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PIECES

NOTICES &
pour servir à l’histoire
d’Angoulins/Mer

N° 3 - 3ème trimestre 2007.


Publication éditée par l’association Expression-Hist,
histoire locale et valorisation du patrimoine angoulinois.
PIECES
NOTICES &
pour servir à l’histoire d’Angoulins

Sommaire du numéro 3 - 3ème trimestre 2007

LE TESTAMENT DE ÉLIE LOUIS SEIGNETTE


PREMIER MAIRE D’ANGOULINS
par Denis Briand

LES GABARET :
TROIS GENERATIONS D’OFFICIERS DE LA MARINE
DE LOUIS XIII A LOUIS XIV
par Roberto Barazzutti

LA PÊCHE À ANGOULINS EN 1727 : PUBLICATION


DU PROCÈS-VERBAL DE L’INSPECTEUR DES
PÊCHES
par Denis Briand et Denis Lieppe

L’INVENTAIRE DES MEUBLES ET ORNEMENTS


APPARTENANT À LA FABRIQUE D’ANGOULINS
(1691)
par Denis Briand
LE TESTAMENT D’ÉLIE
LOUIS SEIGNETTE PREMIER
MAIRE D’ANGOULINS
par Denis Briand

Parmi un très important fonds d’archives inédites qui nous a été


confié, j’ai pu extraire un document pour le moins singulier : il s’agit
de l’original du testament olographe d’Elie Louis Seignette.
Fameux négociant, gros propriétaire foncier angoulinois, ce
personnage fut surtout, en marge de ses activités politiques dans les
sphères rochelaises, le premier maire d’Angoulins.

Rédigé le 25 fructidor de l’an XII (11 septembre 1804) son testament a


été déposé quelques mois plus tard auprès de François Elie Bérigaud,
notaire à la résidence du bourg d’Angoulins, par Mariette Varache, sa
femme de chambre. Deux jours après le décès daté du 13 prairial de
l’an XIII (1 juin 1805), la domestique se présente donc au notaire, à
fin de lui remettre une petite enveloppe cachetée à la cire rouge et qui
porte l’inscription “Paquet destiné à Monsieur François Elie Bérigaud
notaire et qui doit lui être remis aussitôt mon décès, Angoulin”. Après
ouverture, le notaire découvre une lettre qui lui est adressée, ainsi
qu’une seconde enveloppe, cachetée de cinq cachets de cire rouge
et portant l’inscription “Testament et dernières volontés d’Elie Louis
Seignette demeurant Angoulin déposé chez Monsieur François Elie
Bérigaud, notaire, pour être à la réquisition de Mariette Varache ma
femme de chambre et qui ne pourra être ouvert qu’en présence dudit

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Briand, D. / Le testament de Elie Louis Seignette...

notaire et de trois de mes fils charnels, fait à Angoulins le 25e fructidor la prière, la nature étant dirigée par des lois générales qui livrent les
an XII - signé, E.L. Seignette”. événements au hasard et aux fatalités, bonnes ou mauvaises.
Le mot destiné au notaire énonce : Je n’ai jamais redouté aucune peine éternelle. Je n’espère aucune
“Je m’adresse à vous comme à un ancien ami et comme à un homme récompense, notre passage dans ce monde est trop court pour que rien
public sur l’honnêteté duquel on peut compter. Ce paquet doit vous de ce qui arrive puisse être compassé en bien ou en mal éternel.
être remis aussitôt mon décès. Il a pour objet de vous prier de vous Ainsi j’ai vécu, ainsi j’espère mourir.
présenter aussitôt chez moi, pour demander que toutes les clefs vous Après mon décès suit ce que je désire qu’on exécute ponctuellement.
soient remises, en ne laissant à la disposition de ceux qui pourront se J’ai donné à mon fils aîné mon portrait et dans les temps d’une
trouver chez moi que le nécessaire. Vous ferez aussitôt avertir trois de aisance factice m’a permit de faire pour lui plus que je n’ai pu pour
mes fils charnels. Une fois réunis, vous pourrez leur rendre les dites aucun autre de mes enfants ce qui peut compasser ce que je destine
clefs à moins que pour leur propre tranquillité et le nombre d’absents à ses frères et j’espère qu’à cet égard il reconnaîtra la justice de mes
intéressés ils ne veulent faire intervenir le Juge de Paix. dispositions. Cependant, je lui délègue comme d’usage dans notre
Quant à mon testament, que vous avez ci-joint et qui intéresse famille, la vente et fabrication du sel Seignette. Je pense qu’il en
plusieurs de mes héritiers, il est destiné à vous rester en dépôt jusqu’à trouvera de fabrique pour le reste de sa vie, il doit en payer la valeur
ce que Mariette Varache ma femme de chambre requiert que vous ayez à ses cohéritiers sur le prix de quatre francs le kilogramme. Je voue
la bonté de le faire connaître pour réclamer ses droits dans le cas où à l’eau probe et à l’ignornation ceux de mes héritiers qui pourraient
mes héritiers auraient négligé l’exécution d’un pareil testament qu’ils chercher à mettre quelque obstacle à cette disposition.
trouveront dans mon portefeuille. Dans ce dernier cas, cette pièce dont Je donne, à mon fils Paul, mes pistolets garnis d’argent
vous êtes porteur ne pourra être ouverte qu’en votre présence et trois Je donne, à mon fils Arzac, mon épée
de mes fils ou ceux qui pourraient les représenter, un seul ne pouvant Je donne, à mon fils Pierre Elizée, ma montre et sa chaîne
faire pour deux. J’attend de notre amitié et de nos anciennes liaisons, Je donne, à mon fils Séverin, ma canne à poignée d’or, ma broche
votre exactitude à vous conformer à mes dernières intentions pour de col, mes boutons de manche et tout autres petits meubles d’or ou
exécuter ponctuellement ce que je vous recommande. Je fais des voeux d’argent à mon usage personnel, une paire de manchette de dentelle
bien sincères pour votre bonheur et celui de toute votre famille, fait à d’Alençon et une idem de Valenciennes et comme il est trop jeune et
Angoulins le 25 fructidor an 12. signé E.L. Seignette” pas assez fortuné pour en faire usage lui même il en fera don à qui bon
lui semblera.
Devant maître Bérigaud, trois des fils de Elie Louis Seignette, à savoir Toutes mes hardes et nippes à mon usage seront partagées entre mes
Gabriel Elie Louis l’aîné, Paul et Elisée ainsi que Mariette Varache, la fils Paul, Pierre Elizée et Séverin. Si l’un d’eux est absent à mon
domestique, a lieu l’ouverture du paquet cacheté... décès et pourvu d’une manière avantageuse, celui ou ceux présents
A l’intérieur, sur une feuille de papier timbré de la dimension de disposeront de la totalité, mais dans aucun cas mes gendres n’auront
cinquante centimes, le testament, écrit de la main même d’Elie Louis rien à voir dans tout ce qui est à mon usage personnel. S’il n’y a avait
Seignette, révèle : aucun des trois de mes fils désignés à même de s’emparer de ce que je
“Testament et dernières volontés de Elie Louis Seignette demeurant à lui destine, le tout sera conservé pour être remis au premier à même de
Angoulins soussigné, réclamer exécution des mes dernières volontés.
Je crois à une cause première que je ne peux définir, il m’est impossible Je déclare formellement qu’aucun des enfants qu’ai pu avoir Mariette
d’apprécier jusqu’à quel point l’auteur de toute chose s’occupe des Varache, fille de chambre à mon service, que j’ai toléré après
hommes. Si leur conduite privée pouvait être dirigée par sa volonté, différentes circonstances dans sa conduite, ne m’appartienne pas et
il serait coupable de toutes nos fautes. J’en conclue à l’inefficacité de n’ont aucun droit aux biens faits, que dans toutes autres circonstances

