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Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques

Université Henri Poincaré - Nancy 1

INITIATION A LA MANIPULATION

2 ème année

Université Henri Poincaré - Nancy 1 INITIATION A LA MANIPULATION 2 ème année Année universitaire 2004-2005

Année universitaire 2004-2005

Avertissement

Ce polycopié d’initiation à la manipulation regroupe des informations précieuses pour les

divers TP de votre scolarité.

Il sera d’une grande utilité durant toutes vos années d’études et doit être considéré comme un outil de référence. A ce titre, conservez-le à portée de main et au besoin, relisez-le.

Il est recommandé de venir à la séance de TP ou de TD en ayant pris connaissance du contenu

de la séance.

Pour les séances de Travaux pratiques, vous devez apporter:

votre poly d’Initiation à la manipulation, votre cahier de laboratoire, une blouse blanche, un

feutre-marqueur pour le verre, une calculatrice, et des feuilles de dessin format A4.

En outre, les étudiants présentant une allergie au latex doivent se procurer des gants de vinyle

(en supermarché) pour pouvoir manipuler les produits dangereux.

Photo de couverture :

Microscope du roi Stanislas Leszczynski, construit par Alexis Magny, en 1751. - Musée Lorrain, Nancy.

1

PLAN

1

- SUIVI ET RENDU DES RESULTATS

4

PRESENTATION DU CAHIER DE LABORATOIRE

5

APPRENTISSAGE DE LA REDACTION D’UN COMPTE-RENDU

7

RAPPEL SUR TRACE DES COURBES, CALCUL D’INCERTITUDE, PRESENTATION DES RESULTATS

8

EXERCICES D’APPLICATION DES CALCULS D’INCERTITUDE

31

2 - REGLES D’HYGIENE ET DE SECURITE AU LABORATOIRE

32

PRODUITS CHIMIQUES

33

PRODUITS BIOLOGIQUES

40

GESTION DES DECHETS CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES

41

SECURITE AU LABORATOIRE, SECURITE DES LOCAUX

46

3 - MESURE DES VOLUMES ET DES MASSES

47

VERRERIE, PIPETAGE, PESEE

48

VERRERIE ET VOLUMETRIE

59

2

4

– MICROSCOPIE

60

LE MICROSCOPE A FOND CLAIR

61

EXAMEN A L’ETAT FRAIS ET A L’IMMERSION

72

MICROMETRIE

74

NUMERATION D’ELEMENTS FIGURES

76

5 – METHODES DE SEPARATION ET D’ANALYSE QUALITATIVE

79

ELECTROPHORESE DE ZONE

80

CENTRIFUGATION

86

CHROMATOGRAPHIE SUR COUCHE MINCE

87

6 - DOSAGES COLORIMETRIQUES ET NEPHELEMETRIQUES

95

NEPHELEMETRIE

96

SPECTROMETRIE

97

- NOTIONS DE METROLOGIE, CALCULS D’INCERTITUDE, CONTROLE DE QUALITE

7

102

APPLICATION DES CALCULS D’INCERTITUDE

103

QUALIFICATION DES APPAREILS ET NOTION DE CONTROLE DE QUALITE

104

3

SUIVI ET RENDU DES RESULTATS

PRESENTATION DU CAHIER DE LABORATOIRE

APPRENTISSAGE DE LA REDACTION D’UN COMPTE-RENDU

RAPPEL SUR TRACE DES COURBES, CALCUL D’INCERTITUDE, PRESENTATION DES RESULTATS

EXERCICES D’APPLICATION DES CALCULS D’INCERTITUDE

4

PRESENTATION DU CAHIER DE LABORATOIRE

V.PICHON

1. But

Cette procédure définit les règles de base à suivre pour l’élaboration, la rédaction et la bonne tenue d’un cahier de laboratoire de travaux pratiques. C’est une initiation aux « bonnes pratiques de laboratoire » ainsi qu’à la tenue d’un cahier de manipulations que le futur diplômé sera amené à mettre en pratique dans le cadre de ses fonctions professionnelles, aussi bien en recherche, en industrie, dans le milieu hospitalier ou à l’officine. Ce cahier doit permettre à l’étudiant de garder une trace écrite de ce qu’il fait en TP et d’acquérir la rigueur indispensable à la prise de notes lors d’un travail expérimental. Il permettra également de rédiger le compte rendu de TP correspondant. Les modalités particulières, répondant à des objectifs pédagogiques propres adaptés à certains TP, sont précisées dans le polycopié relatif à chaque TP.

2. Etendue

études

Cette

pharmaceutiques.

3. Elaboration

Le cahier de laboratoire est un document de travail personnel dont le contenu doit pouvoir être utilisé par toute autre personne (cf paragraphe 3.2.). A ce titre il doit être tenu sous une forme bien définie et être rédigé de manière claire et lisible.

procédure

s’applique

à

l’ensemble

des

travaux

pratiques

du

cursus

des

3.1. Format

Le cahier, fourni à l’étudiant au début de la 2 ème année, sera de format 21,0 × 29,7 cm, broché (sans spirales), et toutes les pages devront être numérotées. Son prix sera ajouté à la carte de polycopiés.

3.2. Rédaction

Sur la première page (page 001), l’étudiant indiquera : nom, prénom, année d’étude, année universitaire. Les pages 002 à 005 seront réservées à l’écriture de la table des matières qui sera actualisée au fur et à mesure des séances. Ce cahier est un document de travail, il doit

donc être complété sur place et à chaque séance, si besoin est. Le cahier de laboratoire doit être suffisamment complet pour qu’on puisse s’y référer et réaliser à nouveau l’expérience décrite dans les mêmes conditions expérimentales et obtenir les mêmes résultats dans les limites d’erreur établies.

On pourra trouver dans ce cahier et pour chaque séance :

- le titre de l’expérience

- la démarche expérimentale

- les conditions expérimentales

- les observations

- les mesures

- un exemple de calcul et/ou un traitement préliminaire des données

- ainsi que tout commentaire ou appréciation utile au bon déroulement de la manipulation y compris les problèmes rencontrés et les solutions apportées.

5

Tous ces éléments sont indispensables à la rédaction du rapport de TP correspondant à la séance ; le but n’est pas de recopier le polycopié.

3.3. Tenue Le cahier étant numéroté, aucune page ne pourra être arrachée. Une encre ineffaçable sera utilisée à la rédaction. Ecrire directement dans le cahier sans rien retranscrire, pas de feuilles volantes. Si une erreur est constatée, il faudra la rayer proprement sans la faire disparaître et écrire à côté la correction ainsi que le motif.

4. Contrôle

Les enseignants contrôleront chaque cahier lors des travaux pratiques, vérifieront qu’il est régulièrement rédigé et le viseront. A l’issue des TP, s’il a été constaté que ce cahier est inexistant ou non tenu à jour régulièrement, un retrait de points est prévu sur la note finale. Cette évaluation est laissée à l’appréciation des enseignants responsables.

6

APPRENTISSAGE DE LA REDACTION D’UN COMPTE-RENDU

CONSIGNES POUR LA PRISE DE CROQUIS

Les observations faites au microscope donnent lieu à des dessins, vous permettant de conserver un souvenir précis de ce que vous avez observé. L’exécution de ces dessins nécessite une observation et une interprétation très précises des préparations microscopiques. De plus, ils permettent la vérification du travail. Ils seront rendus dès la fin de la séance.

Ces dessins, exécutés uniquement au crayon de papier, doivent être la représentation aussi exacte que possible des objets observés. C'est pourquoi il faut respecter les proportions relatives des divers éléments, et représenter tous les détails très scrupuleusement. Le trait de crayon doit être fin et net, les raccords imperceptibles. Les hachures et les autres symboles (croix, ronds…) qui peuvent être employés dans les schémas, doivent être proscrits de tout dessin de détail. Il est inutile de représenter l'observation au faible grossissement (sauf dans quelques cas qui seront signalés au moment voulu) : apporter au contraire tous les soins à l'observation au fort grossissement qui est, le plus souvent, la seule intéressante.

Les dessins doivent comporter une légende précise, comportant notamment le grossissement utilisé, et des annotations détaillées (faire mention de la forme, de la couleur, de la quantité éventuellement). Des traits de rappel indiqueront tous les détails intéressants du dessin. Dans la mesure du possible, ils seront horizontaux et ne se recouperont pas. Ils seront placés à droite du dessin bien centré. Les légendes seront écrites également au crayon de papier. Les dessins seront faits uniquement du côté recto de chaque feuille.

7

RAPPEL SUR TRACE DES COURBES, CALCUL D’INCERTITUDE, PRESENTATION DES RESULTATS

NOTIONS DE METROLOGIE

V. PICHON

On ne connaît bien le phénomène que lorsqu’il est possible de l’exprimer en nombres. Lord Kelvin

La métrologie est l’art de la quantification, c’est-à-dire la représentation numérique des phénomènes physiques qui peuvent alors être comparés, vérifiés et reproduits. Les grandeurs sont mesurées à l’aide d’unités qui constituent un système. Celui-ci doit être reconnu par tous les utilisateurs, il doit être simple et cohérent ; cependant, il ne peut être définitif car il est tributaire de l’évolution des connaissances et des techniques. Depuis 1989, la Conférence Générale des Poids et Mesures a pour rôle d’étudier les problèmes posés par la Métrologie et d’imposer un système unique. En France, le seul système légal est le Système International ou S.I.

1 - Les grandeurs

La notion de grandeur ne peut être définie de manière irréfutable. Il s’agit d’entités qui représentent entre elles une analogie (masse, longueur, temps). Elles peuvent varier et on peut définir des quantités ou des états.

1.1. Les grandeurs mesurables

Une grandeur est mesurable si on peut définir le rapport de deux grandeurs de l’espèce considérée. La mesure sera donc dépendante du choix de l’unité. Ces grandeurs peuvent être :

- additives : il est alors possible de définir l’égalité et la somme (exemple: la masse) - non additives : l’addition n’a pas de sens physique (exemple: température, masse volumique) - à individualité unique : elles ne sont pas susceptibles de variation. Il s’agit des constantes universelles (constante de Planck, constante molaire des gaz parfaits) ; ces grandeurs n’ont pas d’unité, mais leur valeur numérique dépend du système utilisé.

1.2. Les grandeurs repérables

On ne peut pas définir le rapport entre deux grandeurs identiques. On peut seulement donner

une hiérarchie (intensité olfactive, échelle de dureté de Mohs).

