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Prochain bouclage autour du 22 novembre

Mouffe Maube Montagne

Mensuel satirique, alterlocaliste, libre, indépendant, gratuit et sans pube.
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Numéro financé par la générosité d'un donateur anonyme de dernière minute.

N° 10

Novembre 2010

Édition Mouffetardienne du « Vantard du Faubourg » Tiré à 1000 exemplaires

SPECTAClES et CONCERTS

SPECTAClES et CONCERTS
René Olivares
René Olivares

AU PiAno VAche, 8 rue Laplace, Richard et ses complices vous ac- cueilleront à bras ouverts dans cette institution toujours aussi juvénile et accorte. Tous les lundis d'octobre

1,8,15,22,29,

RoDoLPhe RAffALLi nous la fait jazz Manouche, à l'envers et à l'en- droit, réchauffé de temps en temps par le soleil de Sète, lorsqu Brassens s'invite au programme.

Tous les Mercredis soirée Gothique avec DJ LioneL aux manettes. inspiré par le cinéma expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique, de sombres jeunes gens, amoureux du théâtre de la nuit jouent à se faire peur, avant de sombrer dans les bras les uns des autresv. SoiRée MAnic DePReSSion Tous les jeudis soirs new Wave DJ nASh nous offre l’autre côté de la new Wave (musique des années 80, les Lexomil ne sont pas fournis).

AUx PiPoS 2 rue Polytechnique 75005, chez Alain Gangneux pour les amoureux du vin authentique.

Tous les Vendredis soirs JoSé interprète des chansons fran- çaises et sud américaines avec hu- mour et humeur, ce Latin Lover emballera la foule par son charme inépuisable. Soyez aimables avec lui.

DAnny Bonny, tous les Samedis soirs, rend hommage à la chanson française et nous fait voyager dans le temps, celui où les paroles des chansons avaient encore du sens et flirtaient avec la poésie.

enTeRReMenT DU BeAUJoLAiS Le jeudi 11 à partir de 18h, défilé solennel et Jazz évolutif avec clovis le musicopathe et le Marquis à L'accordéon.

BeAUJoLAiS noUVeAU Le jeudi 18 à partir de 19h avec le néness Band de la garde républi- caine, assiette de charcuterie d'un côté, diner classique de l'autre.

JAcqUeS SAMMy, rue Descartes, tous les vendredis et les samedis soirs, refait vivre le temps des caba- rets, celui d'Arlette Reinerg, celui de Félix, de petits endroits où ont chanté, Ferrat, Nino Ferrer, Yves Duteil, colette Magny. Jacques Sammy passe au "Doux Rai- sin", à la "Brouette chandelle", au "cracovie", le repaire des polonais amoureux de la chanson française.

à la "Brouette chandelle" , au "cracovie" , le repaire des polonais amoureux de la chanson

Mieux Vantard que jaMais : pardon pour le retard

Chers lecteurs, le Vantard comme vous le savez est un jour- nal gratuit financé par la générosité de nos commerçants du

cinquième arrondissement. Pour des raisons qui seraient trop longues à vous exposer ici, la source semble se tarir. C'est pourquoi, nous avons songé à plusieurs solutions de repli.

1. L'arrêt de publication fin décembre faute de financement et

de lecteurs impliqués.

2. La poursuite de la publication, à condition que le Vantard

dispose d'une équipe commerciale susceptible de convaincre les commerçants du cinquième d'investir 120 euros dans un numéro pour maintenir la vie d'un quartier.

3. A partir d'une page facebook : "Le Vantard Mouffe" vous

pourrez manifester votre soutien et nous donner vos idées.

4. Nous pouvons également créer une "micro-société" de

12 généreux bienfaiteurs, à 10 euros chacun par mois, pour continuer l'aventure.

5. Si le Vantard continue, nous n'avons pas réglé une série de

problèmes :

- Personne ne s'est proposé pour s'occuper de la rubrique

des spectacles du cinquième arrondissement et cela manque cruellement.

