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MEMOIRE DE RECHERCHE APPLIQUEE Présenté et soutenu par : Modibo TEMBELY Encadré par : Mr.

MEMOIRE DE RECHERCHE APPLIQUEE

Présenté et soutenu par :

Modibo TEMBELY

Encadré par :

Mr. Michel MESSINA

LA DECISION D’EXTERNALISATION D’UN CABINET D’EXPERTISE- COMPTABLE

Année Universitaire 2010/2011

Master 2 Comptabilité-Contrôle-Audit (CCA)

Remerciements :

******Au tout début de ce mémoire de fin d’études, je tiens énormément à

remercier Mr. Taoufik SAADA, Responsable du Master CCA et à travers lui

l’ensemble du corps professoral qui est intervenu dans le Master au courant de l’année

de l’universitaire 2010 2011.

Je remercie également Mr. Michel MESSINA, Professeur à l’Université Paris-Est

Créteil qui a bien voulu encadrer et améliorer à travers ses remarques justes et

pertinentes, ce modeste travail.

Mes sincères remerciements vont également à ma famille, et à mon Amie Debra HILL

et ses enfants qui m’ont accompagné durant toute l’année universitaire. Je veux qu’ils

retrouvent ici en ces si peu de mots, l’assurance de ma totale reconnaissance.

Une mention spéciale à Monsieur le Responsable du Cabinet d’expertise-comptable qui

m’a reçu pour mon stage obligatoire de six mois ainsi que tout son personnel. Je leur

remercie de leur disponibilité et de leurs aides.

Je ne saurais terminer sans souhaiter une bonne chance à l’ensemble de mes camarades du Master dont leurs courage et détermination m’ont beaucoup inspiré. *****

SOMMAIRE

Remerciements :

2

SOMMAIRE

3

INTRODUCTION GENERALE

5

PREMIERE PARTIE : REVUE DE LITTERATURE ET CADRE THEORIQUE

9

I.

REVUE DE LITTERATURE

9

1. DEFINITION :

9

2. DE LA CONFUSION AUTOUR D’UN MOT… :

11

a. AVEC LA SOUS-TRAITANCE :

11

b. AVEC LA DELOCALISATION :

13

3. CE QUE PERMET L’EXTERNALISATION :

16

4. LES RISQUES LIES A L’EXTERNALISATION :

17

5. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE L’EXTERNALISATION :

18

6. LES THEORIES SOUS-JACENTES A L’EXTERNALISATION :

19

a. LA THEORIE DES COUTS DE TRANSACTION :

19

b. LA THEORIE DES RESSOURCES :

20

c. LA THEORIE DE L’AGENCE :

21

II.

CADRE THEORIQUE

22

DEUXIEME PARTIE : TERRAIN DE RECHERCHE

25

I.

METHODOLOGIE DE RECHERCHE

25

1. LA METHODOLOGIE UTILISEE :

25

2. NATURE DES DONNEES UTILISEES :

26

3. TERRAIN DE RECHERCHE :

27

II. RESULTATS OBTENUS

29

1. LE « COMMENT » DE LA DECISION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

30

2. LE « POURQUOI » DE LA DECISION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

31

3. LE « COMMENT » DE LA GESTION DE L’OPERATION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

32

CONCLUSION GENERALE

34

BIBLIOGRAPHIE COMPLÈTE

36

ANNEXES

39

I.

ANNEXE 1 : LISTE DES TABLEAUX

39

II.

ANNEXE 2 : LISTE DES NOTE DE BAS DE PAGE

39

III. ANNEXE 3 : QUESTIONNAIRE SUR LA DECISION

D’EXTERNALISATION DU CABINET D’EXPERTISE-COMPTABLE

39

40

INTRODUCTION GENERALE

L’externalisation est un « sujet stratégique et brûlant » qui « focalise l’attention des managers,

des consultants et des chercheurs » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 97]. En effet,

cette pratique qui remonte déjà aux années mille neuf cent soixante-dix [Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004)] se développe de plus en plus [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)] et suscite beaucoup d’intérêts de passage. Chez les chercheurs, elle constitue la charpente de plusieurs travaux de recherches [Audebert C., et Robin N., (2009) ;

Chanson G., (2003)] sur diverses thématiques [De Wenden C. W., (2005) ; Beaudu G., (2009) ; Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004) ; Leroux E., et Peretti J.-M., (2007) ; Quélin B., (2003) ; etc.]. Ainsi « de nombreuses recherches ont été entreprises pour essayer d’identifier les déterminants de ce phénomène de masse » [Chanson G., (2003), p.

43].

Sa pratique par les entreprises qui y voit « le moyen rapide d’améliorer » leur performance et « de réduire des coûts et d’accroitre » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 97] leur

flexibilité, ne date pas d’aujourd’hui, elle remonterait plutôt aux années mille neuf soixante-

dix [Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004)]. Selon Chanson G. (2003), elle

connaitra un essor fulgurant dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix et on a assisté à un « développement très important des politiques d’externalisation » [Chanson G. (2003), p.

43].

Aujourd’hui encore, la pratique ne recule pas [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)] et se répand de plus en plus à de nouvelles fonctions au sein des organisations [Idrissi A., (2006) ; Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)]. Organisations et pas seulement entreprises, car si l’externalisation est une « terminologie empruntée à l’économie, et plus spécifiquement à l’environnement de l’entreprise » [Audebert C., et Robin N., (2009), p. 36] », elle semble actuellement déborder sur le seul cercle des entreprises entendues ici donc au sens économique du terme. Ce qui est à même d’attester le succès fulgurant de l’externalisation en tant qu’une pratique répandue.

Il faut dire que dans un premier temps, elle a été fortement associée aux fonctions dites « périphériques à faible valeur ajoutée » [Idrissi A., (2006), p. 25] par référence au concept de

« cœur de métier » [Barthélemy J., (2004) ; Pujals G., (2005) ; Doublet J.-M., (2006) ; Renard I., (2005)] comme par exemple « le nettoyage, restaurant, gardiennage, réception » [Renard I., (2005)], mais là aussi, aujourd’hui, force est de constater que les activités périphériques sont les seules à être touchées par le phénomène d’externalisation [Quélin B., (2003) ; Pujals G., (2005) ; Leroux E., et Peretti J.-M., (2007) ; Dumoulin R., et Martin A., (2003)] et « rares sont les fonctions de l’entreprise qui ne sont pas touchées par ce phénomène » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 97]. De même, les secteurs pionniers en la matière autrement dit les secteurs traditionnellement connus comme ceux qui externalisent fortement comme par exemple l’aéronautique, l’automobile, le SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique, et le textile [Mouchnino N., et Sautel O., (2007) ; Pujals G., (2005) ; Fimbel E., (2003) ; Quélin B., (2003) ; Doublet J.-M., (2006)], ne sont plus les seuls de nos jours à pratiquer l’externalisation.

Désormais, parmi les secteurs qui externalisent il y a le secteur des services qui s’illustre de plus en plus en la matière et des nouvelles fonctions souvent considérées comme stratégiques et/ou critiques comme par exemple la recherche développement, sont devenues tout aussi externalisables [Quélin B., (2003)]. En clair, « après avoir touché les activités industrielles, les phénomènes de délocalisation et d’externalisation prennent d’aujourd’hui une dimension nouvelle au fur et à mesure qu’ils affectent des activités à plus forte valeur ajoutée et concernent les activités de services, jusque-là épargnées » [Pujals G., (2005), p. 94]. Certains auteurs comme d’ailleurs Pujals G. (2009), estiment que ces phénomènes « prendront encore de l’ampleur au cours des prochaines années » [Pujals G. [(2009), p. 94]. En tout cas, pour l’instant même les professions connues par leur spécificité et leur rigidité réglementaire comme la profession comptable, ne sont plus à la marge de l’externalisation en tant qu’à la fois un « phénomène de masse » [Chanson G., (2003), p. 43] et une « tendance de fond » [Quélin B., (2003), p. 14].

A ce propos, l’exemple pionnier et emblématique d’un « grand cabinet d’audit américain » qui « a créé à Prague en 2001 un centre d’Outsourcing, qui dessert désormais quinze grands clients européens, en leur offrant notamment des services financiers et comptables », [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 65], est illustratif à plus d’un titre. En France aussi, il n’en demeure pas moins car les cabinets d’expertise-comptable ont recours à l’externalisation même s’il est actuellement difficile de donner un chiffre sur l’ampleur du

phénomène et notamment le nombre de cabinets qui y ont recours. L’Ordre des Experts Comptables 1 dit ne pas en disposer. Et pourtant la pratique existe.

Faut-il y voir un « changement structurel » [Gaffard J. L., et Guéré M., (2005), p. 194] ou un simple effet de mimétisme ou de mode [Fimbel E., (2003)] ? La question mérite bien d’être posée car en effet justement si certains auteurs abordent l’externalisation comme un changement de mode d’organisation [Mouchnino N., et Sautel O., (2007) ; Pujals G., (2005)] d’autres n’excluent pas dans leurs analyses les deux effets de mimétisme et de mode [Fimbel E., (2003) ; Barthélemy J., (2004)]. Nous essayerons tout au long de ce présent mémoire de comprendre cette nouvelle donne dans les cabinets d’expertise-comptable. Il ne nous semble pas d’ailleurs abusif de parler à ce propos, l’émergence d’une nouvelle pratique au sein des cabinets d’expertise-comptable français. Car justement en matière de recherches, peu de travaux se sont intéressées directement à ce sujet. D’ailleurs, lors de notre revue de littérature, nous n’avons eu connaissance d’aucune étude là-dessus contrairement à l’externalisation comptable [Tort E., (2006) ; Thi Ngoc Vân H., (2010)] même si celle-ci semble encore « partielle et souvent restreinte à des activités particulières » n’ayant « pas connu les évolutions que certains auraient pu espérer » [Tort E., (2006), p. 311].

