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SSIAP3. Fascicule1

LE FEU ET SES CONSEQUENCES

Sommaire :

1. La théorie du feu

1.1 La combustion………………………………………….p.2

1.2 Le combustible…………………………………………p.4

1.3 Le comburant………………………………………… p.5

1.4 L’énergie d’activation…………………………………p.6

2. Les phénomènes de la combustion

2.1 La chaleur……………………………………………….p.7

2.2 Les flammes…………………………………………….p.8

2.3 Les fumées……………………………………………

2.4 Les gaz………………………………………………… p.9

p.8

2.5 L’énergie d’activation…………………………………p.10

3. La combustion selon les matières combustibles (les classes de feu)

3.1 La combustion des solides………………………… p.12

3.2 La combustion des liquides………………………….p.13

3.3 La combustion des gaz……………………………….p.14

3.4 La combustion des métaux et de la poussière…

p.15

3.5 Les différents types de combustion……………… p.15

4. L’incendie

4.1 La propagation de l’incendie…………………………p.16

4.2 Importance du débit calorifique…………………… p.17

4.3 Les modes de propagation de l’incendie………… p.17

4.4 Les phases de l’incendie……………………………

4.5 La propagation des fumées et ses dangers……….p.21

4.6 Les principales causes d’éclosion d’un incendie p.22

p.18

Pour en savoir plus :

1. Pouvoir calorifique……………………………………….p.23

2. Exemple de température d’auto-inflammation………p.24

3. Boil over et BLEVE……………………………………….p.25

Questionnaire d’auto-évaluation………………………………….p.26

Bibliographie………………………………………………………….p.29

SSIAP3. Fascicule1

LE FEU ET SES CONSEQUENCES

L’incendie fait partie des catastrophes les plus redoutées : les progrès de la recherche sur ce phénomène ont permis la mise en place de modes de prévention, exprimés dans le règlement de sécurité incendie. L’incendie découle d’une combustion, qui est une réaction chimique exothermique d’oxydo-réduction.

1. La théorie du feu

1.1 La combustion

Le feu est la manifestation visible du phénomène de la combustion. On dit qu’il y a combustion lorsqu’un corps dit « combustible » se combine à un autre corps dit « comburant » pour donner naissance à plusieurs corps différents des premiers, qu’on appelle « produits de combustion ». La combustion est une réaction chimique d’oxydation s’accompagnant d’un dégagement de chaleur.

OXYGENE COMBUSTIBLE CHALEUR
OXYGENE
COMBUSTIBLE
CHALEUR
OXYGENE COMBUSTIBLE CHALEUR FEU
FEU
FEU

Le principal effet de la combustion est de dégager de la chaleur. La quantité de chaleur dégagée est fonction de 3 paramètres :

- le pouvoir calorifique

- le potentiel calorifique

- le débit calorifique

Traditionnellement, le phénomène du feu est représenté par le triangle du feu :

Traditionnellement, le phénomène du feu est représenté par le triangle du feu : P.Messiaen.SSIAP.v08/08. 2

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Pour que la réaction chimique de la combustion puisse se produire et se maintenir, il faut la réunion simultanée des trois éléments du triangle :

o

un combustible

o

un comburant

o

une énergie d’activation

La suppression d’un de ces trois éléments entraîne l’extinction, c’est-à-dire l’arrêt de la réaction chimique d’oxydo-réduction (ex : couverture posée sur les vêtements en

feu d’une personne).

La réaction de combustion, comme toutes les réactions chimiques, est la marque de la rupture des liaisons entre les molécules de deux corps, et la création de nouvelles molécules plus stables chimiquement. Exemple : combustion du méthane dans le dioxygène :

CH4 + 2O2 => CO2 + 2H2O Le dioxyde de carbone (CO2) et l’eau (H2O) sont plus stables qu

le dioxygène (2O2) et le méthane (CH4). La combustion est une réaction d’oxydo-réduction, c’est-à-dire l’oxydation d’un combustible par un comburant :

o

le combustible est un corps qui est oxydé durant la combustion : c’est un réducteur, il perd des électrons ;

o

le comburant est le corps qui réduit : c’est un oxydant, qui gagne des électrons.

Il existe des composés chimiques, appelés catalyseurs, qui modifient par leur présence la quantité d’énergie nécessaire pour activer la réaction :

- soit en la réduisant (activateurs) ;

- soit en l’augmentant (inhibiteurs).

Dans le cas de combustibles solides, l’énergie d’activation va permettre de vaporiser ou de pyroliser le combustible. Les gaz ainsi produits se mélangent au comburant et donnent un mélange combustible. Si l’énergie produite par la combustion est énergie d’activation nécessaire, la réaction de combustion peut alors s’auto-entretenir.

Exemple de la vaporisation du méthane :

de combustion peut alors s’auto-entretenir . Exemple de la vaporisation du méthane : P.Messiaen.SSIAP.v08/08. 3

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Rappel : seuls les gaz brûlent, que ce soient des gaz de distillation provenant d’un corps solide chauffé ou de liquides émettant des vapeurs inflammables. Un corps naturellement gazeux, en raison du phénomène de la diffusion gazeuse, réalise avec le comburant une association intime qui constitue une condition extrêmement favorable à la combustion, à condition que :

o

le mélange gaz/comburant soit dans des proportions adéquates

o

la teneur en O2 du comburant soit suffisante

o

la source d’énergie d’activation soit assez forte

1.2 Le combustible

Un combustible est une substance susceptible de brûler, c’est-à-dire d’être totalement ou partiellement détruite par le feu. Tout corps susceptible de s’associer avec l’O2 est dit combustible.

De nombreux corps ont cette capacité, mais leur vitesse de combustion varie selon leur nature et leur état de division. La combustion sera d’autant plus vive que le combustible est divisé. Les solides et liquides ne brûlent pas en tant que tel : ce sont les gaz et les vapeurs qu’ils émettent qui brûlent.

La matière se présente sous trois état dans le monde terrestre :

o

solide

o

liquide

o

gazeux

Lors de la combustion, des changements d’état se produisent :

Nom

Définition

 

Changement d’état

Fusion

Passage d’un corps solide à l’état liquide. Pour un corps pur (substance constituée de molécules identiques) la fusion s’effectue à température constante.

Solide => liquide

Solidification

Passage d’un corps liquide à l’état solide, par refroidissement, augmentation de la pression ou combinaison des deux. La chaleur libérée par la solidification (chaleur latente de diffusion) compense la chaleur perdue par le refroidissement. La température baisse en général lors de la solidification (exception pour les eutectiques)

Effet inverse en soustrayant la chaleur

Vaporisation

Passage d’un corps de l’état liquide à l’état gazeux. Il s’agit

 

ici d’une transition de phase de 1

ère

espèce, qui peut

prendre la forme d’une évaporation ou d’une ébullition. La vaporisation demande une quantité non négligeable

Liquide => gaz

d’énergie.

Liquéfaction

Changement d’état qui fait passer un corps gazeux à l’état liquide. C’est l’inverse de la vaporisation. Elle se produit par compression c’est-à-dire refroidissement d’un gaz

Gaz => liquide

Sublimation

Passage direct d’un corps solide à l’état gazeux, sans passer par l’état liquide, c’est-à-dire sans passer par une étape de fusion (solide => liquide) puis d’évaporation (liquide => gaz). La sublimation nécessite de fournir une énergie au corps qui la subit et donc une transition de phase endothermique.

Solide => gaz

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C’est le combustible qui définit la classe de feu à traiter.

Un combustible peut être :

- un solide formant des braises (bois, papier, carton, tissu, PVC, etc)

- un liquide ou un solide liquéfiable (essence, gazole, huile, kérosène, polyéthylène, polystyrène, etc)

- un gaz (butane, propane, méthane, dihydrogène, etc)

- un métal (fer, aluminium, sodium, magnésium, etc)

- un auxiliaire de cuisson (graisse végétale ou animale)

Combustible Comburant Classe de feu SOLIDE Classe A Combustion possible dès 15% de dioxygène (O2)
Combustible
Comburant
Classe de feu
SOLIDE
Classe A
Combustion possible dès 15%
de dioxygène (O2)
LIQUIDE
Classe B
21% de dioxygène dans l’air
GAZ
Classe C
La combustion des
chlrorates, chlorites et
perchlorates libèrent de l’O2
METAL
Classe D
Auxiliaire
Dioxyde d’azote NO2
Classe F
de cuisson

Energie d’activation

1.3 Le comburant

Un comburant est un corps chimique qui a pour propriété de permettre la combustion d’un combustible. Le principal comburant est le dioxygène, O2, c’est-à-dire l’oxygène présent à 21% dans l’air. Pour que l’air soit un comburant efficace il faut qu’il contienne à minima 15% d’O2. Cet oxygène peut être présent à l’état pur comme en mélange avec d’autres gaz.

Dans un feu, le dioxygène de l’air se mélange spontanément au combustible et la température de la flamme permet l’auto-entretien de la combustion.

L’O2 pur est utilisé dans l’industrie, par exemple avec la soudure oxyacétylénique : la combustion de l’acétylène se fait dans un mélange d’oxygène pur. La température ainsi dégagée est plus importante que si on fournissait simplement de l’air. Autre exemple, un fer chauffé au rouge trempé dans un récipient contenant de l’oxygène « brûle » en dégageant des étincelles (principe des lances à oxygène).