- Il n'y a pas assez de rédacteurs dans le journal, proposez nous des articles

- Nous avons également pensé à publier l'ensemble des nu-

méros reliés de l'année 2010 (11numéros) et mettre en vente

l'année du Vantard à 15 euros, pour nous permettre de disposer d'une petite trésorerie, vous trouverez les modalités de com- mande dans ce numéro. Manifestez votre soutien sur la page facebook : le Vantard de

la Mouffe, cela nous donnera l'envie de continuer.

Autrement, la vie continue sur la Montagne ste Geneviève, on

y coule des jours tranquilles, sur cette petite place Larue, au

coin de la rue polytechnique Pour les plus curieux, vous pour- rez voir la plaque du penseur mondain sur la façade des Pipos, apposée là, un jour de folie, avec la complicité de Christian, notre Edison de la rue Laplace, forcément

eric Walbecq , « la FiÈVre des liVres» par Prince Roro

Bien qu’Eric travaille à la bibliothèque nationale, il n’est pas un contemporain et ne se trouve chez lui nulle part, toujours en transit, assis, debout, couché, il voyage dans le monde des livres. Fascinés par les autographes, les envois et autres traces laissées par les auteurs, il les traque comme un Dupin à la recherche de la lettre volée. Vous le verrez parfois à Drouot, aux puces, dans des lieux improbables où des bibliothèques éventrées recou- vrent les trottoirs, son air mystérieux de conspirateur du 19ème siècle lui donne cet aura romantique. Il conspire à la découverte des belles lettres, il veut toujours nous faire voir des contrées merveilleuses enfouies sous les mots de ses auteurs préférés. Léon Bloy, Barbey d'Aure- villy, Villiers de l'Isle-Adam, Jean Lorrain et Alfred Jarry sont ses familiers.

eric est un roxymantique chasseur d'autographes Si les lettres sont toute sa vie, il est aussi éditeur, grand voyageur sur les traces de Rimbaud et aime la musique, avec une tendresse particulière pour Patti Smith. De retour de son dernier concert à Paris, il nous a conté la rencontre. Avec ses amis, ils sont allés voir la chanteuse après le concert pour passer un moment avec elle, elle leur a écrit quelque chose, non pas ce truc idiot écrit sur un mouchoir en papier que l'on jette en rentrant chez soi, mais un autographe, une parole écrite, une trace, un bout de la personne que l'on admire. La marraine du mouvement Punk est une poétesse, une indomptable qui a joué dans la rue à Paris en 1969, peut-être à côté de chez Eric, avant de s'installer au Chelsea Hotel à New York. Une accumulation de détails biographiques qui font d'elle un sujet à part pour lui. Elle fascine Eric, parce que comme tous les êtres fragmentés, elle s'intéresse à plusieurs choses, la litté-rature, la peinture, la photographie. Il aime les expos et les vernissages où il retrouve ses amis, les amoureux des livres, les

la boite à conneries

• Aujourd'hui, les jeunes, c'est ni père ni repère, nique ta mère.

• Pour le fichier des empreintes génitales, cher à Horte- feux, toutes et tous à vos photocopieuses.

• A force de contrôles, ils vont finir par transformer l'arrêt maladie en garde à vue.

• Je m'en fous de tes cuisses moi, c'est ce que j'écarte en

premier. (l'ex mari de Charlotte)

• Le doigt de dieu est impénétrable.

• L'homme n'est qu'un lien entre deux femmes.

• Tu as beau avoir une grosse tête, tu n'as pas de cervelle

• Si les gens parlent du temps, c'est pour exprimer leur

climat intérieur • T'es Suisse ? Et vlan, une claque, va comprendre Charles

• Les Chinois savent peut-être faire des murailles mais

pas des routes.

• Tu sais, moi j'admire les gens qui travaillent, c'est dom-

mage qu'il y ait autant de chômage. • A Québec, ça commence par un Q et ça finit par se voir.

• Avec leur connerie de pénurie d'essence, les cracheurs de feu vont se retrouver au chômage.

