les potentialités agricoles régionales expliquent le niveau du revenu courant relativement plus élevé dans le grenier à riz, en zone de polyculture (Antsirabe) et en zone propice pour les cultures de rente comme Antalaha. Corollairement, le taux de ménages à plus faible revenu parait moins élevé dans ces 3 districts (44% au plus). Parallèlement, les exploitations agricoles demeurent instables car elles sont tributaires des conditions climatiques. L’insuffisance de la pluviométrie a compromis la campagne agricole dans le sud tandis que le passage du cyclone Hubert en mars 2010 se trouve à l’origine des dégâts sur les cultures à Vangaindrano. Par conséquent, 2 ménages sur 3 sont vulnérables en présentant un niveau de revenu inférieur à Ariary 100.000 dans ces deux districts ; Ambovombe étant en période postrécolte tandis que Vangaindrano était plutôt en soudure qui a été avancée en raison des retombées négatives des passages cycloniques. D’une manière générale, il a été appréhendé au niveau des 6 districts que les ménages les plus lésés en termes de revenu (moins d’Ariary 50.000 par ménage) affichent un profil commun. Il s’agit des ménages dirigés par une femme ou par un individu ne résidant pas avec un conjoint (séparé, veuf ou
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célibataire), de ceux composés de 4 individus au plus et de ceux dont le chef n’a jamais eu accès à la scolarisation. Il a été également observé que la diversification des sources de revenus en dehors des exploitations agricoles familiales constitue une stratégie courante dans les 6 districts afin de faire face aux aléas climatiques.
Tableau 4 : Résultats comparatifs sur les revenus et dépenses Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Antalaha Antsirabe II Revenu courant moyen par tête par 48 680 24 337 36 066 42 905 ménage (Ariary) Ménages ayant connu de revenu 24.4% 86.6% 50.7% 33.1% exceptionnel Ménages ayant un revenu courant par 41.9% 64.4% 36.2% 44.4% tête en dessous d’Ariary 10000 Part moyenne du revenu alloué aux 101% 150.6% 106.9% 74.3% dépenses alimentaires Dépenses moyennes pour quelques postes budgétaires extra-alimentaires (Ariary) Tabac, alcool Savon et produits d'hygiène Transport Combustible Eclairage Telephone et crédit Santé Education Obligations sociales Habillement 4 697 3 675 1 434 9 174 3 616 7 532 20 495 15 122 5 928 31 718 2 673 1 570 16 110 7 767 2 292 7 620 16 921 5 250 4787 8 702 4 323 2 313 17 453 6 247 2 229 7 229 20 905 29 402 4 760 8975 3 147 2 157 7 284 7 064 1 915 3 849 11 914 3 656 3 533 7 300

Morafenobe 27 071

Vangaindrano 24 039

16.2%

49.9%

59.2%

64.0%

107.3%

98.2%

6 714 2 708 25 069 6 510 3 776 11 045 31 579 8 362 6 204 25 056

3 536 1 402 20 332 8 876 2 000 3 964 7 175 8 722 4 848 8 726

Pour ce qui est des dépenses, la vulnérabilité y afférente s’avère alarmante et se manifeste par la part excessivement gonflée du revenu courant consacré aux dépenses alimentaires. En effet, ce ratio s’étale de 74% (Antsirabe) à 151% (Ambovombe). Ce qui traduit que le revenu courant ne parvient plus à couvrir les besoins alimentaires, une situation qui oblige les ménages à recourir aux revenus exceptionnels par le biais de la décapitalisation ou des transferts entre ménages. Les difficultés sont plus ressenties à Ambovombe car plus de 8 ménages sur 10 ont fait appel à ce type de revenu en période post-récolte. Dans ce district, 1 ménage sur 3 a dû vendre du zébu et environ 3 ménages sur 10 ont mis en vente une partie du cheptel ovin ou caprin. Compte tenu de la valeur particulière attribuée aux zébus dans la communauté des Tandroy en tant que prestige social et symbole de richesse, la décapitalisation au niveau de l’élevage bovin traduit d’énormes sacrifices et de conditions extrêmement précaires. Le recours à la décapitalisation est aussi assez courant à Morafenobe, une stratégie menaçante car les ménages risqueraient d’être à court d’actifs dans les années à venir. Par
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contre, le recours aux transferts d’argent ou de denrées alimentaires a été plus observé à Antalaha, Vangaindrano et Ambatondrazaka. D’une manière générale, il a été constaté que le profil alimentaire parait relativement plus diversifié au fur et à mesure que le ménage peut allouer davantage de ressources pour les besoins en nourriture. En raison du poids des dépenses alimentaires dans le budget des ménages, les autres besoins jugés moins prioritaires devraient être sujets à des restrictions. Néanmoins, l’éducation et la santé ne sont pas minimisées en cas de besoin. Puis, l’achat de nouveaux effets vestimentaires est plus fréquent en période post-récolte étant donné la disponibilité de revenus monétaires. 7. SÉCURITÉ ALIMENTAIRE Ambovombe se trouve plus lésé en matière de profil de consommation alimentaire étant donné l’indisponibilité d’une plus large gamme d’aliments au niveau local suite à la sécheresse. La ration alimentaire y parait plus pauvre en termes de diversification et est essentiellement constituée de manioc en tant qu’aliment de base consommé quotidiennement et de feuilles de patate douce. Dans ce district qui n’est pas producteur de riz, seulement 39% des ménages se sont nourris de cette denrée pour 3.6 jours en moyenne au cours de la semaine ayant précédé l’enquête et ce, avec une quantité plus modérée. Toujours en raison de la sécheresse, la vulnérabilité alimentaire est observée à Ambovombe même en période post-récolte, sachant que 20% des ménages ont dû renoncer au petit déjeuner et 17% au repas de midi le jour avant l’enquête. Dans ce district, les ménages plus vulnérables sont les moins aisés, ceux dirigés par une femme, par un chef ne résidant pas avec un conjoint et n’ayant jamais été scolarisé. Le riz est consommé presque tous les jours comme aliment de base dans les autres districts. En raison de la soudure, la quantité prise en est moins élevée à Vangaindrano. La consommation d’aliments riches en protéines d’origine animale comme la viande et le poisson parait relativement plus importante à Ambatondrazaka, Antsirabe et Antalaha en période ayant succédé à la récolte en raison de la disponibilité de revenu. Par contre, la consommation de laitage est faible dans l’ensemble des districts.
Tableau 5 : Résultats comparatifs sur la sécurité alimentaire Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Antalaha Ménages avec 0.2% 18.6% 0.1% FCS pauvre Consommation de riz au cours 5580.4g 1435.9g 5097.2g des 7 derniers jours (g/uc) Fréquence de consommation de riz au cours 6.9 3.6 7 des 7 derniers jours (nb jours) Ménages dotés 68.9% 2.1% 71.6% de stocks de riz Couverture alimentaire du 5.9 0.2 2.2 stock de riz (mois)

