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COLLECTIO,N DE MONOGRAPHIES SUR LA .THÉORiE DES FONCTIONS
PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE M. ÉMILE BOREL
LES
NOMBRES · INACCESSIBLES
PAR

Émile BOREL
DIRECTEUR JIONOAÂIRI< DE L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE
MEMBRE DE L'INSTITUT BT DU BUREAU DES LONGITUDES
AVEC UNE NOTE DB
M. Daniel DUGUÉ
Professeur à la F à ~ u l t é des Sêienees de Caen
PARIS
GAUTHIER-VILLARS, IMPH.IMEUR-ÉDITEUR
LIBRAIRE DU BU1\EA U DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
5ô, Quai des Grands-A uguslins, 55
1952
lE
55, PARJS
PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE M. ÉMILE BOREL
lités et de .leurs
BoREL. Fascicule
MINEUR
de la
BOI\IlL.
da
Maurice
RISSER,
TOME I. - pri11cipes de la Théorie des Probabilités,
et formules du Calcul des Probabilités,
BOREL, René LAGRANGE; 1947·· .................... .
·z. Erreurs et moindres carrés, par Robert DELTHEn:.; 1930 .......... .
3· Recherches théoriques modernes sur la Théorie des Probabilités, pal'
Maurice FRÉCHET :
PREMIER LIVRE.!
avec une Note
!950.
variables aléatoires,
mise à jour,
Émile
600 fr.
300 &.
SECOND LIVRE : Méthode des fonctions arbitraires. Théorie des événe-
ments en chaîne dans le cas d'un nombre fini d'états
4· Les de la Statistique par R. RxssER et
NARD .... · . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . • . • • . •
de la Théorie des Probabilités
et IUIX sciences physiques.
r. et à la. Théorie des fonctions, par Émile BoREL,
rédigé par p. DUBREIL; I 92 6 ...................... : . . . . . . . . . . . . 300 fr.
z. Probabl.Htés géométriques, par Robert DELTHEIL; • . . . . . . . . . . 300 b:.
3· Mécanique statistique par Émile BoREL,
PERRIN; 1925 .....•....•..•...••...•••.•......•...•.
Applications de la Théorie des Propabilitês à par
CHARLIER; I93I ....................... " ...................... .
.5· Mécanique statistique quantique, par Francis PERRIN.. (En •
ToME III. - Les de la Théorie des Probabilités
aux sciem:es et aux sciences
1. Assurances sur la vie. Calcul des primes, par Henri GALBRUN. (En
2. Assurances su:r la vie. Calcul des réserves, par Hen:ri GALBRUN;
3· Applh::ations de la statistique à. la démographie et à. la
R. RISSER ..... '.....................................
4· mathématique de l'assurance-invalidité et de l'assurance-nuptialité .
. Définitions et relations fondamentales, pa.r Henri GALBRuN; X933· .IHJO &.
5· Théorie mathématique de l'assurance-invalidité et de l'assurance-nuptialité,
Calcul des et des réserves, Henri GALBRUN; 1933 . . . . . 500 fr.
6. Théorie mathématique de l'assurance·maladi.e; par Henri GALBRUN; I934·
600 fr•
ToME IV. - Applications diverses et
t. au tir, par J. HAAG; rg:z6: ...................... ; ... 400 fr.
:z. aux de hasard, par Émile BoREL, par Jean Vxi.LE;
1938 . . . . . . . . . . . . . . . . . . • . . . . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . • • 450 fr.
3· Valeur pratique et philosophie des Probabilités, par Émile
Une Coilectüm ik Monmrra,b/!i,es sur les P-robabilités, dirigée par M. Émile BOR>:L,
par fascicules, où sont les nouvelles, au fur et à mesure du dé1relc,oo,e·
ment de la science des Prc,balbilités.
li
s
I'UllLlÉI! SOl.IS IJlllli!CTION
BOREL
Membre de Pinstitut
Volumes in-8 se vendant
au Collège de France,
des
par
Jonctions entières de genre infini, par OrTo
xgw.
méthodes de
et leUrS
Sorbonne en igx3-Ig,4, par MAXIME
GASTON '9'7·
Leçons sur théorie des
des ensembles, applications
4• édition; xg5o.
Leçons sur les Jonctions entières, par ÉMILE BOREL. 2°
de GEORGES 1921.
the(> rie
BoREL.
avec une Note
sur les par BoREL, avec la collaboration de
M. 2;:) ;
sur les à termes positifs,
recueillies et rédigées par RoBERT
. Lecons sur les
EMILE BoREL, et ZoRETTl
Leçons sur les jonctions de réelles et les aèvelo0!0'JJe
professées à l'Ecole Normale
par. FRÉCHET, àvec des Notes par PAUL
2' édition, revue et conigée avec le concours de A.
Lecons sur la .theorie de la Gn>'""u·"'"'"·
ÉMrLE BoREL, recueillies
sur les
par BoREL, par G. '9'7·
Méthodes et problèmes de la théorie des
complexe,
'922.
problèmes des et des par (T.),
Pr·ofem;etl.l' à l'Ecole
Leçons sur les
mier ordre nr•ofessiles
·Note de
du pre-
avec une
par
Leçons sur les des analytiques, professées à l'Univer-
sité de Budapest, PAUL DIENESi
abstraits· et leur théorie consideree comme Jnb·oduction à
m'.nP.ralA. par MAURICE FRÉCHET. (Réimpression.)
m'''·"''w•ru automorphes. Fonctions automorphes den variables.
G. GIRAUD, Docteur ès Sciences,
de France; 191 o.
et ses applications aux problèmes
par M. GuNTHER,
au
c.
séries
, par HENRI LEBESGUE,
si tus et la Géométrie
sur
(suite)
Leço,{s sur les ensembles analytiques, par Lusm; xg3o.
Séries de Fourier et Classes de
fessées à l'Institut des
Ferrand, par S. MANDELB!IOJTi
Leçons sur les séries de polynomes à une variable
MoNTEL; xgxo.
px·ofessées à
par HENRI
die France
n'"''.<.< zmL )
Leçons pro-
de Clermont-
par PAUL
sur les
catwns, par P.
foJwt<ion:s analytiques et
Leçons sur les
bonne, par PAuL
de HENRI CARTAN;
par J. BARBOTTE. en7HJrt:ssWI't.
professées à la Sor-
avec une Note
Le théorème de Picard-Borel et la théorie des fonctions méromorphes, par
ROLF NEVANLINNA, Professeur à l'Université cie Helsingfors; xg2g.
Leçons sur les series d'interpolation, par N.-E. NiiRLUND, Professeur à
versité de Copenhague, rédigées par RENÉ LAGRANGE;
Leçons sur les lineaires aux différences
:rédigées par RENÉ 1929.
par N.,E. NiiRLUNDJ
Les systèmes d'equations linéaires à une
Rmsz; Igx3,
d'inconnues, par FRÉDÉRIC
Leçons sur les nombres transfinis, par W. SmRPINSKI
1
Professeur à I'Uni-
''ersité cie Varsovie. Nouve:iu. tirage; 1951.
topologiques de la théorie
la et à l'Université de
analy-
SToÏLow,
à l'Université de Cernauti; rg38.
la et les
et JosEPH
des
permutables, par Vno VoLTERRA,
aux equations dif!éren-
son application aux,series
n• PARTIE : Metrique et topologie d'ensembles parfaits et de fonctions;
xg4rr.
HI• continue par ses nombres dérivés
si!Jconds extrêmes finis;
IV• PARTIE: Les totalisations, Solution du problème de Fourier.
1" Fascicule : Les totalisations; rg4g.
2' Fascicule : et Tables générales; rgq.g.
Sur les séries de base de polynomes
à l'Université de et C.
de Liverpool;
Leçons sur le par L ZorŒTTI, Maître de Confé-
rences à
. ŒS
DU AUTEUR
Librairie FÉLIX
Le Hasard.
L'Espace et le
et PRESSES UNIVERSITAIRES
L'Aviation (en collaboration avec Paul PAINLEVÉ et Charles
Les Probabilités et la Vie.
Probabilité certitude.
Ubrairiie ARMAND COUN
Cours élémentaire de Mathématiques
.métrie,
Librairie FLAMMARION
L'Évolution de la Mécanique.
GALLIMARD
Le Jeu, la Chance ·et les Théories .scientifiques modernes,
Les Paradoxes l'Infini.
Librairie
'-'"'v"n" sur la Théorie des .Fonctions.
Leçons sur les Fonctions entières.
Leçons sur les Séries divergentes.
Leçons sur les Séries à termes positifs.
Leçons sur les Fonctions méromorphes.
Leçons sur les Fonctions de variables réelles.
Leçons sur la Théorie de la croissance.
Introduction géométrique à quelques Théories physiques.
Leçons sur les Fonctions monogènes.
Problèmes et Méthodes de Théories. des fonctions.
Géo-
Traité du Calcul des Probabilités et de ses applications (avec divers
collaborateurs, 4 volumes en 18 fascicules).
Théorie mathématique du bridge (en collaboration avec André CHÉRON).
Librairie ALBllN MICHEL
Principes d'Algèbre et d'Analyse.
La Géômét:rie et· les (en collaboration avec Robe1·t
DELTHEIL ).
La Mécanique et la Gravitation universelle.
n.Jc><e"u"" et Géométrie du second degré.
Éléments de la Théorie des Ensembles.
Éléments de la Théorie des Probabilités.
L'Imaginaire et le Réel en mathématiques et en physique.
Librairie VUIBERT
Introduction à l'étude de la Théorie des nombres et de
supérieure (en collaboration avec Jules D!lACH), J8g5 (épuisé).
COLLECTION DE MONOGRAPHIES SUH LA THÉORIE DES
PUIILIÉE SOUS LA lHIIEC1'10N IlE M, ÉMILE liOIIEI.
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BOREL l,
DIRECTEUR IIONORAlRlJl: DE L'ÉCOLE NORMALE
l\Œ:\IBRE DE I.'iNSTKTUT ET DU BUREAU J)ES LONGITUDES
AVEC UNE N01'E DE
M. Daniel DUGUÉ
Professeur à la Faculté des Se iences de Caen
PARIS
B
. GAUTHŒR-VILLARS, IMPRIMEUR-ÉDITEUR
LIIHIAIRE !Hl ll!HIEAU IlES LONGITUDES, llE.L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
55, des Grandis-Augustins, 55
1952
CopyA"ight by Gauthier-Villars, xg5r.
Tous droits die traductîoll, de et d'adaptatio11
réservés pour tous pays.
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CE
à ,priori
temps, l'espace, ou l'énergie,
on avait associé des entüés absolues et
avec
et en
de' ces
x
travaux
sance et
Mai
BOHEL.
LE
R I c I
LES NOMBRES INACCESSIBLES.
1. suite des nombres entiers. ~ La définition de la suite
illimitée des nombres entiers a été la première occasion où les mathé-
maticiens ont rencontré l'infini. Cet infini non réalisé se présente
sous la forme d'un nombre variable peut dépasser tout nombre
donné d'avance.
Si, en effet, par un procédé quelconque, . nous définissons un
nombre entier déterminé et si nous désignons cet entier par n,
il est clair que nous pouvons définir sans difficulté un entier supé-
rieur à n ce sera, par exemple, n + I, ou bien 2n, ou xo n,
OU IO",
Lo,rsque nous disons qu'un nous a permis de défin1r
un entier déterminé, nous entendons par là que nous avons énoncé
des règles claires et précises telles que tout mathématicien sait
est l'entier que nous avons défini et que deux mathématiciens
différents savent que, parlent de cet il a pas
entre eux de malentendu, c'est-à-dire qu'ils sont certains que
nombre désigné par la lettre n est le même pour l'un et p.our l'autre.
Par suite, les nombres par n + I, 2n, etc., sont
les mêmes.
Dans certains cas, la d'un nombre entier d'écrire
ce nombre dans un système de numération déterminé, par exemple
É. BOREL.
2 CHAPITRE L
décimal; dans cas, les mathématiciens font
notations cmnme la notation
des nombres très qu'il serait pratiquement
le décimal, simplement parce
un par nous posons
nous savons que le nombre n, écrit dans le décimal, exigerait
d'un milliard de ; si l'on écrivait rooo chiffres sur une
il faudrait plus d'un million de pages pour à supposer
que l'on ait eu le de calculer tous. les tel nombre
pourra être dit relativement signifiant
ICI par durée de let v1:e humaine.
en ro chiffres par il faudrait
de Iooo pour écrire un milliard de et par suite
siècles pour effectuer le ayant chacun
un milliard
Il est en
des nombres
par la relation
le nombre rn donné
aussi faire a pp el à certaines propriétés arithmétiques
simples des nombres et n' et m' les nombres premiers dont
les rangs sont n et m lorsque tous les nombres sont rangés
par ord-re de croissante.
Ces nombres n' et m être regardés cornille bien définis
en ce sens que mathématiciens, s'ils en entre eux,
sont certains qu'ils parlent des mêmes nombres; il
d'ailleurs pas comme absolument impossible que les
la science de démontrer certaines ces
nombres; ils doivent être regardés comme relativement
inaccessibles des milliers de hümaines, par
au système décimaL
L'emploi de
des nombres bien
nons, par
al=Io1o;
permet de dé finir fort
et de
ILES NOMBRES RELATIVEMENT INACCESSIBILES.
prendre l'indice n égal à Llt, auquel cas an sera
pouvons soit le nombre entier b, soit
de rang b, soit le nombre entier formé. par les
décimaux d'un nombre tel que n. De
relativement non seulement à
par b.
le nombre
sont
mals
l'on concevoir dans notre
dont les dimensions sont minuscules par rapport à de tels
nombres (en comme unités les plus dimensions
imaginables).
Nous laissons ici de côté la discussion des
faire ceux qui croiraient que l'univers est
ment infini (1 ).
Si néanmoins, nous pensons avoir le droit, en temps que mathé-,
de considérer des nombres tels que ceux que nous venons
de définir, nous devrons admettre que nous pouvons définir
ment des nombres plus tels que· b + I ou 2b.
2. Les entiers relativement accessibles. - Il résulte de ce
qui précède que, pour celui qui fait abstraction des contingences
humaines et contingences cosmiques, les entiers relati-
vement être définis par des procédés
analogues à ceux dont nous avons donné quelques exemples, sont
extraordinairement nombreux. Si cependant nous assignons, avec
les astronomes, une durée finie à l'humanité dans le et dans
l'avenir, le nombre total des hommes sera fin:i et chacun,
au cours de sa vie, ne pourra définir qu'un nombre
fini de nombres entiers. Rien n'empêchera, bien entendu, un homme
qui connaîtrait tous les textes par les hommes qui l'ont
précédé ont défini des entiers, de définir un entier bien grand,
égal par exemple à la somme ou au produit des déjà définis;
mais les artifices de ce genre étant forcément en nombré limité
pour chaque homme dont la est elle-même limitée, nous pourrons
évidemment atteindre des nombres vertigineusement grands, mms
qui resteront par rapport à ce qui serait l'infini s1
nous pouvwns le concevmr.
(
1
) Voir à ce sujet mon livre Probabilité et certitude (Pr•esses
et le livre de Paul CounÈRc : de l'Univers
4
CHAPITRE 1.
Nous devons admettre que,
finie qui ne sera pas
s'il ne nous est pas
de fixer la home uucouHo. dans la suite illimitée
des par fini de tous les
cette borne existe cependant et les
inaccessibles.
cec1
qui n'est pas le cas; cette borne ne
fin de l'humanité et, au cours des
pu utiliser, chacun un nombre de
pour franchir une borne atteinte; ce
hommes
qui la
de franchir
par
la connaissions, ce
connue qu'après la
nombre des de ce genre est nécessairement fini; car
celui qui se contenterait de dire : j'ajoute une unité au grand
nombre obtenu et, ainsi de ne définit pas
sur il serait en avec tout autre
mathématicien; c'est seulement en en limitant les
opérations effectuées que l'on définit un nombre et c'est. pour cela
que le nombre des nombres définis est limité.
conclusion est qu'il existe des entiers inaccessibles, c'est-
à-dire qui ne seront jamais atteints par aucun mms
par leur définition nous ne les connaissons et il nous
est impossible d'indiquer la limite à partir à laquelle les entiers sont
inaccessibles, puisque cette limite est eUe-même
Nous devons considérer cette inaccessibilité comme
puisqu'eUe de nos sur la durée de l'univers et
sur l'activité des
Toute limite que l'on prétendrait fixer serait immédiatement
par des nombres extraordinairement plus grands, qu'il
de quelques mots pour dé finir; mais l'on restel'ait am si
toujouts en de la borne théorique que nous avons
3. Les enseinbles dénoinbrables. - La notion d'ensemble
dénombrable se rattache directement à la notion de la suite illimitée
des entiers
et les éléments d'un une correspondance
d'un d é n o m ~
LES NOMBRES RELATIVEMENT INACCESSIBLES. 5
; on dit que ]'ensemble dénomc
connaissant le nombre n,
on calculer avec la valeur de Un. Il Se faire
que ce calcul ne soit pas aisé à en raison
mms nous n'insisterons pas sur cette difficulté
ne pas sur le nombre
à m·mée de calculateurs
nmnbre Un.
· Les les plus sont
des nombres rationnels et l'ensemble des nombres décimaux; si
l'on se borne aux nombres entre o et I. l'ensemble des
nombres décimaux sera défini par la règle quy précisent
les suivantes :
n = :254 X 9 + 7·
Pour les nombres rationnels, la règle est déjà
en raison du fait que deux fractions peuvent être
leurs termes soient égaux; si donc on écrit les fractions
entre 0 et I de la suivante :
I 2 I 3 I 2 3
4
1 5 I
2'
3'
3'
-,
cc'
5
cc'
5' 5'
6'
_,
... '
4
" "
7
c'est-à-dire dans l'ordre croissant des dénominateurs
puis des numérateürs le rang de la fraction - sera
7
r = 1'(2) + )l(3) + 9(4)+ 1'(5) + 9(G)
en désignant le nombre des nombres premiers avec n
et inférieurs à n parmi lesquels · I et n-I).
Le calcul effectif sommes telles que r serait nécessaire à l' obten-
tion de la formule générale qui donnerait le r::.ng d'une fraction
donnée. Le à calculer la fraction
dont le rang serait un milliard, ainsi que le de calculer
le rang d'une fraction dont les deux termes sont des nombres
de 5 chiffres ne sont pas des problèmes
mais leur hien que
longs et n en serait de même ( ~
par un nombre d'une centaine
6 CHAPITRE L
chiffres; le nombre doit· être comn1e
inaccessible.
Nous avons comm.e exemple l'un des
dén:om.brables; les complications sont bien
l'on passe seule1nent aux nmnbres
algébriques. Un nombre
coefficients
ax
2
+ b.x + c = o,
n étant un entier positif, b et c des entiers
simples des ensembles
dès que
nombres
à
on doit supposer que le nombre entier b
2
- est n'est.
range,r en ordreles nombres quadratiques,
les plus sera de considérer la somme
a+[b[+[c[=
et de classer par ordre de grandeur ceux des nombres qui
à une même valeur de l'entier m; en donnant à m
successivement des valeurs entières croissantes à de 3, on
obtiendra bien tous les nombres qm se trouveront
rangés dans un ainsi être numérotés
au moyen des entiers successifs. le problème de savoir
nombre aura un numéro déterminé, ou inversement, ne paraît pas
d'être résolu autrement que par une et pénible
énumération de tous les cas possibles.
Dans le cas pour un ensemble dénombrable nous
supposons résolu le problème de numérotage, nous pourrons regarder
les éléments de cet ensemble comme connus lorsque leur numéro
est connu et chaque pourra être considéré comme accessible
dans le cas son. numéro est lui-même un entier acces-
sible.
En fait, l'intérêt porté
dénombrables est bien moins
nombres entiers. On a calculé
carrées des tables
approximation) un certain
Mais les nombres
mathématiciens aux divers ensembles
que·
des tables assez
portent aux
des racines
· font conn:aî'tre (avec une certaine
nombre de nombres
ont été vraiment considérés
des siècles sont, en fait, très peu
nombreux; on n'a écrit et résolu qu'un nombre très
LIES NOMBRES llELATIVEMENT INACCESSIBLES.
7
est encore vrai
au second.
ils
comme les
nombre rationnel est décimale finie
est à une nombre
Dans un cas connue dans l'autre, la ne pas
nombre commencer
arbitraire
Il serait
seulement
soit les nombres rationnels,
le nombre des éléments
les Lorsque ce nombre d'élé1nents est connu, il convien-
drait, dans le cas des fractions de limiter la somme de
ces éléments; comme cette dernière limitation entraîne évidemment
celle du nombre des c'est eUe seule que l'on sera amené
à considérer.
Précisons pour les fractions
fixons le nombre de 3 ; si l'on suppose
d'abord y a 2 chiffres irréguliel'S, on aura les fractions telles
la suivante
( 1)
où le nombre pourra être par un nOinhre
de 2 et le 6 par un
Si l'on, suppose un seul chiffre
enfin, il
tels que
(3)
a
o,
o,
347
autre chiffre quelconque (1).
on aura les nombres tels que
on aura les nombres
Il est évidemment facile des règles
les nombres de l'une des formes (x), (3); nous n'insis-
terons pas sur les détails. Observons cependant l'étude
(
1
) Nous laissons au lecteur le soin d'étudier détails, tels que
o,q,6666 ... ou 0,7777 ... , ou 0,12999 ... ceux-ci se ramènent à des cas où le nombte
des chiffres est infériem• à 3.
8 CHAPITRE 1.
des difficultés à éliminer certains et
rendrait ainsi assez difficile leur dénombrement.
les fractions continues fixons à 4 le total des
chiffres périodiques et non
bilités suivantes :
I' I'
2,
I' I'
2,
3,
I' I' 1' I'
I'
~ 0 0
3,
"' "'
"'
I' I'
::>,
r' I'
,,
~ ,
2, ~ ) . '
I'
2,
... ;
... '
I'
?:,
I'
2, ... ,
2,
I' I'
2,
I'
I'
2,
I' I'
2,
I'
3,
I'
3,
l'
0
I'
3,
I'
3
"' '
Les développements suivants
2,
I' . '.'
2, 2, 2, ....
1'
r,
I'
. . . '
3,
0
"'
3
'
~ 0 ••
I'
')
~ ,
•)
.. , ••• j
correspondent aux totaux 2 ou 3 inférieurs à 4.
I'
... ;
l'
... :
3
'
. .. :
I'
En remplaçant le total 4 par les totaux 5, 6, 7,
on obtiendra tous les nombres quadratiques entre o et I ;
à la suite
I, I, 2, I, 2,
correspond le nombre
X=----
I+----
I+----
2+----
q. ue l'on trouve aisément égal . ~ - ·
v3
1
I+---
2+.
:ici encore, un certain nombre de difficultés de détail sur
. [esquelles nous n'insisterons pas malaisé un
Nous avons cependant tenu à
rôle on peut faire à la
on représente
étude
plus large du
un nmnbre ; nous
des divers
terme.
cet exemple, pour montrer
des moyens par
plus loin sur cette
au sens le
!LES NOMBRES RllLATIVEMllN'f INACCESSIBLES.
!J
4. Les divers d'un :m.ê:m.e ense:m.ble. Nous
avons pour certains ensembles divers modes de
numérotage. Il est clair que, si l'on a obtenu pour un ensemble
donné un mode de numérotage, il est aisé d'en obtenir une
infinité d'autres. Ceci revient à dire, en effet, que l'on peut ranger
la suite indéfinie des nombres entiers de bien manières
rentes, nombre entier un nmnéro déterminé, et inver-
sement.
Parmi les qm se l'un des plus
consiste à choisir une fonction croissante o , entière
lorsque n est entier et à permuter n, avec cp (n), sauf dans le cas
où n est égal à cp à moins que m n'ait été lui-même excepté.
Prenons, par cp(n) = n
2
; on permutera 2 avec 4, 3 avec g,
5 avec 25,6 avec 36,7 avec 4g, 8 avec IO avec IOo, II avec 121, etc.
et l'on obtiendra
I, 4, \), 2, 25, 49, 64, 3, 100, I:!I, 144,
169, rg6, 225, 256, 289,
On voit que 256 figure entre 225 et car 16 n'a pas été permuté
avec 4, lequel avait été permuté avec 2; r6 figurera donc à la 256
8
place, tandis que le carré de 256 conservera son rang; de même 6 56r
sera permuté avec Sr et le carré de 6 56r conservera sa place.
On aura un changement plus important en prenant pour ]a
fonction cp (n) une fonction croissant rapidement que
par exemple n! On obtiendrait . ainsi la suite :
1'
')
~ , 6
'
120, 3, 5o4o,
23!, 4, 25!, 26!,
... ,
dans laquelle le chiffre 5 occupe le I 20
8
rang, le chiffre 7 le etc.
On. voit que de petits nombres sont rejetés fort loin, tandis que
des nombres relativement grands viennent se placer dans les premiers
rangs. Il serait d'ailleurs aisé d'accentuer ces phénomènes en prenant
des fonctions cp à croissance de plus en ; on obtient
aisément de telles fonctions par l'itération; s1, par on
pose
on pourra écrire
= 91 [ tp 1 ( n)] = [ n ~ ] !
10 CHAPITRE 1.
et ensuite
On pourra
dement que
la méthode
considérer la fonction
'{in qui croît plus r a p i ~
fonctions '{!k C'est ce que l'on
On trouve alors
'l'2(2) == 2,
93(3)=720!,
'jl•"(4) = !)!]!
la factorielle d'un nombre
plus d'un
serait a
s ~ écrive sous urle forme assez
Comme ces résultats non seulement aux nombres
mais à toute suite dénombrable, il est naturel de se demander
si la distinction que nous avons dans une teHe suite,· entre
les termes accessibles et ceux qui ne le sont pas est une
ou artificielle. Cette en artificielle,
si elle était à la merci d'une modification de numérotage analogue
à celles que nous avons
allons voir qu'il n'en est rien et que, malgré les apparences,
la notion de termes inaccessibles est · de toutes les
modifications peuvent être
de réfléchir sur l'infini se rend compte de ce fait par
intuition que les termes inaccessibles sont tellement
que les autres qu'il ne peut y avoir de place au
que pour un nombre infime d'entre eux, mais il n'est
de préciser un peu cet intuitif.
5. Les fonctions caractéristiques
fonctions '{!
l'importance du changement dans
qui résuhe d'une correspondance univoque et
entiers n et m, correspondance teHe tout n
nombreux
de la série
pas inutile
- Nous
permettent
numérotage
entre les
un m, et
à deux n correspondant deux m
LES NOMBRES REILIIT!VIEMEN'f INACCESSIBLES.
Il
Considérons les valeurs I, 2, ... , n; il leur c o r r e s ~
pond n valeurs distinctes de que nous pouvons désigner par mv
m
2
, ••• , mn; nous désignerons par le plus grand de ces n nombres
on a évidemment rp ( n) > n,. car si cp ( n) était égal à n, on en
conclurait que les n nombres 1nv ... , m, coïncideraient avec les
nombres K, 2, ... , n dans un ordre différent, et si cela se
pour une infinité de valeurs n, la transformation
considérée reviendrait à une simple permutation à l'intérieur de
groupes successifs de termes; ce cas banal être laissé de
côté (
1
).
D'autre part nous par
valeurs des nombres nm qui respecti-
vement à r, 2, ... , m. Dans les exemples que nous avons donnés
plus haut, a se trouve que les fonctions rp et y., sont égales,
dans le premier cas à ou dans le second cas à n! ou ml; mais
il est aisé de former des exemples pour lesquels cette égalité ne se
produit pas; par exemple :
n .. .... . 2 3 ~ 5 6 7 8 9 10 II 12
rn ...... .
:1. 2 9 3 !6 5 25 6 36 7 49
La connaissance des fonctions cp ( n) et Y., ( m) permet de fixer
une limite aux modifications effectuées lorsque l'on considère des
valeurs de m et de n qui augmentent indéfiniment.
On peut affirmer, par la définition même de ces fonctions que si
l'on a pour tous les points certain ensemble
n<N
on peut .en conclure pour les points correspondants
m < qo(N)
et, de même, s1
on en conclut
n<
Ces résultats peuvent être exprimés par l'énoncé suivant les
(
1
) Des ont été étudiées dans ma Note : Sur le
ment de l'ordre des termes d'une série reproduite dans mes
JV!éthodes et Problèmes de Théorie des
I2 CHAPITRE 1.
restent aux
santes,
et Il nous à montrer que les fonctions cp et ne
pas modifier sensiblement la notion n est
les méthodes par
de fonctions crüls-
se heurte au théorème
de Paul du Bois Reymond.
6. L'échelle des croissantes. - Nous avons
déjà comment, en combinant l'itération avec le diagonal
on peut former des fonctions à croissance de en rapide.
Si l'on suppose, en effet, écrites sur une série de lignes, les valeurs
d'une infinité de fonctions croissant de plus en
plus pour les valeurs successives de la par
exemple :

'
3'
'

[)2,
6', 72, ;