ROUSCAILLONS BIGORNE ! :

Le ’tit arguemuche illustré Leçon n°2 : LES BACCHANTES Ah ! les bacchantes !… ah ! souvenir chamarré du temps où les hommes, humbles mais droits, étaient encore des hommes… Oh ! chères bacchantes ! tantôt douces, tantôt ru-

Eric
Eric

passionnés des lettres, des thésards éternels, des pata- physiciens sybillins. C'est lui qui nous a fait découvrir le restau "l'Ami Pierre" et le magnifique Jicé Ditroy, génial créateur du Vantard, chanteur de Gainsbarre ainsi que la Barbara du faubourg, bistrologue bien connu des Services de Bacchus & Silène. Comme vous l'avez compris, Eric est un modeste qui déteste qu'on parle de lui, et pourtant c'est grâce à lui que le hasard se réduit, que les vraies rencontres ont lieu et que lire c'est vivre.

gueuses!

Nulle part, hélas ! Votre planque, c’est le néant, depuis que l’on vous coupe, depuis que l’on vous taille, depuis que vous sape la serpe de l’Histoire… Las ! belles bac- chantes, vous qui chargiez d’un ombrageux mystère les trognes burinées de nos aïeux, seriez-vous donc indignes de couvrir la face de l’homme moderne ? Non, non, trois fois non ! C’est l’homme moderne qui est indigne de vous. Il n’a plus rien à cacher, ce scélérat, cet exhibitionniste fan- geux, ce mirliflore jouisseur ! Voyez-le qui vous nargue, le stupre en bandoulière ! Rien à cacher, vous dis-je ! tout doit se voir : pas un bout de leur viande liftée, pas un morceau de leurs abats siliconés ne doivent échapper aux mirettes de ses congénères imbéciles ! Pas de niqab, pas de voile… pas même quelques poils sur la fantasmagorique frimousse de l’éphèbe attardé. Car vous l’aurez compris, les bacchantes, ce sont les moustaches. Et à vrai dire, on ne sait pas trop pourquoi. Si l’étymon semble évident, l’étymologie l’est franche- ment moins… Alors soyons laruistes ; supputons, subodorons… devi- nons, foutre !… Pourquoi Bacchus ? peut-être parce que l’ivrogne partage toujours un peu de son breuvage avec ses glorieuses… Voilà probablement pourquoi les bour- geois préféraient les rouflaquettes de Ferry-Famine aux augustes bacchantes de Blanqui. Joseph Stokober

où vous cachez-vous donc ?

SPECTAClES et CONCERTS (suite

)

 

cAfé Le VeRRe à PieD, 118 bis rue Mouffetard 75005

01

43 31 15 72

exPoSiTion J.B. MichAUx Croquis & esquisses au fusain du 2 au 21 Novembre.

exPoSiTion PhoToS MioKo artiste japonaise, Paysages photo- graphiques

cAfé LiTTéRAiRe Un samedi du mois de novembre à 18h, surveillez la date et thème, moi non plus.

MUSiqUe les mercredis de 19 h. à 21 h. mercredi 3 et 17 novembre le légendaire groupe 20 cenTS & The GUG'S oRcheSTRA avec Vincent, Grégoire, antoine et d'autre amis et toujours, eh oui! et toujours et encore Mariefloue et qui vient de nous écrire un très joli texte pour le Vantard

Debout contre le zinc

 

Je suis le zinc d’un café, objet ina- nimé d’un monde en mouvement. Je suis le naturel et impassible témoin de tranches de vie. A me- sure du temps, je sens contre moi une multitude de corps vagabonds. Certains, nerveux, ne sont que ful- gurance, replongeant dans l’oubli à peine la porte franchie. D’autres se blotissent contre moi. Alors, les tournées se succèdent, en cadence les coudes se lèvent puis s’abais- sent : les verres jonchent mon comptoir. Et c’est dans cette atmos- phère un peu suave et embuée que se forgent les mémoires. La plupart de mes occupants sont loquaces, je deviens le réceptacle involontaire de leurs secrets, le gardien de leurs reflexions enivrantes. Telle une oreille inerte simulant l’immobilité, je bois les paroles inspirées comme les plaisanteries grivoises. Quant à une infime partie de ces passants ; ils demeurent des êtres silencieux dont seule la présence me laisse entrevoir qui ils sont. J’aime at- tendre qu’ils distillent furtivement quelques indices, esquissant peu à peu d’où ils viennent. Bien souvent, grands lecteurs de journaux, ils sont comme moi : ils ne parlent jamais mais restent sûrement les plus fins connaisseurs de la nature humaine MARifLoUe LecoMPTe

