T.

P 19 : MÉCANIQUE DES FLUIDES
Ce T.P est à réaliser en une heure, avec de l’aide (professeur, personnel de laboratoire). Les manipulations sont réalisées une seule fois devant tous les groupes, qui notent les mesures. Objectifs : • Réaliser des expériences simples de mécanique des fluides dans deux cas limites : écoulements de Stokes à faible nombre de Reynolds, et écoulement à grands nombre de Reynolds. • Mesurer la viscosité d’un liquide. • Mesurer une vitesse avec une sonde de Pitot, mesurer le C x d’un corps placé dans un écoulement turbulent. Notions à dominer : • Nombre de Reynolds, formule de Stokes pour la traînée d’une sphère, loi de Poiseuille, loi de Bernoulli, coefficient de traînée.

1. ÉCOULEMENT DE POISEUILLE DANS UN TUBE CYLINDRIQUE
1.1 Principe On cherche à vérifier la loi de Poiseuille donnant le débit volumique d’un fluide s’écoulant en régime stationnaire sous une différence

πd 4 ∆p . 128ηL (Q1) Définir le nombre de Reynolds caractéristique de l’écoulement du fluide. Pourquoi la loi de Poiseuille ne nécessite-t-elle pas que l’écoulement se fasse à Re < 1 ?
de pression ∆p dans un tube cylindrique de diamètre d et de longueur L à nombre de Reynolds Re inférieur à 1000 : qV = 1.2 Manipulation On impose à l’entrée de trois tubes capillaires horizontaux une surpression ∆p hydrostatique obtenue en plaçant un récipient rempli d’eau de masse volumique ρ à une hauteur H réglable, au dessus des petits tubes. Un tuyau permet à l’eau de s’écouler vers la nourrice sur laquelle sont fixés les trois tubes capillaires dont on donne les dimensions : tube n°1 (violet) : d = 1,8 mm ; L = 1,00 m tube n°2 (violet) : d = 1,8 mm ; L = 2,00 m tube n°3 (transparent) : d = 3,0 mm ; L = 1,94 m

eau dont il faut maintenir le niveau stable H

°1

°2 en tu b

tu b en

tu b

en

°3

robinet d’arrêt

nourrice

(Q2) Justifier l’expression de la surpression ∆p = ρgH 1) Mesurer la masse à vide des trois béchers destinés à recevoir l’eau qui s’écoule par les trois tubes. 2) Régler H = 80 cm . Purger le système (ouvrir quelques secondes le robinet de la nourrice). Placer un bécher à l’extrémité de chaque tube (le récipient le plus grand pour le tube n°3). Ouvrir le robinet de la nourrice et déclencher aussitôt le chronomètre mis à disposition. 3) Fermer le robinet au bout de deux minutes et mesurer à l’aide d’une balance le volume d’eau qui s’est écoulé dans chaque récipient. En déduire les débits volumiques : qV 1 = m 3 ⋅ s -1 qV 2 = m 3 ⋅ s -1 qV 3 = m 3 ⋅ s -1

′ 4) Recommencer avec H = 40 cm , mais seulement pour le tube 3 : qV 3 =

m 3 ⋅ s -1 .

3 Exploitation ∆p . En déduire les vitesses limites pour chaque bille : v1lim = cm ⋅ s -1 v2lim = cm ⋅ s -1 4) Récupérer les billes en leur faisant remonter le tube à l’aide des aimants mis à disposition. (Q3) Justifier la forme de δ. L 2) Mettre en évidence en déterminant l’équation de la droite Y = ln(qV ) en fonction de X = ln(d ) la loi qV ∝ d 4 . Le récipient est un tube cylindrique vertical en verre.3 Exploitation 1) On prend g = 9. Repérer les dates de passage au niveau des différents repères. suffisamment long pour que l’on puisse effectuer des mesures de vitesse à l’aide d’un chronomètre en repérant les dates de passage de la bille au niveau des repères tracés sur le tube. l’écoulement de Poiseuille ne s’établit pas dès l’entrée du tube mais sur une distance δ ≈ 0. En déduire leurs rayons : r1 = mm r2 = mm 2) Préparer le chronomètre. 4) Calculer le nombre de Reynolds pour chaque écoulement. À quelle condition sur Re la loi de Stokes est-elle valable ? Montrer que la durée caractéristique de l’établissement d’un régime stationnaire pour l’écoulement est τ = que si l’on note vlim la vitesse de la bille en régime stationnaire.2 Manipulation 1) On dispose de deux petites billes de rayons différents (prendre les deux plus petites billes) dont on mesure les diamètres au palmer. (Q4) Définir le nombre de Reynolds caractéristique de l’écoulement du glycérol autour de la bille. Lâcher la bille sans vitesse initiale le plus près possible de l’axe du tube et déclencher le chronomètre. r r r On suppose que la force de traînée qu’exerce le glycérol sur la bille vaut Ft = −6πηrv (loi de Stokes). 5) En réalité.1 Principe de la mesure On laisse chuter sans vitesse initiale une petite bille sphérique en acier (de masse volumique ρ0 = 7800 kg ⋅ m -3 ) de rayon r dans du glycérol de masse volumique ρ = 1260 kg ⋅ m -3 et de viscosité dynamique η . 9vlim z 2.8 m ⋅ s -2 . Il y a-t-il lieu de modifier les résultats précédents ? 2. 2. on a η = O v 2ρ0 r 2 et 9η 2 gr 2 (ρ 0 − ρ) .03d ⋅ Re . VISCOSIMÈTRE À CHUTE DE BILLE 2.1. En déduire les valeurs de la viscosité du glycérol obtenues avec chaque bille : η1 = Pl Pl Re2 = η2 = Pl et comparer avec la valeur fournie par les tables pour du glycérol à 20°C : η = Donner les valeurs de Re pour chaque bille : Re1 = Conclure sur la validité de la loi de Stokes. où v est le vecteur vitesse de la bille. La comparer à la valeur tabulée : η = 10−3 Pl à 20°C. Commenter. Quelle est la bille donnant a priori la valeur de η la plus fiable ? . 1) Mettre en évidence la linéarité du débit volumique avec le gradient de pression 3) Déduire des mesures la valeur de la viscosité de l’eau. 3) Vérifier que la bille atteint bien un régime stationnaire.