3'1 4'1
53
6\

;
---'
' ' '
j
'
24, 3+
'
4"·,
5fr·, 6•·
'
..
;
25,
35
'
4"
'
5\
65
'
75, ;
.. .. ,
il est clair que la fonction définie par la diagonale 3
3
, 4
4
,
c'est-à-dire la fonction nn croît rapidement que les fonc-
tions n
2
, n
3
, ••• , qui sont définies par les lignes successives.
Comme il est de recommencer l'itération avec la fonc-
tion obtenue par le pms d'appliquer de nouveau
le procédé de nouveau on arrive rapi-
dement à obtenir des fonctions dont la de croissance dépasse
notre imagination.
Il est de remarquer qu'il y a un parallélisme
entre ces méthodes qm s'appliquent aux fonctions croissantes et
les on des nombres entiers de
grands. En on des entiers plus en plus
que l'on calcule la valeur d'une certaine fonction
à la variable la d'un entier défini. D'ailleurs,
dès que la des fonctions devient très cette rapidité
de la croissance importe plus que la valeur de par
ILES NOMBRES RELATiVEMENT INACCESSIBLES.
considérons
si nous posons
les itérées de la fonction
N = '{l1( = n",
et enfin
on voit facilement que tP ( woo) de la valeur des
fonctions cp
1
( cp
2
( .•• , cp
100
( pour des valeurs de n qm
comporteraient des milliards de chiffres.
Nous avons défini les nombres relativement
ceux qui avoir été ou qui pourront être
définis par des hommes, avant que disparaisse l'humanité et une
limitation nous est apparue, du fait que le nombre des hommes
est · ainsi que le nombre des de chacun d'eux.
donc admettre que les fonctions cp ( N) et · ~ ( M) du para-
graphe précédent, telles qu'elles être définies d'une manière
compliquée ·que nous l'imaginer, sont néanmoins
infiniment moins croissantes fonctions qui interviennent
dans la définition des nombres inaccessibles. C'est précisément ce
que nous voulions établir : si que soit la croissance de ces
fonctions, elle est insignifiante par rapport à la notion de nombre
inaccessible, de sorte que la transformation est sans
influence sur cette notion.
On peut ces résultats en utilisant le théorème
de Paul du Bois Ce théorème s'obtient par l'application
de la méthode diagonale, il semble hien que Paul du Bo:is
Reymond a été ainsi l'inventeur.
Le théorème de Paul du Bois
l'on donne une infinité dénombrable de
il est de construire une fonction
en ce que, si
croissantes cpn (x),
'f (x) croissant
dement que chacune des cpn ). Pour démontrer ce théorème,
on commence par établir que si l'on a une infinité de fonctions
croissantes cpn (x), on peut construire une infinité de fonctions
croissantes (x) telles que pour toute valeur de x, (x) soit
à cpn et que, pour toute valeur de x, (x) soit
r4 CHAPITRE L - l.llS NOMBRES RELATIVEM.ilNT INACCESSIBLES.
supérieur à ~ ~ ~ quel que soit x. La fonction Hn) ~ ~ ~ (n) satisfait
aux conditions de l'énoncé puisque, à d'une certaine valeur de n,
eUe est supérieure à l'une quelconque des fonctions cpn (x).
On voit que, si l'on a un ensemble dénombrable et si l'on recom-
mence son numérotage une infinité dénombrable de on définira
ainsi une infinité . dénombrable de fonctions croissantes et l'on
pourra construire la fonction ~ ( x ) de Paul du Bois Reymond,
. à croissance plus rapide. Cette fonction ~ et toutes ses itérées
rentreront dans la catégorie des fonctions qui interviennent dans
la définition des nombres accessibles et, par suite, quelle que soit
la ra p:idité de la croissance de elle est négligeable par ra ppo:rt
aux: nombres inaccessibles, resteront inaccessibles dans tous
les numérotages considérés (
1
).
sommes ainsi amene a reconnaître une propriété d'inva-
riance absolue à la notion d'inaccessibilité relative. tient simple-
ment à ce que nous n'avons jamais utilisé l'infini réalisé, mais seule-
ment le fini et que les constructions les plus compliquées, si elles
n'utilisent que le fini, resteront toujours aussi loin de l'infini.
Nous nous rendrons au Chapitre IV, de l'importance de
ce résultat.
(
1
) Bien entendu, si l'on recommence le numérotage umdnfinité dénombrable
de fois, il est permis, dans le numérotage de rang n de donner le rang n à, u
1
et
le rang 1 à !ln; si le nombre n est inaccessible, ceci semble contredire notre'
conclusion; mais on doit observer que, en ce cas, le numérotage de rang n est
lui-même inaccessible.
LES NOMBRES ABSOLUMENT INACCESSIBLES.
7. Les incon::u:nensurables. - Ce sont les Grecs qui
ont découvert les nombres en démontrant que
la racine carrée de 2 ne pas être égale au de deux
nombres entiers. On a depuis précisé que tout nombre incommen-
surable peut être défini par la division en deux classes de
des sous la condition que tout nombre de la
première classe est inférieur à tout nombre de la seconde. dans
ces conditions, il a pas dans la première classe nombre .
grand que tous les autres, ni dans la seconde classe nombre
petit que tous les le nombre incommensurable est
défini comme étant le seul nombre supérieur à tous les
de classe et inférieur à tout nombre de la seconde.
Dans certains cas, la division en deux classes des nombres ration-
nels est aisée, car il est de un critérium simple
de savoir à quelle classe appartient un nombre donné.
Si nous nous cmnpns
entre o et I, on définira
un nombre E dans la
q
ou dans la seconde classe suivant
que l'expression
est positive ou négative.
On peut appliquer la même méthode à un nombre
quelconque, à toute racine d'une algébrique
de degré à coefficients entiers. n est, en effet
par une transformation d'être ramené au cas l'équation
algébrique a une racine et une seule comprise entre o et r. Dans
ces conditions, un nombre E sera
q
dans l'une des deux classes
16 CHAPITRE Il.
suivant que la valeur
f ( ~ ) est positive ou
t
dési-
gnant un polynome à entiers.
La même méthode s'applique à certaines équations transcendantes;
par exemple l'équation
cos x- sin = o
r.
a comme seule racine comprise entre o et 1 le nombre - s1 donc
4'
on pose
la valeur de f
q
sera positive ou négative suivant que E sera
q
inférieur ou supérieur à ~ ·
leur simplicité apparente, définitions précédentes .sont
à généraliser, en ce sens qu'il paraît difficile une
méthode générale pour séparer en deux classes l'ensemble des nombres
rationnels compris entre o et I, si l'on impose la condition que tout
nombre de la première classe est inférieur à tout nombre de la
seconde. En fait, on ne peut arriver à remplir cette condition essen-
tielle que si l'on connaît déjà une autre définition du nombre irra-
tionnel que l'on se propose de définir. La question se présenterait
sous une forme encore compliquée si l'on se proposait de donner
les numéros entiers des nombres rationnels de la première classe.
dans un procédé de numérotage déterminé. On aboutirait ainsi
en effet à diviser en deux classes l'ensemble des entiers, mais les
propriétés que devrait avoir une telle apparaissent comme
extrêmement compliquées.
n est cependant facile de définir tout nombre compris entre 0
et x, rationnel ou irrationnel, en :indiquant une division en deux
classes de l'ensemble des entiers, cette division pouvant être choisie
arbitrairement. Tout nombre compris entre o et I peut s'écrire, en
effet, dans le système de numération binaire, sous la forme
X= o, IOOIOII!Ol .••
et il de ranger d ~ n s une classe les rangs des chiffres x et dans
l'autre classe les rangs chiffres zéro. Au nombre donné corres-
pond donc une division déterminée (sauf dans le cas des nombres
égaux au quotient d'un entier par une puissance de 2, car ces
LiES NOMBRES ABSOLUMENT INACCESSIIILES.
I7
nmnbres
en
s'écrire de deux manières différentes. On a,
0, l 00 Il = 0, I 0010 I 1 1 ! l " " . ,
le 1nembre se par une infinité de o et le second.
par une infinité I.
Nous verrons, au quelles sont les difficultés que
la définition complète à priori de suites d'entiers
telles que celles que nous venons d'envisager, à titre d'exemples,
exemples qui auraient être multipliés. En fait, ce sont les nombres
incommensurables qui définissent généralement les suites d'entiers
et non pas ces suites qui définissent les nombres incommensuc
rables; nous étudierons d'ailleurs ce dernier cas après avoir étudié
le
8. La définition directe des nombres incommensurables. -
Nous avons déjà donné des exemples de nombres incommensurables
qui sont définis directement au moyen d'un nombre fini de nombres
entiers. Tel est le cas des nombres algébriques.
Les mathématiciens ont, d'autre part, défini depuis longtemps des.
fonctions transcendantes simples; les plus connues sont log x,
sinx, cos x; on peut citer aussi les fonctions elliptiques; lorsque l'on
adopte les notations de Weierstrass celles-ci dépendent de deux
nombres arbitraires, les invariants g
2
et g
3
; il est clair que nous
devons nous borner au cas où ces invariants sont des nombres
accessibles déjà définis, par exemple des nombres rationnels ou
algébriques.
n est évident que les valeurs que prennent ces fonctions simples
lorsque la variable est un nombre accessible sont eUes-mêmes des
nombres accessibles. Tel sera donc le cas pour e", log a, cos a,
s1na, p g
2
, etc.
On peut aisément généraliser ces résultats en considérant une
équation différentielle algébrique à coefficients entiers et en se
donnant comi:ne conditions initiales des nombres accessibles; la
valeur de l'intégrale pour une valeur access,ible de la variable est
elle-même accessible.
Tous les nombres accessibles que l'on définira ainsi sont en nombre
fini, si l'on n'utilise que les entiers relativement accessibles, eux-
1 ~ ~ BOlREL.
18 CHAPITRE Il.
mêmes· en nombre fini. Mais il est en
difficulté, même si eUe est insoluble,
difficile. Nous sommes amsr
accessible l'infinité dénombrable des
que nous venons définir au moyen
utilisant un nombre d'entiers
en infinité dénombrable.
procédés que nous avons décrits et de
ceux pourront être imaginés par futurs mathématiciens
ce que nous avons dit des entiers : le nombre de ces procédés est,
en fait, fini et nous pouvons tout au le· considérer comme
si ne fixons aucune lintite supérieure à la
de l'espèce humaine et au nombre total des hommes à venir. Comme
chacun de ces procédés ne utiliser effectivement qu'un nombre
limité d'entiers (ou de nombres accessibles précédemment définis),
le nombre total des nombres ainsi accessibles sera dénombrable,
c'est-à-dire ne représentera qu'une partie infime de l'ensemble des
nombres incommensurables qui resteront inaccessibles.
Il nous reste maintenant à examiner les procédés de définition
indirecte des nombres incommensurables, en utilisant les propriétés
arithmétiques . des précédemment définis.
9. Les procédés de définition indirecte. - Nous avons écarté
comme irréalisable la définition d'un nombre incommensurable
&u d'une suite dénombrable de nombres entiers, une telle
suite dénombrable ne pouvant être elle-même définie d'une manière
générale. n est cependant des suites dénombrables d'entiers que nous
devons considérer comme définies; ce sont les suites peuvent
à un nombre incomm.ensurable nous savons
définir. Nous avons indiqué quelques-unes des suites d'entiers
pouvant être ainsi rattachées à un nombre incommensurable donné;
on peut en indiquer une infinité dénombrable d'autres.
Signalons-en une particulièrement simple et dont l'étude appro-
fondie est intéressante. sait que tout nombre a entre o
et I peut être écrit s,ous forme d'une fraction continue dont les
quotients incomplets sont des entiers non nuls : a
11
a
2
, ••• , an, ...
On
LES NOMBRES INACCESSIBLES.
19
I
0 . = ~ - - - -
1
On pourrait rattacher au
Mais cette suite est en
nombre rx la suite a
1
, ••• , an, ... ,
entiers pouvant y figurer une
de poser
fort compliquée, certains nombres
infinité de fois; il est plus simple
b1= a1,
hz= at+ az,
b:1 = ai+ a2 + a:1,
b.,= a1+ az+ a3+ a,,
La.suite b
11
••• , ••• est alors une suite croissante d'entiers;
toute suite croissante détermine sans ambiguïté les an et le nombre rx.
On peut même que tout ensemble dénombrable d'entiers,
pouvant être, s'il est bien connu, être mis sous la forme d'une suite
croissante, peut ainsi être rattaché d'une manière univoque et
réciproque au nombre incommensurable rx.
Mais nous savons d'autre part qu'il y a bien des manières de
définir un nombre incommensurable au moyen de la suite croissante
donnée b
1
, b
2
, ••• , bn, ....
On peut, par exemple, écrire les entiers bn dans le système décimal,
ce qui donne une suite telle que la suivante
et convenir que cette suite définit la fraction décimale illimitée
obtenue en écrivant après la virgule tous ces nombres
j:l = o,7 I2 23 5o Sg 3245 3246 35oo ....
Bien entendu, le nombre ~ peut être obtenu au moyen de plusieurs
suites croissantes différentes, par exemple, par
712, 235o, I8g32, ... ,
maxs cec1 ne gêne en rien nos conclusions.
20
d'autre
infinité
b,,
CHAPITRE Il.
... , bn, ...
'.''
et chacune de ces suites pourra, par des divers,
de définir une infinité de nombres incommensurables.
Signalons enfin qu'il y a une infinité de procédés
former de nouveBes suites lorsqu'on en connaît une,
bi+I, b2-1-2, b3+3,
Chacun des nouveaux nombres
pourra donner lieu à d'autres
de nouveaux
définis au moyen d'une
avec lesquelles on formera
Si nous qualifions d'indirecte la formation nombre ~ , on pourra
définir des nombres dont la formation sera doublement indirecte,
indirecte, etc., et même une infinité dénombrable de
fois indirecte.
de ces nombres à formation indirecte ont été considérés
par divers mathématiciens à titre d'exemple, en vue de démontrer
certains faits particuliers. Mais il ne pas qu'une théorie
générale de ces nombres soit près d'être édifiée et que l'on obtienne
prochainement un résultat permettant d'incorporer ces nombres
dans une théorie mathématique.
Il semble bien, en que nous soyons complètement incapables
de démontrer aucune propriété du nombre ~ ' se rattachant à une
propriété du nombre ()( au moyen duquel nous défini. C'est
seulement si l'on arrivait .à un tel résultat que l'on aurait le droit
de considérer [?> .comme étant un véritable être mathématique.
Un tel êtr() doit, en effet, pour être intéressant aux yeux des mathé-
avoir au moins deux propriétés (en y comprenant ceBe
au moyen de laquelle il a été
Ce qui nous intéresse, c'est que des de
nition est évidemment dénombrable (nous aurions même
le droit de dire fini, 1nais nous éviter toute possibilité
et que par suite l'ensemble des non1bres accessibles
par ces méthodes est lui-même dénombrable.
!LES NOMBRES ABSO!LUMEN'f INACCESS!B!LES.
1 O. Les nom.bres absolum.ent Notre conclusion
est que, parn:lÏ les nombres incommensurables compris entre o
et I, ceux qui sont accessibles un ensemble
l'ensemble de ceux qui sont inaccessibles est un ensemble
rable dont la mesure est à l'unité; ces nombres absolument
inaccessibles doivent donc être comme infiniment
que les nombres accessibles et même que les nombres
relativement
nombres absolument
qm de nT'<>o>·•o<>re.
les difficultés qui sont une de l'inaccessibilité, c'est-
à-dire du fait qu'aucun de ces nombres ne être défini avec
précision, de que des mathématiciens qui en pa:rlent
soient assurés qu'ils parlent d'un même et unique nombre. C'est
à ce critère positif faut rèvenir lorsque l'on
un être Bien il n'est pas interdit
d'étudier des classes d'êtres mathématiques, par exemple les fonc-
tions continues d'une variable ré eUe et d'étudier les propriétés
communes à cette classe de fonctions. Mais cette étude perdrait
certainement la plus de son intérêt si l'on ne connaissait
pas des fonctions particulières bien définies auxquelles on peut
les résultats obtenus pour les fonctions de la classe.
Nous montrerons loin que le calcul des peut être
utilisé pour l'étude des dont les éléments
individuels restent inaccessibles. Les applications du calcul des
sont dominées par la choix, directement
liée à la notion de probabilité. C'est ainsi que nous serons conduit
à exammer certains de l'axiome du choix de Zermelo.
11. du -Je pas l'intention
d'étudier d'une manière livre l'axiome
choix de Zermelo sur lequel nous reviendrons au paragraphe 44.
n bien plus étendu pour
et étudier toutes les qui ont été déduites de cet
notamment par l'ecole polonaise. Nous à
M. par.u dans cette CoHection et à la Collection
Fundamenta
22 CHAPITRE Il. - LES NOMBIU:S ABSOLUMENT INACCESS!llLIES.
Il nous suffira de que l'axiome du choix de Zermelo conduit
à admettre qu'un élément disting':lé peut être cho:is:i dans tous les
sous-ensembles du continu, c'est-à-dire en dans l'ensemble
des nombres absolument inaccessibles. On est donc conduit à admettre
que l'on a le droit de désigner par a un nombre inaccessible et
d'affirmer que ce nombre a est bien distinct de. tous les
autres nombres :inaccessibles; en somme, que tout se passe comme
s'il était accessilo le.
Admettre un tel ·axiome n'est pas plus déraisonnable que de
désigner par i un nombre dont le carré est égal à - I, que
l'on a constaté qu'il n'existe pas de tel nombre parmi les nombres
connus. Les imaginaires ainsi créés par un acte de volonté des
mathématiciens se sont révélés une source féconde de théories
mathématiques, qui ont conduit à de nombreux résultats nouveaux
dans le domaine des réelles. L'axiome de Zermelo conduit
également à définir des ·nombres qui avaient, à juste titre, été consi-
dérés comme indéfinissables; on aurait pu les appeler imaginaires,
si ce terme n'avait pas déjà une autre signification. Une branche
nouvelle de la science se trouve ainsi créée, à savoir l'ensemble des
théorèmes qui peuvent être obtenus en partant de r axiome de
Zermelo. J'ai proposé (
1
) de donner le nom de mathématiques eucli-
diennes aux mathématiquesdans lesquelles on n'admet pas l'axiome
de Zermelo; les relations entre les mathématiques de Zermelo et
les mathématiques euclidiennes seront intéres·santes à étudier et,
à mon avis, il serait particulièrement intéressant d'examiner s:i les
mathématiques de Zermelo peuvent conduire à des résultats intéres-
sant les mathématiques euclidiennes, mais difficiles à démontrer
directement, comme cela a été le cas pour les :imaginaires (
2
). C'est,
à mon avis, ce qui décidera dans l'avenir de la véritable valeur mathé-
matique de l'axiome de Zermelo.
(
1
) C. R. Sc., t. rg5o, p. rg8g.
(
2
} Par• exemple, le d'algèbre d'après réel
est le produit de polynomes réels elu premier et ·elu second est mse a
;;,m,,,,ty.,,,. pal' l'emploi des et bien plus malaisé à démontx'elt' direc-
tement. n n'aurait pas été, a absurde de supposer que cette démonstra-
tion directe serait impossible ~ comme l'ont été ,iusquïci les démons-
des. théorèmes de Fermat et de Goldbach.
DU CONllNU.
12. euclidien. - C'est la Géométrie a conduit les
mathématiciens à définir les nombres incommensurables et à avoir
une conception intuitive du par exemple de l'ensemble des
nombres compris entre o et r. géométrique n'a pas
cessé de nous être utile, bien que certains résultats singuliers de la
théorie des ensembles aient parfois paru la contredire
n n'est donc pas inutile de rappeler brièvement les
essentielles de l'espace euclidien, c'est-à -dire de l'espace qu'ont
seul connu et exclusivement utilisé les géomètres depuis l'époque
début du xxx
8
siècle.
Les deux caractères essentiels de cet espace consistent en ce
l'on y définir très simplement l'égalité et la similitude des
figures.
Tout l'égalité. D'après Euclide, deux sont égales
lorsqu'elles sont superposables. Ge serait une tautologie de dire
que deux figures sont lorsqu'elles
s'agirait alors de la même figure. Mais, pour que figures super-
posables deviennent deux figures il faut déplacer l'une
d'elles et l'axiome euclidien de l'espace consiste en ce qu'un tel
déplacement est sans la grandeur et la forme de la
figure.
Cette de la possibilité du déplacement dans l'espace
est la généralisation d'observations usuelles de la vie quotidienne,
observations que nous utilisons constamment et sans
n ~ t r e vie serait impossible. Parmi ces les plus immé-
(
1
) Je fais notamment 1e1 allusion à l'existènee des ensembles de mèsure
nulle partout denses.
CHAPITRE Ill.
sont celles qui sont relatives à notre propre corps, qui se
déforme évidemment quand nous marchons, mais qui peut reprendre
ensuite la même attitude, de sorte que nous avons la certitude que
le déplacement ne l'a pas changé, que nous sommes la même personne.
Cettwobservation s'étend vite·à un grand nombre familiers,
meubles ou outils.
Le travail d'abstraction du géomètre le conduit à une double
généralisation de ces observations. D'une si nous y regardons
de nous devrons constater déplacement quelconque
amène une modification, en général très faible et non mesurable,
mais cependant existante. Nous savons, en effet, que les corps
solides sont soumis à la pesanteur et que celle-ci peut modifier
leur forme; cette modification est très apparente si une longue
barre de fer est appuyée sur deux supports à ses extrémités; on
constate un léger Héchissement au milieu de la barre; nous avons le
devoir de supposer que des modifications mais trop
faibles pour mesurées, doivent se produire dans tous les objets
pesants, lorsqu'on modifie leur position par rapport au champ de
Ia pesanteur.
Nous savons aussi que la constante de la gravitation varie avec
la latitude; eUe est plus forte à l'équateur qu'au pôle; elle varie donc
très légèrement si nous déplaçons un corps en le rapprochant de
l'équateur, d'où une déformation extraordinairement petite, mais
que le mathématicien ne doit pas négliger. nous plaçons,
bien entendu, dans l'état d'esprit du mathématicien qui
ignore la Physique moderne et même. les théories moléculaires.
Le géomètre doit donc généraliser par abstraction les résultats
observés en regardant comme négligeables les déformations
m.ement petites et en considérant que le déplacement laisse rigou-
reusement invariables les figures géométriques.
D'autre part, nous n'observons que des déplacements finis. Même
si, depuis Copernic, nous savons que la Terre se déplace, un tel
déplacement est limite à quelques millions ou milliards de kilomètres;
la généralisation de la Géométrie euclidienne consiste à ne
pas fixer de limite supérieure à la dimension du déplacement;
l'espace euclidien est regardé comme infini et l'invariance des
déplacées même si la valeur
cement (l'unité étant, par le l'année
L'HOMOGÉNÉITÉ DU CONTINU.
chiffre dans
de ceux que nous avons u1acces-
sibles.
On sait que les dimensions
sont des nombres relativement
être aisément
nullement ceux
de se
13. La si:militude dans
une imagination assez
euclidien s'étendant à l'infini
montré les et l'existence d'un
groupe de déplacements laissant les figures invariantes ne suffit pas
pour caractériser l'espace euclidien; a faut y l'indémontrable
postulatum d'Euclide, relatif aux parallèles·, postulatum auquel
on donner de nombreuses formes entre elles.
La de ces comme je l'ai indiqué il y a longtemps,
est l'existence de figures semblables (
1
). On fait ainsi appel à une
simple et que l'on se contente de généraliser
et de préciser par comme on l'a fait pour les dépla-
ceinents.
Depuis que l'homme des cavernes a su tracer des dessins
sentant des animaux, l'humanité sait que deux dessins peuvent,
à des échelles différentes, représenter le même Cette notion
:intuitive tient évidemment au fait qu'un même nous apparaît
comme plus grand ou plus petit suivant que nous nous approchons
ou nous en éloignons, mais conserve cependant, en gros, la même
forme.
On est conduit ainsi naturellement à la définition générale des
On peut dire que les de ces figures se
deux à deux, de telle manière que trois
quelconques et leurs correspondants forment deux triangles sem-
cet!X-ci étant définis connne ayant les angles et
côtés proportionnels.
Dans la pratique usuelle, des ont un rapport
de similitude assez de cartes
(
1
) Géométrie élémentaire Colin, traduit notamment en allemand,
russe,
CHAPITRE IlL
lesquelles se
en raison de la sphéric:ité de la
d'ailleurs des
Mais rien ne pouvait empêcher
les de la dans
un domaine abstrait bien
et d'admettre que le
étendu que celui de notre
de similitude 1Jeut la valeur
des "'-"uù'""''''-'•0, ou être aussi petit que l'inverse
dans comme
de rattacher à
l'espace réalité physique
Les recherches cosmogoniques la
la relativité, celle des quanta et des modèles de l'atome, ont montré
combien cette euclidienne de l'espace est insuffisante;
mais elle conserve toute sa valeur abstraite.
14. L'ho:m.ogénéité l'espace. - On peut résumer les deux
essentieBes de euclidien en que c e l ~ i - c i
est homogène et n'admet aucune unité de longueur privilégiée;
les ne ni du choisi comme
de longueur, ce qui revient à que l'on
arbitrairement l'origine et l'extrémité du vecteur unité.
euclidien équivaut alors à l'espace cartésien défini par trois axes
de coordonnées rectangulaires et une unité de longueur. L'homo-
généité de l'espace entraîne en particulier l'homogénéité du continu
à une c'est-à-dire des abscisses définies sur une droite.
C'est cette homogénéité qm nous intéresse au point de vue de la
définition des
point de vue la translation et la similitude
au remplacement de x par x+ a ou par ax; l'ensemble des
deux transformations à la transformation linéaire qm
x par ax b, Au point de vue qui nous intéresse
il y a lieu d'examiner le cas où l'un au moins des deux
a et b est La transformation
considérée fait alors
à certains nombres
inaccessibles soit parce
soit parce qu'ils sont
corres·
L'HOMOGÉNÉITÉ DU CONTINU.
Nous nous bornerons, comme nous l'avons
à la considération des nombres réels et positifs
ils sont représentés sur un de que nous situons dans
eudidien; l'ensemble des nombres que nous étudions par-
donc à l'homogénéité de cèt espace.
Nous adopter, pour notre exposé, la numération
utcu1.ucu"; notre Chapitre V sera consacré à l'étude des divers autres
de numération.
nous divisons le segment o-I en IO
immédiatement que, pour les intérieurs
segments, premier chiffre décimal qui suit la
égaux, on voit
à chacun de ces
et a une des valeurs o, I, 2, ... , g lorsque r on successi-
les segments depuis o jusqu'à l'extrémité L
Il en est de même SÎ divise le segment 0-I en lOO, XOOO,
IO ooo parties égales; on obtient ainsi des segments sur chacun
desquels 2, 3 ou 4 des chiffres décimaux qui suivent la virgule sont
déterminés.
En vertu de l'homogénéité du continu, les divers segments égaux
que l'on obtient en divisant, par en IO ooo parties
sont et,. en un certain sens, Nous pouvons,
.d'autre part, en multipliant par w ooo les dimensions du S
dont les extrémités sont deux points d'abscisse 14 5,
amener ce segment en coïncidence avec le segment o-I; il sera donc
possible d'étudier la subdivision du S comme on l'a fait
pour le o-r et. de répéter cette opération aussi souvent
le voudra; on évitera a:insi d'être obligé de considérer des
trop à l'intérieur desquels il ne paraîtrait pas
de figurer des divisions. sommes ainsi. préparé à
du dans le continu.
15. Le choix dans le continu. - Lorsque les théoriciens des
probabilités en arrivent à définir les probabilités relatives à la
tion d'un un segment de droite, ils observent généralement
que cette définition est, a · arbitraire, et que l'on peut bâtir
une de la en choisissant une fonction quel-
conque f (x), assujettie simplement à la condition
et de vérifier la condition
d:x: = l
CHAPITRE Ill.
en supposant le segment donné de
aussitôt que le cas où la "1-tYn,·lr,,..
culièrement intéressant et que la
justement être de normale. Cette remarque
qui ont réfléchi à du continu; si. le segment o-I est
en ces segments doivent être
comme et par suite la
d'eux soit choisi doit être la
Ceci revient à dire que la pour que le
qui suit la virgule soit à l'un des nombres o, I, 2, .•. , 9 est la
même pour chacun d'eux et par suite à un dixième;
le est déterminé, on faire un raisonnement
puis pour le troisième et ainsi de suite.
""'"u'""" a constamment la même
d'être choisi que l'un des autres
et la valeur commune de ces probabilités est donc certainement
égale à un dixième.
L'étude des nombres inaccessibles compl'Îs entre o et I équivaut
à l'étude d'un problème de probabilités dénombrables, dans
lequel le nombre des est en infinité chacune
des un choix entre dix éventualités dont les ·
sont égales, leur valeur commune étant un dixième.
se représenter une infinité dénombrable de tirages au
sort, effectués par exemple au moyen de roues analogues à celles
que l'on pour certaines loteries,
donner l'un des dix chiffres avec des
Le problème est un des problèmes les plus de
probabilités qui a été étud!é sous le nom de problème
des les du calcul
Le résultat bien connu sous
le nombre des
niment la cas déterminé, que l'on
favorable, a la probabilité de ce cas.
Dans le qui nous occupe, si l'on
comme cas favorable la chiffre 7, la
nombres nous apprend que la de ce cas aura pour

10
le nombre des augmentera indéfiniment,
JL'HOMOGÉNJllTÉ DU CONTINU.
La a d'ailleurs de
la loi forte des grands
n1ais ce n'est pas ICJ
Un fait important est à
po un a
consécutifs
nombre donné de
un nombre quelconque de chiffres
supposer consécutifs. La
dont le est fixé forment
à w-". Tel est, en le cas pour
ces n consécutifs soient tous des zéros. Comme il y a une
infinité dénombrable de groupes de n chiffres l'événe-
ment c'est-à-dire le fait que l'un des groupes coïncidera
avec un nombre quelconque donné se produira une infinité
de fois : la chacun des groupes possibles de n
au1·a pour limite IO-n lorsque le nombre des groupes étudiés aug-
mentera indéfiniment.
J'ai proposé de donner le nmn de nombres normaux par rapport
au de numération décimale aux nombres décimaux illimités
tels que les groupes d'un nombre quelconque n de chiffres
cu tifs satisfassent à la condition que nous venons d'énoncer : leur
fréquence est effectivement celle qui l'ésulte du calcul des pro-
babilités et de la loi des grands nombres (
1
). Nous au
Chapitre des divers systèmes de numération, sm· la
n o m b r ~ s normaux et absolu1nent nor1naux.
au système décimaL Nous pouvons
ce · précède nombre au hasard
1 est un inaccessible normaL
La question de savoir si les nombres incommensurables accessibles
qui nous sont connus sont ou non norniaux est une des passion-
nantes de l'Arithmétique; m.ais eUe fort loin d'être
car on n'aperçoit pas par pourrait être attaquée.
Tout ce que l'on peut s1 considère ùn nombre
tel que rr, ou e, ou entre ces nombres
et le ro, base donc comme
(
1
) On dans certains cas, tous les groupes de n eonsé-
cutifs et, dans d'autr'es cas, seulement ceux de ces groupes tels que le I'ang du
der•nier chiffre est un de ·n; mais cette distinction n'a, en I'éalité,
aucune importance.
3o CHAPITRE Il!.
peu vraisemblable que le décimal de tels
une singularité, comme ce serait le cas si le 7 était
plus fréquent le chiffre o. Mais ce raisonnement n'est pas une
démonstration et, d'autre part, il ne pas à des nombres
tels que ou puisque 2 et 5 sont des de IO et
les chiffres décimaux connus de ces nombres semblent bien satisfaire,
eux à la loi du hasard.
Nous reviendrons sur cette question au Chapitre V.
16. La mesure et la L'étude de la pro"
pour qu'un point choisi entre o et E satisfasse à
conditions, c'est-à-dire appartienne à un ensemble E défini par ces
se rattache directement à la définition et au calcul de
la mesure de l'ensemble E. Je n'exposerai pas, ici la théorie générale
de la n1.esure des ensembles, théorie à laqueUe sont consacrés, en
tout ou en partie, plusieurs volumes de cette collection de monoc
graphies. Je m,e contenterai de rappeler que, par définition, la mesure
d'un intervalle est égale à sa longueur; si cet intervalle appartient
au domaine fondamental o- x, cette mesure est bien égale à la pro ba-
bilité pour qu'un point choisi au hasard dans ce domaine appartienne
à l'inter':'alle. La définition constructive de la mesure, qui correspond
aux ensembles Lebesgue a nommés mesurables B, consiste à
conûdérer des ensembles formés d'un' nombre fini ou d'une infinité
dénombrable d'intervalles sans partie commune; leur mesure
est égale à la somme mesures de tous ces intervalles. D'autre
part, si l'on a défini mesure de deux ensembles E
1
et E
2
tels que
tout point de E
2
appartienne /:1 Ev la mesure de l'ensemble E
1
- E
2
des points de Ev qui n'appartiennent pas à. E
2
, est égale à la
différence mesures de E
1
et de Les deux opérations que nous
venons d'utiliser : somme d'une infinité dénombrable sans partie
commune et différence de deux ensembles dont le premier contient
tous les points du second, ces deux pourront être répétées
un nombre fini ou une infinité dénombrable de fois.
Nous allons donner un exemple qui nous permettra d'introduire
la notion très importante d'ensemble de mesure
intéressantes au point de vue de
dienne dans le cas où au lieu d'un seul déplacement, on est
à en considérer une infinité dénombrable.
L'HOMOGÉNÉITÉ DU CONTINU. 3.1
les fractions décimales
celles dans ne pas
pomr que le chiffre 5 ne soit l'un des n
la est
]Jn=
10
)
Il..
Cette Pn tend vers zéro lorsque n :indéfini-
ment; la pour que ne un chiffre 5 est nulle.
On retrouve aisément ce résultat en construisant les intervalles
successifs se trouver le x pour que le chiffre 5 figure,
soit au rang la virgule, soit au second rang, soit au
troisième et ainsi de suite indéfiniment.
Si le chiffre 5 figure au prem1er rang la le point
0,06 0,36 0,46 0,56 0.16 O,Bo
1 Iii Il ISI
0 0,05 0,35 ll.45 0,5 0,6 0,65 0,75
Il 1 i
O,BSO,!!!i
:Fig·. I.
est compris entre o,5 et nous couvnrons de
hachures l'intervalle correspondant I ). Si le chiffre 5 n'a pas
au rang, ce chiffre sera l'un des 9 autres
chiffres : o, I, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9 et, pour que 5 au rang,
le non1bre x devra être compris dans l'un 9 intervalles
o,o5, o,I5, o,x6; o,25, o,35, o-,36;- o,45, o,4G;
o, o,GG; o,75, o, o, o,86; o o,g6
que nous avons auss1 couverts de hachures.
observera ensuite que si les 2 chiffres a près la
ne sont n:i l'un ni l'autre des il y a pour chacun d'eux 9
soit pour l'ensemble des deux; à de ces possi-
tels que o,o7, ou un intervalle
ou
un millième et qui devraient
continuant de la même
à couvrir de hachures des ·
. l 9

