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RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT
DE

LA PENSÉE .lURIDÏOLi ET MORALE

EN GRÈCE

Mimmwu

m

le développement
I.A

DE

P

EN GRÈGE
(ETUDE sem;antique)

PAR

Louis GERNET
DOCTKl'R Es LETTRES

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PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RLE BONAPARTE, VI^

1917

584109
19

5.

S4

B«Cr«(^^ VERSION
•^

AVAILASie

PREFACE

présente étude est une étude de sémantique nous proposons comme matière de recherches un certain nombre de termes juridiques et moraux du grec
soi, la
:

En

nous

ancien
et

(1). 11

ordonnée;

faut bien qu'une pareille enquête soit définie il faut que Tunité d'un problème y préside, et
est le suivant.
il

ce

problème

A

l'époque classique,
;

y a véritablement des délits contre

l'individu

il

n'y a pas seulement des crimes contre les Dieux,

contre les choses sacrées ou contre la

communauté;

et

l'homicide, par exemple, au lieu de déchaîner une guerre entre deux clans, provoque en faveur de la victime un châ-

timent

collectif.

du

même

D'autre part, et suivant un progrès qui va pas, l'idée positive d'un coupable s'est dégagée
soit la responsabilité

d'une pensée primitive qui impliquait
solidaire

tion «

du groupe familial, soit, plus largement, une concepmystique » (2) du délit où il n'y a pas place pour la

11 va (le soi qu'en Grèce, c'est Athènes qui nous fournit le plus; comme grande majorité de nos documents en provient, il arrive que certaines questions, ou certains chapitres, intéressent la seule Athènes. Mais nous pouvons dire ici ce que nous répétons plus loin pour l'étude scientifique, la, restriction du champ d'expérience n'est pas nécessairement vice rédhibitoire. nous (2) Nous continuerons à nous servir de ce terme-là et d'autres analogues ne voyons pas moyen de faire autrement. Ils ont le défaut de suggérer une idée très inexacte c'est que ce qui nous paraît hors nature et plus ou moins inintelligible puisse paraître tel à une mentalité qui justement ne fait pas la distinction entre « naturel » et « surnaturel » (cf. E. Durkheim, Formes élém. de La

(1)

la

:

:

:

PREFACE

notion autonome d'une volonté criminelle. Nous dirons tout de suite, sauf à nous justifier plus tard de cette synthèse le droit pénal des cités grecques comporte une certaine
;

représentation de l'individu. Et nous nous demanderons comment le vocabulaire l'atteste-t-il, et comment l'histoire
:

des mots permet-elle d'en expliquer la genèse? La notion de l'individu, nous la considérons donc succesl'idée sivement sous deux aspects, objectif et subjectif d'atteinte à l'individu est étudiée dans la seconde partie; dans la troisième, la représentation du délinquant en tant
:

que principe individuel du délit. Mais puisqu'aussi bien ces conceptions sont naturellement encadrées dans une
la peine

pensée générale et que les notions générales du délit et de en sont pour nous la base nécessaire, nous avons

d'abord consacré à celles-ci une partie spéciale. On pense bien que le biais de la sémantique, par où nous

avons pris l'élude des notions juridico-morales, ne nous
offrait pas,

On prend mais nous devons marquer tout de
ce qu'on a

au premier moment, d'en faire le tour complet. nous avons trouvé que c'est beaucoup, ;
suite
:

comment

notre

notions qui font de la première partie se prêtaient directement à une l'objet car ici, objet et matière coïncident, le élucidation totale

matière

même

s'est

trouvée délimitée

si

les

dans les mots qui les désignent n'en allait pas de même pour les deux autres parties, où nous avions affaire à des éléments moins définis en euxdélit et la peine étant étudiés

il

mêmes,
du

plus.spirituels

tivement aucun terme
délit, l'idée

en un sens, et que ne traduit exhausl'idée de la personne comme objet
:

comme sujet du délit représenune certaine forme de pensée, répondent à un sentiment continu et diffus, plutôt qu'elles n'offrent au langage une
de l'individu
tent
vie relie]., pp. 33-40) et pour qui Texplication « théoloffique », suivant Comte, exerce sa vertu bienfaisante qui est de satisfaire et rassurer est donc entendu que des^épittiètes de cet ordre définissent seulement
la

vue de
rapport

l'esprit. Il
le

d'une pensée primitive à la nôtre.

après avoir été considérée occasionnellement dans la première partie quant à ses condiunité la le droit dénommable. nous avions un parti-pris. l'intelligence d'un pareil terme. qu'il n'y a rien à y perdre. s'il faut le dire. telle qu'on peut la retracer dans la suite de la littérature. et que.PREFACE m notion du respect de l'individu que postule pénal. Justibrièvement. De pareilles observations ont quelque chose de commun avec les « expériences pour voir ». l'interprétation des systèmes d'idées où l'engagent son passé nous faire pénétrer jusqu'à la racine fondamentale. d'après les données . Pareilles observations d'une catégorie elles se feront d'ellesvaudraient pour la dernière partie et son présent. sans intention et. mêmes. sans parti-pris. en tête de l'essai et portant sur un mot privilégié. Et l'utilité de celle-là. sans savoir précisément où l'on veut aller. pour l'essentiel. II tions-le Donc. apparaîtra suffisamment. autre chose : delà considérer de façon tout empirique. Nous avons On en verra la raison l'histoire des mots est partout la base de notre travail.ç. tions générales et à propos : — croyons-nous. désignation du délit public d'outrage 'jêpt. mais autre chose est de l'interroger en se plaçant délibérément à certains points de vue. sans quitter le terrain de la sémantique. Ainsi — du délit d'homicide ne sera directement étudiée dans la seconde qu'à travers le terme on verra. L'idée claire et distincte de l'individu est une conquête de la pensée humaine. doivent même : fait précéder ces trois études d'une étude préliminaire et toute descriptive sur l'évolution du terme uêpiç. Nous avons essayé de décrire cet avènement au point de vue du droit pénal.

t. ils sont encore domiles nateurs rités ni la langue d'un écrivain peut otfrir des particulaou manifester des prédilections mais outre que des unes : . marqué fortement quen l'espèce. réciproques. réalité objective et réalité sociale étaient termes . entre tous sémantique : . . rien autre chose dans une expérience cessus universel et fondamental que. D'autant que ce processus. arbitraire. et donc obéit à des lois nécessaires. celui des termes moraux manifeste à un degré éminent les caractères de l'objectivité. Revue des Idées. dépen: dre des hasards de Thistoire.. de la « grâce » d'un peuple ou des caprices de l'imagination morale. Comment les mots changent de sens. Moillel a : le plus fait pour accréditer déûnitivemenl cette opinion. et non pas de quelques-uns. 306 et s. voir notainuient L'élal actuel des éludes de liiif/uisflque générale (leçon d'ouverture du cours de f.rammaire comparée au Collège de France). et modeste « contribution que donner. IX. nous l'étudions dans les mots. tout : est sentile fait de (3) M. depuis des origines assez lointaines. qu'une » ? Mais traduite dans le langage qu'il faut. in Année Sociol. et qui atteste à des autres la direction n'est absolument un groupe les notions auxquelles le groupe mentalement attaché les vraies innovations sont tous. on le considère. 1906. : détinie.IV PREFACE la que nous fournit langue d'un peuple chez qui l'évolution morale. quel que soit le domaine où il ne pouvait pas. domaines de la sémantique. en l'interprétant. Certes l'expérience était particulière . nous avions en vue et. de l'initiative des sujets parlants. se laisse singulièrement observer. 11 a pp. Par là nous entendions retenir le cas c'est un progrec comme cas privilégié. Fût-ce dans des documents littéraires. Particulier ne veut pas dire spécial. Cette vérité ne peut être que générale elle vaut pour la autant que po^ir la phonétique et. peut aujourd'iiui poser comme admis (3) qu'indépendant. le langage On est une réalité objective. il à un seul de transformer le sens d'un mot n'appartient pas dont le milieu lui impose les acceptions. elle doit suggérer l'idée des relations profondes et uni- verselles entre les faits. pour l'essentiel. dans notre pensée.

philosophiques ou commune — sinon : mais il n'est qu'un langage peut l'exprimer. en tout cas à moins de frais et avec moins de risques certes. On nous objectera qu'elle l'est trop la réalité morale. l'étude de l'esprit humain un dans notre attardé.PRÉFACE : V Le langage est un fait social s'il s'agit de l'expression des idées morales. atteste encore de ces visées — . Hirzel. la philologie se voulait comme une province d'une grande étude. la formule est doublement vraie. dans dire. . tout cela. elle retrouvait une sorte d'âme éternelle de l'humanité vengeance. m Dans sa conception classique. R. attachement à l'égalité. Mais d'une prétention ainsi formulée. etc. il y a où l'appréhender : — l'histoire. et avec une pauvreté de contenu qui désespère. ou populaires. . faute d'être situé dans un milieu bien : : devra apparaître comme sous des espèces impersonnelles. ou à la banale répétition du se condamne ou aux déjà connu? — L'objection . Quand on reconnaîtrait. de ci de là. pas irréfutable dilemme où elle voyons nous essayerons de montrer que le nous enfermerait s'inspire d'une double : est spécieuse nous ne la et conception de la philologie qu'il faut aujourd'hui dépasser.. et quand elle avait encore de nobles ambitions. des étrangetés et une défini. collectives. il elle implique comme est advenu ce qui devait advenir l'unité concrète de Tesprit humain. dans interprétations superficielles tout ensemble et arbitraires. pourrait-on dans les institutions. dans les plus directement. domaine justement. en étudiant postulat les idées et les sentiments qui se traduisent dans une langue. y le qui paraît vouloir le traiter en réalité le fait. sympathie. vraiment. respect de la loi. à sa façon a t-il lieu de lui consacrer une étude reflet. de même la foi événements qui témoignent de réactions dans les théories. autonome et qui.

et rien de le mot Oifji'. point de pertinent.ç quand on en a déduit plus on n'a pas expliqué logiquement les diverses acceptions de la Thémis des oracles. d'enseignement positif sur là conscience grecque. celle qu'on négligée avec mesure et sans règle. au demeurant. toutes les « démocraties » et qu'il n'y fini. ni pourquoi le mot oUri en est venu à désigner la vengeance. mais elle ne sera qu'une servante. quand on a dit que la réflexion avait reconnu une étrange facilité. puis n'est tions de la pensée logique pareille philologie — objective. on se placera au point de vue d'une conscience impersonnelle. elle n'ose pas croire à son objet. Ainsi.VI PRÉFACE sorte de non-conformisme humain. il n'est que d'en voir le fort soumission aux textes et sobriété intelplacer d'abord : : lectuelle — au point de vue et sans — des sujets parlants . sous le soleil. Le résultat. sinon peut-être que c'est la même chose dans méthode. puis. sans avertir et rendre compte. mais aux sans s'en sens d'un mot. . on : étofferait Tétude. dans ni au second moment — nécessairement l'idée de justice celle de talion. et l'on déroule tout ce qui se trouve on peut se donner impliqué dans le mot. ni au premier en acceptant d'aussi bon gré et comme adéquate la perception de ses en travaillant sa matière au gré des inspiratémoins. reste une pure Idée. volontiers on demandera. Quand on a on est aussi avancé c'est une paresse d'esprit en action. L'histoire ne chez une des pas l'humanisme nôtres — n'a pas cessé de saluer une maîtresse sera l'essentiel est ailleurs. logiquement « sens et de l'illusion de remonter en deçà primitif » : — redescendre au-delà se plie avec : — sens « dérivés » — car — la matière Vêtement verbal. a rien de nouveau . non pas au grec. la Justice. . Grecs le appel. on le voit par Hirzel qui va bravement jusqu'au bout de la par exemple. on ne la nourrirait pas « ce sont îlots de barbarie « civilisée » race » éminemment — en qui. Quant au positif de la interroge elle consiste à se méthode.

que la distinction du matériel et du spirituel qui. t. et dans l'expression directe des idées morales. il admet d'une part des « : réalités ». . bien sûr. et de proposer une critique des conceptions très répandues qui se trahissent dans son plan même {Amiée SocioL. Croiset. . est particulièrement accentuée dans les Déynocraties nous avons eu occasion de traiter cet ouvrage comme représentatif. Il a chez l'historien comme une tendance invincible au y — dualisme (4) . traiter Iç langage pour lui-même. Il ne les considère pas séparément il : reconnaît bien que les institutions manifestent ou déterminent une certaine psychologie. il croit voir attestés certains principes le des institutions. Glotz : Ici encore il faut dénoncer des propre. SIxt]. l'élucidation diligente des mots OÉpiLç. (5) Le concept d'institutions sera pour nous à la fois plus large et plus défini qu'il n'est d'ordinaire. fût-ce dans l'expression des idées morales.). en a moins que jamais dans ce domaine. Ce n'est pas seulement une constitution politique ou une organisation du droit que nous comprendrons sous ce terme.PREFACE : VII Entendons-nous à le prendre au pied de la lettre. et ne comptematériaux. La philologie nous a amassé des nous a enrichis de suggestions. collectif. à savoir. a bien servi la théorie du droit préhistorique dans la Solidarité de mais. XI. les institutions (5) et d'autre part. encore un coup. dira-t-on. le mot ou grossier. d'une façon générale. au demeurant. les représentations et sentiments d'une époque et d'un milieu. préjugés. : analyses d'un 0. mais toutes les réalités permanentes et en quelque sorte solidifiées qui expriment l'action du groupe sur les individus un système de rites est une institution une forme ou un régime économique sont des institutions une langue est une institution. : L'expression en . c'est tout ce qui lui apparaît comme matériel . elle éclaire d'une lumière précieuse une étude proprement historique. — c'est justement pourquoi on peut à l'occasion. n'a aucune raison d'être dans la science positive. on ne voit pas en quoi l'étude même d'une catégorie de termes peut avoir un objet M. Miiller relaelle aurait bien droit à la d'histoire reconnaissance. ou elle ne sera point. et par exemple. 331 et s. Mais. C'est justement parce que (4) va-et-vient des antiques' de M. d'un terme une certaine psychologie. etc. cp'lXoç. pp. On voit tout de suite. serait injuste rait-elle à son actif que les tives à la vengeance du sang. elle n'est utile que nourrie la philologie sera science auxiliaire.

VIII PRÉFACE actions et réactions s'impose à sa vue et semble conditionner son objet qu'il ne peut concéder à l'étude philologique aucune espèce d'autonomie. Et les difficultés ne s'arrêtent pas à cette incertitude peut-on accepter que l'idéalisme d'un peuple soit un inconditionné. Dans ces conditions. mais c'est proprement les croyances qui. sinon même une explication exhaustive plus. c'est souvent : aux unes effet il et aux autres. n'apparaîtrait ni aussi extérieure aux institutions ni en définitive aussi mystérieuse dans l'étude d'une société. psychologie l'historien était vraiment elle conçue pour ce qu'elle est au fond. et qui se peuvent considérer aussi bien dans les institutions que dans les consciences la réalité sociale est en son fond une réalité psychologique. qu'on ne fait pas. xMais la conception de ces rapports réciproques ne laisse pas d'être confuse. Ce sont des idées et des sentiments communs à tous qui entretiennent la vie d'un groupe. ou la pensée qui commande les institutions? Tour à tour et sans règle s'affir- primat de l'une ou des autres. sont matière de science. peut-on vraiment reconnaître un certain? — Que si les institutions sont la « cause . comfaut bien se représenter cette causalité concrète ment se la représenter? Comme un rapport « d'influence » ? métaphysique du sens commun elle n'a jamais rien expliqué. ». Heureusement qu'en fait. dans le droit. irait à admettre une sorte de parallélisme psycho-social inuC'est de la : : tile d'insister sur les difficultés nouvelles qu'il soulève. toutes ces questions sont bien le vaines parce que Si la dualisme qui dont traite les provoque est factice. Sont-ce les institutions qui déterminent la pensée. La dernière démarche. ni les théories morales. elle : serait l'objet essentiel. et comment conditionnera-t-il celte réalité solide qu'est un droit? Bien mera le : dans des théories morales ou dans des intentions qu'on cherchera au moins un point de départ à l'explication. et non seulement le droit repose : sur des croyances. pour collective. ni le vouloir .

Réalité que nous garantit ce qu'il y a d'inconscient ou de subconscient dans la langue. ce qu'il y a souvent d'insuffisant. en traversant la conscience — des sujets parlants. produise la représentation commune dans un milieu individuel. et que nous pourrons retenir. 6). En revanche. par méritent plus cet intérêt complaisant que exemple ce sont des signes. Mais antérieur aux esprits individuels. du reste. ne sera : foi. cette pensée en lui. traduction que peut se donner de la représentation collective une conscience plus ou moins réfléchie. à titre de document. IX. et c'est justement le langage qui lui-même. ils se font d'ailleurs (6) En eux-mêmes. ce qui ne relève pas d'une action intentionnelle et nous ne voulons pas dire seulement les changements de sens qui ont bien pour lieu la conscience collective et dont les individus comme tels peuvent ne pas se confusément. dépôt de la pensée morale. ils ne peuvent être qu'inconscients en général sur un assez long espace de temps. Quant à l'idée même d'évolution sémantique. telles notions. nous. Sans faut bien que le mot. par transitions insensibles. il de celte pensée est immédiatement sensible. collectif doute. Meillet {Année SocioL. par elle seule. ils offrent la leur accorde Thistorien d'un individu — ne — . : tères éclatants cieux que les atteste la pensée sociale en caracen lui tout un enseignement préporte consciences individuelles n'aperçoivent que il il une réalité solide sur quoi ne mordent point. le caractère se laisse directement appréhender pas pour nous article de . p. considéré en lui-même et dans toute la série de ses emplois. en vertu de cette disconlinuité dans la transmission du langage sur quoi insiste M. à chaque fois qu'il est prononcé de là. il est notable que les Grecs ne l'aient pas eue nettement ils savent bien que : . mais la tra- duction n'est pas nécessairement adéquate même la caractéristique d'un délit chez un orateur. il retient toute les fantaisies individuelles : rendre compte (6).PREFACE IX les « intentions » d'un législateur. En lui. d'in- certain ou de superficiel dans les définitions de termes que nous trouvons chez nos propres témoins. mais la permanence de . il est un objet d'emblée nous sollicite.

.. l'emploi fréquence tiques absolu d'un verbe. de plus immédiat et de plus superficiel pour l'observateur. ou même que leur sens matériel n'est qu'au temps de Solon (Lysias. {!) 161 A). ce sera encore ce qu'il y a de moins subjectif dans le langage. Charm..X PRÉFACE implicites et cependant reconnaissables. qu'un terme en pleine époque classique retient la forme inconsciem- — ment tenace d'une pensée primitive . 13-32). en comprenant par là ce qu'il y a de plus conscient pour les sujets. A plus forte raison. paraît souvent inopérante. qui feront. n» 24. 27). par exemple. utilisaient son vocabulaire moral comme s'il n'eût i)oint de date (cf. par exemple. ou la subsistance de ces valeurs obscures qui ne peuvent être reconnues qu'après coup. la construction d'un nom. annoncent déjà et suggèrent des sentiments inédits. p. avons donné comme un spécimen de la méthode (pp. cf. G. tendues vers un avenir prochain. p. par ex. E. si la philologie lyse. c'est en partie parce qu'elle n'ose pas être assez philologique de trop bonne foi. 41. un sens pourtant qui sens du motàTifxo. pp20. elle C'est sur tout cela : admet que toute son affaire est de dire les sens des mots. ou la timide apparition de celles qui. (R. Platon.. Verhann. 56). distribution des formes : la que nous avons voulu fonder notre anaPar quoi nous laissions entendre que. décèlent parfois une manière de sentir ou de penser collective (7). 16-20). dans un exemple ancien sur le — est encore attesté vers 450 (Usteri. au celle iv» siècle. Mais la : transformation des valeurs morales reste inaperçue de là des erreurs 10) comme que commet spontanément un Aristote ('a6. . JEcht. tombés en désuétude. XVII. que l'action obsédante des termes moraux impose impérieusement aux esprits. certains mots sont plus lente le même. Dans un petit travail sur le mot aoesvTf. nous 23. XXII. la du discours et les usages syntacde telle expression substantive. les Grecs de l'âge classique.. X. le souvenir d'un rite religieux. par la comparaison des emplois qui auront pour origine. u. comme celle d'un certain type de solidarité. lIoX. fidèles à un enseignement qui avait nourri leur jeunesse et lisant Homère comme ils eussent fait un contemporain.

échelonnées sous la façon des dictionnaires. nous admettons a priori qu'il y a des attaches profondes. la et on ne pensée morale serait en quelque sorte aveugle : si le langage ne pourrait parler de conscience collective sans cesse. assure leur esprits. nous dirons qu'il y a des postulats de la sémantique. D'après l'idée que nous nous faisons de notre objet. figées forme d'articles suivant comme elles apparaissent au et discontinues. dirons-nous. qui nous apparaîtrait vide. Mais inversement. leurs différentes significations ne peuvent plus nous apparaître. pour ainsi dire. dans la construction devra les notre domaine tout au moins : éprouver. et non pas seulement ce rapport extérieur que définissent des expressions logiques comme « élargisse- ou « rétrécissement de notions ».PREFACE XI IV La question ne se pose plus de savoir si et dans quelle mesure nous utiliserons les « institutions » autres que le nous les utiliserons tout le temps. premier moment. En d'autres termes. D'un sens à l'autre. Constatons-nous un même terme et à une même époque uêpiç notampour ment est caractéristique de cette bigarrure une série d'em» ment — — plois divers et comme sens. sans elles. Encore est-il que signifie c'est elle qu'il nous faut des principes. langage nous ne saurions apercevoir le contenu de la pensée morale. le langage nous l'explicitait — — : une logique d'une espèce particulière nous entendons restituer. mais pourquoi ne pas les avancer dès maintenant? 1° Si les termes moraux ne valent pas seulement par ce qu'il y a en eux de conscience claire et de notions tout de suite évidentes. mais par toute une psychologie collective qui commande efficacité sur les leurs emplois et. de sens séparés? Ce sont moins des que des valeurs successives dont le lien .

plus obscur si y a quelque chose de l'on veut. comment l'attiment n'est pas indéterminé teindre? Dans certains emplois caractéristiques qui nous renvoient à la pensée des plus vieux âges. mais plus réelle aussi bien. Le principe de continuité implique qu'il ne faut pas considérer seulement dans les termes moraux les idées plus ou moins définies et souvent superficielles qu'au premier moment ils semblent exclusivement connoter il n'y dans 2^ . de plus objectif le sentiment. il n'a d'abord. que le : sens de déshonorer en maltraitant » mais sous un pareil d'idée générale type qui offre bien ce qu'il y a de plus extérieur dans la pensée puisqu'il ne répond qu'à une « — . à propos d'une société qui a changé.xiÇ(o même dans ses emplois anciens.XÏI PREFACE spirituel nous est garanti par ce pouvoir du mot qui symbolise Tunité de la conscience collective. lorsque logie et le comme et sens d'un terme s'est modifié. mais qui a changé toute seule pour ainsi parler. Constatons-nous. « expérience vague » de. : mot même un y a là l'expression grossie d'un phénomène général dirons que. qui forme la base des notions et comme la trame des sens. mais de plus vivant aussi et. en fin il : de compte. nous y a il une pensée plus cachée. nous voyons les — termes moraux receler la notion du rite. a pas en eux que de l'intelligence. et en conservant une espèce d'identité. derrière le sens immédiat d'un terme. et qui en constitue le centre de gravité. Soit le mot à£'. Comme il presarrive souvent des « origines ». Même de façon générale et sauf action pertubatrice.> sujets parlants comme de l'obser- . dirait-on. Mais ce sens'il l'était. un rapport d'anade proportionnalité entre les emplois d'un moment ceux du moment postérieur — ainsi dans la Tiatopta-vengeance et dans la ^[jiwpU-pénalité? Nous consi- dérerons qu'une certaine forme de pensée se perpétue au cours de l'évolution. et que l'efficacité ressentie de ce dernier entretient dans le tige il impérieux. nous avons présumé la continuité les changements sémantiques.

s'avère fort bien à des époques différentes dès lors qu'on le considère à des plans différents (9). et non pas purement temporels même lité processus (8). qu'un par exemple le passage d'une menta: (8) Môme toute proche encore de ses données concrètes. en particulier. nous pouvons cons: étude asservie absolument à la tater différents étages. 3° En dernier soit lieu. dans des emplois relativement récents à une même époque. et entre lesquelles s'atteste une correspondance. puis tel autre. l'action est inconsciente pour une large part nous la reconnaîtrons par le : rapprochement des emplois d'un même terme et par la confrontation des termes qui obéissent aux mêmes tendances. primitive à une mentalité rationnelle. (9) Du reste. propres à une société définie. C'est la représentation collective que nous étudions en lui. l'observation historique confirme cette manière de voir. nous ne saurions accepter que notre chronologie de ses données.PREFACE vnteiir XIII on aperçoit des notions spécifiques. M. Dans la conclusion de son beau livre sur Le nombre duel en grec. de là vient. nous ne les cas : le mot sommes pas obligés d'affirmer dans tous a d'abord eu tel sens. et l'histoire brute des mots ne nous intéresse pas en elle-même. Cuny marque un rapport entre l'évolution de la langue et l'évolution de la sculpture en Attique c'est un même processus. autour desquelles gravitent les emplois du mot. Autre chose est l'explication génétique d'un phénomène. une explication objective est celle qui atteint des rapports nécessaires. à considérer le langage dans son rapport avec les autres insti: . Plus encore parce que nous essayons de reconstituer une évolution dans la suite des valeurs recelées par un même : terme. des couches successives de pensée. autre chose la simple description de ses témoins dans leur succession concrète. — Des jugements de valeur qui commandent ainsi l'usage et qui fondent ainsi l'objectivité du mot. Et l'on y considère plutôt un temps abstrait que la durée brute. Aussi bien. Une mentalité ancienne peut encore se produire en survivances incontestables. mais les deux évolutions ne sont nullement synchroniques.

11 nous a paru que le grec nous offrait riche matière. pTjTwp si elle était est même la fonction du quelque part en Grèce. de la vie du caractéristique. pour En l'absence. de fait. relève à la le plus souvent. pourtant. le : aLoiy. 286) qui portent principalement. à Rome. se prêter à nos fins. ils reflètent plutôt qu'ils ne définissent la représentation collective. d'un organe spécialisé du droit (10). r. (10) En regard. les contours en restent indécis le . Pour des raisons qu'il est facile d'apercevoir.XIV PREFACE va de soi que ces postulats nous étaient suggérés par l'observation. 1« partie. il faut bien sans doute des conditions favorables. témoins. implicitement ou explicitement. chap. p. — droit (11). nos raître les conditions d'un pareil état serait en eux seuls. (11) Gf. C'est là un principe secondaire auquel. les notions n'ont pu se ainsi dire. et ce sera conclure ces observations de méthode que d'en analyser les ressources. le grec ne présente pas une ligne de démarcation bien nette entre juridique et le moral fois de Tun et de l'autre. pour qu'elle puisse même. § . d'une manière générale. nous nous référerons assez souvent. dans un langage technique. Perrot (Essai chronisme — sur le droit public d'Athènes. elles sont pour beaucoui). 11 est certain que. la compétence : et l'autorité. on peut dire qu'il a une tendance à relarder — même absence de synen ce sens que. le droit civil des pratiques comme la dans la « vocation » juridique du peuple romain. on peut retenir les judicieuses observations de M. et. sur rédaction de la formule par le préteur auraient grandement favorisé. Soupétrifier. en fait.Eh^ par exemple. le passé y est généralement plus discernable. pour l'ordinaire. Ils s'adressent communément à de grands jurys populaires. vent même. et les docu- ments mêmes qui nous restituent droit laissent transpaces orateurs. et par avance ils tutions. et contribuent à expliquer la supériorité intellectuelle du droit. : il est vrai. la formation d'un vocabulaire technique. ni. pour que l'étude d'un vocabulaire Il puisse les exploiter.

dans le domaine juridico-moral. l"*avènement d'une pensée rationnelle. moment où ils entendent la formuler. Ici comme ailleurs. directement à l'expression populaire de la pensée juridique. Juger est l'affaire du lui-même. mais comme témoignage pertinent: avec termes juridiques. la traduit encore pour la plus grande part et il se trouve que cette traduction est particulièrement limpide. certains délits religieux. dans son ensemble. c'est que le sentiment la domine. l'Aréopage a beau peuple subsister. pour la pensée juridique. une idée Ce défaut même comporte pour adéquate du délit d'jgpi. et l'usage de ceux qu'on pourrait dire des spécialistes. par exemple. saires. Dès lors. qui connaît d'une bonne partie du droit pénal la — (le délits politiques) le meurtre. nous la trouvions dans la . la mentalité grecque . c'était étudier une espèce de logique.. il n'y a pas solution de continuité même l'expression législative ques : . ceux-là s'organisent immédiatement en systèmes. — De ces procédures légitimes ou plutôt néces: on voit tout de suite le bénétice nous étudions la pensée morale à travers le droit criminel parce que c'est le droit criminel qui. il convient d'utiliser les termes purement moraux. Une autre condition favorable. Or. l'étude du grec nous offre d'apercevoir. dans une société antique. par moments certains il y a là une condition fondamentale pour : vocabulaire juridique et. de grands avantages nous si la représentation est en un risés . il convient de retenir comme éminemment emplois non juridi- instructifs les textes littéraires et les entre l'usage du poète tragique. dans le — : sens indéterminée. un sentiment collectif qui reste ainsi apparent dans le vocabulaire. Nous avons posé en principe qu'étudier l'expression des idées morales.PREFACE XV en subissent a ^) pensée et la passion. un principe d'indétermination qui prévaut chez les plus auto- nous verrons que les orateurs ne nous offrent pas. non pas seulement à litre d'indication se rattache les ou de suggestion. nature de l'intelligence grecque. Dès lors aussi.

Le Problème du devenir. Durkheim et M. celle qu'on a pu qualifier de a prélogique » (12). sieurs travaux . est trop lointain sa mentalité et sa moralité se laissent assez bien ressaisir. A. et souveraine. p. . l'expérience grecque est encore privilégiée. et on a déjà pu se rendre compte que la philosophie et la science en retenaient bien quelque chose (13). et l'intégration des familles dans un groupe gation — Lévy-Bruhl. par exemple... l. car on y aperçoit nettement les phases successives par où la constitution sociale est passée. Pludo l'école sociologique portent. pp. celui du vévo^ ou clan. Assez bien aussi se manifeste le double procès séculaire qui s'achève à l'établissement définitif de la cité la désagrédu vivo. . a connu les formes primitives. De quelques formes primitives de classification {Année socioL. On sait comme diffère de la nôtre la mentalité propre aux sociétés primitives. présente étude éclairera donc peut-être un phénomène très général. Hubert et M. La Grèce. pp. c'est de savoir comment s'est fait le passage aux formes modernes de pensée. môme. elle. taires de la vie religieuse. Malss. Théorie générale de la magie {ib. Elle a été décrite. modestes lueurs. et II. Les et le vocabulaire y laisse représentations morales aussi : assez bien transparaître l'évolution logique pour nous faire ressaisir parfois un véritable trait d'union entre la pensée religieuse — ou magico-religieuse — et la Dans un domaine la restreint. dans la philosophie grecque. exclusivement ou non.. Hubert et M. sur le môme objet. celui de la famille autonome précisément pour nous être restitué par des documents contemporains mais . Mauss. VU. . Les fondions mentales dans les sociétés inférieures. A les modes de l'intelligence et la cet égard. et par de très pensée positive. Dlrkiieim. 200-336 . 501-528. 1 timide. cf. Mais le point de vue sociologique consiste justement à admettre une relation entre structure de la société. c. quoique bien livr. RivAUD. 58-84 E. E. Les formes élémen97-128) (12) L. (13) H. 118. Certes l'âge le plus ancien. Mauss.XVI • PREFACE est un objet précieux d'expérience parce qu elle représente un intermédiaire. VI) H. elle commence à être expliquée mais ce qui reste un problème. par les traces qu'elles ont marquées dans la langue. .

et dont l'analyse précise et sûre a pu faire solide d'une interprétation systématique du droit pénal en Grèce (14). YI On pense bien que nos dettes sont considérables. : il nous intéresse au plus haut degré si vraiment le langage a la fonction que nous avons dite. miss Harrison. Phénomène fondamental. ceux qui ont vraiment réfléchi si même été. loin de sur leur objet. on croira facilement qu'il (14) G. si vraiment l'étude sémantique se doit de déborder le peut connaître à bon cadre étroit qui semblait la comprimer. particulièrement nous ont fois la nous qu'apparaisse parmatière de leur étude. A. Dieterich. en pénétrant jusqu'à la structure de la société. phénomène non pas purement « matériel ». Usener. Elles le sont justement d'autant plus que nous n'avions pas de devanciers directs l'idée que nous nous sommes faite des : ressources de la sémantique et des fins auxquelles on peut les utiliser nous conduisait à demander des précisions ou des suggestions à des auteurs assez divers utiles . Pour ce qui est des bases mêmes de notre essai. il est légitime d'en attendre l'explication positive des croyances et de Fintelligence morales. La solidarité de la famille dans le droit criminel en Grèce. bien connu depuis Fusla base tel. tout ce qui touche à la pensée religieuse on en jugera par la fréquence relative avec laquelle nous citons non seulement E. elle nous permet de définir un fait dominateur : il en faut bien un à qui veut établir des rapports de fonction. mais la conscience morale en est le lieu. l»"* et parties. 2*» Glotz. et c'est un processus psychologique qui s'y atteste. mais H. Rohde.PREFACE XVIÏ nouveau. et titre du fonds inconscient de la langue. Dès lors. . notamment pour .

mais si on lecarte. dire maintenant nous la devons aux écrits de M. est presque superflu de le Quant à l'inspiration générale. nous n'avons qu'à désavouer notre travail.XVlli FKEKACb: n'auiail pu cire entrepris sans le il grand ouvrage de M. Durklieim : de son école. Glol/. L'ambition que nous y avons puisée était peut-être excessive. et .

tout ensemble. d'idées le soit : tis entre divers auteurs ou groupes d'auteurs qui se succèdent en une suite plus ou moins continue. irréductible à cette logique . est naturel de l'entreprendre pour un le mot prête aussi abondamment que mot uêpt. toute proche de l'observation immédiate et s'en tenant par définition aux sens fournis par des auteurs successifs. il s'agit. délit. à l'époque classique. c'est aussi et surtout un enseignement elle doit nous montrer ce que général que nous attendons : c'est qu'un terme moral. il elle doit il méthode toute d'observation dont témoigne — pensée nous indiquer par quelle convient d'analyser la pensée vivante. et qui sera comme au centre de notre essai puisque.GHAPITHE PRÉLIMINAIRE L tlISrOlPiK D LN MOI : TEPl^ L'élude des termes moraux peut se l'aire à deux points de vue. sans plus. elle fraye les qui s'y voies. Cette étude-ci ne saurait être là où elle Il est possible.^. que préliminaire puisque. elle sert à débrouiller. il s'agit de mettre à jour soit le rapport qui les unit à groupe et de sentiments attesté dans un mécanisme par quoi s'enchaînent les états successifs de la notion. la volonté criminelle de Mais de cette étude. il désigne dans le droit pénal l'oflense à l'individu et. de définir les transformations du sens et d'en dessiner la courbe. elle ne pénètre pas directement ce qu'il y a de plus profond dans une notion mais . Elle peut être simplement desétant donnée une masse suffisante d'exemples réparcriptive tout un ensemble social. exprime l'élément spirituel du l'individu. Elle peut être sysléuiatique étant donnée une série de : représentations que nous trouvons exprimées ou suggérées par le mot.

ne ont été proposées l'une. publ. XIV. lequel p. 155 et p. p.. au-delà. Spr. èrù tùyr^) + ppt. Inslr. connue le même que i:û6apiî qui est aussi un être divin. S. et qui. 292). p. ni le système d'idées où s'insère la notion le ni davantage les valeurs subjectives d'atteinte à l'individu D'uêpt. vigoureux ». on a cru pouvoir autoriser. èTzl (comme dans cypr. classique. monstre dévorant la racine serait la même que dans oroSapô. l'idée d'uêpi. p. elle doit nous préparer à comprendre fonction du mot en tant que mot. p. 372. uoêsTv (idée d'impétuosité violente). soit mascidin. Nous ne commencerons pas par l'élymologie drait tout à fait claire. Nous verrons . VllI. l'étude morale populaire » elle en montrera le développement depuis Homère où il débute. in Bev. Ppiapo. c. nous n'aurons donc pas à expliquer. y a quelque chose à retenir de Usener. cf. qui décompose en 6 aucf. Etym. Grundz. qui semble avoir passé inaperçue M. Etyni. 240) et sémantiques Une autre. jusqu'aux tragiques où l'on peut dire : qu'il s'achève. Ehj)n. Mcyer. . ngrah : . il considère le mot u6pt. p.-. Celle de Prcllwitz. celle = = = — = . der fp'. toutes les fois que des allusions transpa- rentes les proposeront à notre attention. que tion.. der fjv. En pareille matière.ruo. le terme comprend aux différents moments de son évoluet que nous ne pourrons encore que constater. vd. qui rattache le mot à 'jTtép. pour l'instant. « fort. comme notion de « philosophie tive. est (Ij Deux étyiiiologies principalement représentée par G. 156) serait substariliellement la que celle de pta. Curtius.. du sens plus ou moins vague que sans méthode on attribue à un terme. 540. : désigne parfois un être divin. du moins quant à la pensée qui l'a inspirée. il faudra bien qu'elle confronte les états successifs de l'idée avec cer- taines réalités sociales. 63. la notion d'^êpi. Belg. à moins de rester aveugle. il ne faut pas être l'est pas. d'après les témoignages de la littérature. Jipi/. Il la fau- Trop souvent. Il. Ppiapôç. à ce dernier point de vue. violent» (cf.. u Tu/a p.ii RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE et vague a priori qui s'efforce de « dériver la » les divers sens — . 11. au sens de « au-delà » l'autre est celle de Bezzenberger et de Fick dans les Dezzenbei'fjer's Beitràge. Ilandb. est identique à Lamia. «fort. sement ces deux-là. 188. sinon quant à l'étymologie. L. Du reste. Gollernamen. Contre celte scconde-étymo: même logie. OuTepoî et cypr. tantôt déesse et tantôt satyre.. Usener.. L. 1904. et elle (1). qui combine un peu trop ingénieude Bugge dans les Bezzenberqer's Beilrûge. qu'il . uyr\ph)v Signalons enfin la conjecture de H.. soit féminin. sens juridique.)... l. 473. on a fait valoir des raisons phonétiques (Prcllwitz. s'en rapproche (u et Ppt dans èTri/etpou dessus. p. qui lé rapprochent de skr. les déductions d'une phonétique un peu précaire. est (Mcillet. Descrip- présente envisagera. Woti. skr. der qr. pt Boisacq.

Chez Homère Tuêp!. . et sans s'aventurer aux généralisations qui font voir l'Oêp». p. I. par exemple. On peut le montrer en s'en tenant aux emplois certains du mot. et à Nâgelsbach (Autenrieth). Ils sont nombreux. Il faut étudier directement les emplois du terme lui-même nous examinerons ici les témoila continuité Il du progrès est garantie faut donc renoncer à fixer — — : gnages de la poésie grecque. 301. il faudra faire une place à la poésie chorale). Homer. — Solon et .JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE à trop linguiste définir le sens par l'étymologie. axe autour duquel tournerait l'histoire du terme. puisqu'il a presque toujours été dans sa fonction de refléter à la fois et de communiquer la pensée morale commune. Uomer. les poèmes hésio- : apercevoir une évolution. qu'on recoure à l'étymologie une « idée générale ». du délimité.? est généralement un acte de violence. notion morale.. le concept Id^notAon. complexus d'idées et de sentiments. Notion à la fois objective et subjective. Us se répartissent surtout entre les poèmes homériques les tragiques (entre la poésie ïhéognis élégiaque et la dramatique. : (2) (3) m. Il'ne faut pas être non plus trop juriste. et la — — : par la permanence du mot. Hitzig. telle qu'elle est : un régime de répression organisée. — — . Ce dernier reproche s'appliquerait. à Buchholz. ramène l'idée d'uSotç à l'idée de violence. tant qu'on n'a pas regardé le mot d'assez près. l'uêp^ chez Homère est autrement riche. il ne verra emplois non juridiques du terme que ce qui lui sert et J'intéresse du circonscrit. mais on a voulu qu'elle le fût essentiellement c'est une erreur. Il est hien certain pourtant que poursuivie sous les dans : — . s'enfermanttrop. p. une « idée fondamentale ». 184 ets.. il y a là autant de groupes assez homogènes et qui s'échelonnent en eux se laisse diques . c'est parfois pétition de principe. Même un auteur aussi : pénétrant qu'Hitzig (2). est antérieure au concept juridique ou qui tend à l'être en règle générale on l'admettra sans peine celui-ci prolonge celle-là. chose plus large. 2. Beal. lui échappe. partout (3). s'aveugle préoccupé d'une catégorie juridique et de définir l'uSpi. d'emblée qu'on recoure à l'histoire du droit. Iniiiria. La valeur spirituelle y déborde manifestement la représentation d'actes concrets. Dans l'état de nos documents.. TheoL.

Lapidatio. 329 XVII. Dans le texte de VIliade. tant la mort de Télémaqnp . cf. 027. passim. en effet. /tt5^. non de celui-ci. (1) Dans le texte de VOdyssée. TGêpt. IV. . XVI. Çxiv'jseai 368. Harpocration.) gardent' le souvenir très net diffuse « qui marque le premier état du de cette répression droit pénal (6) D'autre part. Meillet donne du mot (4).ji£tjL'|'v. P<*:na et surtout art. 1" partie. voyons-nous qu'il y ait liêpts? Dans le cas d'Agamemnon l'Hiade (8) . XVI. Pour l'espèce de trahison dp Od. amende dont il est deux fois. 'Atp3:6ao I. . les actes contraires à la sécurité . v.v è'/ovtsî XVII. -^apt^axo. û IV. I.S. chez 426-9). s. 207. Meillet. ÛTtepf. ?. outrageant Achille. Od. un menc. question par H. = ûeptlJovTs.3. voir Glotz dans le Dicl. VOdf/ssée : 1.v. Hl. 56'i = 6 p { !.//. v. XVI. relève de celle-là. j6p'. Xtj. Tuêp». il Homère lui-môme fait (5) y est crime religieux — << 56-7. (contre Télémaque.p. 203 (Achille à . il n'y en ment que par rapport aux Dieux ou par rapport aux ennemis. Solidarité. 169. (//.. 192-3) et au guerrier qui se dérobe à l'obligation du service commencement (//.. ovte.227-8. « acte contraire à la loi ».f.âTvWi.i RECHKRCUES SIR LE l)ÉVELOPF»EMENT DE LA Ï'ENSÉE les termes strictement. Où. des Ant.. <ha[t.. 388-9. au premier dans celui des prétendants pillant chant la de maison d riysse (4) (9). 14. imprécations de Téos.. — i26-9. Gr. scholiasle l'est aussi. /. comme l'avait vu Eustathe (le cf.. (\iiQS Exemples nombreux xaxi ôojija . : : .. voici une autre donnée : l'Oêpiç n'a pas lieu à l'intérieur d'un groupe organique : ni à rintérieurdugroupefamilial. 213-4. Les actes contraires à la loi religieuse sont l'objet d'une réaction sociale très intense... dans celui d'Anlinoos molestant un hôte. Michel. 1. . XIH. 170 : 300: XXIV.1904. Fr. encore qu'inor- A prendre ganisée. chez Homère n'est suivant la définition que M. — L'jêpiç est d'un autre ordre : et pour autant qu'on puisse parler chez Homère de morale et de droit. n" 1318 B. allusion à propos du délit de trahison et d'autres textes (Kinkel. Ep. jTrspS'. pp. art. car de groupe supérieur à la famille."2. 17-24. la Owr.. comme infligée au devin imposteur (Oa?. t'vo)v is/d\(5) Cf. est évidemment amende 'r.\thènè) ïva j^p: v Iot) 'Ayaueavovo. (fl) môme emploi. Hrèqui ne convient guère h la phrase^ hierinfleu. 86 410: 418 (Antinoos renchérit sur TuSpiî en médiXV. I. un pas.. : elle A interprète x^^v .. une justice populaire qui manifeste générale sont punis par un d'organisation dans la Owy].. (8). WII. 321 ÎH. et surtout (Jlot/. — 49.. (6) Sur les témoignages d'un état primitif du droit pi'-nal en Grèce. . 3S1 : XX. XVfll. 669) (7)..). = .ov jCpiv I/ovts.ni à l'intérieur du groupe polia vraitique. en 'pillant sa maison). Plus précise. i<"". 282 : ..

121-5.. La vsixsan. XI. n. dans le passage. 101 XIX. à des prétendants. il contre les n'y a pas de relation de droit normalement sanctionnée. Od. il est (11) IL. 485-7 les Dieux parcourent les villes sous la figure d'étran- yêptv Te xal zùvo\v:t\v i'iorM^nz'. : (15) Od. ni à la vsfxe t ç àv6po)TCo>v. 23. est (16). 143 et s... l'objet propre. 262. 3 tîoXXwv 8' àv9pwi:wv l'Ssv (ÏTTsa vtal vô.. : V'j^oiç. : de Hirzel se retourne contre lui l'association entre les idées de v6\ioz et de chez itôTki. II. (16) A moins qu'on ne veuille conserver avec Hirzel. . I.xov è'yvo). Cette (le terme est d'ailleurs un aTiaQ rie saurait être encore inconnu d'Homère l'harmonie garantie par un système de lois\ le mot vôjxo.IUHII»[Ol:E HT MOFULE E\ C. E. ne se retrouve et n'est possible qu'à une époque bien postérieure : : Homère. d'habitude. Les droits d'Agamemnon. ou immédiat.. 255 l'-j^pt.Jl s a ari c aiTÔ xsv av^. Au reste. F.^. . . VIII.. sont définis par la coutume (//. Themis. On sent qu'Agamemnon ne doit pas enlever Briséis mais il le peut. 695 question. 64 (10) Od. On remarquera que.. 335 351 Od. 367. De toutes façons. du chef. 1. Cf. c'est-à-dire l'uSpiç (cf. .. 27) vcTTijAaTa (13) xs'povxaç xal xTtjxxCovTaç à'xoixiv divopo. 581. exercées par les Pyliens sur les Epéiens qui. la leçon de Zénodote universellement abandonnée pour Od. v s . De l'auteur à la viclime de ï-jScf. n'a pour elle que la sanction inefficace de l'opinion publique (14).ç n'en viole pas moins un ordre un de nos textes. l'argument gers. du « déshonneur » est ici l'épouse même. XVII. 487 Pénélope croit que les prétendants ont été tués à cause de leur jêoK. c'est-à-dire parce qu'ils n'avaient : : reprises.. 1. 93. OSo déprédations commises par les compagnons d'Ulysse en Egypte. Ceci explicite dans Od. 136... vôtxov n'aurait que le sens de coutume ou même. ce qui s'accorde avec le prestige de la femme dans l'épopée homérique et ce qui confirme le caractère | collectif des représentations moralefe associées à l'idée d'uSpiç. p. XVII. : aucun respect des étrangers qui arrivaient parmi eux. VI. XIV. Cf. plutôt. IX. comme le plus souvent chez Homère. XVIII. XVII. et il ne prendra qu'assez tard sa valeur cf. propos de .. n. XXlll. de façon de vivre. G. R. toute négative. (Suaia. .307. où il est question des prétendants qui commettent des actions àxâsBaXa. dans celui des Epéiens exerçant des déprédations Pyliens (H). L'jêpt. Od. le yspa. 40 les prétendants n'avaient égard ni à la vindicte des Dieux. commise par les prétendants est bien une atteinte à la (13) : propriété et une atteinte à l'honneur mais la règle. Moreau. rOêpiç est ici une espèce de sur droit [i2). 328-36) cf. XX.HECE O (liant (10). (12) Cf. de { !. 370. elle représenterait un anachronismo. : •. à propos des avaient « maltraités » (xavtouv). etc. l. II. est ici. les o vx e ç. n. profitant de la faiblesse de ceux-là. D'autre part. XXII. l'opinion publique se manifestant dans la réprobation morale (notamment IL..p (14) Cf. = 146 et XXIV. uêpiç est l'antithèse de s'jvojx'Iti : mais lequel? Dans sjvopiiri (15). 228-9 aia/sa : | tzôW ôpowv. 136).

le précoce^ qu'à la il8) du vr siècle. Les iHit lois de DraciMi tin et de Solon sont des OsJjjioi. Le terme v6{jlo. dans ce qu'elle a de propre i\ chacun d'eux. Nous retiendrons ici que. entre ces dfytniiùa qu'évoque le premier sens. \M. qui longtemps encore s'obstineront à vivre rfijvojAiTi. « donner et recevÔjjlo. et dans Hésiode.6 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : moderne à Athènes. est d'abord absent n'a dans les plus anciens textes que le sens de « coutume ». qui est due H Clisthène. à la fin du vi® siècle au plus tôt (17) en tant qu'il désigne une règle. XXll).. ne sont nullement mais de véjjlsiv. Au reste.).. L'observa: vation méritait d'être plus approfondie. 107.. 3()6 et s.— d'où le sentiment. 6î>9K Pour la . 7V. Tr. du mot vÔjjlo^. — dérivés de bon nombre de mots de la famille de vojjlo. c'est le partage . de la déprédation commise aux dépens d'une famille le droit de propriété définissant le — type t< même du torre » des rapports négatifs. et parfois. v6|jlo.jLÎa naturellement une élude spéciale.. c'est une relation toute externe. l'ait Le sens (te « loi » n'appa- pour vôjio^. à l'origine. voir en partage » ainsi lo-ovojjLÎa. explicile- uuMit. et si llir/el avait rapproché ce qu'il observe ici de la sémantique du mot vôjjlo. et /. 242 et s. v£|jL£TOai. est ainsi désignée par Aristote. les 7£vt. ef J. nullement organique. mais pourtant la meilleure part de son ouvrage sur T/iemis. «n lieu qu'il n un sens fiioral aux v. L'Oêpt.Bo.) (18). caractère ». au phis tAt (la loi parait avoir été un peu plus sur Tostraeisme. 276 et s. 282) et le domaine sur quoi : {W. qui en est venu à signi6er « manière d'être. rapprocher le mot f. les éléments qui s'associent dans la primitive eOvojjiîa. : équitable entre leurs sphères d'intluence. il aurait pu situer la pensée à son vrai moment social. se fixe spontanément et comme avec complaisance sur l'idée du vol. à Athènes (dans les eolonies. et qui. 52"». aÙTÔvojjio?. 222. Hirzel [Themis^ p. valeur concrète qu'il enferme ainsi iiuplioitement. désigne un lieu d'habitation (dans Homère. dont ce n'est pas le lieu (cf. ce sera après Solon. sens concret. Au vrai. lui-même de Themis. désignant la tradition des vsvtj. sinon l'idée. {M. Et voilà pourquoi la notion d'Gêpt. qui les associe ces éléments sont les seuls vrais groupes d'une pareille époque.^ XXIV. vôjjlo. de l'obligation. Dtke nnd VerwaniUes^ y fournirait au moins des éléments. p. insuilîsamment réaliste..) a très bien montré qu'un . "A. : l'essai de llirzel. £'jvo{jLia. exigerait re'jvo. II. ce sera d'occuper la \x>isin (Od. évoque d'abord et par son étymologie l'idée du « partage » (Hésiode.

des prescriptions religieuses comme celles de est fréquent chez Homère. Mais la oIxt). XVlll. IV. avec le sens de Le terme Sfxr^ (OtZ.. L'ordre en j^énéral. chez Homère. et réalité fondamentale. multiples et générales. ôtxY) entendue comme le que est.. qui plus de XVI. n'aboutit donc pas à un arbitrage sur non été payée? ni le cetti. elle prolonge en un sens. XIV. une axoXià ((ilotz. 498-508. équité » {IL. la ex|>li(. quant aux rapports avec : l'étranger. : une lOeTa 5(xrj est celle qui lespecte les celle qui ne s'y conforme pas ou les invoque à tort pp. de justice sentence Stx-r). 570) ou.ç. de « pi'ocès » (//.r^i/avix(o. nous constatons que son rôle. c'est le sens de décision arbitrale qui commande les antres. c'est Tordre son essence. une valeur judiciaire. Eclairée par cette notion de la solidarité sociale. XVIil. taux de la composition n'étîuit fixé la discussion de (ilotz {Solidarité. 387. 4:î) et même dans la nature [Od. 09.itement dans Hymne à Hermès. ainsi La notion londamentalo d'où dérive « convenance. ISO) et.. pp. ihid. Eustalhe. 59. le vftudrait Hirzel {Themis. 239-240). mesurer. Dans ce domaine. mais il nous paraît impossible de déduire les autres valeurs. l'hospitalité. le : — ni «luestion de fait : la rançon du meurtre a-t-«'lle ou . elle sans l'altérer par du nouveau.'e XIV. beaucoup plus raremcMit d'ailleurs.. respecte en tout cas. Od. XXIV. la Oé|/. :K)8 .. (td. et ouyi.. Il y est synonyme d'usa{. HoUdariU. du mot. ce sont les règles de la dans et par le ysvos morale familiale que complètent. 542 Ôtxr. 275. principe de la composition n'étant obligatoire. XXIII. XI. sentence de l'arbitre armé du bi\ton religieux.. scène judiciaire figurée sur le bouclier d'Achille) précédents. il signiOe non seulement coutume. n'est pas encore facteur d'harmonie ni d'organisation.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 7 s'étend la propriété du ysvos est dans le principe comme une sphère d'influence religieuse dont la pensée ne saurait ôtre abstraite des représentations relatives à la « Terre-Mère ». TGêpts se hiisse en quelque sorte c'est Oêjai. XIX. L'exercice de la fonction judiciaire créer du nouveau. : « sentence » (//. TiO-lOS). mais manière d'Atre habituelle chez les hommes.. XI. C'est là qu'a sa source la notion primitive de la môme « sens de » (//. tradition (pluriel otxai). 291)). et lorsque nous la voyons jouer. XIX. Sixr) dési^'ue caution dont le dépôt enga^'e le procès).. 324. 84) est bien plutôt celle de « dits » dont Tasseinblage constitue le corps môme de la précédents. : au moins implicitement. extrêmement restreint. en principe.. Or la Oéjjiw. XVIII. l'emploi de otxfjv comme jjréposition. 312. Il a aussi. ou encore chez les Dieux (Od. tantôt sentence arbi- trale et tantôt coutume traditionnelle.. 218) de là « à la manière de ».t. se borne dans les procès de sang à (//. de la <r « alVaire »..

J. Mais dans ce groupe de y^vt. 56. apparaît précaire et partiel. Pind. Harrison {Themis. précaire). comme garants d'un ordre in moral (c'est-à-dire. E.. XXIV. — Aux Oéjjit. fois. Esch. li4). 26-27 et notes.. et c'est comme un symbole plus assez fort pour protéger social que contient toute une partie de VOdyssée (22).) est là-dessus définitive. il est entamé puisque lOêpi. crit. Hirzel. de Cîlotz. été transformée. 8. Wilamowitz Zuw iiUeslev ^Irnfvpcld. en vient à se manifester sur l'agora : (20) où : s'assemblent leurs chefs ou représentants de là l'opposition. nous nous en tenons à l'interprétation.. est en voie de dissolution en lui-même : d'ailleurs. Ce n'est — atteint l'hôte qu'il n'est pas hasard.. il ne la valeur du terme s'élargit s'agit plus seulement du jus d'une : famille isolée. 112 uts . iV. la contradiction même. E. . renouvelée donc pas la — La valeur essentielle du terme n'a elle ne le sera que plus lard : — et cette valeur essentielle est pratique d'une justice organisée par d'habitude presque inconsciente celle de tradition au sens d'habitude et dont le spectacle de la nature semble refléter la notion. Theynis. Tfiemis. la « XI. c'est toujours moralité de clan qui prévaut il s'agit d'un jus gentium : au sens premier de l'expression devoirs familiaux de la (Od. Themis. — — — Dieux personnels rf. pp.. en l'espèce. à la faveur de l'évolution sociale. c'est le respect de clan. C'est peut-être la seule reuïarqne pénétrante et positive que contienne la fumeuse première partie de cet ouvrage. évidemment. p. qui s'exprime en particulier dans les BéaiTreç. malgré les objections d'ordre philologique qu'on a élevées contre elle (19) : la Oéjjii?. Hirzel. D'ailleurs.. vraiment positive. Reinach in pp. maison » et l'orgueil du Mais l'ordre qu'institue la Qijji!. carie respect de l'hôte. II. décisions où divines (inspirées de Zeus) d'un chef du '[vw. Solidarité. n. p.^ se rattachent les obligations de l'hospitalité . 21. dans le passage de VOdyssée relatif aux Cyclopes IX. : ï-KOLTzoi I iratôojv r^o l'esprit du yévo. 9-H si les poèmes homériques évoquent Rev. 1905. 500. Comme — l'indique J. p. IX. XIV. Harrison. SuppL. Pour ce qui est de celle-ci.8 pp. et qui. 269 . dans un régime les clans ne sauraient être rigoureusement étrangers les uns aux autres.. p. (22) On a déjà noté que l'olfense des prétendants à Ulysse se renouvelait par trois (19) (20) Cf. la àXo/tov (21). mais du droit qui est commun à tous les y^vt) d'un même milieu. (21) Cf. 2t-22. H17). 2). Solidarité^ p. pp. IX. 114-5 6e jjli ateue t Sï TO^ar/ ô'o'jx' àyopac [âouXr^cpopoi o'jte 6e : |ji .NSEE 15 et S. (Glotz. maintenant que leysvo. l'ordre considéré sous son aspect spécialement humain. c'est 6£|jiiç. retranchée dans une autonomie absolue [Od. 483 et p. .. 19 et s.. c'est la justice familiale... 360). 286 cf. Et c'est en fin de compte la l'action d'une divinité protection d'Athùnè qui fera obtenir raison à la victime Sur le rôle des personnelle intervenant spécialement et miraculeusement. 484. Notamment Th. Il y a là-dedans comme un son de litanie. i HECIIERCHES SIR LE l»E VOLOPPEMENT HE LA l'E.

) — quelque chose comme sociale. parleurs déprédations.ç s'op: pose à toute organisation sociale (24) ou. 97.. IX. victime d'un surdroit que la coutume permet à la rigueur. IV.IWRiniOUE ET MORALK EN la f. Pourtant. p. 120-1 XI. Aussi bien.' L'Oêp». tantôt elle traduit le jugement de la conscience commune. se trouvaient devoir aux seconds (24) Oc?.v | TpMa(v. craint de se trouver chez des peuples 5Ta( ts xal àypiot oùSè ôtxatot s. cf... 688.ç. 213-4) cf. : VI. 112. sont-ils incomparablement plus nombreux dans Y Odyssée que dans V Iliade il semble que celle-là réponde plus que c«lle-ci à un état de désagréga£'jvo[jL'la.RECE î. à un degré au-dessous. — que l'astuce intri- Dans le cas des Epéiens et des Pyliens. 632-4 : C €p i tt 7. les exemples du mot jêpi. Ulysse. Glotz. de cette d' rupture de Tordre le : c'est donc qu'à prestigieux stabilité idéale qui s'exprime par terme un principe de désorganisation. (Orf. Il va sans dire que l'individu n'est : un après tout que l'organe plus ou moins fidèle de cette conscience c'est le cas d'Achille. elle est le fait de ceux qu'on appellera plus tard les « Barbares » (25).. se réveillant -jêpi chez les Phéaciens. 1. L'observation n'implique. Sous ce dernier aspect. : le droit de l'hérédité aurait dû faire attribuer à Néoptolème. les Cyclopes àBqjLiTTO'..) tant de fois Tidée de rGêoi.. s'oppose : tion sociale. l'emploi du mot [loipa. le (23) Un : certain principe d'équité. — Pour l'idée du surdroit. et ne légitime pas (23).. la signification du terme s'élargit l'u^p'. de la notion taritôt celle-ci — : s'exprime à travers sujet. nullement accidentelle.. de soi.? a beau être. qui en soi implique l'idée d'une on le voit particulièrement jouer. XI.. 7. aucune hypothèse : sur la chronologie respective des deux poèmes mais nous ne oublier que V Odyssée envisage beaucoup plus les groupouvons En tout cas. les emplois bilité et comme l'attente d'un anomie » qui semble présider du terme manifestent la possiprogrès. une « dette (ypstoç) : que les premiers. Orf. PhiL. et s'est fait » gante d'Ulysse c'est adjuger). 671-701 (répartition des prises règle) exercées sur les Epéiens) Achille se sent donc justement lésé et ce n'est pas pure invention de poète si Athènè lui garantit une réparation au triple uêpiocïvexa (//. commande partage du butin (cf. et quelle que soit T « à la notion d'uêp'. 106 et qui ne connaissent pas la vie (25) //.. . //. d'égalité proportionnelle. 396 et 1364 (à propos des armes d'Achille que : . les emplois de uSpi. Xni. dans Soph. la dualité. Mais encore est-il que rOêpt-ç oscille entre des représentations nécessairement partiales et une conception nécessairement indéfinie. Solidarité. //. on s'explique pes familiaux et leurs rapports.

ou plutôt sentis comme de la môme société. § ii.. III. 143. 63-67 . 109-110) à propos de rOêpt. l'idée En second lieu.. par naturel (29) auquel l'homme ne sait pas (26) //. par les conditions mêmes où se produit l'idée. XIX. 485-7. Ainsi le terme uêpt. de là siSavTsç (Od. cha18 pitre I. : àTTi. XI. retrouve Orf. 139) le terme aTao-BaXo. prédomine.ç. 363 : O^piî. XXIV.. XXllI. 431) qui a l'expression Sgpei pour pendant jjLsyaATÎTopi BujjkJ) d^cf. substantialisé. 169-71../avôwvTo 207. 206-7. cf.. . l" partie. mais désigne une réalité quelque peu mystérieuse. 282 ij6pt(jTal . expression consacrée qui se JL. (29) Cf. Si banal et si profane souvent religieuse. un penchant souvent résister. 1. . 352 : àTjfcrOxXov Oêpiv. le qui désigne le criminel frappé de (28) qui démence par temps que idée la évoque. 3» partie. d'un sujet mystérieusement est couramment en relation avec M. XIV.10 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : comme qui dirait. XVI. IX.rr^c/Xo^ (27). dans : aveuglé avec oLTfi aêpt. d'ailleurs. qui déjà sanction des Dieux. cf. garants de l'ordre (26). 21: ait jcrr^v àopaSéovTi à-ca. Sur le mot i-cdafialo^. àTaa6a>»a |xT. et notion du mal d'aveuglement. •?. 633-4 uSpiaTTiaiv : | Tpwalv. 695 : 0</. en la réalisé. à un certain point de vue. chez Homère s'il évoque déjà quelque peu imprégné de psychologie : d'une part l'idée d'u aveuglement» fatal et suscité par les Dieux (//. m.. d'àTti le . V liêpiç en soi appelle la la fois concrète et indéfinie. u6piv pendant de àTaffeaXtaç . d'Agamemnon 115 : qualifiée 88. 588. prend tout son relief dans la conscience commune que l'acte : on que la loi qu'il viole reste insiste d'autant plus sur l'aberration qui provoidéale et que la sanction qu'il s'attire est est-il hypothétique. 18 et s. 139. (iv [xévoî alèv dtTJtaÔaÂov OcL. XX. XVIIÏ. IX. il désigne d'autre part. 412 = . § I. . oEtt. chap. XVII. . et bien plus explici- tement que exemple.. pour qu' uêoiç ne soit pas un terme purement sentimental. I. Il le faut bien.. XX. OcL. Cf. 86 X(t^v yàp àToiaôaXov 'j6piv . IX. d'Agamemnon...^ (IL. XVI. Xlll. XVJI... qu'apparaisse un acte particulier d' Oêp!. 351-2. et l'observation est d'importance — Nous que la signification subjective de l'uêp'. 213-4. 262 =^ XVII. Hymne à Apollon Pythien. à fait l'effet d'une force Et cela doublement. pouvons dire — même même les Dieux.. xal àxaaOaXot.). Sur mot cf. OéfAiî sïtI vtaTaQvritwv àvQpoWov. XVIII. . no'et 370 : . 111. en marge de la société organisée l'auteur et la victime n'en sont pas moins pensés. OêpîCovxe.. 274 32 : : l'oêpi. et [^îr^ xal xàpTsi eixwv (OcL. XXlIl. (28) IL. XXIV. 63-7. (27) IL. cf. terme.

: p. prééminence de [cf.s substantielle (30) spécialement. Cf. 410. Mûller. Leist. Rechtsgesch. El' ITOU xTw/ôiv ys Osol xal èf)ivÛ£<. (31) li. (Ofl?. ce qui est dire en d'autres termes que violence à l'égard des hôtes est réprouvée par la Qspi'. 418 . qui n'est pas encore examen doit faire offre ressortir : une notion adulte. — 0. 86. Sans doute. 135. commis à l'intérieur de la famille. Or.. XV. commis sur un étranger. tandis que la malédiction paternelle agit avec une efiicace autonome.ç. XYIl. 314-5). IV. c'est bien sous l'aspect de 1' u6pt. Ce n'est pas encore une notion adulte l'uêpi. cette présomption a quelque chose de fatal ce surdroit procède de la nature et dépasse la nature tout ensemble. Dieux personnels. carac- aux ceux-ci (à la dilférence de IL. développement postérieur de la pensée. outre que l'appel aux Erinyes prend ici une 8) : forme spéciale (31).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE H : à propos de Tuêp^ qu'Ulysse s'attribue à est le fait lui-même le surdroit présomption. Cf. 475). II. esprit . W. 169. sont qualifiés u^oet-s. On remarquera 1» le 166. Voici maintenant ce que cet V'jSpiq. On est tout de du rôle de ces derniers dans la réparation de frappé l'uêp^ dont sont victimes.aîv (cf. XV. 204]. tère hypothétique de l'invocation . . 368. est localisée la société (les en certains points et comme sur la frontière de actes qui. IX. 454. : en soi les conditions de son développement. 571 Od. XI. XVII.. la violation de l'hospitalité n'est rapportée à Tiiêpi-s que parce que la hi^\. seraient tout autre chose) . Griico-ital... dès Homère. traditionnelle apparaît justement précaire et insuffisante sous son aspect externe. par exemple. s-. il existe des £pt. Et en définitive. Od. = I. 627.. 484. XVI. la justice que suscite la plainte de l'offensé la . 565. 320 XVII. 320. quant aux rapports avec l'étranger. 2° l'association . de la de perdition — — que. 280 passages relatifs à des délits familiaux).vu£s au service de l'hôte molesté aussi bien que d'un parent malréclame ici l'assistance des suite traité la p. mômes réprobation qu'elle provoque est inquiète et humiliée ou encore. Seulement. Rien de tel dans la vengeance du sang. pp. Osot et la Emn. Achille et Ulysse.. v. ni dans la punition des délits familiaux et religieux. Il y a ici une espèce d'anticipation sur le tion confirme la règle. (voir mais. et l'excepsi éclatants que puissent se mani- (30) De là rexpi'ession uêpiv s/clv. la notion s'impose à nous.

de sceiestus. même développée. : JTTï'pStov -jgpiv. L. 1. XI. n'est j^uère encore qu'un noyau. insoluble et au fond comme dénuée d'intéce qui est terme Cêpt. si souvent rapproché de uêpiç. L'Oêpt. de crime (35). sj>érialf. les^ emplois de la le crime en général. Dans Théogonie l'histoire descriptive du mot. h. un renouvellement des idées morales qui fait de l'évolution d'Sêptî. la Mais c'est une notion toute spirituelle. Le terme d'Oêpi. Od.javéovTSî 'jgpIÇovte. dans un domaine où les forces sociales. Rapprochement avec Dieux (34) IL. il y a. Et pourtant. 292. 501 (parfois les latin [siiperbia) et v. on peut très bien s'en dispenser aussi. 368 = IV. III.... a. représentation primitive du délit uTOpêaiveiv désigne l'offense au sacré (34).s'. voisin de 205 I. àiào-Qa/o.6piv. telle que nous la retraçons. la notion : générale du à retenir ce qui nous M. c'est incontesjamais par table.. : JiîîpoTCAirid'. a le sens.. Le rapprochement avec uTrép. XVII. VIII. rentre dans le cercle de la nécessairement sacré.. 226: uêptÇovxe. 694-5 : les Épéiens ù~z- pr. 410 •jêp'. nous ne devons caiactère pleinement poétique du mythe. il est à la fois pleinement satisfaisant et explicatif. ne sera définition le sacrilège. de ?iefa?'iii. au profit du senti: ment plus ou moins individuel. comme rêt. fréquents chez Homère et qui participent de la : : . de par ses origines. une évolution (35) Nous laissons de : côté. uTtspSaa-tfjî répondant à ôêpîîJovTcî. la question de savoir si le — — . Meillet. S. le mot.. il est il doit être maintenu légitimé par la phonétique (32) s'autorise de tous les exemples oii Oêpi. Le domaine où elle s'aventure n'est pas et l'jêp^. 11 faut marquer en quel sens. se laissent fléchir) ots xsv tiî ÔTLcoêfVr. ne laissaient place en effet qu'à Taction d'êtres religieux aussi personnalisés et liumanisés.Ii2 RECUEKCUES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PEiNSÉE suscités par le fester les miracles pas nous faire illusion sur une Ailièno. 206-7. . On ne saurait donc partir du sens de « violence matérielle » pour fonder l'étymologie du mot. voisine avec les composés de uTiÉp. uirsp^iiXtoî . et d'actif. Donnée essentielle.v. pour la sémantique <( enfin.. (33) n. en soi. qui est presque traditionnel. %-x\ âjiapxTi. 581 : -jTtepTivopeôvTwv. même notion spirituelle (33) . Ce qu'il y a dans rO^pw de concret et de Vivant. IX. elle est usurpation » sur un terrain interdit. donnée (32j Cf. représente donc la spécialisation et l'utilisation. et indéfinie variété môme de ses modes l'atteste. l'âge primitif une fois écoulé. c'est une hypothèse que nous n'avons pas à discuter et pour l'interprétation scientifique. impuissantes ou plutôt inditTérenles. 321 et XVI. 203 et : i. n'a pas désigné d'abord bien possible cf.? « dépasse ». De toute façon.

. Les Travaux surtout. 314-6 i: X u 995-6 . cïvsx' uêptTTT. IV. est : Dans les œuvres postérieures de langue ionienne (le mot particulièrement ionien). voilà donc un terme qui. qui marque les cités 191-2) (37). n'apparaîtra plus qu'iso- lément (Eschyle. de la « indignation mangeurs de présents » la AixT) même le 238). èyx'jpaaî àxticriv 238-41 : 06pi. : : •JfipiO'Tf. pour l'instant. est encore l'écho d'Homère à uêptç s'accole toujours le même cortège de mots (36). ÏV. 213-222) évoque à l'encontre de « et /. 732-6. Par la vertu d'une tradition poétique oii s'atteste la continuité et les Jours et se réalise ici des notions.. et J. manifestent un vrai progrès. les conditions sociales aidant. justice est bien rendue (7V. les mêmes associations continuent de . : si Ton veut.. Mais la vérité est que la notion. P. C'est lui maudites. IX. la môme . XI. 111-2. Hésiode. . àrda^alo^ . 821). ç » (36) û ::£ p d Théog. .pa xal uêptv àvipx crime particulièrement abominable. (37) MaXXov 6è pexTf. c'est qu'elle suggère bien un étal de société où la pensée morale est en voie de renouvellement. 3o-6 Théognis. te xal i^^apér^ii .... Chez les tragiques. l'assimilation avec à-rr. Il. . r-iêp^ (v. au moins explicite. prend corps. elle devient plus dominatrice. : uirspTivwp. le pire de tous en ce que les parents n'y sont plus respectés (7V. 3-4. par opposition à celles où la et J. Perdes. v. 134 uêptv. Général et spirituel.. II. àxxîôaXa à-cjtfjôaXo. Parfois aussi dans la poésie chorale Pind...JL'KIDiUUE ET MOHALK EN GKÈCE 13 en intéresse.. L'uêptî apparaît ici comme un c'est pourquoi vague que les vers immédiatement précédents ^ n'a pas la valeur cf. [iT. 214-6 : uêpiç. Hésiode. 54-6. et TtixrjîouTt. neXiT^ç xai dtTàaôa'Xoî 66pi[x6£pYo. Chose d'importance que la conscience commune ait toujours affaire à du familier chose d'importance aussi qu'en se prolongeant dans une poésie savante et solennelle.. demeurera comme une : sollicitation continue pour II.. Les poèmes hésiodiques déjà. ..v oè Mevoîxiov. feraient croira le : mot très explicites. 217) qui châtie les jugements obliques iTaî9aA{T. qui poursuit plaideur de mauvaise foi et les rois (v... notion s'imprègne de plus en plus de religieux traditionnelle. 749-51 Miranerme. 185-189. 28-9. : de plus en plus...jravâaTa:. en ce qu'elle acquiert des modes nouveaux : le terme s'applique maintenant à la violation des devoirs familiaux et à la forfaiture du roi-juge. D'abord. C'est lui qui qualifie l'homme du cinquième âge. la conscience collective l'ugpw pourra fructifier. : prévaloir Solon.

on voit que celte obligation Voici qui 48o-9 cf. indiquerait déjà un état social où le vivo. Tant que la discipline était assurée à l'intérieur de la famille. Et là encore. . les relations de droit réel relèvent d'un certain notamment. le vers principe : entre étrangers) pénètre les relations familiales. RECHERCDES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 219). il ne s'agit d'un trans- d'une logique spontanée.. là encore..331-2. Le ré'^o^ s'est dissous la famille. est toujours assez lente à se prodans le droit romain de l'époque républicaine. àXiTaivr^x' opcpavà téxva) paraît faire allusion à un régime où la tutelle est déférée à un parent (39). V. semble faire allusion à l'àvTtotjioaîa des plaideurs). F. Suivant l'inter(38) A vrai dire. duire : : '•>. Tr. les /r. d'une part. 11 est bien certain : prétalion très plausible d'Ameis. il le faut bien si l'on admet que les mœurs et l'opinion publique. ne l'orme plus un toul organique (38) et. : imposé . Le jtiincipe de robligalioii alimenlaiie (déjà désignée du terme de et J. garantissent sutïisamment le fonctionnement d'une institution. 307). trop étroite. le terme d'jêpi. en ce domaine. non seulement qu'il n'y a plus de co-propriété au-delà de la famille stricto sensu^ mais encore qu'entre — pouvoir judiciaire 282 qui. 188) à la charge des enfants et au bénéfice des vieux OpsTXT^pia. Il est également remarquable que l'idée des rapports contractuels (c'est-à-dire. (39) L'institution. Perses contre Hésiode indique bien.14 (v. (40) (« collatéraux ») de IL. en (d'où. 327-334). et le vers 330 (6'^ xt fit' à<ppaôtr. s'est pas appliqué aux violences qui pouvaient y surgir.pia d'Hésiode ont leur {IL. mais dans un état social intermédiaire où ne subsiste plus la garantie du vivo? sans que prévale encore la garantie d'un groupe supérieur (40) le délit dont il s'agit fait partie de toute une catégorie d'infractions qui ne sont pas : : . le respect des n'est plus une unité organique règles traditionnelles ne s'y impose plus et ne peut y être .pwcjTai' sont en principe les tuteurs des orphelins. d'autre part. dans une leçon directement adressée à Perses. XVII. et que deux d'Homère pendant dans les ôpÉTCToa qn'Homère et Hésiode ne sont pas les témoins de deux âges essentiellement diflérents Hésiode a seulement le spectacle et le sentiment tout ensemble de l'anomie. Mais l'anarchie gagne. . aux époques primitives. parents. 418. — : : Enfin le cas sanctionnées par un pouvoir social effectif (v. Ni dans Tun ni dans l'autre cas. 158. Girard. 214 et s. Manuel de droit romain p. l'anomie le pénétrant. ne fert arbitraire. Dont l'intervention. on peut mên)e encore gUivre ses progrès P. les ôps^TT. elle-même commence à s'intégrer en des groupes plus larges où les rapports familiaux déjà relèvent d'une justice publique et où les délits familiaux tendent à perdra leur singularité. IV. est antérieure à Hésiode. (au cinquième âge) ne sera plus respectée les orphelins n'ont de protection que préest encore plus significatif caire. frères.

Hésiode ne parle des rois-juges de Thespies que pour les décrier et les maudire mais il n'y en a pas moins. of jusl.ffTï. PhiloL. 1899. hist. Bréhier.? devient chez Hésiode un mot très fort et un terme très général synonyme d'(( anomie ».. Kaî -rs assez détachés l'un de l'autre pour qu'Hésiode èrt Oluôat (le yekàxa<T'.. et là usurpations car la notion. orirfine.. Trach.. Administr. Fantu.. — — tion déposée par les deux parties (43). 3 . II. thèse reprise dans Rev. Soph. the âge of H orner. foudroyé par Zeus pour son impiété. à ce point sairement au roi (41) et où la justice est purement arbitrale (42) désorde vue. de la légende. en faveur Tu'-çdtova. l'âge d'argent {Tr.La le senti- de la famille avait été trop impérieuse pour que : ment du désordre ne s'aiguisât point. la constitution nouveau par d'un groupe supérieur est signalée par l'emploi nouveau du terme ToXtç comme désignant une société orgarapport à Homère nisée ou en voie d'organisation (Tr. . la fonction judiciaire joue un rôle importanl. Bonner.. 514). ùëpKsxry x'àvo [xov.. 405-417.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE frères soient 15 normalement 371) : puisse dire aa. Corrélative à la dissolution l'ancien groupe familial. — (41) Cf. cf.î la règle commence aussi L'adjectif est appliqué à se préciser à Ménoitios [Théog. pp.. : : pp. Ainsi liêpt.. in Class. Désordre criminel. en devenant rendant la vie sociale impossible de réflexion. Philol.Yvr. R. un progrès marqué sur l'état homérique où la justice n'appartient pas néces: encore que VOdyssée marque une avance. avec des valeurs légèrement diffé- — ici violence hrutale. pp.. — le sentiment de 'j6p'. 58 et surtout L. il s'applique déjà aux grands criminels de la geste des Dieux (44). dans l'état que supposent les Travaux et les Jours.. I. (43) Id. s'analyse. pp. in the âge of Hesiod.T<|» YSÀdcaoc. A l'intérieur de celle — — société. d'aujourd'hui frappe Elle la frappe surtout directement la majesté des Dieux. il signale telles époques du passé légendaire de l'humanité. Paris. 1-23. (v. 134) et l'âge d'airain (/6. 146) et. 1906 ce s'erait le plus ancien exemple de (42) Cf. du reste. 17-23. et J. in Class. àvs[i. der Slaal in der llias und Odyssée. Mais loi le changement a laissé les consciences en désari^oi. De Graecorum judiciorinn 1904. l'jêpt. 1-32.. (j.ov. et ce sont comme ses objet général divers éléments qui sont projetés dans les moments successifs : rentes dans les deux cas. 227 et 240).àpxopa soulignant ce qu'il y a d'étrange encore et de nouveau dans une «If pareille idée). p. J. et /. V. Variante (44) Tliéog. sur VIliade mais la sentence est exécutoire et n'a plus seulement pour garant la cau. VII. 306-7 de la première leçon. ce composé négatif par quoi le dans terme voaoî. of justice in .. Admin.

idéale .. cf. laisse une bonne part de son objet dans l'inconscient (le sentiment dominant y est celui de Vhahitude). : thèse formelle des ôixat (46). ôixr. procès. a aussi pour contraire Homère (Ot/. 264. 338). Chez Hésiode. très faiblement. en dehors de la famille. 238-9). lequel répond à une très ancienne représentation.^ se dérobant. divine plus émouvante et plus Tune l'autre. 192 : ôixy] ô' èv yt^^i — FaustreclU) (45) . 11. (193). Le pouvoir de la Aî/. à la faveur d'une pensée toute synthétique et qui. homérique est une en quelque sorte. notamment Michel. 254. indélinie par nature. la comme divinité.. 291-2.. à demi-impersonnelle. dans Théognis. se pénètre d'un ressentiment plus passionné en se fixant sur l'idée d'une institution : Tinstitution judiciaire. d'une force religieuse presque pure. sans autre forme de èv /e-. Glie/. A ces deux formes de la otXTj s'oppose dans ces deux passages. qu'elle n'avait pus chez Homère.. 219. la oi-Af. elle prend la forme. C'est que. 37-38. 213-217 . \'22). 269. général des choses.v Sïxtiv ÀaêôvToç èv/sipwv voaw. et les deux notions se renforcent lloiiiùrc.coutume sera à l'occasion la force : primant la . — : elle.1. dont le domaine primitif était celui de la famille ou qui n'exprinmil... no4H. au con- pensée de Tune évoque invinciblement la pensée de l'autre {Tr. la oi/j/„ qui irest gurre encore puissance active (elle n'y ligure pas traire. dans J/. Ainsi la pensée de l'Oêp». homogène ôty. comme antithèse de l'uôpiç. Aîxr. vient rejoindre celui du Serment. . que la venemlio dont le supjdiantet le meurtrier repentant doivent être lobjct. ôixr^-ordre ôtxr^-sentence. 221 262. Et il en était déjà ainsi chez mais raiSois. — tiollciiicnt iK'Uvenii... XIII. celle Aussi bien. prolongeant la même notion primitive de la ôixr^ et du vôuw. pour Hésiode.pô.r^-tradition. (45) v()[xoç : On dira plus tard. XVI. l'aîStû. . les rois « mangeurs de présents » rendent des : . la 9ijjn. n'apparaît nulle part et J. plus sentie évoque une AUr. cf. el 7. étend maintenant sa vertu (46) L'j6pi. 219-220 et 258 sq.t. /s-poôr/ai . est et à un élut critique de société le droit (181) : multiple et contradictoire parce qu'elle répond à un état nouveau la ôtxr. se montre impuissante les jois corrompus. sans rien dessencomparer avec //.. sinon. est l'antila A(xr^ divine. tous ces genres se fondent les uns dans les autres.. anôts iniques. on attend beaucoup de la ^Uri que manifeste la sentence du juge et la hUr^. et sous cet aspect. d'ailleurs. L'Oêpi. 271). 200 La même opposition subsiste. de divinité personnelle ('/'/'. tt. pour désigner une exécution sommaire. 'Opxo?.sentence est fréquemment considérée comme injuste (39. La ôtxrj hésiodique. 170) : Rurle groupe tout entier de la cité commençante.10 RECUEHGilES SUK LE DEVELOl'PEMEM DE LA PENSÉE lorsque ia justice est mal rendue. XX.

et que le souvenir . qui donne le sentiment ou veut donner d'une société plus stable. de l'anomie régnante.ç. : des jugements obliques » en approfondit l'idée. Voyez plutôt tout un passage des Travaux et des Jours (213-247) Tuêpiç. des sens inédits valeurs nouvelles qu'absorbe •jêpt. autant de significations particulières on ne peut pas dire. à propos d Hésiode aussi bieu que des élégiaques. le forfait que consomment les jugements obliques. : avons constatées ne sont point. le mal qui s'étend à toute la société par la faute de quelques-uns. . les emplois du terme ne permettent pas de voir dans ruêpis un ensemble d'actes définis en eux-mêmes et réunis sous un concept défini. : l'injustice affaire. Ce n'est pas en mais par les mécaniquement. le nom du désordre. Si 1' î>6'pw s'élargit dans les Travaux 47) Signalons ici. jusqu'à devenir l'esprit de perdition sur quoi médite une pensée morale déjà large bien qu'encore neuve. que ru6pf. Elle a plutôt des modes que des f( espèces. D'une part. celle s'entle : c'est la présomption paresseuse dont Perses doit se garder. soit la forfailurc du roi-juge mais on a le droit et il est nécessaire de dire qu'elle s'y rapporte. De là vient que les valeurs que nous On observera s'accolant. si localisés que puissent être certains de ses emplois. dont Hésiode qu'il a s'est senti la général victime en une pauvre pu constater en des affaires semblables. Les sentences dans la poésie r/1'ecque. à proprement parler. la pensée dépasse\ mais : chez Homère. en effet. la disposition d'esprit fatale à tous. — — social. progresse par expansion plutôt que par — D'autre part. nous voyons s'intensifier cette réalité plus ou moins mystique à la conception de laquelle le mot même offrait un point de départ et un cadre. certes. La prendrons-nous telle quelle. par exemple.. et comme un témoignage de la « faculté généralisatrice » d'un peuple? Elle s'explique par nature. est à du particulier et du elle la fois Elle extension. Stickney. 1' ufspiç restait plus confinée chez Hésiode. alimente le sentiment sourd du malaise . L'î>êpt. 11 y a là une forme intellectuelle vraiment caractéristique du Grec de cet âge (47). les inspirations que nous devons au livre suggestif de T. l'usurpation injuste.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 17 comment s'élargit la notion.ç est au-delà de ses manifestations.

pp. . trad. Ihe Classics. 1905 I.. Harrison. p. elle gagne en plus intensive que conceptuelle.18 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE c'est qu'ils et les Jours. Mutler-Erde.lCo |âpoTw (c'est-à-dire au pauvre homme) èaÔÂÔî (c'est-à-dire .). E. l'homme riche a-jr?. Elle se manifeste davantage comme : cœur de entier. SoUdarUé. les observations l'idée A. .... En tant qu'esprit de perdition. 204-268. 228 . c'est que la pensée se fixe sur un élément délini. les maisons déclinent [Tr. (49) Tr. Cette double représentation est tradition- A celui-ci Zeus envoie la ramiiie et la et J.'i5apûO£i * o>jè vàp çspsiJiev le puissant. plus sentie que définie. Hameau '52 d'Or. pp. Le tableau fait pendant à celui de la félicité qui rè^'ue dans les cités où les sentences sont « droites » le peuple y est prospère et nombreux. point.. du moyen âge hellénique » (48). Themis^ p. — le GuUernamen. est plus lourde et. et nous la retrouvons explicite dans Homère (52). ôv. de M. Que l'ordre tout entier du monde dépende de la bonne conduite du chef et de son mana.. ax/iuiv. Dieterich. III. nous y trouvons d'ailleurs l'idée de la Terre-Mère que A. jCp'. | et bien né) ÔT. Mauss in Année sociologique. cf.XIX. 11)05. : nelle. Mais ce (lu'il y a de nouveau dans Hésiode. 70 et s. (51) : Elp-ri'/fi Frazer. II. c'est une conception universelle dans les sociétés primitives (51). IX. fr. London. la société principe substantiel. que corrompt 1' jôg'.. 214-6.. u sont le poème de 1' « âge de fer : ». p. 1908. yip ts xaxr.. 225-8. Usener.xoupoTpô'fo. p. pp. Lectures on Ihe Early Uistonj of Ihe Kingship. . une des formes que prend la notion.. . voir Glotz. la terre. Oxford. mot sert d'épilhète en vertu du processus général qu'a défini Usener (v. sur une la fonction sociale déterminée dont l'aspect est essentiellement humain fonction judiciaire. l' îiêpi. Dans le passage d'Hésiode. Sur (le la Kojpotpôsoî. à tous plus redoutable (49). Pour Homère. 111): mais les sjoixîai sont tout autre chose que les Stxai des rois-juges. elles représentent la bonne tradition dans le : sens plus général et '48 1 le plus multiple (Od. Sur ce moment d'anoniie. 244 : Nestor connaît les ôîxai.. L' îiêpiç devient ainsi plus consciente d'elle-même elle tend à se caractériser comme violation des règles qui gouvepnent la conduite des réalité : hommes entre eux. 494. vivant et funeste au commise par le roi-juge. Ein Versuch iiber Volksreligion^ Leipzig. Dieterich a montrée une des plus anciennes qui soient (50). la notion représente une puissance concrète autrement générale que chez Homère. les animaux (225-237) et les femmes y sont féconds. etJ. G.. (50) Cf. H. Murray in Antfiropology and 172 sq. 154. Se 6' u::' éy^ùpix. le mana procède desejôtxîai du roi (Od. cf. 1-4. 13 et s. c/J. Mais surtout. elle appelle de la fatal qui part des Dieux un châtiment retombe sur le peuple les femmes n'enfantent peste 238-247). pp.t5{toî ôjvaTa.

XVIII) c'est une période de révolutions il y a d'une politiques sous lesquelles on aperçoit d'âpres luttes de classes part une aristocratie de propriétaires fonciers.Williams dans son édition (London. d'autre part les : : propriété 290) et qui mobilière.. 2. Hudson. plus sociale plus sociale.<TT£.. procède volontiers. l'opinion traditionnelle nous paraît la seule plausible voir la discussion récente et approfondie de T. même pensée dans de précédents Glotz. car OéiJiicrTs. 384 et s. 46 et . Groupe assez cohérent ne pas être contemporains. (53) Sur la patrie {Megara Nisaia. à ce stade. réalise nécessai. 1304 b 35) et de Plutarque {Qu. mais à condition d'ajouter ciaire t£ xal VIliade. par l'expropriation Théognis tient pour la première classe. 15). Cf. qu'il désigne par le terme d'«ya9o(.. à l'ordinaire. pp. Solidarité. les manquements la le en ce que à la règle mais plus mystique par là même. Théognis a contemporain de troubles sur lesquels nous renseignent seulement . Auxtr^v si'puTo : : aOévet t]) {cî. XVI. qui ne peuvent faire allusion qu'à l'émotion provoquée en l'époque vi" siècle) (première moitié du de Grèce par été le les conquêtes de Cyrus en Asie-Mineure (545). en ce qu'il est devenu une désignation générale pour : En somme. 240). 1302 b 31 4. et derniers. 53-56 cf. à l'égard de ses adversaires. x le terme d' uêpiç chez Hésiode a pris une valeur à la fois plus « mystique » et plus pleine. 1300 a 17. : ils spectacle de réalités sociales assez voisines (53) s'expriment tous deux. représentant la tradition des « nouveaux riches » forts de l'empire grandissant de la yévr). c'est seulement la poésie Théognis qui nous offre un groupe notable ces deux poètes ont beau d'exemples. p. quelques indications d'Aristote (Po/i^. mais plutôt se succéder ils ont ils beau n'être pas compatriotes ni de môme tempérament de Solon de : .û{ : — plèbe et « nouveaux riches » — qui sont pour lui il écrit au lendemain d'une victoire de ses adversaires. S'il est question dans XVI. .tax£i. gr. IV. — — que ces 6£[j. 154). 4-12. dans cette forme élégiaque* ont le . en particulier les vers 773 et s. qui commence une plèbe confuse sur laquelle s'appuient parfois ces à rentrer dans les cadres de la cité (v.. sont rendues et que la ôix-r^ est chassée. ]/. des tempêtes déchaînées par Zeus quand des axoX'. pensée commune. : soit la Mégare de Fisthaie de Corinthe) et Théognis. ne sont pas encore. les Sîxat. Hymne à Dém. Entre Hésiode et et l'âge classique. que connaît Hésiode et qui représentent une organisation de justice plus avancée et plus systématique. 12.at 0£[jLt. contre les autres les xax.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE c'est-à-dire c'est la ôtxTiori 19 beaucoup de « dits ». ne signifie pas nécessairement sentence judiun pressentiment qui vaut d'être noté. tant s'en faut (voir p. rement III. 1910). brutale. V. A Mégare.. 542 (Sarpédon) o. principe du mal conçu comme» anomie ». il y a là peut-être.

nous sommes réduits presque à le deviner. Par tempérament. à propos de 1' 06ptî. 380 (àS(xo'. on est frappé de voir combien le terme Oêpi... s'est encore spirilualisé chez Solon nulle part.'. autant sans doute qu'elle a jamais pu l'être. la continuité que manifeste la notion. il ne désigne des actes définis de violence. n. Solon. En effet. mais pas laquelle. dune la y revenir. en un sens sa valeur impérieuse est antérieure à ses déterminations. presque premier moment. 5. Cela est vrai. — . Il ne Test une réalité sociale s'alteste derrière ses diatribes.^0 HECHERCUBS SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE qui a unetout autre valeur que celle d'une convention littéraire. Il les débiteurs ne veut pas évoquer immédian'évoque pas. Ceux qu'il flétrit ne forment pas une catégorie particulière (ïb^o'.î cf. Cf. c'est dans le distique. presque insinuer qu'il ne veut rien dire. accumulée. 11 et XII. à ce point que de bien des vers on ne : pouvait dire l'auteur. auxquels le mot s'appliquerait par un transfert de sens. que les idées morales ont pris corps forme sociale et tonds commun. isolé ou qui tend à l'être. Le crime : de ses ennemis. II. on pour: rien de défini. il l'eût pu cependant mais jamais il : : concentrée qu'elle énigmatique au ne s'applique par exemple au traitement subi par insolvables. La pensée éthique a donc ce double caractère d'être parfaitement socialisée. Théognis devrait être explicite. et général. et une phase de la pensée morale qui caractérise une forme chez les Grecs.- — il ÇovTe. tement de faits concrets. il : car Hésiode est toujours prêt à généralité qui. valeur la recèle. Les mêmes notions s'imposent à leur poésie et s'expriment en elle (54). Les démarches de la pensée morale sont rait : — ici à l'inverse de la logique abstraite Pour le : il ne se constitue pas 12 un et (54) rapport dans lexpression. Pendant toute une période. De tout ensemble. et d'atteindre un degré de généralité qu'Hésiode ne pouvait que nous faire pressentir part du singulier. et dont le prestige occupe d'emblée l'esprit. obversation doit justement porter sur le genre de l'élégie. Même chose chez Théognis. A force de vouloir tout dire. l'élégie vit du vertu de la tradition là. îpyaavi -:re(eeaeai) Théognis. c'est l'uêp'. dans le distique défini et Une première même souvent lapidaire.ç mot puissant. par représente comme un capital de pensée.

de stable. cf. C'est milieu que la notion de l'Oêpiç se développe (55) du changement. 8. dont le : « désir » est l'essence même de la tit. 751. 3-4) cf. une oUr. 14-16): elle conserve des traits de la ôtx?) primitive. . jgp'. psychologie commerçante. dans l'œuvre de celui-ci. notion s'approfondit elle s'alimente d'un sentiment nouveau. tel : un face dans en dans : . Tuêpiç est immédiatement nom invinciblement évoqué. civOpwTTw (= SoloR. elle s'impose Solon pourtant a commercé. jgp-.ç. s'apparente de très près à celle de la Né[ji£ai.) dont la notion : aussi bien.I1.(v xavcw ôX6o. et elle représente comme une fatalité ici la plasticité d'une même notion morale qui admet des utiùzili. XII). et sa poésie laisse entrevoir l'inquiétude de la conscience grecque qui aurait encore besoin de permanent. . La rupture des cadres s'achève le développement d'une économie : interurbaine provoque. dont la subsistance. d'autre part. immédiate ou tardive. Théognis. mais en un sens profond et religieux il y a d'une part les biens durables. (Xlt. « désiré les richesses » mais sa pensée profonde. est le témoignage et la garantie du bon vouloir de la divinité. mot. ou poussée d'individualisme. devant le désordre social. 25 et suiv. crée. tout au moins conditionne une se Une psychologie commerçante dans le La fièvre des richesses passe monde. inconsciente peut-être.v. 153_4 . sentie et son Mais la : sont une époque critique dans l'histoire de l'âme grecque. A Solon lui-même. qui poursuit sa victime jusqu'à satisfaction totale.Ta'. Le vu® et le vi® siècles. On s'exposerait à méconnaître le sens de la pensée morale représentée par Solon si. et qu'anéan(X. et qui doit constater le va-et-vient qui règne d'une condition sociale à l'autre. IV-V. conçue comme on aperçoit ordre général des choses.is seulement au sens banal et superficiel du M . ii«m p. Entre la richesse poursuivie èo' -jftoio. la Atxr^ divine. 16) et l'autre. voudrait se détourner de cet esprit d'entreprise qui trop souvent s'accompagne d' « injustice ». à travers de nombreuses générations et entre les mains du môme groupe familial. ot. on n'attribuait qu'un rôle subordonné ou simplement préliminaire à l'élégie sur la richesse (fr. 835-6 I : xspôsa xai . et ce sentiment reflète bien une réalité sociale. l'attitude d'une pensée morale fixée la tradition ne peut être que la défiance. autant que nous en pouvons juger.JURIDIQUE ET MORALE E\ GRÈGE 21 concept sous l'extension duquel rentreraient de nouvelles espèces. (55) é'iTT. cf. il y a opposition morale^. le' gain par à-coups. connaît le présent et l'avenir (H.

a. et XIV où la pensée àoTrax-uà.î xexpa. [jLT. mais où survit l'idée latente d'une antithèse entre entre l'àpsT-/. pour qui l'homme de bien. Euripide. 1229-30: le sens de « richesse ») e ûtu- aÛTol 8è '«pOefpeiv [xe^âXTiV irôÀiv à!ppa8trjg'. » vraiment le lieu là. àXh' tùiuyé ôX^ou 8' èTrztpuévTo.paxat itoXXr. Tr. Sî^fiôv ts ci. au moment d'Hésiode. tsxy^ àvSpa àaxoi 'xèv yJtp è'9' oïSs tsoiô'-fpo^K^. 44-6 oxav C 6 p iîje i v Toïa'. Ce gain-là. xal xépôea SctXi xai •jjBpi. sm^yéeiv.Swsiv | (il s'agit de la plèbe. Ce qu'il y a de plus caractéristique dans la notion de l'uêpiç. 149-150. Théognis.xa r. 835-6 xoXXiôv èç àyaeôiv è. . : naguère hors de S^xa-. xaXéetv xto ô)v6iov. 8é8oixa 8è : iW | xaxÔTT. avec une tout autre version) du En tout cas. II. voir XII. . i) t o î 8t.aTi. Sur cette opposition entre le durable et le précaire (cf. Médée. | | \ • | .eîvw). c'est qu'elle nous laisse apercevoir.Sc. il (XII. 32. de l'iiêpLç.ou 8' f. non seulement de l'esprit d'orgueil et de ce qu'il y a de « réaction- naire dans détenteur de la poésie la vérité de Théognis. que Solon paraît désigner en des vers obscurs 65-70. T. — on rapprochera Théognis. faut bien entendre le xspôoç au sens des élégiaques.v àsTol Jioû(57) Solon.Ge(p<i)j'. — et le ttXojxoç des xaxot .zath (annonce d'une prochaine et inévitable tyrannie). sans mesure.XV. des àYaOoî l'ordre traditionnel des choses et le nouveau. l'avènement d'une classe nouvelle. Tjcuôvêî 6è ujâp to. xûst -^ôXii. GsoaSoxa noXXov à[j. 6-J9LivTf..|jLaxa ô'oj/ 9 et s. 33 et s. Hérod. l'aristocratie commerçante qui suscite les tyrannies comme c'est d'elle que se défie Solon. c'est l'homme. apparente et sans doute même la pensée consciente est de morale abstraite et assez vague. xxxoïaiv Sot). 585-590. la ne se prêtait plus à en exprimer la notion).. oitriv kxoï\xov ji p i% [xeydtXT. qui à Solon lui-môme : i:plv 5' 5v xeXeurf. 57-61. Théognis. dont l'expresMême conception dans Bacchyl. toujours portée à s'élever plus haut.... prompte au changement et prête au despotisme. -z" àSixo'.pa xaxf. : c'est elle : elle est — De perdition.yEixôvov^ ôiStxoî "jÔo^. et J. à l'époque des élégiaques. malgré tout.ji S-. c'est que.. àvopwv xe ^{t.8è I.î I | Kypvs.u. 13 richesse il tère. ardente à gagner qu'attaque Théognis (57) sans l'aveu des Dieux. (jlt. (ici ôTkjâoî /jatépoç àXXou yévoix' àv àXko^. 75) qui est le contraire même de l'eoSaijjiovta (et on pourobserver que.aeTÉpT. . richesse ayant partiellement changé de carac». sion est toute voisine. Xovxat /pf.: /p-/. t.. : n'a puis gardé que s ù 8 a { tx w v 8' av ou. la -rrôXiç et cf.|xaai TretôôjXEVot.. à l'âge du y^voç.. àXyôa iroXXà ita9£Tv où yxp STriatavTai xaTS/siv xôpov cf. si ce dernier terme n'a guère maintenu le sens de uuvT'j/^tr^ (56). cf.v éç xaxôxr. déjà Hés.22 RECHERCHES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE lisations diverses et successives. morale et religieuse. chez les élégiaques.x' è'3aXev. IX-X . et l'r. 230. une 68. que | ces « mauvais bergers xotl » y font rentrer 39-42 : • pour l'emploi de 54) olxsîwv xspSétov sïvcxa xpâxeo. rait « porte en soi un principe pernicieux et sinistre. en fait dire (56) Cf. o et s. : | 8(xa. terme de atr^ (XII.

la cité. cf. sur la conception que se fait Solon de la « bonne constitution « on aperçoit seulement que la 5'javo|j. et maintenant. : dans des uns entraine. antithèse de V'j6pi<. qui interdisait la neutralité dans les troubles tions sociales. tanément (v. voir* aussi XII. c'est ainsi que Solon qualifie ses propres lois. 173. xoiai 5è oeivôv ISsîv .. d'une inégalité équitable entre ceux qu'il appelle. 224. doit être maintenue contre vdfxou (ap. par lui-même.. 57). XII). 'AO. (GO) XXXI. 23 yh-r\ appuyés sur l'antique propriété foncière. maintien de l'équilibre. à me- (58) Le terme euvofxffi apparaît. du terme de Osajxôç (cf. èy^paXi: \xiat: Zz sur l'aphorisme vcaxoù. 11. l\oX. 230. ne va pas à nier la cité. 1). qui tantôt est envoyée par les Dieux et tantôt se développe sponsinistre 65). se fait jour. au demeurant. Arist. dont l'idée répond h un état d'agitation inquièle dans la cité. xaxoïaiv saô'Xoij. 2. Tiiêpiç — l'eunomie le » qui y pré- l'idée qui se répète. (cités n. avec un accent religieux. ni yic. Némésis. tout le passage. xôpoç G^oiv. (59) La loi est encore désignée. Busolt.. 5-6 (Sots) ôIvx: Torat [xèv aîootov. qu'il ne faut ni aveivai. 34. Du reste. 33..]. Cf. IcroV.{r. aussi ce qu'il y a de « conservateur » dans la conception que Solon lui-même se fait de l'ordre. puissance de mal side : entamée par une mystérieuse Sentiment religieux plus que jamais. Tournier. p. IV. n.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE fait. pouf » !3ix!. Nous n'en jugeons pas seulement d'après Théognis (chez qui l'invective. v. p. tout comme Théognis. Théognis. n. au temps de Solon. n'en est pas moins dans tous les cas un principe . de la solidarité dans compromise (62). ce qu'il y a de statique et de traditionnel dans son idée de — mais des vieux Veunomie qui « (58) qui n'est est bien plutôt le pas encore l'organisation par les lois (o9). ne nous renseignerait guère. par la perte de tous (63): — Mais contre-partie instructive châtiment divin. 2. n. Gr. Aristote. (62) Solon. 39 et s. Dans XXXll. 39-42) mais on connaît la fameuse l'ègle de Solon. appuyée des témoignages concordants d'Aristide et de Plularque. 2 et p. Ill-i ([jloi àvSivîi) -jnetpaç /Bovoî T:aTp{5o. Les termes de %ol%6.. mais en l'enrichissant. qui obsède — que. cf. par opposition à 6uavo. Hérod. tout (61) : : intérieurs zixpèv I . 10.ea8ai peuple justifier tlxtsi : son principe politique. 'A9.jL{T„ mot dont le sens s'est enrichi depuis [Hés.uxùv wSe cpiXoia'. le « 3. Le sentiment de cette solidarité nouvelle n'est d'ailleurs pas encore parfait.. et de ItOXos sont encore des désigna| comme chez Théognis. où l'on voit seulement que reuvofjLÎti réprime l'uPptî (33).. XVI. n.ou.. que l'antiquité prêtait à Solon. même récente cf. les bons » ce sont les bien-nés et les « mauvais » ce — — — sont les vilains (60). 59. Théog. 44 et s. Le sentiment la cité (61). noX. I. (63) L'Gêptç. 16. y>. XXXll.oipiav è'/£iv. . représente les usurpations violentes : d'une classe sur une autre. 18. Ainsi les élégiaques continuent Hésiode. la leçon Ô[j. : ùï .. 8-9 : oùBé [j. Gesch. « étant donnée la notion particulière de de là l'idée.

indépendant de la causalité divine (Solon. Pind. Cf. l'oracle cité par Hérodote.v i]i. \dL psycïioloyie^ dans Oêp!.. 35 et Théognis. Cette notion apparaît ainsi plus fréquemment. cf. rapimplique à lui seul l'idée de l'insolence et de la présomption : = évoç funestes. H03-4 "r^ipi. nous avons vu la pensée mythique et la pensée psychologique obstant le curément associées maintenant.. •j€oi <. 43 Asitxatvw tVSe : itoXiv. cette opposition se ramène à celle qui se précisera par la suite.voe tzô\vj xaTéyei. le mot xôpoç. contradiction. Uêptv . 731-2) et le produit de : : — la liberté II. 13 uSpiv xôpou [xaTÉpa epaaûixuOov. n'y a pas pour autant. cf. Chez Homère. comme un « dit » de Solon tôv [lèv xôpov toû ttT^oûtou vewôtçôa'.. dans XIII. de la sagesse réfléchie. Théognis.. se dessine plus nette c'est la « satiété » accompagnée d'orgueil qui l'engendre. pour une logique abstraite. 603-4 ToidtSs xai MdtyvTixaç à:rwA£!jcV êpya xal ii6p iç. uêpt. Rapport inverse : : donc plutôt incertaine encore. 751 chez Solon. et par le sentiment immédiat d'un état nouveau de société Diogène Laerte (I. t. VIII.. qui entraîne fatalement Solon. remarquablement voisins par : la pensée). oîa Ta vûv '. uêpiv ts ] t(xts'. Théognis. Kûpvs. 835 et s. . 541-2 : pour : la perdition de toute [x^. 77 xôpov u^pioç uîôv. ô'Xscrsv. 1175. Cf.xa àxwAeas xai KoXoœwva xal SjxûpvT. est à la fois du naturel et du « surnaturel ». >v3'jya- (65) Théognis. II. la conception toute positive et toute profane que l'on croirait. 153-4. et l'esprit d'imprudence individuel en principe — est Il l'antithèse de l'intelligence là (65). 1173-5 : (v v •?. En fait. mais il est notable de la voir s'enrichir maintenant. proché de : Solon.. Théognis. étant tout ensemble le principe fatal que les Dieux suscitent (Théognis. et pourmôme terme les connote toujours toutes deux étrange unité de la notion qui serait. l'jêpi. xai -jtxfA' (Welclier ditoXeî. : (64) TixTct yitp %6^o^^ -irXoÛTo) xcxopTfijx 06p:î. 441.epr. La repré- sentation substantialiste continue de prévaloir dans le terme. IX. xal Mâyvr. ttoXù xpsiajow 6 p lo.. et humaine.:ii RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE sure que la représentation do la société devient plus directe et plus complexe. la psychologie. ÎJ ttXoûto. TjTrsp KevTaûpouç (ùixocpâyoui. oj u. oû'XoaévT. elles se dissocient.?.v TT. 59) cite. II. l'analyse psycho- logique peut s'approfondir.\x) itavxwç. 0. remarquons-le bien.. et dont nous indiquons la raison d'être rOSpr... Eurip.v 5' u6piv uità Toû xôpoy . et — : et proverbe nouveau de vertige — national (64). et sous un aspect plus | : | réaliste. ) fr.. mais comme cette pensée s'exerce sur un donné social plus complexe et cependant directement perçu. 3-4 Théognis. noXuiratST. 1 et s. une cité : 5 et s. 451.. que chez Hésiode. I la vindicte des Dieux et s.. est : : Tf..

seulement transformée le gain de pas indéniable. comme une âme de quié: il (66y Particulièrement notable. encfre que timide.. elle y revient dans un esprit noutaine.. il faudra bien que tombe le privilège désormais anachronique de Vîùyiveia dont le prestige obsède encore l'esdoprit du second.X GKllCE ^O Le changement de Mais la la notion ne est pensée en un sens. 731 et s. On entrevoit que la pensée morale pourra sinon exorciser complètement. IV. un y tel fallait. 25-6. que la pensée morale revienne au mythe qu'avec les élégiaques elle avait plus ou moins quitté forcément. en accumulant avec complaisance les allutique sions aux désordres insolents qui. Il n'est pas indifférent. XllI. à propos de Tuêpn.. monstres domptés par Apollon).. dans le sentiment qu'elle lui associe et comme dans le ton même oii le terme s'y produit. d'abord. 111-12. contre Héraclès). 161) Pind. cet aspect s'accentuerait son vague mystérieux Mais comme le sentiment de la société. en des temps abolis. dressèrent contre la divinité les grands impies et les monstres illusavec tres. on doit ressaisir Técho d'un certain état collectif. contre le principe religieux darité familiale en vertu duquel les fils répondent pour les pères. miner.MOIIALK K. monstres envoyés Bacchyl. 36 ('Jêpiv . P. . elle. est la protestation de Théo- de la solignis.JCRIDÎOL"!': ET .. est d'une sérénité trop hau- dans l'atmosphère du mythe trop constamretenir la sensation immédiate du social et néanmoins. X. C'est un moment de transition que dénonce la poésie d'un Solon et d'un Théognis (66) et la cité veuille rester. si voilé qu'il plutôt. empire dans ni la loi la du genre ni le tempérament du poète conscience grecque.28-9 (j^ptc d'Ixion). par l'usage qu'elle fait de la notion d'Oêpi. même. I. x^oiSaXwv.. elle plane ment pour pouvoir : : veau en repoussant dans le passé des légendes l'image pathéde l'j^p^ç (67). Tuêpiç n'a rien perdu de la société a s'est : autrement riche dans l'Oêpis des élégiaques dans rOêpi. : donc retenti sur la notion. est : s'instaurant maintenant. elle atteste un obscur parti pris que ne commandaient . Cf. il faudra bien que fléchisse cet esprit de tradition qui commande encore. 50 (uSpiv icvwSaXwv. la réflexion du premier. la pensée se prépare à exercer une que prise directe sur la réalité. N.. le fantôme de l'u^piç. hésiodique. La poésie de Pindare. Il. . Sans doute.. IV. pour une part.

elle chante l'Oêp!.26 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE du sentiment de Tuêpi.vaincue (68). | x' iix'fixxiôviov xeXaSewa. presque constamment. . produit de la croyance : moment croyance brute chez les Barbares. car l'eùvofjiia par » de r dans un milieu que pénètre l'intelligence. suivre leur chemin loin des voies de Tiiêpis (69). eT. veau de ridée une pensée autrement forte et confiante qu'elle n'avait pu l'être tant que le passé achevait de se dissoudre. et la valeur du terme euvojjiîri (I. mais synthèse Tout ce mouvement de pensée correspond un progrès . nous importe de le marquer. car le sentiment de l'eunomie nouvelle s'étend à l'univers. dans et par la cité. celle de l'ordre. C'est bien à un état d'«ame nouveau que répond l'état nouon voit s'afïirmer. Qu'il n'y ait là. la poésie chorale est pénétrée d'optimisme de préférence. mais la notion d'un ordre essentiel des choses se l'idée de « convention » (v6{jio. 29) et de vojjlo. la société. le verrons mais : il : savent. le vôfxo. et devient organisation comen vertu « erreur des hommes succède à la fatalité de la MoTpa. Torganisation sociale apparaît une œuvre humaine. Cependant le même Hérodote qualifie déjà de vô|j(. . invocation à 'Aauyîa : : tî6e'. public yr. Sur l'évolution du concept de loi. et la notion des lois de la nature apparaît. n'y a pas seulement antithèse.^. x' 6p'favo( C6p loç. le sens de « coutume ». sous la paisible influence de l'hérédité et des traditions familiales. Cf.€ai(ji tiixcîsvtsî àpj^âQev (69) /. p.. Co II. nous devons nous borner ici à quelques indications. 54-6. son Histoire répond à un . perpétue en lui.-vo[jt. peu à peu s'adjoignent de nouveaux éléments que dans la suite social : elles constituent (68) /*.. qu'un aspect. de dr. A ce moment.. IV. la cité auquel à Athènes. 124) n'a guère changé depuis Solon. les lois de Solon ont établi une base de un corpus (Francotte. : Ordre de plexe. Ici plus particulièrement. et loi.oi. une règle consciemment établie par un groupe social (I. croyance rationnelle grecque.tÇetv) : dans la cité . 12. elle exalte ceux qui tude. xot jxèv èv XéyovTai irpé^evot XI. VIII.. des coutumes divergentes et souvent étranges de nombreux peuples. en ce v" siècle commençant. 144) surtout. P. Mél. décisif de la pensée grecque par le spectacle des multiples vôij. perd de son sens fatal. III. Chez Hérodote. a encore.oi les lois de Solon (I.. et ainsi entre la « nature » et la à il « loi ». Ordre du monde aussi. commence à s'opposer à la et devient une véritable catégorie.î uSpiv h | àvx^w. Le terme suggère ou exprime cpûdic. 23-7 famille des Cléonymides. o). qui la — suite rationnelle. 284. le mot vofjio.

SuppL. offenses aux parents. violation des droits religieux de l'hospitalité : despotisme. indifférent : autant jusque là apparaissait ou localisée ou imprécise. Sept. 73. Le plus extérieur l'jêpiç n'est point. inceste.. E. violation des droits de l'hospitalité. dans le même moment que Tidée de loi s'étend à l'univers (cf. PhiL. 528.. 399. 1311 516. 266. ôfjfjiov 29 B) : TjXio^ O'j/^ 'jTcepê-fjas'îai [xi-z^a : oï [j.. 920 f. : Œ. ol. Hirzel.awv : Esch. : : : 873 injures profanation d'un lieu consacré. 1347 El. 124. Bacch. 72. J. qu'expliquent suffisamment ses origines.. '/^^r^ force ridée ÙT. C. 426. 1092 et 1385 sacrilèges (des Perses en Grèce) . exprime avec ([xâ/^saOat. liers On multiplie en attentats définis et n'en finirait pas de dénombrer les actes particu: auxquels successivement le terme s'applique sacrilèges de toutes sortes. cpÛTt. Trach. Themis^ p. Météor. La représentation oùSèv [xs'Xsi. è^euor..iv la xov (fr.^ p. cf. mais la pensée rationnelle. fr. 271 union avec le meurtrier d'un contre le respect dû aux parents. suicide. ProbL du dev. L'unité de la notion n'en est pas atteinte. prestigieux 'zryj ' de Toù vô|Jiou ô'xw.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 27 notion d'un système : on rapporte souvent au des lois. 396. 806 injures réelles. 103. Homer. I. 120 : : : . Atxr^^ èTiixouoot. 613 790 et 794 outrage aux morts (injures). ses caractères. pénètre la pensée antique et mythique. il s'en faut. 58 mauvais suicide. conçue comme une souillure. Ant. 502: attentat contre la majesté des Dieux.j et s. Marquons les traits nouveaux. AJ. 31. 1297. Hera- applique le terme de vo|jloî à la 392 et s.. 46.. Perses. V. 375. 560 (71) : : : : outrage aux morts (refus de : la sépulture) EL. au droit de l'hérédité. 406. nom môme de Solon. outrage aux morts. [j. sa fonction même. 345 a 15 (70). Eurip. 480 attentat 887 : contre l'autorité. voir n.) si — est la formule célèbre 'Epivjs. 881 moqueries outrageantes.. injures verbales ou réelles. parce que (70) Voir aussi. 280. qui a grandi parallèlement à révolution le du terme voîjloç. 1029 violences sur la personne des faibles. sur ce que la Moipa comportait de contingence. 309. naguère considéré comme possible (Aristote. p.- cjoucTi cette notion des Erinyes et de la Dikè n'est pas essentiellement nouvelle (Uivaud.à. rj vô. d'où loi la C'est clite p. Œ. cité — Hirzel.. R. 257 u6piî injures réelles outrages à un Dieu dans les relations sexuelles avec une femme d'un rang supérieur.ïp du vô{jio.). parent. Du même Heraclite de la nature qui. Theol. 817. et tragédie eut une action profonde.. autant rOêoLç chez les tragiques se distincts.. 845 uêpt? des fils d'^Egyptos. et nie désordre dans la nature. Themis. 1364 : : atteinte . Sur morale. Soph. par ailleurs. uTTsp -zsi/so. : .. traditionnelle est encore dansEurip. 424 et s. 960 verbales. il y a de tout (71). NagelsbachAuteurieth.. Harrison. p. n. 8.). . : : . la la constitution de l'Oêpiç comme notion religiosodéfinitive. adultère. Themis. attentats contre l'autorité. 80.

: Mais. Le « mal » avec l'idée de sanction. c'est que. une substance néfaste. parce qu'il continue d'évoquer un être sinistre. 1360 adultère (très ditl'érent du dernier cas de la jtart du étranger) mari) SuppL. : 331 : llèracL. mais de l'abstrait aussi. il y a à la fois du concret et de l'abstrait du concret. 7'. 12N moqueries outrageantes. 902 outrages aux morts ^injures) le respect dû à un lieu saint. 633 attentat contre la majesté d'un Dieu et profanation d'un lieu saint. : . désormais. . mais continu. du délit. d'un acte d' Gêpiç à l'autre. Sentiment latent. elle comme par le ne se fragmente pas. qu'il embourgeoise le drame : expressions forcées d'une vérité qui n'est pas propre à lui puisque. 11 contre moqueries outrageantes. 13 adultère (de la part d'un (relations coupables avec lépouse du père) Médée.^8 le KKCUERCUES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA la l'E. c'est la justice organisée des hommes définitive. a varié qu'invoquait Hésiode. et qui entretient la notion. c'est bien : En — sans préjudice toutefois de la punition divine — qu'appelle maintenant V'jèpi^. la cité du temps qui transparaît dans l'œuvre de tous les tragiques.. Ici se laisse bien pénétrer l'esprit moral de la tragédie. de notre point de vue. l'uêpiç est une notion est continu réalité vivante. assuré par le Chœur ou le chef. c'est la Grèce du temps. notamment. symbolisant le groupe social présent et actif.ç. que l'idée d'uêpL. : : : : : : : : . Dans le terme liêpi. en fonction au lieu de la AUti lointaine d'elle. 1073 inceste /. . 924 contre des orphelins HippoL. On dira d'Euripide qu'il fait descendre la tragédie du ciel sur la terre. parce que. 266 : : injures à l'adresse d'un parent. Par là se laisse pressentir cette synthèse l'idée 'JBpiq et — d'où. : Iruilcmcnls à l'égard d'un orphelin. il en : vient presque à exprimer la notion générale tend à devenir 1' « injustice ». l'association fréquente des qu'on aperçoit comment toute celte multiplicité la notion de l'attentat religieux réprimé par la que la conscience commune veut établir entre les idées des divers actes délictueux qui représentent comme dillerents étages de société et de moralité. et s'ordonne sous cité entre le terme ou des ISpjfxaTa dont le respect est -zt^évri réclamé.fi9 attentai contie nn Dieu: tr. ce qui représente déjà un elï'ort de l'analyse. si l'on veut.NSÉE développement de passé. T/ov.. on peut établir une correspondance intelligible. pouvant s'appliquer à tous les actes qui appellent une sanction certaine et délinie. puis- que c'est le s'exprime dans leur idée de sentiment d'une certaine organisation sociale qui Cela ne nous empêche pas l'jêp'.

son contenu nouveau à ï'jêp\. et que le symbole tourne à la transposition ainsi on retrouve rGêp^. chez Euripide. les Suppliantes l'jêo'. ysvov. et du passé au présent en sanctionnant pour une part la morale antique. Voir aussi l'allusiuu dans l'roin. Schr.. qui £îit. Chez Eschyle et Sophocle.j. ('3j 845: Esch.. ou ces divers 942 sq. commande pensée morale des tragiques. 486-9. (12) Contrairement à ropinion de VVelcker.»-? qui prohibe l'union à l'in: les plus c'est la violation térieur du ysvo. C'est dans le cadre de cette organisation que se déiinit l'Oêpt. 10) et dont elles disent for: la règle wv BÉîJL'. Weii dans son édition des Suppliantes. v. à quoi renvoie souvent la tragédie. (v. dans la donnée de la pièce. de àaeôf.^ des fils d'^Egyptos. en etfet. points de vue se trouvent indiqués. suivi par H. Surtout chez « le ».JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^9 d'observer. 38) de l'époque classique. . en sentation. la cité affirme une une. IV. donc plus de vérité tragique. ou loi du clan est tout autre chose x v g v x w v oj v xal x proprement la loi d'cxogamie. i : . c'est elle aussi qui donne son aspect nouveau. c'est aussi l'abus de la force contre le plus faible que protègent et le respect d'un lieu saint et la puissance active de : la collectivité.. 980 sq. est beaucoup plus tolérante pour les c'est unions entre consanguins la OéjiL. 225 s/Opwv ô mellement : : .. comme Weil..xXy]p(j)v 45-46. en lui-même. 3o6.. il nous paraît impossible de ne pas considérer comme fondamentale. il y a plus de symIsée. àvc(|. Et comme cette repré- ou non.. l'idée de riuceste autrement.^ 58.. 122 et s. c'est la manifestation du despotisme contre quoi se dresse la conscience de la démoc'est en définitive la violation de la morale. (72). . par le : antithèse éclaorganisation d'autant plus solide et efficace tante de l'anomie dont la pensée obsédait la poésie du vui*^ au vi'' siècle. à la cité. III. (v.. pourrait caractériser sa philosophie sociale premier on s'il en était : sentiment profond de l'intégration du yévo. Kl.Sm/j/jL. Cf. dans offre bole.i(I>v. : un curieux rapprochement avec El.^ 8o5 : »e'jyooaa aur^yevfj yi|xov cf.. d'où viendrait l'horreur exprimée par les Danaïdes pour un mariage qu'elles qualifient. au v. — Rien de plus caractéristique à cet égard qu'une des pièces archaïques. et noter l'emplui du mot 'iiXou. mais toujours présente. une espèce de procédé. explicite la au fond général. qui a pour appui et garantie la force incoercible de la cité. vi. pp.î etpysL? Il ne sert à rien d'invoquer. c'est l'infraction à la règle qui exige le consentement du pèie au mariage. p. de la cratie (73) plus antique comme de la plus récente. qui. : |jl i ij. de la vieille Bép.

prospérité. : séparation qui s'indique en conséquence. que suggère le terme. de la raison. dont il sera convaincu : lui-m. : — manifeste pourtant produit de la liberté. dans la faute il localise la cause des désastres (74).. émanation de l'individu tout ensemble. phème qui attentent à conçue comme pour les orphelins par exemple. que Penthée poursuit chez les Bacchantes (113. la notion subjective de V'j^pi. A(j. et la représentation des rapports individuels est même — transposée dans l'idée de la faute religieuse par Oêpt. la notion objective de TGêpt. A ce point de vue aussi.*me et qui causera sa perte (cf. n. d'une organisation eflicace de la société. Nous l'avons noté si elle devient : notion quelque peu abstraite. filschyle proteste contre la conception d'un fatum où le malheur inévitable serait l'aveugle talion elle se . même après ce progrès. l'idée subsiste d'un esprit de perdition qui soulUe où il veut. D'autre part. pour une part. de l'individu. elle reste aussi notion concrète. dans des situations caractéristiques. est plus que jamais conçue pour elle-même « insolence » toujours et aberration.s. c'est. 71).. et dans l'Gêo!. spécialement personne. n'est pas encore absorbée par la raison.. Et pourtant.. elle : dépasse la fatalité et elle affirme l'individu. le tragique réside précisément dans l'espèce d'équivoque qui entoure ro6p:î c'est l'oêpi. nous voyons la pensée se conquérir elle-même la de individuelle. quant aux êtres humains qui sont la victime de rî>êp'. et nécessaire l'intervention de la cité. 150-771. le nouvel élat de rOêpiç atteste un effort de l'intelligence.. entre le religieux et le profane.liO RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Dans l'élaboration de l'idée d'iiêpi. l'Oêp». et c'est i'jêpi. on pourrait définir ce dernier progrès une volonté de pensée claire par le sentiment actuel.. 779). il chose nouvelle s'agit souvent du sacrilège ou du blas- — : une divinité personnelle.. dans celle d'une atteinte à l'individu. tend bien à se préciser. chez les tragiques mômes. par la Et ce individualisme. par la multiplicité des actes définis qu'il embrasse. mouvement de la pensée apparaît solidaire d'un certain De fait. (7o) Dans une pièce comme les Bacchantes d'Euripide. mystérieuse et qu'on ne saurait localiser qu'après coup (75) quand la catastrophe l'a — (74) Esch. . l'absence du groupe familial qui rend possible l'jêpi. l'idée de même la faute inévitable.

c'est la fonction du mot. : le il mot.N GHKGE 3l dénoncée — l'idée enfin d'une réalité du néfaste qui ne sera jamais transparente à l'esprit. en un sens elle se monnaye presque la pensée alors. : : la personne. en terrain clos. celui de la cité souveraine. nous aurons à l'étudier. justement en son fond. Gomment cet indéfini. s'insère dans la représentation d'une société organisée qu'on peut dire qu'elle pressentait l'idée du « mal » tend à devenir celle du « délit ». . : : de l'atteinte à — : terme laisse subsister des états premiers de la notion. affirme impose à la l'intelligence des individus . inconcevable.elle s'intensifie à la fois et gagiie en étendue par Tidée pathétique d'une « anomie » qui n'apftelle pas encore la sanction des hommes. elle retient le sentiment du trouble social chez les tragiques. l'évolution de la pensée manifeste aussi. ment. c'est du « mal ». qui continue de vivre avec éclat dans la tragédie. et dont nous avons pu marquer l'empire grandissant. il y a toujours un résidu impénétrable à la pensée claire? Ce que nous appelons réflexion. à sa façon. recueillons les résultats de l'étude dans leur ensemble. reçu par les consciences. elle n'en a pas moins déjà une substance religieuse. Ce qui s'indique là. cet audelà se réfracte dans la notion de l'atteinte à l'individu et dans l'idée de la volonté délictuelle. Les moments successifs de ce progrès seraient inintelligibles sans la notion des moments sociaux qui leur répondent celui du vévoç. Mais on peut aussi parler d'un développement interne de la notion parallèle à une évolution sociale proet que nous pouvons suivre à l'état d'isolelongée. une notion morale incertaine subordonnée chez Homère où elle se réduit parfois à l'idée du surdroit. substantielle et. celle se développer : Nous avons vu encore. Et voilà une première donnée. pas de pensée et de pensée morale moins que d'autre ce que la permanence du or. l'idée du « désordre ». continue. raison. celui de la dissolution du vévoç.JURIDIQUE ET MORALE E. modeste et : . celui de l'établissement de la cité. analyse. ne réussit pas à entacette idée d'une réalité mer ce noyau là un prestige spécial. Ne serait-ce pas que dans les notions morales. chez Hésiode et les élégiaques. Pour rinstant. elle se multiplie. une véritable continuité. Sans mot.

de l'institution plus : — impliquée dans les états successifs de l'jêp!. d'un rapport externe le sentiou moins nette. nous avons reconnu un sentisiii le sentiment que la société a de soi. sous bénéfice d'inventaire — n'est pas le chose. ces deux extrêmes dont l'opposition même produit ou aiguise la conscience. de <le la l'aveuglement d'un coupable. le malaise ou le désarroi de l'autre. Quelle nous ne le savons pas encore portée peut avoir Fobservalion. progressant du même mouvement et en relation réciproque.. sociale. la quiétude d'une part. Quant au progrès même de d'abord une donnée essentielle si la si notion. sous ce rapport.32 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE chose plus ou 4iioins surnaturelle. Il generis : : deux pôles la confiance. est bien le plus d'ailleurs qu'il instructif qui soit. en soi indéfinie. du Grec. l'établissement d'une justice sociale de plus en plus souveraine se reflètent dans son évolution. : mais qu'il faille retenir l'idée et produits de la pensée morale cela nous apparaît légitime. de Tordre du monde et de l'ordre dans la société. de représentations variant en fonction les unes des autres. Les formes successives de la ûUyi. se situe dans la pensée morale d'îiêp'. est l'idée même. avec le vêtement mythique fallait à la pensée grecque.. Au ment centre de tout ce système. il n'exprime pas tme notion délimitée et autonome. du fonctionnement de la justice. essentiellement nous avons aperçu morale.. nous retiendrons si : générale. du terme moral étudié ce caractère fondaet de tous. Ce n'est pas tout. parce seul terme. nous avons vu ainsi. Au vrai. le trouble. c'est tout ensemble le besoin profond d'une réalité oscille entre : . les idées de violence injuste. il ne s'agit pas ment même.*. d'un rapport étroit entre les les formes de l'organisation Aussi bien. et nous voici amenés à définir. doivent avoir chacun leur rôle ce qui fait l'intérêt ce qui. sanction du mal. une relation immédiate entre chacun de ses moments et un état correspondant de l'institution judiciaire. pas plus qu'il n'évoque néces- mental : il nom d\me : il sairement des images précises enveloppe une série. « idéaliste » qu'elle puisse être. et jusqu'à celle de l'organisme que constitue la société elle-même.. Le représentation d'une terme d'Oêc».

. de la société solide et efficace. ce qui se présentait à l'origine comme surdroit ou comme acte de guerre. qui est la victime de l'uêpLç. et d'autre part. le développement que nous verrons se conclure par consisté à la création d'un délit de rGSotç a de plus en plus à la société ce qui était intégrer en quelque sorte en dehors d'elle. celle-là revendique plus assuré. éléments de la notion sont en relation réciproque. Puisque les étude. temps. nous apparaissent liées l'une à mesure que progresse celle-ci. quant à Tobjet spécial de notre de cette première vue. et celle de la société. et la volonté obscure 33 ou inquiète du progrès.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE stable. l'idée de l'individu. qui On voit en même il comment s'éclaire la réprouve ou : l'autre à un droit la réprime.