Antsirabe II 0.1%

Morafenobe 13.2%

Vangaindrano 5.7%

3346.9g

6411.2g

1593.7g

7

6.7

5.2

77.9%

90.1%

16.4%

3.1

5.1

1.1

9

La disponibilité de stocks d’aliment de base est justifiée par la saison de l’enquête. Sans parler d’Ambovombe, en période post-récolte, les ménages sont majoritaires à encore disposer de stocks de riz mais la couverture alimentaire en varie selon les districts. Grâce à ces stocks, les ménages sont plus nombreux à auto-consommer le riz issu de la production. Contrairement à cela, 62% des ménages consommant du riz en a acheté à Vangaindrano à cause de la soudure pendant laquelle peu de ménages disposent encore de stocks. 8. AGRICULTURE Les ménages ruraux essaient de diversifier les spéculations agricoles selon les conditions agroclimatiques locales mais le non recours à des techniques, intrants ou équipements plus adaptés représente encore une entrave aux performances agricoles. Ambovombe fait partie des zones non rizicoles à Madagascar en raison de ses conditions climatiques arides. Ailleurs, la riziculture représente la spéculation agricole la plus répandue étant donné qu’il s’agit de la principale filière stratégique de par le pays. A Ambatondrazaka, environ 2 ménages sur 3 sont riziculteurs exploitants tandis que presque tous les ménages le sont dans les 4 autres districts. L’utilisation d’engrais combinée à des techniques culturales plus performantes comme le repiquage en ligne simple ou éventuellement le SRA promeut l’obtention de meilleurs rendements rizicoles à Ambatondrazaka et Antsirabe. Dans les autres districts, les techniques de culture traditionnelles (en foule ou en poquet) prédominent et ce, sans avoir recours à l’engrais. Dans certains cas, le problème de la maîtrise de l’eau persiste. En période post-récolte, une fraction majoritaire des ménages riziculteurs auto-consomme du riz, allant de 80% (Antalaha) à 97% (Morafenobe), alors que la mise en vente de ce produit touche des proportions moins élevées d’exploitants en dehors du grenier à riz (respectivement 35%, 11% et 10% pour Morafenobe, Antsirabe II et Antalaha). A Ambatondrazaka, 6 exploitants que 10 en vendent, ce qui justifie l’importante part de cette spéculation dans la constitution du revenu des ménages dans ce district. Quant à Vangaindrano qui est en période de soudure, il a été constaté que la proportion des riziculteurs ayant auto-consommé du riz est descendu à 21% car le stock est déjà épuisé pour la majorité ; il en est de même avec le pourcentage des vendeurs qui est de 5% parmi les exploitants. Vu que le manioc constitue le principal aliment amortisseur, il représente la culture autre que le riz la plus rencontrée en dehors d’Antsirabe II. Dans ce district du Vakinankaratra, la pratique d’une large gamme de spéculations (vivrières, fruitières, maraichères) plutôt orientées vers le marché permet de booster le revenu des ménages en saison post-récolte. En ce qui concerne Antalaha, la vanille y figure parmi les filières porteuses et implique presque le quart des ménages. Plus de la moitié des exploitants met en vente ses produits, souvent auprès de collecteurs, de commerçants du voisinage ou des intermédiaires. Le prix moyen au producteur de la vanille préparée a été d’Ariary 10568 et 70% de la production ont été écoulés au cours des 30 jours ayant précédé l’enquête.

