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Cours d’analyses physico-chimique des denrées alimentaires, GPEE, 1 ère année. Préparé par Pr. R. SALGHI Agadir

ANALYSES PHYSICOCHIMIQUES II

SPECTROSCOPIE D'ABSORPTION ULTRAVIOLETTE ET VISIBLE

INTRODUCTION

Introduction Lumire ultraviolette et visible quation de Planck Excitation lectronique et groupements fonctionnels Lois fondamentales en spectrophotomtrie d'absorption Spectre d'absorption ultraviolet ou visible Analyse quantitative Appareillage Applications

Un très grand nombre de constituants alimentaires peuvent, soit directement mais le plus souvent indirectement, être dosés par spectroscopie d’absorption ultraviolette ou visible. L’absorption d’énergie lumineuse par les composés est cependant spécifique à chaque composé et est gouvernée par certaines lois physiques. LUMIÈRE ULTRAVIOLETTE ET VISIBLE

ÉNERGIE 10 12 10 11 10 10 10 9 10 8 10 7 10 6
ÉNERGIE
10 12
10 11
10 10
10 9
10 8
10 7
10 6
10 5
10 4
10 3
10 2
10
1
10 -1
10 -2
10 -3
10 -4
10 -5
10 -6
10 -7
Calories/mole
FRÉQUENCE
10 22
10 21
10 20
10 19
10 18
10 17
10 16
10 15
10 14
10 13
10 12
10 11
10 10
10 9
10 8
10 7
10 6
10 5
10 4
10 3
Cycles par seconde
LONGUEUR D’ONDE
10 -5
10 -4
10 -3
10 -2
10 -1
10
1
10 2
10 3
10 4
10 5
10 6
10 7
10 8
10 9
10 10
10 11
10 12
10 13
10 14
Millimicrons (mµ)
CLASSIFICATION
DES RADIATIONS
Rayons cosmiques
Rayons Gamma
Rayons X
Ultraviolet lointain
Ultraviolet
Visible
Proche infrarouge
Infrarouge
Infrarouge lointain
Ondes micrométriques
Radar
Télévision
Résonance magnétique nucléaire
Ondes radio
Courant électrique
Spectre électromagnétique

Cours d’analyses physico-chimique des denrées alimentaires II, GPEE, 1 ère année. Préparé par Dr. R. SALGHI, ENSA Agadir.

Le spectre complet des ondes électromagnétiques est continu, comme le montre le schéma ci-dessous. En examinant le spectre électromagnétique, on constate que la région analytique de la lumière ultraviolette et visible ne représente qu’un infime partie de ce spectre. La région de l’ultraviolet se situe de 200 à 350 mµ, tandis que celle du visible s’étend de 350 à 800 mµ.

ÉQUATION DE PLANCK

L’énergie que possède une onde électromagnétique est reliée à sa fréquence de propagation par l’équation suivante :

E = h · ν

où E = énergie

h = constante de Planck (6,625 × 10 -27 erg. s)

ν = fréquence de l’onde électromagnétique (cycles/s)

D’autre part, la fréquence d’une onde électromagnétique est reliée à sa longueur d’onde par la relation suivante :

ν

=

c

λ

où c = vitesse de la lumière (2,99 × 10 10 cm/s)

λ = longueur d’onde

L’équation de Planck montre donc que l’énergie lumineuse est proportionnelle à la fréquence de l’onde et inversement proportionnelle à sa longueur d’onde :

⋅ c E = h ⋅ν= h λ
c
E = h ⋅ν= h
λ

En spectroscopie d’absorption ultraviolette et visible, les unités les plus utilisées pour les longueurs d’onde sont les millimicrons mµ ou nanomètres nm (10 -9 mètre).

EXCITATION ÉLECTRONIQUE ET GROUPEMENTS FONCTIONNELS

Lorsqu’un composé est exposé à des radiations lumineuses dans la région ultraviolette ou visible, il peut absorber une quantité spécifique d’énergie lumineuse. On dit que la molécule subit une excitation électronique, parce que certains électrons de la molécule sont projetés de leur orbitale normale (état fondamental) à une orbitale de niveau supérieur (état excité).

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Pour un composé donné, l’énergie nécessaire à une excitation électronique doit correspondre à la différence d’énergie entre l’énergie de l’état fondamental et celle de l’état excité :

E

=

E

1

- E

0

Énergie

E

= ⋅ν= h c

h

λ

E 1 (état excité)

E 0 (état fondamental)

L’équation de Planck montre qu’un composé spécifique ne peut être excité qu’à une fréquence ou à une longueur d’onde bien précise.