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Principaux comburants :

Nom

Dioxygène

Ozone

Eau oxygénée

Halogénés

Symbole

O2

O3

H2O2

Fluor, chlore, brome, iode

Hypochlorites et hypohalogènes

Hypochlorites et hypohalogènes
Chlorite, chlorate, perchlorate (composés d’oxydé d’halogènes)

Chlorite, chlorate, perchlorate (composés d’oxydé d’halogènes)

chlorate, perchlorate (composés d’oxydé d’halogènes) Dioxyde d’azote Acide nitrique NO2 Oxyde métallique

Dioxyde d’azote

Acide nitrique

NO2

Oxyde métallique (oxyde de fer, de cuivre,…)

Oxyde métallique (oxyde de fer, de cuivre,…)
Dioxyde d’azote Acide nitrique NO2 Oxyde métallique (oxyde de fer, de cuivre,…) Octasoufre Potassium iodates S8

Octasoufre

Potassium iodates

S8

1.4 L’énergie d’activation

Pour qu’il y ait combustion, il faut un apport d’énergie, dite énergie d’activation. Ce peut être une flamme nue, une étincelle, une source de chaleur.

C’est la quantité de chaleur dégagée par cet apport d’énergie qui est à l’origine de la combustion. La chaleur n’est qu’une manifestation de cette énergie qui peut être :

- mécanique

- chimique

- électrique

- etc

L’énergie calorifique est le résultat de la transformation d’une autre énergie : il

convient donc plutôt de parler d’énergie d’activation. Cette transformation libère à son tour de l’énergie et le phénomène de combustion s’entretient de lui-même en raison de la quantité de chaleur que dégage cette réaction.

Phénomène de propagation de l’incendie : 2. Absorption du rayonnement électromagnétique par un autre corps
Phénomène de propagation de l’incendie :
2. Absorption du rayonnement
électromagnétique par un
autre corps
1. L’énergie calorifique d’un corps
chaud
se transmet par
émission électromagnétique
3. Dégagement d’énergie
calorifique

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2. Les phénomènes de la combustion

Les produits de la combustion

2.1 La chaleur :

Pouvoir calorifique : Partant du principe que la combustion d’une masse déterminée d’un corps, dans des conditions d’essai définies, dégage toujours la même quantité d’énergie calorifique, il est dès lors possible de quantifier la chaleur dégagée par la combustion complète de l’unité de masse d’un combustible donné. Cette énergie libérée est généralement exprimée :

- pour les solides et liquides : en joules / kilogramme (J/kg)

- pour les gaz : en joules / mètre cube de gaz (J/m³). C’est ce qu’on appelle le pouvoir calorifique.

En pratique on distingue le pouvoir calorifique supérieur et le pouvoir calorifique inférieur :

PCS = Pouvoir Calorifique Supérieur (ex : bois sec) PCI = Pouvoir Calorifique Inférieur (ex : bois humide)

C’est le PCS qui est pris en considération pour la classification des matériaux quant à leur réaction au feu ;

C’est le PCI qui est pris en compte pour le calcul du potentiel calorifique dans le cadre de l’évaluation de risque incendie.

Le pouvoir calorifique s’exprime en MJ/kg (et pour les gaz en MJ/m³) :

Matériau

PCI (MJ/kg)

Type de matériau

Exemple

Eléments

Carbone

33

Hydrogène

143

Azote

2,4

Bois

17 à 19

Substances naturelles

Foin Graisses animales Coton Laine Papier – carton

17,5

40

17

20

17

Matières plastiques

PVC rigide

18

PVC souple

22

Polystyrène

42

Combustibles

Charbon gras

35,5

Gaz naturel

52

carburants

44

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On appelle potentiel calorifique (ou densité de charge calorifique) la quantité de chaleur susceptible d’être dégagée par la combustion complète d’un ensemble définit par unité de surface horizontale. La notion de potentiel calorifique permet d’estimer la quantité d’énergie totale susceptible d’être libérée dans un incendie.

Le potentiel calorifique permet de savoir approximativement si un local considéré présente un risque faible, moyen ou important d’incendie, dans le sens du règlement de sécurité incendie ERP/IGH :

Risque incendie

Potentiel calorifique

Faible

Potentiel calorifique < 500 MJ/m²

Moyen

Potentiel calorifique > 500 MJ/m² Potentiel calorifique 900 MJ/m²

Elevé

Potentiel calorifique > 900 MJ/m²

2.2 Les flammes :

Les flammes sont la partie visible des réactions d’oxydation vive en phase gazeuse. La température des flammes atteint rapidement 1000°C (voir même 2500°C avec un mélange hydrogène- oxygène).

Les flammes émettent des radiations. Seuls 2 à 4% des rayonnements sont visibles :

o

à partir de 400°C, les flammes émettent des infra-r ouges (flammes rouges des braises).

o

à partir de 2000°C, les flammes émettent des ondes électromagnétiques ultra-violettes.

2.3 Les fumées :

Les fumées sont des gaz qui diffusent ou absorbent la lumière, comme un nuage avec le soleil, du fait qu’ils contiennent des particules solides de carbone imbrûlé.

Les fumées qui résultent de la combustion d’un corps solide ou liquide sont constituées par des gaz toxiques et inflammables. Les particules solides que contiennent ces fumées sont parfois imprégnées de liquides et sont constituées par :

- des suies (10% de la masse du matériau imbrûlée)

- des particules liquides en suspension et des goudrons (produits de pyrolyse)

- les envols (cokes volants, cendres volantes, escarbilles)

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Un incendie de moyenne importance émet en moyenne quelques kilogrammes par seconde de gaz chauds et fumées à une température d’environ 800°C.

La couleur et l’odeur des fumées peuvent donner une indication sur la nature du combustible :

o

fumées épaisses et noires : nombreuses particules de carbone, produites par des combustibles comme les hydrocarbures, caoutchoucs, polymères de synthèse, etc

o

fumées brunâtres ou rougeâtres : présence d’oxyde d’azote

o

fumées grises jaunâtres : présence de nombreux gaz imbrûlés et d’oxyde de carbone

o

fumées blanches : constituées d’aérosols de combustion.

Plus les fumées sont noires et plus elles peuvent absorber, et donc, restituer la chaleur par rayonnement. Si la température est de 30°C au sol, elle peut trè s bien être de 300°C à hauteur de la tête et brûler les poumons.

La teneur en dioxygène diminue au fur et à mesure de la combustion :

si la quantité d’O2 n’est plus suffisante pour assurer l’oxydation totale du carbone, les fumées contiendront du monoxyde de carbone (CO).

2.4 Les gaz

Les solides donnent lieu à une combustion en deux étapes :

o

la gazéification : il se produit une décomposition chimique irréversible du matériau, sans réaction avec l’O2 ambiant

o

la combustion des gaz obtenus : les produits engendrés par cette décomposition sont essentiellement gazeux, accompagnés ou non de solides et liquides, suivant la nature du combustible.

Le phénomène de pyrolyse précède la combustion de la plupart des composés organiques solides, en particulier ceux d’origine naturelle (bois, charbon, fibres textiles, papier) et des polymères artificiels (matières plastiques).

Plus on élève la température et plus le dégagement gazeux est important : si les gaz produits sont eux-mêmes combustibles, ils forment avec l’air un mélange susceptible de s’enflammer soit sous l’effet d’une source d’allumage, soit par auto-inflammation si la température est suffisante. Les gaz chauds créent un courant ascendant de convection qui permet à l’O2 d’accéder à la zone de combustion.

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Les principaux gaz de combustion sont :

CO

Mortel à 0,3% dans l’air ambiant

CO2

Mortel

HCL

Irritant, toxique et corrosif, il découle de la combustion des PVC

HCN

Issu de la combustion de matériaux renfermant des composés azotés (laine, soie nylon, polyuréthane). Très toxique, il peut entraîner la mort par atteinte respiratoire en empêchant la fixation de l’O2 dans le sang.

2.5 L’énergie d’activation

Quand le mélange gazeux est en proportions convenables pour qu’il s’enflamme et que la flamme persiste, il faut qu’une source d’allumage soit en mesure de porter un volume suffisant du mélange à une température minimale en un temps suffisamment court.

Cette énergie minimale peut être apportée par une flamme ou une étincelle : sa valeur est fonction de la nature du gaz et du temps d’exposition. A titre d’exemple, une étincelle d’électricité statique est suffisante pour déclencher l’inflammation d’un mélange gazeux combustible/air situé dans le domaine d’inflammabilité.

La barrière d’énergie d’activation dépend :

- du combustible

- de son état (gaz, liquide, solide plus ou moins divisé)

- de la température

- de la pression

- de la présence d’éléments étrangers à la combustion

Dans le cas de combustibles solides, l’énergie d’activation va permettre de vaporiser ou de pyrolyser le combustible. Les gaz ainsi produits se mélangent au comburant et forment un mélange combustible. Si l’énergie produite par la combustion est à l’énergie d’activation nécessaire, la réaction de combustion s’auto-entretient.