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Tableau 6 : Résultats comparatifs sur l’Agriculture Indicateurs Ambatondrazaka Ambovombe Riziculteurs 68% 0% exploitants Production par ménage (grande 3095.1kg saison) Rendement par 2.1 ménage (T/ha) Prix du paddy au producteur 397.6Ar (Ar/kg) Ménages producteurs de 36.9% 86.1% manioc Ménages 72.7% 86.2% éleveurs

Antalaha 94.5% 910.3kg 0.8 581.1Ar

Antsirabe II 94.5% 555.5kg 2.7 464.9Ar

Morafenobe 89.9% 1080.8 1.5 332.4Ar

Vangaindrano 92.4% 254kg 0.7 458.9Ar

84.4% 82.3%

34.5% 88.2%

53.7% 79.6%

83.6% 84.8%

La combinaison de l’agriculture et de l’élevage, souvent considéré comme une forme de thésaurisation, est une pratique courante dans l’espace rural ; ce qui explique le fort recours à cette activité (plus de 70% des ménages). La prépondérance de l’aviculture a été constatée dans les 6 districts, à travers des pourcentages de pratiquants variant de 60% (Ambatondrazaka) à 79% (Morafenobe). L’élevage bovin se trouve en seconde place et s’avère plus important dans le sud à Ambovombe (58% des ménages avec un nombre moyen de têtes de 9.5 par ménage). En effet, les Tandroy visent à posséder le maximum de cheptel bovin, d’abord en guise de prestige social, mais aussi afin d’assurer une cérémonie mortuaire de grande envergure en cas de décès. A Antsirabe II, 47% des ménages adoptent cette activité dont une partie porte sur l’élevage de la vache laitière vu que l’usine TIKO s’approvisionnait régulièrement en lait dans la région. Environ 1 ménage sur 10 produit du lait qui est pratiquement écoulé avec un prix moyen d’Ariary 524 le litre. Antsirabe II recense également plus d’éleveurs de porcs (45%) tandis que l’élevage des petits ruminants est plus pratiqué à Ambovombe. 9. CHOCS ET STRATEGIES La vulnérabilité est étroitement liée aux chocs subis par les ménages et les réactions dans les districts plus frappés par les chocs climatiques se sont avérées plus sévères. L’enquête a permis d’informer que les ménages ruraux ont été confrontés à un assez large éventail de chocs externes depuis le début de l’année 2010 ; des phénomènes qui ont affecté aussi bien le patrimoine, les exploitations voire les conditions de vie en général. Les ménages des 6 districts ont été nombreux à évoquer des contraintes d’ordre économique, lesquelles sont susceptibles d’être liées au contexte de la crise. La flambée des prix à la consommation est la plus soulevée, avec des pourcentages de réponses allant de 54% (Ambatondrazaka) à 80% (Ambovombe). A part cela, près de 2 ménages sur 3 résidant à Antalaha se sont plaints de problèmes au niveau de l’écoulement des produits, notamment de l’effondrement du prix de la vanille à l’échelle des producteurs. Puis, le renchérissement des intrants a été évoqué par plus de 4 ménages sur 10 à Antalaha et Antsirabe. Du fait de la localisation géographique, la quasi-totalité des ménages d’Ambovombe déclare avoir subi la sécheresse dont les répercussions néfastes sur la campagne agricole 2010 ont été tangibles. Quant à Vangaindrano, les séquelles léguées par le cyclone Hubert vers la fin du premier trimestre
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sont à l’origine de la légère avance de la période de soudure en 2011 ; le cyclone et les inondations ayant ainsi touché respectivement 59% et 72% des ménages. Les autres districts ont été, par contre, plus ou moins épargnés par des dégâts importants bien que des phénomènes naturels comme la sécheresse ou les inondations se soient survenus. La combinaison de tels chocs n’a pas été sans impact sur les comportements des ménages mais les stratégies d’adaptation ont paru plus strictes dans les districts ayant subi les effets néfastes des chocs climatiques. Pour Ambovombe, l’obligation de diminuer la diversité de la consommation et de limiter la portion mangée à chaque repas et ce, souvent ou tous les jours, a respectivement touché 2 ménages sur 3. Toujours dans ce district du sud, les sauts de repas (souvent ou tous les jours) ont été rapportés par 43% des ménages. Les deux premières options ont aussi impliqué respectivement 45% et 40% des ménages à Vangaindrano, plus le recours à d’autres activités génératrices de revenus selon 42%. Dans les autres districts, les principales réactions face aux chocs ont essentiellement porté sur le fait de diminuer la diversité de la consommation, de chercher d’autres alternatives ou exercer d’autres AGR, ainsi que de limiter la portion mangée à chaque repas et ce, marqué par des fréquences plus atténuées. 10. RÉSEAU SOCIAL Compte tenu de la diversité des chocs auxquels sont confrontés les ménages ruraux depuis janvier 2010, ces derniers ne sont pas épargnés par les difficultés qui sont fondamentalement de nature financière ou alimentaire. Les contraintes alimentaires prédominent dans les districts où la campagne agricole a plus souffert de conditions climatiques catastrophiques sachant que plus de la moitié des ménages à Ambovombe et Vangaindrano déclarent affronter des problèmes d’alimentation. Par contre, les difficultés pécuniaires affligent plutôt la majorité des ménages dans les autres districts au sein desquels, l’on rappelle, les chocs économiques ont été plus sentis. En effet, le taux de ménages ayant connu de difficultés financières dans ces 4 districts s’étale de 63% (Morafenobe) à 78% (Antsirabe). En dépit de telles contraintes, un réseau social solidaire avec des individus ou groupes ayant des relations avec les ménages a été observé. Au niveau des 6 districts, les ménages dans le besoin ont recours, par ordre de priorité, aux familles proches, aux voisins et aux amis. Ce réseau social est qualifié de solidaire parce que dans presque l’intégralité des cas, les demandes d’aide sont accordées par le biais d’appuis monétaires, alimentaires ou les deux à la fois. 11. EAU ET ASSAINISSEMENT Une vulnérabilité en termes de conditions de vie a été ressentie dans les 6 districts à travers la prédominance de l’utilisation de l’eau de qualité insalubre. La majorité des ménages s’approvisionne en eau auprès de la source non améliorée tant pour la boisson que pour le lavage, un constat essentiellement imputable à l’indisponibilité d’infrastructures. Pour la boisson, la proportion des ménages utilisant de l’eau de mauvaise qualité va de 65% (Ambatondrazaka) à 98% (Vangaindrano). Les cours d’eau sont plus recourus à Antalaha et Vangaindrano, avec des taux de ménages respectifs de 61% et de 56%. Par contre, les ménages sont plus nombreux à se servir de puits traditionnel à Ambatondrazaka et à Morafenobe (respectivement 34%) alors que le recours à la source non protégée est prépondérant à Antsirabe (46%). Malgré la sécheresse chronique dans le sud et grâce aux actions de développement fournies par les
