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GA Vulnerabilite Et Renforcement-2

GA Vulnerabilite Et Renforcement-2

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Sections

  • 1. OBJECTIF ET METHODE
  • 2. CONTEXTE
  • 3. SPECIFICITE DES CONSTRUCTIONS EXISTANTES
  • 3.1. SITUATION GENERALE
  • 3.2. DIFFICULTES TECHNIQUES
  • 4. PROJET DE REHABILITATION PARASISMIQUE D'UN BATIMENT
  • 4.1. ETAPES
  • 4.2.1. TYPOLOGIE
  • 4.2.2. RELEVÉ DES FACTEURS DE VULNÉRABILITÉ (INVENTAIRE)
  • 4.2.4. EVALUATION DE LA VULNÉRABILITÉ
  • 4.3.1.VULNÉRABILITÉ GLOBALE D'UNE ZONE
  • 4.3.2. VULNÉRABILITÉ D'UN ENSEMBLE DE CONSTRUCTIONS
  • 4.3.3. GUIDE HAZUS 99
  • 4.4. STRATEGIES DE REHABILITATION PARASISMIQUE
  • 4.4.2. RÉDUCTION DU NIVEAU D'ACTION SISMIQUE
  • 4.5. TECHNIQUES DE RENFORCEMENT
  • 5. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS
  • ANNEXE

2004

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Remerciements
S’adressant aux architectes et ingénieurs, enseignants et professionnels,
ainsi qu’aux étudiants et chercheurs, la collection des cahiers
parasismiques constitue un ensemble de référence des connaissances
nécessaires à la conception, la construction et la protection des édifices et
des villes contre le phénomène sismique.

Cette collection a été développée avec l’aide du Ministère de l’Ecologie et
du Développement Durable dans le cadre du programme d’actions confié
aux Grands Ateliers pour améliorer l’enseignement des concepts et
méthodes de la conception et de la construction parasismiques au sein des
formations initiales des divers intervenants de l'acte de construire.

Elle est publiée par les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, groupement
d’établissements d’enseignement supérieur d’architecture, d’ingénierie,
d’art et de design, destiné à faire progresser la formation et la recherche
sur la construction et les matériaux.


La collection comprend actuellement les cahiers suivants :
1. Conception parasismique, niveau avant-projet, Milan Zacek,
2. Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,
2-a. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des
bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton
armé, Milan Zacek
3. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique, objectifs et
problématique. Patricia Balandier,
4. Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs, Patricia
Balandier.


