P. 1
La Salat - La Prière

La Salat - La Prière

|Views: 789|Likes:
En tant qu'introspection méthodique de l'expérimentation religieuse et ses résultats chez le croyant qui la pratique, le mysticisme est unhe des principales composantes de l'enseignement Islamique. C'est par cette discipline, et de la prière que j'ai comme croyant trouvé le moyen de m'élever à une hauteur d'ou je peut voir plus loin que mon propre horizon. L'étude rationnelle ne peut arriver à autre chose qu'à une image confuse des idées éternelles, réfléchies dans les créatures, mais non pas directe, comme la méthode soufie, et bien moins certaine. Pour cette raison, les soufis mettent toute leur confiance dans l'étude, mais plus encore dans la purification do coeur, pour le nettoyer comme la glace d'un miroir, et ôter tous les voiles.
En tant qu'introspection méthodique de l'expérimentation religieuse et ses résultats chez le croyant qui la pratique, le mysticisme est unhe des principales composantes de l'enseignement Islamique. C'est par cette discipline, et de la prière que j'ai comme croyant trouvé le moyen de m'élever à une hauteur d'ou je peut voir plus loin que mon propre horizon. L'étude rationnelle ne peut arriver à autre chose qu'à une image confuse des idées éternelles, réfléchies dans les créatures, mais non pas directe, comme la méthode soufie, et bien moins certaine. Pour cette raison, les soufis mettent toute leur confiance dans l'étude, mais plus encore dans la purification do coeur, pour le nettoyer comme la glace d'un miroir, et ôter tous les voiles.

More info:

Categories:Types, Research, History
Published by: Philippe L. De Coster on Sep 25, 2011
Droits d'auteur :Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

07/14/2013

pdf

text

original

La Salat

La Prière Islamique de Toujours et diverses études (1997/8)
par Hamza De Coster, DD avec un nombre de Sourates pour la Prière.

© Septembre 2011 – Hamza De Coster, DD, Gent, Belgique

Introduction

Sachons que les commandements d‘Allah sont de deux ordre, notamment des obligations (frâ’îd) et des actes surérogatoires. Les obligations sont le fond de commerce, ainsi que le capital du croyant. Par elles, la délivrance est possible. Quant aux actes surérogatoires, ils représentent le bénéfice qui élève aux plus hauts degrés. Suivant le Prophète (paix et bénédiction sur lui)), Allah, qu‘Il soit glorifié, a dit : « Rien, des actes de Mon serviteur, ne M‘est plus agréable que l‘accomplissement des obligations que Je lui ai prescrites. (Aussi) il ne cessera pas de se rapprocher de Moi par ses œuvres surérogatoires jusqu‘à ce qu‘il gagne Mon amour pour lui, Je deviendrai alors son ouïe par laquelle il parlera, sa main par laquelle il touchera, et son pied par lequel il marchera ». (Rapporté par El-Bukhari) S‘appuyant donc sur ce hadith du Prophète (paix et bénédiction sur lui), on peut conclure : « L‘intention du croyant caractérise son œuvre ». Tout acte vertueux, l‘accomplissement de « La Salat », l‘accomplissement d‘un précepte, la pratique de quelque dévotion acquiert aux yeux d‘Allah un mérite proportionnel au nombre de bonnes intentions que le musulman s‘est proposées. Mais, il y a beaucoup plus, car les actes licites, mais indifférents peuvent se changer en actes méritoires. Il suffit pour cela, de les diriger au service et à la gloire d‘Allah. Mais alors, il est indispensable que l‘intention soit pure, c‘est-à-dire exempte de tout mélange de motifs étrangers à Allah, par exemple, la vanité spirituelle en ses formes tellement variées. Ainsi, chaque acte perd sa valeur, en proportion de l‘influence exercée par le motif mondain. 2

Pour se prémunir contre ce danger si grave, qui arriverait à rendre inutiles tous les efforts du musulman pour parvenir à la vie de proximité, il y a un exercice spirituel ; qui est l‘examen quotidien, qui se divise en six parties : 1. Le ferme propose, qui consiste pour le fidèle à prévoir, chaque matin, à son lever, les actes, omissions, pensées qui pourront survenir aux diverses heures et dans les diverses occupations de la journée, et avoir la ferme intention de leur donner une motivation correcte. 2. La vigilance de tous les instants à conformer actes et abstentions à ce qui a été promis à Allah le matin. Elle doit précéder et accompagner l‘acte ; l‘âme se demandera auparavant ; pourquoi, comment, et pour qui elle va agir. 3. L‘examen de conscience (al-muhâsaba), le nuit. Sa méthode est pratique puisqu‘elle consiste à revoir méthodiquement et en détail tous les événements de la journée, afin de se rappeler de tous les péchés, imperfections, omissions et actes de vertu, tant extérieurs qu‘intérieurs, commis à chaque moment du jour. 4. La mortification (al-mo‘âqaba) imposée à l‘âme comme thérapie et en châtiment de ses péchés et imperfections, notamment le jeûne, et abstentions diverses. 5. La repentance (al-mujâhada) ou combat contre la tiédeur dans le pratiques de la piété. Elle consiste à s‘imposer, comme expiation et en compensation d‘actes imparfaits, des actes nouveaux et réitérés. 6. La réprimande (al-mo‘âtaba) de l‘âme, au moyen de discours moraux que le croyant s‘adresse mentalement à lui-même, s‘inspirant des considérations surnaturelles qui peuvent provoquer en son cœur la douleur et le repentir de ses imperfections et péchés. Cependant, le plus utile instrument de progrès dans la vie mystique est la méditation. Une heure de méditation, vaut mieux qu‘un an de dévotion. La méthode pratique de cet exercice spirituel est la suivante : Avant tout, la mémoire présente à l‘entendement la matière de la méditation, c‘est-à-dire les idées, les actions, et les paroles sur lesquelles on a exercé aussitôt les autres puissances de l‘âme, connu comme souvenir (attadhakkour). On le prépare par la lecture attentive et recueillie du Coran, ou des Hadiths du Prophète et de certains textes et chants relatifs à la gloire d‘Allah, au prophète et à la grandeur de l‘Islam. La matière une fois présente à l‘entendement, vient la méditation proprement dite, qui est l‘exercice de la raison spéculative comparant et, par induction et 3

déduction, tirant depuis des vérités connues d‘autres vérités nouvelles et inconnues. Cette opération discursive de la raison (al-i‘tibâr) se fait, pour le lus grand nombre des dévots, inconsciemment et sans appliquer d‘une façon réfléchie les règles de la logique. La conséquence ou vérité acquise par la méditation doit se convertir de spéculative en pratique, moyennant l‘application concrète que l‘entendement en fait à son propre état ; autrement l‘idée n‘exercerait aucune influence sur la volonté et la méditation resterait stérile. Son fruit (at-thamara) le plus utile n‘est pas, en effet, la science, en tant qu‘elle, mais le changement du cœur qu‘elle induit, c‘est-à-dire les émotions très variées que nous trouvons dans toute la mystique Islamique, et les bonnes résolutions formées, en conséquence, par la volonté, d‘accomplir des œuvres salutaires. Deux exercices : 1. Le croyant, chaque matin, pour faire sa méditation, il pourra focaliser son intention sur un péché qu‘il veut éviter ou une vertu qu‘il veut pratiquer. Cela fait, il barrera d‘un trait son sujet et il pourra ensuite s‘appliquer aux péchés ou aux vertus qui suivent. 2. Méditations sur Allah : elles sont spéciales aux mystiques (parfaits). Il est conseillé ici de ne pas prendre comme matière de leur contemplation l‘essence ou les attributs absolus de la Divinité, parce que le Prophète (paix et salut sur lui) le défend et parce que cela expose à des doutes en matière de foi. Il est préférable de se borner à les méditer dans les créatures, comme reflets des attributs divins. Voilà tout ce que nous avions à dire concernant la vie de prière du croyant avant d‘aborder les instructions qui suivent. Qu‘Allah fasse que nos propos soient dans le vrai. Que la bénédiction d‘Allah et Sa paix infinie soient sur la meilleure des créatures de Dieu, notre seigneur et maître Muhammad ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

4

Préparation à la Prière
Les Ablutions
Les conditions indispensables pour l‘accomplissement des prières sont deux :

1. La Purification
Avant de commencer les prières, il est nécessaire que le croyant Musulman ait le corps et les vêtements purifiés : - Pour le physique, la propreté consiste à faire ses ablutions. - Pour les vêtements, il faut éliminer toutes les impuretés comme : le sang, l‘urine, les matières fécales ainsi que toute saleté.

2. Les Ablutions
Les ablutions ne sont autorisées qu‘avec de l‘eau pure, inodore et incolore, comme celle qui coule du robinet, qui provient de la mer, ruisseaux ou rivières, des sources ou puits. Toute autre eau par son odeur ou goût est impropre pour les ablutions.

Comment accomplir les Ablutions
1. Tout d‘abord, formulez intérieurement l‘intention de faire ses ablutions, et commencer par la formule : Bismillah irrahman irrahim Au Nom d‘Allah le Clément, le Miséricordieux 2. Se laver les mains trois fois jusqu‘aux poignets.

5

3. Se rincer la bouche trois fois.

4. Se rincer les narines trois fois en aspirant et en expirant de l‘eau par le nez.

5. Se laver le visage à partir du front jusqu‘au menton trois fois, sans toucher les oreilles.

6

6. Se laver les bras jusqu‘aux coudes trois fois, en commençant toujours par le bras droit.

7. S‘essuyer les cheveux depuis le front jusqu‘à la nuque, puis effectuer un retour.

8. Passer les doigts mouillés sur les oreilles, à l‘intérieur et à l‘extérieur.

7

9. Se laver les pieds jusqu‘aux chevilles, en commençant toujours par le pied droit.

10. Puis répéter l‘Attestation de Foi : “Ash hadu al la ilaha illal lahu wa ash hadu an-na Muhammadan `ab-duhu wa rasuluh.” “ J‘atteste qu‘il n‘y a de divinité qu‘Allah seul est sans associé, et j‘atteste que Mohammad est Son serviteur et Son Messager. »

Annulation des ablutions :
1. L‘évacuation des matières fécales, d‘urines, de gaz. 2. Le sommeil profond. 3. La perte de conscience, quelle qu‘en soit la cause.

L‟ablution pulvérale (tayammoum)
L‘ablution pulvérale (tayammoum) est permise si le croyant est malade ou s‘il a une blessure, avec la crainte de l‘infecter, ou encore s‘il ne trouve pas d‘eau pour faire ses ablutions. Il commence par l‘intention de faire les ablutions pulvérales, puis il dit : Bismillah irrahman irrahim Au Nom d‘Allah le Clément, le Miséricordieux Il passe ses mains sur une pierre propre, sur du sable ou de la terre et les passe ensuite sur son visage. Il passe une seconde fois ses mains sur la pierre, le sable ou la terre et passe la paume de sa main gauche sur sa main droite jusqu‘au 8

coude, et sa main droite sur sa main gauche jusqu‘au coude, suivant le rite malikite. Les annulations sont identiques aux ablutions avec de l‘eau pure.

Al-Adhân
L‟Appel à la Prière
L‘appel à la prière est le fait d‘appeler les croyant musulmans à l‘accomplissement de la prière obligatoire, afin qu‘ils viennent s‘acquitter de leur devoir religieux dans la mosquée ou chez soi et là où ils se trouvent. En effet, le fait d‘accomplir la prière de préférence en groupe à beaucoup de mérite que sa réalisation individuelle. Le mérite de l‘appel à la prière (Adhane) rapporté par Mouhammad bin Mouhammad Abou Hamed Al Ghazali, décédé en l‘an 550 H. (calendrier Islamique), c'est-à-dire né en 1058, et mort en 1111 de l‘ère chrétienne : Le Prophète (Qu‘Allah le bénisse et le salue) a dit : « Trois hommes se tiendront, le jour de la Résurrection sur une colline de musc pur : ils ne craindront aucun jugement et n‘auront pas peur jusqu‘à ce que le jugement des hommes soit terminé ; ce sont les hommes suivants : - Un homme qui a lu le Coran cherchant la satisfaction d‘Allah. - Un homme qui a souffert de l‘esclavage dans la vie présente mais cela ne l‘empêchera pas de travailler pour son au-delà. - Un homme qui a proclamé d‘Adhane. Il dit aussi : « La main du Seigneur se dépose sur la tête du muezzin jusqu‘à ce qu‘il termine son Adhane. On dit que les paroles divines (Quelles plus belles paroles que celles consacrées à la cause d‘Allah) (Coran XLI,33) désignent les muezzins. » Lorsque tu entends l‘appel à la prière, répète les mêmes paroles du muezzin sauf lorsqu‘il arrive aux formules : Hayya ‗ala Salat (Venez à la prière) ; Hayya ‗ala falah (venez au salut). A ce moment, il faudrait dire : « Il n‘y a de Force et de Puissance qu‘en Allah, le Très-Haut, le Magnifique. » Donc, l‘appel à la Prière (ou Adhân) consiste à dire, à haute voix : 9

(1) Allahu Akbar (quatre fois) Allah est Grand. Allah est Grand. (2) Ash-hadu an la ilaha ili-Allah (deux fois) J‘atteste qu‘il n‘y a pas d‘autre divinité qu‘Allah. (3) Ash-hadu anna Muhammad-ar-rasoolullah (deux fois) J‘atteste que Muhammad est Son Messager. (4) Hayya‟ alas-Salah (deux fois avec le visage tourné à droite) Accourez à la prière. (5) Hayya‟ alal-falah (deux fois avec le visage tourné à gauche) Accourez au salut. (6) Allahu Akbar (deux fois) Allah est Grand. (7) La ilaha ill-Allah (une fois) Il n‘y a pas d‘autre divinité autre qu‘Allah.

Remarque :
Avant la première prière, celle de l‘aube, on ajoute : As-salatu khairum minannaum (La Prière est préférée qu‘au sommeil). 10

IQAMAT
Iqamat est le second appel à la prière, et est dite directement après le second appel à la prière, directement avant de commencer la prière obligatoire Fard. Iqamat est identique à Azam avec l‘ajoute de la phrase ―Qad qamatis-Salah‖ (la prière est effectivement commencée. (Prononcée deux fois).

Les Principaux Eléments de la Prière Obligatoire
Les parties obligatoires de la Prière sont sept : 1. A dire le ―Takbier-e-tahrima. 2. « Qiyaam », signifie qu‘on est debout avec la main droite sur la main gauche sous le nombril. 3. Dire quelques versets du Saint Coran. 4. Rak‘a veut dire se baisser, de sorte que les mains touchent les genoux. 5. Sadjdah veut dire qu‘on se prosterne de sorte que les paumes des mains, le front, le bout du nez, les genoux et les deux pieds touchent le pavage, tenant assez d‘espace entre les bras et la poitrine, les jambes et le ventre qui ne peuvent se toucher. 6. Qa‘dah veut dire, être agenouiller d‘une façon pieuse avec le pied gauche se reposant sur les doigts de pied et la gauche en se reposant en position sous le tronc. 7. Faire savoir que la prière est terminée s‘annonce par la parole ou une action.

11

La Prière
Introduction
Huit (6 + 2) points qui sont primordiale à suivre :
1. Dire: Takbier-e Tahrima, c‘est-à-dire Allâhou akbar (Ekber) 2. Dire le « Al-Fatiha », qui est l‘ouverture du Saint Coran. 3. Dire une sourate du Saint Coran, ou au moins trois versets du Saint Livre. 4. Le Al-Fatiha doit toujours précéder n‘importe quelle autre sourate ou trois versets au moins d‘une sourate coranique. 5. Eviter une pause entre la sourate d‘introduction « Al-Fatiha », et n‘importe quelle autre sourate coranique, ou trois versets d‘une sourate. Le comportement correct veut qu‘une sourate est prononcée sans aucune heurte, même dans le changement d‘une position, observant les pauses entre chaque phase. 6. La mise en œuvre de la Prière. Une Prière consiste entre deux, trois ou quatre rakats, et un rakat est réalisé ainsi : 7. Je me tiens debout orienté vers la Mecque où se trouve la Ka‘ba. Après avoir formulé l‘intention (Niejjat), que je maintiens dans ma pensée, qui est la prière du moment et que je prononce moi-même. 8. J‘élève mes deux mains à l‘hauteur de mes oreilles, et dit « Allâhou Akbar » (Dieu est Grand), les ramenant par la suite posant la main droite sur la main gauche sous le nombril.

12

Instruction Générale de la Prière
Le croyant fait et dit alors :

Pour rappel, il exprime l‘intention, ainsi que les courtes prières suivantes se mettant ainsi au diapason d‘Allah, et ces prières terminées, il prononce la formule « Allâhou akbar » (Dieu est Grand). (a) Subhanak-Alla-humma wa bihamdika wa tabarakasmuka wa ta‟ala jadduka wa la ilaha ghairuka. (A Toi, toute gloire, O Allah ! La louange est à Toi. Béni soit Ton Nom, et exalté est Ta Main. Il n‘y a pas de divinité sauf Toi seul.) (b) A‟oozu billahi minashshaitanir-rajeem. (A voix basse) (Je prend refuge auprès d‘Allah, loin de satan, le damné.) (c) Le croyant lève les mains jusqu‘à hauteur des oreilles puis il prononce la formule « Allâhou akbar (ekber) (Dieu est Grand). (d) Bismillâhi-r-rahmâni-r-rahîm. (Au non d‘Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.) (e) Ensuite, la récitation de Al-Fatiha (l‘Ouverture) à haute voix.

13

Le croyant récite ensuite à haute voix Al-Fatiha (Ouverture) :

Al-Fatiha (Ouverture): 1. Au nom d‘Allah, le Tout Miséricordieux, le Très 2. Al-hamdou lillahi rabbil aalamin Miséricordieux. 3. Arrahmanirrahim 2. Louange à Allah, Seigneur de l‘Univers. 1. Bismillah irrahman irrahim 14

4. Maliki yawmi-d-din,

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, 5. Iyyaka naboudou wa iyyaka 4. Maître du Jour de la rétribution. nasta‘in 5. C‘est Toi (Seul) que nous adorons, et c‘est Toi (Seul) dont 6. Ihdinassiratal moustaquim, nous implorons secours. 7. Siratalladhina an amta alayhim, 6. Guide-nous dans le droit chemin, ghayril Maghdhoubi alayhim wa 7. Le chemin de ceux que Tu as ladhdhallin. comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, Amin. ni des égarés.

Le croyant récite aussitôt après à haute voix, une autre Sourate comme celle qui suit : AL-IHLAS (LE MONOTHÉISME PUR) Sourate 112

15

Bismillah irrahman irrahim Qoul houwallahou ahad Allah oussamad.

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Dis: « Il est Allah Unique. 2. Allah, Le Seul à être imploré Lam yalid wa lam oulad pour ce que nous désirons. Wa lam yakoun lahou koufouwan 3. Il n‘a jamais engendré, n‘a pas été engendré non plus. ahad 4. Et nul n‘est égal à Lui ».

Lorsque le croyant a fini, il dit « Allâhou akbar », et il s‘incline en posant ses mains sur les genoux. C‘est la première rak‘a et elle doit durer le temps que le croyant puisse répéter trois fois de suite : “Subhana Rabbi yal Azim” “Subhana Rabbi yal Azim” “Subhana Rabbi yal Azim” (Gloire et Louange à mon Seigneur Tout-Puissant)

16

En se relevant, il dit : “Sami `allah hu liman hamidah.” (Qu‘Allah entende celui qui L‘a loué) Lorsqu‘il s‘est complètement relevé, il dit : “Rab-bana lakal hamad.” (O Seigneur à Toi sont les louanges)

17

Il se prosterne une nouvelle fois en disant : « Allâhou akbar », et il dit par trois fois : Subhana Rabbi yal a`la. Subhana Rabbi yal a`la. Subhana Rabbi yal a`la. (Gloire à mon Seigneur le Très-Haut) ou (suivant l‘école) Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih (Gloire à mon Seigneur le Très-Haut et louange à Lui)

Il se relève ensuite de la prosternation et dis : « Allâhou akbar », et reste assis en position droite sur ses talons. Il enchaîne l‘invocation suivante : “Allahummaghfirli warhamni.”

18

Le croyant se prosterne ensuite en disant : « Allâhou akbar », et il reste prosterné le temps de répéter trois fois minimum : Subhana Rabbi yal a`la. Subhana Rabbi yal a`la. Subhana Rabbi yal a`la. (Gloire à mon Seigneur le Très-Haut) ou (suivant l‘école) Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih Subhana Rabbi yal a`la wa bihamdih (Gloire à mon Seigneur le Très-Haut et louange à Lui)

Lorsqu‘il a achevé la seconde prosternation, ceci suivant le déroulement de la Prière que nous verrons plus loin, il dit « Allâhou akbar », reste assis et récite le Tachahhoud au complet.

19

Au cours des prières de zouhr, „asr, maghrib, et „icha, qui sont constituées pour le zouhr, ‗asr et ‗icha de quatre rak‘a, lors de leur accomplissement nous devons exécuter deux rak‘a en premier, en récitant à nouveau la Al-Fatiha et une sourate. C‘est valable également pour le maghrib qui lui est constitué de trois raka au lieu de quatre. Dire le premier tachahhoud. “At-tahij-yatu lil-lahi was-salawatu wat-tay yibatu. As-salamu `alayka ay-yuhan-nabiy-yu Wa rahma tullahi wa barakatuhu As-salamu `alayna wa` ala` ibadil-la his-saliheen.” (Ici, il fait un signe avec l’index droit) “Ash hadu al la ilaha illal lahu wa ash hadu an-na Muhammadan `ab-duhu wa rasuluh.” « A Dieu les salutations les plus bénies, ainsi que les inclinations les plus pures et les plus sincères. La paix sur toi, O Prophète, tout comme la miséricorde d‘Allah et Ses bénédictions. La paix sur nous ainsi qu‘aux pieux serviteurs de Dieu.

20

J‘atteste qu‘il n‘y a de dieu qu‘Allah Lui-même, et j‘atteste que Muhammad est son messager et Son Serviteur. » Le second Tachahhoud qui s‘appelle le « Salawat », suivant le moment ou nombre des raka, qui termine la Prière, le croyant dit : “Allah humma sal-li ala Muhammadin wa‟ ala ali Muhammadin, Kama sal-layta‟ ala Ibraheema Wa‟ala al Ibraheema Innaka hameedum majeed. Allah humma barik‟ ala Muhammadin wa‟ ala ali Muhammadin, Kama barakta‟ ala Ibraheema Wa‟ala ali Ibraheema Innaka hameedum majeed.” ―Seigneur! Honore Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as honoré Abraham et la famille d‘Abraham, et répands Ta bénédiction sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as répandu Ta bénédiction sur Abraham et sur la famille d‘Abraham dans les deux mondes. A Toi Seul sont les louanges et la gloire. » Abdallah ibn Omar (qu‘Allah l‘agrée) rapporte qu‘Abi Bakr Essiddiq (qu‘Allah l‘agrée) a demandé au Messager d‘ Allah (salut et bénédiction sur lui) : « Apprends-moi une invocation que je prononcerai après ma prière. » Il lui dit de dire : “Allah humna innee zalamtu nafsee Zulman, katheeran, wala yaghfi ruz zunuba Illa anta faghfirlee maghfirratam min ‟indika, war hamnee innaka antal ghafurur raheem.”

21

« Seigneur ! Je me suis fait énormément de tort et Tu es le Seul à absoudre les péchés. Accorde-moi une grâce de Ta part et Ta miséricorde. C‘est Toi, qui pardonne les péchés, le Miséricordieux. » Pour terminer une Prière :

Le croyant tourne le visage d‘abord vers la droite, en disant : “Assalamu alaikum wa rahmatullah.” « Paix à toi, et la miséricorde d‘Allah. » De la même façon, il tourne le visage vers la gauche, en disant : “Assalamu alaikum wa rahmatullah.” « Paix à toi, et la miséricorde d‘Allah. » Certaines écoles ajoutent : « Assalamu alaikum wa rahmatullah wa barakâtouch. »

22

Le croyant reste assis et récite : Astaghfirou-l-lah = trois fois. Allâhou akbar = trois fois. Avec ou sans son chapelet : (a) Subhã nallãh (33 fois) ―Gloire à Allah.‖ (b) Alhamdu lillãh (33 fois) ―Allah soit loué.‖ (c)Allãhu Akbar (33 fois) ―Allah est Grand.‖ Il termine une seule fois par : Lã ilãha illal wahdahu lã shareeka lahu. Lahul Mulku wala hul hamdu Wa huwa‟ alã kul-li shay-in quadeer.

23

« Il n‘y a pas d‘autre divinité qu‘Allah, Il est le Seul et sans associé. Puissance et louange est pour Lui. Il a le pouvoir sur tout. »

Tableau récapitulatif des cinq Prières
L‘accomplissement des Prières doit toujours s‘effectuer dans certaines conditions qui sont: La ferveur, le calme et la concentration, en ne regardant que l‘endroit où l‘on se prosterne. Sans jamais se retourner, ni rire, ni se distraire en s‘amusant avec ses mains, en touchant ses habits, ou en se préoccupant de tout ce qui peut distraire de la réalisation de la Prière.

Prière de
Fajr (2 rak‘a) 1. Soubh (2 rak‘a) 2. Zouhr (4 rak‘a)

Cycles
2 rak‘a 2 rak‘a 2 rak‘a + 2 rak‘a

Récitation de
Fatiha + sourate à voix basse Fatiha + sourate à voix haute Fatiha + sourate à voix basse Fatiha à voix basse

3. ‗Asr (4 rak‘a)

2 rak‘a + 2 rak‘a

Fatiha + sourate à voix basse Fatiha à voix basse

4. Maghrib (3 rak‘a)

2 rak‘a + 1 rak‘a

Fatiha + sourate à voix haute Fatiha à voix basse

5. ‗Icha (4 rak‘a

2 rak‘a + 2 rak‘a

Fatiha + sourate à voix haute Fatiha à voix basse

Chaf (2 rak‘a)

2 rak‘a

Fatiha + une sourate à voix basse 24

Witr (1 rak‘a)

1 rak‘a

Fatiha + sourate à voix basse

Prières dites « Sounna » recommandées
1. La prière de Witr : une seule et dernière rak‘a après „Icha clôt la prière de la journée. 2. La première de la journée Fajr. 3. La prière des deux « Aïd1 » : Al-Fitr et Al-Kébir. 4. La prière de l‘éclipse du soleil. 5. La prière de la demande de la pluie, les jours de sécheresse. 6. La prière dite : « Par respect pour la mosquée », toutes les fois qu‘on entre pour accomplir une quelconque prière. 7. La prière après chaque ablution. 8. La prière de « Douha » (matinée : entre 8 h 30 et 11.00 h). 9. La prière de « Tarawih » les nuits du mois de Ramadan. 10.La prière de « Tahajud » (durant la nuit).

Annulations de l‟accomplissement de la prière
1. Manger ou boire. 2. Parler ou rire. 3. Se dénuder les parties intimes. 4. Laisser échapper des gaz. 5. Se distraire avec ses mains.

1

Cette Prière se rapporte aux deux fêtes Islamiques que sont l‘Aïd et Fitr et l‘Aïd el adha. Quant à l‘Aïd al fitr, c‘est la fin du jeûne du mois de Ramadan. Les croyants Musulmans accomplissent alors la Prière soit dans un oratoire (mussala) soit dans une mosquée. A cette occasion, les croyants portent leurs plus beaux vêtements et se parfument. Avant de se rendre à l‘oratoire ou à la mosquée, on doit s‘acquitter de l‘aumône légale appelée zakat al fitr en la donnant aux nécessiteux, aux pauvres et aux mendiants, en commençant par les plus proches, c‘est-àdire, les ,parents et les voisins dans le besoin. Pour ce qui est de l‘Aïd al Adha, c‘est l‘occasion au cours de laquelle les croyants Musulmans immolent une bête (ovin, caprin ou bovin. La viande de la bête immolée doit être en partie consommée et en partie distribuée aux proches nécessiteux et aux pauvres qui n‘ont pas eu les moyens de le faire.)

25

6. Se retourner.

Un Choix de Sourates
AL-FATIHA (Prologue ou Ouverture)

Al-Fatiha (Ouverture): 1. Bismillah irrahman irrahim 2. Al-hamdou lillahi rabbil aalamin 3. Arrahmanirrahim 4. Maliki yawmi-d-din, 5. Iyyaka naboudou wa iyyaka nasta‘in 6. Ihdinassiratal moustaquim, 1. Au nom d‘Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 2. Louange à Allah, Seigneur de l‘Univers. 3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, 4. Maître du Jour de la 26

7. Siratalladhina an amta alayhim, ghayril Maghdhoubi alayhim wa ladhdhallin. Amin.

rétribution. 5. C‘est Toi (Seul) que nous adorons, et c‘est Toi (Seul) dont nous implorons secours. 6. Guide-nous dans le droit chemin, 7. Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

27

AL-BAQARAH (LA VACHE) Sourate 2 : 255

28

Au nom d‟Allah, le Tout Bismillah irrahman irrahim Miséricordieux, le Très Allâhou lâ ilâha illâ houwa-l-hayyoul Miséricordieux. qayyoûm. Allah ! Point de divinité à part Lui, le La tâkhoudhouhoûsinatoun wa lâ Vivant, Celui qui subsiste par luinawm; même «al-Qayyum »2. Ni somnolence Lahoû mâ fissamâwâti wa ma fi-l- ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les ardh, cieux et sur la terre. Qui peut Man dhalladhî yachfa‘ou ‘indahoû illâ intercéder auprès de Lui sans Sa bi idhnih. permission ? Il connaît leur passé et Ya‘alamou mâ bayna aydihim wa mâ leur futur. Et, de Sa science, ils n‘embrassent que ce qu‘Il veut. Son khalfahoum, Trône «Kursiy »3 déborde les cieux et Wa lâ youhitouna bi chayin min‘ilmihî la terre, dont la garde ne Lui coûte illâ bi mâ châ‘a, wasi‘a aucune peine. Et Il est le Très Haut, le koursiyyouhou-ssamâwâti wa-l-ardh. Très Grand. Wa lâ yaoûdouhoû-hifdhouhouma, wa houwa-l-ãliyyoul ãdhim.

2

Al-Qayyum : ce mot arabe n‘a pas d‘équivalent en français. Il signifie : celui qui n‘a besoin de rien alors que tout a besoin de Lui, qui ne dépend de rien alors que tout dépend de Lui. 3 Kursiy : mot arabe qui signifie «siège » ; certains commentateurs l‘interprètent comme étant-la Science d‘Allah. Il est prouvé qu‘Allah ne ressemble en rien à Ses créatures.

29

AŠ-ŠARH (L‟OUVERTURE) Sourate 94

Bismillah irrahman irrahim Alam nachrah laka ssadrak Wa wadha‘nâ ãnka wizrak. Alladhi anquadha zahrak Wa rafa‘ ãna laka dhikrak Fainna ma‘ ã-l ousri yousra Inna ma‘ ã-l ousri yousra Fa ‘idha faraghta fanssab Wa ila rabbika farghab.

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 1. N‘avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ? 2. Et ne t‘avons-Nous pas déchargé du fardeau 3. Qui accablait ton dos ? 4. Et exalté pour toi ta renommée ? 5. A côté de la difficulté est, certes, une facilité ! 6. A côté de la difficulté, est, certes, une facilité ! 7. Quand tu te libères, donc, lèvetoi, 8. Et à ton Seigneur aspire.

30

AT-TAKÃTUR (LA COURSE AUX RICHESSES) Sourate 102

Bismillah irrahman irrahim 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. Al-haakoumouttakaathour. Hattaa zourtoumoul-maquâbir. Kallâ sawfa ta‘ lamoun. Thoumma kallâ sawfa ta‘ lamoun ! Kallâ law tawlamouna ilma-lyaqiîn. Latarawounna-l-jahim ! Thoumma latarawounnahaa ´ayna-l-yaqiîn ! Thoumma latousalounna yawma‘ idhin aninna‘im.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

1. La course aux richesses vous distrait, 2. Jusqu‘à ce que vous visitiez les tombes4. 3. Mais non ! Vous saurez bientôt ! 4. (Encore une fois) ? Vous saurez bientôt ! 5. Sûrement ! Si vous saviez de science certaine5. 6. Vous verrez, certes, la Fournaise. 7. Puis, vous la verrez certes, avec l‘œil de la certitude. 8. Puis, assurément, vous serez interrogés, ce jour-là, sur les délices.

4 5

Jusqu’à ce que vous visitiez les tombes : jusqu‘à la mort. Certaine : vous ne laisserez pas la cupidité vous distraire.

31

AL-„ASR (LE TEMPS) Sourate 103

Bismillah irrahman irrahim Wa-l-ãssr Inna-l-inçana lafi khousr Illalladhina aamanou wa Amiloussalihati wa tawassaw Bi-l-haqu wa tawassaw bissabr.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

1. Par le temps! 2. L‘homme est certes, en perdition, 3. Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s‘enjoignent mutuellement la vérité et s‘enjoignent mutuellement l‘endurance.

32

AL-FIL (L‟ELEPHANT) Sourate 105

33

Bismillah irrahman irrahim 1. 2. 3. 4. 5.

Au nom d‟Allah, le Tout le Très Alam tara kayfa fa‘ala rabbouka Miséricordieux, Miséricordieux. bi‘ asshaa-bi-l-fil 1. N‘as-tu pas vu comment ton Alam yaj‘al kaydahoum fi Seigneur a agi envers les gens tadhlil de l‘Éléphant ?6 Wa arsala ãlayhim tayran ababil Tarmihim bihijaratim min sijjil 2. N‘a-t-il pas rendu leur ruse complètement vaine ? Faja‘alahoum ka‘assfin makoul. 3. Et envoyé sur eux des oiseaux par volées 4. Qui leur lançaient des pierres d‘argile ? 5. Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée.

6

Les gens de l’Éléphant : les Abyssins qui occupèrent le Yémen voulaient évangéliser l‘Arabie tout entière, et la Ka‘ba de la Mecque fur leur grand objectif. En raison des entraves qu‘ils mettaient au pèlerinage, un arabe se vengea en profanant l‘église à Saint ‗a. Alors, le gouverneur abyssin, Abraha, fit venir un éléphant de gigantesque taille, et dirigea une grande expédition contre la Mecque. Le grand-chef mecquois, Abdul Muttalib (grand-père de Mohammed le rencontra dans la banlieue et fit une grande impression sur Abraha. Celui-ci lui demande ce qu‘il voulait, et Abdul Muttalib exigea seulement ses chameaux pillés par les Abyssins. A l‘étonnement de l‘envahisseur, il dit : « les chameaux m´appartiennent, donc je les réclame, quant à la Ka´ba, elle a Son maître qui s´en occupera. » En effet, l‘éléphant ne voulut pas marcher vers la Mecque ; et les volées d‘oiseaux vinrent lapider et détruire l‘armée dont personne ne fut épargné. … Lors de la révélation de cette sourate, environ quarante ans après, il y avait encore des témoins oculaires au sein des païens de la Mecque, ceux-là mêmes ridiculisaient chaque verset du Coran.

34

QURAYŠ (LES CORAÏCH) Sourate 106

Bismillah irrahman irrahim 1. Li‘ilaafi quraych 2. Ilaafihim rihlatach-chitaa‘i wassayf 3. Fa-l-ya‘aboudou rabba haadha-l-bayt 4. Alladhi at‘amahoum missjou‘in wa aamanahoum min khawf.

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 1. À cause du pacte des Coraïch7, 2. De leur pacte (concernant) les voyages d‘hiver et d‘été. 3. Qu‘ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Ka‘aba), 4. Qui les nourris contre la faim et rassurés de la crainte !

7

Les Coraïch : habitants de la Mecque, concitoyens de Mohammed.

35

AL-MA„UN (L‟USTENCILE) Sourate 107

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Araytalladhi youkadh-dhibou 1. Vois-tu celui qui traite de biddin mensonge la Rétribution ? Fadhâlikalladhi yadou‘oul yatîm 2. C‘est bien lui qui repousse l‘orphelin, Wa lâ yahoudhou ‗alâ ta‘amil-miskin 3. Et qui n‘encourage point à nourrir le pauvre. Fawaylullil moussallin 4. Malheur donc, à ceux qui prient Alladhina houm ‗an ssalâtihim 5. Tout en négligeant (et retardant) sahoun leur Salât, 6. Qui sont pleins d‘ostentation, Alladhina houm yourâ oun 7. Et refusent l‘ustensile (à celui qui en a besoin). Wa yamna‘oun-al-mâ‘oun. Bismillah irrahman irrahim

36

AL-KAWTAR (L‟ABONDANCE) Sourate 108

Bismillah irrahman irrahim

Innaa aãtaynaak-al-kawthar8 Fassalli lirabbika wanhar Inna chaani‘ aka houwal-abtar

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux 1. Nous t‘avons certes, accordé l‘Abondance. 2. Accomplis la Salat pour ton Seigneur et sacrifie. 3. Celui qui te haït sera certes, sans postérité.

8

A prononcer comme tel : Innaa aãtay naakal – kawthar.

37

AL-KÃFIRUNE (LES INFIDÈLES) (Sourate 109)

Bismillah irrahman irrahim 1. Qoul yâ ayyouha-l- kâfiroun 2. Lâ a ‘aboudou mâ ta‘aboudôun. 3. Wa lâ antoum ‘aâbidouna mâ a‘aboud 4. Wa lâ ana ‘aâbidoun mâ ‘aabattoum 5. Wa lâ antoum ‘aâbidôuna mâ a‘aboud 6. Lakoum dî nou koum wa liya din.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

1. Dis : « Ô vous les infidèles ! 2. Je n‘adore pas ce que vous adorez. 3. Et vous n‘êtes pas adorateurs de ce que j‘adore. 4. Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez. 5. Et vous n‘êtes pas adorateurs de ce que j‘adore. 6. A vous votre religion, et à moi ma religion ».

38

AN-NASR (LE SECOURS) Sourate 110

Bismillah irrahman irrahim

Idhaa ja‘a nassroullahi walfath Wa raytannaça yadekhoulouna Fi dinillahi afwaja Façabbih bihamdi rabbika Wastagh firhou innahou kana tawaba.

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 1. Lorsque vient le secours d‘Allah ainsi que la victoire, 2. Et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d‘Allah, 3. Alors, par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c‘est Lui le grand Accueillant au repentir.

39

AL-MASAD (LES FIBRES) Sourate 111

Bismillah irrahman irrahim 1. Tabbat yadaa abi lahabin wa tabbe 2. Ma aghnaa anhou maalouhou wa maa kaçab 3. Sa yasslaa nâran dhaata lahab 4. Wa mra ‘atouhou hammaalata-lhatab 5. Fi jidihaa habloum min maçad.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

1. Que périssent les deux mains d‘Abu-Lahab9 et que lui-même périsse. 2. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu‘il a acquis. 3. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes, 4. De même sa femme, la porteuse de bois10, 5. À son cou, une corde de fibres

9

Abu-Lahab : un des oncles de Mohammed, l‘un des pires ennemis de l‘Islam. Sa femme : Umm Jamil, soeur d‘Abu Sufyane. Elle jetait des branches épineuses la nuit, devant la maison du Prophète qui rentrait par des rues non éclairées, tardivement après la prière devant la Ka‘ba.
10

40

AL-IHLAS (LE MONOTHÉISME PUR) Sourate 112

Bismillah irrahman irrahim Qoul houwallahou ahad Allah oussamad.

Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Dis: « Il est Allah Unique. 2. Allah, Le Seul à être imploré pour Lam yalid wa lam oulad ce que nous désirons. Wa lam yakoun lahou koufouwan 3. Il n‘a jamais engendré, n‘a pas été engendré non plus. ahad 4. Et nul n‘est égal à Lui ».

41

AL-FALAQ (L‟AUBE NAISSANTE)

Sourate 113
Bismillah irrahman irrahim

1. Qoul ã‘oudhou birabbi-l-falaq 2. Min charri maa khalaq 3. Wa min charri ghaaçiquin idhaa 1. Dis : « Je cherche protection auprès waqab du Seigneur de l´aube naissante, 4. Wa min charri-n-naffathati fi-l-‗ouqad 5. Wa min charri haçidin idhaa 2. Contre le mal des êtres qu‘Il a créés, haçad.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

3. Contre le mal de l‘obscurité quand elle s‘approfondit, 4. Contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les nœuds, 5. Et contre le mal de l‘envieux quand il envie11 ».

11

Quand il envie : quand l‘envie se manifeste.

42

AN-NAS (LES HOMMES) SOURATE 114

Bismillah irrahman irrahim

Qoul-aoudhou birabbi nnaace Maliki nnaace Ilaahi nnaace Min charri-l-wacewaaci-lkhannaace Alladhi youwacewiçou ssoudourinaace Min-al-jinnati wannaace.

Au nom d‟Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

1. Dis: ―Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes. 2. Le Souverain des hommes, 3. Dieu des hommes, 4. Contre le mal du mauvais conseiller, furtif, fi 5. Qui souffle le mal dans les poitrines des hommes, 6. Qu‘il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain‖.

43

Avertissement à tous les Croyants
(Etude et recherches en 1998)
Donner à l‘enseignement des enfants plus de temps. En autres termes, donnezvous plus de temps pour vous occuper de vos enfants. L‘éducation de l‘enfant est avant tout, « fait de lui ton ami ». L‘amour entre parents et enfants est primordial : « s´aimer mutuellement ». Se contenter du décret Divin est plus agréable que prendre les biens du bas monde dans la dispute. Ce contentement est plus savoureux dans les coeurs des justes que la satisfaction des désirs et des plaisirs. Il est pour eux plus savoureux que la totalité du bas monde avec tout ce qu‘il renferme. Car ce contentement rend agréable la vie en général quels qu‘en soient les situations et les états. UN SEUL ISLAM 12: L‘Islam a-t-on déjà dit remonte à Adam, Abraham et ainsi de suite. Celui qui se dit de la Foi Islamique est un Musulman, de quelque race, communauté, ou pays qu‘il vienne. L‘Islam est une religion naturelle de l‘homme, qui n‘est associée à aucune personne, peuple, siècle ou endroit. Que signifie donc le mot « Islam » et qu‘est-ce qu‘un Musulman ? Le mot « Islam » signifie « soumission ou obéissance. En tant que religion, l´Islam entretient la soumission et l´obéissance totales à Allah. Il va sans dire que cette obéissance ne peut être totale que si l´homme connaît certains faits essentiels de la Foi Islamique et est totalement convaincu. Quels sont ces principes ? Il faut avoir une foi inébranlable dans l‘existence de Dieu et connaître les attributs de Dieu. C‘est la connaissance de ces attributs qui permets à l‘homme de cultiver en lui-même les qualités les plus nobles et de mener une vie de vertu et de bonté. L‘homme doit avoir une confiance, une conviction pleines et entières que c‘est bien la loi divine et que son salut dépend entièrement de l‘observance de ce monde de vie. Surtout le Saint Coran nous apprend à connaître les conséquences de l‘obéissance et de la foi, autant que celle de l‘incrédulité et de la désobéissance. Au jour du jugement, chacun aura ce qu‘il mérite, et il n‘y aura pas moyen d‘y échapper, les bonnes actions récompensées et les mauvaises punies. La mort ne
12

Deux livres à lire : Initiation à l‘Islam par Pr. M.Hamidullah et Comprendre l‘Islam par Abul a‘la Maudoudi.

44

signiie pas la fin de la vie, car il y aura la résurrection et le tribunal suprême au jugement dernier présidé par Dieu Lui-même. Peu importe ce que l‘Iman van dire le vendredi à la prière, dont la question, « Est-ce qu‘il est comme nous ? » Un Islam à la carte est une réalité aujourd‘hui. Répétons ce que nous avons déjà dit : « L´Islam est soumission et obéissance totale à Allah. Cependant, comme le seul moyen sûr et authentique de Le connaître et d´apprendre quelles sont Ses volontés et Sa loi se trouvant dans les enseignements du Prophète, dont l´Islam est une religion exigeant une foi totale dans les enseignements du Prophète Mohammed. » Par conséquent, celui qui rejette l´intermédiaire du Prophète et prétend suivre Allah directement n‘est pas un musulman. Le Saint Coran nous rassure : Le Messager a cru en ce qu‟on a fait descendre vers luivenant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, a Ses livres et en Ses messagers ; (en disant) : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers ». Et ils ont dit : « Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C´est à Toi que sera le retour ». Allah n‟impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu‟elle aura fait, punie du mal qu‟elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s‟il nous arrive d‟oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d‟un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles. » (Al-Baqarah – la vache 285286) Les témoignages relatifs au mérite de la Science sont nombreux dans le Coran : Dieu placera sur les degrés élevés ceux d‟entre vous qui croient et ceux qui auront la Science.13 Ceux qui savent et les ignorants sont-ils égaux ?14

13 14

Coran LVIII, 11. Coran XXXIX, 9.

45

Voilà des exemples que nous proposons aux hommes, mais ceux qui savent sont seuls à les comprendre.15 Le Prophète (Qu‘Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les hommes de Science sont des héritiers des Prophètes. » « La foi est denudée : la piété est son vêtement, la pudeur son ornement et le savoir son fruits. » « Les gens de la Science et les combattants dans le sentier de Dieu sont les plus proches du degré de la prophétie. La raison en est que les premiers ont guidé les hommes vers ce que les messagers ont apporté ; quant aux combattants dans le sentier d´Allah, c´est parce qu´ils ont dégainé leurs sabres et combattu afin de mettre en application ce que les messagers ont apporté ». « Le Jour de la Résurrection, ceux qui intercéderont seront les prophètes puis les hommes de la Science puis les martyrs. » Depuis des siècles, le ‘Ihya‘ de l‘Iman Ghazali est considéré comme le livre de chevet du mystique authentiquement musulman. Ceux qui aspire à la pureté de leur âme peuvent y trouver un outil de salut. Mouhammad bin Mouhammad Abou Hamed Al Ghazali (décédé en l‘an 550 H.) se réfère toujours au Coran, à la Sunnah, aux oeuvres des Compagnons ou des Docteurs de l‘Islam. N‘oublions pas, le sens de l‘Islam est la soumission et celui de la foi est l‘acceptation du coeur. La science inspirée mène à la connaissance de Dieu, par laquelle se dévoille la réalité des choses. Ce dévoilement about à l‘instinction du moi (l‘ego) en Dieu sur l‘échelle initiatique de la vie spirituelle.