10 100
etc. dont chacun a pour longueur
aussi être couverts de en
les chiffres on arnvera
dont la longueur totale sera
+ + ... + ---r- ••• ,
CHAPITRE Ill.
série dont la somme, comme on le
On retrouve ainsi le résultat
aisément est égale à l'unité.
la (ou la
mesure) est égale à x pour l'ensemble E des dans le déve-
loppement décimal desquels figure chiffre 5 et par suite égale
pour l'ensemble
pas. Ce dernier
que la mesure de
à o pour l'ensemble
des nombres dans lesquels le chiffre
ensemble sera dit de mesure nulle, tandis
l'ensemble E est égale à l'unité.
Les intervalles qui forment E ont une totale L, égale
à I. Il est donc possible de les de manière à recouvrir un
intervalle donné o-I; au point de vue cet intervalle doit
donc être regardé comme égal à l'ensemble E, bien que la structure
de celui-ci soit bien différente.
Cet ensemble E se compose d'intervalles I, dont on peut dire
sont denses dans o- I, ce qui veut dire que,
toute portion, si petite soit-elle, de l'intervalle o-I, ou bien appartient
à l'un de ces intervalles, ou bien comprend à son intérieur une
infinité de ces intervalles. Mais, d'autre part, deux quelconques de
ces intervalles I sont entièrement extérieurs l'un à l'autre et ne
peuvent pas être juxtaposés; ils sont séparés par une infinité de
points n'appartenant pas à E. Nous avons vu que les deux extré-
mités de l'un des intervalles I sont des nombres décimaux tels que
les suivants :
o,
les 7 chiffres suivant la virgule dans cet exemple ne être
des chiffres 5. On constate que l'extrémité gauche de l'intervalle
se termine par un 5 et l'extrémité droite par un 6. Mais on peut
écrire aussi l'extrémité gauche sans utiliser le chiffre 5, car on a
On peut donc admettre que les extrémités des intervalles for-
mant E appartiennent l'une et l'autre à l'ensemble complémentaire
et il est aisé de voir que tout point limite l'ensemble de ces extré-
mités complémentaire ~ e t
ment, que tout point l'ensemble
est un point limite de ces ensemble complémentaire
que nous désignerons par CE est donc un ensemble parfait, car
les points de l'ensemble E, étant tous intérieurs à certains inter-
!L'HOMOGÉNÉITÉ DU CONTINU. 33
vaHes, sans coïncider avec les extrémités, ne peuvent pas être des
points limites, ni des extrémités de ces intervalles, ni de points
extérieurs à ces intervalles.
L'ensemble CE a la puissance du conti mt; ii est très facile
d'établir une correspondance univ?que et entre les
de CE et les de l'intervalle o-L Un point CE a en
effet pour abscisse une fraction décimale inimitée (ou limitée)
o,
dans laqueHe ne figure pas le chiffre 5, mais qui n'est assujettie
à aucune autre condition; si ce développement nous diminuons
d'une unité les chiffres supérieurs à 5, nous obtenons
( b) o,
et si nous supposons ce nombre (b) écrit dans le système de numé-
ration de base g, ce sera un nombre quelconque entre o
et I. A tout nombre écrit ainsi dans le système de base g, on
fera en effet correspondre le nombre (a) écrit dans le système de
base IO et obtenu en ajoutant une unité aux chiffres de (b) égaux
ou supérieurs à 5.
Dans le langage de Ia théorie des ensembles, on dit, d'après
George Cantor, que l'ensemble CE a, comme l'ensemble des points
compris exitre o et I, la puissance du continu, mais ces ensembles
ne sont pas égaux au sens euclidien, que l'on puisse concevoir
que l'un d'eux est obtenu en déplaçant sous les points de l'autre
point (a) étant amené en coïncidence avec le point (b)]. On sait,
en depuis longtemps, qu'une telle correspondance univoque
et réciproque peut être établie, dans le plan euclidien entre les
points de deux segments inégaux; il suffit d'utiliser la transformation
homothétique
Y=2X.
On peut même, par la transformation
I
y=-
x
faire cQrrespondre à l'ensemble des points compris sur le seg-
ment o- I, l'ensemble des points situés sur la droite illimitée I -oo,
li. BOREL.
CHAPITRE lll.
infinité dénombrables de segments
A Cantor en a ajouté
un en montrant que l'ensemble des
intérieurs à un carré (ou à un etc.) a même pmssance que
l'ensemble des d'un segment de droite.
donc de distinguer la notion de de
euclidienne. Celle-ci tient compte, non seulement
que l'on appeler au sens cantorîen le nombre cardinal des
points, mais de la localisation ces points dans l'espace.
Il nous :reste à expliquer, du de vue le résultat
en apparence d'après lequel l'ensemble E des points
comportant le chiffre 5 se compose d'intervalles au moyen desquels
on peut reconstituer le segment o-I entier, bien que l'ensemble E
ne recouvre pas tout ce segment, laissant dans CE un ensemble
ayant la puissance du continu.
Nous devons donc admettre que cet ensemble CE, du fait qu'il
est de mesure nulle doit être regardé comme négligeable au point
de vue de ses dimensions, comme l'est le sur la droite,
ou comme l'est la droite dans le plan : lorsque l'on définit l'aire
d'un triangle ou d'un polygone, on ne tient pas des droites
qui les limitent; celles-ci })eu vent et doivent être, suivant les circons-
tances, considérées à volonté comme extérieures ou intérieures à
l'aire; si l'on n'admettait pas ce point, on serait conduit à
difficultés inextricables lorsque l'on juxtaposerait deux
pour former un triangle unique dont est la somme des
Il en est de même pour les extrémités de deux ou plusieurs
que l'on juxtapose. Le point géométrique en tant
que borne ou mais sa longueur est nulle. n doit donc être
négligé dans toutes les questions de probabilité et de mesure concer-
nm1t 1e il en est de même pour les ensembles
dénombrables et même non lorsque
sont de mesure nulle.
résultat lequel l'ensemble E équivaut à l'intervalle
entier o-I et être amené à coïncider avec cet intervalle au
moyen d'une infinité dénombrable déplacements ne do:it donc
pas considéré en outre,
que l' enseinble
L'HOMOGÉNÉITÉ DU CONTINU. 35
dont les mesures forment la série que nous avons
désignée L et qui a pour somme l'unité. En raison de la conver"
gence de cette série, on affirmer que, quel que soit le
donné e, il sera possible de trouver un fini de termes de
la série dont la somme sera supérieure à Il est donc
au moyen d'un nombre de déplacements euclidiens,
au moyen d'intervalles appartenant à E un intervaBe
à E quelque petit que soit le nombre donné e. Telle est la raison
pour laquelle il est possible d'affirmer l'égalité euclidienne de E
et de l'intervalle o-L
17. La n1esure des non1bres inaccessibles. - Nous nous
bornerons à l'exemplt! que nous. venons de donner, car nous pensons
que les détails dans lesquels nous sommes entrés permettront à
nos lecteurs d'étudier d'une manière approfondie d'autres cas, en
utilisant au besoin Ouvrages sur la théorie des ensembles et
de la mesure. Signalons, en. particulier, comme exemples que nous
suggérons à,nos lecteurs d'étudier l'ensemble nombres décimaux
dans lesquels le chi;ffre 5 ne figure qu'un nombre limité de fois,
puis l'ensemble de ceux pour lesquels la fréquence du chiffre5, lorsque
le nombre des chiffres considérés augmente indéfiniment tend
vers -une limite différente de __1_, égale par exemple à - ou ·à !_,
10 . p 9
et enfin le cas cette fréquence du 5 ne tend vers aucune
limite mais oscille entre deux limites d'indétermination a et b,
Dans tous ces cas on pourra démontrer que l'ensemble défini est
de mesure bien que cet ensemble soit partout dense, c'est-
à-dire a comme ensemble dérivé l'ensemble de tous les points compris
entre o et r.
Je aussi en l'intérêt de la classification des
ensembles de mesure nulle, laquelle je renvoie à mes
de la théorie des
Revenons maintenant à l'exemple donné dans le paragraphe
précédent. avons défini un ensemble de mesure égale à l'unité E
et l'ensemble complémentaire CE dont la mesure est nulle. Il est
évident que l'ensemble E se compose en majeure de nombres
absolument inaccessibles, car ce sont les nombres qui. constituent
l'essentiel de tout intervalle, les nombres accessibles devant être
36 CHAPITRE Ill. - L'm:iMOGÉNJÉITÉ DU CON'li'INJU.
regardés con'lme en nombre fini ou tout au
brable.
en infinité dénom-
Ma:is nous avons vu que les nombres de CE être repré-
sentés sous la forme c'est-à-dire univoquement
aux nombres entre o et x, écrits dans le système de numé-
ration à base g. On pourra donc dire aussi que l'essentiel de CE
est formé de inaccessibles; on peut d' aiBeurs que
l'on obtiendrait les nombres de CE en effectuant des tirages au
sort dans une urne où ne figureraient que les chiffres o, I, 2, 3,
4, 6, '], 8, g. On conclurait aisément de là que les nombres de CE
ne rentrent pas dans la catégorie des nombres accessibles,
mais de ceux qui le deviennent, comme nous le verrons au Cha-
par l'utilisation simultanée de divers systèmes de numération,
ce terme étant compris dans son sens le plus large.
Toutes les théories qui se rattachent à la mesure des ensembles
peuvent donc être considérées comme une contribution à la théorie
des nombres inaccessibles; si nous ne pouvons étudier individuelle-
ment aucun de ces nombres nous pouvons étudier des problèmes
de probabilité qui sont relatifs, soit à l'ensemble de ces nombres,
soit à certains sous-ensembles. La réponse à certaines questions
se trouve être ainsî un coefficient de probabilité. Une telle réponse
peut avoir souvent un grand intérêt dans bien des questions scienti-
fiques.
DU DÉNOMBRABLE.
18. Les .dans lle dénombrable. - Dans le Chapitre
précédent, nous avons étudié un de probabilité, celui
du choix dans le continu, que l'on peut rattacher à la théorie des
probabilités dénombrables, puisqu'il d'une infinité dénombrable
de problèmes simples de probabilité, chacun d'eux concernant le
choix, avec des probabilités égales, entre les IO chiffres o, r, 2, 3,
4, 5, 6, 7, 8, g. Ces problèmes sont de ceux que l'on appelle dans Ja
théorie des probabilités dénombrables, problèmes de première
catégorie, tandis que le nom de problèmes de seconde catégorie
est réservé à ceux dans lequel le nombre des choix possibles est en
infinité dénombrable, les probabilités correspondant à chacun de
ces choix formant une série convergente dont la somme est égale
à
Certains autelj.rs se sont demandé s:i cette dernière condition
était indispensable; il en est même qui ont objecté qu'il a pas
de raison pour admettre a ' que les éléments d'un ensemble
dénombrable ont nécessairement des probabilités différentes,
Essayons de comprendre ce point de vue qui, je dois le dire de
suite, ne me paraît pas acceptable.
Ceux qui. le soutiennent font le raisonnement suivant : une infinité
dénombrable est la limite de l'ensemble formé par n objets, lorsqu.e n
augmente indéfiniment. S'il d'objets corres-
pondront par suite des égales, la probabilité de chacun
d'eux est _I_, la somme de ces n
n
étant ainsi égale à l'unité.
Si nous supposons maintenant que n augmente indéfiniment, nous
aurons à la limite une à zéro; la somme de ces
38 CHAPITRE IV.
sera égale au de leur va.leur commune
par leur nombre et se présentera donc sous la forme
oxoo
que les mathématiciens considèrent comme un d'indéter-
mination. Mais il est aisé ici de lever l'indétermination,
nous considérons un cas qui est le cas limite de n nombres dont
la commune est · La
n
donc la limite du produit
1
n x n,
produit dont la valeur est constamment
limite est donc aussi l'unité.
du produit considéré est
à l'unité; sa valeur
Cette conclusion n'est pas contredite par le fait que la somme d'une
série tend souvent vers zéro lorsque tous les termes de la série
tendent vers zéro, bien que le nombre de ces termes soit infini;
tel est notamment le cas pour les séries uniformément convergentes;
mais tel n'est pas le cas pour la dont les n premiers tern1es
seraient égaux à , tandis que les termes suivants seraient nuls.
Tels sont les raisonnements que j'ai essayé d'exposer avec impar-
tialité, bien qu'ils ne m'aient pas con':aincu. Je m'empresse cependant
de dire que je ne crois pas devoir regarder comme
ils sont, dans une certaine mesure, et cohérents; la raison
pour laquelle je ne les admets pas est surtout d'ordre
je ne pense pas qu'on pu jusqu'ici indiquer des cas dans lesquels
cette définition de la probabilité dans le dénombrable ait pu conduire
à des utilisables pour la solution d'un problème mathé-
matique. J'essayerai de montrer pour quelle raison il me semble
qu'il en sera toujours de c'est-à-dire que cette définition
qui n'est pas logiquement absurde, restera stérile et inutilisable.
19. de des - Acceptons, pour
un instant, le principe de l'égalité des probabilités pour les
divers éléments d'un ensemble dénombrable. Ces divers éléments
par définition, numérotés au de la suite naturelle
des nombres nous. pouvons nous borner au cas où l'ensemble
L'HÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOMHlRAI!LE.
3g
se confond avec cette n donc de savon
si nous pouvons définir ou même concevoir un mode de choix dans
cette suite natuœlle des nombres mode de choix étant
tel que deux entiers
valeur commune de
que puisque la
l'unité.
ne dans aucun cas
Mais si une à la somme d'un nombre
fini de teHes probabilités sera encore égale à que so:it ce
nombre fini. Ainsi, la sera zéro pour que l'on choisisse
un nombre inférieur au nombre a à w
1 0
, ou bien au nombre b
égal à Ioa, ou au nombre c à wb, etc.; que nous devons
entendre par etc. que notre raisonnement est valable pour tous les
nombres accessibles; si A est un tel on devra regarder
comme certain que le nombre entier choisi au hasard sera
rieur à puisque la probabilité pour qu'il inférieur à A est
égale à zéro.
Ainsi, les seuls
sément les nombres
sommes pas en état
éloignés de nous.
qui pourraient être choisis seraient
inaccessibles, c'est-à -dire ceux que nous ne
de définir avec précision, tellement :ils sont
L'objection prend peut être encore plus de force l'on
son attention sur le mécanisme du choix, c'est-à-dire sur le moyen
que l'on pourrait employer pour définir, au moyen du hasard,
un nombre entier arbitraire et cependànt certainen1ent fini, Il
sembler singulier qu'un tel choix apparaisse comme plus difficile
qu'un choix dans le choix pour la méthode du
au sort des chiffres décimaux successifs donne des résultats satis-
faisants. On pourrait se demander par un détour singulier mais
acceptable, il ne serait pas possible de faire dépendre
l'entier n que l'on choisir au hasàrd d'un nombre incommen-
surable IX choisi lui-même au hasard entre o et L En fait, il est
possible au moyen d'un nombre incommensurable IX de définir
une infinité ; .encme choisir parmi eux, c'est-à-dire
une pour définir un entier unique. Laissons
de côté l'instant les difficultés dans
la pratique, du choix du nombre 01:; nous pour un
de nous placer au de vue de ceux qm, admettant au sens le
4o CHAIPI'l'RE IV.
plus large l'aximne de Zermelo, supposent, non seulement que le
nom.bre oc peut être considéré comme mais que nous pouvons
raisonner, soit sur son développement décimal, soit sur son développe-
ment en fraction continue, comme si ces :inimités
pouvaient nous être entièrement connus et que nous sachions par
si un nombre donné figure, soit un nombre donné de
soit une infinité de fois, parmi les quotients incomplets de la fraction
continue.
On alors, être désignant par an le de ces
quotients incomplets, de définir un entier égal au plus grand de
ceux des quotients incomplets qui figurent une infinité de fois.
comme on sait que, sauf si oc appartient à un ensemble de
mesure nulle, tous les entiers figurent une infinité de fois parmi
les quotients incomplets, notre définition conduirait presque toujours
à définir un entier infini, c'est-à-dire serait inopérante.
D'une manière plus générale, on pourrait définir une certaine
fonction du quotient incomplet an et de l'entier n que nous
désignerons par cp (an, et, d'autre part, une fonction <f (n) de n
et considérons les valeurs de n pour lesquelles on a
(x)
Si ces valeurs de n sont en nombre limité, on ·.pourra convenir de
choisir la plus grande ou la plus petite d'entre elles et de faire
correspondre au nombre oc la valeur d'une certaine fonction./ (an, .
tandis que si les valeurs de n sont en nombre illimité, on . devra
recourir à d'autres fonctions cp et <f jusqu'à ce que l'on se trouve
dans le premier cas.
Mais si l'on désigne par pn la probabilité pour que la relation (1)
soit vérifiée lorsque oc est choisi au hasard, on sait, d'après les
théories des probabilités dénombrables, que l'on doit distinguer
deux cas, suivant que la série des pn est convergente ou divergente.
Dans le premier cas, ou cas de convergence, la }Jrobabilité pour que
l'inégalité (r) soit vérifiée une infinité de fois est nulle, tandis que
dans le second cas, ou cas divergence, cette probabilité est égale
à l'unité. II n'y a pas d'autre alternative, puisque toute série est
forcément, soit convergente, soit
Si l'on se trouve dans le cas de divergence, l'inégalité (r) sera
vérifiée, en général pour une infinité de valeurs de n, de sorte que
L'HÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOMBRABLE.
la seule jlossibilité que nous ayons est de choisir,
de ces valeurs, soit une valeur de rang par
les valeurs étant rangées par ordre croissant. un cas
comme dans l'autre, il est évident que la probabilité sera extraordi-
nairement faible pour que la valeur ainsi choisie, ou même la valeur
correspondante de f soit un nombre très grand, c'est-à-dire
que les nombres inaccessibles auront une probabilité grande
que ceBe des nombres accessibles.
S:i, au on se trouve dans le cas de convergence, il est
clair que les valeurs en nombre limité pour lesquelles la relation ( 1)
est vérifiée seront des nombres accessibles et la conclusion précé-
dente sera vérifiée a
On sait, en effet, que dans le cas de convergence, les probabilités
pour que le cas favorable se reproduise un nombre limité m fois est
un nombre fini pm, la série 2: Pm étant convergente et ayant pour
somme l'unité; la probabilité de définir ainsi un nombre m décroît
donc nécessairement avec m. Au contraire, dans le cas de divergence,
les Pm sont toujours nuls et l'on ne peut donc, ainsi définir un
nombre m.
En définitive, tous les moyens imaginables, y compris ceux dont
la réalisation pratique apparaît comme impossible, donneront des
valeurs finies pour les petits nombres entiers, lesquels seront par
suite probables que les nombres entiers plus grands, ou bien
donneront des valeurs nulles de la pour toutes l.es valeurs
entières de n, mais dans ce cas-là, il y aura une probabilité égale
à l'unité pour que l'on définisse une valeur infinie de n, c'est-à-d:ire
pour ne corresponde au nombre a aucune valeur finie de n.
Il serait possible, bien entendu, de compliquer encore les méthodes
que nous avons esquissées, mais on se rend compte assez aisément,
si l'on veut bien y réfléchir, que, en vertu de la lo:i fondamentale des
probabilités dénombrables, on sera conduit toujours à la même
conclusion; ou bien la probabilité de tous les n sera nuHe et celle
l'infini sera l'unité, ou bien la probabilité de l'infini sera nulle
et les probabilités pn des n formeront une série dont
la somme sera égale à K.
20. La méthode - Certains esprits ne seront
peut-être pas entièrement satisfaits par l'argumentation précédente
CHAPI'rRE IV.
et le droit d'utiliser la méthode
probabilités dans le dénombrable. On
en effet que, du moment est dans le domaine
toute expérience est :inexécutable; on com1ne on l'a
fait souvent dans la définition des probabilités continues,
une définition arbitraire, sous la seule réserve ne conduira
pas à une contradiction.
n est donc d'une d'attribuer à chacune des
lités en infinité dénombrable une la somme
de ces probabilités formant une série convergente
0
la somme
est l'unité, ou, de décider que les probabilités des
éventualités sont sans du fait que leur
valeur èommune ne peut être en ce cas que zéro. Nous avons
indiqué que r on faire à cette dernière
les nombres accessibles ne seront ]amais puisque les nombres
:inaccessibles sont infiniment nombreux.
par contre, qu'avec la première méthode, les nombres
ne seront choisis, leur probabilité totale étant infiniment
petite quelle que soit la série convergente donnée
D'autre part, cette méthode axiomatique le grave inconvé-
nient de ne donner aucun moyen pratique pour faire effectivement
un choix entre les divers éléments d'un ensemble dénombrable.
Nous allons donc examiner maintenant les méthodes par lesquelles
on peut effectivement, au moyen de tirages au sort simples,
effectuer un entre les entiers, la probabilité décrois-
sant généralement lorsque la valeur de l'entier mals
sans cependant devenir jamais rigoureusement nulle.
21. Le choix effectif entre les entiers. - La méthode qui nous
nous la simple pour effectuer ce choix consiste à utiliser
le premier quotient du en fraction continue
d'un nombre arbitraire œ com1)ris entre o et L Il n'est d'ailleurs
nullement nécessaire connaître n:i d'utiliser la théorie des
fractions continues; il suffit de faire la convention l'entier
choisi est k si l'on a
I I
k+I<a<x·
L'HÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOMBRABLE.
43
Les pour que l'entier k soit
ment à
1'
2, 3, 4, . ".,
sont donc
1 I I
_,
-,
31.'
1.2 2.3
-,
4.5
... '
n(nxi)'
... '
oL!J.
leur somme est égale à l'unité.
Pour choisir au le nombre œ, iJ
chiffres probabilité pour
par
on voit aisément que l'on a
a == 0, I 53 m •• p
6œ < I,
71X > I,
au sort
étant x
le nombre . œ est donc
I 1
entre -
6
et - et le nombre choisi sera 6.
. 7
C'est seulement dans le cas où les premiers chiffres sortis seront
tous des zéros que l'on obtiendra des nombres élevés; si l'on a,
par
on aura visiblement
de sorte que le
pour le déterminer avec
œ '= o,ooooo17 ....
5oo OOOIX < I,
I ooo oooœ > r,
chiffres décimaux; il suffira généralement
au sort d'autres
nombre de chiffres
non nuls très au des zéros.
La méthode du choix qui vient d'être indiquée générale-
ment inacceptable, car les des nombres
1'
')
~ ,
~
:>,
4
sont
I I
_,
6'
_,
0 q e'
2 120
c'est-à -dire extrêmement entre Nous avons c e p e n ~
CHAP!'l'RE IV.
dant tenu à l'indiquer car, en la comme de
on obtenir aisément d'autres méthodes conduisant à des
bilités plus acceptables.
Nous allons donc fixer un nombre assez par
un miBion, et admettre que les probabilités des nombres inférieurs
ou égaux à un ·devront être toutes égales entre eUes; il en
sera de même pour les tranches successives d'un million de chiffres.
Nous attribuerons alors à ces tranches successives les
que nous attribuées aux entiers successifs; sorte que si
le tirage au sort ·sur le nombre rx nous conduit à choisir le nombre 3,
nous admettrons que le nombre n doit être compris entre 2 ooo ooo
et 3 ooo ooo et sa valeur sera alors déterminée par le tirage aù sort
de chiffres effectué comme dans une loterie comportant un
million de
On effectuera donc deux tirages au sort; d'abord, pour déterminer
le nombre œ, il faudra un nombre de tirages plus ou moins
élevé suivant qu'il sortira au début un nombre plus ou moins grand
de zéros; ce nombre devra être aussi assez élevé, si les chiffres sortis
les premiers déterminent une fraction simple; par exemple
1
g = 0
1
IIIIIII ....
Si donc les premiers tirages donnent tous le chiffre r, il faudra
continuer jusqu'à ce qu'un nouveau tirage, donne soit le chiffre o;
soit le chiffre 2 ou un chiffre supérieur à 2; dans le premier
cas gœ est inférieur à r, tandis que dans le second cas goc est supé-
rieur à I. Le nombre des tirages à effectuer ne peut donc être fixé
à l'avance, mais la probabilité est nulle pour que ce nombre soit
infini, c'est-à-dire pour que l'on soit obligé de continuer indéfini-
ment, sans être fixé. La probabilité pour que les n premiers
chiffres soient égaux à n chiffres donnés (soient tous des I, dans
l'exemple précédent) est en effet -
1
-; elle décroît très rapidement
· Ion
lorsque n augmente.
Le premier tirage, étant effectué, connaître le plus petit
nombre de millions qui est supérieur ou égal au nombre cherché;
celui-ci sera alors çléterminé par s1x tirages, comme nous l'avons
dit.
Il est clair que la méthode que nous venons d'indiquer
L'HÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOMBRABLE.
est donnée à titre d'exemple et être de bien des
manières.
Par exemple, on pourrait convenir que si le
au 2, au lieu de considérer une seconde tranche d'un million
de nombres comme nous l'avons on une tranche
de 999 n:tillions de nombres, à savoir les nombres
entre I million et I milliard et l'on choisira le nombre en effectuant
d'abord un tirage entre les dix chiffres o à g, puis un second
analogue, puis un troisième tirage, mais, dans le cas où les deux
premiers tirages auraient donné tous deux le chiffre on exclura
le du troisième tirage, qui ne comprendra que les chiffres
de I à 9; enfin, six autres tirages comporteront les dix chiffres;
on obtiendra bien ainsi un nombre compris entre I ooo ooo
et 999999999, même que six tirages donnaient un nombre
compris entre ooo ooo et 999 999· On peut dès lors faire plusiems
conventions différentes. La plus simple consiste à admettre le
nombre o parmi les entiers; il a alors une probabilité égale à celles
de x, 2, 3, ....
Une autre convention, qui est celle des loteries comportant un
million de billets, · consiste à admettre que ooo ooo équivaut
à I ooo ooo; de même, pour les nombres de 79 chiffres r ooo ooo
équivaut à r ooo ooo ooo.
Enfin, on pourrait augmenter purement et simplement d'une
unité le résultat final, sorte que les nombres de . 0 à 999 999
deviennent les nombres de I à r ooo ooo et les nombres de r ooo ooo
à 999 999 999 deviennent de I ooo oor à r ooo ooo ooo.
Plus généralement, nous conviendrons que si le nombre n est
désigné par le tirage au sort effectué sur oc, nous devons si n est
supérieur à I avoir un nombre dont le nombre des chiffres est compris
entre 3n et 3 (n + I ). On pourrait d'ailleurs tout aussi bien prendre
un nombre de chiffres compris entre 6 ( n-r ) et 6 n, cette règle
valant aussi pour n = I, si l'on écrit
6:(n-I)<c=:;;:6n,
c désignant le nombre de chiffres.
Quelle que soit la règle adoptée, il est évident que les probabilités
chaque nombr<?. individuel décroissent rapidement lorsque le
nombre des chiffres augmente, puisque nous admettons que les
46
CH!IIPI1'liU! IV.
nombres ayant le même nombre de chiffres ont des
ces nombres de même nombre de chiffres deviennent
en lorsque le nombre des chiffres.
22. Cas des entiers inaccessibles. - Il résulte de ce qui.
que lorsque le nombre des chiffres devient extrêmement
ce qui est le cas des nombres les
individuelles de chaque nombre deviennent tellement faibles qu'elles
rentrent dans Ia catégorie des universellement négli-
geables. H en est de même ainsi pour l'ensemble des nombres inac-
avec les conventions que nous avons au para-
précédent. On peut juger que c'est là tomber dans un excès
contraire à celui qui à annuler les probabilités pour tous
les nombres accessibles et serait peut-être bon de chercher un
moyen terme entre ces deux extrêmes.
Voici ce queT on peut proposer
de moitié les . probabilités proposées
dont la somme était égale à l'unité
cet ordre d'idées; diminuons
au paragraphe précédent et
pour l'ensemble des entiers;
cette somme
d'attribuer la
deviendra donc égale à ~ et
2
probabilité .I_ à l'ensemble des
2
l'on pourra convenir
nombres inaccessibles,
sans qu'il y ait lieu de répartir cette probabilité entre l'ensemble
de ces nombres que, par hypothèse, nous ne distinguons pas les
uns autres. Bien entendu, ces nombres inaccessibles sont telle-
ment que l'on peut admettre que, si l'on pouvait répartir
entre eux cette probabilité globale de ~ , la probabilité individuelle
de chacun serait plus petite que la individueHe
de tout nombre accessible.
Nous admettons, pour abréger, que nous négligeons la probabilité
totale que les conventions du précédent attribuaient
aux nombres inaccessibles; ceux qui verraient là une difficulté
trouveront aisément le moyen de la tourner.
Nous devrons donc, avant toute procéder à un tirage au
sort entre deux éventualités de même probabilité; nous
par à ou face et convenir qu'à pile correspond
un nombre accessible que nous déterminerons en procédant comme
nous l'avons indiqué au précédent. Par à face
JI.!HÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOM!lRABILE.
correspond un nombre inaccessible nous ne devons pas chercher
à déterminer; nous devrons nous contenter de qu'il est inac-
cessible.
Bien la convention que nous venons est
arbitraire et l'on la - des nombres
2
inaccessibles par une probabilité plus ou
Si l'on cette deuxième alternative, et
à o,ggg la probabilité globale des nombres
celle des nombres accessibles étant égale en tout à o,ooi, on se
rapproche du de vue de ceux qui que toutes les
probabilités des divers entiers soient égales entre eUes et par suite
nulles. Mais il y a cependant une différence entre
les deux points de vue, en ce sens que le point de vue que nous
avons écarté, réduisant à zéro la probabilité globale d'un nombre
quelconque de nombres accessibles, supprime toute possibilité
d'avoir jamais un de ces nombres, ce qui est absurde,
Au contraire, Sl nous réduisons à
la probabilité des nombres
-,
iOO
dans certains problèmes,
cela revient à dire
que nous admettons que, dans ces les nombres inacces-
sibles jouent un rôle particulièrement important, mais les nombres
accessibles ne sont pas exclus .et auront ainsi, eux aussi, un certain
rôle à jou er.
23. avons, dans ce Chapitre, non pas résolu, mais étudié
le problème du choix dans le Contrairement à ce que
l'on aurait pu penser, ce que le problèm.e
du choix dans le continu, en ce sens qu'il ne se présente aucune
définition simple et naturelle, qui s'impose de préférence à toute
autre,
Nous avons donc indiqué,
solutions entre lesquelles on
non une maïs plusieurs
choisir, à moins .que l'on ne .,...,.."+''""
en. imaginer d'autres.
d'un point . de vue théorique, le
dénombrable est compliqué que le
est au contraire simple au point vue
du choix dans le
le continu, il
En effet, lorsque a choisi une solution déterminée, on se
trouve conduit à effectuer un certain nombre de tirages au sort. On
CHAPITRE IV. - L'HIÉTÉROGÉNÉITÉ DU DÉNOMBRABLE.
ne peut pas dire, d'une manière absolue, que ce nombre de tirages
au sort est fini, car on ne peut pas en indiquer de limite supérieure.
Mais on peut affirmer que ce nombre est généralement petit,
à-dire que la probabilité pour qu'il soit inférieur à un entier donné A
tend très rapidement vers l'unité lorsque A augmente indéfiniment.
On ne rencontrerait l'infini que dans l'hypothèse où l'on
une globale à l'ensemble des nombres inaccessibles,
on voulait faire un choix effectif entre ces nombres; on retrouverait
des difficultés analogues à celles qu'il y a à définir effectivement
un nombre :inaccessible du continu. Nous aHons voir d'ailleurs,
dans le prochain Chapitre, consacré aux divers systèmes de numé-
ration, que l'on peut, à bien des points de vue, qualifier d'inacces-
sibles des nombres entiers qu'il est · . possible de définir
avec précision, c'est-à-dire d'écrire effectivèment sur quelques
lignes d'un tel que celui-ci.
CHAPITRE V.
LES DIVERS SYSTÈ.YIES DE NUMÉRATION.
24. La nmnération déchnale. - Avant d'étudier les divers
systèmes de numération, c'est-à-dire les conventions diverses au
moyen desquelles on peut représenter, sous une forme
simple, so.it des nombres entiers, so:it des nombres fractionnaires
ou irrationnels, :il ne sera pas inutile d'étudier d'abord la numé-
ration décimale, qui nous est la plus familière.
Sous sa forme actuelle, cette numération paraît avoir été inventée
par les Arabes; mais on peut observer que la numération romaine,
que nous utilisons parfois pour les ·nombres inférieurs .à 2 ooo est
aussi, en réalité, une numération décimale, car le nombre IO et ses
puissances IOO et I ooo, y jouent un rôle particulier.
Il est inutile derappeler combien la numération décimale simplifie
l'écriture des nombres usuels et leur calcul, par rapport au procédé
primitif consisterait à· représenter un nombre entier en traçant
autant de traits verticaux que ce nombre contient d'unités. Ce pro-
cédé s'avèrerait rapidement inutilisable; tracer des centaines ou
milliers de traits verticaux exigerait beaucoup de place et la
comparaison de deux nombres ainsi écrits serait longue et pénible
pour celui qui ne saurait pas no.mmer nombres autrement qu'en
donnant un nom ,différent à chacun d'eux.
Mais je voudrais au contraire sur le fait que l'emploi de
la numération décimale (numération écrite ou numération parlée),
s'il est extrêmement précieux pour les relativement petits
que nous utilisons ne fait que reculer la
dès qu'il s'agit de nombres assez grands; il s'avère alors aussi prati-
quement inutilisable que le procédé primitif consistant à tracer
des bâtons.
BOREL.
5o C!f!APITIRE V.
Ce fait est dès qu'il d'un
; si l'on considère comme humainement
bâtons, il sera tout aussi impossible c'est-à-dire
un nombre décimal supérieur à xo".
Mais nous alkms voir qu'il se des
se propose d'étudier et de définir même les nombres décimaux d'un
nombre relativement restreint chiffres, par exemple nombres
de roo chiffres.
Il est facile d'écrire un nombre de roo soit en tirant au
sort les chiffres, soit en les choisissant au hasard, par une sorte de
tirage au sort mental. Un tel nombre occuperait à peu près deux
lignes d'un Ouvrage tel que celui-ci; on pourrait ainsi en écrire
environ 20 sur chaque page ·et IO ooo, soit 10
4
dans un volume
de 5oo pages.
Le nombre total nombres dont le nombre de chiffres ne dépasse
pas I oo est ro
100
; SI un volume de 5oo pages en renferme w
4
, il
faudra ro
96
volumes pour. les contenir tous. Une bibliothèque très
importante, un grand bâtiment, peut comporter un million
de volumes; il faudra donc telles bibliothèques pour loger
w
96
volumes.
Si l'on admet qu'il y a un milliard d'hommes adultes sur notre
planète et que chacun d'eux pourrait posséder une telle grande
bibliothèque, il faudrait planètes telles que pour
tous les nombres de 100 chiffres; un calcul simple montre qu'il n'est
pas possible de loger un aussi grand nombre de planètes dans notre
Univers, si l'on attribue à celui-ci des dimensions atteignant des
milliards d'années lumière.
Nous pouvons conclure qu'il est absolument impossible aux
hommes, l'espèce humaine vivrait-elle encore des milli.ards d'années,
de connaître tous les nombres de roo chiffres; on ne pourra écrire
qu'une fraction extrêmement faible de leur nombre total.
Comment procédera-t-on pour connaître des nombres de
100 chiffres ? La méthode des tirages au sort, que nous avons
fournit des nombres dont on ne connaît aucune propriété.
pourra e s s a y ~ r de décomposer un tel nombre en facteurs premiers
et cela sera relativement facile si tous ses sont
atteignent 5, 6 ou '7 on devra faire usage
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION.
tables de nombres premiers jusqu'à roooo ooo qui ont été. calculées
et 'au moyen de calculs assez longs et pénibles être
simplifiés par machines à calculer appropriées) on pourra obtenir
ces facteurs premiers; mais si le donné est ou
possède deux facteurs premiers au moins plus de 7 on
ne voit aucun moyen, dans l'état actuel de nos de
savoir s'il est premièr ou de connaître ses facteurs
A forte raison sera-t-il impossible de savoir si le nombre
de roo chiffres que l'on a écrit est ou non la somme de trois cubes,
ou de le décomposer en la somme de carrés ou, s'il est
en la somme de nombres premiers.
B serait il est vrai, par des calculs longs, mais exécutables,
définir un nombre de roo. chiffres satisfaisant à une condition
donnée par exemple égal à la somme de trois
ou de nombres donnés, etc. Mais il
serait alm's généralement impossible de connaître aucune propriété
ce nombre, outre celle qui servi à le définir. Il paraît
d'autre part, bien difficile, dans l'état actuel de nos connaissances
de · un nombre de roo chiffres qui soit certainement un nombre
premier.
En généralisant une méthode connue par laquelle on démontre
que la suite des nmnbres premiers est illimitée, ii est de former
des nombres qui ne sont pas divisibles par un certain nombre de
nombres premiers; tel sera le cas pour le nombre
2.3. II. r3. rg.2g.3r. .61 .67.71 + 6.7.I7.23.4r.43.47.5I .53.5g,
n'est divisible par aucun des 2I nombres premiers qui figurent
dans l'un des deux produits, car ceux qui divisent le premier ne
pas diviser le second, et réciproquement. Le plus petit des
divisèurs premiers de ce nombre est donc supérieur ou à
On forl1lerait ainsi aisément des nombres de IOO chiffres dont le
premier serait égal ou supérieur à un nombre
chiffres. La probabilité pour qu'un te] nombre ne
soit assez voisine de l'unité.
Nous avons pris pour exemple les nombres de roo chiffres de
manière à couper court à toutes les objections; mais nos lecteurs
se sont certainement rendu que l'on ·et doit regarder
comme inaccessibles les nombres dont le nombre de chiffres est bien
fiOUlS
humainement
CHAPITRE V.
atteint ou dépasse simplement r8 ou 20; il n'est pas
d'écrire tous ces nombres et
la très grande majorité d'entre eux nous resteront toujours inconnus;
si nous en écrivons quelques-uns, ce qui nous en ~ u . u ~ ' " ' a " " ' u "
les au hasard, nous n'en connaîtrons aucune propriété.
Il est donc logique, à partir de ce nombre de chiffres, d'attribuer
aux nombres inaccessibles une globale, comme nous
l'avons à la fin du Chapitre précédent.
Pour en terminer avec la numération décimale, il reste à dire
quelques mots de la numération parlée, c'est-à-dire des mots par
lesquels on énonce un nombre d'un certain nombre de chiffres.
Dans la langue usuelle, cette numération ne dépasse guère le milliard,
les termes dépassant la puissance de IO n'étant 'guère usités.
Ces termes ont d'ailleurs des sens différents dans les diverses
langues européennes; en français l'usage est considérer le mot
billion comme équivalent à le trillion est ensuite égal· à .
mille billions, le quatrillon à mille trillions et ainsi de suite. Les
dictionnaires français ne mentionnent pas de termes dépassant le
quintiHion ou tout au plus le sextiUion : mais ces termes peuvent
être dérivés des nombres successifs : au de décillion on pourra
(au lieu de onzillion) dire décimillion, puis décibillion, décitrillion,
puis vingtiHion, trentillion, etc. D'après cette convention cinquan-
tisextillion équivaudrait à ro
3
!
5
llt-
1
1. Dans d'autres pays, notamment
en Allemagne, le billion est un miH:ion de millions, ·le trillion un
million de millions, etc., de sorte que le cinquantisextillion équivaut
à xo56><
6
. On voit que la numération parlée, outre la base 10, utilise
comme bases secondaires les bases I ooo et. I ooo ooo.
Avec ces conventions, la numération parlée permet d'aller très
loin; mais ce très loin est peu de chose par rapport à l'infini et, pour
atteindre les nombres peuvent être définis par des itérations
successiVes § 1), il faudrait faire de. nouveUes conventions,
afin d'éviter des répétitions dont le nombre serait si grand qu'on
ne pourrait l'imaginer. On se rendrait com.pte ainsi, par l'impossi-
bilité pratique de les :qommer, à quel point certains nombres sont
inaccessibles.
25. Les nu:m.érations si:l:nples. - On peut donner le nom de
numérations simples aux numérations analogues à la numération
LES DIVEIRS SYSTÈMES DE
n'en que par la
être un nombre entier quelconque
joue le même rôle q u ~ ro dans
n faudra un nombre chiffres à la base;
53
la base est inférieure à ro, on utilise naturellement les premiers
chiffres de la numération décimale; si la base w, il faudra
des chiffres nouveaux, désigner par exemple par a et b
les chiffres égaux à IO ou à II dans le système duodécimaL Si la
base est un nombre élevé, le sera de désigJt1er
chiffre nouveau par le nombre décimal qui lui est égal, que l'on
pourra entre parenthèses; on a ainsi une" combinaison deux
systèmes. Cette manière procéder d'ailleurs dans le cas
où la base une puissance de IO; l'écriture est alors exactement
la même que dans le système décimal. Nous consacrerons le para-
graphe suivant à l'étude des numérations que l'on peut appeler
alphabétiques et dans lesquelles les chiffres utilisés ne sont
autres que les lettres d'un certfiin alphabet. Bornons"nous, pour
l'instant aux systèmes simples dans lesquels la hase est un nombre
relativement petit.
Le plus simple de ces systèmes est le système binaire qui n'utilise
que les chiffres o et L Signalons, en passant, que ce système est
utilisé, concuremment avec le système décimal pour les cotations
boursières dans les pays anglo-saxons; un titre sera coté, par
exemple 25 doUars, r8 centièmes de dollar e t ~ , ou
3
6
• En Angleterre,
q I .
on utilise un système plus complexe, puisque la livre vaut 20 shillings
et chaque shilling vaut 12 pence.
Pour en revenir au binaire, on doit naturellement consi-
dérer que les deux alternatives o et I sont également probables,
la probabilité de chacune d'eUes étant par suite ; · Une fraction
comprise entre o et r se présente ainsi comme pouvant représenter
une infinité dénombrable de de pile ou face ou d'un
analogue, tel que le rouge ou le noir à la roulettt (si l'on convient de
.négliger le c'est"à-dire de considérer comme nuls les coups
où il sort). Depuis l'origine de l'humanité, d'innombrables hommes
ont à pile ou face ou à la roulette, ou à bien d'autres jeux pour
lesquels il y a un gagnant et un perdant. Si l'on admet que l'on
CHAPITRE V.
pu fixer chacune des le :résultat qui correspond à o
et celui qui à I et que l'on ait pu classer toutes les
l'ordre chronologique de premier coup, on pourra
l'ensemble de tous les :résultats écrit
système binaire, nombré sera entre o et x, si
l'oi1 écrit tout d'abord un o suivi d'une Bien entendu, le
nombre des parties étant fini, ce nombre sera limité, mais il
ajoutera chaque jour de nouveaux chiffres si les hommes continuent
à On conclure de là qu'un seul nombre compris entre o
et I, si on le suppose· écrit dans le binaire, représenter
l'ensemble de t o u t e ~ : ) les parties qui ont été et seront jouées
aussi longtemps qu'il y aura des hommes sur la planète.
Ce pourra être considéré comme choisi au hasard, puisque
ses chiffres successifs ·se trouvent être tirés au au cours precise-
ment de toutes les parties que nous avons considérées. On doit
exclure comme impossible le cas où,' à. partir d'un cel'tain rang,
ce nombre au hasard ne comporterait que des zéro
ou que chiffres un, c'est-à-dire se :réduirait au quotient d'un
entier par une puissance 2. Ceci revient à dire n'est pas
si une partie de ou face, ou de rouge et noir s'engage
entre deux joueurs, que le même joueur gagne toujours. Cette
remarque permet d'éclaircir notamment la question du paradoxe de
Saint-Pétersbourg et de la martingale de Saint-Pétersbourg. (
1
).
Pour définir un nombre choisi au hasard entre o et I, on peut
utiliser l'une quelconque des numérations simples, comme nous
l'avons fait pour les numérations décimales. On peut se demander
si ces manières de sont équivalentes. Autrement dit,
imaginons que nous procédons à un au sort entre chiffres o, I,
2, ... , 9 pour définir un nombre décimal entre o et I;
bien entendu, nous ne pourrons pas effectuer réellement une :infinité
de tirages, mais nous pouvons imaginer que nous en effectuons. un
nombre très un nombre fixé d'avance (ce qui
est la définition de l'infini). Nous pouvons ensuite, par des calculs
assez mais exécutables si le nombre de chiffres
n'est pas grand, transcrire dans le système de base 9 le nombre
nous avons ainsi défini dans le de base IO; nous obtenons
(
1
) Voir mes Éléments de la théorie des
LES DIVERS SYSTÈMES DE 55
· dans le système de base g, un nombre dans les chiffres
qui suivent la sont choisis les 9 chiffres o, I, 2, .•. , 8.
On poser la question de savoir s'il est possblîe, en partant des
données qui de calculer la pour que le chiffre
a un rang déterminé après la le rang,
soit un chiffre par exemple le est très
simple : cette probabilité est un c'est-à-dire est la même
pour les g
en effet, nous considérons tous les nombres écrits le
système de base g et si nous notre attention sur les pre-
miers chiffres qui suivent la ceux ces . nombres pour
le 34e sera un chiffre 7 définiront intervalles dont
chacun aura pour longueur de sorte que la longueur totale
de ees intervalles· sera ün neuvième.
lorsque no11s tirons au sort les chiffres dans le système
la probabilité pour qu'un tel tirage nous conduise à un point ""m'""'
à l'intérieur d'un nombre fini d'intervalles est proportionnelle
à la longueur totale de ces intervalles; il y a donc une probabilité
égale à un neuvième pour que le point obtenu se trouve dans l'un
des intervalles pour lesquels son 34e chiffre est un chiffre 7·
On peut conclure de ce quî précède que les nombres normaux
par rappm;t à une base telle que 10 sont généralement normaux
à toute autre base. Nous pourrions même dire qu'ils
.• si ces nombres normaux étaient effectivement
des tirages au sort indéfinis exécutés parmi les obtenus par
chiffres. procéder autrement : partir d'un nombre oc
base g et qui ne serait pas car il
n'utiliserait pas l'un des chiffres, par exemple chiffre 5, les autres
chiffres étant choisis au hasard. Il paraît extrêmement
bien que la démonstration en apparaisse comme 'assez compliquée
que ce nombre œ, écrit dans le système de hase w, aurait les appa-
rences d'un nombre normal, en ce sens que les fréquences des
Io chiffres, et aussi d'un groupement quelconque de chiffres consé-
cutifs seraient elles, c'est-à-dire égales à