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Briand, D. / Le testament de Elie Louis Seignette...

je n’aurai pas manqué de leur faire. bien légitimement dus, le seul reproche que j’ai à me faire est de ne
D’après son aveu, d’après celui de mon fils Pierre Elizée, j’ai donné l’avoir pas liquidée plus promptement et de mon vivant mais il y avait
quelques secours à un nommé Pierre déposé à l’hospice le 9 prairial impossibilité.
an XII n°3025. Nourri par la nommée Favreau à St Rogatien dans les Il n’y aura que des dettes courantes et quelque argent dû à Arzac qu’il
seules vues d’humanité et dans ce que m’a paru désirer Pierre Elizée. m’a prêté dans les moments de gêne dans laquelle je suis depuis dix
J’ai d’ailleurs lieu d’être satisfait des services que cette fille m’a ans.
rendu. En conséquence, je dispose en sa faveur et veut qui lui soit
donné après ma mort, à elle Mariette Varache, un lit de siamoise fait An goulins le 25 fructidor de l’an 12
bleue garni en dedans d’indienne piquée et doublée, sa couette, signé E.L. Seignette”
son traversin, trois matelas, couverte de laine, courtepointe, châlit.
De plus, je veux que sa vie durant ma succession, soit obligé de lui Ainsi s’ouvre donc la succession de ce célèbre angoulinois mort à 63
servir annuellement dix livres de pain par semaine sa vie durant. Je ans.
lui donne en outre deux paires de draps de domestique de maison Dès le lendemain, l’inventaire de ses biens, effets personnels ainsi
bons, douze serviettes communes, un couvert d’argent. Je l’invite au que de ses titres et papiers débute. Il sera donc bientôt question pour
travail, seule circonstance qui puisse lui procurer le bonheur que je nous d’aborder, dans un prochain article, le mobilier et le mode de
lui désire. Je me propose de prendre toutes les précautions ultérieures vie d’Elie Louis Seignette. Nous découvrirons ainsi sa maison et nous
pour qu’aucun de mes héritiers ne soit lésé, mais Mariette Varache, ferons à cette occasion un intéressant passage dans l’atelier qui a
à laquelle Mr Bouin seul m’a fait remarquer des qualités que je ne autrefois servit à la fabrication des sels Seignette...
lui avais pas connues jusqu’alors, doit rester 40 jours chez moi après
mon décès, payée et nourrie, pour avoir le temps de chercher un asile.
Si quelques uns des mes héritiers manquaient aux égards dus à ma
recommandation à cet effet, cette fille sera fondée à réclamer, contre
eux, 150 livres de dommages et intérêts.
J’ai éprouvé bien des adversités dans ma vie, mais aucune ne m’a
été aussi pénible que les reproches que se sont permis quelques uns.
Je leur pardonne et souhaite qu’ils finissent à cet égard leur carrière
plus heureusement que moi qui était très éloigné par ma conduite de
craindre pareil avanie. Il est des plaies qui ne cicatrisent jamais. Je
regrette de ne pas laisser plus de fortune à mes enfants, mais je les
prie de remarquer qu’ils auront chacun plus que je n’ai reçu de mes
père et mère.
Je fais des voeux bien sincères pour le bonheur de mes fils, de mes
filles, de mes gendres et de mes petits-enfants.
Je recommande à mon ami Arzac, qui parait dans l’aisance et le plus
désintéressé, de s’occuper de ma succession pour que tout y soit fait
avec équité et justice.
Vous aurez un compte à rendre à Madame veuve Colonna et les
résultats doivent présenter une dette d’environ 4000 livres qui lui sont

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LES GABARET :
TROIS GENERATIONS
D’OFFICIERS DE LA MARINE
DE LOUIS XIII A LOUIS XIV
par Roberto Barazzutti
de la Société Française d’Histoire Maritime

Dans une étude comparative sur les officiers généraux des marines
anglais, hollandaises et européennes au temps de Louis XIV, une
des spécificités françaises a été que le corps des officiers de marine
attiraient des familles sur plusieurs générations. Ainsi on rencontre
sur le 17ème et 18ème siècle plusieurs familles tels, les Valbelle, Forbin,
Duquesne qui fournissent plusieurs officiers. La région de l’Aunis et de
la Saintonge espace dont dépendait l’actuel département de la Charente
a fourni plusieurs dynasties de marins parmi lesquels les Chadeau de
la Clocheterie, mais certains atteignent des hautes fonctions. C’est le
cas de la famille FORANT mais surtout des GABARET seigneurs
d’Angoulins, Mathurin père, Jean et Mathurin fils. C’est leur carrière
au sein de la marine qui est l’objet du présent article.

I Mathurin Gabaret le précurseur des officiers de marine


Les origines familiales des Gabaret dit de l’île de Ré restent obscures.
Selon l’abbé Devert, les Gabaret descendent des vicomtes de Gabarret
et de Gabardan une famille noble depuis le 11ème siècle originaire des
Landes. Ces Gabaret du Laurageais se seraient appauvris lors des
guerres du 13ème au 15ème siècle et ils commenceraient à armer des