D’où notre motivation et toute l’importance d’étudier ce sujet relatif à l’externalisation dans les cabinets d’expertise-comptable qui sont traditionnellement plutôt partenaires en tant que prestataires des entreprises (Entreprises, Associations, ONG) qui externalisent certaines de leurs fonctions comme la comptabilité, la fiscalité, le juridique et le social. C’est ce que nous allons faire tout au long de ce mémoire de fin d’études en essayant de comprendre du point de vue d’un cabinet d’expertise-comptable qui externalise une partie de ses travaux, les raisons ou motifs, les avantages, les risques encourus, bref le sens qu’il donne à sa décision d’externalisation. Nous adapterons en conséquence notre plan de recherche à notre cette démarche de compréhension de la décision d’externalisation de ce cabinet d’expertise- comptable.

C’est ainsi que dans une première partie théorique nous procéderons dans un premier temps à une revue de littérature sur la notion de l’externalisation d’une manière générale afin de la saisir. Car il faut souligner que malgré tout, l’essor de la pratique de l’externalisation n’a pas suffit à balayer toute la confusion qui règne autour de ce mot. Elle reste à la fois connue et

1 Suite à notre demande de chiffre sur l’ampleur de l’externalisation dans les cabinets d’expertise-comptable, lors de notre recherche documentaire.

mal connue. Cela semble paradoxal voire contradictoire au prime à bord. En effet, si d’un côté plus de « 96% » [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005), p. 3] des personnes interrogées pensent connaître ce que s’est l’externalisation, la confusion reste entière s’il faut la distinguer de la sous-traitance, et de la délocalisation [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)]. Même chez les chercheurs la confusion reste encore visible. Si certains d’entre eux pensent par exemple que l’externalisation, la délocalisation, la sous- traitance différent [Idrissi A., (2006) ; Pujals G., (2005)], d’autres semblent plus perplexes à faire une distincte plus étanche entre ces différentes pratiques [Barthélemy J., et Donada C., (2007), Benaroya F., et Valersteinas B., (2005)]. Après cette revue de littérature, nous préciserons dans un second temps notre la théorie qui sous-entend notre mémoire en l’occurrence la sociologie compréhensive de Max Weber [Watier P., (2002)] qui dispose justement que l’action d’un individu ne peut être comprise que par le sens donné par ce dernier à son action [Amblard, H., et al. (1991)].

Notre deuxième partie sera ensuite consacrée à notre terrain de recherche. Nous détaillerons en premier lieu notre méthodologie de recherche en précisant notre approche de recherche, la nature de nos données et leurs sources, ainsi que notre champ de recherche. Ensuite nous procéderons à l’interprétation de nos données en déduisant l’ensemble des résultats obtenus. Enfin, une conclusion générale viendra clôturer notre mémoire de fin d’études en précisant l’intérêt de notre objet de recherche, en récapitulant nos résultats, et en proposant de nouvelles pistes pour les recherches futures.

PREMIERE PARTIE : REVUE DE LITTERATURE ET CADRE THEORIQUE

I. REVUE DE LITTERATURE

L’externalisation est perçue aujourd’hui comme une « tendance de fond » [Quélin B., (2003)] qui affecte de nombreuses fonctions et de nombreux secteurs d’activité [Barthélemy J., et Donada C., (2007)]. Alors que signifie cette pratique qui remonterait dans sa forme actuelle [Pujals G., (2005)] aux années mille neuf cent soixante-dix (1970) [Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004)].

1. DEFINITION :

Plusieurs définitions sont proposées quand on parle de l’externalisation [Idrissi A., (2006)]. Le plus souvent, l’externalisation est opposée à l’internalisation pour la définir. C’est d’ailleurs ce que fait Idrissi A. (2006) dans son papier portant justement sur l’externalisation dans les banques. Les deux notions d’internalisation et d’externalisation vont référence à deux verbes à savoir respectivement : internaliser et externaliser. Selon Idrissi A. (2006) comme d’ailleurs selon bon nombre de chercheurs, internaliser renvoie au « recours à la hiérarchie» et externaliser renvoie au « recours au marché » [Idrissi A., (2006), p. 26]. Et c’est là justement tout le problème avec cette manière de définir l’externalisation. Car si on ne s’en tient qu’au seul fait de recourir au marché, l’externalisation se fond du coup avec les autres formes de recourir au marché comme les contrats de délégation ou la sous-traitance par exemple. Dès lors, on comprend toute la confusion qui règne autour de l’externalisation. Ainsi, Idrissi A. [(2006), p. 27] en s’appuyant sur les conclusions de l’étude conduite par Ernst & Young en deux mille trois (2003) sur l’externalisation, affirme que « d’une façon générale, la réalité de l’externalisation s’affirme à travers la notion de délégation d’une fonction pour 48% des entreprises françaises contre la sous-traitance pour 29% des entreprises ».

Au-delà de la confusion que cette définition de l’externalisation par opposition à l’internalisation (internaliser versus externaliser) peut conduire, elle semble aussi renvoyer à la théorie des coûts de transaction développée par le chercheur de l’école néo-institutionnelle, Williamson O. E. (1975). Ce qui n’est pas étonnant d’ailleurs, car la plupart des auteurs

fondent du moins en partie l’externalisation sur la théorie des coûts de transaction [Barthélemy J., (2004) ; Chanson G., (2003) ; Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004)]. Selon justement la théorie des coûts de transaction trois modes de gouvernance sont envisageables : (a) la gouvernance par la hiérarchie, (b) la gouvernance par le marché, (c) et un mode de gouvernance hybride (unilatérale ou bilatérale) c’est-à-dire la combinaison des deux premiers modes [Rindfleisch A., et Heide J. B., (1997)]. Le recours au marché correspondrait donc à la gouvernance par les marchés et donc l’externalisation.

Il faut souligner que d’autres définitions plus étoffées de l’externalisation existent à coté de cette opposition internalisation/externalisation. Plusieurs auteurs ont tenté d’en proposer. Ainsi, Barthélemy J. [(2004), p. 9] définit l’externalisation « comme le fait de confier une activité à un prestataire extérieur après l’avoir réalisé en interne ». Cette définition est d’ailleurs assez proche de plusieurs autres comme celles de Quélin B., (2003) ; Fimbel E., (2003) ; Thi Ngoc Vân H., (2010). Mais, c’est la définition que donne Renard I. [(2005), p. 2] à l’externalisation qui nous paraît assez exhaustive même s’il cette dernière déborde aujourd’hui le seul cadre des entreprises comme cela a été souligné plus haut :

« l’externalisation (outsourcing ou encore facility management) est l’opération qui consiste pour une entreprise à confier à un tiers, pendant une durée assez longue, la gestion et l’opération d’un ou plusieurs activités qui sont nécessaires à son fonctionnement. ».

Dans les nombreuses définitions que nous avons eu connaissance lors de notre revue de littérature, il est remarquable de noter dans une externalisation :

le transfert d’une activité qui était préalablement exercée au sein de l’entreprise qui externalise ;

la conclusion d’un contrat de longue durée qui lie l’entreprise externalisatrice et le prestataire qui prend en charge les activités externalisées ;

et des objectifs préalablement fixés à atteindre.

Par ailleurs, Barthélemy J. [(2004), p. 10] ajoute que l’externalisation présente plusieurs « caractéristiques originales ». L’auteur résume ces dernières en trois points à savoir [Barthélemy J., (2004), p. 10] :

1. Elle induit souvent un transfert de personnel et d’équipements vers le prestataire ;

2. Elle implique souvent la mise en place d’une relation durable et étroite entre l’entreprise externalisatrice et son prestataire ;

3.

Elle comporte une dimension organisationnelle non négligeable.

Il apparait que même ces définitions plus étoffées n’aident pas à balayer toute la confusion qu’il y a autour de l’externalisation avec les autres stratégies connexes [Pujals G., (2005)] comme la délocalisation et la sous-traitance. D’ailleurs à ce propos même si l’étude de Ernst & Young en deux mille cinq (2005) révèle que 96% des personnes interrogées disent avoir connaître ce que c’est l’externalisation, elle postule par ailleurs que « les quelques confusions avec la sous-traitance et la délocalisation encore présentes entravent de moins en moins son développement » [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005), p. 2].

En outre, plusieurs concepts sont souvent utilisés pour rendre compte de la même chose, c’est-à-dire l’externalisation. C’est le cas par exemple de l’outsourcing, l’impaction, et de facility management, et de l’infogérance [Idrissi A., (2006) ; Renard I., (2005)]. A ce propos le titre même de l’étude (Baromètre de l’Outsourcing) d’Ernst & Young sur l’externalisation en France, est assez révélateur. Selon justement Idrissi A. [(2006), p. 26], la multiplication des concepts pour souvent signifier la même chose est sans doute un moyen d’« affranchissement d’une acceptation unique et admise pour tous ».

Il est donc nécessaire d’insister une fois de plus sur la distinction d’une part entre l’externalisation et la sous-traitance et d’autre part l’externalisation et la délocalisation d’autant plus que selon le Baromètre de l’Outsourcing [(2005), (p. 2)] établi par le cabinet Ernst & Young et comme nous l’avons souligné plus haut, « les quelques confusions avec la sous-traitance et la délocalisation encore présentes entravent de moins en moins son développement ».