.

dans un grand nombre de cas. ou un : des pôles. ce sont ceux oii plusieurs termes se placent avant celui-là la représentation du sacrilège. par un de ses aspects aux inlérels. Voilà une notion qui d'une part est assez générale et devenue assez positive pour répoudre. de l'idée double et ambiguë qu'exprime le latin .PREMIÈRE PARTIE LES NOTIONS DE DÉLIT ET DE PEINE CHAPITRE PREMIER [. ou du moins nous n'atteignons pas directement ce qu'il y a de plus primitif dans la notion du délit. de la violation d'une prévaut chose sacrée d'oià résulte la souillure du criminel. à la personne. Il est donc naturelet nécessaire de compropre cept délits et du l'offense mencer par elle. de l'individu. en àous^v. qui ». nous n'atteignons pas. I Aussi bien. Logiquement et chronologiquement.A NOTION DU DELIT Nous étudierons expriment ici les termes de la famille l'idée abstraite à'mjiiria^ d'« injustice de àô^ew.. à la valeur essentiels. Nous définissons cette dernière notion comme un des aspects. à notre cond'autre part désigne.

ce n'est qu'à la faveur d'un développement secondaire très tard dans les textes que la pensée réfléchie met l'accent sur le premier terme Hohde notamment inorale. la notion de souillure n'appaSolidarité. que l'homicide mais l'homicide est un délit récent. dont la notion de souillure n'est qu'un aspect. Particulièrement : — net est ves la cas du sapixaxôî où survit l'idée d'utiliser à des fins religieuses collectipuissance mystique dont lindividu sacer est le sujet (v. qui s'apparente ainsi au donc une vivtus immanente au criminel. sous certaines conditions. et la religion se manifeste à point nommé pour donner satisfaction aux consciences dans un moment où la justice sociale. ayant à revenir sur certains proqui soil blèmes spéciaux. ment la question de la souilUtre. en fonction de l'idée de souillure. p. 75. pp. . d'« artificialisme » dans cette interprétation -^ car enfin les idées religieuses ne s'inventent pas à lin moment donné pour répondre à tel ou tel besoin. 229 et s. Pour ne rien dire de ce qu'il semble y avoir d'intellectualisme. cest-à-dire. réservé et interdit. c'est bien ici pas d'anachronisme. n. au sens étymologique. ni matérielle.xta(T|jLa. impuissante. Est sacrum tout ce qui.36 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT I»E LA PENSÉE sacer. la notion fondamentale de tabou n'est ni ou elle est les deux. chap. est aussi bien le criminel. 1" S'il importe de ne pas discuter à côté et de respecter la pensée sociale dans l'originalité de ses produits. moyen de le primitives. reste chargé de forces effrayantes qui en font un objet d'horreur.iii)- . et en Grèce. mais d'une horreur leligieuse qui n'est pas essentielle- distincte de la veiieratio puisqu'aussi bien le principe sacré qui vit en lui est. — — : (Psyché. 2o On paraît (Glotz au moins) ne vouloir considérer. : Or. : (1) Notamment dans la peine qui. instinctivement on hésitera à reculer dans le passé les prescriptions relil'apparition des idées de pureté et d'impureté : gieuses concerneraient d'abord la propreté matérielle. pour étrange que soit le fait. ensuite seulement la pureté morale. est lui-môme saccr il : pour . les abandonne au désarroi. est essentiellelibération pour groupe le sacrifice.) est toute négative raît qu'au Moyen Age hellénique. La posipeut dire classique (représentée en dernier lieu par Glotz. religieuse de pureté comme apparaît que l'on considère la notion celle de la pureté morale et. 2) signale le caractère « matérialiste » de la notion de en pleine époque classique. nous rencontrons tion qu'on : — nous noterons pour l'instant. et celle de sacrum. est bien la plus universelle De prime aboid. et sanctifiant que redoutable et sinistre religieux avoir atlenté à une chose sacrée. exploite vis-à-vis des puissances religieuses la peine. chez les sociétés ment supplicium. En fait. utilisable à des fins religieuses (i). les points suivants. 2^ partie. en vertu de ce il : postulat inconscient que la représentation du matériel se produit avant la conception du moral. il.

précisions dogmatiques. De « 2). très intellectualisée ? The Olympians of Homer are no more primitive than his hexameters. l'idée de souillure aux enseignements « cathartiques » de Delphes. Boisacq. et (2) comme si la chose allait de soi. qui correspond au latin devotos. sv ayst wv) doit être comme doublet d'à(yo<. Œ. A(j. 117) ou Rohde et c'est une notion [Psyché.. ayoç 0. un parti-pris d'ignorance à l'endroit de la : Nous verrons que religion populaire"? en même temps. la notion du cpaptxaxôç est celle d'un criminel souillé étrange que des auteurs comme Stengel {Gr. c'est confondre deux choses dis- tinctes : il est bien certain que la doctrine de la souillure. tout un très vieux fonds religieux. une pensée déjà très travaillée. dit miss Harrison et ce ne serait pas peu dire. est de date relativement récente mais Vidée de la souillure est celle qui domine. non-ensevelissement tinguer radicalement. . . 1426) VI. parfois tout en le niant.. 7 et 9. contra. comme on le fait. 'J05.. celui 4» même est Homère couramment qu'a décrit miss Harrison dans ses Prolegomena. 123.^ signifie par ailleurs rattaché pour le sens à à'yoi. Schrader(2) a déjà eu le mérite de retrouver dans le mot àyo.. 78) glissent sur ce fait essentiel — — : — antique s'il en fut. pp. on pourrait ajouter : ni que sa langue . . êvaysa (svayT. en Grèce. Ag. une très vieille désignation du crime conçu comme crime lial. 70). est appliqué au comme délit spécifiquement religieux. à l'influence de la religion apollinienne du vin« au vi« siècle. yépas. Dict. Solidarité. 256) violation du droit d'asile (Hérod. d'un mort (Soph. chez Hérodote et les tragiques. la pensée religieuse. Et des anciens délits il est pourtant..JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 37 essentiellement sacrilèges on ne dit rien. Heallex. 641 è^aYia9évTa<. V. apparaît cependant. il Schrader. Glotz. c'est-à-dire en violation de son caractère sacré attentat : comme : Sept. "Ayoç. sacrilège. en matière d'époque primitive.. le Or 0.. sinon le correspondant du lalin sacer (3) ? On s'étonne de voir les étymologistes (4) dis. comme délit fami- trahison (Esch.^ p. Kultusalt. on continue à gratifier de cet attribut !'« état homérique ». comme l'a décidément établi Rohde. p.. Esch.. Ant. II. la caution. préhistorique. plus voilée chez lui.. En tout cas. Mais n'y a-t-il pas chez Homère.. : /?. à la communauté Oewv Tcarpwwv) meurtre du roi (Id. qui apparaît ainsi (4) Cf. avec toutes ses .. étymol. p. 1246) àyoç entreprise contre le roi ou le chef (particulièrement contre son llérod.. il faudrait en finir avec ce « primitif » là parfois inconsciemment. maudit le ». 1017 . Le mot ayo^ n'apparaît pas chez Homère (de : quoi n'y a aucun argument à : tirer (3) Cf. 229. Mais qu'est-ce que cet àyoç.. Suppl. 56).. . p.. 3° Rapporter exclusivement. n.. même. parricide (Soph.

IV. (\VOr. peul-(^l. religieuse.. comme délit. — trahison (à moyen la àXixa'vsuôat.. association consacrée. SoïoxXr. àXEÎTr. V.TT. E. à'yioî -itapà toT. VI. Cf. de la vie relig. du crime Ils se survivent à l'époque classique. 117.].î fI>a'ôoa. leur valeur est-elle parfois très affaiblie déjà (notamment dans l'adjectif . se rencontrent surtout dans les plus anciens textes encore.'trX6!jT. pas primitive non plus. : refondue.7rAax'lTxto.à tô toO i'YOuç 6.XXHI.pîou. v. etayo.vaîr. ou du moins la représentation religieuse apparaît plus purement dans l'expression. mais encore pénétré de la môme idée. comme à|i. expriment l'idée du sacrilège. 59 ajlI : miss Harrison cite -aXaioî.. D'autre part. 'Avoç • aVy[-r.:\H HECHERCUES SUR LK DEVULOPPEMENT DE LA PENSÉE là. chez Homère. 1357. s.. ne s'en à une notion essentiellement religieuse du Plus récent. pour ayo. etc. Durkheim. et qu'admet TpooÔTa. Les formes élément. : C.. //. avec un //.. souillure. pp. XXIV. 108. 1). sanctifiante.. sainteté. mais avec leur pleine : I 126. fïesy: chius. ce sont pureté. où jxdvov Eustathe. deux doublets pôles : la notion i\e sacrum est moins. Od. p. La construction du verbe àXiTpo. .. cf. des mots comme àXiTa^vw. XXIII. àXXi xal ô [xtapôî... 52.. Ilarrison.re (5) Depuis Robedson Smith. 387. (6) Cf. elle a deux ni plus ni antithétiques suivant que la force religieuse qu'elle exprime apparaît ou bienfaisante.. conr>95. n. la plus fondamentale. Nous avons môme ainsi comme une échelle descendante.59: oDtw ô xahapèç. la logique des sentiments religieux valeur Thuc. xal -ro-j.. religieux. A la représentation la plus associée la notion la plus primiancienne du délit est donc tive.. Anf. : c'est une des vérités les mieux acquises de la sociologie religieuse voir lexposé le pins récent dans E.îxov inversement. 429. //. plus intellectuels. de la stèle sur laquelle on inscrit toj? àX'. 807) n'est Od. à la différence de « criminel vis-à-vk des Dieux ». IV. . 584-590. Prolegomena. V.. double. 5'. déjà le mot ayo. la plus universelle de la pensée souillure que connote a-^^oç-àyoç (6).v àXt-ovTo. ~75. o70 construction bien notable Od.. H. qui représente plus ou l'ordre moins du temps et une certaine évolution de la pensée. se place àijiapTàvw. ou omineuse et souverainement redoutable (5) de là les idées de pureté et de . : nom de divinité à laccusatif .j. àTao-BaXoç. 182).. nous trouvons le sens « moyen de purification» Snphorle.^. au moins dans nos textes. en particulier J. Les mots àXixa'vw. réfèrent pas moins plus abstraits. d'Hipparque condamné par coutumace pour haute : Ces termes rapprocher la pensée à laquelle nous faisons allusion. ad /Z. [Lys.. comme nous le verrons. VIII. le cas môme de cette stèle est des plus intéressants pour elle provenait de la propre statue. tJocr.a B-jTÎa.361 et surtout Od. il est question dans Lycurgue.

a le montré les sinistre qui commande serinent. il est étranger à la poésie chorale (aucun exemple dans Pindare. Ag. 314).]. Hés. Hipp. vergL Sprachfonch .. y^-. . àXixpà xaxà oixâJIet xi. Xoy^-î. 64-66. 241) et les élégia.. 3). le mot concerne les délits religieux (Théognis.. 10.. 388.XX.. ils prennent parfois dès Homère une valeur analogue à celle de 'J6pt.. II1.:.ef J. 345. ^•^'•'^ aXXoç èv et — de Pindare. 3. mais presque point ailleurs. 1212.0(i. SuppL. 1 chez Bacchyljde [XVIII. 30. 409. 30. 37o. Empédocle.. Od. Prellwitz. p. il a un aspect moins archaïque dans l'ensemble que les termes précédents (le verbe àxacrOàXXeiv. Od..j. V.. SuppL.IX. le considère comme une yXwxxa fréquent chez Homère et Hésiode. 745) c'est une force religieuse qu'atteint et déchaîne Tacte criminel (7) : : rappelons à ce propos l'emploi hien connu de « oLkizr^ipio. Le terme paraît spécialement ionien.. : . 117). est garantie parle rapprochement d'Esch. IV. 330)./.. 30. 948. II. existent entre rordalie et Gottesurleil. Tr. 204. a..v. on le rencontre encore dans Théognis et dans Hérodote. 131). suggérée par le parallèle entre Esch.. à la moralité du yé^o.. Osoï. XVIII. Reallex. pour désigner . Les mots de cette famille nous Platon. fantôme : (Cf. 317. I. par une dérivation identique à celle que nous avons signalée dans aTâaOaXo... etAristote {Rhét.. àAt-ijOa'. P.. 919. f.. OIG essentiellement sacrilège. .. XVI. SuppL. exprime l'idée de pp. IV. Mais d'autre part. auteur du XLII. Esch.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 31) servée par Apollonius de Rhodes. 111. La correspondance avec àXixaîvto. L. la valeur subjective est surtout en relief la même que dans à.. spécialement considéré comme souillure Pind. KaOapfjioi. XIX. Soph. dans Homère. àvajjnrXaxrixoç et les constructions identiques signalées plus haut pour àXtxpo^.. originairement. reportent. . . et J.. Théognis. ôixàî^si Il.. 24| d'ailleurs Ionien d'origine).28. en la représentation de ce somme. 51. 8o4 B. Ant. 7) « traîtrise . 220. chez Homère même. XXII.. {Ztschr. Médée. 57. 2. 4. 220-221. plus c'est l'idée récent essai d'étymologie de sacrilège que VV. XII. : 115.. de appliqué à l'homicide.13. « se tromper » mais objectivement. ques (Solon. 88-91) y reconnaît : comme » au sens banal) la plupart de ses emplois. Eurip.Esch. nous distinguons sa valeur primitive et essentielle délit religieux {IL. P.apxàvto.. l'emploi de àXixpaivoj et de àXi-ipô. 0. x à fjLTrXaxY^ [jiaO'. 121) chez Hésiode (Tr. cf. 921 et surtout 927 Ag. <(ui 0) Schrader. le » du mort qui crie vengeance [Ant. II. ... 88 . P. 26. — : (//. Eurip Andr. 7 8 ô. 146) et familiaux (Pind. Pind. IX.. IV.. il est totalement étranger aux tragiques dont le vocabulaire pourtant puise volontiers dans Homère. .. 111. sont remarquablement les mêmes que ceux de uôpiÇto et de uêpt^wv. Etant donné son domaine. et qui en explique la puissance. VI. c'est analogies profondes l'idée (Vnn mana dernier. xà o . 'AjjLTXaxîa a été principe fr. II. 27 Dans à[ji7:Xaxtaxw. v. de là leur application aux délits familiaux (Od.. opxov {cW Théognis. s. — 345.. se : et familial (0.. XI. Pollux.. xàxsT xaiJLO'ju'. 1 Quant à àxâaôaXo. 29. 377). d». cependant. rapportent h V'Sfjp'. fondamentale..

34.[xaTa. lentement ils ne sont fréquents que chez Euripide (chez Eschyle. 3 de àôtxeïv. : — Pour tîou xâvÔe xoix{î^ojj. ôé : . Cav. . 9 exemples des mots de la famille. fr. 2 exemples de àôixoç. oLoi-Ko^y en antithèse du reste à AtxT.. 934 et s. voir plus loin..o•. Mais Pindare n'a encore que 2 exemples de l'adjectif àoixo.. Beoû (cf. Du terme dans Homère les Hymnes homériques offrent un Il ne se rencontre pas exemple du verbe {H. Le substantif àôtx-iri. on ne le rencontre que dans Euripide chez les orateurs mêmes.at ôai|xôviov xù/av âfjiapxotvsiv. on peut suivre l'extension progressive. 1 à[x-n:AaxT.40 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA : PENSÉE Ces termes se laissent assez bien situer oulre qu'ils font « tritransparaître la moralité de clan et une sorte de moralité bale » qui en serait à la fois l'idée le impliquent la faute : de la solidarité complément du yévoç et de et le cadre. Chez Solon. XII. 48) et aucun des autres mots de la famille. à Dém.. III. .. 367) et peut-être un de l'adverbe àoîxco. Pour la transmis- — sion héréditaire des àirXaxT. . 12) et s'accordent le plus souvent avec ceux de jôpt.v xà yàp sx itpoxéowv Eum. 7.. v. à l'opposé des autres termes. Hipp.). Baumeister corrige la leçon des mss. (0.. le nombre des emplois augmente. n. x^TiOÉv-cî (Plut.^i^p\. ~pô. (cf. Il n'y a pas d'exemple qu' àoixeîv. . : . . . 199 380 744). xwv itapot9év xtvo. . les emplois en sont proportion. dont 3 seulement de àôixelv).ax(ai<ji..jLa n'apparaît pas dans nos textes avant la (in du v^ siècle chez les tragiques.. en èxôeôico. Alcméonides. . Ils sont dits aussi àXiTTipioi : Thuc. Très nettement. Théognis. à^'^xeliv. {tl. ..). 11. nous observons qu'il n'est pas très fréquent dans Antiphon et qu'il est absent d'Andocide. et J. 6. Chez les tragiques. H te èxeïvot xai àirà tojtou èvayetî vcal sxa>>o!JvTo xal tô yévoî tô : i\'. 7 Rz. xisS' (Erinyes) àiziye: cf.. 22. Psyché.. nellement plus nombreux (II. p. VI. à la suite du meurtre sacrilège des XU). yevoî des èvayetî Cylonides.. 260. 7. II. II. iiaxi Eurip. SoZo?t. 228. (8) crime dont répondrait solidai- Les membres du 12b. 316 Hésiode en présente très peu {Tr.. xf. ils la contagion de se transmet ils que la souillure contractée par le sacrilège aux siens et à ses descendants (8). nous reportent à une phase primitive du droit criminel en c'est ainsi Grèce.ç «::' èvceîvtov. 76 P. . le soit employé pour désigner rement tout un yivo. 445) I. ojx àôîxoj. toujours employé absolument chez Sophocle. II qui représente d'emblée quelque chose de postérieur. 334 Cat. Aristoph. Esch. Rohde. 831-3 itpôjwôev à[nr>.. à H.

G..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE H : Ce n'est pas que l'idée religieuse de la transmission héréditaire des crimes ne soit quelquefois associée au terme àôtxeTv lui-môme mais l'idée religieuse seulement. 2. dans le second exemple. que sanctionne une pénalité qui semble être aussi purement religieuse différence de L J. . aussi bien. à propos des charlatans de magie qui se vantent de pouvoir remettre les péchés de chacun (désignés par àStxr^[jia). il n'est pas question de droit. 'A6.. on se sert plutôt. u. comme nous l'expliquerons. D'un pareil emploi nous ne connaissons que trois exemples dont deux de Platon Tun est dans les Lois. ni dans les témoignages littéraires (0).. en pareil cas. 37 Busolt. l'époque classique. àjj.a.-C. Encore une fois. VI. mais que le droit a déjà dépassée pour rendre la même notion. Plat.. Mitteil. relativement tardifs. parle Thucydide. Solidarité. 759 C) il est même remarquable que l'emploi du mot Le dernier détermine le champ et mesure la dignité de la pensée. la correction àTtfxîaç. VI.. 20-26. n. tous deux du philosophe qui fait une si grande place à la pensée la plus populaire. 466 et s. à ceux qui expriment et exploitent une conception encore populaire. continue à receler une valeur religieuse assez générale pour pouvoir être associé à des représentations très définies qu'il n'évoquait pas dans le principe.àpxr([xa ([Lys.. p. IloX. ni dans les documents épigraphiques. entendue comme essentiellement religieuse. p. à propos du bannissement à perpétuité des Pisistrade la stèle Ttspi rr. qui interdit 1 àôr/Ja à Tégard d'un suppliant dans un sanctuaire (Michel. 478 et s. soit pour la réfuter. p. i. 8o4 B. l'autre. XVI. mais seulement de religion et ce sont deux exemples isolés. 20. IX.. en tout cas. Sans doute les peines collectives se sont perpétuées à 466). dansHép.-Epigr. J.. disposition morbide que Platon. II. Att.. par luimême. U-. A^cht. pp. Glotz. 10) : proposée par van Herwerden. /. XVI. o.î xwv Tupâwwv dSixta^. A. évoque l'idée du fonctionnement de la justice (noter l'expression — (9) tides. attribue aux anciens (ancestraux) et non purifiés ». à l'époque classique. 512 et s. mais est-ce un hasard si nous ne rencontrons jamais. ajouter ceux qu'a recueillis Usteri dans la première partie de JEchtiinçi und Verhannung im fjriechischen Recht. p. cf. R. exemple se trouve dans une inscription de Tralles. Lois. 14.. Usteri.|j. surtout hors d'Athènes ((ilotz. elle est Gesc/i. et encore de façon exceptionnelle. 41 Lipsius. Aristote. le cendance et (à la mais il s'agit d'un très ancien coupable et sa desnettement religieux. propres. . fidèle ou presque : asservi par àôtxTjtjLata « moments aux idées de la religion commune. de àfxapxdcvw. adoptée par Swoboda. soit ceux de ses ancêtres. du iv^ siècle av. VI. . ces emplois attestent : .). 364 C. Arch. XXVII. s'impose (cf.. 1. Verhann. (10) Aux cas cités par Glotz. 513. 398. Gr. 181. soit les siens . soit pour l'admettre : simplement que le terme àoixr. où il est question de l'idée fixe qui pousse au sacrilège.]. et qui commine : la malédiction (à^wXrj) contre délit. — 804). 55. le terme àôixsïv (10)? et n'y a-t-il pas ici comme l'indice de la désaffection croissante du'droit en tant que tel pour ce genre de pénalité? Ce qui est certain. le mot est-il plus ou moins attribué aux charlatans. c'est que le terme àôixeïv.

x£iT6a!. : nous verrons le contraire. Ce que nous en avons marqué la d'abord suppose un état social qui peut se définir au moins l'homme n'est plus absorbé par le yévo. et la négativement dissolution de l'ancien groupe familial laisse en présence. une conception plus moderne du délit. Mais très par destination.\ sabilité personnelle. toute une évolution intellectuelle y transpalà. toute une mentalité primitive. et d'autre logique.. où il proqu'à5'.9 et 25-2t> ou de àoidéfinir une responxetv xaxe/£ipoTovTj<T£v. Problème fondamental car d'une à l'idée claire : Comment. c'est le problème que nous essayerons de résoudre. l'intelligence s'est-elle élevée au concept. nous fera pénétrer dans réalité morale assez avant. il tranche. pensée confuse.. l' Comprenons d'abord (^est la notion de « notion dans ce qu'elle a de spécifique. par lui-môme. tante — et ceci est on considère la notion passive. dans : un cadre plus large et dans une société plus complexe. ne désigne ni le « délit public » ni le « délit privé » de il — le mot représente. injustice ». : voque le jugement de tous : à reconnaître le délit . Et le religieux n'y sera plus primitive et : comme qu'implicite. par une certaine couleur positive. XXI. Michel. explicitement. de part. Si. si impornouveau dans un pareil terme. la substance de Kn revanche. n« 471. Ainsi.Ï'I RECUERCHES SUR LE DEVKLOI»PEMENT DE LA PENSEE caractéristique de àoi/siv xaTavvoJ:. et la « soli- darité active » qu'il suggère peut bien retenir le souvenir de l'indépendance des familles elle se situe pourtant dans le cadre de la cité et dit la famille dépendante. on voit — ne se dit jamais de la famille qui poursuit la pure vengeance du sang il n'est applique à la famille lésée que dans le moment où il suppose l'organisation judiciaire. 175) ahoutissani .. et la que nous proposerons de ce processus en apparence tout formel. l'étude sémantique est part. il n'en dessinera plus les contours. sinon même inconscient s'il fait la notion. sur les autres termes. Parallèle instructif religieuse en soit absente vite. il se dégage de la confusion entre droit et religion. Dém. des . l'interprétation ici le biais nécessaire. çà et la et distincte. raît : car on y entrevoit. d'autre part. Non que toute valeur : l'époque préhistorique.

et c'est assez naturel.) mauvais traitede toute une série d'oflenses à la moralité familiale ments à l'égard d'un hùte ou d'un suppliant. 3° terprétation que requiert l'étude des faits. énumération. morale dans son contenu. môme y a quelque chose de paradoxal à ce qu'un ternie connote des idées aussi distantes l'une de l'autre. la moralité familiale. il y a là un véritable dualisme. relations coupables avec la femme du frère. tantôt évoque son nous paf le passif. chez les Grecs. religieuse dans son principe. (12) Hésiode. 326-334 Ics : . 2° la notion sous son aspect subjectif. ce que l'olfense contient de substan. irsp: xi ÔTjuaTa. Mais. l'in- III Les mots de cette famille. Procédant i'' la notion sous son inductivement. En sorte qu'àSus^v et. ils la première assise de la moralité donc aux crimes famis'appliqueront : liaux (12).. ProbL.. la par la réaction collective qu'elle provoque notion du Iprl apprécié subjectivement. qui n'apparaissent guère dans les plus anciens textes. presque en forme de code (6? xe. n'en laissent pas moins apercevoir d'abord. nous considérerons : aspect objectif. enveloppe une espèce de contradiction. : o. Il Nous verrons que le problème qui se pose ainsi se ramène au problème général que nous posions en commençant. mauvais traitements à l'égard des orphelins ou des parents Agés : : . 5 a-. morale et droit étant primitivement absorbés (H) Nous n'avons pas besoin de citer d'exemples où àoixïiv désigne des altcinnon répressibles nous retiendrons seulement Aristote. T£.. : une remarque qui s'impose. dans la consscience de l'individu (11).. peut s'appliquer tout ensemble spécialement. même quand il ne s'agit pas de mots iizôppr^'cx. juridique d'autre part.vcia'. à la lésion des intérêts Mais justement. qui est fréquent. etJ. iô'. Tr. Le langage même aux deux extrêmes. un emploi tiel et de social. Que la notion d'àSixeiv. XXIX. l'idée de la lésion ressentie avons d'une part la notion de 1' « injustice » objective. au délit général individuels. où le besoin et la représentation anticipée d'une réparation déborde. c'est en témoigne porte passif et.. le verbe àSuelv tantôt com: absolu.JURIDIQUE ET MORALE EiN GRÈGE 13 individus. donc pour désigner des injures verbales qui ne tombent pas sous le coup de la loi.

il il convient de noter le caractère relativement récent du mot àoixsTv s'agit dans ce passage de la religion éleusinienne et de ses enseignements nouveaux en matière d'immortalité et de châtiment infernal (l'idée morale de la punition d'outre-tombe était inconnue à Torigine Glotz... 63). Le cycle mystique. : II.. 367-9 (Hadès à Perséphone) : — è'jasxai TJiJiaTa Tràvca. p.. n. peut-être » doit aussi Platon. 0'jaÎT. le mot àôixsTv paraît être spécialement associé Plutarque. au moins chez Sophocle et Kuripide Soph. Salmoneus. dans un moment où celui-ci s'avère impuissant à faire sa police lui-même c'est le marnent que nous avons marqué à propos du terme ment manifeste chez Hésiode un si notable ppgrès. 0. lequel juste- . un cas unique : Pindare. 7!i et reproduisant des mythes éleusiniens ou orphiques ] ocroi ô' èToX. eùaYÉw. à Dt'm.. èorpl.tx>^ è'/^eiv désigne les fautes morales qui réclament punition après la mort (v. c).. dans Pind. p. : ôwpa TcXeùvcsi. 14).ai tÉov |ji£vo. les tout cela repris par le le terme le collectif àSixa spyx.... c'est l'idée de la faute religieuse qu'ils retiennent d'abord. cycle probablement être Pourtant.)... du retenue (Diès. 21). Banq.uacrav àôiXTjiJiaTa «]/u/âv. chez Solon et Théognis.î. C'est une idée religieuse générale qui seule peut fonder les emplois multiples que nous rencontrons chez les tragiques. et ce n'est pas là s. C. dans la notion représentés : /• du criminel (aoixo. aune valeur très générale et assez plastique épithète d'un impie légendaire. 159 B. § IX) 11 est à remarquer du reste que : mol àoixcïv.. àTroXXûvTs. cité plus loin. j^o-. XVI Moralia. il ne ait été affectée : : semble pas que son évolution postérieure en par ailleurs. p. ils sont ayo. parait impliquer l'idée de relations s'opposant à la eéixiî intra-familiale : Glotz.. jjistvavTSs oltzo TrâfjLTrav àolY. Cf.. même dans cet emploi religieux. plus ou moins.. dans les plus anciens exemples. les àor/. à ô ixoÙ'jls v.44 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE par la religion. h\ 7 Hz. s'applique ici à tout ce qui violente l'antique morale du Y6vo. è'poovrs. 920 (èxoixo-j? qualifiant ceux qui attentent au : Hés. àAiTaîvw. Au renouvellement do la pensée religieuse qui s'accomaux vui^-vi* siècles.a è'pYa appellent la vengeance divine. surtout sous la forme de Tadjectif. 58o). donc de « désordre » (de même. primitive aôixo? si du terme instructive que soit cette particularité quant à l'histoire et à l'induction qu'elle permet sur son âge. 303 D. èvataijjia r/{ | x£v [Jir. Il. particulièrement orphique.. tôjv ô' àS t XT^a àv: w v -rtatî H. 47-9). des Sept Sages. Vï. plit : = : 'rà è'iJ-t^'J/a xal là ouoiasva. Au reste..ue. dans un passage tout pénétré d'orphisme Gava-roùvre. Cat.. l'idée mys« tiq. nous conserve un emploi notable. Dans Hésiode (/. iXâ^xiovrai j . termes de cette famille sont en rapport fréquent avec la notion d'uSpi. ExatépioOt. sous un aspect d'ailleurs plus superficiel que etc. Dans Platon. Dans Anaximandre. Hép. P. p. : Solidarilé. OE. Solidarité. qui dans (la principe (voir inter-familiale entre étrangers oîxt.

cette famille sont remarquables. et sa répéti- dans formules d'accusation notamment (15). culières. les mots de que.v xoû 'AirôXXwvo. le tion obsédante. 310. il n'évoque pas vraiment d'images en ce sens. 1) contre Midias -i:po'j6a)v6[JLT. 1). 19 B) et par Diogène Laërte (II. permettra le terme àoix/jUiaTa punition après d' « injustice ».iîV Z'^pîcv Tr. de la Midieime. : Xo'. p. àô'. . 127.' outs tôv EîJspyov w.^ 1. Chez Platon (14). : . toû flToi-ou txr. (passage où il est question de la transmission héréditaire de ces Eurip.y. Goodwiu.. 332 .?) par Xénophon [Mémor. en apparence explétif. AU. : àousliv est un terme idéaliste cler : .aTO)v 4"^XV stç "AiSou à'icxsaôai TravTwv è'ayaTov xay. 997. De là vient que.slv est l'acte de blasphémer une divinité . XXI.v à 5 ixeïv toOxov Tispi rr. Lipsius. qualités. 175).aÔ}v yàp jtor/tT>[i. J04. àoi xsîv [xTjSsvx Michel. Fidée de : il la conscience morale.. s'il évoque parfois du concret comme nous Talions voir. Mais. 7 et xtiv 8è Dittenberger2. en un certain perpétue. n» 557 (décret du Conseil amphictyonique). est à la fois juridique et morale. (14) L. : — . ..oôS' fus-fiy^ti'ke oux' t\i.v éopTr. Gorg. p. . Cf. r « injustice ». Voir Meier-Schômann-Lipsius. veut comprendre en quel sens il y avait là une condition nécessaire à la constitution de l'idée positive du délit. fr. considérés dans l'ensemble de leur histoire.. il avec une n'y a qu'à voir la fonction du terme même de àoweTv Si l'on : sorte de volonté. de àSixeiv dans p.xst Sw/cpâxT. Aristoph.. Et l'observation s'impose que l'idée chez les Grecs.. (16) : . p. 518. a de qui n'est pas liée à des représentations partiprime abord un caractère de généralité (43) qui les progrès de la pensée.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 45 respect de la divinité et au droit d'asile). 40). Car c'est par là. se est ne'cessaire que. par Platon {ApoL. avant tout. cette formule de Dém. 1344. yvwijia. I. (15) On connaît la formule de l'accusation contre Socrate qui nous est rappor- mêmes termes ào-. 1. Noter aussi l'emploi. 7 àôixou.v (cf. y woav (13) Cf. Schmidt.epiv s. par exemple. mot les fixe un sentiment général. aor/o. Le verbe paraît figurer normalement tée (avec les en tête àStxcî b Ssïva c'est peut-être aussi le cas dans l'accusation de Démosthène (XXI.wv laxtv. Guêpes. 427. Bacch. 46 «0 ixo Ov taç. n. la construction même TipoSaXXsaôai iôixsiv est consacrée et visiblement technique cf. mais TÔ àSixeîv 7:o). XXXVII. éd. 896.. Celte couleur religieuse restera l'évolution de sens. en antithèse à s'jasôsT:. en tant que dispositions morales) . étant donnés ces débuts. souligne et suggère tout ensemble un caractère d'universalité. 522 : E une âme raisonnable ne redoute pas yéjxovTa xYy mort. 5. II. lorsqu'on dit (16) àouelv 1. la Platon. disposi- tion à l'impiété. ad l. Elhik Griechen. Rechi. dans du passé. '. 215. la enveloppe toutes les fautes qui réclament mort.

de l'entendement primitifs. Cette formule est rapporléo par Théopliraste. 03. à l'idée d'une efficace spécifique et sinistre de l'àoixia. Von. 804 txéxv iat. > . Archaeol. Pliys. Le texte a été Irè.. : à6tX£Ï(v). que l'intelligence humaine a dû se libérer le décrire. qui représente l'ordre sous sa forme la plus générale.v. 'Y... dit dev 'Jd {^ n.. Celle-ci apparaît en quelque sorte à l'état pur lorsqu'elle s'insère dans la notion religieuse du temps. sembleraient impliquer assez ridée du délit.s discuté (cf. — Cf.. 142 Michel.) \i'r. . « selon l'ordre du temps ». Prohl.évti)v. L' « injustice » s'expie.. L)iès. . Dans tous ces cas.b AtO[xé5ovxoî auv[Ts]TaY(j. elle est associée à une représentation concrète du cosmos. èdzi zo~i:: ouai xal tr. J. e'. àSuew s'ajoute dans la formule qui réprouve. fr. f. : 100 (testament de Diomcdon de Ces.à[v ojs ti. îj/bû. 1 < . . 476) : à^ wv oï •?. n" 128 (it'gleiijcnl religieux h Suiyrnci 11.. C'est d'un tel passé : . sur l'état de la question.v (fbo^ùv elî "caO-ra y^veorÔai xaxà zb Xpewv Tiatv àXXVjXoi. aux mots qui désij^nent des actes matériels et qui. ToXixr. 1" Antithèse de oix/j. du sacrilège. àô : xwv xi lepi : [v-ïî] xoùç Tpoyôvouiî i Ozèp (I)[y yéJYpairrai. p. àôtxta. dit Anaximandre. Gilbert in Arch. . Cycle myst.v xal /oovoj -â^iv. 24. quelquefois môme d'un temps rythmé.Xt.v txt. la notion primitive de 1' « injusrapporte à l'idée d'un ordre substantiel du monde. • yh^aî.v •.oj oioovat v^? aùtà ôtXT. V. tcpoô? 1. x>.. p. /.. c'est un objet . ào ixsTv. : religieiix qu'offense V « injustice ».-Epigr. Hivaud. G. Vil. et seul que traduit le verbe. 18 : 2 (Simpl. 190 0.. Diels. àSueîv '//Oàç (des animaux sacrés). Mltleil.. 16. 17 et s. xaxà xr. Dox. .<jT/. xata- Xûeiv t[i xâ)]v ùr.. IV Toute générale qu'elle fût d'uboid. HcHyionsiviss. logiquement. la représentation d'un acte déterminé de violence est débordée par le sentiment ment c'est ce sentif/éiiéral du délictueux. à6ix-/.iC» RECHERCHES SUR LE DÉVELOPl'EMENÏ DE LA l'ENSEË (une terre sacrée). l'ordre de la nature aussi bien que l'ordre des choses humaines. à l'idée des tice » se forces religieuses indéfinies. tt. la notion d'àôuslv conteen elle se laissent apeicevoir nait en soi un très vieux fonds elle retlète quelque chose de les anciennes formes de pensée la mentalité.. èiv 6s xt. : et il faut d'abord Notion religieuse concrète. n.

en un texte obscur (0. 668. Sans àXÀT^Xot. c'est dans celle-ci qu'elle a son fondement manifeste. p.y..000 années. ne peuvent pas tirer vengeance incontinent de r àô'lx'. il s'a^Wiait de l'injustice liumaine. v. 43) dare. on apprend que l'expiation des Dieux qui se sont souillés d'un crime dure 30. VT. de toute façon. etc.ÀOe tj. TroXéfjLO'j. èTita/ovca. Hii des KaSapiaoî d'Empédocle. àroôé^avTa. accepté par Platon. 235-6) p. dans cet adage courant de la pensée religieuse quo les Dieux ne punissent pas toujours tout de suite.ocv-:/. I. J.. E. il faut bien reconnaître que la conception suggérée par le texte d'Anaximandre s'accorde avec toute une partie de la pensée 46). • xtj> [jiexa^ù xoj /^povou Tisîaeaôai. moins fréquemment que ceux de 7 et de 9. ont pourtant. IX. Gomperz {Gr. telle qu'elle s'exprime notamment dans H. ap/^ear6ai toù rpo^ A'-y'.ii (h'Iini. 63 sq. I. il. une valeur religieuse (cf.j Atax(|) tsijlsvoî. 3 et s. 47 : 311). la phrase d'Anaximandre semble bien se rapporter à une (G. Les multiples de 3. chap. n. c'est-à-dire. XII. avec Th..v Ô£ aoxtxa èTria'ûpaTe'JWVxa-. n» VI. Harrison. devant -?.i|irrs la sa cliute : KpoTcroc Bï Tiéfjntxou yovso. 872 E.:.ap-àoa iqir. » : c'est . que l'idée de l'àôixta reste totalement ou partiellement engagée dans la conception religieuse du cosmos. on serait conduit à voir dans l'existence individuelle elle-même le tice p. suivant lui Diels a rétabli iXlr^Xoi:. — chilVre mystique . pp. 91 (réponse de la Pythie à Ciésiis. v. pliilosophico-religieuse des soit vii«=-vi'' siècles. TpiTiXÔjxt. sous forme mythique (Hohde. mais au bout (Vun certain teinj^s (Solon.ov xa-. des spéculations identiques à celles du bouddhisme.). 89 Y. [iio'jXovTat.Xoic. l'orphisme. 4. : Lorsque les Eginètes ont oU'ensé les Athéniens.JURIDIQUE ET MORALE EN GRKCE XIII. est assurée. /. assure une prédiction. Avec ou sans àXXr. dans uti (lcl. I. Dans un fragment d'Eschyle. sans vouloir retrouver ici. Diès. Lois. mais alors victoire leur Hérod. forme rationnelle — Psychc. sv .ov ils ne le pourront qu'au bout d'une période : de trente ans. Gilbert.xtac. le TToXXà . autrement générale que 1' « injustice » humaine (cf. (Id..u£v acpsa... 122-3). ïr.. des Grecs.) qu'elle permet d'éclairer. aTpatsûeaOat èx AsXcpojv. Ou rapprochera Hérod. 17 et s.£vot(Ti sti" Alvivr^Ta.''. 2« partie. du parricide expié par un talion rigoureusement équivalent è'v -icri /povot.. xa'.Xr^rji). Denker. àiro xoO Al^iyr^xiM^ àôixtou TpfiQXOvta : ï-Eci. Dans le fr. et fondement de V « injusl'interprétation de Zeller {Phil. 118-9). o.. Enfin mrme représentation est impli- quée.. soit sous telle qu'elle se retrouve dans les ap. cf. V. comme nous l'avons montré.. 2). trad. àô-. II. 0. 'AOY/zatoiai ôp[jLT^jj. p. (ablettes orphiques de Compagno Murray — àôixta /.) .. p... pp.Ta. T(o 2v. C'est aussi à la notion mystique d'un temps rythmé que se rapporte le mythe. les iVthéniens. .. eux aussi. Prolegoet jusque dans Pinmena. xat j'^t /jLopr^Gtiy zt. d'une façon générale et à quelque degré. à[j. c.

4.. nécessaires à la rédemption des élus. d'IIist. G. en certains celui-là est coupable qui a pris cas. J. rappelle la doctrine orphique des troia existences consécutives. La représentation du temps dans la relujion. observe : le législateur considère 54. Apollod. Toù /pivou il et il faut . à6àjov eTvat. 181. o. et ques comme un complexiis». est celle d'un désordre plus ou moins cosmique gnis. 14 . 69). èva^a. plus » le tombeau de la victime d'un meurtre critique. |.. mais on la retrouve dans un très vieil adage. cpovo. justice ». matière de ô-xaio. montré qu'il la : Il. qui est devenu. 75.ç..j.. une règle du droit positif : l'initiative du désordre. xpiaxâ. ^i-ù. IV. des Hel. Il y a trois périodes du deuil.l. av à. (Weil. la terminent sont Tptxa. 9 rapporte vôfj. t. d'antiques représentations. n.s-:a^'j s'agit d'une période réservée. ^. 0.j. C'est spécialement.'jvr. Hubert. l'idée duêp'. to àôîxT. : c'est pendant la première. (11) Sur la conception religieuse du temps rythmé. II. de là le principe qui attribue la responsabilité à celui qui a porté les premiers coups (yipçe yetpwv àSUwv) et dont Hitzig a suffisamment ne saurait s'expliquer par la notion moderne de on y entrevoit. « insécable» en attendre la fin pour que commence à agir la vertu immanente à 1' « in: . Parfois. pp.W p. 1. (18) Dans les exemples de Selon ou de Théogiiis. {jiuptâôa.2. où l'adjectif àoixo.. la représentation est plus confuse (18).. pp. XÉYOvro. I.y?. On « les activités récipropourrait rapprocher de cette idée le rai- sonnement par lequel Démosthène.. et surtout cette disposition de la ciuu te d'une colonie locrienne en vertu de laquelle l'alliance sous serments entre Naupacte et sa métropole pourra être renouvelée au bout de trente^ années Dans la (/. 01. voir H. de IIubert-Mauss.. sur quoi Hitzi^. qui s'autorisent du nom légitime défense mythique de Rhadamanthe. TcapfAÔviiiov.nombre 30 qui définit une « période » dans les rapports internationaux nous rappellerons la paix : : de trente ans entre A^thônes et Sparte. n» XI. g. 2 ooxeT oi [xoi tsoI tôv ocp^avTa -:?. Théophraste. qu'on doit « garder (|l)éni. Pindare.a. dont la subsistance est garantie par les Dieux. dans Stobée. par exemple Théovoilée. de la rupture de l'équilibre. : Tôjv — : Iniw'ia. délinies par des multiples de 3 les cérémonies qui les snpplup de Prométliée V.le. in Mél.. se réfère à ^ représentation fondamentale. gr. Et. nous apercevons le fondement religieux de conception du temps (17). 197. confuse d'ailleurs et volontairement cf. et nous y retiendrons notamment le èv tôj le texte d'Hérodote. XXIII. mr Vaut.!. (par ex.. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE est porté à tcsï.. [Ant.ov 'PaôajjiàvOuo. 200-201. où le gain « injuste » est opposé au ypf. la : . 189). ttXt. nolamnient pi>.-:a' Cette règle est appliquée en /£vpo)v àô'xtov xaTap^avTa.(jLa eTvai) et en matière d'aixîa.XLVn.|j.

IV. àoî-iCTip-a. p. rjv xt. 915. — car — nous avons . II. C. 24 ist. Hérod. et J. 229-36 .. n. 18) et dont la précieuse mort C'est la représentation religieuse qui le succès des siens. 4./ àp/-?// àôîxw. 2. . Psyché. 306(cf. VI. 26 (ô . .. 1430. de l'antique loi de Rhadamanthe se manifeste par les applications que nous en voyons faites dans une pensée religieuse Arcliidamos. C. 27). .. Ag. fr.. jusqu'à satisfaction. 2. : Ôésfxtov yap. on La signification profonde déclare responsable celui qui a commencé. etc. 3 u'. 500. H. àSusT. Tuii la loi de Dracon qui ne punit pas le meurtre commis involontairement dans les jeux.. entreprenaat le siège de Platées et préoccupé de ne pas s'aliéner les divinités indigènes. 11. HelL. — — une justementdevotio. Platon. 2). invocation aux dites divinités). mythes populaires noter l'expression ttjV xaxà ajûaiv oîxtiV. il ne se trouve pas en état d'àôixîa (Thuc..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 49 XLIV. Cho. (20) Cf. : « nier im so lange sis nicht gebïisst Priisens ». et qui en explique la fréquence relative dans nos textes (Hérod. attendu . Thrasybule. il y a d'autres exemples noté Eurip. 267 (en : corrélation avec èylvexo) Ant. est particulièrement net). 130 VI.. au moment d'engager le combat contre les gens de la ville. il est et demeure.. 129. YI. [Lys. I. 708.]. n. dans un état anormal par rapport à la loi d'équilibre. I. De cette àôixta. non pas en vertu d'un sentiment légitime de yengeance. n. en corrélation avec YSvéaOai xà .74. mais par TefTet d'une loi de la fatalité (19). souvent et ment » employé au présent (20) celui qui a commis une injus- — : tice.. jiisti lient. Œ. Par toute cette pensée s'explique en prin« illogiquecipe la syntaxe même du verbe àSueliv.i o'S-zz ty. l'autre laloi de Charondas qui ne donne pas d'action au vendeur à crédit. 10-11. 1564 le : TraOciv tov Ip^avTa • talion est garanti par les 314. 22. le devin les avait engagés à ne pas attaquer. è-Tit ouTE v'jv. où MoTpa-. EL. dauert das à5:x£Tv Jede Verfehlung ist ein man redet davon ini: . insiste sur le fait que. sorte de : c'est le devin qui tombe le du reste (§ 19) p. Rohde. 3 (il s'agit justement de la puni- (19) Eschyle.. 87.. Soph. àoix'/jao [Jiev dans une vT^v x/jVÔe '/-XOofxsv . Toitotjiev. 163. 1. Wilamowitz in Zum illt. IX. Gomme où cas particulièrement probants l'aoriste serait plutôt . . Tr. avant que l'un des leurs ne tut tué ou : : : : — blessé » premier — assure (Xénophon. citant des 870 E (cf. 9 (àSixoùvxa après tqôîxouv) 17 (àôixeTv et àôixw) 18 (àôtxeTv xov [jlti àôixoùvxa. Y£vô[jL£va).. B. ô. dans une defixio. et par M^r. l'idée se retrouve aussi dans nos textes que l'àSuia appelle une violence compensatrice. II. àôixtov) . p... Eurip.. 872 E. Lois.. de ce TrâSoç.xotpiSîa xiatç. Strafrecht.. reste d'abord tranquille « en efï'et. 9 I. même notion dans Hésiode. [rr. les Platéens ayant commencé. Çà et là. 4 et p. 870 D. entretient au fond Tidée de ap/^eiv x-^î àôtxta.

M..£vo'. 282 (cf. Cas analogue et notion identique dans les Supplianteti d'Eschyle. 341-3. 30.. chez doive accéder à la prière des Suppliantes qui se porte au secours des àouoûtjLsvoi a l'appui de la diviplois et qui du verbe Euripide. àoixojv-a.. Sept.. 308-309 : c'est le fait de réprimer insolente qui refuse leur sépulture aux morts.NSEï: JURIDIQUE ET MORALE |Déni. De explique. chap. àô'. ni. (v. : l'abstention serait indiquée s'agissait pas de porter. du iJ!. /Ethra expose fils Thésée que la pensée des Dieux et de la religion doit inspirer sa s'il conduite.'. Suppl. § n). ne 300) il est xi[jiT. 3o (présents lion divine qui atteint -où. d'ailleurs opposé ici à àxi[jLâTa. On retrouve quelque chose de cette pensée de ràôixta dans le rite qu'Athènè conseille à — Thésée d'accomplir (Eurip. cette association ou cette confusion n'est ni accidentelle. là. n" 471.. 2d. 1. 301 sq. non seulement provoque une le fr. dans le principe. Cioiset.. iv. 24. Gr. . l'impiété il est développé aux v.a'.|. la formule deraccusation (n.i. [.. le monde une {:i\) « mort violente ». : — ridée particulière d'un acte et l'idée substantielle de la culpabilité permanente à en juger par tout le système d'idées que nous analysons. '. à son Le témoignage est particulièrement instructif: v.. telles inscriptions de ré|»oque romaine usent du parfait en pareil cas Pittenberger.xsïv exprime donc tout ensemble I. n" 316. Arb. cette notion du jugement de Dieu qui transparait quelquefois dans les emcontre son auteur. le trouble qu'a déterminé dans là : De visible . Inversement.xo'j. dont la valeur est toute religieuse . détenteurs des cadavres Thébains àôtxrrjvxe?.) et qui doit la victoire aux Athéniens. garantir sur les encore l'idée d'une efficace sinistre de l'àou'la elle est dans la représentation primitive du meurtre ou.oOàva7o. — Cette syntaxe paraît avoir été abandonnée dans la grécité postérieure. III. 1. 15). v.). Cf. en particulier.v implique l'idée d'une efficace divine (2" partie. coné- Ménandre. plus généralement. 302. 'Ao'. ad /. Michel. nous trouvons cet adage dans 3o5 d'Euripide : oùôcU stpa- .J. G. 1205 et s. LV. 2° x\insi déjà s'indique cette idée que le pétré déchaîne une puissance mystique naturellement succéder au désordre. — : méfait une fois perune réaction doit le crime se retourne dans une représentation plus personnaliste des forces de l'univers moral et cosmique. que Thésée.) latifs à (les imparlaits) . secours à des vuvl 6s orct xe to'jto xt^v xtjjnriv àSixo j fxsvo <^£pei. : insignifiante.')() RECllERCUKS SUR LA PE. n" 174. : quant à xoùxo.. puisse et : nité (21).

ceux qui portent en eux un principe de perdition à ceux que favostade : celui substantive. — . (22) Cf. « was gegen abstracte Autfassung spricht (T. 424 . Cyr. quand elle s'exerce sur la notion. Wiinscli. la puissance de l'àSt-xia rayonne indéfiniment. 11. p. A. Rohde. de mêler les « corps » injustes à ceux qui ne le sont point. on représente r 'ASwia (23) comme une force plus ou moins divinisée les individus en seraient donc.rituelle. est-ce un adjectif qu'on ? lit sur tel Plus probablement un adjectif la pensée religieuse. mit. A. 263 et p. col. ira A. Psyché.. 39. (24) Sur une amphore de Nicosthèaes (Masner. occasionnellement. I. Thésée reproche à Adraste de s'être allié à une famille maudite il ne convient pas au sage. l'adjectif àoixoç peut s'appliquer aux « corps ». 277. même gieuse de l'ordre vieille 3° impliquée dans Fidée de T « injustice ».. Œsl. n» 319). SammL. en àwpo'. avec l'inscription aô[i]TtTi. . en tel passage. p.1) AixT. Mus. -. Supplément au C. : La notion est celle d'une puissance indéfinie pas limitée quant à son objet. 17 sq. III. Vasen . Usener... cette àou'la même n'est point personnifiée de façon cou: rante.. Mais de plus. . à la puissance TÔSv à^'. VITT... iv.. p. : châtiant 'Aôixia. temps et au même titre que celle des des êtres morts prématurément. son premier . I. Est-ce un nom. xa TraôovTwv Tefficace immanente au j^LoBàvaxoç est utilisée. lui répond comme un équivalent certain dans les Suppliantes d'Euripide (220-228).~ H. et du désordre cosmiques pensée que la la (22). Doubner in Le. Volontiers. elle s'attache aux êtres à la façon d'une maladie. en reste à ce qiii est. V. dit-il. et par là se révèle. elle n'est même pas localisée quant à son principe religieux. elle agit commt.. et le participe votwv. Xénophon. invoque comme argument en faveur de l'immortalité de Tàme : la croyance bien connue. vase (24) où nous la voyons représentée du Sondergott^ à désignation non personne Ile. le lieu. Praef. 18. p. conception reliC'est une très elle n'est magie prolonge et exploite. 2112). 412 et p. 2. (23) Ainsi dans l'allégorie reproduite sur le «'oH're do Kypsélos (Paus. Defixionum tabellae alticae. stupeur religieuse et nécessite les procédures de préservation mais dans certains cas constitue pour les victimes un bénéfice posthume que savent capter les auteurs de defixiones. une force de contagion..-ni D'aulre part. suivant H. 7.vikon de Roscher. et qui trouve sa garantie dans sa persistance même.

comment ce type de pensée (27) a été éliminé.r. en principe contraire (£Ùoaî. ont été approfondis et systématisés dans les travaux de l'école sociologique française. encore que Il tous les mots de la famille. récent et le plus positif. On retiendra.Of. (25) Qu'il n'y ait pas là non seulement l'inspiration religieuse de chez Platon simple « langage figuré toute sa doctrine ». 113 D xaQa'. Nous n'avons pas à expliquer. en particulier..^ 522 E. fr. où x/ijjiaTa sous l'aspect religieux l'on remarquera le mot concret ysjjiovTa. si la pensée s'est épurée chez en général du principe de la solidégagée puritiés. à un autre plan. comme celle dont Platon dit dans les Lois x. Lois^ IX. dont témoigne l'idée populaire et mythique à laquelle Euripide fait allusion dans un fragment fameux de Mélanippe (26).Sâv xàStx/jixaT' eîç toùç Osoùç (26) Eurip. 854 B : àxaÔàoTwv àôv. i)p. la Nous avons vu quel empire pouvait conserver.: p6{Ji£voi Twv T£ àoLXYijjLaTwv. Hubert et Mauss. Tidée des àSu-z-piaTa ancestraux non Mais Platon lui-même. par ailleurs. On conçoit que le substantif (IX. dans superstition populaire.- àoixyijjiaTa soient l'objet d'une de purification qui les dépouille de leur nocivité. Durkheim. 508 TTspoTdi (27) Les résultats acquis par l'ethnographie. lui. dérivé de la notion de mana (cf. de àSUrifjia.al kr^t^rfir^. 877 E) ôuo-Tuyr. Vil.. dans ceux de MM. ilS). espèce Enfm la représentation d'une force mystérieuse et indéfinie.. Mais nous devons montrer. n'en persiste pas moins à considérer les àot. dans la notion de -pûaiç.- de l'impureté [Gorg.. en matière de pensée et de logique primitives. SoxsTte Trr. mais l'adhésion explicite et sans réserve des Lois au système de purifications institué par le droit religieux. .ji. 250 A). c'est ce qu'atteste (cf. si elle s'est — — darité familiale. n-i:i. car le Dieu. pour l'instant. [xaTwv) (25) il convient que les immanente à liste aboutit à une conception substantiarà8'lxTri|jLa.ovo'jv-:aç) confondant alors les destinées des purs et des impurs. le rapport entre la pensée que nous décrivons et celle qu'on retrouve. Théorie f/ënérale de la magie in Année : Sociol. contaminée. rejoigne parfois la notion de la souillure. LévyBruhl. Phèdre.52 rise le RECHERCHES SUR LE DEVELOIM'EMEM DE LA PENSÉE . frappe des mêmes coups s'agit là l'être « malsain » et celui qui n'est pas mal- sain ni injuste. d'une maison tout entière condamnée par les Dieux. 10:{. : . Hubert et Mauss. Phédon.

signifie « les moyens de droit ». de quoi objective du délit. col. désigne l'irrégularité dans la gestion. noX. l'illégalité ou TiiTégularité dans y a là du reste un point de terme en vient à désigner à généralisation départ pour l'époque classique. mais du même ordre. — môme mouvement d' « injustice » se fixe la notion que son opposé sur la pensée de l'insti- — comme tution judiciaire.. VI. 'A6. . 'A6. Uo'k. XXIV.. et ôwpwv. (29) — Cf. terme récent. 14 et s. XX. 't27. droit public d'Athènes. la notion Nous noterons d'abord comme une Progressant du celle de ùUri cristallisation de l'idée. Solidarité.. Plutarque. Dans le Ant. 'M: Dém. formes et de la régularité s'exprima dans le le besoin inquiet des mot ào'.v : appli- qué au magistrat. Athen. il désigne. autres étant xXoii-ri*.. àS iks tv asêovTe. de Glotz. Arist. demi-technique. 39. action VIII. XIX. la Il : — le une D'autre part. les fautes du ma^strat. u. la. Lois. XXI. : au sens voix).. 1. piocivlurc « irrégularité . n» 19o (c'est la fameuse rhèlra éléenne. Dém. 322-3: Thalheim. — Ilypér. Euiplois non II. L'organisation de la justice apparaît d'abord précaire un double sentiment..ûil.x£'. s'est trouvée faite. . 250 : subisse la même peine commet une illégalité au préjudice de qncliinim : » : pas précisément d' « illégalité » qu'il s'a. peut-être au point de vue financier (Pollux. : (trad. Ll.conviendrait à pareille époque étant réglée par la coutume mieux. v. sv B'. àSixfou est l'un des trois chefs d'accnsalioii les deux qui peuvent atteindre un magistrat lors de sa reddition de c(»mptes. chez Lys. XX 111. excès de pouvoir. Ta ijixaia.. du : commencement du a: vi» siècle). (>lll. bien spécialisé dans la plus ancienne histoire du mot. ses l'administration de la justice. — Cette (28) De citerons TtV a Ç comme t. dans toutes les formes requises (30). LIV. vol au détriment du trésor public.. xô [xr. VI. 749 strict.a... Périclès. on le voit se définir expressément en fonction de l'idée de jugement rendu — suivant les règles. s. au juré ou au fonctionnaire. De bonne heure. nous exemples Michel. peut être. p.. 92.oivz: (il s'agit du compto des Eschyle. Platon. privée l'action à5:xto'j) cf. pp. 2: cf. IV. mais aussi de l'incertitude de ses arrêts. 4. 762 A 15. dans le même texte. fois créé le substantif àôU7]p. Hoa.^'. les délits administratifs (29). finalement. avec le sentiment de méfiance plus hautaine qui convient à une démocratie. 6. s'il xai icaTpiaç o ypocpsuç xau[T]a %a ira?/. 26 (30) Le principe est particulièrement formulé par Dém. in Pauly-VVissuwa. 1. et qui parait ancien.iliu' p.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 53 par contraste. dans certains emplois anciens (28)..x'. se manifeste chez Hésiode. 31 commet certainement un contic-sens quand il considère comuie Arislot. 8 et s.. . Wilaniovvitz. 43. : les terme . ce n'est . celui de la fonction reli: gieuse du roi-juge. Meier-Schomann-Lipsius. « et que le greffier de la i).. Dém. Eum. chez Arist. XXXIl) le terme . enjploi a C.x£ 1 cet emploi. 41. techniques. corruption àoûiov (Aristote. AÔ.

ne sont que termes d'accusation . en . reflète l'empire grandissant d'un pouvoir supérieur et imper- celui de la cité. -ôX-. sonnel. ào'xojTi àoiXTjTa. 31 toù^ àas|jlt. Comment la notion abstraite naît-elle? Des faites échoueraient à qualifier le phénomène n'est pas en dégageant des caractères communs aux difféce rents délits que la pensée sociale élabore un concept..':pa?Tav . IV. : .vixïOt' à 6 '*-f. mais en revanche.:ii HliCllERCUKS SUH LE DÉVELOI'PEMKNT DE LA PENSÉE ('volulion.. Thuc. ï'Aesm. . avant la décision judiciaire (xpiatç). ta Upâ 137. § VII). le progrès de la Suyi. sacrilège. celui de la société organisée. [jir. 3. mais de telle sorte que. en général. disions-nous. Dans le discours do l. infra. impie de — vùv ôl àaeôôj 132 déposer un rameau de suppliant dans lEleusinion xat àSixtï) eltriwv £t.. Tfj Toj. 367 08. à l'idée d'impiété. le témoignage d'un eflbrt de la y — pensée pour se définir et une indication profitable sur le processus logique qui nous intéresse. Mais l'injustice se situe et se délielle est comprise dans une pensée assez substantielle mite cept. tt.. qui est d'abord pure tradition et à l'occasion sentence inspirée des précédents. . Le con: formules toutes en l'espèce... . de l'Rtat Il a donc là. Aristoph. 32) dési^'nant — spécialement au re^'ardxaTayvwvaireligieuse traditionnelle delà : ô tXTjXoxoiv àaeoetv HO le fait loi (cf. visiblement. àoixeTv 32 : xwv n.Ô£v àôixoùvTa. qui devient spécialement arrêt d'un arbitre et (inalement décision souveraine d'un juge./ I. tout ensemble. le terme àjeSsïv n'apparaît pas une fois. les deux notions sont l'envers Tune de l'autre. a pour point de départ la notion religieuse et concrète de Y « injustice ». traître. : zo\i |ji£v Upou o'j-ze Aiulo**.. pour pouvoir unir les consciences et assez définie pour fixer les : esprits sur l'idée claire et distincte du groupement organisé le concept de délit se traduit dans la notion de l'impiété com- mise à l'intérieur et au détriment de la cité. . VI Le terme ào'.v ... corrélation. est parallèle à celle de la o'Ixtj : or. : !-« Y'Yvêtai (cf. une fois la preuve faite en « "c x justire.xe-iv est souvent associé à celui à'k<7z6eh ou. -y. de meurtrier.51v ôoùv-a. 1 : : àjeoojT'. Mais il est teuips de considérer dans sa généralité la représentation du tlélit.ysias (Vil) Sur Volivier sacré.

'Aôevaîo. etc. 1' « imà l'égard des parents. tradition et progrès nous apparaissent inséparables. . -à leoà : Apo/./o. 3(>). juXXtqôôtiv Ttàv to èvavxtov xf. de xàxojTi. vovéwv et de crime envers les morts. n. C. 15). en un la notion d'àirioEia. cf. 24. kpoauX-a xaî àasosia).. /Jép. Inversement.. Plat. 615 C-l). 190 -zoù? rjcrsSrjXoxa. 7:£pl xaxo!. 3. traite toute la première partie du dialogue. A propos de l'inscription de Milet qu'il étudie C. du même ordre.i^a (2. . x. 32 D. Léoci'. [Lys. La notion commune en est (railleuis très l. Sept. — délits familiaux : i'i et l'homicide . 520. XXXVl.irge Platon. 29-30 xr) [jt.. Michel. .£Ô£ xsv ttoXiv xsv 'Aôeva-ov [jlsôs xo ©so.£t.|jiàx(ov Lyc. Sur le rapport entre les idées d'impiété. X. I. 363 D : xoùç X u . 7r£p'. VII. : a. -rXY^aasXEÎa.axa xal xt^jx [xaV] à 7 £ S £ a à ^ { àvouîou:.jiivoj. c'est-à-dire les divinités protectrices des cités intéc . xo'j.) . ajouter enfin les exemples àôix£ïv se rapporte à l'offense au sacré.jl]£ àôix5<T'. 6\ /. [xr^Sk aux Eleusinies ôuw. escalade nocturne et tentative d'incendie d'un sanctuaire eu' àôixîat n° 471. une création mais sous un aspect. IX. en corrélation avec Twv àSixr. c'est bien du nouveau.<?ocr. XXll. 44 (règlement des mystères d'Andanie) èirt àôtxoï. 3 tjj . semble avoir son centre sens.. Eschine. : : . n^ 71. 93 (en pari lant d'homicide). piété » comprenant les crim<\s i't'îgard des Dieux.. àoixia. IX. . 29 et 31). IL. 877 E. Plat. 1906. 104. 1251 a 31. de la première espèce d'àoixîa qui donc est essentiellement oLdioeix. LIX. : i n" 694. La continuité est la loi. 9.JURIDIQUE ET MOHALE EN GREGE 53 L'archonte doit 6 fi ceux de àoixsTv. 5. 147. cf. xai -ip\ -axpioa (cf. 350. -îpl (itob. /. 97 137. : àj£o£ia xa'. y.. TzoX».aSixi[jL£v |ji£iÔ£va ouxio^ ceux-ci ». XXI. 323 E wv (défauts contre lesquels on s'irrite) èaxîv h . II.E consécration des prémices aux divinités d'Eleusis) hoîjxivs? av [. 69 (cite parmi les àoixr^iaata. elle continue le -(ho. SOS I). XXIV.ô' èoyâCs^Oat. xaxaXûast xcov [ji'jaxTjp'wv no 842 B 37 (décret de Démétrias relatif à la protection... II. IV.. Eufijphron.du sanctuaire d'Apollon Koropaios) J. 16. Dans tout cela on îipercevra comment le passé. (jlotz note des « assimilations ». . celui de àasôetv. de trahison. 6 . .. veiller àofxr. roXiv . : xat T^ àoixia xtXT. on n'a qu'à voir Lycurgue. 10 à ô x w . manifestement synonyme (199 227) XXII. 557. 5 . . II. 85i. XXIV.. 5 E le terme x àa£6ouvx résume xXo-àç x. 109. 24 à ô x £ I v xat xà tspà àva6Yj{ji..j. A. R. VI. [Aristote]. délinie^ oaî. G.. des délits qui paraîtraient d'aspect profane sont désignés du Holleaux in où terme i<jefjz\v ou de termes analogues y) : Ant. parfois. Lois.uova. Lois. se prolonge de gravité dans l'idée traditionnelle et ancestrale de l'atteinte à la famille (aux parents. Idérostjlie (cf. y.. Platon. 2. . PoL. : : Dém.9-10. au terme plus technique de àôixelv. liép.. au xaî 46-7 (décret ordonnant Se : la î i . xf. C. Vertus et rires. 4. xa'. XIV.j. Pro^. à la àôtxojvx'- -£pl cpôvou. à propos d'une arrestation arbitraire àvoaiov ijnrjôsv àSixov [jlt. : . 6. en première ligne. X. av (xr^ôelç àStxri à or s ttso'. xat r^ à tr é 6 e i a xat II. izepl lEptov l^'asébie est un chef d'accusation en matière de d'homicide qui ne sauraient ètic autrement atteints (Dém. . 55. 7. 94 147. àocXTjç. SG9 A). en tant que eTooY. xai -spl yovîI. et comme toujours. aux morts) la cité. : w ressées cités à la n. dans la Midienne correspond parfois. 8 .. 175. . : i xat à [v <T •] (ouxojc =z : « Dittenberger.. .

qui condamnait 1. ce qu'on ne fait pas dans les autres cités (Lipsius. 182). des Eumolpides. Le concept juridique lui-même. C'est une survivance et nécessaire des forces religieuses peut se suffire à elle-même — — une survivance qui. vÔ[j. n'apparaît que lorsque la cité a sanctionné. et même il s'en faut qu'il soit strictement délimité. Et d'une façon générale. ou l'action privilégiée d'un groupe restreint du jour oii la cité (32) déclare public et réglemente le culte dont les Eumolpides et les Géryces avaient àôusl xal ào-sês^ le monopole. aurait tendu à disparaître Isocr. si l'on parfois de façon éclatante vait périr sans jugement le — c'est d'après peut dire. abstraction faite de quelques survivances de l'asébie- exemple. l'impiété.. des : Ant.ce peuple.. la = Éludes réaction dans l'état primitif.. les grands (31) On sait que certains crimes. R. la notion juridique de «l'impiété » se rapporte essentiellement non pas à des actes matériels. cependant. mais à la pensée. « il commet un délit et — On a vu l'extension considérable de Fidée commune d'asébic on retiendra spécialement la « définition « du Pseudo-Aristote. fait mention d'une loi récente àv ti. de la : : hiérosylie. 2-3. on peut dire. les Athéniens l'ont restreint ils le distinguent de la notion de sacrilège. el jurid. de qui y attente : les deux une impiété «(Andoc. est très large. consciemment envisagé en tant qu'atteinte directe à la cité. art. si Athènes avait vécu. peut-être. (32) L'intervention directe : et. le fait d'arracher des oliviers sacrés était sans doute qualifié d'àalôeia). l'atimie primitive qui déposait un rameau de un — suppliant dans rEleusinion. p. le délit est une atteinte au sacré et que. A un certain point de vue. dès lors. avait éié pratiquement abrogé par un décret du contrevenant à une amende de 1. comme on peut s'y attendre.oî 115-6). le délit public d'àorsêst-a est nettement. exceptionnellement. XVIil. Att. n'attirent pas sur leurs auteurs une sanction juridique. Mais. ce que sanctionnait dans le principe ou la : la vindicte des Dieux (31). on dira y a à la fois impiété et délit parce que. Jusjurandum dans le Dict. ou la vio- lence inorganisée de communauté. soc. à sa façon. d'une part. à la pensée sacrilège (par active bien entendu. à celle en particulier qui se manifeste dans l'enseignement c'est cette conception qui commande la législation répressive au : de Platon.56 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE L'association est visible même qu'il dans le cas du délit propre- ment religieux. I. p.000 drachmes (Andoc. personnelle de la cité se marque celui-là dev(5[xoç iroéxpio. au sens juridique du mot. dans le sentiment qui inspire sentiment collectif au premier chef puisqu'il s'exprime dans X*' livre des Lois la pénalité. mais qu'on s'en remet aux Dieux du soin de punir tel est au moins le faux serment (Glotz. Sixâî^riTai -rapà toj. d'autre part. 362) . 132) termes se définissant l'un par l'autre. . : opxoLi..

n'ont au fond qu'un intérêt secondaire ï Apologie de Platon. R. nous considérons ici non dans son emploi juridique. Schmidt. réflexion dans Platon. C. p. les morts. est parfois qualifié de sacrilège. 363. 68. (34) Sur le rapport entre l'impiété.a . l'impiété. p. i. le droit pénal tout entier semblé se fonder sur la loi contre le sacrilège (Michel. p. au vrai. Eutyphron. etc. I. in Sitzb. n. où l'enseignement des Dieux nouveaux et la corruption 360). édit. zu Wien. 359de l'impiété est associée à la pensée réfléchie d'un danger couru par la cité ce moment de réflexion se marque bien dans le procès de Socrat'e. Lipsius. 24 ni la « cor» ne devait constituer. . cl. Ol Wilamowitz. comme chose étrangère et distincte. 12 . 418) à propos du ^cas d'Anaxagore. C'est lu même chose au fond qu'on exprime. p. 23.. no« 418. Platon. 513.-Proz. 11. le : (Lyc. en disant que le jugement était commandé en grande partie de par des considérations Lipsius. R.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE jurys (cf. ni elle ne se joignait. in Zum ait. c'est abandonner les Dieux. I..) trahir. 1318). Schanz. à l'acmais la notion à la fois juridique et courante de 1' « impiété » cusation d'àjsês'. 908 B-C. lorsqu'il : s'agit de délits publics (36). zum Sokr. 2 de ôsîov. la fausse divination. d. même nitive. 24 de ispôç. Untersucli. 147). de atteignit Socrate. ment impérieux : l'atteinte à la chose publique est l'atteinte au sacré. pp. tout cela fondu dans une unité confuse. 8 de otio. Lois. V àouia trouve dans F ào-iêeia (35) son conet les deux termes sont à coup sûr synonymes. 25 Lipsius.. Lois. « politiques » (L.. touchant nature de l'accusation qui : cf. mais d'autant plus instructive. (3o) rale et (36) Bien entendu. R. A. 2i) . Eth. Ak. En définon-conformisme. mais d'un senti- crime contre 1906.. y relève 33 exemples du mot 6eôî. 908 C-D. Wiss. Menzel. les délits publics à maintes reprises sont expressément représentés comme une violation du sacré. der G). une catégorie spéciale d'impiété. l*ar là s'ex- plique que. CXLV. Un procès de trahison. AU. note. Porter les atteinte aux ispà la de la cité. l'orthodoxie étant tout ensemble indissolublement politique et religieuse.. la notion d'àasSsia comme notion géné- De même que cité. il ne s'agit pas d'un procédé intellectuel. dans son édition. 3 B) (33). mais peut-être de façon étroite et superficielle. ruption de la jeunesse : devait spontanément l'admettre. p. X. p. c'est le (cf.. l'offense à la divinité est plus ou le fonction de la le délit contre la chose publique Glotz. un texte bien intéressant de Platon. Att. k. n. a nécessairement une couleur religieuse très accentuée : témoin Contre Lg'ocm/ès de Lycurgue (nous y avons vu les emplois d'àasêsia. Att. X. comme le marque Fustel Coulanges {Cité ant. se sert de l'expression un peu trompeuse d' « assimilation » . la tyrannie. observant que de même la cité est moins considérée en un crime religieux. p. p. cf. Rehdantz. Le crime de trahison et le vol des richesses de la cité sont assimilés au sacrilège.. 360) (34). tenu Mais en revanche. la magie. p. la démagogie. Ihéoriguement. l'idée instinctive : de la jeunesse sont étroitement rapprochés Même et conception. dans l'Athènes de la fin du iv^ siècle. dans certaines cités. voilà ce (33) Nous croyons que polémiques. . l'immoralité. Strafr. R.

2:i : : : .. 11 et s. lepwv xal Tpé<|^to ô jîtov :. àvaip^ "zob^ OeajjLoùç . apparaît à l'évidence dans tel document comme ser- ment des éphèbes C. ce que nous disons du délit public employé absolument. 64) il est apparenté au sacrilège.. des Arginuses. C. xal l'expression tepà xal ô'ata se rapXT. Pollux. 8. XLIII. . i) ixi] Treiôr^xai. le crime de renversement de la constitution. Lyc. 124 126. 'JrÈp ojx àîci- .. à Athènes. Platon.. Dans le décret de — Gannonos. : .. . l'interdiction de sépulture et la confiscation des biens 403 Xén.. biens.. à même Athènes. renfermées à Athènes dans le sanctuaire du Métn^on. 7. dans toute la première partie du IX« livre des Lois. XXIII. HelL. tov -o^v 'AOr. ^ VI. Lyc. XXX. Lys. les délits plus Lys. C. . qui peut être puni de mort (Lyc. Dém. Léocr. la cité et. C.v ttôXiv (Ant. Hell.x£v/. Léocr. 144. tepoTjXoi. XXIII. Dém. Dans le langage d'un orateur.. 112. 10). 7. Léocr.[jiov àotxf. ou moins prévus sont ceux de renversement de la constitution et de suppression «les lois les lois... traduit bien cette unité profonde du délit public D'ailleurs.6) de déclarer « sacrés .Tzi'zpioi lepà Tiji-V^doi porte à l'ensemble des choses sacrées que synthétise le terme de ttôXi. — vaut d'une façon universelle la : tous autres à^u/juaTa.. bien sacré (cf. 22 — — au moins : même loi. Lois. ont par elles-mêmes un caractère sacré. Léocr. V. I. comportent et par la cité.58 qu'il UKCUKRCIIKS SUH LE l)i:VELOi»l>E. 142) — est majeur « évidemment substantif qui s'est comme spécialisé contre la cité» (Lyc. 1320 a. et lorsqu'Aris» tous les biens contisqués sur les criminels ou les prétendus criminels d'État. en matière de la notion de délit l'àSix-a XXIV.. VIII... C. à propos des plus grands crimes. il n'y avait la chose était concevable. 106. (Xén. 48. était associé et plus ou moins identifié à celui' de trahison (Dém. la consécration d'une cité étant — partie des biens confisqués est instructive par elle seule tote proposait {Polit. Léocr. 117). etc. . « — politique » à la fois et religieuse .une seule et entraînait la peine de mort. 66. cf. xat avxt. une association toute spontanée. C. le bien do la .. 40 65 XXIV. même et suiloiii Or.. dont 1 10 serait consacré à Athènè. La législation jUatonicienne.. nous le notion de la solidarité religieuse verrons. tel qu'en supprimer une. par suite.. 2r.vaUov ôr. si' -i.) (Stobée. de Tàôu-la que nous venons de réalisée dans définir ils représentent comme des dégradations. ou xaTaïu/uvo) oirXa -zx lepà à[Jiuvto 61 xal : Lyc. Pour les traîtres et sacrilèges. qui avant ïtA : tov v6|jiov . IX. 117.Mlv\T DE LA PENSÉE y a do substantiel dans le inol àot. Le décret de Gahnosuivant lequel Euryptolémos proposait de faire juger les généraux nos. XXX. xal 7rpo5<5Tai. c'est commettre un sacrilège Lyc. sera celle de xaTo UpoaoXelv xal -zh Trpooioovai tt.. parce que jtas là pure fantaisie de théoricien : conforme à une représentation La notion religieuse de collective. F/or. Quant au vol des richesses publiques.. ToT. prévoyait la peine du barathron et la confiscation des (cf.37 B). 22). Léocr. le sens religieux des délits le qui l'ofTensent.. 1. 147)..

^ V.. 3) et dont le plein sens nous est offert dans la pieuse démarche d'Arcbidamos auprès des divinités de la terre de Platées (Thuc. Lys. Guêpes. Léocr. zol Ypâ[JL[Jia'^a]. p. Léocr.. ('. 11 sq. 873 C-Dj. dans le principe. 6. c'est un acte considérable que le fait de àôixsiv la terre d'autrui. à celle de délit grave et plus ou moins exceptionnel (Aristoph. 1138 a 14 cf. 47 I. Arist. a dû avoir à l'origine une valeur profonde qui se laisse encore déceler toutes les fois. Loin. V. l'idée verbale cristallise en des emplois définis qui n'ont pas besoin d'être commentés. Thesm. y a-t-il doue àôtxia ? Réponse pie. dire. Quelquefois elle est prise au simple sens de detrilà . 122. nécessairement banalisée. tb. — . i?). XXIV.. 471 B). wp aYaXfjtaxocpiopav £ov:a naa/T//'. XXll. à celle de xaxàXuai.. 29. Rép. 43 6:i 66 69. pénétrée de la notion d'atteinte au sacré. 7 et . d'ailleurs^ que le verbe a pour régime un nom de chose.-C). 84. ce n'est pas la réllexion sur le tort positif que peut causer le suicide à la communauté. XXI. etc. Aristole (B^/<. Michel. 4). Nie. 470 D et s. o91). Eth.. un peu éteinte à l'époque classique. XLIV. 66) cien sur le verbe transitif àôixeïv . V. 9. la catégorie lorsque le délit public est conçu comme le délit privé..JUKlDlgUE ET MORALE EN GRECE cf.Dém... fait. iraa/^s-to kpoauXo. 1).) est instructif.. le sentiment de se préserver troubla ou de stupeur religieux qui commande au groupe de ou de se purifier en quelque manière (cf.. c'est. un acte auquel on surseoit à l'occasion (Thuc. Enfin le sentiment religieux que la cité a d'elle-même se manifeste et se précise dans les rapports avec l'étranger une expression. De l'expression consacrée de . 473 B sacrilège iàv àor/. n^ 724 (lasos. qui se commentent eux-mêmes parce qu'ils évoquent un sentiment reconnaissable à tous et tout de suite : ils correspondent ainsi à la notion générale de délit public (Aristote.). : — — : : même pour d'autres cités (cf. 59 1.tov : avOpwûo. XXXI. : -f^v os -v. iVte. comme celle de àôixelv ty^v YY(V en parlant d'ennemis. Solidarité. 24. ..). Michel. . . Par ailleurs. Loii>^ IX.çOy. . demande-t-il alors. Platon. àoi/siv ty// ttôXiv (Aristoph. : : contre la cité atimie (lu « » àquoi peut-être fait suicidé était enterrée à part » — et c'est pourquoi suicide est passible d' une certaine allusion Eschiiie quand il dit que la main le »< (TII. V. V^ ilj. . la main coupée : fait le ce qui prévaut ici. 307. à celle de trahison(Lyc. hie. construction plutôt rare. Platon. IX. comme semble le suggérer Aristote qui raisonne ici en logi- fantôme impuissant (cf. -upavviôi linit èTriôouXsuiov. ai Ô£ Tip aôsaXitohaie Tafv) axaXav.... Sur toute cette pensée religieuse. si l'on peut : j'entends que. Le groupe etje sol sont imprégnés d'une vertu religieuse qu'ils se communiquent l'un à l'autre aussi. J. II. 1138 a 11) définit le suicide comme délit cou lie qui. expression qui paraît lecbniqut^ on au moins consacrée cf. 244) En. [-Y/y i-z-Qa^^] à<pav[(!^T. lloX. C.. Platon {Rcp. (io/'y. t) : lin du v« siècle av. n» 71. 74. 3). n" 1334 (Olym- iV s. ôr^[jio'j (Platon. s. Glotz. sous mais sa pleine valeur apparaît quand elle est de l'obligation : jointe à l'expression. on y peut retrouver le il faut se sens certain d'une atteinte au sacré rappeler ici la notion fondamentale de la Terre-Mère et Divinité..yc. 1. mento afficere. 4:. Antiph. 'AO. VI. Xy. intensivement ou tout au moins à l'idée nette et irrécusable d^asénous trouvons le verbe usité absolument et.

àoixoGvTO^. 14. twv àÀ)vWV twv àououvTtov à yi^paTT- Démosthène. au cours des Dionysies. Lois. loi. titre cratès qu'aucune cité n'avait admis au en parlant de Léode métèque. concordance notabifî pour àvOpwTrov).évwv |jLiaoj{ji£vov. c'est l'idée religieuse 1 : Dém. 244. 10) prohibe la saisie au cours des Dionysies et.y 134 : tov 6tco tôjv jjlt^osv àôixojfj. où nous pouvons la voir surgir on quelque sorte de la surexcitation collective. r^ç IspopiTivia. Il. — — : . prévaut dans tout ce domaine. XXI. XXIY. M. 19.v . de à[ôtxt]av dans Hyper. — Léocr. chorège. C. XXI. devant les Athéniens assemblés (37). ces instants la délicatesse plus ombrageuse du sentiment comléger. c'est peutêtre le sens. XXIV. fêtes religieuses. à un moment particulier! Mais c'est qu'il : — toùtw tw [se. XIX. 10. . 133. la cité. 214. il àoixeliv TTEûl T>jV y a un mot spécial. PhiUpp. pré- cisément. liO bien de la cité étant sacré Dém. X. vraiment technique.. '::poj6aXô}xï.povG) et probablement loia [jl/j-te même citant une rappelle l'interdiction £v pL/j-:' xoiv^ {jctioèv cùXriXoiiq àowslv la loi prohibe quable étrange à première vue en général. pour désigner toutes offenses qui affectent en particulière. AU.. cf. 0. Zî. XXXVII. Les moments en question sont ceux où la cité célèbre ses Tout ce qui est trouble alors. : dès le début de la Midienne.. il commentant 7.. Aussi bien. Lys. désordre môme violence même légitime.365 E. de l'idée qui (31) la notion pure et intensive du délit. intensive. Formule remarle « délit » s'agit. Revenm.60 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le S5G A-B. 29 pense des circonstances iden- tiques lorsque. xaOà -ra'. dans le même procédures prévoit une accusation spéciale contre le contreve(citée iispl nant w. p. In.. C.. Lipsius. étant donné le contexte. et c'est àôu£^v £0pTY]v. Dém. IV... cf. mun. 900 D. 213. le rôle de raccusateur est ainsi C'est la n.v: cf.). 20. il doit y avoir des minutes plus ardentes de la vie sociale où elle apparaît plus pure. L'idée du délit est spécialement conçue en fonction de comme en témoigne l'expression remarquable de Lycurgue. par Dém. etc. Xénoplion. est ressenti avec une acuité Or. La loi d'Evégoros et autres esprit.v £opT/.. Cette confirmation nous est offerte. Rép.. Platon. Aristoph. 28. 120) défini àStxsïv toûtov itepi tt. spécialement enfin à celle de pcculatus Lys. GuC'pes. voilà notamment le nom du délit dont : s'est rendu coupable Midias en frappant Démosthène. l'onnule mt'nie de raecusation de Démosthène ^cf.. Mais puisque cette conception de ràSwU est une conception puisqu'elle ne se comprend dans son principe que par la vertu d'un sentiment collectif intense. 9..

du moins dans le droit lui-même. aux ils reprennent temps primitifs. comme il modalité. a-t-il là une indication générale à retenir quant à la notion unique les idées d'excuse ou de circonstance atténuante apparaissent relativement de bonne heure dans le droit pénal et qu'en revanche celle de circonstance aggravante ne se soit jamais bien dégagée et que. tout ce l'ordinaire qui serait à qualifié.. la notion qui atteint par là son maximum d'intensité n'en est pas moins. 42 à8uoï. sous un autre aspect. Elle fonctionne comme telle. mais ce surnaturel mystique jusque-là nous apparaissaient vides et inintelligibles parce que nous n'apercevions plus la société qui. 11 est notable . àxoa-[j^ouvT(ov. notion abstraite. l'idée d'aggravation que l'idée d'atténuation y en a seulement des Peut-être y verselle du délit. s'applique à tout ce qui est non (38) C'est à celte àoixta fondamentale qu'il faut rapporter le pouvoir judiciaire du prAtre. Le mot £'jo-^Yi[ji6voK. "75 et s. contre la gravité. etc.. note et réprouve comme délinquant celui qui violente cette pensée (39). elle ait rarement donné lieu à une théorie rationnelle. du surnaturel. C'est sans doute que la ce n'est pas pleine notion du délit se manifeste par la réaction la plus intense en principe une notion logique à laquelle conviendrait tout aussi bien. : . . A Athènes et hors d'Athènes.x£lv itspl ty^v eopTviv désignent tout ce qui se fait contre le bon ordre. 18 et (39) s. désordre bénin devient alors délit Ainsi se concentre toute la substance religieuse que nous percevions comme à l'état diffus. n° 694. . . n" 694.JURIDIQUE ET MORALE EX CRÈCE 61 : générale de rsjxoTaia (Michel. . n» 698. animait une pareille notion un sens dans la cité alors que la société tout entière. où sont à rapprocher 1.). lequel a pu être à l'origine plus étendu que nous ne le retrouvons dans des inscriptions de date récente (iVIichel. dégratlations possibles. Ainsi se continue à certains égards. en tant que le mot àousiv. et se revivifie la valeur primitive de la notion. 44) (38). Elle représentait du mystique. 1. les citoyens contre la majesté que requiert Taccôm plissement des rites par assemblés. . transposant dans une pensée religieuse le sentiment vivant de la soliet ce : darité. 39 l. général et impersonnel. môme dans les sociétés les plus avancées. VII Mais en revanche. àousTv et l'expression synthétique àot. 9 et s. IH et s.

. XXI.(Tr. cf.. c'est en Tespèce réciproques — — : une notion abstraite. . .]. Oïl voit bien comment cette idée abslraite se déiinit en lonction de l'institution Judiciaire 6 : les dans un exemple comme [Xén.jL£vot.. 22) et tème des lois Dém. irspl ^ôv v6[jlov aoxov àôty.xr. £x xwv 38. et que Lyc. Lyc. Lys. car il semble parfois que celle-ci ne soit pas encore sûre d'olle-méme on voit exprimée assez souvent par les orateurs l'idée d'une espèce de primat du Jwje: — àS"/. notamment Dém. dans un état de justice peu ou point organisée. ou provoque les sessions occasionnelles. 20 . met de saisir le moment où se conslilue la notion abstraite. n fortement marqué cette évolution) : Dém.Maine. 29) et qui. XXV. les suOuva'.Xoi^ jjlÈv xoT. XXIII. 30 oùô' èirsiôàv àôixr. tojv v6.. (cf. avec éclat : os^ '^-Jià. des tribunaux (Dém. dans {'Ancien Droit. . XXIV.0'j. àÔTjXoi. 92 àôîxr. è'ôsaOe ttoo tîôv àoiXY^aâxtov. réaction aveugle et diffuse.. ètt' Précisément le cas grec nous per^ouaiv. l'idée d' « injustice » lend à devenir un vrai concept dans la mesure où elle cesse d'être rattachée explicitement à un ordre cosmique. 9). et se situe dans une société organisée.. formule règle abstraite se produit (cf.Te : toî. C. par suite. singulièrement. Tcapaêà. . ont fort à faire wjxs Tatieiv Toùî àôixoùvra. (redditions de comptes). os toT... jurys d'Athènes. àXXà Toùvavxîov vo(ji.[jia dacps. et cela pour un empire relativement étendu. Abstrait et défini sont ici termes quente une notion générale et définie. Il y a là le ganisation permanente de la justice représente un progrès capital (Sumner l'idée de . irrégulières. 4.outo. mais se renforcent (Dém. 109. XXII.. 9. du groupe.. 30) mais il subsiste quelque chose de la pensée originelle dans l'espèce de philosophie du droit pénal que nous venons de voir exprimée par les orateurs et.. r^oiilaùs. àXXà xa- . 3(>. XXI.ji(ov ou. de ces emplois absolus du verbe où nous le voyons clairement et non moins frésynonymie de l'expression plus complète de àSix£v> T/jV 7t6)v!.(H KECHERCHES SUR LE DÉV ELOl'FEMENT DE LA PENSÉE là seuleinenl senti. dans la notion de ce pouvoir du juge que nous ne connaissons plus guère qu'en matière de jurisprudence civile. LIX... suscite Texécution collective. l'orC. 54. Hép.. L'établissement des tribunaux périodiques et. En d^autres termes. III. L'idée du crime répond dans le principe à un sentiment immédiat. aovov -oj v-jv ào-x/ua-ro. Léocr. xac èvapY^ notion abstraite est particulièrement mise en : relief dans Dém XXI.. xr^v -vijiioptav. XXI. : : le sys.30.. 2G.-/. desAth. vôijiwv . 10 : "va 7rapaxoXouO/. qui doivent prononcer sur les ôtxai (actions les Ypo'?^' (accusations publiques).. témoignage d'un état intermédiaire entre la représentation primitive «!t le concept rationnel. Léocr. T^ôixei XXIII.(JLa(Tiv XXIII. o'. M8 Eschine. c'est grâce au jugement que les lois non seulement se maintiennent. XXIV. La notion du délit suppose l'organisation privées). cf.v.. ziq . -'SvÉTOai ar. XXIV. ào'. celui que nous avons vu jouer (cf. la è'/ovTa..Jo. 187).Of. àoiXT^- ment. I. mais pensé comme lésant la colleclivilé. à Torigino.xaorrà.

p. Rulischer. la cité découpera elle dira dans quelles conditions positives tel acte peut être dit oLOiy^ot. elle n'en serait que plus mort volontaire n'est plus l'âôixo. Guêpes. [Xén. omineuse. dont l'expression bien postérieure à celle vergL Rechlswiss. 5). normal à Athènes.]. Et ce sentiment est assez fort pour contrebalancer. des Ath. — f. 184. n'exige plus les mesures de préservation rituelle.. R. : criminel : ce fait que la notion de Suaio. Dans le même ordre d'idées.tc -ôasw<. AU. La notion de odvoç comme d'une chose néfaste se trouve ici limitée par celle d'un o(xaio. sacer. — .'atioii. XVI. Parmi la matière en quelque sorte nébuleuse de l'àSuia : primitive.. (40) Festus. Lois. du suicide par tolérance des condamnés : mort (noter les expressions [xt. mais tout de même directement inspirée d'un état de choses positif puisqu'aussi bien Platon prévoit le cas. 463. totçaiTT.. entre ceux qui se tuent pour se punir et ceux qui se tuent insontes (41). 590 et s. la allusion. — est (^^ô^joz. Grec.. vidu qui a péri de mort violente est le siège de forces redoutables.JURIQUE ET MORALE EN GREGE ^/oixoU-x^ sine lege. nous notons primitives. Pour la pensée propreelle s'est perpétuée dans les représentations tout ce qui trouble l'ordre essentiel. in Zlsehr. de l'adage nulla pœna seulement fantaisie des intelligences. c'est entendu. Peut-être était-ce là Tunique exception.. comme fait la cité. autant que Lipsius. Rép. en droit religieux. s. : 63 c'est la iié/. technique apparaît tardivement v. c'est assez importante dans la conscience juridique du pas là cf. III. la marche normale du monde était d'abord « injustice » ainsi tout indi- ment la de — magie religieuse . des délits extraordinaires (Aristoph. créée et maintenue par le vouloir d'une société organisée. au moins théorique. dans des sociétés déchaîne le la passion de vengeance que neque fas est eum immolari^ dit Festus (40) du sacei\ tout en ajoutant que celui qui le tue ne sera pas puni. IX. qui pût épargner au à : suicidé Fatimie à laquelle nous avons fait notable : commandée ou recommandée par la cité. 873 C-D législation idéale. Aussi bien pouvons-nous directement apercevoir comment s'exerce l'intervention de la cité dans cet esprit de u socialisaen un sens très particulier tion » et de « laïcisation » du — — délit. 6 . Cf. aovoî.. Mais le travail de pensée que nous avons défini s'exerce sur la religion elle-même elle distinguera. entre ceux qui sont condamnés justement et injustement. (41) C'est ce que manifestent les prescriptions à la fois religieuses et juridiques de Platon. Et qu'il n'y ait ce que confirme l'idée.. p. Sîxti et Six-riv àSivtov siriôfi). la pensée même qui fonde la procédure des elaayYcXîai.

i tie. toGtov (ùpitr^^^ ojx où certes l'idée de délimitation. cpovo. elle légitime tue agit comme son mandacertains actes en délimitant. 871 A o. ait jamais été un pur pléonasme.a'lw. àv tiç sv ôcOXot. : 54. manifestement archaïque. Ccllê-ci : de celle-là . l'idée d'intenarchaïque) (4o) — les : tion s'étant complètement incorporée au verbe. que l'àoLX'la y est définie par l'intention. 274). 874 B. (43) U y a seulement. 1. de Platon. on aper- (ifi) L'exemple le plus ancien csl d'Eschine. IX. mais la notion profonde qu'elle contient a quelque rapport. àoixo^ cpôvo. terme de oixaioç cpovoç. où justement on l'attendrait. où l'homicide involontaire est qualifié de àô'xr. dans àSuw. 872 D. â. Lois. (43) tel que nous : le verrons associé à xT£Cv£t. 11. ou plutôt de plus explicite. 2' par- chap. 88. àuoxTsivrj Ttvà. c'est la yévo. § u) c'est-à-dire qu'on y trouve l'idée obscure et le sentiment vivace d'une vertu sinistre attachée à l. 26). avec celle de l'adverbe p'. Lois. est suffisamment accentuée De cette action spécifique de la société organisée. àSixeïv.. mais non pas entièrement puisque l'idée d'intention En employant le s'y trouve exprimée pour elle-même (44).de la nous n'entendons société était. Le cas de l'homicide involontaire nous fournit une confirmation du môme ordre : Démosthène.. 13. I. il est vrai. (45). h l'intérieur du groupe Voir d'ailleurs Dém. RhéL. XXXV.v (cf. l'individu qui taire (Lys. d'abord.. XVllI. 58= XXXVIII. IX.xsr ô Ôôiva. une notion d'abord indéfinie. Et c'est une espèce de pléonasme que nous constatons dans les emplois de Platon. Par opposition. Plus tard seulement. II. quelque chose de plus précis.ijLa. cela va de soi.o. d'àôt-xo. 801. on peut dire que la notion essen: en est exprimée dans cette formule. dès le i)rincipe. on ne dit même plus oûx on emploie un autre mot. Dém. cf. XXIII. Lois. . 1373 /) 2).aapTâveiv (cf. que l'expression ci. possible que anciens coutumiers (la disposition dont parle Démosthène est tout à fait aient dit ainsi oûx àS-. mort violente ». tout meurtre commis à l'intérieur . en principe. l'expression niunque dans Platon. -commente la loi de Dracon en ces termes àôixelv.04 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE ne se définit pas du tout en fonction au fond. pas dire. la société en est venue à dire que. : mort violente perpétrée 21. de son point de vue. et Aristote. dans « — tels cas particuliers. que dans jiiaiw. Héc. àv èx irpovoiaî ts xxl àoîxwç ôvTtvaoûv twv s [x'fj>v tojv aùtôtielle : yeip XTeivT) — du (44) F àoixo? cpôvoî.. le texte cité à la note Il est précédente. cpovo. IX. 871 A. dans le principe.. dont l'expression reparait ailleurs (Eurip. (42).o\/. on peut dire.

. E. v.. 16. nous en sur la pensée populaire en général.. s.. celui du droit et celui de la morale ils n'en sont pas moins conçus comme distincts. avec lintervention active et personnelle de la cité. Rép. 344 A. et avec une certaine prédilection. de là . Suidas. le mot osio? un des plus remarquables qui soient.}. et sur — pensée philosophique. Platon. I.. surtout à celui qui. 398 et s. à considérer l'évolution Le fait se terme comme o^^. — — : Par la variété de ses sens et par la richesse de son histoire. le sens de libre par opposition à taboue. d'humain par opposition au divin. le droit étant conçu comme con- sémantique d'un au point de départ. Plat. etc. p. E. se rapporte spécialement aussi au départ se faisant dans le mot même que sentiment religieux. et Tiniée. Seulement. Nous avons indiqué comment s'opérait une certaine subordination de la première au second. le droit et la morale. tend à s'individualiser cf. : spécial de oava pour désigner les richesses de la cité. couramment. par là. Nous retiendrons ici que. même. se réfère explicitement soit aux choses ou aux biens de la cité les o<tix se l'expression même et Témanation de la cité. Lex. aussi l'emploi : — — : Harrison. Lex fi/ie^. J.). elle se fait — — nécessairement aussi en ce que la pensée du délit se fixe sur l'idée d'une répression organisée. l. . dans un tout autre ordre d'idées. utilisant les oaia et les faisant siens d'où la formule consacrée tspi xaî oTta où parfois les deux termes se distinguent. le second les bâtiments publics (Isocr. Harrison. à l'idée du tabou ou même de la souillure ridée du sacré utilisable (cf. J. dans le discours de Démosthène Ce qui n'empêche — le [XXIV] contre Timocrate cf. p. — distinguant même formellement des Upà soit. (40) est : qui prévaut en lui de là. « d'injustice les vaut dans . Quant à la séparation entre le droit et la morale.o:. le premier désignant par exemple les temples. le même terme deux domaines. oaio. distinguées de celles des Dieux (ainsi. et une indication intéressante et à retenir nous est fournie sur les conditions où se fait le départ entre les deux àouàv est fréquemment appliqué. au point d'arrivée. notion brute du taôou.^. fr. La distinction se fait enlre la leligion. 66). en particulier § 120).. il se réfère à l'idée du sacrum et. comme la notion » est une notion générale.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE çoit 65 une double répercussion : apparaît plus net la et le sens. de profane par opposition au sacré (Harpocration. 504). évoque la (46) qui. Prolegomema. spécialement (dans ses composés comme mais peu à peu. firme et s'éclaire. Yll.. o.. citant Didyme Schol. c'est «'«poaioûsOa. Or il apparaît que cette évolution est en rapport avec le régime même de la cité. s. 47o. au sentiment religieux en tant que tel. et. puis du licite. v. régénéré dans la religion dionysiaque et dans Torphisme (Eurip. primitivement.

. XI. Héc.. à des personnes de la Il y a d'ailleurs des cas où la faute est aussi délit : nettement religieux (Eurip. fr.k 3 1344 a 8 et s. noter surtout l'emploi de wpiafjLévoi (cf. I. nous verrons la signification. I 2. organisé qui a rendu possible réflexion des hommes. raclite (49) laisse apercevoir le sens réel . et la notion nouvelle. clans . L'antithèse profonde est entre l'ancienne Oéijl'. Médée parlant de l'épouse abandonnée ment comme grave. Ant. 800 et s. mais les hommes ont supposé telles choses injustes. 15. nous trouvons le passif àSixcïaOai en spécialement appliqué. y. [Arist. 35 (Diels. Œcon. Lys. ..w[xev àS'. 15. c'est un certain relativisme qui commence à poindre. donc la constitution et. et dont la formule d'He. défini par lui-même. droit.. Epich. S 8è Stxaia. bonnes et justes pour les Dieux. Les idées de justice et d'injustice sont si bien de la sous un aspect comme contincité qu'elles apparaissent : idée que les sophistes n'ont pas inventée.j. 64). — : : — (par exemple. Médée. — . fr. En second lieu.. del' « inque l'a Dans ce domaine. telle une unité mystique l'ordre humain et Tordre du monde. : il s'agit d'un tort considéré tradidionnelle- est assez le mais qui n'est pas sanctionné par ton. d'un groupe en un sens.]. nécessaire la VIII Nous considérerons maintenant (47) 'ASixetv est parfois la notion d'ào'lxYi{xa au sens à l'adultère XLV. 791. 26. contre les orphelins et épiclères) de ces cas où l'emploi du mot est consacré.w yàp toù? 6îoù. p..xa xai Sivcai' wpiafxévoi. voir Appen- dice I. Déin. 165. les rapports entre époux. : Eurip. 265 . 227 D. Offenses à des parents Plamême famille Soph. Lois. Sur la conception philosophique du délit chez Aristote.. fjo'jfJLeBa !. C'est le champ même où vivaient primitivement les idées de bien et l'àoixla contre la cité se distinguant de Tàoixia famide mal liale. qu'ils gentes (48) n'ont fait que tourner à leurs théories. c'est en quelque sorte le présent qui s'oppose au passé. c'est créée la cité (50).. 102 (Diels.. (48) Particulièrement expressif est un passage fameux d'Euripide.. l^. telles choses justes ». « . Ant. dont l'aspect 265). ou l'ancienne ouyi qui associaient dans justice ». Vorsokrat. àvOpwTroi Se (50) 5t |j. toutes choses sont belles. p. Cf.. Vorsokrat.al (rejeté par Nauck sans raison suffisante) vô.. tw (lèv ôew xaXà itavxa xai (49) Iléracl. 76) : | : àya6à xai Sixaia. 79 p.. Dans la plupart de ces exemples. 692. 95). l. Il est à rapprocher de la pensée d'Heraclite.()() RECHERCHES SLR LE DEVELOPPEMEM DE LA PENSEE aux fautes commises à l'intérieur du groupe familial (47). abstraite.èv à'Sixa ÙTrsiXr/faiyiv.

la formation. 402). et dans chaque cas il faut absolul'idée C'est en somme c'est d'elle que nous étudierons ment ici. par la distinction des ypa'faî et des otxa'. p. Division du . à la différence du meurtre sous le régime des clans ou de certains delicta privata il : a les caractères suivants (51) T du il très ancien droit romain (32) . sous l'un de ses deux aspects. Nous avons noté. le « Gomment se cette représentation. (34) Cette exception porterait sur les actes de xâxwa'. c'est la famille seule qui la peut requérir. n'est pas perçu il comme : offensant immédiatement fait la collecti- ne fait jouer que secondairement nisée d'un groupe ce qui se reconnaît au vité. mais imparfaitement. si la victime en a les moyens matériels et juridiques. Manuel. le pourtant. groupe socialise. la pour le Grec. encore que celle-ci retienne des traits plus primitifs que l'àôtxTijxa de l'époque classique. peut être intentée par le premier venu. voilà ce qu'il nous faut dans de délit privé que nous avons en vue. s'entendre. Voir là-dessus appendice II. et sur V'j^o:^. 398. Les critères que nous adoptons ici nous paraissent — mieux convenir à notre objet propre que ceux qu'on pourrait emprunter à la considération générale des sociétés on ne saurait dire. l'atteinte sont des délits publics : (51) Il s'agit donc d'une notion autrement large que celle des delicta privata du droit romain. 2^* mais lésant des individus. dans le vocabulaire i^oS) C'est ce qui se traduit aussi. Le sacrilège. à la fois « répressive » et « restitutive » (Durkheim. que le délit privé se reconnaisse au fait que la sanction en est « restitutive » ou du moins mixte. Mais le terme peut avoir plusieurs sens. et régime de la cité. et on peut même dire qu'elle rentre dans la règle parce que. qui. pp. 391. et que l'intervention d'un tiers ne se produit que pour suppléer la victime incapable ou la famille défaillante. une verrons la raison d'être : poursuite. Dans ces deux cas. d'une façon générale et sauf exception (54). le meurtre. (32) Lequel marque une phase intermédiaire. en commençant. individuelle comment sentiment d'une le être partagé par déterminer. c'est elle seule qui exerce ypacoT. comme nous : le comprenons requiert une sanction il juridique suppose une justice organisée. et la réaction orga- que la partie offensée a le privilège de la trahison le vol.c. dans juridique. Le délit privé. commis à l'égard des vieux parents ou des orphelins. — poursuite (53). injustice » éprouvée se trouve tout entier. et ressenti celle d'un tort subi le par l'individu.. en pratique. que de F « injustice » était. où l'offensé a parfois encore le choix entre le talion et la composition (Girard. la . 61) : la sanction de l'homicide est purement répressive.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^ 67 passif l'idée ou subjectif. principe. par exemple. Nous en mais l'exception ne nous intéresse pas directement ici. il y a lieu à théoriquement. travail social.

1. i . une expérience d'apercevoir le contenu « 1' expérience d'un pareil con- — Procédant inductivement. doivent retenir notre attention. (56) —à : la victime (57) .[xé V '. elle nous prépare et allant du mieux connu au moins connu. elle nous offre à en expliquer la genèse. au[ji6é6T. VI. àSi xsïaôai A cette notion de Viomix doivent être rapportés dans le principe les emplois de l'adjectif ou de Tad verbe joints à l'expression ou à l'idée de meurtre (Eschyle. Quelque isolés qu'ils puissent : être dans nos textes. cite les àxoûjioi aôvo: dont ViB'Mx donne lieu. (51) Antiphon. .. objectivement. entre ce point de départ et ce point d'arrivée. enfin. la reprérêt manifeste sentation de l'individu comme d'un sujet de droits catégorie devenue banale pour nous et dont. Mais s'il est vrai qu'elle est. comment se définit et se situe. la notion : : produit récent d'une élaboration prolongée et partiellement discernable. 5.. 6: TttAwpîa. au premi'er rang. à la famille est appliqué . . tw dis IX T. xî'Xsûto xal tw t. ensuite. VI.). 21: TzoXki. 8 XT. un intéelle prépare. grecque du délit privé offre. à une transaction). sous le régime de la cité. en un sens elle traduit. étant rejeté dans l'inconscient. èûiv-K-f^Tzxo'Ju: (les victimes de meurtre) yàp y/eosBsvta Tiawpta t'. pour la famille. e 9 == t(5v xe i yio ô'.. 398: Soph. o'SiçavT» o-^ àSi x Ît a pif/ . Conformément àôtxb existe en elle-même. chez le Grec de l'époque classique. |i sv w tôv àtSiov ypôvov T'.îiv.'i = r. pour la science. IV. ûixà. . 21 : syw (remarquer ys xw tîQvswti 29 vî . p.x6av£iv. ûrèp xoû à5 ixTiS vtoî. 88 : (ip9Û>î [xiv é stt'. .wfxevoi xal 9 iaxovTô. t x t. plusieurs (55) . Il est naturel de considérer en commençant le plus grave des délits privés l'homicide.68 RECHERCHES SIR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE à la personne ou vés. à la chose d'autrui — sont des délits pri- D'une bien plus large extension qu'elle ne l'est aujourd'hui. XXXVIl. la croyance primordiale de etc. nous nous demanderons d'abord de quoi est faite. aux origines. EL. : présent : cf. s'il est vrai aussi que la conscience du Grec est trop réfléchie tout ensemble et trop vive pour que sa langue ne le nous conserve » pas le dépôt de ici sa pensée.jLiopojî vEvédOai pft<ja( dSKTiv aÙTOÏî T. . : grecque est vraiment cept. en quoi consiste l'évolution. comme de bien d'autres. cette la famille. Cho. —à o'i o' (55) Antiphon. ijlt. V. 26 aÎT. 58 ôixT^a 8 a XXXVIII. . le vrai contenu nous échappe. (56) (jassôiî [Antiphon].xev t. l'idée de 1' « injustice » d'où est sortie la notion positive d'àoixYiULa privé. du mort — au poursuivant : il emplois du passif àow£^o-Qa'.}iw- .wxovta oO ôixaiov le xaTxX».. la notion de délit privé.0 évTt . que l'homicide ait été volontaire ou non (Déni. 49). 113.

. àyopâî.jLa : souligne ce qu'il y a de substantiel lésion qui offense. XXUl.. marque le premier acte et produit le déclenchement de tout le rite judiciaire. : la notion de la cité apparaît ici sous xt. que rinterdit ou 7cp6pp-/^. est sur la terre twv ^-rfiïv : ào'. . le territoire (59) C'est la cité pourquoi. 871 D. XX.(7t. visant un àoLxwv.i\\ka. 26. 291 et s. Il. 871 A. mais lorsque l'inculpé s'enfuit ou qu'il est momentanément inconnu. n" XXI.çqui. le passif àoLX£lo-9a'. Appliqué enfin à la cité tout entière. à l'ordinaire. la TîpôppriŒtç a pour résultat. dans un sens : strict. En tant qu'il est appliici. /. 28 Platon. zpaxTipwv. de Vh?ÀY. Platon. 39 d'une cité à qui n'appartient pas la victime du meurtre. Gomment cette offense est-elle sentie et conçue son unité.j xwv [jiTiSâv àSixou asv o)v. sous condition suspensive de retour (loi de Dracon. a pour fonction avouée d'écarter le coupable.. tué Dém. secondairement sans la' société dans son ensemble et et dans objective. IX.O'j.èv 6 t^. Escli. le sentiment de la vengeance. en pays étranger. XXIII.v. (63) tspwv. wç o-jtoî 'iaj'. 874 A-B). VI. IX. de le mettre hors la loi sq..xsv(i)v.. 6'. XXIII. XXIII. qualifié tel (60) Antiphon. défini et strictement limité. 26 syw [j. Dém. (59). : x^P'-'-^oî 5^'Pïs<j9«- tôv àvopooôvov. Lois. à la faveur ou par la vertu de laquelle un plaideur s'apprête à faire confirmer. de la communauté du sacré. le .. ? — Il est évi- dent. mais pour cela même sans doute on n'y insiste pas assez. il n'^n est déjà plus de même besoin d'une : notion suppose lexistence d'une organisation de justice. réparation peut déborder la notion objective. et de l'écarter définitivement (61). Dém. reproche à la loi d'Aristocrate d'enlever à ceux qui auront Charidème le seul moyen de salut.. 30 = . — Enfin. qu'affirme en ce cas le substantif.. sanctionnée par tous. C/io. I. la (61) C'est ce qu'on aperçoit bien dans un cas particulier : : pour être ~p6ppT. il faut que l'homicide ait été jugé par . — ici cité question.xo'jfjiévwv (63). savoir iJisTaïTâvxaç si? "zry twv \x-rfib) àôi: y.v aîtCav è'/wv xal àôi xôiv. C'est En second lieu.. szovSûv. c'est. rào'lxyi. en l'écartant de la communauté. 18../. terme n'a évidemment pas sa pleine valeur. le groupe (62) dont il est le premier point. C'est aussi cette notion elle seule. attester le délit (60).ais n'a bien entendu d'efl'et définitif que si elle est confirmée par le jugement. Tant qu'il ne se dit que de la famille.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE la cité le 69 tout entière (S8). pour désigner (oS) D('m. le groupe de la l'homicide. Lois. 39. (62) Dém. la xpôppriaK: est définie cf. la qué au poursuivant. sa valeur définitive de délit et aussi bien. dans une mais qui offense doute.

C. — Ainsi. c'est la notion d'une ctiose reli- la cité affirme sa solidarité comme une communion. le — un principe d'un danger funeste. la notion de la l'envers l'un de l'autre. il n'était permis de rester à Athènes. si incertaine que gieuse.n.. //. ne sont que D'un autre côté. vaut du moins pour montrer tout ensemble quelle réaction religieuse peut susciter le seul terme de '^ovo. qu'est-elle autre — (64) Voir p. 42 . le meurtrier involontaire hors de chez lui. communion résulte d'une mort violente. ao et 59. toute la théorie du droit pénal relatif à l'homicide est construite sur cette notion. Ainsi un décret pas : accorda bien à ceux qui avaient tué Myrrhine fille de Pisistrate et quelques autres le droit de cité et une récompense en argent : mais ils reçurent l'ordre de résider l\ Salamine.. de Patmos. . : — cité est la notion positive d'une société organisée. 80-3).. qui ne laisse pas quant à la matérialité des faits.. V. c'est une chose religieuse qu'olfense le meurtre perpétré contre un individu. Aristocr.70 RKCIIKRCIIES SUR LE DÉVELOPI'KMKNT DE LA PENSÉE un double aspect. Et certain témoignage. I. C. par le territoire même de « Même à celui la cité qui avait commis un meurtre légitime. 138). 71 p. Et le sentiment de crainte le meurtrier « aux mains impures » religieuse que répand l'évidence dans cette conception populaire et bien apparaît à connue. et de là vient qu'on peut dire àoueixai. au passif. avait tué » (Lex. dans les croyances. et comment l'action de la souil- lure se définit. n'oublions àSuwv. D'un gieuse et de cette : côté. de ce point de vue. en un sens d'être suspect pas que — n'est plus. Dans les Lois de Platon. par le fait la cité tout entière. contaminera la souillure qui. et la pensée du délit d'homicide implique celle de la fonction judiciaire et plusieurs fois nous avons eu occasion de l'observer (64) — — des règles systématiques qui définissent en l'espèce le pouvoir d'un groupe supérieur et les rapports de ses subordonnés entre eux. parce : qu'on n'avait pas le droit de pénétrer en Attique dès lors >qu'on />*. Mais cette représentation complexe. aussi bien de la cité que de la victime les deux emplois. que la présence d'un tel être devait susciter des nau- des sacrifices (Ant. Aussi frages ou faire échouer soit naturellement ici la pensée relibien.

n» 1383. . on lie par la religion la cause de l'individu à la dans ce cas cause de la cité. Il s'agit de protéger les acquéreurs de biens confisqués contre toute dépossession: le délit prévu est défini comme religieux. à Halicarnasse (Michel. Cf. ils en seront débiteurs si les Quinze ne la perçoivent pas sur eux. et que la pensée consciente à laquelle il permet de se manifester est représentation du la même délit qui joue inconsciemment dans la privé en général (67). kéas. . En d'autres termes. . ï rJ' opwv toûtwv % ïi. choses sacrées. 58. 9 r. relative à un délit public (66)... où nous trouvons le même emploi du passif àSiet xsïo-Qat. IxaTÔv axaT-^pa.v xîç t'. — propriété sera décrétée àStxia t/jç ttoAswç. pas réduits à une conjecture plausible que le respect par exemple. et ses magistrats s'exposent à la malédiction s'ils n'assurent pas le recouvrement de l'amende. à S X (tj '.vx twv )x. mais lors de son entrée en charge. 39. 1. C. cas extrême. fi 5cpavsa ^0'. A. sont le donc réprouvé et pendant exact l'une de l'autre. désignées du apparaît de façon frappante dans un texte comme Michel. XXIII. celle de Lycurgue. des bornes » ne font pas recouvrer l'amende. est cas typique. 4-5). ait besoin de s'affirmer plus énerl'atteinte à la Itz giquement en une circonstance exceptionnelle. ô'fsiXsTw xâttjxoç saTw si les « gardiens : -t^ '. sinon celle que nous avons reconnue et analysée à propos de l'à^u'la conçue comme atteinte directe à la cité? L'ex- pression de Démosthène. 9 et 14.z^zK\\. 134. décret de Chios sur la vente des biens des enfants d'Anni1. Qu'est-ce à dire? L'analyse d'un « fait ostensif le » étant toujours particulière- de cette inscription de Chios (68)oii nous rencontrons l'expression.. la garantie ([Ssêaiwirtç) des Dieux. dans un cas analogue. h sTiapfii laTwv.ïkt\i T f. L'homicide est défini délit. 1. Mais nous n'en : sommes de la propriété. encore une fois. (67) Le rapprochement des deux espèces d'dStxtai. la ville est intéressée par la religion à cas ment probante.. n° 698. considérons ce qu'il reçoive une sanction.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 71 chose. — : — de façon particu- — (65) Voir la citation n.Tê'. Léocr. en tant que sa victime est inté: et le sentiment de cette solidarité a grée à la cité solidaire tout ensemble un aspect positif et un aspect religieux. (66) (68) même mot.T.ç X 6 X £ 0) ç. 60. Cas exceptionnel. Voir la citation p. n*» 835. Il est légitime d'admettre que l'homicide. et on le retient sous la forme spéciale de Tarrachement ou du déplacement des bornes. l'exception ici est grossissement lière et consciente. relative à l'homicide (65). Michel.

14 (cf. la . 60. et le sacré (71). ou le plan. xTipÛTxei. la sanction. 'AO..v. — Sans doute vie de tous la les pensée n'apparaît que rarement explicite. VII. dans Déni. : (10) De cette multiplicité. no 694. archaïque. « politique ». il faut qu'ily : dépassés ou revivifiés par l'intervention directe du groupe souverain celle-ci créera de nouveaux délits. % xi. n° 698. La jours est faite d'un grand nombre de rela: tions (70) qui. IX.xetv. en opposition avec ou bien. t^. pénalité prévue fùt-el le bénigne. dans lequel il se produit médiocre à l'ordinaire.î téXojç. 861 E. ce n'en est pas la matérialité même.72 RECHERCHES SUR LE DÉVOLOPPEMENT DE LA PENSÉE l'archonte alhénion jurait — simple formalité à l'époque hismais souvenir d'une procédure évidemment sérieuse torique. 1. prend sa valeur essentielle on notera. çà et là. nous avons vu qu'il pouvait devenir : plus grave à l'époque des fêtes religieuses àS'. elle rapprochera le (69) Aristote.. iôvArfii: . et dans la pensée du droit. au cas de transgression des lois àvae-f'. LVI. infra.. représentations en ait. De temps à autre. attestation vivante et continue de la solidarité. il y a le même rapport qu'entre le Mais au fond. au demeurant. Michel. en certains points le droit traditionnel de la coutume : . n. Et c'est encore de quoi témoignent certains emplois du mot. (H) Ce qui décide d'ailleurs si le délit relève de Tune ou de l'autre catégorie. également {xéypi àp/. oaa tii. qui en autorise la du délit privé est toujours liée indispensée solublement à celle d'une justice organisée. et la exactement. sî/ev xal ô HoX. i6. mais c'est alors aussi : que le mot par ou l'emploi de 1. 67) . tête d'article dans le règlement des mj'stères d'Andanie (Michel.Xo u. le \xr^Bhj à>v>»T. De cette disposition archaïque. H\ et s. dans le règlement du sanctuaire d'Oropos. cité p. 1). Platon devenue un élément essentiel dans nous donne le sentiment la vie de la société : vif et direct Lois.. de maintenir en Fétat toutes propriétés (69). 2 itptv aÙTÔv elasXOsîv : jjièv sî. 29. slffcABôjv -rpcô-rov iJLèv àp/T. si l'on peut dire. exemple. par leur vulgarité même. àSixeîv. et c'est pourquoi la notion objective (72) de VaoUr^iLcf.v ap/iov £'J6ù. est une notion sociale. mais plutôt le moment. plus — — de temps à autre se manifeste l'empire de la société sur les des rapports vulgaires que nous avons dits.). Taux' s/siv vca: xpaxeiv. ou celui de àoix-riixiTtov. XXIV. plus sensibles.!Jâiv àvSpiavxa yp'jjoûv (irf. cf. mais il faut aussi qu'ils soient. est celle que prévoit le serment religieux des archontes. délit privé du délit public. restent plus ou moins entre les àSixrjijLa'ra à quoi elles inaperçues de la société donnent profane lieu et les autres. (72) Pour le sens où nous prenons ici le m«t. fût-ce en matière de servitudes foncières ou d'écoulement des eaux ou. c'est toujours celui-ci qui entretient celui-là subsistance.r.

— (76) Sur le sens que nous donnons ici au mot « nation ». Voir 2"= cf. àSU7]tjLa Fuêpi.j. celle d' « obligation » — conscience juridique des Grecs.à l'emprunteur le vaisseau chargé qui devait garantir la cet à8{x-ri. 43-44. Francotte. \ la localisation même du délit). XXXIV. II. 60 sq. IX De le qui s'exprime par substantif abstrait^ celle d'une créance positivement exécul' cette notion de àoix7i|jLa privé — celle au plein sens juridique du mot nous avons défini ce qui constitue la substance morale et proprement religieuse. De ylvo. naturellement : qu'un acte de guerre. et sans compter que ào'. : tue. Sur ce point. cf.. . chap.].. il y a lieu à une procédure spéciale et à une : pénalité supplémentaire (détention). il y a une solidarité. voire même des actes de désobéissance militaire dans les nations (76) temporairement organisées qui ont pu constituer la Grèce priC'est une société « patriarcale ». XXX.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE to D'une part.v ko^-zry (73). et dont bénéficient même les ê|jL7:opot des étrangers la plupart du temps. dette : 50. àoi/tTi. début.xsT Tïcpl TT. Où en retrouver les antécédents? Si haut que nous puissions remonter dans l'étude de la toire. si l'on veut. on pille. lâche encore. Mélanffes de droit public giec. 43). pour désigner le fait de n'avoir pas produit. est — danger directement ressentis par la communauté (75). ii. à y^vo. èâv xi àoixwvxai {se. i et chap. on mitive. . pp. c'est la sollicitude inquiète dont la cité entoure son commerce. des délits religieux définis. p.axo?. nous rappellerons la défense de la saisie ou de la le contrevenant marins injectio pendant les fêtes religieuses D'autre part.xa donne lieu à eisangélie et a entraîné la peine de mort {ib. et 2^ partie. il est visible que la notion de trouble social ne peut être épuisée par des termes qui désignent des délits familiaux définis. : — une alxU représentée comme délit public (74). \AV.. chap. partie. mais pourtant réelle. ol è'tJLTropoi) sv xw è[jLTropiw (remarquer (7o) [Dém. 7. (73) (74) les représailles mais ces actes ne suscitent pas s'accompagnent du seni. Ce qui se traduit dans cette notion intensive du « délit » privé. que la « société homérique » mais c'est tout autre chose qu'une simple juxtaposition de familles entre elles. nous pouvons invoquer tels délits commerciaux où l'on considère la lésion ou le et où Ton souligne par àoixew. cf.

n" 70. On sait qu'il reste fréquent pour désigner les inciirsions. V. 18 . 1905.. voir les clans rigoureusement indépendants les uns des autres. en particulier. 9. emploi du uiot est prédominant . suivant l'idée intuitive et volontairement schématique qu'en donne le mythe des Gyclopes : ils ils sont les éléments d'une même société. : l'égalité . 89 . 49. Banalisé. VI. n'ont entre eux que des rapports quasi négatifs. A un autre point de vue on peut encore montrer la correspondance entre le droit interfamilial et le droit international. 1. 10 : . dans la notion primi1' « injustice » (79). ou les usurpations. 3 . Dittenberger 2/ n" 220. qui met fin à la poursuite du meurtre et à la guerre entre familles (Glotz. n. et nos études précédentes chez Homère de permettent. entre la notion primitive de la « lidée de paix » et la conception des rapports réguliers entre les cités des parties contractantes (Thuc. sous un aspect : religieux et avec tive et concrète une valeur cosmique.. 688. . qui en est fait surtout au v^ siècle (78) il s'agit des rapports entre cités qui. n° 1^. . Considérant le premier état la notion d''j6piq. 49 84. . 277. 3 37. (78) Chez Hérodote . dans le principe. dans cet . la grécité postérieure brigands notamment n» 929. prélim. pp. Et que les valeurs primitives du terme y. en fait usage pour désigner les actes de Philippe XVIII. p.tvj se soient alimentées à un la preuve dans un emploi pareil sentiment. 33. II. 23 69 V. 1) a son prototype dans r lïÔTTjç-'f tXôxf. 3 IV.7i RKCUERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE timent. I. VI. I. s'appliquera aux déprédations. 35. c'est le terme qui.. dans Vil. XI. chap. : Hérod. des Michel.oiy. Thucydide. : voir p. 87 92 Thuc. 1. Instituts. Le vrai sens ne doit pas elle correspond à un état ancien oii la nous en échapper société est constituée parla réunion des yévri. . (79) C'est dans plusieurs des exemples précités d'Hérodote et de Thucydide que nous avons trouvé le témoignage des représentations analysées plus haut : surtout. 2 II. Solidarité. de la conviction d'une injustice subie (77). L'observation — — était moment de plus de portée que nous ne pouvions l'apercevoir à ce car l'idée de l'équilibre se retrouve. et d'une évidente gravité morale. I. cf. I. Et c'est ce double aspect de la réalité (T7) D'où l'eraploi du mot et xpsvo. //. mais en revanche. etc.. 1. de . 29. 27. 23. nous le Il faut aller plus avant. 2. des mlerr. 2 79. archnol. Cf. . nous avons vu qu'elle impliquait l'idée de l'sùvctJLU. V. Michel. le récit de Nestor. qui est celle d'un certain équilibre. nous en voyons fréquent.. peuple à peuple (Démosthène. 142-3). etc. 79. dans un régime de « solidarité mécanique » d'une part. furent souvent conçus à l'image des rapports : interfamiliaux. de cité à cité. etc. on ne saurait concede : . 10: .). aux xaxojpyîa-. 74. 7. 128 Jahresher.