pour un
chiffre et à w-n pour un groupement de n chiffres consécutifs.
Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous étudierons la numération
'"''··""·'"'· qui est la simple numérations complexes.
56 CHAPITRE V.
26. numérations - Une classe de numé-
rations . simples particulièrement intéressante est celle des numé-
rations alphabétiques, dont on peut des définitions assez
diverses; nous nous contenterons d'exposer la simple.
Considérons les 26 lettres de l'alphabet français; un livre imprimé
en français ou en autres langues (anglais, italien, espagnol,
suédois, etc.) renferme un .grand nombre de fois ces lettres, parfois
d'accents ou d'autres signes que nous négligerons. n ren-
ferme en outre des signes de ponctuation, apostrophes, parenthèses
tirets, que nous négligeons également. Quant aux lettres majus-
cules ou italiques, nous les considérerons comme équivalentes aux
lettres minuscules ordinaires. Enfin, s'il y a dans le texte des chiffres
arabes, ou des lettres d'alphabets étrangers (grec, russe, etc.), nous
lès négligerons, c'est-à-dire les considérerons comme inexistantes.
Les chiffres romains pouuont être comme des lettres. Sous
réserve de quelques difficultés sur lesquelles nous reviendrons tout
à l'heure, une page d'un livre français (ou anglais, etc.) se présente
ainsi comme la suite d'un certain nombre des 26 lettres a, b, c, ... , x,
y, z. On peut donc considérer cette page comme un nombre écrit
dans le système de numération de base 26, a correspondant au
chiffre o, b au chiffre r, z au chiffre 25.
Un volume d'un certain nombre de pourra de même être
regardé comme un seul nombre; il sera cependant nécessaire de
préciser un certain nombre de conventions, c'est-à-dire de
si l'on tient compte du titre, du faux-titre et des indications diverses
qui figurent souvent dans les pages de titres ou à la fin du volume.
pourra convenir de négliger les titres courants qui figurent
généralement en haut des pages. D'autre s'il y a des notes
au bas des pages, on pourra convenir négliger les appels de notes
(que ceux-ci soient figurés par chiffres ou par lettres) et
d'insérer chaque note dans le texte au lieu où elle est appelée.
Établir les conventions qui précèdent est chose et facile
si l'on ne considère qu'un seul volume; il en' serait autrement si
l'on voulait, pour définir un nombre très grand, classer les uns
les autres tm1s les volumes d'une grande bibliothèque.
n en effet, se pour certains d'entre eux des
difficultés particulières, l e s q u e l l e ~ il faudrait bien indiquer
une solution ou une autre, faute de quoi la manquerait
l.ES DIVIEilS SYSTÈMES DE NUMÉRA 'riON.
de precisiOn. Si cependant on néglige ces ~ " " " ' ' u et aussi la diffi-
culté :réelle de classer dans un ordre millions de volumes
d'une grande bibliothèque, on voit que, s'il y a, en moyenne, un
million de lettres par volume pages de 2 ooo lettres), on obtient
ainsi un nombre dans le système alphabétique, " ' ' r n ' " ' " " " ~ "
milliards de caractères, nombre dont on dire qu'il a été
par le travail patient de tous ceux qui ont écrit ces volumes et les
ont composés pour l'impression.
Si nous nous bornons à un seul nous savons que l'édition
que nous avons entre les mains a généralement été imprimée à de
nombreux exemplaires, dont plusieurs subsistent, si la publication
n'est pas trop ancienne. Ces volumes sont donc en général identiques,
les fautes d'impression généralement inévitables étant les mêmes
pour chacun d'eux. On devra, bien entendu, s'abstenir de corriger
ces fautes car, pour certaines d'entre elles, on risquerait de soulever
des difficultés qu'il faudi'ait trancher. Les volumes de la même
· édition définissent ainsi sans ambiguïté un même nombre pouvant
comporter environ un million de chiffres (dansle système de base 26).
Est-il besoin de dire qu'un tel nombre ne présente aucun intérêt
pour le mathématicien, qui sera toujours incapable d'en démontrer
la moindre propriété ? Mais personne n'aurait jamais songé à écrire
dans le système décimal un nombre aussi grand et nous aurions
beaucoup de peine à concevoir combien est grande la variété de
nombres aussi élevés.
L'exemple du volume écrit en français parle bien à
notre imagination, car nous savons queUe complexité et quelle
richesse il y a dans une seule page d'un livre. La variété possible
nous apparaît comme d'une richesse inouïe, si nous songeons que,
dans les millions de volumes d'une bibliothèque, comportant des
miHiards de lignes, il n'y a pas deux lignes identiques, sauf dans le
cas où l'on fait une citation.
Pour celui connaîtrait toutes les propriétés des nombres,
il est probable que deux nombres de 5o chiffres apparaîtraient
comme- ayant chacun une personnalité propre, tout comme deux
lignes différentes en langue française.
Les nombres qui jouent en analyse un rôle important, tels que e
ou rr, dont les chiffres décimaux nous apparaissent comme une
masse confuse d'où ne se dégage aucune loi, devraient apparaître,
58
à celui qm saurait
et aussi
en est hien ainsi avec
mais
la loi
du nombre 1r.
CHAPITRE V.
con1me aussx
célèbre sonnet; nous verrons
de numération
inca pahles de
à la numération des
27. nm:nérations à hases. - On sait, que, pour
certains usages particuliers, on utilise traditionnellement, en même
que la hase d'autres hases qui sont souvent des
de I 2. Par exemple, si l'on évalue temps en
heures, secondes et de les bases succes-
sives utilisées sont les suivantes :
... , Jo, IO, Io, 24, 5o, 6o, 10, 10,
deux séries de bases IO inimitées dans les deux sens se trouvant
aux heures du jour, aux
6o secondes de la minute. On pourra
par 3 bases qui ''·""''"'·"n
6o minutes de l'heure, aux
ainsi écrire, par exemple
2o4o I3 heures 52 minutes 34 sec,7362
sous la forme
(52)no(34)no
les indices indiquant les diverses bases de numération utilisées et
les nombres entre parenthèses figurant, dans le système décimal
un chiffre unique par :rapport à la hase ou n en est, de
en pour la monnaie et les unités usuelles poids et
de longueurs. L'utilisation de la base I 2 a de faciliter les
divisions par 3; mais cet est loin de compenser les compli-
qui résultent de l'abandon système C'est seule-
n1ent pour la division que la base 24 reste univel'sellement
admise pour de qui
saient à diviser le
ce qm
angles, la
go
du quart de cercle en 100 au
a eu un certain succès; mais il faut reconnaître que la
DIVERS SYSTÈMES DE NUMIÎIRATION. 5g
en
· division du jour en
n ne semble pas
de numération utilisant plusieurs bases différentes une
:infinité de fois. Un tel ne pourrait être pratiquement
d'une manière que si l'alternance des bases est et,
en ce cas, on peut considérer le système comme équivalent au
système dont la base serait le produit des bases envisagées.
Par exemple un système admettant les bases successives suivantes :
.. _., 10
7
2, 12, 10, 2, 12, 10, 2
7
12
7
équivaut à un système de 24o, à condition toutefois que l'on
si la doit être placée entre IO et 2 ou entre 2 et I 2
ou entre I 2 et IO. Si nous nous plaçons dans ce dernier cas, nous
aurons, par exemple
II9 = 4r (u),
r43 = 5r (Ir),
de sorte que l'on pourrait écrire
( I (base 24o ),
au lieu d'écrire
4r (II), 5r (n) (bases ro, 2, I2 ).
Nous allons étudier deux exemples particuliers de numérations
à une infinité de ; la définition la plus générale de telles numé-
rations serait aussi compliquée que la définition du nombre incom-
mensurable le général, ce qui revient à dire que ces numérations
sont généralement inaccessibles.
28. La nm:nération factorielle. - On a donne le nom de numé-
ration factorielle à la numération, utilisée seulement poùr
les nombres compris entre o et E, d ~ n s laquelle les bases
sont les nombres entiers à partir de 2, dans leur mdre naturel.
Un nombre écrit dans la numération factorielle se présente
sous la forme
6o CHAPI'fRE V,
les entiers a
1
, a
2
, , •• , an, , . , étant tout au
c'estcà-dire que l'on a
. . ~ . . . '
U n ~
Si l'on a à d'un certain rang,
an== n,
on observera que l'on a
à leur ·
(n+I) n+k r
(n+r)! + ( +r)! + ... + (n+k+r)! + ... =li!'
n suffit, en effet, d'observer que l'on a
n n+I
(n+r)!
n r
~ - - ~ ~ = '
(n+r)! (n+r)!
de sorte que l'on obtient un nombre positif aussi petit que l'on veut
en retranchant successivement du second membre les termes du
premier membre,
On. voit ainsi que si l'on désigne pour abréger le nombre x par
on aura, s:i an-I n'est pas égal à n- I :
+2)(n+3) ... =o, a;a2, ... ,(a11 - 1 +r).
On obtient donc un nombre rationnel dans le cas où l'on a, à partir
d'un certain rang, an = n. Si, au contraire, pour une infinité de
valeurs de n, an est inférieur à n, le nombre est irrationnel.
On sait que, dans le système de numération de base w,
ceux qui sont égaux à une fraction limitée, c'est-à-dire
au quotient d'un entier par une puissance de w, être
représentés, soit par un nombre limité de soit par une
infinité de chiffres, dont un nombre limité seulement diffère du
g. On a, en effet :
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION.
Les nombres rationnels non décimaux sont représentés
unique par une fraction décimaJe périodique
n en est de même pour tous les
dont la base diffère de w.
ou mixte.
de numération
Dans le cas de la numération factorielle, la règle est la même pour
tous les nombres rationnels; d'eux peut être
de manières différentes, soit par un développement limité,
soit par un développement illimité dans lequel un nombre limité
seulement des an diffère de n. Cela tient à ce que le produit n!
des n premières bases devient, lorsque n est assez grand, divisible
par tout nombre entier donné d'avance.
La numération factorielle a donc cet qu'elle partage
avec les développements u:nita:ires normaux et les fractions continues,
que nous étudierons dans les paragraphes suivants, de distinguer
d'une manière simple les nombres rationnels et les nombres irra-
tion'nels, les premiers admettant deux représentations, l'une finie
et l'autre infinie d'un caractère très particulier, tandis que les nombres
irrationnels n'admetent qu'une seule représentation, qu:i est infinie.
Au contraire, dans les numérations simples telles que la numé-
ration décimale; certains nombres rationnels seulement admettent
deux représentations, l'une finie et l'autre infinie, tandis que
autres nombres rationnels admettent une représentation unique
infinie périodique;
Il est naturel de se demaqder quelle est la nature des nombres.
dont la représentation factorielle est périodique. Il est aisé de voir
que ce sont des combinaisons linéaires de nombres de la forme e
00
,
&) étant une racine n
1
eme de l'unité; ces nombres ne paraissent pas
particulièrement intéressants. On sait par contre que le nombre e
a un développement particulièrement simple en numération fac-
torielle, puisque tous les an sont égaux à l'unité; d'ailleurs
sans doute cette circonstance qui a suggéré l'idée de la numération
factorielle, de même qu'elle a suggéré l'idée des développements
unitaires normaux, dont nous parlerons prochain paragraphe.
Dans la nmnération factorielle, le nombre an, nième chiffre après
la virgule peut avoir les valeurs o, I, 2, ... , n, c'estcà-dire n + I, valeurs
différentes et l'on voit immédiatement que ces valeurs sont
ment probables, si la probabilité est définie comme nous l'avons
fait précédemment.
CHAPITRE V.
La probabilité pour que an soit à un
donc égale à zéro si n < k et à

si n:::::, k. La série
n +I
I . I I
k+I + k.+-2 + ... + k+h + ...
k est
étant divergente, il y a une probabilité
entier donné k figure une infinité de fois
à l'unité pour que tout
parmi les an. On
observer que, si k et h sont de on a sensiblement
I I
k+I + k+2 + ... +
+
Cette somme sera donc égale à l'unité si l'on a
k+h = ek.
Il y aura donc, en moyenne, un des an égal .à un entier donné
inférieur à k si n est compris entre k et dans un
intervalle égal à ( e I) k; parmi les nombres entiers de cet inter-
valle, on doit en avoir en moyenne un égal à chacun des k entiers
inférieurs à k et par suite ( e 2) k égaux à l'un des (e- I) k entiers
compris entre k et ek.
On peut conclure de là que, si l'on considère deux entiers
quelconques k et h, le second pouvant être de beaucoup supérieur
au premier, le de leurs parmi les n premiers an
tend vers l'unité lorsque n augmente indéfiniment. On pourrait
donc penser que le développement factoriel fournit un
que nous avons vainement cherché pour attribuer des
égales à tous les mais il faut observer qu'il ne s'agit que de
probabilités asymptotiques, c'est-à-dire valables seulement pour
des valeurs d'autant plus grandes que les entiers considérés sont
eux.,mèmes plus de sorte que les entiers qui ne sont pas
inaccessibles figureront seuls parmi les a qui ne sont pas eux-mêmes
inaccessibles. la fréquence relative tout entier k tendra
vers zéro lorsque l'on de plus en lointains,
mais tendra vers de plus en plus ; il y aura en moyenne
un an égal à .un nombre donné k lorsque n étant supérieur à k est
compris entre a et ae, de sorte aura b nombres en moyenne
à k pour n compris entre ct et aei'.
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION. 63
Si nous posons
aeb::= c,
nous aurons
b =loge- a.
Si l'on a égal à k, n soit ou
à nous aurons pour le nombre total à k, lorsque n est
inférieur à c, la valeur moyenne
b=logc-
La densité moyenne des nombres à k, sera, par définition le
de b par c; cette densité d est donc
lo()"c -logk
d= " .
c
Lorsque le nombre c devient très grand par rapport à k, cette valeur
diffère très peu du nombre d'indépendant de k donné la formule
d'=
c
de sorte que toutes les densités tendent vers zéro lorsque c c"''"u''"u
indéfiniment et tendent ainsi à devenir ; mais, si. l'on donne
la valeur de c, on devra utiliser la formule qui donne d et non cene
donne d' dès que k ne sera pas par rapport à c et
l' oi1 aura la densité zéro lorsque k dépasse c.
On a la formule de Stirling
èn tendant vers zéro n On en
obtenue par les n premiers termes
mént factoriel OU, Sl l'On rmaU»•o
chiffres qui suivent le de de
( e_r
tandis qu'elle est l'ordre de de
CHAPliTIIE If.
dans le système décimal ou le système de base a. L'approximation
est donc mei.Ueure dans le système factoriel dès que n dépasse ea,
c'est-à-dire dépasse 27 lorsqu'il système décimaL
donc seulement l'on désire obtenir une précision
que la numération factorielle ,devient préférable à une numération
simple.
29. Les développements unitaires normaux. - Nous avons
vu que, dans la numération factorielle, le nombre e est représenté.
par une infinité de nombres successifs tous égaux à l'unité. U est
naturel de se demander si l'on peut substituer à la suite croissante r,
2, ... , n, . . . qui définit la numération factorielle une autre suite
croissante ou tout au moins non décroissante de nombres entiers
telle qu'un nombre irratiomiel a donné d'avance entre o et I soit
représenté par un développement unitaire, c'est-à-dire dont tous
les chiffres sont égaux à l'unité. n est remarquable qu'au moyen
de conventions simples et précises, il soit possible de définir d'une
manière univoque un tel développement, que nous appellerons
normal.
Étant donné le nombre œ compris entJ:'e o et r, il existe générale-
ment plusieurs bases a
1
, telles que si l'on écrit le nombre œ d a n ~ le
système de base al," le premier chiffre qui suit la virgule est le chiffre I.
La petite de ces bases a
1
est donnée par la doubJe inégalité
(I)
On remarquera d'ailleurs que si œ est irrationnel, l'inégalité ne
se transformer en égalité. Si l'on pose
on aura, d'après (1')
(3)
0 < 1'! < 0(.
Nous procéderons maintenant sur rv comme nous l'avons fait sur œ,
c'est-à-dire que nous chercherons le nombre entier a
2
tel que
l'on ait
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION. 65
l'inégalité on aura
(5) a 2 ~ a h
( 6) a2 r,- I = r2 <
On sur r
2
comtne nous l'avons fait sur r
1
du moment que tous les nombres r
1
,
r
2
, • • • sont irrationnels comme IX. On obtiendra ainsi une suite de
nombres décroissants
a > r 1 > r 2 > r:1 > ... > r, > ...
auxquels des entiers croissants ou tout au moms
non décroissants
Le nombre IX sera alors représenté par le
normal :
I l I
0<=-+--+-·--+ ... + + ....
a1 a1a2 a 1a2a:J a1a2 .. . a 71
unitaire
On observera que si, à partir d'un certain rang, les an sont tous
égaux entre eux, on a
(7)
I I I I
- +-;; +--;; +. 0 .= ---·
a-n a;z a ; · ~ an-I
Nous avons supposé que les a, étaient égaux entre eux à partir
du rang n, ce qui revient à dire que a,_1 est inférieur à an et donc
au plus égal à a,- I; nous avons, d'autre part
de sorte que la valeur de oc est égale au fini
(8)
dans lequel an- I est ou égal à a,_1 , Le nombre œ est
donc rationnel; en ce cas Ja seconde des inégalités ( I) se transforme
en égalité à un certain stade des opérations. Le nombre rationnel
comme dans la numération factorielle, être représenté par
deux développements, l'un fini, l'autre infini, tandis que tout nombre
É. BOREL. 5
66 CHAPI'FRE V.
01: admet un unitaire normal
condition que nous avons de l)OlH' a
1
la
des bases pour le premier chiffre est l'unité
de même.
donne une suite illimitée
qui ne sont pas tous
par suite sont tels que an
avec n, si l'on pose
(g)
I I
a=-+·--+---+ ... + + ...
a1 at a?. a1a2a:_'> a1a2 ... ah
la suite
définit un nombre 01: dont le développement unitaire
(II)
en effet, (g) et de ( w), la double
(2) et ; on a, en effet,
1 I I
r 1 = -1--- + --- +··.
a2 a2a3
et, d'a près les inégalités. ( I o), chaque terme de la série ( 1 I) est inférieur
ou au plus égal au terme de même rang de la série Il ne pourrait
y avoir toujours entre les termes correspondants que si
toutes les inégalités ( ro) se transformaient en égalités, cas que nous
avons exclu en adnwttant que a11 augmente indéfiniment avec n.
On voit que le développement unitaire normal a une définition
, en quelque sorte réciproque de la numération factorielle; dans
les facteurs des dénominateurs sont donnés;
ce sont les nombres entiers dans leur ordre naturel, mais chaque
numérateur peut prendre n valeurs si son rang est n- I.
Au . dans le développement unitaire normal, tous les
numérateurs étant égaux à l'unité, c'est au choix des facteurs
au dénominateur que 1' on peut obtenir tous les
nombres 01:. Il est intéressant de lorsque l'on connaît
les n-r premiers facteurs a
2
, ••• , an_
1
, quelle est la i
bilité pour que le facteur suivant a", que l'on sait devoir
au moins à Ctn-v prenne une ·valeur entièl'e donnée.
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION.
l'on donne a
1
, a
2
, ••• , an. . . on a
I I I
... + +rn,
a1 a1a2 ara2 ... an-1
le reste rn satisfaisant à
(l)
Si l'on a (
1
)
(2)
la valeur de an est à la petite valeur que an
est si l'on pose k = an_
1
+ h, h pourra varier de zéro à l'infini
et la probabilité pour que h une valeur entière donnée sera
quotient des deux intervalles (2) et (1) pour rn, c'est-à-dire, en
mant le facteur commun qui est l'inverse du a
1
, a
2
, .•• ,

au de
an-t+h-I an-t+ h
par
ce en
On vérifie aisément que l'on a
nous avons
on en conclut
Po+ p 1 + P2 + ... + p 1t + ... = 1,
an = an-t+ h,
ctn-1 = 1 + t
a, r + t + h
1.1.::::::::::: an-1 == x-+ t
Nous allons calculer la valeur moyenne
moyenne M est, par définition égale au
p.; cette valeur
de chacune des
(
1
) Le nombre ex étant irrationnel, ces inégalités ne peuvent pas se trans-
former en égalités.
6il C.HAI'l'fRE V.
valeurs
t loo· I + t +
(t+h)(t+h+I)
0
I+t
h=O
On a facilement
i'd = _t_
t+ l
t + ~ t
--+--
t+I t+2
+3 t J t+h+I
t +
2
+.
0
o + t + h og t + h + 0 0 0 0
I
t+h-
les termes non écrits étant On en conclut
1Ù = --- + ---0 + .. o + . +o.. = I
u [I I o I J
( t + 1 )2 ( t + 2 )" ( t + h )
2
car, notre hypothèse que t est assez grand, on a sensiblement
dh
,---c;-:--c = -·
+ h)
2
t
La moyenne arithmétique M des valeurs de log l"" étant I, la
moyenne géométrique des valeurs de p. est égale à e. Lorsque
l'on donne an-v la valeur moyenne géométrique de an est donc ean_
1
,
de sorte que, n est suffisamment grand, la moyenne géomé-
trique des valeurs de an croît proportionneHement à e".
Bien entendu, il est aisé de définir des nombres ex; pour lesquels an
croît, soit plus rapidement que e", soit au contraire beau-
coup moins rapidement. On peut en effet construire a des
nombres ex; en prenant, par exemple, pour an le petit entier
satisfaisant à l'inégalité
ou, au contraire, le plus grand entier satisfaisant à
0 an< log logn
en convenant cependant que an sera pris au moins
ce dernier cas, on constatera que des valeurs
en plus nombreuses des an seront
LES DIVERS SYSTIÈMIES DIE NUMÉRATION.
croîtra ·
tionneL
avec n, de sorte que le nombre rx est bien
n y a intérêt, à comparer, au point. de
d'un nombre rx par des nombres
ments unitaires normaux avec les
continues dont allons parler; mais nous n'insisterons pas sur
ce est en dehors du sujet de ce livre.
30. Les fractions continues. - des fractions continues
est très lointaine, car on peut la trouver dans les éléments de l'Arith-
métique, où l'on comment on peut calculer le plus grand
commun diviseur de deux nombres donnés, en divisant le plus
grand par le puis éelui-ci par le reste de la
division, puis ce premier reste par le reste de la seconde division et
ainsi de suite jusqu'à ce que l'on obtienne un reste nul; le dernier
diviseur, qu:i d'aiHeurs. être égal à l'unité est le p. g. c. d.
cherché.
Si l'on effectue la même opération sur deux nombres le
quotient est irrationnel, en arrêtant toutefois chaque division dès
que l'on a obtenu le chiffre des unités de la valeur entière du quotient,
la série des opérations peut se prolonger indéfiniment et conduit
ainsi à une fraction continue les quotients des divisions succes-
sives sont dits les quotients Comme nous l'avons dit,
on commence par diviser le plus grand des nombres donnés par
le plus at:; la fraction continue représente le quotient de 0!:

On a en effet
on en conclut
et ensuite
r,
a,+-
- a
sorte que l'on écrire
CHAI'ITIΠV.
I

re
-j--o
- r,
En continuant indéfiniment, on obtient la fraction continue que
r on parfois par l'écriture abrégée
(2)
les an étant tous
On a1ns1
comme un
a

C(
= ( a 1 , a:J, ... , a 70 ••• )
des entiers positifs.
considérer l'algorithme des fractions continues
de numération qui permet d'écrire
tout
bien
Si
entendu, prendre
le nombre a est
entre o et I sous la forme (2); on pourra,
= x, rx. étant alors entre o et r.
rationnel, la fraction continue est limitée
on peut observer que, SI an est supérieur à un, on a
a?., ... ,
tandis que sx an = I, on a
de sorte que tout nombre rationnel peut être représenté de deux
manières par une fraction continue limitée, tandis que la repré-
sentation d'un nombre irrationnel rx en fraction continue illimitée
est unique.
On appelle réduites d'une fraction continue la fraction rationnelle
irréductible que l'on obtient en réduisant la suite ( I) à ses n premiers
termes; on pose donc
(3)
et l'on démontre aisément les formules
( 4.)
{
Pn+li= anPn +
= Cln + Qn-t;
(5)
Pn-1 Qn- Pn =(-
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION.
de sorte que les formules (4) définissent bien lès réduites comme
des fractions Ces réduites sont
et par excès de la fraction continue. On a
( 5')
Il est facile de calculer la Pli pour que le
a
1
à un nombre donné Ir.; on a
(6)
Pk= k(k+I)•
Mais le même devient plus difficile à dès que !'on
considère a
2
et, à plus forte raison an. Les probabilités poul' que an
ait une valeur entière donnée k dépendent, en effet, non seulement
de k des quotients :incomplets av a
2
, •• , a,_
1
, ou, plus
sément de la valeur des deux réduites, des
quatre nombres Pn_
2
, Qn_
2
, Qn_
1
. On peut démontrer
que, quelles que soient ces valeurs, la
à k est à
(;)
a
a étant un nombre compris entre I et 2 (1), mais dépend des
quatre nombres précités. On peut aussi se proposer de calculer la
valeu:r globale moyenne de la probabilité pour l'ensemble des valeurs
possibles de a
15
a
2
, ••• , an_
1
; chacune de ces valeurs figurant
sa propre probabilité. La p1;obabilité . ]Jk est évidemment
encore par la formule (7) la valeur de la constante a étant
comprise entre les diverses valeurs qu'elle peut prendre et étant
par suite comprise entre I et 2.
On conclut aisément là que la q1, pour que l'un des
quotients incomplets an soit supérieur à k, a pour valeur
ici un peu les résultats
aucune influence sur les conséquences que nous tirerons. Pour
sion voir mes Éléments de la théorie des ensembles, Note L
CHAPITRE V.
La série des qk étant on peut en conclure que si l'on
considère comme événement favorable le cas où le quotient
incomplet an est à n, ce cas favorable se
général, une c'est-à-dire y a une
nulle pour qu'il ne qu'un nombre fini de fois.
Nous n'insisterons pas sur les résultats intéressants que l'on
peut déduire du résultat précédent, renvoyant au livre qui vient
d'être cité.
Nous avons vu que la théorie· des unitaires fait
correspondre à tout nombre incommensurable œ compris entre o
et r une suite illimitée d'entiers non décroissants; la théorie des
fractions continues fait correspondre à Ill: une suite illimitée d'entiers
quelconques; on pourrait croire que cette deuxième suite est plus
générale que la première; il est a:isé de les ramener l'une
à l'autre; si an est le terme général de la suite des entiers non décrois-
il suffit de poser
et la suite des bn est une suite d'entiers qui être absolu-
ment quelconques; on pourra réciproquement
la valeur de a
1
étant choisie arbitrairement supérieure ou égale à 2.
H revient donc exactement au même, au point de vue de la
ralité,· de donner une suite d'entiers non décroissants ou de donner
une suite d'entiers arbitraires. Il y aura cependant généralement,
dans les divercses manières que l'on peut adopter pour définir les
suites de ces dpux des différences entre les probabilités
·'pour que le nombre occupant un certain rang ait une valeur donnée.
31. Les alternées. - Nous voudrions en termtnant
un mot des systèmes de numération fort généraux qui sont suggérés
par la formule bien connue
~ I I I I
-=1--+---+--., ..
~ 3 5 7 9
Le second me1nbre de cette formule est une sene alternée, dont
termes sont alternativement positifs et négatifs, série qui n'est
LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMIÉRA'f!ON.
pas car la série des valeurs absolues de
ses termes est divergente.
Il est clair que, si l'on admet que les + et
succéder dans un ordre sans avmr
une série dont les termes sont en aux
termes de la série ( I) peut a voir une valeur
si on le désire entre o et 1. Si l'on veut, par que la somme
de cette série soit on le premier terme 1, des tern1es
soustractifs · que l'on ait
I I
r-
3
-
5
<o,5.
n suffira d'un terme pour obtenir
I I I

3 5 7 '
et d'un seul terme pour avmr
I I 1 I •
l- - - - + - - -- < 0 "·
3 5 7 9 '
On aura de même
1 I I I I
I - ,_ - + - - - + - "> 0 'i
3 c) 7 9 ][]É /
1 II 1 III
I - o- - - + - - - +· - - -o- -- -:c < 0 5
3 5 7 9 II 1)
1
et l'on pourra continuer ainsi indéfinim.ent l'approximation devenant
meilleure à mesure que le nombre des termes augmente, puisque ces
tenues tendent vers
n est clair que l'on aurait pu prendre pour de départ la
série
1 I I I I
log2 = I- ;:- +"--;; + z--;: +. · ·
2 ' J 'l' CJ "
et toute autre série satisfaisant à la double condition que la série
des valeurs absolues des termes et que ces termes tendent
vers zéro.
Lorsque l'on a · la série base, tout nombre IX entre o
et I n'étant pas essentielle) se trouve défini par
la suite inimitée des signes + et I qui se succèdent suivant un
74
CHAPITRE V. - LES DIVERS SYSTÈMES DE NUMÉRATION.
ordre Si cet ordre est vraiment très irré-
calculer un nombre de signes. Si, au
contraire, l'ordre
on pourra souvent
suit une loi sin;.ple et est
la série; on a, par
II III I 7t I
I+ '----- +-- +---- -1-- ••• = +-
2 3 él 5 G 7 8 4. 2
qu'un nombre œ peut être déve-
où a
1
est un entier I et a
2
, a
3
des entiers crms-
sants
ti ons
an1s1 que par les condi-
->a,
a,
I I
---<a,
a 1 a2
1 I 1
---+->a,
at a 2 a:1
On constatera que ct
2
est au moins égal à 2 et que an+l est supé-
neur au de an, sorte que les ct croissent très
assurant une très la
l 1 I I
C( =--- +-- -- -f- ....
aL a2 a3 an
LES DÉFINITIONS
32. Les définitions Nous avons
précédent, un certain nombre de
choisis parmi les simples et les on
peut évidemm.ent en imaginer beaucoup la
définition fort gênérale d'après laquelle un de numération
est un procédé de définir un nombre :incommensurable oc
au moyen d'une suite illimitée de nombres entiers satisfaisant
éventuellement à certaines conditions (
1
).
avons vu d'autre part que, si l'on veut que le nombre oc
soit choisi (( au hasard ll entre o et I, on pourra que les
nombres qui le définissent sont tirés au sort dans des conditions
déterminées, conditions qui sont très simples dans le cas du système
numération décimal ou binaire et plus dans le cas des
fractions continues.
Mais une telle définition par un tirage au sort est purement
c'est-à -dire n'est pas exécutable; on peut
d ~ s problèmes intéressants de
probabilités sur les nombres oc satisfaisant à certaines conditions
appartenant à certains ensembles bien définis). A la
par tirage au sort s'oppose le calcul successif et précis
des entiers correspondant à un nombre oc lorsque ce nombre est
bien défini par certaines conditions analytiques; c'est ainsi que Fon
a calculé centaines de chiffres décimaux de certains
(
1
) Nous laissons ici de côté
. représenter des nombres entiers;
intéressant.
cwMcHvu des systèmes de numération
des nombres irrationnels nous
CHAPI'fRE V!.
nombres tels que e, 11:, ; nous reviendrons plus loin sur
l'intérêt de ces calculs et sur leur insuffisance.
On enfin définir un nombre (J( en faisant choix certain
système de numération et en donnant un moyen de connaître les
nombres qui correspondent à (J( dans ce système. C'est ce que nous
appellerons une définition arithmétique de (J(, Cette définition sera
dite primitive si elle ne repose pas sur la connaissance d'un autre
nombre incommensurable oc. Nous examinerons d'abord les défini-
tions primitives, en indiquant quelques-unes des
Par exemple, dans le système décimal, on pourrait convemr
d'écrire la virgule les nombres entiers successifs dans un
ordre naturel
1)( = 0, I 2 3 4 5 6 7 8 9 I0 lI I 2 I 3 I 4 I 5 I 6 I 7 18 19 20 ...
ou bien seulement les nombres pairs
f> = o, 2 4 G 8 I o r 2 r 4 1 G r8 20 22 24 26 28 3o •..
ou bien seulement les nombres
'( = o, 1 2 3 5 7 l l I3 17 19 23 29 31 37 ....
On se convaincra aisément que les nombres (J(, ~ ' y sont des nombres
normaux, en ce sens que fréquence de chacun des chiffres décimaux
l
' ' l ' I
est a meme et ega e a
10

Dans le système des fractions continues, on pourra définir les
quotients incomplets successifs par une formule simple, par exemple
ou
Dans le cas de la numération factorielle, an devant être inférieur
à n on pourra, par exemple, le prendre égal à ~ ou à ~ suivant
2 2
que n est ou impair. Dans le cas des développements unitaires
normaux, on pourra prendre aussi an égal à Î si n est pair et à n ~
1
si n est impair; les valeurs de an ne sont ainsi jamais décroissantes.
Il est inutile de multiplier ces exemples que l'on pourrait varier
de bien des manières; mais, ce qui est difficile, c'est de donner des
exemples vraiment intéressants, c'est-à-dire de définir ainsi des
nombres dont on puisse démontrer des propriétés autres que celles
LES DÉFINITIONS ARITHMÉTIQUES.
77
qui sont énoncées dans leur définition. On ne connaît qu'un petit
nombre de ces celles qui sont relatives aux fractions
décimales représentent un nombre tandis
que les fractions continues périodiques nombres
quadratiques, racines d'une équation du
entiers. On connaît, d'autre part, des
des nombres tels que e ou n, par exemple
de e- 2 dans le de numération
de ~ que nous avons au Chapitre précédent. De tels déve-
loppements, qui font connaître une relation entre des n ~ m b r e s
définis simplement par des analytiques et des séries
numériques définies aussi d'une manière simple, sont de la
importance, car ils constituent une brèche dans la forteresse
presque inaccessible que constitue le problème des relations entre
les nombres définis par l'analyse et les définitions arithmétiques
primitives (
1
). Nous allons étudier maintenant les définitions arithmé-
tiques secondaires, lesquelles prennent comme point de départ l'une
des suites illimitées d'entiers que l'on peut théoriquement calculer
au moyen d'ùn nom'bre incommensurable déjà connu.
33. Les définitions arithinétiques secondaires. - Partons,
par exemple, du nombre TC, qui est un des nombres incommensurables
dont on a calculé le plus grand nombre de décimales exactes (
2
).
Chacun connaît les premiers de ces chiffres décimaux
rc = 3,r4r5g26535 ....
Ce développement décimal étant supposé connu, on peut en déduire,
par des procédés divers, de nombreuses suites illimitées de nombres
entiers; en voici quelques exemples
(r)
I'
4,
I'
5, g, 2, 6, 5.
0
"'
5, ... ,
(2)
I'
l 4, r4r, r4r5, r4r5g, r4r5g2, ... ,
(3)
l'
4r, 2653, • 0 .,
(4) r4, r5, 92, 65, 35,
(
1
) On peut citer aussi des développements simples en fraction continue,
déjà signalés par Euler et dont !a valeur en fonction de e ou de re.
(
2
) Grâce à l'utilisation des machines à calculer' modernes, ce nombre, qui
avait récemment atteint 8oo, dépasse déjà 2000 et ne tardera pas à augmenter.
CHAPITRE VL
ces Au moyen de chacune
de bien des manières de nouveaux
ces nombres auront une définition
dérive du nombre rr:.
il est facile de
no1nbres incoUllllensurables;
car elle
Les méthodes fort diverses que l'on utiliser sont nom-
breuses pour que l'on puisse songer à les énumérer; à forte
raison est-il · de les Il est intéressant
à titre certaines fonctions arithmé-
dont la définition et les sont naturellement
nous pour à celles · utilisent exclusi-
Nous supposerons, en vement la numération décill1ale.
les fonctions définies sont c'est-à -dire
tout nombre déci1nal IX un seul nombre ~ et
outre, que
~ , le seul nombre IX. que les
décimaux limités font exception à cette
du fait que chacun d'eux s ecrire de deux
en se soit par une infinité de chiffres
zéro, soit par une infinité de chiffres g.
Nous sommes ainsi amenés à définir une des IO chiffres
de o à g, permutation que nous pouvons preciSer en écrivant les
IO chiffres sur deux dans un ordre différent, comme ceci :
0 ~ 3 4 5 6 7 8 9
9 8 0
chiffre correspondant à celui est écrit au-dessus de lui.
Dans l'exemple que nous avons choisi, le chiffre 8 se correspond à
luicmême, tandis que autres chiffres subissent une
circulaire, de sorte que l'on aussi utiliser l'écriture suivante :
(8)
De la même manière, l'écriture ci-après
définira la
\
0 2
.,
4
5 6
7
8
9
:)
(P)
( 5
4
3 8 6
7
0 2
9
LES DÉFINITIONS AIUTHMÉT!QUilS.
79
On sait
définies est
nombre des
à
qm peuvent ams1 être
10! = 3 628 8oo.
Tel est le nombre total des nombres décimaux
peut associer à un nombre tel que rr:- 3 (en y
Par la (P) fera
le nombre
o,
à
On voit d'ailleurs aisément que 3 628 8oo nombres obtenus
être 2 par 2 de manière que la somme des nombres
d'un groupe soit égale à l'unité. cette relation est loin
d'être la seule qui relie entre eux les 3 628 8oo nombres associés.
H est aisé, en effet, de voir que ces nombres peuvent être obtenus
simplement au moyen de ro nombres que nous
ces 10 nombres étant eux-mêmes liés par. une relation
linéaire.
Nous dirons nombre décimal inimité est unitaire si
ses chiffres sont égaux à zéro ou à I (
1
).
de tout nombre décimal illimité oc, déduire 10 nombres
décimaux unitaires. a
0
, av a
2
, ••• ,
vante : le nombre an s'obtient en
a
8
, a
9
, par la règle simple sui-
dans œ le chiffre n
par 1 et les autres par o.
Par exemple, de
(A)
on déduira
"- 3 = o, r4r5g26535 ...
a 1 = o, IOIOOOOOOO ... ,
a"= o,OOOIOOOIOI .•.•
n est évident que l'on a, dans tous les cas
(r)
si 10 nombres décimaux unitaires à
(1) Nous avons util\sé le même mot dans la définition des
unitaires no l'maux; on ne peut confondre ces
avec les nombres unitaires;
8o CHAPITRE VI.
la relation ( 1), ces dix nombres définissent sans
décimal illimité ex. n y a à cela une seule
l'on aurait soit
I
a 0 = at = a2 = ... = as = ag = -- = o, o 1 II !II ...
. go
pour les des an par une
un nombre
soit une mêmè
de w. en on écrit les uns au-dessous des autres les
ro nombres a
0
, a
1
, ••• , a
9
pour les il ne pourra y avoir
report dans une colonne, que si les chiffres de cette colonne
sont tous les dix égaux à l'unité; si ceci ne se pas pour toutes
les nous devrons admettre que la colonne de rang n,
par ne pas de ; on en conclut que, dans
chacune des colonnes précédentes, il doit y avoir un chiffre à x
et un sinon la somme ne donner le chiffre I et l'on voit
de même qu'il en est ainsi pour les colonnes qui suivent la nil•me,
à moins que la partie décimale du de .tous les a, par w"
ne soit
' 1
a-·
go
Si l'on a IO nombres décimaux unitaires satisfaisant à la rela-
tion ( r) (et ne rentrant pas dans le cas signalé),
ces w nombres décimaux permettent de faire correspondre à toute
telle que (P) un nombre décimal, tous ces
étant associés; le nombre décimal correspondant à (P) sera
Les 3 628 Soo nombres tels que ex sont donc liés par 3 628 791 rela-
tions linéaires, parmi lesquelles nous en avons I 8 I 4
qui que l'on former autant de de
deux nombres dont la somme à l'unité. Les autres rela-
tions ne sont pas difficiles à mais nous omettrons 'ici les
calculs qui permettent de les écrire.
Signalons cependant que l'on définir d'une manière simple
et symétrique Io nombres ()(s'exprimant au moyen des an; on posera,
par exemple
x 0 = a 1 + 2a2+ 3a3+ ... + ga0,