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partenaires, presque 1 ménage sur 4 à Ambovombe bénéficie de puits aménagé avec ou sans pompe. Mais l’utilisation de puits traditionnel y est classée en première position (39%), suivie des cours d’eau qui sont généralement déjà taris en raison de la sécheresse (28%). Les ménages d’Ambatondrazaka sont plus nombreux à bénéficier de la source améliorée dont essentiellement le puits aménagé sans pompe (20%) et les bornes fontaines (10%). Le branchement particulier est rarement observé dans les 6 districts. Malgré l’insalubrité de l’eau, la majorité des ménages ne font rien pour rendre plus saine l’eau de boisson à Ambovombe, Vangaindrano, Ambatondrazaka et Morafenobe (respectivement 77%, 67%, 53% et 48%). Les ménages d’Antalaha sont plus nombreux à porter l’eau à l’ébullition avant de la consommer (84%), une précaution prise aussi par 47% des ménages à Antsirabe et 24% à Vangaindrano. Rares sont les ménages qui se servent de produits de traitement de l’eau comme le Sur’Eau et sont de l’ordre de 4% à Ambatondrazaka et 3% à Antsirabe. En raison de la sécheresse, les conditions d’approvisionnement en eau paraissent plus difficiles à Ambovombe étant donné que plus de la moitié des ménages parcourt en aller et retour plus de 1 km et nécessite plus d’une heure pour chercher de l’eau. Dans les autres districts, cette tâche domestique requiert le plus souvent moins d’un quart d’heure pour une distance inférieure à 500 mètres. En termes de quantité d’eau utilisée, Antalaha se distingue par une consommation raisonnable d’eau vu la forte disponibilité des cours d’eau dans la région. En effet, seulement 4% des ménages y font l’objet d’une consommation par tête en dessous de 15 litres par jour et 36% affichent une consommation par tête inférieure à 25 litres. Dans les 5 autres districts, les restrictions s’avèrent importantes puisque dans la quasi-totalité des ménages, un individu utilise quotidiennement moins de 25 litres d’eau. La proportion des ménages affichant une situation critique à travers une consommation journalière par tête de moins de 15 litres est flagrante car elle varie de 64% (Ambatondrazaka) à 82% (Ambovombe). Toujours en raison de la sécheresse, l’eau occupe un poste budgétaire particulier à Ambovombe. En effet, les dépenses y afférentes représentent en moyenne 22% des dépenses courantes pour la source améliorée et 26% pour la source non améliorée au cours des 30 jours ayant précédé l’enquête. En moyenne, les ménages y dépensent Ariary 165.448 par an pour l’eau. En termes d’assainissement, il existe bel et bien dans les 6 districts des ménages qui n’utilisent pas de latrine mais le taux en varie suivant la région. Pour des raisons d’ordre culturel, la situation est moins favorable dans les deux districts du sud, à Ambovombe et Vangaindrano, ainsi qu’à Morafenobe où la proportion des ménages utilisant une latrine est respectivement de 10%, 5% et 13%. En revanche, le présent indicateur trouve sa valeur minimale à Antsirabe (19%) suivi d’Ambatondrazaka (39%). Le cas échéant, les membres des ménages font presque toujours leur besoin dans la nature. Dans ces deux derniers districts, les ménages situés dans les zones plus reculées sont plus enclins à se passer de dispositif sanitaire d’aisance. Sur le plan de l’hygiène, les membres des ménages prennent le plus souvent une douche au niveau des cours d’eau en dehors d’Ambovombe, avec des proportions de ménages variant de 45% (Antsirabe) à 89% (Vangaindrano). Le recours à un coin douche à domicile a été plus observé à Ambatondrazaka (29%) et à Antsirabe (22%). Par contre, compte tenu des difficultés d’accès à l’eau, plus de 2 ménages sur 3 déclarent ne jamais prendre de douche à Ambovombe. Il est aussi à soulever qu’un tel comportement a affecté une fraction assez significative de ménages à Ambatondrazaka et
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Antsirabe, soit respectivement 16% et 31%. Par ailleurs, Vangaindrano se trouve en tête à ne jamais se laver les mains avec du savon (68%), suivi d’Ambovombe (49%) et de Morafenobe (40%). L’insuffisance des moyens financiers ou éventuellement la perception que l’utilisation du savon au lavage des mains n’est pas nécessaire en sont les principales raisons avancées. Contrairement à cela, il a été appréhendé qu’environ le quart des ménages se lavent toujours les mains au savon à Ambatondrazaka et à Antsirabe. 12. SANTÉ – MORBIDITÉ Les enfants de moins de 5 ans ont paru plus vulnérables du point de vue sanitaire et le paludisme a été le principal problème observé. Ceux qui sont ont déjà entendu parler de sida sont plus ou moins informés sur le mode de transmission et les mesures préventives y afférentes dans les 6 districts. D’une manière générale, le taux de morbidité au cours de la semaine ayant précédé l’enquête est contrasté selon les districts en variant de 4% (Morafenobe) à 11% (Antalaha). Dans tous les sites étudiés, les enfants de moins de 5 ans ont été plus enclins à tomber malades que les individus âgés de 5 ans et plus. Antalaha se trouve toujours en tête en termes de taux de morbidité étant donné qu’il s’agit d’une zone à plus forte prévalence du paludisme en raison de son climat. Pour ces deux groupes de population, le taux de morbidité est respectivement de 22% et 9% pour Antalaha, 18% et 6% pour Ambatondrazaka, 15% et 5% pour Antsirabe, 11% et 7% pour Ambovombe et enfin, respectivement 12% et 3% pour Morafenobe et Vangaindrano. Le paludisme, les Infections Respiratoires Aigues (IRA) et la diarrhée sont les principales maladies rapportées. Pour les deux tranches d’âge, le paludisme est le problème sanitaire qui a le plus frappé les membres des ménages, ayant ainsi affecté 31% (Antsirabe) à 57% (Vangaindrano) des malades âgés de moins de 5 ans ; et 30% (Antsirabe) à 49% (Antalaha) des malades pour l’autre catégorie de population. Pour Ambatondrazaka, les IRA se trouvent au 2nd rang quelle que soit la tranche d’âge (respectivement 27% et 22%), suivies de la diarrhée (23% chez les moins de 5 ans). Par contre pour les 5 autres districts, les maladies diarrhéiques viennent après le paludisme et frappent ainsi près du quart des enfants malades âgés de moins de 5 ans. A part cela, d’autres formes de maux ont été identifiés mais à des pourcentages relativement plus faibles, notamment des problèmes d’ORL ou de la douleur musculaire,... Il a été constaté qu’une fraction non négligeable des malades n’a pas été emmenée en consultation auprès d’un personnel médical qualifié. En effet, le pourcentage de malades consultés médicalement s’étale de 53% (Morafenobe) à 68% (Antsirabe) pour les enfants malades âgés de moins de 5 ans ; et de 43% (Morafenobe) à 78% (Ambovombe) pour l’autre tranche d’âge. Les motifs de non consultation peuvent différer d’un district à l’autre mais les raisons principalement avancées sont liées au manque d’argent et au recours à l’automédication. En effet, cette dernière démotive essentiellement la consultation médicale à Antalaha, Ambatondrazaka et Antsirabe (respectivement 58%, 48% et 47% des enfants malades). La principale cause porte plutôt sur l’insuffisance des moyens financiers pour Ambovombe et Vangaindrano (72% contre 47% des enfants malades). Par opposition à tout cela, l’enclavement et l’éloignement des formations sanitaires entravent à la consultation médicale à Morafenobe (41% des enfants malades).