. retenant..v c'est en vertu d'une coutume bien établie. 32. tions.. met [Démosthène]. analogue à règle d'antiques procédures (cf. suscitent.JURIDIQUE ET MORALE EN GREGE 75 que reflète admirablement la représentation religieuse de l'équi- libre.ai.. V « individuel » n'est plus le groupe familial dans un groupe plus large c'est l'individu. orphelins) la représentation de nouvelles puissances religieuses notamment de l'Alows divinisée dont Taction tutélaire — — et vengeresse satisfera (80) C"est les besoins moraux d'une société encore à ce luoLuent de désagrégation sociale et de démoralisation que Murray. .) codifiant que les (jùXai. se prolonge dans la notion après un verbe comme XaJ^'j|j. reporte la conception de TAiSwî et de la Nsixeai.. notamment (Dém. accusant son caractère religieux. Rise of the Greek Epie. = conformément au rite ». C'est à ce droit que 1' àoixîa. Hymne à Hermès. Eum. 218) le mariage est en principe de droit interfamilial. 315-6. 103. 200. — second moment.. un emploi comme vient d'être dit aô '«. Beauchet. (il — la coutume suivant : ai se ô (JL£v (Apollon). contre l'individu apparaît pour elle-même. Eschyle. les prises maritimes. seraient permises désormais en mer. p. c'est L'aclion des lioiumes étant nécessairement associée à leurs représentadans le domaine d'une coutume que se fixe parfois la notion 1' primitive de Chaléion et /' àôvxîa : delà. àôîxoj. Droit privé. Dans la période délit où la famille antique se désagrège (80). : irrégulièrement dans la formule de 18 : « à propos de la conclusion du mariage » noter aussi eut ôixaîot. non dans le port). Gilbert chap. Mais de pareils emplois ont leur prototype dans le domaine des relations interfamiliales ainsi. se rapporte à Torigine. no 3). o'jx àûtxto^ èul jSoualv èXà^uxo xuôt[jLOV celle qui 'Ep[a. comme le le traité entre Œanthè j-jÀov. impliquée dans la oUr^ interfamiliale. où nous ne voyons aucune raison d'adopter la correction de Baumeister contre le témoignage des manuscrits (èxosôau)^ pour oj/w àôîxto. il ne saurait un sens causal) fait manus injeclio du « rite traditionnel. prél. p. dans un texte ancien (Michel. (. la pensée du D'une part. : vr. -325-359) qu'Apollon surpris son voleur sur le corps même du délit eu' ajxocptopttj (car £71-. Hésiode. n. comme la ôîxr. 46) . Od. l' èYYÛYia'.f. et J. nombreuses et plus impunies dans l'anarchie de 1' « tige de fer ».y. comme puissarces actives (cf.. Tr... se marque de plus en plus et. revient en avoir ayant [âouatv somme à cela : sur sa personne. I. que nous transcf. XLVI.. VIII. ôpax^jjiai. plus les atteintes à la vieille moralité familiale. — L'idée de la règle. au sens : Au strict.. 139.) : : — xsTope.[JL£p^£a cptovwv.. en faveur des victimes individuelles (vieux parents. XXXVI.

d'une certaine force religieuse.£ai.. c'est le témoignage d'un phénomène général 2" Pas plus que la pensée magique ne crée. : . mais essentiellement de M. qui se survivent dans les devotiones^ iiiipuissanlp. par c'est la loi du monde que l'olTensé met de son côté parce que le verbe devient transitif. il ne se dépouille point de ses valeurs comme la . 1-47. C'est encore ce que nous indiquons ici et ce que nous confirmerons plus tard l'évolution réelle est des représentations familiales aux représen. fait isolé que cette utilisation. à la laveur d'une synthèse sociale. .. ce n'est pas un. Huvelin signale l'usage de cette iormule [Les tablettes magiques et le droit romain. est exploitée à des fins nouvelles. où elle exprime une réalité elle n'est donc pas créée par la magie. au la constate. cosmiques . on ne saurait admettre qu'elles aient été un intermédiaire actif. « les senlalion qui s'imposait aune période ((organique». d'une . (( : . élaborées par le vouloir de la société et. le sentiment individuel qu'elle sanction exalte. des relig. dans une certaine phase delà morale et du droit. la — garantissent où Dans un état social critique » entre individus commencent à prendre une rapports valeur propre. elle est exploitée par elle et. xxiii). ils sont d'abord conçus d'après le type de repréîi l'individu victime. pp. tations de la cité. (( loi de partage ». l'idée. il mais ne l'oxpliquo pas il semblerait même que ce soit une idée pure et comme un décret arbitraire de l'intelligence qui. qu'avait élaborée celle-ci. pour lui. p. mais les réalités qu'elle aflirme. . — auteur : la notion de l'équilibre. X. ào. l'équilibre se D'aiiti'o part. au contraire 1° La notion religieuse de l'équilibre a ses origines dans la vie des clans. ne prendront un sens objectif et ne recevront de collective que transformées. de la vsijieai. elle n'a de postérité directe et propre elle dessine bien une sorte de schème pour la représentation juridique. comme On voit en quoi nous nous séparons de cet fondement du droit privé. ]). Pour donne le branle à tout le développement du droit nous. 26) à propos de sa théorie générale de la v£ji.oixTia-sv ètjLs. a du reste exagéré le champ cf. nous le montrerons.70 RECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE penséo antique et religieuse de dans la notion d'un talion nécessaire que prolonge des procédures magiques.. il localise après coup le désordre et détermine par avance la sanction. Année Sociolog. donnant au verbe un sujet et yri complément.n'i Magie et droit individuel. vrai. par le fait de l'intégration des anciens groupes et de la pensée même des anciens groupes dans la cité. et du même coup s'accuse formule familière aux malédictions aùrôs r. : quant aux représentations individuelles magiques (dont Huvelin. individuel ». Hubert-Mauss. Mélanges d'hist. : . et le rôle de l'individu n'est pas de créer la notion de : la fixer parle langage en l'injuslice.

en s'intégrant le ylvoç qui se perpétue si remarquablement dans cette partie du droit criminel. Taulre intellectuel.ji. il s'agit la d'une participation une réparation nécessaire. il nous a semblé trop essentiel déjà pour que l'analyse historique n'en doive pas être révélatrice. se préforme la représentation future de le premier manifestant la sympathie de la société. par ces deux éléments. Or il est bien évident que hZiy. procédure archaïque s'il en fut. par d'une créance exécutoire. 482). celle qui commande. la notion comment la primitive à opéré le passage de cette pensée encore de l'époque classique ? Car ce n'est point pensée s'est par un développement spontané que l'idée positive a pu sortir de la notion jiiagique de F ào'lxT.) . : — de la famille et — valaient jadis qu'à l'intérieur du groupe familial. XXIV. se pénètre des sentiments et de la mentalité qui ne deux des emplois antérieurement signalés àSusl^-ca'. C'est qui garantit la Tcopprio-^ se présente sous un double aspect elle pourquoi écarte l'inculpé des lieux sacrés. manifeste bien sous une forme toute religieuse la passion collective qui associe la cité à la famille de la victime (cf. les rites violente et par conséquent : de préservation la conditionne sans doute pas la une pareille sympathie du « délit ». mais elle est aussi un acte à famille : [%\) A plus active le vrai dire. : par elle-même. la dissolution sociale. l'un sentimental. IX. ràôUr. Même une procédure comme la poursuite des animaux ou objets inanimés ayant causé mort d'homme. 874 E sq.JURIDIQUE ET MORALE EN GREGE peut dire que. Il ne s'agit plus d'une sympathie en quelque sorte négative (81). : Lois. ne vaudrait rien. en présence d'une mort sinistre. et l'on ne saurait tracer une ligne de démarcation bien nette.z\iax en parlant en pailant de la cité représentent deux moments de la notion la cité. cette syrnpatliiel à prépare et fait pressentir une sympatiiie Tune se prolonge dans l'autre par un développement continu (dont : début s'aperçoit chez Homère cf. elle n'en est répression active de la cité cause .a.. //. Si particulier qu'apparaisse d'abord le cas de l'homicide. notre commentaire à Platon. de ces représentations nécessairement anarchiques que suscite un état de crise et de désarroi à la cause de l'individualisme.{jia : On le second exprimant. Mais les anticipations du mythe.

appliqué à la victime aussi bien qu'à sa famille. dans Hérod. (86) Comparer svTÔi. appelle de leur part et en faveur de la victime l'accomplisseajQsvTTiç à8u£iv de son côté désiment d'une vengeance obligatoire. 57 xal dtv£<}ioO) izâioL'. la pensée se situe dans le cadre de la famille. le préliminaire d'un châtiment public (8:^). (84) Par exemple. la loi de Dracon ap.78 KECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (l'accusation.svo. 11. c'est. (85) Eurip. puis le meurtrier étranger. saisir 120 : Protési- ovTa xbedôai. 49). tout mort qu'il est et salé. qui nous fait connaître cet article de la loi de Dracon. [Uém. mieux. xal ô innovation. apprécié par les parents. lorsque ceux-ci la désignèrent le meurtrier par le même mot ajôévr^ç (83) aùSévrriç que et faisaient ceux-là. E. de à6ixoû|j. 23. la prononce (86)..5'. l'évolution est à certains égards parallèle. il y aurait zapsijv ff!j[i[xayo'. l'offense à un mort (84). Ilo)». ou. sans étant dans les siens la môme l'état de même ait subi d'outrages. est du milieu du ive siècle) aussi bien. p.évo.pov. XXll. désignant celui qui tue un de ses parents.]. spécialement celle qui résulte gnant du déni de vengeance d'un parent (85). comme confirmant et éclairant celle de àS-. LVII. E. IX. Mais... Primililivement.vtT. Suvaixiv lîpoî ôeâov ïyv.. G. dont l'acte. Osai. (cf.j. laos. au nom de la cité. Maintenant dans la — besoin de réparation. (82) Cf. voir B. l'intégration des familles dans cité se trouvant achevée.. finalement c'est l'archonte-roi qui. magistrat compétent. L'homicide a été défini délit lorsque. le même sentiment religieux qui chez tous se manifeste. le sentiment éprouvé par les parents fut partagé par les autres citoyens. > i . p. G. 12 : « Prononcer l'interdiction contre le meurtrier. 13-32. 'A0. 2 (Xayyâvovxai -rtpoayopeûwv : ôè xal aï Toû cfôvou ôixai itpôç toûtov cette [l'archonte-roi]. s'il n'avait pas accompli son devoir de vengeance. XLIII.xxX)iOv f. jjLcv il aurait été en | proie aux Erinyes de son père) : r. oYio-!. De . Platon.T0î et Aristote. Des deux termes justement. {r. I.v). G. àouEw.xîTaOai. àSixia de la part du fils à l'endroit du père si ce dernier ne recevait pas satisfaction. xôv àStxé le du même coup.:. J.ij. p.. : gieux du mot qui explique la force du passif.?. avec une valeur religieuse. Or. pp.ilw to> xxcivavci èv àyopi àv£»^i6TT. 583-4 (Oreste vient de dire que..a)v eipYS^Oa: twv ootùî £<jt'. p.. Pour la valeur parallèle du mot aûeévtT. la victime du meurtre. nous ignorons la date nous ne voyons pourtant aucune raison de dire.ai . » (83) Sur ie mot aùeév-cr. que l'état de choses relaté par Aristote existait déjà trente ans plus tôt (le Contre Macartatos.. XXII. 21).jl£ v w . 5 ix-r^ . L'évolution des termes reflète le progrès des institutions la irpopcité définitivement constituée — — — : c'est le même émanait primitivement du parent le plus proche. dans cette vûjxt. [ATritpl tw S'où itâpe'.T. voir /•'. avec les éditeurs des Inscriptions juridiques (II. suscite chez révolte du sentiment religieux et c'est tout le prestige reli- que le cadavre T.

Nous avons retenu . 871 A-B. ce s'y détache en pleine lumière.:. n. lorsque. affranchi de la famille en principe. 12 et 47) ou du moins tout ce qui. l'organisation nouvelle de la famille plus étroite. ces idées peuvent aujourd'hui paraître banales il semble qu'elles n'aient plus que faire d'un suppléelles le méritent pourtant et. ment de précision deviennent assez riches d'enseignements. est comme spontanément les oflenses à la moralité familiale suscitent accepté par le groupe tout entier même une réaction toute spéciale et pour ainsi dire privilégiée (cf. contraire à son nouveau status^ parce que la garantie d'une communauté familiale ou quasi familiale qui continue de s'exercer à son service peut jouer avec l'aveu et la comme sous caution d'un groupe supérieur. elle intègre des tanée groupes. par lui. [/idée abstraite des « violences » eoinmises 'contre un affranchi au mépris de sa condition nouvelle est rendue dans les actes par le terme partie des Loin où il suit tle si près la législation athénienne (IX. Mais est-il comment que nous contre phénomène lui-même : apparu? C'est ce savons maintenant les offenses qui les si la société protège ses membres peuvent atteindre. celle-ci acceptant et protégeant la libre volonté de celle-là. le cas intense le mental par quoi se constitue et se définit le concept à savoir la représentation de la victime comme est le la il bénéficiant de solidarité religieuse de la cité — nous l'y voyons jouer. admettant la défaillance de celui-ci. Appendice II). meurtre. : que le cas de l'homicide devait éclairer la notion générale du : délit privé parce qu'il phénomène d'àoUYiuia — cas typique.a. il dépasse lo droit positif. . de cette pensée. familiale relative à Tiotxîx d'un parent contre un parent (87) La pensée est compatible avec (cf.». se trouve au regard de la cité. atteste et confirme le même procès psycholo- l'atTranchi. ni en vertu d'une sympathie sponla société ne s'intègre pas les individus. comme l'accusation à tout citoyen qui voudra. : . àà'lxriti. dans la répression du : et le privilège de la pourtout ce qui représente dans la vie suite c'est aussi pourquoi du droit le prolongement du passé. C'est bien pourquoi la famille. il est assuré contre toute lésion. parle de r « interdiction » comme prononcée par le parent en revanche. la persistance des rapports .JURIDIQUE KT MORALE EN GRÈGE 79 En elles-mêmes. continue d'avoir Tinitiative familiaux gique : (87). il permet la zoôppr^j'. ce n'est pas pour euxmêmes dans le principe.

80

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE
de
la saisie,

àôtxeïv (l'idée concrète

qui apparaît d ailleurs
n^^ 3081,

le

plus souvent,
:

étant exprimée par XXX, n^ 8 (ïhisbé);
.

ècpâTr-rccrôai,
J.

y.aTaoojXoùdOai, àvTi7:o'cIa6a'.)
1,

/. J.

G.,

Il,

Gr. Sept.,

3084,

3083

Le mot est employé de la même façon et dans le même propos des étrangers que la cité entend protéger spécialement et qu'elle rapproche d'elle par la collation d'une immunité (cf. n. 92). De fait, la cité, de par sa loi {J. J. G., l. c, n" 34 eXeuOepa^ eaaa; vo[jio>i ttoXeio; cf. xa-:à vo;i.ov) et la formule courante dans les actes delphiques ^e^aico-î-r^pe; de par ses Dieux (dans les atîrancliissements par consécration ou vente à la divinité) assume elle-même la protection de l'affranchi et fréquemMais il y a en un sens confirmation par ment la permet à qui voudra.
:

(Orchomène). sentiment qu'à

;

:

aussi bien, l'affranchissement entraîne-t-il un status civique, et non pas seulement civil, pour son bénéficiaire (il est assimilé au métèque, à Athènes et probablement à (lortyne) ; et cette confirmation ne laisse pas
la cité
:

(/, J.

d'apparaître pour ainsi dire en forme dans un fragment de loi de (iortyne G., l, p. 403, K) où d'ailleurs les àzsXsjOEpo!. sont considérés comme

une catégorie dans la cité. En fait, il subsiste des traces très nettes de la pensée originelle suivant laquelle le groupe sanctionne la volonté et la et de la famille comme telle, en tant que colcroyance de la famille, le consentement des parents héritiers est souvent mentionné lectivité (voir pour les actes de Delphes 7. J. G., H, ç. 234; de même, xxx, n" 3

:

cf. n° 37) n" 34 [PanticapéeJ parfois, les « garants », dont la |Elide] fonction est de re[)rendre de force (auXàv) les affranchis molestés et saisis comme esclaves, sont le manumisi^or lui-même et les siens (Collitz-Dau; ;
:

nack, Dialektinschr.,
lovav 01 T£ aTro5o[jL£voi

Ill,
r,

n» 1685

;

n**
;

1717

:

îâsSaiov Traps/ovTw Ttoi Oecot -rav

nous voyons'par le registre de Tènos (J. J. G., I, vu) que les ^sêaicoT/^pe;,. en fait de ventes immobila lières, sont assez normalement des membres de la famille {Ib., p. 99) similitude du terme et le rapport des institutions rendent du moins vraisemblable qu'il en fut de même, et aussi généralement, en matière
ot,

£T:ivo|a.oi)

du

reste,

:

daffranchissemertt. Ce qui apparaîtrait ainsi à l'origine, comme sanction de ce dernier, ce sont les aùXai exercées de plein droit par la famille; la

même
ment
lut

procédure sommaire est ensuite ouverte à tout venant, conformédû se passer pour le meurtrier en rupture de ban, lequel d'abord rtziixo^ au regard de la famille de la victime, et postérieureà ce qui a

tout citoyen (cf. notre commentaire à Platon, Lois, IX, 871 D-E). D'autre part, à la « garantie » de la famille qui n'est plus que sousentendue dans la plupart des cas {I. J. G., Il, p. 260), s'adjoint, dans l'institution

ment pour

d'individus étrangers à la régularisée, la garantie spéciale à Delphes, ils apparfamille et qui se trouvent représenter la cité
:

tiennent de préférence aux plus grandes maisons (P. Foucart, Mémoire sur C affranchissement des csdaves par forme de vente à une divinité, p. 16).

quelle distance nous sommes maintenant de la représentation primitive que suggérait le mot àoucv/, on le voit. Celle-

A

JURIDIOOE ET MORALE EN GRKCE
ci

81

impliquait l'idée des rapports externes entre groupes famila croyance qui Tenlretenait était reconnue, non sanc; tionnée c'est à partir du moment où elle est vraiment, intéliaux
;

rieurement partagée par toute une société plus large qu'elle donne naissance au concept du délit privé. Encore faut-il expliquer la généralité du concept, car eniin
pas de délits privés que l'homicide ou Tatteinle au d'un atîranchi. Si l'explication est possible, la démonsil sera avéré tration sera probante que la catégorie en quesil

n'y a

slatîis

:

que grâce au processus social de l'intédes familles dans la cité (88). C'est donc par celui-ci gration qu'il s'agit de rendre compte des caractères qui nous ont paru constitutifs de la nolion de délit privé.
tion n'a pu se produire

Cette notion, avons-nous dit, qui est celle d'une créance exécutoire, a une forme rationnelle et un contenu religieux.

Donc, deux points à considérer.
la répression sociale de d'une croyance partagée. Il en est de rhomicide, même, bien que d'un tout autre point de vue, pour la répression des délits familiaux mauvais traitements à l'égard des
c'est le
fait

1"

Le fondement psychologique de

parents,

etc.

Or

cette

nouveau

et original.

croyance — Le droit pénalproduit immanent

se

sous un aspect au régime

la représentation concrète du groupe familial, dont l'action recommence à chaque occasion nouvelle, soit

des yhri suppose

pour la répression des délits qui peuvent se produire à l'intérieur du yéyoq, soit pour la réparation d'une oflense collectivement subie et ces deux ordres de « délits » se manifestent
:

totalement différents. Dans le droit pénal de la cité, c'est tout le contraire le môme mot àoUrjaa apparaît, comme en des cristallisés mais avec une valeur identique, emplois également
:

Ce terme d'intégration se trouve commenté et justifié partout notre trala constitution de la cité, on a quelquefois tendance à ne retenir d'abord qu'un phénomène négatif de là à voir dans la désagrégation du ysvo; la cité même quelque chose d'entièrement nouveau et de plus ou moins créé de
(88)

vail.

Dans

:

;

toutes pièces, il n'y a qu'un pas. Pour nous, au contraire, bien que la décomposition de l'ancien groupe familial nous apparaisse la condition indispensable de l'établissement de la cité, celle-ci a réalisé avant tout la synthèse des familles, en ce sens que toute une partie des croyances familiales est devenue un élé-

ment

essentiel

do

la

moralité du groupe nouveau.

8:>

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
les

deux genres. Nous avons vu Tusage spécial à propos des « crimes do sang », qui ne furent d'abord poursuivis que contre les coupables étrangers à la famille (89). Par ailleurs, les délits intrafamiliaux les mauvais traitements à l'égard des épiclères, notamment
pour désigner
et priviligié

de àous^v

appellent la

môme

expression

comme

visiblement consacrée et

technique.
Ainsi dans Dém., XXXVII, 33 a'.'/eiav xaî uSpiv /.%\ Ji'.attov y.at -pô; po'j^ àô ixi^'fjia'ca 46 stJVj'ystXe (il s'a;^'it d'une s'.aaYYeAta xaxtôTstoî) éi- àStxoùvTa^; sans doute l'àôixia dont il est question en ce pas: ; :

£7: t/Xr,

sage serait

commise par un étranger à

la famille

;

mais

c'est que,

dans

la

cité qui intègre les familles, la distinction n'a plus lieu d'être faite (90). Il est évident d'ailleurs que la plupart des faits de xdxoicri; (mauvais traite-

ments à l'égard des parents, dilapidation <les tuteurs, bien des « offenses » aux épiclères) émanent d'un membre de la famille; do là l'emploi défini de ot àoixojvxe; dans Lys., XXXII, à propos de gestion de tutelle (cf. Dém.,
l

XXVll,

7,

XXIX,

1,

20, etc.);

pour

la xâxtoai; Yovécov, le

rapprochement
;

s'impose entre Platon, Lois. IV, 717 D (àoixe^jOai) et Dém., X, 40 (ôixatto;) cf. Sopli., Aiit., 791-2. Le sentiment défini qui inspire tous ces emplois

nous

est attesté par leurs antécédeuts (n.
II).

12) et

leurs analogues

(n.

47;

Appendice

même
lier,

VA d'autre part, la croyance de la famille, assurée d'elle(91), trouve sa garantie dans le fonctionnement régu-

impersonnel

et

comme mathématique

d'une société supé:

rieure, relativement lointaine, et dont l'action se produit avec les attributs d'une sorte de vérité abstraite la croyance par-

tagée revêt raspect de la raison.
(89)

Dès

lors, elle se

détache de ses

Les cpovixol vôjjLoi ne prévoyaient pas le meurtre commis contre un parent, Diogène Laërce, 1, 2, fait exprimer cette pensée à Solon, que le parricide n'était pas puni parce qu'il était trop abominable pour être possible c'est en réalité parce que la législation ne vise que les meurtres commis par un étranger
et
:

commis par un parent, ils sont d'abord i'atfaire exclusive de la famille (voir Glotz, Solidarilé, p. 321 sq.; cl', p. 434) même à Tépoque classique, il n'existe pas de procédure directe pour contraindre un parent à exercer la
à la famille;
:

poursuite contre un des siens coupable de parricide. (90) La loi citée dans [Dém.], XLIII, 75, à laquelle renvoie évidemment sage 45-46 du Contre Panténèle, a pu avoir ainsi une portée universelle.
(91) Cette sécurité

le

pas-

nouvelle des croyances familiales, l'institution commençante il est à rend sensible peu près certain que les premières « accusations publiques » eurent pour objet les faits de viixwj'; h l'égard des vieux

des Ypacsaî

la

:

parents, des orphelins et des épiclères. (Voir Append.

II).

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

83

conditions

:

elle se fixe

sur l'idée d'une victime qui a droit à
état social

une réparation. Et dans un
la

désormais plus complexe,
apparaître de F
àSixrjijLa

notion générale

et abstraite (92) doit

commis aux dépens d'un individu. 2° La seconde question n'est qu'une autre face de la première. Pour que la notion ait pu devenir « rationnelle » et notamment
s'étendre à toutes les formes
fut'

du

d'abord

demandée

à la magie,

délit privé il a fallu

dont

la

que

la

réparation croyance au

dans son passé que des représentations individuelles (elles-mêmes dérivées, d'ailleurs, de représentations collectives) il a fallu qu'elle eût pour principe lointain
droit eût autre chose
;

les convictions

passionnées de la famille. Et

c'est

encore l'expé-

rience privilégiée de l'homicide qui nous rend intelligible le

contenu religieux de cette croyance. Par elle nous apercevons le gain définitif et universel que fait réaliser la synthèse des
anciens groupes
à la

notion

d' ào'lxYi|jia, et

qui consiste propre-

ment

à créer,

entre les

membres de

la société

nouvelle, une

sympathie religieuse devenue générale et spontanée. 11 n'est que de considérer comme deux extrêmes de la pensée. Lorsque est l'intégration est inexistante ou incomplète, la sympathie

provoquée par des moyens relativement artificiels et quasi mécaniques par exemple, deux individus appartenant à deux cités différentes ne sont pas normalement unis que l'un des deux lie l'aulrc par la vertu de la supplication, et celui-ci est en quelque sorte engagé dans l'àoixTifxa dont le premier est victime (93). Mais à l'intérieur d'une même cité, le rite de la
;
:

unilatéral, accompli au nom d'une famille, lie d'un seul coup tous les membres de la cité; et au lieu que la procédure, dans le premier cas, avait un caractère privé, tendait vers
7tp6ppr,T'.ç,

le

magique, dans
Générale

le

second
:

elle est

publique par essence

comme
:

la cité. toujours dans le cadre et dans les limites de peut s'intégrer plus ou moins des individus étrangers en interdisant Yàùi%r,ixx à leur égard (Michel, no» T6, 1. i et 8-9 19, 1. 16; 91, 1. 20; 102, 1. 31 Supplément, n^^ 1434, 1. 43; 1435, 1. 35 cf. [Déni.], XXXIll, 1),
(92)

et abstraite
telle

La

cité

comme

;

;

;

elle

nous

pp. 60 sq.

;

Délien, la
et les

« injustice (cf. pensée générale qui prohibe toute dans l'inscription précitée, n" 91, où la proxénie est accordée à un protection du bénéficiaire doit être assurée par le Conseil, les stratèges

fait

saisir

la

»

Amphictyons).
sens des Suppliantes d'Eschyle, des Héraclides et des Suppliantes
ixéxai

(93) C'est le

d'Euripide.

La présence des

aux autels engage

la cité.

8i
le

HECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

conlirmc son état

linal. Qu'est-ce à dire,

sinon que les cons-

ciences adhèrent beaucoup plus Tune à l'autre dans le second cas que dans le premier; et que le lien religieux, accidentel

dans le premier, est essentiel dans le second? Mais cette idée d'un lien religieux nécessaire et comme sous-entendu, nous voyons bien comment elle est née sa condition dne qua non, ce fut que les sentiments forts de la famille devinssent les sentiments forts de la cité (94). L'individu tout seul aurait pu forcer de lui-même il n'y avait pas, dans le principe, cette sympathie
: :

un

titre

permanent

certaines

et essentiel; et nous le voyons bien par survivances d'une pensée primitive, dans ces cas
ào!.xoûjA£vo; lie,

par un acte religieux partià sa cause, où le citoyen même fait figure d'étranger. Dans la vie normale, il n'est pas besoin de l'universalisation des croyances familiales renouces rites
la cité
:

exceptionnels q\x un culier, concret (95),

velées fait que l'individu récupère dans le groupe de la cité, mais pour des objets plus multiples et sous une forme plus abstraite, la confiance qu'il éprouvait au sein du groupe
familial.

(94) L'exil

du meurtrier involontaire suggère un rapprochement

:

Platon, Lois,

IX, 865 E, reproduisant manifestement le langage de vieux couluniiers, prononce que l'auteur de cpdvo? dxoôaioî doit se bannir pour une année des o\%zlo'. xôr.oi de

par quoi doit s'entendre en principe le territoire de l'oîxoç, du yévo; de la victime c'est là, en effet, dans les t.ôt, du vivant, que le démon du mort continue d'habiter et manifeste son hostilité, conformément à la tradition religieuse qu'invoque Platon. Et dans le même esprit, la législation idéale bannit le meurtrier involontaire d'un étranger du territoire de cet étranger. Mais pratiquement, la cité tout entière devient tôtto; o-.vcero; aux yeux de la famille qui et la projette sur elle en quelque sorte ses représentations et ses croyances cité sanctionne, en acceptant par sa coutume que l'auteur d'homicide soit ctTcctivement banni de son territoire. Moralement, il n'y a plus, pour ainsi [»arler,
sa victime
;
: :

de

mur mitoyen. De même, la irpôppT,ji; a pour décarter l'inculpé de tous lieux saints qui sont victime et aux autres.
:

effet

immédiat
à la

et nécessaire

communs

famille de la

îïivxa yàp xôv -ôXsjxov, ...où/ ixôTTip-av è'6r,x£ xo'.r,o%pyfj^ (95) Déni., XVIII, 101 Le temple oùSel; -o'jToB" w; à 5 -.x o-j[X£v o ; irap' ûfiîv, oùx sv Mouvi/îa; sxaOsî^cTO.
. .

d'Artémis Mounichia,

qui servait de lieu d'asile en général (Lys., XITI,. 24 et schol. de Dém., 52), était spécialement le refuge des triérarques à3ixoj}jisvoi p. 262, 17. Le rite du rameau du suppliant rappelle les cas indiqués n. 93. Cf.
:

Andoc,

I,

ItO sqq.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

85

XI
Dès
nous pouvons aborder
la

lors,

le

problème que nous avions

posé. Qu'on

considère sous l'aspect actif ou sous l'aspect

passif, la notion positive

du

délit se produit

Mais dans quel domaine

faut-il

dans et par la cité. chercher les conditions d'exis-

« délit public » ou dans celui »? privé Que les termes anciens qui désignaient le crime soient tombés en désuétude, il y a là déjà une indication. S'ils s'étaient maintenus et si, en se maintenant, ils avaient laissé tomber peu à peu leurs valeurs mystiques pour revêtir l'aspect d'une notion positive, on pourrait croire à un progrès continu et spontané

tence du concept? Dans celui du
« délit

du

de la pensée. Puisqu'ils ont à peu près disparu, il y a toute chance pour que le développement n'ait pas été unilinéaire, et pour que l'explication doive recourir à un facteur étranger. Cette réalité extérieure, ce fait nouveau, ne serait-ce pas ce phénomène d'intégration sociale par quoi nous avons expliqué la notion du délit privé ? Ce serait alors dans le domaine du

chercher le lieu d'origine du concept. l'antinomie que nous avons reconnue dans la notion d'àôws'.v, Tantériorité que nous avons cru pouvoir attribuer à
délit privé qu'il faudrait
fait,

De

l'idée d' « injustice » privée, tout cela n'est pas sans raison d'être et si nous ne voyons pas que l'idée primitive du délit
:

public, l'idée de l'ayo;, se soit transformée

spontanément en

notion rationnelle, en revanche nous entrevoyons tout de suite

combien la représentation du délit en général a pu bénéficier de cet effort de rétlexion et de cette discipline mentale que
requit l'élaboration de l'idée d'àoixr.aa privé. Kien de plus suggestif que de considérer ce substantif même d'à5'lxT,ti.a. Sans

doute, nous lui avons vu prendre, parfois, une valeur concrète mais par une sorte de retour au passé; de fait, ce mot-là s'est
:

formé relativement tard
consciente, et c'est
cept, en opposition
Sur

(96),

il

relève d'une création à demiabstrait, le

un
à

vrai

nom

nom

d'un vrai con-

àSuia qui évoque l'idée d'une puissance
la famille, cf.
?!

(96)

l'histoire

externe des mots de

ii.

86

RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

active. Or, par rapport à la notion verbale, il suppose un travail manifeste d'objectivation (97) au lieu que les emplois du verbe
:

laissaient place à toutes les exagérations

du sentiment indivi-

duel,

le

substantif,

rallier les

de réprobation et de sympathie, ou en tout cas d'attester le droit, sociaet

prononcé par tous, a consciences dans un sentiment

pour fonction de

commun

sanctionné (98), à une réparation plus ou en moins définie. De l'action réciproque entre le particulier et la société qui confirme qui se sent lésé, principe, la famille

lement reconnu

son appréciation, résulte une pensée objective. Que ce mouvement retentisse sur toute la pensée juridique, c'est bien
et linnte

une hypothèse plausible. Et nous essayerons de la vérifier. En fait, le délit, aux origines, ne saurait être considéré d'une manière objective comme on le voit aussi bien dans les pratiques et dans les représentations de la vengeance du sang que dans ridée, poumons confuse et indéfinie, de l'ayo;, il est plutôt senti que pensé. D'où l'intérêt qui s'attache au mot juge:

ment dont ce

n'est pas hasard

si,

en grec
il

comme
la

en français,
fois l'opéra-

comme
un
fier

en bien d'autres langues,
par excellence

désigne à

tion intellectuelle
délit.

et

l'appréciation

portée sur

raît

qu'en grec le mot n'appadès l'origine en ce second sens yvcôijLrj, pour signipoint la sentence, est relativement tardif (99); mais une fois
:

On remarquera justement

280;

6, 2; Dém., XIV, 37; XVIU, 121 123; 233; XXIV. 67; 118; XXV, 38; 86 92 XXXVI, 53; XXXVII, 18, etc. En revanche, àStxTijjLa retient encore une valeur toute subjective dans un exemple comme Ilérod., Il, 118. (98) Cf. le sens objectif de Sâ>a6T, dans ôîvcti JÏXxÇyi; comparé aux emplois de 20 et 21; où l'idée passive d'un (Jommage subi ^>.âi:Tciv chez Dém., LV, 18,

(97)

Thuc,

1,

132, 3; [Ant.;j, IV,

;

XXI, 136;

XXIII, S;

148;

;

;

n'entraîne pas celle d'une réparation nécessaire.
(99)

SixajTT^î
jo

Le mot yv^ixT, est spécialement rapporté à la conscience individuelle du dans quelques-uns des serments de juges qui nous sont parvenus Serment des héliastes athéniens (Dém., XXIV, 149 (*'Ti©ioû|xa'.) ... Trepl wv 6'
: :

àv

vôjjLo'.

\i.\

«051, yvwixT, T?, ô'.xaioxâTïi

%%\

o'JTE /ip'.Toç svEx' oût'

è/6paî

;

ce

membre

de phrase a été maintenu par Krankel, in Hermès, XIII, p. 464, comme y autorisent suffisamment l'analogie du document suivant, et la restitution nécessaire de l'expression xa-ra yvfoaav xav S'.xaioxaxav dans le dernier du reste, l'idée des cas extra-législatifs» en matière de droit pénal public tout au moins, n'était nul;

2° Serment des amphictyons lement étrangère à Athènes elle-môme cf. p. 63. de Delphes (Michel, n" 702, 1. 3-4) Aixa[Çew Tja; Sixa; w; xa 6'.xatoTaTa[i] yvwjjLai
:

:

Ta
30

[isv yEvpaajjLe[vx....l

lîspi

wv
le

8s

{xt,

v£ypa[irxat,

x]aTa yvwixav Tav auTo(w).
(/.


x.

Serment des juges dans

jugement de Cnide pour Calymna

J. G.,

I,

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

87

apparu, sans se substituer à

Slxtj,

il

terme qui, dans

le

principe, se

référait à

imprègne de sa valeur un une pensée essen-

tiellement indéfinie et essentiellement religieuse. De là encore et surtout l'apparition d'un terme nouveau comme xpivsiv, à côté de 3ixàs£!.v (100) qui ne pouvait plus sulFire, évoquant la
tradition aveugle des
fois
«

précédents
à

».

La pratique du jugement suppose que

le délit est

conçu

à la

comme
:

chose intérieure

la

société et d'une manière

elle réalise la synthèse de cette espèce d'antinomie notion définitive du crime ne laisse pas de contenir, que puisque dans le terme qui l'exprime, aussi bien en grec qu'en

objective
la

français,

il

faut qu'il y ait
le

:

d'une part, une force sentimentale

mot même, le terme moral, serait inexistant, étant inefficace, — un pareil terme suggère une certaine idée de surnaturel et prolonge en un sens, nous l'avons vu, une
sans laquelle
d'autre part, le produit d'une élaboration pensée primitive; intellectuelle sans laquelle il ne serait pas entré dans le droit, sans laquelle il ne serait pas devenu le nom d'un concept. Or

on aperçoit d'emblée comme la formation du concept est conditionnée par l'évolution de la société. En l'espèce, il n'aurait pu naître spontanément de la notion primitive du crime qui correspond à l'état du clan homogène et qui, indéfinie, embrasse
dans une unité confuse et cosmique et celle de

du trouble religieux à la collectivité, l'idée du coul'atteinte
et nécessaire l'idée
:

pable et de tout ce qui est avec lui dans un rapport de solidarité « mystique », l'idée de la punition et celle du sacrifice cette notion-là, n'admettant ni délimitation logique, ni mesure

répond à un pur sentiment dont l'idée conceptuelle Mais si la société a comporté, à un moment donné, des éléments hétérogènes qu'elle a peu à peu intégrés, nous restituons l'évolution logique qui a dùse produire. Entre
objective,
est déjà loin.
A,
1.

4-5)

:

...

ôivtaadcw

....

xaxa

Y[va);j.av

xav

5ixaioTaTa]v

Les conditions où

apparaît ce yv^tx-ri sont tout à fait comparables à celles qui commandent le départ entre xptveiv et Sixà!;eiv (cf. Aristote, 'A6. noX., IX^ 2 xpiasoç) il faut s'en référer au « jugement», à Tappréciation du juge dans les cas où la sentence n'est pas en quelque sorte mécaniquement déterminée; mais de là résulte, aussi
:

:

on le voit par l'emploi bien, une conception nouvelle et générale du judicium du mot yvwjxTr] dans le second document, 1. 3, ditlerent de ce qu'il est à la 1. 4.
:

(100)

Voir Appendice

TIT.

88

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

ces éléments
çoit d'abord

les yirt] «

tnécaniquement
:

»

associés

— on con-

une relation d'équilibre notion religieuse et cosnous avons retrouvée dans le premier état du terme mique que mesure qu'intervient un pouvoir supérieur aux àôt.y.£~.v. A c'est par un dijudicare (o'.a-Yiyvwo-xei.v (101^ notamfamilles,
ment), par un jugement entre deux prétentions contradictoires, qu'il s'atïirme. Mais quand, finalement, les plus importants
« tortsprivés », en particulier l'attentat à la vie et l'attentat à la propriété, sont, si l'on peut dire, intégrés à la cons-

des

cience sociale, lorsque la notion en a rejoint celle de l'attentat religieux perpétré contre la cité, c'est l'idée générale du délit qui, en retour, bénéficie du caractère objectif qu'avait reçu

ràouT.aa privé.

pensée sociale, celui-ci a foui'ui un schème logique, parce qu'il est devenu notion universelle. Cette induction est confirmée par les faits sociaux, et spéciala

A

lement par les faits sémantiques eux-mêmes. Dans les premiers jugements que nous apercevions, jugements tout arbitraux, ce sont des rapports interfamiliaux qui se manifestent

ou se voilent à peine. Développée et devenue autonome, la justice interfamiliale que la cité, surtout à l'occasion des affaires
de meurtre, distribue,
justice organisée.
fait saillir la

première
les

les

traits

d'une

Là nous devons voir
:

conditions d'exis-

les Grecs de l'époque classique en avaient tence du judicium le sentiment bien net; le prestige antique de l'Aréopage le leur attestait; et c'est dans les « tribunaux de sang » qu'ils

retrouvaient le principe de toute leur justice. L'homicide, justement, dont nous avons vu l'importance centrale poui- la le notion du délit privé, prit une signification symbolique
:

nom

qui désignait
publics
les

le

délits

meurtrier put servir à désigner jusqu'aux plus graves, et devenir un terme géné-

riq;ae (102).

s. f.

(lOnPour Le mot

l'emploi de ô'.aviyvw^xe.v, dans la loi de Dracon, voir lAppendice III, n'a pas « disparu presque entièrement » dans la suite, comme le
I.

disent les éditeurs des
vo siècle (Esch.,

J.
;

Eum., 709
,

Ant.,

G., puisqu'on le trouve encore III, a, \ ; V, 96 VI, 3; 18
;

:

non seulement au etc. Andoc, 1,
.".,

),

Lyc, C. Léocr., 63 Platon, Lois, IX, 863 C;. Sa déchéance relative est évidemment due au fait que l'idée de la justice sociale s'est affirmée de plus en plus autonome.
iv«

mais au

(Lys

VII, 22

;

Eschine,

I,

32

;

63

;

:

(102) Michel, n" 1334,
loi

1.

4-5

Olympie,

iv«

siècle)

:

celui

d'amnistie ss-jycTw...

a'.;xaTop

=

w;

èo' aïaaToç), c'est-à-dire qu'il

qui contrevient à la sera assi-

JURIDIQUE Eï MORALE EX GRÈCE

89

Sans doute,
judiciaire (103)

la vie
:

du yévo^ admettait un certain appareil mais sans la poussée qu'exerça sur la pensée

sociale Tintégration progressive des Y£vr, d'abord indépendants, la notion spécifique de jugement n'aurait pu se produire.
l'âge familial, l'idée de

A

sentence est encore dominée et comme absorbée par l'empire de la coutume la sentence, c'est notamment la Uikiq d'un chef de famille, et elle passe pour inspirée.
:

le

Peu à peu, domaine
ne

elle se

est

dégage, mais elle se dégage d'une oUri dont proprement celui des relations interfamiliales
;

la oUy]
le

laisse pas de se
la Qiti.^
:

concevoir d'abord, timidement, sur

modèle de

elle n'ose pas usurper, elle est tradition-

nelle strictement, et la « plus droite » est celle qui respecte le plus les précédents (104). C'est parce que les familles lui sont
elle

de plus en plus subordonnées, c'est parce que, de l'arbitrage, passe à la justice que la 8uyi conquiert son autonomie.

progrès s'opère, nous l'apercevons dans une institution nécessairement, a son histoire celle du vote dans les tribunaux. A l'origine, sous l'empire religieux de la coutume, elle
le

Comment

remarquable

et qui,

:

nous le comprenons par le sens primitif de voyons par exemple dans la scène judiciaire du Bouclier iV Achille (IL, XVIII, 506-8). Comment est-elle apparue? La question se pose d'autant mieux que le vote des tribunaux, spécialement en matière
n'aurait pas de raison d'être
:

laôtxT^, et

nous

le

de meurtre, est considéré comme une institution religieuse. 11 n'est que de voir avec quel soin, avec quelle minutie quasi rituelle Eschyle, qui glorifie dans les Euménidc<> la législation sur l'homicide, représente le

moments, quel souci de la norme s'atteste chez lui dans l'énoncé des règles qui conditionnent la sentence, si graves qu'elles réclamaient la garantie d'un patronage divin (105). D'un pareil état d'esprit,
vote à ses divers
mile au meartrier
s'est
cf. Szanto, Ausgew. Abhandl., p. 201. La même expression rencontrée dans un décret milésien de proscription, à l'occasion de délits
:

publics (Glotz in Comples rendus de VAcad. des
yev TT,v
la Qiise
stt'

/n^scr., 1906, p.

512 et

s.)

:

asu-

at;j[aTi
loi,
:

hors la

rupture de ban

de l'atimie au premier sens du mot, de semblable par conséquent à celle qui atteint le meurtrier en de même dans l'inscription il est vraisemblable qu'il en va
ccuyTiv].

H

s'agit

ici

d'Olympie (cf. Szanto, l. c). (103) Sur cet état préhistorique, voir Glotz, Solidarité, p. 38 et s. (104) Nous avons rappelé, dans le précédent chapitre, comment fonctionnait
5(x-ri

la

primitive

(p. 1).

(103)

Le terme de

oiayvôivat

est

appliqué au second
:

moment du

vote, au
:

moment

ov à déposer le suffrage dans l'urne (v. 709 (^fj-f cf. 0. Mûller, Eum., p. 161) c'est le premier acte xai S'.ayvôiva'. SixT;/ aïps-.v rà5tx(a dans le décompte des voix est réprouvée comme chose particulièrement

décisif qui consiste

:

etc.. 882. pour parler comme « Aristote ne s'agisse de cojureurs dont le plus exactement. Cf. m. 13-16 o-rspa aura cause gagnée pour celle des deux parties qui fournira le plus de : : cojureurs ». et le nom même de l'Aréopage pour désigner les (108) Voir Glotz. Il y a comme Esch. /. pp. TÔv cpdvov Twv aûxoû aoyycvwv. av itXnôéi. J. Meister. L'idée fondamentale et originelle. Glotz.. entre le meurtrier et le vengeur. des jalons se peuvent plus lointain et l'état retrouver. en général. 326. justice retient longtemps l'image. a . suivant une tradition constante de <\)T/fix profite à l'accusé avait l'antiquité. II. p. EL. donc pour un crime de sang ». Solidarité. è'voyov eîvai xCo aôvtj) tôv Siwxovxa. II. A Athènes. Bacchyl. un souvenir de cela dans Esch.v6'. J. — cf. 0. on l'attribuait à Athènè qui joue ainsi le rôle décisif dans les Euménides (v. — Kpivetv implique volontiers. 575.) qui. Voirchap. R. jur. c. pour l'instant. Solidarité. o. Ostraka ans jEf/ypten u. dans un (110) « : . et non pas à 'fovov mais sur la nature même de linstitution on ne saurait hésiter: cf. 5734.90 RECHERCHES SUR LE D*ÉVELOPPEME. PoL. 1269. « il y v ixev ô' J.. et soc. 934-3. dans une curieuse inscription de Thèbes en Egypte. o. à rorigiue. SuppL. Eschyle insiste sur le côté religieux de la procédure du vote dans l'Aréopage. : commis une erreur. que le l'ait même de cette associamais entre tion qu'il y aura lieu plus tard d'expliquer plus à fond (106) . 288... La cojuration offre ainsi le moyen de trancher un différend sans verser le sang (108). Ch.u)xsiv) cf. 163. p. Recht. 1908. n° 1150) que cite et commente R. La règle essentielle qui veut que l'iaoson origine.. T. 1470. du li<5 siècle av. De juge- impie (749) d'une façon générale d'ailleurs. dans le jugement d'Oreste (Eùrip. Il y a encore des cojureurs pour une affaire de xpxûiJLa. 8. principe x' ot ttAisç o[[jLocrov':'-]. 271 et s. Bonn.. nous en apparaît comme le lieu privilégié? micide Cette constatation n'est pas insignitiante que le procès. 1. et même. concours et « lutte judiciaire » nous n'avons à retenir. G. (Wilcken. 11.. en rapportant tmv aJTou auyysviov à \ixpzjpwv. : tinal de la pensée. Théof/. L. d'ailleurs incomplète. on relève des l'état le traces du combat judiciaire (Glotz. a dû être un moyen de vider un procès d'homile cide. Dissert. Meister. est des guerres interfamiliales la volontiers représenté comme une lutte et ses métaphores sont des souvenirs. Glot?. p.. (106) l. : ([Hés. Choéph. p.\T DE LA PENSÉE et d'où vient que le procès d'hoquelles sont les conditions historiques. Griech. 741). avec une bibliographie. c'est l'idée de la guerre qui domine dans la vengeance du sang (107). On sait du reste qu'elle a son emploi spécial en matière d'homicide comme nous l'apprend entrée autres une loi de Kymè « (109) où » il n'est pas douteux qu'il témoignage » tance — assure sans combat la . L. Mûller. p. XI. Eideshelfer im f/riech. 1269 a 2 sq. La cojuration représente une nouvelle dégradation de l'idée qui y préside est encore exprimé dans une inscription de Crète. Postérieurement. xi Tcapisyt^Tai [jLapTÛpo)v ô 5iu>xwv (lOH) Arist. qu'on a relevée.. Et. 6).[x£i. p. : Le mot àywv signitie à la lois combat.]. 290. (107) Noter dès maintenant l'expression "Apsw champions du mort.).. 1' « assis- — victoire » à l'accusateur (110). le souvenir des cojureurs revit dans la procédure de l'Aréopage où les parents sont associés dans la poursuite ((j. ridée dune lutte â>kXTf. 461. Nubien.

Appendice IIL (113) Cf. et la survivance inconsciente de l'ancienne : pensée : [jiap-jjps'. 560-1. Seij. àio-ap-rupoiv £uvx(ov et détermine la xptcit.S. s'il n'y a pas de témoins? Il a fallu recourir à un prindans la loi de Gortyne. 376. G. ce qui doit être le souvenir tfune institution ancienne.T. se trouvait abolie juges étaient obligés à l'appréciation personnelle sur le point même de temps. J. le mot [xioT-jp est parfois employé au sens de cojureur^ ainsi notamment dans le passage précité d'Aristote. une spécialité de [xâpxupô. Il a fallu aussi la conception même du témoignage se modifiât. Gilbert. ou oixaauîto. n. des juges en devient le champ : la pensée se libère. Meister. (114) Cf. c'est l'absence cipe proprement psychologique de témoins qui rend nécessaire la décision propre du juge. 242.) de Gortyne. jurent les juges. dont le sont dans le (112) R. XLVIi. 19) (114). l'idée de la « lutte». p. premier rang : SuppJ. sùopxei'v ooxet {Lex. Beitruge. [ôoxr. pp. en même — la conception primitive.]. .. : aXaOsa même pour le serment en restrei- gnant le serment dêcisoire aux cas où faisait défaut tout autre mode de preuve. qui continue le sentiment à dessiner le schème du « procès ». U. la xpta^ (112). Sur l'emploi du mot xptvciv dans : même Aristote même cas fait cf. sans combat. I. soc. Le compte des voix a pour origine lointaine ce dénombrement des combattants qui. l. cf. : savoir o.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 91 ment au sens précis. 466. \. 3. 6-7) marque à la fois le progrès. la yvwfjirj otxatr. le témoignage. II. 471. Class. permettait de départager deux groupes familiaux adverses. c'est-à-dire un serment introductif d'instance par devant fAréopage.). c'est la notion même de preuve que Solon imposait au droit l'idée d'une vérité objective reconnue par les esprits individuels. Bonner. suivant laquelle le serment n'est qu' « une les ordalie en parole » (Glolz. (111) Dans les textes. la loi I. Les témoins itspl toO fjôoy. et qu'il fût plus ou à son rang. n" x... {Rhét. 13. collectivement prêté par l'accusateur.. A. et jur. pp. se transpose . nous voyons à tout le moins une oio>[j.. sa femme et ses enfants (cf. (113). 70). n. Mais : dans la législation de Gharondas (Hérondas. a pu avoir une fonction du même ordre et du . 89. mais de résoudre mécaniquement un démêlé entre familles et Tinstitution du témoignage étant d'abord dominée parle souvenir de ses origines (111). 127 et s. Beiirâge. p. il n'est pas encore question. l'appré- textedont rinterprétation est délicate ([Uém. Par là s'éclaire tout un développement intellectuel. o. J. Gilbert. p. Meier-Schomann-Lipsius. xa-ra évolution a eu lieu La — [j.ocr'a. A mesure que le besoin moral de la paix s'affirme avec plus d'empire.ap'c'jpa si xa [i. 1376 a 23 sq. pour la conscience juridique. lo4). c'est [j-ap-cûptov Gtio ôtxdcï^etv comme dit Eschyle. et souvent à un moins considéré comme mode de preuve que — rang inférieur le jugement de Cnido déjà cité (/. intervient oj. 934-0. 85-6).. Et. p. PhiloL. juger.v. /.

dont on admet formellement. le sentiment individuel semble revendi- quer une primauté et comme manifester une intempérance qui auraient lieu d'étonner si l'analyse historique n'en dénonçait la raison. c'est lui qui fait l' « estimation » du délit. possède la somme . 110) Voir Ziebarlh. ce n'est pas tout à fait cela sur — <( > : payée parle coupable. considéré comme un droit primordial et c'est pourquoi la àv(ov'. XXXll. . En principe. personne à la punition du coupable.î^6[jL£vo.. et si étonnante majorité fait loi. est purement les sentie et même essentiellement vécue. nous en pou- que la vons saisir et les antécédents et la raison d'être. cette confiance accordée par la société au sentiment individuel. Mais s'il est vrai qu'un pareil principe ait d'abord joué dans ces « tribunaux de sang » qui eureut pour fonction primordiale d'être des tribunaux de paix. 11 arrive aussi. et. : vérification doit pouvoir s'étendre à la période historique cardans un droit comme celui d'Athènes. devenue nécessaire. prime n'apparaît que dans (115) <' le cas d'une peine pécuniaire. in Hermès. et cette croyance.yj'to'I. asservi d'abord à des réalités extérieures... l'opularklaf/eu mif Delatorenju'iJmien nacJt f/riech. Justement. LIX. 6). par « consciences individuelles représentée ». à l'occasion. que le poursuivant touche une prime (116).i)i fiECHERCHES SUR DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE ciation (11 5) naît. On de la traduira le fait en disant que la prime est une partie la cité abandonne à l'accusateur en récompense de peine que son bon vouloir. cette institution nouvelle. et — En somme. pour- Le rùlc (Je ccUe appréciation» est sufïisammcnl marqué du fait qu'elle a pour des délits publics aussi graves que celui (rinipiété (procès de Socratc) oud' « illégalité Dém. lieclil.jj. qui à Toriginc Tapparition de la solidaires. est suspendu maintenant à la décision des consciences. Le délit public est poursuivi par un particulier. est repensée au sens précis du mot. De là à première vue. dont le développe- La ment est en somme récent.. nous devons attendre que la notion générale du délit atteste l'influence persistante de ses origines. l'affirmation de la conscience pensée positive nous apparaissent liées et nous disons que la notion du délit devient Quand rationnelle. et fréquemment. l'accusateur. lieu . dans telles institutions où Ton ne peut pas voir que singularité ou accident. et le règlement d'une affaire. qu'il soit intéressé en Dans les àycovc^ t'. du vote. cela signifie que la pensée sociale.

JURIDIQUE ET

MOUALE EN GRÈCE

93

quoi elle en est presque toujours la luoitié au moins et souvent
les trois

ainsi

;

il

quarts. C'est le rôle social de l'individu qui paraît s'accuse dans un cas tout à fait typique un traité
:

entre Hiérapytna et Priansos, qui est déjà du iii^ siècle (Michel, n" 16, 1. 46 et s.) contient une disposition de droit public dont
si quelqu'un lèse la commuen essayant de rompre le traité, il sera poursuivi (aô'-xo!.7i) par le premier venu, qui fera estimation du délit (T'.jxajjLa er.ixaxa to aôuYi^a) et qui, s'il triomphe, recevra vpa'|a|jL£vo; Taç ôt-xaç le tiers de la peine. Ainsi on reconnaît formellement que la

on

a souligué l'importance (117)

:

nauté

valeur de

A

est appréciée, en elle-même, par l'individu. ràoflx/,ji.a tout le moins, en adoptant comme condition nécessaire et
T'l[jLr|a-!.ç

point de départ de son appréciation la

d'un particulier

timide de jugement, exalte le sentiment individuel de qui reconnaît et « estime » le délit; car c'est un besoin de la société que satisfait l'accusateur, en
bénévole,
il

semble que

la société,

épargnant pour une part la peine de penser; et sans être il recueille sinon toujours les honoraires, au moins la dignité d'une fonction. De cette abdication apparente
lui

fonctionnaire,

de

la société,

faut-il

chercher bien loin l'explication? La pro-

cédure bilatérale des tribunaux de sang s'est imposée comme modèle à la procédure criminelle en général (118) l'àvcov qu'elle
;

représentait est

devenu le prototype de tous les procès criminels; et le rôle du parent qui, pour la famille, poursuit la réparation d'un meurtre se retrouve, transposé, dans le rôle de
l'accusateur qui, pour
la

cité,

réclame

la

punition d'un délit

HT) Ziebarth, l. c, p. 616, signale le fait que, à la ditî'éi'encie des autres cas où intervient la prime, il n'y a pas ici de disposition législative prévoyant une peine fixe. On peut ajouter qu'il n'y a pas non plus, semble-t-il, de « contre-appréciation » de la part de Faccusé, et que ralternalive parait être entre une condamnation et un acquittement.
(s-,

xx

vi/taaT,'.)

(IIS) C'est ce qu'atteste le vocabulaire relatif à la « poursuite » criminelle en général. C'est ce que montrent aussi des pratiques comme celle du serment déclaratoire et inttoductif d'instance, imposé d'une façon universelle aux deux

moins

parties {àvTW|j.o!jîa, terme que le langage courant en est venu à assimiler plus ou à s'vxXt.jjlx, àvT'.ypa^iTi etc. R. J. Donner, Class. PliUoL, III, p. 176, à propos
:

de V Apologie de Platon)
étant, à l'origine,
les

:

ce double serment ne se

comprend bien que comme

une deux parties dans

déclaration de guerre légale » ; la S'.w;j.ocj{a prêtée par les atï'aires de meurtre, en vue de la solution pacifique de
«

ce vïîxo;, de ce -oX-uo^
la oiwixoïîa,

ô;j.o(Vo; (Orf.,

disons-nous, est

le

XXIV, 543) où aboutit la vengeance du sang, modèle authentique de toute àvrwij-oaîa.

9i
public.
l'autre.

RECHERCHES SLR LE DEVELOPPEMENT UE LA PENSEE

La
Et

oUyi interfamiliale, qui
les

légitimait l'un, a suggéré formes de pensée qui régnaient dans tout le

domaine des réparations privées, se sont étendues, nécessaires qu'elles devinrent, au jugement des causes publiques. Nous conclurons c'est par la pratique du jugement que la pensée sociale s'élève à la notion objective du délit; et c'est le « délit privé » qui a imposé l'idée et suggéré les formes du
:

jugement.
Est-il besoin de souligner qu'eu

reconnaissant au délit privé

pareil rôle, nous n'entendons pas renouveler ni réhabiliter les interprétai ions les plus vieillies du droit pénal? A aucun degré, à aucun moment ni dans aucun sens, on ne peut dire que le sentiment individuel soit le principe de la notion

un

de

délil

:

le

principe,

c'est la

l'offense à

la

collectivité.

Mais

représentation religieuse de pour que la pensée devînt

pour qu'elle se dégageât de la plus ancienne menhumaine, pour qu'elle pût s'apparenter déjà à un entendement logique et à ce que nous appelons raison, il fallut
positive,
talité

que la notion des torts privés, intégrée à la conscience d'un groupe supérieur, rejoignît, par un élargissement de sympathie, la conception du délit directement perpétré contre le groupe
celte intégration nécessita, spécialement à l'occalui-même sion du meurtre, l'élaboration logique que nous avons vue. Mais ces torts privés eux-mêmes, le sentiment premier en est:

il

individuel pour autant?
c'est

Il

s'en faut bien
;

:

le

sentiment prel'idéalisme

mier,

celui d'un
le

groupe familial

et

c'est

détermine. L'explication dernière du processus intellectuel est dans un processus social, dans un phénomène de synthèse. Fondu dans ime solidarité nouvelle,

propre à celui-ci qui

.

leysvo; se survit dans sa pensée, qu'il impose, mais qui doit aussi bien s'adapter adaptation qui se manifeste ainsi comme le principe de la raison commençante.
:

Du môme mouvement
:

d'ailleurs,

l'iudividu

commence

à

s'affirmer dans le droit pénal. L'individualisme n'est pas pridans une société plus large et complexe, mitif, il est dérivé
la dislocation des anciens groupes, pensée abstraite peut se proposer les rapports individuels comme un objet nécessaire. Et de là, non seulement la notion

et
la

maintenant consommée

JURIDIQUE ET

MORALE EN GRECE

95

du

générale, qu'avaient préformée les représentations magiques, délit privé et d'une victime individuelle, mais l'expression

même

du concept d' àÔuritjLa par son dualisme, par cette de polarité qui tout de suite s'y marque, par le privilège espèce qu'y revendiquent tour à tour le « public » et le « privé », elle
:

atteste

pensée de l'atteinte aux individus large champ de la conscience collective. Et la occupe déjà fonction sociale de l'accusateur pourra commander, même exercée à son profit, la procédure des actions publiques.
société

une

la

un

CHAPITRE

II

Ï.A

NOTION DE PENALITE

Une étude
seulement
désigne
le

des termes qui désignent la pénalité n'est pas complément naturel de Fétude du terme qui celle-là doit confirmer et éclairer les résultats délit
le
:

que l'idée du délit implique le acquis par sentiment d'une certaine forme de solidarité, l'idée delà peine,
celle-ci. S'il est vrai

réaction collective au délit,

doit l'impliquer aussi. Il est seconde étude nous fasse pénélégitime d'espérer que trer plus avant que la première car, pour brutale qu'elle soit

môme

la

:

en un sens,

la peine, institution sociale,

ment

En outre, par cela seul que plus direct de la société. la peine vise un coupable et venge à l'occasion une victime,
l'étude des termes qui la désignent est une préparation immédiate aux deux études que nous nous sommes surtout proposées.

manifeste un senti-

En
le

soi d'ailleurs, elle présente aussi

un

intérêt général

môme

que

la

précédente

:

nulle part peut-être

mieux qu'en

Grèce, ne se laisse analyser, dans le vocabulaire même, l'ensemble des représentations dont l'idée de peine est faite; nulle
part on n'aperçoit mieux, en somme, un passé sous-jacent au présent nulle part on ne peut mieux définir les conditions où
;

se constitue la notion abstraite et conceptuelle de la pénalité. En décrivant les différents aspects de cette notion, c'est du

familier et

du banal que souvent nous retracerons puisque la conception moderne et « rationnelle » de la peine comporte des éléments qui nous semblent tous vrais sinon de toute antiquité, du moins par eux-mêmes mais nous verrons que de ce fami:

lier et

de ce banale de cette

« vérité » et

de cette

«

raison

»,

une explication historique et génétique est permise. Notre point de départ sera l'époque classique ce n'est pas seulement prudence inductive ce n'est pas seulement qu'elle
:

;

98

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMEiNT DE LA PENSEE
le passé,

nous permet de remonter dans
large
d'investigation, et

car

elle

présente un

d'expliquer, champ objet capital, les conditions qui commandent la naissance d'une c'est aussi qu'il n'y a presque pas de pensée rationnelle
:

ce qui est notre

termes désignant la pénalité en dehors de ceux qu'elle nous offre, et qu'en particulier, la représentation la plus ancienne
de la peine, celle du supplicium, n'est plus directement traduite en grec par aucun mot.

A

l'époque classique, et surtout au

iv^ siècle, les

termes qui
l'unité est

désignent la pénalité, répondant à

une fonction dont

plus ou moins clairement perçue, sont synonymes dans l'usage

courant

:

T'.jjiwp'la,

srjjjLta,

ô'ixr,,

xoXàîJeiv

ment l'un pour l'autre chez

les orateurs.

s'emploient fréquemMais d'emblée, et d'une

première vue superficielle, nous y distinguons deux groupes. L'un se rapporte exclusivement à la répression collective il est représenté surtout par les mots Ç'oi^'-a et xoXàÇeiv dans l'autre
:

;

s'est

maintenue, indépendamment de
et Tt-ucopia
oiy.r\.

cette idée-là, celle d'une
:

satisfaction obtenue par l'individu

lésé

nous y trouvons

les

termes
ces

deux

dire tout de suite que successivement, seront aux centres des deux groupes,
:

Nous pouvons

parties de notre étude

à l'analyse, il apparaîtra qu'ils supen eux-mêmes, des représentations assez différentes. posent,

La peine comme
Même
est

réaction personnelle.

d'une notion morale complexe

premier plan qui retient, accapare d'abord la pensée commune, et qui, le terme prononcé, s'impose tout de suite à la conscience des
sujets parlants.
Il

passablement

— complexe

et celle

de pénalité

il

y a

comme un

se dessine surtout, cela est naturel, dans

l'idée verbale. Et

généralement,

primitif dans
l'instant

la notion.

y — C'est ce premier aspect, ce
l'idée de pénalité,
:

il

reflète ce qu'il

a de plus

appellerons l'aspect

immédiat de
Çt,ijh.oGv

que nous que pour

nous nous proposons d'étudier

nous

le

décrirons sur-

tout d'après les termes d'en rendre compte.

et xoXàî^sLv, et

nous essayerons

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

99

I

Une première remarque s'impose
désigner
la coercition

:

les

exercée par
si

le

chef

pu — cette idéequi laquelle à
du droit
Il

termes

ont

Mommsen

attribue

pénal romain

grand — ont à peu près (119)

un

rôle dans la formation

disparu.

des traces d'une pareille notion, soit que les soit qu'on s'agit apparaissent eux-mêmes isolément, puisse de certains mots que l'idée de coercition y induire des emplois
fût d'abord présente, soit que, par

y a pourtant termes dont il

un

transfert intermittent,

des termes qui ont normalement une autre fonction soient appliqués à l'action répressive ou disciplinaire d'un Conseil, d'un prêtre, d'un magistrat ou du chef de la famille. L'idée

donc pas abolie, elle reste en quelque sorte souterraine, et nous verrons, dérivation singulière, les notions qui se rattachent au pouvoir disciplinaire du paterfamilias réapparaître dans le régime de la cité, à propos de la pénalité sociale. Mais
n'est

dans l'ordre juridique, table rase Owv^ a disparu; eTriTiQsva», ou du moins de sujet; sjOuvat. devient rare et change de sens,
:

désigne tout autre chose à l'époque classique que ce qu'il a dû

désigner dans

le

principe (120).

La

cité s'est substituée
:

au chef. Et ce n'est pas
le

une

vérité
et

toute formelle

l'idée d'une coercition exercée directement

comme personnellement
qui,
à

par

groupe a pénétré

les

deux mots

l'époque classique, désignent de façon expresse et exclusive la pénalité sociale. Yoilà qui est remarquable pour qui considère que ÇyijjlU, comme nous le verrons, ne contient ni dans ses débuts, ni sans doute dans son étymologie, le principe

de cette notion, et que
(119)
(120)

/.oXàÇeiv,

mot relativement récent
i.

(121),

siècle encore est-il absent (121) de Pindare, et Eschyle n'a-t-il que l'adjectif xoXaaxriç. il n'y a aucune raison de penser qu'il ne date que de cette époque-là mais il est visible que le sens, du moins, en a été refait, et qu'il n'a plus alors qu'un lien très lâche avec la valeur
:
:

Mommsen, Droit pénal romain^ liv. 11. cha)». Sur tous ces termes, cf. Appendice IV. Dans nos textes, il n'apparaît pas avant le v*

étymologique.
Prellwitz,

On y retrouve
2,

la p.

môme racine que
233;

dans

l'adjectif xdXos, «

tronqué

»

:

Elym. Wort.

Boisacq, Dicl. étym., p. 486; 0. Schrader,

100

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
trop

ne comportait d'abord qu'une valeur d'emblée le sentiment d'une répression Pour bien comprendre, eh effet, la deux termes, il n'y a qu'à observer

vague pour

fixer

émanant d'un supérieur.
valeur

commune
quelle

de ces
ils

avec

facilité

viennent à désigner çà et là, ce que nous indiquions en commençant, le pouvoir disciplinaire d'un chef et, plus spécialement, plus juridiquement en quelque sorte, d'un Conseil.
Pour xoXà^siv, nous verrons le rapport particulièrement étroit qui le lie aux idées de coercition familiale. Mais d'autre part, c'est aussi le mot qui
se présente à Tesprit de

Xénophon quand, décrivant
:

Sparte,

il

insiste sur la discipline exercée

les institutions de par certains magistrats (122) ou

sur

le

pouvoir discrétionnaire des Ephores
o't

T'jpavvot xat

èv xoT; y^H^^ixoT; àytimi^

èirtaruàTat,

Rép. Lac, VIII, 4 oidirep ol xiva alaôàvwvxai -^'v Tiapa:

vofxoùvxà Ti, eùôùç

son emploi

7rapa)^p^(Jia xoXà^ouai, où itapavofJioùvxa, conformément à plus général, désigne celui qui contrevient non pas à une loi définie, mais au vofjtoç dans son acception la plus large, à reùxoajjLta, etc. Les deux rapprochements qu'indique Xénophon sont à retenir, surtout le
le
:

l'idée de xoXàÇeiv, ici, prolonge celle de la coercitio exercée au second cours d'une fonction religieuse. Quant à l'emploi favori dexoXà^siv en parlant des tyrans, on le notera dans Isocr., IX, 43, Arist., PoL, VIII, 11,

1315 a 9 et 20

(cf.

Newmann dans
de Platon,

Dans
849
il

la cité idéale

c'est

son édition de la Politique, IV, p. 473).— encore le terme qui désigne la punition

infligée d'oliice, par les

A;

IX, 881

D;

représente le Nous ne connaissons pas d'exemple où xifjicopo; soit appliqué à Zeus comme l'est xoXaoxT-; dans Esch., Perses, 827 ou Eurip., HéracL, 388 xijjiào:

nomophylaques notamment {Lois, VI, 775 B; VIII, Dans des textes plus littéraires, châtiment infligé par un chef (123).
XI, 932 B-C, etc.).

épithète d'Hermès, Esch., Ag»., 514, signifie « protecteur » ; PpoTîov Ttjiaopou; Ôsoùî àvtoôev, Id., ibid., lo78-9, suppose les Dieux comme « vengeurs », comme assistant et garantissant la vengeance du sang;
poç,
xi[ji(op6;,

comme

qui est couramment joint à ôixr, ou aux 6eot utto/Ôôvioi, se réfère à d'autres représentations qu'à celle du Dieu-chef. On observe en outre que l'idée de xoXâÇetv, dans les exemples que nous citons, ne sau-


:

rendue par ôtxr^, ni même par -ifjLwpsïaOai; l'idée d'une coercitio exercée par un chef est absente de ce dernier terme sans doute, dans
rait être

.

Reallex., p. 837; peut-être y aurait-il lieu de penser ici, pour les origines, le rapprochement n'a à la mutilation qu'une valeur bien conjecturale qui est une des formes de la vengeance privée dans le très ancien droit romain.

mais

(122)

Xén.,

Rép.

Lac,
:

II,
;

2

:

toiîtov

Si

curgue)... Icrxupûî xoXâ^etv
(123) Soph., Aj., 1107-8
cf.

même

emploi,

(pédonome) -aùçho^j ètioîTjîs '^^c LyII, 10. Cf. Ephore ap. Strabon, 483.
xal xà
aéjjiv' ëirri
:

àXX' wvTtep

àpy-'.<i àio/e,

EL, 1462-3; Eurip., Bacch., 1322 (Penthée à Cudmos)
to

Xsy',

xôXaC' £x;(vaw;; wç xôXiÇw xov

iS'.xoû'/ra j',

Trâxep.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE
Xén., Rép. Lac,

101

IT, 8, xoXà^ouat, alterne avec xifxtopoùvtat; mais il s'agit alors de la punition inlligée par « les Laoédémoniens »; id., i6., II, 2, è'ôcoxe (Lynirgue) 8" aùx^t (pédonome) xal xwv -^lôwvtwv dTzis};

fxaaxiYocpopouç,

xijjLwpoTev

ô'te

ôéoi, l'emploi

de

l'actif est l'indice

d'une notion spéciale
«

:

les
le

[xaoTtYocpopoi n'agissent

pas pour leur compte, mais

font respecter

»

pédonome. Pour Çrjfjnoùv, nous relevons chez Xénophon des emplois parallèles à ceux du précédent, à propos des nomophylaques {Econom., IX, 14), à propos des Ephores (Rép. Lac, VIII, 4). Même analogie, et courante, dans les Lois de Platon, où il semble que le philosophe transpose systématiquement l'idée athénienne, et rapporte aux magistiafs ce que sa patrie dit couramment du « peuple » Ainsi IX, 866 C, à propos du meurtrier en rupture de ban, ol vo[jio<p'jXaxe; ôavàtttj ^r^{j.iojvxtov aùxov, où le terme représente plutôt un pouvoir d'exécution que de coercition mais le premier dérive du second, et retient assez de ses ori<,'ines pour que les magistrats soient dispensés de toute procédure judiciaire; X, 910 C, l'action disciplinaire des nomophylaques e!?t exprimée de façon typique « si quelqu'un sacrifie à un autel particulier, qu'ils s'efforcent de l'en détourner par des avertissements », t^Tj Tret6ovxe; 8è, ^TjJjhojvxcov, etc. Dans [Lys.], XX, 4, c'est au pouvoir coercitif (cf. Xén., Econ., IX, 14). des magisirats qu'il est formellement fait allusion, aùxov TQvaYxa^ov, èiriôoXà; èutôàXXovxs;; xac ^TjjjLtoùvxsç, la ^r^iiix paraissant plus arbitraire que ne l'est l'èirvôoXT^. Est-il question d'une amende? La dualité de l'expression semble indiquer une autre pénalité. En tout cas, notons tout de suite que la ^Tjfjita infligée par voie de coercitio au sens strict est assez souvent une peine pécuniaire. Le terme associe alors deux sentiments qui ne celui de la coercitio elle-même (de là l'emploi laissent pas de s'opposer ôajjita, dans un texte de Gortyne, caractérise le prédominant du verbe;
: :

:

pouvoir correctionnel du magistrat, /. J. G., 1, p. 436) et celui d'une pénalité réglée. Cette espèce de contamination n'a pu se produire que du moment où le pouvoir exercé par des magisirats ou un Conseil se
;

l'idée

trouva limité par des mesures législatives (cf. Appendice IV). Quant à propre de l'amende, son origine profonde doit être cherchée ailleurs, nous le verrons, que dans l'action disciplinaire du chef. D'autre part, nous voyons Cr({i.toùv désigner la peine infligée par des
:

prêtres ou des magistrats au cours des fêtes religieuses Prott-Ziehen, Leges Graecorum Sacrae, l, n" 12, 1. 26 (décret relatif à la réorganisation des les UpoTioiot auront le pouvoir de C^ijJitov xoù;; àxoajjiovHéphaisties, 421) xa?;" II, n<» 88, 1. 24 (décret d'Erétrie sur les fêtes d'Artémis, milieu du
:

iv« siècle)

:

ol

ÔY^{j.a pj^oi...

^Yjjjitoùvxcov

xôv àxaxxéovxa xaxà xov

vôfjLov

;

les

démarques agissent
vojjieïv;
I,

à l'occasion d'une fête religieuse, àxaxxsTv uapan° 29 (dérrel relatif à la célébration des petites Panathénées,
ici
iv« siècle)
:

=

2* moitié

du

xaï? ex]

xwv

v6|j.tov ^r,[j.(ai;;

xoù^ os kpoTcotoù;... ^T^fjiioijvxa;; xôv iif\ '7rei0ap)(^o[ùvxa Michel, n° 702 (loi des Amphictyons xot i]apo:

|jLva[{i.]ovc;

J^afjiiovxwv oxivt,
J.

xa

8 tx

ai

tôt

âoxïii
:

e

!,[j.£

v STttl^afjiitoi;

n°1336

(Epidaure)

Gr.Sept.,1, no 3073 (Lébadée)

ÇrifxiwÔVjaexat, 6iro

xwv

vaoTrotcov

102
y.aOoTt

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
i
;

Stv (paîvr.Ta a^io; elva •.... i. J, G., I, une inscription de Gyzique {R.E. G., VI, p. 8, 1.21

p. 494,

1.

3-4; etc.
le rôle

et s.)

Dans du magis-

trat retient le souvenir

du marché

»,

d'une fonction religieuse, celle qui assure la « paix nous lisons que le contrevenant sera maudit, Çr^fjiioudOat te

ûrô xwv [àpxôvJTtov xal àva/OlvTa eU tov ôt^jjlov.... (cette dualité, du pouvoir du magistrat et du pouvoir du peuple, semble attester le changement des institutions qui a substitué celui-ci à celui-là).
Enfin, dans un usage particulièrement notable des deux termes, usage qui paraît assez ancien et plus ou moins fixé, ils se trouvent appliqués à TAréopage : Aristote, à deux reprises dans la Constitution des Athéniens,
et

comme

par une formule consacrée, nous dit
;

qu'il avait le

pouvoir de

Çr^lJiioùv

xal xoXàCeiv

conditions, le

même
:

où reparaît, dans les mêmes mot xoXà^etv, accuse le caractère à demi-technique
uii

texte d'historien,

de l'expression
^7)|jitoOcTa

Aristote, 'A6, IIoX.,
Trâvxa; xoù?

III,

6 (constitution de

Dracon)

:

xaî xoXà^ouaa

xai
:

xupîa

àxoa(i.oùvTa? xupdo;; VIII, 4 (constitution de Solon) ou(Ta xai [^Tjfjit[oùv] xa-. xoXà^e-.v. La première expression surtout est

à relever, représentant le pouvoir de l'Aréopage comme en acte, plutôt que défini par une théorie constitutionnelle que le chapitre sur la constitution de Dracon soit ou non authentique, le texte indique en tout cas
:

dont on se représentait la « juridiction » de l'Aréopage pour une époque reculée. Au demeurant, que signifie Çr^|jiioùv ici? On le comprend parfois au sens de « frapper d'une amende » par opposition à xoXà^eiv, « frapper d'un châtiment corporel » (Haussoullier, Rev. de Phil., 1893, p. 55, n. 1); l'interprétation n'est pas certaine, et nous pencherions plutôt
la façon

de B. Keil (Die Solon. Verfass. in Ar\ Verfassungsgesch., 1892, semble voir dans les deux termes comme deux aspects moraux de la même idée l'aspect-discipline dans le cas de xoXà^stv (pour l'usage d'Aristote, cf. R/iét., I, 10, 13G9 b 12), et l'aspect-châtiment dans le cas de Çr^fxtoùv. L'alliance des deux mots paraît toute faite; le redoublement même de l'expression accentuerait l'idée de coer-

pour

celle

p. 102, n. 1) qui

:

cition.

Phanodèmos et Philochoros ap. Ath., IV, 19, p. 168 A F. H. G., I, p. 368, fr. 15 : ô'xi toÙ;; |ji£v àatôxo-j; xal toj; [ir, è'x tivo; "Trepiouaia^ J^tovra; xo TtaXaiov âvexaXoùvxo xe oi 4>. xac 4». 'ApeoiraYTxai xaî èxoXa^ov, ifixôpr^ffav KoXdt^eiv est encore appliqué au pouvoir disciplinaire de l'Aréopage

=

dans V Aréopagitique dlsocrate, notamment 46 (cf. 22 39). ZT,|jLtoùv, se pénétrant de plus en plus de l'idée de peine pécuniaire, est spécialement appliqué, à l'époque classique, au pouvoir que possède la Boulé de prononcer des amendes jusqu'à un certain chiffre ([Dém.], XLVII, 43 :...
;

Î^T,{jiiu)(ieie

xaT;

Ttevxaxoatai?,

ojoj

r.v

x'jpta

xaxà xov

vofjiov),

tandis

que

xoXdÇeiv,

en pareil cas, a perdu sa raison d'être; pour le rapport qui s'établit ainsi entre les deux termes, cf. [Dém.], LIX, 80 è^r^fztou xov 8eoY£VT,v oja x-jpta èaxiv... où yàp aùxoxpâxopé; etatv w; âv SoûXwvxai 'AOtj:

vattov xivà y,o/À70L<..

Une . et notamment les fêtes religieuses. a de lui-même il punit : risés. appliqué aux membres d'une société religieuse (Foucart. privés » et tout particulièrement dans les affaires tout le Contre Aristocrate de Démosthène) .xsîv (n. le St. etc. disant d'elle toùç : On notera ici w. qui y ajoutent. la délégation d'une charge qu'il est toujours prêt à exercer lui-même. c'est le peuple. affirment et concentrent en lui.. V. (125) Une observation qui concorde bien avec la thèse soutenue dans toute notre l^e partie. en pareil domaine. modifient.O'^'^^î ûfj. s'impose au sentiment juriau moins depuis la fin du v* siècle avec une certaine dique — — obsession passionnée (125) . la punition infligée par les prêtres mêmes ou les du chef. change d'orientation ce n'est même plus le législateur. et lorsqu'il laisse à un prêtre ou à magistrat un pouvoir restreint de répression. — même phénomène que nous observons dans iS-. dans c'est le j-jrsjO'jvoî fonctionnaires religieux.. cf. 104 sq. à pp.. de V « établissement » des lois. p. un élément nécessaire dans la représentation immédiate de la pénalité..JURIDIQUE ET MORALE EX GRÈCE 103 : Par là se manifeste bien ÇviiAiojv le sens de la notion soit que le sujet des verbes et xoAiÇs'.. de la procédure régulière. Sans doute.jxioûv. [xiapoûç t£ xal oÂiyap^txoû. Positivement. l'idée que le souverain pouvoir du peuple n'est pas soumis au respect légalité strict d'une que d'ailleurs il promulgue et définit (126) se manifeste (124) Par là s'explique l'emploi quelque peu péjoratif de xoXâî^siv dans un passage où Platon [Réf. dans le vocabulaire une sorte de « choc en retour » du sentiment.. il y a là un mandat.v implique que la notion d'une justice organisée n'est pas. la préoccupation des formes. Négativement. c'est que ce respect de la procédure judiciaire se manifeste surtout en matière de « délits d'homicide (Ant.jjloç retournant contre les magistrats cette idée d'autorité qui faisait la bonne conscience àpx. avec ce sentiment d'un droit souverain que les grandes réunions. 191. l'inverse. ce sont les Athéniens (ufieTî.évT. Par le fait de l'évolution « démocratique ». suppriment — ou confirment. cela n'est comme un punit un chef (124). n" 4) à l'égard d'une prêtresse. mais un générale sentiment collectif très défini. 562 D) récrimine contre la démocratie. prêtre ou le Conseil auto- pas indifférent ce n'est pas seulement l'idée de pénalité que les deux termes expriment. et pourtant. ces emplois attestent la bonne conscience que le SrjijLo. 48. leur dit-on) qui : établissent les lois. même à l'époque classique. relig. Solon ou tel autre. xoXâÇsi aÎT'. 29) et (Appendice IV).(«)tj.v comme il est à l'occasion le chef. le . alors que c'est le terme consacré pour désigner. Assoc. (126) . l'idée du Ossixô.. c'est le même qu'on aperçoit dans un emploi de ÎIt.àÇ£'. IV. normalement le peuple. l'idée de — coercition que représentent les mots Çrijjiioùv et xo>.

. mais à corlains moments disposé de crise. le décret de Cannonos. Même après le rétablissement de la démocratie.. 13-14 commise à rencontre des généraux des Arginuses 34) aboutissait à les condamner « sans jugement .. L'idée de coercition comme à l'état pur.. une àiraYWYT^ [manus injectio aboutissant à l'exécution) collective. 5 et s. Nombreux sont les passages celle des lieu.) manifeste un pareil état d'esprit elle ne fonctionne d'ailleurs quaprès le rétablissement de la démocratie. soit qu'il se conçoive libre d'agir contre le délinquant avec une brutalilé directe.|. par exemple à l'égard de la femme adultère qui paraît dans les cérémonies religieuses (loi citée dans [I)ém. la pratique ne disparut pas on y pensait du moins spontanément pour tirer raison de marchands de blé accapareurs (Lys. Gilbert. » : Théoriquemf-nt d'ail- ne vote que des peuvent avoir un objrt général leurs. Ax. 20). a d'ailleurs un sens très général. contrairement à l'assertion de en particulier définir le droit en matière crides décrets I. et 1^. 7. la eux-mêmes 1. décide par son vote et « sans jugement ». pp. 2). 42 : lîavxe. 67.ijlo. non seulement le peuple est tout à s'en attribuer l'institulion.. le peuple <]^T. 368 E.. depuis la fin du v^ siècle.6o. p. cppatÇov S ts SeÏ iroieiv xal i fiT„ où xô T:Vr. (Xén..]. La procédure sommaire de 1' àraYWYr. Francotte. mais ces « décrets » permanent. I. 89. Mémor. est 26.. : comme des orateurs où des citoyens Xén. Les cas les plus significatits sont évidemment ceux de V « atimie à l'intérieur » qui se continuent en pleine époque classique. L'expression toute faite de xaTa4^Tj(p't£(TGai la trouve dans Lys. .. Mélanges de droit public grec.»{aiiaxa. presque sentimental car lui faire signifier l'assemblée du peuple. ne s'applique pas seulement aux cas traditionnels (voleur pris en flagrant C'est institution en dernier nomothètes et de TépicheirotoniÊ des lois (dont traite. [Plat. 2. création de la loi est rapportée à l'ensemble concret et vivant à relever la définition de la loi que donne Périclès dans . immédiate et spontanée de la part de l'assemblée populaire. ouç xà Tz'krfio^ ijuvsXôôv xai Soxt|xâaav îypi'J^z. Handb. Xén. II. Athéniens pour délits publics dans la période de troubles qui suit le régime des Quatre-Cents. Hellén. il n'admel pas qu'on la lui oppose. yip outoi : vôjxot elutv. lui donner une valeui. àxpÎTou. Le sens s'en trouve précisé parThuc. XXV.. L'illégalité Hell.. Eschine. H. n. HelL. 183). à propos d'individus condamnés par les : où il s'agit d'ennemis.y I. ce serait contredire les institutions mêmes du iv*' siècle (cf.constitutionnelle. 7. soit qu'il autorise contre des criminels d'Etat convaincus ou pré- sumés la violence irrégulière des particuliers. àiréxxeivav. caracté'istique : on àxpixou.. 175).. et trouve « scandaleux qu'on ne lui laisse pas faire ce qu'il veut » en matière par intermitlence de justice pénale (Xén. Perrot [Droit public alh. héritée des anciens âges. » : cf. XXIV. 208. collective se produit ainsi I. 7.. que semble prévoir Dém.104 RECHERCHES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : la loi. soit que le ot. « 3j. XXII. 12). et minelle (par exemple. LIX. p. 336.

le parlait Il de Ainsi rapportée à la société tout entière. o[rj(jt. Lyc.. 18. pour de pareils attendre la tentative . 124-5). AU. 346) qu'il n'est pas question d'une condamnation en justice.JURIDIQUE ET MORALE EN . « die unfehlbare eintreffende Strafe ».ô(Tta eTvat. t2i. 16 Dém. le sentiment de la vengeance collective. xoù or^iio'j.. et que la pénalité prévue doit intervenir d'elle-même et de plein droit outre : son [6àvaxovj o. .ev/ — du moins suivant une désigner. venge lui-même voilà l'élément essentiel. 5-55 à l'époque classique (où le proscrit à Athènes. dans la représentation la plus immédiate.. meurtrier en rupture de ban) de délits contre la cité. Lip^ius. Pœna dans le Dictionn. « ennemi public »). il cite le cas On voit même une fois le terme y.. relève avec raison contre Thalheim {in Hermès ^ XXXVII. par un transfert suggestif. 226 A-B cf.. I. 130. le sens profond et les conditions détermi- . par un procès fait au cadavre délits. 60). Andoc.. pp. GRÈCE 105 elle a d'autres emplois en matière délit. il faut agir tout de suite où l'exécution sommaire approuvée après coup. /. — Usteri. Usteri. no 110. . 522) voir tous les cas de « mise hors la loi » recueillis par plus significatif. Alexis. au groupe concret la cité. Lycurgue. dans la notion brute de la en le retrouvant dans le vocabulaire. XII.. p.. p. IX. ..). Léocr. c'est le fait : Verbann. : xaxeYvwaSai qu'il invoque avec raison comme indiquant. Lys. 486 A. p. . l'idée de coercition n'est que l'enveloppe d'un sen: Le groupe . 322 rapprocher Plat. p. C. R. des emplois propres au nouveau régime continuation obscure et adoucie de l'atimie primitive. p. 9 et s. . et que le droit ne paraît : pas toujours prévoir explicitement (Kscli III. cf. art. jEcht. Gorg. le type en est offert par le décret de Dèmophantos (ap. u. des Ant.. Mais ce qui est encore . interprétation qui paraît plausible l'exécution ipso jure d'un « hors la loi » dans un décret d'Erétrie (Dittenberger ^. que certains criminels sont l'objet d'une proscription ipso jure. ap. I. Léocr. on pourrait faire valoir .. nous en pénalité timent impérieux se : pourrons définir nantes. 96) en matière de xaxàXua!.'analogie de la législation athénienne dont Erétrie a naturellement subi l'influence lors de la première et de la seconde ligue maritimes. et sans même d'un individu fut (H2-114)..oLicc^i^^oiay. et qu'il est permis à tout le monde de les frapper « sans jugement ni décret nominatif » (Glotz. qui le rappelle (C. depuis 409 — se nomme 7roXé[jLtoç. le justifie en disant que.. ici et ailleurs. I. 1.. . il est dit tout court du coupable de trahi: — aùxoù] xaxeyvwaÔa'' xal xà j^pr^ixoLXot. Ath.

562 D Arist... pour sujet. ÇriiJLta qui.. . : \2. XX. 146. 218). a.sv xoXâÇsiv ToïaSe. et surtout Dém. — . d'ôp^v). Œ.. 917 C). admet cependant aussi. XXI. 21 . 167. : .Lyc. D cf.. 40. le sentiment apparaît intense dans 'C. Sous des formes diverses. IV.. et que dans presque tous les exemples du pluriel. a le sens si connnu d' « amende ». 25. 114 . . et que : est . 7. 43 . Soph. se croit tenu d'exprimer formellement (Lois. Platon. 74 . il s'agit de o£'. 439. par delà le jury. I. 286. mais. 113 . 7. Dém. que Platon. veut que tout citoyen soit vin xoXâsoJv et en acte. sur 25 exemples de ÇnjJiia lui-mêm. Notons d'abord que Çrijjiia qui. Rép.vaî ou d' so-^axal Çri|jiîa!. 731 A. à l'occasion il faut qu'il (V. dans le droit public. (128) J'écarte ceux des proœmia et du second Contre Aristoqilon. qui relient encore le sens de réparation privée pécuniaire.loL. Xén. <t>())X£(«)v 6â ne se croit pas justiciable d'Argos on observera du reste Y?. Et cela en dépit des notions différentes.23. nous voyons que. et couramment.. dans V « atimie » de l'époque classique. 212. à l'origine. mais si nous considérons la masse importante des discours démosthéniques.v (127) l'exprime normalement et sous une forme quasi pure.XXIV. . Dém. Esch.ojv . : . 80.. V. 784 D XI. puisque le verbe seul ridée de le sujet en est d'ordinaire le peuple unie par un lien nécessaire à celle de xoAàÇ£t. (129) XIX.).. c'est à la seconde pas d'exemples où les orateurs en usent personne du pluriel —en s'adressant non seulement au jury (ainsi [Ant.. Or.. VIII.LIV. LV. le sens de pénalité c'est le cas pour le substantif le plus souvent. la collectivité et il ne manque le plus volontiers.lOT) RECOERGHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Le déceler d'abord n'est pas difficile. 10 . comme théoricien. presque contradictoires. 6.xo|j. que connote même en même temps chacun de ces termes. XXIII. il y en a 13 oii le terme est associé à QàvaToç (129).e au singulier (128). dans ii^-iù^ioL et 8Uri. les prosateurs de tout ordr. 19. Platon. (127) Le principe même de la coercition collective est fortement marqué' dans ce vers d'Euripide. HelL. 126.e offrent une multitude d'exemples de Criat.hxfi\ XLV. et pour le verbe dans la grande majorité de ses non seulement l'un et l'autre ont toujours cette emplois valeur dans un discours aussi long que le Contre Léocratès de Lycurgue. I. cf. à « tous » les Athéniens Andoc. 135.r\\k. 731 C) agisse en personne contre les — : délinquants (VI. 131 252. 762 C. impliquait l'idée de vengeance privée. XXIV. est vivant. Lys. IV. XXV. : IV. etc. etc. 29. Cf. 36. KoXàÇs'..v 6u(a6?. De là cet emploi fréquent de xoXiÇsiv avec. dans les Lois.]. dit Pylade qui que itpodi^xeiv est le terme consacré pour exprimer un rapport de parenté.. XXXIX. C. 1306 a 36 sq. PoL. 771 où 7rpoaT. 119.

i... 21 (132). d'anlhrop. se trouve (134) qui en souligne assez la valeur.. de vengeance trans- posée de l'individu à la et il est en T!. ffxpaTw ). dans le respect du sacré qui est provoque une réaction violente dont on n'admet pas. Si/aiov slvai TaTç aÙTaî.. MORALE EN GRÈCE ^/iix-la 107 faite et est une phrase toute consacrée.. (133) 34. etc. a déjà signalé le fait pour effet évident à vrai dire. Tiji. . exercé par la faction de sa vengeance cié la cité communauté elle-même pour . reste. (133) qui reflète ce sentiment : On — phénomène attendu associé à l'autre. 6. 111. 141. Makarewicz. cf.. 118. nous pouvons dire que nous ne l'avons pas relevée festement. XVIII.. : qu'elle soit proportionnée à l'offense ou au dommage Par et c'est cette réaction qu'évoque expressément le l'idée motÇ7]jjif:a(131). <sk 93. Esch.é^w TdtS' IXÔwv. dans sa sécurité. [xèv (133) Par exemple Dém.115. telle est moment. cf. XXV. 1237-8 : tw Se ^ûfxiravxi. TtixwpV. Au vrai. XIII. c'est plus souvent le verbe Tip-copelo-Oa'. ne faut pas que la ville soit « frustrée de sa venôirèp u[jia>v : geance (134) ». L'un et .(jaT9at 5. . etc. Soph. avec les Evolution la peine in Arch. à propos de la lepoTokiTi et delà ^. 156. analogies qu'offre [xw pf. 19 . 86 Esch. Gàvaxoç scttiv t. ^fiiiU contient l'idée d'un droit fortement la satis- répressif. il est superflu d'indiquer des exemples d'une expression aussi du — ne se (130) A l'inverse. XXIV.. OivaTov cide suivant la qualité de la victime cf... !^T. VI. Léocr. de son côté. L. 1 : ïSTai.{a è'pyotç Pour « irritée STTi^etpoûvxaî » et qui ne calcule pas. .jLyc. C.(opla et oUti. Quant à out).]. XXI.q Y.. XIII.[xioûv ôavotTw est l'expression technique les anciens législateurs n'ont pas gradué la peine du (131) Lyc.. le verbe et le substantif. droit comparé. C. 6a vol ni la peine du sacrilège suivant l'importance du délit. [Ant. ni la peine de l'homimais pour toutes les infractions.67)(jai 8' £[xol à6i%ou[j. LIX. VIll.wp'la (132). — Tf..îJ. C.sv(i). XX.wpta. Lyc. Hérod. 64 (poT. .ioi\. Philipp.o\i%e<5Hi.'^ cipiffav elvai tV ^'"i : : . XXXIV. Léocr. XXIV. 82. [J- î 'AkoT7f\ ypTiiJLaTwv 67)[JLoa(wv : . StaxpouCTÔf. C. 59. 197. IV. respect de ses Dieux. expriment de temps en temps l'idée d'une pénalité violente infligée plus ou moins directement par le groupe lui-môme (d3o). opY'/i mais le substantif.. Z.. 11 aÛTwv)... 111. 111 138 130. Thuc. p.vai T'.-T\\i. Dém.. ex.]. Lys. Dém. i 6 (opyîssaOat xal TiiJLwpsTffôxi). T Hyper. XXV. 147. XXI. Isocr. sans ailirmer que l'expression Ti[xwpstî9ai ôavaTw manirencontre Jamais. 214. — de le toùç cette xo'q aùxoTî ^T. 132. crim.JURIDIQUE ET 6avàT(t)(130). Léocr. sur le directement atteinte. PhiL. 83: [Dém. a. 7. nous voyons cité..[j. pourquoi nous le voyons assoà une notion intensive du délit un acte criminel par quoi c'est : comme dans le en elle.[j.

. ocp9aX|Ji(opù'/oi. est parfois appliqué à ce que quelque la « vindicte sociale » peut avoir de plus violent à la fois et moins remarquable. « et même la à une mort qu'on vouSixyj presque exaspérée la » (136).. dt^(av 1 : xo>. 356. à un Etat abstraitement (137) Les richesses publiques n'appartiennent pas conçu elles sont la chose de tous principe qui revêt parfois une forme des plus ingénues la fortune d'un certain Diphilos. Staatshaush. tout seul peut-il exprimer vengeance dans plus c'est o'ixai. 'A6.. Eiim. : Plut.. p. la vengeance : sous son aspect xapaviTT/ips. fut partagée également entre tous les citoyens ceci à la fin du : . Ag. que le plus de plus « diffus » dans sa réaction soit qu'il s'agisse de la coercition exercée. convient de reconnaître l'atimie pour ce pour une pénalité dont le nom premier chef le besoin moral de frapper. . il même dans ce domaine et.. Arist. ailleurs. Eschyle.'{4 = . u. elle semble ne plus retenir aucun caractère passionnel dans un de ses usages les plus fréquents pour : — les débiteurs publics —.. te).. par le premier venu : (Plat.iJioç Sixt).108 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE courante que celle de SUtiv Siodvai rri TxoXet.. 1615-6). : — iv* siècle XXll. Lois^ I. mais significatif... Mais d'abord. der (136) Particulièrement caractéristique Lys. concessionnaire malhonnête.^ 614 Bacch. qu'elle est. On pas même insiste souvent sur le fait que l'atimie des débiteurs publics ne serait une peine à proprement parler (Bôckh-Frànkel..cf. ces violences d'indignation dont le Contre Timocrate nous offre un exemple grossi peut-être. elle s'est transformée à ce point que dans bien des cas. le passionnel (Eschyle. au nom du groupe. elle apparaît comme une privation temporaire dos droits civiques sous condition résolutoire de paiement. Eurip. à plus forte affirme au raison. 637 A). pœnas solvere civitati: précisons seulemont en faisant remarquer qu'elle peut se rapporter à drait la peine de mort. En tout cas. XXVIII. 843 D '. sur l'emploi qu'on entendait faire du produit des mines de Maronée). Or. Wok. Sans doute. il ne faudrait pas méconnaître que la préoccupation de la richesse publique (137) légitime. Vie des Oral. pénalité. VII. ayant été confisquée. Aussi bien. aux yeux des Athéniens.Xaxiî àTroOavwv ôoûvat SîxTjV xw 'JîxeTepo) n'/âfiei. . Moralia. cf. soit qu'il s'agisse de la lapidation collective d'un coupable (Xsùo-. L'atimie de l'époque classique manifeste encore la même mentalité. Ce qui n'est pas judiciaire en sorte de tous nos termes. 186-7 o-cpayai S'Ixyi.

XLIII. un scandale de déclarer è^e. nous adhérons à l'interprétation de Beauchet et nous comprenons que. 43. se transmettait qu'aux enfants et petits-enfants. : — Aussi bien.. Wachsmuth. Dém. procédure équivalant à une proscripr\ tio honorum du débiteur pubUc qui ne s'était pas libéré dans le délai voulu (nous . 461 Dr. Solidarité. (139) Dém.]. et dans Aristote. . qui a nettement soutenu que bien le dire la loi citée dans [Dém. les vrais (139). 6) (138). 12. pol.JURIDIQUE Ath.]. Leipzig.. En sorte que l'atimie transmissible des débiteurs publics de la mais le prolongement. Ses arguments ne nous convainquent pas. laisse provisoirement la question de côté. il nous semble que ment parti dans une grave question celle de la : prendre arbitraire- transraissibilité de l'ati- Partsch. ôcps^Xouat xaôâiïa^ dt't{[iOiç . La véritable notion en apparaît dans l'expression (138) Est-il le caractère besoin de dire que nous ne songeons nullement pour cela à en nier tout à fait spécial. 30 Tw SY^ixoattp : ce serait toï. II. E. nous paraît exprimer plus profondément le caractère de ce « moyen de contrainte » « il y a une analogie' incontestable. c'est en tant qu'ils celle sont les siens (conformément à la conception nouvelle de la famille il n'est pas question de la familia réduite aux parents et aux enfants des collatéraux). pp. cet aspect pécuniaire qui s'accentue à la faveur d'un développement récent. t. ET MORALE EN GRÈCE 109 . Beaup. art. p.. p. Atimia dans le Dict.ath. J. delà peine. 1910. Recht. si les fils et les petits-fils du débiteur public sont frappés d'atimie jusqu'à libération. 510 et s. remarque-t-il. 592 et s. Glotz. comme semble p. p. 510.. LVllI...vai T^s'yeiv. de Dém..W. Caillemer. III. 542). HoX. entre elle (l'atimie en question) et le ban et interdit du moyen âge comme moyens de contrainte pp. la place à part qu'elle occupe dans le droit criminel. Elle se retrouve dans une loi citée ap.). Glotz qui. voudrait accuser le caractère en quelque sorte extra-pénal de l'atimie des débiteurs publics. peine pécuniaire et qui n'est pas toujours totale (140). pense qu'elle ne s'applique qu'aux oIxeTot. p. des Ant. presque de comptabilité et de régularité financière (cf. p. . privé de la Rép. pour des raisons compréhensibles. 235. voir Dareste. Mais surtout. 342. et l'influence du facteur économique qui s'y révèle? Nous-même insisterons sur tout cela. ne doit pas nous faire oublier le caractère fondamental (cf. Demisch.. 197. chet. que tout parent héritier était tenu ceci : dans un intérêt économique. 3. mais par l'esprit de toute son étude. les débiteurs publics frappés d'atimie sont nettement distingués d'autres àxijjioi.. l'atimie. essaye de prouver. c'est surtout Beauchet. sur la distinction. dénier le caractère passionnel à c'est l'ati- mie des débiteurs publics. p. I. Plaid. I. au contraire {Solidarité. 542). /. XXV. Griech. Plusieurs fois. cf. usités par l'Eglise » . XXIV. (140) Nous faisons allusion à ràiroi-pasT.. Bûrgschaftsr. 43. aussi bien manifeste l'adaptation : — — — — vieille idée de solidarité familiale et du sentiment de vengeance qui s'y associait [Dém.. 58.. l'atimie est nettement séparée de la confiscation. . toî. 'Aô. plusieurs fois.. II. 522 . n. LXIII. ce n'est pas essentiellement en tant qu'héritiers. III. 634. Schuldenerbf im ait. LIX.. paraît pencher vers la même solution mie. Helleji Altertumsk. et non à tous les héritiers. ne o..

n® xxvni. Elle signifie essentiellement une exclusion de là.^.. Texpression axifjioî trzw ey Aa6uaôav. (Lys.. Cette confiscation avait un caractère si purement pécuniaire était faite au débiteur du reliquat si le montant de la confiscation dépassait celui de la dette (/.. 87. XXI. tout en le conservant dans les murs. voir Harpocration. {jLexÉ/eiv t?. de Dém. 25. Naber. Mais l'expression que nous trouvons à Delphes est confuse à force d'être concise . pp.. p. elle a pour fonction d'exclure violemment l'individu de la société et. Pour R. de ràiraytoYr. 40. V. que. XXVIÏ. 156. 1. dans le rèf^Mement de la phratrie des Labyades (J. 5) (142).fzé'/ziw xôiv xoivwv est même s.. XXV. H: 26. 21). 331. Contre rixaywYi. et l'atimie est 'A6. C.. 12) la vieille — (aojjjiaTa à-i. XXI. 317-8.^i. : il n'a plus ni droits chose particulièrement douloureuse.. 332 et . rapport entre rè'v56t. 177).. il n'y a aucun fond à faire sur ce témoignage (cf.. par exemple. B. Schol. IIoX. no 1324) 15) à l'atimie (143) : èxîvo. Dém. il reste désarmé en face de toutes violences... 1. on n'est ofTtfAOi.jia.. il se titut présente à l'assemblée. ni le supprimer en quelque manière et. Sur l'emploi de l'IvBeiÇiî. 113 ôfxifjLOi. J. I. l'expression «tiijloi azotrouvons Ypa^pevxo qui désigne l'atimie conditionnelle des débiteurs publics . Att. Lipsius. XII. le Leptine. in B. d'en faire.. cf. v. dans la divides différentes espèces d'atimie. 33 et s. (143). cf. 165. G. G. TrôXeto. 74.). et qui. pourquoi l'atimie. etc. VIII. LVllI.). de toutes « injustices » à quel point sa condition d'outlaw peut devenir lamentable. Quand elle est pleine et entière. 41).llU KKCHERCHES SUR LE DEVKLOPPEMEiNT DE LA PENSEE sur les corps » d' « îitimie Dém. s'est pas acquitté et tant qu'on ne l'est pas si. la commune « atimie juqu'à la fin du v confirmé par siècle : l'ex- longement de aux biens.... et : pp. étrangers.. De fide Andocideae orat. l.73) paraît considérer que l'une d'elles consiste justement dans la confiscation. plus tension de l'atimie. l'Ivoeiç^ s. des LI. 1. s'applique aux exclus etc.ti[io^ xf. un étranger. 155). itoXew. appliquée (Dém. II..]. XXI. n° 107 (141) la : = Michel. II. Andoc. droits civiques . La notion primitive de l'atimie survit en partie et inconsciemment dans formule caractéristique de la loi citée ap. de myst. 504. 24-5. est à certains éjuards le proidée qui affirme un rapport de solidarité entre le corps » : coupable et sa famille comme entre lui et sa propriété (141). dans le fait. Dém. : que parce qu'on ne sion tri parti te C'est qui peut 67. ib.5£vô<. à propos du diétète Straton que Midias fit condamner. p. : subs- xa/oôpyoi. 24. le caractère religieux d'une pareille conception nous est garanti par l'emploi de la même formule dans une devotio attique (Wûnsch. même que remise c. Andocide (1. H. faxo) xal Traî6bç xal xi èxeCvou.. et l'on procédera contre lui par l'evôei^t. (Arist. p. xal xi èxtvou axi|ia • (142) L'expression txT. VI. Qu'il passe outre. on dira ainsi définie [xr^ ot. socialement. à propos d'Andocide. /. on le voit par [Lys. et par Dém. comme elle. p. \x. C'est pourquoi l'atimie appartient au domaine des peines à Delphes. XX. Dans certains cas. est souvent distinguée de la confiscation l'accompagner (Lys. temporaire des débiteurs publics. comme telle. vise la peine de mort id.. de civils.. Haussoullier.

— : sistance. 16 comparés de ÇT. n» 72. 106. XI.ç des actions qui comporteraient bannissement. è'xoifJ-' av Xsysiv. Dieterich. XVIII. les moyens ne man- . Michel. le I. V. 19. .. le verbe représente comme une anticipation du senàTt. on ne proprement pense pas. : C'est de quoi témoignent tous ou presque tous les exemples que nous venons de citer. Tatiniie. pourrait-on dire. laquelle dite (Esch.touv et (147) Lys. Rép. 14. matière de (149) il faut se souvenir que tel crime aussi grave que le faux en LIX. cf. III. qu'à » r (( exécution même.jj.[i. 232). Une seule chose paraît faire le bannissement : plus grave que Fatimie totale et définitive c'est qu'il entraîne l'interdiction d'être inhumé en tient avec terre de cité (sur l'importance de cette règle et le rapport qu'elle soules sentiments religieux : les plus profonds.oCiv. lois n'était pas réprimé par un texte spécial : seulement. 84 22. c'est le mot qu'à ce que toùç TipwTOJs sla-ayayôvTaç aTijjiwtTaTE . Lois.. l'emploi de î. pour . Cf. 7 (148) [Xén.jjLta ypacpri ûwpoSoxiaç possible. XIX. se le les £Î59i. 262.Ti[jLO).£voi 8ià KoXkû) Toutwv slalv sXâTTW Ttpdtyaata. après la mort.vat ordinaires bannissement. et 13 exemples. se rapporte moins. X. 71 sq. III. la statistique des emplois î ÇT. Michel. Esch. n.7itJLioÛv. 82. XXI. 6.. ot 8'f. Ath. 1. I. XXI. XXXVII. il y aura bien une allusion (§ 275) à une en etfet entraînait une àT'. 6 . Dém. 186. et il en sera de même juspartout. 262 l'influence corruptrice de Philippe pénètre dit l'orateur aux Athéniens. mettre à la raison. 928 B.]. 20. (146) axiijLOî et le substantif àx'.. mais au même titre (144) on frappe d'atimie ceux qu'on ne « tue » pas (145). Mutter(xèv Erde. jugeront à Chalcis. 1. est plus usité que l'adjectif les discours démosthéniques offrent respectivement : de ces trois mots. on aperçoit assez l'action propre de qui se venge.. aux voies juridiques on a l'idée qu'on trouvera bien (149). A. 10. I. . Isée. 24. malgré ce qu'on pourrait croire. le : : (144) Andoc. Dém. significatif. terme sentimental auquel Démosthène pense tout de suite pour signifier frapper..j. 87 91 Platon. La passion le vocabulaire la dénonce ici apparaît toute pure dans l'in. . wv oi Tsôvâa . à la « condamdont ridée nette est plus ou moins résorbée. VI. Mais sur l'instant. Ainsi chez Démos- thène.. n» 10. ou on ne pense que confusément. Par de semblables emplois. dans la prédominance (146) avec laquelle reparaît le verhe tantôt au tribunal qui appliqué tantôt à l'accusateur qui l'emporte (147). : timent nation il ». (145) Déni. Athènes se réserve rè'cpsa^'. Cf. au second moment. représente comme la série des peines les plus graves : : la mort. 134. 182 xal ttoaXoùç STspou. 49 XLV. la mort etl'atimie. Ant. p.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 111 : graves et violentes. 52).[x(a. sévit ou au peuple qui frappe (148). 232. XIX.ata Le verbe..

les x-relvca. et 52 "^ |J. Falsum dans des Ant.oGv (iriOj. 4. ces deux postulats. 1. : plus graves la cité. : : -f. 967). . les particuliers qui exercent On ne dit même pas que l'on (151). le Dict. 9 . (oùSevà àxpiTov). vengeance en acte. II. Platon. où8è àTTOXTevô .. » : tribunal. Reden de Lysias. simples ministres de la peine (Arist. Lyc. xfy Tca-cpiSa notion est manifeste dans Andoc. dans l'expression des autres peines les en particulier..v aux Athéniens ûixei. p. On l'a jusU»ment signalée dans certains emplois du verbe ÇtjJjl'. Léoci\. en principe. LIT.èv yàp 'Xaêoûua àiiÉxTetve. décret de Dèmophantos..... . C. décret relatif à Chalcis. serinent de la Boulé et des juges.. IV. 122 8v pouX-f. n» 95.. tantôt elle : ne retient plus que celle de l'exécution de plein droit elle est technique en parlant des Onze. 23. IX.. . 73. n» 70. serment des irôXiv. ainsi disent les membres de la membres d'un à la fonction sociale (( de l'accusation. p. éd. des Ausgew. è[jLa'jToû /eipi . Frohberger. I. lîepuXofJLSVT. (151) Michel. C'est un postulat légitime que le sentiment est aussi. En éprouvant (Glotz. 97. 5... 8ti )>ôya) |x6vov ève/e(psi irpoSiSovai t>.. représentation qui dit société dit idéalisme. : Mévwva tàv |xuXw6pôv àirsxTstvaTs de même dans Isée. no).112 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE Celle préflominance de l'idée d'exéeution est earactéristique des leimes qui dési^neiil la pénalité. 1. ce sentiment de la vengeance n'est pas expliqué pour autant qu'il est constaté. en général. etc. . èv 'Apzii^ axeçavouç a ù t o y e pi à-rréxTeivsv. Le rapport entre cet emploi et la notion de la vengeance collective immédiate apparaît dans le rapprochement de ces deux exemples de Lycurgue C. àv xaxa- XùiïTj Tf. condamne mort on tue III Collectif.. TOÙ. 78.. s'adressant : . nous trouvons personnelle de la désignation concrète conception comme ainsi ainsi dans àTt.v 6T. (150) assimilations Art.. 1. Dans les termes qui .[jLoCiv. Lois..[ioxpaT(av. Toùî çsùyovta. 28. t : Athéniens : xxsvu) xal >»ôy(î) xal Ipyw xal (^t/xw xal rr. c'est un autre postulat légitime que la société doit exprimer dans le sentiment de sa vengeance le sen: timent qu'elle a d'elle-même duit : la représentation collective tra- une structure ni les sociale.uioùv Savàxw est parliculièremenl nolable tantôt elle implique l'idée assez nelte de la législation ou de la : condamnation en justice. 'A9. 11 cf. Léocr. quaient pas. L'expression Çr. 866 D 881 D).. représentent et la la pénalité. 59 Dinarque. L'unité de la Tzâytù pouXf.XXIV.

Lois. En Grèce. 784 D). Usteri. ix. XVI. 45. aTcoôavsïxai) malement. Andoc. XXI. la forme primitive de la pénalité la connaissons pour l'époque du ysvo. l'atimie. I. est synonynie de ciT:i[J. celle qui permet à tous les delà société de dire qu'ils « tuent ». et qu'a fortiori^ dans les pénalités plus graves. (153) cf. que la subsistance du mot atteste ici quelque survivance de la pensée. « maudit et frappé d'atimie » dans Michel. effet. 182). (Dém. Dans un contrat 1. plus anciens emplois du mot d'autant plus nécessaire que l'atimie de l'époque classique. . condamnation à mort obtenue par voie d'è'vSsiçK.). « » et inorganisée. On sïvai.ouç /". qui a pour fonction d'écarter le cienne. . 33 oyy. n» 29. u. dans le principe. où dywY{aou.. i^iczai aùxw stî t6 Ispov toïv 6soÏv slaiévat. celui qui viole les interdictions contenues dans l'atimie est l'objet d'une : -î^ . or. la sanc- tion déprévue comporte à la fois l'atimie et la consécration totale des biens du linquant à la déesse Artémis (dans les autres cas. dans certains cas.. la proscription. I. (Usteri rapproche le décret de Dèmophantos.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 113 nous rendrons compte de l'aspect immédiat de la pénalité. JEcht. 60). la proscription primitive (1S2). 1.. le En coupable du centre religieux de la communauté : un àTi^uoç. Verb. s. J. svayeTç 50 (sirdfpaxoç saxw xai àxijxoç).. en vertu d'un talion bien connu. Platon. les accusations calomnieuses d'impiété. Cf. c'est le l'atimie de l'époque classique. 81 Eschine. p. La réaction collective au sens plein du mot. Nous nous demanderons donc 1^ quelles représentations ont dû être associées. la consécration n'est plus que partielle). c'est celle que Ton a toujours constatée dans le premier état des nous sociétés. sous une forme adoucie. pénalité du second ordre pourtant. c'est la « mise hors diffuse — — la loi ». au (152) Le souvenir de la proscription primitive ne laisse pas de se retrouver l'atimie de l'époque classique. il autorise les sévices d'un chacun sur sa personne ([Dém. et dont l'expresmembres sion correspondante de l'époque historique atteste le souvenir. 57). VI. LIX. no 363 B. xal àywyifjLou. 96. la réaction violente. I. entre Erétrie et les entrepreneurs de travaux publics (/. continue. entraîne comme sanction de l'interdit une exécution à mort ipso jure norvAndoc. 183. il s'est perpétué dans tive. par la menace qui pèse sur le condamné qui : dans rom- latimie qui frappe ceux qui contreviennent à la sainteté des mysprait le ban tères et qui atteint. les Il est nécessaire d'étudier la pensée profonde que recèlent aTLiJLOç.]. relèvera l'alliance de mots 1. (Diod. à la réaction collective. 2° à quel : caractère de la société répond le premier caractère de la peine. nous devons entrevoir le prolongement inconscient de la représentation la plus an- caractère le plus évident de l'atimie primicaractère religieux (153). G..

se concentre une vertu religieuse à laquelle il n'a plus pari.6ç (156)..ji. p.. 439-444 Soph. dans notre deuxième partie sur cet emploi du mot. VI. 182) Le parjure n'a jamais été atteint par le droit (Glotz.]. (155) cf. d'ailleurs) du mot ol-zv^o. ne peut plus se présenter aux tribunaux (155) parce que la force religieuse qui est dans la communauté.xoj[iEvov ûrô TÔv l'/6pti)v oûvaaOai 5(xt. suppose Mais celte représentation qui joue à l'époque classique et qui la conception d'une société organisée. elle est déjà . Pour le caractère religieux de cette interdiction. Voir aussi Handbuch. une sorte de vertu mystique. Choéph. [Lys. V. — = Cf. Hérod. : . EL la punition en est toute divine (cf. EL. la communauté ne l'administre qu'en faveur des siens. l^ pp. 1. Même observation.. 86). (156) Eschyle. chez le parjure.ç àyopai.^àtszaùxàv (Andocide) eipysciOa'. un être idéal. celle d'empêcher le mort de nuire. l'idée quant.11 i RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE plein sens du mot. 4 et (159) s. il s'agit d'anéantir. soc. appliqué au mort qui a subi l'outrage du aaTyaAt. ronge sement le principe religieux de la vie. xal t&v îepôiv. et c'est ce que manifestent l'atimie n'implique pas formes primitives de la peine nécessairement une participation active de la communauté à (lu4) — Gilbert.. nous le voyons dans la représentation primitive.. et que primitive caractérise notamment une loi de « participation » c'est dans passablement abstraite : une atmosphère de pensée originel de la religieuse le peine de la suppression d'un coupable n'y apparaît sous un aspect positif. n" 101 (158) Kae. il a son usage d'anéantissement ou d'affaiblissement mystiques et que ces emplois dérivés reflètent bien le sens originel de la pénalité. 23.v Xaêsïv. el j'ur. du mal mystérieux et sinistre qui.. ne peut plus assister à l'assemblée parce que dans l'assemblée. n» 1324. 295-6. le D'une part. etc. 24 : r. Nous aurons à revenir Le texte essentiel est Eschine. chez le délinpas comme sentiment que plonge sentiment originel du délit. qu'inaugurent des rites (154). Tf. D'autre part. 444-3. Michel. Esch. attestée par un Empédocle (158). de réduire à l'impuissance son « fantôme » . où il : évoque l'idée même. les textes groupés dans i^TjçfffaaOe uixsTî .o-. les — silencieuet c'est ce qu'indique ce dernier cas (159). VI.. de dans la magie (157). 324-6. il dénonce une fin certaine. comme on le : voit dans certains emplois (dérivés. (157) Wiinsch. Choéph. elle est dérivée d'une représentation qui porte la marque d'une mentalité effacée. wtrxe \rt\B' iù>.

En abandonnant le coupable par le moyen de la .. 111) que la notion de l'ordalie aboutissait parfois â or les Dieux « bannissent » (Michel. le supprime (161). En sorte que la pensée de l'humanité et celle de forces naturelles qui réagissent contre le crime qui. Hirzei. 320. qui entraîne p. 1906.. Kovasigi^i - lewsky. et finalement (293-6) : il est exclu des a.. pp. u. fondues. p 520. russe isgoi. Choéph. 4-5). p.. rejeté de la vie ». ûber das primit. nos 31 et 32 de Usteri. Il est à noter aussi que l'idée de la mise hors la loi. nécessairement à la mort du coupable (R. « fuir » (cf. SuppL. : Cf.. : loup J. p. Deutsche Rechtsaltertûmer.. p. (162) La mort physique n'est en quelque sorte qu'un corollaire. AbhandL. 46 et 49. ce qui s'aperçoit dans certaines survivances de l'âge historique : société : (160) Pour la Grèce des yévr. Rechtsvnss. Loi anc.. on a le sentiment qu'on importe qu'il meure ou non physiquement mort socialement. Cf. Slrafrecht [Ztschr. sur le maudit qui ne venge pas son père -âvxwv S' à'Tiixov autels. Szanto. ajouter VAcad. qui est un être idéal. Glotz marque lortement. fierait contemp. mais se contente de Nous Poena du Dict.o'Xo^j evr.t. n» 1334. : il . est exprimée tout aux entière dans le terme çs-jysiv. Mais cette notion n'est pas inintelligible pour nous c'est la elle-même qui s'impose au respect religieux des siens. Append. Esch. on dit parfois qu'il n'est plus qu'un animal (le ivargus des Germains) (163). avons relevé (cf.. : Fune et la pratique de l'autre ne saurait être de pure coexistence (160) la vérité est que nous avons là les deux faces d'une même notion. par quoi se traduit souvent la proscription. et le décret milésieu de proscription dans Comptes rendus de : : Inscr. réagissent même de façon sont intimement liées. die Strafe der Steinig. Ausgew. n'aboutit pas XVI). rejeté de la cité. suiv. l'est au vrai sens (162) est tué. 312. 201) Michel. en lui l'être réel. — — pratiquement le droit pour un chacun de tuer le coupable. n» 1334. 396.v X?^^^} I xaxw. Esch. ^cht. Grimm.axs'. 1. f. 598. mettent hors Ce caractère de l'atimie primitive a été surtout marqué par Kulischer marquer cette coexistence. qui .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 115 Avant tout. le crimineJ est abandonné^ ce qui s'excar aussi bien dans la proscription que dans l'ordalie prime le rapport constant que nous apercevons entre la pratique de l'exécution. dans l'article — : (161) dans ses Untersucli.. par exemple. des 1. 21 et s. 291 et s... des Anl.) proscrivent. — dans le autonome cas de parjure. c'est-à-dire (v. et coût. 4-0. rapproche un être séparé. xapi/euOsvTa (163) Wargus « ^ -:ra|jL'f6apTw [J-opw. l'idée du jugement par les Dieux la loi. elles — sont absorbées par une représentation religieuse d'ensemble qui dresse dans les consciences la notion d'une réalité totale et divine. 1909. Verh. n. vergl. K\x vrai.). peu proscription. le p. La lapidation.

où elles seront spécialement considérées. cpr. qu'elles visent à supprimer. 9). : ô cf. Vei-bann. d'efficace bienfaisante. 44 (atiniie d'Arthmios de Zéleia) toûtwv tiv' : : « xai àTi[xo. Léocr. mais il est spécifié qu'en tuant. 11. 6è àiroxTEtv». Pour la Michel.].?. : les êtres et les choses et s'étendant à la terre qui nourrit les la vivants. des Anl. p. Andoc. (proscription ipso Jure des traîtres) Que le sens de l'expression ne soit pas seulement négatif (comme dans xaôapoî innocent. Usteri. nique avec Tévidence de la passion. 1. — (164'i Dém. nous devons nous borner à renvoyer à notre deuxième partie. art. 6-7) nous trouvons l'expression fep(p)ev «utov '7ro(T) tov Ata elle est équivalente. IX. 77). (165) Michel. IV. C. . sans plus. celle qu'on a pu appeler l'atimie à l'intérieur (166) et qui paraît bien aussi ancienne que la proscription au sens strict : il s'agit de pratiques comme les promenades ignominieuses imposées aux adultères. I.. 10. 8<tioî sa-cw %<xl eùayT. vca6apov t6v dtTtOTCxsîvavx' Lyc. Pour la valeur religieuse de ces pratiques. : (166) Glotz. En outre. I. 1. embrassant qui . . n» 1327 'fejysTw tîot (devotio de Gnide) avec l'idée 4-3 : tw Aïop twXu|j. ou reste pur (164) car c'est un impur qu'on exécute. sa force ou son « honneur » peut disposer de tout cela parce que l'individu tient tout cela sentiment qui se produit alors et se commud'elle-même.. reçoit les morts. 96 valeur positive de xaBapô. Dittenberger [Insclir. Pqena dans le Dict. est indissolublement associée par religion au groupe lui-même. ap. ([Ant. Ailcht. B. 874 B. p. . on le voit aussi dans une espèce particulière d'ati: mie. Platon. on aperla société retire à un individu son pouçoit bien l'essentiel et elle voir de réaction. et pour la signification fondamentale de la tiiit. ô. n" 11) la rend par « ein Verbannter sein in seinem Verhaltnis zum Zeus ». » slvat . Michel. sa vertu. n» 1334. sans plus. la substance n'en saurait être que sociale on le voit nettement dans le cas du wargus. ou de la liberté reconnue d'exercer des sévices sur la personne d'individus « déshonorés » de telles sanctions qui tout ensemble ont un sens religieux et s'exercent par l'intervention ou en présence du groupe assemblé.alv « xeôvaTto » . on ne proscrit pas.. 125 tôv aîaOavôiJLSvov xaOapôv slvai àTroxTcîvavxa. c'est ce qu'atteste suffisamment la formule de la proscription dans le décret de Dèmo- = phantos. IX. von Olympia.116 RECHERCHES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE on ne tue pas.. la force mystique que Ton conçoit dans l'individu.. ToùTO h^ Xéyei. n» 1318. : . déchu de l'humanité. 521. : n» 194.. .'jciw (cf. mais il est dit que le proscril est chassé par il ne le Dieu (165) participe plus à cette communauté du sacré est une réalité à la fois si une et si complexe. Lois. Dans une autre inscription d'Olympie du ve siècle (Michel.

(169) 6p(!..£Ta: PoL. il ne suffit pas d'invoquer. Grèce préhistorique.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 117 Que si maintenant nous considérons les désignations géné- rales de la pénalité à est dérivé le Tépoque historique. sont encore elle-même. § vu. opy/i. I. A Athènes. tw [xsts/slv zpicj-». donne Or les fonctions judiciaires peu différenciées : c'est la société : d'être la fonction définie cialisé. 1. 3). Sur cette conception et son caractère systématique. toute cette pensée : pri- mitive. est pour le juge un devoir (168) dans un état social oii l'élément actif. est défini intermittent — par la qualité de juge (169). Ce que nous l'idée d'un état social cette homogénéité. s'est en un sens déplacée. Seulement. c'est moins la loi que le jugement (167) . . en un autre sens réduite et atrophiée il n'en subsiste plus qu'un sentiment brut. qui réagit au délit. chap. voir R. en quelque sorte. le juge est moins l'homme d'une fonction que le repré- — sentant immédiat de la société concrète. sentiments (167) communs à tous. supra. un trait d'union plus immédiat. 106. en un sens. nous voyons de quoi était besoin.. cf. . la persistance de la passion dans le droit pénal de toutes les sociétés il est nécessaire de préciser et il est légitime de rechercher. Cf. 416-8. — Là où l'organisme politico- (168) Sur ce primat du jugement. LXIII.pioç. JloX. extérieur au lieu oii nue. de la société sentie et perçue plutôt que conçue et comme tel. se contiavons décrit de la pénalité. : le citoyen. lll. pp.. que ce qui est principe réel. De là le sentiment.<. : 'icoa{tt. Mais puisque ce sentiment est remarquablement accentué dans la Grèce historique. 5' àirXwç oùSsvl tûv dfXXwv às/f. T/iemis. liiVKo^j Hirzel.)? vtat. jusqu'ici. de là encore l'idée que la passion. de supprimer et s'il un coupable. à chacune des applifois cations qu'il requiert. qu'elles traduisent. dans son ensemble et comme puissance concrète. que la colère. tout citoyen non axi[ioq Cig^' de plus de trente ans était juge de droit (Arist. p. 1275 a 22 sq. pour toutes d'un organe spél'on peut dire. souvent exprimé. Arist. 'A0. p. Par ses traits caractéristiques. entre la Grèce historique et : . il doit accentuer les. la continuité serait garantie besoin passionné. la pensée que nous avons aperçue dans la pénalité primitive reflète un état de société bien la défini : c'est proprement la pensée d'une société homogène comme est le clan.. pour en rendre compte. nous verrons pourquoi. il une si recommence. Ce qui revient à dire que le droit est. 62 sq. par l'histoire en du mot àT'.

29. etc.).. dans sa législation idéale. Isocr. Elh. 943 A) 6ixa!.. 37. Platon. XII. — .£tv. s'ap- le Nous apercevons d'ailleurs un dérivé bien connu de la Volksjustiz dans la loi jugement des délits militaires par l'armée elle-même Lys. Toùi.. RoXàÇsiv a ceci de notable qu'il évoque. 1119 a 31 b 6 'AO. parfois môme désigne la correction du chef de famille.Diod. un des aspects essentiels de la pénalité. C'est ici que le mot xoXàÇs'. il retient le souvenir parfois conscient du passé. OE. « diffuse » se soit. etc. 15. xaToaTsiat. Arist. ixajxo-Jî (Lois. la cité ne laisse donc pas de au vrai.v apf»elle certaines observations. est encore si accen: son . et que ses origines nous reportent à une société (171) Quelle essentiellement familiale (Soph. Mais il y a plus entre les sentiments de la famille et ceux de la cité. Platon. que ou suggérée : le chef a simplement. C. il est imposde ne pas voir un indice intéressant dans la prédilection avec laquelle il est associé à xoXi^w. : . OK. H47-9 . perpérépression tuée vivace encore... izepi toûto-j t o ù î (110) : : cf. état premier d'indifférenciation où les fonctions de commandement.. décidée On s'explique que la Volksjustiz. 175. XXIX.. XIV. oixâîjêiv. était une traduction incomplète de l'idée de coercition collective. Stralèges athén.l<x des femmes. et y a bien comme un où la masse participe du (170). 13. Ho). comme nous le verrons. etc. p. XII.. ne se sont pas constituées à part. et c'est bien passion. Dém. VIII.. nous pouvons ressaisir directement certaine liai: du châtiment. XXI. 4. d'exécution. 5 ordonne que si quelqu'un abandonne son poste par lâcheté.ocix. à l'état de grossissement. XXIV. elle atteste.118 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE « judiciaire de la il démocratie » est une unité vivante et intan- retour. Hauvette.. Ce n'est pas hasard si on le voit associé à àuLapTàvew (171) qui. . qui déjà a requis explications et précisions. puisque.. 6t5. 21.. l'hoplite sera jugé par TTpaTitixa. à propos des lois sur l'iùyt. 140. aTpaxs'joravxa. et non pas môme mouvement à la répression môme toujours. III. Lois. sible que soit la valeur de âtjLapxavw dans nos exemples.. les hoplites. 439. fl. 964 C. XII. II. nous allons voir comme le terme de ven- geance. que la dans tels ou tels domaines. n'a garde d'oublier le principe en cas de ypa'-?T. Prohl. dans son droit pénal. IV Par cette notion s'apparenter au vévoç pourquoi la tuée.. mutalis mutandis^ à cet gible. Nir. 1. dans un emploi défini. du môme coup. elle le continue.

cpûasi et par fi^ito[j:svotç. H. Kulischer (cité n. et notamment dans le fait que. Eth. Parlerons-nous de métaphore? Pur semblant d'explication.. où le terme cptX(a retient le souvenir de son premier sens. des vieillards à l'égard des jeunes gens Eurip.. Prohl.^ I. 771 n. contentons-nous de relever Tadage aristotélicien. mais : il est contrebalancé. [Arist. dt)v>vf. un rapport manifeste entre l'idée de la correction familiale et l'idée de la pénalité publique. nous pouvons établir quelque rapport historique entre la pensée des deux âges sociaux.. E.. (cf. Nie. souvent. 161). et d'autre part on ne peut guère parler soit d' « extension ». VIII. Rép. de -irpoaT. VI. (Econ. Dans les sociétés primitives.]. p. et le Entre ce sens restreint logique : sens large. xal cpiXta SojXw vcal ôsaTXÔTY^ irpo. 793 E et s. du mari à l'égard de la femme : . Et si l'on a pu constater. ne aux esclaves Foublions pas pline exercée par les rendu par le \erhe xoXàJ^eiv la discimari sur la femme. parfois. Plus exact serait le terme de souvenir. Pol. d'après nos expériences antérieures (et considérant que la familia est dérivée de la gens). 1028.est inutile de rappeler ici en quel sens l'esclave fait véritablement partie de la famille..Xouç xolc. par les vieillards sur jeunes gens. la répression est le sentiment caractérisée par une véritable antinomie (173) de la réprobation suscité par des actes délictueux doit produire une réaction violente contre la personne du délinquant. Platon. soit de « rétrécissement » du sens pour désigner le passage entre des notions aussi discontinues que le sont. évite d'exécuter le proscrit cf. : . V. 1119 b 6. 1315 a 20 . 1. 5. conséquent d'un rapport familial).. (il . Or. (172 Lois. celles de discipline paternelle et de répression sociale. il est assez concevable.. m . père à l'égard des enfants notera l'assjciation de xo'Xaaetç et de Tcatptxwç dans Arist. suggère immédiatement l'emploi du môme est : — — le mot tion (172). 46'0 et s. VII. 15. l'un et l'autre sont Au demeurant. 2.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 119 infligé plique aux fautes familiales. etc. XXIX. 127). to'jxwv ffU[x»£pov Itt'' T'.stv dans Eurip. il n'y a pas dériva- contemporains dans nos textes. à l'époque classique. Non seulement le châtiment membres mineurs de la famille. 1255 b 12 sq. On : Pol... Lois. celui du clan et celui de la cité. à Rome. les formes (173) Il est possible que ce dualisme se retrouve jusque dans les on plus graves de la pénalité primitive. \\\.. EL. cf. 1 Platon.xoixsv et de xoXoc!. du Platon. que chez les Grecs la pénalité puisse apparaître sous des espèces analogues. 13. Nuées.. par ce sentiment de sympathie : Pouvoir disciplinaire exercé sur les esclaves Aristoph. 465 A.

1107-8. 1160. la même antinomie se retrouve à Tépoque classique dans l'idée la plus immédiate de la pénalité la passion connaît bien des revirements. 505 B . N. Isocr.. littéraires Pour d'appels à la raison. Prot. Aj..120 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que dégage une société restreinte et auquel. disent les philosophes. 478 A. 323 C. 43. : qu'ils soient souvent. xat aX v o u 0e x -/((T e i.. où vojjlijjlw. xoXàÇwv xov auxoù 6'j[jiôv. mais à une èTrieixeta coutume.. désigne pas du tout xoXà^eiv qj définie pur la la conformité à la loi écrite. Toutes proportions gardées.. IX.. Notons d'abord ralliance de mots {Jlexpîw. à propos de l'enseignement SeojjLevtf) moral dispensé par les exégètes : . D'autre part. il n'en manque pas où il désigne le « châtiment » sous une forme adoucie.. d'invitations au repentir. cf. : 323 E. comme c'est le cas le plus fréquent. ne . moralisante. « avertissement » et amendement pour le coupable (cf. 944. Dans la théorie propre de Platon... Ti^xepov où 8eT 8 8à ax o vxa . 4. 35. xoXàÇeiv dans Thuc. A. i) i xîj> xoXd^eaBaî xe xal : èiciTcXf^^at àjjLapxdtvovxi.111. 172) on ne la trouverait ni ne la comprendrait pour les autres termes désignant la pénalité car [j-éxpio. . o-jôs vouOsxeï Xoyoi. IX. at xoXàaei<. pas plus que celle de Traxpixtô^ et de xoXdcjetî dans Aristote (n.. Lois. tout cela rattaché au terme xoXà^ctv Platon... du coupable le châtiment sert Chimère de philosophes? : (174) peuple » La procédure spéciale de la TrpoêoX-f. accompagnée d'objurgations. Aulu-Gelle. Uell. L'antithèse de Soph. —Selon Prolagoras. 46. IX. seule. n'implique pas seulement une idée de « mesure ». qui ont trompé 7.. XII. 866 A): cf. . réalité objective. 867 G le meurtrier involontaire doit s'exiler. ih. et c'est une chose fréquente que le peuple « se repente » (174) de ses condamnations. Ils expriment une punition modérée. une organisation définie du droit fait passer outre. la pensée qu'ils condensée qu'elle est dans le mot.. de même dans les Lois. à côté des emplois oii xo^àÇeiv exprime une répression impitoyable ou brutale. elle est aussi vouôecita. ^Sià^ecrGai Tiap^ la peine ne doit pas seulement se concevoir comme moyen d'intimidation et de prévention (Platon. 14). il exprime un sentiment (voir notre commentaire à Platon. est instructive : cf. : 8iSà(Txei oùSl xoXà^ei xoXd^eiv. : « I.. est bien une retiennent. le . contre ceux s'applique notamment en pareil cas Xén.. 'îv' à[jietvwv 9)) et surtout 964 B-G. 324 A-B). xoXà^eiv a même valeur Gorg. A la limite se manifeste l'idée d'une pénalité qui ne saurait faire abstraction de 1' « âme » à l'améliorer. D (xov y<^P xaxov àel oeT o'jSs .. VI.