2 - Dimensions des grandeurs Unités

2.1. Définition

Il faut, préalablement à cette étude, établir une classification.

a) Les grandeurs fondamentales

L’analyse dimensionnelle montre que l’ensemble des grandeurs n’a que trois degrés de liberté. Il suffit donc de choisir trois grandeurs indépendantes l’une de l’autre pour définir toutes les autres. La longueur, la masse et le temps ont été retenus.

8

b) Les grandeurs principales

Pour des raisons pratiques, le Système International utilise non pas trois mais sept grandeurs

de référence.

-

Longueur

-

Masse

-

Temps

-

Température

-

Intensité du courant électrique

-

Intensité lumineuse

-

Quantité de matière

On y ajoute :

-

L’angle plan

-

L’angle solide

c)

Les grandeurs dérivées

Elles sont définies à partir des grandeurs principales (surface, pression, capacité).

2.2. Dimensions

A

chaque grandeur principale a été attribuée une dimension symbolisée par une lettre (L - M –

T

- Θ - I – C). Les grandeurs dérivées auront donc pour dimension une combinaison des

symboles précédemment établie en fonction de la description physique de cette grandeur.

Exemple :

Pression

= Force / Surface

= (Masse x Accélération) / Surface

=

=

= M L -1 T -2

M (Masse L T -2 x L Longueur) -2 / (Temps x Temps x Surface)

On peut faire les remarques suivantes:

- Une grandeur peut ne pas avoir de dimension (1 et non 0) si la somme algébrique de tous les exposants est égale à zéro.

- Il n’existe pas de grandeur dont la somme algébrique des exposants est supérieure à 4.

- Une grandeur dérivée peut être obtenue par la combinaison d’autres grandeurs dérivées et témoigner ainsi de l’interaction des différents phénomènes physiques.

Exemple:

M L -1 T -2 =

Pression

ML

Pression

M L 2 T -3 / L 3 T -1 Puissance / Débit M L T -2 / L 2

=

= = Force / Surface

-1 T 2

La première équation correspond au fonctionnement d’une pompe, la deuxième au manomètre à soufflet. Si les deux membres d’une relation traduisant des lois de la physique n’ont pas la même dimension (à un facteur numérique sans dimension près), cette relation est inexacte.

2.3. Unités

2.3.1. Définition C’est une quantité de grandeur qui sert de référence pour exprimer la mesure de cette

grandeur.

9

Elle est représentée de façon plus ou moins arbitraire par un étalon. Cette notion est évolutive en fonction de la progression des connaissances et des techniques. Le choix des unités, correspondant aux grandeurs principales définies précédemment, décrit le Système International (J.O.Décret 75.1200 du 4 décembre 1975).

- Longueur : mètre

Longueur égale à 1 650 763,73 longueur d’onde, dans le vide, de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux 2 p 10 et 5 d 5 de l’atome de krypton 86.

- Masse : kilogramme

Masse du prototype en platine iridié qui a été sanctionné par la Conférence générale des poids

et mesures tenue à Paris en 1989 et qui est déposé au Bureau international des Poids et Mesures.

- Temps : seconde

Durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux

niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133.

- Intensité de courant électrique : ampère

Intensité d’un courant électrique constant qui, maintenu dans deux conducteurs parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés à une distance de 1 mètre l’un de l’autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force de 2.10 -7 newton

par mètre de longueur.

- Température : - kelvin

Le kelvin, unité de température thermodynamique, est la fraction 1/273,16 de la température thermodynamique du point triple de l’eau. - degré Celsius

La température Celsius t est définie par la différence t = T - T 0 entre deux températures thermodynamiques T et T 0 avec T 0 = 273,15 kelvins.

- Quantité de matière : mole

Quantité de matière d’un système contenant autant d’entités élémentaires qu’il y a d’atomes dans 0,012 kilogramme de carbone 12.

- Intensité lumineuse : candela

Intensité lumineuse dans la direction perpendiculaire d’une surface de 1/600 000 mètre carré d’un corps noir à la température de congélation du platine sous la pression de 101 325 pascals.

- Angle plan : radian

Angle qui, ayant son sommet au centre d’un cercle, intercepte, sur la circonférence de ce cercle, un arc d’une longueur égale à celle du rayon du cercle.

- Angle solide : stéradian

Angle solide qui, ayant son sommet au centre d’une sphère, découpe sur la surface de cette sphère, une aire équivalente à celle d’un carré dont le côté est égal au rayon de la sphère.

10

2.3.2.

Multiples et sous multiples

On utilise des préfixes et les symboles suivants :

Facteur multiplicatif

Préfixe

Symbole

10

18

exa

E

10

15

peta

P

10

12

téra

T

10

9

giga

G

10

6

méga

M

10

3

kilo

k

10

2

hecto

h

10

1

déca

da

10

-1

déci

d

10

-2

centi

c

10

-3

milli

m

10

-6

micro

µ

10

-9

nano

n

10

-12

pico

p

10

-15

femto

f

10

-18

atto

a

2.3.3. Ecriture

a) Les noms des unités sont grammaticalement des noms communs. Ils s’écrivent avec

une minuscule et prennent un s au pluriel, sauf s’ils se terminent par s, x ou z (exception:

quintal - quintaux).

b) Les symboles des unités sont exprimés en minuscules romaines, sauf s’ils dérivent

d’un nom propre (seconde : s ; newton: N) (exception: l’ohm : )

Le symbole n’est pas suivi d’un point. Il ne prend pas la marque du pluriel.

c) Le nom et le symbole des multiples et sous-multiples de l’unité de masse est appliqué

au gramme et non au kilogramme.

d) Les préfixes composés sont interdits (1 nm et non 1 mµm).

e) Le produit des symboles de plusieurs unités est indiqué de préférence par un point

(N.m). L’absence de ce signe ne doit pas prêter à confusion. (Exemple: Nm (Newton.mètre) mais pas mN (millinewton).

f) Les trois écritures suivantes sont autorisées :

m/s ou

m

s

ou m.s

-1

Il ne peut y avoir plus d’une barre oblique dans l’expression. Dans les cas compliqués des

parenthèses ou des puissances négatives doivent être utilisées. m.kg/(s 3 . A) ou m.kg.s -3 . A -1 et non m.kg/s 3 /A

2.4. Conversion d’unités L’introduction du système S.I. a diminué la fréquence des changements d’unités. Cependant, dans la pratique, on rencontre encore des unités non légales. Le passage d’un système à un autre système cohérent (les grandeurs principales définissant toutes les autres) s’obtient à partir d’un facteur multiplicatif. Celui-ci est égal au produit des rapports entre les unités principales élevées à la puissance qui apparaît dans l’équation aux dimensions.

11

Exemple : soit un système où les unités principales sont le centimètre, le gramme et la seconde (système C.G.S.) : la pression a pour unité la barye. Dans le Système International, l’unité de pression est le Pascal. L’équation aux dimensions de la pression est M L -1 T -2 :

Le facteur multiplicatif est :

M :

L

T

:

:

g

= 10.10 -3

kg

cm = 10.10 -2

m

s

s

= 1

= 10 -3 x (10 -2 ) -1 x 1

k

k = 1.10 -1

Une barye est donc égale à 10 -1 Pascal.

3 - Mesures et incertitudes

Une mesure est le résultat d’un processus comprenant un certain nombre d’étapes :

- production d’un signal

- transformation du signal

- transmission

- amplification

- conversion pour la présentation de la mesure

- présentation (enregistrement - indication visuelle - aiguille, etc

Toutes ces phases ne se retrouvent pas nécessairement impliquées dans une mesure. On utilise

pneumatiques, électriques, électroniques,

mécaniques, optiques et parfois acoustiques. On ne peut jamais affirmer que les résultats sont rigoureusement exacts. Les mesures peuvent être influencées par l’objet, la méthode, les instruments et l’opérateur :

La grandeur à mesurer est définie avec une incertitude.

)

essentiellement les

techniques

hydrauliques,

3.1. Précision Elle s’exprime en pour-cent. C’est la qualité globale de la mesure. L’imprécision est due à des erreurs.

3.1.1. Les erreurs accidentelles

Elles sont dues à l’opérateur ou au manque de fiabilité du matériel. Elles conduisent en général à des résultats absurdes. Le sens critique de l’expérimentateur doit permettre leur élimination. Pour cela, il est utile que celui-ci ait une idée de l’ordre de grandeur du résultat.

3.1.2. Les erreurs systématiques

Elles sont dues à l’instrument de mesure et elles se reproduisent de la même manière lorsque

l’on répète plusieurs fois la même mesure.

- l’erreur de parallaxe résulte d’une lecture en “biais” lorsque le repère et la graduation ne sont pas dans le même plan.

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- l’erreur d’hystérésis

- l’erreur d’hystérésis L’indication de la mesure (X) est en retard par rapport à la variation

L’indication de la mesure (X) est en retard par rapport à la variation de la grandeur (G).

Si la grandeur subit une variation périodique, on décrit un cycle d’hystérésis. Cette erreur est éliminée si on prend la moyenne de deux valeurs prises l’une à « la montée » et l’autre à « la descente ».

- l’erreur de décalage

l’autre à « la descente ». - l’erreur de décalage Correspond à un écart de la

Correspond à un écart de la valeur de la mesure. Il peut être positif ou négatif.

- l’erreur de pente ou de calibrage

positif ou négatif. - l’erreur de pente ou de calibrage Dépend de manière linéaire de la

Dépend de manière linéaire de la quantité mesurée.

- l’erreur de linéarité

La courbe de réponse X = f(G) n’est pas rigoureusement linéaire. Elle s’exprime en pourcentage de l’étendue de l’échelle. L’expérimentateur ne peut corriger cette erreur que s’il possède une courbe d’étalonnage.

- l’erreur d’étalonnage

Due à l’erreur commise sur l’étalon et sur les graduations lors de la création de l’appareil.

Ces erreurs sont connaissables et peuvent éventuellement être prises en compte.

3.1.3. Les erreurs aléatoires On notera en particulier les erreurs dues aux causes suivantes :

- le manque de mobilité C’est la conséquence des frottements des jeux mécaniques de l’inertie. Ce type d’erreur se manifeste surtout lorsque la grandeur à mesurer est stable.

