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PIECES

NOTICES &
pour servir à l’histoire
d’Angoulins/Mer

N° 1 - 1er trimestre 2007.


Publication éditée par l’association Expression-Hist,
histoire locale et valorisation du patrimoine angoulinois.
PIÈCES
NOTICES &
pour servir à l’histoire d’Angoulins

Sommaire du numéro 1 - 1er trimestre 2007

CONTRIBUTION À UNE GLYPTOGRAPHIE


ANGOULINOISE :
QUELQUES GRAFFITI
RELEVÉS SOUS LE PONT DE LA PIERRE
par Denis Briand

MEMORANDUM SUR DES TESSONS DE


CÉRAMIQUES GALLO-ROMAINES
TROUVÉS À LOIRON
par Denis Briand et Michaël Brunet

COMMUNICATIONS ET PUBLICATIONS

MOBILIER ANTIQUE À LA MANON ?


QUATRE DÉCOUVERTES À L’ÉTUDE...
CONTRIBUTION À
UNE GLYPTOGRAPHIE
ANGOULINOISE :
QUELQUES GRAFFITI
RELEVÉS SOUS LE PONT
DE LA PIERRE
par Denis Briand

Avant-propos

Depuis quelques années déjà, nous menons sur la commune


d’Angoulins un inventaire quasi exhaustif du patrimoine tant bâti que
mobilier (1).
Certains de nos travaux nous ont très vite conduit à nous intéresser à
de nombreuses inscriptions gravées dans le calcaire des murs et des
pierres, des édifices et demeures de notre village :
Nous avons pu remarquer (2), en effet, des marques figuratives ou
d’autres formes géomètriques assez abondantes pour qu’elles éveillent
notre curiosité.
Nous nous trouvions face à des graffiti. Il est vrai que nous n’avons
pas pris immédiatement la mesure du fait glyptographique car comme
pour beaucoup “les graffiti et leur étude se sont longtemps heurtés
à l’incrédulité du public qui n’y voyait que des griffonnages et
enfantillages sans aucune valeur historique” (3).

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. / Quelques graffiti relevés sous le Pont de la Pierre

C’est suite à un enrichissant contact avec Luc Bucherie, érudit en la pas se substituer à leur examen, compréhension ou autre tentative
matière, auteur de remarquables études sur le sujet, que nous avons d’explication (nous laissons ce soin à des personnes plus compétentes
compris le caractère “signifiant” des graffiti : “le spécialiste aime en la matière) nous tenterons quand même de vous présenter dans
d’ailleurs à le rappeler “les graffiti sont souvent très révélateurs de cet ultime dossier quelques documents, documents essentiels à un
la société où ils sont produits, et constituent à ce titre des documents début de pénétration et d’interprétation des graffiti angoulinois. Ce
d’étude particulièrement remarquables” (4). choix suit le conseil de Luc Bucherie (5) qui cite R. Lecotté et sa
Ainsi, forts de cette “conscience glyptographique”, nous avons recommandation “le temps n’est plus de recueillir les graffiti avec
entrepris la rédaction d’un document qui s’intitule “Graffiti à un esprit de collection. Il importe de découvrir leur origine, leurs
Angoulins/mer : essai d’inventaire et biais d’introductions vers une mobiles.” (6)
glyptographie angoulinoise”. Ainsi, c’est vraiment avec ce soucis de donner des clefs d’une étude
mais aussi et tout simplement, de synthèse, que nous vous présenterons
Comme son titre l’indique ce travail se décompose en deux parties : au final :
- des cartes légendées, localisant les sites à graffiti sur la commune,
Un corpus général qui est divisé en divers petits fascicules qui sont précisant nature des édifices, montrant les répartitions géographiques,
autant d’inventaires autour de sites particuliers. Il existe donc en ou reprenant les ensembles thématiques
parrallèle d’autres inventaires pour l’église, les rues, le moulin du pont - des planches pour appréhender les graffiti dans des ensembles
de la Pierre, etc... - et finalement du document de type tableaux, listes ou graphiques.
Considérés dans un ensemble tous forment notre corpus. Bien entendu ces données et informations (nous tenons à le re-
Notons que employons une méthode semblable pour chacun de ces préciser) vous seront livrées objectivement et statistiquement, sans
fascicules avec : tendre vers l’interprétation ou le commentaire qui appartiennent aux
- une présentation des lieux : un bref historique du site et les précisions seuls glyptographes confirmés qui, nous l’espérons, apprécierons
importantes qui s’imposent quant à l’environnement des graffiti de les outils que nous leur proposons au service d’une glyptographie
manière à montrer l’intérêt évident de la préservation de chaque angoulinoise...
graffito dans son contexte particulier ce que R. Lecotté appelait “la
réinsertion des graffiti dans le cadre de l’histoire, voire locale”.
- identification et dénombrement des graffiti dans un inventaire avec Planche des occurrences glyptographiques
localisation précise : des fiches individuelles apréhendent chaque du Pont de la Pierre
graffito. Celle-ci est établie par rapport à une grille d’étude qui comporte
des paramètres et entrées assez simples (thème/datation/dimensions/
indications complémentaires sur le scripteur ou l’environnement du Par rapport à ce cadre de travail, nous souhaitons vous proposer
graffito/précisions sur le site du relevé/ localisation précise sur le la planche constituée des graffiti du Pont de la Pierre. Celle-ci est
support du graffito/ plan des lieux...) Chacun est donc détaillé et nous élaborée à partir du fascicule d’inventaire du Pont de la Pierre,
sommes dès lors efficacement renseignés sur le moindre graffito, qui, inventaire faisant part de notre corpus général. Cette planche est
du reste, nous est présenté sous forme vectorielle et/ou photographique d’ailleurs destinée à être insérée dans notre dossier raisonné en tant
selon les cas. que vues d’ensemble du site du Pont de la Pierre.
Un dossier raisonné. Toutefois si l’approche des graffiti angoulinois
dans les différents fascicules les répertoriant et localisant ne doit