L’entretien de la combustion est l’énergie nécessaire dégagée pour permettre au

combustible de brûler en présence de comburant :

 

o

90% de l’énergie sert à la propagation

 

o

10% sert à l’entretien de la combustion

 

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Combustion Energie d’allumage (début de combustion) : -thermique -mécanique -électrique -SOLIDES -chimique
Combustion
Energie d’allumage (début de combustion) :
-thermique
-mécanique
-électrique
-SOLIDES
-chimique
Combustible
-LIQUIDES
-biologique
-GAZEUX
-etc
+
Air (21% O2)
O2
Comburant
Energie d’activation
Nitrates
Chlorates
Produits de combustion
10%
Fumée et gaz
Energie
90%
Produits de combustion 10% Fumée et gaz Energie 90% Consacrés à la propagation de l’incendie par

Consacrés à la propagation de l’incendie par :

- convection

- conduction

- rayonnement

- projection

Pour pallier à la diffusion de cette énergie, la prévention agit dans trois axes majeurs en matière de réglementation :

Ignifugation, état de division du combustible (poussières, copeaux, etc)

Axes de la PREVENTION
Axes de la
PREVENTION

Défense de fumer Mise à la terre Points chauds Etc

Abaisser le

taux d’O2

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3 La combustion suivant la matière combustible

La matière combustible se présente essentiellement sous trois formes :

- solide

- liquide

- gazeux

C’est en fonction de ces états qu’on définit les classes de feu. Le tableau suivant résume les notions principales de ce chapitre :

Classe de feu

Définition

 

Phénomènes concernés

Feux de matériaux solides formant des braises (charbon, bois, papier, tissus, etc) avec combustion vive

Feux de matériaux solides formant des braises (charbon, bois, papier, tissus, etc) avec combustion vive ou lente

Combustion par pyrolyse (phénomène d’oxydo-réduction) : un solide chauffé émet des vapeurs ou des liquides avec décomposition du solide. Les gaz sont combustibles

   

Il existe pour chaque liquide une température à partir de laquelle se forment des vapeurs inflammables en quantité suffisante pour former avec l’air un mélange inflammable pouvant être allumé par une flamme ou une étincelle électrique, mais insuffisante pour que la combustion amorcée se poursuive d’elle-même si la source d’inflammation est supprimée. Cette température est appelée « point éclair »

Feux de liquides ou solides liquéfiables inflammables (essence, pétrole, fioul, graisse, huiles, alcool, acétone,

Feux de liquides ou solides liquéfiables inflammables (essence, pétrole, fioul, graisse, huiles, alcool, acétone, plastiques, etc)

Point éclair

Température minimale à partir de laquelle, dans des conditions d’essai spécifiées, un liquide dégage une quantité suffisante de gaz inflammables pour s’embraser au contact d’une source d’allumage.

Point d’inflammation, point d’ignition, point de feu ou point de combustion

Supérieur au point éclair de quelques degrés, c’est la température à laquelle le liquide émet suffisamment de vapeurs pour former avec l’air un mélange inflammable qui, une foi allumé, est capable de rayonner assez de chaleur vers la surface du liquide pour que la combustion puisse s’entretenir d’elle-même.

   

Point d’auto-

En l’absence de source d’allumage, un mélange gaz-combustible, compris dans les limites d’inflammabilité, peut s’enflammer spontanément s’il est porté à une certaine température. Le point d’auto-inflammation dépend de la nature et de la composition du mélange inflammable.

inflammation,

température

d’auto-ignition,

température

d’auto-

combustion

   

Limites

Les concentrations limites d’un gaz ou d’une vapeur combustible dans l’air ou tout autre comburant en aval et en amont desquelles la propagation de la flamme est impossible.

Feux de gaz ou de vapeurs inflammables, notamment les feux d’hydrogène pur ou non (gaz

Feux de gaz ou de vapeurs inflammables, notamment les feux d’hydrogène pur ou non (gaz de ville), d’acétylène, propane, butane, etc

d’inflammabilité

Limite inférieure

Le mélange est trop pauvre en combustible, l’inflammation ne se produit pas.

d’inflammabilité

(LII)

 

Limite supérieure

Seuil au-dessus duquel le mélange comburant- combustible ne permet pas la combustion

 

d’inflammabilité

 

(LSI)

 

D

Feux de métaux (aluminium, magnésium, potassium, sodium, etc).

Feu extrêmement consommateur et producteur d’O2, nécessitant des moyens d’extinction particuliers

Feux d’auxiliaires de cuisson (huiles et graisses animales et végétales) sur les appareils de cuisson.

Feux d’auxiliaires de cuisson (huiles et graisses animales et végétales) sur les appareils de cuisson.

Des extincteurs spécifiques sont en cours de certification

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3.1. La combustion des solides

La combustion des solides s’amorce en trois phases distinctes :

 

Phase

Phénomène

Préchauffage - évaporation de l’eau

Préchauffage

- évaporation de l’eau

- création puis distillation de gaz combustibles

 

- mélange gaz combustibles + O2 de l’air

Combustion

l ’ensemble s’enflamme à bonne température, produisant de l’énergie

-

des gaz

-

création de gaz résiduels (CO et CO2)

Incandescence

à la fin de la phase de distillation, les résidus solides de charbon brûlent par incandescence

-

On retiendra trois termes clefs résumant ces trois phases :

distillation : phase où le solide émet des gaz sous l’effet de la chaleur

inflammation :phase où les gaz émis s’enflamment

ignition : phase où la matière même du combustible brûle

3.2. La combustion des liquides

Dans la combustion des liquides, il s’agit d’une combustion des vapeurs émises par ce liquide. On distingue trois stades :

Point éclair (ou P.E.) : c’est la température minimale à laquelle une substance dégage une quantité suffisante de gaz inflammables pour s’enflammer au contact d’une source d’allumage. L’inflammation cesse si on retire la source d’allumage.

Point d’inflammation (ou P.I.) : c’est la température minimale à laquelle le liquide émet suffisamment de vapeurs pour continuer à brûler de lui-même quand on retire la source d’allumage.

Point d’auto-inflammation (ou P.A.) : c’est la température minimale à laquelle un combustible émet suffisamment de vapeurs pour s’enflammer spontanément en présence d’un comburant (oxygène de l’air), sans qu’il y ait besoin d’une énergie d’activation.

Température

P.A. P.I. P.E.
P.A.
P.I.
P.E.

Temps

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C’est la notion de point éclair qui est retenue par la réglementation et par les normes concernant le stockage, le transfert et la manipulation des liquides inflammables.

Ces trois stades de la combustion des liquides permettent de définir pour chaque produit, deux limites, formant le domaine d’inflammabilité du produit. En fonction du % de vapeurs dans l’air, on parlera de :

Domaine d’inflammabilité

Domaine d’inflammabilité

Domaine d’inflammabilité
Domaine d’inflammabilité L.I.I. L.S.I
Domaine d’inflammabilité L.I.I. L.S.I

L.I.I.

L.S.I

0% air

100% air

L.I.I. L.S.I.
L.I.I.
L.S.I.

0% vapeurs

100% vapeurs

Limite Inférieure d’Inflammabilité (L.I.I.) : c’est la concentration la plus basse à partir de laquelle le mélange vapeurs-air est susceptible de s’enflammer

Limite Supérieure d’Inflammabilité (L.S.I.) : c’est la concentration la plus haute au-dessous de laquelle le mélange vapeurs-air est susceptible de s’enflammer.

Exemple de tableau d’inflammabilité :

Produits

PE

PA

L.I.I.

L.S.I.

Essence automobile

-43°C

280°C

1,4%

7,6%

Gazole

70°C

330°C

-

-

Acétone

-18°C

460°C

2,6%

12,8%

Alcool éthylique

15°C

365°C

2,5%

19%

Huile lourde

232°C

440°C

-

-

3.3. La combustion des gaz

La combustion des gaz repose sur le même principe que les vapeurs de liquides inflammables. On définit le domaine d’inflammabilité d’un gaz en fonction des concentrations limites de ce gaz dans l’air (ou tout autre comburant), en aval et en amont desquelles la propagation de la flamme n’est pas possible.

On parle de :

Limite Inférieure d’Explosivité : au-dessus de ce seuil, le mélange combustible-air peut brûler

Limite Supérieure d’Explosivité : au-dessus de ce seuil, le mélange est trop pauvre en comburant pour permettre l’inflammation.

0% air L.I.E L.S.E Zone de 100% air danger 0% gaz 100% gaz
0% air
L.I.E
L.S.E
Zone
de
100% air
danger
0% gaz
100% gaz

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Ces valeurs, sont exprimées en pourcentage du volume de gaz inflammable dans le volume du mélange total. Le domaine d’inflammabilité des gaz varie beaucoup d’un gaz à l’autre.

Produit

L.I.E.

L.S.E.

Hydrogène

4%

75%

Oxyde de carbone

15%

74%

Méthane

5%

14%

Propane

3%

10%

Butane

2%

9%

3.4. La combustion des métaux et des poussières

La combustion des métaux est extrêmement violente, très avide d’oxygène. L’utilisation de l’eau est interdite sur un feu de métal, puisque les feux de métaux utilisent alors l’oxygène arraché à l’hydrogène constituant la molécule d’eau (H2O), pour se nourrir.

La combustion des poussières se rapproche de celle des gaz, bien que les poussières soient considérées comme un solide. Le comportement des poussières est différent selon qu’elles soient déposées en couches épaisses sur une surface (la combustion démarre lentement, puis se propage par flash provoquant des envolées de poussière s’enflammant) ou qu’elles soient en suspension dans l’air (contact intime avec l’O2 de l’air : la flamme se propage d’un nuage à l’autre, provoquant une explosion généralisée).

3.5 Les différents types de combustion

On distingue, selon la vitesse de propagation de la combustion :

Combustion

 

Substances entrant en combustion en se combinant avec l’O2 de l’air sans apport de chaleur extérieure. Elle peut être :

spontanée

Fermentation

-

chimique : phénomène d’oxydoréduction

biochimique : sur l’action d’organismes vivants (bactéries, etc)

-

Combustion lente

Oxydation

Absence de flammes Absence de chaleur, Absence de fumée (charbon de bois).