Les électrons les plus facilement excitables dans un composé sont les électrons π des doubles liaisons et les électrons n, c’est-à-dire les doublets d’électrons libres sur la couche périphérique des hétéroatomes (N, O,S). Ce sont donc les groupements fonctionnels dans un composé qui sont responsables de l’absorption d’énergie lumineuse par le composé.

- Les composés qui ne contiennent que des groupements fonctionnels simples absorbent la lumière ultraviolette. C’est le cas de la majorité des composés organiques incolores.

Ex. : Acide acétique CH 3 COOH

λ max = 208 mµ

- Les composés qui contiennent plusieurs groupements fonctionnels conjugués absorbent la lumière visible. Ces composés sont évidemment colorés.

Ex. : Amaranthe (rouge)

λ max = 525 mµ

LOIS FONDAMENTALES EN SPECTROPHOTOMÉTRIE D’ABSORPTION

Transmittance d’une solution

Lorsqu’un faisceau lumineux traverse une cuvette contenant un composé en solution, l’intensité de la lumière incidente I 0 est diminuée, si le composé absorbe une certaine quantité de lumière I A .

si le composé absorbe une certaine quantité de lumière I A . Source lumineuse I 0

Source

lumineuse

I 0 I T I A 3
I 0
I T
I A
3

Détecteur

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Si I 0 représente l’intensité du rayon incident et I T l’intensité de la lumière transmise, la transmittance T (ou pourcentage de transmission) d’une solution se définit comme suit :

T

=

I

T

I

0

100

N.B. L’échelle de transmittance varie de 0 % à 100 %.

Absorbance d’une solution

L’absorbance A d’une solution se définit comme suit :

A = log

100

T

L’absorbance d’une solution varie théoriquement de 0 à l’infini, mais l’échelle d’absorbance couramment

mesurée se situe entre 0 et 2.

Exercice

Calculer l’absorbance de solutions ayant la transmittance suivante :

T 100 %

A =

=

T 50 %

A =

=

T 20 %

A =

=

T 10 %

A =

=

T 1 %

A =

=

Loi de Beer-Lambert

La loi de Beer-Lambert affirme que l’absorbance d’une solution d’un composé est proportionnelle à l’épaisseur du milieu traversé par le faisceau lumineux et à la concentration du composé en solution.

A

où A

=

=

ε ·

· absorbance de la solution

l

c

l

=

largeur de la cellule contenant la solution

c

=

concentration du composé en solution

ε

=

coefficient d’extinction moléculaire du composé (constante)

À cause d’interactions chimiques entre les molécules à forte concentration, la loi de Beer-Lambert n’est

valable qu’aux faibles concentrations, d’où la nécessité de faire une courbe d’étalonnage (absorbance versus concentration) pour le dosage d’un composé.

Courbe d’étalonnage d’un composé 2 4 6 8 10 12 14 16 ABSORBANCE
Courbe d’étalonnage d’un composé
2
4
6
8
10
12
14
16
ABSORBANCE

CONCENTRATION mg/l

Zone de concentration où la loi de Beer-Lambert s’applique : 0-11 mg/l

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N.B.

peut utiliser un seul standard pour faire l’analyse.

Lorsqu’on sait que la loi de Beer-Lambert est valable dans une zone de concentration connue, on

SPECTRE D’ABSORPTION ULTRAVIOLET OU VISIBLE

Le spectre d'absorption ultraviolet ou visible d’un composé est obtenu en mesurant l’absorbance d’une solution du composé à différentes longueurs d’onde dans la région ultraviolette ou visible, comme le montre l’exemple suivant :

350 400 450 500 550 600 650 700 ABSORBANCE
350
400
450
500
550
600
650
700
ABSORBANCE

λ max = 510 mµ

LONGUEUR D’ONDE λ (mµ)

Spectre d’absorption d’un composé

Le spectre d’absorption ultraviolet ou visible d’un composé est relativement simple. On y retrouve habituellement une ou deux bandes d’absorption maximum. Règle générale, on choisit la longueur d’onde d’absorption maximum (λ max ) pour faire le dosage du composé.

Le spectre d’absorption ultraviolet ou visible est caractéristique d’un composé.

d’absorption est utilisé principalement pour confirmer la présence d’un composé soupçonné dans un aliment, par comparaison des spectres d’absorption d’une solution de l’aliment et d’une solution du composé pur.