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. / Quelques graffiti relevés sous le Pont de la Pierre

Notes
.
(1) Inventaire du petit patrimoine bâti, inventaire monumental et
mobilier de l’église St-Pierre-ès-liens d’Angoulins, inventaires des
collections particulières, inventaires photographiques d’édifice privés,
etc...
(2) cf Le Colporteur n°2 p.1 (mai 2001)
(3) L. Bucherie “Mise en scène des pouvoirs dans les graffiti anciens
(XV-XVIIIe sièles” in Gazette des Beaux Arts, VIe période, tome CIII,
1380e livraison, janvier 1984 ou L. Bucherie “Graffiti et histoire des
mentalités, genèse d’une recherche” in Antropologia Alpina, Annual
Report 2, 1992.
(4) idem
(5) in “Glyptographie santonne et aunisienne, état des recherches” in
Actes du VIe colloque international de glyptographie de Samoëns,
1989.
(6) dans “Essai d’inventaire des graffiti de la Tour de la Lanterne” in
Bulletin de la société Archéologique et Historique “Le Vieux Papier”,
1980.

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MEMORANDUM SUR DES
TESSONS DE CÉRAMIQUES
GALLO-ROMAINES
TROUVÉS À LOIRON
par Denis Briand, dessins de Michaël Brunet

Précisions contextuelles

La zone angoulinoise comprise entre Loiron et Les Coudrans, bornée


au Sud par la rue du Chay et au Nord par celle dite de La Douane, est
connue depuis plus d’un siècle et demi pour les indices gallo-romains
qu’elle livre. Bon nombre de témoins (tuiles à rebords, céramiques,
monnaies, mobilier en bronze, etc...) ont, en effet, été signalés çà et là.
Ces relations ont fait l’objet d’une récente et brève synthèse dans un
rapport destiné au S.R.A. du Poitou-Charentes, (D. Briand, À propos
de quelques découvertes faites sur la côte méridionale d’Angoulins/
mer, Expression-Hist, octobre 2006) mais aussi d’une évocation dans
une publication grand public (D. Briand, Angoulins-Châtelaillon -
Traces et vestiges du passé, Expression-Hist, juin 2006). S’il est vrai
qu’aucune structure en place n’a, jusqu’alors, pu être étudiée dans
cette zone, au regard des diverses mises au jour, il demeure hautement
probable qu’un habitat antique ait existé près ou dans cet environne-
ment, à proximité immédiate des parcelles «positives».
En l’état actuel des connaissances, nous devons nous contenter de ces
quelques occurrences résiduelles pour seule documentation.
Ceci dit, et malgré le fait que cette lacune constitue, a priori, un réel