A paraître :
5. Comportement dynamique des structures
6. Construction parasismique, se déclinant sur les diverses technologies :
béton armé, acier, bois, constructions en terre, ainsi que sur le second
œuvre.
MILAN ZACEK
cahier 2
vulnérabilité
et renforcement
Mai 2004
TABLE DES MATIERES
Page n°
1. OBJECTIF ET METHODE 3
2. CONTEXTE 5
3. SPECIFICITE DES CONSTRUCTIONS EXISTANTES 7
3.1. SITUATION GENERALE 7
3.2. DIFFICULTES TECHNIQUES 7
4. PROJET DE REHABILITATION PARASISMIQUE D'UN BATIMENT 9
4.1. ETAPES 9
4.2. EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES D'UN
BATIMENT 10
4.2.1. Typologie 10
4.2.2. Relevé des facteurs de vulnérabilité (inventaire) 11
4.2.3. Evaluation de la présomption de vulnérabilité 11
4.2.4. Evaluation de la vulnérabilité 13
4.2.5. Exemples de méthodes d'évaluation de la
vulnérabilité des ouvrages aux séismes 13
4.3. EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES
A L'ECHELLE URBAINE 29
4.3.1. Vulnérabilité globale d'une zone 29
4.3.2. Vulnérabilité d'un ensemble de constructions 30
4.3.3. Guide HAZUS 99 32
4.4. STRATEGIES DE REHABILITATION PARASISMIQUE 37
4.4.1. Présentation générale 37
4.4.2. Réduction du niveau d'action sismique 39
4.4.3. Amélioration du niveau de performance d'un
bâtiment 41
4.5. TECHNIQUES DE RENFORCEMENT 43
5. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS 45
6. BILBIOGRAPHIE ET REFERENCES 47
ANNEXE 53
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
3
1. OBJECTIF ET METHODE
Le bâti existant pose des problèmes importants de sécurité en cas de
tremblement de terre. Il est omniprésent et les opérations visant à lui
conférer une certaine résistance aux séismes sont de plus en plus
fréquentes, en accord avec l'évolution sociétale.
L'objectif de cette étude est de réaliser un panorama des problèmes liés à la
réhabilitation parasismique des bâtiments : présenter différentes approches
permettant d'effectuer un diagnostic de vulnérabilité aux séismes et adopter
une stratégie de réhabilitation pertinente. Le but est pédagogique et non
pas opérationnel.
La problématique est abordée sur un plan méthodologique et illustrée par
des exemples d'approches variées. Une bibliographie différenciée par thème
figure à la fin de l'étude.
L'étude elle-même est basée sur les travaux personnels et sur la compilation
d'articles, de communications et de guides totalisant plusieurs milliers de
pages. Elle est destinée à l'enseignement dans les écoles d'architecture et,
d'une manière générale, à l'usage des architectes. En outre, elle constitue un
cadre dont on peut dériver des méthodes pratiques détaillées, utilisables
pour des opérations de réhabilitation parasismique.
L'étude facilite donc la rédaction de guides spécifiques développant une ou
plusieurs démarches présentées, portant sur :
- l'évaluation de la vulnérabilité aux séismes,
- les stratégies de réhabilitation parasismique,
- les techniques de renforcement des structures.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
5
2. CONTEXTE
A l'échelle du globe, les tremblements de terre se produisent régulièrement
et il n'y a pratiquement pas d'année où une agglomération importante ne
soit gravement touchée par leurs effets.
La France a été épargnée ces dernières années, mais elle est bien sismique.
En métropole, elle recèle des structures sismogènes pouvant donner lieu à
des tremblements de terre atteignant une magnitude proche de 6.5, qui
sont destructeurs compte tenu de la faible profondeur de leurs foyers. Aux
Antilles, des séismes d'une magnitude 8 sont possibles à la limite des
plaques tectoniques " Amérique " et " Caraïbes ", proche des départements
de Guadeloupe et de Martinique.
Dans les territoires de souveraineté française, l'application des règles
parasismiques à la construction neuve est obligatoire pour la quasi-totalité
d'ouvrages situés dans une zone différente de zéro. En revanche, aucune
obligation de renforcement préventif n'existe en ce qui concerne les
bâtiments existants. Or, la vulnérabilité aux séismes de ces derniers est
parfois très élevée et, dans les zones les plus exposées, de nombreuses
pertes en vies humaines pourraient être occasionnées par des tremblements
de terre de forte intensité.
Le risque sismique est donc important dans ces zones. Rappelons qu'il est
défini comme la probabilité, pour une période de référence, de pertes de
biens, d'activité de production et de vies humaines, exprimée en coût ou en
pourcentage. Il dépend de l'aléa sismique (probabilité de subir un séisme
d'une intensité donnée dans la même période de temps) et de la
vulnérabilité aux séismes des biens exposés.
Par conséquent, les quartiers ou bâtiments anciens présentent un risque
sismique considérable.
Si aucun renforcement parasismique préventif n'est obligatoire a priori,
l'arrêté du 29 mai 1997 relatif aux règles de construction parasismique
applicables aux bâtiments " à risque normal " impose la mise aux normes
parasismiques des bâtiments de classes B, C et D à l'occasion de certains
travaux de réhabilitation.
La conformité avec les règles parasismiques est requise pour la totalité du
bâtiment, additions comprises, dans les cas suivants :
- remplacement total des planchers en superstructure dans les
bâtiments des classes B, C ou D ;
- addition par surélévation dans les bâtiments des classes B, C ou D;
- addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments des classes C
ou D, non désolidarisée par un joint de fractionnement
- création d'au moins un niveau intermédiaire dans les bâtiments des
classes C ou D.
les grands ateliers
6
La conformité avec les règles parasismiques est requise pour les seules
additions dans les cas suivants :
- addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments de classe B,
non désolidarisée par un joint de fractionnement ;
- addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments des classes B,
C ou D, désolidarisée par un joint de fractionnement.
Rappel des classes de risque :
classe A : les ouvrages dont la défaillance ne présente qu'un risque
minime pour les personnes ou l'activité économique ;
classe B : les ouvrages dont la défaillance présente un risque dit "
moyen " pour les personnes (habitations et bureaux dont h 28m,
bâtiments industriels, bâtiments accueillant 300 personnes au plus…)
;
classe C : les ouvrages dont la défaillance présente un risque élevé
pour les personnes et ceux présentant le même risque en raison de
leur importance socio-économique (habitations et bureaux avec h 28
m, bâtiments accueillant plus de 300 personnes…) ;
classe D : les bâtiments, les équipements et les installations dont le
fonctionnement est primordial pour la sécurité civile, pour la défense
ou pour le maintien de l'ordre public (centres de télécommunications,
bâtiments abritant des moyens de secours ou de défense…).
Les ouvrages dont la défaillance peut compromettre la sécurité d'un
bâtiment voisin sont à ranger dans la classe de ce dernier si elle est plus
contraignante.
Un marché de réhabilitation parasismique s'ouvre donc et la mise en place
d'une formation des architectes dans ce domaine est souhaitable.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
7
3. SPECIFICITE DES CONSTRUCTIONS
EXISTANTES
3.1. SITUATION GENERALE
Les bâtiments existants édifiés avant l'obligation d'appliquer les règles
parasismiques ou avant leur publication sont souvent situés au centre des
agglomérations car ils ont été les premiers construits.
Ils abritent, en plus de logements, de nombreux équipements, services,
commerces et administrations dont certains stratégiques, indispensables à
la gestion d'une crise (mairie, préfecture, casernes de pompiers, centraux
téléphoniques, etc.).
Cette concentration d'activités, qui conduit à une présence importante de
personnes, se conjugue avec une résistance des constructions aux séismes
souvent faible ou médiocre, notamment dans les quartiers historiques.
L'attente d'un remplacement " naturel " du bâti existant par des ouvrages
neufs, conformes aux règles parasismiques, semble peu pertinente. Le
renouvellement du parc immobilier français s'effectue à un taux de
seulement 1 % par an environ ; en outre, de nombreux bâtiments sont
conservés et protégés en raison de leur valeur historique.
Il apparaît donc nécessaire d'entreprendre des opérations de confortement
préventif (non seulement à l'occasion de travaux) si on souhaite réduire la
probabilité de pertes en cas de séisme. La politique de la puissance publique
va dans ce sens. Le ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du
Territoire (MATE) a lancé plusieurs études pilotes dans le domaine de la
mitigation du risque sismique du bâti existant.
3.2. DIFFICULTES TECHNIQUES
Lors de la conception d'un ouvrage à construire, toutes les données et
caractéristiques ayant une incidence sur son comportement sous action
sismique sont généralement disponibles.
Dans le cas des bâtiments existants, il en est souvent autrement. Les
incertitudes se situent à plusieurs niveaux :
1- Les constructions existantes font souvent partie d'un ensemble bâti
dont elles sont séparées par un joint " sans épaisseur " et parfois même
elles en constituent un élément mécaniquement solidaire ; leur
comportement dynamique ne peut, dans ce cas, être dissocié du bloc
dans lequel elles s'insèrent. Or, l'expertise des bâtiments voisins est
rarement possible. Par ailleurs, le degré de couplage mécanique peut
être difficile à évaluer.
les grands ateliers
8
2- Le calcul de la descente de charges et la connaissance de la résistance
des éléments porteurs (évaluée habituellement à l'aide de sodages
structuraux), ne sont pas suffisants pour décider d'un renforcement.
En effet, étant donné que le comportement dynamique d'ensemble
conditionne la distribution des charges sismiques sur les éléments
participant au contreventement, on devrait connaître la nature et
l'efficacité de toutes les liaisons structurales (la prise en compte des
conditions d'encastrement ou d'articulation réelles a une importance
capitale pour déterminer le comportement d'une ossature exposée à
un séisme), le degré d'amortissement procuré par la construction, la
raideur des éléments porteurs principaux et leur capacité à tolérer les
déformations imposées dans le domaine élastoplastique. Or, plus la
construction est ancienne, plus il est difficile, voire quasi impossible,
d'obtenir tous ces paramètres pour l'ensemble de la structure. Sa
modélisation est alors très délicate et un jugement d'expert qualitatif
peut être plus fiable qu'une approche purement quantitative. On
estime d'ailleurs que pour établir un diagnostic fiable, une expérience
" vécue ", permettant de " sentir " le comportement de la structure
étudiée, est indispensable.
3- La nature du sol influe considérablement sur le comportement des
constructions qui y sont fondées. D'une part, si les périodes propres
d'oscillation d'un ouvrage et du sol sont proches, l'effet de résonance
peut considérablement accroître les charges sismiques. D'autre part,
sur certains types de sol de faibles caractéristiques mécaniques, des
dommages importants aux constructions sont très fréquents.
Ainsi, les cartes des dommages établies pour Salon-de-Provence
(Bouches-du-Rhône) après le séisme de Lambesc (1919) font
apparaître, pour un même type de construction, des effondrements
systématiques dans certaines zones bien délimitées et des dommages
nettement moindres dans les zones voisines ; ces différences sont
vraisemblablement dues à la variation de la nature du sol.
La connaissance du sol d'assise est donc indispensable pour évaluer la
vulnérabilité aux séismes d'une construction. Cependant, une
campagne géotechnique d'envergure est rarement envisageable lors
des opérations courantes.
4- La méthodologie de l'évaluation de la vulnérabilité aux séismes des
ouvrages existants n'est pas évidente a priori. Or, il n'existe pas en
France de méthode " officielle " ; aucune norme, aucun document
technique unifié (DTU) ou guide ne sont disponibles. L'adoption de
méthodes étrangères (italiennes, américaines, canadienne,…) est
possible, mais elles ne sont pas écrites en langue française et sont très
peu connues dans notre pays.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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4. PROJET DE REHABILITATION
PARASISMIQUE D'UN BATIMENT
4.1. ETAPES
Dans le cadre d'une réhabilitation classique, non parasismique, les éléments
structuraux sont dimensionnés pour les nouvelles descentes de charges
verticale et horizontale, cette dernière consistant à transmettre au sol
d'assise la pression de vent exercée sur l'enveloppe du bâtiment. Il s'agit
donc d'organiser au préalable les éléments porteurs d'une manière
compatible à la fois avec les nouveaux espaces créés et avec un schéma
structural réaliste.
Lorsque la réhabilitation doit tenir compte des charges sismiques, la
démarche est beaucoup plus complexe car ces charges sont engendrées,
non seulement verticalement, mais aussi horizontalement, dans chaque
masse présente. Le comportement dynamique qui en résulte peut varier,
selon le cas, d'acceptable à très défavorable. L'importance des mouvements
sismiques du sol ne constitue donc pas nécessairement le facteur
déterminant car la distribution des masses, ainsi que celle des éléments
rigides, régissent le comportement dynamique de l'ouvrage, et par là le
degré d'amplification par la structure des oscillations qui leur sont imposées
au niveau du sol. On observe régulièrement l'effondrement de constructions
même lors des séismes de faible magnitude.
Lors d'une réhabilitation " parasismique ", la première étape consiste à
effectuer un diagnostic de comportement de l'ouvrage sous l'action
sismique et identifier ses faiblesses, c'est-à-dire évaluer sa vulnérabilité
aux séismes. On doit déterminer si pour une intensité de séisme donnée,
la construction est apte à présenter le comportement désiré. Il ne semble
pas réaliste de rechercher le même niveau de protection que pour les
constructions neuves. Par conséquent, il convient de formuler, avec le maître
d'ouvrage, les exigences de comportement pour la structure, pour les
éléments non structuraux et pour l'équipement. Ces exigences sont traduites
en termes de niveaux de performance, en empruntant le vocabulaire en
usage dans les pays anglo-saxons. En d'autres termes, on doit décider du
degré de dommage accepté lors des tremblements de terre. Cette
approche, connue comme " performance based design ", est de plus en plus
adoptée dans les pays concernés.
Lors de l'étape suivante, en fonction du comportement recherché,
différentes stratégies de renforcement devraient être examinées. Ainsi,
on peu:
• limiter l'action sismique sur la construction, par exemple en prévenant
la résonance du bâtiment avec le sol ou en optant pour l'isolation
parasismique ;
les grands ateliers
10
• " jouer la carte " de la résistance mécanique en augmentant d'une
manière significative la capacité portante des éléments structuraux.
• favoriser la dissipativité, c'est-à-dire l'aptitude de l'ouvrage à tolérer des
déformations élastoplastiques notables, fissuration ou encore rupture
de certains éléments sans s'effondrer.
Bien entendu, il est possible d'opter pour une combinaison de stratégies.
Le coût des différentes démarches est certainement un facteur de décision
important. La stratégie adoptée est en général un compromis entre le
coût de la réhabilitation et le degré de dommages accepté.
L'ultime étape du projet de réhabilitation parasismique est le choix des
techniques de renforcement. Il peut s'agir d'un renforcement de la
construction ou d'un traitement du sol d'assise. Souvent les deux sont
requis.
4.2. EVALUATION DE LA VULNERABILITE
AUX SEISMES D'UN BATIMENT
4.2.1. TYPOLOGIE
Les bâtiments existants ont été bâtis à différentes époques, avec des modes
de construction variés et présentent une grande richesse de formes.
L'évaluation doit donc être différenciée et basée sur une typologie. La
difficulté réside dans la diversité des paramètres pouvant faire l'objet d'une
typologie (situation, époque ou type de construction, configuration, etc.).
Cependant, il semble qu'une classification par type de construction
convienne le mieux. Exemples :
• maçonnerie en terre crue
• maçonnerie ancienne en pierre
• maçonnerie non ancienne en pierre
• maçonnerie en béton ou blocs de béton non chaînée
• maçonnerie en briques ou blocs de béton chaînée
maçonnerie armée
• ossature en béton armé coulé en place avec remplissage en
maçonnerie
• etc.
Généralement, les différents modes de construction correspondent à une
période historique ou actuelle donnée. La typologie est plus ou moins
différenciée, selon qu'il s'agit d'une évaluation détaillée, sommaire ou
intermédiaire.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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4.2.2. RELEVÉ DES FACTEURS DE VULNÉRABILITÉ
(INVENTAIRE)
Avant de procéder à une analyse qualitative ou quantitative du
comportement sous séismes de l'ouvrage étudié, il est nécessaire d'examiner
la nature ainsi que l'état de la structure et des éléments non structuraux, et
de réunir un maximum de données relatives au sol et au site.
A cet effet, une liste ou grille permettant un relevé systématique de tous les
éléments est nécessaire. Elle peut être générale, destinée à couvrir tous les
cas relevant des différentes typologies citées plus haut. Cependant,
l'utilisation d'un tel document s'avère assez " lourde ". Un extrait d'une liste
générale figure en annexe.
Une autre solution, adoptée dans la référence 20 , consiste à établir une
liste pour chaque type de construction de la typologie retenue, complétée
par des listes portant sur les éléments non structuraux et les conditions
relevant de la géotechnique. L'avantage des listes par type de construction
est de pouvoir être, pour une même durée d'examen, plus détaillée et plus
ciblée.
Avant de procéder au relevé des facteurs de vulnérabilité, tous les
documents disponibles devraient être recueillis et examinés, de même que
les règles de construction de l'époque du bâtiment étudié. Bien entendu, il
est nécessaire de vérifier si la réalisation est conforme aux plans, ce qui assez
souvent n'est pas le cas. En outre, les constructions anciennes ont parfois
subi une ou plusieurs restructurations dont les plans ne sont pas
disponibles.
Pour une évaluation précise de la vulnérabilité, l'examen de la structure
nécessite en général des sondages structuraux destructifs. Ceux-ci peuvent
éventuellement être évités lors d'un examen rapide visant à établir une
présomption de vulnérabilité.
4.2.3. EVALUATION DE LA PRÉSOMPTION
DE VULNÉRABILITÉ
1- Objet
Une évaluation " exacte " de la vulnérabilité d'un ouvrage aux séismes étant
longue, laborieuse et coûteuse, il est préférable d'effectuer une première
étude pouvant être seulement qualitative, afin de déterminer si une
approche plus approfondie est nécessaire, ce qui permet également de
dégrossir le problème. Cette démarche, conduisant à l'évaluation d'une
présomption de vulnérabilité (c'est-à-dire à un prédiagnostic), peut être
réalisée par un architecte formé en construction parasismique, sans
concours d'un ingénieur de bureau d'études. Elle comporte l'étude des
documents disponibles, si possible une recherche de renseignements auprès
des personnes ayant participé à la construction de l'ouvrage, un relevé des
facteurs de vulnérabilité lors d'un examen visuel extérieur et intérieur sur
site, et l'exploitation des grilles de relevé décrites plus haut, portant sur :
les grands ateliers
12
• l'architecture (la configuration et le détail architectural),
• le système constructif,
• les dispositions constructives apparentes,
• l'état de conservation,
• l'interaction avec l'environnement construit,
• le site.
2 Niveau d'agression sismique
La vulnérabilité croît avec l'intensité du séisme. On peut ne l'évaluer que
pour le séisme maximal retenu ou par rapport à plusieurs niveaux
d'agression sismique, généralement trois :
• séisme faible, correspondant au degré VII à l'échelle d'intensité
macrosismique EMS 92 ou à une accélération maximale du sol
a
s
= 1 m/s² ;
• séisme moyen, correspondant à l'intensité VIII ou à a
s
= 2 m/s² ;
• séisme fort, correspondant à l'intensité IX ou à a
s
= 4 m/s².
3- Niveaux de performance
Divers niveaux de comportement peuvent être recherchés pour un niveau
d'agression sismique donné. Il paraît pertinent d'apprécier la capacité de la
structure au moins par rapport à deux degrés de " performances : non-
effondrement et fonctionnalité.
Exemple de quatre niveaux de performance :
• Non-effondrement : cette exigence, visant à assurer la sauvegarde
des vies humaines, est suffisante pour la plupart des bâtiments
courants. L'ouvrage peut nécessiter la démolition après un séisme
fort.
• Dommages lourds ne nécessitant pas la démolition.
• Dommages réparables rapidement : le volumes des travaux est
limité.
• Fonctionnalité : l'ouvrage et son exploitation doivent pouvoir "
fonctionner " après un tremblement de terre. Les dommages
structuraux et les dommages non structuraux ne compromettant pas
le fonctionnement ou ne rendant pas la construction impropre à sa
destination (par exemple confinement de produits toxiques) sont
donc admis. Cette exigence est requise pour les ouvrages
stratégiques, abritant des activités nécessaires à la gestion de la crise
et pour tout bâtiment dont le maître d'ouvrage exige la poursuite
d'exploitation immédiate.
4- Méthode d'évaluation
En l'absence d'une méthode standardisée, de nombreuses approches de
l'évaluation de la présomption de vulnérabilité des ouvrages aux séismes ont
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
13
été proposées, notamment dans les pays de forte sismicité (Italie, Etats-
Unis, Yougoslavie,…). Plusieurs méthodes sont présentées au § 4.2.5. Elles
ont été sélectionnées en raison des différences d'approches ou d'objectifs.
Dans l'évaluation de la présomption de vulnérabilité, il s'agit en général
d'estimer un degré de vulnérabilité global.
A cet effet, les " faiblesses " constatées sont hiérarchisées et une " note " ou
coefficient caractérisant leur gravité leur est attribué. Leur prise en compte
pondérée, dont les modalités varient d'une méthode à l'autre, permet de
conclure sur les degrés de vulnérabilité prédéfinis (3 à 5 en général).
En fonction du degré de vulnérabilité, il est décidé d'entreprendre une
réhabilitation ou non. Les situations suivantes peuvent se présenter :
• état acceptable, renforcement non nécessaire ;
• état nécessitant un renforcement économiquement envisageable ;
• étude plus poussée nécessaire ;
• très forte vulnérabilité, la faisabilité économique d'un
renforcement doit être étudiée.
4.2.4. EVALUATION DE LA VULNÉRABILITÉ
Une étude quantitative d'évaluation de la vulnérabilité est nécessaire lorsque
l'examen qualitatif effectué lors de la phase précédente présente de fortes
incertitudes ou lorsqu'on décide de réhabiliter une construction dont on a
constaté la vulnérabilité aux séismes. Bien qu'on ait souvent recours aux
méthodes de vérification de résistance et de rigidité destinées à la
construction neuve, il est préférable d'utiliser des méthodes spécifiquement
établies pour la réhabilitation parasismique. Il n'en existe pas en France.
Deux guides américains font actuellement référence dans ce domaine (15)
(46 ).
4.2.5. EXEMPLES DE MÉTHODES D'ÉVALUATION DE LA
VULNÉRABILITÉ DES OUVRAGES AUX SÉISMES
Etant donné la complexité de la problématique, des méthodes d'évaluation
diverses ont été élaborées. Les méthodes présentées visent chacune un
objectif, donc également un besoin différent. Elles ont été classées par ordre
croissant de complexité. Le but de cette présentation est d'illustrer la grande
diversité des approches.
• Méthode simplifiée à l'usage des architectes (M. Zacek)
Rédigée en 1993, cette méthode rapide (33) et peu coûteuse permet
d'évaluer une présomption de vulnérabilité des constructions aux séismes
par un examen visuel seulement. Elle peut être utilisée par des non-
spécialistes afin d'identifier les constructions potentiellement dangereuses.
La durée d'examen est de 30 mn/construction environ.
les grands ateliers
14
A l'origine, il s'agissait d'un guide destiné à l'Agence d'urbanisme et
d'aménagement de la Guadeloupe (ADUAG), qui envisageait d'établir un
état des lieux de la présomption de la vulnérabilité aux séismes des
constructions existantes dans des communes pilotes. Dans une forme
élargie et complétée par une vérification quantitative, la méthode a été
utilisée par le BRGM pour évaluer la vulnérabilité de bâtiments à Pointe-à-
Pître (Guadeloupe) et Fort-de-France (Martinique) dans le cadre de
l'opération GEMITIS.
Les constructions et les éléments constructifs particulièrement vulnérables
aux séismes sont présentés dans une grille, en même temps qu'une
évaluation des dommages correspondants qu'ils pourraient subir pendant
des oscillations du sol.
Trois niveaux d'agression sismique ont été considérés : séismes faibles,
moyens et forts. Le résultat est obtenu par une simple lecture de la grille, en
retenant la situation la plus grave. Lorsque la construction cumule certains
facteurs de vulnérabilité, les dommages potentiels sont majorés d'un degré.
Ni l'interaction avec le sol, ni les effets de site ne sont pris en compte.
Toutefois, les différentes situations pénalisantes sont citées et doivent être
signalées sur la fiche de relevé. L'avis d'un géotechnicien spécialisé peut ainsi
être sollicité.
Afin d'attirer l'attention de l'utilisateur sur les points faibles importants, un
résumé des dommages sismiques caractéristiques pour les types de
constructions courants figure dans la grille. La fiche de relevé et un extrait
de la grille d'évaluation sont présentés sur les pages suivantes.
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
15
FICHE DE RELEVE
_____________________________________________________________
LOCALISATION :
_____________________________________________________________
CARACTERISTIQUES GENERALES
Propriétaire :
Occupant :
Nombre maximal d'occupants : Année de construction :
Destination (usage) : Surface au sol (m2) :
Nombre de niveaux : Hauteur en mètres :
Type de construction : Epaisseur des murs extérieurs :
Type de toiture : Présence d'un sous-sol : oui non
______________________________________________________________
PLAN ET ELEVATIONS (croquis ou photos)
______________________________________________________________
FACTEURS DE VULNERABILITE
1. Construction
1.1. Caractéristiques
Forme en plan symétrique selon deux axes - forme symétrique selon un axe -
forme irrégulière - construction de grande longueur - asymétrie des parties
rigides - niveau sur pilotis - niveaux en retrait - niveaux en saillie - poteaux "courts"
- poteaux trop élancés - angle affaibli - absence de chaînages horizontaux et
verticaux - absence d'encadrements de baies - ossature non contreventée -
ossature à étage en bois avec poteaux non continus - liaisons précaires entre
éléments constructifs - auvents importants - consoles non contreventées -
avancée de toiture importante - toiture-terrasse plantée - acrotère haut lourd -
balustrade en pierre ou béton - conduit de fumée élancé - bâtiment mitoyen sans
joint vide d'au moins 4 cm - autres caractéristiques :
1.2. Etat de conservation : normal - très bon- mauvais
1.3. Evaluation sommaire de vulnérabilité :
en cas de séisme faible, dommages : modérés - importants - graves
en cas de séisme moyen, dommages : modérés - importants - graves
en cas de séisme fort, dommages : modérés - importants - graves
2. Nature du sol
Rocher sain - rocher altéré ou fracturé - graviers et sables secs et compacts -
graviers et sables humides - argiles ou marnes dures - argiles et marnes molles -
autres alluvions molles - sables lâches - remblais anciens - remblais récents -
terrain inondable - autres sols :
3. Situation dans le site
Terrain plat - pente modérée uniforme - pente forte uniforme - proximité d'un