Le tracé d’un spectre

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Problème

On veut doser le ou les colorants alimentaires synthétiques présents dans un aliment liquide de couleur orange. Les colorants alimentaires synthétiques permis au Canada sont :

Tartrazine (jaune) Sunset Yellow (orange) Ponceau SX (rouge) Amaranthe (rouge) Érythrosine (rouge) Indigo Carmine (bleu) Bleu brillant FCF (bleu) Fast Green FCF (bleu)

λ max = 420 mµ λ max = 480 mµ λ max = 500 mµ λ max = 520 mµ λ max = 525 mµ λ max = 615 mµ

λ max = 630 mµ λ max = 635 mµ

Décrivez ce qu’il faudrait faire avant de procéder au dosage proprement dit. Montrez les résultats obtenus selon les hypothèses faites.

ANALYSE QUANTITATIVE

L’analyse quantitative consiste à doser, c’est-à-dire déterminer la concentration d’un composé dans un aliment. Quelques constituants alimentaires peuvent être dosés directement, mais la majorité d’entre eux le sont par dosage indirect.

Dosage direct

Le dosage direct consiste à mesurer l’absorbance d’un composé qui absorbe de façon importante la lumière dans la région ultraviolette ou visible. En d’autres mots, le composé doit posséder une forte bande d’absorption à une longueur d’onde dans la région ultraviolette ou visible, causée par une excitation électronique du composé. Très peu de constituants alimentaires sont dosés directement par spectroscopie d’absorption ultraviolette ou visible. Le benzoate de sodium qui absorbe dans l’ultraviolet et les colorants alimentaires synthétiques qui absorbent dans le visible en sont des exemples.

Dosage indirect

Le dosage indirect consiste à transformer, par une réaction chimique spécifique, un composé peu absorbant en un autre composé qui absorbe fortement la lumière dans la région du spectre visible. C’est donc dire que le produit de la réaction est coloré. Comme la concentration du composé coloré est proportionnelle à celle du composé de départ, on dose donc indirectement ce dernier en mesurant l’absorbance du composé coloré. Le schéma général d’un dosage indirect apparaît ci-dessous :

Composé A + Réactif (excès)

(peu absorbant)

Composé B + Réactif (non réagi)

(coloré)

Dosage colorimétrique

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Pour qu’un dosage indirect soit exact, il faut que la réaction entre le composé A et le réactif soit quantitative, d’où la nécessité d’ajouter le réactif en excès.

De nombreux constituants alimentaires peuvent être dosés indirectement par colorimétrie. Citons, à titre d’exemples, les sucres (glucose, fructose, sucrose, lactose par des réactions enzymatiques), les protéines (réaction du biuret), les métaux (antimoine, arsenic, cadmium, fer, titane, etc.), le phosphore, certains acides organiques, etc. Certains dosages colorimétriques indirects peuvent être utilisés pour vérifier l’efficacité d’un procédé. Par exemple, le test de la phosphatase alcaline du lait peut servir à détecter une mauvaise pasteurisation du lait.

Dosage colorimétrique indirect par les méthodes enzymatiques

Les méthodes d’analyse enzymatique des aliments, mises au point vers 1980 par la compagnie Boehringer Mannheim, sont basées sur des réactions enzymatiques d’oxydation de différents constituants alimentaires en présence des coenzymes NAD ou NADP. L’absorbance des coenzymes réduits NADH ou NADPH produits par les réactions est mesurée à 340 nm. Comme la concentration de NADH ou de NADPH est proportionnelle à celle du constituant alimentaire analysé, on dose donc indirectement le constituant.

analysé, on dose donc indirectement le constituant. Spectres d’absorption de NAD(P) et NAD(P)H Principe

Spectres d’absorption de NAD(P) et NAD(P)H

Principe général

Exemple 1 :

Dosage du lactose et/ou galactose

Lactose + H 2 O

β-galactosidase

D-galactose + NAD +

Gal-DH

Exemple 2 :

Dosage du glucose et/ou fructose

D-glucose + D-galactose

Ac. galactonique + NADH + H +

 

hexokinase

Glucose + ATP

glucose-6-P + ADP

 

hexokinase

Fructose + ATP

fructose-6-P + ADP

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Glucose-6-P + NADP +

G-6-P-DH

gluconate-6-P + NADPH + H +

Fructose-6-P

phosphoglucose isomérase

glucose-6-P

Liste des composés pouvant être dosés par les méthodes enzymatiques

Acétaldéhyde, Acide acétique, Ammoniac, Acide L-ascorbique, Acide L-aspartique/L-asparagine Cholestérol, Acide citrique, Créatine/créatinine, Éthanol, Acide formique, Fructose, Galactose, Acide D- gluconique, Glucose/fructose, Acide L-glutamique, Glyrécol, Guanosine-5 -monophosphate, Acide D- isocitrique, Acide L-lactique/acide D-lactique, Lactose/galactose, Lécithine, Acide L-malique, Maltose/glucose, Pyrophosphate/phosphate, Acide pyruvique, Raffinose, D-sorbitol, D-sorbitol/xylitol, Amidon, Acide succinique, Sucrose/glucose, Triglycérides, Urée/ammoniac, Xylitol

Étapes de l’analyse quantitative

Qu’il soit direct ou indirect, le dosage d’un composé par spectroscopie d’absorption ultraviolette ou visible doit s’effectuer dans une zone de concentration où la loi de Beer-Lambert s’applique.