Compléter le tableau suivant : section A ( m 2 ) 0. stationnaire et incompressible.018 0. SONDE DE PITOT 3. le niveau du liquide est repéré par x = 0 . 4) Les sondes de Pitot doivent être utilisées en régimes hautement turbulents.1 rad par rapport à l’horizontale. parallèlement à l’écoulement.017 0. Définir puis calculer la valeur du nombre de Reynolds pour la vitesse maximale du tableau. Celui-ci fournit en conséquence aussi bien la différence de pression p A − pB (en Pa) que la vitesse v de l’écoulement.8 ⋅ 10−5 Pl . (Q5) L’écoulement est supposé parfait.1 Principe On place une sonde de Pitot dans un écoulement d’air (de masse volumique ρair ).3. (Q6) Montrer que la vitesse de l’écoulement est donnée par v = la dénivellation lue sur le manomètre. En l’absence d’écoulement.019 0. Avant chaque mesure. Placer à la main (le chariot de la photographie n’est pas nécessaire) la sonde de Pitot de manière à ce qu’elle soit bien horizontale et que son extrémité se trouve à la verticale d’une des indications de section.020 0. Expliquer comment on peut mesurer la vitesse de l’écoulement en mesurant la pression p A à l’entrée du tube et p B en un point B à l’aval sur la paroi latérale du tube. Commenter la valeur trouvée. en m 2 . Ce liquide ne doit ni être bu ni respiré. 3. La partie rectiligne du tube en verre du manomètre est inclinée d’un angle θ ≈ 0. Justifier en donnant la valeur de la vitesse du son dans l’air à 293 K. Un manomètre différentiel est rempli d’un liquide de couleur rouge de masse volumique ρ qui a permis l’étalonnage de l’appareil. sont indiquées). laisser passer une dizaine de secondes pour que le niveau du liquide dans le manomètre se stabilise. . pB x pA 0 θ 2 gρx sin θ où x est ρair Attention ! Manipuler avec précaution le manomètre en prenant soin de ne pas exercer de torsion sur les tubes : le liquide du manomètre peut alors s’écouler au niveau des joints entre les tubes en plastique et le verre. et il faut laver à fond les endroits de la peau qui ont été en contact avec ce produit. manomètre tunnel aérodynamique sonde de Pitot rampe de Bernoulli 2) Régler le ventilateur au maximum. On donne ηair = 1.015 v ( m ⋅ s -1 ) qV = Av ( m 3 ⋅ s -1 ) 3) Commenter les résultats trouvés.2 Mesures 1) On dispose d’un tunnel aérodynamique dans lequel on a placé un plan incliné (rampe de Bernoulli sur laquelle les différentes sections de l’écoulement.016 0.