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Des écarts ont été observés quant au pourcentage des répondants ayant déjà entendu parler du VIH/SIDA, un ratio qui parait plus faible à Morafenobe (34%), entre autres à cause de l’enclavement. Vient ensuite Vangaindrano qui affiche un pourcentage de 53%, puis Ambovombe avec 65%. La proportion des enquêtés au courant du VIH/SIDA s’avère plus importante à Antalaha, Antsirabe et Ambatondrazaka, soit respectivement 72%, 79% et 89%. Il a été constaté que la majorité de ceux qui en ont entendu parler sont plus ou moins informés des modes de transmission du virus et des mesures préventives. Parmi les moyens de transmission du virus, les rapports sexuels non protégés sont plus familiers et affirmés par la quasi-totalité des répondants dans les 6 districts et ce, avec une incidence relativement plus élevée des réponses spontanées (au moins 50% des réponses, voire 75% pour Antsirabe). La transmission par le biais du partage de lames ou de rasoirs a été la moins connue, selon 63% des répondants (Morafenobe) à 83% (Ambatondrazaka). Parallèlement, une proportion non négligeable de répondants a témoigné de perceptions erronées quant au mode de transmission. En fait, 21% (Morafenobe) à 62% (Vangaindrano) des répondants pensent que les moustiques seraient des vecteurs de transmission du virus via leurs piqures. Puis, 18% (Morafenobe) à 59% (Vangaindrano) pensent que le fait de partager la nourriture d’une personne déjà infectée pourrait aussi transmettre la maladie. En ce qui concerne les mesures préventives, la fidélité et l’éviction des rapports sexuels avec une personne déjà infectée sont les précautions les plus connues selon au moins 8 répondants sur 10 dans tous les districts. Inversement, l’éviction des rapports avec les personnes homosexuelles sont moins familières, avec des pourcentages compris entre 46% (Ambovombe) et 63% (Ambatondrazaka). Toujours en termes de connaissance du VIH/SIDA, le pourcentage de répondants conscients qu’un individu apparemment en bonne santé peut être porteur du VIH se situe entre 30% (Ambatondrazaka) et 55% (Antalaha). Enfin, sur le plan du mode de contamination, la transmission mère-enfant durant la grossesse est plus connue selon 73% (Morafenobe) à 86% des répondants (Ambatondrazaka) alors que la proportion des répondants ayant reconnu la transmission pendant l’allaitement s’avère relativement moins élevée, soit de 51% (Ambovombe) à 75% (Ambatondrazaka). L’enquête a informé que la grande majorité des répondants (au moins 8 répondants sur 10 voire la quasi-totalité) ne se sert de préservatif pendant les relations sexuelles, notamment pour des raisons culturelles ou à cause de l’insuffisance des moyens. D’une manière générale, les rares ménages y ont recours soit pour prévenir contre la grossesse soit pour se protéger du VIH soit pour les deux causes à la fois. A Ambovombe, 1 enquêté sur 10 a déclaré en utiliser afin de se prémunir contre le VIH. 13. HABITAT Une grande satisfaction vis-à-vis des services fournis par le fokontany a été fortement sentie dans les 6 districts. Malgré les bouleversements sociopolitiques issus de la crise, le fonctionnement du fokontany a été le plus prisé par les ménages parmi les services publics disponibles et a été ainsi qualifié de plus satisfaisant dans les 6 districts, et ce, par 73% (Ambatondrazaka, Morafenobe et Vangaindrano) à 84% de répondants (Antsirabe). Pour Ambovombe, les services offerts au niveau des CSB se situent en deuxième position avec un pourcentage de répondants plus satisfaits de 55%. Ailleurs, il s’agit des services chargés de la délivrance des états civils avec des proportions de 52% (Antalaha) à 68% (Ambatondrazaka). Après cela, une part assez importante des enquêtés déclarent être satisfaits des prestations publiques consenties dans le domaine de la santé (CSB), notamment à Ambatondrazaka
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et à Morafenobe (respectivement 56% et 44%). Par ailleurs, la contribution des cantines scolaires au maintien des enfants au système éducatif face aux difficultés alimentaires est reconnue et fait la satisfaction de 43% des répondants à Ambovombe. Quant à la sécurité publique, au moins 1 enquêté sur 2 apprécie les services fournis dans ce domaine à Ambatondrazaka et Vangaindrano. Par contre, les secteurs faisant l’objet d’insatisfaction diffère d’un district à l’autre et il en est de même avec les raisons du mécontentement. Pour Ambatondrazaka, l’entretien routier et l’accès à l’eau potable sont cités comme moins satisfaisants avec des pourcentages de répondants respectifs de 48% et de 42%. Dans ces deux cas, la mauvaise gestion est principalement à l’origine de ces perceptions d’insatisfaction. Pour Ambovombe, compte tenu du déficit hydrique, 54% émettent du mécontentement à l’égard de l’accès à l’eau, surtout par rapport au coût élevé de celle-ci dans cette zone. La sécurité a aussi fait l’objet d’inassouvissement (40%) et ce, principalement à cause de l’absence ou l’insuffisance du personnel et de la