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

navires dès cette date. Vers 1550 une branche s’installe sur l’île de Ré. Macquin sieur de la Prée et marraine Marie Herbert).
Pour l’abbé Michel Devert, la branche qui donne la dynastie d’officiers Mais revenons à la carrière de Mathurin. En 1630 il chasse les pirates
de marine serait celle dite Gabaret de Nojan à moins que ce ne soit des côtes et en 1631 aide Infreville dans son enquête puis en fin d’année
encore un autre rameau qui reste à découvrir. Il faut savoir qu’à cette il est capitaine d’un dragon volant2. Après on ne sait rien encore de son
époque on rencontre d’autres Gabaret. Il y a par exemple plusieurs activité pendant 4 ans. Dirige t-il des navires de commerce ? Sans
branches Gabaret sur l’île d’Oléron, comme les Saint George, les doute mais faute de preuve on ne peut l’affirmer. Cela lui est possible
Saint Pierre et les Saint Denis des cousins de ceux de l’île de Ré qui étant donné que les commissions d’officiers sont temporaires. En tout
donneront aussi des officiers de marine ou de navires : Louis maître de cas on le retrouve en 1636 capitaine du vaisseau Les Trois Moulins de
navire en 1603, Pierre Gabaret de Saint-George qui dirige comme son 300 tonneaux (ou de la frégate la Gasconne selon une autre source). En
fils Alain des morutiers dans les années 1660 - 1669. 1638 Mathurin se trouve sur La Grande Frégate de Brest avec laquelle
Mathurin Gabaret naît en ou aux alentours de 1600, sans doute à Saint il participe à la force qui repousse le raid de Melchior de Barja sur
Martin de Ré. On sait peu de choses sur ses parents. Pour l’abbé Devert Saint-Tropez. Puis en 1639 et en 1640 il se trouve sur la Princesse
et René Carbonnet, il est fils de Mathurin un marchand bourgeois une frégate espagnole prise en 1638. Il se distingue à la bataille devant
catholique armateur de navire. Il serait ainsi propriétaire en 1630 de la Cadix en 1640. En 1643 à la tête du Saint-Charles, il sera défiguré
barque Gabrielle partie de La Rochelle pour l’Irlande. lors du combat devant Carthagène. En 1646, il est capitaine du St-
Mathurin Gabaret monte à l’adolescence sur un des navires de son Jacques un navire dunkerquois capturé l’année auparavant. Mathurin
père. Mais il choisit une autre vocation. A partir des années 1620, embarque son fils Jean avec lui comme enseigne. Il participe à la
commence l’émergence d’une marine militaire française sous bataille d’Orbitello. Idem en 1647 où il accueille aussi Louis 13 ans un
l’impulsion du duc de Vendôme puis du cardinal de Richelieu. Ainsi parent fils de Pierre capitaine marchand d’Oléron et de Renée Picart.
en 1621 on trouve Mathurin Gabaret comme enseigne de vaisseau sur Ensemble ils combattront et brûleront 3 navires espagnols devant
le Saint Louis de Nantes d’un port de 400 tonneaux armés de 32 canons Castellamare. En 1648 Mathurin avec Jean et Louis sont à bords sur
sous le commandement d’Isaac de Razilly. La commission d’enseigne la Lune puis en 1649 Le Navire Flamand. On constate qu’ici comme
de vaisseau est alors rare et temporaire. Ce qui fait que l’on retrouve dans bien des cas, les relations familiales sont capitales pour avoir un
donc Mathurin Gabaret ayant cette fonction en 1622 et en 1625 mais emploi, prendre du service et apprendre le métier.
on ne sait rien sur 1623-1624. En 1626 il est sur le Vanguard et en Ici encore, il subsiste des lacunes où l’on a aucune information
1627-1628 sur la Licorne toujours sous Isaac de Razilly. En 1629 il sur l’emploi exercé par Mathurin. Cela laisse libre choix à des
est nommé lieutenant de vaisseau toutefois il ne participe pas à la suppositions et des hypothèses. Ainsi dans les archives espagnoles,
campagne du Maroc1. il est mentionné un Gabaru agissant comme flibustier dans les années
Le 2/6/1630 il épouse Marie Resnier ou Regnier du Clos fille Gabrielle 1641-1642. Jean Pierre Moreau qui cite cela dans son ouvrage pense
Lefebure et de Jean Régnier Du Clos qui en 1636 servira comme que cela doit être Mathurin Gabaret. Cela est fort possible car comme
capitaine de marine du roi avec comme enseigne son fils Nicolas. on le verra ci dessous les eaux américaines n’étaient pas inconnues
Est présent François Gabaret de la branche Saint-George d’Oléron pour Mathurin. De nombreux français naviguaient dans ces eaux sous
capitaine de vaisseau en 1625 (Carbonnet et Devert). Mathurin et drapeaux français ou étrangers notamment hollandais. Ainsi dans les
Marie Jamon auront un fils Jean que nous verrons par la suite. Mathurin années 1640, De Ruyter effectue plusieurs escales à La Rochelle avant
se remariera par la suite le 2/11/1640 avec Marie Baron (morte avant de partir vers l’Afrique et les Antilles. Jacques et Job Forand serviront
1654) fille de Michel et de Catherine Jamon d’où 2 fils: Nicolas né le sur les flottes hollandaises de la WIC entre 1639-1648 comme je l’ai
11/8/1641 (parrain Nicolas Jamon parente de Marie Jamon; marraine déjà indiqué dans un article3.
Anne Baron) et Mathurin II né et baptisé le 4/1/1644 (parrain René Cette hypothèse de Mathurin agissant comme flibustier se confirme

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

par l’expédition qu’il mène en 1650. Il arme en cette année le Phénix Treillebois, Martel du Parc, Louis Pasdejeu et Guillaume Almeras,
de 350 tonneaux et de 30 canons, Jean est alors lieutenant et Louis Ithier Guillon et Nicolas Gargot pour les brûlots) ils amènent
enseigne. Après la campagne contre les révoltés de Bordeaux, il l’ambassadeur au Portugal, du grain à Rosas et s’emploient à chasser
parte en campagne dans les Indes Occidentales. Son armement est les Barbaresques. Il rencontrera près de l’île d’Elbe2 navires dont il
un armement en course. Mathurin finance une partie de l’armement: en coule 1.
il possédait au début de l’année la 1⁄2 l’autre étant à Edouard Gould De 1658 à 1664, Mathurin emploiera avec lui tous ses fils, Jean,
marchand irlandais, il lui rachète sa part le 11/8 et le 11/9 partage Nicolas et Mathurin II depuis 1659 à l’âge de 15 ans. Il participera
l’armement avec Noël Poitel (Actes Notariés de La Rochelle de Pierre notamment à l’attaque de Djidjelli (Gigery). En récompense de ses
Teuleron archives Charentes Maritimes Minutes Teuleron 3E1339). Il états de services, il est anobli le 26/4/1665 ainsi que ses fils. Il navigue
fait radouber ce navire avant la campagne par Pierre Moreau maître jusqu’en 1670 mais en 1671 il tombe malade. Il s’en va prendre les
charpentier pour 450 livres par acte du 22/10/1650 et quitte La Rochelle eaux à Barèges. Il teste le 21/9/1671 à Dax (maître Cassagne mais
avant le mois de décembre 1650. Il dirige son champs de chasse sur document introuvable) et meurt le lendemain. Il est enterré dans la
le Golfe de Mexique ou il semble être très actif allant jusqu’à couler ville le 23/9.
un navire espagnol qui s’était réfugié à Sainte-Marthe. Il fait une ou
plusieurs escales au Canada comme semble l’indiquer Nicolas Denys II Jean Gabaret : le zénith de la promotion sociale
qui en parlant du Cap Salle en Acadie dit “ en y passant en 1651, j’y Jean est le fils de Mathurin et de sa première épouse Marie Regnier. Il
rencontrai Monsieur Gabaret, capitaine pour le Roy en la Marine qui naît non en 1623 comme certaines sources le disent4 mais le 5/6/1631
était mouillé et revenait de course dans le Golfe de Mexique ”. Il ne à St-Martin de Ré. Il meurt le 26/3/1697 à Rochefort mais sera inhumé
retourne à La Rochelle qu’en octobre 1652 laissant Louis qui est le 28 dans l’église de la paroisse d’Angoulins. Il se marie le 16/5/1655
encore quelques temps sur un navire corsaire comme lieutenant de à St-Martin de Ré à Marie Jamon fille du sieur de Jaurelles, procureur
1653 à 1657. Ce dernier à son retour, en 1657, sera nommé lieutenant fiscal en la baronnie de Ré. La famille d’Oléron est présente: Pierre et
du vaisseau la Françoise commandé par feu Mathurin Gabaret. son fils Alain capitaines marchands père et frère de Louis. Il se remarie
En 1653, Mathurin se retrouve sur la Lune qu’il a dirigé en 1648. Il le 7/6/1688 à Longeves à Olympe de Cailhaut5.
rencontre près d’Arcachon 4 frégates espagnols, il en prend 3 mais il De son premier lit, il y aura Jean né St-Martin de Ré le 22/1/1656
perd une frégate commandée par Queretat. Mathurin fait fonction de enseigne de vaisseau puis capucin en 1682; Marie Anne née à St-
chef d’escadre en 1655 et lors de la naissance de son petit-fils Jean en Martin le 16/7/1657 morte en bas age; Jeanne née à St-Martin de Ré
1656 il est indiqué étant chef d’escadre de Guyenne. Cette pratique est le 31/3/1659; Mathurin né à St-Martin de Ré le 20/2/1661 vivant en
courante à cette époque de la marine Louis XIV. Des officiers émérites 1679; Marie Anne née à St-Martin de Ré le 15/6/1664 épouse le 21/
se trouvent désigner chef d’escadre par patente qui sont temporaires car 3/1692 à La Rochelle Jacques Lesmerie d’Eschoisy mais elle mourut
seuls les commissions délivrées par le Grand-Maître de la Navigation peu de temps après la naissance en 1696 de son fils Jean Jacques6;
donnent droit à une fonction définitive. C’est ainsi que Mathurin ne Jules né le 31/1/1666 à St-Martin de Ré mort à La Rochelle le 22/
recevra une commission que le 30 avril 1663 qui sera confirmée le 12 1/1746 épouse Anne Bruneau le 18/7/1696 puis Jeannes Desbordes7;
novembre 1669 par le Roi à la suite du décès du dernier Grand Maître Marie Madeleine née à St-Martin de Ré le 23/7/1669, Marie Angélique
de la Navigation, le duc de Beaufort, et le rétablissement de l’Amiral 25/12/1672 née à La Rochelle abbesse de Sainte-Claire de la Rochelle
de France. morte le 7/11/1726.
1657 Mathurin arme et dirige la Française avec Jean comme capitaine Jean Gabaret est le parrain le 22/1/1653 de Jean Duclan fils de Jacques
en second, Louis (22 ans) lieutenant et Nicolas (15 ans) sont sur le et de Perrine Verignault. Il teste le 8/5/1653 en faveur de ses 2 frères
navire. Avec 3 autres vaisseaux et 2 brûlots (capitaines Rabesnières- (Bibliothèque de La Rochelle Mss 1842 minute Moreau année 1653) :