- l’influence des paramètres extérieurs tels que la température, la pression, l’humidité, l’accélération, le temps, etc…

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- le manque de rapidité Un appareil idéal ne doit pas ignorer un phénomène fugace et doit suivre rigoureusement les variations de la grandeur mesurée.

- le manque de finesse L’instrument ne doit pas perturber la grandeur qu’il mesure. C’est le cas classique d’un voltmètre qui modifie l’intensité du circuit dans lequel il est inséré.

Ces erreurs conduisent à des résultats dispersés. Si le nombre de mesures est important, on pourra appliquer les lois de la statistique. Les valeurs se répartiront autour d’une valeur réelle suivant une loi normale.

Le résultat d’un tir sur une cible permet de représenter ces erreurs :

On constate une dispersion des points d’impact (plus ou moins groupés) et l’on peut imaginer un point d’impact “moyen”.

- les tirs hors de la cible représentent les erreurs accidentelles.

- la position du point moyen par rapport au centre de la cible correspond aux erreurs systématiques

- la dispersion correspond aux erreurs aléatoires.

Il est alors possible de régler l’arme, donc de corriger les erreurs systématiques, pour que le point moyen soit au centre de la cible. Le tir est dit juste. Plus les impacts sont groupés, plus le tir est fidèle.

Pour qu’un appareil soit précis, il doit être juste et fidèle.

3.2. Sensibilité

C’est le rapport qui existe entre la variation de l’indication de la lecture et la variation de la

grandeur. Un appareil est linéaire lorsque sa sensibilité est constante. Cette notion ne fait pas intervenir la précision de la lecture. Il ne faut donc pas confondre la sensibilité et le pouvoir de résolution (appelé aussi pouvoir séparateur) qui est la plus petite différence d’état ou de quantité d’une grandeur qu’un appareil peut déceler. C’est souvent cette définition qui correspond chez les constructeurs à la sensibilité. Par exemple, la sensibilité σ d’un galvanomètre s’écrit :

σ =

rotation de l'aiguille

variation du courant

=

∆α

i

et peut se calculer si la relation physique entre α et i est connue. Elle ne dépend pas du

dispositif ni de la précision de la lecture. La sensibilité définie par le constructeur tiendra compte de l’erreur due à la non mobilité du système, du dispositif de lecture (lunette de visée), etc

3.3. Incertitudes

3.3.1. Erreur et incertitude absolue

L’erreur absolue est la différence entre la valeur exacte Xo (qui est inconnue) de la grandeur

G et de la valeur Xi donnée par la mesure. Aussi préfère t-on introduire la notion d’incertitude

absolue X qui est l’estimation de la limite raisonnable de l’erreur telle que l’on puisse affirmer :

X - X < Xo < X + X Elle a bien sûr les mêmes dimensions que la mesure.

14

3.3.2.

Erreur et incertitude relative

C’est le quotient X/X de l’erreur ou de l’incertitude absolue par la mesure. C’est un nombre sans dimension qui représente la qualité du mesurage. On peut donner un ordre de grandeur de l’incertitude relative.

X/X

Informations

1

Ignorance

0,1

Evaluation

0,01

Mesurage industriel

0,001

0,0001

Précision

0,00001

Haute précision

3.3.3. Incertitude sur une mesure directe

L’expérimentateur doit chercher à réduire ou à corriger les erreurs systématiques puis estimer l’incertitude X sur la mesure. Pour obtenir de meilleurs résultats, le mieux est de multiplier le nombre de mesures. En effet, sur un grand nombre de mesures relevées, les valeurs se répartissent dans la plupart des cas suivant une courbe de Gauss. On constate que l’incertitude absolue maximum X est peu probable et on démontre que la moyenne des résultats d’une mesure répétée un grand nombre de fois de façon indépendante tend vers la valeur réelle, si on a pris soin d’éliminer toutes les erreurs non aléatoires.

Si Χ est la valeur moyenne de la grandeur

L’erreur apparente est alors égale à :

L’erreur moyenne s’écrit :

i i i

On définit également l’écart type :

σ =

1 n σ = 2 ∑ i x i n = 1 2 1 n
1
n
σ =
2
∑ i
x
i
n
= 1
2
1
n
∑ i
(X
X)
i
n
= 1

N.B. : Dans l’expression de σ, utiliser (n-1) au lieu de n, si ce dernier est petit. Sur la courbe de Gauss, l’abscisse de σ correspond à 0,607 fois la hauteur de l’ordonnée maximum. On peut également définir la probabilité P de commettre une erreur inférieure à une certaine limite. Le tableau suivant donne P pour certaines valeurs remarquables de l’erreur.

Limite de l’erreur

P

-

x m + x m

0,573

 

−σ + σ

0,682

- 2x m + 2x m

0,690

- 2σ + 2σ

0,954

- 3σ + 3σ

0,997

- 4σ + 4σ

0,999

15

3.3.4.

Incertitude sur une mesure indirecte

Les incertitudes absolues et relatives dépendent souvent de plusieurs mesurages. Soit g = f (u, v, w), les grandeurs u, v et w étant des variables indépendantes sur lesquelles on

commettra l’erreur u, v et w. Si ces valeurs sont petites, on peut appliquer les règles du calcul différentiel.

g

u

,

g

v

et

g

w

étant les dérivées partielles, on peut écrire :

dg

=

g

du

+

g

dv

+

g

u

v

w

dw

g

Nous ne pourrons connaître le signe des termes tel que

u sens de l’incertitude. Il faut donc se placer dans le cas le plus défavorable en faisant la somme des valeurs absolues de chacun des termes.

.du , puisque l’on ne connaît pas le

∂ g ∂ g ∂ g ∆g = ∆u + ∆v + ∆w ∂ u
∂ g
∂ g
∂ g
∆g =
∆u +
∆v +
∆w
∂ u
∂ v
∂ w

D’une manière plus particulière si la fonction est de la forme :

g = k 1 u + k 2 v + k 3 w k 1 , k 2 et k 3 étant des nombres sans dimensions, il vient :

Si la fonction est de la forme :

∆g = k 1 ∆u + k 2 ∆v + k ∆w 3 g =
∆g =
k 1 ∆u +
k
2 ∆v +
k
∆w
3
g = k u α v β w γ
g
u
v
w
=
α
+
β
+
γ
g
u
v
w

Les cas les plus simples pourront être résolus en utilisant les deux théorèmes suivants :

- l’incertitude absolue sur une somme ou une différence de termes indépendants est

égale à la somme des incertitudes absolues sur chacun des termes.

- l’incertitude relative sur un produit ou un quotient de termes indépendants est égale à

la somme des incertitudes relatives sur chacun des termes.

3.3.5. Remarques

a) Les cas des mesures non indépendantes ne sera pas traité ici. Le calcul de l’incertitude dans

ce cas conduit à une valeur inférieure à celle que l’on obtiendra en appliquant les théorèmes précédents.

b) L’incertitude relative résultant d’une différence peut être très grande si les deux termes sont peu différents.

c) Le fait que l’erreur la plus probable est plus faible que l’incertitude permet de vérifier la cohérence entre des résultats différents.

Il est en effet nécessaire (mais pas suffisant) que les intervalles définis par des résultats encadrés de leur incertitude aient une partie commune pour qu’il puisse s’agir de l’expression de la même quantité de grandeur.

16

A et B sont compatibles. A et C, B et C ne le sont pas.

A et B sont compatibles.

A et C, B et C ne le sont pas.

d) Les calculs d’incertitude précédents s’appliquent dans le cas du calcul différentiel, ce qui

suppose que les incertitudes sont petites et que les fonctions sont différentiables. Si ce n’est pas le cas, il faut calculer la valeur maximum et la valeur minimum du résultat (en choisissant pour u, v et w des valeurs algébriques correctes) et prendre pour incertitude absolue la valeur de leur demi différence.

e) La connaissance d’un résultat parmi l’ensemble des résultats possibles n’apporte aucune information sur la population concernée. En particulier, il est absurde de calculer une incertitude absolue en faisant la différence entre deux résultats expérimentaux.

4 – Expression des résultats

4.1. Le résultat

Une mesure est représentée par un nombre limité de chiffres significatifs qui traduisent la précision de la mesure. Il n’est pas indifférent d’écrire 1,0183 ou 1,02. Dans le premier cas, l’erreur porte sur la quatrième décimale, dans le deuxième cas, elle porte sur la deuxième.

Le dernier chiffre significatif exprime le niveau de l’incertitude absolue sur le résultat.

Un zéro situé à la fin d’un nombre peut faire exception et avoir plusieurs significations. Dans le cas d’un nombre entier : par exemple 1200 Cette valeur peut être considérée comme ayant 2, ou 3, ou 4 chiffres significatifs ; dans ce cas il est préférable d’utiliser les puissances de 10 et écrire selon le cas : 1,2.10 3 ou 1,20.10 3 ou 1,200.10 3 . Cette difficulté n’existe pas si on fait suivre le résultat de son incertitude absolue : 1200 ± 100, 1200 ± 10 ou 1200 ± 1. Dans le cas d’un nombre décimal, le zéro doit être écrit s’il correspond au niveau de précision : 1,020 n’est pas équivalent à 1,02.

4.2. L’erreur

L’incertitude absolue étant une estimation optimiste de la valeur maximum de l’erreur, on

comprendra que l’on ne doit pas lui attribuer plus d’un chiffre significatif (deux à l’extrême rigueur).

Par exemple, on ne peut pas écrire que l’incertitude absolue est également à ± 101 unités puisque le résultat n’est défini qu’à une centaine près. Il en résulte les pratiques suivantes :

Lors d’un calcul d’incertitude, on négligera les erreurs sur les termes qui présentent une incertitude relative dix fois inférieure à celle du terme présentant l’incertitude relative la plus importante. Le résultat sera toujours arrondi à l’unité supérieure pour ne pas minorer la valeur de l’incertitude. Il est recommandé de garder dans les calculs intermédiaires un nombre de chiffres supérieurs au nombre de chiffres significatifs pour éviter d’introduire par le processus d’arrondissement des erreurs qui seraient du même ordre que celles qui appartiennent aux mesures.

17

Pour les nombres irrationnels tels que π on utilisera un nombre de décimales tel que l’erreur relative sur ce nombre soit inférieure au dixième de l’incertitude relative qui affecte le terme présentant la meilleure précision. Dans ces deux derniers cas, il est inutile de « traîner » une quantité « ridicule » de décimales.