changement de pente - abord de falaise - sommet - crête - proximité d'une limite
entre roche et alluvions - plaine - vallée alluviale - plateau - proximité de murs de
soutènement en amont - autres cas :
______________________________________________________________
AUTRES RENSEIGNEMENTS
1. Etude approfondie nécessaire oui non
2. Observations :
3. Auteur du relevé (nom, organisme) :
4. Date du relevé :
Fig. 1 - Fiche de relevé des facteurs de vulnérabilité (d'après 33 )
Fig. 2 - Exemple d'application de la fiche de la fig. 1 (d'après 33 )
les grands ateliers
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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Fig. 3 - Extrait d'une grille d'évaluation de la présomption de vulnérabilité (d'après 33
les grands ateliers
18
• Méthode proposée par le groupe de travail " Vulnérabilité du
bâti existant " de l'Association française du génie parasismique
(AFPS) [14]
Cette méthode est applicable aux bâtiments construits depuis 1960. Deux
niveaux d'évaluation sont visés. Le premier consiste en une approche
qualitative et le second en une vérification quantitative.
Niveau 1 : approche qualitative
Une grille de relevé détaillée doit être remplie lors d'une inspection
extérieure et intérieure du bâtiment étudié. L'évaluation est faite à l'aide
d'un tableau d'évaluation, dans lequel une cote (coefficient de pénalité) est
attribuée aux divers facteurs de vulnérabilité (fig. 4). Ces cotes permettent
de calculer un coefficient K variant de 0 à 100. Selon la valeur de K, on
conclut sur une présomption de :
• très forte vulnérabilité, K > 100
• forte vulnérabilité, 50 < K < 100
• moyenne vulnérabilité, 25 < K < 50
• faible vulnérabilité, 10 < K < 25
• très faible vulnérabilité, K < 10.
Afin d'éviter d'aggraver la " note " par un nombre important de facteurs de
vulnérabilité faibles, une correction du résultat est prévue.
Lorsque K > 50, une évaluation quantitative est nécessaire. Dans le cas
contraire, on peut conclure directement sur un niveau de vulnérabilité,
correspondant à un des types de dommages définis dans le guide (fig.5).
Ces types sont les degrés de dommages 2, 3, 4 et 5 de l'échelle
macrosismique européenne EMS 92.
Pour les valeurs de K < 50, la correspondance avec le degré de dommages
est la suivante :
Présomption de vulnérabilité moyenne : 25 < K < 50
0.1 g : dommages légers
0.2 g : dommages modérés
0.4 g : dommages graves
Présomption de vulnérabilité faible : 10 < K < 25
0.1 g : dommages négligeables
0.2 g : dommages légers
0.4 g : dommages modérés
Présomption de vulnérabilité très faible : K < 10
0.1 g : dommages nuls à négligeables
0.2 g : dommages négligeables à légers
0.4 g : dommages légers à modérés.
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vulnerabilite aux seismes
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des batiments existants
19
EVALUATION QUALITATIVE DE LA PRESOMPTION DE VULNERABILITE
Propriétaire du bâtiment :
Dénomination et adresse du bâtiment :
Année de construction :
Date du diagnostic :
Auteur du diagnostic :
Fig. 4 - Tableau d'évaluation de présomption de vulnérabilité (d'après 14 )
A
Implantation
du bâtiment
1
Pente générale du terrain > 40 %
5
2
Proximité d’un changement de pente
D < 2H du bâtiment
15
Observations
B
Environnement du
bâtiment
1
Bâtiments accolés : joint = 0
ou rempli d’un matériau
25
2
Joints entre blocs adjacents
< 2 cm 2 à 4 cm > 4 cm
25 10 5
C
Type de
structure
1
Murs en
maçonnerie
de blocs
15
2
Murs en
béton non
armé
10
3
Murs en
béton armé
5
4
Ossature
poteaux-
poutres sans
remplissage
20
5
Ossature
poteaux-
poutres avec
remplissage
25
6
Système
mixte murs
en
maçonnerie
et ossature
20
7
Panneaux
de façade
BA
préfabriqués
porteurs
10
8
Ossature BA
préfabriquée
porteuse
50
D
Forme en plan
1
Irrégulière
5
2
Elancement en plan L/l>4
5
3
Parties saillantes ou rentrantes
5
E
Forme en élévation
1
Etages en
encorbelle-
ment > 2 m
15
2
Retrait en
façade
>40 %
20
3
Planchers d’un même
étage situés à des
hauteurs différentes
10
4
Présence d’un plancher
lourd ou d’une toiture
lourde
10
5
Absence de diaphragme
horizontal en toiture
20
F
Contreventement
1
Variation verticale
croissante des rigidités
0 à 100
(voir formule 1)
2
Dissymétrie : torsion
faible : 5
accusée : 50
3
Absence de
contreventement dans le
sens des x ou y
100
4
Densité de voiles de
contreventement
sens x ou y
0 à 100
(voir formule 2)
G
Zones ou
éléments
1
Descente
de charge
en
baïonnette
25
2
Présence de poteaux
courts ou partiellement
bridés participant au
contreventement
50
3
Présence de poteaux
élancés
10
4
Percements
inserts dans
les poteaux
e>d/3
25
5
Percements
inserts dans
les poutres
e>d/3
10
6
Percements
inserts dans
les nœuds
e>d/3
50
critiques
7
Présence d’un angle de
façade affaibli
15
8
Axes poteaux et poutres
non concourants
e>c/2
10
9
Diaphragmes horizontaux
avec grandes ouvertures
s>10 %S
10
10
Absence de chaînages
encadrant les murs de
contreventement en MAC
verticaux : 25
horizontaux : 75
H
Divers
1
Etat de conservation du
gros œuvre
médiocre : 10
mauvais : 25
2
Risque de chute d’éléments non
structuraux
5
3
Façade BA préfabriquée non porteuse
10
Total des pénalités
Fig. 5 - Typologie des dommages sismiques (d'après 14 )
Niveau 2 : approche quantitative
L'évaluation est faite pour les trois niveaux d'agression sismique cités en
4.2.3. par une des méthodes d'analyse suivantes, choisie en fonction des
critères de régularité figurant dans les règles PS 92 :
• analyse forfaitaire,
• analyse simplifiée,
• analyse complète.
Il est également procédé à la vérification de la stabilité au renversement, de
la stabilité interne et de la résistance des éléments porteurs.
Les résultats de l'analyse sismique sont hiérarchisés de la manière suivante
les grands ateliers
20
TYPE DE
DOMMAGES
NATURE DES
DOMMAGES
REPARATION PERTES EN
VIES
HUMAINES
Nuls à Microfissures ( 1mm) Appréciation au
négligeables dans quelques cloisons. cas par cas Nulles
Fatigue des bâtiments sans
signe apparent
d'endommagement
Légers Dégâts mineurs aux éléments
non structuraux: Réparation sans
- fissures dans cloisons de évacuation Rares
distribution, des occupants
- chute de plâtras,
- chute d'éléments légers de
plafonds suspendus
Dégâts importants aux Réparation
éléments non structuraux ; pouvant
chute de cheminées nécessiter
Modérés l'évacuation des Peu
Dégâts possibles aux éléments occupants nombreuses
structuraux, fissurés ou plasti-
fiés, mais non détruits
Dégâts très importants aux Expertise pour Possibilité de
éléments non structuraux, décision de pertes
Graves rupture ou effondrement réparer ou non nombreuses
localisé d'éléments structuraux
Effondrement partiel ou total Réparation Possibilité de
Effondrement du bâtiment lourde ou non pertes
envisageable très nombreuses
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
21
- instabilité d'un élément de contreventement : effondrement,
- contrainte excessive dans un élément de contreventement :
effondrement à désordres graves,
- déformations excessives de la structure : effondrement partiel
(effets du second ordre pour les systèmes à portiques ou
entrechoquement des deux blocs contigus) à désordre modérés.
En recensant tous les facteurs de vulnérabilité établis qualitativement et en
examinant les résultats d'une analyse quantitative, on établit une évaluation
de la vulnérabilité en plaçant une croix dans la case appropriée du tableau
ci-après :
NATURE DU NATURE DES DOMMAGES
SEISME
Négligeables Légers Modérés Graves Effondrement
(VII) Faible (0.1g)
(VIII) Moyen (0.2g)
(IX) Fort (0.4g)
Fig. 6 - Grille de présentation des résultats de l'évaluation de vulnérabilité
• Méthode " FEMA 310 "
Présentée sous forme de guide [20], cette méthode de la Federal Emergency
Management Agency américaine, datant de 1998, constitue une pré-
norme. Elle est le résultat de mises à jour de méthodes antérieures,
intégrant les enseignements des études postsismiques récentes.
L'évaluation est systématiquement faite par rapport à deux niveaux de
performance :
- sauvegarde des vies humaines (SVH),
- fonctionnalité immédiate (FI).
Trois niveaux d'évaluation sont proposés.
Niveau 1 : présomption de vulnérabilité
Cette évaluation concerne tous les types de bâtiments et vise à identifier
ceux qui n'atteignent pas le niveau de performance requis. L'état de la
construction est examiné à l'aide d'une série de " check-lists " détaillées dans
le guide et portant sur la structure, les éléments non structuraux et
l'interface sol/fondations. Si des points vulnérables sont détectés, il peut être
décidé de procéder à l'évaluation du niveau 2 ou de se satisfaire des
résultats obtenus.
les grands ateliers
22
Selon le cas, au moins les check-listes suivantes devraient être utilisées.
Région Niveau Check-listes
de sismicité de
performance Sommaire Structure Structure Sol et él. non él. non
base compléments fondations structuraux structuraux
base compléments
SVH x
Faible
FI x x x
SVH x x x
Moyenne
FI x x x x x
SVH x x x x
Forte
FI x x x x x
Fig. 7 - Utilisation de check-listes, méthode FEMA 310 ( 20)
Exemple d'une check-list de type " structure ". De telles check-lists ont été
rédigées pour chaque type de construction :
Check-list de base pour les structures de type S4 : ossatures en acier
contreventées par des voiles
Description
La structure de ces bâtiments est un assemblage de poteaux et de
poutres en acier. Les planchers et les toitures sont en dalles coulées en
place ou en tôle nervurée avec ou sans dalles de béton. L'ossature
comprend des poutres principales et secondaires de section en I ou H
ou des poutres en treillis. Le contreventement est assuré par des voiles
coulés en place. Ces voiles peuvent contribuer à la descente des
charges verticales. Dans le cas des structures non récentes, l'ossature
en acier n'est calculée que pour les charges verticales. Les structures
récentes sont conçues en tant que systèmes mixtes où l'ossature acier
participe au contreventement en proportion de sa rigidité relative.
Légende :
C = conforme
NC = non conforme
SO = sans objet
Structure principale
DESCENTE DES CHARGES HORIZONTALES : la structure doit présenter,
pour les niveaux SVH et FI, au moins un chemin de descente de
charges complet pour les charges s'exerçant dans n'importe quelle
direction horizontale.
MEZZANINES : les mezzanines doivent être contreventées
indépendamment de la structure principale ou ancrées dans les
éléments de contreventement vertical principaux.
C NC SO
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
23
NIVEAU " FAIBLE " : la résistance de tout niveau vis-à-vis des charges
horizontales ne doit pas être inférieure à 80 % de celle des niveaux du
dessus ou du dessous, pour les performances SVH et FI.
NIVEAU " SOUPLE " : la rigidité du système de contreventement ne doit
pas être inférieure à 70 % de celle des niveaux adjacents, ni inférieure
à 80 % de la rigidité moyenne des trois niveaux immédiatement
supérieurs ou inférieurs, pour les performances SVH et FI.
GEOMETRIE : les dimensions horizontales du système de
contreventement ne doivent pas varier de plus de 30 % par rapport à
celles du contreventement des niveaux adjacents, à l'exclusion des
derniers niveaux en retrait, pour les performances SVH et FI.
DISCONTINUITE VERTICALES : tous les éléments verticaux de
contreventement doivent être continus jusqu'aux fondations.
MASSE : la masse effective ne doit pas varier de plus de 50 % d'un
niveau à l'autre, pour les performances SVH et FI.
TORSION : la distance entre les centres de rigidité et de gravité ne doit
pas dépasser 20 % de la largeur du bâtiment dans toutes les
directions, pour les performances SVH et FI.
DETERIORATION DE L'ACIER : il ne doit pas y avoir de traces de rouille,
de fissures ou d'autres détériorations visibles dans les éléments et
assemblages assurant la résistance vis-à-vis des charges verticales ou
horizontales.
DETERIORATION DU BETON : il ne doit pas y avoir de détérioration
visible du béton ou des armatures dans les éléments assurant la
résistance vis-à-vis des charges verticales et horizontales.
FISSURES DANS LES VOILES : la largeur des fissures obliques dans les
voiles doit être inférieure à 3 mm pour le niveau SVH et à 1,5 mm
pour le niveau FI. Les fissures ne doivent pas être concentrées en un
endroit ni former des figures en forme de X.
Système de contreventement
OSSATURE : l'ossature secondaire en acier ou béton armé doit
constituer un système capable de transmettre les charges verticales.
HYPERSTATICITE : pour le niveau FI, la structure doit comporter au
moins deux voiles dans chaque direction principale.
CONTRAINTES DE CISAILLEMENT : ces contraintes, calculées selon la
méthode simplifiée présentée, doivent être inférieures aux valeurs
indiquées dans le guide.
ARMATURE DU BETON : le rapport de la section des armatures à la
section totale doit être supérieur à 0,0015 dans la direction verticale
et à 0,0025 dans la direction horizontale, pour les niveaux SVH et FI.
L'espacement des barres ne doit pas être supérieur à 45 cm.
les grands ateliers
24
ASSEMBLAGES ENTRE POTEAUX : les assemblages entre les poteaux
en acier noyés dans les extrémités des voiles doivent avoir une
résistance à la traction au moins égale à celle des poteaux. Cette
exigence ne concerne que le niveau FI.
Assemblages
TRANSMISSION DES EFFORTS : les diaphragmes doivent être armés et
ancrés de manière à assurer la transmission des charges sur les voiles
et, pour le niveau FI, avoir une résistance au cisaillement dans leur
plan au moins égale à celle des voiles.
ANCRAGE DES MURS les voiles doivent être ancrés dans les
fondations. Pour le niveau FI, la résistance de l'ancrage ne doit pas être
inférieure à celle du mur.
ANCRAGE DES POTEAUX D'EXTREMITES DES VOILES : les poteaux
situés aux extrémités des voiles doivent être ancrés dans la fondation.
Pour le niveau FI, la résistance de l'ancrage à la traction ne doit pas
être inférieure à celle des poteaux.
Remarque : la ventilation des " points " en trois groupes ne semble pas
toujours cohérente ; ceci est sans incidence sur la méthode.
Niveau 2 : analyse quantitative
Cette analyse consiste à appliquer une méthode de calcul élastique linéaire
simplifiée aux bâtiments désignés comme non conformes au niveau 1.
L'objectif est d'identifier les constructions qui ne nécessitent pas de
réhabilitation, ainsi que celles qui présentent une réelle vulnérabilité.
Le tableau suivant précise, en fonction du nombre de niveaux, les types de
construction nécessitant une analyse de niveau 2 ou éventuellement de
niveau 3, même s'ils ont été considérés comme conformes au niveau 1.
Nombre de niveaux à partir duquel une analyse
de niveau 2 ou de niveau 3 (N3) est exigée
Type de construction Sismicité faible Sismicité moyenne Sismicité forte
SVH FI SVH FI SVH FI
Ossatures bois :
- maisons individuelles 3 3 3
- idem avec grandes portes
de garage en rez-de-chaussée 4 3 3
- bât. industriels et 3 3 3
commerciaux
Portiques en acier :
- diaphragmes rigides 4 1 1
- diaphragmes flexibles 4 1 1
Ossatures en acier
contreventées par
triangulation :
- diaphragmes rigides 4 3 3
- diaphragmes flexibles 4 3 3
Portiques transversaux
de grande
portée en acier 2 2 2
Ossatures en acier
contreventées par
des voiles 5 5 4
Ossatures en acier
contreventées par
des murs en maçonnerie :
- diaphragmes rigides 3 1 1
- diaphragmes flexibles 3 1 1
Portiques en béton
armé 3 1 1
Voiles en béton :
- diaphragmes rigides 5 5 4
- diaphragmes flexibles 5 5 4
Ossature en béton armé
avec remplissages en
maçonnerie rigides :
- diaphragmes rigides 3 1 1
- diaphragmes flexibles 3 1 1
Panneaux préfabriqués
en béton armé :
- diaphragmes rigides 2 1 1
- diaphragmes flexibles 2 1 1
Ossatures en béton
armé préfabriqué :
- contreventement par voiles 5 5 4
- contreventement par effet
de portique 1 1 1
Maçonnerie armée :
- diaphragmes rigides 4 3 2
- diaphragmes flexibles 4 1 1
Maçonnerie non armée :
- diaphragmes rigides 2 N3 N3
- diaphragmes flexibles N3 1 N3 1 N3
Systèmes mixtes 3 1 1
Fig. 8 - Sélection du type d'analyse de vulnérabilité, méthode FEMA 310 20
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et renforcement
des batiments existants
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les grands ateliers
26
Niveau 3 : analyse approfondie
Les évaluations aux niveaux 1 et 2 étant assez conservatrices en raison de
l'approche simplifiée, l'analyse du niveau 3 vise à une évaluation précise qui
ne se justifie que dans des cas spécifiques.
On peut utiliser des méthodes statiques ou dynamiques linéaires ou non
linéaires, non précisées dans le document FEMA 310. Le lecteur est renvoyé
au guide 46 .
Un plan du rapport final figure dans le guide. Ce rapport devrait comporter
au moins les informations suivantes :
• Objectif, méthode, type d'analyse, niveaux de performance vérifiés.
• Description du bâtiment : destination, capacité, forme,
dimensions, système porteur, éléments non structuraux, type de
bâtiment par référence à une typologie, importance historique,…
• Description du site : topographie, sismicité, type de sol,…
• Liste des hypothèses adoptées : propriétés des matériaux, effets liés
au site, nature du sol,…
• Liste des points faibles constatés.
• Annexes : références, notes de calcul,…
L'ensemble des démarches préconisées dans le guide est résumé dans le
tableau de la page suivante.
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vulnerabilite aux seismes
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27
COLLECTE DE DONNEES
Relevé sur site
Sismicité de la zone
Niveau de performance désiré
EVALUATION NIVEAU 1
Usage des check-listes
POINTS FAIBLES POURSUITE DE L'EVALUATION
non oui oui non
EVALUATION NIVEAU 2
Analyse statique linéaire
Analyse dynamique linéaire
Analyses spécifiques
POINTS FAIBLES POURSUITE DE L'EVALUATION
non oui oui non
EVALUATION NIVEAU 3
Analyse détaillée
POINTS FAIBLES ?
non oui
BATIMENT POSSEDE BATIMENT NE POSSEDE
LE NIVEAU DE PAS LE NIVEAU DE
PERFORMANCE DESIRE PERFORMANCE DESIRE
RAPPORT FINAL
REHABILITATION
Fig. 9 - Organigramme de la méthode " FEMA 310 " (20)
• Méthode " ATC 40 "
Cette méthode, conçue pour les constructions de béton armé, publiée aux
Etats-Unis en 1986 par Applied Technology Council [15], est innovante par
rapport aux approches classiques. La capacité d'atteindre un niveau de
performance est évaluée en termes de déplacements et non en termes de
forces, car lors des déformations postélastiques, l'importance des
dommages est davantage fonction des déplacements que des forces.
La vulnérabilité est évaluée pour les mêmes niveaux de performance que
dans la méthode " FEMA 310" : sauvegarde des vies humaines (SVH) et
fonctionnalité immédiate (FI), par une méthode de calcul statique non
linéaire. Des courbes de capacité de déplacement (donc de déformabilité)
sont tracées pour les bâtiments étudiés. Elles dépendent des caractéristiques
de ces derniers et non pas d'une agression sismique. Les différents degrés
de dommages correspondant aux déplacements sont localisés sur la courbe.
En corrélant la courbe de capacité de déplacement du bâtiment avec le
déplacement maximal provoqué par un mouvement sismique de sol donné,
déterminé par une méthode proposée dans le document, on obtient un
point appelé " point de performance " (traduit parfois en français comme "
point de fonctionnement "). Sa position par rapport au niveau de
performance recherché indique si ce niveau est atteint ou non (fig. 10).
Fig. 10 - Courbe de capacité de déplacement d'un bâtiment, d'après 15 . Le point de
performance correspond au déplacement maximal du bâtiment sous l'action du séisme
considéré. Le bâtiment montré est donc vulnérable, car il peut subir des déplacements
supérieurs à ceux du niveau de performance minimal exigé (SVH)
La méthode " ATC 40 " a suscité un grand intérêt dans le monde entier.
Toutefois, elle n'est accessible qu'aux spécialistes, car le type de calcul utilisé
pour déterminer les courbes de capacité de déplacement est peu courant
(calcul statique " pas à pas ").
les grands ateliers
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des batiments existants
29
4.3.EVALUATION DE LA VULNERABILITE
AUX SEISMES A L'ECHELLE URBAINE
4.3.1. VULNÉRABILITÉ GLOBALE D'UNE ZONE
La prévention du risque sismique dans le bâti existant ne peut reposer sur la
seule initiative privée ou celle d'organismes publics isolés. Pour être efficace,
elle doit être mise en place à l'échelle urbaine, voire régionale.
A cet effet, il est nécessaire d'évaluer la vulnérabilité aux séismes de toute
une zone. Cette évaluation ne saurait se limiter aux bâtiments, mais doit
porter également sur les équipements urbains, la voirie, les transports, les
réseaux utilitaires. Elle doit également tenir compte des pertes et préjudices
induits ou indirects ; la ville ou la zone est à considérer comme un système.
La connaissance de la vulnérabilité et de l'aléa sismique (probabilité
d'occurrence d'un séisme qui atteindrait ou dépasserait une intensité
donnée) permet l'élaboration de scénarios de risques et de prendre des
mesures de prévention immédiates ou différées (fig. 11).
L'évaluation de la vulnérabilité urbaine est complexe et requiert la
collaboration de spécialistes de nombreuses disciplines. En France, la ville de
Nice (Alpes-Maritimes), située dans l'une des zones les plus sismiques de la
France métropolitaine, a été choisie comme ville pilote pour une opération
de ce type (GEMITIS). A l'heure actuelle (début 2001), elle est au stade
d'achèvement.
Fig. 11 - Prévention du risque sismique à l'échelle urbaine
Vulnérabilité aux séismes
Scénarios de risques
Evaluation du coût des dommages
Etude des mesures de prévention et de leur coût
Mesures de prévention
Aléa sismique local
(microzonage sismique)
Analyse du système urbain :
- administration - sécurité
- logement - activités de production
- santé - services
- transports - réseaux utilitaires
- télécommunications - activités culturelles et
cultuelles
les grands ateliers
30
4.3.2. VULNÉRABILITÉ D'UN ENSEMBLE
DE CONSTRUCTIONS
La réhabilitation parasismique d'une construction particulière nécessite au
préalable un diagnostic de vulnérabilité déterministe, spécifique. L'objectif
est différent à l'échelle d'un ensemble de constructions. On cherche à
évaluer la probabilité d'endommagement en fonction du niveau
d'agression sismique.
Il s'agit d'un résultat global, pouvant être inexact s'il est appliqué à une
construction particulière, car le but est d'obtenir une estimation fiable à
l'échelle de la zone étudiée et non à celle d'un bâtiment.
On peut procéder de la manière suivante :
1- Inventaire et cartographie des constructions : cet inventaire est
effectué à l'aide d'un examen de photos aériennes, suivi d'une visite sur
les lieux. Toutes les sources disponibles peuvent être exploitées : cartes,
cadastre, relevé photographique, etc.
2- Identification d'îlots homogènes : les bâtiments de ces îlots
correspondent en général à une même époque donc également à un
mode de construction.
3- Typologie des constructions : les types sélectionnés doivent être
les bâtiments les plus caractéristiques de chaque îlot (un ou plusieurs
types par îlot). Les bâtiments mécaniquement solidaires devraient être
considérés comme une seule construction.
4- Diagnostic de vulnérabilité sommaire de chaque type de
bâtiment : une des méthodes décrites précédemment peut être
utilisée. La vulnérabilité est évaluée en termes de degrés de dommages
préalablement définis (au minimum trois).
5- Diagnostic affiné : le diagnostic sommaire est éventuellement
corrigé en fonction des données relatives à la nature du sol et du site.
D'une manière générale, la vulnérabilité est aggravée par la présence
de sols ayant une faible résistance mécanique (alluvions, remblais,…)
et par l'exposition à des effets de site (effets topographiques,
géodynamiques ou effets liés à l'hétérogénéité des formations
souterraines) ou des effets induits (liquéfaction des sols, mouvements
de terrain, jeu de faille, tsunami, seiche,…).
La vulnérabilité d'un type de construction est en général présentée
sous forme de fonctions de vulnérabilité, appelées aussi
fonctions d'endommagement (fig. 12). Ces fonctions donnent la
probabilité de dommages (faibles, modérés, graves,…) en fonction de
l'importance du séisme, exprimée en termes d'intensité
macrosismique, d'accélération maximale ou de déplacement maximal.
La fig. 13 montre des fonctions de vulnérabilité établies pour divers
types de constructions.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
31
Fig. 12 - Allure des fonctions de vulnérabilité (d'après 40 )
Fig. 13 - Fonctions de vulnérabilité pour divers types de constructions (d'après 39 ). Ces
fonctions donnent la probabilité des dommages suivants, préalablement définis dans
l'ouvrage : dommages nuls (D0), dommages faibles (D1), dommages modérés (D2),
dommages importants (D3), effondrement partiel (D4), effondrement total (D5).
les grands ateliers
32
6- Etudes statistiques : l'ensemble des fonctions de vulnérabilité
contient une multitude d'informations pouvant être mises en évidence
selon l'intérêt porté à tel ou tel aspect :
• dommages par quartier,
• dommages en fonction de l'affectation du bâtiment (logements,
logements avec commerces en rez-de-chaussée, bureaux, bâti
ments administratifs,…),
• dommages en fonction du nombre de niveaux,
• dommages par mode de construction,
• dommages par époque de construction,
• relation entre l'intensité du séisme et le nombre ou le pourcentage
de constructions endommagées,
• distribution des dommages en fonction de l'intensité macrosis-
mique (fig. 14),
• etc.
Degré de Pourcentage Probabilité de dommages (%)
dommages d'endomma- en fonction de l'intensité macrosismique
gement
VI VII VIII IX X
1 0 95 49 7 0 0
2 0.5 3 48 11 1 0,1
3 5 1,5 8 22 2 0,2
4 20 0,4 2 31 10 0,7
5 45 0,1 1,5 17 15 9
6 80 0 1 10 21 24
7 100 0 0,5 2 51 66
Fig. 14 - Exemple de distribution de divers types de dommages dans une zone, en fonction
de l'intensité macrosismique (adapté d'après 37 )
En corrélant les dommages avec l'occupation estimée des logements
et locaux, une évaluation de pertes en vies humaines peut être
effectuée.
Ces relations sont en général présentées sous forme de tableaux ou
d'histogrammes et utilisées pour l'élaboration de scénarios de risque
à l'échelle urbaine. Elles peuvent également être cartographiées à
l'aide du " Système d'informations géographiques " (SIG), en couleurs
différenciées, ce qui en facilité la lisibilité (fig. 15).
La vulnérabilité des équipements et des réseaux, de même que l'estimation
des pertes induites et indirectes, ne sont pas abordées dans ce texte. Une
méthodologie très complète de l'évaluation de la vulnérabilité de l'ensemble
des fonctions urbaines est traitée dans la réf. 40 , présentée au paragraphe
suivant.
4.3.3. GUIDE HAZUS 99
Edité par la Fédéral Emergency Management Agency américaine (FEMA), ce
guide 40 présente une méthode détaillée d'évaluation de la vulnérabi-
lité à l'échelle urbaine. Le but est de permettre une estimation des pertes
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
33
Fig. 15 - Exemple de cartographie de la vulnérabilité aux séismes à l'échelle urbaine (d'après
41 ).
qu'une zone ou région pourrait subir lors d'un tremblement de terre.
L'évaluation est destinée aux autorités nationales, régionales et locales afin
de constituer une base pour l'élaboration d'une politique de prévention du
risque sismique et de gestion de la situation postsismique.
La méthodologie a été élaborée par une équipe composée de scientifiques,
ingénieurs, architectes, économistes, planificateurs, sociologues et
informaticiens. Ainsi, le guide couvre une large gamme de thèmes et
disciplines, notamment les sciences de la terre, génie parasismique et
sciences économiques et sociales. Les méthodes utilisées ont été validées à
l'occasion de séismes récents et soumises à l'avis d'experts reconnus.
les grands ateliers
34
Le guide comprend un manuel technique en trois volumes, qui s'adresse aux
lecteurs possédant un certain niveau technique, et un guide plus sommaire