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

il divise en 2 ses biens et déclare être de la religion catholique8. En mal et empêche une victoire totale sur le convoi anglo-hollandais. A
1655, à son mariage est présent son cousin Nicolas Regnier Du Clos la suite de cela, il ne naviguera plus. Il commandera alors la marine à
capitaine de vaisseau, madame Bremeux sa femme, ainsi que les Rochefort en 1694. Il sera fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis à la
Gabaret d’Oleron Pierre et son fils André. création de l’ordre en 1693 puis commandeur en 1696.
Jean commence à servir sous son père sur un navire de guerre alors
qu’au même âge son père servait sur navire marchands. Il est nommé III Nicolas et Mathurin II Gabaret et les autres Gabaret marins
capitaine de vaisseau 26/3/1653 (Source Laffilard) à l’âge de 22 ans ce Nicolas commence sa carrière en mer auprès de son père et de ses frères
qui est jeune pour l’époque (l’âge moyen à la nomination de capitaine comme on l’a vu. Il sera ainsi en 1665 lieutenant sur l’Etoile. Mais en
de vaisseau au cour de la période 1643-1669 est de 32-33 ans). Il 1667 il signe une quittance comme capitaine au régiment de Provence
effectue plusieurs campagnes. En 1666, il est capitaine du Saint- et en 1669 comme capitaine au régiment royal des Vaisseaux. Il se
Philippe ; en 1667 de la Vierge et en 1670 du Charente. En 1672, il marie le 10 avril 1673 à la paroisse Saint Barthelemy de La Rochelle
est capitaine du Foudroyant. A bord de ce navire il se distingue aux avec Marie Anne Grassineau. Il devient gouverneur de la Grenade en
batailles de Solebay (7 juin 1672) et de Schooneveldt (7 juin 1673). Il 1680, puis de la Martinique en 1689 et de Saint-Domingue et de la
sera accusé lors de cette dernière bataille par Valbelle de ne pas être Tortue en 1711. Il meurt à Saint Domingue en 1712.
monté sur le Deventer, un navire hollandais. Il sera acquitté. Seignelay Mathurin II seigneur des Marais né le 4/1/1644 mort le 1/11/1673 sur
écrira pare la suite « Il a tout fait ce que l’on pouvait attendre de lui, le navire le Vigilant. Après avoir débuté sous son père, on le retrouve
et c’est le seul qui ait abordé un vaisseau ennemi. Il a remporté par en 1663 enseigne de vaisseau sur le Mercoeur, en 1665 sur la Royale.
là une grande réputation parmi les Anglais et je crois qu’il mérite Lieutenant en 1666 sur le Jules, il deviendra en 1667 capitaine. Il dirige
quelque récompense ». Ce sera fait : il sera nommé chef d’escadre de en 1668 la Princesse. Il participe à l’escadre de Perse parti en 1671.
Normandie le 16/12/1673. Le 3 janvier 1674 il reçoit du roi une pension Une source indique qu’il meurt à Trinquemale en mai 1672 comme
de 2000 livres tournois ainsi que Preuilly d’Humières, Chateaurenault François Thiballier-Thurelles ainsi que Charles Certaines. Toutefois,
et Valbelle. En 1674, il patrouille dans la Manche et en 1675 en 1673, Mathurin II prévoit de se marier avec Jeanne Elisabeth Le
commande la marine à Rochefort. En 1676 il participe à la campagne Maignan famille nantaise installé à Oléron, il avait assisté au baptême
méditerranéenne de Duquesne. De 1677 à 1682, il mène plusieurs de Louis neveu de Jeanne en 1670. Mais le 1/11/1673 sur le Vigilant
campagnes de protection de navires marchands en Méditerranée et il rencontre un navire de guerre espagnol et ne sachant pas que la
dans les Antilles. En 1683 avec Preuilly d’Humières il porte secours guerre est déclarée, ils se battent près du Cap Prior. Mathurin II Des
au roi du Danemark. Il commande la marine à Rochefort en 1681, Marais ou Desmaretz meurt avec quelques autres officiers. Il possédait
de 1682 à 1686 et en 1688. C’est au cour de la Ligue d’Augsbourg 1/3 d’Angoulins, 1 maison à La Rochelle, des marais salants à Ré et
qu’il va acquérir le surnom de « Grand Gabaret ». En 1689 à bord du Angoulins, des navires avec ses frères et quelques bijoux.
Saint Michel, il dirige l’avant-garde de la flotte sous la direction de
Chateaurenault. Cette flotte est chargée de débarquer des troupes en Il existe d’autres Gabaret qui ont servi comme marins. Dans son livre
Irlande pour soutenir Jacques II. Or la flotte française rencontre celle Enrique Otero Lana cite page 403 un Dionisio Gabaret ou Gabarret
anglaise dirigée par Herbert à Bantry Bay. Le combat a lieu le 11 mai. capitaine d’un corsaire espagnol en 1627. On a croisé aussi ce François
Cela fut plus un engagement indécis qu’une franche victoire française. Gabaret. Celui ci apparaît comme on l’a indiqué comme capitaine
Le 1er novembre de la même année, Jean Gabaret est nommé lieutenant des vaisseaux du Roi en 1625 et 1633 et par la suite il croisera de
général des armées navales. Il participe ensuite aux batailles navales nombreuses fois Mathurin Gabaret. Un document de 1656 indique
de Bévezier en 1690 sur l’Intrepide et à celle de Barfleur en 1692 sur qu’il a eu une fille de sa maîtresse. En 1636 il commande la frégate
la Perle ou il seconde Tourville. Mais en 1693 Lagos, il manœuvre Gascogne 120 tonneaux. 1637 A la bataille de Leucate François