Combustion vive

Combustion

Flammes Dégagement de chaleur important Fumées

Combustion très vive

Déflagration

Vitesse de combustion < vitesse du son

(en m/seconde)

Combustion

Explosion (en km/seconde)

Vitesse de combustion > vitesse du son

spontanée

SSIAP3. Fascicule1

4. L’incendie

L’incendie n’est pas une combustion, mais un ensemble de combustions, si bien qu’aucun incendie ne ressemble vraiment à un autre. Il faudra donc considérer l’ensemble du système susceptible de s’enflammer, en prévoyant les interactions qui se développent entre les divers éléments impliqués. Une foi la combustion amorcée, celle-ci va se développer en incendie, en se propageant selon différents mode de propagation.

4.1 Modes de propagation du feu :

Convection Projections Projections Rayonnement Rayonnement Air frais Air frais Conduction
Convection
Projections
Projections
Rayonnement
Rayonnement
Air frais
Air frais
Conduction

SSIAP3. Fascicule1

4.2 L’importance du débit calorifique

Le débit calorifique d’un local sera sous l’influence du potentiel calorifique de la forme physique du combustible (bois, etc), de l’alimentation en air du local (ouverture sur extérieur), du mode d’implantation et de rangement du local, des dimensions de ce local.

Rappel : pour tout élément d’un local, face à l’incendie, on parle de :

Pouvoir calorifique (exprimé en KJ/kg) : c’est la quantité de chaleur émise par la combustion complète d’1kg de combustible à pression constante.

Potentiel calorifique (exprimé en m²) : c’est la somme des pouvoirs calorifiques d’un local, rapportés à une surface.

Charge calorifique : c’est la somme des pouvoirs calorifiques d’un local.

4.3 Les modes de propagation du feu

La

C’est la transmission de la chaleur par la masse du

La C’est la transmission de la chaleur par la masse du

conduction

matériau. La quantité d’énergie transférée dépend de la source de chaleur, de la conductibilité du matériau

et

de la surface de contact.

La

C’est le transport de la chaleur sous l’effet des mouvements d’un liquide d’un gaz, d’un plasma, ici en l’occurrence il s’agira bien sur de l’air. Les parties les plus chaudes stratifient en hauteur.

plasma, ici en l’occurrence il s’agira bien sur de l’air. Les parties les plus chaudes stratifient

convection

Le

C’est la transmission de la chaleur par onde

Le C’est la transmission de la chaleur par onde

rayonnement

électromagnétiques ultraviolet. L’énergie évacuée devient importante à partir de 600°C.

A

partir de 1000°C, le

rayonnement peut apporter

l’énergie d’activation.

Les

Matières embrasées, escarbilles ou brandons, déplacées par le vent lors d’une explosion, etc

Les Matières embrasées, escarbilles ou brandons, déplacées par le vent lors d’une explosion, etc

projections

SSIAP3. Fascicule1

4.4 Phases d’un incendie

1. Initiation 3. Embrasement 5. Décroissance ou déclin généralisé 2. Croissance 4. Plein développement
1. Initiation
3. Embrasement
5. Décroissance ou déclin
généralisé
2. Croissance
4. Plein développement

Un foyer d’incendie peu important à l’origine peut engendrer un incendie de grande ampleur, aux graves conséquences pour un établissement :

- perte de personnel

- pertes matérielles

- pertes de production

- dommages environnementaux (pollution, etc)

Les principaux paramètres des phases de développement de l’incendie sont étroitement liées à :

- la quantité de combustibles présents

- le pouvoir calorifique du (des) combustible(s)

- la forme physique du (des) combustible(s) (division, etc)

- les produits de décomposition issus de la combustion (produits de pyrolise, produits de distillation, vapeurs, etc)

- la ventilation des locaux

- la nature du local en feu

- etc

On distingue essentiellement 5 phases successives dans le développement classique d’un incendie, sans qu’il y ait d’intervention, qui viendrait en modifier le processus :

SSIAP3. Fascicule1

1

Initiation ou

éclosion

(feu couvant)

C’est l’initiation de la combustion : échauffement électrique ou mécanique, étincelle, cigarette, etc Absence de flammes, mais il peut y avoir un fort dégagement de fumée. Cette phase peut durer d’une fraction de seconde à plusieurs heures voir plusieurs jours.

2

Croissance

(feu couvant)

La croissance se réalise essentiellement par rayonnement sur les objets et locaux environnants. Flammes et dégagement de fumées Le local monte en température

Deux phénomènes possibles envisageables selon le local :

3

Embrasement

généralisé

(feu ouvert)

- flash-over = condition nécessaire : apport d’air dans le

local (fenêtre, porte, …ouverte),

=> combustion accélérée par l’apport d’air (courants de fumées enflammées) : c’est la généralisation brutale à un local d’un feu localisé

- back-draft = condition nécessaire : local portes et

fenêtres fermées, pas d’apport d’air), => combustion incomplète, forte production de CO, montée en température du local : par manque d’oxygène, le feu « s’endort ». Le local est en dépression, les vitres cèdent et l’arrivée brutale de comburant qui mélange les strates de fumées et gaz provoque l’explosion de fumée.

4

Plein

développement

(feu ouvert)

La température s’élève rapidement à 1000-1200°C sel on la charge calorifique du local en feu. La ventilation du local (désenfumage qui évacue les gaz chauds de combustion) et l’état de division du combustible (racks, etc) seront des facteurs important dans la durée de cette phase.

5

Déclin

L’incendie perd de son ampleur et les flammes régressent pour devenir braises, au fur et à mesure de la destruction du

combustible. La température décroît progressivement et de manière constante (7 à 10°C par mn). En règle générale, plus la phase active d’un incendie aura été longue, plus la décroissance sera longue.

La connaissance scientifique des phénomènes de combustion et de développement d’un incendie est indispensable pour appréhender les problèmes liés à la sécurité incendie, notamment dans le domaine :

- de la conception et construction des bâtiments, sur la résistance de la structure - des mesures à prendre pour assurer la mise en sécurité des personnes ou l’évacuation des occupants.

SSIAP3. Fascicule1

Logigramme cinétique et phénoménologique des incendies en milieu clos ou semi-clos

Feu en phase de croissance Local Local Local non non semi- ouvert clos fumées ouvert
Feu en phase
de croissance
Local
Local
Local
non
non
semi-
ouvert
clos
fumées
ouvert
oui
oui
fumées
air
non
non
Extinction
Feu
T > 250°C
T > 500°C
classique
oui
oui
Possibilité de
Flash-over
Feu classique
backdraft
+/- violent

air

SSIAP3. Fascicule1

4.5 La propagation des fumées et ses dangers

Les fumées de combustion représente des dangers liés à :

- leur opacité

- leur toxicité

- leur température

- leur corrosivité

Elles se déplacent à une vitesse de 0,5 à 1m/s

Les fumées et gaz de combustion se propagent hors d’un local qui n’est pas étanche :

- par les ouvertures dans les parois (portes, fenêtres),

- par les escaliers non encloisonnés et les cages d’escalier,

- par les conduits,

- par les gaines

Les fumées chaudes stratifiant en hauteur, le salut se trouve au niveau du sol (à 4 pattes ou en rampant), là où l’air est le plus riche en oxygène.

Les fumées représentent de multiples dangers :

Le manque de visibilité qui peut perturber l’évacuation, voire l’empêcher, mais qui perturbe aussi l’intervention des services de secours.

Opacité

Toxicité

De nombreux gaz toxiques sont issus de la combustion des mobiliers, colles, revêtements sol, etc. Parmi les plus dangereux, on notera :

CO : monoxyde de carbone : inodore, très dangereux NOx : oxydes d’azote HCN : acide cyanhydrique HCL : acide chlorhydrique (1 kg PVC = 280 litres HCL) Et autres acides sulfuriques, H2S, HCI, etc)

Température

Température moyenne de 300°C Les fumées permettent la propagation de l’incendie en fonction de leur température, qui facilite la pyrolyse et l’inflammation des matériaux combustibles, et en fonction de leur composition, selon qu’elles comprennent de nombreux imbrûlés gazeux

Corrosivité

Certains gaz issus de la combustion sont extrêmement toxiques (HCI, HCL, HCN, etc), la voie pulmonaire étant la principale source d’intoxication, mais il y a aussi pénétration par la peau (NOx, HCN,…)

Les fumées d’incendie sont responsables de 80% des décès

SSIAP3. Fascicule1

4.6. Les principales causes d’éclosion d’un incendie

On distingue en général :

 

- imprudence du fumeur

Les causes humaines

- ignorance ou inconscience

- négligence

- malveillance

 

- foudre

Les causes naturelles

soleil (effet de loupe, surpression des bouteilles de gaz,etc)

-

- fermentation (fourrage, fumier, etc)

 

- étincelle, arc électrique

- frottement

Les causes

- réaction chimique exothermique

énergétiques

- echauffement anormal de conducteurs électriques sous tension

- électricité statique (camion dépotant ou se remplissant d’un liquide inflammable)

Statistiquement, en 2006 :

75% des incendies sont dus à l’homme 25% sont dus à des vices d’installation

Principales causes d’incendie en 2006 (hors habitation) : Electricité 26% Etincelles 3% Malveillance 3% Fuite
Principales causes d’incendie en 2006 (hors habitation) :
Electricité 26%
Etincelles 3%
Malveillance 3%
Fuite de gaz 3%
Divers autres 22%
Imprudences 4%
Flammes nues 5%
Matière près chaleur
7%
Fumeurs 14%
Appareils de chauffage
13%