positionner le peigne à l’aide d’une vis. dynamomètre potence rail chariot sortie du ventilateur profil 4. Mesurer avec la sonde de Pitot la vitesse de l’écoulement à une dizaine de cm de la sortie du ventilateur. 3 et 6. 6) Recommencer pour les trois autres profils possédant le même maître-couple. On étudie d’abord quatre profils possédant le même maître-couple (disque de diamètre Φ = 5. Ce dernier indique 0 N quand l’air est au repos autour du profil. décrocher le chariot.6 N). Dans ce cas. 7) Recommencer avec deux autres profils cylindrique n°5 et n°6 (et donc théoriquement de même C x que le profil n°4). Régler le ventilateur pour obtenir une valeur donnée (par exemple v = 8 m ⋅ s -1 ). Dans la gamme de vitesses d’écoulement que l’on peut obtenir avec le ventilateur. Φ = 5. Noter la valeur moyenne de la force de traînée lue sur le dynamomètre.5 cm v = v1 = F (N) Cx m ⋅ s -1 profil n°1 profil n°2 profil n°3 profil n°4 profil n°5 profil n°6 . 8) Recommencer pour plusieurs vitesses différentes. On prendra ρair = 1. 3) Il est possible de visualiser les lignes de courant à l’aide d’un peigne placé en amont du profil.4. 3 et 4.5 cm profil n°1 profil n°2 profil n°3 profil n°4 2) Mettre en place le profil n°1 en exerçant une légère pression.2 Mesures 1) Vérifier qu’en l’absence d’écoulement (ventilateur éteint). 2. on a C x ≈ Cte . le dynamomètre indique bien 0 N. Lorsque la soufflerie est enclenchée. et C x le coefficient de traînée du profil. On pourra la limiter aux profils 1.3 kg ⋅ m -3 . Compléter le tableau ci-dessous.5 cm ) : profils 1. 1 La force de traînée s’écrit : Ft = ρair S C x v 2 où S est le maître-couple du profil (surface de sa projection dans un plan orthogonal à 2 l’écoulement). mais seulement profil n°4 profil n°5 profil n°6 pour le profil n°6 et compléter le tableau correspondant Φ = 4 cm Φ = 8 cm Φ = 5.1 Principe de la mesure Un profil est attaché à un chariot en translation sur des rails horizontaux. mais de diamètres différents. Le chariot est lié à un dynamomètre. Cette méthode est très instructive et réellement utilisée pour visualiser les zones turbulentes dans un écoulement. maintenir à la main le profil dans l’écoulement et observer l’allure des fils en faisant varier la distance entre le peigne et le profil. TRAÎNÉE TURBULENTE : DÉTERMINATION DU Cx DE DIVERS PROFILS 4. l’action du ressort spiral du dynamomètre permet d’équilibrer la traînée et de lire la valeur de cette dernière (valeurs comprises entre 0 N et 0. Remplir le tableau ci-dessous.

Profil n°6 : v = v1 = F (N) m ⋅ s -1 v = v2 = m ⋅ s -1 v = v3 = m ⋅ s -1 v = v4 = m ⋅ s -1 v = v5 = m ⋅ s -1 4. ce qui entraînerait l’aspiration du liquide du manomètre dans les tuyaux en plastique ! 2) Compléter le tableau ci-dessous : i ∆pi = p1 − pi (Pa) 2 3 4 5 6 7 3) Mesurer la vitesse de sortie du tube à l’aide de la sonde de Pitot : v7 = le tube : qV = S 7 v7 = m ⋅ s -1 . on tient compte de la perte de charge. Ne pas trop serrer la vis qui vient pincer le tube. 15ρair m 3 ⋅ s -1 à celle déduite de la mesure de la vitesse en 2) Comparer la valeur numérique obtenue pour le débit : qV = sortie du tube. Attention ! ajuster la puissance pour que la dépression p1 − p4 (que l’on commencera à mesurer) ne soit pas trop importante. 3 et 5. 5 et 6. . Comparer les C x des profils 4. La pression p1 correspond à l’entrée du tube. montrer que les dépressions devraient être les mêmes au niveau des trous 1 et 7.1 Présentation 1) Remplacer les rails précédents par un tube convergent puis divergent dont la section varie entre 10 cm aux deux extrémités et 5 cm au centre.3 ou 6). (Q8) Montrer que le débit se calcule par la formule qV = S 4 32∆ p 4 où S 4 est la section au milieu du tube.2 Mesures 1) Prélever la différence de pression p1 − pi au niveau des trous latéraux prévus à cet effet. TUBE DE VENTURI 5. 5 et 6.8 ⋅ 10−5 Pl .3 kg ⋅ m -3 . Commenter. 5. La potence permet de maintenir le tube horizontal. La dépendance linéaire en S est-elle vérifiée ? 4) Mettre en évidence l’effet de la vitesse de l’écoulement sur la traînée. et le type de profil (1. leur distance au profil.3 Exploitation (Q7) En supposant l’écoulement parfait et à une dimension.3 Exploitation 1) Commenter les valeurs relatives trouvées pour les différents profils. 2 et 6. Estimer cette perte de charge (définie positive) entre deux sections consécutives : pc = Pa (estimation réalisée en supposant la section constante : même perte de charge entre deux sections consécutives). 3) Mettre en évidence l’effet du maître-couple S sur la traînée à l’aide des profils 4. et ρair = 1. 5. Compléter le tableau ci-dessous : i ∆ p i = ( p1 − pi ) − (i − 1) pc (Pa) 2 3 4 5 6 7 Tracer la courbe correspondante et expliquer son allure. 1) Comme ce n’est manifestement pas le cas. 5) Calculer le nombre de Reynolds pour les écoulements autour des quatre premiers profils. la pression manomètre tube de venturi 1 2 3 4 5 6 7 p4 à l’étranglement. 2) Commenter l’allure des fils selon leur distance à l’axe de l’écoulement. En déduire le débit volumique dans m 3 ⋅ s -1 5. On donne ηair = 1.

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