15

Coran XXIX, 43.

46

CENTRE ISLAMIQUE CULTUREL DE BELGIQUE ETUDES ISLAMIQUES DU SAMEDI 1997/98
Initiation à l‟Islam par Salih, Professeur (Notes recueillies et augmentées par Hamza De Coster, D.D.) Introduction

Allah (Dieu) utilise le présent. Une promesse Coranique, « Vous serez parmi les Bienheureux… ». L‘homme vit le présent avec une projection du futur. L‘homme dit, « On verra », pendant qu‘il a tendance de le dire aussi pour Dieu. L‘homme a un commencement (début) et une fin, mais Dieu est hors du temps, car Il est partout. On le rencontre partout. Nous essayons de contacter Dieu, mais jamais nous pourrons le localiser, même dans notre propre imagination. Le cœur qui s‘apaise par la prière. Oui, le cœur s‘apaise par la prière. Dieu n‘est qu‘un mot car rien ne l‘échappe. Il est le tout. Est-ce que Dieu peut créer un Dieu comme Lui (égal à Lui) ? Il peut, mais Il ne le fera pas. Le Dieu créateur est Un, et Il sera toujours un. Dieu est une Force Créatrice. L‘être humain est limité à la dimension « espace ». Il y va de ne pas réduire Dieu à la dimension humaine. Pas réduire Dieu à trois dimensions. Aucune idée sur Dieu est bonne, car Il n‘a pas de dimension, pas de commencement ni de fin. Ne pas réduire Allah à notre dimension. Simplement, se soumettre à Dieu dans Sa Beauté et autres Attributs, faute de connaissance de la grandiosité de Dieu. La perfection absolue est attribué à Allah seul, Il est Le Tout-Puissant, Le Capable, Le TrèsElevé, Le Superbe, Celui Qui Voit Tout, Entend Tout, Le Compatissant, Le Clément, Le Subtil, Le Bien-Informé … Il y va de vivre sa religion convenablement. Tous ces attributs et autres encore ne peuvent qu‘exhorter les cœurs de Ses créatures à l‘aimer, à Le glorifier et à Le diviniser dans l‘obéissance et la soumission absolue. Un bon sujet à méditer : la prière dans la prière. Le cœur qui fait le 45° dégréés est plus important que la position du corps. Rechercher l‘état premier : le cœur. C‘est un message clair, d‘où se poursuivra l‘œuvre de l‘homme.

47

L’Islam L‘Islam est la seule religion qui progresse actuellement. La religion Islamique n‘est pas la suite des autres religions : Hindouisme, Bouddhisme, Judaïsme, Christianisme …. L‘Islam est le message dés le début, le côté spirituel étant resté le même : Allah (Dieu). Adam, Noé, Abraham, Jésus, tous sont des Prophètes de l‘Islam. C‘est tout l‘Islam. Le mot « Islam » n‘est pas lié à quelque chose, c‘est la solution. Solution totale, librement et oui, amoureusement authentique à la volonté d‘Allah. Tous les Prophètes ont répété la même chose. La seule différence, la pratique adaptée à chaque génération de Prophètes. Les Piliers de l‘Islam sont cinq : le témoignage, la prière, le jeûne, la dîme, et le pèlerinage. L‘Islam est appelé à travers l‘espace et le temps jusqu‘à la fin. Tout effort de l‘homme est inscrit par le destin jusqu‘à la fin des temps. La Pierre Angulaire est Mohammed (Mohammad), en tant que le Messager d‘Allah. En embrassant librement la Foi Islamique, nous adorons Allah seul, et nous nous soumettons en obéissance totale aux ordres et instructions du Prophète Mohammed. Nous avons, et nous continuerons à parler de Dieu. Tout être humain doit connaître son Allah, sa religion et son Prophète Mohammed. « Mon Dieu c'est Allah Qui m'a créé et éduqué, et a agi de même avec toutes Ses créatures en leur prodiguant Sa Grâce et Sa Faveur. » L‘homme est limité par sa propre dimension, pendant que Dieu est hors de tout dimension. Il est celui qui a créé le temps et l‘espace, ainsi Il ne peut pas faire partie du temps et de l‘espace. Dans le Saint Coran, Dieu parle dans le passée comme si c‘est accompli, par exemple le jugement (le jugement à venir comme si c‘était déjà fait). Le Soufisme est une expérience personnelle de la compréhension de la vie intérieure autant qu‘extérieure tout en s‘élevant audessus des conditions du monde. Ainsi, soumission volontaire à Dieu «oui », mais par réflexion aussi. Allah est Clément, Il est le Dieu d‘amour et de la grâce. Le Saint Coran ne peut être autre chose que la Parole de Dieu. Le Coran contient la loi divine la plus importante.C‘est le Livre de Dieu qui contient ses paroles, il a été révélé au Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue-, durant une période de vingt-trois ans à peu près, par Gabriel l‘Esprit Fidèle. Dieu a garanti le bonheur dans les deux mondes à quiconque s‘y conforme et a menacé de détresse ceux qui s‘en écartent. Bible et Coran, deux mondes différents. Lire le livre, « La Bible, le Coran et la Science » (Ed. Seghers) par M. Bucaille. Le Coran a fait allusion à d‘innombrables prophéties dont quelques-uns unes sont déjà réalisées conformément à ce qui avait été prédit, et que la Science confirme aujourd‘hui. 48

On trouve dans le Saint Coran 99 attributs ou beaux noms de Dieu. Cependant, il y a beaucoup d‘autres dans les Hadiths Divins. Et, d‘autres encore, que Dieu a garanti dans Son Mystère. Dieu a 99 Beaux Noms, que nous devons mettre en pratique, de s‘en habiller par quelque sorte, suivant un terme utilisé dans le Soufisme. Dieu est Lumière. La Foi Chrétienne confesse suivant le Concile de Nicée, se rapportant premièrement à Dieu, qu‘Il est Lumière (lumen de lumine)

Les 99 beaux noms de Dieu 16:

1.Allah 2. Le Miséricordieux 3. Le Miséricordieux 4.Le Roi 5.Le Saint 6.La Paix 7.Le Protecteur 8.Le Vigilant 9.Le Tout-Puissant 10.Le Puissant

34.L‘Inaccessible17 35.Le Pardonneur

67.L‘Unique 68.L‘Impénétrable 69.Le Capable 70.L‘Omnipotent18 71.Celui qui avance19 72.Celui qui retarde20 73.Le Premier
de

Très 36.Le Reconnaissant 37.Le Très-haut 38.Le Grand 39.Le Gardien par excellence 40.Le Nourrisseur 21 41.Le
comptes22 Demandeur

74.Le Dernier 75.L‘Apparent23 76.Le Caché24

42.Le Majestueux 43.Le Généreux

16 17

Dans sa version, El Tirmizi. Dont la grandeur n‘a ni commencement ni fin. 18 Dont le pouvoir est absolu. 19 Qui crée des choses avant d‘autres par le temps, l‘espace ou l‘importance. 20 Comme Il avance, Il retarde. 21 Le Nourrisseur par excellence. 22 Qui demandera compte à Ses serviteurs au jour de la Résurrection. 23 Qui manifeste Sa Présence par Ses signes. 24 Dont nul ne peut concevoir ou connaître l‘essence.

49

11.Le Tyran25 12.Le Créateur 13.L‘Animateur 14.Le Formateur 15.Le Pardonneur

44.Le Veilleur 45.Celui qui exauce 46.L‘Immense 47.Le Sage Grand 48.L‘Aimant 49.Le Glorieux

77.Le
excellence

Défenseur

par

78.Le
Haut

Sublime ou Le Très-

79.Le Très-Bon 80.Le
excellence
26

Pardonneur

par

81.Le Vengeur27 82.Celui qui efface les péchés 83.Le Bon28 84.Le
Royaumes

16.LeDominateur Suprême 17.Le Donateur

Suprême 50.Celui qui ressuscite 51.L‘Omniscient 52.La Vérité 53.Le Protecteur 54.Le Très Fort 55.L‘Inébranlable

18.Le Dispensateur 19.Celui qui décide 20.Le Savant 21.Celui qui tient tout 22.Celui qui donne largement

Souverain

des

85.Celui

qui est plein de

Majesté et de Magnificence.

86.L‘Equitable. 87.Celui rassemble. qui

88.Qui se suffit à Lui-même 23.Celui qui abaisse29 24.Celui qui élève 56.Le Maître 57.Le Digne 89.Qui enrichit. de 90.L‘Empêcheur30

25 26

Qui possède exclusivement les attributs de la magnificence. Qui accepte le repentir des hommes. 27 Qui se venge et châtie ceux qui le méritent . 28 Qui a la miséricorde extrême. 29 Qui abaisse ceux qui méritent l‘humiliation et la torture . 30 Comme Il dispense largement sans mesurer, Il refuse aussi afin d‘éprouver les hommes. Il empêche aussi les causes de la ruine et de la mort.

50

louange 25.Celui qui honore 26.Celui qui humilie32 27.Celui qui entend 58.Celui
exact qui fait le compte

91.Le Pernicieux31 92.L‘Utile33

59.Celui

qui

donne

un

commencement

60.Celui recommence34

qui 93.La Lumière

28.Celui qui voit 29.L‘Arbitre 30.Le Juste 31.Le Subtil37 32.Le Informé

61.Celui qui donne la 94.Celui qui dirige vie 62.Celui mourir qui fait 95.L‘Inventeur35 96.L‘Eternel36

63.Le Vivant

64. Celui qui subsiste par Lui- 97.L‘Héritier même Suprême38 98.Le Guide extrême 99.Le Patient41

Parfaitement 65.Celui qui crée toute chose 66.Le Noble par excellence40

33.Le Patient39

Les non-croyants, les autres croyants en dehors de l‘Islam croient en plusieurs dieux, par exemple la Sainte Trinité chez les Chrétiens. Et, d‘autres encore comme nous croient en un Dieu Unique42, notamment les Juifs. Allah nous a créés, nous a procuré notre subsistance et ne nous a pas négligés, en nous envoyant Son Prophète Mohammed. Seulement, Allah ne tolère et n‘admet jamais un associé à Lui. Dans Son adoration, que ce soit un ange rapproché de
31 32

Suivant Sa Volonté il peut nuire comme il peut être utile. Il fait subit son châtiment à Ses ennemis. Qui avilit Ses ennemis ! 33 Qui accorde la santé, le bien, le bonheur, la haute considération, la guidance, la piété et la richesse. 34 Qui recrée les choses après qu‘elles eussent péri. 35 Qui invente les figures de Ses créatures sans qu‘il y ait un modèle à suivre. 36 Qui ne périt pas. 37 Qui connaît les choses cachées. 38 Après la disparition de tout, comme il ne reste que le Seigneur, Il héritera de tout ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre. 39 Qui ne s‘emporte pas et ne hâte pas la punition 40 Le Glorieux. 41 Voir également au numéro 33. Qui ne hâte pas le châtiment et ne provoque rien avant terme. 42 La Foi Unitaire.

51

Lui ou un prophète envoyé par lui. La croyance juste et droite d‘Ibrahim (ou Abraham), consiste à adorer ALLAH SEUL ET UNIQUE. La guerre des religions ne vient pas de Dieu mais de l‘homme. Venant de Dieu, il n‘y a qu‘une religion, celle de la solution. Nœud du problème : Où est Dieu dans la guerre des religions ? La guerre des religions a lieu dans l‘homme, notamment monopoliser une vérité et de l‘imposer aux hommes. Si nous étions des hommes ouverts et tolérants, la guerre des religions n‘existerait pas. Par contre, la Religion Musulmanes, c‘est simplement l‘ouverture. Dans l‘Islam, on prie Dieu les yeux ouverts. La guerre des religions, c‘est simplement l‘homme.

« Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; et chacun vogue dans une orbite (wa koullon fi falakin yasbahoun). » (Ya-Sin 36 : 40)

Nous voyons voir confirmer dans ce verset ce que la science confirme aujourd‘hui, ce qui prouve la véracité du Saint Coran, comme étant inspiré par Dieu. Bien attendu, il y a bien d‘autres versets qui se rapportent aux découvertes scientifiques d‘aujourd‘hui.43 Première Révélation :

Il s‘agit de la vie personnelle du Prophète Mohammed dans le cadre de l‘Arabie au 7ème siècle. Dans l‘histoire des religions il est connu qu‘entre deux Prophètes (Révélateurs Divins) un temps minimum de sept siècles doit être

43

Un auteur à retenir : Mazigh.

52

écoulé, ce qui fut le cas depuis Jésus Christ à Mohammed, ou de Jésus Christ à la Mecque. Mohammed naît le lundi 12 Rabi ‗ al-Awal, en l‘an 53 avant l‘Hégire, suivant le calendrier lunaire Islamique. Cette date correspond à l‘année 570 de l‘ère chrétienne. Quelques semaines avant la naissance de Mohammed, ‗Abdallah‘, son père meurt. Mohammed est alors confié à son grand-père, ‗Abdul-Muttalib, le chef du clan de Hâchim. Il passe ses premières années aux côtés de sa mère Amina. Mais, selon la coutume des familles mecquoises, celle-ci l‘envoie dans le désert où il est gardé par une nourrice bédouine, Halima. A l‘âge de six ans, Mohammed perd sa mère. Le petit orphelin passe sous la garde directe de son grand-père qui l‘aime beaucoup. A huit ans, Mohammed perd son grand-père. Il passe sous la tutelle de son oncle ‗Abu Tâlib, le nouveau chef du clan de Hâchim. Celui-ci possède des qualités très rares : Il est noble, généreux et très respecté parmi les Mecquois. Mais il est pauvre et a une famille nombreuse. Mohammed ne peut donc recevoir aucune instruction, et il ne saura ni lire et écrire. Par contre, il doit travailler comme berger et apporter sa contribution au maigre budget de la famille. Devenu jeune homme, Mohammed mène une vie d‘abstinence et d‘ascétisme. Très sobre, il se contente de peu. Il évite les mauvaises fréquentations et tourne le dos aux divertissements de la jeunesse. Sérieux et sincère, il a une réputation de droiture et d‘extrême honnêteté. La conduite du futur Prophète de l‘Islam est décrite par sa femme Khadijah qui le connaît mieux que personne. Ainsi, au début de sa mission et dans les moments difficiles de la Révélation, elle l‘encourage en lui disant : « Dieu ne te fera que du bien. Car, tu aides les proches, tu soutiens la famille, tu gagnes honnêtement ta vie, tu maintiens les autres dans la droiture, tu donnes asile aux orphelins, tu dis la vérité, tu ne t´empares pas des impôts qui te sont confiés, tu portes secours à ceux qui n‘ont rien, tu fais du bien aux pauvres et tu traites avec courtoisie tout le monde. » Le jeune Mohammed travaille dans le commerce. Mais, orphelin et sans fortune, il est mal préparé à une carrière commerciale. Enfant, Mohammed a déjà fait des voyages en Syrie avec son oncle Abû Talib et y a gagné une certaine expérience. Mohammed était connu comme « L´homme de la vérité, qui ne dit que la vérité. »

53

A l‘âge de vingt-cinq ans, il entra au service de Khadîjah, une veuve mecquoise riche et indépendante. Profondément touchée par l‘honnêteté et la sincérité de Mohammed, la veuve Khadîjah ne tarde pas à ressentir un attachement affectueux envers lui. Quelques mois plus tard, elle lui propose discrètement le mariage. C‘est sans trop d‘hésitations que Mohammed accepte cette généreuse proposition. Il a alors vingt-cinq ans et Khadîjah quarante. C‘est un mariage heureux qui contribue particulièrement à préparer Mohammed à accomplir, dans l‘avenir sa mission de Prophète. Le couple donne naissance à six enfants en l‘espace de six ans. Reconnaissant, le Prophète ne prend aucune autre épouse du vivant de Khadîjah. La situation aisée de sa femme lui permet de se libérer des contraintes matérielles de la vie. Il peut ainsi se consacrer à ses pieuses méditations et faire de longues retraites dans les cavernes du mont Hirâ (appelé plus tard « Mont de la Lumière ») proche de la Mecque.

Dans l‘une de ces retraites qui duraient plusieurs nuits de suite, l‘Archange Gabriel est venu lui annoncer qu‘il avait été choisi par Dieu pour être son prophète et son messager. L‘Archange lui montre un écrit et lui ordonne « Lis » ! Mohammed répond : « Je ne sais pas lire ». L‘Archange le serre alors si fort dans ses bras que Mohammed pense étouffer. Cela se répète trois fois.

Enfin, l‘Archange lui transmet la Sourate du « Sang coagulé » :

 Lis au nom de ton Seigneur qui a créé  Qui a créé l‘homme de sang coagulé  Lis ! Car ton Seigneur est le plus généreux  C‘est Lui qui a enseigné par la plume … (Le Sang coagulé, 1 – 4). Mohammed a alors quarante ans. Pendant vingt-trois ans, il va prêcher aux hommes les révélations transmises par l‘esprit divin. Ces versets révélés constituent l‘expression de la parole même de Dieu immortalisé à jamais par le Prophète inspiré. 54

La vérité sublime de l‘Islam sortit de la Presqu‘île arabique pour réveiller le monde de son sommeil profond par un cri éternel que les siècles répètent et répètent sans cesse : « Allah est le plus grand. Et il n´y a de Dieu qu´Allah ». L‘homme est ingrat. Il quitte son Seigneur chaque fois qu‘il s‘enrichit. « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé. », ou « Lis de par le Nom de Ton Seigneur. » D‘après certaines traditions, la Révélation a eu lieu la 27ème nuit du mois de Ramadan. Pendant que Mohammed, dans sa caverne, se livrait à l‘adoration, à la prière et à la méditation, le grand événement s‘est produit, un événement qui allait bouleverser de fond en comble le sort de l‘humanité. Rentré chez lui, le Prophète tremblait de froid. Il a dit à sa femme : « Couvre-moi ! Couvre-moi ! » Khadijah a vite étendu un manteau sur lui. Le Prophète est alors retourné à la caverne afin d‘accomplir le nombre de jours de sa retraite consacrée à l‘adoration de Dieu. Sa retraite achevée, il est revenu directement à la Ka‘bah comme à son habitude pour accomplir les tournées rituelles. Ensuite, il est aller saluer Waraqah qui était présent dans la Mosquée, près de la Ka‘bah. Le prophète lui avait fait le récit de l‘événement et Waraqah lui a répété ce qu‘il avait dit à Khadijah. Et il a ajouté : « On te traitera de menteur, tu seras maltraité, et l‘on te bannira, et l‘on te fera la guerre ; si je vis encore ces jours-là, Dieu sait que je servirai Sa cause ». D‘où vient le Nom de Dieu ? « Allah est Lumière des cieux et de la terre. Cette lumière est comme un foyer dont la flamme luit au centre des glaces de cristal qui ont l‘éclat d‘une étoile. L´huile d´un olivier béni qui ne se trouve ni en Orient ni en Occident l´alimente. Peu s´en faut que cette huile ne s‘enflamme d‘elle-même. C‘est une enveloppée de lumières. Dieu dirige vers cette Lumière qui Il veut. Dieu cite des exemples aux hommes. Il embrasse tout » (Sourate de la Lumière verset : 35). Pour revenir à la guerre des religions. Les Croisades ont laissé quelque chose dans la mémoire autant dans le monde Arabe qu‘en Occident. Comme exemple, allons dans l‘histoire, lors du discours inaugurale au Collège de France44 à Paris par Ernest Renan45. Le discours se lit dans l‘ouvrage littéraire « Clef sur la Pensée Arabe » (1962). Lorsque Mohammed reçut son premier message, la Mecque était toute bouleversée. Les Arabes menaient une vie principalement tribale. Chaque tribu
44

Collège de France : établissement d‘enseignement fondé à Paris en 1529 par François Ier en dehors de l‘Université, à l‘instigation de Guillaume Budé. 45 Ernest Renan, écrivain et historien français (Tréguier 1823 – Paris 1892). Il se détourna de sa vocation ecclésiastique pour se consacrer à l‘étude des langues sémitiques et à l‘histoire des religions ; ses travaux d‘exégèse l‘affirmèrent dans ses vues rationalistes, qu‘il exprima dans l’Avenir de la Science (publié en 1890) et dans l’Histoire des origines du christianisme (1863-1881).

55

luttait pour augmenter sa fortune et défendre ses propres intérêts. Ils se livraient continuellement à de violents combats qui duraient parfois de dizaines d‘années. Ils se battaient pour des raisons futiles et souvent sans raisons. Ils vivaient d‘élevages et de commerce, mais aussi de pillages et de razzias. Leur vie connaissait rarement la paix et la prospérité, parce qu‘elle était souvent troublée par la violence des vendettas, des rapts et des règlements de compte entre clans et familles. Les combats fréquents et ininterrompus étaient connus sous le nom de « Journées des Arabes ». Ainsi, la société arabe était constituée de familles, tribus et peuplades qui vivaient dans un état de totale indépendance les unes des autres, quand elles n‘étaient pas en conflit les unes les autres. La femme était considérée comme un être inférieur. Elle était traitée comme un objet. Parfois, elle faisait partie de l‘héritage. Certaines tribus avaient l‘habitude de tuer leurs enfants pendant les périodes de sécheresse et de famine, d‘enterrer leurs filles vivantes par crainte du déshonneur. Ces pratiques seront dénoncées par le Coran, ce que nous lisons dans la sourate des Abeilles (58-59) Aussi voir : Le Soleil 8-9 ; et, Le Voyage nocturne 31. Dans ce contexte d‘instabilité et de violence, la Mecque avait une situation politique particulière. Elle constituait une cité-état dominée par dix familles principales de la tribu de Quraysh. Le clan des Banû `Umayyah détenait le pouvoir militaire, celui des Baû Hâchim le pouvoir religieux. Mohammed appartenait à ce dernier. Aussi, la vie des Mecquois était gouvernée par le chef du clan ou de la famille. Pendant vingt-trois ans, Mohammed va prêcher aux hommes les révélations transmises par l‘esprit divin. Les versets du Saint Coran constituent l‘expression de la parole même de Dieu immortalisé à jamais par le Prophète inspiré.

A la même époque, les habitants de l‘Arabie adoraient un grand nombre de divinités auxquelles ils vouaient. Ils étaient généralement éloignés des religions juives et chrétiennes de leurs voisins du Nord (en Syrie) et du sud (au Yémen). Parmi les Chrétiens de l‘Arabie, une croyance était répandue selon laquelle la venue d‘un Prophète était imminente. Elle était partagée par certaines Eglises orientales ainsi que parmi les astrologues et les divins. Toutefois, un petit nombre de croyants avaient maintenu la pureté du culte d‘Abraham. Ils se gardaient de toute relation avec les idoles, dont ils considéraient la présence de la Mecque comme une profanation et une souillure. Cette attitude les mettait un peu en marge de la société mecquoise qui les respectait, les tolérait ou les maltraitait. Ils s‘appelaient les «Hunafa », les descendants d‘Abraham qui est l‘ancêtre de l‘Islam, comme il est dit dans le 56

Coran, voir La Vache 131-132 et La Preuve 98, 5 : « Il ne leur a été commandé que d´adorer Dieu, Lui vouant le Culte pur et sincère, en Hanif, d´accomplir la prière et d acquitter l´aumône légale. Telle est la religion {de la communauté} droite et juste. » Après la première Révélation, reçue sans témoins, et pendant les vingt-trois ans qui allaient suivre, un nombre important de fidèles a pu l‘observer. Selon leurs dires, le Prophète était tellement agité intérieurement que même par temps très froid de grosses perles de sueur apparaissaient sur son front. Aussitôt la communication terminée, Mohammed revenait à son état normal, il apprenait à son entourage le message divin qu‘il venait de recevoir, et le dictait à ses scribes. Pour comprendre la mission de Mohammed, il est important de savoir le contenu des premiers versets qu‘il était chargé de transmettre. Dès la réception des versets, le Prophète les transmettait immédiatement aux fidèles qui l‘entouraient. Ceux-ci les passaient ensuite de bouche en bouche, les mémorisaient et les récitaient. Tout au début de sa mission, le Prophète reçoit ces mots de l‘Ange Gabriel : - Lève-toi, toi qui es couvert d´un manteau. - Me voilà levé, répond Mohammed. Que dois-je faire ? L‘Archange Gabriel récite alors :

« O ! Toi couvert d´un manteau lève-toi et avertis. Et ton Seigneur, glorifie. Et tes vêtements, purifie. Et de ce qui irrite Dieu, écarte-toi ! » { Celui (qui est) couvert d‘un manteau, 1-5} 46 Après avoir reçu et appris ces versets, Mohammed dit à Khadijah : « Gabriel est venu et m´a ordonné de transmettre le message de Dieu aux hommes, et de pratiquer la prière et l´adoration. » Faire connaître Dieu aux humains et leur apprendre à l‘adorer, ce sont là les deux grands thèmes autour desquels gravitaient les premières révélations. Déjà, et dès les premières révélations, le Coran décrit la bonne conduite de l‘homme envers ses compagnons. Dans un ordre donné à Mohammed lui-même, mais qui s‘adresse aussi à tous les fidèles, le Saint Coran dit : Sourate 93 – Ad-Duhã (Le Jour Montant ou La Clarté du Jour)
46

Dans cette Sourate, écrit Tabari, Dieu résume pour le Prophète et pour les fidèles :la prière, la religion, la pureté, la foi, toutes les parties de la religion et de la mission du Prophète.

57

Bismillah irrahman irrahim

1.Par le Jour Montant ! 2.Et par la nuit quand elle couvre tout ! 3.Ton Seigneur ne t‘a ni abandonné, ni détesté. 4.La vie dernière t‘est, certes, meilleure que la vie présente. 5.Ton Seigneur t‘accordera certes (Ses faveurs), et alors tu seras satisfait. 6.Ne t‘a-t-Il pas trouvé orphelin ? Alors Il t‘a accueilli ! 7.Ne t‘a-t-Il pas trouvé égaré ? Alors Il t‘a guidé. 8.Ne t‘a-t-Il pas trouvé pauvre ? Alors Il t‘a enrichi. 9.Quant à l‘orphelin, donc, ne le maltraite pas. 10.Quant au demandeur, ne le repousse pas. 11.Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le. Sourate 96 : 1-4 – Al-Alaq (l‘Adhérence) Bismillah irrahman irrahim 1. 2. 3. 4. Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, Qui a créé l‘homme d‘une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, Qui a enseigné à l‘homme ce qu‘il ne savait pas.

La première de la Révélation est la générosité47. L‘homme ne doit pas amasser la richesse pour lui-même, mais il doit employer ses biens à nourrir les pauvres ; il doit aussi s‘occuper avec générosité des orphelins et des opprimés. La pratique du Bien est donc inséparable de celle de la Religion. Les vertus essentielles sont d‘abord des vertus de solidarité, de justice et de bonté. Sentir la Présence de Dieu : on se tourne vers le Cosmos, le Macrocosme pour le trouver, et Il y est évidemment ; mais, on Le rencontre aussi en nous-mêmes, Microcosme que nous sommes. Le Saint Coran nous invite à regarder également dans le Microcosme de nous-mêmes. Regardons en nous-mêmes, par exemple le travail du cerveau ; la circulation sanguine petite et grande, qui protège 24 sur 24. La première révélation met l‘accord sur la création de l‘homme, mais l‘homme moderne seulement peut comprendre le microcosme.
47

Akran : générosité. Quelques noms et termes à retenir : Ibn Al Haytham (Al Hassen) ; Alkhoarizmi ; Algabr/oy (rétablir/équilibre) ; Averroes - Ibn Roch ; Alghazal – Alghazali.

58

Sourate 96 – AL-ALAQ (L‟Adhérence)48 Bismillah irrahman irrahim 1. 2. 3. 4. 5. Lis, au nom de ton Seigneur qui a crée, Qui a crée l‟homme d‟une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, Qui a enseigné par la plume (le calame), A enseigné à l‟homme ce qu‟il ne savait pas.

Le mot «lis… » se réfère à la science, pendant que « au nom de ton Seigneur » a trait à la foi. Le premier ordre que Dieu a donné au Prophète était de lire. C‘est un appel à la science à travers la lecture, une lecture faite au nom de Dieu, la source de toute connaissance. Les prémices des paroles de Dieu à Mohammed et à l‘humanité tout entier sont donc «un ordre de lire ». L‘Islam a voulu abolir l‘ignorance et répandre la science. Et comment Dieu a-t-il dispensé son enseignement à l‘homme ? Par la plume, le «calame », c‘est à dire l‘écriture. At-Tawbah (le désaveu ou le repentir) . 53. Dis : « Dépensez bon gré, mal gré49 : jamais cela ne sera accepté de vous, car vous êtes des gens pervers ». 54. Ce qui empêche leurs dons d‘être agréés, c‘est le fait qu‘ils n‘ont pas cru en Allah et Son Messager, qu‘ils ne se rendent à la Salat que paresseusement, et qu‘ils ne dépensent (dans les bonnes œuvres) qu‘à contre cœur. L‘homme détourne le dos à Dieu, malgré la grandiosité de Dieu, et il le fait chaque fois qu‘il s‘enrichit. Mais comme toujours, le Prophète Mohammed était ferme dans son refus de tout compromis. « Dieu m´a envoyé auprès de vous comme messager. Il m´a révélé un Livre et m´a ordonné de vous porter de bonnes nouvelles et de vous avertir. » Le Royaume des cieux et de la terre appartient à Dieu seul. Tout se que l‘homme dévoile ou dissimule et tout se qu‘il couve d‘intentions, de volontés, de décisions et d‘objectifs, Dieu lui en demande compte. Ainsi, le pardon de Dieu
48 49

La Sourate 96 comporte 19 versets. Dépensez : c.-à-d. : dépensez de vos biens dans les bonnes œuvres.

59

est accordé à qui revient à Lui par un repentir sincère, renouvelle sa foi en Lui, pratique les bonnes œuvres qui effacent les mauvaises et suit la voie éclairée qui apaise le cœur par la vérité et la certitude. L‘homme est né faible, mais Dieu est fort et puissant. L‘homme est né pauvre, mais Dieu est digne de louange et se suffit à Lui-même. L‘homme conçoit et a été conçu, Dieu n‘a pas conçu et n‘a pas été conçu. L‘homme est limité, mais Dieu est la perfection absolue. Finalement l‘homme est condamné à mourir, mais Dieu «est » maintenant et toujours. La Religion et le Livre révélé : Pour comprendre la carrière de Mohammed, il est impérieux de savoir le contenu des premiers versets qu‘il était chargé de transmettre. Dès la réception des versets, le Prophète les transmettait immédiatement aux fidèles qui l‘entouraient. Ceux-ci les passaient ensuite de bouche en bouche, les mémorisaient et les récitaient. Tout au début de sa mission, le Prophète reçoit ces mots de l‘Ange Gabriel :  Lève-toi, toi qui est couvert d’un manteau.  Me voilà levé, répond Mohammed. Que dois-je faire ?

Gabriel récite alors :  « O ! toi couvert d´ un manteau, lève-toi et avertis Et ton Seigneur, glorifie Et tes vêtements, purifie Et de ce qui irrite Dieu, écarte-toi ! » (Celui qui est couvert d‘un manteau, 1-5). Dans cette sourate, écrit Tabari, Dieu résume pour le Prophète – et pour ses fidèles – la prière, la religion, la pureté, la foi, toutes les parties de la religion et de la mission du Prophète. Une personne dans le cours demande une explication sur la nourriture défendue dans la religion Islamique, et spécialement la viande de porc que pourrait être offert par des amis Chrétiens ou non-croyants. Dans la religion d‘Allah, le croyant doit être ferme vis à vis des interdits. Il s‘agit d‘être catégorique : « Malheur à toi ! Comment peux-tu corrompre ta Vie Future par ta vie dans ce monde d´ici-bas ? Comment peux-tu corrompre 60

l´obéissance de ton Maître, par l´obéissance à ton moi, à tes désirs et à ton démon. » « Acquitte-toi du commandement, respecte l‘interdit, endure les épreuves et les fléaux, et rapproche-toi en multipliant les œuvres surérogatoires. Ainsi, tu porteras le nom d‘un éveillé qui agit et recherche l‘assistance de ton Seigneur. » Il s‘agit de refuser toute nourriture qui n‘est pas accepter dans la religion d‘Allah. Privez-vous de toute nourriture et de boissons interdites. Jeûnez plutôt que de pécher, en vous privant de la nourriture et des boissons interdites, cela vous apportera la tranquillité et l‘apaisement. Il en va de ce cœur lorsqu‘il parvient auprès de Dieu, il aura accès à Sa proximité et à Ses confidences. Cependant, le coeur n‘atteint cette station que par l‘accomplissement des œuvres obligatoires, la constance de se priver des choses illicites et des plaisirs, et de consommer les choses permises et licites sans l‘avidité du désir et du plaisir, l‘attachement au scrupule sauveur et au renoncement parfait, à savoir le fait de délaisser tout ce qui est autre que Dieu – qu‘Il soit Exalté et Magnifié. Quatre choses réforment le cœur : la première, c‘est de bien regarder ta bouchée de pain ; la seconde, c‘est de se consacrer à l‘obéissance ; la troisième, c‘est de soigner ta dignité ; et la quatrième, c‘est de laisser tomber ce qui te détourne de Dieu. Le croyant s‘arrête quand il s‘agit de son repas et de sa boisson, et demande la permission au Livre Saint et à la Sunna. Il n‘est certes pas bon de mettre dans le bain du bonheur temporel vos voisins de la droite et de la gauche, lorsque vous vous trouvez devant l‘interdit. Le croyant est celui qui gouverne, non pas celui qui est gouverné. Dieu soumet Son serviteur à la difficulté pour le ramener vers Lui et empêcher son coeur de s‘attacher aux créatures. Aliments interdits par le Coran :  Tout animaux mort naturellement, y compris l‘animal étouffé, assommé, mort à la suite d‘une chute ou d‘un coup de corne, ou qu‘un fauve a dévoré.  Le sang répandu par l‘égorgement ou celui d‘une bête morte non égorgée, même en petite quantité.  La viande de porc ainsi que tout ce qu‘on retire de lui, sang, graisse et autres dérivés.  Toute bête sacrifiée aux faux dieux sur laquelle on n‘a pas invoqué le nom de Dieu.  Toute bête immolée sur les autels des païens, y compris ce qu‘on sacrifie sur les tombes des saints, sous les coupoles érigées en symbole à des puissances surnaturelles autres qu‘à Dieu, ou qu‘on implore d‘intercéder auprès de Dieu. 61

Toutes ces interdictions sont mentionnées par Dieu qui dit :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d´Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d‘une chute ou morte d´ un coup de corne, et celle qu‘un bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu‘elle ne soit morte - . (Vous sont interdits aussi la bête) qu‘on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage, par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd‘hui les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd´hui, J‘ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J´agrée l´Islam comme religion pour vous. Si quelqu´un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché … alors, Allah est pardonneur et Miséricordieux. » (La Table servie 5 :3) Lors d‘un sermon à la Prière du Vendredi, l‘Imam parle sur la charité entre autrui. Sa femme qui était présente à la Prière, tellement émue aux paroles de son mari retourne chez elle et va chercher la dinde normalement prévue pour être consommée lors du repas au retour de l‘imam de la mosquée. Il avait ce jour là invité un ami. La dinde cuite, sa femme retourne à la mosquée avec la dinde, et invite qui veut à manger. L‘imam ayant rentré chez lui avec l‘invité s‘inquiétait car le repas n‘arrivait pas. Il allait voir à la cuisine, lorsque sa femme lui disait : « Je n‘ai plus rien à manger, car j‘ai simplement fait ce que tu as dit, notamment de faire la charité. Et, j‘ai distribué la dinde aux nécessiteux. » L´imam furieux disait alors : « Le sermon était pour eux, mais pas pour nous. » La leçon qu‘on puisse tirer de cette histoire est celle-ci : « Sois droit dans le respect des prescriptions, car toute la bonne préservation réside dans l´obéissance à Dieu, dans la conformité à tous Ses Ordres, dans le respect de tous Ses interdits et dans l´endurance de tout ce qu`Il a décrété. » Evitons de parler avant d‘avoir coupé la ceinture de l‘hypocrisie, renouvelons la Foi, réalisons la repentance avec le coeur, évacuons la maison de notre nature, de notre désir, de notre présence en nous-mêmes, de l‘apport du bénéfique et du repoussement du nuisible par rapport à nous-mêmes. Nous n‘avons pas à parler avant de sortir de nous-mêmes. Il s‘agit de la connaissance du coeur, non celle 62

de la langue. Gardons en Sa Présence le silence, la passivité, l‘abaissement des paupières et de la tête et le mutisme, jusqu‘à ce que nous recevons de Sa part la permission d‘articuler les mots. Où, encore cette prière spontanée : « Seigneur fais-moi vivre comme un nécessiteux, fais-moi mourir dans l´indigence et ressuscite-moi au milieu des nécessiteux. » Nous devons mettre dans le bain du bonheur les voisins de la droite autant que de la gauche. Le Soufisme a pour but la réforme du coeur, qui se réalise grâce à la piété et à la remise de la confiance en Dieu, donc l‘invocation de Dieu. Tirez la leçon de celui qui invoque Dieu, contre celui qui ne l‘invoque pas. C‘est tout simple, celui qui L‘invoque est vivant ; et, celui qui ne L‘invoque pas est comme mort. Ceci est une vérité spirituelle. L‘homme de la vraie connaissance, œuvre par recherche de la Face de Dieu. Il est semblable à une enclume sur laquelle on bat sans qu‘il parle, une terre sur laquelle on marche, qu‘on change et qu‘on retourne. Il a institué ainsi un repos sans épuisement, une familiarité sans crainte de solitude, un bienfait sans malédiction, une joie sans ressentiment, une douceur sans amertume, un royaume sans perdition. L‘Islam forme, où le coeur n‘y est plus.50 Il est intéressant de connaître la nourriture des gens avant le Livre (avant le Coran), et après. L‘Islam a en horreur la viande de porc et le vin. Cependant, à un certain moment, le musulman priait et buvait du vin. Le problème s‘est posé pour le « oui » ou le « nom » à l‘alcool au temps du Prophète. Le vin a des avantages et des inconvénients, cependant les avantages emportent sur les inconvénients. En état d‘ivresse on dit n‘importe quoi, ce qui rend nulle la prière. N‘approchez donc pas la prière en état d‘ivresse, et la réponse décisive du Prophète. Pour vérifier si une chose est bonne ou mauvaise se réalise en trois stades, ou la procédure par étape : Stade premier : avantages (quel est l‘avantage ?) et inconvénients (quel est l‘inconvénient ?). Stade seconde, ne pas prier en état d‘ivresse. Stade trois, n‘y touchez pas (n‘en buvez pas). Dieu rend donc facile la chose. Nous aussi, envers les autres nous devons procéder par amour .Dans le cas des interdictions et autres, nous devons faire connaître l‘Islam, autant que le Chrétien leur Christianisme. Le monde tient un Dieu Unique, une Religion Unique, seulement ce qui diffère de l‘un et de l‘autre c‘est la pratique. Bouraïda a raconté que : Le Prophète – qu‘Allah le bénisse et le salue – entendit un homme prier tout en disant : « Mon Dieu, je T´implore en attestant que Tu es Allah et il n´y d‘autre Dieu que Toi, l´Unique et d‘une Unité absolue, qui n‘a pas conçu et n‘a pas été conçu et qui n‘a point d´égal. » Alors l‘Envoyé de Dieu – qu‘Allah le bénisse et le salue –
50

Lire le livre, « L´Humanisme de l´Islam » par A. Boisard, chez Albin Michel.

63

dit : « Par celui qui tient mon âme dans sa main, il a invoqué Dieu par son nom suprême qui, lorsqu´on l´invoque avec, il exauce, et lorsqu´ on lui demande, il donne. »51

La Ka‘bah est le signe de foi en Dieu, et ceci depuis Adam, Noé, Abraham, les Arabes. Le monde peut changer mais Dieu reste Dieu. Manger ou ne pas manger, c‘est plus que cela, notamment la raison des rapports ou la prise de conscience d‘une religion.52 Dieu rappelle comment la Ka‘bah est devenue un lieu de culte et un centre de pèlerinage. « Et rappelle-toi, quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens – Adoptez donc pour lieu de prière, ce lieu où Abraham se tint debout – Et Nous confiâmes à Abraham et à Ismaël ceci : « Purifiez Ma Maison pour ceux qui tournent autour, y font retraite pieuse, s´y inclinent et s´y prosternent. » (La Vache, 125) Affirmons l‘unicité de Dieu, et qu‘Il soit Exalté et Magnifié jusqu‘à ce qu‘il ne reste dans le coeur le moindre atome de présence de toutes les créatures et que nous n‘y voyons ni demeure, ni occupant. Car le TAWHID (affirmation de l‘unicité) annihile le tout. Comment le coeur et le secret intime peuvent-ils être purs, si on est associateurs des créatures ? La véracité consiste uniquement à chercher Dieu. Lorsque le coeur connaît Dieu, il se déploie pour le contenir, à tel point qu‘il enveloppe les Djinns, les humains et les Anges, et lorsque rien ne lui fait plus obstacle et ne le regarde plus, on le rapproche et on le fait entrer dans l'intimité.
51 52

Rapporté par Abou Daoud, Nassai et Ibn Maja. Avant l‘Islam, la Mecque était déjà un centre religieux très important. C‘est là qu‘Abraham avait construit la sainte Ka‘bah (Maison de Dieu), bien des siècles auparavant. D‘après la tradition, la ka‘bah est aussi ancienne que l‘homme. Elle aurait été construite par Adam lui-même, puis détruite par le déluge. Abraham l‘avait ensuite reconstruite avec l‘aide de son fils Ismaïl (La Vache, 127).

64

LA MER D‟ARALE : La Mer d‘Arale totalement corrompue par la pollution fait chaque jour des victimes dont l‘homme d‘aujourd‘hui en est la cause, comme partout dans le monde d‘ailleurs. Le Coran qui relate le passé, autant que le futur mais aussi le présent prophètise notre temps à une époque où il n‘y avait pas encore question de pollution, au 7ème siècle après Jésus Christ. Ecoutons le Saint Coran : « La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les gens ont accompli de leurs propres mains ; afin qu´ (Allah) leur fasse goûter une partie de ce qu‟ils ont œuvré ; peut-être reviendront-ils (vers Allah). Dis : « Parcourez la terre et regardez ce qu‟il est advenu de ceux qui ont vécu avant. La plupart d´entre eux étaient des associateurs ». Dirige tout être vers la religion de droiture, avant que ne vienne d‟Allah un jour qu‟on ne peut repousser. Ce jour-là (les gens) seront divisés : Celui qui aura mécru subira (les conséquences) de son infidélité. Et quiconque aura œuvré en bien … C‟est pour eux-mêmes qu‟ils préparent (leur avenir), afin qu‟(Allah) récompense par Sa grâce ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres. En vérité, Il n‟aime pas les infidèles. » (Ar-Rüm – Les Romains, versets 41-45.) Cette destruction due à l‘homme deviendra totale et générale, ce qui n‘est pas impossible ni improbable. Il a été prouvé chez les savants de science naturelle que cet univers verra venir un jour où tout se terminera. Comme il a évolué des époques anciennes vers ce qu‘il est de nos jours, il évoluera inéluctablement vers la fin et l‘anéantissement. Rien de ce qui a été cité dans le Saint Coran sur la fin de ce monde ne contredit les plus récentes théories de la science naturelle. Garde en la présence d‘Allah le silence, la passivité, l‘abaissement des paupières et de la tête et le mutisme, jusqu‘à ce que tu reçoives de Sa part la permission d‘articuler les mots. Tu articuleras alors par Lui non par toi-même, et ton discours sera un remède aux maux des cœurs, un baume pour les secrets intimes et une lumière pour les entendements à l‘approche du dernier jour. Il est bon de lire « Les Romains » du Saint Coran en son entièreté.

65

« O mon Dieu ! Illumine nos cœurs, guide-les vers Toi et purifie nos secrets intimes, et rapproches-les- de Toi ! » CONCERNANT L‟EDUCATION DES ENFANTS : Donner à l‘enseignement des enfants plus de temps. En autres termes, donnezvous plus de temps pour vous occuper de vos enfants. L‘éducation de l‘enfant est avant tout, «fait de lui ton ami ». L‘amour entre parents et enfants est primordial : « s‘aimer mutuellement ». Se contenter du décret Divin est plus agréable que prendre les biens du bas monde dans la dispute. Ce contentement est plus savoureux dans les cœurs des justes que la satisfaction des désirs et des plaisirs. Il est pour eux plus savoureux que la totalité du bas monde avec tout ce qu‘il renferme. Car ce contentement rend agréable la vie en général quels qu‘en soient les situations et les états. UN SEUL ISLAM 53: L‘Islam a-t-on déjà dit remonte à Adam, Abraham et ainsi de suite. Celui qui se dit de la Foi Islamique est un Musulman, de quelque race, communauté,ou pays qu‘il vienne. L‘Islam est une religion naturelle de l‘homme, qui n‘est associée à aucune personne, peuple, siècle ou endroit. Que signifie donc le mot « Islam » et qu‘est-ce qu‘un Musulman ? Le mot « Islam » signifie « soumission ou obéissance. En tant que religion, l´Islam entretient la soumission et l´obéissance totale à Allah. Il va sans dire que cette obéissance ne peut être totale que si l´homme connaît certains faits essentiels de la Foi Islamique et est totalement convaincu. Quels sont ces principes ? Il faut avoir une foi inébranlable dans l‘existence de Dieu et connaître les attributs de Dieu. C‘est la connaissance de ces attributs qui permets à l‘homme de cultiver en lui-même les qualités les plus nobles et de mener une vie de vertu et de bonté. L‘homme doit avoir une confiance, une conviction pleines et entières que c‘est bien la loi divine et que son salut dépend entièrement de l‘obser- vance de ce monde de vie. Surtout le Saint Coran nous apprend à connaître les conséquences de l‘obéissance et de la foi, autant que celle de l‘incrédulité et de la désobéissance. Au jour du jugement, chacun aura ce qu‘il mérite, et il n‘y aura pas moyen d‘y échapper, les bonnes actions récompensées et les mauvaises punies. La mort ne
53

Deux livres à lire : Initiation à l‘Islam par Pr. M.Hamidullah et Comprendre l‘Islam par Abul a‘la Maudoudi.