 

A

=

ε ·

l

·

c

A

=

absorbance de la solution

ε

=

coefficient d’extinction moléculaire

l

=

largeur de la cuvette

c

=

concentration du composé

Comme le coefficient d’extinction moléculaire d’un composé est une constante à une longueur d’onde donnée et que la largeur de la cuvette est également constante, si l’on travaille avec des cuvettes de diamètre identique, l’absorbance d’une solution devient donc uniquement proportionnelle à la concentration du composé absorbant dans une zone de concentration à déterminer.

A =

k · c

Le dosage d’un composé s’effectue en suivant les étapes suivantes :

- Afin d’obtenir un maximum de sensibilité pour l’analyse, on choisit la longueur d’onde d’absorption maximum du composé pour faire le dosage.

- On prépare une série de solutions standards du composé pour faire une courbe d’étalonnage absorbance versus concentration, dans le but de déterminer une zone de concentration où la loi de Beer-Lambert est valable (N.B. On peut utiliser un seul standard lorsqu’on connaît une zone de concentration où la loi de Beer-Lambert est valable.) Un blanc servira à annuler l’absorbance de la cellule et du solvant.

- L’aliment contenant le composé à doser est traité de façon à ce que le composé soit en solution. Pour les dosages indirects, le composé à doser doit être transformé par une réaction chimique en un autre

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composé coloré.

Dans ce cas, les solutions standards du composé devront subir le même traitement

que l’inconnu.

On mesure l’absorbance de la solution du composé de concentration inconnue et on détermine sa concentration sur la partie droite de la courbe d’étalonnage. Si la concentration de la solution inconnue est trop élevée pour être évaluée sur la courbe d’étalonnage, on prépare une solution plus diluée et on mesure l’absorbance de cette solution. La concentration de la solution diluée devra être multipliée par le facteur de dilution pour obtenir la concentration réelle de la solution avant dilution. On effectue ensuite les calculs appropriés pour déterminer la concentration du composé dans l’aliment.

Problème

On veut faire le dosage indirect par colorimétrie d’un composé A présent dans un aliment solide. Comme le composé A n’absorbe pas dans la région visible, on le transforme quantitativement par une réaction chimique en un composé B dont la longueur d’onde d’absorption maximum est à 535 nm. Parallèlement, on prépare une série de solutions standards du composé A pour tracer la courbe d’étalonnage.

L’échantillon inconnu est préparé de la façon suivante : on extrait le composé A à partir de 5,0 g de l’aliment; on obtient 100 ml de solution. On prélève 10 ml de cette solution à laquelle on ajoute le produit chimique qui transforme le composé A en composé B coloré. On procède de la même façon pour les solutions standards : on prélève 10 ml de chaque solution standard à laquelle on ajoute le produit chimique. On procède à l’analyse colorimétrique de l’échantillon inconnu et des solutions standards. Les résultats obtenus sur un colorimètre Spectronic 20 apparaissent ci-dessous :

Blanc

% T

=

100

Std 2 mg/l

% T

= 70,2

Std 4 mg/l

% T

= 42,1

Std 6 mg/l

% T

= 27,4

Std 8 mg/l

% T

= 18,0

Std 10 mg/l

% T

= 14,1

Inconnu (non dilué)

% T

= 6,2

Inconnu (dilution 25 ml/100 ml)

% T

= 30,4

a) Tracer sur un papier graphique la courbe d’étalonnage et déterminer sur la courbe la concentration de la solution inconnue.

b) Calculer le concentration du composé A dans l’aliment solide en mg/kg ou ppm.

c) Si on avait utilisé uniquement le standard 8 mg/l pour faire l’analyse colorimétrique, comment aurait-on calculé la concentration de la solution inconnue? Aurait-on obtenu un résultat exact? Pourquoi?

d) Si on avait utilisé uniquement le standard 10 mg/l pour faire l’analyse colorimétrique, répondre aux mêmes questions qu’en c).