Cf. Le langage : le substantif qui s'oppose à xo>. n. l'anomie individuelle. àxoXa<T{a est appliqué ût[xapTÎaç. désigne l'absence de règle morale chez l'individu. intellectualisée. 478 A : : . 8. Ce qui suppose une société restreinte. mais percevoir immédiatement la parenté entre les deux Platon.. est toute prête à se représenter la punition comme ment. est une pensée proprement familiale.. 2e partie. àv-oXoLsia Arist. qu'elle soit et qu'on y vise une volonté momentanémal. III. VI. Or la con- ception platonicienne. implique qu'on se représente immédiatement la conscience du délinquant. Plut. conv. on ne peut guère dire que le droit positif fasse sa part à de semblables conceptions on n'en doit pas moins retenir que cette pensée. la persistance de ces pratiques. la médecine délivre de la maladie. celle du rite purificateur. chap. Car contirme l'examen des valeurs profondes et plus ou l'idée de la correction morali- sante est la transposition ou le prolongement d'une idée religieuse. en particulier. la conscience sociale transpose tout de suite l'externe en interne et. 216 et passim. 15. dessinée par l'œuvre inconsciente du : langage. Les idées de Platon. les deux termes se correspondent Aristote observe (175) fait le : Le grec Gorg.. . comme le moins dissimulées du terme. Eth.. Elle témoigne de la continuité psychologique entre les « époques » du droit. sur ce point. juge est comme un médecin. Qu.âÇei) toùç àStxoGvxaç xotl toù. r\ otfxsivov sïtiv Tj 4"^/.. : précisément que.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE Il 1^1 faut au moins comprendre qu'elle se soit produite. sttI tAç itaiSixiç (176) Sur Il. encore le prouve : car c'est àxoAao-ia (175) qui d'elle-même. (xo). comme une œuvre d'amende- Et certes. àxoXaaTa^vovTaç. homogène à certains égards et quasi familiale.àÇ£iv. une correction. souvent évoquée par le mot xoXàÇsLv — elle se retrouve.'5 Nie. d'une espèce de supplicium très adouci : et de même nécessaire dans la mentalité rite que cette notion-là eut sa place le religieuse et domestique — de correction est spécialement pratiqué à l'intérieur de l'olxos sous la forme de la tlagellation (176). dans un emploi spécial. Scxti Se àxoXaataç xai iStxîaç . 503 B To xoXdtÇeiv àpa xr. ont pu revêtir une forme systématique comme transparente le ment tournée vers et par suite inadéquate à la pensée tiennent à toute la structure morale commune mais elles du Grec. 1119 a 31 et s. 1' « intempérance ».

1. WaUie. 881 D-E. 881 C XI. Ferrini. Enfln. VI. par Glotz. dans le principe.. pour avoir enfreint l'interdit qui pesait sur sa cité la législation idéale de Platon (Lois. aussi bien. 2. à une coercitio adoucie.A. 17. 4 : -iiXT^Yà. 46 et s. 762 C. IX. 14. et c'est le terme technique pour désigner la flagellation (Callistratus.^ (Platon.. il est bien frappant de noter. {jià<rct. pense tout de suite. 917 C 932 B-C Arist. pp.. exercée par le centurion. châtiment du premier degré. 50. qui tout de môme Il ne Ta pas inventée. Tzkr^ycû. puisque la fustium admonitio. VI. il est impossible de ne pas penser au latin l'analogie est irrécusable et suggestive. Diritlo pénale romano. 784 D. : : .. VI. développant l'idée de xoXà^eiv. 1336 b 10 sq. Cnsligare est couramment : appliqué au châtiment familial. des esclaves. III. Xén.) . mais à l'époque classique. que son étymologie implique l'idée de la pureté religieuse {castus. de façon spéciale). Inscr. ministère des paê 8 0-5 x^oi. ils ne nous en offrent pas moins une analogie instructive. voir de même les cas réunis connu est celui . d'autre part. Polit. elle se un cas bien perpétuait dans le domaine de la criminalité religieuse : : comme du Lacédémonien Lichas auquel les Hellanodikes l'infligèrent à Olympie. dans son usage courant. et Aulu-Gelle. 21. . par le . de qu'il nous disent fut ïhuc.. l'idée de coercise complète. oppose le terme à celui de vouôexeTv) bu à des mots comme TJTrxEtv. pour une fois. IX. Les Romains distinguaient les deux (Gallistratus in Dig. Seulement. pp. dans système de Platon. VII. 2. vu). 2. cf.. se faisait avec un bois spécial. HelL. aux TrXr^j'at (Gorg. Lois. FAym. Lafein. Lois. Lois.. pour des raisons qu'il resterait à déterminer. il faut ajouter que la notion de xoAiÎJetv. flagellation et bastonnade sont volontiers confondues tzkr^yoLi signifie les deux il est appliqué à la flagellation dans Platon. auquel il y a tout lieu d'attribuer. Comptes-Rendus de VAcad. des Lichas. 777 E.122 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le non méconnaissable. Ajoutons qu'elle a elle-même une signification. cf. collective L'analogie que nous A casligare voir xoXiCeiv d'un peu près. C. s.. 1908. . s'intègre. . 41.. : est frappant (ainsi quand il s'agit qui même. De fait. cf. une etficacité religieuse dont la pensée doit être rapportée à la plus ancienne société grecque ceci ne nous est immédiatement attesté que pour la flagellation (sur quoi nous aurons même à revenir. v. . à celui des enfants. 881 E) l'applique au sacrilège et à la violation d'un interdit religieux. de voir -/. et Paus. l. à cette occasion. 2. il s'applique à une espèce de coercilio. eXaSev. c). Platon. la castigalio est volontiers administrée sous la forme de coups. 854 D.). Par tion (177) la conception familiale du châtiment. le cep de vigne. 572 et s. une signification religieuse (177). de pœnis. chose d'autant plus notable qu'à son époque. V. est d'un emploi beaucoup plus large et plus multiple. la définit par le grec vouOsaia . N. 881 G.oXâleiv associé à l'idée de correction manuelle des esclaves notamment Platon. et c'était. une pareille pénalité était réservée en général aux esclaves il y a là comme un souvenir. fouetté. IX. 2. WÔrt. 480 G-D). ÏV.

sous une forme ou sous une autre. en agissant. en son principe. De fait. entre le ysvoç et la cité. il y a corresil pondance et continuité. ne peut pas. n'a pas seulement l'aspect que nous venons de décrire : il le faut bien.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 123 avons aperçue entre l'époque primitive et l'époque classique. pour le Grec. Ainsi s'établirait cette hypoqu'ici nous thèse que le développement du droit criminel n'est pas unilinéaire. d'ailleurs. s'empêcher de penser. Nous n'y gagnons pas seulement de confirmer par une . àïàfe. ceux reste à analyser doivent correspondre à un autre qu'il caractère de la même société. que ne le suggérait l'expression pure et simple de « vengeance » nous y gagnons surtout de pouvoir situer le : problème qui nous occupera maintenant. n'était donc point toute formelle de la : mentalité de celle-ci à la mentalité de celle-là.- . s'il est vrai que la pensée primitive s'y voile et s'y dérobe derrière le sentiment brut. La notion de pénalité. expérience particulière que cette réaction a bien son origine dans l'état le plus ancien des sociétés humaines. dans le clan ni d'en préciser le sens et de la montrer plus complexe. On peut voir par là comme la était nécessaire de marquer plus spécialement pour Grèce une relation entre la structure de la société et la notion de peine entendue comme réaction collective essentiellement sentimentale. car une société. et que la pensée qui l'anime peut-être affectée profondément par les transformations sociales. la notion a déjà cette forme « rationnelle » que nous lui voyons dans les temps mais si les caractères que nous y avons lus jusmodernes : correspondent à un' caractère défini de la société.

.

les : résultats déjà obtenus. et comment. rapport entre les conceptions philosophiques et les conceptions « popu- — laires ». le Sur des Anl. PœiNA dans le Dict. Appendice I. livre IX. mais aussi l'interprétation plus ou moins populaire que nous font connaître les difl'érentes formes de la littérature. elle est postérieure à la constitution de l'idée rationnelle. et que les systèmes d'éthique et de politique ne font en somme que prolonger (178).\ cf. c'est de l'apparition de l'intelligence qu'il faut essayer de rendre compte. si possible. trad. Introd.. Il faut définir par épreuves successives. elle elle est le fait de la pensée philosofamilière au Grec il ne faut phique. Mais cette réflexion des philosophes — n'est pas antérieure. il (178) Sur les différentes fins attribuées à la pénalité. cf. voir Glotz.CHAriTRElII LA NOTION DE PÉNALITÉ II (Suite). art. Et il s'agit de fonder solidement. . Problème que posait déjà la notion du délit il se pose plus immédiatement encore. et si qu'il faut entendre par le sait : là. guère que d'intuition. Pour que la peine puisse en être l'objet. on ne peut définir que Dirons-nous que la notion de peine est rationnelle en tant : assigne à la peine une fin ? Cette réflexion. on le sait l'on veut : mais on ne par expérience vague. qui nous offre ici notre prinplus rigoureusement est d'un certain point de vue cipal champ d'expérience : Nous constatons que — — notion rationnelle. la notion de peine. I C'est d'un progrès décisif de la pensée. Ce d'abord. par quoi pas entendre seulement les doctrines que est la réflexion mêmes. Lois. Platon. La notion rationnelle de la pénalité. en Grèce disons à Athènes.

à xoAàÇsLv à Aristote. : la rétlexion TapâSôiyp. . 1109 b 35 X. . nous n'en connaissons pas uti seul exemple. c'est l'idée de : — l'amendement du criminel. le plus dépassé la philospécialement chez les philosophie de la peine. Platon. Ce sont les formes du langage qui car l'évolution de la pensée s'est faite révélatrices : pour une bonne part dans l'inconscient. . Chez les orateurs attiques contemporains des deux philosophes. qui s'est imposée à la spéculation (180) (Protagoras d'après Platon. . rationnelle qu'elle ne la crée. : le substantif xoXaT^. — Aussi mais elle ne la fait pas plus bien. en Grèce. suggérée par le mot.les esprits d'une pénalité essentiellement préventive : l'autre aspect de xo>. v. en passant'par Platon. Appen- dice l. Eschine. Prol. — qu'on accentue le côté — ciera au (181) mot (Critias.£iv prévalant la notion de coercition' collective et violente c'est la pensée seule d'une peine intimidatrice qu'on assoutilitaire. III. ce qui en est le plus ancien. à l'aide d'un fina: lisme étroit. cf.1:2(» RKGUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : la rétlexion faut que la peine soit représentée objectivement 'ne travaille que sur une matière qui lui est déjà donnée.. à la représentation collective. Gorg. elle n'écarte pas. fr. 1374 b 31. Nie. 324 A-B XII. si l'on peut dire.a ment même vers l'idée si la notion d'amendement du coupable est au premier plan dans sur xoXal^siv. En d'autres termes. 1104 b 16.. Dinarque et Hypéride. cf. Lycurgue. pour ainsi dire. suivant des modes que l'analyse philologique. met. et ce n'est sophes — — : s'est accrochée. 1180 a 9) créer. 934 B XII. Eth.. 323 D-E. II. telle en particulier que la rend sensible aux consciences l'emploi du substantif abstrait sont ici (179). et. aussi qu'il est rare dans le fréquent chez Platon et Arislote Ce n'est pas à langage ordinaire (181). 1 N. 1.dt!. 10. 944 D Aristote. Tassociation est particulièrement nette chez Protagoras.. avec une sorle de préseule fois. . 476 A 505 B Lois. Le sentidu droit criminel et de la fonction' qu'il remplit incline . s'imagine expliquer les origines et la raison d'être d'une institution. . 4 : xoXaatjia). 1369 b 12 14. . telle est l'obsession du mot qu'elle a obligé de 10. Démosthône. I. 3. (180) Du reste. Isocrate. ou du moins d'animer d'une vie factice. elle retient dilection. au terme qui eût dû être le moins de Protagoras au verbe significatif poui* elle. elle appelle même celle de l'exemple. la rétlexion se suiajoute pas la de son donné. doit déceler la philosophie est venue ensuite qui. — (179) Sur les procédés de la pensée philosophique en ce domaine. au besoin l'analyse grammaticale. L'absence du mot est certaine pour Andocide.

La preuve en est dans la diversité même des fins qu'elle assigne au châtiment. Appendice : 10 . Forme de pensée oii domine Par quoi elle ne peut traduire que partiellement la conscience juridique d'une société comme l'athénienne. L'état d'indilTérenciation supposé par les pratiques primitives de la vengeance sociale n'est plus qu'un (182) Le substantif Titxojpta. qué à l'intérieur d'un groupe restreint — . n'a rien d'intentionnel en son principe. on peut collective s'intellectualise à proportion que la pensée qu'il du domaine recouvre. est xi(xwp{a. de I. elle trahit plus qu'elle ne traduit la représentation sociale. u'est directe- ment exprimée par les institutions en vérité. ni procédé d'amendement. intensive du délit. elle passe à côté du concept (182) de peine. un appel de pensée collective tâche avant tout à retrouver dans la — on peut : observer qu'elle peine d'autres notions que celle de la pure vengeance. Celle-ci. répond à un droit répressif dont la notion coordonnerait les éléments réaction directe ou relativement suivants. ni intimidation. qu'elle rejette mais obsédée par ridée que la peine doit avoir une fin immédiatement reconla naissable. la le plus remarquable. un nous le verrons mais qui. — châtiment pratireprésentation le concret. et dont aucune. mais la peine tout simplement. Cette définition écartée — qui serait aussi une interpréta- — : — — — tion — considérons d'abord les raisons qui peuvent comman- der une conception de la peine plus intellectuelle que celle que nous avons décrite. Spécifions. que nous avons vue exprimée essentiellement par les termes J^vijxia et v-oXâ^eiv. oii le droit public occupe un champ notable : carie droit public représentant une dire espèce de résumé ou d'abstrait.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 127 nous avons vu philosophie crée de toutes pièces que ridée de « correction ». notamment. du reste. méconnaissant que la peine n'est en soi ni talion. avait des racines dans ni qu'elle ne réponde à quelque chose comme la réalité même dire que la — . à ce point de vue. philosophie ne retient que l'idée brute de vengeance cf. elle a hâte de lui substituer ses : propres constructions. dans un aucun système d'idées cas. une réaction de la société à quoi peut correspondre un sentiment brut à quoi nous l'avons vu peut correspondie aussi une représentation au sens strict. et rien qu'eux : directe exercée parla société tout entière. or.

189. XV. voir chap. les formes de pensée archaïque héridu régime familial on a toujours bien affaire à trente mille citoyens pour le moins. èxtaxoTro. la cité associe décidéparent ment un trop grand nombre d'individus pour que puissent s'y tées : l'état pur. et on n'est plus en présence d'un groupe d'opiolio'. Aristog. apparaît plus il se détache quelque peu du sentiment immédiat. Isocr. (184) Cette idée apparaît plus nette parce que grossie.. XXV.. Mais Dinarque.. Philoclès. Dém. et ô. Appendice V. : Isocr.. à quoi se disant.. 40. : . 866 A. à lointain de son unité intime et étroite. Dém. les allusions à renrichissement. €.. dépassant le droit positif. I. 280. XXI. . — Pour la conception . Dém. èTriyvwixovai. 19. XXV. Sivcaîw. 232. . Eschine. 41. dont l'office est de « conseiller » Isocr. qui. 170. des particuliers — sans mais à demi-spécialisés comme en exercent témoignent certains emplois du mot prjTwp (183) comme une charge de ministère public qui. d'où l'association fréquente de pT^Two et de nTpaTiriyôi. Aussi bien. 62 XXXII.aoroç.. C. . 138. 31 Hyper. Lycurgue répond en xal auxo'fivTou Scivôtt. XVIII. aspoct De plus en pltis. appliqué. etc. — Enfin. le plus proche de la victime (184). 868 B 871 B. xàç xp(j6i<. 14. XVIII. C. qu'il y a des tribunaux semblables qui ont à juger de causes diverses et fréquentes. 90 c'est un des rôles de l'orateur que de poursuivre la répression des délits qui intéressent la communauté c'est par là que s'expliquent. (185) Sur le rapport entre 1'(jo<. aux nomophylaques). Léocr. correspond à 867 E... dès lors. 7 Lycurgue. : . probablement.. 26. des orateurs (Dém.. implicitement. L'idée qu'il évoque naturellement est celle de fonction politique. dans une cité où mandat défini il est vrai. mais prolongeant son esprit. 71 86. VII. s'objective. VII.. de l'accusateur en général. C. plus ou moins honnête. Euxén. est corrélative à leur comme une fonction reconnue qu'assume... prévoient des sanctions contre la défaillance du plus proche parent de la victime (IX. Ctcô tt. (185) comme à Sparte. I. 27. 318. dans les Lois de Platon toC pTiXopoî qui. . 31 . 94. les délits viennent se placer sur le même plan. 112.(. ou l'expression ol prixopeç comme désignant une catégorie spéciale dans l'Etat. 205. 30 (183) Le mot pT. il . XV. 124) comme témoignages directs de cette fonction. dans la répression du meurtre. . èviTTa|xsvuv). § xi. et c'est aussi juge tout ensemble. 278. 31 (Léocratès se plaint w. pour un objet identique.-cwp est fréquemment opposé à 16iwtt.128 RECHERCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE dft la réalité. cf. twv. XXI. : . 189 XXiV. nous relèverons . C... Le droit...toî dtvap-Jiaî^ôixevo. Lyc. . P. parle fait même qu'il y a un organisme judiciaire. et l'idée de mesure devient essentielle dans la pénalité : non pas d'une mesure appréciée subjectivement. — le SyIjjlos gouverne et fonction politique. puisant dans une opposition continue aux autres catégories sociales le sentiment perpétuer. 219.. appliqué au parent. cf.î Léocr.

le verbe désigne une proles valeurs qu'il contient. Or la valeur juridique de « T'. issu de la relila réalité autonome et le prestige des objets gion. l'usage peut vraiment caractériser une forme il suffit de cette simple observation que. en eux-mêmes.[j. En un qu'on peut ou qu'on pourrait les sentiments relatifs à la pénalité tendent à se concenmot. -^lawpsiG-Oat.uiwpia est en . trer dans la notion abstraite d'un droit fonctionnant pour lui- — sous un aspect impersonnel et comme transcendant aux consciences. C€ sont la langue et : les T!. par leurs emplois caractéristiques. revendique même. religieux et si la pensée prend une forme « rationnelle ». les valeurs de Z. en opposition avec celle de ^r^it-U.un substantif Juridique il a un sens impersonnel..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 129 par quoi la ment à la colère réparalion qu'on impose se proporlionnerail vaguequ'on éprouve mais d'une mesure objeclive. tout verbe a un sujet.(i)pia S'Ixy] mots qui l'évoquent le qui. !^7ipn. nous ne l'avons pressentie que pour la pouvoir reconnaître dans plus directement. c'est que les caractères mêmes de ce nouvel objet la lui imposent. il ne faut pas oublier qu'il a qu'ainsi pour sujet le « peuple ».'jiwpelia-Qat. proprement . mais qui est loin d'être négligeable de Ti[jL(opia. et sentiment de vengeance collective y demeure pur au premier plan. T'. définir par avan(re. : Cette pensée abstraite. par opposition au verbe. lequel retient le sentiment et la partialité du sujet qui se venge. pratiquement. du moins indiqué par la fréquence de l'expression substantive. Le rapport entre les deux s'éclaire aussi d'un rapprochement comme celui de àTràys tv -aTua yto y/.oùv Au contraire. ce sont là des termesbeaucoup plu^ intellectualisés. Il n'est pas indifférent de relever la proportion entre les emplois de Tt.jjiwp'la seul : T'. la « cité ». -z'-jj-topia et que nous nous proposons d'analyser. comme la xtfjiwpîa — dans la . Nous définirons d'abord le fait par une donnée toute formelle la notion en apparence. laquelle a ses origines — . En dépit de leur valeur nécessairement sentimentale. du substantif de pensée : Comme nous comme tel l'avons déjà noté pour à3ix7i.ri[KU et de sont identiques. se distinguent ainsi des autres désignations de la pénalité. signifie très se venger le » lorsqu'on peut le traduire par « punir souvent ». sensiblement.j. . pour concevoir que le degré d'objectivité d'une notion peut être sinon défini. le droit.[ji(opia et ceux de : . Par cette transcendance. Par est : cédure sommaire.a. est pensée plutôt comme substantive que comme verbale.

des De rapports mathématiques. sens de indicatio (dans une inscription d'Erétrie de voir Ziebarth in Hermès. que la notion la plus apparente. et elle implique l'aftirmation d'un sujet en principe. et elle suppose. soit y. ou meurtrier en rupture de (comme dans la loi de Dracon citée dans Dém. le cas n'en est pas moins typique. peut-être. c'est à le définir que vise justement la présente partie de notre étude. 1884. dans celle du substantif — juridique. Weber. 427) : vengeance privée le fuit d" « emmener » un indi- ban vidu. De aTraY^y'^o aciione ap. Alh. une croyance impersonnelle. Particulier. certaine statistique est assez suggestive (186). p. II. celle d'une société non plus simple comme la famille. et le recul de la justice strict. le l'époque romaine.. au premier cas. Vratisl. en dépit de toutes les influences perturbatrices qui peuvent empêcher de fixer.130 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE (Glotz. Attisches Prozessrecht in den Seebundstaaten. le l'un et contraste entre aTrâYsiv et àTraYWY'/i nous le laisse mieux voir : évoquent l'idée du rite. au second cas. 52). en ce 1908. elle a pour condilion la conformité à une règle abstraite.. mais complexe l'autre — comme la cité.. Solidarité. où d'ailleurs apparaît un progrès notable. XXIII. cutive à la manus injectio la différence de valeurs entre verbe et substantif a été marquée par Meuss. plus. De quoi est faite cette croyance-là. Paderborn. que le substantif a pris 618. XXXII. p. ou esclave fugitif. elle.. cf. 80. sur une matière aussi instable. l'action consé. à un v6[jio. H. mais la valeur du rite. ce qu'il faut entendre par là. est suspendue à l'eiiicacité du geste. au sens purement privée) une procédure judiciaire. Rangabé. d'un sujet familial. hors d'Athènes et à une époque postérieure. par l'emploi du mot spiritualisé qu'est alors le substantif. On constate même. est : l'àraytoY-/. Je prends le groupe des orateurs de la seconde (186) Voici les chiffres que nous avons relevés .axoùpYo.. c'est celle de procédure. n» 689 .

w!jv à ^r^jj-'la dépasse notablement la proportion de TiuopsTo-Oa'. 137. plus enclin à user du nom des emplois de ty\\k\.[jLtopia : date). 154). 65.. Tliemis. 161 contre 93) ils ne descendent au-dessous chez aucun orateur. enfin on se : représente. n. la proportion de ^r. même chez Isocrate. mais qui offre un large champ de comparaison 1° Chez tous.i<x. p. limite. à TL5J. elle doit se plier à la nécessité d'une procédure et se subordonner à l'obtention d'un jugement. ils les Nous dépassent considérablement (37 contre 8).io'jv. d'autant que temps un mot indépendant. cf. le chiffre — — l'emportent de beaucoup sur ceux de Ti|A(i)p£io-Qa'.(op'la (chez Isocrate lui-même. par pensée qu'ils résument et produisent. et aussi patente qu'elle peut xoAà(^£t. emplois de lectuel » d'ailleurs. Suppl. et la notion de SUvi ne s'exprime par aucun verbe . et en ajoutant Isocrate qui représente une génération un peu antérieure.^ Le même mouvement de la passion se traduit. Hirzel. même collective. . 6.tj.. on conçoit que la réaction passionnelle ne doit pas être indéfinie. Par eux. (dans l'ensemble. et dans un cas (Lycurgue. isolément. on admet que.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 131 de Tépoque où les notions sont le moitié du iv" siècle plus en retranchant Hypéride dont les fragments sont formées trop merlus pour donner prise. Cette première constatation est confirmée par l'étude des on peut dire que ces valeurs mêmes de T'. mesure. Il. et dans deux cas (Eschine et Lycurgue).a(op'la et de Slxti : mots introduisent la l'idée : sous ces trois aspects de la règle dans la notion de peine. (187). même indépendant de toute idée de Judicium. il marque arrive bien que SixiÇsiv s'applique à la pénalité le » — C'^it^Ca au est plutôt : alors la anticipation du sentiment qui. 3° Inversement. formes. dans StxaioOv et autres mots de la même famille. et. dans Ç71!j.. fait considérer surtout Yexécution. sinon une échelle générale des peines. 65 à 100 2" Chez tous. du moins un rapport numérique entre certaines d'entre elles sentiment qui en plus marquée avec sens d' (187) « Il amende de Tiawpta sur ^i\\i. èxSixa^wv dans Eurip. mais de pareils emplois sont rareis et plutôt littéraires (ainsi Pind. venons de comparer deux seulement de nos termes mais la : — contre-épreuve se être : fait d'elle-même. sauf chez Isocrate contre 37 à 100)^ un « intel- — — : — — un spéculatif. 0.v n'a pour ainsi dire pas de substantif qui lui réponde. un des derniers en T'.o\J^ dépasse plus ou moins celui des emplois de ^'^aU. les la proportion est de 2 à 1.

XXIII. Siûw Ti. 89) prévoit la même peine en cas de meurtre de Charidème qu'en cas de meurtre d'un Athénien. XXII. à une réaction plus impersonnelle Cf.. vwvrai.v et de ^T. àpa dvOpwTtoKTi \\. Démosthène reproche de violer toutes les règles du droit il « donne ». évoquant par lui-même (188) Cf. en et. sans spécifier. se rapporte. 205 : la réaction immédiate et violente d'une Phérétimè.. Tijjicopia marque un progrès sur Çr. à propos des rentrées d'argent faites sur les — — : débiteurs publics . qu'il exploite des négligences de rédaction. l'idée de pénalité exprimée par les termes Ti[jLwpta et 6(xt. ayant ox. Aristocrate ne pouvait pas ne pas . : implicitement les mêmes réserves que son accusateur. au sens objectif. 53. ècpopiaç (190) A Aristocrate. sans faire les distinctions ni exceptions que la loi prescrit (XXIII.r^ tayupai Tifiwpiai êirC'fôovoi y^vovrai. autant la vengeance démesurée semble incompatible avec une société c'est aux Barbares que les Grecs en attribuent la organisée (188).tj-ia-peine —. cf. socialement imposé au mot.. El c'est bien pourquoi il s'applique indistinctement à tous les degrés de la pénalité (191). il « inscrit » la Tifxojpb en tout état de cause. 39 ». dans l'ensemble. influencée par nomique — le facteur éco- à la différence de la notion de xoajî^e'. a fortiori^ restreinte. 91). en eOet. IV. 1° Avant des peines même moral. ô vojJLoBiTTjç) « « Idtv tiç tôv àvSpotpdvov xTsfvT) iitsyoïJLevov àyopS. à quelles conditions la Tiuwpîa requise par une famille en faveur d'une victia)e a pu et dû devenir la peine. et c'est le même sens.. C'est d'ailleurs d'un la discussion de l'orateur indique ergotage qui ne laisse pas d'être instructif bien. plus adoucie. èypa^ev (se. ou plutôt même qu'il feint de ne pas comprendre en portant son décret..132 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE la multiplicité trouve sa complète expression dans pécuniaires.. 55 Tt[X(up{a<. le' terme a tout ensemble le sens subjectif de « satisfaction » et le sens objectif de « peine ». domaine de l'homicide les emplois Contre Aristocrate de Démosthène (190). la TijjLwp'la est. 53 : 5(xTiv >va|jL63ivÊtv. : 73. faire : (191) Nous pouvons noter dès maintenant que. dans le en sont une illustration assez nette.LCi)pfla. 54 62 ÔTav Ihù twv TexayfjLévwv. Aussi bien. pratique : Le grand Il principe. considérée sous le seul aspect autant Tijjiwpia appelle Tidée d^une limite : vengeance comme telle apparaît toujours légitime. ôpwv : . on conçoit que la même idée prévale... en tout cas. i^ y a gros à parier que Démosthène ergote. Ta. 6ewv • Çtôaa yàp sùXéwv é^éÇeas. dont le décret (cité XXIII. Tt|ia>p(a<. Juridique. Par là. a't àiréBave irpô. cpTjfffv... tiré vengeance des Barcéens. xdxû. (189) Dém.. .. Mais comme dès lors. au lieu que ÇTjfjiia. à tous les plans de la pénalité. (189). par là même. Hérod. : 'tva . c'est : oùBe^. la notion de la d'être juridique. qu'il attachait à Tijjiwpia. [iiriS' àirépavcoi twv à8txT. particulier Dém.. Tàç Ttjjiwpiaç le àuepàvTou^ : slva».[jLâTwv al xifiwpiai yiy». apparaît surtout dans du mot TL|.pL'la.

IX. àpy^f) Ss CYifjiîac. . c'est l'accusateur qui fait fonction de ministère public. VI Lys. 30. n° 471. 579 . 161. laquelle même sens Cr^fJitav veut dire. l. I. désignait de façon presque exclusive les formes extrêmes.v Tt. exaspérées en et Slxyi. 29 34 35. XXX.. 27. et quelque sorte. 29). è'/^eiv ôtxr. etc. elle signifie aussi « êlre puni » Hérod. : . que la « vengeance : les mots Tijjiwpla ». Lyc. . dans Platon. : — La valeur objective de xcôv vofjicov s'il xt[i.{Acopiaç. Tuy^âveiv — signifie être puni » Dém. Une pareille expression.. 8. 93 xo yàp xoTç rjôixrjxoai xu^etv xifjiwpta èaxtv.. 55. /. en revanche. Appendice 1). . . EL. dans Ant.XXn. de la loi : c'est la loi. dit-on. 115 la . Noter aussi. Xo^t^j [jlev n'a pas alxîai. expressions comme au coupable qui expie.6àv£iv. Léocr.. 742. . 75 XX. Eschine. aussi bien col- qu'individuelle. Isocr XV..wpta s'aperçoit dans Lyc. 9 Dém. — 9 10 précédente (Andoc. III.. 2° Ceci « déjà implique l'idée . 3. dans le même sens. Texpression y peut très bien avoir le Xa{j. . on peut qui mesurer limportance du piincipe. cf. Eurip.. l'expression ttfjLwptav Xa{j. . et !« recevoir satisfr. Bacch. etc. damno (Soph.. 1 . : c'est ce sens-là 74. Léocr. L'expression ôixt^v Xa(jL6àv£iv est le plus souvent synonyme de . exclusivement. en se rapportent à l'otfensé qui se venge. qui. .. 173. de la peine. XXI. Bacch. 1327) et Sixr. donnée la valeur primitive du substantif faction ») qu'a la locution dans Thuc. 4 Le sens premier n'est pas douteux. Bacch. XIX..).. 853 A. 71 111 parfois. C. objectivée.(|) 8' axi[jt. le sujet du verbe.. Aussi est-ce par par eux seuls. pourlant. 7 (a^toç . Dalmeyda. 672) dont le sens premier ne peut être que le même que celui de Eurip.(ai. I. XVIII 280. Michel. xoyxàvetv (Soph. C'est seulement avec : Tt{ji. aurait pu y prêter. sont appliquées principe. des Bacchantes. )va[xêQ!V£t.. Ti|j(.wp(a qu'on emploie : pable puni Ti[jLwptaç Lyc. Léocr. des délinquant est puni lective Tuy^àvst. III. vojj. Le on dira qu'il « obtient sa peine ». fr. se trouve extériorisée. XXI. 12. « .. 7. d'Hél. C. 37-38 (cf.(optav Xa[ji6av£i. I. . dans Ménandre. Ant... 154. Dém..a)pîa. 8 Eschine. Lys. C.. 356 HippoL.v = être puni). pourtant. étant . en fallait grande valeur que celle de afflcl : du reste. XXIV.v ôUtiv. sinon celui-ci. . 34 XXIV. I. 583.6àv£iv. .. Tifjicopiac. Tuy/àveiv. éd. I. de dorgias (?). donne » les Tt-jj^wp-lai et par la généralité du mot. I.. VI.. 10 -^ le génitif désignant le couxoù àSixoùvxoç xi(i.JURIDIWE ET MORALE EN GRECE collectivité 133 qui se sent personnellement atteinte. Théophr. — Du juger par l'analyse d'Aristote n avons pas relevé d'emploi (cf. 1312.. 119. Lois. qui a même valeur (Thuc III... nous analogue. 38. autrement parlante que celles du même type (comme « les lois infligent les châtiments ») ne saurait être négligée.. I. .). fr. II.v (Eurip.) dont on avouera bien qu'il substantif ^r^iata qui. El. 179. 53.

XXIV... oiyt. : par les lois en matière do délits publics (Dém. xaracppo- pensée de la coercition collective. des Ti|jLtop(ai abusives 7 62). 856 A. tantôt la valeur : les objective de « peine » (celle-là est évidemment la première en date) deux extré^mes sont représentés par la zi^uipia. V. Dans quelque sorte fondus. cf.. tout est dominé par l'idée de l'exécution nécessaire. Yj 25). do « satisfaction ».87 y prio-Oai (le meurtrier condamné) expressions chose jugée ùUri Dém. la notion rationnelle de oUr. l'orateur reproche à Aristocrate de donner à Gharidème. Tifjiwpîa donnée contre la femme adultère qui. et les différ^jnts moments de la répression sont en vsT.v6[ji(}) prédilection. Twv oixwv.. ou^eXOsîv ttiv oUyiv 856 E. XXIV.. 126. III. vengeance privée à létat brut. LVIII. 54. : c'est le terme o'ixri qui introduit dans la pénalité Tidée d'une procédure normale.. XXIII. nous avons tous les intermédiaires -riiJLwpfa accordée à la victime d'un homicide et à sa fgimille.134 Ti{jL(opta RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMKXT DE LA PENSÉE y a tantôt la valeur subjective. 36. ôixTiv Tfi TToXe». 53 la : . mais sanctionnée par XXIII.. 123 : — : : 102 : xàç . 54 t^oUt^ xal Tw . à l'ordinaire. xi[jLiopta donnée contre les inculpés connrelèvera Dém. le môme mot : ment régulier d'une justice : . XXXVI. à la faveur d'un jugement (Dém. siulv at xifjitopîat. IX. o7) et par la-:i.îj..].. paraissant dans les endroits sacrés. C. Eschine. v(5{xoi. : = r.|Leocr. wv èv xoT. ÛTrapj^O'jfTa^ èx xtov xupiiov voijLtov xiawpia^. T'. XXI. : (192) Il arrive même que. 15 'la Y] SrijAoa-La (cf. Lois.. 6 TpÔTco. XXIII.-t\ s'y oppose comme plus impersonc'est ce nel et comme expriuiant la notion dune justice assujettie à la règle rap|)ort que souligne l'emploi successif des deux termes dans Démosthène.wpia retenant plus présente l'idée d'une satisfaction obtenue par l'individu ou le groupe.. 13 -col'. du sentiment même de la procé: dure judiciaire Platon. XVIII. 45) et dans Lycurgue..jio)p(a également « donnée » . SoGva'. On a vu un de ses aspects il n'en est que plus important de constater avec quelle évoque le fonctionneainsi dans des impersonnelle comme Ant. 59. au contraire. à propos de la procédure en matière de crime de trahison (192). Plus particulièrement. tombe sous le coup d'une atimie exercée par voie de : .. Volksjustiz ([Dém. vaincus en justice Dém. : 30 (cf. 12) entre les deux. . « donnée » par la loi à la victime de Tadultère (c'est-à-dire le droit de tuer le coupable pris en fla- le droit grant délit.v Twv ^ixaTT-^piwv. 86). A'Ixyi a beau s'appliquer souvent à la satisfaction appréciée pour elle-même et par une victime : . dans le même discours. donc do la cité la : Dém. implique une série réglée d'actes et gestes obligatoires le mot est imprégné de l'idée. XVIII. de son chef et en contravention aux lois.. èx xwv v6|Jitov xt|jitop{ais.. LIX.

le second xàç xt[j... Tiii-wpiaî 80. le premier terme désignant la pénalité pécuniaire.. cela convient aux esclaves).. 143 Dém.. de Dém.Tiç).v ouxs xi[j.wpia. %. le A un déterminé correspond une pénalité administrée par des voies spéciales : définie. XXIV... Ant. xa-cxot. 3° délit Par là sont suscités des besoins nouveaux d'analyse. . 6 : opOwç Lois..axa (lîoietaôai) en question la punition typique pour les C'est hommes libres (être puni « sur son corps ». xtixwpia T:ç)Q(i âirâo'a'. .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE i'So par un phénomène fréquent. lui aussi.. crate) Ta'JTT.. 'Xa[x6àv£iv.. 88 = VI. le même terme s'applique spécialement à l'amende. il arrive que l'idée de la vengeance se dérobe derrière celle des formes nécessaires de la justice.. le même rapport que semble traduire l'expression oûxs 8£xt. LYIII. : : .. 55 tU XpT.. Dém. Et surtout. préventif ou supplémentaire (ordonné sur irpoaxtuT. I. (il s'agit des conditions où peut avoir lieu l'àTraywyfi) Dareste [Plaid.. T>\v êi. XVIII. sîffayysTkîaç 13 : [lèv à^ia xpatTovO' Ëojpa. pol. que Tt-uopia.. XX. "X. Dém. mais qui se retrouve jusque dans les actions qui ont un caractère public la notion d'une : procédure organisée s'associe à la pénalité sociale.jxaxa : : Tijxwpîaç. aussj bien qu'à la réparation pécuniaire privée les biens est : la oix/i même parfois opposée à la Tiif. portant sur portant sur la personne (195). judiciairement mot oUr^ appelle.. 67 : uapaterminant l'éniimération des diverses voies qui s'ouvrent à qui veut faire punir un meurtrier exi toCvuv Iïô' I'xtt. (194) Platon. 215) traduit « mode de poursuite » Pour le rapport nécessaire entre l'idée de Ttfxwpta et celle de jugement.. c'est d'abord qu'une vengeance légitime ne saurait être conçue du seul point de vue l'offensé fût-il la cité de l'offensé elle implique une procé- reste un cadre à nouveau Fidée — : dure bilatérale. x. (19o) ÈTriTiBévat. mais attendu.o)^<.v.. Cf.[jLaTa /pfjCTOai.èv 1.. cf. l'adjectif TaxToç (194). puisse prendre assez souvent un sens tout voisin de celui de « procédure » (193). 32 è'vSôi^iv. 88. sv xxùxt^ vo^î[JLO'j. ixAiL^^y (Aéropage) xal Ta. oij la pensée sociale peut insérer toujours de la règle. l'idée essentielle (celle et S'IxYi la persistance du terme permet à dejudicium) de subsister virtuellement. L'orateur fait de la Slxti — l'emprisonnement. : — Y. yip yvwa6ivTa Ti[itop{a èjtIv ÛTièp toû àSixïiôévTOi. p. .. (Aristoûtjjiyyé'KkovToi. xal iXXaç Ti[xa)p(a. toî? ôè Sua-ireiôéai oîxa. comme un complément naturel.. La règle. SixT^v. .. 632 B : Taxxà. (193) £'. Sentiment qui apparaît dans le plus ancien emploi de la formule ôixT^v oioova». fonction du législateur.. XXII.s xaûtaii. p.wpiav dans Dém. TaÔç ex twv vdfiwv xiawpiaiç irap' aù-cà Ta5iXT. Et c'est un phéno: mène notable.. XXlll. et parfois devance en quelque sorle la passion lors même qu'il s'agit de trahison.y. xà aw[i. sî.

et l'idée à^ww. est devenue la notion abstraite de la pénalité. si/pra. première donnée qu'elle nous fournit est d'une extrême conséquence TL^wpia et SUri se rapportent dans le principe à /a vengeaîice privée. Car enfin. : De ces deux idées. expriment une pensée rationnelle. Comment ce concept s'est-il produit? Puisque ce sont les mots Tt. Ni cette définition ne paraîtrait d'aboid sufîisante. système du droit pénal. de la vengeance du sang le fait est bien pour l'instant il nous suffit. ce doit être une conception relativement abstraite de la société qui. ces valeurs.v ne les traduisent par eux-mêmes contiennent est comme tendue dans une tout autre direction. voilà donc comse manifeste la notion que nous qualifierons de rationnelle. Quant à il paraîtrait s'appliquer d'emblée à une notion abstraite mais un examen un peu attentif montre bien justice la : et : (196) Cf. . La notion « rationnelle » comporle en somme l'idée d'une fonction sociale de la peine.wp(a et ôuY) qui. en particulier dans la plus graves c'est là qu'inlellectualisée. ni ces ment éléments ne sembleraient mériter l'attention s'il n'était attesté que certains termes. l'analyse philologique peut-elle expliquer l'apparition? Ce qui caractérise la première. de préférence. n'est l'objet que d'un sentiment confus (196). c'est se manifester à société elle-même doit formes les : leur histoire qu'il faut interroger. ni la pensée qu'ils xo). oixTi. d'abord l'idée d'une venT'^ikiô^loL exprime la : Or geance familiale. indiscutable.136 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE II Notion abstraite d'une pénalité organisée. jde connu. expriment les valeurs que nous venons de retrouver avec une minutie qu'on aurait pu juger excessive. dans les formes primi- tives de la peine. C'est l'antilhèse des termes qui oblige à poser le problème. § m. chap. Et la pensée d'une satisfaction requise normalement par la l'évidence dans les du châtiment. II.. rationalisée.j. ni Ç-ofjiU. la peine de mort notion primitive de la sacratio. de préférence à d'autres.à!j£'. de la conséciation du coupable.

n" 585 I. à qui et si nous remontons plus avant à la ôUti (198). mais qu'il joue pour des questions de meurtre. I. de des rapports juridiques plus ou qu'il implique moins définis. c'est sur elle que se fixe la pensée des : intéressés. devient celle de satisfaction en vertu de la tendance pratique du langage.familial qu'il le . que ce procès peut avoir : entre étrangers. (B. u. Hirzel. (198) Pour les significations primitives de 6{xt. 1. et avec les progrès du droit organisé. en tant faut primitivement rapporter. à qui paye \d. c'est le magistrat Sur la signification consqui « fournit » ce que fournissait une des parties. Il ne s'agit nullement de sentence ren- due. est manifeste : du domaine de l'arbitrage en matière de procès privés. propose de faire trancher un joue pour entre c'est.JURIDIQUE ET MORALE EN (?RÈCE qu'il a d'abord 137 fait concrètes que. 41 sq. G. membres du même au sens strict. de voies de droit ouvertes parle magistrat (Usteri.) Tovxa>v£t[jLSvoi xav Sixav So]j. Michel. tout à fait isolée. un jugement. p. 24. les formes qu'elle anticipant la sentence et Et non pas seulement comme on le voit dans l'exrequiert. l'expression est passée à celui de la justice en fait d'accusations publiques . I.v StSdvai. ce n'est pas entre parents. tante qu'otlre par ailleurs l'expression Sîxtiv ôtôdvai. d'ailleurs : . du même coup. p.. cf. qu'il : ou plus généralement litige par devant arbitre. De l'expression caractéristique SUriv SiSovat. des questions de vol. 1. sur la relation qu'elle suppose entre deux parties. Verbann.S6vai. — Themis.2^Gena elle s'est appliquée à qui oH're de s'exécujuge. procès primitif dans une organisation de justice rudimentaire et avea la pratique de l'arbitrage consenti. lieu yévoç. n.sv tov apyov (TovxaXsifievoi désigne celui qui intente l'action d'illégalité contre les auteurs de : = : menées contrevenant au présent décret). eu des valeurs tout à plus. ^cht. 127. traduit très justement xav Siviav 5o[X£v daa Rechtsverfahren gewclhren) de plus. pression Sixriv 8i. dont la valeur bcinalisée est souvent c'est dans le (197) A une seule exception près. la dérivation. n» XI.. qui jamais n'a pour sujet le juge qui « donnerait » ou qui « dirait le droit » (197). mais qui confirme la règle décret réglant la fondation de la colonie locrienne de Naupacte. L'idée motrice.. somme ou qui dépose lingot représentant une caution ou le prix du jugement. procès que nous renvoie l'histoire du mot. plus généralement. . J. voir Appendice VI. 16 sq. dans le terme. et sur le contraste que présentent sur ce point le grec et le latin. mais d'action accordée ou. mais toujours une des — l'origine doit être cherchée non pas dans une notion parties idéale de la ôlxr. C'est ^iW. c'est à l'idée d'un droit inter. mais dans une procédure primitive avant de : — s'appliquer à qui s'exécute après décidée par ter.

30 226. 75.{jLtopîa au sens de vengeance personnelle Isocr. de etc) .. on pourrait se contenter de dire que. XXI. 8 iv. chez les philosophes notamment. 280. . XVIII. l'idée de la répara147. qui Dans parlent comme la langue populaire du droit. dans celte hiérarchie ou dans cette table . la vengeance du sang (199). . c'est-à-dire. môme de cette notion complexe — en matière de crimes de même relativement au délit public d'j(3pt. L. KKCliKKCIlIvS SUR LK HKVIÔLOPI'E. serait le « premier ». dans le Contre Aristocrate de Démosthène). au bénéfice de la famille de la victime (à tout moment chez Antiphon. à l'époque classique (à la différence de ce qui s'est produit pour Çt. (Dém.. même : ou bien le mot exprime l'idée de la réparation judiciaire du meurtre. . (199) Sur cet emploi de 5{y.). ... ou l'expression Ti|icopîav Aa|ji6àveiv est appliquée à l'accusateur qui obtient condamnation (Dém. tout spécialement. etc. mais encore au tv«. 20 28 d'une réparation non judiciaire (Isocr.ijlU qui nous il fournit la contre-épreuve. chez Hérodote et Thucydide. . 64. conserve assez de prise sur les esprits pour que oUt. il est visible que celui-là. tion des 45 1 3 19 Dém. 27). XX. même : — fondement sang. Si les termes en question avaient perdu leur sens primitif. Mais le sens de satisfaction privée n'est nullement aboli. .r). 76 . 6. ils en sont venus-à désigner les sanctions pénales en général : y aurait eu évolution logique.. pour Titxwp'laet pour oIxt).. de dérivation des sens qu'instinctivement les consciences ne manquent pas de dresser. XXI. XXI. simplement.). Ce qu'il y a de remarquable.138 celle lial. XV.. Esch. par un « élargissement » — naturel et par l'oubli de leurs valeurs premières et restreintes. voir plus loia . 173) et où la condamnation même. la valeur apparaît assez souvent toute seule et toute pure (''. chez les tragiques. sous un et aussi relativement aux délits contre l'Etat. — Que le concept de peine soit précisément exprimé par les mots qui ont d'abord désigné la « satisfaction » ou la « venà première vue le fait ne laisse pas d'étongeance » privée ner.. Esch.. puisqu'il ne désigne pas le concept de peine) bien plus. l. 1. etc. . Le sens de vengeance privée lorédomine dans l'aspect immédiat de et cela non seulement au v« siècle. .MKNT DE LA PENSÉE : de « dédommagement » le souvenir du droit interfamioù plonge tout le passé du mot. XI. Dém. TiîJLtopta. les orateurs. c'est que le sens de châtiment infligé par la société et celui de satisfaction accordée à une victime sont couramment fondus d'abord et c'est évidemment là qu'il faut chercher le « injustices » privées (Isocr. puisse désigner la vengeance^ dans toute la force et avec toute la gravité de l'expression.

.. Aussi bien. En revanche. Au reste. nous verrons qu'ils supposent un état social assez avancé oii la solidarité entre les clans se dessine déjà fermement. VI. sens subsiste aussi vivant. que nous avons signalés pour Tt.copr.. sinon qu'il y a là une preuve nouvelle : — . c'est que. en contravention cf.oipia la ont directement contribué à constituer notion définitive de Il comme nous avons averti. Aucun mot de la famille de -riiatopia n'apparaît chez Homère nous n'en et concluons rien du tout. sait assez que l'expression ôr/T. du moins en un sens fort cution du meurtrier. XV. 27) l'idée d'un arrangement à Famiable extra-judiciaire — [Lys ]. nous s'agit de le montrer montrerons surtout pour la peine de mort.. avant de se faire. 8 . il nous est donné d'apercevoir de très anciennes conceptions. s'est pas résorbée tout d'un coup.. etc. la . VI. en principe. vant Ant. notre : objet essentiel.[i. Dém. la la peine. même la supposent l'exé- III Ce n'est pas les « origines » mêmes de l'idée de vengeance que notre étude pourrait se flatter d'atteindre si haut que nous fassent remonter les témoignages linguistiques. contenue dans l'idée de vengeance ne renouvelés. 12. XXX.wptav ôitep wv ÈTïeTTovôsiv XaôîTv dans une LVIII.v ôiôovai se rapporte le plus souvent'. : xoù Sy(Opov Titj. tantôt au sens d'un droit surtout restitutif (Déni. 12 offre un emploi tout à fait parallèle à ceux (Ant. se prépare.. : Si un pareil substance morale. pensée et le sentiment de la primitive Tt{ji. o9 el tov £/6pôv 'coO ira-cpà. xi[jitopeTa6at Tipoaiaction contre un à-iuo. privée. à une réparation toute privée. 38). XXIV. est de ressaisir le : moment d'une intégration définitive celle-ci. 9 avopa zz : : s'est rendu coupable à du poursuitocpeX-i^aat .jLo>ptav XafjL6àv£iv Stxr^v àaeêetaç XaêeTv en parlant de l'accusateur. dans : le le domaine antique de la justice ô'U-ri.wpta dans Isocr. VI. . ici comme ailleurs. tantôt avec l'idée plus accentuée de On et vengeance (Dém. par ailleurs. I) quelquefois elle implique (comme Tt{j. 26).JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE certain aspect. c'est donc que la si l'on peut dire.(Ta<T0ai xal tt. est considérée souvent 139 comme lajuste vengeance des torts l'éj^'ard dont l'inculpé. LIX.v iroXiv ^orfif^ccû 6' ajjia ttj TiôXei xal : ':t. XXXVII.. la Tiawpla et et privilégié. poù[jiai.

24. Ag.3 . Tt[jLwp£"î(i0ai. Grdco-ital Hechtsgesch. V. concerne spéTi{i. IV. en : tant qu'obligé d'assurer satisfaction au mort de son propre bras les enfants et petils-enfants sont des xtijccopot nés (noter une vieille formule dans Paus. sauf : . désigne le vengeur lui-même.topt!x.140 RECHERCUKS SUR LE DÉVKLOPPEMEN'T DE LA PENSÉE du peu de fonds qu'il n'aurinns-nons que celle-là. une pensée extrêmement ancienne. 1156.. 42 51). d'un terme plus ou moins objectif. quant à xtijitDpoi. 14. Au iv« siècle. 12. qui vengeance — personnage bien connu en assume comme personnellement la charge de la droit comparé Esch. elle serait décisive convient de faire souvent sur le témoijinage « indirect » du vocal'ulaire homérique.. IV. et la même encore Lysias(VI. leur de xifjLwpsTv. 4. 1372 b 4. c'est d'ailleurs ce qui a favorisé son évolution. Dinarque.£/. sa propre action elle se servira da verbe. les Lebas-Waddington. « vengeur ». etc. naient retenu toute vive. que xiijitopeTv. n'a pu être que déchéance souvent XIII... III. ne nous permettent pas de douter que ces termes. Hypéride. xi[jia)pô. En revanche.. Lycurgue. fréquent chez les tragiques. or Ti[Jiwpta est un il mot plutôt abstrait. De fait. caries emplois que nous constatons par ailleurs. ont décliné ont reçue. à des objets différents de la vengeance du : sang. 3.. a. Polit. iv« siècle abolies (Euripide s'en sert beaucoup moins. . : cialement l'action du vengeur. nous en relevons en tout six exemples (cf. 11. et xtfjLtopîa n'ont pas cessé de vivre et de se développer. de par leur composition même. n. Soph. 323) ce .. 1 . parlera des puissances divines qui réclament ou garantissent sa venEuripide. 1280. chez les tragiques surfout. Le fait peut s'expliquer n'a guère à nommer. 14^1 a 10. 41 . 4 cf. . précaire et ne les a pas sauvés. mot est employé parent de le plus souvent au singulier et s'applique au plus proche la victime. 872 E). trop engagés qu'ils étaient dans des représentations l'extension même qu'ils primitives et strictement familiales. il n'est pas attesté avant : — la famille un seul exemple dans Eschyle). n" 1683 IX. p.. . . 811. du moins le premier. 5. La notion la plus ancienne de la vengeance nous apparail avec nn caractère religieux qui porte bien la in arque de la moralité de clan. Eschine. la baisse est continue chez les orateurs Antiphon s'en sert encore assez est consommée : : (1. etc.(op6. VI. on peut dire qu'il est mort au en offre d'exemple. 10. geance .. le verbe actif xtfjiwpeTv et le substantif Ti[j.). dans le principe.2 . 29. est intéressant d'observer la fortune. 716 A. où aucun orateur ne nous deux mots se rapportent à des notions cf. 143. 1311 b21). : Choéph. Démosthène.. et Aristote eu offre iv« siècle. une autre observation c'est que le substantif xifjitopta paraît relativedoit avoir plus de portée ment récent (parmi les poètes du v* siècle. Au lieu que plus plastique comme nous le verrons. G. mais dans toute masse des orateurs du milieu du Isocrale. 729 E. W. . 4 . V. 186). Leist. et se sert beaucoup plus de ses deux prédécesseurs) à l'actif. juste trois {Hhét.l. si l'on excepte quelques emplois isolés et traditionnels de Platon [Lois.24.. désignera le ou les « vengeurs ». Des autres termes.

.? et. C'est l'état de choses le plus chez Homère. les alliés ancien qui.]. Orvj.a)X£iv). la individuel. . n" XXI. 15) l'interdiction est prononcée par tous les parents en deçà du degré de cousin les cousins issus de germains. oixsû. Un membre déterminé qu'il exerce. Qa grande maison ou la grande famille) oîxéxT. par le maître de l'esclave assassiné social. on conçoit que l'opinion publique tout entière commande la « poursuite » devoir (cf. la vengeance satisfaction d'nn besoin Il n'est nullement. elle se satisfait immédiatement au famille . Solidarité^ p. chez Homère. si la vengeance peut s'accompagner de plaisir. il peut paraître que la TijAwpLa relève d'un elle n'est obtenue que par voie de ùly. l'action de meurtre est intentée. En outre.. la poursuite (a-uvôt. G. (201) Cette fin sociale. XLVII. comme associés à la ven- autres à : geance du sang (//. ici. les alliés et les phralères participent avec les I. 581-3). si nous n'avions à souliune remarquable continuité historique sous le régime gner de la cité. (loi de Solon citée dans Lys. ou £-:aIpot.. c'est de la famille fin pour- suit : c'est une charge une sociale (204) Le commentaire d'une pareille disposition nous serait fourni déjà par termes qui désignent le plus anciennement l'esclave. comme un Westermack.^ II..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 141 D'abord. 4 et s. en son principe. Elle est chose collective. cf. stricte obligation. of Ihe ^loral Ideas. il est possible qu'il les faille reconnaître dans les Ixa'. /. quant aux phratères. X.'f\ mais droit privé relativement à la famille. le parent et le serviteur.. mais telle est la force de ce sentiment social qu'il s'est tutions le traduisent perpétué jusque dans la période classique dont les instiavec netteté relativement au groupe : plus large de la cité. Non seulement elle l'est à l'époque primitive. p. comme la cité exalte et garantit la moralité familiale. est suffisamment souligné du fait que la SixYi cpovou n'est recevable que conlre le meuitrier du parent ou de — : l'esclave de l'accusateur (iDém. 19) (200) les seuls : . la famille intéressée à la vengeance est encore une très large famille aux termes de la loi de Dracon (/. cf. YIIÏ. Mais surtout. and Devel. de l'épopée (Glotz.. elle estavant tout un devoir. bénéfice de la mais du reste. sous le nom de tiyio'I. et qui sont dérivés de ov/lq:. elle est de toute évidence l'objet d'une — . cet olxsûç désigne tour à tour. en un sens. 460 et s. Od. à l'époque et le rapport classique. se survit sont désignés. plus archaïque. 90). I. 70) (200). XIII. serait piesque ()is<'ux de le rappeler ici : .

que nous « amende » remonte peut(J. et. signifie Dict. pp. (202) Les cas II. G. ait pu désigner celle-ci ainsi dans Homère. 30. les transactions sont souverainement immorales . ni. — regarder. Au demeurant. « gardien ». partie. wpa. de môme.là se spécifie la valeur étymologique de TLuiwp'la : une vengeance du meurtrier^ c'est essenliellement assurer au à la fois « paiement » et « honneur ». ils n'ont rien à voir : est long et tîvsiv p. no xxH. c'est. Au vrai. il apparaît qu'un pareil paraît irréductible.-composition. Pour lïnstanl. en un sens très défini et qui nous la . II. 868 B. IV comment le terme traduit une pensée au régime du ysvoi.. au sens d' être à la Ti[j.awoô. il commet une infamie que la loi ne punit pas. ce sont ceux de « meurtre involontaire » . L'étymologie. chap. Hoisacq. La lotine primitive de -ri^aiopô^ est -ijjiàopo. 286. que la Titxf. on conçoit que le mot ti. comme un èlre idéal à qui l'inditirer vidu doit sacrifier son égoïsme. mais que la morale réprouve. où l'idée de « payer » sens n'a était devenue prédominante on s'est trop pressé d'assimiler Titjiâv où W où il est presque toujours bref (notamment blotz. Solidarité. est suggestive : le xi. s. au fond.-.. dans l'homérique oupo. soin ») certains emplois archaïques.-/. qu'on trouve chez Pindare la seconde partie du chez Eschyle. celle d' « résoudre.'r\ tout le — second — la ti^jl/j à laquelle il a droit. 871 B). en matière de cf. nous croyons que. . toute seule. IX. le « latin servare (qui. 7). .. c'est celui qui « f/arde Ihonneur ». nous n'avons pas en vue autre chose sinon d'établir. étym. La racine en est la même que celle du verbe ôpâv. si la cité n'intervient pas dès le premier moment. éxoOs'. d'ailleurs. (203) 2» partie.oî. p.iA± qu'il RECUERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE en vue. 105-G). 709-710.. 459 Od. dont l'idée est contenue dans laxijxwpia regarde plutôt. 288. pour d'autres objets d'ailleurs que la vengeance du sang (//. 3** ï»ôvoi. s'il s'abstient. en : . « souci.y^ ne doit être que dérivée le : mentale dans mot valeur que nous reconnaîtrons comme fonda(203). chap. rencontrons bien plus tard dans une loi d'ilion 57) T'-tj-ai. c'est moins faute a d'organisation que respect de la famille : la famille est toujours conçue comme une unité. IIG). XXII. la famille que l'individu victime. L'étymologie en est transparente mot se retrouve dans 6'jpwpô. 1. licites. pu se produire qu'à la faveur d'une confusion momentanée avec les mots de la famille de ttoivtj. par elle Nous verrons essentielle seule. et on a pu et : y rattacher (cf. des sanctions contre le parent qui se dérobe à l'action nécessaire de vengeance {Lois. tivio (letau)). mais surmort la iiif. dans le principe. négativement. De là. honneur » comme la TiijLOipta peut se une compensation pécuniaire. J. dans certains cas.|i. L'idée de « paiement » dans Tt. Pai. observer ») cf. 111. dans la législation de Platon. Transigeant hors des cas licites (202).j pp. : dans i\ opàv.jl-/..

les siens avec le mort. XXIII. 59 Platon. elle éteint la poursuite (Dém. 80). 1448-51). Lexilogus. c'est parce déclenche une force impérieuse. au v® sièexemples du mot Tt-iJ^topia au sens de « secours ». /.. l'étymologie de G. le s'établir que dans un état où sens primitif de la Tiawpia elle n'a pu la solidarité entre citoyens se con: çût à l'image de la solidarité familiale. IX. pp. 461. Lois.v {IL. Que représente cette -rip. si le meurtre impose la vengeance. et il y a même de fortes raisons de penser qu'elle a son prototype dans le pardon accordé par la victime d'un meurtre au meurtrier son parent (204) pri. et en pardonnant.. sans d'ailleurs . 333 Od. . Au vrai.-/] ? A l'époque classique.7Tpo[Jicic/ou [jiÎTpav. plus loin... Mais une pareille institution voile. ils sont nécessaires les uns aux autres. en général.. . Eurip. . si que si Ton admet la même valeur pour le régime primitif et dans la pure vengeance du sang. 0. 869 A D-E cf. expressions l'idée « comme . 'IdOjjiîaiat Aa. -ziixi^v ce). le mort combat avec les siens. II.. V. Bréal {Pour mieux connaître Homère. 169-171).JURIDIQUE l'un avec l'autre. 119) .. ii'. Gruiidzuge o. Sens fréquent chez Hérodote et Thucydide nous indiquons les références on y retrouve l'idée persistante d'un lien de parenté (Hérod. elle est : la victime peut parconçue sous un aspect individualiste donner. est encore plus intéressante pour nous.j. D'autres termes qui désignent tifs : le vengeur sont immédiatement instruc.p qui signifie. meurtrier — elle serait sans raison d'être à l'égard d'un autre l'homicide même involontaire est nécessairement qu'il vengé. v. « défenseur » et qui. ne s'expliquent (205).. chez Homère. s'applique Sur la signification de celte àfeatî. en particulier. c. voir notre commentaire à Platon. nous le dérober. que Bréal conteste à tort. mitivement. honneur et de là un emploi comme 83-4: YJXOov TijJiâopo. Hipp. IX. celle de la solidarité du clan qui s'exprime dans l'idée d'une « assistance » réciproque : les cle remarquables que nous rencontrons. CurVius. 235 (204) (20o) : . l'explique comme équivalant à a-j^r^xT-p et comme proche parent de aux'ilium. n. s. ainsi l'homérique ào(TJTj-:r. est synonyme de -ctiatopoç (//.fjitopeTv. et la phonétique la justitie amplement : le mot serait de la même famille que le latin socius et s'ap- parenterait à £7ro|jiai ainsi qu'oTtàcov qui justement. XXII. p. Mais le ET MORALE EN GRECE était 143 aux des rapprochement xîv£t.. XXXVII. fondamentale dans « c'est esprits par — suggéré Nous conclurons donc que celle — sauf à la défmir — d'un celui de Pindare.

. et on le trouve encore — . Les vengeurs sont encore désignés du terme "Apeoj àXxx-^pe. 1. Gr. LIX.. 1 [Dém. . (Soph. » n'y a pas lieu d'établir entre les deux sens vengeance Il — du prêté aux Dieux chronologiquement antérieur à le — — ni de soutenir que tout qe qui l'autre .. nous voyons le mort assister les siens dans Esch. De fait.. àocoYOt. Inversement. celui-ci n'est pas un honneur aux puissances Ce qui revient à fondamental de la vengeance du Dieu. Tt-jAcopelv a une valeur essentiellement à l'époque classique si peu religieuse. et une fois personnelle. 477 rapporté aux divinités clithoniennes. que mot faire Tij^copeiv (« divines ») fixe plus spécialement la notion.]. le c'est d'elle moment privilégié de ce devoir.(5. Soph. « apaisé ». le verbe n'a pas pour régime le nom personnel d'un Dieu dans . EL. serment des Amphictyons dans les deux derniers exem- avec n'en est que plus remarquable les dieux » comme régime au datif .. cf. 24). de la défense. Hérod.çpt. qu'il y (( ait subsisté. il n'existe plus de façon active ni aTio: s'expliquerait pas que d'un Ti-ji-woc^v tw QavovTi tout seul ait pu être dérivé un TijjLwpsîv toiç Oeo^ On ne on remarquera du reste cette dernière expression elle-même. II. (206) Pour T. et le fait le Dieu » ou « CE. dans désigne les tenants.496. la scène judiciaire du Bouclier d'Achille {IL.à[j. directe et brutale groupe qui une « dérivation logique familiale et « secours l'un est » Tijjiwpei toîç OsoTç (206). le verbe Tiacopelv nous fournit les précisions nécessaires. où l'on retiendra l'emploi du mot àpioy^j au v... (Soph. dans l'expression attxâ-wv èTiîxoupo. 139. ples. Œ. ft. Sur le sens même de la Tijjiwpia. Eurip. Choéph. II. 147). 115. : représente. 127. — : . dans sentiment la collectif et religieux du vlvoç..). il représente l'équivalent du « secours prêté par à un individu du . Andoc. 126 (L. 502). p. 63 ïhuc.. /?. dire que le sens religieux et sang apparaît tout de suite plus indéfini que ne le traduirait la notion d'un sacrifice au mort. XVIII. I.. qui se commenfe lui m^me on notera aussi l'idée du secours.. une la souffrance et comme une parce que le diminution. les partisans des deux familles adverses . Schmidt. Eth. et vengeance du mort est la forme plus active de cette réaction. R. il s'agit d'une action collective. 136.144 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE même groupe social. (E. 138) ou aljjLaTwv àpcoyô. ..}jiwi-. 461-509.. d. : ») les vivants. II. cf. déclenche une réaction nécessaire . 86 Esch..

r£'iSw). D'une façon générale. les rites du deuil et : il s'agit les rites . Solidarité. 73 (208). Mais comment croire que. s'agit le rite où appatoujours. L'idée du fantôme. Lois. a relevé comme swruiyaZ remarquable dans (207) Rohde. impersonnelle. qui émane de son cadavre. Platon. isolée et comme autonome. et qui s'intègre et s. d'un érarpoç qui ne doit pas rester sans de la vengeance relèvent de la môme l'idée psychologie. du sang elle-même.wpia zolq ôeoTç comporte un combat et c'est bien en effet par un àywv que l'on fait honneur aux puissances divi. la notion de l'individu soit assez forte et assez émouvante pour faire surgir. il ne faut pas la considérer en elle-même. XXII. 73-76). qui nourrit cette image. 175 et s. l'image d'un fantôme du mort qui réclame impérieusement des siens l'offrande d'un meurtre compensatoire ? Cette puissance qui habite la victime. nes (cf. par certaines exécutions fameuses. les /. en pleine lumière. Non seulement dans la légende. 872 B. y. Par là se marque grandes l'unité profonde du terme. les termes de cette famille impliquent d'un courroux religieux et d'une force religieuse. [Ant. victime (207) la élément essentiel un sacrifice expiatoire à victime est exigeante. par le sacrifice bien connu de Polyxène. et son ressentiment. et la raison pourquoi il est également consacré au combat judiciaire et aux luttes athlétiques. I.ov ne jouit nullement du privilège qui la elle répond certes à poussée naturelle d'une imagination collective et passionnée. mais en pleine époque historique. de semblerait. Psyché. à elle toute seule. une" des forces les plus redoutables qui soient.. IX. sépulture Dans ce dernier exemple. Esch. pp.. .]. (208) cf.ç (//. 7) est |x'?iv!. mais la notion fondamentale qui joue ici. cérémonies religieuses.. l'épopée homérique le sacrifice des Troyens sur le tombeau de Patrocle {IL. soit dans la vengeance soit dans La c'est réparation sera conçue comme le acte religieux parce que une unité religieuse que : yévoç. au premier du mort qui s'impose aux la consciences elle est affirmée par les rites de vendetta qui comportent la comme . serment des Amphictyons. à l'âge du yévoç. d'Hérodote manifeste rapport intime entre la il comme représentations religieuses les plus fondamende choses égyptiennes. ne peut être que révélateur : raît ici la T'. IV. ti^ut] plan. et les il est même le employé absolument. sa 358 Od..[i. c'est la Sans doute. mais le vocabulaire. XXIII. c). c'est celle d'une force à la nature religieuse confuse. pp. la même M pensée primitive se perpétue (Glotz.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE le 145 — L'exemple vengeance tales .). XI.

. la puissance néfaste provoquée par le meurtre appelle les maladies mystérieuses sur le parent qui se dérobe au devoir de vengeance (Esch. du verbe qui signifie la faute religieuse (p. etc. un esprit moderne ferait la distinction mais la pensée religieuse.o. £v0. au v. IV. 1578).]. SuppL.|jL(opta \ moins individuelles du fantôme le sang de la famille — puissance impersonnelle. se traduit : : : . cl le yaîa tA'f. Mais cette idée se manifeste aussi de manière plus profonde. IX. d'une Suvaiiiî Tipo. cf. et d'autre part. 4. àXiTr^pio. p.. 277. a. p. sous l'influence des idées nouvelles.. Themis. où le talion est garanti parles Moïpa: et par A{xt„ normalement associées pour exprimer l'idée d'un ordre cpsmiquc [J. A(/. p. 8 y. . Il n'est même pas nécessaire que l'être auquel la assure satisfaction soit conçu sous les espèces plus ou Tt. et TrooripoTraio...^ 212 276-82. mieux encore. . la victime.]. 1377 et s. et III. dans celle d'une « puissance ». déter[jLidaTcop. a. II. 141 (Tifxojpoi envoyés par le Dieu). de mêmeTipocTTpoTratoi. essentiellement indéfinie. Euripide. le criminel et le fantôme du mort. Ag. E. (210). n. — d'Alcméon (210 Cf. Harrison. 1\syche. . 2). On observera en outre qu'une partie de ces mots se rapporte en même temps à d'autres idées ou plus exactement. 4). Le genre ni le nombre n'en sont minés on dit le plus souvent ol àXiT-rjptot. Rohde. Choéph. 3 4 ^. souvent. 6eôiv qui est à la disposition du mort et qui : : : : s'associe à la Ti[xwp(a des siens (Hérod. 306-14. TtpocrcpoTraio. sous des espèces plus impersonnelles soit dans la notion des divinités chthoniennes ou même des « Dieux d'en haut » (Esch.. des mythes comme celui . dans VOreslie d't^schyle (on sait que. 1. Rohde. 28. 4). a. aa fantôme de sutlisamment dans la multiplicité des termes qui les pourtant de façon spéciale désignent àXâaxwp. a. Choéph. Surtout. la vertu divine de la vengeance présente un caractère en quelque sorte cosmique : elle impose aux consciences l'idée du talion comme d'une loi du monde (Esch. 1429-30.. 129. 2. (c'est l'emploi normal dans les Tétralogies du Pseudo-Antiphon IV. 120). Psyché. . o. chez Or. 163. Hérod. 9). III. II. Sur la notion de pp. 517-8] cf. elle est battue en brèche 161. 276. n. soit.. n'éprouve aucun embarras à désigner par les mêmes termes [jiiâaTtop ou TraXâir/aio. -^o £v6j[jliov aussi bien ces ligures indistinctes se transforment spon{ibid.. ni à exprimer dans les mots de même famille Tipourpéirecyea'. Ti(xaopou.). 296).. ni à dériver àXiTT^pio. p.>[i. la Terre souillée et « courroucée » par le meurtre.. IV..146 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : môme la la Tt[xwp'la mort violente suscite la fatalité mécanique du est une libération qu'autorise et sanctionne talion. . on dit aussi -zb irpoTcpoTraiov ([Ant.vtsaaa d'Esch. 7. TaXàjjLvaio. 2) tanément l'une en l'autre ([Ant. n. qui sont également principes de souillure et objets de préservation rituelle. cf... 39).t. : (209) L'idée d'une force divine immanente ù la vengeance a suscité la notion du Dieu personnel qui tout ensemble ordonne et garantit la xifxwpia c'est là proprement la pensée de la tragédie. 267. c^est le « sang » — fimpersonnalité des représentations relatives à l'àme. noie. l'ordre des choses (209).

. 144. (214) : la notion du s.. être lavé. Esch. exige le sang — 1197) (212)... (212) Cf.]. § II.a tôjv IV. chap. '^ôô' aT. sinon très vieilles représentations s'attestent ici.aa TifxtopeTjeai.. chose remarquable. p. on notera IV.. T. Reallex. Y> "^^9 àXiT-fjpuov àx£(7a. Principe qui est appliqué à l'époque classique dans la purification du meurtrier involontaire. fr. uv^vlw.. s. 44.ç. le sang de l'animal du sacrifice (ta-jest dans Esch. MYivt. 71. i. Mord.tov Wkv. l/idée du sang comme requérant la vengeance apparaît dans Eurip. Eurip. 400 a'îfjiaxoç Tijjicopîai. 491). OE. l'animal victime étant substitué à la victime humaine..T|vi[j. Sept.. si conformes à tout ce que nous savons de la mentalité primitive. on arrive à distinguer la puissance divine qui habite le mort et le mort lui-même ([Ant. citées p. (211) Cf. parce qu'il en éteint la vertu redoutable Le même principe joue aussi bien. c'est-à-dire ''' • — pour l'oxécution du meurtrier.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE l'acte 117 religieuse l'effet démon du meurtrier suppliant — revêtu d'une puissance redoutable delà victime (211). et à la même époque. a. : : 101 : (î>. (p. dans le même ordre d'idées. dans la le principe. pp. Schrader.sQvKÔoyj Aff. S27-8 Le sentiment avec lequel on considère les meurtres perpétrés à l'intérieur relever en particulier de l'oî^oî ne laisse pas d'éclairer la xiixwpîa elle-même (213) Gilbert. et de là vient elle la multiplicité des emplois d'un mot comme [a-ôv-ç — correspond aux diverses attitudes des vivants. Psijche. et de là vient leur ce sont les sentiments de la famille qui se traduisent dans les sentiments des êtres religieux. 2« partie. [Ant. 1177) et sang (particulièrement nets parfois même. 516-8.. 5a{îj. à la vertu le divine du sang. pour peîou cpovou de là oôvttj çpovov ey-viir-eiv (Eurip. Rohde. lîél. v.aà^ov ttoXiv . etc. 1568 et — invoqué par Clytemnestre dans Esch. On sait du reste : que le mot cpovo. 78). Cette forme de pensée dit un âge primitif. signifie assez souvent Alcman. dans la vengeance réelle. c'est le sang versé qui suscite la vengeance du mort (d'où place tout à fait à part que le délit d'empoisonnement a gardée dans le droit) (213). . Eum. ^. 77. (214).. 8) : l'expression de fXYJvijjia OsoJv chez Homère (cf. que de et àptoyo. 101).aa /^£i. A qui voudrait nier l'antiquité de pareilles notions.. de même dans les expressions alijiâToiv èTTtxo'jpo. Or.] "^o'jTou 'jovtj> to [jt. Il est possible. Du reste. il n'est que de faire observer que. l'empire du ylvoç fortement intégré c'est la famille solidaire que les puissances : mythiques attestent aux consciences impersonnalité . sous — — et le d'un besoin relativement récent d'abstraction et de personnalisation... Aie. et plus nette encore. et Eurip. 4. effective. c'est ce qui en précise le sens il y a : sacrifice.... R.. I. 733 aT... On a rappelé l'évolution du mot «ùOsvtt. le sang expiatoire a des vertus du même ordre que le sang du mort. cf. III. relatives même probable. Le sang. précisément d'où Tunité du terme cpovo. Soph. Beitrcige. cf. cf.ji£vou^. Troy..

î. Tr. Ant. [jL7ivi. c'est en fonction d'elle que la pensée de ext [xf. et où nous le voyons désigner spécialesentiment d'une cité... la victime que (217). tantôt le mort qui « exauce » les siens. Ewn. ce qui Cf. garantit refficacité du père) Soph. lequel a pour sujet tantôt le parent qui « honore » la victime.. on peut rapprocher le mot IvGùjxwv qui.118 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE peuvent s'appliquer spé(*ialement à la colère des dieux (//. Esch. Ainsi. Soph. la leçon : c'est — [xf.vt(.viî (jLdfaTeip' ix Oeôiv. 274. à qui s'adressent ces injures. 1. à qui la contradiction ne coûte point. 965.^ 1177 ('Epivù.. la TLp-wpia intéresse moins.ov Eo-TG) AajjiaTpo. 229 IX.. V. paraît avoir échappé à Ameis qui corrige le texte. V. Collitz. répond TiuLY] aux deux faces de la notion de Bien suggestifs sont aussi les exemples qu'offre Hérodote du verbe p-rivlo).^ n° 3541. lequel s'applique proprement au sentiment de famille. une espèce de proverbe. et normalement aussi exige d'être réveillé pour concourir à la poursuite. que la colère des Dieux pèse lourdeune pensée générale. voir 2« partie. l'est aussi aux divinités (£v9upn. 177 (215). chap.p. Esch. {XTiv'lw s'applique au « courroux : » . symbole. Dans le domaine de la famille (216). 1274. C. cf. (218) Hérod. IV.|jLa cf.. Au reste. . Rapport que traduit l'emploi bilatéral de TitjLâv. du fils). assez puissant pour que le meurtrier ait besoin de l'enchaîner. drapeau de la famille. 84 (où c'est un objet religieux qui provoque la « colère» les Athéniens veulent venger sur les Epidauriens l'outrage fait aux statues de : Damia (219) mort à fin de vengeance.. un mystique do (215) Nous adoptons ment sur les hommes. XVI. dans le vocabulaire.yi est si peu autonome que l'efficace du mort (219) a besoin tant — — peu capable d'une d'être entretenue c'est par l'efficace des vivants ut des. la pensée religieuse. la victime devenant représentation. 8. (216) Remarquer l'opposition {II. 7. lui fait écho. 101). : entre lui et eux.. au fond. chez Eschyle et chez Euripide. p. chap. 123. (2n) Voir 2« partie. d'un proche dont l'àpà ou Soph. J327 ('Epivj. OE. Koupa. violentes d'Oreste et d'Electre. Sur la pratique des injures au . ordinairement rapporté au démon du mort. OE. a été réduit à l'impuissance par ses meurtriers grâce au jxaayamais rien n'indique que ce soit là' la raison d'être des objurgations >via|xô(. C. le xat. SuppL. 281) entre (jLTfivtôfjLdç et cpiX(5TT. Dialektinschr. — la famille : le fantôme de celle-là est si force religieuse pouraction indépendante. Il est vrai qu'Agamemnon. 'Epivy. VII. familial et religieux. l'idée de sa Tt. Oewv d'Homère)... peut très bien admettre que le fantôme du mort soit normalement : et d'Auxèsia) .. Ce double emploi. m. ment un sentiment collectif (218) mais la cité succède au yévoç et.

etc. 811. soit à rapporter à la famille — Hérod. en général. Œ. XXIII. dans le tout entière (pour cette valeur 0ai. 4. 14. Ainsi dans Tijj-wpsLv. VI. d'abord : est possible que. l'idée d'un individu que poursuit la vengeance glisse au second plan pour laisser s'atïirmer le privilège de la victime la vraie valeur de la notion est dans T!. Or. IV. répondent indistinctement les uns pour les autres.. il principe. a .. .. Tt-p-copslcrBat. en face de tifjiwpia suivi du datif. PoL... grande majorité des cas. et au I.. Soph. quant il à Tiixwps'ia- du moyen. C.. VIII. 547. il ait eu ainsi la fortune que nous savons en tout cas. R.. celle de uTiép devient normale XIII.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 149 la TijjLwp'la se constitue. : de la personne dont on se venge ou que l'on châtie (Thuc.. )>. concerne l'acte propre du vengeur. 1311 b 21). Aie. 82. et suppose déjà la nécessité des voies judiciaires. Eurip. les plus anciens emplois de ne comportent pas. c'est cette dernière construction qu'il emploie en revanche. 120 Ant. l'un et l'autre ont pour régime au datif — le nom de l'individu vengé (Soph. soit datif :Esch. a 4 y. . L'idée de la victime comme bénéficiant du même primat dans les constructions de xif^topoç (qui n'a pour régime que le nom de la victime. Or. 10. dans Soph. .. 1. 10).) dans les emplois les plus anciens de xi[jt. Chose naturelle si la « poursuite » vise en réalité une espèce de sacrifice à l'être religieux qu'est la famille une première phase dont gnage (220).. 88. « faire hon: on sait d'ailleurs que. En principe. a. 399. à propos . 776 924 29 IV. à la personne définie du meurtrier. de TijjLwpsïv et même de xtfjLtop£T(T0at : . V. Léocr.. qui représente un lien moins exclusif entre le vengeur et le vengé. . 24 349. 41. 74 (datif au § 3) et dans quelques rares survivances (Dém. 2^ partie. 733. Ant. pp. ne se développe qu'après le v^ siècle Ant.. . génitif. les une solidarité passive. TijjLtopeTv zolç ôeoTç Arist.. soit au 21. 1. .. cf. n. le plus souvent. mais dans la .. sauf dans l'expression 51.wpta : bien avant de dire (220) Voir les cas légendaires rassemblés par Glotz.) La construction avec ôusp. chez Lysias.. 100) et que. 6. 1. 433 avec le nom de l'individu puni n'est devenue fréquente que sous un régime de justice sociale dont elle ne de là aussi xtfxwpîa avec le génitif laisse pas de traduire la souveraineté : apparaît. 719. à venger apparaît Isocr. à l'actif. EL. concernant naturellement une action collective. Lyc.. celle-ci n'a pas égard au meuitrier. Choéph. I. EL.. elle reste la règle après lui. elle Eurip. : déjà xiijLwpta uTiép. et pour seul régime. dans Grèce porte indirectement témoimembres du yévoç du meurtrier sont soumis à : la neur au mort Tt|jicop£Tv. 107. —D'autre part. Solidarité. régime représentant l'individu poursuivi la construction avec l'accusatif de la vengeance du mort.[jL(i)p£lv tw kizo^avôyv. 143. etc. 25. Ttjjiwpoç au début.. IX. 185. V. VIII. 165 et s. 42.

130
xifjLcopta

RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
-tvi;

on Ta

au sens de punition ou vengeance exercée sur quelqu'un, au sens de satisfaction assurée à un mort (de quoi témoignent Eurip., Or.^ 425; 400, [xr^zoo; a"ijLaxo; xifjitiiptai Ant., I, o) et c'est encore toute une partie de l'histoire sociale ot morale qui se traduit dans le contraste de ces deux usages.
dit
;
;

IV

A

gieux

la TijjLwpia est donc de là cette gravité
:

inhérent un véritable idéalisme relimorale dont le mot est resté toujours

chargé. Mais il est évident que, pour comprendre comment le terme a été transposé de la vengeance familiale à la pénalité,
faut faire intervenir un grand fait social. Déjà le tableau que nous avons retracé retient l'idée latente d'une solidarité assez étroite entre les ysvYi pour la pensée collective, la loi de talion joue suivant une fatalité mécanique qui n'est vraiil
:

ment

intelligible

que

si le

meurtrier et la victime sont sentis
il

comme
entre la

de

la

même

société: de fait,

s'est

opéré une fusion

Gs^at.;,
:

justice intra-familialc, et la oUri, justice inter-

familiale

les tragiques, derniers échos des vieilles idées, ne voient plus la différence chez eux, symbole expressif, la SUti sévit avec prédilection sur le meurtrier crim parent (221). Du
;

point critique oii les idées relatives à la vengeance tournent et s'infléchissent, c'est le mot SUyi qui va nous donner la position. Pendant la période où la cité se constitue pour nous, elle

dans une série de témoignages linguistiques qui ne commence qu'après Homère pour s'achever aux tragiques oU'o s'est incorporé les valeurs religieuses que nous avons pu lire dans Tifjtwpîa. A'Ixy) ou oixai 7ra-:p6s se dit dans le même sens et avec le même sentiment que Tiawpia ^la^pôç.
se reflète

C'est ainsi

que nous relevons dos constructions
;

comme

Esch., Ag.,

1432:

èiJif,;

iraiScx; ôtxTjV
•?!

fr.

259 N.,
xôxov,

fjijioiv

ys

{J.£vxot

Niti-sai; è'aO' JTCspTepa,

xal Toù GavôvToc
AtxTj

Aîxr, Tipâaaret,

il

du mort

»

:

parallèlement à
Clioéph., 148;

y^ijkov NéijieiTt;, «

convient de comprendre « la la Némésis des dieux »
515 523 539
cf.

(221)Esch.,

yl<7.,

1432

;

Eum.,

511
la

;

;

:

;

554 et 564,

également dans
lièrement sur
le

le

chœur des Erinyes (dans
aux Erinyes
:

conception spéciale des EuméEurip.,
Or., 194
veille particu531, etc. Cf.
;

nides, la AfxTj, associée

[v.

511] qui la représentent,

mariage

211-8); Soph..

EL. 34

;

Platon, Lois, IX, 872 E.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE

lai

(d'en haut), suivant l'interprétation de H. Weil, Et. sur le dr. ant., p. 57, 2° parce qu'ainsi le sens est plus satisfaisant avec la leçon xôxov, et n. 3
;

la

6't(o

la leçon xàcpov Soph., E/., 33-34 Eurip., EL, 676 iratpo?,.. ôtXTjV Or., 531 -ivci; ixr^-zpo^ ô(xa<;. Cet emploi est tout à fait parallèle à celui que nous avons signalé plus haut pour -zijjLOjpîa suivi du génitif; il ne se retrouve plus en dehors des tragiques. La fusion entre la Tijjiwpia et la Sîxtj est
;

construction bien plus naturelle avec
xpoTTtjj

:

TraTpo; ôîxa^

àpot[ji.-ir)v

;

:

;

:

xiixoiooq StxY)

assez intime pour avoir suggéré l'expression fréquente et toute faite de celle-ci a pu prendre, notamment sous l'influence des spéculations orphiques qui attribuaient une importance centrale à la Aîxr^ (222)
:

très général, ainsi dans Plat., Lois, IV, 716 A (223) mais sa valeur primitive, qu'indiquerait déjà le seul terme vieilli de xifjitopô;, n'est pas

un sens

;

douteuse

:

elle

exprime

l'idée

Platon, Lois, IX, 872 E).

de la vengeance du sang (Eurip., E/., 676 Dans Soph., fr. 104 N., 9, ôîxt) xifxwpo;; est
;

accompagné du
tion
.

génitif xaxôjv,

comme

recelant l'idée nouvelle de la puni-

Par

8(x7i

comme

par

Ti^jtwp'.a,

c'est

une nécessité religieuse

qui est conçue dans la vengeance, c'est une efficace religieuse qui est attribuée au meurtre (224) la Suti est envoyée par le
:

mort à qui Ton demande
Choéph., 147-8);
et
la

d'être

uojjltco;

twv eo-OXwv àvw (Esch.,

immanente à la Ton rapporte volontiers, mais non exclusivevengeance que ment, à l'àptoY'/] du mort, explique le rapprochement et presque
notion d'une force divine
l'assimilation de AixYi et de
'Ep',vuc,

laquelle est proprement la

malédiction toute-puissante (Esch., Ag.^ 1432-83). Dans ce derle mot itkoq et ses nier texte, la oixyi est qualifiée de TÉXew^ l'idée d'une vertu efficace contenue composés, qui impliquent
:

originairement dans le rite^ sont volontiers associés au mol Wiinsch, n" 103 a (Pirée); Elien, H. V., III, 43, réponse S'IxYi t' de la Pythie aux Sybarites, v. 5 Soph., Aj., 1390 ij.v7][àwv xal T£À£(7cp6poç A'ixri. Dès Hésiode, à vrai dire, la relation 'EpivOç
:
;

:

est

c'est

et ce qui en précise le sens, et /., 217-8) a en quelque sorte pour ministre la force que redoutable et infaillible de ce Sondergott qu'est le « Serment »,

indiquée {Tr.
la ôUyi

"Opxoç (v.

219); mais la
la A^vcti

Vv/.i\

n'est

devenue

-ziltioc,

par elle-

(222) Sur la place de legomena, p. 506.

dans

la

pensée orphique,
:

cf. J.

E. Harrison, Pro-

(223)

d'ailleurs elle se suffit à
lui

elle-même

Hirzel, Themis, p. 141, n. 2,
vôjxou.

com-

met un contre-sens en
(224)

rattachant toG Sstou
[xr.vttxa

Exemple de

8{xt,

issue d'un

dans Paus,, IX,

25, 8-9.

lo2

RECDERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

même,
de
la

pénétré

notion de sa valeur impérieuse et universelle n'a pensée morale qu'en s'impré^nant de l'idée même vengeance du sang, de sa nécessité religieuse et de sa
la
la

vertu divine.

Par

suite,

la

oixT^

vient s'insérer dans les

qu'on lui prêle, sur le modèle de imaginée la malédiction entraînée par le meurtre et indéfiniment rebondissante (225), ou sur le type des TijjiaL de clans, forces divines qui s'entrechoquent (226). Ce sont les tragiques surtout qui

cadres de
à

la

pensée familiale,

et

l'aclivité

comme

une vraie puissance,

est

dressent cette idée; mais dans leur langue, héritage social, se traduit bien une psychologie collective dans un texte ancien,
:

la

vengeance du sang, avec

la

forme nouvelle

mence à

revêtir, est rapportée sous le

nom

de

qu'elle comSrlxrj à Apollon,

symbole des enseignements delphiques (227). Si, en effet, la SUy] retrouve et prolonge d'anciennes représentations, elle les retrempe. Par lui-même, le mot affirme une notion neuve et impérieuse celle du jugement par la société le meurtre déchaînait la guerre il provoque une action en justice. Mais on s'explique que, tout ensemble, il y ait désormais du nouveau dans la pensée sociale et que les anciennes représentations ne soient pas périmées pour autant. Relativement au meurtrier et à la victime, Tidée de la « venn'est pas d'abord fondamentalement changée la geance cité, respectueuse du privilège de la famille, continue de lui assurer son dû, qui est une espèce de sacrifice. Mais elle le lui
: ; :

))

:

le

assure par le ministère d'une justice organisée, hors de laquelle châtiment du meurtrier ne saurait s'obtenir. C'est cette
(225) Eurip., SiippL,

615

:

6{xa 6(vcav
et

êxd)^£c:s

xal cpovo?
cpôvo;

oôvov

(cf.

à|i£(4'S'f*i tp(5vov Sixiîjuv

cpdvoç,

les

emplois de

signalés p. 147).

EL, 1093: La ôixt;

« appelle »

la Sîxt,,

comme
(cf.
:

ï

'Epivûi;,

à qui" elle est

souvent associée, rebondit

d'un individu à l'autre
"ApT,; et la

Hirzel, Themis, p. 143, n. 5).

"Api^ç "Apst ^u|jL6a>^cT, A(-/ca Aîxa(pour le rapport entre vengeance du sang, cf. p. 90). Cf. Pind., fr. 215. (221) Alcée, dans un péan en Ihonneur d'Apollon (ap. Himer., Or., XIV, 10), raconte que le Dieu avait été envoyé à Delphes par son père Zeus, sxeîdev ~po-

(226)Esch., Choéph., 461

.

!pT,x£ÛovTa o(xT,v xal eéjxiv toîç "EXXt.g'.v (cf.

Gilbert, Beilriige,

pp.

apercevons

ici la

fusion entre la

6é}ii<;

et la Sixti (cf. p. 150).

La

Sixti

506-7). Nous est si bien

la voit rapportée spécialement aux divinités chthoniennes (pseudo-pythagoricien Théagès ap. Stob., Flor., I, 67, cf. K. F. Hermann, Ueber Gesetz... im gr. Alt., p. 7), c'est-à-dire aux ministres de la tijxwp(a, avec qui dans le principe elle n'avait aucun rapport.

associée à la vengeance qu'on

JURIQUE ET MORALE EN GRÈCE

153
le

notion d'un pouvoir supérieur et souverain qui pénètre
5(x7i
:

mot

que la S'IxTi-jugement réalise la vengeance du sang que, tout ensemble, celle-ci se subordonne à celle-là, et que la première, en retour, bénéficie du prestige impérieux qui s'attachait à la seconde. Tant que la sentence d'un arbilre ne tranchait que la question du paiement d'une tcoivt] ou même d'une délimitation de propriété, certes elle apparaissait déjà
c'est parce

car la liaison du procès se fait suisous un aspect religieux vant des formes solennelles et consacrées, et une vénération spéciale entoure le corps des Suai, la tradition des précédents

où puise
«

le

juge

— mais

la hUri

par laquelle est reconnu un

vainqueur », la SUyi, puissance idéale que le SuàÇwv dit être en effet (228), et non métaphoriquement, de tel côté, n'agit plus, une fois émanée de sa sentence, qu'en dehors de la
société (229), c'est-à-dire sous
lise la

un aspect non plus proprement

quand elle réavengeance du sang, sous le contrôle et la garantie de toute la société, que la Stxri, puissance jadis émouvante, mais lointaine, prend sous les yeux des hommes corps et âme (230). Chose frappante, l'évolution sémantique où se reflète le mouvement de la pensée sociale, s'est faite avec une rapidité et comme en une crise qui témoigne que tout était prêt dans les consciences. On assiste à une sorte de cristallisation le sentiment d'une solidarité entre les familles, que nous avons vu préformé dans la 'zi^iùpioL, brusquement se dessine avec netteté, traduit tout d'un coup, dans le domaine de l'homicide, l'empire nouveau d'une justice sociale rien ne montre mieux
;
:

religieux, mais en quelque sorte magique. C'est

(228)

C'est parce

que

la

Six-ri

recèle

une puissance
:

religieuse,

même

à ce

moment, qu'on peut
(229)

la dire

plus ou moins forte

Hés,, Ti\ et

J., 272,

[xs{Ç(.) Sfvt-riv

On

sait que,

même
:

à l'époque classique, l'exécution du jugement est

l'af-

faire de la partie gagnante (de là, du reste, BU-f\ au sens de voie d'exécution dans 8[vtr, oûat'aç et autres Beauchet, Dr. pr. de la rép. ath., III, p. 370). A l'ori-

gine, l'exécution a

se faire sous la

forme des
à fixer
le

«

représailles

»,

de ces aOXai

dont nous aurons

(2^ partie,

chap.

111)

sens premier.

(230) C'est l'idée de la vengeance du sang, et de la « victoire » où elle s'accomplit, qui donne son plein sens à l'expression Sut^ vixTiÇÔpoî, Esch Choéph.,
,

148.

développement et l'exaltation de la Aîtcti comme puissance divine, de quoi témoigne le vocabulaire d'Eschyle lui-même (Dindorf, Lex. JEsch., s. v., relève 33 exemples de Aîxt, divinisée, sur 92 contre 5 de es[jLt;).
De
là le

|.*>4

RECHERCnES SLR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE
la cité était

comme

attendue.

En

eiïet, le

et nous en avons, plus anciens exemples que nous en ayons ne désigne jamais chez Homère, une quantité appréciable chez les tragiques, au contraire, ce sens appala vengeance
:

— —

terme

oUri,

dans

les

raît

avec un éclat sinistre.

Aussi bien, riiistoire du mot nous permet-elle de ressaisir un intermédiaire entre la période de la ven^jeance purement privée et celle de la jusde la « société liomérique » sont exclues aussi bien la coutice sociale
:

tume d'une composition

tarifée

que

la faculté

même

de faire admettre,

par voie d'arbitrage, le principe ou le taux d'une ttoivtj ; or, nous constatons à l'époque classique que Stxr, a pris le sens de « rançon » (231), et de
d'après tout ce que nous rançon plus ou moins fixée par la coutume savons de lui, d'après son sens positif lui-même, le mot n'a pu recevoir cette valeur que s'il l'avait eue dans les relations inter-familiales otxr, (ou xaxaotxri), ce fut donc la sentence qui fixe, conformément à la coutume, ce fut aussi la composition même. le taux d'une composition (232),
: :

Cette période se place après Homère; régime de la justice sociale entre ces
\_

tance

qu'entre vô[jio;-coutume et
;
:

immédiatement après, s'établit le deux moments, il y a la môme disles deux évolutions sont vo[jio;-loi
:

connexes l'idée de Stxr^ se libère de la notion de précédent— de Tinconscient de la coutume elle traduit le pouvoir autonome d'une justice organisée et souveraine. En d'autres termes, elle prend un aspect rationnel.

Ainsi définie, tout ensemble nourrie de religion et fortement intellectualisée (233), l'idée de.(( vengeance » offre les conditions nécessaires pour devenir comme le modèle de la notion de
pénalité dans les cadres de la tioXiç
:

régime

oii le délit

public lui-même

est

on conçoit que, sous un réprimé sur l'initiative

des particuliers, les représentations qui lui sont associées obsèdent les consciences et dessinent un prototype de l'action criminelle à tous ses moments. De là l'emploi général des mots
5'.G)X£t.v se rattache évidemqui désignent la « poursuite » tout d'abord, à la vengeance du sang, et il continue ment,
:

(231)

Thuc,

V, 49,

1.

Il

s'agit d'ailleurs d'une peine
la

relative à

un

délit

reli:

gieux; mais elle est calculée à

rançon des prisonniers de guerre deux mines par hoplite, ce qui est bien le tarif normal du XÛTpov (Hérod., Y, 11). tt.ç 5{xt,i; tô xtîxr.ixa StirXoûv (232) Une trace assez nette dans Hérondas. Il, 47-8
la
:

manière de

TsXetTW.

JX, trad. et

Ce double aspect apparaît dans la doctrine delphique (cf. Platon, Lois, comment., Introd.) où du reste nous apercevons l'emploi nouveau du mot vdfjLo;, celui-ci exprimant à peut-être les premiers emplois nouveaux la fois, dans un stade intermédiaire, l'idée du rite traditionnel et celle d'une réglementation systématique du droit (Platon, Lois, IX, 865 B, etc.).
(233)

;iURIDIQUE ET

MORALE EN GREGE

15o
la fois juridique de Dracon, 1. 21
;

à êlre consacré dans le langage technique
et religieux

— pour

—à

l'action de

meurtre

(loi

[Dém.], XLVII, 70); mais il s'applique aussi à toute accusation de même sTtsÇspy^scrQat. dont la même valeur primitive est
;

II, a, 2 (234), Platon, Lois, IX, I, 1 871 B, 873 E, etc. le procès tout entier est une « lutte », nous le savons^ et la sentence détermine une « victoire ». Mais il y

assez indiquée par Ant.,
;

;

a plus qu'une analogie l'analogie sans doute est ici assez fonelle dée, assez réelle pour gouverner la pensée sociale,
;

explique que les mots Sîxyi et Ttpiwpta aient été promus à désielle n'explique pas leur gner la pénalité privilège incontestable. Pour comprendre, il faut ressaisir la valeur profonde et inconsciente que recela toujours pour les Athéniens la -rt.tji.djp'la. Et pour cela, il faut faire état d'un des sens les plus anciens celui de que garda le mot dans le régime de la cité
:

« secours », assistance » (235) nous en avons (au v'' siècle seulement, chez Hérodote et Thucydide) plusieurs exemples qui valent d'être analysés. D'abord, ils sont assez nombreux pour attester que la langue courante a pu dériver de la primi((
:

tive

-t,jjLG)pia

un intermédiaire
portent
«

une valeur aussi définie. Mais comment? Il faut car, dans nos textes, il s'agit de cités qui se
:

» l'une'à l'autre; est-il possible qu'on soit directement du sens premier à celui-là? Avant la TijjLwp'la passé

secours

entre cités, il y a la Tt-jjKopîa entre familles et que celle-ci fournisse l'intermédiaire requis, c'est ce que l'observation suggére:

rait déjà

;

un secours quelconque, n'importe quelle
à observer

car, le plus souvent, la Tt.ixwpla entre cités n'est pas alliance. D'abord il est

que l'on consulte l'oracle sur le point de savoir s'il y il aura ou non T'.piwpîa (Hérod., Yll, 169; Thuc, I, 25, 1) y a
:

ainsi

communion
le «

religieuse supposée ou établie entre ceux qui
» et

prêtent
(234) Cf.

secours

ceux qui

le
1.

reçoivent (236). Mais parti-

P^ohberger-Thalheiin ad Lys., X,
1,
1,

(235) Hérod.,
Ttov)
;

141;
25,
1

111,

148; V, 80;
;

VU, 169
;

(T'.-JLwpioucri,
;

T'.|x(-jptT.?,

r.jiwpr.îxi;

Thucyd.,

{bis)\ 3
/.

38, 6; 58, 1

69, 5

124,

1

;

111, 20, 1
:

IV, 25, 9;

Y, 112,2; Yl, 93,2. Cf.
~o)Ȏ|xti)

Gr.Sept.,

1,11» 2537,

épitaphe thébaine, 3

evvficrxw S' sv

TL[j.wpwv AcX'-p^S'.

X^pa.

L'exemple d'Hérodote est particulièrement net, puisque le mot Ttfxwpeîv appartient à la formule de consultation (eïaç'. àfjLsivovyîvsxai Ttîxwpsouat xt^ 'EXXiSt) et à la réponse de la Pythie. La x-.awpia paraît conseillée par l'oracle dans
(236)

Hérod., Y, ^0.

'':Jéiii

156

RECUKRCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

culièrement,

du
1

«

sang

»

— par exemple,

il

s'agit

de

la

Tiawpîa autorisée par la communauté à Tintérieur de cet immense ylvoç
la

que
;

se croit

cf.

— ou par VI, 93, 2; Hérod., V, 80)
a surtout retenu le sentiment.
la famille,

ou se proclame

race dorienne (Thuc, I, d24, le lien qui rattache une

colonie à sa métropole (Thuc, I, 25, 1). C'est donc d'une solidarité du même type, plus restreinte et plus accusée, que le mot
Tî.piwp'la

De

fait, la cité,

en suc-

cédant à
:

elle-même comme une vaste toute la législation relative à Thomicide est empreinte famille de l'esprit du vévo;, non pas seulement en ce qu'elle fait sa part au vévoç traditionnel, mais en ce qu'elle prolonge, renouvelées,
se conçoit
les représentations qui constituent l'ancienne Bljjit,; c'est pourquoi la hUf] est si souvent associée à T'Epivù; qui, d'ahord,
;

n'a d'effet et de signification qu'à l'intérieur de la famille. Et la doctrine de la souillure, qui domine la notion collective

une forme relativement nouvelle, ce qu'on pourrait appeler l'intégration du meurtrier et de la victime à un groupe social analogue à l'antique yévo;.
du meurtre,
traduit, sous

rieur de la

Ainsi Tij^wpîa exprime le sentiment de la solidarité à l'intéuôX'.ç sous la forme vivante de F « assistance »
:

le terme prêtée par toute la société à la famille du mort consacré de j^oYiQeTv (237), qui désigne cette assistance, explique le terme -ri.awpslia'ôa!.. La substance religieuse que contient la

Tipicopia se

ment

toute la cité est directedéploie en quelque sorte intéressée à l'élimination d'une souillure. Par là le mot
:

rejoint celte conception de l'àSuTifjia que nous avons vue se modeler sur le cadre défini de la cité, par là aussi il retrouve l'idée primitive, oubliée, mais sous-jacente, de la sacratio que
fut d'abord la peine

publique (238)
àiroBavôvTt)

:

la satisfaction

accordée

au mort

(Ti{ji(opta

tw

est

devenue
comme

la

satisfaction

(237) 11

n'est pas

douteux que
le
«
le

le

terme
»

pOT,6£lv,

tous ceux du

même
:

ordre, représente
[Ant.],
il,

d'abord

secours

prêté par la famille

au mort

ainsi

plus souvent, à l'époque classique, il désigne l'assistance garantie par la cité, soit au mort, soit aux siens (Ant., I, 3 21 22 24, etc.). LIX 74 (noter l'emploi priviDém., XXI, 40 127 (238) Ant., I, 3, cf. 24
p,
; ; ; ; ; ; ;

13; mais

légié de

xwv T,(j£6T,jxévo>v 'jroioû[J.evo'. xal xoXi^ovxe; xoù; 15; 43 (où sTijjLwpf.aaaOe, après xaTc'lT/iisacrOe, accuse, dans un sens nouveau, l'idée étymologique de xifjLwpta cf. Rehdantz, ad. l.) ;
Ti|i(i)p(ai
; :

Ti[xwpîav ÛTrâp

àô'.xo'jvraî)

Lyc,

C. Leocr.,

:

76

;

146, etc.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE

157

requise par les Dieux et la cité (Tt.|jiwpia uuèp twv Gewv xal ttjÇ la TLjxwpia, châTzôlsiù;). La notion de peine est constituée timent du meurtrier, se définit par des caractères généraux
:

qui peuvent et doivent être étendus au ctiâliment qui frappe
les délits les

donc, en définitive, à part le sentiment de

plus graves, donc au châtiment le plus significatif, la pénalité en soi. Le mot traduit d'une
la solidarité

sociale, d'autre

part l'idée

d'une satisfaction accordée à cet être religieux qu'est la société et que représentent ces deux termes, indissolublement unis,
«

la cité et les

Dieux

premier moment,

Cette pensée, elle restait inaperçue au ^yiiAt.ojv ni xoAàÇ£t.v ne la faisaient sentir, elle
».

disparaissait dans l'idée immédiate de la coercition collective: TiuwpU et oixTi, plus riches et plus profonds, la produisent aux

consciences.

y a eu un long détour, et cette sacratio n'a plus rien Entre la pensée primitive et la conception primitif. elle représente, si l'on veut, comme un intermédiaire moderne, elle est pourtant beaucoup plus voisine de celle-ci qu'elle ne laisse pas d'éclairer. C'est encore le langage qui en témoigne
Mais
il

de


la

:

:

— qui n'a pas cessé, en unpour d'en animer notion, sens, — se produit avec minimum d'imaaujourd'hui encore
reste,

le

sentiment religieux qui

les Grecs, essentiel à la

pénalité

ici

le

ges mythiques.
C'est une représentation toute concrète et confuse que nous retrouvons aux origines mêmes de la peine ni la pensée de l'humanité ne s'y détache de celle de la nature, ni les êtres que satisfait le châtiment n'y sont distinctement conçus. Mais dans
:

la cité qiii réalise la

synthèse des anciens groupes, qui résume
représentations,
c'est
et

et

systématise

leurs

par une
guidées.

pensée

que verrait déjà dans ce
Ttuicopla est offerte

abstraite

les

consciences sont ralliées
fait

On

le

— les Dieux

que

les

puissances religieuses à qui la diffèrent largement de la cité

de ces forces indistinctes qui, comme l'Erinys, réagissaient à la façon des forces de la nature en qui elles se confondaient leur personnalité même, création de l'intelligence qui désor:

les conçoit, reflète la notion nouvelle de l'homme abstrait. Ces Dieux qui sont devenus les Dieux de tous, mais dans le passé desquels on aperçoit souvent une vie localisée ou parti-

mais

\mc:..

lo8
cularisée,

RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE

ces

Dieux
;

sont nécessairement plus lointains,

de préférence, d'ailleurs, la pensée de plus séparés que jadis la TtjjLwpla est dirigée vers les plus récents, les plus abstraits c'est Apollon, la divinité panhellénique qui, à une société nou:

velle,

enseigna des
cité,

rites

nouveaux surtout Athènè
;

(239),

image

de la

qu"^

les

consciences

et

les

institutions

mêmes

associent volontiers à la justice pénale, et que les Euménides, par une vivante intuition du poète, représentent à la fois comm-e
la

trice

gardienne ou la personne d'Athènes et de l'Aréopage.
lors,
».

comme

linstaura-

Dès
«

la

positive

La

pensée religieuse est toute proche de la pensée directement TiijKopLa, parfois, sera presque
l'être

conçue

comme

ayant pour objet
:

à la fois réel et idéal
cas

qu'est la

société

la

supprimer,
:

dit

Démosthène dans un
:

typique (240), c'est tout détruire « Peuple, Chevaliers, Conseil, choses saintes et choses sacrées ». Double notion vivante c'est

l'ensemble des choses sociales que la peine intéresse, c'est par l'exécution régulière, normale, de la peine que la société
s'affirme et se perpétue. Bien plus que dans les diverses philosophies de la peine, c'est dans des déclarations de cette sorte
qu'il faut retrouver la signification

du concept.

celle d'un

dont nous avions à rendre compte, c'est droit pénal. Ce qu'il faut entendre par là, tous les délits relèvent d'une idée déjà nous l'avons aperçu abstraite, d'une catégorie; chacun a pour ainsi dire sa case et,
idée

La seconde

système du

:

à l'avance, on

sait

que

la

sanction qu'il requiert doit être

obtenue par telle ou telle voie, suivant telle ou telle procédure. Mais de plus, ils se distinguent les uns des autres quantitativement sans doute, ce n'est que pour partie d'entre eux
:

(239)

Déiu,, XIX, 272

:

le

décret contre les traîtres a été
t.^io'jto

installé à côté de la
xf,;

statue d'Athènè, t'ôaTe Tf,î aÙTT,; xô>v àoixoûvxwv x'.jiiopîa:.
(240)

aTijEwç xô

x'

àpisTetov

Geoû xat al y.axà

Dém., XXIV,
r/j

101

:

xtiV

[lèv

u-rcipyoujav

Xûtja;

xaxà xwv xà
'.-riTisa;,

xf,;

irôXeo);

t/ovxu)v, iikaiu

vpi.i;a;,

râvxa xà

-pjtyjxax' àvaipîï, ôf.ixov,

'^o'Skîy^ '.spi,

JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE

'

159

qu'à Tavanco les peines sont dites « eslimaltlos » (Ilar'pocration,

— pour les aulres, elles sont fixées,
;
:

àTijxT.-o;; àywv xal tljjltitoç) terme, oij domine l'idée d'appréciation, implique une hiérarchie nécessaire des délits et des sanctions aussi hien

mais

le

du juge peut être limité par la loi (Lys., XXI, 2o). En somme, une fois réalisée l'unité du droit pénal (241), la notion essentielle, caractéristique, du système, c'est la notion
l'arbitraire

de mesure.
Les Grecs considéraient
la

fixation

forme de l'amende,

comme une

des

des peines, spécialement sous la innovations essentielles dont ils
:

étaient redevables à l'établissement des lois
ap. Strab., VI, 1, 8, p. 398 tion de Zaleukos; cf. Dém.,

c'est ce

= F.

que marque Éphore

H

G.,

I,

p. 246, 47,

XXI, 30; XXIV, 116. assez forte pour s'imposer au droit purement privé; témoin la oîxtj qui vise l'entrave au libre écoulement des eaux et qui est restée, par une
(Dém., LV,2o); dans le même ordre d'idées, exclusivement « répressif » de la législation sur l'aixîa (Hitzig, Iniuria, pp. 16-17). Le droit a dû s'assouplir mais par une gaucherie assez naturelle à ses débuts, l'idée fondamentale de la
survivance curieuse, notons le caractère
k-z'-ix-r^zo:;
:

à propos de la législaLa tendance fut alors

mesure
que
la

oscille entre

notion de

Vàziiir^zoç et
:

ce qui montre deux expressions ron(radi<-toires du -zlix-r^-zo; àytov sont corrélatives plutôt

la fixation législative, qui fait saillir davantage le pouvoir impersonnel de l'État, et l'appréciation judiciaire qui manifeste avec un empire exclusif l'aspect de « représentation » dans la pensée du délit. De là un conflit d'idées qui intéresse encore beaucoup Platon [Lois,

qu'elles ne s'opposent

IX, 875

D

et suiv.).

mesure apparaît comme avec une insistance naïve dans les fréquentes comparaisons d'un délit ou d'un ordre de délits à l'autre (ïsocr., XX, 9; Dém., XVIII, 282; XXII, 43; XXIV, 174; 214; XXXVIl, 58 = XXXVIII, 21, etc.). Les analyses d'Aristote {Rhét., I, 1374 et s.; Probl.,
L'idée de

XXIX) témoignent que la notion s'approfondit et, par un remarquable passage de l'objectif au subjectif, permet le progrès de l'idée de responIl est interne. sabilité ràôîxT,[j.a se mesure d'après Pàoixîa disposition à noter que, dans la représentation du droit organisé, l'idée de procédure
:

les diverses (241) Dans rancienne histoire d'Athènes, l'assimilation entre à la fois parties du droit pénal se traduit dans le double rôle de l'Aréopage, tribunal pour les crimes de sang— en tant que tribunal, c'est là sa fonction ori-

ginelle

et Conseil souverain pour ia répression des délits proprement publics ou contraires à rsÙTcoatxta. Platon, pour sa cité idéale, est encore très soucieux de les causesde respecter cette uiéme unité les nomophylaquos sontchargés de juger de certaines sacrilège (à l'époque classique, l'Aréopage gantait encore le jugement à la constitution, de a flaires de îspoauVvia Lys., dise. Vil), de renversement trahison et de meurtre "{Lois, IX, 835 C 850 C, E 871 D^.
:

:

;

;

II. 866 C.. n° 47. 329. la peine apparaît sous un aspect nous entenéconomfque. il est naturel qu'avec le verbe. 27. 1. n<'213). qui explique uhe qui inspire les emplois priuntifs et qui s'est conservée dans la notion étant celle de « frapper ». 1).. Michel..àv cf. etc. au d'une psychologie collective jugements de valeur qui relèvent les jugements économiques ont pour caractère distinctif et constitutif de se formuler précisément en termes de mesure. 117. 65) : l'idée prédominante — — notable. Or une courte étroit qui si remarquable deux sont l'envers l'un extension des peines pécuniaires. ôixiÇeiv xaitojaewî par ex. XLVII. J.). qui l'y plus ou manifestent même comme si essentielle qu'ils prennent le sens de peine. sens large : les — : dans le droit pénal. non seulement avec BavocTw et cpuyô (Escti. etc. Lerfcs Sacme. XXII. 41. expriment par excellence l'idée de mesure. c). 22. Collitz. 328 no 1222. I.. Pour !. car on y rencontre à la fois les désisens économique (242) de 1' « estimation » (de là par exemple gnations techniques l'emploi du mot k'Koxi^r\)xcL^ hypothèque dotale sur estimation) moins : de la pensée se manifeste encore dans la syntaxe le génitif verha judicialia est relativement récent. G. Lois. p. Biugmann-Delbriick. /. étant formé sur Sîxt.\i<. xaxiôaEw. C. — celle pareille syntaxe. I. la construction la plus ancienne paraît être celle du datif (Delbrûck. Pour s'expliquer le génitif du nom de condamnation — (lequel n'a rien à voir avec celui du nom de délit. IX. 136. 21. /6. 88. III. XV. brute de la pénalité Une autre construction l'instrumental soit resté le cas le plus ordinaire. ^xil:ol^/ wcpeiVr.i. no 70... le fait qu'il accompagne souvent TiiJ. en revanche. comme un génitif de prix celui qui . concernent V appréciation dM TifjLàfa) qui. Kriiger. 43.]. I. mais avec le terme qui désigne le montant de l'amende (Hérod. 17). etc. 9 et 26. de ipyupiti) ^r. Léocr. 881 D. no XXXI. H. 1.. les délits graves (Isocr. VI. in Brugmann. p. 113. 1. n» 477. Gr.. C.). Prott-Ziehen.[xioûv. Platon. ce sont ceux de la famille de dans l'usage courant. Esch.. 1..ovw (Lyc. et parmi les jugements moraux mesure — unit réllexion sutïil pour se convaincre dii rapport ce premier fait généralité de la notion de : et cet autre fait bien connu et : : — dons. 914 A. c'est la cons(242) L'évolution : {de prix) après les : truction qui est restée courante. à celle de mesure sonT ceux qui ouvrent plusieurs voies de répression Dém. p. Gnmdriss. 314. 47. 6) qui se justifle par l'idée de dette (cf. et ôavaxwt î^a[xtoa9a) en éolien. [Dém. I. en un sens.100 se RECHERCHES SLR LE DÉVELOPJ'EMENT DE LA PENSÉE : ^ subordonne parfois. J. /. XI. n«> XXVIII. 1. Les de l'autre par le second. Lyc. L'observation confirme les mois qui. Dialeldinschr. est celle de l'accusatif (5of}x'. Léocr. Synt. considère aussi accompagne les verha judicialia en latin. 16. 915 B.r. cite ÇapLiovxw ^atiiat en arcadien.. C. Gramm.o[xev Sapxvav. 7. il n'y a qu'à l'elever : le verbe Delbrûck. l.. G. I.) ou dans l'expression.

art. de commun avec l'obligation délictuelle privée. 15. 38.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE et 161 qui s'applique à la pénalité en T'iu. concomitant avec celui de la cité (244)... l'exécution d'une peine pécuniaire n'a rien de commun avec un acte économique ait rien : on ne saurait même dire que l'obligation. rapport est extérieur et accidentel. 175 . appaïaît surtout comme thoyen de contrainte.ov qui. sous conditions suspensive et résolutoire poui' ses héritiers directs. Cependant. Sans doute. pour une analyse même élémentaire. XX. désigne toute espèce de peines. De plus.r. ici. /. on peut insinuci' qu'au da?) m uni subi correspond un lucrum deux. sinon à la faveur (243) [Anl ]. ]. Esch... Léocr. etc. IV. à y bien regarder. I. 90. noXXlI. 174.a général (Dém. même et surtout les plus graves (243). 155-6. C. 114. déciel ap. 'i.. . Mais cette condition a-t-elle été déterminante? En d'autres termes : est-ce dans un phénomène économique qu'il faut voir la cause de la transforCe que nous venons d'établir le mation du droit pénal ? — laisserait supposer. aucune n'est plus remarquable que la singulière extension donnée aux peines Lyc. il nous est donné de constater une sorte de transil position des rapports économiques dans le droit pénal n'y : un terme comme a qu'à considérer l'évolution de l'atimie et la transformation partielle — — des valeurs attachées au terme même : l'atimie. 8) ou s-L-'ljj-'. le réalisé par elle (peine) par la cité (délit) mais entre les . S. IV. 522 formations que subissent les institutions pénales de l'époque primitive. le plus souvent employé au pluriel. PœxA dans le Die/. C'est que l'évolution politique et sociale qui a fait triompher la juridiction de l'Etat a été elle-même déterminée par le développement de la propriété individuelle ». Glotz. ici. 14.jj. XVlll. uest pas une condition suffisante le .. Lyc. 20. D'abord l'extension des peines pécuniaires pas suppose un adoucissement du droit criminel dont il ne rend pas compte.. J. des Anl. 1. lll. Léocr. économique. C. : pécuniaires. p.. Il .. facteur a fourni : il un cadre à la pensée nouvelle qui anime la pénalité il n'a créé celte pensée. Déui. Esch. privation des droits civiques sous condition résolutoire pour le débiteur public. « De toutes les trans(244) Cf. Il est évident que l'extension des peines pécuniaires est conditionnée par le développement de la propriété mobilière. G. D'autre part.

Me. Xén. 22. de sacrifice obligatoire.. : 29). . Dém. 26.. Prom. 1132 a . Rev. Une expression toute faite est celle de tr^iJifav Xafjiôâveiv : = delrimenlo affici (Soph. 94). Ainsi Çyi[j(.JlI. 21. classique o) . Paix. VI.fji'la) tort ».). et il est étonnant qu'on ne s'y soit pas autrement arrêté (Frohberger. 742. il Ses deux sens principaux sont connus semblerait se rapporter à une justice pénale publique. 4249. (Diels.I.. dans un assez grand nombre d'emplois.162 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE d'uno cerlaino publique lire le n'f'^t : démoralisation (245). 916 E 933 E.. Esch. de ci de là. E Arisl. Arist. XI. 29.. Lys. d'après Frohberger VII. C'est que la fortune nullemenl considéréj'. etc.. etc. 12. Tiiucyd. C'est qu'ainsi la nous appaïaît comme une espèce peine pécuniaire. 12. nous constatons. 202. pp. de prime abord. EL.. Nous sommes dans le domaine tantôt du délit privé. 18. cf. IV. 111. fr. — Ç'/iata dommage qui donne lieu à réparation. ou de douleur une idée différente celle de dommage subi : — soufferte.. quelques exemples). revue par Thalheim. XIII. : La peine pécuniaire la plus fréquente. Lois.. 25 : 295. dénonce l'abus des confisca- (246j A Timocrate... I^. 27 IV. 25. 382. Eth. 1132 b 14..oGv signifiera « faire (Çr. il faut économique : remonter dans C'est l'histoire le passé. Ou encore on opposera au gain Parfois même — (xépoos) la perte et il s'agit alors qui de rapports juridiques lui fait équilibre. 3. 12. en principe. 1320 a 6 sqq. Eth. qui veut modifier en faveur 'les débiteurs publics les procédures traditionnelles.. 12. 220 et 221 (Diels. 101. XXX. éd. par conséquent. C'est avec ce sens que zamia a passé dans le vocabulaire de Plante {AuluL.. Reden des Lysias. p. : ÇrijjL'la. la réparation elle-même. Cet emploi est assez frappant. Platon. p.i% et xÉpôoî est universelle. ^. 27. IV. Lys.}.. (245) C'est celle dont se plainit Aristote quand il tions dans les d^-mocratifs {PoL.. 3. H. 5. désigne tantôt le en latin.. il n'est que de elle a un caractèi-e sacré (246i Contre Timocrate. celle de damnum. . 359 a 11. b 11 . la domine et la commande pour en saisir la raison d'être. XXXII. 38. 139). chez le seul Lysias. Tout un idéalisme. V. . 1226. 226 Démocr fr. Platon. L'antithèse entre t\[i. c'est une espèce de sacrilège que Déniosthène reproche (XXIV. XXXII.i. 1130 a 25 Météor. Hipp. Ausgew. Le sens de « dommage subi » esl des plus fréquents Epich. et nous avons affaire à une notion double comme. VII. Aristopli. le Contre Androtion. V. XXX. Nie. 53. fr.40. . dès l'abord. c'est Famende du mot Çrio-rla qu'il faut interroger.. Hérod. . Eurip. «ous l'aspect . se contente de relever. Cependant.

Athénog.) et pour ^r. ou luttadiée a ^r^lxl(x. désignece châtiment passionné que nous avons vu? On ne com- prendrait pas que l'attention. On notera aus>i cette phrase toute faite OE.e second Contre i héumnesio^. aussi c:vec le sens de réparation privée que d'ajlleurs il est ludispensabie d'admetlre comme moyen teime entre celui de dommage et celui d amende dans un empioi coimiie celui (l< Lys. dommage et les dans la conscience commune. 46 R. d'ailleurs. : la perle ou la deminutio subie par le dans un grand nombre de cas.(jLÎa dépenser. sont déjà bien suspectes qui la : textes interdisent la seule justification possible en l'espèce. comme il semble que ce léiymologie >(rac. X (p. Arist. comme double : a l'occasion [iXaôvj et surtout comme <> daiunum. celle d'une force mystique » qui se manifeste a la lois dans l'attentat et dans la réaction à l'attentat. I. quelle qu'en soit la « notion du tort privé s'alimente à une pensée religieuse. ou damenum lui-même qui se rapporte primitivement à l'idée de vengeance. celle que fournirait la chronologie.a ainsi usité dans . le mot ^t^ixîol appaïaît dommage au simple ou au double ».JURIDIQUE Rhét. av èpYàCcovxai ol ol/ixai ne peut être que technique et celle même de Solon. et n'ont qu'une valeur relative nous essayerons d'établir dans notre ^^ partie que : soit le cas \innr damnum. col.|J^ta. o . : que Soph. \. dap. qui payer le D'autre part. 1372 a 8 . La dérivation inverse s'impose. . se déplaçât pour considérer en quelque sorte froidement délinquant c'est la mort. : .'nsée de rapports de droit prisé. Ces déductions purement logiques.. en de droit privé. 12. Zr^^la. . d abord concentrée par le sentiment de vengeance collective. . . (cf. 519-ïiO. emploie au sens métaphorique où yàp elç àTrXoùv y) Çrjjjita.. peut èlre indiiléiemment celle-là (laiin nOoca} 'U. Du 11 sens de dommage-indemnité et de sens de peine publique. \1. un emploi aussi défini que damnum en C.. oii l'expression zk^ Iv/oL^ a... a aiii>i 1 <• nue valeur la p(.. ET MORALE EN GRECE fait 163 de rapports : 12. Au demeuiant. réclame. injustice » soutferle est immédiatement liée celle de la réparation le point de départ dans les ..b-uinia-es inhMi'ls ou liouvimême LTj|jL. 1372 a 8i 8.) cite une loi de Solon lai. l'amende? 11 faudra admettre Z/ipiia désigne-t-il 1° de la une double et même une triple dérivation de sens en général à la peine pécuniaire 2° de la peine pécupeine 3" de l'indemnité au niaire publique à l'indemnité privée la ^^. lequel est le est t-il premier? impossible de dériver celui-là de celui-ci. est à rapprocher des expiesbions bien connues « ixoi cpépsi. Le mot a certainement eu.. celle-ci. Rhét 1./Yuîa — .in Hyper. de pareilles distinctions sont plutôt extérieures. 35. àî^ï'fjitoç se rapporte exclusn rmeiil aux (. H.. 37. =^ l'o ôiôôfi-evov.

l'est : > caractère religieux de la damnalio tel qu'il s'atteste dans les dcfi. après Diintzer. mier sens y ÇTjuia : est Dr. Reallex. TabI marj. En outre. 309) et il est vrai que la sonante y initiale a le plus souvent pour corrélatif en grec. 67. Ehjm. rom. — > : La première hypothèse.. plus vengeur ». p. Or le predemeuré assez prédominant pour témoigner de son antériorité. 62o et.j. Gnindriss.^. Que Tétyles séparer. 1) à rapprocher ^r^jata de damnum et tous les deux de oa. /. Dict. étym. 13). trad. pén. même dammim et Çyipiia sont rigou- reusement l'équivalent Tun de Zr^iJita l'autre.. /. « agresseur ». fr. p. VI Cette dérivation une fois l'expliquer historiquement? ^dmise — Tenons-nous en fait. plus aventureuse.. I. 708. p. I.\T DE LA PENSÉE sens juridique de domde réparation paraît le plus ancien. et dont Tinteiisité est sulfisamment marquée par le mot de la même famille damnare (Huvelin. Huvelin. on a proposé de ratyâtâr. p. il présente la signifie à la fois dommage et réparation [noxa moins nettement. Brugmann-Delhriick. Schrader. ou d'y voir l'équivalent de c). Wôrt. a été rattaché à la même racine que skr. idée de « dépense ») conjecture qu'adoptent. 46. (Curlius.164 HECUERCHES SLR LK IH:VK[. la seconde. daps. philoL. p. a insisté sur le sop-nus somnus). pén. n"" 157) induisait Huschke (cf. et peut-être milita).. 12). satisfaisante quant à la phonétique [dap-num damnum comme beaucoup moins quant au sens. p.âwdomare. ^. 163) ou comme franchement inadmissible (cf. lat. le latin on sait assez que le mot nous offre une analogie frappante damnum est passé. donne une valeur précise et juridiquement définie au substantif mais ni l'une ni l'autre ne rendent compte de cette valeur primitive qui permet adamnunude signifier à la fois le « dommage » et la « réparation ».TÎonea magiques oii la damnqtio est un dérivé de [adevotio). damnum un peu mologie doive ou non dualité que et de plus. I-. o. Boisacq.. Le leggi di Gortyna. gr.. en pouvons-nous d'abord au . yâvan. La forme cré toise ôajaîa (attestée dans Compare tti. n.. yâtâna.01'I>H. Vanicek. p. Les linguistes d'aujourd'hui: considèrent cette relation comme très conjecturale (Prellwitz. aussi. p. Grundz..} Ritschl. Dr. « peine nettement. p. H. suivi par Mommsen. 42 et s.ME. du sens de réparation privée.ôo[ji£vov [da-mcnum de dare Opusc. (cf. -o Ô!. p. 832) où la multiplicité des valeurs. — — tacher damnum c'est la à la racine dap (grec ôairâvr^.. Bréal-Bailly Huvelin. tout à fait parallèle à celle de C'^lfJtta est en tout cas instructive par elle seule. Léo Meyer. En dehors de cette dernière étymologie. à celui de Elle est d'abord légitime parce que et le mage : peine publique (Mommsen. mais on sait que t peut aussi la représenter. « )> : ' — .

législation solonienne sur l'injure verbale (Plut. l'un la composition. 20n-20l. dans la SUt] eiaipicrecoç ([Dém. d'un ici « dépôt à — dans la Blxr. l'amende publique.]. Diod. 6. n" 150. vocabulaire n° XIX.ov en est venu à signifier. Dareste. I. /7. G. p. que. tentative récente contre la théorie classique. 311 -325) a soutenu que salique. une De fr. Nous nous souvenons qu'en Grèce comme ailleurs — l'amende publique est postérieure à la parait général composition privée. Treich {ibid. Cl. 312. se distinguent parfois dans le . hist.. Reehlswiss. pp. s'ajoute accordée nous voyons qu'aux dompar la coutume à la {Etudes.|jLâv. SiSôvai.^ I.atwv LVIII. à propos des emplois de Sixr. et pour la oUri (B'. de Genève ad IL. peine infligée par l'État (/i.. Reinach. à Gortyne 8. 1891. Athéniens disent parfois qu'elle en plus » Dém. les est « : . pour 19 et 20. cf. n° xviii. p.. impliquée par » à forme religieuse (248). paraît avoir échoué ces tarifs concernaient le fredum. 282. XXI. Mais une fois généralisée. 19) et dans la 44). p.[jl ttoX». devait être ad libilum: thèse réfutée par L. J. satisfaction 1. 3). 84. 97). (schol. la Hi\k\q^ part de la cité. LVIII. cette part de l'État. p. pp.v (249).. aussi bien le châticf. la racine. la-composition et l'amende. 1. 17 Le leggi di Gortyna^ p. C. 100). Bausleine far eine allgem. XIV. se sert deux fois de payée la oIy:i\ z^oxikt^c.'xil. la compo293-309 sition. Hyper.sur le droit celtique^ I. 7rpoTTi. l'autre. XXI. 16. (248) Cf. s'est d'abord La même une réparation toute privée. XII.. pp. l'origine. 93) a pu rapprocher l'islandais dire et le gallois dirwy (racine commune dhà) qui désignent. 16. Post. rapportée dualité qu'à Gortyne apparaît à Athènes dans la loi de Solon sur l'action è^ouAyi. Ricci [Rev. (247) Cf.. CIV. /?et\ de PhiL. n° 157. Appendice VI. ibid. rien n'indique dans cette expression (Q£{jit. d'Arbois de Jubainville et originelle de l'amende : mages-intérêts.. : : — Th. 44. 394-5). XXI. elle est avec elle dans un rapport défini. Aussi bien. — (247) — le fait A E]. pp. 2). Une 147 et s. : les deux (/. III.. 1.) l'idée propre de Qejjlyiv. simplement.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 165 c'est de la dérivation des deux problème le plus immédiat de celui de réparation privée à celui sens les plus voisins — d'amende qu'il faut rendre compte. XXI. victime d'un tort.v (249) Le mot -pô(jTt[i.. relativement aux tarifs de la loi F. Comparetti. C. col. 1. de upocro'feas'. Solon. . surajoutée à celle-ci dans diverses législations helléniques. [iiaîwv (Dém. et que la faida.. successivement. Il y a tout lieu de penser que l'idée.

autrement que ridée de « en plus » y restait-elle sensible en témoiji:ne remploi de èriTiix-ov dans Dém. A.{i.7l|jLaToç o^£iÀ£(. Solidarité. 21) tô r|a'. le sens d' « estimation » du litige prédomine dans Ti|j. 24 sq. 16 et Dém. 53) : le une part à PUlo. Leist. question d'une à'^aipeo-!. ou même pour sTriTiixiov dans [Dém.a culier. XXIV. — — et sans doute aussi de . l. dont une moitié revient à l'Etat. à Cos. lemploi du mot dans Hérondas nous paraît exclure le sens d'amende que Glotz. XXXlil. X. son unité le est parfaite et définitive. 40. 114. d'hist (lu droit. (251). cas.Tijxiov capital que l'aQiende.. croient Dareste.. comme des ment ÈT'. et'comme tel (Dém. G.. s'ajoute à 1 une peine principale. (250) Comme à Athènes en matière de Sîxt. il s'agit de la détention qui Dém. Ti<xTi[j. XXI... une part à la cité (250). c. Dans la loi il est d'Athènes.l. 391. XXXlll. : comme comme le préfixe r. c'est-à-dire l'offensé. soit qu'il y ait appréciation judiciaire (vl 47) ou fixation législative coupable doit le double Aq ce 'riijLTipia. Schol. (251) « reçoit le double de la part donnée à l'État ». on comple par soustraction. il est dit apparentées lois. 46-7) Tr. Eiqenluinsstreil im System der Diadikasie. l'un à Cos (législation Dans le : (Hérondas. L\ III. (cf. lOîi. . Der Alt.. XXI. 1. celle de elle nous parait cependant tout aussi certaine. et c'est raison égard : l'ensemble qui est aiïecté d'un signe. 44-5) soumis à la peine du double la loi dit du coupable ([Dém. et on n'y Test moins : saurait expliquer le préfixe ir. nous voyons quo l'on considère comme une unité la somme lotal(. II.a. p. jâiatwv également (Dém. Ici.) : El... p.. Mais sa valeur première est transparente.].. de l'ac^tion alxiaç et d'autres actions s'agit premier. on ne compte plus par addition.o[j. exactement identique à l'emploi le plus fréquent de -pouxijxâv (loi de Solon dans Lys. en partilui donne expressément. 26. v.\kri ailleurs. l'autre à Athènes. qui sont nom primitif de la composition privée. 44). XXiV. de Genève. dans les deux cas.oo^ : aussi bien. c'est-à-dire d'un acte considéré comme (v. . qui s'ajoute à une réparation privée).ç Suriç zb 'ziiK-f\^oL ù\Tzko\i^ -ztldxtù. p. Ainsi a pu survivre ÏTipi'la ici.'. de qui se rend coupable de violences.Tj Toû T«. è^oûXt. s^ èXsu&epiav {asseriio in libertatem) illégitime. chacun des deux éléments est parlie de l'ensem: ble. à tort que l'oQensé. 60. La coriipade deux emplois du terme T'ifxrjua est inslruclive à cet ils ont l'avantage de se trouver dans deux textes de il de Charondas). Sixt.166 fois RECHKRCnES SUR LE DÉVELOF'PEMENT DE LA PENSEE cnlrée dans les mœurs la pratique de ramcnde-compo- silion. etc. 115.v Tw SrijjLocT'lti) le T'IuYifjia est alors la con: . Cf. nous constatons en effet que dans deux pour nous comme des vestiges. XXIV. Nouv. damnation totale. et Glotz.