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

handicap cognitif, le faisceau des documents recueillis éclaire, de Après avoir alerté M. Eric Normand, du S.R.A. du Poitou-Charentes,
mieux en mieux et à mesure de son étude, datation et nature du site. l’éventualité d’une intervention de sondage a été abandonnée étant
C’est en ce sens, que nous souhaitons, aujourd’hui, ajouter de nou- donné l’exiguité de la parcelle.
veaux éléments à ce corpus d’éléments d’appréhension du site. Sans renoncer pour autant et avec l’aimable accord des propriétaires,
Voici comment nous les avons recueillis : je me suis proposé de mener le tamisage exhaustif (maille 2cm) du tas
de terre excavé, dans le but de sauvegarder les frustes indices menacés
Avant l’été 2006, un panneau d’autorisation de construire, placardé d’une disparition certaine.
vers Loiron, éveille notre attention. Il concerne une parcelle située au Le présent rapport est donc destiné à quantifier mais aussi à présenter
coeur de la zone sus-décrite, terrain qui appartient à Mr et Mme Morin l’ensemble des restes et témoins mis au jour sur l’emprise précise de
et qui l’ont acquis à fin de faire bâtir une maison neuve. cette piscine, aussi modestes soient-ils.
Dans la première partie du terrain, lors des travaux de construction, le Rappelons, s’il est besoin, que ces résultats sont obtenus par simple ta-
creusement des fondations de la future habitation n’a strictement rien misage. Ainsi il n’est donc question d’aucune méthode archéologique
livré, résultat dû en grande partie à la perturbation et pollution occa- dans l’approche du chantier (fouilles stratigraphiques par exemple).
sionnées par la préexistence d’une maisonnette ruinée et qui a été rasée En l’absence de relevés ou de coupes, nous livrerons ici, simplement
pour la réalisation de ce projet d’habitat. et sans détour, le détail des tessons récoltés ainsi qu’un visuel (pho-
Au demeurant, dans le nord du terrain, sur une partie mieux préservée, tographies et/ou dessins) d’une sélection d’éléments plus ou moins
l’excavation d’environ 25 m3 de terre, visant à l’accueil d’une piscine, caractéristiques. Ce bilan complétera la fiche de déclaration formatée
a livré du mobilier céramique d’époque gallo-romaine. Ces observa- du S.R.A. que établissons en parallèle du présent compte-rendu.
tions intéressent, de facto, la problématique de la zone archéologique, Nous tenterons de conclure, in fine, et ce, sans vouloir nous substituer
que nous venons de rappeler (coordonnées du point central de cette à l’avis de personnes plus qualifiées que nous pour le faire, sur ces
piscine : lattitude 46°06’13,95’’ Nord ; longitude 1°07’15,05’’ Ouest ; occurrences, qui documentent, d’une manière assez informelle certes,
altitude 4 mètres). mais directement (étant donné le contexte de la zone), le site gallo-ro-
main Loiron-La Manon-Les Coudrans.

Quantitatif approximatif des tessons

- morceaux de tegulae et imbrices, nombreux fragments


- céramique sigillée (une dizaine de petits tessons),
- céramique à l’éponge (une dizaine de petits tessons),
- morceaux de verre fin (une dizaine de petits tessons),
- céramique commune grise : morceaux de fonds (une quinzaine de
tessons), décorée (une vingtaine de petits tessons), bords (une vingtai-
ne de tessons), 2 fonds reconstitués, 3 morceaux reconstitués -panse-
N°70 rue du Chay,
(propriété Morin) col-rebord, 3 bords d’assiettes, tessons divers (une centaine),
Site à tuiles et à
céramique GR.
- céramique noire vernissée à décors (5 tessons),
- quelques tessons de céramique commune rose.
Ce lot est conservé chez le propriétaire de la parcelle ainsi qu’au siège
fig. 1 Localisation de la parcelle concernée. de l’association.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

CCG : haut de vase ovoïde. Orientation bibliographique : exemplaire semblable trouvé à Sain-
tes par le Groupe de recherche archéologique de Saintes (GRAS),
Fouilles de la fosse K des ateliers municipaux à Saintes en juin 1969
fig. 2 : Reconstitution à partir de divers tessons de la partie supérieure in Recherches 70, 2, Saintes, 1971 n°16.
(haut de la panse / col / rebord) d’un élégant vase de CC gris clair.

fig. 2 5 cm

Nous y distinguons une petite gorge sous laquelle s’amorce un décor


estampé à la roulette fait de bâtonnets verticaux. Une cassure nette et
rectiligne sous l’estampage, nous laisse supposer une seconde gorge
immédiatement sous ce décor en creux.