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APPAREILLAGE

De nombreux appareils commerciaux sont disponibles pour faire de la spectroscopie d’absorption ultraviolette ou visible. Les deux principaux types sont :

Spectrophotomètre d’absorption ultraviolette et/ou visible

- Appareil muni d’un sélecteur de longueur d’onde monochromatique (réseau).

- Peut tracer le spectre d’absorption d’un composé.

- Utilisé pour l’identification de composés et les dosages.

- Muni d’un simple faisceau ou d’un double faisceau.

Colorimètre

- Travaille dans la région du spectre visible.

- Appareil muni d’un sélecteur de longueur d’onde polychromatique (filtre)

- Ne peut tracer le spectre d’absorption d’un composé.

- Utilisé pour les dosages seulement.

- Muni d’un simple faisceau.

Les spectrophotomètres d’absorption peuvent être munis d’un simple faisceau ou d’un double faisceau.

Simple faisceau

L’appareil est muni d’un seul compartiment à cellule. Un blanc, c’est-à-dire une cellule contenant le solvant, doit être introduit dans l’appareil à intervalles réguliers pour annuler l’absorbance due à la cellule et au solvant.

Double faisceau

L’appareil est muni de deux compartiments à cellule, l’un d’eux contenant la cellule de référence (blanc) et l’autre contenant l’échantillon. L’appareil annule automatiquement l’absorbance due à la cellule et au solvant. Les spectrophotomètres à double faisceau peuvent tracer un spectre d’absorption en faisant un balayage continu des longueurs d’onde.

Les principales composantes d’un appareil à simple faisceau sont représentées dans le schéma suivant :

1 2 3
1
2
3
I 0 I A 2 4
I 0
I A
2
4

I T

10

% T = 78,5 A = 0,105 5 6
% T
= 78,5
A = 0,105
5
6

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1. Source lumineuse

La source lumineuse doit émettre des radiations sur toute l’étendue du spectre étudié.

Pour les spectrophotomètres d’absorption ultraviolette, la source lumineuse est une lampe d’hydrogène ou de deutérium qui émet des radiations continues entre 180-380 mµ. La lampe couvre donc la région analytique de l’ultraviolet entre 200-350 mµ.

Pour les spectrophotomètres d’absorption visible, la source lumineuse est une lampe au tungstène, dont le spectre d’émission est continu entre 350-2500 mµ. La région du spectre visible entre 350- 800 mµ est donc couverte.

2. Fentes

Les fentes ont pour rôle de diriger un faisceau de rayons lumineux parallèles vers la cellule contenant l’échantillon. La fente placée entre le sélecteur de longueur d’onde et la cellule a également pour rôle de réduire la largeur de la raie (∆λ) afin d’obtenir la meilleure résolution possible.

3. Sélecteur de longueur d’onde

Pour les spectrophotomètres d’absorption ultraviolette ou visible, le sélecteur de longueur d’onde est

un réseau. Un réseau est une plaque de verre munie de stries parallèles, qui a la propriété de disperser

la lumière en ses diverses composantes.

possédant 600 stries/mm. monochromatique.

Par exemple, le Spectronic 20 est muni d’un réseau

La lumière qui arrive sur la cellule contenant l’échantillon est donc

lumière

blanche

rouge orange jaune vert bleu violet Dispersion de la lumière par un réseau
rouge
orange
jaune
vert
bleu
violet
Dispersion de la lumière par un réseau

Pour les colorimètres, le sélecteur de longueur d’onde est un filtre coloré qui absorbe la plupart des radiations de la source lumineuse et ne laisse passer que la lumière comprise entre une certaine zone de longueur d’onde. La largeur moyenne de la bande est d’environ 25 mµ. La lumière qui arrive sur l’échantillon n’est donc pas monochromatique. L’achat d’un colorimètre implique l’acquisition d’une gamme étendue de filtres si on veut utiliser l’appareil pour des analyses à différentes longueurs d’onde. Comme il est impossible de faire un balayage continu avec des filtres, on ne peut tracer le spectre d’absorption d’un composé avec un colorimètre.

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% T filtre 254 mµ 100 filtre 630 mµ 50 200 300 400 500 600
% T
filtre 254 mµ
100
filtre 630 mµ
50
200
300
400
500
600
700

Transmittance d’un filtre à colorimètre

4. Cuvettes

λ (mµ)

Les cuvettes contenant les échantillons en solution doivent laisser passer la lumière dans la région étudiée. Dans la région ultraviolette, on utilise des cuvettes de quartz ou des cuvettes en plastique méthacrylate jetables. Dans la région du spectre visible, on peut se servir du cuvettes de pyrex ou de cuvettes en plastique polystyrène ou méthacrylate jetables.