. est encore qualifiée. puisque la ^Tijxia est revendiquée dans une action civile (irpôç Ka>. : 1 et Hyper". le « peu nous importe au fond c'est un principe ancien que nous savons en quel sens. voit même pour le coup. fait — auquel cas principe.aU ne signifie que vraisemblablemenl le t<'xte même de Solon nous produit. dit que Solon avait frappé le déliiKjnant d'ime t^ri|jLia de 100 drachmes. c'est-à-dire le simple. En conservant cet emploi du la mot. la réparation piivée ne pouvait passer pour accessoire. à Une véritable la St'xrj. intérêts qu'il s'agit... Plutarque. 1. pour un cas particulier de SU*^ à la même action. Solon. elle est d'accord avec l'esprit qui anime Solon législation commençante. par un archaïsme bien notable. La ^T. Ce qui doit : : dater de Solon (2o2\ c'est celte division même elle se retrouve dans d'autres de ses lois. El comme. Solon. XXI. est dirigée contre l'héritier tion..a'iojv. 32-33) dont une moitié. à l'époque classique.jjLia comprend donc 50 drachmes de dommages-intérêts et 50 drachmes comme part de l'Etat. nous savons que le même exposait encore. 393-i.000 drachmes qui. en général. ï. à une réparation au double (Lys. l'archaïsme de faille aller ^t\ii. l'ac- aurait Mais d'autre part. à supposer qu'elle fût pénale dans le cessé de l'être. fr.JURIDIQUE ET MORALF EN GRÈCE ' 167 « lémoins ». '^\k^-t\q elle donne lieu à une réparation fixe de 1. ou simplement que le chiffre de la condamnation ait été haussé comme ce fut le cas pour la 6txr. (252) Que comme xaxTjopîas (comparer Plut. — violent ». p. LY. revenait à l'Klat lieu XXI.Toi. r « si opposé à l'usage postérieur où Çr. au iv^ siècle. atteste c«>tle division et le viol ^'. au temps de Solon. à l'époque de moins que jamais.. Plutarque ne pouvait pas l'ignorer (253). la ^'^jj-'la la comprend. Nous ne croyons : pas qu'il jusque là. 83). XXUI. c'est qu'il : 25 et 35) c'est pourtant de purs dommages^Yijjtîa (Dém. le mot ^/"iU'la a dû désigner celte chose une et complexe: à la fois les dommages-inlérêls et l'amende. D'abord dans la peine du viol. 44. lut devenue Ti[ii]xoq au iv siècle l'admet Lipsius (Meier-Schômann. 309. .Ât. doit double (253) Glotz. n.xX£a) et qu'une des demandes. ferait dans la peine du viol une itotvi^ encore moins doute. car il y : en a plusieurs. de amende ». Solidarité. au début du v*" siècle. qui est une ô'ixri arl^k-r^-zo. pp.iy. — L'autre cas est celui de la SUti en matière de libre écoulement des eaux. 100). àTt[XT. donne Démoslhène. or nous savons par ailleurs que le viol donnait lieu.

sinon la croyance à non seulement l'Etat qui commande et assure les a res)) titutions nécessaires. en opposition VII Il faudrait expliquer maintenant» cette intervention de l'Etat? les deux éléments de l'amende-composition ont pu homogènes. croyance qui domine le mot même. pénalité lui: c'est exclusivement. Comme lors.'la soit . serait inexpliqu'une s'Ai{J^'^a et ÇvijjL'la cable). c'est que les représentations qui lui étaient associées dans le principe avaient assez de vigueur et de prestige pour préparer. fût-ce indirectement. /. notion de peine. m. l'Etat. eut une fortune identique une loi d'Ilion (/. et du montant des condamnations prononcées par lui. G. en l'espèce... l'amende. et l'ensemble désormais qualifié quelle est la pensée qui en entretient la notion. chez Démosthène. en fin de pécuniaire infligée par de Tiquai avec les pour désigner l'amende perçue par dommages-intérêts. n'a pas pu sortir. avait pu faire une ollrande à Sardes (Plut. si d'autre part il a passé de son sens primitif au et comment : sens de pénalité violente et passionnée.ia. n° xxii. mais l'Etat qui frappe. force est bien de conclure ment tarifée et se que la 'Qr^w. II.^ XXXI). Thêni. plus exactement même à la composition. encore que J^n[j.168 : RECHERCHES SLR LE DÉ VELOPPEMEiNT DE LA PENSÉE amende Thémistoclc l'avait souvent perçue comnie inspecteur des eaux. Dans un autre cas qui confirme celui de nous voyons que le 'Qi\^i^. qui punit ? La compte. d'une (l'emploi môme purement privée purement publique du terme. terme qui s'appliquait d'abord à la réparation privée.^ très probableen deux parts égales. 7) offre un exemple : c'est essentiellement la Çïll^ia. 1. Quels sont donc les sentiments qu'il a dû évoquer dans la première phase de son histoire ? la Ce ne peut primitive. quelle est la l'Etat. Mais la solution de ce problème se trouapparaître s'est si le mot vera engagée par la solution d'un autre Çop-'-a ainsi perpétué. dès une indemnité privée.tj. Il être est que les sentiments relatifs à la vengeance permis de les retrouver. la fusion s'étant opérée. tout à la fois Tamende Mais Çir)|i. fut d'abord décomposant et l'indemnité. à il est impossible d'admettre qu'il n'y eût pas lieu.

la — ou moins « mystique » qui se retrouve çà et là dans la C'^pa.]. Eurip. 66).. 26) puisque l'adultère. 1894. dans Eurip. — : geance et la notion d'une force religieuse. c'est des vieux coutumiers qu'il nous transmet : (cl'. Arist.E EX GRÈCE 160 lés. comme nous l'avons vu. 80. D'autres emplois de ^T^ijita sont relatifs à une autre application. 33).01/0. dans quelques emplois isomais caractéristiques c'est à la vengeance. 111) . — : (234) Pour l'emploi de TaupoûaBai. 66. le même brocard réapparaît dans Dém. 436). Et ainsi s'explique la valeur plus nous renvoient. Weil in Rev. le roi d'Egypte Phéron. le pur prix du sang. maux Loxias. même convaincu par-devant tribunal. Les Ir^iJ-îon sont le prix du sang. adl. XLV. Taupojfjievov. dont triiJ. 11 et ni) ceux-ci ont eu primitivement un rapport avec l'idée religieuse de la venCr^pia est la bien alors substituer un prix de rachat .. à la vengeance vivifie. \\iro/p-ri|xâToiat est formé comme ifTTotva = iuÔTroiva. 274-3) m'a prédit les^ pires si je ne faisais pas subir à ma mère un talion rigoureux ». le terme implique l'idée du « mal » sinistre que la magicienne a déchaîné par ses sortilèges snr la famille de Gréon. cf. mais qui ne consiste pas d'abord en argent le vrai.). absent de nos plus anciens textes. n. même par métaphore (en ce sens que l'offensé serait considéré comme un ministre du châtiment.â-zoi<yi meurtre pour meurtre. Médée.. àvTa- TTOXTeTvai Xéywv iTzoypr^ix.. 'M^Éi . et qui se « retournera » contre elle La ^r^fxta envoyée par les Dieux (Weil. 1223. Lysias. 11 ne p. I. Médée. voir H. cf. XIII. xat -ojtou eàva^o.îoi nous apparaît l'équivalent.JURiniQUE ET MOHAr. fr. le sens de composition en même temps que celui de vengeance (cf. 606) peut être question d'une peine publique. s'il n'est pas tué en cas de flagrant délit. 407... très la ancienne. du principe de vengeance privée }] : quand I. ce que ((jioi/àYpia) suggérerait déjà l'exemple d'Eschyle. qui est si explicite chez eux. que ^YjijLÎa ait eu. 217-8. a en horreur les réparations à prix d'ar- me — gent » (254). un adage Meier-Schômann-Lipsius. pp. vengeance légitime. dit Oreste dans I^^schyle {Choéph. à laquelle peut d'ailleurs se On s'explique assez.. C'est en somme le même cas que pour uoivr. : et d'avoir commajidant ^r|[jiîai. dans sa plus ancienne histoire. Ainsi. se fait reconnaître à son caractère mystérieux et redoutable à la suite d'une grave impiété. au sens le plus : fort et le plus élevé. l'évocation obscure d'une puissance redoutable dont Isr vengeance obligatoire devait naturellement susciter « l'idée. 92 et 381. sur le sens du passage.nous conte Hérodote (II. de Phil.. LIX. tr. ne laisse pas de transparaître parfois dans tr^ix'ioL.ixî'x èo-rrtv (cf. D'un point de vue. échappe à la mort ([Dém. c'est la mort du meurtrier.. La dit èXVjçpOïi jj. l'évolution du mot ^r^jj-ta est analogue à celle que nous étudierons dans les termes {iXàrcreiv et alxt^eiv (2« partie. qu'ils familiale que soutient et moralité religieuse du clan. Lys. ch.

83 613. § 2) ne tut sans notera en ce sens le rappoit fréijuemment établi — A sa délinii!ation rôle (2^ le xépSoç. 35. le mot est la — — appliqué aux maladies épouvantables et divines (cf. Dém. on ne (2o5] Peut-être le mot prit-il alors une valeur plus ou moins magique. mais : .. Ir. Stob. XXXII.. quand. I^ p. V. 2"> (Diels. ^fj"^2. l'associa- implique d'une foice néfaste et s'avère alors parfait synonyme de àxr. Od XI. reprenant la vieille «levise : delphique èv-^ûa. Tout engagé la qu'il fût geance. rdtpa Ô£ ^a[JLÎa.iyix> ôtSovxs. XXX. VII. c'est dans les rapports individuels que le sens de dainnum se précisa. XXI. et la vengeance collective en représailles privées (2oa). (//. de la pénalité. un point l'idée de l'idée de vengeance à l'idée de rançon. Les lepré517. particulier qu'il a rendu possible la rationa- lisation de de peine : en préparant la notion de peine les pécuniaire.. 629. : . ni.) q^i frappent le parent coupalde de déserter la TifjLwpta du mort. que ce sentiment brut et le besoin moral de faire soulfrir.|jLwpia notion primitive de la venpas permis au mot de se développer à et quand il a pris le sens de pénalité en la dans général. et le caractère « commercial iroieTv » (Frohberger ad Lys . d'emplois comme celui de 1226). cette pe. IV. dans ses emplois les plus expressifs. nomique dont nous montrerons doute pas étranger entre Ir^iiia et : on positive. par ailleurs.. . <Ya> Archytas ap. XLIII. — 1 rant ensuite en représentations individuelles.. 129. chez Eschyle même.170 fut l'nippé ici RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE de cécité ce mal. Prom 329 et 382). ou (Aristoph. 26. etc. 1032) qui fait apparaître le rapport entre ridée de mana sinistre et celle de la vengeance obligatoire. Et ÇrijJL'la ayant glissé. puissant c'est sur : n'a retenu. TztiOo[j.. L'importance et les ressources du sens de rançon. ch. IV. 292. sentations religieuses de époque primitive et du légime familial d 'géné: tion est instructive l'idée [i-otpa.. Dans un exemple d'Eschyle {Choéph. Seiin.iojv dans : Hérod. la force mystérieuse de la toute-puissante àxrj Epich. OuYa-'^ip. il la paraphrasait èYY'ja <5'> axa. comme tous ceux que nous étudions dans notre 2° partie cf.). sous lequel on retrouve parfois. l'emploi de ^ti|j. le facteur écopartie.olI ^/^jjiîav x(ï> [xr... Paix. XIX. 94) reconnaissait la parenté entre C'r/[Jtta et azr. — Parla suite. quoique bien déchue. parle des : lois divines. Rev.tr.. KO^rr^poLV jjioïpav y. 83. 276 et s. ô' axa. sa fortune na : façon de il T!.fj. 22) d'expressions comme 5) ^t^^iIolv ^Tifxîav XoY'-^£<T6ai (Xén... 87. est qualifié de ^T.. c'est-à-dire (ju'il peut prendre un sens banal [damnum en général par ex.sfis (jlii dura dix ans on reconnaît et qui ne devait ces>»er que par conception religieuse du temps l'accomplissement d'un rite étrange. Kr^^iix évolue comme [3>vào7j.

n. le mot qui signifie « composition » eût assez de prestige sur les consciences pour s'insinuer dans le droit d'une société nou- La vérité est que la rançon mênie a une valeur idéale. et sur les formes diverses qu'a pu prendre la conC'est l'idée sonne kw initiale (en gr. Car spécialeineni malériel d'ini d'où viendrait que le même mot. et il n'y a plus à revenir aujourd'hui sur l'origine d'un des mots. Ag.vv] économique.. 268) l'idée de la vengeance totale et parfaite a suscité les figures divines bien connues de la ïlo'.).v/j. : Clioéph. à considérer la composition primitive. 48o XIV. etc. déchu et discrédité. devant e et r^ iz ailleurs. 1280..v7] qui velle? — s'applique fort bien à l'exécution du meurtrier avant d'avoir un sens être là un fait sans portée : — ce ne peut la dette a eu un sens moral. et sa pi'alicjue comme une vengeance dégénérée. comme désignant le plus proche parent chargé d'assurer au mort une vengeance sanglante (Esch. Ce : sens. la c'est tout Tto'.. après Homère. ^r. ainsi dans le mot :to!. sauf en certains diaoù TT = devant e cypr. sur les équivalents qu'en attestent les langues congénères. sens le plus fréquent. ne l'a pas pu rési- perdre en devenant composition qui se joue un drame religieux l'offenseur à piscence. Eurip.. L'idée morale et religieuse de la dette explique les emplois particuliè-z . .les mieux expliqués de toute la famille indo-européenne. Mais il n'y a aucune raison de penser que l'idée primitive soit celle du « rachat ». 28. EL. Tcsiaoj = -rEiaw). la « dette » est en principe celle qui ne s'éteint que par le talion. XIV. pût désigner à la fois un acte aussi honorable que le sacrifice au mort de son meurtiior.. le substantif TioivaTcop est exactement synonyme de TiIJLwpo.. 223).JURIQUE ET MORALE EN GRÈCE 171 comprendrait point. le mot TiotvTj s'applique à l'exécution du meurtrier {IL. et que l'emploi de TToivTj au sens de vengeance soit une espèce de métaphore tout au contraire. comme le produit d'une j)ur(» démoralisation.'la comme iroiv/j. 398. XXI.jj. la composition pour meurtre. cf. d'être le quand payement d'une somme en actes. — — de dette qui se trouve à la racine de ttoiviq. 1281. au sens purement rachat. 310). c'est le . qui peut ainsi . des Tîaetç ce sont des mots de même racine des npa^iûtxai (Tcpâaaeiv = poursuivre le recouvrement d'une dette). Et que l'idée de « payement » se retrouve dans la désignation môme de la rigoureuse vengeance. ocpetXeiv (par ex. ou encore à la servitude pénale (2® partie. et un acte aussi déstionorant que le trafic des choses saintes? D'où viendrait surtout que. lectes -: : : ment graves de oaXuxàvsiv. la famille offensée reçoit est moins la raison qu'un des Aussi bien qu'à la composition en argent ou en bétail.

rend concevable que l'exécution. lorsqu'une société nouvelle manifeste son empire dans la généralisation des procédures de pgjx. 325) — qui peut équivaloir à 472-3. cf. la servitude pénale et la composition proprement dite soient sinon équivalentes. dans l'établissement de tarifs de composition. A l'ûge du yivoç. n" VI. p. Prolcgomena. du moins homogènes pour le sentiment religieux. strict. où le génitif ne désigne jamais le meurtrier ou l'offenseur (exemples recueillis par Glotz. de sacrilège (affaire d'Alaea dans Fougères. Solidarité. Muller avait déjà montré dans ses Euménides avec une pénétration singulière (notamment pp. victime. Tr. en définitive.. çante. était donc de prime abord un Zï^jjL'la. p. dans le groupe nouveau de la cité commen. zo è'çiXov en pa^rlant de « le meurtre nécessite des procédures de purifiattendu que le mot ttoiv/^ ait pu signifier le châtiment envoyé par les Dieux (Hés.). 668).. est subordonnée à un acte religieux qui deux temps forts l'aloso-'. 2). terme idéaliste mais sa valeur religieuse s'est à la fois accentuée et déplacée. et J. Murray ap. impliquant la veneratio comporte à l'égard du meurtrier suppliant. sans doute aussi varier selon le rang du coupable et non pas seulement selon le rang de la victime mais le sentiment qui prédomine dans la notion est un senti: — — ment religieux et collectif. 144-146) et sur ce que M. l'animal meurtrier dont cation). il ne peut émaner que de la famille de la au sens do composition. Sans doute. On aura observé que dans la tcoivt. pour la violation d'un tabou. E.î {Solidarité.. v.. 106. Mantinée. n. IX. c). Lois. 873 E. est inutile de revenir sur ce que 0. C. « l'offenseur ne consent à fournir ce dédommagement que pour sauver sa vie » (Glotz.. souillure » (Soph. tablette orphique de Compagno.composition. p. dans un sens idéaliste. mais quand il sagit de la peine de mort pour crime ou de '/^pio:. Suppi. Glotz a définitivement établi en analysant le sens religieux de ra'&£<T!. de même.1 /:2 RECUKRCUES SUR LE UEVELOI'PEMEM' DE LA PENSEE désigner le rapport entre le délinquant et la divinité. et nous étions suffisamment justifié par la généralité du sens de ttoiv/j. 749 et 754. et la ^ù^ô-zr^^. pp. L'idée commune de dette. nous voyons la composition hors de Grèce /.. Harrison. d'intégrer. au sens social du mot. Et il nous est donné d'entrevoir la continuité entre les âges successifs de la morale. 4 dans le — C'est donc un fait classement de Il (i. J. Mais lorsque naît la cité. nous ne pouvions faire qu'une place accessoire à l'idée du rachat proprement dit. dans Platon. dans la distinction des délits privés par exemple du meurtie volontaire et de l'homicide involon- la -oivT' au sens : . cf. 235. Œ. réalisant l'assimilation de celui-ci à la famille elle a donc pour fonction. Esch. la composition. non seulement en matière d'amende. 95 et s. et par l'emploi homérique de roivr^ tivo. — .

Harrison. (261) L'idée était assez naturelle esprits pour expliquer la conduite de Thé- mistocle. sur la généralité du fait. l. MûUer. in R. « paraît avoir eu d'abord une signification religieuse » et « est probablement venu par la langue des sanctuaires » (Bréal. l'amende quelque elle est qualifiée. 321 J. plus une mulla en argent. l'influence delphique lui traça les voies en Rome commandant une tant (258). est c. E. rom. 129. I. pourquoi elle était payée aux tem(260). Girard.|J^'-a. 168. cf. nous temps garde la anciennement (259). 24 quam Jecit. v. sacrée » (Upà ÇyiuL'la). cf. de 300 as.. p. 11. Eumen. 20) si telum manu ftiqit plus taire (VIII. p. Prolegometia. et ce n'est pas seuse trouve jouer dans un cadre plus large lement à la famille offensée. 0. 0. 297.JURIDIQUE ET MOKALb: EN GRÈCE taire • 173 — cette fonction. 52. (258) Cf. supra. 260. elle eut pour modèle lointain le sacrifice imposé par le droit religieux à l'auteur d'homicide involontaire. : Apollon » la fait que à élever un sanctuaire : Dorier. La même espèce de piaculum a été humaine (cf. en réparation des irrégularités ou fautes rituelles qui auraient été commises pendant leur cours. XII. consister (l'expiation). 237 fois qu'il le peut. IH. et aux juges la première idée de l'amende ». p. et c'est dans un sens nouveau que la composition s'avère expiation. qui resle substantiellement la même. p. — — Le terme de pœna. (259) Par exemple Hérod.. cf. Feste. Mommsen. de en Grèce. L'idée religieuse (256) se nourrit alors du sentiment de plus en plus défini de la souillure. 301). A. F. la forme primitive de l'amende est l'amende en têtes de bétail a son prototype dans la règle des Xll Tables en matière d'homicide involonP. s. pourquoi elle revêtait la forme d'une consécraet c'est origines.. par Hérod. . De ses marque de « : réparation pécuniaire au meurtrier repen- ples tion (261). 0. p. A Rome. (260) La pratique nous cf. quand rinfraction a été consciente). où toute infraction entraîne Todrande d'un bœuf. p. avec une conjecture inutile sur Tétymologie) qui a lieu à la fin des fêtes (256) On s'explique que les le mut ÇT. aries subjicitm\ où le bélier est une victime substituée à la victime (257) . qui désigne la réparation privée et qui est d'ailleurs emprunté au grec. Textes de dr. Solidarité. 65. Bruno. chapar là il donne aux Dieux leur part de la tcoivt. elle .... Glotz. p. connue pour aux les temples de Gorinthe. Fontes j'uris romani. MuUer. par tout son passé. elle n'est pas née spontanément puisque le mot s'r. E. il . Voilà oii sont les origines de l'amende : de même qu'à même (257).txia ait gieux : dans Thesmophories. G. Patara. Amphi- polis . 144). Muller. p. La réparation imposée par les prêtres égyptiens à quiconque tue involontairement un animal sacré est qualifiée aussi de ^-rnxir. Cette peine pécuniaire religieuse. pourquoi pu prendre un sens exclusivement relidésigne un sacrifice expiatoire (Harpocration et Hésychiu?. étendue aux délits religieux (ainsi dans la loi sur le bois sacré de Spolète. c'est à la cité qu'il s'agit d'intégrer ou de réintégrer l'offenseur. p.

pénalité à l'époque classique. elle atteste sa solidarité à : elle. XXXI. les communautés qui se constituent par-dessus unité la cité et à son image. 02). la mêmes résultats que nous a Un même mot T'. 6). Fait naturel et attendu si elle consomme comme une synthèse des anciens groupes par une inslilution dont les vieux âges lui avaient légué le modèle et le dessin. atteste un certain dépari dans la pensée spécialement. d'arrangements internationaux ([Andoc]. VIII s'est y a lieu de nous résumer. abstraitement.ixia consistant presque toujours dans une de communion propri'uient religieuse 1.es de la vengeance faoïilialo la société nouvcUo a repéiri la pensée de la préct'denle. Les résultats sont du môme ce fait? — du mot î^r. la : représentation objective et conceptuelle de la pénalité s'exprime avec une préférence visible dans plusieurs mots. 25 et s. 1. . Les termes qui évoquent la pénalité sous son aspect rationnel la se rapportent dans le Comment comprendre (262) I>'eniploi principe à l'idée de la vengeance privée. et finalement amende. 18. — faire : traduit à roccasion dans la statistique des formes verbales. 144)^ d'alliances plus ou moins durables (Hérod. les mots qui désignent une même réalité Il : morale la la peine peuvent l'exprimer ou plutôt une force sous des aspects différents percevoir inconsciente qui se trahit dans l'emploi des termes. ou de groupements comme Ttlexapole dorienne (llérod. et instinctivement.. c'est aux conduits l'enquête philologique. Or. IV. affirment et consacrent leur la signification par l'établissement de ÇxtA'la'. J.. qui se — en l'espèce. un môme mot J^7i[j.'la signifie d'abord vengeance ou réparation privée.ii-wo'la désigne vengeance du sang à l'époque primitive et. 43) .174 RECHERCOES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : mai'i là encore. 1. G. 1. Notre enquête même interchangeables fondée sur un fait d'expérience dans l'usage courant. amende — semble consacré : il s'agit alors comme les Amphictyonies (Michel..iAÎa dans le cas d'une association entre cités — la I^r. (262) dont première est indiscutablement religieuse. VI. n" 702. et de concluie. que nous considérions dans le concept de peine l'idée de fonction — ou l'idée de système. /. renvoie aux àj.

elle Mais elle la pénètre d'un esprit nouveau s'imposait ainsi ainsi dire. comment en rendre compte sans rappeler l'économie nouvelle et sa jeunesse vigoureuse? Mais il y a dans le droit un idéalisme que l'économie n'explique pioint et qui. Même de l'idée de dette. est certaine l'histoire atteste la conlinuité pas d'un pur accident les notions et les sentiments que : qui entretenaient les vengeances familiales se prolongent obscurément.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 175 la ordre que ceux qui avaient été obtenus par l'étude de notion du délit : ils il . les Grecs reconnaissaient combien le retard procédure est un retard (263) — use — comme et la . la société. L'idée de la la vengeance. conscients ils étaient. rejoint notion sympathies passionnées qui l'enfondamentale de la sacratio. l'influence du facteur économique. pour lui l'objet et le principe un mécanisme^ trouve en Nous avons reconnu. le contenu est moral dans son principe. par le groupe de : animaient les groupes antérieurs et plus étroits. comporlent uae interprétation analogue. au cours d'un développement régulier qui a permis la constitution d'une idée déjà à demi-moderne de la pénalité. aux assentiments. c'est la reconnaissance.. expression de la cité. . et proprement religieux. bien plutôt. C'est en eft'et toute une pensée inédite qui s'épanouit. il n'est pas une cause. des croyances qui définitive. ce qu'il rale y a môme de presque intempérant dans l'application génédes catégories monnaie et dette. en élargissant jusqu'à la cité tout entière le cercle des tretiennent. D'abord s'atteste un adoucissement de la pénalité : l'existence d'un mécanisme judiciaire. utilise les notions économiques. aussi bien. . ne s'agit D'abord. obligée de monter. de vengeance (263) Voir notamment Thucyd. a pour eff'et d'amortir la vio- lence primordiale du besoin de répression. la passion 1. le processus intellectuel. La place qu'occupe l'amende dans le droit pénal. Synthèse psychologique comparable à celle qui se manifeste quand une classe grandissante impose des représen- tations nouvelles à la société nouvelle qu'elle informe. en un processus sentimental la cité. par le fait qu'elle a nécessité la création : de l'organisme juridique d'une pensée rationnelle. Ce qui domine. mais efficacement. III. Le facteur économique est une condition. 38.

Tiap' I.. L'idée antique des réparations nécessaires se continue en un sens nouveau. xai sXe'oo xai (àoTiôeia. o. représenlanl ainsi le respect collectif du mort. T'. emploi favori du passif àoixeîaôai. puisqu'elle ne s'emploie que sous un régime de justice organisée (cf. elle est moins une réparation pour la famille qu'une elle (264) tw aTtoBavovTi réparation pour l'individu {iiikio^ioL jtxso toj àouyiQévTo. fait saillir comme les contre essentielles désormais les catégories du délit personnes et de l'auteur individuel du délit. et l'adaptation nécessaire des croyances antiques. loin Cet individualisme commençant explique que la notion du de s'effacer à l'intérieur d'un groupe aussi large et avec une certaine régression des vieilles représentations religieuses.}jia>p(ai. 31. 1° La famille n'a subordonné dans lise sa la répression de maintenant qu'un rôle plus ou moins Thomicide. : sacrifice à la victime. de l'individu victime. açio. . p. 21 : toO . .. : un sentiment la zv^tùplcn spécial de « pitié » s'adresse à devient chose plus personnelle. que pourrait signifier la TtjjLYi familiale? Elle se résorbe. tîOvswto.. Mais la pensée de la victime se détache. 149). à notion . F^n outre. xai û[xïv xuyetv. n. puisqu'elle ne réala cité et puis- vengeance que par l'intervention active de c'est qu'en définitive. parfois les désignations qui suppose tout ensemble la dislocation de l'ancien groupe familial et le renouvellement de ses croyances prolongées. la société prélude par le respect du mort. fait naturell«'ment apparaître le sentiment propre de la cité et accuse (265) Pour cet ôirip Ttvo... cf. et dans la personne d'un coupable. L'expression TtfjLtop{a le concours de la famille et de la cité en faveur de la victime. affirme encore son empire sur les cons- (264) Ant. de la cilé qu'il s'agit de rétablir la sécu- rité religieuse et morale. le droit de la cité.) (265). Ainsi se dessine l'idée d'une valeur propre de la personne au respect du vivant. la fois dans la personne d'une victime du mort par la Tijjiwpia subsistante et de l'individu commence à s'affirmer. et commande ainsi l'apparition d'une pensée individualiste qu'elle ne comportait pas par elle-même.116 RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE d'où cette impersonnalité moins véhémente que soulignent de la peine.. C'est ce qu'on peut établir par un exemple que nous savons privilégié : celui de la -iijiwpia la transformée. Avec la dislocation du yévo.

de la victime. cent et cette ypacpv] nous reporte à la crise la fin du v^ dressait au premier plan des préoccupations collectives l'hor- reur des condamnations à mort illégales.fjLetç xz ol Ti[xcopol ivaiTÎouî 5iwxoi[xsv. l'institution juridique tend les pensées vers l'auteur individuel de l'homicide. E. la Depuis que s'est évanouie la -zi^t^ri familiale qui requérait primitive. Il n'en est plus ainsi victime. L'appareil encore y a-t-il des « survi(266) Non pas.]. a vraisemblablement son point de de'part dans la ypa^pri (j/euSopiapTupiwv (267).ç.o[jLev tûv SucpeapjAÉvwv. -f. 4 : cf. — — . La TitjLwpLa 7:p6ppTria-t. II. qui rétrécit encore l'intervalle entre l'homicide et le délit public. 128'.và àiroôavovTi où Ti[iupoOvTec Seivoùî à'k\.^zt^'' toùî xwv à-nroôavdvxcov itpoaTfoicabu. vise du juge(et même affirme un coupable). la mort d'un innociences (266). a. depuis qu'une nouvelle solidarité. et qui. (cf. Tindividualisme retentit quelque peu sur l'ensemble du droit pénal. dans les institutions mais vances «notables indiquées par Platon. l'idée du meurtrier. Eschine. 87-8 dans les consciences tout au moins toute action de meurtre. 872 B. nous l'avons vu. Leisi. religieuse aussi. bien entendu. tout de même. II. derrière le sentiment impérieux d'une satisfaction inéluctable. dans un procès public. et est : c'est l'offrande d'im coupable qu'exige la l'auteur des l'antithèse le principe religieux qui de la religion préhistorique (268) frappante innocent. 2). d'un sujet individuel delà vengeance se dérobait. è'/ôpav Toùç pîoyç é'.[ji(opia du mort. . : — juridique et morale qui marque siècle. Der Zeuge im AU. (267) Sur l'existence de cette dernière. IX. et le pareille forfai- ture. intentée par les parents du mort contre qui avait provoqué par taux témoignage. IV. si Si' àWry f.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 177 H y a plus par la T!. 8. un inculpé interdiction religieuse formulée par la famille. dans une question de crime d'Etat comme le renversement de la démocratie. p. R. (268) [Ant. Lois. tw (jièv mais la pensée certaine. S. institution du iy'' siècle. vise à satisfaire rà^ttTiptoi. . 10. où le texte est altéré. 2° Encore que la notion d'une solidarité familiale passive se soit effacée de bonne heure et que nous ne l'atteignions plus que par conjecture.aprjp{wv. comme le manifestent spécialement les Tétralogies. La ùUri <{>£uoo{j. ce n'est pas « faire honneur » à la fantôme redoutable de celle-ci se dresse contre : Tétralogies formule poursuivre un victime.. dans le plein régime du ysvoç. s'est substituée à l'ancienne.

11 (dans une affaire de tpôvoî éxotiffioç). la velle .178 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE à ment est destiné localiser la (•. Ln oiwuioo-îa.v implique l'idée de traditionnelle . ce préliet conçue dans la forme minaire. cette annonce de la Tijjiwp'la le seul mot à7roxT£iv£f. . X.. 28.. IxTsive Siôjxvutai Lys. V.. par cité. . wç l'xteiva . sormcnl conlradidoire des deux p-irlies. Ant. se manifcsle céduie religieuse enire deux individus. ô jièv Sitoxwv w. et I.:bilit(^.ulp. et — : — la préméditation (269).. 11. cf. en s'inscrivant dans les institutions de la délit la : comme une proDu même mouvement. pensée antique dessine une représentation toute nouil se trouve que le serment de l'accusateur. nolion de Tintentionnol devient essentielle au concept de là encore.

études qui vont suivre. Mais terme Grecs. appelle de longs échos.DEUXIÈiME PARTIE L ATTEINTE A LA PERSONNE pu noter un rapport étroit entre le dévede la pensée rationnelle et Taffirmation de l'indiloppement vidu et nous avons aperçu que cette connexité entre deux . sans doute. Par là s'élargit sa signification juridique elle-même: simple accident de la pénalité. La première concerne délits privés l'atteinte à la personne dans le droit pénal des Grecs. uêpiç. commence à : . que la répression de l' « injure » mais derrière. Sans doute. progrès dans le sens Ces données générales. elle est pour la morale une catégorie. les d'outrage à l'individu n'occupent dans ce droit qu'une place tout à fait subordonnée. — social qui les de l'Etat. Si elle n'est pas pour le droit. spécialement des Athéniens. il terme qui désigne cette injure-là est le dans la conscience des prestigieux et dramatique le : le système du droit elle revendique une place centrale dans les sentiments delà société. semblerait-il. il mais aussi de les préciser dans les deux yévos à la ttoâiç. l'injure comme délit public apparaît chose bien particulière et presque exceptionnelle. Jusqu'ici nous avons proce«isus mentaux le s'expliquait par un processus domine de la : passage du complexité et progrès s'agit de les vérifier. L'uêptç a beau rester étroitement localisée dans .

319 B. cf. Plut. suppose toute une psychologie que nous n'inventerons trouve déposée dans la langue si môme K : pas.s. l'on peut dire. 1316 22. pour désigner différentes espèces du délit public. et qui se elle suppose en surface. c'est un objet qui vaut la peine. d'y puiser même des suggestions nécessaires. 630 B . C. c'est qu'une espèce délictuelle comme l'Oêpt. (1) Platon. X. Aristote. Ilypér. (2) 'VBpi^zvj est souvent employé pour désigner une injure verbale quelconque ceci contrairement au droit. f. cf. VII.. 12. Arisloph. Aussi bien. une notion objective et une notion il tend subjective.ç joint à àSuia comme un synonyme avéré (1) . 1. . Ceci posé.. 1417 et s. définissons le sens et marquons l'unité de nos recherches. . surprendrait-on la naissance se dessiner. Dém. il assez bien comparer avec le terme àSixdv au moins dans la langue populaire du droit. l'autre. le mot GêoLç a pour ainsi dire deux pôles : d'une part vers l'idée du désordre cosmique. sinon prend une valeur générale on voit dans le vocabulaire technique : — — : du reste uêp'. ylc/î.]. le terme uêpi^eiv se laisse comme àSixsliv. PoL.\ [Plat. D'une idée aussi et comme le secret ? Pour grave. Nuées. tives. la forme juridique que ces notions ont pu revêtir solidifiées et où elles nous apparaissent consolidées et : : . Lettre III. c'est Que les notions morales soient des réalités objecpour nous un postulat fondamental nous n'admettons pas qu'elles se créent ni ne varient au gré ou à la fantaisie des esprits individuels. III. Sur deux points. Guêpes. comme premier objet d'explication. Lois. lence » au sens banal dans Platon. 906 A-B .180 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE une notion moderne du respect de Tindividu... la présente étude se raccorde à celle qui précède par un lien direct. les exemples d'Aristophane G»-e/?. 662 A . dans une unité passablement contradictoire à première vue. il associe.. 691 C . 308 . un système A . de l'autre.. vers le sentiment de la lésion personnelle dans ce qu'il peut avoir de 11 sera donc légitime de nous appuyer sur plus mesquin (2). Schol. Lois. c'est qu'il faut avoir en vue. 1441. 21 : . 775 229 . II. — comme àSt-xs^v. VI. : — "rêpi. timide encore et inconsistante. désigne 1' « inso- . et abstraite : celle l'investigation philologique. 713 C. d'idées et de sentiments caractéLois. 1042-4. 774 C. Il suit de là deux conséquences l'une.. 884 A.. 348. Soph IV. D 777 D X. 1299. —Platon. — des résultats déjà acquis. so sert du mot uêpsi. où celte dernière n'est même jamais réprimée : . I. Polil. particulièrement. VI. Pour la facilité avec laquelle est employé le mot.

il faut étudier en elle un présent qui la justifie et un passé qui la fait comprendre : le présent. c'est la solidarité multiples de l'outrage.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 181 ristiquesdu moment social où elle s'est produite. ce sont les représentations qui furent associées dans le principe aux désignations jêpiç. dans vivante de la cité qui pour . et.l'individu s'intéresse ou se passionne. . renouvelée par révolution de la société. en profontout l'inconscient d'une tradition à la fois prolongée et deur. le passé. En d'autres termes.

.

(4) Nons entendons ici délits privés au sens restreint. Mais quel délit ? Question très débattue. apocryphe. On peut donc s'étonner de voir réprimer Tuêpiç. XXI. VI. 92. 777 D uêpiv uSpiÇsiv Les textes n'autorisent nullement la distinction faite par iure attico gravissima. renforce le témoignage de Démosthène de ceux d'Hypéride [i^"^ discours contre Mantilhéos) et de Lycurgue La loi citée fi : ^Xsuôéptov {Contre Lycophron) dans des communis. Athénée. Lipsius. au même sens que le droit romain. XXI. : — Il Contre Timarqiie d'Eschine est unanimement consiy avait une seule loi sur Tuêpiç (Dém. « L'action est le estimable » : le tribunal fixe la peine que mérite condamné dans sa personne ou dans ses biens. Midienne est considéré comme authentique sur au contraire. VI. Mûcke(De iniuriarum ex ypacoTi. Gôttingen. dérée comme I. 15. Lois. sic — Rapprocher l'expression de — plaidoyers perdus : la loi devait fournir : un locus Toùç ouézaq.. pour le. . il : même commise (3) sur un la esclave (5). personne d'un homme. que seule l'uêpi. 47 esclave. 188.a/poupyCaç (viol) par voie de Lipsius. p. Cf. 8.CHAPITRE PREMIER LE DÉLIT PUBLIC DINJURE La loi Dém. ôi' a'. Platon. L'uêpLç est un délit public.^. 17) l'expression de vofioi Oêpewç. p. ouverte à qui voudra. sur Vu6piç nous est conservée dans le Contre Midias. n. qu'on rencontre parfpis dans ne doit pas induire en erreur. d'une femme ou d'un enfant.. les textes. : Le texte transmis dans insérée dans le la question.. par voie d'action publique. twv Twv SoûXwv. (5) par Démosthène le dit formellement 'Eav xtç ûêpt^Ti scç Tiva. 427. 266-7. cf. Alt. Dans un état de société dividu. 422. semble a priori que l'atteinte à la personne de l'inprovoquer qu'une faible réaction de la communauté c'est ce qu'on apercevrait dans le système des délits ils ne font jouer privés (4) qu'une solidarité négative en sorte. Mûcke surtout argument. 46 . 10 et. cas du Contre Nicostratos dont R.Recht. 1872) qui prétend commise contre un esclave était réprimée R. Elle porte qu'en cas d'Oêpt-ç commise sur la (3).ne dût . libre ou il y aura lieu à action publique. tire — Voir n. quelque antique. une prétendue loi sur l'uêpi. 35. question fondamentale. Eschine..

355 : aixîa. or.. Dém. 49. jêpewç et la ùU-ri alxlaç excluent l'injure verbale toutes deux (9). voir Meier-Schômann-Lipsius. 1899. Peut-être mais au bénéfice de l'jSpK. la ypa'fhi C^osojç.18i RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE et qu'elle soit traitée comme un attentat si grave qu'elle peut entraîner la peine de mort (Lys.7\ alx'là. LIV. dans l'usage d'Halicarnasse (cf. nous n'y trouvons pas d'autres éléments matériels que dans l'alx'la positivement. Din.. 1273 a courant.. I3j.. 12. pour désigner des voies de fait ce quelconques. fait on a indiqué aussi (Hitzig. il existe une Sîxri alxUç une réparation pécuniaire . 24. 34. Rhét. qu'il abandonne. (Athénée. qu'il Mais en définitive. II. I. rixe. n. en dehors de l'acception juridique... 1 . pour définir — — a'. 98) parle : du début du Contre Conon. 394. VIII. p. XXI. c). et tel n'en offre aucun exemple.... elle consiste dans le fait de frapper (8) négativement. (8) C*est ce qui résulte du Co7itre Midias et faudrait-ii élargir quelque peu cette définition. 423-4. par préférence à la oiy... Isocr. est bien plus rarement employé au iv* siècle. 15). (9) Pour l'exercice p. 42. l'-iêpt. on pourrait taxer de sophisme l'argumentation roué de Démosthène prétendant (Contre Co7ion) que son client. p. Munchen. Anach. Iniuria. coups par une bande de fêtards. la Ypacpr. 'j^pi. 76 (Hyper. préfère visihlement u6pi. iixT:\r^yo:. l. i24. est familier On s'explique que les lexicographes aient recours à 'J&pt.es commentateurs anciens s'y perdaient: ainsi Denys Les deux mots. eût pu recourir à la ypa^pri uêoswç. c'est ce qui paraît bien malaisé d'après les témoi: : gnages mômes de nos auteurs. cf. I. C. 4). Détn. p. 423-4.fr. Bekker. est coups dans une l'alxîa. Et ceci suggère un rapprochement avec Démosthène. Lipsius. 23. intente. la définie l'action de porter les premiers qui est justement la définition juridique de langue parlée. 1402 a. —Même les injures à un magistrat dans Lipsius. changeables (|Dém. l. même Pollux. fr. A la de rigueur. Trouvera-t-on dans la matérialité même des actes d'Oêpiç et d'alxU le fondement de la distinction? C'est impossible.. Hitzig. 176. p. n. sur l'uSpi. II. 41) le de déchirer les vêtements. .ta : cf. Anccd. on dirait les deux actions interj. Lipsius. D'ailleurs. à aixîa: ce dernier. orateur Eschine. chez Aristote. p. elledu fait de cracher à la figure: cf. sont pris l'un pour l'autre ~ : 10 sq. XX. à qui j^pt. La loi LIV.. de privée qui ne donne lieu qu'à les actes ou circonstances qui fondent l'une ou distinguer l'autre. 5.'/. Il est vrai qu'il y a une autre variété de : . était citée par Hypéride à l'occasion d'une 8îxT( atxîa. cf. Et voici qui accuse le problème à côté de la '^poL^h i>%£wç publique. d'après Luc. chaque fois que nous voyons définir l'Oêpiç. 421.

3) : : en quoi certes il de ses fonctions ne sont pas réprimées par cette voie Dém. hiiuria. cf. Thonissen.. p. constituent rCSpiî. n'en est que plus grave. n. Uhét. Gêpsiç xat : • XVIII. cf. Le viol ne donne lieu alors qu'à des dommages-intérêts. Coups violence » : dire. c. I. [Platon]. 23. p. 425.. p. 18. Lysias. 5. 36. 1374 a 13 oîov Toû (XTiixacrai sxôïvov définition même indique combien la t.III.. p. plus ou moins graves d'ailleurs (Dém. XXI. on indique parfois la 8(xt. 478. Démosthène. p. s. . 1. aÔTOî -riaOfivai : : : De même. les définitions des grammairiens. SoZow.. Schrader. 41 (?s6ou'XcU[isvwç) alliance de même mots.. 461-4). cf. — Sur la . Mais la construction juridique qu'on trouve dans l'Argument est tout arbitraire la troisième espèce duêpi? est une invention de grammairien. Meier-Schômann-Lipsius. 1 (iTATiyaO. Dinarque. et on croira le trouver dans la volonté du délinquant on dira qu'il : y a î>êpiç quand riandi (12). de socialement inadmissible dans la volonté décidée et froide de ravaler l'hon- y a intention d'outrager. LIV. 11 en est de même « aux deux autres.XX. p. pén. 593. Dr. 28.378 b 23 sq. au sens d'attentat à la pudeur. reste indéterminée et inconsistante). 397). Cf.. 264. XXI.ywv et et uêpi. 23 Plutarque. qui interprète son témoignage très arbitrairecf. insiste sur ce qu'il y a de particulièrement grave. 9 Def. par : . 32. 13) Dém. % 10. p. alxta. 40 et n.. 348) m. 40. Thalheim in Pauly-Wissowa. p. 205.. d'une des trois espèces de luêpiç (les deux autres étant Oêpiç 8ià itXr. : comme et viol sont également des actes de en droit romain. dans la conscience réfléchie. 13. d'uêp'.3ta) (12) pp. conv. il neur d'un individu par des voies de fait (1. 581). elle s'intente exclusivement pour des coups cf. Aristoph. « violence » (. et il est frappé d'une amende de 25 as (cf. 308. ath. Mais le viol est à Tuêpiç l'ordinaire réprimé par une Slxri ^la^wv (11). : . (13) Dém. et qui^ pour être parallèle à la première.. 1007.. Lipsius. de la rép. III. LIV.. 47.. 415 E -J&pi^ (cette les moqueries outrageantes notion II. animits injuEt de fait. Staalsh. 50 (10) XLVII.. I. 72. — : : . . quant uêpi.. dans le Contre Midias. 15. Ilitzig. H. p.i. 1. àôixia irpô. Arist.. 2. gr. purement privée elle aussi. parle d'une uêpiç oi' atffj(poupYta<. 646-8 I. — . est assez fréquent dans exemple.. Quant à la Sîxt. de faire entre elles la distinction germaniques (cf. Le second Argument de la Midienne. à vrai profonde que ferait un moderne. et qui niaire. On cherchera à définir Tuêpiç par un élément spirituel. XLIV. I. mais sans fournir de référence Meier-SchômannLipsius. Dém. De là ne tend non plus qu'à une réparation pécuune autre difficulté qui ne paraît pas avoir été signalée. il n'est pas question non plus d'injures adressées sur la scène soit à un individu (contre Bockh. 654 E. d-ciixiaî. augmentés d'une amende égale Lysias. Huvelin. àXK' si svsxa tou. (11) : dans les droits 44. le viol n'est qu'une espèce de Vinjuria. Qu. Reallexiko?i. 5ià Xdywv) la langue . Croiset. ^laioiv (Il n'est pas question d'autre action privée. XXIV. Harpocration. 15. Caillemer in Dict. Ach. il n'y a pas lieu. ment) soit au peuple (malgré Schol.JURIDIQUE ET MORALE : EN GRÈCE 185 l'attentat à la pudeur. ^.. 24. Isocr.. dtTi|xiav cpspouŒa oô yip si sirixaçev TrivTw? jSpLasv. XXI. aîx^aî. des Ant. essentielle à l'aîa^^poupyîa. 6. LUI. 32-34 Plutarque.. v. 12. le viol (iO).

tantôt sentimen- Eschine indique le calcul du l'humanité bien connue des Athélégislateur. comment soutenir qu'elle sera spécia- (14) Ce n'est pas lui qui intente l'action. 5). Au demeurant.ç par . qu'est-ce? L'esclave peut cependant être la victime d'une uêpiç (14).^ I.. impossible de voir une sorte d'appendice à la la « philanthropie » des facilement l'explication d'Eschine En loi réalité. définira très bien 1'uêpt. chez qui frappe. r « honneur » d'un esclave. en général. Waszynski. Ueber die rechtliche En Slellung der Slaatssklaven in Alfien. et qui ne voit que tirade oratoire dans les dévelopl'alxla. 8) les lésions involontaires. commun. le pseudo-Xénophon [Républ. des Ath. il): h savoir que Tuêpt-çà l'égard des esclaves. iO) invoquait la difficulté de distinguer les hommes libres et les esclaves. Lipsius a bien senti la difficulté. comment comprendre Xanimusl Gomme intenl'erreur est tion pure et simple? L'uêp!. on notera que. p. l'interprétation. dans l'intérêt du maître lésé dans sa propriété. mais lui qui se défie parfois des interprétations des anciens. l'acte pements de Démosthène (XXI. aux offenses subies par un particulier. voulait qu'on s'abstînt d'autant plus et à plus forte raison de Tuêpiç à l'égard des hommes libres. Mais on dit bien la Quand Démosthène parle de rendus coupables Conon et ses de « déshonorer ». en interdisant (I. Iniuria^ p. XXXIV [1899].186 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE paraît d'accord avec le sentiment même chose en matière d'alxia. — Comme préoccupation de déshonorer? Mais si la société s'intéresse relativement peu. qui exclut (Hitzig. niens.ç se trouve donc sur le même pied que Talxia. naturellement: la question pourrait seulement se poser pour l'esclave public (cf. dans tale. mais de celle qui entre dans Faula même et Isocrate (XX. — . n. 48) sur Athéniens. in Hermès. chez les anciens. en pareil cas et dans le même sens. 1). tout cas. il ne s'agit pas de celle qui fonde une ypacpri jêoewç. varie d'un auteur à l'autre : une ville comme Athènes où les conditions sociales ne se mar- toujours à quent point d'un signe extérieur et où craindre. 560. Démosthène. la notion est tout autre quen cas de procès privé où il y a lieu à SixTi pXiÔT. accepte trop le législateur. Au reste. Rien de moins cohérent que tout cela. Et puis. tantôt utilitaire. il est dis- dans une position qui attesterait une tout autre conception de \'v6oi^ que sa prétendue définition juridique. Tuêpiç outrageante dont se sont amis.

Car il y a bien des circonstances. dans l'acte de celui qui frappe. 4 . c'est la voix... 4. p. l'anti- thèse entre la notion individuelle et subjective et la notion et que la première ne saurait objective et sociale de l'injure — fonder la seconde. VI.. que la victime même serait souvent incapable de rapporter à autrui : c'est l'altitude. .] et LUI. c'est le regard_. — Démosthène lui-même se contredit : XXI. Platon. a. 41. aucune vraie distinction entre l'uêptç Dans l'usage courant du mot.. ne paraît pas exclure du tout l'idée d'emportement. de qui se ^ent oulragé. « Ce ne sont pas neur. mais frappé qui est le soit le déshon- hommes libres — bien qu'il le fait d'être — plus intolérable pour des mais le fait de l'être dans une intenle tion d'outrage.. animus : et est singulier Gêp£wç peut ne supposer aucun qu'on n'ait pas relevé. Démosthène ferait juger — — le contraire : Démosthène ergote (15). : Bacch. Tùituition infaillible. 31. ». Esch. fin tel. car le terme d'uêpiç. mais inexpiimable et instanlanée. cf. comme 16). Philippidès in peut être associée à l'Cêptç Meineke.. Chez le délinquant. ils intentaient la ypacpy] ([Dém.]. même dans son emploi juridique. 7. à tendaient à ce que l'enfant libre qu'ils avaient envoyé commettre du dégât sur le bien d'autrui fût pris pour un esclave et. Athéniens. Fr.. 775 D ceci opposé à Déra. Hitzig. II. "rêpi. au lémoignage d'un Démoslhène. 6. [Ant. d'une cho'ie presque impondérable. battu : dès lors.. la ypacpTi il iîijuriandi cet égard. uêpei xal oùx oïvo) toûto iroioûvroç. d'autre part.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE i87 lement lévollée pnr ce qu'il y a de plus subj<'ctif clans l'ontiago? Sans compter qu'il s'agil. . XXI. fr. 72) en parle. En de compte. H3. Gr. besoin de toutes ces discussions. Il est du reste aussi peu certain que possible. Il n'est que de voir comme Démoslhène (XXI. Lois. le cas pourtant bien connu du Contre Nicostratos oii nous voyons l'iiêpt. l'élément psychologique à la volonté quoi Ton recourt comme élément d'incrimination n'est guère appréciable en l'absence de critères réfléchie objectifs. Rien ne fait mieux sentir. dans le délire dionysiaque : — . IV. et malgré qu'il en ait. ce n'est pas les coups qui provoquent l'indignation. l'ivresse même (15) Là-dessus. Corn. si nous ne devions en retrouver plus tard le bénéfice ? Aux yeux mêmes Mais serait-il des contemporains. presque délit objectif les adversaires s'at. 74 Eurip. 6.

la conscience immédiate pouvaient les confondre.^ commise sàv TLç OêpîÇri. Caillemer dans l'article Aikia du Dict. dans l'individu et de la cité? Pas plus ici qu'ailleurs. des Anl. . contre un esclave d'où il et un passage d'un discours démosthénique résulte que le maître d'un esclave. et disons à plusieurs) condamnations mort? A (16) la vérité. ou môme à faire comme ïlitzig en vient qui. elle grave qu'à en croire entraîna de nombreuses (faisons la part de : l'exagération oratoire. enferment un sentiment juste. le droit darité de Parfois enfin. Ces réponses.18S l'aixta si HECUERCflES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE Ton accepte trop complaisamment des commentaires d'avocats. il est vrai. n'était pas usuelle Mais de cette réponse pp. des grands jurys. dans un déjà cas ordinaire. 400-401). il faudrait tirer la morale : Démosthène. Solution bien pauvre. la victime insisterait surtout sur la matérialité même du délit dans l'autre. l'affaire mais c'est il n'y a point de norme a priori des tribunaux. Il semblerait qu'il ne reste plus qu'à dénoncer l'insutïisance du critère habituel. d'après ce que nous venons de voir. ils les confondaient. Quand le législateur avait porté la loi il n'avait pas autrement défini cette uêpt-ç. voyant l'essentiel de l'uêpi. dans la seule violence. Le langage parlé. n'aurait pas songé un instant à intenter la ypacpTi cité. Thalheiin dans l'article Aikia du Pauly-Wissowa. sur ïanimus injurandi (16). qu'il n'y .. comme ce dernier auteur y invite. u^^tiii^. Une observation s'impose qu'il est permis d'invoquer ici. Ce qui'n'est d'ailleurs pas confirmé par les textes. II est bien certain. pénal n'est gouverné par un calcul de la raison. Kt on a répondu — justement — que — si celle-ci. pp. de dégager un senti: : Pour ces diverses solutions Ililzig. à déclarer les deux actions interchangeables. on se résigne à la discrétion des formules qui ne résolvent rien : môme moment. avait pas de distinction théorique entre l'jêpiç et l'alx'la. — dans l'une des actions. carde conclure simplement. que Vuëpiç est appréciée délit public en tant que la « violence » met en péril les intérêts collectifs. 39-40 . et affirme la soliqui. en faveur d'un esclave. quand donc la ypacpyi avait-elle lieu (Meier-Schômann-Lipsius. On a souvent noté un désaccord entre la loi qui punit l'uêp!. . c'est répondre à la question par la question le : n'est-ce pas le sentiment social réprouve l'îiêp'.

Nous nous rappelons qu'il y a une parenté étroite entre les termes àouia Or. le sentiment reste sentiment il ne se traduit pas directement en concept. p. 299. Lipsius.. pressentir cette ensemble ypacpYi alx'laç. Drerup. 421) qui n'en tire pas les conséquences. Ce qu'il faut déterminer. chaque partie proposant arbitre entre les TijjLYiT!. nous l'avons trouvé dans les grandes réunions. oui risquait pas (19). religieuses à quelque degré. 429). et elle nous prépare à aborder le problème parlants. elle est d'accord avec ce que nous a appris l'histoire du terme. p. Voilà avec la liberté nécessaire. La procédure môme de « Quand La loi dit : la ypa^vi est. Lipsius. il de: meure mal défini pour la conscience des individus. conformément au droit commun. (18) Cf. Et qui intentait l'action savait bien devancer plus ou moins. p. mais indiqué seulement par Lipsius (p. L'accusateur qui ne poursuivait pas ou qui n'obtenait pas le cinquième des voix était passible. dans sa les autres actions « estimables ». . d'où il est possible d'associer l'idée du délit en général et de l'atteinte à un particulier. où s'exalte la solidarité du groupe social. les Ne serait-il pas possible de rapprocher jusqu'au bout tient deux notions qui nous ont paru analogues ? D'abord. Affirmé par la collectivité. c'est le moment où la notion d'uêp^ apparaîl pure et dans toute son intensité. 438. instructive. toujours et Oêpiç. : et le tribunal statuant comme deux (18) sitôt la condamnation prononcée. à cet l'accusé sera dé- claré coupable peine qu'il biens ». n.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 189 ment collectif (17). 1897. Ueber die bel de?i allischen Rednern eingelegten Urkun(19) den. c'est ce qui explique que tout impression sociale il affirme dans certains cas son droit d'intenter une : uêp£u)ç Il et que pratiquement il se contente : d'une ouri mais il ne s'y pouvait recourir à la première. l'idée collective que le terme àôixetiv suggérait (17) Ceci indiqué. conformément à un sentiment impérieux et immédiat. des sujets : une première donnée certaine elle est instructive en elle-même. Il on estiuiera immédiatement la mériter dans sa personne ou dans ses paraîtra n'y a donc pas ce débat contradictoire qui a lieu par l'Héliée. égard. 38. d'une amende de 1.000 drachmes: la loi sur V iiSp:^ le dit formellement (on l'avait contesté sans raison suffisante : cf. le point culminant de 1' àôixia. le jury fixe la peine.

réunions religieuses et les lieux de réunion (Dém.. Il semble d'ailleurs que cette pensée tende. nous connaissons existe : : pour les Dionysies de la ville (la loi qui la concerne est citée c'est celle du Contre Midias. 175). I [1877]. Dém. 551. qui en est comme l'exten37-38. défense d'opérer saisie ou manus injectio. et qui devait justement avoir la Ypacpr. àTroôià^eaOai. XXI. II.r. V. de la saisie. — C'est la même pensée qui se reflète. — : : •/yoi<soL. XXI. : la irpoêoArj.) : ocYEiv. 8). institution d'une procédure spéciale. Le sentiment développé par locale réunions religieuses a pour résultat une immunité soit temporaire. lois d'Évègoros et autres le pour Il même objet.) a établi Tauthenticité. en des mala cilé. de Phil. contre la sycophantie et les reùy.ai. comme le dit formellement Démosthène (XXI. il est à noter que la solidarité nationale s'élargit ici en solidarité internationale. xa-. les fêtes des Mystères (Dém.. opiwv. : : .. III.XXni. l. 158). des Ath. n°291. mais qui. d'Athèna : .. pixriàJleiv. èvxo. de l'exécution d'une caution.à laxpoôoXT^^ moins orgamystères. Auparavant a dû exister un rétame de répression nisée. même au cas de protêts [ir. toute violence individuelle dans certaines cérémonies. pour proscrire tous désordres. deux espèces de irpoSoXat l'une. [Xén. u6p£co.V(Te Xa(Ji6âveiv ?){jiépai. de la 7namis injectio. des sion. Rép. n. nous la voyons se recréer. à l'inverse. et. C. rapprochées. p. |i. 212. De la première espèce. ôteyYuâv (cf.]. LA. nous révèlent une certaine continuité psychologique interdiclion spéciale de l' àoLX'la commise contre un individu dans des fêles religieuses. au iv^ siècle. 84.. 116) elle est antérieure. 1.. Sv xauxai. pour les grandes Dionysies n'est pas antérieure aux dernières années du v« siècle (Lipsius. pour instrument : cf.. XXI. pour nifestations qui apparaissent d'abonl spéciales ou de circonstance. C. 17 et s. . dans la procéon interdit au meurtrier les dure d'excommunication qu'est la -rpoppr. la Trpo^oXr^ en partie dans Dém. Michel. iO et dont P. è^eTvat (jlV^ts la irpoêoX-/. Foucart {Rev. citée dans pour Dém. B. la loi d'Évègoros. 19).. H. à la loi d'Évègoros. 372 et XIV.. soit ce dernier cas dans la collation du droit d'asile au -réfjievo. d'autre part. l'autre..oŒiJLÎa fausses promesses au peuple.190 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : dans le régime de à toute la structure de la pensée juridique ainsi dire.. à se cristalliser en institutions celle de la Trpo6oX-/. XX. étend aux Dionysies du Pirée. 168 et s. aux Lènaia et aux Thargélies le principe admis pour les grandes Dionysies elle interdit la èvssaisie et la manus injectio. pp. contre tout ce qui offense des cérémonies religieuses. eTspov Exépo'j. comme dans le cas du meurtrier écarté des tepà à[açpixTuovixà. Niképhoros (reconnu par les Étoliens à l'occasion des jeux ISikèphoria interdiction. artistes les On en rapprochera le second décret amphictyonique relatif aux dionysiaques. 5 : ôià -/povou ôè ôiaSixàtrai ôeT àorpaxcia. xaï.o£ xwv UTreprdJLÉpwv. des « contraintes violentes ».lYo). |ji.

pp. p. au moment et par d'une association solennelle.) qui se perpétue et qui d'ailleurs se limite (Glotz. comme une contamination insupportables (cf. art. tiv te 66p(Ça>ai une pensée propre à la cité s'alïirme en elle. des Ant. parle du Upo. c'est le privilège : : Solidarité. Ou bien les offenses qui : atteignent l'individu sont particulièrement réprouvées le vol commis dans que (20) les gymnases est puni beaucoup plus sévèrement le vol ordinaire (21). 191 xiveç aTjOsî aXXo èàv è^aTrival'ov àôîxr^{JLa yiy^-(]'zixi. XXI. dans un moment de socialité plus intense. XXII. la mise à mort est un acte de vengeance. il (21) Ce vol là est une des variétés du vol aggravé peut. dont l'institution paraît bien postérieure au est. du une pensée primitive L'origine lointaine de cette interdiction doit sans doute être cherchée dans la séparation rigoureuse entre la vie sacrée et la vie : profane fait réprouver tout ce qui apparaîtrait comme un mélange. le droit du mari victime cesse d'être absolu. sympathise avec une victime individuelle. volontairement ou non.a. Klopè dans le Dict. n'a pas une semblable origine.. différée (d'oîi l'interdiction de porter des armes dans procédure de la cptipa. la : . Ainsi. Et il s'agit aussi d'une vraie peine. p.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE èàv -et. P. se révolte et. à la seconde ne doivent pas avoir lieu au cours de la première.. v(5fjio? relatif aux Dinnysies comme venant renforcer la répression organisée u6picrfi. les injures verbales ordinaires qui. . 304 et s. 35. 29) les pratiques qui sont propres . prend corps de plus en plus Démosthène. car la même circonstance aggravante a lieu . Il s'agit alors de tout autre chose que dans le cas du voleur de nuit dont l'exécution est permise à la victime ici. à des instants privi- une réaction spéciale. 205 sition obligatoire. XXIV. et la vengeance n'est plus légitime si elle préhistorique de la famille (Glotz. Solidarité. Mais des idées nouvelles se sont insinuées dans l'institution la violence des procédures garan: tissant le privilège légiés. On pourrait même se demander si la suppression de la contrainte par corps. d'une effets réguliers Ou immunité temporaire ou bien l'individu bénéficie d'une prodéfinitive contre les d'une justice antérieure à la cité et que l'association nouvelle veut plus ou moins dépasser amnistie pour qui tue accidentellement dans les jeux publics. H3-114). : par voie de Ypa^pr^ oôpscoç. 391-4) le même principe est admis pour l'adultère cas où le coupable n'est pas mis à mort sur le champ. du prêteur ou du proprit^taire suscite. pp. sur le rapport entre la répression du délit privé en droit romain et le degré de légitimité attribué au sentiment de vengeance. être puni de mort (Dém. Dém. : : régime de la vengeance familiale. le fxirtum nec manifestum entraîne la compoGlotz. Gidans le rard. tection. par suite. xe ào-eSTjcraxTt.. F. Tout autre est le cas du vol commis dans un gymnase il s'agit là d'une réaction de la collectivité qui. cf. On la vertu peut dire que nous voyons se dessiner. 827) . à Athènes et à Rome. une certaine idée du respect de l'individu. interdiction de la : maîiîis injectio au cours des fêtes (20). perquisition faite au domicile d'un détenteur possible à Rome. Manuel'^.

§§ 51-55. frappé lors des Dionysies en présence des Athéniens assemblés.192 RECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE lieu temps de Solon. I6îa. en dépit des digressions. les actions privées et les : . il 25. ne paraissent pas donner encore à une réparation judiciaire. u6pt.. p. Dém.. Kakègoria dans le Dict. il ajoute Démosthène se sert constamment du terme a été victime : trage intolérable dont on aperçoit. qui prolonge cette pensée de façon instructive (Glotz. des Ant. (23) Visiblement. n» 694. I. 789). est par c'est celle qui est : : est sentie comme délit public et comme excellence une victime de Fiiêpiç (Dém.. la majestas du peuple est offensée dans un Ue ses représentants privilégiés. contrairement au droit Platon. en définitive. Wien. 51 . et. XXI. que cite l'orateur. chorège. : accusations publiques au tS'. « sur lequel d'ailleurs Démosthène n'insiste particulièrement que dans ce passage. voudrait établir entre..v u6p£Wî. possible. Hitzig.s esprits se contredit. Cf. Plut. une catégorie intermédiaire de ypatpal . 47.. Michel. sens strict. Midias devait être condamné pour mais il me semble que. le vol commis dans un 1. art. (22) Cf. mais peu importe ici Lipsius. 1901). que c'est le seul terme. 1' ». à travers il même : subi ces outrages sans être chorège.. et le cas est parallèle à celui du magistrat outragé pour î. Ces avocasseries ont égaré Brewer qui. dans la même loi (Dém. semble ranger la ypa^ri uepso). 28 dans une construction universellement critiquée [die Unterscheidung der Klagen nach altischem fiec/i/. ses discussions. 51-55). : ce serait toute justice dubitative. 26-27. laisse clairement voir le véritable lieu de la notion Démosthène. XXI. XXI — — — étend la défense à l'agora [Lois. si on le condamnait en outre pour impiété. p.. pour fixer la « Si donc j'avais notion du délit. parmi les actions privées xal ypacpà. u6pi. et elle est formulée s. N'est-il pas dès lors à présumer que l'uêpiç intense. Meier-Schômann- (voir notes 143 et 144).ai. 629. XI. de fait il y a là un élément un peu spécial. 444-5 . p. Staa(sh\ p. la distinction n'était pas nette dans le. 75 et Bôckh-Frânkel. celle qui attentat majeur (23). des ergotages et de ces contradictions dont la pensée consciente ne pouvait se débarrasser. Pour la loi même. c). après l'avoir commentée. C'est la loi sur luôpi. Soloîi. xai yoacp^.. Le délit d'àdsôeia n'est ajouté ici que sous forme impiété » venant renforcer l'uôpw en tant que celle-ci est commise contre un y^opr^yàç. port. pour désigner l'ouau point de vue juridique. au cours d'une grande réunion et perpétrée spécialement d'une fête religieuse? Les textes confirment cette manière de voir la Mûlietine notamment. sont proscrites par Solon quand elles ont lieu dans un endroit public au cours d'une cérémonie religieuse (22). 935 B).

iasêT. même subjective. il y aurait eu. fait penser à une . XXI. 20).v. XXI. l'accusation Contre Midias n'est pas une ypacpv) c'est une action consécutive à une TrpoêoXvi. 199. 191. 39).ç aîxiaî.]. XXI. procédure spéciale destinée à faire mettre en cause les auteurs de violences dans les Dionysies. Pollux. la définition. VIII. Ce dernier terme (26) Cf. le jugement que nous disions les : c'est dans ce jugement qu'il faut saisir la produit avec éclat valeur de l'uêpiç. : -î^ objets de la irpo6o>ai).. Car la TipoêoXï) a lieu à la suite de ces fêtes elle le dernier jour des Ilàvôia dans le cas de la Midienne est jugée dans le sanctuaire de Dionysos pour les grandes Dioet comme — nysies et pour les fêtes prévues par la loi d'Évègoros synonyme de •?. [Andoc]. — Sans doute.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 193 ypacpTi dans Texercice de ses fonctions.v ïo^'zrfy : cf. le chorège outragé par uêpewç (26) Alcibiade.. 72. [Xén.. § 216.èv '.ovjoou). TroXixivtf... (23) Dém. 227. dans cette appréciation sociale que le pleine : mécanisme du fêtes droit devait susciter le au lendemain même des — sentiment collectif qu'elles prolongeant eussent fait surgir. Quant aux conditions où réagit la conscience publique. : vpacpri le cas de Tauréas. Il est môme vraisemblable qu'au v° siècle.v sopT-Z^v (24). (24) Dém. précisément. à la suite des mots cités note 25 . 216 cf. IV. xoû [XT^Sèv àv wv TZSTzoii)-/. p. 10 {è%%k-i\<six èv A-. p.'' SûvaaOai )ip{vexat. le laisse assez voir (Dém. à propos des Tcpo6o>. des Ath.. cité p. on comprendra qu'elle u6peto? (voir n.a{ . Cf. 8. supra. XXI. de l'uêpi. c'est que le jugement prélimiliêpiç naire du peuple avait ainsi qualifié l'acte de Midias (25). 46. lytvovTO 5e xal r^^ol twv è^uêpiaâvTtov ffuxoaavcfaî (ce sont les deux II.. 307 xaTT. 145.soôj 8' oî xaûxa xpCvovxsç xaOsJJôtJLsvo'.. XXI. Rép.yop[a Ttpôç t6v 8f|[xov àasêeiaç .. grande réunion dans un texte déjà cité (Dém. mais cette TrpoêoAvi a bien pour objet une îiêpewç : car l'essentiel pour nous. 147). Déni. (27) : . : s-jïeiot^ xs/ei poTov èvc Tfjxai. d'où l'expression à demi technique de àaeSeïv Tiepi tt. 3.. t6 irpâyîx' sivai. cf. 218 : où vàp èy. la présence de nombreux témoins oculaires n'est pas tant considérée comme élément de preuve que comme une hypothèse qui va de soi. 191 .. Au demeurant. III. [xèv uêpi.v T:po6oXT. o68' CxsTzzp 'AptuTocsôiv à-oSoùî toù? STsaivouî iXuars tt. s'associe spontanément à celle d'u6piç. oiéy'/waav. àva)v'jffai . iXk'' èl uêpswç. (27). Eschine. lequel ne procède pas par voie de Quant à la notion d'impiété. àSixsïv (= 66pt!Σiv) repl tt.aavxwv irspi xàç Éopxjtç Schol.

a6ixà:. lena. -aïS' £7>îû6cpov z% n£AAr. nous observions que le viol est généralement l'objet d'une Suri jBia-lwv toute privée. . Andoc. Leist. IH. la même qu'ailleurs nous avons vu se manifester.. averti : Nous avons il définir. 17'). et la valeur du préfixe 5ia. l'emploi de 5'. 28-34). dans OLa|iapTi.194 RECHERCHÉS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE serait peu. D'une façon générale.. 1908. (28) : irpoCoXi^ : cf.intiaaTs.v 'Pooîav xi6aDinarque.aytyvwaxe'.l. sous les expressions de l'orateur ou de la loi. . p.. 1886). Redit./. Dém. der Zeuge im Att. en apparence. Ant. soit à espèce juridique^ par les voies de fait commises dans une assemblée solennelle de définition. C.a justeeût vu mettre son « honneur » ment une esclave.. p.eo5ivtoiî. 23 pîaxpiav {iêp: Tcv 'E). : fr. une seule pourtant que ce témoignage nous est — — : religieuse (28). 13) de la loi de Dracon prononcé entre les Siwjjloîîxi contradictoires de l'accusateur et de l'accusé.. . 6£[jl'jxiov 5è tôv 'AaiovaTov. Cette gravité singulière résidera notamment en ce que la victime a pour elle tout ensemble le prestige d'une valeur sociale et le prestige d'une faiblesse à protéger (l'jêpt.£'. o. G. nous n'avons plus. (per- sonnage d'Habrotonon).dans 6iw[jLoab même. tt. 23 (Blass) xôv [xuXwôpôv â-nsxxsivaxs . Dém. et dans les conditions ordinaires on attendrait peu que la xi. cité p. dans les plaidoyers Ce discours — proprement dite retenons donné presque involontairement et que. Frauenfeld.]. il n'y en avait pas. eavixw iîjT. Mais de plus. Celte étrangère anonyme esclave : cf. quand nous sont rapportées des accusations publiques Même. Sans doute ù la suite d'une ryôpiî. 187. (rapproché du texte S'.iixi 16. et a tout l'air d'être une Ménandre. LUI. Dinarque. or. des Alli. XXI. ypa^T) uêpeco. nous connaissons le cas d'un individu condamné à mort comme coupable d'uêpLç pour avoir violé une joueuse de cithare aux Eleusinies.ç Ju/sv £v [xuXojvt. (29) [Dém. Midias le niant rapprocher le S'.v archaïque (/. pp.. sans doute mais l'acte avait été commis dans une fête à si haut prix subsistants. 60 cité à la n.. 12 (joueur de cf.QapiTTp!.p{a (Leisi. I. 11. ne faut pas entendre que Tuêp'. nous pouvons ressaisir une pensée sociale plus ou moins inconsciente. 28) ûixei.vT.v à propos de : [Xén. Démosthène soutenant qu'il y eut Hêpi. dans ûiaSixa^c-.v (G.. Arbilr. (cf. il semble indiquer une décision entre deux propositions contradictoires. à l'égard des mineurs de condition libre est particulièrement réprouvée) (29). der atlisclie Eigenlumsstreit im System der Diadikafien. A. comme : y avait lieu sans doute à ypacpvi Gêpswç dans d'autres cas pourvu qu'ils fussent spécialement graves. xîî» Msvwva {xèv cf. ôiôt-. tlûte esclave). que le témoignage d'un seul et aussi bien. 191). Rép..

dans l'observation d'un moment intense de la pensée collective. La sensation de la réalité sociale n'est pas nécessairement plus exacte que Le terme même. c'est la société qui se sent atteinte par l'outrage. de la part . sentiment subjectif de la victime de l'accusateur. son foyer. contradictoires et. anti-égalitaire. l'uSpiç de Phormion (Dém.. inadé- quates le plus souvent. VEII... n.ç (31) . celui du respect de la famille et l'intérêt sympathique que la cité porte aux membres les plus faibles nous aurons du reste à revenir sur une de la famille (30) variété de Ï'j6p\<. (cf. f. comme offense au peuple Aristoph. 41 et impliquent très nettement qu'elle fut intentée dans l'intérêt d'une famille et pour venger l'offense qui lui avait été faite. XXI. 32 (30) 44. anti-sociale. une de ses significations les plus fréquentes est celle de volonté outrageante en tant que perverse. XL Vil. Que maintenant.Sr. 320). 630. 137-8. (31) Par exemple Dém. toûto irotôv -rrpoauêptÇet. oii se manifeste oii il faut situer son principe moral. on le comprend de reste. nous sentons se combiner. c'est la pleine réalité de l'jêpiç en régime de cité.) . de par toute son de par ses emplois courants. devenait facilement prépondérant dans la conscience et dans l'argumentation de la victime. de celle de la réalité physique. 41. Ainsi donc. avec sentiment de la dignité sociale. : — xal TÔv û[X6Tspov xoivôv (Txécpavov L' 'jSpiç vial xô : tt^ç irôXsw. S-ci toùç vq|xou<. en tant qu'il il exprime le d'un outrage. et de nettement dans ces Les circonstances qui entourent la Ypacpr. de par sa fonction même. 348 Schol. prêtait. en tout cas. citée par Isée. histoire. d'indéfini. C'est parce qu'elle étend sa vertu vivante sur l'individu que l'individu peut élever la voix. uSpewi. à propos de cette majestas le sens religieux s'aperçoit 1' L>êpt.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE le 195 de « violence ». ôvojxa. en définitive. les représentations que s'en font les individus soient inconsistantes.) est au fond de la même espèce (cf. XXIV. et cet plus. a quelque chose de mystérieux et. Ach. Ce que nous venons de voir en tout cas. . élément. à la confusion entre le délit proprement privé et un délit public enfin. qui d'ailleurs pouvait entrer plus ou moins en ligne de compte dans l'appréciation du peuple-juge. Aussi la notion d'une majestas populi apparaît-elle souvent. dont la notion a pour ressort le sens fami: lial. faute de précision juridique. 3 et s.. XLV.

: — sonne libre est ressentie avec une acuité : particulière. 27. 6. 885 A Tô TtoXtTtxôv âv eTt. c'est le principe religieux (32) diffus dans toute la société (33) il n'y a donc pas lieu de s'étonner que le délit soit désigné d'un mot qui. et. iVic. 136. ce n'est : pas là un appel oratoire aux sympathies indi- viduelles collective a été atteinte par le délit. pour l'extinction possible (36) C'est dans la personne du citoyen que la solidarité religieuse de ha irôXi.X. : (32) Au début du livre X 1' des Lois. Instinctivement. Ainsi. celui d'enchaîner notamment cas cités dans la note 29. Platon. p... en dernier lieu.196 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DK LA PENSÉE textes OÙ. peut désigner le sacrilège. de même. X. Platon. : — prétation chez Lipsius. parmi les actes d' uêpt. d'un acte le plus souvent médiocre. au premier rang. Aie. Voir l»-» Dém. Dém. XXXVII.. éxxcTTou tûv xoT. Cf. Les derniers mots de l'article de loi cité Dém. 215.iTwv L'offense à la peruSpiaBév.? TrdXswi. 26 partie. En effet. un social qui exalte momentanément la valeur de l'inprincipe dividu et qui. tout cas. Ce principe. Xriat. C. n. Lois. 1126 a 7. Lois. Dém. et à l'individu abstrait essentiellement au citoyen (36). s'accompagne d'actes qui. on peut ne pas poursuivre après la sentence préjudicielle Lipsius. Taûxa yoptiyb^ t.. peut faire un une chose crime capital. cf. on arrive à l'offense — commise contre un (33) (34) citoyen. XVIII. puis. Dém.. d'autres espèces.. semblent admettre la faculté de transiger (autre interèyw 0' ô TteTrov6(l)<. celuien fraude des Uoà destinés ci est relevé qu'il s'empara aune cérémonie avant la ville » ([Andoc]. 128). p. X. XIII. 5.. XXI. r\ t' laO-^iÇ tti? éoûtt. très facilement. atteinte directe à la divinité. (35) Dans le système même de la Tzpo&oli. trouve en quelque sorte son point le plus sensible. surtout quand elle rien qu'en eux-mêmes.. les habits protégeait une espèce mêmes qu'il portait et que d'interdit (34). I. Platon nous offre : comme un système proprement des différentes modalités de u6pi<. IV. Ste yàp yopà<i : V rr. 205. insistera sur ce qui devait l'entourer d'un respect religieux la fonction qui lui était dévolue pour la célé: : : bration des Dionysies. Plut. ce caractère religieux est attribué à l'individu (35). ets'en servit 29. IV. qui représentent la dégradation continue d'un même principe . Eth.? e'ivsxa Ttida TtapeaxeuâÇeTO. Seulement. § vi.. . Démosthène. 208. cf.v. 58 — En = XXVIII. des actions {Jêpso). 2. 8.. le délit religieux. XXII. 19. Dinarque. 217 etn.. l'acte d' Oêpiç dans ces conditions doit il attente à la s'apparenter au sacrilège régularité majestueuse d'une cérémonie. 885 A). lorsque la victime affirme que toute la cité a été lésée « avec elle. reprochés à Alcibiade. accusateur de Midias. avaient une valeur symbolique. Cf. 21. chap. XXI.

La joueuse de cithare. : : — : Les esclaves pouvaient être initiés aux mystères d'Eleusis. il d'un germe préexistant dans quelles notions antérieures fautle chercher et. p. sic Sxal TTiV lévry^ xai x-f^v 80 û /vr^v sXôeïv è^ouaiav ëSoaav 01 vôjjloi >cal Oea<TO(JLévT. LIX. laxai xa6aita.0TeXûv. était au moins une étrangère de Rhodes.]. . moins participer aux fêtes [Dém. 83 twv îepwv twv 8-ri[j. 175-6 le peuple corps autorisée par jugement. quelle élaboration a fait subir la : cité ? un Carien intente une 'irpo6o)v-/j à raison d'une prise de (37) Dém. et à un certain degré d'abstraction elle n'a pas pu naître tout d'un coup elle est le développement . C. 32 ypacpV : àv (xs'v xoCvuv iStoixTiv ôvxa xvv' aùx&y è3r/ ùBplai^ xi? -î^ xaxûç 5xi[xoî u6p2ta? xal 6i>cT... aux étrangers (37) et même aux esclaves qui peuvent être intégrés à la société religieuse qui célèbre une fêle (38). 8è 9ea[ji. Ainsi se posent les problèmes qu'il nous faut maintenant aborder. le délit d' uêpiç se distingue de l'outrage à un prêtre ou à un magistrat f39).v xaxTiYop{a. Cette valeur individuelle qu'il faille la concevoir — — si peu « individualiste » nous la rencontrons dans une : société déjà avancée. XXI. Dém.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 197 mais aussi aux femmes. mais exercée pendant les mystères voulait condamner à mort. comme l'établit D'une façon générale.. I. 23.v •kolI ixeTEÛou(38) — : : (jav slarisvai. XXI.. Psyché. les esclaves peuvent au Rohde. Dém. à celles-ci. chez Dinarque. Inversement. I8{av cpeu^sxat. 286.o6éx7iV. •» (39) s'iTtij.

.

Mais ce groupe lui-même rentre dans une catégorie celle inter pares. xAoTiy] (41).CHAPITRE II VALEUR PRIMITIVE DES TERMES DÉSIGNANT L' « OUTRAGE » juridiquement définie. p. par ses emplois isolés. dans Arist. A prendre cette expression dans un sens large. 28 tti -jtdXe — : Tî^î Ti|xwp(a<. d'où poursuite personnelle et répaOr. les vue. celle qui s'est conservée dans le droit de mettre à mort le voleur de nuit (cf..ç L' à la Sans doute. V. c'est cpwp (cf. Lois. Dém. à la plus ancienne conception. TpaGiAa. 'ùBpiq ne se distingue pas essentiellement d'autres termes comme aUia. hors de la sphère des obligations des ffuvaXXaYjjLaxa àxoûaia (obligations délictuelles).. le prestige plus impérieux qu'il exerçait sur les consciences explique assez qu'il ait pris place dans le droit pénal avec le sens que nous avons vu en lui-même. spécialement. en principe. 406. : Comme liste 5. on sait qu'elle doit s'appliquer aux actes qui ne sont pas perçus comme : offensant la collectivité. XXI. A l'époque classique. à certains égards ^Xàêvi. uêpt. pourtant. xaxTiyopia.. de l'atteinte à la : qui concerne les « délits privés ». au contraire. termes qui désignent les délits privés se répartissent à première quant à la forme de pensée qu'ils supposent. (Meier-Schômann-Lipsius. pas de dommages xàv àyôiv' i'-p' ou [XTiSèv ïaxi Xf^jxfJLa Xxêstv intérêts (ce n'est pas d'ailleurs une règle absolue. n'est pas le terme primitif le vieux mot qui signifiait voleur et qui se continue depuis l'indo-européen. sur la Nie. (41) Le mot vcXoxfi qui désigne aussi. Eth. le vol commis au préjudice de l'État. Cf.. c'est le délit privé d'outrage personne devenant momentanément délit public (40). elXdixTjv : dans le système de la irpoêoÂTi cf. XXI. IX. pas considéré comme purement privé. 1131 a b et s. comme cpovoç. atxfa. ses conditions personne et ses origines doivent pouvoir se lire dans tous ceux du groupe. [xoiyeia (42). privilège de la famille : même — — Platon. Lipsius. . considérés dans leur ensemble. : ce mot-là n'est que Si une certaine idée primus a pu s'épanouir en lui. mais seulement un particulier ration personnelle. il répond. irapaj^wpw è[ioi : le mot u6ptî ne figure pas tel. Dém.. xoii toGtov donc. en deux : espèces (40) les uns. existe le délit n'est Puisqu'il une ypa-p^i ixoi/sCa. 874 B) (42) . 176). Mais. latin fur).

àyopeûetv). Il n'y a pas seulement dualité dans le mode de pensée plus ancien état social alors. une loi frappe d'atimie le mari qui reprend sa femme après le flagrant délit d'adultère [Dém. (45) Pour le meurtre. est de la môme racine que e£(vto (skr. la désignation du meurtre qui signifie » sang ». : — : cf. Non pas certes que des représentations morales et spécialement d'ordre religieux ne se surajoutent à la perception du fait matériel (45) sans idéalisme. qui est aussi indéfini en lui-même que défini dans son application. Reallexik. l'acte sexuel (43) 1. que hors des limites de la le groupe à famille on sait que Robertson Smith a pu définir le clan arabe les langues indo-européennes. La conception primitive. en principe. au premier moment. matérielle- (cf. quelque chose de son origine un p.ç. fait abstraction. les autres. le mot paraît désigner. L'idée d'empoisonnement a eu quelque mal à entn r dans la notion du meurtre. Mord) cp^vo. alxia et môme des mots essentiellement « abstraits » xaxTiyop'la (43). l'élément essentiel est xaxwç. ils il y a dualité dans les choses. nettement matériels en eux-mômes. 1. Beallexik. cette délictuosité a (46). Mém. on l'a vu suffisamment dans la première à noter..]. : — par la répression des délits contre les mœurs (dans le même esprit.. en particulier. ils ont une valeur sans doute. Mais c'est un idéalisme dont même. — En lui-même. apparaît aussi dans le droit de tuer le coupable. j^Xàê/j. c'est un ennemi de la famille Lys. (xaxto. Xén. sont sont des désignations concrètes. Dans Dans xoixr^yopia Schrader. mais tout un groupe familial dont ils : non pas un indila provoquaient vengeance. : : : . pas de : langue juridique... Et resté parce que. ils atteignaient vidu. 88). partie (46) La vengeance du sang n'a lieu. s. ment. acte : évoquent des images plus ou moins précises en tant qu'ils s'appliquent à des délits définis. v. — ils varient de l'une à l'autre — : — . (44) les termes qui désignent le meurtre expriment presque toujours l'idée matérielle de « frapper » (voir Schrader. Mais c'est qu'alors l'adultère est conçu sous deux aspects en soit entretenue il faut que la moralité familiale sens. 429 et 431). clairs et irrécusables comme est un meurtre (44). il intéresse la cité.. v. Le vocabulaire reflète cet aspect de la réalité. et celle-ci est la raison d'ôtre de cellelà. III. tuer ghanahy massue). strictement familiale. 25.. s. par leur étymologie et par leur sens général. en particulier. 15. comme uêp'. mais en eux-mêmes. le le divers — sous même reconnue et sanctionnée — à des degrés gardé mol mot lui- est le régime de la cité. frapper. hanli. chez les Slaves. Les actes qui peuvent léser un yévoç sont définis. Les délits xle la première catégorie ont leur origine dans le : indistincte et qu'on dirait môme parfaitement vague. pas de droit.2(H) RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE ils présentent d'abord l'idée d'un matériel. LIX. Ehebruch).

ils ont normalement un régime au génitif ou bien ce régime désigne le sujet du verÊe correspondant. ne le réprime pas directement (Glotz. le la notion explicite nom verbal. Quant aux autres substantifs. ici encore révèle un certain mode de pensée. si l'idée que l'histoire du mot uêpiç nous a fait pressenen est indéfinie. Mais la vérité est que les notions dont nous traitons furent d'abord pensées parles Grecs comme . ou bien il désigne la personne lésée. Dans le cas de l'injure par paroles. observons-en la construction. C'est de quoi témoigne toute l'histoire du mot uêp(. la syntaxe. Et voilà une première donnée. nous sommes portés à concevoir le : même délit privé sous un aspect surtout passif comme la lésion qui appelle une réparation définie.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 201 : Les autres ils délits privés signifient un autre moment social atteignent proprement. Il survit des traces de cet état primitif dans le droit d'Athènes qui considère le parricide comme chose tout à fait à part et qui même. Aussi bien. 321-322). au début. attesté en droit romain et en droit français qu'il n'y a pas fiirtum à l'intérieur d'une domus. d'une réalité quelque d' Gêpiç termes de l'acte réprouvé peu mystérieuse n'y est pas conçu en luiet pour lui-même. Si Comment les furent-ils d'abord la famille conçus? ont en principe cette valeur que Ton dit « abstraite ». on connaît le principe. si Fon aperçoit que le contenu n'en saurait être épuisé par la somme des « injures » particulières dont l'individu peut être la victime. ils ont atteint dès l'origine un indi- vidu. Pour ce qui est du vol. En voici une seconde. Avec nos entendements modernes. n'a point de valeur passive et mot même n'étant pas technique dans le droit. est celle du verbe actif (xaxwç Xéyeiy). notions actives. — ment — — . il n'y a pas vengeance du sang. le phénomème est presque évident : le terme de . simple de plus. formellepp. c'est justement que le terme fait penser à une certaine puissance de mal. Solida- Tintérieur duquel rité. si souvent instructive. autant et plus que C'est encore ce tir : comme notions passives. cela signifie que l'image d'un fait matériel y est obscurcie et même plus ou moins effacée par la notion d'une chose morale.ç. mais alors le substantif est encore un nom : verbal dont le génitif représente le régime direct. tels que les a faits l'habitude d'un droit organisé. xaxYiyop^a.

et le même jôpi. 881 D.. w. ô ttjv tou «rwfjiaxoç u6piv Treirpaxtô. perpétrée contre : si quelqu'un. 8. 1. I. or c'est bien ce second sens qui apparaît.vattov est restituée par Scala. Ce qui montre que le substantif jêpt.e'. IX. 114 : TraiSwv uêpeiç vtal yjvïixÔ)v.v avec l'accusatif sont les moins nombreux (chez Eschyle. Il . nous n'avons relevé qu'un exemple. 5). sî. la Ypa»-^ : 5i^|jL0u xaûxa — — Texpression è.. en revanche. Tùôpt. n'enveloppe en lui-même aucune idée èfa^j ou passive. Isocr. 64. entre jôpi. u6pi<. yovswv). l'autre. ne saurait être poursuivie par la victime même. Phèdre.. semble nous transmettre la formule même yuva'. et en réalité profonde..yopîa.. XXI. 113. étr... elç u6piv xoC Noter aussi la valeur de alx(a yovéwv TcôTroiT. 20 encore chez Polybe. : deux emplois.. : tt. xal iiaiowv dtpTrava. : : . I. xo (jtôfxa uôpiv). Dans tels exemples caractéYpaçr'j qui ristiques (47). 42 Aristophane. oîi il n'est pas même sûr qu'on ne puisse traduire xt)v et. le génitif ne saurait se rendre par la tournure correspondante du français en grec. Thesm. xa(Swv u6p£i^.vtwv ald/ùva.. Disc. toù.. le scholiaste d'Aristophane. tiv6. Enfin. 5 èizi xàç xwv yuvaixôiv vêpsii. 2 avec si. D'ailleurs.. . et l'oSpt. Die StaatsverIràge des Allertums. Usteri. Chez un prosateur du exemple contre 4 du verbe employé nous siècle encore chez Isocrate — — notons: 13 exemples de l'emploi transitif. riiôpt. dans C. dans une du premier. è{j. 188.é. 348. 10 de l'emploi absolu . signifiant également dont quelqu'un se rend coupable. Lois. autant dire toujours. construction identique. Ach.xwv. 1 idée active de V'ù&pi^ peut légitimer ces .mgement associés. tivo.yop(av.v 'A6T. de OêpiÇeiv tout court ou de OêpiÇetv dç 'tva. fan.. dans une impréiizl cation qui parodie de vieilles formules. en ces termes àSixîa. un absolument). Platon. VI. pX[dt6T<v xt. outrage aux parents (au même sens que xdtxo)îi. second sens. ^chtung ii. presque forcée. 17 .:202 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE elle est La distinction paraît d'abord bien délicate. KoV. pareille construction : (Eschine. 1. (48) Chez Eschyle et Sophocle.. les emplois de seul iv* û6p{!.xoiq. quelquefois plus nombreux que les emplois autres chez' un même auteur. TuSpn. une action. A. et qui est vraisemblablement du temps de Dracon (cf. irA pXiÔTj xoC 5yiu.? twv èXeuOépojv jêpsoj.piov. IV. sont là pour en témoigner (48). de de Cléon. n° 2. c'est que la victime ne dira jamais uôpi? jôptç è|jioù et il est tardif : •?) ?) •?) : toujours •?) jôptç el. et non pas un état.ou dans une loi citée par Dém. : — : xf. 243 A 6ii yuva. xîbv par exemple.. p. désigne un fait. dans le mot si (47) Eschine.xdxoî. 336-7 ^XiST) xivl xî] xôv Pour xaxT. que le second cas n'est pas moins instruclif que Ajoutons que l'objet môme du verbe actif n'a pas besoin d'être conçu explicitement ou immédiatement les sorte : En nombreux. Verbannung. et les institutions : l'uGpt. perpétrée contre quelqu'un au time. xivo. Platon. par un citoyen étranger à la famille la vise implique la notion active. p. la et elle peut l'être. dont quelqu'un = est vic: = l'jôpi.. Hyper. l. confrontons le vocabulaire è7ttxX-/. TtapBivwv.v 'EXévTiî xaxT.

à quelles représentations faut-il compte du sens « abstrait » et indéfini M. trou- paraît probable que la construction transitive n'est pas la première en. T6). en particulier.. 1535. si l'acte n'y est pas conçu essen: comme faire appel pour rendre qui est le leur? matériel. 1-47). et elle n'apparaît bien d'ailleurs elle se multiplie. D'où le rôle. 24. dans j^Xàêr. les voir note 202. Eschyle est le premier en date de nos auteurs qui substantif fk(i&r\ : otire un assez bon nombre d'exemples du or ce substantif n'a jamais chez lui de sens à la fois matériel et passif. Huvelin et (50) a que toute une montré que toute une partie du droit pénal partie du droit civil (51) ont leur source dans des procédures magiques. 491 . pp.. xiva du droit privé restitutif (oOj P. nous devons admettre que. l'individu recourra à la magie pour obtenir vengeance d'un tort qu'il sent réel. 100. : Dans Plut. Taulre. que la réaction aux actes réputés nocifs entraine nocifs une conception magico-religieuse des actes eux-mêmes. 1234. qu'au siècle où de tous ces mots est active tiellement Ainsi. TwôSwv (dommages causés par les animaux) est visiblement archaïque et doit avoir figuré dans le titre même de la loi de Solon.oô:. 56p{!. 11 (51) : — furent d'abord confondues : Hérodote. y a d'ailleurs un rapport étroit entre cette partie du droit pénal et cette Sous le terme uêpi. 938.. la signification est essentiellement active (8 emplois sur 13 Ag. 180). notion n'est iv^ originelle (49)..date. Tiva ou -:t£pi xtva (Dt'm. . 956. XXI. dans le principe. des defixiones^ des devotiones^ tablettes écrites où la victime d'une « injustice » remet aux divinités infernales du soin de punir le « mé» de Grèce même. fr... en particulier. Choeph. l'expression fki&-i\ xsTpa859. — Huvelin. et dans la majorité des cas. A quoi il faut ajouter deux choses l'une. partie du droit civil actions xatâ xivoç du droit privé répressif et r. la valeur or. I. au les lois portent toujours le verbe est employé dans un sens fort XLlll. Eum. que la magie est pénétrée de représentations religieuses. 889. Solon.stv tic.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 203 la même qui semblerait exprimer plus que tout aulre cette notion point passive de damnum. 47 moins quand (49) : . Isolé et physiquement impuissant. puisque son office s'en chant : — : propre est de dériver au prolit de l'individu cette force concrète et indéfinie dont le prototype est offert par la notion désormais classique de ??2ayi«. nous en avons un bon nombre. Magie et droit individuel {Année sociologique^ X. Dans les termes qui nous intéressent. mais dont la force sociale ne lui assure pas encore réparation.

met en la — avons aperçu néfaste que ferait précipiter notion d'une puissance. kr. au bout d'un certain temps. ôià xà .ç et 1' àouia il arrive que r uêp'..204 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE la trace vons-nous d'une pensée religieuse primitive et constatons-nous. : : 14. 81) est les temples Isocr. Dans Tétude du terme àSuew. ne devaient pas être relevés. 29. nous manifestement. Le cas le plus net est celui-ci : des jeunes filles sont outragées par des . 35. indi- quer une analogie de plus entre V u6p». Rfidt.. : oîov SocpoxXf. ->. 806 et conservée dans les ruines mêmes. YixTTjôf^vat ë V Oa xo xwv Tcapôévwv -r^v {jLV7)(i. 171-3). 775) — est filles retenue et de Leuctres rappelle la pratique bien connue. X. Solidarité. atteste la vertu religieuse attribuée aux victimes et agissant dans VendroU même où elles ont été violentées : un oracle assurait tî>. o4.ovîtov xivtov à7toxx£"tvai lauxdç. la conscience morale acceptait que le droit la sanctionnât Arist. derrière cette pédagogie moralisante. VI. le démon du mort vient la renforcer. 3) xà. une armée Spartiate subit un désastre: Isocrate. d'une sorte de l'acte d' « injustice » et mana l'effi- dont celles cace agirait suivant des lois plus ou moins définies notamment d'un rythme mystique du temps et d'un talion — nécessaire. C.7rpoa0£v y^^ôLe récit de Xénophon. disent Iso: du Contre Léocratès. au même lieu. 2) détruits par les Perses. s.. spécialement. 4. (ilotz. 7.oviou(. 1374 b 36 et s. 100 voi. I.. d une pensée antique (cf. u6p£iî (cf.Txr^8T^(jav. longtemps Spartiates. et forces sinistres que la réaction à ces Encore est-il qu'elle y apparaît quelquejeu. affirmait une tradition. pp.... Nous voyons maintenant dans quel ensemble nous pouvons : se situe cette représentation. fait surgir une punition terrible. par — excellence (Eschyle. il y le sacrilège des Perses est une u6pt. Lycurgue. Pausanias. des valeurs magiques? Puisque ces termes désignent les atteintes mêmes dont l'inr dividu est victime. xal xa'jtTjV (défaite de Leuctres) : XV. — cf.a Xiyovzai ôtà xo ^laaOf^vat utto Aax£oat[j. VIII. — LeThéognis. èv xoT. non vengée. dans la région de Leuctres après. XI. du suicide par le suicide fixe la puissance vengeance (cf. pp» 64-66) néfaste dégagée par l'acte d'uêpi. 8éoi a'i èvxaùôa Aax£6at{j. Le prétendu serment pï-êté par les Grecs avant Platées (Diodore..jeunes cas des . nous n'attendrons guère d'y rencontrer. Hell.. rapporte la tradition. Perses. pour l'ordinaire. «Pour attester éternellement l'impiété des Barbares ». 156. notons que cette idée était encore reconnue et vivante au v" siècle. l'idée des atteintes fois. universellement connue. è'{j. IV. Léocr.el ànidcpa- . Et tout de suite. apocryphe (voir Uehdantz dans son édition mais on y trouve sans doute l'écho crate et l'auteur du serment : a l'idée que la vertu de V uêpi. quelquefois très long. •jTEp Euxx/(Jiovo^ Tjvr^-^opôi'^ .. Diod.

/. exprimée (53) ou sous-entendue. (chez . par emploi du verbe en matière de fonda'Aviepoûv — . la première de nos observations termes dont il s'agit n'ont en eux-mêmes aucun sens matériel. malédiction de la mère ou du père. .i'zeyj Mavf. a parfois pour synonyme àvaxiôévai. c'est celle qui n'émane ni du ^évo. Michel.. nous religieuse. 1. (53) Wiinsch. et saisissons la notion d'une force idéale.xéyjzc aùxôv. dans le moment de la dissolution du ysvoç. Ainsi se justifie. n» 1325 xal 'Ep[xf.a. même dans les defixiones. c'est que tion. J. p eauxqj èxt|jLr^(Tev. (comme l'àxifjita primitive. lequel se dit de la comecratio en général. : xaxipaTo. pp. et en ce lan: si les gage doit s'exprimer. G. Michel. ou et la t : 66 TcpoppTjaiç. yt. ou xi[x-f^(js. 7 = Michel. XVI. les Dieux infernaux étant immédiatement associés à l'auteur de l'imprécation.v. Souvent elles sont indiscernables. le même Mais. le verbe peut avoir pour sujet ceux-là en même temps que celui-ci (54). (55) 'Avaxiôévai notamment dans C'est le mot employé pour Prolegomena. qui se retrouve dans la pratique des defixiones.. naturellement. J. sous son aspect néfaste à la fois et actif. n» 1013. en matière de fondation. 310-311. Mavf. la consécration. ni de la cité pénale). ce pouvoir de réaction peut se confondre avec celui qui est attaciié à la malédiction malédiction non publique. n» XXllI (t. surajoutée à la perceprepousse d'abord l'image de l'acte positif pour s'imposer impérieusement aux consciences..o2) L'èp'. D. E. prototype de la loi ment de l'individu (52) or cette malédiction-là du proscription. le plus fréquemment employé. 10 Ztschr. — les defixiones de Cnide. mais bien et seulele et la devotio sont choses même ordre. La defixio comporte toujours une malédiction. : précation individuelle. -Adxoyz v. exemple tion : Rechtswiss. 12. verbe xaxaoéa). Ziebarth in 62). n» 77 (o4) Wùnsch. p. par exemple cf. relève d'abord de la religion Homère) mais. ou encore àvtepoùv (55). 8é. Nous procéderons dans ce nous tenterons ensuite une chapitre à une analyse des faits : interprétation. cpîXai noa^iSixai.JURIDIQUE Eï ^£v èauxov MORALE EN GRÈCE -î^j 205 ô Traôwv (s%t\q. meurtrier). II. elle a quelque chose de mixte elle tient à la fois de l'excommunication familiale et de l'im.1. cf.i^ i^r^ èXàxxovo. excommunication lancée contre : (comme Vàpi classique. f. n° 1328 (Cnide). 142. Pratiquement. p. la représentation religieuse. L'induction se vérifie : nos termes. no 1320. Harrison.. C'est la notion du sacré. n" 109 = Michel. time une qui à l'occasion offense en la personne de la vicréalité du même ordre.v xaxa6w %ai • : xaxi/w û[i£Î. c'est plutôt dans Fidée même de l'offense que nous devrons retrouver une pensée religieuse ou dans toute la série de magique.v'j.

Psyché. 329.. 414). le ^latqj 6avàxt}> C.. 1.. cette pensée. p. VI. n» 99. cf. X. iv« siècle où elle est fréquemment employée au sens de s©' rî. simplement. fr. fr. Gr. III... les mesures de sécurité religieuse on le voit par suite. ins. pléonasme. Dittenberger. 173. Inscr. retient « péri de mort violente une pensée religieuse les êtres qui ont recèlent une force utilisable pour la magie (cf. peut désigner contraire à la religion (ainsi dans Esch. qui peut dési. 98. 46-48). outre que le même de « : mot verbe ^làJIeaOat peut s'employer absolument dans la langue religieuse pour à des interdictions rituelles (règlement du signifier le fait de contrevenir sanctuaire de piîaio. ^laia. un attentat direct à la divinité ou à la religion (S7). "rêpiç. Men Tyrannos » : Michel. H. Spratt dans Hellanikos. II. der Eigentumsstreit. d'outrage envers les Dieux (56). et il y a là. 046 rt. Suppl.. à-rcoxxetvetv. p. 11. 44. Deubner dans le Lexikon de Roscher.. Thucyd.. p. 884 A et s. 893. Sept..35. est souvent associé à l'idée d'impiété. (56) Lysias. c'est le fait de la « mort violente». Wiinsch.). 1. pp. 115 (opposé à à[jie>k(a). que nous rencontrons ici. Polit. H : c'est que . Le terme d'uêpis. Hirzel. 2. iv. 26) et qui considère que la « violence » en général fonde une réparation au double (Dém. no 988. (itoOàvaxo. I. XII. XV. a changé de Gr. II. dans ce dernier sens. col. 2. Texpression èf' Oêpsi. qui provoque — bien dans meurtie le principe fondamental. Michel. (57) = valeur au tive . H. le terme est loin d'être indemne de le quel qu'en soit et même.. 2128). même mode. Inscr. 81.. jSoioî chez Solon. A. 308 E. de rencontrer 1..^ner une puissance à la fois impersonnelle et active (Hom. 3. 63. 412. 821). la « violence » se reflète dans l'existence d'une divinité Bia (L. 803. c'est que toute mort produite j^iaîw^ appelle une purification nécessaire il est formulé par Antiphon. la mise en jeu de l'appareil judiciaire. I. Isocr. n» 735. p. 812. 28. Od. Et il en reste quelque chose dans le droit privé qui traite les ^laia comme une espèce de catégorie (G. loi de Gharondas dans Hérondas. 24. 23. Plus particulièrement.206 L'idée RECEERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE violence » n'est pas pure et simple outre que le à lui tout seul une violence intolérable et ^ta. XII. Rohde... XXI. 129 son édition.. Elle transparaît dans le nom commun lui-même. Même juridique. Lois. 23. il désignera un acte positif. Platon. De là le sens de profanation. Themis. Leist. G. XVI. VI. nous l'avons vu. 130 et s. 170). F. 2725. S/G. dérivation de la pensée primitive suivant laquelle la victime d'un homicide devient une puissance redoutable. 1 (cf. qui n'en est pas un pour le sentiment. B La représentation primitive qui attribue une sorte de vertu religieuse à.6piç subjec- auparavant. 188 . 37 Aussi ne faut-il pas s'étonner la législation platonicienne sur le : . de même dans des textes législatifs (Michel. l'usage de l'expression : 6àva^o.

. à une chose sacrée. Nous avons vu Tuêpu des Perses profanateurs. consommé à l'intérieur de l'oTxo. (Année Sociolog.. Ztschr. est passablement effacée. En général. et chez les Grecs.. t. les arbres sacrés. le viol. Michel. entre 175 D. l'idée de sacrilège est appliquée aux entreprises législatives contre une Dans Lysias. XVI. il ne manque pas de choses sacrées qui jouissent d'un prestige auton'aurait de nome. à telle ou telle divinité : l'étant par les interprétation tombeaux. relativement laïque ». n» 733. relig. ils s'élèvent à la pire u5p'.. Eschine. tentat à la : commis hors des ôtxïj limites de l'enceinte familiale. des rel. 281. I. Lois. 116 . D'où vient r la valeur religieuse subjective.. 636 B. 8 et s. VII.. ou secondaire. XIX. iNotre étude de la xaxT. 40 et s. Il). Les formes élém. le mot guère plus que pour notre pensée morale (60). extension. Il subsiste la notion d'at- tentat à la mais u6piç) la représenta- — tion des la primitive des puissances redoutables qui régnent dans le domaine rapports sexuels. ce qu'il y a de fondamental dans Fiiêp». p. Durkheim. XXIV. 121. D"où la réprobation intense (}ue provoquent parfois les « outrages » exercés. Hubert-Mauss. paroles » et « actes ». 29. f. de la vie relig. XXI. est devenue rintention d'outrager une personne. ici « comme là. p. 25-26).. le rapprochement (39) Lois. Pausanias. 202 Ziebartti. p.. 13. 2 Schol. 163 . au recul de morale gentilice où cette pensée avait tout son empire. Mais cette espèce de déduolion que ferait ici : un esprit moderne valeur que pour lui on sait assez que l'idée de personne divine n'est pas essentielle dans la pensée religieuse (58). au ive siècle. 268 (par u6pi<. Dém.. V. X. VI. 188.Rtswiss. p. 55. autour de ces deux réalités l'adultère. c'est une interfamiliale. qui peuvent être offensés par une Oêp». Cette régression de la pensée religieuse tient sans doute à la dissolution du yévoç. 185 . nous l'avons vu. En somme. de Icp' (jêpst est alors transposée). « (60) Cf..1e sens est à la fois entre celui d'esprit de perdition et celui de sacrilège — — . Platon. Mél. suivant l'expression de Platon (59). c'est 1' « atteinte par actes ou paroles ». dans une fête religieuse. sur une chose insignifiante en elle-même vertu seraient pAàêrj vénielle à l'ordinaire. fondation). l'idée de l'atpudeur s'est constituée. par la mystique qui leur est momentanément infuse.yopta justifiera . n'étant pas rapportées. 21. des phén. Défin. 883 B. xxxv et s. par exemple..JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE ^()7 sacrilège.. etc. au surplus..ç (Dém. considérée comme faute religieuse. 108. . I. sous le régime de la cité. Dém. (58) E. : ils une trace de cette conception religieuse dans pudeur (que désigne. d'hist. .. cf. qui est en cause. cf.

. est une Hom. prélim. ts ^i-t\ ts criô-^peov oûpavôv txei. C'est pourquoi.. ailleurs intermédiaire entre l'idée religieuse et c'est toujours avec des forces ridée positive. Léo. tout à fait indépendant de celui-là. B). : économiques. 329 fr. en ne font pas plus anciens. Lois. dans l'antiquité classique. par religieuses que le coupable entrerait exemple. c'est dans un domaine défini. dérivée de la pensée religieuse... d'un équilibre qui ne peut être rompu impuné(62).. n'apparaît guère en ce point (un peu seulement dans le mot ^îata. TreTrpayôxwv ûurwTioO' : Gêpia'. chap. Roscher. etJ. : 1. ici n'a pas de raison d'être en contact. Usener.. que l'idée du maj^âque. dont un drame l'uSpi? abstraite en satyrique de Sophocle portait le titre (64).208 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que la pensée magique. et que les noms d'actions en Tt. et il en est bien ainsi. H. (61) Cf. xi.. d' Aà-y^scnç. 2767. XV.etc. Mais non seulement 1' îiêpiç offense une chose sacrée elle est une puissance sinistre en elle-même une puissance (61) elle est celle qui provoque la réaction redoutable et certaine que nous avons vue. ? D'abord de ce que l'idée magique.. la divinisation Esch.a. a pris corps dans le domaine des premières relations : . dans le cas des jeunes filles de Leuctres de plus. Sz<t/)/?/. 128 : twv uSpi. bien entendu on sait qu'ils sont apparentés aux adjectifs fémiles eia. — : . 6rô7/erna/nen. . nous le verrons. col. dans un pareil état de pensée.. ^Xà6r. (crtç) comme N£|jl£o-iç. 190.. adjectif (Hésiode. Aussi bien. n. comme l'àSu-la. — ne s'élève que abstraits de en 5. et se manifeste au contraire dans alxta. Cf. Tr. Même les noms exception nins en r. désignent facilement un être agissant. Od. C'est pourquoi elle est si facilement représentée (DÙ(Tiç comme une force divine (63) dont la conception n'a rien pour nous d'inattendu. 636 ment qui commande le respect de ses lois (Platon.. "rêpiç apparaît quelquefois comme . Usener a établi que. yip twv xaxôii. elle est parfois rapportée à l'idée religieuse d'un ordre du monde. (62) Eurip. les puissances religieuses sont d'abord pensées sous la forme de l'adjectif : elles sont autant de Sonderg ôtter dont la l'activité réalité se définit entièrement par et peu à peu à divinités : — la forme personnelle. p. aytJL»opà. aÙTo. qui désigne le viol en droit privé).. 372. d'une I. dppwSwv itaBêrv. I. (63) "rêpiî divinité (64) H. 817) il ne faut pas que "Vêpiç comme puissance fasse illusion Sêotç était le : purement nom apparence d'?m Satyre.

mais qui est immédiatement perçue comme des ligures universelle. en particulier. | monstres. on reconnaisse les traits caractéristiques de ces forces impersonnelles dont l'idée est à l'origine même de la pensée religieuse on comprendra que ce soit : toute cette pensée primitive qui. I^. s'épanouit en maladie langage mystique de Platon (66) n'est ici qu'un témoignage.54). dans le principe. 1' CSpiç se reconnaît dans la yaaxpijxapyCa^ dans l'ivresse. 305-8). rite) — Toute cette : — — Puissance multiple et indéfinie. V u6pt. Lois. dans l'amour. on conçoit que tout un sexe soit atteint de l'esprit d' u6pi.. : ': monde physique. Phèdre. fr. ou un souvenir. Force sinistre. (66) Platon. les « métaphores » apparentes qui attribuent l'uôptç à des animaux (Hérod. ou à des inanimés (Esch. et le souvenir inconscient des rites apotropéiques comme ceux qui survivent çà et là dans la vie domestique (flagellation rituelle). le mi-physique. représente quelque chose de social. êtres dangereux nature. 541-2 68). -jêpiv aSswûvai (xaXT^ov -rrupxaÏTiv. retentisse à la fois dans la mythologie et dans le rituel.. V. mi-morale — Que. Elle possède la vertu religieuse de la contagion (Théognis. en vertu de ces représentations lointaines qui associent une puissance morale à l'ordre de la les femmes. exige la purification (Plut. et la métaconsacrée. 77) ce n'est pas transfert du « moral » au physique » on conçoit une force religieuse qui. sont aussi des figures du êtres « . 360.. VI. est : devenue l'attribut : des êtres ténébreux.. T|7rsp Ksv-aupouç tj 42 (Die! s. Tuêpiç se manifeste dans les affections du corps. IV.. dans la pensée philosophique. (v. fr. prévaut l'idée plus ou moins obscurcie d'une force expansive comme est celle d' ax?) ou celle de souillure. dans ce tableau.t. il convient eùXaeetî8ai xai |xt. 773 D pourfœuvre de procréation. en elle-même. Prom..t£ OTa v o <tw5ti ixôvTa eîvai [xtitê oaa Î56pe w ç i[ àSixCaç èyôse méfier de l'ivresse.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 209 force qui s'apparente aux puissances de la nature (65). Centaures (63) Heraclite. mais concrète. 238 A-C u6piç 8è 6-^ ixeva : : comme un — : • Tto>vuojv'j}xov TToXuixsXèç yàp xal TioXueiôsi. penser la société. c'est aussi penser la nature purement morales en principe. x?^i uôptç. comme l'Érinys.. citée par Hérodote. indique souvenir. De là Eschyle. 120). (nÔTjpéqj è'aSsaev . C'est par là que s'expliquent. Théognis. Géants. Qu. 3) : Ô£(T|jiîj) èv à/^Xuoevxt. -irpâxTEiv !J. qui pénètre la nature même. et qui phore s'éclaire par le rapprochement de l'inscription.i. . gfr. qui est à peine une métaphore. u6piv aéewuvai.. Enfin. affirmée parle mot. uauauôpiv ôixt^v irupo. 77 comme un u6ptv (l'enchaînement est conçu pensée s'attestera de plus en plus dans le domaine de 1' u6pt.

sinistre — Etant une force. Si' G6pio). . Ji(tcch.. au sujet de la législation de Charondas.. (rcpa- t' Tmc/t. avec une vertu expiatoire. dans laquelle les femmes prennent les vêtements des hommes.. i)\k 322-3. nous retrouverons. 1. 411. tous les ans.. et réciproquement on .. 3.. Isocrate.. 02. enactionde grâces : les cf. magie. on y reconnaît une idée qui transparaît dans cerlaine forme de 1' u6pi. I. viileur icli^'ieuse. sur les Cyclopes. ou àxaaOaX(a (d'après Ilom. sanctifiée. la supériorité qu'il a conquise sur les autres termes de la par môme ment espèce. iVw/. Iniuria. Pindan. 20 : aktov (Centaures) tt|V uôpiv è'-raudev (Thésée). dans l'idée de l'attentat au sacrée! dans l'idée d'une force religieuse de nature néfaste. des vêtements et le changement de costume ont une vertu attestée (08) pour ce qui est. la fête des 'VSpKjx'. 541 995). — religion infernal lointaine. Il la le mot îiêpi.S'ep^.. dans les rites dionysiaques). : 50 : (Héiaklès) a(jiovev u6ptv xvw5â- Pylh. Xiov . chez Spartiates. (67) Cf. 1005-0 (il s'agit df!s Centaures) 5t. attentat est considéré comme àxi|jio. n. Nous venons de reconnaître à cette pensée deux directions. p. Tucker.tilO HECIIEHCIIES SUK LK l'JXeîev l»K VKLOIM'KMKNT ItK LA PENSEE (ôiaocpâyo-j. .^ X. ûuépo/ov fllav OtjPwv. 41. . Milzig. Plut. IX. 66pi7TV') I ôtijux-cov . : Diodore. et n.. X. en commémoration d'une victoire remportée par les femmes argiennes sur les Spartiates.. aussi l'usage de alx(!^ti) en matière de deuil. VU. 2. on célèbre une cérémonie religieuse.-K.xâ 245 E-F. : d'une catégorie parce qu'elle atteste sous elle peuvent s'ordonner les autres termes seulement sous un certain aspect de géné- ralité la pensée religieuse qui les anime. 200 .J'J. 12. 1' avaient i)iis un aspect spécialement . 2.. ne pénètre pas directement dans : la côtoie.82 chez les changement. (69) Cf. 178. 275.. relève comme caractéristique essentielle des Géants V u6pt<. jfipv.. le droit — seulement. llarrison. XII. la notion s'y manifeste sous une forme relativeabstraite comme nous l'indiquions. Hérod. du port des vêtements féminins par les hommes. peut rtre utilisée de là que nous fait connaître. ipso jure l'homme muliebria aux mœurs : passm (09). J. 16. reconnaît là des notions fondamentales : le port .»-() (Apollon) yeXi 0' ôpwvuôptv opÔtav : xvojfiâXtov. 'nT7ro6(i|aova Soph. (68) l't olegomenu. TÔv avo|xov. quelquefois elle lui est sous-jacente mais. dans le rite religieux. virl. Argiens. Hacchyl. Or ce sont \h toutes fif^'ures d'une XV. (on sait i\uv. à Argos. La même pensée d'utilisation a lieu à un autre plan. Od. notamment à pro- Aussi bien. dans (70) : pénal commençant pos du terme Xu[jwt(ve(TGai. qui (07). rf^jxo'^aYÎa a uih. la cette vertu est utilisée. Eurip. (70) xoXiuii.cpuf. spécialement. note à Eschyle. elle s'élève au rang .. 5. cf. Ném. .

II. pr. 3). c'est le maître qui est lésé dans sa chose la 8l%-i\ ^Xaêr. laquelle signifie paraître bon. 431. il ne saurait y avoir d'atxia à l'endroit d'un esclave (72) de là. — et dont au chef de famille. (72) sûr — Dans Boisacq. n. 1153. cette Bixr\ n'assure réparation qu'au maître. tout cas. de la racine avec a privatif. mais morale purement. y l'a'.. c'est ce qui n'est pas convenable. est dérivée. ce ou bien. l'origine Est-ce que nous devons les lire dans ces termes eux-mêmes? Il se peut que nous ne rencontrions au point de départ qu'une — au guerrier. qu'en principe. pour l'esclave.v 27. n'a lieu qu'à l'égard de personnes revêtues d'un prestige — Œ.xwç (àïxw. Hitzig. àsixi^. puisse s'intenter pour violences commises sur la per: Beauchel.. nous atteindrons du concret le rapport entre ces deux iddes. ce n'est pas le droit athénien de l'époque classique. . . purement et simplement. p. la pensée du religieux qui rend possible à l'individu. s. De celui-là l'étymologie est transparente (71) famille de mots. è'Xx wv sitiaTî-rii.xta Chez Homère de l'esclave. 2. contraire de èmeuyiç. le mot aîxia en est venu à dési- sonne d'un esclave (en sens contraires n. Chez Soph. : toute aix'la une (hom. Cependant.. II. s'intente normalement.. p. opposant a/ûv-f) pour l'homme libre et TiXT^va- yw ToG (jw. à l'égard au contraire. être convenable » às'.).xvis. àsuiri. citée dans Hérondas. il est possible que la ô^xr.. qu'un sens physique. au citoyen. (parfois alxTÎ. social. « on aurait tort de dans une notion morale tout abstraite il suffit de considérer que l'idée même de ce qui est « convenable » ou non est commandée par la représentation du rang social. voir le sens primitif . T.. Hist. fsix-. compris l'hôte que protège un respect religieux. d'où la formule de la sttt^v 8' loi alxeiV. X. paraître. dans un régime de droit organisé. ou du moins le premier étal est à rechercher. aîxiÇeiv n'a égalenjent. Alxia. Aussi bien. 44. SoûXt. 46-7 de là aussi Dém.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 211 : En nous apercevrons ainsi étudiant les autres mots. : èXsuôspô.. . vivante qui se traduit en pratiques spéciales. .). et la dérivation la notion primitive d'une atteinte 2. àsixéXw. par exemple. alxio-fjLoç.. R. serait traiter de façon « indigne » certains individus (71) — — — aixtÇet.. v.. les coups . aîxurfxô. aixio-jxa. às'. ressembler.v. àeixsiT)).. implicite dans le mot àeix7]ç. du dr. aixsta. tiî a IxCdTi l'a '. de | Gharondas. etc. la notion du respect qui s'adresse à une catégorie déterminée et : — notion morale concrète. étym. Dicl. En : — gner.xaTo.

— alx-lÇeiv aurait pris de très bonne heure le sens défini de « frapper. comme : ofTensé. 1131 a 8 la irr..). « lui pour ne pas l'influencer (74). cf. vraiment. la notion n'a qu'une valeur toute matérielle? Mais comment expliquer cette brusque rupture avec le sens étymologique? Et comment comprendre que ou ici àsuY]?. c'est que le Tpaû[xa est rattaché aux « crimes de sang » qui sont tout autre chose que le délit couche privé ordinaire. Arist.212 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE qu'une notion toute matérielle. appartient à un domaine radicalement diff'érent de celui du Tpaû|jia. user de sévices ».. car Talxta. 2. abstraits en général. entre la valeur négative et modeste de à-fsu-î^ç. p 3). dans le droit romain primitif. Eth. à côté de alxia et trop près de signifier ».. circonscrite..pwatç comme fondant une obligation délictiielle). IJsener (supra. àeixT. et. qui affirment des représentations religieuses d'une autre et qui mettent en jeu. mais ajoute (p. matériellement tout voisin . même dans le droit oii la notion devient positive. 208). lamentable fait.. (73) L'aîxîa peut être blessure (Hitzig. Hérod. alx(a (de d-f txT. appelle une réparation au bénéfice du maître. : . injuriarum (cf. Ajoutons que. au moment de la constitution de la cité.) ont la môme relation avec l'adjectif que tous les mots de cette catégorie sur ces substantifs . avec prédilection » au sens matériel : : nous verrons ce que c'est que ce sens matériel. terme autonome désormais. V. att. Parlerons-nous de notion purement morale? Ce serait s'en tenir à l'étymologie mais il y a disproportion. une soli- darité sociale beaucoup plus active Rappelons que. : — Dirons-nous qu'à son point de départ. et. 3. Ce qui la distingue du Tpaûjia. en rapport apophonique avec ion. Nie. à-f sueîa. en tout état de cause. p. (14) D'autant que le substantif est apparenté à l'adjectif isixei-r^ (Hom. continue de même « triste. et lui aussi. une chose aussi grave que la mutilation fait l'objet d'une action purement privée. l'idée d'alx'la l'expression stricte ne saurait être ni épuisée ni même définie par de « coups » ou « coups et blessures » (75) :. n'aurait plus rien à voir avec sa valeur étymologique (7H) ce que sembleraient confirmer l'emdu substantif. révoltant » tout en suggérant à l'occasion. exercée sur un esclave. aucune de ces deux hypothèses n'est satisfaisante. la indigne. le Il emploie déjà mot « note bien l'étymologie. et le sens (73) C'est l'idée n. une idée matérielle? Physique : moral doivent être associés et de plupart des emplois courants du mot alxU témoignent d'un sentiment passionné qui dépasse beaucoup la simple représentation d'un acte physique. 3) qu'Homère que s'en fait Hitzig. ploi courant du verbe et l'emploi juridique Mais en vérité.