SSIAP3. Fascicule1

Pour en savoir plus…

1. Pouvoir calorifique

Le pouvoir calorifique s’exprime en MJ/kg (ou MJ/m³ pour les gaz). Des tables anciennes donnent les pouvoirs calorifiques en kcal/g. Dans ce cas la conversion à effectuer est de 1 cal = 4,1855J

Matériaux

PCI (MJ/kg)

 

Carbone

33

Souffre

9.3

Eléments

Hydrogène

143

Azote

2.4

Cuivre

2.5

 

Bois

17-19

Foin

17.5

Substances naturelles

Cuir

17

Graisses animales

40

latex

44

 

Coton

17

Matériaux

Laine

20

Papier, carton

17

 

PVC rigide

18

PVC souple

22

Polyuréthane

23

Polystyrène

42

Polyéthylène

44

Substances plastiques

Polyamides

19-37

Polyester insaturé

18-30

Polycarbonate

29

Résine phénolique

25

Résine epoxy

29

ABS

31

 

Charbon gras

35.5

Combustibles

Gaz naturel

52

carburants

44

SSIAP3. Fascicule1

2. Exemples de température d’auto-inflammation

Produits

Température d’auto-inflammation en °C

Acétylène

305

Acétone

538

Acide acétique

427

Acroléine

220-234

Alcool éthylique

363-425

Alcool méthylique

464

Alcool propylique

306-413

Ammoniac

651

Benzène

538-580

Butane

405

Essence automobile

450

Ether

160

Ethylène

490

Ethylène glycol

385-410

Gazole

270

Glycérine

370

Heptane

215

Hexane

225

Hydrogène

400

Kérosène

220-230

Méthane

540

Monoxyde de carbone

609-700

Octane

220

Oxyde d’éthylène

429

Pentane

260

Propane

450

Sulfure de carbone

90

Toluène

480-552

SSIAP3. Fascicule1

3. Boil-over et BLEVE

3.1 Notion de boil-over

Ce phénomène de l’incendie affecte les réservoirs atmosphériques de liquides lourds (gazole, fuel, brut) : dans le fond du réservoir, il existe un résidu d’eau libre ou en émulsion, alors qu’un feu s’est déclaré en surface, détruisant ou expulsant le toit. La présence d’eau peut s’expliquer par infiltration d’eau de pluie, par condensation de l’humidité de l’air à l’intérieur du réservoir, par la composition du carburant, etc Le feu en surface distille les hydrocarbures : les fractions légères alimentent le feu, les fractions les plus lourdes s’enfoncent graduellement suite à l’ébullition et forment un front chaud (150°C ou plus) qui réchauffe les co uches froides par convection ou conduction. Quand l’onde de chaleur, alimentée par la combustion, atteint la couche d’eau, celle- ci se vaporise, ce qui provoque un accroissement de volume considérable (1 litre d’eau donne 1700 litres de vapeur), et elle agit comme un piston, provoquant l’expulsion de l’émulsion en feu du réservoir, ce qui transporte l’incendie alentour. Le phénomène est souvent marqué par une boule de feu spectaculaire et dévastatrice.

3.2 Notion de BLEVE (Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion)

Le BLEVE est provoqué par la vaporisation quasi instantannée d’un liquide (eau ou gaz liquéfié) surchauffé : c’est un phénomène qui se produit dans un réservoir ou une enceinte hermétique. Le BLEVE est, comme son nom l’indique, une explosion de vapeur en expansion provenant de liquide en ébullition. C’est ce que H.Chaillot définit sous l’expression de « explosion de vapeur due à la décompression de liquide en ébullition ». Les cas de BLEVE les plus fréquents arrivent sur des réservoirs ou citernes contenant : GPL, propane, butane, ammoniac, gaz cryogéniques. La citerne est surchauffée suite à un incendie. Puis se produit une rupture de la structure ou l’éclatement du métal surchauffé, qui provoque une soudaine chute de pression à l’intérieur de l’enceinte ou du réservoir. Suite à la vaporisation élevée du liquide, le phénomène d’explosion est comparable à celui d’une bombe. Le réservoir est détruit par l’onde de choc et des morceaux peuvent être projetés à une très grande distance. S’il s’agit de gaz liquéfié, il s’ensuit une inflammation impressionnante (boule de feu dévastatrice d’un diamètre de plusieurs centaines de mètres).

SSIAP3. Fascicule1

Questionnaire d’auto-évaluation

 

Questions

Réponses

1

Quels sont les éléments du triangle du feu ?

1. du gaz carbonique

 

2. un comburant

 

3. un combustible

4. une énergie d’activation

5. aucune des réponses

2

Parmi ces substances, indiquez celles qui sont considérées comme un comburant ?

1. le propane

 

2. les flammes

 

3. l’huile hydraulique

4. l’oxygène

5. les chlorates

3

Quelles sont les caractéristiques des fumées qui les rendent dangereuses pour les personnes ?

1. l’opacité qui limite la

 

visibilité

2. le dioxyde de carbone

 

3. les gaz toxiques

4. l’oxygènes

5. les gaz chauds

6. aucune des réponses

4

Combien existe-t-il de classes de feu ?

1. deux classes

 

2. trois classes

3. quatre classes

4. cinq classes

5. aucune des réponses

5

Parmi les causes d’incendie, quelle est la cause qui représente 30% des incendies ?

1. origine électrique

 

2. installation chauffage

 

défectueuse

3. travaux par points chauds

4. acte volontaire

5. aucune des réponses

6

Quelles peuvent être les conséquences d’un incendie dans un ERP ?

1. pertes humaines

 

2. destructions matérielles

 

3. perte financière

4. conséquences

environnementales

5. aucune des réponses

7

Quels sont les différents modes de propagation de l’incendie ?

1. conduction

 

2. convection

 

3. immersion

4. rayonnement

5. projection

6. aucune des réponses

8

Quelles sont les phases de développement d’un incendie ?

1. initiation

 

2. augmentation

 

3. embrasement généralisé

4. croissance

5. décroissance

6. aucune des réponses

9

Le rayonnement, c’est la transmission de la chaleur par…

1. onde électromagnétique

 

ultraviolet

 

2. la masse du matériau

3. la montée de fluides chauds

4. aucune des réponses

10

La combustion, c’est…

1. une réaction endothermique

 

2. une réaction chimique

exothermique

3.

une réaction physique

thermique

4.

aucune des réponses

SSIAP3. Fascicule1

 

Questions

Réponses

11

Il existe trois causes d’éclosion d’un incendie

1.

les causes humaines,

 

naturelles et énergétiques

 

2.

les causes animales,

naturelles et énergétiques

3.

les causes humaines,

synthétiques et énergétiques

4. aucune des réponses

12

La propagation de la combustion par propagation de la chaleur peut s’effectuer…

1. par rayonnement, connexion

 

et convection

2.

par rayonnement, connexion

 

et conduction

3.

par rayonnement,

conduction et convection

4.

par reflation, conduction et

convection

5. aucune des réponses

13

Un feu de potassium est un feu…

1. de classe A

 

2. declasse B

3. de classe C

4. de classe D

5. de classe F

6. aucune des réponses

14

L’énergie d’activation peut être…

1. biologique

 

2. pneumatique

3. mécanique

4. chimique

5. aucunes des réponses

15

Il existe trois grandes sortes de combustion…

1. les solides, les métaux, les

 
 

gaz

 

2.

les solides, les liquides, les

métaux

3.

les solides, les liquides et les

gaz

4.

les solides, les métaux, les

liquides

5. aucunes des réponses

16

Un feu de butane est un feu de classe

 

1. A

 

2. B

3. C

4. D

5. F

6. aucune des réponses

17

L’incendie est une réaction chimique de combustion qui se développe de manière ordonnée sans qu’on puisse la contrôler

1. vrai

 

2. faux

18

Un feu de tissus est un feu de classe

 

1. A

 

2. B

3. C

4. D

5. aucune des réponses

19

Les feux de classe B sont des feux de….

1. solide

 

2. liquide

3. métaux

4. aucune des réponses

20

Les feux de classe D sont des feux de…

1. solide

 

2. liquide

3. gaz

4. aucune des réponses

SSIAP3. Fascicule1

Réponse aux questions du test :

Question 1 = 2, 3, 4 Question 2 = 4, 5

Question 3

Question 4 = 4 Question 5 = 1 Question 6 = 1, 2, 3, 4

Question 7 = 1, 2, 4, 5

Question 8

Question 9 = 1 Question 10 = 2 Question 11 = 1 Question 12 = 3 Question 13 = 4 Question 14 = 1, 3, 4 Question 15 = 3 Question 16 = 3 Question 17 = 2 Question 18 = 1 Question 19 = 2 Question 20 = 4

= 1, 3, 4, 5

= 1, 2, 3, 4, 5

SSIAP3. Fascicule1

Bibliographie

Traité pratique de sécurité incendie 2008, CNPP SSIAP 3, Fransel Traité de l’incendie, J.H. Follow

Flash-over et backdraft, direction de la défense et de la sécurité civile Anatomie d’un backdraft, PL Lamballais La combustion des fumées, Edward Hartin Les fumées, David Cuttelod Les publications de l’AEAI (Association des Ets d’Assurance Incendie) disponibles sur http://www.vkf.ch

SSIAP 3. Fascicule 2

Comportement au feu des matériaux Réaction et résistance

Sommaire

Définitions et abréviations…………………………………………… ………p.2 Introduction…………………………………………………………… ……… p.3