Les cuvettes peuvent avoir différentes formes : carrées, rectangulaires ou cylindriques. La largeur de la cuvette, qui correspond à l’épaisseur du milieu traversé par la lumière, est variable, quoique la largeur standard soit de 1 cm.

Les cuvettes cylindriques, utilisées avec des spectrophotomètres du type Spectronic 20, n’ont pas exactement la même transmittance et doivent être triées pour un dosage colorimétrique.

5. Détecteur

Le détecteur du spectrophotomètre reçoit la lumière qui traverse la cellule contenant l’échantillon. Il

est composé d’un alliage de métaux photoconducteurs (ex. : alliage césium-antomoine) facilement excitables par la lumière. Le signal électrique produit par l’excitation est converti en valeurs numériques lues sur une échelle graduée en transmittance ou en absorbance.

6. Accessoires

La plupart des spectrophotomètres sont munis d’une sortie permettant d’envoyer les signaux électriques à un enregistreur. Avec les spectrophotomètres à balayage continu du spectre ultraviolet ou visible, on peut tracer le spectre d’absorption d’un composé sur le papier enregistreur.

Les spectrophotomètres les plus dispendieux sont accompagnés d’un logiciel d’application permettant la collecte des signaux électriques dans un fichier de données. Des modules de calcul permettent ensuite de traiter les données : tracé de spectre d’absorption, courbe d’étalonnage pour le dosage des composés.

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APPLICATIONS DE LA COLORIMÉTRIE

AOAC Official Methods of Analysis (1990) Subject index

Colorimetric methods

aldehydes in lemon, orange, and lime extracts, 900-

901

ammonia in crabmeat, 869 arsenic in feeds, 94-95 benzene hexachloride pesticide residues, 294 benzocaine in drugs, 521-522 bifuran in feeds, 100 bromide in water, 331-332 2-(p-tert-butylphenoxy)-1-methyl 2-chloroethyl sulfite (aramite) pesticide residues, 296 calcium gluconate in drugs, 503

carbaryl pesticide residues, 296-298 carotenoids in macaroni products, 799-800 chlordane, technical and formulations, 183 chlorophyll in plants, 62 citral in lemon and orange extracts, 901 citric acid in cheese, 845-846 cobalt in feeds, 85-86 cobalt in fertilizers, 30 color in vanilla extract, 894-895 copper in distilled liquors, 695 copper in feeds, 86 copper in food, 248 copper in milk and milk products, 821 copper in plants, 45-46 creatinine in meat, 941 DDT pesticide residues, 298 diacetyl in beer, 712-713 disulfram in drug tablets, 574 β-estradiol in drugs, 607 ethopabate in feeds, 98-99 fluoride in water, 321-322 fluorine in feeds, 86 fluorine on apples and pears, 248-249 furazolidone in feeds, 100-101 glycarbylamide in feeds, 100 hypochlorites and chloramines in milk, 820-821 indole in crabmeat, oysters, and shrimp, 877-878 iodide in water, 331-332 iron in beer, 717 iron in distilled liquors, 696 iron in plants, 46 iron in water, 323 ketosteroids in drugs, 607 lactic acid in eggs, 859-860 lead on apples and pears, 254-255 liming materials, 6-8 malathion pesticide residues, 303 manganese in feeds, 87 manganese in fertilizers, 33 manganese in plants, 46-47 menthol in cigarette filler, 67 mercury in foods, 264-266 methanol in distilled liquors, 702 methoxychlor pesticide residues, 304 methyl anthranilate in nonalcoholic beverages, 755 molybdenum in plants, 47

niacin and niacinamide in drugs, foods, and feeds,

1054-1055

nihydrazone in feeds, 105 nitrate and nitrite nitrogen in feeds, 77-78 nitrites in cured meat, 938 nitrofurazone in feeds, 100 nitrogen (ammonia) in water, 319-320 nitrogen (nitrate) in water, 320 nitrogen (total) in water, 319 nitrogen in beer, 713 parathion in formulations, 208 parathion pesticide residues, 308 phenol in hazardous substances, 236 phenylephrine HCL in drugs, 516-517 phosphorus in fruits and fruit products, 916 phosphorus in wines, 743-744 piperonyl butoxide in formations, 170 propyl gallate in food, 1140-1141 protein in feeds, 73-74 pyrogallol in hair dyes, 366 salicyclic acid in food and beverages, 1155-1156 Salmonella in foods, 480-486 sodium cyclamate and calcium cyclamate in canned fruit, 1168-1169 sodium lauryl sulfate in egg white, 1163-1164 sorbic acid in wines, 949 sulfamethoxine in feeds, 110-111 sulfur dioxide in beer, 718 sulfurous acid in dried fruit, 1158-1159 thiourea in orange peel, 1162-1163 α-tocopherol and α-tocopheryl acetate in foods and feeds, 1071-1074