95).. Un exemple texte légitime pour alxia9c(ç la traduction comme Soph. tant s'en faut. l'apparition explicite de morale n'a lieu que par une espèce de retour plus ou — on le voit dans un emploi moins conscient à l'étymologie où la valeur morale. le travail réfléchi d'une pensée déjà mûre ce qui s'accorderait avec le caractère récent. (11) Constamment dans les plus anciens exemples. plus. 154. mais l'acte de Ktèsippos lançant un pied de bœuf sur Ulysse impose d'abord l'idée d'une : sorte l'àeue'la n'est de sacrilège matériel (Ulysse n'ayant pas été atteint. xw ti. L'idée morale. dans la du sens. 12) et parfois un mi-chemin entre il représentation primitive et la notion banale du iv^ siècle retient encore l'idée d'une puissance religieuse (cf. ni purement morale. àXvi{|xa Oeôç 6>vs6piov aîxtîjei) est à .. (76) Il y a des cas où ces mots s'appliquent à des crimes abominables. en fonderait difficilement le sens courant. une solution de continuité pour que pût se constituer la notion vivante de l'alxia : celle-ci est positive. C'est plus tard que le sens devient imprécis à l'époque classique. comportent une représentation matérielle défigurer. Puisque la valeur première de la notion n'est ni purement matérielle. non plus néga- tive. 401-3 {iXkà (x' a Atô. yàp vosto xal olSa èVau-ca. XX. il a fallu.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 213 De presque toujours accentué de tous les mots de cette famille (76). 308-10. | | — un sens purement matériel — (voir n. c'est bien. une de blâme. pour tout dire.x7]ç même parfois. |xoi àeixeîaç évl oïv«}) (78) Od. Ajax. 166 (parricide compliqué justement dans les emplois les plus anciens d'anthropophagie). Sans doute le sens étymologique de àsuv]^ est un sens purement moral mais il a : — fallu-que cette valeur très générale se spécifiât. où le conet vaguement « indignement traité »). et cela Théog.. Parfois môme. Télémaque à Ktèsippos la : : jjl-/^ • cpaivéxo) ti5t. èïOXi xe xal xà j^épsia. quand elle apparaît dans alxia. semblerait primitive. à£t. y a toutes chances pour et définition appuyée comme : diserte qu'il faille voir ici. la valeur primitive s'est scindée. frapper. intellectuel de la langue homérique. mutiler. pas consommée) sur la personne religieuse de et il l'hôte .. alxta et autJ^w le plus souvent (77). et de là : : vient qu'on trouve parfois sens purement moral (ainsi dans Isocr. il s'agit de trouver ou de retrouver les représentations qui religieuses sans doute doublent l'image des actes concrets d' alxia mais. n. — — . et elle idée l'idée n'enveloppe pas nécessairement. comme cette image est inséparable des termes que nous étudions. presque homérique du mot àeweiTi (78) moralisante. IV. .

des gnant par — mutilation eux-mêmes des par exemple — sévices définis s'ajoutât un terme comme exemples de Vlliade présentent ce sens XVI. d' alxia ploie alors presque par survivance. . D'un sens aussi nettement défini et privilénon pas qu'il soit forcégié. EL. 336 (l'alxta nettement opposée aux rites funéraires (79) Tous les : . (Voir notes 78 et 96). XXIV. = . Soph. — Dans VOdyssée. la l'outrage au cadavre n'était qu'un acte matériel on ne comprendrait pas qu'aux termes désiactes concrets. 19 de àsix-riç. chez Homère : (79). 395 XXIII... alx'lÇw est fréquent chez Homère et deux encore chez les tragiques. juridiquement défini. comme nous qu'il faut prendre pour point de départ. le verbe àsix'lJJw àewlÇEo-Sat. XXIV.'i (in <le pénalité : Soph.wvol | ÉXxT. La valeur homérique du mot se rencontre parfois. Or. Ce qui justifie cette pro- cédure et confirme. le verbe lui-môme. il faut pouvoir rendre compte ment le sens primitif. c'est dans les représentations morales qui accompagnent ces derniers que nous devons chercher. emploi différent. alxi^fiaxa. 26 mouches au il peine sensible s'agit de V « outrage » des cadavre de Patrocle.]. que les vivants doivent pieusement conserver) XXI l. et la fréquence du substantif alxia : en raison inverse de l'âge des textes fois aieiy. plus ou moins expliaprès Ilomîîre a'. l'idée verbale. il faut retrouver un lien entre elles et les emplois homépouvoir riques. a'. . (dérivation à : . une observation que nous avons déjà faite. est inutile") cf.x-ï. c'est ce que la fréquence du verbe alxiÇeiv est en raison direcle. XXII.ao'jj' àVxôiî. nous montrerons qu'il résulte plutôt d'une valeur générale ici spécialisée mais puisque.— I/aîx'ï homérique . : aè jièv xûvs. Soph. sont d'un Si.. Anf. Cf.xùi. il n'a pas évolué parallèlement au substantif.tif\ n'est attesté que chez Homère. Eurip. tov 8è xTepioûîiv 'Ay^ciioi).. 222. et donc. 345 559 XIX. 1529.8' o'.. en effet. n'a guère qu'un emploi s'applique aux outrages exercés sur le cadavre d'un ennemi (80).xîjixaxa ovjawv eu alxijaaTx v-xpwv. rare dans la prose du v" et du iV* sièles orateurs dans leurs plaidoyers ne s'en servent jamais cles : le mot s'emsignifier l'acte. t6. de molester un hôte. sur^ce point particulier.\U. . textes postérieurs.. dans les il — . XVIII. pour .. El. XXII. 24 de iVxw. 22. 256 404. alxiaiç. l'emploi de ànxetT. 20. 102. les alxCat.214 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE l'avons suggéré. cite. : autre ordre. 54. [Lys. ^. Phén.. . a'. 206. VI. mais religieux :il s'agit de l'acte ou plutôt de la tentative. sens particulier et instructif: ce sont les corps mutilés eux-mêmes (la correction de Nauck. (80) : ...206. de vengeance..

Le nombre : 173-176). vengeance. ils ont le même sens offerts à l'âme de Patrocle (83) . Ils ne sont pas la vengeance du mort les (82).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE celui-là. L'observation a d'autant plus de portée que. | [i. (83) Par allusion à ce [JLf. Lorsqu'Achille fait que les sacrifices le le humains subir à Hector. infra. . religieuse. X taaeixji 5è -vôxpàv '. Ils ont une allure rituelle. 24). Ils apparaissent régupresque réglementaires. 215 que son étymologie ne prépare à exprimer ni la le sentiment général de la vengeance. véritablement. : 290 = XIX. cf. XVI. plus net que ne l'a chez Homère l'enlèvement des armes (81). Et le rite de vengeance a sa contre-partie dans le rite des funérailles trois fois aussi les chars des Myrmidons : avaient été conduits autour du cadavre de Patrocle 14). Achille traîne victime. un sens religieux. évidemment par lui-même une il est à signification rapprocher du nombre de neuf chiens sacrifiés et de douze Troyens égorgés sur le tombeau (//.. XVI.Sero epya de XXII. /Z. tout à fait parallèle à àsixéa [iT..'XXIII. cp(Xot. de pareilles alxîat. XXII. 395 xaxi a un sens purement actif. 5è 6u[jlw. Voilà l'acte typique d' aU-. l'ÂwvTat. comme a rituellement. : (82) IL. 24. mais c'est-à-dire quelque chose d'idéal.a (//. vs[JLejafieriTS MupfJLt'Sovs.. ni liers personnel de la vengeance. et Ëpya.. chez voir chap. sacrifice. dont la signià l'instinct et fication primitive s'est passablement effacée. 544-6 'AXXà. as 9. en principe. XXHI. irâpaxTiTe. XXIII.y\ oltzo i xeù^s' | Aavawv xs^oXo) ixév o ociaot ôXovTo)le verbe /oXoOjGai désigne l'indignation obligatoire. principe du devoir de vengeance. C'est qu'ils ont. 16). Homère les rites : Homère ne connaît » « culte plus. 395 XXIII. les sévices exercés sur le cadavre sont.. Mais en réalité.6exo 23). § ii. le sens est géné?'alement et nécessairement affaibli chez = (7/. trois fois (//. p. on le voit par l'emploi de xaTatxîî^siv en parlant des armes Homère. Homère emploie l'expression xaxà 5è opsal où XXHI. § 6. unis par un lien de participation Od. III. et non une valeur morale de réprobation : = cf. 217. le des morts avec tous les développements où il s'épanouit dans de la vengeance et que V Iliade ne rappelle plus que lieu (81) La distinction a se dit <ju>v5v : dans le vocabulaire : « enlever les armes ». ou veut ignorer. et. le fait de la cruauté toute pure ils servent la . Que d'ailleurs les mêmes représentations s'appliquent à l'individu et à ses armes. XXIV. bien autre chose qu'une satisfaction procurée notion générale de ces sévices.. sur l'analogie entre alxiî^sivles mots de la famille de xaxôç. et il cadavre d'Hector autour du tombeau de sa traîne..

(85) Sur cette évolution morale.. que la vision épique autorise. 11 en manière de survivances et en sous-enlendus faut tenir compte ici d'une double condition : d'une part. èirl raU xaôipaeaiv. 221 N. sur les Rudimenten (84) Voir tout le premier chapitre de la Psyché de Rohde ou survivais que contient la partie relative aux funérailles de Patrocle. Byz. on est venu à proscrire l'alxta exercée sur le cadavre de l'ennemi (voir l'épisode de la vexowv àvatpeai. 439 en Choéph.. 88) et sous les aisselles . mais il n'y a. 486. il annihile la puissance de l'ennemi mort ainsi s'expliquent — . n. Soph... ne laissaient pas de se perpétuer et c'est ce que Rohde a fortement d'autre part. principe qui est pleinement admis à la fin du vi'' siècle: Hérod. la mécon- naissance systématique d'Homère à l'égard de faits religieux qui. Etudes sur l'ant. "cà è'pyov à'foutoûaevoi. : plus intime entre les clans . le bénéfice sous l'effet d'une solidarité de bonne heure. un groupe ou un individu venge les siens par elle aussi. 206. isolés (84). ce qui ne l'empêche pas de laisser transparaître la moralité même de son époque. Apostolius. les mots de cette famille (87). s'agit de mettre mort hors détat de nuire Rohde est plus précis rompant avec les principes d'une philologie un peu étroite. expliquant le ûitèp toû : même èxxAtveiv d'Aristoph.) c'est homérique avait recueilli déjà et. il reconnaît par exception l'antiquité des pratiques « purificatrices » et ne craint pas d'en voir une dans le [xad/aXtaud. 79 (85) à des époques différentes les il faudrait que la distance fût énorme le . EL. (p. Solidarité. 408 et s. Il. Psyché. 445. Ag. pp.. Anh. pp. avec les références à la note 6 (où il faut corriger Esch. Weil. sous l'effet même d'une solidarité hellénique.. à passer les débris sanglants dans un cordon qu'on attache au cou de voir la victime (ou du meurtrier lui-même ? cf. 63-64 (avec les : rapprochements ethnographiques . 322-326 (où le sa réalité même est définitivement établie) et Glotz. L'interprétation de cette pratique a été donnée par Rohde. p. de son temps. Choéph. 439 et par Sophocle lui-même dans la même pièce •rtiv jjifiViv (87) : . cf. le [xaaya(86) L' dxpojTTipiaafxdç consiste à couper les extrémités du cadavre Xt(T[A(5î. (p. 439). — — permise et ceux où elle d'un passé reculé. : Glotz. pp. et que son éloignement apparaît comme réprouvée même consacre. . 1' passages d'Homère où alxia apparaît : comme — Aussi bien. 4. 183-192. IL.. 325) d'après Schol. H. aucune raison de rapporter IX. Prov. une profonde transformation morale dont l'époque établi : . certaines mutilations. qui le rite de T alxia suscitera.216 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE par places. auxquelles renvoient souvent. en définitive. dans les procédures magiques de V à/pwTiripiao-ijLoç ou du jjtaa^/^aXia-jjLoç (86) comme par une allusion sinistre. 102. El.).. Solidarité. allusion au tiaayaXicriJiôî d'Agamemnon tradition suivie par Esch. 14 et s. 96.. Homère reproduit avec sérénité les exploits et les vertus. gr. Par elle. dans la conscience de raccomplit. qui s'imposent) 1. il : 2.. VII. des interprétations multiples. pp..

vsxpôv Mup}xi5ov£ç. ils — derrière cette : l'expression àeixéa {jLYiSeo-Qat. I. XVl. après | la mort de Sarpédon | : Ksïxat àv-^p ôç irpôÎTOç i<Ti\k(xxo sXovTsç. àsuiÇeaOat. p. : STpaTsûffai lîOTS (88) L' alvcta è-ji' «ôtôv . l'"" éd. tout comme l'expression xaxà IJLviSeo-Qat. a perdu son sens originel. sa propre vertu (88). 558-561 TEu/eâ : Patrocle aux xeïj^oç t' deux Ajax. Psyché. //. : il tyran de Citium iiTfjLaTa. C'est toutes ces tendances que traduit. (89) L'opposition des valeurs de l'actif et du moyen est explicite dans Hom. .. car cet acte est à tout le moins les guerriers qui l'exécutent Tannoncent des plus légitime dans le passage que nous citions. à cette époque. . il double son propre pouvoir. 1). qui comporte un blâme. v£{jLe<jaT. de l'enlèvement des armes Dans le mythe et dans le rite le plus anciens. fâcheux. en son sens.. 8a [xaddai agôa 'AXXà. il s'est transformé en tortures exercées sur le vivant Xén.i\ : Tcip(jT7\TS.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE - 217 par elle encore.. atx r toc dtxptoT^pia ^wv-coç à'7to'C[iTfi8T.. la vertu du II. Anab. I (îi[xoiVv SapitïiSwv.(atwv. le meurtrier se décorait parfois luimême des [xa(T/aX(ajjiaTa (Rohde. de la valeur étymologique de àsurj.dvov tôv 6âvaT0v scpo6eÏTO. \>r{Kiï ya'kv. cp(Xot.6TfiTe . en regard de 544-6 (Glaukos aux Troyens) Se 6u(xtô. synthétise et ordonne sous une notion religieuse le verbe moyen (89) àet. après avoir tué Mélanippe. 234. nous trouvons de cette pensée une traduction extrême et suggestive Tydée. p. il faut donc séparer alxiÇw et la notion d'eflîcace premier qu'il enveloppe Dans . lui fend le crâne et se repaît de la cervelle de son ennemi (ApoUodore..].. 347 la . Tcâaiv àvôpoiTTOi.. il s'agit de s'assimiler la force. I. à-suiÇeo-ôai doit être rapproché d'un mot que (445). 558-561) ils (ainsi ne désigneraient pas leur fait d'un mot infamant ou même .î^. wç -fifiàç xà ïisyjxza alx(':a[jL£V0(. IV. — dans . gieuses qui se dissimulent. VI. 111. est alors à rapprocher : IL. dxpa)x'r\piaa}xoç xal où est question d'Andocide enchaîné pour trahison par àXXà xai Ta xaO' -fiiAépav [i. : et y voient un supplément nécessaire de gloire. C'est pourquoi nous ne pouvons adhérer à ce que dit H. 6. « nous savons les représentations religloire ». XXll. cf.. cpô6ov urapiu^^ot toO olôfjievoî . xat xiv' ÉTaîpwv aÙToO àjjLuvofjLÉvwv 'A.aea6ai. De àet-xv]. 1-18 àp' oùx av iizX itav èOvôoi (le roi de Perse). n. — Cf. le [Lys. 138. 8). on ne saurait rapporter l'acte d' «outradériver : ger » le cadavre de l'ennemi. 26. XXIV. 253. 35 mort procédure du [xaa^^aXiafAÔç. Weil [Etudes. \x. n. à l'idée morale de l' àeixéç. XVI. : cf. Andoc. 188). ietxCffawui .xtÇ£o-8aL On voit bien maintenant comme il est impossible de immédiatement la valeur de àsuiÇw. à savoir que l'emploi du mot suppose la réprobation du poète en principe.. n'implique aucune réprobation. 322).^ 111. au moins suivant une version que le même Rohde a peut-être tort d'abandonner (2* éd. 212 . p.. 'AaX' eï (xiv ie tx iffd ai (leô' àcps'Xo tfxeôa.

cf. partie. chez et le vieux Laerte. mot désigne spécialement deuil. a absence de àeuïi £i[i. dans ce cas.wv XXIV. 191. EL. 204 Xjypi eïtiata) Soph. 250) car le deuil comporte toute une série de moyens rituels (aspersion de pous- qui réfléchit que un tel . : . Tzi^^rci. Tattention (91) or. les deux termes s'appliquant au [. blessures) qui. : . mais xaxà (ibid. c'est comme atteint d'une àr/). 93.(7[jt.aa-^aX(. et a'-xiTOsU.fJio. : sière. l'idée vieux puisqu'il se réfère en particulier à de douleur (90) Pour (91) Od. Se xsvOo. (jLiya cf. 231 xsvOo. sérieux si l'on considère que. et c'est présomption comme endeuillé. défait. a pour effet de les amoindrir. il y qualifie presque toujours une voyons-le chez Homère : chose et non pas un homme est : vement fréqueni. àéçstv rapportée au vengeur. porte seulement àeuYÎ.^ XXIY. relatitrop particulier pour ne pas retenir les vêtements sont dits àsurj. 228 250 . XVII. — L'expression 233: 7:£v6oî à£. (92) Od. sens (92). IV. le sens de l'adjectif àsuviç pourrait opposer une difficulté. mort.(90). Pour . à une certaine force religieuse incluse dans l'individu. Homère qui insiste douleur le » de très la Laerte. XVI. de les abattre au sens religieux.. le port de vêtements àsix-^: l'idée générale vague d'indignité serait visiblement. Pourtant. Et c'est une notion de iset ordre qu'exprime. 19T (àsixia § ii. traduisant à la fois la douleur obligatoire des parents et la diminution sociale qui par le ban les atteint. de il désigne l'alteinte. XI. qui n'est à-Tijjiàv pas nécessairement répréhensiblc. le vêtement peut avoir une signification reliemploi est un indice et c'est un indice deux fois gieuse. nous trouvons associés les deux mots aT-.6. il s'agit de vêtements de deuil [Od. chap. i/ovTa. ... dans certains cas. pendant de .£i : . TcÉvGoç. XI. apsui n. . 2^ . 190: {xéyx 8à caoeat T:év8oç àÉ. A cette conception d'une alx-la essentiellement active. En mot outre. 199 XXI V. àetxéÀia. Peu importe qu'Ulysse ne soit pas mort il un contreen effet.2!8 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : nous retrouverons. à un certain principe. égratignures. 191)..) nous voyons qu'ailleurs y prolongée. cf. que Laerte il recourt à diverses pratiques couche dans la cendre il des vêtements qui ne sont pas dits (Od..a-:a peut avoir pour synonyme naturel Xuvpà sur la « elVaTa. cette forme d' « atimie ». 228. Tun de ses emplois.

en ce qu'elle a de fondamental. la nourrice X uï. GHECE ^10 la obligatoire d'un parent ou d'un de celle qui entraîne vengeance du sang (93). tîsvOo. 1374-6 : tdtvS' aîx(av Aiôvucro... l'alxia. 208 : t^ aoi xaipô.xCa. Comme lelle. AJax. nous rend dans le clan primitif. Traxep.cii. il y a quer : un passage d'Euripide (94) le un étroit rapport entre cette forme d'aU'la (deuil) et la précédente (outrages au cadavre). elle doit développer l'idée d'une force religieuse le : cette idée existe en effet. : : ou xî lîw EA'. se manifestera dans des sévices exercés aussi bien sur l'ennemi que sur eux-mêmes. un mimen peut désigner une sorte pei'sonnel ou directement conçu alxia les comme numen impersonnel tragiques. 401-3 (94) • Ssfiaç : : | : . 130-1 (le chœur à Andromaque) Hermione loi [loi txot alvtéXiov xaTaXet6eiv. pour elle-même.po. du deuil en général. 82o-8 aicdpayfia xô(jLa<: ôvuw icaï. des gestes paihétiques où il se tion traduit. à (93) C'est là le sens de lexpression fr.. toù.axa H^so\i. Andr. iXKi (i* i liàç âXxîjxa 8cè. 139. d'un lèle. plusieurs repri— D'autre part. S47 . XVI. et de la diminuvolontaire qu'il exprime. et on n'ignore pas que les rites du deuil et les rites de la vendetta ne sont en quelque sorte que cette unité intelligible : l'envers les uns des autres. Eurip. l'attestent. à mesure que recule l'esprit gentilice.. 2). celle-ci.vtta . telle que nous la précisions.. Tt Spot^eiç aô5|JLa dôv xatai-/oiv T£ Sxi' à||xuy[j. ÔAsOpiov aixiÇst .. | cf. la défavenr avec laquelle semblent être considérées les manifestations excessives de r aix'la elle se laisse comprendre à qui se rappelle la législation restrictive du deuil qui. Pind. Psyché.Tiev Èvt TOUS' ol'xouç Tro>vJT:â[xova. Bacch. attribué à ses (95). la notion d' a'.. ffoù.. que les mots de cette famille doivent pouvoir s'appliC'est dès lors à l'idée leur emploi répété dans confirme. sîî oI'xo'jî «". L'analyse de ces deux emplois si notables nous permet de définir. tout comme TGêpî..JURIDIQUE ET MOHALE EN sTa-. mot : de fléau. chez les surparent vivants. dans les cités grecques. ou diminuent. L' alvxoL est douée d'efficace. saspev. 133 (voir Rohde. n. àé^sLv dans II. d'une efficace idéale. 324. — Aussi bien. EL. XVllI. àxuÇofiéva Eurip. II. les deux espèces paral- d'alxiai disparaissent.. a été : assez générale. la mort d'un déchaîne une passion collective. . 513-5 (95) Soph. mouvement On notera dans les exemples d'Euripide que nous citons. et la valeur du mot tovOoç. p.. En définitive. XVII.

Le foyer du religieux. l'atteinte à l'intégrité. 341 398 IX. 550). restreint l'emploi juridique d' alxta ï cdxix véritable dans sa législation idéale. 142). [Od. à Dém..j sixôva (97) Lycurgue.. sur une (96) : Chez Homère. Od. 26o XXll.IV. Médée. — L' auU. 308. 483. épithète 32). 308-10). 394 : . : . . XVIII. 432 . si générale qu'apparaisse leur désigna- le religieux et le moral sont encore plus ou moins confonce qui les viole l'un et l'autre c'est ainsi que le terme est appliqué à la rupture des lois de l'hospitalité (Od. . Tr. 364). ou (du père de Léocratès) tt. //.a)6T. 740 B-C). soit un bouleversement néfaste dans une famille. du ysvoç (/Z. au Et cela. 839 alxi^ei en parlant de la tunique de Nessus lons plus loin l'emploi du mot >. peut s'apparenter au sacrilège (97). OcL. nous ne particularisons pas seulement les résultats que nous a valus l'étude d' uêpiç mais nous apercevons que se réfère : mot les injuriae primitives. 340. C. c'est : aaseai.ç. comme attentat et illicite réprouvé. ràeuÉ. l'emploi large du délit objectif. non seulement ont droit à une vénération toute religieuse (IV. là. spé- là.. .. néfastes : l'utilisation individuelle des forces aux pratiques qui déchaînent soit des troubles mystérieux chez un individu. 84-7 . Iv tw toO Aiôç toû <jMxr\po^ îepoffuXf. 717 B-C V.. chez Homère.v (par la magie de Médée). XXI. 931 A sq. De fait. c'est que les parents. 1130 Tupavvwv saxfav f. III. comme domaine du ôa'luwv sinistre. c'est à lui que spontanément le terme fera allusion (98). — iro'Xsjiîot. 20. pour lui. : . de là encore. donc presque . c'est le religieux. à 1' Mais voici le magique. en temps de paix.xi7}jL£VT. XVII.. 136 autre famille (Orf. XXIV. XI. II.. XV. : T 5i6piç des prétendants) ou même. 184).. à propos du même objet Eurip.. encore. conçue comme « honneur ». c'est le clan est alxta l'usurpation. T alxîa a sa place aux divers moments de la moralité gentilice ou tribale [IL.. 495 XVI. de Xd)^-/) (//. Léoa\. mot alxia. XX. Notion morale. VI. par opposition au eeô. associé lifier le parricide (IX.. : IxSoTOv xaTAizs Toï. IX. X. 142). 131 XIX.v yjxk-Ar. IV. XXII.) de . dus VcàxioL est . 242-3. I.deu6T{jiOs(//. mais sont eux-mêmes des divinités. 396. jectif àeixr.220 RECBERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE atteinte considérée plus ou moins netlement comme sacré (96). cialement sinistre de . et comme l'empoisonnement est d'abord conçu comme procédure magique.. 130 . 199-200). XI. La force immanente aU'la peut et doit être considérée : comme . 339. XX. est le XVI.aat xal aîxt- TalxCa Yovéwv {Lois. 881 D) .. les emplois de l'adde Xoiyos (//. 496-9 Od. aux mots àasêsia et hpoau'kici un nous signa(98) Soph. Platon d'ailleurs. XIV.. V alxîa typique. 869 B) — et pour quaun parricide commis par colère. 250. qui retient et prolonge directement cette pensée religieuse dans la notion d'atteinte à la personne. des statues vivantes de la divinité (XI. de o-tôvoç (//. comme uêp:. 222. .

une force mystique dans celui qui en est l'objet. (100) Nous avons rappelé que les sévices exercés sur cadavre et même. comme tendant à annihiler un principe idéal. (102) H5 [Lys. postérieurs. Clerraont-Ganneau dans Comptes-rendus de VAcad. le mot anologue de pXaTrxstv (lOl)Esch. . [x>.. 111. il la vie religieuse ne peut être insignifiant de rappeler le rôle qu'elle joue dans primitive et d'annoncer en même temps le rapprochement qu'elle permettra d'établir entre alxîÇsiv et d'autres mots de la même catégorie. au geste comme à une même d'enchaî- ner. .. EL. . £me an/iAe Rachep uppe. I. ..]. Mérod. témoin l'emploi constant de xaTaSéw dans les : ment les .. Car et dans les textes l'enchaînement est une des formes favorites de l'envoûte- poupées magiques sont enchaînées (102) c'est par de l'enchaînement que se traduit. des Inscr.. XwêâTQai. ia p. LXI [1902]. 97 168 178 emploi des mots de la famille dans YAjax de : . tablettes magiques : et si nous avons pu Gêpiç relever l'espèce d'insistance avec laquelle se rapporlait. la flagellation et l'enchaînement (101). 27. procédure singulièrement infamante. les pratiques spéciales qu'ils attestent ont fourni plus tard le prototype des procédures réprouvées (100) . Quant à la flagellation. VI.. Wunsch. . d'elle-même. Egypt les Exploitation Found Quarlerly Statement. qui sont les le au vrai : des rites magiques. l'idée l'image de la devotio. Vrom. en régime de ysvo. Nous conclurons la : V alxia primitive est l'outrage matériel à personne physique. (99) alx((jT\ Dans un exemple comme Soph. suggèrent emplois homériques religieuses d'abord.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 221 tion (99). Sophocle. et par suite. 511 515) a dû pouvoir la désigner. comme une instructive réminiscence. p.. 8f. consistent en des actes très définis. PhiloL. mais un outrage imaginé comme ayant une vertu religieuse. dès maintenant. 536. évoquent l'idée lointaine d'un véritable rite destiné à provoquer Vinfamia. à l'occasion. souvent associés au mot alx^Çet-v. la notion est le relativement abstraite. la représenta- tion primitive n'est pas effacée mais le sens s'en étant obscurci. pareille association se laisse comprendre. C'est à cette espèce de déchéance que doit être attribuée la déchéance — morale du mot lui-même le terme aîxb qui s'applique parfois à la vengeance (Soph. les pratiques du deuil ont été peu à peu réprouvés par la conscience sociale. nous le verrons. 332 .s XLIV. par- tiellement. 21. . avec toute l'autorité et toute la vertu religieuses qu'évoque dans ce cas. (en parlant du traitement qu'Ajax : Aj.Ta tôv Suffxflvov w5s y' croit infliger à Ulysse). Xu|jLaîv£a-9ai. p.

645-7. le sens de lésion matérielle que ce mot plus que tout autre. VI. Dans Od. v.. Chez Homère. En réalité. paraîtrait comsouvent. note 205). XVI. : à une seule notion fondamentale. n'en peuvent être abstraits alxLÇe-. XV. dans une expression « figurée ». il fait partie du même groupe il met enjeu des représentations du même ordre.. '^AÔLTvztw ne signifie pas « endommager ». De toute façon. (104) Rapprochements avec éhjm. aux mots pXâi:Tciv ou XufjLaîveijôai. è'féXxeiai àvSpa atST. les que distingue la pensée lationnelle vêtements d'un individu tiennent à l'individu. Psyché. marcdynli. entraver les mouvements » en parlant d'un objet matériel. s. XIII. c'est le sens plus banal d' « embarrasser.v dva et plàTiiEi^^ xuà ont ressorti d'abord tés . là même oii elle semble accusée. fait. aussi « bien. le mot pioç. un examen plus attentif la révèle ainsi. au point de vue matériel. ni à une mentalité qui n'a pas désappris les participations religieuses entre les réaliles armes (103). il concerne non pas l'alleinte à la personne. dans un passage de ï Iliade où la âXàêri infligée aux chevaux d'un concurrent suppose bien plutôt l'idée lointaine d'un sorl jeté sur eux alors secondaire : (103) Cf. et par l'étymologie même (104). sentence à forme de proverbe : aÙTÔ. le : — En endommager."l^l^l HECUERCllES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE doit é(re joint aux précédents bien (ju'il pai'aisse un domaine bien distinct à l'époque classique. I. p. Dict. [âXiiiTsiv... 38-39. associé. n'est pas celui qui commande son évolution . 22. skr. PcêXaiAaévov r^xop. 294 = XIX. léser. Du reste.). yàp blessé. 330-331. peut signifier beaucoup plus 7/. verbe môme : . troubler rielle n'est pas autant que l'on croirait au premier plan. à plusieurs reprises. ne saurait répondre à une société où l'indi- vidu n'a pas encore de valeur propre. la signification matégêner. 660. l'idée de gêner ne saurait être dérivée de celle d'en- dommager par une lésion.. il émerge dans Le mot iSAàêvi à : : le droit au même moment elle social. porter. . et si la distinction entre la personne et la chose a une raison d'être à une époque relative- ment récente.pOî. dans des textes postéprincipe vital rieurs. se rapporter en effet. mrklàh. mais » (105). XVI. se confondant à certains égards avec le Rohde. 13. 44 cf. en parlant d'un mort (r. le (105) IL. etc. comme ^t^/j. Od.Top. mais l'atteinte à la chose. (Boisacq.

Ce qui doit fixer pour nous la valeur fondamentale du terme. TheoL. Od. Homer. l'un et l'autre terme désignent l'aveuglement. M03-4. XIV. 461 3Xa({. //. [^XaTtxo fjiév av <<T:àXtv pXà6av> èy/povKTGeïaav èuotjrexat. 505). Hérod. 127.. cf. EL.. Schol. la Ménélas à Antilochos : 7Î!j/uva. Pind. IX.a. : . d" axT^ (106) IL...^ adesp. 387 intervention d'Apollon. 512. 301 (NagelsbachAutenrieth. XXlll. VIII. 54d . commune. Herc. [iii6Xa{jL[i. atteste tout de suite. surtout celui qui est le principe de la punition divine {IL. rappelle directement 1' "Axr^ aGevapr^ xe xaî àpxtiro. subie par un concurrent est imputée à rintervention mystérieuse.. 195 : : pXàrxoudt 463-4. 705. gr.. à pas grande signiflcalion. — 291). Antig.. xoù. (pour valeur du mot ala^^veiv. 520. l'expression homérique ^Xàirxeiv cppéva. tr. ôuvai' àv îaj^utov cpuyeTv . Eurip. 724 .oc l'arc Teuxpou {iXaçOév-a [iéXefjLva. ces l'attention. 696-7 . àpi(TTT.. ils retiennent seulement par une certaine étrangeté (voir v.. . 1051. 824. Oewv jSXâ'iixrj. au point de vue subjectif. tr. XXIII. gr.. fur. 387. d'ailleurs. aTTi. 6É0JV xeXe'jOou. 6é [xot 'tz^jrou. 484 : /pTjCTSio. dans la apparaît plusieurs la comme consacrée — entre ^Xàêri et d'erreur. [jlev ôXiaÔe : : : cf.) XV. I. Même emploi après Homère Théognis. 14. 15. xaxoopova^ ^Xà6ai. 955-6 (Loxias) (^Xàt|. Eschyle. ce sont les emplois fréquents où l'acte de ^lâ-nzeiv est rapporté à la puissance d'un Saijjiwv. exemples n'auraient lecture. ^Xà8o. 137 (épithète de OeoSXaÔT.£v Y^p 'A6y>Tj) ôoXîav ôôXoi. Soph.. sont doublement parentes. iVm. IX.X Juridique et morale en grèce 223 qu'en lait. 297.). : : | Eurip. fjièv i\iry àpstY.. ils n'ont eu à subir aucune action matérielle (108). : De là. [^XdcTixoua' àvOptiirou. tivà. Ajax. XIV. 418-437 sur les conditions où s'est produite la victoire d'Antilochos) mais ils s'éclairent par le rapprochement avec les v. une arme. la : 16 . . XV. XX. ici d'Alhènè et là d'Apollon. 1104. la variété de ces en frappant d'inefficacité un emplois car un dieu interviendra instrument. cf. Sep^. IX. 455. Ion.. § 6). àvôpô.. 296. Od. cf. Soph. 18 Esch. Anlig. En eux-mêmes. 387 et 774-782 oii la pXxêr. 712 (épithèle de .'ac. cf. en faisant périr.. Fr. Fr. 507 et XIX. ^Xa'l'îwpwv). .. ô'xav 8i xi. Soph. VII. 178) correspond à çpévac: àajs. yàp ôewv TcoStoxei. lui-même n'est pas brisé. etc. XXII.). Choéph. {IL. Les notions de pAor^ et p. attribut à un nom de Dieu.v. adesp..... tr. ce dernier cas fois. . I.. 456. 94 ("Axr. de VIliade (IX. auvxâfjivoucT!. 179. en suscitant des « embarras ».. 489 AiôGsv [iXacpOÉvxa ^éXsfjiva (Zeus a brisé la corde de l'arc.. Ant. Fr. 512 ("Axr. — l'expression ^XàuTELv cppéva.) 725. en aveuglant l'esprit. 774 è'vO' A'. Od.. 571.£va zr^q xwv xo^wv XXHI. : XV. 296 : ôxav y^cp opy'^i ôatjjiovcov ^XaTixT. IL. 782. une parenté mystérieuse de perdition et puissance pensée De à faire foi ples suivants suliisent cette diversité des emplois et de cette unité de la notion les exemàXXà vu tôv ye (Ulysse) 6eot Od.

est de : môme famille que verbe agir par un charme la . 145).o. (110) Elle s'indique : . etc_ . au point de vue objectif. ApoL. J.. humanisée et ordonnée. 293-4 oIvôî ïs Tpwc. XXI. xe xal àlXXou.y 1318. en reste une trace dans Od. Eum...ôs sion T.ffTixe le o"JîvtT. 622. VI..v' T.St. JîXâxxsi.jLevov) s. (109) Esch. 301..vîv x'. : Phil. C'est ce que pourrait suggérer déjà la conception de V àr/) que souvent un Dieu suscite..7.Xov xT. dépassée ixouaioiaiv. sine ou plutôt s'accuse aux Erinyes. des femmes.. qui parfois représentent plus immédiatement la pensée religieuse. invoque le fragment 455 des tra^ica adespota. Bacch. mais cette Dans la que religieuse. pour fécondité des femmes. [jiiav [iXàÔT^ v (comparer 1' àxr^ qui frappe toute une famille) (107). oîtii ^h [âXâ'|/i ôeô. i303 (Penàxutoixéwoi) : : : thée) (Tuv'v^e iràvxaç el. | 5' sirtppéiïoiî rShti !2>k3t6T>v axpâxw. dans Théognis.-puissance.>véw. 26 (éd. Soph. f... »). xôtv Stxafw. Mais surtout.. appliquée pXaÔT. mais qui est aussi. . 824-5 |i-^. on voit la [^AàSr. le chœur des Erinyes réconciliées jati (938 et SevSpotc/jiawv 8è irvioi pXiê a. à Ulysse J?/. antérieure à la j^Xàê/i-attribut.8' uit6p6û[xwi. toute seule. elle est même plus poétique et la notion profonde qu'elle dissimule est d'une puissance malfaisante et impersonnelle (108). la fertilité de la terre. E/. L'analogie est reconnaissable entre d'une part. chez les tragiques. celle représentation n'est pas primitive... Geffcken. c< yeôva (l'adjectif Sû<jvit. 705 ^Xdt6Ti rapportée à Perséphone Athénagoras. et 834-6 offrandes aux Érinyes pour la naissance et Ihymen. cf. distinguée des divinités personnelles. d'ailleurs. àyav Ôeai ^poxâv axr. rapprocher 661.X 224 gr. appliqué à un être mythique De là l'emploi : une I^Xàêyi...) : (se. : dit Athèna. ou réel (109) nature spécialese desle pou- elle agit alors à la façon d'un sort voir de la provoquer (111) sur ces vertus sympathiques que sont la fertilité de la terre et la fécondité ^làS-fi (107) l'àrr. 1233-4 : SxuXXav à vauxiXwv ^Xiêiriv. [asXit. déjà cité. il . .. la p^àê/i est imputée à l'action d'un Dieu personnel. c'est une pestis. Gêpiç et aUia de l'autre elle se poursuit en : Dans Soph. théologie d'Homère. à l'appui de l'opinion qui attribue le bien dans les choses humaines à Dieu.. expres784.>. ^. o. 296 et 4oii) des forces religieuses et des réalités substantielles de mal (1' axr^ objective associée à la (iXà^T]. la réalité vivante du néfaste. (lil)Esch. Zwei fjriech. 38-9 Eur. Car c'est aussi la ment sinistre (110) de la pAàêxj qui. P/ii/. à elle. (Electre). -âcra yàp ixti^oi'j pXaêT. est curieux de voir que la représentation de : est Il (108) ^Xxêaiç. appellatif du mot. l'une et l'autre sont adesp. ApoL. le mal aux Sattxove. dans les emplois des tragiques. IL. Eschyle attribue : . RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE . xf. p.. 888-9: où jxf.. Égisthe et. Pour xô xixx(>..

xoù cpapjaàxou xr^v /p^aiv yevÉaGa!. Voir n. de même.6Xsu6ov J. IV. cf. Eurip. il s'agit du contact d'Oreste qui.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 225 ce que pXàêri peut désigner l'atteinte à une chose religieuse (112). § i]... . 729. 144. levée d'an et Tzetzès {Hist. à une notion religieuse analogue à celle que contiennent les termes uêpi. 1. non pas seulement de façon positive et toute matérielle. et dont témoignent Plutarque. Esch. c'est le délit sous son aspect religieux 6t((jiouou £t:1 : ^Xà6ri tout court. . et partant de la notion centrale de l'ayoç qu'évoque alors le mot. on ne et religieux dans Eschyle {Choéph. pXotirTsiv au sens de souiller Eurip. o.ç et alx'la il a fallu qu'avant d'être reconnue par le : . utilisation du «papfjiaxoç en tant : que aXXo) xàOapfjLa [voir . 111. 177. 84. III.. D'une part. D'autre part. ^\y. sacré) Si Tii.piov aùxoT. : Tr. 98. 7. Harrison. Hél. J. 327). Qu. droit.. Et à celle-ci. E. Hésiode. contre autrui. après purifi- cation. par l'intercession d'Apollon. il suffit de considérer tout ensem- — : — ble le point d'arrivée délit privé le et le point de départ de la notion de l'époque classique remonte. ^uvoua{a. 285 (113) àSXaêeï .. des forces religieuses domaine indépendant du (112) nous sommes replacés dans un droit pénal public et des procédures . conv. 1 (prières accompagnées de libations [ôiate] Thesmophories. dans les : de façon instructive (113). p. par le mot même. l'utilisation personnelle. e'xe xal pXà6oç On voit ainsi ce : que devra signifier l'acte de ^XàirTsiv rap- ce sera l'acte de maltraiter autrui.6-r\ ait été. 258. 47 (114) cf. comme à celle qui est laisse pas d'apercevoir parfois immanente à un sens familial l'alx'la. Thucyd. 6 t^Xàuxwv. L. xal awTr. la illicite. la (âXàpT) de là certains pourra être considérée comme principe de souillure emplois qui se perpétuent dans la langue religieuse. c'est « le vengeur» il faut se rappeler la puissance religieuse attachée à la vengeance du sang et garantie. sTx' ouv XtjJLoç s'xe Xoi[jlo. dans porté à un individu sa personne ou dans sa chose. ... a cessé d'être nocif. chap. p. nous pouvons déjà comprendre Tassociation des deux valeurs que nous avons lues dans ùêptç.^ 23. Harrison. eêXai^'ev iroSi uxetêwv àvoutw. parodie à6Xa6^ tabou) (114). Prolegomena. mais suivant une eflicace religieuse. Pour ce qui est de l'utilisation proprement individuelle de la pXàgri. 107. Ion. Sur cette signification religieuse. pXàST). : (un lieu x. pXa^/siv <tù 8' au 868-9. ^Xaicxeiv M-Aty. E. A travers ^Xà^rj.. de là les emplois consacrés de l'expression dont l'origine doit être cherchée et èizl ^Xà6i[^ vieilles formules solennelles dans les religieuses qu'Aristophane. dans le cours de la trilogie. Soç xaOapaio) '•ç'koyi'. et Eum.. J.

qu'on songe aux sorts jetés sur la récolte du voisin. XwJît. IX. chez Homère. n.pxjxwv àj-coïa-. : [xfzxTzçtir^v. comme nous dramatiques de Tinfamie cf.X11I. ils encore. (116) /Z. XVIll.. 364 C. et le mot est naturellement associé à aiTyoç (116) cialisé dans un cas notable comme (115) mais nous voyons spéune obligation oùSé tc. dans le domaine où régnèrent d'abord magiques. aux formes Nous avons Xu[jLaîv£(j8a'-. dans tous ces exemmais dans //. pour ressaisir le trait d'union entre ses deux extrêmes. 39-40 lyf. Il va de soi. Rép. aÙTÔv | le Tyrlée.v là alSo'j.. : « honte c'est ». de la les représentations : qu'il n'y a là p)vàê/i. Dans le même groupe de termes. s'il par survivance subsiste à l'époque classique. BXi-xciv. cf. en nous présentant comme la transition entre l'idée de l'offense matérielle et l'idée de l'injure verbale.622. de Etant donnée la généralité primitive de la notion. o'jx' fr. fjXazTc'. Soph. . 178-180. dures magiques : Talions voir. 4. Ici à semble que les emplois homériques représentent moins purement que ceux des tragiques le premier état ou plutôt la valeur profonde de la notion. ojxe Sîxtiç èOeXci (allusion. 230). Mais il n'y a aucun inconvénient à commencer par eux d'çux-mêmes. 225..2:20 RECHERCOES StIR LE DÉVELOI'l'EMEM DE LA PENSEE vengeance du sang. du reste. il : suggèrent beaucoup. v. c'est une .P/«7.. p.. ce n'est guère que mais il offre ce double intérêt de confirmer : d'indications précieuses les résultats précédemment acquis et. 107. : — dans ce passage.. à propos de procéPlaton. Une Xwêïi. Awêrj.. la la la pXàê/j peut se manifester personne. II. Il n'a pas été consacré par le droit. entre plusieurs aulies. Nous notions tout à l'heure un exemple précieux d'Eschyle pour comprendre la (^Xàfiy). Orf. et même. le rapprochement ples la notion est abstraite des deux uiots suggère l'idée commune d'une espèce de souillure.. de nous préparer comprendre le sens fondamental de cette dernière. 118 et une dérivation de l'idée d'atteinte au sacré. qu'une expression. il conviendrait de faire une place au mot XwêTj. dans le comme atteinte tout à fait directe à même sens précisément que l'a^xia et que ruêpiç(115). XVIII.

. 139. Nous avons déjà rencontré la souillure du criminel en général. De fait. § 6 et chap. 146 H. = . mais parfois. la réprobation sociale qui n'aboutit pas à une pénalité proprement dite s'exprime d'abord en rites significatifs qui actualisent Vinfamia [infra.. 205-8 Od. à propos du respect des ta hôtes. XXIV.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 227 impérieuse que de venger les siens tombés sous les coups de l'ennemi. voir notre commentaire à . Par le traitement de l'adultère à Gortyne (n. qui est voisine chez Homère de l'opinion publique [II. de la « contrainte » sociale qui se traque. une )v(oêr| atteint celui qui s'y dérobe. autres règles de la moralité primitive Od. VI.. par un sentiment de crainte religieuse. Mais nous touchons encore à un problème difficile. XIX. 433. est au fond . ce passage. mal comprise si nous ne trouvons attestée qu'après Homère la théorie et quasi le duit dans ridée d'un : qui attribue aux parents de la victime d'un meurtre une souillure conditionnelle (H9). dès Homère nous apercevons une trace indéniable de cette pensée dans le cas d'Achille qui.. Nous aurons lieu de revenir sur la question du pur et de l'impur. 371) d'ailleurs dans Od. est formulée par Platon.. Et il n'est pas douteux que cette l<ly6'f\ ne soit en quelque sorte actualisée par de l'opinion publique et qu'elle ne touche ainsi à la réprobation sociale (117). . 178-180. 97 propos de l'honneur guerrier. semble-t-il.. 225. § i). XIX. VII.^ et elle émane directement de celui-ci homérique que nous étudions en particulier. C'est la sensation directe de la puissance. Mais n'oublions pas que la pensée religieuse donne communément une consistance mystique. XXIV. 101 XIX. III. XVI[I. Usener.. une force religieuse. La Xciêri sanctionne les (117) IL. . Ici laXwêviest au moins toute proche de la souillure. (lis) La v£[xeaiî. Gôtternamen. XVUI. 335 XVI.. 224) nous voyons à quel plan agit spécialement r « opinion publique » elle se manifeste comme garante de la moralité : — : familiale commune d'où la XwJâYi (419) Elle au groupe des ysvr. 136). non seulement réalise est perçue se numen et qui seprolonge dans une notion bien connue. II. 871 B. la vÉLtsui.. est le pendant de r'Eptvvî. un Sondergott (H. 40. mais dans de véritables rites qui pleinement que la rendent certaine aux consciences) (118). II. la force substantielle. : — : . et il est une question préjudicielle à vider. à ce qui n'est pour nous que concept (d'où il résulte que la viptEo-iç primitive. //. 136 XXII. 254 Od. Lois. IX. Pour l'instant. puissance de l'opinion publi- ne comme force religieuse. 205 et s. p. ajourne toute occu- dogme pation profane jusqu'à l'accomplissement de sa vengeance et tant qu'il n'aura pas fait expier sa àw^yi (//.).

exclusivement appliqué aux compatriotes du meurtrier et de la victime (121) ajoutons que l'auteur d'un homicide involontaire commis dans la cité sur le membre d'une cité étrangère se voit interdire le territoire de celle-ci. il faut prouver qu'elle fût absolument inconnue avant le développement de la religion delphique. mais non le territoire de la sienne propre (122).. a priori. XXIII. une stupeur religieuse. . 58.228 c'est RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE de les la souillure du meurtre qu'il s'agit. 134.. n.. sont à interpréter au point de vue du régime des clans un étranger évidemment celui qui tue le membre d'un autre yévo. elle dogmatise. on peut dire que Vonus probandi incombe à qui il faut non seulement montrer qu'on ne la rencontre pas ici ou là chez Homère. Non pas. la cité ayant remplacé le y^^o^» la souillure a en quelque sorte pour limites les limites mêmes de celle-là ? C'est ce que manifeste l'exception formellement prononcée en faveur des lepà àfjicppixTuovixà où ne peut paraître le meurtrier (Dém. l'une. VI. (122) Platon. et l'on du parent de la victime comprend assez. Il sera toujours bien avennierait l'antiquité de l'idée de souillure : tureux de dénier toute valeur religieuse à des termes qui signifient la et. De fait. cf. non plus ner loir. qui fait demeurer le Encore provoque-t-il. le champ libre à la discus- Nous ne pouvons croire que : la théorie delphique ait créé de toutes elle ordonne et coordonne. voir notre commentaire à ces passages. IX. etc. si. 10) se laisse fort bien recommander àvSpô. 268-9 oûSs titi eaTi xeXav(120) . : Dans ces conditions. et une sentence comme //. MuUer {Eumen. pièces sa pensée même elle n'invente guère. Comment s'en éton- à l'époque même représentation continue de préva- transposée.). de la : souillure du meurtrier lui-même. à vrai dire. mais de celle mais deux problèmes sont solidaires. Safx^oç. visiblement toute faite. XVI. p. sans aller plus loin. souillé au regard d'un clan étranger classique. et ce que traduit l'emploi du verbe passif âôixeTaGat. Et c'est ce qu'on ne voit pas possible.. (121) Voir le texte de Démosthène cité l^e partie. des deux versions de la légende d'Œdipe. 37-38). 482 (pour la valeur de edfjjLêoç. qu'une discussion sur celle-là puisse laisser sion sur celle-ci. 35). . la (120). et si. 79. d'expliquer par une pensée exclusivement profane l'origine de l'expression homérique xaôatpetv atjjia. 371 IV. n. Lois. : IL. èî icpveîou (?) en dvSpôî èç âYvixea). (123) Noter aussi l'emploi du mot XûOpov apparenté à Xû[xa (sang répandu et mêlé de poussière). que lisaient d'anciens scholiastes le meurtrier demanderait la purification comme dans un épisode bien connu d'Hérodote (1. //. et si consacrée qu'on la considère comme un seul verbe et pureté qu'elle admet un second accusatif (//. chez Homère même. Quant à prononcer que. 667-8) (123). ne doit contracter aucune tache celui qui tue un de ses parents n'est pas — — . les exemples homériques que l'on invoque — : pour établir que le meurtre n'entraîne point de souillure chez les plus anciens Grecs. XXIV. iNous croyons même que la correction d' 0. 865 E.. 866 A. III. : vtféi Kpoviwvi ai'iiaTi xal Xù^pio ireTîaXaYfjLÉvov sû^etiairôai.

Achille demande que l'on combatte sans retard pour venger le meurtre de Patrocle. Que faire encore de la légende d'Ixion.). dans V Année Sociolog. et on en a conclu que l'idée de souillure était postérieure à ce passage.wêyi. p. voir M. Croiset. le sentiment religieux qui est associé à la Xwêr. Millier. Cette digression était nécessaire à qui veut bien entendre le cas d'Achille et le sens de la ). c'est est très net atteint. On a beaucoup insisté sur le fait que Télémaque admet dans son embarcation un meurtrier avéré. pourra-t-on vraiment soutenir que VMthiopis. à la première moitié pour cette chronologie.est reporté. Solidarité. au nom même si parlant ('I^îwv \y. et le chant XV de ï Odyssée .. et qui dirait un parent (125). approximativement. Hertz. est postérieure à la légende supposée primitive d'OEdipe (Glotz. X. 425 et 435. est antérieure à l'autre — — .. et rapport la enti'e ÉTarpo. p. 605 sq. si saisissante. soit tellement postérieure à l'Odyssée. 65.. le cas d'Achille d'un véritable tabou que le héros se sent nous en trouvons l'analogue dans les sociétés primi: comme c'est ban du deuil n'est levé que par l'acquisition d'une (126). i^' oct. étant admis du reste qu'elle apparaît chez Arctinos de Milet. Solidarflé. qui lun des chants si les plus récents ait de le l'ignore ? et qu'une pareille idée. Contribution à une étude sur représentatio7i collective de la mort. Eumen. lequel décrivait dans son JElhiopis la purification d'Achille après le meurtre de Thersite (Glotz. impérieuse.v il ajoute qu' « aucune nourriture ni boisson n'entrera dans sa gorge « tant que restera étendu dans sa tente le cadavre de son e-ra^po. pp. à qui Iris commande d'éviter la « honte » que ce serait de voir le cadavre de Patrocle la proie des chiens et tives tête oij le humaine (124) Od. non vengé. gr. — : Litt. 1907.. 255-294. 231. Croiset.<Ta[{jL£9a Xa)êT. cependant que se poursuivent ces lamentations rituelles qui attisent dans les cœurs une passion toute religieuse. on ne saurait s y risquer sans arbitraire. . et stt. se manifeste encore parfaitement chez Achille. et il engage à préparer le repas pour le coucher du soleil seulement. Or un . in Revue des Deux Mondes. 233-4). 137-8)? Ou enfin. souillure. pp. cf. M. p.ézr^ç pp.. sxalpoç.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 229 — la plus connue ou que la légende d'Alcméon..!. qui connaît la héros à Thèbes après ses crimes. £-riv Tt. (126) R. 85-90. 344. Solidarité. 0. XV. Aussi bien. p. est eu temps de se produire dans l'intervalle compter avec la liberté d'Homère et avec (124) ? Il la liberté certain qu'il fau des légendes. Or V^Ethiopis est déclarée de la seconde moitié du vui* siècle. voir Glotz. le (125) Sur le sens homérique de éxaipoç.

entre le gr. : à xsa X ti sion toute à avons rencontrée est générale la Xoj6ïi nécessite la faite de tîvs-.. lôbor. Observons d'ailleurs que la doctrine de l'époque classique a la théorie delphique n'a nécessairement ici des antécédents pas devancé de beaucoup l'établissement de la justice sociale en matière de meurtre. « travail » possible.230 « RECUERCHES SUR » (d27). Grundzilge.8pa : Y£V£a6ai oCi | <joi s t Xwêiri. //. quant au sens. s. pleine raison d'ôtre dans F/étymologie même du mot Xo)8r^ s'éclaire peut-être de toutes ces considérations G. 5. 178-180 (Iris à Achille) • 5é ers | IlixpoxXov è'XOri. : indiqué par d'autre part. Curtius. « tactie. : souillure ». /4. . celle d' àr/i 6u[x6v '. le carac- déshonoré même : instructif de aiêaç qu'éclairent les marquées. Xw6t„ à des expressions : : . 871 B) : tère sacré. la On rale s'explique que. Nous croyons qu'il faut y revenir et que la sémantique. 169. 369. aï xév Ti véxuç ri5/u. XI. mettait fin à la sang souillure. qu'on écarte aujourd'hui (128). WÔrL.s. IL..xsî9(o et les (127) //.v ou Ttvuoôai Xw6t. 387. Boisacq. et à l'occasion redoutable. TpwTiai xufflv . s. . et la souillure conditionnelle du parent a pour terme l'accomplissement des rites judiciaires (Platon.xéXitT. (128) comme alpia TtfKopeîffOa: cf. Elym. et qui avait sa pur régime de la vengeance du c'est la vengeance qui. 11 LE est DÉVELOPPEMENT DE LA PENsiE alors souligné par le terme deux emplois homériques de le premier désigne Thorreur <T£6àî^£o-Qat. 108. 142 vûv (jièv irarpè.) IL. ruine » (mênie fftmille qqe Idbi) Wahje. Et le cas de l'Achille homérique nous le confirme. 1" partie. (129) Rapprochement proposé par Trautmann. XIX. primitivement. se suivi par Walde. Iflhe.. 167 et 417) pour le meurtre d'un parent. voit qu'un mot. qui n'y conlamne à une déduction absolument arbitraire. par Boisacq. 146 sq. XXIV. l'impose d'une part. aucune relation XtôSr^ et le latin lahor. t(<tst£ notion géné: de aussi. Laleln. par les valeurs attachées ?(ivoî et La pensée que nous vengeance.jLtjLévoî Cf. elle Homère lui-même. 142. De là l'expres6 t. le second exprime l'idée qu'Achille « se retient » de dépouillei' le cadavre d'un ennemi tué..v (le verbe a son plein sens dans la vengeance du sang. « souillure ». v. et nous paraît impossible de ne pas « chute. p. or nous verrons la valeur magico-religieuse des armes.. ou les mots de la même famille (129). mais cette pensée-là. VI. 323 434 Soph. mais non pas. visiblement. une variété de rasêa. XX. il : . Curtius admettait le rapprocliement entre gr.Orf.. v. IX. il est tout à fait lâhes... et il s'explique ici. Walde. p. Xw6t. elle. pour des raisons phonétiques. pensée antique qui : se prolonge le et s'adapte. contre G. XVllI. originairement. (//. XI. et lat. quant à le distinguer de lâbes. v. Dict élym. le il rapport certain entre les idées de n'y X^fj-r. v. làbes. dont elles sont .. et de souillure. ce ne peut être qu'une Lois^ IX.180 cf. chez Atôêv) soit.

: — : . les valeurs juste que nous attendons.. 1074-3. fur. réalité elle est en son fond la substantielle et sinistre (132) qui enveloppe un individu ou une famille de son mystère effrayant. (131) Soph. les termes de cette famille n'en laissent pas moins apercevoir un ainsi dans le texte où l'épithète de état primitif de pensée est appliquée à l'homme pour qui Zeus n'a puisé que IiôSti-iôç : jarre des « maux ». le même fait qualifié de Xo)6t. 531 l'idée du sinistre. (132) Epithète de Xa)6T. XX. 864 (àV/oTro? i 1 m 6 a.Tf.p£. EL. .. Orf.ç Le domaine moral de : IL..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 231 témoignages que nous en pouvons produire (130) sont d'autant plus considérables que. banalisés déjà. è-rtl Xwêa en parlant de Lyssa. en parlant de Philoctète atteint par une puissance divine et néfaste.. 215 (cf. 791-2 (Eros) Trach. 1103.p le sens 139).. pXâ67i. Mais elle aussi. II. imputée ou non chez de l'être — à une divinité personnelle toujours — : ou au Saiawv anonyme.to. (le outrage chez Homère que celui de d'Agamemnon Od. Emploi du verbe dans le langage mystique de Platon.. Hér. mot est d'ailleurs rapprocht^ de O^oiIJovts?. Trach. (Priam l'emploi traite ses fils n'y a pas de raison de donner au mot Xw6tiW.....XV. I. . 792 Trach 538. 169 . 338. est le même II. 233). à propos de la mort d'Oreste qui vient : : annoncée) Eurip. parfois solidifiés.. 7'. Héc. La XwSti est en relation avec P'Epivû. pleinement affirmées. /.. figure sinistre. 387. liée. comme l" "aT-ri {IL. Comme : l'idée d'àrAi. c'est une a-uri (l3l) principe d'aveuglecar elle n'a pas besoin ment quelquefois.-r^ Xwê-r^fèv ibT^%s) (//. 42. 199-201 è/OiïTav àppT. dans l'allégorie des deux tonneaux où puise Zeus oj c'est nettement Ss •/£ Tôiv Xuypwv Bo'. XIX. 242. ôat txwv. 239 de Xw6T. 385. Mais tragiques nos meilleurs témoins dans la une il : fois de plus. 232 = la Xw€r. . et imputé successivement à Zeus et à Athénè. Ant. XI. mais bien plutôt celui de perdite. wç : . Ant. 326.Tf..wêyi. de V àxT. 611 C. 648 (le jugement de Paris a été rendu èirl 5opl xal èowv (jLsXiOpojv Xwêa.. — Rép. 20 sq. XX. IL. P^ï^.)6t. Soph... et IX. appliquée aux Erinyes.. plonge dans les représentations morales d'une société primitive nous venons de la voir en rapport avec les obligations religieuses du régime du yévo. XXIV.. X. XXIV.. et plus évidemment peut-être. 882.. Noter surtout il n. 170)... Eurip. « par l'aveuglement d'un père » qui fit prononcer à Agamemnon le vœu dont il est question v.. 'jêptî des prétendants Od. celle de Àwêr.p£. (133) r->6p-. avec le (130) //. XXIV. du participe X(. note 111.) Xtie-r) au vocatif. Ant. Cf. oTav o'tav au aoi X ci 6av La XojSyi rapportée au 8aîixo>v Eurip. Soph. Une ). ce sont les est saisissant de rencontrer eux. (133). . 957 et 1031.Tav t' wpjév t-. 211 xarptûa Xoipa. 90VW xoLi : : | | personnelle Soph.. où qu'il a IL.. 87-8.) Pour l'adjectif Xwê-r^To. III. Même idée d' « aveuglement » que dans ârri Soph. rapportée à une divinité plus ou moins d'être .

il se coupe à la prise de Babylone.. cf.. Cet s'applique aussi à d'autres attentats religieux respect dû aux morts. (136) Sur cet emploi dérivé. qui. et que les la divinité outragée venge sur correspondance entre Xw6tj et u6pv. pour aider une Xwêrj àvTÎxsoro. 180 atteste la le coupable sa ^'>^i6r. AJ. 87. sont des plus instructifs — : Platon. les oreilles. Aj. exemple Acj67i oùxin. fait allusion aux tortures archaïques.. : ainsi à la violation Le mot du (Jocaste) lîXsxTaiaiv àpTavaiai >. 1392. Trach.. à des procédures magiques égard.a)êai bien distincts d'une notion morale. il est question surtout des perpétrées par un individu sur un autre elles sont ces atteintes à la personne qui longtemps ne relevèrent pas du droit. voir les textes cités n. change son orientation en elle aussi se laisse apercemoins d'une évolution qui.. l'acte sinistre son caractère essentiel. — ). La notion en est au fond d'ordre. rappelle certains une réminiscence emplois de awlÇeiv oîj nous voyions comme Le cas de Zopyros. dans le moment oii se dissolvent les ysvYi. il disons. c'est certain mais l'accumulation des circonstances et la disproportion du Hérodote ne perçoive plus .. : : Soph. 54 1069. . nous. Que dans le mot Xwêri. de ràxpwTTipiatxjjLoç (136). que. : moyen au (134) but nous font penser. les valeurs primitives que nous dans le fait même qu'il relate. à cet en eux-mêmes et par le rapprochement qu'ils indiquent avec ceux d' alxia. se uEpixEipaç) et se flagelle. Lois^ IX.w6a. s'inflige : le nez. Ce n'est pas hasard sans doute si l'expression Xwêaç XioêriQeU. ^w^. dans Hérodote. est particulièrement grave Zopyros. 473 B-G.. elle seulement voisine toute proche du sacrilège (134) mais chez les tragiques. Platon. qu'il emploie. Sur la signification religieuse du suicide. loêàTai pîov . directement ou indirecteplusieurs emplois. fait dégénérer la religion en magie. 873 C-D. aux peines « exaspérées » que subit le tyran. 1388.. ne voie pas autre chose qu'une ruse de Zopyros pour tromper les assiégés en se donnant pour un déserteur de Darius. et notre commentaire. oij nous apercevons c'est quand elle se laisse ramener. et c'est pourquoi le terme de Xwêri s'applique parfois au suicide (135). par excellence.232 RECQERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE : temps. 154-155. (135) Soph. voir le 'début au n'est pas Pour autant que la Xtoêvi fût à considérer comme délit. >. qui nous offrent souvent deux moments : . Soph.. religieux. III. Gorg. c'est possible tond d'une manière infamante (xaxw.. dans ment. à autre chose.

935 C). Le droit de l'époque classique en comporte un il est désigné du terme xaxwç àvop£U£t.v au vers 839 (138). 323. insulteur »). au sens positif. oià Héraclès.v) qui se distingue nettement de son synonyme Aotoopeliv. KaxYiyopia.. d'abord.. d'abord parce que celui-ci est relativement rare et que la Xwêrj a presque toujours. dérivé. xaxwç Xsysi. 5. sont conçus comme l'expression consacrée de Xwêri àv7]xeo-Toç. lequel n'a aucune : valeur juridique. 622. — — — fondamentale du mot : il y a toutes chances pour que la Xwêri- injure soit primitivement non pas la simple parole offensante. « (139) .TTip. Sens dérivé sens banal d'outrage. affaibli « se moquer Soph . Phil. et ses antécédents. Xwêsûsiv.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 233 religieuse- sévices sont d'ordre magique. 275 (XwêT. dès Homère oii déjà raît de trop bonne heure dans nos textes il est terni ne pas avoir participé. YI. mais le mot la xaxv^Yop'a est est explicitement distingué de xaxTQyopîa (934 E sq. souffre. Trach. mais la parole douée d'efficace mystique. 28. s'est offerte si spontanément à — l'historien la Enfin : Entre autres valeurs. l'injure proférée dans les lieux publics).. II. aux exemples (137) Hérod. . XIII. 98. en fait. plusieurs fois attestée chez le même Hérodote (137). 13 et 26 (sens >>) . le terme Xwêvi a quelquefois celle d'inmais il ne saurait l'être du jure verbale (139). de cpapfjiaxeiai c'est le même emploi que celui de alxiÇ£!.. a un parfum de tradition et elle efficaces . et le délit est alors réprimé par : la coercition spontanée des citoyens. de la valeur pour les tragiques. 12. chez Homère et : ensuite parce qu'il appacouleur religieuse. : il arrive que XoiSopeTv soit employé à la place de xaxrjYope^v plus loin. 957 et 1031. VIII. 11.Z. 607.v (xaxTiyopEW. voir (138) Voir le texte cité n.. Mais voyons le délit même d'injure verbale. : XXIII.. ment pour désigner des pramagie apparaît explicite tiques particulières. que nous rapprocherons de Xujjlti àv/ixeoroç. qui impute son mal aux divinités. — Dans la langue non juridique. Od. § 6. ETciXwêsusiv. dans Sophocle. déjà passablement ». « insulter Orf. Platon emploie pourtant Xoiôopta dans les Lois (XI.

XL. iraûe Lex.. 629 Hitzig. théories des fêtes religieuses) nombre de termes offensants dont la liste est dressée par . un seul terme...]. c'est £pea/^T. 629. et progressivement sans doute (Glotz.7. cf. Sont punies dans un certain nombre de lieux ou morts.. 632. l'injure verbale s. flypér. IX. relation avec la xaxr^vopta. 1..\nstogiton. Harmodius et . 21. p. XoiSopeïv désigne tif 33). — de Dém. 100).. une valeur religieuse on . n. p. 14 oû6év. 5 cités par Glotz. le (Walde.y : XXIX. lat. v. àitor/^ixsva. 1207 (140). art. 32 : Glotz.v. la xax-riYopîx proférée contre les grands morts d'Athènes. 104. s. l'injure proférée d'assemblées (sanctuaires. (Dém. blaspliémer. il semble appartenir au même domaine rattache aujourd'hui au latin ludu^. 790). (140) Sur cette terminologie. art. n. tribunaux. valeur fondamentale : Il y a donc en lui une il faut la retrouver. il est à peu pi'ù-s certain que la coadauination était au bénéfice du seul demandeur (Meier-Schômann-Llpsius. fonde aucune action cf. (143) Dans les deux premiers cas. Probl. s'est Mais la législation : en matière d'injures ne et la pas constituée en une fois seule diversité des cas visés par elle nous interdit de la traiter en bloc. de par ses origines. 6 et 9 où Mais justement.x3yaXa xi èrtiTÎixia. La répression de vise dans le droit : d'Athènes ne l'injure aux que des cas particuliers (141).^3i RGCURRGIIBS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 788. p. Diod. LIV. 01. Aristoph. 80. Dans le . cf. art. troisième cas. L'injure est délit à demi-public dans les deux premiers cas. civ. locaux occupés par les — tain l'emploi d'un cermagistrats. p. il peut être entraîné comme nous le verrons dans Celui de le même cercle d'idées. Pour tous ces délits. par la synonymie qu'il offre avec xaxto^ Xéveiv. : . 18 . Èiv Se tiç ISioWtiv.. Dict. p. Solon. U. Arist. légitime la procéilure d è'vSsiS-. (141) En : principe.. La répression des deux premières espèces remonte à Solon Plut. délit purement privé dans le troisième (143).. Karègorlv. p.. XX. loidoîi y a donc toutes chances pour qu'il se réfère à la — : que les termes désignant l'outrage en général (Roisacq. la somme payée par le coupable se partage entre la cité et la victime ou la famille du mort (Plut. 49 Suidas. l'injure verbale ne èiv txs'v Meier-SchomaaQ-Lipsius. s. v. 401. xi. il est instruc- de constater que XoiôopeTv peut avoir une dignité bien plus haute que dans ses emplois courants chez Pindare. nettement le délit même. Kakégori\. 26-27). au contraire. Daresle. p. . 144-3. (142) 21. IX. p. 100. 47. n.). : mais qu'il doit avoir. c'est que non seulement. ajouter [Lys. v. Guâpes^.ooiua. Hyper. 671.. postérieurement (Bôckh-Frankel. . Meier-Schrtmann-Lipsius. Slaalshaush. — la loi (àTCoppTiTa) (142). Solon^ XX. fr. Cantabi-.. ao/ovrx xixwç si^r). Kakf. Dém. . ludus) il pratique rituelle des moqueries et injures dont nous verrons l'étroite Un 'vieux mot qui désignait aussi l'injure. p. fr.Xsco par son étymologie. Plaid. 790) fut dressé le catalogue des àrôppriTa. dea Ant. le sens est voisin de : .î et peut entraîner l'atiinie..

c. 243 (èôXaTcp/^fjirjXs). : aT£pT.oû XsAoyysv Oa^iivà %axaydpo'j<. ir^. D'antiquité immémoriale. XLIV. p. : .. 60 : QÙy tiaiov (à la fois où yào sjôXà -/ta-ôzvoÛT'. Od. 19) (149) même représentation.Ainsi dans Pindare. gation de respecter les morts avait originairement son plein sens et son domaine strict à l'intérieur du yévo. dans Platon (148).).£tv si:' àvôpotTiv. I. dit formellement qu'injuriant un magistrat hors du cjjvéSptov. Phèdre. l'étaient déjà. XXIV. la cité. les îîpo'jç votxîî^siv. mais aussi de mauvais augure (prononcées pendant un sacrifice Platon.. l'antique pensée est formulée par Archi(145) (cf. Héracl. Dans la première — espèce. dans )iy£'. 11. les La cité s'intègre les morts de tous sont sacrés pour tous morts elle étend sur eux sa vertu.JUHIDIQUÉ ET MORALE EN GRÈCE 235 La seconde espèce cité (144) : es( lu dans le moment où ment avec — avec Solon — on réprime plus cMictctérislique du régime de celui-ci se constitue définitiveles injures qui offensent la société le aux lieux (li5) et aux instants où. (147)..j-wTa. mais il faut l'interpréter • pour sacrés. vuv eùcpr^les paroles : .. morts : l. et cette pensée. II. IX. Floril. fr.. 412 il est impie et il est néfaste) xxaaévo'. Dr. 01. Cf.6£lî Sià T'^. VII.î xa>tT. pén. Le client de Lysias. cf. loi de Zaleukos citée par Stobée. Pensée religieuse. G et 10. P.j. à l'intérieur de : la cité désormais. (cf. 53. est le pendant visible de Isocr. (146) En matière d'injure aux morts. le terme xaxw. A Ce mot [^Xa^cpr^jaslv : (xaxr^Yopîa). 800 C ïhéophr. Eurip. délit religieux la xa/Ti^opia jusqu'ici n'est qu'une espèce ou un degré du sacrilège.. : — : Platon. très : heureuse car. 718 243 A (Stésichore) tôî>v yip ôfxaaTwv |jLèv oùn dtxoôacTat Tiaxw?. 26 ^XaacpT^jjLta v àv:'.ol a-jropa yajTpîu-apyov [iaxipwv (148) Pind. XXII. plus ou moins implicite. « blasphémer «..y. y. élargit le cadre.. 284). p.spTo. tiv' eîxeïv S' àxépSîia £. Même loque. l'avons déjà reconnue et analysée.yop{av. : xal yàp ouiov toùî iicB. elle s'affirme sacrée. Phèdre. . de la loi est.yopeiv il désigne en effet le blasphème. Car. 64 est lui-même instructif. c'est une pensée plus complexe que nous rencontrons. de son chef. Schniidt. Il. étant rigoureu- sement parallèle à x7. Platon. X. : (144) Pour le principe de l'association de la cité à l'individu (luême solidarité que dans le cas de l'uSpit.v 'EXsvt..v pouira signifier Euripide. Eth.. L. . Lois.v sir' dvSpxaiv sy/sTJtasr: : (141) L'explication que donne Plutarque. il n'était point coupable.r.' (149) Cf. les morts sont sacrés (146) mais de la vieille morale..j'. d. l'obli. se sentant elle-même nous plus d'intensité. 21 : lieux l'injure adressée au magistrat ne paraît être délit qu'en certains Thonissen. Gr. dans Dém. pour une fois.j. 52-3 Zbû^ oè s^ i\i..

encore la notion qu'on retrouve. xaxrjopta : (le est attribuée. comme une il comporte : des manœuvres Ménandre rituelles imaginées comme efficaces au pre- (150) xaxwç — 6pYi!Jô[j. Dinarque.. conlemp. 323). d'autre part.jLetv magique qu'à VI. ^Xà(T?prj{jioù (Platon. Stob. dans l'aphorisme de Démocrite. — où « Au vrai. XXII. Une pensée proprement : 636-7 eûsTifiov (loi) Nous religieuse est celle qui apparaît dans Esch.. : XuTtoijpie9' àv Tz-zipr. Et il est certain délit plus ou moins public et. le sens de « injurieux » Théognis. P. affaiblie et dépassée. 500. c'est Tidée du sinistre qu'évoque l'adverbe xaxwç.e6'. Floril. en somme. les songes.îi. 1. conçue comme mystiquement efficace chant des oiseaux de mauvais augure. àyaÔT) Xoyou çT(|jL{ri ^Xaa- Xufjiaîvexa àXXT^Xouç 12). xaxwç C. 21 . toute proche de celle de ôL»a-cpr^|A£~.yopia qui vise les morts d'un yévoç étranger a dû être considérée le sacrilège alors se spécifie. entreprise de magie . Ag.('. 98. et loianc. t. d'ailleurs. A quelles représentations. p. la mot est employé dans une defixio même : efficacité B. 307) et le texte de Ménandre suggère un rapprochement entre la désignation grecque de l'injure et le latin occentare. èfxGXo. oHrande impure. Les sont mises ici sur le même plan que l'éternuement.. le cri de la chouette. en un sens général XeYOocriv .. et ce ne peut être qu'une survivance saisissante.ap pour oflenser un individu que de tuer un chien sur la tombe de son plus proche parent: le chien...- yopta et désigne l'injure. l'idée de xaxtùç XévEiv Déjà révolution du terme s'indique est..ov aç ôSpa cpo6oû[JLe9\ 5v yXaù^ àvaxpâyri 8e6o{xa(XîV.. Dém. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE A l'acte de la piXaacpT. avant d'être définie délit. tiî. àv eïirri àv ïSt^ tiç èvÛTr.236 [jita. Lois. 177 (Diels. il n'est pas plus sur moyen T. cpauXr^v Tip-^^tv à|jiai»ptaxet outs 7rp^$i. Coul. pourra répondre la troisième espèce de xaxvjyop'la? Déjà dans la notion de la première s'insinue l'idée d'une action magique l'outrage aux morts. la même évolution que xaxT. ap. est consacré au défunt par une formule spéciale [Kovàlewsky. p. de fait. ou rpÉTrei xaxayyéXto yXoSuTi) [jLiafvsiv.(oç Xéysiv dans un exemple assez récent — domine le sens » : mauvaises paroles « paroles de mauvais augure ». l'avons vu pour aîxta. XI. tout court. lequel : .v (8u<Tcp'^|jLoç : peut prendre. fr.. revêt facilement un qu'avant d'être réprimée comme pareil aspect (151). cet emploi de de Ménandre (150) xa/. C. d'une façon génésignifie à la fois l'injure et le — rale. Le terme enfin a subi vts. 934 B : Dém. Chez les Ossètes. H. . p. 417-8) 14-18) c'est : Q^ie Xoyoi. la xaxr. 8 sqq.

c'est que le magique s'oppose au magique (155).t' dirsÏTrev [jl-^te [Xejyeiv eÇeîvai xaxciç 'Ap[xéSi[o]v xal 'Ap[i(y]Toye(Tova. àv8[pl] tpapiiaxa iroitô. 393 E). Enfin. 22. le catalogue des àiioppyiTa devra se comprendre.. O'jtwç xà Kpi-zr^io^ xà p-f. Et ce n'est pas pour rien que sont associés les deux mois xwtjiwSstv et xaxT. Ital.[vjt(Ï»v] xal twv 5'.. nous devons dire un mot de l'interprétation de Hitzig il tient les àTroppTj-a pour les « noms défendus par la loi » et. Huvelin. P. prototype de la xaxr. p. et.. Ce n'est pas.. l'injure qui interpréter.Yopeïv (Platon.loi cosmique du talion garantie par le pouvoir des Dieux). dans le droit comme : H.fioç îx-i^. Le rapprochement avec le droit romain le confirmerait déjà. Les XoiSopiai rituelles. [jiTlSsvlJ év v<)[j.n° 83 = Audollent.. dans ce passage. s'adresse aux vivants? Un individu se sent atteint par une mier rang. 23 et s. comme celui des mots sinistres — et efficaces : l'institution a beau être relativement récente.coi Sf. que nous venons de rencontrer. Réf. Ajoutons que le vocabulaire retient la trace du carmen magique à origines religieuses (154). l'écho d'une pensée lointaine s'y prolonge. Ko'jpai Tov xax' s ix o [0 : du carmen magique.. . l'opinion qu'on s'en fait. p. Ajoutons defixiones se laisse interpréter dans que le le témoignage des sens : même si les defixiones sont utilisées contre la xaxTjyopia. sinistre de l'objet même sur lequel est gravée la defixio doit se communiquer à . Praef. fut réprimé Cf. Usener. une force religieuse qui peut se retourner contre le coupable Pind. à la N£[X£Ti<. Gomment sinon par la même pensée (153). n' 67 = Michel.yopb. Discov. Philipp. xaraSôi xal ttiv yXûTxav Tt|V xaxT..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 237 carmen comme chant magique (152). L'idée chances de s'être ofCn. dans une devotio attique (Wùnsch. àiaaièTcl Tàxaxiova.v. n» 1319 (133) Newton. Pour sjl'it [a] ridée de l'opposition du magique au magique.. III.. comparant (pp. n» 1322) 'AvSpoxXeîSr.txaTa 'i'O/pi [xal ènxla nature pijuTcpa y£v[oi]To xal twv |j. romain. 80 sqq. .) le : (132) Trace certaine dans 3 : la loi qui interdit l'injure à Harmodius et Aristogiton ypât^^aç [ô] : Hyper. etno'9697. c'est une pensée magique.xa[3T(liv.. II. n» 4 ['AvaJTfÔT.ixi Aafiaxpi xal vxa OTi Twi èfxcai. XLVIl [1888].. le — xaxYivopîa.. Iniuria. ont un étroit rapport avec ràywv de la comédie ancienne (Zielinski. Wûnsch. 33 sjjiè 6â xP^wv oeûysiv oixo? iôivôv viaxayop-.. pour commencer. Cette idée de la réaction magique apparaît singulièrement nette dans Wûnsch. Volksjusl. délit (133) L'injure est : (134) Nous avons vu comme est instructive l'étymologie de XôiSopeTv.£t' £x[£(v(«)]v [xt. 18 et s. : : Taûra '^uypi xxl i-îtapîîTspa. en général. ne sympathise pas encore avec : mais une pensée religieuse qui ne sympathise pas. uifJTZsp : l'auteur des mauvais propos et frapper sa langue d'impuissance. p. le carmen magique qui : seul au début. C. in Philol.âv (rapportée. v.. a toutes développée à partir de semblables origines.).. à l'examen. De là. pp. n" 84 = Michel. cf. et la société lui or le sens fondamental de xaxwç àyopsuet-v est un sens religieux ..

aussi : bien. cf. mais à (xjao. moyen inopérant sans doute. au sens plein.xa est employé comme équivalent du terme juridique : : àirôppTjTa (157).. mots qui ont une efiicacité par eux-mêmes. nefandus. dans la plupart de ses emplois. C'est du reste ce qui permet de compiendre la défense... XXVIII. ils quoi il faut compter. En principe. mais qui atteste la survivance de la vieille pensée. aussi S. il exprime une interdiction religieuse ainsi. p. G. (15Ti Cf. en tout cas.xo. emploie le verbe aTraYopejeiv au sens de xpoaYopeueiv. lequel tour à tour s'applique à la divinité même et qualifie les « mauvaises paroles » qui ont leur place. X. qui aboutit à constituer la notion positive du délit privé. Lois.238 RECUERCUES SUR DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le droil germanique. 1/association des diverses espèces d"« injures » sous un même terme. mais. Mots qui sont un attentat par eux-mêmes. il signisités sociales avec : : fiera les paroles néfastes — il a pour synonyme certain appr^xo. à certains moments du rite (Dém.. reconnaît-il mais il n'est pas interdit d'énoncer en d'autres termes une imputation semblable (Lys. ainsi dans l'expression toute faite p^à xa-. interdiction du meurtrier /cf. les mots « abominables ». propose de [lua-Tf.. Sur la signification réelle des myslères.. qui suppose une psychologie collective. p. il Ironve que l'un et l'autre. d'ailleurs. Thalheiui in Frohberger's Ausgewd/ilte Reden des Lysias. car il y a des néces. Alors. 44 et aussi OE. est négatif: l'effort de limitation. Ë. même quand il exprime directement une interdiction. et c'est par une réflexion postérieure qu'on lui découvre cette portée (Lys. Utilitarisme bien suspect: il ne rend pas raison. dans la pensée du droit. 236). elle est bien plutôt enveloppée dans la notion générale du « mystique » (156). stricte- ment. IX. (lob) Miss Ilarhssoii. X. Platon. Il ne faut pas se laisser égarer par les formes modernes que présente l'action à l'époque classique. de Théomnestos àl'encontre du client de Lysias tel mot est défendu. 4 Il s'appliquera spécialement aux mystères. — . — : . Mais il est nécessaire de bien entendre le terme àTrôppr.. du sentiment individuel lui-même. en vont siinplemenl « au devant du sentiment personnel » le limiteraient en lui faisant sa part. Elle signifie.. il signifie non pas « interdit » tout court. p. 6). àiroppr^ia. R. Ant. 154). de restriction. 6). elle devait préexister à la loi même. constatant que le caractère « n'est que dérivé et subordonné. Dém. Ou encore. appellent une autre interprétation. I. purement absurde en apparence. Au reste. les valeurs que nous avons reconnues à ce terme. 871 A. 122). de divulguer les mystères mais cette idée-là n'est pas celle d'une interdiction arbitraire prononcée par une autorité. Aussi bien. in R. liste.. 158. Soph. il est défendu (cf.piov le mystérieux » des mystères : une étyinologie nouvelle mot ne se rattacherait pas àjjLJw. 122) or le mot àtppT. XVflI.. On voit dès lors la valeur précise ne signifie pas au juste les mots que de l'expression ovoua-ua àTroppr^xa elle la loi interdit de prononcer. Reinach. 6. droil d'Athènes avec dressant une ce sentiment. XVIII. la thèse de Hitzig explique ce qui. et se rapporterait ainsi à l'idée fondamentale du sacré ou du tabou {Prolegomena.

que l'opinion publique réprouve. le terme signifiant l'injure est d'un enseignement aussi profitable que les précédents et non moins net : nous y retrouvons. xaxTiyopias [Dém. du religieux au magique. Glotz (art.xa. dans la poursuite judiciaire ensuite.at. Le meurtre suscitait une réaction meurtre d'une personne étrangère à la famille immédiate dans la vengeance du sang d'abord. cette pensée. 4. les offenses à la moralité et à la religion familiales.. Théomnestos aurait eu la partie belle et se serait défendu au moins par des sophismes autrement spécieux (161) d'autre part. Tcaxp6<povo. . n. — — : regard des membres de Y^P : la communauté une aéôçv) . faut la reculer dans le passé et la comprendre dans un : sens religieux. semble bien mettre le l'imputation d'homicide en général à part des àT:ôppr. du reste. 6 sable (àXV àvSpocpovov étant d'ailleurs tout voisin par l'écriture de àXXà c'est le mot Tiaxpocpovov et se trouvant attiré par les lignes suivantes) qu'on attend naturellement dans le passage. mais qui ne ressortissent pas au système du droit primitif 'iiaxpaXotaî. : : Ausgew.7)xpaXota?. Kakègoria.Ta.riyopl'x en pareil cas n'avait pas de raison d'être. claire et certaine.. 148. souillure (cf. o.xY. idée d'efficace immanente au délit privé et nous y lisons le même passage. Eurip. AhhandL. ce dernier mot qui a dû faire partie des àiroppT. 790) qui réagit contre l'interdiction des àirôpp-rixa la doctrine de Bôckh. le client de Lysias. en principe. C'est. 103-108. abstraction faite de la diffamation. L. plus sec en quelque sorte parce que la notion en est plus étroitement délimitée. le droit athénien a prétendu réprimer l'injure pour elle-même. sous le nom de xaxrjyopta. 163 (160) Il : = Die Verbaliniurie im Attisc/ien Prozess. primitif « la » même . au moins dans les premiers temps de la cité au contraire. il de la fausse imputation d'un fait qualifié délit seulement. !o9- . 30. et si c'était àv8po96voc qui eût figuré au catalogue.. fj. en place de la correction nous paraît indispenàvSpôcpovo. LVII. faire descendre à une époque trop basse cf. que donne Lysias. Hél. (158) Pas toujours d'ailleurs le marché. . d'une souillure c'est en somme reprocher. Ainsi. (161) La difficulté a été quelque peu sentie par Thalheiiu. X. et la y. pp. c'est que les premiers mots qui ont dû appartenir au catalogue (160) désignent des attentats à la moralité familiale. constituent essentiellement au : : . p. au début du plaidoyer.]. Ce qui nous confirme dans cette vue. c'est aussi marquer la même pensée que nous avons lue les dans le terme Xioôt). XIII. in Wie7ier Studien. ne faudrait pas. mais y a du vrai dans la thèse de Szanto (159) qui soutient que. 75 : Tz^ocffHyixoLtji^ °'-* H-tatvo[i. en etfet. p.JURIDIQUE ET MORALE ES GEÈGE le ^39 il détendeur est admis à laire lu preuve (158. cela (159) suffit reprocher à quelqu'un le métier qu'il exerce sur à fonder une 6{xf. pp.

). xaxdt • (164) Cf. el Jurid. 169 sq. Mais d'autres mots. les mots de la famille de xaxoç.. Eth. l'applique aux deux modes homériques de l'alxta véxj.'Xixou. qui n'ont pas été consacrés par le droit. Or. désignant directement mais le « faux témoignage ».). aspersion de poussière en signe de deuil. soc. 1311 b 6 (xo el. ^pépsiv.. Dict. s'appliquent dans le môme sens que uôpt^eiv aux délits sexuels : implique alors l'idée d'une puissance religieuse un : Eurip. 48. Psyché. d' alxia.... XVIII.(j/ufjL|jLévo. — — impliquent des représentations du même sont dans le même cas. de p). Nous avons montré que primitive. remarquables avec . vôtouî iyiyAT^''zkii ôer. 87 (xfi toù awfjLaxo. 1626 (cf. aTtuàÇeiv.jL-^. et faisant. gr.aîv£o-8at. art. ô' il f. sur Vanl. xo aôofjia a d ^ ù v a i) . 182-185). . primitivement.5T. des Anl.. Eschine. n. Zeugeim A. li.s'jooixapTjpîa. (Od. Schmidt. fr. ainsi ^{. il n'existe le délit privé de l'espèce que pas de terme juridique désignant nous étudions (162). atiÀvi de revenir upoTr^Aaxio-iJioç qui méritera au moins une allusion. 'évolution du premier . è»op. G/. p. est un. comme Gôpiî^eiv.. Pourtant. Hohde. 11. 615 oLXayr^ (xèv. pp. En dehors d' liêpt-ç.240 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE 6.v. est déjà fort avancée dans Homère le substantif XVIII. pp. Le verbe et le substantif avec une valeur active Esch. Il le terme dune pensée chemin fait défini : va de soi que la ^{a. Glotz.. et le parjure est abandonné à la vengeance des Dieux (cf. : ala^ûvr. 323) désigne le sentiment de l'honneur. il est compris sous la notion de parjure. d. VII. I. . justement. (163) Soph.àêYi et de xaxviYopîa. 120 sqq)... à propos des sévices exercés par Achille oùSé sur le cadavre d'Hector.. de termes positifs. peut avoir une valeur tout objecTTpojtoTrov. XVIII. 305 . T. p. 12 XXI. et j/ u V £ 23-24.. à un degré au-dessous de Talôw^'IL. a l <j x ^ v r. à propos de VlHppolyle d'Euripide. Ag.a retenait lai-même quelque chose liste des « délits privés » s'est accrue. alayijv£(. où8' àv sTç »ûyoi ^poTth^ TtoÔ' w — exclusivement un = : xal Zs-j. alors que tout témoignage s'accompagne de serment. délit plutôt tardif (Leisi. Arist. 929) .. notam. les termes que nous venons d'étudier : : ala/^jvetv : 180 //.. /aptev tive. on retrouve daivs le verbe des correspondances I. Il. — ainsi (163) dans fragment de la Phèdre de Sophocle pour l'intelligence duquel il est bon de se rappeler la représentation quasi matérialiste de ce que nous appellerions la maladie monde du personnage et qui est en réalité une souillure (164). 2. XXIV. w y^vaixei. AT(t)(_o. AL»{ji. Polit ^ VIIF. Jusjuhaxdum Et. ordre : nous avons vu Xwêrj sur ces deux là nous aurons occasion ment. 15. 't (162. et que les Dieux frappent d'inefficacité : fjLiv a'ta/uvei.

et l'expression expae ôaîfjitov Les textes postépour exprimer la xaxoxTjÇ est consacrée {Od. association de la xaxoxr^c et de T ocxtj Chez Sophocle.xoi. appliqué sinistre (associé — : . souiller.. àvàyxa.. TipoTzr^Xaydtei^) retient obscurément une idée de magique dans l'exemple d'Homère. Quant à son domaine moral IL. . = . Tyrtée. XI. t Od. 134). 175 . ou plutôt préhistorique. 740 : Prolegomena. l'adjectif substantivé xaxov. X. 9. Le dernier exemple : est . dans leurs emplois primitifs. 364 pour sujet un Dieu (XVIII. toûtwv 8' aiôa^psTOv oûSsv. ce sens est accusé dans xaxoHérod. "iiirou.) expression de a I a / u v £ v ylvo. rieurs attestent une correspondance notable avec le système de notions que nous avons défini dans Hés. à l'individu qui néglige un rite essentiel. xaxov = fléau (5a>aw 356 xaxôv. II. 489 X. qui prévoit un délit de y £ v o Eurip. J.. (168) V. (^d^eI. Od. 174.. de Pandore) apTTa^ SI xaxTj.^ xaxoxrjxa (III. Harrison. 129) et surtout de Xueiv xaxoxV^xoi.. BoucL. VI. XVI. 6avàxoio ôoxeipa (notion dérivée de la xVjp homérique. iL. Chez Eurip. ailleurs (168). ôsàç taxu). le substantif xaxôxr^c. fr. (169) "Hvsyxov xaxdxax'. EL. XTQÇ (469). la valeur est un peu affaiblie. : aux Erinyes.. on sait L'adjectif xaxoc. (165) que la même valeur s'est développée relativement aux modes d'aixta que nous avons vus rapportés au même terme. crTÛyspo. pXàt^'a. 1' ala^ovr^ est du même type que la Xcoôt) la véfjieai. le terme xaxo. 242 (rapport avec ancien. xaxà a le sens de . Lois. u a î <t y^ 6 v r. etc.. ÔTipàv XT. l'idée d'un fléau de nature religieuse. sv voûao) xf. dans une prière d'Ulysse IX. Le mot est technique dans la langue religieuse « du faîte des temples coule un sang noir. T. 414.. mais qui ont primitivement une valeur religieuse très forte. 919 E. ». passage le . on y particulièrement significatif (166) èv vouaqj. 235-6.vsyxov sX(bv [xèv. 5è oî è'/pae 5aiij. Se fxot. Tr. /. 207 et — : . Hés..T{ ys /sTpaç àvnrxo.xai xpdxsp' tàEXysa itocaywv. mais souvent reconnaissable dans VOdyssée : je V. Ion..ojv.. désigne à la fois l'impiété subjective et 1' axv] objective. le verbe rapprocher de Xu[j. et Platon... et J. 64). 149. . par réaction même contre l'idée de l'impiété objective. 57-o8. TcaTÉpwv.xô|xevoî. l'opposition du ôat[i.. 308 le : cf. pond dans terme de xaxappuTratvEiv. 521-2. dit Zeus à l'adresse des mortels et en parlant. même dans CE.. XXIV. eXuaav. qui est entre autres xT^p Gavàxoio) (167) aux vers 352-3. 43).atvea6ai. est en corrélation avec celui d'otxY). p. 364) ou « les Dieux » (XIII. qui a V. E. jâtôxoî iraiSsaui oavr^Ti Tzctxpàq. IL. la voùaoç étant conçue notera comme une sorte d'enchaînement magique (cf. ô. le mot xaxoxr^. C. ôç TtÔTajjiov oiaof. (à quoi corres. impliquent. (167) Cf. 321 veux parler de l'expression de . f. iaiiâcriov S' oîpa xov ys 6eoî xaxÔTT. réponse de la Pythie TTpotôôv xaxoxTjxo. : : (165) Voir les textes indiqués à la note 106. xaxôrf. VIII. VII. 1193.wv néfaste et des Oeot bienfaisants le SatiJiiov est souvent 394-7).JURIDIQUE ils ET MORALE EN GRÈCE 241 évoquent alors des représentations déjà effacées. r^cryuva. 736. (166) 'Qç S' ot' àv auitiaio. notion concrète du « mal ». : 571 . III. Ji ^évoi. (jlÈv £[jlT(V àpsTr^v.. : . qui est à Mais d'autre part. même — XXIII.

v. 10.. 237. qui (Tompare Empédocle avec les fragments orphiques 153. se reproduit par Et l'acte nocif lui-même est un xaxov. f.2i2 RËCllEKCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE Dans l'orphisme. Lac. terme qui se rapporte souvent à l'idée du sinistre. XjYpo. sauf pour la vente d'un esclave Meier-Schômann-Lipsius.1a xaxoxe/via du droit privé est restée marquée d'un caractère si individualiste qu'elle n'y reçoit qu'une sanction précaire ou très localisée il n'existe pas de Sixt^ xaxoxÊ/vîwv (d'action « de dol ») universelle tendant à la rescision de la vente. in R. cette réaction religieuse répond à la nature également religieuse de son objet représentation qui se laisse encore apercevoir dans les termes mêmes par lesquels Xénophon. s. 0. Beauchet. et p. est familier aux auteurs de defixiones AudoUent. Beauchet. p.. les sacrilèges en D'autre part. 1. cet emploi technique. p.. : p.. . 1. des Ant. le mol xaxÔTr. dérivé des anciennes représentations les rites que préconise la doctrine sont deslinés à éteindre le « mal » inhérent à la vie présenté et désigné : — aussi. l'idée du xaxov tend vers le magique : lâche fréquent chez Homère. 223. ainsi des tombes. 4. C.. (Txeùaai xaxoxTj-ro. II. Nekyia.. art. dépouiller de son efficace (Wijnsch. fr. II. 301. frappe : le xaxo? chez les Spartiates Tyrtée. elle n'aboutit pas à la rescision du jugement. in Dict.. AUiénog. 22. XIII. Voir spécialement sur cette locution 498 sq. Axadikia du Dict. xaxô^ au sens de — quelque sorte privés qui n'étaient pas d'abord réprimés par l'Etat. n"» 96 pov çôéYYSffôat ^j 97 : e'. 118. un attentat de nature magique. a pris un sens défini. d. c. habeat. 222. 181 H. /. V. 2. des Ant. IL. n. ib. n° 84 ZtoTrupo^ xaxov xal {xéXeov la violation : : = malum huit et infelicem se fois. Dieterich. dans le droit pénal public . — — : : . 124. et restreint (172) Prise dans un sens positif . exprime la mise au ban du lâche Tra? ijlev av : xt. . Arcli. VT. note de Th.- ne faut donc pas s'étonner si le composé xaxoxe^^veïv (172) désigne. cette notion religieuse de la xaxôxT^. {jiéXXet.). . n.. I. 144 (Diels. 215).11. 'Weil. (HO) (171) Cf. p. le mot s'applique à cette infamia Or active et rituelle que nous allons retrouver : et qui. 119.G. VIII. mais surtout l'usage du mot xax6. et xuxXou x' àXXûs'agit ffat xat àvai^^ij^ai xaxôxiQXo. cf. mais souillure. Psyché. 97t Gide-Caillemer. que la defixio veut . il de se libérer du cycle des existences mortelles : d'où les expressions orphiques xuxXou xe Xf^^ai xal àvaTtveùaai xa x o'xtjxo. Zeuge. 1 ... 121) (170) fr.. 493 p... Rép. mais seulement à une indemnité pour le préjudice causé (Meier-Schômann-Lipsius. n. I. Eludes. du mot d' axr^ (Empéd. n° 916). . Reinach à Hyper. Leisi. fr. 228. = quant à la xaxoTe-/>iwv Six-rj intentée contre le plaideur qui a produit de faux témoignages.. 493. 109.. chez Empédocle. par exemple. et spécialement l'empoisonnement de là l'emploi du mot chez xt roif^aat).(jia Hto^Or. p. Il : xaxôv Ant.E. Kern.'i'i. G. Rohde. d'ailleurs. « al(T/uv6£tT( xov ». p. D'une part. PhiL. p.'xt. 132 et s. appellent sur les coupables les « malheurs » (C /. 227. /rf. (171). xaxôv aûaxr^vov synonyme. en général. pf. : d'où l'expression I^. p. IX. Gesch. irapaXaêelv a d'ailleurs pour . retentit doublement sur le droit.

XG[ia lat. ou plu- au nettoyage qui : . délier (voir d'ailleurs art. et polluere... Il vaut par la concordance des résultats. étym. v. 654-6 'AX'X' eIjxi upd? ts Xouxpà xat i:apaxT£ou<. laver. . et se soit produite un beau jour dans l'intervalle relativement bref qui sépare Homère des premiers écrits qui en témoignent. parce qu'il porte en : lui comme le c'est AujjLaLveo-SaL 11 a « salir.. que nous avons rencontrés.. Lors donc que les emplois homériques nous donnent pour xaOaipw et les autres Voir Glotz. lutum. luere. v. 1406). si contradictoire. un sens tout Des tenants (173) p. de la thèse (174) Cf. mais le substantif Xûjjia y est fréquent et vivant. s. pour une raison : moderne. la supprime. souiller. qu'on semble : le écarter pour des raisons sémantiques. : luere. {juaivd). tôt la confusion. entre les idées reté morale. boue. n. — d'ailleurs On a soutenu (173) que tous les mots de cette espèce. Il ne se retrouve pas chez Homère signifie un aira? nous n'avons que le composé aTtoXujjiaivsa-Qa'. Prellwitz*. Mûller. et luere. Lustratio dans le Dict. lat. des purifications incontestablement religieuses qui consistent dans un véritable lavage (175). s. 172) les : rapprochements proposés par Bouché-Leclercq. p. bibliographie.JURIDIQUlî ET MORALE EN GRÈCE 243 L'ensemble s'impose par sa masse. 3. le plus considérable est 0. xaOapdî Boisacq. : purement physique et ils avaient à l'origine un sens s'appliqueraient à la saleté matérielle (jctapoç. Xûfjia. souiller ». 228. Mais il est un dernier terme que nous voulons étudier ici résumé et la conclusion de une valeur religieuse l'enquête présente et il comporte des emplois dérivés. xaOapoç. adverse. Quant au rapport entre Xoûw et luere {delubrwn). . IV. | XsijAÛvai. Il oii — : xaGaipco. Dict. Mais la purification qui nous toute physique a un sens religieux pour la pensée reliapparaît gieuse celle-ci nie nos catégories le témoignage des langues indo-européennes (174) manifeste l'association étroite. Solidarité. il n'y a a priori aucune raison de penser que cette signification leur ait été dévolue tout d'un coup. Et quand on voit.. nous ne voyons pas de l'aison de ne pas maintenir la notion de souillure est si multiforme et. AJ. p. qu'elle peut très bien comporter la synthèse des idées qu'expriment en latin les trois luej'e (profondément distingués par Bréal. analogues à ceux générale. 229 sqq. (175) Ainsi Soph. souiller. p. des Anl.. d'impureté physique et d'impudans les textes postérieurs à Homère. La probabilité du détail s'élève à la certitude de l'ensemble.

229. sans doute.. IL. qui n'est pas du tout primitif. Hés. n. sont accomplies suivant des procédés auxquelles la pensée grecque attribue constamment par ailleurs une valeur religieuse. . sinon en fonction d'une pensée religieuse ? Celte de l'armée est le prélude des hécatombes.. ni plus ni moins. XXIV. Aux textes d'Homère. les que l'on est évident que la propreté matérielle n'est pas ici conçue pour elle-même et qui oserait dire que la pensée d'Hésiode fût nouvelle à l'âge — d'Hésiode? eïpiaTa — Pour [Od. 159 sqq. 10). la pensée religieuse est loin d'être méconnaissable. 261. chez les Grecs. la purification. les pratiques moment parmi de purification que nous observons dans V Iliade et dans V Odyssée. 1 Soph. vojcroç à£t. il cité : avant de passer un xaxoTYiç il faut se laver le contracte attire mains.. 23. (179) Cf. (180) En — : . Schômann.. p. xat (jxâsx rpôaOev éaTÎai. Œ. XVIII.2i4 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE il profane. ne changeaient plus de vêtements.xriçXotY6s(v. véritable convient de replacer Homère lui-môme à son Aussi intellectuel. sinon la courroux des Dieux (177). 302 le Voir sq. religieuse (180). Aie. Od. Alt. 750 = XVH.. celles qui résultent de la peste. 724-5. xax-?] (v.. 48). II. particulier. Solidarité. se couvraient la tête de étaient souillés cf. — Or que trouve-t-on dans les actes religieux. nous en ajouterons un d'Hésiode. D'abord. 316 cendres. (177) mer une idée constamment a une vertu religieuse de cf.. C. on se purification (XujjiaTa). Ainsi.. . Tr. 313. Regarderons-nous au seul emploi du verbe |jLaive(j8aL (//. lY. 97). i% S' ÉXoûaa aToXiî. IXuae ÔuaTriveiî (178) Glotz. on le sait. T^<j%-f\<jxxo. chez Homère. Eurip. Ameis-Hentze ad v. àTïoXu- I. Xeuxôv XP^* èXoyaaT'. HEÔpCvwv S<5[jLwv èffBfjxa x(5<J|xov t' eÛTipeirû). Les deux exemples de l'époque classique qui sont cités (178) comme attestant un changement d'idées sont exactement semblables aux exemples suite? La même homériques. XII. 1597 uSaai TtoTafjLioi. est le prélude obligé des actes religieux (176). Gr. texte cité à la note 168.. 312-3)? Avec la meilleure volonté. 63. que (116) IL. XXIV.\ p. les Achéens ne se lavaient plus. comment l'interpréter. que nous avons déjà fleuve. on se revêt de xaBapà la cbose.. 335 sq. on rejette les souillures à la mer la : c'est attestée. et J. parce que. Orf. dans le deuil général. bien. débarrasse des souillures Quelles souillures? De toute nécessité (179). envoyée par Apollon en punition d'une faute Ces purifications. : : I I \ xaTTjûÇaTO.

Perses. Sur la vertu purificatrice du soufre. Cette repréT. sentation ne peut appartenir qu'à un très vieux fonds r^ à[jL'lav: 1193 On purifie Toç désigne F]sch.. fehrus.. non seulement la même explicite. « claire ». 790-7) auparavant. 237. H. Rohde.. une commune sentence que GàÀao-o-a xÀu'Cs!. Anh. 481). « SuppL. (184) Sur la vertu religieuse des armes. infra. pide. Priam : — (181) Voir Rohde. 491 X. 219. p.. dans la notion de Xu|jLaîv£a6ai. Et. 'à àvQpwTTwv xaxà. p. 578 (181). qu'Hermès fait XXIV. Sur le rapport avec sabin februm. Lat. Or. « là où le terrain n'était commenter pas occupé par mais de plus. T. cf. H y a surtout lieu de relever ici quelques emplois homériques qui se relient très bien au système de représentations magico-religieuses que nous nous efforçons de définir. . Gz. 11. Iph. — (183j Cf. n. Psyché. pure » : la II. 420) que ce cadavre n'est point souillé c'est à propos du casque d'Achille (184) qu'il est dit (//. expression la mer dans — : ne peut donner à xaxà une autre valeur que celle qui a précédemment et que nous venons de constater. I. un de ceux qu'on invoque pour dénier à l'idée religieuse de la souillure tueuse savoir tentée par Achille (//. Ce qui.. chap. dans l'expression même homérique de la « pureté ». suffio. p. remonte à une racine indo-européenne exprimant l'idée de purification (182). où l'on été définie conception se retrouve chez les Latins (Pline. Psyché. et c'est /... atteste que les causes de meurtre sont jugées en plein air afin que les juges ne se trouvent pas sous le même toit que les hommes aux mains impures (cf. il n'avait pas été permis (où 0£[jit. = non fa!<) Un emploi notable de xaOapoc.. VIII. 3) et n'a pas été retenue. *.s. c'est une locution déjà aussi banalisée que èv xaôaptj) au sens de in apei^to (IL. Psyché. XVI. le soufre est qualifié de xaxwv àxo. v. lat. § ii.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE le 245 vers d'Euri- purification.. (182) eéstov Curtius. n" 320. 259. 199 XXIII. Wort. C'est à propos de l' alxta infruc- l'occasion de se : des cadavres » . XXXV. Dans ce dernier exemple.. n. Eurip. etc. III. 3.. plus dans l'adage d'Euripide. : II. aussi avec le soufre (//. Homère trouve = . N. d. est justement qu'il fût souillé (fjLiatveaôai). 61). mais le mot Oéstov « soufre ». 652. eûayT. lîupydv pour désigner une hauteur correction en zùcmyr^ est inutile (Rohde.. il est impossible de ne pas se rappeler ici la Antisignification qu'attribue la pensée religieuse aux aperta Iocq. februs.. le principe même et le fondement.. cf. 230. Dans le premier de ces exemples. 1177). témoignerait de l'antiquité des représentations religieuses. à . (183) phon. Eurip. Walde. apparenté à 9uoç 8u6w. 50). El. et nous préparent à en voir.. gr. p. : — sur le cadavre d'Hecfor. ([jLiapoç) XVI. V. 405. XXI. Od.

alors que la peine capitale est une purification pour le Dans le même ordre d'idées. Prom. actif: le {jLaKfôvo. Choéph. chez les orateurs encore Ant. 121 S. 229. 33 {i. sens religieux de « souiller »? Or. 214. notamment fièv 5-^ jjlt. de lui une compensation en argent Démosthènc commente le terme de Auj^a'lvsTSat. 16.. 1. (187) Esch. constitue un outrage plus actif. 873 B. tout concorde : com- de toute antiquité. IX. V. cf. il est passé à celui de maltraiter. 28) permet à la famille de la victime d'un meurtre de mettre à mort le meurtrier en rupture de ban (àTcoxTetvEtv) ou de procéder contre lui à la manus injectio en le traînant par devant les magistrats (aTtàye'. sous la forme du verbe les comme homérique est le pendant du jjLaicpovo.. l'examen des faits. modeste qu'est l'antiquité homérique (Glotz. IX. l'idée de souillure. lll. : t6 itSitv \i. IxaoTiyoûv.. indiquant des pratiques analogues. ordinaire. 12. Ta TOiaÛTa xoieîv ^évei. Ssîv. La loi de Dracon (citée dans le ment terme Dém.T... 9 : . 11. assez le nombreux et suffisamment nets. réservé au Dieu Ares. V. la « pureté » serait incompatible avec la mort violente sinon. observons que l'emploi homérique de l'adjectif . L'étude des mois. signifiant 1' « impureté ». 991. à savoir par le fer : elles seront A i vrai dire. 63. 462 sqq. 290.. notions que nous avons étudiées et qui ne peuvent soutenir qu'un étroit rapport avec elle.jiiaicp6voi.aiv£(T8a«. p. Xu[Aa(v6!y9ai. il faudrait admettre que toute mort violente est absolument un principe de souillure. se relie fort bien.33. Ssîv (enchaîner) et autres. n'aurait-il pas. OavaTfu. Hérodote.>.>. mais interdit de le ). du sens de « souiller ». Isocr. 2) : REcnERcnKS sur le développement de la pensée rantiquitt'.u[i.. si Od. à la représentation religieuse de la souillure. On ne voit pas d'ailleurs pourquoi dans un pareil cas. 79. 147. est celle d'une force elle est donc com: prise sans dilliculté. le sens physique dans répandu l'opprobre » sur la t^te de leurs maîtres et « dormi » dans la couche des ennemis de la famille. XXlIi. aussi bien (àTCoivâv). alors qui! s'agit d'une notion à double face. de ci de lîi. yv»ôpi[jLOv oI5' 6x1 Dém. attestent pour le mot même sens (187). comme dans les qu'il n'était : n'est pas plus « moral » dans ce cas les autres il est religieux. (183) (186) Voir Platon.y XXII. quoi qu'on dise.246 jusqu'à n. s'applique une punition qui. le XujjLaLveo^Qa». u. aux coupables qui du mot ont (463-4) . ïélémaque annonce que les servantes infidèles y. justement parce qu'origi nelle dans la pensée religieuse. Aow. même à l'époque classique (185).. — textes postérieurs. Et des exemples. VI.. dans le sens actif de cruore poUuens et non pollutus.a6ap«ï) ne doivent pas périr pendues. groupe.v). XX. XXIII. (186) que de tirer par ceux de {j-aa-iyoùv (fouetter).

— — : il a l'air d'admettre (§§ 31 et 33) . (h:. py. à permettre de tuer et à interdire de XufxatvsdOat ? C'est justetement la valeur. i». on s'explique bien mal la forme même de l'amendement si le progrès des mœurs avait fait admettre la nécessité de s'adresser au magistrat pour l'exécution du meurtrier en rupture de ban. l'amendement ne devait-il pas porter aussi sur ce point-là. la valeur morale. èv -ctjj à$ovi e'pTjiat : membre de phrase qu'il donne pour une citation.èv -cq^) à$ovi àyopejei. qui. ^cht. 4. 8-9. implicitement réfutés dans ce qui suit. . Verbann. de ce dernier terme qui est en question. Giotz. repose sur une pétition de principe que savons-nous s'il y avait contradiction. qu'ainsi la contradiction dénoncée par Thalheim subsiste en tout état de cause. Sotidarilé.JURIDIQUE ET MOIULE EN GRECE 247 celle qui interdit les Que la seconde partie de l'article de Dracon sévices et la composition t'orcée — remonte à Dracon lui-même. dans cette inscription tcoi/t^Sov. Usteri. . et qui ne serai licite qu'avec les modalités définies par la loi. p. mais seulement de le faire point : et interdit de Xujjtaîveaôai. pour les Athéniens du vu" siècle. c'est (jitj XuiJiatvedôai ^lT^Bi àrcoivav il fut permis de procéder par manus injectio contre le coupable. contre un autre. p. car il ne se retrouve ni sur la pierre. Argument dit-on (188). fut amendée sur ce l'amendement. le premier soin des nouveaux rédacteurs ne devait-il pas être de modifier àTcoxxeîveiv qui prêtait au moins à équivoque? Mais la vérité est que ce terme avait conservé la seule valeur que raisonnablement il puisse avoir celle de tuer. mais on n'a qu'un indice. faut admettre que la loi. et qui n'en est pas une. 320. Les éditeurs des Inscriptions juridiques restituent dans l'inscription le texte de Démosthène. qu'àiToxxeîveiv et àizàyEiv désignent un seul et même acte. 31. Surtout. 245). la o. les délits commis par un individu (188) Cf.. que l'orateur falsifie dans verbe terme explique celui d' u6piî). u. Sur quoi Thalheim. il . : . et qu'en définitive il n'y a pas lieu de croire à un amendement on s'est trop pressé de jurer sur la parole de Démosthène dont l'argumentation est suspecte de sophisme Démosthène fait ou laisse entendre qu'il n'est pas permis aux parents de la victime de tuer le meurtrier. avec une lettre faible. 31) et de le faire exécuter par leur ministère il fut interdit. purement et simplement. suivi par Usteri. XXIII. à la 1. le désigne. B. n. en revanche. vraiment. il — parait en efîet se retrouver sur la pierre : place qui convient au passade. ni dans son texte même celui-ci : exécuter par l'entremise des magistrats comprend seulement (le a>. croyonsnous.. et en etfet. : : — — . Dracon ne peut pas avoir tout ensemble permis de tuer il y aurait là une véritable contradiction. Mais cette construction. Thalheim In llermanns Gr. : raisonne ainsi postérieurement à Dracon. Alt. nous ne voyons aucune raison sérieuse de le contester. correspond à la citation de l'orateur. — Chez Démocrite (Diels. d'une façon générale et abstraite. de le maltraiter ou mettre à rançon. 42. c'est-à-dire de le traîner par-devant les magistrats compétents (les thesmothètes Dém.. dont les arguments se trouvent.

IX. Tj xal xôjv ttoXitôôv est àvaTt x-rsivéxco. ni les représailles ou voies d'exécution sur les biens. continue-t-il. à l'égard du au sens nouveau meurtrier. à une époque Aufjiatveo-Bat. Mais le qu'en sens premier du mot nous induirait déjà à voir. « laïcisé » et banalisé. XXIN. chez Dracon. Kt aussi bien. répondrons-nous ? Les auteurs d'homicide involontaire (189). est considérable : consacre le mot pour nous. tout autre chose que l'acte positif de mal- (189) La 43. ni èXajveiv ni cpspetv. la loi aurait continué de permettre le Xu[jLaîv£<T6at . Qu'il signifie « luer ». 44/ Mais quels meurtriers. c'est bien celle là. à l'exemple d'Athènes et en développant les — — : . Il prétend que Xu{j. peut comprendre en soi aTràYetv.^48 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE son commentaire. dans notre article il est à leur endroit et elle l'aurait interdit à l'égard des meurtriers volontaires S'il est une contradiction inadmissible. . 845 G). : De toute soi ni en ceux qu'il est permis de mettre à mort purement et simplement. Ainsi donc. dans l'emploi fait Dracon. qui y a déjà des ainsi employé.. il est permis àTràyeiv un argument qui propre à IJsteri se : — — permis èXauveivxal cpépeiv xat àyeiv (Dém. or. XXIII. tantôt interdites.aîvea6at. qui désignent. deux teimes. la prescrit dans ce cas exceptionnel. il résulte manus àyeiv. àiroxTeîvsiv qui vient tl'ailleurs avant ne saurait avoir deux sens. des pratiques. 6 irpcatu/wv irpto-roç Tôâv mier de toute équivoque possible : oîxetwv Toy à7ro6avovTO^ Enfin. loi l'indique par elle-même: voir le commentaire de Démosthène. au iv** siècle en tout cas. (au premier sens emmener comme esclave). tantôt licites. c'est l'allure embarrassée d'un Démos- chances pour que reculée — Dracon — : thène. il est à peu près certain qu'on ne comprend plus ce qui en témoignerait. c'est ce que àTToeYeiv confirme la législation platonicienne Platon. cette valeur même pourrait avoirdisparu du vocabulaire de Dracon. ! 1° que Xufxaîveaôat ne comprend cette discussion. retourne contre lui. le Le îémoignage de Diacon proscrit la chose. elles sophismes qu'il s'impose pour accorder la permission de tuer et l'interdiction des « mauvais traitements ». il débarrasse le pre871 D-K. si attentif en général à écarter de son système Tatimie primitive {Loi^. c'est-à-dire ni la injectio sur la personne. qu'il distingue (à7cox-£tv£iv et à'Kà-(tiy). En réalité. nous fournissant un terminus ante qiiein n'ait reçu une telle signification qu'en vertu du caractère magique qu'on attribuait dans Torigine aux « mauvais traitements ». cpépsiv /al èXauveiv. 2° qu'il n'est pas permis de « maltraiter » au sens de Xu|xa[v£(T9a!. seulement à l'intérieur de l'Attique. ni àTràyeiv. il droit. certaine espèce de meurtriers. ctysiv.

mais on interdit certains sévices de sens religieux. ce fût au yévo. par suite. t^. par la valeur priet par la dérivation qui s'en est faite. Lucien. on permet de tuer dans certaines conditions. la permis de ressaisir. dans le principe. IX. quand mort est licite nécessairement. enchaîner. Lois. on a attaché d'abord (190). v. 1. v. par ces deux moments de mitive du il mot Au[jiaiv£o-Qat.vtatov Il fameuse rhètra éléenne..u[jLa'lv£(TQai. Cf. mais aussi : •: — Xû[XT.. D'ailleurs. AaxtdSat). . il les réactions s'agit de limiter. fouetter. aux pratiques définies que peut désigner le mot. IX. comme inhérente au système de représentations que nous avons défini. 871 D-E. s'il qu'une telle idée atteste et confirme la signification essentiellement religieuse de ce système mais c'est une conEt c'est est vrai : comme une clusion dont la valeur probante se doublera si nous pouvons retrouver entre Auu-aivsa-Gai. Surtout. Michel. Suidas. 168 . Ainsi. à cette alxîa y fait parfois allusion L'idée et le fait de )vu[xa(vea6ai se que nous avons vue dégénérer en magie. 9 Hésychius. la 249 retenons que le ).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE traiter. l'idée particulière de nous est la souillure. notion. un rapprochement s'impose entre la loi de Plut. un sens tout à fait spécial. 250 et n. tov aiTiaifxaavtot. . ceux qui avaient à mesure pris un caractère magique de plus en plus accentué se constituait une solidarité que reculait l'esprit gentilice et que social : nouvelle. 1083 et le schol. le sens que nous avons reconnu en général à travers tous les termes que nous avons étudiés. et les autres termes la même cor(190) Au[xot(v£aeai signifie.. dans les outrages — — infligés à l'adultère (Aristoph. = Dracon ôevxa (192) et la î^'. : . 858 B). de movle peregr.. (191) Pour l'usage de la flagellation et quant à l'énergie avec laquelle la cité commençante réprime cette pratique.. aux sévices exercés sur le cadavre. et c'est le sens que nous fait pressentir la valeur religieuse deXu[jia'lv£a-Oai. le sens que nous avons mise à : indiqué pour l'enchaînement et la flagellation (191) en particulier. quand elle interdisait les » voir notre commentaire à Platon. s. s. conclusion de l'analyse. la pensée son qui dicte l'article draconien se laisse fort bien situer à moment pour la législation pénale commençante. ne paraît pas douteux que. Glotz. est interdit. Nuées. dans la vengeance du familiales (192) qui se donnaient carrière sang. nous dit Démosthène. et « autres choses semblables » on peut penser aux tortures (que Platon permet à l'égard de l'esclave meurtrier nous verrons que le mot Lois. que s'adres: sait la loi quand elle mauvais traitements permettait de tuer et. parmi les survivances de la vengeance privée. n» 193. retrouve. en les autorisant partiellement. 4. 7 at x[s] tC. pa-^savi. Solidarité.

èizl .. 1. etc. Eum. utc' içpovi X'j[Aa (rapportée à la souillure. dans une inscription de Cyzique XX. 47). t.6<JvTwv : — "ci.. Esch. c'est la pensée d'utiliser une force vivante et efficace. 632 sqq. u. cet emploi répond à la conception f/éc. twv tt. . c'est l'idée générale d'un attentat au sacré. llalische Volksjustiz. t\ (JTpaTTiyôiv 'sixu\6x()<. Xw|Aî(iva. n» 728 (tO : jxTiSè axîOo... comme de ^Xâ6Ti et de Xw6îj Troy. 378) le sens que nous indiSoph. il Dém. Il s'agit de cette réaction collective du et inorganisée qui s'est perpétuée dans certains cas à (193) Rome : (199) Eurip. (198) Lysias. p. Cfioéph.. LIX. 29 (pendant de TcporriXanotons aussi. 9 (fl. ceux que nous avons observés.. n. 64. D'autre part. : . Utilisation religieuse.. xotv6v tti? -ndXiw. . pour sujet.. de l'un à l'autre de L'expérience qui Le verbe d'une famille expriment l'idée parfois de la se suffit à elle-même et. : (197) Règlement religieux de Smyrne. l'idée très nette du sacrilège (197) d'où dérivent. itivTa taût' iXu[xa(vgTO toïç oXoiî . fûja.-rap dont Apollon menace celui qui négligerait une vengeance obligatoire. 371.. twv itao6'. en vertu de la conception religieuse du délit public.. cf. (196) .ç Oeoû X u|jLaiv£ x(. XVlli. l'usage du substantif X-jastiv pour désigner l'atteinte criminelle aux intérêts vitaux de la cité il s'agit de celui qui aura entravé la commodité de l'approvisionnement et altéré le marché si. it<iXEt. Michel. XVIII.. (193) Remarquer l'expression 8ô|X(jv èirlXJfXTi. etc. 1099 (XûjjLTiv XujjLaivea9ai avec. Eurip.. D'une part. 648 131) favorite de T "Att. f. Tous ces emplois. Esch. au iv« siècle. puissance et — Et cette néfaste notion multiforme. Diss. su t'w Xû|x' 'A/aiwv. De là l'emploi appellatif de Xûfjiat.u[jLa£v6Tat en renversant la maison. V. G. C.. leur sont rigoureusement parallèles. 290. tiûcro. 878 (cf. 64. divinité (194). 88) ai. Isocr.. . . 803 (Xûjia opposé à spévx. 22). bx'-^ç. (198). Kypris) Bacch. chez Eschyle T'Atti frappe toute une famille. dans un exemple de Démosthène. d'un iléau (193) a-nri. La représentation se survit. Eurip. : de Graecorum "Atti.. VI. quons semble préférable à celui d'opprobrium que propose llermann). d'abord. Hél. comme ràTri (195). p. la .3Xàê7i. (194) Esch.). (Bacchos >.. irrésistiblement à émet des prolongements identiques . E. 1858.. les emplois du IV* siècle où Xu|jLa(vea-ôxt exprime avec un accent pathétique ridée de la subversion de la cité. où Xu[xav8èv Séjxxî correspond aux iTxt u-f' r. : (199) Usener. txeXiOpwv Xtôfia. du vivante.awv xaxix. dans certaines procédures droit pénal primitif. J.. XUI. sinistre. la Xwêri.. Scherer.civ. des lois...250 REcaERcriRS sur le développemrnt de la pensée respondance ceux-ci. OE. 303 el S'-rî Siî|iovô. tu/t.. que nous avons aperçue vérifie. Isocr. émane les substantifs de cette d'une pestis. Sept... cf. notione et indole. . moins techniques que ceux de ^XiS-rj (n. 8.. tivoç t.. 591. s'affirme dans 1' « aveuglement » de l'esprit (196). parfois.

Ces Aujxaî. 290. y peut être impunément LIX. Le règle(Michel. (200) [Déni.. voir tout le passage. classique. ïva ^\ ixiiffjxaxa [xt. . conçu comme rite ensemble la souillure déprécatoire on y trouve coniractée par le fils qui se dérobe au : devoir de vengeance (202). l'intuition est : du poète dans un tout revivifie l'idée lointaine d'une pénalité -qui consiste Xufxaivso-Oa». XX. dans le principe. . 631 Isocr. Par exemple. du délit.. 12 et VllI.. c'est l'idée de la force religieuse. (202) D'où l'excommunication rapprocher la Xwêri que nous avons étudié dans Homère. à un âge de pensée positive. Emploi dérivé sans doute il est hautement vraisemblable que. tardif un emploi remarquable et pourtant recommandés du mol Xuaa'lvsTÔai. l'utilisation magique (203). dont nous savons la signitication « infamante ». si lu aux cérémonies religieuses. et non point celle de l'acte positif qui appellerait un régime direct la construction avec le datif pourrait bien être primitive on la retrouve : . la réaction eût été collective et eût consisté dans l'acte. III. 86 (201) Esch.. 9.. tepoï. et (yaXxr. (203) Appliqué aux outrages exercés sur un individu.. (204) Hérod... 1. atteste la valeur originelle.? Bacch. çà et là (Hérod. à l'époque par le mot abstrait j^io. et la xaxdxT.yYi Atjp. sont celles qui atteignent dans l'individu le Hérodote principe religieux le plus intime (205). 19. le gynéconome aura pouvoir de XujjLaiveTOai le corps vêtement.. apparaît l'expression visiblement consacrée d' « outrages irrémédiables » (204). . 28 Xujxai dvTxecjTot.5' à!je6-r.. côté de l'utilisation religieuse. : èv TOti. xm vexpc^ Eurip. l'objet d'outrages ([Dém. id. XujiaîveaOai. est désigné qui accompagne volontiers les mots de cette famille.xecrxo. Dém.JUKIDIOÙË KT MORALE EN GRECE et qui se rciroiive très nette "^Sl femme adultère elle se permet d'assisler chez les Grecs. 214 et IX. Nous avons de quoi la commenter. comme û6p{Çîiv. Cf. p. Dans un exemple d'Eschyle où la pensée est particulièrement dense et riche (201). se construit volontiers sans accusatif : ce qui y domine. 242).)vàx(|) la flagellation qui purifie la cité A Chez rcXàorTt.].avOèv 8é{xas). VI. Or de ces sévices verrons. XtiSr. de déchirer le vêtement. àvT. XVlll. LIX. . — — ment des mystères d'Andanië s'il 25-26) porte contrevenu aux prescriptions qui concernent le que. : Leur caractère défini. 286-294. n" 694.ç dans Tyrtée {supra. 1. 303). (20a) Celui-ci.|X3tTa YÎyvTiTai Choéph. expression de XujjLaîveaôa'. 85-7). : 154. nous le lure (200) toléune signification religieuse. rés ceux-là. la pensée qui dicte cette atimie est exactement traduite il s'agit d'écarter une souilpar l'auteur du Contre Néaira : mais le procédé même qui la réalise a.].

141.]. Trach. Esch.Top. nous pouvons ordonner les résultats acquis et nous devons ressaisir le mécanisme suivant lequel fonctionne tout un système de notions. p.154. xal /. il s'agit d'interpréter. cadavre de nullement un mot abstrait il évoque imméAi»jjLatv£o-8ai n'est diatement l'image de sévices définis.. rappelons que les ont souvent les bras ou le coips traversés efligies magiques d'un clou (206) chez Hérodote. Hérod. . : : À'jjxavTriv piou. où XujjiaTa répond à xévTpw — enfin dans les pratiques spéciales auxquelles fait allusion le : même terme et que nous avons vu rapportées au verbe flagellation. . pour nous. 102. 16 . de façon discontinue. 16. 793 Soph. .^ 691. Par lui. (20i. VI.. tous les termes que nous avons analysés... 33 Ant. — sSie-fi Dém. Pour renchainement — pour l'outrage aux cadavres. Maintenant.. à la fois quant aux objets qui leur sont rapportés et quant aux valeurs qui leur sont incluses.. 104... tV XXIII. n. Cf. où le frère du voleur de Rhampsinitos rase èul Xuarj la joue droite des gardiens (207) . x6jxt. sous laquelle peuvent se grouper. l'expression homérique [âeSXaix: ixévov T. pour : la >. puisque ce ne sont pas seulement les sens de ces termes qui. III... Hérod. Hérod.. coïncideraient : de Tunà l'autre. (208) TEpixsîpai.. Dém. 79. Cf.xiaer. pendant de [Lys. en d'autres : termes. Unité profonde. : çà et là. cf. dont nous savons les valeurs primitives.v. 63. V.. 27. nous nous sommes élevés à l'unité des représentations. l'ennemi (208). Prom. Prom. maintenant. lïl. . XX. où ce dernier mot. Hérod.w6t| que s'inflige Zopyros [supra. Isocr. 33. 214. 232). nous observons des correspondances certaines et révélatrices. 290. 121 o. £Z. répond à XuijLatvoixévTjV de la ligne suivante. 9 \xépo^ ti ^ûfJiri ^îo'j. H93 Toû piou pxiTïTovtaî. Cf. pour la flagellation. III. Unité réelle. Ssôsixévou xal XutxaivoiJLsvou.. sévices exercés sur le alx'lÇe'. mais il n'en a pas moins une valeur générale. Choéph. (206) Voir n. puisque nous dans la notion tant soit la voyons se faire aux deux extrêmes abstraite d'Oêpiç et dans la notion concrètement religieuse peu de Xi»piaLvea-9ai. 991. XXIII. 33.v enchaînement. 111. IX."lût RECHERGUES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE signification leur fondamentale apparaissent chez Eschyle. V. Esch.. xaxd». I.

il n'est pas question de la montrer comme elle mentalité religieuse. Ce qu' Oêpi. : De est la première. d'ailleurs presque toujours modeste. quelle est au juste sa fonction? Nous savons que les mots étudiés jusqu'ici ont pris à l'époque classique une valeur positive et un sens juridique. pensée enfin. — — l'individu dans le droit et termine l'ère des représentations magiques. Elle primoi'diale dans Xwêri. offre de particulièrement instructif. . etc.CHAPITRE III LES COMMENCEMENTS DE L'INDIVIDUALISME La pensée que nous avons pu déceler. — est visible dans maints emplois de auU. Il se retrouve notions religieuses qui jouent à d'autres plans de la vie sociale. Par abstraction. quelle est la cause déterminante? Définir c'est une pensée en fonction d'un inoiuont de attaches. '^j/Mr\. Cette idée transparaît dans le mot universelle et Oêpiç. : la société. Nous ne voulons qu'indiquer les conditions oia se constitue ici l'idée d'un mana sinistre. d'abord reconnaîti'e ses atteste un certain système mental ce Le matériel même des idées n'est pas les Le vocabulaire nous système est-il autonome? original. nous y pou irons distinguer deux dans celle d'une force religieuse et celle du pensées essentielles rite qui la met en œuvre. de cette évolution même qui tout ensemble fait entrer « r otFense . Plusieurs problèmes se à quel moment social répond l'idée primitive de posent : — » quels sont les facteurs qui permettent à cette de s'affirmer et qui commandent son évolution.