1. Le comportement au feu dans la réglementation incendie…………….p.5

1.1 Comportement au feu des matériaux…………………………… p.5

1.2 Réaction au feu des matériaux…………………………………….p.5

1.3 Résistance au feu des matériaux………………………………….p.6

1.4 Cas particulier des conducteurs et câbles électriques……….p.6

1.5 Laboratoires agréés pour effectuer des essais…………………p.6

2. La réaction au feu des matériaux et produits d’aménagement……….p.7

2.1 Définition………………………………………………………………p.7

2.2 Classement……………………………………………………………p.7

2.3 Les Euroclasses…………………………………………………… p.8

3. La résistance au feu………………………………………………………… p.11

3.1 Définition………………………………………………………………p.11

3.2 Classement……………………………………………………………p.12

3.3 Les Euroclasses…………………………………………………… p.15

4. Exemples d’application dans le règlement de sécurité incendie…… p.16

4.1 Résistance au feu…………………………………………………….p.17

4.2 Réaction au feu……………………………………………………….p.21

4.3 Coupe-feu de traversée…………………………………………… p.23

p.24

4.4 Aménagements intérieurs (AM1 à AM19)………………………

5. Pour en savoir plus…

5.1 Reproduction des 5 pages d’un PV de comportement au feu p.30

5.2 Liste des principaux eurocodes……………………………………p.33

5.3 Principes du gel intumescent……………………………….………p.33

5.4 Les pièces justificatives de comportement au feu…….……… p.34

5.5 Exemple de four utilisé pour des essais…………………….……p.35

6. Questionnaire d’auto-évaluation……………………………………………p.36

7. Bibliographie……………………………………………………………………p.39

SSIAP 3. Fascicule 2

Définitions :

Pouvoir calorifique :

Le pouvoir calorifique d’un matériau est la quantité maximale de chaleur que peut dégager l’unité de masse de ce matériau dans une combustion complète.

Combustibilité :

La combustibilité d’un corps est la propriété qu’il a de pouvoir brûler, c’est à dire de se consumer par le feu.

Incombustibilité :

L’incombustibilité est la propriété d’un matériau de résister à l’ignition. Il ne brûle pas et ne dégage pas de vapeurs inflammables.

Inflammabilité :

L’inflammabilité est la propriété d’un matériau qui s’enflamme. Les vapeurs inflammables qu’il dégage s’enflamment au contact d’une source de chaleur

Ininflammabilité :

L’ininflammabilité est la propriété d’un matériau dont la décomposition s’effectue sans production de gaz inflammables ou de flammes.

L’ignifugation :

L’ignifugation est une opération qui consiste à modifier les caractéristiques d’inflammabilité et de combustibilité des matériaux. C’est un traitement qui agit essentiellement sur la facilité d’inflammation, sur la vitesse de combustion et sur la vitesse de propagation du feu.

Abréviations :

CCH : Code de la Construction et de l’Habitation

Ets : établissement

ERP : Etablissement recevant du public

RSI : Règlement de sécurité incendie

SSIAP 3. Fascicule 2

Introduction

La réglementation sur le comportement au feu des matériaux vise :

- à réduire la propagation de l’incendie dans le bâtiment concerné et vis-à-vis des autres constructions

- à permettre l’évacuation en bon ordre du public en toute sécurité.

La notion de comportement au feu est directement liée à l’incendie et aux différentes phases de son développement, qu’on peut résumer en 3 temps :

Phase 1 Le feu prend naissance dans un local (initiation et croissance)

Avant que le feu se développe suffisamment pour que le local ne soit plus habitable, le public doit être évacué. Pour permettre cet objectif de la prévention, dès la construction du local, il sera choisi des matériaux qui ne s’enflamment pas trop rapidement, donc ayant une bonne réaction au feu

Réaction au feu des matériaux

Phase 2 Local en feu, feu développé

Embrasement généralisé : le public a été évacué en zone protégée (circulation, escaliers, etc) et est maintenant évacué vers l’extérieur du bâtiment. L’objectif ici est d’enfermer le feu dans le local où il a pris, grâce aux éléments de construction choisis pour leur résistance au feu

Résistance au feu des éléments de construction

 

Les objectifs liés à cette phase sont :

 

Phase 3 Intervention des services publics de secours :

- la poursuite de l’évacuation de tous les occupants (si celle-ci n’a pas été enclenchée lors de la phase 1). - l’extinction de l’incendie La structure doit pouvoir assurer son rôle malgré l’action de l’incendie, permettant ainsi l’action des services publics de lutte contre l’incendie.

Comportement au feu des structures

=> régression et extinction de l’incendie

La tenue au feu de matériaux et éléments de construction des bâtiments et des aménagements intérieurs doit permettre l’évacuation du public et en garantir la sauvegarde.

Pour cela, les matériaux utilisés sont testés dans des conditions représentatives des 2 premières phases de l’incendie. A l’issue de ces tests :

- les matériaux obtiennent un classement de réaction au feu

- les éléments de construction obtiennent un classement de résistance au feu

C’est suite à ces classements qu’un matériau sera utilisé dans tel type de bâtiment, en fonction des risques découlant de l’exploitation, du local, de son agencement, de la charge incendie de ce local, du public admis, etc.

SSIAP 3. Fascicule 2

Comportement au feu des matériaux

Comportement au feu des matériaux

Comportement au feu des matériaux
Comportement au feu des matériaux
Comportement au feu des matériaux
Comportement au feu des matériaux
SSIAP 3. Fascicule 2 Comportement au feu des matériaux Réaction au feu Le matériau considéré comme
SSIAP 3. Fascicule 2 Comportement au feu des matériaux Réaction au feu Le matériau considéré comme
Réaction au feu

Réaction au feu

Le matériau considéré comme aliment apporté au feu et à l’incendie

Le matériau considéré comme aliment apporté au feu et à l’incendie

Réaction au feu Le matériau considéré comme aliment apporté au feu et à l’incendie
Réaction au feu Le matériau considéré comme aliment apporté au feu et à l’incendie
considéré comme aliment apporté au feu et à l’incendie CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ?
CRITERES :

CRITERES :

CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
-le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il des
-le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il des

-le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il des gaz inflammables ?

-le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il des gaz
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
CRITERES : -le matériau brûle-t-il ? -lentement ou vite ? -avec ou sans flammes ? -dégage-t-il
Résistance au feu

Résistance au feu

Temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle malgré l’action de l’incendie

Temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle malgré l’action de l’incendie

Résistance au feu Temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle malgré l’action de
Résistance au feu Temps pendant lequel les éléments de construction jouent leur rôle malgré l’action de
jouent leur rôle malgré l’action de l’incendie CRITERES : -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer
CRITERES : -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une
CRITERES :

CRITERES :

CRITERES : -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation
-s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
-s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
-s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?

-s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?

: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
: -s’écroule-t-il ? -laisse-t-il passer flammes ou gaz ? -se déforme-t-il ? -présente-t-il une isolation thermique?
SF PF CF
SF
PF
CF
? -présente-t-il une isolation thermique? SF PF CF ¼ h ½ h ¾ h 1h 1h30

¼ h

½ h

¾ h

1h

1h30

2h

3h

4h

6h

¼ h ½ h ¾ h 1h 1h30 2h 3h 4h 6h Incombustible Combustible Brule sans
¼ h ½ h ¾ h 1h 1h30 2h 3h 4h 6h Incombustible Combustible Brule sans
Incombustible Combustible Brule sans Inflammable flammes M0 M1 M2 M3 M4
Incombustible
Combustible
Brule sans
Inflammable
flammes
M0
M1
M2
M3
M4
Brule sans Inflammable flammes M0 M1 M2 M3 M4 Euroclasses (arrêté du 21/11/02): A1, A2, B,
Brule sans Inflammable flammes M0 M1 M2 M3 M4 Euroclasses (arrêté du 21/11/02): A1, A2, B,

Euroclasses (arrêté du 21/11/02):

A1, A2, B, C, D, E, F A1fl, A2fl, Bfl, Cfl, Dfl, Efl, Ffl

Informations complémentaires:

d0,d1,d2 = gouttelettes enflammées s1 s2 s3 = production de fumées

Euroclasses (arrêté du 22/03/04):

R, E, I

Informations complémentaires :

W, M, C, S, G K, D, DH, F, B

SSIAP 3. Fascicule 2

1. Le comportement au feu dans la réglementation

Le comportement au feu est donc un élément fondamental dans l’approche de l’étude d’un bâtiment dans son ensemble.