4.3. Ecriture des résultats

On utilise la forme suivante :

a b c ± signe nombre incertitude absolue
a
b
c
±
signe
nombre
incertitude absolue

d

suivante : a b c ± signe nombre incertitude absolue d puissance 10 e symbole de

puissance 10

e

c ± signe nombre incertitude absolue d puissance 10 e symbole de l’unité Seules les cases

symbole de l’unité

Seules les cases b et e sont obligatoirement présentes lors de l’écriture d’une mesure.

a) La case a ne contient le signe plus ou le signe moins que si la grandeur est orientée.

b) La case b est remplie en respectant les règles de l’écriture des nombres :

- La virgule sépare la partie entière et la partie décimale d’un nombre. Elle ne figure dans les nombres que si elle est suivie de zéros pour indiquer la précision de la mesure. Il n’y a qu’une seule virgule par nombre (les anglo-saxons remplacent la virgule par un point).

- Les nombres sont séparés par tranches de trois chiffres de part et d’autre de la virgule. Un espace est utilisé à l’exclusion de tout autre signe.

- Le nombre comporte un nombre de chiffres significatifs correspondant à la précision. c) La case c contient la valeur de l’incertitude absolue avec en principe un seul chiffre

significatif auquel s’ajoute bien entendu le nombre de zéros nécessaires.

d) La case d n’est utilisée que si le nombre est très petit ou très grand.

e) La case e contient soit le symbole de l’unité utilisée si le résultat est exprimé en chiffres, soit le nom si l’énoncé de la mesure est littéral. Les règles d’écriture relatées au paragraphe 2.3.3. doivent être appliquées.

Cette présentation imposant l’utilisation du même mode d’écriture pour le nombre et son incertitude, permet la comparaison immédiate de ces deux valeurs.

4.4. Les indications

Les représentations instantanées des mesures peuvent être analogiques ou numériques. La lecture ne peut être correcte que si la vitesse des variations n’excède pas une valeur compatible avec l’appareil de mesure et les possibilités de l’observateur (expérimentateur ou système d’acquisition de données).

Les indications analogiques sont limitées par :

- le pouvoir séparateur de l’œil

- le grossissement que peut donner un dispositif adéquat

- la possibilité d’interpolation directe ou à l’aide d’un vernier mais il faut noter que

l’augmentation du pouvoir de résolution d’un indicateur ne modifie pas la qualité de la mesure (rien ne sert d’apprécier le dixième de milligramme si l’incertitude absolue sur la

pesée est de l’ordre du milligramme).

Les indicateurs numériques procèdent toujours par troncature, aussi faut-il ajouter à l’erreur instrumentale l’erreur due à l’incertitude portant sur le dernier digit (dernier chiffre).

18

4.5. Représentation des résultats d’un ensemble de mesures

4.5.1. Le tableau

Lorsqu’une grandeur physique dépend d’une ou plusieurs autres grandeurs, il est utile de rassembler les résultats sous forme de tableau. Afin de pouvoir comparer facilement les différentes valeurs, il faut veiller dans la mesure du possible à l’homogénéité de l’écriture des grandeurs appartenant à une même ligne ou une même colonne.

4.5.2. La représentation graphique

L’exploitation des résultats en vue d’établir les lois des phénomènes physiques est facilitée par les représentations graphiques. En général, on utilise un système de coordonnées

cartésiennes et parfois une représentation polaire.

Les mesures x et y suivant les axes X et Y étant incertaines, nous obtiendrons une ligne brisée en joignant les différents points. En réalité si le phénomène est continu, la courbe ne doit pas présenter de rupture de pente. Il faut donc tracer une courbe qui passe “au mieux” de tous les points.

Les écarts x et y entre un point pris sur la courbe et le point expérimental correspondant constituent une appréciation de l’incertitude sur les mesures.

On considérera qu’un point pris sur la courbe correspond à une mesure améliorée de x et de y.

Ce type de représentation donne une vue générale du phénomène étudié et permet la mise en

évidence de particularités (intersection avec les axes, point de rebroussement, surface sous la courbe, valeur de la pente et variations de celle-ci) ainsi que l’interpolation et l’extrapolation. Quelques règles simples et logiques permettent de réaliser un travail correct.

- Toute courbe sera référencée par rapport à un système d’axes et à une origine (pouvant être différente du zéro).

- Le choix de l’échelle doit permettre l’occupation maximale de la surface réservée à la courbe (celle-ci est en général un quadrilatère rectangle dont le rapport des cotés est inférieur à 1,5).

- Elle doit être choisie pour rendre aisée la lecture des valeurs de X et de Y. En général, on prend à une puissance de 10 près, les rapports 1, 2 ou 5.

- Les axes seront gradués de manière simple (1;2;3 – 1 ;5 ;10 ; 15 ; 10 ; 50 ; 100

Les valeurs x, y correspondant aux valeurs expérimentales ne doivent pas figurer sur les axes.

- Le tracé des points expérimentaux doit être suffisamment discret pour ne pas surcharger le graphique. Les traits de rappel seront proscrits sauf pour mettre une particularité en évidence.

- Le tracé de la courbe doit être aussi propre et “lisse” que possible. Ceci suppose, faut-il le préciser, l’utilisation d’un système d’écriture à pointe fine et l’usage éventuel d’un pistolet à dessin.

- La mesure de valeurs particulières obtenues à partir d’une représentation graphique ne doit pas utiliser les mesures x et y des points expérimentaux mais impérativement celles des points appartenant à la courbe.

- La détermination de la pente d’une courbe doit être faite à partir des accroissements de x et

de y pris sur la tangente tracée au point considéré. En aucun cas, ces valeurs ne doivent être prises sur la courbe, sauf bien entendu dans le cas d’une droite. Pour diminuer l’erreur graphique, on veillera à choisir des accroissements aussi grands que possible.

).

19

4.5.3. Représentation des mesures par des formules

La courbe représentative des variations de Y en fonction de X étant obtenue, on se propose de déterminer s’il existe une relation Y = f(X) qui traduit une loi physique. Le seul cas ou l’on puisse vérifier avec sécurité la nature d’une courbe est celui de la droite. On cherchera empiriquement un changement du système de coordonnées.

Par exemple :

* La courbe de la puissance électrique P en fonction de l’intensité I suggère de tracer la

courbe de P en fonction de I 2 . Cette dernière est une droite qui vérifie la relation P = kI 2 . Il

apparaît que la pente mesure la résistance du circuit.

* L’intensité I t transmise par une lame absorbante diminue rapidement avec l’épaisseur e. On

obtiendra une droite de la forme y = ax + b en traçant la courbe log I t = f(e). La pente de cette courbe mesure le coefficient d’extinction, la valeur de l’ordonnée pour e = 0 donne l’intensité I 0 du faisceau incident.

Dans la réalité, l’expérimentateur va obtenir, en raison des erreurs expérimentales, un certain nombre de points plus ou moins alignés. Il lui faudra alors choisir la droite la mieux adaptée. La méthode la plus utilisée est celle des moindre carrés. Cependant il est inutile d’appliquer cette méthode si les points sont pratiquement alignés. Le tracé se faisant facilement avec une règle transparente placée de manière à ce que son bord passe le plus près possible des points expérimentaux en laissant à peu près autant de points de part et d’autre de la droite.

4.6. La mémorisation

Ces techniques permettent l’étude quantitative a posteriori d’une ou plusieurs grandeurs enregistrées simultanément. L’enregistrement analogique, d’utilisation très courante, est la mémorisation graphique sur un support (papier en général) des variations d’une grandeur. En dehors des erreurs dues à l’enregistreur, il faut parfois tenir compte des variations dimensionnelles du support dues à

l’humidité par exemple. Actuellement, cette technique est concurrencée par l’enregistrement numérique sur un support magnétique (bande, disque) ou optique (vidéo disque).

Il faut également citer :

- les mémoires électroniques

- les cartes et rubans perforés

- la position d’un index

- les étalons

- une branche d’un cycle d’hystérésis

- etc

Toutes ces mémoires posent trois problèmes principaux

- vieillissement et affaiblissement de l’information

- l’introduction de parasites lors de la prise en compte des signaux

- l’introduction de parasites lors de la restitution des signaux.

Notons que les dispositifs numériques permettent de s’affranchir de ces phénomènes. On peut en effet régénérer périodiquement les mémoires et traiter électroniquement les signaux pour discriminer les informations.

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30

EXERCICES D’APPLICATION DES CALCULS D’INCERTITUDE

V. PICHON

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REGLES D’HYGIENE ET DE SECURITE AU LABORATOIRE

PRODUITS CHIMIQUES

PRODUITS BIOLOGIQUES

GESTION DES DECHETS CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES

SECURITE AU LABORATOIRE, SECURITE DES LOCAUX

32

PRODUITS CHIMIQUES

M-H. LIVERTOUX - L. FERRARI

CONNAISSANCE DES PRODUITS CHIMIQUES ET DES RISQUES

Actuellement, il existe des centaines de milliers de substances organiques et de produits minéraux. Parmi eux, près de 50 000 présentent, à divers degrés, un danger pour la santé et la sécurité des manipulateurs. Les risques associés aux produits chimiques sont essentiellement de deux ordres : d'une part ces produits peuvent avoir une action néfaste sur l'organisme et c'est alors leur toxicité qui intervient ; d'autre part ces produits sont souvent inflammables.

1 – Les règles

1) CONTAMINATION PAR LES SUBSTANCES DANGEREUSES

Les substances dangereuses peuvent :

1. contaminer la peau et les yeux par contact

2. contaminer l'air, sous forme de poussière, fumée, gaz, vapeur et aérosol

3. être portées à la bouche par méprise ou par les mains souillées.

2) VOIES DE PENETRATION DANS L'ORGANISME

Les substances dangereuses peuvent entrer dans l'organisme par plusieurs voies à la fois :

la voie respiratoire :

la voie digestive :

la voie cutanée :

les gaz, poussières, vapeurs, fumées pénétrant par inhalation dans les poumons et de là dans le sang les solides ou liquides sont avalés dissous et résorbés au niveau du tube digestif plus ou moins totalement les liquides ou les gaz pénètrent dans l'organisme à travers la peau.

3) RISQUES DES SUBSTANCES DANGEREUSES

Chaque substance dangereuse a ses risques particuliers. On peut classer ces risques en se basant sur la nature des effets. La réglementation classe les diverses substances en :

Substances explosives

E

Substances nocives

Xn

Substances comburantes

O

Substances corrosives

Co

Substances inflammables

F

Substances irritantes

Xi

Substances toxiques

T

Substances dangereuses pour l'environnement D

selon le danger et la nature spécifique des risques.