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

Gabaret dirige la frégate La Mignonne. Une autre source indique un IV Patrimoine d’une famille de marin
Gabaret le Petit ( ?). 1647 François commande alors l’Eminent. Il se La famille Gabaret n’est pas pauvre. Elle possède et acquiert plusieurs
rangera parmi les Frondeurs en 1650-1652. biens fonciers : la seigneurie de La Gabare ou Gabaré, le château de
Il y a aussi ce Simon de Gabaret seigneur de Coustire fils d’Antoine St-Martin ou maison de la Clerjotte, l’hôtellerie à l’Enseigne du Chêne
et d’Anne de Rouch (Fouché selon Michel Vergé-Franceschi) né en Vert, au terrain des salières une villa nommé terroir des Gabarettes.
Ariège mousquetaire qui demande son entrée dans la marine en 1676, La Clerjotte sera achetée à Jean Jamon des Jarnielles qui l’avait du
épouse en 1690 Marie de Belair fille de Pierre capitaine de vaisseau. marquis de La Clerjotte un protestant qui prêta sa demeure au duc
Il meurt en 1697 avec le grade de capitaine de frégate qu’il occupe de Buckingham en 16279. Cette propriété sera vendue par Jean avant
depuis 1694. Il a le soutien de Jean Gabaret. Il y a aussi Jean Jacques 1675 à la fabrique de l’église Saint Martin de Ré.
Gabaret né en 1666 fils de Simon de Gabaret seigneur de Clarette et de Le Chêne Vert est grevé d’une rente de 100 pour Gabaret et ses
Catherine de Vigier qui devient garde de la marine en 1682, pour servir héritiers et sera vendu à Antoine Germignac pour 2000 livres avec
ensuite dans l’infanterie. la rente. Jean réalise plusieurs acquisitions. Le 16/2/1663 il est
Ces personnages réalisent des carrières brèves souvent sans éclat. chez le notaire Alexandre Demontreau pour régler l’achat de marais
Ce n’est pas le cas de Louis Gabaret. Celui-ci est né vers 1634, un salant acheté par devant Rochard notaire en l’île de Ré le 23/1/1657
contemporain donc de Jean. Il appartient à la branche des Saint- ( ?). Il paye les 1087 livres 10 sols restant de l’amortissement de
Georges d’Oléron. De ses débuts en1647 jusqu’en 1659 il sert sous l’acquisition à Jean Geoffroy cabaretier à La Rochelle et sa femme
Mathurin excepté la période corsaire de 1653 à 1657. Il serait lieutenant (Minute Demontreau 3E320 F°30-31). Le 10/7/1667 Jean ou Mathurin
de vaisseau en 1660. En tout cas, il occupe cette charge sur le Terron achète une maison pour 5150 livres (Bibliothèque Municipale de La
en 1662. Après avoir effectué deux campagnes en Méditerranée, il part Rochelle, Fonds Kemmerer, manuscrits 1358 f°62). Mais l’achat sans
en 1664 sur la Marie pour Cayenne amener des colons, des munitions doute le plus important est celui effectué par Mathurin qui peu de
et des vivres. Le 31 mars 1665 il est confirmé dans son grade de temps avant sa mort en 1671 acquiert la seigneurie Angoulins sans
lieutenant de vaisseau. Le5 septembre 1666 il obtient une commission doute afin de compléter son rang de noble10. Cela sera complété en
de capitaine de vaisseau. Il dirige en 1666 la Diligente et se trouve 1673 par l’acquisition par Jean Gabaret de l’hôtel du Pourtant le 20/1
dans la flotte sous le commandement du duc de Beaufort. En 1668, qui devient en 1675 la seigneurie de Ceuzay.
capitaine de la Vierge il est envoyé à Amsterdam afin de surveiller la
construction de navires pour le Roi. L’année suivante il croise dans Ce patrimoine foncier est complété par des investissements maritimes.
la Baltique puis en 1671 capitaine du port de Rochefort. Durant la Le 10/12/1641 acte entre Cadot et Mathurin Gabaret (Carbonnet dit
campagne de 1672-1673, il est de toutes les batailles et s’y distinguer. difficile à lire mais il est mentionné 300 billots de pierres de St..).
En récompense, le roi lui offre des pensions mais aussi l’anoblit en Le 17/2/1653 Mathurin vend à La Rochelle un navire de près de
juin 1673. Il participe à la campagne de Duquesne en Méditerranée 90 tonneaux pour 1800 livres à Guillaume Marian marchand de
mais en 1677 il meurt des suites des blessures reçues devant l’attaque La Rochelle et Guillaume Cockril anglais résidant à La Rochelle
de Tabago. Il laisse une veuve Louise Auboyneau et trois enfants : (Minutes Moreau 1842 F°159-160). 1655 le 6/11 il donne procuration
- Louis 1669-1706 mort devant la Havane en tant que capitaine de à Paul Girard marchand de La Rochelle avec qui il possède une barque
vaisseau ; la Mariaquesse prise par les biscaïens afin de racheter la barque.
- Louise mariée à Morel d’Aubigny et mère du vice-amiral comte Archives Charentes Maritimes B 5663 pièce 69: document du 2/6/
d’Aubigny ; 1657 comment faire les prises, les coutumes des partages par Ithier
- Pierre v 1674/75-1744 qui sera chef d’escadre en 1736. Guillon et Mathurin Gabaret.
En 1662 le 15/3 acte entre Jean Gabaret et Jean Jamon concernant le