mauvaise gestion. Quant à Antalaha, l’insatisfaction a essentiellement affecté le domaine de la santé (55%) et de la délivrance des états civils (45%). Au niveau des CSB, le problème soulevé est surtout lié à l’absence ou au retard fréquent du personnel, au coût élevé du service et à un accueil non satisfaisant. Les ménages se plaignent plutôt de la lenteur administrative et du report continuel du travail à la demande d’un état civil. En ce qui concerne Antsirabe, environ 6 répondants sur 10 sont mécontents des services fournis dans le domaine du maintien de l’ordre et de la sécurité publique, ainsi que de l’entretien routier et ce, à cause de la mauvaise gestion. Pour le cas de Morafenobe, la sécurité publique et l’accès à l’eau sont évoqués comme principaux services moins satisfaisants selon respectivement 73% et 44% des enquêtés. La lenteur administrative et le manque de personnel sont les contraintes pour le premier service alors qu’il s’agit de la mauvaise gestion et du report continuel du travail pour le second. Enfin, pour Vangaindrano, la délivrance des états civils et le fonctionnement des CSB sont moins satisfaisants selon 52% et 47% de répondants. Dans le domaine sanitaire, le problème est surtout lié à l’absence ou au retard fréquent du personnel tandis qu’il s’agit de la lenteur administrative et du report continuel du travail pour la délivrance des états civils. Par ailleurs, bien que le fokontany ait reçu plus d’éloges en tant que service public plus satisfaisant, des proportions plus faibles de répondants ont éventuellement soulevé du mécontentement qui peut bien porter notamment sur la délivrance des actes de recensement, la sécurité ou les travaux communautaires. Enfin, selon les déclarations des enquêtés, les services vétérinaires, agricoles, fonciers et les cantines scolaires sont pratiquement inexistants à l’échelle de la commune selon la quasi-totalité des répondants à Antalaha, 62% à 84% à Vangaindrano et 23% à 33% à Morafenobe. Le service public en charge de la fourniture d’eau potable fait essentiellement défaut à Antalaha (62% des répondants), puis à Ambovombe (21%). Antsirabe est plutôt dépourvu de cantine scolaire selon plus de la moitié des enquêtés. 14. PROTECTION DE L’ENFANT, VIOLENCE A L’EGARD DES ENFANTS ET VIOLENCE AUX FEMMES L’enquête a permis d’appréhender l’ampleur des violences à l’égard des enfants, des phénomènes réels dont la prévalence varie d’un district à l’autre. Ambovombe est classé en première position en affichant 13% des ménages au sein desquels un enfant a subi un quelconque acte de violence depuis le début de l’année 2010. Antsirabe se place après avec un taux de 8%. Ce ratio a paru relativement plus faible dans les quatre autres districts et n’atteint pas les 5%. L’abandon par les parents constitue
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la principale forme d’agression des enfants à Vangaindrano, Morafenobe et Antalaha. Il s’agit plutôt des agressions verbales et des insultes pour Ambovombe et Antsirabe tandis que les châtiments corporels fréquents ont été plus rapportés à Ambatondrazaka ainsi qu’à Ambovombe. Des phénomènes comme l’exploitation domestique et l’abus sexuel ont été aussi identifiés mais l’incidence en a paru moins importante. Pour ce qui est des agressions menées vis-à-vis des femmes, la violence conjugale est nettement plus soulevée par les ménages, avec des taux de réponses variables de 38% (Ambatondrazaka), 27% (Antsirabe), 25% (Ambovombe), 23% (Morafenobe), 16% (Antalaha) et 11% (Vangaindrano). Après cela, Ambovombe se démarque par une assez importante incidence de l’esclavage (10%) et de l’harcèlement psychologique (14%). Les femmes sont victimes de travail et de grossesse forcés à Morafenobe (respectivement 4%) et à Vangaindrano (respectivement 7% et 6%). Le viol a été plus soulevé à Ambatondrazaka (4%) avec le travail forcé (5%). Pour Antalaha, le deuxième problème identifié est lié au harcèlement psychologique (6%) tandis qu’il s’agit plutôt du travail forcé pour Antsirabe (3%). Mais d’une manière générale, ces différentes formes d’agression ont été repérées dans les 6 districts mais en dehors de ces principales formes citées par site, leur occurrence est plutôt rare. 15. ETAT DE DROIT ET JUSTICE L’enquête confirme que Morafenobe fait bel et bien partie des zones rouges en termes d’insécurité rurale puisqu’au moins 6 ménages sur 10 estiment que la situation de la sécurité dans leur village est grave voire très grave. La situation n’est point non négligeable à Antsirabe, Vangaindrano et Ambatondrazaka surtout depuis l’avènement de la crise car respectivement 33%, 24% et 20% des ménages présentent aussi de telles perceptions ; l’absence de sérénité étant surtout expliquée par la prolifération des actes de banditisme, de cambriolage ou même des attaques à mains armées. Antalaha parait plus favorisé dans ce sens, sachant que 7 ménages sur 10 déclarent que les conditions de sécurité sont bonnes ou sans problème. D’une manière générale, pour faire face à la situation d’insécurité, les ménages