α-tocopheryl acetate (supplemental) in foods and feeds, 1075-1076 trimethylamine nitrogen in seafood, 869-870 urea in feeds, 76-77 vitamin A in mixed fees, premixes, and foods, 1045-

1047

vitamin D in vitamin preparations, 1061-1064

zinc in fertilizers, 34-35 zinc in food, 272 zirconium in antiperspirants, 362

Coloring matter in distilled liquors, 690 in green coffee, 757 in macaroni products, 798-799 see also Color additives

Spectrophotometric methods acetaminophen and salicylamide in drugs, 554 acetaminophen in drugs, 553-554 2-acetylamino-5-nitrothiazole in feeds, 91

acids in hops, 732-733 adulteration of processed Florida orange juice, 929-

930

alkomide in feeds, 91 2-amino-5-nitrothiazole in feeds, 92

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Cours d’analyses physico-chimique des denrées alimentaires II, GPEE, 1 ère année. Préparé par Dr. R. SALGHI, ENSA Agadir.

p-aminosalicylic acid and isoniazid in drugs, 549 amphetamine drugs, 520 amprolium in feeds, 92-93 amyl p-dimethylaminobenzoate in suntan preparations, 367-368 ANOT in animal tissues, 625 antihistamines in drugs in presence of aspirin, phenacetin, and caffeine, 515 antimony in food, 242-243 arprinocid in premixes, 94 arsanilic acid in premixes, 94 arsenic in animal tissues, 626 arsenic in feeds, 356 aspirin and phenobarbital in drugs, 557 azinphos-methyl pesticide residues, 294 bendroflumethiazide in drugs, 570 benzocaine and antipyrene in drugs, 522-523 benzoic acid in nonsolid food and beverages, 1141-

1142

benztropine mesylate in drugs, 583-584 betaine in orange juice, 917-918 bithionol in feeds, 95 biuret in fertilizers, 22-23 boric acid in food, 1146-1147 boron in fertilizers, 29-30 butabarbital sodium in drugs, 561-562 cadmium in feeds, 95 caffeine in nonalcoholic beverages, 752-754 calcium pantothenate in vitamin preparations, 1079 captan pesticide residues, 296 carbadox in feeds, 95-96 carotenes and xanthophylls in dried plant materials and mixed feeds, 1048 carotenes in fresh plant materials and silages, 1048 chloral hydrate in drugs, 562 chloramben in formulations, 182 chlorogenic acid in green coffee, 757

p-chlorophenyl phenyl sulfone pesticide residues,

298

chlorophyll in plants, 62-63 codeine and terpin hydrate in elixirs, 580-581 color in spices, 999 color of beer, 708 color of distilled liquors, 690 color of laboratory wort, 727 color of raw cane sugars, 1010 coloring matter in distilled liquors, 690-691 colors (synthetic) in oils and fats, 982 conjugated estrogens in drugs, 607 dehydroacetic acid in cheese, 1147-1148 dexamethasone phosphate in drugs, 614 diacetyl morphine and quinine in drug powders, 620 dichlone pesticide residues, 298-299 dichlorophene in drugs, 529-530 dienestrol in drugs, 609-610 diethylstilbestrol in drugs, 609 diethylstilbestrol in feeds, 97 digitoxin in drugs, 599-600 digoxin and total digitoxosides in drugs, 601 dimetridazole in feeds, 97-98 diquat in formulations, 225 dodine pestidcide residues in fruits, 299 dyes in color additives, 1125 ephedrine in solid dosage drugs, 586-587 esters in distilled liquors, 697-698

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ethinyl estradiol in drugs, 607-608 formaldehyde in maple sirup, 1037-1038

fusel oil in distilled liquors, 699-700 glyodin pesticide residues in fruits, 302 griseofulvin, 130-131 hexachlorocyclopentadiene in technical chlordane,

183

hexachlorophene in deodorants, 363-364 hexestrol in drugs, 610 hydroxymethylfurfural in honey, 1031 intermediates in FD&C No. 1, 1126 iron in drugs, 506-507 iron in flour, 778-779 lactic acid in fruits and fruit products, 921 lactic acid in milk and milk products, 806-807 maleic hydrazide pesticide residues, 303-304 mannitol hexanitrate and phenobarbitol in drugs,