66

signifie pas la fin de la vie, car il y aura la résurrection et le tribunal suprême au jugement dernier présidé par Dieu Lui-même. Peu importe ce que l‘Imam van dire le vendredi à la prière, dont la question, « Est-ce qu‘il est comme nous ? » Un Islam à la carte est une réalité aujourd‘hui. Répétons ce que nous avons déjà dit : « l´Islam est soumission et obéissance totale à Allah. Cependant, comme le seul moyen sûr et authentique de Le connaître et d´apprendre quelles sont Ses volontés et Sa loi se trouvant dans les enseignements du Prophète, dont l´Islam est une religion exigeant une foi totale dans les enseignements du Prophète Mohammed. » Par conséquent, celui qui rejette l´intermédiaire du Prophète et prétend suivre Allah directement n‘est pas un musulman. Le Saint Coran nous rassure : Le Messager a cru en ce qu‟on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, a Ses livres et en Ses messagers ; (en disant) : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers ». Et ils ont dit : « Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C´est à Toi que sera le retour ». Allah n‟impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu‟elle aura fait, punie du mal qu‟elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s‟il nous arrive d‟oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d‟un fardeau lourd comme Tu as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles. » (Al-Baqarah – la vache 285286) Les témoignages relatifs au mérite de la Science sont nombreux dans le Coran : Dieu placera sur les degrés élevés ceux d‟entre vous qui croient et ceux qui auront la Science.54 Ceux qui savent et les ignorants sont-ils égaux ?55 Voilà des exemples que nous proposons aux hommes, mais ceux qui savent sont seuls à les comprendre.56
54 55

Coran LVIII, 11. Coran XXXIX, 9. 56 Coran XXIX, 43.

67

Le Prophète (Qu‘Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les hommes de Science sont des héritiers des Prophètes. » « La foi est dénudée : la piété est son vêtement, la pudeur son ornement et le savoir son fruits. » « Les gens de la Science et les combattants dans le sentier de Dieu sont les plus proches du degré de la prophétie. La raison en est que les premiers ont guidé les hommes vers ce que les messagers ont apporté ; quant aux combattants dans le sentier d´Allah, c´est parce qu’ils ont dégainé leurs sabres et combattu afin de mettre en application ce que les messagers ont apporté ». « Le Jour de la Résurrection, ceux qui intercéderont seront les prophètes puis les hommes de la Science puis les martyrs. » Depuis des siècles, le ‘Ihya‘ de l‘Imam Ghazali est considéré comme le livre de chevet du mystique authentiquement musulman. Ceux qui aspire à la pureté de leur âme peuvent y trouver un outil de salut. Mouhammad bin Mouhammad Abou Hamed Al Ghazali (décédé en l‘an 550 H.) se réfère toujours au Coran, à la Sunnah, aux œuvres des Compagnons ou des Docteurs de l‘Islam. N‘oublions pas, le sens de l‘Islam est la soumission et celui de la foi est l‘acceptation du coeur. La science inspirée mène à la connaissance de Dieu, par laquelle se dévoile la réalité des choses. Ce dévoilement about à l‘intinction du moi (l‘ego) en Dieu sur l‘échelle initiatique de la vie spirituelle. L‘Islam, rien n‘a changé. Tous respectent la Profession de Foi57, la Salât58, le Jeûne59, la Zakât60, et le Hajj61. Il est conseillé de lire, « L´Humanisme de l´Islam » par A. Boisard (Ed. Albin Michel).
57

La Profession de Foi qui est prononcée par chaque nouveau croyant : La ilaha illallah, Muhammad Rasoolullah. 58 Les prières quotidiennes obligatoires par lesquelles vous répétez cinq fois par jour les articles sur lesquels repose vote foi. 59 Ce que les prières essaient de produire cinq fois par jour, le jeûne pendant le mois du Ramadan (le neuvième mois de l‘année lunaire) le fait une fois par an. Pendant cette période, de l‘aube au coucher du soleil, nous ne mangeons pas une miette de nourriture, ni ne buvons une goutte de liquide, quelle que soit l‘attraction de la nourriture, et quelles que soit notre faim et notre soif. 60 Chaque musulman dont la condition financière est au-dessus d‘un certain minimum précisé, doit payer annuellement 2,5 % de ses épargnes à l‘un de ses semblables dans le besoin, à un nouveau disciple de l‘Islam, à un voyageur, à une personne endettée. 61 Le Hajj, ou le pèlerinage à la Mecque est la quatrième ‘ibâda fondamentale. Il n‘est obligatoire que pour ceux qui en ont les moyens et seulement une fois dans la vie. La Mecque abrite l‘emplacement d‘une petite maison que le Prophète Abraham (les bénédictions de Dieu soient sur lui) édifia pour le culte d‘Allah.

68

Il est clair que le droit Chemin est celui, et celui seul que le Prophète déclare venir de Dieu. On comprendra aisément que la foi et l‘obéissance au Prophète sont absolument vitales pour tout le monde, et qu‘un homme qui rejette les instructions du prophète et essaie de se frayer lui-même une route, dévie du droit chemin, et est certain de s‘égarer. Vivre une spiritualité, c‘est se préparer à la prière et de prier cinq fois par jour, enfin d‘accomplir ses devoirs de bon Musulman. Accomplissant notre devoir, nous nous trouverons devant un monde très important, car nous sommes ainsi les gens de la Sunna. Nous croyons fermement qu‘Allah, Pureté à Lui, est UN et n‘a pas d‘associé. Il est unique et n‘a pas de semblable. Il est Impénétrable et n‘a pas de contraire ; Il est le seul et n‘a pas d‘égal. Il est ancien, n‘a pas de début et éternel sans fin. Il est immuable, le premier et le dernier. L‘époque d‘aujourd‘hui est l‘inverse de jadis, et pourtant même aujourd‘hui tout événement a lieu grâce à Lui. De par sa générosité et non pas par obligation, Il récompense ses serviteurs. Il a envoyé les messagers, affirmé la véracité de leurs paroles par des miracles afin de répandre sa parole, ses promesses et ses menaces. Toutes les créatures doivent croire aux messages envoyés. Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux, n‘est pas seulement amour, mais beaucoup plus que cela, Il est aussi justice. La connaissance de Dieu est le résultat d‘un esprit intelligent et inspiré, et le fruit d‘une méditation profonde et éclairée. Voici donc l‘une des méthodes du Saint Coran qui visent à nous guider vers Dieu. Il réveille l‘intellect et ouvre devant lui le livre de la nature, afin que l‘esprit connaisse par sa voie ce que Dieu possède comme attributs pour Sa perfection, épithètes pour Sa magnificence, aspects de Sa splendeur, signes de Sa sainteté, entité de Son savoir, puissance extrême de Son pouvoir et Unicité dans l‘innovation et la création. L‘un des signes de l‘existence de Dieu est que les croyants qui Lui vouent un culte sincère sont plus informés, plus purifiés, plus doux et plus candides que les autres. Comme ils font plus de sacrifices, ont plus d‘altruisme et sont ceux qui rendent le plus de services aux gens. Qu‘a donc changé leurs caractères, leurs penchants et leurs instincts et les a placés en direction de la vérité, du bien, de la beauté et de la perfection ? Dieu est justice. Il récompense l‘homme pour ses actions. C‘est aussi un idéal à suivre qui pousserait l‘homme à rendre la bienfaisance par la bienfaisance. Les attributs d‘amour et de pitié qui sont le Bon, l‘Aimant, le Pardonneur, le Grand pardonneur, le Reconnaissant, la Paix, le Protecteur, le généreux, le Très Bon, le Très-Haut, le Dispensateur, le Suprême Donateur et l‘Immense, tous ces 69

attributs, l‘homme doit les prendre comme une lanterne à la lumière de laquelle il marche. Le nombre exacte de Prophètes d‘Adam à Mohammed n‘est pas connu. Cependant on dit qu‘il y a eu 124.000 Prophètes, dont le dernier est Mohammed . Tous les Prophètes n‘étaient pas des Messagers. Le Saint Coran mentionne les Prophètes comme suit : Number 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Nom Coranique Muhammad ‗Isaa Musa Sulayman Dawood Haroon Ilyaas Yunus Ya‘qoob Ayyub Yusuf Zakariyya Yahya Hud Saalih Dhul-Kifl Al-Yas‘a Shu‘aib Isma‘eel Ishaaq Lut Ibraheem Nuh Adam Nom Biblique Jésus Moïse Salomon David Aaron Elias Jonah Jacob Job Joseph Zacharie Jean

Ismaël Isaac Lot Abraham Noah Adam

Cette liste de Prophètes n‘est pas complète ni repris en ordre chronologique ; le Musulman est obligé de croire dans tous les prophètes, mais il suivra qu‘un seul enseignement, celui du dernier prophète, le Prophète Mohammed. Il n‘y a qu‘un seul Dieu unique et Son Messager le Prophète Mohammed.

70

Les premiers livres divins annoncèrent l‘apparition de Mohammed – qu‘Allah le bénisse et le salue – et sa prophétie. Dans un chapitre de la Torah (Pentateuch62) une prédiction disait : « Jahweh est venu de Sinaï, il a brillé pour eux de Seir, il a resplendi de la montagne de Paran il est sorti de Méribat-Quadech :à sa droite il voyait les flammes ». (Deutéronome 33 :1-3) L‘apparition près du Mont Thor à Sinaï indique l‘apparition du Seigneur à Moïse. L‘élévation à partir de Seir indique l‘envahissement de Seir par David. Quant à Paran (Faran) c‘était l‘ancien nom du Hijaz où Mohammed, de la lignée d‘Ismaël apparut. Et à sa droite ils voyaient les flammes: cela indique la religion que Mohammed – qu‘Allah le bénisse et le salue – présenta au monde et dont la lumière éclaire toujours tout ce qui a trait à la religion et au monde de vie commune et de mœurs sociales. Les livres révélés : Allah à Lui la gloire a révélé à ses messagers et Prophètes ses commandements et ses instructions. Certains ont été inscrits dans les livres, d‘autres ne nous sont pas parvenus. Chaque prophète avait donc un message à communiquer à son peuple. Si l‘altération de l‘Evangile et de la Torah a été prouvée d‘une manière indéniable d‘une part par le Coran et d‘autre part par les arguments concrets, que signifierait la corroboration du Coran des livres divins précédents. Cela signifie que le Coran est venu confirmer les réalités que contiennent ces Livres comme nous l‘avons indiqué auparavant, telles que : l‘adoration de Dieu seul, la foi en Ses Messagers, la foi au jugement, l‘entreprise de la justice et de l‘équité et le port des bonnes mœurs. Qui veut atteindre la vérité et les instructions divines authentiques, ne trouve devant lui que le Saint Coran. C‘est le Livre dont les instructions et les bases ont été préservées. La nation l‘a reçue de Mohammed, Mohammed de Gabriel et Gabriel de Dieu, ce dont n‘a joui aucun autre Saint Livre. Il rassemble les plus nobles principes, les plus justes méthodes et les meilleurs systèmes. Il est plein de tout ce que les humains ont besoin de croyances, de pratiques religieuses, de mœurs, de conduites et de systèmes. Il est digne de créer l‘être complet, la famille idéale, la société vertueuse, le gouvernement équitable et l‘état fort qui établit la justice et l‘égalité, supprime l‘iniquité et repousse l‘agression. Il est le seul moyen de tenir la représentation et l‘héritage de la terre. Le Saint Coran contient donc la somme des instructions divines ayant figuré dans la Torah63, l‘Evangile64 et les autres recommandations de Dieu. En plus, il
62 63

Les cinq premiers livres de la Bible. Croire au Pentateuque révélé à Moïse est l‘une des bases de la foi. Dieu a raconté qu‘il contient une direction et une lumière et l‘a adressé par ces louanges. Néanmoins, cette Torah révélée à Moïse n‘existe plus, comme

71

confirme l‘authenticité de ce que ces livres avaient apportés : qu‘on devrait adorer Dieu seul, croire en Ses Messagers, croire au jugement, établir la justice et avoir bons caractères. Comme nous l‘avons déjà dit, l‘Islam est la religion de Dieu qu‘Il a révélée à Mohammed, et cette religion consiste en foi et travail. La foi représente la croyance et les principes sur lesquels se basent les lois de l‘Islam, et d‘où sont tirées ses branches. Le travail représente le droit musulman et les branches considérées comme extension de la foi et du dogme. La foi et le travail, ou la croyance et le droit sont liés l‘un à l‘autre, comme le sont les fruits aux arbres, les conséquences aux causes et les résultats aux préliminaires. Récapitulons … Que signifie l‟Islam pour moi ? L‘Islam signifie pour moi l‘obéissance à Allah, qui ne peut être totale que si l‘homme connaît certains faits essentiels et en est fermement convaincu. 65 Il y a cinq articles de foi : Foi en Dieu qui n‘a pas d‘associé dans Sa divinité ; Foi en les anges de Dieu ; Foi dans les livres divins et dans le Coran en tant que dernier des livres ; Foi en les prophètes de Dieu, et en Mohammed (les bénédictions de Dieu soient sur lui), le dernier Messager ; 5. Foi dans la vie après la mort. 1. 2. 3. 4.

convenu par tous. Quant à la Torah qui circule de nos jours, elle a été écrite par plusieurs auteurs dans différentes époques. 64 L‘Evangile révélée à Jésus est comme la Pentateuque révélée à Moïse, tous deux sont les paroles de Dieu et contiennent une lumière et une direction. De même, l‘Evangile a subi l‘altération dont fut victime la Torah. Comme preuve valable de l‘altération de l‘Evangile, il suffit de dire que les Evangiles qui circulent entre les mains des chrétiens de nos jours, sont au nombre de quatre choisis parmi près de septante Evangiles. Tous ces Evangiles ont présenté la biographie de Notre Maître Jésus, leurs auteurs sont connus et leurs noms son inscrits sur leurs livres. Les critiques chrétiens ont convenu que les dogmes contenus dans l‘Evangile ne sont que ceux qu‘a rapportés l‘apôtre Paul, et non ceux des autres apôtres qui étaient les plus proches de Jésus. On a trouvé dans la bibliothèque d‘un des princes de Paris une version de l‘Evangile de Barnabé traduite en arabe, et qui contredit fortement les quatre Evangiles. 65 Il faut avoir une foi inébranlable dans l‘existence de Dieu. L‘homme pourrait-il Lui être obéissant, s‘il n‘est pas persuadé de Son existence ? Ensuite, il fait connaître les attributs de Dieu. C‘est la connaissance de ces attributs qui permet à l‘homme de cultiver en lui-même les qualités les plus nobles et de mener une vie de vertu et de bonté. Il faut connaître en détail le genre de vie qui peut plaire à Dieu. La connaissance de la Loi Divine et du Code Révélé est essentielle à cet égard. L‘homme doit avoir une confiance, une conviction pleines et entières que c‘est bien la loi divine et que son salut dépend entièrement de l‘observance de ce code. La connaissance sans la conviction n‘arrivera pas à aiguillonner l‘homme vers le Droit Chemin, et il risque de se perdre dans l‘impasse de la désobéissance. Un homme qui n‘a aucune idée du monde à venir peut considérer qu‘obéissance et désobéissance sont sans importance. Pour mener sa vie dans la voie de l‘obéissance à Dieu, il faut une connaissance approfondie des conséquences de la foi ou de l‘incrédulité, ainsi que de la vie ultérieure.

72

Que signifie l‟Islam comme culte pour moi ? En arabe, le mot îlâh signifie «celui qu‘on adore », c‘est-à-dire un être qui, en raison de sa grandeur et de sa puissance est considérée comme digne d‘être adoré, digne qu‘on s‘incline devant lui en signe d‘humilité et de soumission. Le mot Allah est le nom propre de Dieu. Lâ ilâha illâ L-Lah signifie littéralement : « Il n‘y a pas d´ilâh autre que l´Etre Suprême connu sous le nom d ´Allah ». Cela signifie que dans tout l‘Univers il n‘y a aucun être digne d‘être adoré autre qu‘Allah, que c‘est devant Lui seul que les têtes devraient se courber en signe d‘adoration et de soumission. Qu‘il est le seul Etre possédant tous les pouvoirs, que tous les hommes ont besoin de Sa bienveillance et que tous sont obligés de solliciter Son aide. L‘Islam est une religion naturelle, la religion qui n‘est associée à aucune personne, peuple, période ou endroit. C‘est la voie de la nature, la religion de l‘homme. De tout temps, en tous lieux, et dans tous les peuples, tous ceux qui reconnurent Dieu et aimèrent la vérité ont cru en cette religion et s‘y sont conformés. Ils furent tous des musulmans, qu‘ils aient appelé ce mode de vie Islam ou pas.

Méditation66
Quiconque veut la puissance (qu‘il la cherche auprès d‘Allah) car la puissance toute entière est à Allah : vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action67. Sourate Fatir (Le Créateur), verset 10 a. Allah (qu‘Il soit Exalté et Magnifié) se maintient sur le trône de la toutepuissance, et du Royaume visible et invisible Il s‘empare, Lui-même est le Royaume, Lui-même est le Créateur et la Création tout entière. Sa science embrasse les choses et les produit. Il y a sept versets du Saint Coran, Al-Fatiha, qui soulignent ce sens comme nous le lisons plus haut. Je mets tout mon espoir en Lui et je n‘espère rien d‘autrui. Je L‘adore et je n‘adore rien d‘autre. J‘œuvre pour Lui et je n‘œuvre pas pour autrui. Mes subsistances sont auprès de Lui et dans Sa Main. Tout est à Lui. Le serviteur et tous ses biens appartiennent à Allah, Leur Maître. Les mystères sont auprès de Lui. « C‟est Lui qui connaît le mystère. Il ne dévoile Son mystère à personne, sauf à celui qu‟il agrée comme
66

La méditation sur les cieux et la terre, la nuit et le jour, la vie et la mort et ce qui se passe à tout moment, guide vers la connaissance de la puissance extraordinaire. 67 Il élève la bonne action : Il accepte la bonne action, qui doit accompagner la bonne parole.

73

Messager et qu‟Il fait précéder et suivre de gardiens vigilants. » (Al-Jinn v.26/27) Aussi, je me rapproche de Lui pour Le voir et voir ce qu‘Il a auprès de Lui. Je laisse tout ce qui m‘attache à ce monde pour cheminer vers Son Seuil. Une petite voix silencieuse et intérieure me dit : « Lorsque tu parviens à Son Seuil, ne t´occupe pas de Son personnel et des délégués de Son Royaume, ne de ce qu‘ils pourront d´offrir, n´accepte rien avant de L‘avoir rencontré tel que tu es avec tes vêtements, ta fatigue et les inconvénients de ton voyage, afin que ce soit Lui Qui te protège, te nourrisse, t´abreuve, te débarrasse de ta solitude, te réconforte, te fasse reposer de ton épuisement, te rassure après ta crainte. Ainsi, ta satisfaction réside en Sa Présence et dans Sa Vision, pour que tu sois comblé de bénédictions. Il te donnera de la nourriture et de la boisson, et couvrira ta nudité. »

Les Anges
Le monde supérieur, ou celui des anges, est un monde subtil, invisible et abstrait. Les anges n‘ont pas d‘existence physique qui pourrait être captée par les sens, ils font partie du monde métaphysique dont seul Dieu connaît la réalité. Ils sont purifiés des passions animales, dépourvus des penchants personnels et exempts des vices et des péchés. Les anges diffèrent des humains qui mangent, boivent, dorment et peuvent être de sexe masculin ou féminin. Ils forment plutôt un monde différent et indépendant, et ne possèdent aucune des propriétés matérielles particulières à l‘homme. Néanmoins, ils ont le pouvoir de prendre des figures humaines, ou d‘autres formes concrètes. Par exemple, Gabriel se rendit chez Marie dans le corps d‘un humain. Un groupe d‘anges pénétra chez Abraham sous la forme d‘humains pour lui porter l‘annonce, et, les croyant des visiteurs, Abraham leur présenta des aliments. Dieu a créé les anges de lumière, comme Il a créé Adam de boue et les génies de feu. Mouslim a rapporté d‘après Aïcha : « Les anges ont été créés de lumière, les génies d‘une flamme fulgurante et Adam de ce qui vous a été décrit ». Leur demeure est le ciel, et ils descendent sur l‘ordre de Dieu. Il est clair que les humains sont meilleurs que les anges, comme il paraît de l‘inaptitude de ces derniers à donner des noms aux créatures que Dieu leur présenta. Adam, par contre, donna des réponses exactes, et fut honoré du savoir que Dieu lui réserva en particulier. Ainsi, il se distingua d‘eux par son aptitude à connaître les choses et à raisonner. De même, Dieu ordonna aux anges de se prosterner devant Adam, ce qui démontre son ascendant sur eux. 74

La nature des anges consiste en leur obéissance absolue à Dieu, leur soumission à Sa puissance et leur exécution de Ses ordres. Ils accomplissent leurs tâches par la volonté de Dieu et Il (à Lui la gloire) s‘occupe de leurs affaires. Ils sont incapables de faire la moindre chose de leur propre initiative. Les anges possèdent une fonction dans le monde des esprits et une dans le monde naturel. Ils ont aussi un certain rapport avec l‘homme, notamment : Leur fonction spirituelle. La glorification et la soumission absolue à Dieu . Le port du trône, car ils adorent le Seigneur, ils Le glorifient et se prosternent à Ses pieds, en portant le trône. Les anges ont certaines tâches à accomplir dans les événements dans ce monde. Par exemple, ils envoient les vents, mènent les nuages, font tomber la pluie et pousser les plantes, et d‘autres des tâches dissimulées que les sens ne peuvent percevoir. Ils tiennent compagnie à l‘homme toute sa vie durant, ainsi qu‘après sa mort. D‘après Ibn Mass‘oud, il a dit : « Le diable fait subir au fils d´Adam ses tentations, ainsi que l´ange. Soit-il choisit les tentations du diable, qui promet le mal et désavoue la vérité, soit il choisit les incitations de langue qui promet le bien et affirme la vérité. Qui se trouve dans cette dernière situation, qu‘il sache qu‘elle est l‘œuvre de Dieu, et qu‘il Le loue. Qui se trouve dans le cas contraire, qu‘il cherche refuge auprès de Dieu contre Satan. Allah, par l‘immensité de Son pardon et de Son amour pour Ses serviteurs, inspire à Ses anges de l‘implorer par les prières et de Lui demander, au nom de Sa clémence qui embrasse tout, et de Son savoir qui comprend tout, de pardonner les repentants et de les mêler à Ses fidèles vertueux. Les anges prononcent «Amen » avec les prieurs d‘après Abou Houraira (après que l‘imam eut récité : « Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère, non le chemin des égarées », dites «Amen ». Celui dont le «Amen » coïncide avec celui des anges, aura tous ses péchés précédents pardonnés » (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Nassaï). « Les anges de la nuit et les anges du jour se succèdent parmi nous. Ils se réunissent néanmoins durant la prière du « Fajr » et celle du « Asr ». Ensuite, ceux qui vous avaient tenu compagnie la nuit remontent au ciel, et leur Seigneur, bien qu‘il sache mieux qu‘eux, leur demande : « Que faisaient Mes serviteurs lorsque vous les avez quittés ? » Ils répondent : « Nous les avons laissés en train 75

de prier, et quand nous les avons rejoints, ils priaient toujours (Rapporté par Boukhari et Mouslim). Ce que les anges font encore : Ils descendent lors de la récitation du Saint Coran. Les anges recherchent les assemblées où Allah est invoqué afin de prémunir les hommes de forces spirituelles. Ils prient pour les fidèles et les savants pour qui ils se baissent humblement. Les anges portent les bonnes nouvelles. Ils nomment ceux que Dieu aime et ceux qu‘il haït. Les anges inscrivent les œuvres de l‘homme et dénombrent ses bonnes et mauvaises actions. Les anges rassurent aussi les croyants : « Tu n‟en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s‟opposent à Allah et à Son Messager, fusent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allah les agrée et ils L‟agréent. Ceux-là sont le parti d‟Allah. Le parti d‟Allah est celui de ceux qui réunissent. » Al-Mujãdalah (la discussion) Les anges majeurs sont : 1. Jibraeel : Il est l‘Archange. Sa mission primordiale était de transmettre la révélation aux Prophètes. 2. Mikaeel : Sa fonction comporte la supervision du Monde Angélique, prévoir de la pluie et subvenir aux besoins des êtres vivants. 3. Israfeel : Il lui est confié le devoir d‘étonner la trompette lorsque le monde arrivera à sa fin. Au son de la trompette ce sera immédiatement la fin du monde. 4. Izraeel : A lui est confié le devoir d‘apporter la mort. Il retire la vie des êtres vivants. Les œuvres des anges ont comme but primordial le culte de Dieu, l‘amélioration de la vie, le perfectionnement de cette existence et l‘établissement de l‘ordre. Ils travaillent sans cesse pour l‘harmonie et le rassemblement, la guidance de l‘homme vers la vérité, et la prière de Dieu pour qu‘Il pardonne ses mauvaises actions et l‘en préserve.

76

Les Djinns ou génies
Les génies ou djinns sont une catégorie d‘esprit sage, volontaire et chargée comme l‘est l‘homme. Néanmoins, ils sont dépourvus de la matière humaine, et imperceptibles aux sens. Ils ne peuvent être vus tels qu‘ils sont et possèdent la capacité de prendre des figures. Les révélations sont le seul moyen apte à nous faire connaître ce monde. Le Coran et la Sunnah nous présentent leur matière, leurs catégories et le sort de chacune de ces catégories. Dans une première étape, l‘homme fut créé à partir de sable. Ensuite, malaxé avec de l‘eau, il devint du limon. Plus tard, il se mua en de l‘argile malléable qui, une fois séchée, devint résonnante. Pendant que la création des génies précéda celle des humains, ils furent créés d‘un feu sans fumée .Certains sont parfaits par leur bonté, leur droiture, et leur amour pour la bienfaisance. D‘autre le sont un peu moins. Un troisième groupe comprend les idiots et un quatrième, qui forme la majorité, est fait d‘impies. Cela veut dire qu‘il y a entre eux les vertueux à la perfection et les moins vertueux.. Ils forment donc des groupes dissidents comme les humains. Donc certains sont soumis, et d‘autres se sont portés préjudice en étant infidèles. Ceux qui se sont soumis ont recherché la bonne direction par leurs actions, et ceux qui se sont rebellés serviront de combustibles pour le feu. Les génies écoutèrent le Prophète réciter le Saint Coran. Ceci est affirmé d‘après ce que racontèrent Ahmad, Mouslim, Abou Daoud et El Tirmizi d‘après ‗Alqama qui dit : Je demandai à Ibn Massoud : « Le Prophète – qu´ Allah le bénisse et le salue – était-il accompagné par l‘un de vous la nuit où les génies lui sont apparus ? ». « Non, répondit-il, mais une nuit, alors qu‘il était à la Mecque, il s´attarda à nous rejoindre et nous nous dîmes : Il a peut-être été victime d´un attentat. Et nous passâmes la pire nuit que des gens pourraient passer. Mais, dès que le soleil se leva, nous le vîmes sortir vers nous de la grotte Hira´. Nous lui transmîmes notre inquiétude et il nous dit : « Un groupe de génies est venu chez moi, et je lui récitais quelques versets ». Ensuite, il se mit à marcher et nous montra les traces des génies et leur feu. Puis ils lui demandèrent des ravitaillements, et il dit : « Vous pouvez avoir tout os généreusement recouvert de viande, sur quoi on a cité le nom de Dieu, ainsi que les crottins. » Dieu révéla à Son Prophète ‗ qu´Allah le bénisse et le salue - : 77

Dis : « Il m´a été révélé qu‟un groupe de djinns prêtèrent l´oreille, puis dirent : « Nous avons certes entendu une Lecture (le Coran) merveilleuse. (Al-Jinn (Les Djinns) Les génies ne connaissent pas l‘avenir, car Allah seul connaît l‘avenir et ne le confie à personne, à moins qu‘il n‘en transmette à ses élus des messagers, ce qu‘il veut faire parvenir aux gens.

Les Iblis et les démons
Iblis peut être un nom étranger, soit tiré du mot arabe (Iblas), qui veut dire : désespérer de la clémence de Dieu, ou éloigner du bien. Il est le père des diables, ces génies rebelles, et le premier et le dernier d‘entre eux (il survivra jusqu‘à la Résurrection). Si, d‘une part les anges sont des soldats de Dieu qui représentent la vertu, le bien et le succès, d‘autre part Iblis et ses compagnons des diables sont les ennemis de Dieu qui représentent le mal et la corruption. Ainsi, les œuvres des anges et celles des démons sont diamétralement opposées. Quant aux œuvres des démons, elles visent toujours à la rébellion à Dieu, la discorde, la corruption, la destruction, la coupure de ce que Dieu a ordonné de maintenir et la liaison de ce que Dieu a rompu. Tout mal sur terre et tout désordre dans l‘existence se rapporte en quelque sorte à eux. Chaque homme est accompagné d‘un diable. Comme Dieu accorde à l‘homme un ange qui le guide et le soutient, Il l‘accable d‘un diable qui le tente, lui embellit le mal, le séduit par l‘illicite et l‘invita à la corruption. Ainsi, refuser la direction de Dieu rend le diable puissant. Le diable ne peut contrôler l‘âme de l‘homme que si ce dernier se détourne de la lumière de Dieu et dévie de la voie tracée. Mais, dès que l‘homme quitte le droit chemin, Dieu le punit en permettant au diable de le contrôler. Ce dernier alors le dirige vers le mal et la corruption dans chaque parole et chaque acte. Le diable représente le mal sur terre et s‘acharne à détruire la vie de l‘homme en l‘éloignant de la lumière de Dieu et en le déviant de la voie droite et juste. C‘est pourquoi Dieu nous avertit des ses ruses et nous parle de son animosité. Il nous invite à lui résister par tus les moyens afin d‘affaiblir son pouvoir et de réduire ses maléfices et ses vices. Le diable n‘a aucun pouvoir sur le croyant, car la foi illumine l‘âme et éclaire les cœurs, et dès que l‘âme et le cœur sont illuminés, tout ce que le diable suggère 78

disparaît. Le salut est donc possible que si l‘âme se débarrasse de ses maux qui forment les fentes par où pénètrent le diable et ses tentations. L‘homme n‘atteint le sommet du bonheur que s‘il refreine son âme, résiste à ses caprices en suivant la direction de Dieu et lutte contre les tentations du diable. On dirait peut-être : pourquoi Allah a-t-il créé Iblis ainsi, suggérant le mal et invitant à combattre Allah et ses instructions ? Certains ulémas ont donné une des réponses suivante : cela montre aux hommes la puissance d‘Allah, le TrèsHaut à créer les choses opposées. Créer cette identité, la plus mauvaise et qui est la raison de tout mal s‘oppose à la création de l‘identité de Gabriel qui est la plus vertueuse, la plus pure et qui est la raison de tout bien.

La Spiritualité dans l‟Islam
La vie spirituelle dans l‘Islam se base sur le Saint Coran et la Tradition Prophétique. Mais, ce n‘est pas tout, car il y va de prendre la vie du Prophète comme modèle. La vie spirituelle est un problème absolument personnel au sein de l‘Islam et de la société tout entière. Cela signifie que l‘effort personnel doit être constant. Dans la société il y a des instincts, des impulsions que l‘on doit apprendre à maîtriser. Il faut absolument les combattre rigoureusement. Le mystique musulman se repent de ses actions plus que septante fois par jour. Ceci démontre combien le croyant doit pourvoir mettre ses affaires en ordre dans sa vie. Le Saint Coran représente la morale par excellence que nous devons suivre, donc nous devons y réfléchir bien souvent. En effet, il faut une discipline constante pour parvenir à la plus haute excellence morale. Le bilan de ses instincts et de ses péchés aussi, est un exercice journalier. Nous le savons que Dieu68 est présent là où nous sommes, autant que dans toute sa Création, et cette présence nous devons la réaliser dans notre vie. L‘Islam n‘est pas une morale laïque. L‘Islam a Allah au centre, qui constamment nous pousse à dominer nos sens. Il y a un lien entre le devoir religieux du croyant et la spiritualité, notamment l‘effort et la maîtrise sur soimême. La spiritualité mène le croyant vers l‘effort sur soi-même, par la discipline de ses instincts tout simplement. Le premier pas, c‘est de vivre une vie harmonieuse intérieure autant qu‘avec ses semblables. Ce cheminement, c‘est l‘effort sur soi-même. Le « moi », l‘écho centrisme doit être dompter, instincts et passions maîtrisés. Par la spiritualité on peut donc arriver à une harmonie interne. Se remettre à Allah … se remettre à Allah chaque instant par le contrôle sur soi-même. Finir ses mauvais penchants pour arriver à l‘harmonie. C‘est la lutte entre le négatif pour l‘acquisition du positif. « Soit
68

Dieu : Allah.

79

dans la position69 comme Allah t´a ordonné. Voilà toute la spiritualité, la religion d´Allah. Ceux qui sont proches d´Állah sont proches des hommes. Pourquoi dans l‘Islam on ne mentionne pas le mot «saint » pour désigner ceux qui vivent près d´Allah ? En Islam la transcendance est toujours sauvegardée. Tous les plus beaux noms appartiennent à Allah. Le saint est Allah, un nom qu‘on ne donne même pas au Prophète. Un homme peut se donner à Allah toute sa vie, sans que l‘on puisse le considérer comme saint, car ce nom revient exclusivement à Allah. Un homme peut avoir un rapport particulier avec Allah, sans que l‘on puisse le nommer «saint ». On est des êtres de chair et de sang, de terre et de limon, qui est une raison de plus pour pratiquer la modestie. Tout simplement, il y a des hommes qui se remettent à Allah, sans que l‘on puisse les nommer «saints ». Je suis à Allah, ou encore Allah m‘a guidé vers le droit chemin. L‘Islam est la religion de voie droite, la religion d‘Abraham, loin de tout paganisme. Croire en Dieu70 est le meilleur moyen de s‘accomplir moralement. Et, comment ! Dominer sa passion, par exemple la colère ; dominer son ambition pour arriver à un poste (carrière). Acquérir la qualité essentielle de la spiritualité par la méditation, les retraites, et la discipline personnelle. Précisément, c‘est lors d‘une de ses retraites qui duraient plusieurs nuits de suite, que l‘Archange Gabriel est venu annoncer au Prophète Mohammed qu‘il avait été choisi par Allah pour être son prophète et son messager. Le prophète faisait des retraites au point qu‘Allah devient l‘œil par lequel le mystique musulman voit, l‘oreille et la main par lesquels il agit. En autres termes, la volonté de Dieu71 qui s‘accomplit par lui. C‘est cela la sainteté en Islam. En arrivant à une excellence morale, on voit par les yeux du Seigneur72. Le message coranique est essentiellement spirituel. La spiritualité et la loi ne sont pas contraire. Ici, nous arrivons à la Sharîa. La sharîa a trait autant qu‘aux droits qu‘aux devoirs du musulman. En effet, le modèle de vie que l‘Islam préconise consiste en un ensemble de droits et de devoirs, et tout être humain qui accepte cette religion doit s‘y conformer. D‘une manière générale la loi de l‘Islam impose quatre sortes de droits et de devoirs de l‘homme. 1. Les devoirs envers Allah que tout homme est obligé de remplir. 2. Les devoirs de l‘homme envers lui-même. 3. Les droits d‘autrui sur lui.

69 70

Attitude. Allah. 71 Allah. 72 Allah.

80

4. Les droits des ressources que Dieu a mis à sa disposition et lui a autorisé d‘utiliser pour son bien-être. Ces droits et obligations constituent la pierre angulaire de l‘Islam, et c‘est le devoir le plus strict de tout musulman véritable de les comprendre et de s‘y soumettre consciencieusement. Tenons compagnie aux mystiques musulmans, car finalement l‘une de leurs qualités, c‘est lorsqu‘ils regardent une personne et dirigent leur énergie spirituelle sur elle, ils l‘aiment, même s‘il s‘agit d‘un juif ou d‘un chrétien ou d‘un mage . S‘il s‘agit d‘un musulman, sa Foi et sa certitude se raffermissent davantage. Lorsque le cœur est sain le regard devient sain. Lorsque le cœur est sain, il se rapproche d‘Allah. S‘il regarde avec l‘œil de la proximité et de la connaissance, son regard procède d‘Allah (qu‘Il soit Exalté et Magnifié). O mon Seigneur ! Raffermis notre Foi, notre croyance et nos corps par Ta Proximité.

LES HADITHS DIVINS
Dans les sciences religieuses musulmanes, le mot «hadith » est devenu un terme technique spécial pour désigner tout récit relatif à la conduite de Mohammed (que Allah prie sur lui et le salue) depuis le jour où il a commencé l‘œuvre de sa prédiction. Parmi ces hadiths, il y a les vrais et les faux (on donne à ces derniers l‘attribut : israéliens car ils étaient l'œuvre des juifs qui voulaient combattre la nouvelle religion), il y a de même les abrogés et les abrogeant, ainsi les parfaits et les médiocres selon les rapporteurs et la certitude de leur exactitude. Nous savons que les deux sources principales de la religion Islamique sont : le Coran et les hadiths. Ces derniers comportent deux catégories : les hadiths «qoudoussi » ou saints ou divins, et les hadiths Prophétiques :

Le Coran : est le Livre de Dieu qui contient ses paroles, il a été révélé au Prophète (que Allah prie sur lui et le salue), durant une période de vingt-trois ans à peu près, par Gabriel – l‘Esprit Fidèle -, et qui est écrit sur une Table Sacrée.

81

Le hadith qoudoussi : est tout ce que Dieu voulait informer son Envoyé par divers moyens : une révélation par inspiration, son Esprit Fidèle (l‘ange Gabriel) ou en dormant, et il lui a confié la tâche de s‘exprimer par les propos convenables pour les diffuser aux fidèles. C‘est pour cela qu‘on trouve dans ces hadiths le terme : Dieu a dit ou dit, ou le Prophète a dit en attribuant ces propos au Seigneur.

Le hadith prophétique : est tout ce qui est attribué au Prophète (que Allah prie sur lui et le salue). Ces hadiths renferment des récits, des nouvelles, des sentences, des sagesses et des informations qui ont été dits dans des circonstances différentes. Ce livre contient en principe 400 hadiths dont une grande partie a été rapportée par plusieurs érudits dont l‘honorabilité ne peut être mise en doute. Mais il arrive que quelques-uns parmi eux aient rapporté le même hadith tel quel, d‘autres qui l‘ont rapporté avec des légères modifications qui ne touchent en aucun cas au fond et ne changent rien au sens, et d‘autres qui l‘ont rapporté amputé, c.à.d. une partie seulement.

La Clef des Hadiths :

‗Umar‘73 (qu‘Allah l‘agrée) rapporte : Un jour que nous étions assis auprès de l‘Envoyé de Dieu (que Allah prie sur lui et le salue) voici qu‘apparut à nous un homme aux habits d‘une vive blancheur, et aux cheveux d‘une noirceur intense, sans trace visible sur lui de voyage, personne parmi nous ne le connaissait. Il vint s‘asseoir en face du Prophète (que Allah prie sur lui et le salue), plaça ses genoux contre les siens74 et posant les paumes de ses mains sur ses deux cuisses75, il lui dit : O Muhammed : informemoi au sujet de l‘Islam. L‘Envoyé de Dieu (que Allah prie sur lui et le salue) Lui répondit : L‘Islam est que tu témoignes qu‘il n‘est pas de divinité si ce n‘est Allah et que Muhammed est l‘Envoyé d‘Allah ; que tu accomplisses la prière; verses la Zakat ; jeûnes le mois de Ramadan et effectues le pèlerinage vers la Maison Sacrée si76 tu en as la possibilité. Tu dis vrai ! dit l‘homme. Nous fûmes pris d‘étonnement de le voir, interrogeant le Prophète, approuver.

73 74

‗Umar ibn al-Khattab : le deuxième Calife. C.à.d. du prophète (sur lui la paix). 75 C.à.d. du prophète (sur lui la paix). 76 C.à.d. : dès que tu en as la possibilité physique et matérielle !

82

Et l‘homme de reprendre : Informe-moi au sujet de la foi (al-Iman). « C‘est, répliqua le Prophète (sur lui la paix) de croire en Allah, en Ses Anges, en Ses Apôtres, au Jour Dernier et de croire dans le Destin imparti pour le Bien et le Mal. »

Tu dis vrai, répéta l‘homme qui reprit en disant : informe-moi au sujet de l‘Excellence (al-Ihsãn). C‘est répondit le Prophète (sur lui la paix) que tu adores Allah comme si tu Le vois, car si ,tu ne Le vois pas, certes, Lui te voit. »

L‘homme dit : informe-moi au sujet de l‘Heure. Le Prophète (sur lui la paix) répondit : « L´interrogé n‘en sait pas plus que celui qui l´interroge. »

… Là-dessus l‘homme s‘en fuit. Quant à moi je restai un moment. Ensuite le Prophète (sur lui la paix) me demanda : O, ‗Umar ! Sais-tu qui interrogeait ? Je répondis : Allah et Son Envoyé en savent plus. »C‘est Gabriel77 , dit le Prophète (sur lui la paix) qui est venu vous enseigner votre religion. »78

Dans l‘Islam, dans ma vie de musulman, tout tourne autour de ce hadith. L‘Islam est l‘affaire entre nous et Dieu. Dieu a envoyé Mohammed (que la bénédiction et la paix de Dieu soient sur lui) avec une religion primordiale indulgente et une loi religieuse universelle qui garantissent aux gens une vie honorable distinguée et les conduisent au plus haut degrés de l‘ascension et de la perfection.

L‘Islam n‘était pas un message circonstanciel limité à une génération donnée ou un groupe donné comme l‘avait été les messages divins précédants mais plutôt un message universel destiné à tous les humains jusqu‘à ce que Dieu hérite la terre et ce qu‘elle porte. C‘est dire qu‘il n‘est pas réservé exclusivement à un pays particulier ni à une période donnée. Il y a un hadith authentique qui dit : « Tout Prophète fut envoyé spécifiquement à son peuple, quant à moi, je suis envoyé à toutes les races, les rouges aussi bien que les noires ».
77 78

Il s‘agit évidemment de l‘Archange Gabriel (sur lui la Paix). Hadith rapporté par Muslim.

83

Il y a dans l‘Islam trois degrés de dirigeants religieux :

Le faquib, qui s‘occupe des études religieuses, et comment manier les textes. L‟imam, qui dirige la prière.79 Le savant, le théologien.

L‘enseignement détaillé provenant du Coran et du Hadith concerne les innombrables problèmes qui peuvent surgir dans la vie d‘un homme, a été compilée par quelques-uns des plus éminents théologiens du passé qui consacrèrent leur vie à l‘étude et l‘analyse du Coran et du Hadith.

Pour ainsi terminer, il existe deux sources où trouver la sharî‘a de Mohammad (la paix soit avec lui) : le Coran et le Hadith. Le Coran est une révélation divine où chacun de ses mots vient d‘Allah. Le Hadith est un recueil des instructions données par le Dernier Prophète et de ses mémoires, tels qui furent conservés par ceux qui vécurent en sa compagnie, ou ceux à qu‘ils furent transmis par les témoins directs. Ces textes furent ensuite épurés, et compilés sous forme de livres parmi lesquels les recueils faits par Mâlik, Bukhâri, Muslim, Tirmidhi, Abû Dâwud et Ibn Mâja sont considérés comme les plus authentiques.

SOURATE 2 : AL-BAQARAH (LA VACHE)

Bismillah irrahman irrahim

Au nom d‘Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

79

Le faquib et l‘imam font le même travail.

84

1. ´ALIF-LAAAM-MIIIM.

1. Alif, Lam, Mim80.

Une explication probable de ce premier verset :

A = Allah. L = Gabriel (dont la dernière lettre est prise en considération «l ».) M = Mohammed.

Le Saint Coran contient la somme des instructions divines ayant figuré dans la Torah, l‘Évangile et les autres recommandations de Dieu. En plus, il confirme l‘authenticité de ce que ces livres avaient apporté : qu‘on devrait adorer Dieu seul, croire en Ses Messagers, croire au jugement, établir la justice et avoir bon caractère.

Donc Dieu a révélé le Saint Coran au Prophète Mohammed par l‘Archange Gabriel, expression d‘une vérité pure, confirmant les Livres précédents que Dieu avait révélés aux Prophètes précédents et comme juge sur eux : Il corrobore ce qui s‘y trouve de juste et démontre les altérations que ses livres ont subies. Les instructions du Coran sont les derniers mots adressés par Dieu aux humains comme direction. Dieu les a voulus éternels, subsistants au temps. Alors Il les a préservés de l‘altération, du changement et du remplacement. Le Coran est le Livre par excellence entre Dieu et les hommes. Aucun livre ne peut rivaliser le Coran par son effet, sa direction, ses sujets et la noblesse de ses objectifs. Il est le meilleur des livres.

Qui veut atteindre la vérité et les instructions divines authentiques, ne trouve devant lui que le Saint Coran. C‘est le Livre dont les instructions et les bases ont été préservées. La nation l‘a reçue de Mohammed, Mohammed de Gabriel et Gabriel de Dieu, ce dont n‘a joui aucun autre Livre. Il est plein de tout ce dont
80

Les sourates 2, 3, 7, 10,11,12,13,14,15,19,20,26,27,28,29,30,31,32,36,38,40,41,42,43,44,45,46,50, et 68 commencent non par des mots, mais par des lettres de l‘alphabet, détachées en n‘ayant pas de sens particulier. Le Prophète lui-même ne semble pas avoir précisé leur signification, d‘où d‘innombrables interprétations suggérées par les commentateurs anciens et modernes. Notre texte nous montre une signification .

85

les humains ont besoin de croyances, de pratiques religieuses, de mœurs, de conduites et de systèmes. Il est le seul moyen de tenir la représentation et l‘héritage de la terre. Le Saint Coran est la Parole de Dieu (d‘Allah).

Encore une petite réflexion coranique : seul Dieu donne la vie, et seul Dieu peut l‘ôter. Cependant, on peut protéger sa personne. C‘est à dire, on ne prend pas l‘arme au début, mais s‘il n‘y a pas d‘alternatif (finalement) on tue (toujours pour protéger sa personne ou plus encore sa famille.) En un mot, le Saint Coran y est pour connaître Dieu, accomplir ses devoirs, et se protéger autant sa propre personne que sa famille, son pays et sa religion.