E

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

O

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

Xn Co

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O
dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

F

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

Xi

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

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T

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

D

dangereuses pour l'environnement D selon le danger et la natu re spécifique des risques. E O

4) IDENTIFICATION DES SUBSTANCES DANGEREUSES

Une mesure importante qui permet de travailler en sécurité avec des substances dangereuses est la mise au point d'un système d'identification et d'information efficace qui doit permettre d'identifier rapidement les substances, de noter les risques dus à ces produits et de recommander des mesures préventives. On trouve des listes de substances dangereuses avec leurs noms, symboles de dangers éventuels, catégories de risques : phrases R (risques) et S (sécurité).

5) ETIQUETAGE

L'objet de l'étiquetage est d'indiquer simplement la substance dangereuse qui est contenue dans n'importe quel produit et cette mention est en relation étroite avec la surveillance médicale et les conseils du médecin du travail. L'étiquette sur tout emballage ou récipient doit comporter les indications suivantes :

1. le nom de la substance

2. les mentions spécifiques de danger et/ou les symboles qui s'y rapportent

3. les phrases mentionnant les risques particuliers dérivant de ces dangers : Phrases R (risques)

4. les phrases mentionnant les conseils de prudence destinés à pallier tous ces risques :

Phrases S (sécurité)

5. le nom et l'adresse du fabriquant ou de toute autre personne qui met cette substance à la disposition des utilisateurs.

2

- Consignes générales de sécurité

-

Eliminer le risque.

-

Circonscrire le risque à la source.

-

Prendre des mesures de prévention matérielle.

-

Utiliser des moyens de protection.

-

Au cours des manipulations de chimie, manipuler toujours au-dessus de la table :

les souliers ne résistent pas à l'action des produits chimiques !

3

- Précautions nécessaires

La manipulation des produits dangereux doit être entourée de toutes les précautions nécessaires :

Porter des lunettes de protection. Ne jamais pipeter à la bouche. Utiliser des pipettes automatiques pour les prélèvements. Eviter le contact avec la peau. Porter des gants lors de la manipulation de produits corrosifs ou hautement toxiques par contact (produits allergisants). Travailler si possible sous une hotte ventilée pour les produits volatils toxiques par inhalation, ou pour toute réaction susceptible de dégager des gaz toxiques, et loin d'une source de chaleur ou d'électricité statique.

Ne jamais jeter à l'évier des solvants toxiques ou inflammables. Se laver soigneusement les mains après la manipulation des produits toxiques. Ne jamais fumer, boire, manger, dans la salle de Travaux pratiques.

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Pour utiliser des produits volatils, toxiques, il est indispensable de porter un masque de protection respiratoire.

Ne pas stocker en laboratoire des quantités importantes :

* de solvants

* de réactifs susceptibles de se décomposer spontanément à température ambiante

* de produits réagissant violemment avec l'eau * de produits toxiques, qui seront gardés sous clé.

PREVENTION DES RISQUES D'INCENDIE ET D'EXPLOSION

1) Incendie et explosion

La déclaration d'un feu est consécutive à la coexistence de trois conditions :

a- présence d'un combustible b- présence d'un comburant c- présence d'une source de chaleur. Le feu peut prendre un caractère explosif pour certaines proportions du mélange combustible- comburant.

L'électricité peut être aussi à l'origine d'incendie, d'explosion, de brûlures ou d'électrocution. Attention aux mains mouillées ! ! !

A partir de quelques milliampères, le courant peut être dangereux dès l'instant où les tensions

sont supérieures à quelques dizaines de volts. Dans les conditions habituelles, la résistance du corps humain est généralement comprise entre 1000 et 2000 ohms. Un courant d'intensité 0,22A est largement suffisant pour entraîner la mort.

La suppression du risque d'incendie ou d'explosion est associée à la suppression de l'une de trois conditions (appelées côtés du "triangle" du feu) :

a- suppression du COMBUSTIBLE Une bonne ventilation permet d'empêcher l'accumulation des vapeurs volatils combustibles qui peuvent s'accumuler dans la salle et former avec l'air un mélange explosif. La ventilation consiste à avoir environ 3 ou 4 trous de 10 à 15 cm de diamètre répartis en bas

et sur toute la longueur de la salle.

b-Suppression du COMBURANT On travaille en présence d'air, il est difficile de supprimer ce risque.

c- suppression de CHALEUR On doit éviter toute surchauffe locale.

2) Moyens d'intervention a- Cas d'incendie

Au laboratoire, les feux qui prennent accidentellement peuvent s'éteindre rapidement si le

poste de travail est bien ordonné et si nos réactions sont rapides et sûres.

b- Lutte contre le feu

Pour arrêter un incendie, il faut éliminer l'un des trois côtés du "triangle" du feu.

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c- Les types de feu

Classe

Nature

Feux de matériaux solides (cellulose, bois, tisss, papier) dont la combustion se fait

A généralement avec formation de braises. Ces feux sont parfois dits "feux secs". Feux de solides liquéfiables ou de liquides (produits pétroliers, alcool, huiles,

B solvants organiques, graisses). Ces feux sont parfois dits "feux gras".

C Feux de gaz : méthane, propane, butane.

D Feux spéciaux: métaux,

, phosphore.

d- Les extincteurs utilisés au laboratoire

Les deux extincteurs les plus utilisés sont :

- l’extincteur à poudre (d'hydrogénocarbonate de potassium, de phosphate d'ammonium

propulsée par du dioxyde de carbone

- l’extincteur à dioxyde de carbone : lors de sa libération dans l'atmosphère, celui-ci subit une

détente qui s'accompagne d'un refroidissement, une partie passe à l'état solide et provoque un refroidissement et un étouffement.

)

4 - Les règles à respecter

GARDEZ VOTRE SANG FROID !

1) USAGE DE LA VERRERIE

Tenez un tube à essais entre le pouce et l'index, près de l'ouverture, jamais au milieu du tube.

Ne tenez jamais le tube à essais en dirigeant l'ouverture vers votre visage ou vers celui de votre voisin. Tenez le tube incliné selon le grand axe de la table, l'ouverture du côté du paroi, de la cloison, des fenêtres.

Pour mettre un solide en poudre dans un tube à essais, utilisez une spatule ou un papier plié en deux.

Descendez lentement l'agitateur dans un tube à essais.

Ne remplissez jamais complètement un tube à essais, surtout s'il faut chauffer : 2 cm de hauteur de liquide, ou un quart de cm de hauteur de solide, pas plus.

[Pour enflammer un gaz qui se dégage d'un tube à essais, mettez la main sur le côté du tube et présentez l'extrémité de l'allumette juste au-dessus du tube. Attention aux flammes incolores, très peu visibles, comme celles du dihydrogène (H 2 )].

36

Pour enfoncer un tube de verre dans le trou d'un bouchon, saisissez-le délicatement entre le pouce et l'index, à travers un chiffon, près de l'extrémité que vous voulez mettre dans le bouchon. Humidifiez légèrement le tube. Enfoncez-le en tournant. Si le tube est coudé, ne mettez jamais la paume de la main sur la partie coudée. Après usage, posez le tube délicatement dans le portoir : tenez-le jusqu'à ce que le fond touche le socle.

2) MANIPULATIONS DE LIQUIDES

Pour verser un liquide d'un flacon dans un tube à essais, ou d'un tube à essais dans un autre, tenir les récipients inclinés. S'il s'agit d'un liquide corrosif, tenir le tube avec une pince. L'étiquette des flacons doit se trouver diamétralement opposée au côté où coule le liquide. Pour protéger les doigts, tenir le flacon en mettant le pouce d'un côté de l'étiquette, l'index et le médius de l'autre. Pour éviter tout incident, verser lentement le liquide. S’il s’agit d’une dilution d’acide ou de base concentré, verser lentement l’acide dans l’eau, en remuant : la dilution de ces liquides dégage beaucoup de chaleur.

Ne jamais verser d’eau dans un acide ou une base concentrée. Il y a risque de projections.

Ne jamais mélanger de liquides sans l'avis de l’enseignant. Il y a risque de réactions brutales et de projections. Ne jamais verser un liquide froid dans un liquide chaud, il y aurait des projections brutales et corrosives. Refroidir d'abord le tube à essais et son liquide chaud en le mettant dans le porte tubes. N'ajoutez surtout pas de liquide froid dans le tube chaud. Pour mélanger deux liquides, ne jamais retourner sur le pouce. Utiliser l’agitateur rotatif ou boucher le tube avant agitation en maintenant le bouchon en place par pression de l’index. Certaines réactions entraînent un dégagement gazeux : ATTENTION AUX PROJECTIONS ! Pour déceler une odeur, ne mettez jamais le récipient sous le nez. Si le tube contient un produit chaud, il y a risque de brûlures aux yeux et dans le nez, lorsque le gaz est corrosif et que le dégagement est abondant.

N'aspirez jamais aucun liquide corrosif ou toxique avec un tube effilé dit "pipette". Pour prélever du liquide dans un flacon ou dans un tube, plongez la pipette dans le liquide. Lorsqu'il aura fini de monter, fermez la pipette avec l'index et tenez-la entre le pouce et le médius. S'il faut absolument aspirer, utilisez de préférence une pipette automatique. Tenez toujours la pipette contenant le liquide au-dessus de la table.

Ne pas pipeter les solvants à la pipette automatique ou pipette jetable en plastique, mais avec une pipette en verre.

3) CHAUFFAGE DE PRODUITS CHIMIQUES

1) Le brûleur

Avant d'allumer le brûleur, assurez-vous que le tube souple d'arrivée du gaz est posé sur la table de manière telle qu'il ne risque pas de faire basculer le brûleur.

Pour allumer, fermez l'arrivée d'air, ouvrez le gaz, allumez en mettant la main du côté du brûleur, surtout pas au-dessus. Puis ouvrez progressivement l'arrivée d'air jusqu'au moment où

37

un cône bleu apparaît dans la flamme. Fermez un peu l'arrivée d'air pour faire disparaître le cône bleu. Vous devez avoir une flamme régulière et incolore.

Tenez-vous buste vertical, tête redressée. Maintenez vos cheveux. Eventuellement, faites un chignon ou portez un filet. Les cheveux pourraient s'enflammer. NE JAMAIS LAISSER LES CHEVEUX LIBRES.