2. DE LA CONFUSION AUTOUR D’UN MOT… :

a. AVEC LA SOUS-TRAITANCE :

Plusieurs auteurs s’accordent à dire que la l’externalisation est différente de la sous-traitance [Leroux E., et Peretti J.-M., (2007) ; Fimbel E., (2003) ; Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)]. Pourtant, dans le langage courant les gens ont encore du mal à faire une distinction étanche lorsqu’ils font référence à l’une ou l’autre pratique [Idrissi A., (2006)]. S’agissant tout d’abord de la sous-traitance, le législateur s’est saisi de la question et y donne une définition claire du moins d’un point de vue juridique qui mérite d’être soulignée ici.

En effet, la sous-traitance a vite attitré l’attention du législateur. Ainsi dès la fin des trente glorieuses la notion de sous-traitance est apparue dans le jargon juridique français. Le trente un décembre mille neuf soixante quinze (31/12/1975) apparait pour la première fois une loi (Loi n° 34-1334 relative à la sous-traitance) entièrement consacrée à la sous-traitance c’est-à- dire au moment où se développait l’externalisation [Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004)]. Selon justement cette loi modifiée 2 à plusieurs, la sous-traitance est définie (dans sa version actuelle de la loi) comme étant «l’opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une personne appelée sous-traitant l’exécution de tout ou partie de l’exécution du contrat d’entreprise ou d’une partie de marché public conclu avec le maitre d’ouvrage. » [Journal Officiel n°173, Loi n° 2005-845, (2005)].

Le législateur fait aussi la distinction de deux types de sous-traitance :

la sous-traitance de marché qui permet de faire exécuter les tâches destinées au client directement par le sous-traitant ;

et la sous-traitance industrielle qui suppose que le sous-traitant travaille directement pour l’entreprise donneuse d’ordres, soit pour une situation de besoin ponctuel lié à une insuffisance de capacité production appelée la « sous-traitance de capacité » soit dans le cadre d’un choix stratégique de « faire-faire » plutôt que de faire soi-même appelée « sous-traitance de spécialité.

C’est à niveau de sous-traitance de spécialité que brouillent les pistes avec l’externalisation. Car justement s’il est admis que l’externalisation est avant tout un contrat de longue durée [Fimbel E., (2003) ; Barthélemy J., (2004) ; Renard I., (2005)], il ressort clairement de la conception que fait le législateur de la sous-traitance de spécialité, que ce type de contrat s’inscrit bien dans la durée pour « faire-faire ». Si selon certains auteurs, le législateur à travers l’encadrement juridique de la sous-traitance cherchait surtout à prévenir et lutter contre le travail dissimulé d’une part, et à protéger le droit des travailleurs d’autre part [Idrissi

2 La loi n° 34-1334 du 31 décembre 1975 publiée dans le journal officiel du 3 janvier 1976 a fait l’objet de plusieurs modifications au travers de : la loi n° 81-1 du 2 janvier 1981 (Journal Officiel du 3 janvier 1981), la loi n° 84-46 du 24 janvier 1984 (Journal Officiel du 25 janvier 1984), la loi n° 86-13 du 6 janvier 1986 (Journal Officiel du 7 janvier 1986), la loi n° 94-475 du 10 juin 1994 (Journal Officiel du 11 juin 1994), la loi n° 94-638 du 25 juillet 1994 (Journal Officiel du 27 juillet 1994 et Rectificatif du 9 février 1995), la loi n° 96-609 du 5 juillet 1996 (Journal Officiel du 9 juillet 1996), la loi n° 98-69 du 6 février 1998 (Journal Officiel du 7 février 1998),l’ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 (Journal Officiel du 22 septembre 2000), la loi n° 2001- 1168 du 11 décembre 2001 (Journal Officiel du 12 décembre 2001), la loi n° 2005-845 du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises (Journal Officiel n° 173 du 27 juillet 2005).

A., (2006)], sa réglementation de la sous-traitance n’a pas permis d’éviter toute confusion avec la notion de l’externalisation comme nous venons de le voir.

Cependant selon Leroux E., et Peretti J.-M. [(2007), p. 68] « par rapport à la sous-traitance et à l’impartition, l’externalisation offre les avantages suivant [Leroux E., et Peretti J.-M., (2007), p. 68] :

partager es frais fixes avec d’autres entreprises externalisatrices ; bénéficiant ainsi, grâce à l’externalisation, des effets d’expérience du prestataire de vente ;

transformer les coûts fixes en coûts variables (notamment les salaires) ;

diminuer les coûts par l’effet d’échelle provoqué par l’augmentation d’activité qu’elle suscite chez le prestataire de vente ;

bénéficier de compétences très élevées dont l’acquisition en interne entraine des coûts fixes importants ;

affecter l’ensemble de ses ressources (y compris humaines) à des tâches destinées uniquement à son cœur de métier afin de maintenir un avantage concurrentiel.

Malgré ces avantages, la confusion de l’externalisation avec la sous-traitance demeure encore tout comme d’ailleurs avec la délocalisation.

b. AVEC LA DELOCALISATION :

S’agissant justement de la délocalisation au-delà qu’elle soit « un phénomène mal quantifié, faute de statistiques, et faute de pouvoir distinguer finement stratégie de délocalisations et stratégie de conquête d’un marché » [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 61], la confusion avec l’externalisation apparaît surtout lorsque celle-ci est réalisée avec des prestataires étrangers. A ce propos, les idées avancées par certains chercheurs n’aident pas distinguer ces deux pratiques qui participent incontestablement au « nouveau modèle organisationnel de la firme » [Pujals G., (2005), p. 214]. Ainsi selon Barthélemy J., et Donada C., [(2007), p. 98] citant un autre auteur dans leur papier, l’externalisation est une « forme particulière et nouvelle de délocalisation » alors que d’autres chercheurs comme par exemple Pujals G. (2005) estiment pour leur part que la délocalisation et l’externalisation sont « deux stratégies distinctes » [Pujals G., (2005), p. 212] voire deux « stratégies connexes » [Pujals G., (2005), p. 214] « aux logiques complémentaires » [Pujals G., (2005), p. 212]. Ce qui rend de surcroit difficile une distinction étanche entre les deux notions.

Une autre difficulté est que « l’analyse économique courante ne traite pas directement du problème de délocalisation » [Gaffard J. L., et Guéré M., (2005), p. 196] bien que le phénomène ne date pas d’aujourd’hui et semble même évoluer avec le temps [Barthélemy J., et Donada C., (2007)]. En plus selon, Pujals G. [(2005), p. 212], « le terme délocalisation recouvre des conceptions et des pratiques en réalité très différentes, qui sont utilisées de façon interchangeable dans le débat actuel ». Ce qui n’aide pas à appréhender ce concept encore souvent confondu avec l’externalisation [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005)] comme cela a été rappelé plus haut. Cette confusion apparaît même dans certaines définitions de la délocalisation. C’est le cas par exemple dans le papier de Benaroya F., et Valersteinas B. (2005) portant justement sur la délocalisation. En effet, ces auteurs définissent la délocalisation comme étant « toute décision d’une entreprise conduisant à substituer des importations à la production nationale » [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 61]. Ainsi, l’externalisation internalisation apparaît comme une opération de délocalisation puisqu’elle se traduit incontestablement par une substitution des importations à la production nationale. Les deux auteurs poursuivent par ailleurs que « le recours à la sous-traitance internationale (offshore outsourcing) » [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 61] c’est-a- dire la première forme de la délocalisation selon eux, peut être un moyen « tester un pays avant d’y implanter une unité de production délocalisée » [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 61]. Là, aussi, la confusion entre externalisation et sous-traitance n’est pas totalement écartée. Car en effet, le mot « offshore outsourcing » [Pujals G., (2005), p. 214] est utilisé pour faire référence à l’externalisation internationale et non à la sous-traitance internationale.

D’où toute la nécessité d’éclaircir d’une part la notion de l’externalisation internationale et d’autre part la confusion de cette forme particulière de l’externalisation avec la délocalisation. En effet, cette forme de l’externalisation revête pour nous une importance capitale au-delà de sa « dimension macroéconomique » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 98] car justement, la décision d’externalisation que nous tentons de comprendre au travers de notre cadre théorique et de notre méthodologie de recherche dans ce présent mémoire, est une externalisation internalisation c’est-à-dire un contrat d’externalisation avec un prestataire à l’étranger.

Tout d’abord, il faut souligner que toute externalisation est avant tout un contrat comme cela a été souligné plus haut. Ce contrat lie deux parties : une partie qui externalise une activité préalablement réalisée en interne, et l’autre partie qui réalise justement à la place et lieu de la

partie qui externalise la dite activité. Dès lors que les deux parties en contrat se situent dans différents pays, on parle alors d’externalisation internalisation ou offshore outsourcing [Pujals G., (2005)]. Ce qui explique d’ailleurs la confusion de l’externalisation avec la délocalisation qui est le fait pour une entreprise quelconque d’implanter des unités de production dans un pays étranger. Si avec l’externalisation internationale tout comme avec la délocalisation, la production est réalisée à l’étranger, des différences existent entre ces deux « stratégies connexes » [Pujals G., (2005), p. 214] « aux logiques complémentaires » [Pujals G., (2005), p.

212].