SOURATE 2 : 255 : AL-BAQARAH (LA VACHE)

86

Bismillah irrahman irrahim

Au nom d‘Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

´Allaahu laaa ´ilaaha ´illaa Huu. ´Al-Hayyul-Qay-yuum. Laa ta‘khuzuhuu sina-tunw-wa laa nawm. Lahuu maa fissamaawaati wa maa fil-‗arz. Man-zallazii yashfa-‗u ´indahuuu ´illaa bi-‗iznih ? Ya‘lamu maa bayna ´aydiihim wa maa khalfahum. Wa laa yu-hiituuna bishay-´im-min ‗ilmihiii ´illaa bimaa shaaa. Wa-si´ Kursyyu-husSamaawaa-ti wal-arz ; wa laa ya‘uudu-huu hifzuhumaa wa Huwal ‗Aliyyul-‗Aziim.

Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même « al-Qayyum »81. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n‘embrassent que ce qu‘Il veut. Son Trône « Kursiy »82 déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand.

81

Al-Qayyum : ce mot arabe n‘a pas d‘équivalent en français. Il signifie : celui qui n‘a besoin de rien alors que tout a besoin de Lui, qui ne dépend de rien alors que tout dépend de Lui. 82 Kursiy : mot arabe qui signifie « siège » ; certains commentateurs l‘interprètent comme étant la Science d‘Allah. Il est prouvé qu‘Allah ne ressemble en rien à Ses créatures.

87

SOURATE 2 : 285/286 : AL-BAQARAH (LA VACHE)

Bismillah irrahman irrahim

Au nom d‘Allah, le Miséricordieux, le Miséricordieux.

Tout Très

285 .´Aa-manar-Rasuulu bi-maaa ´un-zila ´ilay-hi mir-Rab-bihii walMu‘-minuun. Ku-lun ‗aa-mana billaahii wa ma-laaa-´ikati-hii wa kutubihii wa rusulih. Laa nufarriqu bay-na ´ahadim-mir-rusulih. Wa qaaluu sami‘-naa wa ´ata‘naa :Gufraanaka Rabbanaa wa ´ilaykal-masir.

285. Le Messager a cru en ce qu‘on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers ; (en disant) : « Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C‘est à Toi que sera le retour. »

88

286. Laa yukalli-fullaahu naf-san ´illaa wus-‗ahaa. Lahaa maa kasabat wa ‗alay-haa mak tasabat. Rabbanaa laa tu‘-aa-khiznaaa ´innasiinaaa ´aw ´akhta‘-naa. Rabbanaa wa laa tahmil ‗alay-naaa ´is-ran-kamaa hamal-ta-huu ´alallaziina min-qab-linaa. Rabbanaa wa laa tuhammil-naa maa laa taqaqata lanaa bih. Wa‘-fu ‗annaa, wag-fir lanaa, war-hamnaa. ´Anta Mawlaa-naa fan-surnaa ‗alal-qawmil-Kaafi-riin.

286. Allah n‘impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu‘elle aura fait, punie du mal qu‘elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s‘il nous arrive d‘oublier ou de commettre une erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d‘un fardeau lourd comme Tu nous as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais-nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles.

Le Seigneur a envoyé au Messager-Prophète illettré de la tribu de Qoraïch le Message qu‘il devait répandre à tous les Arabes, les non-Arabes, les Djinns et les humains. Il a aboli par cette loi toutes celles qui l‘ont précédé et a accordé sa préférence au Prophète Mohammed (qu‘Allah le bénisse et le salue) sur tous les autres et l‘a rendu le maître des humains. L‘attestation de l‘unicité, il n‘y a point de dieu qu‘Allah ne se complète qu‘avec la confirmation que Mohammed est le Messager d‘Allah. La foi d‘un serviteur n‘est acceptée que lorsqu‘il croie aux événements rapportés concernant l‘aprèsmort.

La foi du serviteur nécessite la croyance au bassin de notre Prophète Mohammed (qu‘Allah le bénisse et le salue), duquel les croyants seront abreuvés avant d‘entrer au Paradis et après avoir traversé le Sirate. Ceux qui en boiront ne ressentiront aucune soif. La largeur de ce bassin est équivalente à la marche d‘un mois, son eau est plus blanche que le lait, et plus sucrée que le miel. Il est entouré de cruches aussi nombreuses que les étoiles du ciel.

89

Il faudrait également croire au jugement où les hommes feront face à des états diversifiés : ceux qui entreront au paradis sans jugement, ce sont les rapprochés du Seigneur, ceux qui seront pardonnés et ceux qui seront jugés. Les prophètes seront interrogés sur la mission de répandre le message ; les incrédules seront questionnés sur l‘accusation des messagers de mensonge ; les innovateurs seront interrogés sur la sunna et les musulmans sur leurs œuvres.

Les Écoles des Hadiths Divins
Il existe deux sources où trouver la sharî a83 de Mohammed (la paix soit avec lui) : le Coran et le Hadith. Le Coran est une révélation divine ; chacun de ses mots vient d‘Allah. Le Hadith est un recueil des instructions données par le Dernier Prophète et de ses mémoires, tels qu‘ils furent conservés par ceux qui vécurent en sa compagnie, ou ceux à qu‘ils furent transmis par les témoins directes. Ces textes furent ensuite épurés, et compilés sous forme de livres parmi lesquels les recueils faits par Mâlik, Bukhârî, Muslim, Tirmidhi, Abû Dâwud, Nasâ‘I et Ibn Mâja sont considérés comme les plus authentiques.

La loi détaillée provenant du Coran et du Hadith concernant les innombrables problèmes qui peuvent surgir dans la vie d‘un homme, a été compilée par quelques-uns des plus éminents théologiens du passé. Les peuples musulmans seront toujours reconnaissants à ces hommes sages qui consacrèrent leur vie à l‘étude et à l‘analyse du Coran et du Hadith, facilitant ainsi la tâche de tout musulman désireux de façonner son comportement quotidien en fonction des exigences de la sharî ‘a. Les quatre sources à retenir : 1. 2. 3. 4. Hanifite84 Malekite85 Chaofite86 Hanbilite87

83 84

Le code détaillé de conduite. Al-fiqh al-hanafi : c‘est le fiqh compilé par Abû Hanîfa Nu‘mân ibn Thâbit, aidé de Abû Yûsuf, Muhammad al-Shaibâni, Zufar et d‘autres, tous connus pour leur très grande connaissance des problèmes religieux. Il est connu sous le nom d‘école Hanafite du fiqh. 85 Al-fiqh al-Mâlikî : de Malîk ibn Anas al-Asbahi. 86 Al-fiqh al-Shâfi’î : fondé par Muhammad ibn Idrîs al-Shâfi‘î. 87 Al-fiqh al-Hanbalî : fondé par Ahmad ibn Hanbal.

90

Les quatre sont solidaires entre eux, dont la différence est minime qui ne change en rien la Tradition Prophétique.

Voici les fondateurs de différentes écoles de fiqh : 1. Abû Hanîfa Nu‘mân ibn Thâbit : né en 80 de l‘Hégire (699 après J.C.) mort en 150 de l‘Hégire (767 après J.C.). Il y a environ 375 millions de disciples de cette école dans le monde, surtout en Turquie, au Pakistan, Bhârat (Inde), Alghanistan, Jordanie, Indochine, Chine, Union Soviétique. 2. Mâlik Ibn Anas al-Asbahi : né en 93 de l‘Hégire (714), mort en 179 de Algérie, Tunisie, Soudan, Kuweit, Bahrein, Afrique Noire… 3. Mohammad Ibn Idris al-Shâfi‘î : né en 150 de l‘Hégire (767), mort en 204 de l‘Hégire (820). Ses disciples sont environ 130 millions en Palestine, Liban, Egypte, Irak, Arabie Séoudite, Yemen, Indonésie, Inde du Sud … 4. Ahmad Ibn Hanbal : né en 164 de l‘Hégire (780), mort en 241 de l‘Hégire(855). Environ 30 millions de disciples, surtout en Arabie Séoudite, Liban, Syrie. Hadiths invalides : Nasruddîn Albanî A retenir 1. Ricâl = la personne qui a transmis 2. Sunna = la parole du Prophète (par écrit ou orale) Les Hadiths plus importants : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. Al-Bukhari Al-Muslim Al-Tirmidhi Ibni Mage Suren Dâwud Suren Nesât Muvatta Iman Malik

Les écoles du fiqh furent toutes élaborées sous leur forme actuelle dans les deux cents années qui suivirent la mort du Prophète. S‘il existe quelques différences 91

entre ces écoles, cela vient du fait que la vérité a de multiples faces. Quand des personnes différentes s‘emploient à interpréter un événement donné, chacun l‘explique en fonction de ses propres conceptions. Ce qui donne à ces différentes écoles de pensée l‘authenticité qu‘on leur accorde, c‘est l‘intégrité incontestable de leurs fondateurs respectifs et des méthodes qu‘ils adoptèrent. C‘est pourquoi tous les musulmans, quelle que soit l‘école à laquelle ils appartiennent, considèrent ces quatre écoles comme également correctes et vraies. Bien que l‘authenticité des quatre écoles fiqh ne soit pas mise en doute, on ne peut en suivre qu‘une dans sa vie. Il y a pourtant le cas du groupe d‘ahl al-Hadith qui estime que ceux qui ont une connaissance suffisante peuvent aborder directement le Coran et le Hadith pour y puiser des directives ; ceux qui ne sont pas dotés de ces connaissances et de facultés suffisantes, devraient suivre le guide de leur choix pour tel sujet particulier88.

Dans notre quête spirituelle on ne peut pas isoler sa recherche de la lecture avertie et soutenue du Saint Coran et du Hadîth. Démarche qui ne peut surprendre quand on sait, qu‘en Islam, la mystique fait partie intégrante du cadre coranique, tout comme en Grèce la philosophie est issue de la métaphysique matérialiste des ioniens. Les versets miraculeux du Coran (âyât) et les dits des Hadîth seront ces bases solides et sûres qui permettront de fonder une enquête serrée et hardie parfois, sur la miséricorde et l‘union à Allah. Notre quête une fois fondée sur le roc de la foi telle qu‘elle a été transmise, la raison n‘en sera que plus à l‘aise pour une investigation hardie dans le monde de la Réalité, du droit et de la Vérité, fondement et sommet de toute requête. Il est bien entendu que cette Réalité ne se propose pas simplement à la réflexion mais appelle d‘une façon pressante et irrésistible à une intime participation. Le croyant aime Allah de tout son cœur. Parce que l‘on est assuré que la mort 89 s‘ouvre sur la rencontre, le cœur s‘y portera allègrement, d‘autant qu‘en dehors du bien-aimé, rien n‘est susceptible de distraire du bien-aimé. Notre Prophète dit un jour dans sa prière : « O Dieu, accorde-moi de t´aimer, d‘aimer ceux que tu aimes, d‘aimer tout ce qui me rapproche de ton amour, et fais en sorte que t´aimer me soit plus doux que l‘eau fraîche à ma bouche. »

88 89

Une école de pensée, celle des shî‘a, possède également son propre fiqh. Désir de la mort : « Il y a tant de volupté dans la contemplation de la vérité … qu‘on désire comme une suprême récompense cette mort qu‘on redoutait auparavant ».

92

LE STADE ANGELIQUE DU CROYANT

( A NOUS DE CHOISIR)

ANGES (LUMIERE) Chaque groupe d‘anges a une tâche bien déterminée.

L‟HUMAIN

Lumière + instinct animal

BÊTES (ANIMAUX) Instinct animal

L‘homme est libre de choisir entre la religion d‘Allah ou la vie de ce monde en vivant uniquement suivant son instinct animal. Vivre suivant son instinct animal ne retient aucune responsabilité devant Dieu. Vivre «dans la Lumière », c‘est de m‘accrocher à l‘accord de Dieu, en me posant continuellement la question «estce que j‘ai fait ce que Allah m´a demandé de faire ? »

Lorsque le croyant est éduqué et s‘accroche à la religion et aux bonnes mœurs, la conscience surgit, qui est le sentiment psychique et qui observe les œuvres de l‘homme en lui ordonnant de faire le bien, lui déconseillant le mal et lui demandant compte de ses actions. Ainsi cette conscience devient tranquille si ces œuvres sont bonnes et réprouve les autres. Une fois l‘âme aura atteint ce stade de la clairvoyance, du contrôle et du jugement, elle aura trouvé le chemin 93

du salut en se déviant du celui du mal. Tant que l‘homme continue à dominer son âme en s‘éloignant des passions et domptant ses caprices, il sera purifié de ses défauts et son âme aura atteint les plus hauts degrés de la vérité, du bien et de la perfection. Il atteindra le stade de la maturité religieuse dont Dieu lui désira dans la vie et sera digne d‘être l‘un de Ses amis rapprochés dans l‘autre. Une fois l‘âme se séparera du corps, ce sera la mort. Quant à elle, elle entendra qui viendra visiter la tombe, le reconnaîtra, lui rendra le salut, éprouvera les plaisirs des délices tout comme le supplice de la misère. LES PRATIQUES RELIGIEUSES Lorsque le cœur n‘est pas apaisé, la discorde est possible. C‘est-à-dire, le cœur passionné et plongé dans le bas-monde de la vie d‘aujourd‘hui sans Allah ressemble à un terrain marécageux où ne peut pousser le grain. Le cœur pervers et rempli de malice n‘a aucune valeur. Seule pousse la culture de celui qui a semé les grains de la Foi. Les personnes avertis savent bien que la vie d‘ici-bas est un champ où l‘on sème pour l‘au-delà. Le champ s‘apparente au cœur, et la foi au grain qui y est enfouie. Les pratiques religieuses sont les instruments qui retournent la terre, qui la défrichent et y creusent les rigoles pour y assurer l‘irrigation. Si par contre, et bien qu‘on s‘y soit engagé, on néglige d‘assurer au grain de la Foi l‘eau des pratiques religieuses, si l‘on laisse le cœur en proie aux vices et qu‘on s‘adonne aux plaisirs du bas-monde et si, malgré cela, on attend de Dieu le pardon, bêtise et aveuglement que cette attente. Le Prophète Mohammed (que Dieu lui accorde la Grâce et la Paix), a dit : « L´imbécile est celui qui abandonne son âme à ses passions et espère de Dieu le Paradis. »

L‘objectif du musulman est de plaire à Dieu. Le croyant n‘a d‘autre attache que pour Allah, ne pense qu‘à vivre en Sa présence, à ne vivre que pour mieux Le connaître, et entend de penser qu‘à Dieu seul. Car le monde divertit, il distrait de Dieu, de Celui que le cœur aime. Quand sonnera l‘heure de la mort, ce sera l‘heure de la grande délivrance et de la rencontre avec le Bien-aimé, libéré à jamais de la prison du corps.

La pratique religieuse de l‘Islam est mondialement en grande ligne identique, seulement les détails peuvent différer de pays en pays, et ceci uniquement en matière de culte. Il ne suffit pas de prétendre appartenir à quelque chose pour que se réalise l‘espoir d‘en obtenir le profit, à moins de prouver son affirmation en agissant suivant la règle. 94

Tradition ou innovation90, on ne plaisante pas avec la religion d‘Allah, la Révélation et son Prophète, car :

1. Plaisanter avec de telles choses équivaut à de la non-croyance. 2. La différence entre les rumeurs mal intentionnées et le conseil sincère pour l‘amour d‘Allah et de Son Prophète. A nous d‘être attentivement prudent. 3. Savoir qu‘Allah aime le pardon et qu‘Il est sévère envers Ses ennemis. 4. Pas toutes les excuses, une fois faites, sont acceptables. Certains sont inacceptables, car on ne badine pas avec la religion d‘Allah.

H‟adith 591 Selon la Mère des Croyants, Oumm Abdallâh Aïcha (que Dieu soit satisfait d‘elle), l‘Envoyé de Dieu (à lui bénédiction et salut) a dit : « Quiconque apporte à notre religion une nouveauté qui n‘en provient pas. Celui-là est à repousser ».

La nouveauté dite religieuse est, en principe, contraire à l‘esprit de l‘Islam qui désigne une telle innovation par le terme de bid‟a. Cependant, certaines innovations, sont considérées comme de bonnes bid‘as, non contraire à l‘esprit de la religion.

90

Selon Abôu Mâlik el-H‘ârith ben Açim el Achari (que Dieu soit satisfait de lui), l‘Envoyé de Dieu (à lui, bénédiction et salut), a dit : « La pureté rituelle est la moitié de la religion. Dire : « Louange à Dieu », remplit la balance des bonnes actions. Dire «gloire à Dieu, Louange à Dieu », remplit l´espace compris entre le ciel et la terre. La prière rituelle est lumière, l´aumône est preuve (de ce que le dû est acquitté), la patience est clarté, le Coran est argument en ta faveur ou à ton détriment (selon que tu en suis ou non les prescriptions). Chaque homme, de grand matin, fait commerce de son âme, la sauvant, ou la faisant périr ». (H‘adiths 23/En Nãwãwi – Les Quarante H‘adiths – International Islamic Federation of Student Organizations). 91 Les Quarante H‘adiths (International Islamic Federation of .Student Organizations)

95

Une entre parenthèse : Seul Dieu donne la vie, et seul Dieu peut l‘ôter. Protéger sa personne : on peut pren

dre l‘arme au début, mais si sa famille ou sa propre personne n‘est férocement assaillie, on a le droit d‘attaquer.92

Par contre, il est dit dans le H‘adiths 32 des Quarante H‘adiths : « Selon Aboû Said Sadben Mâlek ben Sinân, el Khodri (que Dieu soit satisfait de lui), l´Envoyé de Dieu (à lui bénédiction et salut), a dit : « Ne faites pas de mal, et ne rendez pas le mal pour le mal ».

Ce Hadith est d‘ultime importance. Il rappelle les exigences de cette maxime chrétienne, qu‘il faut rendre le bien pour le mal. Un commentateur dit qu‘on peut le comprendre de la façon que le texte a été traduit, c‘est-à-dire, qu‘il ne faut faire le mal, ni à qui ne vous en fait pas, ni à qui vous en fait mais que, dans ce dernier cas, il faut lui pardonner ou bien encore : « Ne faites pas aux autres plus de mal qu‘ils ne vous en ont fait ».

LE CULTE

Celui qui croit aux cinq articles constituant le fondement de l‘Islam, notamment93 :

1. Foi en Dieu qui n‘a pas d‘associé dans Sa divinité. 2. Foi en les anges de Dieu. 3. Foi dans les livres divins et dans le Coran en tant que dernier des livres. 4. Foi en les Prophètes de Dieu, et en Mohammed le dernier Messager .
92 93

Le Droit Civil de chaque pays est de rigueur. Répétition de la page 21 (en latin on dit « bene bene respondare » c.à.d. répétez, répétez pour bien comprendre).

96

5. Foi dans la vie après la mort. S‘il croit en ces cinq articles, il devient un membre de la communauté musulmane. Seulement, il ne suffit pas de proclamer sa foi verbalement pour devenir un musulman pratiquant. Pour le devenir, il faut appliquer intégralement les directives laissées par le Prophète Mohammed (les bénédictions de Dieu soient sur lui) telles qu‘elles lui ont été inspirées par Dieu. La foi en Dieu entraîne inévitablement l‘obéissance pratique à Sa parole ; et c‘est l‘obéissance à Dieu qui constitue l‘Islam. Ainsi chaque convertit proclame : La ilaha ill-Allah Muhammad-ur-rasoolullah. En même temps que vous avez foi en Dieu, vous croyez que le Coran est le Livre de Dieu. Cela signifie que vous avez admis tout le contenu du Coran comme inspiré par Dieu. Ainsi il est de votre devoir d'accepter, et d'obéir à tout ce qui s'y trouve. Comme nous avons déjà parlé des Hadiths Divins plus haut, les Hadiths font partis de la Sunnah 94. La Sunnah (Tradition Prophétique) se résume en ceci : « ce qui se fait, et ce qui est approuvé par le Prophète ».Actuellement la Sunnah se divise en quatre parties : la Parole (Hadiths) ; les faits ; l‘approbation ; et nouvellement, les bâtions. Et, on peut ajouter, l‘état spirituel. Le Saint Coran et les Hadiths doivent être en accord. Tout est permis, tant qu‘il n‘y a pas un texte qui interdit la chose. Aujourd‘hui, on tant de dire l‘inverse.

N‘oublions pas que l‘objectif est de plaire à Allah. C‘est très important de plaire à Allah. Le bas monde chemine vers un terme connu, et la Vie Future vers un terme indéfini. La vie ici-bas chemine vers un terme fini et la vie dans le monde futur vers un terme indéfini. La désobéissance, c‘est la présence de l‘âme ; et l‘obéissance, c‘est son absence. S‘adonner aux plaisirs, c‘est la présence de l‘âme ; et s‘en priver, c‘est son absence. Privons-nous des désirs et ne nous adonnons que par conformité à l‘arrêt d‘Allah, non par soumission à notre propre choix ou plaisir. Prenons les désirs avec la main du renoncement ferme et décidé à eux. Ainsi, la main du mystique musulman amène à prendre le désir et à le transmettre à l‘âme. La vie mystique est nécessaire. Nous en avons besoin avant la bonne connaissance de notre état. La vie mystique même ascétique s‘effectue dans l‘obscurité et la
94

Le terme est utilisé comme un titre, à un nombre de collections du hadith qui ne sont pas toujours canoniques, c.a.d. qu‘elles ne possèdent pas le degré d‘authenticité qui est caractéristique des six Sahihs. Ce sont le hadith vérifié ou la tradition du Prophète Mohammed ; collectivement, une des six collections canoniques de telles traditions ; « les deux Sahihs » de Al-Bukhari (d. 256 A.H.) et Muslim (d. 261 A.H.), la collection en laquelle on a plus de confiance parmi les six collections canoniques, les quatres autres étant celles d‘Abu Dawud, al Nasai, ibn Majah, et al Tirmidhi mentionnés plus haut.

97

consommation du désir dans la clarté. Au début c‘est l‘obscurité. Lorsqu‘elle se dégage on voit la clarté. La puissance est mystère et le fait d‘être du côté de celui qui la décrète c‘est la clarté. Au début, c‘est obscurité ; et lorsque advient de la part d‘Allah le dévoilement, et qu‘on devient ferme en Sa Présence, notre affaire devient clarté. Lorsque intervient la lumière de la lune de la connaissance, elle révèle l‘obscurité de la Nuit du Destin. Au lever du soleil de la connaissance d‘Allah disparaissent les destins et l‘obscurité en général. Vivons notre aujourd‘hui par une Foi inébranlable en Allah et Son Prophète, la prière, l‘aumône légale, le jeûne, le pèlerinage. 1. LA FOI Croire fermement qu‘Allah, Pureté à Lui, est Un, n‘a pas d‘associé ; Il est Unique et n‘a pas de semblable ; Il est Impénétrable et n‘a pas de contraire ; Il est le seul et n‘a pas d‘égal ; Il est ancien, n‘a pas de début et éternel sans fin ; Il est immuable, le premier et le dernier.

2. LA PRIERE On rapporte que le premier acte qu‘on en demandera compte le Jour de la Résurrection est la prière : si elle est complète, elle sera acceptée ainsi que tous ses autres actes mais si elle ne l‘est pas, elle lui sera rendue ainsi que tous ses autres actes.

« La prière est le pilier de la religion : quiconque l´abandonne abandonne la religions. »

Que la prière soit une invocation, une récitation, un entretien privé ou communication, elle n‘est possible qu‘en la présence du cœur. Elle n‘est complète que par la glorification, le respect, l‘invocation et la pudeur. En général, plus les connaissances religieuses s‘approfondissent, plus la crainte d‘Allah augmente et le recueillement devient possible.

3. ZAKAT, ou L‟AUMÔNE LEGALE

98

Le Seigneur Tout-Puissant a dit : Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent l‟or et l‟argent sans rien dépenser dans le chemin de Dieu. (Coran 9 :34) Ce verset désigne ceux qui ne s‘acquittent pas de la Zakat (l‘aumône légale), un des cinq piliers de l‘Islam. L‘intention est la première condition : Le croyant doit formuler, dans son cœur, l‘intention de la Zakat de Fitr.

4. LE JEÛNE Le jeûne signifie l‘abstention de l‘estomac et des parties sexuelles de tout désir ; le jeûne des ulémas désigne l‘abstention de l‘ouïe, de la vue, de la langue, de la main, du pied et de tous les membres des divers péchés. Quant au jeûne des walis, il désigne l‘abstention du cœur de tous les actes vils et de toutes idées appartenant à la vie présente pour ne se consacrer qu‘à Allah. Le jeûne est rompu par tout acte interdit.

Outre les jours de Ramadan, est louable le jeûne : du jour de ‗Arafat : du jour d‘Achoura ; de la première décade de Zoul Hijja ; de la première décade de Mouharram ; de tous les mois où l‘on pourrait jeûner ; le jeûne volontaire le lundi ou jeudi.

5. HAJJ Allah Tout-Puissant révéla au sujet du pèlerinage : Aujourd‟hui, j‟ai rendu votre Religion parfaite. (Coran 5 : 3)

Le Prophète (qu‘Allah le bénisse et le salue) dit :

« Si un homme meurt sans avoir effectué le pèlerinage, qu‘il meure soit juif, soit chrétien. » 99

JURISPRUDENCE DE LA SUNNA Le modèle de vie que l‘Islam préconise consiste en un ensemble de droits et devoirs, où chaque musulman doit s‘y conformer, car c‘est le sens du beau et du bien. La beauté d‘une chose réside dans la perfection qui lui convient. Bien plus, on aimera instinctivement les chefs des madhâhib (écoles juridiques), comme Shâfi‘î, Abû-Hanîfa, Mâlik et sans doute autres encore. Dans le monde musulman, le droit est d‘essence religieuse et éthique. La science juridique musulmane appelée «fiqh »95 se développe non pas à partir d‘une codification «séculière » mais à partir de l‘application et de l‘élaboration des préceptes infaillibles de la sharî‘a qui expose la Loi Divine, telle qu‘elle est énoncée dans le Coran et la Tradition Prophétique et que même le calife ne peut modifier.96 Le droit musulman, droit révélé puisque basé sur la sharî‘a englobe les devoirs du musulman dans tous les aspects de sa vie publique, politique, sociale et privée97 qui ne sont pas différenciés du champ religieux global. Pour résumer, l‘Islam impose quatre sortes de droits et de devoirs de l‘homme. 1. 2. 3. 4. Les devoirs envers Dieu, que tout homme est obligé de remplir. Les devoirs de l‘homme envers lui-même. Les droits d‘autrui sur lui. Les droits des ressources que Dieu a mis à sa disposition et lui a autorisé d‘utiliser pour son bien-être.

La sharî‘a discute clairement de chaque sorte de droit et le traite en détail. Elle met également en lumière les moyens par lesquels les obligations peuvent être remplies – de sorte que tous nos devoirs puissent être simultanément accomplis, et qu‘aucun d‘eux ne soit outrepassé ou négligé.
95 96

En Arabe, savoir religieux. Ces bases intangibles sont fixées aux 8ème – 9ème siècles par les écoles juridiques (madhahib) sunnites et chiites. 97 Droit commercial, pénal, public, fiscal et administratif.

100

La loi de l‘Islam, c‘est la loi que le Prophète Mohammed (la paix soit avec lui) a donné à l‘homme pour tous les temps à venir. Cette loi ne fait aucune différence entre les hommes si ce n‘est dans leur foi et leur religion. Cette loi n‘est pas fondé sur les coutumes ou les traditions d‘un peuple en particulier et n‘est pas destinée à une période spécifique de l‘histoire humaine. Elle est fondée sur les principes naturels mêmes selon lesquels l‘homme fut créé. La loi Islamique, principes Divins et totalement purs, doit être valables quelle que soit l‘époque ou la circonstance, seulement : « Que ne voyagent-ils sur la terre afin d‘avoir des cœurs pour comprendre, et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s´aveuglent, mais, ce sont les cœurs dans les poitrines qui s´aveuglent. » (Al-Hajj - le pèlerinage : 46) Il incombe à l‘amant de Dieu de détester ce qu‘il déteste, d‘avoir en aversion ce qu‘il a en aversion, de considérer comme ennemis ceux qu‘il a damnés. Dans une conversation on demanda à Abû Yazîd al-Bistâmi98 : « Dis-nous, alors, quels sont les exercices spirituels que tu as faits à tes débuts ! Soit ! Dit-il, j‘ai engagé mon âme à se tourner vers Dieu. Elle m‘y emporta à toute allure. Je l´engageai alors à ne pas boire et à ne pas dormir toute une année ! Elle s‘y soumit ! » LES QUARANTE HADITHS On a commencé par le Hadith 2 (voir page 31 ), comme étant la clef des Hadiths. Maintenant nous commençons par le premier Hadith. A la mort de Mohammed, l‘Envoyé de Dieu et pendant plusieurs siècles, il circula au sein de la communauté musulmane, une quantité de dires du Prophète qui augmentait sans cesse. Véritable science, les Hadiths se développent pour recueillir et compiler les actes, propos et approbations du Prophète. Ce travail ne
98

Abû Yazîd al-Bistâmi est un des plus célèbres mystiques musulmans. Vécut à Bistâm (m.874 ou 857 ?). On a transmis de lui près de 500 maximes de sa bouche. Pour une part elles sont extrêmement osées. Il y traduit un état mystique où il s‘est senti comme identique à Dieu, assimilé à lui (‗ayn al-jam‘). Il choqua par ses dires : « Je suis le Trône, la Table bien gardée » ; « j‘ai vu la Ka´ba tourner autour de moi ! » Célèbre pourtant pour son constat d‘échec dans son aspiration à se fondre en Dieu : « Tout cela était illusion, dit-il ».

101

retient que les témoignages du vivant du Prophète, de ses Compagnons et des Califes bien Guidés 99. Les chiites100 partent d‘Ali et de leurs imams. Des sources à l‘authenticité indiscutables sont établies à partir du début de 8ème siècle, le texte de chaque «Tradition» devant être étayé sur une chaîne (silsila) ininterrompue remontant à un témoignage personnel, visuel et auditif, contemporain à Mohammed, ou en renvoyant à une autre autorité respectée et acceptée.101 Comme nous l‘avons déjà dit, les recueils de Hadiths par ordre d‘importance les plus respectées102, sont, par ordre d‘importance, le Salih
99

Califes bien Guidés (ou orthodoxes). A sa mort, en 632 à Médine, Mohammed ne laisse pas de descendant mâle ni de directives quant à sa succession à la tête de la communauté musulmane. Les successeurs du Prophète sont les quatre Califes bien Guidés – Rachidoun en arabe, ce qui signifie «droits ». Ils sont appelés ainsi par les musulmans, particulièrement par certains, qui voient dans leur règne un âge d‘or de l‘Islam. Dans le contexte de l‘époque, le califat doit faire l‘objet d‘une élection du plus vertueux des Compagnons de Mohammed. Intègre et énergique, Abou Bakr, l‘un des premiers convertis à l‘Islam et père d‘Aiche, l‘épouse préférée du Prophète, accède le premier à la fonction de calife («successeur » ou «lieutenant » du Prophète). Il doit imposer l‘autorité de Médine, capitale de l‘État musulman naissant, aux périphéries de la péninsule arabique après que des tribus bédouines eurent dénoncé leur pacte d‘alliance avec Mohammed. Omar, gendre de Mahommed, qui succède à Abou Bakr, est considéré comme l‘un des plus grands. Son vigoureux gouvernement canalise les énergies martiales des Arabes du désert dans la guerre sainte, et l‘expansion arabe s‘étend alors à la Syrie, à la Palestine et à l‘Égypte – au détriment de Byzance, ainsi qu‘à l‘Irak, ce qui contre les ambitions des Sassanides perses. Omar est également un grand administrateur, créant l‘embryon d‘une administration civile. Il périt assassiné par un esclave mécontent. Moins unanime est l‘élection d‘Othman (644), également gendre de Mahommed, mais n‘appartenant pas à son clan hachémite, auquel la magistrature revenait le droit, puisqu‘il est issu de la branche d‘Omayya, qu‘il favorise. Othman fait établir la version définitive du Saint Coran et met sur pied une flotte musulmane qui porte un coup d‘arrêt à la suprématie maritime de Byzance. Ses opposants l‘assassinent en 656, premier meurtre politique qui pèsera lourd dans l‘histoire ultérieure du califat et qui ouvre une grave lutte de succession. Gendre, cousin et fils adoptif de Mahommed, brillant guerrier, versé dans les sciences religieuses et grammairien, Ali est le quatrième Calife bien Guidé élu, mais il ne sait pas s‘imposer, malgré la nette préférence que lui témoignait Mohammed de son vivant. Des groupes s‘opposent à l‘élection d‘Ali, sous le prétexte qu‘il est le bénéficiaire du meurtre d‘Othman. Moawiya, l‘ambitieux gouverneur de Syrie, lui est ainsi hostile. Ali se retire dans la ville-camp de Koufa (Irak) nouvellement créée par les Arabes, cependant que les autres régions de l‘empire lui marquent leur hostilité ou restent neutres. Il affronte Moawiya à la bataille de Siffin (haut Euphrate), qui tourne à son désavantage après un arbitrage biaisé par son ennemi. Cet arbitrage est refusé par une partie des troupes d‘Ali, les sunnites kharédjites («sécessionnistes »), qui l‘abandonnent. C‘est sous les coups de l‘un d‘eux que le quatrième Calife bien Guidé périt, en 661. Son fils Hassan est contraint d‘abandonner la succession califale à Moawiya qui fonde la dynastie omeyyade à Damas. Échec complet, le bref califat d‘Ali a des répercussions considérables : ses partisans, qui constituent le «parti d´ Ali », animés d‘une foi mystique dans le Prophète et dans Ali et mus par une soif farouche de revanche, sont à l‘origine du chiisme, le grand schisme qui divise l‘Islam. 100 Au début du mouvement politique «légitimiste » lié à la succession de Mahommed et à des insatisfactions statutaires chez les nouveaux convertis (mawalis), ces derniers à l‘origine de nombreux mouvements hétérodoxes de l‘Islam, le chiisme est d‘abord et avant tout le «parti d´Ali » (chiat en arabe), avant de connaître des subdivisions puis d‘être identifié à l‘Iran. Pour les chiites, le califat, héréditaire, revient de droit aux descendants de Mahommed. Celui-ci aurait désigné comme successeur son cousin et gendre Ali, Koreïchite, guerrier émérite et érudit. Quatrième Calife bien Guidé musulman (656-661), est le premier imam chiite (duodécimain), Ali est finalement défait par les Omeyyades, avant d‘être assassiné par un ancien partisan kharédjite. 101 Cette minutieuse vérification n‘empêche pas l‘adjonction ultérieure, au corpus, de « Traditions » apocryphes, parfois de précédents juridiques fictifs pour justifier le droit musulman, fixé dans les cent cinquante ans suivant la mort du Prophète. 102 Le problème de l‘authenticité des Hadiths est discuté au cours des siècles par les musulmans eux-mêmes, qui se prononcent sur leur fiabilité depuis l‘époque du Prophète et jugent si elles sont de fruit de représentations pieuses ou naïves ou de fictions tendancieuses forgées par tel groupe religieux ou politique.

102

(l‘Authentique) de Bukhari (m.870), le Salih de Muslim Ibn El-Hadjaj (m. 875) et le Mauwatta de Malik Ibn Anas (m.795), le fondateur du malékisme103. Les Hadiths de Bukhari sont de beaucoup le plus fameux. Sa renommée vient immédiatement après celle du Saint Coran. Tous ces ouvrages ne comprennent que quelques milliers de traditions. Le tout petit recueil des quarante Hadiths ou traditions104 puisées par EnNawâwi105 aux sources de l‘Islam considère comme les plus pures, a joui depuis longtemps d‘un intérêt ininterrompu. Il est fort apprécié par beaucoup de musulmans maghrebins106. Ce choix représente donc bien la pensée et la morale de l‘Islam. Il convient à tout musulman, avide de l‘Au-delà, qu‘il connaisse ces Hadiths parce qu‘ils embrassent des principes religieux importants pour lui. Ces Hadiths constituent une exhortation concernant tout ce à quoi il doit se soumettre. Cela apparaît clairement à celui qui réfléchira attentivement à leurs conséquences. HADITH 1 Le Commandeur des Croyants, Abou Hafç Omar ben El – Kat‘t‘âb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : J‘ai entendu l‘Envoyé de Dieu (à lui, bénédiction et salut) dire : Cette carte géographique des temps modernes donne un aperçu du monde musulman du temps des quatre Califes bien Guidés (voir note 27 à la page 45).

103

Malékites : Des adeptes de l‘une des quatre écoles de jurisprudence musulmane orthodoxe, centrée sur les enseignements de Malik Ibn Anas, mort en 795 à Médine, où il passa la majeure partie de sa vie, attirant un grand nombre d‘étudiants. Le malékisme est aujourd‘hui majoritaire en Afrique du Nord et de l‘Ouest, Nigeria compris. 104 Exactement 43 et quelques variantes. 105 En-Nawâwi (1233-1278) est un célèbre savant et jurisconsulte arabe, des environs de Damas . Plusieurs de ses travaux ont été traduits en français, ainsi que ce petit recueil. 106 Maghreb : Pour les Arabes, le Maghreb (Afrique du Nord) est « la région où le soleil se couche », par opposition au Machrek (Égypte, Proche-Orient), « le Levant ».

103

« LES ACTIONS NE VALENT QUE PAR LEURS INTENTIONS ». leurs Niyates : « Chacun ne recevra la récompense qu‘il mérite que selon ce qu‘il a entendu faire. A celui qui a accompli l´hégire pour plaire à Allah et à Son Envoyé, son hégire lui sera comptée, comme accomplie en vue de Dieu et de Son Envoyé. Celui qui l´a accompli pour obtenir quelque bien en ce bas monde, ou pour épouser une femme, son hégire lui sera comptée selon ce qu‘il recherchait alors ».

104

Le prophète aurait prononcé cette parole à propos d‘un Mekkois qui aurait, comme lui, abandonné sa ville pour Médine, mais à cause d‘une femme, et non par conviction religieuse.107 La leçon que l‘on peut tirer de ce Hadith, est tout d‘abord de donner la préférence à la jouissance qui naît de la connaissance de Dieu, et qui dépasse de loin toute autre intention et jouissance. Par exemple, le jardin d‘Éden est un lieu de délices pour les sens, mais quant au cœur son plaisir unique et suprême est d'être avec Allah, sans plus. Viendra ensuite l‘instinct qui nous permet d‘expérimenter le grand plaisir que donne la connaissance de Dieu et de ses œuvres. On poussera même jusqu‘à considérer comme vils tous les autres plaisirs qui ont précédé. Les actions ne valent que par leurs intentions. Mais ceci ne s‘obtient pas par l‘abandon de la vaine espérance, mais grâce à quelque chose qui touche les cœurs et qui est confirmé par les actes. Tout fonctionne de l‘intention. Chaque musulman doit pourvoir dégager sa spiritualité autour de lui, comme réponse à l‘appel de la Sunnah108. Le cœur doit y être, ainsi que le comportement intérieur et extérieur doit être de nature égale. Donc, l‘un ne va pas sans l‘autre. Au fait, l‘intention et la volonté sont deux termes identiques : c‘est l‘état du cœur comportant le cumul d‘un savoir et d‘une action. Le savoir en est l‘introduction, dont la condition et l‘action suivent. L‘intention est la volonté intermédiaire entre le savoir primordial et l‘action qui suit. Le Prophète (Qu‘Allah le bénisse et le salue) dit autre part : « L‘intention du croyant est meilleure que son œuvre ; celle du pervers est pire que son œuvre ». Lorsqu‘on compare l‘œuvre non précédée d‘intention à l‘intention non suivie d‘œuvre, car tout dépend de l‘intention, car autour de celle-ci tourne tout. Au fait, une intention non suivie d‘œuvre est meilleure que l‘œuvre non précédée d‘intention.

107 108

Une publication de « International Islamic Federation of Student Organizations. » La Sunnah comprend les Hadiths, les Actes, l‘Approbation, et une quatrième division nouvellement reconnue «l‘état spirituel. » Sunnah est dérivé de sunnisme, courant majoritaire de l‘Islam qui s‘appuie sur la sunna. En arabe, sunna signifie «usage », ou «coutume », et le terme recouvre les pratiques des nations en général. Dans le Saint Coran et les Traditions, la sunna désigne les actes et les paroles de Mohammed .

105

L'œuvre précédée d‘une intention est donc fonction de cette intention de début. Celle-ci donc est bien car elle est la volonté émergeant de l‘origine de l‘œuvre et est plus proche du cœur. D‘après le Hadith précité déjà, l‘intention du croyant est meilleure que son œuvre. Quant aux œuvres, elles appartiennent à trois catégories, comme suit :  Les turpitudes109  Les d‘adoration actes  Les actes licites

Les turpitudes : Lorsqu‘un homme porte dans son cœur la volonté de commettre une turpitude, son intention ne peut être comptée comme adoration. Les actes d‘adoration doivent être accompagnés d‘intention. Ils ne seront comptés que grâce à l‘intention tant à sa perpétuité qu‘à sa sincérité. Ainsi, le degré des actes d‘adoration s‘élève. Les actes licites : Il est possible qu‘un seul acte se transforme grâce à la bonne intention, en plusieurs. Par exemple, le bon musulman répand toujours la paix. Il est dit dans un Hadith que lorsqu‘un homme s‘installe dans une mosquée, il aura visité le seigneur tout Puissant. L‘hôte doit donc honorer son visiteur. S‘il s‘installe dans la mosquée et exprime l‘intention d‘attendre la prière, d‘effectuer une retraite pieuse, d‘interdire aux membres de commettre des péchés, de se retrancher dans la mosquée, d‘écouter les invocations d‘Allah Tout Puissant et de réciter le Saint Coran. Ce sont tous des actes pieux dont la récompense s‘obtient grâce à l‘intention. Les actes licites deviennent des actes d‘adoration grâce à la bonne intention. Mais il faut donner tous les soins nécessaires à cette pratique afin que tous les mouvements et les immobilisations deviennent des actes d‘adoration grâce à la bonne intention. L‘intention n‘entre pas dans le cadre du choix. Il est possible qu‘un ignorant comprenne ces paroles sur l‘intention, et dit : « Je formule l‘intention d‘étudier pour Allah, de faire du commerce pour Allah, et de manger pour Lui. Ici, il faut savoir que ce ne sont des pensées qui n‘ont rien à voir avec l‘intention. L´intention jaillît de l´âme et est représentés par une tendance vers l´objectif voulu qui lui importe tôt ou tard. Cette tendance ne peut être acquise que si elle se trouve au fond de l´âme. Elle ne peut être inventée sinon elle devient une pensée transférée d‘une chose à l‘autre. C‘est l´exemple de l´homme qui n‘a
109

Mauvaise parole ou action.

106

plus faim et dit : « Je formule l‘intention de ne plus avoir faim ou de manger parce que j‘ai faim ». Cela nous amène à l‘acheminement vers Dieu avec un cœur pur. Le Messager d‘Allah (Qu‘Allah le bénisse et le salue) dit : « Il existe dans le corps du fils d´Adam un organe tel qu‘une bouchée. Si celui-ci est sain, tout le corps le sera ainsi que les autres membres. Il n‘est autre que le cœur. » Nous notons de ce hadith que le fondement n‘est autre que le cœur, c‘est le prince obéi par le peuple. En effet, le cœur doit être un prince obéi. L‘âme qui n‘est rien autre qu‘un des autres parties du corps, doit obéir à ses ordres. Mais dans le cas contraire et lorsque les passions prennent le dessus, le prince sera commandé: le roi deviendra esclave soumis à un ennemi. Ainsi, lorsque l‘homme obéit à l‘appel de l‘avidité et de la passion, il verra son âme durant son sommeil, et à l‘état d‘éveil. L‘obéissance à la passion et à l‘avidité désigne la soumission au démon régissant l‘humain. Au cas où la passion demeure soumise à ces caractéristiques, ce seront les soldats du démon contre le cœur sans que celui-ci puisse l‘emporter sur les soldats. Lorsque le cœur demeure vaincu pendant une certaine période, cette spiritualité pourra bien s‘annuler. Le cœur est ainsi pareil à un miroir, car aussi longtemps qu‘il est exempt de rouille, reflète toutes les choses. Mais une fois rongé par la rouille et que personne ne le polit pour le débarrasser de cette rouille et le purifié, ces impuretés s‘ancreront dans le miroir au point que tout polissage deviendra impossible. La clairvoyance et le développement du cœur, a lieu avec l‘invocation du Seigneur. Celle-ci se fait par la piété car elle est la clef de l‘invocation du Seigneur, l‘invocation est celle du dévoilement, et le dévoilement est la clef de la victoire suprême. Ainsi donc le secret ultime est le roi. Dans ce sens, le cœur est son vizir. L‘âme, la langue et les membres sont leurs serviteurs. Le secret intime puise dans l‘océan de Dieu (qu‘Il soit Exalté et Magnifié). Le cœur doit puiser dans le secret intime, pendant que l‘âme apaisée puise dans le cœur. La langue puise dans l‘âme et les organes sensibles puisent dans la langue. Ainsi, lorsque la langue est saine, le cœur devient sain ; et lorsqu‘elle se corrompt, le cœur s'altère. La langue a besoin de la bride de la crainte révérencielle, et de la repentance de parler inconsidérément, de délirer, et d‘être hypocrite. Lorsqu‘on y attache et on y persévère l‘éloquence de la langue se transforme en une éloquence du cœur. 107

Ayant obtenu cela, le cœur s‘illumine et irradie la langue et les autres organes de sa lumière. Dans ce cas, l‘organe qui articule les sons devient rapproché. Une fois la langue rapprochée, le croyant n‘a plus ni langue, ni invocation, ni DHIKR110 et les paroles interviennent dans l‘éloignement. En revanche, dans Sa Proximité, il n‘y a que mutisme, calme, contentement du regard et réjouissance.