Huvelin. 389). p. 30). de la vertu religieuse de l'offense a des attaches certaines cadre d'une conception cosmique qui pourra théorie plus ou moins consciente d'une véaeo^'. la atteste leur unité : notion d'une efficace religieuse immanente à ï « outrage » se renforce. est même attestée aux consciences. X. Le mot <pap{j.. [Lys. (211) Cf. oii l'on aperçoit : criminel. : — Rohde.W.. qui est une désignation préhistorique du nel. 18 et s. Ainsi. oà et là. [Lys. elle prend en quelque sorte une bonne conscience. Durkheim. à Phocée UI. les forces équivoques dont il est le sujet. 11 n'y en a qu'une comme nous le verrons de plus en plus. Or la notion du pouvoir religieux. au sixième tion religieuse des Pharmakoi (211) : : jour du mois Thargélion. Les tahlelles le magiques et le droit romain.uiy. Mais à ce plan de la pensée sociale. en réa(210) Ce sont là deux choses pour une pensée abstraite et moderne lité.]. la conception cosmique a rôle de une fonction certaine sans elle. M. VI. les parla puissance nocive deux forces néfastes sont de même ordre.. le avec l'idée primitive du crimideux choses (240) l'impureté dont il s'est chargé. Ephèse. terme particulièrement 11 apparaît encore.ax6?. Gren. il désigne le criminel comme une « souillure » (Aristoph. Or on connaît l'instituaux Thargélies d'Athènes. utilisable — — qu'il recèle. ils traînent en quelque sorte les [tii<ni%zix (cf. en réaction nécessaire : se situant dans comporter la fatale. chargée de rétablir l'équilibre du monde (cette vue de l'univers est attestée dans les defîxiones) (209). 733.. et celle de la puissance redoutable l'occasion. II. 95 et s..BVj les deux termes qui n'est pas encore contiennent l'idée d'une puissance de châtiment déclenchée c'est le : de l'acte répi-ouvé. donc. et à vrai dire.2o-i RECUERCHKS SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE rapport qui s'indique en lui avec un système de pensée etlacé dans le mot cf. E. ils jouent nettement le rôle de boucs émissaires de leur promenade. : (209) Cf. . mais à Abdère. 1405. à l'époque classique infamant. 53. . et s'exposer ainsi au reproche d'intellectualisme (E.]. p. J. Psyché. 18. 2880-1. compte-rendu dans VAnnée Sociologique. comprend à la fois la notion de la souillure que le à criminel a contractée. . ou plutôt la langue celle-ci se prolonge en celle-là. Les F»harmakoi sont attestés non seulement à Athènes.Marseille Hôfer dans le Lerikon de Roscher. sans doute. deux individus sont promenés à travers la ville au cours et exécutés. Huvelin a pu exagérer cette idée de véfxejiç. VI. Prolegomena.CAey. 2. la notion de TofTense resterait inconsistiunte par elle. — : . pp. Harrison. par l'idée d'une dès lors elle se délinit et se légitime. Dém. pp.

a pp. MuUer (Eum. le fait de irpoaxpsTreaôai est rapporté à la victime du pouvoir religieux agit sur le parent qui se dérobe au devoir de vengeance c'est la même force qui se manifeste dans la personne du meurtrier lui-même. : ridée du criminel souillé .). o [3. in Rev. : De même. est ici directement intéressée (213). Mais surtout. 168) sens « implorer la purification » (Esch. en tant que -jrpoaxpoiîatoç. 47.. Usener. on associe au rite le souvenir mythique d'une exécution pour sacrilège — — (id.tv. 866 B.j. 21. 216. sont ensuite expulsés par leur mise à mort. der Stoff d. la croissance des espèces végétales. histor.v iràôrjv) qui confirme de façon saisissante l'induction même : d'O.. Perses. Eum. IX.. : rpoîTp((^0[xa'.Epos.. Mythol. CXXXVÎl [1898]. et le verbe -TrpotTxpéTTeaôat. elç aoxov TrspieXTjXuôôç. d. .. 134 sq. Wien. Celle-ci s'opère suivant le mode archaïque et de l'exécution pénale. c'est en raccordant à la conception primitive du (212) Cf. IV.Tre'iŒÔat) qui. (qui se préil sente aux autels en suppliant) est en un sens un réprouvé. Kl. Archéol.. pp. Wiss. 51-57. : le . Forsch.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE VI..oç). 1907. in Sitzungsber. si le meurtrier Ixétyi. Akad. Mannhardt.) (212). gr. désigne le meurtrier souillé qui en demande la purification (Esch. ou Tcpoo-xpouaio. Voir aussi I... phil. . pp. : d. 13 [44] 15 [44]. l'idée de Vutilisatïon de la souillure. 285. en s'indique avec les rites agraires particulier. mais il a temps. 234. Millier demiithiges Flehen (Esch.. 4^44] 40) et par la relation qui La pensée du .) a très bien montré qu'il est l'objet d^ane crainte religieuse Dans le même sens on peut relever comme des plus instructive la sémanitque des mots de la famille de TcpoaxpsTîeaôai le . : substantif TtpoaxpoiTTj est justement traduit par Ô. il prend aussi celui de « rejeter la souillure sur autrui » dans un exemple remarquable de Platon (Lois.v. : Dans [Ant... sentant le Wachstumsgeist. : 131 sq. aussi un être dangereux vénérable à certains égards. 196). xô (jiiaafjLa to.. Millier (214) meurtre dont ici. rite a donc comme deux pôles d'une part d'autre part. Eum. v. The Pharmakoi and the story of the fall. le Pharmakos comme repréPaton. 18 .. — est 0. par lapidation (Harpocration. concentrés en^leurs personnes. toute cette pensée n'est pas sans ana- logie avec celle de V'jSo^^ où nous avons pu noter le dualisme des forces religieuses et leur faculté d'expansion inattendue. 8. irpoaxpoTuaio. xô Twv àX-xTiptov xp îxp s-j/ oaa t '^mss. une correction nous paraît possible û{j. . 445). n'a pas seulement le Choéph. la valeur de homo piacularis (Esch. Tipoaxp£7ro{jL£vou xT. xoù Traôôvxo. s. A un premier examen. k. ib. d. Choéph. p.. Eum. oipixoLY. 16 [44] 17 [44] fr. 83).. (213) Cf.]. 237. (214) 5JLT.. idée soulignée par l'emploi des procédures « apotropéiques » (Hipponax. 53 : 2oH àroôto'jtoiJ. et naturellement.

certaines pratiques du deuil à >v(oêâo-Qat. ou l'offenseur Si l'offensé — même — sont disposés à voir dans r « outrage » la mise en jeu . mots plus ou moins. et réciil a aurait pu désigner peut-être en général. Pourquoi cette synthèse? Au-jLalveTOai. uêpîî^siv à alxiÇeo-Oaf. il aurait pu répondre à cette le crime notion du cpapjjiaxoç en qui se complètent Tun l'autre les deux aspects de TGêpi...L>[jLalv£(T8ai — outrage » résulte d'une espèce d'utilisation par elle. langue religieuse sont en rapport avec la notion générale de cpipjiaxov exemples de Plutarque et de Tzetzès cités plus haut (p. Qui souille est souillé. le régime de société le plus primitif et dans le mode de pen- sée le plus ancien. dans un cas instructif. Ainsi l'idée d'une puissance néfaste imma- — désigné proquement >. du sacrilège et l'idée du mana malfaisant. c'est que le carmen r « outrage » est en principe un rite magique famosiim en est un. véritables En somme. . (215) A dans la voir les ce point de vue.256 (pap|jiax6ç RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE notre système de notions que nous pouvons comprendre l'unité de celui-ci. où. On en a vu la mais au-delà du magique. A(o6âo-6at. Ainsi dans la flagellation. le suggère. la pensée de 1' pas plus dans la pensée du rite efficace que dans le ôcTiri sinistre. : . On se souvient en effet que. rites. à tous ces alx'lÇeo-Qai . Xujjiai: veo-Qat. des mutilations volontaires. nous ne trouvons de l'original : magique que l'adaptation ou la dérivation du religieux. certaines tortures qui ont leur prolotype dans 1' àxpwTTipî. et c'est la xaxriyop'la primitive les sévices matériels retiennent la pensée indéniable d'une action du même ordre.ao-fjio. de sens religieux. infligés au cadavre de l'ennemi : . ce peut même être le pur rite religieux. 225). à vrai dire. c'est le relisignification magique n'est . dans le nous avons vu associées l'idée le plus général terme Oêpts — : — .. Ce que nous atteignons au point de départ. nous trouvons du religieux et du magi: . que parfois mêlés ce. à alx-lÇeo-Oai et XufjtaLvea-Qai les outrages. à encore. n'est pas pour rien que certaines pratiques très définies sont rapportées aux termes alxiÇeo-Sai. la flagellation et l'enchaînement. il vaut la peine de constater que les emplois de p)vdt6o<. l'outrage se conçoit sur le modèle du crime religieux elle exploite les notions (215) qui ont leur emploi originel dans nente à r « : .d'une force néfaste.

il s'est 10-il). Lat. . s.via.. 380 sq. XIV. mais chez lui seulement. ^4) aussi bien que réelles. 834. 424. il en est aussi le synonyme car nous le voyons spécialement appliqué aux cas d' uôpn. d'Aristoph. pp.. II. Iniuria. Thucyd. 209. 534). p. L'hypothèse de Usener est reprise et développée par Huvelin. 12. fr. XIX. n. Athénée. Anstoph. qui rapproche du Ainsi encore. Qii. Ach. p. Volksjiist. de la Faim » . Ital. . IV.. retenu ici. fr. des Thesmophories. Schol. obligations délictuelles à cause de « violences » 1131 a 9) (220). ylvoç : III. il Eth.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 257 gieux qu'on aperçoit. attachée au xax/iyops'. pp. p. v. Cf. 732 sqq.. v. Se.. Cf... XVIII. nous observons la même dérivation du religieux au magique. XXI. . lesquels mais non pas seulement ont une elFicacité purificatrice (217) — négative puisqu'aussi bien le rite est utilisé pour la croissance des espèces végétales.. Usener (218). : XVIII. Rameau d'Or. dans l'énumération des . 54..^ 23. 53 et (219) s. (218) Usener.. ont lieu au cours des Eleusinies. il pourra évoquer la pensée des injures verbales (Dém. Dareste. des Dionysies (219). A l'époexprime l'idée d'une espèce de délit privé (il figure chez Aristote. même Dém. II. si du moins nous acceptons l'hypothèse séduisante de H.. Hist. Elym. flagitium. intense Dans le même ordre d'idées. en Gr. par exemple à Sparte. Tzetzès. en vertu de l'unité qui préside à la conception des ^laia. 7. 61 66 cf. 7). Walde. (220) Cf.. le terme TrpoTrr^Xaxiteiv semble devoir être manifestement partie du groupe que nous avons étudié associé à uêpt^eiv (Dém.])^. 12. 214. XXIV. Eschine. 8) (216). . n. la notion d'une efficace flagitium de flagrum. (JTT. V. 1. XVIII. et comme tel. tr.. Il fait : ([Andoc]. en l'honneur d'Artémis Orthia (Pausan. 154. BibL.) elle s'opère alors avec des branches de figuier et des oignons de scille (Ilelladios in Phot. 5 et s. Nie. 5... Thesm. A Rome. VI. Hésych. coiiv. On sait le rôle de la flagellation dans la religion. Dém. 242 et 260. du rite VI. Psyché. II. La flagellation est un élément essentiel des Pharmakoi (Ilipponax. spécialement dans la vie religieuse du perpétué dans certains rites domestiques (Plut.. le même rapport entre la notion rite et l'idée primitive de l'outrage. p. Anh. du dr. 406-7. 4 56)..v se retrouve dans le culte où les « mauvaises paroles » — ont leur rôle nécessaire et sanctifiant : ces infandae voces^ app/ixa. (216) Il s'agit de la flagellation d'un esclave dans la cérémonie de l' « Expulsion sur quoi Frazer. qui sont des moqueries outrageantes. XXI.. s. 21 que classique.. . 122. (217) Voir Rohde. 622. Wôvr^. 4.

: : efficace. icitep Eurip. Harrison. elle est exploitée à fin de vengeance. et une pensée fondamentale qu'a maintes attestée (222) Esch. — dans les outrages exercés sur le cadavre de l'ennemi d'autre part. à Harpocration). le rite peut comporter un Xu[jLatvea6at. XXIIl. 16).T6H RECHERCUÈS SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE . VllI. 88-9) doit nous aider à comprendre comme Xu. Schelten und Fluchen. 131 XXXVI. ^. J. 491-3. argile ». mais qui. 495 (Orestrc et Electre. l'intime parenté qui associe les idées. aussi bien. pp. remonte à une antiquité immémoriale les fidèles s'enduisaient le corps d'argile. Prolegomena. 855 B). 259) laisse assez entrevoir. f.j. 1238 (Pylade. LIX. devant le tombeau d'Agamemnon. CAoe/j/i. Oreste. 11 et s. la : rait notre dire? Faut-il voir à l'origine du mot une métaphore. 653. TrpoTTTjXaxî^eiv s'encadre bien dans le système de conceptions que nous avons défini. III. l'interprétation de ce passage a fait l'objet d'une communication à l'Associafion des Etudes grecques : cf. paraît s'indiquer de lui-même. /?. il y a lieu de retenir le . v... à ce propos. E. Aglaoph. par le yévoç. XVIII. nous apercevons une procédure religieuse qui a son rôle dans la vie des yévr\. il est un acte qu'ailleurs. quand on songe à un rite qu'avait restauré Torphisme. et il est retenu par les étymologistes (Prellwitz. L'enchaînement consécutif à une manus injeclio nous apparaît déjà comme un véritable rite. puisque sa légitimité est subordonnée à la vertu d'une formule et d'un geste solennels. La glose d'Harpocration {s. et une pareille opération était censée avoir une vertu éminemment religieuse (221). C'est d'ailleurs 258) que : Dès par mesure pénale.. comme le suggéreexpression figurée « traîner dans la boue » ? Pas plus ici probablement. le rapport question de l'étymologie vaut la peine d'être posée avec 7rr. « boue. de souillure et de purification veffôat (d'après la correction de Lobeck. Mais surtout. Wôrt. positif. G.aiv£!jOat. son rapprochement avec XujjiaîveaÔai ([Dém. il est associé à l'idée de sévices particuliers auxquels recourt soit un individu ([Andoc].^. [Od. avant tout. macher. . iyyÛT.X6. dans cette remarquable pratique des injures rituelles adressées au mort (222) et destinées à réveiller sa {atîviç préliminaire efficace de la — ou vengeance . : . un mot très fort (Dém. IX. àTroiJLàxTtov.. (223) Au-delà de la pensée magique qui se manifeste dans la pratique de l'enchaînement. p. s. Rader.. — lors.. Lois.. sur le rapport entre fois les inter- prétations orphiques l'ethnographie. Qu'est-ce à soit.attradictoires. Cette force religieuse est d'abord exploitée collectivement. la collectivité (Platon. pp. : . XXI.. ad Dém. 3"Î5). E. après avoir rappelé le meurtre infâme dont il fut victime) àp' è^eyetpTi xotaS' ôvet8ea:v. IV. 351 et s.]. in Aixh. pour nous conaussi bien qu'un à7ToX'j{j. i\). D'une part. Etyin. la pensée du rite se prole longe dans les procédures pénales (223) accomplies partout (221) Cf. 1908. 47 Esch.. Religionswiss. après quOreste et Electre ont invoqué l'âme d'Agamemnon) ouxouv ôveïSti xâSe xXuwv pûaei xéicva cf...

sans disparaître complète- ment.. 144.. -î) : . Dioi.. 238 et ApoUod.. 6. lîist. : l'antithèse est transformation de la société que nous trouvons la seule interprétation possible et nécessaire de la dans la intime que manifeste la pratique de la servitude pénale à cause de et l'idée de [xcaT^ia 0. Quant à celles qui sont associées à la vengeance familiale. 12. et c'est une pensée antique qui se prolonge dans la législation idéale de Platon quand elle se propose d'utiliser pareil mimen pour subjuguer les passions les plus violentes : xa8!. et /. è'Soaç voir Glotz. 764).ç purement religieuse du xaxT.£pa)Taç TauTTjv tyiv ®'/]pi. Platon. : en général spécialement les « mauvaises paroles » y la ^rlpi est une dividevaient avoir leur rôle et leur vertu nité chez Hésiode {Tr. laquelle exige un matériel spécial dont la signification primitive se laisse entrevoir comme religieuse (l'adultère est couronné de laine à Gortyne. la Pythie annonce à Héraklès d'après Soph. p.. XII. Ainsi encore du haro (225) dans lequel peut s'exprimer la verbale et collectivement appliquée. 355 C. var. Celles de ces pratiques qui doivent être rapportées à une justice tribale ou de clan ont reculé peu à peu devant les progrès du droit criminel organisé. le sycophante est couronné de tamaris dans la législation de Gharondas) (224). 142 (cas d'Apollon).. 2. à mesure que le yévoç se dissout et se fond dans une solidarité plus large l'esprit gentilice a perdu de son empire.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 259 . 11.yop£iv et l'emploi magique des à-noppriTa. Solidarité. 2 meurtrier d'Iphitos qu'il ne sera libéré de la souillure (àîraXXayr. 12. groupe ainsi dans le )vi»|jiaiv£TQai plus ou moins réglementé car la vertu religieuse des outrages collectifs n'apparaît pas seulement dans le cas des Pharmakoi. licites. à[xôp. 838 D). — pratiques individuelles.? vôaoy) rapport meurtre : : qu'à la condition d'être esclave trois ans.£o-. Voir notre commentaire â aTXïeiç..viv [Lois^ VIII. 25. Nous avons vu le sens religieux de la . magiques suggestive.pou(. XII.v -rf.. elles prennent spontanément une signification magique. interdites. sous forme de cris rituels (224) Elien. infamie tution du haro nous fournit le trait d'union entre la pratique et privé v£.j. Lois^ IX. C'est comme extra-sociales. mais dans 1' « atimie à l'intérieur ». L'insti\iù^'t\. (223) Il est attesté. Eiim. MuUer.. pp. religieuses. et les sur: vivances des pratiques religieuses qu'il autorisait apparaissent Pratiques publiques. Trach.

. et construit Michel. pp. ne laisse pas de confirmer l'induction. 34-35) une pareille pensée n'aurait même pas besoin d'être explicite. . tout le un groupe. chose nouvelle et chose multiple à quoi s'apsoit surtout un moment logique que nous marquons ici. 1. Huvelin.. par exemple xaTayûa-fw au sens de xaTaSsw (226) Encore que ce la ciironologie même : . conformément à la conception magico-religieuse qu'on s'en fait aux origines (cf. c'est rique. par l'exploitation individuelle . Gr Gesch. se prolongent les valeurs religieuses qui procédures d'un droit pénal préhistoce qu'il y a de saisissant. les rapyévos et le règne de la tzôIiç. Ce qu'il y a de nouveau. transposant ingénument le collectif en individuel. . d'une sanction non seulement. des jugements de valeur n'est plus la collectiqu'ici le sujet le terme de cpàpjjiaxoç est employé par vité. Par l'analyse même. mais aussi bien le vocabulaire des defixiones l'atteste directement (cf. ne traitait qu'en corps et c'est dans recevront une sanction positivement efficace. elle satisfait le besoin seulement. La devotio est l'instrument ordinaire des réactions magiques l'écriture même y a une efficace particulière. c'est une : l'alx'la pridésignation qui n'intéresse plus que deux parties. Mais c'est toute l'atmosphère morale qu'elle pénètre et trouble. Y^voç n'agissait. Son moment (226) est intermé- diaire entre le règne du le ports qui y jouent. n» 1326). vue siècle lui avec l'accusatif. des pratiques collectives. c'est qu'elle répond à une désagrégation sociale. mitive s'autorise et s'exalte de toute la passion d'une famille : — l'al/îa une dérivée est d'un isolé qui capte les forces religieuses pour fin égoïste. INon chez la victime d'un tort. qu'ils C'est alors la cité que la pensée du magique peut se dresser. mais l'individu s'étaient fixées dans les . dans la représentation primitive de l'offense à l'individu. ne les connaît plus parce que le yévo. elle sert l'instinct des vengeances purement privées.).260 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE transmutation de valeurs que l'analyse historique atteste en un mot comme alxia et laisse transparaître pour un mot comme Ainsi nous dirons que. l'idée des « injustices » commises d'individu à individu. qualificatif qui rallie les consciences est employé par une victime. Magie et droit indiv. c'est-à-dire à l'époque où le : comme yévo. c'est un terme de )vL>jjLa'lv£o-9a{. pp. dans une imprécation de Gorcyre Or l'écriture commence à se répandre en Grèce au cours du (Busolt. toute cette pensée se : si elle laisse situer exploite sans plus d'originalité. se dissout définitivement. 499 et s.

la plupart du temps* mais — — tout de môme sanctionnés par un pouvoir social . des termes comme alxia en viennent à désigner des délits privés. offrent bien le point : Moment d'anarchie morale : de départ nécessaire. se teinte plus ou moins d'une couleur ces injustices sont le fait d'un OêpLÇwv. Ainsi. D'une part.u|i.aiv6[ji£voç. c'est de savoir comment un certain individualisme a pu sortir de la pensée que nous avons définie pas spontanément. à coup sûr. Les représentations magiques de r alxU ou de la xa/inyopia. sans lequel une mentalité pénétrée tout entière de notions religieuses ne saurait où se prendre mais c'est tout. ciale soit intéressée . Le problème. et religioso-magique : TuêplL^wv au fond est un ). il il faut que toute une partie de la vie sofaut que la pensée du magique. il est vrai. c'est 1' « âge de fer ». d'autre part. et quel désarroi. pour nous. — xiones. on le voit bien dans les defila pensée se fait déclamatoire. incon- sistante si elle reste indéterminée. apparition de la et constitution d'un certain esprit individuapensée positive liste. se fixe en un certain dola légitime. Elle est celle d'un acte réprouvé. il faut tenir compte des deux faits dont nous avons établi la solidarité dans la première partie. mais ce n'est pas pour rien qu'elle est aussi celle d'un acte efficace à l'exercice de cette activité. par fonction. Impossible d'en demeurer là. le Moyendont nous savons quelle dissolution il repréAge hellénique sente.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 261 plique le terme àSwsTv. serait la suivante maine où sa fonction Une seconde question : dans la transfor- mation qu'ont subie dans notre domaine les notions magicoreligieuses. du reste. La dissolution de l'ancien groupe familial a fait le : une certaine poussée des égoïsmes anarchiques mais comment le sentiment personnel de l'individu deviendra-t-il sentiment social? terrain libre à : II L'idée de l'attentat magique renferme une antinomie bien : remarquable. par exemple. toutes les exagérations du pathétique se donnent carrière. .

pp. moment où national. (228) Cf. mais c'est aussi celui où l'économie grandit. et c'est une règle que Platon a consacrée dans les Lois. De fait. évoque l'ardeur au gain dont se défie l'esprit de tradition. Ttepl vôjxwv. 'A9. Les relations que celle-ci la garantie du groupe (227) Théognis. en soi. Tout d'abord. « c'est-à-dire les billets ou enga(229) : lation de . noX. 114 et s. Meillet.. Stobée. XI. soulève tout un esprit nouveau. il subsiste des traces à l'époque historique la légisCharondas ne donnait pas d'action pour la vente â crédit (Théophraste. le droit de l'époque classique nous offre la définition des mots en rapport avec la civilisation . à la fois cause et effet de la fondation des colonies. qui embrasse. chez Théognis. Il nous faut un principe d'explication qui rende compte de ce procès complexe. Huvelin. Théophraste n'ose pas se prononcer sur ce point.. flétrit les nouveau-venus qu'hier encore n'accueillait point la ville étroite. De cet état primitif. LU. celui notamment où le commerce interla cité se constitue. 30) (228). on notera tout d'abord une concordance chronologique c'est le : le moment où se prépare l'individualisme.262 ils RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE laissent été tomber les valeurs « mystiques » qui leur avaient essentielles. 915 D-E. n. la Tzoki^ au vieux sens du terme (227) à l'autre extrémité. 22). Iniuria. LVII. il convient de la concrétiser. il est présumable.. les deux problèmes suggèrent une solution unicette solution devrait être que que nous allons éprouver : cherchée dans l'apparition et le développement de la vie économique. les actions commerciales et la poursuite de l'aixCa nouvelle la paix : (Arist. en un pôle-mèle instructif. Mais avant de vérifier l'hypothèse. p. Nous saisissons môme dans termes qui nous intéressent une relation manifeste avec les progrès corrélatifs de l'activité économique et de la civilisation urbaine. Abrégé d'une hist.. qui. de la langue gr. les lois de Zaleukos interdisaient les auv^pa-paî. comme violation de du marché (Dém. 2). ainsi dans le délit de xaxTjyop'la. ap. cf. 390. 6. XLIV. Flor. chez les Solon. Ainsi posés. sur la signification du délit auquel fait allusion Démosthène. que les représentations magiques aient dû avoir une fonction dans les com- mencements de la vie implique (229) n'ont alors pour elles ni économique. Nous l'avons vue par l'histoire du mot uêpis qui. Sur le sens primitif du mot -reôTviî. ainsi dans la classification des è'atArjvot ô'ixat.. 53 et s.

114. 363. pp. XXIV.. Dareste. 15. II. en Gr. (231) Cf. . p. Magie : qui fournit la puissance nécessaire à de là aussi ces dérivés des procédures magiques que nous observons dans le suicide du créancier (230). /. Kohler. Steinron. C'était un obstacle apporté . 562 B.). J. N.) et l'exercice de la contrainte . Textes^ p. des forces religieuses de là le procédé qui magiquement un co-contractant (Huvelin. di social. 126 « Dharna » in Germania ed in Grecia {Riv.). Shakespeare vor dem Forum der Jurisprudenz.. dhàrna. 6 Girard. . Nouv. On le retrouve. N. » : merce cf. Dareste. cf. on redoutait dhist. qu'entre individus. 37 et suiv. Ethnol.. LXXIV. pp. 36 et s. 2. f. 265). incL. verçjl. En droit comparé. : . p. n. 13) qui permet aux créanciers de se partager suggestive alvia le corps du débiteur (231). II. Se. l'indi: vidu les sollicitera consiste à /z>r et dr. n. Kohler.. ou dans romaine des XII Tables (III. à l'usage du créancier. p. III. d'un commerce inter-urbain dont le témoi. si : caractéristique de la Grèce et l'un des plus graves pour la moralité hellénique. 4. A.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 263 familial comme le contrat primitif d'syyuvi. Leist. p. Solidarité. All-arisches Jus gentium. et. même le com- 10. du dr.. la spéculation. 28). 575. p. (230) Le suicide par jeûne prolongé. dans les « clauses d'injures » (Huvelin. p. Il comporte notamment le siège mis devant la porte du débiteur. scient. Une pareille mentalité est du reste en accord avec le caractère primitif des obligations on a pu noter (Glotz. 25 et s. pp. en tout cas. 243. du dr. III. o. 204) était d'institution sociale en Grèce (Aulu-Gelle. III. ibid. R. 76 et s. ce genre de suicide est désigné du nom de Hindous en ayant offert le type classique Jolly in Ztschr. 1897. gnage. // Rechtswiss. Or on aperçoit immédiatement gements écrits pour prêt d'argent. i debitori {Riv.. VIII. à l'usure d'abord et ensuite à la cession des créances. Gli anlichi sconqiuri giuridici coiiiro pp. il n'y a pas dans le principe la règle : — — : d'obligation contractuelle à proprement parler. ital. Lasch.). les 10-11). ni la garantie d'un pouvoir d'Etat comme les contrats que nous voyons jouer sous le régime de la cité les sanctions qu'elle requiert. p. que toute obli- gation est au fond ex delicto. Tamassia. et l'observation est de conséquence. Rache als Selbstmordmotiv [Globus. W. 21 p. 309-310. l'évolution dut être rapide rapidité dont la cause pourrait bien être dans le phénomène précoce. 28. qui apparaît comme une forme de vengeance {supra. nous est offert par la disparition à peu près complète du contrat formel. p. metz. De ce point de départ. Jurispr. Et. du droit. pratique que connaissaient les Hébreux [Deuté: . p. 15). del Diritto. pp. p... dans maintes sociétés Post. d'hist.

celle qui a pour objet un système définis dont l'individu est le centre de rapport entre rapports : rapport entie créancier et débiteur. qu'une fois là. celle de Vhomo œconomicus\ maintenant peut se lever la pensée positive. la propriété collective du groupe familial.. les valeurs attachées à une notion n'en prolongent pas moins une : vie parfois souterraine. la libre et pour tout dire l'arbitraire logique qui semblerait enchaîner l'une à l'autre les diverses significations d'un mot n'est dans notre domaine qu'une trompeuse apparence. certaines voies de fait. l'individu commence d'être l'ancienne propriété. la pensée et le vouloir de l'individu sont ici au precroyaace le : mier plan. la mobilière. : est une notion un mot qui nous SuXâv a une riche variété dans ses emplois et parfois même une remarquable contradiction dans ses valeurs il est presque typique pour qui veut montrer la plasticité des termes : juridiques et moraux. dans le moment 2** qu'elles s'individualisaient. Vérifier l'hypothèse. Au reste. rapport entre ces deux choses morales que sont la dette et la garantie de la dette. D'autre à qui accepte \^ fides d'autrui.264 RECHERCBES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE comme dut grandir l'idée de l'individu à la faveur du développement économique. il faut. un fondement à sa part. Ce n'est pas une mince affaire que de s'y débrouiller. : possédait. ofiTre cette vérification Nous croyons qu'il le mot o-i»). leur transformation a pu faire saillir positive de l'individu. plus ou moins explicite. mais il possède la nouvelle.âv. le propriétaire et la propriété. Notre principe directeur sera le même qui. adaptées à des moments différents. ce serait donc établir par une étude sé- mantique : 1° que les procédures familiales et religieuses d'oii sont issues les procédures magiques ont pu. sous un même terme. des sens parfois les plus bigarrés. le terme (TuÀâv a des chances de participer de la psycho- . prendre pied dans l'économie . nous a déjà guidés modifiées suivant les milieux. Du coup. et que la complexité des activités sociales. il ne faut pas oublier qu'impliquant. dans une bonne partie de ses emplois définis. Détaché du yévo. c'est une notion relativement abstraite qui se fait jour. la multiplicité et l'opposition des points de vue chez les sujets parlants commandent la répartition.

ôter » IL.).. 81-2) elles pourront apparaître l'objet d'un tabou ce qui s'entrevoit déjà pôles. 116.III. mot évoquait précisément Vî. 500 . s'est banalisé au point de signifier en général. propos d'objets insignifiants. (234). supra.. 466.. on comprend tout ensemble. (234) il Pour la valeur de 's&ôd^e^bcii dans ce passage. VII. où ôswv yspa s'applique aux flèches d'Hercule..pp.. (233) 60. la retrouve après vertu des armes à qui s'en revêt. Soph..) ainsi que dans //. dès Homère. XIII. 223-253). Tarpeia. 413 et 1365 où il est quesarmes « enlevées » à son fils Néoptolème et dont la propriété constitue un yspa. « enlever. 640.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 265 logie que nous avons décrite dans le précédent chapitre. 387.. noter aussi Esch. VI. nous assez souvent dans Ylliade (232). 198 et s. — : dans l'exemple homérique cité plus haut {11.. Aj. Cultes. dans la langue très évoluée des poèmes homé- (235). ce qui ne laisserait pas de sembler étrange s'il ne s'agissait d'un acte consacré. 28. archéol-.. d'un mana spécial attachés aux arnies se laisse : reconnaître dans paroles de pitié de Zeus à l'égard d'Hector. l'idée consciente des (232)/. 42-74 d'aiUeurs que l'enlèvement = des armes s'accomplit au beau milieu du combat et avant que de s'assurer du corps de l'ennemi. XVI. in Rev. IV. 105 ... ile/. les dans Nous ne cherchons pas bien douteux riques — à savoir — ce qui est naturellement si. Proche parente de Falxla homérique. Une pensée analogue se Homère. 428. XVI (. 416-9 (233). 269. 1908. P?-om. Phil. Sur remploi de ce dernier terme. Reinach. et la valeur attachée au mot auXàv apparaît — tion des exemples typiques de Soph. dès les exemples homériques. une signification religieuse : et les indices ne manquent pas qui légitiment l'hypothèse. XVII. L'idée d'une vertu. puisque le sacré a deux — pourquoi le guerrier s'empare de celles de l'ennemi pour s'en revêtir et pourquoi quelquefois aussi pour les consacrer (//. le IV. 82-3 : (235) et à Le mot auXâv. dans le principe.. Tout de suite. Soph. 817 et s. D'ailleurs le mythe des armes divines traduit une pensée générale. un privilège religieux héréditaire. pp. — On remarquera Mythes. destiné à transférer immédiatement la « gloire ». XV. XVII. 198 et s. et ce qui se manifeste parfaitement chez les Romains (S. le retrouvons du familier verbe a-jXâv est appliqué à celui qui dépouille de ses armes le : cadavre d'un ennemi. 71. cf. : . voir n... p. Phil. les l'échange des armes peut communiquer à l'une des parties le principe funeste d'une catastrophe (cf. 1061. quand celui-ci a revêtu les armes d'Achille qui seront sa perte IL. X. 343. cette pratique a dû avoir. en effet. 1. 230.Si les armes sont plus ou moins sacra res.

Mais que cette valeur. (n. n'est pas moins saisissante. 241). par certains accentués du mot (237).. il n'y a pas. 761 : Ttpà. Isocr. (237) Ainsi dans Esch. là encore.aai. : deux valeurs si divergentes de o-uXâv. l'extension de sens se fait à partir de la notion de sacrilège on le voit bien.. en TuÀâv signifie. voilà qui nous entre les emplois « laïques » d'autre part. Il faut donc conclure qu'entre emplois .zToa est un insigne religieux). (le extension déjà plus large. par une double dérivation logique. la spécialisation des richesses sacrées. Mais quand nous disons remonter à un sens général.esiî vàp 'HpaxXf. mais un sentiment primordial qui autorise une relation. aurait conduit.. cf.Ofjje-cat ». 234) où le sens est tout proche de : « sacrilège ffuXT. prenons garde que nous faisons une construction et non pas une observation pour le droit et même pour la morale.266 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE si vertus religieuses. Prom. dans Dém.. en deux groupes : pour les origines. 82-3.. De fait.rtpov : ihid.. étant si nettement définie et pour un objet aussi grave d'autant que. l'expression auXâv lîâTpaç chez 1330 et Eurip. XIX. . 171 particulièrement cher et vénérable. voler des effet. Les «JûXai primitives ont dû s'exercer notamment sur les troupeaux (cf. propreparlant. dans un emploi Spécial. de l'emploi dans = voler D'autre part. dans Soph. lorsque la s'en étend quelque peu. certes. xà... les ment (236) Par ex. 313 objet xi twv itpoycivwv spya ajXf. VI. elle retient le souvenir de signification l'institution des o-ùXai (236) ici 1' « idée générale » serait plutôt attestée pour : : dérivée de 1* « idée particulière o-uXàv ». poGç. toû TJpavva << axf.. figuré » emploi ou encore. dans des gestes traditionnels l'idée ne vit vraiment qu'à des points précis. Entre ces valeurs. Uél. 669.. quel rapport? La plupart des exemples du verbe se répartissent. d'une part. C. à ces deux notions particulières. il est visible que. le rapport ne saurichesses sacrées .. rait être direct le : mais est-il purement accidentel? On pourrait soutenir : Tidée générale d'enlever. une idée générale qui fonde un rapport accidentel. 19 «jjXr. au moins pour une morale aussi définie. procéder à des représailles sous forme de saisies. soit plus : que probable permet de poser un problème et les emplois religieux du terme. œ. à propos d'un . . de dépouiller. en des emplois spéciaux. aussi engagée qu'elle peut l'être primitivement dans des actes.. celle de « voler » en général n'est pas : — — o-uXàv bien plus. n. «jxf.

la notion de pratiques religieusement efficaces. l'acte de o-j). manifeste la relation entre les deux espèces de solidarité (240). — forme ne remontent pas au-delà du v® siècle (239) c'est une institution internationale qu'un membre d'une cité ait à faire valoir contre un membre d'une autre cité une créance cette : — judiciairement irrecouvrable. Dans la Grèce les documents qui nous la font connaître sous historique. dt\. Telle. oii elles ont lieu non pas d'une ville à l'autre. Le rappar Dareste. Nous reconnaissons mis par un étranger. les crûXai comme procédure juridique. Pour comprendre les o-ùXat.âv nous pour fisamment qu'à titre appuyée et d'hypothèse. c. 40. Essayons L'emploi homérique du terme nous a tout de suite retenus. mais d'une interprétation positive. à l'origine. à l'user. c'est dont. Ne l'admettrionsa-u). mais d'un vlvoç à l'autre. peut-être. /. elle nous intéresse plus par ce qu'elle permet de conclure que parce qu'elle atteste directement. Et.âv se laissant rapprocher de celui de aUlÇe'. à R. pp.. 83). L'institution si voiprototype sine de l'àvôpoXri'^'la. il procédera à des saisies-représailles (crGAat) contre les compatriotes de son débiteur qu'il peut là une solidarité passive qui a son certain dans le régime des clans. Considérons donc maintenant l'institution des les o-uXat. XXIII. entre la vengeance pro: voquée par un meurtre et la vengeance provoquée par un vol toutes deux. ou plutôt représentations qu'elle suppose..iURibtQUÈ ET MORALE EN GRECE 267 indéniable. 38-54. pour . du Voir pourtant Paus. (240) L' dvSpoXTitl^îa est prochement entre prévue par la deux institutions loi a. . indirecte assurément. été indiqué de Dracon (Dém.v pas lointaine : plus que pour al/'lÇsiv. il une hypothèse faudra bien suf- que s'éprouve le bien-fondé. sont des actes de guerre de la part du ylvo. dliist.. Dareste. 5 et s. (238) Nous renvoyons. nous ne soutiendrons que le sens premier soit celui qu'il nous atteste mais tous les deux supposent . les 4. Le rapprochement de 1' àvSpoXïi'l'la est doublement instructif il : y eut forcément parenté. il faut donc remonter à un régime antérieur à la cité. IV. que nous la voyons couramment fonction- ner (238). de la prise d'otages en cas de meurtre com- atteindre. Le droit de reiwésailles (239) in Nouv. en effet. p. et dans la vie elles s'impliquent naturellement l'une l'autre.

c'est la . impliquant une solidarité inlerfamiliale. pour rendre compte d'une pratique aussi parti: alléguer là un calcul trop conscient encore et trop raisonné quasi-nudité n'est pas vraiment expliquée. 683). culière. une pratique comme celle de la perquisition en cas de furtiim nec manifestum [(ù(ù^ôl: quaestio lance licioque des Latins) est un véritable rite il est infiniment probable. OêpîÇeiv et alxiÇeiv permettent de comprendre o-ulâv. comme le montre Huvelin [Magie et dr. sont pensées comme : attentats. s'applique aux biens comme aux personnes. p. mais si l'alx-lÇsiv .. la marque très nette d'une institution sociale. et s.268 (241). à des sévices licites. indiv. étant considéré comme religieux. 203 et s. mais comme attentats rituels et obligatoires. l'interprétation de Glotz. et où Ton voit déjà. (241) Ainsi //. D'autre pa^-t. XI. 16. rapproche les états de nudité rituelle. 5). une représente. ôlO et s. Od. dans des razzias par représailles comme celle que raconte Nestor. telle expression nous savons la valeur morale primitive. la vengeance qu'il évoque le elle doit procurer une satisfaction efficace. le terme comme.XI. dans rables. RECUERCDES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE Or la couleur religieuse qui règne sur la première ne peut s'étendre à la seconde n'y aurait-il pas là les éléments que : d'une explication ? Etant donnée l'ambiguïté fondamentale des notions gieuses. il s'agirait : d'empêcher le port des armes . p.. n. honod'autre part. Un vengeance. C'est en somme la notion équivoque de a pu s'appliquer. principe. vol des richesses d'un temple. par la répartition systématique du butin. La loi du talion.. Cf.. qui est en rapport avec une notion religieuse de r « équilibre ».. que l'obligation d'y procéder suivant des formes spéciales et sans autres vêtements que rudimentaires. XXI. certaine violation du sacré. est inspirée par des que dans la : — — : conceptions religieuses (242). nous paraît insutfisante suivant cet auteur. le reli- même mot le aurait pu désigner l'attentat à des acte de choses sacrées. le même terme pourra désigner à la fois les outrages licites. H (242) Iluvelin Solidarité.. Ceci doit se manifester aussi bien dans les repi'ésailles mobilières vengeance du sang celles-là comme celle-ci pouret d'une suivent le recouvrement d'une « dette » (//.ou illicites aux personnes et les faits de sacrilège attentatoires à la divinité de ceci uêptÇsiv est la : preuve. fait participer son objet de sa substance religieuse les réactions familiales.

il est douteux qu'ils com(243) Platon [Rép. et quand on voit la similitude des sens de aùXov et (T/uXov. restent survivants deux Argiens et un Lacédémonien les premiers ont tout lieu de seci'oire vainqueurs et reviennent à Argos mais le Lacédémonien. Estienne. pagne Il donc pas sans intérêt que l'étymologie de auXàv puisse l'appaqui. qui a oublié la valeur homérique de uuXàv. p. peut-être. 469 C-D). est permis. 441). . vauxtXwv n'est renter à crxuXs'jeiv — : — — .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 269 Objectera-t-on que o-uXâv suppose toujours une idée maténi plus ni moins matérielle que rielle? Il faut s'entendre et que alxi^siv. mérite d'être retenu. et reprend son poste disputes. distingue nettement anuXsûsiv de ce dernier qui signifie. pie. Que faut-il comprendre. Wôrt^. La racine commune implipostérieur querait l'idée de voies de fait efficaces au sens que nous avons dit. du combat entre 300 Argiens . a le même sens que le auXâv et non pas. dépouiller le cadavre de ses vêtements et de son argent l'acte de axuXsûsiv en revanche. le débordent. à l'époque classique. il n'a pas cessé d'être un acte Sa vertu primitive transparaît encore dans un texte d'Hérodote. Le sentiment primitif de l'efficacité religieuse a suscité l'image mythique du monstre Skylla.. sous le régime des clans. par un développement uXâv (cf. Et. V. auXàw. : sont vainqueurs. que faisait déjà H. axuXeuaaî toùç 'Apystwv vexpojî. : Jusqu'ici. on peut bien se demander si ce n'est pas là un seul et même mot. 1233-4: SxuXXav -uivà. Du moins. de beaucoup. ûXatai). I.. parmi les actes de o-uXâv? Actes de vengeance et dominés par l'idée obscure de la « participation ». suppose une forme plus ancienne on devrait avoir et on a. Grecs de l'époque classique. Esch. axY] vivante et plus ou moins personnalisée (cf. nous n'apercevons dans TuAav essentiellement rien d'autre que dans la préhistoire dealxiÇsw. c'est notre première conclusion l'intérêt en est indéniable. Mais o-uAâv a eu un : — développement autonome. Observons du reste que aùXov. Les étymologistes ne seraient pas opposés à l'hypothèse (Prellwitz. s.. Hésych. .. rapporte les armes des ennemis dans le camp des les Lacédémoniens siens. Le fait d'exercer des sévices sur le OêpiÇeiv : cadavre de l'ennemi ou de le dépouiller de ses armes s'accomde représentations qui. puis combat général et 300 . ce qui n'est pas vraisemblable a priori. et concernerait aussi bien des pratiques comme l'enlèvement des armes que des sévices infligés au cadavre ou au vivant (l'idée d' « écorcher » est essentielle dans «txjXov elle apparaît aussi dans auXàv) le rapprochement s'indique encore avec alxta. . v. sans quelque souvenir de la pensée homérique primitive (243). dans ce passage.. 82 il s'agit les : Chez Lacédémoniens pour la possession du territoire de Thyréa-. le rapprochement. iiy.. à moins d'être un mot emprunté.

§ ni. : : 6 8' 916-7 .. elle n'est mique. L'indistinction a dû prévaloir dans toute la préhistoire du mot o-uXâv puisque nous rencontrons parfois des exemples où ce verbe signifie non pas dépouiller. du point de vue de l'autre partie. aTtéOavev). p. M£oo'l(yaç. XXIII. ses : armes. c'est l'indi- deviennent une procédure de la vie éconoProcédure générale à l'époque classique. vol de là l'emploi de o-ulâo-Qai au sens pur et simple de « être dépouillé ». terme synonyme de «ûXa'. D'ailleurs la seconde peut consister à s' approprier la personne : même... /. trancher les membres Pind. déchirer. 223. 18. par la servitude pénale la loi de Dracon admet encore. II. acte licite.y. au choix. i6.a'. est déjà qualiflée . La razzia par vengeance que rapporte le vieux Nestor de ô'jfj'. v. Eurip. et cette forme : de Ttp. déjà des armes sur l'idée se fixe en certains points : enlèvement exercées un ennemi mort. o-OXas. P. « à cet état de pensée qu'il faut rapporter dépouiller » et « tuer ». XII. Cependant. eo-TspTiOri. chap.a9£^.270 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE portent une distinction profonde entre les personnes et les choses (244) les individus d'un clan ennemi. ce n'est plus le yÉvoç qui exerce les les o-ùD. II.. comme les autres. social . è'ppet.. n. XI. en parlant de Persée eÙTcapàoj xpâta o-uXào-aiç. ses bestiaux. une satisfaction reli- gieuse (246). [IL. J. mais c'est qu'entre plus exercée que contre des étrangers vidu : : . Le second moment de la notion répond à un autre moment : . tout cela peut être également objet de prise quand une prise est nécessaire. et surtout représailles sur la propriété d'un ysvoç adverse c'est ce qu'il faut admettre pour expliquer le sens spécialisé de l'époque classique (247) avec la double valeur qui doit naturellement se développer dans — — .. mais écorcher. et 2^ partie. Le rapport entre les représailles sur les biens et la vengeance sur la personne apparaît encore Ion. son sens premier donner ici à dtrâystv : G.(opia est d'abord.. o-i>).. (246) (247) Voir 1" partie.a. la mise à mort ou la réduction en esclavage du meurtrier en rupture de ban (Dém. par ce ejjioç ysvsTaç dernier exemple se précise le rapprochement que nous avons risqué. : dans le double sens de uXâTai(Hésych. entre o-uXâv et aUlÇet-v. un tel état de société du point de vue des auteurs.. olwvoi. qu'il faut le double sens du cf. 674). 28) (245). (244) C'est peut-être mot homérique (245) C'est èvaptÇstv.

p. l. 41-42 aux Ji. IX. I. IX. XXXV. ôe xi. . Ath. e/sO: : (230) la de Gortyne du v^ restitution certaine de Comparetti. n» XIX E. et Frohberger ad Lys. suppose une certaine intervention des pouvoirs publics qui se traduira par une concession ofiicielle (nuXaç 8t. Staatshaush. lo). 160) .. de l'individu qu'un tiers veut réduire en esclavage : — c'est le cas le plus fréquent. C. 194.]. après avoir conféré le droit de cité et gamnti sa : propriété à un individu. On peut aussi invoquer le droit de auXàv qui s'exerce en faveur d'un particulier nouvellement intégré à la cité et qui affranchi ou naturalisé — — représente alternativement deux choses ou bien la reprise. du v^ siècle des Chalandriens qui. 1. C'est à l'imitation de cette espèce de « représailles » que semble se conformer parfois l'institution des aùXai internationales à l'intérieur de la société. mieux encore.. par son passé lointain individuelles de cité à cité. les décrets relatifs au droit qui se laisse rapprocher d'une clause contenue dans ce genre d'asile de Téos {B. p. XXX. p. c.£. 1.. I. à l'intérieur de la cité et sans jugement. de vive force et de plein droit.. 59 sixiç ctOXov xaxi xf. décret apparaît encore dans un texte comme Michel. signifie « droit de prise » (contrat d'entreprise à Erétrie. d'organisation judiciaire versalité de l'institution : celle-ci n'a pu surgir l'état à l'état de pratique internationale sans avoir existé à dans il la cité commençante de vsvri et (249) . 11 (convention entre les villes Cretoises de . 5-6) a.ô6vat cf. de la partie : que constitue l'ensemble des cités helléniques. la cité. n'y a pas. par les o-ùXat..ç irôXewt. de un intermédiaire. no 527. /. (249) L'institution des aOXai est d'ailleurs dominée par une idée de droit qui ne peut avoir son lieu d'origine qu'à l'intérieur d'un groupe plus ou moins organisé oûXov. /. connu par les actes d'affranchissement de Delphes t250) ou bien la mamis injectio pratiquée contre le tiers qui attente à un nouveau status — ainsi dans un décret d'ilion. individuelles à l'intérieur les traces qui subsistent de ces dernières à l'époque classique. auXat. n» ix. H./.v wçXiQxoxe. 26 22) ou. JuXotxo. — de procédure : entre les faut <j\)'koLi les a-C»)vat. — enfin. : — souvenir de aùXai plus anciennes. p. l'ouverture des aùXat. par le Le ouôl 8txr. Bôckh-Frànkel. prononcé d'un jugement ([Dém. et Il est de la que nous voyons rétrograder les o-GÀat. continue en disant (1.. .. d. : (248 textes cités joindre Par la pratique des traités internationaux Dareste. avec . C. G.. en principe. évidentquela même évolution a dû avoir lieu à l'intérieur cité même l'hypollièse nous est commandée par l'uni. Lyttos et Malla). Nous avons déjà rappelé qu'en droit l'affaire privée Texécution du jugement est gagnante.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE cités.. 1. encore inorgarnisée pourtant. loi De même dans une siècle. — et il est bien (Michel. n° 194. J. G. H.). à lui tout seul. il 271 : celle-ci se dessine. (248).

vu dans le terme alxîa : doivent prolonger d'abord l'idée fondamentale de V alxia. 2" il peut être exercé par des intéressés. D'autre part. dans un état préhistorique oii sont encore indistincts le délit privé et les magique obligations contractuelles et où l'individu ne se distingue pas nettement de sa chose. ce sont des sévices pour les origines. celui de l'économie : le mot o-uÀàv magique. Ce sont les deux moments que nous devions retrouver dans le terme marquons-les. On remar(jOXav. Cette idée. qui d'abord laissent faire (loi de Gortyne). p. L'intervention de la société organisée tend à régulariser des institutions qui visiblement fonctionnaient dans le principe en dehors d'elle. celui de pua-iàÇ£(. 237). supra. et comprendre permet premièrement de situer la pensée ensuite. les -zi-oti ou garants de l'affrancbissement une évolution se laisse discerner aux agissant en leur nom personnel. dans le principe. Mais sur un plan nouc'est en fonction de l'économie que veau. c'est par l'économie qu'il nous permet de nous et la déchéance de cette pensée et l'apparition de l'individualisme. c'est la pensée qui. p. ensuite quera que dans ces semblerait : 1° l'acte : collaborent (décret d'Uion)..). de yévr. l'entretient. et pourtant dans la cité tions que s'applique le mot «ruXàv. J. et qui en revanche trouve en elle à se préciser et à s'affirmer. 3® xkai on voit se substituer les fonctionnaires religieux (/. . En effet. elles l'avons. T àauXta dont bénélicient les membres d'un groupe plus ou moins organisé.v. individuelles dérivent des o-ùXat. mais pas tant qu'il le s'accomplit sans qu'il y ait eu jugement. d'ailleurs spéciales. Par l'économie d'abord se dresse dans la conscience sociale : l'idée des relations individuelles.. les pouvoirs publics. certains emplois du particulièrement mot : graves qu'impliquent. même : c'est à ces institu- Si les (TtjÀa'.^ peut avoir pour objet la personne uiôme c'est du moins le cas dans le décret d'Ilion (cjuTvîv i% xr^<. mais encore le rapprochement avec un mot tout voisin par le sens. le mot o-uXàv a dû désigner les « repré- personnes autant et plus encore que les contre les biens (251) c'est ce que marquent non représailles seulement certains emplois du terme. 270.^ll'l RECUEKCUES SLK LE DE VELOri'EMEN T DE LA PENSEE de représailles garantit. c'est que la pensée se déplace à la fois et se continue comme nous en s'individualisant. 'iXici: 5o. II. sailles )) contre les : Le terme pûo-iov est rigoureusement parallèle au terme <jû1o'k (231) Nous avons indiqué que l'acte juridique de tAj. celle de la vengeance religieusement ellîcuce. en vertu d'une espèce de talion. G.

Le verbe spécialisé.v : cpovov. 19) mais sans que rien ne l'y prédisposât.. . 859).àÇ£!. s'est : d'après tout ce que nous voyons de leur histoire. aurait tout aussi bien pu être inverse.. XIV. Tout ensemble le règne des représentations magiques se clôt. des yévYi. 959 pu(7t. (7.. foncvengeance religieuse et familiale. brusque suc- . Entre la pensée magique et vidualisme voyons. tionnant dans la vie économique commençante et dominées la — par la notion de la vengeance individuelle et magique. p. OE. puis. : de a-uAas. objets de procédure. et les personnes. en tout cas..JURIDIQUE ET MOKALÈ EN GRÈCE 2l3 Même dualité : il signifie représailles porlaiit sur les biens. avec l'idée de vengeance (Soph. dominées parla notion . lui. sujets de droits. privées. H. et l'individu cesse plus ou moins de répondre sur son corps. — dans les rapports internationaux. dans le sens d'exécution sur la personne (Uolleaux in B. mais il évoque aussi des ou dès sévices exercés sur un individu. C. et qu'il est saisissant sans vouloir d'une tradition et le : exagérer la — de voir suggéré par portée de l'observation : — l'éty- mologie probable et par tels emplois singuliers de o-uXâv. a dû être rapide qu'il soit certain. le développement même de l'économie se reflète les progrès de la dans l'avènement de la pensée rationnelle propriété mobilière appellent une distinction définitive entre les choses.Mais ensuite. — entre ces deux pensée positive à quoi l'indimoments dont nous la termes désignant l'outrage. (TuAoLi purement « laïques » portant sur les biens du débiteur. nous le voyons parla nécessité où nous sommes de marquer ces trois étapes dans l'évolution du mot o-GXai. sur les biens de ses la compatriotes solidaires. cf. Aussi l'acte de o-jAàv qui visait d'abord l'individu ne vise plus que ses meubles. ainsi du fameux procédé de Shylock dont on a montré l'universalité. L'insuffisance de nos documents ne nous permet pas d'établir les moments successifs de ce dernier progrès qui. le rapport final entre puo-t-àÇeiv et auXâv. et ce point de vue manifeste un rapport PhiL.. Or. par est les lié. à un pareil stade. au surplus. cpôvoj pûo-wv. et l'on dit indifféremment pÛTia ou étroit voies de fait o-ùXai. les gestes ou — l'action contre la personne -sont définis et fixés par l'autorité ainsi de prestige d'une pensée mystique renchaînement..

A la faveur de cette condition que nous avons définie. : — — — cruciale : elle seule a heure. divergents en apparence.274 cession. § V). on peut indiquer comment la solidarité que nous avons vue jouer au début et que nous voyons jouer au terme de cette partie protège la personne de l'individu contre les violences l'interdiction de la manus injectio et de toutes voies de fait que peut injustes et les désigner le verbe a pour domaine spécial les sanctuaires. concrète (cf. elle nourrit sa pensée commençante. dans l'organisation le vouloir nouveau de la société dans la TroAi? nouvelle le lui a permis (252). supprimé la contrainte par corps. lieux d'asile emplois d'Eschyle dans les Suppliantes (412 et 594) manifestent sous une forme (252) A propos du terme yieuse de la cité — — : . l'esprit de l'économie reste: le matériel. son prien deux sens. et d'assez bonne De lui-même. l'assistance de la cité à l'individu victime d'une sorte de sacrilège chai». elle a pu affirmer l'idée des relations indique la dissolution du ysvo. elle dépouille le vêtement de la grandissant elle-même devient une sollicitation à la pensée religieuse pensée positive. ensuite. de rationalisme et d'individualisme. elle a pu développer l'esprit qui était en elle. ici Athènes nous fournit une expérience viduelles. Si. c'est . c'est que. fixe d'abord les représentalions magiques puis. prélim. dans sa liberté.. n'a été un ment mat? — le sentiment de Il l'affirme la cité affirme-t-il son empire. lui offrait le terrain qu'il fallait et des représentations que suscite alors une société qui se décompose. saire : RECUERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE — elle réconomie nous ollVe donc le trait d'union néces. mais solidaires en fait. : III saire. 1** Le domaine des relations individuelles se pénètre d'un relipuciidtÇeiv. . en vérité. mais elle ne les crée pas son idéalisme est hors d'elle-même. au premier moment. rait — venue plus tard que d'autres à l'économie d'échange. Si. il regarde hors de la facteur d'individualisme que par la vertu d'un idéal qu'il n'avait pas fait. com- inerte Il il tend vers société. Mais si nous trouvons dans l'économie une condition nécesnous n'y voyons pas une cause déterminante.

la cité chasse les représentations magiques pour leur substituer les notions « laïques » d'un droit privé de ce mouvement témoigne bien l'histoire des termes désignant l'outrage c'est une nette coupure que nous constatons entre les valeurs anciennes de ces mots et la valeur . et la valeur profane des deux mots. IX. 1. a le sens défini de dom: mage aTT. 1. Hirzel. Une expression comme èçiàaôai tt. le précieuse. Lois. que nous connaissons déjà. s'en banalise. les exemDe'm. XJ.àêYi. 1. une sanction. /. entre la peine proprement dite . col. ce sont les deux expressions toutes semblables. 927 D. nous la trouvons dans irrécusable des deux mots àxTi et p).v ^'Xâ6T. à l'origine. cf. iâXocSr.àê7i. voir les lois de Gortyne.v ocpsîXstv.. VI.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 275 esprit nouveau. 936 D-E) retient le souvenir de la représentation primitive de la p^âêr...v (Platon. 14-13. pénètre. 1. 191. XI. l'idée nouveau économique. col. 7-8: cf. 1.ii\ » ou « payer la j^Xàêvi » Entre la valeur religieuse au simple. 864 E. Si peu parallélisme qu'on s'attende à les voir rapprocher. s'en — mouvement. 34-33. s'absorbe dans la première qui est or les deux termes en sont venus celle d'une force religieuse . étouffée. col. n" xviii. parle vouloir du groupe de \ injuria en général (254).. X. Din.. Platon. atteinte matérielle à la chose d'autrui. 43-44. Eurip. Themis. ridée juridique de T « obligation » qui s'introduit ainsi dans le domaine réservé jusque là à la vengeance. 1. (234) C'est ce qui apparaît dans la distinction qui nous est tout à fait familière. (253). de damnum p). etc. n" xvii. p. I. IX. au double. cependant que contact de la vie autres termes sont plus ou moins portés dans le môme la notion de damnmn^ née au et souverain. à désigner cette notion double. n» xvii. 14-15. G. mais qui en Grèce suppose le régime de la cité. Xi. 32. (233) Pour a-cTi. 1.. 60. : rabaissée. Pour l'expression correspondante avec ^T^aêri. qui est la leur dans le droit de l'époque classique. V. 360 (sur : C . J. n. ce qui donne au fait la valeur certaine d'un phénomène. Andr. nées pourtant indépen- damment « l'une de l'autre payer Va. l'idée s'en ternit. moment que les l'atteinte matérielle devient un délit et^appelle laïcise. à l'époque classique. etc. le sens de « dommages-intérêts » est attesté dans la pour loi de Gortyne. vil. n» XIX E. col. 833 E. 9-10. restreinte.. Presque brusquement.. il y a une belle dislance on voit immédiatement avec quelle vigueur la représentation : — : mythique au Et et pathétique de l'individu a été rabaissée. 3). Lois. col. ples ne manquent pas en attique Lys. nous avons vu que la Une confirmation seconde notion. Et ce qui accuse à l'évidence le parallélisme. aquilien. cf.

restreint et parfait que voudrait être la cité. Ainsi peut-on rendre compte de ce double caractère que nous a révélé l'analyse de la notion d' Gêpiç. ce n'est pas sans faire au langage quelque dans ses emplois courants. d'une part. vie propre de l'individu. l'idée de l'offense à la personne apparaît plus indéfinie et. Sans. toute spéciale.doute. ont une forlune bien divergente. résonne d'un tout autre pathétique. le sentiment collectif de la cité. à cet égard. du reste — intervient pour définir et même pour restreindre cette idée même de là. Et. l'afiîrme avec force. cependant. le mot a un tout autre violence accent. Oêpiç et alx-la de l'autre que l'opposition : dommages-intérêts en fait de délits contre les personnes Platon croit devoir insister spécialement là-dessns. en Gêpswç. la cité elle-même affirme. entre I^Xàêr. application du principe au cas de ToaOjxa). IX. Il n'en est rien. la société organisée — en Grèce comme ailleurs. le besoin l'individu : autonome et sous un aspect tout autre de l'oiïense à sentiment d'une réglementation des rapports sociaux. religieuse. notamment. en outre. la notion de l'alxia comme simple délit privé. fcf. elle déclare elle responsable celui qui a porté les premiers coups matérialise le délit et. En réglantj à propos de la [^XàêTi. nouvelle. de son chef. qui a raison. 861 E sq. que conditionne le facteur économique. délit banal. quand sa un indéniable un sens nouveau.xia . dans une rixe. mais conçus comme profanes.àêr. qui a ou qui n'a pas droit à la réparation de son « honneur » et le : . qui ressortissent d'abord au ^:i).. et les : . tel qu'à travers la langue on peut le lire. 877 B. la cité fait saillir l'idée des rapports de propriété désorde façon plus comme tel. Lois.270 2° RECnERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT OK LA PENSÉE fonctionnement régulier d'nn droit pnrement privé.. môme fonds d'idées. Ainsi. Mais justement. une signification proprement juridique. la cité rie veut pas précisément savoir qui a tort. Le mot et les mots alx'la et u^o'. Rien n'est donc juridique plus instructif. par la : ypacpri s'exalte. en s'opposant à la notion du damnum matériel. dans ce xoo-jjig. impose au terme a'. pénètre pas Par le : Ce départ entre la chose et la personne. s'est exprimé en un principe de souveraineté hautaine et désinléresséc la paix publique nécessaire. respect C'est que. il l'individualisme semblerait s'assoupir paraîtrait qu'il ne dans la pensée morale.

D'où vient la notion même d'une valeur individuelle? . De la notion pripareille idée : mitive de l'outrage. c'est la condition et la objet de respect. : donné. Il n'en est pas de même de la notion. Dès lors qu'il apparaît dans l'histoire des hommes. La le facteur économique. qui a rendu possible une abstraite de l'individu la seconde. Grèce. il est. ceux-ci restent bordés d'une frange de sentiments. du respect de l'individu. tout ce qu'il peut être les règles qui le traduisent sont adéquates. C'est un fait général et profond qui s'atleste là les rapports auxquels donne lieu la propriété portent sur des choses l'objet est ici susceptible d'une détermination rigoureuse à un moment donné. : le sentiment religieux se fixe. dans un état social : . se pose naturellement : la : conscience mais elle ne crée pas de toutes pièces elle élabore du passé. la il s'agissait de montrer quel mécanisme a pu faire sortir notion positive de l'individu comme avons essayé d'établir première. nous n'assistons naturellement qu'aux débuts d'une mais là justement est l'intérêt. Le dernier problème sociale crée. . imprécis pour la conscience individuelle et où il entre du mystérieux.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 277 celui-là est nettement circonscrit. ou plutôt du sentiment. sont parfaites. . le germe le d'oii est déposé d'un développement peut-être indéfini caractère religieux qu'il n'a pas cessé d'avoir et qui : même En est aujourd'hui plus accusé que jamais. une fois organisé. dominée par la pensée magico-religieuse. nous cause de ce progrès. c'est l'idéareprésentation lisme propre à la cité sur cette représentation qu'il fait saillir.

.

dont l'histoire est instructive « : c'est tiut]. Mais au-dessus d'un certain minimum d'individualisme. Il en est un. ne s'emploie pas de façon hommes « honorent » les Dieux. dans le domaine moral. tout langage possède quelque terme voisin du nôtre.[jial. et c'est lui que nous nous proposons maintenant d'étudier. « honorer un homme ». mais les Dieux « honorent » aussi les hommes et cela ne veut pas dire seulement que la considération dont jouissent les hommes est T:i|jLàv. al T'. ce sont les « honneurs » rendus aux Dieux. un de ces termes généraux et vagues dont on ferait volontiers. : dès ses plus anciens emplois. et dès lors on n'y verrait pas autrement d'intérêt. et suppose un fonds de sentiments relativement original. un sens religieux bien connu Ttjjiàv.và. en grec. Il est vrai que l'on dit tout aussi bien Tt-jjiâv Tt. unilatérale au sens religieux. le fonds de la langue. I 11 a.CHAPITRE IV L'HONiNEUR INHIVIDUEL Il n'y a point de mot en grec qui traduise vraiment le mot ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'une notion honneur » morale comme celle-là a ses racines dans un passé qui nous « : est propre. La : vérité est plus intéressante. Tiari peut quelquefois se traduire par honneur ». . c'est « honorer » les Dieux. a son histoire à elle. Le français s'emploie de même il semble qu'il n'y ait là qu'une notion purement abstraite. : D'abord les . toute société connaît forcément une idée parente de la nôtre.

XX.aot!.. Ag..jiy] cette 'z^Y-'n efficace sera attribuée non pas exclusivement quoi aux divinités catalcfguées d'un Panthéon.ç. Aiàî vcoiJpai iizyi\oiQ\ Pind. [Hés. syyua)v(ça'. Rapportée aux Dieux durable. . la x-.. mieux encore. 43-4).. 57 et 66 : : : Beot.xev xâv8£ aùv xtjxâ 6ewv vîaov £X9(5vxs. TêTi[X6vo. rapprocher aussi Od. 57. due H leur grâce chose déjà instructive. liiopsv Aiêûa. fr.v 5v6peaTiv à'-çé'K- Xei Te {xivjOei xs. 711-2 et 719-20 à rixitiia dont seraient victimes les Érinyes répondrait (cf. . — ou. chars et athlètes /. Esch. 81 Soleil vaisseaux.). ov à9ivaToî itep est le principe du respect que doivent les humains les Dieux à Achille et à tijjl-^ accordée par TiTtjxT. comme la puissance d'un mort (Esch. 38. X. cette TtjiT. 0. Ménéles rois de Sparte eeoTifjLTjToi (Tyrtée. VllI. comme l'action collective des vagues divinités chthoniennes (259). (260) Soph.]. 28 Hector. (258) Pind. V. . 353 (Achille) tiixtiV irsp jjloi ô'-?£X>wev "OXûixttioi. 399. etc.. XXIV.. oii Hermès protège (Tt-ixâ) l'Arcadie féconde en hommes. de VllI. VI. xXGxe 5è râ y6ov{wv xe xiixa(. IV. mais qu'assez humains (256) dépendent de cette t'. Sondergôtter ou Augenblicksgotter C'est pourquoi on .TOî Tyrtée. x'. 472 et XIII. invocation à Théia. — . IX. sa v£jjL£(Tt.jjltî. 8. p. 1061-2 {infra.. IV. P... Tôav. 533 ov tiva Tij^T^crwa'. : 259-60 u!X[ii o. Usener a dénommées. Épithète de e£OTf[jiT. La pensée parfois se définit en des la Tt. à une chose pénétrée de vertu reli- gieuse (260). dans Paus. las et Agamemnon : 5t.|ji7) des Dieux peut agir comme emplois remarquables une fonction spéciale. la -zv^r^ comme impliquant une prospérité apparaît dans Pindare. VI... I.280 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (255). plus indéfinies... ou dans un moment donné.jxai indûment accordées par lui aux hommes Esch. implore sur sa (255) /Z. IX. fr.. mais à des forces parlera de la « des Dieux » ..Jt . Phil... /*. 69. 111) une àxifxfavengeresse de leur part.xV| et l'accomplissement d'un rite est explicite divine et la possession de la toison d'or. n. généralement émanent de celle T'.. Ag.. par suite. 2) (256) Notamment la royauté ^i'. (257) Principe général exprimé dans IL. il : y a quelque rapport entre Le lien entre 25. fils d'Apollon et ancêtre d'une race de devins. cf.. 281. en général (258) c'est pourt!. infra. 946. : . où Jamus. 30. 110-1. Pour àpex-^. 80 remportent le prix en parlant de Prométhée. irîSfov sùv 6ewv xiaaïî ô'féXXsiv. suivant les cas. ôWasTa. 284). 44-5. ùx^pàv î^sOyoç 'AxpêCSaiv (Esch... 242 : Zeù? 8' àpsT-J^. : : : .. l. moins personnalisées. sa [xy^vi.. 4 et s.ay] (257). Ttfjiav.6p(5voj AiiSev xal StuxVjirTpou tiaf^i. Cf. 51 (ib. Choéph. Pind. ?Tiaav. 80.ijlt. la xi.. c'est-à-dire comme une les biens : de ces forces religieuses que H.. 31 VI. 1337. 0. Prom. Choéph.. (259) Esch. 51-2 AaxoCSa. fille du : : : iV. au v.. 2. pour la réussite d'une entreprise particulière. invocation d'Oreste : Eum.. XXIV.. et qui frapperait la terre même.^ 509). Théog. p.

30 sq. On voit assez. p.. à la fois honneur et prospérité.\psTT. 108 D.... 992-3. appelle désigne la puissance et l'efficace ai celles que les Dieux confèrent aux hommes zi^ii^ : il (Od. ou refuser assistance (263). Cf... IX. ôiSou ô' apxav. avec la richesse du sens.X\ et d'où la restitution d'une inscription béotienne archaïque. SuppL. ce » des siens. S.. IV. G... Boisacq. I. Banq. 37 sq. étym. V. désigne la vhHus à la fois comme qualité. M. Choéph. 71. où la t'. d'une façon générale. ce qui. (264) Tt[jia expressions de et AaoTpocpov Ttjjiàv.. Eurip... H. Dict.. « honorées par les Dieux. lapsxTj atteste : une puissance religieuse (Sibylle d'Érythrées R.... 895).[jiaî. /?.[jl7].[xa3[xév7i par les Érinyes qui ne l'as- sistent pas. Pindare emdes Argonautes (P. Soph. 2 (cf.a!. 529. HarpoPlaton. E. par Holleaux. Mais on voit aussi l'unité le gémissement » notion.. ..) . 89. d'ailleurs.. 33. XVI. par la grâce des Charités . IV. la variété nécessaire des traductions. 171-2). c'est que l'eflicace de cette Tt. de xùôoç. accompagne constamment un ysvo. assure la réussite de la vengeance (Esch. et noter l'emploi de 212. ment à celle Démocr. à propos et des sera 8£ÔKO{jL7rot.a*/i est parfois associée à de la la continuité même de la vie du groupe ^: Pindare. de la part d'une divinité. c'est une formule consacrée. Philoct. Thucyd. dont l'idée s'associe naturellede puissance {IL. hom. IV. . où nous trouvons la double idée de l'illustra- tion des héros et de la protection divine qui se manifeste dans la conduite et dans l'heureuse issue de l'expédition. 'Apxaoiav z sùàvopa téristiques. ïyndarides (2G1). (264) '. Le numen s'affirme-t-il par un succès particulier. en s adressant à un Dieu.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE tête iV. au sens de 1*. Tt. s. : -rraïS' dt-ciixasaç. 220 (Diels. que StSou 8' àpe-V. Le mot àpExr.. //. —La gloire. 181).. 1. 0.. OE... XX . Eum. EL. p. VIII.v xe xac ôX6ov [H. puissance et comme fr. 1420. p... 509). (261) Cf. le verbe signifie que le mort « exauce (Soph..)^ et de ^îtj. 281 une bénédiction nourricière de peuples (XaoTpocpov Tip-àv) X.J5:^. XVIII. 498).va-. 134). sont des actions qui. 1. 93 : Clytemnestre àTtTiT'.... 281. p. 424). s. crat. V. réussissent dans le monde. sont caracles des observations du même (rapproché de ordre propres aux Dieux [ihid. des TcpàÇe^ T'. Soph. Od. f. comme 0.. 69) l'expression de ploiera. opposé à xaxwo'av). en souligne la signification générale. VII. considération. xjSf. l'étymologie « gloire » dans Pind. poô. àTL[Aâv. 260.fji'. L. (Zeus) t6v tî. est chose divine en soi (cf. avec « les Dieux » pour sujet.. ce vouer au malheur (202). (262) Esch. appliqué au mort qu'il faut venger. et Gallim.. (263) Esch. 136 P.

se réfère ici à S. raptraduit par virtusignifie force. il ne célébrera plus aux Dieux. « action de valeur. s'adresse aux Dieux.. n'étant plus honoré. — C est cette conception réaliste de la ti[jlti qui commande. l'interprétation traintelligible ditionnelle. c'est ce que suggère. t' àtXXwv Platon. si les en favorisant des impies. ad l. C.. nous paraît contournée et peu surtout avec la négation. iî. TijAixai. pouvoir sur les hommes et propriété on la sur les choses. C'est que le rite. est nécessaire aux Dieux (265). Le terme qui désigne spécialement la puissance. Voir Ameis-Hentze. IX.? proche dans l'Évangile au sens de notamment de Dieu »). Lois. le v. puisqu'il implique le numen du mort et qu'il évoque la notion des -ifjiat II Ainsi peut-on voir que le rapport entre les deux emplois religieux de Tt-jjiâv n'est ni imprécis.[A'/iv l'allégorie des Prières. pp. tes (le mot hébreu. 895 sq. témoigne parfois de la même pensée demande aux Dieux ou aux êtres divins (Esch. sTreo-Sai. Aussi bien. V. courage. puissance.). Reinach (ibid. eî yàp al Seî Dieux dispensent ainsi leur leur culte. -Apiioç. 480 et 490) le : . ne manifeste plus sa vertu : bienfaisante.v. . ne se fait plus sentir aux consciences. et la valeur qui lui est communément attachée commanderait de comprendre qu'Apollon. Targumentation de Xénophon en faveur de limmor: èiriyvaixiiTci vdov è<ï6Xa)v.. efficace pour l'homme. ^z yopeûeiv . de l'homme. un en soi. 909 îtoOSaaoO Ti(xaï<. ni purement verbal.. r. lequel miracle ». XIII. 168-9) Foucart.. — Cf. par èix^avw. Ttfxtai. 513-4 7:ep àXX' 'AyiXeû itops xai o-j Atôç xo'jpT^aiv 721 A Oeiov yàp àyaôôv irou t'. qui 15-16). — Comment le culte est nécessaire : tijat. gcboura. l'édite. La notion de la tijjly] se résout en celle d'un do ut des inconscient complexe. mière moitié du iv« siècle [B. lalité de l'âme (n. — premier de ces deux exemples rattache doublement xpaTo. H.{xt|. et aussi « et s. implicitement. de la preà l'expression du miracle gnificatif. peu plus loin. mais sidédicace à Athèné. la TijjLvi qui. Choéph.î. plus exactement une force on le voit dans ce passage de V Iliade (266) par quoi . œuvre puissante. pp. IX. 261 5jva|jiet. dans un exemple isolé. fait rigoureusement pendant à xt — : (263) Dans un passage de Sophocle auquel nous avons renvoyé Toiaiôî itoi^êi. 'A-jtôXXojv 6{jLïiav/. le Chœur déclare que. et le : . s-Jîc^Oai xiaT. RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE mot a pu se prêter ainsi. le mot Ti|xotî semble plutôt devoir être rapporté à la fois aux hommes et à Apollon lui-même. (266) IL. à tijjlV.).). est-elle conçue sous un aspect objectif en même temps que subjectif 1' « honneur » décerné aux puiset : sances divines est en lui-même une réalité.. suiv. Phénix conclut sTiTco-Sat T«.282 1. et où l'expression ar/iv (CE.

c'est moi qui associe les deux idées des honneurs divins du numen de qui les reçoit (267). paraissant d'ailleurs par eux. 931 D.. Même réciprocité. montre les Ti[/. àv SovtetTS. 237-42). 111. les : — — au sens de Ainsi la « accédera. et sur les Dieux. sence redoutable » : d'Apollon vaincrai et ((( tu n'es plus àT!.ai efficaces sur les parents.vr\ 283 désignant. et donc.. et solidaires. XI. Esch. oiaijievsiv sti /ai xupiai Tisav.|ji. statues vivantes delà Divinité. Les Ti[j.. sens. doit « accompagner Dans même prières vent été efficaces numen ont soumalédictions d'OEdipe par exemple l'idée d'une relation réciproque entre le et l'homme est précisée par l'emploi du verbe Ttjjiâv qui. 82o. compromise par la présence des Erinyes voir n. si (xtiSsvôî aùxwv al <\i-jTitJLà. Instructif aussi est le (267) Cette idée 17 sq. (268) Idée que préciserait Tadjectif cÛxt.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE a. à propos de la fécondité de la terre (parallèle à celle des êtres vivants). Chez Sophocle (EL. Electre prononce contre elle-même cette imprécation que. : Toîç Se ^ôijxévoiç ta. dans le cas du mort à qui l'on adresse des prières ou des injures chez Eschyle rituelles Oreste et Electre menacent l'âme d'Agamem[Choéph. 484-5). le fléau sinistre qui. exaucer ^ ». il continue en disant que tout homme de sens « redoute et honore les prières des parents ». 'z\\k-r\ déclenche dont la nature et le mode les forces religieuses bienfaisantes d'action s'aperçoivent mieux quand on regarde plus avant qu'à une théologie de façade comme celle d'Homère. 6ûa>c7i"Xov yôôva. Eum. elle ne les exauce pas. ») oii passage qu'il faut rapprocher de la réponse honoré chez les Dieux. : — — non : si. : : . avec la les fortifie même idée d'efficace le 711-2. elle-même ne soit pas « honorée » le mot £'vti. évoquée par leur plainte.'Xoî cf. si elle n'accorde pas leur -ziit-ri aux morts.a' rendues aux Dieux et celles qui manifestent leur puissance (Xénophon vient de rappeler notamment la vertu des âmes twv àSixa iraeôvTwv) sont des réalités du même oinire. ne pas de sa puissance divine.o.. Platon. Cyr. Lois.fjia'l. 7. chœur des Erinyes conseille d' « honorer sa pré-rt..|jlo. où immanente aux dans \es Eiiménides. Par exemple. sur » Tinjonction des quiconque les repousse. sachant que ces Litai à Zeus. est une transposition du TijjLâv appliqué aux Dieux. elle ne sera plus « honorée » dans les festins des morts. de relation réciproque apparaît aussi dans Xén. le lui.\\l\. : — impliquer ici l'idée de l'infécondité (268). que de son côté elle « honore leur gémissement ».

1061-2 (Ulysse à Philoctète) xal -ri/' àv tè (tûv yspa? (appli- dualité que dans MiLteil.. une c'est à un fonction divine.^ 30. 986.. 393.. Eth... t. xauTTiV olùtT^ tt[jLTiV S-..ai. et 53-53. 419 même (//. où Tifialç et yspaç se répondent.. fléL. ^wpfl. le moi^i^r^ est associé au motyépa. H'ippol. le mot aTt-ixo^ est également en rapport avec l'idée de la possession d'armes Entre cette notion de la Ti{j(.. V. noyau. Zeùî e-ofT. Eum. Dans le qu'Ulysse (271) s'assurera en s'asvertu religieuse est le — traduirions. Esch. 1652. nous ajouterons notion dans Eurip. cependant que le sens religieux est confirmé par l'emploi du terme yj>'r\'^^ équi- valent de in faits est (273). dans une épitaphe funé: . Eurip.. 111. l'idée d'une efficace religieuse. VI. Dans \Ajax.jjiyi (270) a donc pour centre. 1134 b 7. 1521... 272.. Eurip. I. 5.^ ê/siv. 874. qu'il s'agisse Phén. Phén. àTi[xou<... — (269) répa? du prêtre : Pind. Ihéog. 45.. La notion fondamentale..... multiplicité tout à fait instructive dans les valeurs de yépa.. 68-69.asv opxov. c'est cette en acquérant la possession pouvoir religieux. 57.v ijxol vetiieiev.y] et de très anciennes divines.. Phil. et yépaç est familière au grec 352 et 336 [Hés.. 3.. 874 à des morts divinisés Thucyd. Soph.Soûî. yepwv. : raire. 9 STuyô. ou enfin la tiixt. : à quoi d'une divinité. parallèle à la l'onction du prêtre la vertu salvatrice des vépa. où TitAw répond à yepawv). 612-3. en parlant des Lacédémoniens tombés à Platées. ou des « honneurs » rendus à une puissance religieuse (à la personne vénérable d'un père Eurip. par les pouvoir d'accomplir les malédictions). 10.. ad Œ. 1892. AV. entre les termes 395. 992-3) Dioscures. 776. Exemples recueillis par Schneidewin.. Tijjiai o-w-rrlpsç.. du pouvoir religieux départi à un mortel — — même Dieux (Eurip. Tttxàç — Eurip.. de façon très su- surant des armes dont la admise dans ici la pièce et fonde en définitive tout constamment drame (272) . êvépwv.). (271) Soph.v az ypr. : par essence et localisée acquerra de perficielle : la « Tiix/i — occasionnellement un individu nous ». 1654. et les exemples que l'on invoque pour se rapportent au culte aussi bien justifier cette synonymie (269) : qu'au Dieu même.? (270) L'idée de mafia est encore discernable chez Apollod. Voir notamment v. 0. etc. 58. 877. etc. Nie. Thucyd.. pour impersonnelle ainsi. xb 5è tt. /. îlSwp .^84 RECUERCHES SUR LE DÉVELOI^PEMENT DE LA PENSEE cas de ces divinités spécialisées qui exercent un yipa.. de l'honneur recèlent d'objets qui un tijjlt] certain Philoctète. T. dans ce mot... 812.J... est celle de privilegium au sens religieux. 1061-2. : : qué aux armes d'Héraklés) (272) (273) xi [X'f. Arist. ^svocpôvouî Tt[j.. Alc. ajouter Soph. . Esch. 2. et cela avec une de la « part » faite au prêtre ou faite au chef... encore. 58. p. ou de la fonction même du prêtre. La notion primitive de la T'. I. Alhen. Phil.. C. Œ. Or. 440. que correspond (Eurip. III. — L'association . ti{jlt.C.

.. Kronos. devient dès lors suggestive. var. terme familier aux auteurs de defixiones (Wunsch. mot à-ziixlot. III Mais la puisqu'aussi bien le terme tija/j suppose souvent considération accordée par des individus à un autre. p. 232 (xaxwç TOpivcsipaç) et p. XII.xtJ^Ê'. (Elien. IV. 62 . p. Hkt. p. P. àxi[jiia pour désigner le mauvais traitement infligé à Glycère n'a plus sans doute qu'un sens banal. 1012) c'est l' alxia du deuil à propos des vêtements déchirés. 12).. supra.lll. Esch. 1475. 106) et par la croyance à la vertu magique du plomb (276). Périk. « à a'.ç>^ le sens xal ^uy^po. Ji. on reconnaît le prolongement de l'acte rituel d'Euphèmos recevant une motte de terre symbolique : une expression comme TitjiYjV evyuaXl^ai (proprement « mettre dans la main »). 1893. n. Esch. Wunsch. V.. Soph. dans la Tip. dans le cercle ôcijifjLo. I. 353. A.. ojtoj èxsvo. rcpi'éseTitutions leligieiises il y a un lien qui dans nos textes n'est qu'à moitié efïacé les armes transmises de la main à la : sante. 231 (Xu[xaivca9at consistant dans de déchirer les vêtements). 52. Ils concernent notamment les sévices exercés sur le cadavre (Esch. Dans Ménandre. . àxifxa xal '\''->/. l'individu objet de l'imWiinsch. à-:i[jLÎa et a-^tijio? se laissent comparer de très près et trouvent leur emploi légitime dans le même ordre d'idées.^ Wessely. : = n° 1324 èxévou : xxî oj^ o\)-zo^ b [ioXuôôo. 5 M... ^(ttw . àTi[j. 847.. § (275^ Cf. comme celui de établit une — retiennent unepaumée tantôt bienfaivertu espèce de communion main la « ». le fait T^. Abraxas. Appliqués d'autre part aux outrages » individuels. D'une part. (276) Cf. Papyri magicae.Juridique Et Mokalë en grèce 28o — geste qui. //. qui est évoquée par le Perses. Dieterich. cf. .. 48. Mayer in Lexikon de Roscher. EL. Praef. nos 57^ ^Qo. et les mots de la même famille rentrent manifestement Dans cace des représentations que nous avons analysées à propos des termes désignant l'outrage. mais certaines concordances suggestives (275) permettent d'y retrouver le souve- nir confus de l'alxîa typique. 78. C/iéoph. Dans les defixiones. l'idée autilhélique d'à-i|j. xal xà en est assez marqué par le rapprochement avec <\)u-/^p6ç. p.ta transparaît aussi la notion d'une eiiiattachée à certains gestes ou à certaines pratiques..v 439-44. n° 107 précation est voué à une espèce d' « atimie » Michel. . Sepl. A cet égard. cf..o. 88 . s.. 444-3 . l'atimie primitive à l'intérieur atteste la vertu du Xu{xatv£a0ai. Oswv de Pind. (274) Voir^ïfpra. III. d'autre part. chap. tantôt malfaisante (274) .

6 et 9 [II. où ils exemples traduisent de façon expresse l'idée du culte. (278) : : — .pi. Suppl. 267). 126 et s. Aj. Vcnzôyiix^T. Quelque chose déjà pouvait nous le faire pressentir la Tt. p. l'antithèse qui existe entre des mots quoique moins voit associés explicite.a£t. apparaît la même spécialisation.) et relève ainsi du rituel qu'on oppose celui des Dieux Olympiens (Rolide. Ap.. r^-zi[kOL<j\Lv^o<i.xôxt xiîxài. G.. aux le défunt.. singulièrement.. Psyché. quasi technique ainsi dans la définition que donnait Kleidèmos du service des morts. tj/o'jffa ^Tépuyai. 150 et s. rem praebeant pour . Opferbràuche. I. IX. vexpoTç yivoixévwv. n.. chez les tragiques surtout. £/. 1012 xa'fsvT' àTt{jLwç (cf. évoque? indiscutable une série d'exemples nous offre une réponse en tant qu'elle suggère une idée de retenue ou de respect de la part d'un individu à l'égard d'un autre. On peut môme « honneurs » requis par ajouter qu'aux devoirs funéraires. Thucyd. dans quel groupement originairement. mots comme xiiJiâv et tXàoxsaÔai (qu'on désigner le culte d'une façon complète.. 409 F èirl xwv ei. Harrison. IXàaxeuGai apparaît à propos du comme pour = . 130]). pp. des morts à la ti|jlt. (277) Dans le . VIII. . (278). Psyché. 1).286 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE l'idée implique faut-il situer. Choéph. De fait. aux morts. p. Rohde. ôçuxôvwv yowv (éxxtfiouç : = Soph..) : or.. rite essentiel D'autant plus remarquable est cet emploi spécialisé que morts est volontiers associé à celui des divinités chthoniques le culte des et infernales communément à (Stengel.. J. 148. cf. p. 269). Sept. 58. Michel. E. n" xxv n« 854.. /.. Kidtusalt. Ath.ixoî èjATTÛpoiiri xviauixoî. 1 culte des morts p. n. les notions qu'il désigne ou qu'il a pour domaine premier la famille. J. 40 123 HippoL. tiîjlt. la signification rituelle du yoo.. Stengel.. . et aussi marquée (Soph. 120. entre des comme Ôûeiv et èvayt^eiv se retrouve. pp. 111. Sophocl. 272. Cyrop..v toi. le dernier étant plutôt réservé à ce que miss Harrison nomme le rituel de 1' « aversion » (cf. .!. qui précisent en rapportant la tiut. 19. . Prolegomena. 484-5 : irap" êCiûcÎtcvoiî earj (âx'. 1. -4y. : Choéph. 323 xÛ[j. xiio).. Suppl. s'applique (277) : du mot d'un un emploi bien spécialisé. 127 . EL.. 7... p. TTposâ-Ttxeiv Anl 745 xifiàç 6ewv. Lex.. n. etc. 74 Eurip. EllendtGenthe.. des Dieux) 1037 Ti|XT. v. Soph. nous pouvons même : dire le ysvoç.. 1405 .. nous le terme oaioî.. un des plus anciens du vocabulaire religieux comme savons. 18 (cf. Opferbrdiiche... Esch..r( que nous avons vue suppose un régime essentiellement familial puisqu'elle s'adresse.. Sienne]. 509) 355xw xeevf. . Kultusalt. : (cf. spécialement à propos des honneurs funéraires. 55 et s. n. 241-3 ita ut nullumjam hono: . p. 5 6 : . Yoviojv èxTtijLOu. 433 Ant. EL. Les ne manquent pas. Cf.. Esch. Eurip. la tijjl/î : — Toute de rapports sociaux. 8-12 . s.).. pp. 1081.6o. Xenoph. 1129 et Eurip.

. le tout le long de la grdcité. Pour la pensée religieuse qui anime ces TifAxî. : : ToiçôsoTç. 134-5.. 932 A Tijxat.. 67. III.fxTjéoi. 821 olv\ix Se yT^pacntovraç àxL[XT. désigne le sentiment de étendue à l'oiigine {Od. tiixoctw iriîaiî (280) T'. Plat. IX.8oi. Lois. Ag. Médée.aî xaÛTaç 5è [xtj tzqxz vTipjtaxovxa^ i'ziiiiZo-J7'.Sa[i. Paus.ai. fr.. d'une famille très En outre. llél. o'ç eitxiî etc. 464). 582-3)./. (281) Soph. i'::\xi%e<7y.. à Ap. VIII. : . nécessaire. èx([ia. yovswv 61 uerà xaÛTa (après les honneurs à rendre (souvenir certain de la valeur : ira. et qui demande à se retremper par l'elficace du culte Platon.oû xiixà? vstxsiv C.. 717 : aux Dieux et aux héros) Ti. 927 B.avTa? yoveïç. l'onau neveu. Esch. tel notamment qu'il se manifeste dans les rites du deuil (« deuil » est le sens le plus fréquent) et dans la vengeunce du sang (J^. C. Eurip. eux aussi.a'r'. Phén. . : : T'-lxâ. P. le' et encore. 373.-riTov) .xal ÎJwvtojv. Pind. àx-y-isêiv en parlant de Zeus à l'égard d'Hèra. 26-7 . primitive de ce dernier mot). Lois. XVIIl.y Zeus a-t-il ordonné ii'f. Od. Eurip. IV. 930 E 931 E.. lial qui se prolonge par-delà le tombeau. 877 (Œdipe T. 7V. 1354. et ©J S' àr.xT.. Œ..JURIDIQUE ET MORALE EN : GRECE 287 mais l'emploi fréquent de l'autre (Hérod. 28 parents oDç sç l'^ou ôsî xtixâv fils : î. en vertu de cette relation réciproque que nous avons observée plus haut.tiv. 185 Théor/nis. VI. 1. : comme on peut s'y attendre : 11. il faudrait d'abord.. il est rapporté à ceux qui rendent les « honneurs ». . mais celle que rend la sœur au frère (281). 450-1 (Phénix par- lant de son père) //.[jLàv désigne aux parents... que la -cijLrj fût exclusivement décernée par des inférieurs à verbe respect. Mais de cette formule la signification est plus profonde qu'on ne la fait à l'ordinaire ce qui domine ici. la non seulement la Tipi mère. les en plein iv^ siècle honneurs rendus des personnes éminentes.. 20. emploie le mot famille. Tt. Eiim. (OEdipe en parlant de ses Eurip.tpôî . cf. Polynice à ses sœurs : [x/i \i (XTitxàjfixé ye. ixr... fils 1409. 486 — . de la part de son époux (cf. VII.îoucri xoxf. XI.. xr. peuvent se traduire par la fameuse formule de do ut des que miss Harrison réserve au culte des divinités olympiques. : Eurip. Te 6p£«|. pour exprimer la bienveillance des morts à l'égard de leurs parents qui leur témoignent la piété : xr]8ea6at.Q . : : . ce semble.. or. . c'est le sentiment fami.z 6' à'xo'. (Iphigénie) Traxpôî csîaou Tptxdjirovôov sutîotjxov Traiàva »()»(«)!. d'ordinaire. le v.. Eschine.[xâ!. 6t. .. XI. 1378 Soph. 33. VII. 696 Médée axtfjLo. : (279) Hés. se justifiant de parler à Oreste parricide) du frère.txfj réciproque. xonf. Or. etc. cf.xéo s[xtiv.. 4) terme moiilre bien que l'opposition n'a qu'une valeur toute relative le mort inspire des sentiments qui. 161. ici à ceux qui les reçoivent. 13. puisque 484 (Ménélas. or nous voyons — le père. 178..Ti[xa5ixévo. 63-4 xôv TzâXai 5' i[jLÔv ttotiv Ti[x<Ji)(ja. (les 244-6 624 : mêmes honneurs qu'à Zeus) iixziptvj yovswvpîov -îrexpwixévov... X'.) Aie. N'y a-t-il là que dérivation spontanée d'un sens général ? Mais pour le soutenir. XIII. 438. Un père « honore » son fils (283) du reste.. « après qu'il Ta faite son épouse ». Tat. h\. Pour la généralité du principe.xoiî (= « traditionnels ») toùî aÛTou ysvvTiTopa. les ancêtres (279) du mari à l'égard de la : femme cle (282) (280). 219 Osoûî x£ Ttixiv xo'j. (282) Œ.. £vvo. par ses fils).

1389. n.. à rapprocher du latin paricida p. r alow. Solidarité. . la Tiixfi est due par : maître : Od. XLIH. Eurip. id.p. XVI.... itot' exTidiv vovo) Soph. les dénégations de Hohde {Para(285) Etant lipomena in KL Sc.. . HéracL.hr. un sens très large. 142 (Agamemnon offre à Achille de le faire son gendre) : T(!jto 5s irais' 572 : tôv Tà<. et dans » (287) et ce n'est pas seulement sont appelés à la vengeance du sang (cf. et en présence d'un texte aussi ancien que la Théogonie. le gendre de Priam.. qu'ils Glotz. 821.. II. E. I. IX. Trach. 306-1 317. X.. G. p. H. 595 B). se rapporte aux la t'.. ç'. 809. les 142 parents par affinité sont qualifiés de x/ioio-Tot. 848. n.. J. iraTT. xiar. alStiç (cf. Ag.]. 640). 276.. 506. col. [Dém. VIII. cp^ouç (cf. 1273.. Soph. : également retenir l'attention et et XIII.jjlVj. p. 833 (rapport avec eé|xtO. 20. /.^88 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que le (ils possède une pareille Tipî. SuppL. à quoi l'on peut ajouter alSsÏjeai. p. 399 : : : bergers Beilrâge... XIII. 659. (286) Dans le second de ces exemples. 1433 correspondant à la ti[xtj de la femme ù t) Aiodxôpw.. chez Homère ... Eurip.. : Frôhde in Bezzen- XXII. cf. donné ce que nous entrevoyons de la famille primitive. R. 465 B.. wç a' à-zvxitv. (284) [Hés. 21-22. Erinys dans Je Lexikon de Roscher. 57 cf. parlant de 'OpéaTT^. C.. 895. Soph. il n'y a rien là que de conforme à la conception primitive de la parenté l'Erinys peut être au service des enfants tout comme des autres membres : il de la famille (284). : alSoï xal ètxzs'. 176. VIII. — cf. IX. 156-7 àxitAdtaas (Zeus) xàv aùxo.. Eid. (288) Voir Glotz. après les parents ordinairement de tt^iol. ib. etc. habite chez son beau-père vate Se -mtp IIptifjLw ô Se txiv tîsv icra Téxsaïiv. III «ISiô xal Théognis.. : . u) çtXTaO' A-aor/.Ta. 96-97. Il y a là une pensée dont la racine plonge dans la Grèce dans la Grèce des ylvï). 6 Trâcriv xôS' A. pp. EL. — Pour 1" "Ep-. 164.vJî l'égard du uiari et réciproquement. Od. tt'jXctTCTwv) TÔ <juYY£V£î aéêwv. -jjiXouî xaivoùç ôpôJcji V. XIV. 13o6. /. Tyndare et de Léda) : tijxwvts jj. 15). Rép. et si cette notion n'apparaît pas chez Homère. Esch. Nous dirons donc que. mentionné par deux 176) (286) doit le fois (//. Platon. comme membres de la famille en tant que tels. IL. XXIV. Solidarité. 230) et de Rapp (art. mais dans la loi de Dracon (1. G. Nous en trouvons déjà un primitive. Esch.. 1. (288). 465 (Oreste.?uxev. Imbrios.]. éXXTivtxdv TOI Tôv ô[xô8ev Tijxdtv olzL les esclaves à leur — A Fintérieur de la dormis. 1278. Ant. — du gendre.. p. Rép. 839-40 (Glylenmestre à Achille) . Le cas n'y a rien à en conclure contre son antiquité (285).. 472*. • : (287) D'un primitif "pasos.X<5xr. par spépar sang (Od.. 583) cialisation d'un terme qui semble signifier à l'origine. Médée.. p.. . 3 sur l'étendue du domaine de V 22.. Or. IL. Eurip. 1. chez Homère. 1322) ne nous paraissent pas justifiées. (cf. Théog. Cf. 25.. p. (283) IL. avec les références à Homère.. d'une façon générale. fjiivicjov IX. voir Hirzel. Aj. « parent .' où5èv f. 203. CE.aaov . Plat. Pour le rapport entre a-Sw? et . 80). Aie. alSeîaea-.

mot de la — (289) Sur cette institution. la xi[jirj 1. : du partage. .. 155-163). ôéfjiti. 148). pp. Théog . Sàaaavxo (les [Hés. . rôm. Schenk. .]. deiilscher Philol. Soph. Eurip. et dans oï xifjiïi eXXa)(£v (Aidoneus). dit Pindare (P. cf. une des sacra propriété..'f '.|jLa'l. soit sous la contrainte d'une situation spéciale n° xi. 411-3 6s o\ KpovtÔTji.6Tt[jioç de Zeus 186). Festschrift zur 49.àxpuyexoio ôaXàaarj. t. 0. ô' è'jjifjLope ti[ji. auf den Todesfall im gr. xi(jif. Schulm. qui n'est pas autre^^içtatxiv : ment défini. I.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 289 indice dans voit les Ttpiai possédées un bon nombre d'exemples de la Théogonie. 309-10.. i. qui s'est qualifié F (V. 426-7 et 448-9 indiquent un rapport.tji. E. 10 et s.(. rappelle : : H. N. VI. métropole qui furent d'abord compris sur le type de la morale familiale nous l'avons vu par le mot Ti-pLcopLa. Bruck.^. R. loi de Gortyne. (cf. I. même qualifié du premier cas qu'il le conviendrait la dominium de xijjlt.àv concrètement de ix£-(à- Xav TtpoYovcov 6àc7a(jOai.. Ant. exauxo. 71-2). . xt[JiT.. Les v. t' acpevo. à Dém...ï(î. 189.. c'est de rapprocher famille.jlouvoy£vt. Ti[jià? ôisXovxo Zeus promet à tout Dieu qui n'aura pas été pourvu par Kronos. IV. EUerl. ou Tt-pial HéracL. col. . les Tiquai Trarpôç T!. 37 et là môme des s. objet hésiodique.v (Hécate) Tispl Tràvxtov Zeùç eTzi^Tiuéiiey. 1907.. u. XV. : . l'individu qui appartient à un yIvos illustre et qui participe de sa vertu est du môme coup yevsa Tipiioç (Soph. [jioïpav è'/£iv y^ttiO? "^^ ^'*. cf. 1909. — — lui laisse TraTpwo'. Kabel. pp.a£^Tcop£v àyXaà owpa. des droits et des obligations religieuses.. la colonie de Naupacte. exemples qui manifestent la transposition d'une pensée assez lointaine. Breslau. 809-10. X... Poséidon. pareils emplois du mot nous font penser à une institution qui fonctionne à l'épocelle dé V « apporque du YÉvo^ et qui a dû en précipiter le déclin (289) tionnement » des fils. J. charte de G. xà Tipwxa èii-zoï/a à[j. Teilung dans la. w. entre l'étendue xifi-Tj de la xt|jLr[ et le fait d'être ou non . èaxtv . 73-4. Track. Déjà dans IL. ô[jt. Basel.. 83-6 8a(i[jioç w. avoisine ainsi parfois celle d'apanage.) . — 'pi/^Oà 61 irâvTa oéoaaTai. : xal xt. n<* XVII. . 111 393 (Zeus maintient les xi^ai en leur état) . soit parles soins du père imminente mortis periculo : L'idée de (cf. assez établie dans les consciences pour projeter un ordre bumain en organisation divine. IX. L'bypothèse se fortifie d'eux-mêmes attestent la dérivation de plusieurs exemples notables qui sémantique le chef de la : famille qui à son fils laisse un domaine matériel et moral. F. où Ton ou réparties dans l'association des Dieux nettement conçue comme association familiale : exemples anciens.^ 947) les rapports de colonie à . 37 et s. 8 et s. par (Pind. 23 et s. Soph. Dieux) xat oj. — En tout cas. VersammL u. 1. peut être xt. de fait. 396 èx'j/Gr.. EL. 329 et s..

Strabon. Et le : elle traduise la . 3. Eurip. : (cf. que le groupe communique aux siens pensée qui s'exalte dans cerintégré : désigne une sorte d'apanage religieux C'est enfce sens qu'il faut faire une possédé par le yévo. il n'y a guère qu'à confronles deux plans de la -zii^'/i s'éclairent l'un l'autre x'. place centrale. d'une part. qui vit au profond cœur de la pensée religieuse. de virtus. la Tifi.:21)() RECUERCHES SUR LE DE VELOIM'EMENT DK LA PENSÉE même espèce — supposent une Tipir] rendue par l'une à l'autre (290). 145 : dants des Argonautes se réclament auprès des Lacédémoniens d'une origine commuue.'. et oi» les Corinthiens précisent leur grief à' l'endroit des Corcy- réens oute yàp èv Tzj. d'autre part.ïi ixotpav xt t: [xéwv {XcTé/ovTe. où est employé le terme voisin de yépa. on le voit par un autre passage du même Thucydide (I. IV. cernant la colonie athénienne de Bréa. 187) oûte Koptv- 8ia) ivSpi rpcxatxp/ôfjLcvoi xôiv îepwv.. yépa. rapport que nous marquons là en dénonce un autre plus cette idée primitive detficace. p.<: iiro). icaoà Tzcirph^ èvSévceTat T^. Michel. humaine — . xai tt. twv i^aï.. dans l'idée des choses familiales. XI V. 38. pour interpréter. HéL. dans la notion spécialement religieuse des objets pénétrés de mana et conférant la Ti^xy]. 13-15.ayôvTôî. 1. A7i[XTixp6(. les éxaîpoi étant considérés essen(293) De là un point de vue quasi féodal tiellement comme des compagnons de guerre dans des exemples comme II.vr^yùps'si Taîç xo'. II. 25. 5ie<j6ai oè oîxésiv a[jLa toûto'.v TiixViv. 0.. 65 soin de chacun des animaux sacrés dévolu en particulier à certains Égyptiens. II. 1... — — : .. n*> 72. 60. on comprend qu'impersonnelle. (292) Pind. considérée d'un point de vue spécialement humain. SiSùvxe. Hérod. Ce qu'est cette t'.. qualifiée de Tiiias..î yf. à la notion bien attestains emplois où Ti|jiYi — tée d'un « honneur » du clan (293) : et des relations récipro- (290) 'Ihuc. ter Et maintenant. mais active. G. PaffiXêî. de ce dominium foncier et religieux de la famille(291).. entretient toute la force d'une expression comme^t-pial 7:aTpô)ot. et quel en est le sens religieux. H et s. loi con- J. réalité même du groupe familial fortement dès lors. 3 : xal ixi vûv ol èx xoû yévouî 'AvSpôxXou ôvo|X3t^ovTai en particulier xai xi tepà xf. dont la représentation plus ou moins consciente./] n'est autre que la vertu du groupe. les descen(291) Cf.vaî. (292). f/ovT6î Ttva.. VI. chassés par les Pélasges et venus à Sparte.. 1. dans l'analyse de la Tiji-y].(. 4).ayj : divine et ti|jlt. et /. transmission héréditaire de : la fonc- tion divinatoire.. Hérod.iô. xiixaç. et nous ne disons moderne de pensée attestent un même type d'abstraire et distinguer à savoir cette pensée religieuse concrète que nous : — ainsi que par besoin avons lue souvent aux « origines » et qui s'affirme ici. waxep ai àXXat iitotxtai.

(àtîjxoi 5' Eurip. les autres emplois de la même : . 351). [x' Od. Cf. vs|ieiv). individus possèdent. qu'ils possèdent môme les uns «à l'égard des autres et qu'en définitive cette représentation ne fart que traduire. 271 XVII. 75. un Ssàoç : à l'opposé.. o^-^eTa!. 78) (jîiXwv raTQjjiÉvtji cpcoxi (296). pour alSoiç. celui qui est « sans (295). La Tipivi n'existe que pour qui a bons «piXoi. X. 696 (àXX' su ^éyouari toTç 'fiXotç Ti[ià. lui confèrent une communiquentle sentiment de sa dignité : l'homme de haute naissance bénéficie du haut honneur de sa famille (294). En une formule éclaPindare le dit (A^.. Médée. 288. êaôXôç. Au mot ^fXoç. au demeurant. 123.. le sentiment que la valeur dans le vévoç et origines dans la primitive société d'abord une notion religieuse. ïytK «'. etc. p. Ag. de l'individu émane de celle du groupe. 142.. Soph. III. parents tante. que cette comme le mana personnel pensée revête un aspect subjectif n'existe que par la force et la vertu du yévos. la notion grecque de T « honneur que » a mana particulier que.à XVI. 1351 lafxèv o'i axepoixévav cp(Xwv). 1429 (dTÎsTov eti as Aj. parce que la personnalité même de cet individu tient par toutes les fibres à l'exis- même de ce groupe. On conçoit. » est un misérable.JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 291 celui-ci ques qui unissent le groupe familial et l'individu le do ut des de soutenant la -ïifjivi de celui-là et inversement — — la TijjLY] religieuse est Nous conclurons que ses une image magnifiée. c'est par lui. ce mot. les . celle d'un familiale. reflétées dans la sécurité morale et lui conscience de l'individu. Ti|ji. 384) et voir supra. n.(TopôwvTa. et aussi Od. 161 Vlll. marque la synthèse entre les idées de gloire individuelle et de puissance familiale.. (295) Par ses différentes valeurs (cf.. dans le seul langage que connaisse d'abord la pensée sociale. pour Nestor reconnaissant en Télémaque le fils d'Ulysse la valeur de uéSaç... qui désigne la parenté dans le groupe familial le plus mot TifXTi est également associé dans Esch. comme tous ceux du même groupe ou comme les termes antithétiques (àyaôdç. . le XP^. 393. 230. VIU. et il le sait bien . 90.). dit Médée abandonnée par Jason). lîpô toO cp^Xot. cf. de même cellestence : ci. 92. etc. (294) Cf... VI. IV. notamment Théognis. chargés de soutenir sa xijx-^. . expression [Od. au sujet des rapports entre Achille et les siens. (296) ancien. preux parents. <ié6a<.

aperçoit que. la t'. c'est la généralisation et de Tabstraction. qui va . àv Èîopwv.T* Théognis. une transmutation des valeurs usages scandaleux la vraie tiixt]. réactionnaire » comme Théognis (298) gémira d'assister à . 37-8 privilège de certaines familles On sait qu'à Athènes. AT. xaxto'jç Se \il'/6vz%s Cf. Mais rapprochés. [j-èv (298) yo'. dans Soph. — dans la direction. atteste un privilège (297) TtjjLY].. familiale. nous le voyons dans deux séries de faits sémantiques. celle qui et de voir prostituer à des la traditionnelle. 24 S 8' (se.jjLoijjLsvo. les thiases et les orgéons sont des familles mineures que la réforme de Clisthène a mises sur le même pied que les (291) Ti-AT..292 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE IV Si tel est le point de départ de la notion. dérivée. T'. Ce procès accompli. et presque féodale se distinguent des autres par une naissance plus illustre. D'abord.jxtv TOti. la familiale.!.v) T. xal xaxô.. a fait place à une notion plus intellectuelle. fr. Ttfj. de notre idée « rationaliste » : celle de la dignité de l'individu. 103 : honneur richesses sont chose ins- . La pensée est a subie plus générale. et la TifiT.fi.. ysve : TroXiTaiç èaTÎv.\k-r\ s'est transformé pour devenir.-/]. un exclusive. X.. comment et pourC'est le double problème qui se quoi la notion a-t-elle évolué? pose maintenant. III.). mais ceux d'un groupe plus large et gène et elle est devenue plus plus complexe comme est la cité abstraite en ce que la notion concrète de mana. Ce qui apparaît tout de de suite. Dém. (itoXûv'^wTov Yévo. i^^xf^ i la continuité se : marque entre : la Ttjxfi primitive. 666 TCi'j. XXIII.. dans la cité commençante. par suite.. l'em- ploi de table. qui en était le noyau. — yévTi proprement 0Ù6' dits. 25. marque comme le front des bien-nés.ijlt] parfois prend certains hommes couleur aristocratique. ces : Pind. encore. c'est la cité qui devient la source de la Tip. on irrésistiblement là . Comment le cadre de la 'z^. « àJv sXa/ev. civique *'^*' cf. /. par moments. àyaOoyç àTijxoTépouç. » et M 10-2 : ti. et : leur « ou bien. xev Taux' dvéTifAT. celui de la cité comment. par la transposition qu'elle un progrès dans le sens devenue : elle n'a d'un groupe restreint et homoplus eu pour objet les membres comme est le ysvo.

une idée morale a succédé à la conception religieuse jadis. 21. De ces exemples aux (299) été 1. [AncToc]. (302) Les vainqueurs dans les grands jeux n'augmentent pas seulement la : : . centre sensible de la cité. .. Lois. on voit la règle s'exprimer spontanément. XXI. et En même clan (302). 6 et s. et le respect en eût été commandé ]^ar son caractère sacré et la menace d'une Erinys. on voit s'alïirmer un « honneur » de celle-ci (301). n" 725. XXIII.. notre commentaire à Platon. 1888. pensée les Athéniens ont accueilli les suppliants et les ont défendus « pour l'honneur ». f. de 'ASeîaç (300) Sur la xoivr. Goldstaub. : 1 et s cf. de même par le vouloir temps. que ti^l'/i notion de rite défini contenait. gloire IV. knilix. M Par suite.. XIV.. Vratisi. 97. Tiva Ti[x-f.cpopîav (cf. 66. 56.). VIII. (jTe'favT. on eût parlé de la tijjlt) de Ihôte ou du suppliant eux-mêmes (cf. 32. on voit la cité soumettre impérieusement la xii^ri et c'est le second moment — nouveau qui — — mieux encore. (303) (Je leur famille. . et l'on voit se répartir les constituants de la cité (303). p. 306. la conférer ce peut être toujours.. il cesse d'être conçu comme aussi étroitement spécifique. pendant avéré de l'ancienne Tt. M. par exemple. 67 et s. 67..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 293 : exemples laissent deviner un nier atteste le moment de transition le der- prestige et la force d'un groupe veut diffuser. de conrelativement abstraite. Tiaa'l entre les éléments Le second procès est solidaire du premier : si 1' « honneur » se « démocratise ». art. le dernier exemple montre bien un changement dans le mode de . l'idée d'un ou d'une chose particulière dont l'accomplissement le ou la possession garantît à l'individu la vertu et la considéra- tion évoquées par terme d' « honneur ». C. 33 irspl Ttavxwv oTç àv KÔ'k:^ Tiv' àÔsiav f. que ceux qui ont honorés » par leur tribu doivent faire une consécration Michel. Od. Adeia dans le Dict. Nous avons vu. démocratiser la ti^jl/]. 1 XVllI. presque analytiquement. IX. (301) Par exemple Thuc. 1322 b 26) (300).. conféré par la cité dans Dém. V. Caillemer. et par le fait qu'il se démocratise. Voir les textes cités n. revêtu d'une émià sa sphère d'influence . Œ.|ji7i du la cité. C. la lient du « commun foyer » (Arist. I.. 49 1278. 63. — Même titre religieux : nolione et usu in iure publico atlico.v 8w (cf. Soph. Poi. : nenle 8. un titre religieux que le titre à sa possession (299). dans les exemla ples du mot qui témoignent d'une pensée primitive. Léoa\. etc. mais la tijjltj de leur cité : Pind. qui en soutient la représentation devient. au fond.). et la pensée religieuse ci'ète. mais le magistrat. 28... p. Lyc. des Ant. /. dans un sens abstrait chez Dém. 122) f. Tipiy]. Ensuite. 856 X. 11.

1124 a 25 et (306) les hommes Dans plusieurs exemples caractéristiques de Platon Rép. Cf.. » L'idée même de considération est XXIX. cf. 42. 298. fort travail y a déjà fait son remarquablement. naissance.pivi.. etc. r. elle terme quer la Titrai. — bénéficie. IV.jl>. (304) Arist. 216 D-E. IV.. Platon. 1134 b 6. ou môme à un ordre de métiers (306).io'jpyovj. souvent. t>. . V àTroSôvTci. 1. Thucyd.xo... 5. dans le régime de encore Tijjtrl. en vient à évo- du fonction sociale dévolue à chacune des classes. 209 et 316 (la TifiTi : émane des Athéniens assemblés.. en faisant perdre h V^ùyiessentiellement attachée à » l'individu. à savoir. 111. 434 A : tsxtwv uxuto•tô}ioy è-i/stpwv Ipya : ipyi^z^rbx'.. Nie. 233 D Arlst.. ih 7. 3. Prohl.^(jav Ti[x>. avec abstrait que le y£vvy]Triç. (305) Théognis. 1302 b 10 et la « s. tt. : : êiv xe o"f ÉTêpoç è'xyovoî u-nio/aXxoç T. Nie . E/h.. plus intellectuelle. 8. . ?...j..ç s'. Po/. IV. confère la n'en est pas moins vrai que celle-ci tend à être conçue avec le citoyen. comme « honneur : son prestige exclusif.. la T'. etç yôojpyojç . : XVIII. en quelque sorte initié par un — y encore il a évolulion. s. comme le droit en général.294 RECHERCHES SLR LE DEVELOf PEMKNT DE LA PENSEE exemples modernes. Sans doute. la Il vertu d'une chose religieuse qui. avec xaXwv xàyaOwv 1123 b 20 . 434 A-B si un homme que sa de la a xi ôpyava ixExaXatxêïvovTSç -àVAi^Xwv f. et même plus défini que jamais. celui d'une valeur Aussi bien. t t i . 415 R-C de la classe des magistrats ont une obligation impérieuse. Ainsi davantage VJiomo comme immédiatement donnée èire civis. ou qu'un « guerrier » veuillo faire.. Phèdre. elle est de plus en plus pensée comme interne. n. par le fait môme. /aXxf. mAle des affaires s'^conde. l'individu qui acte de reconnaissance 'zi\t. Elh. c'est et d'autre part.xôvo. . Platon. et beaucoup plus qu'ayant commencé par être. a rendu possible une pensée plus détachée du concret.. XXIll.. V.v tT^ «ûîjsi iîpoTT. 197 xéxpicreai irpwTov. 10. a maintenant différentes sources. association cptXavOpwTTt»). nature » confine dans la troisième classe se [jl . extérieure.. au lieu d'être dérivée de la seule éminent. dont l'idée par suite est plus conceptuelle : la division œuvre.. -oXù (jlcIÎJwv ti. 8t.'t\ . — VFII. ûtcoit£5tjPOî yevriTa'. Le sentiment de la vsia société y est certes toujours présent.. appartient au vsvoç naturellement certaine : il esl-il qu'il n'y appartient pas a été intégré.. Bang. wTOuaiv sî. III. mais d'une société plus multiple. office de . d'une la cité. la richesse en particulier (305) la révolution morale. une idée abstraite Dém. Arisl. s'explique le sens plus ou moins abstrait que prend le mot dans certains emplois de l'époque classique (304).

145. chap. mier ne peut pas être pris dans un sens ironique. Lois. vefxo[jLévouç xà auxwv . L c. § iv et § ix.. Confionté avec les autres exemples.^. Aj. p. vcal 631 C-D)..14.[ji7] ait pu subir une transposition corrélative.. on peut apercevoir qu'elle a eu dans les débuts de la cité un usage bien notable. de « partaj^'e » prime volontiers (Hérod.-/] : or. I. Lois. la dérivation qui s'est faite d'une faut se reporter à la phase sociale qui a précédé et préparé Il la cité. partie. on relèvera aussi.. Platon. voir aussi (308) Voir éxdtffxou. il est évident que l"-" . sous règne de Cécrops. notable. 624 Phil. Eum. pour comprendre il telle idée. 1062. et que de leur synthèse a résulté la loi commune (681 G). ôpyava .. ApoUod. propriété de la famille comme « réparties « à l'intérieur du groupe nouveau.. décidèrent de prendre possession des xi àX^-r^Xtov ouxoi « conseiller I. Il est à remarquer que l'idée de tiijly. 2 : I.xsTaAa[jLSavwffi xat xài.-. et le livre III vôjjio'. prélim. souvenir de traditions irrécusables (680 B) dans le tableau de l'humanité primitive que retrace Platon dans la première partie du p.. xifii. dû lui enlever sa valeur première. y a une véiitable^ intuition historique comme le dit Hirzel {Themis. II. 6.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE 295 Ce qui revient du réginie des vévyi au régime de la passage pourquoi cité s'esl-il opéré de telle sorte que la notion de la t'. III.178) suivant laquelle les Dieux.^ chap. et où la synthèse commençante entre les ^(VJT^ fait apparaître les Ttfjiat en principe. 1351 III. IV. cf.apparaît quelquefois en relation avec celle (680 A . que ces vô[j. quelle cause assigner? : A à dire le définir? Cette notion d'origine familiale et religieuse. — — se conserver dans le la tradition (Apollod. encore que l'usage ..ot se rapportaient notamment au culte (681 R). 1. 369). ». le pre- chap. l'expression visiblement consacrée. des Lois : nous y voyons que chaque famille avait ses -rrà-piot 681 C).. 696 A).. Il y a là toute une pensée qui semble répondre au moment de transition où la cité se constitue. celle que nous venons de cette transformation. Le souvenir d'un pareil état semble . 14. comme répondant à la dis- comme ait tribution des Y^vï] sur la surface du territoire (308).. . 632 B Soph. de xi[jià? véjjieiv (Esch. 111. Thucyd. (cf.. 178) (307) par où s'exla notion primitive du vojjlo. . Nous avons déjà fait allusion à l'apanage religieux que possèdent certaines grandes familles et que désigne le mot Tip. (307) Cf. prélina..

1-2. 158 et s. L. Lef/es 239. 315-316. SitppL. s. la Socrae. accentue le côté politique dans le tableau des origines de la cité (II. pp.. £crT. Critias. les Kèrykes à côté des Eumolpides l'extension à toute la cité d'un culte patrimonial a pour type celle du culte de Zeus Herkeios. voulant conserver /.. . 9. 1319 b 24 sq. II. de sept daus une inscription axoi/T. et justifie la lecture de Foucart. IX. 6. Feste d. . La Polis grecque. Ziehen. par intellectualisme. Attische Généalogie. ôeoïî TCûXeiç xaTaXaêéaOai. [Lys. suivi par Michel forme ordinaire. certain qu'une pareille évolution a exigé des siècles : c'est le nom de Thésée qui. IV. xwv TrpwTojv |3ajtXéwv 'faaîv. é'xacTTOC. Wiener Slud. Cf. (311) J. n» 71 cf. 44. 265-266. Gotternamen.. pp. \\~. Francotte. . de Sisyphe (Diels. Schenkl in Sic Foucart in I. . les Hèsychides est tenu par une autre dans le service des Se|jivaî. n.. Au demeurant. A\0 A. (313) H. 34. VI. d'ailleurs. p. 1. il est bien cultes — . Thucyd. irdxpia familiaux (Michel.. Usener. (309) Cf. l'aoriste avec àv est plus attendu. 1. G. Hérod. De des exégètes. p. C. la symbolisait. [è/aeyôjvTai. et si Thucydide. YôJvTït n» 4.. L. Athénée. six 59. « interprètes » du droit religieux et dépositaires de l. pp. 7 et s. (310) Cf. Tôppfer. n» 480. H. synthèse religieuse qu'il est permis de reconstituer. (309) dont il question sont autant de centres de la (310). è'jJieXXov ej^stv Ttfxà. (312) /rf. v. o. èv c. fragm. 620 sq. 268. l'association de plusieurs yévt) dans la vie religieuse se marque dans le rôle secondaire qui est dévolu à certaines familles pour l'exercice d'un culte où le rôle éminent les Thaulonides dans lesDipolies. est riche de suggestions : patrimoniaux à l'origine se traduit dans l'exclusion des Eupatrides du culte des Sefjivat. Cf.svoi elacpépouai.... Jjxeîxo . . 2. Lex. xxl l. Cicéron. celui-ci ne s'en éclaire pas moins par l'indication qu'il nous y donne au sujet des irpuTaveta primitifs qui sont des centres religieux. ont laissé leur trace Sur de des dans les noms « patronymiques » de dèraes (3H). . 10. Platon. où sont rapprochés È^Tiyetaeai et Vorsokrat. n° 71. xaxi luoXeiç Apollod. d'où la forme : èa7)Yeï<ï9at qui paraît attestée dans Michel. et par les explications dont il le fait suivre en rappelant des « foyers » — les nombreux sanctuaires qui sont groupés auprès de la cité. II. r. ad Alt. Kirchhoff. lesquels y^vt.Y6Ïaeai .. d'autant que la première notion pourrait bien être celle è^r^yt]xix'i. 16 et 25 . est réduit à lire [èycht. là Dans le rôle anciens y^vr^ ont importé et enseigné leur culte. 4. I. 15 : sTtl. Mommsen. 52. pp. 2.. : èitl toutou (Cécrops).) précise le sens de la réforme de Clisthène lorsqu'il parle de la fusion des cultes particuliers dans un petit nombre de cultes publics (312). d' « introduction » » entrer la tradition les exégètes « font plutôt que d' « explication » de leur Y^vocdans la religion de la cité. les l'Acropole. p. Sladt Alh. lettres et A.' Et Aristote (PoL. telle qu'on peut la conjecturer d'après la formule de serment des archontes. VI. 1. 25. 4.. p. 15).].). n° 27 b. p. 176.yip Ksxpoiro.. IV. au point de départ. 4-5 : xaOÔTt Sx{p[ioa]i £S-riyou[j. B. Michel. etc. soit au lieu — V. H. 36-7 (xaOoTi av PvjiJLoXuîôai [è<Te]Yé[<To]vxai) (313). p. aï. etc.296 diverses est ici RECHERCnES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE « villes » où chacun devait être honoré ^(i'^ri : lesirôXei. 170 et s. Timée.5dv .) . 1. 'Attix^. l'ouvrage la spécificité Tôppfer.. 49. è'Soçe toï.

Rapprocher le cas des « labourages sacrés » qui ont lieu à la fois à Skiros. IV.. conj. 1).pye 'A9T/^aîwv. Ainsi dut se faire cette synthèse religieuse regardée (314) Ce mouvement de centralisation le fait (cf. Chr. 'ctfJ.. Zeit. Thuc. le culte étant identique (cf.p.6. — Praec. — cf. Récit symbolique TTOÀ'. 1852. celle-ci put introduire dans les cultes patrimoqu'à niaux ou choisir dans les familles privilégiées ses fonctionnaires à elle (317). VII.f. Et derrière les on entrevoit toute une vie religieuse particulariste en la centralisant (314). . 66 : HepiiXXa r. p.7Î. Vers.. Sur cette centralisation religieuse en général. lîpôfjLavxK. Sylla.. 'AS. noX. cette propriété s'est étendu le droit éminent On voit très bien dans un récit d'Héro- — dote.. rites et de culte. XIII).^ pp. VI. 6. coup dans : I. I. Hérod. et enfin auprès de l'Acropole (-Plut. art.15) £v6a Bt\ C'est peut-être ainsi qu'il faut entendre le mot tiixaé dans Hérod. 410 et s.). peuvent associer le ministère de plusieurs familles. quoique pris obligatoirement dans Ehrmann. 1. Erinys dans le Lexikon de Roscher. Petersen in Arch.!. d'abord parce que les cultes de la cité. comment dont le principe d'objets sacrés — se est privilège religieux d'une famille rapporté à la possession exclusive le perpétue dans la cité et au service de : la le droit de la cité.. xàç èoûca!. 144. LVII. sont nommés par le peuple. yépaç héréditaire. 26. 6) : mais sur 153. u. à Colone et sur l'Aréopage.aî : cf. p. parmi (Arist. 15. s'affirme général. Paus. I. au moment où ils les yévyi se fondent dans un apportent avec eux leur contingent de groupe nouveau.. : prelibiis Atlicis [Religionsgesch. dans la plaine de Rharia. un parmi les Kèrykes. II. col. d'un groupe supérieur. Elle a accepté que mais en les soumettant à son empire et les cultes familiaux dans une certaine mesure à sa réglementation. — XXI. mais surtout parce que la possession des Tiaai fut comme une sorte de concession de la cité (316) et ce titre. : (3. 3]. hors d'Athènes et dans Athènes même ainsi les ilsfjLvaî.. Rapp. Vorarb. 1. XLII...38. yévïi (315). 59 ô nsKJÎaxpatoç r.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 297 En résumé. lètes du culte des «léesses d'Eleusis sont nommés par le Les épimé- un peuple les Eumolpides. le grain provenant de ce dernier était destiné au culte à'Athènè (Plut.. et deux parmi tous les citoyens 'AO. comme plus complexes. oûxe xifià. Uol. De iuris sacri inter13). Paus. Les -ci^olL traditions. 1331-2).. (317) Une partie des exegètes des la Eumolpides famille (cf. la cité s'est intégrée : correspondantes n'ont pas cessé d'être la propriété de certains Clisthène la leur maintient (Arist.. auvTapa^aç O'jtc 6£a[xta (316) èiraûaBTi D'où "^^i^ le droit de retirer les Tt|j. qui est proprement leur Tt.. 4) se marque après que certaines divinités ont leur culte en différents endroits.

2. Le mot oTxo. Sans doute. 356)..). . Mais à l'époque classique.. p. d'un fonds d'efficace religieuse. il désigne la «grande famille » (cf. : En définitive. et c'est à quoi remédie l'adoption ('(va {xt) £^£pT. famille au sens étroit.].. Aie. Meillet. est apparenté à plusieurs termes des langues indo-européennes. l'assise profonde restée. etc. et notamment au latin vicm. I. il serait « déserté ». Inlrod. v. : La elle ne laisse pas d'en prolonger la mentalité. la continuité est plus profonde encore qu'il ne l'a paru jusqu'ici. [Dém. (318) de là l'emploi du terme pour désigner la fortune des orphelins dans l'expression {jitaOcoat. appartient virtuellement. i. de la famille primitive même.de larép. l'extension s'en est réduite en même temps que celle oTxo.jjltî qui se répartira maintenant entre tous les citoyens?— mais qui. H). sinon d'une source religieuse. T oTxo. cultes qu'elles ont introduits. par excellence. possède une vertu religieuse. entre tous aussi la tiu/.|ji-/i . en un sens. en quelque sorte. c'est l'unité sociale [Dém. : opposition à qui désigne tout « proche » qui possède une vocation héréditaire (àY/ioreta). 20). Les anciennes valeurs se et. à Vét.. est la continuation manifeste de la famille au sens large. de la mère et des entants en l'absence d'enfants.. (318) Cf. (cf. etc. o'xou (Dém.v dans Eurip. XLIV. ^ p. XXXVIII. 23 ôj' o'-'xiov XTjXoupyojv-wv).298 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE que fut essentiellement rinl(3gration de la cité où commence à naître l'individu. D'où pourrait dériver. celui conservent. XLII. pr.des langues L e. . àiroxifjLT^xaî). par (Beauchet. Harpocration. l'expression SdjAOv èpfavôv a d'abord eu un sens étendu. comp. est bien yévo. mais l'o^xo. de la pensée qu'avaient élaborée les premiers âges. comme oîkoç.|jLto6fi 6 oTxo. s. est proprement la domus du père. l' olxo. après 'la dissolution la même du morale.].. Dr. 13. 656-7 : 6(5[xoç. en un sens.. XLIII. à l' oTxo. et par exemple le terme d' olxetoç de la famille elle-même yévoi. XLVIII. sinon les ysvri de Antinomie qui s'est résolue les divine descendance? ont gardé. ath. se ditTuse. entre le moment de la famille indépendante et de la cité souveraine. il conserve encore le souvenir de son passé. 4. leur mais elles ne familles illustres et comme tous participent aux l'ont gardée qu'en la donnant — : Tt. Xe(iie'. du de cujus : ([Dém. VI Aussi bien. la t'.. représente alors un groupe étroit. à l'origine.]. : cf.