16 17
Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

navire la Paix (Archives Charentes Maritimes B 203) et le 17/2/1663 Villette-Mursay (Philippe), Mes Campagnes de Mer sous Louis XIV,
pour ce même navire avec Jean Jamon, Pierre Veidon capitaine acte introduction et présentation par Michel Vergé-Franceschi, Tallandier,
chez Teuleron (Minutes Teuleron 3E1301 et B202 f°17). Le 4/9/1671 Paris, 1991, 465 p
il vend la Marie (Charente-Maritime B5670 pièce 212). 1681 le 17/6 Vergé-Franceschi (Michel), Les officiers généraux de la marine royale,
Jean conclu une affaire avec Pierre Simonneau charpentier pour un thèse de doctorat d’Etat es lettres, Paris X-Nanterre, 1987, éditée à la
devis concernant la construction d’un brigantin dont le coût est de Librairie de l’Inde, Paris, 7 volumes, 3547 p, 1990.
2700 livres. Garnier (Hubert), « Marins de France au combat 1610-1715 », France
Empire.
Conclusion Barazzutti (Roberto), “ Les officiers de la marine de guerre française
au milieu du XVIIe siècle (1643-1669) ”, Chronique d’Histoire
La marine française de l’ancien régime, la « Royale » comme l’on Maritime, I-1999, n°39, p 13-20.
désigné les républicains est constituée de faits et d’acteurs qui restent Barazzutti (Roberto), « Deux campagnes de course en Amérique
fortement ignorée par le reste de la population. Des travaux récemment dans les années 1650 : le capitaine Mathurin Gabaret et le chevalier
sur des officiers méconnus comme Ducasse ou Cassard par Hrodej ou Thimoléon Hotman de Fontenay » article consultable en ligne à
certains plus célèbres comme Tourville et Bart révèlent de multiples l’adresse suivante «http://www.geocities.com/trebutor/Livre/3F/
facettes sur les personnes et l’environnement marin. Toutefois certains 0311barazzutti.html»
restent encore méconnus même auprès de spécialiste comme Montade, Barazzutti (Roberto), «Job Forant quelques précisions sur un marin
Thurelles, Des Augiers. Des zones d’ombres subsistent du fait des méconnu! «Chronique d’Histoire Maritime. Mars 2005 n° 57-58 p
sources incomplètes ou de l’existence d’homonyme ce qui complique 15-24.
la tâche pour rétablir la vérité. Nous avons essayé dans cet article de Le site le Diable Volant tenu par un érudit de la flibuste, Raynald
présenter la famille Gabaret. Ceci n’est pas exempt d’erreur. Des Laprise et des informations transmises généreusement par Jacques
travaux ultérieurs ainsi que la diffusion de certains ouvrages pourront Gasser.
combler cela. Un parallèle intéressant serait à faire avec la famille
Forand tout aussi proche et si différente. Au moins parmi les points en Notes
commun aucun navires de guerre français n’a porté le nom de Forand
ou de Gabaret, tout comme il n’y pas eu de Ducasse malgré le service 1
Ces informations sur le début de carrière de Mathurin Gabaret
rendu. n’apparaissent pas dans les listes établis en 1748 par Laffilard.
2
On désigne ainsi un petit navire rapide.
Bibliographie 3
Voir dans la bibliographie.
4
Hubert Granier dans son livre Marins de France au combat 1610-1715
Abbé Michel Devert “ Mathurin Gabaret chef d’escadre 1600 (?)- tome 2 et Michel Vergé-Franceschi, Tome 1 de sa thèse sur les officiers
1671 ”, édité en 1994, par Michel Devert, 40170 Mezos, 123 p, ill. généraux. Toutefois ce dernier corrige cela dans son dictionnaire des
C’est un résumé du livre de René Carbonnet “ Mathurin Gabaret personnages qui est en annexe des Mémoires de Villette-Mursay.
1600-1671 ”, René Carbonnet, 1987, Aulnays-sous Bois. Autre livres 5
Elle est veuve d’André de Mazières seigneur de la Cave et de
de Carbonnet “ Jean Gabaret 1631-1697 lieutenant-général ” 1992 et Voutron. Une autre source indique comme date de mariage 1678. Elle
“ Mathurin II Gabaret capitaine de vaisseau 1644-1673 ” 1997. serait une huguenote mal convertie ce qui amènera quelques soucis
Moreau (Jean-Pierre), Pirates. Flibuste et Piraterie dans la Caraïbe et avec Seigneulay.
les Mers du Sud 1522-1725, Tallandier, 2006, 478 p. 6
Jean Jacques, né le 2 février 1696 est baptisé le 13 ou 18 juin 1696.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Barazzutti, R. / Les Gabaret : Trois générations d’officiers de la marine...

Sa mère est dite alors décédée. Son parrain est Jean Gabaret et sa
marraine Marie Anne Grastineau ou Grassineau.
7
Jules sera enseigne de vaisseau en 1682 puis lieutenant en 1689 et
capitaine en 1693. Il se fait appeler le marquis d’Angoulins. Mais suite
à un duel il lui est interdit en 1696 de porter son grade. Il se réfugie
en Espagne ou il serait maréchal de camp de Philippe V. Ayant perdu
une jambe au siège de Gibraltar en 1705, il serait mort peu de temps
après selon Saint Simon. Pour Beauchet-Filleau et le dictionnaire de
biographies françaises il serait rentré en France vers 1710-1716, serait
nommé maréchal de camp en 1719 avec rang au 10/12/1710 et mort
en 1746.
8
Cela pose le problème avec le fait que selon les historiens la famille
serait protestante. Michel Vergé-Franceschi indique qu’il se converti
en octobre 1689 d’ou sa promotion de lieutenant général.
9
Dans sa thèse sur les officiers généraux, Michel Vergé-Franceschi
indique que cette terre avait appartenu à un frère de Mathurin mais qui
étant protestant la vendit au sieur Jamon. La même allégation se trouve
dans Huebrt Garnier.
10
Ici Michel Vergé-Franceschi se trompe quand il écrit dans sa thèse
que cela provient de la dot d’Olympe Cailhaut.

Buste en marbre de Jean de Gabaret, écuyer, seigneur d’Angoulins


de 1672 à 1697, par Chrystophe Veyrier. Il pourrait aussi s’agir de
son père Mathurin.
(Musée du Louvre, Paris - Cliché R. Michaud)

20 21
LA PÊCHE À ANGOULINS
EN 1727 : PUBLICATION
DU PROCÈS-VERBAL DE
L’INSPECTEUR DES PÊCHES
par Denis Briand
et le concours de Denis Lieppe

Dans le second quart du XVIIIe siècle, François Le Masson du


Parc, inspecteur général des pêches du poisson de mer, fut envoyé
par ordre du Roi sur tout le littoral atlantique afin de comprendre
les problématiques inhérentes à l’exploitation des ressources
halieutiques.

Le manuscrit de son inspection “paroisse après paroisse” est un


document tout à fait exceptionnel. Nous le confirmant, Denis Lieppe,
chercheur titulaire à la Sorbonne, nous indique que ces procès-verbaux
de visite constituent non seulement un inventaire mais également une
description sans équivalent des engins, outils et techniques de pêche.

- Notons, au passage, que ce chercheur publie, dans un ouvrage à


paraître en septembre 2007, l’ensemble des procès-verbaux concernant
la pêche maritime sur les côtes du ressort des amirautés de Marennes,
La Rochelle et des Sables d’Olonne, sous le titre :
«Pêches et pêcheurs du domaine maritime et des îles adjacentes de
Saintonge, d’Aunis et du Poitou, du nord de Bordeaux au sud de
Nantes, au XVIIIe siècle» -.

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Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Briand, D. - Lieppe, D. / La pêche à Angoulins en 1727...