(k=r,2, ... ,
On pourra, calculer les au moyen des x,, et la
relation (x) entre les ak donnera une relation linéaire entre les Xk.
LiES DÉIFINITIONS
81
D'autre tout œ (ou x) donné pat une :relation telle que (3)
s'exprimer aisément en fonction linéaire des Xfi.
On des x,, d'autres nombres
pas
ceux que l'on obtient en
et 7 par des zéros. n est le nombre ~ ainsi obtenu ne
permet pas de remonter dont on l'a
à un chiffre zéro de ~ peut l'un des chiffres o, 4, 5 ou 7
Le nombre ~ s'exprime linéairement d'une man:ière
à (3) et l'on pourrait calculer les Xk en fonction linéaire
de g nombres ~ convenablement tels que le
déterminant des coefficients dans les relations à (.3) et la
relation ( I) soit différent de zéro.
Signalons enfin le cas où l'on déduit du nombre donné (A) deux
nombres tels que la connaissance de l'ensemble de ces deux nombres
permet de reconstituer (A); par l'un de ces nombres sera
obtenu en prenant les chiffres de rang et l'autre en prenant
les chiffres de rang pair; au nombre (A) ainsi les deux
nombres y et z définis par les relations
~ y = o, Ig63 ... ,
{ .z = o,45255 .. ..
(B)
La correspondance ams1 établie entre (A) et (B) er3t univoque et
continue si (A) pas égal à une fraction décimale limitée; en
effet si l'on a
A=o,325=o,
il lui les deux groupes de nombres
y,= o,
et
.Y2= o, ... = o
Z2=o,2gggg ... =o,3;
d'où l'on conclut aisément que toute fraction décimale donne
un de discontinuité, soit pour y, soit pour z.
On obtient des résultats particulièrement simples au sujet de ces
points de lorsqu'on définit la courbe de Peano, ou
JL BOREL.
CHAPITIŒ
courbe points d'un en utilisant
Nous nous contenterons de ces indications brèves sur les défi-
nitions arithmétiques
très grand nombre de
être variées d'un
p.eu de réflexio"n
pour se quelque riche que soit cette variété
elle ne permet pas de réellement fini, ni virtuellement le
dénombrable. reste donc tJ:ès en de la puissance du
qui est celle des nombres inaccessibles. On est ainsi à nouveau
ramené au de vue que nous avons au Chapitre III;
le continu se compose essentiellement de nombres inaccessibles et
l'étude de ces nombres ne être faite que par les du
calcul des probabilités. C'est en tenant compte de cette remarque
que nous . allons étudier quelques du continu
uno""'uc ; nous apprendrons ainsi à classer ces par ce qm
transformations suivant
point de vue euclidien.
la manière dont elles se au
34. Les transformations euclidiennes et
Une première classe particulièren:wnt des transforma-
tions du continu cm'?prencl celles de ces transformations qui sont
euclidiennes, c'est-à -dire qui conservent les propriétés essentielles
de l'égalité euclidienne et les transforma ti ons que l'on
appeler pseudo-euclidiennes, qui conservent ces propriétés seulement
lorsqu'on les applique à un élément infiniment petit.
Les transformations euclidiennes proprement dites sont les dépla-
cements, conservant par définition l'égalité des f1gures l'homo-
thétie, qui modifie toutes les dirnensions suivant un même rapport
et qui conserve par conséquent les rapports des longueurs et ne
modifie pas les probabilités respectives des groupem.ents.
Les transformations peuvent être définies
par des fonctions continues quelconques pourvues de
s'il s'agit de domaines à une dimension et par des fonctions continues
le jacobien n'est pas nul, s'il de domaines à plusieurs
dimensions. De telles transformations deviennent en linéaires
(
1
) Voir mes EA•mtem:s de la théorie des ensembles, Note IV.
LES DÉFINITIONS ARITHMÉTIQUES, 83
par aux et au1s1 les
par un
Nous
souvent
coefficient localement constant.
n'insistons pas sur ces faits bien
est celui -ci : les
définies au
fait moms
de teHe manière que les
de
de droite et un carré)
éléments
un certain point de vue, d'eucli-
pour
que en a donné
n est évident, en que si l'on donne les 2n prenuers chiffres
décimaux du nombre
ce est compris dans un intervalle dont la est
tandis que les deux nombres
=o,
dimensions -
1
- • le noint
ron' Y
dont les coordonnées rectangulaires sont x et y est ainsi à rintérieur
d'un carré dont l'aire est -
1
- •
Io:::n
Un calcul pourrait être fait en remplaçant le nombre
2n par un nombre 2n + I.
On conclut de là que la probabilité pour z de se trouver à l'inté-
neur d'un intervalle le domaine fondmnental qui est le
o-I est la même que la pour le x, y de se
trouver dans une certaine à cet intervaHe,
cette aire étant intérieure au carré fondamental côté égal à
l'unité. Nous sommes évidemment très éloignés ici des
d'Euclide, pour il ne peut y avoir de n'lesure commune entre
une 3_ une dimension et une aire à deux dimensions. Mais
il n'est pas interdit par Euclide de comparer les rapports de deux
longueurs au de deux aires et de constater que
sont égaux. C'est en ce sens qu'il peut être permis de
Peano-euclidienne.
84
CH!IPI'fRE VI,
H va soi que tout ceci. s'étend aisément aux espaces à 3 ou
même à n dimensions.
On peut observer que l'on obtient tous les d'un carré OABC
de côté unité par l'addition vectorielle de tous les vecteurs
et ON dont l'origine est 0 et dont les extrémités sont deux
quelconques M et N des segments OA et OC de longueur unité.
n est ainsi permis de dire que l'espace à deux dimensions s'obtient
par l'addition vectorielle de deux espaces à une dimension. Nous
allons voir c01mnent cec! se pour certains ensembles de
2.
mesure nulle dont la dimension peut être regardée comme égale
à une fraction inférieure à l'unité.
35. Les transformations sous-euclidiennes. - Considérons un
nombre a écrit dans le système binaire, qui ne comporte que les
chiffres o et I.
( l) a = 0, 11001001 Il lOO ....
On obtient évidemment tous les points du segment fondamental o-x
en admettant que les chiffres qui suivent la virgule sont tirés au
sort de toutes les manières possibles, chacun d'eux ayant ainsi des
chances égales d'être égal à o ou à I.
Mais nous pouvons également considérer l'égalité ( I) comme
définissant un nombre dans le système de numération décimal,
nombre que nous appeHerons ~ et que nous ferons correspondre
à a.. Si l'on a
I l
2.\î + 210 + .... ,
on aura
0
! 1 III l
IJ = JO + -102 + JOO + 10,; + 109 -1- 1010 + ...
LES DÉFINITIONS ARITHMÉTIQUES.
les exposants de IO les mêmes les
peuvent être une suite quelconque d'entiers
de 2,
croissants.
85
On voit aisément que les nombres ~ à un ensemble E
de mesure nulle; mais on peut préciser que la dîmension de
car H faut additionner vectorieHement neuf ensembles
I
est -,
9
à E pour obtenir un de dimension unité, formé de tous les
points compris entre o et L II est clair, en effet, que si l'on aucu>cnyum:o
seulement huit ensembles identiques à l'ensemble des ~ , la somme
s e r a ~ un nombre décimal illimité comportant seulement les chiffres o,
I, 2, ... , 8, à l'exclusion du chiffre g, de ces nombres
étant de mesure nuHe. Mais si l'on additionne 9 nombres tels que ~ '
on peut les choisir d'une infinité de manières, de manière à obtenir
une fraction décimale illimitée absolument quelconque, c'est-à-dire
tout compris entre o et I.
Nous ne développerons pas ici h1 théorie générale de la raréfaction
des ensembles de mesure nulle, théorie assez complexe en raison des
natures diverses de ces ensembles (
1
).
Nous nous contenterons d'observer qu'il est aisé de définir des
ensembles de dimension zéro, tels que la somme vectorielle d'un
nombre quelconque d'entre-eux n'est jamais de dimension un et
est par suite de dimension zéro. Un tel ensemble peut être déduit
de l'ensemble des nombres décimaux illimités
par la régie suivante; le nième chiffre décimal de· rx est le chiffre décimal
de rang w" y, les autres chiffres décimaux de y étant nuls; on a
axns1
4 6 3 I 7
1 = '.iCJiti +
10
tuo +
10
tooo +
10
toooo +
10
toooooo + · · · ·
U est évident que la somme d'un nombre quelconque A de
nombres y comporte, à partir d'un certain rang, des chiffres zéro
bien plus fréquents que les autres chiffres et est par suite de mesure
nulle. On pourra convenir de dire qu'un tel ensemble de mesure
(
1
) Lespremiers éléments de cette théorie ont été exposés mes Éléments
de la théorie des ensembles. Mais la n'est pas épuisée et justifierait des
recherches nouvelles.
86 CHAPITRE Vi. e-. LES DÉFINITIONS ARI'll'HMÉT!QUES.
nulle est de raréfaction nulle. Mais cette convention est
ment précise, car on sera amené à diviser en une infinité de
les ensembles de raréfaction nulle, sans que d'ailleurs il soit
en raison du théorème de Paul du
sur les modes de croissance.
Les transformations conduisent ainsi d'un ensemble à une
dimension à des ensembles dont la dimension est fractionnaire ou
nulle peuvent être appelées la Géométrie
sc borne à considérer une, deux ou trois dimensions.
que, si dans l'espace à deux on considère
l'ensemble des points dont les coordonnées x et y
l'une et l'autre à un ensemble E de mesure nulle et de
9
tel que le nombre défini par la formule la somme vectorielle
de de ces ensembles E donnera le carré tout entier,
un ensemble de dimension de sorte que l'on l)eut dire que la
dimension de l'ensemble E est · Il est ainsi possible de définir des
9
ayant une même dimension ma1s dont les
uns sont définis dans l'espace à une dimension et les dans un
espace à deux ou trois dimensions.
PITRE
LA NOTION DE PUISSANCE.
36. La Cantor. · ~ La définition de
la puissance est une des pièces maîtresses de la théorie générale
édifiée par Cantor. On sait que deux ensembles ont même
puissance lorsqu'on peut établir entre leurs éléments une corres-
pondance univoque et réciproque ou, si l'on préfère, biuniv;oque.
La puissance la moins élevée est celle du dénombrable. Par l'appli-
cation la méthode dite diagonale, on définir une de
pmssances plus en plus grandes et Cantor a défini également des
puissances de plus en plus grandes dans sa théorie des nombres
transfinis et des nombres alephs, mais ces deux modes de définition
ne sont pas aisés à comparer; nous nous bornerons au
nous paraît le moins obscur.
On sait que la méthode diagonale consiste à montrer que si c
est un élément arbitraire d'un ensemble de puissance quelconque,
l'ensemble des fonctions f (c) qui prennent, pour chaque valeur de c,
la valeur o ou la valeur r, a une puissance supérieure à celle de
l'ensemble c. Si en effet un ensemble de fonctions f (x) a même
puissance que l'ensemble des c, on peut faire correspondre à
une fonction et une seulé de l'ensemble des f que l'on
par fe Il suffit alors de définir la fonction. cp (x) par la condition
q;(c);F
pour être certain que la fonction cp diffère de toutes les fonc-
/c (x); l'ensemble de ces fonctions ne donc être, comme
on l'a admis, de toutes les fonctions possibles f(c).
En appliquant cette méthode de Cantor à la puissance du d é n o m ~
brable, on obtient la puissance du puis la puissance de
88
CHAPITRE Vil.
l'ensemble des fonctions d'une variable suite.
On voit ainsi combien est riche la notion ; on
dire que c'est la propriété la des ensembles
mais il n'en est pas de même pour les ensembles concrets, tels que les
ensembles . que nous avons considérés (points d'une
que tous les ensembles mesure nulle
que au Chapitre ont la du
continu et en est de même pour les continus à un nombre
et même à une infinité dénombrable de dimensions.
Mais tous ces sont extrêmement différents entre eux
au point de vue euclidien, bien soient identiques au point de
vue de la puissance. Il y a entre le point de vue euclidien et le
point de vue une qui vaut la d'être
étudiée d'une manière approfondie.
37. La puissance .du dénombrable. - Il y a
a constaté et éclairci le apparent consistant en ce qu'un
ensemble dénombrable a même puissance de ses
tel .est le cas pour l'ensemble des nombres entiers et l'ensemble
des nombres ou l'ensemble des carrés des entiers, ou l'ensemble
des puissances successives de Io. Les ensembles que nous venons
de citer apparaissent, lorsqu'on suppose écrite la suite indéfinie
des entiers, comme de en raréfiés; mais, comme ils se
prolongept indéfiniment, il est évident que leurs puissances sont
On peut chercher à ce apparent une première expli-
cation en faisant appel à la notion de nomb:re inaccessible. Si nous
admettiqns, pour simplifier, que nous connaissons la limite exacte
à partir de les entiers sont inaccessibles et si nous ne tenions
que des entieŒ inférieurs à cette limite il est évident que
le nombre des nombres pairs inférieurs à A est ~ , le nombre des
2
carrés d'entiers inférieurs à A est l'ordre de et le nombre des
puissances de IO inférieures à. A de l'ordre de log A.
Mais notre hypothèse est vraiment trop arbitraire; il est dai:r
que certains nombres très grands, d'un millier de
sont beaucoup plus facilement accessibles que d'autres
ILA NOTION DE PUISSANCE.
nombres du même nombre de chiffres; il est plus d'écrire I
que d'écrire I ooo aucun lien entre eux. Malgré cette
il ne parait pas d'éclaircir le du
dénombrable au moyen de la notion de nombre
semble cependant est plus simple et clair de faire
à la probabilité, tout en observant que,
l'avons vu, la définition de la
éléments ensemble sur la
notion de nombre inaccessible. Mais cette notion n'intervient ici
que sous sa forme la plus générale, sans qu'il soit besoin de préciser
sous une forme quelconque les limites de l'inaccessibilité; si élc;IgJllé(lS
en effet que l'on suppose ces limites, il est évident que les nombres
restant inaccessibles seront infiniment nombreux par rapport aux
nombres accessibles, ceux-ci sont forcément en nombre
fini. n est impossible d'attribuer probabilités égales à tous
les éléments d'un ensemble dénombrable, sous peine d'aboutir à
cette conséquence absurde que tout choix devrait se porter nécessai-
rement sur un nomb1'e :inaccessible.
On est ainsi conduit à attribuer, comme nous l'avons indiqué,
une probabilité finie à chaque élément, l'ensemble de ces proba-
bilités ayant pour somme l'unité, ce qui implique qu'eUes tendent
vers zéro lorsque le rang augmente. indéfiniment (
1
).
La seule objection que l'on puisse faire contre cette distribution
des probabilités, c'est l'impossibilité où nous nous trouvons de la
préciser; les conventions possibles sont infiniment nombreuses et
peuvent être choisies avec beaucoup d'arbitraire. Mais il se passe
ici un phénomène analogue à celui que Poincaré a mis en évidence
lorsqu'il étudie le rôle que joue l'introduction d'une fonction arbi-
traire dans bien des problèmes de probabilités continues. Sous des
conditions fort larges, le résultat final ne dépend pas du choix de
la fonction
Si donc on substitue la notion de probabilité à celle de puissance
tout paradoxe ; la probabilité totale de choisir un entier,
totale égale à sera égale à la somme des proba-
(
1
) Je ne reviens pas sur ce qui a été dit plus haut de l'attribution d'une
probabilité globale aux nombres l'examen de cette hypothèse
ne m,odifierait pas nos conclusions
CHAPITRE VIL
le choix se
et ces deux
n01nbre ou sur un
seront l'une et l'autre
extrêmement voisines
-.
2
On pourrait essayer de se placer à un point de vue et
tenter une géométrique simple d'un
ensemble dénombrable. Prenant, par exemple, comn1.e le
fondamental o-I, on IJeut sur ce segment, soit les
rationnels à I simplement, les fractions
limitées. Dans un cas comme dans l'autre, on obtient
un ensemble dénombrable partout dense sur le segment et dont la
distribution possèdè certains caractères d'homogénéité. Dans chacun
des cas que nous venons de citer, si l'on fait subir au système une
translation le point 0 sur un point de l'ensemble, on
coi1state que chaque point de l'ensemble vient coïncider avec un
autre point de l'ensemble, à condition bien ·de ramener
sur le segment. fondamental, au moyen d'une translation à
l'unité, les points qui en seraient sortis.
Choisissons, pour bien préciser, l'ensem,ble points rationnels,
offre l'avantage de permettre la du segment
mental en un nombre quelconque de parties égales, les points de
division étant tous des points de Il est d'après
ce .qui précède, que si le segment o-x est divisé en un certain nombre
parties égales, chacune de ces parties peut être amenée en coïnci-
dence avec une par le moy-en translation, les points
rationnels venant tous en coïncidence avec tous les rationnels.
L'ensemble donné se trouve ainsi en n ensembles qui sont
égaux au sens euclidien, puisqu'ils peuvent coïncider par une trans-
lation. Si la probabilité totale de choisir un point rationnel est posée,
par définition, comme égale à l'unité, la probabilité de choisir ce
point dans l'un des n ensembles partiels sera égale à !_ et la
, n
bilité de le choisir dans m de ces e n s e m b l e ~ partiels sera égale à ~ ·
n
On toutefois faire une
qui limitent les segments, si l'on veut admettre que les
correspondantes ne sont pas nécessairement nulles. Il faudra alms
convenir que l'on les rationnels le I,
mais non le point zéro et, l'on divise en n admettre
LA NOTION DE PUISSANCE. gr
que chaque de est à sa
gauche et non à celui ·est à sa droite
comme à la droite du point
Considérons maintenant un longueur 01:, dont
être des nombres irrationnels; on pourra
ce segment comm.e la somme d'une infinité dénom-
brable de segments juxtaposés à extrémités rationnelles et l'on en
conclura que la pour qu'un
à PQ est égale à la longueur de
mental étant prise pour
Tout cela paraît fort cohérent. On est
il est pour rationnel
isolé, puisqu'il être enfermé dans un intervalle PQ aussi petit
que l'on veut, mais on obtient des probabilités finies, quoique
très petites, pour l'ensemble des nombres rationnels groupés dans un_
intervalle quelconque
Mais voici que surgit une difficulté insurmontable. pouvons
entourer chaque point d'un segment dont il est le milieu
et dont la longueur est un nombre petit ep,IJ· Choisis-
sons ces nombres ep,q de manière que l'on ait
!: == s,
la série double du premier membre étant convergente et sa somme e
étant un nombre inférieur à l'unité. La probabilité totale d'obtenir
un des points rationnels intérieurs· à l'ensemble des intervalles Zp,q
sera égale à z, inférieure à l'unité, ce qui est absurde
puisque tous les E sont intérieurs à cet ensemble, certains
q .
eux y figurant même plusieurs fois.
Il est intéressant d'étudier de près le mécanisme par lequel a été
obtenu ce résultat. Chacun des intervalles qui entourent les points
tels a une longueur Ep,'f qui rapidement extrêmement
petite en vertu ·de la relation ( I); on en conclut facilement que les
nombres rationnels, autres que E,
q
à E ont des termes
q
dans l'intervalle
et q' très par rapport
\)2 CHAP!'fRE VIl,
à pet q. Mais ces p' ne en réalité aucun rôle dans notre
q'
démonstration; nous avons fait état du seul fait que l'intervalle
à son intérieur le f!_, c'est-à -dire que nous ne tenons
q
parmi les rationnels à que
de celui dont les termes p et q sont les moins élevés.
D'autre lorsque nous considérions des intervalles juxtaposés,
en nombre fini, renfermant à leur intérieur tous les nombres ration-
nels, si nous ces intervalles un à un nous obtenions des
nombres rationnels en infinité dénombrable, mais nous avions
l'impression que ces nombres étaient de plus en nombreux
et nous avions à la limite, tous les nombres :rationnels.
Il en est tout autrement dans le cas des intervalles Ip,q : si nous.
ne tenons pour chacun
au moyen d'un nombre fini de
que du nombre E, nous
q
un nombre fini de
nombres ·rationnels E et ce nombre reste fini aussi longtemps que le
q
nombre des reste fini; c'est seulement en passant à la limite
et considérant une infinité dénomb1'able d'intervalles Ip,q que nous
obtenons tous les nombres rationnels E ·
q
Remarquons enfin que la démonstration ne fait intervenir en
rien la grandeur des intervalles Ip,q, c'est-à-dire des nombres ep,q;
ils peuvent être pris aussi que l'on veut et cependant :ils
renferment à leur intérieur tous les points E, qui sont denses sur
. q
toute la droite, ce veut dire que tout point la droite est la
limite d'une de points!!..· L'imagination a de la peine à
q
comprendre que des intervalles tels que tout point E est intérieur
q
à l'un ne recouvrent pas toute la droite. Et la raison,
par des démonstrations rigoureuses (
1
), nous conduit à
admettre qu'il n'est pas possible de recouvrir entièrement le segment
unité au moyen d'une infinité de dont la longueur totale
est inférieure à un.
(
1
) J'ai donné pour la fois cette démonstration dans ma Thèse de
doctomt (I8g4.). On la t:rouvera dans mes Leçmis sur la théorie des fonctions.
LA DE PUISSANCE. g3
nous c'est qu'il n'est
une infinité dénombrable de
que les rationnels, partout denses, sur une
mesure euclidienne, en se basant sur la division du segment unité
en un nombre fini de segments Il que
se trouve ainsi conduit à
longueur donnée, une valeur propor-
de ce segment. nous venons de voir
que l'on par la considération des segments de
totale €, à une absurde, puisque tout nombre E
q
est intérieur à l'un des Ip,q·
Nous arrivons donc à la conclusion que, malgré les apparences,
deux intervalles égaux à. extrémités rationnelles ne doivent pas
être considérés comme ayant des égales, au point de
vue des nombres rationnels qui leur sont intérieurs. Ces ensembles
égaux sont cependant superposables par une translation rationnelle,
qui par suite amène tous les rationnels des deux segments
à coïncider deux à deux, d'où il semblerait que l'on peut conclure
des probabilités pour qu'un point rationnel appartienne
à l'un et à l'autre des deux segments.
On comprendra mieux le paradoxe, si au lieu de l'ensemble des
nombres rationnels, de nature malgré tout assez compliquée, on
l'ensemble des nombres décimaux, qui est plus simple
et avec lequel nous sommes plus familiarisés.
Supposons donc que l'on place sur le segment o-I un milliard
de points de dont le premier a pour abscisse un demi-
milliardième, les abscisses croissant ensuite d'un milliardième, de
sorte que chaque point dont l'abscisse est un nombre entier de
miUiardièmes se trouve être le milieu l'un des intervalles que
nous avons définis.
Mais, parmi les points dont l'abscisse est un nombre entier
milliardièmes, il est naturel de connne remarquables
ceux dont les abscisses sont un nombre entier de dixièmes, de cen-
tièmes, de millièmes, etc. Si nous considérons ceux dont l'abscisse
est un nombre·entier demillièmes, leurnombre est I ooo et l'étèndue
totale des :intervalles milliardièmes correspondants est un millio-
nième, On a ainsi enfermé tous les miHièmes dans des inter-
CHAP!1'RE VIl.
v aH es
la somme totale est un millionième; on pourra
d'une manière analogue en remplaçant un par son
carré et mille également par son carré; on trouvera a:Iors une étendue
totale au carré d'un et ainsi de suite; on retrouve
ainsi la démontrat:ion nous avons faite pour les E ·
q
est donc la différence entre les deux intervalles
u,
à o,I34oooooo5 et à o,
C'est que le premier de ces intervalles renferme à son intérieur le
tandis que tous les intérieurs au second intervaHe
comportent au moins neuf étant o,I
Il est donc naturel de le premier intervalle comme plus
pas de préciser
exactement ces
Nous retrouvons ainsi, pour la des points rationnels
ou décimaux d'un segment le point de vue nous avait conduit
l'étude des probabilités dans un ensemble abstrait,
tel que la suite naturelle des entiers. On aboutit à des contradictions
si l'on veut attribuer à tous les éléments de l'ensembl!J, des
bilités égales et par suite nulles, il faut donc leur attribuer des
probabilités formant une série convergente dont la somme est égale
à l'unité (
1
), Une faut pas s'arrêter à. l'objection laquelle
il est impossible de préciser la valeur exacte de ces probabilités.
Il se produit, en effet, comme nous l'avons dit, un phénom.ène
analogue à celui sur lequel Poincaré a attiré l'attention dans le cas
des probabilités continues; il est possible d'y introduire, dans bien
problèmes, une fonction arbitraire assujettie seulement à de
larges conditions de continuité et la solution des problèmes est
indépendante du choix de cette fonction arbitraire.
De même, dans le cas des dénmnbrables, ressentie!
est que les probabilités décroissent à mesure que les éléments de
l'ensemble deviennent de moins en moins accessibles, de manière
que ces probabilités soient extrêmement petites pour les éléments
inaccessibles.
(
1
) Nous omettons ici, pour
relativement aux nombres inaccessibles
que nous avons sig11alée
la
Pour les nomb1'es
! '
-a
2
LA NOTION DE PUISSANCE. g5
on pourra, par attribuer
au IO
puis la totale à l'ensemble des nombres décimaux de r r
't
à 20 la totale i à l'ensemble des nombres
de 21 à 3o ainsi de suite. Dans chacune des catégories
ainsi définies,
des éléments, ou
attribuer des à chacun
bien les fractionner suivant une loi analogue.
ayant attribué l'ensemble des nombres de I à IO
2
attribuer _!_ à l'ensemble des nombres de I chiffre,
20
_!_ à l'ensemble des nombres de 2
20
également_!_ aux nombres de 10
20
et ainsi de suite
Signalons enfin, pour terminer, qu'il y avmr un certain
intérêt, pour évaluer la probabilité totale relative à un intervalle,
de distinguer dans cet intervalle le point unique pour lequel la
est la plus élevée et, d'autre l'ensemble des
de l'intervalle. Mais nous n'insisterons pas sur cette
remarque, qui pourra cependant être précieuse dans de nombreuses
applications.
3 8. Les ensèmbles dénombrables sur la - U est
possible de définir sur une. sphère certains ensembles dénombrables
de dont les propriétés singulières, signalées pour Ia première
fois par Haussdorff (
1
), peuvent être éclaircies au moyen des
dérations du paragraphe.
Considérons une sphère S et deux diamètrès AA' et BB' de cette
formant entre eux un angle El. Désignons par cp une rotation
de 18o
0
autour de AA' et une rotation de 12o
0
autour de BB',
de sorte que l'on a
'J'"= I Ï
<1"-
En vertu de ces ( I ), toute rotation obtenue en composant
Note VIL
g6 CHAPITRE 1111.
d'une manière quelconque cp et tJ; pourra s'écrire sous la forme
R=
les œ
1
et œ,+i étant à o, r ou 2, que œ
2
, ex::!, •.. ,
à o ou L Si l'onan =o, œ
1
=o, R se réduit à r,
à une transformation identique. On supposera que R
ne se réduit à l'unité pour aucune autre valeur de œ
0
, œv ... , œn, ....
Cette hypothèse est car les valeurs de R sont en infinité
dénombrable; en égalant· chacune d'elles à on obtient une
en 0 qui est algébrique et de degré fini par rapport à tg 0;
il y a donc seulement une infinité dénombrable de valeurs de 0
pour lesquelles l'une des valeurs de R est égale à l'unité; on peut
donc supposer (). choisi de telle manière qu'il ne soit égal à aucune
de ces valeurs
Donnons-nous un point M de la sphère, distinct des points A',
B, B'; en appliquant au point M les rotations R, en infinité dénom-
brable, on obtiendra une infinité de points MR qui
sont tous distincts les uns des autres. L'ensemble des rotations R
formant un groupe, le produit de deux rotations R
1
et R
2
est aussi une rotation l'ensemble E des points MR restera inva-
riant, c'est-à"dire se transformera en lui-même, par une quelconque
des rotations R. On montrera aisément que l'ensemble E est dense
sur toute la sphère; on s'appuiera pour cela sur le fait que les
points MR étant en infinité dénombrable sur une surface finie
admettent au moins un point limite, de sorte y a des points MR
dont la distance respective est aussi petite que l'on veut. Mais
toute :rotation p qui amène l'un quelconque des points MR sur
un autre est une des rotations R; car si l'on a .
MRp =MR',
on en conclut p = R-
1
R'. Il y a donc
dont l'angle est aussi petit que l'on
le résultat énoncé.
une infinité de rotations R
d'où l'on déduit aisément
L'ensemble E des points MR sur la sphère de grandes
analogies avec l'ensemble des points rationnels sur un segment
fini de droite (ou sur une circonférence) que nous avons étudié au
paragraphe précédent. Dans un cas comme dans l'autre il y a des
déplacements qui amènent en coïncidence deux régions égales dont
LA NOTION DIE PUISSANCE.
97
deux
les
appartiennent à l' erisemble des MR; tous
des
régions
portionneHes à l'aire de ces cette conclusion serait
réfutée de la manière que dans le cas du segment de, droite
est aisé de construire une infinité dénombrable de
ayant chacune pour centre l'un des points l'aire
totale de ces étant aussi que r on veut.
On est ainsi conduit à attribuer aux divers MR ou, ce
revient iJLU aux diverses rotations R, des probabilités non
nulles, mais égales à des nombres finis dont la somme totale est
à l'unité (
1
). n est ainsi de rendre du fait
paradoxal auquel on donner le nom de paradoxe de
Voici comment on peut exposer ce paradoxe. Classons· les rota-
tions R en trois catégories B, de la manière suivante. Sauf
une exception que nçms indiquerons tout à l'heure, la catégorie A
renferme des rotations dans le dernier facteur est cp,
la catégorie B celles .où. ce dernier facteur est et la catégorie C
celles où ce dernier facteur est . L'exception consiste en ce que
rotations de la forme (

l'exposant n étant nul çm positif,
figurent celles de la forme (

cp dans B et celles de la
forme dans C. On peut ainsi. écrire
(3)
1
. A=Xq> +(q;<Ji')
11
,
B= +( )"q>,
C=Z•fZ+( )"
les produits Z étant assujettis à la double condition de ne pas
se tm'mÏner par cp pour X ou par 'f pour Y et Z et de ne pas entrer
en contradiction avec les seconds termes des trois sommes; c'est
ainsi que l'on ne supposer X= 1 car pour n = o,

est
égal à 9 et à B.
(
1
) On pourrait dir.e a!t égale en
rotations R inaccessibles, le nombre
cessible.
É. BOlt!ŒL.
finie pour les
étant inac-
g8 CHAPITRE VIl.
En tenant des relations (x), on déduit aisément des rela:
tions (3) les suivantes :
(4) 1
Acp =B+C,
A']; =B,
A'f2=B<J!=C.
en effet, que être de la forme (

qui,
par cp donne (

et par suite à C.
Ce sont les équations (4) qui constituent le paradoxe d'Haussdor:ff;
si l'on y traite, en effet, B, C comme des numériques,
ce qui serait le cas si on pouvait les assimiler à des
on obtient, en supposant ces invariantes par les rota-
tions cp et
(5)
) A= B = C,
l A= B + C,
égalités la seule solution est A = B = C =o.
On peut dire également que si l'on admet la relation, évidente
dans le cas de probabilités
A+B+C=I
on obtient, d'après (5),
et
2
Le paradoxe s'évanouit si l'on attribue, comme nous y avons
été' conduits, des probabilités finies à chacune des rotations R.
n est naturel, pour définir ces probabilités, de reprendre et de pré-
ciser l'expression (2) que nous avons donnée de R. On voit immé-
que la variété des R provient de ce que les expo-
sants des peuvent être à volonté I ou 2, tandis que les 9 qui les
séparent sont toujours identiques à eux-mêmes. II a d'ailleurs
aucune raison de :regarder la rotation comme ou moms
compliquée que lj;; ce sont des :rotations inverses, comme celles
qui font coïncider avec lui-même un triangle équilatéral insci'Ït
dans un cercle. Nous pouvons donc considérer ]es rotations R d'ordre n
définies par la formule
(6) R= 'f· ..
et convenir que les rotations cpR, Rcp, cpR<:p cmrresponaen toutes
les quatl'e à la suite d'entiers
LA NOTION DE PUISSANCll.
entiers à être égaux à I ou à 2; cette suite
univoquement au nombre écrit dans le binaire
valeur de n, le nombre de ces nombres de n
à 2"; on observera seulement que si n est
tion R se réduit à la rotation que l'on
l'unité et dans ce cas les quatre 9
rédüisent aux deux : I et cp; dans
99
à R quatre rotations dont les seront Le choix
de ces probabilités sera fait de la même manière que pour l'ensemble
des ( 7), c'est-à -dire des nombres inférieurs à I au
d'un entier par une puissance de 2. Il y a 2
11
,_.
1
entiers
impairs inférieurs à 2
71
; tel est le nombre des nombres (7) dont
l'ordre sera à n et auquel correspondent 2"+
1
rotations R puisqu'à chacun d'eux il en correspond 4. Il est aisé de
vou· que, ces 2"+
1
rotations R d'ordre n, il y en a 2"
appartiennent à 2n-l à B et 2
11
-
1
à C. En toutes les rota-
tions R 9 appartiennent à A et aussi les rotations 9 sauf une
seule, correspondant au cas où a:
1
, oc
2
, ••• , OCn sont tous égaux à 2,
car ( 9'-Ji2)
11
appartient à B. Mais, par contre, pour ces valeurs des ()(,
~ R à A. On verrait de même que la moitié des R
à B et l'autre moitié à suivant que ocn est à I ou à 2. Il en
est de même des 9 sauf dans le cas oû tous les a: sont égaux à 2;
mais, contre, en ce cas cp à B et, d'autre cp R
appartient à C et non à B dans le cas où tous les oc sont égaux à 2
à de <Xn égal à L
On obtient ainsi 2" rotations R pour e:t la moitié de ce nombre
pour B ou C. Par suite, que soit la manière dont on fixe les
respectives des rotations en fonction de n, la pro-
babilité de A ~ e r a exactement le double des probabilités
entre elles de B ou de C. C'est là un exemple remarquable du fait
que nous avons signalé au paragraphe précédent,
les conclusions que l'on tirer d'un certain choix
lités dans un ensemble dénombrable peuvent dans une large
mesure, indépendantes de ce choix, pourvu que celui-ci satisfasse
simplement à certaines conditions évidentes. Ces condi-
xoo CHAPITRE V!l.
ici, lorsque le des
à tous les choix pv.oo•unjo
()(v az, · · ·, ()(".
On pourrait peut être nous avons admis des
pour R et pour et non pas pour et
Si l'on y réfléchit, il n'y a là aucune contradiction; est déterminé
d'une manière unique et lorsque l'on donne R; par
et se déduisent de R de la même manière, au sens près de
la rotation; il est donc nécessaire faire un choix entre eux, car
il aucune raison de préférer la rotation à droite à la rotation
à et ce choix est donc une supplémentaire.
En fait, un nombre limité n de tels choix conduit à 2" possibilités,
nombre qui devient très grand. Les conventions que
nous avons sont donc tout à fait justifiées.
On constate qu'il ne nous a pas été nécessaire de donner d'une
manière précise la valeur de la probabilité pour les divers éléments
l'ensemble dénombrable, mais a suffi de dassér ces éléments
en une infinité de catégories simples, renfermant chacune un nombre
fini d'éléments et d'admettre que les probabilités sont égales pour
les éléments d'une même catégorie. On pourrait ainsi, si l'on consi-
dérait l'ensemble dénombrable des nombres rationnels, classer dans
la même catégorie les fractions irréductibles E qui ont un même
q
dénominateur q; ou, si l'on considérait les entiers, faire choix d'un
de numération, par exemple le système décimal ou le sys-
tème binaire (ce qui serait moins arbitraire) et classer dans la même
catégorie les entiers qui s'écrivent avec Iemême nombre de chiffres.
39. La puissance du continu. - Nous allons étudier maintenant
la puissance du continu, que nous savons supérieure à la puissance
du dénombrable. Nous constaterons cependant que, s'il se
des difficultés nouvelles, par contre, à certains problème
de la probabilité (ou de la se plus
dans le continu que dans le dénombrable.
Cela tient tout d'abord à ce que les notions de longueur,
de volume sont des notions primitives et que la euclidienne
a été construite pour preCiser ces notioris primitives
et faciliter la solution des concrets que r on se poser
à leur Mais ce fait historique n'exclut pas la possibilité que
LA NOTION DE PUISSANCE. IOI
ces notions et
contredites par la science.
La différence essentielle entre et l.e dénom-
brable d'attribuer à tous les
la somme soit égale à l'unité.
Cela tient à ce que s:i l'on donne une infinité de nombres u,
la somme totale est cette :infinité de nombres est certaine-
ment dénombrable. En effet le nombre des u à un nombre
.'_ est certainement fini car, dans le cas
n
la
somme des u est Il y a un nombre fini des u comprm
entre -'- et -
1
-, d'où l'on conclut que l'ensemble des u est dénom.-
n n+1
brable.
On est donc forcé d'admettre que, non seulement chaque point
du continu, mais tout nombre fini de et même toute :infinité
dénombrable de points (
1
), doit correspondre à une probabilité
rigoureusement nulle. On conclut de là que deux segments égaux
(et par suite superposables) doivent être considérés comme ayant
des probabilités égales, quelles . que puissent être les différences
que l'on constate entre les points accessibles de ces segments,
puisque ces points accessibles sont en nombre fini (et, au plus,
en infinité dénombrable, si on les envisage au sens le plus large,
en :regardant, par exemple comme tous les points
rationnels). On peut dire, en abrégé, que la substance essentielle
du continu est formée par les nombres inaccessibles; c'est pour
cette raison que le continu doit être considéré comme absolument
homogène, deux segments égaux et superposables étant indis-
cernables.
On déduit aisément de ces remarques définition constructive
de la mesure, que j'ai exposée dans Ù"les Leçons sur la théorie des
fonctions (r8g7) et à laquelle Lebesgue a donné le nom de mesure B.
On sait que la mesure plus générale; définie par Lebesgue diffère
essentiellement la mesure B en ce que l'on considère comme
des mesures les ensembles qui diffèrent par un ensemble
de mesure même si cet ensemble n'est pas On peut
(
1
) On n'épuise pas en effet le continu au moyen d'une infinité dénombmhle
d'infinités dénombrables.
I02 CHAPIT!RE VIl.
remarquer cependant que j'avais fait dans le livre
que, la mesure ne être négative, si l'on sait démontrer que
la m.esure d'un ensemble est inférieure ou à on
être certain qu'eUe est égale à zéro. C'est Lebesgue a substitué
à la locution mesure zéro celle de mesure qui a prévalu.
Comme nous l'avons vu, les à coordonnées rationnelles
être enfermés dans une infinité d'intervalles dont la
somme totale est à un nombre donné e arbitrairement petit.
Ces intervalles un ensemble E de mesure e et l'ensemble
C (E) a pour mesure r-s. Cet ensemble complé-
mentaire est parfait et n'est dense dans aucun intervalle, puisque
l'ensemble E est dense sur toute la droite. Le fait tel
ensemble C (E) qui ne comprend aucun intervalle puisse avoir
une mesure r-e comme paradoxal, en ce sens qu'il ne
s'accorde guère avec la notion intuitive du continu, considéré
comme formé d'intervalles juxtaposés, aussi petits que l'on veut,
mais cependant finis. C'est un des points où les progrès de la science
ont conduit à des notions nouvelles, qui ne sont pas conformes à
notre intuition géométrique, intuition -qui n'est autre chose que la
généralisation d'expériences faites depuis des siècles. On aurait
pu, depuis longtemps, faire l'expérience simple consistant à entourer
les points rationnels de intervalles, mais il semble bien qué
personne avait pensé ou tout au moins que personne n'avait
exprimé cette pensée d'une manière concrète et précise. C'est l'étude
de certaines séries de fractions rationnelles considérées par Poincaré
qui m'a conduit, dans ma Thèse, à la méthode des intervalles d'exclu-
sion qui conduit naturellement à la définition d'ensembles parfaits
non denses et de mesure finie.
La probabilité dans le continu se trouve
simple, qui coïncide avec la probabilité que
le systèm_e d.écimal en attribuant des
des dix chiffres. Nous avons vu que l'on
définie manière
l'on peut définir dans
manières des transformations s'appliquant aux nombres donnés dans
un système de numération et modifiant les probabilites
en remplaçant, par le continu à une dimension, soit par
un ensemblé de mesure nulle, soit par un continu à plusieurs dimen-
On conclut de là que la notion puissance du continu est
une notion entièrement distincte de la notion de mesure, et en somme,
LA NOTION DE PUISSANCE. 103
La notion est liée à la
sltwn particulière des points sur la pour nous borner à une
dimension, En concevant que chacun des de la
déplacé d'une manière on aboutit à des
auvA<u'o" que celles auxquelles on est en déplaçant
les d'un ensemble ; de même que les nombres
pairs sonf aussi nombreux que les nombres les points
segment de droite sont aussi nombreux que les points d'un carré
ou que les points d'un de mesure nulle, Mais ces trans-
formations n'ont rien à voir avec la notion de mesure ou de
que l'on. doit regarder comme en liaison étroite avec la posi-
tion effective sur un segment des points qui représentent les nombres
entre o et x, y les nombres inaccessibles, qui sont
de beaucoup les nombreux .. C'est du point de vue des probabi-
lités que l'on peut logiquement étudier les nombres inaccessibles
puisque, par définition même, il ne nous est pas possible de
un de ces nombres d'une manière précise, c'est-à-dire en le dis-
tinguant des autres, de manière que tous les mathématiciens qui
en parleraient, . seraient assurés de parler du même nombre.
L'axiome du choix de Zermelo, dont nous reparlerons au prochain
Chapitre, consiste à admettre qu'il est possible de déclarer que
l'on choisit un nombre particulier parmi les nombres inaccessibles
et de décider qu'on le désigne par la lettre a, en convenant que cette
lettre a désigne un nombre bien déterminé, le même pour tous les
mathématiciens. H sera ensuite possible de choisir un nombre b
dont on admettra qu'il est distinct de a, et ainsi de suite. Ces h y p o ~
thèses étant admises, on pourra construire des théories cohérentes
basées sur elles, aussi longtemps qu'on n'aboutira pas à des contra-
dictions. Mais toutes ces déductions reposeront sur l'axiome de
Zermelo et pourront être niées par ceux qui n'admettent pas cet
axiome, même que la géométrie euclidienne ou les géométries
non euclidiennes peuvent être niées. par ceux qui n'admettent pas
les axiomes correspondants.
LES ENSEMBLES
40. Les ensem.bles accessibles. - Pour qu'un ensemble soit
nous ne devons pas exiger que tous ses points soient ·
le continu lui-même devrait être considéré comme
inaccessible et l'on pourrait même comme inaccessible
tout ensemble infini, même s'il est dénombrable puisqu'un tel
ensemble comprend des qui sont, en inaccessibles, bien
qu'on puisse les de relativement inaccessibles, du fait que
la limite d'inaccessibilité ne peut pas être rigoureusement précisée
et recule à mesure que l'on admet que la durée de la vie humaine
augmente, ainsi que les facultés des hommes.
Nous dirons donc qu'un ensemble est accessible lorsqu'il peut
être défini de telle manière que deux l)lathématiciens, s'ils en parlent
entre eux, sont certains qu'ils parlent du même ensemble. Il est
d'ailleurs possible que la définition ne permette pas de connaître
nmné:riquement même un seul point de l'ensemble, ou que la
connaissance de tels points ne résulte pas directement de la définition,
mais résulte de certaines propriétés arithmétiques qui se trouvent
avoir été démontrées, mais qui étaient inconnues il y a un siècle
ou deux. On contre, déduire de ce fait que, dans lès cas
où la définition de l'ensemble ne sen1ble nous permettre actuelle-
ment de désigner aucun point particulier déterminé, il est possible
que des progrès la science rendent possible cette détermi-
nation clans quelques années ou dans quelques siècles.
Donnons un simple; attachons à tout nombre rationnel!!..,
q
cette fraction étant supposée irréductible et inférieure à l'unité,
l'intervalle suivant :
E_
q
p ' I
q -,- .q'.
LES lll'IJSJlMBLES ro5
des fractions inférieures à un, un dénominateur
q est inférieur à q; la somme des inter-
valles (x) forme donc une série dont la somme est
inférieure à
D'autre part, les intervalles (1) sont denses dans tout l'interc
valle o- I, toute Sl soit-elle de cet
intervaUe, il y a une infinité de fractions f!_ et par suite une
q
d'intervalles tels que ( I) dont les dimensions tendent vers zéro.
On ainsi définir un ensemble E dense sur tout l'intervaBe ( 1)
en convenant que, pour qu?un A à E, il est néces-
saire et suffisant qu'il appartienne à une mfinité intervalles ( I).
Si, en effet, on donne un :intervaHe il y a à l'intérieur
de MN une infinité d\ntervaHes ( I); nous pouvons pa:r
celui de ces intervalles pour lesquels le nombre q est le moins
a y aura de même à l'intérieur de une infinité d':intervaHes ( I)
et nous par celui eux pour lesquels le
nombre q est le moins élevé. En continuant indéfiniment de la même
manière, nous définissons des intervalles M
3
••• ,
N ~ r , . . . dont chacun est à l'intérieur de tous les précédents et
qui tendent ve:rs zé:ro puisque ce sont tous des :intervalles (x) et que
les valeurs de q correspondantes vont constamment en
Ces intervalles ont donc en commun un point limite
qui est intérieur à une infinité des intervalles. (x) et qui par suite
appartient à l'ensemble E.
Le point A ainsi défini se trouve bien connu lorsque l'on donne
l'intervalle à condition que l'on ajoute la précision suivante :
dans cas exceptionnel où· l'intervalle MN :renfermerait à son
inté:rieu:r deux intervaHes (x) correspondant à la même valeur de q,
qui serait la valeur la moins élevée, on choisira celui d'entre eux
pour lequel la p est la plus faible ou, comme on dit
habitueHement, le plus à gauche.
On pourra définir d'une manière analogue une infinité
de analogues à A par la méthode suivante. Admettons que
dans le processus nous sommes arrivés à l'intervalle N ~ c ;
au lieu de l'intervalle comme nous l'avons
CHAPITRE VIII.
fait, l'intervalle pour lequel la q est la moms
nous choisirons l'intervalle de Nt.
qui est extérieure à Nk+i, en choisissant celui des
intervalles ( I) pour lequel q est le moins élevé; nous continuerons
ensuite à partir de

comme nous l'avions fait à partir
de M"+' et nous obtiendrons ainsi un A' certainement
distinct du point A. Comme l'on répéter précédente
à tout stade du processus, on voit facilement que l'on obtient ainsi
une infinité de points A la puissance du continu; nous pouvons,
en effet, convenir d'écrire au rang l> d'une fraction le chiffre o
ou le chiffre I suivant qu'à une opération de rang k on
choisit Mk+1 ou