Une comparaison d’avec le corpus de J. et M.H. Santrot précise la


forme complète et supposée du vase.
Nous reconnaissons, en effet, le n°308 planche LXXI.
fig. 3
Selon ce catalogue, il s’agirait donc d’un «vase ovoïde reposant sur un
pied sculpté à fond concave. La lèvre présente un petit bourrelet ex-
terne. La panse est décorée d’un double bandeau estampé à la roulette
compris entre deux gorges. Pâte identique à la forme 307, ces vases
ont reçu une finition soignée et ont subi une cuisson réductrice (gris E
90 à gris très foncé J10)» (cf forme type ci-contre en fig. 3). Datation proposée : seconde moitié du premier siècle.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

CCG : partie supérieure d’un nu du


réci-
pient
grand vase décoré et graffité. fig. 5 (poids
ou vo-
lume).
M.-H. et J.
Santrot nous
apprennent
encore que le
marchand lui
même pouvait être le scrip-
teur. Dans ce cas, au lieu d’être
un renseignement sur la denrée
contenue, notre inscription pour-
rait être la marque du prix du vase
ou de sa tare. Aucune lettre associée,

fig. 4
5 cm comme il est
fréquent d’en
rencontrer dans fig. 6
fig. 4 : ce genre de cas, ne
Épaule d’un vase de céramique commune grise (Ier-IIIe S. ap. J.-C.) peut, malheureusement,
reconstitué à partir de plusieurs petits tessons. nous préciser la fonction
Fait notable, il présente un graffite sur le haut de la panse. Cette ins- de cette valeur numéri-
cription est gravée à la pointe sèche dans la pâte après cuisson. que et laisse donc toute
Dans les corpus sur les céramiques de ce type, le graffite ne se rencon- relative l’interprétation que
tre que de manière assez marginale. Pour preuve, M.-H. et J. Santrot l’on peut en faire.
(Graffites sur céramiques communes gallo-romaines d’Aquitaine in Malgré cela, une chose semble certaine : la
R.S.A., t. IV, 1978) n’en ont seulement relevé que 67 dans leur étude présence de ce graffite confirme le fait que
concernant des milliers de vases et de tessons. notre vase, comme pour les types s’en rappro-
Notre inscription est composée de trois bâtons. Cette marque est chant le plus dans le catalogue de M.H. et J.
d’ailleurs reprise sur le rebord du récipient. Toutefois, à cet endroit, Santrot (forme 250 et ses variantes), soit destiné
seuls deux traits apparaissent encore, le troisième se fondant dans la à la contenance de denrées.
cassure. Notons aussi le départ d’une zone estampée à la roulette sur un second
Ce graffite - dont on ne peut savoir s’il était le fait du potier ou du proprié- fragment reconstitué et que nous attribuons au même vase (fig. 5).
taire du vase - servait vraissemblablement d’indication quant au conte-

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

CCG : bords et rebords.


fig. 7 :
Lèvre rentrante et arrondie avec fig. 9
fig. 7
un angle dont la forme très carac- 5 cm

téristique dite «en feuille de gui»


(lèvre s’incurvant vers l’intérieur
du vase, avec un renflement
continu et régulier jusqu’à une fig. 10 fig. 9 à 15 :
extrémité simplement arrondie et Divers. (Ier-IIIe S. ap. J.-C.)
avec parfois une légère rupture de
la courbe) se reconnait au numéro
115 du Santrot. Il s’agirait alors
d’un fragment d’une grande coupe
conique qui présentait un fond plat
très légèrement concave et de très
faible épaisseur.- type datable du
5 cm
Ier siècle ap. J.-.C.

D > 20 cm

fig. 8
fig. 11 fig. 12 fig. 13 fig. 14 fig. 15

5 cm
5 cm

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

CCG - couvercle fig. 18


fig. 18 à 23 :
Divers (Ier-IIIe S.
ap. J.-C.).
CCG - pieds de vases 5 cm

fig. 19
fig. 16 :
Bouton annulaire et départ d’un couvercle bien bombé et dont la forme
est caractérisée au numéro 19 du Santrot - type datable du Ier siècle
ap. J.-.C.

fig. 17 :
Forme type proposée d’après le Santrot. fig. 20

fig. 21
fig. 16

5 cm

fig. 22

fig. 17

fig. 23

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

CCG décorée fig. 30


Décor à chevrons
tesson datable du Ier
fig. 24 : siècle après J.-C.
Tesson, d’une coupe ou d’un vase ovoïde, décoré à la molette d’un es-
tampage fait de casiers rectangulaires d’obliques opposés scandés par
un trait vertical (deuxième moitié du Ier S ap. et première moitié du IIe fig. 30
fig. 31 à 33
siècle ap. d’après le tableau typo-chronologique de J.F. Buisson).
Tessons décorés mais
plus erratiques.