Maintenez le brûleur à l'écart du robinet d'arrivée du gaz.

Il arrive parfois que la flamme rentre dans le brûleur, celui-ci ronfle, la flamme est verte.

Attention, le brûleur devient brûlant en bas. Il enflamme parfois le tube souple. Fermez alors

le robinet d'arrivée du gaz. Si vous ne le pouvez pas, demandez à l’enseignant de fermer le

robinet de la salle. Enfin arrosez abondamment avec de l'eau le tuyau souple s'il continue à s'enflammer. Surtout ne soufflez pas. Lorsque le chauffage d'un tube ou d'un ballon est terminé, mettez le brûleur en flamme éclairante, si possible, en fermant l'arrivée d'air. Si la flamme reste invisible, virole fermée, éteignez-la.

2) Chauffage de produits chimiques

Pour chauffer un liquide ou un solide dans un tube à essais, tenez celui-ci près de l'ouverture avec une pince à tube en bois. Tenez-la par le manche. Ne mettez jamais la pince dans la flamme, elle charbonne ou s'enflamme.

Pour chauffer un liquide dans un tube à essais, et à plus forte raison pour le porter à l'ébullition, ne chauffez jamais le fond du tube: placez la surface de séparation air / liquide dans la partie chaude de la flamme incolore et dirigez l'ouverture du tube à essais vers la cloison ou les fenêtres. Pour chauffer progressivement, déplacez doucement le tube horizontalement dans la flamme.

Si l'ébullition est trop rapide, ou si la réaction s'emballe, soulevez-le verticalement au-dessus

de la flamme et baissez-le de manière à obtenir un dégagement gazeux tranquille. Pour chauffer des produits chimiques dans un petit ballon (100 ou 125 mL), tenez-le avec une

pince à tube à essais. Prenez les mêmes précautions que précédemment. Pour chauffer un ballon fixé à un support de chimie, installez-le sur une toile métallique en bon état. Si le feu prend dans un récipient, ne soufflez pas. Eteignez le brûleur. Prenez une toile métallique ou une soucoupe à l'aide d'une pince à tube et posez-la délicatement sur le récipient. Attendez que la flamme s'éteigne. N’ajoutez pas d'eau qui risque de briser le récipient et d’étaler les flammes sur la table. On peut aussi prendre une serpillière mouillée et la poser tranquillement sur le récipient.

Il y a peu de risques pour que les paillasses prennent feu.

4) NETTOYAGE

Les produits chimiques contenus dans les flacons doivent rester purs. Par conséquent, ne remettez jamais dans un flacon un produit ou un mélange resté inutilisé, qu'il soit solide ou liquide.

A la fin de la séance de manipulation, videz et rincez tous vos tubes et ballons dans les bidons

« Déchets » réservés à cet effet. Quand vous utilisez le goupillon pour nettoyer un tube, sortez-le lentement et progressivement pour éviter de recevoir des éclaboussures de produits chimiques. Nettoyez soigneusement la paillasse ou la table quand des produits chimiques y sont tombés. Prenez un chiffon ou un papier, éventuellement tenu avec une pince pour protéger les doigts.

38

Surtout n'envoyez jamais des produits chimiques sur le sol et ne jetez pas de solides ni de liquides concentrés dans l'évier. Faites couler l'eau dans l'évier très abondamment chaque fois que vous y aurez vidé accidentellement des produits chimiques.

Ne pas verser le contenu des tubes et des fioles dans l’évier mais dans les bidons « DECHETS ORGANIQUES » ou « DECHETS AQUEUX » prévus pour cela.

Ramassez soigneusement tout ce qui tombe sur le sol.

Pensez aux accidents dont les aides de laboratoire pourront être victimes en faisant le nettoyage des tables, des éviers et du sol.

LES REGLES DE BASE

LES INTERDITS

FUMER, BOIRE, MANGER TRAVAILLER SEUL PORTER DES VÊTEMENTS INADAPTÉS (flottants ou inflammables)

LES OBLIGATIONS

BLOUSE EN COTON CHEVEUX LONGS ATTACHÉS

LES UTILES

GANTS LUNETTES DE SÉCURITÉ

39

PRODUITS BIOLOGIQUES

A. PAVIS

Les laboratoires de Microbiologie et d’Hématologie concentrent un certain nombre de risques infectieux bactériens, viraux, parasitaires, qui sont liés à la manipulation d’agents pathogènes ou de produits biologiques contaminés (sang et ses dérivés, selles, urines…). En conséquence, diverses mesures de prévention doivent être prises pour assurer la sécurité au Laboratoire.

Les agents biologiques pathogènes

* au laboratoire de Microbiologie :

L’arrêté du 18 juillet 1994 fixe la liste des agents biologiques pathogènes.

La classification s’appuie sur différents critères : pathogénicité et virulence, mode de transmission, gravité de la maladie, potentiel épidémique, existence d’une prophylaxie et/ou d’une thérapeutique. Il existe 4 classes numérotées de 1 à 4 :

- la classe 1 comportant des micro-organismes non pathogènes pour l’Homme

- la classe 4 des agents pathogènes provoquant des maladies graves pour l’Homme, pour lesquelles il n’existe pas de traitement.

* au laboratoire d’Hématologie :

essentiellement virus des hépatites B et C, virus du SIDA

Les modes de contamination

La transmission peut se faire par voie transcutanée et cutanéo-muqueuse, aérienne, digestive.

- voie transcutanée et cutanéo-muqueuse :

par coupure, piqûre, projection sur les muqueuses ou par contact d’une peau lésée avec des surfaces contaminées

- voie aérienne :

par inhalation d’aérosols

- voie digestive :

risque essentiellement lié au pipetage. Il existe différents systèmes d’aspiration qui seront impérativement utilisés.

Prévention du risque infectieux Considérer tout prélèvement comme potentiellement contaminé et prendre pour tous les prélèvements les mêmes précautions Les stratégies de préventions sont multiples et leur application s’appuie sur de nombreux textes réglementaires Le respect des règles de bonnes pratiques d’Hygiène, la formation et l’information des manipulateurs, la décontamination et le nettoyage du matériel, des locaux et des paillasses, l’élimination des déchets font partie de la politique de prévention active.

LA SECURITE AU LABORATOIRE EST L’AFFAIRE DE TOUS

40

GESTION DES DECHETS CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES

F. JORAND

Toute activité humaine génère des déchets divers. Certaines activités de recherche ou d’enseignement produisent des déchets dangereux (déchets chimiques toxiques ou inflammables, déchets biologiques pathogènes, déchets radioactifs…).

I - EVALUER LES RISQUES

Les déchets présentent au moins les mêmes dangers que les produits neufs correspondants. A

ces dangers peuvent s’ajouter les risques liés à la transformation spontanée ou provoquée des produits sous l’influence d’autres produits, de divers facteurs imprévisibles ou du temps (lumière, température, vieillissement…).

A ce titre, la gestion des déchets doit être considérée comme une composante fondamentale

des expériences réalisées dans les laboratoires de recherche et les salles de travaux pratiques.

II - PREVENIR LES RISQUES

La prévention relative aux déchets de différentes natures est identique à celle décrite pour les

activités les ayant générés. Pour pouvoir être éliminés sans porter atteinte aux personnes et à l’environnement, les déchets nécessitent des traitements spécifiques (détoxications chimiques

ou

biologiques, incinération…).

III

- GERER LES DECHETS

Dans les établissements, il convient d’organiser la collecte, l’entreposage et l’évacuation des différents types de déchets, car le producteur en est toujours responsable. Pour les déchets industriels spéciaux (DIS), il importe qu’au moment de leur remise au transporteur, leur confinement soit tel qu’il n’y ait aucun risque de porter atteinte aux personnes chargées de la collecte, du transport et de l’élimination. Chaque enlèvement doit être obligatoirement accompagné d’un bordereau de suivi de déchets industriels (BSDI).

CATEGORIE DU DECHET

NATURE DU DECHET

FILIERES

D’ELIMINATION

Ordures ménagères

Déchets produits exclusivement par les personnels logés, les cafétérias, les restaurants

Ramassage municipal ou collecteur privé

Déchets inertes

Mobilier, gravats, encombrants

Collecteur privé

Déchets industriels banals (DIB)

Papiers, cartons, emballages, verres non souillés, bois

Ramassage municipal ou collecteur privé

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DECHETS INDUSTRIELS SPECIAUX (DIS)

CATEGORIE

NATURE DU DECHET

FILIERES

D’ELIMINATION

DECHETS CHIMIQUES (non infectieux, non radioactifs)

-Liquides Solvants halogénés ou non, acides, bases, colorants, produits photographiques, huiles… -Solides (y compris les conteneurs vides), résidus de chromatographie, gants, lames de microscope, aiguilles… Cas particulier de l’amiante Flocage, cordons, plaques, poussières et tous matériaux contenant de l’amiante

poussières et tous matériaux contenant de l’amiante Emballages appropriés, réglementaires, et étiquetés

Emballages appropriés, réglementaires, et étiquetés

Déchets en emballages spéciaux, double enveloppe, étiquetés

en emballages spéciaux, double enveloppe, étiquetés Solides putrescibles (SO) Solides compactables (SP) Flacons

Solides putrescibles (SO) Solides compactables (SP) Flacons de scintillation en polyéthylène (SL) Flacons de scintillation en verre (SLV)

fûts métalliques

Stockage en conteneurs appropriés, étiquetés et datés Après décroissance :

10 périodes à partir du dernier dépôt, enlever le pictogramme radioactif

Enlèvement et traitement par une entreprise spécialisée et agréée, BSDI

Enlèvement et traitement par une entreprise spécifique spécialisée et agréée, BSDI spécifique

Période inférieure à 100 jours Gérés selon leur nature comme des déchets banals chimiques biologiques

DECHETS

BIOLOGIQUES

(non radioactifs)

Liquides Inactivés ou non Solides Inactivés ou non, déchets d’activités de soins, de recherche, tous objets piquants et coupants, cadavres d’animaux, litières…

Emballages à usage unique, inviolables et étiquetés

Ces déchets doivent être soit incinérés, soit prétraités par des appareils de désinfection

Stockage temporaire en chambre froide ou congélateur

Enlèvement et traitement par une entreprise spécialisée agréée, BSDI

DECHETS

RADIOACTIFS

Solutions aqueuses (LA) Solvants organiques (LS)

Conteneurs réglementaires, étiquetés fournis par l’ANDRA

bonbonnes

Période supérieure à 100 jours Enlèvement par l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA)

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LES MINERAUX

SECURITE

1 - Oxydants fort concentrés risquant de donner des réactions explosives en présence de réducteurs

- Acides perchloriques - paracétiques -périodiques persulfuriques (acide de caro)

- Perchlorates - paracétates - périodates -permanganates

De façon générale tous les persels et tous les paracides.