; nous définissons ainsi des points
A et A' différents entre eux, si nous nous donnons deux suites
différentes formées chacune de o et 1 en infinité
dénombrable, c'est-à-dire deux nombres quelconques compris entre
o et r écrits dans le système de numération binaire. On obtient
ainsi une infinité de points A ayant la puissance du continu
le point A que nous avons défini tout d'abord correspond au
nmnbre o.
La marche que nous avons indiquée pet'met de calculer, de proche
en proche, l'abscisse du point A avec une certaine approximation,
mais cette abscisse ne sera jamais exactement connue et nous n'en
connaîtrons, à moins d'une découverte imprévue, aucune propriété
en dehors de celle que nous lui avons imposée : appartenir à
l'ensemble A.
Il est cependant possible, au moyen des propriétés des fractions
continues, de définir un nombre incommensurable tel que l'on
pour une infinité de valeurs de q :
de sorte que le. nombre appartient à une :infinité d'intervalles ( I).
On sait en effet que, si Qp n désigne la nième réduite d'une fraction
n
continue représentant le nombre on a
(3)
Si par
(4)
l'on a
LES llNSEMiilLES INACCESSIBLES.
on pourra en conclure
(5)
on sait que l'on a
< (al+ I) ( ae + l) ... (an+ I ),
il suffira donc pour que la relation (4) soit
Cette condition est vérifiée si l'on
(6)
a 1 <ro,
a 2 + I = ro,
a:J +I=
Cl'J. + I == 1 0
1 1
' : ~
............. ,
an+l + I = Io
2
n-l',
Le nombre ~ défini par la fraction continue (av a
2
, ••• , an, ... )
vérifie donc la relation ( 2) pour une infinité de val ems de q. Il est
manifeste que l'on définir une infinité de nombres analogues
à 1;, en modifiant d'une manière arbitraire les valeurs d'une infinité
des a,, en les remplaçant par des nombres plus petits, à condition
de conserver les valeurs d'une infinité de ces nombres a11 •
ainsi, pour les valeurs impaires de n, remplacer les égalités (6) par
ou par
ou par
Les nombres 1; ainsi. définis à la double condition d'appar-
tenir à l'ensemble E et de correspondre à une fraction continue
dont tous les quotients sont connus d'une manière
tandis que pour les points A que nous avions
!08
CHAPITRE VIII.
on bien calculer un nombre aussi l'on veut de chiffres
de leur ou un nombre de
quotients incomplets de leur fraction mms on ne connaît
pas la loi · l'infini.
L'ensemble E que nous venons de est de mesure nulle,
car, lorsque nous disons qu'un point A à E si ce A
à une infinité des intervalles ( r ), nous lJouvons, sans
modifier la définition, un nombre des
:intervalles (x) ; si nous supposons que nous tous ceux
pour lesquels le nmnbre q est inférieur à un entier donné k, la somme
des. intervalles l'estants est· inférieure à
c'est-à-dire à envuon l · On choisir k de manière soit
à un nombre donné c; tous les A de l'ensemble E
sont ainsi intérieurs à un ensemble d'intervalles dont la longueur
totale est inférieure à s, d'où l'on que E est de mesure
nulle, puisque .e est arbitrairement petit.
Les ensembles tels que E regardés comme d'autant
plus raréfiés que la série des des intervalles converge
plus rapidement; ils ont cependant, que soit leur raréfaction,
propriétés remarquables fort intéressantes.
Deux ensembles tels E ont en commun un ensemble
dense, de mesure nulle et la du continu.
Considérons en effet un ensemble E défini par une suite S d'inter-
valles partout denses et un ensemble E
1
défini par une suite ana-
logue S
1
; nous pouvons choisir un intervalle T dans S, puis, dans 8
1
,
un intervalle T
1
intérieur à T, puis dans S, un intervalle T
1
intérieur
à , puis un T'
1
intérieur à T
1
, un inférieur à T',, un inférieur
à T
2
et ainsi de suite indéfiniment; le A à tous les T
appm'tient évidemment à s et à S
1
puisqu'il est intérieur à une
infinité T et à une infinité de T
1

On conclut de là que la somme vectorielle de deux ensembles
E et E
1
tout ·x entre o et 2
En effet, l'ensemble des x- rx
1
, où a
1
est un point
à E' et a par suite une infinité
LES ENSEMBLES INACCESSIBLES.
wg
de communs avec E il y a donc une infinité valeurs de œ'
telles que
:x;- ;x'= a,
œ' étant un de E' et oc un de E; ceci revient à dire le
point arbitraire x est à oc + œ', œ à E et oc' E';
:il donc à la somme vectorielle E + E'.
Si nous avons tenu à démontrer ce
que les Cl. et Œ,
1
nous avons sont
définis de la même manière que le E, lllalS
ne le sont pas avec la
Il est ainsi de distinguer,
peut se poser à propos des ensembles
ti on être ce sens qu'elle est.
donnée par un nombre accessible dont on connaît au moins une
.,.,.,,,:"''''+-' en dehors de celle qui résulte du problème qui
et, d'autre part, les problèmes dont Ia solution est un nombre A
calculé avec une certaine mais sur
d'autre. On peut mêm.e imaginer des pro-
on saurait simplement démontrer que la solu-
tion mais est
que l'on ne saurait même
développement décimal.
tout à fait inaccessible, au
calculer le premier chiffre de son
41. L'illusion des décimales. - le para-
graphe comme on le fait communé-
ment, que c'est un dans la connaissance d'un
nombre A que de savo:ir en calculer un certain nombre de chiffres
décimaux; si l'on a, en du et de la patience, on IJourra
calculer de nouveaux chiffres, en nombre de plus en
et il semble que l'on approche ainsi de la connaissance
de
Il de montrer que, dans bien des cas, et notam.ment
le cas des ensembles E nous venons d'étudier, cette c o n c e p ~
ti on du calcul est
nen.
Nous avons en effet observé que les
denses sur toute la droite; ceci revient
illusoire et ne nous
l'ensemble E sont
que soit
IIO
CHAPITRE VIII.
la fraction limitée que l'on cette fraction
un million de chiffres la il y a une infinité de points
de E dont la décimale coïncide avec cette fraction
limitée millionième et dernier C'est donc une
connaissance illusoire que d'affirmer l'on a
en calculant un certain nombre de chiffres décimaux d'un
A de E; que soient ces
nement à une infinité de tels que appartiennent
aussi à une infinité de ne faisant pas de E et ne per-
mettent donc pas de distinguer A de l'infinité d'autres. H en est,
de même, bien dans le calcul que l'on essayer
de faire relativement à un commun à deux ensembles E etE',
par la méthode que nous avons
n est donc définir
d'un ensemble E par une méthode analogue
à celle qui nous a donné le défini par un développement
déterminé en fraction continue dont on connaî:t tous les
incomplets, l'infini. Bien soient
pour puisse les calculer et même les écrire sous forme
abrégée, la connaissance de cette loi
précieuse, car elle peut permettre de
d'un tel nombre i;, tandis que le calcul
chiffres décimaux ne nous apprend rien sur
de l'ensemble E, les mêmes chiffres
d'autres n'appartenant pas à E.
co1nn1e
certaines propriétés
certain nombre de
en tant qu'élément
appartiennent à bien
On peut observer que l'ensemble E ne peut renfermer tous les
points d'un intervalle car, que soit cet intervalle,
il ne être intérienr qu'à un nombre limité des intervalles tendant
vers qui définissent E et dont la somme est une série conver-
gente; l'intervalle complémentaire C (E) est donc comme E, dense
et la se pour la connaissance
de ses points, connaissance qui ne fait aucun
par le calcul d'un nombre limité de chiffres. circonstance ne
se pas pour les· ensembles parfaits non denses dont nous
allons maintenant parler.
42. Les ensembles
rencontrent fréquemment dans
non denses. - Ces ensembles se
de et se défi-
U:S ENSEMBLES INACCESSIBILES. Ill
nissent de la manière suivant;. On à l'intérieur de l'intervalle
fondamental un :intervalle qUI subsister
l'un à sa l'autre à sa ensuite
un intervalle d'exclusion dans chacun
de sorte qu'il en subsiste
même de sorte que l'on
I, 2,
16, . . . intervalles d'exclusion et que
restants après est 2, 4, 8,
des intervalles
.... A la
on a défini une infinité d'intervalles
forment une série convergente dont la somme s est inférieure ou
à I. Dans le cas où s est inférieure à I, il arriVer que
les points restants forment à certains des intervalles;
nous admettrons qu'il n'en est pas ainsi et que E des
:restants n'est dense nulle Cet ensemble peut alors
être défini comme l'ensemble des points limites des intervalles
d'exclusion, d'où l'on conclut qu'il est parfait, puisqu'il contient
tous ces points limites. Sa mesure est I -s, et peut soit êtï'e
nulle, soit avoir une valeur finie.
Le premier exemple ensemble tel que E est le célèbre ensemble
ternaire de Cantor, ensemble de mesure nulle qui être défini
comme l'ensemble des qui dans le système de numération
ternaire peuvent s'écrire avec les seuls chiffres o et 2, le chiffre r
n'étant pas utilisé (
1
). En ce cas, l'ensemble E est de mesure nulle,
car la valeur de s est l'unité. On peut définir un ensemble E de
mesure o,5 en plaçant le premier intervalle d'exclusion au milieu
de l'intervalle fondamental et lui donnant la longueur 1, puis les
deux suivants au milieu des déux intervalles restants et de
I
longueur totale
8
, puis les 4 suivants égaux au milieu des 4 inter-
valles restants et de longueur totale
1
1
0
, et ainsi de suite. La longueur
totale des intervalles d'exclusion est donc bien ainsi
Pour définir un point de l'ensemble E, on pourra convenir, chaque
fois qu'on en deux un des intervalles restants par un inter-
(
1
) L'une des extrémités de chacun des intervalles d'exclusion peut s'écrire
en le chiffre I, mais peut s'écrire également au moyen seulement
de o et 2 en vertu de o,I = 0,0222 ... évidente le système ternaire.
Il2 CHAPITRE VU!.
valle de l'intervalle de par o et l'inter-
valle de droite par r ; si donc on .se donne une fraction écrite dans
le binaire teHe que
X= o, IOJ!OI..;,
on définira des intervalles restants de plus en eniboités
les uns dans les autres et comme limite un de
l'ensemble E n'est une extrémité de l'un des intervalles d'exclu-
sion qui si les de x sont à d'un certain rang, soit tous
des o, soit tous des x).
On a ainsi réalisé une correspondance univoque et réciproque
entre les points de E et l'ensemble des points x compris entre o et I.
On pourra considérer un point de E comme accessible lorsque le
point x correspondant sera lui-même accessible. L'ensemble E
est ainsi connu de la même manière que le en ce sens qu'il
y a une infinité de accessibles et une infinité bien nom-
de points inaccessibles. Le calcul des abscisses des
p o i n t ~ accessibles sera plus ou moins compliqué, suivant la manière
dont auront été les intervalles le calcul
abscisses de leurs extrémités pouvant être, dans certains cas extrê-
mement long et labor.ieux. Mais nous n'insisterons pas sur ces détails
et ne donnerons pas d'autres d'ensembles relativement
accessibles. Nous allons parler plus longuement d'une catégorie
importante d'ensembles souvent inaccessibles,les ensembles à défi-
nition asymptotique.
43. Les ensembles à définition asymptotique. - Nous donnerons
le nom d'ensembles à définition asymptotique aux ensembles
dont la définition est basée sur le comportement à l'infini d'une
certaine représentation numérique de points de Ce qui
est intéressant d.ans cette catégorie d'ensembles c'est que la déter- ·
mination de leurs éléments peut suivant les cas, extrêmement ·
simple ou fort compliquée.
Donnons d'abord un exemple simple; un nombre
nous est bien connu, tel que 1r et considérons
l'ensemble des points tels que leurs chiffres décimaux sont, à
d'un certain rang non spécifié, égaux aux
nombre 'IT. On peut dire
ment décimal de ces nombres coïncide
décimaux carres-
développe-
avec
LES ENSEMBLES INACCESSIBLES.
celui n, cette lieu
dont le rang
n est évident obtient tous les nombres de
à un nombre entier en ajoutant à n une fraction décimale
limitée L'ensemble a donc des tout à fait
semblables à celles décimales limitées,
qui est un ensemble connu. On sait tel
ensemble des nombres accessibles et aussi des nombres
c'est-à -dire qui à la rigueur
être la vie serait beaucoup
ration
que, à
sives du
plus que les nôtres.
on utilise le de numé-
sont les mêmes pour tous les nombres de
nombre n; en ce cas, l'ensemble est formé qui sont
à la somme de n et d'un nombre rationnel quelconque p •
q
Enfin, nous pouvons considérer le développement en fraction
continue et, en ce cas, admettre que les deux en
fraction sont tels que à partir d'une certaine valeur de n,
on a
an le nième quotient incomplet .du de n, et bn+k
le quotient incomplet d'un nombre de l'ensemble, k
une valeur déterminée pour chaque élément de l'ensemble, de
même que n; dans ce cas, on a, x étant un élément de l'ensemble,
arc+ b
X=---,
cr;+ d
les a, b, c, d étant des e.ntiers satisfaisant à la condition
ad-- be= I.
On évidemment varier ces exemples et y remplacer le
É, BOREL.
CHAPITRE VIII. - US ENSEMBLES INACCESSIBLES.
nombre rc par tout autre nombre qui nous est bien connu.
On définira ainsi fort simplement un grand nombre d'ensembles E.
Envisageons maintenant la définition suivante : l'ensemble E
est de tous les nombres x dont les décimaux
coïncident à · d'un rang. Si l'on ne dit pas autre chose,
c'est-à-dire si l'on ne précise pas, en donnant avec précision un des
nombres de l'ensemble E, cet ensen'lble n'est pas défini; on
seulement que notre définition définit une classe très étendue
d'ensembles E, classe àlaqueBe appartiennent tous les ensembles E
définis au moyen d'un nombre donné tel que re. Il est évident que
. le seul moyen de définir un des ensembles E est de
donner un des nombres de cet ensemble car, si l'on arrive à définir
avec le comportement asymptotique d'un développement
décimal, il en résulte la définition d'un nombre. Tel serait, par
exemple, le cas si l'on convenait d'écrire après la virgule, dans leur
ordre naturel, soit les nombres entiers, soit les nombres premiers,
soit les carrés des nombres entiers, etc. Chacune de ces hypothèses
définit avec précision un nombre dont on ne connaît malheureu-
sement aucune propriété en dehors de sa définition, mais qui est
défini.
Nous pouvons donc dire que, dans la classe très étendue des
ensembles E à définition asymptotique par rapport au système
décimal, il y en a le plus grand nombre qui nous sont et resteront
toujours inconnus; ils sont absolument inaccessibles, puisqu'il est
impossible de donner une suite d'une infinité de chiffres autrement
qu'en donnant une précise permettant de calculer de proche en
proche tous ces chiffres (ce qui est le cas pour les chiffres déci-
maux de rc, par exemple). Mais nous savons que les échappant
à toute loi sont de beaucoup les plus nombreuses, ce qui revient à
dire que presque tous les nombres incommensurables nous sont
inaccessibles. Il en est de même pour les ensembles E. Nous étu-
dierons au prochain Chapitre quelques-unes des conséquences
'auxquelles on est conduit lorsque, par une utilisation hardie de
l'axiome de Zermelo, on admet que l'on peut raisonner sur ces
ensembles inaccessibles et en déduire même d'autres ensembles,
qui apparaissent comme encore plus inaccessibles.
LES ENSEMBLES Z.
44. L'aJdorne de Zermelo. - Nous désignerons sous le nom
d'ensembles Z les ensembles. qui être obtenus et
par l'application de l'axiome de Zermelo. Il ~ s t donc nécessaire
de rappeler d'abord brièvement en quoi consiste cet axiome et
quelle il occupe le développement actuel de la science
mathématique.
L'axiome de Zermelo a été par son auteur en vue de
résoudre un problème qui avait été. posé par Georg Cantor et qui
était apparU: comme insoluble à la des mathématiciens.
Est-il possible d'ordonner le continu, c'est-à-dire de classer tous
les points continu, de telle manière chacun d'eux on puisse
en faire correspondre un autre, qui. est son suivant immédiat et
que, de toute suite obtenue en écrivant à la suite de chacun
de ses termes son suivant immédiat, ait aussi un suivant immédiat ?
Pour résoudre ce problème, Zermelo a proposé l'axiome suivant,
que nous appellerions volontiers un : << Étant donné un
ensemble. quelconque, a est possible de choisir dans chacun de
ses sous-ensembles un élément distingué. ))
Je ne rappellerai pas ici les discussions auxquelles a donné lieu
ce postulatum (1), admis par certains mathématiciens et .contesté
par d'autres. Je rappellerai Ouvrage cité) que je
n'ai pas de souhgner que, si je voyais des objections à ce
postulatum, nier le droit d'un mathématicien de poser
(
1
) Voir notamment les: lettres sur la théorie des ensembles de Hadamard,
Lebesgue, Baire et moi-même dans mes Leçons sur la théorie des
I!b CHAPITRE IlL
des arbitraires et d'en tirer des sous la
seule réserve de ne pas aboutir à des contradictions. Or, il n'est
douteux que de nombreux mathématiciens, parmi lesquels on doit
citer notamment Sierpinski et ses élèves ont déduit du
de Zermelo de nombreuses
constituent une branche particulière
branche Z. Ces
som de les résultats qu'ils obtiennent, ceux qm
ou n'appartiennent pas à la branche Z. On ne
leur demander davantage, mais il est de d'avis sur
l'importance :relative la brancheZ par aux autres branches
des mathématiques.
Ce fut certainement le grand t i t i ~ e d'Euclide que
le fait de constater l'énoncé a conservé des siècles
le nom de d'Euclide occupe 1,1ne à part parmi les
nombreux ·énoncés de théorèmes . géométriques. De vains efforts
ont été tentés pour le démontrer, jusqu'au où il fut
que sa démonstration était' impossible et que r on pouvait, sur des
postulats le contredisant, bâtir d'autres géométries, en quelque
sorte }Jarallèles à la Géométrie euclidienne et ayant la même valeur
qu'elle, en tant qu'assemblage logique parfaitement cohérent.
géométries non euclidiennes ont d'ailleurs été utilisées
divers mathématiciens, notamment par Henri Poincaré dans ses
travaux sur les fonctions fuchsiennes. Mais c'est surtout la théorie
de la relativité qui en a fait usage et en a accru l'importance.
Néanmoins, il n'est pas douteux que la Géométrie euclidienne
conserve une place à et la conservera sans doute bien
pour autant qu'on prévoir la Géométrie eucli-
dienne seule qui est enseignée dans les enseignements du premier
et second degré et quiest indispensable à tous ceux qui étudient les
mathématiques en vue de leurs applications pratiques. Dans les
mathématiques supérieures eUes-mêmes, la Géométrie euclidienne
a une place importante à elle seule que l'ensemble de toutes
les autres On peut, à certains égards, comparer la place
distinguée qu'elle occupe, à celle de la imaginaire par
diverses en ont été (qua-
ternions, etc.).
Vers la fin du dernier siècle et le début de celui-ci, le mot
L!ES ENSEMBLES Z.
1!7
a été substitué à celui de dont
renee avait cependant traversé Ce fait
est dû aux travaux de Hilbert et de ceux qm,
ont développé la On cette
méthode à faire table rase toutes nos connaissances
ou moins parfois implicitement par notre lan-
gage et, partant du néant, de construire la science sur des
et des axiomes a priori. Ces axiomes expriment des relations
entre les êtres que l'on a relations auxqueHes on donne
des noms arbitraires. C'est ainsi que l'on définit des choses
d'autres choses appelées droites et que l'on établit entre ces
choses une relation que l'on qualifie en disant qu'un est situé
sur une droite, ce qui à que la droite passe par ce
point.
On peut aussi convenir de dire simplement ce cas que le point
et la droite sont connexes et ce symétrique fera apparaître
comme intuitive la dualité que l'on déduisait des transformations
par polaires réciproques. Les méthodes de l'Algèbre moderne vont
encore plus loin dans l'application systématique de la méthode
axiomatique.
Ce n'est pas méconnaître l'intérêt et l'i.mpohance de ces travaux
que d'observer que, même ceux d'entre eux qui paraissent s'éloigner
le plus des réalités ont tout de même leur origine
ou moins lointaine dans cette réalité. Hilbert n'aurait
à imaginer des choses appelées points et d'autres choses appelées
droites et à établir entre ces choses la relation de connexité bien
avant les hommes n'avaient observé des objets
analogues aux droites et aux et si, plus tard, les mathéma-
ticiens, par un travail basé sur l'abstraction et la généralisation,
n'avaient donné les définitions euclidiennes du point et la droite,
ainsi que de nombreuses de ces consé-
quences qui avaient fini par aboutir à l'imposant édifice que
constituait la science géométrique au xix
8
siècle.
science géométrique avait, chemin
fiques découvertes notamment en Astronomie et en
c'est grâce à la des coniques que a énoncé
les lois du mo.uvement des planètes et Newton la loi de l'attraction
universelle. Les de la de :la Géométrie, du Calcul
CHAPITRE IX.
ont celui des sciences et tous les
qm ont entièrement transformé la civilisation.
les ont continue leurs
recherchant
des applications pratiques; par
raison humaine et les lois de la
un
ii est arrivé que les recherches
les en apparence de la réalité
ont été
que la a
et de Hertz qui ont été
tions de variable
découvertes
dans les
C'est ainsi
travaux de Maxwell
à la théorie des fonc-
au début du xxxe siècle
par de nombreux
citer Cauchy.
mathématiciens au premier rang il faut
Plus le calcul différentiel absolu qui était apparu
comme une théorie fort s'est :révélé comme l'instrument
aux de la théorie de la relativité.
Il serait donc tout à fait déraisonnable. de prétendre interdire
aux mathématiciens recherches, sous le que ces
recherches ne paraissent pas susceptibles pratiques
et sont par suite inutiles. La connexion étroite qm, malgré une
spécialisation malheureusement trop souvent relie entre
eUes les diverses branches des mathématiques avoir des consé-
quences inattendues et des recherches arithmétiques sur la théorie
des nombres entraîneront peut être des progrès de
et de la théorie des fonctions qui, à leur tour, seront utilisés par
des physiciens.
Ce n'est donc beaucoup de prudence qu'il est permis
une opmwn sur l'intérêt relatif des diverses branches
des mathématiques. n me semble cependant que, de même que les
géométries non euclidiemies, malgré leur intérêt et bien que la théorie
de la relativité les à des phénomènes concrets, restent
tout de même bien moins importantes que la Géométrie euclidienne;
il en sera à plus forte raison de même pour la branche car les
qu'elle étudier ne peuvent être
rattachés en aucune manière à aucune réalité concrète; dire que
l'on choisit un nombre parmi l'infinité des nombres
vide de sens,
ce n01nbre n'est et ne sera des autres. n est néan-
LES ENSEMBLES Z.
mo ms d'admettre
été choisi et est vraiment
Il9
conséquences de ce seront aussi
éloignées de la réalité que le lui-même.
45, Une d'ensembles z. - Nous aHons maintenant
admettre le postulatum de Zermelo et en déduire la définition
d'une catégorie particulière d'ensembles Z qm se rattachent à
certains ensembles dénombrables de que nous avons
étudiés.
Nous dirons ensemble dénombrable est transformable en
lui-même lorsqu'il un certain groupe de déplacements
amenant un point quelconque de l'ensemble à coïncider avec un
autre point quelconque de l'ensemble, amènent également à coïncider
tout de l'ensemble avec un autre point de l'ensemble. Cette
définition s'applique tout d'abord au cas où le support de l'ensemble
est tel que déplacements dont nous· venons de parler amènent
ce support à coïncider avec lui-même; c'est le cas, par
si ce est une circonference ou une sphère.
Parmi les ensembles dénombrables que l'on peut définir aisément
et qui sont transformables en eux-mêmes on peut citer, sur la cir-
conférence, les points M tels que 0 étant l'origine des arcs, l'arc OM
soit mesuré par un nombre rationnel lorsque la longueur de la
circonférence est prise pour unité. Sur la sphère nous pouvons
citer l'ensemble des MR que nous avons étudié au para-
graphe 38; si M
1
et M
2
sont deux points de cet ensemble, les dépla-
cements envisagés sont ceux qui amènent M
1
M
2
en coïncidence par
une rotation autour du diamètre de la sphère perpendiculàire au
plan déterminé par Mv et le centre de la sphère. Ces rotations
sont précisément les rotations êtudiées au paragraphe 38. Dans le
cas particulier où M
1
et sont en ligne droite avec le point
c'est-à-dire sont aux extrémités d'un même diamètre, on devra
pour obtenir la rotation qui doit être choisie parmi l'infinité de
rotations possibles, recrire les équations qui ont permis de déduire
et du point M
lVIRt = M,,
d'où l'on déduit
I20 CHAPITRE IX.
et calculer directement le se comme on.
à une I'otation.
Dans le cas où le support de l'ensemble
il apas de déplacement qui amène ce segment à coïncider
avec lui-même (le retournement, déplacement
une translation le
o-I, on considère chaque point obtenu
comme identique au du o-I situé à une distance
égale à un nombre entier; en d'autres termes, le point 1
au !Joint Avec cette points dont l'abscisse
est un nombre ou décimale limitée donnent
deux exemples d'ensembles transformables en eux-
mêmes.
Nous avons déjà observé que obtient un nouvel ensemble
dénombrable b'ansformable en en ajoutant, dans le cas
de la un nombre fixe à tous les éléments de l'ensemble donné.
Si cet ensemble est désigné par D, on pourra le :i1ouvel
ensemble par D + x. Dans le cas de la sphère, la se
sente sous une forme un peu différente ;l'ensemble que nous avons
défini pourra être désigné par D puisque nous avons pris pour
point de départ un point M arbitraire de la sphère (sous la seule
condition de ne pas coïncider avec les extrémités AA' et des deux
diamètres définissent les rotations cp et ~ ). On pourra définir
de la même manière un autre ensemble D étant un point
quelconque de la sphère n'appartenant pas à l'ensemble D
de même que x. était un point quelconque de la droite n'apparte-
nant pas à l'ensemble K
pourra construire aisément autant d'ensembles D +x
ou D que I' on pourra connaître de points x ou M satisfaisant
aux conditions indiquées, c'est-à-dire n'appartenant pas aux
ensembles construits. Mais on sait que l'on ne peut ainsi obtenir
tout au plus qu'une infinité dénombrable d'ensembles, qui sont
loin d'épuiser tous les points du continu. aller plus loin et
. une infinité ayant la puissance du continu,
nécessaire pour épuiser tous les points de la droite et de la
il est indispensable de faire appel à l'axiome du choix ou, si
préfère ce langage, au postulatum Z. H sera ainsi possible de «définir))
une infinité d'ensembles D tels que tout point du segnient de droite
US ENSEMBLES Z. l2I
ou tout (à l'exclusion des extré-
mités des diamètres AA', à l'un des ensembles D.
Ces ensembles D être, dans le cas de la considérés
comme au sens euclidien, car on }Jeut les faire coïncider par
une translation. Mais cette circonstance tient au fait que toutes
les translations sont ce qui n'est pas le cas pour
les rotations. La ne subsiste donc pas sur la
sphère.
·Nous venons comment on
construire au moyen
l'ensemble du d'autres
ensembles et dont les
D, en utilisant à nouveau
ensembles que nous appellerons
sont fort intéressantes.
46. des ensembles ZD. - Étant donné l'ensemble
des ensembles D que nous avons définis un domaine donné
(segment ou sphère, par choisissons dans chacun d'eux
un M; l'ensemble de ces points M formera
l'ensemble ZD que nous nous proposons d'étudier. Remarquons
cependant, avant toute étude, combiep. la de cet
ensemble ZD est insuffisante pour le faire connaître. Nous
en effet, déjà constaté que la plus grande partie des ensembles D
ne nous sont pas connus; nous ne les connaissons qu'en bloc, sans
pouvoir les distinguer les uns des autres. Pour ceux d'entre eux
qui sont vraiment définissables, nous les avons définis à partir d'un
nombre incommensurable donné (ou d'un point donné de la sphère);
il est alors très simple de choisir ce nombre (ou ce point) comme
élément distingué. Mais pour l'infinité non dénombrable des
ensembles D dont nous ne connaissons réellement aucun
la difficulté choisir un point m'apparaît comme réellement
insurmontable; on ne peut dire qu'on fait ce choix qu'en vertu
de l'acte de auquel nous convie Zermelo.
Désignons cependant par l'ensemble ainsi formé d'une :infinité
de points dont un et un seul est choisi dans chaque D; cet
ensemble ZD a. évidemment, comme l'ensemble des la puissance
du continu; ce qui est plus impül'tant, c'est que si nous
appliquons à ZD l'ensemble des transformations par lesquelles
l'ensemble D est invariant, nous obtenons une infinité dénombrable
d'ensembles Z'D' dont chacun est à puisqu'il coïncide
122
ces transformations
point M en coïncidence
même D qne M.
CHAPITRE IX.
et de plus tels que tout du
l'un Z'D'
ou rotations) amène en effet le
avec un autre point M' qui appartient au
l'on aura effectué toutes les transformations
tous les points de tous les c'est-à -dire
du domaine fondamental ou sphère).
de tous les d'une droite ou d'une
en une. infinité dénombrable d'ensembles égaux entre eux est un
résultat remarquable. B est, en effet, fort aisé de diviser un segment
de droite ou une sphère en un nombre fini n de égales, mais
ces tendent vers zéro et finissent pas s'évanouir n
augmente indéfiniment; il est d'autre part facile d'obtenir sur une
droite une infinité segments (par exemple par les points de
mais ces segments tendent vers
n
ne donc être égaux.
pour n infini et
47. Étude des ZD. "'-- L'étude que nous avons faite
des ensembles dénombrables de points nous facilitera beaucoup
celle des ensembles ZD; on peut, en dans le cas de la droite,
faire correspondre chaque ensemble D' à un nombre rationnel x;
on obtient tous les point"i de en ajoutant x à tous les points
de ZD. Dans le cas de la sphère, toute rotation R transforme ZD en
unautre ensemble lui est égal; par définition, et qui, d'autre
part est formé d'une manière analogue à ZD, puisque chaque point M
de ZD appartient à un D et est amené par la rotation R en coïnci-
dence avec un }Joint MR du même D; il en est de même pour tous
les points M' de Z'D' dont chacun appartient à un D'.
Il est donc facilE) de rattacher l'étude de l'ensemble dénombrable
des ensembles ZD à celle de l'ensemble dénombrable des points
de l'un des ensembles D, H y a en effet, correspondance univoque
et réciproque entre les ensembles ZD et les points de D; comme
deux ensembles ZD à deux points différents de D
sans point commun, la somme de ces deux ensembles ZD se
définit sans ambiguïté comme correspondant à la réunion des deux
de D.
Considérons pour préciser, le cas de la droite; le seg-
ILES ENSEM!llLES Z.
ment o-1 être divisé en un nombre n
égaux et les de D venant en
L'ensemble des ZD qm
aux d'un même S
par ZDS; la translation qui amène en
égaux, disons sl et amènera ainsi en coïncidence
nous avons ainsi défini n ensembles ... , canes-
aux n segments S; ces n ensembles sont égaux et leur somme
est le segment entier o-I; il donc difficile de ne pas attribuer
la probabilité :_ pour point à l'un des
n
en raisonnant connue nous l'avons fait au
on arrivera à la conclusion que, étant donné un intervalle quelconque
sur le segment fondamental, sil'on désigne ZD), les ZD corres-
pondant aux rationnels de ce segment À, la probabilité
sera ), ; on arrivera alors à une contradiction, en
remarquant, comme nous l'avons vu au paragraphe 37, que
l'ensemble des rationnels peut être enfermé dans une infinité
d'intervalles /, dont la somme est aussi petite que l'on veut.
La réponse à ce paradoxe sera analogue à que nous avons
faite à propos des ensembles dénombrables; il n'est pas
sans aboutir à des d'attribuer ·des probabilités
à chacun des éléments d'un ensemble dénombrable. On doit
donc appliquer cette I'ègle à l'ensemble dénombrable des ZD. Mais
nous contredirons alors le principe de l'égalité
lequel deux superposables sont égales. Ce principe ne
pas pour les ensembles dénombrables de nombres rationnels dont
l'étendue euclidienne est Mais en construisant les ensembles
dont l'in:finité dénombrable recouvre Ja droite entière, nous avons
modifié la position de la question. Nous avons vu, en que
l'ensemble ZDS
1
qui correspond à tous les rationnels du
fini S, ne peut pas être considéré comme une étendue
puisque n ense1nbles à recouvrent tout l'inter-
fondamental.
des ensembles ZD l'axiome
de notre conclusion sera qu'il faut choisir entre l'axiome
. de Zermelo et l'axiome euclidîen, lequel deux figures super-
posables sont identiques à tous les de vue
ClliAPITIRE IX.
et qu'il leur en particulier des
deux axiomes
diction.
Dans ces conditions, je préfère choisir l'axiome euclidien de
l'égalité; mais je ne conteste pas à d'autres le de préférer
l'axiome de Zerm.elo. L'étude qu'e nous allons faire maintenant,
du de Haussdorff, se rattache aux ensembles de rota-
tions R que nous avons appelés C au 38.
48 .. Le de Haussdorff. - Considérons l'ensemble ZD
défini sur la s1Jhère en prenant comme ensembles D ceux que l'on
en appliquant à un point quelconque M de la sphère les
rotations R définies au paragraphe 38 et que nous y avons classées
en trois catégories B, C. Nous appellerons ensembles A, B, C
pour simplifier les notations, les ensembles obtenus en appliquant
à l'ensemble ZD l'ensemble des rotations C. La somme
A + B + C recouvre donc la sphère entière et nous avons les
relations
Atp = B + C,
Atj;=B,
B<];= C;
d'où l'on conclura, que la probabilité totale de choisir un point
sur la sphère étant égale à l'unité, cette probabilité pour A est
égale à la fois à _: et à c'est le paradoxe de Haussdorff.
2 J
Mais il est aisé de tirer équations des conséquences que l'on
pourrait qualifier d' encol'e plus paradoxales, si l'on oubliait que,
pour le mathématicien, il n'y a pas de degrés dans l'erreur et que
d'une seule égalité fausse on peut déduire toutes les égalités fausses.
On déduit en effet de ( 1)
On voit