en deux volumes, accompagné d'un logiciel, présentant la méthodologie
d'une manière plus accessible aux non-spécialistes.
La méthode permet d'élaborer aussi bien des évaluations sommaires que
des estimations détaillées, nécessitant une approche sophistiquée.
Le diagramme de la fig. 16 montre les domaines traités dans le guide.
Chaque pavé correspond à un chapitre qui propose une méthode
d'évaluation des pertes en fonction de la vulnérabilité. Des méthodes
standardisées sont proposées pour :
• sélection des scénarios de tremblements de terre,
• collecte des données,
• utilisation de bases de données géotechniques (type de sol,
mouvement sismique, rupture de sol,…),
• évaluation de l'occupation des logements et des lieux de travail,
• typologie des bâtiments,
• typologie des dommages,
• élaboration des fonctions de vulnérabilité (fig. 17),
• typologie et analyse des réseaux urbains,
• évaluation des coûts,
• interprétation des résultats compte tenu des incertitudes liées à la
fiabilité des données et à la modélisation.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
35
Fig. 16 - Organigramme de l'analyse du risque sismique urbain (d'après 40 )
Pertes économiques
indirectes
Inondations Incendie Pollution Décombres Dommages Pertes de Pertes
induites postsismique toxique aux personnes domicile économiques
Pertes matérielles induites Dommages aux personnes et
pertes économiques directes
Données sismologiques
et géotechniques
Mouvement sismique Rupture de sol
Bâtiments courants Bâtiments stratégiques Réseaux de Réseaux
Equipements dangereux transport utilitaires
Pertes matérielles
directes
les grands ateliers
36
Fig. 17 - Méthode de détermination des fonctions de vulnérabilité pour un type de bâtiment,
(d'après 40 )
Trois types d'analyse sont proposés :
1- Analyse sommaire
Effectuée avec des données générales, elle permet de dégrossir le problème
et de se prononcer sur la nécessité d'une analyse plus détaillée. Les risques
requérant des données spécifiques (liquéfaction des sols, glissements de
terrain, jeu de faille, tsunami, rupture de barrage, etc.) ne peuvent pas être
évalués par ce type d'analyse.
2- Analyse standard
Cette analyse traite les données réelles fournies par l'utilisateur ; elle est
basée sur les méthodes standardisées décrites dans le guide et permet
d'obtenir des résultats d'une bonne précision.
3- Analyse approfondie
L'analyse approfondie est basée sur des études et expertises spécifiques dans
les domaines concernés et suppose une étroite collaboration des
propriétaires des biens analysés. La durée estimée d'une telle analyse est de
6 mois à 2 ans.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
37
4.4. STRATEGIES DE REHABILITATION PARASISMIQUE
4.4.1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Le choix du type de réhabilitation a en général une incidence non
négligeable sur l'architecture de l'ouvrage. Par conséquent, il devrait être
effectué par un architecte.
Deux grandes familles de démarches sont possibles :
• réduire le niveau des charges sismiques auxquelles l'ouvrage pourrait
être exposé ;
• améliorer le niveau de performances de l'ouvrage.
Ces approches peuvent être adoptées simultanément ; en outre, certaines
stratégies comme l'accroissement de la dissipativité, agissent sur les deux
" tableaux ".
La réduction des charges sismiques est la démarche philosophiquement la
plus rationnelle car elle vise à soustraire partiellement l'ouvrage à l'action
sismique plutôt que de le renforcer afin qu'il résiste à des charges élevées.
Dans de nombreux cas, elle est également la moins coûteuse.
L'amélioration du niveau de performances d'une structure est souvent
identifiée à l'augmentation de sa résistance mécanique. Un tel
raisonnement est erroné car l'objectif est d'atteindre un niveau de
performances (non-effondrement, réparabilité, etc.) et non pas un niveau
de résistance aux forces donné (cependant, lorsqu'on vise l'absence de
dommages, l'accroissement de la résistance peut être une solution). En
effet, même en cas de baisse de résistance, un niveau de performance peut
être maintenu ou amélioré par une augmentation appropriée de la ductilité
ou, en termes plus généraux, de la dissipativité.
L'agression sismique sur les ouvrages n'est pas constituée par des forces
appliquées, mais par l'énergie cinétique générée lors des déplacements
imposés du sol d'assise et dont l'action se traduit par des déformations de
la construction. Si toute l'énergie cinétique présente dans la construction est
absorbée par stockage temporaire (grâce aux déformations élastiques) et
par dissipation (lors des déformations non élastiques), il n'y a pas de rupture
d'éléments structuraux. Par conséquent, pour atteindre un même niveau de
performance qu'une structure très résistante, qui absorbe l'énergie
essentiellement au moyen de stockage, une structure moins résistante
compense le manque de sa capacité à stocker l'énergie par la dissipation
(c'est la quantité totale d'énergie absorbée qui compte).
les grands ateliers
38
Fig. 18 - Efficacité structurale en termes de quantité d'énergie cinétique absorbée
La fig. 18 illustre cette situation (l'énergie absorbée est proportionnelle à
l'aire hachurée sous la courbe résistance-déformation). La structure 2, moins
résistante que la structure 1, possède le même niveau de sécurité
structurale. La structure 3, également moins résistante, offre une meilleure
sécurité que la structure 1.
Différentes stratégies permettant d'améliorer le niveau de performance d'un
bâtiment sont résumées sur la fig. 19, inspirée par l'article de J. Amman et
al publié dans la réf. 61 :
1- Augmentation de la résistance et baisse de la dissipativité :
ces démarches peuvent convenir pour obtenir la fonctionnalité
immédiate d'un bâtiment car elles se traduisent par une réduction des
déformations.
2- Augmentation de la résistance sans modifier la dissipativité.
3- Augmentation de la résistance et de la dissipativité : cette
stratégie convient pour les bâtiments assez vulnérables.
4- Augmentation de la dissipativité sans modifier la résistance :
cette démarche peut être jumelée avec la recherche d'une réduction
des charges sismiques, par exemple par l'utilisation d'amortisseurs.
5- Baisse de la résistance et augmentation importante de la
dissipativité : cette démarche peut convenir aux constructions très
vulnérables dont on cherche à assurer le non-effondrement. Un
accroissement notable de la dissipativité nécessite en général une
baisse de la résistance ultime.
L'augmentation de la dissipativité est limitée par les déformations maximales
compatibles avec le niveau de performances recherché (fig.10).
a) L’énergie cinétique a
été transformée en
énergie potentielle stockée
(comportement élastique)
b) Une même quantité d’énergie
qu’en a) peut être absorbée
par une structure moins
résistante
c) Structure moins résistante
qu’en a), mais plus performante
car elle peut absorber
davantage d’énergie
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
39
Fig. 19 - Stratégies permettant d'atteindre ou de dépasser, après réhabilitation parasismique,
un niveau de performance exigé. Il s'agit de faire varier la résistance et/ou la dissipativité de
la construction (d'après [61]).
4.4.2. RÉDUCTION DU NIVEAU D'ACTION SISMIQUE
La vulnérabilité aux séismes d'un ouvrage diminue avec la baisse des charges
sismiques auxquelles il est susceptible d'être exposé. Ces charges dépendent
de sa masse et des accélérations qu'il subit. Les deux grandeurs peuvent
donc être minimisées, par des moyens classiques ou, en ce qui concerne
l'accélération, également par des procédés non traditionnels.
La réduction peut porter sur les actions sismiques d'ensemble ou sur des
actions locales. Différentes démarches possibles sont passées en revue ci-
après. En général, elles ne peuvent pas être toutes pratiquées
simultanément.
1- Réduction des masses
Cette démarche est en général adoptée lors d'une réhabilitation lourde :
remplacement des planchers ou de la charpente, remplacement de la
couverture, etc. Il convient dans ces cas d'opter pour des solutions légères
(planchers métalliques, charpente en acier ou en bois lamellé-collé, etc.).
2- Recherche de non-résonance
La résonance d'une construction avec le sol est en général à l'origine de
dommages sismiques importants, pouvant aller jusqu'à l'effondrement. Elle
se produit lorsque la période propre fondamentale du bâtiment est proche
de celle du sol. Les charges sismiques diminuent avec l'éloignement des
deux périodes. Il s'agit donc de modifier la période du bâtiment afin de
l'éloigner le plus possible de la période dominante du sol. Selon le cas, il
peut être souhaitable de l'allonger ou, au contraire, de la raccourcir.
bâtiment non conformes
Résistance
bâtiment conforme
Disipasivité
Bâtiment à réhabiliter
Bâtiment réhabilité
Niveau de performance
désiré
Limite due à la
déformabilité
maximale acceptable
de l’ouvrage
1
2
3
4
5
les grands ateliers
40
En pratique, dans la plupart des cas, une réduction de la période est
nécessaire. Elle peut être obtenue par une réduction des masses déjà citée
et par l'accroissement de la rigidité de l'ouvrage. Dans ce cas, l'incidence
architecturale peut être importante car elle se traduit par l'ajout d'éléments
verticaux de contreventement : murs en maçonnerie, voiles en béton, palées
de stabilité en acier, etc. La précontrainte des maçonneries ou du béton
armé peut également être utilisée.
3- Limitation de la torsion d'ensemble
Les mouvements sismiques entraînent une torsion d'ensemble des
constructions lorsque leur centre de gravité d'un ou plusieurs niveaux ne
coïncide pas avec leur centre de rigidité. Il peut donc être nécessaire
d'ajouter des murs ou autres éléments de contreventement placés de
manière à rééquilibrer la distribution des éléments rigides. La torsion étant
un facteur de vulnérabilité important, sa limitation devrait être
systématiquement recherchée.
4- Suppression des " points durs "
Les éléments structuraux isolés participant au contreventement et
possédant une rigidité transversale beaucoup plus grande que les autres
éléments assurant la même fonction, subissent en cas de séisme des
charges très élevées car celles-ci sont distribuées sur les éléments résistants
en proportion de leurs rigidités. Or les concentrations de charges ne sont
pas souhaitables.
La suppression des éléments constituant les points durs étant généralement
impossible, une solution consiste à ajouter, en les disposant
symétriquement, des murs ou autres éléments ayant une rigidité très
supérieure à celle des points durs initiaux, de manière qu'ils reprennent une
partie prépondérante des charges.
5- Prévenir l'entrechoquement
L'entrechoquement se produit entre deux constructions voisines ou entre
deux blocs d'un même bâtiment séparés par un joint de fractionnement
ayant une largeur insuffisante. Les solutions à ce problème sont
radicalement opposées : créer un joint plus large ou le supprimer par
injection de résines assurant un couplage mécanique.
6- Isolation parasismique
Ce procédé non traditionnel permet de diviser les charges sismiques par un
facteur de 5 ou 6. Dans la réhabilitation, il est utilisé pour les constructions
ne dépassant pas six niveaux.
L'isolation parasismique est une solution très coûteuse dans le cas du bâti
existant et, de ce fait, elle est réservée à des bâtiments dont le
fonctionnement après un séisme est impératif ou pour les monuments
historiques. Elle a l'avantage d'assurer, en plus de la sauvegarde des vies
humaines, la protection de la construction, des équipements et des
matériels, donc la fonctionnalité de l'ouvrage. Au plan architectural, le
réaménagement de la transition bâtiment/sol extérieur est nécessaire.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
41
7- Amortisseurs parasismiques
Une réduction notable des charges sismiques peut être obtenue par des
amortisseurs à frottement ou à fluide visqueux placés dans des éléments
assurant le contreventement. L'utilisation de cette technique pour les
bâtiments est très récente, mais elle est très prometteuse car elle peut être
plus économique que les méthodes traditionnelles.
4.4.3. AMÉLIORATION DU NIVEAU DE PERFORMANCE
D'UN BÂTIMENT
1- Renforcement
Le renforcement, appelé également " confortement préventif ", est la
stratégie la plus traditionnelle et la plus fréquente lors de la réhabilitation
parasismique d'un bâtiment, auquel il confère une meilleure résistance
mécanique. Il peut comporter les opérations suivantes :
• redimensionnement, consolidation ou remplacement d'éléments
structuraux ;
• ancrage efficace des éléments de contreventement horizontal et
vertical (ce qui implique la création de chaînages dans les maçonneries
qui en sont dépourvues) ;
• création d'un nouveau système de contreventement, couplé à la
structure existante ;
• renforcement et liaisonnement des fondations ;
• traitement du sol d'assise.
En général, pour des raisons économiques, une partie seulement des
éléments porteurs est renforcée. Il est donc important de veiller à ne pas
aggraver le comportement d'ensemble car la résistance d'une structure n'est
pas égale à la somme des résistances de ses éléments. La distribution des
charges et celle des éléments rigides (les deux étant liées) jouent un rôle
déterminant. Un renforcement local déplace le " problème " sur les éléments
voisins non renforcés.
Afin d'éviter les écueils, on devrait notamment :
• dans le cas où tous les niveaux du bâtiment ne sont pas réhabilités,
réduire progressivement vers le haut la rigidité latérale nouvellement
conférée à la structure ; l'interface entre les niveaux renforcé et non
renforcé constitue une zone particulièrement fragile ;
• à chaque niveau, répartir la rigidité symétriquement afin de limiter la
torsion d'ensemble ; en effet, un renforcement localisé entraîne en
général un déplacement du centre de rigidité ;
• s'abstenir de créer des " points durs " isolés, qui " attirent " les charges
sismiques ;
les grands ateliers
42
• ne pas créer une structure hybride, couplant des éléments ayant un
comportement dynamique très différent ;
• éviter le mode de ruine par cisaillement pour les poteaux et les poutres
(ce qui est le cas des poteaux courts ou bridés, des poutres-allèges,
des poutres assurant un transfert de charges, etc.), car il donne lieu à
une rupture fragile.
2- Amélioration de la dissipativité
Cette stratégie est très avantageuse car elle autorise une réduction du
niveau de résistance mécanique de la structure à atteindre (cf. 4.4.1.). Or, il
est rarement possible économiquement de conférer à un bâtiment existant
le niveau de résistance exigé pour la construction parasismique neuve.
La dissipativité d'une construction peut être améliorée de plusieurs manières
:
• augmenter la ductilité de la structure :
- faire travailler les éléments structuraux à la flexion,
- augmenter la section des porteurs verticaux,
- prévenir les instabilités locales des éléments à parois minces (par
raidissage),
- autoriser un allongement notable des boulons d'ancrage,
- supprimer les affaiblissements locaux, effets d'entaille et tout
changement brusque de forme ou de section des éléments de
contreventement,
- réaliser une armature adéquate des éléments en béton armé,
- supprimer le bridage des poteaux par des éléments rigides
comme les allèges en maçonnerie ou les cloisons n'atteignant pas
le plafond,
- confiner les maçonneries par des chaînages,
- etc.
• utiliser des amortisseurs (cf. plus haut).
3- Suppression ou redistribution des zones faibles
Les zones " faibles ", même renforcées ou rendues plus ductiles, restent des
zones faibles. Il est donc intéressant et avantageux soit de les supprimer, soit
d'atténuer les inconvénients qu'elles génèrent ou encore de les déplacer.
L'architecte joue un rôle déterminant dans le choix de ces solutions.
Quelques exemples permettront d'éclairer ces démarches :
• Un rez-de-chaussée sur pilotis ou largement ouvert constitue souvent
un niveau souple, car sa rigidité latérale est très inférieure à celle des
autres niveaux. Un renforcement des poteaux peut apporter une
amélioration mais ne résout pas complètement le problème. Par
contre, l'effet de niveau souple peut être :
- supprimé, en conférant au rez-de-chaussée une rigidité comparable
à celle des autres niveaux par un contreventement en façade, par
adjonction d'un noyau rigide central (donc en retrait des façades)
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
43
ou en réduisant la rigidité des niveaux supérieurs, par exemple en
optant pour une façade légère découplée de l'ossature,
- atténué, en faisant varier progressivement la rigidité du rez-de-
chaussée vers le haut, au moyen de goussets importants en tête des
poteaux ou en créant un effet d'arc entre les pilotis.
• Les bâtiments comportant des ailes, symétriquement disposées ou
non, peuvent subir des dommages graves dans les angles rentrants en
raison des déplacements importants des extrémités des ailes ; cet effet
peut être :
- supprimé, en fractionnant la construction par des joints
parasismiques (solution coûteuse),
- atténué, en plaçant des voiles transversaux aux extrémités des ailes
afin de limiter leurs déformations, ou en modifiant la forme du
bâtiment (ce qui est parfois possible) de manière à arrondir l'angle
rentrant.
• Les cages d'escalier se trouvent souvent en façade des bâtiments. Dans
ce cas, les trémies sont " mal placées " car elles affaiblissent les
planchers sur leur périphérie, où les sollicitations atteignent les
intensités les plus importantes. Afin de pallier cet inconvénient, on
peut :
- supprimer les trémies en optant pour des escaliers extérieurs,
- déplacer les cages d'escalier vers le milieu du bâtiment, ce qui
permet par ailleurs de gagner de la surface de plancher bénéficiant
d'une possibilité d'éclairement direct.
• Les dalles en porte-à-faux (balcons, auvents,…) sont en général assez
vulnérables vis-à-vis des charges sismiques verticales. Lors des récents
séismes de Kobé (Japon) et du Vénézuela, des éléments en porte-à-
faux se sont rompus et effondrés devant la construction. A part le
renforcement classique, cette situation peut être traitée de la manière
suivante :
- supprimer les porte-à-faux en faisant porter les dalles des balcons
ou de l'auvent par des voiles ou autres structures latérales,
- faire porter les balcons par des poutres en porte-à-faux, moins
vulnérables aux charges sismiques que les dalles en porte-à-faux.
4.5. TECHNIQUES DE RENFORCEMENT
Les techniques de renforcement ne sont pas spécifiquement parasismiques
car elles sont indépendantes des motifs de renforcement. Elles peuvent être
classées en plusieurs catégories.
1- Renforcement par addition de nouveaux éléments de construction :
voiles, palées de stabilité, contreforts extérieurs, chaînages,
micropieux, parois enterrées, etc. La liaison entre la partie ajoutée et
la structure existante est d'une importance capitale pour l'efficacité de
la solution.
2- Amélioration de la résistance de la section transversale des éléments
constructifs :
- augmentation de section par enrobage,
les grands ateliers
44
- renforcement de l'armature,
- contrevoiles,
- plaques d'acier collées,
- tissu de fibres de carbone collé.
3- Renforcement par confinement :
- chemisage des poteaux,
- corsetage des murs, poteaux, cheminées,…
- contrevoiles bilatéraux solidarisés.
4- Renforcement par précontrainte (essentiellement pour les ouvrages en
béton armé ou maçonnerie).
5- Réalisation d'ancrages efficaces :
- ancrage des planchers dans les chaînages,
- ancrage des charpentes sur le niveau sous-jacent,
- ancrage à la fondation des ossatures préfabriquées,
- ancrage des équipements lourds.
6- Réparation :
- injection de fissures,
- remplacement de béton et d'armatures détériorés,
- remplacement des éléments de maçonnerie détériorés,
- traitement de surface afin d'améliorer la durabilité des bétons et
des aciers.
7- Traitement de sol visant à :
- augmenter sa capacité portante,
- prévenir les tassements importants en cas de séisme,
- supprimer la susceptibilité de liquéfaction,
- prévenir des mouvements de terrain : glissements, éboulements,
affaissements, coulées lentes, etc.
Le choix des techniques de renforcement s'effectue selon les critères
habituels : coût, rapidité de mise en œuvre, durabilité, réversibilité
(possibilité de retour ultérieur en arrière, ce qui est parfois demandé pour
les monuments historiques), disponibilité, compétence des entreprises
locales, etc.
Les solutions techniques retenues doivent également tenir compte d'un
éventuel impératif de non-interruption de l'exploitation du bâtiment. En
effet, cette exigence est très fréquente.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
45
5. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS
La présente étude résume, sans les traiter en détail, les étapes de la
réhabilitation parasismique des bâtiments, montre différentes approches de
la problématique et propose un inventaire commenté des démarches
possibles.
Il apparaît que la part de l'ingénieur dans la réhabilitation parasismique des
constructions est essentielle. Cependant, l'architecte également peut et
devrait y jouer un rôle important car le choix d'un parti ou d'une démarche
influant sur la conception architecturale doit être effectué. Son intervention
peut diriger la stratégie adoptée vers des solutions discrètes ou, au
contraire, modifier radicalement l'expression architecturale même du
bâtiment.
Par ailleurs, un architecte formé en conception parasismique des bâtiments
est en mesure d'effectuer une évaluation rapide de présomption de la
vulnérabilité aux séismes d'un bâtiment ou d'un ensemble urbain, et de
constituer ainsi des éléments permettant d'identifier les risques et de mettre
en place des priorités d'action de renforcement préventif ou de prévention
(déclassement de la construction, relogement, relocalisation des services,
etc.).
Afin de faciliter l'appropriation de ces problématiques par les architectes, il
est souhaitable de disposer de guides didactiques où les démarches
présentées dans cette étude seraient développées et abondamment
illustrées, notamment en ce qui concerne le diagnostic préliminaire de
vulnérabilité et les stratégies de réhabilitation.
Le champ d'activité de l'architecte pourrait ainsi légitimement s'élargir à des
marchés relevant de la prévention du risque sismique dans le bâti existant,
qui lui échappent actuellement.
Il serait donc opportun d'entreprendre la rédaction de tels guides, de même
que la traduction en français de méthodes étrangères traitant ce domaine
d'une manière exhaustive. Ces méthodes, en général rédigées à l'intention
des ingénieurs de structure, ne sont pas en mesure de remplacer les guides
adaptés à la démarche d'un architecte, mais elles montrent quels
phénomènes et situations doivent être pris en compte, de quelle manière et
où trouver les données correspondantes.
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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et renforcement
des batiments existants
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ANNEXE
Extrait de la grille de relevé de facteurs de vulnérabilité des
bâtiments aux séismes figurant dans (32 )
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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2. LE SITE
• Type :
- plaine
- vallon
- versant
- plateau
- crête
- sommet
- autre, préciser :
• Pente générale :
- nulle
- modérée
- forte
• Nature du sol en surface :
• Couches alluvionnaires de forte épaisseur
oui non ne sait pas
3. IMPLANTATION SUR LE SITE
• Proximité d'une brisure de pente oui non ne sait pas
• Proximité de falaise :
- non
- falaise dominante
- falaise dominée
- distance :
- hauteur :
• Présence de soutènement en amont oui non ne sait pas
• Proximité :
- bord de mer
- retenue d'eau
- cours d'eau
- distance :
• Autre situation présentant des risques :
4. PRESENCE DE CONSTRUCTIONS MITOYENNES
• Mitoyen oui non
- époque de construction :
- sans joint de séparation
- avec joint de séparation "sans épaisseur"
- avec joint de 2 cm rempli de polystyrène
- autre cas, préciser :
• Construction mitoyenne :
- plus haute
- plus basse
- de même hauteur
• Niveaux des planchers des constructions mitoyennes
correspondant à ceux de l'ouvrage étudié
oui non ne sait pas
• Distance des bâtiments proches :
- d < H
- d > H
• Autres cas :
5. CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES
5.1. FORME EN PLAN
• Rectangulaire :
- élancement L/l > 3
- élancement L/l * 3
• Symétrie :
- selon un seul axe
- selon deux axes
• Irrégulière :
- compacte
- à ailes
- autre, préciser :
• Parties saillantes l > L/4
l < L/4
• Parties en retrait l > L/4
l < L/4
• Autres cas :
5.2. FORME EN ELEVATION
• Régulière oui non
si "non", préciser :
les grands ateliers
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vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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• Retrait(s) non progressif(s) oui non
- sur une façade
- sur deux façades contiguës
- sur deux façades opposées
- sur trois façades
- sur quatre façades
- autre cas :
• Retrait progressif oui non
• Saillie non progressive oui non
- sur une façade
- sur deux façades contiguës
- sur deux façades opposées
- sur trois façades
- sur quatre façades
- sur toutes les façades
• Saillie progressive oui non
• Présence de niveaux "ouverts" :
- non
- oui, avec refends
- oui, sans refends
• Niveaux de hauteur différente de l'étage courant
- non
- de 0-20 %
- de 20-40 %
- > 40 %
• Présence d'édicules en toiture :
- non
- 1 niveau
- plus d'un niveau préciser :
autres :
5.3. AUTRES CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES
• Porte-à-faux, l > 2 m oui non ne sait pas
• Angles affaiblis oui non ne sait pas
• Ouvertures dans les murs :
- largeur totale < 25 % du mur
- de 25 à 50 %
- > 50 %
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• Autres :
6. CARACTERISTIQUES MASSIQUES
• Présence d'un plancher plus lourd que
le plancher courant oui non ne sait pas
• Différence de masse entre deux niveaux :
- < 25 %
- 25-50 %
- > 50 %
• Présence d'une salle à forte capacité de
personnes oui non ne sait pas
• Présence de masses isolées oui non ne sait pas
- si "oui", lesquelles :
• Présence d'une toiture lourde oui non ne sait pas
• Autres :
7. STRUCTURE
7.1. SYSTEME PORTEUR VERTICAL
• Etat de conservation :
- médiocre
- normal
- bon
• Structure isostatique oui non ne sait pas
• Système "flexible" sur sol meuble oui non ne sait pas
• Vide sanitaire existant :
- non
- avec murs
- sans murs
• Joints de construction (de montage) existants
oui non ne sait pas
• Joints de dilatation ou de tassement oui non ne sait pas
- si "oui", largeur :
• Report de charge existant oui non ne sait pas
- si "oui", préciser :
• Discontinuités de résistance oui non ne sait pas
- si "oui", préciser :
• Discontinuités de rigidité oui non ne sait pas
- si "oui", préciser :
• Escaliers en console oui non
- si "oui", préciser :
• Charpente exerçant des poussées aux appuis
oui non ne sait pas
• Autres :
7.2. CONTREVENTEMENT
7.2.1. DIAPHRAGMES
• Type de planchers :
• Plancher formant diaphragme oui non ne sait pas
• Toiture contreventée, formant diaphragme
oui non ne sait pas
• Planchers comportant des trémies de
grandes dimensions oui non ne sait pas
- si "oui" : < 25 % de L
> 25 % de L
• Grande trémie attenante à une palée de stabilité
oui non ne sait pas
- si "oui", préciser :
• Autres :
Milan ZACEK
vulnerabilite aux seismes
et renforcement
des batiments existants
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Collection des cahiers parasismiques
Cahier 1, Conception parasismique niveau avant-projet, Milan Zacek,
Le cahier 1 porte sur la conception parasismique des bâtiments neufs, et montre
l’importance de la prise en compte du phénomène sismique par l’architecte et
l’ingénieur dès le début de la conception, et de l’adoption de dispositions
architecturales et de principes de construction appropriés.