 

PUB, BAR À BIÈRES

Loch'neSS TAVeRn,

11

rue de la Montagne Ste Gene-

viève 75005 tel : 09 51 87 75 84, eric vous accueillera pour le billard,

les fléchettes, la musique et la bière. Scène ouverte tous les mercredis à partir de 16h, allez chanter I'll take the high road and you'll take the low

road

on

the bonnie bonnie banks of

Loch Lomond. (A ne pas confondre avec la rue Lohmond)

A REdECOUVRIR : lA mEThOdE

Un restaurant pas comme les autres. On y a vu Gainsbourg, Coluche y a tra- vaillé, leurs ombres y traînent encore, tables rustiques, murs en pierre, poutres apparentes dans des pantalons en cuir moule boule (je déconne, elles sont au plafond : les boules, non les poutres). Une cuisine traditionnelle vous y attend, ainsi qu'une terrasse magique qui vous permet d'admirer la variété des gens de la montagne Ste Geneviève. En face, le Tabac, le Salon de thé voisin, les Pipos et le Petit Café, sont d'excellents points de repère pour vous y retrouver : La Mé- thode pour comprendre le quartier. Cécile vous accueille avec un sourire dé- sarmant, et Claude vous regarde comme pour vous soupeser l'âme. Un parfait partage des rôles dans un endroit habité. La Méthode, 2 rue Descartes, 75005 Paris

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SPECTAClES et CONCERTS Mlle fD déconne à pleins tubes . Mlle FD, supportrice de foot

SPECTAClES et CONCERTS

Mlle fD déconne à pleins tubes . Mlle FD, supportrice de foot déçue par Domenech,
Mlle fD déconne à
pleins tubes
. Mlle FD, supportrice
de foot déçue par
Domenech, Jalouse
de Laure Manaudou et
des beaux résultats de la
nage française, a introduit
de l'heptaminol à doses massives
dans la crème anti-hémorroïdes de
Frédérick Bousquet. Elle s'est écriée
en sortant du vestiaire, : "Comme ça,
les nageurs l'ont aussi dans le cul"
Mlle FD croyant au retour de Mad Max
a constitué des stocks d'essence pour
elle et ses amis du gouvernement et
des services parallèles, elle contrôle
maintenant, une partie de la raffinerie
de Feyzin.
Toujours à l'affût des dernières conne-
ries, Mlle FD a conseillé au gouver-
nement, une fois que les Roms et la
menace terroriste seront oubliés, de
parler des chinois, c'est la faute aux
chinois si on en est là, avec tous ces
emplois qui se sont délocalisés, pas
étonnant qu'il y ait du chômage chez
nous. Les chinois nous ont volé notre
travail, le péril jaune ça fonctionne
pas mal aussi.
Elle a également conseillé le juge
Courroye (de distribution), lui expli-
quant gentiment qu'il devait songer
à trouver un remplaçant pour toutes
ces affaires un peu louches, que sa
position de fusible systématique, de
sacrifié au service de L'Etat dans ce
qu'il a de plus inique allait lui coller à
la peau pour le reste de son existence
et sans doute finir par faire péter le
moteur de la justice. Pour évincer sa
collègue Isabelle Prévost-Desprez qui
pose des problèmes dans l'affaire Bet-
tancourt/Woeth, elle lui a recomman-
dé le coup du secret de l'instruction et
des écoutes téléphoniques, ça marche
presque à chaque fois, demandez à
l'arroseur arrosé. Espérons que ja-
mais personne n'aura accès à la liste
des gens que le juge Courroye appelle
régulièrement. Je dis ça comme ça
N'oubliez pas que chaque mois, Mlle
FD en charge de l’imaginaire collectif,
à travers la gestion des Faits Divers,
ne fait que réaliser les rêves de ses
voisins.

connoLLy'S coRneR 12 rue Mirbel

Dimanche 3 octobre John G. MATTheWS 19h. Guitare violon chant, Blues, Folk, Blue Grass, country.