1.1. Comportement au feu des matériaux

Art. R.121-2 du CCH : Définition du comportement au feu

 

«Le comportement au feu est apprécié d’après deux critères :

1. la réaction au feu, c’est-à-dire l’aliment qui peut être apporté au feu et au développement de l’incendie 2. la résistance au feu, c’est-à-dire le temps pendant lequel les éléments de construction peuvent jouer le rôle qui leur est dévolu malgré l’action de l’incendie »

la réaction s’exprime en classe et concerne les produits et matériaux de construction. Les matériaux de construction sont les matières ou produits qui permettent de préparer les éléments de construction : pierre, brique, plâtre, acier, verre, etc

la résistance au feu s’exprime en degré (ou classe) et concerne les produits et éléments de construction et d’ouvrages Les éléments de construction sont tous les composants dont l’assemblage participe à un édifice. On les répertorie par familles : dalles, poteaux, cloisons, portes, faux-plafonds, charpentes, toitures, etc

La réglementation en matière de comportement au feu est définie par le CCH et par les arrêtés divers en application : l’article R.121-5 du CCH précise que « des arrêtés du ministre de l’intérieur fixent les différentes catégories de la classification, tant en ce qui concerne la réaction au feu que la résistance au feu, les conditions d’essais et la compétence des différents laboratoires chargés d’y procéder »

1.2. Réaction au feu

Art. R.121-3 du CCH : notion de réaction au feu

 

« Les éléments de classification retenus au point de vue de la réaction au feu sont, d’une part la quantité de chaleur dégagée au cours de la combustion et d’autre part, la présence ou l’absence de gaz inflammables. La classification adoptée doit donc préciser le caractère pratiquement incombustible ou combustible, et dans ce dernier cas, le degré plus ou moins grand d’inflammabilité. »

critères de classement de la réaction au feu :

o

quantité chaleur dégagée au cours de la combustion

o

présence ou absence de gaz inflammables

o

incombustibilité ou combustibilité du matériau concerné

L’arrêté du 21 nov. 2002 modifié

relatif à la réaction des produits de construction et

d’aménagement fixe les méthodes d’essais et les critères de classification.

SSIAP 3. Fascicule 2

1.3 Résistance au feu

Art. R.121-4 du CCH : notion de résistance au feu

 

« La classification au point de vue de la résistance au feu est établie en tenant compte du temps pendant lequel sont satisfaites des conditions imposées relatives soit à la résistance mécanique, soit à l’isolation thermique, soit à ces deux critères cumulés. Il est prévu un certain nombre de degrés types de résistance au feu déterminés par un programme thermique normalisé »

critères de classement de la résistance :

o

résistance mécanique

o

isolation thermique

L’arrêté du 22 mars 2004 modifié

relatif à la résistance au feu des produits,

éléments de construction et d’ouvrages fixe les méthodes d’essais et de classement de la résistance au feu.

1.4 Cas particulier des conducteurs et câbles électriques

La classification des câbles électriques est appréciée en fonction de leur comportement au feu.

C’est

feu pour les câbles :

l’arrêté du 21 juillet 1994

qui fixe le classement de réaction et résistance au

La classification de réaction au feu se fait selon 3 catégories = C1, C2 et C3 La classification de résistance comporte deux catégories = CR1 et CR2

Pour répondre à une catégorie, le câble doit satisfaire à des exigences normatives et faire l’objet d’un procès-verbal de classement.

De plus, la décision 2006/751/CE du 27 octobre 2006, prise par la commission européenne, porte dans son tableau 4 sur la classification des caractéristiques de réaction au feu des câbles électriques, et en définit les conditions de montage et de fixation.

1.5 Les laboratoires agréés pour effectuer les essais

Les laboratoire agréés par le ministère de l’intérieur pour effectuer les essais normalisés et établir des procès-verbaux de classement sont les suivants :

- CSTB : centre scientifique et technique du bâtiment

- LNE : Laboratoire National de métrologie et d’Essais

- LCPP : Laboratoire Central de la Préfecture de Police

- CRB : Centre de Recherche du Bouchet (SNPE)

- IFTH : Institut Français du Textile et de l’Habillement

- SNPE matériaux énergétiques (SME)

SSIAP 3. Fascicule 2

2. La réaction au feu des produits de construction et matériaux d’aménagement

Pour empêcher le développement rapide d’un incendie et ne pas compromettre l’évacuation rapide et en bon ordre du public en cas de sinistre, les revêtements, éléments de décoration, gros mobiliers doivent répondre à des exigences minimales fixées par le règlement de sécurité incendie.

2.1 Définition

La réaction au feu représente l’aliment qu’un matériau va apporter ou ne pas apporter à l’incendie et à son développement, la quantité de chaleur qu’il dégage et la présence ou absence de gaz inflammables.

La réaction au feu est l’aliment qui est apporté au démarrage et au développement d’un incendie.

La réaction au feu est l’ensemble des phénomènes qui se manifestent à partir d’une élévation de température et qui aboutissent à la désagrégation, puis à l’inflammation des gaz dégagés par le matériau. Ces phénomènes sont :

o

le ramollissement,

o

la carbonisation,

o

la pyrolyse,

o

l’émission de fumées ou de gaz

o

la production éventuelle de gouttes enflammées.

La réaction au feu classe les matériaux sur l’aspect de leur contribution comme aliment du feu lors du développement du sinistre.

2.2 Classement

Le classement comporte 5 catégories repérées par la lettre M assortie d’un chiffre allant de 0 à 4, une catégorie NC regroupant les matériaux non classés. Ce classement répond à deux critères principaux :

- la combustibilité, c’est-à-dire la quantité de chaleur dégagée

- l’inflammabilité, c’est-à-dire le dégagement de gaz plus ou moins inflammables

 

Critères d’essai

Exemples

Combustibilité

Inflammabilité

= Quantité de chaleur dégagée

= Quantité de gaz dégagée

M0

Incombustible

Ininflammable

Pierre, plâtre, béton, etc

(pouvoir calorifique2,5MJ/kg)

M1

Combustible

Ininflammable

Matériaux composites, PVC, etc

(pouvoir calorifique>2,5MJ/kg)

M2

Combustible

Difficilement

Moquette murale, etc

inflammable

M3

Combustible

Moyennement

Bois, etc

inflammable

M4

Combustible

Facilement inflammable

Papier, bois < 18mm, etc

SSIAP 3. Fascicule 2

La terminologie de la réglementation française, bien qu’utilisant une terminologie facilement compréhensible, ne prend pas en compte tous les aspects d’un matériau soumis à un incendie.

En effet, cette classification concerne aussi bien :

les produits de construction

o

produits pour les murs ou plafonds, y compris produits de finition

o

les éléments de construction

o

les produits intégrés aux éléments de construction

o

les produits des fa4ades et murs extérieurs, y compris l’isolation

o

les sols et revêtement de sols

les matériaux d’aménagement

o

Ces matériaux ne sont pas fabriqués en vue d’être incorporés de façon durable dans les ouvrages de construction.

o

Ce sont les tapisseries, rideaux, gros mobiliers, etc

Ainsi, pour tout ce qui est matériaux d’aménagement, la classification française en M reste actuelle. Pour les produits de construction, progressivement, les Euroclasses (arrêté du 21 nov. 2002 modifié) viennent remplacer le classement en M. Les arrêtés pris pour instituer les Euroclasses produisant une table de correspondance avec le classement en M, il n’y a pas lieu de reprendre tous les textes du règlement de sécurité incendie pour la remplacer par la classification européenne. C’est la raison pour laquelle la classification en M continue d’être utilisée.

2.3 Les Euroclasses (arrêté du 21 nov. 2002 modifié)

Les Euroclasses, instituées par l’arrêté du 21 nov.2002 modifié, sont la nouvelle définition européenne de classement des matériaux en matière de réaction au feu. Elles sont le résultat de travaux de longue haleine, menés par la Communauté Européenne, tant dans le domaine technique qu’administratif. Ces euroclasses sont la traduction en droit français de directives européennes sur les produits de construction. Grâce à ces euroclasses, les 27 pays de l’union parlent le même langage en matière de classification des matériaux.

Principes Les euroclasses s’échelonnent de A à F en fonction du niveau de performance que montrent les produits lors d’essais normalisés :

- A correspond aux produits ne contribuant pas ou très peu au développement d’un feu

- F correspond aux produits n’ayant montrés aucune performance au feu

Les performances de réaction prises en compte par les Euroclasses sont :

- la combustibilité

- la production de fumée (smoke)

- la production de gouttes enflammées (drop)

A chacune de ces performances correspondent 7 classes.

SSIAP 3. Fascicule 2

Euroclasses

Principes de classification pour les produits autres que les revêtements de sol

A1

Produit qui ne contribue pas à une phase de feu, y compris celle de feu totalement développé.

A2

Produit qui répond aux critères de la classe B et qui, lors de la phase feu développé, ne contribue pas réellement à la charge calorifique et à l’extension du feu.

B

Produit qui satisfait aux critères de la classe C, mais sous des conditions plus sévères.

C

Produit qui satisfait aux critères de la classe D, mais sous des conditions plus sévères.

D

Produit qui satisfait aux exigences de la classe E pendant une durée plus longue, et qui émet un rayonnement limité lors de l’attaque thermique d’un objet en feu.

E

Produit dont la propagation de la flamme est limitée, lors de l’attaque par une petite flamme pendant une courte période.

F

Produit dont le comportement au feu n’est pas déterminé

La classification de base des euroclasses, correspondant à la combustibilité du matériau, est divisée en 7 classes : A1, A2, B, C, D, E, F.

Une distinction est faite entre les produits de construction dans leur ensemble et les sols, ce qui s’explique par le fait que les scénarios d’exposition au feu et le comportement des matériaux, diffèrent. Les sols sont notés FL pour floor, et on retrouve donc une classification : A1fl, A2fl, Bfl, Cfl, Dfl, Efl, Ffl

Cette distinction se fait en fonction de trois niveaux de sollicitation :

 

Produits de construction

Revêtement de sol

Classes

Tests réalisés

Classes

Test réalisés

A1

Bombe calorimétrique et petit four. Test avec seuils plus exigeants que pour B Pas de classification additionnelle

A1fl

Deux essais : bombe calorimétrique et petit four. Pas de classification additionnelle

A2

Essai SBI don’t les performances permettent le classement en B. Bombe calorimétrique ou petit four selon la composition du produit

A2fl

Même esprit que pour la classe A2 :

-panneau radiant -bombe calorimétrique ou petit four

B

Petite flamme avec les mêmes seuils que pour C et D. Essai SBI

Bfl

Petite flamme. Panneau radiant (éclairement critique 8 kW par m²)

C

Petite flamme avec les même seuils que pour D Essai SBI avec des seuils supérieurs à la classe D

Cfl

Petite flamme. Panneau radiant (éclairement critique 4,5 kW par m²)

SSIAP 3. Fascicule 2

D

Essai à la petite flamme avec seuils plus sévère que pour E. Essai SBI

Dfl

Petite flamme. Panneau radiant (éclairement critique 2 kW par m²)

E

Essai à petite flamme avec observation de la chute des gouttes enflammées (et classification additionnelle)

Efl

Essai à la petite flamme

F

Aucune performance de réaction au feu déclarée

Ffl

Aucune performance de réaction au feu déclarée.