2 - Produits concentrés risquant de provoquer de très fortes élévations de température

- Anhydride sulfurique

- Anhydride acétique

- Chlorure de sulfuryl

- Chlorofluorure de sulfuryl

et de façon générale, tous les oléums.

3- Produits risquant de s’enflammer au contact de l’eau

- Sodium

- Nitrure de sodium

- Hydrure de sodium

- Potassium

et tous les alcalins et alcalino-terreux sous forme métallique.

Produits risquant de s’enflammer au contact de l’air :

- En particulier, phosphore blanc.

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SECURITE

MELANGES A EVITER DANS LES BONBONNES CEDILOR

ORGANIQUES

Tous les déchets pouvant prendre en masse dans les bonbonnes. Tous produits risquant de réagir spontanément de façon très exothermique ou explosive.

1 - Composés vinyliques

- Chlorure de vinyl

- Chlorure de vinylède

- Styrène

- Acrylates, etc

2 - Composés carbonylés

- Anhydrides organiques

- Chlorures d’acides

3 - Produits azotés

- Tous nitrites et nitres de façon générale

4- Composés à liaisons non saturées conjuguées

- Butadiène

- Nitrite acrylique

- Acroléine

- Crotonaldéhyde, etc

5 - Produits auto-réactifs

- Cétène

- Oxyde d’éthylène

6 - Paroxydes - Acétyléniques

- Tous les peroxydes et tous les acétyléniques

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LISTE DES MELANGES A EVITER

01 Acides 01 minéraux 02 Acides ● 02 organiques 03 Bases ● ● 03 (ammoniaque
01 Acides
01
minéraux
02 Acides
02
organiques
03 Bases
03
(ammoniaque
exclu)
04 Amines et
04
alkanolamines
05 Composés
05
halogénés
06 Alcools, glycols
et éthers de
glycol
06
07 Aldéhydes
07
08 Cétones
08
09 Hydrocarbures
09
saturés
10 Hydrocarbures
10
aromatiques
11 Oléfines
11
12 Huiles de
12
pétrole
13 Esters
13
14 Monomères et
14
esters
polymérisables
15 Phénols
15
16 Oxydes
16
d’alkylènes
17 Cyanohydrines
17
18 Nitriles
18
19 Ammoniac
(NH 3 )
19
20 Halogènes
20
21 Ethers
21
22 Phosphore
22
élémentaire
23 Soufre à l’état
de mélange
23
24 Anhydrides
24
d’acide

mélange à éviter

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SECURITE AU LABORATOIRE, SECURITE DES LOCAUX

L. DIEZ

A) Rappels

Loi (Code du travail) Responsabilités pénales Rappel sur l'organisation universitaire de l'Hygiène et de la Sécurité (Comité Hygiène et Sécurité)

B) Sécurité des bâtiments

Plan de prévention Sécurité incendie Savoir lire un plan et utiliser les renseignements fournis Respect des indications et des installations

C) Sécurité au laboratoire

Rappel sur les BPL (port de blouse, lunettes, gants…)

Exigences des manipulations (hottes, paillasses…) Les interdits Prévention - Responsabilité Que faire en cas d'incident ? Cahier Hygiène et Sécurité

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MESURE DES VOLUMES ET DES MASSES

VERRERIE, PIPETAGE, PESEE

VERRERIE ET VOLUMETRIE

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VERRERIE, PIPETAGE, PESEE

UTILISATION DES PIPETTES

J. COULON

1 – Choix des pipettes à utiliser

Ce choix s'effectue en fonction :

- de la nature du liquide :

ne pas utiliser de pipettes en plastique pour les solvants organochlorés. Pour tous les liquides dangereux (acides et bases concentrés, toxiques), utiliser une propipette,

ou une pipette automatique.

NE JAMAIS PIPETER A LA BOUCHE

-

du volume désiré : utiliser, dans la mesure du possible, des pipettes jaugées à deux traits.

Il

est par contre nécessaire d’utiliser des pipettes graduées, lors du prélèvement de liquide

visqueux (exemple : sang total) ; dans ce cas, il est recommandé de laisser le liquide s’écouler très lentement, et de rincer la pipette une fois avec de l’eau distillée ou un réactif de façon à éviter les pertes. Lors de l’emploi de pipettes graduées, choisir une pipette dont le volume est légèrement supérieur au volume du liquide à mesurer (exemple : mesurer 3,2 mL avec une pipette de 5 mL). Pour des volumes inférieurs à 0,100 mL, utiliser de préférence des micropipettes en verre ou automatiques.

2 - Utilisation des pipettes

2.1. Règles générales

Une pipette propre ou sale ne doit jamais rester sur une paillasse pour des raisons de propreté

et de sécurité. Les pipettes propres doivent être rangées sur un porte-pipettes.

Après utilisation, les pipettes en verre doivent être placées dans un récipient contenant une solution d’attente de nettoyage (sulfochromique très dilué ou détergent). Les pipettes doivent

y être placées pointes dirigées vers le haut. En général, le récipient cylindrique contient un

panier amovible qui permet le transfert de toutes les pipettes dans un autre récipient contenant

du mélange sulfochromique pur. Après un passage bref (quelques heures) dans le mélange sulfochromique, le panier est transféré dans un laveur automatique et l’ensemble subit un grand nombre de rinçages par de l’eau non distillée. Ce rinçage est assuré par un système de siphon qui permet la vidange intermittente et rapide de l’ensemble du bac, alors que l’entrée de l’eau est permanente, mais lente. Puis les pipettes sont séchées individuellement par passage d’air chaud (50°C au maximum).

2.2. Règles de pipetage

- Vérifier que la pipette est propre, sèche, non ébréchée aux parties inférieures et supérieures

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- Pipeter le liquide jusqu'à un niveau légèrement supérieur au trait de jauge

- Essuyer l'extérieur de la pipette à l'aide d'un papier absorbant

- Ajuster le niveau supérieur en maintenant la pipette verticale, les yeux restant constamment au niveau du ménisque inférieur du liquide qui doit affleurer le trait de jauge

- Laisser couler lentement le liquide jusqu'au trait de jauge inférieur

- La pointe de la pipette repose délicatement sur la paroi du récipient qui est légèrement incliné, la pipette étant bien droite

- Après avoir délivré le volume choisi, rejeter le reste du liquide (sauf s’il s’agit d’un réactif qu’il convient d’économiser ou d’un réactif toxique ou polluant)

- Placer la pipette sale dans une éprouvette de plastique remplie d’eau. Ceci permettra d’éviter que les pipettes ne se bouchent.

Remarques :

1) Il est essentiel d'essuyer l'extérieur de la pipette, surtout lorsque l'on mesure de petits volumes ou que le liquide est visqueux. 2) On ne souffle dans une pipette que si elle est à écoulement total et d'un volume inférieur à 1 mL. 3) Certains solvants sont volatils (éther, dichlorométhane, …) ou plus denses que l’eau (solvants chlorés). Laisser le liquide s’écouler plus rapidement que dans le cas d’une solution aqueuse en évitant les pertes au moment du transfert.

3 - Utilisation des micropipettes

TRES IMPORTANT

- Avant utilisation, CHOISIR LE BON INSTRUMENT en fonction du volume désiré, par

exemple :

* de 40 à 200 µL

:

utiliser une P 200 (embout jaune)

* de 200 à 1000 µL

:

utiliser une P 1000 (embout bleu)

Il est ABSOLUMENT INTERDIT d'utiliser les P 200 et P 1000 en dehors des "fourchettes" ci-dessus précisées.

- Aucun liquide ne doit pénétrer dans le corps de la micropipette. Les solutions prélevées

ne doivent être en contact qu'avec les cônes de prélèvement bleus ou jaunes. La micropipette

doit toujours être maintenue verticalement et l'extrémité inférieure vers le bas.

Suivre la séquence suivante pour le pipetage (s'exercer quelques fois avec de l'eau distillée avant de réaliser votre premier prélèvement) :

- sélectionner le volume désiré (tourner le bouton supérieur vers la droite ou la gauche),

- bien enfoncer un cône bleu ou jaune à l'extrémité inférieure de l'appareil,

- presser le bouton supérieur au premier cran (cran intermédiaire) avec le pouce,

- immerger alors une partie du cône dans le liquide à prélever,

- laisser remonter lentement le bouton supérieur vers sa position normale (ne pas lâcher brusquement celui-ci) en exerçant une légère contre-pression avec le pouce,

- vérifier qu'il n'y a pas de bulle(s) d'air au sein du volume prélevé,

- essuyer le cône plastique avec du papier filtre,

- transférer le liquide pipeté dans le récipient voulu en posant l'extrémité inférieure du cône sur la paroi du récipient légèrement incliné (environ 60°) et en appuyant sur le bouton supérieur de façon à parvenir au premier cran puis au deuxième cran, c'est-à-dire à fond. Après quoi, normalement, il ne doit pas subsister de liquide dans le cône. Toutefois, pour

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des liquides à viscosité élevée, il restera toujours un volume résiduel sur les parois qui se concentrera peu à peu à la base du cône. Dans ce cas, il est possible de limiter les erreurs de pipetage :

a) en réalisant des aller-retours successifs avec le bouton supérieur. Pour ce faire, procéder lentement pour éviter que du liquide rentre dans le corps de la micropipette,

b) en rinçant à 2 - 3 reprises l'intérieur du cône avec le mélange eau distillée + solution visqueuse.

4 - Contrôle des pipettes

Le contrôle des pipettes fait partie des vérifications nécessaires en chimie. Deux procédés sont utilisés :

- le contrôle gravimétrique

Un bécher de volume approprié est taré sur une balance. La pipette est remplie d’eau distillée

qui est ensuite introduite dans le bécher. Cette opération est répétée 30 fois en moyenne. Les résultats des pesées sont ensuite analysées de manière statistique.

Remarque :

Contrôler la température de travail car la densité des liquides dépend de la température.

Eviter toute évaporation.