Dans les archives, nous retrouvons les travaux de François Le Masson mal documentée avant le XXe siècle.
du Parc parmi les collections des archives centrales anciennes de la Mais voyons sans plus tarder ce texte, avec ici restituée, in extenso,
Marine déposées aux Centre Historique des Archives Nationales à la partie du procès-verbal de 1727 qui concerne notre village (nous
Paris, précisément aux pièces 18 à 24 de la série C5. remercions d’ailleurs Denis Lieppe pour nous avoir communiqué la
Dans le détail de ce témoignage unique, trois folios nous intéressent transcription de cet extrait) :
tout particulièrement puisqu’ils concernent Angoulins. Voici ce que
l’on peut en dire :
En premier lieu, cette visite nous renseigne sur l’existence de deux Ayant fini nostre visite chez les pescheurs de Chastelaillon,
types, bien déterminés, de pêches pratiquées sur le littoral angoulinois nous, commissaire inspecteur susdit, suivi et guidé comme dessus,
au début du XVIIIe siècle : la première, de loin la plus répandue, descendant le long du platin de sable aux bords de la mer, sommes
s’effectue à pied, qu’il s’agisse de la pêche de poissons au filet, ou de venus dans la paroisse d’Angoulin. Il y a à la vérité un bateau
la pêche à la crevette pratiquée à la treille. mais toutes les pesches qui s’y pratiquent se font à pied, la coste
La seconde est une pêche bien plus confidentielle puisqu’elle se commençant à devenir ferré et couverte de roches.
pratique dans une enceinte maritime privative appelée écluse. Ce Et ayant fait venir le sindic des matelots, nous nous sommes
type de pêche, que nous nous sommes déjà employés à décrire plus transportés avec luy dans les maisons des pescheurs où nous avons
en détail, consiste à emprisonner le poisson à marée descendante trouvé seulement des touillaux, des seines et des treuilleaux.
dans ces parcs délimités de murs de pierres sèches. A leur extrémité, Les folles ou rets à touils sont les vrayes demies-folles, ayant toutes
des paniers tressés appelés bourgnes sont disposés afin de prendre le calibre diminutif des folles de l’ordonnance. Il y en a de trois sortes.
le poisson. Disposées sur la banche, ces écluses enclavent donc une Les plus larges mailles ont quatre pouces six lignes en quarré, les
large portion de l’estran angoulinois. Le marché des ammodiations, moyennes quatre pouces trois lignes et les plus serrées seulement
révélé par nos dépouillements de minutes notariales, nous renseigne quatre pouces aussy en quarré.
très bien sur le mode de faire-valoir indirect de ces pêcheries, attesté Les mailles des seines que nous avons pareillement trouvées estre
d’ailleurs ici par les différentes mentions d’occupation. Mais mis à hors de service comme celles des pescheurs de Chastelaillon et dont
part quelques vagues données dans ces actes de fermes d’écluses, ceux d’Angoulin nous ont assuré qu’ils ne se servoient plus depuis la
aucune information géographique ne nous était alors connue pour deffense à eux faite par les officiers de l’amirauté de La Rochelle
l’Ancien Régime. Le document que l’on doit à Lemasson du Parc sont de trois diverses grandeurs. Les plus larges n’ont que huit
est donc, à ce titre, très précieux puisqu’en comparaison d’avec la lignes, les autres sept lignes et les plus serrées six lignes seulement
cartographie que l’on connait de ces pêcheries pour le XIXe siècle, en quarré.
ce témoignage tend à nous apporter les informations nécessaires à la Les pescheurs ont aussy des trulots ou treuilleaux pour faire la
détermination des plus anciennes écluses connues à Angoulins. Mieux pesche des chevrettes ou de la santée. Les mailles des sacs sont de trois
encore, la sixième d’entre elles nous donnerait une clef très précieuse sortes, depuis cinq lignes en diminuant jusqu’à trois lignes seulement.
concernant la localisation du port dit de “La Chenau neuve”, havre Ce sont ceux qui font les pesches comme les pescheurs d’Angoulin
méconnu et disparu mais que nous n’avions pourtant pas hésité à qu’ont peut nommer proprement des pescheurs de pied et comme ils
placer à l’embouchure du coi de St-Jean-du-Sable dans un précédent sont voisins de La Rochelle, la plus part des pauvres gens s’occupent
article... à cette pesche dont le produit qu’ils en retirent à la ville leur aide à
payer une partie des tailles dont ils sont surchargés.
Ce procès verbal ouvre donc de larges et belles perspectives de travaux Il y a à Angoulin huit écluses ou parcs de pierres de la même forme que
à mener autour de la pêche à Angoulins, qui, au demeurant, reste très ceux que nous avons trouvé autour de l’isle d’Oléron dont quelques-

24 25
Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Briand, D. - Lieppe, D. / La pêche à Angoulins en 1727...

unes sont abandonnées et d’autres sont louées à des pescheurs qui les Il y avoit encore autrefois sur cette coste diverses autres écluses qui
font valoir et attendu que la marée étoit alors montante, nous n’avons ont esté abandonnées par les propriétaires depuis plus de quarante
pu nous transporter dans ces écluses. Elles ont à la passe ou à l’égout années.
des bourgnes et bourgnons comme nous en avons vu aux autres écluses, Ceux qui tiennent les pescheries du commandeur de Langon luy
à la di fférence que le bout de la tonne ou bourgne qui s’engage dans la payent chaque année quinze livres pour chacune.
bourolle ou le bourgnon est placé sur le terrain et tout à plat, en sorte Après laquelle visite finie, nous, commissaire inspecteur susdit, suivi
qu’il n’en peut pas résulter le même abus qu’aux gorres ou écluses et guidé comme dessus, sommes venus en la paroisse d’Estrées.
dont les tonnes et l’égout des bouteilles sont élevés de quelques pieds
au-dessus du terrain, en sorte qu’il s’en trouve quelques unes qui sont
souvent élevées de deux à trois pieds au moins. Ainsy tout le fray qui a
entré avec la marée dans la pescherie n’en peut jamais sortir.
Comme il se trouve dans ces écluses des fosses ou claires où il reste
toujours de l’eau, les pescheurs y font la pesche des chevrettes avec
leurs petits treuilles.
La première des écluses d’Angoulin allant de Chastelaillon à La
Rochelle est placée sur la platerre du Ché, appartient au sieur Massé
d’Angoulin, est occupée par le nommé Monier et néanmoins tombe en
décadence.
La deuxième écluse ou parc de pierres est placée au S.S.O. de la
première, appartient au sieur Desmoulins, conseiller à La Rochelle,
est occupée par le nommé Gigot.
La troisième écluse ou pescherie de pierres sèches est joignant de la
précédente, appartient à la dame Belletote et est occupée présentement
par le nommé Simon Brisson.
La quatrième écluse joignant encore la précédente appartient au
sieur Gabaret, capitaine de vaisseau, est encore occupée par ledit
Brisson.
La cinquième écluse, voisine et contigue de la précédente, placée au
S.S.O. appartient au sieur Curé d’Angoulin, est abandonnée.
La sixième écluse ou parc de pierres est placée par le travers du port
de Chenau, appartient au sieur Braguie, est abandonnée.
La septième écluse est placée dans le platin de Chastelaillon vis-
à-vis l’abbaye ; est nommée la petite Borgne ; appartient au sieur
commandeur de Langon et est actuellement occupée par le nommé
Henry Bessons.
La huitième et dernière écluse d’Angoulin est joignant et contigue
de précédente ; est nommée la grande Borgne ; appartient audit sieur
commandeur et est occupée par ledit Bessons.