110

Le vrai DHIKR (la mention de Dieu) est celui du cœur et du secret intime, puis celui de la langue pour pouvoir bénéficier du DHIKR de Dieu (qu’il soit Exalté et Magnifié). Le mot dhikr peut recevoir de nombreuses traductions telles qu‘invocation, litanie, réminiscence, souvenir. De manière générale, il évoque tous les moyens de se rendre Dieu présent à l‘esprit ce qui vivifie la foi personnelle du musulman. Extrait de l‘ouvrage AL-AHADITHS AL-QUOUDOUS (Les Hadiths Divins) traduit en français par Fawzi Chaaban (Dar Al Kutub Al-ilmiyah, Beyrouth – Liban). I – Du mérite de la Mention de Dieu le Très-Haut et le témoignage de son unité. Le hadith : « Du mérite de la mention de Dieu ». 1. – Abou-Horaira – que Dieu l‘agrée – a rapporté que l‘Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Dieu a des anges qui rodent dans les chemins pour rechercher ceux qui mentionnent Dieu. Quand ils rencontrent des gens qui mentionnent Dieu, ils leur disent « demandez ce dont vous avez besoin ». Ils les entourent de leurs ailes (en remplissant l´espace) jusqu‘au ciel le plus rapproché (voir livre pour la suite) … Dieu leur répondra : « Je vous prends à témoins que je leur pardonne. Alors un des anges dira : « Il y a entre eux un tel qui ne fait pas partie de leur groupe, il est venu là pour une autre affaire ». Dieu dira : « Ceux-ci formeront une réunion dont quiconque y prend part ne sera jamais malheureux ? » (Rapporté par Al-Bokhari (Chap. : « Les invocations ».) Rapporté par Al-Tirmizi. Abou-Horaira – que Dieu l‘agrée – a rapporté que le Prophète - que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Dieu Très-Haut et Béni a des anges, des rôdeurs vertueux, qui recherchent des cercles où on mentionne Dieu, ils prennent place entre eux de sorte qu‘ils les entourent de leurs ailes jusqu‘à ce qu‘ils remplissent l´espace compris entre ces gens et le ciel le plus rapproché. Quand ils les quittent et montent vers le ciel, Dieu a lui la puissance et la gloire leur demande – certes il connaît tout mieux qu´eux. (voir livre pour la suite) … Dieu leur répondra : « Je leur ai pardonné, je leur donnerai ce qu‘ils demandent, et je les protégerai contre ce dont ils demandent protection . Ils lui disent : « O Seigneur, il y a parmi eux un tel pécheur qui, en passant, a pris place entre eux ». Dieu alors leur dira : « Je lui pardonne aussi, car ce sont les gens, quiconque prend part à leur réunion, ne sera jamais malheureux ». Rapporté par Moslim (Chap. : « Le mérite de la mention de Dieu ».

2.

Commentaire dans le même livre, à la page 3. Les anges qui rodent dans les chemins, recherchent les places, les cercles et les réunions où on mentionne Dieu, pour les envelopper de leurs ailes de sorte qu‘ils remplissent l‘espace compris entre la terre et le ciel le plus rapproché. Ces anges, selon certains théologiens sont autres que les anges scribes, qui inscrivent les bonnes et les mauvaises actions, sachant que chaque individu en a deux. L‘expression : « Certes, Dieu connaît tout mieux qu´eux, est une phrase comprise entre parenthèse, pour repousser l´amphibologie de l´ignorant relative à la question. La raison pour laquelle Dieu pose cette question à ses anges, est pour faire apparaître la supériorité des fils d´Adam sur le anges qui disaient, lors de la création d´Adam : « Vas-tu établir (sur la terre) quelqu‟un qui fera le mal et qui répandra le sang, tandis que nous célébrons tes louanges en te glorifiant, et que nous proclamons ta sainteté. » (Sourate II, verset 30) Maintenant les anges s‘aperçoivent que les fils d‘Adam glorifient Dieu et proclament la grandeur de leur Seigneur dans son mystère impénétrable, malgré leurs convoitises et leurs passions qu‘on ne les trouve pas chez

108

les anges. Cela peut être considéré comme un témoignage de leur part en faveur des fils d‘Adam qui sont meilleurs qu‘eux. Dieu pardonne a quiconque, prend part et participe à ces réunions où on mentionne Dieu même s‘il se trouve parmi les fidèles un homme pour une affaire quelconque ou un besoin personnel, car cette présence ou cette participation vivifie les cœurs morts en même temps que le cœur de cet individu. Ces réunions englobent toute sorte d‘adoration : soit une science à apprendre, soit une instruction dans la religion, soit une récitation du Coran etc. Fin de citation du livre AL-AHADITHS AL-QUOUDOUS (Les Hadiths Divins). Il est important de se rappeler que cet ouvrage est une initiative entièrement privée pour l’agrément de l’étude seulement et l’approfondissement personnel dans la Foi Islamique. Aucun but commercial n'est poursuivi. Citations Coraniques qui a trait au dhikr : 1.       2.  De la vertu du dhikr et de l’incitation à le pratiquer. Certes la réminiscence de Dieu est plus grande (que toute chose). (Cor.29 :45) Souvenez-vous de Moi et Je me souviendrai de vous. (ou, « Mentionnez-Moi et Je vous mentionnerai) (Cor.2 :152) Mentionne ton Seigneur en toi-même, humblement et avec respect, sans élever la voix, matin et soir et ne sois pas au nombre des insouciants. (Cor.7 :205) Souvenez-vous fréquemment de Dieu, peut être réussirez-vous. (Cor.62 :10) Certes les musulmans et les musulmanes … jusqu‘à ceux et celles qui se souviennent fréquemment de Dieu (ou encore : qui pratiquent régulièrement le dhikr de Dieu), Dieu leur a préparé (Son) pardon et une récompense sublime. (Cor.33.39) O vous qui avez la foi souvenez-vous fréquemment de Dieu et glorifiez-Le matin et soir. (Cor.33 :41-42). De la mention de Dieu debout, assis … Certes dans la création des cieux et de la terre et la succession des jours et des nuits il y a un signe pour ceux qui sont doués d‘intelligence. Ceux qui pratiquent le dhikr de Dieu (ou encore : qui se remémorent Dieu) assis, debout ou couchés sur le coté. (Cor.3 :190) De la vertu des assemblées où l’on pratique le dhikr. Fais montre de patience (en demeurant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir par désir de Sa Face et ne détourne pas d‘eux ton regard. (Cor.18 :28) Des oraisons (dhikr) à prononcer le matin et le soir. Invoque ton Seigneur en toi-même, humblement, avec crainte et sans élever la voix, le matin et le soir et ne sois pas au nombre des insouciants. (Cor.7 :205) Célèbre la louange de ton Seigneur en début et en fin de journée. (Cor.20 :130) Dans des demeures que Dieu a permis d‘édifier et dans lesquelles (Il a permis) de mentionner Son Nom, des hommes, que ni le commerce ni la vente ne distraient du souvenir de Dieu, Le glorifient à l‘aube et au crépuscule. (Cor.24 :36) De ce qu’il convient de dire au moment de s’endormir. Certes dans la création des cieux et de la terre et la succession des jours et des nuits il y a un signe pour ceux qui sont doués d‘intelligence. Ceux qui pratiquent le dhikr de Dieu (ou encore : qui se remémorent Dieu) assis, debout ou couchés sur le coté et qui méditent sur la création des cieux et de la terre. (Cor. 3 :190-191)

3. 

4.   

5. 

109

HADITH 6 Abu Abdullah an-Nu ‗man le fils de Bachir (qu‘Allah les agrée tous deux) rapporte qu‘il a entendu l‘Envoyé de Dieu (qu‘Allah prie sur lui et le salue) dire : « Est évident ce qui est licite comme est évident ce qui est illicite. Entre les deux (domaines) il est des choses qui suscitent le doute et que bien peu de gens connaissent. Aussi, celui qui se garde des choses douteuses, a-t-il préservé, par-là même, sa religion et son honneur. Car celui qui s´aventure dans les domaines du doute s´aventure, en fait, dans l´illicite. Tel le berger dont (les bêtes) pâturent autour d´un enclos réservé, risquant à tout moment d´y pénétrer. Or, tout souverain possède un domaine réservé, celui d´Allah lui, est (l‘ensemble) de ses interdictions. Eh bien ! Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s´il est sain, rend tout le corps sain ; mais s´il est corrompu, tout le corps devient corrompu. Eh bien ! Il s‘agit du cœur. » Hadith rapporté par al-Bukhari et Muslim111.

111

Quarante Hadiths – traduction française par A.Khaldoun Kinany et Ahmad Valsan. (Dar Al-Koran AlKareem « La Maison du Noble Coran ».

110

Les maints degrés du licite et l‟illicite. Tout illicite est vil mais certaines choses sont plus vils que d‘autres. De même, tout licite est bon mais certaines choses sont meilleures que d‘autres. 1. Le croyant doit éviter tout acte proclamé illicite. 2. La piété des vertueux qui consiste à éviter tout ce qui pourrait comporter une possibilité d‘interdit. 3. Ce que le Saint Coran et les Hadiths n‘interdisent pas, mais que l‘on croit que la chose conduit à un interdit. Dans le Coran, le vin112 est interdit, et par conséquent l‘alcool en général, même si par exemple le champagne et le whisky n‘y sont pas mentionnés. On devrait considérer comme «interdit » tout ce qui nuit à la santé (corps et esprit113). La cigarette devrait être également considérée comme «haram114 ». 4. Ce qui au fait ne comporte aucun mal mais il est adressé à un autre qu‘à Allah Tout Puissant et ne tient pas sur l‘intention de s‘en fortifier pour parfaire l‘adoration, ou bien lorsque les causes qui le rendent possibles comportent une turpitude ou y conduisent. Son abandon révèle une crainte similaire à celle des vertueux. Le danger du Soufisme 115, c‘est parfois d‘avoir une trop grande vénération116 pour le cheikh, le mettant presque comme intermédiaire entre Allah et le soufi ou en lui donnant une importance
112

L‘interdiction des boissons alcooliques est un des traits les plus connus en Islam. C‘est par étape que le Saint Coran l‘a appliquée : « Ils s´interrogent sur le vin et les jeux de hasard ; dis leur : dans les deux, il y a grand péché, et quelques avantages, mais le péché y est plus grand que l´utilité. (Coran 2 :219) » 113 Je dirai « corps, âme et esprit ». 114 Haram veut dire (« interdit » en arabe) s‘applique à nombre d‘interdits – alimentaires par exemple – en opposition avec ce qui est licite (halal). 115 Le soufisme est le mysticisme musulman – en arabe tasawwouf, mot formé à partir de la racine souf («laine »), que ses adhérents revêtaient par l‘humilité et, peut-être au début, à l‘exemple des moines et des ascètes chrétiens. 116 Ou, simplement vénération.

111

tellement exagérée, comme dans la catholicité et l‘hindouisme vis à vis d‘un saint ou une sainte. Le croyant ne doit pas pour autant appartenir à un cheikh s‘il veut parcourir la voie mystique ou, pour même simplement pratiquer le Dhirk. La profession de foi signifie que l‘on a rendu le dernier soupir dans un état où il n‘y avait plus rien dans le cœur que l‘amour d‘Allah et qu‟on est libéré des attaches aux choses d‟ici-bas. Seuls vont au combat et s‘exposent même à la mort ceux qui aiment uniquement Allah, recherchent Son agrément, troquent la vie d‘ici-bas contre celle de l‘au-delà, acceptent volontiers ce qu‟Allah seul a imparti. Il y a cinq causes conduisant aux choses équivoques : Ce dont on doute du caractère licite ou illicite de sa cause soit les deux caractères sont à égalité, soit l‘un des deux l‘emporte. Cela se définit comme suit ci-après. 1. L‘interdiction est connue mais le doute touche son caractère licite. 2. Le caractère licite est connu mais le doute touche son interdiction. 3. L‘interdiction le touche à l‘origine mais il est arrivé une chose qui lui confère un caractère licite dû à une présomption dominante117. 4. Le caractère licite est connu mais une interdiction le touche. CELUI QUI ENVISAGE D‟ACCOMPLIR UNE BONNE OU MAUVAISE ACTION.118 Abû Zakariyyâ rapporte que l‘Envoyé de Dieu – que Dieu lui accorde la Grâce et la Paix – a dit : Dieu – qu‘Il soit exalté et magnifié – dit (aux Anges scribes) : « Lorsque Mon serviteur envisage d´accomplir une mauvaise action, ne l´inscrivez pas contre lui. S´il la commet, inscrivez –la contre lui. Lorsqu´il envisage d´accomplir une bonne action mais ne le fait pas, inscrivez-la en sa faveur comme une bonne action et s´il l´accomplit inscrivez-la en sa faveur en la multipliant par dix. ».
117 118

Une interdiction devient licite dans un cas d‘urgence. Al-Nawawi – Recueil de Hadiths Qudsi (Paroles Divines annoncées par le Prophète, page 12 (Éditions IQRA).

112

Tout acte vertueux, l‘accomplissement de quelque chose de bon, la pratique de quelque dévotion acquiert au niveau d‘Allah un mérite proportionnel au nombre de bonnes intentions que le musulman s‘est proposé. Il y a plus : les actes licites, mais indifférents peuvent se changer en actes méritoires. Il suffit, pour cela, de les diriger au service et à la gloire d‘Allah. Mais alors, il est absolument nécessaire que l‘intention soit pure, c‘est-à-dire exempte de tout mélange de motifs étrangers à Allah, par exemple, la vanité spirituelle en ses formes si variées. Car alors, l‘acte perd de sa valeur, en proportion de l‘influence exercée par le motif mondain. L‘acte vertueux donc licite accomplit avec une intention totalement pure jouit d‘un sentiment de plénitude, de quelque chose de sublime. Le célèbre théologien et çûfi de Tustur (818-896), parmi ses mille sentences recueillies par ses disciples a dit : « Le critère de notre amour pour Dieu c‘est l´amour du Coran. Le critère de notre amour du Coran, c‘est l'amour pour le Prophète. Le critère de notre amour du Prophète, c‘est notre amour pour la Sunna. Le critère de notre amour de l'au-delà, c'est notre aversion pour le monde. Le critère de notre aversion pour le monde, c'est qu'on se contente de peu pour la route, et du strict nécessaire dans la marche vers l'au-delà ». Le grand mystique Abou Hamed al Ghazali119 explique par exemple que, quand on prie ou on jeûne par ostentation, c‘est une adoration du Moi, et non pas de Dieu. On peut, par contre, remplir ses devoirs conjugaux sans que ce soit d‘abord pour le plaisir, mais la joie d‘accomplir un acte voulu par Dieu, un droit de l‘épouse, un véritable devoir du mari, et c‘est piété, alors, cet acte de dévotion méritant, de la part de Dieu, agrément et récompense120. L‘Islam attend du croyant qu‘il ait une conscience vigilante pour préserver les droits de Dieu et ceux des hommes et pour protéger les actions contre les méfaits de l‘insouciance et de la négligence. Par conséquent, il n‘y a d‘engagement que dans le bien, il doit aller jusqu‘au bout pour le tenir. La pureté de l‘intention et la sincérité du cœur pour Dieu élèvent l‘action purement profane dans ce monde et la transforment en un acte d‘adoration agréé.
119

Abou Hamed al Ghazali (450/505 Heg – 1058/1111 J.C) joua un rôle décisif pour atténuer ces oppositions et introduire les nuances permettant de concilier l‘orthodoxie sunnite et la mystique modérée. 120 Par Ghazali, « Des vertus du mariage », en livre de poche chez Alif éditions.

113

L‘Islam n‘exige pas l‘impossible mais l‘amélioration constante des mœurs humaines dans tous les domaines de la vie, par tous les moyens accessibles aux individus et aux collectivités. La vie est le plus important instrument que Dieu nous a donné pour conquérir l‘après-vie et c‘est ce qui nous intéresse. Donc, le fruit de cette foi vive en Allah et de l‘élément affectif du renoncement ou l‘abandon du monde et de tout ce qui l‘accompagne te le suit, non pour un motif naturel ou humain, mais uniquement par crainte que son amour n‘étouffe dans le cœur, la pensée et l‘amour pour Dieu. LE JUSTE MILIEU La Foi profonde121 est une source inépuisable d‘activité ininterrompue, d‘enthousiasme effréné et d‘aptitude à endurer les difficultés et à faire face aux dangers. Telle est la nature de la Foi ; lorsqu‘elle s‘affirme et s‘enracine, elle confère à son auteur une force qui imprègne tout son comportement. Quand il parle, il est sûr de ce qu‘il dit ; quand il travaille il est ferme dans son action et quand il opte pour une direction, il est clair dans le but qu‘il fixe. Le juste milieu en toute chose est le parfait choix. La sagesse nous dicte, que sans rabaissement ou crainte nous devons être aimables autant avec les amis que les ennemis, dignes et non hautains. Donc, le musulman doit s‘en tenir fermement à ce qu‘il croit avec certitude et négliger les mépris et les moqueries qu‘il rencontre en se singularisant par rapports aux habitudes des gens de ce monde. L‘intention du croyant caractérise son œuvre en étudiant en détail l‘influence de l‘intention dans sa vie de musulman. Tout acte vertueux, l‘accomplissement d‘un précepte, la pratique de quelque dévotion acquiert aux yeux de Dieu un mérite proportionnel au nombre de bonnes intentions que le musulman s‘est proposé. Il y a plus : les actes licites, mais indifférents peuvent se changer en actes méritoires. Il suffit pour cela, de les diriger au service et à la gloire d‘Allah. Mais alors, il est nécessaire que l‘intention soit pure, c‘est-à-dire exempte de tout mélange de motifs étrangers à Allah, la vanité spirituelle en ses
121

Le croyant véritable n‘accorde aucun intérêt à ce qui n‘a pas de fondement certain dans la Religion de Dieu. Naturellement, il va rencontrer, en raison de son audace face au monde d'aujourd'hui, gêne et contrainte. Toutefois, il ne doit pas craindre, pour Dieu, le reproche de quiconque. Il doit poursuivre son but sans se préoccuper de la dureté des critiques et des invectives blessantes.

114

formes si variées. Car, l‘acte perd sa valeur, en proportion de l‘influence exercée par le motif mondain. Tout musulman qui se lance sur la voie mystique montrera le plus grand calme, il sera avare de ses gestes, bref dans son langage, attaché aux préceptes saints, sérieux, besogneux, patient, endurant, et à l‘écart des gens modeste dans ses habits. Lier son sort à la volonté d‘Allah, L‘invoquer, montrer de la discrétion, vivre dans la pauvreté matérielle, éviter le plaisir, choisir convenablement ses fréquentations, ainsi s‘éloigner des enfants et des femmes. L‘invocation continuelle du Très-Haut ainsi que l‘étude du Saint Coran 122et la Tradition Prophétique seront ses seules préoccupations. L‟amour de Dieu ou la crainte de Dieu : Comment peut-on expliquer l‘amour par obéissance, alors que l‘obéissance découle de l‘amour et en est le fruit ? L‘amour est nécessairement premier et l‘on n‘obéira que parce que l‘on aimera. Dans de nombreux propos le Prophète Mohammed a fait de l‘amour de Dieu une condition essentielle de la foi. Dans un Hadith il est rapporté ce qui suit : « Il n‟y a pas de foi si l‟on n‟aime123 pas Dieu et son Prophète par-dessus tout ». L‘amour de Dieu est la fin dernière et le comble de la perfection spirituelle. L‘amour est une inclination spontanée ou instinctive de la volonté vers tout objet dont la perception procure au sujet quelque jouissance. Aimer Dieu, c‘est craindre Dieu. « Crains Dieu, que la crainte que tu éprouves soit si profonde que nul autre que Lui ne t´inspire un sentiment pareil. Espère en Dieu, que ton espérance dépasse la crainte qu‘il t´inspire. » L‘homme pieux est celui qui craint Dieu et qui redoute de désobéir à ses commandements. Malek ben Dinar (que Dieu lui soit miséricordieux) a dit : « Lorsque l´homme parvient à reconnaître les signes de la crainte et de l´espérance qu‘il ressent il se sera attaché à des impératifs solides. Qu‘il évite les grands péchés que Dieu a défendus est le signe de la crainte; l´observance des préceptes que Dieu a
122

Le récitateur du Saint Coran gardera toujours sa dignité et sa pudeur, s‘éloignant des futilités en évitant les mots inconvenants. Il gardera sa modestie et en pleurant par conscience de son fardeau. 123 Aimer c‘est avoir une inclination naturelle pour tout ce qui procure du plaisir. Lorsque cette inclination se renforce et s‘affermit, on l‘appellera alors amour-passion. Détester, c‘est avoir une répulsion naturelle pour tout ce qui lasse et fait souffrir. L‘amour est corrélatif à la perception et à la connaissance. Il se différenciera suivant la diversité des perceptions et des sensations. A toute sensation correspond un genre de perception. A chacune de ces sensations correspond un plaisir propre à chaque perception. En vertu de ce plaisir, il y aura tout naturellement une inclination vers cet objet perçu. Il sera objet d‘amour pour toute nature normale. Exemple : l‘œil trouvera son plaisir à regarder, à percevoir ce qui est beau, ce qui a belle apparence, qui est joli et procure du plaisir.

115

commandés est le signe de l´espèrance ». On avait dit dans le même sens : l‘espérance et la crainte révérencielle se manifestent par les deux signes suivants : Le signe de l‘espérance est l‘œuvre que tu accomplis et que Dieu agrée ; le signe de la crainte se révèle lorsque tu évites de commettre ce que Dieu a interdit. Quelques extraits de « l´Education dans la Religion » par Al Ghazali124 : 1/ DU CROYANT INITIE DEVANT ALLAH LE TRES-HAUT. Baisser les eux, penser au devenir du monde, garder le silence et le calme, satisfaire sans tarder l‘attente d‘Allah, avoir le cœur attaché à Dieu, laisser Dieu prendre possession de ses pensées (…), ne pas contester son destin, avoir une bonne éducation, éviter de représenter Allah, dominer son corps, tranquilliser sa conscience, vénérer Dieu, repousser continuellement les pensées sataniques qui surgissent dans la conscience, ne pas laisser Satan posséder son cœur, ne pas étaler son amour de Dieu en public, être fidèle en permanence à Dieu, ne pas juger les gens, défendre la vérité, ne rien attendre des gens, être fidèle dans l‘action, et sincère dans ses paroles (…), s‘élever contre le non respect des interdits, craindre Dieu qui est toujours partout, garder la pudeur, avoir peur des manifestations de la puissance divine, se tranquilliser quant à son sort, laisser Dieu agir en ayant confiance dans le bon choix et garder continuellement le silence de peur des écarts de langage …125 4/ DE LA PRIERE : S‘humilier devant Dieu, se soumettre continuellement, montrer abaissement et humilité, présence de l‘esprit et de l‘âme, repousser les obsessions sataniques, ne pas se détourner de la prière, ni avec son corps ni dans son esprit (ne pas s‘intéresser à autre chose), dominer son corps (sa tête, ses pieds et ses mains), agir avec duplicité, baisser les yeux, croiser la main droite sur la gauche, penser à la lecture du Coran, proclamer avec crainte la grandeur d‘Allah, s‘incliner avec soumission, se prosterner humblement, glorifier la supériorité d‘Allah avec déférence, réciter la Shahâda126, croyant réellement à la vision de Dieu,

124

Edition « Le Monde des Livres » (Traduction par M.OMAR. Introduction et Commentaires par Reda Shehada) 125 Ce chapitre aurait pu s‘intituler : L‘observation des droits de Dieu que l‘homme, à la prière scrupuleuse, doit pratiquer et qui revient à éviter de faire obstacle à Dieu et chasser les pensées sataniques car, pour Al Ghazali et d‘autres soufis « ce que marque la foi, c‘est d´obéir à celui en qui je crois, d´agir selon qu‘il aime e qui a son agrément, d´éviter ce qui distrait de lui et qui n‘a , auprès de lui, qu‘une valeur éphémère, de telle sorte que je choisisse ce qui est conforme à sa volonté et que je m´applique à satisfaire. 126 Shahâda : credo fondamental, témoignage initiatique en Islam.

116

effective, par ses propres yeux, saluer ses frères avec compassion, quitter la prière avec crainte et partir en pensant à la satisfaction de Dieu.127 LA MORT DU CROYANT PENDANT LE TEMPS DE PÈLERINAGE OU HAJJ

Allah dit : « toute âme doit goûter la mort. 128» Ceci se trouve à trois reprises dans le Saint Coran. Or, Allah le Très Haut (gloire à Lui et exalté soit-il) veut indiquer par-là trois morts concernant les mondes : car quiconque se rattache au monde terrestre doit mourir ; quiconque se rattache au monde supraterrestre appelé Malakût doit mourir ; quiconque enfin se rattache au monde suprême appelé Jabarût doit mourir.129

Le premier de ces mondes, c‘est Adam, sa postérité et toutes les créatures vivantes suivant les trois espèces.130 Le second de ces mondes, c‘est le Malakût qui comprend les diverses sortes d‘anges et génies. Enfin le monde appelé Jabarût se compose des anges choisis de préférence, au sujet desquels Allah le Très Haut a dit : « Allah choisit des messagers d´entre les anges et d´entre les hommes. »131

Ce sont les chérubins, les créatures purement spirituelles, les porteurs du Trône et ceux qui se tiennent sous les voiles132 de la Majesté. Allah, le Très Haut les décrit dans Son Livre et prononce leur éloge en disant :

« A Lui appartiennent tous ceux qui sont dans les cieux et la terre ! Ceux qui sont auprès de Lui ne se gonflent pas de L´adorer et point ne cherchent à s´écarter. Ils chantent pureté nuit et jour, et point ne s´interrompent. » (Coran 21 : 19-20)

127 128

Telle est en bref, la théorie de la purification mystique. Coran 3 :185 ; 21 :35 ; 29 :57. 129 Au-dessus du monde terrestre, il y a selon les musulmans deux mondes supérieurs ; le monde de la Royauté (Malakût) et le monde de la Toute Puissance, ou de la contrainte, ou encore de la Réparation (Jabarût). 130 Hommes, animaux et oiseaux. 131 Coran 22 : 75. 132 Ce mot (Sourâdik) peut se traduire par voile, tenture, rideau, pavillon ; il se trouve qu‘une fois dans le Saint Coran 18 : 29, appliqué aux parois de l‘enfer.

117

Ils se tiennent en Sa sainte présence et c‘est à leur sujet qu‘Allah dit : « Nous aurions trouvé un divertissement chez Nous, si Nous avions voulu le faire. »133 Ses anges mourront134 en dépit de la haute situation qu‘Allah leur a faite, ainsi que ceux qui ont élevé en dignité et leur rang ne saurait les préserver de la mort.

Quand l‘ange s‘est emparé de l‘âme bienheureuse du croyant, deux anges, beaux de visage, couverts de vêtements splendides et parfumés d‘odeurs exquises, la saisissent et l‘enveloppent dans un vêtement de soie pris dans le paradis. Or elle a les dimensions d‘une abeille, tout en gardant son individualité humaine. Elle n‘a rien perdu de son intelligence ni de sa science qu‘elle a acquise dans le monde terrestre.

Quant à l‘impie, on arrache son âme avec violence et voici son visage prend la même apparence que celui d‘un homme qui a mangé de la coloquinte. L‘ange lui dit : « Sors, ô âme perverse, de ton corps pervers ! » Alors elle produit un son retentissant, semblables au braiment des ânes. Quand l‘ange `Izrâ‘il (ange de la mort) s‘est emparé de cette âme, il la remet à des anges justiciers aux visages affreux, aux vêtements noirs, à l‘haleine fétide, qui ont dans leurs mains des cilices de crin dans lesquels ils l‘enveloppent. L‘âme se trouve ainsi changée en une individualité humaine, ayant les dimensions d‘une sauterelle. En effet l‘incrédule a un corps plus considérable que le croyant (je veux parler du corps qu‘ils ont dans l‘autre monde). Il est dit dans le Salih135 que la dent de l‘impie, quand il est en enfer, est aussi grande que la montagne d‘Ohod136.

Les dernières recommandations du Prophète Venant s‘informer sur la santé du Prophète, quelques Ançars et quelques Mouhajirs étaient rentrés dans la maison du Prophète. Celui-ci les a regardés, les larmes aux yeux. Il a prié pour eux, et leur a accordé la bénédiction de Dieu. « Je vous exhorte, a-t-il dit, à craindre Dieu, et je vous confie à Lui et Lui recommande vos intérêts. Je vous exhorte à ne point montrer de présomption
133 134

Coran 21 : 17. Coran 39 : 68. 135 Salîh (authentique) est le nom que portent les six grands recueils de traditions islamiques. Quand un auteur arabe cite « le Salîh » sans nom d‘auteur, c‘est généralement le recueil de Bukhârî (194-256 H.) ou plus rarement celui de Moslim (206-261 H.). 136 C‘est au pied de cette montagne qu‘eut lieu l‘une des grandes batailles entre les musulmans et les mécréants (625 après J.C.).

118

envers Ses serviteurs, à ne commettre le mal dans Son empire, comme il est dit dans le Saint Coran : « Cette Demeure dernière, Nous l´assignons à ceux qui ne veulent, sur terre, ni être altiers, ni mettre de désordre. Cependant, la finale est aux pieux. » (28 – Le récit 83) Je vous exhorte à vous engager encore à bien traiter les serviteurs que vous aurez sous vos ordres. Je vous recommande de maintenir la religion de Dieu ». Après que les serviteurs se sont retirés, la nouvelle s‘est répandue que le Prophète se portait mieux. Cependant, quelque temps plus tard, il ne pouvait plus se tenir assis. Il a laissé tomber sa tête, et ‗A‘ishah s‘est assise derrière lui, l‘attirant à elle et prenant la tête du malade sur sa poitrine. Elle l‘a entendu murmurer : « Au Paradis, dans l‘union suprême ; O Dieu, dans l‘union suprême ». A un certain moment, entre le lever du soleil et l‘heure de midi, la sueur coula sur le front de Mohammed ; il a ouvert la bouche et l‘a referma, et son âme s‘envola :

C‘était un lundi, le douzième jour du mois de Rabi‗ premier de la onzième année de l‘Hégire (correspondant à l‘an 632 de l‘ère chrétienne). Abu Bakr a été nommé Calife, successeur de l‘Envoyé de Dieu. Tous les fidèles lui ont fait serment de fidélité. Le Prophète a été enseveli à Médine dans la chambre de ‗Aïshah, à côté du lieu où il a rendu l‘âme :

« Oui, Dieu et Ses anges se penchent sur le Prophète. O croyants, penchezvous sur lui, et saluez-le de salutation. » (33 - Al-Ahzab – les coalisés, 56) On croit qu‘il est spirituellement bénéfique pour le croyant de mourir et d‘être enterré en Terre Sainte, ce lieu réservé au Hajj. Beaucoup souhaitent mourir pendant le saint Pèlerinage.

Les privilèges et l‟avantage de mourir à la Médine 137:
137

Les Règles De la Législation Islamique Éclairées Par la Tradition Prophétique, par Sayed Sabiq, traduit par ImaneÁli Lagha – Rawya Burhane Naji (volume II) chez Dar El Fikr.

119

Bukhârî a rapporté, d‘après Abu Hurayra (que Dieu l‘agrée) que le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu) a dit : « La croyance en Dieu rampera vers la Médine comme le serpent rampe vers son trou. »

Tabrâny a rapporté, d‘après Abu Hurayra, avec une chaîne de transmission assez bien, que le prophète (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu) a dit : « La Médine est le dôme de l‘Islam, la demeure de la foi, la terre de l‘Hégire, (l‘émigration des Musulmans de la Mecque vers la Médine), et là où Dieu a révélé l‘illicite et le licite. »

´Omar (que Dieu l‘agrée) a dit : Le prix a augmenté à la Médine, par la suite l‘effort a augmenté.

Le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu) a dit : « Ayez patience et réjouissez vous car j‘ai béni vos marchandises et vos ressources, mangez et ne vous dispersez pas. La nourriture qui suffit à un suffit à deux, celle qui suffit à deux suffit à quatre et celle qui suffit à quatre suffit à cinq et six. L´assemblement est béni. Celui qui garde la patience au temps des difficultés et reste dans la société, j´intercéderai en sa faveur le jour de la résurrection, celui qui délaisse la société, ne voulant plus d´elle, Dieu le remplacera au sein de cette société par un homme qui sera mieux que lui. Celui qui veut faire du mal à la société, Dieu le dissoudra comme le sel se dissout dans l´eau.

Tabarâny a rapporté selon une bonne chaîne, d‘après une femme orpheline de Thaqif qui était chez le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu) celuici a dit : « Celui qui peut mourir à la Médine, qu´il le fait. Le jour de la 120

résurrection j´intercéderai en sa faveur s´il meurt ». C‘est pour cette raison que ´Omar (que Dieu l‘agrée) a prié Dieu de prendre son âme à la Médine.

Bukhârî a rapporté, d‘après Zyad Bin Aslam, d‘après son père que ´Omar a dit : « Oh mon Dieu, laisse moi avoir la chance de mourir pour ta cause, et fais que ma mort soit à la Mosquée de ton Messager (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu). »

Conclusion
La conduite et le comportement de l‘homme dans la vie sont l‘un des aspects de sa croyance. Si la croyance est bonne, sa conduite le sera aussi. Mais si elle est corrompue, sa conduite déviera. De là on voit que le monothéisme et la foi sont une nécessité dont l‘homme ne peut se passer s‘il désire perfectionner sa personnalité et accomplir son côté humain. L‘homme, comme il connaît soimême, devra croire sincèrement aux Prophètes et Messagers et en ce qu‘ils ont apporté qui est la vérité sans contestation, et tout ce qui n‘y est pas conforme sera une erreur.

LE WAHHABISME
Mouvement politico-religieux intégriste, le wahhabisme est né en 1744 en Arabie de l‘alliance d‘un prédicateur rigoriste, Mohammed Ibn Abd El-Wahhab, qui lègue son nom au mouvement, et d‘un chef tribal ambitieux, Mohammed Ibn Séoud. Ce genre de mouvement fut fréquent dans l‘histoire de l‘Islam et fut, entre autres, illustré par les Almohades138. Mohammed Ibn Abd El-Wahhab est un sorte de «Savonarole » bédouin, qui est partisan d‘un retour à la pureté originelle de l‘Islam. Il convertit ses nouveaux concitoyens de Dariyah – capitale d‘Ibn Séoud, dans le Nedjd, au centre de l‘Arabie – par la persuasion ou la coercition, stigmatisant comme hérétiques tous ceux qui n‘embrassent pas ses vues.

138

Almohades (1130-1269), dynastie fondée par le réformiste Ibn Toumert (m.1130) qui se proclame Mahdi. » Ceux qui se proclament l‘unicité de Dieu » - en arabe Al-Mouwahhidoun, d‘où les Almohades – sont des Berbères qui, en réaction au malékisme rigide et au « laxisme » des derniers Almoravides, fondent un empire qui englobe à son apogée le Maghreb jusqu‘à Tunis et Tripoli, ainsi qu‘une grande partie de l‘Espagne.

121

Il condamne les pratiques populaires – culte et invocation des saints, pèlerinages à leurs tombeaux, usage du chapelet, interdit le tabac, la musique, la moindre proximité publique entre hommes et femmes et impose le port de la barbe «islamique » aux hommes. De plus le mouvement s‘attaque aux écoles juridiques traditionnelles pour imposer sa propre vision. La guerre sainte est donc déclarée contre les sunnites « tièdes » et les chiites « hérétiques ». Les Bédouins sont formés au maniement des armes à feu. Sous les successeurs d‘Ibn Séoud (m.1765), Ibn Abd El-Wahhab poursuit jusqu‘à sa mort en 1792, l‘implantation du wahhabisme, qui va bientôt gagner tout le Nedjd. En 1803, les wahhabites dévastent le lieu saint chiite de Kerbela (Irak), dont la population est massacrée. Conquises, les villes saintes du Hedjaz – La Mecque, Médine sont «purgées » de tout ce qui enfreint la loi wahhabite : mosquées et mausolées sont dévastées ; reliques, décorations, lustres, tapis sont fracassées ou brûlées. Quant à ceux qu‘on suspecte de s‘adonner à la boisson, à la drogue ou à la prostitution, ils sont exterminés. Suzerains théoriques de l‘Arabie, les Ottomans dépêchent leur vassal égyptien Mehmet Ali pour établir l‘ordre : Dariyah, la capitale wahhabite, est rasée en 1818, et Abdallah son émir, décapité à Istanbul. Les wahhabites se ressaisissent, font de Riyad leur capitale et reconstruisent (1820-1891) un puissant État qui s‘étend sur le Nedjd, le Hedjaz – d‘où les chérifs hachémites sont chassés en 1924-1925 -, le Haïl, le Hasa, et une partie de l‘Asir, enlevée au Yémen. En 1932, le conquérant Abdel Aziz Ibn Séoud (1880-1953) se proclame roi d‘un royaume d‘Arabie saoudite auquel le pétrole va donner une stature internationale. Prosélyte, le wahhabisme tente dès le 19ème siècle avec quelques réussites sans lendemain de s‘implanter en Inde, et son influence s‘exerce un temps sur les Sénoussis de Libye. Aujourd‘hui, l‘Arabie saoudite, dotée d‘énormes moyens financiers et politiques, s‘efforce par divers moyens, dont les organisations panislamiques139 qu‘elle domine, de propager la doctrine wahhabite et sa vision de la société dans tout le monde musulman. Les femmes n‘ont ainsi pas le droit de conduire et le

139

Le panislamique, théorisé, entre autres, par le réformiste Djamal Eddin El-Afghani (m.1897), prône l‘unité de tous les musulmans, comme aux premiers temps de l‘Islam, et plus particulièrement contre les menaces de l‘impérialisme de l‘impérialisme étranger.

122

cinéma en public est interdit. Le wahhabisme 140 joue très probablement un rôle de premier plan dans le renouveau intégriste actuel. Un homme de religion très influençable en Arabie Saoudite est Son Éminence Cheikh Abdel Aziz Ibn Abdellah Ibn Baz, président de l‘Université Islamique de Médine. LE SAINT CORAN Parole de Dieu Depuis sa révélation, le Saint Coran n‘a cessé, à travers les âges et au fur et à mesure du progrès intellectuel de l‘humain, de livrer les vérités scientifiques immuables liées à la création toute entière, l‘univers et l‘homme. Ce Saint Livre, le Livre141 par excellence, continue même aujourd‘hui de défier le savoir humain par son trésor ou grande richesse, prouvant qu‘il est bien le miracle éternel de Dieu. Le Saint Coran142 se présente comme un ouvrage d‘une densité et d‘une richesse remarquable. Il codifie les obligations de l‘homme vis-à-vis de son Créateur, et aussi, relativement à son entourage. Il détermine le cadre de vie qui permet au croyant de s‘épanouir dans la piété et la dignité. Il donne un sens profond à la vie à travers les marques de gravité et de majesté entourant l‘acte solennel de la création. Il instruit également sur la réalité de la vie future, rétribuée suivant le cas par la magnificence et la splendeur ou le malheur et la détresse. « Nous avons fait descendre le Rappel143, pour que tu exposes clairement aux hommes ce qu‟ont à fait descendre vers eux. Peut-être réfléchirontils ? » (16 – Les abeilles 44) La sourate « Al-Fatiha » a été appelée « L´ouverture » parce qu‘on débute la prière en la récitant. Elle a aussi d‘autres noms tels que «La mère du Livre », « La guérison », « La préservation » et « La base du Saint Coran ». On peut ainsi dire que la sourate « Al-Fatiha » résume le Saint Coran tout entier.

140 141

Les Wahhabites se nomment aussi comme Salafites, dont le mot Salaf ou les ancêtres bien guidés. A la différence de la Bible dont le Message Sacré a été largement modifié ou même égaré, le Saint Coran est demeuré tel qu‘il a été en son temps. Il reste le seul texte d‘origine Divine à avoir été reproduit intégralement sur des support divers au moment même de la Révélation, échappant ainsi à toutes formes d‘altération qui caractérisèrent les autres religions durant leur transmission. Sa fixation par écrit constitue une preuve manifeste de son authenticité intégrale et absolue. 142 De tous les Livres révélés, le Saint Coran a la particularité d‘être le seul à reproduire exclusivement la Parole de Dieu. 143 Le Livre (le Saint Coran).

123

L‘Imam Ahmad a rapporté d‘après Abou Houraira que le Prophète (qu‘Allah le bénisse et le salue) a dit : « Al-Fatiha est la Mère du Livre, les sept versets que l‘on répète est aussi le Coran sublime ». Cette sourate « Al-Fatiha » se divise en trois parties :

1. Louange à Dieu. 2. Guide-nous dans le chemin droit. 3. Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits. Al-Fatiha (Ouverture):
1. Au nom d‘Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 2. Louange à Allah, Seigneur de l‘Univers. 3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, 4. Maître du Jour de la rétribution. 5. C‘est Toi (Seul) que nous adorons, et c‘est Toi (Seul) dont nous implorons secours. 6. Guide-nous dans le droit chemin, 7. Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. Amen.

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

Bismillah irrahman irrahim Al-hamdou lillahi rabbil aalami Arrahmanirrahim Maliki yawmi-d-din, Iyyaka naboudou wa iyyaka nasta‘in Ihdinassiratal moustaquim, Siratalladhina an amta alayhim, ghayril Maghdhoubi alayhim wa ladhdhallin.

Amin.

1. Au nom d‟Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ce sont deux noms qui dérivent de la miséricorde dont le premier a un sens plus vaste. La preuve se trouve dans ce hadith divin : Allah a dit : « Je suis le Miséricordieux, J’ai crée le lien de parenté et lui ai donné un dérivé de Mon nom. Quiconque le maintient Je le rapproche de Moi, et 124

celui qui le rompt, Je romps avec lui », un hadith qui ne laisse rien à dire. (Rapporté par Tirmidzi). 2. Louange à Allah, Seigneur de l‟Univers. Louange à Dieu est une reconnaissance envers Dieu seul en dehors de toutes Ses créatures car Il est digne de cette louange pour ce qu‘Il a accordé à Ses serviteurs comme bienfaits que nul ne peut les dénombrer, et pour la création de l‘homme de sorte qu‘il puisse user de tous ses membres et accomplir tous les devoirs qui lui sont imposés. Dieu dispense largement Ses dons à Ses serviteurs dans le bas monde afin d‘être reconnaissants envers Lui, et pour cela Il leur ordonne de Le remercier en disant « Louange à Allah, Seigneur de l‘Univers », à savoir que ce terme signifie un éloge dont le Seigneur s‘en est loué Lui-même. 3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Al-Qourtoubi a dit : « Allah s‘est qualifié de ces deux attributs après « Le Seigneur des mondes » pour joindre l´exhortation de la crainte, et Il tira argument de ce verset : « Informe Mes esclaves144 que Je suis, Moi, le Pardonneur, le Miséricordieux, vraiment, et que Mon châtiment, lui, est vraiment le châtiment douloureux ! » (Coran 15 – Al-Hijr :49-50) « Vraiment ton Seigneur est prompt de poursuite, et Il est pardonneur, miséricordieux, vraiment ! » (Coran 6 – Les Bestiaux 165b) 4. Maître du Jour de la rétribution. Ibn Abbas a dit : « Le jour du jugement est le jour de compte final où toutes les créatures seront jugées selon leurs œuvres qu´elles avaient commis, si elles étaient bonnes, elles seront récompensées, si elles étaient mauvaises, elles seront châtiées à moins que Dieu ne les pardonne ». « Le jugement dernier » signifie la rétribution et le compte, Dieu, en parlant des hommes, a dit : (serons-nous jugés ?145) L‘Envoyé de Dieu (qu‘Allah le bénisse et le salue) a dit : « L´homme sensé est celui qui juge soi-même et œuvre pour la vie future. » (Rapporté par Ahmed
144 145

Serviteurs. « Nous paiera-t-on ? » (Coran 37 Les rangés en rangs 53).

125

Tirmidzi et Ibn Maja) Omar (que Allah l‘agrée) a dit : « Jugez vous-même avant d‘être jugés ». 5. C‟est Toi (Seul) que nous adorons, et c‟est Toi (Seul) dont nous implorons secours. L‘adoration signifie humilité. D‘après la loi religieuse, elle signifie l‘amour idéal, la soumission et la crainte. On peut dire en interprétant ce verset : Nous n‘adorons pas un autre Dieu que Toi et nous ne nous confions qu‘en Toi, telle est la parfaite soumission. La religion est axée sur ces deux sens : le premier est le désaveu du polythéisme, et le second l‘aveu qu‘il n‘y a ni puissance ni force qu‘en Allah à qui on confie notre sort. On trouve ce sens dans plusieurs versets du Saint Coran tels que : « A Dieu l´invisible des cieux et de la terre, et vers Lui est ramené le commandement tout entier. Adores-Le donc, et place confiance en Lui. Ton Seigneur, cependant, n‟est pas inattentif à ce que vous œuvrez. » ( Coran 11 Houd 123) « Dis : « Lui, le Très Miséricordieux ! Nous croyons en Lui, et c‟est en Lui que nous plaçons confiance. » (Coran 67 La Royauté 29) Cela est donc un ordre donné au serviteur afin de s‘adresser au Seigneur des Mondes directement comme si on se trouvait en Sa Proximité, en Sa Présence et sous Sa Protection constante. Nous nous trouvons en Sa Proximité, en Sa Présence, et nous jouissons de Sa Protection même dans le malheur. 6. Guide-nous dans le droit chemin. Le droit chemin en langue arabe, signifie le chemin clair où on ne rencontre aucune tortuosité. Du point de vue religieux plusieurs interprétations ont été données à son sujet à savoir qu‘il s‘agit toujours de suivre Dieu et Son Messager (qu‘Allah le bénisse et le salue. On a dit :  Il est le Livre de Dieu.  Il est l‘Islam. D‘après Ibn Abbas : Il s‘agit de la religion de Dieu qui ne renferme aucune tortuosité. D‘après Ibn Al-Hanafia : il est la religion de Dieu et aucune autre ne serait acceptée. 126

On peut se poser la question : Pourquoi le croyant demande d‘être dans le droit chemin tant qu‘il observe toujours la prière ? Réponse : Le serviteur a besoin d‘être guidé à chaque moment et vers le droit chemin et y rester. Dieu lui montre le moyen pour être toujours ainsi afin qu‘Il lui accorde le secours, la fermeté et la réussite en lui ordonnant d‘être un vrai croyant. 7. Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. Dieu précise ici le chemin réservé aux gens vertueux. Ibn Abbas déduit que cela ne pourra être acquis que grâce à l‘adoration de Dieu et la soumission à Sa volonté. Ce verset de la sourate, distingue le chemin des vertueux que Dieu a comblé de ses bienfaits, de celui de ceux qui entourent la colère de Dieu qui sont dans l‘égarement et qui ne sont plus dirigés vers la vérité. Commentaire sur les sept versets. Cette sourate Al-Fatiha formée de sept versets renferme : la louange à Dieu, Sa glorification, quelques-uns uns de ses attributs, le rassemblement qui est le jour du jugement dernier, l‘unicité de Dieu et Son adoration sincère, l‘attestation qu‘Il est loin d‘avoir un égal ou un pareil, la demande d‘être dirigé vers le droit chemin afin d‘être affermi, de traverser le pont146 et d‘accéder au Paradis de délices pour demeurer avec les Prophètes, les justes, les martyrs et les saints serviteurs. Elle renferme également l‘exhortation à faire les bonnes œuvres afin d‘en être bien rétribué au jour de la résurrection, et la mise en garde d‘emprunter le chemin de l‘égarement pour ne pas être rassemblés avec les égarés et ceux qui ont encouru la colère de Dieu. Car il appartient à Dieu seul d‘accorder les bienfaits et de diriger, celui qui Dieu égare, nul ne pourra le guider.