5 cm

fig. 24

fig. 25 à 29 :
Tessons avec gorges ou bandes sur le bord ou au centre de zones es-
tampées. Fragments non rattachables à des formes particulières mais
qui proviennent sans doute des types présentés dans le corpus de J.F.
Buisson (Les décors à la molette des céramiques communes de Poi- fig. 31 fig. 32 fig. 33
tou-Charentes in Actes de la SFECAG, Cognac, 1991).

fig. 34 et 35 fig. 34
Tessons
au décor
mixte, d’une
céramique
noire et fine
(lissage et
fig. 25 fig. 26 fig. 27 molette)

fig. 35

fig. 28 fig. 29
5 cm

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

autres céramiques antiques tegulae


présentes
fig. 36 à 41 : Tessons divers à déterminer

fig. 36 fig. 37 fig. 38

fig. 39 fig. 40 fig. 41 fig. 45 fig. 46 fig. 47

Les éléments de toiture sont assez fré-


quents dans ces terrains de La Manon à
Loiron. Dans le tamisage nous relevons
divers fragments morcellés de tegulae
et d’imbrices. Nous avons choisi, ici,
fig. 42 de présenter quatre types de tuiles à
rebords présentes sur la parcelle :
fig. 43
- fig. 45 : grosse à pâte orangée dont le
rebord et longé d’une petite gorge.
fig. 42 à 44
- fig. 46 : tuile à pâte rosée (int. gris).
Tessons d’une céramique ayant connu
- fig. 47 : épaisse tegulae extérieur noi-
une cuisson avec phase de réduction.
râtre et intérieur rosé.
Couleur noire (ancienne «terra nigra» ?)
- fig. 48 : tuile plus fine à pâte rose pâle
avec bandes guillochées. Datation vrais-
fig. 44 fig. 48 avec un rebord peu prononcé.
semblable : début du Haut Empire.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

Céramique sigillée lisse

fig. 53

fig. 49

Céramique à l’éponge
5 cm

fig. 50

fig. 54

fig. 51
fig. 55
fig. 56

fig. 52
fig. 55 et 56
Tessons arborant le fameux décor dit «à l’éponge» caractérisé par les
marguerites ou étoiles jaunâtres/blanchâtres.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°1 Briand, D. - Brunet, M. / Memorandum sur des tessons etc...

Conclusion voquant une opération de fouilles archéologiques intervienne.


Dans cette attente, il nous faudra, alors et encore, accumuler les
Il serait vain de vouloir tirer des conclusions d’un si petit nombre de preuves - et pour se faire, rester attentifs aux détails pouvant étayer
tessons car ce mobilier est commun et résiduel et que l’ensemble de- les ébauches d’hypothèses - afin d’historier plus précisément le site
meure très fragmentaire. Loiron-La Manon-Les Coudrans.
Toutefois, et même sans posséder les indications du contexte strati-
graphique, ce lot appelle quelques observations concernant les deux Si aucun enseignement supplémentaire ne vient éclairer la problémati-
principaux items de la problématique du site : que de ce site, nous souhaitons tout de même avoir pu introduire, avec
cette contribution modeste, le petit catalogue du mobilier céramique
- la datation tout d’abord : gallo-romain employé à Angoulins qui s’ouvre avec cet article. En
du point de vue chronologique, l’ensemble des productions céra- effet, ce travail doit, avant tout, être considéré comme la première li-
miques recueillies sur cette parcelle de Loiron, atteste bien d’une vraison d’une série de petites notes sur le sujet. Ainsi, nous le verrons
fréquentation (voir d’une occupation) à l’époque gallo-romaine. Si prochainement, ce corpus est amené à s’enrichir (avec notamment les
l’on ne se fie qu’à la typologie des documents découverts, il est alors ramassages des prospections pédestres de C. Costes et D. Orgerit à
impossible de resserrer une chronologie même relative, dans la four- La Douane, et de G. Durand à La Manon) mais aussi à s’élargir vers
chette représentée allant du Ier (céramique grise à cuisson réductrice) d’autres formes d’instrumentum, comme avec l’étude du mobilier en
au IIIe-Ve siècle ap. J.-C. (céramique à l’éponge). alliage cuivreux mis au jour sur une parcelle du même secteur.