- le contrôle photométrique

Il consiste à pipeter un volume donné d’une solution colorée, à l’introduire dans un volume de

diluant donné et à mesurer l’absorbance de la solution obtenue.

On peut alors déterminer l’exactitude et la précision des pipettes :

- expression de la précision

La précision représente la distribution statistique des valeurs obtenues par des mesures répétées, effectuées sur un même échantillon, dans des conditions constantes et déterminées. On calcule, à partir de ces mesures, le manque de précision ou « imprécision ». Celle-ci peut s’exprimer par l’écart type de la distribution de ces mesures, l’écart type relatif à la moyenne, ou par le coefficient de variation, qui est le plus classiquement utilisé.

- expression de l’exactitude

L’exactitude représente la qualité de l’accord entre la valeur mesurée et la valeur vraie, en dehors des erreurs fortuites. L’inexactitude peut être appréciée par la différence (positive ou négative) entre la moyenne d’une série de mesures répétées et la valeur vraie. Dans le cas du contrôle gravimétrique, la valeur vraie doit tenir compte de la valeur de la densité de l’eau à la température utilisée. Dans le cas du contrôle photométrique, la valeur vraie est donnée par la valeur de l’absorbance de la dilution préparée dans un volume final de 100 mL.

Exemples

Les valeurs de précision et d’exactitude varient en fonction du volume des pipettes. Le tableau

ci-dessous, issu de spécifications de pipettes automatiques du commerce, en donne quelques exemples.

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Capacité

Erreur de justesse

Erreur de répétabilité

1

µL

± 2,5 %

1,8 %

2

µL

± 2,0 %

1,2 %

5

µL

± 1,5 %

0,8 %

10

µL

± 1,0 %

0,5 %

20

µL

± 0,6 %

0,2 %

25

µL

± 0,6 %

0,2 %

50

µL

± 0,6 %

0,2 %

100 µL – 2500 µL

± 0,6 %

0,2 %

Conditions opératoires :

Eau distillée Température de référence : 20°C Nombre de mesures : 15 Ainsi, une pipette de 1 µL délivre, d’après ce constructeur, un volume compris entre 0,975 µL et 1,025 µL. Par contre, le volume (compris entre ces deux extrêmes) est délivré avec un coefficient de variation de 1,8 %. Il est à noter que plus les volumes sont petits, plus les erreurs sont grandes.

5 - Utilisation des propipettes

La propipette est un système utilisé lorsque l'on veut pipeter des liquides DANGEREUX. Le modèle utilisé aux T.P. est le ballon à pipettes "ASSISTENT" modèle standard.

aux T.P. est le ballon à pipettes "ASSISTENT" modèle standard. Le mode d'emploi est le suivant

Le mode d'emploi est le suivant :

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1-. Tenir le ballon dans le creux de la main, au moyen du pouce et de l'index, appuyer sur la soupape R et exercer une pression sur le ballon avec les doigts, pour en chasser l'air. 2-. Avec le pouce et l'index, appuyer légèrement sur la soupape A (Aspiration) pour recueillir la quantité de liquide désirée. 3-. Pour obtenir l'écoulement du liquide, appuyer sur la soupape M avec le pouce et l'index. 4-. Pour l'écoulement total et rapide, appuyer sur la soupape M et fermer l'orifice avec l'index de la main gauche en exerçant une pression sur l'olive au moyen du pouce et du majeur.

Nota :

Au cas où du liquide aurait pénétré à l'intérieur du ballon, prévenir de suite le responsable des T.P.

6 - Utilisation des distributeurs de réactifs

Le distributeur est un appareil destiné à délivrer avec précision, de manière répétitive, rapide et simple un volume déterminé. On l’emploie pour les produits toxiques avec lesquels il ne faut pas être en contact ou pour les travaux en série qui nécessitent la répétition des opérations de pipetage. La plupart des distributeurs sont composés d’un flacon réservoir contenant le liquide à prélever sur lequel est monté un piston que l’on fait courir jusqu’à une butée réglable. Les volumes délivrés peuvent variés de moins de 0,1 à plus de 50 mL selon les modèles. La reproductibilité est de l’ordre de ± 5 %. Les parties de l’appareil venant en contact du liquide sont en verre ou en PTFE ; ils peuvent convenir à toutes sortes de réactifs, néanmoins les produits trop visqueux risquent de bloquer le piston. De même, certains sels peuvent cristalliser dans la seringue.

POUR UTILISER L’APPAREIL :

Lors de la première utilisation, on ne se fiera pas aux volumes indiqués mais on étalonnera soi-même l’appareil et on fixera la butée au volume désiré. Pour l’utilisation en série, on doit d’abord orienter convenablement la pointe de la pipette vers le récipient destiné à recevoir le liquide. On ôte ensuite le capuchon pour libérer l’orifice éventuellement, puis on soulève (ou on enfonce selon le modèle) le piston jusqu’à la butée avec précaution et on le laisse revenir à sa place d’origine. La meilleure reproductibilité est obtenue en manœuvrant lentement. On doit reboucher la pointe de la pipette après utilisation. Les distributeurs existent actuellement en très grand nombre dans le commerce et tous les modes opératoires ne peuvent être décrits ici. Certains seront utilisés aux Travaux Pratiques. Leur contrôle s’effectue de la même manière que pour les pipettes.

7 - Manipulation : initiation au maniement des micropipettes automatiques

7.1. Réalisation de gammes d’étalonnage par différentes méthodes de dilution

- Matériel :

- des micropipettes et cônes

- des tubes à hémolyse

- un spectrophotomètre

- un vortex

- des cuves de spectrophotomètre de 1 mL en plastique

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- Mode opératoire : dilutions dans un volume final constant :

- Dans des tubes à hémolyse, introduire des volumes croissants de colorant à une concentration donnée: 10 µL, 50 µL, 100 µL, 150 µL, 250 µL, 500 µL

- Compléter à un volume final de 1 mL.

7. 2. Contrôle gravimétrique d’une micropipette

- Matériel :

- 2 béchers de 100 mL

- eau distillée à température ambiante

- une micropipette

- une balance…

- Protocole :

- tarer un bécher sur la balance

- régler la pipette sur un volume de votre choix

- pipetter l’eau distillée et ensuite l’introduire dans le bécher

- répéter 15 fois la mesure

- renouveler l’opération pour un volume différent affiché sur la micropipette.

- Expression des résultats :

Calculer le coefficient de variation correspondant à vos mesures pour un volume donné.

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PESÉE

F. BONNEAUX - J. COULON - D. DECOLIN - B. LEININGER-MULLER - C. ZINUTTI

La pesée est l’opération pharmaceutique de base par excellence.

A l’officine, elle conditionne la qualité des préparations réalisées. Nombreuses sont les recommandations des «Bonnes pratiques de préparations officinales », normes officielles, qui s’appliquent au bon usage des balances : « Le matériel nécessaire à la préparation est… en bon état de fonctionnement et de propreté » - « La pesée des principes actifs fait l’objet d’une surveillance toute particulière du pharmacien : dans le cas des substances vénéneuses notamment, le pharmacien procède à une vérification de la pesée » -

la maintenance et l’entretien du

« Procédures générales : elles concernent notamment : …

matériel (balance par exemple) ». Nombreux sont les autres domaines d’activité pharmaceutiques concernés par la pesée : la

possession d’une balance de précision est obligatoire dans les laboratoires d’analyse médicale ; des pesées précises sont primordiales en recherche comme dans l’industrie…

I – Matériels

A – Balances

1 - Paramètres définissant les qualités d’une balance

a) Justesse : c’est-à-dire capable de fournir les mêmes indications (maintien en parfait équilibre dans le cas d’une balance à fléau) sous des masses égales quelles que soient leurs position et emplacement, aussi bien qu’à vide

b) Fidélité : c’est-à-dire capable de donner toujours les mêmes indications avec les mêmes masses

c) Sensibilité : c’est-à-dire capable de répondre (d’osciller dans le cas d’une balance à fléau) avec une quantité minimum de masse. Ainsi, il existe des balances dites sensibles au milligramme, au centigramme

d) La portée, qui est la masse maximale mesurable avec l’instrument

La vérification obligatoire et périodique des instruments de mesure a pour but précisément de

contrôler la conservation de ces qualités essentielles.

2 – Types de balances

Au cours de vos études et dans votre vie professionnelle, vous rencontrerez essentiellement 4 types de balances.

a) Balance de Roberval

C’est la balance à plateau la plus couramment employée pour mesurer les masses élevées. Sa sensibilité est de l’ordre du gramme et peut supporter des poids maxima de 2 à 15 kilogrammes selon les modèles. Pratiquement, on lui réserve, en pharmacie, les pesées supérieures à 5 g. Le fléau est muni de 3 couteaux (1 médian, 2 latéraux) ; sur les fléaux latéraux, se trouvent 2 tiges verticales supportant les plateaux. Un contre-fléau inférieur relie les 2 tiges verticales pour que celles-ci conservent toujours leur position. Un cadran central permet de suivre les

oscillations. Au repos, cette balance est donc toujours en position oscillatoire. On l’utilise avec des masses en laiton généralement (de 1 g à 1000 g).

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b) Trébuchet

C’est un type de balance permettant des pesées plus sensibles. Sa portée est généralement de 100 g ou 200 g avec une sensibilité de 0,05 g ou 0,10 g. Le fléau est représenté par une barre horizontale rigide, le couteau central est perpendiculaire au fléau ; aux deux couteaux latéraux, sont suspendus les plateaux. Pour ménager l’arête des couteaux, les plateaux reposent sur un socle en bois et sont mis en suspension au moment de la pesée par la manœuvre d’un levier ou d’un bouton. On l’utilise avec des masses en laiton généralement (> 1 g), correspondant à la portée de l’instrument et avec une série de lamelles métalliques, en aluminium généralement, pour les subdivisions du gramme.

c) Balances électriques

Il s’agit de balances mono-plateau.

Les masses sont intégrées dans l’appareil et sont sélectionnées manuellement. Leur mode de fonctionnement, leur portée et leur sensibilité varient selon le modèle considéré.

d) Balances électroniques et/ou analytiques

Il s’agit de balances mono-plateau.

L’appareil fonctionne sans fléau ni couteau et il possède un système de tarage automatique (cf

NB 1 ). Leur portée et leur sensibilité varient selon le modèle considéré. Ce type d’appareillage, le plus simple à manier, supplante les autres balances de précision. Nota