Dimanche 10 octobre :

Up ya Boya devenu fAoLAn. Une musique envoûtante, des arrange- ments à couper le souffle, une voix venue du ciel, des petits français qui décidément possèdent beaucoup d'atouts pour faire chier les ayatollah du Folk Traditonnel, façon gardiens du temple embaumés. BénéDicTe LecRoART céLine RiVAUD au violon. PhiLiPPe hUnSinGeR bouzoukiste BAPTiSTe RiVAUD à la flûte. Que du bonheur sur ta Guiness.

Dimanche 17 octobre, oLD TiMe BLUeGRASS avec VincenT BLAin Guitare violon chant, Blues, Folk, Blue Grass, country.

Dimanche 24 octobre 19h. eMMAnUeL DeLAhAye (irish bouzouki et mandoline), et MicheL SKioTAKiS (flute et Uillean pipes) le duo élastique auquel se joignent régulièrement un bodhran (tambour sur cadre joué avec un stick, un violon et un accordéon

Au connolly's, they play darts

Ģa c’est Le cinquième
Ģa c’est Le cinquième

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gens de MouFFetard par le Professeur Larue, fin du feuilleton.

19. Book Crossing

Au Verre à Pied, du côté de chez l’oncle Sam, Monsieur Claude, le peintre-tavernier pra- tique le « book-cros- sing », il abandonne les livres qu’il a aimés pour les laisser à la dis- crétion des promeneurs littéraires en suscitant des vocations autour de lui. Le petit guéridon, près du poêle à charbon, devient alors le lieu de naissance d’une bibliothèque itinérante nourrie par tous les clients, la matrice d’êtres de papiers, le creuset de phrases aventurières. Ces livres égarés, bo- hèmes vagabonds, nomades pérégrins, retrouvés, adop- tés, cheminent dans le cœur des hommes, comme autant de lettres ouvertes à l’inconnu qui les lira, comme au- tant de saluts au soleil, les matins de printemps. Parfois certains livres, au milieu des petits nouveaux, revien- nent sur le guéridon, comme des esprits, des fantômes, séduits par la tentation d’exister.

des fantômes, séduits par la tentation d’exister. lE RAISIN d'AmERIqUE, UNE PESTE VEgETAlE Arrivant

lE RAISIN d'AmERIqUE, UNE PESTE VEgETAlE

lE RAISIN d'AmERIqUE, UNE PESTE VEgETAlE

Arrivant subrepticement par le périphérique et les voies de chemin de fer, au cœur de Paris, le Phy- tolacca envahit nos friches et nos espaces cultivés. Cette plante vivace, origi- naire d'Amérique, robuste, aux larges feuilles, pouvant atteindre deux mètres de hauteur, semble une incongruité au milieu de notre flore indigène comme un hamburger dans un bistro de la Mouffe ou de la Montagne, ou une bouteille de coca chez notre caviste. Cette plante a été introduite en Europe, il y a quelques années déjà, par des vignerons qui voulaient redonner un peu de couleur à leur piquette. En effet, le suc rouge des baies, purgatif, aux Etats Unis, est utilisé come colorant alimentaire. Les grappes de fruits charnus ressemblent quelque peu à des grappes de raisin. Elles sont appréciées des oi- seaux qui participent par leurs déjections, à la dispersion invasive. Tout comme l'herbe de la pampa, l'arbre aux papillons et la renouée du Japon cette plante introduite par l'homme s'est acclimatée et est devenue ce que les jardiniers appellent une peste végétale. Dans certains "jardinets" des cours interieures de notre quartier, vous pourrez le reconnaître en fin d'été, à sa fructification et aux taches indélébiles que les fruits murs écrasés font aux revêtements des sols comme aux pavés. Ne vous approchez pas trop près des baies, à ce stade de maturité, votre teinturier va se faire du souci, sa réputation risque d'être en jeu. De Claude Bureaux dit Ludovicien l’Egalité Maître jardini