Cahier 2, Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,
Le cahier 2 présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux
séismes des bâtiments existants, et propose des stratégies de réhabilitation
parasismique, ainsi que les techniques de renforcement des structures en béton
armé.
Il est complété par le cahier 2-a qui propose une méthode d’évaluation de
présomption de vulnérabilité, ou « pré-diagnostic » se déclinant selon la complexité
de l’édifice.

Cahier 2-a, Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux
séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et
béton armé, Milan Zacek,
Le cahier 2-a, annexé au cahier 2, présente différentes méthodes de diagnostic de
vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants en béton armé et maçonnerie, et
propose des stratégies de réhabilitation parasismique, ainsi que les techniques de
renforcement des structures.
Il propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité, ou « pré-
diagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice, une telle étude pouvant
être réalisée par un architecte sans formation parasismique particulière, complétée,
en ce qui concerne les sols et effets de site, par l’avis d’un géotechnicien.

Cahier 3, Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique,
objectifs et problématique, Patricia Balandier,
Le cahier 3 examine les dispositions en matière d’urbanisme et d’aménagement,
généralement inappropriées, et propose des actions et des recommandations pour
réduire le bilan des catastrophes et améliorer la préparation de la société à leur
éventualité.
Résultant des observations réalisées à l’occasion de missions post-sismiques, et de
l’examen de très nombreux rapports ou dépêches après séismes, ces propositions
sont en grande partie généralisables pour se préparer à d’autres types de risques
majeurs, naturels ou technologiques.

Cahier 4, Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs,
Patricia Balandier,
Le cahier 4 décrit les mécanismes de la tectonique des plaques et les phénomènes
sismiques, qui provoquent les différents types de séismes, leurs caractéristiques et
leurs modes de propagation. La connaissance de ces phénomènes est nécessaire au
constructeur pour comprendre leurs effets sur les constructions, et aborder les
questions de politique de prévention. L’ouvrage aborde enfin comment la
traduction réglementaire de ces études de sismologie, qui simplifie nécessairement
la prise en considération des phénomènes étudiés plus haut, ne doit pas dissimuler
leur complexité, mais permettre de mieux comprendre les arbitrages qui président à
la mise en œuvre de la politique de mitigation du risque sismique.

0AN5 LA C0LLECTI0N
C0NCEPTI0N PAkA5I5MI00E
cahier 2-a
cahier I
cahier 2
cahier J
S'adìessanl aux aìchílecles el íngéníeuìs,
enseígnanls el pìoIessíonneís, ía coííeclíon
des cahíeìs paìasísmíques conslílue un
ensembíe de ìéIéìence des connaíssances
nécessaíìes à ía conceplíon, ía conslìuclíon
el ía pìoleclíon des édíIíces el des víííes
conlìe íe phénomène sísmíque.
Le pìésenl cahíeì pìésenle díIIéìenles
mélhodes de díagnoslíc de vuínéìabííílé
aux séísmes des bâlímenls exíslanls, el
pìopose des slìalégíes de ìéhabííílalíon
paìasísmíque, aínsí que íes lechníques
de ìenIoìcemenl des slìucluìes en bélon
aìmé.
!í esl compíélé paì íe cahíeì 2-a quí pìopose
une mélhode d'évaíualíon de pìésomplíon
de vuínéìabííílé, ou « pìé-díagnoslíc » se
décíínanl seíon ía compíexílé de í'édíIíce.
ZZZOHVJUDQGVDWHOLHUVIU
B0ULEVAR0 0E V!LLEF0NTA!NE
BP 43, 380º2 V!LLEF0NTA!NE 0E0EX
FRAN0E
Téí 33 (0)4 74 ºo 88 70
Fax 33 (0)4 74 ºo 88 71
ÉVALUAT!0N 0E LA PRÉS0MPT!0N
0E VULNÉRAB!L!TÉ AUX SE!SMES
0ES BÅT!MENTS EX!STANTS
MILAN ZACEK
00N0EPT!0N PARAS!SM!0UE
N!VEAU AVANT-PR0JET
MILAN ZACEK
VULNÉRAB!L!TÉ
ET RENF0R0EMENT
MILAN ZACEK
URBAN!SME
ET AMÉNA0EMENT
PATkICIA BALAN0IEk
cahier 4
S!SM0L00!E
APPL!0UÉE
PATkICIA BALAN0IEk
!SBN : 2-913962-01-7

Remerciements
S’adressant aux architectes et ingénieurs, enseignants et professionnels, ainsi qu’aux étudiants et chercheurs, la collection des cahiers parasismiques constitue un ensemble de référence des connaissances nécessaires à la conception, la construction et la protection des édifices et des villes contre le phénomène sismique. Cette collection a été développée avec l’aide du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable dans le cadre du programme d’actions confié aux Grands Ateliers pour améliorer l’enseignement des concepts et méthodes de la conception et de la construction parasismiques au sein des formations initiales des divers intervenants de l'acte de construire. Elle est publiée par les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau, groupement d’établissements d’enseignement supérieur d’architecture, d’ingénierie, d’art et de design, destiné à faire progresser la formation et la recherche sur la construction et les matériaux. La collection comprend actuellement les cahiers suivants : 1. 2. Conception parasismique, niveau avant-projet, Milan Zacek, Vulnérabilité et renforcement, Milan Zacek,

2-a. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton armé, Milan Zacek 3. 4. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique, objectifs et problématique. Patricia Balandier, Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs, Patricia Balandier.

A paraître : 5. 6. Comportement dynamique des structures Construction parasismique, se déclinant sur les diverses technologies : béton armé, acier, bois, constructions en terre, ainsi que sur le second œuvre.

cahier 2

vulnérabilité et renforcement

MILAN ZACEK

Mai 2004

.

2.2. SITUATION GENERALE 3.2.2.2. Amélioration du niveau de performance d'un bâtiment 4.2.3. Exemples de méthodes d'évaluation de la vulnérabilité des ouvrages aux séismes 4.3.4. SPECIFICITE DES CONSTRUCTIONS EXISTANTES 3.3.2. BILBIOGRAPHIE ET REFERENCES ANNEXE 3 5 7 7 7 9 9 10 10 11 11 13 13 29 29 30 32 37 37 39 41 43 45 47 53 .3. ETAPES 4. Vulnérabilité globale d'une zone 4. Guide HAZUS 99 4.4.4.1. EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES A L'ECHELLE URBAINE 4.1. Relevé des facteurs de vulnérabilité (inventaire) 4. OBJECTIF ET METHODE 2.2. STRATEGIES DE REHABILITATION PARASISMIQUE 4. Présentation générale 4.5. Vulnérabilité d'un ensemble de constructions 4.3.TABLE DES MATIERES Page n° 1.3.4. Evaluation de la présomption de vulnérabilité 4.2. PROJET DE REHABILITATION PARASISMIQUE D'UN BATIMENT 4. Evaluation de la vulnérabilité 4.1. Réduction du niveau d'action sismique 4. TECHNIQUES DE RENFORCEMENT 5. DIFFICULTES TECHNIQUES 4. EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES D'UN BATIMENT 4.3. Typologie 4.2.1.4.5. CONTEXTE 3. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS 6.1.

.

de communications et de guides totalisant plusieurs milliers de pages. Une bibliographie différenciée par thème figure à la fin de l'étude. utilisables pour des opérations de réhabilitation parasismique.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 1. L'étude elle-même est basée sur les travaux personnels et sur la compilation d'articles. . Il est omniprésent et les opérations visant à lui conférer une certaine résistance aux séismes sont de plus en plus fréquentes. 3 . d'une manière générale. En outre. Le but est pédagogique et non pas opérationnel. elle constitue un cadre dont on peut dériver des méthodes pratiques détaillées.l'évaluation de la vulnérabilité aux séismes.les stratégies de réhabilitation parasismique.les techniques de renforcement des structures. Elle est destinée à l'enseignement dans les écoles d'architecture et. en accord avec l'évolution sociétale. portant sur : . à l'usage des architectes. . La problématique est abordée sur un plan méthodologique et illustrée par des exemples d'approches variées. L'étude facilite donc la rédaction de guides spécifiques développant une ou plusieurs démarches présentées. L'objectif de cette étude est de réaliser un panorama des problèmes liés à la réhabilitation parasismique des bâtiments : présenter différentes approches permettant d'effectuer un diagnostic de vulnérabilité aux séismes et adopter une stratégie de réhabilitation pertinente. OBJECTIF ET METHODE Le bâti existant pose des problèmes importants de sécurité en cas de tremblement de terre.

.

proche des départements de Guadeloupe et de Martinique. la vulnérabilité aux séismes de ces derniers est parfois très élevée et. les tremblements de terre se produisent régulièrement et il n'y a pratiquement pas d'année où une agglomération importante ne soit gravement touchée par leurs effets. l'application des règles parasismiques à la construction neuve est obligatoire pour la quasi-totalité d'ouvrages situés dans une zone différente de zéro. aucune obligation de renforcement préventif n'existe en ce qui concerne les bâtiments existants. l'arrêté du 29 mai 1997 relatif aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments " à risque normal " impose la mise aux normes parasismiques des bâtiments de classes B. additions comprises. .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 2. elle recèle des structures sismogènes pouvant donner lieu à des tremblements de terre atteignant une magnitude proche de 6. Il dépend de l'aléa sismique (probabilité de subir un séisme d'une intensité donnée dans la même période de temps) et de la vulnérabilité aux séismes des biens exposés. mais elle est bien sismique. Aux Antilles. dans les cas suivants : .5. En revanche. non désolidarisée par un joint de fractionnement . La conformité avec les règles parasismiques est requise pour la totalité du bâtiment. des séismes d'une magnitude 8 sont possibles à la limite des plaques tectoniques " Amérique " et " Caraïbes ". de pertes de biens. 5 . Dans les territoires de souveraineté française. pour une période de référence. CONTEXTE A l'échelle du globe. Si aucun renforcement parasismique préventif n'est obligatoire a priori. dans les zones les plus exposées. C et D à l'occasion de certains travaux de réhabilitation.addition par surélévation dans les bâtiments des classes B.création d'au moins un niveau intermédiaire dans les bâtiments des classes C ou D. Par conséquent. Rappelons qu'il est défini comme la probabilité. qui sont destructeurs compte tenu de la faible profondeur de leurs foyers. de nombreuses pertes en vies humaines pourraient être occasionnées par des tremblements de terre de forte intensité. d'activité de production et de vies humaines. En métropole. La France a été épargnée ces dernières années. les quartiers ou bâtiments anciens présentent un risque sismique considérable. Or. C ou D .addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments des classes C ou D. Le risque sismique est donc important dans ces zones. .remplacement total des planchers en superstructure dans les bâtiments des classes B. exprimée en coût ou en pourcentage. C ou D.

les équipements et les installations dont le fonctionnement est primordial pour la sécurité civile. classe B : les ouvrages dont la défaillance présente un risque dit " moyen " pour les personnes (habitations et bureaux dont h 28m. 6 . bâtiments abritant des moyens de secours ou de défense…). . bâtiments accueillant 300 personnes au plus…) . Les ouvrages dont la défaillance peut compromettre la sécurité d'un bâtiment voisin sont à ranger dans la classe de ce dernier si elle est plus contraignante. pour la défense ou pour le maintien de l'ordre public (centres de télécommunications.addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments des classes B.addition par juxtaposition de locaux dans les bâtiments de classe B. non désolidarisée par un joint de fractionnement . Un marché de réhabilitation parasismique s'ouvre donc et la mise en place d'une formation des architectes dans ce domaine est souhaitable. classe D : les bâtiments. C ou D.les grands ateliers La conformité avec les règles parasismiques est requise pour les seules additions dans les cas suivants : . classe C : les ouvrages dont la défaillance présente un risque élevé pour les personnes et ceux présentant le même risque en raison de leur importance socio-économique (habitations et bureaux avec h 28 m. bâtiments accueillant plus de 300 personnes…) . Rappel des classes de risque : classe A : les ouvrages dont la défaillance ne présente qu'un risque minime pour les personnes ou l'activité économique . désolidarisée par un joint de fractionnement. bâtiments industriels.

Or. La politique de la puissance publique va dans ce sens. services.Les constructions existantes font souvent partie d'un ensemble bâti dont elles sont séparées par un joint " sans épaisseur " et parfois même elles en constituent un élément mécaniquement solidaire . se conjugue avec une résistance des constructions aux séismes souvent faible ou médiocre. l'expertise des bâtiments voisins est rarement possible. Le ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire (MATE) a lancé plusieurs études pilotes dans le domaine de la mitigation du risque sismique du bâti existant. Le renouvellement du parc immobilier français s'effectue à un taux de seulement 1 % par an environ . 3. Ils abritent.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 3. Dans le cas des bâtiments existants. de nombreux équipements. 7 . Par ailleurs. Cette concentration d'activités. commerces et administrations dont certains stratégiques.1. Il apparaît donc nécessaire d'entreprendre des opérations de confortement préventif (non seulement à l'occasion de travaux) si on souhaite réduire la probabilité de pertes en cas de séisme. en outre. préfecture.2. être dissocié du bloc dans lequel elles s'insèrent. toutes les données et caractéristiques ayant une incidence sur son comportement sous action sismique sont généralement disponibles. Les incertitudes se situent à plusieurs niveaux : 1. centraux téléphoniques. leur comportement dynamique ne peut. en plus de logements. conformes aux règles parasismiques. semble peu pertinente. etc. indispensables à la gestion d'une crise (mairie. notamment dans les quartiers historiques.). SITUATION GENERALE Les bâtiments existants édifiés avant l'obligation d'appliquer les règles parasismiques ou avant leur publication sont souvent situés au centre des agglomérations car ils ont été les premiers construits. de nombreux bâtiments sont conservés et protégés en raison de leur valeur historique. casernes de pompiers. qui conduit à une présence importante de personnes. L'attente d'un remplacement " naturel " du bâti existant par des ouvrages neufs. DIFFICULTES TECHNIQUES Lors de la conception d'un ouvrage à construire. SPECIFICITE DES CONSTRUCTIONS EXISTANTES 3. dans ce cas. le degré de couplage mécanique peut être difficile à évaluer. il en est souvent autrement.

4. Cependant.Le calcul de la descente de charges et la connaissance de la résistance des éléments porteurs (évaluée habituellement à l'aide de sodages structuraux). 8 .La méthodologie de l'évaluation de la vulnérabilité aux séismes des ouvrages existants n'est pas évidente a priori. Ainsi. L'adoption de méthodes étrangères (italiennes. une campagne géotechnique d'envergure est rarement envisageable lors des opérations courantes. mais elles ne sont pas écrites en langue française et sont très peu connues dans notre pays. les cartes des dommages établies pour Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) après le séisme de Lambesc (1919) font apparaître. plus il est difficile. canadienne. Or. La connaissance du sol d'assise est donc indispensable pour évaluer la vulnérabilité aux séismes d'une construction.les grands ateliers 2. il n'existe pas en France de méthode " officielle " . la raideur des éléments porteurs principaux et leur capacité à tolérer les déformations imposées dans le domaine élastoplastique. voire quasi impossible. étant donné que le comportement dynamique d'ensemble conditionne la distribution des charges sismiques sur les éléments participant au contreventement. on devrait connaître la nature et l'efficacité de toutes les liaisons structurales (la prise en compte des conditions d'encastrement ou d'articulation réelles a une importance capitale pour déterminer le comportement d'une ossature exposée à un séisme). aucun document technique unifié (DTU) ou guide ne sont disponibles. aucune norme. le degré d'amortissement procuré par la construction.…) est possible. l'effet de résonance peut considérablement accroître les charges sismiques. 3. D'une part. une expérience " vécue ".La nature du sol influe considérablement sur le comportement des constructions qui y sont fondées. ces différences sont vraisemblablement dues à la variation de la nature du sol. Sa modélisation est alors très délicate et un jugement d'expert qualitatif peut être plus fiable qu'une approche purement quantitative. des dommages importants aux constructions sont très fréquents. Or. En effet. des effondrements systématiques dans certaines zones bien délimitées et des dommages nettement moindres dans les zones voisines . d'obtenir tous ces paramètres pour l'ensemble de la structure. On estime d'ailleurs que pour établir un diagnostic fiable. D'autre part. plus la construction est ancienne. américaines. permettant de " sentir " le comportement de la structure étudiée. si les périodes propres d'oscillation d'un ouvrage et du sol sont proches. pour un même type de construction. sur certains types de sol de faibles caractéristiques mécaniques. ne sont pas suffisants pour décider d'un renforcement. est indispensable.

Ces exigences sont traduites en termes de niveaux de performance. Lors d'une réhabilitation " parasismique ". mais aussi horizontalement. selon le cas. non seulement verticalement. PROJET DE REHABILITATION PARASISMIQUE D'UN BATIMENT 4. cette dernière consistant à transmettre au sol d'assise la pression de vent exercée sur l'enveloppe du bâtiment. Il ne semble pas réaliste de rechercher le même niveau de protection que pour les constructions neuves. et par là le degré d'amplification par la structure des oscillations qui leur sont imposées au niveau du sol. les éléments structuraux sont dimensionnés pour les nouvelles descentes de charges verticale et horizontale. Par conséquent. la première étape consiste à effectuer un diagnostic de comportement de l'ouvrage sous l'action sismique et identifier ses faiblesses. en fonction du comportement recherché. Le comportement dynamique qui en résulte peut varier. Ainsi.1. En d'autres termes. ainsi que celle des éléments rigides. d'acceptable à très défavorable. Lors de l'étape suivante. L'importance des mouvements sismiques du sol ne constitue donc pas nécessairement le facteur déterminant car la distribution des masses. on doit décider du degré de dommage accepté lors des tremblements de terre. Il s'agit donc d'organiser au préalable les éléments porteurs d'une manière compatible à la fois avec les nouveaux espaces créés et avec un schéma structural réaliste. dans chaque masse présente. 9 . les exigences de comportement pour la structure. régissent le comportement dynamique de l'ouvrage. la construction est apte à présenter le comportement désiré. c'est-à-dire évaluer sa vulnérabilité aux séismes. Cette approche. On observe régulièrement l'effondrement de constructions même lors des séismes de faible magnitude. On doit déterminer si pour une intensité de séisme donnée. Lorsque la réhabilitation doit tenir compte des charges sismiques. avec le maître d'ouvrage. pour les éléments non structuraux et pour l'équipement. est de plus en plus adoptée dans les pays concernés. différentes stratégies de renforcement devraient être examinées.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 4. par exemple en prévenant la résonance du bâtiment avec le sol ou en optant pour l'isolation parasismique . on peu: • limiter l'action sismique sur la construction. non parasismique. la démarche est beaucoup plus complexe car ces charges sont engendrées. il convient de formuler. connue comme " performance based design ". ETAPES Dans le cadre d'une réhabilitation classique. en empruntant le vocabulaire en usage dans les pays anglo-saxons.

). La typologie est plus ou moins différenciée. Exemples : • maçonnerie en terre crue • maçonnerie ancienne en pierre • maçonnerie non ancienne en pierre • maçonnerie en béton ou blocs de béton non chaînée • maçonnerie en briques ou blocs de béton chaînée maçonnerie armée • ossature en béton armé coulé en place avec remplissage en maçonnerie • etc. 10 . L'évaluation doit donc être différenciée et basée sur une typologie. EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES D'UN BATIMENT 4. Généralement. Il peut s'agir d'un renforcement de la construction ou d'un traitement du sol d'assise. La stratégie adoptée est en général un compromis entre le coût de la réhabilitation et le degré de dommages accepté. TYPOLOGIE Les bâtiments existants ont été bâtis à différentes époques. époque ou type de construction. il semble qu'une classification par type de construction convienne le mieux. les différents modes de construction correspondent à une période historique ou actuelle donnée. Bien entendu.2.les grands ateliers • " jouer la carte " de la résistance mécanique en augmentant d'une manière significative la capacité portante des éléments structuraux. etc. Cependant. sommaire ou intermédiaire. c'est-à-dire l'aptitude de l'ouvrage à tolérer des déformations élastoplastiques notables. La difficulté réside dans la diversité des paramètres pouvant faire l'objet d'une typologie (situation. il est possible d'opter pour une combinaison de stratégies.2. fissuration ou encore rupture de certains éléments sans s'effondrer.1. Souvent les deux sont requis. 4. avec des modes de construction variés et présentent une grande richesse de formes. selon qu'il s'agit d'une évaluation détaillée. Le coût des différentes démarches est certainement un facteur de décision important. configuration. • favoriser la dissipativité. L'ultime étape du projet de réhabilitation parasismique est le choix des techniques de renforcement.

consiste à établir une liste pour chaque type de construction de la typologie retenue. RELEVÉ DES FACTEURS DE VULNÉRABILITÉ (INVENTAIRE) Avant de procéder à une analyse qualitative ou quantitative du comportement sous séismes de l'ouvrage étudié.2. laborieuse et coûteuse. portant sur : 11 . 4. Pour une évaluation précise de la vulnérabilité. ce qui assez souvent n'est pas le cas. Un extrait d'une liste générale figure en annexe. Cette démarche. et l'exploitation des grilles de relevé décrites plus haut. plus détaillée et plus ciblée.2. il est nécessaire de vérifier si la réalisation est conforme aux plans. conduisant à l'évaluation d'une présomption de vulnérabilité (c'est-à-dire à un prédiagnostic). pour une même durée d'examen. Une autre solution. et de réunir un maximum de données relatives au sol et au site. Ceux-ci peuvent éventuellement être évités lors d'un examen rapide visant à établir une présomption de vulnérabilité. Bien entendu. En outre. il est préférable d'effectuer une première étude pouvant être seulement qualitative. Avant de procéder au relevé des facteurs de vulnérabilité. si possible une recherche de renseignements auprès des personnes ayant participé à la construction de l'ouvrage. afin de déterminer si une approche plus approfondie est nécessaire. tous les documents disponibles devraient être recueillis et examinés. A cet effet.2. l'examen de la structure nécessite en général des sondages structuraux destructifs. adoptée dans la référence 20 . complétée par des listes portant sur les éléments non structuraux et les conditions relevant de la géotechnique. l'utilisation d'un tel document s'avère assez " lourde ". une liste ou grille permettant un relevé systématique de tous les éléments est nécessaire. Cependant. Elle comporte l'étude des documents disponibles. sans concours d'un ingénieur de bureau d'études. de même que les règles de construction de l'époque du bâtiment étudié. les constructions anciennes ont parfois subi une ou plusieurs restructurations dont les plans ne sont pas disponibles. Elle peut être générale. ce qui permet également de dégrossir le problème. il est nécessaire d'examiner la nature ainsi que l'état de la structure et des éléments non structuraux. EVALUATION DE LA PRÉSOMPTION DE VULNÉRABILITÉ 1. L'avantage des listes par type de construction est de pouvoir être. destinée à couvrir tous les cas relevant des différentes typologies citées plus haut. peut être réalisée par un architecte formé en construction parasismique. un relevé des facteurs de vulnérabilité lors d'un examen visuel extérieur et intérieur sur site.Objet Une évaluation " exacte " de la vulnérabilité d'un ouvrage aux séismes étant longue.3.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 4.

est suffisante pour la plupart des bâtiments courants. • séisme fort. • le système constructif. abritant des activités nécessaires à la gestion de la crise et pour tout bâtiment dont le maître d'ouvrage exige la poursuite d'exploitation immédiate. visant à assurer la sauvegarde des vies humaines. Les dommages structuraux et les dommages non structuraux ne compromettant pas le fonctionnement ou ne rendant pas la construction impropre à sa destination (par exemple confinement de produits toxiques) sont donc admis. • Dommages réparables rapidement : le volumes des travaux est limité. de nombreuses approches de l'évaluation de la présomption de vulnérabilité des ouvrages aux séismes ont 12 . • séisme moyen. correspondant à l'intensité IX ou à as = 4 m/s². • l'état de conservation. 3. • Fonctionnalité : l'ouvrage et son exploitation doivent pouvoir " fonctionner " après un tremblement de terre. correspondant au degré VII à l'échelle d'intensité macrosismique EMS 92 ou à une accélération maximale du sol as = 1 m/s² . On peut ne l'évaluer que pour le séisme maximal retenu ou par rapport à plusieurs niveaux d'agression sismique. Cette exigence est requise pour les ouvrages stratégiques. 2 Niveau d'agression sismique La vulnérabilité croît avec l'intensité du séisme. • le site. Exemple de quatre niveaux de performance : • Non-effondrement : cette exigence. généralement trois : • séisme faible. Il paraît pertinent d'apprécier la capacité de la structure au moins par rapport à deux degrés de " performances : noneffondrement et fonctionnalité. correspondant à l'intensité VIII ou à as = 2 m/s² .Méthode d'évaluation En l'absence d'une méthode standardisée. • les dispositions constructives apparentes. • Dommages lourds ne nécessitant pas la démolition.les grands ateliers • l'architecture (la configuration et le détail architectural). • l'interaction avec l'environnement construit. 4.Niveaux de performance Divers niveaux de comportement peuvent être recherchés pour un niveau d'agression sismique donné. L'ouvrage peut nécessiter la démolition après un séisme fort.