participent surtout à la garde du village ou font preuve de plus de vigilance. Morafenobe tient le record en termes d’incidence des vols de bovidés (10% des ménages) depuis janvier 2010 et dans 1 cas sur 4, le propriétaire est entièrement dépossédé de son cheptel bovin. En revanche, Antalaha abrite plus de ménages ayant subi de vols d’animaux autres que le zébu (15%) tandis que les vols de culture sont plus fréquents à Antsirabe (12%). Dans les 6 districts, l’incidence d’une arrestation par les forces de l’ordre affecte une proportion minime des ménages (moins de 2%) depuis janvier 2010. En ce qui concerne les médias utilisés pour puiser des informations, la radio est plus recourue à Ambatondrazaka, Antsirabe et Antalaha, avec des pourcentages de ménages respectifs de 55%, 56% et 47%. La télévision touche une proportion moins élevée de ménages, soit 11% pour Ambatondrazaka, 7% pour Morafenobe, 4% pour Antsirabe et 2% pour Ambovombe. Le grenier à riz se démarque par un taux de consultation de la presse écrite de 7%. Par ailleurs, en milieu rural, les ménages peuvent se passer des médias en s’informant directement au sein de la société. Un tel phénomène a paru plus fréquent à Vangaindrano et Ambatondrazaka avec un pourcentage de ménages respectif de 21%. De plus, une part non négligeable de ménages déclare ne disposer
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d’aucune source d’information ; entre autres 62% à Ambovombe et 45% à Morafenobe. Il est aussi à noter qu’un pourcentage assez important de ménages déclare ne pas s’intéresser aux actualités, soit 21% à Antalaha, 19% à Vangaindrano, 15% à Morafenobe et Antsirabe. En général, les perceptions des ménages sont disparates quant au rôle tenu par les médias. Les appréciations sont plutôt positives à travers des pourcentages assez élevés de ménages déclarant que les médias sont éducateurs ou réconciliateurs, soit respectivement 35% et 17% pour Antalaha, 30% et 28% pour Vangaindrano, 23% et 24% pour Morafenobe, et 22% et 16% pour Antsirabe. Les ménages sont majoritaires à ne pas avoir d’avis particulier sur ce point à Ambovombe (56%), suivis de ceux qui pensent que les médias assurent plutôt de l’éducation (14%). Quant à Ambatondrazaka, ceux qui n’ont pas d’avis sont prépondérants (29%) suivis par ceux qui estiment que les médias sont manipulateurs (22%). 16. JEUNES DE 15 A 24 ANS Les répondants ont été majoritaires à estimer que les jeunes sont beaucoup engagés au sein de la société à Antsirabe, Antalaha, Ambatondrazaka et Vangaindrano, avec des pourcentages respectifs de 51%, 42%, 39% et 35%. Cependant, les perceptions ont paru moins favorables à Ambovombe et Morafenobe. Dans ce district du sud, en effet, 28% des enquêtés pensent que les jeunes sont très peu engagés tandis que dans l’autre, le même pourcentage évoque un degré d’engagement moyen. Par ailleurs, à l’exception d’Ambovombe, les ménages sont plus nombreux à témoigner d’un haut degré d’optimisme quant à l’avenir des jeunes (48% à Ambatondrazaka, 47% à Antalaha, 44% à Antsirabe, 37% à Vangaindrano). Par contre, ils ont été plus nombreux à ne pas émettre d’avis particulier (38%) à Ambovombe tandis que 23% affirment être moyennement optimistes. En termes de loisirs et de divertissements pour les jeunes, l’enquête révèle l’indisponibilité généralisée d’infrastructures adéquates dans les fokontany par des proportions assez importantes de ménages variant de 62% (Ambatondrazaka) à 83% (Vangaindrano). Par conséquent, les activités distrayantes doivent être adaptées à cette absence d’espace de loisirs. Ainsi, elles portent essentiellement sur la pratique du sport, spécifiquement du football qui ne requiert pas d’infrastructures particulières en milieu rural, suivie de la fréquentation des maisons de projection de vidéos à Ambatondrazaka (32% et 31% des réponses), Ambovombe (40% et 17%), Antalaha (40% et 19%) et Antsirabe (40% et 17%). Les divertissements paraissent relativement plus diversifiés à Morafenobe et sont principalement liés à la prise de boissons alcooliques (17%), la promenade et la réunion entre amis (respectivement 11%) et le sport (10%). Pour Vangaindrano, le sport, les jeux de société, la réunion entre amis et la fréquentation de maisons de projection de vidéo sont cités comme principales distractions des jeunes, avec des proportions de réponses respectives de 21%, 16%, 12% et 10%. Dans l’ensemble des districts, les répondants sont en majorité conscients de l’existence de menaces à la santé des jeunes et une similarité des perceptions a été généralement ressentie. Les doutes sont essentiellement orientés vers les stupéfiants pour les garçons, entre autres l’alcool, le tabac et la drogue. Par contre, les soucis sont plutôt liés à la sexualité pour les filles, notamment la grossesse précoce, l’avortement et la prostitution. A cet égard, la majorité des répondants estime que l’éducation sexuelle sur les mesures préventives contre le sida revient aux parents à Ambatondrazaka, Antsirabe et Ambovombe (respectivement 82%, 73% et 60%). Par contre, les

