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Chapitre 4. Récupération de la TVA

Introduction

Nous parlerons des conditions de la déductibilité de la TVA ( conditions de forme, de fond et de délai), les modalités de récupération et le cas particuliers des assujettis partiels.

1- Les conditions de déductibilité pour la TVA

1-1 Les conditions de fond

Deux conditions de fond doivent être remplies :

1-1-1 La TVA d’amont doit grever les

éléments

imposable

du

prix

d’une

opération

Cette condition signifie que, pour être déductible, la TVA doit porter sur des charges qui vont être incorporées à un coût de production d’un produit ou d’un service lequel sera soumis à la TVA lors de sa vente.

Par exemple, l’achat de marchandises qui seront revendues et soumises à la TVA ouvre droit à déduction.

Par

contre,

l’acquisition

d’un

matériel

qui

sera

spécifiquement utilisé à la gestion d’une activité non

imposable à la TVA n’ouvre pas droit à déduction.

1-1-2 La TVA d’aval doit correspondre à des biens et services nécessaires à l’exploitation

Lorsque l’entreprise supporte des dépenses, la TVA rattachée à ces dépenses est déductible à condition que celles-ci soient effectuées dans l’intérêt de l’exploitation. Est donc exclue du droit à déduction la TVA rattachée à des dépenses :

- pour les besoins personnels du dirigeant,

- utilisées pour un acte anormal de gestion comme des dépenses fictives par exemple,

- somptuaires (qui sont elles-mêmes non déductibles du résultat) : dépenses de chasse, de pêche, achat, location et entretien de résidences de plaisance, achat ou location de yachts ou bateaux de plaisance.

1-2 Les conditions de forme

Pour être déductible, la TVA doit être mentionnée sur un document justificatif :

- la facture d’achat sur laquelle doit également figurer le montant HT, le taux de TVA, les noms et coordonnées du client et du fournisseur,

- la déclaration d’importation : l’entreprise qui peut déduire la TVA doit être désignée comme destinataire réel du bien,

- la déclaration de TVA de l’entreprise, notamment lorsque c’est l’entreprise qui collecte la TVA sur les biens pour lesquels elle dispose du droit à déduction (livraison à

1-3 Les conditions de délai

La date d’exercice du droit à déduction chez le client doit correspondre à la date d’exigibilité chez le fournisseur.

Si une entreprise oublie de déduire la TVA sur une dépense au titre du mois de naissance du droit à déduction, elle peut faire figurer cette TVA déductible sur l’une des déclarations déposées jusqu’au 31 décembre de la 2ème année suivant celle de l’omission.

Exemple : naissance du droit à déduction en février N, possibilité de déduire cette TVA jusqu’en décembre N+2.

2. Les modalités de récupération de la TVA .

La récupération de la TVA ayant grevé l’acquisition des biens et services des entreprises bénéficiant du droit à déduction peut s’opérer de plusieurs manières.

- Les entreprises imposables imputent directement la taxe sur celle qu’elles ont collectée,

- Les entreprises exonérées peuvent demander le remboursement si le report du crédit de TVA persiste et devient structurel structurel.

2-1 L’imputation de La TVA récupérable

Selon les prescriptions de l’article 17 de la loi sur la TVA, toute entreprise imposable à la TVA est autorisée à imputer la TVA ayant grevé ses achats de biens et services en amont sur la TVA qu’elles collectent en aval sur ses ventes. L’imputation s’opère de façon globale au titre de la période d’imposition qui peut être un mois ou un trimestre.

Le report du crédit de TVA

- Dans certaines circonstances, les entreprises disposent d’une TVA récupérable sur les achats qui dépasse le montant de la TVA facturée ou collectée sur les ventes au titre de la période d’imposition ( mois ou trimestre).

- Dans ce cas le texte de loi stipule que «

au cas où le

volume de la taxe due au titre d’une période ne permettrait pas l’imputation totale de la TVA déductible, le reliquat de la taxe est reporté sur le mois ou le trimestre qui suit ».

- Ce reliquat constitue pour l’entreprise un crédit de TVA à récupérer ultérieurement chaque fois que des

Le remboursement de la taxe

Si la TVA déductible imputée est supérieure à la TVA collectée, l’excédent de TVA déductible est reporté jusqu’à épuisement sur la ou les déclarations suivantes. Toutefois, l’entreprise peut demander remboursement de ce crédit de TVA dans les conditions suivantes (l’article 103 du CGI) :

- La demande de remboursement est établie par l’intéressé sur des imprimés spéciaux et droit être munie des documents justifiant du chiffre d’affaire réalisé par l’entreprise et des pièces justificatives des opérations exonérées ainsi que des montant de la taxe à rembourser. La demande de remboursement est trimestrielle et doit être formulée dans un délai ne dépassant pas l’année suivant le trimestre pour lequel le remboursement est demandé.