Les deux pratiques comportent incontestablement une « dimension macroéconomique » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 98] importante et sont toutes les deux synonymes « d’un nouvel approfondissement de la division internationale du travail, ou d’une nouvelle avancée de la globalisation des processus de production » [Letournel J., (2004), p. 138] à des degrés divers. Dans la littérature économique classique, il est souvent admis que « les industries intensives en main-d’œuvre peu qualifiée sont les plus sujettes aux délocalisations » [Benaroya F., et Valersteinas B., (2005), p. 63], aujourd’hui force est de constater que les délocalisations tout comme d’ailleurs les externalisations sont motivées par le seul facteur coût de la main d’œuvre [Pujals G., (2005) ; Barthélemy J., et Donada C., (2007)]. Benaroya F., et Valersteinas B., [(2005), p. 63] soutiennent justement qu’« en fonction du niveau et de la célérité du développement économique des PED 3 , des secteurs capitalistiques, voire à plus forte valeur ajoutée, sont désormais concernés ». Il est clair aussi que les mouvements de libéralisation du commerce international et de la mondialisation d’une part et les progrès technologique en matière de l’information et de la communication d’autre part, ont joué une part importante dans l’essor des deux pratiques [Letournel J., (2004) ; Quélin B., (2003)].

Au-delà de ces points communs, des différences substantielles subsistent entre les deux pratiques au niveau organique, économique et juridique. Le tableau ci-dessous tiré du papier de Pujals G., (2005) permet de mieux saisir la différence entre l’externalisation et la délocalisation.

3 PED : Pays en développement

Tableau 1 : Différence entre externalisation et délocalisation

 

Domestique

A l’étranger (Délocalisation ou offshoring)

Intra-groupe

Insourcing

Captive offshoring

Extra-groupe (Externalisation ou Outsourcing)

Outsourcing

Offshore Outsourcing

Source : Pujals G., (2005). Délocalisation et externalisation dans le secteur financier. Revue de l'OFCE, 2005/3, n°94, p. 214.

Il apparaît par ailleurs que ce qui distingue véritablement l’externalisation de la délocalisation et de la sous-traitance, ce sont davantage les préoccupations liées à celle-ci autrement dit ce que cherche les entreprises (ou organisations) lorsqu’elles ont recours à l’externalisation. Plusieurs auteurs se sont justement penchés à cette importante question qui est à même de contribuer à comprendre le recours à l’externalisation.

3. CE QUE PERMET L’EXTERNALISATION :

Selon certains auteurs, le recours à l’externalisation est avant tout un changement de mode d’organisation des firmes [Fimbel E., (2003) ; Barthélemy J. (2004) ; Pujals G., (2005) ; Mouchnino N., et Sautel O., (2007)] qui soulève « le problème d’arbitrage des ressources internes et externes » [Barthélemy J., (2004)] et de « compétences et la maitrise de ses compétences » [Martin I., Mesloub H., Muet F., et Pellat C., (2004), p. 334], donc l’optimisation de l’allocation des ressources ou carrément un moyen « pour palier un savoir- faire indisponible en interne ou difficile à préserver » [Dumoulin R., et Martin A., (2003), p. 55]. D’autres auteurs y voient « le moyen rapide d’améliorer la performance des entreprises, de réduire des coûts et d’accroitre la flexibilité » [Barthélemy J., et Donada C., (2007), p. 98] et donc de tirer profit du « performance gap 4 » [Barthélemy J., (2004), p. 14] entre l’intégration verticale et le recours au marché.

Au-delà de permettre « à l’entreprise de se recentrer sur le cœur de métier de base » [Leroux E., et Peretti J.-M., (2007), p. 68], l’externalisation selon Pujals G. [(2005), p. 230], contribue à « l’accroissement de la flexibilité organisationnelle afin de permettre une plus grande réactivité aux évolutions de l’environnement ». Par ailleurs, il soutient que « l’externalisation

4 L’auteur traduit ce concept de performance gap par le différentiel de performance

autorise notamment, pour la firme donneuse d’ordres, la régulation par les coûts en remplaçant les frais fixes (investissement dans le capital humain et les équipements) par des frais variables (versement au prestataire de la somme correspondant à la prestation réellement consommée) » [Pujals G., (2005), p. 230]. Mais c’est l’étude de Fimbel E. (2003) qui nous paraît assez remarquable pour comprendre les préoccupations des entreprises lorsqu’elle décide d’une décision d’externalisation. En effet, suite à un important travail documentaire dans le carde de sa recherche doctorale sur l’externalisation, l’auteur en question parvient à rassembler « les motivations (ou raisons) lorsque que les dirigeants décident d’une externalisation » [Fimbel E., (2003), p. 29]. Il récapitule comme suit ces motivations en cinq points dans son papier [(2003), p. 29] :

1. Optimisation opérationnelle mesurable économiquement, essentiellement les coûts d’exploitation et les volumes d’activité ;

2. Variation positive de la qualité perceptible par les usagers des services rendus par le prestataire ;

3. Recentrage de métier, flexibilité structurelle et organisationnelle ;

4. Nature de la fonction et/ou activité concernée ou sa situation sur le marché ;

5. Eviction- sanction, mimétisme managérial et effet de mode, nature et pérennité de l’offre de services proposés par des sociétés prestataires.

4. LES RISQUES LIES A L’EXTERNALISATION :

La recherche des avantages cités ci-dessus n’est pas sans risques. En effet, si le fait de recourir à l’externalisation peut être vu comme une façon de transférer les risques liés à l’activité externalisée aux tiers prestataires [Idrissi A., (2006)], il peut à son tour exposer l’organisation externalisatrice à un certain nombre de risques. Selon Barthélemy J., et Donada C., [(2007), p. 98], ces risques liés à la décision d’externalisation sont « essentiellement, techniques, comportementaux, et légaux ». En fonction justement de ces risques encourus, Barthélemy J. [(2004), p. 14] donne une taxonomie de contrats d’externalisation :

Les contrats classiques : sont utilisés pour gérer des opérations d’externalisation simples. Risques contractuels faibles, choix entre un grand nombre de prestataires. L’accent est mis sur les documents formels et l’aspect relationnel intervient très peu ;

Les contrats néoclassiques : sont des contrats détaillés, utilisées pour gérer des opérations d’externalisation complexes. Risques contractuels élevés plus contrats sont

très détaillés, clauses nombreuses et détaillées, accent sur documents formels que sur le relationnel ;

Les contrats relationnels : permettent de gérer des opérations d’externalisation encore plus complexes. Risques contractuels élevés.

5. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE L’EXTERNALISATION :

A coté des risques soulignés, d’autres inconvénients sont cités en matière d’externalisation. Le Baromètre de l’Outsourcing [(2005), p. 3] réduit ces inconvénients à la « crainte de perte de contrôle ». Cependant, à côté de l’ensemble de ces risques et inconvénients, de nombreux avantages subsistent. Selon justement Idrissi A. [(2006), p. 29], l’externalisation « présente des avantages non négligeables pour les entreprises si le processus interne externisable est largement maitrisé et si le niveau d’exigence attendu à l’égard d’un prestataire en charge d’une fonction est différent de celui attendu en interne ». Ces « avantages non négligeables » [Idrissi A., (2006), p. 29] de l’externalisation sont essentiellement d’après les conclusions de l’étude menée par Ernst & Young sur l’externalisation au près des entreprises [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005), p. 3] : « moindres coûts, meilleure qualité, et plus de flexibilité ». Selon l’étude en question, la satisfaction de ceux qui ont recours à l’externalisation « s’exprime sur trois avantages principaux à savoir » [Ernst & Young, Baromètre de l’Outsourcing, (2005), p. 10] :

L’amélioration de la qualité (53%) ;

Le gain financier (44%) ;

Le recentrage sur le cœur de métier (24%).

Pour tirer profit de tous ces avantages et minimiser les risques et inconvénients liés à l’opération d’externalisation, la décision qui précède doit être bien réfléchie. Ainsi Selon Quélin B., [(2003), p. 14], l’externalisation doit passer quatre étapes pour être réussie :

1. délimiter le périmètre stratégique, le cœur de métier ;

2. générer les éléments comptables et financiers associés aux activités externalisables (pour l’analyse et la comparaison) ;

3. rédiger le cahier des charges ;

4. et contractualiser avec le prestataire retenu.

Selon d’autres auteurs, la réussite d’une opération d’externalisation dépend à la fois de « la la décision d’externalisation et la gestion de la relation avec le prestataire » [Barthélemy J., (2004), p. 10]. En effet, comme cela a été dis plus haut, plusieurs risques contractuels peuvent apparaitre. Pour mieux les gérer, il conviendrait de mieux les prendre en compte en amont (choix du prestataire, rédaction du contrat) et en aval (suivi du contrat, mise en œuvre de l’opération d’externalisation).

Cette prise en compte des risques contractuels est largement évoquée dans la théorie des coûts de transaction développée par le chercheur de l’école néo-institutionnelle Williamson O. E., (1975). Cette dernière constitue par ailleurs la théorie la plus utilisée pour expliquer l’externalisation.

6. LES THEORIES SOUS-JACENTES A L’EXTERNALISATION :

Il n’existe pas de théorie d’externalisation à « proprement parler » [Barthélemy J., (2001), p.10]. Cependant plusieurs théories sont mobilisées pour expliquer l’externalisation.

a. LA THEORIE DES COUTS DE TRANSACTION :

Ainsi, la théorie des coûts de transaction a été utilisée dans plusieurs champs disciplinaires comme par exemple l’économie, la sociologie, les sciences politiques, la théorie des organisations, le droit, la stratégie d’entreprise, la finance d’entreprise et le marketing [Rindfleisch A., et Heide J. B., (1997)]. Ceci dit, beaucoup de problématiques au sein des organisations ont été abordée sous l’angle de la théorie des coûts de transaction connue également sous l’acronyme TCT ou TCA (Transaction Cost Analysis) en anglais. Ce qui a fait dire à Rindfleisch A., et Heide J. B., [(1997), p. 32] que la théorie des coûts des transactions « explique une diversité de problèmes au sein des organisations marchandes allant de la fusion au commerce international ». Williamson O. E., (1985) pense justement que tout problème (dans les organisations) peut être traduit directement ou indirectement à une question de contrats et être étudiée facilement en termes de coûts de transaction. A ce propos, il est à souligner que les coûts de transaction que Williamson doit d’ailleurs à Coase R. H., (1937), a servi à ce dernier à expliquer l’existence de la firme en tant qu’unité de production capitaliste à partir de ce que l’on peut appeler « efficacité organisationnelle » [Coase R. H., (1937), p. 397] après avoir adopté et réfuté un certain nombre d’hypothèses.