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réponses « sans avis » ont paru plus nombreuses à Morafenobe (62%), Antalaha et Vangaindrano (respectivement 42%). 17. BESOINS PRIORITAIRES Les besoins exprimés par les ménages comme prioritaires sont en quelque sorte lies aux chocs qu’ils ont subis. En effet, dans les districts où les chocs économiques ont plus prévalu, les aspirations pour le court terme sont principalement orientées vers de l’argent pour investir ou pour faire face aux périodes difficiles, avec des réponses respectives de 34%, 29%, 26% et 20% pour Antalaha, Ambatondrazaka, Antsirabe et Vangaindrano. Viennent ensuite les besoins liés à l’alimentation ou aux matériels de production. Pour Vangaindrano et Ambovombe, par contre, les besoins alimentaires sont jugés prioritaires (33% contre 29%) suivis de ceux d’ordre financier (32% contre 25%). Pour tous les districts, la sortie de crise semble ne pas être une priorité et a été rapportée par une fraction infime de réponses (4% au maximum). En ce qui concerne les besoins exprimés pour le long terme, les aspirations afférentes à l’habitat ont été priorisées à Antalaha, Vangaindrano, Antsirabe et Ambatondrazaka, avec des taux de réponses respectifs de 22%, 20%, 17% et 15%. Les besoins par rapport aux matériels de production sont évoqués en seconde position pour Vangaindrano (18%), Antalaha (22%) et Ambatondrazaka (15%). Pour le cas de Morafenobe, de meilleures conditions d’écoulement des produits, notamment par rapport au niveau des prix, ont été proposées (13%), suivies par les besoins en matière de protection sociale comme l’accès à des fonds de crédit (12%). Quant à Ambovombe, les aspirations sont surtout liées à la santé (14%) et aux matériels de production (14%). A part cela, les répondants ont été sollicités à fournir leurs perceptions sur l’évolution de la situation de leurs ménages à la fin de l’année 2010. En dehors du grenier à riz, les tendances ont été majoritairement pessimistes car les répondants ont été plus nombreux à envisager une détérioration de la situation, avec des taux se situant entre 36% (Antsirabe) et 66% (Vangaindrano). Pour Ambatondrazaka, par contre, 1 ménage sur 3 envisage une amélioration; une perception qui a été moins évoquée à Ambovombe (6%). Les avis sont assez partagés puisque le taux de réponses portant sur la stabilité varie de 12% (Vangaindrano) à 27% (Antalaha).

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