527-528

menadione sodium bisulfite in drugs, 567 mephentermine sulfate in drugs, 512-513

mestranol in drugs, 611 mestranol with ethynodiol diacetate in drugs, 611-

612

methapyrilene in expectorants, 513 cis, cis-methylene interrupted polyunsaturated fatty acids in oils, 969 methyl salicylate in drugs, 551-552 mixed color, zinc in plants, 48-49 molybdovanadophosphate, for phosphorus in fertilizers, 12-13, 16-17 naphthyleneacetic acid pesticide residues, 306-307 neostigmine methylsulfate in drugs, 591-592 niacinamide in multivitamin preparations, 1057-1058 nicarbazin in feeds, 103 nicotine in feeds, 103-104 nicotine residues, 307-308 nifursol in feeds, 104

nitarsone in feeds, 105 nithiazide in feeds, 105 nitrodan in feeds, 106 nitromide in feeds, 106

nitrophenide in feeds, 106 norepinephrine in epinephrine preparations, 515-

516

papain proteolytic activity, 1165

paraquat in formulations, 227-228 pentaerythrityl tetranitrate in drugs, 528 phenobarbital and aminophylline in drugs, 560 phenobarbital and phenytoin in drugs, 560-561 phenobarbital and theobromine in drugs, 561 phenolsulfonates in deodorants, 364-365 phenothiazine in feeds, 106 phenylalkanolamine salts in elixirs and sirups, 519-

520

phenylethylamines in drugs, 521 phenylpropanolamine HCl in drugs, 519 phenytoin sodium in drug capsules, 562 phosphatase in casein, 824-825 phosphorus in color additives, 1134-1135 phosphorus in milk-based infant formula, 1112-1113 pigment in flour, 785 piperazine in feeds, 106-107 piperine in pepper preparations, 1002-1003 piperonyl butoxide pesticide residues, 309

Cours d’analyses physico-chimique des denrées alimentaires II, GPEE, 1 ère année. Préparé par Dr. R. SALGHI, ENSA Agadir.

polycyclic aromatic hydrocarbons and benzo[a]pyrene in food, 1176-1178 polythiazide in drugs, 573 polyunsaturated acids in oils and fats, 960-963 preservatives in ground beef, 1144 procainamide HCl in drugs, 524-525 progestational steroids in drugs, 612 propylthiouracil in drugs, 574 protein-reducing substances in milk, 809-810 pyrantel tartrate in feeds, 107 pyrilamine in cough sirup, 513 quinine in drugs, 592 rescinnamine in drugs, 597-598 reserpine in drugs, 593-594 reserpine-rescinnamine alkaloids in Rauwolfia serpentina drugs, 597 ronnel in feeds, 108 roxarsone in feeds and premixes, 108-109 rutin in drugs, 603 single color, zinc in plants, 49-50 sorbic acid in dairy products, 1156 sorbic acid in wines, 949 subsidiary dyes in FD&C Yellow No. 5, 1132 subsidiary dyes in FD&C Yellow No. 6, 1132 sulfadiazine and sulfamerazine, 568-569 sulfaguanidine in feeds, 111 sulfanitran in feeds, 111-112 sulfaquinoxaline in feeds, 112 sulfonamides in feeds, 112-115 sulfoxides in formulations, 230-231 tannin in distilled liquors, 703 thiazide drugs, 572-573 thiourea in frozen fruit, 1161-1162 thiram pesticide residues, 309-311 titanium in cheese, 271

4-toluene-azo-2-naphthol-3-carboxylic acid, 1132 trisulfapyrimides in drugs, 567-568 uric acid in flour, 415 vitamine A in margarine, 1045 warfarin in rodenticides, 229-230 zoalene in feeds, 115 zoalene residues in animal tissues, 635 see also Atomic absorption spectrophotometric methods; Infrared spectrophotometric methods

Spectrophotometric molybdovanadate method phosphorus in fruits and fruit products, 916-917

Ultraviolet spectrophotometric methods benfluralin in formulations, 179-180 benzaldehyde in almond extract, 904 caffeine in instant tea, 761-762 santonin in drug mixtures, 603-604 trifluralin in formulations, 179-180 vanillin in vanilla extract, 891

Color of beer, 708 of black malt, 727 of brewing sugars and sirups, 733 of caramel malt, 727 of distilled liquors, 690-691 of egg yolks, 853 in oils and fats, 982 of raw cane sugars, 1010 in spices, 999 in vanilla extract, 894-895 in vinegars, 1008 of white wines, 739

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