= A + C = A + C + C
j A( =A+ C + C + C( )2,


+ ... +
ainsi que des rotations
autour d'un axe que
d'enrichir
d'un angle que nous
nous appellerons CC ont pour
l'ensemble A; comme on
(3)
On déduit de ( I)
(4)
LES ENSEMBLES Z. r::!5
auront au contraire
A; on a, en
A = B9.
(B+C):p=A,
d'où l'on conclut que est une partie de A que nous pouvons
par ; on a donc
'( ëJ)
et, de n1ême,
(6)
étant une partie de et ainsi de suite.
On peut observer que l'un des termes de à savoir le terme
complémentaire ( cp'f
2
)n, si on lui adjoint les termes (<];cp)" qui font
également partie de donne une somme invariante par les trans-
formations aussi bien que par les transformations <];:p. Mais
pour les autres termes de si nous les class'ons, comme nous l'avons
fait au paragraphe 38 d'après l'ordre de la rotation R, nous cons-
taterons que l,es transformations . ont pour effet de diminuer
l'ordre d'un certain nombre des rotations R, figurant dans tandis
que les rotations · augmentent au contraire cet ordre.
En l'ensemble des rotations ('fcp
2
)" et (cp<];)" (auxquelles
on doit ajouter la rotation unité, figurent dans A et cet
reste invariant lorsqu'on le multiplie, soit par <];cp, soit par
soit naturellement par une puissance quelconque de chacune de
ces rotations. Si l'on désigne la probabilité de cet ensemble par p,
on démontrera aisément que la probabilité du produit A (<];cp)"
tend vers p lorsque n augmente indéfiniment. On obtiendrait une
probabilité tendant vers zéro en effectuant d'abord la trans for-
cp, qm ( cp'f
2
)" par ( cp'f
2
)"-
1
et ensuite les
transformations ( 'fcp )n, c'est-à -dire en considérant les ensembles
A (yJcp)n ou, si l'on A(<j;
2
cp)".
On voit que la théorie de la probabilitê dans un ensemble dénom-
brable donne une explication simple du paradoxe de Haussdorff,
cette explication étant d'ailleurs · des valeurs patti-
culières des attribuées aux divers é]éments de l'ensemble,
I26 CHAPITRE IlL - LES ENSEMBLES Z.
sous la seule condition que ces ont toutes des valeurs
dont la somme est égale à I, ce qm entraîne consé-
quence tendent vers zéro pour les les moins acces-
c'est-à-dire la définition les notations les
compliquées. comme il s'agit d'un ensemble dénombrable
dont les éléments sont des ensembles ZD qui sont égaux au sens
euclidien du mot, le fait d'attribuer à ces éléments des
différentes contredit l'axiome de l'égalité euclidienne. C'est à cette
contradiction que se réduit le de Haussdorff.
PROBABIUTÎt ET MESURE.
49. La Inesure constructive. - Nous n'avons pas l'intention
de reprendre dans cet Ouvrage la théorie générale de la mesure des
ensembles, qui a été traitée dans plusieurs volumes de cette collec-
tion. Nous nous contenterons de rappeler brièvement quelques
faits, afin d'étudier leurs relations avec les résultats des précédents
Chapitres.
La théorie constructive de la mesure, que j'ai exposée dans la
première édition de mes Leçons de la théorie des consiste
à définir la mesure d'éléments simples, à savoir les intervalles,
sans distinguer entre les intervalles ouverts et fermés. Leur mesure
est égale à leur longueur, une certaine unité de longueur ayant
été choisie. moyen de ces intervalles, dont la mesure est coimue,
on pourra définir de proche en proche des ensembles de plus en
plus compliqués, dont la mesure sera, par définition, définie par
des règles simples.
a. L'ensemble E formé par la réunion d'un nombre :fini ou d'une
infinité dénombrable d'ensembles sans points communs (sauf,
peut être, les extrémités des intervalles) a pour mesure la somme de
leurs mesures, tous les cas où les mesures de .ces ensembles
ont été définies.
b. Dans le cas où tous les éléments d'un ensemble E
2
appar-
tiennent à l'ensemble E
1
, l'ensemble E
1
-- E
2
dont les éléments
sont les points E
1
n'appartenant pas à a pour mesure la diffé-
rence des mesures de et de lorsque ces mesures ont été
définies:
CHAPITRE X.
J'avais donné le nom d'ensembles mesurables à tous les ensembles
la mesure peut être ainsi définie. Lebesgue les a
mesurables B et cette appellation a été
J'avais enfin, dans le livre
c. Si les points d'un ensemble
ensemble E
1
lequel est mesurable et
l'ensemble est également de nies ure
ait à s'il est ou non mesurable
du fait que la mesure n'est · négative.
point.
à un
(ou 1nesure
sans que l'on
a et b. Ceci résulte
n résulte d'un théorème démontré dans ma on
a donné · le nom de théorème de Heine-Borel et aussi celui
de théorème de Borel- Lebesgue, que les conventions a, b, c ne peuvent
conduire à une contradiction.
50. La En liaison avec ses célèbres
la théorie de la mesure travaux sur l'intégration, Lebesgue a
en lui donnant une base axiomatique.
On dira système de nombres représente les mesures attachées
à un système d'ensembles lorsque les conditions suivantes sont
remplies :
a. la mesure d'un intervalle donné, · arbitraire1nent, est
égale à l'unité;
b. la mesure d'un nombre fini ou d'une infinité dénombrable
d'ensembles sans points communs est égale à la somme de leurs
mesures;
c. si tous les points d'un ensemble E
1
a1Jpartiennent a un inter-
valle E, l'ensemble E
2
= E- E
1
formé des de E
tenant pas à E
1
a pour mesure différence de leurs mesures;
d. deux ensembles égaux (superposables) ont même mesure.
Ces axiomes ont conduit à définir la mesure d'une
infinité d'ensembles plus étendue que l'ensemble des ensembles
mesurables B et que appelle ensembles mesurables L. L'ensemble
de ces ensembles a une pmssance celle du continu.
On peut les obtenir, d'autre part, en aux ensembles
mesurables B les sommes de ces ensembles avec les de
mesure nulle non mesurables B.
PROBABILITÉ iE'f MESURE.
pour une certaine il n'est pas
de définir des nombres satisfaisant· aux axiomes, cette
sera dite non mesurable.·
51. avons vu que la défi-
nition normale continues donne des résultats équi-
valents à ceux de la mesure B et de la mesure de sorte semble
que l'on
conduit à
on a
et
Cette remarque
de mesure en
de la
x par une fonction y qm croît
x crollt de o à I; si cette fonction f a une
pour que x soit compris entre x et x + dx est
la probabilité pour que y soit entre y
sera à /' (y) ; on pourra parallè-
modifier la définition de la mesure en
euclidienne par une définition
de dans laquelle intervient la fonction arbitraire f
(ou sa dél'ivée f' (y)) : intervalles sont au sens euclidien,
si l'ona
b d
dx=J
è
ils le seront, au sens· plus SI l'on a
(y)
Cette généralisation est commode pour permettre
de la ou la mesure à l'intérieur ensemble
donné. Pour ne donner exemple, on peut faire correspondre
à un point x
entre o et I et défini dans le système binaire
par
( E1)
X= o,oOIIOOIIIOIO ••• ,
le y, appartenant à l'ensemble ternaire de Cantor E et qui
s'obtient en dans x les I par les chiffres 2
BORIP.L.
I3o CHAPITRE X.
et en écrit dans le de numération ternaire
( Ez) ·y= o,·o022002220'W ....
On conviendra que, Sl l'on attribue arbitrairement la mesure I
B est égale à o ), tout
même mesure que l'ensemble E
1
à ternaire la
ensemble E
2
formé de à ces y, cette E
1
étant
comme dans les
Ce mesm'e et la conduit natu-
la mesure à l'intérieur d'un
est ams1 par l'étude que nous avons faite de
la probabilité dans un tel à admettre que, dans ce cas
là, Faxiome d de et tout axiome
obtenu par l'introduction d'une fonction arbitraire f (y) conduit
nécessairement à des contradictions.
On doit remarquer, en que l'axiome· b de (qui
équivaut à la définition a de la constructive) conduit
nécessairem.ent à la conclusion que la somme d'une dénom-
brable d'ensembles de mesure nulle est toujours de mesure nuHe.
n n'est pas en effet, dans ce cas, d'arguer du fait que le
produit de l'infini par zéro doit être regardé comme indéterminé.
Si l'on a, en une infinité dénombrable d'intervalles Un dont la
somme des longueurs est une Sél'Îe convergente de somrne u, s:i
l'on ajoute à intervalle Un un ensemble de mesure nulle Vn,
on obtient un ensemble Wn dont la mesure est Un. La mesure de la
somme des w;, est donc égale à u, comme la somme des mesures
des un, d'où l'on déduit que la somme des mesures des Vn est zéro.
Par suite, si l'on donne un ensemble E dont la mesure est égale
à soit en accord avec la définition des paragraphes 49 et 50,
soit en vertu d'une convention arbitraire et si cet ensemble E peut
être regardé comme la somme d'une infinité dénombrable d'en-
. sembles E, sans éléments communs deux à deux, ces ensembles En
étant égaux au sens du mot, il pas possible de fixer
pour ces intervalles En une mesure commune p., nulle ou différente
de zéro; car si v est nulle, la mesure de la somme des En est nulle
et si [J.. est différente de zéro, la mesure de la somme des En est
infinie. C'est le paradoxe que nous avons étudié au Chapitre pré-
PROBABILITÉ ET MESURE. l'li
Dans le cas où l'ensemble E est formé d'une infinité dénombrable
de points, on attribuer à E 1a mesme zéro et
le disparaît, mais il n'en est pas de même si l'on peut,
comme nous l'avons fait au Chapitre arriver en utilisant
l'axiome à attacher à chacun des d'un ensemble
dénombrable un, un ensemble En tel que l'ensemble E, donne
un ensemble E dont la mesure n'est pas nuBe. On se trouve donc
placé en face de deux alternatives : ou bien renoncer à l'axiome d
de l'égalité euclidienne et attribuer aux ensembles E 11 des mesures
différentes, choisies d'une manière arbitraire (ou sous certaines
règles librement formulées) sous la seule condition que la série
des Un converge et a pour somme l'unité. La seconde alternative
consiste à affirmer que les ensembles E,, ne sont pas mesurables
et renoncer à s'en occuper à ce de vue. Il est cependant permis
de se demander, en ce cas, si les difficultés auxquelles on
est conduit ne résulteraient pas de l'emploi que l'on a fait de
raxiome Z, de sorte que c'est cet axiome qui conduirait .à contredire
l'axiome de l'égalité euclidienne en attribuant des valeurs arbi-
trairement différentes aux divers ensembles superposables En.
On observera d'aiHeurs, comme nous l'avons déjà fait, que la condi-
tion imposée aux nombres arbitraires Un de former une série conver-
gente a pour conséquence que les Un, quel que soit l'ordre dans lequel
on les range, tendent vers zéro lorsque leur rang augmente indéfi-
niment, de sorte que leur choix, si arbitraire qu'il puisse paraître
conduit cependant dans tous les cas à attribuer une probabilité
négligeable aux ensembles En dont l'indice n est un nombre inacces-
sible. C'est par là que ces remarques se rattachent directement au
sujet de ce livre.
52. Choix et probabilité. - n resterait à examiner une dernière
question, mais· je me de la signaler, laissant le soin de
la résoudre à ceux qui admettent l'a,xiome Z.
Cette question est la suivante : peut-on parler de la probabilité
d'un choix fait en vertu de l'axiome Z ? D'une manière plus précise,
si le choix est fait dans un ensemble E, peut-on· parler de la proba-
bilité pour que ce choix .conduise à un élément appartenant à un
sous-ensemble E
1
de E? La réponse affirmative ne devrait pas
faire de doute, s'il s'agissait d'un choix effectif. Et je reproche préci-
CHAPITRE X. - PROBABIUTÉ ET, MESURE.
sément à l'axiome Z de ne pas don'ner de
Mais j'ignore dans quelle mesure ceux qui admettent cet axwme
regardent comme effectifs ou comme réels les choix il
conduit. Et ce n'est point le lieu de rouvrir la polémique à ce
Une seule chose me paraît certaine, c'est que si l'on admet que.
tout fait dans un ensemble a une on est conduit
à la conclusion que tous les ensembles ont une mesure, même si
nous ne savons pas la mais on doit renoncer à l'axiome
euclidien de l'égalité et attribuer des mesures arbi-.
traires aux ensembles En; il semble bien que cela pmsse être fait
sans aucune contradiction.
Par D. DUGUÉ
1. Le partage des éléments d'un ensemble en éléments accessibles
et inaccessibles permet parfois de simplifier les démonstrations si l'on
se contente de raisonnements ne couvrant que les éléments acces-
sibles. En se bornant aux fonctions dont la croissance est accessible,
il est curieux, en pàrticulier, de remarquer que le théorème de
Picard-Borel peut se prouver au moyen de la seule fonction loga-
rithmique et de quelques extensions du théorème de Liouville et,
par conséquent, sans utiliser la fonction modulaire ou les inégalités
sur la croissance dues à M. BoreL Cette << semi-démonstration JJ est
exactement du même type que celle de M. Picard. Proposons-nous
donc de démontrer le théorème suivant
tout le plan une infinité de fois toute
S'il existe deux valeins exceptionnelles qu'une homographie peut
rendre l'infini et à zéro, il s'agit donc de montrer qu'il n'y en
a pas une troisième : par conséquent qu'une fonction entière ayant
zéro pour valeur exceptionnelle prend toute autre valeur une :infinité
de fois.
Si zéro et l'infini sont exceptionnels, log cp (z) est uniforme et
holomorphe dans tout le plan. Donc cp· (z) = e" E (z) étant entière :
a. cp (z) est d'ordre fini œ. On a ôt [E (z)] < C [ z! œ. D'après un
théorème de Hadamard précisant le théorème Liouville, E (z)
est un polynome P (z). Il suffit de montrer que ePizJ = p ei8 a une
infinité de si p ~ o. n suffit de résoudre
)= +i(6+2lc1t)
r34
DEUX REMARQUES SUR L'iNACCESSII!ILI'fiÉ.
(k entier positif, négatif ou nul), ce qui est possible en vertu du
théorème de d'Alembert, conséquence du théorème de Liouville.
b. cp d'ordre infini. La est encore possible
si 1 cp ( z) 1 < e"e· , n exponentielles étant superposées que
soit n. Il suffit de prouver que le théorème est encore vrai pour n
si il a été établi pour n - I. Soit donc
( n exponentielles)
cp (z) par hypothèse est égal à Donc :
1 eE(z) 1 < e' ( n expone11tielles)
et
ot(E(z)) < e:
·· (n-I exponentielles).
D'après une inégalité de M. Borel si max ât
est désignê par A (r) et max [ E (z) 1 par M (r) :
M
Par conséquent, pour 1 z 1 = r, on a
\E(z)\<2e. +3[E(o)l<e·
[ (n - I) exponentielles superposées].
pour \ z 1 = r
Donc E (z) prend une infinité de fois toute valeur, sauf au plus une
puisque le théorème est établi pour (n- x) (et que l'infini est excep-
tionnel pour toute fonction entière). L'équation e"l"'l =pe
10
(p o)
équivaut pour un couple p, 6 à l'infinité d'égalités
E(.z) = logp + i(O + 2kr.).
Donc, quel que soit p non nul il y aura une infinité de solutions
[dans tout l'ensemble E (z) =log p + i (8 + 2 krr ), il nepeuty avoir,
au plus, qu'une équation sans une infinité de solutions].
Par conséquent, si des fonctions échappent à cette démonstration,
elles croissent plus rapidement que toute fonction de la forme e ·
(quel que soit le nombre des exponentielles). Il existe, en vertu du
DEUX REMARQUES SUR L
1
1!1'11\CCESSIBILITÉ.
théorème de
toutes fonctions
croissant
un théorème de
135
une fonction entière croissant vite que cette dernière. n est
facile de voir cette fonction est
En effet, sa
Pour z =r,
pour z réel et
est donc
5 pour z = 2, à pour z = 3, à un
z = 4, à un nombre de w"
0
pour
grandeur
même pas de se contenter de la
chiffres pour
tout de
démonstration que j'ai
reproduite ici, nouvel s'il pour ne
pas rejeter des mathématiques les
IL Sauf erreur de ma part, la distance maximum évaluée à I rn
près, couverte en une heure par un coureur à est 19 km,33g.
Ce chiffre est presque certainement d'une amélioration
dans les années et les il est possible
d'affirmer quele nouveau record ne sera supérieur à, disons 3o km
à l'heure. L'ensemble de tous les nombres à la distance
parcourue à pied pendant une heure par un homme dans le passé
et dans le futur a donc une borne supérieure Ce nombre,
qui est bien défini, restera à jamais inaccessible. Il faudrait, pour
arriver à en préciser la grandeur numérique, connaître l'infinité des
éléments de l'ensemble, ce · est impossible. H ne me semble
pas malgré tout, que l'on nier son existence, ni que deux
personnes parlant de cette grandeur puissent se demander si elles
ont affaire à un même nombre. La nécessité logique de l'existence
unique de cette s'impose exactement de la même façon
que la nécessité de d'une intégrale d'équation fonction-
nelle établie au n ~ o y e n du théorème d'Arzela (conséquence du
L'identité des deux situations
permet de se demander si, dans ce dernier cas, le fait
que Ia solution pas. pour l'instant constructible n'est pas
destiné à se prolonger pour l'éternité.
M. Borel, dans le chapitre consacré aux de numération
parle de nombres dont la définition dans un algorithme
donné est extrêmement exemple :nombre tel que an =
an étant le quotient incomplet), mais malheureusement,
I36 DEUX REMARQUES SUR L'INACCESS!Hl!LITÉ.
i1
pas, théorème dans l'énoncé duquel on
inclure le nombre. Il me semble, la même
nombres
à ambi-
existe un théorème concernant un
nombre Il consiste à comme conclusion les
dont on est parti. Tout résultat mathématique au
principe d'identité mis sous une autre forme un cheminement
plus ou long pensée. Ce n'est que dans la mesure où le
cheminement est assez long que l'on est en théorème
(( valant la peine ll, Ce de valeur
subjedif. sous cette je devrais donc dire nombre
pour lequel il n'existera jamais de théorèmes assez du prin-
cipe d'identité pour qu'ils vaiHent la peine d'être
Bien ce pas à du principe d'identité que sont
matériellement atteintes les démonstrations. C'est même par un
processus tout contraire. Ce n'est pas de l'identité que l'on part,
on y aboutit. Par une ou moins consciemment raisonnée
le mathématicien se pose un problème dont la lui semble
avmr une certaine forme autre. En un non1bre fini
il sera amené à retomber sur le principe
· ou plutôt sur des que ses ont reliées au
principe d'identité. Parfois d'ailleurs il sera conduit à établir le
contraire de ce de ses recherches.
S'il existe des et qm ne
pourront jan'lais être inclus dans des valant la peine d'être
signalés, il est permis de si réciproquement
il pas de nombres inclus. dans des théorèmes et décima-
lement, ne · être atteints en un nombre fini
rations. attiré récemment l'attention sur cet de l'inacces-
sibilité dans un article (1) paru dans le Bulletin de la Société
(
1
) L'infini en et les éléments définis et non calculables, Bulletin de
la Société des Sciences de n° H.
des
DEUX REMARQUES SUR IL'!NACCESSllBILITÉ.
quelques
137
bien définies
et qui, peut-être, ne sont pas
au fond, de même nature que l'impossibilité
haut dans le domaine des Les nombres à déve-
inaccessibles sont des nombres définis comme
d'accumulation d'ensemble qui, ne seront connus qu'en
connaissant un par un une infinité d'éléments. dans ce
cas. mathématique, mais certainement dans le cas du sport.
E DES MATIÈRES.
Pages.
PRÉFACE •••• ·••••••••••••••••••••.•••••••••••••••••••••••••••••••• v
Les nombres relativement inaccessibles.
1. La suite des nombres entiei'S .................................. .
2. Les entiers relativement accessibles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3. Les ensembles dénombrables ................................... , 4
4. Les divers nu,mérotages d'un même ensemble.... . • . . . . . . . . . . . . . . . . g
5. Les fonctions caractéristiques du numérotage.. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . ro
6. L' éclielle des fonctions croissantes ......... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I2
CHAPITRE n.
Les nombres absolument inaccessibles.
7. Les nombres incommensurables .......... ·....................... r5
8. La définilion directe des nombres incommensurables.............. 17
9. Les procédés de définition indirecte ............. , . . . . . . . . . . . . . . . I 8
10. Les nombres absolument inaccessibles.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 I
11. L'axiome du choix de Zermelo.................................. 21
CiiAPITRE IlL
du continu.
12. L'espace euclidien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
13. La similitude clans euclidien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . · 25
1t., L'homogénéité. de l'espace ... , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2Ô
15. Le choix dans le continu.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Hi. La mesure et la probabilité .. ; . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3o
17. La mesure des nombres inaccessibles .. .. .. .. . . . .. .. .. .. .. . .. .. . . 3 5
18.
19.
20.
Les probabilités dans le
Critique de l'égalité des
La méthode
TAB!LE DES MATIÈRES.
CHAPITRE IV.
du dénombrable.
dénombrable ........................... .
probabilités .............. , ............. .
2'1. Le choix effectif entre les entiers .............................. .
22. Cas des entiers inaccessibles ................................... .
23. Conclusion ............ "'' ..................................... .
CHAPITRE v.
Les diFers systèmes de numéràtion.
PHges.
37
24. La numération décimale .......................... '.............. 49
25. Les numérations simples.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
26. Les numérations alphabétiques .......................... , . . . . . . . 56
27. Les numérations à plusieurs hases. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58
28. La numération factorielle ...................................... .
29. Les développements unitaires normaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64.
30. Les fractions continues.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
31. Les séries alternées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
CHAPITRE VL
Les définitions arithmétiques.
32. Les dé finitions arithmétiques primitives .. 0 •••• ~ •••••• 0 •••••••••• 0
75
33. Les définitions arithmétiques secondaires .... ; ....................
77
31±. Les transformatiolls euclidiennes et pseudo-euclidiennes ........... 82
35. Les transformations sous-euclidiennes ............................ 84
CHAPITRE VIL
La notion de puissance.
36. La puissance d'après CantOl'.................................... 87
37. La puissance du dénombrable................................... 88
38. Les dénombrables sur la sphère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . g5
39. La du continu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IOO
CHAPITRE VHI.
Les ensembles inaccessibles.
40. Les ensembles accessibles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I04
41. L'illusion des approximations décimales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
TAilLE DES MATIÈRES.
Pnges.
42. Les ensembles padaits non denses.. . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . . I IO
43. Les à définition asymptotique.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II2
CHAPITRE IX.
Les ensembles Z.
44. L'axiome de Zermelo.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II 5
45. Une d'ensembles Z................................. ..• . II9
46. Définition des ensembles ZD.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 I
47. Étude des ensembles ZD....................................... 122
48. Le paradoxe de Haussdorff ................. , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124.
CHAPITRE x.
Probabilité et mesure.
49. La mesure constructive ...... · . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
50. La mesure axiomatique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
51. Mesure et probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
52. Choi:Jl: et probabilité.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I 3 I
NoTE DE M. DuouÉ. ~ D e u x remarques sur l'inaccessibilité............. r33
TABLE ·nEs MATIÈREs.............................................. r3g
IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS
55, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS - PARIS
~ - - - - - - 138731 -------
Dépôt légal, Imprimeur,
Dépôt légal, Éditeur,
1, n° 697
,, n" 386
ACHEVÉ D'IMPRIMER, LE 20 SEPTEMBRE g5 I
LIBRAIRIE GAUTHIER- VILLARS
55, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, PARIS (6°)
ÇlARTAN Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
- .Leçons sur la Géométrie des espaces de Riemann.
2e édition revue et augmentée. In-8 (25-I 6) de vm-378 pages,
avec figures; 1946.
CHATELET (A,.), 'Ancien Élève de l'École Normale. supérieure,
Doyeh de la Faculté des Sciences de Lille, et KAMPE DE
FÉRIET (J.), Maître .de Conférences de Mécanique à la Faèulté
des Sciences de Lille, Professeur de M.écanique à l'Institut
industriel du Nord. - Calcul vectoriel. Théorie. Applica-
tions géométrique;; et cinématiques, destiné aux élèves des
Classes de mathématiques spéciales tt aux étudiants en sciences
.mathématiques et physiques. Un volume in-8 de 426 pages,
avec 92 figures; 1924.
JULIA (Gaston), Professeur P, la Faculté des Sciences qe :paris.-
Éléments de Géométrie infinitésimale. (Cours de la Faculté
des Sciences de Paris.) Volume in-8 rai5in de vx-262 pages, avec
17 figures, 2
8
1936.
JULIA (Gaston), Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
- Cours ae Cinématique. Rédigé par Jean DIEUDONNÉ,
Élève de l'École Normale supérieur<r. (Cours de la Faculté des .
Sciences de Paris.) Un vol. in-8 (23-r4) de 162. p:, avec 52 .fig.,
2
8
édition, 1936.
JULIA (Gaston), Professeur à, la Faculté des Sciences de Paris.
- Exercices d' 4Ulalyse.
ToME I, 1èr fascicùle. In-8 (25-1'6) de xx-2o4 pages, avec
figures.' 2e édition; 1944.
ToME II, 1ér fascicule. In-8 (2S-16) de xv-344 pages, avec
figures. 2e édition; 1947.
ToME III, 1er. fascicule. In-8 (2S-16) de vx-288 pages, avec
figures. 2e édition; 1948.
ToME IV, 1er fascicule. In-8 (2S-16) de II-23o pages/ avec
figure13. 2e édition; 1948.
LÉVY (Paul), Professeur à l'École Polytechnique. - Théorie
de l'addition des variables, avec une Préface de M. BoREL
(Monographies des Probabilités, Calcul des Probabilités et ses
applications, n° 1, publiées sous la direction de M. Émile BoREL).
Un volume in-8 (2S-16) de xvn-33o pages.
MINEUR (Henri), Astronome à l'Observatoire de Paris. -
Technique de la méthode des carrés. Fascicule II
des Monographies des Probabilités. Calcul des . Probabilités et
ses applications, publiées sous la direction de M. Émile BoREL.
Un volume (25-I6) de 93 pages.
138731-ol' Paris.- Inlp. 55, quai Grands-Augu•tins.
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