Toute la théorie des coûts de transaction réside sur l’idée que si les coûts afférents à l’adaptation, à la performance, à l’évaluation et à la sécurité sont bas ou inexistants les firmes favoriseront le recours au marché, et au contraire si ces coûts sont élevés jusqu’au point d’excéder les avantages du coût de production du marché, les firmes opteront dans ce cas pour l’organisation interne [Rindfleisch A., et Heide J. B., (1997)]. Selon Rindfleisch A., et Heide J. B., [(1997), p. 32] « la logique dernière cet argument est basée sur un certain postulat concernant les propriétés de la coordination interne et sa capacité et sa capacité à minimiser les coûts les de transactions ». La théorie des coûts de transaction qui a beaucoup séduit les auteurs pour expliquer théoriquement l’externalisation d’une manière générale [Chanson G., (2003) ; Barthélemy J., (2004) ; Renard I., (2005)], offr un choix entre marché et organisation interne. Comme cela a été dit plus haut, l’externalisation est avant une décision qui consiste à arbitrer à un moment donné entre organisation interne et marché en optant pour ce dernier. Et c’est justement ce qui rend à priori cohérente la théorie des coûts de transaction dans l’explication théorique de l’externalisation.

Selon Chanson G., [(2003), p. 46], l’intérêt d’utiliser la théorie des coûts de transaction pour expliquer l’externalisation se situe à deux niveaux à savoir :

D’un point de vue « positif » : « comment expliquer les décisions d’externalisation par les dirigeants ?) » ;

D’un point de vue « normatif » : « comment expliquer la performance des fonctions externalisées ? ».

Dès lors, il apparaît que la théorie des coûts des transactions est nécessaire dans l’appréhension théorique de l’externalisation. Cependant, selon d’autres auteurs, la théorie des coûts de transactions est certes nécessaire mais elle n’est pas suffisante pour rendre compte de toute la pratique de l’externalisation.

b. LA THEORIE DES RESSOURCES :

Selon Barthélemy J., (2004), la théorie des ressources complète la compréhension de l’externalisation avec la théorie des coûts de transaction car il y voit justement un moyen d’« optimiser l’allocation des ressources » [Barthélemy J., (2004), p. 17]. Ce faisant, selon lui, on peut tirer des « implications directes pour la problématique de l’externalisation » [Barthélemy J., (2004), p. 13].

Plusieurs auteurs abordaient déjà largement l’externalisation pour les entreprises qui y ont recours comme un moyen de se recentrer sur le cœur de leur métier. A ce propos, Renard I., [(2005), p. 6] soutient en ces termes que : « l’objectif principal d’une opération d’externalisation est de permettre à une entreprise de se recentrer sur les aspects stratégiques de son métier en déléguant à un prestataire spécialisé la gestion et l’exploitation d’une activité ». C’est avec de tels arguments que la théorie des ressources apparaisse comme utile dans la compréhension théorique de l’externalisation. Ainsi, l’externalisation pose à l’évidence le problème d’arbitrage de ressources internes et externes que nous avons souligné plus haut [Barthélemy J., (2004)].

Toutefois, certains auteurs ont montré que l’externalisation va actuellement au-delà du simple recentrage au cœur de métier ou des activités considérées comme plus stratégiques [Quélin B., (2003)]. En effet, il apparait aujourd’hui que l’externalisation touche même les activités considérées comme stratégiques comme par exemple les activités de recherche- développement considérée comme stratégique [Quélin B., (2003)]. Ce qui a fait dire à Idrissi A., [(2006), p. 25] que l’externalisation « s’impose de plus en plus comme une nécessité stratégique et non plus comme une option ». A ce propos, plusieurs études commencent à s’intéresser à la dimension stratégique de l’externalisation. C’est le cas par exemple des auteurs comme Fimbel E., (2003), et Quélin B., (2003).

c. LA THEORIE DE L’AGENCE :

En dehors de la théorie des coûts de transaction et de la théorie des ressources qui restent

largement les deux théories mobilisées pour expliquer l’externalisation [Chanson G., (2003) ; Barthélemy J., (2004)], d’autres théories comme la théorie de l’agence commencent à faire l’objet d’une explication théorique de l’externalisation. Ainsi, Selon Chanson G., (2003) qui fait le constat par ailleurs que la plupart des études se sont bornées à étudier l’externalisation par référence aux « compétences de l’entreprise externalisatrice (théorie des ressources) », et « à une vision centrée sur l’élément externalisé (théorie des coûts de transaction) » [Chanson

G., (2003), p. 53], pense que « l’externalisation s’apparente à un contrat basé sur le résultat :

l’entreprise cliente obtient par un contrat d’externalisation de la société prestataire un

engagement sur des objectifs spécifiés (quantitatifs et qualitatifs) » [Chanson G., (2003), p. 46] et donc « parfaitement à une relation entre un principal et un agent, unité d’analyse de la théorie de l’agence » [Chanson G., (2003), p. 44] développée par Jensen M. C., et Mennicken

W. H., (1976).

Nous verrons dans le cadre de notre mémoire si cette dimension de relation entre partie externalisatrice et partie prestataire tient un rôle important dans la gestion de l’opération d’externalisation. Mais avant cela, il conviendrait d’abord de préciser le cadre théorique qui sous-entend et caractérise notre recherche.

II. CADRE THEORIQUE

Le cadre théorique utilisé dans le présent mémoire est relatif à la sociologie compréhensive qui selon Watier P., [(2002), p. 11], « revient sans doute à M. Weber qui, dans son essai sur quelques catégories de la sociologie compréhensive (1913), tente à la fois d’en fournir une définition et d’en circonscrire le domaine ». Cette sociologie compréhensive à fait l’objet de plusieurs applications aussi bien en sciences de gestion que dans les autres champs disciplinaires. L’exemple de Moulin M., (1987) « sur la genèse de l’Hopital Erasme » en Belgique et celui de Lemieux C., (2000) sur « le travail journalistique » sont illustratifs à plus d’un titre.

Notre choix sur la sociologie compréhensive comme cadre théorique de ce mémoire s’explique et se motive par le fait que nous tentons de comprendre la décision d’externalisation au sein d’un cabinet d’expertise-comptable particulier à un moment donné, autrement dit le sens que ce cabinet d’expertise-comptable donne à sa décision d’externalisation. En effet, notre revue de littérature nous a permis de voir qu’une décision d’’externalisation peut être motivée par plusieurs raisons. Des raisons qui vont entre autres de la recherche d’une réduction de coûts en passant par le gain de plus de flexibilité, au recentrage sur le cœur du métier [Barthélemy J., (2004) ; Idrissi A., (2006) ; Barthélemy J., et Donada C., (2007) ; Pujals G., (2005) ; Renard I., (2005) ; Leroux E., et Peretti J.-M., (2003) ; Doublet J.-M., (2006) ; Quélin B., (2003) ; Chanson G., (2003)]. Au-delà de ces raisons multiples de l’externalisation, l’externalisation au des cabinets d’expertise-comptable est une nouvelle pratique au sujet duquel il ne semble pas abusif à notre sens de parler d’une pratique émergente.

Dès lors, il nous a apparu nécessaire de recourir à la sociologie compréhensive qui estime justement que l’action d’un individu ne peut être comprise que par le sens que cet individu donne à son action [Amblard, H., et al. (1991)]. En effet, « la sociologie compréhensive est attentive tant à la détermination par des causes, qu’à l’orientation des raisons ou des visées,

tant à la saisie du général et de l’abstrait qu’à la pénétration du particulier et du concret » [Cefaï D., (1998), p. 191]. En recourant à la sociologie compréhensive, nous entendons comprendre la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable qui constitue notre champ d’étude. Selon justement Watier P., [(2002), p. 33], « la compréhension porte le sens d’une part, dans sa logique : à quelles informations, valeurs, représentations correspond tel état d’un système juridique, telle doctrine religieuse, tel système philosophique, et d’autre part, un tel ensemble doit être compris comme résultat des multiples processus interactifs et des processus psychiques qui se déroulent dans la tête de ceux qui agissent et vivent dans ces systèmes. »

Il est vrai que des théories comme la théorie des coûts de transaction et la théorie des ressources ont largement servies auprès des chercheurs à expliquer la décision d’externalisation d’une manière générale dans les entreprises, mais elles ne nous semblent pas appropriées pour comprendre une décision d’externalisation particulière. En effet, les décisions d’externalisation en tant qu’actions individuelles sont « porteuses de signification » [Cefaï D., (1998), p. 191], et au-delà de l’explication théorique de ces décisions il conviendrait de comprendre leurs significations auprès des gens qui prennent ces décisions qui sont articulées « dans un horizon de sens téleogique, où des motifs d’ordre de causalité se combinent avec des motifs de l’ordre de la finalité, à des objectivités constituées qui portent la trace du mouvement de leur constitution, qu’une analyse génétique doit réactiver pour ressaisir le comment et le pourquoi » [Cefaï D., (1998), p. 191].