Claude Bureaux dit Ludovicien l’Egalité Maître jardini le coin du poÈte Un projet fou Un très
Claude Bureaux dit Ludovicien l’Egalité Maître jardini le coin du poÈte Un projet fou Un très

le coin du poÈte

Un projet fou

Un très touchant et noble projet que de s’immoler pour protester contre la destruction de la beauté du monde. On l’appelle Huguette, et elle projette un projet fou. Voilà. L’absurde est là en grande forme, Place Jacques Cartier, avec un bidon d’essence. Une épreuve cruelle pour celle qui est sans péché.

Ce qui embête, C’est que la beauté, ce jour-là, était présente Et pas particulièrement déstabilisée,

La beauté triste des petites graisses de la poétesse, Brille sur les pavés de la place.

Ce jour-là, Piazzola, faisait pleurer Buenos Aires, Carlos Jobim découvrait un grand trésor qui ferait le bonheur de millions. La beauté ne peut être que dure et même austère, comme la matière, d’où elle nous vient.

Daniel Lavoie Citoyen d'honneur du cinquième arrondissement de Paris et chanteur Québecquois par distraction

20. Ici, le temps se transforme en lieu.

Ici, le temps est boiteux, le temps est croque-mitaine, si vous le gaspillez, il vous dévore, si vous le dila- pidez, il vous engloutit, si vous le claquez, il vous croque, il n’est alloué à personne, il ne respecte que le désir des choses simples, celles qui s’apprennent lentement avec ce que l’on trouve en chemin. Le temps se matérialise au fur et à mesure de sa rareté, lorsque son manque se fait sentir ou que le chemin se rétrécit. De l’inachevé, une course immobile, un projet souterrain, une image furtive qui se dessine, un destin différent pour chaque passant dans une rue ou sur une place. Notre esprit ne se résigne pas à disparaître, il aime la fuite et cède facilement à cette prétention de quête d’éternité, un temps plein qui ne se diviserait plus, qui rendrait présents à nos yeux le passé et le futur dans une rue que nous n’aurions plus qu’à arpenter. Nous, les porteurs de temps, nous sa- vons qu’il n’a ni contour ni frontière. Nous affichons une simple inquiétude devant l’effacement fantoma- tique que nous balayons d’un regard circulaire, un œil sur l’infini. Notre seule consolation est que le temps se transforme parfois en lieu.

l'AmOUR dU VIN, sur l'air de Hey Joe

Hey Joe, cours pas comme ça dis, y a pas le feu chez toi. Hey Joe, ce n'est que le 18 que tu le sortiras, mais pas avant, tu l'sais, ton mus- cadet nouveau. Ton grain de raisin, sois patient. Attends encore un peu avant de te l' siffler, Hey Joe, si on parlait, hein de ton p'tit blanc. Hey Joe, il est très gourmand et plein de fruit, ça, c'est le pied, il va faire mal au comptoir, mais pour toi Joe, y aura toujours un verre qui poussera l'autre, c'est qu'il fait soif à l'apéro. Hey hey Joe, t'en as de la chance cette année, hey hey Joe, c'que t as ramassé, c'est très beau, ça t'a donné un vrai nectar, que du beau jus. Dis donc le père Landron, tu dois être joisse. Moi Joe, tu vois, je suis comme toi, j'attends ce jour, allez viens, viens à Paris, Joe, on en boira des seaux, et puis bravo, tu vois, joe, ils ne pensent qu'au beaujo, mais Joe, ils vont tous découvrir que ton nouveau, c'est du Real Mojo, allez viens et trinquons, Joe. Muscadet nouveau, grains de raisins, Domaines Joe landron les brandières BP 21 44690 la haye fouassièretel : 0240548327 domaines.landron@wanadoo.fr Marc Delacourcelle du Pré Verre 8 Rue Thénard 75005. Sommelier échanson (plutôt Blues)