EtatsUnis. il est décidé d'entreprendre une réhabilitation ou non. cette méthode rapide (33) et peu coûteuse permet d'évaluer une présomption de vulnérabilité des constructions aux séismes par un examen visuel seulement.2. les " faiblesses " constatées sont hiérarchisées et une " note " ou coefficient caractérisant leur gravité leur est attribué.4.2. des méthodes d'évaluation diverses ont été élaborées. En fonction du degré de vulnérabilité. Le but de cette présentation est d'illustrer la grande diversité des approches. 13 . Bien qu'on ait souvent recours aux méthodes de vérification de résistance et de rigidité destinées à la construction neuve. Leur prise en compte pondérée. Elle peut être utilisée par des nonspécialistes afin d'identifier les constructions potentiellement dangereuses.2. • très forte vulnérabilité. • étude plus poussée nécessaire . La durée d'examen est de 30 mn/construction environ. Les situations suivantes peuvent se présenter : • état acceptable.5. EVALUATION DE LA VULNÉRABILITÉ Une étude quantitative d'évaluation de la vulnérabilité est nécessaire lorsque l'examen qualitatif effectué lors de la phase précédente présente de fortes incertitudes ou lorsqu'on décide de réhabiliter une construction dont on a constaté la vulnérabilité aux séismes. 4. Zacek) Rédigée en 1993. donc également un besoin différent. Elles ont été sélectionnées en raison des différences d'approches ou d'objectifs. • Méthode simplifiée à l'usage des architectes (M.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants été proposées. il est préférable d'utiliser des méthodes spécifiquement établies pour la réhabilitation parasismique. A cet effet. Dans l'évaluation de la présomption de vulnérabilité. la faisabilité économique d'un renforcement doit être étudiée. 4. Plusieurs méthodes sont présentées au § 4. notamment dans les pays de forte sismicité (Italie.…). Il n'en existe pas en France. Elles ont été classées par ordre croissant de complexité. EXEMPLES DE MÉTHODES D'ÉVALUATION DE LA VULNÉRABILITÉ DES OUVRAGES AUX SÉISMES Etant donné la complexité de la problématique. Les méthodes présentées visent chacune un objectif. il s'agit en général d'estimer un degré de vulnérabilité global. renforcement non nécessaire . Yougoslavie.5. • état nécessitant un renforcement économiquement envisageable . Deux guides américains font actuellement référence dans ce domaine (15) (46 ). permet de conclure sur les degrés de vulnérabilité prédéfinis (3 à 5 en général). dont les modalités varient d'une méthode à l'autre.

Ni l'interaction avec le sol. L'avis d'un géotechnicien spécialisé peut ainsi être sollicité. Afin d'attirer l'attention de l'utilisateur sur les points faibles importants. moyens et forts. qui envisageait d'établir un état des lieux de la présomption de la vulnérabilité aux séismes des constructions existantes dans des communes pilotes. un résumé des dommages sismiques caractéristiques pour les types de constructions courants figure dans la grille. en retenant la situation la plus grave. il s'agissait d'un guide destiné à l'Agence d'urbanisme et d'aménagement de la Guadeloupe (ADUAG). Les constructions et les éléments constructifs particulièrement vulnérables aux séismes sont présentés dans une grille. Lorsque la construction cumule certains facteurs de vulnérabilité. les différentes situations pénalisantes sont citées et doivent être signalées sur la fiche de relevé. Trois niveaux d'agression sismique ont été considérés : séismes faibles. la méthode a été utilisée par le BRGM pour évaluer la vulnérabilité de bâtiments à Pointe-àPître (Guadeloupe) et Fort-de-France (Martinique) dans le cadre de l'opération GEMITIS.les grands ateliers A l'origine. Le résultat est obtenu par une simple lecture de la grille. La fiche de relevé et un extrait de la grille d'évaluation sont présentés sur les pages suivantes. 14 . Toutefois. en même temps qu'une évaluation des dommages correspondants qu'ils pourraient subir pendant des oscillations du sol. les dommages potentiels sont majorés d'un degré. Dans une forme élargie et complétée par une vérification quantitative. ni les effets de site ne sont pris en compte.

pente forte uniforme . dommages : modérés .conduit de fumée élancé .autres caractéristiques : 1.consoles non contreventées avancée de toiture importante .auvents importants . Etat de conservation : normal .absence d'encadrements de baies . Nature du sol Rocher sain .construction de grande longueur . dommages : modérés .asymétrie des parties rigides .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants FICHE DE RELEVE _____________________________________________________________ LOCALISATION : _____________________________________________________________ CARACTERISTIQUES GENERALES Propriétaire : Occupant : Nombre maximal d'occupants : Année de construction : Destination (usage) : Surface au sol (m2) : Nombre de niveaux : Hauteur en mètres : Type de construction : Epaisseur des murs extérieurs : Type de toiture : Présence d'un sous-sol : oui non ______________________________________________________________ PLAN ET ELEVATIONS (croquis ou photos) ______________________________________________________________ FACTEURS DE VULNERABILITE 1.remblais récents terrain inondable .pente modérée uniforme .très bon.forme symétrique selon un axe forme irrégulière . 1 .graves 2.graves en cas de séisme fort.mauvais 1. Construction 1.3.abord de falaise .niveaux en retrait .liaisons précaires entre éléments constructifs .1.graves en cas de séisme moyen.proximité d'une limite entre roche et alluvions .sommet .proximité de murs de soutènement en amont .ossature non contreventée ossature à étage en bois avec poteaux non continus .acrotère haut lourd balustrade en pierre ou béton .autres cas : ______________________________________________________________ AUTRES RENSEIGNEMENTS 1. Situation dans le site Terrain plat . Evaluation sommaire de vulnérabilité : en cas de séisme faible.proximité d'un changement de pente . Caractéristiques Forme en plan symétrique selon deux axes .2.poteaux "courts" .rocher altéré ou fracturé . Etude approfondie nécessaire oui non 2.crête .remblais anciens . Auteur du relevé (nom.toiture-terrasse plantée . Observations : 3.importants .plaine .poteaux trop élancés . organisme) : 4.sables lâches . Date du relevé : Fig.angle affaibli .importants .vallée alluviale .niveaux en saillie .plateau .argiles et marnes molles autres alluvions molles .bâtiment mitoyen sans joint vide d'au moins 4 cm .argiles ou marnes dures . dommages : modérés .importants .absence de chaînages horizontaux et verticaux .autres sols : 3.Fiche de relevé des facteurs de vulnérabilité (d'après 33 ) 15 .niveau sur pilotis .graviers et sables secs et compacts graviers et sables humides .

2 .les grands ateliers Fig. 1 (d'après 33 ) 16 .Exemple d'application de la fiche de la fig.

Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Fig.Extrait d'une grille d'évaluation de la présomption de vulnérabilité (d'après 33 17 . 3 .

1 g : dommages légers 0.4 g : dommages légers à modérés.1 g : dommages négligeables 0.1 g : dommages nuls à négligeables 0. 4). 25 < K < 50 faible vulnérabilité. une correction du résultat est prévue. Le premier consiste en une approche qualitative et le second en une vérification quantitative. on conclut sur une présomption de : • • • • • très forte vulnérabilité. 10 < K < 25 très faible vulnérabilité. Niveau 1 : approche qualitative Une grille de relevé détaillée doit être remplie lors d'une inspection extérieure et intérieure du bâtiment étudié. Ces cotes permettent de calculer un coefficient K variant de 0 à 100.4 g : dommages graves Présomption de vulnérabilité faible : 10 < K < 25 0. 3.les grands ateliers • Méthode proposée par le groupe de travail " Vulnérabilité du bâti existant " de l'Association française du génie parasismique (AFPS) [14] Cette méthode est applicable aux bâtiments construits depuis 1960.5). 18 . Ces types sont les degrés de dommages 2.4 g : dommages modérés Présomption de vulnérabilité très faible : K < 10 0. 50 < K < 100 moyenne vulnérabilité. Selon la valeur de K. 4 et 5 de l'échelle macrosismique européenne EMS 92. la correspondance avec le degré de dommages est la suivante : Présomption de vulnérabilité moyenne : 25 < K < 50 0. une évaluation quantitative est nécessaire. Dans le cas contraire.2 g : dommages négligeables à légers 0. dans lequel une cote (coefficient de pénalité) est attribuée aux divers facteurs de vulnérabilité (fig.2 g : dommages modérés 0. Afin d'éviter d'aggraver la " note " par un nombre important de facteurs de vulnérabilité faibles. L'évaluation est faite à l'aide d'un tableau d'évaluation.2 g : dommages légers 0. Deux niveaux d'évaluation sont visés. on peut conclure directement sur un niveau de vulnérabilité. Lorsque K > 50. K > 100 forte vulnérabilité. correspondant à un des types de dommages définis dans le guide (fig. K < 10. Pour les valeurs de K < 50.

4 .Tableau d'évaluation de présomption de vulnérabilité (d'après 14 ) 19 .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants EVALUATION QUALITATIVE DE LA PRESOMPTION DE VULNERABILITE Propriétaire du bâtiment : Dénomination et adresse du bâtiment : Année de construction : Date du diagnostic : Auteur du diagnostic : A Implantation du bâtiment B Environnement du bâtiment C Type de structure 1 Pente générale du terrain > 40 % 5 1 Bâtiments accolés : joint = 0 ou rempli d’un matériau 25 1 2 3 4 Murs en Murs en Murs en Ossature maçonnerie béton non béton armé poteauxde blocs armé poutres sans remplissage 5 15 10 20 1 Irrégulière 5 3 Planchers d’un même étage situés à des hauteurs différentes 10 2 Dissymétrie : torsion faible : 5 accusée : 50 3 Présence de poteaux courts ou partiellement bridés participant au contreventement 50 2 2 Proximité d’un changement de pente D < 2H du bâtiment 15 2 Joints entre blocs adjacents < 2 cm 2 à 4 cm > 4 cm 25 10 5 5 6 7 8 Ossature Système Panneaux Ossature BA poteauxmixte murs de façade préfabriquée poutres avec en BA porteuse remplissage maçonnerie préfabriqués et ossature porteurs 25 20 10 50 3 Elancement en plan L/l>4 5 4 Présence d’un plancher lourd ou d’une toiture lourde 10 3 Absence de contreventement dans le sens des x ou y 100 Parties saillantes ou rentrantes 5 5 Absence de diaphragme horizontal en toiture 20 4 Densité de voiles de contreventement sens x ou y 0 à 100 (voir formule 2) 6 Percements inserts dans les nœuds e>d/3 50 Observations D Forme en plan E 1 2 Etages en Retrait en Forme en élévation encorbellefaçade ment > 2 m >40 % 15 20 F 1 Variation verticale croissante des rigidités Contreventement 0 à 100 (voir formule 1) G Zones ou 1 Descente de charge en baïonnette 25 7 critiques 2 Présence de poteaux élancés 10 éléments 5 4 Percements Percements inserts dans inserts dans les poteaux les poutres e>d/3 e>d/3 10 25 Présence d’un angle de façade affaibli 15 8 Axes poteaux et poutres non concourants e>c/2 10 2 9 Diaphragmes horizontaux avec grandes ouvertures s>10 %S 10 3 10 Absence de chaînages encadrant les murs de contreventement en MAC verticaux : 25 horizontaux : 75 H Divers 1 Etat de conservation du gros œuvre médiocre : 10 mauvais : 25 Risque de chute d’éléments non structuraux 5 Façade BA préfabriquée non porteuse 10 Total des pénalités Fig.

les grands ateliers

TYPE DE DOMMAGES
Nuls à négligeables

NATURE DES DOMMAGES
Microfissures ( 1mm) dans quelques cloisons. Fatigue des bâtiments sans signe apparent d'endommagement

REPARATION

PERTES EN VIES HUMAINES
Nulles

Appréciation au cas par cas

Légers

Dégâts mineurs aux éléments non structuraux: - fissures dans cloisons de distribution, - chute de plâtras, - chute d'éléments légers de plafonds suspendus

Réparation sans évacuation des occupants

Rares

Dégâts importants aux éléments non structuraux ; chute de cheminées Modérés

Réparation pouvant nécessiter l'évacuation des Dégâts possibles aux éléments occupants structuraux, fissurés ou plastifiés, mais non détruits

Peu nombreuses

Graves

Dégâts très importants aux Expertise pour Possibilité de éléments non structuraux, décision de pertes rupture ou effondrement réparer ou non nombreuses localisé d'éléments structuraux

Effondrement

Effondrement partiel ou total Réparation Possibilité de du bâtiment lourde ou non pertes envisageable très nombreuses

Fig. 5 - Typologie des dommages sismiques (d'après 14 )

Niveau 2 : approche quantitative L'évaluation est faite pour les trois niveaux d'agression sismique cités en 4.2.3. par une des méthodes d'analyse suivantes, choisie en fonction des critères de régularité figurant dans les règles PS 92 : • analyse forfaitaire, • analyse simplifiée, • analyse complète. Il est également procédé à la vérification de la stabilité au renversement, de la stabilité interne et de la résistance des éléments porteurs. Les résultats de l'analyse sismique sont hiérarchisés de la manière suivante

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Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants

- instabilité d'un élément de contreventement : effondrement, - contrainte excessive dans un élément de contreventement : effondrement à désordres graves, - déformations excessives de la structure : effondrement partiel (effets du second ordre pour les systèmes à portiques ou entrechoquement des deux blocs contigus) à désordre modérés. En recensant tous les facteurs de vulnérabilité établis qualitativement et en examinant les résultats d'une analyse quantitative, on établit une évaluation de la vulnérabilité en plaçant une croix dans la case appropriée du tableau ci-après : NATURE DU SEISME NATURE DES DOMMAGES

Négligeables Légers Modérés Graves Effondrement (VII) Faible (0.1g)

(VIII) Moyen (0.2g)

(IX) Fort (0.4g)
Fig. 6 - Grille de présentation des résultats de l'évaluation de vulnérabilité

• Méthode " FEMA 310 " Présentée sous forme de guide [20], cette méthode de la Federal Emergency Management Agency américaine, datant de 1998, constitue une prénorme. Elle est le résultat de mises à jour de méthodes antérieures, intégrant les enseignements des études postsismiques récentes. L'évaluation est systématiquement faite par rapport à deux niveaux de performance : - sauvegarde des vies humaines (SVH), - fonctionnalité immédiate (FI). Trois niveaux d'évaluation sont proposés. Niveau 1 : présomption de vulnérabilité Cette évaluation concerne tous les types de bâtiments et vise à identifier ceux qui n'atteignent pas le niveau de performance requis. L'état de la construction est examiné à l'aide d'une série de " check-lists " détaillées dans le guide et portant sur la structure, les éléments non structuraux et l'interface sol/fondations. Si des points vulnérables sont détectés, il peut être décidé de procéder à l'évaluation du niveau 2 ou de se satisfaire des résultats obtenus.

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les grands ateliers

Selon le cas, au moins les check-listes suivantes devraient être utilisées.
Région de sismicité Niveau Check-listes de performance Sommaire Structure Structure Sol et él. non él. non base compléments fondations structuraux structuraux base compléments SVH x FI SVH Moyenne FI SVH Forte FI x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x

Faible

Fig. 7 - Utilisation de check-listes, méthode FEMA 310 ( 20)

Exemple d'une check-list de type " structure ". De telles check-lists ont été rédigées pour chaque type de construction : Check-list de base pour les structures de type S4 : ossatures en acier contreventées par des voiles Description La structure de ces bâtiments est un assemblage de poteaux et de poutres en acier. Les planchers et les toitures sont en dalles coulées en place ou en tôle nervurée avec ou sans dalles de béton. L'ossature comprend des poutres principales et secondaires de section en I ou H ou des poutres en treillis. Le contreventement est assuré par des voiles coulés en place. Ces voiles peuvent contribuer à la descente des charges verticales. Dans le cas des structures non récentes, l'ossature en acier n'est calculée que pour les charges verticales. Les structures récentes sont conçues en tant que systèmes mixtes où l'ossature acier participe au contreventement en proportion de sa rigidité relative. Légende : C = conforme NC = non conforme SO = sans objet C NC SO Structure principale DESCENTE DES CHARGES HORIZONTALES : la structure doit présenter, pour les niveaux SVH et FI, au moins un chemin de descente de charges complet pour les charges s'exerçant dans n'importe quelle direction horizontale. MEZZANINES : les mezzanines doivent être contreventées indépendamment de la structure principale ou ancrées dans les éléments de contreventement vertical principaux.

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Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants NIVEAU " FAIBLE " : la résistance de tout niveau vis-à-vis des charges horizontales ne doit pas être inférieure à 80 % de celle des niveaux du dessus ou du dessous. pour les performances SVH et FI. pour les niveaux SVH et FI. CONTRAINTES DE CISAILLEMENT : ces contraintes. NIVEAU " SOUPLE " : la rigidité du système de contreventement ne doit pas être inférieure à 70 % de celle des niveaux adjacents. MASSE : la masse effective ne doit pas varier de plus de 50 % d'un niveau à l'autre. pour les performances SVH et FI. pour les performances SVH et FI. TORSION : la distance entre les centres de rigidité et de gravité ne doit pas dépasser 20 % de la largeur du bâtiment dans toutes les directions. doivent être inférieures aux valeurs indiquées dans le guide. FISSURES DANS LES VOILES : la largeur des fissures obliques dans les voiles doit être inférieure à 3 mm pour le niveau SVH et à 1. HYPERSTATICITE : pour le niveau FI. Système de contreventement OSSATURE : l'ossature secondaire en acier ou béton armé doit constituer un système capable de transmettre les charges verticales. pour les performances SVH et FI. pour les performances SVH et FI. calculées selon la méthode simplifiée présentée. de fissures ou d'autres détériorations visibles dans les éléments et assemblages assurant la résistance vis-à-vis des charges verticales ou horizontales. DETERIORATION DU BETON : il ne doit pas y avoir de détérioration visible du béton ou des armatures dans les éléments assurant la résistance vis-à-vis des charges verticales et horizontales. DISCONTINUITE VERTICALES : tous les éléments verticaux de contreventement doivent être continus jusqu'aux fondations.0015 dans la direction verticale et à 0. ARMATURE DU BETON : le rapport de la section des armatures à la section totale doit être supérieur à 0. Les fissures ne doivent pas être concentrées en un endroit ni former des figures en forme de X. à l'exclusion des derniers niveaux en retrait. DETERIORATION DE L'ACIER : il ne doit pas y avoir de traces de rouille. GEOMETRIE : les dimensions horizontales du système de contreventement ne doivent pas varier de plus de 30 % par rapport à celles du contreventement des niveaux adjacents. 23 . L'espacement des barres ne doit pas être supérieur à 45 cm.5 mm pour le niveau FI. la structure doit comporter au moins deux voiles dans chaque direction principale. ni inférieure à 80 % de la rigidité moyenne des trois niveaux immédiatement supérieurs ou inférieurs.0025 dans la direction horizontale.