Notre revue de littérature qui nous a permis de connaître notamment le pourquoi de l’externalisation d’une manière générale par rapport à la théorie des coûts de transaction et celle des ressources, peut être qualifiée de l’explication « type-idéal » en ce sens que cette explication du pourquoi de l’externalisation d’une manière générale et donc de différents acteurs dans différents environnements. En effet, « le type-idéal est comme la synthèse abstractive (abstrahierende zusammenfussing) de ce qui est commun à plusieurs phénomènes concrets : il tranche dans la complexité de la réalité ou moyen de concepts clairs et univoques, et découpe dans la profusion de phénomènes, infinie en extension et en intensité, des traits identifiables, de formes significatives, des connexions causales, des corrélations qualitatives. » [Cefaï D., (1998), pp. 193-194]. Donc finalement pour sortir de cette explication intempestive d’une décision d’externalisation de façon trop générale, il nous faut un cadre théorique comme la sociologie compréhensive pour une « explication compréhensive » ou de la « compréhension explicative » [Cefaï D., (1998), p. 191] de la

décision d’externalisation car justement « la problématique de la compréhension s’instaure à partir de l’interrogation suivante : comment appréhender les activités d’individus dotés de la capacité de se fixer des fins, mais aussi d’en changer, qui subissent sans conteste des influences du milieu dans lequel ils vivent, mais sont susceptibles également de les réfléchir de les mettre en perspective » [Watier P., (2002), p. 15].

Pour ce faire, il nous faudrait dans un premier temps préciser notre méthodologie de recherche qui nous permettra de saisir les raisons et les motifs, bref de comprendre la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable en question dans notre mémoire ; puisque selon justement Cefaï D., [(1998), pp. 199-200], « sans la justesse (Rischtigkeit) d’une exégèse des raisons ou des motifs des acteurs, ressaisis dans leurs contextes de sens culturel et historique, l’explication compréhensive échoue à restituer ce qui fait la singularité (…) » de la décision d’externalisation de notre cabinet d’expertise-comptable.

DEUXIEME PARTIE : TERRAIN DE RECHERCHE

I. METHODOLOGIE DE RECHERCHE

1. LA METHODOLOGIE UTILISEE :

La méthodologie de recherche utilisée dans ce présent mémoire est la méthodologie qualitative. En effet, en matière de recherches en sciences de gestion et donc en sciences sociales, on oppose généralement la méthodologie de recherche qualitative et celle quantitative en fonction de la nature des données utilisées.

En effet, le cadre théorique auquel nous avons eu recours dans ce mémoire en l’occurrence la sociologie compréhensive exige selon Cefaï D., [(1998), p. 191], « de mettre au point une méthode originale d’investigation et de validation, de découverte et de justification, une construction de concepts (Begriffsbilding) propre aux sciences sociales » en sens qu’elle est à la fois profondément et fondamentalement rattachée au « comment et pourquoi » [Cefaï D., (1998), p. 191] des actions individuelles. Et tant que la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable objet de notre recherche et que nous tentons de comprendre dans ce mémoire, est une action individuelle il nous fallait recourir à une méthodologie de recherche qualitative.

Cette méthodologie qualitative nous a permis d’élaborer un questionnaire adressé au responsable du cabinet d’expertise-comptable, champ de notre étude, qui décidé à un moment donné de recourir à l’externalisation de certaines de ses activités, c’est-à-dire de confier la réalisation d’une partie de ses activités à un prestataire extérieur au cabinet. L’ensemble des questions contenues dans le questionnaire sont orientées exclusivement à l’ « explication compréhensive » ou à la « compréhension explicative » [Cefaï D., (1998), p. 191] de la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable en question.

En effet, certaines questions concernent le « comment » de la décision d’externalisation du cabinet alors que d’autres sont articulées afin de répondre au « pourquoi » autrement dit des raisons ou des motifs du cabinet d’expertise-comptable en question « ressaisis dans leurs

contextes

d’externalisation.

de

sens

culturel

et

historique » [Cefaï

D.,

(1998),

p.

2. NATURE DES DONNEES UTILISEES :

199]

de

sa

décision

Les données utilisées dans notre mémoire sont des données primaires qualitatives issues de notre questionnaire sur la décision d’externalisation adressé au responsable du cabinet d’expertise-comptable auquel nous tentons de comprendre la décision d’externalisation. Comme souligné ci-dessus, le questionnaire a été organisé de façon à ce que nous puissions comprendre la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable en question.

En recourant à cette technique de recueil de données, nous étions conscients de la possibilité d’autres techniques comme par l’exemple l’interview semi-directif qui permet de recueillir et d’approfondir comme le questionnaire, le point de vue de la personne interrogée à partir d’un ensemble de question préalablement définies.

Au-delà donc que le questionnaire permet de recueillir le point de vue de la personne qui répond aux différentes questions définies préalablement et contenues dans le questionnaire, notre choix sur cet outil pour la recherche notamment en sciences sociales s’explique par d’autres raisons. En effet, notre période de stage de six (6) mois durant lequel nous sommes appelés à rédiger notre mémoire, a coïncidé avec la période fiscale appelée aussi la « full season » dans les cabinets d’expertise-comptable. Ce qui va donc sans dire que la charge de travail explose exponentiellement à cette période faste dans les cabinets comptables d’une manière générale. A cela s’ajoute dans notre cas, les multiples déplacements concernant les missions d’audit. Toutes ces raisons ont fait que nous étions dans l’impossibilité de recourir aux autres techniques qualitatives comme l’interview semi-directif qui semble à priori adaptée à notre cadre théorique. D’où notre choix sur le questionnaire qui ne nécessitait pas la présence effective de la personne qui interroge et de la personne qui répond.

En outre nous avons organisé notre questionnaire 5 de manière à ce que nous puissions comprendre le sens de la décision d’externalisation de notre cabinet d’expertise-comptable c’est-à-dire les raisons ou les motifs du cabinet d’expertise-comptable champ de recherche « ressaisis dans leurs contextes de sens culturel et historique » [Cefaï D., (1998), p. 199]. Ce

5 Voir l’annexe 3

questionnaire est complété par l’observation que nous avons faite pendant toute la durée de notre stage ainsi que les différents entretiens que nous avons eu avec le personnel du cabinet.

3. TERRAIN DE RECHERCHE :

Notre terrain de recherche constitue un cabinet d’expertise-comptable et de commissariat aux comptes français situé à Paris. Ce dernier appartient à la classe des « cabinets de 1 à 49 salariés » [Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, Gestion des cabinets d’expertise comptable, Octobre 2010, p. 2]. Selon l’étude de l’observatoire des l’Ordre des Experts-Comptables d’octobre 2010, ces cabinets présentent les caractéristiques suivantes :

Tableau 2 : Synthèse des chiffres des cabinets de 1 à 49 salariés

 

2002

2005

2009

Chiffre d’affaires (CA)

632 000

658 000

750 000

Effectif ETP

8,6

8,8

8,5

Nombre de clients

170,9

193,7

237

CA/ ETP

74 KE

75 KE

89 KE

Nombre de clients/ ETP

19,87

22,01

28,05

CA/ client

3 698

3 397

3 165

Source : Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables Gestion des cabinets d’expertise comptable octobre 2010 Page 2

En deux mille huit (2008), le cabinet d’expertise-comptable en question a décidé d’externalisé une partie de ses travaux d’expertise-comptable avec un prestataire étranger. Ce point revête un caractère important dans notre étude car en effet, notre revue de littérature nous a permis de voir que l’un des motifs les plus évoqués dans une opération d’externalisation, est le recentrage au cœur de métier [Barthélemy J., (2004) ; Idrissi A., (2006) ; Barthélemy J., et Donada C., (2007) ; Pujals G., (2005) ; Renard I., (2005) ; Leroux E., et Peretti J.-M., (2003) ; Doublet J.-M., (2006) ; Quélin B., (2003) ; Chanson G., (2003)]. Or,s il ressort clairement dans l’étude sus mentionnées du Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-comptables (octobre 2010) que le cœur de métier des cabinets d’expertise-comptable de 1 à 49 salariés auxquels le cabinet objet de notre étude appartient, est formé justement par les travaux comptables. Le tableau ci-dessous met en lumière cet état de fait en met en exergue le poids de ces travaux comptables dans la formation du chiffre d’affaires global des cabinets d’expertise-comptable de 1 à 49 salariés.

Tableau 3 : Répartition du chiffre d'affaires par activité 6 des cabinets de 1 à 49

Cabinets de 1 à 49 salariés

2002

2005

2009

Tenue (A)

41,2

46,2

51,3

Surveillance avec (B) et sans tenue (C)

29,3

25,6

18,3

Total missions comptables (A+B+C)

70,5

71,8

69,6

Paie et travaux annexes

9,3

11

12,9

Commissariat aux comptes

9,9

8,6

6,5

Audit contractuel

1,2

0,6

0,5

Conseil (facturé distinctement)

6

5,4

6,9

Autres

3

2,6

2,9

Source : Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables Gestion des cabinets d’expertise comptable octobre 2010 Page 7

D’où une fois de plus tout l’intérêt de comprendre le sens de la décision d’externalisation de notre cabinet d’expertise-comptable même si nous avons par ailleurs souligné dans notre revue de littérature que l’externalisation touche de plus en plus les activités jusqu’alors considérées comme stratégiques ou critiques [Quélin B., (2003)]. Il apparaît aussi que d’ordinaire, ce sont les cabinets d’expertise-comptable qui sont les prestataires prépondérants des entreprises en matière de travaux externalisés [Conseil supérieur de l’Ordre des Experts- Comptables, Marché de la profession comptable, Septembre 2010]. Si ces derniers viennent à leur tour à externaliser certaines de leurs activités, cela mériterait une interrogation notamment pour connaître les raisons et les motifs de cette externalisation, bref le sens que ces cabinets donnent à leurs décisions d’externalisation afin de saisir leur essence et leur singularité [Cefaï D., (1998)].