8 Rue Thénard 75005. Sommelier échanson (plutôt Blues) Bistrologie par Barbara Pascarel « Le risque de

Bistrologie par Barbara Pascarel

« Le risque de cancer s’accroît dès le premier verre de vin » : nos oreilles résonnent encore de cette phrase assenée et répétée sur la foi d’une brochure de l’Ins- titut National du Cancer (INCa), imprimée à 70 000 exemplaires pour être diffusée à tous les praticiens français durant l’été 2009. Les brochures n’ont pas été envoyées, et le texte a été retiré du site du ministère. Quelques associations avaient émis des doutes sur les fondements de cette affirmation qui malmenait la logique autant que la saine tradition de la dégus- tation. Le risque de noyade s’accroît dès la première gorgée d’eau. Le risque d’être gouverné par un crétin s’accroît dès le premier tour de scrutin. Le risque de chômage s’accroît dès le premier jour de travail (et réciproquement). Le risque de connerie s’accroît dès la naissance. S’il faut en croire le raisonnement creux et triste comme une bouteille vide de ces messieurs, le premier verre se confondrait dès le commencement avec le dernier — l’ultime godet des anciens condam- nés à mort. Entre le premier et le dernier verre, il n’y aurait donc qu’un pas fatal. Cependant, en songeant à une belle page de Pierre Sansot qui évoque le passage à la maturité sociale de l’enfant, lorsqu’en un jour de fête on lui offre son premier verre de vin, il faut admettre que le buveur débutant inaugurerait ainsi sa marche vers une maladie inéluctable. A moins de déduire que, si le risque s’accroît dès le premier verre, il diminue avec le dernier : « Le risque de cancer di- minue dès le dernier verre de vin ». La science bistro- logique nous a appris que le dernier verre est presque toujours suivi d’un autre, le multiplier sera donc une garantie de bonne santé. La seule condition, c’est que le contenu du verre soit bon ! Face aux palinodies sé- curitaires des prétendus scientifiques, nous préférerons nous en remettre à des gars dans le genre de Platon, Pline L’Ancien, Montaigne, Pasteur et de tous ceux qui ont montré au cours des siècles que le vin était un aliment vivant et doté de vertus thérapeutiques. Je lis toujours avec délice une petit bouquin écrit par un mé- decin et intitulé « Soignez-vous par le vin » : il nous rappelle que le vin est un reminéralisant, un bactéri- cide, anti-allergique, ses indications variant selon les terroirs et cépages, que le chablis soigne la dépression, que le côte du rhône, par sa teneur élevée en vitamines D, peut être conseillé aux sujets souffrant de spas- mophilie ou d’ostéporose, et que le médoc, riche en potassium et en phosphore, est un fortifiant du système nerveux. À l’heure où on fabrique des cosmétiques au pinard — je vais tester le cabernet anti-rides —, il y a sans doute encore beaucoup à apprendre de la micro- biologie du vin, chère au regretté vigneron Marcel La- pierre qui vient de nous quitter. Le jour du beaujolais nouveau, levons notre verre de morgon à sa mémoire !

nouveau, levons notre verre de morgon à sa mémoire ! hUmEURS     l'archipel de MouFFetard

hUmEURS

 
 

l'archipel de MouFFetard

 

Comme je dis toujours, il vaut mieux

s’en aller la tête basse que les pieds de- vant, alors même si pour me récupérer, l’Union Soviétique est prête à oublier les petites affaires de corruption de mineurs, et de vodka frelatée dans les- quelles j’étais plus ou moins impliquée, ils peuvent toujours patiner. Ca fait six mois que je suis réfugiée politique