Remarque : la ventilation des " points " en trois groupes ne semble pas toujours cohérente . Niveau 2 : analyse quantitative Cette analyse consiste à appliquer une méthode de calcul élastique linéaire simplifiée aux bâtiments désignés comme non conformes au niveau 1.les grands ateliers ASSEMBLAGES ENTRE POTEAUX : les assemblages entre les poteaux en acier noyés dans les extrémités des voiles doivent avoir une résistance à la traction au moins égale à celle des poteaux. Pour le niveau FI. en fonction du nombre de niveaux. même s'ils ont été considérés comme conformes au niveau 1. avoir une résistance au cisaillement dans leur plan au moins égale à celle des voiles. ceci est sans incidence sur la méthode. 24 . les types de construction nécessitant une analyse de niveau 2 ou éventuellement de niveau 3. pour le niveau FI. Pour le niveau FI. Assemblages TRANSMISSION DES EFFORTS : les diaphragmes doivent être armés et ancrés de manière à assurer la transmission des charges sur les voiles et. ANCRAGE DES MURS les voiles doivent être ancrés dans les fondations. ANCRAGE DES POTEAUX D'EXTREMITES DES VOILES : les poteaux situés aux extrémités des voiles doivent être ancrés dans la fondation. ainsi que celles qui présentent une réelle vulnérabilité. la résistance de l'ancrage ne doit pas être inférieure à celle du mur. Cette exigence ne concerne que le niveau FI. Le tableau suivant précise. la résistance de l'ancrage à la traction ne doit pas être inférieure à celle des poteaux. L'objectif est d'identifier les constructions qui ne nécessitent pas de réhabilitation.

bât.diaphragmes rigides .contreventement par effet de portique Maçonnerie armée : . industriels et commerciaux Portiques en acier : .diaphragmes rigides . 8 .diaphragmes flexibles Portiques en béton armé Voiles en béton : .maisons individuelles .diaphragmes flexibles Ossature en béton armé avec remplissages en maçonnerie rigides : .diaphragmes rigides .idem avec grandes portes de garage en rez-de-chaussée .diaphragmes rigides . méthode FEMA 310 20 25 .diaphragmes rigides .diaphragmes flexibles Portiques transversaux de grande portée en acier Ossatures en acier contreventées par des voiles Ossatures en acier contreventées par des murs en maçonnerie : .diaphragmes rigides .diaphragmes rigides .diaphragmes flexibles Ossatures en acier contreventées par triangulation : .contreventement par voiles .diaphragmes flexibles Systèmes mixtes 4 4 1 1 1 1 4 4 3 3 3 3 2 2 2 5 5 4 3 3 3 5 5 1 1 1 5 5 4 1 1 1 4 3 3 1 1 1 1 2 2 1 1 1 1 5 1 4 4 2 N3 3 5 1 3 1 N3 N3 1 4 1 2 1 N3 N3 1 1 1 Fig.diaphragmes flexibles Ossatures en béton armé préfabriqué : .diaphragmes flexibles Maçonnerie non armée : .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Nombre de niveaux à partir duquel une analyse de niveau 2 ou de niveau 3 (N3) est exigée Sismicité faible Sismicité moyenne Sismicité forte SVH FI SVH FI SVH FI 3 4 3 3 3 3 3 3 3 Type de construction Ossatures bois : .Sélection du type d'analyse de vulnérabilité.diaphragmes flexibles Panneaux préfabriqués en béton armé : .diaphragmes rigides .

les grands ateliers Niveau 3 : analyse approfondie Les évaluations aux niveaux 1 et 2 étant assez conservatrices en raison de l'approche simplifiée.… • Liste des points faibles constatés. non précisées dans le document FEMA 310. Un plan du rapport final figure dans le guide. notes de calcul. type d'analyse. nature du sol. éléments non structuraux. forme. méthode. système porteur. l'analyse du niveau 3 vise à une évaluation précise qui ne se justifie que dans des cas spécifiques. On peut utiliser des méthodes statiques ou dynamiques linéaires ou non linéaires. dimensions. • Description du bâtiment : destination. niveaux de performance vérifiés. effets liés au site.… L'ensemble des démarches préconisées dans le guide est résumé dans le tableau de la page suivante. Ce rapport devrait comporter au moins les informations suivantes : • Objectif. type de bâtiment par référence à une typologie. importance historique.… • Liste des hypothèses adoptées : propriétés des matériaux. 26 . capacité. type de sol.… • Description du site : topographie. • Annexes : références. sismicité. Le lecteur est renvoyé au guide 46 .

9 .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants COLLECTE DE DONNEES Relevé sur site Sismicité de la zone Niveau de performance désiré EVALUATION NIVEAU 1 Usage des check-listes POINTS FAIBLES non oui POURSUITE DE L'EVALUATION oui non EVALUATION NIVEAU 2 Analyse statique linéaire Analyse dynamique linéaire Analyses spécifiques POINTS FAIBLES non oui POURSUITE DE L'EVALUATION oui non EVALUATION NIVEAU 3 Analyse détaillée POINTS FAIBLES ? non oui BATIMENT POSSEDE LE NIVEAU DE PERFORMANCE DESIRE BATIMENT NE POSSEDE PAS LE NIVEAU DE PERFORMANCE DESIRE RAPPORT FINAL REHABILITATION Fig.Organigramme de la méthode " FEMA 310 " (20) 27 .

Toutefois. publiée aux Etats-Unis en 1986 par Applied Technology Council [15]. on obtient un point appelé " point de performance " (traduit parfois en français comme " point de fonctionnement "). 10). est innovante par rapport aux approches classiques. car le type de calcul utilisé pour déterminer les courbes de capacité de déplacement est peu courant (calcul statique " pas à pas "). Fig. La vulnérabilité est évaluée pour les mêmes niveaux de performance que dans la méthode " FEMA 310" : sauvegarde des vies humaines (SVH) et fonctionnalité immédiate (FI). l'importance des dommages est davantage fonction des déplacements que des forces. La capacité d'atteindre un niveau de performance est évaluée en termes de déplacements et non en termes de forces. Sa position par rapport au niveau de performance recherché indique si ce niveau est atteint ou non (fig. Des courbes de capacité de déplacement (donc de déformabilité) sont tracées pour les bâtiments étudiés. par une méthode de calcul statique non linéaire. 10 . 28 . Le point de performance correspond au déplacement maximal du bâtiment sous l'action du séisme considéré. car lors des déformations postélastiques. conçue pour les constructions de béton armé.Courbe de capacité de déplacement d'un bâtiment. déterminé par une méthode proposée dans le document.les grands ateliers • Méthode " ATC 40 " Cette méthode. Les différents degrés de dommages correspondant aux déplacements sont localisés sur la courbe. car il peut subir des déplacements supérieurs à ceux du niveau de performance minimal exigé (SVH) La méthode " ATC 40 " a suscité un grand intérêt dans le monde entier. d'après 15 . Le bâtiment montré est donc vulnérable. elle n'est accessible qu'aux spécialistes. Elles dépendent des caractéristiques de ces derniers et non pas d'une agression sismique. En corrélant la courbe de capacité de déplacement du bâtiment avec le déplacement maximal provoqué par un mouvement sismique de sol donné.

L'évaluation de la vulnérabilité urbaine est complexe et requiert la collaboration de spécialistes de nombreuses disciplines.télécommunications . VULNÉRABILITÉ GLOBALE D'UNE ZONE La prévention du risque sismique dans le bâti existant ne peut reposer sur la seule initiative privée ou celle d'organismes publics isolés.activités culturelles et cultuelles Vulnérabilité aux séismes Scénarios de risques Evaluation du coût des dommages Etude des mesures de prévention et de leur coût Mesures de prévention Fig.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 4. 11). Pour être efficace.administration .Prévention du risque sismique à l'échelle urbaine 29 . les réseaux utilitaires. il est nécessaire d'évaluer la vulnérabilité aux séismes de toute une zone. elle est au stade d'achèvement. la voirie. A l'heure actuelle (début 2001). située dans l'une des zones les plus sismiques de la France métropolitaine. a été choisie comme ville pilote pour une opération de ce type (GEMITIS).3.santé . voire régionale.activités de production .transports . la ville de Nice (Alpes-Maritimes). Aléa sismique local (microzonage sismique) Analyse du système urbain : .sécurité . la ville ou la zone est à considérer comme un système. elle doit être mise en place à l'échelle urbaine. Cette évaluation ne saurait se limiter aux bâtiments. La connaissance de la vulnérabilité et de l'aléa sismique (probabilité d'occurrence d'un séisme qui atteindrait ou dépasserait une intensité donnée) permet l'élaboration de scénarios de risques et de prendre des mesures de prévention immédiates ou différées (fig. Elle doit également tenir compte des pertes et préjudices induits ou indirects . En France.EVALUATION DE LA VULNERABILITE AUX SEISMES A L'ECHELLE URBAINE 4. 11 .3. A cet effet. mais doit porter également sur les équipements urbains.services .logement . les transports.1.réseaux utilitaires .

suivi d'une visite sur les lieux.Inventaire et cartographie des constructions : cet inventaire est effectué à l'aide d'un examen de photos aériennes. jeu de faille. la vulnérabilité est aggravée par la présence de sols ayant une faible résistance mécanique (alluvions. On cherche à évaluer la probabilité d'endommagement en fonction du niveau d'agression sismique. tsunami.Diagnostic de vulnérabilité sommaire de chaque type de bâtiment : une des méthodes décrites précédemment peut être utilisée. graves. Il s'agit d'un résultat global. 5. d'accélération maximale ou de déplacement maximal. 4. relevé photographique. 12). spécifique. remblais. 3. La vulnérabilité d'un type de construction est en général présentée sous forme de fonctions de vulnérabilité. L'objectif est différent à l'échelle d'un ensemble de constructions.les grands ateliers 4. Toutes les sources disponibles peuvent être exploitées : cartes.3. pouvant être inexact s'il est appliqué à une construction particulière. appelées aussi fonctions d'endommagement (fig.Identification d'îlots homogènes : les bâtiments de ces îlots correspondent en général à une même époque donc également à un mode de construction. mouvements de terrain. etc. seiche.…). D'une manière générale. 2. car le but est d'obtenir une estimation fiable à l'échelle de la zone étudiée et non à celle d'un bâtiment.2.…) et par l'exposition à des effets de site (effets topographiques.Diagnostic affiné : le diagnostic sommaire est éventuellement corrigé en fonction des données relatives à la nature du sol et du site.Typologie des constructions : les types sélectionnés doivent être les bâtiments les plus caractéristiques de chaque îlot (un ou plusieurs types par îlot).…) en fonction de l'importance du séisme. cadastre. La fig. On peut procéder de la manière suivante : 1. La vulnérabilité est évaluée en termes de degrés de dommages préalablement définis (au minimum trois). 30 . 13 montre des fonctions de vulnérabilité établies pour divers types de constructions. VULNÉRABILITÉ D'UN ENSEMBLE DE CONSTRUCTIONS La réhabilitation parasismique d'une construction particulière nécessite au préalable un diagnostic de vulnérabilité déterministe. géodynamiques ou effets liés à l'hétérogénéité des formations souterraines) ou des effets induits (liquéfaction des sols. Ces fonctions donnent la probabilité de dommages (faibles. exprimée en termes d'intensité macrosismique. modérés. Les bâtiments mécaniquement solidaires devraient être considérés comme une seule construction.

effondrement partiel (D4). 12 .Allure des fonctions de vulnérabilité (d'après 40 ) Fig. effondrement total (D5). préalablement définis dans l'ouvrage : dommages nuls (D0). 31 . dommages modérés (D2).Fonctions de vulnérabilité pour divers types de constructions (d'après 39 ).Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Fig. dommages importants (D3). 13 . dommages faibles (D1). Ces fonctions donnent la probabilité des dommages suivants.

• dommages par époque de construction. Le but est de permettre une estimation des pertes 32 .1 0 0 VII 49 48 8 2 1.5 5 20 45 80 100 95 3 1. • dommages en fonction du nombre de niveaux. une évaluation de pertes en vies humaines peut être effectuée.5 0. 14). • distribution des dommages en fonction de l'intensité macrosismique (fig. présentée au paragraphe suivant. • relation entre l'intensité du séisme et le nombre ou le pourcentage de constructions endommagées. ce qui en facilité la lisibilité (fig. bureaux.3.les grands ateliers 6. • dommages par mode de construction.7 9 24 66 Fig. Une méthodologie très complète de l'évaluation de la vulnérabilité de l'ensemble des fonctions urbaines est traitée dans la réf. logements avec commerces en rez-de-chaussée.4 0.5 VIII 7 11 22 31 17 10 2 IX 0 1 2 10 15 21 51 X 0 0. ne sont pas abordées dans ce texte. de même que l'estimation des pertes induites et indirectes. • dommages en fonction de l'affectation du bâtiment (logements. 4. GUIDE HAZUS 99 Edité par la Fédéral Emergency Management Agency américaine (FEMA). en fonction de l'intensité macrosismique (adapté d'après 37 ) En corrélant les dommages avec l'occupation estimée des logements et locaux. 40 . 14 .3. en couleurs différenciées. Ces relations sont en général présentées sous forme de tableaux ou d'histogrammes et utilisées pour l'élaboration de scénarios de risque à l'échelle urbaine. ce guide 40 présente une méthode détaillée d'évaluation de la vulnérabilité à l'échelle urbaine.Etudes statistiques : l'ensemble des fonctions de vulnérabilité contient une multitude d'informations pouvant être mises en évidence selon l'intérêt porté à tel ou tel aspect : • dommages par quartier. bâti ments administratifs.…).Exemple de distribution de divers types de dommages dans une zone. • etc.5 1 0. 15). La vulnérabilité des équipements et des réseaux.1 0. Degré de dommages Pourcentage d'endommagement Probabilité de dommages (%) en fonction de l'intensité macrosismique VI 1 2 3 4 5 6 7 0 0. Elles peuvent également être cartographiées à l'aide du " Système d'informations géographiques " (SIG).2 0.

33 . ingénieurs. qu'une zone ou région pourrait subir lors d'un tremblement de terre.Exemple de cartographie de la vulnérabilité aux séismes à l'échelle urbaine (d'après 41 ).Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Fig. Les méthodes utilisées ont été validées à l'occasion de séismes récents et soumises à l'avis d'experts reconnus. La méthodologie a été élaborée par une équipe composée de scientifiques. planificateurs. architectes. L'évaluation est destinée aux autorités nationales. régionales et locales afin de constituer une base pour l'élaboration d'une politique de prévention du risque sismique et de gestion de la situation postsismique. le guide couvre une large gamme de thèmes et disciplines. Ainsi. économistes. 15 . notamment les sciences de la terre. génie parasismique et sciences économiques et sociales. sociologues et informaticiens.

• utilisation de bases de données géotechniques (type de sol. 17). 34 . 16 montre les domaines traités dans le guide. présentant la méthodologie d'une manière plus accessible aux non-spécialistes.les grands ateliers Le guide comprend un manuel technique en trois volumes. • typologie des dommages. • interprétation des résultats compte tenu des incertitudes liées à la fiabilité des données et à la modélisation. • typologie des bâtiments. et un guide plus sommaire en deux volumes. Des méthodes standardisées sont proposées pour : • sélection des scénarios de tremblements de terre. • élaboration des fonctions de vulnérabilité (fig. Le diagramme de la fig. accompagné d'un logiciel. • évaluation de l'occupation des logements et des lieux de travail. Chaque pavé correspond à un chapitre qui propose une méthode d'évaluation des pertes en fonction de la vulnérabilité. nécessitant une approche sophistiquée. • évaluation des coûts. rupture de sol.…). qui s'adresse aux lecteurs possédant un certain niveau technique. La méthode permet d'élaborer aussi bien des évaluations sommaires que des estimations détaillées. • collecte des données. mouvement sismique. • typologie et analyse des réseaux urbains.

16 .Organigramme de l'analyse du risque sismique urbain (d'après 40 ) 35 .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Données sismologiques et géotechniques Mouvement sismique Rupture de sol Pertes matérielles directes Bâtiments courants Bâtiments stratégiques Equipements dangereux Réseaux de transport Réseaux utilitaires Inondations induites Incendie postsismique Pollution toxique Décombres Dommages aux personnes Pertes de domicile Pertes économiques Pertes matérielles induites Dommages aux personnes et pertes économiques directes Pertes économiques indirectes Fig.

tsunami. 3. 17 . etc. 2. (d'après 40 ) Trois types d'analyse sont proposés : 1.) ne peuvent pas être évalués par ce type d'analyse.Méthode de détermination des fonctions de vulnérabilité pour un type de bâtiment. 36 . La durée estimée d'une telle analyse est de 6 mois à 2 ans. Les risques requérant des données spécifiques (liquéfaction des sols. glissements de terrain. elle est basée sur les méthodes standardisées décrites dans le guide et permet d'obtenir des résultats d'une bonne précision. elle permet de dégrossir le problème et de se prononcer sur la nécessité d'une analyse plus détaillée. jeu de faille.Analyse approfondie L'analyse approfondie est basée sur des études et expertises spécifiques dans les domaines concernés et suppose une étroite collaboration des propriétaires des biens analysés. rupture de barrage.Analyse standard Cette analyse traite les données réelles fournies par l'utilisateur .les grands ateliers Fig.Analyse sommaire Effectuée avec des données générales.

PRÉSENTATION GÉNÉRALE Le choix du type de réhabilitation a en général une incidence non négligeable sur l'architecture de l'ouvrage. Un tel raisonnement est erroné car l'objectif est d'atteindre un niveau de performances (non-effondrement. Dans de nombreux cas. agissent sur les deux " tableaux ". Par conséquent. Ces approches peuvent être adoptées simultanément . qui absorbe l'énergie essentiellement au moyen de stockage. en outre. l'accroissement de la résistance peut être une solution). etc.4. un niveau de performance peut être maintenu ou amélioré par une augmentation appropriée de la ductilité ou. lorsqu'on vise l'absence de dommages. STRATEGIES DE REHABILITATION PARASISMIQUE 4. réparabilité.) et non pas un niveau de résistance aux forces donné (cependant. de la dissipativité. Par conséquent. L'amélioration du niveau de performances d'une structure est souvent identifiée à l'augmentation de sa résistance mécanique. En effet. certaines stratégies comme l'accroissement de la dissipativité.1. Deux grandes familles de démarches sont possibles : • réduire le niveau des charges sismiques auxquelles l'ouvrage pourrait être exposé . L'agression sismique sur les ouvrages n'est pas constituée par des forces appliquées. même en cas de baisse de résistance. mais par l'énergie cinétique générée lors des déplacements imposés du sol d'assise et dont l'action se traduit par des déformations de la construction. Si toute l'énergie cinétique présente dans la construction est absorbée par stockage temporaire (grâce aux déformations élastiques) et par dissipation (lors des déformations non élastiques). une structure moins résistante compense le manque de sa capacité à stocker l'énergie par la dissipation (c'est la quantité totale d'énergie absorbée qui compte). pour atteindre un même niveau de performance qu'une structure très résistante. il devrait être effectué par un architecte. elle est également la moins coûteuse. en termes plus généraux. • améliorer le niveau de performances de l'ouvrage.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 4. 37 .4. il n'y a pas de rupture d'éléments structuraux. La réduction des charges sismiques est la démarche philosophiquement la plus rationnelle car elle vise à soustraire partiellement l'ouvrage à l'action sismique plutôt que de le renforcer afin qu'il résiste à des charges élevées.

38 . La structure 3. 18 . Un accroissement notable de la dissipativité nécessite en général une baisse de la résistance ultime. inspirée par l'article de J.Augmentation de la résistance sans modifier la dissipativité. 18 illustre cette situation (l'énergie absorbée est proportionnelle à l'aire hachurée sous la courbe résistance-déformation). 5. offre une meilleure sécurité que la structure 1.10). 3.les grands ateliers a) L’énergie cinétique a été transformée en énergie potentielle stockée (comportement élastique) b) Une même quantité d’énergie qu’en a) peut être absorbée par une structure moins résistante c) Structure moins résistante qu’en a). mais plus performante car elle peut absorber davantage d’énergie Fig. La structure 2. Amman et al publié dans la réf. 4.Efficacité structurale en termes de quantité d'énergie cinétique absorbée La fig. L'augmentation de la dissipativité est limitée par les déformations maximales compatibles avec le niveau de performances recherché (fig. possède le même niveau de sécurité structurale. moins résistante que la structure 1. 2. Différentes stratégies permettant d'améliorer le niveau de performance d'un bâtiment sont résumées sur la fig.Augmentation de la résistance et baisse de la dissipativité : ces démarches peuvent convenir pour obtenir la fonctionnalité immédiate d'un bâtiment car elles se traduisent par une réduction des déformations. par exemple par l'utilisation d'amortisseurs.Augmentation de la dissipativité sans modifier la résistance : cette démarche peut être jumelée avec la recherche d'une réduction des charges sismiques. également moins résistante.Baisse de la résistance et augmentation importante de la dissipativité : cette démarche peut convenir aux constructions très vulnérables dont on cherche à assurer le non-effondrement. 19. 61 : 1.Augmentation de la résistance et de la dissipativité : cette stratégie convient pour les bâtiments assez vulnérables.