La demande de remboursement doit être déposée auprès du service local des impôts dont dépend le bénéficiaire, à la fin de chaque trimestre de l’année civile, au titre des opérations réalisés au cours du ou des trimestres écoulés. Le dépôt est effectué dans un délai n’excédant pas l’année suivant le trimestre pour lequel le remboursement est demandé.

Le cas particulier des assujettis partiels.

L’assujettissement partiel à la TVA signifie qu’une entreprise n’est soumise à la TVA que pour une partie de son activité. Un pourcentage de son chiffre d’affaire échappe donc à la TVA soit parce l’activité en question est exonérée sans droit à déduction ou qu’elle est carrément en dehors du champ d’application de la TVA. Dans de telles circonstances, trois possibilités se présentent.

a) Si la TVA a grevé les achats de biens ( immobilisés ou non) ou de services affectées exclusivement à l’activité imposable, le droit de récupération de la taxe est total comme si l’entreprise effectuait des opérations ouvrant droit à déduction.

b) Si la TVA est liée à l’acquisition de biens ou services que l’entreprise utiliserait exclusivement dans l’activité n’ouvrant pas droit à déduction, aucune récupération n’est opérer au titre de cette TVA.

c) Si, enfin, la TVA est affectée indifféremment à l’ensemble de l’activité , sans que l’on puisse déterminer avec précision la part affectée à l’activité ouvrant droit à déduction et celle concernant l’activité sans de droit à déduction ( exemple : charges communes ou frais généraux ), la récupération de la taxe s’opère par l’utilisation d’un prorata de déduction. On parle alors d’une récupération partielle de la TVA au prorata de l’importance de l’activité ouvrant droit à déduction dans l’activité totale de l’entreprise.

La détermination du prorata de déduction

Ce prorata de déduction est un pourcentage déterminé en se référant aux données du chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise au titre de l’exercice précédent. Il prend au numérateur le chiffre d’affaires relatif à l’ensemble des opérations ouvrant droit à déduction (imposables ou exonérées avec droit à déduction) y compris la TVA correspondante au chiffre d’affaires imposable, et aussi la TVA fictive calculée sur la base du chiffre d’affaires exonéré.

Prorata

Au dénominateur, est repris le numérateur augmenté du chiffre d’affaires relatif aux autres opérations réalisées par l’entreprise quelles soient situées hors champs d’application de la TVA ou exonérées sans droit déduction.

CA imposable ( TTC) + ( CA exonéré ( add) ou réalisé en suspension de la taxe + TVA fictive)

Numérateur + CA hors cham de TVA + CA exonéré sans droit à déduction

Les modalités d’application du prorata

- L’entreprise concernée devra déclarer avant le 1er avril de chaque année auprès des services d’assiettes de l’administration fiscale le prorata à applique durant l’année .

- La déclaration est annexée d’une liste des immobilisations acquises au titre de l’exercice qui vient de s’écouler ainsi que des factures ou mémoires relatifs à ces immobilisations.

Remarque: régularisations liées à la TVA déductible sur immobilisations et au taux de variation de prorata.

Deux circonstances peuvent motiver le révision de la TVA déductible sur immobilisations. Quand une cession d’immobilisation intervient avant l’expiration d’une durée de cinq ans, ou quand le prorata de déduction varie de plus de cinq centièmes au cours d’une période cinq ans.

La cession d’une immobilisation

Lorsqu’une immobilisation cesse de concourir à l’exploitation dans une durée inférieure ou égale à 5 ans depuis sa date d’acquisition, la déduction de la TVA ayant grevé l’immobilisation opérée initialement doit être révisée.

Cette révision donne lieu au reversement d’une partie de la TVA déjà déduite calculée proportionnellement à la durée restante à courir. Le montant du reversement est égal au montant de la déduction initiale de la TVA diminué d’autant de cinquième que d’année ou de fraction d’année non écoulées depuis l’acquisition de l’immobilisation.

La TVA reversée sera considérée comme un élément du

Le changement du prorata dans le temps

Dans le cas de l’acquisition d’une immobilisation, la déduction de la TVA pratiquée peut être révisée lorsqu’au cours d’une période de 5 ans , suivant l’année de l’achat, le prorata, subit une variation de plus de 5 centièmes. Ainsi :

-

Une variation positive supérieure à 5 centièmes donne lieu à une déduction complémentaire.

- Une

diminution de plus de 5 centièmes donne lieu à un

reversement de TVA.

La régularisation à opérer ( déduction supplémentaire au reversement ) est égale au 1/5 de la différence entre la déduction initiale et la déduction calculée sur la base du nouveau prorata, et ce sur une période de 5 années à partir de l’année suivant celle de l’acquisition de l’immobilisation :