146

Le sirat.

127

DÉPART POUR MÉDINE – SÉJOUR DANS LA GROTTE Tandis que les païens ne cessaient de les chercher à tout prix, le Prophète Mohammed et Abou Bakr étaient pendant trois jours cachés dans la grotte. L‘une des preuves de l‘authenticité de l‘Envoyé d‘Allah (qu‘Allah le bénisse et le salue), fut que l‘araignée vint tapisser sa toile à l‘entrée de la grotte et qu‘un pigeon vint y pondre, ce qui désorienta les païens et les obligea à les rechercher ailleurs. Il était arrivé avant cela, qu‘Abou Bakr entendit s‘approcher les pas des poursuivants, alors qu‘ils étaient tous deux dans la grotte. Il en ressentit la tristesse et dit : « Envoyé de Dieu ! Si l‘un des deux regardait sous ses pieds, il nous verrait ! Mais le Prophète (qu‘Allah le bénisse et le salue) lui répondit : « Abou Bakr, que penses-tu de deux êtres ayant Dieu comme Protecteur ? » Cet épisode est signalé dans la sourate du repentir (Coran 9 Le repentir, verset 40) : « Si vous ne portez pas secours à celui-là … Or Dieu lui a bien porté secours, le jour où les mécréants l´avaient banni lui deuxième des deux, quand ils étaient tous deux dans la caverne, qu"il disait à son compagnon : « Ne t´afflige pas : oui, Dieu est avec nous. » Puis, Dieu fit descendre sur lui la tranquillité, et l´aida d´armées que vous n‟avez pas vue, et fit plus basse la parole des mécréants, tandis que la parole de Dieu reste la plus haute. Et Dieu est puissant, sage. » Ici, se termine le Cycle d‘étude 1997/8 de Hamza De Coster, D.D., couronné par la profession de foi à la Grande Mosquée de Bruxelles, le 6 septembre 1997.

128

LE SOUFISME
Par Hamza De Coster, D.D. en 1997/8 Le soufisme est le mysticisme musulman147, désignation que ses membres revêtaient par humilité et, peut-être au début à l‘exemple des moines et des ascètes chrétiens. Le soufisme est peu encouragé par l‘Islam148. Les oulémas surtout, ont comme explication qu‘on sait facilement adhérer à la mystique musulmane, sans pour cela appartenir à une fraternité soufi même de nos jours. A notre époque, il faut aller bien loin, et peut-être attendre de très longues années avant de trouver parmi les soufis un vrai cheikh, homme de Dieu par excellence qui vous guidera, car ils sont très rares de nos jours. Les vrais hommes de Dieu voient avec la lumière de Dieu. Si l‘on désire se lancer dans la mystique musulmane sans passer par un ordre soufi quelconque, justifié ou non, «le sommaire de la revivification des sciences religieuses » d‘une valeur inestimable, par Mouhammad bin Mouhammad Abou Hamed Al Ghazali149
147 148

En arabe tasawwouf, mot donné à partir de la racine souf (laine) comme stipulé déjà ailleurs dans ce livre. Le soufisme avant d‘avoir acquis droit de cité, le mysticisme a été au centre de vives controverses et les premiers mystiques durent faire face à des résistances fondées sur de visions ritualistes et légalistes de la religion musulmane. Certes, les premières vocations mystiques apparurent chez les compagnons du Prophète aussi éminents que Hudhaifa (mort en 657), Abou Dharr al Ghifari (mort en 652) et l‘imam Ali gendre et quatrième calife. Plus tard, la révolte intérieure de la conscience, non seulement contre les injustices sociales mais aussi et surtout contre ses propres péchés à soi, conduisit les hommes pieux à préférer la préparation au royaume éternel qui se trouve au-delà à l‘attachement au monde de l‘éphémère. Le désir de purification intérieure, afin de mieux se rapprocher de Dieu par l‘intériorisation des rites du culte, inspira de nombreux ascètes encouragés par les premiers exégètes du mot coranique « rahbaniya » (vie monacale) de la sourate LXII, verset 27. 149 Abou Hamid El-Ghazali, philosophe et théologien (Tous, au Nord de l‘Iran, 1058-1111). Figure intellectuelle et religieuse majeure de l‘Islam, El-Ghazali (l‘Algazel de l‘Europe médiévale) élabore une synthèse cohérente de la doctrine morale musulmane : le théologien en est la « tête » ; le philosophe, la « fonction » rationnelle ; le soufisme, le «coeur » ; et le droit, le « bras opérationnel ». Son œuvre est fondée sur les textes fondamentaux de l‘Islam et sur ceux des soufis, qu‘il contribue à réinsérer dans l‘Islam officiel. Souhaitant « détruire la raison pour retrouver la Raison », il joue un rôle déterminant dans l‘éradication de la philosophie gréco-musulmane rationnelle. El-Ghazali (ou Al-Ghazali) étudie à Nichapour (Perse) auprès du grand mystique El-Djouwayni avant d‘être nommé professeur à la plus importante université religieuse (madrassa) de l‘époque, la célèbre Nizamiyyah, fondée à Bagdad par Nizam El-Moulk, le grand vizir persan des Seldjoukides, dans le but de combattre l‘hétérodoxie, chiite en particulier. Sa grande réputation ne l‘empêche pas de traverser une crise mystique : retiré du monde officiel, il voyage aux sources de la spiritualité, notamment à Jérusalem, Hébron (tombeau d‘Abraham), La Mecque et Médine. Il trouve sa voie dans le soufisme. Le soufisme était hautement plus élevé qu‘aujourd‘hui, car y adhérer était réservé aux quelques uns, ne faisant certainement pas porte ouverte comme aujourd‘hui où tous sont les bienvenus. Par le soufisme il contribue à rendre droit de cité dans l‘orthodoxie religieuse, car il y voit l‘authentique héritage du Prophète. A la fin de sa vie, il retourne dans sa vie natale de Tous, où il meurt entouré de disciples soufis. A son époque, la prolifération des sectes et des controverses, la menace chiite ainsi que l‘influence déclinante des philosophes musulmans nourris d‘hellénisme poussent dirigeants et théologiens à combattre les doctrines à leurs yeux incompatibles avec l‘Islam orthodoxe et à conceptualiser une philosophie musulmane cohérente. But atteint El-Ghazali dans son œuvre majeure, La Revivification des sciences religieuses, qui exprime d‘une manière remarquablement claire ses conceptions, de même que dans la Délivrance de l’erreur. Dans sa célèbre Réfutation des philosophes, dirigée contre Aristote et

129

(décédé en l‘an 550 H.) vous y amènera. Ce livre150 est un bon départ sur la voie de la spiritualité (mystique) musulmane. La Foi Musulmane correctement vécue, inévitablement mène le croyant sur la voie mystique, de ceux qui aspirent à la pureté de leur âme. A partir de l‘Irak au septième siècle puis de Bagdad et du Caire au neuvième siècle, le soufisme s‘étend dans tout le monde de l‘Islam, de l‘Iran en Inde, du Maghreb à l‘Anatolie et en Andalousie. Comme dans la plupart des religions un courant mystique ne manque pas d‘apparaître dès le début (7ème et 8ème siècles) de l‘Islam, dans la mesure où les Arabes connaissent l‘existence du monachisme ascétique chrétien pratiqué en Syrie et en Égypte. Pour le christianisme, Jésus, en tant que « Fils de Dieu », représente à la fois un objet de culte, un modèle suprême et un but à atteindre. Il est intercesseur entre l‘homme et Dieu, une idée étrangère à l‘Islam orthodoxe. Même idéalisé, Mohammed n‘a jamais prétendu être autre chose qu‘un prophète dépourvu d‘aura divine, du don d‘accomplir des miracles ou d‘un rôle d‘intercession. Lors de la période de formation du soufisme, dans les trois premiers siècles de l‘Islam, des mystiques, tel Hassan de Bassora (m. 728), tentent d‘intérioriser la pratique de la nouvelle religion face au relâchement des principes primitifs de simplicité. Certains à l‘image des anachorètes chrétiens dans le désert de Syrie et d‘Égypte se retirent du monde pour recevoir les commandements de Dieu grâce à la méditation. Cette attitude est réprouvée par l‘Islam. Lié à la pauvreté – pas nécessairement équivalente de la piété -, le saint homme mystique en vient à être appelé « le pauvre » - faqir en arabe, darwech en persan, d‘où « derviche », qui désigne un soufi errant. L‘élaboration d‘une voie au neuvième siècle lorsque Bagdad devient le centre du mysticisme musulman, qui s‘exprime au grand jour. C‘est l‘époque où le
contre ses disciples – critiques – musulmans, Avicenne et El-Farabi, El-Ghazali se livre à une attaque en règle contre le rationalisme néo-aristotélicien et contre l‘hérésie ismaélienne. Avec d‘autant plus d‘impact qu‘il connaît bien ces courants philosophiques, il récuse la possibilité d‘atteindre la vérité par la certitude intellectuelle de la philosophie : cette dernière ne peut être qu‘une auxiliaire de la théologie spéculative établie à partir de la seule foi et de la foi musulmane. Pour El-Ghazali, seul l‘effort personnel permet au musulman – après avoir suivi l‘enseignement du maître – la recherche de la vérité dans un système où foi et œuvre sont inséparables. La plupart de ses quelques septante traités sont consacrés à la morale et au droit, et beaucoup reprennent, résument ou développent les thèmes de la Revivification des sciences religieuses, car El-Ghazali est un remarquable pédagogue. Grâce à son immense rayonnement personnel et à sa force de conviction El-Ghazali a joué un rôle majeur pour opérer la synthèse ordonnée de la théologie, du droit, du mysticisme et de la philosophie, synthèse qui marquait encore au système de pensée musulman parvenu à sa maturité. Il aura eu ainsi une influence déterminante sur l‘évolution intellectuelle du monde musulman au tournant des onzième et douzième siècles. 150 Traduit en français par Rima Ismail, revu par Fawzi Chaaban, chez Dar El Fiker, Beyrouth.

130

droit et la théologie en formation figent, aux yeux des mystiques, la religion dans les seules formes légalistes de la chariah151. Pour eux, qui se réclame de l‘exemple du Prophète, l‘ascèse est nécessaire pour atteindre par degrés la «Vérité spirituelle » intérieure (Haqiqah), en passant par la gnose sur les textes sacrés. C‘est en suivant la « Voie » (Tariqah) d‘un maître (cheikh152) que l‘on peut espérer atteindre l‘état mystique (hal) ou l‘ « extinction de soi en Dieu » (fana). L‘état mystique est fondé sur trois «voies » (tariqat) : celle de la crainte (makhafah) ou de la «purification » ; celle de l‘amour (mahabbah) ou du sacrifice ; enfin, celle de la «connaissance » (maarifah). L‘ascèse, destinée à atteindre l‘union avec Dieu – ce qui, pour l‘orthodoxie, est impensable entre un Dieu inconnaissable et une créature faillible -, les distingue des autres croyants. La théologie (kalam) met son rationalisme au service de la défense de la foi « pure » et subodore dans le soufisme l‘hérésie et le blasphème. De plus les oulémas153admettent mal la réprobation ouverte par les soufis de l‘hypocrisie religieuse et d‘injustices sociales. La gnostique égyptien Dhoun-Noun (m.861) est ainsi convoqué à Bagdad sous l‘inculpation d‘hérésie. Des tendances mystiques influentes pour l‘avenir sont apparues comme celle de «l‘examen de conscience » d‘El-Mouhassibi (m837), en phase avec l‘argumentation du kalam. Au contraire, l‘Iranien El-Bistami (m. 875), peut-être influencé par
151

Le mot provient d‘une racine arabe signifiant «la voie prescrite ». La chariah est la totalité des commandements de Dieu, tels qu‘ils sont énoncés dans le Saint Coran et les Traditions Prophétiques, suivant les principes analytiques des quatre écoles juridiques orthodoxes. Pour guider une multitude de peuples aux traditions variées devenus musulman, les oulémas ont élaboré une «science de la chariah » (fiqh), censée répondre à tous les problèmes, même les plus quotidiens des croyants. La chariah détaille en particulier ce qui est : obligatoire ; recommandé ; neutre ou permis ; non prohibé mais déconseillé ; enfin ce qui est strictement interdit (haram). Ces prescriptions concernent tous les aspects de la vie humaine et de la relation à Dieu : le culte et les Cinq Piliers de l‘Islam, la vie sociale (droit privé et pénal), interdits alimentaires. Dans certaines régions de l‘Islam – l‘Indonésie, monde berbère -, la chariah est limitée par la vigueur des coutumes (adats) locales. Dans les sociétés musulmanes modernes, l‘application stricto sensu de la chariah semble impossible, et elle cohabite avec des législations calquées sur celles de l‘Europe, en particulier dans les États anciennement sous tutelle ottomane ou européenne. Aujourd‘hui, , la revendication fondamentaliste pour une réislamisation de la société tente d‘imposer la chariah comme unique source du droit : c‘est le cas en Arabie saoudite, en Iran, au Soudan, partiellement au Pakistan, et c‘est devenu l‘objectif prioritaire des mouvements intégristes. 152 Terme arabe de respect pour désigner un «aîné »(après la cinquantaine), chef de la famille élargie, d‘une communauté ou d‘une tribu, et en général toute personne vénérable détenant une autorité temporelle ou spirituelle, par exemple un ouléma (savant en sciences religieuses). Chez les soufis, le cheikh est le maître spirituel d‘une confrérie. Dans l‘empire ottoman, à partir du seizième siècle, le Cheikh el-Islam émettait des fatouas (consultations) en matière de discipline publique ou politique et venait en second rang dans la hiérarchie impériale, après le grand vizir. 153 En arabe, « savant en sciences religieuses ». Il s‘agit des imams des mosquées importantes, les juges (qadis), les professeurs des universités religieuses (madrassas) et les dignitaires religieux. Dans le monde sunnite actuel, le terme désigne les personnes dont on reconnaît l‘autorité en matière de religion. Dans le passé, califes et souverains voyaient leur accession au pouvoir légitimée par les oulémas, qui en étaient les garants moraux, la fonction de calife consistant à faire appliquer la chariah, sans aucune latitude pour la modifier ou émettre de nouveaux dogmes, à la différence du pape, par exemple, également souverain temporel. Les oulémas eux-mêmes n‘ont qu‘une fonction d‘interprétation de la chariah mais ne peuvent la modifier. Dans l‘Empire ottoman, le corps des oulémas – intégré dans l‘administration – freina la modernisation de la société et de l‘État. Aujourd‘hui, les oulémas sont généralement des fonctionnaires des ministères des Affaires religieuses et leurs avis personnels ou par l‘intermédiaire d‘institutions reconnues – telle la mosquée-université El-Azhar – jouent couramment un rôle de sanction morale et parfois de censure.

131

l‘hindouisme, proclame avoir atteint l‘union avec Dieu, en fait sa propre divinité. La position d‘un des plus grands mystiques de l‘Islam, Djounaïd (m. 910), est plus éclairante sur le soufisme : pour lui, la «voie de l´amour » vainc la sévérité de Dieu à travers l‘abandon de soi et de sa personnalité en Dieu. Ce monisme panthéiste inspire la poésie mystique. Mais la proclamation par l‘Iranien El-Halladj154 de son union achevée avec Dieu lui vaut d‘être crucifié à Bagdad en 922, sous la pression des autorités religieuses. Un autre des plus grands mystiques de l‘Islam, le Persan Sohrawardi155 est donc nous le savons déjà exécuté sur l‘ordre de Saladin156 en 1191 pour son «hérésie » «illuminationniste » inspiré de la culture iranienne antique. A la même époque, l‘Andalou Abou Madyan (Boumedienne en arabe dialectal ; m. 1197) est le principal introducteur du soufisme au Maghreb, où il est devenu le « patron » de l‘Algérie. On a cherché un certain nombre d‘influences religieuses chez les adeptes de la connaissance intérieure » - une autre désignation du soufisme : monachisme syriaque, hindouisme, philosophie grecque et hellénistique et influences gnostiques157, en particulier dualistes iraniennes. Certains soufis originaires de Perse sont au courant des théories manichéennes158, nées sur leur
154

Hussein Ibn Mansour El-Halladj, mystique (Perse 857 – Bagdad 922). Fils d‘un cardeur (halladj en arabe) persan, El-Halladj est un des plus grands mystiques musulmans. Pendant des années, il vit retiré auprès des maîtres soufis, avant de rompre avec eux et de parcourir l‘Iran, le Turkestan et l‘Inde pour prêcher le mysticisme et l‘ascétisme d‘une manière proche de celle des extrémistes karmates. Accusé de sorcellerie, de charlatanisme et, surtout, de «panthéisme », il est excommunié, aussi bien par les autorités religieuses sunnites que chiites, alors que des foules se pressent pour l‘écouter, lui attribuant des miracles. Après des années de prison, il est crucifié par des autorités, à Bagdad, et ses restes sont jetés dans le Tigre. Il laisse un diwan dans lequel s‘exprime une véritable obsession : fondement de toute vie spirituelle, l‘Amour divin – la Vérité – peut être atteinte par une totale transsubstantion avec Dieu, au prix de l‘anéantissement de la personnalité humaine. C‘est la revendication publique – « Je suis la Vérité », c‘est à dire Dieu – qui a fourni le prétexte à sa condamnation à mort. 155 Shihaboddin Yahya Sohrawardi, philosophe mystique (Perse 1155 – Alep 1191). Né dans le Nord-Ouest de la Perse, il a laissé une cinquantaine de traités de philosophie mystique. Son œuvre majeure, le Livre de la connaissance de l’illumination, ou Théosophie de l’Orient, puise aux sources de la philosophie grecque – Platon surtout – et s‘inspire d‘Avicenne et d‘El-Farabi. La doctrine de ce Chiite convaincu est également redevable à l‘héritage de la Perse préislamique, dont il entend intégrer les « Sages » - tel Zoroastre – à l‘Islam. L‘Orient représente pour lui la Lumière – symbole de l‘émanation divine et en même temps réalité fondamentale des choses – et l‘Occident le monde matériel des Ténèbres. Son œuvre est à l‘origine de l‘école «illuministe », qui exerce encore une profonde influence sur la pensée mystique du chiisme iranien. Accusé de sédition, de panthéisme et surtout parce qu‘il est chiite, Sohrawardi – le « cheikh assassiné » est exécuté à 36 ans à Alep sous la pression des oulémas et sur l‘ordre de Saladin. 156 Saladin, premier sultan ayyoubide (Takrit, Irak, 1138 – Damas, 1193). Officier kurde de l‘armée de l‘émir turc de Mossoul (Irak du Nord), le sultan Salah Eddin El-Ayyoubi – le Saladin des croisés, est l‘ambitieux champion de l‘orthodoxie sunnite qui met fin à la dynastie fatimide chiite. 157 Gnosticisme, ce nom a été donné au siècle dernier par les historiens à une série des sectes des premiers siècles de l‘ère chrétienne, qui avaient en commun la prétention d‘offrir à leurs fidèles une gnose (connaissance) supérieure à celle du judaïsme ou du christianisme orthodoxe, tout en empruntant à ces derniers maintes doctrines ou pratiques. Mais il ne faut pas oublier, ce qu‘on fait trop souvent, que les mots gnose et gnostique, à cette époque, n‘étaient nullement propres à ces soi-disant hérétiques, mais le bien commun autant des chrétiens que des juifs auxquels ils les avaient repris. Au fait, les auteurs orthodoxes qui luttent contre ceux qu‘on appelle aujourd‘hui les gnostiques, comme si c‘était là leur titre distinctif, soulignent qu‘ils ne sont à leurs yeux que de pseudo-gnostiques (la formule se trouve dans le titre même de l‘ouvrage écrit contre eux par saint Irénée). 158 Saint Augustin, un Père de l‘Église Chrétienne (Catholiques, Orthodoxes, Anglicans et Protestants) pratiquait avant sa conversion « le manichéisme » erreur de Manès (ou Mani), née au troisième siècle de notre ère, et qui

132

sol, et bouddhistes dont les adeptes vivaient dans l‘Iran sassanide où le mazdéisme zoroastrien était la religion d‘état jusqu‘à la conquête arabe. C‘est cependant au sein de l‘Islam que le soufisme s‘est développé de fait, seul un musulman convaincu peut être soufi, et par conséquent s‘il s‘attire la méfiance des autorités religieuses, c‘est avant tout pour les positions extrémistes, sinon hétérodoxes (mouvements)159, adoptées par certains au cours de l‘histoire musulmane. La part des mystiques persans ou d‘origine iranienne est d‘ailleurs éminente dans le développement du mysticisme soufi, qui imprègne également les plus grands poètes persans comme Sanai au onzième siècle160, Nezami161 au douzième siècle, Attar162 (m. vers 1230), Hafez163 au quatorzième siècle et Djami164 au quinzième siècle. Le monde chiite réprouve fortement le soufisme,
combine des éléments du judaïsme et du christianisme dite hérétiques dans le sens du gnosticisme avec un fonds d‘idées mazdéennes (dualisme) et extrême orientales (en particulier bouddhistes). Le trait principal en est un dualisme métaphysique radical, supposant un principe bon, spirituel et lumineux, dans une lutte sans fin avec un principe mauvais, matériel et obscur. Nous connaissons surtout le manichéisme par les nombreux écrits de Saint Augustin, qui l‘a combattu après s‘en être détaché (le premier est le De moribus Ecclesiae), mais des découvertes assez récentes ont permis d‘acquérir une connaissance de première main, portant sur les premiers temps de la secte et sur son fondateur. Sous des formes diverses (cathares, bogomiles, etc.), les idées manichéennes, relançant les plus vieilles tendances qui s‘étaient fait jour déjà dans la gnose hérétique, ont été une perpétuelle menace pour la foi chrétienne (catholique) au moyen âge. On a justement signalé le rôle qu‘elles ont joué dans un certain faux spiritualisme qui distingue toute une part de la littérature courtoise, spécialement de langue d‘oc. 159 Dès le début de l‘Islam au septième siècle des troubles politiques, précurseurs d‘insurrections futures en Arabie même, au Proche-Orient et en Iran se doublent de mouvements hérétiques contestant l‘Islam orthodoxe. 160 Après Jésus-Christ. 161 Nezami, poète (Gandja, Azerbaïdjan, 1140-1209). Né à Gandja, aujourd‘hui Kirovabad. Nezami passe la plus grande partie de sa vie ans une semi-retraite consacrée à la pratique du soufisme. Étayée sur une vaste culture philosophique et scientifique et un métier très sûr, son œuvre poétique raffinée, subtile d‘une grande puissance imaginative est d‘une importance capitale dans la littérature persane. 162 Attar (Farid Eddin), poète persan Perse vers 1119 – vers 1190 ou 1220). On sait peu de chose sur le «Parfumeur » - Attar en arabe -, sinon qu‘il passe la plus grande partie de sa vie à Nichapour, en Iran oriental, et qu‘il est mort lors de l‘invasion mongoles. Ce Persan chiite est l‘un des plus puissants poètes mystiques en Islam. Sur les 100.000 à 200.000 vers qui lui sont attribués, seuls quatre ouvrages fondamentaux de la mystique musulmane sont attestés. Par exemple, le Mémorial des saints (en prose), qui relate l‘expérience mystique de 72 soufis, est un ouvrage qui met à la portée du lecteur la signification profonde du soufisme. 163 Hafez, poète persan (Chiraz v. 1325 – v. 1390). Né et mort au cœur de la Perse, à Chiraz, au point qu‘il est couramment appelé Chirazi (« le Chirazien »). Hafez est le poète le plus populaire de l‘Iran. Son diwan poétique est connu, appris, lu, cité par tous les persanophones. Dernier grand poète mystique persan du maître du ghazal amoureux (échange amoureux) autour de la trinité « l´Amour, l´Amant et l´Aimé », Hafez est un poète de cour classique dans une époque troublée, ou la disgrâce politique et la persécution religieuse sont toujours possibles. Il manifeste un hédonisme, une « libre pensée » dans la célébration parfois malicieuse des plaisirs de la vie, tout en maniant, comme toujours en Iran, l‘art de l‘allusion pour échapper aux inquisitions. S‘il se réfère souvent au Saint Coran et aux quatre grands prophètes bibliques qui y sont cités parmi beaucoup d‘autres, notamment sa dilection va aux souverains mythiques de la Perse antique. Il est probable qu‘il faille lire ses poèmes au second degré, car nombre de métaphores comme le vin, ont une connotation mystique. Mais c‘est l‘amour dans toutes ses résonances, charnelles ou mystiques, qui au centre de ses ghazals, volontairement rendus ambigus par l‘auteur. Sereine, sceptique, l‘œuvre de Hafez possède une indubitable dimension «romantique » qui explique son immense popularité jusqu‘aujourd‘hui. 164 Djami (Nour Eddin), poète persan (Djam, Afghanistan, 1414 – Hérat 1492). Nour Eddin Djami, bien que membre d‘une confrérie soufie, est attaché à la brillante cour timouride de Hérat, à son souverain mécène Hossein Bayqara en particulier. Il est l‘ami du vizir et poète turcophone Mir Alisher Navoi. Son œuvre féconde contient notamment un dictionnaire biographique des soufis. Son influence sera considérable sur les poètes ultérieurs persans, ottomans et indiens.

133

probablement parce qu‘il possède des « intercesseurs » en ses imams et que la philosophie religieuse n‘y a jamais été « figée » comme dans le monde sunnite, du moins jusqu‘à l‘époque moderne. Cependant des confréries chiites n‘en existent pas moins. Aussi bien les soufis que les autorités religieuses ressentent la nécessité de circonscrire plus précisément le mouvement mystique. Pour le grand théologien iranien sunnite165 El-Ghazali166 (m.1111), lui-même mystique, les soufis désirent avant tout trouver Dieu pour vivre. L‘initiative d‘El-Ghazali est déterminante pour «réintégrer » officiellement le soufisme dans le courant sunnite général. Au cours des siècles jusqu‘à nos jours, le soufisme continue à être tenu en suspicion par les oulémas les plus intransigeants, parfois en raison des tendances hétérodoxes de certains de ces courants. Comme j‘ai déjà fait la remarque, il ne faut pas être un soufi pour être un mystique musulmans (le mystique musulman anonyme au milieu des musulmans). Lorsqu‘une réconciliation a lieu entre l‘Islam orthodoxe et les courants mystiques, elle jouera un puissant rôle intégrateur167 dans la société musulmane et lui permet de survivre et de se renforcer malgré l‘émiettement politique mongol n‘est pas sans effet. Le juriste hanbalite168 de Bagdad, Abdel-kader ElDjilani169 (m.1166) combine pratique mystique et orthodoxie en fondant l‘une des plus importantes confréries soufis du monde musulman jusqu‘aujourd‘hui : la Kadiriyyah, présente de l‘Indonésie au Maghreb, où elle est particulièrement
165

Sunnisme : Courant majoritaire de l‘Islam qui s‘appuie sur la sunna. En arabe, sunna signifie «usage », « coutume », et le terme recouvre les pratiques des nations en général. Dans le Saint Coran et les Traditions Prophétiques, la sunna désigne les actes et les paroles de Muhammad. Les sunnites sont ceux qui obéissent à la théorie et à la pratique de la sunna. Ils représentent donc les musulmans « orthodoxes », par opposition aux chiites : dans le monde 90% des musulmans sont sunnites et 10% chiites. Comme nous le savons déjà, rapportée oralement par les Compagnons du Prophète, la sunna est ensuite fixée dans les Traditions Prophétiques (Hadiths), seconde source de la chariah après le Saint Coran. On distingue une sunna « confirmée » par des précédents du vivant de Muhammad et une sunna supplémentaire concernant des aspects moins essentiels de l‘Islam. 166 Ou, Al-Ghazali. 167 Comme jadis par les Jésuites, et aujourd‘hui la secte Opus Dei dans l‘Église Catholique Romaine, et plus encore en son sein, au coeur même du Vatican. 168 Hanbalites : Disciples de la plus dogmatique et la plus puriste des quatre écoles de la jurisprudence sunnite, basée sur les enseignements d'Ahmed Ibn Hanbal (m.855). Celui-ci est partisan d‘une origine unique du droit, rejetant l‘opinion personnelle et le raisonnement par analogie, car il est hostile à une théologie spéculative, celuici ne pouvant introduire des innovations, pécheresses par rapport au Saint Coran et aux Traditions Prophétiques. La jurisprudence des hanéfites a fourni le système légal officiel des Abbassides, des Seldjoukides et des Ottomans. Aujourd‘hui, le hanéfisme prédomine en Turquie et dans les États anciennement ottomans – Croissant fertile, Égypte, ainsi qu‘en Asie centrale. 169 Abdel-kader El-Djilani (471/1079-561/1165-66) , fut le fondateur de la presque première et plus populaire Ordre Soufi. Il naquit à Jilãn en Iran. Il arriva à Bagdad à l‘âge de dix-huit, et consacra son temps à l‘étude du Saint Coran, les hadiths et fiqh, en accomplissait son sulûk (le parcours sur la voie soufi) sous la direction du Cheikh Hammãd ‘-Dabbãs (m. 525/1130). Il commença ses sermons 50 ans, et rassembla à son écoute de milliers de personnes. Un livre à ne pas manquer de lire : Enseignements Soufis (Al-Fath Errabbãni wal Faydh Errahmãni) par Abd El-Qader El-Jilani, aux Éditions Al-Bouraq, Beyrouth – Liban.

134

populaire. Cette confrérie sait endiguer les débordements de la religion populaire et du maraboutisme170. L‘un des grands mystiques musulmans, l‘Afghan El-Houdjwiri, mort à Lahore vers 1075, musulman sunnite des plus orthodoxes, concilie avec bonheur théologie et mystique : il a laissé le plus ancien traité persan de mystique connu. La vision du plus grand théoricien du monisme171 et du panthéisme172 soufi, l‘Andalou Ibn Arabi173, mort à Damas en 1240, est primordiale sur le plan intellectuel. Elle prône l‘absolue immanence de
170

Marabout, vocable inventé par les Français dans leurs colonies d‘Afrique du Nord et de l‘Ouest, dérivé de l‘arabe marbout «attaché à Dieu ». C‘est aussi le nom des guerriers de la foi » vivant dans des monastèresforteresses (ribat) et dont les plus célèbres furent les Almoravides. S‘il existe malheureusement en Orient musulman, le culte des saints, souvent lié à des confréries soufis, connaît une grande ferveur en Afrique occidentale, et surtout, au Maghreb. C‘est là qu‘il s‘est développé spectaculairement au cours des siècles, malgré les sévères condamnations à juste titre des oulémas sunnites et des musulmans modernistes. Les croyances populaires créditent le marabout d‘un pouvoir d‘intercession particulière pour obtenir une grâce divine (baraka) et il est invoque dans les prières. Son tombeau (ziyara), citadin ou campagnard, est l‘objet des visites. On l‘invoque pour obtenir une guérison, pour être dépossédé de Satan ou contre la stérilité. Le marabout peut protéger un pays, une ville, ou être un modeste saint local. Au Maroc, sa célébration suscite lors des foires, la ferveur religieuse de foules considérables. Parmi les marabouts les plus célèbres du Maghreb, on peut citer le patron de Fès, Moulay Idriss (deuxième souverain idrisside, neuvième siècle), le patron de Tlemcem, Sidi Boumedienne (Bou Madyan, douzième siècle, originaire de Séville), et Sidi Mehrez, patron de Tunis. 171 Le monisme est un système suivant lequel le monde n‘est constitué que d‘une seule substance, pour lequel l‘objet auquel s‘applique la pensée est un. Les systèmes philosophiques idéalistes, ou monisme spiritualiste, soutiennent ainsi que la seule réalité est celle de l‘esprit et que le monde matériel n‘est qu‘une protection de celui-ci. Se dit aussi de tout système qui exagère l‘unicité du réel, au point d‘absorber l‘homme dans le monde, et monde en Dieu. Cette conception est cependant démentie par la concordance des témoignages humains au sujet de leurs perceptions et par le fait que ces perceptions font irruption dans la suite de nos états de conscience, sans aucun lien logique avec ceux-ci. 172 Le panthéisme :Système religieux ou philosophique qui identifie Dieu et le monde (divinisation de la nature). C‘est une doctrine philosophique qui confond Dieu avec le monde, au moins en ce sens qu‘admettent la parfaite unicité (ou univocité) de l‘être, elle ne distingue pas l‘être de Dieu de celui du monde. Dieu n‘est alors que le monde considéré dans son unité et sa totalité. La plupart des philosophies de l‘Inde, comme le néoplatonisme de Plotin et de ses disciples, et à notre époque moderne occidentale de Hegel, peuvent être considérés comme les formes diverses du panthéisme. Comme tendance, le panthéisme se révèle toutes le fois que la transcendance divine est méconnue ou minimisée. C‘est le cas dans toutes les formes du monisme idéaliste. Moins fatal, le danger existe dans les différents systèmes ontologistes. Mais on ne doit pas pour cela trop se presser d‘appliquer la qualification de panthéiste à tous les systèmes qui soulignent très fortement l‘immanence de Dieu, particulièrement dans sa créature spirituelle. S‘ils tiennent en équilibre avec cette affirmation une affirmation non moins décidée de la transcendance de Dieu, si près que leurs formules s‘approchent des formules du panthéisme, elles ne sauraient en être taxées. 173 Ibn Arabi (Muhyi Eddin), mystique (Murcie 1165 – Damas 1240). Ibn Arabi étudie à Séville, la capitale almohade, et entre à l‘âge de seize ans dans la voie soufie. Nommé à d‘importantes fonctions, il les abandonne à la suite d‘une crise mystique et part étudie les sciences religieuses à Tunis, La Mecque, Bagdad, Konya, avant de s‘installer à Damas, où il meurt sans avoir revu l‘Andalousie. Ce grand mystique espagnol musulman, nourri de philosophie hellénistique et gnostique, ne conçoit pas de différences fondamentales entre sunnisme et chiisme. Malgré des vues considérées comme hétérodoxes, il est surnommé par les oulémas «le Vivificateur de la religion » et «le plus grand des maîtres (soufis) ». Sur les quelques trois cents ouvrages poétiques et religieux qu‘il a écrit, l‘un des plus importants et les illuminations mecquoises, qui, en 560 chapitres, étudie la connaissance mystique sous tous ses aspects. Sa philosophie, basée sur l‘unicité de Dieu, dogme central et primordial de l‘Islam, fait de l‘homme une possibilité divine, «monisme », qui lui faut foudres des théologiens orthodoxes. Son testament spirituel, la sagesse des prophètes, expose les messages des prophètes, d‘Adam à Muhammad, à ses yeux reflets de la Révélation divine, messages qui acquièrent leur signification suivant celui qui les reçoit. Il s‘agit ici d‘une vision audacieuse pour l‘Islam, censé sceller dans une forme achevée et supérieure les religions précédentes. C‘est à partir de la pensée d‘Ibn Arabi que le soufisme se codifie et s‘organise en confréries.

135

Dieu qui absorbe l‘amant, l‘amour, le monde entier et les hommes. Même les musulmans attirés par la profondeur et la sincérité de sa pensée, exprimée dans des écrits sublimes, restent perplexes. A partir du dixième siècle, des confréries soufies s‘organisent sous le patronage des cheikhs qui sont à l‘origine d‘écoles validées par des chaînes de transmission comme les Traditions174, et constituent en même temps des généalogies spirituelles. Ce lien unit des nouvelles formes communautaires, allant des cercles ésotériques aux derviches175 vagabonds : de nouveaux rites
174

Par exemple, la succession apostolique dans les Églises Catholique Romaine et Orthodoxe, Vieille Catholique et Anglicane. Les premiers siècles de l‘Église nous ont montré l'idée apostolique de cette "organisation" des communautés chrétiennes; et c'est ce schéma qui est à la fois véritablement catholique et seul respectueux du désir comme du vouloir de Jésus Christ. L‘Église du Prophète Jésus a été fondée par Lui-même sur la Foi que l'Apôtre Pierre confessa le premier, et non sur sa propre personne. C'est l'explication qu'en donnèrent mille ans d'histoire de l‘Église ainsi que l'exégèse des pères de l‘Église pendant les cinq premiers siècles; parmi eux Saint Cyril d'Alexandrie, Saint Hilaire de Poitiers, Saint Jean Chrysostome et bien d'autres. Les chrétiens apostoliques croient donc que le Christ a institué son Église visible dont il est le CHEF UNIQUE . Prolongeant son œuvre, l‘Église continue dans le temps la présence du Verbe Incarné. Par elle, la vie divine est communiquée aux âmes. On a souvent présenté l‘Église comme "le corps mystique de Jésus Christ". Jésus Christ a également fondé son Église en envoyant aux nations le collège des douze Apôtres qui avaient été choisis par Lui. Ces Apôtres étaient revêtus d'un triple pouvoir d'enseignement (prédication de l‘Évangile), d'Ordre (administration des sacrements, direction des fidèles) et de sanctification. Conformément à l'enseignement constant de l‘Église, les chrétiens apostoliques croient que les pouvoirs des Apôtres ont été transmis aux Évêques leurs successeurs dans la suite des temps. Les ministères sacerdotaux subviennent donc aux besoins des âmes pour édifier perpétuellement le Corps du Christ qui est l‘Église. Les Apôtres ont donc répandu et prêché la Foi chrétienne. Ils ont groupé des fidèles et proposé des prêtres et des diacres aux églises qu'ils fondaient, en gardant la haute direction par dévers eux. Cependant les Apôtres communiquèrent bientôt la plénitude de l'Ordre à des disciples particulièrement aptes. Ces derniers se fixèrent dans les régions évangélisées ou à évangéliser et rayonnèrent à partir de ce point impact. En résumé, les documents de la primitive Église prouvent que les Apôtres ont institué la dignité hiérarchique supérieure, connue plus tard sous le nom d'épiscopat, en élevant certains disciples à la plénitude de l'Ordre, et en leur communiquant, soit immédiatement, soit avant de mourir le pouvoir d'ordre, confirmant le pouvoir de juridiction, ou mission divine, dont ils étaient les dépositaires. Les évêques sont donc institués pour continuer la mission munis des pouvoirs dont Jésus Christ avait investi le collège apostolique en vertu de sa puissance divine. C'est dans ce sens qu'ils sont aussi appelés "Successeurs des Apôtres". La condition de la transmission valide de l' épiscopat : Elle fut formulée par le grand Docteur de l‘Église, Saint-Augustin, Évêque d'Hippone, en rapport avec la réconciliation avec l‘Église, au Vème siècle, des schismatiques donatistes et elle est exprimée comme suit: <<En vertu du caractère indélébile qui lui a été conféré à sa consécration, un Évêque consacré validement, mais excommunié par la suite ou seulement séparé de l‘Église, garde le pouvoir de transmettre des Ordres valides à d'autres qui, à leur tour, peuvent les transmettre validement, en dépit de leur schisme>>. Ce fut à la faveur de cet enseignement que le clergé donatiste fut reçu à nouveau dans l‘Église sans réordination. Cette doctrine Augustinienne précisée par Saint-Thomas d'Aquin fut définie par le Concile de Trente comme Dogme de Foi. Elle assure la validité et la pérennité de la vie sacramentelle à travers les péripéties navrantes de l'histoire de l‘Église.
175

Mot d‘origine persane «darwish » - le mot «derviche » désigne généralement dans le monde musulman le soufi, c‘est-à-dire le mystique membre d‘une confrérie et attaché à un maître spirituel (cheikh) et parfois à un «couvent » (khanqah en persan, tekké en turc, zaouiyah ou ribat en arabe). Au Maghreb, on les appelle «frères » (ikhouans). Dans le monde turco-iranien, le terme «derviche » désigne un soufi errant mendiant (en arabe fakir), «pauvre ». Sous les Mamelouks, ils jouissent d‘une certaine considération de la part des théologiens, mais en règle générale, les oulémas les soupçonnent de tendances hétérodoxes. C‘est, par exemple, le cas des derviches «calenders », du persan Qalandari, cités dans les Mille et Une Nuits, qui se répandent, en particulier au treizième siècle, du Turkestan au Maroc. Ils choquent par leurs doctrines, peut-être influencées par les pratiques hindoues, par leur vestimentaire et par leur comportement public. Des ordres de femmes derviches existent également. Des derviches ont été à l‘origine de révoltes contre le pouvoir, tels les partisans de Baka Ishak en Anatolie au

136

d‘adoration collective de Dieu apparaissent : « remémoration » (dhikr) de Dieu ; techniques physiques pour atteindre l‘anéantissement de soi, par exemple dans la danse (sama) des mevlévis d‘Anatolie. Ce rôle spirituel n‘empêche pas les confréries d‘agir politiquement, que ce soit auprès « des guerriers de la foi »(ghazis) des frontières ou dans les états constitués. L‘Empire ottoman 176
treizième siècle, ou les Bektachis chiites («chapelains » des janissaires) dans l‘empire ottoman, du quinzième au dix-septième siècle. A la fin du dix-neuvième siècle encore, les guerriers de la foi du Mahdi du Soudan, Mohammed Abdallah, adoptent le titre de «derviches » pour se lever contre le pouvoir turco-égyptien (18811898). Les états modernes on interdit les ordres de derviches comme pendant longtemps la Turquie (sous Mustafa Kemal), ou tiennent ceux qui subsistent sous surveillance en les accusant entre autres d‘hérésie ou de favoriser l‘intégrisme. Dans le Christianisme, plutôt chez les Catholiques et Orthodoxes, les derviches ou fakirs se nomment ermites ou moines errants. Les sources ne permettent pas de retrouver une origine sociale ou juridique commune à tous les ermites : la vocation de la solitude n‘est pas liée à une condition déterminée. Ce sont les récits ou les vitae qui donnent des indications précises et qui permettent de situer les ermites d‘une extrémité de l‘échelle sociale (la haute noblesse) à l‘autre (les roturiers). La définition même de l‘ermite est quelqu‘un qui se retire de la vie active pour mener une vie de solitaire. Un solitaire dans sa cabane songeait à autre chose qu‘à rédiger un récit de ses expériences. Comment des actes auraient-ils pu être délivrés à son intention. Il recherchait la solitude, mais point la stabilité. Dans la chrétienté, l‘ermite ne figure dans les sources qu‘accidentellement, lorsque son expérience a connu un tel succès qu‘un établissement religieux s‘est perpétué après son départ ou à sa mort, là où il vivait, lorsqu‘on a continué à y vénérer sa mémoire. La solitude que recherchent les ermites doit être interprétée en deux sens : elle est solitude extérieure ou intérieure. Quoique les sources ne fassent normalement pas la distinction, une étude approfondie des sites occupés, plus spécialement par les cisterciens, prouve que l‘isolement n‘était pas si grand qu‘on le croit. La maison, la cella ou cellula que se construit l‘ermite est toute simple ; cabane de branchages, recouverte d‘un chaume léger, elle prouve le lien qui unit l‘ermite à la nature. Établir une distinction très nette entre vie spirituelle et vie matérielle n‘est pas chose facile, car la vie spirituelle conditionne profondément l‘autre et vice versa. La solitude n‘est pas un but en soi, mais doit amener l‘ermite à tout abandonner pour suivre le Prophète Jésus (le Christ), afin de gagner le Paradis. La solitude aidera l‘ermite à prier sans cesse, de jour et de nuit, et à parvenir à la contemplation pure. De fait, « contempler » sera rendu dans la plupart des textes par vigilare, « être éveillé jour et nuit » ; c‘est ce qui rend l‘ermite sa vie si dure. Le sommeil et Satan (l’antiquus inimicus ou le mal artifex), deux danger liés l‘un à l‘autre, devraient être combattus par une mortification sévère : flagellation, quelques fois bains dans l‘eau glaciale toutefois en Occident ; chez d‘autres, et le plus souvent, jeûne extrêmement rigoureux et habillement grossier, témoins d‘un dénuement complet. Normalement l‘ermite n‘entre pas tout à fait seul dans son désert : on est deux ou trois même au début, avant même qu‘on puisse parler d‘une première expansion. C‘est autour de ce noyau primitif de deux ou trois ermites que va se former une plus grande communauté. Finalement, l‘ermite en quête d‘une solitude perd de vue que toute terre, si inculte ou désolée soit-elle appartient à quelqu‘un. Son installation ne sera pas dénuée de difficultés, surtout lorsque la communauté grandit et que le défrichement perturbe la faune ou porte tort à la végétation.. Comment se comportaient envers les ermites les autorités ecclésiastiques, dont le rôle ne se limitait pas à celui des propriétaires ? Les évêques, quand ils s‘attelèrent à la réforme grégorienne, ne pouvaient être favorables à cette voie. Ne voyons-nous pas ici un parallélisme avec le soufisme errant (l‘affaire d‘une personne) qui se prépare petit à petit à recevoir de nombreux adeptes, et devenir ainsi une communauté ( cénobitisme)? 176 176 L‘Empire ottoman : C‘est pendant les quarante-six ans de règne (1520-1566) de Soliman le Magnifique que la civilisation ottomane connaît son apogée, avant d‘entamer une lente décadence. Talents et richesses affluent à Istanbul, à la fois capitale multi-ethique d‘un empire aux institutions stabilisées, centre d‘une culture matérielle stabilisée, centre d‘une culture matérielle prodigieuse et plus grande ville du monde connu d‘alors (700.000 habitants, le double de Paris et le quintuple de Londres. C‘est dans leur architecture, en partie héritée de Byzance, mais qui développe rapidement un style distinctif, que les Ottomans ont laissé l‘empreinte la plus durable grâce au grand architecte Sinan (1489-1588) : madrassas (universités religieuses), hammams, ponts et, surtout, mosquées somptueuses – Souleymaniye à Istanbul, Selimiye à Edirne. Les arts décoratifs atteignent des sommets : céramique à décors floraux d‘Iznik qui ornent mosquées et palais, textiles de Bursa, tapis d‘Uçak, joaillerie, tout sorti des ateliers impériaux. La calligraphie, l‘art du sceau (tughra), les arts du livre connaissent un brillant développement. La miniature acquiert une personnalité propre sous l‘influence de la Perse et du réalisme pictural européen pour dépeindre la vie de la cour, les fêtes, la guerre, la vie citadine, les corporations. Malgré son relatif conformisme, la poésie brille d‘un vif éclat, encouragée par le sultan, poète lui-même et lettré