Il s'agit donc de modifier la période du bâtiment afin de l'éloigner le plus possible de la période dominante du sol. après réhabilitation parasismique.4. au contraire. elles ne peuvent pas être toutes pratiquées simultanément.Stratégies permettant d'atteindre ou de dépasser. remplacement de la couverture. Différentes démarches possibles sont passées en revue ciaprès. pouvant aller jusqu'à l'effondrement. Elle se produit lorsque la période propre fondamentale du bâtiment est proche de celle du sol. de la raccourcir. En général. 39 .Recherche de non-résonance La résonance d'une construction avec le sol est en général à l'origine de dommages sismiques importants. 19 .).2. également par des procédés non traditionnels. un niveau de performance exigé. Les charges sismiques diminuent avec l'éloignement des deux périodes. Il s'agit de faire varier la résistance et/ou la dissipativité de la construction (d'après [61]). charpente en acier ou en bois lamellé-collé. en ce qui concerne l'accélération. Il convient dans ces cas d'opter pour des solutions légères (planchers métalliques. Les deux grandeurs peuvent donc être minimisées. 4. etc. etc.Réduction des masses Cette démarche est en général adoptée lors d'une réhabilitation lourde : remplacement des planchers ou de la charpente. 1. 2. RÉDUCTION DU NIVEAU D'ACTION SISMIQUE La vulnérabilité aux séismes d'un ouvrage diminue avec la baisse des charges sismiques auxquelles il est susceptible d'être exposé. La réduction peut porter sur les actions sismiques d'ensemble ou sur des actions locales. par des moyens classiques ou. il peut être souhaitable de l'allonger ou.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants Résistance bâtiment conforme 1 Bâtiment à réhabiliter Bâtiment réhabilité 2 3 4 5 bâtiment non conformes Niveau de performance désiré Limite due à la déformabilité maximale acceptable de l’ouvrage Disipasivité Fig. Ces charges dépendent de sa masse et des accélérations qu'il subit. Selon le cas.

Dans la réhabilitation. dans la plupart des cas. une solution consiste à ajouter. donc la fonctionnalité de l'ouvrage. 40 . la protection de la construction. L'isolation parasismique est une solution très coûteuse dans le cas du bâti existant et. subissent en cas de séisme des charges très élevées car celles-ci sont distribuées sur les éléments résistants en proportion de leurs rigidités. La précontrainte des maçonneries ou du béton armé peut également être utilisée. des équipements et des matériels. Dans ce cas. l'incidence architecturale peut être importante car elle se traduit par l'ajout d'éléments verticaux de contreventement : murs en maçonnerie. en les disposant symétriquement. Il peut donc être nécessaire d'ajouter des murs ou autres éléments de contreventement placés de manière à rééquilibrer la distribution des éléments rigides. le réaménagement de la transition bâtiment/sol extérieur est nécessaire. Au plan architectural. Or les concentrations de charges ne sont pas souhaitables. de ce fait. en plus de la sauvegarde des vies humaines. 6. Elle peut être obtenue par une réduction des masses déjà citée et par l'accroissement de la rigidité de l'ouvrage.Prévenir l'entrechoquement L'entrechoquement se produit entre deux constructions voisines ou entre deux blocs d'un même bâtiment séparés par un joint de fractionnement ayant une largeur insuffisante. Elle a l'avantage d'assurer. elle est réservée à des bâtiments dont le fonctionnement après un séisme est impératif ou pour les monuments historiques. des murs ou autres éléments ayant une rigidité très supérieure à celle des points durs initiaux.Limitation de la torsion d'ensemble Les mouvements sismiques entraînent une torsion d'ensemble des constructions lorsque leur centre de gravité d'un ou plusieurs niveaux ne coïncide pas avec leur centre de rigidité.Suppression des " points durs " Les éléments structuraux isolés participant au contreventement et possédant une rigidité transversale beaucoup plus grande que les autres éléments assurant la même fonction. etc. 5. 3. une réduction de la période est nécessaire. de manière qu'ils reprennent une partie prépondérante des charges. il est utilisé pour les constructions ne dépassant pas six niveaux.les grands ateliers En pratique. 4. La torsion étant un facteur de vulnérabilité important.Isolation parasismique Ce procédé non traditionnel permet de diviser les charges sismiques par un facteur de 5 ou 6. sa limitation devrait être systématiquement recherchée. palées de stabilité en acier. voiles en béton. Les solutions à ce problème sont radicalement opposées : créer un joint plus large ou le supprimer par injection de résines assurant un couplage mécanique. La suppression des éléments constituant les points durs étant généralement impossible.

auquel il confère une meilleure résistance mécanique. Afin d'éviter les écueils. Il peut comporter les opérations suivantes : • redimensionnement. Un renforcement local déplace le " problème " sur les éléments voisins non renforcés. • s'abstenir de créer des " points durs " isolés. L'utilisation de cette technique pour les bâtiments est très récente. La distribution des charges et celle des éléments rigides (les deux étant liées) jouent un rôle déterminant. couplé à la structure existante . 41 .Renforcement Le renforcement. réduire progressivement vers le haut la rigidité latérale nouvellement conférée à la structure . qui " attirent " les charges sismiques . on devrait notamment : • dans le cas où tous les niveaux du bâtiment ne sont pas réhabilités. • renforcement et liaisonnement des fondations . En général.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 7.Amortisseurs parasismiques Une réduction notable des charges sismiques peut être obtenue par des amortisseurs à frottement ou à fluide visqueux placés dans des éléments assurant le contreventement. pour des raisons économiques. Il est donc important de veiller à ne pas aggraver le comportement d'ensemble car la résistance d'une structure n'est pas égale à la somme des résistances de ses éléments. est la stratégie la plus traditionnelle et la plus fréquente lors de la réhabilitation parasismique d'un bâtiment. 4. • création d'un nouveau système de contreventement. • ancrage efficace des éléments de contreventement horizontal et vertical (ce qui implique la création de chaînages dans les maçonneries qui en sont dépourvues) . un renforcement localisé entraîne en général un déplacement du centre de rigidité . consolidation ou remplacement d'éléments structuraux . AMÉLIORATION DU NIVEAU DE PERFORMANCE D'UN BÂTIMENT 1. en effet. • à chaque niveau. une partie seulement des éléments porteurs est renforcée.3. mais elle est très prometteuse car elle peut être plus économique que les méthodes traditionnelles. répartir la rigidité symétriquement afin de limiter la torsion d'ensemble . appelé également " confortement préventif ". • traitement du sol d'assise. l'interface entre les niveaux renforcé et non renforcé constitue une zone particulièrement fragile .4.

4. 3.Amélioration de la dissipativité Cette stratégie est très avantageuse car elle autorise une réduction du niveau de résistance mécanique de la structure à atteindre (cf. plus haut). • éviter le mode de ruine par cisaillement pour les poteaux et les poutres (ce qui est le cas des poteaux courts ou bridés.augmenter la section des porteurs verticaux. Il est donc intéressant et avantageux soit de les supprimer. Par contre. des poutres assurant un transfert de charges. Un renforcement des poteaux peut apporter une amélioration mais ne résout pas complètement le problème. etc.etc. . l'effet de niveau souple peut être : .1. L'architecte joue un rôle déterminant dans le choix de ces solutions.supprimer le bridage des poteaux par des éléments rigides comme les allèges en maçonnerie ou les cloisons n'atteignant pas le plafond. .faire travailler les éléments structuraux à la flexion. .autoriser un allongement notable des boulons d'ancrage. couplant des éléments ayant un comportement dynamique très différent . en conférant au rez-de-chaussée une rigidité comparable à celle des autres niveaux par un contreventement en façade. . effets d'entaille et tout changement brusque de forme ou de section des éléments de contreventement. 4. La dissipativité d'une construction peut être améliorée de plusieurs manières : • augmenter la ductilité de la structure : .réaliser une armature adéquate des éléments en béton armé. .prévenir les instabilités locales des éléments à parois minces (par raidissage). par adjonction d'un noyau rigide central (donc en retrait des façades) 42 .).les grands ateliers • ne pas créer une structure hybride. restent des zones faibles.confiner les maçonneries par des chaînages. 2. . . . soit d'atténuer les inconvénients qu'elles génèrent ou encore de les déplacer. car il donne lieu à une rupture fragile. des poutres-allèges. • utiliser des amortisseurs (cf. même renforcées ou rendues plus ductiles. il est rarement possible économiquement de conférer à un bâtiment existant le niveau de résistance exigé pour la construction parasismique neuve.Suppression ou redistribution des zones faibles Les zones " faibles ". Or.supprimer les affaiblissements locaux. Quelques exemples permettront d'éclairer ces démarches : • Un rez-de-chaussée sur pilotis ou largement ouvert constitue souvent un niveau souple.supprimé.). car sa rigidité latérale est très inférieure à celle des autres niveaux.

Afin de pallier cet inconvénient. 2. 1. des éléments en porte-àfaux se sont rompus et effondrés devant la construction. Elles peuvent être classées en plusieurs catégories. les trémies sont " mal placées " car elles affaiblissent les planchers sur leur périphérie. contreforts extérieurs.Renforcement par addition de nouveaux éléments de construction : voiles.5.…) sont en général assez vulnérables vis-à-vis des charges sismiques verticales. . A part le renforcement classique. cet effet peut être : . ce qui permet par ailleurs de gagner de la surface de plancher bénéficiant d'une possibilité d'éclairement direct.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants ou en réduisant la rigidité des niveaux supérieurs. etc.augmentation de section par enrobage. palées de stabilité. en faisant varier progressivement la rigidité du rez-dechaussée vers le haut. . 4. au moyen de goussets importants en tête des poteaux ou en créant un effet d'arc entre les pilotis. parois enterrées. • Les dalles en porte-à-faux (balcons.faire porter les balcons par des poutres en porte-à-faux. auvents. symétriquement disposées ou non.déplacer les cages d'escalier vers le milieu du bâtiment. ou en modifiant la forme du bâtiment (ce qui est parfois possible) de manière à arrondir l'angle rentrant. • Les bâtiments comportant des ailes. chaînages. La liaison entre la partie ajoutée et la structure existante est d'une importance capitale pour l'efficacité de la solution. . où les sollicitations atteignent les intensités les plus importantes. TECHNIQUES DE RENFORCEMENT Les techniques de renforcement ne sont pas spécifiquement parasismiques car elles sont indépendantes des motifs de renforcement. moins vulnérables aux charges sismiques que les dalles en porte-à-faux.Amélioration de la résistance de la section transversale des éléments constructifs : . par exemple en optant pour une façade légère découplée de l'ossature. Lors des récents séismes de Kobé (Japon) et du Vénézuela. en fractionnant la construction par des joints parasismiques (solution coûteuse).supprimer les trémies en optant pour des escaliers extérieurs. on peut : . cette situation peut être traitée de la manière suivante : . peuvent subir des dommages graves dans les angles rentrants en raison des déplacements importants des extrémités des ailes . . Dans ce cas.supprimé. en plaçant des voiles transversaux aux extrémités des ailes afin de limiter leurs déformations. 43 .supprimer les porte-à-faux en faisant porter les dalles des balcons ou de l'auvent par des voiles ou autres structures latérales. • Les cages d'escalier se trouvent souvent en façade des bâtiments. micropieux.atténué.atténué.

. 44 . .remplacement de béton et d'armatures détériorés. réversibilité (possibilité de retour ultérieur en arrière. 4. compétence des entreprises locales. Les solutions techniques retenues doivent également tenir compte d'un éventuel impératif de non-interruption de l'exploitation du bâtiment. .corsetage des murs. durabilité.contrevoiles bilatéraux solidarisés. .supprimer la susceptibilité de liquéfaction. .ancrage des charpentes sur le niveau sous-jacent. .plaques d'acier collées. . affaissements. 5. .ancrage des équipements lourds. coulées lentes.chemisage des poteaux.contrevoiles. Le choix des techniques de renforcement s'effectue selon les critères habituels : coût.ancrage à la fondation des ossatures préfabriquées.Réparation : .remplacement des éléments de maçonnerie détériorés. 6. 3.ancrage des planchers dans les chaînages.traitement de surface afin d'améliorer la durabilité des bétons et des aciers. . poteaux. ce qui est parfois demandé pour les monuments historiques).renforcement de l'armature.prévenir les tassements importants en cas de séisme. etc.injection de fissures.les grands ateliers .prévenir des mouvements de terrain : glissements. 7. . rapidité de mise en œuvre. etc.Renforcement par précontrainte (essentiellement pour les ouvrages en béton armé ou maçonnerie).tissu de fibres de carbone collé.… .Renforcement par confinement : . En effet.Réalisation d'ancrages efficaces : . cette exigence est très fréquente. .augmenter sa capacité portante. .Traitement de sol visant à : . cheminées. disponibilité. . éboulements.

Cependant. Ces méthodes. de même que la traduction en français de méthodes étrangères traitant ce domaine d'une manière exhaustive. un architecte formé en conception parasismique des bâtiments est en mesure d'effectuer une évaluation rapide de présomption de la vulnérabilité aux séismes d'un bâtiment ou d'un ensemble urbain. en général rédigées à l'intention des ingénieurs de structure. relocalisation des services. les étapes de la réhabilitation parasismique des bâtiments. mais elles montrent quels phénomènes et situations doivent être pris en compte. Il apparaît que la part de l'ingénieur dans la réhabilitation parasismique des constructions est essentielle.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 5. montre différentes approches de la problématique et propose un inventaire commenté des démarches possibles. il est souhaitable de disposer de guides didactiques où les démarches présentées dans cette étude seraient développées et abondamment illustrées. au contraire. CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS La présente étude résume. etc. qui lui échappent actuellement. 45 . de quelle manière et où trouver les données correspondantes. Afin de faciliter l'appropriation de ces problématiques par les architectes. et de constituer ainsi des éléments permettant d'identifier les risques et de mettre en place des priorités d'action de renforcement préventif ou de prévention (déclassement de la construction. Le champ d'activité de l'architecte pourrait ainsi légitimement s'élargir à des marchés relevant de la prévention du risque sismique dans le bâti existant. Il serait donc opportun d'entreprendre la rédaction de tels guides. Son intervention peut diriger la stratégie adoptée vers des solutions discrètes ou. Par ailleurs.). sans les traiter en détail. l'architecte également peut et devrait y jouer un rôle important car le choix d'un parti ou d'une démarche influant sur la conception architecturale doit être effectué. relogement. ne sont pas en mesure de remplacer les guides adaptés à la démarche d'un architecte. modifier radicalement l'expression architecturale même du bâtiment. notamment en ce qui concerne le diagnostic préliminaire de vulnérabilité et les stratégies de réhabilitation.

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Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants ANNEXE Extrait de la grille de relevé de facteurs de vulnérabilité des bâtiments aux séismes figurant dans (32 ) 53 .

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distance : .modérée .bord de mer .cours d'eau . PRESENCE DE CONSTRUCTIONS MITOYENNES • Mitoyen .retenue d'eau .non .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants 2.avec joint de séparation "sans épaisseur" oui non 55 .sans joint de séparation .sommet . IMPLANTATION SUR LE SITE • Proximité d'une brisure de pente • Proximité de falaise : .autre.falaise dominée . préciser : • Pente générale : .distance : • Autre situation présentant des risques : non ne sait pas oui non ne sait pas 4.plateau .vallon .plaine .falaise dominante .hauteur : • Présence de soutènement en amont oui • Proximité : .versant .crête .époque de construction : .forte • Nature du sol en surface : • Couches alluvionnaires de forte épaisseur oui non ne sait pas 3. LE SITE • Type : .nulle .

CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES 5.compacte .à ailes .élancement L/l * 3 • Symétrie : .1. préciser : • Construction mitoyenne : .élancement L/l > 3 . préciser : • Parties saillantes l > L/4 l < L/4 • Parties en retrait l > L/4 l < L/4 • Autres cas : 5.les grands ateliers .autre cas.de même hauteur • Niveaux des planchers des constructions mitoyennes correspondant à ceux de l'ouvrage étudié oui non ne sait pas • Distance des bâtiments proches : -d<H -d>H • Autres cas : 5.selon un seul axe .avec joint de 2 cm rempli de polystyrène . FORME EN PLAN • Rectangulaire : .plus haute .2.selon deux axes • Irrégulière : .plus basse .autre. préciser : oui non 56 . FORME EN ELEVATION • Régulière si "non".

plus d'un niveau autres : préciser : 5.sur toutes les façades • Saillie progressive oui oui non oui oui non non non • Présence de niveaux "ouverts" : .non .non .Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants • Retrait(s) non progressif(s) .sur quatre façades .> 50 % oui oui non non ne sait pas ne sait pas 57 .oui.non .1 niveau .de 0-20 % .de 25 à 50 % .sur trois façades .sur deux façades opposées .sur deux façades opposées . AUTRES CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES • Porte-à-faux.> 40 % • Présence d'édicules en toiture : .de 20-40 % .sur deux façades contiguës .sur trois façades .sur une façade .autre cas : • Retrait progressif • Saillie non progressive .sur une façade . sans refends • Niveaux de hauteur différente de l'étage courant . avec refends .oui.sur deux façades contiguës .sur quatre façades .largeur totale < 25 % du mur . l > 2 m • Angles affaiblis • Ouvertures dans les murs : .3.

1.si "oui".25-50 % .sans murs • Joints de construction (de montage) existants oui non • Joints de dilatation ou de tassement oui .< 25 % . CARACTERISTIQUES MASSIQUES • Présence d'un plancher plus lourd que le plancher courant oui • Différence de masse entre deux niveaux : .médiocre .normal .avec murs .non .> 50 % • Présence d'une salle à forte capacité de personnes oui • Présence de masses isolées . SYSTEME PORTEUR VERTICAL • Etat de conservation : . préciser : oui non ne sait pas non oui oui non non ne sait pas ne sait pas ne sait pas ne sait pas 58 .si "oui".bon • Structure isostatique • Système "flexible" sur sol meuble • Vide sanitaire existant : .si "oui". STRUCTURE 7. lesquelles : • Présence d'une toiture lourde • Autres : oui non ne sait pas oui non ne sait pas non non ne sait pas ne sait pas 7.les grands ateliers • Autres : 6. largeur : • Report de charge existant .

si "oui".2. DIAPHRAGMES • Type de planchers : • Plancher formant diaphragme oui non ne sait pas • Toiture contreventée. préciser : • Autres : ne sait pas non ne sait pas ne sait pas 59 .si "oui". préciser : • Discontinuités de rigidité . préciser : oui non ne sait pas oui non ne sait pas oui non • Charpente exerçant des poussées aux appuis oui non • Autres : ne sait pas 7. préciser : • Escaliers en console .si "oui". CONTREVENTEMENT 7.si "oui".1.si "oui" : < 25 % de L > 25 % de L • Grande trémie attenante à une palée de stabilité oui non .2.Milan ZACEK vulnerabilite aux seismes et renforcement des batiments existants • Discontinuités de résistance . formant diaphragme oui non • Planchers comportant des trémies de grandes dimensions oui .

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une telle étude pouvant être réalisée par un architecte sans formation parasismique particulière. en ce qui concerne les sols et effets de site. leurs caractéristiques et leurs modes de propagation. qui provoquent les différents types de séismes. présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants en béton armé et maçonnerie. Cahier 2-a. Le cahier 2 présente différentes méthodes de diagnostic de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants. et propose des stratégies de réhabilitation parasismique. Résultant des observations réalisées à l’occasion de missions post-sismiques. Milan Zacek. Patricia Balandier. et propose des actions et des recommandations pour réduire le bilan des catastrophes et améliorer la préparation de la société à leur éventualité. Il propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité. La connaissance de ces phénomènes est nécessaire au constructeur pour comprendre leurs effets sur les constructions. .Collection des cahiers parasismiques Cahier 1. par l’avis d’un géotechnicien. objectifs et problématique. et de l’adoption de dispositions architecturales et de principes de construction appropriés. Cahier 4. Le cahier 1 porte sur la conception parasismique des bâtiments neufs. Le cahier 4 décrit les mécanismes de la tectonique des plaques et les phénomènes sismiques. annexé au cahier 2. et de l’examen de très nombreux rapports ou dépêches après séismes. ou « pré-diagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice. ainsi que les techniques de renforcement des structures. Patricia Balandier. Vulnérabilité et renforcement. Conception parasismique niveau avant-projet. Milan Zacek. mais permettre de mieux comprendre les arbitrages qui président à la mise en œuvre de la politique de mitigation du risque sismique. ou « prédiagnostic » se déclinant selon la complexité de l’édifice. L’ouvrage aborde enfin comment la traduction réglementaire de ces études de sismologie. Cahier 2. Cahier 3. ne doit pas dissimuler leur complexité. Le cahier 2-a. ainsi que les techniques de renforcement des structures en béton armé. Le cahier 3 examine les dispositions en matière d’urbanisme et d’aménagement. complétée. naturels ou technologiques. Milan Zacek. Sismologie appliquée à l’usage des architectes et ingénieurs. généralement inappropriées. et montre l’importance de la prise en compte du phénomène sismique par l’architecte et l’ingénieur dès le début de la conception. qui simplifie nécessairement la prise en considération des phénomènes étudiés plus haut. Guide d’évaluation de la présomption de vulnérabilité aux séismes des bâtiments existants – Cas des constructions en maçonnerie et béton armé. Il est complété par le cahier 2-a qui propose une méthode d’évaluation de présomption de vulnérabilité. et propose des stratégies de réhabilitation parasismique. et aborder les questions de politique de prévention. ces propositions sont en grande partie généralisables pour se préparer à d’autres types de risques majeurs. Urbanisme et aménagement territorial en zone sismique.

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