£VTjV. [Andoc]. p. Arist. générale et presque techniquement. comme ayant droit de faire a'.. XI. mauvais traitements à l'égard des parents. [Dém.]. consiste dans la modicité inadmissible de la dot (rapprocher : la loi citée distincte dans [Dém. Lois. Dans tout cela. X. IX. 75. Demisch. 543. XL. . épiclères Isée.. âàv ôé -zi^ Jôpt^r. I.. § 2. elle n'en conserve il la réglementation que notable qu'elle vise pour une large part. par cette préoccupation des sacra que nous voyons si vive dans un plaidoyer comme le continuation étroit. 6(p' wv f.]). du terme En dehors d'exemples IV. R.. .. XLV. dont il est traité à un autre endroit. et dès la législation solonienne. mais aussi par l'impossibilité morale. pour un débiteur^ de libérer les siens de la dette en les donnant en adoption dans une famille "étrangère (Glotz. pensée de défense familiale que nous rapporterions l'extenexceptionnelle. X. XLIII. 53). en général. TuSpi. Or la cité. Solidarité. IH. Il. XXÎ. spéciale perpétrée contre les parents. 48) qui ne se manifeste pas seulement en général.particulières ou plus sévèrement réprouvées que dans les cas ordinaires chez Isée. Lois. III. Ce groupe dont l'unité se reconnaît encore au fait d'un habitat commun 13. « maltraités » par 66piar[j. It la première catégorie de parents définie par la loi de Dracon. u. p. de la ypawTi uSpstoî au cas Apollodore contre Phormion. uôpuav.]. cf. 114 A oj.. plus menue et la famille subit la désormais intégrée à un groupe supérieur. 13 (cf. Médée. . il s'agit d'u6p£t. 82. déjà significatifs comme Eurip. . simple d'où la réaction de la affranchi. 14). p. Ion. 1366). le « maintien de la maison » est l'objet d'un sentiment religieux (Wilamowitz. Si.xia-:a £XP^^ (orphelins : .oeatç avec le meurtrier. 885 A. la protection môme des membres de V olxoç en tant que tels (319). fondant l'action xaxcoaew. il correspond à ([Dém. à la condition d'un accord unanime qui est le souvenir certain de l'état piimitii". d'une façon d' jêpiç. loi Esch. 880 E sq.]. 11 est bien notable pas moins son individualité propre.. 927 B et 927 D. 54). r) Tzaïôa }] Yuvatxa. : Contre Macarlatos.évou. 10 xaxojîjOat. : contre les orphelins. 4 (l' liôpiî de Phormion aurait consisté en ce que. loi sur 1' ùfjpi.. . . correspond. contre un purent [Dém. leurs tuteurs) comme : XLIII. Ath. ..JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE l>a 299 même du mot a une profonde raison d'être. Phédon. 10. d'ailleurs : famille).est des coups. souveraineté de celui-ci. correspond à 113 E. Eurip. (319) Voir l'e partie. lui impose est bien aussi que l'atteinte à ces derniers soit dénommée. p. Plat. 66pî^eiv à propos des tuteurs et veuves) (320). hérite de la moralité du ylvo. à zlacc-f/sKkevj et à û6pi^o{i. u6pt. il avait épousé la femme de son patron (320) C'est à cette sion. : XXXII. chez Platon. 45-6. 15. l'uôpi. (uôpi? contre les orphelins. 810. 885 A. nous relèverons particulièrement Lys. 45-6 : .. die Schuldenerhfolge im att.

le manque .{jL7i est l'objet d'une religion inquiète. sur toute l'étendue de la cité.'j et n. de fait. n'est-ce pensée du même ordre que tendent à universacertaines innovations. confond avec la xàx(oai<. (322) : : : . les sentiments dont la famille est le foyer. celte vérité se déclarer. chez Arist. 'AO. la cité rapport d'interdépendance qui veut que celle-ci subsiste. 115). Le terme même paraît sous-entendu dans Ttixoipeiv (xifir^ et xifxwpsïv s'évoquant l'un l'autre dans l'usage courunt Hérod.. 19. Les sentiments que la famille éprouve normalement à regard de ses membres. 1. ïlol. devenu pour une part moins conscient. vis-à-vis des mineurs de condition libre est sentie comme plus intolérable (321).. Dans des conditions analogues à pas une liser la fois et profondément différentes. IX. à sont unis par la charge de tels membres et en faveur de tels autres. cependant qu'en intervenant de plus implique-celle en plus dans la vie de la famille. La TitjLrî des orphelins et autres la — car si le terme ne se conserve plus. rayonnent sympathiquement autour d'elle. nous voyons dans la vie du droit que 1' u6pi. que l'individu et les siens un lien nécessaire et que la protection de l'un des autres. l è. cf.300 elle RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE se qui désigne. comme étant Et sans doute. Appendice 11. 29. p.6îva'. ont dû avoir pour objet primitif la protection des membres de 1' olxoç cf. particulière. l'expérience grecque est ici succédant directement à la famille et rete: atteste le nant beaucoup d'elle dans sa propre constitution mais par là. et parallèle à cette acception. comme anticette Tt. elle nous offre à l'état de grossissement un phénomène général. l'Etat ne fait que définir. elle Par quoi la cité : l'unit à la famille sa condition à elle. 932 A) d autre part. entre une pensée primitive (321) et une pensée rationnelle. thèse de r uêpiç — pensée se continue (322). En regard de l'acception générale du terme 'j^oh. supra. l'emploi spécial méritait de fixer l'attention... TU) ^ouXo|x£v(«) xijjLwpsïv Cirèp twv à5txou(jLsvwv. l'expérience Sur cette variété de V dêpt. les devoirs que reconnaît ou pressent une moralité diffuse. à propos de rinstitution des Ypaœaî qui. timides parfois. yovéïx)'^ platonicienne. et en attestant de la façon la plus concrète la continuité efficace entre une société primitive et une société déjà avancée. du droit contem- porain? En nous voyons dépit de la « désagrégation » apparente de la famille. dans la terminologie d'égards (XI..

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 301 grecque ainsi : d'une interprétation qui se traduirait clan. les sociétés humaines semblent avoir conservé en l'adaptant un souvenir lointain et impéest susceptible du rieux. c'est dans le cercle de la famille que se situe d'abord l'idée d'une valeur de l'individu. source de respect religieux. dont elles dérivent. .

.

le dépôt d'anciennes notions qu'à travers eux il est permis de déchiffrer car. Nous étudierons successivement comment s^élimine la institutions et les : alimente — l'histoire des notion primilive de délit objectif. lion (lu délinquant se constitue : — l'histoire des mots relarde à certains égards sur de la tantôt ils pensée qui découvrent le mécanisme menlal qui produit les notions nouvelles delà responsahililé. mouvement de pensée que nous venons de : en voici un autre principe du délit se l'idée de la volonté individuelle comme dégage et s'affirme. Gomme nous l'avons déjà indiqué. et ils en permettent l'interprétation. môme à une époque récenle. A l'étude de ce la sémantique de plusieurs mois se prête avec richesse progrès tantôt ils gardent. comment se fait la distinction du volonlaire et de l'involontaire comment se constitue .TROISIEME PARTIE LA IIEPUÉSENTATION DL DÉLINQUANT CHAPITRE PREMIER COMMENT LA NOTION DE RESPONSABILITE SL TRANSFORME Parallèle au définir. une psychologie du délinquant. plusieurs désignations primitives du délit retiennent la double idée d'une souillure du 21 . dans la langue couranle. dans le parler non technique. la représentapour elle-même.

ces notions-là que nous retrouverons sont en chemin faisant et comme sous forme d'allusions détachée de ses conditions origisorte extérieures quelque connexes ce n'est pourtant pas — — : prolongeant la mentalité du ysvûç dans un moment où fho. en revanche. . 23 exemples de i[xapTr.v (notamment II. : — il se maintient mais tout aussi usité dans le môme sens jusqu'à la fin du v*" siècle en bonne posture (i) (chez Thucydide. de cette mentalité. histoire en sus d' àôuslv coexistent. chez Andocide). et en raison de prendre Fétiide..xia. de la représentation spéciale d'un sujet du délit. 1 de xô. et on passe à côté et puis. 12 de àSix^tv. 3) qu'il 95. définitivement. Un terme nous y servira àjjiao: général et un délit : Taveiv. dans la première moitié du iv% on voit cet un Lysias. 3) que de àStxeïv (I. voir plus loin.ax. de àoixsïv mais les autres emplois continuent d'en être vivants et multiples. il . 45. lui font .v et sçaixapxave-. 45.xa et àjxapTia. purement privé n. 4. (2) 32. être égaré. un Isocrate emploi décliner. !'« partie. nous relevons . 3 (1. En matière de délit proprement dit. le contenu proprement moral la notion de Montrer comment celle-ci s'élimine au profit objectif.v au sens de delinquere. . c'est ce que nous nous proposons ici. commettre une faute plus ou moins involontaire. se dissout ou s'est dissous. 1. III. Thucydide use au uioins aussi volontiers de âijLapTâvê-. III. 5) ou les « injustices emploie par ailleurs pour désigner le délit » de cité à cité (cf. commettre une faute morale : y a là déjà un problème. On ne lui a jamais prêté. la pensée retient essentiellement ce qui. commettre un mais puisque ces valeurs délit. mais lentement (2) : — » chez la dernière génération désignation du délit tend à disparaître au bénéfice. toute l'attention qu'il mérite. semble-t-il.304 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE criminel et de la responsabilité collective du yévoç. 53. aucun de àStxT. On sait bien qu'il signifie se tromper. encore une grande place des orateurs^ àaapTàvsiv comme : (l)Chez Andocide. Sur cette évolution. 78). 1. se On pourrait demander comment disparaissent : ces deux représentations le biais par on il convient de dansTétat de nos documents. pouvait garder un aspect nelles. : de âixaptivs'. on paraît oublier la fréquence de ses emplois et sa longue et moins technique si l'on veut. § 5. leur âge sans doute.

etc. Lois.. n'' 296) 92 quand la colère des Dieux ment à l'adjectif àjxapTLvooç (4). lontaire. pour pouvoir rtre dérivé immédiatement de la notion simple àeerrare l'idée de la « folie » du crime. et c'est le sens de démens qui s'associe naturelleest par excellence la (3). 9psv( .jLaxa. Soyîxixwv répondant à oîaxpo.(XT. Dans ces conditions.. Léocr. n'est pas purement négative (cf.j.. H.. elle commence l'v' y/'-pW yVWJJLTiV. maladie de l'esprit = : s'appesantit sur sens. IX. sur la valeur primitive. celle d'égarement de l'esprit..v.V sq. 915 : itoX'X' âfjiapTwv : oùûàv wpôwuai... : (cf. au-delà de laquelle t' 'Eii'.. â|xapT{av. Siippl.. pour le moment. 502 : cppsvwv. 596 Bacch. etc. dont le crime est invovolonté a été dominée. IX. 154 et 226) . 881 B.. le criminel est la proie d'un délire. errare^ nous renseigne comme il faut.^ Fr.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 305 De son évolution. dans le premier et le troisième. est un terme plus ou moins juridique . : se transforme suivant deux directions qui marquent progrès de la notion de responsabilité. 1261 cppevwv 5u(T»povwv â.. Commettre un crime. ou dont la oùy àjjLapTwv. notamment Platon.. de l'àTaaôaXta. Soph.. Ag. qui est le facteur du délit le délit existe en dehors de lui. Lois.6sa.apT/i. il faut remonter à : lui ol'atpw èpsuTotxéva cpsûysi àtjLapTÎvoot. Or. Gr. C. d'aveuglement. Théog. Rép. SuppL. 379 C-D Phèdre. 540-2 Le sens de deynens est trop fort. n.. Tr. TpÉTCSt. àuapTwv. Platon... le délit est objectif. 88.). V. on peut donner une vue d'ensemble. mot se réfère à une notion que nous avons déjà aperçue.]. . [Hés. ou qui n'est que cause intermédiaire (3) (5). semblec'est t-il. qui l'a suscité. Ant. ce n'est pas l'individu en tant que tel. . ce n'est pas la pleine volonté du sujet. l'idée d' « ignorance » qui prolonge encore à l'époque classique la notion du délit objectif (cf.. s'est « se tromper » mais « se tromper » en un sens très fort le : . L'àj/apTia Rapportée au mot àtjiapTàv£t. celui-là ne l'est pas.. Ant.M2 : â[xapTivoôv : (4) Esch. adesp. £IÇ Ss TY^V un homme.. 243 . qui a commis en le voulant commettre un acte crimile : Le sens nel . 29 ivaas(5j Notamment dans les exemples d'Euripide. et surtout Esch. 76 psiv. D'une part. slS^ [ATjSèv par lui enlever le wv àf/apTavEi. la représentation traditionnelle de la « folie » apparaît de façon typique dans un fragment de tragédie (ap. encore dans Platon. Lyc. Le sens courant. le terme s^est imprégné de l'idée d'intention celui-là est coupable. 864 D).

xptvojjiévtov Y£Yevr([a. le second s'appliquant aux méfaits de Démostliène lui-même. le terme la. 92 àfjLâpxTjfxa opposé Twv à(jiapxT. lidce juridique de la faute qui commence à se préciser. l'on veut. Dém. à celle qui ne suppose que partiellement ou point du tout la volonté consciente de l'individu. banalisé. V. : délits Dans bien des cas. Dém. C'est seulement dans des juges seconde moitié du iv® siècle que. n'est guère usité qu'au sens de délit contre la cité ouïes Dieux Antiphon l'emploie (III.. l'évolution se dessine assez nettement teurs. |ji£v aùxoù<. le : même dans la première génération des ora- mot . la notion de l'involontaire.6staiv en parlant de coups dans une (7) [Dém.(jLài:a)v Lys. 98. C. àxtov Dinarque est question de délinquants qui furent acquittés parce que la peine légale était ju^'ée plus forte xf. 91 à àoréÔT^fjia.. XXXI. 1. IV.. I. y.. du reste. âixapxatveiv. V. Ant. 8 92. utto xôv.v prenait aussi le sens de faute morale. 6 èjtiv àfjLapxavôvxtov. mais engageant également la pleine respon- — — — sabilité de l'auteur. Encore faut-il remarquer que. 22. le piemier désignant les dont Démostliène invoque l'analogie et qui donnèrent lieu à acquittement. le mot veut avoir un certain accent pathétique. nous citerons Thuc. [6. mais l'homicide.jj. Ant. 27. V. 57 il 60 àîJLapxT. la une cause véritablement substantifs ont En sorte que le verbe ou les : chose qu' àSixeliv le délit pu désigner volontaire qui est l'objet d'une poursuite dans le régime de la cité. I . : . en un sens.£VT. et l'on ne saurait dire alors qu'il soit en matière de meurtre le simple équivalent de iSixeiv 1. . Quant à la matière même de cet k^àp-rr^iia. 91 : àfjtapTrjjjLa : opposé àxoudia àfjiapxà- à Ttapavofxtav. 5. qui se trouvait..[j. . àjjiapTàs'applique aux délits vulgaires (7). 6 Ne retenant ici que les : : . En même temps. XVIII. LIV. LU. 10 par exemple) pour le meurtre. dans une affaire d'écoulement des eaux. on àtjiapxta.]. 274 : : àSixel xt. veiv . et quo dans le troisième.. c'est l'idée de citlpa... Ixtov. dans les deux premiers de ces exemples.apx£ xi.. non réprimée par le droit criminel. xà. toTî â[jLapTT. par la préoccupation de la souillure que cet orateur réveille si souvent dans l'esprit n'est pas un délit privé (6).*^ exemples touchant de plus ou moins près ahta jjlsv yàp cptXwv àvôpwv au droit. (6) la : . chez Antiphon. 4 5. D'autre part. 6 affaire d'alxta LV.. opposé à : rapavojjitav . io. a fructifié le mot est appli: qué à la « faute » plus ou moins excusable. xaTr^Yopta Sï â/Gpôjv àoixr^aâvttov -wv IV. v£'. : àxoudiojv à|jiapxTj{jiàTa)v. opposé à àÔixY^aaort. .àxtov.. si en germe dans àjjiapTâvG). • è^Y. VI. renferme plus que pure idée du délit. 10: Sià xô -^jyeTaOai àxovxac . 69. .306 RECHERCflES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE efficiente.

n" 126). ressort assez de la distinction entre la seconde et la troisième espèce que. ou on le mais avec autre chose. avôpwitot £$a[i. et qui Finalement. mais assez tard. fr. 1135 b 11 et s. les deux notions ainsi opposées étant d'abord confondues du ni*^ siècle : cf. la nature. 1' délit intentionnel.ijLa. Lycurgue n'emploient jamais les termes de cette génération à[jiap-:àv£iv n'implique pas l'excuse. et de théorie plutôt morale que juridique. il y a les actes commis sciemment.. ëyoiys. Fab. 10. Trach. même au iv* siècle. les actes commis à la suite d'un l'ignorance est dans il le sujet . trois espèces de dommages : : il y a d'une part les àfjLapT'/jiJLaTa commis avec ignorance. est hors de lui. accident totalement indépendant de la volonté c'est '^r. car lorsque le principe de voulait. ou on a blessé en voulant piquer. inc. Le caractère de théorie. Aussi bien. famille qu'en y joignant l'idée d'intention mauvaise et pleinement répréUn 'des cas les plus nets est tardif il est de Philippidès (donc : Michel. et on notera l'emploi général du mot dans le principe formulé par Xénophon. . d' àxaaôaXîa. mais il y a dans le mot certaine tendance sentimentale qui le fait spontanément appeler par l'expression d' âxoJatov en particulier. pour celle-ci..apTàvou(Tt. celui-ci commet une faute quand que malheureux ». 38 : ôiroaa Se àyyoicf. mais sans préméditation (àSixT^jjiaTa) ceux-là procèdent de la colère et d'autres passions. et de 1' à-rjàSix'/i[jia. 4. ou nécessaires ou conformes à la nature humaine. lorsque le dommage a été causé contre toute prévision raisonnable.). on ne voulait pas frapper. 1.a) . aussi bien. « même. l'instrument ou le pourquoi de l'acte » (par exemple. l'idée de ou de l'involontaire.. 1123. dans les relations sociales. il y a faute (à{jiàpx-r]fjt. mais qui. mais qu'il a été causé sans mauvaise volonté. vojjlî^o). VI. il y a accident (àxû/^r^fxa). distingue.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 307 pourra ajouter Sopli. L'analyse de tous ces cas montre que logiquement. mais pas très nombreux Eschine.. lorsqu'il pouvait être prévu. TiâvTa àxo'jdia xaÙT' 111. r][jLapTev où/_ Ixouaîa en parlant de Déjanire. seulement chez Aristote que cette dernière analyse devient : se distingue ainsi de explicite. mais non point l'intention délictuelle. : dans celle d' àxr. de la circonstance atténuante : — — hensible. les exemtels orateurs de la dernière ples sont certains. En second lieu. : distinction qui ne laisse pas d'être influencée par le droit. le mot exprime la notion définie du délit involontaire qui comporte la faute et quasi technique au sens juridique. etc.. « On La théorie aristotélicienne est formulée Eth. lors(fjXâôai) qu'on ne savait pas à l'avance la victime. Cyrop. altère la pensée du droit nous verrons même la . ISic. En troisième lieu. où àfjiapxâveiv signifie on peut mesurer parla tout le la faute excusable par antithèse à Tuôpi. il n'est : — choix raisonné et qui font dire de leur auteur qu'il est pleinement àôixo. progrès du mot.

1396 a 21. principe du délit et de limmoralité cf. ou encore àixapxaveiv est {Eth: A'ic. De fait. La division tripartite de 13. Se.a au sens large qui se subdivise en à(ji(xpTrj{jia au seps étroit et àx^/r^iiot. xal à[xapxa: : vovTsç dSixoûji [xèv. \Pol. où T âpLâpxTjtxa.apt-/. au sens fort [Rliét.xetv. mais sans intention pleinement mauvaise. le — — viendrait persistance du mot? Un mot qui désigne le délit. 14). àxu/T({jiaxa. l'évolution réelle du mot ne concorde qu'en apparence avec un processus logique. III.(j. 2. du dr.308 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE seconde espèce pouvait à roccasion confluer avec la première. — L'évolution est purement logique.). au lieu d'être inférieur — à 1' àSîx-rifia. étant chargé de pathétique.. opposé à àS'. est un méfait particulièrement odieux r Probl. 1115 b 13 sq.[j. supérieure. plus précis qu'Ollé-Laprune. xai àStxf. 1110 b 27 sq. II. C'est au second sens que le mot est pris. il y a un à[jLdpTr. impose des représentations qui ne se plient pas aussi docilement à la raison raisonnante. (9) Aussi bien Aristote. Entre le la — concept de délit objectif et le concept de délit subjectif.a-ca qui le comportent. alors que le droit pénal faisait depuis longtemps la distinction entre le volontaire et réelle qui entraîne (8) Cf. Il n'en est rien on s'étonnera que le terme àjjiapTàveLv. à[jLapTàv£t. 1372 b 6 sq.. 'Aixapxâveiv. p. 210.. ou l'erreur de Tintelligence. il commente la seconde espèce de jàXâ6ai (volontaire) en ces termes xaûxa yip pXàitxovxe. (8). chez lui.. 1281 b 25 sq. 22.. H. : les la Rhétorique est sensiblement différente de celle de V Ethique. mais sans détermination précise XXIX. et relativement à la théorie du droit.. ne se fait-il pas faute d'employer le mot conformément aux usages ordinaires c'est au point que.). Dareste. p. désigner sous l'aspect nouveau de l'intentionnel il suggérait l'idée d'une volonté dominée par une force il Mais d'où s'applique à la faute excusable. 100. ]. les à{j. Essai sur la mor. la notion des àfjiapx/. en Gr.) exige qu'on ne traite pas de même qui ne comportent aucun calcul ni intention d'aucune sorte. dans Rhét. 12.(jLaxa crime.). d'Avis t. comme représentant la faute. . 1. . et y est aussi plus large (9). une responsabilité atténuée. pour Arislote. désignera le délit en général. par ailleurs. III. à première vue temps la valeur du mot bifurque. En tout cas. et les â8txT([jiaxa (cf. 13.aaxa saxîv. il n'y a et il subsiste pas de milieu il faudrait que le terme disparût ou qu'il y eût une brusque solution de continuité et il ne : — — peut pas y en avoir. Autrement. la pensée rationnelle eût dû tirer d'abord la notion de la faute .v désignait il : avec le le continue de . de l'idée primitive de cette « faute » qui est aussi une « erreur ». l'équité (to èTriei/i. 1374 b 5 sq. dans le passage môme de l'Ethique où il donne la définition de V «[jLdtpTirijia.

sera appliqué dans les deux sens successivement au même fait. I. il est question de 1' à. IV. dans la bouche d'Œdipe. désignent le parricide et l'inceste dont le crime ne doit pas lui être imputé en revanche. sont confondues les dans àjjtàpTYijjLa notions de l'involontaire pur et simple. 860 D. ce dernier mot.v twv Tiplv -^[jiapTrjfxévtov. n'a retenu qu'une espèce de valeur sentimentale. 1224-8 1248-9). Dans l'usage courant. comme nous le verrons. non pas seulement dans le même auteur. — ples d'An%one (558 743-4. de la langue courante. du pleinement répréhensible et de l'excusable. le mot. 1368 b 6. 7. 2. sollicité par le vocabulaire juriditlue lui-même. cf. 1135 a 16). 10. Platon. Rhét.. Œ. si l'on peut dire. dans le Philoctète (1012.. par quoi s'indique l'idée d'absolution. les mots à{jiapT«vw et à|jiapTÎa. c'est bien la coexistence de ces deux sens contradictoires commettre volontairement un délit ou une faute morale commettre une faute plus ou moins involontaire. 967-8.àfjiâvGavov xov 6u|jiov èxôpafxovTa [loi [xet^co xoXaaTT. le même mot. les deux termes s'excluent (Arist. La vérité. et po. faisant ainsi saillir la contradiction.jiapTÎa ab/pà de . 1259-60). quelque degré.ov la notion d'à8'aYi|xa. Mémor.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 309 le l'involontaire. à côté de xTipia àxouo-t.. d'ailleurs équivoque et insuffisante. dégage Arislote et cela : alors que le concept en question était attendu. a le sens de errore admissa. Eth. ApoL. Lois. mais. 438-9.. III. et elle se rapporte à la théorie socratico-platonicienne de V « injustice involontaire » Xénoph.. le sens oscille entre l'idée de . 509 E. et que l'expression ào(- (10). Dans plusieurs exem. quand il excusable » qu'à la fin : n'avait pas le sens général de délit ou de manquement à la loi morale. de même. : . Gorg. Et les deux valeurs antithétiques. c'est que. pouvait légitimement passer pour contradictoire. 19 sq. Nie. dans la même tragédie. l'expression n'est employée que par les philosophes. ne se rencontrent pas seulement dans le même temps. 1114 a il et V. Durant deux siècles. ne se soit vraiment décidé pour sens de « faute du iv® siècle. 1' — — : Chez Soph. 10.. IX. 925-8... qu'une place était vide. 37 A. (10) De fait. y. et chez un Aristote dont les analyses marquent une avance logique sur la conscience commune de son temps c'est pourtant la vérité. Mais le plus étrange.ur la pensée philosophique. et on pourrait dire jusqu'au bout. l'erreur fatale et celle de la faute purement personnelle. paraissant tourner autour de l'idée distincte qu'à la fin seulement. de la faute excusable à et d'autres encore. C.

et dont nous allons voir. dont Néoptolème. c'est que l'évolution de la pensée ne résulte nullement d'un processus intellectuel. se sent coupable (et qui se trouve définie. Deux dérivés logiques et contradictoires. objeclivemenl. l'avance intellectuelle la : — : il s'agit d'étudier des sentiments et des représentations que la impose aux consciences. qu'ils sont autrement complexes qu'ils ne paraîsociété la traient d'abord. le pas de contenir. Ce qui se lit avec évidence. Pour expliquer le progrès de la pensée. . germe . au demeurant. c'est trop. c'est que les mêmes actes pussent inspirer des sentiments contraires. mais bien le répréhen: sible et l'excusable. 11 ne s'agit pas de l'apparition spontanée et impérieuse de la raison en un sens. dont Philoctète eût dû bénéficier). par là seulement pourront être la intelligi- bles la coexistence des deux valeurs contraires et confusion qui s'élale dans l'idée d' à[xàor/i[xa excusable.310 RECHERCHES SUR LK DÉVELOPPEMENT DE LA PEN?ÉE Néoptolème. puisqu'ici pensée pure n'est pas son fait. de réprobation et de « sympathie ». dès et pourtant. II Dans Tàvetv h plus ancien état qu'on y distingue. celte espèce de résistance qu'elle oppose au concept. térisée comme une tromperie dont l'inexpérience du jeune homme fut victime. l'idée de responsabilité subjective n'est pas plus « raisonnable » que l'idée de responsabilité objective. Il ne servirait à rien d'invoquer la supériorité du peuple grec. qui ne se transforment qu'à faveur d'un progrès continu. Ce qu'il a fallu. la notion d'àixaptémoigne d'une mentalité que nous aurions bien du mal le nous traduire en langage moderne lors. pour qu'une idée première se développât dans ces doux sens. l'une et l'autie sont des faits intellectuelle. une méthode réaliste s'impose donc. dans son foi intérieur. d'une analyse des conle volontaire et l'inditions subjectives de la responsabilité volontaire n'apparaissent pas d'abord. mais l'àfJLapxta est aussi caracvé}xe<Ti<. elle ne laisse des conceptions futures.. par la violation du respect religieux.

. 50. Lorsque Plutarque attribue au superstitieux.. le sens de » trahison ». atteinte directe à la sainteté des Dieux. Ti[jL(opTi!jO[xai 'ItttcôXutov (Aphrodite). C'est ainsi que le mot est employé par : Homère. S 6' sU s[jl' TiP-ipBacch. (13) — les - exemples sont les rares.st. âaipTT. qui domine dans un certain nombre. au moment du christianisme. essentiellement dangereuse (16). c'est. perpétuant dans la langue proprement religieuse. I. xe . o. : : (15) mère Platon. y. 501 6i^(ïi : les Dieux se laissent : fléchir par des offrandes Sts xsv tiç ÛTîsp- xai aixapTTi . : xoiii^é xo: à[xapT{aç ase 6eî 6sotî SoOvai Sixtiv (14) Esch. TidatTO IxeTT.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 311 Nous conslatons que les Qu'est-ce que le délit objeclif? valeurs premières d'à^xap-ràveLv reposent sur un fond primitif de notions (H) elles concerneut la criminalité essentiellement . 536-7.. 212-213: Zsûî a-fsa. les crimes contre les parents sont conçus comme crimes religieux. tragiques et mais enfin ils sont inspar Hérodote pour dési- Oeov (14). 8-9 Eurip.fxâpxavs Swpwv (sans qu'il soit nécessaire. involontaire à Torigine aussi bien que volontaire manquements au rite formaliste. etc. i'Erinys de là des emplois (17) 11 faut se : . xal 7rXyi[ji[j. souvenir que. xal (xXao'ji. une puissance religieuse qu'ils suscitent et qui les châtie. — et l'idée de l'intention- nel en est exclue. (13) //. 8). p. : xal tivuTat. Rohde. Xlll. avec Araeis. IX. — L' âaapTÎa peut évidem- ment être involontaire cf. I. le terme semble bien appartenir au langage traditionnel de la religion populaiie. etc. Psyché.. 21-2 tôv -î^Xiov ajJLapxôvra. XXIV. IX. des congénères qui représentent les mêmes valeurs cf. Dict... 243 A et à l'égard d'êtres divins. Prom. faute (tl) Le mot semble avoir. de remonter au prétendu sens fondamental de omitlere.atoî. rrixs. 1120-1 xiU SfiaT. dans le plus ancien état de la morale et du droit. . étym. la boisson. Hérod. 11. ohlivisci) OcL.. 37). à l'égard des Dieux.[jLa a fourni. par Platon à propos d'une xaxYivopia d'ordre religieux (15). Phèdre. 6.. : . 138 s<. (12). 5) pour dési- ». dont le vocabulaire est souvent un témoignage. tourmenté de scrupules touchant la nour- riture. fie'/). — par gner notamment le crime eU tructifs. Plutarque. le terme nécessaire pour la désignation du le comme dans (12) En se péché.pLa [Salon. dans d'autres langues indo-européennes. p. dvôpwTtou^ i'-sooi. 222-3. ouxt cçiXwv f. 379 C-D : insultes de Simonide et d'Ho- (16) Cf. qui consiste gner dans l'excès des lamentations et du deuil (17).. Boisacq. 68 Hector.. la crainte des àpiapT'la!. IL. xsv â[xapTT). â[j. la « du mot àtAàpTr. s'explique peut-être : terme àyoç (1^ partie. XXI. pp. s.. retrouvant par une intuition des mieux fondée le sens religieux de la législation solonienne restrictive se sert Le même du deuil.£A£^at {De Siiper. — religieuse..apTÎaici (Penthée) Hippol.

Phèdre. 111. Plat. y.v âfiap-zid'i xiîoX'JaaiTo il s'agit de la souillure que contracteraient les juges. (2i. cette notion primitive se : à l'idée postérieure de la Ttjxoipia administrée par la cité aveuglent » le coupable de manière à le livrera la justice des hommes. 93. le mot ojtoç (pur) ou son contraire [Ant. La pure notion de l'àjjiapTia. 243 A. apparaît. Eurip. En cas de condamnation injuste. 138. sion héréditaire qu'évoque spécialement le même mot.]. 759 C. 207). entame le principe à même 88. 12. idée que « : donne suborles Dieux : Tétralogies. ?.. A Toccasion. 243 A. àTceveyxwv r)-.[xaTa cf. pour provoquer une réaction — — et qui. parle d'un xaBapjjLoç àpyaloç destiné à éteindre les effets d'un à|jLàpT7ijjia. 5. C. Vorsokrat. lui aussi à l'origine. fr. 874. p. de « couimettre volontairement un parjure » cf.ueêTjvtÔTa. cf.apT'la puisse s'associer à celle de souillure c'est en ce sens qu'Antiphon. 9. I. attirera.312 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE V « erreur » est La nolion de évidemment solidaire de cette représentation originelle quoi toute incursion dans des forces le religieuses en vertu de doit domaine des choses sacrées : — fatale et aveugle. 115 ou encore dans Hérodote. 139 et Lyc.. plus ou moins lointaine où (22). 6. . P/tén. [â.. (19) D'après l'expression. chap. infra.. de plus en plus. propos du lépreux dont la maladie est expliquée par les Perses comme résultant d'une « faute » mystérieuse à l'égard de la divinité du Soleil. 10. 2.. De là aussi c'est l'idée. (20j Dans le môme sens. est même curieux de voir. VI.]. 3. V. emploie l'expression à7roo£p£t.v ttiv àjjiapT'lav (21) en ce sens que Platon. § iv. 11. taire) . Phèdre. comment. yip6'^(ù SeSoiXÔTaç 8ixif\v.v et àiioXùei. On comme Soph. xal toùî s^ êxeCvwv (22) [Lys. (Diels. 25 (impliquant d'ailleurs une sorte de protestation contre la pensée antique du châtiment ajourné et hérédiPlaton. oùx ea-rtv 81:01 âv xi. dont on a senti le besoin. — On conçoit que : l'idée d' àj/. 10. chez Empédocle.. nous le humain n'y pénal le faux serment qui n'est puni que par les Dieux savons.. VI. peut Hre involontaire l. de la vie (20). justement dans le cas du parjure. C. 6. 6. 10 . pareille pensée est spéciale- ment accentuée. . 20 souligne souvent. IV. H. dans les : : Stà Ta Twv Trpoyovwv àjxapTT. 12. II. le droit a que faire (18) c'est le cas. cette punition est proprement une oLTri qui.. Lois. Ce crime (Soph. à l'époque classique. (18) 11 religieux.Il. p. C. comme tout autre. 11. de la transmisdu « mal » et de l'ajournement de la punition divine à une génération Œ. comme exposant le criminel à une punition sinistre et en quelque sorte mécanique. dans des textes comme Andoc. œ. Isocr. Léocr. Rusi7ns. stsoou. . 967-8). T. 1269. Dans les deux cas. 9. même involontaire (19) le châtiment sur son auteur.

^nrfr.v le crime suscitant la réaction fatale des êtres religieux. (26) — comme égarement (23) Cf. : . dans une inscription de Telmissos. elle doit impliquer une cergnation collective taine représentation du sujet. Vil. à propos d'un manquement religieux âfiapxwAoi è'axojaav [6eôi]v icàvxwv (24) On le construit notamment avec . n» 103 a. si l'on déroulement môme..£iv d'Eurip. éclaire celle OetÔv d'ip-apxîa). 1. l'adjectif àtjLapTco>. l'emploi d'un terme tout voisin chez Théognis. en parlant de Polycrate. d'après la dernière étymologie qui in Ztschr. notera en particulier l'expression d'Hérodote. qui embrasse à la fois le principe du crime et le châtiment.^ de rapports de droit privé. construction significative. etc. et la peine elle-même n'est suppose droit pénal la société élid'un mécanisme raisonné jamais produit minant par voie de supplicium un individu dangereux qu'à Délit . aura le sens de « maudit » (24). 12). par ex. 3. Mitteil. : elle suppose et manifeste l'indi- dès le principe. n» 988. Pour ce qui en ait été proposée (W. dt-xa-a8aXoç. qu'on trouve aussi dans le même cas Arch..apTàv£(. : le génitif des noms de Dieux (formule des tombeaux lyciens. il sera question de la « devoir » à l'être religieux envers qui on a rée comme une chose objective dont — le : péché (25). de l'auteur du délit. laires que nous apercevons la notion originelle d' àp. que C'est surtout dans des textes plus ou moins poputemps. 6'fi'Xsxo) Mt^vI Tupdcvvwi.v 6'fst>. III. G. XLII. et comme en dehors et au-dessus de l'humanité.. le — — la rigueur on comprendrait . Sâ). le pp. Spracliforsch. uêpiç.QtêT. 224. 1' àfjLapxla étant conçue comme chose mystique et réalité en soi. vtat twv tévcvwv oiùtt. 810 -itpôi. Aussi bien l'erreur est-elle conçue dans le terme àiAapxàvw ainsi que — dans les termes àTao-GaXoç. sous une loi mystique du peut dire. mais la notion fondamentale d' dîxTi. Cf. Le sens de « maudit » apparaît encore dans Wiinsch.-Epigr. n.6<. : (25) Michel. la « faute » est considé- le châtiment n'est. 360 : citées 2e partie.apTàSa e^éTzkr^dE (23) .? cf.toÛ(.. et qui paraît plus ancienne que celle de àixapxwXôî saxw sic xoùç Ocoùç à'iravxaç.. ainsi dans C.apxwXôî saxto 6swv T:âvTa)v xai At. 142 : ê^éitVriïe [loïpav. n. I. vergl. f.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 313 I. il s'agit alors : <x[XT:Xax(Tiv irpo'fûvoii. Cependant il y a bien autre chose dans la pensée primitive du délit que cette espèce de « chosisme » qui semblerait d'abord indifférent à toute psychologie. 88-91).. TTÉpiTCTO'j ^^ovéo^ 91 : Kpo^o-oç oï àp. (26) Cf. est d' ixàaOaXoç. -^iV 14 (règlement du sanctuaire de Mên Tyrannos) ijxapxîav où ^r\ 8ûvf\xai ê^siXajajQai (rapprocher les expressions : pour 5x7] et pXâ6T.. il Prellwitz. devrait se décomposer en premier élément étant . n" 4259 le violateur ifj.

s'autoriser de textes comme ceux que nous citons p. 24. p. ni d'invoquer P. J.. comme procédant du mais cette distinction systématique. notamment dans le latin stul- lus. notamment Nàgelsbach-Âutenrieth. aveugle- La bacli. et encore. il puisse y avoir une repré: sentation de l'individu pour lui-même. en soi.. n'exprime que peu ou point. Prolegomena. trop « poétiques » le langage. — A. /. Diritto e pena nel pens. p. cas. nicht im Willen ». et à celle qui pose comme fondamentale la relation de rhomme à une divinité personnelle elles supposent qu'aux origines. 59). il est vrai. que en dépit des Suivant une conception assez répandue. ne se produit en forme que la première moitié du ve siècle. stoliflus. Real. III. des Grecs ne Ta jamais bien faite. III. une pareille notion rale Tournier : ou de Niobé. IV. suivant laquelle le principe théorie en question est notamment représentée par Nàgels« sie selbst Homer. 290 (àxT^) ist also Tliorlieit. comment se le représenter? Il semvoulût parfois piôler à l'époque primitive une plus ou moins systématique. Harrison. et — moderne. p.. prt'fixe. . 2. lence E. représentent Tournier. 299 et s. distingue 1' axrj. apparaît souvent. Mais la distinction entre la volonté et l'entendement est si peu primitive que. même réfléchie. rutit. nous Pavons vu. De vrai. 14. dans sa Némésis.. TheoL. comme procédant de Tentendement. le « mal » essentiel serait 1' « inso» imaginée comme une sorte de folie des grandeurs qui voudrait hausser l'homme au niveau de la divinité inaccessible mais il ne sutiit : pas de rappeler des mythes la comme ceux d'Ajax : philosophie de Pindare (0. la pensée populaire.o.. 286. on peut dire notion d'une psychologie expressions psychologiques de pp. encore qu'elle puisse 6u[j. nous le verrons.. le second « réduplication ». et même le mot ûppt. Eschyle et Hérodote. blerait qu'on Cet égarement. V. et dans une société essentiellement familiale..314 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE (le l'esprit. : : ment de parle la l'esprit. non à la volonté. im Verstande. et le troisième contenant une racine qui se retrouverait dans les languos indo-onropéonnes. la psychologie courante. les trois auteurs qui la représentent de façon typique étant Pindare.^ II.. dans la désignation de la faute. p. qui est spé- dans cialement chargée de punir cette aberration. 10. 104. sont trop particuliers. dei : 6fï*eci. LeM. 34. Homer. classique. pour une part. de turbamento deW armonia intellettuale passablement awcppoajVT^.. qui. et l''ù6pi. 476. est bien arbitraire: l'ùSpiç. le même — reproche s'applique à la théorie qui admet une psychologie intellectualiste du coupable. Dans le même sens se prononce Buchtiolz. consciente en tout psychologie du délit dût ôtre rapporté à Tenlendement. Les uns L'autre se rapporte à un moment plutôt la tardif de la mo- montre en somme que notion de la Nijjieai.

du rapport entre le relion gieux et le moral dans la conception homérique de la faute conclut (29). parce annonce déjà un sentiment qui s'exprimera chez qu'Homère ne traduit les tragiques : le besoin d'excuser. (28) (29) Nagelsbach-Autenrieth. justement à propos du terme àtJLapTàveiv. 294. Gr. TheoL. ici pensée raisonnante à la fois la « poétique » au plein sens du mot. Nagelsbach-Autenrieth. D'où le problème successifs.. Cette dernière hypoelle se refuse à considérer comme un thèse est manifestement arbitraire fait le fait de la croyance au Jupiter dementat. 288. représentation collective et primitive : l'u6ptc. que le second prédomine sur le premier. p. pour une part. côte à côte >- moments — aspects — en ce qu'il les et parfois. En effet. La vérité est que toute tentative pour réduire en théorie la représentation homérique est destinée pp. celui-ci les mettant sur le même plan (27). Schmidt [Eth. la voit chez Homère? Ceci non plus ne représentation homérique. . et trahit plus qu'elle représentation sociale. on voit dans Homère le représentant fidèle d'une ainsi L. : à échouer. /. les qu'on s'imagine trouver. p. a. comme on le serait pas exact. Buchholz. à première vue. de plus en plus senti. celui-là ne voyant dans 1 idée de l'aveuglement parles Dieux qu'un « essai de justification personnelle » sans fondement (28).JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE - 3lo Dii'ons-nous que V « aveuglement » signifie l'aclion néfaste d'un Dieu qui emporte sa victime à la perdition. Les notions primitives qu'Homère retient à la fois et « stylise » en quelque sorte. dans âfxapTàvetv : : (27. parce que l'explication comme en bien des cas. est relativement récente « : la théologique ». 236-7). un peu gratuitement d'ailleurs. l'incohérence de ses « interprétations vient. Trop souvent encore. dans son fond. d. et la théorie est uniquement fondée sur la valeur toute subjective en fait. de l'opposition entre l'idée lointaine du délit objectif et le besoin. relèvent d'une mentalité profondément différente de la mentalité rationnelle dessine d'un trait : Homère accuse même différents la contradiction volontaire les de la représentation morale. qu'on a posé. Nous verrons se situe : comment la pensée homérique est mais encore une tlu saurait être conçu sans une participation la crime ne dont l'idée sujet fois. I. mais ceci encore est beaucoup trop systématique. dans sa forme. est tranchée par les modernes dans des sens difTérents. 254). lequel comprend en même temps trophie du moi (p. Homer. est un produit de et artistique. comme une hyperLa question du rapport entre la causalité divine et la causalité humaine dans la faute. le forcément impliquée par réprobation sociale. d'une représentation plus autonome du sujet.

et 220 : -apaiêauîaî répondant à aiiapTr.. : : : £»£7:o'j7iv. la notion d'invoexister pour elle-même il ne saurait être lontaire ne pouvant Teffet ni de V » erreur» pure et simple. mais la notion est formellement attestée des Dieux Etimen. sans même que l'idée de la conscience morale de l'individu dans le premier en tout cas. l'idée du crime ne comporte pas non plus l'intention délictuelle si le crime se définit objectivement. C'est l'idée que nous avons reconnue dans l'étymologie d' jêpi. s'écarter). considérée en elle-même. Théog. . conscient ou non. J. La notion fondamentale est celle de et on s'étonne que miss : Harrison. manifeste les mômes relations de droit pénal privé et peut ainsi les plier à la nécessité des compositions (Orf. V. d'une atteinte aux choses sacrées (31)Il y a là.316 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE gieux emplois homériques du mot expriment la notion du pur délit reli(30). 113. qui n'ont vie des hommes. chap.). VllI. 301..] Tliéog. p. péché. Le point de vue ferme auquel il Ameis ad IL. Cette antinomie n'existe pas pour la pensée primitive. 140 et s. 218 . dès ses Prolégomènes. 558 et s. le délit : sens moderne du mot. IX. (32) La notion de divinité personnelle. d'une usurpation sacrilège (7:apaêaiv(i>. 501. le cadre de notre essai. Glotz. Mais en revanche. uTrepêaivco). y soit impliquée le moins du monde — ne l'est donc point. Les textes sont cités à la note 13. 332) ou des expiations (cf. MùUer. ne lui ait pas consacré un examen spécial. [Hés. où ces manquements sont pour eux un outrage personnel [cf. 0. qui reflète la vie des hommes. antinomie. pp..3tpTav2tv. qui peuple le monde de forces religieuses participant les unes des nels autres. 583 et s. dans le mythe. IX. ces point de figure individuelle. s'il est consommé par le seul fait. prémédité ou non. non seulement. on la retrouve dans le sanscrit apac</?'«. Solidarilé. ûai}jLov£ç. E. (31) IL. d'abord. ni de la « folie » au Involontaire. 218. elle Ce n'est pas le lieu d'entreprendre ici une étude de ce terme déborderait (30) Cf.) Moires et Kères a'î x' àvSpwv te Oswv ts zapaifia^taî pécheurs filés. Prolegomena. Sat(j.tov. ce sont surtout les êtres mythiques que la poésie d'Homère nous voile partiellement (33) : ces Kripsç. Voir Harrison. pour nous. Ces forces. crime [apa-carali. sinon à la faveur d'un dévelop: pement très lent. fr. p..]. et dans la mesure. . la vie des Dieux. uTuspgaîveiv associé à â|j.. mais dont la vie obscure et multipliée est au cœur même de la ces 'Epiv'jsç. (33) Empédocle. ce ne sont pas seulement les Dieux persond'Homère (32). est d'abord en dehors de la morale non seulement les Dieux comme individus n'interviennent pas pour châtier les manquements moraux.

Eurip. 29 B (41) et elles sont particulièrement associées à la fertilité de la terre (Esch. Contra Rohde.. Eum. d'une réalité divine et impersonnelle (le ôaiiJioviov d'Hérodote.) (42).. sont des figures du monde physique (38). 33 et 220.. Erinyes Aie. Ilarrison. Psyché. de [Plat.. II. XXIII. 1324.. voisines leur relation fréquente à toute la vie de l'univers des Erinyes (cf. s'atteste un numen (Esch. Vers.. un état des choses humaines .. 124. arl. 293 et s. particuliers : que des manifestations de cette réalité divine. les notes de Araeis.. 974 . 587. Prolegomena. 643.. etc.. (36) Voir XIV. fr. 23. in Greek Lilerature. (38) Rohde. qu'on voit se produire les dans des où. 146-7 XIX. Hirzel. 221. cf. 84. IX. Rohde. Campbell.tov. notamment à Od. Rhein.). . (37) D'où 68-69.. pp. 39. 418 les a pour servantes (40) et chez HéracL. 54.. représentations analogues d'autres mythologies.' Sur Dèraèter Eriuys (Pausan. pp. Mannhardt. J. du dev. n'est pas un dieu défini et personnel (3o) . . 346) (39) . . Les Erinyes elles-mêmes apparaissent sous cet aspect (cf. 1. 248 et s.. 992 D]). 13. Kl. p.. on les voit agir comme telles dans IL... Dietericb.) (36). 59) et la ^{y. (41) Cf.. III. 246 et s.. VIII. pp.. 2il . de anliq. d'une contagion indéfinies. Engagé dans le domaine de ces forces entrecroisées et d'une extension. qui lui-même (34) (33) Gôtternamen. Od. XI. 904 sq. p. les vengeresses de l'ordre dans règne animal (Esch. à et on trouverait de l'origine. 61 .. d'ailleurs. Themis. Tr.. Ag. VII. Schr. Psyché. I. cf. De là la multiplicité de ces manifestations et les Harpyies. Epin.. (42) Cf. 143 et s. 8at[i. (40) p. hommes pour fr. Usener (34) le ôatjjitov. 561). tout court. Ag. p. p. elles sont. la Soph. Vorarb.r„ qui est l'ordre cosmique.. Religion s. X. 825. etc. Od. 443. . Hora. Rohde. pp.. le suggère Usener. 4 sq.. Les Kères.. . 1 . u. Probl. 77-8). cf. Mus. Mylh. la représentation des Erinyes dans Hés. comme 291 sq. 242. (39) Pour I. 420).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 317 convient de se tenir est celui qu'a indiqué H. l'individu. Rivaud. 134. 64. p. Psyché. I. 281. Perses. V. pp. Il. p. p. p.. col. de Dém. Nekyia. II. C'est — celle VIII. XX.. Schol. Andr. mais dans celle d'Homère lui-même {IL.1. IL. 3. et 803 . Esch. Germ. 273 et . 134-5). daemon. à Od. La notion se trouve déjà caractérisée du fait que le terme s'emploie très souvent sans article. n. n'offre qu'un exemple du mot rapporté à une divinité particulière (//. événements du monde qui impliquent ou intéressent l'activité le ôaîjjicov est même.. Psyché. 71 et s. Rapp. p. VII. sont bien moins des « esprits » spécialement conçue comme néfaste (37). 634 et s. cf. L. 134 et Anhang J. Tambornino.j. pensée religieuse. notamment . 21. 394.. Homère. VI. E. o87 XVIII. : 1. XIX. en tout cas. — (associées au Od. L. 11. quoi justifier cette conception non seulement dans l'étude des tragiques. les . in Religionsgesch. 1. le : . Erinys dans le Lexikon de Roscher.

duel ou d'un (( démon » . et le composé équivaloir à xT.r) étant essentiellement équivoque du vivant s. le premier élément pourrait avoir la valeur comitative qui appartient. . Psyché. 18j Ker wilhin hem. 107 D. II. X.ai xf. 28.. 617 D. la I.. GÔtternamen. IV. 450) ou notera du reste que dans les mots qui relèvent de la « composition syntactique ». /. à l'instrumental. Et de même que chaque homme est accompagné de sa Kère. fils et surtout chez Euripide. 78. IX.. remplacé de très bonne heure par le locatif dans xT. keeps him alive.1. 123. 18 . H. à propos des 1001. comme on le sait. (H. dans la conception générale et indéfinie du Sa'ljjiwv a été découpée celle d'un sort indivi: déchaîne l'individu paraît ainsi personnel (Théognis.une forme systématique en séparant nettement le oaîijLwv de l'àme (cf. a thing that nourishes him. Diels. Diels.]. 35. Dict. C'est la notion qu'Heraclite s'efforce de rationaliser (fr. p. étym. au sens de oaoi vojw xcôvrjxaaiv. VII. a sort of fate as it were on which his life dépends ».. n» 854. I (5iy8aS. Psyché.pô. Psyché. Usener. II. Le Saîiiwv àyaOéî apparaît semblable au genius des Latins dans Michel. Mein.. possédé par mais ce n'est qu'un aspect de la pensée le verbe suggère aussi comme une assimilation. Ménandre.. s'est développée par-dessus la vieille conception religieuse de la '^^yy^. 10. le premier terme ne semble pas pouvoir prendre le sens du datif d'intention. Sprachgesch. p. V. ou celui de l'instrumental.. Rohde. 317. 11. distingue en soiuiiie deux couches successives psychologie homérique: celle qu'il qualifie de « rationnelle » et qui appartiendrait en propre à Homère. la notion de %i. un principe De là religieux (43). p.. 0. Platon. 5^. « the idea seems to be that each Harrison. Ziir indogerm. du crime SaïuGiv. (43) Rolide. fondu l'épithète de hommes (Hés.. xripî avoir une valeur simplement instrumentale les deux mots sont d'ailleurs le dépensée dans (44) Cf...Tp£çpyiç qui. mais « nourri par » ou « avec la Kère » (44). n. 171.et chez Eschyle. Prulegomena. de même. «mortel » ou « infortuné ».318 recèle RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE aux xrip!. Boisacq. De là aussi Femploi du verbe oaijjiovàv rapporté à un individu avec elles.ont cru devoir donnei. Vorsokral. P. 1). est pénétré par elles.. p. KtH4tcti. Rohde.^otTot mentionné par Hésychius. XIII. p. appliquée ne signifie pas « nourri pour la /. 888. 163 Pind. : uian has a : : : pendant l'un de l'autre. 1).. 294 et — — — 2. se d'Œdipe en qui . n. 119. 316. Tr. mais plutôt celui du locatif qu'est originairement le « datif » singulier ou même pluriel des thèmes terminés par sonante ou consonne. 42-48. les linguistes rejettent l'autre (cf. /Z.?/. R&p. fr.pt (TÛvtpofo. 238) (45). 418). Dans le parait xTip'. 411)... 161. Phédon. Kère » et par suite. p 146) et à laquelle les stoïciens développement postéiiour . 9-10. [Lys.pixpscsT. cf. pp.. cf. E. p. 43. Ilom. n. (45) Cf. comme on traduit d'ordinaire.. pi>. la folie » « le Phén. L'interprétation n'a rien que de correct au point de vue linguistique. J.

JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈGE : 319 Le 8at. . au temps comme à l'espace. : XXIV. 234. 6^^. dénoncera la vengeance de le la divinité : d'où le rapprochement naturel entre plutôt l'accent sur la « faute ». chez Homère. c'est à la fois son la être intime et ces êtres mythiques qui en sont la cause : pensée ne les distingue point. phores. 1021 sqq. expliqueront le sacrilège de Cléomène en disant £x SaijjLovlou (tivoç) [xavrivai KXsojxevéa (Hérod.ç. à 'Epivûwv. Ant. ). Wunsch.). Sans doute. Esch.a8oCîo-à eaaiv' fr. Soph. devient fou (46) lesErinyes. 508.[jL0vâv d'Euripide le fait prévoir que l'individu commette une « faute ». etc. « rendent fou » ('EpivuTiv r. qu'il s'élève au sacrilège. : u[j.. c'est une conception bien connue que le Satjjiwv « pousse » les hommes vers la faute (Théognis. 103-4-. à l'occasion. elle en est aussi la — — — Oreste. l'association de la et force néfaste. On ne peut pas dire que conséquence : . après son parricide. ministres de vengeance. 603)..vo. par exemple. La « folie » n'est pas seulement n'a plus dès lors qu'une valeur relative imaginée comme le principe du crime. SÉfffxioç [lotpa... la fin des Cfioé- (47) Cf.. 87 sq. Aussi bien la notion d'une réalité àjjiapTla. Soph. schol. propre du crime . 331 sq. XIX. et l'idée de la possession ou du délire provoqué par les Dieux (cf. pourraitduel ? dont l'idée on dire. cosmique XXII. 4 {jle 'Eptvu. 84). (48) Eum.. rapportée au môme mot Sa'lpiwv et du reste indécise encore. è^ ^psvôiv. IV. mot qui met sinistre et « surnaturelle » est-elle : l'expérience psychologique (48) rera l'aberration (//. XV. mais chez Eschyle.. la conception du gennis indiviLa même « loi de participation » s'applique.. 5 . mais elle sera Oc/. mais on ne peut pas dire que l'individu soit étranger à son crime puisque sa folie même. 49. 517. Noter.. indépendamment de l'idée assimilée à un principe moral (46) Non pas seulement chez Euripide. et qu'il est à la n'est-ce pas chez le même fois hors de l'individu et en lui : Théognis que nous trouvons. n° 108 b) (47).Xi9i(ovat. V. puisque le atteste la causalité des YI. mais il faut se souvenir de l'aspect qu'on voit prendre spontanément au « démon ».) : immédiatement associée à non seulement l'Erinys inspi. l'individu comme crime tel porte en soi le principe de son crime : puissances sinistres les Argiens. avec la puissance essentiellement conscience de Tindividu //.

puissance.. n. Harvard Studies. Or. on en a plusieurs exemples... I. à la un fantôme.. 217. Or. p. 2. 222-230). p. 525. 123. que nous venons de voir possession de sa volonté. toutes ces expressions. 'Epivuç dans Esch. Hatsch. les » que mêmes fois termes. Ellendt-Gcnthe.. et « littéraires » qui sont trop nettement définis pour être taxés de Bélène est qualifiée de vu [jicpoxÀauToi. Zacher.'. '^pevwv 'Epivus ou plutôt : epivû. K. 749. Tr. — £v9û[j. m-aio. qui ont leur valeur. et Médée. — tion dont on va voir de la « loi la portée de participation : tel est l'empire. XIX. l'c Voir aussi and -npoaTpÔTcaio. JEn. itaXafxvaîo. (Soph. On voit en quel sens l'auteur du crime est un àfxapTwv qu'on et surnaturelles qui prennent parle de volontés étrangères de raison qui tout d'un coup de contamination enfin. non seulement est à la fois hors de l'individu elle est à la fois l'individu lui-même et une autre personne même d'un coupable.wvîwv epivuv dansEurip. p. à>»iTpoî. 7. 573 (rapproché par Weil) Trojae et palriae communis : Erinys.. (51) Cf. Soph. W. un du coupable souillé qui signifie dans le principe pour « l'homme aux mains mais qui signifiera égaleimpures ». A quoi nous rattachons une observaSoph.320 et RECUERCHES SUR LE DÉVELOFPEMEiNT DE LA PENSEE dire. 18j c'est le cas pour ou la notion d'une espèce de fantôme d'abord cette image en vertu à>và(TT(i)p qui paraît (52) évoquer pensée pourra être aussi bien la notion le — c'est cas TtaXaiAvaioç — — - (49) Dans le récit lyrique du Phrygien... EL.. 603). défaille et — sombre. Psyché.. donc fantôme Lobeck.oî. pp. Le contcxle n'indique pas l'idée duiic vengeance divine exercée sur les murs de Troie. (dans les partie. 1259 [Weil] où il est rapproché de (52) 'AXïCTTwp . d'une façon générale. 430 Rohde. 1081 (50). Comparer dXafvstv (Eurip. rapporté plus ou moins consciemment à àAîffôai. Ant. Cf. n'en sont pas moins trompeuses. . àoatoî. et dont Hélène serait l'instrument. Cyrop.. (dans les Dissert.. aAào-rwp (51) . V1II_.. rsyche. principe de et en lui : folie. ment 1' « esprit» de vengeance (Xén. ainsi pLwo-Twp. 438-89 (49) Glytemnestre et Egisthe sont dits 8i8u|jiav 'Epwuv. chez les tragiques. TAe use of iXirr. Hal. 146. 409). peuvent désigner «esprit» de vengeance et le criminel lui-même. dans ce domaine. De nom.... àXiTTipioç. on pourra tout court.. II. et le point de départ de la TiraAauvalio. (50) Cf. — — . à certains égards TErinys. (jr. H. 11. philol. p. de isa-xwv TrepyàiJLov 'Attoâ^. Virg.. p.. .p-. Kohde. III. P. Paralip. Lex. 1908) errant (cf. 1084. Le nom peut en être atlribué à la : -4^.oî.

ses conséijuences et son châtiment. 908) à signale. Siinde. 268) qui rapadoptait celle de lirugmann (in Kuhn-Zeitschr proche du got.. plus large.. est obligé de recourir {Reallex.. le malheur lui-même.es ttièse (in linguistes ne sont pas d'accord sur Tétymologie du mot l'tiypode Frolide {Bezzenbergers Beitràgc. de crime. 18. l'esprit.oj5T. IX. p. l.^.. wunds. : s. Divl. qui rattache ocxr. c'est l'aveuglement il de serait trop court de s'en tenir là. ail. et l'esprit. qui le soutient. s. li. beaucoup plus que chez désigne l'aveuglement. Médée. tort de vouloir retrouver c. X. Or. il faudrait se souvenir qu'on ne peut avoir affaire qu'aune notion comme celle de [^XâGr^. et -jr£pff£po{Xcvo. N. 374. XIV.. blessure. etc. p. Aj. : on comparera il piXàiixeiv cppéva. à fois indéfinie et synthétique.. est toute relative à notre entendement {'. ààaa. C'est surtout chez Homère.. X. 236. éiym. Soph.. Od XIV. Kluge. h celle d'ayoî. Spr. VIII. 834 B) rétymologie en question est donnée par Timée. V. 178). /. le délire que le mot que suscite un Dieu ou qui lui-même azr. ((. le même la puissance de malheur. Elle est en : mais serait démence temps crime. p. àXixT. d'aveuglement. il L'arri sans doute. une sorte de déduction logique assez arbitraire. soit v. à une idée proprement matérielle 724. de rapporter le crime qu'elle évoque à la simpliste toute pure l'abri est bien autre chose. dcutsch.. x^8' aTr. nous la retrouvons dans unenolion primitive. . (//. (53) . 'La vérité est que la distinction entre les idées de souillure. VI.... \j. (cf. dans la peîisée bindoue. cppealv ejjiPaXov aypiov axTjV.. . 6* éd. Eurip./ et àcppaôéovxi aux vers 21 et 32). Plat. même — d' ramène « l'idée d'aveuglement à enchaînement-» ou de sort de calamité sinis- XIX. oii d'ailleurs le verbe celle. mais qui atteste l'idée d'un coupable. 88. Eum.. F. d. étrangement complexe et dont la complexité même traduit la conception la plus ancienne du crime : celle d'à-rri. a.)3). p.. F. Lex.. çà el là.piwSriç (Platon. Et. est aujourd'hui rejelée Hoisacq. àXiTT. le piincipe de la notion. 237. son principe. lat. a dans celle-là (conçue comme aveuglement) le principe de celle-ci. Lex. Kuhn-Zeitschr. . par conséquent. qui absorbe. 108) et de Schrader : Wort. les tragiques ou les lyriques.f. : //. .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 321 d'une « étymologie populaiie à Têtre coupable. est un numen emploi èvéoTjje tre. Schrader. 1333). toute cette pensée. àMaxopoî. et qui. IX. k propos du mort sans sépulture.XV. au v. et non pas. swita. s'applique au maudit (Esch. qui a raison de rattacher la notion d'àxT.. 467 sq. n'apparaît pas que l'idée eslvolojitiers de l'aveu- glement de Homer. ». Lois. et lui-même : rapporté dans l'usage le veut Ebeling. à-TiàxT. rapporté à Zeus. comme Schrader. la déduction inverse.p'. à quoi le mot ocxtj courant. sons. dG) Si l'on . . En tout cas. cf. . p. 387j.

21 rapportée à une sorte de calcul tout intellectuel cl". 761)... 119). 848. « enchaînement V oL-zr. Hippol. 509). P... 9i et 129 XV. nous n'avons rien à dire qui n'ait été c'est la même idée qu'on propos des termes désignant l'outrage retrouve dans le mot pXàôr^ par exemple. dont les notions . 856 fr. XII. 986-7.. et en tant que les Dieux confèrent l'un et l'autre (Théognis. Od. Médée. c'est dans un esprit religieux. Soph. Eurip.. II. Graec. qui atteste l'emploi du mot dans la langue de la religion populaire. Prom. . pour le même acte. 93. Aj. 503. » (Soph. Esch. 278 XXII. Dans l'axY]. sont apparentées. et nous savons que cette étymologie ne paraît pas impliquer l'idée de folie. 824-5. Trac/i. Tr. Choéph. IX. raîtra le fait de la le sens général de la notion. telles expressions typiques évoquent l'idée magique de — r . Eurip. d'une armée dans Pind. 74-75.rèptvj. Tous les deux ont manifestement même étymologie. si souvent joint chez Homère au substantif arr. Ag. Solon. C.. si est puissances impersonnelles 1192. il convient de voir en effet. à Moira et à l'Erinys. famine désastre Sur dit à : . d'aveuglement. Eurip. 103. Médée. Sept. 1858.. Eum. Médée... 213 (Diels. (59). Théognis. cf. . quand on la voit enfin . De nolione et indole.. (58) Comparer nifeste fàlTTi '. Af/. 601. et dans le même moment. 264 (55) Il à-zr^pi 'fpevi .ppovoî ata. 526. le Sai{Jiwv. de superst.. etc. recelée par lui (Eurip.. 306. 68). fr.. î Théognis. 344) qui maet surtout le YiyyaiJLOv 5tt. lui àÎTTi a pris sens de damnum comme C^iixCa Sept. con<.. mais entrevu seulement. 327 Od.. c'est son indétermination elle peut être . 824-5. Soph... comme . . Esch. désastre (57) (Hés. : et faux {IL.. (cf. p. Chez Plutarque... par. 202 : 5uff. 55.. //. C. Scherer. Pind. (Esch.. ààxat rapporté à Zeus.<. Héc. 979. Perses. Eurip. Vorsokrat. Théognis. 18 . 21 Esch. 168 B. de celui-ci il peut signifier simplement calamilale affîcere {IL. Trach. 332. en ost du verbe àatw. 233-4 (54).. 315). 261-2 . Soph. quand on la voit combattue par des incantations (Soph.ue comme une force (56). 231 413. XXIV.. Ob'.. . Œ. 123) (58).)9.. XII. I . 386. C. (o4) Dans les tragiques.. .. 109. 631) elle peut être inspirée par les Dieux comme elle peut (^tre l'aberration de qui se dresse contre les Dieux {Od. "Axr. V. Soph. Esch.).. //. Cho. signifie malheur. Munster.). y^ Tcàv-ra. Aj. Séaixio. manifeste sa nature propre quand on la voit attachée à un objet. Soph. cf. (57) Cf. i59) Solon. T.. Mais la preuve que la notion d' « aveuglement » (55) ne se suffît pas. IX... etc.. p... 361. : (56) Ceci entrevu. — . ^^. CE. 62-68).ç d'Eschyle.. misère. 241. non seulement l'action des Dieux personnels. . 281 XVI. Sept. XI. VIII.322 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSEE : "Axr^v.. X. celle d'une substance religieuse. Théognis. et jâXâêT. cf. Aj. De souvent opposée au xépâo. Ag. Trach 1001-3). IX.. 133.. 653 1037. le 688. Ay. fr. 457) ou à une pure ignorance . d'une réalité du néfaste. L' axr. du châtiment. 851 la jjiolpa. cf. souvent avec un accent de mystère (Esch. IX. 986 cf.. mais celle de fait. a-rr. IV. des Erinyes (Esch. Perses. 133 . comme 1001. IV. cf.. Y Jixvo. le superstitieux attribue ses malheurs au peùjjia ôai|ji6vtov axT. Od. 424). —Dans Démocrite.. ...... 287. 1124. 307). 7. et J. elle appa- passion (//. . 129..

. /o?z. 272 Soph. H&.. J. on conçoit que le terme puisse et indéfinie . 57. Choéph.. 480) .a>i(a Comparer les emplois de â[xapTb dans les textes cités n. 1032). notion elle-même indéfinie (Eurip. criminelle est une. Dans le domaine du crime. 836. Ag. 1284) mais il s'appliquera.. C'est un même — être que l'on voit lever et fructifier. 276).fur. s'appliquer spécialement à la souillure.. I. l''" partie. 0.wv qui le séduit et l'entraîne. Dans cette réalité touffue. ou encore son crime sera son aTYi (dans Homère. il est au centre de la représentation. àvaxoç des Danaïdes. 274 VI. 532 AnL.. Esch.. il est les : comme le lieu essentiel de ï ax-fi. et essentiellement active.. no. XVI. Lui-même pourra être désigné une olvï] (Soph. dans le crime même et dans calamités qui poursuivent Tauteur. Esch. Eurip.. ad L) (61). . . dans le SaLji. ni de danger pour qui les accueille puisAu fond. car ces ne faut pas opposer abstractions ne valent tout au plus que pour un esprit moderne. Kôchly. il comme et des abstractions réalisées..JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 323 (60) . 204. 23.. 504 XXIV. . cf. Esch. Dans le (60) ucp' -î^-irap : notion est la mot ÇT. aussi bien.. 70o. dans la folie qui l'assaille.360. avec le nom du coupable comme régime //.. dans Esch. auchâtiment (Théognis. c'est celle qui n'implique pas de faute de leur part.. 1' octyi est un ensemble indiscernable (//. Eurip.-n:). une môme force qui se perçoit dans le criminel.. Choéph. OE. 356 et appliqué pourtant au 359 (cf. : c'est la même pensée religieuse qui prévaut loin d'être exclusivement l'esprit de vertige qui pousse le criminel. 386 XXIV. 533 (cf. Quand donc on parle de délit objectif. le coupable ne disparaît pas il y a un coupable.. SuppL. Pind. Et il y a lieu de noter les emplois différents de àvaToç. et à}j. (61) objet dans la même que nous avons retrouvée dans le même pièce (v. 1240. HippoL. ni de châtiment prononcé contre elles. 7 et 196) la : même «puyyi objet.[jL(a appliqué au même p. poursuivent sa descendance.. 148. 1230). 412 au moins conçu . 805 PhiL. IX. la notion de Y aLTf\ qu'elles ne sont point souillées. . I. l'individu son acte cause mécanique de souillure ou encore — — l'individu et les forces de perdition qui àxaç la l'aveuglent.. C. cf. : = XVI. /.. mi-morale (IL. mi-physique. ^^. . 28).

On sait devant on sait aussi le suffixe d' « abstrait» -vi. ne peut pas se séparer du verbe XV. Mânes.. II. comme sp'..i5. : .. et pourrait bien remonter à l'indo-européen (63). et le sens de èpivueiv s'accommode mal de la déduction arbitraire que propose Bréal. : que la prothèse grecque de e est de règle que le a tombe devant nasale avec allongement compensatoire dans les parlers autres que le lesbien et le thessalien (1*1 est long dans èpiv-i. voir 1"^ partie. ne semble pas qu'on puisse rapproclier.. par disàpà. I. tout de même que dans le mot [jl^v.. Le substantif àXàaTwp. tout est fundu et confondu.324 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE senlimeni «le la réprobation colloclive. peu importe qu'on dérive qu'il rend par fjj^jiw ypYiO-verbe du substantif comme le 1) suggèie Uobde (Psyché. camp. on devrait donc avoir âXa-ySo. du type (ivixT<i.. étym. — et spécialement familial — de la uf. àXacTxeïv [IL. Od. chap. Boisacq [Dict. et qui dans le principe évoque la notion du «courroux » — du « courroux » d'un groupe Il (62).). d'où epiavu. qui.. il est évidemment de la même famille que similation vocalique.viî. dans les Bezzenbergers Beitràge. Quant au sufiixe -vu. p.. de comme le fait Bréal [Pour mieux connaUre Homère. 221 et s. § m. rûslas.. 21. p. 137) de [JtY. « être en colère ». s. « irrité ». 163. — (63) Cf. (64) . è'ptvvj. t^"^.) ta plionétique n'y trouve pas son compte (cf. On le sait que Pausanias (Vllï. p. car on ne voit pas d'objection linguistique k Ihypothèse : d'un *à-XaO-to.. Je n'oublie pas qu'en vertu de la loi des aspirées de Barthoiomae. p. [xf. aussi bien. Dict. 41) lapasse sous silence elle ne paraît pas mériter ce dédain. Car c'est bien ce sentiment qui apparaît fondamental dans un mot 25. lequel signifie « être irrité » et s'applique spécialement. pour dénier à l'a le caractère de préfixe (62) Pour le caractère collectif III. étym. pour l'étymologierèptv'j. Ag. d'autre part. en vertu d'une étymologie traditionnelle. d'ailleurs rare./ mais on sait qu'il peut y avoir ifes reformations analogiques .s. v.vÛ£'.v. Xir. 187 et s a donné une explication aussi correcte au point de vue linguistique que satisfaisante pour la sémantique il rapproche le mot de skr. pluriel d'ua Manisl Voir Boisacq. n. rusijati. la plus probable ou inversement — — et c'est l'opinion : l'idée de « colère » est primordiale.. pp. 2801. lequel implique une idée très voisine de celle d'sptvj. Boisacq. 6) signale HoL'. lui aussi.. Frohde. (Henry. p initial.v. jxf. XX. survit peut-être dans la graphie latine £rm«//. .. lit.vu^. et le dérive de e-pua-vu. et on peut ajouter que la forme éolienne attendue. en vient à désigner un numen redoutable. Précis de <jr. (6i. 232). ELym..Cette étymologie est celle qu'admet Usener..î est synonyme de ipivû. 64. latin Dans Esch. au courroux qui « n'oublie pas «. Dict.vt...vi. I. l'arcadien £p'.

. La souillure ne commence c'est pas à un moment précis. la pensée qui sort naturellement d'un sentiment global est. et qui.. . èXeuôepiij p 7rp6(T£(Txtv où xaX/j. 434 . qui fait penser aux [jiv/j[jlov£. il n'y a pas celle disproportion qui semblerait d'abord et que nous créons.. sinon presque choquants. Xûfxa. et Euripide. une autre (67) qui soit en quelque sorte voué par avance à un second meurtre. n. Ag. Et. la malédiction vivante ou criminel : fantôme vengeur que suscite l'acte parce que cette image prévaut et repousse au second plan la conception de l'impureté que cellele et c'est même (65) (66) 11 est trier — Rapprocher l'emploi du mot Xojgiri. H. Gôtternamen. dans un récit d'Hérodote (I. en pareille occur- sinistres prévaut dans la justement que rence {Andr. quand nous transposons en On verrait affirmations dogmatiques touchant. crime. I.. 227 sqq. 23). 1645 . des Kères ancienne du crime. XIV.. Si nous regardons aux suites de la souillure. si la notion des forces tie » religieuses. .JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE privatif. nous. 1' àXàarTwp. Chev. et pourtant. àXaaxov de Od. involontaire d'ailleurs ^u[xcpopVi. la représentation la plus réprobation collective est penSophocle {Trach. 207. 453-4) peut bien dire w. 35. ce soit un meurà Aristoph. l'idée de celle-ci apparaît confondue dans l'image des êtres mythiques comme i'spLvu. a été rajeuni en {jLVYicTixaxeTv. GetàXaoxelv.. la valeur étymologique de celui-ci transparaît encore dans des expressions comme otXaaxov oâjpeaôai deOd. parlera du ôaîjjioov (65). 325 on est obligé de modifier racceiituation traditionnelle de l'àXacrco. le contraire de 1' « amnis(Usener. 293.. èpivusi. p. homérique en àXaaxo. 974)... dans un temps discontinu (66) à l'individu lui-même que peuvent s'appliquer les noms neutres et nous savons que commettre un xàSapua. pratique. Esch .. Ajoutons que les rapprochements que propose personnellement Boisacq sont. frappant que. nulleau sens actuel du mot. Cela seul l'indiquerait explicative que. Eurip. dans l'esprit du Grec. — 41-44). l'idée de la souillure n'apparaît point isolée comme dans la traduction qu'une intelligence et religieux. d'Eschyle (Prom. par essence. ainsi qu'entre la notion du délit objectif et les idées postérieures. 174 ou TTÉveo.. quant au sens. à Aphr. 423. c'est déjà être possédé du Saipiwv. laisse également entrevoir le caractère social du « ressentiment ». XXIV. pp. bien lointains. 516). 342. Cho„ Le latin piaculum s'emploie de même. 1133 1028. la cause du crime. par exemple.. . 391 .. [jLUa-jjLa (67) : . à l'époque classique.. Cette pensée-là ment moderne et abstraite s'en donnerait. sée c'est comme telle : (l^euosl xaXsïaôat xy. de vrai. Troy. Plut.

Usener.. 1. II.? ôfxa Sia-^ épei xôv aÏTiov Travapxexai. pour notre ohjet présent. elles reflètent ou plutôt réalisent. Choéph.vr^ sera parfois. vdffou ppûeiv. « infernale » comme on l'aperçoit encore quelquefois (cf. (73) Rohde. tragiques dominée par la représentation de puissances extérieures comme collective : : l'Erinys. XIX. 1 <ÎTT. que Rohde a pu opposer. spiri- tuelles (70). //. 126 et s. la Gewissensangst (73) .aTov XûitT|î. (69) J. II. il y a bien quelque chose de moral dans les à-cai 6. : — : (72) L'aspect subjectif peut être accentué dans le mot àxr^. U àxi\ n'en est pas moins une réalité profondément spirituelle. 302). nous l'avons vu. qui individualise. 91) une théologie. Inversement. 230 et s. en images mythiques. 103 tppovT^S' d^rXr. par suite. celle de l'individu lui-même pour son acte 1' 'é. Kl. à Toccasion. Cf. mais. chap. p. dans la mesure où elle traduit des émotions et tout un idéalisme collectifs. nous avons vu comment la notion de souillure. p. 68. /L. à la pensée primitive. de nature néfaste. n. 70. n. comme il l'a fait. XIX. Schr. d'un de vue au moins. la morale d'Homère à celle des celle-là. : : une Weltanschaming enfin. —une psychologie . — — — Psyché. Qu'est-ce à dire? Ces puissances qui sont pour nous mystérieuses et qui le sont bien en un sens pour le Grec. ignorerait. p. ou presque.. qui affirme déjà inquiète de précisions (cf. en général. C'est en vertu d'une conception beaucoup trop systématique.. de l'état avancé de la pensée homérique où se dessinent plusieurs systèmes d'idées par quoi cette notion est reléguée dans l'ombre : une théologie plus ou moins systématique.. arr. Esch. celle- (68) En ce qui touche Homère. GÔtternamen. E.. OujiO^edpov àxTiv. Cf. s'épanouit en « maladie » SiaXyr. 11 faut tenir compte spécialement.). Harrison. pareille catégorie ne conviendrait pas.. Rohde. à ce point que T'Att. (71) Esch. 1076 [aévo.. reste chez lui sous-entendue. 48) . substantialisent des états de sentiment et ce n'est pas seulement la réprobation que nous voulons dire. 78. Esch.p' i^-KOLp du vers 272. pris dans un sens général. ii.. où d'ailleurs conformément à sa nature originelle. Il n'est que de se placer point au vrai point de perspective pour apercevoir qu'un élément subjectif (72) est forcément impliqué dans la plus ancienne représentation du crime..?. et en construisant une notion toute logique du « délit objectif». (70) A prendre le mot dans un sens strict. personnalise à outrance le Dieu qui provoque l'aveuglement agit comme une personne (d'où la personnalisation d"'ATTfi elle-même H. etc. Prolec/omena. la notion n'en est pas construite arbitrairement : . est intégrée au monde des divinités olympiennes (elle est fille de Zeus. Ag.326 ci a RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE pu être niée pour : les origines (68) solubles (69) l'idée religieuse mais les deux sont indisdu crime fleurit spontanément . Choéph. remords (71). : . l'existence d'un ordre universel à demi-abstrait des êtres et des événements. pp.

. repousserait de la causalité purement divine. (73) Cf. 4H-2 XVI. Ce qu'il faut seulement admettre de l'ancienne conception de » aTT) r ou de : 1' àjjLapxia. à quel moment de la l'idée de Tindividu y participe » (74) Id. Eurip. n. 587. lui-même. IV. mais décidé. objectif et subjectif et — Le Saipiwv d'une chose à certains égards person- même fr. Que signifient pareilles notions. 260-2). et clairement reconnaît » après coup son a-ry] (//. p. on conscience ne laisse pas d'intervenir. 2. p. 273-4).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE ci. .^ I.j 561. 293. mais encore l'acte lui- même le son principe. AIc. 3. que 1' àr/i n'est pas seulement ce que nous appellerions la conséquence de l'acte. a un aspect à la fois dans l'expression tov -apôvTa Saipiova chez surtout chez Soph. de même « Taveuglement » qui provoque crime ne fait point évanouir Tactivité du sujet.. si elle n'avait dans la pensée du « délit objectif et dans la représentation d'un vertige divin. donc. honte d'une fille séduite (75). le le fait est était déposé au point de départ que cette invention des hommes. 327 l'idée d'un effort quelquefois contredit. 230.. : = on en « gémit » comme nelle [Od. Si la notion et : de la faute personnelle s'affirme au cours de l'évolution. son origine à la fois et sa condition même. il ne s'ensuit pas qu'il n'existe le progrès a consisté essentiellement à l'affirmer pour point . n'aurait germe au moins en pas exercé dans la suite des temps l'empire religieux que nous n'avons cessé d'y sentir.. dans les plus anciennes expressions de V àxYi. au bénéfice de la cons- cience individuelle et de la responsabilité subjective (74). c'est que le sujet n'y est pas conçu « comme individu de l'idée des puissances sinistres que nous voyons s'épanouir en une végétation serrée. Usener. Gôlternamen. à propos de la III De même. Il y a progrès chez les tragiques. Psyché. c'est incontestable. II. De la « fait. mais non pas de ce que le sentiment interne est fondu avec la révolution : notion d'une puissance religieuse. l'idée du coupable.

1191 et (76) Cf. 134-5) et d' ôctti mais il OcL. Ces èp'. dans une famille. U. {Il) s. pp.).328 société RECHERCUES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE répond cette forme de pensée.To Tzy-pb. on dii'a volontiers qu'elles habitent dans une « maison ». Ag. chap. elle n'est conçue sous à lui l'aspect individualiste qui semblerait et il y aurait erreur . et c'est de les la terre et reflète le pouvoir et l'unité même bien pourquoi elle est associée à la fertilité à la fécondité des femmes. cette "Atyi. art. En vertu ou en suite de cette plus pensée fondamentale. Nous savons qu'elle se mani- — à comme principe d'aveuglement. XV. dan^ un vévoç transmises héréditairement.) (//. lî. 229-244 ERINY8 dans le Lexikon de Roscher. est inutile de rappeler qu'elle est. A?iL. Paralipomena dans les Kleine Scimften. le numen qui punit les crimes famiiimfx {11)..|ji7i du mort. Au demeurant.. de I»"". 40 et s. maîtresses d'imprudence et d'erreur. etc.. liv. pas plus que la [XTiviç ou la Tt.. Solidarité. XIX. qui rendrait inintelligible. Glotz. do ce sentiment du groupe. Soph. celui de maléun texte ô' Eptvjç En réalité. Sf'pt.vùî. . Hréal. infuses dans le sang. dans aussi ancien que la Théogonie. . etc.. On aperçoit quelle réalité se reflète ici : c'est le yévos lui-même. dont tous les membres se par un lien de consubstantialité. 603. pp. c'est ce qu'il n'est pas de décclei* à travers les expressions caractérisli(jues da délit objeclif.. io\o Tta-lSwv te (472-3). C'est dans une ligure comme l'Erinys que la plus ancienne familial feste représentation du criminel apparaît marquée de ce caractère au sens préhistorique. démence démoniaque. l'Erinys est impersonnelle qui familial. c'est ainsi qu'on les voit parfois dériver la volonté d'un descendant vers le crime fatal et la difficile . donner pour sens « premier ». 87-8 : . 1433. L'individualisme sentent unis en est néces- sairement banni place : autonome dans pas plus que les décisions de la société (76).. l'idée la volonté individuelle n'a de d'une causalité vraiment personnelle ne saurait se faire jour. . vertus sympathiques une figure du groupe ou combat conformément à une des conceptions enracinées dans le clan. 700. 233. Esch. et elle se trouve associée des notions comme celles de Ba'lfjtwv (0^. Rapp. l'expression T£'la-a?. notamment Rohde. par excellence et à l'origine. comme fait diction personnelle. ii. Ag. l'Erinys est imaginée chez les tragiques comme habitant dans une famille qu'elle favorise (Ksch..

et quand ont déjà pris un contact intime. ne considère que rimpureté de l'individu. c'est le même que d'un même être à travers les : 1660) le seul mot oaîawv. que la source individuelle du péril religieux.T. 7'. on entrevoit cet état d'extrême intégration qui commande la conPlalon. 1342) vers le sens de sort individuel. dans .. (Soph.v6. 958 et 1001). Choéph.).. . 1260. Sept. XII. maison » tout entière 1269. Mère (Esch. E/.. 561. continue obscurément le yévo. il ne fait pensée en langage modeine quand situe au centre que traduire cette du droit [IS) C'est ce moment de transition qui se réfléciiit dans la doctrine des tragiques (notamment Eurip. f. englobé— les vers précédents l'indiquent assez par le oaïawv de la famille elle-même. Choéph. réel.-. Ce qu'il y a de plus inslui aussi. et dans la réalité historique parle cas des Alcméonides la famille est encore assez intégrée pour imposer à la conscience commune l'idée de son uuité substantielle. etc. Médee. 123 et s. et elle dépend déjà assez étroitement d'un groupe supérieur pour être Jugée comme un principe de danger collectif... . — commun aux frères ennemis... qui du reste peut incliner (v. El.). c'est encore la notion centrale du oai^wv familiaux (Soph.. Théognis.. 566. .. rapport avec 199 et s. Phén. 235). Aie. Sans doute. 75-6. (cf. les [jt-éXa^pa. 812 rapporté à la « cf. 587 N. Aie. et l'emploi du verbe ûa'. est représentée comme transmise d'une génération à l'autre (Solon.. qui rebondit indéfiniment en aTa». mais de sort dominé.. fr. où oa'fjiovLov est en o6 fjLwv-ôa'l|jLovo. Soph. A g. mais surtout.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 329 même que 1' 'AXào-Twp dont elle est rapprochée dans l^^ui'ip... tructif ici. Aîidr. pareille représentation est dépassée par la doctrine classique de la souillure le meurtre du moins.. 403. dont la cité idéale ception première de l' ciences àîjiàprr. l'aTri. l^Airip.tjiovâv (Esch.iJLa. que la notion d'une famille « souillée » peut s'imposer aux consdivers yhrri âmes des : mais derrière.....).. : Une qui. comme personnalisant à demi la famille elle-même. 466 sqq. /. 886-8).. 914. l'unité il apparaît il exprime ainsi le générations dont Clytemnestre espère oaiijLwv Ulzirr^e^nùiûy (Esch. 204 Esch.. 1569) en vain que désormais il cessera de sévir. De là encore le ôaijxwv xot. Eurip. 147-8. c'est à un moment de transition (78). Choéph. il est associé aux sentiments Eurip. 974) et à la conception de la Terre. et pour la plus ancienne société.. désigne plus loin (v.

oîi le . terme collectif. les valeurs Ce que nous savons de Théognis suggère la réponse elles naissent dans un état instable de croyances les catégories morales traditionnelles.. à la fois par la confusion et par la richesse du sens. nous allons la voir persister. se troublent. Il s'agit de marquer Tinstant où les conceptions familiales se désagrègent. comme significatif non seulement d'un auteur. futures Comment voyons-nous se dessiner. vais ». où la pensée traditionnelle doute de soi. la faute excusable. mais d'un moment. est àcppovi. car c'est offenser les Dieux. 659-666] « Il ne faut jurer de rien.. IX. Platon use avec prédilection du terme i\ioLp- redoublement a[xapxT.[ia 864 B. le délit puni par la l'erreur qui trouble l'entendement et d'où sortent les société. dans une pensée qui s'interdit la précision. et du xaxôç. à ce moment. 863 A. d'une obscurité redoutable So^a £(T7:£to | : xal o-wcppwv vifjiapTe xal TtoXXàxi.[j. mécomptes La — mais tout cela ensemble.apTxveiv. se substituent complètement à àSixeîv. ê^ajj. 863 A. ou le désastre? Rien de tout cela explicitement. Cf. plusieurs fois répétés. qui peuvent accomplir ce qu'ils veu(79) C'est pourquoi. Que trouvons-nous dans à[jLapTà- v£î. i5{xT. de r àyaGô. et sous une forme saisissante. à y bien regarder.aTa)v te xal iStxTjfxxxwv précise le caractère archaïque de la conception du délit. de 1' « injustice involontaire » IV Cette relation entre l'élat de la société et les représentations morales. L'exemple du vers 665 est typique. Ta àixapTavôjxeva. l'avenir. voir notre commentaire à 860 E. ici. Prolag. où le verbe et le substantif. . Théognis est sans doute le premier chez qui apparaisse le début de l'évolution sémantique. Nous avons déjà noté ce caractère de la perception morale. opinion commune des Tâveiv : Lois. De nos témoins. C-D.v? : .330 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA PENSEE la théorie pénal lui-même (79). 860 E.apTàv£t. attestent tout ensemble un tournant de la morale et une crise de la société. dit-il. 345 D oiiSsva àvôpwnwv éxôvTa. Tout de suite. C'est tout le passage : qui est significatif (v.v? faute morale. notre attention est sollicitée par certains emplois du mot qui. du « bon » et du « maud' à[jf. : « sages ».

.. introduisent une forme sans augment normalement étran- gère à la langue de l'élégie). sont l'autre.. EUi. concerne les deux (cf. 1 H. — . et inversement. le sage peut faillir. .[jLot. « sage » et « mauatteste la crise. deux « bon ». d. 1).JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE : 331 il font d'un mauvais un bon. III. inneren Freih. xi du v. 1. die Lebensauffass. HippoL. G. p. dans : acppwv et àp.Williams est laborieuse et peu convaincante. d. — : nent des ainsi aussi bien et juridiquement. tout mauvais la considération et l'honneur w. Thucyd. 661 qui reste obscur. mais qui ne (80) Je néglige le xal irpr^'^ai {jlévtol peut modifier l'idée essentielle. 30. àpiaToxpaT^aç awcppovoç. HippoL. Crusius).. Philos. et le riche. 181. et le fou souvent. 1111) — de divers moments. 2. (cf.. sans doute. Groiset ad I. comme le Tipf. et du nouveau riche. « fou » même coup le renversement des valeurs les « bons » voient leur àjjLàpTY) [xa dans le fait qu'ils perdent leur tija/j. 1664. Hirzel. qu'ils devien- séries antithétiques : vais ».. si l'on conserve le texte tel quel.. Les uns supposent une omission (Bergk. bien né. plit. Scbmidt. Hiller. Ag. (81) Le sens primitif de la TWfpoaûvTi nous est suffisamment garanti par son association fréquente avec 1' at6wç (Esch. est avec les dépossédée de son primat le passage de Théognis — . 82. que moralement. Le changement d'àaapTavstv résulte du conflit entre les représentations de divers groupes ou àT!. I. 3. Eurip. p. /. celle qui vit dans la tcù^^otraditionnelle (81). Moment d'inquiétude morale : les àyaôo'l de l'ancien temps ne sont plus adaptés. « Qualité distinctive et titre d'honneur des vieux yévT„ elle prend parfois couleur réactionnaire » à l'époque classique cf. Gomperz. ou qui. 379-80. V. Thucyd. 1. das Idéal d. L'expression qu'il soit. d'autres corrigent (corrections qui alourdissent.. 8. . 70. Cette association est est égala crise de la société et avec la dissolution des anciens groupes. Cette « santé » de l'âme et de l'esprit car la swïjpoauvr. A. lement liée à celle de la tradition familiale qui. u. — .. un lent (80) tout d'un coup est riche.^av de Ileimsœth. 80 sv -zr^ que produit : vertu instinctive. à la plus ancienne repré- deux termes qui s'attirent l'un rompue parce que l'idée de o-wcppwv. L. gr. la Dans la valeur fondée sur transformation sociale qui s'accomla naissance cède devant d'autres o-uvri valeurs. cf.. A. 84.pTàv£t. p. n" 2339 Themis. spontanément en principe. Gr.. relève justement le caractère « aristocratique » de la (jfu^poCTÛvT. perd pauvre sa richesse. 78-81 /. en une nuit. il faut convenir que l'interprétation du dernier éditeur Hudson. mais interprète cette donnée dans le sens de la philo- sophie de Nietzsche plutôt que dans un esprit vraiment historique. obtient de « folie » s'allie (acppovi) sentation du crime. n. est ébranlée. l'antique morale du yévoç. II. et. 310) : —est la cpùseï) relle » (Eurip. 68. essentiellement" natuet entretient la vie familiale. antithèse d' acppwv. vilain.

de d'en escorter nom.oû<Jiv. Voir un passage très suggestif de Platon. enfin. dont la valeur esi soulignée par une association naturelle avec l'idée de l'ordre du doctrines comme le sentir . ce sont o». cœur des siens mal que de leur faire les le : c'est une façon folie. nous le savons. Gorr/. voilà qu'on les juge et qu'on les condamne. 9'. â|xapTivoi. 6au[xaaa!..apTivouaLv èv Itît. Les 'j6}'fc>oysq dont la moialité est entretenue et garantie par le groupe familial.i. mais de la même veine. xal tô o)vOv toCto 6tà xa). chons les prennent leur place au de Teucer dans ÏAjax paroles soleil. — « Rappro- (82) : comment m'étonnerais-je maintenant que celui qui n'est pas né aille faire le mal (àuiaoTàvoi). quand ceux qui passent pour r/énéreux s'emportent à des paroles aussi blâmables? » C'est d'une pensée plus en avance. Aj. on perçoit la conception ])rimitive d'une identité substantielle entre l'ordre ptiysique et Tordre moral.î.v Xoyo'.[j.oîJy'ZE^ sùysvcliç Trscpuxsvai. m ÉTaîpe. de la awwpoTÛvT. implique. ne laisse pas de s'étonner de soi qui Ce conflit entre le présent et le passé retentit sur toute la morale mais spécialement la notion du criminel en est trou- — — : blée. L'allusion à des colle d'Einpédocle en précise la signification profonde et nous y sous le rajeunissement prolongement d'une pensée lointaine du vocabulaire. c'est d'inspirer et d'entretenir la confiance au le el résorber tionnel .. cette identité. exclusif et vain de lui-même. désigne à l'origine cette solidarité (xo-. Mais dans une société primitive.332 RECHERCHES SUR LE DEVELOPPEMENT Ï)E LA PENSÉE les xaxo'l les écarlent.' eti oç [xt.ov iXlav xal TCoatxiOTTja xal aoJxpojûvTiv xal SixaiôxiriTa. comme la même réalité (83) : à l'idée du bien moral par une synthèse a priori^ (82) Soph. Voués avec une audace au bien par naissance. souvent même n'ont pas cessé dans le cas de l'inexcu- sable. (83) ffô'foi. o07 E-508 t->. : : monde.elle de sentir le crime comme excep- expressions de délire. un sens profond qui ne se perçoit bien qu'en ce moment critique. ou plutôt est lice. « la ». Le privilège normal de la société. avSpa êùyôvsïi.ta en alïirmc le sens religieux elle exprime rattilude obligatoire du fidèle pendant le rite. poui.v A :* 'faul 0' oî w KaX)>ix)»£iç.. 1' e6xoî[j. 1093-H sl6' : oùx av tôt'. oôx àxo<J[j.. et dans quelle société pareille pensée se situe la oixr.>»ôtt..{av oùSè dtxoXaaiav. ooy. sous le régime du ylvo.j. vial ivôpwTOUç 'f xoîvwviav auvs- y_£iv xal xaÛTa fait xôa.vwvta) entre parents principe exclusif de la vertu en général. ce sentiment marcpie toute la pensée d'une empreinte impérieuse l'ordre dans les choses et l'ordre dans les consciences apparaissent comme des : réalités de même espèce.v xal ôeoù. L'idée de 1' « erreur » avait. xal oûpavôv xal yr.. 06' ot Soxouvtcç TrscsuKevai xoiaûô' àij. à'vSosç.oèv oJv yovata'. .

: sentiment normal qu'inspire celle-ci. Les mêmes conditions. 18). c'est la confiance. vind. VIII.. voir et.. : grecque qui..axî<TXciv (85) associent. . chez un Sophocle. Pind. dans la cité si intégrée. n. 910. et surtout dans son prétendu tradition que la vertu est une science on sait comme Platon et Aristote ont réagi. I. Archil. 109). 472. l'individu ne communique avec le monde que par l'intermédiaire de la société... renouvelle le groupe familial primitif. la faute y est aussi délire et atteste le 6ai[xwv ou 1' àxT. II. 11. 13. 147-7 ttsaxvwv. avopsaç 8' oùx ifjntXaxwv.. au fond. à'6'jTo. et dont du la efficace. (84) pensée morale perpétue ensemble et nécessairement Mais que surgisse la crise dans la société du même nous le voyons.. « bien faire » et « réussir ». plus exactement avec la « santé » de l'homme la ao). 68. dont elle exprime. 403-4. Eurip.. .-ir>vâxT. obligatoire tout — .T:). bien connu. Th.. Et. 1234. I. A(xrjvvav àja -:r)va .XXIV... — eu TrpaxTstv. 23). Phén. . 546 étroite entre àij. développer de façon prédominante. les sens de « commettre une faute » et de parfois là échouer.. 386-7. une revendication éternelle le « devoir ». réside dans la csûji? (Eurip. Il est remarquable de voir un terme qui. III. : àixol. 242. Trach. C'est comme si.Pind.v. on notera lassocialion chez Théognis. Mais. : : 67 oi Tuya jxèv 1' 5a^[jLOvo. .. Théognis. àvîpojv . 124. raperçoit de Plutarque qui transporte à la cité la notion du SaipLow familial. même x îa i = (87) Cf. 79)...semble-t-il. cf. chez les philosophes. Andoc.. 630. intimement. cf. tout engagée dans la tradition. confiance fondamentale est ébranlée la rite (87). par ailleurs. Gomperz. . Pen5. La swcppoauvT. Eurip. à la considérer comme le principe exclusif de la vie morale (cf.^ p. d'une société très l'idée simple.sitiaxafjievov S' olov tô ijjiapTÔVTa npi^ott xaxwç. V. Aie. certain caractère de la psychologie morale il y avait et lé : quelque chose de trop décidément révolutionnaire dans la théorie de Socrate utilitarisme ». 559 D-E). et 810 (cf. homogène. d'un être un et continu {de sera num. 145: . Worl^. et on <« — — : : tend.JURIDIQUE ET MOHALE EN GRECE l'idée 333 l'idée du succès (84) . tlippoL. L'accomplissement du « bien » est d'accord avec la nature. § i. Pour le rapport entre la vertu et un ordre objectif. — paraît désigner le « péché » (Prellwitz. . 70. .. 832-3) Œ. les mêmes antécédents sociaux expliquent. HippoL. A. coup. 554. étymologiquement.. le sens d'erreur ou d'échec (comme dans ôtixap-riveiv. Eurip. XVI Moralia. HippoL.[xa et rintelligence exacte des oracles. originelles (85) Pour les valeurs morales Ire partie. a une importance capitale. I. //.. 0. la « naissance » comment se perpétue l'idée que nous avons vue vivre dans le dans un passage on : yevo. à[j. c'est aussi le « bien ». du passé très car une pareille synthèse (86) définit la lointain affleurait conscience. : fr. B. chap. de Cf.. est si docile à la qui. : De là le double sens..9>*. du désastre. à la surface des mots. 120. Par « s'explique que àpiapTàvst. Ant. p. manquer : ». cet aspect est priil est vilégié significatif que les morales grecques soient essentiellement des morales du bien. c'est. (86) Cette synthèse s'est perpétuée en un certain sens dans la morale.. et la cpûatç comme la ?ialura. Eurip. à l'idée du mal moral.. à l'origine.ppo!jûvT. p. pour une part. qui pour nous n'auraient aucun lien logique. — de âixiîAax^axw.

XIX. 410.334 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le le terme uêpiç comme dans le du délinquant s'obscurcit. IL. la pensée sociale tend aussi. l'une vient limiter et. 115-6 . elle est rapportée aux êtres nettement individuels de la mythologie. Mais il n'y a guère là qu'une anticipation du sentiment les deux formes de causalité. La pensée morale est obligée de se reconquérir. en vertu de cette personnalisation dont l'histoire d'uêpiç nous a déjà fourni le témoignage. (88) Cf. En elle. « malheurs » que sont les fautes excusables ou involontaires. : elle substitue l'unité sans règle appamais d'un pouvoir constant et invincible. la Tu-j^yi qui. apparaissent. et des conceptions nouvelles. dans terme àjjiap-càvco — et l'idée — Maintenant que les les attaches séculaires de l'individu sont : consciences s'interrogent sur la faute religieuse coupées. de nouvelles images se dessinent. excuser l'autre. L'une et l'autre de ces conceptions a son prototype dans la poésie homérique où nous voyons les actes néfastes rapportés soit à l'intervention des Dieux. : qu'elles de plus. produit ces rente. (89) Cf. par suite. Il faut continuer de lire l'histoire nous retenir : du mot àjjLapTàvsLv où deux ordres de faits doivent 1° Nous rencontrons d'abord une représentation : proprement mythique et que les tragiques surtout accusent à mesure que la causalité humaine est plus distinctement conçue. et tels crimes qui pouvaient être châtiés par la mort ne sont plus frappés que d'une peine médiocre (88). 2° Plus éprise d'abstrait. Andoc. 1. la catégorie traditionnelle du délit. quelquefois. pour contradictoires d'une loi du monde le « hasard ». à une généralité supérieure. c'est un symbole. et du même mouvement. n. celle du délit religieux. chez même Théognis. soit à cette loi du monde qu'est la Molpa. 849 XVlll. 119. vacillante. 32. la causalité divine se manifeste à part et. Ce n'est pas sans heurt que les cultes patrimoniaux sont englobés dans la vie religieuse de la cité. le Destin. une pensée nouvelle les pénètre. aux oatjjioveç multipliés et incohérents. Aussi bien. en vient à s'absoudre de ràpLapTYipia. par une voie lente et douloureuse. . XVI. en certains points. un Œdipe qui. sont sur le même plan (89) elles ne font pas évanouir l'action des Bat{jiov£ç momentanés qui . : voir !»•« partie. apparaît.

la pensée des tragiques est obsédée du présent surtout. . sur quoi J. EL. Soph. H97) qu'est le par- Et rappelons-nous l'expression énergique de Sophocle. 199-200).. Hés. Pénétrée du passé. 3V. c'est une sérénité superbe que baigne la poésie d'Homère elle : événements humains... — — — : et s. C.]. XXI. 29. dans les Eiic'est à lui ménides.p 6avâTOio. mais. /l^. Elle schématise la pensée des très Les tragiques rendent un autre son. elle est c'est bien une crise crise révolue. la . Ilarrison. XIX. plus ardemment encore. Soulwv (cf. l'exprèssion tj-oipa BavaToio {Od. et J. E. Bacch. : . cf.. c'est présent qui dépose contre le passé normaleuient associée : humaine. malheurs que les fautes. à propos de Sémélè. 117-9 : . cependant qu'au vers 576 rà|jLàp-:yi. pour une part. et surtout Or. iJ-oipa. XVIII.a des mortels à la volonté des Dieux. d'ailleurs.8oç oOôèv àv6' oTO'j Tao' rifjiàpTavov et Euripide..àjxapTlaç y' d'Oroste. prit du mythe : quand les tragiques — et non pas seulement Euripide. apparaît manifestation des ricide comme o-uv/îyopoç et presque comme partie que doit être rapportée. quoique dans un esprit plus religieux vraiment a pris soin d'insister sur la resEschyle plus grec non seuleponsabilité d'Apollon dans le parricide d'Oreste ment les Choéphores en appellent à l'oracle delphique (v. mais le Dieu. Sophocle rapportent rà[AàpTTi[i. ils n'entendent pas nous — donner une impartiale théorie de le l'action chez eux. eU <I>oIêov àvacospouo-a -rriv àjxapT'lav.r. qui imprègnent dans ne se préoccupe guère d'excuser.. ov£t.v àjjiapT'lav Xéyouç. 269 les vieux âges. 558. 76. dans pler et ce qu'elle explique.. mais revipassionnée vifiée par le sentiment t'esqu'elle* proclame. p. 217 IL. 238. r|jAapT£ (cf. XXllI.. 100. cette dernière : à'jiapT'lai. 24. '^cg sont aussi bien. 174. 111. Tfiéog. ce qu'elle justifie par l'action de toutes ces forces religieuses. qui est celui de « dieux momentanés » Od. De là poétique : — — .. sic Zriv' àvacpépeiv Tr. 145: XXIV. fait-il dire au vieil ŒMipe stcsI xaQ' auTov oùx av e^sLipo'.. El puis. Il. 135) est l'équivalent de y. dans une (90) Souvent. Non moins et qu'Euiipide déjà.JUftlDIQUE ET MORALE EN GRECE 3^0 se multiplient pour ainsi dire la volonté des hommes (90). 78-80) revêt leur aspect essentiel. CE. parce qu'elle se prescrit de contemles .jLa est formellement attribué au Dieu : sxsTvo. 745. et plus souvent. 1030 et s. Vrolegomena.ol^rk^ rjv oGtw 'filo^/. 964-8 ^s.s sp^o'. aux Kères ([liés.) dont le poète a compliqué comme à dessein la donnée traditionnelle.

. Théog. 306-14. Rép. Lois.. Banq. 45. 2 cf. l. Thuc.. chez Platon et Isocrate. L'idée du « hasard » est au point de croisement de deux tendances profondes qui tendance à la toutes deux témoignent du progrès de la pensée tendance à l'universalité abstraite. Schol. Eurip. Platon... 37. 45). 165 (cf. . —A Mot'.. . est déjà dans Hérod. c. lll. notamment Hés. Choéph. [Hés. 1023-4. emploie l'expression de »u5'. Une pensée nouvelle se dégage. . 6.... II.. III. Xénoph. IV. Platon. ils reconnaissent des volontés contraintes.1.!xpxia. mais avec une valeur ptiysique. etc. 1387. Mais cette volonté humaine qui désormais proclame son autonomie. . comme rixi. de la poésie épique. 3. l'homme se détache de la nature où l'engageaient et le retenaient les oa'ljjLoveç. 395 B. Néophron 91 . 10. qui produit entre autres effets les fautes des hommes. 7 84. s'atcelle de la nature plein régime de la cité : temps que l'individu s'affirme.. Lois. 875 A). et 7. humaine » s'oppose à la « loi » (Thuc. c'est seulement chez Thucydide et. Aristote.336 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE morale périmée. mais au sens de (92) L'expression pouvoir ». . Isée. peu divers. La « nature « : Tr. le néfaste peut être rap- porté à teste une loi dans le du monde. 13. 1004. lisme d'Homère ne pouvait que s'élever à la notion à la fois — : — : générale et confuse d'une Mo-ipoc. Cyrop. HippoL. /on. disons vrai cette intuition ne fait donc point Cette vue tort à la conception abstraite d'une Tùyr.. propos d'une faute qu'excuse l'hérédité. qu'on lui voit prendre une signification morale (notamment Thuc. Médée. : humaine. I.) se rapporte spécialement à Tidée du néfaste Moïpa : cf. ici La TJ/^T^ mérite bien de nous retenir comme sentation collective. de l'àvBpwmvYi cpùo-iç. /. 217(qui. souvenir d'un état social d'une simplicité extrême où les crimes. III.]. mais pénétrant ce monde par intervalles. cf.. Eur.v Ant. (93) Pareille pensée est expressément rapportée au mot â[xapTâv£'... et en vertu d'une loi nécessaire au-delà du monde humanisé. 745. II. Soph. on . 1. la Ttiyrj qui distribue et le succès et le désastre. 854 A. 189 D: 191 D. puisque l'aspect dominant en est (91) -La traduisant une reprétout comme de la — : 8.. 2 Plat. L'intellectuacomplexité. Gr. 45. Hérod. i[i. 713 C IX. dans Eurip. on la perçoit faillible par essence (93). dont paraît qu'au milieu du v^ siècle (92) la désignation même n'ap- en même conçoit la loi abstraite d'une puissance divine.x+. Esch.) elle comporte un élément déréglé qui nécessite la coercition sociale.... c. 113 E. sont tous également abominables et où l'idée qu'on s'en fait est absorbée dans la représentation concrète du néfaste (91) dans le plan spécial de : la contemplation. plus tard. 76. Phédon. I. : : YI.. peut être le châtiment ap. 615. III.

à Déni. sq. 91. 2.. II. invoquer Esch. des Ant. Troy. L'idée de mana apparaît ici comme ailleurs la « xjyr. 199. Diels. 50 et s. humain chez Aristote lui-même.. Harri- une des expressions de la Kourotrophos. comme « donatrice » des biens et des maux (Démocr. Eurip. 418. p. SuppL. I2.. p. 671. 371-2. 417. tragiques 85 chez Euripide c'est d'une z^xf] atoxetpa (Esch.. Eurip. et par le grand nombre d'emplois du mol au pluriel chez les H. 1427 principe néfaste. : . 684). Choéph. Hér. fr. XII. notion n'en repose pas moins sur son. L. p.. peut avoisiner celle de souillure cf. Trag. lui.]. 10. Ag.. p. p. Lehrs.. L. primitif (elle paraît se manifester le plus Mais visiblement. d69. Hérod. l'aspect de VAugenhlicksgott.. y voit un fonds primitif d'idées : J. 302) oppose (94) (93) il Voir Bonitz. : comme nom n'apparaît ni dans Vlliade. 226.. P. xs^vay. on lui voit prendre souvent. cf. y a là. HippoL. : . . (HéracL... on le sait.. 0. 2^ éd. Et par une sorte de retour instinctif.. 176. Médée. Ô.... . p.. De fait.).. 176.. de la — et de xux..rj (Hild. 6). 140. Rivaud. 37. semble inutile : Meuss..^. Diels.. IL. 664. en relève 20 chez Eschyle. Vorsokrat. Aufsàtze. 390.. art. Schol. Index Aristotelicus. Ag. Eiim. du dieu ». T6yr^ est une personne divine dans H. le mot. « dans le sens le plus précis. même 176. 233. 309. 417. traduction lointaine du changement de la société et de cette : réalité sûre et stable que nous attestait à{xapxàveiv . table de la Tjx.. I. autrement dit. ni dans VOdyssée (cf. etc. 15. en définitive. La E. Aristoph. XII.).JURIDIQUE ET MORALE EN GRECE 337 l'aspect « moral » (Rivaud. n. 780 A. . Meuss. (cf. Tyche bei der att. V. 1129 (96). 4. Ag. mais on ne peut faire remonter au-delà du v^ siècle un culte véri- commun.. quelque chose de plus objectif que dans la déduction mythologique tentée par Allègre au début de son Étude sur la déesse grecque Tyche. est tout à fait analogue à la xi[jlT( Ôswv la xj^r^ est attachée à : .. Probl. 420 et dans la Théogonie. Euripide. Paus. Ot'5. en faveur de quoi on pourrait Terre-Mère. cf. Prolegomena. antithèse parallèle àcelle de la auvxuytr^ et de 1' eùôatfjiovta chez Solon. 0. 0. 67. Esch. fr... du dev. quelle que soit l'importance de l'idée dans la philosophie générale. même Bôckh.. 422) crise (Démocr. VIII. spécialement tj^'^i ôat[jiovo^ (l'ind. 590 1078 un objet.. .). fr. l'idée de xu^^r. 1265). dans ses manifestations.. cf. on en jugera facilement par l'association si fréquente de Salf/wv donc. à la La pensée philosophique aboutit à opposer.. Fortuna dans le Dict.. la Tu/^r^ se : — manifeste avant tout fr. 922-6 (95). [Ant.. 1315) qu'a été 138) agissant dans le moment tirée la notion d une divinité personnelle et permanente (Pind.. 360. laxux. a. à proMoTpa pos des fragments de Démocrite) ou. Bacchyl. Popul. contre l'accord des mss.rj. se rapporte aux seuls événements qui intéressent Tactivité humaine » (94). ]). p. p. la notion s'est développée au-delà du groupe familial anciennement à roccasion des : jeux publics 1 cf. 832. ad /. (96) cf. cpjat^ comme une fortune inquiète et capricieuse à une Diels. en tout cas. p. Où la correction 0. cf. fur. C'est une notion relativement moderne xû/r. de Weil. V. 62. comme étant celle d'un Esch. . Pind. 270. 1201 IX.

587. à l'époque classique.. 11. de la faute. Sous sa forme achevée..(r. Dans ces conditions^ et à un pareil moment. 1554 Eurip. Andr. dans le inèine esprit que Démociile à la «jojopoTJvr. . Femmes àVass. 249-50. La conception du monde définit maintenant le cadre où pourront se situer.. 1(38). chacune à leur niveau. . . si le culte d'une Tùyr^ t. socialep. 214 Thucyd. le mot a pu servir de pavillon à la pensée. était en immanent à l'humanité. elle est rapprochée. en général (Soph. Hivaud. parce qu'elle s'y oppose formellement. C.. p. 104. /. 894).. et telle que nous la retrouverons chez Thucydide. 673. HippoL. lieu que somme elle pour parler un langage commode. lHl-2) ou de V i^^iyy.. Dém. fr.. 475 Eupolis. Diels. RËCHËRCUËS SUR LE DKVKLOI'PKMËNT DE LA PENSEE r £ÙY£veia. d'ailleurs. Harrison. 905 A (cf. Si mobile soit-elle.. laisse pas d'enveHér. T.. ...r. . etc. les notions diverses du délit intentionnel. Hippol Fiacchyl. ^uées. . 1.. comme . en effet.oX&m. la Tuyvj lui est transcendante le oaipiwv. et si insaisissable. fur. par quoi s'expliquent (fr.. de Slallhaum. d'un Genius civilatis n'est pas antérieur à l'époque hellénistique VU. elle appartient à l'âge de la cité car. n'est pas tenant excusable . 271). unité. (W. Loh-. 18 V.338 la Tj/r. 423). im Alt. à la fois traditionnelle et renouvelée. l'activité la des hommes qu'elle vient limiter. o. E. Vers l'idée en est attestée bien avant. notamment Soph. d'où cette il devait l'être du même coup qui à l'idée de malc facere\ notion du » : malheur ne la « . La précisément en dehors. 511 . et assez fréquemment pour caractériser la Tu. non négative. 1156-9): elle représente la limite vers laquelle tend l' àixàpTTjiJLa mainT'jyr. 478. faute Eurip. P. IV. Elle est chose positive. nous avons vu..X. p. dans la philosophie des atomisles. lopper i3H et la suite. 1555. 407) et l'antithèse classique de yvwaYi et de Tuyj.. P. 210. 700 . de la Motpa (Archil. il y a pourtant dans la Tj/t^ cetlft substance sans lesquelles la pensée ni le nom ne seraient possibles.. cette .. à (fr. p. elle répond à un âge défini de l'entendement humain ment. d'un accord profond entre : la réalité objective et la moralité des cedfire hommes associé à eùupa^îa au sens de bene suc(Soph. Mais au « » Or. Dieis... 894 Hippol.. OE. éd. L A. etc.. Gehurtsl. Ant. in Rcligioyixgcsch.). ad aTu/r... fr.. X. Schmidt. que la distinction . (E. VI. mais elle est en marge du jugement moral (cf. Andr. p. . C. (Eurip. Aristoph. : . /.^). Eurip. 212 Plat. 15. qu'exprime-telle ? Notion religieuse abstraite. XVllI. 79). 973. : suppose. cf. qu"il n'est pas insignifiant de voir associée à l'effort « monothéiste » des Orphiques (J. 50 sq. critique de Démocrite 119. Prolegomena.

Comparer Tobservation de L. en particulier: v.. Aussi se prête-t-il. 6. entre àjjLapT/^fjiaTa età-ru'^TijjLaTa. embrassent les seconds. 914-5 (Pélasgos au héraut) xapêavoç wv .. en termes exprès. à quelques lignes de distance. Suppl. celle de la faute morale.âpxT. à exprimer des notions inédites et au besoin contradictoires (98) celle du délit involontaire.. assure la confiance et garantit en moralité des siens.. incertaine les premiers.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 339 malgré l'effort d'analyse d'Arisune part. et à plusieurs reprises. Ant. . sable. celle il aura fait son office : du délit volontaire. d. le mot aixàpxr.. 69. terme tout à fait voisin d' âjjLapxâveiv. ..B'/ ziB' èoriiv èv . sont d'ailleurs les seuls à l'employer). (99) assimilé d'abord (§ 88). du terme «barbare »). cppevt. de leur temps. — Ttiucyd. xal ttoXa' à|i. relèvera ici. (97) Coaiment principe la : p. incertitude de l' àjjtapxîa 926-9. de plus ou moins involontaire. Gr. à son tour. (98) La contradiction s'accuse dans un passage comme celui d'Antiphon. avec une plasticité singulière. Ant.jjLa implique successivement. 98. 6. . qu'Hérodote applique exclusivement aux Barbares le mot dTâaôaXoç (rapproché même. La persistance du mot est un symbole le mot continue de rallier autour des croyances nécessaires. Dans ce cadre nouveau de pensée. mais sourdement transformées il ne doit tomber que quand . : s'établissent. Vil. des catégories nouvelles Attaquée un instant.. pas assez vécu disparaît avec les tragiques qui. 91 à[ji.. e\ l'orateur va : — IV. V. 88-92. TcaOôvxs? av fjjjtapTrjXoxe.. il est excusable. on l'aperçoit dans un exemple caractéristique d'Eschyle. faute religieuse le fait même le groupe nouveau. ôeois xaXà. et 8' o"ô' àjJiapTàvouat. mais qui n'a .i'5%zvi cette idée d'excusable. Nous avons déjà indiqué nos exemples. I. (§ 91) à r dasSsia la plus grave. l'idée de pleinement répréhensible et celle d'excuI. et où on le voit. restait. et dans le On . Schmidt. au sens tote. V. Soph. de préservation. 33. 558. mais excusée pardonnée par consistant dans Dieux.. les faute réelle. il convient que la sécurité morale se restaure (97). 334. où.|jLa d'acquitter un coupable de meurtre.. oîSv la : même àXX' et • pensée apparaît (jlsv un esprit nettement religieux ^M^(^(yo\iJ.apTwv oûSèv wp9o>5ai. El/i. pour large. le fait L'apparition de l'idée d'excusable est évidemment plus frappant dans l'évolution d'àuapTàvsw (99). puis opposé On remarquera que (il n'a pas pénétré i\xi:'Kixf.

pour une part. pour désiéxojjto?. est m(^me qualifié d' « involontaire» exemple analogue chez Hypéride. enlin. Din. mais leur empire. xat ô'Xw. que le tribunal acquitte.apxàvou(n (jo-^-^vtoixo'/iYJj^ c'est au fond le même cas. cf. — 11 : èàv }i. LI. cf. [ôixajorxTjpicoi àTTo|0aveI]xai '7rax[ptôo. terme même qui se rapportait à la conception la plus ancienne du crime s'applique maintenant aux fautes excusables. sont « pardonnes ». III. uri sentiment des tribunaux. I. 2... où il s'agit de véritables délits.. èv x<]> i-) [Ôi' àrei]ptav t^ àjJiàpXT. jugeant trop forte la peine légale 'A0. col. Pisistrate xoT. elle existe pour le sentiment moral (chez Lys. xxv-xxvi. III. se perpétue il se perpétue dans la notion nouvelle des àjjLapTTÎfxaTa. tovTiç èi è'vôeiav à{jiàpxTj. ici comparés condamnation d'un à|jiapxVj(jiaTa : : ... . formellement écartée. I. y. PoL. 7 au fond.. àv^yx/// i] 8ià (pucrtv i. y.. noX. 57 et 60. 11. Au demeurant..£v TrévT^. religieux férence entre les deux i^oL^x-Zfix'xxT. Dém. — : [Id. IV. àfjiapxeTv àXXà jjLrj àôixe"îv. cette fois.. 12. innocent (§ 88. à[j(. ôi' è'Oo. mais Arist. a. 11-12 IV. èj/^àxoi. ùiro xouxtov x[axapèx xy. Arist.<.. èTriTifjiioK.(i) i^ xi. particulièrement instructif quant à l'extension de l'idée de « faute « excusable. d'homicide survenu au cours d'une rixe l'accusé prétend qu'elle doit retomber plutôt sur la victime qui a porté les premiers coups. Arist. XXXI. — . 4} et acquittement d'un coupable l'un est a guérissable résulte surtout d'une condition objective (àxeax(5v). a. l'idée d'excuse n'existe pas ici pour délit le droit. au gré de la logique. H. où l'idée de l'intentionnel est.5. àp/. l'accident pur et ils simple. Rhét. d'un caractère 10 M III. 5. Ceux-ci sont bien loin d'Atre conçus sous une forme positive.. pour àfjLapxàvetv appliqué également aux magistrats qui pèchent par ignorance (àçpo<TJVT^). mais surtout continuité dans l'évolution les représentations les plus Ainsi le : anciennes régressent. C'est qu'il y a non seulement lenteur. : àjjiapxàveiv) : xtv[a ap/_(ov] ôi' àyvoiav p7)]xop£uOeti. — — : : èvSé^^TjXat ôià xuj(^TjV 8ô$ai irpâ^ai i-) 6i. xal oT. [Ant. le délit est plein et car le axovxa*. par opposition à àôixeîv. |Ant. la difcl".£v tôuoxwv ofxwv èàv xi. xb àjjiàpTT(fj. dans la catégorie des àxojdia mais il n'en est pas moins une faute positive..]. elle D'abord./.]. .XVI. dans une affaire : : . mais jamais com- . la faute. bien confuse comprend pêle-môle de véritables délits qu'on excuse plus : ou moins. implicitement (§ 92). âv — .a gner par opposition au délit propre de cpovo.]. la négligence.v suf-'géré par la pauvreté . l'autre — » non fàv/xeorov) .] èxTretreTxai. et traduisant une pensée commune. : èvéÇexai) entier (toT. qui sembleraient impliquer une volonté fautes réelles. tout en reconnaissant qu'on peut dire de lui-même â^T^ixapTev Dém. l'idée en serait. 1281 b 25 sq.ooxo.340 jusqu'à le RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE comprendre.. 11. mais où le châtiment n'en intervient pas moins xwv |j.. les mais notoire. C. 1372 b 16 sq.

2.a volontaire n'est pas essentiel: .]. XLVII. 31) et en particulier la souillure d'un meurtre (Soph. la même 127. qu'un adoucissement de peine dans le cas d'une faute véritable.R. Volontiers. aux yeux du Grec. et cela se conçoit Lois. dira à propos du Tpaùtxa involontaire Tuy/^ç yàp vofjLoOéTriç oùSsl^ uavoç apyeiv le cas de Tpaù[i. (Ant. Ôç auTOv xal xov TpwôévTa £X£7](ja(. v..fr. Kt l'expérience grecque a bien son prix ce n'est pas par une libération plus ou moins soudaine. C'est qu'en tout cela transparaît.. à-ojji. 854 D bien qu'elle ait deux faces comme la tu-)^/!. mais plus ou moins excusée.àTTwv. .v Tw SaifjLovt 8i86vTa xtX.]. que nous rencontrons dans ce passage.. môme au cas d'un acte accidentel. mérite d'êlre retenu. l'aspect malfaisant et sinistre parfois rapporté à des Dieux spéciaux (Isocr. s. toûtw 5*0 *)^àpt. volontiers accentué. Soph. associée à celle d'un « concours de circonstances » indépendant de d' àuLàprr. xaxYiv TU'^viv aùxoG (jsêôaevov xal tov Saijjiova. . les forces sinistres continuent d'exister. une puissance religieuse devant laquelle il s'incline.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 341 plètement. On voit dès lors ce que signifie sion subsistance et la régres- est localisé.. : du mythe il mais dans un domaine nouveau et restreint : elles fournissent à l'imagination collective le schème nécessaire pour la représentation de l'excusable. IX. a. elle sera très bien 1' àr/i qui se manifeste dans le crime et s'appesantit sur le criminel (Platon. : . . en dépit de l'apparence o-uacpopà dénonce ramment une puissance divine (ainsi dans ce passage de Thucyla « : dide cf. 11. 9t2). — C'est I. 1). II. [Dém. . f*as de terme moins coula positif ». IV. OE. : V. lement dilïerent. . Le mot o-uptcpopà. Platon.. idée d' à-wri qui.. 99. VJ. IX. 879 B. 873 A 877 A C 878 B). dans certains à^xapTiriuaTa. . C. 70).jjLa. 6). puisque nous le voyons par ailleurs évoquer l'idée. OE. [Ant. elles ont droit au respect. et la manière dont Platon s'exprime à son : le coupable devrait être sujet est des plus instructives (877 A) assimilé au meurtrier. terme du vocabuconcernera en général le « mal ». Lois. —y 117) — est plus il laire religieux. et qui réclame aussi bien une certaine expiation. r^v oè où uavTaTTao-'. on parlera alors de tÙ'/y.. Thuc. parce qu'il est dépassé. 98. volonté du sujet (Thuc. Soph. la souil- lure qui réclame puritication (Harpocration.. la peut fonder la notion d'excuse.

Cf. c'est le délit perpéet nous savons l'extension d'une tré contre les choses sacrées c'est en définitive le délit proprement public. le religieux. dans la iritpioç TîoX'. 147. crime. 30 . celte valeur se justifie par la nécessité d'une transition En même temps.v cotilinue de désigner engageant la pleine responsabilité du sujet et par conséquent il ne laisse pas d'impliquer l'idée (^100). que la cité absorbe en soi.xÔTi. L'étude du mot àSueîiv nous a enseigné. continue d'être nourrie de religion le premier de ses états est la condition du second. XXlï. Du môme coup. . 29 . est d'ailleurs spécialement appliqué AjjLap-ràvEiv aux délits reli- gieux (Andoc. Andoc. Toùç v6tji. 82 et s. qui une certaine prédilection Aristoph. pp.. en soi. Thucyd. 4). mot . 77. G. .. Reinach. jusqu'au début du iv^ sièest môme alors employé avec àjjLapTavciv. que la pensée sociale en viendrait à distinguer le crime voulu et prémédité. •?. 6) à propos des délinégalement quants jugés par l'Aréopage apparaîl trop spécial pour ne pas — — devoir être attribué aux sources mêmes de l'historien (101). el la » raison » sans doute n'aurait jamais levé sans le mythe. 47. I. le terme àjjtapTàvs'. elle .. il est vrai. I. c'est celui-ci le cle. 52. 1 iSixîa. la conception du délinquant. atjiap-r'la xal àcré- êsta £(r:tv tl^ tê toùç Oeoùç xal £'. 73. l'emploi de-roù. E. que le mot àou£v>.342 et RECHERCHES SUR LK DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE en tout cas mystérieuse. pour ainsi dire. que lui-môme il l'est par àixapTàvs'. nouvelle de Tintentionnel. correspondant au terme ancien de àxoo-uo'jvTa. . et que le délit fon- damental d'impiété Mais il : est pensé sous la catégorie du « politique ». /?. (ITl... Anl. fr. Constitution des Athéniens àWv\?^\o\o^ VIÏl..tjLa àxGj7'. 45. : m.ov. 33 .v. IV. 79.4). V. correspondant à tû/ti iiiWo^j (101) Sans doute à cette littérature politique de la fin du ve siècle qui. 1. Th.Tïfa..oi». Vi. le fait involontaire . (100) : est nécessaire l'aspect religieux soit accentué pour (XTfiSèv Ê^TifxapTr. dans la II. Contradictoire avec la précédente. 1 . exaltait lo rôle de TAn'opBge. Ce qui rappelle le plus fortement l'ancienne conception du crime. 4 (cf. 102. Iti faute excusable et en tant qu'elle affirme V à[X7pTr. 88.. Ant. Pliitiis^ 915. àixapTavovra. idée pareille — : Et que désigne encore. 1 46. le comme continue entre le passé et le présent. n'évoquait pas Valeur particulièrement accentuée dans un exemple comme Ant. Lys. V.

elles ne sont pas indispensables : Tavetv chez les orateurs. faute de pouvoir toujours distinguer. (102) perd sa raison d'être. . par exemple. D'ailleurs.. Parce qu' àSusliv repré- Môme du sens de delicfum nombre (103) substantif âtxapxTiixa. 461 A Lois. un de àjxapxta au sens de « faute ». c'est alors àoi/eïv. XXXI. MX. nous avons fait un relevé pour la première moitié de son œuvre les emplois des deux verbes. l'antithèse semble apparaître pour la première fois. Ainsi. cités pp. 314. cet emploi du mot est en baisse. 11)..âo'zr^ixy. dont un au sens de « faute »). se balancent à peu de chose près. 2 de à. 6 A. 'Ajjiapxàvetv est encore assez fréquent chez Isocrate (i02). aucun d' sfajjiapTâveiv. VI. et peut-ôtre volontairement. à Andocide chez qui il prédomine. qui est un exemples en sont innombrables jusqu'au milieu du iv^ siècle ensuite. Phèdre. dans Lys. redoublement. 77). Dinarque (aucun des deux verbes. qualifie de le « Pruderie ». p. avec cette que tout le passé d'àaacTavsLv gardait efficace et impérieuse. 65. I. au contraire.àpxr^|jia) D'une extrémité à l'autre. retarde. 15. gner le délit public (considéré sous l'aspect religieux XXIV. un certain s'appliquent notamment au peuple d'Athènes et s'expliquent par ce que : L. on le trouvera assez abondant sans qu'il y ait à cela de raison : : : : : . surtout pour l'emploi religieux du mot {Eutyphron. On notera toutefois . 306 sq. Eschine l'applique surtout à l'immoralité de Timarque. chez Andocide dans tel discours de Lysias. s'impose aux esprits avec cette puissance d'émotion surnaturelle Dans le cours du iv« siècle. V. tiép. de de àStxsïv les . V. etc. vers l'objet du délit — les pensées vers le gravité mystique. Lycurgue (2 de àuapxàveiv. cf. timide encore. quand les deux mots sont rapprochés. Sa langue . c'est pour être opposés l'un à l'autre (voir en particulier les exemples de Démosthène. Lois. le seul mot vivant pour le délit public. XXVII.j. 22). spéciale (103). 729 E). Arlstote. . comme nous l'avons vu. dès le ive siècle. (104) Ce rôle de transition s'atteste notamment dans : Taspociation.. Dinarque.tj. ni d' àiJLàpxr^fjLa sinon un contesté. 243 A. 217.v décline il assez rapidement : la transition assurée (404). 759 C X. au sens de délit. 175.. de la fin du v siècle à la fin du iv". Rép.[jLa. comme le Contre Evandro?. la notion propre du délit la décadence de àfaappublic. 2 de ot. Il est impossible de dresser des statistiques exactes. dans à[jiapx«v£iv et dans àôr/sTv. Schraidt. LU. àuapTàv£t. répondent Hypéride (2 exemples d'afjiapxàveiv dont aucun n'est probant. 5 A. Démosthène en use relativement peu pour désiXXI. II. V. la décroissance est continue Lysias marque la transition d'un siècle à l'autre. on peut le dire démonétisé il n'a plus cette valeur si définie que nous lui voyons. nous relevons chez lui 27 exemples au ils sont loin de tenir tous la place d'un à8^xT. 908 B. 42. est immé- diatement sensible. goût de Platon pour le mol.JURIDIQUE ET MORALE EN GRÈCE 343 expressément — car il oriente d'abord dehors. 379 D. Au reste. «[lap-câvEiv et .

Lois. la cité même est regardée comme le principe de la «justice ». : xXottt. Mais. Gomment ne pas voir une autre face du même phénomène dans la notion de la responsabilité subtiative d'une famille. vol des richesses de la cité. le meurtre. l'a le châtiment par ce fonctionne- ment raison régulier des institutions qui est » comme pressentiment de plus ou moins vidé de sa l'image et le « dé- originelle. et comment. distinctement conçue.spciv ypr. le meurtre. la société n'étant plus seulement sentie. Nous avons vu coms'impose ment la notion collective des délits s'élève ainsi à une unité abstraite. pensée abstraite signifie complexité l'idée des espèces délictuelles n'a pu s'élaborer que par la substitution de la cité au yÉvoç.t\v l'idée abstraite du délit implique un coupable dont la : volonté. parce qu'il est lui mot de la cité. tentat contre la cité. nous l'avons rappelé. trahison. une notion nouvelle et distincte a pu se (105) La ypaïf. qui ne peut être poursuivi que sur l'ini- profondément des délits aux esprits organisée publics. Sans doute. dans Taltentat contre la religion (105) surtout. dans ses trois grandes espèces sacrilège. xapavôjjiwv. 854 A. diffé. » estimable 1/ dcjsêeia ». Mais ces dittérents genres n'en existent pas moins. mais conçue. l'idée des espèces délictuelles. Nous sociale : savons qu'ici. en organisant la raison. c'est-à-dire d'un système de règles qui émanent de son pouvoir souverain. '. par le fait même de cette complexité. on conçoit même des espèces et des degrés dans l'at. a perdu de cette puissance divine qui lui semblait immanente. C'est que le crime.344 RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PENSÉE le sente une unilé abstiaite. d