C’est ainsi que nous allons aborder cette question d’externalisation dans les cabinets d’expertise-comptables dans ce mémoire afin justement de la comprendre du point de vue du cabinet qui la pratique comme c’est le cas du cabinet d’expertise-comptable qui constitue notre terrain de recherche. En effet, lorsque ce dernier a décidé d’externaliser une partie de ses activités, il a eu recourt à un prestataire étranger se situant en Tunisie, pays francophone qui est souvent cité comme l’une des destinations favorites des travaux externalisés à l’étranger. Letournel J., (2004) qui cite un éventail de pays parmi lesquels figure la Tunisie, semble expliquer cette ruée sur la Tunisie en partie par le facteur linguistique. Selon lui justement,

6 En pourcentage du chiffre d’affaire total du cabinet

« la langue française est usitée néanmoins dans certains pays à bas coût, notamment au Maghreb, ce qui nourrit un flux de délocalisation de services dans cette région » [Letournel J., (2004), p139].

Depuis bientôt trois (3) ans, le prestataire tunisien réalise au nom de ce cabinet comptable parisien des travaux de nature comptable, juridique et sociale. En effet en deux mille huit (2008) au cours du deuxième semestre, le cabinet a commencé son opération d’externalisation avec tout d’abord les activités liées à la gestion sociale qui est considérée par la profession comptable comme faisant partir des « missions complémentaires » [Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, Marché de la profession comptable, Septembre 2010, p. 14]. Au fur à mesure des bons résultats affichés par le prestataire, ce qui a de surcroit renforcé la confiance du cabinet parisien ; celui-ci a externalisé de plus en plus d’activités comme la tenue de la comptabilité de ses clients et tout ce qui va avec. Au jour d’aujourd’hui, le périmètre externalisé dans le cabinet s’étend jusqu’aux missions juridiques.

Par ailleurs, l’externalisation de l’ensemble de ces activités s’est traduite pour le cabinet par un important investissement en informatique. Ce dernier a dû adapter en conséquence son parc informatique pour accompagner sa décision d’externalisation. Ainsi, un serveur plus important a été mis en place. Ce dernier est accessible au prestataire depuis la Tunisie. Cela facilite les échanges de données (d’une part les données à traiter et d’autre part les données traitées) entre les deux parties.

Le cabinet s’est aussi procuré des imprimantes multifonctions (impression, télécopies, fax, scanner, e-mail, photocopie, etc…) nouvelle-génération. Une plateforme téléphonique a aussi été mise en place pour faciliter les communications d’une part et d’autre part réduire considérablement les factures de communication (appels illimités). L’externalisation a eu d’autres conséquences pour le cabinet comme il ressort dans les réponses données à notre questionnaire établi afin justement de comprendre du point de vue du cabinet, l’externalisation en question. Le point suivant met exergue les différents résultats obtenus dans ce sens.

II. RESULTATS OBTENUS

Les réponses données à notre questionnaire (établi afin de comprendre la décision d’externalisation du cabinet donc adapté à notre cadre théorique à savoir la sociologie

compréhensive) par le responsable du cabinet nous permis de comprendre : comment est venu l’idée d’externalisation ? ; pourquoi il a décidé d’externaliser ? ; et comment se passe l’opération d’externalisation ? Les résultats obtenus sont organisés suivant ces trois points.

1. LE « COMMENT » DE LA DECISION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

L’externalisation en Tunisie de certains travaux décidée par le cabinet parisien est une initiative propre au de ce dernier. En effet, c’est le cabinet qui a décidé à un moment donné de recourir à l’externalisation sans attendre qu’elle reçoive une offre de ce sens. Cela écarte aussi l’idée que le cabinet a externalisé certains de ses travaux par mimétisme c’est-a-dire en suivant d’autres cabinets d’expertise-comptable. En effet, comme nous l’avons vu au cours de notre revue de littérature, une entité peut décider d’externaliser purement par mimétisme [Fimbel E., (2003)].

Le fait que le cabinet n’a ni attendu qu’il reçoive une offre d’un prestataire, ni suivi par mimétisme d’autres cabinets d’expertise-comptable, trouve son explication dans ce qu’il attendait de sa décision d’externalisation qui est considérée par le responsable du cabinet comme à la fois importante et une nécessité. Selon ce dernier, en décidant d’externaliser une partie de ses travaux, le cabinet cherchait à réduire ses coûts et à se recentrer sur d’autres fonctions plus stratégiques. En effet, même si dans la classe des cabinets d’expertise- comptable de 1 à 49 salariés autrement dit la classe à laquelle appartient le cabinet en question, les missions comptables qui vont de la tenue de la comptabilité à la surveillance de la comptabilité des clients [Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, Gestion des cabinets d’expertise-comptable, octobre 2010] peuvent être considérées comme stratégiques car représentant plus de soixante-dix pour cent (70%) du chiffre d’affaires de ces cabinets, certaines dimensions de ces missions apparaissent plus importantes et plus stratégiques que d’autres. C’est le cas par exemple de la gestion de la relation client qui est faite dans notre cas par le cabinet à Paris même si les missions concernant la tenue de la comptabilité des clients sont externalisées comme cela a été dit plus haut. L’objectif de la réduction des coûts s’explique par un souci de rentabilité d’après le responsable du cabinet.

En effet, la rentabilité des petits dossiers comme par exemple celui des boulangeries, des restaurants était faible car en effet le cabinet gagne moins d’honoraires avec cette clientèle alors qu’il doit supportait par ailleurs d’importants coûts comme les charges du personnel, les frais de remboursement d’emprunts, etc. ce qui de surcroit réduit la marge du cabinet sur ces

dossiers qui constituent pourtant l’essentiel des clients du cabinet. A fin de mieux rentabiliser ces dossiers, le cabinet a fait la réduction des coûts un objectif essentiel de sa décision d’externalisation. Ainsi, sa marge passe de 1,5 avant l’externalisation à 4 après l’externalisation. En termes de coût, alors que le cabinet supportait toutes comprises charges vingt-sept (27) euros par heure comme coût d’un employé sans qualification majeure avant l’externalisation, ce coût tombe à huit (8) euros avec l’externalisation. Ce qui explique toute l’importance de cette externalisation selon le responsable du cabinet. Ainsi, la décision d’externalisation de cabinet d’expertise-comptable s’inscrit bien à la théorie des coûts de transaction (attente de réduction de coûts : en ayant recours à l’externalisation le cabinet à considérablement réduit ses coût de 27 euros à 8 euros par heure sur dossier) et à la théorie des ressources (attente recentrage sur d’autres fonctions plus stratégiques : avec l’externalisation le cabinet se recentrer davantage sur la relation client).

2. LE « POURQUOI » DE LA DECISION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

Tout d’abord pour le responsable du cabinet, l’externalisation était la meilleure solution pour les attentes du cabinet en termes de réduction de coûts et de recentrage sur les fonctions stratégiques comme par exemple la gestion de la relation-client. Pour lui justement, l’externalisation permet de gérer la grande problématique de turn-over du personnel qualifié des cabinets d’expertise-comptable, d’obtenir une meilleure rentabilité, et de donner une (meilleure) réponse aux clients avec une prestation de qualité à moindre coût.

S’agissant des motifs de la décision d’externalisation du cabinet, le responsable de ce dernier évoque essentiellement la réduction des coûts et du gain de rentabilité obtenu grâce à cette réduction significative des coûts (27 euros contre 8 euros par heure soit une économie de 19 euros). En effet, en plus que l’externalisation a permis de réduire les coûts du cabinet et d’améliorer la rentabilité de ses dossiers, elle a aussi permis de générer d’autres revenus. Ainsi, le cabinet a pu louer l’espace inoccupé suite à la réduction du personnel employé au sein du cabinet à Paris après l’externalisation de certains travaux en Tunisie.

Ce management à distance qu’implique cette externalisation internationale retient toute l’attention du responsable du cabinet. En effet, selon lui l’externalisation c’est-à-dire le fait de confier une partie de ses travaux à d’autres, signifie avant tout un management à distance.

3.

LE « COMMENT » DE LA GESTION DE L’OPERATION D’EXTERNALISATION DU CABINET :

La conception de l’externalisation qu’a le responsable du cabinet, met en exergue sa gestion de l’opération d’externalisation. Ainsi, le cabinet a tenu à prendre en compte tout d’abord les risques liés à sa décision d’externalisation. En effet, le cabinet a mis en place un plan d’urgence en cas de problèmes majeurs. En plus, il a procédé à d’imports investissements surtout dans le matériel informatique comme cela a été souligné plus haut, afin sécuriser davantage la sauvegarde des données traitées par le prestataire, et de tirer profit pleinement des avantages de l’opération d’externalisation. Selon le responsable du cabinet, les avantages liés à sa décision d’externalisation sont : la rentabilité, et la qualité. En effet, en externalisant le cabinet a obtenu son seulement plus temps pour mieux vérifier et superviser l’ensemble des travaux externalisés mais aussi une manière pour mieux allouer le temps consacré aux dossiers, ce qui lui permet de déboucher sur une meilleure qualité.