à

Mouffetard, et depuis six mois je ne

parle pas, j’observe. Après le premier choc sensoriel de l’abondance presque

orgiaque de victuailles, je me suis fo- calisée sur les habitants et habitués. Alors ces messieurs dames dînent à la carte, chantent dans la rue, payent leurs tournées où le demi correspond

à

ma semaine de salaire à l’usine de

métallurgie de Volgograd, ces mes- sieurs dames discutent sans même se méfier que le copain pourrait être un agent double déguisé en sociologue, et picolent en pensant que les tickets de rationnement appartiennent à l’ima- ginaire cosmique de Gagarine. Bi- lan : les types s’ils taillent la zone à l’est ils passent l’arme à gauche en même pas deux jours. Enfin, il y a ceux qui s'écrasent et ceux qui réagissent. Alors si je reste ici, c’est non seulement parce que la faune et la flore n’est pas du genre à s’écraser, mais que surtout l’hiver elle n’est pas emportée par des vents de 200km/h et momifiée dans la glace si bien que si on les retrouve c’est cinq mois plus tard, ou envoyée construire des chemins de fers en Sibérie le reste de l’année. L’avan- tage de Mouffetard c’est la constance météorologique des relations.

Tsarine Rita notre Russe préférée à Paris

 

lE PAPAVERO

Un bout d'italie rue des Patriarches. Depuis le temps qu'on le brocarde dans l'ours, et oui, vous savez maintenant qui est le grizzly, nous ne pouvions pas ne pas rendre hommage à ce personnage haut en couleur bien connu de tous ceux qui aiment la vie, j'ai nommé, le seul l'unique, le merveilleux Fabrizio qui par- fois se transforme en "Fabruto le loup" les soirs de pleine lune. Son restaurant, où il fabrique des piz- zas célébrées par des clients de toutes les nationalités, est plus qu'un simple restaurant, c'est un lieu de rendez vous, de discussion, de repos, en remontant la dure rue en pente, on y trouve des journalistes, des économistes, des socio- logues, des musiciens de passage, des photographes en quête de Bruxelles, des pucelles en quête d'attention, des bran- leurs patentés et un nombre de jolies jeunes filles incalculable. Pendant très longtemps, nous avons pensé qu'il faisait le Casting de "Plus belle la vie à Mouffe- tard" et finalement non, c'est vraiment plus belle la vie à Mouffetard et le scé- nario s'improvise tous les soirs, au son de la musique des Pouilles, entrecoupée d'un Rap dévastateur, de vieilles chan- sons italiennes ringardes à faire pleurer et de toute la production des musiques du monde, Antilles et Afrique. Papavero, 3 rue des Patriarches, 75005 Paris

Bon De coMMAnDe :

L'Année DU VAnTARD : 15€

 

A découper et à déposer au Verre

à Pied, aux Papillons, aux Pipos, au

Pré Verre ou au Piano Vache Nom :

 

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LE VANTARD™ Édité par LES AMIS DU FAUBOURG, Association loi 1901 37 rue Faidherbe 75011 Paris ISSN 1953-5104 Directeur de la publication : Frederick Rimbert Comité de rédaction : Obscur et protéiforme, parfois invisible Rédac’chef : Prince Roro

 

Rédac' chef adjoint : JiCé Ditroy l'indétrônable fondateur du Vantard Rédacteurs : Barbara Pascarel (dite Retard Chronique), Claude Bureaux, Joseph Stokober, Marie Lecompte, Margarita Calteron dite Tsarine Rita, Marc Delacourcelle, Daniel Lavoie Relecture : Eric Walbecq aux Papillons Dessins : Tony Hall (l'ami anglais), René Olivares (l'ami chilien) Photos : Prince Roro, Corrections : absence remarquée

Programme : Bientôt y en aura plus du tout

Ça c'est sûr.

Grizzly : Fabruto globetrotter pizzaiolo dit Calzonova. Maquette, mise en pages et reprisage du ti tout cuenti: Alix Nissen Imprimé chez G.P.S. 16 rue Faidherbe 11ème Toutes les contributions sont bénévoles, et généralement tardives, trop tardives

13/11/10

10:34