137

dans les trois langues de culture de l‘empire : arabe pour la religion et le droit, persan pour les belles lettres, turc pour l‘administration et l‘histoire. Quelques poètes de cour s‘illustrent alors : Fouzouli, Baki, Zati. On peut également citer l‘œuvre du géographe Piri Reis et des historiens-chroniqueurs Saadeddine et Evliya Tchelebi. Mais la vie intellectuelle stagne du fait de l‘influence prépondérante des classes religieuses passéistes et hostiles aux débats d‘idées. Une lente décadence s‘amorce peur après le «bouquet final » de Soliman le Magnifique. En effet, repliés sur un sentiment de supériorité en tant que musulmans, les Ottomans ne s‘intéresseront aux innovations, surtout sous formes de «recettes » militaires que tardivement, alors que l‘Europe détient depuis deux siècles les moyens politiques, commerciaux, matériels et militaires qui lui permettront de s‘imposer au monde. Il est révélateur, par exemple, que si l‘imprimerie est introduite et autorisée dès ses débuts dans l‘Empire ottoman au profit des Gens du livre minoritaires (juifs, grec et arméniens), il faudra attendre 1727 pour que des ouvrages turcs en caractères arabes puissent être imprimés, du fait du, caractère sacré de la langue arabe. L‘accession du sultan au trône, du fait de la multitude des prétendants nés dans le harem impérial obéit jusqu‘à la fin du seizième siècle à ce que l‘on a appelé la «loi du Fratricide », promulguée par Mehmed II (ou Mehmet), le conquérant de Constantinople (1453). Afin de préserver la dynastie de sanglantes luttes de succession, le prétendant le mieux placé faisait étrangler ses frères et demi-frères lors de son accession au trône. A partir du dix-septième siècle, le sultan toujours monarque absolu et «commandeur des croyants », se contente d‘interner les prétendants potentiels dans la prison dorée du harem de Topkapi, qui tend de devenir un puissant foyer d‘intriqués politiques ; certains finalement appelés au pouvoir après des années d‘oisiveté, en ressortent ignorants de tout, voire débiles. Pour gouverner un empire universel composé d‘une multitude de peuples, le sultan Soliman, appelé par les musulmans « le Législateur » - El Quanouni, crée des recueils de lois (qanunnameh) adaptées et s‘appuie sur une hiérarchie administrative composée à son apogée de fonctionnaires compétents, dirigés par le grand vizir. Certains, remarquables, ont marqué l‘histoire, comme Rüstem Pacha, Sokollu et la famille des Köprölü au dix-septième et dix-huitième siècles. A partir de cette époque d‘ailleurs, le grand vizir est le chef effectif du gouvernement, qu‘il dirige de ses bureaux de la Sublime Porte (Bab-I Ali), située à l‘extérieur du palais de Topkapi. Il supervise des secrétariats spécialisés (finances, juges, garde du sceau, chancellerie) dont les responsables sont issus de la classe des oulémas (docteurs en sciences religieuses) ou de celles des militaires (askeris). Jusqu‘au dix-septième siècle, ces derniers sont à la tête de la plus puissante armée de l‘Europe dotée d‘une redoutable artillerie, face aux ennemis principaux de l‘empire, Habsbourg et Séfévides persans. A partir des arsenaux d‘Istanbul, la flotte, sous les ordres du grand amiral (kapudan pacha), règne sur la Méditerranée orientale - jusqu‘à la défaite navale de Lépante en 1571 – et un temps sur le golfe Persique et la mer Rouge. Les principaux dignitaires assistant plusieurs fois par semaine au Conseil (diwan) à Topkapi, véritable ville dans la ville où vivent près de vingt mille personnes. Extraordinairement efficace à son apogée, la bureaucratie ottomane dresse des recensements précis des ressources et des populations de l‘empire pour lever l‘impôt et déterminer une politique intérieure cohérente, alors même que, aux seizième et dixseptième siècles, l‘Empire ottoman connaît une prospérité matérielle réelle et un essor démographique important qui favorisent un commerce intérieur prospère et ce jusqu‘à la colonisation progressive de son économie par les puissances européennes. Les provinces sont supervisées par les deux gouverneurs généraux (berlerbeys) de Roumélie (Balkans) et d‘Anatolie qui coiffent les gouverneurs (beys) de régions (sandjaks) subdivisées en fiefs (timars) donnés aux cavaliers (sipahis) charges de lever des troupes en cas en cas de besoin. Mais la plus grande originalité du système de gouvernement ottoman est, jusqu‘au dix-septième siècle, l‘institution des «esclaves de la Porte », militaires – dont les célèbres janissaires et hauts fonctionnaires d‘élite «recrutés » selon les besoins tous les trois ou sept ans par une levée autoritaire périodique (devshirmé) d‘enfants chrétiens ruraux. Coupés de toute racine et fidèles à la seule personne du sultan, ils sont, après une sévère sélection, éduqués au palais après avoir été converti à l‘Islam. Ils forment l‘élite administrative et militaire de l‘empire. Beaucoup parviennent ainsi aux plus hautes fonctions de l‘État : la majorité des grands vizirs, des chefs militaires, des hauts fonctionnaires et des gouverneurs de province seront ainsi à la fois d‘origine non turque, servile et chrétienne – l‘esclavage ne pouvant en principe s‘appliquer à des musulmans. Mais jamais les sultans ne favorisent la création d‘une aristocratie héréditaire et entreprenante qui aurait limité leur pouvoir absolu. La société ottomane se divise en deux « classes » principales : autour du souverain, la haute hiérarchie de l‘État – elle-même partagée entre « militaires », « bureaucrates » et hommes de religion (oulémas) -, non astreinte à l‘impôt, et les sujets (reayas), musulmans ou non, qui, eux, le sont. Les sujets sont subdivisés en paysans et pasteurs, d‘une part, et marchands et artisans citadins, d‘autre part, la possibilité de passer de l‘une à l‘autre de ces subdivisions étant restreinte. La classe marchande, embryon d‘une bourgeoisie, n‘a jamais joui d‘un pouvoir représentatif semblables à celui des bourgeois européens, car elle est embrigadée dans des corporations qui ne sont pas de groupements de marchands libres – comme dans l‘Europe médiévale -, mais des organisations placées sous l‘étroit contrôle de la bureaucratie de d‘État, dont le pouvoir d‘initiative dépend du seul sultan. Le pouvoir absolu de celui-ci ne reconnaît jamais l‘existence d‘instances intermédiaires ni même la notion de personne morale à aucun groupe.

138

doit aussi réduire à grand-peine les révoltes des derviches bektachis d‘Anatolie, hétérodoxes et «chapelains » des janissaires. Et c‘est la confrérie soufie chiite turkmène177 des «Bonnets Rouges » (Kizil Bash) qui hisse les Séfévides au pouvoir en Perse en 1501. Les confréries soufies – au moins deux cents répertoriées et une centaine active – sont présentes dans toutes les régions de l‘Islam et dans tous les milieux. Aujourd‘hui encore, leurs saints ou maîtres spirituels sont honorés de leur vivant et leurs tombes abondamment visitées par de nombreux musulmans : celle d‘El-Djilani à Bagdad – transformée en sanctuaire grandiose par Soliman le Magnifique -, du gnostique égyptien Dhoun-Noun près des Pyramides au Caire, de Sidi Boumedienne (Abou Madyan) à Tlemcen (Algérie), sans parler des tombeaux de poètes soufis persans comme ceux de Roumi à Konya et de Hafez à Chieras. Si nous considérons ce qu‘est en réalité le Soufisme, nous voyons que ce n‘est pas un mouvement récent dans l‘histoire du mysticisme. L‘origine des Soufis, nous l‘avons vu remonte à la naissance de l‘humanité. Le prophète Adam en tant que premier homme qui pénétra les profondeurs de la vie fut le premier Soufi. Son rayonnement attira autour de lui des adhérents, et c‘est de cette façon que se forma la première école de la Sagesse et que débuta le Soufisme. Ainsi, à toutes les époques dans la religion d'Allah, se sont élevés de grands hommes, qui avaient une connaissance et un pouvoir de diriger au-dessus de ceux de leurs contemporains. Ceux que nous appelons aujourd‘hui Soufis ne se sont pas donnés ce nom à euxmêmes ; il leur a été donné par d‘autres, car un véritable Soufi est pur de toute dénomination. « Soufi » vient en effet du mot arabe «Sâf » qui veut dire « pur » : pur de distinction et pur de différences. Mais on pourrait dire aussi que le mot « Soufi » vient du grec « Sophia », qui signifie « sagesse ». Un soufi est avant tout un musulman, et comme on l‘a dit au début de cette étude, il ne faut pas être un soufi pour pratiquer le mysticisme. Le musulman anonyme peut facilement parcourir la voie mystique sans pour cela adhérer à un Maître
La terre étant considérée comme appartenant au sultan, le sort de la paysannerie est dur, et, avec la décadence économique de l‘empire, celle-ci tend à être peu productive et à se replier sur ses besoins immédiats. Les nombreux Gens du Livre, juifs et surtout chrétiens, sont régis par le système du « millet » - communauté religieuse et non éthique – pour gérer leurs affaires communautaires (religion, justice, finances) sous l‘égide de leur chef religieux (patriarche, grand rabbin). Pour terminer résumons en quelques lignes la dynastie des Ottomans (1281-1924). Avant la fin du treizième siècle, on connaît peu de choses sur les Osmanlis – « fils d´Osman » - les futurs Ottomans. Ils semblent avoir fait partie d‘une vague de nomades turkmènes venue de l‘est qui repoussèrent les Byzantins devant eux. Ils sont, un temps, attachés aux sultans Seldjoukides de Konya. L‘invasion mongole et le déclin Seldjoukides consécutif entraînent leur migration vers le nord-ouest de l‘Anatolie. 177 Les Turkmènes (qu‘on appelait aussi «Turcomans »), Turcs de la confédération «oghouz » partis du Turkestan oriental aux dixième et onzième siècles, étaient de redoutables cavaliers nomades adonnés à la razzia d‘esclaves. Ils parviennent par vagues au Moyen-Orient à la suite des Seldjoukides, puis arrivent en Anatolie grâce aux invasions mongoles.

139

spirituel, car le mysticisme est simplement la compréhension de la vie dans la religion d‘Allah. Un Soufi vit dans la contemplation de l‘Unicité «La ilaha ill-Allah ». Comme il y a un seul Dieu, une seule vie, une seule humanité, ainsi voit-il une seule religion, un seul mysticisme, une seule Vérité, et cette contemplation de l‘Unité l‘unit à tous les êtres : un autre être est pour lui plus qu‘un frère. Le mystique, qu‘il soit le musulman anonyme ou un soufi, il se cherche avant tout lui-même, en cherchant son véritable Moi. Le principe «connais-toi toimême », écrit sur le fronton du, temple grec, était enseigné aussi en Arabie par le grand Soufi Ali. « Connais-toi » comme quoi ? Comme nature, comme aptitudes, comme caractère ? Beaucoup plus. Il y a encore cette partie de l‘être que nous connaissons que fort peu. Nous connaissons le corps, les mouvements du cœur : joyeux, attristé, ému ou affligé ; peut-être croyons-nous que nous avons une âme. Mais comment avons-nous un témoignage de son existence ? On connaît cette âme en la dévoilant. Les soufis disent que l‘âme est recouverte d‘une montagne constituée par le corps et l‘esprit. Il s‘agit simplement d‘enlever ce qui cache la lumière. Le Trésor, c‘est l‘essence de tout ce qui nous plaît dans la vie intérieure. Il est recouvert à l‘aide d‘une lumière intérieure qui existe en nous tous, mais qui est cachée. Les soufis, pendant de milliers d‘années, se sont transmis les moyens d‘allumer la torche. Pour cela, ils enlèvent de leur conscience tout ce dont on est habituellement conscient. Le soufi oublie son corps, puis son esprit. Quand il n‘est plus conscient de ce qui se passe dans le monde physique ou dans le monde mental, il devient conscient de son âme, et par là, il arrive à la plénitude de la vie. Hasan al Basri (mort en 728) fait partie des plus célèbres parmi les hommes dont la conception de la vie religieuse était essentiellement ascétique. Elle reposait sur la piété, la pauvreté et le mépris des biens matériels. Par la réflexion, l‘examen de conscience (muhasaba) et la soumission totale à la volonté divine, l‘ascétisme de Hassan al Basri entendait aboutir à un état de contentement intérieur (ridhâ) dans lequel la tension entre la volonté divine et la volonté humaine est finalement résolue. Hassan al Basri eût de nombreux disciples qui renforcèrent à Basra le courant de pauvreté, de piété e de dévotion (wara’, taqwâ). Sa solitude était son unique consolation, et penser à Dieu son occupation la plus chère ; la charité divine qui brûle en son cœur, se répand naturellement sur toutes les créatures : toutes il les aime, comme des reflets de la beauté de Dieu. 140

S‘occuper seulement des choses extérieures donne une vie incomplète. Si nous passons par une expérience qui nous donne une émotion profonde, les choses superficielles nous paraissent peu importantes. Si un être passe de la vie du corps et de l‘esprit à la vie intérieure, il entre dans un domaine plus vaste que la vie ordinaire, et celle-ci perd de son importance. L'ascèse (al-Mujahada) est nécessaire pour un temps dans les commencements de la vie mystique (ou spirituelle), et surtout comme préparation. Purifiée de ses vices, l‘âme peut alors entrer dans la voie qui doit la conduire à la proximité de Dieu par l‘obéissance, la contemplation, l‘amour, etc. Cette voie, ce chemin, se parcourt en plusieurs étapes, dont chacune est caractérisée par l‘acquisition de certaines qualités salutaires (al-munjjiyat), qui ne sont pas précisément les vertus opposées aux vices détruits, mais plutôt des degrés de perfection spirituelle nommés demeures ou stations (al-maqamat), où l‘âme s‘élève dans son ascension graduelle vers la proximité de Dieu. Lorsque le Soufi contemple Dieu, il le fait avec un abandon complet de sa personnalité ; quand il adore Dieu, il s‘oublie lui-même ; quand il vit dans le monde, il se dit qu‘il est appelé à agir comme un individu, il cherche une manière harmonieuse d‘y vivre ; il cherche à faire de sa vie une expression de l‘amour, qui est l‘essence de tous les êtres. Pour le mystique, en tous ses actes, extérieurs et intérieurs, la proximité de Dieu est sa motivation par excellence. Il ne peut trouver aucun plaisir aux choses de ce monde ; sauf en liaison avec son objectif : la proximité de Dieu. Et, les principaux fruits que l‘amour divin produit dans le cœur sont : la familiarité avec Dieu et la complaisance en son bon plaisir. Les Soufis ont été connus dans l‘histoire comme des hommes qui exercèrent une influence établissant l‘harmonie. C‘était leur réalisation de l‘Unicité qui leur donnait cette influence. Car, dans ce domaine, la compréhension n‘est pas suffisante ; celui qui a compris l‘Unicité – chose facile – a besoin d‘un grand effort pour la réaliser. Certains disent : « Nous devons être vos ennemis parce que nos buts sont différents des vôtres ». Un Soufi ne dira rien de tel. Il cherchera de s‘accorder avec tout ce qui l‘entoure, se demandant de quelle façon il pourra se placer pour voir les choses du point de vue d‘un autre. C‘est cet esprit qui peut établir l‘harmonie entre les individus et les nations. C‘est une charité qui apparaît d‘abord à l‘égard des frères en religion, tremblant devant le danger que quelqu‘un perde sa foi et de tomber ainsi dans la disgrâce de Dieu. Le Soufi, au premier pas qu‘il fait sur le sentier spirituel, reconnaît un frère dans chacun des êtres ; il cherchera à vivre une vie de réciprocité, à ne pas faire sa part plus grande que celle des autres, ni celle des autres plus grande et la sienne plus petite. Ceci l‘amène tout naturellement à un second degré de moralité, où il 141

préfère qu‘un autre ait une part plus large que la sienne, où il veut accomplir davantage pour les autres et moins pour lui. C‘est un état naturel ; il ne doit pas y être forcé, car la contrainte apporterait la souffrance. Ce n‘est que lorsqu‘on peut vivre cette morale, sans ressentir de regrets, en y portant sa préférence, qu‘il faut le vivre. Alors se développe la phase du renoncement naturel, où l‘homme ne désire plus rien ; il n‘éprouve pas de plaisir à cueillir les fleurs. C‘est ainsi qu‘il agit pour toutes choses dans la vie. Afin d‘arriver à ce développement, le Soufi prend la voie de l‘effacement du Moi. Il voit que chacun de nous est naturellement préoccupé de lui-même, que cette préoccupation dans la vie grandit et qu‘il faut y veiller, sinon elle prend un trop grand développement. Chez le petit enfant, la première phase qu‘on remarque, c‘est qu‘il n‘est pas conscient du fait que tout ce qui existe ne lui appartient pas ; il n‘est pas conscient de son individualité, mais il est conscient de tout ce qui existe. Il a conscience du feu, le soleil, la lune ; mais si on lui dit : « Non, tu ne peux avoir le feu, le soleil, la lune », il est attristé ; il croyait que tout se trouvait à sa portée. A mesure que l‘enfant grandit, il commence à sentir ses limites ; ses aspirations, ses désirs, en étant contrariés, se font plus vifs. Ainsi en vient-il à insister davantage sur la personnalité. Si l‘on comprend cela, on tâche de diminuer cette insistance et de l‘effacer ; celui qui y parvient constate qu‘il n‘a rien perdu ; il a gagné, son esprit s‘est épanoui. Si on contraire on affirme constamment : « Je veux ceci, je veux cela », le Moi grandit de plus en plus. Lorsque aujourd‘hui on parle de Soufisme et de ses Ordres (institutions, écoles, fraternités, et les différentes voies), doit-on faire la distinction entre : (a) Le Soufisme accepté par l‘Islam. (b) Le Soufisme qui n‘est pas souhaité (qui n‘est pas dirigé suivant les prescriptions de l‘Islam, et n‘est donc pas accepté). Cette distinction est d‘une importance primordiale. Le vrai Soufisme demeure endéans les limites du Saint Coran et de la Sunna, et ne les dépasse en rien. Parmi les institutions autorisées il existe malgré toutes des petites différences, mais tous s‘abritent sous la lumière dirigeante du Saint Coran et de la Sunna. Les douze Ordres acceptés par l‘Islam sont : 1. 2. 3. 4. Le Kadiriyye Le Rifaiyye Le Bedeviyye Le Cehriyye 7. Le Naksibindiyye 8. Le Nevleviyye 9. Le Bayramiyye 10.Le Halvetiyye 142

5. Le Bektasiyye 6. Le Saziliyye

11.Le Melamiyye 12.Le Sabanniyye

La ville de Gand en Flandres, Belgique compte deux fraternités soufies, l‘une dans la chaîne de Naksibendi (Naksibindiyye), et l‘autre de la Kadiriyyah fondée nous le savons déjà par le juriste hanbalite de Bagdad Abdel kader El-Djilani. Nul ne peut joindre les deux fraternités sans s‘être d‘abord converti à l‘Islam, suivant scrupuleusement les obligations et préceptes fondamentaux de l‘Islam, obligatoires pour tous les musulmans178. Le Cheikh de cette chaîne particulière de Naksibendi (Naksibindiyye)179 est Abdulbaki de Menzil en Turquie. En Belgique, ils sont représentés à Anvers, Gand (Gent), Zele, Bruxelles, Beringen et Genk. Le bras droit d‘Abdulbaki, Yarbayimiz Mehmet Ildirar responsable pour l‘Europe réside en Allemagne, à Castrop Rauxel, près de Dortmund. Là une ancienne usine fut transformée en Mosquée et un Super Marché. Il attire chaque semaine le samedi soir près de mille soufis. Yarbay comme on l‘appelle, ancien colonel de l‘armée turque, qui est ni un imam ou même théologien tient son auditoire en haleine par ses conférences de 23.00 hrs le samedi soir jusqu‘au dimanche matin 04.00 à 05.00 hrs, chaque semaine. La condition d‘entrée dans cette fraternité est un rituel que chacun accompli individuellement en privée chez lui, que voici : LES HUIT CONDITIONS POUR ENTRER DANS LA FRATERNITÉ DE NAKSIBENDI (si possible manger et boire un tout petit peu) 1. La petite ablution180. 2. La grande ablution ou la purification181.
178

Ce sont la «profession de foi » (chahadah) attestant qu‘ «il n‘y a pas de dieu hormis Dieu (Allah) et que Mahommed est le Messager de Dieu » ; les cinq prières (salat) quotidiennes ; l‘aumône (zakah) dans les proportions prescrites ; le jeûne (saoum) du mois de Ramadan ; enfin le pèlerinage à la Mecque (hadj) au moins une fois dans sa vie pour quiconque homme ou femme en est capable physiquement et matériellement. La guerre sainte (djihad), contrairement à certaines idées reçues n‘est pas un pilier canonique de l‘Islam. 179 La chaîne de Naqshbandi (Naksibindiyye) est divisée en plusieurs lignées de cheikhs, dont la plus grande est dirigée par Cheikh Nazim de Cypres entre autres. 180 Pendant que l‘on demande pardon pour les péchés commis par les mains, la bouche, le nez, les yeux, les oreilles et les pieds. Comment accomplir les ablutions : Formuler intérieurement son intention de faire ses ablutions, et commencer par la formule «bismillah » (Au nom d‘Allah). Se laver trois fois les mains jusqu‘aux poignets. Se rincer trois fois la bouche. Se nettoyer trois fois les narines en aspirant et en expirant de l‘eau par le nez. Se laver trois fois le visage depuis le front jusqu‘au menton, sans toucher aux oreilles. Se laver trois fois les bras jusqu‘aux coudes, en commençant toujours par le bras droit. S‘essuyer les cheveux depuis le front jusqu‘à la nuque, puis effectuer un retour. Se nettoyer les oreilles, à l‘intérieur et à l‘extérieur. Se laver les pieds jusqu‘aux chevilles en commençant toujours par le pied droit.

143

3. La prière de deux Rak‘a. 4. Exprimer trois fois son regret pour les péchés commis. 5. Fermer les yeux, pendant que l‘on récite vingt-cinq fois «Estagfiroullah ». (les yeux restent fermés) 6. Répétez huit fois la sourate «Al-Fatiha », tout en offrant la récitation au Prophète Mohammed, Ses Compagnons et les grands oulémas de Naksibendi. 7. Méditer sur la mort (mourir), et la vie après la mort. 8. Penser au Cheikh pendant dix à quinze minutes.

Terminer en disant vingt-cinq fois « Estagfiroullah », puis ouvrir les yeux. Aller se coucher tourné vers la « Qiblah », tenant sa main droite sur l‘oreille droite.
A ceux qui ont ainsi joint la fraternité de Naksibendi on demande de mémoriser la sourate 94 (Aš-šarh (l‘Ouverture), et les noms qui suivent :

SADAT-I Kiram‟in isimleri 1.
181

ah-I Nakibend182

La purification en prenant une douche de préférence. Il faut soigneusement se laver entre les doigts et les orteils, les cheveux et les poils du corps, ainsi que les parties susceptibles de ne pas être lavées comme le nombril et autres… Ceci se fait également en demandant pardon.
182

Khwaja Baha-ud- dîn Naqshaband al Uwayssi al Bukhâri.(1318-1389) :Ce maître de la confrérie Naqshabandi, également son fondateur, fut le plus grand des maîtres de sagesses du 14ème siècle. Ce maître dont la confrérie porte le nom (aujourd'hui l'une des plus répandue dans le monde musulman) fut éduqué d'une façon collégiale par une assemblée de maîtres vivants et par les "Ruhani", les esprits, de plusieurs autres déjà morts. Son rôle semble avoir été de rendre manifestes et accessibles certains des enseignements jusqu'ici réservés.

Baha-ud-dîn naquit en janvier 1318 à Qasr-i-'Arifan près de Boukhara dans l'Uzbekistan et mourut (en 1389) dans le même village o— sera construit un mausolée et une école qui furent longtemps un phare pour toute l'Asie. Ces lieux très visités furent pourtant confisqués après la révolution bolchevique. Une rénovation fut annoncée en 1957 sans véritable suite, pourtant les nouveaux développements géopolitiques dans la région après les immenses changements survenus en URSS permettent d'envisager une réelle restauration. Cette région du monde fut célèbre dans son opposition au régime soviétique lequel considérait de son coté que les gens des confréries étaient des criminels. Il est significatif également que cette province soit au monde celle o— se trouve l'une des plus grandes concentrations de confréries en proportion du nombre d'habitants; environ soixante pour cent, dont l'écrasante majorité est Naqshabandi. Il semble donc que Baha-ud-dîn fut choisi par les maîtres de sagesse et prédisposé par les matrices de la sagesse à cette fonction de faire rayonner leurs enseignements. Nous avons mentionné un peu plus haut certains de ses maîtres: Sayed Amir Kulâl, Baba Sammasi, 'Azizan 'Ali Ramitanî et surtout 'Abd el Khâliq Ghujdawânî et nous en mentionnerons d'autres car le chercheur Baha-ud-dîn

144

était un voyageur en quête de rassembler la totalité de l'héritage alors dispersé. Il était doué de cet esprit pratique qui caractérise les grand fondateurs et il n'aimait parler que de ce qu'il connaissait selon une expérience directe.

L'histoire suivante racontée par son gendre et premier successeur Khwaja 'Alâu ad-dîn 'Attar nous semble illustrer cette attitude de façon significative: 'Alau ad-dîn entendant parler son maître de la réalité du coeur, à un homme de la voie, vint trouver celui-ci pour bénéficier de cet enseignement. Avec humilité, il dit à l'homme: "je ne connais pas la vrai nature du coeur"; l'homme répondit que pour lui le coeur était semblable à la nouvelle lune de trois jours. "Je répétais ceci (raconte 'Alâu ad-dîn) à notre Khwaja bien aimé Baha-ud-dîn. J'étais debout en face de lui, il plaça son pied sur le mien: à l'instant même; une grande félicité m'envahit et je me sentis en contact avec toute la Vérité. Lorsque je sortis de cet état; il me dit: "Cela est le coeur, et non ce que ce derviche t'a dit. Comment peux-tu espérer connaître le vrai coeur si tu n'en a pas l'expérience directe!" Khwadja Baha-ud-dîn était un instructeur de cette sagesse . Un jour un sage érudit lui demanda le but de la voie qu'il enseignait; il répondit: "la clarification de la sagesse pratique". "Et qu'est ce que cela?" demanda son interlocuteur. Il répondit: "Il y a des choses crédibles qui ont été transmises par des informateurs dignes de foi mais seulement de manière sommaire. La clarification de la sagesse pratique consiste à montrer aux gens comment découvrir ces vérités dans leurs expériences personnelles." Néanmoins l'acquisition d'une telle sagesse demande beaucoup de souffrances et d'humiliations. Il disait à ce propos: "Lorsque j'étais disciple, à l'exemple de Khwaja Baba Samasi, je m'intéressais à plusieurs traditions et m'entretenais avec beaucoup d'érudits. Pourtant ce qui m'a aidé le plus à suivre mon chemin, ce furent l'abaissement et l'humiliation. "C'est par cette porte que je suis entré et tout ce que j'ai pu découvrir, c'est par elle que je l'ai trouvé." Khwaja Baha-ud-dîn disait ainsi: "Dans cette voie le fait de se nier soi même, de s'annihiler et de s'humilier est important; c'est le fondement même de la possibilité de la réalisation spirituelle. C'est ainsi que je suis passé à travers toutes les classes d'êtres et que j'ai apprécié toutes les particules. J'ai vu que toutes dans leur essence étaient meilleures que moi. Finalement j'en suis arrivé à traverser la classe des déchets et j'ai trouvé du profit en eux, mais aucun profit en moi même. J'en vins à ce déchet de chien, j'ai cru que je n'y trouverais aucun profit; pendant un certain temps j'ai entretenu cette conviction dans mon âme; mais j'ai fini par reconnaître qu'il y avait également du profit en lui. Je suis renseigné sur moi même mieux que sur personne, je ne suis pas meilleurs qu'un chien mais pire. Tant que je regarde mon état, il ne vaut pas plus qu'un grain de la tête au pieds"

Cette attitude est caractéristique de cet enseignement si bien porté par l'Asie pour qui ces attitudes naturelles: l'effacement, la douceur, l'humilité, le "profil bas" lui même, sont des marques de la pudeur et de la connaissance d'un chemin qui conduit à l'extinction de l'ego usurpateur et illusoire. Cette guerre à l'ego est le chemin de la sincérité, elle ne se fait pas sans souffrance et sans l'aide du Maître qui la conduit à son terme sans défaillance. Mais aujourd'hui comme au temps de Baha-ud-dîn où sont les vrais disciples? Il racontait quant à lui, quelle était son attitude envers son Sheikh: Un jour d'hivers glacial, il éprouva le désir de rendre visite au Cheikh Amir Kulâl. Il se met en route et le trouve chez lui entouré de disciples. Le Cheikh après l'avoir regardé, demande son nom puis le chasse de sa maison. Malgré la révolte qu'il sent en lui le jeune Baha-ud-dîn accepte en disant: "Cette humiliation a lieu pour satisfaire le Puissant. Alors, il posa sa tête sur le seuil de la maison de son maître et attendit toute la nuit tandis qu'il neigeait et qu'il faisait froid. "Au lever du jour (raconte Baha-ud-dîn), le Sheikh Sayyid Amir Kulâl- que Dieu sanctifie son esprit- sortit de sa maison et posa son noble pied sur ma tête. Il releva ma tête de son seuil, rentra chez lui et m'y amena. Il dit: "mon enfant, c'est à ta taille qu'on a cousu ce vêtement de bonheur". Il retira de sa propre main bénie les épines et les copeaux de mon pied, lava mes blessures et me témoigna beaucoup d'amitié."

De fait plus tard Amir Kulâl le désigna comme son successeur. Quant Baha-ud-dîn parlait ainsi en racontant parfois certains de ses exercices ascétiques, il mentionnait la paresse des disciples et finissait par dire: "Tous les matins quand je sors de la maison, je me dis que peut-être un nouveau disciple a posé sa tête sur mon seuil; mais à présent, tout le monde est maître, il n'y a plus de novice!"

Il insistait pourtant beaucoup ainsi que le firent aussi après lui ses successeurs sur le "service" spirituel qui est une manifestation de la conscience communautaire reflet de la miséricorde divine. Il racontait à ce propos comment son maître s'occupa son éducation alors qu'il était tout jeune, le faisant jeûner, servir les faibles et les pauvres, puis même les animaux.

145

"Fait tout ce que tu peux avec les animaux et souviens-toi que se sont comme toi des créatures de Dieu. Ils ont leur propre prière secrète à Dieu. Si tu vois des animaux surchargés ou qui souffrent un tant soi peu, fais ce que tu peux pour alléger leurs fardeaux et pour les aider. "Je suivis cet ordre de mon Cheikh. Lorsque je trouvais un cheval lourdement chargé, je le déchargeais de quelque uns de ses fardeaux. Je soignais les animaux blessés ou malades.

Une fois en plein été, au milieu du mois d'août, je sortis de Kasr-''Arifan et j'allais dans le désert, à la lisière duquel je vis un sanglier qui fixait le soleil. Une extraordinaire béatitude me remplit. Il me vint à l'esprit de demander au sanglier de prier pour moi. Alors que cette idée me venait, je soulevais mes mains (ouvertes vers le ciel pour une demande de grâce) et m'approchais du sanglier en le saluant. Dans un état d'extase, il se jeta à terre et se roula plusieurs fois dans la poussière. Dés qu'il se remit sur ses quatre pattes, je dis "Amin" (ainsi soit il) et je retournais vers mon Cheikh." Sans me laisser parler; celui ci me dit: "Très bien mon garçon, maintenant va dans les rues et enlève les objets qui encombrent le passage. Je fis ce qu'il m'avait dit; et de cette manière mon âme progressa. En effet, par le simple fait de servir, je devins conscient de quelques secrets divins.

Ce portrait spirituel de Baha-ud-dîn indique déjà quels seront les grands traits de la confrérie Naqshabandi: Cette insistance sur le combat contre l'ego usurpateur à travers certaines mortifications et humiliations; cette pratique de l'invocation permanente (le dhikr) qui doit conduire à une connaissance directe par la voie de l'expérience; cet accent sur la compassion et la solidarité avec toutes les créatures qui ne sont chacune d'elles que les particules d'un corps unique; ce sens du service envers la totalité de la création; cette relation profonde avec le maître sans laquelle le chemin est périlleux, si ce n'est impossible. Caractéristique aussi cette quête d'une totalité de l'enseignement afin d'assimiler puis de restituer au monde des enseignements réservés auparavant à une élite.

Khwaja Baha-ud-dîn rencontra ainsi de nombreux maîtres pour accomplir cette éducation. Lorsqu'il rencontra par exemple Mevlana Kishgari aux quartiers d'hivers du Sultan Maburah Shah, le Mevlana senti que pour compléter son éducation, il devait l'envoyer vers un autre saint de cette époque et il lui dit en le regardant: "Tu es un oiseau de haut vol. La seule personne qui puisse être ton compagnon est ''Arif Dikkarani". Baha-ud-dîn raconte alors qu'en entendant ces paroles, il sentit en lui un grand désir de rencontrer 'Arif; le Mevlana, le devinant monta sur la terrasse de la maison et tourné vers le sud, il cria à trois reprises: 'Arif! 'Arif! 'Arif!". A cet instant 'Arif était en train de semer des graines dans un champ à vingt kilomètres, il entendit l'appel, se mis en route, rencontra Baha-ud-dîn pour la première fois et les deux hommes ne se quittèrent plus pendant trente années. Mevlana 'Arif était l'un des grands maîtres de son temps aux sciences nombreuses et aux pouvoirs de clairvoyance et de guérison exceptionnels, pourtant il continuait toujours de chercher à connaître plus profondément les mystères divins. Selon cette disposition d'esprit, les deux compagnons étaient toujours prêts à partir en voyage où que ce fut pour trouver les "gens de la vérité". "Durant les trente années que je passais avec Mevlana 'Arif nous ne fûmes pas oisifs. Nous allions ici et là, en quête des gardiens de la Vérité. Nous nous rendîmes deux fois au Hajj (le pèlerinage de la Mecque). Nous ne nous enfermions pas dans des cavernes; chaque fois que nous entendions parler d'un homme susceptible de posséder la connaissance de la vérité nous le cherchions." Cette dernière indication montre aussi l'attitude d'ouverture profondément éducative qui sera instaurée dans la confrérie dès l'origine et jusqu'à nos jours où couramment les Cheikhs Naqshabandi voyagent avec leurs disciples et visitent avec eux d'autres maîtres.

Après la mort de Mevlena 'Arif, Baha-ud-dîn continua de voyager et rencontra le Sheikh turc Kassim l'un des successeurs de Ahmed Yassavi, fondateur de la confrérie Yassawiya, alchimste et disciple du grand Yûssuf Hamadanî. Mais aussi déterminante fut la rencontre avec cet autre Cheikh turc, Khalîl 'Ata avec lequel il resta douze ans. Il est dit en effet que dans son enfance, il eut une vision dans laquelle lui était montré le visage d'un derviche tandis qu'une voix lui conseillait d'aller le trouver en donnant son nom: Khalîl! Depuis ce jour Baha-uddîn restait dans la vigilance de le rencontrer. Or voilà qu'un jour, tandis qu'il se trouve au bazar, il voit et reconnaît immédiatement ce visage. Il demande son identité, on lui répondit: "c'est Khalîl 'Ata". Il retourne alors chez lui avec la tristesse de n'avoir pas engagé la rencontre. Le soir arrive et un messager viens lui dire: "Le derviche Khalîl 'Ata te demande!". Il prit avec lui quelques fruits en présent et vint le voir. Lorsqu'il voulu lui

146

décrire sa vision Khalîl lui dit: "Ce qui est apparu dans votre mental est ici et maintenant, il n'est pas besoin d'explication"!

La compagnie de ce maître fut un enseignement très particulier pour Baha-ud-dîn car Khalil Ata en tant que descendant de Gengis Khan devint le Sultan du Turkestan et régna pendant six ans à Boukhara. Baha-ud-dîn resta durant tout ce temps à son service et assista à cette expérience au cours de laquelle Khalîl su harmoniser avec douceur et justice les différents peuples, les officiels et les religieux, les propriétaires, les artisans et les marchands. Baha-ud-dîn dans son autobiographie parle de cette époque en disant au sujet de son maître: "Il me témoignait une grande bonté. Il m'apprit à le servir. Je fis en même temps de grands progrès dans ma vie spirituelle". Néanmoins, six années plus tard le Sultanat s'effondra suite à une révolte fomentée par l'armée et l'aristocratie apprenant encore à Baha-ud- dîn la fragilité de tout pouvoir. Il écrivit à ce propos: "En un éclair l‘œuvre de toutes ces années fut entièrement détruite. C'est à partir de ce moment que je perdais toute confiance dans les affaires de ce monde. Je compris que le meilleur des hommes est impuissant en face de l'activité et de l‘égoïsme. Je quittais Samarcande et m'en retournais à Boukhara. Je vécus désormais dans le village de Ridwa, à quelques kilomètres de la ville." Lui même après cet épisode évitera ensuite d'avoir des relations avec les Sultans mais ne les refusera pas non plus. On rapporte beaucoup plus tard alors qu'il était devenu lui même un maître célèbre que le Roi de Hérat ayant demandé à le voir, il accepta d'aller le visiter, en disant que s'il n'allait pas voir le Roi, celui ci viendrait à lui, ce qui serait un poids pour les disciples et une calamité pour le peuple.

Au cours de cet entretien le Roi lui demanda: "en quoi consiste votre confrérie?". Le Khwaja répondit: "Selon l'enseignement du Khwaja Abd al Khâliq Khudjawanî et des gens de sa famille que Dieu sanctifie leur esprit. Nous pratiquons: "khalwa dar anjaman", la Retraite spirituelle dans la foule". Le roi demanda: "Qu'est ce donc la retraite spirituelle dans la foule?". Le khwaja dit: qu'on soit extérieurement avec la créature et intérieurement avec Dieu!

Le Roi dit: "comment est ce possible?" le Khwaja lui répondit: "Dieu le Très haut ne dit il pas dans son Livre: "Les hommes que ni le commerce ni le troc ne détourne de l'invocation de Dieu" (Cor. 24, 37). Il est ici fait allusion au dhikr khafi, cette prière d'invocation permanente qui par la pratique correcte et sincère s'installe au fond du coeur du disciple comme une respiration éternelle de l'esprit, présente en lui comme la respiration, quelles que soient les situations de sa vie. Une telle prière peut donc être pratiquée quels que soient les métiers ou les fonctions, y compris celle de roi. Un tel enseignement dans son universalisme pouvait donc être acceptable même pour un roi, d'où la subtilité de l'énoncer à ce moment devant un tel personnage. L'étonnement du roi vient de ce qu'habituellement cette retraite (khalwa) s'effectue dans la solitude. Ici le lieu de la retraite, c'est le coeur lui même. En réalité ainsi que nous l'avons déjà remarqué, le rôle de Baha-ud-dîn sera surtout éducatif et de fait ses disciples furent très nombreux. Plusieurs eurent des statures exceptionnelles. Khwaja Mohammad Parsa, par exemple, fut un auteur très fécond en arabe comme en persan. Il écrivit la Risala Qudssia(sur les actes et les enseignements de son maître). Il fut aussi l'un des "ouléma", un des grands théologiens de Boukhara; Khwaja 'Alâu ad-dîn 'Attar qui était son gendre fut quant à lui celui d‘entre tous choisi par les disciples pour lui succéder; tout aussi important est Mawlana Ya'qûb al Charqî auteur d'un commentaire persan du Coran. Il prendra à sa suite la direction spirituelle de la confrérie et deviendra le maître de celui qui sera l'un des plus célèbre Cheikh Naqshabandi: Khwaja 'Ubaid Allâh Ahrâr. L'enseignement de Khwaja Bahaud-dîn dont nous avons donné déjà un aperçu est dans la ligne de la voie des Khawajagan instauré par 'Abd el Khâliq el Ghujdawani dont on se souvient qu'il avait donné huit principes. A ceux là Baha-ud-dîn va en ajouter trois autres.

Les trois principes de la Confrérie Naqshabandi

1) Le "wuqûf Zamani": "le contrôle " ou la prise de conscience du "temps". Il s'agit de se rendre compte en permanence de l'emploi que nous faisons du temps. C'est un examen de conscience journalier ou l'on doit estimer, chaque soir avant de s'endormir nos manquements du jour et rendre grâce pour les bonnes actions accomplies.

147

2) le wuquf 'adadî: le contrôle des numérations. Il s'agit de garder conscience du nombre des invocations répétitives que l'on pratique chaque jour. C'est un enseignement de sagesse qui n'est pas toujours compris ou qui n'est pas accepté facilement par certains débutants qui se croient au-dessus d'un calcul qui serait trop mesquin. Pourtant cet exercice procède du sens pratique et de la compassion du maître qui voulu donner au disciple un moyen pédagogique sûr pour contrôler l'orientation de sa prière. Il s'agit au premier degré de compter proprement dit, au moyen d'un rosaire par exemple, le nombre de fois ou, l'on répète la formule "La ilah ill allah", pas de divinité si ce n'est Dieu ou le nom divin "Allâh". Ce comput permet au débutant de ne pas s'égarer dans des pensées ou des absences qu'il prendrait pour des états spirituels en outre le fait de pratiquer à voix haute la première partie de l'invocation prépare la conscience à l'invocation silencieuse qui suivra, lui donnant comme une forme, extériorisant son état, afin d'avoir une sorte de garantie de sa juste orientation. Plus tard le "compte", aide à prendre conscience du rythme de l'invocation soutenu par les souffles intérieurs puis, amène enfin le pratiquant à "construire" si l'on peut dire, sa méthode personnelle en fonction de ses capacités à retenir son souffle pendant un temps rythmé par le nombre des invocations. Ces éléments sont néanmoins diversement enseigné selon les maîtres. En tous cas, ils ne sauraient être pratiqués sans autorisation préalable et sans accompagnement spirituel. Il s'agit en effet non pas de devenir expert dans une technique mais de mettre avant tout la méthode au service d'une voie de contemplation selon un régime de "cuisson" progressive et inspirée! C'est pourquoi le wuqûf 'adadi est considéré comme "le premier degré de la science innée", cette science qui surgit spontanément du tréfonds du coeur et dont le prophète khidr est l'initiateur.

3)Le wuqûf al-qalbî: La vigilance du coeur. Il s'agit ici de préserver son coeur de toutes les suggestions ou impulsions diverses qui le détournent de la pureté et du silence nécessaires à l'établissement en lui de la présence divine. Cette veille de l'état du coeur Baha-ud-dîn considérait qu'elle devait être appliquée en toute circonstance:

"Lorsqu'on mange, lorsqu'on parle, lorsqu'on se déplace, lorsqu'on vend et achète, lorsqu'on accomplit les rites de purifications et les offices liturgiques, lorsqu'on lit et écrit, il ne faut pas être distrait du rappel de Dieu le temps d'un clin d‘œil pour atteindre le but recherché"

Une telle attitude est tout à fait enraciné dans l'Islam le plus traditionnel; c'est ainsi qu'une célèbre tradition prophétique (hadith) énonce, après avoir défini ce qu'est l'islam puis l'Imam (la foi): L'Ihsan (l'excellence) c'est d'adorer Dieu comme si tu le voyais car si tu ne le vois pas, Lui te voit". Cette attitude intérieure ne modifie aucune des prescriptions de l'Islam, elle les éclaire à la lumière de la conscience de la permanence de la Présence Divine.

Pratique de la "Râbita al Cheikh": l'attachement au Cheikh. La pratique du "dhikr Khafi", l'invocation silencieuse, n'est pas sans rapport avec la pratique de la "Râbita". Peut être même peut on dire que ces deux pratiques: dhikr et râbita sont articulés entre elles à la façon des deux composantes essentielles d'une bague: l'anneau et la pierre. La lumière du dhikr en effet, demande à prendre forme et à être enchâssée selon une forme particulière. La forme ultime de la lumière, c'est la forme mohammadienne (un croyant est un musulman, mais jamais un mohammedan. Le mot « mohammadienne » a ici une autre signification), qui n'est jamais représentée car elle se renouvelle à toute époque d'une manière neuve à travers la chaîne de ses héritiers. C'est la réalité de cette forme que contemple le disciple qui pratique la "Râbita" avec l'image de son maître. C'est pourquoi également, la transmission du dhikr et de l'initiation suit le modèle même de la "Râbita". Dans l'enseignement prophétique tel que nous l'avons reçu par exemple à travers le "hadith" sur: "l‘islam, l'imân, l'ihsân", l'ange Gabriel s'était manifesté sous l'aspect d'un homme beau aux vêtements immaculés sans trace de poussière ou sans les signes d'un voyage bien que venant du désert. Il s'était assis face au Prophète genoux contre genoux, lui enseignant ou transmettant des vérités, de coeur à coeur. De même un jour, le compagnon du Prophète Abu Bakr, reçut-il cette transmission de façon silencieuse, dans la caverne où il se réfugia avec le Prophète, sur le chemin de Médina. Cette caverne symbolise et réalise selon une harmonie visuelle, l'enveloppement de la conscience dans l'espace spirituel du coeur. Il est intéressant de remarquer l'analogie

148

Seyyid Abdulkadir Geylani

2.

eyh Abdülhalik-il Gücdevani
Imam-I Rabbani

3.

eyh Mevlâna Halid Zülcenaheyn
Seyyid Abdullah

4.

eyh Seyyid Tâhâ
Seyyid Sibgatullah el-Arvasi

5. 6.

eyh Abdurrahman-I Tah-I eyh Fethullah eyh Muhammed Diyâuddin eyh Ahmed-ül Haznevi

7. Gavs-I Azâm Seyyid Abdülhâkim 8. Sultan Seyyid Muhammed Rasid

constante entre le coeur, la caverne et le "Tabut" (expression rappelons-le qui désigne d'une façon générique le lieu d'un dépôt spirituel quelles que soient les formes qu'il prendra dans l'histoire des hommes; l'arche d'alliance, le graal, ou la pierre noire de la Ka‘aba).