Les classes A1 (A1fl) et A2 (A2fl) sont attribuées aux produits très peu combustibles :

elles correspondent plus ou moins à la classification française M0. Les classes B (Bfl) à E (Efl) sont attribuées aux produits combustibles : elles correspondent approximativement aux classes fran4aises M1 à M4.

Deux critères supplémentaires sont ajoutés, de manière à prendre en compte :

- la production de gouttelettes ou particules enflammées au cours des essais

o

trois critères : d0, d1, d2

o

d0 produit moins de gouttelettes que d1, qui en produit moins que d2

o

d = drop, gouttelette en anglais.

- la production de fumées au cours des essais

o

trois critères : s1, s2, s3

o

s1 produit moins de fumées que s2, qui en produit moins que s3

o

s = smoke, fumée en anglais.

o

Les revêtements de sols ne sont soumis qu’à la classification additionnelle s.

L’arrêté de réaction au feu du 21 nov.2002 introduit ce classement européen dans la réglementation française et produit une table de correspondance entre la classification euroclasse et la classification française en M.

 

Table de correspondance Euroclasses et classification française en M

 

Produits autre que sols

 

Revêtements de sols

Classes selon NF EN

Exigence

Classes selon NF EN 13501-1

Exigence

 

13501-1

A1

-

-

Incombustible

A1fl

-

Incombustible

A2

s1

d0

M0

A2fl

s1

M0

A2

s1

d1

 

A2fl

s2

M3

A2

s2

d0

Bfl

s1

s3

d1

M1

s2

B

s1

d0

Cfl

s2

d1

s3

C

s1

d0

M2

Dfl

s1

M4

s2

d1

s2

s3

SSIAP 3. Fascicule 2

D

s1

d0

M3

s = fumées, d = gouttelettes Les classes admissibles sont définies par une combinaison de niveaux de performance quand il est fait appel à une classification supplémentaire.

s2

d1

M4

s3

(non gouttant)

Toute classe autre que Ed2 et F

M4

Les produits d’aménagement (rideaux, voilages, tapisserie) ne relèvent pas de la directive « produits de construction » : ils restent soumis à la classification en M, comme on le verra dans la troisième partie (applications).

3. La résistance au feu

3.1 Définition

La résistance au feu des éléments de construction est définie comme le « temps pendant lequel les éléments de construction peuvent jouer le rôle qui leur est

dévolu malgré l’action d’un incendie »

L’évaluation de ces éléments est réalisée par des essais ou par des calculs, ou par tout autre mode de justification.

(art. R121-2 CCH)

.

L’arrêté du 22 mars 2004 abroge et remplace l’ancienne classification française (arrêté du 03 août 1999).

Les produits, éléments de construction et d’ouvrages concernés sont ceux auxquels se réfère le règlement de sécurité incendie, c’est-à-dire :

- les éléments porteurs sans fonction de compartimentage :

o

murs, planchers toitures, poutres

o

escaliers, balcons, passerelles

- les éléments porteurs avec fonction compartimentage :

o

murs

o

planchers

o

toitures

- produits et systèmes destinés à protéger des éléments ou parties d’ouvrages :

o

plafonds n’ayant pas de résistance propre au feu

o

enduits, panneaux, protections projetées, revêtements et écrans de protection contre le feu

- les éléments non porteurs ou parties d’ouvrage :

o

cloisons (y compris celles comportant des parties non isolées)

o

plafonds possédant une résistance intrinsèque au feu

o

façades (murs rideaux) et murs extérieurs (y compris éléments vitrés)

o

planchers surélevés

o

calfeutrement de pénétration et joints d’étanchéité linéaire

o

portes et fermetures résistantes au feu (y compris vitrages et quincaillerie) et leurs dispositifs de fermeture

o

portes étanches aux fumées

o

fermetures de passages ménagés pour les systèmes de convoyage (tapis roulants) et système de transport sur rail

SSIAP 3. Fascicule 2

o

conduites et gaines d’installations techniques

o

cheminées

o

revêtements et parements de murs et plafonds

- produits destinés à être utilisés dans les systèmes de ventilation (à l’exclusion des systèmes d’extraction de la chaleur et de la fumée) :

o

conduits de ventilation

o

clapets

- produits destinés à être utilisés dans les systèmes de contrôle des fumées et de la chaleur :

o

conduits d’extraction des fumées pour compartiment unique

o

conduits d’extraction des fumées résistants au feu multi-compartiment

o

volets d’extraction des fumées résistant au feu multi-compartiment

o

écrans de cantonnement

o

ventilateurs extracteurs de fumée et chaleur, joints de connexion

o

exutoires de fumées et chaleur naturels.

De tout cela, il découle que la résistance au feu classe les éléments de construction sur l’aspect de leur frein à l’action de l’incendie. La résistance au feu peut être améliorée par l’isolation thermique des éléments.

3.2 Classement

Les éléments de classification retenus sont :

- la résistance mécanique

- l’étanchéité aux flammes et aux gaz chauds ou inflammables

- la non-émission de gaz

- l’isolation thermique

- la durée pendant laquelle l’élément résiste à ces critères

La classification de fait donc en 3 catégorie, assorties d’une condition de temps :

- Catégories (critère qualitatif):

o

SF (Stable au feu) : seul le critère de résistance mécanique est requis

o

PF (pare-flammes) : critère de résistance mécanique et aussi d’étanchéité aux flammes et aux gaz chauds

o

CF (coupe-feu) : critère de résistance mécanique, d’étanchéité aux flammes et gaz chauds et d’isolation thermique.

- Temps (critères quantitatifs) :

o

concerne l’appréciation en temps de la durée pendant laquelle l’élément a résisté au feu

o

classé en 9 critères : ¼ h, ½ h - ¾ h - 1 h - 1 h ½ - 2 h - 3 h - 4 h - 6 h

Critères

Résistance

Etanchéité

Isolation thermique

Classes

mécanique

SF

X

   

PF

X

X

 

CF

X

X

X

SSIAP 3. Fascicule 2

SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires

Cloison non porteuse

SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires
SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires

Cloison porteuse

SSIAP 3. Fascicule 2 Cloison non porteuse Cloison porteuse Ce classement est prononcé par les laboratoires

Ce classement est prononcé par les laboratoires agréés à la suite d’essais au four (ou face au four) conduits en suivant une courbe température/temps normalisée (ci- dessous). Les résultats des tests sont exprimés en durée pendant laquelle on demande à cet élément de jouer son rôle (1/4h à 6h).

SSIAP 3. Fascicule 2

Courbe température/temps normalisée (courbe iso) :

T° Temps
Temps

L’indice en temps correspond donc à la tenue de l’élément pendant un temps donné à une température maximale donnée :

Critère temps

Température

10mn

659°C

1/4h

718°C

1/2h

827°C

1h

925°C

1h30

986°C

2h

1030°C

3h

1090°C

4h

1123°C

6h

1194°C

Exercice d’application :

Soit un mur dont les résultats aux essais sont les suivants :

- résistance mécanique = 1h58

- isolation thermique = 42mn

- étanchéité aux flammes = 1h25

- absence d’émission de gaz = 1h45

Quel peut être le classement de ce mur ? Ce mur pourra être classé :

SF 1h30

PF 1h

CF 30mn

SSIAP 3. Fascicule 2

3.3 Les Euroclasses (arrêté du 22 mars 2004 modifié)

Comme pour la réaction au feu, et pour faciliter la libre circulation des produits au sein de l’espace des 27 pays de la communauté européenne, un système européen harmonisé de classification a été élaboré. L’arrêté du 22 mars 2004 modifié traduit cette directive européenne en droit français.

Dans la classification européenne, on retrouve :

- une classification exprimée en minute et non plus en heure ou quantième d’heure (exemple : un élément classé ½ h dans l’arrêté du 03 août 1999 se traduit en 30mn, 1h se traduit en 60mn, 2h en 120mn, etc)

- trois critères essentiels exprimés par des lettres : R, E, I

- des critères complémentaires : W, M, C, S, G

- une classification spécifique propre à des éléments particuliers:K,D,DH,F,B

Trois critères essentiels :

 

-

classe R

=

symbolise la charge portante qui s’applique aux seuls éléments

 

porteurs conçus et dimensionnés par l’architecte et bureau d’étude :

murs portants, colonnes, poutres, planchers, toitures, escaliers, balcons, passerelles Ce R reprend la notion de stabilité ou résistance mécanique de l’arrêté de 1999. Il est accompagné d’un degré exprimé en mn Exemple : un mur portant sera classé R120

 

-

classe E

=

caractérise l’étanchéité au feu (remplace l’ancienne dénomination

 

« étanchéité aux flammes et aux gaz chauds ou inflammables » de l’arrêté de 1999. Ce E e