A côté de ces avantages soulignés par le responsable du cabinet, ce dernier fait aussi part des

inconvénients qui sont plus des craintes liées à la gestion à distance et à la compétence du personnel employé sur place en Tunisie c’est-à-dire le personnel du prestataire. En outre, des problèmes plus particuliers sont signalés par le cabinet d’expertise-comptable à savoir : les difficultés de compréhension, le problème de langue, et la clause de facturation minimale. Si

la clause de facturation minimale relève des clauses contractuelles contraignantes pour la

partie externalisatrice, les problèmes de langue se situent plutôt du coté du prestataire et

notamment le personnel employé par ce dernier sur place en Tunisie.

Pour veiller à la bonne exécution du contrat d’externalisation entre le cabinet et le prestataire des objectifs ont été prévus dans le contrat d’externalisation. Ainsi, le cabinet à Paris s’engage à atteindre un minimum de taux d’utiliser du personnel du prestataire Tunisien et ce dernier à son tour s’engage à veiller au strict respect des données confidentielles des clients du cabinet de Paris. En effet, la question de confidentialité revête une importance capitale pour le cabinet d’expertise-comptable. Ce dernier est tenu selon les règles déontologiques de la profession comptable au secret professionnel [Conseil supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, Code de déontologie, Septembre 2007]. C’est pourquoi il un suivi permanent de l’opération d’externalisation a été instauré par le cabinet d’expertise-comptable à Paris. Ce suivi permanent est fait au moyen d’un certain nombre d’outils à savoir : des réunions ponctuelles et un tableau de bord spécifique. En plus de ces outils de suivi pour l’opération

d’externalisation d’une manière générale, il existe un suivi particulier de chaque dossier traité par le prestataire tunisien. Ce suivi de traitement de chaque se fait généralement à distance par skype entre le personnel en charge de ce dossier à Paris et le personnel du prestataire Tunisien qui traite le dossier en question. Ce point réconforte les allégations de la théorie de l’agence sur la relation entre principal/agent à la quelle « s’apparente parfaitement » [Chanson G., (2003), p. 44] dans le cadre d’une opération d’externalisation la relation la partie externalisatrice et son partenaire et prestataire.

Malgré les avantages soulignés par le responsable du cabinet d’expertise-comptable de son opération d’externalisation, ce dernier se dit moyennement satisfait de son prestataire. Cela est du au fait que quelques problèmes subsistent encore avec ce prestataire comme cela a été souligné plus haut et cela en dépit de l’amélioration de la qualité des travaux externalisés (et donc réalisés par le prestataire) que le responsable du cabinet constate par ailleurs.

Il faut souligner par ailleurs que l’externalisation de certains travaux du cabinet ne semble pas poser de problème particulier avec sa clientèle car en effet le responsable du cabinet affirme que certains clients sont bien au courant de sa décision d’externalisation de certains de ses travaux en Tunisie même s’il souligne par ailleurs que des points particuliers sur la confidentialité des données des clients ont été insérés dans le contrat d’externalisation avec le prestataire Tunisien. En effet comme cela a été dit plus haut, le prestataire s’est engagé à préserver la confidentialité des données des clients en signant une charte de confidentialité. Ce qui est de nature à rassurer le responsable du cabinet à Paris qui qualifie par ailleurs sa décision d’externalisation de réussite.

CONCLUSION GENERALE

Ce mémoire de fin d’études se conclut sur un certain de contributions à plusieurs égards. Tout d’abord, il nous a permis d’étudier une pratique que l’on peut qualifier d’émergente à savoir l’externalisation des les cabinets d’expertise-comptable d’où l’originalité de notre mémoire. En suite, nous nous sommes distingués de la plupart des études sur l’externalisation, en ayant recours à la sociologie compréhensive de Max Weber [Watier P., (2000)] comme cadre théorique. Ce faisant, notre mémoire a abordé l’externalisation en tant qu’une action individuelle porteuse de sens et en cherchant la signification de ce sens du point de vue qui est à l’origine de cette action afin justement de comprendre le « comment et le pourquoi » de la décision d’externalisation.

A cet effet, nos résultats ont été concluants. Ainsi, il est apparu que la décision d’externalisation de certains travaux du cabinet d’expertise-comptable terrain de notre recherche, relève de sa propre initiative et a été jugée par ce dernier à la fois comme importante et une nécessité. Nos résultats ont aussi montré que la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable n’était pas fortuite car en externalisant le cabinet visait des attentes particulières notamment de réduction de coûts et de recentrage sur d’autres fonctions jugées plus stratégiques. Ainsi, notre étude est venue réconforter l’idée selon laquelle l’externalisation est un moyen de réduire les coûts (théorie des coûts de transaction) et de se recentrer sur des fonctions stratégiques (théorie des ressources).

Nos résultats ont aussi mis en exergue les motifs d’externalisation du cabinet d’expertise- comptable qui se résument à un gain de marge sur les travaux de ses clients au travers d’une réduction des coûts du cabinet. Il est apparu aussi que les risques, et les avantages liés à l’opération d’externalisation ont été pris en compte par le cabinet lors de sa décision d’externalisation. L’analyse a en outre, révéler que le responsable du cabinet a des craintes d’une part sur l’opération d’externalisation et d’autre part sur son prestataire. Un autre point soulevé par les résultats de notre mémoire, est que des objectifs auxquels les deux parties sont tenues, ont été préalablement définis dans le contrat d’externalisation, et que des outils de suivi ont été mis en place afin de veiller au bon déroulement de l’opération d’externalisation (théorie de l’agence). Nos résultats montrent aussi que des points particuliers (relatifs aux cabinets d’expertise-comptable) sur la confidentialité des données des clients du cabinet ont

été soulevés dans le contrat d’externalisation avec une grande importance au travers d’une charte de confidentialité signée par le prestataire. Enfin, notre analyse renseigne que le cabinet d’expertise-comptable est moyennement satisfait de on prestataire mais qualifie tout de même de réussite sa décision d’externalisation.

Bien que notre travail s’avère original tant sur le sujet traité que sur le cadre théorique utilisé, nous sommes conscients toutefois d’un certain nombre de limites. Tout d’abord, les références bibliographiques citées dans la partie « revue de littérature » ont été volontairement limitées aux seules recherches francophones sur l’externalisation. En sus de cela, et même si nous avons puis adapté nos questions contenues dans notre questionnaire à notre cadre théorique en l’occurrence la sociologie compréhensive, la technique de recueil de données basée sur la l’interview semi-directif nous a semble beaucoup plus cohérent avec la sociologie compréhensive, donc notre cadre théorique.

Les recherches futures peuvent s’intéresser sous différents angles à la problématique de l’externalisation dans les cabinets d’expertise-comptable étant donné même l’émergence de la pratique et la spécificité de la profession comptable. Ces recherches peuvent chercher à élargir davantage leurs échantillons afin de saisir l’ampleur de la pratique de l’externalisation par les cabinets d’expertise-comptable.

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ANNEXES

I. ANNEXE 1 : LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Différence entre externalisation et délocalisation

Tableau 2 : Synthèse des chiffres des cabinets de 1 à 49 salariés

Tableau 3 : Répartition du chiffre d'affaires par activité des cabinets de 1 à 49

II. ANNEXE 2 : LISTE DES NOTE DE BAS DE PAGE

1

2

3

4

5

6

III. ANNEXE 3 : QUESTIONNAIRE SUR LA DECISION D’EXTERNALISATION DU CABINET D’EXPERTISE-COMPTABLE

LA

COMPTABLE

Résumé :

DECISION

D’EXTERNALISATION

D’UN

CABINET

D’EXPERTISE-

Ce mémoire de fin d’études cherche à comprendre : la décision d’externalisation d’un

cabinet d’expertise-comptable. En effet, cette décision d’externalisation en tant

qu’une action individuelle à un moment donné est porteuse de sens. Au-delà de toute

explication théorique de cette action individuelle, il convient de comprendre toute son

essence et sa signification. C’est justement ce que permet le cadre théorique choisi dans

ce mémoire en l’occurrence la sociologie compréhensive de Max Weber pour

comprendre à la fois le « comment » et le « pourquoi » de la décision d’externalisation

en question. Avec une méthodologie de recherche adaptée à ce cadre théorique dont

l’originalité est généralement admise, les résultats obtenus ont été concluants. Ainsi, il

est apparu que la décision d’externalisation du cabinet d’expertise-comptable était une

initiative propre de ce dernier ; importante ; et une nécessité qui a permis au cabinet de

réduire considérablement ces coûts et de se recentrer davantage sur d’autres fonctions

plus stratégiques comme la gestion de la relation-client.

Mots-clés :

Externalisation, Décision, Cabinet d’expertise-comptable, Sociologie compréhensive, Théorie des coûts de transaction, Théorie des ressources

THE OUTSOURCING DECISION OF A GIVEN CERTIFIED ACCOUNTING

FIRM

Abstract:

This dissertation explores the outsourcing decision of a given certified accounting

firm. Indeed, the decision to outsource, as a personal action at a particular time, is

meaningful. Beyond any theoretical explanation of this individual action, it is

enlightening to understand its true essence and its meaning. That is precisely what

makes the theoretical framework chosen in this dissertation, in this case Max Weber’s

interpretive sociology, viable in order to understand both the “how” and the “why” of

the outsourcing decision that is the object of our research. With a research methodology

suitable for this theoretical framework, the originality of which is generally accepted,

the obtained results were inconclusive. Thus, it appears that the outsourcing decision of

the certified accounting firm examined in this study was an initiative particular to this

cabinet, of internal importance, and a necessity that allowed it to greatly reduce its costs

and to focus on more strategic functions, such as managing customer relations.

Key words:

Outsourcing, Decision, Certified accounting firm, interpretive sociology, Transaction Cost Theory, Resource theory

40