Ceci est encore plus significatif si l'on remarque que le Coran indique de façon très claire que là où soit l'arche d'alliance, là est le roi et que la manifestation d'évidence qui authentifie ce dépôt, c'est la descente de la Sakina. On comprend que ce modèle puisse être aussi celui de l'élection du "Khalif" qu'il soit de ceux qui gouvernèrent les corps où de ceux qui gouvernèrent les cœurs. Or lors de cette transmission du Prophète à Abu Bakr, le Coran énonce "Alors Dieu descendit sur eux la Sakina"(Coran 9-40). Cette Paix "Sakina" sera aussi celle que cherchera à réaliser le murid, selon son degré de réalisation initiatique, comme une expression de la Présence divine dans le silence du dhikr. Pour le murid le Sheikh est le représentant du Prophète et lui-même doit se mettre dans la position de sincérité d'Abu Bakr. Le disciple est face à son maître qui est pour lui le support de cette lumière mohammadienne (nûr moham-madî) alors, le maître par la force de son tawwajjuh (l'orientation de son coeur vers celui du disciple) projette sa "himma" son énergie spirituelle et sa "rahma" sa compassion, dans le coeur de son élève.

Cette pratique sur laquelle nous reviendrons, si elle existait avant Baha-ud-dîn a néanmoins commencé avec lui à être pratiquée de façon méthodique. On se souvient de l'anecdote où le gendre de Baha-ud-dîn, son élève 'Alau ad-dîn, le questionne sur le coeur; le maître répond par une projection effective de son influence spirituelle dans le coeur du disciple éveillant ainsi celui-ci à une nouvelle connaissance. Cette forme de transmission restera (sans être exclusive) l'une des caractéristiques de la voie Naqshabandi. C'est pourquoi un célèbre disciple de Baha-ud-dîn la pratiquera après lui aussi avec un rayonnement extraordinaire: 'Ubayd Allâh Ahrâr.

149

À côté de la pratique quotidienne en individuelle du «Zikr », il y a aussi un rituel journalier appelé en turque «hatme », avec des yeux de cent petites pierres (boules) et dix plus grosses pierres (boules). Ce rituel dure environ dix à quinze minutes. Une fraternité beaucoup plus importante dans la ville de Gand, et celle de la Kadiriyyah, localement connue sous le nom de «Ih Vak », ayant comme emblème la Rose qui remonte dans l‘histoire des soufis à Bagdad. La quête de l'être humain pour la connaissance n'est valable que lorsque son but est de découvrir la réalité au-delà des mots, des objets, des entités etc. Mais quelle est l'essence de l'enseignement des prophètes d‘Adam à Mohammed, comment est-elle liée au soufisme et quelle est son utilité aujourd'hui ? Si nous observons objectivement et avec sincérité la vie et l'enseignement des saints prophètes, nous verrons clairement qu'ils se dévouèrent à annoncer et à partager avec les autres leur découverte unique. La méthode par laquelle ils parvinrent à cette découverte ne reposait pas sur les dires des uns et des autres, ni sur la crainte ou la confiance en une personne. Au lieu de cela, ils étaient animés par une soif de savoir qui ne pouvait être étanchée que par l'expérience personnelle. Un des principes de base du soufisme est que vous ne pouvez pas connaître quelque chose qui est à l'extérieur de vous-même, car pour connaître quelque chose dans sa totalité, il faut devenir cette chose. Comme notre reconnaissance des choses est fondée sur des contrats et sur notre compréhension de ces symboles, et parce que nos sentiments sont instables et nos sens sont continuellement activés, nous ne pouvons pas connaître quelque chose à l'extérieur de nous-mêmes. Donc, le meilleur endroit pour chercher les réponses à nos interrogations est l'intérieur de notre propre réalité illimitée. Dans ce contexte, chaque personne est à la fois le chercheur, le laboratoire et le sujet d'étude. Le soufisme est une discipline, une méthode et une voie qui enseigne aux êtres humains la manière d'atteindre leur rang véritable dont les prophètes ont parlé. Ainsi, le soufisme est la réalité de la religion. C'est la méthode par laquelle les prophètes parvinrent à la connaissance de Dieu, de leur être et leur personnalité véritable. Le mot original pour soufisme est "erfan", dérivé du mot arabe ma'rifa qui signifie connaître, savoir peut-être que la meilleure manière de décrire le 150

soufisme est de dire que c'est l'école de la connaissance de soi. Les élèves apprennent à découvrir leurs talents cachés et à développer la capacité à élargir leur perception, à casser leurs limites et finalement à voyager dans les cieux de leur être. Le but ultime du chercheur est l'annihilation dans la Vérité Absolue (Dieu). Les indications et les instructions qu'il reçoit du pire sont destinées à le guider afin qu'il atteigne l'état de cognition dont il est question dans le Saint Coran (24 :37) : " Les hommes que nul négoce et nul troc ne distrait de la Mémoire de Dieu, ni de la Prière régulière". Bayazid Bastami, un disciple de l'Imam Ja'far Sadegh (que la paix soit sur lui), a dit :" Nul autre que Dieu est dans mon vêtement". Comme vous pouvez le voir d'après ce qui a été dit ci-dessus, le soufisme est une discipline et un système d'éducation qui transforme les êtres humains de l'état brut à l'état divin. Chacune des étapes amène avec elle un changement, une révolution et une évolution pour le chercheur. Il existe plusieurs couches qui relient le corps physique au domaine spirituel. Ces niveaux sont directement connectés aux centres électromagnétiques situés en différant points de l'être humain, chacun étant assigné à une fonction spécifique tout en interagissant continûment avec les différents organes et les différentes glandes. Il existe treize centres électromagnétiques principaux et de nombreux centres secondaires. Le centre le plus important est situé dans le coeur, et a été nommé en général "la source de vie dans le coeur". Le cœur est le siège de la connaissance dans les enseignements du soufisme. C'est pourquoi la méditation dans le coeur est cruciale. C'est le retour à la source de notre être, la source du savoir et notre véritable identité. L‘imâm an-Nawâwi a dit : « Les savants sont d‘accord pour déclarer licite le dhikr avec le cœur et la langue pour toute personne en état d´impureté, de souillure, de menstrues et de grossesse. Ceci est valable pour le tasbîh, le tahmîd, le takbîr, la prière sur le Prophète, le du´a, etc. » Il dit encore : « Le dhikr (zikr) se pratique soit par le cœur, soit par la langue. Ce qui est mieux, c‘est le dhikr de la langue et du cœur à la fois. Toutefois, s´il y a à choisir entre ces deux, il est bien évident que le dhikr avec le cœur est meilleur. 151

Ce n‘est pas, pour autant, une raison de renoncer aux deux méthodes parce qu‘on craint d‘être accusé de duplicité. Passant outre, l´invocateur s´adonnera à la fois aux deux, tout en ayant à l‘esprit qu‘à travers son invocation, il ne recherche que la Face de Dieu. Les soufis appellent «wird » les invocations que le cheikh ordonne à ses élèves de réciter le matin après la prière de l‘As-Subh (la Prière de l‘Aube)183 et le soir après la prière de l‘Al-Maghreb (la Prière du Coucher du Soleil). Du point de vue linguistique, le Wird veut dire : celui qui arrive, celui qui vient. On dit : quelqu‘un warada, c‘est-à-dire : il est arrivé. Dans la terminologie qui concerne le sujet traité : « Ce sont ces souffles célestes aux odeurs agréables dont Dieu embellit les cœurs de Ses élus et les revêt d‘une force mouvante184.

Le wird englobe trois formes de dhikr prescrits légalement et auxquelles Dieu a fait appel. La Sunna a mis en évidence leur légitimité, leur mérite et la récompense qui les accompagne. 1. La demande de pardon à Dieu : Estagfiroullah. La formule «Estagfiroullah » (je demande pardon à Dieu) est à être répété cent fois après avoir fait son examen de conscience au sujet des faux - pas et des
183

Les actes les plus méritoires après la prière du matin est de s‘occuper du dhikr. Ceci est contraire à ce que certains ont prétendu, à savoir qu‘il convient de privilégier la lecture du Coran après la prière du matin. De nombreux hadîths le confirment : 1. Selon Abû Umâna, l‘Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui accomplit en groupe sa prière du matin, puis s´assoit pour invoquer Dieu jusqu‘au lever du soleil, ensuite se lève et effectue deux rakât, celui-là aura l´équivalent d´un pèlerinage individuel (´umra ) »(Cité selon une bonne chaîne de garants, par at-Tabarânî dans « Majmû´ azzawâyid). Selon Anas Ibn Mâlik, l‘Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui accomplit en groupe la prière du fajr, puis s´assoit à sa place sans songer aux affaires terrestres et invoque Dieu jusqu‘à la prière du duhâ qu´il effectue en quatre raka´at, celui-là aura l´équivalent d´un pèlerinage individuel ». (Cité par Tirmidhi) ´Umrat a dit : « J‘ai entendu Aïsha, la mère des croyants dire : J‘ai entendu l´Envoyé de Dieu dire : « Celui qui accomplit la prière du fajr, puis demeure à sa place sans s´occuper des affaires terrestres et invoque Dieu jusqu‘à la prière du dûha qu"il effectue en quatre rak´at, celui-là se libérera de ses péchés comme le jour où sa mère l´a enfanté, c‘est à dire n‘aura plus aucun péché ». (Cité par Abû Ya´lâ et at-Tabarânî dans Majmû´ az-zawâyid.) Selon Mu‘âdh Ibn Anas, l‘Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui accomplit la prière du fajr, puis s´assoit pour invoquer Dieu jusqu‘au lever du soleil, celui-là le Paradis s´impose à lui. » Al-Hasan a dit : J‘ai entendu mon grand-père l‘Envoyé de Dieu dire : « Il n‘y a pas de serviteur qui accomplit sa prière du matin, puis s´assoit pour invoquer Dieu au lever du soleil, sans que cela ne lui vaille un pèlerinage communautaire et un pèlerinage individuel ». (Cité par at-Tabarânî)

2.

3.

4. 5.

Les fuqaha hanafites ont mis l‘accent sur le dhikr après la prière du fajr jusqu‘au lever du soleil en s‘appuyant sur les hadîths précédents. Le savant al-Haçkafi, auteur de « a-Dur al-mukhtâr » : l‘invocation de Dieu du fajr jusqu‘au lever du soleil passe en premier avant la lecture du Coran ».(Ibn Ábidîn) 184 Ces effluves célestes peuvent ravir l‘évocateur ou l‘éteindre à ses sens. Mais elles surviennent à l‘improviste et ne durent qu‘un moment plus ou moins long.

152

péchés qui attachent l‘âme et le coeur. C‘est afin que le registre des actes s‘épure et que ces pages deviennent donc blanches. Dieu nous a ordonné cela, en disant :

Translitération du texte arabe ci-dessus en écriture romain :

Bismillah irrahman irrahim

´Inna Rabbaka ya´-lamou ´annaka taqou-oumou ádnaa min-soulousayil-layli wa nisfahou-ou wa soulousahou-ou wa taaa-´ifatum-minallaziina ma‘ak.

Wallaahou youquddiroul-layla wan-naha‘ar.

´Alima ´allan-touhsou-ouhou fataaba álay-koum faq-ra-óu-ou maa tayassara minal-Qur-´aan. ´Alima án-sayakou-ouna minkoum-mar-zaa wa ´aakharou-ouna yazribou-ouna fil´arzi yabtagou-ouna min-Fazlilaahi wa ´aakharou ouna youqaatilou-ouna fii Sabilillaah.

Faqra-ou-ou maa tayassara minhou wa áqiimus-Salaata wa ´aatouz-Zakaata wa aqrizoul-laaha Qarzan Hasanaa. Wa maa touqaddimou-ou li-´anfousikoummin khay-in-tajidou-ouhou ´indal-laahi houwa khay-ranw-wa ´A´-zama Ájraa.

Wastagfiroul-laah : ínnalaaha Gafou-ourour-Rahiim. Sourate 73 – Dans les draps verset 20 : Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Oui, ton Seigneur sait que tu te tiens debout près des deux tiers de la nuit, sa moitié, son tiers. De même, une partie de ceux qui sont avec toi. C‟est Dieu qui détermine la nuit et le jour. Il sait que vous ne saurez jamais tenir compte de cela complètement : Il accepte donc votre repentir. Récitez donc, du Coran, ce qui sera facile. Il sait qu‟il y aura parmi vous des malades, et d‟autres, qui voyageront sur terre, en quête de la grâce de Dieu, et d‟autres 153

encore qui combattront dans le sentier de Dieu. Récitez-en donc ce qui sera facile. Et établissez l‟Office, et acquittez l‟impôt, et prêtez à Dieu prêt d‟honneur. Tout bien que vous vous préparez vous le trouverez, auprès de Dieu, comme meilleur et plus grand en fait de salaire. Et implorez auprès de Dieu. Oui, Dieu est pardonneur, miséricordieux.

L‘Envoyé de Dieu avait pour habitude d‘implorer le pardon avec abondance. Il se donnait ainsi en exemple à sa Communauté et par la même occasion, il imprimait une orientation à leur comportement. Selon Abû Hurayra, le Prophète dit (cité par Bukhari): Par Dieu ! J‘implore le pardon de Dieu et je me repens à Lui plus de soixante-dix fois par jour.

´Abd Allah Ibn Yasr a dit : « J‘ai entendu l´Envoyé de Dieu dire : Heureux est celui qui trouvera dans son registre de nombreuses demandes de pardon. » (Cité par Ibn Majja)

2. L‟invocation de la grâce divine en faveur du Prophète : Sa formule se répète cent fois : « Seigneur ! Accorde Ta Grâce à notre Maître Mohammed, Ton serviteur et Ton Envoyé, Prophète illettré, et sa famille et ses Compagnons et adresse-lui les salutations ». « Allahumme ! çalli ´allâ sayyidine Mohammad, ábduka wa rasoulouka annabiyyou al-oummiyyou, wa ´alâ âlihi wa çuhbihi wa sallim ». En énonçant cette formule, il convient d‘avoir présent à l‘esprit la grandeur de l‘Envoyé de Dieu, de se remettre en mémoire ses attributs et ses qualités, de s‘attacher à son haut rang en lui manifestant amour et désir ardent. Dieu dit : « Oui, Dieu et Ses anges se penchent sur le Prophète. O croyants, penchezvous sur lui, et saluez-le de salutation. » (33 – Les coalisés – verset 56)

154

L‘Envoyé de Dieu a incité à invoquer la Grâce sur lui en abondance : « Celui qui invoque la Grâce sur moi une fois, Dieu la lui accorde dix fois. » (Cité par Muslim et Nassai) Selon Anas Ibn Mâlik, l‘Envoyé de Dieu a dit : « Celui qui invoque la Grâce sur moi une seule fois, Dieu la lui accorde dix fois. Dix de ses péchés seront effacés et seront élevés de dix degrés. » (Cité par Nassai) L‘Envoyé de Dieu a dit également : « Ceux qui auront la préséance pour être à mes côtés le Jour de la résurrection seront ceux qui auront plus que les autres invoqué la grâce sur moi. » (Cité par Tirmidhi) 3. L‟énoncé du tawhîd185. Sa formule se répète cent fois, est «Il n‘y a de dieu que Dieu, l´Unique et sans associé. A Lui le Royaume. A lui la louange. Il est, en toute chose, Omnipotent ». « Lâ ilâha illâ Llâh wahdahou, lâ sharîka lahou, lahou l-moulkou, lahou l´hamdu wa houwa ´alâ koulli qadîr ». On peut se limiter à dire seulement cent fois : « Il n‘y a de dieu que Dieu », (La illaha illa Allah) tout en ayant une pensée qu‘il n‘y a ni créateur, ni nourricier, ni utile, ni nocif, ni personne qui donne peu ou avec profusion que Dieu et Lui seul. Tout en ayant à l‘esprit ces idées, il y a lieu d‘éliminer du cœur tout ce qui peut le dominer et lui faire aimer le monde présent avec ses passions, ses convoitises et ses tentations. Il convient de faire en sorte que le cœur demeure seul avec Dieu, sans qu‘il y ait quelque chose ou quelqu‘un qui vienne s‘y associer. C‘est ainsi que Dieu a appelé au monothéisme sincère et pur : « Sache donc qu´en vérité, point de Dieu que Dieu Lui-même. Et implore pardon pour ton péché, ainsi que pour les croyants et les croyantes. Dieu
185

La foi en un Dieu unique. L‘enseignement le plus fondamental et le plus important du Prophète Muhammad (la paix soit avec lui) c‘est la foi en l‘unicité de Dieu. Cela est exprimé dans la Kalima primordiale de l‘Islam : « Lâ ilâha illâ L-Lâh » : « Il n‘y a pas d‘autre Dieu que Dieu ». Cette belle expression est le fondement de l‘Islam et son essence même. C‘est l‘expression de cette croyance qui distingue un vrai musulman d‘un kâfir (incroyant), d‘un mushrik (celui qui associe d‘autres divinités à Dieu), ou d‘un dahriya (athée). Le fait d‘accepter ou de rejeter cette phrase crée une différence énorme entre les hommes. Ceux qui y croient forment une communauté unique, et ceux qui la rejettent forment le groupe adverse. Les croyants progresseront sur la voie du succès ici-bas et dans l‘autre monde, tandis que l‘échec et déshonneur seront le lot final de ceux qui refusent d‘y croire.

155

sait cependant où vous hantez et où vous gîtez. ( 47 – Muhammad ou le combat, verset 19) De son côté, l‘Envoyé de Dieu a incité au renouvellement fréquent de la formule du tawhîd. Il a montré ses mérites et les récompenses qui l‘accompagnent. « Le meilleur des dhikr est de dire : Il n‘y a de dieu que Dieu. » (Cité par Tirmidhi) Ibn Állân a dit, en commentant, ce dernier hadîth : « (La formule) «La illaha illa Allah 186»exerce une influence évidente sur la purification du cœur en éliminant tout élément répréhensible enraciné à l‘intérieur de l´évocateur. C‘est parce que la notion «Il n‘y a pas de divinité » exclut toute idée de divinité que Dieu. Elle établit fermement à l´Unique le Droit obligatoire dû à Son essence épurée de tout ce qui ne correspond pas à Sa majesté. Ainsi le dhikr, en se répétant d‘une manière continue avec la langue, se répercute à l‘intérieur du soi jusqu‘à ce qu´il s‘y enracine définitivement. A ce moment, il s´érige en lumière et en réformateur. A partir de là, il diffuse sa lumière à tous les membres du corps qu´il réforme. C‘est pourquoi, il est ordonné au novice, de la répéter abondamment et assidûment ».187 Selon Abû Hurayra, l‘Envoyé de Dieu a dit : « Renouvelez votre foi ». Comment pouvons-nous renouveler notre foi, lui demanda-t-on ? Dite «La illaha illa Allah 188» d‘une façon abondante. (Cité par Ahmad) L‘Envoyé de Dieu a dit également : « Celui qui dit cent fois par jour : « Il n‘y a de dieu que Dieu, l´Unique et sans associé, à Lui le Royaume, à Lui la louange et en toute chose, Il est Omnipotent, aura une récompense égale à l´affranchissement de dix esclaves. De plus, il lui sera inscrit cent bonnes œuvres et cent mauvaises lui seront effacées. En outre, il sera, en ce jour jusqu‘à la tombée de la nuit, prémuni contre Satan. Personne ne sera meilleur que lui, sauf l´homme qui accomplira une œuvre supérieure à la sienne ».(Cité par Bukhari) Il est à remarqué que ce wird s‘effectue matin et soir dans un endroit ou l‘adoration reste isolé avec son Seigneur. C‘est ainsi qu‘il débutera sa journée avec l‘invocation de Dieu et la clôture, en toute obéissance, avec l‘invocation de Dieu. Au sujet de cette catégorie de personnes, Dieu dit :
186 187

Il n‘y a de dieu que Dieu. Al-Futûhât ar-rabbâniyya ´ala m-adhkâr annawâwiyya d‘Ibn ´Allân. 188 Il n‘y a de dieu que Dieu.

156

« Oui, Soumis et Soumises, croyants et croyantes, dévoués et dévouées, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, bienfaisants et bienfaisantes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur sexe et gardiennes, invocateurs de Dieu beaucoup et invocatrices, Dieu a préparé pour eux pardon et énorme salaire. » (33 – Les coalisés, verset 35)189 Ibn ´Atâ Allah dit dans ses sentences : « Le rapport des actes jusqu‘à trouver un moment libre fait partie de la frivolité de l´âme ». Ibn Ájîba a dit : « Il est du devoir de l´homme de couper ses liens avec son environnement. Il doit s´opposer à ses passions et s´engager résolument au service de son Seigneur. Il ne doit pas reporter son dhikr à un autre moment car l´ascète est le fils de son temps190. Satan embellit aux yeux de certains novices l‘abandon du dhikr. Il leur fournit un argument qui leur fait croire que leurs invocations de Dieu ne sont pas sauves de toutes tentations. Le dhikr n‘est donc utile et profitable que si Dieu est présent dans le cœur de l‘invocateur d‘une façon pure191. Abû al-Hasan ad-Darrâj 192a dit : « Al-Junayd a parlé des connaissants en Dieu et le soin qu‘ils prennent à leurs wirds et à leurs pratiques cultuelles même après que Dieu les embellit (soutenue) par plusieurs karamates (prodiges). Il a dit à ce
189

Commentaire : Il ne faut pas que le wird du disciple, qui s‘engage dans la voie de Dieu, soit astreint à cela. Au contraire il faut multiplier ses invocations bien au-delà, car le cœur du novice, au début de sa progression vers la spiritualité, s‘identifie à un petit enfant. Chaque fois que celui-ci grandit, sa qualité de nourriture augmente. Il en est de même pour le novice qui poursuit son cheminement vers Dieu : chaque fois qu‘il avance, son invocation de Dieu progresse parce que le dhikr est la nourriture du cœur et son élément vital. Du moment que le wird est la voie des disciples vers Dieu, Satan se présente tout le long de ce parcours, pour les en détourner, il leur insuffle de vains arguments, et d‘équivoque tromperies. Des novices trouveront le prétexte qu‘ils sont occupés par d‘autres activités et qu‘ils n‘ont donc pas assez de temps libre pour justifier leur abandon de la récitation de leur wird. Leur démon leur inspire que leur excuse est tout à fait légitime et que leur justification est acceptable et de ce fait, ils ont retardé leur wird à d‘autres moments. Cependant, les maîtres du soufisme ont mis en garde les novices contre la négligence, le délai et l‘attente d‘un moment libre. Il ne faut pas oublier que la vie est courte et qu‘elle finit rapidement, et que les occupations dans celle-ci ne finissent pas de se renouveler. 190 Iqadh al himam fi sharh al hikam. 191 Les maîtres du soufisme, en leur qualité de guides spirituels, ont mis leurs novices en garde contre les dangereuses interventions diaboliques. Ibn ´Atâ Allah as-Sakandarî a dit : « N´abandonnez pas le dhikr sous prétexte que ton cœur n‘est pas présent avec Dieu. C‘est que ton insouciance à l‘égard du dhikr est plus grave que ton insouciance lors du dhikr. Peut être que Dieu t´élève d´un état de dhikr avec insouciance à un état de dhikr avec un plein éveil. Puis, Il te fera passer de l‘état du dhikr avec éveil à celui du dhikr avec Sa Présence et, ensuite, de celui-ci à un état où tout autre que l´invoqué (Dieu) est dans l´absence. Or, cela n‘est pas difficile pour Dieu le Tout-Puissant » ». (Iqadh al himam fi sharh al hikam). Certains novices abandonnent leur wird, en se contentant du Waarid, au pluriel « Waaridaad » (des événements d‘ordre spirituel que reçoit le fidèle en son fort intérieur). Ils ne savent pas que le wird est exigé pour se rapprocher de Dieu. Les maîtres du soufisme, quant à eux, n‘ont jamais renoncé à leur wird, quelle que soit la station de perfection qu‘ils ont atteinte. 192 Iqâdh al-himâm.

157

sujet : « Le culte pour les connaissants est meilleur que les couronnes sur la tête des rois ». un homme a vu al-Junayd, un chapelet à la main et lui a dit :  Comment, toi, avec toute ta noblesse, tu portes un chapelet dans la main ?  Certes ! ce chapelet est la cause (par) qui (Dieu) nous a fait atteindre la station où nous nous trouvons. Nous ne renoncerons jamais à son usage. Ibn´Atâ Allah a dit : « Il n‘y a que l´ignorant qui méprise le wird. Car le Warid on le retrouve dans l´après vie, alors que la pratique du wird se terminera avec le monde, alors c‘est ce qui ne se remplace pas qui doit être l‘objet de nos soins particuliers. Le Wird, c‘est Lui qui te le demande à toi, et le Warid c‘est toi qui le demande à Lui. Et quelle comparaison y aurait-il entre ce que Lui te demande et ce que toi tu Lui demandes ? Le novice qui abandonne son wird pour les raisons mentionnées ci-dessus, puis se secoue de sa nonchalance et reprend de nouveau son engagement, ne doit pas pour autant désespérer de la Miséricorde de Dieu en raison du résultat conséquent à son insouciance, il doit se repentir à Dieu et ensuite rattraper le retard subi, sachant que le wird au même titre de certains actes d‘adorations. L‘imâm an-Nawâwi a dit : « Celui qui pratique le dhikr régulièrement de jour, ou de nuit, ou à la fin d‘une prière ou en quelque moment que ce soit, se doit de le rattraper s´il vient à le manquer et ne jamais le négliger, car s´il demeure fidèle à cette pratique, il ne courra plus le risque de l‘oublier. Sont rapportés à ce sujet dans le recueil de Muslim ces propos de l´Envoyé de Dieu, transmis par ´Umar Ibn al-Khattâb : « Celui qui s´endort sans avoir récité son hizb ou en n‘en ayant lu qu‘une partie, mais qui le récite entre la prière de l´aube (fajr) et celle du zénith (dhuhr) (c‘est-à-dire le lendemain), se le verra compter comme s´il l‘avait récité pendant la nuit »193. Pour revenir au sujet qui nous a permis de nous entretenir longuement sur le «dhikr », notamment la Kadiriyyah, localement connue sous le nom de «Ih Vak », nous désirons faire connaissance avec son Cheikh Abdullah Demircioglu, appelé par les frères et sœurs soufis « papa ». Et, cela n‘est pas étonnant du tout. « Papa », il est surtout la voie du cœur. L‘objectif essentiel qu‘il poursuit, et qui ne laisse place à aucun doute, est d'orienter chaque frère vers les plus hauts sommets. Le travail de la pensée, joint à une émotion assez vive risquent d‘engendrer une certaine exaltation dans son cœur qui ne reste pas toujours intérieure, car ses forces spirituelles débordent et ses principes s‘imposent. Il ne dédaigne pas la lutte même sur le plan de la pensée. Et quand il
193

Le livre des invocations de l‘imam an-Nawâwî.

158

s‘engage, il ne le fait pas sans réflexion. Il ne fait rien à moitié. La confiance qu‘on lui témoigne lui rend délicat, le maniement de la distinction canonique entre le for interne et le for externe, le bien commun dont il a la responsabilité comme maître spirituel et le bien particulier des âmes dont il est le directeur. Devant Dieu tous sont des frères, il a le souci de donner à chacun ses chances de réussite sur la voie musulmane, et par conséquent du dhikr. C‘est dans cette lumière qu'il faut, croyons-nous, interpréter son intervention dans l‘histoire d‘une fraternité soufie à laquelle il prête son appui. Le soufisme, ainsi que l'enseigne le maître spirituel, est une voie qui montre aux êtres humains la manière de découvrir l'intemporel qui réside en eux, pour qu'ils puissent ainsi connaître la réalité de leur être et vivre en paix et en harmonie avec eux-mêmes et les autres. Il existe une autre voie de l'action et de la foi, une voie non limitée par les coutumes, les traditions, les races, les idéologies personnelles ou sociales, mais néanmoins capable de changer le cours de la destinée humaine, car la voie qui mène à la vérité et à la connaissance se trouve dans la dimension spirituelle de chaque personne. Chaque personne est donc unique, et la religion d‘Allah a pour rôle d'enseigner comment ce caractère unique peu être découvert, réalisé et vécu. Les vrais droits de l'homme consistent en la découverte par l'individu de son essence divine, qui ne peut être ni donnée ni enlevée. Ainsi, la découverte par la personne de sa véritable dignité humaine lui permet de voir celle des autres et de respecter leurs droits, ce qui représente la base fondamentale d'une vraie société démocratique. Le décès de Mohammed eut lieu après la déclaration du Saint Coran :

« Aujourd‟hui j‟ai achevé pour vous votre Religion (l´Islam) » (Coran 5 : 3) « Fidèles, prêtez attention à ce que je dis, car je ne vous verrai peut-être plus. Je vous ai laissé deux choses. Si vous y tenez, vous ne vous égarerez jamais après moi. Ce sont le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète. »194

LA GÉNÉALOGIE DE LA KADIRIYYAH La chaîne de transmission de la Kadiriyyah dont le Cheikh Abdullah Demircioglu fait partie est la suivante195 :
194 195

Ibn ´Abd al-Barr, Jâmi`bayân al-`ilm wa-fadlih, V, p.1, arabe, publ. Munir ad-Dimashqî, Damas, s.d. Nous avons laissé les noms en langue turque pour la facilité.

159

1. Seyyidel evveliyne vel ahiriyn Muhammed Mustafa Sellâllahü teala aleyhi vesellem196. 2. Ebu Hasaneyn Imami Aliyyül Mürtaza Bini Ebu Talip Kerremallahü vechelü ve (Rd) teala. 3. Ebu Abdullah Imami Hüseyin (R.tealâ A). 4. Ebu Muhammed Imami Zeynel Abidin (R.tealâ A.) 5. Ebu Cafer Imami Muhammed Baki (R. teala A.) 6. Ebu Abdullah Imami Caferüssadik (R.teala A.) 7. Ebül Hasan Imami Musa Kazim (R. tealâ A.) 8. Ebül Hasan Imami Aliyyürrizaza (R.teala A.) 9. Esseyhül Efham Ebu Mahfuz Maruf Aliyyül Kerhi (K.S.) 10.Esseyh Ebül Hasan Sariyyüs Sekati (K.S.) 11.Seyyidetuttaifetüs Sofiyye Cüneydi Bagdadi (K.S.) 12.Esseyh Ebu Bekir Delfi bini Caferis Sibli (K.S.) 13.Ebül Fadl Abdül Vahit bini Abdulaziz Temimi (K.S.) 14.Esseyh Ebül Fereç Yusufüttarsusi (K.S.) 15.Abül Hasan Ali Bini Muhammed bini Yusufül Karsiyül Hakkari (K.S.) 16.Kadiyül Kuzat Ebu Saidil Mübarek Bin Aliyyül Mahzumiyyül Bagdadi (K.S.)

196

Le Saint Prophète Mohammad. Au sixième siècle, le monde "civilisé" était déchiré par une guerre entre l'empire byzantin (chrétiens) et l'empire Perse (zoroastriens). Les régions avoisinantes étaient alors peuplées par des adorateurs d'idoles. Le monde était en demande, et la venue d'un prophète avait été annoncée. Sur la terre des tribus bédouines, réputées pour leur courage, leur patience, leur sens de l'hospitalité et leur art de la poésie aussi bien que leurs disputes sanglantes et leur soif de vengeance, naquit un enfant qui allait changer la destinée du monde. Le Saint Prophète Mohammad (que la paix soit sur lui) naquît en l'an 570, à La Mecque, en Arabie. Son père mourût avant sa naissance et sa mère lorsqu'il avait six ans. Élevé par des proches appartenant à l'éminente tribu Qura´sh, il fût vite reconnu pour son honnêteté, son sérieux, sa gentillesse, sa sagesse et son intégrité. Étant adulte, il se retirait souvent sur le Mont Hîra proche de La Mecque pour méditer et prier. Un jour, alors âgé de quarante ans, Mohammad eût une vision en méditant, et une voix lui ordonna de "réciter". Ce fût la première des nombreuses révélations que le Saint Prophète reçût durant sa vie. Au début il ne comprît pas, puis il réalisa avec stupeur que cette révélation était d'origine divine, que le Dieu Unique lui ordonnait de parler. Il commença alors à prêcher et à enseigner ce qui lui était révélé. Ses puissantes récitations poétiques furent immédiatement notées et traversèrent les âges jusqu'à nous, préservées dans le Saint Coran. Le Saint Prophète offrait son enseignement directement aux hommes et aux femmes qui s'asseyaient autour de lui en petits groupes. Il disait qu'il n'existe qu'un Dieu unique, et que chaque personne devrait se soumettre entièrement à Dieu, de tout son coeur, de tout son esprit et de tout son âme. Il encourageait les gens à prier, à s'aimer les uns les autres, à s'occuper des orphelins, à nourrir les pauvres, à aider les veuves, à être juste et à agir honnêtement. Il insistait particulièrement sur la connaissance intérieure de Dieu. Ainsi enseignait-il que "celui qui connaît sa véritable identité connaît Dieu." Vivant simplement, il consacra sa vie à Dieu. Connu comme étant "l'ami dévoué de Dieu", il était la quintessence de l'homme parfait qui sert de modèle à la conduite idéale, et il montra que l'Islam est la religion de l'amour. Un chef bien-aimé et un grand homme d‘État, il fût le fondateur de l'Islam.

160

17.Piri Tarikat Muhyissünneti Veddin Gavsü Rabbülalemiyn Ebu Muhammed Muhyiddin Abdülkadiril Geylani El Haseni El Hüseyni Ridvanullahi aleyhim Radyallahü anh. 18.Cemalül Irak Esseyh Esseyid Abdurrezzak (R.A.) 19.Esseyh Osmanül Geylani (K.S.) 20.Esseyh Yahya El Basri (K.S.) 21.Esseyh Nureddinissami 22.Esseyh Abdurrahmanil Haselani 23.Esseyh Burhaneddinizzenceri 24.Esseyid Muhammed Ma‘su milmedini (K.S.) 25.Esseyh Esseyyid Abdurrezzakül Hamevi 26.Esseyh Esseyyid Hüseynil Ezmirani (K.S.) 27.Esseyh Ahmedi Muhammed Hindil Lahüri (K.S.) 28.Esseyh Mahmudüz Zengine-I Talebani (K.S.) 29.Esseyh Ahmedet Talabaniyül Kerküki (K.S.) 30.Esseyh Esseyyid Ziyyaedin Abdürrahmani Halis Talebani (K.S.) 31.Esseyh Esseyyid Dede Osman Avni Baha Urfevi (K.S.) 32.Esseyh Esseyyid Haci Ömer Hüdai Baba Kögengi (K.S.) 33.Esseyh Esseyyid Muhammed Baba Kürki (K.S.) 34.Esseyh Esseyyid Mustafa Hayri Baba Malatyevi Kaddesallahu Esrarehüm (K.S.) 35.Esseyh Esseyyid Zülcenâheyn Kutb´ül Aktab Muhyiddin Haci Abdullah Demircioglu Baba Trabzoni. Exercice journalier du novice : LA VOIE DE LA KADIRIYYAH VERS LA SOURCE DE PAIX ET DE SAGESSE A‟oozou billahi minashsshaitanir-rahiim (Je cherche mon refuge près d‘Allah contre le mal et le maudit diable) Bismillah irrahman irrahim (Au nom d‘Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux) Pour commencer : dire une seule fois la sourate Al-Fatiha et trois fois la sourate Al-Ikhlas) ; en les offrant au Prophète Mohammed Mustafa (que la Paix soit avec lui), notre bien-aimé Seigneur son âme exaltée, et à nos sires Imâm Ali, Imâm Hasan, Imâm Huseyn (qu‘Allah soit satisfait d‘eux), et au Cheikh Hasan al-Basrî et au fondateur et foyer de lumière Abd al-Kadrî Jaylâni197 et au Hadj

197

Abdel-kader El-Djilani.

161

Mustafa Hayrî, et aux âmes de mon cher maître et cheikh ; et à tous ceux qui sont venus parmi eux et sont parvenus sur la grande Voie, à qui je les offre. Comment méditer sur la mort ? Visualisez votre décès ! Visualisez comment vous êtes né, enfant que vous étiez comment vous avez grandi, réfléchissez de fond en comble ! Soudainement Azra‘iel, l‘Ange de la Mort viendra un jour frapper à la porte de votre âme pour vous amener. Pensez-y aussi. Notre âme dans la foi l‘accompagnera. Nous serons déshabillés, lavés et enveloppés de linges blancs ; et puis porté dans un cercueil sur le dos des croyants jusque dans la chapelle ardente où les croyants prierons sur moi en réfléchissant sur ma mort. Après je serai porté de cette chapelle au cimetière pour être couvert de terre. Après tous retourneront à la maison, et je serais seul. Mes deux anges gardiens (Moenker et Nekir) viendront chez moi, pour me poser cinq questions, qu‘avec la Miséricorde d‘Allah je répondrais, et je serais libéré de sorte que mon tombeau devient une partie du Paradis avec une fenêtre ouverte à travers je regarderais le Ciel dans l‘attente du Jour du Jugement. Lorsque ce jour arrivera commencera le procès de mes actes. Si tout va bien j‘aurai accès au Paradis. Il ne me manquera de rien dans le Paradis, et il y sera ni mort, ni loi ni interdiction. La chaîne de lumière se fait ainsi : la Lumière descend du Dieu Tout-Puissant à l‘Ange Gabriel, et de là au Prophète Muhammed (que la Paix soit avec lui), et puis au Sire Ali, au Sire Hasan al-Basrî ; et de là au fondateur et source de lumière Abd al-Kadrî Jaylani, et de là par la chaîne jusqu‘au dernier cheikh transmis dans le cœur de mon propre maître qui se trouve devant moi et qui me montre la voie et la Lumière de son cœur à mon cœur comme un rayon d‘eau pure. Qui agit ainsi demeure dans la compagnie des justes ! Ceci je fais pendant cinq à dix minutes. Après je dis : Ilâhi anta maksoudî wa rizaka wa likâka matloubi (O mon Dieu, Tu es notre but et nous désirons d‘être agréable ;et je te désire198.) Récitez ensuite : 33 à 100 fois Astaghfîroullâh hamdoulillâh Al- Je demande pardon à Allah. Que le Seigneur soit loué.

Terminez par:
198

Plutôt : « J‘ai soif de Toi ».

162

Al-Azim, al-Karim, ar-Rahim, al-Allezi-la-illaha-illahou

33 à 100 fois

Allâhmoumma salli O mon Allah! Bénis „alâ Muhammadin Muhammad wa Alâ ali Muhammad

Terminez par:

Wa sahbihi wa sallim aleyhi wa aleyhim tasliman kasiran kasira
33 à 100 fois Terminez par : Muhammadan râsoul Oullâh La illâha ilallâh Il n‘y a pas de dieu hors de Dieu

Répétez au moins : 100, 500, ou Allâh 1000 fois Terminez par : Celle Cellâlouhou Allah est Exalté

33 à 100 fois

La Sourate Bismillâh

Al-Ikhlâs

avec

A nouveau : Une fois sourate Al-Fatiha et trois fois sourate Al-Ikhlâs ; en les offrant au Prophète Mohammed Mustafa (que la Paix soit avec lui), notre Seigneur béni 163

son âme exalté, à nos Sires Imâm Alî, Imâm Hasan, Imâm Huseyn (qu‘Allah soit satisfait d‘eux), et au Cheikh Hasan al-Basrî et au fondateur et source de lumière Abd Al-Kadrî Jaylanî et au Hadj Mustafa Hayrî, et aux âmes de notre maître et Cheikh ; et à mon père, mère, grand-père, grand-mère, frères et sœurs, et à tous les membres de la famille croyants, d‘Adam jusqu‘aujourd‘hui, je les offre pour eux. Pour terminer, dites encore une fois Al-Fatiha.

Nous terminons cette étude sur la Mystique musulmane, en particulier le Soufisme comme nous l‘avons commencé, à savoir «la Mystique » tout simplement. Dans la voie mystique deux voies conduisent à Dieu. L‘une se sert de la réflexion et du raisonnement. L‘autre de la foi simple et de la connaissance générale et confuse. La première s‘appelle méditation ; la seconde : recueillement intérieur ; ou contemplation acquise ; la première est pour ceux qui commencent ; la seconde pour ceux qui sont plus avancés dans la vie intérieure. La première est sensible et matérielle ; la seconde plus pure et plus spirituelle. Lorsque l‘âme a déjà formé l‘habitude de raisonner sur les Mystères en s‘aidant de l‘imagination, en se servant des idées corporelles, après avoir été portée d‘objet et de connaissance en connaissance, lorsque après avoir acquis une petite partie de ce qu‘elle souhaite, elle s‘élève jusqu‘au Créateur, Celui-ci la prend par la main. Cependant, Dieu parfois veut élever l‘âme au-dessus de ces faibles commencements et la mener, sans aide du raisonnement, par le chemin de la pure foi. Il faut alors que l‘intelligence cesse de réfléchir et de raisonner, pour que Dieu puisse faire avancer l‘âme par le moyen d‘une foi simple. L‘âme est attirée par Dieu hors des sentiers de la persuasion, de l‘instruction et de l‘entendement, parce que dans ceux-ci, l‘amour des choses divines est trop imparfait, il y dépend trop de créatures, il y ressemble à des gouttes d‘eau qui tombent l‘une après l‘autre et par intervalles. Plus on est dans l‘indépendance des créatures, plus on s‘appuie sur Dieu, et sur Ses inspirations secrètes, par le moyen de la foi pure, plus aussi l‘amour est ferme, confiant et véhément. Lorsque l‘âme a acquis toutes les connaissances que la méditation et les objets sensibles peuvent donner, Dieu la retire de cet état en la privant du raisonnement. C‘est afin qu‘elle marche par la voie directe et la foi simple, qu‘elle se laisse mener, ne voulant plus aimer avec l‘imperfection et la faiblesse des sens, et 164

qu‘elle puisse voir alors que tout ce monde et les esprits du siècle peuvent dire ne son Dieu n‘est rien. L‘âme alors voit aussi que la bonté et la beauté de son Dieu surpassent toutes les compréhensions humaines et que les créatures sont incapables de lui servir de guides dans la connaissance des choses divines. Il faut donc que l‘amour prenne les devants, se dépouillant de l‘entendement ; que l‘âme aime son Dieu pour ce qu‘il est, et non pour ce que son imagination lui en présente. Et si elle ne peut Le connaître tel qu‘Il est, qu‘elle L‘aime sans Le connaître, sous le voile obscur de la foi. A peu près comme un enfant qui, n‘ayant jamais vu son père, l‘aimerait sans le connaître, s‘en rapportant à ceux qui lui en parlent. L‘âme que Dieu a éloignée des recherches intellectuelles ne doit pas se tourmenter, ni chercher avec effort des idées plus nettes. Pourtant elle se trouve dans la privation des consolations données par les connaissances sensibles, l‘esprit dépouillé de tous les secours que la faiblesse de la nature demande, seule, aride et pleine de ténèbres. Et cependant elle n‘est pas inquiétée, demeurant tranquille, ferme et confiante pendant que son Dieu œuvre en elle. Alors que cet état lui paraît une inaction, il n‘en est pas ainsi, car, par cet état, Dieu produit la véritable science. Laissez-moi terminer ce traité par ces quelques mots encore, plus l‘esprit s‘élève, plus il se détache des objets sensibles. Bien des âmes viennent jusqu‘à la porte de la contemplation, mais il y en a peu qui passent, soit faute d‘un bon maître spirituel par exemple, ou parce qu‘elles ne se soumettent pas à Dieu avec une entière confiance dans la voie musulmane. © 1997-2011 Etudes privées de Hamza De Coster, Gent, Belgique.

165

Sommaire
Introduction Préparation à la Prière – Les Ablutions Al-Adhân Les Principaux Eléments de la Prière Obligatoire La Prière Instruction Générale de la Prière Tableau récapitulatif des cinq Prières du jour Un Choix de Sourates Avertissement à tous les Croyants (1998) Centre Islamique Culturel de Belgique – Initiation à l‘Islam - Notes Concernant l‘éducation des enfants et un seul Islam Que signifie l‘Islam pour moi ? Que signifie l‘Islam comme culte pour moi ? La Spiritualité dans l‘Islam Les Hadiths Divins La Clef des Hadiths Les Ecoles des Hadiths Divins Le Stade Angélique du Croyant (à nous de choisir) Les Pratiques Religieuses Le Culte Jurisprudence de la Sunna Les Quarante Hadiths Le Juste Milieu – La Foi Profonde Le Wahhabisme Le Saint Coran – Parole de Dieu Départ pour Médine – Séjour dans la Grotte Le Soufisme Les douze Ordres acceptés par l‘Islam Les huit conditions pour entrer dans la Fraternité de Naksibendi La généalogie de la Kadiriyyah Comment méditer sur la mort Sommaire © Septembre 2011 – Hamza De Coster, Gent, Belgique. Edition privée. Pour nous écrire : decoster.philippe5@gmail.com 2 5 9 11 12 13 24 26 44 47 66 72 73 79 81 82 90 93 94 96 100 101 114 121 123 128 129 142 143 159 162 166

166

You're Reading a Free Preview

Télécharger
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->