26 27
L’INVENTAIRE DES
MEUBLES ET ORNEMENTS
APPARTENANT À LA
FABRIQUE D’ANGOULINS
(1691)
par Denis Briand

Le 12 avril 1691 le notaire de la baronnie de Châtelaillon vînt en


la paroisse et châtellenie (1) d’Angoulins : A la demande de Michel
Besson, premier fabriqueur (2), et de François Sauzeau, second
fabriqueur, et en présence du prêtre curé d’Angoulins, René Loretz,
André Cellier procéda à l’inventaire des “meubles et ornements
servant à l’église de la paroisse d’Angoulins et qui appartiennent à
la fabrique (3)”.
Cette minute est plus que précieuse. En effet, du fait que les archives
de la fabrique d’Angoulins pour l’ancien régime ne nous sont
malheureusement pas parvenues, notre connaissance du mobilier
décoratif et liturgique, pour cette période donnée, demeure assez
lacunaire. Seuls quelques comptes-rendus de visites paroissiales
peuvent nous éclairer. Vous allez le constater, l’inventaire que nous
vous livrons ci-dessous est d’un apport rare, notamment en raison de
la profusion de détails qu’il présente :
Premièrement, un coffre de bois de chêne fermant à clef. A l’intérieur,
s’y est trouvé une croix de cuivre, une bannière (4) de camelot (5)
rouge ornée d’une croix de taffetas blanc, deux chandeliers de cuivre

29
Pièces et notices pour servir à l’histoire d’Angoulins - n°3 Briand, D. / L’inventaire des meubles et ornements appartenant à la fabrique...

assez grands et forts massifs, six chandeliers de noyer et un petit environ 7 à 8 livres ; plus neufs chasubles (21) avec leurs étoles (22)
crucifix de cuivre dans une croix de bois. Sur le tabernacle, repose et manipules (23) : un d’orfroi (24) à fleurs, deux de moquette rouge,
une petite croix d’étain. Puis sont mentionnés, au-dessus de l’autel, blanche et verte, une noire, une violette, une de satin vert à petites
trois méchants tableaux. L’inventaire se poursuit en listant deux fleurs, une rouge de camelot les deux dernières en camelot l’une
nappes ouvrées, six nappes plénières (6), une autre petite nappe pour l’autre en taffetas à fleurs ; plus sept voiles (25) : deux de moquette
servir aux communiants, six essuie-mains dont quatre sont usés. Sont rouge, blanche et verte ; un de taffetas rouge ; deux de taffetas vert
mentionnés : un devant d’autel en taffetas rayé rouge, blanc et vert : un avec une frange blanche et verte et l’autre garni de petit galon
avec les parements des deux crédants (7) de même étoffe pour pendre mêlé de blanc, noir et vert ; un noir ; un violet. Enfin, quatre ceintures
au bout de l’autel, un autre devant d’autel rouge rayé de couleur pour ceindre l’aube ; deux boîtes de fil blanc à mettre le pain, cinq
d’aurore avec les parements de même étoffe pour mettre aux deux corporaux (26) et environ deux douzaines de purificatoires (27). Plus
crédants. Suivent un linge plus long que large garnit à l’entour de deux enfils de métal pesant environ dix livres, un panier pour porter
toile et au-dedans d’ouvrage de fil à l’aiguille, un tour de dentelle de le pain béni, un tenébrier (?) couleur noire. Plus une petite charpente
la longueur de l’autel et qui descend du haut en bas des deux bouts pour faire une chapelle pour le jeudi Saint ; une brunette (?) de drap
de l’autel. D’autres devant d’autel : un de moquette blanche, rouge noir ; le poile à porter les Saints Sacrements ; deux bassines de cuivre
et verte avec les deux parements de crédants de même étoffe ; un de pour faire la quête dans l’église et finalement deux coissines (?) de
satin couleur feuille morte ; un de damas blanc avec une frange se soie moquette à mettre sur l’autel.
rouge et blanche et au milieu avec deux croix couronnées qui sont au-
dessus de la frange ; un de toile brodée de soie rouge. (1) Angoulins est érigé en châtellenie depuis 1615 date à laquelle,
Sont cités encore : une petite serviette ouvrée avec une croix dans dans le neuvième de la baronnie de Chatelaillon divise, à été créée la
un rond de fil au milieu, quatre pièces de toile avec une frange de fil seigneurie d’Angoulins et de Jousserant - (2) membre de la fabrique
blanc pour garnir le poêle (8) à porter le Saint-Sacrement, et une autre - (3) conseil de laïcs chargés d’administrer les biens paroissiaux
pièce de toile qui sert de ciel au dit poile ; une autre pièce de toile d’Angoulins. Par extension ce mot désigne l’ensemble des biens
d’environ trois aulnes en partie de fil de broderie ; une autre pièce de appartenant à l’église. (4) étendard religieux - (5) étoffe de poil ou
toile qui a servit de pavillon à mettre sur l’autel qui est après derrière de laine -(6) entières- (7) comprendre «crédences» c’est à dire les
le tabernacle ; deux pavillons (9) à mettre sur le tabernacle, un de petites tables près de l’autel où l’on dépose les burettes - (8) dais - (9)
camelot violet garni de galon rouge et de frange couleur de citron, et petite tour d’étoffe - (10) long vêtement de toile blanche que portent
un de moquette blanche, verte et rouge avec son galon de frange de les prêtres sous la chasuble - (11) vêtement de toile blanche plissée
même couleur ; quatre aubes (10), deux grosses sans dentelles, et les - (12) comprendre «batiste» : toile de lin très fine - (13) vase pour
deux autres plus fines qui ont de la dentelle ; une autre aube de toile les hosties- (14) désigne un ostensoir - (15) vase sacré qui sert pour
fine avec une dentelle ; deux surplis (11) de baptiste (12) sans dentelle la consécration - (16 livre des prières dites par le prêtre - (17) recueil
: un fort usé et l’autre neuf avec de la dentelle devant ; un autre des psaumes/cantiques- (18) recueil de versets qu’on disait ou qu’on
surplis en deux pièces qui n’a qu’une manche ; un devant d’autel de chantait - (19) comprendre «antiphonaire» : livre d’église qui contient
camelot violet fort vieux qui sert à couvrir l’autel ; plus un ciboire (13) les antiennes (verset qui se chante avant et après le psaume) - (20)
d’argent doré, un soleil (14), deux calices (15) aussi d’argent doré livre qui contient les rites - (21) vêtement du prêtre porté en ornement
par le dedans ; plus un missel (16) et deux autres forts usés ; plus trois sur l’aube - (22) ornement en forme de bande - (23) ornement au bras
livres à chanter : un psautier (17), un graduel (18) et un antiphoine du prêtre - (24) étoffe tissue d’or - (25) pièces d’étoffes diverses- (26)
(19) ; deux rituels (20) l’un à l’usage de La Rochelle et l’autre à pluriel de corporal : linge sacré qui reçoit les petits morceaux d’hostie
l’usage de Bordeaux ; plus un morceau de métal de la cloche pesant - (27) linge pour essuyer le calice

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PNPSHA n°3, troisième trimestre 2007

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