- la nature du site ensuite :


cet épandage de tessons semble bien indiquer la proximité d’un habitat
dont nous ne pouvons cependant pas évaluer l’importance. A ce sujet,
aucune prospection n’a encore pu cerner cette hypothèse mais diverses
données permettent, selon nous, d’envisager la présence de structures
proches qu’il ne reste plus qu’ à définir.
Ceci étant, nous ne pouvons exclure la présence de ces fragments pour
d’autres raisons. Par exemple, l’existence de la nécropole antique
remarquée sur ce secteur côtier, est ici à rappeler, car elle constitue,
possiblement, une objection à l’usage domestique que nous donnons à
ce mobilier céramique : Abondant en ce sens, les données des diverses
découvertes locales en matière de dépôts funéraires à l’époque gallo-
romaine n’infirmeraient en rien cette idée.
Malgré tout, si l’on ne peut trancher entre l’association des tessons et
l’usage sépulcral ou domestique qui en fut fait, la présence d’éléments
de toiture, en assez grand nombre, tend à nous faire retenir l’option de
l’habitat.

Pour découvrir les raisons évidentes de la présence humaine, à cette


époque et sur ce secteur, nous pouvons espérer qu’un événement pro-

26 27
COMMUNICATIONS ET
PUBLICATIONS

Nous souhaitons, ici, faire connaitre quelques communications ré-


cemment effectuées et intéressant Angoulins et Châtelaillon :
- Michel Enet, Intervention au Vieux-Châtelaillon (Secteur A), in La
lettre d’Archéaunis n°27, juillet 2006.
- Jacques Duguet, La question de l’origine des seigneurs de Châte-
laillon in Roccafortis, 3e série, tome VI numéro 37 de janvier 2006
ainsi qu’une note du même auteur dans le numéro 39 du même pério-
dique intitulée A propos des seigneurs de Châtelaillon.
- Eric Normand, Le Pont de la Pierre - Suivi de travaux, SRA du poi-
tou-Charentes, Avril 2006.
- Adrien Montigny, Châtelaillon, avenue de la Falaise, Rapport de
diagnostic, DFS des sondages effectués en juin 2006 par l’INRAP
GSO.

Rappelons aussi les présentations publiques de :


- Michel Enet, Les fouilles de Châtelaillon donnée lors de l’assemblée
générale de l’association Archéaunis le 3 février 2007 à L’Houmeau
- Jérôme Rousseau de l’INRAP Les occupations préhistoriques de
Port-Punay à Châtelaillon du 4 novembre 2006 lors des 7èmes Ren-
contres Méridionales de Préhistoire Récente à Lyon-Bron.
Les actes du colloques en cours d’édition comporteront : ROUSSEAU
(J.). les occupations préhsitoriques de Port-Punay, Châtelaillon-Plage
(Charente-Maritime). La néolithisation du Centre-Est de la France.

Signalons enfin les encarts suivants :


- Georges Durand, Sortie du livre «Denis Briand - Angoulins Châte-
laillon, Traces et vestiges du passé», in La lettre d’Archéaunis n°27,
juillet 2006, pp.7-8
- Philippe Duprat, Compte-rendu «Denis Briand - Angoulins Châte-
laillon, Traces et Vestiges du passé» in Roccafortis 3e série, tome VI
numéro 38 de septembre 2006.

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MOBILIER ANTIQUE
À LA MANON ? QUATRE
DÉCOUVERTES À L’ÉTUDE...

Voici quatre éléments en alliage cuivreux (bronze ?) qui nous ont genti-
ment été confiés par Y. Vergne-Labrousse, petite-fille de R. Cassagnes
qui réside à La Manon. A priori, ce lot semble bien documenter le site
gallo-romain connu entre Loiron et les Coudrans, mais dans l’attente
de la datation et de la fonction pour ce mobilier, il convient d’observer
quelques réserves. À suivre donc dans nos prochaines parutions...

31
PNPSHA n°1, premier trimestre 2007

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